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pyrenees orientales

Le Pic Dourmidou en été (1.843 m) depuis le col de Jau (1.506 m)

Publié le par gibirando

Diaporama sur la musique "Longtime" de Reman

Le Pic Dourmidou en été (1.843 m) depuis le col de Jau (1.506 m)

Le Pic Dourmidou en été (1.843 m) depuis le col de Jau (1.506 m)

Cliquez sur les photos pour les agrandir. 2 fois pour un plein écran.


 

Savez-vous qu’en allant gravir le pic Dourmidou (*) vous montez dans un dortoir ? Original non ? Et pourtant c’est la vérité, sauf que les puristes de la toponymie rajouteront qu’il s’agit d’un «  dortoir pour animaux ». Eh oui ! « Dourmidou » en occitan et « Dormidor » en catalan signifie « dortoir » et on peut étendre la traduction à tous les lieux destinés au sommeil : chambre à coucher, chambrée, chambrette. En ce 18 août 2016, c’est le modeste challenge que Dany et moi nous sommes fixés : grimper au Dourmidou. Sans tente et donc sans l’idée d’aller y dormir, encore que par grand beau temps et sans vent, l’idée ne doit pas être si saugrenue que ça.  Ce n’est pas le cas en ce moment. Depuis Urbanya, nous sommes descendus sur Prades puis nous avons pris le route de Mosset et filons vers le col de Jau avec un seul but : partir gambader en montagne. Notre choix c’est porté sur le pic Dourmidou, à cause de sa proximité depuis Urbanya et du peu de temps que nous voulons consacrer à la marche aujourd’hui car en ce moment la météo est capricieuse. Le Dourmidou est une montagne très arrondie et à la végétation rase que les anciens appelaient « Tuc ». Rien à voir avec le gâteau d’apéritif bien connu, ce mot gascon, et donc occitan, présentant l’avantage de définir en une seule syllabe une hauteur arrondie dans un paysage plat.  Une bosse tout simplement. « Tuc de Dourmidou » disait-on ou écrivait-on alors au 19eme siècle. La veille, il y a eu de très violents orages et après Mosset, quelle n’est pas notre surprise de constater que le bitume de la route devient de plus en plus vert, un peu comme si l’on avait passé une tondeuse sans ramasser l’herbe coupée.  En réalité et y regarder de plus près, il s’agit d’innombrables feuilles que la violence d’une pluie de grêlons a mâchouillé et mis à terre.  Quelques virages plus tard, l’étonnement s’amplifie encore d’un cran, car dans les endroits les plus ombragés il y a d’épais névés. Notre arrivée au Col de Jau confirme ce que nous pensons : « ce n’est pas de la neige, mais d’énormes grêlons que le vent a amoncelé sous forme de petites congères ». Sur les pelouses, toutes les ornières ombragées sont remplies de ces amas de glace. Malgré la quinzaine d’heures qui s’est écoulée depuis et un soleil bien présent, certains grêlons ont encore la taille d’une balle de ping-pong. Nous nous mettons en route, non pas par le chemin classique et un peu barbant consistant à suivre la clôture rectiligne se terminant au sommet du Dourmidou mais en tentant de refaire le même itinéraire que nous avions emprunté lors de notre dernière ascension. C’était il y 10 ans. En mars 2006 exactement. Nous avions entrepris de monter en raquettes au sommet en effectuant une boucle pour profiter au maximum d’une neige immaculée.  Nous ouvrons un portail donnant sur un enclos dans lequel quelques chevaux nonchalants se serrent les uns aux autres. Ils paraissent tenir un conciliabule à moins qu’ils ne dorment debout car aucun ne se retourne malgré notre présence. Un seul se tient à l’écart des autres dans une attitude très étonnante et cocasse. Il se roule par terre les quatre fers en l’air comme quelqu’un qui est « mort de rire ». Une photo de ce moment « rare » et on laisse le « dada gaga » à ses délires en empruntant la piste herbeuse qui file vers l’ouest. Elle est parallèle à la D.84 et file vers le lieu-dit la Devèse sur la carte où elle se termine. Je suis assez surpris car les fleurs sont rares mais les papillons plutôt nombreux, sans doute grâce à la clémence de la météo aujourd'hui. Le secteur du Dourmidou est très prisé des botanistes pourtant les fleurs se résument à quelques chardons et carlines et aux roses callunes, de loin les plus nombreuses. Sans doute, la saison est-elle déjà trop avancée. La plupart des papillons qui volètent ont clairement soufferts eux aussi des orages de grêle. Leurs ailes sont meurtries et leurs couleurs sont devenues ternes. La plupart, les ailes déchiquetées ne méritent pas une photo. Je sélectionne. Le chemin entre assez vite dans un bois de grands conifères, se met à tourner vers le nord avant de se terminer dans un fatras de gadoue et de branches cassées. Il y a un ru boueux qui s’écoule au milieu de tout ça. Je ne reconnais plus le parcours pris il y a 10 ans en raquettes. Nous enjambons le monceau de branchages et continuons sur un sentier plutôt évident qui finalement sort très rapidement du bois. Devant nous, il y a une lande assez pentue mais à la végétation rase et après un coup d’œil sur mon bout de carte IGN, je prends la décision de la traverser en diagonale mais tout en montant sur la butte qui se trouve sur notre droite. Un chevreuil qui devait dormir dans des genêts se lève brusquement et s’enfuit en direction de  la forêt qui se trouve en contrebas. Au vol, je réussis à le photographier avant qu’il ne l’atteigne. C’est marrant car à cet instant, je me mets à penser au « dortoir pour animaux » et je me demande si d’autres chevreuils y dorment encore à  cet instant. Au milieu des callunes fleuries, des ras genévriers et myrtilliers, la marche est néanmoins peu aisée et en tous cas, elle l’est beaucoup moins qu’avec la neige et les raquettes. Le paysage qu’on pense pelé et facilement praticable de loin est trompeur quand on a les pieds dans cette végétation compacte. Un vautour fauve vient aux nouvelles mais poursuit son chemin vers des carcasses moins animées que les nôtres. Au fur et à mesure que l’on s’élève, les vues s’entrouvrent sur un large vallon descendant des premiers flancs du Dourmidou. Au plus haut de la butte, nous tombons sur une sente clairement tracée par les nombreux troupeaux qui fréquentent les lieux. On les appelle parfois « caminoles ». Dans les endroits glaiseux et encore humides, on y distingue clairement les empreintes de nombreux sabots mais ceux aussi de quelques pas humains. C’est encourageant. Sur une belle distance, le cheminement devient aussitôt plus facile mais à force de rencontrer d’autres sentes aussi étroites les unes que les autres, on ne sait plus laquelle il faut emprunter. Dany décide de continuer l’ascension, c'est-à-dire vers l’est,  alors que je suis plutôt partisan de partir vers le nord. Je sais qu’en partant plein est, nous retrouverons très vite et inévitablement les clôtures que j’ai voulu éviter au départ. De plus, et au regard de la configuration du terrain, en partant vers le nord, je sais que d’autres panoramas sur l’Aude se dévoileront bien plus vite et plus amplement sur les plus proches d’entre eux. On se sépare, mais je garde toujours un œil sur elle, montant doucement mais sûrement en diagonale. Je vois que peu à peu elle fait de même et finalement à force d’avancer plutôt à l’oblique, nous nous retrouvons un peu plus haut sur un chemin bien plus large. Compte tenu des profondes ornières, nous n’avons aucune peine à imaginer que des véhicules à moteur l’ont empruntée avant nous. Sans doute des tracteurs ou des véhicules tout terrain. Nous passons au pied d’une zone rocheuse occupée par des passereaux. Je me mets aussitôt en quête de les photographier et la première tentative est la bonne car apparemment les roches et les quelques genévriers qui y poussent à proximité constituent leur habitat. Ils ne semblent pas vouloir s’en éloigner. Ce sont tous des Tariers.  Le terrain s’aplanit enfin et on choisit une fois encore la sente la plus évidente. Elle tourne vers l’est, continue sur le plat puis descend un peu avant de s’élever nord-est et très clairement le plus directement possible vers le sommet qui est droit devant nous. Ici, la montagne est une mer mauve colorée par les innombrables callunes. Quelques animaux blancs, groupés en troupeau, s’y détachent au loin, pas plus grands que des têtes d’épingles. Pourtant, dans cette flore qu’on pourrait penser essentiellement violine et rose, j’y découvre un plant de callunes blanches (**), variété jamais observée jusqu’à ce jour. On s’engage dans cet océan végétal sur des caminoles qui partent en tous sens mais c’est trop vite oublier que les flancs de cette montagne,  que nous avions gravi en raquettes sans qu’aucune végétation ou presque nous gêne,  sont coupés de quelques ruisseaux et donc jonchés de tourbières voire de zones carrément marécageuses. Pour avancer, ça devient parfois une vraie galère. Un parcours du combattant dans le pire des cas. Des chevaux, eux, y gambadent pourtant sans aucune difficulté. A force de marcher dans la flotte et la boue, d’enjamber de petits ruisseaux, de contourner des sources ou de simples résurgences que les pluies d’hier ont engendrées, de se fourvoyer dans les fondrières et les mottes de laîches, nous déviions peu à peu de l’itinéraire le plus direct. Finalement, à moins d’un kilomètre du but ultime qu’est le sommet du Dourmidou, la fameuse clôture, à laquelle par entêtement j’ai voulu échapper, est là à quelques mètres seulement. Nous l’enjambons et la suivons désormais mais Dany en a « plein les pattes » et décide que l’heure du déjeuner a sonné. Pour elle, elle est d’autant plus arrivée que le ciel s’est obscurci de gros nuages gris. Ils arrivent du Massif du Madres et de celui du Coronat poussés par un modeste carcanet. Au loin, quelques nuages en panache s’échappent du pic du Canigou, un peu comme si un Indien procédait à des signaux de fumée. Au dessus de nous et dans un ciel coupé en deux ; azur vers le Dourmidou et gris vers le col de Jau, des rapaces tournoient dans le ciel en poussant des cris aigus. Il y en a clairement de deux espèces différentes. Une buse variable sans doute car d’un brun plutôt sombre et l’autre probablement un milan royal car bigarrée de marron et de blanc. Les deux font des vols stationnaires à peu de distance l’un de l’autre et c’est le meilleur moment pour les photographier avec des clichés rapprochés et en rafales, en croisant les doigts qu'il y en est quelques uns de bons.Tout en mangeant, Dany m’avoue qu’elle n’ira pas plus loin. Un peu par crainte d’un « rouchat » et beaucoup par fatigue. Je n’insiste pas. Je lui demande de m’attendre, de garder mon sac à dos et je pars pour un rapide aller retour vers le sommet. Là-haut, à 1.843 m d’altitude, je découvre le gros cairn matérialisant le pinacle. Je ne lambine pas. Le temps de jeter un coup d’œil à 360° et de prendre deux ou trois photos et je redescends à tout berzingue sous un ciel qui se gâte de plus en plus avec de gros nuages gris qui se rapprochent. J’ai quand même pris le temps d’observer bon nombre de lieux déjà cheminés : Pech de Bugarach, des Escarabatets, de Fraissinet, Pelade, Sarrat Naout, Pic Roussillo, pour ne citer que les plus remarquablement visibles sur les flancs nord-est. Je retrouve Dany. Nous amorçons la descente en suivant « l'interminable » clôture et sans pratiquement s’arrêter. Je ne met le frein que pour quelques photos : fleurs, papillons, oiseaux, bovins et paysages en pensant qu’ils seront toujours les bienvenus dans mon futur diaporama. Sur le parking du col de Jau, pendant que Dany s’emploie à son activité préférée qu’est la conversation, ici avec un couple de touristes, je pars pratiquer une des miennes, la photo.  Fleurs, stèle, croix pattée sur une roche et encore et toujours des papillons que la menace d’orage ne semblent pas effrayer. Alors, j’ai envie de leur crier « partez, sinon vous ne résisterez pas à un autre orage de grêlons ! » mais ils sont trop occupés à butiner. Alors nous laissons les papillons à leur aventureux butinage et quittons le col de Jau, direction Urbanya où nous passons les vacances. Sans doute, savent-ils déjà que la grêle ne retombera pas de sitôt !  N’ayant pas d’informatique à Urbanya, je n’ai pas pu réaliser de tracé G.P.S, l’itinéraire proposé sur la carte I.G.N n’est donc qu’approximatif. Je précise toutefois avoir fait en sorte qu’il soit le plus proche de la vérité en visionnant des vues aériennes sur Géoportail et en réalisant le tracé à partir de ces observations. Je considère que le parcours réalisé est long d’environ 8 à 9 km pour un dénivelé de 337 mètres (1.506/1.843). Les montées cumulées sont estimées à 540 mètres. Cartes I.G.N 2248 ET Axat – Quérigut – Gorges de l’Aude – 2348 ET Prades – St-Paul-de-Fenouillet et 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

 

(*) Le « Dourmidou » ou « Dourmido » c’est également le « Dormidor » , dénomination que l’on retrouve du côté de Matemale avec le pic et le col del Dormidor à respectivement 2.042 m et 1.939 m d’altitude. Tous sont des déverbatifs du verbe « dormir » signifiant un « dortoir » et ça quelque soit les langues,  ici catalanes ou occitanes en l’occurrence. L’explication retenue pour ce sommet est qu’il s’agirait d’un dortoir pour animaux. « C’est le sommet où se repose le bétail en estive. Là- haut, des clôtures frontières contiennent en pâturage les bovins qui ont tendance, sous le soleil, à se regrouper sous les rares végétations » peut-on lire dans le numéro 61 du Journal des Mossétans (toponymie du nom « jau » dans ce même numéro) que l’on trouve sur le Net. Il faut savoir que le Dourmidou constituait aussi un lieu de passage et donc de repos pour les troupeaux qui se rendaient en estive vers le Massif du Madres, vers la Jasse de Callau ou vers Cobazet peut-on lire dans un autre vieux texte. C’est encore le cas de nos jours au regard de ce que j’ai pu lire.

(**) Callune blanche (Calluna vulgaris) : Si j’en crois le site Tela botanica, le réseau de la botanique francophone et bible des botanistes internautes, la callune blanche n’est pas censé exister à l’état sauvage. Pourtant de nombreux plants ont déjà été observés un peu partout en France. Le plus souvent, ces quelques pieds sont aperçus au milieu d’une population mauve ou rose et de ce fait, les avis sont partagés entre albinisme, accident génétique et mutation spontanée. En tous cas, pas de doute, le pic Dourmidou recèle cette jolie rareté. Il faut simplement espérer que les nombreux animaux domestiques ou sauvages qui fréquentent cette montagne ne les dévoreront pas car la callune est un fourrage naturel.

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Le Chemin de l'Ourriet (1.359 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando

Diaporama sur une musique de Josh Kirsch intitulée "Morning Stroll"

Le Chemin de l'Ourriet (1.359 m) depuis Urbanya (856 m)

Le Chemin de l'Ourriet (1.359 m) depuis Urbanya (856 m)


 

J’ai longtemps hésité avant de mettre ce « Chemin de l’Ourriet (*) » sur mon blog, un court tronçon s’effectuant hors sentier. Puis, en effectuant des recherches toponymiques sur les noms « Orriet » et « Ourriet » (*), j’ai constaté que d’autres randonneurs, et notamment des clubs, l’avaient mis bien avant moi sur Internet, il est vrai avec des variantes ou des circuits qui ne sont pas exactement les mêmes que le mien. Toujours est-il qu’inévitablement, ils étaient passés à l’endroit même où le sentier, sur 200 à 300 mètres, se perd quelque peu dans la nature. La nature justement, parlons-en ! Ici à Urbanya, elle est d’une richesse incroyable et si finalement, je me suis décidé à inscrire celle balade sur mon blog, ce n’est pas uniquement à cause de la raison invoquée ci-dessus, mais parce que cette année, la faune a été au rendez-vous comme jamais je ne l’avais vu auparavant. Imaginez qu’au cours de cette modeste balade printanière, j’ai réussi à voir, mais surtout à photographier, deux cerfs, un chevreuil, des hardes de sangliers par deux fois, sans compter des rhinolophes (chauves-souris), une vipère aspic, un lézard vert, une quantité incroyable de papillons et de nombreux oiseaux, tout ça dans un rayon de quelques kilomètres seulement. J’ai voulu vous en faire profiter. L’an dernier, tout près du lieu-dit l’Orriet (*), lors d’une balade intitulée le « Chemin des Frênes » ou « Cami de les Freixes », j’avais même photographié un chat sauvage. Ce dernier chassait au bord de la rivière puis il s’est caché  derrière un rocher quand il m’a aperçu, mais malgré ça, j’avais pu noter qu’il s’agissait d’un chat haret, chat domestique, redevenu sauvage selon le phénomène que l’on appelle le « marronnage ». Une faune sauvage extraordinaire au milieu d’une flore qui ne l’est pas moins, voilà les principales raisons m’ayant amené à inscrire cette randonnée sur mon blog. Cette  boucle, j’avais pourtant eu l’occasion de la réaliser en toutes saisons mais autant le dire, mes deux préférées restent l’automne et surtout le printemps. Le printemps à cause d’une flore incroyablement variée,  luxuriante et colorée, de la présence d’une faune mammifère moins apeurée car la chasse est fermée et l’automne en raison de cette explosion de couleurs au moment où les feuillus entament leur fanaison. L’inconvénient de l’automne reste la chasse, avec des animaux moins visibles car ils auront tendance à fuir vers des espaces plus paisibles sauf pour les cervidés en période de rut où l’on aura l’occasion d’entendre le « fameux » brame. A Urbanya et si vous arrivez par la route ; le départ s’effectuera du grand parking faisant face à l’église. Là, direction la mairie et sa rue qu’il vous faut remonter puis poursuivre tout droit par le chemin de las Planés. Ce dernier chemin démarre devant un pont et au suivant, il faut prendre un étroit sentier qui, sur la droite, entre dans un sombre sous-bois. En contrebas et sur le gauche, il y a toujours la rivière Urbanya que l’on a côtoyé depuis le début et sur la droite, il y a de hauts murs en pierres sèches qu’il faut longer quelques temps. Voilà, vous êtes sur le « Chemin de l’Ourriet ». Ce chemin, il va vous falloir le suivre en restant toujours sur l’itinéraire le plus évident. Quand les hauts murets de soutènement des terrasses disparaissent, le chemin coupe un petit ruisseau, le Correc del Menter. Là, il faut enjamber une clôture et continuer sur un large chemin creux. Il file légèrement à gauche en s’élevant doucement. Il est encadré de petits murets en pierres sèches en partie effondrés. Sur votre droite, il y a de grands pierriers, résultats des épierrements effectués dans le vaste verger se trouvant sur votre gauche. C’est dans ce champ que j’ai eu la magique jubilation de surprendre une première harde de sangliers. Ils étaient enfouis dans les hautes herbes et je ne voyais que le dos des adultes les plus énormes. Je suis resté plus de 10 minutes assis sur le muret à les observer et à les photographier paisiblement. Le plus gros est même passé sous mes pieds et à moins d’un mètre de moi sans me voir. Il était si près que sur la photo que j’ai prise, on aperçoit seulement un œil et une partie de son groin. A bout d’un long moment, un sanglier m’a aperçu, il s’est figé, s’est mis à grogner, les grognements se sont amplifiés et la harde s’est mis en branle puis a détalé. Là, ce fut un grand spectacle car outre les cinq ou six gros que j’avais pu discerner, c’est plus d’une trentaine de sangliers de toutes les tailles qui se carapataient. Les hautes herbes se couchaient et je voyais détaler toute une marmaille de marcassins de tous âges et aux pelages rayés d’une multitude de bariolages différents. Les plus gros étaient devant, puis les autres suivaient presque par ordre de taille. Les marcassins étaient les derniers et slalomaient dans les couloirs formés par les adultes, probablement à la recherche de leur mère dont ils avaient un mal fou à suivre l’effluve dans cette débandade. Ils partaient en direction de la rivière et dans de hautes fougères où finalement ils ont tous disparu. Je me suis remis en route avec des sentiments partagés, car j’étais à la fois très heureux d’avoir assisté pour la première fois à une telle scène et attristé de les avoir effrayé dans leurs ripailles. Quelques mètres plus loin, j’ai encore aperçu deux gigantesques sangliers dans une pinède sans pouvoir les photographier correctement. Comme je les avais quelque peu suivi dans la forêt, je suis parti en direction d’un orri dont je savais que certaines chauves-souris l’occupent en principe, dès les premiers beaux jours. Effectivement, une dizaine de Petits Rhinolophes (Rhinolophus hipposideros) étaient là, pendus au plafond de la cabane. A ma vue, quelques uns se sont enfuis par la porte, mais la plupart, ceux les plus éloignés de l’entrée, n’ont pas bougé. Je me suis assis dans l’orri pour les photographier et malgré la pénombre, j’ai réussi à prendre quelques convenables photos. Je suis reparti pour rejoindre l’itinéraire du Chemin de l’Orriet que j’avais quitté et là, c’est un beau lézard vert, un mâle, bleu et vert, qui m’arrêta une fois encore au niveau d’un amoncellement de branchages. Décidément, je n’arrivais pas à avancer, j’étais encore tout près d’Urbanya mais je ne m’en inquiétais pas pour autant car j’avais toute une longue après-midi devant moi. J’ai traversé le boueux Correc de l’Espinas, le sentier s’est quelque peu élevé et je suis sorti à l’air libre me retrouvant immédiatement au milieu d’un maquis très fleuri mais un peu clairsemé. Si la végétation était clairsemée, elle n’était pas déserte pour autant, mais ici, les animaux étaient plus petits, plus grouillants et surtout plus aériens. Une variété incroyable de papillons et d’insectes de toutes sortes s’était donnée rendez-vous dans une flore magnifiquement colorée. Les senteurs des genêts les enivraient puis ils se dispersaient sur les autres fleurs si multiformes et si multicolores. Tout ce monde merveilleux était un frein à ma randonnée mais à vrai dire, je m’en foutais un peu car en réalité j’étais là pour ça. Découvrir et observer la Nature avec un grand « N » ! Les paysages s’entrouvraient de tous côtés mais le plus beau des panoramas se trouvait dans mon dos et sans cesse, je devais me retourner pour en profiter pleinement. Dans la même ligne de mire biscornue que formait le ravin, il y avait le Mont Coronat puis le Canigou. Ce ravin, c’était la Vallée des Seigneurs,  c'est-à-dire une longue dépression zigzaguant de l’endroit ou je me trouvais, et même bien plus haut, jusqu’à Ria.  Une multitude de cours d’eau descendant des montagnes avait creusé tout autant de dépressions. Les montagnes, elles, étaient toutes travesties de larges faîtages verdâtres avec un nombre de nuances  de vert carrément incalculable. Dans ce décor incroyablement verdoyant, les arbres fruitiers aux fleurs blanches jouaient magnifiquement les intrus. Avant d’arriver à proximité du lieu-dit l’Orriet, à l’endroit même où se trouve un mas en partie éventré, je suis descendu vers la rivière Urbanya. A cet endroit,  je savais que j’y trouverais quelques cuvettes d’une eau limpide et suffisamment profondes pour un bain sans doute très rafraîchissant à cette époque de l’année. Mais peu importe, il faisait chaud, j’avais envie de me baigner et en plus l’eau froide ne m’a jamais trop dérangée. Je savais aussi que ces cuvettes seraient les dernières car ici la rivière Urbanya s’écarte et laisse la place à son affluent le Correc du Coll del Torn, beaucoup moins torrentueux. Je suis descendu, ai pris mon bain dans le plus simple appareil, suis resté un quart d’heure à profité du soleil puis j’ai repris ma balade beaucoup plus fringant qu’auparavant. Après le mas de l’Orriet, or mis un rapace chassant dans le « correc » mais que je n’ai pas réussi à photographier, plus rien ne m’a arrêté. Je suis donc arrivé au Correc de Gimelles et c’est dans ce sous-bois bourbeux que commence la partie hors sentier évoquée au début de cet article. Le chemin a existé mais les vieux murets qui l’encadrent, encore visibles par endroits, ont été chamboulés par une végétation ayant repris ses droits. J’ai donc fait le choix de suivre la « caminole » (**) la plus visible. Elle suit le correc mais tout en montant, il faut s’en écarter d’une dizaine de mètres vers la droite puis se faufiler tant bien que mal au milieu de quelques roches et d’une végétation ligneuse et donc acerbe. On est donc soulagé d’atteindre une large piste herbeuse. Cette piste sépare les lieux-dits « El Rocater » de celui de « Martiac ». Ce lieu-dit « Martiac », j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer dans ma balade au « Canal d’Urbanya » pour vous dire qu’il s’agissait sans doute des « Mollères de Martisag », petit territoire d’élevage qui avait fait l’objet d’un acte de donation entre le seigneur Guillem-Bernard de Paracolls et les templiers du Mas Deu. C’était le 16 juin 1186. Ce document a la particularité d’être la première évocation écrite d’Urbanya. De nos jours, cette contrée est essentiellement forestière mais je me suis promis d’aller voir s’il y avait encore quelques vestiges de cette séculaire occupation templière. En tous cas, en arrivant sur cette piste, j’ai eu l’énorme bonheur d’y apercevoir un chevreuil en contrebas et comme il n’était pas spécialement ni agité ni apeuré, j’ai eu tout le loisir de le photographier entrain de brouter. Etonnamment, il n’a jamais relevé la tête même au moment de s’enfuir. Les papillons et les oiseaux étaient également nombreux mais la plus belle émotion fut ces deux jeunes daguets que j’ai surpris au milieu de fougères desséchées. Eux aussi, j’ai eu le temps de les photographier mais ils m’ont vite repéré et aussitôt ils se sont enfuis. Je me suis assis sur l’herbe tendre du chemin pour manger quelques biscuits car de cet endroit, je dominais magnifiquement le vallon d’Urbanya avec pour horizon, un grandiose Massif du Canigou où s’accrochaient quelques neiges tenaces. Après ce court entracte, je suis reparti et peu après, j’ai failli mettre le pied sur une vipère, laquelle, étrangement, semblait dormir dans une flaque d’eau qu’un ru avait formé au milieu du chemin. Ici, de l’eau, il en coulait de toutes parts car les pluies des quelques jours précédents avaient rempli de nombreuses petites  « fonts » habituellement asséchées. Le chemin s’est longuement poursuivi en balcon puis j’ai fini par atteindre le col de Les Bigues que je connaissais désormais très bien car il y a ici une entrée donnant sur le Domaine de Cobazet. Ici, il y a plusieurs alternatives pour redescendre sur Urbanya et j’ai choisi le sentier dit des Escocells. Le ciel s’était quelque peu ennuagé et comme la luminosité était moins bonne, j’étais moins enclin à prendre des photos. De ce fait, mon allure est devenue soudain plus alerte. Dans le ravin du Correc du Serrat de Las Bigues, à l’endroit même où se trouve un obscur petit bois de noisetiers, j’ai surpris des marcassins. Ils avançaient vers moi mais avec la truffe constamment au ras du sol et par conséquent, ils ne m’avaient pas repéré. Je me suis assis tranquillement pour les photographier mais je pestais car le bois était si sombre que je n’arrivais pas à faire une mise au point satisfaisante du capteur de mon appareil photo. D’un autre côté, il n’était pas question d’enclencher le flash au risque de les voir s’enfuir. J'étais bien embêté. Ils étaient à seulement 3 ou 4 mètres de moi, à fourrager la terre de leur groin quand tout à coup la mère est arrivée. Elle ne m’a pas vu non plus mais tout en fouinant elle aussi, elle est descendue dans le lit du ravin. Ses rejetons la suivaient docilement et malgré les piètres prises de vues que je prenais, au fond de moi, je me disais que j’avais beaucoup de chance d’assister à un si beau et si rare spectacle. Assis où j’étais, je les ai finalement perdu de vue mais en me relevant, j’ai mis le pied sur une branche sèche et le « crac » qui s’en est suivi les a fait détaler. Etrangement, au lieu de partir à l’opposé, j’ai vu la petite harde arriver vers moi avec la laie qui ouvrait la course et les marcassins qui péniblement tenter de la suivre. A ma vue, elle a stoppé net, est restée pétrifiée une poignée de secondes puis elle est repartie en direction d’une lande très épaisse de prunelliers et de cistes dans laquelle la petite troupe s’est engouffrée comme dans du beurre, alors que la végétation aurait été sans doute blessante car piquante à l’extrême pour n’importe quel humain. Le reste de la descente fut plus monotone. Le ciel était devenu blafard et les décors sur le vallon avaient beaucoup perdu de leur charme que j’avais connu si verdoyant et si lumineux toute l’après-midi. J’ai retrouvé le village, les oiseaux qui me sont familiers  puis Dany et nos chats sur la terrasse de notre petite maison. Avec, un enthousiasme sans doute exubérant, je me suis mis à lui raconter tout ce que j’avais fait, vu et photographié. Elle avait du mal à me croire et s’est contentée de me dire « tu exagères ! ». « Non, je te jure, je n’exagère pas et tu verras quand j’aurais terminé mon diaporama de photos ! ». Voilà, le diaporama est terminé, elle a eu la faveur de le voir la première et a été enthousiasmée elle aussi. La nature est superbe à Urbanya mais elle pourrait être encore plus belle et sans doute beaucoup moins craintive et inversement visible si la période de chasse n’était pas aussi longue. C’est mon point de vue mais ça ne sera sans doute pas celui de mes « amis » les chasseurs. Ils participent aux débroussaillements des chemins et je les en remercie, enfin quand le chemin en question les intéresse vraiment mais ça ne semble pas être le cas après le lieu-dit l’Orriet. Cette balade, telle qu’expliquée ici,  a été longue de 8,160 km. Le dénivelé est de 503 mètres entre le point le plus bas à Urbanya, à 856 m et le plus haut à 1.359 m au col de Les Bigues. Les montées cumulées se sont élevées à 807 mètres. Jamais sur une aussi courte distance et sur un si petit périmètre, je n’avais photographié autant d’espèces différentes de fleurs et d’animaux : une cinquantaine de fleurs, une vingtaine de papillons, une quinzaine d’oiseaux plus toutes les autres créatures incluant des mammifères, des reptiles, des batraciens et autres insectes….et encore faut-il que je sois conscient de tout ce qui est passé inaperçu à ma perspicacité. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

 

(*) Orriet et Ourriet : Quand on s’intéresse à la géographie et à la cartographie, on sait que les cartes, plans et autres cadastres peuvent présenter un grand nombre d’imprécisions. Et même si les moyens de repérage et de mesures géographiques, satellitaires notamment, sont de plus en plus précis, l’Histoire, elle, quand elle est erronée est difficilement modifiable. Je parle ici de l’Histoire des noms des lieux figurant sur ces documents, discipline devenue science au cours du 19eme et qu’on appelle la toponymie. La toponymie basée le plus souvent sur une étymologie très ancienne et populaire sera toujours nébuleuse. C’est le cas ici à Urbanya avec ce « Chemin de l’Ourriet » que l’on trouve ainsi écrit sur la carte cadastrale alors que la carte I.G.N, elle, mentionne le lieu-dit « Orriet », sans « U », à l’endroit même où passe ce chemin. Alors quel nom est le bon ? Qui a commis une erreur ? Les géographes ou les géomètres-experts du cadastre ? Est-ce vraiment une erreur ? Il est presque impossible de répondre à toutes ces questions sauf à faire des recherches et à trouver des documents sans doute très anciens fournissant une mention, une explication, une précision voire nous orientant vers une éventuelle hypothèse. Et encore. Ici, concernant les deux noms  « Orriet et Ourriet », le mystère n’est pas prêt de s’éclaircir. Tous les toponymistes sont d’accord pour affirmer que l’« Orriet » est le diminutif de l’ « orri », nom pouvant indifféremment signifier un abri de berger en pierres sèches ou au sens un peu plus large, un lieu de pâturage pour ovins et caprins. Les lieux de pâturages ont été très nombreux dans les montagnes tout autour d’Urbanya et les abris de berger le sont encore. Mais « Orriet » c’est également un nom de famille, peu répandu il est vrai, mais surtout présent dans le département du Finistère. Toutefois, en cherchant dans les sites Internet de généalogie, j’ai trouvé un acte de mariage de 1708 à Céret concernant une certaine Thérésa Orriet. Cette famille Orriet possédait-elle un bien à Urbanya ? Rien ne le dit. Le patronyme « Ourriet » avec deux « R » existe aussi, guère plus répandu, dans l’est de la France principalement, mais je n’ai pas retrouvé d’actes dans le 66 et pas plus pour « Ouriet » avec un seul « R » pourtant nettement plus courant dans toute la France. Voilà ce que l’on peut dire de ces deux noms mais il faut reconnaître que les recherches pourraient être beaucoup plus poussées, encore faudrait-il s’en donner la peine. Je préfère marcher !

(**) Caminole : C’est la sente tracée par le troupeau.

 

 

 

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Le Château de Salveterra (400 m) depuis Opoul (côte 207 sur le D.9)

Publié le par gibirando

Diaporama sur une musique de Johan Söderqvist tiré du film "Let The Right One In", en français "Morse"

Le Château de Salveterra (400 m) depuis Opoul (côte 207 sur le D.9)

Le Château de Salveterra (400 m) depuis Opoul (côte 207 sur le D.9)


 

Si vous allez découvrir le château d’Opoul, comme j’ai pu le faire, avec une tramontane à 80 ou 90km/h avec quelquefois des rafales soufflant à plus de 100, voire sans doute supérieures parfois ; j’ai failli tomber à plusieurs reprises ; vous penserez immédiatement que si nos ancêtres l’ont appelé « Salveterra » c’est sans doute à cause de ça. La « Sauveterre », on y monte, terre en général hautement perchée, et le vent est tel qu’immédiatement on se sauve ! Eh bien non ! Vous n’y êtes pas du tout et c’est même presque le contraire ! Non, tous les toponymistes sont d’accord pour traduire « Salveterra » en « terre sauve » c'est-à-dire en « terre d’asile » et en tous cas en « terre jouissant d’un droit d’asile ». C’est ainsi qu’au Moyen-Âge, un « sauvetat » ou « salvetat », en français une « sauveté » était un lieu bien défini, en général près d’une église et délimité très souvent par des bornes, dans laquelle un fuyard ne pouvait pas être ni appréhendé ni même simplement poursuivi. L’Histoire raconte que ce château d’Opoul a été édifié en 1246 par Jacques 1er le Conquérant, roi d’Aragon, sur les bases d’un ancien « podium », le « Castlart d’Oped ». Le but était d’assurer la paix avec le Royaume de France en protégeant la frontière toute proche par une ligne de défense composée de plusieurs forteresses aragonaises dont Salses, TautavelForça Réal et bien sûr Oped. Le royaume de France possédait l’équivalent avec Aguilar, QuéribusPeyrepertuse et quelques autres châteaux longeant la chaîne pyrénéenne piémontaise.  Ici au « Castlart d’Oped », le lieu était si sordide et si venté que les candidats prêts à l’occuper ne se pressaient pas au portillon et du coup, le roi décida d’en faire une « Salva Terra », une terre protectrice. Aussitôt arrivèrent des vagabonds, des fugitifs mais également des paysans qui fuyaient les exactions et les guerres. Ils s’installèrent sur le plateau. Le hameau de « Salveterra » est né ainsi comme d’autres «Sauveterre» dans bien d’autres provinces de France, de Navarre et d’Aragon. La première mention écrite « Salveterra » date du 11eme siècle et tire son origine du latin « Salvam Terram » ou « Salva Terra ». D’autres citations du mot suivirent et figurent en bonne place dans les archives médiévales du « Trésor des Chartes ». Depuis le nom a guère varié même en passant du latin à l’occitan (Sauvaterra), ou de gascon (Salvaterra) au béarnais (Saubeterra) et enfin au français (Sauveterre), mais il a toujours gardé cette même signification de « terre sauve », une terre sur laquelle une communauté pouvait bénéficier d’une « charte de franchise », c'est-à-dire d’un certain nombre de privilèges et d’exemptions de taxes que le seigneur leur accordait pour les inciter à s’installer.  Alors comme la douzaine de communes françaises et les innombrables lieux-dits portant ce nom de « Sauveterre », le château d’Opoul ne fait pas exception à cette règle instaurée ici par Jacques 1er d’Aragon. Voilà pour l’Histoire du lieu et du nom rapidement résumé. Pour mon pique-nique et malgré les ruines, j’y ai d’ailleurs trouvé asile sans trop de problèmes, au fin fond d’une salle voûtée pourtant ouverte à tous les vents mais très curieusement la tramontane, elle, n'y rentrait pas. Dans ce décor plutôt isolé, austère et même un peu lugubre, il faut bien le dire, seul le vent violent a eu envie de me chasser de là et malgré ma terrible envie de découvertes, il a fini par y parvenir bien plus vite que je ne l’aurais voulu. J’en suis donc parti à regret avec le sentiment de ne pas avoir tout vu. Pour cette randonnée, je suis parti de la côte 207 sur la carte IGN, croisement situé sur la D.9 peu après Opoul. Là, j’ai laissé ma voiture près d’une citerne verte D.F.C.I et j’ai immédiatement emprunté un petit sentier caillouteux coupant les deux premiers lacets de la route asphaltée montant vers le château. Un peu plus haut, j’ai retrouvé la route mais peu après, j’ai aussitôt opté pour un autre raccourci. En effet, une large piste caillouteuse part sur la droite et évite à nouveau un long cheminement sur le bitume. Si la déclivité est plutôt modeste, elle est néanmoins suffisante pour dévoiler de multiples et lointains panoramas : Plaine du Roussillon,   massifs des Albères et du Canigou et premiers contreforts des Pyrénées enneigées. Beaucoup plus près, le village d’Opoul en contrebas, la côte Méditerranéenne et l’étang de Salses-Leucate et les premières « serras » des Corbières méridionales. Enfin, ce n’est pas seulement la tramontane qui m’a fait tourner la tête et les paysages y étaient pour beaucoup aussi. Du fait, l’objectif de mon appareil photo a fait de même. Quand au château, s'il est bien visible depuis un bon moment déjà, c'est essentiellement à cause de ses quelques remparts ressemblant à des chicots sur une gencive édentée. Cette gencive blanche, c’est la vaste plate-forme calcaire qui le supporte. Abstraction faite des fortifications, à lui seul ce plateau ressemble à une forteresse minérale. Dans ce plaisant cheminement, la seule chose que je regrette, or mis la tramontane, c’est ce ciel carrément coupé en deux avec de gros nuages gris sur la longue crête des Corbières et un bleu azur presque pur sur le Roussillon. La tramontane a coupé le ciel en deux et envoie valdinguer les nuages vers la mer. De ce fait, le firmament est moucheté de quelques altocumulus lenticulaires très épars. Cette coupure est juste au dessus de ma tête et par instant, j’ai même l’impression d’un désagréable crachin qui, heureusement ne dure que quelques minutes. Le chemin amorce un virage, laisse sur la gauche une aire de pique-nique et une citerne jaune et se termine sur le bitume de la route juste en face le grand parking du château. Ne connaissant pas les lieux, j’emprunte l’itinéraire qui me parait le plus simple et le plus direct pour monter vers le fort. Je traverse le parking tout droit, prend un large chemin puis un sentier plus étroit montant directement à droite vers les ruines des remparts. Là, je me retrouve devant quelques rochers puis un mur qu’il me faut escalader sur quelques mètres pour parvenir à une trouée dans les remparts du château. Si vous n’êtes pas féru de grimpe aussi minime soit-elle, je vous conseille, depuis le parking, d’emprunter un étroit sentier filant immédiatement à droite et se dirigeant vers une petite pinède. C’est plus long pour atteindre le plateau mais moins périlleux et donc plus sûr. Après le pique-nique, j’ai dans l’idée de faire une visite très approfondie de tous les vestiges et du plateau lui-même mais la tramontane a forci et semble décidée à contrarier ce projet. A plusieurs reprises, elle est à deux doigts de me pousser à la faute et de me faire tomber. Grâce à un planté très ferme  de mon bâton de marche, j’évite le pire, c'est-à-dire de choir au fond d’une séculaire « cellera » souterraine que je suis entrain de photographier. Etant tout seul sur cette masse aride et rocheuse, il ne m’en faut pas plus pour prendre mes jambes à mon cou et décamper de ce lieu si hostile. Ce n’est pas vraiment de la peur mais mon éternelle étourderie m’ayant fait oublier mon téléphone portable, je trouve que c’est plus prudent d’en rester là, et ce d’autant que d’autres découvertes sont au programme et que le ciel demeure toujours incertain. Au loin, vers Périllos et son Montolier, le ciel est très gris et la colline gravie l'an dernier plus terne encore.  J’entreprends donc de faire le tour du plateau car sur la carte IGN figure un chemin circulaire et deux grottes que je veux impérativement aller voir : la Cauna Negra et la Cauna Roja. Je suis d’autant plus enthousiasmé que j’ai appris que les flancs du plateau recèlent des marnes fossilifères. Je fais donc le tour du plateau sans aucun problème, un large chemin en forme de vélodrome étant tracé à cet effet. En observant chaque éboulis, chaque talus, je trouve assez facilement quelques fossiles intéressants dont trois sont clairement de vieux mollusques bivalves quand au quatrième, il ressemble plutôt à un ver marin. Enfin, il suffit d’observer certains agglomérats limono-argileux reconnaissables à leur couleur rougeâtre pour qu’aucun doute ne subsiste quand à la présence de la mer ici dans des temps très reculés. On y décèle le dépôt d’infimes algues fossilisées et parfois même de minuscules coquillages. Depuis le chemin, on peut noter aussi la présence quasi permanente de remparts dans chacune des anfractuosités du plateau mais également des tours fortifiées sur son aile nord. Les grottes, elles, ne présentent pas un grand intérêt, il faut dire que je ne suis pas trop téméraire quand il s’agit de progresser seul dans une caverne, qui plus est sans lampe comme c’est le cas. Après ce tour du plateau, je m’arrête à la table d’orientation dominant le village d’Opoul. Je l’ai remarqué grâce à ma carte IGN. Elle se trouve en face du parking du château. On regrettera qu’elle ne soit pas indiquée et qu’en outre n’étant pas visible depuis la route, on peut supposer que de nombreux touristes y passent à côté sans la découvrir. Après cette visite du château et de son plateau calcaire, je reprends la route direction la Ginevrède (la Génevraie). Au premier virage, je poursuis tout droit pour emprunter la route de la Vall Oriola mais juste après un pylône à haute tension se trouvant sur la gauche, j’emprunte un bon chemin descendant dans la Coma de l’Agla (la Combe de l’Aigle). Là, en marchant au pied de la petite falaise, dernier épaulement du vaste Pla de la Llaquera (plateau du Laquet), je suis bien à l’abri du vent et ça me change des rafales que j’ai pris en pleine poire depuis le début de la balade. C’est d’autant plus agréable que la tramontane a chassé tous les nuages et que la balade s’effectue désormais sous un chaud soleil. Est-ce l’absence de vent, la tranquillité du lieu et la présence d’une pinède mais les passereaux y sont plus nombreux que nulle part ailleurs. Je me poste avec mes appeaux et en moins d’une heure, je réussis à photographier un monticole bleu, un rouge-gorge et une jolie fauvette à lunettes. Après cette jolie moisson photographique, je repars. La falaise se termine et avec elle, l’abri du vent aussi. J’ai atteint le fond de la combe. Ici, circule le Correc dels Vivers et la tramontane me rappelle aussitôt à son bon souvenir. Tout comme moi, elle s’engouffre dans la petite gorge du « correc » mais ce n’est pas pour les mêmes raisons. Les miennes sont plutôt localisées car le but de cette marche dans le ruisseau asséché est d’aller découvrir l’étrange grotte de la Nantella. Etrange car l’entrée de cette grotte toute proche est constituée d’un joli fronton en pierres maçonnées comme on le faisait dans le temps avec les matériaux du coin : calcaire blanc et terre argileuse rougeâtre. La toiture a disparu mais la bâtisse devait être très belle avec notamment une grande pièce présentant une très jolie arcade et de nombreuses ouvertures permettant sans doute d’y faire rentrer le soleil. Les pièces donnent ensuite sur l’entrée de la grotte et de ce fait, bien évidemment on pense immédiatement à un ancien habitat troglodyte. Alors était-ce un moulin à cause du ruisseau qui se trouve juste devant ? Etait-ce une bergerie bien que son unique accès par le petit canyon semble peu propice à la venue d’un troupeau ? Etait-ce l’entrée d'une mine aujourd’hui oubliée ? Etait-ce plus simplement l’habitat d’un homme original qui cultivait des lentilles puisqu’il semble que le nom « Nantella » soit une variante du toponyme « Nantilla », lieu où l’on cultivait cette légumineuse ? Le mystère reste entier et je n’ai rien trouvé sur Internet permettant de donner un début d’explication. Aujourd’hui, et malgré son état de délabrement, il semble que la grotte ait été encore très récemment « squattée » car on y trouve un matelas deux places, plusieurs matelas en mousse, un grand canapé en cuir et un tapis et divers petits objets usuels. La grotte est à priori et de très loin la plus spacieuse des trois que j’ai visité au cours de cette balade. L’absence d’une torche m’a encore une fois contraint à écourter la découverte. Il ne me reste plus qu’à rejoindre la voiture, ce que je fais en suivant le lit du « correc » jusqu’au petit pont de la D.9 qui l’enjambe. Là, je poursuis l’asphalte sur moins d’un kilomètre, en longeant la  Coma de Raó jusqu’à la côte 171 puis juste avant le virage, j’emprunte un étroit sentier filant tout droit dans la garrigue et me permettant une nouvelle fois de raccourcir l’itinéraire. Ma voiture est là sur le terre-plein et en observant mon pneu avant gauche, je m’aperçois que je me suis arrêté à quelques millimètres à peine d’un énorme et magnifique « Orchis géant » tout rose. Ecraser en janvier une aussi jolie fleur alors que la flore aperçue ne se résume qu’à quelques romarins, ajoncs ou pissenlits aurait été fort dommage. La randonnée telle qu’expliquée ici a été longue de 10 km environ. Le dénivelé de 255 mètres est peu significatif, le point le plus haut est bien évidement situé sur le plateau à proximité du château à 400 mètres d’altitude. Les montées et descentes cumulées sont de 610 mètres. Bonnes chaussures à tiges hautes sont vivement conseillées dans ce pays de caillasses et bien évidemment emportez de l’eau en quantité suffisante si vous envisagez de faire cette balade à la saison chaude. Carte IGN 2547 OT Durban – Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25.

 

 

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La Chapelle Saint-Jacques-de-Calahons (531 m) depuis Catllar (331 m)

Publié le par gibirando


Diaporama mis en musique sur 3 chansons interprétées par Tevin Campbell :

"Always in my heart", "Everything you are" (featuring Coko) et "Infant child".

La Chapelle Saint-Jacques-de-Calahons (531 m) depuis Catllar (331 m)

La Chapelle Saint-Jacques-de-Calahons (531 m) depuis Catllar (331 m)


Après la Serre du Bosc del Prior, c'est-à-dire la crête du Bois du Prieur, restons sur le thème de la prière avec cette fois-ci tout un prieuré ! Celui de Saint-Jacques de Calahons. Combien de fois mes randonnées m’ont-elles amené à découvrir de vieilles chapelles ? Parfois irrémédiablement oubliées et ruinées voire en piteux états mais quelquefois très bien restaurées. Ces dernières sont le plus souvent fermées car malheureusement les associations les ayant rénovées ont désormais la crainte de les voir dégradées voire vandalisées quand elles contiennent quelques richesses ou plus simplement quelques objets de piété. De nos jours, les pires déprédations viennent même se nicher aux tréfonds de nos montagnes, j’en ai fait l’amère expérience plusieurs fois et cela, quelque soit le type de patrimoine. Bien sûr, l’Histoire est pleine d’agressions envers des édifices religieux et très souvent si les chapelles ont été oubliées, la raison première en était l’insécurité. Les anachorètes qui vivaient retirés du monde étaient très souvent des proies faciles pour les pilleurs de toutes sortes ceci expliquant leur quasi disparition et l’abandon de très nombreux ermitages. A cette insécurité est venue s’ajouter une désaffection des pèlerins, une carence des fidèles et le coût pour entretenir tous nos édifices religieux parfois très éloignés des principales voies de communication. On pourrait penser que les temps ont changé et que l’ont vit dans une époque bien plus civilisée mais non, pas vraiment. Les guerres inter religions ou contre les religions ont pris d’autres visages, d’autres dimensions mais elles sont encore là, bien présentes. Le conflit de Daesh arrivant jusqu’à nous en est un parfait exemple. De nos jours, les chrétiens qu’ils soient d’Europe ou d’Orient continuent à être persécutés comme ils l’ont été depuis des lustres. Quand j’ai appris que dans une chapelle de notre beau département, la vie érémitique existait encore, j’ai voulu aller voir et là je l‘avoue ma déception fut grande quand une fois de plus, j’ai découvert une chapelle fermée. Cette chapelle, c’était celle de Saint-Etienne de Pomers au dessus de Clara dont je vous ai conté la visite en décembre 2012. Oh non, mon idée première n’était pas d’aller ennuyer l’ermite Cassien mais surtout d’aller découvrir dans quel décor, dans quel cadre, cette vie ascétique pouvait encore subsister. J’avais appris qu’il avait lui-même restauré la chapelle au prix d’indescriptibles efforts et j’avais le sentiment que d’aller lui rendre visite, c’était en quelque sorte lui rendre hommage, d’autant que j’avais lu qu’il accueillait les randonneurs toujours de bonne grâce. Malheureusement, l’ermite Cassien n’était plus là. Alors, la question qui m’est venue aussitôt à l’esprit c’est de me demander s’il existait d’autres chapelles avec une vie érémitique ? Eh bien oui mais je ne l’ai su que récemment ! A la chapelle Saint-Jacques de Calahons exactement, située dans une combe au dessus de Catllar. Alors bien évidemment, aller la découvrir lors d’une balade pédestre est devenu un objectif avec toujours la même idée : de nos jours, dans quel cadre cette vie solitaire se réalise-t-elle ? Au moment où je prends la décision d’y aller, Dany et moi nous sommes à Urbanya et sur la carte I.G.N, je constate qu’à vol d’oiseau, Catllar est à moins de 10 km. 9,7 km exactement. Mais nous ne sommes pas des oiseaux, alors nous prenons la voiture et la route en début d’après-midi car la balade programmée est relativement courte et facile : moins de 8 km et 225 mètres de dénivelé seulement. 13H45, nous voilà à Catllar sur la ligne de départ et devant un panneau signalétique on ne peut plus explicite : «Cami de Sant Jaume de Calahons » et dessous un panonceau de randonnée indiquant un « Chemin de St Jacques ». D’emblée, nous démarrons sur une rampe plutôt raide et chaude car bétonnée depuis peu. Son nom est « Cul de sac de San Jaume de Calahons ». J’espère que ce n’est pas le cas car j’ai prévu de faire une boucle. Seuls, devant nous, un couple de merles semblent disposés à nous accompagner, mais non, ils s’envolent et je reste planté là à m’évertuer à vouloir les photographier correctement. Immédiatement, l’élévation offre d’amples tableaux sur Catllar, la Vallée de la Têt et le Massif du Canigou. Sur la droite, le Pla de Balençou n’a pas son aspect habituel. En général plutôt oblong, d’ici il paraît très ramassé. Le parcours tourne le dos à tous ces beaux paysages mais comme le regard est constamment attiré, les demi-tours sont incessants. Ils le sont d’autant plus, qu’ici, contempler les panoramas et reprendre son souffle, ça va de pair. Quand la rampe cimentée se termine, on enjambe un étroit canal et là, un nouveau panneau « Chapelle St Jacques de Calahons » nous invite à prendre un étroit sentier se faufilant dans la garrigue. Nous voilà, sur le bon chemin, celui de Saint-Jacques, mais seulement de Calahons et rien avoir avec celui de Compostelle si j’en crois le remarquable site Internet de Monsieur Yvan Marquié. D’ailleurs, en observant la carte I.G.N, on remarque que ce sentier est appelé « Cami del Llenguadoc ». Inutile de traduire. De toute manière, peu importe le nom du sentier car nous voilà définitivement partis pour plus de deux heures hors de la modernité et c’est aussi pour cette raison que nous sommes là et que nous aimons marcher dans des coins comme celui-ci, un peu oublié de tout et de tous. D’ailleurs, à y regarder de plus près, on se demande pourquoi la chapelle est dédiée à Jacques et pas à Pierre, car les pierres c’est ce qui captive d’abord le regard. Elles sont omniprésentes et sous diverses apparences et tailles : Sous nos pieds avec les sempiternels cailloux que l’on tente en vain d’éviter, mais aussi sous la forme de gros magmas rocheux où l’itinéraire se transforme en anguille pour les esquiver. A gauche et à droite du sentier, elles nous cernent sur la forme de longs et hauts murets en pierres sèches. Elles sont également présentes dans l’élévation de vieux enclos jadis destinés à la culture de la vigne, culture aujourd’hui totalement disparue de cette colline. Elles jalonnent le chemin dans la formation de quelques cairns balisant la parcours, dans celle de quelques cabanes ou orris dont la visite est proposée, dans divers amoncellements dus aux épierrements successifs, dans la vision d’une ancienne carrière de kaolin, et bien sûr dans l’édification des rares monuments présents ici : oratoires et chapelle finale incluse. Sous cet aspect pierreux, cet itinéraire me rappelle un peu celui de la « Tourèze mystérieuse », balade au départ de Latour-de-France et déjà contée dans mon blog. En m’intéressant à l’Histoire de Saint-Jacques de Calahons, j’ai même appris que « depuis des temps immémoriaux, chaque famille catllanaise possède son coin aménagé sous les arbres, avec des pierres qui servent de table et de sièges ». A cet inventaire et dans un secteur un peu plus vaste, viennent s’ajouter divers dolmens et même une « pierre tombale » dite de l’ermite, c’est dire si dans ce petit bout de collines, la pierre est une dominante essentielle à la vie et à la mort de tout un chacun. Tout en flânant et en ponctuant de quelques arrêts ce dédale pierreux, mais heureusement un peu végétal aussi, nous mettons, depuis le canal,  une heure pour atteindre la chapelle. Là, après les traditionnelles photos souvenirs et la signature d’un livre d’or, nous prenons le temps d’une visite minutieuse car l’église d’une grande sobriété est superbement rénovée avec par exemple de très jolis petits vitraux. Quand à l’ermite, il nous fait le plaisir de venir nous saluer au sein même de son petit jardin potager, mais peut être est-il surtout inquiet de savoir qui nous sommes et a-t-il la crainte de nous voir piétiner ses jolies plates-bandes ? Après cette brève entrevue, et la fin de cette découverte étonnante et studieuse qu’est la chapelle et ses extérieurs, nous la quittons définitivement. Cette fois, direction une aire de pique-nique près d’une belle fontaine à l’eau non potable mais de toute manière asséchée à cette époque de l’année. Heureusement que nous avons notre eau et en quantité suffisante car le temps est lourd et bien trop chaud pour un 13 novembre. Elle vient à la fois rafraîchir nos nuques brûlantes et nous aider à avaler le petit en-cas que nous avons pris soin d’emporter. Après ce dernier intermède, nous prenons le petit sentier qui au fond et à droite de l’esplanade se poursuit vers la crête de Les Illes. Cette crête descend ensuite vers les lieux-dits Gratallops (gratte-loups) et l’Argentiner. Au préalable, le sentier suit et domine très longtemps le ravin du Correc de Les Illes et de ce fait, offre très souvent de belles vues lointaines et quelquefois à 360°. Le Canigou n’étant pas encore enneigé et se détachant derrière un halo d’un bleu gris, la vue la plus remarquable reste celle que l’on a du village de Eus et de son imposante église Saint-Vincent-d’En-Haut. Je regarde le village avec un brin de nostalgie et le souvenir d’un merveilleux Tour du Pays Fenouillèdes réalisé avec mon fils. C’était il y a quatre ans déjà. Sur la crête de Les Illes puis dans sa descente, on prend soin de toujours rester sur l’itinéraire le plus évident bien balisé de cairns et de quelques marques de peinture jaune, en évitant d’abord les petites sentes partant à droite ou à gauche et les diverses pistes qui se présentent à la fin de cette longue inclinaison. Là, au lieu-dit l’Argentiner, on retrouve la route départementale D.24, celle-là même qui nous a vu démarrer de Catllar. Il suffit de l’emprunter vers la droite sur moins de 2 km pour retrouver la ligne de départ. Quelques raccourcis paraissent éviter le bitume mais comme nous les avons que peu ou pas empruntés, je ne saurais trop vous les conseiller. Tout inclus, cette balade a duré 2h40 et comme nous avons encore beaucoup de temps devant nous, nous décidons d’aller visiter Catllar que nous ne connaissons pas le moins du monde. Là, l’église dédiée à Saint-André est ouverte et une visite guidée est en cours. Après la fin de non-recevoir essuyée à Corneilla-de-Conflent lors de la précédente randonnée à la Serre du Bosc del Prior et dans des conditions similaires, nous redoutons un nouveau refus. Mais non,  la guide est charmante et compréhensible et accepte très gentiment que l’on déambule dans l’église mais silencieusement. Quelle chance nous avons car cette église d’architecture romane est magnifique avec un majestueux maître-autel central enjolivé d’un superbe et monumental retable. En réalité, nous décomptons 7 autres petites nefs avec d’autres retables et décorums tous plus beaux les uns que les autres. Quand aux autres œuvres, elles sont nombreuses et souvent très intéressantes. Grâce à la guide qui veut bien nous accompagner de longues minutes, nous apprenons beaucoup de choses sur leurs fondements ou leurs origines et sur Catllar aussi. Je tiens donc à remercier cette aimable personne au travers de ce récit. Bonnes chaussures de marches à tiges hautes et eau en quantité suffisante sont conseillées sur ce parcours. Telle qu’expliquée ici, visite de Catllar et de son église incluse, la balade est longue de 8 km. Le dénivelé entre le point le moins élevé (309 m) et le plus haut (536 m), juste avant le sanctuaire (531 m), est de 227 m quand aux montées cumulées, elles sont de 440 m environ. Tous ces chiffres rendent ce parcours plutôt facile et réalisable en toutes saisons.  Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

 

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La Serre du Bosc del Prior (828 m) depuis Corneilla-de-Conflent (548 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est enjolivé de la chanson "Vénus"  écrite par Ed Marshall et Peter De Angelis, successivement interprétée ici par les excellents Frankie Avalon, Les Compagnons de la Chanson, Johnny Tillotson, Gloria Lasso, The Lettermen, Johnny Mathis.

La Serre du Bosc del Prior (828 m) depuis Corneilla-de-Conflent (548 m)

La Serre du Bosc del Prior (828 m) depuis Corneilla-de-Conflent (548 m)


Avec Dany, mon épouse, on marche ensemble depuis de longues années. Un peu moins désormais à cause de ses problèmes articulaires. En randonnée, je la connais par cœur. Je sais ce qu’elle aime et je sais aussi ce qu’elle n’aime pas. Malgré ça, il m’arrive parfois d’être très embêté dans les challenges qu’elle me fixe. C’est le cas en cette magnifique journée d’automne. Nous sommes début novembre. L’envie de marcher est là, mais elle m’a fixé dans la balade qu’elle est prête à faire, les contours suivants : pas trop loin, c'est-à-dire pas trop de route à faire en voiture depuis Urbanya où nous résidons, pas plus d’une dizaine de kilomètres à marcher, un dénivelé le plus modeste possible et la connaissant, je sais que c’est environ 300 mètres au maximum, et enfin et surtout de beaux panoramas à observer, de préférence à l’heure du pique-nique. Rien que ça ! Ce n’est plus un challenge c’est une prouesse, un défi qu’elle me demande ! Alors, je reprends un à un les éléments. Pas trop loin, ça exclut automatiquement toutes les régions autre que le Conflent. La Cerdagne et le Capcir où depuis Urbanya nous allons marcher habituellement sont bien trop loin. Les autres régions du département équivaudraient à rentrer à notre domicile. Il faut donc que je cherche ou que j’invente une randonnée d’une dizaine de kilomètres et de 300 mètres de dénivelé maximum dans le Conflent. Marcher à Urbanya ? Non, les dénivelés sont bien trop costauds à moins de refaire des balades déjà faites des dizaines de fois. De beaux panoramas ? Il n’y a pas d’inquiétude à avoir car dans le Conflent, je connais peu de randonnée où le Canigou ne soit pas la toile de fond. Alors, je me mets à chercher sur la carte I.G.N et le Conflent uniquement, et à force de la scruter, figurez-vous que je finis par trouver la randonnée presque idéale. En regardant la carte cadastrale sur Géoportail, je l’ai naturellement intitulé la « Serre du Bosc del Prior » car l’itinéraire emprunte une longue crête qui s’appelle « la Serre » circulant dans un bois au joli nom de « Bosc del Prior », le « Bois du Prieur ». Cette balade démarrant depuis le très beau village de Corneilla-de-Conflent et filant jusqu’à celui de Fillols, au pied du Canigou, tout semble réuni pour en faire la randonnée rêvée de Dany. Avec l’itinéraire tel que je l’imagine sur mon logiciel CartoExploreur tout rentre parfaitement dans le moule. Un premier tracé succinct me donne une boucle de 10,800 km de distance et de 280 mètres de dénivelé. Si je rajoute une visite de Fillols, on ne devrait pas dépasser les 12 km et les 300 m de dénivelé. En ce 7 novembre 2015, il n’est pas encore 10h quand nous démarrons de Corneilla-de-Conflent. Personnellement, j’ai découvert ce village, très récemment, lors d’une agréable randonnée sur le Circuit des Minerais au mois de mai dernier. Revenir ici, m’enchante car j’ai immédiatement aimé ce village paisible avec son imposante et merveilleuse église Sainte-Marie dont malheureusement, je ne connais toujours pas l’intérieur. Il y a également une tour moyenâgeuse. Après quelques photos souvenirs de ces deux monuments, nous nous mettons vraiment en route. Au centre du village, mon GPS m’indique une altitude de 540 mètres. Derrière l’église, je constate qu’une affiche explique quelques balades et parmi elles, il y en a une, « le Circuit Roman », dont le tracé est sensiblement similaire au mien sauf le retour depuis Fillols. Quand à la partie intitulée « la Serre », moi, je l’ai prévue au retour alors que là, elle amène le randonneur directement vers Fillols. Je prends une photo de l’affiche et du circuit, ça peut toujours servir. Dany est partie devant, car moi je traîne déjà. Il faut dire que d’emblée, un oiseau plutôt étrange est venu provoquer mon goût immodéré pour l’ornithologie et la photo. Un oiseau que je ne connais pas en tous cas et dont j’apprendrais le nom qu’après l’avoir rechercher sur Internet : un Capucin bec de plomb (Lonchura malabarica) dont la lecture de son statut en France m’apprend qu’il ne serait présent que dans la région PACA et jamais vu dans les Pyrénées-Orientales sauf en cage. Alors migration nouvelle ou échappé d’une volière ? L’avenir nous le dira ! Au départ, le sentier reprend à l’identique celui du P.R Circuit des Minerais. Il n’y a donc pas de difficultés, le balisage jaune est bien présent et il suffit de le suivre. Tout en montant, les paysages se dévoilent sur Corneilla, sur le Vallon du Cady, sur le Massif du Canigou, sur le pic des Tres Estelles et sur la Serre de Badebany plus connu sous le nom de Canalettes à cause de son incroyable sous-sol. Dany paraît ravie même si l’essentiel du dénivelé est là, sur cette portion de la boucle imaginée. La déclivité est plutôt douce et tout va bien pour l’instant. Contempler la flore, la faune et les paysages sous un soleil radieux suffit à notre bonheur commun. Moi, j’y rajoute le plaisir de la photographie.  Au lieu-dit Cabanels, je retrouve quelques aspects déjà découverts au mois de mai dernier : murets en pierres sèches, ruines, terrasses et autres vestiges agropastoraux, postes de chasse et orris. La météo est superbe et le ciel est même un peu trop opalin en raison des fortes différences de températures entre la nuit et le jour. Cette brume laiteuse s’estompe peu à peu et il fait déjà bien chaud. Un temps idéal pour randonner mais un peu moins pour prendre des photos, la luminosité n’étant pas suffisamment parfaite. En moins d’une heure, nous avons atteint le Roc Ample, intersection de chemins à 704 mètres d’altitude. Dix minutes plus tard, nous voilà devant les enclos de La Collade où de nombreuses « gasconnes » en sont déjà à se prélasser en mâchonnant leurs dernières ripailles. Le fourrage était bon, le soleil est presque au zénith et l’herbe est tendre, alors elles en profitent pour se reposer avant la prochaine traite ou peut être l’abattoir. Lait ou viande, je ne sais pas ce qui les attend vraiment. Nous repartons sans tarder car pour Dany et moi, cette vision d’un cheptel ou d’un seul animal nous laisse toujours dans la perplexité, tant l’on sait la dimension du gaspillage dans l’alimentation contemporaine. Le parcours étant désormais nouveau pour moi, je rallume mon G.P.S et sort de ma poche mon bout de carte où se trouve le tracé enregistré. A cette intersection, il y a quatre directions et celle que nous devons prendre est la piste qui file vers le nord-est. Elle contourne le lieu-dit « Font de la Berjoan ». Ici, mon G.P.S ne captant pas bien les satellites, nous empruntons la bonne piste qu’après quelques longs instants d’hésitations. Quelques ramasseurs de champignons, têtes baissées et culs en l’air, sont bien trop occupés à chercher leurs joyaux champêtres, de gros cèpes en l’occurrence, pour perdre du temps à nous indiquer le bon chemin. Quelques mètres plus loin et au regard de nos pas hésitants, une très gentille demoiselle s’approche de nous et nous confirme que nous sommes bien sur la piste menant à Fillols. La piste est large et la haute forêt de pins sylvestres, sapins et autres cèdres de l’Atlas bien agréable à cheminer. Elle devient d’autant plus agréable que très vite un ample panorama s’entrouvre sur un vaste plateau bosselé et boisé et sur le pic du Canigou et toute sa partie nord-ouest de son massif si fracturé. En effet, vu d’ici, les flancs du massif sont une succession ininterrompue de ravins et de protubérances rocheuses ou boisées. L’automne a déjà largement coloré tous ces paysages. Des couleurs chaudes. Aussi chaudes pour le plaisir de nos yeux que la météo du jour sur nos têtes.  Il n’est pas encore midi quand nous atteignons la chapelle ruinée de Saint-Pierre de Fillols. Face au Canigou et dominant Fillols, ce sont les abords herbeux et ensoleillés de cette vieille chapelle romane qui vont faire office d’aire de pique-nique improvisée. Assis directement sur l’herbe et dos contre un mur de l’église, nous allons y rester une bonne heure à casser la croûte et à nous reposer en écoutant les chants entêtants mais ô combien apaisants de nombreux oiseaux qui ont élus domicile dans un immense chêne tout proche. Après cette longue pause, nous partons visiter Fillols où l’essentiel de la vie semble tourbillonner autour de sa belle église Saint Félix. Là, une fois Fillols découvert, retour vers Saint-Pierre puis montée assez sévère mais très courte vers des pylônes qui s’élèvent au dessus de la Serre. Sur ce large layon sableux au milieu de la belle forêt du Bosc del Prior, une fois la pente gravie, le chemin se stabilise puis chevauche de tous petits mamelons avant de redescendre vers la Collade. Ici et comme je l’avais supposé en imaginant le tracé de cette balade, les vues sont superbes mais rarement à 360 degrés. Vers le nord, les pins empêchent le plus souvent toute vision. Dommage. En tous cas, Dany continue d’être aux anges et c’est bien là l’essentiel. Il faut dire que les vues sur Corneilla et tout le Conflent en général y sont somptueuses. Moi, je suis également enchanté, car sur cette crête, les papillons à photographier y sont encore plutôt nombreux malgré la saison automnale déjà bien avancée. Il est vrai que la plupart du temps, ils sont complètement "escagassés" comme on dit dans mon beau pays de Provence. Ils ont fait de la résistance pour parvenir vivant en novembre mais à quel prix le plus souvent ? Gagnent-ils quelques semaines de vie à cause du réchauffement climatique ? En retrouvant la Collade et son enclos à bétail, j’ai la conviction d’avoir déjà atteint mon but : celui d’avoir su trouver une belle et facile randonnée pour le bonheur de Dany ! Désormais, il ne reste plus qu’à redescendre vers Corneilla-de-Conflent, ancienne capitale et résidence d’hiver des comtes de Cerdagne. Dix siècles sont passés mais décidément, il faut bien admettre que nos gouvernants anciens n’étaient pas si idiots que ça. Ils savaient où il faisait bon vivre. Ils savaient s’entourer d’hommes ingénieux pour construire de superbes édifices dont certains ont réussi à traverser le temps. Ils savaient ce qui était bon pour leur peuple et ce qui ne l’était pas ! Pas vraiment comme aujourd’hui, il faut bien l’avouer ! Telle que nous l’avons réalisée, visite de Fillols incluse, cette balade est longue de 13,4 km. Le dénivelé est de 280 m et les montées cumulées de 765 m. Une balade idéale à faire en toutes saisons. Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

 

 

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Présentation du blog

Publié le par gibirando

Les seules prétentions de ce blog sont :

- de vous faire aimer la randonnée pédestre,

- de prouver que la marche reste le meilleur moyen et en tous cas le plus paisible, pour découvrir la nature, paysages, faune et flore ainsi que notre beau patrimoine si diversifié,

- de démontrer, mais est-ce nécessaire ?, que notre France est "merveilleuse"  un peu partout.

Alors bien sûr, en randonnée pédestre, si le premier objectif demeure l'observation ou/et la contemplation pour la découverte, le deuxième est de respecter et de protéger cette nature très souvent si fragile. Le premier objectif ne restera réalisable que si le second est constamment poursuivi et satisfait.

Mon blog se veut aussi un lieu d'échanges, aussi n'hésitez pas à me laisser des commentaires voire des remarques. Vous souhaitez poser des questions ? Autant que mon emploi du temps le permettra, j'essaierais d'y répondre au plus vite.

Le blog se présente sous la forme d'un certain nombre de modules agencés en rubriques. Ces rubriques sont composées elles-mêmes d'articles. Au niveau des titres, les chiffres entre parenthèses représentent le nombre d'articles au sein d'une rubrique.

- Pour les randonnées, ces rubriques sont ordonnées par départements ou régions et à l'intérieur de chacune d'entre elles, vous trouverez un menu déroulant reprenant toutes les "belles randonnées réalisées et expliquées", classées par titres et dans un ordre alphabétique. Il suffit de cliquer sur la randonnée choisie pour découvrir l'article en question toujours présenté sous la forme d'un récit personnel, agrémenté d'un diaporama Dailymotion ou You Tube (assez souvent musical) et d'une photo représentative. Ces photos sont toutes reprises dans une rubrique intitulée "la galerie photos" quand aux diaporamas, vous pouvez tous les retrouver directement chez You Tube sur ma page d'accueil (voir module autres blogs). La plupart des randonnées sont réalisables sur une journée mais un rubrique spéciale est consacrée à celles nécessitant plusieurs jours. Certaines d'entre-elles, les plus anciennes, étaient sur mon vieux site perso  "Le Monde en Marche de JULLIEN Gilbert", de nos jours supprimé par l'opérateur Orange et que j'ai finalement reprises ici avec le même concept. Enfin, chaque article peut être commenté et une zone réservée à cet effet se trouve à la fin de chacun d'entre-eux. Dans un texte, tous les liens sont de couleur rouge. Les photos et cartes des articles sont à agrandir en cliquant soit directement sur la photo soit sur la mention "taille réelle".

-Outre les rubriques directement dédiées aux randonnées, il y en a quelques autres plus spécifiques que je vous laisserais le soin de découvrir :

La News :  Sous la forme d'un bref aperçu, elle est systématiquement consacrée à la prochaine randonnée ou balade qui sera expliquée.

Mon Journal Mensuel : Chaque mois, il reprend sous la forme d'un article, d'un billet ou d'une chronique, un sujet qui me tient particulièrement à coeur, sujet purement personnel ou pouvant être pioché dans l'actualité.

 

Enfin, comme dans tout blog qui se respecte, le mien ne fait pas exception et vous trouverez les habituels modules qui font leur richesse et que l'on retrouve à peu près partout à savoir : inscription possible à la Newsletter, Livre d'Or, module de contact, de recherche, nuages de tags, archives, statistiques, liens vers mes autres blogs ou sites Internet amis. Accès vers le réseau social Facebook.

Nota : Parmi tous ces modules, tous ne sont pas encore opérationnels mais sachez que mon but est qu'ils le deviennent au fil du temps. Alors merci de votre compréhension et de votre patience.

Enfin, je tiens à préciser que concernant les randonnées et leurs tracés, je décline toutes responsabilités en cas de problème, souci technique, accident ou incident et égarement. Pour l'avoir fait moi-même il fut un temps, toute sortie en groupe nécessite au préalable une reconnaissance afin de vérifier si le parcours est encore praticable et si les personnes que l'on va accompagner selon leurs aptitudes et leurs âges sont aptes à le réaliser. Si la sortie individuelle reste de la responsabilité de chacun ; il faut savoir mesurer ses aptitudes ; il n'en demeure pas moins qu'elle doit être également analysée et préparée selon son degré de difficulté.

Merci pour vos visites et votre fidélité.

A bientôt pour de nouvelles et "Belles Randonnées Expliquées".

 

 

 

 

 

 

 

 

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Randonnées dans les Pyrénées-Orientales

Publié le par gibirando

DEPART.    RANDONNEES DANS LES PYRENEES-ORIENTALES (pour visionner l'article, cliquez sur la randonnée choisie) ♫ = ( vidéos musicales) . A ce jour, 300 randonnées ont été réalisées. 

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66     A la rencontre des cervidés (1.585m) depuis Railleu (1.347 m) et Sansa ♫

66     A Travers les âges et le parcours d'eau à partir de Bélesta de la Frontière. ♫

66     Autour de la Réserve Naturelle du Mas Larrieu à Argelès-Plage ♫

66     Autour du Grand Rocher de Caramany ♫

66     Autour et Tour de Trémoine (272 m) depuis Rasiguères ♫

66     Aux Portes de Boucheville (838 m) depuis Vira (604 m) ♫

66     Du Col de Jau (1.506m) au Col de Tour (1.551m) par le Refuge de Callau. ♫

66     Du Moulin de Vingrau aux Gorges de Gouleyrous ♫

66     La Baraque du Faig (1.589 m) depuis Leca (901 m). ♫

66     La Batterie (887 m) et la chapelle Santa Engracia depuis Arles-sur-Tech ♫

66     La Boucle "Au fil du Còrrec de La Corregada" depuis Saint-Estève. ♫

66     La Boucle "Autour de Montalba-le-Château". ♫

66     La Boucle autour de Sarrat (Al Sarat) à Urbanya 

66     La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça. ♫

66     La Boucle des étangs des Esquits depuis les Bouillouses ♫

66     La Boucle des étangs du Carlit depuis les Bouillouses ♫

66     La Boucle des murs tordus au départ de Peyrestortes ♫

66     La Boucle du Cau de la Guilla (col de la Guille) depuis Notre-Dame du Coral ♫

66     La Boucle du Col de Marsac (1.056 m) depuis Urbanya (856m).♫

66     La Boucle du Roc de Jornac et du Clot del Baro depuis Urbanya ♫

66     La Boucle « Et au milieu coule la Têt - Ille-sur-Têt, Rodès, Casesnoves »  ♫

66     La Boucle « floristique" autour des carrières de Baixas. ♫

66     La Boucle "Il était une fois d'Urbanya à Nohèdes" ou Le Circuit des Maisons saison 3 ♫

66     La Boucle "Minutes Papillons" d'Urbanya à Nohèdes ou Le Circuit des Maisons saison 2 ♫

66     La Boucle Pédestre de l'étang du Ticou depuis Pyrénées 2000. ♫

66     La Cabane de la Devèse de Vallbonne (1.697 m) depuis Léca (907 m) (Corsavy) ♫

66     La Carrière de marbre rouge du Coronat (1.755 m) depuis Jujols (960 m). ♫

66     La Carrière de talc de Caillau (1.645 m) depuis le col de Jau (1.506 m) ♫

66     La Chapelle ruinée de Séquières depuis Tarerach ♫

66     La Chapelle Saint-André et la carrière de marbre de Belloc depuis Conat. ♫

66     La Chapelle Sainte Anne (1.347 m) depuis Baillestavy (620 m) ♫

66     La Chapelle Sainte Anne (1.347 m) en circuit à partir de Glorianes. ♫

66     La Chapelle Sainte Marguerite de Nabilles depuis Conat. ♫

66     La Chapelle Sainte Marie de Bell-LLoc (1.685 m) depuis Dorres (1.446 m) ♫

66     La Chapelle Saint-Guillem (1.270m) depuis le hameau de La Llau (892m). ♫

66     La Chapelle Saint-Guillem par la Fontaine du Brigadier (1.257 m) ♫

66     La Chapelle Saint-Jacques-de-Calahons (531 m) depuis Catllar (331 m) ♫

66     La Chapelle Saint-Michel de Sournia depuis Sournia. ♫

66     La Chapelle Sant Marti de la Roca (518 m) depuis Camélas (314 m) ♫

66     La Chapelle Santa Engracia (653 m) depuis Amélie-les-Bains ♫

66     La Fontaine du Loup (Foun del Loup-650 m) de Trilla à Pézilla-de-Conflent ♫

66     La Gare d'Estardé (1.213 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     La Métairie de Cobazet (1.536 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     La Redoute d'Ambouilla (813 m) et autres découvertes depuis Sirach (470 m) ♫

66     La Roche gravée de Fornols et autres découvertes depuis Campôme ♫

66     La Serre de l'Artigue del Baurien (566 m) depuis Saint-Paul-de-Fenouillet ♫

66     La Serre de Vingrau (576m) en boucle depuis Vingrau (retour par le chemin du Mas Llansou) 

66     La Serre du Bosc del Prior (828 m) depuis Corneilla-de-Conflent (548 m) ♫ 

66     La Source des Verriers (782 m) depuis Vira (610 m) ♫ 

66     La Torre de Creu et le barrage de Matemale depuis Matemale ♫

66     La Tour de Batère (1.429m) depuis le Col de Palomère (1.036m) ♫

66     La Tour de Goa (1.268 m) depuis Vernet-les-Bains (670 m) ♫ 

66     La Tour de la Madeloc (656 m) depuis Banyuls-sur-Mer.

66     La Tour de la Massane (793 m) depuis Lavail (220 m) ♫

66     La Tour de Mir (1.540 m) et le Pic de La Clape depuis Prats-de-Mollo. ♫

66     La Tour de Querroig (670 m) depuis Banyuls-sur-Mer ♫

66     La Tour del Far et la carrière de marbre d'El Comador depuis Tautavel ♫

66     La Tour del Far (498 m) depuis Cases-de-Pène. ♫

66     La Tour et le Roc de Lansac (500 m) depuis Lansac. ♫

66     La Tourèze Mystérieuse depuis Latour-de-France ♫

66     La Trancade et la Redoute d'Ambouilla (813 m) depuis Ria (370 m) ♫

66     La Vallée d'Eyne (1.599m) jusqu'au col de Nuria (2.683m). ♫

66     La Vallée de l'Alemany (1.979 m) depuis Mantet (1.475 m) ♫

66     La Vallée du Galbe (1.757 m) depuis Espousouille (1.523 m) ♫

66     La Voie verte de l'Agly en VTT depuis Rivesaltes jusqu'au Barcarès ♫

66     L'Abbaye de Saint-Martin-du-Canigou (1.055m) depuis Vernet-les-Bains (670m) ♫

66     Le Balcon de Céret (423 m) depuis Céret (158 m) (La Nogarède) ♫

66     Le Balcon de la Côte Vermeille par le Pic des 4 Termes (1.156m) ♫

66     Le Balcon de la Coumelade (1.811 m) depuis St Guillem de Combret (1.335 m) ♫

66     Le Balcon de la Pêche depuis Ansignan (pont-aqueduc romain). ♫

66     Le Balcon de Nohèdes (1.310 m) depuis Nohèdes (935 m) par l'ancien canal d'irrigation. ♫

66     Le Balcon de Villefranche-de-Conflent par Saint-Etienne de Campilles ♫

66    Le Balcon de Villefranche-de-Conflent (427m/1.091 m) par Belloc.♫

66     Le Balcon des Aspres de Ste-Colombe à Camélas en passant par Castelnou. 

66     Le Balcon d'Evol (985 m) depuis Olette (623 m) 

66     Le Balcon d'Ille-sur-Têt (664m)- de Saint-Michel-de-Llotes à Casefabre. 

66     Le Balcon du Canigou (1.739 m) depuis Los Masos/Valmanya (1.014 m) 

66     Le Balcon d'Urbanya (1.535 m) depuis Nohèdes (942 m) 

66     Le Balcon sur la Rotjà du col de Jou (1.125 m) à Py (A/R). 

66     Le Cami d'El Viver (ou chemin du Vivier) depuis Saint-Martin-de-Fenouillet ♫

66     Le Cami de la Retirada (1.513 m) depuis Prats-de-Mollo (724 m) ♫      

66     Le Cami de las Sanyes depuis Salses-le-Château. ♫

66     Le Cami de Sant Bernabeu depuis Valcebollère ♫

66     Le Cami dels Orris depuis Salses-le-Château ♫

66     Le Cami Ramader de Thuir d'Evol au refuge de la Mouline (1.550m) ♫

66     Le Canal de Bohère depuis Llonat (commune de Los Masos) ♫

66     Le Canal d'Urbanya (1.764 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Canal Paul Riquet, La Soulsoure et le Sentier de découverte de La Sagnette à Saint-Hippolyte. ♫

66     Le Château de Montferrer 'Lo Castell' (1.035 m) depuis Montferrer (795 m) ♫

66     Le Château de Salveterra (400 m) depuis Opoul (côte 207 sur la D.9) ♫

66     Le Château des Maures et le viaduc de l'Escargot depuis Caudiès-de-Fenouillèdes 

 

 

66     Le Circuit Autour du Vallon de la Désix depuis Sournia ♫

66     Le Circuit champêtre de Fosse-Les Cabanes ♫

66     Le Circuit de 5 villages cerdans depuis Hix (Bourg-Madame) ♫

66     Le Circuit de Campoussy (885 m) depuis Sournia (490 m) ♫

66     Le Circuit découverte de Clara à Taurinya 

66     Le Circuit découverte Escaro/Aytua depuis Escaro ♫

66     Le Circuit de Força Réal (507 m) depuis Montner (125 m) ♫

66     Le Circuit de Fosse par la Couillade de Ventefarine ♫

66     Le Circuit de l'Anse de Paulilles depuis la plage de Bernardi (Port-Vendres) ♫

66     Le Circuit de l'Eau à Saint-Estève ♫

66     Le Circuit de la Bataille du Boulou depuis le Boulou ♫

66     Le Circuit de la Devesa et de la Coma depuis Urbanya (suivi des Orthoptères d'Urbanya) ♫

66     Le Circuit de la Matte (Mata) (1.205 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Circuit de la Montagne brûlée depuis Rodès (le Sentier des Carrières et du village médiéval de Ropidera) ♫

66     Le Circuit de la Soulsoure depuis Saint-Hippolyte-de-la Salanque ♫

66     Le Circuit de la Tirounère depuis Saint-Paul-de-Fenouillet ♫

66     Le Circuit de Vallserra par l'Iglesieta depuis Les Angles. ♫

66     Le Circuit des 3 Châteaux de Fenouillet depuis Caudiès-de-Fenouillèdes ♫

66     Le Circuit des 3 Dolmens depuis Bouleternère ♫

66     Le Circuit des 3 Veïnats de Fuilla 

66     Le Circuit des Bornes frontière de 1258 depuis Montalba-le-Château ♫

66     Le Circuit des Clôtures (1.798m) depuis Urbanya (856 m) ♫ 

66     Le Circuit des Combes au départ d'Estagel ♫

66     Le Circuit des Coumes et sur les Pas des bergers depuis Calce ♫

66     Le Circuit des Genêts à Urbanya ♫

66     Le Circuit des Hautes Garrotxes (1.917 m) depuis Sansa (1.410 m) ♫

66     Le Circuit des Maisons d'Urbanya à Nohèdes ♫

66     Le Circuit des Minerais depuis Villefranche-de-Conflent ♫

66     Le Circuit des Ponts Romains depuis Sournia ♫

66     Le Circuit des Rocs et des combes depuis Cases-de-Pène (parking de l'ermitage) 

66     Le Circuit des Terres Noires à Sournia et le Fajas d'en Baillette ♫

66     Le Circuit des Trois églises depuis Ur (Autour d'Ur). ♫

66     Le Circuit du Champ de l'Ours (Campoussy) depuis Sournia. ♫

66     Le Circuit du Col du Miracle et des Lloses (1.424 m) depuis Prats-de-Mollo (729 m) ♫

66     Le Circuit du Jardin Ensoleillé depuis Saint-Martin de Fenouillet ♫

66     Le Circuit du Patrimoine de Baho depuis Saint-Estève. ♫

66     Le Circuit du Poste électrique et les éoliennes de Baixas depuis Saint-Estève ♫

66     Le Circuit "Les Mots du vignoble" au départ de Fourques ♫

66     Le Circuit minier d'Escaro ♫

66     Le Circuit pédestre sur les hauteurs de Collioure depuis Collioure ♫ 

66     Le Col de Siern (1.629 m) depuis La Preste (1.105 m) 

66     Le Dernier Bastion cathare (Quéribus) au départ de Maury. ♫

66     Le Dolmen de la Cova de l'Alarb et le château de Valmy à Argelès-s/mer. ♫

66     Le Dolmen de la Siuréda et la Tour de Bel Oeil depuis Maureillas. 

66     Le Fajàs d'en Baillette depuis Le Vivier ♫

66     Le Fort de Bellegarde (424 m) et la Vallée de la Rome depuis les Cluses (137 m) ♫

66     Le Hameau de Comes (787 m) depuis Eus (387 m) ♫

66     Le Hameau d'En (970 m) depuis Nyer (718 m) ♫

66     Le Hameau et le château de Cuxous depuis Latour-de-France ♫

66     Le Hameau fantôme de Formentère (1.153 m) depuis Montbolo ♫

66     Le Hameau oublié de Fontanills par Can Rigall (880 m) depuis Arles-sur-Tech ♫

66     Le Lac d'Aude et le Mont Llaret (2.376 m) depuis les Angles (Pla del Mir -1.800m) ♫

66     Le Lac de Caudiès-de-Conflent (1.750 m). ♫

66     Le Lac de Nohèdes (2.022 m) par le canal de Jujols depuis Nohèdes (990 m) ♫

66     Le Lac et la Jasse d'En Calvet depuis La Llagonne ♫

66     Le Madres (2.469 m) en boucle depuis le col de Sansa (1.775 m) ♫

66     Le Mont Capell (1.194m) depuis Saint-Laurens de Cerdans ♫

66     Le Mont Coronat (2.172 m) depuis Nohèdes (Centrale électrique - 985 m) ♫

66     Le Mont Helena (776 m) depuis Caixas (363 m) ♫

66     Le Montolier de Périllos (707 m) et la Cauna depuis Périllos (360 m) ♫

66     Le Parc animalier des Angles (66) ♫

66     Le Pech de Fraissinet (1.173 m) à partir du village de Fenouillet ♫

66     Le Petit Balcon d'Urbanya (1.359 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Pic Aubeill (540 m) depuis Bélesta de la Frontière ♫

66     Le Pic Carlit (2.921m) plus haut sommet des Pyrénées-Orientales ♫

66     Le Pic de Costabonne (2.465 m) et la Coma del Tech depuis la Preste (1.107 m) 

66     Le Pic de la Moscatosa (Mousquatouse) (1.457 m) depuis Urbanya (856 m) 

66     Le Pic de la Pelade (2.370 m) et la Coume de Ponteils depuis le Col de Sansa (1.775 m) ♫

66     Le Pic de la Serra (1.208 m) depuis Urbanya (856 m) 

66     Le Pic de la Souque (1.635 m) depuis Leca (901 m) 

66     Le Pic de Portepas (1.798 m) depuis Urbanya (856 m) 

66     Le Pic de Tour ou del Torn (1.632 m) depuis Urbanya (856 m) 

66     Le Pic de Vergès (584 m) depuis Saint-Arnac 

66     Le Pic del Rosselló (1.314 m) depuis Mosset (700 m) 

66     Le Pic des Mauroux (2.137 m) depuis la Mollera dels Clots (Font-Romeu) ♫

66     Le Pic des Salines (1.333m) à partir de Fontfrède (Céret) 

66     Le Pic des Sept Hommes (2.651 m) depuis le refuge de Mariailles 

66     Le Pic des Tres Estelles (2.099 m) en 2 jours depuis le Pas de Grau (1.190 m) (Escaro) 

66     Le Pic du Canigou (2.784 m) depuis Mariailles (parking Le Randé - 1.520 m) ♫

66     Le Pic Garrabet (794 m) et Terre Majou (842 m) depuis Sournia (497 m) ♫

66     Le Pic Lazerou (574 m) et les dolmens de Felluns et Ansignan (245 m) ♫

66     Le Pic Lloset (1.371 m) et le pic de la Moscatosa (1.457 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Pilon de Belmatx et la Serre de Montner depuis la Boadelle ♫

66     Le Pla des Avellans depuis Bolquère-Pyrénées 2000 (Parking Les Estanyols) ♫

66     Le Pla Ségala en raquettes (2.200/2.320m) depuis le col de Mantet (1.760m) ♫

66     Le Prieuré de Marcevol et la chapelle Sainte Eulalie (656m) depuis Vinça (250 m) ♫

66     Le Prieuré de Serrabonne (601 m) depuis Boule d'Amont (415 m). ♫

66     Le Prieuré Santa Maria del Vilar depuis Villelongue-dels-Monts ♫

66     Le Puig del Pam (2.470 m) depuis les Angles ♫

66     Le Puig del Rocater (1.601 m) depuis Urbanya (856 m) 

66     Le Puig d'Escoutou (2.292 m) et la Llabanère (2.052m) : à l'écoute des cervidés ♫

66     Le Puig Pédrous (437 m) depuis Ille-sur-Têt (125 m) ♫

66     Le Puig Saint-Pierre (1.791 m) et le Puig de l'Estelle (1.778 m) depuis Batère. ♫

66     Le Puig Sant-Cristau (1.015 m) depuis Saint-Jean d'Albère (545 m) ♫

66     Le Refuge de Callau (1.537 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Refuge de l'Orri (1.810 m) depuis Prats-Balaguer (1.309 m) ♫

66     Le Refuge du Gai Sourire (1.076m) et le Ravin de Tulla depuis Fenouillet (443 m) ♫

66     Le Rêve de Sylvain et la Tirounère depuis Prugnanes ♫

66     Le Roc de Jornac (1.051 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Roc de les Creus (1.091 m-Conat) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Roc de les Medes (692 m) depuis Sorède (La Farga-205 m) ♫

66     Le Roc de Peirafita (1.535 m) par le Bac de la Pinosa depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Roc des Quarante Croix (1.356m) depuis Mosset. ♫

66     Le Roc et le Bac de Torrelles (1.745 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Roc Redoun (328 m) et les Coumos de la Quirro depuis Baixas ♫

66     Le Sarrat d'Espinets (801m) et le Roc Rouge (735m) depuis le col des Auzines (603m) ♫

66     Le Sarrat de Marsac (1.088 m) et les Cortalets depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Sarrat Naout (1.310 m) et Gatespa depuis le Col Bas (1.035 m) à Rabouillet ♫

66     Le Sentier archéologique d'Eyne ♫

66     Le Sentier d'Arletes et autres hameaux perdus depuis Conat ♫

66     Le Sentier de Carbodell depuis Nohèdes. ♫

66     Le Sentier de Découverte du Crest Petit et Les Comes à Baixas ♫

66     Le Sentier de Découvertes et d'agrément de Néfiach. ♫

66     Le Sentier de la Garrigue (1.392 m) et des Coumeilles depuis Jujols (960 m) ♫

66     Le Sentier de la Roche Insolite depuis Opoul-Périllos ♫

66     Le Sentier des Cariolettes au départ de Bolquère-village. ♫

66     Le Sentier des Hauts de Taïchac (632m) depuis St-Martin de Fenouillet (426m) ♫

66     Le Sentier des Histoires et la chapelle Saint-Luc de PuigRodon depuis Fourques ♫ 

66     Le Sentier des Oiseaux d'Ansignan ♫

66     Le Sentier des Trabucayres (1.333 m) depuis Las Illas (540 m) ♫

66     Le Sentier du Baron et le Tambour de Sahorre depuis Sahorre ♫

66     Le Sentier du Barrage sur l'Agly depuis Cassagnes (66). ♫

66     Le Sentier du Cap Béar depuis Port-Vendres (Anse de l'Espelugas) ♫

66     Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet) ♫

66     Le Sentier du Littoral de Banyuls-sur-Mer au site de Paulilles ♫

66     Le Sentier du Littoral de l'Anse de Paulilles au cap Béar et retour ♫

66     Le Sentier du Littoral du Racou à Collioure et retour. ♫

66     Le Sentier du Myrte et du genévrier depuis le château de Salveterra (Opoul-Périllos) ♫

66     Le Sentier Forestier des cinq sens et la forêt de Mosset (1.539 m) ♫

66     Le Sentier Forestier des Rhododendrons (1.890 m) depuis Rieutort (1.517 m) ♫

66     Le Serrat de Calvaire (1.359 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Serrat de la Font de la Barbera (1.549 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Serrat de l'Homme et la Cascade d'Urbanya ♫

66     Le Serrat Gran (1.430 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Site du Parc Naturel des Dosses au Barcarès. ♫

66     Le Tour de la Pelade (1.173 m) depuis Fenouillet (La Coume) 502 m ♫

66     Le Tour de Saint-Michel de Cuxa depuis l'abbaye 

66     Le Tour des Cabanes (916 m) depuis Prats-de-Sournia (634 m) ♫

66     Le Tour des Trois Villages : Sauto, La Llagonne, Fetges. ♫

66     Le Tour des villages à la croisée des voies romaines depuis le col de La Perche ♫

66     Le Tour du Coucouroucouil (1.996 m) à partir de Prats-Balaguer (1.309 m) 

66     Le Tour du Domaine des Montpins (Espira-de-l'Agly) ♫

66     Le Tour du lac de Caramany 

66     Le Tour du lac de Puyvalador depuis Réal ♫

66     Le Tour du lac de Villeneuve-de-la Raho ♫

66     Le Tour du Mont Nègre (1.226 m) depuis Falgos (St-Laurent-de-Cerdans) ♫

66     Le Tour du Très Estelles jusqu'à Py (1.023m). ♫

66     Le Trau del Cavall (Falaises et Contrebandiers) (540 m) depuis Vingrau ♫

66     Le Val de Bonabosc (799 m) ♫

66     Le Vallon d'Aigues-Bonnes (710 m) et les Gorges de Saint-Jaume ♫

66     L'Ermitage Saint-Etienne de Pomers depuis Clara ♫

66     L'Ermitage Saint-Ferréol (300 m) depuis Céret (144 m) ♫

66     L'Estany del Clot (1.682 m) depuis Nohèdes (960 m). ♫

66     L'Etang de la Balmette (2.047 m) depuis les Angles (1.840 m) ♫

66     Les Balcons de le Têt de Saint-Thomas-les Bains (1.155m) à Planès (1.558m) et retour ♫

66     Les Balcons de Taurinya (843 m) depuis Taurinya (543 m) ♫

66     Les Berges de la Têt (Au bord de la Têt) depuis les Estanyols (Bolquère) ♫

66     Les Cascades Saint-Vincent et des Anglais à Vernet-les-Bains ♫

66     Les Chapelles du Coronat (St-André de Belloc et St-Etienne de Campilles depuis Conat ♫

66     Les Chapelles du Pla de Balençou (912m) depuis Conat (513 m) ♫

66     Les Chemins d'Adrienne depuis Fourques ♫

66     Les Chemins de l'Ourriet et des Escocells depuis Urbanya ♫

66     Les Chemins des Braves : Espousouille, Fontrabiouse depuis Puyvalador ♫

66     Les Chemins ruraux de Serralongue depuis Le Tech ♫

66     Les Coteaux de Terrats depuis Terrats ♫

66     Les Crêtes de Serrabonne (1.044 m) depuis le prieuré de Serrabonne (601 m) ♫

66     Les Etangs de Font-Vive et de Passet en boucle à Porté-Puymorens. 

66     Les Etangs des Esquits depuis le Pla des Avellans, retour Pla de Barrès.♫

66     Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre. ♫

66     Les Gorges de la Guillera et le château de Rodès (308 m) depuis Rodès (203 m

66     Les Gorges de Nyer et le château de La Roca ♫

66     Les Gorges du Sègre depuis Llo ♫

66     Les Gorges et les Cascades du Cady (1.084 m) depuis Casteil (824 m) ♫

66     Les Lacs de Nohèdes et d'Evol (2.170 m) depuis Montailla (1.150m) (Nohèdes) ♫

66     Les Lacs des Camporells (2.240 m) depuis Formiguères (Station de ski-1.740 m) ♫

66     Les Mattes Vertes et les Mattes Rouges (2.083m) depuis le Col de Jou (1.125m) ♫

66     Les Mines de La Pinouse (1.360m) depuis le col de Palomère (1.036m) ♫

66     Les Monts d'Estagel (185 m) depuis Estagel 

66     Les Pierres gravées et dressées de Conat 

66     Les Plans d'eau de Millas ♫

66     Les Propriétés du vicomte de Fenouillet depuis Caudiès-de-Fenouillèdes. 

66     Les Rocs de France (1.450 m) et de Saint Sauveur (1.235 m) par Montalba d'Amélie 

66     Les Tours à signaux et la carrière de marbre de Badabanys depuis Villefranche-de-Conflent. 

66     Les Tours de Cabrens (1.336 m) depuis Lamanère (777 m) 

66     Les Villages perdus du Conflent -de Nohèdes à Urbanya 

66     Notre-Dame de Coral en boucle depuis le col d'Ares (Prats-de-Mollo) ♫

66     Notre-Dame de Coral par le col de Malrems (1.131m) depuis Lamanère (770 m) ♫

66     Notre-Dame de Pène et Sainte-Catherine de Baixas ♫

66     Notre-Dame de Vie et sa grotte à Villefranche-de-Conflent. 

66     Notre-Dame du Château et le Château d'Ultrera à partir de Sorède (533 m) 

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Le Pic du Canigou (2.784 m) depuis Mariailles (parking Le Randé - 1.520 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est enjolivé avec des musiques d'Ennio Morricone extraites de la bande originale du film "Le Professionnel" de Georges Lautner avec Jean-Paul Belmondo. Leurs titres ; Le Vent, le Cri - Chi Mai - D'Afrique - Le Retour (Sur le nom de Bach)


Il fallait bien que ça arrive un jour ! A force de lui attribuer tous les superlatifs les plus pléthoriques, de le mettre en exergue à chacune ou presque de mes randonnées départementales voire limitrophes parfois, de le traiter le plus souvent de « grand seigneur », de « majesté », d’ « Olympe des Catalans », de « montagne sacrée », de sommet mythique, de « mont des monts », comme l’étymologie de son nom le laisse supposer, voilà qu’enfin, en ce 6 août 2015, je m’étais décidé à aller gravir notre « fameux » Canigò. Je dis « notre » car il faut bien le dire, cette montagne si belle et si majestueuse, elle appartient à tout le monde, catalans ou pas catalans ! On ouvre notre fenêtre, on se balade dans une rue d’un village du Roussillon et son pinacle apparaît au loin, plus merveilleux bien sûr quand il est enneigé. Et puis, n’est-il pas visible depuis la Provence comme certains de mes amis blogueurs me l’ont prouvé en m’envoyant moultes photos et vidéos si « extraordinaires » d’un incroyable coucher du soleil ? Enfin, pour le toucher, il suffit d’en avoir envie et rejoindre son sommet est presque un jeu d’enfant à partir des Cortalets. Je me souviens toujours de cette anecdote avec ce couple de stéphanois (de Saint-Etienne) dont j’avais croisé la route lors de la dernière étape de mon Tour pédestre du Coronat. Par un bel après-midi d’août, nous étions tous à prendre un goûter assis près de la chapelle Saint-Etienne de Campilles, au dessus de Villefranche-de-Conflent et nous dissertions sur les randonnées en général et sur le Canigou qui nous faisait face en particulier. Ce couple était persuadé que pour monter au sommet du Canigou, il fallait nécessairement être un grand alpiniste, avoir un matériel d’escalade approprié et moi, je m’évertuais à leur dire que même leurs trois jeunes filles âgées de 7 à 12 ans pouvaient aisément y monter. Il a fallu que j’argumente un max, que je sorte ma carte I.G.N et que je leur dise que l’on pouvait presque y monter en voiture pour qu’enfin ils se décident à me croire, non sans penser sans doute qu’avec mon accent marseillais, j’exagérais sans doute un peu. Quand je les avais quitté pour finir mon étape, dans leurs têtes, c’était décidé : « ils ne finiraient pas leurs vacances sans être montés au Canigou ! ». Voilà pour cette anecdote amusante mais qui montre ô combien ce sommet inspire à la fois admiration, respect et désir. Pour moi, en ce 6 août 2015, cet objectif de faire l’ascension du Canigou, ce n’était pas exactement ce que l’on appelle une « première » mais la cinquième fois que j’allais le gravir, quatre fois depuis les Cortalets et une seule fois depuis Mariailles. Ma première ascension datait de juillet 1989 et avec un groupe d’amis, nous avions marché 2 jours de Valmanya aux Cortalets le premier jour puis jusqu’au pic le lendemain. A l’époque, j’avais 40 ans et donc 26 ans de moins. En tous cas et même si je gardais quelques photos des différentes ascensions, c’était la toute première fois que je m’y rendrais avec la ferme intention de laisser un récit et un reportage photographique digne de ce nom. Ce reportage bien sûr devant servir à nourrir ce blog « randonnées » que je développe désormais depuis plus de 7 ans. Parfois, quelques blogueurs m’en avaient gentiment fait le reproche de ne pas l’avoir encore inscrit et c’est vrai que j’ai mis pas mal de temps à me décider. Cette fois-ci encore. L’envie était là, mais je voulais que les conditions soient idéales, en tous cas les plus propices, à la fois sur le plan « météo » principalement, pour que mon article soit le meilleur possible, mais aussi sur le plan physique car depuis Mariailles, je me souvenais d’une randonnée plutôt très longue et même difficile sur la fin en arrivant à la pierreuse « Cheminée ». Par cet itinéraire, la dernière fois que j’y étais monté, c’était il y a une quinzaine d’années et autant dire qu’à 66 ans, on n’a plus les jambes de 50 et ça je l’appréhendais un peu, même si je marche encore beaucoup ! Enfin, j’étais tout de même décidé à le faire avant d’être trop vieux ! Depuis Urbanya, où je passais l’essentiel de mes vacances estivales, j’avais remarqué que le Canigou commençait à se charger en nuages en début d’après-midi sur les coups de 13, 14 voire 15 heures parfois. Mon premier objectif serait donc de parvenir au sommet de préférence bien avant les nuages car il n’y a rien de pire que de monter tout là-haut et d’avoir la tête enveloppée d’une écharpe opaque empêchant toutes visions.  Mais à 66 ans, courir contre des nuages, était-ce bien raisonnable ?  A 6h30, sous un ciel encore un peu blafard, j’ai donc quitté Urbanya, direction Mariailles par Vernet-les-Bains, Casteil puis le col de Jou où j’ai poursuivi la piste forestière jusqu’au parking du Randé. Entre temps, je m’étais arrêté quelques minutes pour observer et photographier mon objectif du jour, un peu comme le font deux boxeurs avant le combat quand ils se regardent les yeux dans les yeux pour se défier et montrer qu’ils n’ont pas peur de l’autre. A chaque arrêt, le massif était différent, d’abord d’un noir d’ébène, il se détachait magnifiquement dans un ciel blafard depuis la route d’Urbanya. A Ria, entre chien et loup, c’est une pyramide bleue acier que j’ai pu voir dans un ciel bleu devenant laiteux. Après Casteil, dans la montée vers le col de Jou, alors que je pensais le voir une dernière fois, le Canigou avait disparu et il avait laissé la place à une petite montagne minérale et végétale où falaises et pierriers blanchâtres et forêts olivâtres se partageaient le décor. A partir de là, j’ai décidé de ne plus m’arrêter. 7h30, je range ma voiture sur le parking du Randé. Les véhicules garés sont déjà très nombreux mais paradoxalement il n’y a pas âme qui vive. Seuls, deux ânons et deux jolis chevaux pie magnifiquement tachetés sont là attachés aux clôtures. Mes caresses n’ont pas l’air de les enthousiasmer et j’ai même le sentiment qu’ils dorment debout. Sans entrain, ils attendent des randonneurs trop paresseux pour porter leur propre sac à dos  J’endosse le mien et file vers des pancartes indicatives. Ces pancartes, je les connais bien et les choix proposés vers Mariailles aussi. Que ce soit par la piste ou par le G.R.10, je sais déjà que 40 minutes environ me seront nécessaires pour arriver à la hauteur du refuge. Je fais le choix de la piste que j’estime préférable pour me mettre en jambes. Seules quelques rares fleurs me freinent dans ce placide démarrage et malgré ces brefs arrêts photographiques, à 8h10 me voilà à Mariailles où au milieu de vaches encore plus placides que moi, je tente de me frayer un chemin. Ici, et bien au delà de son classement en grand site, à cause des troupeaux qui sont à l’estive et des touristes qui fréquentent en très grand nombre le massif, on comprend mieux pourquoi les pistes forestières menant vers le Canigou sont interdites à tous les véhicules des non ayants droit en période estivale. Au col, je délaisse la piste non sans avoir au préalable jeté un coup d’œil sur le seul panonceau qui pourrait m’intéresser : « Pic du Canigò - 8,2 km – 4 heures ». Tous ces chiffres me laissent perplexe car selon le tracé que j’ai enregistré dans mon G.P.S, c’est au bas mot plus de 2,5 km supplémentaires qu’il me faudra cheminer pour arriver au sommet. Quand aux 4 heures annoncées, je ne me fais aucune illusion, avec mon habitude de flâner, j’en serais sans doute bien loin même si je garde dans un coin de ma tête cette envie certaine d’arriver avant les nuages, c'est-à-dire avant 13 heures. A l’instant où je bascule sur le G.R.10, un randonneur me dépasse. C’est le tout premier que j’aperçois depuis le Randé. On se salue. Il a environ mon âge mais marche bien plus vite que moi. D’autres randonneurs arrivent encore mais poursuivent la piste soit vers les Mattes Rouges soit vers le Pla Guillem. Devant moi, le randonneur de mon âge a quitté le sentier et je le vois se diriger en contrebas vers la Fontaine de la Jasse où il remplit des gourdes. Je poursuis mais peu après la passerelle enjambant le torrent de la Llipodère, il me doublera à nouveau et là, je ne le reverrai plus jamais. Il faut dire que mon numérique est déjà bien entré en action et que chaque photo est toujours ponctuée d’un petit arrêt. Pourtant, la luminosité est loin d’être idéale car soit le ciel est encore bien opalin soit les rayons du soleil me dardent en pleine face et la qualité de mes prises de vues paysagères s’en ressentent. Tant pis, je me suis promis de prendre un maximum de photos pour agrémenter mon reportage. Après le Ravin des Sept Hommes et le Col Vert, il est presque 9 heures quand je pousse une porte métallique servant de démarcation à des décors bien différents. Ici, je quitte les sombres sous-bois de résineux pour des milieux plus ouverts plongeant sur le profond Ravin du Cady et offrant des vues panoramiques époustouflantes et lointaines. Sur la gauche, les pics Quazemi déroulent leurs douces crêtes pelées quand au Roc de Cady, sa haute stature rougeâtre et chaotique contraste avec la végétation environnante si verte. Désormais, tous ces paysages apparaissent sous un firmament d’une couleur bleu ciel tant espérée. Le sentier et ses abords changent aussi. Il alterne les gros éboulis descendant des Sept Hommes, les petites tourbières mouillées ou les portions herbeuses où les petits pins à crochets, les rhododendrons, les genêts, les fétuques et les fleurs multicolores se livrent une lutte sans merci pour s’approprier l’espace laissé libre par les hautes forêts. Dans cette lande incroyablement compacte, une faune bien visible composée essentiellement de lépidoptères, d’orthoptères et de passereaux sautille et virevolte. J’y aperçoit quelques criquets, deux ou trois papillons, un pinson, des mésanges et pour la toute première fois, un accenteur alpin. La sente descend tout doucement vers le torrent de Cady dont les berges sont occupées par un groupe de randonneurs espagnols entrain de déjeuner. Dans l’immédiat, je ne fais que les saluer et je ne m’arrête pas mais ces quelques marcheurs seront mes complices permanents dans l’ascension finale vers le sommet. Tout en montant vers le Roc de Cady et le refuge Arago, de nouvelles vues s’entrouvrent plus ou moins lointaines et pour certaines bien reconnaissables pour y avoir cheminé : Pic des Sept Hommes, Pic des Tres Estelles et beaucoup plus loin encore le Mont Coronat, le Pic de la Pelade, le Madres et le Carlit. En approchant de la Cabane Arago, la végétation change encore et d’autres paysages se dévoilent dans la direction opposée. Ici, tout autour de cet ancien et immense cirque glaciaire formé par la Solane de Quazémi et les Gourgs du Cady, ce ne sont que des hautes crêtes ondulées formées par un série de « puigs » oscillant entre 2.600 et 2.700 mètres d’altitude : Sept Hommes, Roja, Tres Vents, Roc Nègre, Sec, Barbet et enfin Canigou. La végétation, elle, est essentiellement composé d’une lande où de ras genêts purgatifs et de blonds gispets poussent au milieu des magmas rocheux que des glaciers millénaires aujourd’hui disparus ont charriés anarchiquement. Après le refuge,  et toute proportion gardée, la sente devient un peu plus sévère. On enjambe un étroit ruisseau donc je peux supposer qu’il s’agit du Cady bien que sa source soit plutôt difficile à discerner sur la carte I.G.N. Plus on monte, plus la pente s’accentue, plus l’herbe devient rare et rase et laisse peu à peu la place aux seules caillasses. Ici, c’est le royaume des traquets motteux et des marmottes que l’on entend chanter et siffler sans jamais trop les apercevoir ni les uns ni les autres. Ce n’est pas faute pourtant de m’arrêter et d’observer chacun des rochers d’où proviennent toutes ces stridulations. J’aurais plus de chance au retour. Le sentier est désormais essentiellement caillouteux et rocheux même si ma curiosité me conduit à trouver encore quelques fleurs dans les moindres interstices : Pieds de chat, campanules, raiponces, achillées et autres séneçons notamment. Je ne suis plus seul et nous sommes désormais plutôt nombreux à grimper vers la « glorieuse » cime. Dans ma flânerie continuelle, je laisse passer toute le monde et ça d’autant plus facilement qu’un grand ciel bleu d’une incroyable pureté est bien, comme je l’avais imaginé, au rendez-vous de cette difficile ascension. Sans me presser, et sauf incident toujours possible, je sais déjà qu’à 13 heures, je serais là-haut. Le groupe d’espagnols aperçu au bord du Cady m’accompagne désormais. On se dépasse, puis on se laisse aller à une pause puis on se double à nouveau, se faisant presque des politesses quand le sentier devient plus compliqué à cheminer. 12h30, je domine la Brèche Durier et la célèbre « Cheminée » se présente droit devant moi. A son pied, nous sommes très nombreux, trop nombreux à mon goût dans ce couloir si abrupt, caillouteux et plutôt étroit quand au seul passage qui est véritablement praticable. J’appréhende les chutes de pierres et je me dis qu’un casque ne serait peut être pas superflu. Je laisse les gens s’avancer et garde un bon espace avec eux avant de me lancer. Dès que je rattrape une personne un peu plus lente, soit je la dépasse soit j’en profite pour m’arrêter et prendre de superbes photos, histoire de lui préserver une nouvelle distance. Vues aériennes de la Vallée du Cady, de la Solane du Quazémi, de la Conque du Pic, insolite « Totem », arêtes acérées du Quazémi de Dalt, tout est beau à photographier et prétexte à éviter une éventuelle chute de pierres. A 13 heures tapantes, mon regard bascule vers l’autre versant. Le Canigò est là et le « cas nigaud » que je suis et qui voulais arriver avant les nuages a gagné son pari !  La croix forgée (*) est tellement envahie de randonneurs que je file immédiatement vers la table d’orientation. Là, ça semble bien plus calme mais malheureusement la table est littéralement infestée par des fourmis ailées sortant de tous côtés. D’où viennent-elles ? Je ne cherche même pas à comprendre tant il y en a et tant elles s’avèrent agressives. Je suis contraint de me sauver tant il en grouille de toutes parts. Je me suis éloigné d’une vingtaine de mètres dans la descente vers les Cortalets et pourtant je vais même en retrouver sans cesse dans la salade et les sandwichs de mon pique-nique. Finalement, je finis par les oublier et je suis vraiment ravi car le beau temps tant escompté est là et les panoramas sont sublimes même si quelques nuages épars circulent sous le massif et si une brume blanchâtre voire grisâtre barre les horizons les plus lointains. Vernet-les-Bains, Prades et de nombreuses autres communes sont très facilement identifiables. Je domine le chalet des Cortalets que j’aperçois en contrebas blotti dans la forêt de sapins. Dans le ciel, et juste au dessus de ma tête, deux vautours fauves viennent d’entamer une angoissante ronde. Ils planent et sans aucun battement d’ailes,  se laissent porter par les courants aériens disparaissant peu à peu de ma vue dans une étonnante spirale. Après le pique-nique, je scrute les paysages du Conflent en quête d’apercevoir Urbanya que finalement j’arrive à distinguer grâce à la grande ferme blanche dominant ma maison. Par amusement, j’essaie de prendre une photo mais même avec mon zoom grossissant 30 fois, la perception s’avère bien insuffisante avec cette ouate brumeuse voilant l’horizon. Un flot presque continuel de randonneurs de tous âges arrive des Cortalets et j’attends le moment le plus propice pour m’approcher de la table d’orientation et surtout de la croix matérialisant le sommet. Le but de cette approche : prendre la traditionnelle photo souvenir bien sûr. Les fourmis volantes semblent s’être volatilisées et en tous cas, elles sont bien moins nombreuses et belliqueuses qu’à mon arrivée.  La croix se libère bien plus vite que je ne l’avais espéré et une gentille jeune dame se trouve là à point nommé pour immortaliser mon plaisir d’être monter à 2.784 mètres d’altitude. Trois ou quatre photos et je la remercie comme il se doit en la gratifiant de mille mercis et en lui offrant une barre chocolatée qu’elle refuse poliment. D’autres randonneurs ne se satisfont pas de l’altitude du Canigou et se croient obligés de monter droit debout sur la table d’orientation. Il est temps de repartir et au moment où je m’engage dans le « Cheminée », je ne vois que lui. Un visage de granit tel un gigantesque « Robocop » d’acier que je n’avais jamais remarqué lors de mes venues précédentes. Effets de lumières, heure favorable à cette découverte, en tous cas, je semble le seul à m’intéresser à ce profil de pierre si hermétiquement impressionnant. Je le photographie. Dans le « Cheminée », les randonneurs sont assez peu nombreux à monter, alors je n’hésite pas une seconde et je me mets à descendre en prenant le train d’un couple de jeunes espagnols. Je commets là une grave erreur car comme le célèbre « mouton de Panurge », je vais les suivre sans trop me soucier du chemin qu’ils vont emprunter. Or, plutôt que de suivre l’itinéraire le plus classique balisé en jaune, le jeune homme a décidé de prendre un raccourci au travers des monumentaux éboulis de la Conque du Pic. En réalité, ce raccourci, ponctué il est vrai de quelques cairns, va s’avérer être une vraie galère dans laquelle je vais slalomer sans cesse entre les gros blocs de pierres pas toujours faciles à enjamber ou à contourner. Chaque pas est presque une prouesse et je redouble de vigilance pour éviter un éventuel accident. Après plus d’une heure dans la caillasse, c’est avec un réel soulagement que je retrouve le sentier et les premières graminées du Pla de Cady. Là, et avec beaucoup de réussite, c’est en voulant photographier un traquet que je zoome par hasard sur une marmotte. La chance du photographe animalier est avec moi. Le temps d’une photo et elle a déjà rejoint sa tanière. Je m’arrête souvent pour de nouvelles photos mais quand je repars c’est toujours en allongeant les foulées. Je sors du sentier le plus emprunté et n’hésite pas à prendre de petits raccourcis. Je retrouve le refuge Arago et ses quelques campeurs qui profitent des chauds rayons du soleil. Plus bas, au passage à gué sur le Cady, je ne suis pas le seul à chercher un peu de fraîcheur. Autant la matinée a été agréablement tiède autant l’après-midi s’avère très chaude et tous les points d’eau sont désormais les bienvenus pour s’asperger. Ils le sont d’autant mieux que mes 3 litres d’eau arrivent peu à peu à expiration. J’économise l’eau au maximum et quand la Jasse de Mariailles est là, je me souviens bien évidemment de la fontaine où j’avais vu l’homme remplir ses gourdes ce matin. Je me désaltère jusqu’à plus soif et remplis la moitié d’une bouteille. Mariailles est là avec ses innombrables randonneurs, ses bovins, son abri pastoral et son beau refuge gardé. J’irais bien y déguster une bière bien fraîche sur sa terrasse encore ensoleillée mais je n’ai plus vraiment soif. Et puis, autant être honnête, voilà déjà plus de 10 heures que je suis « en marche » et pour parler franc, j’en ai « plein les godillots » et languis d’arriver. Sans compter que le parking du Randé est encore à 40 minutes alors plus rien ne peut m’arrêter. Je vais mettre 50 minutes pour rejoindre ma voiture car de toute évidence la fatigue est bien là. Oui, je l’avoue, à 66 ans faire le Canigou en voulant courir plus vite que les nuages, ce n’est pas très sérieux mais alors quel grand bonheur j’ai vécu et que de beautés découvertes ! Cette randonnée a été longue de 24 km environ. Le dénivelé de 1.264 mètres est assez simple a calculé puisque le Randé est situé à 1.520 m d’altitude et le Canigou à 2.784 m. Les montées cumulées sont plus significatives et selon mon tracé G.P.S, elles sont de l’ordre de 2.680 mètres tout comme les descentes d’ailleurs. J’ai démarré à 7h30 le matin et j’ai terminé à 18h30 le soir soit 11 heures à courir les sentiers mais ne vous fiez pas trop à ce temps-là car comme toujours c’est Dame « Flânerie » qui a guidé mes pas.  Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25. (*) Etymologie du Canigou.

(*) La croix du Canigou : Si vous ne connaissez pas l'Histoire de la croix du Canigou, voilà ci-après un lien où vous apprendrez l'essentiel de ce qu'il faut savoir d'elle. Merci à Bérénice : http://pain2seigles.eklablog.com/-a209991480#comment-108008392

 

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Bonnes vacances !!!

Publié le par gibirando

A  mi(e)s blogueuses et blogueurs bonnes vacances.........

A bientôt pour de nouvelles randos.....les anciennes fonctionnent toujours.....

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100 randonnées dans les Pyrénées-Orientales, ça se fête !!!

Publié le par gibirando

Avec cette randonnée au Sarrat Naout, je viens d'atteindre mes 100 randonnées dans les P.O.!!!

Aux vrais randonneurs de notre beau département, ça leur rappellera sans aucun doute le titre d'un ouvrage bien connu du célèbre pyrénéiste Georges Véron....

Très modestement, je tente de marcher dans ses traces mais je l'avoue c'est très très difficile voire impossible tant notre "ami" Georges avait fait de la randonnée et de nos belles Pyrénées la passion de sa vie...

En tous cas, quand je suis arrivé dans le département, c'est ce livre-là qui m'a fait aimer la randonnée pédestre et j'ai commencé par le G.R.10 que Georges avait inventé...alors normal que je lui dédie cet anniversaire...


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La Carrière de talc de Caillau (1.645 m) depuis le col de Jau (1.506 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques jouées à l'harmonica qui sont successivement : "Michèle" par Robert Jassen, puis "A Star Is Born Theme", "Emmanuelle 2' et "Ben" par The London Starlight Orchestra.
CARRIERECAILLAUIGN

Je ne compte plus le nombre de fois où dans ce blog, j’ai évoqué la carrière de talc de Caillau et pourtant, en y regardant de plus près, je me suis aperçu que jamais je ne vous l’avais faite découvrir, ni dans un article, ni dans aucune de mes photos. Alors, avec cette petite balade à partir du Col de Jau (1.506 m), je répare cette lacune mais je l’avoue c’est un peu le hasard qui l’a voulu ainsi. En effet, en ce jour de janvier superbement ensoleillé, Dany et moi, nous étions partis avec l’idée première de faire l’ascension du « Pic Dourmidou en raquettes » mais si le soleil était très présent ce jour-là, sans doute l’avait-il été suffisamment les jours précédents pour qu’il n’y ait plus aucune trace de neige ni au sommet et encore moins sur ses flancs. En effet, quand nous arrivâmes au Col de Jau, notre objectif du jour ressemblait plus au pic débonnaire et pelé qu’on a l’habitude de voir en plein été qu’à cette grosse coupole blanchâtre où nous étions déjà venus faire des raquettes lors d’hivers précédents et qu’on est en droit d’attendre un 22 janvier ! Il faut reconnaître que voir le sommet de Dourmidou avec ses 1.843 mètres d’altitude ainsi que ses flancs sans la moindre plaque de neige est assez rarissime en cette saison pour être signalé. Depuis Perpignan, le déplacement jusqu’au Col de Jau étant conséquent et l’heure étant déjà bien avancée, il était donc important de prendre une décision rapide quand au choix à retenir : soit nous grimpions au Dourmidou sans raquettes, excursion qui ne semblait pas avoir la faveur de Dany soit nous options pour une autre solution. C’est ainsi qu’a germé le projet d’aller balader jusqu’à la carrière de talc de Caillau. Cette idée de découverte étant aussitôt entérinée, nous avons harnaché nos sacs à dos et avons pris immédiatement la piste forestière qui file en direction du refuge. Connaissant le parcours et la faible distance à parcourir, je savais que nous pourrions flâner plus que de raison et c’est donc avec un train de sénateur que nous partîmes à la découverte de l’ancienne carrière. Cette agréable flânerie à travers la superbe forêt de Lapazeuil fut, il est vrai, encore très ralentie par les nombreuses et importantes plaques de glace qui recouvraient la piste dans les endroits les plus ombragés. Plus nous avancions vers le refuge et plus les parties gelées et parfois même enneigées se faisaient plus courantes et pénibles d’autant que nous n’avions pas de crampons à glace sous nos chaussures et que nous avions cru bon de laisser nos raquettes dans le coffre de la voiture. Sur ce terrain extrêmement glissant, il nous fallut trois quarts d’heures pour atteindre le refuge dont je gardais personnellement un excellent souvenir pour y avoir séjourné en 2007 lors de mon inoubliable Tour en solitaire du Coronat. Je garde encore en mémoire et je dirais presque en bouche, les succulentes lasagnes qu’Armelle nous avait confectionnées ce soir-là et je me souviens en souriant avoir peu dormi à cause des ronflements assourdissants de mes compagnons de chambrée. Mais revenons à notre balade pour dire que la suite de notre marche en forêt ne fut guère meilleure même s’il est vrai que le tronçon qui surplombe la magnifique Jasse de Caillau est un peu plus ensoleillé. Plus nous montions vers la carrière et plus les petits névés de glace ou de neige étaient plus nombreux et plus épais. Aussi, avant de quitter la piste et de partir à la découverte de la carrière, nous avons profité d’un coin magnifiquement ensoleillé pour pique-niquer. Quand le casse-croûte fut avalé et l’heure de la visite de la carrière de talc arrivée, Dany trouva que le sentier qui y mène était bien trop verglacé et donc dangereux pour poursuivre. Nous avons bien tenté d’y accéder par les hauteurs en poursuivant la piste mais la carrière est inaccessible car elle a été complètement grillagée par mesures de sécurité. Laissant Dany au soleil, je partis donc tout seul à la découverte de la vieille carrière en longeant le petit ruisseau qui semble y prendre sa source en hiver. Ce ru parait finir sa course un peu plus bas dans la rivière de la Castellane. J’ai donc tenté l’aventure en suivant le filet d’eau dont les berges étaient de vraies patinoires et j’ai fini par atteindre l’ancienne mine d’extraction à ciel ouvert qui en cette saison, ressemblait à un véritable petit glacier. En voyant ce modeste cirque terreux jonché de rochers, de pierres, de bois et de glace, je ne pus m’empêcher de penser à un sérac en miniature tels qu’on peut en voir au pied de certains grands glaciers alpins. Devant ce décor âpre et difficile, on comprend mieux pourquoi, l’exploitation n’était possible qu’à partir des premiers beaux jours. Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer dans ce blog, la carrière de talc de Caillau a toujours été étroitement liée avec le Domaine de Cobazet (*), situé un peu plus bas. Ici la société Chefdebien a commencé à extraire de la stéatite en 1885 mais il semble que le filon était déjà parfaitement connu et exploité bien antérieurement. La stéatite est une roche tendre composée presque essentiellement de talc, talc qui une fois mélangé à du sulfate de cuivre donne de la sulfostéatite cuprique. Cette poudre fabriquait dans l’usine Gibraltar de Prades était plus connue sous le nom de « Bouillie catalane » ou « Poudre Chefdebien ». Autant dire qu’à la fin du 19eme siècle, cette poudre tombait à pic, car en 1879, le mildiou de la vigne venait juste d’être identifié pour la première fois dans le vignoble bordelais. Cette poudre eut donc ses grandes heures de gloire car elle était censée lutter très efficacement contre le mildiou de la vigne et autres maladies cryptogamiques en général. Toutes ces informations, je les ai recueillies sur Internet dans la très intéressante Histoire de Mosset. Cette Histoire nous apprend que le talc aurait été exploité jusqu’à l’année 1972 et l’ensemble des activités de l’usine s’arrêta définitivement en 1975. Au cours de toutes ces années d’extraction, le transport du talc a été effectué de diverses manières vers des lieux de cette belle montagne qui sont devenus aujourd’hui des objectifs de balades. J’ai déjà eu l’occasion d’en décrire quelques-uns dans mon blog. Outre Caillau où se trouvent la carrière et l’ancienne maison des mineurs, aujourd’hui transformée en refuge pour randonneurs, le nom de ces lieux déjà décrits sont Canrec, Cobazet, Estardé et les cols de Tour ou de las Bigues. En effet, depuis la carrière, le talc traversait le superbe forêt de Canrec puis via le col de Tour partait jusqu’au lieu-dit Cobazet où se trouve la métairie. Ensuite via le col de Las Bigues, le talc filait jusqu’à Estardé où se trouvait une gare de transit. Depuis Estardé, le talc était ensuite acheminé vers Campôme à l’aide de bennes suspendues à des câbles. A Campôme, des charrettes tirées par des chevaux amenaient le talc jusqu’à la fabrique de poudres de Prades. Tous les moyens de transports ont été bons, mules, chevaux, bœufs, hommes, charrettes, mais très rapidement, un petit train tracté par une locomotive Decauville fit le trajet entre Cobazet et Estardé, puis la ligne fut mise en service jusqu’à la carrière. Au fil des années, le Baron de Chefdebien puis ses successeurs tentèrent de moderniser les infrastructures pour gagner du temps et transporter plus de minerais et ainsi d’autres moyens de transports plus récents et plus rapides furent mis en service. A Cobazet, on éleva de grands pylônes et par des systèmes de bennes suspendues à des câbles, le talc était descendu beaucoup plus rapidement vers la vallée de la Castellane au lieu-dit la Farga de Dalt (la Forge Haute). Là, le talc était réceptionné et des camions l’amenaient à l’usine de Prades. C’est ainsi que très rapidement la Gare d’Estardé ne servit plus à rien, tomba en désuétude et très rapidement en ruines. Quand on vient à la carrière de Caillau et dans ces lieux en général, il faut avoir une tendre pensée pour tous ces hommes et toutes ces femmes qui ont travaillé dur et qui ont vécu cette difficile aventure de l’exploitation du talc. Il y eut une main d’œuvre très diverse (mineurs, cheminots, jeunes volontaires, prisonniers de guerre, immigrés,etc…)  et si vous avez envie d’en savoir plus, je vous recommande vivement la lecture des excellents récits de Monsieur Jean Llaury et de certains de ces collègues que vous trouverez dans plusieurs numéros du Journal de Mosset- JDM (Histoire de Mosset). Si comme moi et sans être un vrai spécialiste de la minéralogie, vous aimez bien garder quelques  "souvenirs" de vos balades, ici à la carrière de Caillau, vous pourrez, outre la stéatite, trouver quelques minéraux intéressants. Après la découverte de la carrière que je vous conseille d’approcher à une autre saison que celle que j’avais presque involontairement choisie, il suffit de reprendre le même chemin jusqu’au col de Jau. Selon mon GPS, cet aller-retour fait moins de 10 kilomètres pour un modeste dénivelé de 120 mètres. Si malgré mes conseils, vous devez y aller en hiver, comme ce fut le cas pour nous, pensez à vous munir de crampons à glace et éventuellement de raquettes si la neige est abondante. Monsieur Llaury et ses collègues proposent une autre balade en boucle pour se rendre à la carrière de Caillau et ils semblent d’ailleurs conseiller le printemps comme meilleure saison, car selon eux une magnifique flore très variée y est présente dans l’amphithéâtre même de la mine à ciel ouvert. Alors patientez encore un peu, le printemps arrive  ! Carte IGN 2249 ET Font-Romeu et 2248 ET Axat-Quérigut Top 25.

(*) Si l'histoire du Domaine de Cobazet vous intéresse, cliquez ici.

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Aux Portes de Boucheville (838 m) depuis Vira (604 m)

Publié le par gibirando


 
Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons interprétées par Claude Nougaro et extraites de son album posthume "La Note Bleue". Elles ont pour titre : Les Chenilles, Autour de Minuit, l'Espérance en l'Homme.

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Vous allez certainement vous dire que je ne quitte plus le pays Fenouillèdes car après l'époustouflant Pic de Vergès, le retour dans le temps à la Tour de Lansac, me voilà désormais au ravissant hameau de Vira pour une petite balade qui s'appelle "Aux portes de Boucheville". Autant le reconnaître, ce jour-là, Dany et moi, nous n'étions pas vraiment partis  là-bas dans cette grandiose et superbe forêt de Boucheville pour faire une véritable randonnée car notre objectif principal était d’abord d'aller cueillir du houx pour préparer le marché de Noël de notre village. Le résultat de cette agréable cueillette étant de constituer de jolis bouquets au profit de l'Association des Chats d'Oc de Saint-Estève, association qui avec beaucoup de persévérance et de courage vient en aide à nos animaux de compagnie depuis de nombreuses années. Le temps très doux de ce joli jour de décembre et l’occasion faisant le larron, nous avons donc joint l'utile à l'agréable. Et quand, je dis agréable, cet aspect-là des choses n'a pas consisté seulement à marcher, à pique-niquer et à ramasser du houx car il y a eu d'autres moments bien délicieux au cours de cette petite balade. En premier lieu, quand nous avons laissé notre véhicule à l’entrée du hameau, un gentil chien est venu d’emblée nous faire des fêtes. Allez savoir pourquoi, nous l’avons presque immédiatement appelé « Virus ». Sans doute, à cause du nom du village « Vira » mais aussi peut-être parce qu’il était collant et aussi difficile à se débarrasser qu’une maladie virale. Virus a commencé par nous suivre jusqu’à la place principale où, depuis que j’avais effectué une jolie boucle à la « Source des Verriers », je savais à l’avance que je trouverais d’autres panonceaux de randonnées. Effectivement, trois panneaux sont là pour donner le départ vers la Source des Verriers, le Sentier botanique de Vira et enfin notre randonnée du jour : « Aux Portes de Boucheville – 5,3 km – 1h50 – dénivelé 230 m ». Bizarrement et avant même que l’on emprunte le bon itinéraire, notre ami Virus, à la fois canin et câlin est déjà là à attendre dans la bonne direction comme s’il savait déjà quelle balade nous avons choisie. En tous cas, lui est bien décidé à venir en balade avec nous et quant on passe devant « La Claire Fontaine » en empruntant le « Chemin des Pradillets », Virus a déjà pris 20 mètres d’avance et il nous attends assis sagement sur son arrière-train avec un petit air qui semble vouloir dire : « Eh les amis, il faudrait voir à accélérer un peu le pas ! » Arrivé près d’un bel oratoire, il a déjà tourné à droite et il va en être ainsi tout au long du parcours car s’il y a une réelle évidence, c’est celle de constater que Virus connaît pas cœur cet itinéraire « Aux Portes de Boucheville ». Il faut reconnaître qu’en suivant Virus, Dany et moi ne trouvons pas utile de suivre les marques peintes en jaune pourtant parfaitement présentes et visibles. Virus, lui, suit son propre balisage jaune, celui de ses traces d’urine qu’il laisse à tous bouts de champ et à intervalles réguliers en levant la patte. Le chemin s’élève bien vite et laisse entrevoir des vues magnifiques sur Vira mais aussi bien plus loin, vers les blanches Corbières et les 1.230 mètres de son point culminant le Pech de Bugarach, véritable mastodonte de calcaire vu d’ici. Mais étonnamment, c’est un autre sommet, le Sarrat Naout qui semble bien moins haut qui attire nos regards. Pourtant, point culminant lui aussi mais des Fenouillèdes cette fois, avec ses 1.310 mètres de hauteur, le Sarrat Naout n’a rien à envier au Bugarach et il domine remarquablement le paysage de son dôme roussâtre qui se dévoile au bout du sentier. Plus loin, c’est le Pech de Fraissinet qui découvre sa protubérance pelée telle une grande baleine à bosse qui flotterait sur un immense océan végétal. Après les pluies torrentielles des derniers jours, les abords du chemin sont de véritables champignonnières naturelles mais dommage car la plupart des champignons sont soit déjà véreux soit dangereux et inconsommables. Avec deux gros lactaires délicieux et deux gros bolets dont un excellent « bleuissant » trouvés dans la forêt, nous aurons plus de chance en début d’après-midi mais l’heure du pique-nique est déjà venue au grand dam de Virus qui se demande bien pourquoi tout à coup on s’arrête. Lui qui sans cesse marche avec 20 ou 30 mètres d’avance mais reviens aussitôt vers nous quand il nous perd de vue, accomplissant ainsi plusieurs fois le parcours, cette fois, il ne comprend pas cette halte impromptue. Il aboie, part en courant puis revient, dodeline de la tête comme pour nous dire : « eh que faites-vous, il faut y aller, c’est par là ! ». Puis il s’arrête et nous regarde de son air désabusé, surpris de nous voir nous installer sur la pelouse d’une clairière ensoleillée. Mais quand on sort les casse-croûtes, Virus n’est pas si bête que ça  et il comprend vite que s’il veut sa part de la collation, il a tout intérêt à venir s’allonger entre nous deux. Mais Virus, même en jouant les mendiants avec ses faux airs de chien battu, est bien difficile à contenter car quand on lui tend un morceau de notre sandwich, il délaisse le pain et préfère sans contestation aucune le jambon, le saucisson et le pâté. L’après-midi, nous reprenons la piste forestière qui zigzague dans une belle hêtraie où les vestiges de quelques cortals finissent de tomber en ruines. Si les hêtres déjà bien dégarnis de leurs feuilles sont les plus nombreux, quelques derniers feuillages d’autres essences luttent encore pour le titre de la plus belle couleur d’automne. Quand aux quelques pins et autres conifères, ils sont parfois les terrains de jeux de quelques écureuils joueurs, malicieux et très difficiles à photographier. Pour trouver du houx aux superbes boules rouges que nous sommes venus chercher, il nous faudra néanmoins sortir un peu des sentiers battus. Virus, lui, continue à nous montrer la route et s’agace de nos volte-face incessantes quand on se met en quête de chercher des champignons ou bien du houx ou quand je cours avec mon numérique derrière un écureuil. Puis, Virus repart de la plus belle des manières et semble apprécier quand on retrouve le parcours dont il connaît l’itinéraire aussi bien que le bout de sa « truffe ». A l’approche d’un joli chalet de bois, Virus part dans le pré comme s’il connaissait très bien les lieux mais ce dernier étant vide de tout occupant, il se ravise et reprend la course en avant de sa « folle » chevauchée dans la descente qui mène directement vers l’aire de pique-nique et le sentier botanique tout proche. Situé à moins de 200 mètres, on peut aisément coupler la découverte du sentier botanique de Vira à cette courte randonnée. A cette intersection de plusieurs chemins et après avoir retrouver le bitume sur quelques centaines de mètres, on va très rapidement le délaisser à nouveau en s’élevant parallèlement à la route forestière qui arrive directement de la Source des Verriers et descend vers le village. Nous, du village, on va en avoir une ultime et magnifique vue aérienne sur ce dernier tronçon du parcours qui, au travers d’un chemin parfois haut ou parfois creux, encadré qu’il est de terrasses de pierres sèches, nous emmène illico à Vira. Au village, Virus retrouve un petit dogue, bon pote à lui semble-t-il et ils vont finir ensemble et sans problèmes nos restes de casse-croûtes.  Mais quand l’heure de reprendre la route a sonné, c’est avec un petit pincement au cœur que nous regardons Virus courir derrière notre voiture en aboyant comme s’il voulait nous dire : « Revenez, ne partez pas, revenez !!! ». Ah, si nous n’avions pas tant de chats et si tu n’avais pas un gentil maître qui te laisse tout le loisir de gambader, nous aurions bien aimé t’adopter affectueux et attachant Virus ! Et puis Virus, il faudra bien que tu continues à montrer le chemin à tous ces futurs randonneurs qui viendront effectuer cette jolie randonnée qui figure en bonne place dans le guide « 34 randonnées en Agly-Verdouble » ? Pause pique-nique et recherches incluses, nous avons mis trois heures pour accomplir cet agréable circuit « Aux Portes de Boucheville ». Il s’adresse à tout le monde et peut-être l’occasion d’une agréable sortie familiale où jeunes et moins jeunes y trouveront leur compte. Carte IGN 2348 ET Prades - Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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La Fontaine du Loup (Foun del Loup-650 m) de Trilla à Pézilla-de-Conflent

Publié le par gibirando



Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques interprétées par le groupe "Rondò Veneziano" extraites de leur album "Concerto Per Vivaldi". Elles ont pour titre : "Primavera", "La Cetra" et "Estro Armonico".

Si quand vous étiez enfant, votre maman a hanté vos nuits après vous avoir raconté le "Petit Chaperon Rouge" et si vous avez gardé au fond de votre mémoire cette peur du "grand méchant loup" qui mangeait votre grand-mère, autant que je vous tranquillise tout de suite quant au titre que j'ai donné à cette jolie randonnée. En effet, la Fontaine du loup ou Foun del Loup en occitan est le nom du point culminant (650 m) de cette magnifique petite balade au cœur du pays Fenouillèdes qui fait la jonction entre deux superbes hameaux que sont Trilla et Pézilla-de-Conflent. Alors soyez rassurés, car vous n’y verrez certainement ni loup pas plus que de fontaine pour la bonne et simple raison qu’ici le mot « fontaine » doit se traduire dans son sens le plus originel c'est-à-dire le mot « source ». Alors si la source du Loup existe bien en bordure du chemin et si d’ailleurs on coupe son petit ruisseau sur le chemin du retour, inutile de me demander pourquoi on l’a appelé ainsi. Je suppose que dans un passé plus ou moins lointain, un loup aurait été aperçu entrain de boire près de cette source ou bien était-il là à guetter une proie comme dans la célèbre fable d’Esope reprise un peu plus tard par Jean de La Fontaine sous le titre « le loup et l’agneau » :

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage
?

Etc.….Mais revenons à nos moutons ou plutôt à mon loup. La randonnée démarre du charmant village de Trilla où on laisse son véhicule sur le parking aménagé à cet effet. On passe devant la jolie mairie et tout en lui tournant le dos, on emprunte tout droit la rue des Troènes. On poursuit encore tout droit la rue du Château d’Eau qui, au printemps, nous fait sortir très rapidement du village au milieu de magnifiques et flamboyants buissons de genêts. On arrive devant une petite décharge et là on tourne à gauche en empruntant le Tour des Fenouillèdes balisé en jaune et rouge. En cet agréable antépénultième jour du printemps, s’étalent devant nous de vastes prairies où ondulent de graciles graminées, quelques vignes parfaitement alignées et des prés d’un vert intense. Plus loin, les jolis paysages s’entrouvrent sur une immense partie du Pays Fenouillèdes et à l’horizon, sur la longue chaîne blanchâtre des Corbières. Tout en s’élevant au dessus du hameau, la route bitumée devient très rapidement une large piste terreuse bordée de milliers de fleurs multicolores. Ce chemin continue à s’élever direction plein sud au milieu du vignoble puis de la garrigue en direction des collines verdâtres qu’ici on appelle « Sarrat ». Au loin, le bulbe arrondi du Pech de Bugarach émerge de la ligne d’horizon. On finit par atteindre une bifurcation mais on ignore le petit sentier du Tour du Fenouillèdes qui entre à gauche dans un sous-bois et file vers le Col de Saint-Jean et on lui préfère la large piste qui continue. L’itinéraire est désormais balisé en jaune. Peu de temps après, on coupe une nouvelle intersection de deux pistes et on délaisse celle qui monte à gauche. Ici le chemin amorce un virage à 90° et c’est là que prend sa source la Foun del Loup dont le petit ru descend dans la ravine abrupte qui se trouve sur la droite. Désormais le chemin file en balcon et à travers quelques fenêtres que dessinent les branchages, on profite des magnifiques vues qui se dévoilent vers la vallée de l’Agly. Deux cent mètres plus loin, on fait attention à quitter la piste au profit d’un étroit et court raccourci qui descend, se faufile à travers les genêts et les bruyères arborescentes et qui retrouve la même piste quelques mètres plus bas. Ce chemin qui va nous amener vers Pézilla-de-Conflent est sans doute la plus belle et la plus caractéristique partie de cette belle balade en Fenouillèdes. L’itinéraire tout en balcon au dessus du profond ravin des Bacs file entre les splendides crêtes de la Sarrat de L’Albèze et de celle de Rouvenac. Les panoramas se dégagent au loin vers la magnifique Forêt de Boucheville, le Massif du Madres ou celui du Coronat. Dans ce décor essentiellement verdoyant, quelques insignifiantes taches blanches et rouges se révèlent. Ce sont celles que composent les lointains villages que sont Campoussy et Prats-de-Sournia. Dans un virage, on ignore la piste qui file à droite au profit d’un sentier légèrement plus étroit qui descend vers Pézilla-de-Conflent. Le nom de Conflent est paradoxalement surprenant puisque ce village se situe au cœur même du pays Fenouillèdes. A l’approche du village, on a de somptueuses vues sur le vallon de la Désix puis juste avant d’arriver près d’un pylône, on domine majestueusement l’ensemble de la vieille commune, elle-même dominée par le hameau perché de Prats-de-Sournia. Ici, à proximité du pylône, deux solutions s’offrent aux randonneurs, soit on poursuit la piste qui file en descente vers le hameau soit on choisit de prendre un raccourci en empruntant une étroite sente quelque peu embroussaillée qui descend à droite et derrière l’antenne. Dans les deux cas, on débouche à l’entrée du village et il faut déjà noter que c’est par là que s’effectuera le retour. Mais, le village en bordure de la fraîche rivière Désix est si beau et si pittoresque qu’on ne doit surtout pas le quitter sans lui consacrer au moins une courte visite. Moi, j’ai eu si chaud qu’avant le pique-nique, je n'ai pas pu résister à faire trempette dans la Désix, mais vous n’y serez pas obligés. La visite seule est déjà agréable et croyez-moi, vous ne regretterez pas la découverte de ce magnifique village même si son église du 17eme siècle dédiée à Saint-Etienne est fermée aux visiteurs inattendus que nous sommes. Pour le retour, il faut prendre la route citée plus haut et emprunter ensuite la piste DFCI F82BIS. Toujours balisée en jaune, cette piste terreuse file plein est et nous amène au col de Quitou. Juste avant ce col, on surveille le balisage et en apercevant un cairn sur la droite, on emprunte un étroit raccourci qui y mène très rapidement. On poursuit toujours vers l’est et entre les lieux-dits de l’Homme Mort et de la Devèse, on quitte le PR peint en jaune au profit du Tour du Fenouillèdes qui arrive d’Ansignan. Sur ce petit tronçon, on remarque un joli bassin DFCI et un peu plus tard, un mince ruisseau d’eau claire et en analysant la carte IGN, on constate que ces deux points d’eau sont alimentés par notre source attitrée, celle de la Foun del Loup. En finissant sur le tracé du Tour du Fenouillèdes, on n’est donc pas surpris de déboucher à la petite décharge de Trilla que l’on avait croisée au départ. Ce beau circuit d’une douzaine de kilomètres, visites des deux hameaux incluses est avec ses 350 mètres de dénivelé d’un niveau plutôt facile. Il s’adresse donc à toutes les personnes aptes à accomplir ces modestes performances et permet, comme je l’ai dit plus haut, de se faire une jolie idée du pays Fenouillèdes. En effet, cette superbe région est unique car elle est composée d'une succession de profondes ravines que les nombreux petits ruisseaux comme celui de la Fontaine du Loup et les affluents plus importants de l’Agly comme les rivières Désix ou Matassa ont creusé au fil des millénaires. C'est donc un relief tourmenté mais original où se succèdent les collines boisées et les vallons rafraîchissants que vous découvrirez au cours de cette superbe balade. Dans cet incroyable décor fragmenté très souvent ensoleillé que les hommes ont su dompté depuis la préhistoire, on a, à mon goût, trop tendance à oublier que de superbes villages comme Trilla et Pézilla-de-Conflent s’y sont installés depuis des lustres. Alors n’hésitez plus, partez en vadrouille dans le fenouil pendant que le loup n’y est pas ! Je profite de cette petite tribune pour remercier tous les gens qui débroussaillent à longueur d’années et nous permettent ainsi d’arpenter tous les jolis chemins de notre beau département dans d’excellentes conditions. Ici dans ce secteur il y a par exemple l’Association les Pèlerins des Fenouillèdes : merci à eux ! Carte IGN 2348 ET Prades - Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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Autour et Tour de Trémoine (272 m) depuis Rasiguères

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de la musique "When Darkness Folk" interprétée par le duo Secret Garden, extraite de leur album "Earthsongs"

Parfaitement balisée en jaune car il s’agit d’un P.R. , cette courte randonnée qui part du joli village de Rasiguères et qui s’intitule « Autour de Trémoine » n’est pas très difficile. D’ailleurs quand on regarde la carte IGN, on peut se poser la question pourquoi ce nom « Autour de Trémoine » ? En effet, le circuit côtoie la Tour de Trémoine mais ne tourne pas autour et de plus l’itinéraire n’emprunte pas le vallon où coule le ruisseau au même nom. Mais peu importe le nom, cette boucle donnée pour 7,5 kilomètres et 400 mètres de dénivelés, sans doute cumulés, ne présente aucune difficulté. Par contre, si on veut vraiment justifier ce nom de Trémoine et se donner la peine de la transformer quelque peu, ce qui, bien sûr, n’est pas une obligation, elle peut devenir très compliquée. Il faudra pour cela être attiré comme j’ai pu l’être par cette énigmatique Tour de Trémoine qui dès le départ vous nargue du haut de ses 272 mètres d’altitude. En lisant cet article, je vous vois déjà ricaner car vous vous dites : « Bah !!! 272 mètres, ce n’est pas sorcier ! ». Alors, je vais vous donner quelques explications pour l’atteindre mais je vais vous laisser le soin de la découvrir par vous-même. En effet, très difficile d’accès, cette tour qui est perchée sur un promontoire rocheux très escarpé serait une tour de surveillance carolingienne du 9eme siècle à laquelle d’autres conquérants auraient adjoint une forteresse polygonale autour de ses bases quelques siècles plus tard. A Rasiguères, le départ s’effectue devant la devanture de l’Auberge de Sceaury où un panonceau de randonnée est apposé. La boucle qui nous intéresse passe à droite de la mairie et on poursuit tout droit par la rue des Bordes qui nous amène hors du village sur un large chemin qui s’élève rapidement. D’ailleurs, après que l’on ait côtoyé quelques belles villas et de jolis jardins potagers, le village apparaît déjà en surplomb dans sa totalité. Quelques mètres plus loin, un nouveau panonceau à gauche du chemin nous rassure pleinement quant à l’itinéraire choisi. Sur la droite et descendant dans le bas du vallon, vous remarquez un autre panonceau indiquant « Découverte du vignoble- Planèzes », c’est ce sentier qu’il faut emprunter si vous envisagez de grimper à la tour. Personnellement comme je le fais lors d’un bon repas, j’ai gardé le meilleur pour la fin et la Tour de Trémoine comme dessert, pourtant après coup, je dois avouer que ce n’était pas spécialement la partie la plus digeste ! Nous avons très vite quitté la large piste pour un agréable sentier bordé de cistes et de romarins. Il longe un petit ru puis monte sans cesse vers le Bac del Taillou au milieu des chênes verts et des bruyères arborescentes. Seules quelques bruyantes motos trials aux gaz d’échappement nauséabonds, pourtant interdites sur ce parcours, sont venues perturber notre tranquille progression. Au collet, à 298 m d’altitude, nous avons tourné à droite et pris l’option du chemin interdit par une croix jaune. Il mène au sommet d’une crête à 327 mètres d’altitude où l’on a pratiquement un tour d’horizon à 360° sur toutes les ravines qui nous entourent. Le beau temps n’étant pas vraiment de la partie et les panoramas quelque peu bouchés, nous avons vite rebroussé chemin et poursuivit la randonnée « Autour de Trémoine ». On a quitté le maquis et traversé des vignes magnifiquement rectilignes et entretenues qui donnent ces merveilleux vins de Rasiguères, le sentier se transformant soudain en une piste carrossable. Ici, la vue porte plus loin vers le Haut-Fenouillèdes, les Corbières et ses châteaux cathares et même les Pyrénées Ariégeoises encore enneigées. Puis aux Musals, la piste a bifurqué à 90° pour redescendre vers le vallon et le village. Droit devant, La Tour de Trèmoine a continué de nous défier, semblant nous dire : «  Monte me voir si tu en est capable ! ». Plus bas, on a retrouvé le chemin pris à l’aller ainsi que les panonceaux et, notamment celui indiqué plus haut « Découverte du vignoble- Planèzes ». Il  descend dans le vallon de Trémoine et les vestiges des anciennes mines de fer. Quand on atteint le ruisseau où plus exactement ses alluvions car il est le plus souvent asséché, on poursuit à  gauche à même son lit sur une vingtaine de mètres. Là, au beau milieu du ruisseau, on peut distinguer sur un rocher, une flèche violette. Nous y  sommes, le sentier, si on peut l’appeler ainsi, est sur la gauche, très raide dès le départ, il monte allégrement dans une chétive mais aromatique flore typiquement méditerranéenne faite de cistes, de buplèvres, de chênes kermès, de pistachiers lentisques et de quelques petits massifs de thyms et de romarins. A l’approche de la tour et en raison des éboulis qui se confondent sans doute avec quelques pierres qui ont dégringolés des murailles, la sente devient plus incertaine mais heureusement quelques courageux marcheurs attentionnés l’ont agrémentée de plusieurs cairns bien disposés. C’est dans cette caillasse envahie par endroit par une dense et cuisante végétation qu’on finit par atteindre les remparts puis la tour en regardant précautionneusement où l’on met les pieds. De magnifiques vues sur Rasiguères, sur les Fenouillèdes et bien plus loin vers les Pyrénées et le Canigou se révèlent. A nos pieds, encerclant ce mirador naturel, se dessinent les méandres des profondes ravines que les millénaires ont creusées. Ici, on imagine sans peine les terribles souffrances qu’ont du endurer les bâtisseurs de ce bastion pour tailler les pierres et les hisser sur ce véritable nid d’aigle. Entourée de son enceinte où quelques meurtrières sont encore visibles dans ses flancs, on comprend mieux que la Tour est pu servir de défense contre d’éventuels envahisseurs que les rudes escarpements rocheux avaient pour but de dissuader. Si la montée vous a paru ardue et malaisée, la descente terreuse ne l’est pas moins et il faut redoubler de vigilance pour arriver en bas confortablement et retrouver l’agréable sablon du lit du ruisseau asséché. Ici, il n’y a pas d’eau mais en raison d’une foisonnante et verte végétation qui a largement enveloppé les bâtiments des anciennes mines de fer, sa présence dans le sous-sol transpire. Le retour vers Rasiguères peut s’effectuer par le même chemin qu’à aller ou bien on peut poursuivre vers Planèzes par une piste qui monte dans les collines auquel cas, il faut penser à prendre sur le plateau une intersection qui redescend vers le village. Arrêt non inclus, comptez 2h30 pour le circuit « Autour de Trémoine » et rajouter au minimum 1h pour un aller-retour à la Tour. Carte IGN 2448 OT Thuir-Ille-sur Têt Top 25.

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3- Réponses à quelques remarques et réflexions

Publié le par gibirando

a) Quelques bloggeurs m'ont fait observer qu'il était fort dommage que sur mon blog, il n'y ait pas de cartes avec des tracés GPX ?

 Réponse : Je tiens à leur préciser que c'est de ma propre volonté que je ne mets pas de tracés à ce format sur mon blog. En effet, les tracés que je décris sur mes cartes IGN correspondent à des parcours que j'ai réalisé à un instant précis, le plus souvent récemment mais ce n'est pas toujours le cas. Certains parcours peuvent avoir été accomplis deux ou trois ans auparavant, parfois plus. Or comme tous les randonneurs chevronnés le savent, les caractérisques des chemins peuvent être amenées à évoluer au fil du temps : embroussaillement, modifications, interdictions, chemins devenus privés, etc... Or le problème avec le tracé GPX, c'est que le randonneur va avoir tendance à faire une confiance absolue au tracé qu'il aura rentré dans son GPS, souvent au détriment de l'analyse, ou plus grave, de l'emploi lui-même de la carte IGN correspondante sur le terrain. Cette attitude, personnellement, je ne la souhaite pas, d'autant que le problème avec Internet, c'est que le tracé GPX va rester inscrit très longtemps avant qu'on ne le modifie ou qu'on ne le supprime. Voilà la raison pour laquelle, je préconise avant tout, l'usage d'une carte IGN au moment de la préparation de la sortie et bien évidemment, à l'occasion de celle-ci sur le terrain.

b) Certains lecteurs de mes articles souhaiteraient que le niveau de difficulté soit également mentionné :

Réponse : Il est vrai que bon nombre de sites de randonnées pédestres indiquent le niveau de difficulté par des images ou des cliparts, représentant par exemple une ou plusieurs chaussures. Là aussi, c'est de ma propre volonté que je n'indique pas ce type de renseignements dans mes articles. J'estime en effet que chacun dispose de capacités physiques bien différentes et que chaque personne doit être à même d'évaluer son potentiel. Un randonneur peut être capable de faire 30 ou 40 kilomètres de marche dans une journée sans pour autant être capable de monter l'Everest. Par là, je veux avant tout dire que la randonnée pédestre est un plaisir qu'un grand nombre de personnes peut pratiqué mais qu'il est néanmoins indispensable de bien analyser une sortie (kilomètres, dénivelé, difficulté, météo, etc...) et de savoir jauger soi-même son niveau et ce qu'on est capable de faire. Dans mes articles, j'essaie grâce aux textes, à la carte et aux diaporamas de donner un maximum d'informations permettant à chaque lecteur d'estimer la difficulté d'une randonnée, il n'en reste pas moins qu'une sortie doit être préparer avec la plus grande minutie. Mettre une image ou un dessin qui va représenter un niveau de difficulté, c'est en quelque sorte se substituer à l'autre.

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