La Boucle des chasseurs autour du Tabourc à Duilhac-sous-Peyrepertuse.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 7 chansons des ex-Beatles reprises avec des paroles françaises sous le titre "The Beatles French Cover". Voici leurs titres et interprètes : "Penny Lane" par Ache Music, "Imagine" de John Lennon par Ache Music, "À soixante-quinze ans (When I'm Sixty-Four)"

La Boucle des chasseurs autour du Tabourc à Duilhac-sous-Peyrepertuse.
La Boucle des chasseurs autour du Tabourc à Duilhac-sous-Peyrepertuse.

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Si vous n’aimez pas les sentiers incertains et les décors escarpés, ne vous lancez pas dans cette petite randonnée longue de 5km environ. Dans le cas contraire, allez-y mais en respectant le sens dans lequel nous l’avons accomplie nous-même, elle n’en sera qu’un peu plus facile. Si je l’ai intitulée « La Boucle des chasseurs autour du Tabourc depuis Duilhac-sous-Peyrepertuse », c’est parce que son principal objectif est de faire le tour de cette colline qui s’appelle Tabourc. Quant aux chasseurs, il suffit de voir le nombre de postes de chasses rencontrés, et notamment dans la partie la plus compliquée du parcours pour comprendre qu’ils sont les principaux utilisateurs de ces chemins et sentiers. Oui, le Tabourc est une « modeste » colline de 563m d’altitude oblongue ou pointue selon l’endroit d’où on va l’observer. Modeste mais pas évidente à contourner. Comme toute colline, elle présente des versants plus ou moins boisés selon si l’on est côté adret ou ubac. Paysages de maquis et de garrigues parfois très arides côté adret et essences diverses et variées avec de très jolies couleurs en automne côté ubac.  Moi, la première fois que je l’ai aperçue, c’était de loin car j’étais au sommet d’une autre colline qui a pour nom « Le Roc Pounchut ». Ce jour-là, je randonnais aussi mais en solitaire et cette randonnée avait fini par s’appeler « Le Roc Pounchut (520m) en boucle depuis Cucugnan (280m) ». En voyant le Tabourc de loin, je me demandais si l’on pouvait y monter et s’y balader lors d’une randonnée ? En rentrant à la maison puis en regardant la carte aérienne, j’ai compris qu’il n’y avait guère d’intérêt à tenter une ascension car pas de vrais chemins captivants. Par contre, en faire le tour me paraissait possible.  C’est donc en ce dimanche après-midi 12 octobre 2025 que nous tentons le coup sans trop savoir ce qui nous attend. Au regard de la faible distance, nous prenons peu de risques et nous souhaitons consacrer au mieux l’après-midi, avec l’envie de finir par une visite plus complète de Duilhac-sous-Peyrepertuse, que nous connaissons déjà pas mal. Il est donc 13h quand nous rangeons notre voiture sur un beau parking mitoyen avec la route du Château. La suite est assez simple puisque la route du Château, qui est commune avec le Sentier Cathare, est celle qui est censée nous servir de fil conducteur dans le démarrage de cette boucle envisagée. Finalement tout se passe pour le mieux et on retrouve très vite le balisage rouge et blanc propre au GRP 367 Sentier Cathare. Assez étonnament, ce chemin est également commun avec une variante du Tour du Fenouillèdes, GRP qui a beaucoup évolué en distances depuis que mon fils Jérôme et moi l’avions accompli en septembre 2011. Il est vrai qu’ici, nous ne sommes plus en Fenouillèdes mais dans les Basses-Corbières.  Un peu d’asphalte au démarrage puis le Sentier Cathare prend rapidement le relais, pas toujours très bon d’ailleurs dans les premiers sous-bois car très caillouteux. Du haut de sa haute stature, le château de Peyrepertuse aussi blanc que le calcaire qui le soutient, semble nous dire « venez me voir ». Mais on le connait bien, surtout moi qui lui ai consacré une longue et magnifique randonnée intitulée « Le Château de Peyrepertuse depuis Duilhac-sous-Peyrepertuse ». C’était sensiblement à la même saison, puisque le 12 octobre 2017. Le temps passe si vite.  L’asphalte revient régulièrement car ici le tracé du Sentier Cathare longe la route du Château. Il va en être ainsi jusqu’à quitter définitivement la route au profit d’une large piste partant vers la bergerie de Bugamus. Dany qui marche d’un pas alerte me devance constamment,  car de mon côté, je suis toujours à la traîne car en quête de photographier la Nature. Ici, elle se présente sous les traits de nombreux criquets, de quelques rares papillons et oiseaux et d’une flore qui résiste tant bien que mal aux sautes d’humeur climatiques. Sur la gauche de la route et grâce à sa forêt aux multiples essences, le Tabourc dévoile de magnifiques et chaudes couleurs d’automne. La piste presque rectiligne s’élève en douceur et nous entraîne vers la bergerie de Bugamus, mais il ne faut surtout pas aller si loin. Dès la première bâtisse en vue, un grand hangar, faisant office d’étable sans doute, vu le nombre de bovins que l’on peut voir en train de ruminer, il faut surveiller un bon petit chemin partant à gauche et le prendre. Il longe un corridor végétal fait de hauts buis qui nous amène vers un pré. Ce pré, il faut le traverser jusqu’à se retrouver devant une impressionnante dépression géologique très abrupte. Là, le Tabourc bien visible est désormais sur notre gauche. Boisé plus modérément, son aspect escarpé et raviné par les eaux empêche probablement une forestation naturelle. Mais oublions le Tabourc pour l’instant et regardons en bas et à droite. C’est là qu’un étroit sentier descend vers un premier poste de chasse métallique. Si la descente vous effraie, ne descendez pas et faites demi-tour. Dany n’ayant pas de grande crainte, nous descendons, il est vrai un peu dans l’inconnu. Moi, j’ai pris mes distances avec elle afin de lui montrer que la descente est plutôt facile et ainsi lui donner confiance. Après le premier poste de chasse métallique, le sentier continue de descendre vers un second qui lui est en bois. Ici, le sentier à suivre devenant plus incertain, j’allume mon smartphone et l’application Visorando où j’ai enregistré mon tracé. Dany m’a rejoint. Nous cherchons ensemble le sentier le plus praticable, mais ce n’est pas évident car il y a plusieurs caminoles, ces petits sentiers dont on ne sait s’ils ont été tracés par des animaux ou bien par des chasseurs et leurs chiens. L’incertitude est d’autant plus grande que les eaux sont venues ravinées certaines portions et ont créé leurs propres petites sentes. Finalement en suivant au plus près le tracé de mon GPS, nous finissons tant bien que mal par atteindre le Rec de Riben, petit ruisseau totalement asséché. Il ressemble à un chemin mais le lit fait de sables, de graviers et de galets ne laissent planer aucun doute. Dans l’immédiat et sur quelques dizaines de mètres, il est le fil conducteur à suivre car après tout devient plus simple. Après un passage à gué ; à sec lui aussi ;  un bon et large chemin coupe des prés et nous entraîne vers Duilhac. Une cabane ruinée nous rappelle qu’une activité pastorale s’est développée ici.  A droite, la Serre de la Quille nous domine du haut de ses 966m et à gauche le plus modeste Tabourc dévoile sa « solana » plus ou moins végétalisé. Avec la présence du Rec de Riben et d’autres petits ruisseaux descendant de La Quille, la partie la plus boisée est celle où l’on marche et ses alentours. Si tout comme moi, la géologie vous intéresse un tant soit peu, n’hésitez pas à vous arrêter pour observer de très près un énorme rocher trônant au beau milieu même du chemin. Sans doute tomber du haut du Tabourc, il est planté là et en impose du haut de ses quelques centaines de tonnes. On ne peut pas le louper. En l’observant, vous y remarquerez des fossiles. Certes ses fossiles ont dû subir des pressions tectoniques voire écologiques mais ils restent bien visibles. On peut y remarquer les traces de coquillages bivalves ressemblant à ceux connus de nos jours, huitres, moules et praires par exemple. Mais il y a aussi beaucoup de fossiles en forme de spirales (ammonites, nautiles ou autres gastéropodes). Enfin, on trouve des fossiles de rudistes et hippurites, mollusques aux formes diverses (boudins, cornes, spirales, bénitiers, etc….) disparus depuis la nuit des temps (Crétacé). Une vraie « lumachelle » comme on dit dans le jargon géologique. Et si la géologie vous intéresse vraiment, n’hésitez pas non plus à regarder de plus près les marnes argileuses qu’il y a dans ce secteur tout autour. Certaines sont microfossilifères et là aussi, on peut avec patience y déceler des fossiles nettement plus petits mais bien tangibles comme des petits tubes d’anciens vers marins, des bivalves style moules plus minuscules voire des vestiges de la végétation de jadis (brindilles, fétus, ramilles, feuilles, etc..). Après ces quelques belles et intéressantes découvertes, il ne reste plus qu’à refermer cette boucle. Dès que la partie boisée disparait, les décors s’entrouvrent. Droit devant le Roc Pounchut perce l’horizon et ne manque pas de me rappeler cette merveilleuse balade réalisée tout au long de sa crête. C’était en 2025 et donc il n’y a pas très longtemps. Dany, elle, est beaucoup plus attirée par les magnifiques érables de Montpellier et leur couleur sanguine. Mon appareil-photo aussi. Il est vrai qu’il est difficile de résister à une si belle coloration. Plus loin encore, le château de Quéribus nous remémore des souvenirs communs encore plus anciens. Puis Duilhac est là et si pour Dany un peu fatiguée, cette jolie mais indécise randonnée se termine, je continue seul la visite de la partie historique du  village au pas de course et sous un ciel en train de se griser fortement. Eglise Saint-Michel par bonheur ouverte, vestiges de l’ancien Fort, place des Fêtes et ruelles que j’enfile sans trop m’attarder, m’arrêtant juste pour une photo ou deux quand l’aspect patrimonial ancien se présente. 20 minutes plus tard, je retrouve Dany et pour moi aussi cette balade se termine. Cette randonnée a été longue de 5,75km incluant la visite de Duilhac. Le point le plus haut est à 565m d’altitude au moment où l’on aperçoit la bergerie de Bugamus, la plus basse est à 316m avant d’amorcer la remontée vers Duilhac. Carte 2447OT Tuchan – Massif des Corbières Top 25.

Autres randonnées réalisées à Duilhac : 

  1. Le Moulin de Ribaute depuis Duilhac-sous-Peyrepertuse
  2. Le Château de Peyrepertuse depuis Duilhac-sous-Peyrepertuse

 

 

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