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Les Chemins des Braves : Espousouille, Fontrabiouse depuis Puyvalador.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de plusieurs musiques extraites d'une compilation YouTube intitulée " ESCAPE TO THE ENCHANTED FOREST: Most Beautiful Medieval Fantasy Music for Deep Relaxation & Focus"

Les Chemins des Braves : Espousouille, Fontrabiouse depuis Puyvalador.
Les Chemins des Braves : Espousouille, Fontrabiouse depuis Puyvalador.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus.

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Quand on imagine une randonnée que l’on ne trouve pas sur le Net et qui de ce fait n’a pas véritablement de nom, lui en donner un peut être un véritable casse-tête. C’est un peu le cas ici avec cette boucle qui a consisté à démarrer de Puyvalador, direction Espousouille puis Fontrabiouse et retour. Finalement après diverses idées ayant trait à la géographie des lieux, j’ai choisi de me référer à l’Histoire en l’intitulant « Les Chemins des Braves : Espousouille et Fontrabiouse depuis Puyvalador » (*). Qui étaient ces « Braves » ? C’est l’historienne et romancière Hélène Legrais (**) qui les évoque avec détails :

« A la base, Espousouille est seulement un hameau dépendant du village de Fontrabiouse. Aujourd’hui ils sont à égalité, c’est une double commune, mais ce rapport de dépendance initial, évidemment mal vécu par « les esposolats  », a suscité une rivalité et une rancœur qui perdurent encore. Naguère, ça allait très loin : les habitants d’Espousouille, surnommés « les Braves », refusaient d’assister à la messe dans l’église de Fontrabiouse, ils préféraient faire les 7 kilomètres les séparant de « la capitale », Formiguères, notamment pour la célébration des baptêmes, des communions, des mariages et aussi des obsèques. Car, vous l’aurez compris, pas question pour eux de se faire inhumer dans le cimetière de Fontrabiouse ! Donc jusqu’à la moitié du XIXe siècle, ils emportaient leurs morts jusqu’à Formiguères par un chemin qui passait à travers la forêt, montait un petit col avant de redescendre en piqué vers « la capitale » : "la tira dels morts" . Ce sentier était à peu près carrossable, on pouvait l’emprunter avec un mulet ou une petite charrette mais quand il s’agissait d’un défunt, le cortège le parcourait à pied derrière quatre porteurs le cercueil à l’épaule. A mi-chemin, une dalle de pierre, assez élevée, permettait à ces porteurs de déposer leur fardeau pour se reposer un moment avant de continuer leur chemin. Depuis Espousouille a sa chapelle et son propre cimetière ». (Source Francebleu.fr).

Alors certes, ici nous n’irons pas à Formiguères, mais on peut aisément imaginer que ces « Braves » d’Espousouille ont très souvent emprunté les chemins et sentiers de cette randonnée pour bien d’autres raisons que celles ayant trait à l’absence d’église et de cimetière au sein de leur village. Communes indépendantes jusqu’en 1822, Espousouille fut rattachée ensuite à Fontrabiouse. Elle l’est encore de nos jours. Quand à Puyvalador, le village a acquis son indépendance communale en 1790. Si Formiguères a toujours été considérée comme capitale historique de ce Bas-Capcir, elle le doit aux Rois de Majorque qui en avaient fait leur résidence d’été aux 13eme et 14eme siècle. Ils venaient y marcher, chasser, pêcher et s’y reposer mais Sanche 1er de Majorque venait aussi y soigner son asthme. Né en Montpellier en 1276, il est mort à Formiguères en 1324 mais sa sépulture est visible à l’église Saint-Jean le Vieux à Perpignan dans la chapelle Sainte-Marie des Correcs. Formiguères a été très tôt fortifiée et avait son château dont il ne reste qu’une porte (aujourd’hui la mairie) et un fragment de remparts. Les 4 villages ont donc en commun une proximité évidente puisque 5 à 7km tout au plus les séparent les uns des autres. Mariages, traditions, travaux des champs ou des bois, élevages et transhumances, fêtes religieuses très suivies, marchés ruraux et locaux, constructions diverses et notamment du barrage hydroélectrique à Puyvalador en 1932, les raisons de rapprochements constants, qu’elles soient traditionnelles, sociales ou économiques n’ont jamais manqué et les chemins et sentiers ont souvent été battus par les capcinois et « les Braves » d’Espousouille en particulier.  Voilà pour les explications historiques. Il est 10h15 quand nous arrivons à Puyvalador. Connaissant déjà bien le village, nous laissons notre voiture rue du Madres quartier La Closa dans un lotissement très récent au plus près de ce qui est la ligne de départ. Ce départ se matérialise en empruntant sur quelques mètres la petite route D32g filant vers le hameau de Rieutort. Les souvenirs de diverses balades reviennent mais le plus ancré reste celui d’un Tour du Capcir réalisé en septembre 2013 en 4 jours avec mon fils et deux de ses amis. C’est un peu la raison de cette randonnée d’aujourd’hui : faire connaître à Dany un petit bout de ce tour et les incroyables décors parcourus jusqu’à Espousouille. Dès les premiers panonceaux directionnels rencontrés, on quitte la route, direction « Le Pont de la Moline (Les Molines) 0,7km et le Pont de la Polideta 0,4km  ».  Deux ponts que la tradition mentionne comme étant « romains » mais dont la technique de conception serait plutôt médiévale. Aucune documentation les concernant n’ayant été retrouvée, impossible de les dater. Ils ont été rénovés depuis notre dernière venue. A partir d’ici, tout devient très simple puisqu’il suffit de suivre le tracé du Tour du Capcir et le chemin Vauban jusqu’au village d’Espousouille. C’est d’autant plus simple qu’il n’y a aucune autre difficulté. Peu ou pas de déclivité et un chemin plutôt bon, seulement très herbeux par endroits à cause d’une évidente hygrométrie. Avec le Rec del Cirerol, la rivière Le Galbe et d’autres menus ruisseaux, l’eau est omniprésente. Quant au lac de Puyvalador, il n’est qu’à quelques décamètres de notre tracé et me rappelle une autre balade consistant à en faire le tour. C’est bien simple, depuis le départ c’est des dizaines de fleurs sauvages que je photographie sans m’arrêter. Il y en a partout et le « fou de flore » que je suis ne sait plus où donner de la tête. Après la grande ferme des Molines où de magnifiques lupins forment un parterre multicolore puis le pont éponyme où l’on enjambe le Galbe, un panonceau indique « Espousouille 2,5km » à droite. A partir de là, un chemin creux car encadré d’énormes pierres de granite ou de gneiss prend le relais. Il est rectiligne car parallèle au Galbe qui ne forme qu’une légère courbure à hauteur d’Espousouille. Forêts de conifères à gauche et prairies à droite, on ne se lasse pas des décors verdoyants qui nous entourent constamment. Beaucoup d’oiseaux, d’insectes divers et variés et de jolis papillons, tous plus remuants les uns que les autres et donc jamais faciles à photographier. Comme pour nous, cette bougeotte est-elle engendrée par un désir permanent de nouvelles découvertes ? Tout porte à l’imaginer. Seuls les nombreux bovins que nous avons pu observer ou croisés sont apathiques ou carrément inertes. Ils sont tous couchés, ruminent, dorment améliorant ainsi leur bien-être comme leur organisme le réclame.   A mi-chemin d’Espousouille, en enjambant un pont sur le Galbe (Pont de Galba), un raccourci permet de rejoindre le col de La Creu puis Fontrabiouse (PR28) plus vite que notre tracé programmé. Mais pourquoi raccourcir alors que la Nature incite à faire le contraire et qu’Espousouille n’est qu’à 1km ? C’est d’autant plus agréable que les espaces changent avec un belle portion en sous-bois et donc pour moi de nouvelles fleurs plus adaptées à ce biotope. Surpris dans son déjeuner, un chevreuil hésite à s’enfuir. Une photo et puis s’en va ! Finalement Espousouille est là. Le hameau me ramène certes sur le Tour du Capcir mais aussi lors d'une sortie que j'avais intitulée "La Vallée du Galbe depuis Espousouille". Ce que l’on voit en premier, ce sont des maisons aux toitures d’ardoises grises et le joli clocher-mur de son église Sainte-Marie édifiée en 1866. En traversant le pont, on notera « pont d’Esposolla 1.523m » et donc cette envie légitime de conserver une certaine catalanité. Légitime car le hameau a longtemps été ignoré car excentré et donc bien plus pauvre que tous les autres alentours. Légitime car de nos jours qui n’a pas envie d’aller y passer quelques jours de vacances dans ce lieu devenu soudain paradisiaque, moi le premier ? Comme nous le rappelle Hélène Legrais, les Espoussouillais ou « les Braves » étaient si démunis que les autres habitants du Capcir les appelaient « les escores tupins », c’est-à dire « les lèches-marmites » (Source Francebleu.fr). Pas de quoi les chiffonner plus que ça « les esposolats » car tous les habitants des hameaux alentours avaient droit à leurs surnoms guère plus réjouissants. L’église étant fermée, question patrimoine rien de spécial ou presque nous freine dans la traversée du village. Une croix en pierre, une tour en bois, jeu destiné aux enfants et une fontaine-lavoir. Tout ici est totalement désert et quasi-silencieux. Seuls le murmure du Galbe que nous venons de franchir et les piaillements des nombreux moineaux se font entendre. J’essaie d’en immortaliser quelques-uns ainsi que plusieurs hirondelles sillonnant le ciel dans les ruelles. Encore des photos de lupins multicolores ornant des jardinières mais l’heure du déjeuner ayant déjà sonné, je recherche avant tout un endroit agréable où piqueniquer. Sur la route D32d que nous devons suivre, il arrive à point nommé à la Maison Sarda où tables et bancs semblent nous attendre. Un panneau « buvette » renforce notre idée. L’hôtelier arrivant en même temps que nous ; mais lui de son footing matinal ; nous lui demandons si l’on peut s’installer moyennant bien sûr la prise d’une consommation. Avec gentillesse et efficience, quoi de plus normal, il accepte. Jus de fruit pour Dany et bière bien fraiche pour moi, on ne pouvait trouver mieux. Nous notons cet agréable gite au cas où l’envie de revenir randonner dans ce secteur nous prendrait. Les sandwichs engloutis, nous repartons, toujours sur la D32d, mais GPS allumé où j’ai enregistré un tracé. Finalement, le GPS ne sert à rien tant le balisage est parfaitement mentionné au lieu-dit « Les Roques » : « Fontrabiouse 1,3km- Col de la Creu 0,6km ». Le chemin s’éloigne de la route mais file parallèle à celle-ci le plus souvent en sous-bois. Premier vrai dénivelé mais très modeste et ce jusqu’au col de La Creu. A mi-chemin, très belle surprise avec plusieurs marmottes perchées sur un tertre se réchauffant au soleil. Notre présence n’a pas l’air de les inquiéter plus que ça. Il faut dire que la distance d’une trentaine de mètres qui nous en sépare les rassure probablement. Elles se mettent à courir, nous observent sans pour autant disparaitre dans leur terrier. Nous les laissons à leur « bronzette ». L’arrivée au col de la Creu (1.537m)  pourrait nous offrir quelques points de vue plus aériens, et notamment sur le lac de Puyvalador et le Vallon du Galbe, mais une clôture et un bosquet d’arbres les obstruent majoritairement. Dommage !  La croix est là scellée sur un gros rocher. Croix de chemin et/ou de mission, elle peut avoir pour signification divers symboles : entrée du village, repère territorial et seuil naturel, protections religieuses diverses et variées ou lieu de rassemblement lors de séculaires processions,  hommage culturel aux hommes qui ont vécu et travaillé dans ces montagnes. Un sentier amplement fleuri descend rectiligne vers Fontrabiouse. Il nous offre de bien jolies vues sur le village, sa vallée et les montagnes formant l’horizon. Une fois encore la commune paraît déserte. Nous sommes accueillis par un chien joyeux dont l’envie de se faire câliner et de jouer apparaît comme une évidence. Il a son lot de caresses mais pas le temps de jouer que son maître le rappelle. Ici aussi l’église étant fermée, peu de choses de son patrimoine matériel nous retient. Une date 1712 sur son fronton, une longue fontaine et un canal où s’écoule le ruisseau El Torrent et puis c’est tout. Il y a certes la fameuse grotte mais le désir de la visiter est si ancien que j’ai bien l’intention d’y mettre fin dès cette randonnée terminée. Tout en sortant du village par la D32b, quelques massifs fleuris freinent encore mes pas.  Juste avant la signalétique « Font-Rabiosa (la source rageuse) marquant la sortie du village, nous quittons la route au profit d’un large chemin terreux partant à gauche. Parallèle au ruisseau El Torrent, lequel ici n’est plus canalisé, il longe la ferme Les Clots puis s’enfuit à travers champs en direction de la station d’épuration du village. On laisse cette dernière et son portail sur la droite et empruntons une passerelle franchissant El Torrent. Plutôt bon et désherbé jusqu’à présent, le parcours devient soudain herbeux sous l’effet d’une végétation qui ici reprend totalement ces droits. Seule une étroite caminole marque le passage au milieu des hautes graminées et des milliers de fleurs. Oeillets, brunelles, trèfles, scabieuses, arméries, pensées des champs, géraniums des prés, vipérines, campanules agglomérées, gesses, vesces, cirses des ruisseaux, ombellifères diverses, faire la liste de toutes les fleurs sauvages équivaudrait à se lancer dans un inventaire floral peut être inexhaustible. Peu après, un autre ruisseau  de 2 à 3m de large mais de 10cm de profondeur se présente mais sans pont cette fois-ci. Un coup d’œil sur mon bout de carte IGN indique qu’il s’agit du Rec del Cirerol descendant du hameau de Rieutort (ruisseau tordu ou tortueux selon la toponymie).  Sauf à être aussi « tortueux » que le nom du hameau en suivant le ruisseau, nous n’avons d’autre choix que de nous déchausser pour le franchir et atteindre au plus vite la route D32g retournant à Puyvalador.  C’est chose faite et 10mn plus tard nous voilà sur la route à 20mn de notre voiture et de Puyvalador. Ainsi se termine cette magnifique balade. Elle a été longue de 8,3km incluant la découverte de quelques ruelles au sein d’Espousouille et de Fontrabiouse. Les montées cumulées sont de 220m et le dénivelé très modeste de 112m entre le point le plus haut à 1.537m au col de La Creu et le plus bas au pont de les Molines à 1.425m. C’est une randonnée facile. Comme je me l’étais promis, j’ai terminé cette journée par la visite guidée de la merveilleuse grotte de Fontrabiouse découverte accidentellement en 1958 suite à l’exploitation d’une carrière d’onyx que l’on appelle parfois « marbre des Pyrénées ». Sur les 12km du réseau karstique souterrain découvert à ce jour, un parcours aménagé sur 2 niveaux et de plus d’1km, mais  avec une température quasi-constante de 6°, permet de découvrir ces plus belles concrétions : stalactites, stalagmites, draperies, fistuleuses, bouquets d’aragonites, cristaux, cheveux d’ange, colonnes, disques de calcite, petits gours, perles des cavernes, lac souterrain à l’eau turquoise, etc….. A 1.500m d’altitude, elle est la plus haute grotte visitable d’Europe. Si la visite de la grotte commence par la découverte de l’ancienne mine  à ciel ouvert d’onyx, elle se termine pas les vins du Domaine Jonquères d’Oriola. Ici, dans la grotte, une cuvée spéciale « Font-Rabiosa » vieillirait plus vite et bien mieux selon les descendants du célèbre cavalier français. J’ai donc acheté un rouge et bien que n’y connaissant rien en œnologie, j’avoue que je l’ai bien aimé. Dany qui souffre de claustrophobie ne m’a pas suivi dans cette descente abyssale préhistorique préférant se cantonner à la boutique de souvenirs et à la terrasse du snack-bar. Le but même d’un lieu touristique comme celui-ci, c’est que chacun y trouve son compte. Ce fut le cas et cette journée fut en tout point radieuse et « rabieuse », mot signifiant « rageur » comme « les Braves » d’Espousouille mais désignant aussi une fleur de la famille des Boraginacées. Tout était écrit. Carte IGN 2249ET Font-Romeu – Capcir top25.

(*) La Boucle de Fontrabiouse : J’ai longtemps cru que j’aurais la paternité de cette randonnée. Eh bien non ! En effet, ce n'est qu’une fois terminé ce reportage, que j’ai constaté que le site « Accessible.net » l’avait déjà imaginé en 2014 sous la dénomination « La Boucle de Fontrabiouse » pour l’association Nataph (Nature Accessible à tous – Accueil des Personnes Handicapées ». Elle est proposée ici par leur partenaire « La Joëlette ». « Les grands esprits se rencontrent » dit une expression célèbre. Bravo à eux pour cette balade si magnifique.

(**) Si vous voulez lire un roman d'Hélène LEGRAIS concernant le Capcir et plus particulièrement ce secteur proche de Formiguères, je vous conseille vivement la lecture de "La guerre des cousins Buscail". Il s'agit certes d'un guerre familiale sur fond de jalousie engendré par l'argent mais on y apprend beaucoup tant sur le Capcir des années 20, sur ses mots catalans et sur la vie de cette période. 

 

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La News : La Combe des Loups (Coma dels Llops) depuis le site Arc Iris/Sydetom 66 de Calce.

Publié le par gibirando

La News vous donne un bref aperçu de la prochaine randonnée qui paraîtra dans la page d'accueil :

La News : La Combe des Loups (Coma dels Llops) depuis le site Arc Iris/Sydetom 66 de Calce. 

La News :  La Combe des Loups (Coma dels Llops) depuis le site Arc Iris/Sydetom 66 de Calce.
La News :  La Combe des Loups (Coma dels Llops) depuis le site Arc Iris/Sydetom 66 de Calce.

Pour agrandir les photos cliquez dessus.

En ce 23 juin 2025, l’envie de marcher est là mais la canicule aussi. Que faire ? Finalement, je regarde la météo et un petit vent est annoncé. Entre 15 et 40km/h, il devrait rafraichir l’atmosphère une bonne partie de la journée. Je me décide pour une randonnée que j’ai sous le coude depuis quelques temps déjà. Elle consiste à partir depuis le centre de tri et de valorisation des déchets de Calce, site Arc Iris Sydetom 66, et de ce fait elle présente l’avantage d’être peu éloignée de chez moi. Après avoir garé ma voiture devant l’entrée du site industriel, c’est carte et GPS en mains que je démarre direction « La Coma dels Llops , d’où le nom en français que j’ai donné à mon circuit : « La Combe des Loups ». Si ce lieu n’est pas des plus connus, il faut bien le reconnaître, son nom est joli et il est sur la carte la limite maximale que je me suis fixée. Je vais en faire le tour. Toutefois, mes objectifs sont tout autre et comme souvent ils concerneront la Nature avec un grand « N ».  Il est 9h30 quand je démarre. Le chemin part sur la gauche, direction le carrière de Pedrère ; ancienne carrière d’un calcaire dolomitique très particulier qu’on appelle « cargneule » ; puis un peu plus loin il me faudra grimper le Sarrat éponyme, direction le Mas de les Fonts. Des panonceaux directionnels étant bien présents dès le départ, je range carte et GPS au fond de mon sac à dos.....je reviens au plus vite........A bientôt ami(e)s blogueuses et blogueurs......

 

 

 

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Le Roc Pounchut (520m) en boucle depuis Cucugnan (280m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 6 chansons interprétées par l'américain Cody Fry. Elles ont pour titre "Photograph/Clair de Lune", "Fix You", "If Only My Heart Could Speak", "Falling In Love", "I Hear The Symphony" et "Photograph (Instrumental)"

 

Le Roc Pounchut (520m) en boucle depuis Cucugnan (280m)
Le Roc Pounchut (520m) en boucle depuis Cucugnan (280m)

Pour agrandir, les photos, cliquez dessus.

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Voilà déjà longtemps que depuis le village de Cucugnan, j’envisageais de grimper au Roc Pounchut, petit sommet au milieu d’une longue crête calcaire qui s’élève à la modeste altitude de 520m. En langue d’oc et en provençal, « Pounchut » signifie « pointu ». Ce roc est encadré de deux autres sommets encore moins hauts avec le Pech de la Caune à 487m et le Pech Capel à 497m. Sur la carte IGN, rien n’indiquait que cette crête fut praticable. Pas de chemins balisés et seulement une longue ligne de tirets que la légende de la carte définissait sans doute comme étant « un passage délicat ». Quant à mes recherches sur le Net, elles ne donnaient pas grand-chose de concret. Une seule personne mentionnait y être aller marcher mais sans trop s’appesantir quant aux difficultés rencontrées ou pas. Pourtant, chaque fois que je passais du côté de Cucugnan, j’apercevais cette colline dénommée « La Soula » (soulane ou adret ), constituée d’une végétation de maquis et sur sa droite un large layon rougeâtre arraché à la végétation qui y montait. Sur la carte IGN, ce layon montait en direction du Pech de la Caune, l’évitait et se poursuivait par un sentier sur l’autre versant vers le vallon du Verdouble. Puis mes recherches me précisèrent que ce layon était apparemment emprunté lors d’un trail intitulé « du Papet », faisant partie de l’organisation des « Trails cathares ».  A 76 ans, le nom de ce trail fut pour moi un encouragement à monter voir cette colline. Il ne me restait plus qu’à espérer que le sentier menant au Roc Pounchut soit praticable lors d’une boucle. Un ballon d’essai en quelque sorte. C’est ainsi qu’est née cette randonnée que j’ai intitulée « Le Roc Pounchut en boucle depuis Cucugnan ». Elle est accessible, pas vraiment vertigineuse, praticable quand on est bon marcheur, mais mérite attentions, parfois vigilance de tous les instants et donc en un mot « prudence ».  En ce 27 mai 2025 ; il est 8h30 quand je laisse ma voiture dans un virage sur la petite route menant au cimetière. Alors que je suis assis au bord même de la route à chausser mes chaussures de marche, deux jeunes dames  me saluent. Une est à pied et la seconde à vélo et se dirigent vers le cimetière. Je les hèle mais comme elles filent très vite, elles ne m’entendent pas. Supposant qu’il s’agit de cucugnanaises, je voulais simplement leur demander si elles connaissaient le Roc Pounchut ? Tant pis ! Je démarre sous un ciel hésitant entre le gris de quelques nuages passagers, le blanc d’une brume laiteuse et un bleu qui tente de s’immiscer entre ces deux couleurs plutôt tristes.  Grâce une brise légère qui m’envoie les parfums capiteux des innombrables genêts, le bleu finira par dominer. Si les Spartiers à tiges de jonc (ou Genêts d’Espagne) illuminent les décors de leur jaune flamboyant, et sont donc les premières fleurs sauvages que je photographie, le passionné de la flore que je suis sera comblé bien au-delà de toutes ses espérances.  Il y a des fleurs de toutes sortes, partout, et il en sera ainsi du départ jusqu’à l’arrivée, en passant par la crête du Roc Pounchut aussi minérale soit-t-elle. Quelques fleurs seront nouvelles pour moi, ce qui est toujours un vrai bonheur,  et je pense ici à une Epipactis de Trémols, une jolie orchidée rouge , à une Phlomis herbe-aux-vents, à une Trinie glauque et à des Cotonnières la plupart du temps très douces au toucher. Beaucoup de passereaux aussi mais plus difficiles à immortaliser. Parmi eux, et dès le départ, une superbe Huppe fasciée attire tout particulièrement mon attention car elle sautille depuis un bon moment sur un amoncellement de terres, résultat apparent d’un dépôt sauvage. Le chemin est bon et large mais assez bizarre, car outre la terre, il laisse entrevoir des vieux restes de bitume et parfois de ciment. Je laisse le cimetière sur ma gauche.  Quelques mètres plus loin, je suis déjà arrêté près d’un gué où un arbre totalement desséché retient quelques passereaux  que je réussis à photographier avant qu’ils ne s’envolent. Je continue, constamment arrêté par les fleurs mais aussi par quelques papillons que la brise légère semble quelque peu perturber. Finalement, je me régale car tout en marchant, mon appareil-photo n’a de cesse de mitrailler tout ce qui compose mes passions. Et ce n’est pas fini. Un magnifique et gros lézard vert est le prochain sur la liste. Il vient avec une douzaine de prises de vues augmenter le contenu de la carte mémoire de mon appareil-photo. Il faut dire qu’après l’avoir vu disparaître dans une faille schisteuse, j’ai eu l’infinie patience de me mettre aux aguets pour réussir à l’immortaliser. Au fur et à mesure que je m’élève, les panoramas vers la plaine se font plus amples. Plus aériens. Cucugnan bien sûr et son célèbre moulin d’Omer datant de 1692 mais qui a retrouvé des couleurs depuis 2006 grâce au boulanger artisanal Roland Feuillas, le Maître de mon Moulin comme l’indique au pluriel  le nom de sa société. Le Dernier Bastion cathare avec le château de Quéribus, objectif de randonnées possibles et puis toutes ses collines et combes qui font partie des Corbières et que la géologie antédiluvienne a plissé comme de vulgaires draperies. Oui, tout est très beau,  malgré un ciel un peu trop cristallin à mon goût qui empêche une excellente luminosité. Tout en montant, le chemin se fait plus raide, plus rocailleux, carrément rocheux parfois. J’y aperçois souvent de larges ornières laissées par les eaux de ruissellements mais aussi par des marques de pneus bien visibles quelquefois. Des chasseurs probablement, montant ici avec de puissants 4x4. Puis finalement, j’atteins un replat. Il a pour nom « Pas d’En Gayraud ».  Sur ma droite, un sentier continue vers un sommet mentionné à 461m d’altitude sur mon bout de carte IGN. Un autre sentier un peu envahi par la végétation file presque tout droit. Je m’y engouffre mais jusqu’à apercevoir le superbe et verdoyant vallon du Verdouble avec à mes pieds la Métairie de Devès. Le sentier continue mais commence à descendre alors je m’arrête là. Ici la déclivité est autrement plus abrupte que du côté de Cucugnan et il en sera ainsi tout au long de la crête qui m’attend. A l’horizon, le Pech de Fraysse avec ses 920m, éperonné de ses pylônes, est le roi des collines. Je ne vais pas plus loin ni plus haut,  et ce d’autant que je trouve ici un parterre de Tanaisies en corymbe comme jamais vu auparavant. Le néophyte en botanique n’y verrait que de grandes marguerites mais elles sont pourtant un peu moins banales. Bien d’autres fleurs pas encore vues, car appréciant un peu d’altitude sont là aussi.  Je fais demi-tour car le bon sentier menant au Roc Pounchut était situé à gauche au niveau du replat. Ce nouveau sentier est bon au début mais étroit, mais droit devant, le Roc Pounchut, dent pointue comme son nom l’indique,  nous prévient déjà des difficultés à venir. Il reste à gravir. Alors ici quand on observe les décors, les paysages, les panoramas ou bien des fleurs, des papillons ou des oiseaux, mieux vaut-il faire les choses les unes après les autres. Bien entendu, j’évite de grimper sur les quelques postes de chasse que je croise et que je juge bien trop rudimentaires. Une palette posée entre les branches d’un chêne-vert au bout d’une échelle, j’ai vu bien mieux comme mirador. Ici, la moindre inattention, incartade, le moindre faux-pas peut vous gâcher la journée et peut-être pire encore. Et dieu sait si ma curiosité m’incite à ne rien délaisser,  sauf les postes de chasse que j’ignore préférant la terre ferme. Devant, à droite comme à gauche, les décors sont superbes : devant c’est Peyrepertuse et Duilhac, à droite les fameuses gorges du Verdouble au Moulin de Ribaute, le Roc Fourcat et La Serre de la Maureille au maquis verdâtre car bien arboré et à gauche, toujours Cucugnan, le col du Grau de Maury, La Quille et Quéribus. Enfin tout se passe pour le mieux.  Après le roc, je croise une jeune « traileuse » que  j’arrête dans sa course pour lui demander si la suite est praticable. Elle me répond « oui », puis s’empresse de rajouter « si vous êtes arrivé jusqu’ici la suite ne devrait pas vous poser de problèmes, mais soyez prudent ! ». « Je le suis », lui-dis-je et la remercie. Je la regarde repartir avec au fond de moi cette petite jalousie quant à sa dextérité à franchir les rochers comme un cabri, me disant « tu savais le faire jadis quand tu avais son âge ! ». Peu après, je m’arrête pour casser la graine  et boire un coup car j’ai un petit coup de fatigue. Mon obsession à tout photographier m’a fait oublier que j’avais un organisme à m’occuper.  Là, belle frayeur car après m’être assis sur un rocher, me voilà avec 5 grosses tiques à pattes rayées ou tiques géantes (Hyalomma marginatum) sur mes vêtements. Alors que je me relève brusquement et m’époussète dans  un geste d’effroi, j’en vois une bonne vingtaine sur le rocher même où j’étais assis. Une dernière est encore sur ma braguette et je la photographie.  Je m’empresse de plier bagages car jusqu’à présent je n’en avais vu qu’une seule et une seule fois lors d’une randonnée du côté de Llugols dans le Haut-Conflent. Venues d’Afrique et du Moyen-Orient, elles arrivent dans le plumage des oiseaux migrateurs puis prolifèrent une fois ici. Elles présentent l’avantage d’être plus grosses et donc bien plus facilement visibles et donc repérables que la Tique du chien ou du mouton (Ixodes ricinus).  Mais attention tout de même à ne pas être piqué, car en Afrique elle cause pas mal de dégâts avec notamment le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (30% de décès) mais aussi la fièvre tachetée (Rickettsia aeschlimannii). En France, pas de cas humain recensé et seulement des bovins infectés (Source Institut Pasteur). Je repars et mange debout, non sans avoir au préalable regardé tous mes habits dans tous les sens. En fin de compte, cette partie entre le Roc Pounchut jusqu’à atteindre le Pech Capel me semble plus difficile mais pas seulement à cause des tiques. Il y a une succession de petites montagnes russes et des passages un peu plus compliqués. Après le Pech Capel,  la descente plutôt raide vers le col du Triby n’est pas en reste. Composée de petits cailloux et de grossiers sables gréseux par endroits, on a vite fait de déraper ou de glisser. Il est donc préférable de s’aider d’un bâton de marche. Par bonheur, j’en ai un. Au col du Triby, tout devient plus simple. C’est là que je peux vraiment déjeuner en toute tranquillité dans une jolie pinède où un tapis de ramilles que je recouvre d’un papier-bulle me fait office de coussin moelleux. Il faut dire que quand je suis arrivé auprès de cette modeste pinède, il y avait un nombre incalculable de pinsons et d’autres passereaux picorant par terre. Je n’avais jamais vu un tel rassemblement. Plusieurs centaines sans doute mais que ma présence à immédiatement effrayer. Ils s’envolent dans les grands conifères mais un peu partout aussi. Je réussis néanmoins quelques jolies photos. Ici, je pourrais poursuivre par le GR.367 Sentier cathare (commun avec une variante du Tour des Fenouillèdes) mais voulant éviter le bitume, j’emprunte des chemins de traverse. Mais pas pour longtemps, car les parcelles entourées de haies s’imbriquent mal les unes dans les autres, rallongeant ainsi la distance qu’il me faudrait inutilement parcourir si j’avais la prétention de toutes les contourner. Je retrouve donc le GR.367, mais pas pour longtemps non plus, car à hauteur du lieu-dit La Vignasse, je le délaisse pour un chemin qui semble se diriger plus directement vers le cimetière et donc vers la route où j’ai rangé ma voiture. Le parcours que j’emprunte s’effectue assez aléatoirement et souvent en zig-zags mais toujours avec cette idée d’aller le plus directement vers le cimetière où non loin se trouve ma voiture. C’est ainsi que j’évite quelques chevaux paissant dans un pré, car en me voyant, ils ont une fâcheuse tendance à venir vers moi. Or, il n’y a ici qu’une simple cordelette qui m’en sépare et comme ils sont une demi-douzaine, je ne veux pas prendre le moindre risque. Je garde encore en mémoire une course folle entre un cheval et moi au lieu-dit « Campeau » lors d’un mémorable « Chemin du facteur depuis Caudiès-de-Fenouillèdes ». J’avais eu un mal fou à éviter ses ruades puis à m’échapper de cet endroit car il en avait après mon sandwich.  Entre le col de Triby et ma voiture, un nombre impressionnant de photos ont encore été prises : fleurs bien sûr, mais aussi oiseaux, chevaux, lézard, tarente, papillons, criquets et passereaux. Oui pour mon plus grand bonheur, la Nature a encore été bien présente au cours de cette balade. Je me suis ressourcé à son contact. Après l’agréable adrénaline engendrée par cette marche sur le fil de la crête, le relâchement a été total. Le ballon d’essai que j’avais imaginé au départ est finalement devenu une magnifique boule aux multiples facettes. Telle qu’expliquée ici, cette randonnée a été longue de 6,7km, même si la distance n’est pas le principal critère à retenir. A l’aide de mon vieux logiciel CartoExploreur, j’ai estimé les montées cumulées à 407m. Quant au dénivelé, il est de 240m entre le point le plus bas à 280m au passage à gué près du cimetière et le plus haut à 520m sur la crête du Roc Pounchut. Attention ne pas confondre, le Roc Pounchut avec le Sarrat de Pounchut (672m) qui est peu éloigné mais situé à l’est de Duilhac-sous-Peyrepertuse. Il y a également un Roc Pounchut dans le Lot mais là si on se trompe c'est qu'on est vraiment étourdi. Carte IGN 2447OT Tuchan – Massif des Corbières top25.

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Le Dolmen de la Cova de l'Alarb et le château de Valmy à Argelès-sur-Mer.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de la musique du compositeur japonais Joe Hisaishi, bande originale du film d'animation "Le Château ambulant" (Howl's Moving Castle). Elle a pour titre "Merry Go Round of Life" (Le Manège de la Vie) et est interprétée ici sous 4 versions différentes : "Musique originale du film", "version au piano par le pianiste PaRaDISE", "version (piano, violon, violoncelle) interprétée par Grissini Project", et enfin "version symphonique par Joe Hisaishi et le Royal Philharmonic Orchestra". 

Le Dolmen de la Cova de l'Alarb et le château de Valmy à Argelès-sur-Mer.
Le Dolmen de la Cova de l'Alarb et le château de Valmy à Argelès-sur-Mer.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus.

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En ce dimanche 25 mai 2025, nous avions décidé d’aller découvrir le Dolmen de la Cova de l’Alarb, monument mégalithique tout proche du château de Valmy sur la commune d’Argelès-sur-Mer. En réalité, notre but réel était de partir à la découverte des deux car nous ne connaissions ni l’un ni l’autre, d’où le nom donné à cette balade pédestre : « Le Dolmen de la Cova de l’Alarn et le château de Valmy à Argelès-sur-Mer ». Comme toujours, j’avais,  avant de partir, recueilli sur le web quelques informations quant aux circuits que nous pourrions faire et franchement aucun ne me satisfaisait pleinement, car soit trop court soit bien trop long. Bien qu’ayant enregistré un tracé dans mon GPS ; qui me servirait de base ; j’avais bien l’intention de concocter un circuit à ma sauce personnelle. Et puis, sur une boucle pédestre aussi courte, un peu d’improvisation n’était pas pour me déplaire. Par sauce, entendez bien sûr à ma manière car si je me défends pas trop mal quand il s’agit de randonnées, je suis totalement nul en cuisine. Il est vrai que j’ai toujours eu cette immense chance d’être entouré par des merveilleuses «  cordons bleus », qu’il s’agisse de ma mère, de ma grand-mère paternelle ou de Dany mon épouse. Je compense cette nullité par un côté accommodant car je mange tout ce que l’on me présente, n’étant pas du tout difficile ou exigeant. Le matin, après avoir longuement analysé la carte IGN du secteur et des vues aériennes sur Géoportail, il est 13h30 quand nous laissons notre voiture devant le camping Les Mimosas au bout de la route rectiligne de Valmy. Tous les emplacements possibles étant déjà occupés, c’est à regret que nous la stationnons au bord d’un petit ruisseau qui a pour nom « Rec de l’Abat ». Grave erreur car la voiture s’embourbera au moment de quitter l’endroit et c’est grâce à la gentillesse et aux efforts d’un couple que nous réussirons à repartir. Dans l’immédiat, le lieu-dit « Rec de l’Abat- Alt.45 m » est mentionné au sommet d’un poteau supportant des panonceaux directionnels. Celui convoité est là : « Dolmen de la Cova de l’Alarb-1km-20mn-PR ARG2 ». Je dis à Dany « il faudra flâner ! ». Outre la courte distance, cette flânerie s’impose d’autant plus qu’il y a des fleurs sauvages à profusion, de nombreux papillons et que j’ai bien l’intention de recenser les deux un maximum. Outre les fleurs, il y a aussi des passereaux en grand nombre, et ce d’autant que le chemin est dans l’immédiat parallèle au ruisseau ou un bon débit s’écoule. Je reconnais notamment des pouillots et des fauvettes qui ont en commun une incroyable vélocité et cette facilité à disparaître dans des buissons que l’on pense impénétrables car incroyablement broussailleux. Avec beaucoup de chance, je réussirais à photographier les deux espèces mais pas ici sur ce chemin. De temps à autre, la Tour de la Massane apparaît mais plutôt furtivement. Il est vrai que le parcours que nous suivons y monte aussi, même s’il s’agit d’une tout autre randonnée en terme de difficultés et de distance. Je connais d'autant mieux ces difficultés à l'atteindre que je l'avais gravie en hiver et avec un peu de neige. C'était en février 2009. Après avoir suivi le ruisseau, le chemin devient parallèle à un haut mur infranchissable, dont on pressent qu’il nous sépare du domaine de Valmy.  Après une bonne grimpée et avoir suivi un panonceau directionnel toujours bien présent (Mas Peyrot ou de l’Abat-Alt.82m), les premiers panoramas s’entrouvrent, d’abord vers le nord-ouest où apparaît entre autre le Massif du Canigou encore un peu enneigé,  puis un peu plus haut encore carrément vers Argelès et la mer. Le splendide château de Valmy, chef œuvre architectural de la Belle Epoque, se dévoile à nos pieds. La large piste devient plus rectiligne et donc assez facile à cheminer même si une douce dénivellation se poursuit.  Un peu plus loin, on laisse sur la gauche une citerne DFCI et on poursuit jusqu’à un panonceau « Bosc de Valmy-Alt.137m » où on délaisse cette large piste au profit d’un étroit et rocailleux sentier menant au dolmen recherché : « Dolmen Cova de l’Alarb – 0,25km-0h,05 » indique un panonceau. Si j’ai photographié pas mal de fleurs depuis le départ, ici celles qui se présentent sont bien différentes. J’y note par exemple la présence de plusieurs espèces de Chèvrefeuilles et de Gaillets mais aussi la très jolie Centaurée pectinée. Ici, le Chêne-liège est roi, une sorte de roi Dagobert le plus souvent carrément dépouillé de sa culotte. Sauf qu’ici aucune distraction n’est responsable, tout est volontaire. Enlever la première écorce de ces chênes, on appelle ça le démasclage. Le « Dolmen de la Cova de l’Alarb », apparaît. On le traduit textuellement en « Dolmen de la Grotte de l’Arabe »,  voire en « Dolmen de la Grotte du Voleur ou du Pillard ». Il est  plutôt complet, sauf son tumulus que les siècles ont arasé. Il  ressemble à la plupart des dolmens de la région. Un panneau en explique sa construction, sa fonction, sa structure, son origine et son nom, lequel par méconnaissance a été attribué aux Arabes et non pas aux premières sociétés humaines. Mais à leur propos, rien n’est moins  sûr car tout ce que l’on peut lire n’est souvent que suppositions et rarement des hypothèses étayées, sauf l’aspect « sépulture » car de nombreux ossements ont été trouvés parfois accompagnés de mobiliers funéraires. De nombreux mystères demeurent.  On notera que 2 autres dolmens tout proches car à Collioure et Banyuls-sur-Mer portent le même nom. Alors bien sûr, attention quand vous partirez randonner à ne pas vous tromper de sépulture ! Après cette découverte ; le dolmen sous tous les angles et quelques photos-souvenirs, retour vers le panonceau « Bosc de Valmy-Alt.137m ». Ici, tout devient plus simple puisqu’il suffit de suivre la piste serpentant un peu jusqu’au panonceau directionnel suivant indiquant « Correc de la Coma Fosca- Alt.136m  ». S’il s’agit bien d’un petit ruisseau montagnard, il est le plus souvent à sec et c’est bien le cas aujourd’hui. Toutefois, sa présence et sa proximité apportent un peu de fraîcheur et de verdure à une végétation « maquisarde » qui en général en a bien besoin. Ici, il y a finalement très peu d’arbres morts parmi les nombreux chênes-lièges visibles. Hauts genêts et bouquets de coquelicots sont les principales fleurs que l’on aperçoit ici. Pure coïncidence ? Leurs couleurs nous rappellent que nous sommes ici en Catalogne, même si l’Histoire ne retient aucune explication les concernant. Une haute clôture est atteinte mais une porte que l’on ouvre permet de la franchir. Elle débouche sur une piste plus large qu’il faut suivre vers la gauche. Nouvel obstacle, avec cette fois-ci une barrière mais facile à enjamber. La piste atterrit en bordure de l’immense vignoble de Valmy mais son prolongement le contourne par la gauche et file direct vers le château. Ce vignoble a la belle particularité d’être entouré de rosiers magnifiquement fleuris. Plus sensibles que la vigne, ils servent de sentinelles aux maladies comme le mildiou ou l’oïdium.  Mais dans  un premier temps, nous traversons des dépendances que sont la guinguette dénommée « Le Comptoir », puis c’est l’ample parking et finalement l’entrée du château permettant seulement l’accès au parc, le château lui-même étant totalement privé et réservé aux clients. On peut le regretter. Le parc, lui, a connu son heure de gloire, au temps où il accueillait le fameux festival de musique "Les Déferlantes". Il s’agit d’un parc d’agrément où l’on peut marcher librement sous conditions bien évidemment de respecter ses sentiers, ses aménagements que sont par exemple son aire de pique-nique, ses jardins, ses fontaines, son bassin, ses monuments, ses statuettes, etc…. C’est ce que je vais faire pendant presque une heure pendant que Dany a trouvé un joli endroit où se reposer. Circuit d’interprétation, botanique ou liberté totale, je ne vais pas m’ennuyer, photographiant une faune excessivement bigarrée allant de la grenouille de Perez, à des poissons rouges, divers criquets, quelques libellules, en passant par des moineaux et divers autres passereaux jusqu’à une très belle cigogne blanche perchée au sommet d’un immense cèdre. Un pur bonheur ! Cette découverte finie, il ne reste plus qu’à rejoindre la voiture qui n’est qu’à quelques décamètres. Je n’ai pas pris de mesure, mais telle qu’expliquée ici, cette randonnée aurait été longue d’environ 5km tout inclus si je me fie à mon vieux logiciel CartoExploreur, découverte du parc de Valmy incluse. Montées cumulées 259m. Dénivelé 124m entre le point le plus bas à 49m en arrivant au vignoble du château et le plus haut à 173m près du dolmen. Carte IGN 2549OT Banyuls-sur-Mer – Côte Vermeille – Col du Perthus top25.

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Le Moulin de La Cascade et Les Pausades depuis Durban-Corbières

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 5 morceaux musicaux interprétés à la guitare par ce que se fait de mieux dans ce domaine : "If I Had You" de Phil Baxter par Tommy Emmanuel et Joscho Stephan. "Swing 42" par Tommy Emmanuel, Richard Smith et Jim Nichols. "Folsom Prison Blues" par Bryan Sutton, Tommy Emmanuel, Guthrie Trapp, Pat Bergeson et Richard Smith. "Baby's Coming Home" par Tommy Emmanuel et Richard Smith et "Mr. Sandman" par Richard Smith et Joscho Stephan.

Le Moulin de La Cascade et Les Pausades depuis Durban-Corbières
Le Moulin de La Cascade et Les Pausades depuis Durban-Corbières

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AVERTISSEMENT

En ce 18 mai 2025, quand nous avons accompli cette randonnée, qui aurait pu prédire qu'un incendie exceptionnel dans sa dimension (17.000 hectares parcourus) et par là-même sa durée ( du 5 au 28 août) allait ravager une immense partie de l'Aude et des Corbières, touchant très durement Durban-Corbières, ligne de départ de cette jolie petite randonnée ? Pas nous, en tout cas ! Il faudra donc attendre un peu avant de pouvoir cheminer cette randonnée dans des conditions redevenues acceptables. 

En ce 18 mai 2025 alors que nous venons d’entrer dans Durban-Corbières, grande effervescence au sein du village. Il est à peine 10h15 mais au regard du nombre de voitures occupant déjà les parkings, on a du mal à imaginer que ce village recense moins de 700 habitants. Nous sommes venus randonner et trouver un emplacement pour ranger notre voiture devient presque un casse-tête. 11, 66, 34, 31, 30, 13, etc.. et même des immatriculations étrangères sont visibles sur les espaces réservés aux véhicules. Finalement, et par chance, nous trouvons une place disponible non loin de la rivière La Berre dans un pré où d’autres voitures se sont déjà installées. De ce fait, nous ne sommes qu’à quelques mètres des petits chapiteaux que les différents forains ont installé tout au long des berges de la rivière car aujourd’hui c’est apparemment la fête. La « Fête Paysanne », nous ne l’apprendront que plus tard. Toujours très intéressée par ce type de festivité, Dany est bien décidé à déambuler au sein des stands avant de démarrer cette randonnée qui doit nous mener vers « Le Moulin de la Cascade et Les Pausades ». C’est donc en flânant au gré de ces divers camelots que nous mettons en « ordre de marche » nos organismes respectifs. Elle plus intéressée que moi, ça c’est sûr ! Artisans, commerçants, boutiquiers, sandwicheries, vignerons et même un conférencier, on y trouve toutes les métiers qu’un grand marché est habilité à offrir. Cette déambulation terminée, c’est très facilement que nous trouvons la route d’Albas et le chemin de la Cascade qui est dans la continuité de la rue de la Mairie, toutes ces signalétiques étant présentes sur le topo que j’ai en main. Les panonceaux que nous cherchons sont là : « Chemin de la Cascade » et « Moulin d’en Crabiés ».  Par une route d’abord bitumée mais qu’un chemin terreux remplace assez vite, nous laissons Durban derrière nous, dominé par son château du XIeme siècle. D’aspect plutôt lugubre au regard d’une luminosité laiteuse qui entoure ses murs ruinés, nous gardons sa découverte en clôture de notre balade. Dans l’immédiat, Dany marche plus souvent devant moi car personnellement la Nature m’a d’emblée sauté au visage. Surtout des fleurs mais aussi quelques passereaux, des papillons, deux lézards et de rares criquets, tout cela est bien présent et prétexte à des photos qui se succèdent les unes derrière les autres.  Certaines seront réussies, d’autres simplement moyennes et d’autres carrément à jeter. Il va en être ainsi au fil de tout notre parcours pédestre. Après une oliveraie décrite comme un « conservatoire des Oliviers », les ruines de l’ancien moulin à eau d’En Crabiés sont visibles et même visitables. La cascade mitoyenne et le ruisseau de la Pinède (Rec dal Prat sur certains topos) étant totalement asséchés, leurs intérêts respectifs sont moindres. Seules quelques concrétions causées par les eaux de ruissellements attirent mon regard. En y regardant de très près, on peut y découvrir des cristallisations en forme d’étoiles voire carrément de type oursins. Certaines brindilles ou mousses ont même été pétrifiées. De toute évidence, cette chute dont une croute jaunâtre est bien visible est à classer dans la catégorie des cascades dites "pétrifiantes".  Dany ayant poursuivi le sentier qui s’élève de manière assez abrupte derrière le moulin, je ne prends guère le temps de le visiter. Il est vrai qu’à part une vieille meule ; mais relativement bien conservée ; il ne reste rien d’autre de visible de son activité d’antan. De ce moulin seigneurial et donc « banal », on sait seulement que la force du courant qui tombait avec violence depuis un canal, lui-même alimenté par un bassin de rétention, faisait tourner une roue à aubes située sous le moulin, entraînant par là-même la fameuse meule. Ainsi, les indispensables céréales étaient transformées en farine et les olives en huile. Le raidillon que je grimpe pour rattraper Dany, offre quelques vues vers Durban et le fond de ce vallon que nous venons de parcourir. A la fin de la montée, un panonceau bien placé nous propose de nous rendre vers « la Source » par un chemin filant à droite. Ce chemin plutôt agréable car très végétalisé continue de longer le ruisseau de la Pinède, ruisseau malheureusement invisible et inatteignable à cause d’une végétation impénétrable. Dommage, car j’ai lu que ce ruisseau, tout au long de son parcours, arrosait jadis de très nombreux jardins familiaux. De nos jours, tout ça a disparu. Nous nous arrêtons au bord du chemin pour un pique-nique impromptu mais très enchanteur car sous les chants divers mais harmonieux d’une multitude de passereaux pour la plupart invisibles. Entre Dany et moi, un jeu se met en place : « c’est au premier qui découvrira un oiseau dans cette végétation foisonnante ». Dany gagne mais finalement c’est moi qui suis chargé d’immortaliser ce « Caruso ». Une mésange charbonnière. Entre temps, un magnifique Sylvain azuré est venu nous exposer ses magnifiques ailes : d'un bleu-noir métallisé quand elles sont ouvertes et de grosses taches blanches sur un fond brun-rouge quant elles sont repliées. Une fois encore, Dame Nature nous démontre tout son talent créatif.  Salade et clafoutis engloutis, nous repartons en direction de « la Source ». Source captée, elle se résume à un bout de canal en béton, à un tuyau vertical qui en émerge et à une grotte minuscule d’où des eaux sont censées jaillir. Sur la gauche, un passage amplement broussailleux semble mener vers quelque chose ? Je m’y engouffre mais Dany qui a toujours peur des bestioles ne me suit pas. C’est le ruisseau de la Pinède. Ici calcaire à souhait et ressemblant mais en miniature au Verdouble du côté du Moulin de Ribaute. Du fait, de cette miniaturisation et de la saison, l’eau n’y coule plus et stagne dans une petite cuvette. Les algues vertes l’ont déjà bien envahie avec par endroit une épaisseur impréssionnante. Dany avait raison, il y a bien des bestioles mais pas du tout celles auxquelles elle a pensé , du style araignées ou au pire tiques accrocheuses. Non, elles se résument à plusieurs grenouilles posées sur un tapis d’algues mousseuses et à des « Libellules déprimées (Libellula depressa) » qui hésitent à se poser sans doute de peur de jouer leur vie sur ce tapis vert grenouillant. D’autres libellules se posent moins de questions et se perchent en hauteur quel que soit le support qui se présente à elles. Après plus de 10 minutes et quelques photos satisfaisantes, nous repartons et continue notre bonhomme de chemin. Peu après, ce chemin se sépare en deux et des panonceaux directionnels proposent soit de partir à gauche vers un « genévrier cade tricentenaire » et « Les Pausades » soit vers la droite pour retourner vers « le Moulin de la Cascade ». Le vieil arbre trouve grâce à nos yeux.  Il est d’ailleurs vite là, son énorme tronc brun clair,  lisse mais sillonné et ridé comme une vieille pomme apparaissant au bout d’un corridor végétal. Fabuleusement campé dans la terre, il ressemble, vu de loin, à un monarque sur son trône entouré de sa cour royale. Sauf qu’ici, cette cour encombrante est composée de chênes kermès, de bruyères arborescentes, de filaires et de redouls. Il faut s’en approcher au plus près pour prendre conscience des années de galère et de souffrance (terre pauvre, vent, neige, froid et foudre) qu’il a dû affronter pour obtenir cet aspect si tortueux de la tête au pied. Désigné « Arbre de l’Aude » en 2016, il a bien mérité cette consécration. Après cette magnifique découverte et un tronçon du sentier un peu délicat, nous parvenons à la route D.40. Une pauvre couleuvre de Montpellier  a choisi le mauvais moment pour traverser. Elle gît bien écrasée au bord de la route, à quelques centimètres seulement de ce qui aurait pu être son échappatoire. Triste ! Quelques mètres sur l’asphalte et un large chemin monte à droite et dans une pinède au sein du lieu-dit « Les Pausades ». Une seule maison que l’on laisse sur la gauche et l’agréable chemin fleuri continue parfois encadré de hauts murets. Il est agréable aussi car circulant dans des décors variés et offrant de temps à autre des panoramas sur des paysages plus lointains. A hauteur, de « La Serre Nègre », le sentier bifurque et devient nettement plus caillouteux en descendant vers Durban. Là, au bout de 300 à 400m de descente, nous évitons d’aller au village et bifurquons de nouveau à gauche sur une chemin qui nous amène vers les lieux-dits « Chamma » et « Roque En Bac ». Toujours des fleurs à profusion parmi lesquelles une jolie Ophrys abeille jamais recensée auparavant. Elle viendra s'intégrer ce jour-là à un lot de 3 fleurs jamais encore vues ni photographiées. Exceptionnel !  Nouvelle pinède et nouvelle descente, mais cette fois-ci sur le bitume du Chemin du Belvédère et de la rue de la Garrigue. Au sein de superbes villas, notre balade tire à sa fin. La fin ressemble au tout début car on retrouve « la Fête Paysanne » avec ses chapiteaux, ses stands et ses abondants visiteurs dont le plus grand nombre est attablé à manger et à boire. Il est 13h30. Si ce matin nous avions trouvé l’endroit déjà amplement peuplé, tout ce joli monde a été multiplié par 10, un incroyable brouhaha qui va avec de surcroît.  Si Dany est simplement attirée par quelques sacs en cuir de veau et moi par de grosses miches de pain traditionnelles et artisanales très sympathiques à regarder et sans doute à savourer, nous traversons la fête sans trop nous y attarder et surtout sans rien dépenser. Dany n’a pas besoin de sac et moi j’évite de manger trop de pain aussi bon soit-il. Nous reprenons la voiture, direction le château des seigneurs de Durban où nous retrouvons un peu de calme. Nous y croquons quelques cookies sur une aire de pique-nique avant de partir visiter le château. Finalement, c’est au pied du château et dans un pré entouré d’un grillage que notre affect va en prendre un coup. Ce coup a les traits d’un âne solitaire que j’ai cru bon d’appeler avec des « claps »,  consistant à poser la langue au fond du palais avant de la retirer d’un coup sec. L’âne planté au milieu du pré arrive immédiatement vers moi mais finalement reste à bonne distance. A-t-il peur du grillage qui serait électrifié ? Non, je vérifie, il ne l’est pas. Il hésite à venir mais je sens bien qu’il en a envie. Il est vrai que je n’ai rien à lui donner hormis des caresses. Alors j’insiste, je lui parle avec douceur, et finalement il s’approche venant heurter le grillage de son naseau. Alors je le caresse et là je sens bien qu’il est en manque d’affection et de câlins et qu’il en redemande. Il bouge constamment sa tête et me prête constamment son flanc pour toujours plus d’attentions. Dany, qui de loin, aperçoit le manège, s’approche et le caresse à son tour. L’âne se pique au jeu, toujours plus empressé de pencher sa tête et son flanc vers nos mains qui n’ont de cesse de le cajoler. Pourquoi tant d’intérêts pour ce petit âne que l’on ne connaissait pas quelques minutes auparavant ? Parce que j’ai beaucoup lu à propos des ânes et que je sais qu’ils sont très intelligents, qu’ils ne supportent pas de rester seul et encore moins les mauvais traitements. Ils ont de surcroît besoin d’un espace suffisant assez important, or ici est-ce le cas ? Je ne saurais le dire. Méfiants, ils n’accordent leur confiance qu’après s’être assurés qu’il n’y a aucun risque. Or cet âne, malgré des conditions de vie précaires évidentes, m’a fait confiance très vite et ça c’est un signe de reconnaissance qui ne m’a pas trompé. Ses oreilles se sont soudainement redressées, signe que tout allait bien mieux pour lui.  Comme tout être isolé, il a eu besoin que l’on s’intéresse à lui. Au bout de 10 minutes, c’est donc à regret que nous le quittons alors qu’il s’y attend le moins. Mais comment faire autrement à part avoir les yeux embués de cet abandon si morose ? Peut-être a-t-il versé une larme lui aussi ? Non, ce n’était pas jour de « fête » à Durban-Corbières en ce 18 mai 2025 pour ce petit âne si adorable. Telle qu’expliquée ici, cette balade pédestre a été longue de 4.8km à 5km environ. J’avoue ne pas avoir pris de mesures ce jour-là, sachant qu’elle serait courte et plutôt bien balisée au regard des renseignements lus sur le Net. Il faut savoir qu’elle est la fusion de plusieurs petites randonnées qui peuvent être accomplies individuellement et que vous n’aurez aucun mal à trouver sur le Net et sur le terrain. Merci à Erika et à son site agrémenté de belles photos, naturalistes entre autres, qui m’ont donné envie d’accomplir cette belle petite balade audoise. Carte IGN 2547OT Durban-Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25.

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La Boucle "floristique" autour des carrières de Baixas.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de diverses chansons extraites d'une compilation YouTube intitulée "Les plus belles chansons d'amour françaises". Elles ont pour titre : "Le géant de papier" (Jean-Jacques Lafon), "Adieu jolie Candy" (Jean-François Michaël), "Et si tu n'existais pas" (Joe Dassin), "Qui saura" (Mike Brant), "Tu m'as laissé" (Frédéric François) et "Hier encore" (Charles Aznavour).

La Boucle "floristique" autour des carrières de Baixas.
La Boucle "floristique" autour des carrières de Baixas.

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En ce 16 avril 2025, après des jours de météos maussades et des pluies à répétition mais bienvenues dans nos belles mais sèches Pyrénées-Orientales, un magnifique soleil illumine un grand ciel bleu. Avec une brise légère et aucun nuage à l’horizon,  il ne m’en faut pas plus pour me lancer dans cette petite randonnée de reprise que je remets depuis bien trop longtemps. A Baixas, je viens de garer ma voiture dans le superbe lotissement de l’Allée de la Part des Anges et j’ai bien l’intention d’effectuer cette courte balade que j’intitule en toute logique « La Boucle floristique autour des carrières de Baixas ». Sur la carte IGN, les carrières  ont pour nom « Les Espereres », « Papalauca » ou encore « El Fornàs ».  Si tout comme moi, votre curiosité a peu de limites et que vous souhaitez les voir, il vous faudra quelques audaces et passer outre des interdictions pour apercevoir un bout de ces immenses cicatrices présentes ou passées. Enfin, elles ne sont pas vraiment un objectif et rien ne vous obligera à ces bravades défendues. Il est déjà 10h30 quand je me mets en route sur le « Cami de Pèna », ou chemin de Cases-de-Pène bien sûr. Je connais bien l'endroit pour y être passé l'an dernier lors d'une balade intitulée « La Boucle des Murs tordus depuis Peyrestortes ». D’emblée, et même si je suis venu beaucoup pour ça, le nombre de fleurs sauvages me scotche. Il y en a partout et d’innombrables espèces. Alors sans jamais trop presser le pas, les clichés floraux s’enchaînent. Sur ma gauche, des vignes et leurs fleurs adventices et sur ma droite des champs en jachère, où sur d’immenses surfaces se complaisent les rouges coquelicots et les blancs anacycles tomenteux. Au bord du chemin, toutes les plantes et fleurs rudérales possibles dont la liste serait trop longue à énumérer sont là. Parfois, il y en a tant, que je ne sais plus où donner de le tête dans ce recensement photographique. J’en oublie sans doute et surtout les fleurs les plus petites. Parfois, les décors s’inversent. Vignobles à droite, jachères à gauche ou vice-versa mais la profusion de fleurs sauvages reste identique. Seul derrière moi, le Canigou majestueusement enneigé reste immuable, dominant Baixas qui s’éloigne petit à petit. Je ne me lasse de l’observer mais difficile d’avancer en tournant le dos au sens normal de la marche. Sur ma gauche, de hauts silos blancs et des trémies me rappellent que les carrières ne sont pas loin pas plus que les entreprises qui les exploitent. D’ailleurs comment les oublier alors que le bruit des camions qui vont et qui viennent est quasi incessant. Cet aspect-là m’intéresse moins. Dans ce cheminement tranquille, le plus souvent tourné vers la flore, seuls quelques papillons, criquets, abeilles et autres insectes volants prouvent que la faune n’est pas totalement absente. Pour l’instant, hormis quelques rares passereaux visibles dans les vignes, les volatiles volants sont rares pour ne pas dire quasiment absents. Seuls quelques étourneaux semblent fréquenter les câblages à l’approche de la D.18a. Finalement, et malgré mes arrêts photographiques permanents, j’atteins cette route. Elle file à droite vers Peyrestortes et à gauche vers Cases-de-Pène, mais le bon chemin, lui, parfaitement balisé de jaune, comme tout bon P.R, part à gauche toute. Ici, tout change, car la garrigue s’empare des décors. Qui dit garrigue, dit fleurs nouvelles, bien spécifiques à ce biotope. Espèces nouvelles et changeantes aussi selon l’altitude et l’exposition des versants des combes cheminées : ails roses aux nuances variables allant jusqu’au blanc, bouquets de thym blancs ou roses, ajoncs aux floraisons plus ou moins avancées, sauges, euphorbes différentes de celles de la plaine, minuscules fumanas, scorsonères d’Espagne qu’on appelle aussi salsifis noirs, glaïeuls sauvages à profusion, aphyllanthes de Montpellier dont quelques rares blanches, liserons et muscaris divers, phlomis, paronyques, gesses, hélianthèmes, résédas, iris nains, immortelles, asphodèles et j’en oublie encore pas mal. Rectiligne, le chemin continue de s’élever. Après une première petite carrière accessible sur la gauche, une deuxième plus imposante mais interdite se présente. Je passe aisément sous un fil barbelé pour 2 ou 3 photos toujours réalisées avec la prudence qui s’impose. Si au fond de cette carrière la Nature a quelque peu repris ses droits, les flancs calcaires les plus abrupts restent comme autant de balafres totalement éternelles. Rien ou presque n’y pousse.  Entre pinèdes et vignobles, au loin Espira-de-l’Agly apparaît. Un peu après, mais plus loin, la Tour del Far me remémore d’autres balades. A son pied, Cases-de-Pène déroule une multitude de toitures rouges. Sur sa droite, les prémices des Corbières sont entaillés de quelques plaies blanches. Il s’agit d’autres carrières de carbonate de calcium plus communément appelé calcaire. Au lieu-dit « Cami Ral », 178m, plusieurs panonceaux directionnels se présentent et force est d’admettre que des efforts conséquents pour créer et orienter des chemins de randonnées ont été faits ici. Satisfaire les randonneurs, voilà une initiative qui n’est pas pour me déplaire. Il en sera ainsi jusqu’à l’arrivée. Dans l’immédiat, je continue toujours tout droit au sein d’une garrigue quelque peu changeante car devenant plus basse et plus broussailleuse et donc moins diversifiée en nombre d’espèces. Ici, le chêne kermès règne en maître et dans l’immédiat, ce ne sont pas les chênes verts qui leur font ombrage. Après le lieu-dit « Papalauca », 195 m, où d’autres panneaux directionnels sont nombreux, je continue encore tout droit jusqu’au lieu-dit « Coma Pregon », 200m. Sur ma gauche, la carrière que je soupçonnais immense le devient dès lors que je franchis un grand portail qui finalement ne peut arrêter que d’éventuels véhicules, le passage d’un homme étant très aisé. Quelques photos encore de cette immense carrière encore très active et je reprends le cours de ma balade languissant déjà un arrêt « pique-nique ». Il faut dire que j’ai beaucoup flâné et photographié et qu’il est déjà plus de 13h. A « Coma Pregon », ayant pris la piste DFCI F.150 menant à la chapelle Sainte-Catherine, je trouve le lieu presque idéal pour déjeuner au niveau d’un bois au niveau du lieu-dit « El Fornàs », 180m. Ici, sur la droite du chemin, pins, cyprès et chênes verts se partagent l’espace. Ma curiosité m’entrainant bien plus loin que les pinèdes où je suis entré, je constate que les arbres disparaissent très vite laissant la place à une immense zone qu’occupent les caillasses et un maquis excessivement bas. Je suis néanmoins surpris d’y trouver de nombreux pieds de grands mufliers joliment fleuris ainsi que quelques passereaux appréciant apparemment ce lieu sauvage aux décors quasi-désertiques. Après avoir vu assez peu d’oiseaux, ici pinsons, rougegorges et chardonnerets semblent se complaire. Au sein d’une combe asséchée, s’écoule la Coma Pregon, un ruisseau non pérenne et eaux très aléatoires mais apparemment suffisantes pour retenir une avifaune devenant elle aussi trop rarissime à mon goût. Depuis 15 ans que je photographie des oiseaux, ce constat est sans appel : les oiseaux de nos campagne disparaissent.  Après avoir couru derrière quelques-uns de ces rares volatiles pour seulement 2 photos réussies, avoir avalé un gros sandwich et pris un peu de repos sur un tapis d’aiguilles, me voilà de retour sur la piste DFCI. Très vite, elle m’entraîne vers le Pla de la Vila, 175m, suivi presque aussitôt de l’ancienne carrière de marbre où je m’arrête plus longuement pour y observer cette incroyable et superbe géologie que l’on peut retrouver dans la Plaine du Roussillon dans maints et maints bâtiments anciens qu’ils soient militaires, civils ou religieux. Ici, tout s’est arrêté depuis longtemps mais les grands blocs de marbre coupés comme au couteau et d’autres burinés sont légions. Je repars et la chapelle Sainte-Catherine est vite là. Je la connais déjà pas mal pour y être passé plusieurs fois (*) et je ne m’y arrête que pour quelques photos et manger un dessert car de toute manière sa porte est cadenassée. Dommage ! Après cet arrêt, la rectitude du chemin filant vers Baixas est annonciatrice de fin de balade. Tout est donc bon pour freiner mes pas : fleurs jamais vues, rares passereaux et animaux fermiers s’ajoutent à mes autres nombreuses photos. S’il me reste à trouver le chemin le plus facile pour retourner à la voiture, au lieu-dit « Els Estorills », 88m, tout devient très simple en suivant la direction indiquée « Cases-de-Pène ». Un peu plus loin, un sentier sur la droite coupe un champs en jachères et m’amène très facilement au  quartier « la Part des Anges ». Ma voiture est là. Cette balade se termine. Telle qu’expliquée, ici, cette randonnée a été longue de 7,3km environ incluant diverses « sorties de route » (carrières, Coma Pregon, Sainte-Catherine) pour des modestes montées cumulées de 178m et un dénivelé de 133m entre le point le plus bas (76m) au départ et le plus haut (209m) au lieu-dit Coma Pregon. Carte IGN 2548OT Perpignan – Plages du Roussillon top 25.

(*) Notre-Dame de Pène et la chapelle Sainte-Catherine de Baixas

Le Sentier de Découverte du Crest Petit et Les Comes à Baixas.

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Le Circuit de Pufféré et des Bruères depuis Saint-Martin-de-Fenouillet.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 2 "standards" du jazz que sont "Beautiful Love (Wayne King)" et "Windows (Chick Corea)". Ils sont interprétés ici par le trio de jazz coréen "Jazzholic" avec la participation de Young Sun Jung, Jin Wood Park, Joon Young Heo et Eun Hee Kim.  

Le Circuit de Pufféré et des Bruères depuis Saint-Martin-de-Fenouillet.
Le Circuit de Pufféré et des Bruères depuis Saint-Martin-de-Fenouillet.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus.

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Quand nous nous sommes lancés dans cette balade pédestre que j’ai intitulée « La Boucle de Pufféré et des Bruères depuis St-Martin-de-Fenouillet », nous étions le 9 février et c’était la vraie première randonnée de l’année 2025. A vrai dire, ce matin-là, alors que Dany avait envie d’aller marcher, j’avais beaucoup improvisé. Nous partions presque sur un coup de tête et sans trop de préparation et donc pas mal dans l’inconnu quant aux sentiers et chemins que nous devions emprunter. J’avais à peine eu le temps de regarder la carte IGN et une vue aérienne sur Géoportail et enregistré un tracé dans mon GPS. Si je connaissais quelques petits bouts de ce parcours (*) car j’étais venu plusieurs fois dans ce secteur, ma crainte était que l’on soit confronté à une ou plusieurs propriétés privées totalement clôturées. Il n’en fut rien, même si du côté des Bruères, nous avons traversé une zone de pâturage avec une excessive prudence tant de nombreux bovins étaient présents au bord du chemin et à proximité d’une imposante ferme. Il est vrai que nous étions passés outre une interdiction « sauf ayants droit » toujours très contradictoire quand il s’agit de randonneurs et ce d’autant qu’un autre panneau contigu au premier n’évoquait qu’une voie DFCI (Défense des Forêts contre les incendies) et le cas d’une interdiction  de « circulation générale » mais sans doute à l’aide de véhicules.  Une fois encore, les randonneurs avaient été oubliés et nous ne savions que faire. Etions-nous concernés alors que nous ne faisions que nous promener dans la Nature sans autre but que l’espoir d’y avoir accès ? En démarrant, n’y avait-il pas un grand panneau mentionnant « Découvrez notre territoire » ? Le démarrage parlons-en. Nous venons de laisser notre voiture sur un pré faisant office de parking. Il est situé juste à côté du cimetière de Saint-Martin-de-Fenouillet. Il est presque midi quand nous démarrons de la rue de la Tramontane et passons devant l’église blanche dédiée bien évidemment à Saint-Martin. Elle est fermée,  mais pas étonnant car à vrai dire je ne l’ai jamais trouvée ouverte. Aujourd’hui pas de tramontane, pas de vent du tout et seulement un ciel opalin pas trop génial en terme de luminosité pour les photos que j’envisage de prendre. Connaissant bien le début du parcours filant vers Le Vivier, je n’ai aucun mal à retrouver la rue des Jardins puis celle de la Fontaine puis finalement notre chemin menant vers ce qui ressemble à une aire de jeux agrémentée de quelques gradins. Là, quelques mètres plus loin, nous stoppons dans une aire de pique-nique blottie dans une yeuseraie. La précipitation qui a prévalu à cette balade nous a empêché de déjeuner et les tables et les bancs tombent à point nommé pour manger nos sandwichs. Une demi-heure plus tard, nous repartons. Comme toujours, je suis en quête de la flore et de la faune. Si cette Nature est plutôt « misérable » au début, le résultat final sera globalement satisfaisant pour un mois de février avec énormément de passereaux. Il est vrai que le dérèglement climatique perturbe les animaux comme il le fait pour les humains. Aujourd’hui, les passereaux sont probablement de retour à cause des températures qui sont loin d’être hivernales. Il en sera de même avec certains papillons en général visibles plus tardivement dans la saison. Avec cet après-midi sans vent, je suis certain que l’on frôle les 20 degrés. Quand les oiseaux et les papillons disparaissent, je me rattrape avec les paysages proches et les panoramas lointains car si le ciel est blafard, il ne bouche rien. Corbières catalanes, Massif du Canigou, Le Vivier, Forêt de Boucheville, Pech de Fraissinet, La Pelade et Fosse me ramènent à bon nombre d’autres balades qu’il serait trop long de lister ici. Parmi toutes ces découvertes, les forêts que j'aperçois en permanence me renvoient à ce souvenir fantastique d'un Tour du pays Fenouillèdes réalisé avec mon fils en 2011. Vous n’aurez aucun mal à retrouver tout cela en tapant ces noms-là dans la rubrique « recherche » de mon blog. Vers la fin, il en sera de même en retrouvant un panonceau directionnel mentionnant « le Sentier des Hauts de Taïchac » que nous avions réalisé il y a fort longtemps. Hormis tout cela, il faut retenir le lieu-dit « la carrière » sur la carte IGN qui est devenu un étrange lieu de vie. Etrange car outre un habitat dans cette garrigue minérale, on y aperçoit un curieux kiosque et une surprenante passerelle permettant d’enjamber cette ancienne carrière remplie d’eau désormais. Au fond, on y a même aperçu un petit youyou dont on était en droit de se demander ce qu’il faisait là dans cet endroit si insolite mais aussi si désert à l’instant où nous passions. Il est 14h40 quand nous retrouvons la signalétique « Saint-Martin-de-Fenouillet ». Moins de 10 minutes plus tard, nous retrouvons la rue de la Tramontane puis notre voiture tout près d’un chenil. Enfermé derrière un grillage, un chien de chasse solitaire gémit. Dès que nous approchons, il retrouve une incroyable sérénité comme si notre présence le rassurait. Nous ne pouvons pas l’atteindre pour le caresser un peu et quittons les lieux avec le sentiment de l’abandonner à son triste sort. Cette randonnée a été longue de 6,6km. Les montées cumulées ont été de 280m. Le dénivelé est de 104m entre le point le plus bas (418 m au départ ) et le plus haut (522m après l’ancienne carrière de Pufféré). Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet top25.

(*) Autres randonnées réalisées au départ de Saint-Martin-de-Fenouillet : 

-Le Sentier des Hauts de Taïchac (632m) depuis St-Martin de Fenouillet (426m)

-Le Circuit du Jardin Ensoleillé depuis Saint-Martin de Fenouillet

-Le Cami d'El Viver (ou chemin du Vivier) depuis Saint-Martin-de-Fenouillet

 

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Le Circuit des Combes au départ d'Estagel

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 6 chansons en langue anglaise et à succès dont les titres et les interprétes sont les suivants : "What A Wonderful World" par Rod Stewart en live au Royal Albert Hall, "Something' Stupid" par Robbie Williams et Nicole Kidman, "The Love Of My Life" par Adele et Ed Sheeran, "Fly Me To The Moon" par Rick Hale et Breea Guttery, "The Long And Winding Road" par George Michael en live au Royal Albert Hall  et "Hard To Say I'm Sorry" par le duo Sweetnotes Music

Le Circuit des Combes au départ d'Estagel
Le Circuit des Combes au départ d'Estagel

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Toujours à la recherche de nouvelles randonnées, je fouine sur le site Géoportail ou sur les cartes IGN de mon vieux logiciel Carto Exploreur en quête de chemins et de sentiers pouvant le cas échéant constituer un parcours. C’est donc comme ça que j’ai imaginé celui-ci que j’ai intitulé « Le Circuit des Combes au départ d’Estagel ». Là, pour être honnête, cette recherche autour d’Estagel et sa conclusion ont été plutôt faciles car il y a pléthores de voies possibles et celles trouvées ici étaient même pour la plupart surlignées en mauve comme toutes les « bonnes » traces de la Fédération Française de la Randonnée Pédestre. Seul petit problème, en ce 24 novembre 2024 quand nous l’avons réalisé, je m’attendais à lui trouver un nom sur des panonceaux directionnels et l’idée d’être obligé de lui en donner un ne m’était pas venu immédiatement à l’esprit. Mais aucun panonceau ne sera visible jusqu’à la Coma Major. Certes, je n’avais trouvé aucun topo sur le Net, mais le surlignage mauve d’une belle partie de la boucle imaginée m’avançait à dire  « il a bien un nom » ce parcours !  Ce n’est qu’une fois qu’il m’a fallu réaliser ce reportage que la nécessité est finalement advenue. Non, je ne l’ai trouvé nulle part tel qu’accompli et expliqué ici. De ce fait, c’est encore Géoportail et sa carte IGN qui me sont venus en aide et cette appellation de « Circuit des Combes » est venue à moi comme une évidence. En effet, au cours de notre cheminement, nous commençons par dominer « la Coma ou Coume d’en Ceret » puis un peu plus loin c’est la « Coma Major » ou « Coume Majou »  et on finit par les « Comelles dels Barrencs ». Quand on sait que le mot catalan « coma » ou « coume »  signifie « combe » et que les « comelles » ou « coumelles » sont le diminutif au pluriel du mot catalan « comella » signifiant « petite combe »,  il ne faisait plus aucun doute que c’est bien ces dépressions-là ;  zébrées d’une quantité de ruisseaux (còrrecs) et de rus (recs) ;  qui avaient été à l’honneur tout au long de ce parcours. Les crêtes les dominant n’ayant pas de noms sur la carte IGN, les possibilités d’autres dénominations disparaissaient.  Toutefois et pour être honnête, cette balade proposée ici reprend en partie un parcours intitulé «  De vignes en garrigues » mais avec un départ et un retour à Montner. Voilà mon préambule. Il est 10h15 quand nous entrons dans Estagel à la recherche d’une place de parking. En ce dimanche matin, tous les parkings sont bondés et les places sont apparemment très recherchées dans la commune. Finalement, c’est place du Général de Gaulle, assez loin de la ligne de départ qui est la D.612 ou rue du Docteur Léopold Sauvy que nous en trouvons une. Mais après tout, nous sommes là pour marcher et ce n’est pas quelques mètres supplémentaires qui freinent nos premières ardeurs.  La suite par le Boulevard Victor Hugo puis par la rue Michelet est assez simple même si le tracé enregistré dans mon GPS sera ; malgré un balisage jaune plutôt bon ;  d’une belle utilité tout au long du parcours. Si au début le bitume est très présent, dès la campagne atteinte, on l’oublie assez vite grâce aux proches décors et aux amples paysages plus lointains qui se dévoilent sous un ciel joliment laiteux hésitant entre le bleu et le blanc. Ce parcours va alterner voies asphaltées et chemins terreux. Au loin, le brumes épaisses qui nous avons aperçues en venant à Estagel tendent à se dissiper et nous font penser que le bleu finira par prendre le dessus. Si les premiers pas sous une ombre « piquante »,  on nécessitait que l’on s’habille d’une polaire, les premiers rayons du soleil réchauffent rapidement nos jambes et nos corps quelques peu engourdis. Si pour Dany, seuls les panoramas et les paysages comptent, je vais constamment y ajouter une Nature moins figée, moins inerte ; que sont les fleurs, les oiseaux et plus globalement ce que les philosophes appellent « le vivant ». Ici, outre la faune déjà citée,  ils prendront les traits de quelques papillons et autres insectes de saison, libellules et criquets notamment. Si l’on sait que le dérèglement climatique n’est pas une bonne chose pour la Nature et les hommes, je constate que certaines plantes sont encore fleuries fin novembre alors qu’elles ne devraient plus l’être. Idem pour la faune, qui dans certains cas, s’adapte à ces nouvelles conditions. Alors certes, ce n’est pas vraiment la bonne époque pour photographier « cette vie » le plus souvent minuscule mais le changement climatique, l’observation, la patience et la chance vont être ici les ingrédients indispensables à la réussite ou pas de mon futur reportage naturaliste. Une fois encore, j’en serais très satisfait car au-delà de ce que j’avais espéré. Au sommet de la « Coma d’en Ceret »,  le calme et le silence ambiant dans lequel nous marchons sont très fortement rompus par les cris d’un chasseur appelant deux de ses chiens ayant coursé un sanglier. Equipés de balises, il nous explique comment il les repaire grâce à un GPS qu’il tient dans ses mains. La chasse est finie et récupérer ses chiens reste sa priorité. Vignobles, garrigues, pinèdes, maquis ; plus des vergers ou des oliveraies quelquefois ; tous ces décors se succèdent sans que l’on se lasse de notre cheminement, pourtant pas toujours facile en terme de déclivités à gravir. Petites collines en forme de modestes « montagnes russes », la fin sera un « grand huit » qu’il nous faudra uniquement grimper.  Nous n’y sommes pas encore. Dany qui n’a pas trop le sens,  ni de l’orientation, ni des lieux déjà arpenter m’interrogent souvent : « c’est quoi là-bas ? » « C’est le Bugarach ? ». « Non, le Bugarach est là-bas émergeant des nuages » lui dis-je. Et il va en être ainsi avec plein d’autres lieux comme le Mont Coronat, la Tour del Far ou les châteaux de Quéribus ou de Peyrepertuse déjà cheminés jadis. Dans cette déambulation, chaque intersection est l’occasion de vérifier le tracé de mon GPS. C’est d’autant mieux de le faire qu’à la fin de la « Coma d’en Ceret », près de la côte 167 sur la carte IGN, Dany aperçoit un balisage jaune nous indiquant de quitter la route asphaltée et de partir à droite. Mon tracé GPS m’indiquant de continuer la route, je m’en tiens à ce dernier. Ce n’est que plus loin que l’on quitte la route, direction les lieux-dits « Terra Roja » ; la Terre Rouge, et le Miradou où quelques cabanons vivant chichement sont planqués dans un bois. Quelques petites serres et des jardins potagers illustrent cette vie retirée du monde. Peu après, un artiste « réutiliste » présente ses œuvres faites de bric et de broc. Peu après aussi, la mention « propriété privée » apparait. Mais alors comment faire alors qu’un seul chemin est là à se présenter ? Gardiens des lieux, deux chiens plus hargneux que vraiment méchants s’approchent de nos mollets mais sans jamais les ambitionner. Une dame sort d’un cabanon et les fait taire, nous saluant d’un aimable bonjour et démontrant que la propriété est fictive et n’a de privée que l’ambition de vivre ici le plus paisiblement possible.  Finalement, cela sera la seule difficulté, avec sur la fin, le violent raidillon déjà évoqué. A la côte 93, près du lieu-dit « Les Counilles » (Les Lapins), nous déjeunons sur un petit radier cimenté enjambant le torrent asséché de La Grava. Ici, quelques libellules visibles,  et sans doute en quête d’une eau invisible,  nous interrogent sur les possibilités que ce ruisseau aurait de devenir vraiment torrentiel ? Les terribles sécheresses des Pyrénées-Orientales mettent-elles le secteur à l’abri d’un futur « Aiguat » ? La réponse est clairement « non  » quand on sait qu’Estagel a subi d’innombrables inondations depuis ce record de précipitations de 1940. La dernière encore en 2020. Ici, on commence à longer la Coma Major où commence la vraie dénivellation puis ça sera les Comelles dels Barrencs qu’il faudra gravir puis descendre jusqu’à ce court et rude raidillon déjà cité se terminant au lieu-dit « Clots d’en Messeguer ». Entre les deux, les innombrables amoncellements de pierres sèches nous interrogent quant à leur utilité. Si certains vestiges sont évidents ; abris,  casots ou terrasses servant jadis à des cultures, d’autres laissent songeurs par leur taille et leurs formes. Ils me rappellent ceux du « Cimetière des Maures », lieu-dit il est vrai très peu éloigné à vol d’oiseau puisque de l’autre côté de l’Agly. En fin de compte,  les premiers panonceaux directionnels se présentent à la Coma Major mais ils ne proposent que d’autres parcours : Estagel (Entre vignes et garrigues), Calce (Dans les pas des bergers) et la chapelle Saint-Vincent (boucle Saint-Vincent). Nous faisons le choix de suivre ce dernier, déjà programmé dans mon GPS. Quant aux raidillons successifs, dont le dernier assez violent notamment, nous les montons le souffle un peu court mais par bonheur les jambes encore solides. La lecture des pupitres du Sentier botaniques des Feixes, présentant différentes plantes méditerranéennes, permet de calmer nos palpitations cardiaques. La fin par la chapelle Saint-Vincent étant programmée dans mon GPS, nous y passons sans trop nous y appesantir car de nombreuses personnes sont là pour une festivité. Un réunion associative sans doute. Les hommes jouent à la pétanque, les dames aux quilles et les enfants au ballon. D’autres personnes sont déjà attablées dans l’attente d’un repas qui n’a pas encore débuté. Il est pourtant presque 15h. Le temps de quelques gaufrettes englouties assis au pied d’un bel oratoire et nous rejoignons notre voiture, non sans une courte visite de la partie ancienne d’Estagel. Nous passons sous sa superbe tour de l’horloge, puis par quelques venelles de sa  « cellera »  et nous finissons par l’église Saint-Etienne et Saint-Vincent. Elle est si belle et la connaissant déjà, je ne peux m’empêcher de la proposer à Dany. Par chance, elle est encore ouverte comme la toute première fois où j’y étais venu. Je l’avais découverte lors d’une autre balade intitulée « Le Circuit des Coumes et sur les pas des bergers depuis Calce » et l’avais trouvée merveilleuse avec ses jolies chapelles et ses retables plus beaux les uns que les autres.  Cette jolie balade aux couleurs automnales et telle que décrite ici a été longue d’environ 11km (10,6km exactement selon mon tracé), petite visite d’Estagel incluse. Les montées cumulées sont de 461m. Le dénivelé est de 160m entre le point le plus bas à 76m au parking et le plus haut à 236m au pied du Serrat d’en Bouguadé. Vous pourrez éventuellement en réduire la distance en prenant le premier sentier quittant la « Coume Majou » après le lieu-dit « Les Conilles » ou « Counilles » selon les cartes IGN. Un panonceau est là vous indiquant Estagel à 1,4km.  Carte IGN 2448OT Thuir – Ille-sur-Têt top 25.

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Le Col du Baladou et le Mal Infernet depuis le col de Belle Barbe (St-Raphaël).

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques interprétées par le compositeur et pianiste italien Giovanni Marradi. Elles ont pour titre : "Nostalgie", "Only You", "The Colors Of Music" et "Anonimo Veneziano"

Le Col du Baladou et le Mal Infernet depuis le col de Belle Barbe (St-Raphaël).
Le Col du Baladou et le Mal Infernet depuis le col de Belle Barbe (St-Raphaël).

Pour agrandir les photos, cliquez dessus.

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En ce 4 octobre 2024, il est 14h quand nous rangeons notre voiture au Col de Belle-Barbe, col situé dans le Massif de l’Esterel et donc faisant partie de la commune de Saint-Raphaël dans le département du Var. Voilà déjà quelques jours que Dany et moi sillonnons le Var et notamment les Gorges du Verdon que nous avons découvert dans leur intégralité et de tous côtés. Grandiose !  Aujourd’hui, nous sommes 5 au départ d’une courte boucle pédestre que Jérôme, mon fils, a programmé. Si lui est chargé de mener la petite troupe, il y a aussi Isabelle sa compagne, Jean-Marie un de leurs amis très gentil et Dany et moi bien sûr. Ce circuit que j’ai intitulé « La Boucle du Col du Baladou et le Mal Infernet (*) » consiste à suivre tout d’abord le ravin du Gratadis jusqu’au col Aubert, là de rejoindre le col du Baladou situé plein nord puis de redescendre dans cette zone que l’on trouve sur la carte IGN sous la dénomination « Réserve biologique du Mal Infernet ». Là, on poursuit vers le sud la piste longeant le ravin jusqu’à emprunter sur la droite une passerelle métallique enjambant l’Agay (**), ici simple ruisseau mais petit fleuve néanmoins. Le chemin s’élève régulièrement offrant des vues sur le vallon et des panoramas plus lointains sur une belle partie du massif. Peu après cette grimpette, on retrouve le col Aubert et l’on poursuit le chemin le plus direct retournant vers le col de Belle-Barbe. Ce dernier laisse sur la gauche les 160m d’altitude du Pic du Baladou. Notez qu’au cours de cette boucle, nous avons découvert le lac d’Aubert souvent appelé lac aux Nénuphars, petit étang sur le ravin du Granadis bourré de nénuphars roses et blancs et qu’au col du Baladou, nous avons grimpé à un sommet le dominant et ce, afin de profiter des panoramas qui s’entrouvrent à 360° malgré une altitude très modeste de 212m. Il ne s'agit pas du pic du Baladou, ce dernier se trouvant plus bas à 160m d'altitude. Comme souvent, quand on est amené comme je le suis à marcher dans le calcaire blanchâtre de nos habituelles collines ; Corbières notamment ;  ici ce qui frappe le visiteur, c’est cet aspect rosâtre de la géologie  partageant l’espace avec les verts bien différents d’une végétation très souvent foisonnante. Cette couleur rose est due aux rhyolites et porphyres, roches volcaniques et donc magmatiques composant l’essentiel du massif. Bien évidemment, j’ai tenté tant bien que mal de recenser la flore et la faune comme je le fais désormais dans chacune de mes sorties mais la marche en groupe toujours plus rapide que la mienne ne facilite jamais un inventaire photographique demandant observation, patience, chance et mise au point des clichés. Si la partie floristique a été plutôt correcte au regard de ces conditions compliquées, la faune s’est résumée à quelques papillons, criquets et libellules et à trois passereaux. Par contre, le petit lac aux nénuphars m'a réservé de bien belles surprises car apparemment les odonates et grenouilles vertes y vivent en grand nombre quant à la découverte la plus exceptionnelle a été une tortue d'eau plutôt rare que l'on appelle "Graptémyde". Moi même, j'ai été surpris de découvrir cette photo que j'avais prise au jugé et sans trop savoir qu'elle était l'origine des ronds que j'apercevais à la surface de l'eau. N'étant pas arrivée là par hasard, il faut espèrer que cette tortue originaire des Amériques survivra à des conditions qui ne sont pas vraiment les siennes. Finalement je ne peux pas être déçu de la faune photographiée au regard de la vitesse à laquelle notre groupe a marché. Cette vitesse est d’autant plus dommage que l’on sent bien que cette forêt domaniale de l’Esterel est très riche sur le plan naturaliste et cet aspect est d’ailleurs confirmé par les sites Internet que l’on trouve aisément à son propos. Telle qu’expliquée ici, cette randonnée a été longue de 7,4km pour des montées cumulées de 324m. Le dénivelé est de 175m entre le point le plus bas à 37m au ravin du Mal Infernet et le plus haut à 212m au sommet dominant le col du Baladou. Carte IGN 3544ET Fréjus – Saint-Raphaël – Corniche de l’Esterel top 25.

(*) Toponymie Baladou et Mal Infernet : Les raisons du toponyme Baladou sont incertaines car de 3 sortes : "lieu où l'on danse", "petit fossé" si je me fie au site Wikipédia à propos de la commune Baladou (Lot), ces derniers  étant confirmés par le site https://vousvoyezletopo.home.blog/2022/08/. Quant au site de généalogie Geneanet et Baladou étant un nom propre peu répandu, il pourrait avoir un rapport avec "une basilique" mais aussi être une "hauteur" ou un "escarpement". Le nom propre "Infernet" ayant pour origine le provençal semble ne poser aucun problème si j'en crois la page Wikipédia qui lui est dédiée : "Lieu aride exposé au vent ou d'accès difficile" ou "lieu situé dans un fond étroit". Quant au toponyme "Mal",  il peut aussi bien signifier "mauvais" que "petit". (Les noms de lieux en France - Glossaire de termes dialectaux). Vous trouverez d'autres explications jamais dénuées d'humour sur le site Toponymie de l'Esterel

(**) Cours d’eau l’Agay : Même si sur la carte IGN, on ne le trouve qu’à proximité de la station balnéaire éponyme faisant partie de la commune de Saint-Raphaël, le fleuve côtier Agay est bien long de 11km englobant les divers ravins que sont le Grenouillet, le Mal Infernet, de la Couche d’Âne et des Grues. Outre ce parcours, il reçoit les eaux d’une quinzaine d’affluents. (Source Wikipédia).

 

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La Boucle des Murs tordus au départ de Peyrestortes.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 5 chansons de The Beatles et 1 de John Lennon. Pour des motifs de droits d'auteurs, elles sont interprétées par l'excellent groupe néerlandais The Analogues et ont pour titre : "Got To Get You Into My Life", "Let It Be", "Here Comes The Sun", "Imagine", "She'Leaving Home", "A Day In The Life" et "Because".

La Boucle des Murs tordus au départ de Peyrestortes.
La Boucle des Murs tordus au départ de Peyrestortes.

Pour agrandir les images, cliquez dessus.

Quand vous entamerez la lecture de ce reportage sans doute vous poserez-vous des questions à propos du titre que j’ai donné à cette randonnée : « La Boucle des Murs tordus au départ de Peyrestortes ». Vous vous les poserez d’autant mieux si « la toponymie » est pour vous une belle inconnue. Il est fort probable que ces questions s’amplifieront si l’envie d’accomplir cette boucle vous a pris avant même de lire ce récit. Alors je pense qu’il est préférable de couper court à toutes les supputations et d’expliquer pourquoi ce titre. Finalement, je pourrais presque dire qu’il s’agit de vieilles péripéties liées à l’Histoire de Peyrestortes et à l’origine de son nom. Péripéties car liées à l’évolution des langues et très vieilles car datant des Romains et donc anciennes de plus de 2000 ans. A Peyrestortes, cet aspect « romain » a d’ailleurs été confirmé puisque des fragments de poteries ont été trouvés au lieu-dit « Les Sedes » dont de nombreux ornés de graffitis antiques, ce qui leur confèrent un intérêt encore plus grand.  Ces poteries dateraient du 1er siècle, c’est-à-dire d’une période où la Gaule est occupée par les Romains et où les empereurs se nomment Tibère, Caligula, Claude ou Néron. Et pour étayer ce préambule, voici ce que nous dit le site Internet de France Bleu à propos de cette toponymie : « Au Xe siècle, en 925 exactement, le nom de « Paredstortes » apparaît pour la première fois dans un texte. Il vient du latin « paries », « le mur », et « tortu » qui veut dire « tordu, boiteux ». « Paretstortes » en catalan. Les voilà les murs tordus. Ensuite, ce toponyme a été déformé d’abord sous l’influence d’un mot proche : « pera » qui signifie « pierre », en vieux catalan (remarquez qu’on reste dans le même ordre d’idée puisqu’il faut bien des pierres pour construire un mur) puis de l’occitan « peyra » qui veut dire la même chose et qu’on retrouve sous la forme francisée « peyre » dans Peyrehorade ou Peyrelevade ou encore Peyrefitte-du-Razès … Je pourrais citer ainsi 3 à 4 dizaines de communes ou hameaux commençant par « peyr.. ». A présent vous savez d’où vient le « Y »…. de Peyrestortes, et vous avez l’explication totale de mon titre. Une deuxième question peut survenir en suivant, c’est celle de se demander où sont passés ces « fameux » murs tordus ? Pour l’essentiel, ils ont disparu pour diverses raisons liées à leur ancienneté : obsolescence, dépréciation, destructions, intérêts pour des matériaux plus modernes, conflits divers et variés, etc….. D’ailleurs, si l’histoire régionale a pour vous un minimum d’intérêts, vous savez certainement qu’une illustre bataille a eu lieu ici même le 17 septembre 1793 entre les troupes françaises et espagnoles engendrant 800 morts (Source Wikipédia). Alors certes, vous trouverez des « murs tordus » de-ci delà au cours de ce parcours, et notamment d’assez nombreux liés à l’épierrement de nombreuses parcelles mais rien ne dit que ces derniers aient contribué à la toponymie et à son évolution au fil du temps. Finalement, c’est parce que j’aime l’Histoire et la toponymie que j’ai bien aimé ce titre même s’il n’est pas vraiment en corrélation avec la réalité constante du terrain. Mais autant l’avouer, là n’était pas l’objectif majeur de cette randonnée, car comme toujours désormais c’était surtout la Nature que je voulais approcher. Oui, partir marcher pour découvrir et pour mon bien-être, là étaient mes desseins. En ce 23 septembre 2024, il est 9h quand je range ma voiture au centre de Peyrestortes et plus précisément sur le parking de la résidence Les Avens. Auparavant, j’ai pris soin de ne pas occuper un emplacement réservé à un occupant des immeubles. Je démarre en me dirigeant vers un parc arboré parallèle et à droite de  la route principale D.614. Peu après, direction le chemin de Cornet. J’enjambe le ruisseau des Avencs et me voilà aussitôt dans la campagne. Ici pas de murs tordus mais de hautes clôtures grillagées comme remparts autour de vastes vergers. Je me dirige vers le lieu-dit « Les Sedes » avec l’espoir d’y découvrir un quelconque hommage aux graffitis romains qui ont été découverts dans ce secteur mais je ne trouve rien qui les évoque et je fais vite demi-tour. GPS allumé avec tracé enregistré, je continue ma marche solitaire avec ce désir constant d’être aux aguets de tout ce que la Nature peut offrir à mon appareil-photo. Dans l’immédiat, ça se résume à pas mal de fleurs, à de rares papillons et criquets et à quelques oiseaux dont la sédentarité auprès des hommes est une belle évidence. Ces volatiles ont pour nom « moineaux », « pies », « étourneaux », « tourterelles », « hirondelles » et « pigeons ». Il me faudra attendre un peu plus longtemps pour immortaliser mon premier vrai volatile vraiment sauvage. Dans l’immédiat, je ne me sens pas seul sur ce chemin asphalté. Des vendangeurs sont à pied d’œuvre dans certains vignobles. Je croise aussi quelques randonneurs qui eux reviennent déjà de leur balade matinale mais plus j’avance et plus la solitude va s’installer puis devenir totale.  Si les premières foulées sur le bitume sont assez astreignantes, les grands espaces qui se présentent devant moi me font vite oublier ce macadam pas toujours idéal quant on randonne. Finalement au lieu-dit « El Cornet » sur la carte IGN, le goudron disparaît totalement. Dans ces décors plutôt planes, Espira-de-l’Agly devient visible sur ma droite grâce au clocher crénelé de son église romane Sainte-Marie et à celui carrément pointu de Notre-Dame des Anges. Droit devant moi, les modestes collines dominant Baixas avec son point culminant le Roc Redoun forment l’horizon. C’est vers là-bas que je vais mais je ferais demi-tour bien avant. Dans l’immédiat, je continue mon recensement floral et mes prélèvements photographiques d’une petite faune bien présente. Après avoir traversé la route D.18, je m’élève sur une butte dont le nom « Els Forns », « Les Fours », ne manquent pas de m’interroger. Ont-ils un rapport avec les poteries romaines trouvées au lieu-dit « Les Sedes » ? Rien de tout ce que j’ai lu à leur sujet ne l’ indique.  Outre les petites mines à ciel ouvert, transformées de nos jours en pistes de gymkhana, j’y découvre d’étranges billots d’un arbre qui devait sans doute être multi-centenaire. Etranges billots au regard de leur taille et de leur circonférence et qui donnent une belle idée de cet arbre qui devait être remarquable car  énorme et donc très vieux. C’était quoi cet arbre ? Que faisait-il là ? Pourquoi a-t-il été tronçonné ? Pour être brûlé dans des fours aujourd’hui disparus ? Autant de questions dont je n’aurais jamais la réponse sans doute.  De nos jours, les billots les plus creux servent de tanières à une quantité impressionnante de Tarentes de Maurétanie. Autre surprise dans ce décor de garrigues, j’y découvre sur la crête, un SDF qui vit là dans une voiture avec comme seuls équipements, quelques panneaux photovoltaïques posés à terre alimentant ce qui ressemblent à un frigo et à une guirlande électrique. A quelques mètres du chemin seulement, il ne semble pas surpris de me voir passer alors qu’il semble afférer à allumer un réchaud. Je le salue et il me salue comme si nous étions place de la Loge à Perpignan. Je me dis qu’il est courageux de vivre là, d’abord dans ce coin dénué de tout, car beaucoup perdu il faut bien le dire, mais aussi car quelques mètres plus loin, un incendie a récemment dévasté une petite partie de la végétation. Incendie vite maîtrisé apparemment d’où émerge un petit menhir. Ancienne borne des temps jadis ? Une « pedra dreta » en catalan, ou « pierre droite », multiséculaire de surcroît, qui selon Gérard Bile, ancien maire d’Espira-de-l’Agly et historien local à ses heures était censée délimiter des pâturages au Moyen-Âge. Il y aurait plusieurs monolithes de ce type dans ce secteur. Ici, les premiers amoncellements de pierres sèches apparaissent. Ils forment le plus souvent des murets formant eux-mêmes ce qui ressemblent à des parcelles. Les fameuses « peyres » « stortes » ? Pierres ou murs tordus ? Je m’y arrête au plus haut de la crête pour entamer mon sandwich avec vue sur le vallon en contrebas et les carrières situées en face. Ici, dans tout ce secteur entre Baixas et Cases-de-Pène, les carrières en activité ou pas sont nombreuses. Par bonheur, des vignobles y trouvent aussi leur place.  En redémarrant, je descends immédiatement vers l’une d’entre-elles, abandonnée mais dont les cicatrices dans le calcaire ne laissent planer aucun doute. Puis je traverse la route D.18a et là une méchante grimpette au-dessus du lieu-dit « Oratori de Perdigós » m’amène vers une autre carrière plus vaste. Si le vallon est bien occupé par les vignobles, ici tout est maquis de chênes kermès sauf les parties éventrées par les mines à ciel ouvert. Une fois, la partie la plus haute atteinte, le chemin n’est plus que descente.  Ici, le balisage jaune apparaît et nous amène vers Baixas par le « Cami de Peña » où les grands espaces bien plats refont surface dès les retrouvailles avec la D.18a. Chaque biotope ayant sa flore et sa petite faune qui lui sont propres, je ne m’ennuie jamais « photographiquement » parlant. Pourquoi des libellules à cet endroit et pas ailleurs ? Pourquoi les hirondelles se reposent-elles sur ce câble-là et pas sur tels autres ? De telles interrogations, je pourrais m’en poser des dizaines mais les photos restent et les questions s’évaporent.   A Baixas, je quitte le quartier « La Part des Anges » d’abord par la route D.18 puis par un chemin rural mal bitumé traversant le vignoble direction les lieux-dits « El Ginestar » et « Les Arenes », parcours déjà emprunté lors d'un autre circuit que j'avais intitulé « le Chemin des Amandiers sauvages ». Chemin le plus court pour refermer cette boucle, j’atteins la Voie Verte et de nouveau la D.18a. Si Peyrestortes n’est plus très loin, je fais en sorte d’éviter l’asphalte au maximum. Pour cela, et juste après la pile d’un pont, j’emprunte à droite un sentier montant dans le maquis dans le but de rejoindre le lieu-dit « Costa Rossa ». Le bon sentier est là,  se faufilant et longeant le lotissement éponyme.  Plus proche de la Nature, c’est ainsi que je finis cette randonnée de ma composition. Ceux qui ne marchent que pour le plaisir de la marche voire pour l’aspect sportif y trouveront une « bonne »  distance et deux déclivités peu difficiles mais différemment escarpés. Bonnes chaussures de marche sont toutefois conseillées car la rocaille est bien présente. Comme expliquée ici, cette balade a été longue de 11,4km incluant quelques « sorties de route » inévitables pour moi dans ma quête photographique. Les montées cumulées s’élèvent à 201m. Le dénivelé modeste est de 129m entre le point le plus bas à 37m sur la ligne de départ à Peyrestortes et le plus haut à 166m au-dessus du lieu-dit « Oratori de Perdigós ». Carte IGN 2548OT Perpignan – Plages du Roussillon top 25.

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Le Rêve de Sylvain et la Tirounère depuis Prugnanes

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 5 musiques interprétées par les guitaristes de jazz Sylvain Luc et Biréli Lagrène extraites de leur album "Duet". Elles ont pour titre "Syracuse", "La Balade Irlandaise" "Time After Time", "Isn't She Lovely" et "Stompin' At The Savoy". Le 17 avril 2012, ayant eu l'occasion d'être présent lors d'un concert donné par ces 2 immenses guitaristes au Théâtre de l'Archipel de Perpignan, au travers de ces musiques, j'ai voulu rendre hommage à Sylvain Luc décédé bien trop jeune  le 13 mars 2024. Il allait avoir 59 ans. 

Le Rêve de Sylvain et la Tirounère depuis Prugnanes
Le Rêve de Sylvain et la Tirounère depuis Prugnanes

Voilà déjà longtemps que je voulais réaliser ce « Rêve de Sylvain », une randonnée bien connue en pays Fenouillèdes et plus spécialement dans les Corbières dites catalanes.  Dire que j’en rêvais ou qu’un rêve allait se réaliser en l’accomplissant seraient sans doute exagéré. Mais à diverses reprises ; Tour du pays Fenouillèdes en 2011 et Le Sentier du Charbonnier plus récemment en 2023,  j’avais côtoyé des panonceaux directionnels mentionnant cette balade pédestre au départ de Prugnanes. Je l’avais donc inscrite sur mes tablettes depuis déjà longtemps. En ce 19 août 2024, Dany étant partie 3 jours en Espagne avec Valentine, notre petite-fille, l’occasion est trop belle pour ne pas tenter de l’accomplir. En effet, sachant que Dany n’aime guère marcher dans des paysages de garrigues, y aller seul me parait une bonne idée. En pleine période estivale, avec une météo caniculaire et une grande sécheresse, moi-même, je me demande ce que je vais réellement trouvé de bien à voir ou à faire sur ce sentier ? J’appréhende sinon le pire au moins l’ennui.  Aussi, en analysant la carte IGN, l’idée ci-après m’est soudain venue : « pourquoi ne pas rallonger le Rêve de Sylvain en allant jusqu’à la Tirounère pour me baigner ? ». Je rappelle que le lieu-dit La Tirounère est la terminaison aval des Gorges de Galamus et donc un secteur rafraichissant à souhaits où la baignade est possible. Là, aussi j’ai déjà eu l’occasion de vous présenter ce superbe endroit dans mon blog : « Le Circuit de La Tirounère depuis Saint-Paul-de-Fenouillet ».  C’est ainsi qu’est née cette balade que je vous présente ici : « Le Rêve de Sylvain et la Tirounère depuis Prugnanes ».   Il n’est pas encore 9h30 quand je laisse ma voiture à l’entrée de Prugnanes. Si le village est désert et sans grand intérêt de prime abord, je note plusieurs croix occitanes accrochés aux maisons. Ici, la Catalogne est déjà très loin et on revendique son occitanité. Je traverse le village en suivant les recommandations du topo-guide que j’ai lu mais que je sors de ma poche et relis : rue de la Fontaine, rue de Bugarach puis celle de Palmières. A une intersection, un panonceau directionnel est là m’indiquant la suite qui part à droite. Très vite, la route bitumée partant vers l’ouest se transforme en un large chemin terreux puis en une piste forestière grisâtre, du style mâchefer. Les dernières maisons du village ont vite disparu et sur ma gauche s’étire une longue colline calcaire imparfaitement végétalisée. Ici le chêne vert est roi mais ses serfs sont légion car on y trouve toutes les plantes habituelles propres à la garrigue méditerranéenne. J’y cherche des fleurs, et si le chemin m’en offre 2 ou 3 encore quelque peu fleuries, celles de la garrigue sont déjà bien fanées. Leurs couleurs paille ou carrément roussâtres en sont les signes formels. D’autres comme certains chardons, les Stéhélines, les Leuzées et les Inules présentent des touffes de poils soyeux que l’on appelle « pappus ».  Sur la carte IGN, cette « serre » bosselée que je longe pour l’instant a pour nom « Capeils », toponyme où la notion de hauteur paraît évidente.  Je connais bien le parcours que j’ai longuement analyser sur la carte IGN et je sais qu’il va me falloir très rapidement grimper cette colline. Comme toujours, j’essaie d’oublier la monotonie de cette large piste en m’intéressant à la Nature présente et visible. Après des moineaux, des étourneaux, un merle et une fauvette très occupés à déguster de merveilleuses figues ; j’en ai fait une belle « ventrée » moi aussi ; c’est au tour de quelques papillons d’avoir les faveurs de mon appareil-photo. Ils sont très présents mais ont constamment la bougeotte à cause d’une « bonne » et par bonheur fraîche tramontane.  Il me faut donc faire preuve de patience et de ténacité pour en immortaliser quelques-uns. Idem pour les cigales qui vont me « casser les oreilles » une belle partie de la journée mais toujours excessivement difficiles à photographier car avec lesquelles l’effet de surprise ne joue que très rarement.  Idem pour les criquets qui eux aussi seront également bien présents à toutes les altitudes et en plus grand nombre encore au Pla de Moulis et plus globalement en altitude. Ce Pla de Moulis ou plateau du Moulin (Moulis de l’occitan « molin », en français « moulin ») que je vais finir par atteindre après une sérieuse mais régulière montée,  parlons-en !   Selon la fameuse légende de cette randonnée où il est dit "qu'à la première lune d'été, les fées de la Fou viennent danser toute la nuit sur le Pla de Moulis, au pied du roc del Nissol", je me demandais si je verrais ces « fameuses » fées de la Fou ? "Quitteraient-elles leur danse nocturne pour venir se baigner avec moi à la Tirounère ?" En effet, le topo-guide de cette balade, que l’on trouve sur le Net, ne précise rien d’autre que cette courte légende. « Qui est Sylvain ? » « A quoi rêve-t-il exactement ? » « Qui est à l’origine de cette légende féerique ? » Je n’ai trouvé aucune réponse à ces 3 principales questions. Dommage ! Seuls les lieux sont connus avec le Pla de Moulis, le Roc del Nissol et la Fou que l'on peut raisonnablement penser être la Clue de la Fou, cluse de l'Agly non loin de St-Paul-de-Fenouillet. Pourtant celui qui a inventé cette balade doit savoir tout cela !  Par contre, si je vous dis que pendant la montée vers le Pla de Moulis, j’ai vu plein de ces fées toutes blanches qui volaient autour de moi, vous allez vous dire « ce type a un pet au casque ! », formule bien adaptée ici puisqu’elle est occitane ! Non, je vous rassure, je ne fume aucune plante, même si comme vous le savez j’adore la botanique ! Eh bien oui, je confirme, elles étaient là, délicates, immaculées, légères, soyeuses, virevoltantes, et ce d’autant qu’une « puissante » tramontane les soulever du sol pour les propager en permanence dans les cieux. Elles avaient simplement pris les traits de ces fameux « pappus » que j’ai déjà évoqué. On les appelle aussi « aigrettes » ou « akènes plumeux ». La plupart des fées étaient là, au sommet d’une Leuzée conifère ou d’une grosse touffe de Stéhélines douteuses, à attendre sagement de violentes rafales qui les détacheraient peu à peu de ce carcan végétal que l’on appelle « pédoncule ». Je me suis assis plusieurs fois pour les regarder s’envoler très haut dans le ciel ; les aidant un peu parfois ; et sans doute profitaient-elles comme moi de ces merveilleux panoramas sur la Vallée de la Boulzane et le Synclinal du Fenouillèdes, même si un ciel laiteux délavait l’horizon? Leur espérance  ? Tomber au bon endroit, germer et procréer une nouvelle fée, une nouvelle fleur, un nouveau bouquet pour que la Nature continue d’être belle.  Il suffit d’y croire et si je continue à être un cartésien dans l’âme, depuis la « Dame blanche d’Urbanya », j’ai moins de certitude à leur sujet et suis plus discursif. Si au Pla de Moulis, les fées continuent à tourbillonner, quelques papillons, de nombreux criquets d’espèces très diverses et donc de toutes tailles, deux fauvettes « taquines » et une ombellifère m’occupent bien trop longuement pour que je m’intéresse à elles au premier chef. En quittant le Pla, je me mets à presser le pas car il est déjà 13h passé et je n’ai toujours pas déjeuné. Dans la descente vers le col du Lenti,  pour mon estomac, manger devient une obsession. Notre but commun ? Arriver à la Tirounère pour d’abord déjeuner au plus vite puis juste après me baigner. Désormais, je connais bien l’endroit et je sais que là-bas la Nature va me réserver de bien belles surprises. Ça va être le cas au-delà de ce que j’ai longuement espéré. Après la moitié d’un gros sandwich au thon appréciablement englouti au bord même de la rivière, je n’hésite pas à me baigner. Après ce premier bain, une part de tarte aux pommes finit de satisfaire mon estomac. A mes pieds, de vairons et d'autres petits alevins sont là à attendre que je leur jette quelques miettes de mon sandwich. Bouts de pain ou de thon, ces reliefs-là leur conviennent. Si d’autres baignades se succèdent, les mi-temps sont toujours consacrées à une quête photographique plus approfondie de la Nature. L’eau de l’Agly est certes fraîche, mais comme je l’aime en été. Froide mais limpide où les incalculables couleurs vertes se bataillent une suprématie à laisser Claude Monet pantois. Il manque juste les nymphéas largement remplacés par les plants de menthe aquatique et les Cirses de Montpellier qui envahissent les parties les moins profondes du lit de la rivière. Leurs fleurs attirent d’innombrables papillons pas toujours faciles à photographiés car plutôt petits et au milieu du ruisseau. Il y a aussi des libellules en grand nombre également très difficiles à immortaliser, car très souvent minuscules comme les agrions. De véritables fées elles aussi, ne tenant pas en place. Après un peu de repos, une autre petite balade m’entraîne vers le lieu-dit Borde Massé. Un champ en jachères m’offre quelques fleurs inédites. Une dernière baignade complète ce bel après-midi. Pour mon plus grand bonheur de nouveaux papillons, des passereaux aimant eux aussi la rivière, des lézards et une couleuvre vipérine sont venus s’enregistrer dans la mémoire de mon appareil-photo.  Puis le temps du retour arrive et il me faut quitter ce lieu si préversé. Autant l’avouer, ce retour est la partie la plus monotone de la journée. Il est vrai qu’après la Nature exceptionnelle et les baignades rafraîchissantes de la Tirounère, je ne peux guère espéré mieux. Je reprends donc en sens inverse le chemin  menant au col du Lenti. Là, après un sentier pas désagréable car peu caillouteux, ce dernier débouche sur une large piste forestière. Ici commence la vraie monotonie même si je reste aux aguets de tout ce qui bouge. D’abord parce que cette piste est large et terreuse, presque rectiligne jusqu’à Prugnanes mais désagréablement bosselée. De surcroît, la tramontane a faibli, il fait très chaud et les parties ombragées sont rares. Au lieu-dit « Borde Alibert » quelques chants d’oiseaux plus puissants m’incitent à emprunter vers la gauche un sentier s’enfonçant dans les bois. J’immortalise un bruant et il y a bien d’autres oiseaux mais ma lassitude est plus forte et surtout ce sentier ne mène nulkle part.  Malgré mon insistance à vouloir photographier la Nature de cette piste, l’arrivée à Prugnanes est une petite délivrance.  Petite, car avant d’en finir totalement, j’ai envie de visiter le village et voir quel est son patrimoine. Autant le dire, il est très réduit avec une petite église toute simple, fermée car en cours de travaux extérieurs ce jour-là. Il y a aussi une jolie fontaine, simple aussi, car faite d’une plaque de marbre gris datée de 1864. Elle est dressée dans ce qui ressemble peut-être à un ancien lavoir joliment modernisé. Un énorme platane dont on ne sait s’il s’agit d’un Arbre de la Liberté lui apporte un bel ombrage. Le tout est situé au centre d’une agréable placette où des bancs très originaux car modernes ont été agencés. A part ça, il y a quelques jolies peintures en trompe-l’œil. Quant aux maisons, elles sont sûrement très vieilles pour la plupart, puisque  la porte d’une d’entre-elles est surmontée d’un fronton daté de 1768 !  Enfin, il y a au bord de la route D.20, un très vieux petit pont en arche, très bien restauré et de style de ceux que l’on connaît du côté de Sournia ou de Puyvalador (la Polideta et les Molines), improprement appelés « romains ». On y trouve aussi un petit étang artificiel, résultat plutôt réussi d’une station d’épuration plantés de roseaux. Les deux ouvrages sont  situés sur un ruisseau dénommé « Ravin de Las Illes » que j’ai découvert avant de démarrer cette journée. Ainsi se termine cette journée sinon « féérique » tout du moins très agréable. Si le cartésien que je suis ne croît pas en l’existence possible des fées, mes rêves, qu’ils soient éveillés ou pas, viennent réparer ce raisonnement, et ça suffit à mon bonheur. Telle qu’expliquée ici, cette balade a été longue de 11,6km. Les montées cumulées de 743m. Le point le plus haut est à 690m au-dessus du Pla de Moulis, le plus bas à 276m à la Tirounère. Cartes IGN 2447OT Tuchan  - Massif des Corbières et 2348ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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La Boucle des Etangs des Esquits depuis Les Bouillouses

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de diverses musiques de jazz interprétées par le groupe Paul Moretti Trio composé de Paul Moretti (piano), John Hébert (basse) et Rudy Royston (batterie). Elles ont pour titre "Cheek To Cheek", "You Go To My Head", "Someone to Watch Over Me", "Dear Johanna", "Roses" et "A Cookie For Marie (incompléte)". 

La Boucle des Etangs des Esquits depuis Les Bouillouses
La Boucle des Etangs des Esquits depuis Les Bouillouses

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Samedi 27 juillet 2024, 9h30. Nous voilà tous les quatre au Pla de Barrès à attendre la navette pour Les Bouillouses. Il y a ma sœur Nicole, mon neveu Sylvain, Dany et moi. Ma sœur et mon neveu sont venus nous rendre visite depuis Marseille et comme ils adorent les randonnées, aujourd’hui j’ai donc programmé une « Boucle autour des étangs des Esquits ». Une randonnée plutôt facile. Les Esquits sont des petits lacs de montagne situés au sud du barrage des Bouillouses au sein d’une forêt dénommée « Bosc de Llivia ». Si on ne tient pas compte de ceux qui sont des tourbières à sphaignes très souvent confrontés à une plus ou moins sévère eutrophisation (La Bolloseta, Estany del Raco et zone humide de la rivière d’Angoustrine »,  les vrais lacs sont au nombre de 3 : Estany Llarg (Etang Long), Estany Negre (Etang Noir) et Estany de la Pradella (Pradeilles). Pour les 2 premiers, il est utile de préciser qu’il s’agit des étangs « d’En Bas » puisque l’on retrouve des noms identiques dans les étangs dits « du Carlit » situés plus au nord. Au départ du hameau des Bouillouses où se situe le refuge, on suit la D.60 sur quelques centaines mètres (500 à 600m) (*), puis on traverse la Têt (ici c’est le ruisseau du déversoir du barrage) sur un pont de bois puis la randonnée prévue enchaîne les 3 lacs en contournant les deux premiers sur leur droite et le dernier sur sa gauche. Le long des 2 premiers lacs, les sentiers sont parfois assez scabreux car rocheux par endroits. La dernière partie qui consiste à revenir vers le barrage de manière assez rectiligne sur une large piste est la plus monotone. Comme tout P.R, l’itinéraire est balisé d’une couleur jaune mais il faut marcher assez longtemps pour découvrir le premier panonceau : Estany Llarg-Etang Long. Le lac est là ! Il est donc préférable ; si cela peut éviter des déboires ; de partir avec un GPS avec le tracé déjà enregistré. C’est ce que j’avais fait, même si son utilisation a été très éphémère.  Il est vrai qu’entre suivre le balisage, montrer le parcours et vouloir photographier la Nature est un challenge pas facile à surmonter. Pour les fleurs va encore, même si une mise au point est toujours préférable et donc à privilégier, mais pour la faune ça prend automatiquement toujours plus de temps. C’est d’autant plus vrai que la faune se résume ici à des canards colverts plutôt dociles mais pour le reste ce sont des batraciens « bondisseurs », des papillons virevoltants, des odonates qui ne le sont pas moins, de rares oiseaux difficiles à surprendre et donc à immortaliser. C’est donc très compliqué de faire une randonnée en famille sans être frustré à l’arrivée, parce que l’on est passé à côté de cette Nature, qui est là, à portée du regard, mais qui est d’abord aussi pour moi une passion. Il est donc indispensable de trouver un juste équilibre. De ce fait, il est donc important de marquer plusieurs arrêts et pauses. Ces arrêts  permettent de profiter plus agréablement de ces superbes paysages et décors, avec notamment quelques très belles vues plongeantes sur les lacs, quelques points de vue plus bas mais aussi très beaux, et pour moi de satisfaire au mieux ma passion pour la photo naturaliste. Malgré les difficultés, j'ai été globalement satisfait de toutes mes photos de nature. Au loin, le Carlit, terriblement minéral, dresse ses 2.921m et me rappelle que je ne suis jamais monté plus haut. L'arrivée se termine par un passage sur le barrage, souvenir de plusieurs randonnées d'un jour mais surtout d'un Tour du Capcir mémorable réalisé en 4j avec mon fils et deux de ses amis si sympas en 2013.  Enfin, je garderais un excellent souvenir de cette jolie balade, qui a apparemment plu à tout le monde. La finir de surcroit avec un peu de repos et une boisson bien fraiche à l’auberge du Carlit, dans l’attente de la navette du retour, a été une agréable touche finale.  Je n’ai pris aucune mesure mais cette randonnée est proposée sur le site « DECATHLON OUTDOOR » avec une distance de 6,2km, un dénivelé de 178m pour un temps de 2h15. Arrêts inclus, nous avons mis 2h de plus, c’est dire si nous avons pris le temps, mais c’est très bien car ce lieu à la jonction de la Haute-Cerdagne et du Capcir le mérite. Carte IGN 2249ET Font-Romeu - Capcir top 25. 

(*) Attention une autre possibilité est de démarrer derrière le refuge du Club Alpin Français où un panonceau mentionne le vrai départ et le chemin à suivre. La suite reste identique. 

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La Passerelle de Mazamet et le hameau d'Hautpoul en boucle

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques du compositeur allemand Hans Zimmmer interprétées ici par le pianiste et compositeur danois Jacob Ladegaard plus connu sous le pseudonyme "Jacob's piano" et notamment sur YouTube et sur le web en général. Elles ont pour titre : "Gladiator: Now We Are Free & Honor Him", "Time", "A Way of Life" et "Maestro (Synthesia Version)".

La Passerelle de Mazamet et le hameau d'Hautpoul en boucle
La Passerelle de Mazamet et le hameau d'Hautpoul en boucle

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Perchée à 70 mètres de hauteur et longue de 140m, « la Passerelle de Mazamet » est devenue une incontournable du département du Tarn au même titre que les célèbres gorges éponymes qui elles sont surtout visibles en Lozère et en Aveyron. Suspendue entre le Roc Saint-Sauveur ; où l’on peut encore voir les ruines d’une ancienne église et d’un castrum médiéval ; et le village pittoresque d’Hautpoul, lui-même moyenâgeux et édifié sur un autre piton rocheux, le Rocher de la Vierge, elle enjambe le vallon où s’écoule la rivière l’Arnette, rivière elle-même parallèle à la D.54. Cette passerelle est accessible par divers sentiers dont notamment les célèbres GR.36 et GR.7. C’est dire si les randonneurs peuvent y trouver leur bonheur de multiples manières. Personnellement, sans GPS et sans carte, nous avons découvert la passerelle et tout le proche secteur au cours d’une petite boucle pédestre au départ du vaste parking dit de la Jamarié qui est mitoyen avec la rue de la Resse (D.54). La parking est proche de l’usine hydroélectrique et on ne peut guère le louper car une immense cheminée en briques rouges peut servir aisément de repère. Il est 11h30 quand nous laissons notre voiture sous un ciel un peu voilé de gris et un soleil qui tente, mais en vain, de percer ce voile. Dans l’immédiat, le chemin vers la passerelle est identique à celui que propose un grand panneau vantant les plaisirs d’une via ferrata. Une première petite passerelle enjambe l’Arnette et juste après il suffit de prendre à gauche la rue du Faubourg du Gua, laquelle, d’emblée s’élève modérément. Très rapidement, le bitume disparaît et diverses solutions de sentiers sont proposés, dont celui filant vers la passerelle. Nous le choisissons. Un sentier « muletier » prend le relais puis un nouveau panneau propose encore 2 possibilités : piste rouge 10mn ou piste bleue 30mn. L’envie de marcher est là et nous optons pour les 30 minutes de la piste bleue. Ce choix est d’autant plus volontaire, que comme toujours, j’en suis depuis le démarrage à tenter de recenser la flore du secteur en évitant si possible d’oublier certaines fleurs. Finalement, la passerelle est vite là, et si vite que nous en oublions les vestiges de Saint-Sauveur. Même en traînant les pieds et en profitant au maximum de cette immense « escarpolette », les 140 mètres sont vite parcourus. Un petit sentier prend un peu le relais grimpant vers le vieux hameau d’Hautpoul. Là, difficile de louper les ruines médiévales car ce sont les premières visibles avant même les habitations du hameau. Dans le hameau, nous y passons un peu moins d’une heure à visiter les ruines, à flâner dans quelques boutiques, à déjeuner de notre pique-nique que nous avions pris soin d’emporter, de se faire plaisir de glaces italiennes et pour Dany d’essayer de retrouver les lieux où notre fille avait fait les superbes photos de son mariage. Nous poursuivons par le « chemin des Passes », étroit et agréable sentier forestier tout en descente, où l’art, l’Histoire du catharisme et celle du châtaignier permettent de marcher sans vraiment s’ennuyer, grâce à bon nombre d’œuvres d’artistes et de panneaux explicatifs. Le châtaignier, lui, nous prépare déjà à découvrir l’arboretum et la Maison du bois et du jouet, dernières vraies découvertes de ce parcours totalement improvisé. Sans GPS et sans carte IGN, et notre seul véritable recours étant le smartphone, nous consultons l’application Visorando afin de trouver la meilleure solution pour retourner au parking du départ. S’il y a bien 5 ou 6 randonnées proposées, la plupart très longues, aucune ne nous satisfait vraiment. On décide de rentrer par la route D.54. Certes ce n’est pas la solution idéale d’un vrai randonneur mais comme d’autres découvertes sont encore au programme de cette journée, c’est pour nous la plus expéditive et donc la plus efficace. Alors bien évidemment, cette fin de balade nécessite de la prudence mais finalement nous trouvons que cette  route n’est pas si passagère que ça. En outre, elle présente l’avantage d’avoir une vue par-dessous et donc incroyablement originale de la passerelle. Ainsi se termine cette boucle pédestre dont j’estime la distance parcourue à environ 3,8 à 4km environ. Vous l’aurez bien compris, si le but initial était de découvrir la passerelle, les autres attraits se sont présentés au fil de notre cheminement d’où finalement cette boucle réalisée de manière improvisée : le hameau d’Hautpoul et ses édifices médiévaux, les panneaux expliquant le catharisme et des œuvres artistiques sur le chemin des Passes, le musée du bois et du jouet, l’arboretum puis le retour vers le parking en longeant l’Arnette et ses vestiges industriels. Voilà tout ce que l’on peut voir d’intéressants et j’en oublie sans doute. Carte IGN 2344ET Montagne Noire (est) – Mazamet – Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc top25.

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La Boucle de l'abbaye de Villelongue à Saint-Martin-le-Vieil.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de diverses musiques du compositeur Michel Pépé. Se décrivant comme le compositeur du bien-être, elles ont pour titre : "Terra Incognita", "Quinta Essentia", "Fleur de Lys", "La Danse des Elfes", "La Pierre Sacrée", "La Présence" et "Les Ailes de Lumières" extraites de son album "The Wings of Love"

La Boucle de l'abbaye de Villelongue à Saint-Martin-le-Vieil.
La Boucle de l'abbaye de Villelongue à Saint-Martin-le-Vieil.

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Après 2 jours d’intenses visites (*), notre soif de découvrir ces magnifiques régions que sont le Cabardès et la Montagne Noire n’est pas étanchée. Toutefois, l’envie de découvrir sans prendre automatiquement la voiture et faire des kilomètres est une solution qui n’est pas pour nous déplaire, et ce d’autant qu’une météo bien meilleure que les jours précédents est annoncée pour aujourd’hui. Pourquoi ne pas faire une randonnée dans le secteur où nous avons loué, c’est-à-dire « Villelongue », tout près de l'abbaye Sainte-Marie ? (attention à ne pas confondre avec Villelongue d'Aude car ici on est encore sur la commune de Saint-Martin-le-Vieil ) C’est donc grâce à Anne, notre gentille hôte, qui n’est pas avare de dépliants touristiques, que nous trouvons cette randonnée décrite ici : « La Boucle de l’abbaye de Villelongue à Saint-Martin-le-Vieil ». En ce 3 juillet 2024, il est presque 11h30 quand nous rangeons notre voiture sur le parking faisant face à l’abbaye. Un panneau mentionne la randonnée que nous avons choisie mais 2 autres sont possibles dont une intitulée « Les Capitelles ». Si je mentionne déjà ce nom, c’est parce qu’à la sortie de Saint-Martin-le-Vieil nous emprunterons par erreur ce parcours jusqu’au lieu-dit La Frigoule avant de récupérer le bon tracé originel. S’agissant d’une boucle, 2 choix sont possibles mais nous choisissons le sens mentionné sur le panneau. D’emblée, le bon chemin longe la rivière La Vernassonne, où pour mon plus grand bonheur de photographe naturaliste, la Nature se révèle sous de multiples aspects : fleurs sauvages, papillons, petits poissons, corneille noire, demoiselles et une écrevisse. Cette magnifique Nature sera ainsi présente tout au long de cette jolie boucle et un peu plus loin encore en revenant à notre location. Pour l’instant, le chemin bien balisé en jaune est toujours agréable à parcourir car circulant dans des décors variés : sous-bois, clairières, vastes prairies couleur paille, prés verdoyants, collines arrondies et boisées puis carrément une jolie forêt mixte avant l’approche et l’arrivée à Saint-Martin-le-Vieil. Entre les deux, beaucoup de fleurs sauvages et quelques papillons et oiseaux sont venus taquiner mon côté « épieur » de la flore et de la faune. Dans cette forêt, de nombreuses guêpes fouisseuses, pas du tout agressives,  malgré leur nombre important autour de nous, nous ont offert un joli spectacle qu’elles avaient intitulé « Comment creuser un nid dans le sable le plus rapidement possible ». Sans doute des Bembex à rostre (Bembix rostrata), si j’en crois les images et ce que j’ai lu sur Internet à postériori. A Saint-Martin-le-Vieil, nous avons fait l’impasse sur la partie basse du village où circule la D.34. En effet, lors de notre arrivée le premier jour, nous avions eu l’occasion de nous y arrêter car un vide-grenier était organisé ce jour-là. C’est donc par la Tour de l’Horloge, la place de la Mairie et l’église ; malheureusement fermée ; que nous avons commencé notre visite gardant le meilleur pour la fin, à savoir les vestiges moyenâgeux avec le donjon et une tour de l’ancien château fort, ruines mitoyennes avec un joli oratoire dédié à Saint-Roch et avec un jardin décrit comme « d’inspiration médiévale ». Après cette « bonne visite » agrémentée d’un frugal pique-nique, malheureusement sous un ciel momentanément redevenu gris et frais, nous obligeant à réenfiler nos polaires, nous avons repris la boucle. Par bonheur, les quelques nuages avançant plus vite que nous, le soleil et le bleu du ciel dominèrent le plus souvent la grisaille et ce, jusqu’à l’arrivée. A la sortie de Saint-Martin, comment ai-je pu me tromper de parcours alors que parmi mes nombreuses photos figure le bon panonceau directionnel ? Voilà une question qui me taraude encore la tête à l’instant où j’écris ce récit. C’est donc par erreur et par le tracé dit « Les Capitelles » que nous nous éloignons du village. Par le fait même que nous ne voyons qu’une seule « capitelle » dès la sortie de Saint-Martin, prenons-nous confiance ? Un peu sans doute ! Toujours est-il que l’on ne s’inquiète pas trop car sans carte et sans GPS, seul le balisage toujours jaune lui aussi guide nos pas. Normal, tous sont des P.R. Plus loin, Dany marchant assez loin devant moi sur un sentier devenu herbeux, je la rattrape car depuis un bon moment, je ne repère plus les petits traits de peinture jaune des différentes balises. De plus, ayant un peu le sens de l’orientation, je trouve que l’horizon, malgré qu’il soit très lointain, ressemble pas mal à celui que nous percevions lors de notre entrée dans Saint-Martin. C’est-à-dire la plaine du Lauraguais et les Pyrénées droits devant nous. Il ne m’en faut pas plus pour comprendre que nous ne sommes pas dans la bonne direction et ce d’autant qu’ayant retrouvé le balisage, ce dernier se faufile et descend dans un bois assez touffu par un étroit sentier. Nous n'y descendons pas et faisons d'emblée demi-tour. Sans carte IGN et sans GPS, mon seul recours est l’application Visorando à laquelle par chance je suis abonné. Bingo ! En effet, la randonnée au départ envisagée y figure bien (N°987747). Sur la carte, le pointeur nous indique que nous sommes non loin du lieu-dit la Frigoule. Or par chance, non loin de là, et de la route D.64 que nous avons traversé quelques instants plutôt, plusieurs chemins s’entrecoupent dont un très rectiligne, surligné en mauve. Ce dernier file vers le bon parcours que nous aurions dû prendre. Smartphone allumé, il me suffit de suivre le pointeur sur l’écran pour trouver cette longue piste forestière rectiligne, et puis plus loin le bon itinéraire menant vers l’abbaye. Complétement rassuré, je peux reprendre mon recensement floral qu’à vrai dire je n’ai jamais vraiment abandonné car finalememt peu inquiet, les distances parcourues étant plutôt modestes. Après le lieu-dit « La Jambe de l’Homme » et la descente vers l’abbaye, nous retrouvons notre voiture. Je propose à Dany d’aller visiter l’abbaye mais un peu de lassitude couplée au fait que les lieux religieux ne sont pas sa tasse de thé, elle refuse. Je lui propose de rentrer en voiture vers notre location et je pars visiter l’abbaye tout seul. Cette visite ne faisant pas vraiment partie de la randonnée, je ne vais pas m’étendre à son sujet. Toutefois, vous la trouverez très détaillée dans mon diaporama. Perso, ce fut un pur régal car la visite libre s'effectue dans un cadre reposant avec un agréable jardin où des oeuvres d'arts "rigolotes" contrastent avec l'austérité du lieu. Malgré les restaurations régulières et formidables qui sont entrepris par son propriétaire, on peut regretter que l’abbatiale soit encore fortement ruinée. Que lui souhaiter de mieux que de retrouver un jour son lustre d’antan ? Tout inclus, parcours réalisé avec égarement, visites et découvertes et retour à la Tuilerie de Villelongue, j’estime la distance parcourue à 8,5km environ. Ce n’est qu’une estimation et pas du tout une affirmation. De toute façon, la randonnée proprement dite est assez facile et donnée pour une distance de 5,8km sur Visorando. Cartes IGN 2345O Alzonne et 2245E Lézignan-Corbières top25.

(*) Nos intenses visites avant cette balade : Château de Saissac, barrage des Cammazes, découverte de Montolieu, village du livre, visite de Sorèze et de son riche patrimoine et notamment de son abbaye-école où l'on trouve le remarquable musée consacré à l'artiste Dom Robert et à son oeuvre, le musée du verre de Sorèze, les châteaux de Lastours, visite de Conques-sur-Orbiel, le Moulin à papier de Brousses et Villaret, visite et marché de Bram.  

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Les Châteaux de Lastours en balade.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de diverses musiques interprétées par Les Musiciens de Provence dirigés par Maurice Guis dont voici les titres : "La quinte estampie reale", "La pastouro e lou segnour", "Pastourelle A une ajournee", "Plang", "Chanson à la vierge" et "Estampie et ungaresca". 

Les Châteaux de Lastours en balade.
Les Châteaux de Lastours en balade.

Aller découvrir le Cabardès et la Montagne Noire et ne pas aller visiter Lastours et ses 4 châteaux médiévaux, c’est un peu comme visiter Paris et faire l’impasse sur la Tour Eiffel. Oui, c’est totalement incontournable ! Surtout si l’Histoire de France vous intéresse.  Il faut dire que perchés sur une ligne de crête, eux-mêmes édifiés sur des pitons rocheux, les 4 châteaux sont quand même assez exceptionnels en terme de décor et assez uniques dans le système défensif moyenâgeux. Quertinheux, Surdespine, Régine et Cabaret voilà leur nom, sans oublier le village castral de Cabaret ainsi que les vestiges ruinés d’une séculaire église romane dédiée à Saint-Pierre et à Saint-Paul. Enfin, tout ça pour vous dire qu’il y a de quoi faire et qu’en ce 2 juillet 2024, nous nous sommes régalés. Et si la seule découverte de tout ça ne peut pas être considéré comme une véritable randonnée ; sans doute en raison de sa modeste distance ; n’ayez crainte une randonnée reste possible en se rendant au lieu-dit le Belvédère par des sentiers parfaitement balisés. Ils sont au nombre de deux, car il y a celui dit « du Grésillou » ou bien celui passant par « le hameau de Lacombe ». Plus pratique, car bien plus près de l’accueil des 4 châteaux, nous avons suivi le premier, en profitant au passage pour un recensement photographique des fleurs sauvages du secteur et notamment de celles trouvées au bord de la rivière. Une fois au Belvédère ; espace non payant sur présentation des billets des 4 châteaux ; le lieu accueille agréablement les visiteurs puisqu'il est aménagé avec des bancs, une vaste estrade agrémentée d’une longue balustrade et même d'une longue-vue. De ce fait, il est vrai que le panorama vers les 4 châteaux, les vallons et la confluence des rivières ; Orbiel et Grésillou ; et les collines verdoyantes alentours visibles est assez incroyable. A part ça, et si tout comme moi, l’Histoire riche de ce lieu vous intéresse, de nombreux panneaux jalonnant la visite vous en explique l’essentiel. Et si comme moi aussi, vous êtes curieux de nature et vous voulez en savoir plus, il y a abondance de sites Internet (*) pour ce faire. Je vous propose quelques liens ci-dessous. Ma curiosité m’ayant entraîné à chercher l’origine des divers toponymes (**) Lastours, Quertinheux, Surdespine, Régine et Cabaret, seuls Lastours, Régine et Cabaret on reçu une réponse vraiment fondée, Quertinheux et Surdespine ne pouvant être que des toponymes supposés. Si les distances réalisés n’ont pas été très longues (voir tracé sur carte IGN), nous avons beaucoup flâné sans compter les nombreuses pauses engendrées pour de multiples raisons : visites, boutiques, pique-nique, boissons, lectures des différents pupitres, recensement floral, etc.. .5h en tout. Carte IGN 2345E Carcassonne et 2344ET Montagne Noire Est top 25.

(*) Quelques sites Internet : site audetourisme.com, Wikipédia, Office de tourisme de la Montagne Noire, Les sites Pays cathares, Lastourisme.fr, Office de tourisme de Carcassonne, Villadornel.com, Belcaire.over-blog.com, et bien d'autres encore.....

(**) Toponymies des lieux : Lastours est assez facilement compréhensible car le nom de la commune tire son nom de la présence des 4 tours. En occitan "Las Tors" puis francisé en "Les Tours" puis compacté en "Lastours" mais en conservant le "Las" originel de la langue d'oc. Comme on peut le lire lors de la visite, le nom de Quertinheux apparaît dans les textes peu après l'an 1100 et a trait à un premier édifice érigé sur un piton rocheux. Faut-il donc voir dans le préfixe "Quer", un rapport avec ce piton rocheux ? Probablement, si je me fie à ce que disent les toponymistes occitans à propos de ce dernier qui aurait pour origine la racine pré-indo-européenne "kar" signifiant "rocher". Quand à la terminaison "tinheux", 3 possibilités peuvent être imaginées : le mot "teigneux" qui proviendrait de l'aspect "rude", "escarpé" et donc "difficile" du lieu rocheux, un quelconque rapport avec le nom romain "tennius" signifiant "maître des lieux" ou bien encore une origine avec le mot "tigne" synonyme d'une "forêt". Concernant "Surdespine", dont le nom est mentionné pour la première fois en 1145, on peut également lire que ce lieu a été aussi appelé "Fleur d'Espine". Pas de doute concernant la terminaison "espine" ayant pour origine le latin "espina" et le vieux français "espine" signifiant tout simplement une "épine". Quant au préfixe "Surd", on peut aisément penser qu'il a un quelconque rapport avec le mot français "sourd" puisqu'on retrouve ce même préfixe dans le mot "surd-ité". "Surdespine" serait donc "une sourde épine", dans le sens sournois de "mauvaise épine". Pas de doute "la tour Régine" est la "tour de la reine", du latin "regina". On peut néanmoins apporter une nuance puisque "regina" pouvait être certes une reine mais aussi une "princesse" et plus largement une "noble dame". Enfin et concernant le nom "Cabaret", pas de mystère non plus puisqu'il s'agit d'un nom de famille de chevaliers occitans et co-seigneurs des châteaux de Lastours, le plus connu d'entre-eux étant Pierre-Roger (source Wikipédia). Notons toutefois que le nom "Cabaret" est d'origine néerlandaise désignant une petite auberge puis qui s'est étendu à tout "lieu où l'on se rassemble pour boire et jouer". (Source Généanet). 

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