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panoramas

Le Plo del Naou (1.754m) depuis le col d'Aspin (1.493m) - Hautes-Pyrénées.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques extraites d'un concert intitulé "Hauser & Friends" qui s'est tenu à l'amphithéâtre de Pula ou Pula Arena en Croatie en 2018. Les principaux musiciens présents étaient Stjepan Hauser (Violoncelle), Caroline Campbell (Violon) Lola Astanova (Piano), Ksenija Sidorova (Accordéon), Petrit Çeku (Guitare) accompagnés de l'Orchestre Philarmonique de Zagreb dirigé par Ivo Lipanovic. Ici,  les titres musicaux sont : "Casta Diva" de Vincenzo Bellini, "Song to the Moon (Chant à la lune)" d'Antonin Dvorak et "O Mio Babbino Caro" (version très incomplète) de Giacomo Puccini.  

Le Plo del Naou (1.754m) depuis le col d'Aspin (1.493m) - Hautes-Pyrénées.
Le Plo del Naou (1.754m) depuis le col d'Aspin (1.493m) - Hautes-Pyrénées.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus.

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En ce 23 août 2025, il n’en pas encore 10h et nous voilà au col d’Aspin à 1.493m d’altitude fin prêts à démarrer une nouvelle randonnée intitulée « Le Plo del Naou (1.754m) (*) ». Je l’ai trouvé la veille sur le site Visorando. La veille, nous sommes arrivés au lac de Payolle pour poursuivre nos vacances dans les Hautes-Pyrénées après notre semaine en Ariège à Illier où nous avions déjà randonné (D'Illier à Orus par le Grp Tour du pic des Trois Seigneurs). La météo étant excellente car lumineuse alors qu’elle nous était annoncée mauvaise, nous voulons en profiter. Ce matin encore, un ciel très nuageux obstruait les horizons les plus lointains comme les plus près mais très vite ils se sont tous évaporés. Cette randonnée présente tous les critères dans des fourchettes abordables que nous nous fixons désormais : une distance raisonnable de 6km environ, un dénivelé acceptable de moins de 300m et une durée de temps à marcher nous permettant la flânerie, des pauses régulières et un agréable pique-nique. Alors bien sûr, les commentaires quant aux lieux parcourus trouvés sur le Net sont également des plus importants. Ici ces derniers sont faits de louanges quant aux panoramas visibles, aux divers chemins empruntés, sur une crête notamment, et à l’objectif final situé à l’altitude de 1.754m avec des vues à 360°. S’il s’agit d’un aller-retour, les longues analyses que j’ai eu de ce parcours sur le site Géoportail permettent d’imaginer quelques variantes moins monotones. Très bien mentionnée sur un panonceau directionnel dès le départ, un large chemin part vers le sud et s’élève d’emblée assez sèchement dans une très belle forêt où les hêtres sont la majorité. Il va en être ainsi sur quelques hectomètres, où pour une fois n’est pas coutume, Dany souffre bien plus moi. La voyant marcher avec peine, et un peu inquiet je l’avoue, j’en suis même à lui proposer de faire demi-tour à diverses reprises. Mais elle veut s’accrocher et ça va finir par aller mieux. Il est vrai que le plus dur semble fait, la pente se fait moins pénible et descend même pendant un bon laps de temps. La forêt disparait quelque peu et des ouvertures se font jour. Quand la forêt revient, la crête sur ma gauche semble toute proche. Au travers des résineux, j’y file, demandant à Dany qui est constamment derrière moi de me suivre. La ligne de crête est là, prémices de la « Crête dite de Bidour » sur la carte IGN. Peu après, cette crête, nous allons la suivre mais surtout plus longuement lors du retour. Enfin surtout moi. Les panoramas plongeants sur la Vallée de la Neste d’AureVallée d'Aure et Arreau, la plus grande commune visible, sont à couper le souffle malgré une brume tenace. Mais si les paysages et les décors sont grandioses, mon regard et mon appareil-photo sont surtout captivés par la quantité incroyable de passereaux qu’il y a sur ce tout petit périmètre que constitue cette étroite échine rocheuse boisée de divers conifères. Passant d’un arbre à l’autre avec une rapidité décourageante pour le photographe amateur que je suis, j’essaie de deviner à quelles espèces j’ai à faire. Finalement, la quantité prenant le pas sur la vitesse, je devine certes quelques pouillots et des gobe-mouches mais c’est surtout le nombre de mésanges différentes qui me laissent pantois. Oui, je suis interloqué car hormis la mésange à longue queue et la charbonnière, les autres semblent toutes là : huppée, nonnette ou boréale, bleue et noire. Surtout les noires. Entre leur manière de voleter et ma quête à vouloir les immortaliser, elles gagnent à tous les coups. Ne pouvant pas me mettre aux aguets car Dany a continué d’avancer sur l’arête rocheuse, j’en suis réduit à les photographier au jugé sans aucune certitude de réussir mes photos. Finalement, je prends la décision de prendre un peu mon temps laissant filer Dany et je réussis en immortaliser seulement deux correctement. Je me dis que lors du retour, j’aurais peut-être un peu plus de temps à leur consacrer. Malheureusement, ce ne sera pas le cas car elles auront quasiment disparues y compris les autres espèces. Presque le vide total, pourtant au même endroit. Dans leur longue migration vers des lieux plus cléments, tous ces passereaux n’étaient sans doute là que de passage, trouvant ici une alimentation à leur goût, insectes ou graines de conifères probablement. Je redémarre un peu déçu mais aussi perplexe quant à toutes les photos que j’ai prises au jugé. Compte tenu des circonstances lors des prises de vues, les visionner sur l’écran de mon appareil-photo ne m’apporte pas grand-chose.  Il me faudra sans doute les agrandir voire au pire les corriger sur mon ordinateur pour en obtenir quelque chose de correct. Quant au reste de la Nature, quelques rares fleurs, assez peu de papillons, une libellule et des champignons dont certains bien secs et sans intérêt. La crête continue d’être là mais la montée vers le Plo del Naou nous offre plusieurs sentiers dont la plupart ont sans doute étaient creusés par les animaux montant aux estives. Des caminoles. Nous empruntons la caminole qui nous semble la plus facile car la plus large et la moins caillouteuse. L’est-elle vraiment ? Comment le savoir ? Au retour peut-être ? Pour redescendre, j’emprunterais celle au plus près de la crête et il faut bien reconnaître qu’elle sera plus « hard » quand même. Après des buttes successives ; assez énervantes car on pense que c’est toujours la dernière ;  le Plo del Naou est là. Immense dôme débonnaire et rase car à la végétation inexistante. Ici, quand on regarde le sol, c’est d’abord les incalculables crottes de moutons et de chèvres que l’on aperçoit en premier. Marcher en les évitant devient d’abord un jeu puis carrément des "emmerdements" tant il y en a. Pourtant, les animaux qui les ont déféqué ici sont invisibles. Pas un mouton, pas une chèvre, pas une vache aux alentours. Par contre, papillons et criquets sont désormais bien présents. Avec cette Nature, je retrouve le sourire. Dany, qui ne m’a pas attendu, a trouvé un endroit où poser ses fesses pour déjeuner. Il est peu loin du sommet qu’atteste une borne géodésique. Il y est gravé « 1949 », date de son édification sans doute. Elle a mon âge mais peu de rides malgré les affres du temps et de la météo très souvent âpres l’hiver venu. En évitant au mieux les crottes, nous déjeunons d’un bel appétit, nos efforts ayant été conséquents depuis le départ, il y a maintenant plus de 2 heures. Puis Dany réclamant un peu de repos avant le retour ; « nous avons largement du temps devant nous » lui dis-je. Je repars en quête de photos naturalistes mais pas que, les décors méritant eux aussi leur lot de clichés. Le lac de Payolle et le pic du Midi de Bigorre sont pour moi les plus facilement identifiables, mais les diverses vallées et les hauts sommets qui les dominent sont pléthores. Ici tout est très beau. La Nature, les décors et les panoramas. Je visite le Pla del Naou en long et en large, n’hésitant pas à m’éloigner du sommet et continuant ma quête de nouveaux papillons et criquets. Parmi ces derniers, certains sont si petits ; 1 à 2 cm tout au plus ; que les immortaliser devient une gageure. Je m’agenouille dans les crottes pour tenter quelques macros mais sans vrai succès car ces minuscules bestioles ont constamment la bougeotte. . Nettement plus imposants sont les Vautours fauves qui passent et qui repassent dans le ciel et dans l’attente d’un repas « accidentel (**) ». Tous les visiteurs du Plo del Naou déjeunant, ou du moins étant assis, je décide finalement de poursuivre la crête dans cette descente filant vers l’Hourquette d’Arreau, puis plus loin vers l'Hourquette d'Ancizan. Trop loin, je sais déjà que je n'irais pas jusque là, mais j'improviserais. Là, il n’y a plus personne et c’est bien là que les papillons et les criquets sont les plus présents. Toutefois, vouloir les photographier tous équivaut à une course effrénée à la laquelle je ne suis pas vraiment disposé. Dans cette quête solitaire de la Nature, je serais sans doute le seul à apercevoir une marmotte et un vautour-fauve au sol non loin du lieu-dit « Broucouze ». Immobile et apparemment solitaire, la marmotte m’observe, semblant aussi étonnée que moi de cette rencontre inattendue car fortuite. Il est vrai qu’une centaine de mètres nous sépare. Seule sa tête remue de temps à autre, semblant fonctionner tel le périscope d’un sous-marin.  Finalement, elle disparaît comme par magie, sans doute dans un terrier, invisible d’où je me trouve. Quelques minutes plus tard, c’est un vautour qui passe au-dessus de ma tête et va se poser sur une petite zone rocheuse et ravinée. Cette fois, j'ai la certitude que mes photos sont réussies. Il est temps de rebrousser chemin. Avec l’application Visorando, j’estime la pente à remonter jusqu’au sommet du Plo del Naou à environ 150 à 200m environ. J’ y retrouve Dany où je l’avais laissé mais finalement je suis pleinement satisfait de cette petite escapade. Le temps du retour est arrivé et pour mes genoux parfois arthrosiques, la descente est plus difficile que la montée. Avec prudence, je choisis néanmoins le plus près de la crête et le plus longtemps possible, et ce afin de profiter un peu plus des panoramas aériens sur cette magnifique région que l’on appelle globalement « le Pays d’Aure ». Beaucoup de randonneurs nous accompagnent dans cette descente dont certains très très jeunes parfois. Il en est de même dans l’autre sens. Moi qui suis si souvent solitaire dans mes balades, je ne peux m’empêcher de trouver cela très encourageant. A cette France à laquelle je trouve si souvent des défauts, éduquer les enfants au sport en général et à la marche pédestre en particulier me semble une belle promesse pour l’avenir. Après 4 heures sur ces sentiers du Plo del Naou, le col d’Aspin est là. Il y a foule d’humains et un troupeau de bovins. Où l’inverse peut-être ? Si tout comme moi vous êtes né sous le signe zodiacal du Taureau, vous avez droit au doute😂. Sur Visorando, cet aller-retour est donné pour 6,05km et un dénivelé positif de 298m. N’ayant pris aucune mesure, je ne peux garantir l’exactitude précise de ces chiffres mais je note qu’entre le point le plus haut au sommet du Plo del Naou (1.754m) et le plus bas au col d’Aspin (1.493m) la différence est de seulement 261m. Mais ne pinaillons pas, cette randonnée est plutôt facile, même si la grimpette du départ nous a quelque peu éreintés. Nos âges, nos antécédents de santé et la fatigue de notre voyage de la veille y sont sans doute pour beaucoup, raisons pour lesquelles nous avons été agréablement satisfaits de l’avoir accomplie dans sa totalité. Oui, nous avons très contents même si elle est donnée pour 2h15 A/R et que nous avons mis 4h15, pauses incluses bien évidemment. Flâner dans un endroit si merveilleux est recommandé non ? Carte IGN 1748ET Néouvielle – Vallée d’Aure – Parc National des Pyrénées.

(*) Toponymie du Plo del Naou : Avant de me lancer dans une recherche sur Internet pour expliquer cette toponymie, j’ai pensé qu’elle serait plutôt facile à définir. Et j’ai le sentiment de m’être trompé. En effet, on trouve plusieurs définitions concernant les 2 mots « plo » et « naou ».

Le toponyme « Plo » signifierait un « terrain plat » ou un  « terrain dégagé » ou un « terrain stérile » dans certaines régions et un « terrain uni et peu incliné » dans d’autres et finalement un « endroit plat » voire « parfois plat et élevé » en occitan. En Bretagne « Plo » ou « Plou » signifierait une « paroisse », mais ici nous ne sommes pas en Bretagne alors oublions cette explication. Enfin dans certains lieux, il signifierait un « puit ».

Le toponyme « naou » a lui aussi plusieurs significations. C’est déjà le nom d’une rivière de Gironde dont la signification n’est pas définie sur Wikipédia. En Bretagne, il s’agit d’ « une pente ». En Gascogne, c’est « un lieu encaissé » voire « une dépression », une « petite vallée »  un « couloir  ou un  « fossé ». Dans certaines régions, Hérault notamment, mais plus globalement dans le Midi, il signifie « haut » et on le retrouve écrit « Naout » comme j’avais déjà pu l’expliquer dans cette randonnée en pays Fenouillèdes intitulée « Le Sarrat Naout (1.310 m) et Gatespa depuis le Col Bas (1.035 m) à Rabouillet ». En région basque, si « la dépression » est également présente, il peut aussi signifier  « neuf, naïf ou niais » avec d’autres variantes dans la manière de l’écrire « nau » ou « neu » par exemples. Cette notion de « neuf », on la retrouve plus globalement en Gascogne. La notion de « sommet » voire plus simplement « d’être au-dessus » est parfois citée dans l’est de la France mais aussi en gallois.

En conclusion, et si on tient compte du lieu, il est probable que « Plo del Naou » signifie « le plateau neuf » ou « plateau nouveau » voire « la plateau ras ».

(**) Les vautours-fauves : Un accident ça arrive, et nous en verrons un dès le lendemain, au pied du col du Tourmalet ,  attirant en quelques minutes plusieurs dizaines de vautours, voire peut-être deux ou trois centaines. En quelques minutes,  ce fut la curée autour d’un pauvre mouton qui s’était sans doute blessé ou au pire cassé une patte en franchissant un fossé trop profond et trop pierreux. Le sang les attirant comme des mouches (il devait y en avoir aussi), ce malheureux animal se transforma en un quartier de viande presque aussi vite qu’il ne me le faut pour l’écrire. Sachant très bien qu’ils ne mangeront pas tous les jours à leur faim, ils déchiquètent leur proie à tour de rôle, sachant que le partage est aussi un des moyens les plus sûrs pour perpétuer leur espèce. 

 

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