Les Chemins des Maquisards depuis Montner.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de la musique originale d'Hans Zimmer pour le film "Pearl Harbour" réalisé par Michael Bay avec dans le rôle principal Ben Affleck.

Les Chemins des Maquisards depuis Montner.
Les Chemins des Maquisards depuis Montner.

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Une fois encore, les chemins étaient là et il suffisait de les relier entre eux pour réaliser une boucle pédestre. Ces chemins avaient pour noms « GRP Tour des Fenouillèdes » ; une longue randonnée aux multiples variantes déjà faite mais jamais cette variante-là ;  un « itinéraire des Belvèdères » (un petit bout seulement) et enfin une belle portion du « Circuit Montner-Força Réal » déjà proposé dans mon blog en 2013 sous le titre plus évocateur de « Circuit de Força Réal (507 m) depuis Montner (125 m) ». Restait à trouver un nom à cette nouvelle boucle pédestre,  et c’est au fil de mon parcours que ce dernier s’est révélé à moi comme une belle évidence : « Les Chemins des maquisards (*) au départ de Montner ». En ce 20 septembre 2025, il est presque 9h30 quand je range ma voiture à l’entrée de Montner sur le vaste parking du cimetière, juste à côté du monument aux Morts. Là, direction la route D.612 par laquelle je viens d’arriver puis mon intention première est d’aller redécouvrir la fameuse « Roque d’En Talou », ancienne borne frontière au temps du royaume d’Aragon (**). J’emprunte donc la D.612 sur un peu moins de 300m puis tourne à droite sur un chemin que je reconnais très bien pour l’avoir déjà emprunté en 2010 lors d’une autre randonnée intitulée « Le Chemin de Véronique et la Roque d’En Talou depuis Montner ». Si en 15 années, les premiers abords de ce chemin ont quelque peu changé ; végétation envahissante et le rec de la Pesquitte que j’avais trouvé par exemple bien rempli et aujourd’hui terriblement asséché ; le petit monticule rocheux garni de chênes au bout d’un vignoble où se trouve la Roque d’En Talou lui est resté quasiment le même. Je n’ai donc aucun mal à retrouver les fameuses gravures franco-aragonaises, d’un côté un blason seigneurial lauragaisien et de l’autre la croix pattée aragonaise. Quelques photos et je continue ver le nord-ouest en traversant une ancienne vigne arrachée puis en longeant un muret en pierres sèches, mon but étant d’aller chercher le GRP Tour des Fenouillèdes, vraie ligne de départ de la boucle envisagée. En 5 minutes, c’est chose faite et un large chemin rural bitumé se présente. Tout au long du parcours, les chemins empruntés alterneront terre et asphalte. Après vérification du tracé enregistré dans mon GPS, c’est le bon itinéraire même si dans l’immédiat c’est surtout un balisage jaune réservé aux VTT que je vais suivre. Ce n’est qu’un peu plus loin que la classique marque jaune et rouge commune à tous les GRP apparaîtra près d’un casot ruiné. Je le suis donc sans réelle difficulté, allumant mon GPS que lorsqu’une intersection incertaine se présente. C’est le cas quelquefois et notamment quand des vignobles clôturés se présentent. Si certains sont agencés de grands portails que je peux ouvrir et emprunter, d’autres vignes réclament d’être contournées. C’est ainsi que je parviens à la Fontaine de Picharottes (***) où je ne pensais pas passer même si j’en avais lu sa petite histoire sur le journal l’Indépendant.fr avant de venir. Mais je suis là et tant mieux car je retrouve le grand cèdre évoqué dans l’Indép’, c’est le seul endroit de mon parcours où je trouverais un peu d’eau sortant d’un tuyau pour mouiller ma casquette et puis surtout, j’ai la chance d’y photographier tant bien que mal un jeune sanglier, sans doute en quête d’eau lui aussi. Si je dis chance, c’est parce que jusqu’à présent et depuis le départ la seule faune que j’ai pu immortaliser est beaucoup plus petite avec quelques oiseaux, lézards, papillons, criquets et libellules. Les plantes fleuries, elles aussi, sont assez réduites en nombre et en espèces différentes. Il est vrai que nous sommes déjà en septembre et que ce n’est pas la meilleure saison pour voir des fleurs. Il est vrai qu’ici, hormis quelques vignes sur les plateaux ensoleillées et quelques bois ou pinèdes, un maquis impénétrable règne en maître partout ailleurs. Sur la carte IGN, on peut constater que ce secteur est zébré de multiples ravins ou recs plus petits mais comme partout ailleurs dans les Pyrénées-Orientales l’absence d’eau a fait son œuvre de dessèchement. Après la fontaine, et parce que j’aperçois le hameau de Cuxous avec son château et son église au bout du chemin rectiligne et à un proche horizon, je rallume mon GPS. Il me permet de reprendre la bonne direction dès l’intersection suivante. Une fois encore le parcours alterne large piste terreuse DFCI et chemin asphalté et ce jusqu’au hameau de Pleus. Ayant beaucoup lu à son sujet et à propos du maquis Henri-Barbusse, je me l’étais imaginé plus conséquent en nombre d’habitations. En réalité, j’ai noté deux grandes bâtisses, style entrepôts, paraissant quelque peu abandonnée même si j’ai entendu le bruit du moteur d’une voiture. Dans le hameau,  seuls des passereaux en grand nombre me retiennent pendant un bon quart d’heure pour quelques photos plus ou moins réussies. Je continue mais peu après l’heure du déjeuner ayant sonné, je m’arrête au bord du chemin pour entamer mon énorme sandwich. Ici et jusqu’au lieu-dit la Peyre Drète, quelques panonceaux évoquent encore des hauts faits des maquisards Henri-Barbusse. Entre les deux et au pied d’un grand chêne évoquant les maquisards, on quitte définitivement le GRP Tour des Fenouillèdes filant vers Bélesta au profit du chemin partant à gauche vers le col de la Bataille. Dans mon « Circuit de Força Réal (507 m) depuis Montner (125 m) «  réalisé en 2013,  j’ai déjà raconté l’histoire de cette Peyre Drète (Pierre Droite) sans doute mise au sol et cassée en deux  par un vandale ou par incurie l’a écrit l’écrivain Victor Aragon dans son livre « Notice historique, religieuse et topographique sur Força Réal ». Je retourne voir cette pierre et la regarde comme on regarde la tombe d’un homme tombé pour la patrie. Je lui suis reconnaissant d’être là car aucune autre pierre n’est là dans ce secteur où les vignes font concurrence à l’immense Bois de Caladroy. Plus loin, les 2 tombes des malheureux Trousseu sont toujours là au bord de la route D38, par bonheur intactes à notre époque si immorale où le moindre bout de béton ou de pierre est trop souvent taggué quand il n’est pas carrément profané. Puis, je parviens au col de la Bataille, haut-lieu sans doute historique d’une bataille que se livre aujourd’hui encore les historiens. Certains annoncent 1293 et des duels féodaux comme écrit sur un panneau situé au col, alors que Wikipédia mentionne une bataille qui se serait déroulée en 1496, soit plus de 200 années plus tard. Toujours est-il que malgré cet écart, le lieu a toujours servi de frontière avec des hauts et des bas entre les royaumes de France et d’Aragon et ce, depuis 1258 et le traité de Corbeil.  Peu après, une grande stèle rend hommage aux résistants du maquis Henri Barbusse et plus particulièrement aux martyrs qu’ont été Julien PANCHOT, Roger ROQUEFORT et Simon BATLLE. La chronologie de ce maquis ayant son origine au hameau de Pleus nous est ici raconté. Si les découvertes ne sont pas totalement terminées, le retour puis la descente vers Montner sont surtout à privilégier pour leurs beaux paysages et leurs vastes panoramas. Notons toutefois que le territoire de Montner est à découvrir pour son patrimoine avec bien sûr son village où circulent de jolies ruelles, son église Saint-Jacques du 18eme siècle, ses vieux puits mais aussi et alentours ses capitelles, ses casots, ses superbes murets en pierres de schistes et ses séculaires oliviers et genévriers. Comme on le voit ici, les découvertes sont excessivement nombreuses tout au long de ce parcours. Moi, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir en détail et à postériori l’Histoire du maquis Henri Barbusse. Errements inclus cette randonnée a été longue de 12km pour des montées cumulées de 375m. Le point le plus bas est situé à 103m peu après le départ sur le pont enjambant le Rec de le Pesquitte et le plus haut à 297m peu après la Fontaine de Picharottes soit un dénivelé modeste de 194m.Carte IGN 2448OT Thuir-Ille-sur-Têt top 25.

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