D'Illier à Orus (A/R) par le Tour du Pic des Trois Seigneurs (Ariège)
Ce diaporama est agrémenté de plusieurs chansons provenant d'une compilation trouvée sur YouTube et intitulée "Paris Night Chanson-1960's Vintage French Café Music (Romantic Love Songs)" sur la page d'Atelierchanson.
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Il y a une expression très ancienne mais bien connue quand même qui dit « l’occasion fait le larron ». Ancienne car datant du Moyen-Âge et que l’on attribuait à des voleurs qui ne manquaient jamais une opportunité de commettre un larcin dès lors que cette possibilité se présentait à eux. Alors bien sûr, ici il n’est pas question de voleurs mais de simples randonneurs, en l’occurrence nous. En effet, en ce dimanche 17 août, nous démarrons une semaine de location dans un tout petit hameau de l’Ariège qui s’appelle Illier. Petit car avec ses 14 habitants en temps normal nous a-t-on dit. Beaucoup plus l’été car de nombreuses maisons sont des résidences secondaires ou locatives. En réalité, si le vrai nom administratif est Illier-et-Laramade, il s’agit bien de 2 hameaux bien distincts, Laramade étant au bas de la Vallée de la rivière de Vicdessos et Illier bien dessus, à 865m d’altitude. Or, à Illier passe un sentier de grande randonnée de pays (GRP) s’intitulant « Tour du pic des Trois Seigneurs ». Long de 77km, ce tour pédestre est réalisable en 4 à 5 jours selon les aptitudes. Alors bien sûr pas question de nous lancer dans un tel challenge, d’abord parce que nous ne sommes pas là pour ça, mais surtout parce qu’à nos âges ça ne serait pas très raisonnable de le faire sans une préparation sérieuse et mûrement réfléchie au préalable. Mais en faire un tout petit bout dans la journée pourquoi pas ? Voilà pour les larrons. C’est ainsi qu’est né cet aller-retour vers Orus, un autre hameau montagnard du même acabit qu’Illier car à 990m d’altitude et distant à vol d’oiseau de 2,7km seulement. Un peu plus par le GRP bien évidemment. « D’Illier à Orus A/R par le GRP Tour du pic des Trois Seigneurs », voilà le titre de ma balade. En ce 17 août et après une visite de Vicdessos et de son marché le matin, il est midi quand nous empruntons le sentier parfaitement indiqué juste à côté de la maison où nous logeons. Le départ s’effectue sous un ciel pâlot mais le risque de pluie étant nul, nous démarrons confiants. Comme souvent ici, la plupart des habitations sont des anciennes granges qui ont été aménagées au fil du temps pour devenir de vraies maisons. A leur fronton, on peut parfois lire la date de leur construction où la sécularité est toujours attestée. Si les dates du 19eme siècle sont les plus visibles, certaines sont du siècle précédent et cela vaut pour les deux hameaux. Le sentier reliant Illier à Orus est bon et souvent plutôt large car très bien débroussaillé sur ses bas-côtés. Il est vrai que ces derniers jours, c’était la fête dans le secteur et notamment à Vicdessos où un trail a été mis au programme des festivités : Le Trail des Novis. Long de 25km, il emprunte le même sentier que celui que nous envisageons mais bien d’autres chemins aussi. Dès le départ ou presque, le sentier s’élève en forêt si rudement que nous sommes à la peine dès nos premières foulées. Si Dany marche plutôt correctement, moi j’essaie d’oublier mes difficultés dyspnéiques en étant à l’affut de la flore et de la faune que je tente de photographier. Si les fleurs sauvages se succèdent sans trop me freiner, la petite faune nécessite bien plus de temps et d’attentions. Cela m’oblige à flâner et ce rythme me convient parfaitement. Si la flore est bien présente, elle est parfois en souffrance d’un été qui ressemble étrangement à un automne bien trop précoce. D’ailleurs, tout autour de nous, les feuilles tombent sans discontinuer, tapissant parfois le sol d’une belle épaisseur moëlleuse et roussâtre. Quant à la faune, elle se résume à quelques papillons, à de rares criquets et libellules et à quelques lézards. Les papillons seront les plus faciles à photographier même si le mot « facile » est à relativiser. Les oiseaux sont assez peu visibles mais de temps à autre leurs chants les trahissent. C’est le bon moment d’être là pour les surprendre même si dans cette forêt touffu, il faut un peu de patience et énormément de chance pour parvenir à les immortaliser. Je n’en verrais qu’une petit douzaine au cours de cette balade, ce qui est très peu au regard de cette forêt de feuillus si belle, si épaisse et si diversifiée en essences multiples. Pas de doute, ici comme partout, l’avifaune est en fort déclin. Ici, même les moineaux semblent avoir disparus de ces hameaux pourtant paisibles de prime abord. Ils sont, il est vrai, remplacés allégrement par des hirondelles qui sont là à Illier en très grand nombre mais pas à Orus. J’aurais donc tendance à penser qu’elles se regroupent pour partir en migration vers l’Afrique. Il y a des hirondelles de fenêtre et des hirondelles de rochers. C’est toujours un magnifique spectacle de les voir virevolter dans les ruelles et au-dessus des toitures avant de venir se reposer contre les façades et les fenêtres des maisons, de préférence inhabitées. Le sentier, parfois muletier ; car pavé de grosses pierres ; lui continue de s’élever jusqu’au parvenir à un collet où les vues s’entrouvrent sur la Vallée du ruisseau de Vicdessos, un affluent de la rivière Ariège. Quelques regrets quand même. La météo toujours voilée a comme déposé comme une pellicule blanchâtre sur tous ces paysages, sans doute véritablement grandioses sous un grand ciel bleu. Secundo, la présence de pylônes à haute tension qu’on oublie très vite car tout autour, ce ne sont que des montagnes, le plus souvent abruptes et magnifiquement boisées. Au loin, au fin fond de la vallée, le Massif du Montcalm dresse sa haute stature bosselée au travers d’un voile de brume. On peste de cette météo lugubre et il ne nous reste que la pensée pour imaginer combien tout cela peut être splendide par grand beau temps. Puis on amorce un peu de descente avant d’arriver à un vieux moulin désaffecté mais totalement barricadé, sans doute par mesures de sécurité. Par une fenêtre ouverte, on peut encore apercevoir deux meules horizontales ainsi que le système d’engrenage et plusieurs éléments en bois ressemblant à une trémie et à un tamis. Un petit ruisseau explique sa présence ici. Juste après le moulin, le sentier débouche sur une route bitumée qu’il faut emprunter vers la gauche. Peu après, et sur la droite, on retrouve le sentier balisé en jaune et rouge ; comme tout bon GRP . Il prend le relais de la route et mène vers l’entrée peu éloignée d’Orus . Minuscule cimetière, magistral calvaire et imposante église consacrée à Saint-Germain sont les premiers signes patrimoniaux assurément chrétiens de ce village perdu sur la soulane de cette vallée ô combien superbe. Pas si perdu que ça désormais si je me fie au nombre de voitures stationnées dans la rue principale. Charmant, propret, et copieusement fleuri , le hameau bourré d’étroites ruelles et enjolivé de quelques belles fontaines mérite une « généreuse » visite. Nous nous fixons comme challenge de parcourir toutes ses ruelles. Un challenge dont nous ne saurons jamais si nous l’avons réussi tant les venelles s’entrecroisent. La nôtre de visite va un peu s’éterniser, à la fois pour prendre un peu de repos et un en-cas avant de repartir, mais aussi parce que les Buddléias de David poussent ici à profusion dans de très nombreux jardins déjà amplement fleuris de bien d’autres fleurs multicolores. Or, ce n’est pas pour rien qu’on les appelle les « arbres aux papillons ». Un pur régal pour moi qui n’a de cesse de tenter de photographier toutes les espèces de papillons possibles. Pas facile, car ici la profusion crée la confusion, et parfois même l’envie de procréation. Ça virevolte à tires d’ailes et en tous sens et faire une mise au point parfaite sur chaque spécimen différent devient une gageure. Finalement, je ne réussis pas à immortaliser toutes les espèces présentes mais comme le temps du retour vers Illier finit par arriver, je me vois contraint d’abandonner à regret cette « chasse » aux papillons essentiellement photographique. Voilà presque une heure que nous sommes à Orus et le temps du retour finit par arriver. Par bonheur, les longues montées de l’aller devenant des descentes, les déclivités sont moindres et le retour plus facile. Après 1h de flâneries supplémentaires, Illier est là. Dany part se reposer pendant que je continue mes découvertes intrigué et attiré que je suis par 2 panonceaux « mystérieux » m’indiquant un « Camin dels Gassis » et un « Orry de la Carde ». Une fois encore, je m’enfonce dans une épaisse forêt à la recherche de la signification de ces noms énigmatiques mais hormis quelques terrasses en pierres sèches excessivement moussus et un sentier forestier qui ne cesse de monter, je ne trouve rien de concret. La lassitude a raison de ma curiosité, alors je finis par faire demi-tour. Illier est de nouveau là, alors j’entreprends sa visite car arrivé la veille, je n'ai pas encore eu le temps de sa découverte. Tout comme à Orus, le village possède quelques jolies maisons et une église mais moins imposante. Elle est dédiée à Saint-Orens si j’en crois ce que j’ai lu sur le Net. Quelques maisons sont agencées d’un jardin fleuri surtout quand elles sont excentrées. J’ai même découvert un très haut palmier juste à côté de la maison que nous occupions, maison qui est presque mitoyenne avec l’église. Mais c’est surtout un ballet aérien qui continue de me scotcher. Tout comme ce matin, les hirondelles des fenêtres et des rochers continuent leurs manèges perpétuels, ne prenant qu’un peu de repos sur la façade de l’église ou bien sur les avant-toits des toitures où quelques petits nids faits de boue sont parfois visibles. Puis elles repartent, s’engouffrant dans les venelles, rasant les ardoises des toitures puis voltigeant toujours plus vite et plus haut, se croisant et s’évitant dans un ballet aérien qu’elles maîtrisent avec une parfaite harmonie et une rigueur inégalée. C’est avec quelques images de cet incroyable spectacle que je termine cette agréable après-midi. C’est les vacances, il est temps que je parte me reposer. Cet aller-retour a été long de 6,9km incluant la découverte des 2 hameaux pour un dénivelé positif de 177m. N'est pas inclus mon supplément vers le « Camin dels Gassis » et l'« Orry de la Carde » jamais trouvé. Le point culminant est à environ 1.035m juste avant un premier pylône THT. Le plus bas est à Illier à 858m. Les montées cumulées ont été de 590m A/R. Carte IGN 2148OT Vicdessos- Pique d’Estats – Pic du Montcalm top 25.
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