Le Moulin de La Cascade et Les Pausades depuis Durban-Corbières
Ce diaporama est agrémenté de 5 morceaux musicaux interprétés à la guitare par ce que se fait de mieux dans ce domaine : "If I Had You" de Phil Baxter par Tommy Emmanuel et Joscho Stephan. "Swing 42" par Tommy Emmanuel, Richard Smith et Jim Nichols. "Folsom Prison Blues" par Bryan Sutton, Tommy Emmanuel, Guthrie Trapp, Pat Bergeson et Richard Smith. "Baby's Coming Home" par Tommy Emmanuel et Richard Smith et "Mr. Sandman" par Richard Smith et Joscho Stephan.
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AVERTISSEMENT
En ce 18 mai 2025, quand nous avons accompli cette randonnée, qui aurait pu prédire qu'un incendie exceptionnel dans sa dimension (17.000 hectares parcourus) et par là-même sa durée ( du 5 au 28 août) allait ravager une immense partie de l'Aude et des Corbières, touchant très durement Durban-Corbières, ligne de départ de cette jolie petite randonnée ? Pas nous, en tout cas ! Il faudra donc attendre un peu avant de pouvoir cheminer cette randonnée dans des conditions redevenues acceptables.
En ce 18 mai 2025 alors que nous venons d’entrer dans Durban-Corbières, grande effervescence au sein du village. Il est à peine 10h15 mais au regard du nombre de voitures occupant déjà les parkings, on a du mal à imaginer que ce village recense moins de 700 habitants. Nous sommes venus randonner et trouver un emplacement pour ranger notre voiture devient presque un casse-tête. 11, 66, 34, 31, 30, 13, etc.. et même des immatriculations étrangères sont visibles sur les espaces réservés aux véhicules. Finalement, et par chance, nous trouvons une place disponible non loin de la rivière La Berre dans un pré où d’autres voitures se sont déjà installées. De ce fait, nous ne sommes qu’à quelques mètres des petits chapiteaux que les différents forains ont installé tout au long des berges de la rivière car aujourd’hui c’est apparemment la fête. La « Fête Paysanne », nous ne l’apprendront que plus tard. Toujours très intéressée par ce type de festivité, Dany est bien décidé à déambuler au sein des stands avant de démarrer cette randonnée qui doit nous mener vers « Le Moulin de la Cascade et Les Pausades ». C’est donc en flânant au gré de ces divers camelots que nous mettons en « ordre de marche » nos organismes respectifs. Elle plus intéressée que moi, ça c’est sûr ! Artisans, commerçants, boutiquiers, sandwicheries, vignerons et même un conférencier, on y trouve toutes les métiers qu’un grand marché est habilité à offrir. Cette déambulation terminée, c’est très facilement que nous trouvons la route d’Albas et le chemin de la Cascade qui est dans la continuité de la rue de la Mairie, toutes ces signalétiques étant présentes sur le topo que j’ai en main. Les panonceaux que nous cherchons sont là : « Chemin de la Cascade » et « Moulin d’en Crabiés ». Par une route d’abord bitumée mais qu’un chemin terreux remplace assez vite, nous laissons Durban derrière nous, dominé par son château du XIeme siècle. D’aspect plutôt lugubre au regard d’une luminosité laiteuse qui entoure ses murs ruinés, nous gardons sa découverte en clôture de notre balade. Dans l’immédiat, Dany marche plus souvent devant moi car personnellement la Nature m’a d’emblée sauté au visage. Surtout des fleurs mais aussi quelques passereaux, des papillons, deux lézards et de rares criquets, tout cela est bien présent et prétexte à des photos qui se succèdent les unes derrière les autres. Certaines seront réussies, d’autres simplement moyennes et d’autres carrément à jeter. Il va en être ainsi au fil de tout notre parcours pédestre. Après une oliveraie décrite comme un « conservatoire des Oliviers », les ruines de l’ancien moulin à eau d’En Crabiés sont visibles et même visitables. La cascade mitoyenne et le ruisseau de la Pinède (Rec dal Prat sur certains topos) étant totalement asséchés, leurs intérêts respectifs sont moindres. Seules quelques concrétions causées par les eaux de ruissellements attirent mon regard. En y regardant de très près, on peut y découvrir des cristallisations en forme d’étoiles voire carrément de type oursins. Certaines brindilles ou mousses ont même été pétrifiées. De toute évidence, cette chute dont une croute jaunâtre est bien visible est à classer dans la catégorie des cascades dites "pétrifiantes". Dany ayant poursuivi le sentier qui s’élève de manière assez abrupte derrière le moulin, je ne prends guère le temps de le visiter. Il est vrai qu’à part une vieille meule ; mais relativement bien conservée ; il ne reste rien d’autre de visible de son activité d’antan. De ce moulin seigneurial et donc « banal », on sait seulement que la force du courant qui tombait avec violence depuis un canal, lui-même alimenté par un bassin de rétention, faisait tourner une roue à aubes située sous le moulin, entraînant par là-même la fameuse meule. Ainsi, les indispensables céréales étaient transformées en farine et les olives en huile. Le raidillon que je grimpe pour rattraper Dany, offre quelques vues vers Durban et le fond de ce vallon que nous venons de parcourir. A la fin de la montée, un panonceau bien placé nous propose de nous rendre vers « la Source » par un chemin filant à droite. Ce chemin plutôt agréable car très végétalisé continue de longer le ruisseau de la Pinède, ruisseau malheureusement invisible et inatteignable à cause d’une végétation impénétrable. Dommage, car j’ai lu que ce ruisseau, tout au long de son parcours, arrosait jadis de très nombreux jardins familiaux. De nos jours, tout ça a disparu. Nous nous arrêtons au bord du chemin pour un pique-nique impromptu mais très enchanteur car sous les chants divers mais harmonieux d’une multitude de passereaux pour la plupart invisibles. Entre Dany et moi, un jeu se met en place : « c’est au premier qui découvrira un oiseau dans cette végétation foisonnante ». Dany gagne mais finalement c’est moi qui suis chargé d’immortaliser ce « Caruso ». Une mésange charbonnière. Entre temps, un magnifique Sylvain azuré est venu nous exposer ses magnifiques ailes : d'un bleu-noir métallisé quand elles sont ouvertes et de grosses taches blanches sur un fond brun-rouge quant elles sont repliées. Une fois encore, Dame Nature nous démontre tout son talent créatif. Salade et clafoutis engloutis, nous repartons en direction de « la Source ». Source captée, elle se résume à un bout de canal en béton, à un tuyau vertical qui en émerge et à une grotte minuscule d’où des eaux sont censées jaillir. Sur la gauche, un passage amplement broussailleux semble mener vers quelque chose ? Je m’y engouffre mais Dany qui a toujours peur des bestioles ne me suit pas. C’est le ruisseau de la Pinède. Ici calcaire à souhait et ressemblant mais en miniature au Verdouble du côté du Moulin de Ribaute. Du fait, de cette miniaturisation et de la saison, l’eau n’y coule plus et stagne dans une petite cuvette. Les algues vertes l’ont déjà bien envahie avec par endroit une épaisseur impréssionnante. Dany avait raison, il y a bien des bestioles mais pas du tout celles auxquelles elle a pensé , du style araignées ou au pire tiques accrocheuses. Non, elles se résument à plusieurs grenouilles posées sur un tapis d’algues mousseuses et à des « Libellules déprimées (Libellula depressa) » qui hésitent à se poser sans doute de peur de jouer leur vie sur ce tapis vert grenouillant. D’autres libellules se posent moins de questions et se perchent en hauteur quel que soit le support qui se présente à elles. Après plus de 10 minutes et quelques photos satisfaisantes, nous repartons et continue notre bonhomme de chemin. Peu après, ce chemin se sépare en deux et des panonceaux directionnels proposent soit de partir à gauche vers un « genévrier cade tricentenaire » et « Les Pausades » soit vers la droite pour retourner vers « le Moulin de la Cascade ». Le vieil arbre trouve grâce à nos yeux. Il est d’ailleurs vite là, son énorme tronc brun clair, lisse mais sillonné et ridé comme une vieille pomme apparaissant au bout d’un corridor végétal. Fabuleusement campé dans la terre, il ressemble, vu de loin, à un monarque sur son trône entouré de sa cour royale. Sauf qu’ici, cette cour encombrante est composée de chênes kermès, de bruyères arborescentes, de filaires et de redouls. Il faut s’en approcher au plus près pour prendre conscience des années de galère et de souffrance (terre pauvre, vent, neige, froid et foudre) qu’il a dû affronter pour obtenir cet aspect si tortueux de la tête au pied. Désigné « Arbre de l’Aude » en 2016, il a bien mérité cette consécration. Après cette magnifique découverte et un tronçon du sentier un peu délicat, nous parvenons à la route D.40. Une pauvre couleuvre de Montpellier a choisi le mauvais moment pour traverser. Elle gît bien écrasée au bord de la route, à quelques centimètres seulement de ce qui aurait pu être son échappatoire. Triste ! Quelques mètres sur l’asphalte et un large chemin monte à droite et dans une pinède au sein du lieu-dit « Les Pausades ». Une seule maison que l’on laisse sur la gauche et l’agréable chemin fleuri continue parfois encadré de hauts murets. Il est agréable aussi car circulant dans des décors variés et offrant de temps à autre des panoramas sur des paysages plus lointains. A hauteur, de « La Serre Nègre », le sentier bifurque et devient nettement plus caillouteux en descendant vers Durban. Là, au bout de 300 à 400m de descente, nous évitons d’aller au village et bifurquons de nouveau à gauche sur une chemin qui nous amène vers les lieux-dits « Chamma » et « Roque En Bac ». Toujours des fleurs à profusion parmi lesquelles une jolie Ophrys abeille jamais recensée auparavant. Elle viendra s'intégrer ce jour-là à un lot de 3 fleurs jamais encore vues ni photographiées. Exceptionnel ! Nouvelle pinède et nouvelle descente, mais cette fois-ci sur le bitume du Chemin du Belvédère et de la rue de la Garrigue. Au sein de superbes villas, notre balade tire à sa fin. La fin ressemble au tout début car on retrouve « la Fête Paysanne » avec ses chapiteaux, ses stands et ses abondants visiteurs dont le plus grand nombre est attablé à manger et à boire. Il est 13h30. Si ce matin nous avions trouvé l’endroit déjà amplement peuplé, tout ce joli monde a été multiplié par 10, un incroyable brouhaha qui va avec de surcroît. Si Dany est simplement attirée par quelques sacs en cuir de veau et moi par de grosses miches de pain traditionnelles et artisanales très sympathiques à regarder et sans doute à savourer, nous traversons la fête sans trop nous y attarder et surtout sans rien dépenser. Dany n’a pas besoin de sac et moi j’évite de manger trop de pain aussi bon soit-il. Nous reprenons la voiture, direction le château des seigneurs de Durban où nous retrouvons un peu de calme. Nous y croquons quelques cookies sur une aire de pique-nique avant de partir visiter le château. Finalement, c’est au pied du château et dans un pré entouré d’un grillage que notre affect va en prendre un coup. Ce coup a les traits d’un âne solitaire que j’ai cru bon d’appeler avec des « claps », consistant à poser la langue au fond du palais avant de la retirer d’un coup sec. L’âne planté au milieu du pré arrive immédiatement vers moi mais finalement reste à bonne distance. A-t-il peur du grillage qui serait électrifié ? Non, je vérifie, il ne l’est pas. Il hésite à venir mais je sens bien qu’il en a envie. Il est vrai que je n’ai rien à lui donner hormis des caresses. Alors j’insiste, je lui parle avec douceur, et finalement il s’approche venant heurter le grillage de son naseau. Alors je le caresse et là je sens bien qu’il est en manque d’affection et de câlins et qu’il en redemande. Il bouge constamment sa tête et me prête constamment son flanc pour toujours plus d’attentions. Dany, qui de loin, aperçoit le manège, s’approche et le caresse à son tour. L’âne se pique au jeu, toujours plus empressé de pencher sa tête et son flanc vers nos mains qui n’ont de cesse de le cajoler. Pourquoi tant d’intérêts pour ce petit âne que l’on ne connaissait pas quelques minutes auparavant ? Parce que j’ai beaucoup lu à propos des ânes et que je sais qu’ils sont très intelligents, qu’ils ne supportent pas de rester seul et encore moins les mauvais traitements. Ils ont de surcroît besoin d’un espace suffisant assez important, or ici est-ce le cas ? Je ne saurais le dire. Méfiants, ils n’accordent leur confiance qu’après s’être assurés qu’il n’y a aucun risque. Or cet âne, malgré des conditions de vie précaires évidentes, m’a fait confiance très vite et ça c’est un signe de reconnaissance qui ne m’a pas trompé. Ses oreilles se sont soudainement redressées, signe que tout allait bien mieux pour lui. Comme tout être isolé, il a eu besoin que l’on s’intéresse à lui. Au bout de 10 minutes, c’est donc à regret que nous le quittons alors qu’il s’y attend le moins. Mais comment faire autrement à part avoir les yeux embués de cet abandon si morose ? Peut-être a-t-il versé une larme lui aussi ? Non, ce n’était pas jour de « fête » à Durban-Corbières en ce 18 mai 2025 pour ce petit âne si adorable. Telle qu’expliquée ici, cette balade pédestre a été longue de 4.8km à 5km environ. J’avoue ne pas avoir pris de mesures ce jour-là, sachant qu’elle serait courte et plutôt bien balisée au regard des renseignements lus sur le Net. Il faut savoir qu’elle est la fusion de plusieurs petites randonnées qui peuvent être accomplies individuellement et que vous n’aurez aucun mal à trouver sur le Net et sur le terrain. Merci à Erika et à son site agrémenté de belles photos, naturalistes entre autres, qui m’ont donné envie d’accomplir cette belle petite balade audoise. Carte IGN 2547OT Durban-Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25.
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