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Le Sentier du Barrage sur l'Agly depuis Cassagnes (66)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons interprétées par le ténor britannique Paul Potts. Elles ont pour titres : "Sei Con Me" (There For Me) accompagné de la chanteuse soprano Hayley Westenra, "Senza Luce" (A Whiter Shade of Pale de Procol Harum), "What a Wonderful World" (de Louis Armstrong) accompagné par le Yomiuri Symphony Orchestra et "Nella Fantasia" (d'Ennio Morricone et Chiara Ferraù)

Le Sentier du Barrage sur l'Agly depuis Cassagnes (66)

Le Sentier du Barrage sur l'Agly depuis Cassagnes (66)

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

C’est lors du récent « Tour du Lac de Caramany » réalisé le 6 mars dernier que j’ai eu connaissance de ce « Sentier du Barrage sur l’Agly ». En effet, c’est en lisant un grand panneau situé sur l’esplanade jouxtant le remblai du barrage que j’ai eu connaissance de cette randonnée au départ du village de Cassagnes. Les 6km qui étaient mentionnés correspondant parfaitement à ce que Dany était à même d’accomplir, je ne voyais aucune raison de ne pas la faire ou de la remettre à plus tard. En ce 3 mai totalement printanier ; car avec un grand ciel bleu lessivé de tout nuage ;  nous voilà déjà à pied d’oeuvre sur un petit parking adjacent au cimetière de Cassagnes. Si nous avons le choix de démarrer de là ;  plutôt que de la rue des Hyères située au centre du village comme l’indique le topo officiel ; c’est que l’endroit nous a paru plus accessible et plus simple. Plus simple pour garer la voiture et plus simple aussi car immédiatement sur le bon chemin. Cette balade étant courte et comme en sus nous envisageons de piqueniquer, il est 10h30 quand nous démarrons. Bien évidemment, et comme je le fais à chaque randonnée, j’ai analysé les cartes IGN et les vues aériennes Géoportail car ça permet de se faire une petite idée du terrain et des décors  que l’on va cheminer. Ici, pour faire simple, le parcours circule tout autour d’une colline dont le nom est « Las Rocas d’En Barraut ». Elle est composée à la fois de quelques vignobles, à un degré moindre de vergers quand au reste de l’espace, broussailles et boqueteaux se le partagent.  La météo est tellement clémente qu’après avoir démarré en tee-shirts et pantalons longs, nous optons très vite pour une tenue plus légère. Pour cela rien de plus simple que d’ôter une fermeture-éclair afin de transformer le pantalon long modulable en un short plus rafraîchissant. Cette tenue nous conviendra tout au long du parcours. D’emblée et comme toujours, un « wagon » de fleurs printanières m’arrête tous les 2 mètres. Dany, elle, marche à son rythme mais elle m’attend dès lors qu’une intersection se présente car bien évidemment elle n'a aucune connaissance du parcours et pas de GPS. Elle s’arrête aussi pour écouter le chant des oiseaux et me demande si je les connais. Comme j’en connais certains mais d’autres non, j’utilise l’application BirdNET que j’ai sur mon smartphone pour les identifier. C’est ainsi que malgré un mélange hétérogène de chants, nous arrivons quand même à savoir qu’il y a surtout des pinsons, des rossignols et des mésanges. Par chance mais aussi avec un peu de patience, je vais réussir à photographier les 2 premières espèces mais aussi quelques autres tout au long du parcours. Si les oiseaux sont à l’honneur mais souvent difficiles à immortaliser, je me rattrape avec quelques criquets et surtout des papillons. Si j’en vois des plutôt communs, il y en a aussi des plus rarement visibles. C’est le cas des Proserpines mais surtout des Damiers de la Succise que je n’ai vu qu’assez rarement jusqu’à présent. Pourtant dieu sait si j’en ai fait des kilomètres à courir derrière toutes sortes de papillons pour les immortaliser.  Or ici, les Damiers de la Succise qu’on appelle aussi Damier des Marais sont très présents et même en assez grand nombre. C’est bien la toute première fois que j’en vois autant et comme je sais qu’il peut y en avoir des bien différents avec des colorations et des motifs variables, je photographie tous ceux qui se laissent approcher. Je le fais avec d’autant plus d’entrain que je sais aussi que ce papillon figure sur la liste rouge mondiale des espèces menacées et qu’il est en voie de disparation dans certaines régions et pays.  Autant vous dire que cette balade m’est hautement agréable car mon appareil-photo est constamment mis à l’épreuve, les fleurs étant nombreuses et extrémement variées. Elle est d’autant plus agréable que les décors et paysages environnants sont également plutôt chouettes. Ils vont l’être encore bien plus dès lors que le lac et son barrage deviennent nettement plus visibles même si très souvent au-dessus du lieu-dit La Devèze la végétation assez dense constitue un obstacle. Le pique-nique est si agréable aussi que l’on s’éternise bien au-delà du seul intérêt de manger. Il est vrai que le oiseaux continuent à être nombreux qu’ils soient sédentaires ou de passage. Je passe donc une belle partie du déjeuner à tenter d’en figer quelques-uns, mais ce n’est jamais facile même en utilisant tous mes appeaux. Quant à Dany, allongé sur un tapis de ramilles qu’elle a pris soin de couvrir d’une polaire, elle profite de la douce chaleur des rayons du soleil. On se remet en route presque contraints. Les décamètres défilent sans qu’on se lasse de marcher et quand un carrefour se présente doté d’ un panonceau nous annonçant une aire de pique-nique « Le Bousquet », je sais que Cassagnes n’est plus très loin. En effet, j’ai suffisamment analysé le parcours sur la carte IGN Géoportail pour en connaitre les quelques rares mentions que j’ai pu y déceler. Nous finirons cette jolie balade comme nous l’avons commencée, c’est-à-dire en flânant et en traversant Cassagnes, mais en évitant ainsi une partie du tracé original contournant le village. Traverser Cassagnes d’un regard curieux nous paraît plus divertissant et surtout plus captivant afin de découvrir son patrimoine. Quelqu’un a dit «  la curiosité est un vilain défaut mais un défaut permettant de progresser sur la voie de la connaissance ». Alors connaître Cassagnes est un choix presque manifeste. Et comme le village a conservé un beau patrimoine historique mais est aussi un véritable petit paradis paisible pas étonnant que son nom rime avec « cocagne ». Oui, Cassagnes, un pays de cocagne ! De plus ce barrage (et son lac) que l'on appelle le plus souvent de "Caramany" ou de l'Agly est en réalité situé sur la commune de Cassagnes. Les Cassagnols, très sympas, n'ont jamais râlé de ce "vol manifeste" ? Cette balade telle que je l’explique ici  a été longue de 6,4km. Les montées cumulées de 354m. A 364m d’altitude, le départ que nous avons choisi proche du cimetière est le point le plus haut. Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt top 25.

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La Boucle de la Combe Redonde à Port-la-Nouvelle

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 morceaux de musique extraits d'une playlist YouTube intitulée "Baroque Mix". Ils ont pour titres et interprètes : "Emotional Violins"  de Rafael KruxDavid Krulic y Orchestralis"Piano Passacaglia" de Mango Audio"Baroque Harpsichord and Strings" de Rafael Krux, David Krulic y Orchestralis et "Violinist Playing in the Snow" de Oleg Semenov.

La Boucle de la Combe Redonde à Port-la-Nouvelle

La Boucle de la Combe Redonde à Port-la-Nouvelle


 

Après le calcaire du « Sentier du Charbonnier », 7 jours plus tard, j’avais décidé de partir randonner vers celui de « La Combe Redonde »(*), boucle au départ de Port-la-Nouvelle que j’avais découverte en 2014 lors d’un inoubliable « Tour pédestre du Golfe Antique » en 3 jours. Oui, en ce 24 avril 2023, printemps oblige, j’avais décidé de rester dans les Corbières et la garrigue. Ici, cette dernière est prénommée « Haute ». La Garrigue Haute. Bien qu’ayant toujours eu un mal fou à identifier cartographiquement les limites du Massif des Corbières par rapport à leurs différents qualificatifs ;  on trouve tellement d’appellations avec « orientales », « occidentales », « centrales », « basses », « hautes », « méridionales », « maritimes », « catalanes », « du Languedoc »  « d’Alaric », j’en passe et des meilleures ;  j’allais passé grosso-modo des Basses-Corbières aux Corbières dites maritimes. En descendant ainsi de quelques échelons altimétriques, j’avais l’espoir d’y découvrir une faune,  et surtout une flore, quelque peu différentes à celles du Sentier du Charbonnier, déjà si riches. Car là elle était mon idée première : recenser d’autres fleurs, nouvelles ou pas,  mais insolites de préférence, et bien sûr en photographier un maximum. En effet, contrairement à l’idée qu’on peut se faire du calcaire avec ses sols aux aspects secs et donc arides, d’innombrables plantes s’y complaisent en permanence et bien d’autres adorent y pousser le printemps venu. C’était donc cette flore-là, de ce calcaire-là, que j’avais bien l’intention de découvrir en choisissant cette boucle.  Ici, ce calcaire, c’est celui du Massif des Corbières, datant du Crétacé dont le nom trouve son origine dans le mot latin « creta » signifiant «  craie » , roche sédimentaire calcaire comme chacun sait. Quant à cette « Combe Redonde », avant de partir j’ai essayé de savoir un maximum ce que l’on disait d’elle et ç’est comme ça que j’ai appris qu’il s’agit en fait à la fois d’une doline (*) mais également d’un ruisseau, les deux géologies étant peu éloignées l’une de l’autre. Le fond de la doline est désormais occupé par une vigne et les abords du cap Roc qui la domine sont truffés d’une bonne dizaine de blockhaus mais la boucle en question n’y passe pas. Quant au ruisseau situé un peu plus au nord,  j’ai appris que des « carriers » (*) y avaient vécu au début du siècle dernier afin d’extraire du marbre mais ils ont aussi activement participé à produire des moellons pour la construction, des bordures de trottoirs, des mausolées sans oublier la construction des jetées et autres digues du port de la ville. Voilà ce que j’ai appris de ce secteur que je vais partir découvrir. Si côté « idées », « objectifs » et « infos à connaître »,  les boucles sont bouclées, celle de « La Combe Redonde » reste  à accomplir. Il est 9h15 quand je range ma voiture sur le parking du lieu-dit « La Combe des Buis ». Je connais bien les lieux car outre mon passage lors de la dernière étape du « Sentier du Golfe Antique », j’étais revenu avec Dany en décembre 2021 lors d’une autre balade intitulée « La Boucle de la Garrigue-Haute et des Eoliennes depuis Port-la-Nouvelle. » Alors bien sûr, qui dit « décembre » dit « hiver » et qui dit « hiver » dit « flore très restreinte ». Cette fois, ce n’est pas du tout le cas. Des fleurs, il y en a partout et avec une incroyable variété. J’en photographie tellement que je ne vois pas l’instant où je pourrais démarrer cette balade. Finalement, je me dis que des fleurs il y en aura bien d’autres ailleurs, alors je file en direction de la table d’orientation que je connais déjà fort bien mais qui présente l’avantage d’offrir un panorama unique sur Port-la-Nouvelle, la mer et tous ses alentours proches ou lointains quand il fait beau. Finalement, et après ces quelques décamètres, je constate que la plupart des fleurs vues au départ sont là aussi un peu partout. Je démarre enfin. Elles se raréfient un peu, certaines disparaissent mais d’autres continuent à être bien présentes. C’est les cas de jolies asphodèles mais aussi des ails roses et des aphyllantes de Montpellier. Comme j’ai déjà pas mal rempli la mémoire de mon appareil-photo, j’en cherche des différentes, des nouvelles voire des carrément moins visibles. Il faut dire qu’ici or mis d’être aux aguets de la Nature, il n’y a pas grand-chose à découvrir d’autre. La table d’orientation, quelques vestiges en béton plus ou moins disséminés de l’occupation allemande lors de la seconde guerre mondiale, de rares ruines et les murets avachis d’un agropastoralisme désuet et surtout des postes de chasse. Alors là des postes de chasse, je vais en voir. ça ira du plus rudimentaire élevé en pierres sèches au plus confortable avec siège capitonné et moquettes en guise de parures mais surtout de chausse-trappes. S’il y a tant de postes de chasse, c’est parce que ce plateau calcaire de la Haute-Garrigue est bien connu pour être le lieu de passage migratoire parmi les plus  « top » de toute l’Aude ou presque. Je ne parle pas bien sûr d’une immigration humaine mais d’une avifaune très diversifiée se chiffrant parfois en milliers d’individus dont malheureusement beaucoup n'arrivent jamais à destination  car trucidés par les chasseurs. Sans compter bien sûr les sangliers qui n’ont aucun mal à trouver refuge dans ce dédale karstique et végétal. Alors bien sûr,  si photographier des sangliers m’intéressent,  en voir restent très aléatoires, et de ce point de vue, les oiseaux et les papillons font partie de mes desseins un peu plus accessibles. Autant l’avouer, la chance m’a souri une fois de plus,  mais parfois je me demande  si marcher en étant en permanence aux aguets de quelque chose comme je le suis n’est pas « générateur » et donc finalement « productif » ? Fleurs en grand nombre, des papillons et des oiseaux, quelques tarentes et des criquets toujours très craintifs, voilà la faune qui a été visible au cours de cette agréable balade printanière. Pour le reste, on découvre vers la fin du parcours les anciennes carrières que l’érudit audois Marc Pala nous décrit avec force détail dans ses « Archives du sensible ». Si ici, les carrières sont faites de calcaire et de marbre, ses archives à lui sont des mines d’or culturelles que l’on ne se lasse pas de lire tant on y  apprend de choses. Des « choses » qui présentent l’avantage d’être très souvent liées à des balades pédestres possibles. Ce fut le cas ici. Grâce à lui et au botaniste Olivier Escuder, qui une fois encore m’a bien aidé dans la détermination de toutes mes fleurs, je n’ai pas « marché idiot » et comme là aussi était mon intention, j’ai terminé cette balade amplement satisfait. Je ne l’ai pas mesurée personnellement avec mon GPS mais de manières assez étranges on trouve sur le Net bon nombre de distances bien différentes allant de 7,5km jusqu’à de 10,5km. Alors, j’ai mesuré le parcours tel que je l’ai réalisé à l’aide de mon logiciel CartoExploreur et voilà les principales données obtenues : distance parcourue 8,6km incluant mes quelques « sorties de route » (table d’orientation, postes de chasse, vignoble). Points les plus élevés 90 à 91m environ, point le bas 2  à 5 m environ soit un dénivelé approximatif de 86 à 82 m. Carte IGN 2547OT Durban-Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25.

(*) Combe Redonde : Si j’ai commencé par m’intéresser à la toponymie du « mot » Redonde, j’avoue ne pas avoir chercher longtemps pour trouver la bonne explication que l’on peut résumer par le mot  « rond ». L’occitan et le portugais (redonda),  l’espagnol (redondo au masculin ou redonda au féminin) en sont les plus proches phonétiques.  Le remarquable site « vousvoyezletopo » explique tout ça en détail bien mieux que je ne pourrais le faire.  J’ai ensuite très vite perçu que la Redonde avait un lien très étroit avec la géologie, le mot « combe » le précédent ne laissant planer aucun doute à ce sujet. Toutefois, si les principale cartes IGN classiques et topographiques mentionnent le ruisseau, celles mentionnant la doline située plus au sud sont à chercher dans les plans IGN que j’utilise peu ou carrément jamais sur le Net (Géoportail). C’est d’ailleurs de cette dernière façon que je l’ai trouvée sur le site suivant : https://www.yumpu.com/en/document/read/54787177

Alors certes ce site-là évoque le Cap Romarin dans son ensemble et ses proches alentours, il est également un peu plus technique mais on y apprend pas mal de choses sur le plan géologique, historique et anthropologique.

Enfin plus intéressante encore ; enfin pour moi ;  fut la lecture du texte écrit par Marc Pala à propos des  « carriers de la Combe Redonde » qui vivaient là à proximité du ruisseau dans la première moitié du 20eme siècle. C’est d’autant plus intéressant que l’itinéraire de la boucle y passe tout près et permet de fixer visuellement les décors et ainsi de les rapprocher de la lecture préalable. On se souvient donc du cabanon délabré, du grand mur, espèce de grande rampe qui y monte, des grottes à portique, des murets, des anciennes carrières, etc…..Autant d’éléments permettant de s’imaginer une vie d’antan. Oui, cette Combe Redonde est restée dans ma tête comme une « redondance » bien après la fin de cette jolie boucle. J’espère que cette « redondance »  m’aura permis de ne rien oublier.  

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Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet)

Publié le par gibirando

Afin de rendre hommage à l'immense compositeur américain Burt Bacharach décédé en février dernier (sans oublié le parolier Hal David), j'ai agréménté ce diaporama de six de ses chansons. Elles ont pour titres et interprétes : "Raindrops Keep Fallin' On My Head"/B. J. Thomas, "This Guy's In Love With You"/Herb Alpert & The Tijuana Brass, "Arthur's Theme (Best That You Can Do)"/Christopher Cross, "What The World Needs Now Is Love"/Jackie DeShannon, "Alfie"/Vanessa Williams, "A House Is Not a Home"/Luther Vandross (version incomplète). 

Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet)

Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet)

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C’est en 2020 et au cours d’une balade que j’avais intitulée « Le Circuit de la Tirounère depuis St-Paul-de-Fenouillet » que j’avais découvert le départ de ce « Sentier du Charbonnier » et par là-même cette randonnée. Alors bien évidemment, je m’étais empressé d’aller voir sur le Net ce que l’on disait d’elle. Là, de prime abord, 2 éléments me rendirent quelque peu circonspect et je m’interrogeais quant à l’opportunité de la réaliser un jour. Le 1er élément était que de nombreuses personnes qui l’avaient faite l’avaient jugée difficile. De ce fait, à 71 ans, j’étais assez songeur même si la distance de 9 à 12 km ; selon les différentes versions ; ne m’inquiétait pas trop. En observant la carte IGN et la vue  aérienne correspondant au tracé, , ce que je craignais c’était toutes ces formations calcaires très découpées qu’il y avait à l’ouest des Gorges de Galamus. Si celles situées à l’est ne m’étaient pas inconnues, les ayant déjà approchées à diverses reprises lors de randonnées (*), celles-ci entaillées par la Coume de Tiols et son ruisseau restaient à découvrir.  Un petit tronçon muni d’une corde servant de garde-fou était souvent évoqué ajoutant un supplément de crainte car j’avais conscience que mes pieds n’avaient plus l’assurance de leurs 20 ans.  Le 2eme élément concernait la randonnée elle-même et le titre de « Sentier du charbonnier » qui lui avait été octroyé dont personne ne disait jamais rien. C’était d’autant plus troublant que même la Communauté des communes Agly-Fenouillèdes qui avait produit une fiche-rando N°26 restait totalement muette à ce sujet, évoquant brièvement "des sommets des Marches d'Espagne" et les Hautes-Corbières ? « Pourquoi du charbonnier ? » (**), cette question semblait n’intéresser personne ? De ce fait, ma crainte était qu’on ait créé un circuit de randonnée sans grand intérêt, seulement pour attirer les touristes et qu’un fonctionnaire en manque d’idées lui ait donné un nom totalement futile. Or « marcher idiot » et seulement pour l’aspect sportif n’était plus depuis longtemps le ressort de mes différentes sorties. Il me fallait bien d’autres arguments. Au regard de ces travers, je me suis mis en quête de chercher ce que l’on disait de ce sentier dans les nombreux topo-guides que je détenais dans ma bibliothèque. Et là ô surprise, aucun ne l’évoquait parmi les 60 ouvrages que je possédais. Pourtant ils étaient nombreux à évoquer ce secteur du pays Fenouillèdes et le Sentier Cathare, mais ce « Sentier du Charbonnier » était totalement oublié. Pourquoi ? C’était un frein de plus assez inattendu surtout quand on sait que de nombreux ouvrages reprennent assez souvent les mêmes randonnées. Pourquoi celle-ci était totalement absente ? Je ne trouvais pas de réponse ! Finalement, il m’a fallu 3 années supplémentaires pour qu’une gentille amie sur Facebook, prénommée Marie-Noëlle,  arrive à me convaincre que cette balade pouvait être intéressante. En décrivant succinctement la beauté des décors et en amoindrissant les difficultés, j’étais désormais convaincu que je pouvais la faire. En tous cas, malgré mes 74 ans, je  me sentais prêt. Il est vrai qu’une jolie nouvelle que je venais de lire évoquant un peu les lieux et  s’intitulant « Le sauvage en personne » de l’ethnologue et anthropologue Daniel Fabre avait fini de me convaincre.  De surcroît, la botanique, la Nature et l’Histoire y tenaient une place persuasive.  J’avais donc décidé d’attendre le printemps afin d’avoir entre les mains tous les atouts que la Nature des Corbières pourrait m’offrir. Météo France annonçant un anticyclone, le jour « J » est fixé au 17 avril,  et bien sûr en solitaire car quoi qu’il en soit, le terrain aux reliefs calcaires accidentés et la distance ne sont pas compatibles avec les tendons trop souvent douloureux des hanches de Dany. Il est 9h quand je laisse ma voiture sur la route à proximité de La Tirounère. Je démarre avec une "foi de charbonnier". Je connais désormais parfaitement les lieux. D’emblée, et avant même quelques pas vers la ligne de départ, des fleurs freinent mes bonnes intentions. A la Tirounère, je suis surpris de voir qu’une nouvelle passerelle a été installée permettant le passage sans problème de l’Agly. Voilà déjà longtemps que le projet était dans les cartons depuis que la précédente avait été emportée par une crue en 2014. Je m’y arrête quelques instants et constate que les poissons sont bien plus nombreux qu’en 2020 où je m’étais baigné lors de ce fameux  « Circuit de la Tirounère ». Sans passerelle, j’étais facilement passé à gué avec de l’eau aux genoux. Après quelques photos, je  me décide à démarrer me promettant d’y revenir au retour.  D’emblée, la pente raide de l’étroit sentier met mon palpitant à l’épreuve. Par bonheur, les fleurs printanières sont nombreuses et les photographier est une excellente raison de reprendre mon souffle. Mon cœur s’assagit au même rythme que le parcours qui peu à peu devient beaucoup moins incliné même si la calcaire reste constamment omniprésent. Alors que je grimpe vers La Balme, pensant être tout seul, un gilet pendu à une branche ne manque pas de me surprendre. Finalement, ce n’est que 100m plus loin, et un peu plus haut, qu’un homme accompagné d’un chien se présente devant moi. Il redescend et je monte. Après le bonjour d’usage, je lui demande « le gilet accroché à la branche est à vous ? ». Il me répond « oui », rajoutant qu’il trouve qu’il fait excessivement chaud. J’acquiesce. Sur le ton de la plaisanterie, je lui dis, « vous avez de la chance, il me plaisait bien et j’ai failli vous le piquer ! ». Il rigole de ma blague.  Je crois comprendre qu’il essaie de trouver des asperges sauvages mais que ce n’est pas génial. Après quelques brefs échanges sur nos activités du jour, il me souhaite bon courage et lui rend la pareille. Quelques mètres plus haut, en voyant les beaux panoramas qui s’entrouvrent, je prends déjà conscience avec satisfaction de la déclivité déjà accomplie. Dans le creux du ravin, au pied d’une falaise, l’ermitage Saint-Paul de Galamus apparait. Au-dessus, ce sont les contreforts du  Pech d’Auroux que j'ai eu l'occasion de gravir à plusieurs reprises. En bas,  là où j’ai laissé la voiture,  la route parallèle au  vallon où coule l’Agly ressemble à un vermicelle. Malgré tout le calcaire environnant, la végétation est dense et de n’importe quel côté où l’on regarde tout est très verdoyant. Je ne connais pas la suite mais suis très heureux d’être déjà là. Quand la bifurcation « Paradet » et « Camps » se présente, je sais déjà que c’est la seconde qu’il faut emprunter. Ici l’élévation supplémentaire accomplie offre une belle  vue vers Saint-Paul-de-Fenouillet et les  plaines alentours. Le sentier redescend un peu puis parvient à cette portion agrémentée d’une corde que j’appréhendais beaucoup mais que Marie-Noëlle avait à juste titre minimisée. Finalement si la corde peut s’avérer utile en terme de sécurité, je constate que je m’en faisais tout un monde sans vraie raison apparente. Il est vrai qu’en vieillissant, je suis désormais sujet au vertige. Certes, la roche est assez pentue à cet endroit-là mais je me souviens en avoir arpentées maintes et maintes fois dès bien plus compliquées que ça et notamment dans les calanques marseillaises au temps de ma jeunesse. Je passe donc assez facilement même si mon attention est de mise car je sais qu’à mon âge je n’ai plus la dextérité et l’assurance de mes jeunes années. Pour avoir plusieurs fois regardé la carte IGN administrative, je sais que la frontière P.O/Aude est juste là. Pourtant rien ne change et ne le laisse imaginer. Moralité : je comprends mieux pourquoi l'administration semble parfois insaisissable.  Peu après,  et par je ne sais quel miracle, si ce n’est la belle présence de jasmins jaunes, de cistes et de coronilles, de nombres papillons s’égayent dans ce secteur. Si la plupart sont assez communs et visibles quelques mois dans l’année car univoltins, les jolies et rares  Proserpines n’ont pas cette chance. Elles sont univoltines, c’est-à-dire qu’elles n’ont droit qu’à une seule génération annuelle.  Des papillons seront visibles jusqu’à la fin mais des Proserpines, je n’en verrais que deux. Le sentier atteint le ruisseau de la Coume de Tiols bien plus vite que je l’avais imaginé. Encombré assez souvent de gros blocs, le ruisseau devient chemin. Par bonheur, quelques tronçons sont parfois plus praticables grâce à de hauts buis faisant office de boucliers. De manière assez surprenante, quelqu’un a installé un livre d’or à même le sentier. J’y laisse une courte bafouille de mon passage. De temps à autre, le sentier sort du ruisseau et permet ainsi d’avoir une meilleure idée des paysages environnants. Les fleurs et les papillons continuent de m’arrêter. Les oiseaux sont bien là aussi,  comme le prouvent leur chant mais les voir est déjà une gageure quant à les photographier c’est carrément une loterie avec peu de chances de gagner tant les frondaisons qui les abritent sont touffues ! Il me faudra attendre de sortir de là, d’avoir un peu de chance, de me mettre quelquefois à guet pour réussir quelques photos d’oiseaux. C’est ainsi que bien trop absorbé à mes photos, je sursaute à l’arrivée soudaine dans mon dos d’un jeune homme en train de courir.  Lancé dans son trail, le temps d’échanger un bonjour, et telle une fauvette furtive,  il a déjà disparu dans ce dédale de roches et de végétation. Dès lors que le vallon se fait plus ample et moins encaissé, le sentier change de sol devenant plus herbeux. Là, je comprends que j’en ai vraiment fini avec le calcaire et le ruisseau. D’ailleurs, les fleurs à photographier changent aussi avec de nouvelles espèces fréquentant les pelouses : pâquerettes, pissenlits, potentilles, hélianthèmes, orchis, anémones, narcisses.  Il y a aussi beaucoup d’arbres à fleurs blanches. De très nombreux poiriers à feuilles d’amandier mais aussi quelques cerisiers de Sainte-Lucie et bien sûr des prunelliers.  A hauteur d’une cabane en tôles ondulées, je me décide à tourner à droite pour partir vers le col d’En Calve. Un large chemin monte vers ce col. Ceci n’est pas une entorse au parcours initial mais un supplément qui selon de nombreux témoignages méritent le détour.  C’est ainsi que j’ai atteint un large col herbeux puis qu’à l’aide de mon GPS et du tracé que j’y avais enregistré, j’ai facilement trouvé le sentier qui sur la droite m’a entraîné vers le lieu-dit « Frigoula ». Le lieu-dit consiste en plusieurs petites collines quelque peu escarpées mais accessibles où des vues grandioses se font jour presque de tous côtés : Massif du Canigou, Pech de Bugarach, Gorges de Galamus, Roc Serret,  Pech d’Auroux, La Quille, Vallon de Tiols, Roc del Nissol,  Forêt du RialsesseCubières et son joli moulin où nous avions fêté les 60 printemps de Dany. Pour être franc, j’aurais pu monter légèrement plus haut mais les altitudes les plus élevées étaient aussi les plus végétalisées. J’ai donc trouvé un bon compromis où j’ai choisi de pique-niquer avec vue vers le Canigou, la Vallée de la Boulzane et Saint-Paul-de-Fenouillet avant de refaire le chemin en sens inverse soit un aller et retour de 4km environ. Là, tout devint plus simple et la chance fut enfin avec moi car je réussis à photographier quelques volatiles plutôt nombreux dans cette portion jusqu’au Pla de Lagal. D’abord plus simple,  parce que le parcours est plus praticable et donc plus facile à cheminer au moins jusqu’à atteindre le Pla de Moulis mais aussi parce que j’en connaissais une belle partie. Là, on retrouve encore beaucoup de calcaire mais les chemins et sentiers sont plus « roulants »  Ce tronçon a  été d’autant plus facile pour moi que je l’avais déjà accompli en 2011 lors d’un mémorable Tour du Fenouillèdes en 5 jours avec mon fils. J’ai marqué un long arrêt à hauteur du calvaire en hommage à l’instituteur Moulins Artene car l’histoire du décès de cet homme que j’avais lue sur Internet m’avait vraiment marqué.  Il paraît qu’il serait mort de froid au cours d’une tempête de neige pour être allé chercher du secours à Saint-Paul de Fenouillet pour venir en aide à  un enfant malade de Camps-sur-Agly. Il est donc mort lors d’un acte d’héroïsme qui plus est pour sauver la vie d’un enfant. Si la fin de cette balade fut moins « géniale » sur le plan météo, le ciel devenant excessivement laiteux, grâce à une Nature encore très présente, elle demeura bien agréable pour moi. Une fois encore, cette randonnée m’a offert ce que j’étais venu chercher : la Nature avec un grand « N » ! Force est de reconnaître que j’avais des idées « noires » à propos de ce « Sentier du Charbonnier » et ma crainte de le réaliser était de revenir « noir » !  Mais finalement, je l’ai terminé « débordant » de couleurs, comme quoi le philosophe Gaston Bachelard avait raison quand il a dit que « le noir est le refuge de la couleur ». La distance parcourue a été de 11,8km. Les montées cumulées de 747m. Quant au dénivelé, il a été de 449m entre le point le plus élevé à 727m non loin du Roc del Nissol et le plus bas à 278m à la Tirounère.  Carte IGN Tuchan – Massif des Corbières top 25.

(*) Mes autres balades dans le secteur : 

 

(**) Les charbonniers en Fenouillèdes et Pyrénées : Comme indiqué dans le récit de ma balade, personne ne dit rien à propos du nom donné à ce sentier. Pourquoi du « charbonnier » ? Cette question restera un  mystère. En tous cas or mis un tout petit casot en tôle ondulée pas suffisamment ancien et un semblant de mur en pierres, je n’ai rien vu au cours de ce parcours qui pourrait ressembler de près ou de loin à une ancienne charbonnière voire à une vieille marmite en métal comme on en trouve encore dans la Nature en Fenouillèdes et plus généralement dans nos belles Pyrénées. Ces charbonnières ou ces marmites servaient à la fabrication du charbon de bois, combustible connu pour diverses utilisations depuis l’Antiquité mais qui connut son heure de gloire à partir du 17eme siècle dès lors que le procédé technologique des forges dites « catalanes » prit son envol industriel dans toutes nos montagnes. Car si ici on évoque les Pyrénées, le procédé a aussi été utilisé dans les autres montagnes françaises. A cette époque, du 17eme au 19eme siècle, la  fabrication du charbon de bois, et par là-même sa consommation ; furent si gigantesques que nombres de nos forêts finirent amplement décimées. Au fil du temps,  les  déboisements étaient tels qu’aucune essence ne résistait à cette frénésie. Pour les charbonniers, tout était bon à brûler, des sapins aux bruyères en passant par les chênes, les hêtres, les buis et même les arbres fruitiers dès lors que la pénurie a commencé à se faire sentir. Même si rien n’est dit à propos des charbonniers, ni à  Saint-Paul-de-Fenouillet ni dans ses proches alentours ; le bourg étant plus connu pour ses croquants, ses objets en buis et ses pièges à loup que l’on fabriquait dans des forges ; il est évident que les collines autour de Galamus n’ont pas échappé à ce déchainement à fabriquer coûte que coûte du charbon du bois. Dans ce secteur, un seul toponyme peut nous laisser penser à d’éventuels « charbonniers », c’est le Pas de la Fumado (la Fumée), en aval du Moulin du Cubières-sur-Cinoble.  Malgré cette carence de noms,  l’on apprend sur certains sites Internet ; Fenouillèdes et Caudiès notamment et donc sans partir trop loin de Saint-Paul ;  que les charbonnières ont bien évidemment existé dans tous ces secteurs. Leurs vestiges sont encore visibles parfois, et à titre personnel,  il m’est arrivé plusieurs fois d’en découvrir au cours d’autres randonnées. Je me souviens par exemple d’une vieille marmite en métal vue non loin du col de Tulla. Il m’est arrivé aussi de tomber sur d’anciennes plateformes de brûlis plutôt nombreuses dans la forêt de Boucheville et dans les autres bois des proches alentours. Entre le 17eme et 20eme siècle, les charbonniers n’ont pas été les seuls à fréquenter nos collines et nos montagnes. Selon les lieux, on pouvait aussi  y voir des mineurs, des forgerons, des bucherons, des chaufourniers dont le travail à fabriquer le chaux était souvent lié à ceux des charbonniers. Tous ce travailleurs étaient assez souvent des migrants.  Les charbonniers étaient nombreux à venir d’Italie et paraît-il de la région de Bergame. Ils étaient saisonniers et nomades, le plus souvent plutôt pauvres, se déplaçant très souvent d’un employeur à un autre changeant de forêt comme il ne changeait pas de veste, le travail étant bien sûr très salissant. Si la veste dite du « charbonnier » continue d’être la mode, les charbonniers ont très longtemps marqué l’imaginaire. Ils étaient des hommes « noirs », se jouant du feu tels des diables et vivants dans leur forêt comme de véritables « sauvages », ce qui n’était pas tout à fait faux. Pourtant,  le savoir-faire était tel que l’on évoque parfois « l’art du charbonnier ». C’est ce qu’on fait Henri Louis Duhamel de Montceau dans un livre de 1761 mais aussi plus récemment Véronique Izard, chercheuse au CNRS dans un article de la Société Botanique de France, article que je vous conseille de lire si vous souhaitez en savoir plus sur l’Histoire des charbonniers des Pyrénées et leur métier. 

Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet)

Marmite de charbonnier près du col de Tulla.

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La Boucle "Autour de Montalba-le-Château"

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques originales du remarquable guitariste américain Walter Rodriguez Jr. Elles ont pour titre : "Much More""Ballad Road" et "Silent Call"

La Boucle "Autour de Montalba-le-Château"

La Boucle "Autour de Montalba-le-Château"

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

En ce 5 avril 2023, cette « Boucle Autour de Montalba-le-Château », que j'avais trouvée sur Visorando, ne devait être qu’une simple promenade. Dans nos esprits, les 5,5km à parcourir ne devaient servir qu’à ça. Marcher un peu, pique-niquer face à un merveilleux Canigou enneigé étaient nos principaux objectifs. Dès le départ, un ciel bleu denim, limpide car sans nuage et une douce météo conjecturaient favorablement nos bonnes intentions. Il est 10h30  quand nous rangeons notre voiture sur un parking de la route principale, en l’occurrence la D.17, mais dans le village. Alors que nous chaussons nos godillots, un gentil et vieux monsieur vient nous « tenir le crachoir ». Il parle en nous posant des questions, mais parle tant et tellement vite qu’il n’attend jamais les réponses que nous pourrions éventuellement lui faire. Finalement, il passe du coq à l’âne et je comprends qu’il a surtout envie de nous parler de lui et de sa vie à Montalba-le-Château. Alors tout en nous préparant, nous l’écoutons avec attention et ce pendant un bon quart d’heure, bien au-delà de notre préparation.  Quand je le coupe, c’est pour lui dire que nous devons partir randonner tout autour du village.  Alors il acquiesce,  se tait et s'en va poliment un petit sourire au coin des lèvres, sans doute heureux que nous lui ayons consacré un peu de notre temps. Nous empruntons la D.17, puis un peu plus loin nous la délaissons au profit de la rue du Roumenga. Si vous regardez des plans et des vues aériennes sur le Net, vous trouverez l’intitulé « Camps del Cami de Vinça » dans la continuité de la rue de Roumenga, qui elle part ensuite à droite. Enfin peu importe, c’est par cette voie-là très rectiligne que nous sortons de Montalba et la campagne est déjà là avec ses fleurs sauvages, ses nombreux passereaux puis quelques fermes et corrals où dans les prés mitoyens paissent plusieurs chevaux. Il y a même un corbeau qui vient jouer les curieux et des étourneaux sans doute sédentarisés qui batifolent tout autour des équidés. Après un portail donnant sur de grandes serres de couleur verte, l’itinéraire vire à gauche en un angle droit. A droite le domaine « le Roc » avec les serres citées ci-avant et à droite un vignoble.  Au milieu, un chemin de sable blanc d’où s’envolent de jolis chardonnerets. Très vite, des  champs en jachères puis la garrigue prennent le relais du vignoble. Les fleurs sauvages et les papillons saisonniers se font plus nombreux. On retrouve la D.17 que l’on poursuit à droite sur une centaine de mètres et que l’on quitte pour un autre chemin encore sableux lui aussi filant à gauche entre des chênes verts. Ce sable blanc beige que l’on va fouler tout au long du parcours n’est ni plus ni moins que le socle de dépôts sédimentaires lacustres datant des temps géologiques. Celui plus grossier que l’on trouve en général au pied des amas rocheux est le résultat d’une érosion relativement plus récente. Ici, la principale roche est le granite aux nuances de couleurs quelque peu différentes mais assez souvent un peu rosées. Sur la gauche, Montalba et son éminent château ne tardent pas à apparaitre. A droite, le Massif du Canigou saupoudré de neige. Sa vue donne à Dany des envies de déjeuner sur l’herbe, sauf qu’il faut encore trouver l’herbe « qui va bien ». C’est chose faite quelques décamètre plus loin en nous éloignant du parcours d’une bonne cinquantaine de mètres. Là, adossés à des bruyères arborescentes amplement fleuries et donc très parfumées, nous déjeunons sur l’herbe de nos gros pans-bagnats. « C’est fou comme le beau temps et le bien-être m’ouvrent l’appétit » dis-je à Dany. Elle acquiesce mais sans parler car la bouche pleine. Ayant tout le temps devant nous, après ce copieux pique-nique,  je pars en quête de quelques photos naturalistes pendant que Dany s’est allongée sur l’herbe pour se reposer un peu. Quand je reviens, je la découvre presque endormie avec deux coccinelles se promenant sur sa polaire. Les coléoptères rouges et noirs contrastent tant avec le bleu du vêtement que je ne peux pas ne pas les voir. Nous repartons et peu de temps après tombons sur un gros troupeau d’ovins partant sans doute à l’estive. Accompagné de plusieurs chiens, le berger mène son troupeau avec sans doute cette idée de rester au plus près du chemin. Mais un pré herbeux se présente et le troupeau part alors en éventail. Nous faisons tout pour tenter d’éviter les animaux mais les voilà qu’ils partent en tous sens guidés par cette gloutonnerie folle de brouter tout ce qui se présente au bout de leur mufle. Si le nonchalant patou passant tout près de nous a déjà compris que rien ne ferait dévier ses ouailles, nous voilà plantés là comme deux statues au milieu de l’imposant troupeau. Finalement, personne ne prête attention à nous et tout se passe pour le mieux. Nous repartons. Peu après, nous croisons de beaux chevaux. Eux sont parqués.  Occupés à brouter, ils restent indifférents à l’intérêt qu’on veut leur porter. Plus loin, sur la droite et en  contrebas du chemin, nous apercevons plusieurs lamas aux robes chamarrées. J’apprendrais en rentrant qu’ils sont destinés à des promenades. Au milieu d’imposants blocs granitiques, le chemin devient plus large et plus sableux encore. Flore et faune continuent à jalonner le parcours pour mon plus grand plaisir. Dès lors que le sable laisse la place à l’asphalte, l’arrivée se fait plus proche. Après avoir tourné autour ; comme l’indique le titre de cette balade ; désormais Montalba et son château se dressent droit devant. Pourtant le parcours continue d’être agréable et il en sera ainsi jusqu’à son terme. Pendant quelques instants, l'église Sainte-Marie apparaît au loin sur notre droite me remémorant ainsi une autre très jolie balade que nous avions réalisée ici en 2018. Elle avait consisté à partir à la découverte des "Bornes frontières de 1258". Souvenirs, souvenirs ! Malgré une distance plus que modeste, celle-ci fut pour moi une vraie randonnée. Ce sentiment, je le dois sans doute aux jolis décors parcourus mais surtout au plaisir que j’ai eu à photographier une faune ; sauvage ou pas, et une flore qui ont très présentes tout au long de l’itinéraire. Remercions Philippe Pagès d’avoir mis cette jolie boucle sur Visorando car sans lui pas sûr que nous l’aurions connue. La distance est donnée pour 5,43km, mais autant être honnête aujourd’hui je n’ai rien mesuré,  car comme le dit l’adage « quand on aime on ne compte pas ! ». Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt top 25.

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Le Tour du Lac de Caramany

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques du duo irlando-norvégien "Secret Garden" composées par Rolf Løvland. Elles ont pour titre "Beautiful" chantée par Brian Kennedy"The Pilot" (instrumental), "Strength" chantée par Espen Grjotheim"Cause Of You" chantée par Cathrine Iversen et Espen Grjotheim et enfin la cinquième "Passacaglia" d'Haendel/Halvorsen jouée en solo au piano par Pianovus (incomplète).

Le Tour du Lac de Caramany

Le Tour du Lac de Caramany

Pour agrandir les photos cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

Nota : Le tracé officiel du Tour du Lac de Caramany proposé par le département 66 (voir ce lien) évite bien évidemment cette partie où des éboulements de pierres se sont produits ces dernières années, entre l’embouchure du Ravin de Tury et le lieu-dit Clot del Tury. C’est donc à mes risques que je suis passé outre les interdictions car j’ai estimé qu’un maximum de conditions favorables me permettait de le faire (belle météo, possibilité auxiliaire dans le lac asséché, eau excessivement basse du lac et de l'Agly, marche en solo) . Si vous faites de même, vous le ferez également à vos risques et périls. Je conseille bien évidemment de ne pas prendre de risques si les conditions ci-dessus ne sont pas totalement remplies ou si vous marchez avec des enfants. A vous de voir.

De ma part, faut-il voir dans ce « Tour du Lac du Caramany » le signe d’un quelconque intérêt grandissant pour l’énergie électrique ? Je ne le pense pas, même si en cette période d’inflation, le sujet très d’actualité par la hausse effrénée de ses tarifs ne me laisse bien évidemment pas indifférent ! Et ce n’est donc que pure coïncidence si ma dernière randonnée (Le Circuit du poste électrique et les éoliennes de Baixas depuis Saint-Estève) et celle-ci ont en commun des lieux où la production électrique est de mise. D’ailleurs, pour être honnête, ici c’est plutôt l’eau et sa carence qui ont aiguillonné mes pensées que le fait qu’il y avait non loin de là un barrage hydroélectrique. Il est 10h30 quand je gare ma voiture tout près de l’aire de pique-nique jouxtant le pont traversant le lac. Selon un plan que j’ai pu voir sur Internet, le départ est là ce qui m’oblige à remonter la route D.21 jusqu’à hauteur de la cave Les Vignerons de Caramany. Le Tour du Lac démarre vraiment là, à droite de la route,  même s’il n’y a aucune mention.  Mais pour avoir déjà accompli une autre randonnée intitulée « Autour du Grand Rocher », je sais que c’est là, les départs sont identiques.  Dans l’immédiat, il s’agit d’une voie bitumée qu’il faut quitter bien plus loin au profit d’un chemin sableux partant à gauche. Comme toujours, je suis déjà en quête de ce que la Nature peut offrir à mon appareil-photo, paysages certes mais surtout flore et faune. Autant l’avouer les deux étant plutôt rares en ce début de balade, les quelques occasions qui se présentent ne sont pas à gâcher. Si les fleurs sont faciles à immortaliser, les oiseaux et papillons réclament plus de patience et surtout plus de chance. Or mis cela, la météo étant très bonne, l’itinéraire reste agréable à cheminer. Seul un ciel un peu laiteux, surtout vers le sud-est,  contrarie mes premières photos car la luminosité n’est pas idéale. Quelques fleurs, des passereaux sur les arbres, d’autres picorant je ne sais quoi sur le sol, une stèle marquant le premier coup de pioche du barrage, deux panonceaux expliquant une vie « néolithique », un autre recensant les balades possibles  sont autant d’occasions pour s’arrêter un peu. Comme peau de chagrin, le lac, lui, se rétrécie au fur et à mesure que j’avance et par là même les berges sableuses et argileuses car alluvionnaires se rapprochent l’une de l’autre. De lac, l’Agly va devenir rivière puis carrément ruisseau. Jamais, je n’ai vu le lac de Caramany ainsi et dieu sait si j’y suis venu souvent y randonner (*). Si le fleuve Agly a toujours été là, on y aperçoit aujourd’hui les vestiges d’un muret fait de pierres qui servait à le canaliser. Dès lors qu’un panneau d’interdiction se présente faisant suite à de très nombreux glissements de terrain et éboulements, je me vois contraint de réfléchir par où faut-il que je passe.  J’avoue que m’éloigner du lac alors que ce dernier est largement asséché ne m’inspire pas trop et ce d’autant qu’il y a longtemps, lors d’une randonnée au « Balcon de la Pêche », j’étais déjà passé outre cette interdiction sans aucun problème. Finalement, c’est en voyant un couple accompagné d’un chien marchant en contrebas que je me décide à braver l’interdiction. Je me dis que si les éboulements sont trop importants et interdisent le passage, j’aurais toujours cette solution de descendre dans le lac asséché. Finalement, mon passage s’effectue sans réel souci, ma seule crainte étant le chien du couple que je viens de retrouver  quelques décamètres plus loin. Trop livré à lui-même, car montant et descendant les pierriers provoqués par les éboulements, j’estime que leur chien constitue un éventuel danger et je n’hésite pas à le leur dire. Répondant à ma demande, ils retiennent leur chien le temps que je passe. Je les en remercie mais insiste sur le fait que le risque peut aussi être pour eux. C’est sur ces bonnes paroles que  nous nous séparons, non sans avoir évoqué au préalable cette voiture « renversante » gisant au milieu l’Agly, là où le fleuve n’est plus qu’un étroit ruisseau. « Renversante » car les roues en l’air et étonnante à cause de l’endroit où elle se trouve, loin de toute voie routière. « Comment est-elle arrivée là » ? C’est la question que nous nous posons conjointement.  Ils me disent vouloir en informer soit la mairie de Caramany soit la gendarmerie, ce en quoi je ne les contredis pas (**). En atteignant la D.9, me voilà complètement soulagé, d’autant plus soulagé qu’en traversant le pont, j’aperçois le couple et leur chien en train de revenir vers moi. J’ai réalisé la moitié du Tour du lac et sans doute franchis la partie la plus délicate. Il est 12h15 et je réfléchis déjà à trouver un coin propice et agréable pour pique-niquer, et ce d’autant qu’une légère brise venant du nord s’est soudainement levée. Finalement, après avoir trouvé les balises jaunes propres au Tour du Lac, je n’en tiens plus guère compte peu après car longer l’Agly et marcher dans le lac asséché est bien plus simple. Alors, je vais et je viens, m’éloignant du lit de la rivière pour mieux y revenir. Suivre l’Agly étant parfois un peu monotone, parfois je m’en éloigne au profit  des vignobles, des bois et d’un peu de garrigue. Très souvent, la présence d’oiseaux aquatiques ou de passereaux que j’aperçois guide mes pas. Idem pour les quelques papillons que j’entrevois. Ils me muent en un chasseur inoffensif où mon appareil-photo devient une épuisette sans filet. C’est moins douloureux pour eux ! Finalement, après avoir trouvé un coin sur l’herbe et abrité du vent pour pique-niquer, c’est l’obligation de rejoindre l’arrivée qui me fait quitter le bord du lac et prendre la route asphaltée. Eh oui, ici, or mis faire un peu de natation, il n’y a pas d’autre choix que mes jambes et la route pour retrouver ma voiture. Cette dernière me permet de rejoindre le village de Caramany que j’avais visité au pas de charge lors de cette balade « Autour du Grand Rocher ». Peu après, je pars voir le barrage, par pure curiosité et surtout au regard du niveau si bas de l’eau.  Ainsi se termine cette balade finalement plutôt agréable et où comme souvent j’ai pu me consacrer pleinement et avec plutôt de la réussite à ma passion pour la photo naturaliste. Seul tourment ? La sécheresse qui sévit et peut s’avérer inquiétante si je me fie à mes

récentes balades toutes faites en hiver mais sous un soleil estival et ardent. En novembre dernier, lors de « la Boucle de Marcevol » le lac de Vinça était à sec et 3 mois plus tard, c’est celui de Caramany. A quoi aurons-nous droit cet été ? Bien qu’ayant mon GPS avec moi, je n’ai pas enregistré de mesures lors de cette balade. Quant au tracé que j’y avais enregistré, il était long de 14,1km mais allait s’égarer incomplètement du côté d’Ansignan. Je ne peux donc formuler qu’une  estimation faite avec mon vieux logiciel CartoExploreur  et en tenant compte  de l’asséchement du lac et de mes divagations qui ont consisté à longer l’Agly, à m’en éloigner parfois pour ensuite y revenir : distance estimée 11km. Dénivelé 68m entre le point le plus bas et le plus haut. Cartes IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt et 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

(*) Mes autres balades autour et à proximité du lac de Caramany : 

 

(**) Voiture dans l'Agly : Finalement cette voiture aperçue dans l'Agly, au niveau du lac de barrage, était bien consécutive à un accident qui s'est produit le 1er novembre 2022, accident ayant fait l'objet d'un article sur France Bleu.fr lui-même relayé par le SDIS 66 sur leur page Facebook. Voici les liens ci-après : 

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/accident-de-la-route-a-caramany-le-conducteur-finit-sa-course-dans-le-lac-1667315074

Page Facebook du SDIS 66 

 

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Le Circuit du Poste électrique et les Eoliennes de Baixas depuis Saint-Estève.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons interprétées par Gilbert Montagné. Elles ont pour titre : "Liberté", "J'Ai Le Blues de Toi""The Fool" et "Musicienne".

Le Circuit du Poste éléctrique et les Eoliennes de Baixas depuis Saint-Estève.

Le Circuit du Poste éléctrique et les Eoliennes de Baixas depuis Saint-Estève.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

Parce j’allais régulièrement y faire du VTT en partant de chez moi, je me suis dit « pourquoi ne pas en faire un circuit pédestre ? » Voilà comment est née cette balade que j’ai intitulée « Le circuit du poste électrique et les éoliennes de Baixas depuis Saint-Estève ». Par poste électrique, il faut savoir qu'il s'agit à la fois d'une structure chargée du Réseau du transport de l'électricité (R.T.E) en France mais aussi d'une interconnexion souterraine passant sous les Albères entre la France et l'Espagne.  Mitoyennes du poste électrique, les éoliennes ont grandement contribué à ce que germe cette idée. En effet, en France, on ne compte plus le nombre de randonnées pédestres dont le but principal est d’aller découvrir des éoliennes et pour cela il suffit de taper dans Google recherche « randonnées éoliennes France ». C'est plus de 1,5 millions de liens qui vous seront proposés. D’ailleurs, dans mon blog, il y en a déjà deux, toutes les deux dans l’Aude (*). N’oubliez pas le nom « France » sinon le système de recherche vous enverra d’abord en Italie dans les îles Eoliennes et bien évidemment ça n’a plus rien à voir et surtout ce n’est pas le but recherché  ! Au-delà de ces quelques raisons, la création de cette balade se justifiait d’autant plus que le poste électrique de Baixas permettant une interconnexion avec l’Espagne ainsi que ces éoliennes ont reçu très souvent les plus beaux superlatifs lors de leurs réalisations. Jugez plutôt. A propos du poste RTE de Baixas :  « L’interconnexion électrique souterraine entre Baixas (France) et Santa Llogaia (Espagne) est une œuvre pionnière dans le monde ». (Source site de l’Inelfe-Société Mixte INterconnexion ELectrique France-Espagne). « Un chantier hors norme à Baixas » (Source l’Indépendant du 13/05/2013.) « Le chantier de mise en place de la liaison entre la France et l’Espagne aura été l’objet de nombreux exploits techniques » (Source site Manufor Service). «Le réseau électrique est en route vers une aventure industrielle profonde » (Source site de L’Usine nouvelle-juin 2021) ». Des louanges, il  y en a bien d’autres. Quand aux  éoliennes, en juin 2016, on pouvait lire sur le site Internet de France3 : « Inauguration du plus grand parc éolien de France à Baixas en Roussillon » ou bien encore sur le site de l’EDF « Le groupe EDF met en service  l’Ensemble éolien catalan ; le plus puissant parc éolien en France ». Alors comme il faut être honnête, bien évidemment, cette balade ne vous permettra pas de visiter en détail le poste électrique, lequel de plus fonctionne paraît-il de manière totalement automatisé et pratiquement sans aucune intervention humaine. Toutefois, vous pourrez néanmoins vous faire une belle idée de l’ampleur de ses  structures quant aux éoliennes, le parcours emprunté y passe quelquefois dessous, très souvent à côté et par grand beau temps, de très nombreuses sont visibles puisqu’outre Baixas, elles rayonnent également vers CalcePézilla-la-Rivière et Villeneuve-la-Rivière. Autant dire que si vous envisagez de prolonger mon circuit pédestre, vous n’aurez que l’embarras du choix pour aller plus loin. Voilà ce que l’on pouvait dire en préambule. Il est 13h20 quand je démarre de chez moi direction le cimetière ouest et le chemin du Fournas en passant par la route de Baixas puis à gauche au travers de la pinède. Si les objectifs de ma balade cités ci-dessus sont bien arrêtés, il y  a d’autres buts plus aléatoires dont je suis constamment en quête. On peut les résumer en un mot « Nature », voire ici en deux « faune et flore ». Dans la pinède, cette Nature prend très vite les traits d’un papillon qu’on appelle Tircis, d’un joli Serin cini aussi jaune qu’un Canari dont il est « familièrement » très proche,  d’un peu craintif Ecureuil roux habitué des lieux et de quelques pinsons cherchant pitance. Quant aux fleurs que je recense  elles sont toutes rudérales, c’est-à-dire qu’elles poussent spontanément quelques soient les types de terrains. Il en sera très souvent ainsi tout au long du circuit. L’itinéraire continue derrière le cimetière, direction un immense champ de serres agricoles solaires dont l’aménagement est assez nouveau puisqu’inexistant lors d’une autre balade qui m’avait vu passé par là en octobre 2021 : « Le Chemin de Milie ». Il suffit de laisser à gauche les serres et de continuer toujours tout droit. A cause des serins et des pinsons photographiés dans la pinède, je pressentais que les passereaux seraient plutôt nombreux et cela se confirme au delà de mes espèrances avec notamment quelques étonnants Hérons garde-boeufs. J’en suis d’autant plus heureux que la LPO (Ligue pour la Protection  des Oiseaux) et le Muséum National d'Histoire Naturelle parlent souvent de déclin et parfois même d’hécatombe !  Il est vrai que leurs chiffres tirés d'expériences et de recensements sur le terrain ne peuvent guère prêter à discussion. En France, 30% d'oiseaux de moins en 30 ans ! Alors que le chemin de terre devient bitume et s’élève quelque peu, il est temps de tourner à gauche presque au sommet de la côte. Les structures du poste électrique ne tardent pas à apparaître droit devant. Les éoliennes, elles, sont déjà visibles car dépassant l’horizon depuis déjà un bon moment. Il faut traverser avec prudence la D.614 et contourner le poste RTE par la gauche. Une large voie asphaltée dominée par de gigantesques pylônes à haute tension sert dans l’immédiat d’itinéraire mais se transforme un peu plus loin en chemin terreux dès lors que l’on atteint la première éolienne. Ici, entre poste RTE, éoliennes et vignobles, c’est avec surprise ; et satisfaction, que je constate que les alouettes et les étourneaux sont encore bien présents.  Leur nombre est assez  conséquent et je me dis qu’ils ne semblent pas vraiment hostiles à la proximité de ce  progrès qui transforme grandement nos campagnes. Réalité ? Chimère ? En tous cas, j’ai lu que des études « très poussées » sur la flore et la faune avaient été entreprises avant la réalisation de ces implantations industrielles par des biologistes et des spécialistes de l’environnement. Au-delà de la Nature, source de connaissances, que j’apprécie de plus en plus en vieillissant, moi, ce qui m’ennuie le plus en ce moment, c’est que l’on dénature nos campagnes mais qu’il n’y ait aucune contrepartie pour les administrés, citoyens et clients que nous sommes. Avec toute cette électricité produite à proximité, on pourrait espérer  de tarifs « circuit court » et au lieu de ça c’est des « châtaignes » de plus en plus dures que l’on trouve sur nos factures. « Circuit court et court-circuit », il n’y a pas de différence !  Après la première éolienne du lieu-dit Mas Jaume, le chemin redescend  vers une seconde et là, en l’atteignant, il faut tourner à gauche direction de nouveau la D.614.  Cette voie routière, il faut la descendre à droite sur une centaine de mètres puis prendre de l’autre côté un large chemin filant vers le lieu-dit La Garona. S’agissant d’une route départementale pas mal empruntée par des voitures, inutile de préciser que cette partie-là nécessite attention et prudence surtout si vous êtes un groupe de randonneurs et qui plus est avec des enfants. Une fois atteint le large « mauvais » chemin ; car mi-terre mi-bitume ; il faut prendre à droite le suivant essentiellement terreux dès lors que se présente une intersection. Quelques mètres plus loin, un puits sur la droite est une véritable « résidence » pour les Tarentes de Mauritanie. Approchez-le doucement et surtout  avec silence et vous verrez, c’est une véritable tanière pour ces reptiles verruqueux mais ô combien utiles à la régulation des insectes ! J’en ai aperçu plusieurs dizaines même si je n’ai réussi avec un peu de patience à en photographier que quelques-unes, le plus souvent de couleurs brunes plutôt sombres. Le chemin continue tout droit et atteint une longue vigne ; assez nouvelle si j’en crois la grosseur des ceps et le récent labour ; vigne qu’il faut longer à gauche puis contourner par la droite en atteignant un bon chemin. Ce chemin devient piste et l’itinéraire devient simple car quasi-unique. Quelques centaines de mètres plus loin, il  atteint une nouvelle voie bitumée qu’il faut emprunter à droite puis à gauche dès l’intersection suivante. Là, après quelques mètres, prendre à droite une étroite sente entrant dans une pinède située au lieu-dit « Les Dames ». Ce sentier vous amène vers le chemin d’En Destros entre le Mas Cramat situé à droite et une autre habitation largement tagguée à gauche. Ce chemin, je l’ai  déjà évoqué lors de cette randonnée que j’avais intitulée « Le Circuit du Patrimoine de Baho ». Ce chemin d’en Destros atteint, il faut l’emprunter vers la gauche puis à droite et Saint-Estève n’est plus très loin. La pinède du Bois-Joli est presque synonyme d’arrivée même si pour atteindre mon domicile, plus d’1,5km sont encore à parcourir. Selon d’où vous serez partis, vous en aurez peut-être moins, car autant l’avouer si le départ de Saint-Estève importe peu, pour élaborer ce circuit, il a fallu que je m’y reprenne à deux fois et ce afin qu’il « tienne la route », c’est-à-dire avec des chemins dignes de ce nom, pas trop biscornus, avec si possible un minimum de bitume et un maximum de sécurité. Selon la météo et la saison, si les deux sont belles, et malgré ce progrès prenant de plus en plus de place, vous aurez droit à des décors fabuleux sur une belle partie du Roussillon avec comme toujours un Canigou, grand souverain des montagnes environnantes. En partant et en revenant de l’étang, la distance est d’environ 10,5km selon la tracé mentionné sur la carte que je propose. La déclivité étant négligeable, je n’en parle pas. Carte IGN 2548OT Perpignan – Plages du Roussillon – Top25.

(*) Deux autres balades au sein d'éoliennes sur mon blog : 

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Le Pas de l'Escale au départ de Vingrau

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons du groupe catalan Papito Collective. Elles ont our titre : "Otro Mundo Es Posible""Caerán" feat Mateolika"Salta" feat Combo Pacheco.

Le Pas de l'Escale au départ de Vingrau

Le Pas de l'Escale au départ de Vingrau

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


Jeudi 5 janvier 2023. Alors que nous sommes dans la cuisine en train de déjeuner, Dany me lance « Et si nous partions randonner ! ». Je sors sur la terrasse et regarde le ciel. Il est très bleu. Lumineux. Pas un seul nuage dans l’espace visible.  Je reviens. « C’est ok, pars te préparer pendant que je cherche où aller ! ». Je regarde un calepin où je note des idées de randos et sur le champ prend une décision. Ça sera un circuit intitulé « Le Pas de l’Escale au départ de Vingrau ». Sur mon PC, je trouve aisément un tracé enregistrable que je charge dans mon vieux GPS à l’aide de mon aussi vieux logiciel CartoExploreur. J’analyse rapidement le parcours et note qu’il est très proche mais bien différent d’une autre balade au départ de Vingrau que j’avais intitulée « Le Trau de Cavall, falaises et contrebandiers » ,  consultable sur mon blog. J’imprime la portion de carte IGN où se trouve le circuit et le court topo trouvé puis j’éteins l’ordinateur et pars me préparer. Je suis content car il ne m’a fallu que 20 minutes pour faire tout ça. Après être passés au supermarché prendre le nécessaire à un pique-nique, il est 10h30 quand nous rangeons notre voiture devant la cave vinicole « Les Vignerons de Vingrau ». Lisant « 20 marches » sur la façade de la cave, Dany qui ne connaît pas la toponymie de Vingrau me demande « Pourquoi 20 marches ? » Et je lui réponds « Vingrau signifie 20 marches » « Ving…plus loin grau signifiant marche ». Et puisque j’y suis, je rajoute « le Pas de l’Escale veut dire le passage de l’échelle, passage en général rocheux, abrupt et étroit dans une colline ». « Oui, ça tu me l’avais déjà dit » me répond-elle. « Quand ça ? » « Quand nous étions allés à Belloc depuis Conat ». « Exact, là-bas aussi il y a un Pas de l’Escala ».   Tout en lui disant cela, je me dis qu’ici le nom de ce circuit pédestre est assez peu logique puisqu’il emprunte en grande partie la Serre de Vingrau, elle-même petit bout du Massif des Corbières, alors que le Pas de l’Escale semble être historiquement le nom d’un endroit (ou lieu-dit) bien précis comme j’avais déjà pu le lire sur l’excellent site consacré Roussillon lors de cette randonnée précédente au Trau del Cavall (Falaises et contrebandiers) : « L'origine du nom de Vingrau se trouve dans l'expression latine "viginti gradi", les vingt grades (traduisez les vingt marches). En effet, le chemin menant au village passe par ce que l'on appelle toujours "le pas de l'échelle", qui était constitué à l'époque romaine d'une voie pavée sur laquelle étaient construites ces marches. Peu à peu, le nom s'est transformé en "Pas de Vingrad", "Pas de vingt graus", puis "Vingrau".. » encore que Wikipédia semble affirmer dans la toponymie proposée que le Pas de l'Escale serait carrément la colline surplombant le village. En tous cas, il semble que Vingrau et le Pas de l’Escale soient intimement liés. Gardons ce nom-là puisqu’au départ le panonceau directionnel le mentionne tel quel ! « Pas de l’Escale (Pas de l’Escala) 6.7km -3h20 ». GPS allumé, nous démarrons tout en lisant les indications du topo et en cherchant les marques jaunes du balisage. Finalement, tout se corrèle parfaitement, indications, tracé GPS et balises et nous ne rencontrons aucun problème à nous élever vers les hauteurs du village par la rue Courteline. Pendant que Dany avance, attentive au balisage, seul le joli patrimoine et  quelques moineaux ralentissent mes premières foulées. Pour le patrimoine, il s’agit de la joli chapelle Notre-Dame de Bon Conseil puis un peu plus haut et un peu plus loin la vieille église paroissiale plus ancienne car en partie romane Notre-Dame de l’Assomption. Sitôt l’église dépassée, la garrigue du Planal de l’Eixartell est là, assez peu dense en végétation au début et surtout assez peu minérale mais tout change très vite et avant même d’atteindre le Correc dels Collets, vallon karstique que nous allons cheminer peu après. Si vous détestez randonner dans les cailloux, caillasses, pierres et autres rochers, il est probable que cette balade ne soit pas faite pour vous. Curieux de tout,  et notamment ici de cette géologie essentiellement calcaire, moi j’y trouve toujours des intérêts. Ici par exemple, on peut observer le travail incroyablement varié que l’eau a sculpté au fil des temps : avens, cavités, marmites du diable,  vasques, simples creux, bétoires, arcades, lapiaz, fracturations, érosions et formes diverses et variées, pierriers, falaises, j’en passe et des meilleures. D’ailleurs, je ne suis pas le seul à trouver un intérêt à cette géologie car spéléologues, grimpeurs mais aussi entreprises minières s’y sont intéressés. Ici, dans ce secteur, les calcaires sont parfois des marbres de si belle qualité que l’homme n'a pas hésité à balafrer les collines pour ensuite les réduire en poudre . A cette époque de l’année, les fleurs de la garrigue étant totalement absentes, aujourd’hui j’essaie d’oublier la botanique sauf si j’aperçois quelque chose de joli, de surprenant ou d’inconnu. C'est ainsi qu'en photographiant un petit épineux, j'apprendrais qu'il s'agit du rare Genêt de Lobel, seulement présent ici sur cette Serre, en Provence et en Corse. Quant à la faune, j'y suis constamment à l'affût, mais dans cette montée, elle se résumera à deux vautours fauves, un couple de corbeaux et à des fauvettes plutôt nombreuses mais guère faciles à immortaliser. J’y passe du temps, ralentissant Dany qui n’aime pas trop ça. Après avoir atteint assez facilement le refuge Yves Bernard, il est 12h30 quand nous rencontrons un grand cairn synonyme de chemin du retour. Nous arrêtons là pour pique-niquer devant des panoramas époustouflants car grandioses, la merveilleuse et pure météo ajoutant sa patte céleste à cette magnificence. Droit devant la Montagne de Tauch me remémore une vieille et difficile randonnée qui m'avait amené à la Tour des Géographes depuis Padern mais aussi quelques autres qui m'avaient vu approcher ces Monts Tauch. Tout autour bien d'autres lieux de balades sont visibles.  Ici, je suis surpris par un nombre très important de traquets, jolis passereaux dont mes quelques connaissances m’indiquent qu’ils devraient déjà être en Afrique du Nord. Sont-ils en partance ? Déjà de retour de migration ? Je ne sais pas !  Il est vrai qu’il m’est difficile de savoir s’il s’agit d’« oreillards » plus enclins à être ici  ou bien de « motteux » plus souvent montagnards mais jamais opposés à des altitudes plus modestes ? S’envolant le plus souvent du sol, j’ai la chance d’en apercevoir un au sommet d’un pin desséché. L'arbre est très  loin mais je tente néanmoins une photo en rapproché. ((l’analyse à postériori de la photo m’indiquera un Traquet motteux (Oenanthe oenanthe)).  Après ce déjeuner que je consacre en grande partie à vagabonder et à être aux aguets de passereaux,  mais sans vraiment de réussite, or mis ce traquet, il est temps de retourner vers Vingrau et ce d’autant qu’une « petite » tramontane » s’est mise à souffler.  Malgré le calcaire omniprésent, cette première partie a été relativement simple à cheminer mais la deuxième consistant à chevaucher la crête est plus irrégulière et donc plus compliquée.  Certains passages nécessitent qu’on y mette les mains quant à d’autres il est recommandé de baisser ses fesses au ras du sol afin de mettre au plus bas son centre de gravité. En procédant ainsi, le risque de tomber gravement s’amenuise. Globalement cette partie-là oblige à beaucoup plus d’attentions surtout avec la tramontane qui souffle un peu. Un pylône plié jonchant le sol nous rappelle qu’elle peut être extrêmement violente. En contrepartie et parce que l’on est en crête, les paysages, décors et autres panoramas à 360 degrés sont sublimes. Seul un puissant soleil qui nous fait face sur ce chemin du retour est ennuyeux mais pas désagréable pour un mois de janvier. Ennuyeux car il nous aveugle et altère mes photos,  d’autant qu’ici l’ombre est absente et de plus je n’ai pas de filtre polarisant. Comme souvent, j’essaie de retrouver des lieux de randonnée déjà arpentés, mais ils sont si nombreux qu’impossibles à tous énumérer : Canigou, Bugarach, châteaux de Peyrepertuse et de Salveterra, Périllos et son Montolier, l'étang de Salses et Leucate, les Albères, etc……La vision aérienne conjointe de Vingrau à droite et de son quartier éloigné du Pas de l’Escale à gauche peut laisser penser que l’on est presque arrivé. Pourtant la descente vers cette arrivée est encore bien scabreuse, car pierreuse,  et de ce fait peut paraître encore très longue. Ce n’est qu’en arrivant sur le bitume de la départementale que l’on atteint vraiment le Pas de l’Escale. En effet, si le nouveau quartier fait de belles villas a adopté le nom, les historiens semblent s’accorder pour que ce lieu soit antique. Ce chemin qui rejoignait le cirque de Vingrau à la Plaine du Roussillon daterait des Romains mentionne la fiche rando. C’est donc bien de l’autre côté de la route qu’il faut chercher l’origine du délicat « passage de l’échelle ». Désormais canalisé sur la droite à l’aide d’une basse maçonnerie centralisant  les eaux pluviales et de ruissellements, ce bout de chemin qui descend vers Vingrau serait le fameux « Pas de l’Escala ». La partie difficile, rocheuse et étroite a de nos jours disparu laissant la place à un bon et agréable chemin rejoignant l’arrivée. Alors que je n’attends plus grand-chose de ce circuit pédestre, de rares fleurs et quelques passereaux s’échappant du vignoble remettent mes sens en éveil. Un faucon crécerelle aperçu par Dany ainsi que papillon Vulcain qui n’a pas froid aux yeux complètent cette Nature retrouvée. Après quelques photos naturalistes pas toujours aisées quand il s’agit de volatiles, Vingrau est là. La voiture aussi. Je file chercher Dany car ses hanches douloureuses l’ont empêché de terminer. Pourtant, il ne lui restait que quelques pas à faire mais c’est à croire que ce « Pas de l’Escale », c’était le pas de trop. Elle est courageuse et donc je sais déjà que ça ira mieux demain. Ainsi se termine notre première randonnée de l’année 2023.  La fiche rando topo et le tracé GPS étant bien faits, je n’ai pas enregistré de données dans mon GPS. Je précise que la fiche d’Agly/Verdouble Tourisme visible sur le Net donne une distance de 8,5km (assez contradictoire avec les 6,7km mentionné sur le panonceau de départ), des montées de 500m avec un temps de 3h30. Arrêts inclus, dont pique-nique, nous avons mis 2h de plus…..mais comme toujours nous avons beaucoup flâné. Alors en raison des distances contradictoires, voilà avec mon logiciel CartoExploreur les mesures sensiblement identiques au tracé que j’avais enregistré dans mon GPS, ayant simplement rajouté le départ depuis la cave vinicole  : distance 9,05km, montées et descentes cumulées 539m, point culminant : 565m sur la Serre de Vingrau, point le plus bas à 157m au départ soit un dénivelé de 408m. Carte IGN 2547 OT Durban-Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top25.

 

 

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La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.

Publié le par gibirando

 

Ce diaporama est agrémenté de 6 musiques extraites d'une compilation musicale YouTube intitulée "Winter In The Secret Garden". Elles ont por titre "Mary et Robin Together" de Zbigniew Preisner"Dawn, Billy Sees Kes In The Tower" de John Cameron, "Only The Beginning of The Adventure (From "The Chronicles of Narnia: The Lion, The Witch and The Wardrobe"/Score)" de Harry Gregson-Williams"First Time Outside" de Zbigniew Preisner"Jamie Believes" d'Alexandre Desplat et "Ancient Stones" (version très incomplète) de Jeremy Soule.

La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.

La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

 

Quand en ce 27 novembre 2022, nous nous lançons avec l’idée d’accomplir cette petite « Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça », c’est déjà une deuxième tentative. En effet, quelques mois auparavant, par une belle journée printanière, nous avions déjà commencé à grimper vers le superbe prieuré mais pour Dany une méchante tendinite à une hanche était venue tout gâcher. Cette douleur l’avait contraint d’abord à ralentir, puis à stopper pour se reposer un peu, puis carrément à faire demi-tour alors que nous n’avions accompli que la moitié de la montée. Ne voulant pas restée sur cet échec, Dany me tannait régulièrement pour que l’on y retourne mais les mois avaient passé et personnellement je pensais que les aspects positifs d’y aller étaient passés aussi. Autant l’avouer, je préférais une belle journée de début de printemps. D’abord parce que le ciel y est plus régulièrement lumineux, ensuite parce que j’ai constamment envie de recenser un maximum de fleurs et surtout je préfère que le Canigou soit amplement enneigé car c’est avec ce décor-là que cette randonnée est la plus merveilleuse. Ici, n’y a-t-il pas cette maxime désormais bien connue « Qui n’est jamais venu à Marcevol ne connaît pas tout de la beauté du monde ». Et pour cela, il est nécessaire que la météo soit parfaite. En effet, je gardais en mémoire l’image d’un merveilleux Canigou car magnifiquement enneigé lors d’une belle balade en solitaire faite en mars 2015 que j’avais intitulée « Le Prieuré de Marcevol et la chapelle Sainte-Eulalie depuis Vinça ». Ciel bleu denim, aucun nuage, un soleil juste tiède, un lac de Vinça comme un miroir bleuté, ce jour-là, tout s’était mis en place pour mon plus grand plaisir. Mais finalement, en cette fin novembre, en manque d’idée nouvelle sur ce type de distance (5 à 6km seulement) j’ai fini par craquer. Pendant un bon moment, j’ai même envisagé de rallonger un peu cette balade et de la pousser jusqu’à la « Chambre des Certitudes », cavité artificielle tapissée de cire d’abeilles de l’artiste plasticien allemand Wolfgang Laib. Toutefois, après avoir lu quelques infos, j'ai appris qu'il fallait se procurer une clé au prieuré et ensuite aller jusqu'au pied du Roc del Moro (Roc des Maures), soit 2km environ au-dessus de Marcevol. C’est donc un aller-retour de 4km qu’il fallait accomplir pour aller visiter cette « œuvre d’art » dont les principaux intérêts sont d’être une grotte creusée à coup de dynamite, grotte avec une belle vision sur le pic du Canigou ! Etait-il nécessaire d’être dans une grotte pour être admiratif du Canigou ? Je manquait de « certitudes » ! Je ne suis pas « certain » que Dany ait envie d’aller découvrir cette « Chambre des Certitudes » totalement factice ! J'ai laissé tomber cette idée.

Le départ s’effectue à 10h30 sous un ciel gris et bas, une météo fraîche, nuageuse et brumeuse, un Canigou invisible et pour couronner le tout, un lac de Vinça amplement asséché. Autant vous dire qu’en terme de décors, nous sommes au total opposé de ma randonnée de mars 2015. Malgré tous ces désagréments, secondaires il est vrai pour marcher, l’envie de trottiner et de découvrir est bien là. On fait donc en sorte de les oublier au plus vite. Quand à ma passion pour les fleurs, il me faut attendre Marcevol pour en photographier quelques-unes. Mais comme la botanique ne se résume aux fleurs, pour m’occuper un peu, je décide de me lancer dans un modeste recensement de la végétation du maquis de ce secteur du Conflent. Ici, en permanence, de très nombreux éléments dévoilent un patrimoine derrière lequel se cache des histoires et sans doute une Histoire qu’on voudrait bien un peu appréhender. Les paysages avec des murets et des terrasses en pierres sèches, où survivent quelques oliviers centenaires, sont traversés par des sentiers muletiers dallées. On imagine donc aisément que ces espaces étaient différents d’aujourd’hui car amplement consacrées à l’agropastoralisme. Outre les oliviers, on devait y cultiver la vigne mais aussi quelques céréales et légumes secs résistants à l’aridité des lieux. Un bel oratoire nous rappelle combien les croyances en la protection divine étaient ici ancrées. Si l’Histoire du prieuré et de l’église Sainte-Marie-des-Grades et celle plutôt récente du village de Marcevol sont assez bien connues, celle plus ancienne des hommes qui ont vécu et travaillé là, dans ce décor si merveilleux mais si rude à la fois, reste encore bien mystérieuse et en tous cas incertaine. Balisé des couleurs blanches et rouges, notre sentier s’appelle GR.36. Il représente un court petit bout d’un itinéraire long de 1.916 km reliant la Normandie aux Pyrénées. Enfin de compte, il est 11h50 quand nous atteignons l’imposant prieuré ; pas très folichon sous son premier aspect ressemblant à un rempart;  nous constatons avec satisfaction que nous n’avons mis que 10mn de plus que le temps mentionné sur le panonceau de départ. Le prieuré étant fermé et apparemment occupé par des congressistes, nous ne visitons et photographions que les extérieurs sans trop nous éterniser, préférant passé du temps au village et ce d’autant, qu’un imposant groupe d’enfants est lancé dans une espèce de vaste chasse aux trésors. Ils courent en tous sens y compris dans nos jambes car le but est d'arriver le premier à trouver le Graal. Au village, nous faisons le choix de pique-niquer au point le plus haut où a été érigée une très étonnante table d’orientation métallique. Le ciel étant quelque peu passé du gris au bleu, nous y passons du temps, profitant de la sérénité du lieu, des belles dalles granitiques pour s’allonger un peu et des superbes panoramas. Puis, nous errons longuement dans le village et notamment autour de son église au nom si particulier : Sainte-Marie-des-Grades également appelée Notre-Dame des Escaliers où une étrange légende (*) circule.  L’heure du retour étant venue, nous retournons devant le prieuré où se trouve le sentier censé nous ramener au lac de Vinça. Je suis d’autant plus heureux d’emprunter cet itinéraire que je ne le connais pas, mes différentes venues ici (diverses randonnées et Tour des Fenouillèdes) m’ayant toujours entraîné vers Arboussols. Il est 14h30 quand nous retrouvons notre voiture près du pont sur le lac. Malgré le mois de novembre qui n’est jamais le meilleur pour un photographe naturaliste, je peux m’estimer satisfait car j’ai réussi le tour de force de photographier quelques fleurs et plusieurs oiseaux, tous il est vrai aperçus au village ou à proximité. Si sur Internet, cette balade est donnée pour une distance de 5,5km pour 320m de dénivelé, voici les éléments que j’ai enregistré sur mon GPS, visite du village inclus : distance 5,9 km, dénivelé 325m (+578m/-253m) pour des montées cumulées de 438m. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

(*) – Légende : Une légende locale rapporte que la mère de saint Lin, un des tout premiers papes, est inhumée dans l'église. Cette femme aurait traversé les parages, sous une très forte pluie, en portant un sac de farine qui serait restée sèche. À la suite de ce miracle, un pardon aurait été institué et aurait attiré une foule telle que les sentiers « bouillonnaient ».

Lors d'une visite du prieuré, vous aurez droit au support suivant. Il explique l'essentiel de ce qu'il faut savoir de l'édifice religieux. 

La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

Publié le par gibirando

Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements :

Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi : ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voudraient faire le contraire, et l'immense majorité de ceux qui ne veulent rien faire.

Confucius (551 av.JC-479 av.JC).

 

Bibliographie et cartographie :

(Vous trouverez ci-dessous le topo-guide et les cartes que j'ai utilisés lors de ce Tour du Vallespir. Les autres livres m'ont permis de m'imprégner de cette région et ainsi de mieux la comprendre sur le plan culturel. Concernant l'Histoire et la géographie du Vallespir, de nombreux sites Internet m'ont aidé dans ces domaines.)

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Canigou-Vallespir-Conflent- Le Guide Rando- Georges Véron- Rando Editions-2002.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Carte IGN Top 25 2349 ET Massif du Canigou

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Carte IGN Top 25 2449 OT Céret Amélie-les-Bains Palalda-Vallée du Tech.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Promenade littéraire à travers le Vallespir - Recueil de textes et de poèmes- Michel Wallon - Les Presses- Littéraires-2002.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Domenica ou la Vallée âpre- Roman- Marie Vallespir- Les Presses de l'Imprimerie du Vallespir-1959. Préface de Joseph Ribas. 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Mes Cahiers du Vallespir - Recueil Traduction de poèmes en catalan- Robert Gendre - Imprimerie Le Castellum-1975. Préface d'Abdon Poggi.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Ballades Catalanes- Recueil de poèmes et de photographies- Alain Taurinya- Michèle Maurin - Editions Magellan et Cie - 2002

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 -Mes jeunes années racontées par ma mère et moi - Essai de Charles Trenet et Marie-Louise Caussat-Trenet- Editions Robert Laffont-1978

 

Sites Internet :

 (Autant que c'est possible, j'essaie de faire en sorte que les liens fonctionnent, chose peu facile certains changeant de nom de domaine, d'autres disparaissant carrément.)

- http://clubdelittenim.wordpress.com/randonnees/

- http://cortsavisempre.free.fr/index.html

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Regions/Vallespir.php

- http://jeantosti.com/roussillon.htm

- http://lamanere-barrutet.com/

- http://pagesperso-orange.fr/casafr/vallespir/vallespir.htm

- http://www.amelie-les-bains.com/

- http://www.charles-trenet.net/

https://www.vallespir.com/

https://www.sudcanigo.com/item/damia-noell-chambres-dhotes/

http://www.haut-vallespir.fr/

- http://www.hotel-ausseil.com/

- http://www.la-clau.net/

- http://www.lamanere.fr/

- http://www.mairie-perpignan.fr/

- http://www.maisondupatrimoine-ceret.fr/

- http://www.mediterranees.net/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Montbolo

- http://www.notredameducoral.com/

https://www.vallespir-tourisme.fr/

- http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1941_num_29_2_4312

- http://www.pratsdemollolapreste.com/

- http://www.pyrenees-orientales.pref.gouv.fr/

- http://www.reserves-naturelles.org/

- http://www.reynes.fr/html/vallespir.htm

- http://www.vallee-du-tech.com/

- http://www.ville-arles-sur-tech.fr/

- http://www.ville-saint-laurent-de-cerdans.fr/

 

Cette liste de sites Internet n'est pas exhaustive car j'ai également consulté des sites comme Wikipédia, Wiktionnaire, Généanet, Freelang ou Lexilogos et divers forums. Il y a certainement bien d'autres sites concernant le Vallespir, la Vallée du Tech, les villes et les lieux visités lors de cette randonnée. Que ceux qui les ont créés m'excusent de ne pas les citer mais il m'était bien sûr impossible de tous les mentionner dans ce récit. Tous les sites évoqués ci-dessus ont largement contribués soit à la préparation ou à la réalisation du Tour du Vallespir lui-même soit à la rédaction de ce récit. Pour ces raisons, je remercie très sincèrement les auteurs, les propriétaires et les webmestres de tous les sites compulsés.

 

Petit lexique classé dans un ordre d'apparition dans ce récit :

 

Le lexique ci-dessous n'a pas la prétention d'être complet. Il reprend la plupart des noms propres cités pour tenter de les décrire ou de les expliquer dans l'ordre chronologique où ils apparaissent dans ce récit. Grâce à ces explications, j'espère que le lecteur appréhendera mieux la géographie et l'histoire du Vallespir. J'ai volontairement oublié certains noms et j'aurais pu par exemple citer Céret qui est la sous-préfecture du département des P.O, considérée comme la capitale du Bas-Vallespir, mais son absence vient simplement que la ville n'est pas située sur le Tour du Vallespir.

 

Vallespir : Région vallonnée et montagneuse du département des Pyrénées-Orientales qui s'étire sur une quarantaine de kilomètres le long de la vallée du Tech. Le mot vient du latin " Vallis Asperi " qui signifie " vallée âpre " mais âpre au sens de difficile, rude, abrupt.

Vallée du Tech et l'aiguat de 1940 : Bassin versant d'environ 750 km2 le plus méridional de France. Le Tech, long de 85 km, est un fleuve côtier des Pyrénées-Orientales qui prend sa source, dans le massif du Costabonne, au Roc Colom à une altitude de 2.450 m environ. Ce bassin versant associe montagne et plaine, avant d'atteindre la Méditerranée au lieu-dit le Bocal du Tech. Par son débit qui peut-être parfois très exceptionnel (4000 m3/s), le Tech est une fleuve redoutable. Au fil des siècles, il a très souvent débordé laissant le Vallespir et toute la Catalogne exsangue. Les plus effroyables inondations, qu'ici on appelle " aiguat ", ont eu lieu en 552, 1224, 1763, 1842 et 1940. Le Haut-Vallespir ayant été l'épicentre de cette catastrophe d'octobre 1940, de nombreux habitants gardent encore en mémoire les images d'horreur et de désastre de ces crues monstrueuses : 300 personnes perdirent la vie en Catalogne dont 50 côté français, 60 immeubles furent emportés à Arles-sur-Tech et Amélie-les-Bains où la gare et le casino disparurent dans les flots, des dizaines d'habitation furent emportées à Prats-de-Mollo et dans de nombreux autres villages. Des éboulements gigantesques de plus de 50 mètres de hauteur barrèrent la vallée (La Baillanouse), 4 usines électriques et de nombreuses entreprises furent pulvérisées, les coulées à la fois liquides et solides se déversèrent dans les campagnes dévastant toutes les cultures et laissant dans les terres arables une incroyable accumulation de rochers, de cailloux et de sables inadaptée à l'agriculture future, les flots emportèrent de nombreux ponts et voies de communication. Ces précipitations diluviennes furent considérées par les météorologues comme une " anomalie fantastique " de la nature. Vous trouverez quelques témoignages de l'époque sur la page Internet suivante : http://pluiesextremes.meteo.fr/france-metropole/Aiguat-fantastique-sur-le-Roussillon.html

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - RemerciementsMes jeunes années : Les paroles de cette chanson sont de Charles Trénet et la musique de Marc Herrand, pianiste, arrangeur de talent et ancien ténor des Compagnons de la Chanson. Elle date de 1949 (encore une coïncidence puisque c'est l'année de ma naissance !) et la partition est parue aux Editions Raoul Breton. Charles Trenet l'a composée lors d'une tournée qu'il effectuait au Canada. Dans l'importante discographie de Trenet, cette chanson figure dans pas moins de 27 disques et albums. Elle est donc une chanson très importante du registre du poète et chanteur. Charles Trenet y évoque ses souvenirs de jeunesse quand il allait courir la montagne du côté du Vallespir, du Canigou ou de la Cerdagne qu'il aimait tant. En 1922, son père s'installe comme notaire à Perpignan, ville dont il est natif. Peu de temps après, il fait la connaissance d'Albert Bausil, un ami à son père. Albert Bausil, l'enfant du Canigou, le poète et écrivain, chantre inspiré du Roussillon, lui fait découvrir les arts et la culture catalane. Pour le petit garçon émerveillé au regard clair, cette rencontre est capitale et Albert Bausil devient son mentor, voire son Pygmalion. Sans cet homme, qui aura sur l'adolescent une influence capitale, il n'y aurait peut-être pas eu de "Fou chantant", mais rien qu'un petit architecte de province… Bausil accueille Charles dans son "Coq Catalan", un petit hebdomadaire littéraire, satirique et sportif. Le jeune poète y fera ses premières armes, des vers qui, déjà, respirent la liberté et l'amour de la vie avec enthousiasme. Cette chanson a été reprise par nombre d'autres chanteurs et surtout par de nombreuses chorales comme les Petits Chanteurs à la Croix de Bois par exemple. Mais les meilleurs interprètes de Trenet restent les Compagnons de la Chanson qui ont repris un grand nombre de textes du grand poète. En 1978, "Mes jeunes années racontées par mère et moi" est un livre autobiographique écrit à quatre mains par Charles Trenet et sa mère Marie-Louise Caussat-Trenet paru aux Editions Laffont.

(Personnellement, cette chanson, reste le souvenir et le symbole d'une jeunesse insouciante, éprise de liberté et d'amour de la vie et de la nature. Je me reconnais dans cette chanson et en la réentendant, elle est devenue tout naturellement un hymne à mon Tour du Vallespir). Cliquez sur l'image de la partition ci-dessus pour écouter la chanson.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Georges Véron : Ce grand pyrénéiste né dans la Sarthe en 1933 est mort en 2005. Professeur de biologie, il a d'abord pratiqué le football et l'athlétisme pendant plus de vingt ans avant de découvrir les Pyrénées. Quand il découvre la chaîne de montagnes, il en " tombe amoureux " et en fait rapidement sa passion. Il enchaîne les balades à un rythme qui lui vaut le surnom de " stakhanoviste de la montagne ". En 1968, il effectue la traversée des Pyrénées et réussit le pari d'aller de la mer Méditerranée à l'océan Atlantique par la haute montagne, en 41 étapes, uniquement à l'aide de cartes. Il devient ainsi le créateur de la Haute Randonnée Pyrénéenne, célèbre H.R.P qui traverse les Pyrénées par les chemins pédestres des plus hautes crêtes et des plus hauts cols. A partir de là, il va se consacrer presque exclusivement à la randonnée, à pied mais aussi en V.T.T. Membre du Club alpin français, collaborateur de la Fédération française de la randonnée pédestre, il participe à la création du célèbre G.R.10, longue randonnée de 850 kms qui part d'Hendaye dans les Pyrénées-Atlantiques et se termine à Banyuls-sur-Mer dans les Pyrénées-Orientales . En 1978, il enseigne à Tarbes, conseiller technique de l'association " Randonnées Pyrénéennes ", Georges Véron publie de nombreux ouvrages et une trentaine de guides de randonnées consacrés aux Pyrénées : 100 randonnées, 100 plus beaux sommets, itinéraires de VTT et chemins de Saint-Jacques de Compostelle, etc.… Avec son topo-guide Canigou, Vallespir, Conflent, il est le créateur du Tour du Vallespir.

Amélie-les-Bains : Autrefois, la ville s'est appelée les " Bains d'Arles ", nom provenant d'Els Banys (les bains) et d'Arles pour Arles-sur-Tech. Ce nom désignait un monastère qui était érigé à cet endroit. Le nom actuel date de 1840 et fut donné à la commune en hommage à la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, qui faisait de nombreux séjours aux Thermes. Vaste de 2943 hectares, située au cœur du Vallespir, au bord du Tech et de son affluent le Mondony, la commune est désormais composée de 2 autres villages qui ont été annexées : Palalda en 1942 et Montalba en 1962. La cité est une station thermale renommée depuis l'antiquité.

Montbolo : Cité située sur la rive gauche du Tech à 600 mètres d'altitude, on l'appelle couramment le " Balcon du Vallespir " tant son panorama est exceptionnel sur la plaine du Roussillon, le Canigou, la chaîne des Albères et la vallée du Tech. De son exposition plein sud, Montbolo reçoit un ensoleillement maximum en hiver et, en été cette chaleur est tempérée par la fraîcheur due à l'altitude. L'absence de toute activité industrielle contribue à une qualité de l'air remarquable et pour compléter ce cadre idyllique, l'alimentation en eau est assurée par des sources captées à plus de 1500 mètres d'altitude. Ce village est également connu pour sa procession de la " Rodella " qui se déroule chaque 30 juillet et dont l'origine païenne remonterait au début du christianisme. Depuis l'église Saint-André de Montbolo, cette procession consiste à se rendre par un sentier forestier à l'abbaye d'Arles-sur-Tech pour aller vénérer les reliques des saints Abdon et Sennen. Mais la particularité de ce pèlerinage est de descendre une croix chrétienne sur laquelle a été placé un grand cerceau fait d'un enroulement de cire d'abeille que l'on appelle " la Rodella ". Il existe également autour de cette " Rodella " une légende basée sur un texte historique de 1465 que vous pouvez découvrir sur les deux sites Internet suivants :

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Traditions/Rodella.php

https://www.labalma.fr/index.php/fr/camping-fr/fetes

Formentere ou Formentera : Col à 1.133 m d'altitude situé à la limite du Haut-Vallespir et des Aspres sur le chemin du Tour du Vallespir et l'ancienne voie ferrée minière. Non loin de ce col, il y a le hameau oublié de Formentere, ancienne gare minière qui a eu son heure de gloire au temps de l'exploitation des mines de fer autour du Massif du Canigou (Batère, les Manerots, La Pinouse, Rapaloum, etc.…). De Formentere, grâce à une ligne de câbles et de chariots de plus de 5 kilomètres, le minerai cuit était descendu par voie aérienne jusqu'à Arles-sur-Tech.

Batère : Lieu situé à cheval entre Vallespir, Aspres et Haut- Conflent connu pour sa tour médiévale du 13eme siècle construite à l'époque où les Rois de Majorque régnaient sur le Roussillon et la Cerdagne. Cette tour à signaux assurait la surveillance et la communication à l'aide de fumées le jour et de feux la nuit. Elle était certainement en liaison avec d'autres tours et châteaux du Vallespir (Montbolo, Corsavy, Cos, Mir, Palalda, Cabrens) et les tours d'autres régions comme la Tour de la Massane ou bien celle de la Madeloc. Mais Batère est également connu pour ses anciennes mines de fer, fer apprécié depuis la nuit de temps (200 avant JC). Ces mines étaient les plus importantes du département, elles alimentaient un nombre incalculable de forges. Les mines fonctionnèrent jusqu'en 1994 donnant à toute la région un essor économique considérable. En 1953, la société d'exploitation construisit à 1.540 m d'altitude un bâtiment pour les mineurs et leurs familles, ce bâtiment sert désormais de refuge et de gîte aux randonneurs de tout poil.

La tempête Klaus : Le 23 janvier 2009, Klaus est le nom donné à une tempête en cours de formation par l'Institut de Météorologie allemand en l'honneur d'un certain Klaus Schümann. Au départ, c'est le satellite Météosat qui va envoyer des images d'une dépression étonnante situé sur l'Atlantique Nord, profonde dépression qui va engendrer des vents d'une force exceptionnelle et d'une vitesse inouïe. Cette tempête a principalement touché le sud-ouest de la France, la principauté d'Andorre, le nord de l'Espagne et une partie de l'Italie entre le 23 et le 25 janvier 2009. Dans le sud de la France, nombreux sont ceux qui considèrent à juste titre comme plus dévastateur Lothar, la tempête de décembre 1999, mais ce n'est pas le cas du Vallespir et du Roussillon où Klaus a été bien plus violent. Le 24 janvier, les dégâts ont été considérables et en tous cas, évalués à 38 millions d'euros. Le département a été reconnu comme en état de catastrophe naturelle. Tous les records ont été battus : 216 km/h au Col d'Envalira, 193 km/h à Formiguères, 191 km/h pendant deux heures au Cap Béar, 184 km/h à Perpignan, record absolu de 1999 battu de plus 40 km/h. Les forêts de résineux (pins sylvestres et cèdres) du Vallespir ont été parmi les plus ravagées et l'importance des dégâts a été estimée avec des prises de vue aériennes. Au-delà des dégâts, le problème pour la filière bois, c'est que cette tempête Klaus est arrivée dans une conjoncture économique beaucoup plus mauvaise qu'en 1999.

Riuferrer : Affluent du Tech, le Riuferrer (la rivière du fer) est un torrent impétueux d'une longueur de 17,7 kms qui prend sa source dans le cirque du Faig au pied du Puig dels Tres Vents à une altitude de 2.300 m environ et se jette dans la Tech à Arles-sur-Tech. De nombreux pêcheurs parcourent ses rives pour ses excellentes truites.

La Coumelade : Affluent du Tech, la Coumelade est une rivière qui prend sa source sur le versant sud de la crête des Tres Vents à 2.570 mètres d'altitude et qui, après avoir parcouru 15 kms, se jette dans le Tech au hameau Le Tech. Dans sa partie torrent, elle appréciait des adeptes de la descente en canyon.

Saint-Guillem de Combret : Situé dans la vallée de la Coumelade, le minuscule hameau est essentiellement connu pour son ermitage dont l'histoire commence au 9eme siècle. A cette époque, une chapelle dédiée à Sainte-Magdeleine de Combret avait été construite par un certain " Guillem ". Guillem offrait, sans aucune compensation, gîtes et couverts à tous les pèlerins qui partaient de Saint-Michel de Cuxa pour se rendre à Saint-Jacques de Compostelle par le col d'Ares et l'Espagne. Guillem était si apprécié de tous les voyageurs et le lieu si prisé, qu'après sa mort tout le monde l'appela Saint-Guillem malgré qu'il n'ait jamais été canonisé. Aujourd'hui la chapelle et ses dépendances sont connues sous le nom de Saint-Guillem de Combret. Le hameau dispose d'un refuge non gardé. Malgré quelques restaurations, la chapelle a peu changé au fil des siècles, elle mesure 15 mètres de long pour 4 mètres de large et est de style roman. Sa cloche très ancienne est exceptionnelle et est à l'origine d'une légende prétendant que Guillem l'aurait modelée de ses propres doigts car il en reste, paraît-il, encore l'empreinte sur le métal. Le 22 juillet de chaque année, les habitants du village Le Tech, de Prats de Mollo et d'autres villages alentours effectuent un pèlerinage.

La Parcigoule : C'est une rivière de 9 kms de longueur, affluent du Tech qui prend sa source à une altitude de 1.920 mètres au lieu-dit Les Estables. Elle rejoint le Tech au hameau de Saint-Sauveur entre Prats-de-Mollo et la Preste. Le bassin de la Parcigoule présente la particularité d'avoir été une des vallées les plus déboisées et dépeuplées du Vallespir, tout d'abord à cause des nombreuses forges qui utilisaient intensément son bois puis à cause des crues répétitives (aiguat) d'octobre 1940 puis d'avril 1942. Un reboisement et des barrages ont été aménagés pour stabiliser et protéger la vallée.

Joseph de la Trinxeria : né en 1637 à Prats-de-Mollo, commune d'Espagne à l'époque, il s'insurgea contre la gabelle, cette célèbre taxe sur le sel, abolie depuis 1292 mais qui venait d'être réhabilitée en 1661 par Louis XIV après l'annexion de la Catalogne du Nord (Roussillon, Vallespir, Conflent, Cerdagne, Capcir) au royaume de France par le Traité des Pyrénées de 1659. En 1666, indigné d'avoir été surtaxé par les Gabelous, ces préposés chargés de la récolte, il leva une armée d'Angelets et tint tête pendant quelques années à toutes les troupes envoyées contre lui. Ces nombreuses victoires lui apportèrent un énorme prestige et nombreux furent ceux qui se rallièrent à sa cause. Il devint rapidement un héros dans le Vallespir tout entier et bien au-delà encore dans toute la Catalogne. C'est en partie à cause de ces révoltés que Louis XIV fit construire par Vauban, le Fort Lagarde de Prats-de-Mollo à partir de 1677. Quelques années plus tard, Joseph de la Trinxeria qui n'avait pas renié ses origines, devint officier des armées d'Espagne et se battit contre le royaume de France aux côtés des Miquelets. Il ne cessa jamais de se battre sur de nombreux fronts et termina sa vie comme colonel en 1689. Il mourut en 1694.

Prats-de-Mollo - La Preste : Avec une superficie de presque 12.000 hectares, cette commune est la plus étendue du département des Pyrénées-Orientales. Située au bord du Tech à 735 mètres d'altitude, elle dispose d'un patrimoine historique exceptionnel : Eglise gothique Saintes Juste et Ruffine, Fort Lagarde et fortifications construites par Vauban, Tour de Mir, nombreuses chapelles, etc.… Il faut dire qu'au regard de sa situation géographique, Prats fût tout au long de son histoire le théâtre de soubresauts franco-espagnols incessants. Longtemps tournée vers l'agriculture, l'élevage, la sylviculture et quelques industries locales (textiles, espadrilles, etc.…), la cité vit désormais du tourisme et des Thermes de la Preste, bourg rattaché à Prats mais éloigné de huit kilomètres à une altitude de 1.130 mètres. Le mot " Prats " signifie " prés " mais deux versions s'opposent quant à l'origine du mot " Mollo ", certains le traduisant par " mouillé " d'autres avançant qu'il signifie " grosse pierre" en catalan. Alors " prés mouillés " ou " prés bornés ", les deux définitions ont leur logique tant la cité a été souvent la scène de crues mémorables mais aussi un bourg toujours borné ou limité par une frontière mouvante et parfois incertaine. Il faut savoir en effet que malgré le Traité des Pyrénées de 1659 signé entre le roi de France Louis XIV et Philippe IV, roi d'Espagne, le véritable tracé de la frontière entre la province du Roussillon et l'Espagne ne fût déterminé et borné que deux siècles plus tard en 1866 avec le Traité de Bayonne entre l'Empereur Napoléon III et la reine Isabelle II d'Espagne. De par leur situation géographique ambiguë et instable, c'est dire si les Pratéens ont longtemps été indécis et désorientés quant à leur citoyenneté réelle. Alors n'est-il pas un peu logique qu'ils aient été avant tout catalans avant d'être espagnols ou français ? En raison de son milieu, de son relief varié et de ses richesses naturelles remarquables (flore, faune et géologique) la commune a été classée " Réserve Naturelle " en 1986.

La tour de Mir : Situé à 1.540 m d'altitude et datant du 13eme siècle, comme la tour de Batère, la tour de Mir était chargé d'émettre des signaux pour assurer les communications avec d'autres tours comme celle de La Guardia, une autre tour de Prats-de-Mollo où a été érigé ensuite le Fort Lagarde. A cette époque où les catalans se lancent dans de nombreuses conquêtes tout autour de la Méditerranée, la tour de Mir présente l'avantage d'être à la fois tournée vers la mer et vers l'intérieur des terres, car plus particulièrement affectée à la surveillance de Col d'Arès, passage obligé vers des territoires intérieurs comme le royaume d'Aragon notamment. De son piton rocheux, on aperçoit très distinctement le château et les tours de Cabrens, elles-mêmes en liaison avec la Tour de Batère et ainsi de suite jusqu'aux tours des Albères et du Roussillon. La tour de Mir est située sur le chemin du Tour du Vallespir.

La Retirada : Le mot " Retirada " signifie " retraite " en espagnol mais il désigne plus particulièrement l'exode humanitaire que des milliers de républicains espagnols vécurent à partir de janvier 1939. En deux semaines, c'est 100.000 réfugiés qui passent la frontière au col d'Arès pour fuir la dictature de Général Franco dont l'alliance avec le régime nazi d'Hitler inquiète l'Europe toute entière. Le 31 janvier, le ministre de l'intérieur Albert Sarraut vient à Prats-de-Mollo pour organiser ces arrivées massives. Il fait construire 4 camps d'hébergement dans la vallée du Tech. Tout est bon pour accueillir les réfugiés et affronter ce glacial et cinglant hiver. Le 13 février, la frontière est officiellement fermée et gardée par les soldats de Franco. Mais ce sont environ 500.000 personnes, pleines d'un espoir d'un avenir meilleur qui arrivèrent en France par de multiples passages frontaliers. Mais pour ces réfugiés, internés dans des camps ceinturés de fils barbelés, cette espérance fût le plus souvent déçue, car ils avaient fuit l'arbitraire, la torture et la terreur instaurée par le régime totalitaire espagnol pour ne trouver en France que privation de liberté, dans des conditions généralement pitoyables pour ne pas dire inhumaines.

Notre-Dame du Coral : Il s'agit d'une chapelle longue de 23 mètres et large de 7 mètres qui a été construite sur un éperon rocheux à 1.091 m d'altitude dans un cadre de verdure exceptionnel. On pense qu'à l'origine, au 9eme siècle, il s'agissait d'un simple sanctuaire (petite chapelle ou oratoire) qui servait de lieu de prières. Puis comme souvent, un village, ici Miralles, se développa autour de cette chapelle. La légende prétend qu'une statue de bois représentant la vierge Marie provenant de cette chapelle ait été dissimulée dans un tronc d'arbre, puis retrouvée plus tard. Cette trouvaille aurait été l'occasion d'un engouement populaire qui amena la construction de la nouvelle église paroissiale de Miralles. C'est ainsi que Notre Dame du Coral est apparue, bâtie sur les restes de la chapelle primitive, pour servir d'église aux habitants du village. Dans les textes historiques, Sancta Maria de Coral apparaît à partir de l'an 1267 comme appartenant à l'abbaye de Camprodon (Espagne). Mais au fil des siècles, et selon les mouvements de la frontière, le site eut divers propriétaires religieux, privés ou publics. Mais les occupants de la chapelle ont été le plus souvent des ermites forains qui voyageaient en quête de charité et d'oboles. A présent, la chapelle et certaines de ses dépendances servent de refuge avec gîtes, restaurant, tables et chambres d'hôtes. L'étymologie de " Coral " est très discutée mais la plus probable est que ce nom viendrait simplement de " corail " comme la couleur rouge de certaines roches que l'on trouve dans le secteur en montant par exemple vers le col de Malrems ou le Pla de la Muga.

Lamanère : C'est un village du Vallespir situé à 777 mètres d'altitude et à vol d'oiseau vers le sud à moins de 3 kms de la frontière espagnole. Entourée de montagnes et de collines avec les Baga de la Sadella et de la Bordellat (1.554 m) au sud, le Mont Nègre (1.425 m) à l'est, le Roque de Cap de Ca et la serra de Cabrens (1.326 m) au Nord, le Puig de las Coubines et El Tossal (1.281m) à l'ouest et nichée au fond d'une verdoyante vallée à la jonction de plusieurs rivières et ruisseaux (Lamanère, Taix, etc.…) elle est la commune la plus méridionale de l'hexagone. Riche de divers minerais (fer, or, plomb argentifère, cuivre) qui y furent exploitaient en leurs temps, son nom proviendrait du catalan " La Menera " signifiant " La Minière ". Grâce à ses paysages magnifiques et variés, elle est un lieu propice à de nombreuses activités de plein air (randonnées, VTT, baignades, canyonning, etc.…). Mais de par son emplacement géographique très isolé, on ne connaît pas grand-chose de son histoire, si ce n'est qu'elle a longtemps était dépendante de la commune de Serralongue où régnaient au Moyen-Âge les seigneurs de Cabrens. Mais Lamanère, c'est aussi une rivière, affluent du Tech, longue de 15,7 kms, qui elle-même est alimentée par d'innombrables petits ruisseaux affluents.

Les Estanouses : Minuscule hameau perdu du Haut-Vallespir situé au pied des tours de Cabrens, non loin des villages de Lamanère et de Serralongue à une altitude de 1.019 mètres. Il y a encore quelques années (2004 ou 2005), on pouvait le traverser en empruntant une des variantes du Tour du Vallespir. Aujourd'hui, ce chemin est barré car il est devenu un domaine privé, et si j'en crois mes recherches Internet, faisant chambres et tables d'hôtes pour accueillir les touristes.

Cabrens : La seigneurie de Serralongue, commune du Vallespir, est gouvernée dès le 11eme siècle par les " seigneurs de Cabrenç " en référence aux chèvres qui peuplaient les collines et qui étaient les seuls animaux à pouvoir grimper jusqu'à leur château. Le premier seigneur fût Oriol de Cortsavi mais la dynastie des Cabrens composée de diverses familles au gré des alliances et des successions eut une immense influence sur une grande partie du Vallespir et régna fort longtemps et au moins jusqu'en 1792, date à laquelle l'état français créa les communes et où le dernier seigneur Abden Senen de Ros, baron de Cabrens s'expatria en Espagne. Aujourd'hui le site de Cabrens est surtout connu pour ses trois tours, objectifs de randonnées à partir de Lamanère ou de Serralongue. Situées au faîte d'une crête rocheuse, les trois tours sont en réalité les ruines du château construit en 1086 par les seigneurs de Cabrens, celles d'un donjon adjoint au 11eme siècle qui aurait fait office de geôles et enfin celle d'une tour à signaux du 14eme siècle qui communiquait avec de nombreuses autres tours du Vallespir (Mir, Batère et Cos). Au regard de sa position géographique dominante, l'ensemble devait constituer une forteresse quasi imprenable.

Saint-Laurent-de-Cerdans : Le village daterait du 11eme siècle, date à laquelle des moines de l'abbaye d'Arles-sur-Tech aurait construit une église dédiée à Saint-Laurent, martyr du 3eme siècle. Le terme " Cerdans " apparaît au 12eme siècle avec le nom d'un mas (Manso de Cerdanis). Mais ce nom lui-même proviendrait du nom d'un peuple des montagnes de la région, descendant des Ibères qu'on appelait " Les Cérêtes ". Ce peuple serait aussi à l'origine des noms de la ville de Céret et de la région de Cerdagne. La ville construite à l'intersection de plusieurs cours d'eau (la Quére, le Saint-Laurent, la Bilvera, etc.…) est entourée de plusieurs " serrats ", petites chaînes de montagnes (Cogull, Montner, Provadona, Capell, Garsa, etc.…) dont la plupart dépassent les 1.000 mètres d'altitude. Elle fût un lieu de passage, d'échanges et surtout de contrebande avec l'Espagne tout au long des époques. Pendant très longtemps, la prospérité de la cité a reposé sur les industries liées au fer avec de nombreuses forges alentours qui ont données leurs noms à des lieux-dits (la Forge del Mig, la Forge d'en Bosc, la Forge d'Avall, etc.…), au bois (exploitation du châtaignier encore très présent dans les forêts de nos jours) mais l'industrie la plus originale a été celle de la fabrication d'espadrilles que l'on appelle ici " vigatanes " et qui, bien sûr, a été étroitement liée aux fabriques de tissus. Ces deux dernières activités artisanales sont encore bien présentes aujourd'hui au travers des sociétés " Vallespir Sandales " et " Les Toiles du Soleil ". Grâce à son riche patrimoine historique, culturel et naturel et au tout proche domaine hôtelier de Falgos pourvu de son terrain de golf de 18 trous, le village vit désormais au rythme du tourisme.

La famille Noëll : Le 23 janvier 1676, l'église de Saint-Laurent-de-Cerdans avait brûlé ainsi que quelques maisons voisines dont celle de la famille de Noëll. Au 18eme siècle, la destruction de ces documents anciens avait amené Abdon Noëll à solliciter du roi de France Louis XV la reconnaissance et la confirmation de sa qualité de noble et de ses titres. C'est en décembre 1766 qu'Abdon de Noëll reçut cette confirmation et ses nouvelles lettres de noblesse signée de Louis XV et du duc de Choiseul. Il fût nommé baron de Vilaro, petit hameau proche de Saint-Laurent. Notaire à Saint-Laurent-de-Cerdans, Abdon, le seigneur de Vilaro, âme de la Résistance du Vallespir, fût le plus connu de tous car en avril 1793 avec l'aide du général espagnol Antonio Ricardos, il évita le massacre programmée par la Convention Nationale de toute la population de Saint-Laurent-de-Cerdans. Quand on sait que cette guerre entre la France et l'Espagne, galvanisé par l'hostilité de la monarchie espagnole envers la République Française, commença pour empêcher l'organisation d'une simple procession, on comprend mieux l'attachement que les Laurentins avaient pour leurs traditions et leur liberté de culte. Ce culte de l'église et cette liberté sont encore fermement ancré de nos jours et on les retrouve à travers diverses manifestations.

Puis ce fût Jacques de Noëll qui, au 20eme siècle, grimpa l'échelle de la renommée, mais dans un autre registre, celui de la musique. Il fut un grand compositeur de musiques catalanes et de sardanes. Et comme ici en Vallespir, comme dans toute la Catalogne, la sardane est une danse et une musique sacrée, Jacques de Noëll fût un musicien très apprécié. Il y eut également Louis, archéologue apprécié, frère de Jacques mais mort trop jeune pour être resté dans l'Histoire. Mais tout au long des siècles, les de Noëll étaient surtout de riches aristocrates et des notables reconnus, certains étaient notaires, d'autres maîtres de forge ou propriétaires d'exploitations minières, d'autres propriétaires terriens. Malgré la perte de leurs titres de noblesse à la Révolution Française, les de Noëll gardèrent un certain prestige dans tout le Roussillon certains devenant des chefs d'entreprise reconnues, d'autres tentèrent l'aventure de la vie politique, beaucoup devenant maires de nombreuses communes. La bâtisse, maison de famille des de Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans avait été construite en 1606 et le premier occupant avait été un certain Damia (1560-1612) qui, au côté de Joseph de la Trinxeria, s'était révolté contre les effets néfastes du Traité des Pyrénées de 1659. Cette maison Damia Noëll a été rachetée, il y a quelques années, par un couple très sympathique Isabelle et Mario Lopes, qui en ont fait une table et des chambres d'hôtes absolument remarquables.

Pilon de Belmatx ou Belmaig : Ici en Catalogne, on prononce " Belmach ". Il s'agit d'un sommet du Vallespir avec une altitude somme toute modeste puisque élevée au dessus du niveau de la mer à 1.280 mètres seulement. Il est situé sur une longue crête rocheuse qui s'appelle la Serre de Montner et qui surplombe la cité d'Arles-sur-Tech. Mais sa renommée vient justement de la difficulté que l'on rencontre à le gravir à partir d'Arles-sur-Tech puisque c'est pas moins de 1.020 mètres de dénivelé qu'il faut accomplir sur un sentier très difficile car terreux et caillouteux et très souvent raviné. Pour y monter, il faut emprunter un tronçon du célèbre GR.10 jusqu'au Col de Paracolls et c'est certainement pour çà que cette randonnée s'inscrit très souvent comme une " incontournable " du département. Montagne mythique pour les Arlésiens, chaque printemps, un trail de 11 kilomètres, course réunissant des spécialistes de ce sport mais aussi de simples concurrents est organisée par l'association Arles-Belmaig. Est déclaré vainqueur du " Km Vertical Walsh " celui qui accomplit exactement les 1.000 mètres de dénivelé (environ 100 mètres avant le sommet) dans le laps de temps le plus court.

Arles-sur-Tech : Bien que n'ayant pas traversé cette ville lors de ce Tour du Vallespir, je l'ai eu très souvent devant mes yeux lors de la 1ere et de la dernière étape. Comment parler du Vallespir sans évoquer Arles-sur-Tech qui est certainement une des villes les plus anciennes de cette région puisqu'on a retrouvé des vestiges datant de la Préhistoire (dolmen). Comment parler d'Arles-sur-Tech sans parler de sa Sainte-Tombe et des saints Abdon et Sennen. En ce qui concerne la Sainte-Tombe et son fameux mystère, il s'agit d'un sarcophage de pierre du 3eme siècle qui est situé dans une courette de l'église et qui produit une quantité d'eau pure importante et " d'origine inconnue " (200 à 300 litres par an en moyenne, parfois beaucoup plus, jusqu'à 800 litres l'an). La thèse du miracle a bien évidemment été la première avancée, tandis que d'autres hypothèses ont vu le jour tout au long de l'histoire, relayées ces dernières années par des médias avides de sensationnel. Malgré un premier travail sérieux et concluant dans les années 60 et encore récemment, le panneau situé au dessus du sarcophage explique encore aujourd'hui que la Sainte Tombe n'ait pas livré son secret. Mais la théorie la plus souvent émise serait que le couvercle serait suffisamment poreux pour laisser pénétrer l'eau des pluies alors que le fond du sarcophage serait parfaitement imperméable. Quand à Abdon et Sennen, en l'an 960 un abbé se nommant Arnulfe aurait rapporté de Rome des reliques authentifiées comme étant celles de ces deux saints persans. Elles vaudront à Arles le surnom de "ville des Corps Saints". Ces deux Saints sont toujours vénérés à Arles. Mais autour de ces saints, il existe une légende qui se recoupe avec une autre légende du Vallespir, celle des " Simiots ", des êtres malfaisants, dévoreurs d'enfants, moitié félins et moitié singes qui vivaient dans les forêts et les montagnes du Vallespir. Je vous laisse le soin de prendre connaissance de ces légendes sur les excellents sites suivants :

https://www.sudcanigo.com/decouvrir/contes-et-legendes/

http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Legendes/Simiots.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdon_et_Sennen

 

Remerciements :

 

Je remercie très sincèrement toutes les personnes qui m'ont accueillies lors de mes différentes arrivées d'étapes : au Refuge de Batère, à l'hôtel Ausseil à Prats-de-Mollo et à Notre-Dame du Coral. Partout, je fus parfaitement reçu. Bien sûr, ma meilleure soirée mais la plus onéreuse aussi fût celle passée à la Maison Damia Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans, il est vrai en table et chambre d'hôtes d'une qualité remarquable. L'accueil d'Isabelle et Mario fût tel qu'ils méritent vraiment une mention spéciale. Je conseille vivement cet endroit à tous les randonneurs qui pourront se permettre de dépenser 78 euros pour une demi-pension. J'ai essentiellement marché en solitaire sur ce Tour du Vallespir mais je remercie les quelques personnes que j'ai rencontré au cours de ce voyage et qui, d'une manière ou d'une autre, l'ont rendu plus agréable ou plus facile : le vigile des Thermes d'Amélie qui ne m'a pas fait de difficulté pour garer ma voiture, l'homme qui faisait un footing avec son chien à Montbolo qui m'a aidé dans la direction à prendre, le couple qui craignait l'orage et qui voulait me prendre en voiture à la Tour de Batère, quelques clients et l'aimable groupe d'Epinal rencontré au refuge de Batère qui effectuaient le GR.10, le très chaleureux couple et leur fille que j'ai aidé à la cabane de la Devesa au dessus de Leca, l'homme qui m'a expliqué le plus court chemin à prendre au Fort Lagarde, la dame qui m'a expliqué où se trouvait l'hôtel Ausseil, les anonymes clients catalans et parisiens du restaurant Ausseil qui m'ont permis de passer une agréable soirée à Prats-de-Mollo et ce, malgré la terrible journée que j'avais vécue, la pharmacienne de Prats-de-Mollo qui a su parfaitement calmer mes brûlures d'orties, la gentille randonneuse rencontrée à Notre-Dame de Coral, les propriétaires du Domaine des Estanouses avec lesquels depuis je me suis lié d'amitié, le breton vététiste et le jeune couple de Tchèques, clients de la Maison Damia Noëll. Je remercie enfin ma femme qui m'a laissé partir seul, mes enfants de m'avoir offert un lecteur MP3, objet ô combien précieux qui m'a énormément aidé dans les instants les plus difficiles. Je remercie enfin Charles Trenet et ses interprètes Les Compagnons de la Chanson pour leur magnifique chanson " Mes jeunes années ", mélodie avec laquelle j'ai marché très souvent tout au long de cette randonnée. Quand j'éprouvais des difficultés, cette chanson était là pour me remonter moral et enthousiasme. Pour moi, cette chanson restera pour toujours comme un hymne à ces 6 jours passés en Vallespir. 6 jours " Sur les hauteurs d'une vallée âpre " qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

 

Divers :

 

Peu de temps après mon retour, le 24 août exactement, et en raison de la terrible et éprouvante épreuve que j'avais vécue dans la forêt du Miracle au dessus de Prats-de-Mollo, il m'a paru utile d'alerter les autorités pour que d'autres personnes ne tombent pas dans le même piège que les arbres couchés par la tempête Klaus du 24 janvier 2009 m'avaient tendu. J'ai donc adressé un e-mail à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération et au comité départemental de la Randonnée Pédestre pour les informer de la galère que j'avais éprouvée dans ce secteur du Tour du Vallespir situé peu après le Puig des Lloses en direction du Col du Miracle.

 

Le 14 septembre, c'est avec satisfaction que je recevais une réponse de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo dans laquelle elle m'informait avoir contacter Monsieur Joseph Dunyach, Président du club local de randonnée pédestre " Délit Ténim ". Ce dernier me répondait à travers une lettre jointe au message de Madame Baills.

 

Pour les remercier de m'avoir répondu et d'être intervenu ultérieurement dans ce secteur de Prats-de-Mollo, j'ai volontairement joint à ce récit nos différents échanges de messages.

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Message adressé le 24 août 2009 à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération Française de Randonnée Pédestre et à son Comité départemental des Pyrénées-Orientales.

 

Monsieur le Maire de Prats de Mollo, Mesdames, Messieurs,

 

J'ai réalisé la semaine dernière la randonnée du Tour du Vallespir en 6 jours d'après le Guide Rando de Georges Véron : Canigou, Vallespir, Conflent paru chez Rando Editions. Randonnant beaucoup tout au long de l'année, j'avais eu l'occasion de remarquer que ce tour était plutôt bien balisé et que les panneaux indicateurs étaient nombreux. Je n'ai pas trouvé non plus sur Internet de contre-indications à effectuer ce tour. C'est donc en toute confiance mais muni néanmoins d'un GPS, d'un téléphone portable et des cartes IGN appropriées que je suis parti d'Amélie vers Batère le 1er jour, puis vers Saint-Guillem le 2eme jour, puis vers Prats de Mollo le 3eme jour, puis à Notre-Dame de Coral le 4eme jour, puis à St Laurent de Cerdans le 5eme et retour à Amélie le 6eme.

 

Tout s'était très bien passé jusqu'au Puig des Lloses (1.413 m) qui sauf erreur de ma part se trouve sur la commune de Prats de Mollo. A cet endroit, le balisage rouge et jaune propre au Tour du Vallespir ainsi que le panneau d'orientation m'indiquait de poursuivre vers la droite alors qu'un 2eme panneau me proposait de descendre à gauche vers Prats de Mollo par le col de Cavanelles. Effectuant bien sûr le Tour du Vallespir et ayant de toute manière ce tracé-là enregistré dans mon GPS, j'ai normalement poursuivi vers la droite d'autant que rien à cette intersection du Puig des Lloses ne pouvait me laisser supposer que cette portion du Tour du Vallespir dans laquelle j'allais m'engager était complètement impraticable.

 

J'ai 60 ans et je pense être un marcheur chevronné. Pourtant je ne vous cache pas qu'à cause des nombreux arbres décimés qui jonchent encore le sentier sur ce secteur depuis la tempête Klaus du 24 janvier dernier, j'ai eu à un moment le vague sentiment que j'était tombé dans un véritable traquenard. En effet, j'ai commencé à enjamber un premier arbre puis à passer sous un second, puis troisièmement à contourner un premier groupe d'arbres, puis je suis passé sous quelques autres arbres couchés puis au bout de 1,5 kms sans autre solution j'ai finalement quitté le chemin pour éviter un amoncellement qui me semblait de quelques mètres de large seulement (on constate en effet que le vent à suivi des couloirs plus ou moins larges) mais qui en réalité étaient absolument infranchissables. J'ai donc fini par me perdre dans cet immense labyrinthe d'arbres abattus et j'ai même pensé à un moment à appeler les secours depuis mon portable. Heureusement, que j'ai su garder mon sang-froid et grâce à mon GPS j'ai pu, après de multiples efforts, retrouver le sentier et j'ai réussi à rebrousser chemin pour en définitive rejoindre Prats par le col de Cavanelles.

 

Attention ce message que je vous adresse et cette histoire que je vous relate n'ont pas pour objet d'émettre un grief envers quiconque mais simplement à vous prévenir qu'à cet endroit après le Puig des Lloses, le tour du Vallespir est particulièrement dangereux et infranchissable. Mais peut-être le saviez-vous ? De mon côté, je sais pertinemment que la tempête Klaus a provoqué des dégâts considérables et que ce n'est pas en quelques mois que l'on peut effacer les cicatrices d'un tel désastre. Je pensai toutefois que dans la mesure où un chemin serait impraticable un simple petit panonceau d'interdiction aurait été mis en place. Ayant eu l'occasion de marcher dans les Landes et le Gers il y a quelques semaines, j'avais eu l'occasion d'apprécier ce type de pancartes sur de nombreux sentiers. J'ai donc été très étonné qu'au Puig des Lloses aucun panneau ne vienne prévenir le randonneur de cette dangerosité, d'autant qu'un autre chemin permet d'accéder à la commune de Prats dans d'excellentes conditions. En été où les randonneurs sont très nombreux à parcourir les chemins de notre beau département des PO, je pense que de simples petits panneaux d'interdiction et/ou de conseils en pareils endroits seraient d'une redoutable efficacité et éviteraient bien des désagréments comme ceux que j'ai connus.

 

Voilà, après tous ces déboires, et après trois heures d'errements, j'ai fini par arriver à Prats de Mollo avec seulement quelques égratignures, quelques bleus et les mollets douloureusement brûlés par les orties et griffés par les ronces.

 

Le lendemain avant de repartir, j'ai longuement réfléchi sur le sentier que j'allais prendre et plutôt que d'opter par la poursuite du Tour du Vallespir par la Tour de Mir et le col d'Arès dont je sais que le secteur est particulièrement boisé aussi, j'ai emprunté le chemin le plus court pour rejoindre l'ermitage de Notre Dame de Coral. Il s'agit du PR.12 qui passe au col de la Guille. Bien m'en a pris, puisqu'une fois arrivé à l'ermitage, j'appris par d'autres randonneurs, qui en revenaient, que les chemins de la Tour de Mir et du col d'Arès étaient eux aussi barrés par de nombreux arbres couchés. Je ne l'ai pas constaté par moi-même !

 

Voilà il m'a paru utile de vous apporter ce témoignage qui est tout frais. Comme je l'ai dit je ne fais aucun grief à personne d'autant que parmi les acteurs à qui j'adresse ce message, je ne sais pas qui est responsable des arbres couchés, du balisage présent ou absent, de la prévention à mettre en place en pareil cas, etc...

 

J'espère simplement que quelqu'un fera bon usage de ce message.

 

Recevez, Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, mes respectueuses salutations.

 

Gilbert JULLIEN

Licencié à la FFRP sous le N° 0579504G

 

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Lettre réponse reçue de Monsieur Joseph Dunyach par l'intermédiaire de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo.

 

OFFICE DE TOURISME**

66230 PRATS DE MOLLO - LA PRESTE

 

DUNYACH Joseph

Président du club de randonnée FFRP " Delit Tenim "

Membre du Comité directeur départemental des PO

Responsable des Sentiers

Tel : 04.68.39.77.18

 

A Monsieur JULLIEN Gilbert

 

Monsieur,

 

Je viens de prendre connaissance de votre courrier du 25 Août au sujet des problèmes que vous avez rencontré sur le Tour du Vallespir. Ce courrier m'avait été communiqué par le Président départemental lors de la réunion du Comité Directeur du 31 août à Perpignan et je le classe parmi ceux qui font plaisir à lire car ils démontrent la qualité des randonneurs de la FFRP et leur soucis de parfaire notre terrain de jeu naturel.

Vous avez très bien exposé tous vos problèmes et je me sens un peu responsable de ce qui vous est arrivé car j'avais apposé un panneau de fermeture de sentiers à l'entrée du sentier au départ de Prats et je n'avais pas pensé aux randonneurs arrivant dans l'autre sens ce que je vais m'empresser de corriger en attendant l'ouverture que nous espérons prochaine de ce beau sentier sur le secteur du Miracle après le désastre de la tempête Klauss qui nous a donné bien des soucis.

Je profite de ce courrier pour vous informer que le Tour du Vallespir va être complètement finalisé car il fait partie du grand projet du Conseil Général à travers son entité " Canigou Grand Site ".

Si vous souhaitez recevoir les documents sur cet itinéraire vous pouvez nous communiquer vos coordonnées postales.

Pour ce qui est du secteur de la Tour du Mir, la situation est tout à fait normale.

J'ose espérer que ce courrier vous soulagera un peu de la galère que vous avez connu et je vous prie de m'en excuser encore une fois.

Je joins une copie de ce courrier au Président du Comité Départemental qui m'avait demandé de vous répondre en tant que responsable du secteur ainsi qu'à Monsieur le Maire de Prats de Mollo La Preste.

 

Recevez Monsieur mes sincères salutations et peut être au plaisir de se connaître un jour à Prats ou sur l'un de nos sentiers du Haut-Vallespir.

 

DUNYACH Joseph

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

Publié le par gibirando

Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements :

Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi : ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voudraient faire le contraire, et l'immense majorité de ceux qui ne veulent rien faire.

Confucius (551 av.JC-479 av.JC).

 

Bibliographie et cartographie :

(Vous trouverez ci-dessous le topo-guide et les cartes que j'ai utilisés lors de ce Tour du Vallespir. Les autres livres m'ont permis de m'imprégner de cette région et ainsi de mieux la comprendre sur le plan culturel. Concernant l'Histoire et la géographie du Vallespir, de nombreux sites Internet m'ont aidé dans ces domaines.)

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Canigou-Vallespir-Conflent- Le Guide Rando- Georges Véron- Rando Editions-2002.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Carte IGN Top 25 2349 ET Massif du Canigou

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Carte IGN Top 25 2449 OT Céret Amélie-les-Bains Palalda-Vallée du Tech.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Promenade littéraire à travers le Vallespir - Recueil de textes et de poèmes- Michel Wallon - Les Presses- Littéraires-2002.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Domenica ou la Vallée âpre- Roman- Marie Vallespir- Les Presses de l'Imprimerie du Vallespir-1959. Préface de Joseph Ribas. 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Mes Cahiers du Vallespir - Recueil Traduction de poèmes en catalan- Robert Gendre - Imprimerie Le Castellum-1975. Préface d'Abdon Poggi.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Ballades Catalanes- Recueil de poèmes et de photographies- Alain Taurinya- Michèle Maurin - Editions Magellan et Cie - 2002

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 -Mes jeunes années racontées par ma mère et moi - Essai de Charles Trenet et Marie-Louise Caussat-Trenet- Editions Robert Laffont-1978

 

Sites Internet :

 (Autant que c'est possible, j'essaie de faire en sorte que les liens fonctionnent, chose peu facile certains changeant de nom de domaine, d'autres disparaissant carrément.)

- http://clubdelittenim.wordpress.com/randonnees/

- http://cortsavisempre.free.fr/index.html

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Regions/Vallespir.php

- http://jeantosti.com/roussillon.htm

- http://lamanere-barrutet.com/

- http://pagesperso-orange.fr/casafr/vallespir/vallespir.htm

- http://www.amelie-les-bains.com/

- http://www.charles-trenet.net/

https://www.vallespir.com/

https://www.sudcanigo.com/item/damia-noell-chambres-dhotes/

http://www.haut-vallespir.fr/

- http://www.hotel-ausseil.com/

- http://www.la-clau.net/

- http://www.lamanere.fr/

- http://www.mairie-perpignan.fr/

- http://www.maisondupatrimoine-ceret.fr/

- http://www.mediterranees.net/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Montbolo

- http://www.notredameducoral.com/

https://www.vallespir-tourisme.fr/

- http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1941_num_29_2_4312

- http://www.pratsdemollolapreste.com/

- http://www.pyrenees-orientales.pref.gouv.fr/

- http://www.reserves-naturelles.org/

- http://www.reynes.fr/html/vallespir.htm

- http://www.vallee-du-tech.com/

- http://www.ville-arles-sur-tech.fr/

- http://www.ville-saint-laurent-de-cerdans.fr/

 

Cette liste de sites Internet n'est pas exhaustive car j'ai également consulté des sites comme Wikipédia, Wiktionnaire, Généanet, Freelang ou Lexilogos et divers forums. Il y a certainement bien d'autres sites concernant le Vallespir, la Vallée du Tech, les villes et les lieux visités lors de cette randonnée. Que ceux qui les ont créés m'excusent de ne pas les citer mais il m'était bien sûr impossible de tous les mentionner dans ce récit. Tous les sites évoqués ci-dessus ont largement contribués soit à la préparation ou à la réalisation du Tour du Vallespir lui-même soit à la rédaction de ce récit. Pour ces raisons, je remercie très sincèrement les auteurs, les propriétaires et les webmestres de tous les sites compulsés.

 

Petit lexique classé dans un ordre d'apparition dans ce récit :

 

Le lexique ci-dessous n'a pas la prétention d'être complet. Il reprend la plupart des noms propres cités pour tenter de les décrire ou de les expliquer dans l'ordre chronologique où ils apparaissent dans ce récit. Grâce à ces explications, j'espère que le lecteur appréhendera mieux la géographie et l'histoire du Vallespir. J'ai volontairement oublié certains noms et j'aurais pu par exemple citer Céret qui est la sous-préfecture du département des P.O, considérée comme la capitale du Bas-Vallespir, mais son absence vient simplement que la ville n'est pas située sur le Tour du Vallespir.

 

Vallespir : Région vallonnée et montagneuse du département des Pyrénées-Orientales qui s'étire sur une quarantaine de kilomètres le long de la vallée du Tech. Le mot vient du latin " Vallis Asperi " qui signifie " vallée âpre " mais âpre au sens de difficile, rude, abrupt.

Vallée du Tech et l'aiguat de 1940 : Bassin versant d'environ 750 km2 le plus méridional de France. Le Tech, long de 85 km, est un fleuve côtier des Pyrénées-Orientales qui prend sa source, dans le massif du Costabonne, au Roc Colom à une altitude de 2.450 m environ. Ce bassin versant associe montagne et plaine, avant d'atteindre la Méditerranée au lieu-dit le Bocal du Tech. Par son débit qui peut-être parfois très exceptionnel (4000 m3/s), le Tech est une fleuve redoutable. Au fil des siècles, il a très souvent débordé laissant le Vallespir et toute la Catalogne exsangue. Les plus effroyables inondations, qu'ici on appelle " aiguat ", ont eu lieu en 552, 1224, 1763, 1842 et 1940. Le Haut-Vallespir ayant été l'épicentre de cette catastrophe d'octobre 1940, de nombreux habitants gardent encore en mémoire les images d'horreur et de désastre de ces crues monstrueuses : 300 personnes perdirent la vie en Catalogne dont 50 côté français, 60 immeubles furent emportés à Arles-sur-Tech et Amélie-les-Bains où la gare et le casino disparurent dans les flots, des dizaines d'habitation furent emportées à Prats-de-Mollo et dans de nombreux autres villages. Des éboulements gigantesques de plus de 50 mètres de hauteur barrèrent la vallée (La Baillanouse), 4 usines électriques et de nombreuses entreprises furent pulvérisées, les coulées à la fois liquides et solides se déversèrent dans les campagnes dévastant toutes les cultures et laissant dans les terres arables une incroyable accumulation de rochers, de cailloux et de sables inadaptée à l'agriculture future, les flots emportèrent de nombreux ponts et voies de communication. Ces précipitations diluviennes furent considérées par les météorologues comme une " anomalie fantastique " de la nature. Vous trouverez quelques témoignages de l'époque sur la page Internet suivante : http://pluiesextremes.meteo.fr/france-metropole/Aiguat-fantastique-sur-le-Roussillon.html

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - RemerciementsMes jeunes années : Les paroles de cette chanson sont de Charles Trénet et la musique de Marc Herrand, pianiste, arrangeur de talent et ancien ténor des Compagnons de la Chanson. Elle date de 1949 (encore une coïncidence puisque c'est l'année de ma naissance !) et la partition est parue aux Editions Raoul Breton. Charles Trenet l'a composée lors d'une tournée qu'il effectuait au Canada. Dans l'importante discographie de Trenet, cette chanson figure dans pas moins de 27 disques et albums. Elle est donc une chanson très importante du registre du poète et chanteur. Charles Trenet y évoque ses souvenirs de jeunesse quand il allait courir la montagne du côté du Vallespir, du Canigou ou de la Cerdagne qu'il aimait tant. En 1922, son père s'installe comme notaire à Perpignan, ville dont il est natif. Peu de temps après, il fait la connaissance d'Albert Bausil, un ami à son père. Albert Bausil, l'enfant du Canigou, le poète et écrivain, chantre inspiré du Roussillon, lui fait découvrir les arts et la culture catalane. Pour le petit garçon émerveillé au regard clair, cette rencontre est capitale et Albert Bausil devient son mentor, voire son Pygmalion. Sans cet homme, qui aura sur l'adolescent une influence capitale, il n'y aurait peut-être pas eu de "Fou chantant", mais rien qu'un petit architecte de province… Bausil accueille Charles dans son "Coq Catalan", un petit hebdomadaire littéraire, satirique et sportif. Le jeune poète y fera ses premières armes, des vers qui, déjà, respirent la liberté et l'amour de la vie avec enthousiasme. Cette chanson a été reprise par nombre d'autres chanteurs et surtout par de nombreuses chorales comme les Petits Chanteurs à la Croix de Bois par exemple. Mais les meilleurs interprètes de Trenet restent les Compagnons de la Chanson qui ont repris un grand nombre de textes du grand poète. En 1978, "Mes jeunes années racontées par mère et moi" est un livre autobiographique écrit à quatre mains par Charles Trenet et sa mère Marie-Louise Caussat-Trenet paru aux Editions Laffont.

(Personnellement, cette chanson, reste le souvenir et le symbole d'une jeunesse insouciante, éprise de liberté et d'amour de la vie et de la nature. Je me reconnais dans cette chanson et en la réentendant, elle est devenue tout naturellement un hymne à mon Tour du Vallespir). Cliquez sur l'image de la partition ci-dessus pour écouter la chanson.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Georges Véron : Ce grand pyrénéiste né dans la Sarthe en 1933 est mort en 2005. Professeur de biologie, il a d'abord pratiqué le football et l'athlétisme pendant plus de vingt ans avant de découvrir les Pyrénées. Quand il découvre la chaîne de montagnes, il en " tombe amoureux " et en fait rapidement sa passion. Il enchaîne les balades à un rythme qui lui vaut le surnom de " stakhanoviste de la montagne ". En 1968, il effectue la traversée des Pyrénées et réussit le pari d'aller de la mer Méditerranée à l'océan Atlantique par la haute montagne, en 41 étapes, uniquement à l'aide de cartes. Il devient ainsi le créateur de la Haute Randonnée Pyrénéenne, célèbre H.R.P qui traverse les Pyrénées par les chemins pédestres des plus hautes crêtes et des plus hauts cols. A partir de là, il va se consacrer presque exclusivement à la randonnée, à pied mais aussi en V.T.T. Membre du Club alpin français, collaborateur de la Fédération française de la randonnée pédestre, il participe à la création du célèbre G.R.10, longue randonnée de 850 kms qui part d'Hendaye dans les Pyrénées-Atlantiques et se termine à Banyuls-sur-Mer dans les Pyrénées-Orientales . En 1978, il enseigne à Tarbes, conseiller technique de l'association " Randonnées Pyrénéennes ", Georges Véron publie de nombreux ouvrages et une trentaine de guides de randonnées consacrés aux Pyrénées : 100 randonnées, 100 plus beaux sommets, itinéraires de VTT et chemins de Saint-Jacques de Compostelle, etc.… Avec son topo-guide Canigou, Vallespir, Conflent, il est le créateur du Tour du Vallespir.

Amélie-les-Bains : Autrefois, la ville s'est appelée les " Bains d'Arles ", nom provenant d'Els Banys (les bains) et d'Arles pour Arles-sur-Tech. Ce nom désignait un monastère qui était érigé à cet endroit. Le nom actuel date de 1840 et fut donné à la commune en hommage à la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, qui faisait de nombreux séjours aux Thermes. Vaste de 2943 hectares, située au cœur du Vallespir, au bord du Tech et de son affluent le Mondony, la commune est désormais composée de 2 autres villages qui ont été annexées : Palalda en 1942 et Montalba en 1962. La cité est une station thermale renommée depuis l'antiquité.

Montbolo : Cité située sur la rive gauche du Tech à 600 mètres d'altitude, on l'appelle couramment le " Balcon du Vallespir " tant son panorama est exceptionnel sur la plaine du Roussillon, le Canigou, la chaîne des Albères et la vallée du Tech. De son exposition plein sud, Montbolo reçoit un ensoleillement maximum en hiver et, en été cette chaleur est tempérée par la fraîcheur due à l'altitude. L'absence de toute activité industrielle contribue à une qualité de l'air remarquable et pour compléter ce cadre idyllique, l'alimentation en eau est assurée par des sources captées à plus de 1500 mètres d'altitude. Ce village est également connu pour sa procession de la " Rodella " qui se déroule chaque 30 juillet et dont l'origine païenne remonterait au début du christianisme. Depuis l'église Saint-André de Montbolo, cette procession consiste à se rendre par un sentier forestier à l'abbaye d'Arles-sur-Tech pour aller vénérer les reliques des saints Abdon et Sennen. Mais la particularité de ce pèlerinage est de descendre une croix chrétienne sur laquelle a été placé un grand cerceau fait d'un enroulement de cire d'abeille que l'on appelle " la Rodella ". Il existe également autour de cette " Rodella " une légende basée sur un texte historique de 1465 que vous pouvez découvrir sur les deux sites Internet suivants :

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Traditions/Rodella.php

https://www.labalma.fr/index.php/fr/camping-fr/fetes

Formentere ou Formentera : Col à 1.133 m d'altitude situé à la limite du Haut-Vallespir et des Aspres sur le chemin du Tour du Vallespir et l'ancienne voie ferrée minière. Non loin de ce col, il y a le hameau oublié de Formentere, ancienne gare minière qui a eu son heure de gloire au temps de l'exploitation des mines de fer autour du Massif du Canigou (Batère, les Manerots, La Pinouse, Rapaloum, etc.…). De Formentere, grâce à une ligne de câbles et de chariots de plus de 5 kilomètres, le minerai cuit était descendu par voie aérienne jusqu'à Arles-sur-Tech.

Batère : Lieu situé à cheval entre Vallespir, Aspres et Haut- Conflent connu pour sa tour médiévale du 13eme siècle construite à l'époque où les Rois de Majorque régnaient sur le Roussillon et la Cerdagne. Cette tour à signaux assurait la surveillance et la communication à l'aide de fumées le jour et de feux la nuit. Elle était certainement en liaison avec d'autres tours et châteaux du Vallespir (Montbolo, Corsavy, Cos, Mir, Palalda, Cabrens) et les tours d'autres régions comme la Tour de la Massane ou bien celle de la Madeloc. Mais Batère est également connu pour ses anciennes mines de fer, fer apprécié depuis la nuit de temps (200 avant JC). Ces mines étaient les plus importantes du département, elles alimentaient un nombre incalculable de forges. Les mines fonctionnèrent jusqu'en 1994 donnant à toute la région un essor économique considérable. En 1953, la société d'exploitation construisit à 1.540 m d'altitude un bâtiment pour les mineurs et leurs familles, ce bâtiment sert désormais de refuge et de gîte aux randonneurs de tout poil.

La tempête Klaus : Le 23 janvier 2009, Klaus est le nom donné à une tempête en cours de formation par l'Institut de Météorologie allemand en l'honneur d'un certain Klaus Schümann. Au départ, c'est le satellite Météosat qui va envoyer des images d'une dépression étonnante situé sur l'Atlantique Nord, profonde dépression qui va engendrer des vents d'une force exceptionnelle et d'une vitesse inouïe. Cette tempête a principalement touché le sud-ouest de la France, la principauté d'Andorre, le nord de l'Espagne et une partie de l'Italie entre le 23 et le 25 janvier 2009. Dans le sud de la France, nombreux sont ceux qui considèrent à juste titre comme plus dévastateur Lothar, la tempête de décembre 1999, mais ce n'est pas le cas du Vallespir et du Roussillon où Klaus a été bien plus violent. Le 24 janvier, les dégâts ont été considérables et en tous cas, évalués à 38 millions d'euros. Le département a été reconnu comme en état de catastrophe naturelle. Tous les records ont été battus : 216 km/h au Col d'Envalira, 193 km/h à Formiguères, 191 km/h pendant deux heures au Cap Béar, 184 km/h à Perpignan, record absolu de 1999 battu de plus 40 km/h. Les forêts de résineux (pins sylvestres et cèdres) du Vallespir ont été parmi les plus ravagées et l'importance des dégâts a été estimée avec des prises de vue aériennes. Au-delà des dégâts, le problème pour la filière bois, c'est que cette tempête Klaus est arrivée dans une conjoncture économique beaucoup plus mauvaise qu'en 1999.

Riuferrer : Affluent du Tech, le Riuferrer (la rivière du fer) est un torrent impétueux d'une longueur de 17,7 kms qui prend sa source dans le cirque du Faig au pied du Puig dels Tres Vents à une altitude de 2.300 m environ et se jette dans la Tech à Arles-sur-Tech. De nombreux pêcheurs parcourent ses rives pour ses excellentes truites.

La Coumelade : Affluent du Tech, la Coumelade est une rivière qui prend sa source sur le versant sud de la crête des Tres Vents à 2.570 mètres d'altitude et qui, après avoir parcouru 15 kms, se jette dans le Tech au hameau Le Tech. Dans sa partie torrent, elle appréciait des adeptes de la descente en canyon.

Saint-Guillem de Combret : Situé dans la vallée de la Coumelade, le minuscule hameau est essentiellement connu pour son ermitage dont l'histoire commence au 9eme siècle. A cette époque, une chapelle dédiée à Sainte-Magdeleine de Combret avait été construite par un certain " Guillem ". Guillem offrait, sans aucune compensation, gîtes et couverts à tous les pèlerins qui partaient de Saint-Michel de Cuxa pour se rendre à Saint-Jacques de Compostelle par le col d'Ares et l'Espagne. Guillem était si apprécié de tous les voyageurs et le lieu si prisé, qu'après sa mort tout le monde l'appela Saint-Guillem malgré qu'il n'ait jamais été canonisé. Aujourd'hui la chapelle et ses dépendances sont connues sous le nom de Saint-Guillem de Combret. Le hameau dispose d'un refuge non gardé. Malgré quelques restaurations, la chapelle a peu changé au fil des siècles, elle mesure 15 mètres de long pour 4 mètres de large et est de style roman. Sa cloche très ancienne est exceptionnelle et est à l'origine d'une légende prétendant que Guillem l'aurait modelée de ses propres doigts car il en reste, paraît-il, encore l'empreinte sur le métal. Le 22 juillet de chaque année, les habitants du village Le Tech, de Prats de Mollo et d'autres villages alentours effectuent un pèlerinage.

La Parcigoule : C'est une rivière de 9 kms de longueur, affluent du Tech qui prend sa source à une altitude de 1.920 mètres au lieu-dit Les Estables. Elle rejoint le Tech au hameau de Saint-Sauveur entre Prats-de-Mollo et la Preste. Le bassin de la Parcigoule présente la particularité d'avoir été une des vallées les plus déboisées et dépeuplées du Vallespir, tout d'abord à cause des nombreuses forges qui utilisaient intensément son bois puis à cause des crues répétitives (aiguat) d'octobre 1940 puis d'avril 1942. Un reboisement et des barrages ont été aménagés pour stabiliser et protéger la vallée.

Joseph de la Trinxeria : né en 1637 à Prats-de-Mollo, commune d'Espagne à l'époque, il s'insurgea contre la gabelle, cette célèbre taxe sur le sel, abolie depuis 1292 mais qui venait d'être réhabilitée en 1661 par Louis XIV après l'annexion de la Catalogne du Nord (Roussillon, Vallespir, Conflent, Cerdagne, Capcir) au royaume de France par le Traité des Pyrénées de 1659. En 1666, indigné d'avoir été surtaxé par les Gabelous, ces préposés chargés de la récolte, il leva une armée d'Angelets et tint tête pendant quelques années à toutes les troupes envoyées contre lui. Ces nombreuses victoires lui apportèrent un énorme prestige et nombreux furent ceux qui se rallièrent à sa cause. Il devint rapidement un héros dans le Vallespir tout entier et bien au-delà encore dans toute la Catalogne. C'est en partie à cause de ces révoltés que Louis XIV fit construire par Vauban, le Fort Lagarde de Prats-de-Mollo à partir de 1677. Quelques années plus tard, Joseph de la Trinxeria qui n'avait pas renié ses origines, devint officier des armées d'Espagne et se battit contre le royaume de France aux côtés des Miquelets. Il ne cessa jamais de se battre sur de nombreux fronts et termina sa vie comme colonel en 1689. Il mourut en 1694.

Prats-de-Mollo - La Preste : Avec une superficie de presque 12.000 hectares, cette commune est la plus étendue du département des Pyrénées-Orientales. Située au bord du Tech à 735 mètres d'altitude, elle dispose d'un patrimoine historique exceptionnel : Eglise gothique Saintes Juste et Ruffine, Fort Lagarde et fortifications construites par Vauban, Tour de Mir, nombreuses chapelles, etc.… Il faut dire qu'au regard de sa situation géographique, Prats fût tout au long de son histoire le théâtre de soubresauts franco-espagnols incessants. Longtemps tournée vers l'agriculture, l'élevage, la sylviculture et quelques industries locales (textiles, espadrilles, etc.…), la cité vit désormais du tourisme et des Thermes de la Preste, bourg rattaché à Prats mais éloigné de huit kilomètres à une altitude de 1.130 mètres. Le mot " Prats " signifie " prés " mais deux versions s'opposent quant à l'origine du mot " Mollo ", certains le traduisant par " mouillé " d'autres avançant qu'il signifie " grosse pierre" en catalan. Alors " prés mouillés " ou " prés bornés ", les deux définitions ont leur logique tant la cité a été souvent la scène de crues mémorables mais aussi un bourg toujours borné ou limité par une frontière mouvante et parfois incertaine. Il faut savoir en effet que malgré le Traité des Pyrénées de 1659 signé entre le roi de France Louis XIV et Philippe IV, roi d'Espagne, le véritable tracé de la frontière entre la province du Roussillon et l'Espagne ne fût déterminé et borné que deux siècles plus tard en 1866 avec le Traité de Bayonne entre l'Empereur Napoléon III et la reine Isabelle II d'Espagne. De par leur situation géographique ambiguë et instable, c'est dire si les Pratéens ont longtemps été indécis et désorientés quant à leur citoyenneté réelle. Alors n'est-il pas un peu logique qu'ils aient été avant tout catalans avant d'être espagnols ou français ? En raison de son milieu, de son relief varié et de ses richesses naturelles remarquables (flore, faune et géologique) la commune a été classée " Réserve Naturelle " en 1986.

La tour de Mir : Situé à 1.540 m d'altitude et datant du 13eme siècle, comme la tour de Batère, la tour de Mir était chargé d'émettre des signaux pour assurer les communications avec d'autres tours comme celle de La Guardia, une autre tour de Prats-de-Mollo où a été érigé ensuite le Fort Lagarde. A cette époque où les catalans se lancent dans de nombreuses conquêtes tout autour de la Méditerranée, la tour de Mir présente l'avantage d'être à la fois tournée vers la mer et vers l'intérieur des terres, car plus particulièrement affectée à la surveillance de Col d'Arès, passage obligé vers des territoires intérieurs comme le royaume d'Aragon notamment. De son piton rocheux, on aperçoit très distinctement le château et les tours de Cabrens, elles-mêmes en liaison avec la Tour de Batère et ainsi de suite jusqu'aux tours des Albères et du Roussillon. La tour de Mir est située sur le chemin du Tour du Vallespir.

La Retirada : Le mot " Retirada " signifie " retraite " en espagnol mais il désigne plus particulièrement l'exode humanitaire que des milliers de républicains espagnols vécurent à partir de janvier 1939. En deux semaines, c'est 100.000 réfugiés qui passent la frontière au col d'Arès pour fuir la dictature de Général Franco dont l'alliance avec le régime nazi d'Hitler inquiète l'Europe toute entière. Le 31 janvier, le ministre de l'intérieur Albert Sarraut vient à Prats-de-Mollo pour organiser ces arrivées massives. Il fait construire 4 camps d'hébergement dans la vallée du Tech. Tout est bon pour accueillir les réfugiés et affronter ce glacial et cinglant hiver. Le 13 février, la frontière est officiellement fermée et gardée par les soldats de Franco. Mais ce sont environ 500.000 personnes, pleines d'un espoir d'un avenir meilleur qui arrivèrent en France par de multiples passages frontaliers. Mais pour ces réfugiés, internés dans des camps ceinturés de fils barbelés, cette espérance fût le plus souvent déçue, car ils avaient fuit l'arbitraire, la torture et la terreur instaurée par le régime totalitaire espagnol pour ne trouver en France que privation de liberté, dans des conditions généralement pitoyables pour ne pas dire inhumaines.

Notre-Dame du Coral : Il s'agit d'une chapelle longue de 23 mètres et large de 7 mètres qui a été construite sur un éperon rocheux à 1.091 m d'altitude dans un cadre de verdure exceptionnel. On pense qu'à l'origine, au 9eme siècle, il s'agissait d'un simple sanctuaire (petite chapelle ou oratoire) qui servait de lieu de prières. Puis comme souvent, un village, ici Miralles, se développa autour de cette chapelle. La légende prétend qu'une statue de bois représentant la vierge Marie provenant de cette chapelle ait été dissimulée dans un tronc d'arbre, puis retrouvée plus tard. Cette trouvaille aurait été l'occasion d'un engouement populaire qui amena la construction de la nouvelle église paroissiale de Miralles. C'est ainsi que Notre Dame du Coral est apparue, bâtie sur les restes de la chapelle primitive, pour servir d'église aux habitants du village. Dans les textes historiques, Sancta Maria de Coral apparaît à partir de l'an 1267 comme appartenant à l'abbaye de Camprodon (Espagne). Mais au fil des siècles, et selon les mouvements de la frontière, le site eut divers propriétaires religieux, privés ou publics. Mais les occupants de la chapelle ont été le plus souvent des ermites forains qui voyageaient en quête de charité et d'oboles. A présent, la chapelle et certaines de ses dépendances servent de refuge avec gîtes, restaurant, tables et chambres d'hôtes. L'étymologie de " Coral " est très discutée mais la plus probable est que ce nom viendrait simplement de " corail " comme la couleur rouge de certaines roches que l'on trouve dans le secteur en montant par exemple vers le col de Malrems ou le Pla de la Muga.

Lamanère : C'est un village du Vallespir situé à 777 mètres d'altitude et à vol d'oiseau vers le sud à moins de 3 kms de la frontière espagnole. Entourée de montagnes et de collines avec les Baga de la Sadella et de la Bordellat (1.554 m) au sud, le Mont Nègre (1.425 m) à l'est, le Roque de Cap de Ca et la serra de Cabrens (1.326 m) au Nord, le Puig de las Coubines et El Tossal (1.281m) à l'ouest et nichée au fond d'une verdoyante vallée à la jonction de plusieurs rivières et ruisseaux (Lamanère, Taix, etc.…) elle est la commune la plus méridionale de l'hexagone. Riche de divers minerais (fer, or, plomb argentifère, cuivre) qui y furent exploitaient en leurs temps, son nom proviendrait du catalan " La Menera " signifiant " La Minière ". Grâce à ses paysages magnifiques et variés, elle est un lieu propice à de nombreuses activités de plein air (randonnées, VTT, baignades, canyonning, etc.…). Mais de par son emplacement géographique très isolé, on ne connaît pas grand-chose de son histoire, si ce n'est qu'elle a longtemps était dépendante de la commune de Serralongue où régnaient au Moyen-Âge les seigneurs de Cabrens. Mais Lamanère, c'est aussi une rivière, affluent du Tech, longue de 15,7 kms, qui elle-même est alimentée par d'innombrables petits ruisseaux affluents.

Les Estanouses : Minuscule hameau perdu du Haut-Vallespir situé au pied des tours de Cabrens, non loin des villages de Lamanère et de Serralongue à une altitude de 1.019 mètres. Il y a encore quelques années (2004 ou 2005), on pouvait le traverser en empruntant une des variantes du Tour du Vallespir. Aujourd'hui, ce chemin est barré car il est devenu un domaine privé, et si j'en crois mes recherches Internet, faisant chambres et tables d'hôtes pour accueillir les touristes.

Cabrens : La seigneurie de Serralongue, commune du Vallespir, est gouvernée dès le 11eme siècle par les " seigneurs de Cabrenç " en référence aux chèvres qui peuplaient les collines et qui étaient les seuls animaux à pouvoir grimper jusqu'à leur château. Le premier seigneur fût Oriol de Cortsavi mais la dynastie des Cabrens composée de diverses familles au gré des alliances et des successions eut une immense influence sur une grande partie du Vallespir et régna fort longtemps et au moins jusqu'en 1792, date à laquelle l'état français créa les communes et où le dernier seigneur Abden Senen de Ros, baron de Cabrens s'expatria en Espagne. Aujourd'hui le site de Cabrens est surtout connu pour ses trois tours, objectifs de randonnées à partir de Lamanère ou de Serralongue. Situées au faîte d'une crête rocheuse, les trois tours sont en réalité les ruines du château construit en 1086 par les seigneurs de Cabrens, celles d'un donjon adjoint au 11eme siècle qui aurait fait office de geôles et enfin celle d'une tour à signaux du 14eme siècle qui communiquait avec de nombreuses autres tours du Vallespir (Mir, Batère et Cos). Au regard de sa position géographique dominante, l'ensemble devait constituer une forteresse quasi imprenable.

Saint-Laurent-de-Cerdans : Le village daterait du 11eme siècle, date à laquelle des moines de l'abbaye d'Arles-sur-Tech aurait construit une église dédiée à Saint-Laurent, martyr du 3eme siècle. Le terme " Cerdans " apparaît au 12eme siècle avec le nom d'un mas (Manso de Cerdanis). Mais ce nom lui-même proviendrait du nom d'un peuple des montagnes de la région, descendant des Ibères qu'on appelait " Les Cérêtes ". Ce peuple serait aussi à l'origine des noms de la ville de Céret et de la région de Cerdagne. La ville construite à l'intersection de plusieurs cours d'eau (la Quére, le Saint-Laurent, la Bilvera, etc.…) est entourée de plusieurs " serrats ", petites chaînes de montagnes (Cogull, Montner, Provadona, Capell, Garsa, etc.…) dont la plupart dépassent les 1.000 mètres d'altitude. Elle fût un lieu de passage, d'échanges et surtout de contrebande avec l'Espagne tout au long des époques. Pendant très longtemps, la prospérité de la cité a reposé sur les industries liées au fer avec de nombreuses forges alentours qui ont données leurs noms à des lieux-dits (la Forge del Mig, la Forge d'en Bosc, la Forge d'Avall, etc.…), au bois (exploitation du châtaignier encore très présent dans les forêts de nos jours) mais l'industrie la plus originale a été celle de la fabrication d'espadrilles que l'on appelle ici " vigatanes " et qui, bien sûr, a été étroitement liée aux fabriques de tissus. Ces deux dernières activités artisanales sont encore bien présentes aujourd'hui au travers des sociétés " Vallespir Sandales " et " Les Toiles du Soleil ". Grâce à son riche patrimoine historique, culturel et naturel et au tout proche domaine hôtelier de Falgos pourvu de son terrain de golf de 18 trous, le village vit désormais au rythme du tourisme.

La famille Noëll : Le 23 janvier 1676, l'église de Saint-Laurent-de-Cerdans avait brûlé ainsi que quelques maisons voisines dont celle de la famille de Noëll. Au 18eme siècle, la destruction de ces documents anciens avait amené Abdon Noëll à solliciter du roi de France Louis XV la reconnaissance et la confirmation de sa qualité de noble et de ses titres. C'est en décembre 1766 qu'Abdon de Noëll reçut cette confirmation et ses nouvelles lettres de noblesse signée de Louis XV et du duc de Choiseul. Il fût nommé baron de Vilaro, petit hameau proche de Saint-Laurent. Notaire à Saint-Laurent-de-Cerdans, Abdon, le seigneur de Vilaro, âme de la Résistance du Vallespir, fût le plus connu de tous car en avril 1793 avec l'aide du général espagnol Antonio Ricardos, il évita le massacre programmée par la Convention Nationale de toute la population de Saint-Laurent-de-Cerdans. Quand on sait que cette guerre entre la France et l'Espagne, galvanisé par l'hostilité de la monarchie espagnole envers la République Française, commença pour empêcher l'organisation d'une simple procession, on comprend mieux l'attachement que les Laurentins avaient pour leurs traditions et leur liberté de culte. Ce culte de l'église et cette liberté sont encore fermement ancré de nos jours et on les retrouve à travers diverses manifestations.

Puis ce fût Jacques de Noëll qui, au 20eme siècle, grimpa l'échelle de la renommée, mais dans un autre registre, celui de la musique. Il fut un grand compositeur de musiques catalanes et de sardanes. Et comme ici en Vallespir, comme dans toute la Catalogne, la sardane est une danse et une musique sacrée, Jacques de Noëll fût un musicien très apprécié. Il y eut également Louis, archéologue apprécié, frère de Jacques mais mort trop jeune pour être resté dans l'Histoire. Mais tout au long des siècles, les de Noëll étaient surtout de riches aristocrates et des notables reconnus, certains étaient notaires, d'autres maîtres de forge ou propriétaires d'exploitations minières, d'autres propriétaires terriens. Malgré la perte de leurs titres de noblesse à la Révolution Française, les de Noëll gardèrent un certain prestige dans tout le Roussillon certains devenant des chefs d'entreprise reconnues, d'autres tentèrent l'aventure de la vie politique, beaucoup devenant maires de nombreuses communes. La bâtisse, maison de famille des de Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans avait été construite en 1606 et le premier occupant avait été un certain Damia (1560-1612) qui, au côté de Joseph de la Trinxeria, s'était révolté contre les effets néfastes du Traité des Pyrénées de 1659. Cette maison Damia Noëll a été rachetée, il y a quelques années, par un couple très sympathique Isabelle et Mario Lopes, qui en ont fait une table et des chambres d'hôtes absolument remarquables.

Pilon de Belmatx ou Belmaig : Ici en Catalogne, on prononce " Belmach ". Il s'agit d'un sommet du Vallespir avec une altitude somme toute modeste puisque élevée au dessus du niveau de la mer à 1.280 mètres seulement. Il est situé sur une longue crête rocheuse qui s'appelle la Serre de Montner et qui surplombe la cité d'Arles-sur-Tech. Mais sa renommée vient justement de la difficulté que l'on rencontre à le gravir à partir d'Arles-sur-Tech puisque c'est pas moins de 1.020 mètres de dénivelé qu'il faut accomplir sur un sentier très difficile car terreux et caillouteux et très souvent raviné. Pour y monter, il faut emprunter un tronçon du célèbre GR.10 jusqu'au Col de Paracolls et c'est certainement pour çà que cette randonnée s'inscrit très souvent comme une " incontournable " du département. Montagne mythique pour les Arlésiens, chaque printemps, un trail de 11 kilomètres, course réunissant des spécialistes de ce sport mais aussi de simples concurrents est organisée par l'association Arles-Belmaig. Est déclaré vainqueur du " Km Vertical Walsh " celui qui accomplit exactement les 1.000 mètres de dénivelé (environ 100 mètres avant le sommet) dans le laps de temps le plus court.

Arles-sur-Tech : Bien que n'ayant pas traversé cette ville lors de ce Tour du Vallespir, je l'ai eu très souvent devant mes yeux lors de la 1ere et de la dernière étape. Comment parler du Vallespir sans évoquer Arles-sur-Tech qui est certainement une des villes les plus anciennes de cette région puisqu'on a retrouvé des vestiges datant de la Préhistoire (dolmen). Comment parler d'Arles-sur-Tech sans parler de sa Sainte-Tombe et des saints Abdon et Sennen. En ce qui concerne la Sainte-Tombe et son fameux mystère, il s'agit d'un sarcophage de pierre du 3eme siècle qui est situé dans une courette de l'église et qui produit une quantité d'eau pure importante et " d'origine inconnue " (200 à 300 litres par an en moyenne, parfois beaucoup plus, jusqu'à 800 litres l'an). La thèse du miracle a bien évidemment été la première avancée, tandis que d'autres hypothèses ont vu le jour tout au long de l'histoire, relayées ces dernières années par des médias avides de sensationnel. Malgré un premier travail sérieux et concluant dans les années 60 et encore récemment, le panneau situé au dessus du sarcophage explique encore aujourd'hui que la Sainte Tombe n'ait pas livré son secret. Mais la théorie la plus souvent émise serait que le couvercle serait suffisamment poreux pour laisser pénétrer l'eau des pluies alors que le fond du sarcophage serait parfaitement imperméable. Quand à Abdon et Sennen, en l'an 960 un abbé se nommant Arnulfe aurait rapporté de Rome des reliques authentifiées comme étant celles de ces deux saints persans. Elles vaudront à Arles le surnom de "ville des Corps Saints". Ces deux Saints sont toujours vénérés à Arles. Mais autour de ces saints, il existe une légende qui se recoupe avec une autre légende du Vallespir, celle des " Simiots ", des êtres malfaisants, dévoreurs d'enfants, moitié félins et moitié singes qui vivaient dans les forêts et les montagnes du Vallespir. Je vous laisse le soin de prendre connaissance de ces légendes sur les excellents sites suivants :

https://www.sudcanigo.com/decouvrir/contes-et-legendes/

http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Legendes/Simiots.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdon_et_Sennen

 

Remerciements :

 

Je remercie très sincèrement toutes les personnes qui m'ont accueillies lors de mes différentes arrivées d'étapes : au Refuge de Batère, à l'hôtel Ausseil à Prats-de-Mollo et à Notre-Dame du Coral. Partout, je fus parfaitement reçu. Bien sûr, ma meilleure soirée mais la plus onéreuse aussi fût celle passée à la Maison Damia Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans, il est vrai en table et chambre d'hôtes d'une qualité remarquable. L'accueil d'Isabelle et Mario fût tel qu'ils méritent vraiment une mention spéciale. Je conseille vivement cet endroit à tous les randonneurs qui pourront se permettre de dépenser 78 euros pour une demi-pension. J'ai essentiellement marché en solitaire sur ce Tour du Vallespir mais je remercie les quelques personnes que j'ai rencontré au cours de ce voyage et qui, d'une manière ou d'une autre, l'ont rendu plus agréable ou plus facile : le vigile des Thermes d'Amélie qui ne m'a pas fait de difficulté pour garer ma voiture, l'homme qui faisait un footing avec son chien à Montbolo qui m'a aidé dans la direction à prendre, le couple qui craignait l'orage et qui voulait me prendre en voiture à la Tour de Batère, quelques clients et l'aimable groupe d'Epinal rencontré au refuge de Batère qui effectuaient le GR.10, le très chaleureux couple et leur fille que j'ai aidé à la cabane de la Devesa au dessus de Leca, l'homme qui m'a expliqué le plus court chemin à prendre au Fort Lagarde, la dame qui m'a expliqué où se trouvait l'hôtel Ausseil, les anonymes clients catalans et parisiens du restaurant Ausseil qui m'ont permis de passer une agréable soirée à Prats-de-Mollo et ce, malgré la terrible journée que j'avais vécue, la pharmacienne de Prats-de-Mollo qui a su parfaitement calmer mes brûlures d'orties, la gentille randonneuse rencontrée à Notre-Dame de Coral, les propriétaires du Domaine des Estanouses avec lesquels depuis je me suis lié d'amitié, le breton vététiste et le jeune couple de Tchèques, clients de la Maison Damia Noëll. Je remercie enfin ma femme qui m'a laissé partir seul, mes enfants de m'avoir offert un lecteur MP3, objet ô combien précieux qui m'a énormément aidé dans les instants les plus difficiles. Je remercie enfin Charles Trenet et ses interprètes Les Compagnons de la Chanson pour leur magnifique chanson " Mes jeunes années ", mélodie avec laquelle j'ai marché très souvent tout au long de cette randonnée. Quand j'éprouvais des difficultés, cette chanson était là pour me remonter moral et enthousiasme. Pour moi, cette chanson restera pour toujours comme un hymne à ces 6 jours passés en Vallespir. 6 jours " Sur les hauteurs d'une vallée âpre " qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

 

Divers :

 

Peu de temps après mon retour, le 24 août exactement, et en raison de la terrible et éprouvante épreuve que j'avais vécue dans la forêt du Miracle au dessus de Prats-de-Mollo, il m'a paru utile d'alerter les autorités pour que d'autres personnes ne tombent pas dans le même piège que les arbres couchés par la tempête Klaus du 24 janvier 2009 m'avaient tendu. J'ai donc adressé un e-mail à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération et au comité départemental de la Randonnée Pédestre pour les informer de la galère que j'avais éprouvée dans ce secteur du Tour du Vallespir situé peu après le Puig des Lloses en direction du Col du Miracle.

 

Le 14 septembre, c'est avec satisfaction que je recevais une réponse de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo dans laquelle elle m'informait avoir contacter Monsieur Joseph Dunyach, Président du club local de randonnée pédestre " Délit Ténim ". Ce dernier me répondait à travers une lettre jointe au message de Madame Baills.

 

Pour les remercier de m'avoir répondu et d'être intervenu ultérieurement dans ce secteur de Prats-de-Mollo, j'ai volontairement joint à ce récit nos différents échanges de messages.

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Message adressé le 24 août 2009 à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération Française de Randonnée Pédestre et à son Comité départemental des Pyrénées-Orientales.

 

Monsieur le Maire de Prats de Mollo, Mesdames, Messieurs,

 

J'ai réalisé la semaine dernière la randonnée du Tour du Vallespir en 6 jours d'après le Guide Rando de Georges Véron : Canigou, Vallespir, Conflent paru chez Rando Editions. Randonnant beaucoup tout au long de l'année, j'avais eu l'occasion de remarquer que ce tour était plutôt bien balisé et que les panneaux indicateurs étaient nombreux. Je n'ai pas trouvé non plus sur Internet de contre-indications à effectuer ce tour. C'est donc en toute confiance mais muni néanmoins d'un GPS, d'un téléphone portable et des cartes IGN appropriées que je suis parti d'Amélie vers Batère le 1er jour, puis vers Saint-Guillem le 2eme jour, puis vers Prats de Mollo le 3eme jour, puis à Notre-Dame de Coral le 4eme jour, puis à St Laurent de Cerdans le 5eme et retour à Amélie le 6eme.

 

Tout s'était très bien passé jusqu'au Puig des Lloses (1.413 m) qui sauf erreur de ma part se trouve sur la commune de Prats de Mollo. A cet endroit, le balisage rouge et jaune propre au Tour du Vallespir ainsi que le panneau d'orientation m'indiquait de poursuivre vers la droite alors qu'un 2eme panneau me proposait de descendre à gauche vers Prats de Mollo par le col de Cavanelles. Effectuant bien sûr le Tour du Vallespir et ayant de toute manière ce tracé-là enregistré dans mon GPS, j'ai normalement poursuivi vers la droite d'autant que rien à cette intersection du Puig des Lloses ne pouvait me laisser supposer que cette portion du Tour du Vallespir dans laquelle j'allais m'engager était complètement impraticable.

 

J'ai 60 ans et je pense être un marcheur chevronné. Pourtant je ne vous cache pas qu'à cause des nombreux arbres décimés qui jonchent encore le sentier sur ce secteur depuis la tempête Klaus du 24 janvier dernier, j'ai eu à un moment le vague sentiment que j'était tombé dans un véritable traquenard. En effet, j'ai commencé à enjamber un premier arbre puis à passer sous un second, puis troisièmement à contourner un premier groupe d'arbres, puis je suis passé sous quelques autres arbres couchés puis au bout de 1,5 kms sans autre solution j'ai finalement quitté le chemin pour éviter un amoncellement qui me semblait de quelques mètres de large seulement (on constate en effet que le vent à suivi des couloirs plus ou moins larges) mais qui en réalité étaient absolument infranchissables. J'ai donc fini par me perdre dans cet immense labyrinthe d'arbres abattus et j'ai même pensé à un moment à appeler les secours depuis mon portable. Heureusement, que j'ai su garder mon sang-froid et grâce à mon GPS j'ai pu, après de multiples efforts, retrouver le sentier et j'ai réussi à rebrousser chemin pour en définitive rejoindre Prats par le col de Cavanelles.

 

Attention ce message que je vous adresse et cette histoire que je vous relate n'ont pas pour objet d'émettre un grief envers quiconque mais simplement à vous prévenir qu'à cet endroit après le Puig des Lloses, le tour du Vallespir est particulièrement dangereux et infranchissable. Mais peut-être le saviez-vous ? De mon côté, je sais pertinemment que la tempête Klaus a provoqué des dégâts considérables et que ce n'est pas en quelques mois que l'on peut effacer les cicatrices d'un tel désastre. Je pensai toutefois que dans la mesure où un chemin serait impraticable un simple petit panonceau d'interdiction aurait été mis en place. Ayant eu l'occasion de marcher dans les Landes et le Gers il y a quelques semaines, j'avais eu l'occasion d'apprécier ce type de pancartes sur de nombreux sentiers. J'ai donc été très étonné qu'au Puig des Lloses aucun panneau ne vienne prévenir le randonneur de cette dangerosité, d'autant qu'un autre chemin permet d'accéder à la commune de Prats dans d'excellentes conditions. En été où les randonneurs sont très nombreux à parcourir les chemins de notre beau département des PO, je pense que de simples petits panneaux d'interdiction et/ou de conseils en pareils endroits seraient d'une redoutable efficacité et éviteraient bien des désagréments comme ceux que j'ai connus.

 

Voilà, après tous ces déboires, et après trois heures d'errements, j'ai fini par arriver à Prats de Mollo avec seulement quelques égratignures, quelques bleus et les mollets douloureusement brûlés par les orties et griffés par les ronces.

 

Le lendemain avant de repartir, j'ai longuement réfléchi sur le sentier que j'allais prendre et plutôt que d'opter par la poursuite du Tour du Vallespir par la Tour de Mir et le col d'Arès dont je sais que le secteur est particulièrement boisé aussi, j'ai emprunté le chemin le plus court pour rejoindre l'ermitage de Notre Dame de Coral. Il s'agit du PR.12 qui passe au col de la Guille. Bien m'en a pris, puisqu'une fois arrivé à l'ermitage, j'appris par d'autres randonneurs, qui en revenaient, que les chemins de la Tour de Mir et du col d'Arès étaient eux aussi barrés par de nombreux arbres couchés. Je ne l'ai pas constaté par moi-même !

 

Voilà il m'a paru utile de vous apporter ce témoignage qui est tout frais. Comme je l'ai dit je ne fais aucun grief à personne d'autant que parmi les acteurs à qui j'adresse ce message, je ne sais pas qui est responsable des arbres couchés, du balisage présent ou absent, de la prévention à mettre en place en pareil cas, etc...

 

J'espère simplement que quelqu'un fera bon usage de ce message.

 

Recevez, Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, mes respectueuses salutations.

 

Gilbert JULLIEN

Licencié à la FFRP sous le N° 0579504G

 

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Lettre réponse reçue de Monsieur Joseph Dunyach par l'intermédiaire de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo.

 

OFFICE DE TOURISME**

66230 PRATS DE MOLLO - LA PRESTE

 

DUNYACH Joseph

Président du club de randonnée FFRP " Delit Tenim "

Membre du Comité directeur départemental des PO

Responsable des Sentiers

Tel : 04.68.39.77.18

 

A Monsieur JULLIEN Gilbert

 

Monsieur,

 

Je viens de prendre connaissance de votre courrier du 25 Août au sujet des problèmes que vous avez rencontré sur le Tour du Vallespir. Ce courrier m'avait été communiqué par le Président départemental lors de la réunion du Comité Directeur du 31 août à Perpignan et je le classe parmi ceux qui font plaisir à lire car ils démontrent la qualité des randonneurs de la FFRP et leur soucis de parfaire notre terrain de jeu naturel.

Vous avez très bien exposé tous vos problèmes et je me sens un peu responsable de ce qui vous est arrivé car j'avais apposé un panneau de fermeture de sentiers à l'entrée du sentier au départ de Prats et je n'avais pas pensé aux randonneurs arrivant dans l'autre sens ce que je vais m'empresser de corriger en attendant l'ouverture que nous espérons prochaine de ce beau sentier sur le secteur du Miracle après le désastre de la tempête Klauss qui nous a donné bien des soucis.

Je profite de ce courrier pour vous informer que le Tour du Vallespir va être complètement finalisé car il fait partie du grand projet du Conseil Général à travers son entité " Canigou Grand Site ".

Si vous souhaitez recevoir les documents sur cet itinéraire vous pouvez nous communiquer vos coordonnées postales.

Pour ce qui est du secteur de la Tour du Mir, la situation est tout à fait normale.

J'ose espérer que ce courrier vous soulagera un peu de la galère que vous avez connu et je vous prie de m'en excuser encore une fois.

Je joins une copie de ce courrier au Président du Comité Départemental qui m'avait demandé de vous répondre en tant que responsable du secteur ainsi qu'à Monsieur le Maire de Prats de Mollo La Preste.

 

Recevez Monsieur mes sincères salutations et peut être au plaisir de se connaître un jour à Prats ou sur l'un de nos sentiers du Haut-Vallespir.

 

DUNYACH Joseph

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

Publié le par gibirando

Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements :

Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi : ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voudraient faire le contraire, et l'immense majorité de ceux qui ne veulent rien faire.

Confucius (551 av.JC-479 av.JC).

 

Bibliographie et cartographie :

(Vous trouverez ci-dessous le topo-guide et les cartes que j'ai utilisés lors de ce Tour du Vallespir. Les autres livres m'ont permis de m'imprégner de cette région et ainsi de mieux la comprendre sur le plan culturel. Concernant l'Histoire et la géographie du Vallespir, de nombreux sites Internet m'ont aidé dans ces domaines.)

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Canigou-Vallespir-Conflent- Le Guide Rando- Georges Véron- Rando Editions-2002.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Carte IGN Top 25 2349 ET Massif du Canigou

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-Carte IGN Top 25 2449 OT Céret Amélie-les-Bains Palalda-Vallée du Tech.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Promenade littéraire à travers le Vallespir - Recueil de textes et de poèmes- Michel Wallon - Les Presses- Littéraires-2002.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Domenica ou la Vallée âpre- Roman- Marie Vallespir- Les Presses de l'Imprimerie du Vallespir-1959. Préface de Joseph Ribas. 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Mes Cahiers du Vallespir - Recueil Traduction de poèmes en catalan- Robert Gendre - Imprimerie Le Castellum-1975. Préface d'Abdon Poggi.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Ballades Catalanes- Recueil de poèmes et de photographies- Alain Taurinya- Michèle Maurin - Editions Magellan et Cie - 2002

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 -Mes jeunes années racontées par ma mère et moi - Essai de Charles Trenet et Marie-Louise Caussat-Trenet- Editions Robert Laffont-1978

 

Sites Internet :

 (Autant que c'est possible, j'essaie de faire en sorte que les liens fonctionnent, chose peu facile certains changeant de nom de domaine, d'autres disparaissant carrément.)

- http://clubdelittenim.wordpress.com/randonnees/

- http://cortsavisempre.free.fr/index.html

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Regions/Vallespir.php

- http://jeantosti.com/roussillon.htm

- http://lamanere-barrutet.com/

- http://pagesperso-orange.fr/casafr/vallespir/vallespir.htm

- http://www.amelie-les-bains.com/

- http://www.charles-trenet.net/

https://www.vallespir.com/

https://www.sudcanigo.com/item/damia-noell-chambres-dhotes/

http://www.haut-vallespir.fr/

- http://www.hotel-ausseil.com/

- http://www.la-clau.net/

- http://www.lamanere.fr/

- http://www.mairie-perpignan.fr/

- http://www.maisondupatrimoine-ceret.fr/

- http://www.mediterranees.net/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Montbolo

- http://www.notredameducoral.com/

https://www.vallespir-tourisme.fr/

- http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1941_num_29_2_4312

- http://www.pratsdemollolapreste.com/

- http://www.pyrenees-orientales.pref.gouv.fr/

- http://www.reserves-naturelles.org/

- http://www.reynes.fr/html/vallespir.htm

- http://www.vallee-du-tech.com/

- http://www.ville-arles-sur-tech.fr/

- http://www.ville-saint-laurent-de-cerdans.fr/

 

Cette liste de sites Internet n'est pas exhaustive car j'ai également consulté des sites comme Wikipédia, Wiktionnaire, Généanet, Freelang ou Lexilogos et divers forums. Il y a certainement bien d'autres sites concernant le Vallespir, la Vallée du Tech, les villes et les lieux visités lors de cette randonnée. Que ceux qui les ont créés m'excusent de ne pas les citer mais il m'était bien sûr impossible de tous les mentionner dans ce récit. Tous les sites évoqués ci-dessus ont largement contribués soit à la préparation ou à la réalisation du Tour du Vallespir lui-même soit à la rédaction de ce récit. Pour ces raisons, je remercie très sincèrement les auteurs, les propriétaires et les webmestres de tous les sites compulsés.

 

Petit lexique classé dans un ordre d'apparition dans ce récit :

 

Le lexique ci-dessous n'a pas la prétention d'être complet. Il reprend la plupart des noms propres cités pour tenter de les décrire ou de les expliquer dans l'ordre chronologique où ils apparaissent dans ce récit. Grâce à ces explications, j'espère que le lecteur appréhendera mieux la géographie et l'histoire du Vallespir. J'ai volontairement oublié certains noms et j'aurais pu par exemple citer Céret qui est la sous-préfecture du département des P.O, considérée comme la capitale du Bas-Vallespir, mais son absence vient simplement que la ville n'est pas située sur le Tour du Vallespir.

 

Vallespir : Région vallonnée et montagneuse du département des Pyrénées-Orientales qui s'étire sur une quarantaine de kilomètres le long de la vallée du Tech. Le mot vient du latin " Vallis Asperi " qui signifie " vallée âpre " mais âpre au sens de difficile, rude, abrupt.

Vallée du Tech et l'aiguat de 1940 : Bassin versant d'environ 750 km2 le plus méridional de France. Le Tech, long de 85 km, est un fleuve côtier des Pyrénées-Orientales qui prend sa source, dans le massif du Costabonne, au Roc Colom à une altitude de 2.450 m environ. Ce bassin versant associe montagne et plaine, avant d'atteindre la Méditerranée au lieu-dit le Bocal du Tech. Par son débit qui peut-être parfois très exceptionnel (4000 m3/s), le Tech est une fleuve redoutable. Au fil des siècles, il a très souvent débordé laissant le Vallespir et toute la Catalogne exsangue. Les plus effroyables inondations, qu'ici on appelle " aiguat ", ont eu lieu en 552, 1224, 1763, 1842 et 1940. Le Haut-Vallespir ayant été l'épicentre de cette catastrophe d'octobre 1940, de nombreux habitants gardent encore en mémoire les images d'horreur et de désastre de ces crues monstrueuses : 300 personnes perdirent la vie en Catalogne dont 50 côté français, 60 immeubles furent emportés à Arles-sur-Tech et Amélie-les-Bains où la gare et le casino disparurent dans les flots, des dizaines d'habitation furent emportées à Prats-de-Mollo et dans de nombreux autres villages. Des éboulements gigantesques de plus de 50 mètres de hauteur barrèrent la vallée (La Baillanouse), 4 usines électriques et de nombreuses entreprises furent pulvérisées, les coulées à la fois liquides et solides se déversèrent dans les campagnes dévastant toutes les cultures et laissant dans les terres arables une incroyable accumulation de rochers, de cailloux et de sables inadaptée à l'agriculture future, les flots emportèrent de nombreux ponts et voies de communication. Ces précipitations diluviennes furent considérées par les météorologues comme une " anomalie fantastique " de la nature. Vous trouverez quelques témoignages de l'époque sur la page Internet suivante : http://pluiesextremes.meteo.fr/france-metropole/Aiguat-fantastique-sur-le-Roussillon.html

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - RemerciementsMes jeunes années : Les paroles de cette chanson sont de Charles Trénet et la musique de Marc Herrand, pianiste, arrangeur de talent et ancien ténor des Compagnons de la Chanson. Elle date de 1949 (encore une coïncidence puisque c'est l'année de ma naissance !) et la partition est parue aux Editions Raoul Breton. Charles Trenet l'a composée lors d'une tournée qu'il effectuait au Canada. Dans l'importante discographie de Trenet, cette chanson figure dans pas moins de 27 disques et albums. Elle est donc une chanson très importante du registre du poète et chanteur. Charles Trenet y évoque ses souvenirs de jeunesse quand il allait courir la montagne du côté du Vallespir, du Canigou ou de la Cerdagne qu'il aimait tant. En 1922, son père s'installe comme notaire à Perpignan, ville dont il est natif. Peu de temps après, il fait la connaissance d'Albert Bausil, un ami à son père. Albert Bausil, l'enfant du Canigou, le poète et écrivain, chantre inspiré du Roussillon, lui fait découvrir les arts et la culture catalane. Pour le petit garçon émerveillé au regard clair, cette rencontre est capitale et Albert Bausil devient son mentor, voire son Pygmalion. Sans cet homme, qui aura sur l'adolescent une influence capitale, il n'y aurait peut-être pas eu de "Fou chantant", mais rien qu'un petit architecte de province… Bausil accueille Charles dans son "Coq Catalan", un petit hebdomadaire littéraire, satirique et sportif. Le jeune poète y fera ses premières armes, des vers qui, déjà, respirent la liberté et l'amour de la vie avec enthousiasme. Cette chanson a été reprise par nombre d'autres chanteurs et surtout par de nombreuses chorales comme les Petits Chanteurs à la Croix de Bois par exemple. Mais les meilleurs interprètes de Trenet restent les Compagnons de la Chanson qui ont repris un grand nombre de textes du grand poète. En 1978, "Mes jeunes années racontées par mère et moi" est un livre autobiographique écrit à quatre mains par Charles Trenet et sa mère Marie-Louise Caussat-Trenet paru aux Editions Laffont.

(Personnellement, cette chanson, reste le souvenir et le symbole d'une jeunesse insouciante, éprise de liberté et d'amour de la vie et de la nature. Je me reconnais dans cette chanson et en la réentendant, elle est devenue tout naturellement un hymne à mon Tour du Vallespir). Cliquez sur l'image de la partition ci-dessus pour écouter la chanson.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Georges Véron : Ce grand pyrénéiste né dans la Sarthe en 1933 est mort en 2005. Professeur de biologie, il a d'abord pratiqué le football et l'athlétisme pendant plus de vingt ans avant de découvrir les Pyrénées. Quand il découvre la chaîne de montagnes, il en " tombe amoureux " et en fait rapidement sa passion. Il enchaîne les balades à un rythme qui lui vaut le surnom de " stakhanoviste de la montagne ". En 1968, il effectue la traversée des Pyrénées et réussit le pari d'aller de la mer Méditerranée à l'océan Atlantique par la haute montagne, en 41 étapes, uniquement à l'aide de cartes. Il devient ainsi le créateur de la Haute Randonnée Pyrénéenne, célèbre H.R.P qui traverse les Pyrénées par les chemins pédestres des plus hautes crêtes et des plus hauts cols. A partir de là, il va se consacrer presque exclusivement à la randonnée, à pied mais aussi en V.T.T. Membre du Club alpin français, collaborateur de la Fédération française de la randonnée pédestre, il participe à la création du célèbre G.R.10, longue randonnée de 850 kms qui part d'Hendaye dans les Pyrénées-Atlantiques et se termine à Banyuls-sur-Mer dans les Pyrénées-Orientales . En 1978, il enseigne à Tarbes, conseiller technique de l'association " Randonnées Pyrénéennes ", Georges Véron publie de nombreux ouvrages et une trentaine de guides de randonnées consacrés aux Pyrénées : 100 randonnées, 100 plus beaux sommets, itinéraires de VTT et chemins de Saint-Jacques de Compostelle, etc.… Avec son topo-guide Canigou, Vallespir, Conflent, il est le créateur du Tour du Vallespir.

Amélie-les-Bains : Autrefois, la ville s'est appelée les " Bains d'Arles ", nom provenant d'Els Banys (les bains) et d'Arles pour Arles-sur-Tech. Ce nom désignait un monastère qui était érigé à cet endroit. Le nom actuel date de 1840 et fut donné à la commune en hommage à la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, qui faisait de nombreux séjours aux Thermes. Vaste de 2943 hectares, située au cœur du Vallespir, au bord du Tech et de son affluent le Mondony, la commune est désormais composée de 2 autres villages qui ont été annexées : Palalda en 1942 et Montalba en 1962. La cité est une station thermale renommée depuis l'antiquité.

Montbolo : Cité située sur la rive gauche du Tech à 600 mètres d'altitude, on l'appelle couramment le " Balcon du Vallespir " tant son panorama est exceptionnel sur la plaine du Roussillon, le Canigou, la chaîne des Albères et la vallée du Tech. De son exposition plein sud, Montbolo reçoit un ensoleillement maximum en hiver et, en été cette chaleur est tempérée par la fraîcheur due à l'altitude. L'absence de toute activité industrielle contribue à une qualité de l'air remarquable et pour compléter ce cadre idyllique, l'alimentation en eau est assurée par des sources captées à plus de 1500 mètres d'altitude. Ce village est également connu pour sa procession de la " Rodella " qui se déroule chaque 30 juillet et dont l'origine païenne remonterait au début du christianisme. Depuis l'église Saint-André de Montbolo, cette procession consiste à se rendre par un sentier forestier à l'abbaye d'Arles-sur-Tech pour aller vénérer les reliques des saints Abdon et Sennen. Mais la particularité de ce pèlerinage est de descendre une croix chrétienne sur laquelle a été placé un grand cerceau fait d'un enroulement de cire d'abeille que l'on appelle " la Rodella ". Il existe également autour de cette " Rodella " une légende basée sur un texte historique de 1465 que vous pouvez découvrir sur les deux sites Internet suivants :

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Traditions/Rodella.php

https://www.labalma.fr/index.php/fr/camping-fr/fetes

Formentere ou Formentera : Col à 1.133 m d'altitude situé à la limite du Haut-Vallespir et des Aspres sur le chemin du Tour du Vallespir et l'ancienne voie ferrée minière. Non loin de ce col, il y a le hameau oublié de Formentere, ancienne gare minière qui a eu son heure de gloire au temps de l'exploitation des mines de fer autour du Massif du Canigou (Batère, les Manerots, La Pinouse, Rapaloum, etc.…). De Formentere, grâce à une ligne de câbles et de chariots de plus de 5 kilomètres, le minerai cuit était descendu par voie aérienne jusqu'à Arles-sur-Tech.

Batère : Lieu situé à cheval entre Vallespir, Aspres et Haut- Conflent connu pour sa tour médiévale du 13eme siècle construite à l'époque où les Rois de Majorque régnaient sur le Roussillon et la Cerdagne. Cette tour à signaux assurait la surveillance et la communication à l'aide de fumées le jour et de feux la nuit. Elle était certainement en liaison avec d'autres tours et châteaux du Vallespir (Montbolo, Corsavy, Cos, Mir, Palalda, Cabrens) et les tours d'autres régions comme la Tour de la Massane ou bien celle de la Madeloc. Mais Batère est également connu pour ses anciennes mines de fer, fer apprécié depuis la nuit de temps (200 avant JC). Ces mines étaient les plus importantes du département, elles alimentaient un nombre incalculable de forges. Les mines fonctionnèrent jusqu'en 1994 donnant à toute la région un essor économique considérable. En 1953, la société d'exploitation construisit à 1.540 m d'altitude un bâtiment pour les mineurs et leurs familles, ce bâtiment sert désormais de refuge et de gîte aux randonneurs de tout poil.

La tempête Klaus : Le 23 janvier 2009, Klaus est le nom donné à une tempête en cours de formation par l'Institut de Météorologie allemand en l'honneur d'un certain Klaus Schümann. Au départ, c'est le satellite Météosat qui va envoyer des images d'une dépression étonnante situé sur l'Atlantique Nord, profonde dépression qui va engendrer des vents d'une force exceptionnelle et d'une vitesse inouïe. Cette tempête a principalement touché le sud-ouest de la France, la principauté d'Andorre, le nord de l'Espagne et une partie de l'Italie entre le 23 et le 25 janvier 2009. Dans le sud de la France, nombreux sont ceux qui considèrent à juste titre comme plus dévastateur Lothar, la tempête de décembre 1999, mais ce n'est pas le cas du Vallespir et du Roussillon où Klaus a été bien plus violent. Le 24 janvier, les dégâts ont été considérables et en tous cas, évalués à 38 millions d'euros. Le département a été reconnu comme en état de catastrophe naturelle. Tous les records ont été battus : 216 km/h au Col d'Envalira, 193 km/h à Formiguères, 191 km/h pendant deux heures au Cap Béar, 184 km/h à Perpignan, record absolu de 1999 battu de plus 40 km/h. Les forêts de résineux (pins sylvestres et cèdres) du Vallespir ont été parmi les plus ravagées et l'importance des dégâts a été estimée avec des prises de vue aériennes. Au-delà des dégâts, le problème pour la filière bois, c'est que cette tempête Klaus est arrivée dans une conjoncture économique beaucoup plus mauvaise qu'en 1999.

Riuferrer : Affluent du Tech, le Riuferrer (la rivière du fer) est un torrent impétueux d'une longueur de 17,7 kms qui prend sa source dans le cirque du Faig au pied du Puig dels Tres Vents à une altitude de 2.300 m environ et se jette dans la Tech à Arles-sur-Tech. De nombreux pêcheurs parcourent ses rives pour ses excellentes truites.

La Coumelade : Affluent du Tech, la Coumelade est une rivière qui prend sa source sur le versant sud de la crête des Tres Vents à 2.570 mètres d'altitude et qui, après avoir parcouru 15 kms, se jette dans le Tech au hameau Le Tech. Dans sa partie torrent, elle appréciait des adeptes de la descente en canyon.

Saint-Guillem de Combret : Situé dans la vallée de la Coumelade, le minuscule hameau est essentiellement connu pour son ermitage dont l'histoire commence au 9eme siècle. A cette époque, une chapelle dédiée à Sainte-Magdeleine de Combret avait été construite par un certain " Guillem ". Guillem offrait, sans aucune compensation, gîtes et couverts à tous les pèlerins qui partaient de Saint-Michel de Cuxa pour se rendre à Saint-Jacques de Compostelle par le col d'Ares et l'Espagne. Guillem était si apprécié de tous les voyageurs et le lieu si prisé, qu'après sa mort tout le monde l'appela Saint-Guillem malgré qu'il n'ait jamais été canonisé. Aujourd'hui la chapelle et ses dépendances sont connues sous le nom de Saint-Guillem de Combret. Le hameau dispose d'un refuge non gardé. Malgré quelques restaurations, la chapelle a peu changé au fil des siècles, elle mesure 15 mètres de long pour 4 mètres de large et est de style roman. Sa cloche très ancienne est exceptionnelle et est à l'origine d'une légende prétendant que Guillem l'aurait modelée de ses propres doigts car il en reste, paraît-il, encore l'empreinte sur le métal. Le 22 juillet de chaque année, les habitants du village Le Tech, de Prats de Mollo et d'autres villages alentours effectuent un pèlerinage.

La Parcigoule : C'est une rivière de 9 kms de longueur, affluent du Tech qui prend sa source à une altitude de 1.920 mètres au lieu-dit Les Estables. Elle rejoint le Tech au hameau de Saint-Sauveur entre Prats-de-Mollo et la Preste. Le bassin de la Parcigoule présente la particularité d'avoir été une des vallées les plus déboisées et dépeuplées du Vallespir, tout d'abord à cause des nombreuses forges qui utilisaient intensément son bois puis à cause des crues répétitives (aiguat) d'octobre 1940 puis d'avril 1942. Un reboisement et des barrages ont été aménagés pour stabiliser et protéger la vallée.

Joseph de la Trinxeria : né en 1637 à Prats-de-Mollo, commune d'Espagne à l'époque, il s'insurgea contre la gabelle, cette célèbre taxe sur le sel, abolie depuis 1292 mais qui venait d'être réhabilitée en 1661 par Louis XIV après l'annexion de la Catalogne du Nord (Roussillon, Vallespir, Conflent, Cerdagne, Capcir) au royaume de France par le Traité des Pyrénées de 1659. En 1666, indigné d'avoir été surtaxé par les Gabelous, ces préposés chargés de la récolte, il leva une armée d'Angelets et tint tête pendant quelques années à toutes les troupes envoyées contre lui. Ces nombreuses victoires lui apportèrent un énorme prestige et nombreux furent ceux qui se rallièrent à sa cause. Il devint rapidement un héros dans le Vallespir tout entier et bien au-delà encore dans toute la Catalogne. C'est en partie à cause de ces révoltés que Louis XIV fit construire par Vauban, le Fort Lagarde de Prats-de-Mollo à partir de 1677. Quelques années plus tard, Joseph de la Trinxeria qui n'avait pas renié ses origines, devint officier des armées d'Espagne et se battit contre le royaume de France aux côtés des Miquelets. Il ne cessa jamais de se battre sur de nombreux fronts et termina sa vie comme colonel en 1689. Il mourut en 1694.

Prats-de-Mollo - La Preste : Avec une superficie de presque 12.000 hectares, cette commune est la plus étendue du département des Pyrénées-Orientales. Située au bord du Tech à 735 mètres d'altitude, elle dispose d'un patrimoine historique exceptionnel : Eglise gothique Saintes Juste et Ruffine, Fort Lagarde et fortifications construites par Vauban, Tour de Mir, nombreuses chapelles, etc.… Il faut dire qu'au regard de sa situation géographique, Prats fût tout au long de son histoire le théâtre de soubresauts franco-espagnols incessants. Longtemps tournée vers l'agriculture, l'élevage, la sylviculture et quelques industries locales (textiles, espadrilles, etc.…), la cité vit désormais du tourisme et des Thermes de la Preste, bourg rattaché à Prats mais éloigné de huit kilomètres à une altitude de 1.130 mètres. Le mot " Prats " signifie " prés " mais deux versions s'opposent quant à l'origine du mot " Mollo ", certains le traduisant par " mouillé " d'autres avançant qu'il signifie " grosse pierre" en catalan. Alors " prés mouillés " ou " prés bornés ", les deux définitions ont leur logique tant la cité a été souvent la scène de crues mémorables mais aussi un bourg toujours borné ou limité par une frontière mouvante et parfois incertaine. Il faut savoir en effet que malgré le Traité des Pyrénées de 1659 signé entre le roi de France Louis XIV et Philippe IV, roi d'Espagne, le véritable tracé de la frontière entre la province du Roussillon et l'Espagne ne fût déterminé et borné que deux siècles plus tard en 1866 avec le Traité de Bayonne entre l'Empereur Napoléon III et la reine Isabelle II d'Espagne. De par leur situation géographique ambiguë et instable, c'est dire si les Pratéens ont longtemps été indécis et désorientés quant à leur citoyenneté réelle. Alors n'est-il pas un peu logique qu'ils aient été avant tout catalans avant d'être espagnols ou français ? En raison de son milieu, de son relief varié et de ses richesses naturelles remarquables (flore, faune et géologique) la commune a été classée " Réserve Naturelle " en 1986.

La tour de Mir : Situé à 1.540 m d'altitude et datant du 13eme siècle, comme la tour de Batère, la tour de Mir était chargé d'émettre des signaux pour assurer les communications avec d'autres tours comme celle de La Guardia, une autre tour de Prats-de-Mollo où a été érigé ensuite le Fort Lagarde. A cette époque où les catalans se lancent dans de nombreuses conquêtes tout autour de la Méditerranée, la tour de Mir présente l'avantage d'être à la fois tournée vers la mer et vers l'intérieur des terres, car plus particulièrement affectée à la surveillance de Col d'Arès, passage obligé vers des territoires intérieurs comme le royaume d'Aragon notamment. De son piton rocheux, on aperçoit très distinctement le château et les tours de Cabrens, elles-mêmes en liaison avec la Tour de Batère et ainsi de suite jusqu'aux tours des Albères et du Roussillon. La tour de Mir est située sur le chemin du Tour du Vallespir.

La Retirada : Le mot " Retirada " signifie " retraite " en espagnol mais il désigne plus particulièrement l'exode humanitaire que des milliers de républicains espagnols vécurent à partir de janvier 1939. En deux semaines, c'est 100.000 réfugiés qui passent la frontière au col d'Arès pour fuir la dictature de Général Franco dont l'alliance avec le régime nazi d'Hitler inquiète l'Europe toute entière. Le 31 janvier, le ministre de l'intérieur Albert Sarraut vient à Prats-de-Mollo pour organiser ces arrivées massives. Il fait construire 4 camps d'hébergement dans la vallée du Tech. Tout est bon pour accueillir les réfugiés et affronter ce glacial et cinglant hiver. Le 13 février, la frontière est officiellement fermée et gardée par les soldats de Franco. Mais ce sont environ 500.000 personnes, pleines d'un espoir d'un avenir meilleur qui arrivèrent en France par de multiples passages frontaliers. Mais pour ces réfugiés, internés dans des camps ceinturés de fils barbelés, cette espérance fût le plus souvent déçue, car ils avaient fuit l'arbitraire, la torture et la terreur instaurée par le régime totalitaire espagnol pour ne trouver en France que privation de liberté, dans des conditions généralement pitoyables pour ne pas dire inhumaines.

Notre-Dame du Coral : Il s'agit d'une chapelle longue de 23 mètres et large de 7 mètres qui a été construite sur un éperon rocheux à 1.091 m d'altitude dans un cadre de verdure exceptionnel. On pense qu'à l'origine, au 9eme siècle, il s'agissait d'un simple sanctuaire (petite chapelle ou oratoire) qui servait de lieu de prières. Puis comme souvent, un village, ici Miralles, se développa autour de cette chapelle. La légende prétend qu'une statue de bois représentant la vierge Marie provenant de cette chapelle ait été dissimulée dans un tronc d'arbre, puis retrouvée plus tard. Cette trouvaille aurait été l'occasion d'un engouement populaire qui amena la construction de la nouvelle église paroissiale de Miralles. C'est ainsi que Notre Dame du Coral est apparue, bâtie sur les restes de la chapelle primitive, pour servir d'église aux habitants du village. Dans les textes historiques, Sancta Maria de Coral apparaît à partir de l'an 1267 comme appartenant à l'abbaye de Camprodon (Espagne). Mais au fil des siècles, et selon les mouvements de la frontière, le site eut divers propriétaires religieux, privés ou publics. Mais les occupants de la chapelle ont été le plus souvent des ermites forains qui voyageaient en quête de charité et d'oboles. A présent, la chapelle et certaines de ses dépendances servent de refuge avec gîtes, restaurant, tables et chambres d'hôtes. L'étymologie de " Coral " est très discutée mais la plus probable est que ce nom viendrait simplement de " corail " comme la couleur rouge de certaines roches que l'on trouve dans le secteur en montant par exemple vers le col de Malrems ou le Pla de la Muga.

Lamanère : C'est un village du Vallespir situé à 777 mètres d'altitude et à vol d'oiseau vers le sud à moins de 3 kms de la frontière espagnole. Entourée de montagnes et de collines avec les Baga de la Sadella et de la Bordellat (1.554 m) au sud, le Mont Nègre (1.425 m) à l'est, le Roque de Cap de Ca et la serra de Cabrens (1.326 m) au Nord, le Puig de las Coubines et El Tossal (1.281m) à l'ouest et nichée au fond d'une verdoyante vallée à la jonction de plusieurs rivières et ruisseaux (Lamanère, Taix, etc.…) elle est la commune la plus méridionale de l'hexagone. Riche de divers minerais (fer, or, plomb argentifère, cuivre) qui y furent exploitaient en leurs temps, son nom proviendrait du catalan " La Menera " signifiant " La Minière ". Grâce à ses paysages magnifiques et variés, elle est un lieu propice à de nombreuses activités de plein air (randonnées, VTT, baignades, canyonning, etc.…). Mais de par son emplacement géographique très isolé, on ne connaît pas grand-chose de son histoire, si ce n'est qu'elle a longtemps était dépendante de la commune de Serralongue où régnaient au Moyen-Âge les seigneurs de Cabrens. Mais Lamanère, c'est aussi une rivière, affluent du Tech, longue de 15,7 kms, qui elle-même est alimentée par d'innombrables petits ruisseaux affluents.

Les Estanouses : Minuscule hameau perdu du Haut-Vallespir situé au pied des tours de Cabrens, non loin des villages de Lamanère et de Serralongue à une altitude de 1.019 mètres. Il y a encore quelques années (2004 ou 2005), on pouvait le traverser en empruntant une des variantes du Tour du Vallespir. Aujourd'hui, ce chemin est barré car il est devenu un domaine privé, et si j'en crois mes recherches Internet, faisant chambres et tables d'hôtes pour accueillir les touristes.

Cabrens : La seigneurie de Serralongue, commune du Vallespir, est gouvernée dès le 11eme siècle par les " seigneurs de Cabrenç " en référence aux chèvres qui peuplaient les collines et qui étaient les seuls animaux à pouvoir grimper jusqu'à leur château. Le premier seigneur fût Oriol de Cortsavi mais la dynastie des Cabrens composée de diverses familles au gré des alliances et des successions eut une immense influence sur une grande partie du Vallespir et régna fort longtemps et au moins jusqu'en 1792, date à laquelle l'état français créa les communes et où le dernier seigneur Abden Senen de Ros, baron de Cabrens s'expatria en Espagne. Aujourd'hui le site de Cabrens est surtout connu pour ses trois tours, objectifs de randonnées à partir de Lamanère ou de Serralongue. Situées au faîte d'une crête rocheuse, les trois tours sont en réalité les ruines du château construit en 1086 par les seigneurs de Cabrens, celles d'un donjon adjoint au 11eme siècle qui aurait fait office de geôles et enfin celle d'une tour à signaux du 14eme siècle qui communiquait avec de nombreuses autres tours du Vallespir (Mir, Batère et Cos). Au regard de sa position géographique dominante, l'ensemble devait constituer une forteresse quasi imprenable.

Saint-Laurent-de-Cerdans : Le village daterait du 11eme siècle, date à laquelle des moines de l'abbaye d'Arles-sur-Tech aurait construit une église dédiée à Saint-Laurent, martyr du 3eme siècle. Le terme " Cerdans " apparaît au 12eme siècle avec le nom d'un mas (Manso de Cerdanis). Mais ce nom lui-même proviendrait du nom d'un peuple des montagnes de la région, descendant des Ibères qu'on appelait " Les Cérêtes ". Ce peuple serait aussi à l'origine des noms de la ville de Céret et de la région de Cerdagne. La ville construite à l'intersection de plusieurs cours d'eau (la Quére, le Saint-Laurent, la Bilvera, etc.…) est entourée de plusieurs " serrats ", petites chaînes de montagnes (Cogull, Montner, Provadona, Capell, Garsa, etc.…) dont la plupart dépassent les 1.000 mètres d'altitude. Elle fût un lieu de passage, d'échanges et surtout de contrebande avec l'Espagne tout au long des époques. Pendant très longtemps, la prospérité de la cité a reposé sur les industries liées au fer avec de nombreuses forges alentours qui ont données leurs noms à des lieux-dits (la Forge del Mig, la Forge d'en Bosc, la Forge d'Avall, etc.…), au bois (exploitation du châtaignier encore très présent dans les forêts de nos jours) mais l'industrie la plus originale a été celle de la fabrication d'espadrilles que l'on appelle ici " vigatanes " et qui, bien sûr, a été étroitement liée aux fabriques de tissus. Ces deux dernières activités artisanales sont encore bien présentes aujourd'hui au travers des sociétés " Vallespir Sandales " et " Les Toiles du Soleil ". Grâce à son riche patrimoine historique, culturel et naturel et au tout proche domaine hôtelier de Falgos pourvu de son terrain de golf de 18 trous, le village vit désormais au rythme du tourisme.

La famille Noëll : Le 23 janvier 1676, l'église de Saint-Laurent-de-Cerdans avait brûlé ainsi que quelques maisons voisines dont celle de la famille de Noëll. Au 18eme siècle, la destruction de ces documents anciens avait amené Abdon Noëll à solliciter du roi de France Louis XV la reconnaissance et la confirmation de sa qualité de noble et de ses titres. C'est en décembre 1766 qu'Abdon de Noëll reçut cette confirmation et ses nouvelles lettres de noblesse signée de Louis XV et du duc de Choiseul. Il fût nommé baron de Vilaro, petit hameau proche de Saint-Laurent. Notaire à Saint-Laurent-de-Cerdans, Abdon, le seigneur de Vilaro, âme de la Résistance du Vallespir, fût le plus connu de tous car en avril 1793 avec l'aide du général espagnol Antonio Ricardos, il évita le massacre programmée par la Convention Nationale de toute la population de Saint-Laurent-de-Cerdans. Quand on sait que cette guerre entre la France et l'Espagne, galvanisé par l'hostilité de la monarchie espagnole envers la République Française, commença pour empêcher l'organisation d'une simple procession, on comprend mieux l'attachement que les Laurentins avaient pour leurs traditions et leur liberté de culte. Ce culte de l'église et cette liberté sont encore fermement ancré de nos jours et on les retrouve à travers diverses manifestations.

Puis ce fût Jacques de Noëll qui, au 20eme siècle, grimpa l'échelle de la renommée, mais dans un autre registre, celui de la musique. Il fut un grand compositeur de musiques catalanes et de sardanes. Et comme ici en Vallespir, comme dans toute la Catalogne, la sardane est une danse et une musique sacrée, Jacques de Noëll fût un musicien très apprécié. Il y eut également Louis, archéologue apprécié, frère de Jacques mais mort trop jeune pour être resté dans l'Histoire. Mais tout au long des siècles, les de Noëll étaient surtout de riches aristocrates et des notables reconnus, certains étaient notaires, d'autres maîtres de forge ou propriétaires d'exploitations minières, d'autres propriétaires terriens. Malgré la perte de leurs titres de noblesse à la Révolution Française, les de Noëll gardèrent un certain prestige dans tout le Roussillon certains devenant des chefs d'entreprise reconnues, d'autres tentèrent l'aventure de la vie politique, beaucoup devenant maires de nombreuses communes. La bâtisse, maison de famille des de Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans avait été construite en 1606 et le premier occupant avait été un certain Damia (1560-1612) qui, au côté de Joseph de la Trinxeria, s'était révolté contre les effets néfastes du Traité des Pyrénées de 1659. Cette maison Damia Noëll a été rachetée, il y a quelques années, par un couple très sympathique Isabelle et Mario Lopes, qui en ont fait une table et des chambres d'hôtes absolument remarquables.

Pilon de Belmatx ou Belmaig : Ici en Catalogne, on prononce " Belmach ". Il s'agit d'un sommet du Vallespir avec une altitude somme toute modeste puisque élevée au dessus du niveau de la mer à 1.280 mètres seulement. Il est situé sur une longue crête rocheuse qui s'appelle la Serre de Montner et qui surplombe la cité d'Arles-sur-Tech. Mais sa renommée vient justement de la difficulté que l'on rencontre à le gravir à partir d'Arles-sur-Tech puisque c'est pas moins de 1.020 mètres de dénivelé qu'il faut accomplir sur un sentier très difficile car terreux et caillouteux et très souvent raviné. Pour y monter, il faut emprunter un tronçon du célèbre GR.10 jusqu'au Col de Paracolls et c'est certainement pour çà que cette randonnée s'inscrit très souvent comme une " incontournable " du département. Montagne mythique pour les Arlésiens, chaque printemps, un trail de 11 kilomètres, course réunissant des spécialistes de ce sport mais aussi de simples concurrents est organisée par l'association Arles-Belmaig. Est déclaré vainqueur du " Km Vertical Walsh " celui qui accomplit exactement les 1.000 mètres de dénivelé (environ 100 mètres avant le sommet) dans le laps de temps le plus court.

Arles-sur-Tech : Bien que n'ayant pas traversé cette ville lors de ce Tour du Vallespir, je l'ai eu très souvent devant mes yeux lors de la 1ere et de la dernière étape. Comment parler du Vallespir sans évoquer Arles-sur-Tech qui est certainement une des villes les plus anciennes de cette région puisqu'on a retrouvé des vestiges datant de la Préhistoire (dolmen). Comment parler d'Arles-sur-Tech sans parler de sa Sainte-Tombe et des saints Abdon et Sennen. En ce qui concerne la Sainte-Tombe et son fameux mystère, il s'agit d'un sarcophage de pierre du 3eme siècle qui est situé dans une courette de l'église et qui produit une quantité d'eau pure importante et " d'origine inconnue " (200 à 300 litres par an en moyenne, parfois beaucoup plus, jusqu'à 800 litres l'an). La thèse du miracle a bien évidemment été la première avancée, tandis que d'autres hypothèses ont vu le jour tout au long de l'histoire, relayées ces dernières années par des médias avides de sensationnel. Malgré un premier travail sérieux et concluant dans les années 60 et encore récemment, le panneau situé au dessus du sarcophage explique encore aujourd'hui que la Sainte Tombe n'ait pas livré son secret. Mais la théorie la plus souvent émise serait que le couvercle serait suffisamment poreux pour laisser pénétrer l'eau des pluies alors que le fond du sarcophage serait parfaitement imperméable. Quand à Abdon et Sennen, en l'an 960 un abbé se nommant Arnulfe aurait rapporté de Rome des reliques authentifiées comme étant celles de ces deux saints persans. Elles vaudront à Arles le surnom de "ville des Corps Saints". Ces deux Saints sont toujours vénérés à Arles. Mais autour de ces saints, il existe une légende qui se recoupe avec une autre légende du Vallespir, celle des " Simiots ", des êtres malfaisants, dévoreurs d'enfants, moitié félins et moitié singes qui vivaient dans les forêts et les montagnes du Vallespir. Je vous laisse le soin de prendre connaissance de ces légendes sur les excellents sites suivants :

https://www.sudcanigo.com/decouvrir/contes-et-legendes/

http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Legendes/Simiots.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdon_et_Sennen

 

Remerciements :

 

Je remercie très sincèrement toutes les personnes qui m'ont accueillies lors de mes différentes arrivées d'étapes : au Refuge de Batère, à l'hôtel Ausseil à Prats-de-Mollo et à Notre-Dame du Coral. Partout, je fus parfaitement reçu. Bien sûr, ma meilleure soirée mais la plus onéreuse aussi fût celle passée à la Maison Damia Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans, il est vrai en table et chambre d'hôtes d'une qualité remarquable. L'accueil d'Isabelle et Mario fût tel qu'ils méritent vraiment une mention spéciale. Je conseille vivement cet endroit à tous les randonneurs qui pourront se permettre de dépenser 78 euros pour une demi-pension. J'ai essentiellement marché en solitaire sur ce Tour du Vallespir mais je remercie les quelques personnes que j'ai rencontré au cours de ce voyage et qui, d'une manière ou d'une autre, l'ont rendu plus agréable ou plus facile : le vigile des Thermes d'Amélie qui ne m'a pas fait de difficulté pour garer ma voiture, l'homme qui faisait un footing avec son chien à Montbolo qui m'a aidé dans la direction à prendre, le couple qui craignait l'orage et qui voulait me prendre en voiture à la Tour de Batère, quelques clients et l'aimable groupe d'Epinal rencontré au refuge de Batère qui effectuaient le GR.10, le très chaleureux couple et leur fille que j'ai aidé à la cabane de la Devesa au dessus de Leca, l'homme qui m'a expliqué le plus court chemin à prendre au Fort Lagarde, la dame qui m'a expliqué où se trouvait l'hôtel Ausseil, les anonymes clients catalans et parisiens du restaurant Ausseil qui m'ont permis de passer une agréable soirée à Prats-de-Mollo et ce, malgré la terrible journée que j'avais vécue, la pharmacienne de Prats-de-Mollo qui a su parfaitement calmer mes brûlures d'orties, la gentille randonneuse rencontrée à Notre-Dame de Coral, les propriétaires du Domaine des Estanouses avec lesquels depuis je me suis lié d'amitié, le breton vététiste et le jeune couple de Tchèques, clients de la Maison Damia Noëll. Je remercie enfin ma femme qui m'a laissé partir seul, mes enfants de m'avoir offert un lecteur MP3, objet ô combien précieux qui m'a énormément aidé dans les instants les plus difficiles. Je remercie enfin Charles Trenet et ses interprètes Les Compagnons de la Chanson pour leur magnifique chanson " Mes jeunes années ", mélodie avec laquelle j'ai marché très souvent tout au long de cette randonnée. Quand j'éprouvais des difficultés, cette chanson était là pour me remonter moral et enthousiasme. Pour moi, cette chanson restera pour toujours comme un hymne à ces 6 jours passés en Vallespir. 6 jours " Sur les hauteurs d'une vallée âpre " qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

 

Divers :

 

Peu de temps après mon retour, le 24 août exactement, et en raison de la terrible et éprouvante épreuve que j'avais vécue dans la forêt du Miracle au dessus de Prats-de-Mollo, il m'a paru utile d'alerter les autorités pour que d'autres personnes ne tombent pas dans le même piège que les arbres couchés par la tempête Klaus du 24 janvier 2009 m'avaient tendu. J'ai donc adressé un e-mail à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération et au comité départemental de la Randonnée Pédestre pour les informer de la galère que j'avais éprouvée dans ce secteur du Tour du Vallespir situé peu après le Puig des Lloses en direction du Col du Miracle.

 

Le 14 septembre, c'est avec satisfaction que je recevais une réponse de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo dans laquelle elle m'informait avoir contacter Monsieur Joseph Dunyach, Président du club local de randonnée pédestre " Délit Ténim ". Ce dernier me répondait à travers une lettre jointe au message de Madame Baills.

 

Pour les remercier de m'avoir répondu et d'être intervenu ultérieurement dans ce secteur de Prats-de-Mollo, j'ai volontairement joint à ce récit nos différents échanges de messages.

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Message adressé le 24 août 2009 à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération Française de Randonnée Pédestre et à son Comité départemental des Pyrénées-Orientales.

 

Monsieur le Maire de Prats de Mollo, Mesdames, Messieurs,

 

J'ai réalisé la semaine dernière la randonnée du Tour du Vallespir en 6 jours d'après le Guide Rando de Georges Véron : Canigou, Vallespir, Conflent paru chez Rando Editions. Randonnant beaucoup tout au long de l'année, j'avais eu l'occasion de remarquer que ce tour était plutôt bien balisé et que les panneaux indicateurs étaient nombreux. Je n'ai pas trouvé non plus sur Internet de contre-indications à effectuer ce tour. C'est donc en toute confiance mais muni néanmoins d'un GPS, d'un téléphone portable et des cartes IGN appropriées que je suis parti d'Amélie vers Batère le 1er jour, puis vers Saint-Guillem le 2eme jour, puis vers Prats de Mollo le 3eme jour, puis à Notre-Dame de Coral le 4eme jour, puis à St Laurent de Cerdans le 5eme et retour à Amélie le 6eme.

 

Tout s'était très bien passé jusqu'au Puig des Lloses (1.413 m) qui sauf erreur de ma part se trouve sur la commune de Prats de Mollo. A cet endroit, le balisage rouge et jaune propre au Tour du Vallespir ainsi que le panneau d'orientation m'indiquait de poursuivre vers la droite alors qu'un 2eme panneau me proposait de descendre à gauche vers Prats de Mollo par le col de Cavanelles. Effectuant bien sûr le Tour du Vallespir et ayant de toute manière ce tracé-là enregistré dans mon GPS, j'ai normalement poursuivi vers la droite d'autant que rien à cette intersection du Puig des Lloses ne pouvait me laisser supposer que cette portion du Tour du Vallespir dans laquelle j'allais m'engager était complètement impraticable.

 

J'ai 60 ans et je pense être un marcheur chevronné. Pourtant je ne vous cache pas qu'à cause des nombreux arbres décimés qui jonchent encore le sentier sur ce secteur depuis la tempête Klaus du 24 janvier dernier, j'ai eu à un moment le vague sentiment que j'était tombé dans un véritable traquenard. En effet, j'ai commencé à enjamber un premier arbre puis à passer sous un second, puis troisièmement à contourner un premier groupe d'arbres, puis je suis passé sous quelques autres arbres couchés puis au bout de 1,5 kms sans autre solution j'ai finalement quitté le chemin pour éviter un amoncellement qui me semblait de quelques mètres de large seulement (on constate en effet que le vent à suivi des couloirs plus ou moins larges) mais qui en réalité étaient absolument infranchissables. J'ai donc fini par me perdre dans cet immense labyrinthe d'arbres abattus et j'ai même pensé à un moment à appeler les secours depuis mon portable. Heureusement, que j'ai su garder mon sang-froid et grâce à mon GPS j'ai pu, après de multiples efforts, retrouver le sentier et j'ai réussi à rebrousser chemin pour en définitive rejoindre Prats par le col de Cavanelles.

 

Attention ce message que je vous adresse et cette histoire que je vous relate n'ont pas pour objet d'émettre un grief envers quiconque mais simplement à vous prévenir qu'à cet endroit après le Puig des Lloses, le tour du Vallespir est particulièrement dangereux et infranchissable. Mais peut-être le saviez-vous ? De mon côté, je sais pertinemment que la tempête Klaus a provoqué des dégâts considérables et que ce n'est pas en quelques mois que l'on peut effacer les cicatrices d'un tel désastre. Je pensai toutefois que dans la mesure où un chemin serait impraticable un simple petit panonceau d'interdiction aurait été mis en place. Ayant eu l'occasion de marcher dans les Landes et le Gers il y a quelques semaines, j'avais eu l'occasion d'apprécier ce type de pancartes sur de nombreux sentiers. J'ai donc été très étonné qu'au Puig des Lloses aucun panneau ne vienne prévenir le randonneur de cette dangerosité, d'autant qu'un autre chemin permet d'accéder à la commune de Prats dans d'excellentes conditions. En été où les randonneurs sont très nombreux à parcourir les chemins de notre beau département des PO, je pense que de simples petits panneaux d'interdiction et/ou de conseils en pareils endroits seraient d'une redoutable efficacité et éviteraient bien des désagréments comme ceux que j'ai connus.

 

Voilà, après tous ces déboires, et après trois heures d'errements, j'ai fini par arriver à Prats de Mollo avec seulement quelques égratignures, quelques bleus et les mollets douloureusement brûlés par les orties et griffés par les ronces.

 

Le lendemain avant de repartir, j'ai longuement réfléchi sur le sentier que j'allais prendre et plutôt que d'opter par la poursuite du Tour du Vallespir par la Tour de Mir et le col d'Arès dont je sais que le secteur est particulièrement boisé aussi, j'ai emprunté le chemin le plus court pour rejoindre l'ermitage de Notre Dame de Coral. Il s'agit du PR.12 qui passe au col de la Guille. Bien m'en a pris, puisqu'une fois arrivé à l'ermitage, j'appris par d'autres randonneurs, qui en revenaient, que les chemins de la Tour de Mir et du col d'Arès étaient eux aussi barrés par de nombreux arbres couchés. Je ne l'ai pas constaté par moi-même !

 

Voilà il m'a paru utile de vous apporter ce témoignage qui est tout frais. Comme je l'ai dit je ne fais aucun grief à personne d'autant que parmi les acteurs à qui j'adresse ce message, je ne sais pas qui est responsable des arbres couchés, du balisage présent ou absent, de la prévention à mettre en place en pareil cas, etc...

 

J'espère simplement que quelqu'un fera bon usage de ce message.

 

Recevez, Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, mes respectueuses salutations.

 

Gilbert JULLIEN

Licencié à la FFRP sous le N° 0579504G

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Lettre réponse reçue de Monsieur Joseph Dunyach par l'intermédiaire de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo.

 

OFFICE DE TOURISME**

66230 PRATS DE MOLLO - LA PRESTE

 

DUNYACH Joseph

Président du club de randonnée FFRP " Delit Tenim "

Membre du Comité directeur départemental des PO

Responsable des Sentiers

Tel : 04.68.39.77.18

 

A Monsieur JULLIEN Gilbert

 

Monsieur,

 

Je viens de prendre connaissance de votre courrier du 25 Août au sujet des problèmes que vous avez rencontré sur le Tour du Vallespir. Ce courrier m'avait été communiqué par le Président départemental lors de la réunion du Comité Directeur du 31 août à Perpignan et je le classe parmi ceux qui font plaisir à lire car ils démontrent la qualité des randonneurs de la FFRP et leur soucis de parfaire notre terrain de jeu naturel.

Vous avez très bien exposé tous vos problèmes et je me sens un peu responsable de ce qui vous est arrivé car j'avais apposé un panneau de fermeture de sentiers à l'entrée du sentier au départ de Prats et je n'avais pas pensé aux randonneurs arrivant dans l'autre sens ce que je vais m'empresser de corriger en attendant l'ouverture que nous espérons prochaine de ce beau sentier sur le secteur du Miracle après le désastre de la tempête Klauss qui nous a donné bien des soucis.

Je profite de ce courrier pour vous informer que le Tour du Vallespir va être complètement finalisé car il fait partie du grand projet du Conseil Général à travers son entité " Canigou Grand Site ".

Si vous souhaitez recevoir les documents sur cet itinéraire vous pouvez nous communiquer vos coordonnées postales.

Pour ce qui est du secteur de la Tour du Mir, la situation est tout à fait normale.

J'ose espérer que ce courrier vous soulagera un peu de la galère que vous avez connu et je vous prie de m'en excuser encore une fois.

Je joins une copie de ce courrier au Président du Comité Départemental qui m'avait demandé de vous répondre en tant que responsable du secteur ainsi qu'à Monsieur le Maire de Prats de Mollo La Preste.

 

Recevez Monsieur mes sincères salutations et peut être au plaisir de se connaître un jour à Prats ou sur l'un de nos sentiers du Haut-Vallespir.

 

DUNYACH Joseph

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms

Publié le par gibirando

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms6eme étape : Samedi 22 août 2009.

Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms

(En raison d'un dysfonctionnement de mon appareil-photo, de très nombreux clichés sont de très mauvaises qualités. J'ai tenté d'en corriger certains afin de leur donner un peu plus de relief.) (La plupart des photos de ce Tour du Vallespir peuvent être agrandies en cliquant dessus. 2 fois, la photo occupe parfois le plein écran).

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms

Cliquez sur la carte pour l'agrandir. 2 fois pour un plein écran.

Les étoiles qui trouent la nuit du Vallespir, les étoiles qui jouent ne pourraient me guérir, seuls tes bras à mon cou… Extrait du roman " Le berger des abeilles ". Armand Lanoux (1913-1983) écrivain français.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms LE PILON ET LA PUREE :

Avant de me mettre au lit, je suis resté longtemps les bras croisés à regarder par la fenêtre. L'air était chaud et le ciel étoilé. Les montagnes étaient noires mais l'obscurité n'était que partielle. Dans cette nébulosité, quelques étincelles scintillaient dans les collines les plus basses. Une fine ligne de lumière au dessus du Mont Capell faisait comme une longue frise phosphorescente. Je me disais : c'est vers cette lueur que je partirai demain pour la fin du voyage. Mais dans ma tête, ces mots que l'on aurait pu croire sinistres, ne l'étaient absolument pas, bien au contraire. Ce n'était qu'encore et toujours ce désir de marcher vers un horizon inédit et cette espèce d'avidité à découvrir des paysages nouveaux. Mais beaucoup d'autres pensées se bousculaient dans ma tête. Mes sentiments étaient partagés entre l'envie de rentrer à la maison et la nostalgie de terminer un périple auquel je commençais à prendre goût. Après l'éprouvante épreuve que j'avais vécue à la forêt du Miracle, les choses s'étaient plutôt très bien passées malgré l'épisode agaçant aux Tours de Cabrens que j'avais fini par ne plus déplorer et bien au contraire apprécier, grâce à ce visage que j'avais aperçu dans la haute falaise. Marcher deux ou trois jours de plus de cette manière et passer des soirées comme celle que je venais de connaître ne m'aurait pas spécialement dérangé.

Mais au matin en me levant, je suis plutôt mélancolique. Une mélancolie digne de " Demain dès l'aube… ", cette circonstancielle poésie de Victor Hugo que j'avais apprise à l'école primaire et dont je me souvenais vaguement:

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

 

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisés

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit…..

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J'ai quitté la Maison Noëll et leurs sympathiques propriétaires Isabelle et Mario par une multitude d'escaliers qui rejoignent le bas de Saint-Laurent. Le ciel est blanc et n'est pas aussi lumineux qu'hier. En plus, mon appareil photo " n'en fait qu'à sa tête " ! Je ne parviens à comprendre d'où vient le problème quant à la mauvaise qualité des images : dysfonctionnement de l'appareil ? humidité ? choc ? 

Mais une " bonne " douche puis cette espèce d'effervescence qu'il y a autour du petit déjeuner finissent par sceller le sort de cette nostalgie. Tout le monde semble excité à cette idée de partir. Mes amis d'un jour sont, tout comme moi, presser de quitter Saint-Laurent-de-Cerdans. On part tous dans des directions opposées mais pour chacun, et avec des itinéraires complètement différents, les distances à parcourir seront très longues. Le jeune vététiste part vers sa Bretagne natale, les Tchèques doivent rejoindre Bruxelles et leur travail au Parlement Européen et moi, j'ai encore une vingtaine de kilomètres avec de gros dénivelés qui m'attendent avant de rallier Amélie. Et pourtant, je prends le trajet le plus rectiligne sinon en poursuivant le vrai tracé du Tour du Vallespir par Montalba, celui de la carte IGN mais qui n'est pas celui de Véron, l'étape aurait fait 8 ou 9 kilomètres de plus. Mais à dire vrai aussi, mon itinéraire est loin d'être le plus facile car il en existe un autre qui évite toutes les crêtes et donc tous les dénivelés. Mais avant le départ, il m'a fallu faire un choix et encore une fois, j'ai opté pour celui que Véron indiquait dans son topo-guide.

Mon sac à dos, mon bâton et mon bob m'attendent déjà devant la porte car je n'ai pas de panier repas à récupérer. Mais au moment de partir, Isabelle a néanmoins cette délicatesse de m'offrir un gros sachet de croissants. Il est déjà 8h 30 et après les traditionnelles bises aux dames et les serrages de mains aux hommes, je sors dans la petite ruelle de la Sort.

Les Tchèques chargent leur voiture. Un dernier signe de la main et je prends la ruelle de l'Eglise qui me fait faire un demi-tour de celle-ci. J'ai bien envie de découvrir le patrimoine historique de Saint-Laurent-de-Cerdans mais malheureusement le temps me manque. Dommage, car je connais uniquement cette ville comme la capitale de l'espadrille que l'on appelle ici la " vigatana " mais aussi pour ses colorées " Toiles du Soleil " connues dans le monde entier. Je descends un long escalier d'une centaine de marches qui surplombe magnifiquement le bas de la ville. Malheureusement, les fumées d'un écobuage qui montent vers moi voilent cette vision. A la première épicerie venue, je m'arrête pour quelques achats pour le pique-nique de midi mais en complétant simplement le gros sachet de croissants qu'Isabelle m'a donné. Je remplis mes gourdes à une jolie fontaine où coule une eau délicieusement douce et fraîche. Par chance, cette fontaine est sur l'itinéraire enregistré dans mon GPS, ce qui m'évite de longues tergiversations pour trouver la bonne direction à prendre pour sortir de Saint-Laurent-de-Cerdans.

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Bien que balisée en jaune, la sente qui doit rejoindre le Tour du Vallespir n'est pas facile à suivre dans cette épaisse végétation essentiellement composé de petits chênes verts et de quelques pins. Elle coupe des pistes par des raccourcis peu évidents à voir mais heureusement, je reconnais certains signes rencontrés lors d'une précédente sortie dominicale au Mont Capell comme ces gros rouleaux bleus. De temps à autres, quelques panonceaux me rassurent quant au chemin à poursuivre. Mon numérique continue à mal fonctionner au niveau de la pixellisation et les photos apparaissent blanches sur l'écran. Les lointains panoramas sont sans relief mais heureusement mes yeux sont là pour pallier à cette défaillance ! Je peste tout de même car le reportage que j'ai prévu de faire à mon retour s'en ressentira !

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Je suis presque monté au Mont Capell. J'aperçois Saint-Laurent-de-Cerdans au loin. De beaux paysages se sont dévoilés dans la montée. A un minuscule cairn, je quitte la piste pour une étroite sente où je retrouve le Tour du Vallespir. Cette sente descend enfin vers le col de Noëll.

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Au col Noëll, j'arrive sur une large piste qui va au Mas de La Bouadelle. Le Mont Capell est dans mon dos désormais mais d'autres sommets m'attendent encore !

Cette route d'abord goudronnée qui se transforme rapidement en une piste sableuse puis en un sentier au bon dénivelé, je la reconnais immédiatement. Elle grimpe en direction du Mont Capell que j'ai déjà gravi avec Dany lors d'une sortie dominicale. Tout en montant dans cet exceptionnel décor de verdure, je comprends mieux pourquoi, dans ce pays, des hommes se sont battus becs et ongles pour empêcher que la THT passe au Mont Capell. Celle ligne à très haute tension prévue par EDF qui doit rallier l'Espagne n'a rien à faire ici, dans cette forêt vierge de toute habitation, terrain de jeu des hardes de sangliers et qui abrite d'autres espèces floristiques et fauniques remarquables. Par de courts raccourcis, le sentier continue à couper la piste sableuse. Tous les coins ombragés sont bons à prendre tant la chaleur est déjà lourde et étouffante. Au pied du mont, en retrouvant le balisage jaune et rouge du Tour du Vallespir, une fois encore, je regarde ma montre. Deux heures, j'ai mis pour arriver ici et une de mes gourdes est déjà passée à la trappe.

Maintenant la piste redescend au milieu des genêts et des fougères en direction du Col de Noëll et du Mas de la Bouadelle. Je prends bien sûr quelques photos mais sans vraiment de conviction car cette fois c'est sûr, mon appareil est complètement déréglé et à chacune des photos, il suffit que je regarde l'écran pour faire cet amer constat. Les photos sont sans relief, voilées, fades et blanches. Un peu comme la couleur du ciel aujourd'hui qu'un air chaud venant de la mer embrume. Je ne sais que faire et je m'en veux d'être parti de la maison sans avoir lu la notice. En arrivant à ce col de Noëll, j'aimerai bien savoir si ce " Noëll " a un rapport avec la famille dont m'a longuement parlé Mario hier soir. Je suppose que oui. Vers le nord-ouest, une longue écharpe de nuages blanchâtres stagne sur les montagnes. Mais dans la direction où je file, le ciel est immaculé. La piste se remet à monter jusqu'à un carrefour où j'aperçois le Mas Bouadelle sur ma droite derrière une haie de feuillus.

Blotti dans un joli cadre de verdure, l'endroit me semble agréable pour venir y passer un week-end, randonner, se reposer et quitter pour un temps la civilisation. Je promets de m'en souvenir. En me retournant, je vois à l'opposé, une clôture et un portail auquel un panonceau jaune est accroché. Il indique : " Pilon de Belmatx " sans autre indication, ni d'altitude, ni de distance, ni de temps pour y parvenir. Je ne connais pas grand chose de ce pic que je n'ai jamais escaladé, sauf que j'ai lu dans quelques guides de randonnées, qu'il est souvent considéré, avec plus de mille mètres de dénivelé depuis Arles-sur-Tech, comme un sévère " incontournable " pic des Pyrénées-Orientales. D'ailleurs chaque année, on y organise une épreuve désormais notoire dans le calendrier des spécialistes des courses en montagne.

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Je quitte le carrefour de la Bouadelle par une terrible sente qui s'élève raide sous un cagnard brûlant, direction le Puig de la Senyoral (1.315m) et le Pilon de Belmatx (1.280 m). Dans cette sévère montée, je vais souffrir physiquement mais aussi moralement !

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Dommage que les photos soient blanches car les visions des panoramas sur Saint-Laurent et les montagnes gravies hier sont superbes ! Le Mont-Capell est déjà loin maintenant et les tours de Cabrens ne sont visibles qu'en mode rapproché.

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Déprimé, je me mets à pleurer dans cette terrible sente rocailleuse qui monte à 1.212 m à la Serra de la Garsa. Mais après le déjeuner et le col de la Senyoral, je me reprends et continue de monter vers le Pilon de Belmatx sur un chemin plus large où l'ombre est très rare. Le temps est lourd et je n'ai jamais eu si chaud !

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Je viens de déjeuner, je quitte la Serra de la Garsa et descend au col de la Senyoral. Mais d'ici, je vois parfaitement que le chemin remonte de " plus belle "

Alors comme hier soir, je n'ai pas trouvé trop de temps pour revoir sur le papier cette étape, j'ouvre ma carte IGN car j'ai vraiment besoin de savoir ce qui m'attend.

Le Pilo de Belmaig, car c'est ainsi et en catalan qu'il est présenté sur ma carte, culmine à 1.280 mètres. Devant ce portail, je suis à 980 mètres d'altitude selon mon GPS et le calcul est simple et rapide, à ceci près, qu'un autre pic, le Puig de la Senyoral se présente juste avant à 1.315 mètres de hauteur. Mais quand je regarde le parcours d'un peu plus près, je constate qu'en réalité, jusqu'à ce Pilon de Belmatx ou Belmaig, ce n'est qu'une succession de descentes et de montées. D'ailleurs, il suffit que je lève la tête et la montée est déjà là devant mes yeux et la ligne de départ à mes pieds. Cette longue montée commence ici exactement, et je la vois qui monte, monte, monte, monte…. dans la montagne qui me fait face. Mais sommes toutes, cette étude fortuite de ma carte a un effet plutôt bénéfique sur mon moral. Après tout, ce n'est guère plus que 300 mètres de dénivelé que je vais avoir à monter et non pas mille. Les mille mètres, par contre, je vais avoir à les descendre et même peut-être un peu plus pour aller à Amélie, mais j'ai le temps d'y penser. Je pousse le portail et je m'élance dans cette sente qui monte au milieu d'une lande de fougères et de genêts. D'emblée, la sente s'élève très abrupte. Sous un cagnard de plomb, la chaleur monte comme du feu le long de mes jambes. Jamais, je n'ai eu si chaud depuis mon départ. La transpiration sort par tous les pores de ma peau, mais l'aspect le plus désagréable c'est cette sueur salée qui coule de mon front, emplit mes yeux, me rend aveugle et me fait pleurer. Avec le bob, je tente de m'essuyer ces yeux qui larmoient sans cesse, mais c'est en vain, car le bob, lui aussi, est trempé de sueur. Je sens que je peine dans cette sente raide, souvent caillouteuse, parfois très ravinée, mais cette fois, et sans appareil photo marchant convenablement, les papillons, pourtant nombreux, ne sont plus un dérivatif à cette souffrance. Alors, je sors mon lecteur MP3 pour écouter un peu de musique. Trois chansons sur quatre sont des slows, des musiques douces avec de belles mélodies comme je les aime. Ce n'est jamais la panacée, mais dans cette ultime rampe rocailleuse et terrible avant le Pla de la Conca, je me dis que la musique devrait m'être d'une aide précieuse. En tous cas, depuis mon départ c'est toujours ainsi que j'ai vécu ces moments où je m'enfermai dans la musique pour oublier l'âpreté des montées. Mais cette fois, je ne sais pas pourquoi, la musique a un effet inverse. Ai-je accumulé trop de fatigue ? Ce dénivelé est-il soudain trop difficile pour mes vieilles jambes ? Est-ce la chaleur conjuguée à trop d'efforts consécutifs ? Est-ce un simple coup de déprime après mon réveil cafardeux de ce matin ? En tous cas je ne l'entends plus cette musique et je me laisse submerger par des idées noires pensant aux êtres chers que j'ai aimé et qui ont quitté cette terre. Puis, je me mets à penser à ma mère, elle qui aimait tant mes récits de randonnées et qui disait toujours quand elle en avait terminé leur lecture : " C'est bien, je suis contente, j'ai l'impression d'avoir marcher avec toi sur ces chemins ". Elle ne pourra plus lire d'autres histoires, ni marcher avec moi sur ce Tour du Vallespir : Alzheimer est passé par là ! Toutes ces idées noires finissent par m'engloutir et je me mets soudain à "pleurer comme une madeleine ". Quand j'arrive au sommet, je m'écroule en pleurs dans la caillasse. J'ai un mal fou à retrouver une respiration normale car les sombres pensées s'entrechoquent dans ma tête comme les auto-tamponneuses d'une fête foraine. Maintenant, je repense à mes enfants et aux altercations que j'ai eues avec eux juste avant mon départ. Ils critiquaient ma manière trop " personnelle " de vivre ma retraite et j'avais un mal fou à m'expliquer et à me défendre. Je l'ai tant idéalisée cette retraite et hormis notre voyage à la Réunion et ces quelques jours sur le Tour du Vallespir, depuis une année, elle se passe si peu comme je l'avais imaginée. Je trouve peu de réponses à ces attaques mais je me promets d'y réfléchir et de faire des efforts. J'étais sans doute dépressif depuis quelque temps et cette déprime rejaillit aujourd'hui. Je sors lessivé de cette violente montée, de ces angoisses et de cette crise de larmes incontrôlable. Je reste de longues minutes allongé sur ce petit col pierreux à tenter de récupérer pour retrouver mes esprits. Quand je me lève enfin, c'est pour m'apercevoir qu'ici, les décors changent. Je vais quitter un maquis ensoleillé et brûlant pour un chemin gazonné et plus large qui redescend dans un petit bois de pins jusqu'à un verdoyant collet. Il est 12 heures tapantes et comme d'ici, je vois parfaitement qu'après un petit col, la pente remonte de la plus belle des manières, je préfère arrêter là pour déjeuner et me reposer un peu. Ici, je suis au sommet de la Serra de la Garsa à 1.212 mètres d'altitude, je vois parfaitement Saint-Laurent-de-Cerdans, le Mont Capell, le chemin parcouru aujourd'hui et les autres montagnes traversées hier. Mais décidément, il fait bien trop chaud dans ce pré caillouteux et je pars déjeuner dans le bois, bien à l'ombre des pins.

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Je finis par arriver au Puig de la Senyoral (1.315 m), point culminant de cette journée, mais la sente va redescendre un peu et remonter encore au Pilon de Belmatx (1.280 m). Ici, j'ai parcouru environ la moitié de la distance du jour.

40 minutes, il a duré cet arrêt, pas le pique-nique car je n'avais pas très faim, mais il a failli être bien plus long car je me suis assoupi quelques minutes sur un tapis de ramilles. Mais heureusement quelques fourmis voraces ont su me réveiller et me déloger de leur territoire. Après le collet de la Senyoral, à 1.182 mètres selon mon GPS, où je croise un nouveau panonceau " Pilon de Belmatx ", la pente continue toujours en plein soleil, puis, elle entre avec bonheur dans une fraîche hêtraie. Mais elle en ressort presque aussitôt et longe désormais des haies de buplèvres, de genêts, de fougères, de framboisiers ou des ronces aux mûres bien noires mais peu sucrées. Ce chemin que j'arpente très légèrement sur le versant sud de la Serra de Montner, suit une longue crête qui finit bien après le Pilon de Belmatx au col de Paracolls. Mais dans l'immédiat, il me faut atteindre la première difficulté de cette crête qui n'en finit plus de monter, le Puig de la Senyoral. Mais au moment où je l'atteins et avant même de réaliser où je suis, je ne vois qu'une chose devant moi, ce paysage à perte de vue jusqu'à la Méditerranée et sur ma droite, le Roc de France (1.450 m). Le Pilon de Belmatx est devant moi légèrement en contrebas bouchant quelque peu l'horizon. Le temps de quelques " fades " photos au sommet et je descend dans un pente très raide vers ce pilon ardent que le soleil au zénith semble vouloir enflammé. J'ai vidé mes deux bidons et malgré mon désir d'économie, j'ai déjà entamé la poche Camelback de 2 litres. Si le chemin continue ainsi jusqu'à l'arrivée avec si peu d'ombre, c'est moi qui vais finir liquéfié. D'autant qu'après ce nouveau collet, le chemin remonte légèrement vers un sommet rocheux.

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Après le Puig de la Senyoral, le chemin redescend vers le Pilon de Belmatx que j'aperçois devant moi. D'ici, les grands panoramas s'entrouvrent jusqu'à la mer mais dommage, au loin, une écharpe de gros nuages blancs obstrue tout l'horizon.

En arrivant, comme je suis persuadé qu'il s'agit du sommet du Pilon de Belmatx, je pose pour une photo, tel Hillary au sommet de l'Everest. Mais quand je redescend et contourne ces rochers, c'est pour m'apercevoir que le véritable sommet est beaucoup plus loin et surtout un peu plus haut. Un gros mamelon arrondi et rocailleux est encore à gravir devant moi. Une fois encore, je prête une grande attention à ne pas tomber dans ce sentier qui zigzague dans les rochers. Cette attention est d'autant plus nécessaire que la fatigue se fait plus astreignante et je sens bien que mes jambes ne répondent plus aussi bien aux sollicitations permanentes auxquelles elles sont soumises. Je transpire comme un malade et en tous cas, comme jamais depuis le début de ce Tour du Vallespir. La sente est parfois si difficile qu'ici les baliseurs ont mis des cordes pour se tenir et se hisser sur les hautes marches que constituent ces blocs de roches. Et quand j'arrive enfin au sommet, je comprends pourquoi on l'appelle " pilon ". Je ne sais pas si ce nom a la même signification que celle qu'en donne le Larousse mais ce sommet peut se vanter de m'avoir désagréger à l'état de purée. Je suis décomposé, vermoulu et malgré les boissons énergétiques et les gels énergisants, les dénivelés en plein soleil et à répétition ont eu raison de mes forces.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsLe marcheur libre au Pilon de Belmatx

Le marcheur dans sa tête était un homme libre,

Mais son cœur était triste et la sente pénible.

Il se mit à pleurer sur de sombres pensées,

Le pas plus hésitant à vouloir avancer.

 

Courbé sur son bâton, il souffrait le martyre,

Montant toujours plus haut sans vouloir ralentir.

Un pilon sur sa route releva le défi,

Belmatx, il s'appelait, dans la géographie.

 

Le marcheur entêté voulut lui faire face,

Mais un soleil brûlant lui ôta toute audace.

Ecrasé par les roches et tous les minerais,

Il sortit du pilon à l'état de purée.

 

Mais au fond du vallon, l'attendait Amélie.

Il releva la tête car elle était jolie.

Il quitta le Pilon comme on salue l'artiste,

Car vaincre en étant seul, ce n'est pas réaliste.

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Avant d'arriver au Belmatx, le chemin suit une longe crête rocheuse, la Serra de Montner où il est difficile de progresser. A un moment, je crois être arrivé au sommet et je me prends en photo. Mais non le Pilon est encore beaucoup plus loin et un peu plus haut. Je viens de boire ma dernière goutte d'eau et vais souffrir en plein soleil.

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Le chemin du Belmatx est si difficile que le club de randonnée d'Arles-sur-Tech " les Caminadors Lliures " a installé des cordes pour se hisser. J'arrive au sommet près d'une petite construction et d'une rose des vents. Les vues sont superbes !

Il est impératif que je reprenne des forces et pour cela il faut que je m'arrête un peu, car après tout il n'est que 14 heures ! Après une photo devant un petit caisson fait de pierres et de briques rouges surmontée d'une rose des vents et où il est écrit en catalan " Els Caminadors lluires ", en français " les marcheurs libres ", je pars m'installer bien en surplomb d'Arles-sur-Tech.

D'ici, je profite d'un panorama exceptionnel à 360 degrés. Mais mon regard est surtout attiré par le versant opposé de cette vallée du Tech que je domine. Une fois encore, je cherche à retrouver les sentiers sillonnés, les monts escaladés, les cols franchis les premiers jours et si parfois je décèle un endroit, je ne peux m'empêcher de penser au fond de moi : " Que de chemins parcourus en 6 jours ! ", " Que de jolis paysages traversés ! ", " Que de belles montagnes gravies ! ". Et encore qu'aujourd'hui, ce n'est pas le temps idéal pour une observation méthodique car depuis le Massif du Canigou et descendant jusqu'à la mer, il y a une longue masse nuageuse blanchâtre qui semble immobile et voile une immense partie de l'horizon. Tout en mangeant quelques fruits secs, ici au sommet de ce pic, je prends vraiment conscience du plaisir que j'ai eu à marcher, plaçant très loin derrière ce bonheur, et au second plan, toutes les déconvenues et les adversités que j'ai rencontrées. Maintenant, je suis à quelques arpents de l'arrivée et même si je dois redoubler de vigilance et passer encore quelques heures sur ces chemins, je me fais un principe et un devoir d'arriver en bon état et entier à Amélie.

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Je suis au sommet du Belmatx mais j'ai tant souffert aujourd'hui : chaleur, manque d'eau, dénivelé, fatigue et déprime que présentement et toute proportion gardée, je considère ce sommet comme mon Everest à moi. Pourtant, avec ses 1.280 mètres d'altitude, c'est un sommet plutôt modeste mais pour les Arlésiens, c'est aussi un sommet mythique !

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Après le Belmatx, il y a plus de 1.000 mètres de descente à faire sur des sentes caillouteuses ou terreuses et parfois ravinées. Heureusement, les vues sont belles.

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Après le col de Paracolls, je coupe le G.R.10 et ignore la Batterie Santa Engracia. Ici, je quitte définitivement ce Tour du Vallespir, direction Amélie-les-Bains. Mais dans la descente, c'est seulement Arles-sur-Tech que j'aperçois pour l'instant  depuis le chemin.

Voilà, les dispositions dans lesquelles je suis au moment d'amorcer cette longue, raide et difficile descente vers le Col de Paracolls. Plus de milles mètres de dénivelé négatif que je vais avoir à descendre pour rejoindre Amélie. Et quand j'arrive au Col de Paracolls, c'est une première étape de franchie. Il est 15 heures et il m'a fallu presque trois quart d'heures pour parcourir les 380 mètres de ce dénivelé négatif et les 1.500 mètres de cette pente très raide, pierreuse, terreuse et souvent très ravinée. Maintenant, je comprends mieux pourquoi, on classe cette randonnée dans les " difficiles " malgré son altitude relativement modeste. Ici au col, le chemin coupe un GR.10 plein d'ornières. G.R. que j'avais laissé à Batère et qui file ici en direction de la frontière espagnole vers le Roc de France.

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Après avoir longtemps cheminé en surplomb d'Arles-sur-Tech, j'aperçois enfin Amélie-les-Bains au travers de quelques branches. Peu de temps après, je retrouve un sentier que je connais bien. C'est celui du 25eme Léger qui monte vers la Chapelle Santa Engracia et les Batteries. Le Pilon de Belmatx est loin désormais.

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Après avoir terminé toutes mes victuailles mais sans boire, c'est avec un grand bonheur que je tombe sur la source de la Madone, je bois jusqu'à plus soif. Puis, je descends en courant vers le parking des Thermes. La voiture n'est pas là ? Si !

Là, je quitte définitivement le tracé du Tour du Vallespir, celui de la carte IGN mais pas celui de Véron. Et dans ces conditions, une fois encore, je n'ai pas l'impression de faire une entorse à ce tour. Je descends vers Arles-sur-Tech par le G.R.10, avant de bifurquer à droite par une nouvelle sente balisée en jaune qui entre et circule dans une châtaigneraie en direction de la Batterie de Santa Engracia. Quand de temps à autre, je sors de la dense forêt, c'est pour mieux dominer Arles-sur-Tech. Mais à vrai dire, ce sentier qui contourne la ville en zigzaguant, je n'en vois plus la fin. Je n'ai pas l'impression de lambiner et pourtant, il est 16 heures quand j'aperçois le panneau " Grande Batterie ". Ces batteries dites de Santa Engracia sont les ruines de petits bastions de surveillance construits par Vauban pour protéger le fort d'Amélie. Elles ne sont qu'à 5 minutes de marche et je ne les connais pas mais aujourd'hui j'en ai " plein les pattes " et je me dis que j'aurais certainement l'occasion d'y revenir. Je continue vers Amélie dont j'aperçois la ville entre quelques branches une demi-heure plus tard. Ici, pour y être déjà monté, je reconnais le panonceau " Chapelle Santa Engracia " qui se trouve à 15 minutes. Ce sentier, que l'on appelle le " Chemin du 25eme léger " en mémoire aux célèbres carabiniers napoléoniens, je le connais parfaitement. A un endroit que l'on a gentiment baptisé " Place Ascensio " j'ignore pourquoi, il y a un banc et comme j'ai faim, je m'arrête pour manger. J'ai tellement faim que je dévore tout ce qui reste de comestible au fond de mon sac à dos et il n'est pas question que je ramène quoi que ce soit à la maison. Mais ingurgiter autant sans pouvoir avaler la moindre goutte d'eau, j'avoue que ce n'est pas facile. Quand je repars, je suis content car hormis ma grosse boîte de fruits secs, je n'ai plus rien de consommable à transporter. 17 heures, je débouche sur la D.53, route goudronnée qui monte vers Montalba et descend vers Amélie. Mais je connais la sente qui descend par des raccourcis qui vont m'emmener en un rien de temps au parking des Thermes. Je ne sais pas pourquoi, je me sens léger, comme les 25eme qui devaient eux aussi descendre ce chemin, et j'ai l'impression de galoper dans cette descente. Disparue la fatigue et seule la Source de la Madone où coule une eau fraîche m'arrête dans cet élan. Je bois jusqu'à plus soif, remplis une gourde à moitié et continue ma descente au même rythme. Quand j'arrive en surplomb du grand parking, ce dernier est vide. Pas une seule voiture et surtout pas la mienne. Non c'est une blague, ce n'est pas possible, je rêve, on m'a piqué ma bagnole ! Je presse encore un peu plus le pas. Je cours dans cette ruelle cimentée toute en descente, l'œil rivé sur le parking. Non, elle est là, je l'aperçois maintenant ! Je m'arrête à bout de souffle, le cœur battant et les jambes tétanisées….

Mes vieilles années

Courent dans la montagne

Courent dans les sentiers

Pleins de maux et de pleurs

Et les Pyrénées

Hurlent au vent d'Espagne

Crient la souffrance

Qui brisa mon cœur…

Voilà, j'ai jeté mon sac à dos dans le coffre, j'ai délaissé mes chaussures de randonnées au profit des tennis, j'ai repris la voiture, je suis passé sans m'arrêter devant la guérite vide du parking des Thermes. Mais en passant devant les bistrots d'Amélie, ça était plus fort que tout, je me suis arrêté à la terrasse d'un café pour savourer 50 centilitres d'une bière très fraîche dont j'avais rêvée une grande partie de l'après-midi et en tous cas, dès l'instant où j'avais manqué d'eau. Mais je n'ai pas traîné car je languissais de rentrer. Je suis remonté dans la voiture et j'ai longuement hésité avant d'écouter une radio sur mon MP3. J'avais sans doute la crainte d'une nouvelle coïncidence, style mes " Jeunes Années " de Trenet. Non, il n'y avait que de la " parlote " et j'ai alors changé de station. Mais qu'elle ne fut pas ma surprise, cette station passait la célèbre chanson de Joe Dassin " Le Chemin de papa ". :

Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa

C'est vraiment fatigant d'aller où tu vas

Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa

Tu devrais t'arrêter dans ce coin…..

J'éteignis la radio. Non pas que je n'aimais pas cette chanson, bien au contraire. Mais là ce n'était plus du hasard, dans ce pays plein de légendes et de mystères, le Vallespir ne s'amusait-il pas à me jeter un sort ! C'est vrai, il avait été long, fatiguant et plein d'embûches ce Tour du Vallespir, et je le finissais meurtri. Mais au-delà de sa longueur et son âpreté, je savais que je garderai comme seuls souvenirs tous ces beaux paysages qu'il m'avait été donné de voir. Mon seul regret, j'avais vu peu d'animaux sauvages et en tous cas bien moins qu'il y a deux ans autour du Coronat : beaucoup de papillons, d'insectes, de lézards et d'oiseaux, mais seulement une fouine, deux écureuils, un isard et une vipère. Mais malgré cette petite déception, dans ma tête, le vrai titre de ce récit resterait quand même : " Sur les hauteurs d'une vallée âpre " mais belle.

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsFin du récit 

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms

Publié le par gibirando

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms6eme étape : Samedi 22 août 2009.

Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms

(En raison d'un dysfonctionnement de mon appareil-photo, de très nombreux clichés sont de très mauvaises qualités. J'ai tenté d'en corriger certains afin de leur donner un peu plus de relief.) (La plupart des photos de ce Tour du Vallespir peuvent être agrandies en cliquant dessus. 2 fois, la photo occupe parfois le plein écran).

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms

Cliquez sur la carte pour l'agrandir. 2 fois pour un plein écran.

Les étoiles qui trouent la nuit du Vallespir, les étoiles qui jouent ne pourraient me guérir, seuls tes bras à mon cou… Extrait du roman " Le berger des abeilles ". Armand Lanoux (1913-1983) écrivain français.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms LE PILON ET LA PUREE :

Avant de me mettre au lit, je suis resté longtemps les bras croisés à regarder par la fenêtre. L'air était chaud et le ciel étoilé. Les montagnes étaient noires mais l'obscurité n'était que partielle. Dans cette nébulosité, quelques étincelles scintillaient dans les collines les plus basses. Une fine ligne de lumière au dessus du Mont Capell faisait comme une longue frise phosphorescente. Je me disais : c'est vers cette lueur que je partirai demain pour la fin du voyage. Mais dans ma tête, ces mots que l'on aurait pu croire sinistres, ne l'étaient absolument pas, bien au contraire. Ce n'était qu'encore et toujours ce désir de marcher vers un horizon inédit et cette espèce d'avidité à découvrir des paysages nouveaux. Mais beaucoup d'autres pensées se bousculaient dans ma tête. Mes sentiments étaient partagés entre l'envie de rentrer à la maison et la nostalgie de terminer un périple auquel je commençais à prendre goût. Après l'éprouvante épreuve que j'avais vécue à la forêt du Miracle, les choses s'étaient plutôt très bien passées malgré l'épisode agaçant aux Tours de Cabrens que j'avais fini par ne plus déplorer et bien au contraire apprécier, grâce à ce visage que j'avais aperçu dans la haute falaise. Marcher deux ou trois jours de plus de cette manière et passer des soirées comme celle que je venais de connaître ne m'aurait pas spécialement dérangé.

Mais au matin en me levant, je suis plutôt mélancolique. Une mélancolie digne de " Demain dès l'aube… ", cette circonstancielle poésie de Victor Hugo que j'avais apprise à l'école primaire et dont je me souvenais vaguement:

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

 

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisés

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit…..

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J'ai quitté la Maison Noëll et leurs sympathiques propriétaires Isabelle et Mario par une multitude d'escaliers qui rejoignent le bas de Saint-Laurent. Le ciel est blanc et n'est pas aussi lumineux qu'hier. En plus, mon appareil photo " n'en fait qu'à sa tête " ! Je ne parviens à comprendre d'où vient le problème quant à la mauvaise qualité des images : dysfonctionnement de l'appareil ? humidité ? choc ? 

Mais une " bonne " douche puis cette espèce d'effervescence qu'il y a autour du petit déjeuner finissent par sceller le sort de cette nostalgie. Tout le monde semble excité à cette idée de partir. Mes amis d'un jour sont, tout comme moi, presser de quitter Saint-Laurent-de-Cerdans. On part tous dans des directions opposées mais pour chacun, et avec des itinéraires complètement différents, les distances à parcourir seront très longues. Le jeune vététiste part vers sa Bretagne natale, les Tchèques doivent rejoindre Bruxelles et leur travail au Parlement Européen et moi, j'ai encore une vingtaine de kilomètres avec de gros dénivelés qui m'attendent avant de rallier Amélie. Et pourtant, je prends le trajet le plus rectiligne sinon en poursuivant le vrai tracé du Tour du Vallespir par Montalba, celui de la carte IGN mais qui n'est pas celui de Véron, l'étape aurait fait 8 ou 9 kilomètres de plus. Mais à dire vrai aussi, mon itinéraire est loin d'être le plus facile car il en existe un autre qui évite toutes les crêtes et donc tous les dénivelés. Mais avant le départ, il m'a fallu faire un choix et encore une fois, j'ai opté pour celui que Véron indiquait dans son topo-guide.

Mon sac à dos, mon bâton et mon bob m'attendent déjà devant la porte car je n'ai pas de panier repas à récupérer. Mais au moment de partir, Isabelle a néanmoins cette délicatesse de m'offrir un gros sachet de croissants. Il est déjà 8h 30 et après les traditionnelles bises aux dames et les serrages de mains aux hommes, je sors dans la petite ruelle de la Sort.

Les Tchèques chargent leur voiture. Un dernier signe de la main et je prends la ruelle de l'Eglise qui me fait faire un demi-tour de celle-ci. J'ai bien envie de découvrir le patrimoine historique de Saint-Laurent-de-Cerdans mais malheureusement le temps me manque. Dommage, car je connais uniquement cette ville comme la capitale de l'espadrille que l'on appelle ici la " vigatana " mais aussi pour ses colorées " Toiles du Soleil " connues dans le monde entier. Je descends un long escalier d'une centaine de marches qui surplombe magnifiquement le bas de la ville. Malheureusement, les fumées d'un écobuage qui montent vers moi voilent cette vision. A la première épicerie venue, je m'arrête pour quelques achats pour le pique-nique de midi mais en complétant simplement le gros sachet de croissants qu'Isabelle m'a donné. Je remplis mes gourdes à une jolie fontaine où coule une eau délicieusement douce et fraîche. Par chance, cette fontaine est sur l'itinéraire enregistré dans mon GPS, ce qui m'évite de longues tergiversations pour trouver la bonne direction à prendre pour sortir de Saint-Laurent-de-Cerdans.

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Bien que balisée en jaune, la sente qui doit rejoindre le Tour du Vallespir n'est pas facile à suivre dans cette épaisse végétation essentiellement composé de petits chênes verts et de quelques pins. Elle coupe des pistes par des raccourcis peu évidents à voir mais heureusement, je reconnais certains signes rencontrés lors d'une précédente sortie dominicale au Mont Capell comme ces gros rouleaux bleus. De temps à autres, quelques panonceaux me rassurent quant au chemin à poursuivre. Mon numérique continue à mal fonctionner au niveau de la pixellisation et les photos apparaissent blanches sur l'écran. Les lointains panoramas sont sans relief mais heureusement mes yeux sont là pour pallier à cette défaillance ! Je peste tout de même car le reportage que j'ai prévu de faire à mon retour s'en ressentira !

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Je suis presque monté au Mont Capell. J'aperçois Saint-Laurent-de-Cerdans au loin. De beaux paysages se sont dévoilés dans la montée. A un minuscule cairn, je quitte la piste pour une étroite sente où je retrouve le Tour du Vallespir. Cette sente descend enfin vers le col de Noëll.

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Au col Noëll, j'arrive sur une large piste qui va au Mas de La Bouadelle. Le Mont Capell est dans mon dos désormais mais d'autres sommets m'attendent encore !

Cette route d'abord goudronnée qui se transforme rapidement en une piste sableuse puis en un sentier au bon dénivelé, je la reconnais immédiatement. Elle grimpe en direction du Mont Capell que j'ai déjà gravi avec Dany lors d'une sortie dominicale. Tout en montant dans cet exceptionnel décor de verdure, je comprends mieux pourquoi, dans ce pays, des hommes se sont battus becs et ongles pour empêcher que la THT passe au Mont Capell. Celle ligne à très haute tension prévue par EDF qui doit rallier l'Espagne n'a rien à faire ici, dans cette forêt vierge de toute habitation, terrain de jeu des hardes de sangliers et qui abrite d'autres espèces floristiques et fauniques remarquables. Par de courts raccourcis, le sentier continue à couper la piste sableuse. Tous les coins ombragés sont bons à prendre tant la chaleur est déjà lourde et étouffante. Au pied du mont, en retrouvant le balisage jaune et rouge du Tour du Vallespir, une fois encore, je regarde ma montre. Deux heures, j'ai mis pour arriver ici et une de mes gourdes est déjà passée à la trappe.

Maintenant la piste redescend au milieu des genêts et des fougères en direction du Col de Noëll et du Mas de la Bouadelle. Je prends bien sûr quelques photos mais sans vraiment de conviction car cette fois c'est sûr, mon appareil est complètement déréglé et à chacune des photos, il suffit que je regarde l'écran pour faire cet amer constat. Les photos sont sans relief, voilées, fades et blanches. Un peu comme la couleur du ciel aujourd'hui qu'un air chaud venant de la mer embrume. Je ne sais que faire et je m'en veux d'être parti de la maison sans avoir lu la notice. En arrivant à ce col de Noëll, j'aimerai bien savoir si ce " Noëll " a un rapport avec la famille dont m'a longuement parlé Mario hier soir. Je suppose que oui. Vers le nord-ouest, une longue écharpe de nuages blanchâtres stagne sur les montagnes. Mais dans la direction où je file, le ciel est immaculé. La piste se remet à monter jusqu'à un carrefour où j'aperçois le Mas Bouadelle sur ma droite derrière une haie de feuillus.

Blotti dans un joli cadre de verdure, l'endroit me semble agréable pour venir y passer un week-end, randonner, se reposer et quitter pour un temps la civilisation. Je promets de m'en souvenir. En me retournant, je vois à l'opposé, une clôture et un portail auquel un panonceau jaune est accroché. Il indique : " Pilon de Belmatx " sans autre indication, ni d'altitude, ni de distance, ni de temps pour y parvenir. Je ne connais pas grand chose de ce pic que je n'ai jamais escaladé, sauf que j'ai lu dans quelques guides de randonnées, qu'il est souvent considéré, avec plus de mille mètres de dénivelé depuis Arles-sur-Tech, comme un sévère " incontournable " pic des Pyrénées-Orientales. D'ailleurs chaque année, on y organise une épreuve désormais notoire dans le calendrier des spécialistes des courses en montagne.

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Je quitte le carrefour de la Bouadelle par une terrible sente qui s'élève raide sous un cagnard brûlant, direction le Puig de la Senyoral (1.315m) et le Pilon de Belmatx (1.280 m). Dans cette sévère montée, je vais souffrir physiquement mais aussi moralement !

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Dommage que les photos soient blanches car les visions des panoramas sur Saint-Laurent et les montagnes gravies hier sont superbes ! Le Mont-Capell est déjà loin maintenant et les tours de Cabrens ne sont visibles qu'en mode rapproché.

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Déprimé, je me mets à pleurer dans cette terrible sente rocailleuse qui monte à 1.212 m à la Serra de la Garsa. Mais après le déjeuner et le col de la Senyoral, je me reprends et continue de monter vers le Pilon de Belmatx sur un chemin plus large où l'ombre est très rare. Le temps est lourd et je n'ai jamais eu si chaud !

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Je viens de déjeuner, je quitte la Serra de la Garsa et descend au col de la Senyoral. Mais d'ici, je vois parfaitement que le chemin remonte de " plus belle "

Alors comme hier soir, je n'ai pas trouvé trop de temps pour revoir sur le papier cette étape, j'ouvre ma carte IGN car j'ai vraiment besoin de savoir ce qui m'attend.

Le Pilo de Belmaig, car c'est ainsi et en catalan qu'il est présenté sur ma carte, culmine à 1.280 mètres. Devant ce portail, je suis à 980 mètres d'altitude selon mon GPS et le calcul est simple et rapide, à ceci près, qu'un autre pic, le Puig de la Senyoral se présente juste avant à 1.315 mètres de hauteur. Mais quand je regarde le parcours d'un peu plus près, je constate qu'en réalité, jusqu'à ce Pilon de Belmatx ou Belmaig, ce n'est qu'une succession de descentes et de montées. D'ailleurs, il suffit que je lève la tête et la montée est déjà là devant mes yeux et la ligne de départ à mes pieds. Cette longue montée commence ici exactement, et je la vois qui monte, monte, monte, monte…. dans la montagne qui me fait face. Mais sommes toutes, cette étude fortuite de ma carte a un effet plutôt bénéfique sur mon moral. Après tout, ce n'est guère plus que 300 mètres de dénivelé que je vais avoir à monter et non pas mille. Les mille mètres, par contre, je vais avoir à les descendre et même peut-être un peu plus pour aller à Amélie, mais j'ai le temps d'y penser. Je pousse le portail et je m'élance dans cette sente qui monte au milieu d'une lande de fougères et de genêts. D'emblée, la sente s'élève très abrupte. Sous un cagnard de plomb, la chaleur monte comme du feu le long de mes jambes. Jamais, je n'ai eu si chaud depuis mon départ. La transpiration sort par tous les pores de ma peau, mais l'aspect le plus désagréable c'est cette sueur salée qui coule de mon front, emplit mes yeux, me rend aveugle et me fait pleurer. Avec le bob, je tente de m'essuyer ces yeux qui larmoient sans cesse, mais c'est en vain, car le bob, lui aussi, est trempé de sueur. Je sens que je peine dans cette sente raide, souvent caillouteuse, parfois très ravinée, mais cette fois, et sans appareil photo marchant convenablement, les papillons, pourtant nombreux, ne sont plus un dérivatif à cette souffrance. Alors, je sors mon lecteur MP3 pour écouter un peu de musique. Trois chansons sur quatre sont des slows, des musiques douces avec de belles mélodies comme je les aime. Ce n'est jamais la panacée, mais dans cette ultime rampe rocailleuse et terrible avant le Pla de la Conca, je me dis que la musique devrait m'être d'une aide précieuse. En tous cas, depuis mon départ c'est toujours ainsi que j'ai vécu ces moments où je m'enfermai dans la musique pour oublier l'âpreté des montées. Mais cette fois, je ne sais pas pourquoi, la musique a un effet inverse. Ai-je accumulé trop de fatigue ? Ce dénivelé est-il soudain trop difficile pour mes vieilles jambes ? Est-ce la chaleur conjuguée à trop d'efforts consécutifs ? Est-ce un simple coup de déprime après mon réveil cafardeux de ce matin ? En tous cas je ne l'entends plus cette musique et je me laisse submerger par des idées noires pensant aux êtres chers que j'ai aimé et qui ont quitté cette terre. Puis, je me mets à penser à ma mère, elle qui aimait tant mes récits de randonnées et qui disait toujours quand elle en avait terminé leur lecture : " C'est bien, je suis contente, j'ai l'impression d'avoir marcher avec toi sur ces chemins ". Elle ne pourra plus lire d'autres histoires, ni marcher avec moi sur ce Tour du Vallespir : Alzheimer est passé par là ! Toutes ces idées noires finissent par m'engloutir et je me mets soudain à "pleurer comme une madeleine ". Quand j'arrive au sommet, je m'écroule en pleurs dans la caillasse. J'ai un mal fou à retrouver une respiration normale car les sombres pensées s'entrechoquent dans ma tête comme les auto-tamponneuses d'une fête foraine. Maintenant, je repense à mes enfants et aux altercations que j'ai eues avec eux juste avant mon départ. Ils critiquaient ma manière trop " personnelle " de vivre ma retraite et j'avais un mal fou à m'expliquer et à me défendre. Je l'ai tant idéalisée cette retraite et hormis notre voyage à la Réunion et ces quelques jours sur le Tour du Vallespir, depuis une année, elle se passe si peu comme je l'avais imaginée. Je trouve peu de réponses à ces attaques mais je me promets d'y réfléchir et de faire des efforts. J'étais sans doute dépressif depuis quelque temps et cette déprime rejaillit aujourd'hui. Je sors lessivé de cette violente montée, de ces angoisses et de cette crise de larmes incontrôlable. Je reste de longues minutes allongé sur ce petit col pierreux à tenter de récupérer pour retrouver mes esprits. Quand je me lève enfin, c'est pour m'apercevoir qu'ici, les décors changent. Je vais quitter un maquis ensoleillé et brûlant pour un chemin gazonné et plus large qui redescend dans un petit bois de pins jusqu'à un verdoyant collet. Il est 12 heures tapantes et comme d'ici, je vois parfaitement qu'après un petit col, la pente remonte de la plus belle des manières, je préfère arrêter là pour déjeuner et me reposer un peu. Ici, je suis au sommet de la Serra de la Garsa à 1.212 mètres d'altitude, je vois parfaitement Saint-Laurent-de-Cerdans, le Mont Capell, le chemin parcouru aujourd'hui et les autres montagnes traversées hier. Mais décidément, il fait bien trop chaud dans ce pré caillouteux et je pars déjeuner dans le bois, bien à l'ombre des pins.

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Je finis par arriver au Puig de la Senyoral (1.315 m), point culminant de cette journée, mais la sente va redescendre un peu et remonter encore au Pilon de Belmatx (1.280 m). Ici, j'ai parcouru environ la moitié de la distance du jour.

40 minutes, il a duré cet arrêt, pas le pique-nique car je n'avais pas très faim, mais il a failli être bien plus long car je me suis assoupi quelques minutes sur un tapis de ramilles. Mais heureusement quelques fourmis voraces ont su me réveiller et me déloger de leur territoire. Après le collet de la Senyoral, à 1.182 mètres selon mon GPS, où je croise un nouveau panonceau " Pilon de Belmatx ", la pente continue toujours en plein soleil, puis, elle entre avec bonheur dans une fraîche hêtraie. Mais elle en ressort presque aussitôt et longe désormais des haies de buplèvres, de genêts, de fougères, de framboisiers ou des ronces aux mûres bien noires mais peu sucrées. Ce chemin que j'arpente très légèrement sur le versant sud de la Serra de Montner, suit une longue crête qui finit bien après le Pilon de Belmatx au col de Paracolls. Mais dans l'immédiat, il me faut atteindre la première difficulté de cette crête qui n'en finit plus de monter, le Puig de la Senyoral. Mais au moment où je l'atteins et avant même de réaliser où je suis, je ne vois qu'une chose devant moi, ce paysage à perte de vue jusqu'à la Méditerranée et sur ma droite, le Roc de France (1.450 m). Le Pilon de Belmatx est devant moi légèrement en contrebas bouchant quelque peu l'horizon. Le temps de quelques " fades " photos au sommet et je descend dans un pente très raide vers ce pilon ardent que le soleil au zénith semble vouloir enflammé. J'ai vidé mes deux bidons et malgré mon désir d'économie, j'ai déjà entamé la poche Camelback de 2 litres. Si le chemin continue ainsi jusqu'à l'arrivée avec si peu d'ombre, c'est moi qui vais finir liquéfié. D'autant qu'après ce nouveau collet, le chemin remonte légèrement vers un sommet rocheux.

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Après le Puig de la Senyoral, le chemin redescend vers le Pilon de Belmatx que j'aperçois devant moi. D'ici, les grands panoramas s'entrouvrent jusqu'à la mer mais dommage, au loin, une écharpe de gros nuages blancs obstrue tout l'horizon.

En arrivant, comme je suis persuadé qu'il s'agit du sommet du Pilon de Belmatx, je pose pour une photo, tel Hillary au sommet de l'Everest. Mais quand je redescend et contourne ces rochers, c'est pour m'apercevoir que le véritable sommet est beaucoup plus loin et surtout un peu plus haut. Un gros mamelon arrondi et rocailleux est encore à gravir devant moi. Une fois encore, je prête une grande attention à ne pas tomber dans ce sentier qui zigzague dans les rochers. Cette attention est d'autant plus nécessaire que la fatigue se fait plus astreignante et je sens bien que mes jambes ne répondent plus aussi bien aux sollicitations permanentes auxquelles elles sont soumises. Je transpire comme un malade et en tous cas, comme jamais depuis le début de ce Tour du Vallespir. La sente est parfois si difficile qu'ici les baliseurs ont mis des cordes pour se tenir et se hisser sur les hautes marches que constituent ces blocs de roches. Et quand j'arrive enfin au sommet, je comprends pourquoi on l'appelle " pilon ". Je ne sais pas si ce nom a la même signification que celle qu'en donne le Larousse mais ce sommet peut se vanter de m'avoir désagréger à l'état de purée. Je suis décomposé, vermoulu et malgré les boissons énergétiques et les gels énergisants, les dénivelés en plein soleil et à répétition ont eu raison de mes forces.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsLe marcheur libre au Pilon de Belmatx

Le marcheur dans sa tête était un homme libre,

Mais son cœur était triste et la sente pénible.

Il se mit à pleurer sur de sombres pensées,

Le pas plus hésitant à vouloir avancer.

 

Courbé sur son bâton, il souffrait le martyre,

Montant toujours plus haut sans vouloir ralentir.

Un pilon sur sa route releva le défi,

Belmatx, il s'appelait, dans la géographie.

 

Le marcheur entêté voulut lui faire face,

Mais un soleil brûlant lui ôta toute audace.

Ecrasé par les roches et tous les minerais,

Il sortit du pilon à l'état de purée.

 

Mais au fond du vallon, l'attendait Amélie.

Il releva la tête car elle était jolie.

Il quitta le Pilon comme on salue l'artiste,

Car vaincre en étant seul, ce n'est pas réaliste.

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Avant d'arriver au Belmatx, le chemin suit une longe crête rocheuse, la Serra de Montner où il est difficile de progresser. A un moment, je crois être arrivé au sommet et je me prends en photo. Mais non le Pilon est encore beaucoup plus loin et un peu plus haut. Je viens de boire ma dernière goutte d'eau et vais souffrir en plein soleil.

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Le chemin du Belmatx est si difficile que le club de randonnée d'Arles-sur-Tech " les Caminadors Lliures " a installé des cordes pour se hisser. J'arrive au sommet près d'une petite construction et d'une rose des vents. Les vues sont superbes !

Il est impératif que je reprenne des forces et pour cela il faut que je m'arrête un peu, car après tout il n'est que 14 heures ! Après une photo devant un petit caisson fait de pierres et de briques rouges surmontée d'une rose des vents et où il est écrit en catalan " Els Caminadors lluires ", en français " les marcheurs libres ", je pars m'installer bien en surplomb d'Arles-sur-Tech.

D'ici, je profite d'un panorama exceptionnel à 360 degrés. Mais mon regard est surtout attiré par le versant opposé de cette vallée du Tech que je domine. Une fois encore, je cherche à retrouver les sentiers sillonnés, les monts escaladés, les cols franchis les premiers jours et si parfois je décèle un endroit, je ne peux m'empêcher de penser au fond de moi : " Que de chemins parcourus en 6 jours ! ", " Que de jolis paysages traversés ! ", " Que de belles montagnes gravies ! ". Et encore qu'aujourd'hui, ce n'est pas le temps idéal pour une observation méthodique car depuis le Massif du Canigou et descendant jusqu'à la mer, il y a une longue masse nuageuse blanchâtre qui semble immobile et voile une immense partie de l'horizon. Tout en mangeant quelques fruits secs, ici au sommet de ce pic, je prends vraiment conscience du plaisir que j'ai eu à marcher, plaçant très loin derrière ce bonheur, et au second plan, toutes les déconvenues et les adversités que j'ai rencontrées. Maintenant, je suis à quelques arpents de l'arrivée et même si je dois redoubler de vigilance et passer encore quelques heures sur ces chemins, je me fais un principe et un devoir d'arriver en bon état et entier à Amélie.

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Je suis au sommet du Belmatx mais j'ai tant souffert aujourd'hui : chaleur, manque d'eau, dénivelé, fatigue et déprime que présentement et toute proportion gardée, je considère ce sommet comme mon Everest à moi. Pourtant, avec ses 1.280 mètres d'altitude, c'est un sommet plutôt modeste mais pour les Arlésiens, c'est aussi un sommet mythique !

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Après le Belmatx, il y a plus de 1.000 mètres de descente à faire sur des sentes caillouteuses ou terreuses et parfois ravinées. Heureusement, les vues sont belles.

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Après le col de Paracolls, je coupe le G.R.10 et ignore la Batterie Santa Engracia. Ici, je quitte définitivement ce Tour du Vallespir, direction Amélie-les-Bains. Mais dans la descente, c'est seulement Arles-sur-Tech que j'aperçois pour l'instant  depuis le chemin.

Voilà, les dispositions dans lesquelles je suis au moment d'amorcer cette longue, raide et difficile descente vers le Col de Paracolls. Plus de milles mètres de dénivelé négatif que je vais avoir à descendre pour rejoindre Amélie. Et quand j'arrive au Col de Paracolls, c'est une première étape de franchie. Il est 15 heures et il m'a fallu presque trois quart d'heures pour parcourir les 380 mètres de ce dénivelé négatif et les 1.500 mètres de cette pente très raide, pierreuse, terreuse et souvent très ravinée. Maintenant, je comprends mieux pourquoi, on classe cette randonnée dans les " difficiles " malgré son altitude relativement modeste. Ici au col, le chemin coupe un GR.10 plein d'ornières. G.R. que j'avais laissé à Batère et qui file ici en direction de la frontière espagnole vers le Roc de France.

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Après avoir longtemps cheminé en surplomb d'Arles-sur-Tech, j'aperçois enfin Amélie-les-Bains au travers de quelques branches. Peu de temps après, je retrouve un sentier que je connais bien. C'est celui du 25eme Léger qui monte vers la Chapelle Santa Engracia et les Batteries. Le Pilon de Belmatx est loin désormais.

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Après avoir terminé toutes mes victuailles mais sans boire, c'est avec un grand bonheur que je tombe sur la source de la Madone, je bois jusqu'à plus soif. Puis, je descends en courant vers le parking des Thermes. La voiture n'est pas là ? Si !

Là, je quitte définitivement le tracé du Tour du Vallespir, celui de la carte IGN mais pas celui de Véron. Et dans ces conditions, une fois encore, je n'ai pas l'impression de faire une entorse à ce tour. Je descends vers Arles-sur-Tech par le G.R.10, avant de bifurquer à droite par une nouvelle sente balisée en jaune qui entre et circule dans une châtaigneraie en direction de la Batterie de Santa Engracia. Quand de temps à autre, je sors de la dense forêt, c'est pour mieux dominer Arles-sur-Tech. Mais à vrai dire, ce sentier qui contourne la ville en zigzaguant, je n'en vois plus la fin. Je n'ai pas l'impression de lambiner et pourtant, il est 16 heures quand j'aperçois le panneau " Grande Batterie ". Ces batteries dites de Santa Engracia sont les ruines de petits bastions de surveillance construits par Vauban pour protéger le fort d'Amélie. Elles ne sont qu'à 5 minutes de marche et je ne les connais pas mais aujourd'hui j'en ai " plein les pattes " et je me dis que j'aurais certainement l'occasion d'y revenir. Je continue vers Amélie dont j'aperçois la ville entre quelques branches une demi-heure plus tard. Ici, pour y être déjà monté, je reconnais le panonceau " Chapelle Santa Engracia " qui se trouve à 15 minutes. Ce sentier, que l'on appelle le " Chemin du 25eme léger " en mémoire aux célèbres carabiniers napoléoniens, je le connais parfaitement. A un endroit que l'on a gentiment baptisé " Place Ascensio " j'ignore pourquoi, il y a un banc et comme j'ai faim, je m'arrête pour manger. J'ai tellement faim que je dévore tout ce qui reste de comestible au fond de mon sac à dos et il n'est pas question que je ramène quoi que ce soit à la maison. Mais ingurgiter autant sans pouvoir avaler la moindre goutte d'eau, j'avoue que ce n'est pas facile. Quand je repars, je suis content car hormis ma grosse boîte de fruits secs, je n'ai plus rien de consommable à transporter. 17 heures, je débouche sur la D.53, route goudronnée qui monte vers Montalba et descend vers Amélie. Mais je connais la sente qui descend par des raccourcis qui vont m'emmener en un rien de temps au parking des Thermes. Je ne sais pas pourquoi, je me sens léger, comme les 25eme qui devaient eux aussi descendre ce chemin, et j'ai l'impression de galoper dans cette descente. Disparue la fatigue et seule la Source de la Madone où coule une eau fraîche m'arrête dans cet élan. Je bois jusqu'à plus soif, remplis une gourde à moitié et continue ma descente au même rythme. Quand j'arrive en surplomb du grand parking, ce dernier est vide. Pas une seule voiture et surtout pas la mienne. Non c'est une blague, ce n'est pas possible, je rêve, on m'a piqué ma bagnole ! Je presse encore un peu plus le pas. Je cours dans cette ruelle cimentée toute en descente, l'œil rivé sur le parking. Non, elle est là, je l'aperçois maintenant ! Je m'arrête à bout de souffle, le cœur battant et les jambes tétanisées….

Mes vieilles années

Courent dans la montagne

Courent dans les sentiers

Pleins de maux et de pleurs

Et les Pyrénées

Hurlent au vent d'Espagne

Crient la souffrance

Qui brisa mon cœur…

Voilà, j'ai jeté mon sac à dos dans le coffre, j'ai délaissé mes chaussures de randonnées au profit des tennis, j'ai repris la voiture, je suis passé sans m'arrêter devant la guérite vide du parking des Thermes. Mais en passant devant les bistrots d'Amélie, ça était plus fort que tout, je me suis arrêté à la terrasse d'un café pour savourer 50 centilitres d'une bière très fraîche dont j'avais rêvée une grande partie de l'après-midi et en tous cas, dès l'instant où j'avais manqué d'eau. Mais je n'ai pas traîné car je languissais de rentrer. Je suis remonté dans la voiture et j'ai longuement hésité avant d'écouter une radio sur mon MP3. J'avais sans doute la crainte d'une nouvelle coïncidence, style mes " Jeunes Années " de Trenet. Non, il n'y avait que de la " parlote " et j'ai alors changé de station. Mais qu'elle ne fut pas ma surprise, cette station passait la célèbre chanson de Joe Dassin " Le Chemin de papa ". :

Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa

C'est vraiment fatigant d'aller où tu vas

Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa

Tu devrais t'arrêter dans ce coin…..

J'éteignis la radio. Non pas que je n'aimais pas cette chanson, bien au contraire. Mais là ce n'était plus du hasard, dans ce pays plein de légendes et de mystères, le Vallespir ne s'amusait-il pas à me jeter un sort ! C'est vrai, il avait été long, fatiguant et plein d'embûches ce Tour du Vallespir, et je le finissais meurtri. Mais au-delà de sa longueur et son âpreté, je savais que je garderai comme seuls souvenirs tous ces beaux paysages qu'il m'avait été donné de voir. Mon seul regret, j'avais vu peu d'animaux sauvages et en tous cas bien moins qu'il y a deux ans autour du Coronat : beaucoup de papillons, d'insectes, de lézards et d'oiseaux, mais seulement une fouine, deux écureuils, un isard et une vipère. Mais malgré cette petite déception, dans ma tête, le vrai titre de ce récit resterait quand même : " Sur les hauteurs d'une vallée âpre " mais belle.

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsFin du récit 

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms

Publié le par gibirando

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms6eme étape : Samedi 22 août 2009.

Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms

(En raison d'un dysfonctionnement de mon appareil-photo, de très nombreux clichés sont de très mauvaises qualités. J'ai tenté d'en corriger certains afin de leur donner un peu plus de relief.) (La plupart des photos de ce Tour du Vallespir peuvent être agrandies en cliquant dessus. 2 fois, la photo occupe parfois le plein écran).

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms

Cliquez sur la carte pour l'agrandir. 2 fois pour un plein écran.

Les étoiles qui trouent la nuit du Vallespir, les étoiles qui jouent ne pourraient me guérir, seuls tes bras à mon cou… Extrait du roman " Le berger des abeilles ". Armand Lanoux (1913-1983) écrivain français.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms LE PILON ET LA PUREE :

Avant de me mettre au lit, je suis resté longtemps les bras croisés à regarder par la fenêtre. L'air était chaud et le ciel étoilé. Les montagnes étaient noires mais l'obscurité n'était que partielle. Dans cette nébulosité, quelques étincelles scintillaient dans les collines les plus basses. Une fine ligne de lumière au dessus du Mont Capell faisait comme une longue frise phosphorescente. Je me disais : c'est vers cette lueur que je partirai demain pour la fin du voyage. Mais dans ma tête, ces mots que l'on aurait pu croire sinistres, ne l'étaient absolument pas, bien au contraire. Ce n'était qu'encore et toujours ce désir de marcher vers un horizon inédit et cette espèce d'avidité à découvrir des paysages nouveaux. Mais beaucoup d'autres pensées se bousculaient dans ma tête. Mes sentiments étaient partagés entre l'envie de rentrer à la maison et la nostalgie de terminer un périple auquel je commençais à prendre goût. Après l'éprouvante épreuve que j'avais vécue à la forêt du Miracle, les choses s'étaient plutôt très bien passées malgré l'épisode agaçant aux Tours de Cabrens que j'avais fini par ne plus déplorer et bien au contraire apprécier, grâce à ce visage que j'avais aperçu dans la haute falaise. Marcher deux ou trois jours de plus de cette manière et passer des soirées comme celle que je venais de connaître ne m'aurait pas spécialement dérangé.

Mais au matin en me levant, je suis plutôt mélancolique. Une mélancolie digne de " Demain dès l'aube… ", cette circonstancielle poésie de Victor Hugo que j'avais apprise à l'école primaire et dont je me souvenais vaguement:

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

 

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisés

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit…..

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J'ai quitté la Maison Noëll et leurs sympathiques propriétaires Isabelle et Mario par une multitude d'escaliers qui rejoignent le bas de Saint-Laurent. Le ciel est blanc et n'est pas aussi lumineux qu'hier. En plus, mon appareil photo " n'en fait qu'à sa tête " ! Je ne parviens à comprendre d'où vient le problème quant à la mauvaise qualité des images : dysfonctionnement de l'appareil ? humidité ? choc ? 

Mais une " bonne " douche puis cette espèce d'effervescence qu'il y a autour du petit déjeuner finissent par sceller le sort de cette nostalgie. Tout le monde semble excité à cette idée de partir. Mes amis d'un jour sont, tout comme moi, presser de quitter Saint-Laurent-de-Cerdans. On part tous dans des directions opposées mais pour chacun, et avec des itinéraires complètement différents, les distances à parcourir seront très longues. Le jeune vététiste part vers sa Bretagne natale, les Tchèques doivent rejoindre Bruxelles et leur travail au Parlement Européen et moi, j'ai encore une vingtaine de kilomètres avec de gros dénivelés qui m'attendent avant de rallier Amélie. Et pourtant, je prends le trajet le plus rectiligne sinon en poursuivant le vrai tracé du Tour du Vallespir par Montalba, celui de la carte IGN mais qui n'est pas celui de Véron, l'étape aurait fait 8 ou 9 kilomètres de plus. Mais à dire vrai aussi, mon itinéraire est loin d'être le plus facile car il en existe un autre qui évite toutes les crêtes et donc tous les dénivelés. Mais avant le départ, il m'a fallu faire un choix et encore une fois, j'ai opté pour celui que Véron indiquait dans son topo-guide.

Mon sac à dos, mon bâton et mon bob m'attendent déjà devant la porte car je n'ai pas de panier repas à récupérer. Mais au moment de partir, Isabelle a néanmoins cette délicatesse de m'offrir un gros sachet de croissants. Il est déjà 8h 30 et après les traditionnelles bises aux dames et les serrages de mains aux hommes, je sors dans la petite ruelle de la Sort.

Les Tchèques chargent leur voiture. Un dernier signe de la main et je prends la ruelle de l'Eglise qui me fait faire un demi-tour de celle-ci. J'ai bien envie de découvrir le patrimoine historique de Saint-Laurent-de-Cerdans mais malheureusement le temps me manque. Dommage, car je connais uniquement cette ville comme la capitale de l'espadrille que l'on appelle ici la " vigatana " mais aussi pour ses colorées " Toiles du Soleil " connues dans le monde entier. Je descends un long escalier d'une centaine de marches qui surplombe magnifiquement le bas de la ville. Malheureusement, les fumées d'un écobuage qui montent vers moi voilent cette vision. A la première épicerie venue, je m'arrête pour quelques achats pour le pique-nique de midi mais en complétant simplement le gros sachet de croissants qu'Isabelle m'a donné. Je remplis mes gourdes à une jolie fontaine où coule une eau délicieusement douce et fraîche. Par chance, cette fontaine est sur l'itinéraire enregistré dans mon GPS, ce qui m'évite de longues tergiversations pour trouver la bonne direction à prendre pour sortir de Saint-Laurent-de-Cerdans.

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Bien que balisée en jaune, la sente qui doit rejoindre le Tour du Vallespir n'est pas facile à suivre dans cette épaisse végétation essentiellement composé de petits chênes verts et de quelques pins. Elle coupe des pistes par des raccourcis peu évidents à voir mais heureusement, je reconnais certains signes rencontrés lors d'une précédente sortie dominicale au Mont Capell comme ces gros rouleaux bleus. De temps à autres, quelques panonceaux me rassurent quant au chemin à poursuivre. Mon numérique continue à mal fonctionner au niveau de la pixellisation et les photos apparaissent blanches sur l'écran. Les lointains panoramas sont sans relief mais heureusement mes yeux sont là pour pallier à cette défaillance ! Je peste tout de même car le reportage que j'ai prévu de faire à mon retour s'en ressentira !

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Je suis presque monté au Mont Capell. J'aperçois Saint-Laurent-de-Cerdans au loin. De beaux paysages se sont dévoilés dans la montée. A un minuscule cairn, je quitte la piste pour une étroite sente où je retrouve le Tour du Vallespir. Cette sente descend enfin vers le col de Noëll.

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Au col Noëll, j'arrive sur une large piste qui va au Mas de La Bouadelle. Le Mont Capell est dans mon dos désormais mais d'autres sommets m'attendent encore !

Cette route d'abord goudronnée qui se transforme rapidement en une piste sableuse puis en un sentier au bon dénivelé, je la reconnais immédiatement. Elle grimpe en direction du Mont Capell que j'ai déjà gravi avec Dany lors d'une sortie dominicale. Tout en montant dans cet exceptionnel décor de verdure, je comprends mieux pourquoi, dans ce pays, des hommes se sont battus becs et ongles pour empêcher que la THT passe au Mont Capell. Celle ligne à très haute tension prévue par EDF qui doit rallier l'Espagne n'a rien à faire ici, dans cette forêt vierge de toute habitation, terrain de jeu des hardes de sangliers et qui abrite d'autres espèces floristiques et fauniques remarquables. Par de courts raccourcis, le sentier continue à couper la piste sableuse. Tous les coins ombragés sont bons à prendre tant la chaleur est déjà lourde et étouffante. Au pied du mont, en retrouvant le balisage jaune et rouge du Tour du Vallespir, une fois encore, je regarde ma montre. Deux heures, j'ai mis pour arriver ici et une de mes gourdes est déjà passée à la trappe.

Maintenant la piste redescend au milieu des genêts et des fougères en direction du Col de Noëll et du Mas de la Bouadelle. Je prends bien sûr quelques photos mais sans vraiment de conviction car cette fois c'est sûr, mon appareil est complètement déréglé et à chacune des photos, il suffit que je regarde l'écran pour faire cet amer constat. Les photos sont sans relief, voilées, fades et blanches. Un peu comme la couleur du ciel aujourd'hui qu'un air chaud venant de la mer embrume. Je ne sais que faire et je m'en veux d'être parti de la maison sans avoir lu la notice. En arrivant à ce col de Noëll, j'aimerai bien savoir si ce " Noëll " a un rapport avec la famille dont m'a longuement parlé Mario hier soir. Je suppose que oui. Vers le nord-ouest, une longue écharpe de nuages blanchâtres stagne sur les montagnes. Mais dans la direction où je file, le ciel est immaculé. La piste se remet à monter jusqu'à un carrefour où j'aperçois le Mas Bouadelle sur ma droite derrière une haie de feuillus.

Blotti dans un joli cadre de verdure, l'endroit me semble agréable pour venir y passer un week-end, randonner, se reposer et quitter pour un temps la civilisation. Je promets de m'en souvenir. En me retournant, je vois à l'opposé, une clôture et un portail auquel un panonceau jaune est accroché. Il indique : " Pilon de Belmatx " sans autre indication, ni d'altitude, ni de distance, ni de temps pour y parvenir. Je ne connais pas grand chose de ce pic que je n'ai jamais escaladé, sauf que j'ai lu dans quelques guides de randonnées, qu'il est souvent considéré, avec plus de mille mètres de dénivelé depuis Arles-sur-Tech, comme un sévère " incontournable " pic des Pyrénées-Orientales. D'ailleurs chaque année, on y organise une épreuve désormais notoire dans le calendrier des spécialistes des courses en montagne.

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Je quitte le carrefour de la Bouadelle par une terrible sente qui s'élève raide sous un cagnard brûlant, direction le Puig de la Senyoral (1.315m) et le Pilon de Belmatx (1.280 m). Dans cette sévère montée, je vais souffrir physiquement mais aussi moralement !

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Dommage que les photos soient blanches car les visions des panoramas sur Saint-Laurent et les montagnes gravies hier sont superbes ! Le Mont-Capell est déjà loin maintenant et les tours de Cabrens ne sont visibles qu'en mode rapproché.

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Déprimé, je me mets à pleurer dans cette terrible sente rocailleuse qui monte à 1.212 m à la Serra de la Garsa. Mais après le déjeuner et le col de la Senyoral, je me reprends et continue de monter vers le Pilon de Belmatx sur un chemin plus large où l'ombre est très rare. Le temps est lourd et je n'ai jamais eu si chaud !

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Je viens de déjeuner, je quitte la Serra de la Garsa et descend au col de la Senyoral. Mais d'ici, je vois parfaitement que le chemin remonte de " plus belle "

Alors comme hier soir, je n'ai pas trouvé trop de temps pour revoir sur le papier cette étape, j'ouvre ma carte IGN car j'ai vraiment besoin de savoir ce qui m'attend.

Le Pilo de Belmaig, car c'est ainsi et en catalan qu'il est présenté sur ma carte, culmine à 1.280 mètres. Devant ce portail, je suis à 980 mètres d'altitude selon mon GPS et le calcul est simple et rapide, à ceci près, qu'un autre pic, le Puig de la Senyoral se présente juste avant à 1.315 mètres de hauteur. Mais quand je regarde le parcours d'un peu plus près, je constate qu'en réalité, jusqu'à ce Pilon de Belmatx ou Belmaig, ce n'est qu'une succession de descentes et de montées. D'ailleurs, il suffit que je lève la tête et la montée est déjà là devant mes yeux et la ligne de départ à mes pieds. Cette longue montée commence ici exactement, et je la vois qui monte, monte, monte, monte…. dans la montagne qui me fait face. Mais sommes toutes, cette étude fortuite de ma carte a un effet plutôt bénéfique sur mon moral. Après tout, ce n'est guère plus que 300 mètres de dénivelé que je vais avoir à monter et non pas mille. Les mille mètres, par contre, je vais avoir à les descendre et même peut-être un peu plus pour aller à Amélie, mais j'ai le temps d'y penser. Je pousse le portail et je m'élance dans cette sente qui monte au milieu d'une lande de fougères et de genêts. D'emblée, la sente s'élève très abrupte. Sous un cagnard de plomb, la chaleur monte comme du feu le long de mes jambes. Jamais, je n'ai eu si chaud depuis mon départ. La transpiration sort par tous les pores de ma peau, mais l'aspect le plus désagréable c'est cette sueur salée qui coule de mon front, emplit mes yeux, me rend aveugle et me fait pleurer. Avec le bob, je tente de m'essuyer ces yeux qui larmoient sans cesse, mais c'est en vain, car le bob, lui aussi, est trempé de sueur. Je sens que je peine dans cette sente raide, souvent caillouteuse, parfois très ravinée, mais cette fois, et sans appareil photo marchant convenablement, les papillons, pourtant nombreux, ne sont plus un dérivatif à cette souffrance. Alors, je sors mon lecteur MP3 pour écouter un peu de musique. Trois chansons sur quatre sont des slows, des musiques douces avec de belles mélodies comme je les aime. Ce n'est jamais la panacée, mais dans cette ultime rampe rocailleuse et terrible avant le Pla de la Conca, je me dis que la musique devrait m'être d'une aide précieuse. En tous cas, depuis mon départ c'est toujours ainsi que j'ai vécu ces moments où je m'enfermai dans la musique pour oublier l'âpreté des montées. Mais cette fois, je ne sais pas pourquoi, la musique a un effet inverse. Ai-je accumulé trop de fatigue ? Ce dénivelé est-il soudain trop difficile pour mes vieilles jambes ? Est-ce la chaleur conjuguée à trop d'efforts consécutifs ? Est-ce un simple coup de déprime après mon réveil cafardeux de ce matin ? En tous cas je ne l'entends plus cette musique et je me laisse submerger par des idées noires pensant aux êtres chers que j'ai aimé et qui ont quitté cette terre. Puis, je me mets à penser à ma mère, elle qui aimait tant mes récits de randonnées et qui disait toujours quand elle en avait terminé leur lecture : " C'est bien, je suis contente, j'ai l'impression d'avoir marcher avec toi sur ces chemins ". Elle ne pourra plus lire d'autres histoires, ni marcher avec moi sur ce Tour du Vallespir : Alzheimer est passé par là ! Toutes ces idées noires finissent par m'engloutir et je me mets soudain à "pleurer comme une madeleine ". Quand j'arrive au sommet, je m'écroule en pleurs dans la caillasse. J'ai un mal fou à retrouver une respiration normale car les sombres pensées s'entrechoquent dans ma tête comme les auto-tamponneuses d'une fête foraine. Maintenant, je repense à mes enfants et aux altercations que j'ai eues avec eux juste avant mon départ. Ils critiquaient ma manière trop " personnelle " de vivre ma retraite et j'avais un mal fou à m'expliquer et à me défendre. Je l'ai tant idéalisée cette retraite et hormis notre voyage à la Réunion et ces quelques jours sur le Tour du Vallespir, depuis une année, elle se passe si peu comme je l'avais imaginée. Je trouve peu de réponses à ces attaques mais je me promets d'y réfléchir et de faire des efforts. J'étais sans doute dépressif depuis quelque temps et cette déprime rejaillit aujourd'hui. Je sors lessivé de cette violente montée, de ces angoisses et de cette crise de larmes incontrôlable. Je reste de longues minutes allongé sur ce petit col pierreux à tenter de récupérer pour retrouver mes esprits. Quand je me lève enfin, c'est pour m'apercevoir qu'ici, les décors changent. Je vais quitter un maquis ensoleillé et brûlant pour un chemin gazonné et plus large qui redescend dans un petit bois de pins jusqu'à un verdoyant collet. Il est 12 heures tapantes et comme d'ici, je vois parfaitement qu'après un petit col, la pente remonte de la plus belle des manières, je préfère arrêter là pour déjeuner et me reposer un peu. Ici, je suis au sommet de la Serra de la Garsa à 1.212 mètres d'altitude, je vois parfaitement Saint-Laurent-de-Cerdans, le Mont Capell, le chemin parcouru aujourd'hui et les autres montagnes traversées hier. Mais décidément, il fait bien trop chaud dans ce pré caillouteux et je pars déjeuner dans le bois, bien à l'ombre des pins.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms

Je finis par arriver au Puig de la Senyoral (1.315 m), point culminant de cette journée, mais la sente va redescendre un peu et remonter encore au Pilon de Belmatx (1.280 m). Ici, j'ai parcouru environ la moitié de la distance du jour.

40 minutes, il a duré cet arrêt, pas le pique-nique car je n'avais pas très faim, mais il a failli être bien plus long car je me suis assoupi quelques minutes sur un tapis de ramilles. Mais heureusement quelques fourmis voraces ont su me réveiller et me déloger de leur territoire. Après le collet de la Senyoral, à 1.182 mètres selon mon GPS, où je croise un nouveau panonceau " Pilon de Belmatx ", la pente continue toujours en plein soleil, puis, elle entre avec bonheur dans une fraîche hêtraie. Mais elle en ressort presque aussitôt et longe désormais des haies de buplèvres, de genêts, de fougères, de framboisiers ou des ronces aux mûres bien noires mais peu sucrées. Ce chemin que j'arpente très légèrement sur le versant sud de la Serra de Montner, suit une longue crête qui finit bien après le Pilon de Belmatx au col de Paracolls. Mais dans l'immédiat, il me faut atteindre la première difficulté de cette crête qui n'en finit plus de monter, le Puig de la Senyoral. Mais au moment où je l'atteins et avant même de réaliser où je suis, je ne vois qu'une chose devant moi, ce paysage à perte de vue jusqu'à la Méditerranée et sur ma droite, le Roc de France (1.450 m). Le Pilon de Belmatx est devant moi légèrement en contrebas bouchant quelque peu l'horizon. Le temps de quelques " fades " photos au sommet et je descend dans un pente très raide vers ce pilon ardent que le soleil au zénith semble vouloir enflammé. J'ai vidé mes deux bidons et malgré mon désir d'économie, j'ai déjà entamé la poche Camelback de 2 litres. Si le chemin continue ainsi jusqu'à l'arrivée avec si peu d'ombre, c'est moi qui vais finir liquéfié. D'autant qu'après ce nouveau collet, le chemin remonte légèrement vers un sommet rocheux.

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Après le Puig de la Senyoral, le chemin redescend vers le Pilon de Belmatx que j'aperçois devant moi. D'ici, les grands panoramas s'entrouvrent jusqu'à la mer mais dommage, au loin, une écharpe de gros nuages blancs obstrue tout l'horizon.

En arrivant, comme je suis persuadé qu'il s'agit du sommet du Pilon de Belmatx, je pose pour une photo, tel Hillary au sommet de l'Everest. Mais quand je redescend et contourne ces rochers, c'est pour m'apercevoir que le véritable sommet est beaucoup plus loin et surtout un peu plus haut. Un gros mamelon arrondi et rocailleux est encore à gravir devant moi. Une fois encore, je prête une grande attention à ne pas tomber dans ce sentier qui zigzague dans les rochers. Cette attention est d'autant plus nécessaire que la fatigue se fait plus astreignante et je sens bien que mes jambes ne répondent plus aussi bien aux sollicitations permanentes auxquelles elles sont soumises. Je transpire comme un malade et en tous cas, comme jamais depuis le début de ce Tour du Vallespir. La sente est parfois si difficile qu'ici les baliseurs ont mis des cordes pour se tenir et se hisser sur les hautes marches que constituent ces blocs de roches. Et quand j'arrive enfin au sommet, je comprends pourquoi on l'appelle " pilon ". Je ne sais pas si ce nom a la même signification que celle qu'en donne le Larousse mais ce sommet peut se vanter de m'avoir désagréger à l'état de purée. Je suis décomposé, vermoulu et malgré les boissons énergétiques et les gels énergisants, les dénivelés en plein soleil et à répétition ont eu raison de mes forces.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsLe marcheur libre au Pilon de Belmatx

Le marcheur dans sa tête était un homme libre,

Mais son cœur était triste et la sente pénible.

Il se mit à pleurer sur de sombres pensées,

Le pas plus hésitant à vouloir avancer.

 

Courbé sur son bâton, il souffrait le martyre,

Montant toujours plus haut sans vouloir ralentir.

Un pilon sur sa route releva le défi,

Belmatx, il s'appelait, dans la géographie.

 

Le marcheur entêté voulut lui faire face,

Mais un soleil brûlant lui ôta toute audace.

Ecrasé par les roches et tous les minerais,

Il sortit du pilon à l'état de purée.

 

Mais au fond du vallon, l'attendait Amélie.

Il releva la tête car elle était jolie.

Il quitta le Pilon comme on salue l'artiste,

Car vaincre en étant seul, ce n'est pas réaliste.

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Avant d'arriver au Belmatx, le chemin suit une longe crête rocheuse, la Serra de Montner où il est difficile de progresser. A un moment, je crois être arrivé au sommet et je me prends en photo. Mais non le Pilon est encore beaucoup plus loin et un peu plus haut. Je viens de boire ma dernière goutte d'eau et vais souffrir en plein soleil.

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Le chemin du Belmatx est si difficile que le club de randonnée d'Arles-sur-Tech " les Caminadors Lliures " a installé des cordes pour se hisser. J'arrive au sommet près d'une petite construction et d'une rose des vents. Les vues sont superbes !

Il est impératif que je reprenne des forces et pour cela il faut que je m'arrête un peu, car après tout il n'est que 14 heures ! Après une photo devant un petit caisson fait de pierres et de briques rouges surmontée d'une rose des vents et où il est écrit en catalan " Els Caminadors lluires ", en français " les marcheurs libres ", je pars m'installer bien en surplomb d'Arles-sur-Tech.

D'ici, je profite d'un panorama exceptionnel à 360 degrés. Mais mon regard est surtout attiré par le versant opposé de cette vallée du Tech que je domine. Une fois encore, je cherche à retrouver les sentiers sillonnés, les monts escaladés, les cols franchis les premiers jours et si parfois je décèle un endroit, je ne peux m'empêcher de penser au fond de moi : " Que de chemins parcourus en 6 jours ! ", " Que de jolis paysages traversés ! ", " Que de belles montagnes gravies ! ". Et encore qu'aujourd'hui, ce n'est pas le temps idéal pour une observation méthodique car depuis le Massif du Canigou et descendant jusqu'à la mer, il y a une longue masse nuageuse blanchâtre qui semble immobile et voile une immense partie de l'horizon. Tout en mangeant quelques fruits secs, ici au sommet de ce pic, je prends vraiment conscience du plaisir que j'ai eu à marcher, plaçant très loin derrière ce bonheur, et au second plan, toutes les déconvenues et les adversités que j'ai rencontrées. Maintenant, je suis à quelques arpents de l'arrivée et même si je dois redoubler de vigilance et passer encore quelques heures sur ces chemins, je me fais un principe et un devoir d'arriver en bon état et entier à Amélie.

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Je suis au sommet du Belmatx mais j'ai tant souffert aujourd'hui : chaleur, manque d'eau, dénivelé, fatigue et déprime que présentement et toute proportion gardée, je considère ce sommet comme mon Everest à moi. Pourtant, avec ses 1.280 mètres d'altitude, c'est un sommet plutôt modeste mais pour les Arlésiens, c'est aussi un sommet mythique !

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Après le Belmatx, il y a plus de 1.000 mètres de descente à faire sur des sentes caillouteuses ou terreuses et parfois ravinées. Heureusement, les vues sont belles.

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Après le col de Paracolls, je coupe le G.R.10 et ignore la Batterie Santa Engracia. Ici, je quitte définitivement ce Tour du Vallespir, direction Amélie-les-Bains. Mais dans la descente, c'est seulement Arles-sur-Tech que j'aperçois pour l'instant  depuis le chemin.

Voilà, les dispositions dans lesquelles je suis au moment d'amorcer cette longue, raide et difficile descente vers le Col de Paracolls. Plus de milles mètres de dénivelé négatif que je vais avoir à descendre pour rejoindre Amélie. Et quand j'arrive au Col de Paracolls, c'est une première étape de franchie. Il est 15 heures et il m'a fallu presque trois quart d'heures pour parcourir les 380 mètres de ce dénivelé négatif et les 1.500 mètres de cette pente très raide, pierreuse, terreuse et souvent très ravinée. Maintenant, je comprends mieux pourquoi, on classe cette randonnée dans les " difficiles " malgré son altitude relativement modeste. Ici au col, le chemin coupe un GR.10 plein d'ornières. G.R. que j'avais laissé à Batère et qui file ici en direction de la frontière espagnole vers le Roc de France.

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Après avoir longtemps cheminé en surplomb d'Arles-sur-Tech, j'aperçois enfin Amélie-les-Bains au travers de quelques branches. Peu de temps après, je retrouve un sentier que je connais bien. C'est celui du 25eme Léger qui monte vers la Chapelle Santa Engracia et les Batteries. Le Pilon de Belmatx est loin désormais.

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Après avoir terminé toutes mes victuailles mais sans boire, c'est avec un grand bonheur que je tombe sur la source de la Madone, je bois jusqu'à plus soif. Puis, je descends en courant vers le parking des Thermes. La voiture n'est pas là ? Si !

Là, je quitte définitivement le tracé du Tour du Vallespir, celui de la carte IGN mais pas celui de Véron. Et dans ces conditions, une fois encore, je n'ai pas l'impression de faire une entorse à ce tour. Je descends vers Arles-sur-Tech par le G.R.10, avant de bifurquer à droite par une nouvelle sente balisée en jaune qui entre et circule dans une châtaigneraie en direction de la Batterie de Santa Engracia. Quand de temps à autre, je sors de la dense forêt, c'est pour mieux dominer Arles-sur-Tech. Mais à vrai dire, ce sentier qui contourne la ville en zigzaguant, je n'en vois plus la fin. Je n'ai pas l'impression de lambiner et pourtant, il est 16 heures quand j'aperçois le panneau " Grande Batterie ". Ces batteries dites de Santa Engracia sont les ruines de petits bastions de surveillance construits par Vauban pour protéger le fort d'Amélie. Elles ne sont qu'à 5 minutes de marche et je ne les connais pas mais aujourd'hui j'en ai " plein les pattes " et je me dis que j'aurais certainement l'occasion d'y revenir. Je continue vers Amélie dont j'aperçois la ville entre quelques branches une demi-heure plus tard. Ici, pour y être déjà monté, je reconnais le panonceau " Chapelle Santa Engracia " qui se trouve à 15 minutes. Ce sentier, que l'on appelle le " Chemin du 25eme léger " en mémoire aux célèbres carabiniers napoléoniens, je le connais parfaitement. A un endroit que l'on a gentiment baptisé " Place Ascensio " j'ignore pourquoi, il y a un banc et comme j'ai faim, je m'arrête pour manger. J'ai tellement faim que je dévore tout ce qui reste de comestible au fond de mon sac à dos et il n'est pas question que je ramène quoi que ce soit à la maison. Mais ingurgiter autant sans pouvoir avaler la moindre goutte d'eau, j'avoue que ce n'est pas facile. Quand je repars, je suis content car hormis ma grosse boîte de fruits secs, je n'ai plus rien de consommable à transporter. 17 heures, je débouche sur la D.53, route goudronnée qui monte vers Montalba et descend vers Amélie. Mais je connais la sente qui descend par des raccourcis qui vont m'emmener en un rien de temps au parking des Thermes. Je ne sais pas pourquoi, je me sens léger, comme les 25eme qui devaient eux aussi descendre ce chemin, et j'ai l'impression de galoper dans cette descente. Disparue la fatigue et seule la Source de la Madone où coule une eau fraîche m'arrête dans cet élan. Je bois jusqu'à plus soif, remplis une gourde à moitié et continue ma descente au même rythme. Quand j'arrive en surplomb du grand parking, ce dernier est vide. Pas une seule voiture et surtout pas la mienne. Non c'est une blague, ce n'est pas possible, je rêve, on m'a piqué ma bagnole ! Je presse encore un peu plus le pas. Je cours dans cette ruelle cimentée toute en descente, l'œil rivé sur le parking. Non, elle est là, je l'aperçois maintenant ! Je m'arrête à bout de souffle, le cœur battant et les jambes tétanisées….

Mes vieilles années

Courent dans la montagne

Courent dans les sentiers

Pleins de maux et de pleurs

Et les Pyrénées

Hurlent au vent d'Espagne

Crient la souffrance

Qui brisa mon cœur…

Voilà, j'ai jeté mon sac à dos dans le coffre, j'ai délaissé mes chaussures de randonnées au profit des tennis, j'ai repris la voiture, je suis passé sans m'arrêter devant la guérite vide du parking des Thermes. Mais en passant devant les bistrots d'Amélie, ça était plus fort que tout, je me suis arrêté à la terrasse d'un café pour savourer 50 centilitres d'une bière très fraîche dont j'avais rêvée une grande partie de l'après-midi et en tous cas, dès l'instant où j'avais manqué d'eau. Mais je n'ai pas traîné car je languissais de rentrer. Je suis remonté dans la voiture et j'ai longuement hésité avant d'écouter une radio sur mon MP3. J'avais sans doute la crainte d'une nouvelle coïncidence, style mes " Jeunes Années " de Trenet. Non, il n'y avait que de la " parlote " et j'ai alors changé de station. Mais qu'elle ne fut pas ma surprise, cette station passait la célèbre chanson de Joe Dassin " Le Chemin de papa ". :

Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa

C'est vraiment fatigant d'aller où tu vas

Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa

Tu devrais t'arrêter dans ce coin…..

J'éteignis la radio. Non pas que je n'aimais pas cette chanson, bien au contraire. Mais là ce n'était plus du hasard, dans ce pays plein de légendes et de mystères, le Vallespir ne s'amusait-il pas à me jeter un sort ! C'est vrai, il avait été long, fatiguant et plein d'embûches ce Tour du Vallespir, et je le finissais meurtri. Mais au-delà de sa longueur et son âpreté, je savais que je garderai comme seuls souvenirs tous ces beaux paysages qu'il m'avait été donné de voir. Mon seul regret, j'avais vu peu d'animaux sauvages et en tous cas bien moins qu'il y a deux ans autour du Coronat : beaucoup de papillons, d'insectes, de lézards et d'oiseaux, mais seulement une fouine, deux écureuils, un isard et une vipère. Mais malgré cette petite déception, dans ma tête, le vrai titre de ce récit resterait quand même : " Sur les hauteurs d'une vallée âpre " mais belle.

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsFin du récit 

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 5 : Notre-Dame de Coral - Saint-Laurent-de-Cerdans - 27 kms

Publié le par gibirando

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 5 : Notre-Dame de Coral (1.091m) - Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) 27 kms5eme étape : Vendredi 21 août 2009.

Notre-Dame de Coral (1.091m) - Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) 27 kms

(La plupart des photos de ce Tour du Vallespir peuvent être agrandies en cliquant dessus. 2 fois, la photo occupe parfois le plein écran).

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 5 : Notre-Dame de Coral (1.091m) - Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) 27 kms

Cliquez sur la carte pour l'agrandir. 2 fois pour un plein écran.

Soudain, la route bifurque. On prend à gauche. On monte en lacets. Et puis, le long des précipices béants, on file sur Saint-Laurent-de-Cerdans, vers la frontière espagnole. Les bois croulent de tous côtés. La cassure du schiste les arrête net au bord de la route. On n'aperçoit plus rien que ce filet de route grise au milieu d'une mer de verdure ensoleillée. Extrait du recueil " Visages de mon pays". Ludovic Massé (1900-1982) Ecrivain et poète français.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 5 : Notre-Dame de Coral (1.091m) - Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) 27 kms ARCHANGES ET DEMON :

 

Hier soir, après avoir quitté la fenêtre, je me suis couché et je me suis mis à lire " Dalva ". Mais il me fut très difficile de me concentrer sur la lecture, car en permanence, revenaient, devant mes yeux, les affres de ce petit mulot ballotté par les trois matous. Avant de m'endormir, j'ai pris soin de badigeonner d' " Urticium " mes jambes et mes bras et la lecture finit par me donner ce petit " coup de massue " que les brûlures encore présentes et les pensées aussi sombres que les trois chats empêchaient jusqu'à présent. Dans la nuit, à deux autres reprises, j'ai été obligé de renouveler les applications de crème que j'ai confortées avec les petits granules car de très désagréables picotements m'ont réveillé. 

Il est 7 heures et autant dire que ce n'est pas la grande forme ce matin. Et pourtant, il va bien falloir que je les parcoure ces 26 kilomètres inscrits au programme du jour. Une fois encore, dans ce secteur extrêmement boisé, j'espère que mon " complice " Klaus m'aura laissé un étroit passage. En tous cas, grâce au gérant, je sais que le chemin est praticable au moins jusqu'à Lamanère. Je pars me jeter sous une douche froide. Et comme je n'y pense pas avant, une nouvelle fois l'eau glacée mets le feu à toutes ces petites rougeurs qui pullulent sur ma peau. La plaie au genou suppure de plus en plus et je renouvelle le pansement d'éosine. Malgré le bien que ça pourrait certainement lui faire, j'hésite à laisser la blessure au grand air car j'ai la crainte de me griffer ou de me cogner au cours de l'étape. Il est 7h30, et une fois encore, je me retrouve tout seul dans la Bergerie avec cet insupportable rongeur empaillé qui me dévisage. 7h30, c'est l'heure décidée, hier soir, d'un commun accord avec le jeune gérant. Hormis le café au lait, tout est prêt sur la table : pain, croissant, beurre, confitures, et comme je ne veux pas partir trop tard pour cette longue étape, j'apprécie d'autant plus cette ponctualité. On m'apporte un broc de lait chaud et un autre de café dans lequel j'arrive à me confectionner deux gros bols de café au lait que je prends néanmoins le temps d'apprécier.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 5 : Notre-Dame de Coral  - Saint-Laurent-de-Cerdans - 27 kmsoSur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 5 : Notre-Dame de Coral  - Saint-Laurent-de-Cerdans - 27 kms

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J'ai quitté Notre-Dame, direction Lamanère, devant moi le boisé Puig de Las Coubines dévoile son aspect pyramidal. Mon appareil-photo commence à dysfonctionner mais je vais le constater que bien plus tard.

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Sur le chemin, un joli oratoire dédié à la Vierge Marie et une date : 1500 !

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J'arrive à Lamanère près de la station d'épuration, par bonheur inodore, et à l'aire de pique-nique. Le temps d'un petit en-cas et je repars dans les ruelles en quête de la bonne direction.

8h15, je viens de récupérer mon panier-repas et harnaché de mon sac, je suis sur le parvis de la jolie chapelle. Sur l'herbe du parc, les matous sont déjà pied d'œuvre, en quête d'un oiseau, d'un campagnol ou d'un autre mulot. Je laisse ces redoutables chasseurs à leur petit déjeuner et repars par le chemin par lequel je suis arrivé hier après-midi. J'arrive à l'intersection qui descend vers Lamanère, et je poursuis la descente. Dix minutes plus tard, par une petite passerelle en bois, je traverse la Bernadeille, mince torrent au modique débit. Ici, surplombant le ruisseau, il y a un très joli oratoire restauré, dédié à la Vierge Marie et une étonnante date inscrite : 1500 ! L'essentiel de ma marche s'effectue dans de sombres sous-bois qui dominent sur ma gauche le ravin du Coral. Mais, de temps en temps, une fenêtre s'ouvre sur le mont à la fois rocailleux et boisé du Puig de Las Coubines (1.253 m). Toujours presque en descente, le sentier se rapproche peu à peu de la ravine, puis à l'approche de Lamanère, il fait un angle droit et je chemine en balcon au dessus du torrent de la Lamanère. Le petit village le plus méridional de l'hexagone est là, de l'autre côté du torrent, avec pour magnifique toile de fond, la verdoyante et oblongue montagne de la Baga de Bordellat. Le sentier débouche sur une piste qui descend vers la rivière et vers ce que je crois être un petit étang mais qui s'avère être en réalité un bassin de décantation de la station d'épuration du village.

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J'ai trouvé la Carrer de la Font de Dalt, (en français, la rue de la Fontaine d'en Haut), cette étroite ruelle cimentée qui s'élève me remet dans le droit chemin.

Il est 9h30, à côté du bassin de décantation, il y a une agréable aire de pique-nique bien propre et surtout aucune odeur nauséabonde alors je m'installe pour manger quelques fruits secs avant de repartir vers le village. Dans les petites ruelles, je ne trouve pas immédiatement le chemin qui monte vers les " Tours de Cabrens " où plutôt vers les Estanouses, petit lieu-dit qui selon ma carte IGN se situe sur le Tour du Vallespir. Pourtant, combien de fois y suis-je monter à ces immanquables tours ? Je sors mon GPS car les quelques personnes, qui me regardent passer, repasser, puis passer à nouveau, et qui discutent au beau milieu de la rue, n'ont pas l'air disposés à me venir en aide. La voilà, elle est enfin là, la petite venelle, cette " carrer ", comme ils disent ici. Comment ai-je pu la louper, cette Carrer de la Font de Dalt (fontaine du haut) montant vers les tours, avec ce balisage bien présent et les nombreux panneaux indicatifs accrochés à ce mur ? Sans doute étais-je distrait par le lumineux hameau dans son cadre d'émeraude et sa jolie rivière qui y coule au milieu ! Il est 10 heures quand je m'éloigne de Lamanère par une allée cimentée qui grimpe hardiment. Premier dénivelé, premières souffrances et premières grandes gorgées d'eau. Je m'arrête à la fois pour reprendre mon souffle et pour admirer les jolies maisons avec leurs vertes pelouses et leurs jardins fleuris. Je m'amuse d'un joli cadre peint dans lequel il est écrit : " attention au chat ". Je souris car je suppose que ce cadre aurais mieux trouvé sa place dans le parc de Notre-Dame du Coral, ainsi, les petits mulots auraient pu le lire !

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Je laisse Lamanère, son décor verdoyant, ses jolies maisons aux jardins fleuris par une sente bien balisée où virevoltent des papillons multicolores. Les Tours de Cabrens apparaissent très hautes au détour du chemin mais qu'importe puisque je vais au hameau des Estanouses qui lui est situé dessous beaucoup plus bas !

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En montant, j'aperçois les Estanouses, ce minuscule hameau par lequel le Tour du Vallespir devrait normalement passer si j'en crois ma carte IGN, mais désormais c'est un domaine privé gardait par des archanges et deux dobermans. Mais il y a aussi "un démon" qui va me faire monter par les Tours de Cabrens, ces tours minuscules que j'aperçois tout là-haut !

Je rentre dans un petit bois de chênes, coupe une première piste. Le balisage jaune et rouge du Tour du Vallespir est bien présent et une petite pancarte en ardoise me conforte sur la direction à suivre : " Tours de Cabrens-Pla Castell-Estanouses ". La pente s'accentue, j'entre dans un deuxième bois. A sa sortie, je traverse aussitôt une autre piste. Bien qu'encore très éloignées, deux des trois Tours de Cabrens sont parfaitement visibles au sommet de la haute colline. Mais je ne m'en inquiète pas car de toute manière, je sais que je n'aurais pas y monter. Un autre panneau est là maintenant, au bord d'un sentier terreux : " Les Torres Cabrenç ". J'ai retrouvé une foulée et une respiration régulière, malgré la pente qui s'est amplifiée très sérieusement. Le sentier terreux se termine d'abord par un bois de petits feuillus puis dans des prés de hautes fougères. Ici, les bas-côtés très fleuris du chemin sont des terrains propices à bons nombres d'insectes mais surtout aux abeilles et aux papillons. Des papillons, je n'en ai jamais vu autant depuis mon départ, même sur la piste du Col de Formentere où pourtant il y en avait déjà beaucoup qui tournaient autour de moi. Au fil de mes randonnées et en les photographiant, j'ai appris à les reconnaître : Piérides, Argus, Vulcains, Tabacs d'Espagne, Petites Tortues, Nacrés, Théclas, Ecailles martrées, Apollons, Citrons, à chacun de mes pas c'est un cortège de papillons multicolores qui s'élèvent. Il y en a tellement dans les prés, dans les haies et sur le chemin que parfois quant ils s'envolent, autour de moi ça ressemble à ces milliers de confettis colorés ou à ces petits papiers brillants que l'on jette lors de grandes manifestations. Je rejoins une autre piste plane qui, selon mon GPS doit me faire passer devant le lieu-dit les " Estanouses ". Je m'avance, pas de problème le GPS me situe sur le tracé. Je fait quelques dizaines de mètres et là, je me retrouve devant une clôture où trônent de jolies statuettes d'archanges et de colombes aux ailes déployées et un grand portail ouvert : " Domaine des Estanouses ". Collé sur un pilier, il y a bien un petit cadre avec un chien dessiné, style Doberman mais rien qui annonce une éventuelle méchanceté ni la raison d'être craintif. Et quand je m'approche, bien au contraire, il y a sur la gauche, une caméra avec ces quelques mots amusants : " Souriez, vous êtes filmés ! ". Je reste planté là, indécis quant à la conduite que je dois tenir. D'un côté, j'ai une peur bleue des Dobermans avec un affreux souvenir d'enfance d'une folle course poursuite entre un énorme molosse de cette race et moi perché sur un Solex. De cette " chevauchée fantastique ", j'avais réussi à en sortir sain et sauf, grâce au propriétaire qui, sur un puissant et simple sifflement, avait réussi à stopper net son chien, au moment même où ce dernier était sur le point de me rattraper pour me croquer un mollet. D'un autre côté, je me dis que les propriétaires doivent certainement avoir, à la fois de l'humour avec ce " Souriez, vous êtes filmés ", et une grande amabilité pour exposer ainsi sur leur mur ces chérubins et ces colombes, symboles de douceur et de paix. Je me décide et j'entre, j'ai confiance dans les hommes, un peu moins dans les Dobermans mais après tout, et selon mes cartes, je suis bien sur le GRP Tour du Vallespir et je n'ai pas d'autres solutions que celle-là. Je fais une trentaine de mètres, arrive devant de belles maisons où tout est calme et silencieux. Je m'arrête, troublé par ce silence et m'apprête à poursuivre la piste avec mon GPS à la main, quand tout à coup, en provenance des villas, deux dobermans descendent vers moi en vociférant.

Je reste pétrifié. Voilà que ma triste expérience se renouvelle, mais cette fois ils sont deux, et je n'ai aucune chance car je n'ai pas de Solex pour fuir mais un sac de 18 kilos qui ruine toute éventualité d'escapade. Heureusement une fois encore, je vais m'en sortir, car du haut d'une terrasse, une femme se met à hurler et les chiens s'immobilisent à deux mètres de moi. Ils continuent de grogner, mais comme j'ai de la mémoire, je raccourcis aussitôt mon bâton télescopique et leur tends une main amicale dont je ne sais pas, s'ils vont la dévorer ou la lécher. Entre temps et alors que les " cerbères " se sont calmés, un homme est également sorti sur la terrasse et m'interpelle en criant :

- Que voulez-vous ?

- Je veux aller au Pla de Castell !

- Non, ce n'est plus possible par là, le chemin est fermé depuis quatre ans !

- Mais comment est-il fermé ?

- Vous êtes sur une propriété privée et le chemin n'a plus été défriché !

- Mais par où puis-je y aller ?

- Il faut que vous montiez aux Tours !

Je suis si surpris que je lui pose cette question vraiment idiote :

- Quelles tours ? Celles de Cabrens ?

Et il me répond brutalement :

- Vous en connaissez d'autres ici ?

Et il ajoute :

-Il y a un chemin qui passe juste en dessous des tours !

Je crois qu'à cette idée d'avoir à escalader les Tours de Cabrens, je suis encore plus terrifié que j'ai pu l'être devant les Dobermans. Je les connais trop bien ces tours à signaux de Cabrens pour y être monté à quelques reprises mais jamais avec un sac à doc de 18 kilos ! Un gros dénivelé sur une distance très courte et jamais un replat pour souffler. Comme si cette étape n'était pas suffisamment longue ! Je ne bouge plus. Je suis groggy et je regarde bouche bée cet homme qui vient de me donner un véritable coup de gourdin sur la tête. Et tout en le regardant, je ne sais pas pourquoi, j'ai un mal fou à le croire. Pourquoi, ce chemin n'aurait-il pas été débroussaillé ? D'accord, il est chez lui, mais ne préfère-t-il pas empêcher tout passage de randonneurs sur son domaine ? Je continue à le regarder et je me dis que je me suis bien trompé sur son compte : " Il vous reçoit avec des anges mais en réalité, lui c'est un vrai démon ! ". Lui m'observe aussi et semble s'interroger sur la conduite que je vais adopter. Mais il a le beau rôle avec ses deux chiens de garde qui maintenant se sont couchés à mes pieds. Alors ai-je le choix ? Même si je ne lui montre pas, je repars furieux tout en marmonnant : " Voilà ça m'apprendra à avoir trop confiance dans les hommes ! "

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Après avoir terriblement souffert dans la montée vers le Tours de Cabrens, j'arrive à la première. Elle date du XIVeme siècle. D'ici, malgré quelques nuages, j'ai des vues splendides sur une grande partie du chemin parcouru. Je décide de déjeuner mais des énergumènes exagérément bruyants vont me faire fuir. Au bord la falaise, j'aperçois un autre démon ! Il est très beau !

Et c'est vrai, peut-être je crois trop en l'homme et pas suffisamment dans les Dobermans. Après tout, ils sont très gentils ces chiens-là quand ils sont bien dressés ! Sur la piste, je retrouve un autre panneau " Torrés de Cabrenç " et un petit sentier que je poursuis mais il s'agit d'un simple raccourci qui m'emmène sur une autre piste un peu plus haut. Il est 11 heures, l'heure a tourné et aujourd'hui, j'ai le sentiment de ne pas avoir beaucoup avancé. Mais bon, d'un autre côté, je ne suis pas en super forme et je me dis qu'il n'est pas utile que je me " brûle " en me dépêchant inutilement. Aussi, je continue de monter à mon rythme qui, je l'avoue, n'est pas bien rapide aujourd'hui. Je coupe un maigre ruisseau, la piste se termine et devient sentier à l'entrée d'un sous-bois. La déclivité s'intensifie mais une tour se rapproche. Je raccourcis mon bâton que je plante plus fermement pour me hisser sans avoir à faire trop d'efforts avec mes jambes. Mais c'est peine perdue, car le poids du sac qui m'entraîne en arrière contrebalance cette vaine manœuvre. Heureusement, j'ai dans ma poche et à portée de main, mon petit tube de " dope ". Habituellement, et cela depuis mon départ, un sachet de gel énergétique me fait amplement la journée mais aujourd'hui j'en ai quelque peu abusé et c'est sûr, cette fois il ne terminera pas cette étape. A la fin du sous-bois, une nouvelle piste apparaît. Je regarde mon GPS plus par curiosité que par nécessité, car ici je n'ai plus de tracé. Entre mon entrée et ma sortie de ce petit sous-bois, j'ai fait quoi ? 200 mètres, 250 mètres, mais l'altitude, elle a progressé de 63 mètres. Je comprends mieux mon essoufflement. Une vingtaine de mètres plus loin, dans la courbe d'un virage, un balisage me renvoie dans les bois par une pente escarpée. Je regarde ma carte IGN et constate qu'il s'agit d'un raide raccourci qui monte à la première tour. Je l'ignore et poursuit par la piste encore une fois plus " roulante " comme disent les cyclistes. Un homme est entrain de redescendre, lui en direction de Serralongue. Nous bavardons un peu, de tout et de rien mais surtout de mon Tour du Vallespir dont il semble dire que c'est pure folie que je le fasse seul. En disant cela, il fait certainement allusion à mon âge et sans doute a-t-il en partie raison. Aussi, je ne le contrarie pas mais je fais mien ce proverbe : " Un fou qui marche va plus loin qu'un sage qui reste assis ". Mais la bible ne dit-elle pas aussi : " La voie qu'emprunte le fou est droite à ses yeux, mais il est sage d'écouter les conseils ". Alors un partout et la balle au centre. Je continue la piste et je finis par arriver devant la première des tours. Ancienne tour à signaux qui date vraisemblablement du XIVeme siècle, elle servait à communiquer avec d'autres tours ou bien avec des châteaux ou des forteresses du Vallespir et du Roussillon. Elle a magnifiquement été restaurée. Il est midi et je m'installe à une table de l'aire de pique-nique aménagée devant la tour. D'autres randonneurs sont déjà là, installés et calmes mais d'autres arrivent et tournent autour de moi comme de bruyants frelons en quête d'un emplacement idéal, qu'apparemment ils n'arrivent pas à trouver. Gesticulant, criant et braillant même, ils semblent se moquer éperdument de tout ce qui les entoure. J'arrête là mon pique-nique pour m'éloigner de ces énergumènes excités mais surtout irrespectueux vis-à-vis des autres et de la quiétude qu'en général on vient chercher dans un tel lieu. Je pars d'abord derrière la tour puis longe le bord de la haute falaise en direction de la deuxième. Sur ma gauche, un panorama superbe me laisse entrevoir une toute petite portion du chemin parcouru aujourd'hui, mais droit devant moi, j'ai une ample et admirable vision des hauteurs que j'ai gambadées depuis Formentere. Avec les jumelles, j'essaie de retrouver plus précisément les endroits et les crêtes où j'ai pu marcher les jours précédents. Mais dans cet horizon lointain et légèrement voilé par quelques nuages blancs, retrouver ces contrées n'est pas si évident. Mais, j'aperçois néanmoins le refuge blanc de Batère, le dôme aplati et reconnaissable du pic de la Souque et je devine les vertes prairies des cols de l'Estagnol et de Serre-Vernet. Après ce bref intermède, je continue à longer la falaise et suis maintenant en surplomb de la maison du " démon " : Les Estanouses sont là à mes pieds, vaste et magnifique domaine avec piscine. J'observe la piste que j'avais commencé à emprunter, elle semble se poursuivre bien après les habitations puis elle s'enfonce dans la forêt où je perds sa trace. J'imagine que je ne saurais jamais comment se termine cette piste. Après tout, le démon n'en est peut-être pas un et mon ressentiment m'a fait perdre la raison ? Mais s'il n'est pas démon, qu'est-il alors ? Un homme serviable qui m'a simplement indiqué un chemin ? Alors archange ou démon ? Mais pour travestir un proverbe bien connu : " chassez le surnaturel, il revient au galop ". Car au moment où je tourne la tête, un nouvel être surnaturel chasse l'autre. Mais celui là est de pierre et je ne vois plus que lui dans la falaise. Une tête parfaite vue de profil et taillée dans cette paroi rocheuse par cette talentueuse " Dame Nature " ou par ce sculpteur fou qu'on appelle l'Univers. Je reste d'abord subjugué par ce visage étrange que j'aperçois à Cabrens pour la première fois alors que j'y suis monté à diverses reprises.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 5 : Notre-Dame de Coral  - Saint-Laurent-de-Cerdans - 27 kms

Je reste complètement subjugué par ce profil presque parfait taillé dans la paroi rocheuse par "Dame Nature " ou par ce sculpteur fou qu'on appelle l'Univers.

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Dans l'ordre d'apparition : la 1ere tour du 14eme siècle puis la 2eme tour du 13eme siècle en surplomb de la falaise et des Estanouses que j'aperçois tout en bas, puis enfin, les ruines du château du 11eme siècle où je vais pouvoir enfin déjeuner en paix avec une vision parfaite sur le Pla de Castell et l'itinéraire parcouru ce matin.

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Au pied des Tours, je trouve un panonceau " Tour du Vallespir " près d'une vieille ferme envahie par les lierres. Le Pla de Castell est peuplé de papillons. Après avoir souffert toute la matinée, je peux enfin souffler et me fier aux nombreux panneaux pour suivre sagement le chemin. Il arrive dans un Colorado miniature !

Alors vision due à la fatigue, imagination débordante ou effets de la lumière selon le temps, l'ensoleillement à une heure du jour bien particulière ? Je m'empresse de prendre une photo, puis une deuxième en rapproché. Mais au moment où je vérifie les photos sur le petit écran de mon numérique, ce dernier a l'air de foirer au niveau de la pixellisation et comme je l'ai depuis peu de temps, je n'en connais pas tous les réglages à mettre en œuvre pour réparer ce mauvais fonctionnement. Mais au fait, pourquoi se met-il soudain à " déconner " ici, devant cette sculpture étonnante ? Me jetterait-il un sort ce mauvais génie ?

Je m'empresse de regarder les photos antérieures. Non, plusieurs photos présentent les mêmes symptômes depuis hier apparemment et peu après mon départ de Prats-de-Mollo. Alors mon numérique a-t-il souffert de mes péripéties dans la forêt du Miracle ou bien l'ai-je mouillé sans m'en apercevoir ? Je suis un peu dégoûté, je l'avoue, mais je vais faire avec, car les mauvaises photos ne sont pas systématiques non plus et je me dis que je pourrais peut-être les corriger avec un logiciel de retouche. Comme je suis un peu perturbé par cet incident qui m'agace, et peut-être aussi par cette fabuleuse figure surnaturelle que je viens de voir, du coup, je finis par en oublier cette deuxième tour que l'on appelle la médiane. Au lieu d'y monter, je passe dessous et j'ai juste le temps de la prendre en photo, et cette photo-là, semble bonne. Je me dis que ce petit écart d'itinéraire n'est pas bien grave. En effet, je connais déjà cette tour, avec ses murs de 5 mètres de large, elle a, paraît-il, servie de prison et est plus ancienne d'un siècle (XIIIeme) que la précédente. Mais surtout, je suis sur une sente, difficile certes, mais bien balisée en jaune. Dans un court dédale de rochers et de petits chênes, la sente finit par remonter vers la troisième tour construite à l'extrême limite de la crête rocheuse. On l'appelle tour, mais en réalité, il s'agit des ruines d'un vieux château du XIeme, dont il ne reste qu'une infime partie de la voûte de l'antique donjon et quelques murailles qui dominent le Pla de Castell et son écrin de verdure. Tranquille cette fois, je m'arrête là pour finir mon déjeuner que quelques nigauds avaient interrompus. Il est 13 heures et après avoir remonté le temps en longeant cette crête, il me faut maintenant la redescendre de l'autre côté et c'est loin d'être une sinécure. Abrupte et glissante plus qu'il ne faudrait, je descends le plus souvent en m'accrochant aux arbres quand ce n'est pas sur le cul. Ici, comme je l'ai déjà fait dans les gros pierriers de Serre-Vernet, je redouble d'attention pour éviter une chute qui pourrait avoir des conséquences dramatiques. Je mets 25 minutes pour atteindre le plat et un petit panonceau où je retrouve le GRP Tour du Vallespir. Je suis surpris de trouver ici ce panonceau mais en consultant les copies du topo-guide, je constate soudain que Véron inscrivait les Tours de Cabrens comme une alternative aux autres chemins. Panonceau ô combien encourageant, car il est inscrit : " Falgos " et c'est bien par là-bas que je dois aller. Je longe les ruines d'une vieille ferme encombrée par les lierres et envahie d'une foisonnante végétation. Ici aussi, les papillons sont nombreux et fantaisistes dans leurs circonvolutions et quand j'arrive au joli carrefour du Pla de Castell, je constate avec bonheur que mon GPS a retrouvé le tracé enregistré. Ce bonheur s'ajoute à celui d'apercevoir le panneau : " Pla de la Muga ". Je file à main gauche par la large piste que je quitte immédiatement, toujours à gauche, à un nouveau panneau : " Tour du Vallespir-Coustouges ". Je ne me rends pas à Coustouges car à ma connaissance il n'existe plus aucune possibilité ni de couchage ni de ravitaillement, mais le véritable Tour du Vallespir passe par ce village frontalier dont les Romains avaient déjà fait de ce lieu, un passage obligé vers ce qu'ils appelaient Hispania, c'est-à-dire l'Espagne. Cette voie, c'était la Via Vallespirani, ancêtre très proche du chemin que j'emprunte aujourd'hui et qui allait au Col d'Ares.

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Après le Pla de Castell, j'arrive au Pla de la Muga dans cet étrange " Colorado miniature " où les couleurs des roches et des sables vont du rouge ocre au rouge bordeaux. Mais c'est quoi au juste ces roches ?

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Pas toujours évident à suivre, le chemin circule au milieu de ces roches rouges et atterrit en Espagne devant cette stèle où il est écrit : " Ici née la Muga ". La Muga est une rivière qui se jette dans le golfe de Roses. Pourtant ici tout est sec et rien de laisse à penser qu'il y a la source d'un fleuve de 65 kilomètres de long !

L'étroite sente se faufile dans un petit bois de pins et débouche sur d'étranges et magnifiques dunes de sables rouges. Ici on voit parfaitement ce travail d'érosion que le vent et surtout l'eau ont façonné sur cette terre qui va de l'ocre rouge au rouge bordeaux. Dunes et vagues de sable que l'on croirait mouvantes mais aussi petites pierres dures et gros rochers érodés ressemblant à des scories ou à d'étranges bombes volcaniques. Alors c'est quoi, ces bizarres formations géologiques rouges que l'on trouve par ici ? Les dépôts des éruptions des proches volcans de la Garrotxa ? Grâce à de petits cairns, je déambule et grimpe dans ce Colorado miniature. Mais entre le chemin à prendre et l'ornière centrale et principale, l'écart est très étroit pour monter au Pla de la Muga. Je finis par m'éloigner du tracé du GPS et me retrouve devant une stèle où il est marqué en catalan : " Ici né la Muga 1216,49 m - Fête de l'Albera Viva 9-6-1996 " et où s'ajoutent les noms d'une douzaine de villages français et espagnols des alentours. Mais je suis surpris car ici tout est sec aujourd'hui et aucune source ne jaillit. Pourtant je crois savoir que la Muga est longue puisqu'elle s'écoule le long de la frontière, puis dans l'Emporda pour finir sa course dans le golfe de Roses du côté d'Empuriabrava. (Renseignements pris sur Internet à mon retour, la rivière Muga est longue de 65 kilomètres et pour un fleuve dont la source semble asséchée en été, je trouve que c'est plutôt pas mal !) J'observe ma carte IGN pour regarder où je suis exactement et retrouver le sentier. Je n'ai jamais été aussi prêt de la frontière, puisque si j'en crois la carte, je l'ai même franchie devant cette stèle. Mais si la Muga se jette dans le golfe de Roses, moi, il me faut partir sans traîner vers un autre golf, celui à 18 trous du domaine de Falgos.

Je retrouve le sentier dans les pins tout proches. Il se poursuit rectiligne vers le nord sur un chemin de sable blanc au milieu d'une lumineuse hêtraie et de quelques châtaigniers. Puis, soudain ce sentier se transforme en une large piste ensoleillée et colorée qui fait un angle droit, part plein sud et serpente au milieu des petits feuillus et des bruyères roses. J'apprécie ces chemins sableux et souples où je peux rattraper les atermoiements de mes flâneries et de mes divagations. Animés de papillons multicolores et de sauterelles aux ailes bleutées, ornés et parfumés de milles fleurs, colorés par les mauves véroniques, les bruyères roses et les baies rouges des sorbiers des oiseaux qui me font une haie, ce chemin qui ne fait que descendre est une vraie " autoroute du soleil " pour mes jambes fatiguées. Alors est-ce la fatigue, la précipitation ou bien mon insouciance, mais une fois encore, je me trompe pour filer droit vers le pic de la Massanes (1.114 m). Et quand je regarde mon GPS puis ma carte, une fois encore j'ai parcouru quelques centaines de mètres pour rien. Je suis allé tout droit au lieu de poursuivre la piste à gauche qui descend vers Falgos. Heureusement, je n'ai fait que trois cent ou quatre cent mètres et faire demi-tour n'est pas bien grave.

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Après cette brève incursion en Espagne, j'ai retrouvé le Tour du Vallespir et un agréable sentier qui doit m'amener à Saint-Laurent-de-Cerdans

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Ce chemin coloré de mauves véroniques, de bruyères roses et par les baies rouges des sorbiers des oiseaux est animé de papillons multicolores. Pour mes jambes fatiguées, c'est une vraie " autoroute du soleil ". Parfois, je marche aussi en sous-bois et je finis par arriver au golf de Falgos.

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La lassitude plus une déprimante route goudronnée, une fois encore tout devient une excuse à des arrêts photos, de jolis papillons, les " écailles chinées " surtout. Après 7 kms, j'enjambe le ruisseau de Coustouges et entre dans Saint-Laurent. Mais je n'en ai pas fini, il reste encore plus d'1,5 km à parcourir pour arriver à la Maison Noëll !

Mais je me dis aussi qu'il faut que je redouble d'attention car l'étape est suffisamment longue sans que j'en rajoute inutilement. Il est 15 heures passé, et comme j'ai un petit creux à l'estomac, je profite de cette étourderie, de la tranquillité du lieu et de l'herbe tendre du chemin pour finir mon panier repas très copieux aujourd'hui. Après cet en-cas, je repars toujours au même rythme ma descente vers Falgos au travers d'une hêtraie, des pinèdes et de hautes haies de genêts. Mais quand j'aboutis sur la route qui monte au Domaine de Falgos et descend vers Saint-Laurent de Cerdans, il n'est pas encore 16 heures et mes pensées sont prises en tenaille entre deux sentiments : d'un côté, je suis heureux d'être arrivé là, à quelques kilomètres de l'arrivée car je sais que j'en ai fini avec les hauteurs pour aujourd'hui, et de l'autre, je suis sous le coup d'une grosse désillusion car je pensai trouver un joli sentier fleuri pour rejoindre Saint-Laurent et je ne trouve qu'une route goudronnée qui serpente au milieu des schistes. Et quand je regarde ma carte IGN, cette route qui doit m'amener dans le centre historique de Saint-Laurent de Cerdans, je l'estime à environ 7 à 8 kilomètres. Ma déception est d'autant plus grande que c'est par obligation que je dois rejoindre cette ville, car à l'origine le vrai Tour du Vallespir passait par Coustouges. Mais depuis quelques années, il n'y a plus de possibilité de couchage et quand j'ai organisé mon parcours, je n'ai rien trouvé à Coustouges, ni refuge, ni gîte, ni chambres d'hôtes, ni hôtel. C'est donc par résignation que je me suis rabattu sur Saint-Laurent-de-Cerdans car le Tour du Vallespir y passe à quelques kilomètres au pied du Mont Capell (1.194 m).

Alors, avec encore tous ces kilomètres à parcourir, autant dire que ma journée est loin d'être finie !

Comme je le fais souvent en pareil cas, je prends un train de sénateur et tout devient une excuse à faire des photos. Mais ici, il n'y a pas grand-chose à photographier, pas de vastes panoramas, ni de beaux paysages, ni d'amples forêts ou de vertes prairies, mais qu'une triste et tortueuse route de bitume gris encastrée dans la roche. Alors, une fois encore je me rabats sur ces " malheureux " papillons. Mais ici, il y a une chose très étrange : les papillons sont magnifiques mais il y en a pratiquement qu'une seule variété et ce sont les reconnaissables " Ecailles chinées ou Callimorphe ". On peut les confondre avec les " Ecailles martres " qui sont ressemblantes bien que leurs zébrures noires et blanches ne soient pas tout à fait identiques. Je prends bien quelques exemplaires de ces étonnants papillons en photo avec leur ailes contrastées pour moitié oranges et pour moitié zébrées lorsqu'elles sont ouvertes, mais comme il y en a des milliers au bord de la route sur les épilobes, les chardons, les véroniques en épi, les fleurs d'origan et même les fleurs d'orties, j'en ai vite fait le tour. Mais si ces papillons ont la particularité de marauder aussi bien le jour que la nuit, il ne faut pas que je fasse pareil, car si je continue à vadrouiller de la sorte c'est bien à la nuit tombante que je vais arriver.

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Avec cette hilarante station météo du Wendland, les Laurentins prouvent qu'ils ont de l'humour !

17 h, j'arrive sur un pont où coule une rivière, à l'intersection de plusieurs routes. Il y en a une qui va à Coustouges, une autre à Vilaroja et celle que je dois emprunter vers Saint-Laurent. Dix minutes plus tard, j'entre dans le joli bourg où je m'arrête quelques instants sur un banc pour manger et me désaltérer un peu car j'avoue en avoir marre de cette route goudronnée. A quelques mètres du banc, il y a un trépied où est accrochée une chaîne, et au bout de la chaîne, un gros pavé est suspendu.

Intrigué, je m'approche et je prends en photo cette hilarante station météo du Wendland. Aussi, en traversant la Quera et entrant dans la ville, je me dis : " C'est bien, au moins ici les habitants ont de l'humour ! ". Et c'est vrai que les gens m'ont l'air bien sympathiques. Ici, tout le monde me salue, les passants, les retraités qui jardinent, les badauds, les hommes, les femmes, les jeunes, les vieux. Et quand, je demande mon chemin pour trouver la rue de la Sort, on se met en quatre pour m'expliquer. Du coup, hormis l'effort d'y grimper car la pente est rude, je n'ai aucun problème pour trouver la Rue de la Poste et l'église paroissiale que l'on m'a gentiment indiquées comme repères. Je suis même surpris par tant de prévenance car cherchant encore mon chemin et la Rue de la Sort, un jeune homme brun très sympathique s'approche et me demande :

-Vous avez l'air perdu, je peux vous aider ?

-Oui, je cherche à me rendre au numéro 4 de la rue de la Sort, chez Monsieur Mario Lopes.

-Je suis Monsieur Lopes, suivez-moi, je vais vous y accompagner.

-Je suis Gilbert Jullien. Enchanté Monsieur Lopes, mais vous alliez dans l'autre sens !

-Oui, j'allais chercher mon enfant à la garderie.

-Alors, ne vous dérangez pas, je vais vous attendre ici.

-Non, écoutez ma femme est à la maison et c'est simple pour y aller. Prenez tout droit, puis tournez à gauche dans la première petite ruelle. C'est la rue de la Sort. Mais au lieu de sonner au numéro 4, allez au numéro 6.

-Merci, c'est compris, j'y vais de ce pas.

-A tout à l'heure.

-A tout à l'heure.

Le jeune homme repart et une minute après, je suis dans une étroite venelle, devant la petite porte d'une haute maison de village. Une jeune femme très gaie m'ouvre. Je me présente. Isabelle, me dit-elle, avant de me faire très spontanément la bise. Nous montons quelques escaliers qui débouchent sur une grande salle à manger. La demeure me paraît immense, mais elle est surtout magnifique et je ne me prive pas de le lui dire. Avec la volubilité qui semble la caractériser et son agréable accent portugais chantant, Isabelle se met à m'expliquer en détail les origines de cette splendide maison de maître : Elle s'appelle Damia Noëll et fût construite en 1606 et habitée pendant plusieurs siècles par une richissime famille de bourgeois qui s'appelait Noëll. Le premier occupant s'appelait Damia d'où le nom de la maison d'hôtes désormais. (Pour la petite histoire, j'appris sur Internet que ce Damia avait combattu aux côtés de Josep de la Trinxeria et est resté dans l'Histoire de la Catalogne comme un farouche opposant au Traité des Pyrénées et à l'instauration de la gabelle en Vallespir.) Il y a quelques années, les héritiers de la famille Noëll ont décidé de vendre la maison après le décès d'une de leurs grand-mères qui avait vécue dans cette grande bâtisse pendant de longues années et qui ne l'avait plus réellement entretenue. Isabelle et Mario la rachetèrent pour en faire une table et des chambres d'hôtes car ils avaient, depuis longtemps, l'ardent désir de se lancer dans cette activité. Et, quand Isabelle m'amène sur la terrasse extérieure construite en grosses pierres de taille, je reste complètement émerveillé par ce côté-là de la maison. Autant la façade côté ruelle est modeste et ne paye pas de mine, autant ce côté-là est remarquable, avec cette terrasse qui domine une partie du village, la rivière Saint-Laurent, de grands jardins en espaliers et qui est face aux collines et au Mont Capell.

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Quelques photos de Saint-Laurent-de-Cerdans au moment où j'arrive dans le village. J'enjambe la rivière Quera, et j'entre dans un village qui respire la fête.

Mais avec mon sac à dos sur les épaules et mon bâton et mon bob encore à la main, je crois qu'Isabelle a dû se rendre compte que j'étais impatient de rejoindre ma chambre. Oh non, Isabelle ne m'ennuyait pas avec ces vieilles histoires de la famille Noëll, bien au contraire, mais la lassitude devait se lire sur mon visage tiré ! Elle semble confuse mais je l'en excuse car j'ai parfaitement vu qu'elle vivait avec passion cette antique maison et le fait de contribuer à l'embellir et à vouloir la faire revivre. Mais, elle a compris aussi que j'étais fatigué et c'est tout à son honneur. Par d'immenses escaliers en bois vernis, elle m'accompagne à l'étage supérieur où se trouve ma chambre. Une chambre magnifique avec un vrai grand lit, avec des draps tout blancs, recouvert d'un admirable couvre-lit brodé et de vrais oreillers. En y entrant, je ne peux m'empêcher de me dire que cette chambre me change de tout ce que j'ai pu connaître sur ce Tour du Vallespir. En 3 jours, je suis passé de la simple paillasse de Saint-Guillem avec lézard, souris et poussière à volonté à une chambre " princière ". Mais dans une longue randonnée comme celle-là, c'est bien toutes ces petites choses diverses et variées qui créent l'aventure et tout naturellement, je prends plaisir à ces diversités.

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Une vue aérienne du village puis la ruelle avant d'arriver à la Maison Noëll. Un instant de détente dans la merveilleuse chambre que l'on m'a allouée. De superbes panoramas sur le Mont Capell et les " serrats " que j'aperçois depuis la magnifique terrasse ou depuis ma fenêtre.

Après une bienfaisante douche dans une vraie cabine avec des robinets mitigeurs comme à la maison, j'ai aspiré à un petit peu de repos que j'ai une fois encore rempli avec " Dalva ". Mais, je sais que l'on m'attend pour un apéritif de bienvenu à 19 heures tapantes. Je connais le principe de la chambre d'hôtes où tous les convives se retrouvent pour des repas en commun et à une table unique, parfois en présence des propriétaires. Dans le canapé du salon, Mario me présente d'abord sa petite famille. Avec beaucoup de simplicité, tout le monde me fait la bise. Avec la même passion qu'Isabelle, Mario m'explique comment il en est venu à acheter cette maison de maître et la conversation va bon train sur l'histoire des Noëll. Il me parle surtout d'Abdon, le seigneur de Vilaro, âme de la Résistance du Vallespir au temps de la Révolution Française qui fût le plus connu de tous. Nous en sommes là, quand un autre client nous rejoint, venu de Bretagne et passionné de VTT. Alors nous partons nous installer sur la belle terrasse, nous buvons une bière, puis les bavardages s'animent. Mario nous offre un excellent muscat et d'autres convives nous rejoignent. Il s'agit de tchèques. Un couple plutôt timide qui passe leurs vacances dans la région. Ils arrivent tout droit de Bruxelles où ils travaillent au Parlement Européen. Ils parlent très bien le français, en tout cas beaucoup mieux qu'ils ont l'air de le penser et surtout bien mieux que nous pouvons parler le tchèque tous autant que nous sommes ! L'heure du souper arrive et nous partons tous nous installer à la grande table de la salle à manger. Trop occupés en cuisine à préparer les excellents plats que nous devons manger, Isabelle et Mario ne soupent pas avec nous. Mais si nous regrettons leur absence à table, nous n'avons pas à regretter leur présence derrière les fourneaux car ce repas est en tous points remarquable : une craquante salade de chèvre chaud, un gros " galet " grillé, poisson de Méditerranée et un savoureux et copieux " pijama espagnol ", dessert fait d'un flan à l'œuf, d'une boule de glace à la vanille accompagnée d'une demi pèche et d'une demi poire au sirop, le tout agrémenté d'une sauce au chocolat. Entre deux plats, la sympathique Isabelle nous rejoint et viens s'enquérir de l'intérêt que nous portons à ses plats, Mario, lui, est le plus souvent près de nous a harmoniser les débats, et de ce fait, leurs absences au repas n'ont aucune conséquence sur la qualité de nos conversations qui sont agréables et chaleureuses. Chacun se met à raconter à tour de rôle, comment il vit sa passion. Le jeune breton, c'est le VTT qu'il chevauche à sillonner le Vallespir depuis quelques jours. Les tchèques plus passionnées par les visites des musées et le patrimoine roussillonnais parlent avec ferveur du Musée d'Art Moderne de Céret. Et moi, je parle bien sûr des randonnées et de ce Tour du Vallespir que je suis entrain d'accomplir. Cette soirée est une des plus agréables que j'ai passé depuis fort longtemps et quand, nous partons nous coucher, nous avons tous l'air heureux. Nous nous séparons un peu à regrets, et surtout par respect vis-à-vis d'Isabelle et Mario. Nous quittons tous Saint-Laurent-de-Cerdans dès demain matin, mais pour nos hôtes, de nouveaux clients arrivent et comme beaucoup de choses sont à prévoir, ils vont devoir se lever tôt. Une fois encore malgré une évidente lassitude, je ne peux pas m'endormir immédiatement. Cette amicale veillée entre copains d'un jour dans un cadre reposant à souhait m'a fait prendre conscience des difficiles conditions dans lesquelles j'ai vécues depuis cinq jours. Si la solitude de ces derniers jours ne m'a pas véritablement pesée, rencontrer d'autres gens, dialoguer avec eux, partager leur passion et la mienne ont été des instants de vrai bonheur. Je suis assez lucide pour savoir que ce séjour passé ici restera comme un des moments forts de mon aventure. A la veille de terminer mon périple, je m'aperçois que l'âpreté de ces hauteurs, elles ont été merveilleusement matérielles et physiques, par les montagnes, les crêtes et les collines que j'ai escaladé assez souvent en peinant, mais que j'ai, comme toujours, découvert avec ravissement une fois les sommets atteints. Mais en y regardant de plus près, ces hauteurs ont été âpres psychiquement par la solitude que j'ai vécue, les souffrances que j'ai endurées et les réflexions qu'elles ont suscitées en moi. Mais est-ce fini ? Non, il reste encore l'étape de demain ! Mais en partant faire cette randonnée, n'étais-je pas prévenu que ce Tour du Vallespir m'amènerait vers des sommets de bonheurs insoupçonnés mais parfois aussi " sur les hauteurs d'une vallée âpre ".

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L'église de Saint-Laurent-de-Cerdans

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A la nuit tombante, vue sur le Mont Capell depuis la fenêtre de ma chambre.

 

De Notre-Dame de Coral à la Maison Noëll

 

J'avais quitté la belle, j'avais quitté la Vierge,

Par un souple chemin que longeait le Coral.

Je tenais mon bâton comme l'on tient un cierge,

Notre-Dame s'enfuyait sous un ciel idéal.

 

Un cadre de verdure entourait le hameau,

La Baga Bordellat, on ne peut plus oblongue

Où la claire rivière coulait sous les ormeaux,

Et les Tours de Cabrens veillaient la Serre longue.

 

Quand le village fut loin qu'on appelle Lamanère,

Un portail au milieu barrait tout le chemin,

Un horrible démon me fit perdre mes nerfs

M'obligeant à m'enfuir sans lui tendre la main.

 

Des archanges sur un mur m'indiquèrent la route

Qui montait rudement en direction des tours,

Âprement est le mot sur lequel j'arc-boute,

Loin de moi cette idée de faire demi-tour.

 

Un visage était là sculpté dans la falaise,

Grand seigneur de Cabrens comme était le tyran,

Les deux avaient le don de mettre mal à l'aise,

Les anges, les démons et un vieux vétéran.

 

Mais que l'on soit démon, beau génie ou bien ange,

Et que la peur se tient au creux de l'estomac,

Sur le sort, l'essentiel est d'avoir sa revanche,

Ma première est de voir d'amples panoramas.

 

Rouge était le sentier et ocre était la terre,

A la source asséchée où je perds mon latin,

Saint-Laurent qui attend la fin de mon calvaire,

A la Maison Noëll, près d'un petit fortin.

 

Isabelle, Mario accueillerent la troupe,

Avec leurs cœurs en or et leur sourire en coin,

L'amitié, la chaleur envahit tout le groupe,

Avant que le matin envoie tout ça au loin.

 

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Cliquez sur l'archange et le démon pour passer à l'étape suivante

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