• Ce diaporama est agrémenté de la sublime musique "Moon River" du compositeur Henri Mancini, paroles de la chanson de Johnny Mercer. Musique et paroles destinées au film de Blake Edwards "Diamants sur canapé", en anglais "Breakfast at Tiffany's" (1961) dont les acteurs principaux étaient Audrey Hepburn et George Peppard. Ici la musique et la chanson sont respectivement jouées ou chantées par Audrey Hepburn (chant), Henry Mancini and son orchestre (version cha cha cha), Alfredo Sadel (musique et chant), Fred Schultheiss (harmonica), The Hollywood Strings (orchestre), Danny Williams (chant).

    Le Petit Balcon d'Urbanya depuis Urbanya

    Le Petit Balcon d'Urbanya depuis Urbanya

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    Avec ce « Petit Balcon d’Urbanya », voilà une nouvelle balade de ma composition à partir de mon village devenu désormais fétiche. Une balade à la fois originale dans son parcours, et inédite sur mon blog, mais qui emprunte des chemins qui eux ne sont pas , ni inédits, ni originaux : chemin de Saint-Jacques, Serrat du Calvaire et de Miralles, col de Les Bigues et chemin de l’Ourriet. Voilà quelques noms, si vous suivez régulièrement mon blog, qui sonneront à vos oreilles car ils sont loin de vous être inconnus. Si cette randonnée, je l’ai intitulée le « Petit Balcon d’Urbanya », c’est en référence à une autre que j’avais intitulée « Le Balcon d’Urbanya ». Cette randonnée-ci est bien moins longue, moins haute en élévations et démarre d’Urbanya et non pas de Nohèdes comme la précédente. Mais attention, moins longue et moins haute ne signifie pas facile et sans dénivelé. Non, ce « Petit Balcon d’Urbanya » est une vraie balade pédestre avec ses sentiers, ses pistes forestières, sa déclivité, ses difficultés et une distance qui est tout de même de 10,5 km pour un dénivelé de 500 m environ. Comme souvent à Urbanya, en ce jeudi 2 août, le Chemin de Saint-Jacques fait office de ligne de départ. Ensuite le sentier s’élève au sein de la garrigue vers les lieux-dits Serrat de Calvaire, Serrat de l'Homme, Clot del Baro, Cubera et Serrat de Miralles. Comme toutes mes balades, l’objectif, outre celui physique de marcher et de prendre un grand bol d’air, est d’aller à la rencontre de la Nature avec un grand « N ». La Nature m’offrira ce qu’elle veut et dans tous les cas et quoi qu’il arrive, je suis preneur. Aujourd’hui encore, les papillons sont de sortie en très grand nombre et je me demande si cette hyper présence n’est pas directement proportionnelle à la rareté des oiseaux ? Moins d’oiseaux, plus de chenilles et résultat plus de papillons ! C’est en tous cas, le constat permanent que je fais cette année et ce, depuis que je séjourne à Urbanya soit 2010. Dans le Haut-Conflent, je ne suis pas le seul à délivrer cette analyse. En France non plus et des organismes comme la Ligue pour la Protection des Oiseaux et le Muséum d’Histoire Naturelle s’en inquiètent bougrement. Au lieu-dit, les pommiers du Clot Baro, et au pied même d’un pommier largement chargé de fruits, je découvre un marcassin mort. Ce n’est pas un nouveau-né loin de là ! De quoi est-il mort ? A priori rien ne permet de le dire car son décès paraît récent et il est presque intact. Il semble avoir une petite plaie au cou que la vermine a déjà légèrement entamée. Rien d’autre apparemment. Acte de braconnage car la chasse est fermée ? Maladie ? S’est-il accidentellement saigné à une clôture de barbelés ? Je reste avec mes questions et laisse le jeune animal à son destin que la nature va se charger de faire disparaître si vite. Les insectes vont continuer à s’occuper de lui, puis les charognards le termineront. Ici, ce n’est pas ce qu’il manque : vautours et autres rapaces comme le milan et le gypaète par exemples, ou bien encore des corbeaux ou des corneilles. Chez les mammifères, il y a des opportunistes comme le renard, la fouine voire le blaireau ou plus rarement le chat sauvage. Après cette triste découverte, je poursuis la montée vers Miralles. Panoramas grandioses, jolie flore et faunes hétérogènes mais presque essentiellement entomologiques sont comme toujours au rendez-vous de cette fin de montée. Quand je finis par atteindre la piste au pied du Serrat de Miralles, c’est un beau troupeau de vaches gasconnes qui m’y accueille. Toujours prudent dès lors que les mères ont leurs veaux près d’elles, je marche lentement et m’écarte au maximum pour éviter de les effrayer. Tout se passe bien. Une fois encore, cette piste qui file vers le col de Les Bigues se transforme pour moi en un inventaire des lépidoptères du Haut-Conflent. Seuls un beau lézard vert, un renardeau malingre, quelques oiseaux et de jolies fleurs viennent changer cet agréable mais sempiternel recensement La faune est désormais si présente que j’en oublie de photographier les paysages pourtant si amples. Sur ma droite, le flanc du Serrat Gran déroule sa merveilleuse forêt aux essences si variées et donc si différemment colorée. Si quelques fleurs subsistent encore, les cistes à feuilles de laurier sont en fin de floraison et leurs fleurs blanches aux corolles si fines et si légères tombent comme des flocons de neige dès lors que je les touche à peine. Comme souvent aussi, et comme je l’avais fait lors de ma précédente balade à la « Font de la Serra de la Barbera », le col de Les Bigues fait office de table de pique-nique sinon improvisée, tout du moins souhaitée. Mon estomac crie famine. Je m’installe à l’ombre de pins à crochets et sur un tapis de ramilles que je prends soin de recouvrir d’un épais papier-bulles. Si ce n’était la présence d’opulentes fourmis des bois qu’on appelle « formica rufa », c'est-à-dire « fourmi rousse », je me ferais bien une petite sieste. Un trop copieux déjeuner comme celui que je viens d’engloutir n’est jamais trop bon pour marcher et le silence et le calme ambiant sont des provocations à se laisser tomber dans les bras de Morphée. Mais non ! Ce lit en « formica » est bien trop inconfortable et surtout agressif. Je repars, cette fois tout en descente par la piste DFCI C057. Elle m’entraîne sur ce large chemin qui se termine dès lors que l’on aboutit dans le Correc du col del Torn et à la côte 1234 sur la carte I.G.N. Dans l’immédiat, il me faut descendre sur ce large chemin que j’avais pris l’habitude de découvrir si bien débroussaillé mais sur lequel aujourd’hui me voilà contraint de zigzaguer au milieu des hauts genêts, des fougères et des cistes quand ce n’est pas des ronciers qui s’entortillent dans mes chevilles. Cette végétation expansive, je ne l’avais jamais découverte ainsi et notamment lors de ma balade que j’avais intitulée « le Chemin de l’Ourriet ». Par bonheur, quelques mésanges sédentaires et des serins de passage me font oublier ces difficultés végétales. Un peu plus loin, dans le Correc de la Sardana, c’est une autre musique que se fait jour. Elle prend la forme non pas d’une danse mais d’une laie accompagnée de quatre ou cinq de ses rejetons. Caché que je suis dans les fougères du bord du chemin, ils ne peuvent pas me voir mais comme ils déambulent dans le bois se trouvant en contrebas, les photographier au travers des arbres devient hypothétique. Comme le ferait un Indien, je me laisse glisser doucement le long du talus et dans un silence de cathédrale, je descends dans le bois moi aussi. Ils sont à une quinzaine de mètres seulement mais dans ce sous-bois bien sombre peu propice à une parfaite exposition photographique, faire une bonne mise au point est assez galère. C’est d’autant plus galère que les marcassins assez vifs courent dans tous les sens et le plus souvent dans les hautes fougères qui encadrent le ruisseau. La mère, elle, paraît plus paisible. Elle erre en fouinant le sol de son groin sans jamais s’alerter de ma présence si proche. Le manque de luminosité et les arbres sont les seules entraves aux photos que j’ai bien envie de faire et de réussir. Ce joli spectacle va durer 10 bonnes minutes mais peu à peu la petite harde descend en longeant le correc jusqu’à disparaître dans une végétation bien trop dense en contrebas. Je m’empresse de vérifier si quelques-unes de mes photos sont correctes puis plutôt satisfait je remonte le sous-bois puis le talus. Hyper joyeux de ce divertissement faunique que je viens de vivre, il ne me reste plus qu’à poursuivre ma balade. La présence d’une ruine sur ma gauche m’indique que le Correc du col del Torn n’est plus très loin. Ici, près de ce correc, je sais les difficultés qui m’attendent car le minuscule sentier qui descend vers l’Orriet n’est jamais facile à cheminer. Il est plus ou moins parallèle au ruisseau. Si ce sentier a bien existé ; la présence de murets en pierres sèches qui l’encadrent parfois en étant les preuves formelles ; il n’a jamais été réellement ni défriché ni retracé. Du coup, il faut surtout ne pas speeder et être vigilant à rester sur le sentier le plus emprunté. Ce sont les seules conditions pour atteindre sans trop d’encombres la clairière qui se trouve à la confluence des correcs de Gimelles et du col del Torn. Pas si simple, même quand comme moi on y est passé à diverses reprises. Le perdre, c’est se créer un challenge supplémentaire mais comme il faut continuer à descendre en gardant à l’esprit le correc del Torn, on finit toujours pas y parvenir. Par la suite, le sentier devient nettement plus visible même si le débroussaillement n’est pas toujours au top. Un chevreuil détale, s’arrête entre les arbres puis détale à nouveau. Son bref arrêt ne m’a laissé que quelques secondes pour faire une photo, mais par chance, sa tête apparaît bien droite entre deux troncs. Après cette vision si furtive, je laisse sur la droite l’imposante ruine de l’Orriet puis je continue de descendre sur cette étroite sente qui file en balcon au dessus de la rivière d’Urbanya. Ici, le « tyran d’eau » que je suis ne peut jamais s’empêcher d’aller piquer une tête dans une petite « marmite du diable ». C’est ce que je fais aujourd’hui tant la chaleur est de mise et ce malgré une météo orageuse qui a pris le dessus. Ici les cascades et les petites cuvettes d’eau claire, mais toujours un peu fraîches, sont légions. On a l’embarras du choix, même si la descente vers la rivière puis sa remontée nécessitent toujours une grande prudence. Pour moi, en été, c’est toujours un grand plaisir d’aller me baigner en amont du village et ce d’autant que j’y photographie toujours une faune et une flore qui ne sont très souvent qu’aquatiques : libellules qu’on appelle « demoiselles », grenouilles et certains papillons des bois humides. Après la baignade, j’adore aller visiter ce que j’appelle désormais la « maison des Draculas », un orri  oublié des hommes mais très souvent occupé par une colonie de Rhinolophes. Ces chauves-souris, sont des animaux extrêmement vulnérables et bien évidemment protégés, et de ce fait, j’essaie de les déranger le moins possible. Deux à trois fois dans l’année au maximum car j’ai le sentiment qu’il y a les grands rhinolophes au printemps et les plus petits en été. Dès lors que j’ai quelques photos correctes, cela suffit à mon bonheur. Je m’assieds à l’entrée de l’orri et je tente de les photographier sans utiliser le flash. Ce n’est pas évident mais c’est la seule condition pour qu’ils ne se sauvent pas en plein jour de leur habitat où ils s’accouplent. Une fois encore, grâce à cette faune bien diversifiée, où sangliers, chevreuil, renard, papillons, lézards ont été de la partie, ce « Petit Balcon d’Urbanya » a tenu toutes ses promesses. En définitive, quand j’observe mes photos, les oiseaux avec une belle variété ont été bien plus présents que je ne l’avais craint au départ. Quand aux papillons toujours les plus nombreux sur les photos, j’en ai recensé 46 différents si je ne tiens pas compte du sexe de certains dont la femelle et le mâle sont parfois bien différents. Cela signifie, qu’en ce 2 août et si je tiens compte des papillons que je n’ai pas pu photographier, c’est au moins 60 voire 70 papillons d’espèces bien différentes qui étaient présents autour et dans ce vallon d’Urbanya. Un chiffre record sans doute ! La déclivité modérée de 503 mètres et les amples panoramas que l’on aperçoit constamment tout au long du circuit justifie pleinement son nom de « Petit Balcon ». Il faut enfin noter que cette balade n’emprunte que la partie ensoleillée du vallon, c'est-à-dire la « solona » ou « soulane ou adret » en français. Ce qui veut donc dire que si vous partez avec une prévision météo donnée comme « ensoleillée » pour toute la journée, au printemps et en été, les rayons du soleil vous accompagneront tout au long de la balade. Alors prévoyez de l’eau suffisamment, des lunettes de soleil et la crème dermique protectrice appropriée. Cette randonnée telle qu’expliquée ici a été longue de 10,5 km. Selon mon G.P.S, les montées cumulées ont été de 1.010 m. Le dénivelé est de 503 mètres entre le point le plus bas à 856 m à Urbanya et le plus haut à 1.359 m au col de Les Bigues. Cartes IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

     

     


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  • Retraités vaches à lait, gouvernants brigands incompétents !

    Avec le mouvement des gilets jaunes qui n’en finit plus de perturber nos gouvernants et plus globalement tous nos politiques mais également la France économique et la France tout court, de très nombreuses personnes râlent, manifestent dans les rues et force est de reconnaître qu’elles le font avec une grande légitimité. Parmi elles, les retraités notamment, dont je fais partie. Des nantis comme l’avait dit avec mépris Eric Alauzet, député de la République En Marche. Des privilégiés comme semblait le considérer Emmanuel Macron dans ses propos lors d’un déplacement à Colombey-les-Deux-Eglises où il disait face à des retraités qui l’avaient interpellé : « Le pays se tiendrait autrement si on était comme ça  !» en évoquant le Général de Gaulle qui avait dit qu’on habitait un pays dans lequel nous n’avions aucune raison de nous plaindre. Et Macron de rajouter : « On ne se rend pas compte de la chance immense qu'on a », sous-entendu de vivre en France. Puis encore, « Ecoutez, on vit de plus en plus vieux dans notre pays, en bonne santé. Vous avez travaillé et vous avez payé la retraite de ceux qui étaient avant vous et qui vivaient moins longtemps. Non ,votre retraite ne diminue pas, ce n'est pas vrai, elle ne diminue pas ! ».

     

    Alors a-t-elle baissé ou pas ? C’est bête mais je me suis posé la question de savoir sur la base de quels éléments concrets, nous pourrions, nous les retraités, prouver que nos revendications sont amplement justifiées. La baisse de nos retraites ? Celle de notre pouvoir d’achat ? La hausse des impôts et taxes ? Celui du coût de la vie ? Un peu tout ça ? Beaucoup tout ça ? Je voulais savoir.

     

    Je  suis prêt à parier qu’assez peu de personnes savent dans quelles proportions nous sommes pris depuis des années pour des vaches à lait et des imbéciles, moi le premier !

     

    Alors je viens de m’amuser à faire quelques analyses sur la base de ma seule retraite complémentaire ARRCO. Je suppose que j’aurais pu faire de même sur ma retraite CARSAT Vieillesse ou sur la caisse complémentaire AGIRC et je suis presque persuadé que les résultats auraient été sensiblement identiques sinon carrément pareils.

     

    Ayant pris ma retraite le 30 avril 2008 soit il y a un peu plus de 10 ans, voilà les résultats que j’ai obtenus et analysés à partir des documents joints à cet article. Il y a mon tout premier décompte de paiement ARRCO datant de mai 2008 et le dernier, celui de janvier 2019, c'est à dire ce mois-ci. Les principaux chiffres mentionnés dans le tableau ci-dessous apparaissent dans les documents et sont donc très facilement vérifiables :

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    Retraités vaches à lait, gouvernants brigands incompétents !

     

                Retraités vaches à lait, gouvernants brigands incompétents !

    Eléments de retraite ARRCO mai-08 janv-19 Ecart Ecart 
          en valeur en %
    Montant brut trimestriel 1647,68      
    Montant brut mensuel  549,23 593,55 44,32 8,06%
             
    C.R.D.S  0,50% 0,50%    
    Cotisation assurance maladie 1,00% 1,00%    
    C.S.G déductible  4,20% 5,90% 1,70% 40,48%
    C.S.G non déductible 2,40% 2,40%    
             
    Contribution de Solidarité pour l’autonomie   0,30% 0,30% 100,00%
             
    Total des  prélèvements obligatoires en taux  8,10% 10,10% 2,00% 24,69%
             
    Total des  prélèvements obligatoires en euro   44,49 59,96 15,47 34,77%
             
    Montant net trimestriel 1514,22      
    Montant net mensuel de ma retraite ARRCO    504,74 533,59 28,85 5,71%

     

     

     (J’ai volontairement omis de tenir compte du montant de l’impôt retenu à la source à partir de janvier 2019, soit 8,29€/mois)

     

    C'est-à-dire qu’en 10 ans et 8 mois soit 128 mois, ma retraite ARRCO a augmenté de 28,85 euros et de 5,71 en pourcentage. Ramenée au mois, cette augmentation, c’est 0,22€/mois soit 0,0446%/mois et à l’année c’est 0,53%, autant dire « peanuts » ! Alors, Macron a raison de dire que nos retraites n’ont pas diminué mais alors quel cynisme pour un ancien ministre de l’Economie de dire cela !

     

    Pourquoi « peanuts » ? Pourquoi cynisme ? Parce que dans le même temps l’inflation est estimée à 11,90% (site France-Inflation.com) sur cette même période et qu’au bas mot ma retraite ARRCO mensuelle aurait du être de 614,59 euros net en janvier 2019 au lieu des 533,59 euros soit une baisse du pouvoir d’achat de 81 euros/mois et de 675 euros/an. Ajoutons à cette retraite ARRCO, la même tendance sur mes retraites CARSAT (1.148,90 €/mois) et AGIRC (647,97 €/mois) et c’est toujours au bas mot environ 174,40 €/mois que j’ai perdu à la CARSAT et 98,36 €/mois que j’ai perdu auprès de l’AGIRC.

     

    Alors 81 euros d’ARRCO, 174,40 euros à la CARSAT et 98,36 € à l’AGIRC, c’est un total de 353,76 euros/mois que j’ai perdu en 10 ans et 8 mois sur mon pouvoir d’achat et donc 4.245,12 euros/l’an…..Enorme non ? Un joli voyage lointain ? Une belle croisière ? Une jolie petite somme pour aider enfants et petits-enfants ? N’est ce pas Monsieur Macron ? N'est-ce pas vous qui dites que les vieux doivent aider les jeunes ? Encore faut-il pouvoir le faire non ?

     

    Alors c’est vrai avec une retraite de 2.320 euros/mois, j’ai une « relative » bonne retraite et je ne suis pas le plus à plaindre mais au regard du travail que j’ai fourni pendant 40 ans, je n’ai jamais eu le sentiment qu’elle ait été usurpée. Je suppose que nous tous, retraité(e)s que nous sommes, nous avons proportionnellement à nos pensions en tous cas, une baisse de notre pouvoir d’achat sensiblement équivalente. Ajoutons à ce constat, toutes les hausses que nous subissons tous les ans et qui sont bien évidemment très loin des chiffres « officiels » de l’inflation et des indices fournis par l’Insee, tel que l’indice des prix à la consommation, et la coupe est bien évidemment très pleine. Tous ces chiffres que l’on nous annonce à grand renfort de médias ne sont là que pour les économistes, les statisticiens, mais en tous cas pas pour nous, citoyens lambda où alors il faut avoir des rondelles de saucissons sur les yeux !  Qui n’a jamais eu une augmentation de ses contrats d’assurance, de sa mutuelle, de ses frais bancaires,  des frais postaux, de ses impôts et taxes, de toutes ses énergies, de son alimentation, j’en passe et des meilleures bien au-delà des 0,53% d’augmentation annuelle de sa retraite personnelle que je constate ici. Personne non ? Bien évidemment !

     

    Alors oui, le constat est terrible. Nos gouvernants, tous sans exception, nous ont pris pour des imbéciles et des vaches à lait. Si cet effort énorme que nous avons consenti de force avait porté ses fruits ? Mais non !  La France n’a fait que décliner, la dette se creuser, les services publics disparaître et la médecine de proximité notamment, les injustices sociales se creuser, les lobbies de se développer, l’insécurité et les incivilités de croître, le chômage de progresser, les riches de s’enrichir, etc…etc…. Malgré ces constats, des efforts,  Macron continue de nous demander d’en faire : « beaucoup trop de français oublient le sens de l’effort » et de rajouter  « à côté des droits, il y a des devoirs ! » a t-il dit il y a quelques jours (Galette des rois de l’Elysée le 11 janvier 2019).  Quelle leçon, Monsieur le professeur Macron ! Quelle leçon, Monsieur le Président alors que plein de pauvres gens pacifistes vont se geler les "arpions" sur des rond-points et vont affronter les forces de l'ordre que vous leur envoyez pour qu'ils dégagent !

     

    Et face à cette déchéance continuelle pour une majorité de personnes, si vous vous posiez les bonnes questions ?

     

    Et face à cet endettement record qui a continué de se creuser sous toutes les gouvernances, si vous vous posiez les bonnes questions ? Est-ce du à l’Europe qui nous impose beaucoup trop de choses ? Est-ce du à l’immigration galopante que l’on constate mais dont jamais aucun chiffre juste, pas plus statistique qu’ethnique nous sont donnés ?

     

    Où est passé cet argent que nous n’avons pas eu ?

     

    Chez les riches qui n’ont jamais été aussi riches ? Probablement non ? Et selon le principe très élémentaire des vases communicants non ? Ceux qui détiennent de plus en plus de richesse la détiennent forcément au détriment de ceux qui en ont de moins en moins ?

     

    On voit en tous cas et parfaitement dans ce comparatif que l'argent de notre retraite que nous n'avons pas eu est parti remplir les caisses de l’Etat. Qu’est-il devenu ensuite puisque les caisses sont constamment vides ?  Il est parti dans les cadeaux royaux fait aux plus riches ? Dans les milliards d'un CICE dont le but essentiel était de créer des emplois pérennes qui n'ont jamais été créés ? Pour quels résultats satisfaisants ?Aucun ou presque car pourquoi les gilets jaunes seraient-ils dans les rues aujourd'hui ?

     

    Alors, j'aime autant le dire, ce n'est pas pour moi que je ronchonne mais pour mes enfants et surtout pour mes petits-enfants. Ayant commencé à travailler à l'âge de 19 ans, par chance, et après 40 années de bons et loyaux services, je suis parti à la retraite à 59 ans. Depuis l'âge de la retraite a été reporté à 62 ans. Certains parlent aujourd'hui de 65 ans, d'autres de 67 ans et même parfois de 69 ans voire plus. Je veux bien accepter l'idée que l'on vive plus longtemps mais faudra-t-il pour autant que les générations qui nous suivent crèvent au travail ? Et plus seront-ils vraiment au travail alors que tout se mécanise à outrance ? Que le chômage a du mal à reculer malgré des milliards que nos gouvernants ne cessent d'offrir aux entrepreneurs ? Que la santé de proximité disparaît ? Que l'immigration s'amplifie au même rythme que les injustices fiscales et sociales, car les aides et prestations sociales toutes confondues sont de plus en plus difficiles à financer pour tout le monde ? Si on ne peut plus les financer, ça sera le chaos, l'anarchie, la loi du plus fort qui régnera. N'en voit-on pas déjà les prémices dans les violences hors de contrôle qui s'enchaînent dans les manifestions de certains gilets jaunes déjà bien radicalisés car excédés ? L'Arc de Triomphe, symbole de la liberté et de la démocratie gagnées de haute lutte, dévasté par une horde de casseurs venus des banlieues, n'est-ce pas le signe d'un chaos latent qui sommeille le reste du temps ?

    Dans leur façon de gouverner, nos dirigeants ont toujours rechercher une certaine paix sociale, mais quand la paix devient une obsession à résoudre coûte que coûte et à n'importe quel prix, n'est-ce pas la guerre qu'ils sont entrain d'engendrer ?

     

    Oui retraités vaches à lait !

    Gouvernants incompétents.

    Gilets jaunes ils bouillonnent

    Gouvernants des brigands !

     

     

     

     

     

     


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  • Le prochain article : La Chapelle Saint-Michel de Sournia depuis Sournia

    C'est la News (prochaine randonnée de la page d'accueil) : La Chapelle Saint-Michel de Sournia depuis Sournia

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    En ce samedi 24 novembre 2018, et pour décompresser un peu, Dany et moi avions décidé de joindre l’agréable à l’agréable. Le premier « agréable » était de se trouver un bon petit resto sympa le midi et le deuxième était de faire suivre ce déjeuner d’une petite balade pédestre la plus agréable possible. Après l’analyse de diverses solutions, nous avions jeté notre dévolu sur Sournia et son auberge. Quand à la balade, nous nous étions fixés de partir à la découverte de la « chapelle Saint-Michel » de Sournia que nous ne connaissions pas. Enfin, nous ne la connaissions que de haut et de loin et simplement pour l’avoir aperçue lors d’une randonnée intitulée « le Pic Garrabet et Terre Majou ». En réalité, moi, je l’avais déjà aperçu de loin également lors d’un mémorable Tour des Fenouillèdes effectué en septembre 2014 et lors de la 2eme étape entre Eus et Sournia. Alors pourquoi vouloir décompresser de cette façon-là me direz-vous ? Parce que depuis de longues semaines, Dany et moi étions sur le pont de l’association de yoga que nous gérons dans notre commune de Saint-Estève, elle comme présidente et moi comme trésorier. Être sur le pont, cela avait commencé en septembre avec une participation à un forum puis depuis tout s’était enchaîné très rapidement et sans presque aucun répit. Nouvel exercice et nouvelles inscriptions pour Dany, bilan précédent à clôturer, nouvelle comptabilité à ouvrir et nouvelle gestion des adhérents pour moi, une ribambelle de chèques adhérents à remettre en banque, les nouvelles cartes d’adhésions à imprimer puis l’assemblée générale prévue le 23 novembre s’était rapidement profilée, avec les achats à prévoir pour un apéritif où nous devions accueillir 70 à 80 personnes, les convocations, les discours, les différents rapports, les futurs P.V à rédiger, les bulletins de vote, les messages sur le site Internet de l’association, le 40eme anniversaire à prévoir et à fêter, les médailles commémoratives de cet anniversaire à imaginer et à faire fabriquer pour nos plus anciens adhérents, les élus à accueillir comme il se doit car la remise d’une médaille de la ville était prévue pour le fondateur de l’association, etc…etc.. Dans cette liste à la Prévert, j’oublie sans doute pas de mal de choses. Tout cela pour dire qu’en ce lendemain d’A.G ; A.G qui s’était formidablement bien passée ; la pression était certes un peu tombée, mais un relâchement définitif et dans la Nature loin de tout ça n’était pas un luxe. Le 24 novembre, et après une modeste grasse matinée, il est 12h30 quand nous garons notre voiture sur la place centrale de Sournia. La suite très bientôt.....A bientôt ami(e)s blogueuses et blogueurs.


     

     

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  • "Si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde." Le Petit Prince - Antoine de Saint-Exupéry.

    A toutes et à tous; Bonne et Heureuse Année 2019


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  • Ce diaporama est agrémenté de la sublime chanson "Alone Again (Naturally)" du chanteur-compositeur irlandais Gilbert O'Sullivan. Elle est ici interprétée et jouée 6 fois et successivement par "Tommy Moreno and The Devil's Group" (chant), par Harano Young Yoshi Kazu (harmonica chromatique), par Rob Preston (chant), par Ong Cmu (orgue électronique), par un groupe composé de Trang Tooc (chant), Duy Khang (chant) et Khoa Le (guitare) et enfin par le maître Gilbert O'Sullivan (chant).

    Le Balcon de Villefranche-de-Conflent

    Le Balcon de Villefranche-de-Conflent

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    Cette randonnée au départ de la gare de Villefranche-de-Conflent ; mais il faudrait dire « gare de Fuilla » ; on la trouve le plus souvent dans les topo-guides sous l’intitulé de « Balcon de Villefranche-de-Conflent ». Si cette appellation n’est pas usurpée car conforme à la réalité, elle est néanmoins assez réductrice. En effet, perché sur ce long, sinueux et escarpé balcon, c’est bien plus que Villefranche-de-Conflent que l’on découvre. Faire la liste des noms de lieux seraient bien trop fastidieux mais citons néanmoins les plus visibles car les plus proches comme le Massif du Canigou, celui des Tres Estelles, la Vallée de la Têt des deux côtés, celles du Rotja, du Cady et du Callau, les petites collines d’Ambouilla, des Canalettes et du Pla de Vallenso et même le Massif du Madres se révèle dès lors que l’on arrive à Belloc. Tous les autres lieux ne sont pas inintéressants mais sont bien trop loin et disséminés pour mériter une citation. A tous ces lieux offerts par d’époustouflants panoramas, il ne faut pas oublier le patrimoine que l’on découvre en marchant, avec bien sûr le Fort Liberia (*) par lequel on démarre puis les chapelles Saint-Etienne de Campilles (**) et Saint-André de Belloc (***) jalonnant le parcours. Alors comme on le voit, il y a de quoi voir et de quoi faire et si la distance de 9,9 km n’a rien de rebutant, la déclivité de 660 m ne laisse personne indifférent. D’abord parce qu’il faut sans cesse lever la tête pour voir où l’on va puis où l’on arrive quand on approche du point culminant. Pour moi, ajoutons-y que mon temps est aujourd’hui compté et que de ce fait, hors de question que je flâne comme à mon habitude. Après la balade je dois encore aller faire des courses à Perpignan puis retourner à Urbanya où Dany m’attend, car le séjour là-bas n’est pas tout à fait terminé. D’un autre côté, je n’ai pas du tout l’intention de laisser échapper la moindre découverte y compris le Fort Libéria que je veux absolument visiter. J’y suis déjà venu une première fois il y a très longtemps, mais ma visite s’était résumée à descendre le fameux escalier souterrain des 1000 marches. Aujourd’hui, j’ai bien l’intention d’en voir un peu plus. Enfin et bien évidemment, il est hors de question que j’ignore la faune et la flore qui seront visibles. Voilà quel est mon état d’esprit quand en ce 3 septembre, jour de la rentrée scolaire, je pars vers une école buissonnière que j’espère merveilleuse. Le temps est superbe et il est 9h quand je range ma voiture devant la gare Sainte-Eulalie. Ce joli prénom, il m’est impossible de l’oublier car c’est celui de ma petite-fille. Ecart générationnel oblige, elle rentre en classe et moi je pars me balader. Devant la gare, premier tracas avec l’obligation de payer le parking pour la journée soit 4 euros. Je peste un peu mais pense surtout qu’un parking payant dans un endroit qui se veut le départ d’attractions touristiques ; celle en l’occurrence du « Petit Train Jaune » et du « Fort Libéria » ; est probablement un frein à accueillir plus de touristes. Je ne suis pas un touriste ; enfin pas pour ce matin ; et je me plie à cette contrainte mais en continuant à râler car j’ignore où se trouve le départ de ma balade.  Très gentiment, un employé de la gare finit par m’expliquer avec force détails que le départ est plus loin après le parking des camping-cars mais qu’il est payant lui aussi. Je décide de laisser la voiture là et démarre à pied ce « Balcon de Villefranche ». Premier coup d’œil vers  le ciel pour juger de ce qui m’attend. Si le Fort Libéria paraît tout proche que dire de cette haute falaise du Roc Rouge que je suis censé atteindre et même dépasser puisque la chapelle Saint-Etienne de Campilles est située juste au dessus. C’est assez impressionnant. Je traverse le parking des camping-cars, emprunte le sentier longeant la voie ferrée puis enjambe cette dernière par un petit pont de pierres typique des voies ferroviaires. De l’autre côté, et de prime abord, une pancarte ne manque pas de me surprendre car j’y lis écrit en gros  «Fort Libéria – propriété privée – passage réservé aux riverains et aux visiteurs payants ». Il faut tout lire car en dessous, il est écrit en plus petit « way – cami – weg et accès sentier 20mn ». Ça me rassure mais d’un autre côté, ces 20 minutes sont assez surprenantes car voilà déjà 8 à 10 bonnes minutes que je marche depuis la gare, que j’ai déjà vu un autre panneau « Fort Libéria 20 mn » sur le pont enjambant la Têt et donc j’en suis déjà à me demander quelle est la bonne pancarte ? J’emprunte à gauche cette direction comme indiquée. Un peu de la piste terreuse, un balisage jaune peint sur un rocher, un autre panonceau « Fort Libéria sentier 20 mn » ; décidemment ! » ; une vieille borne octogonale en granit gravée, des rampes cimentées bordées parfois de très hauts murs, rien n’arrête mon « diesel matinal »  et le fort est là en moins de 20 minutes. D’ici, la gare ressemble déjà à celle « miniature » avec laquelle je jouais lorsque que j’étais enfant. Seule différence, mes trains et mes wagons Jouef n’étaient pas jaunes mais noirs.  Le temps que j’ai gagné dans la montée, je le perds presque immédiatement à vouloir photographier des roitelets qui occupent un cèdre qui est planté là juste devant l’entrée du fort. Puis, c’est autour de deux monticoles bleus de me faire tourner en bourrique. Ils volent d’une échauguette à un autre, d’un rempart à un autre et parvenir à les photographier devient très rapidement un jeu dont ils ont pipé les dés. Les dés sont pipés car ils ne volent jamais ensemble et jamais dans la même direction comme si eux aussi jouaient à un jeu ; espèce de « quatre coins » dont je ne connais pas les règles. Je finis par comprendre qu’ils prennent leur p’tit déj fait d’insectes volants et qu’en réalité leur seule règle c’est de manger coûte que coûte. Finalement, après avoir perdu plus d’une demi-heure, je parviens en moins de 5 minutes à immortaliser plutôt correctement les deux jolis volatiles : un monticole bleu, un mâle, puis un roitelet triple-bandeau. Le château est encore fermé. Il est temps de me remettre en route. Un orri sur la gauche du sentier m’arrête juste pour une photo. Puis c’est autour de la Nature d’éveiller mon attention et celle de mon appareil photo. Elle se révèle d’abord sous la forme d’une quantité incroyable de criquets sautant à chacun de mes pas. Un peu comme s’ils s’étaient donnés rendez-vous au même endroit. Pourtant, il y en a de bien différents.  La flore en fleurs est assez réduite et se résume ici à des buplèvres ligneux, des pieds de céphalaires aux jolies boules blanches et à de fines odontites dont la plupart des fleurs ne sont pas encore ouvertes. Avec les buplèvres et les odontites, un joli jaune vert citron prend néanmoins le dessus dans cette végétation la plus basse. Quelques pins et des petits chênes d’un vert beaucoup plus soutenu colorent la partie supérieure.  Il va en être ainsi toute la journée. Finalement et en tous cas bien plus vite que je ne l’aurais imaginé, j’atteins l’intersection me proposant de continuer vers Belloc avec un panonceau mentionnant « 2,1 km – 1h05 ». N’ayant pas envisagé cette possibilité sauf pour le retour, je continue le sentier et ce, malgré l’absence de tout autre panneau indicatif. Par précaution, j’allume mon G.P.S et regarde si je suis bien sur le bon tracé que j’ai enregistré. Je poursuis dès lors que j’en ai la confirmation. Ce sentier est bien celui qui doit m’amener vers Campilles et sa chapelle. J’éteins mon G.P.S dès lors qu’aucun autre itinéraire ne me paraît possible. Sur un sentier devenu très étroit mais plutôt bon car sans caillou, plat et parfaitement aménagé sur de solides murets, je m’élève très rapidement au sein d’une pineraie qui occupe de plus en plus de place au fil de la déclivité. Seule son étroitesse mérite que l’on regarde où l’on met les pieds. Grâce à quelques courts lacets, l’élévation, elle, est absolument étonnante et l’on a en réalité, ce merveilleux sentiment de monter bien plus vite que l’on ne marche. Est-ce l'exiguïté et le profond encaissement de la vallée, mais ce sentiment perdure tout au long de la montée vers Campilles. Il est vrai que ce sentiment de s’élever très vite et très haut est en grande partie en corrélation avec les panoramas époustouflants et aériens s’offrant à ma vue. Plus j’avance et plus la dénomination de « Balcon de Villefranche » se justifie car la cité fortifiée est de plus en plus à l’aplomb du sentier que je chemine. Un lavis de toitures rouges et plusieurs tours bien différentes, le tout entouré d’une chemin de ronde, voilà ce qui s’offre à me yeux. D’autres lacets bien plus longs prennent le relais dans des décors un peu plus changeants et donc variés. Ils permettent une élévation plus en douceur et de ce fait une attention bien meilleure de ce que je peux voir autour de moi. Quand je dis « autour de moi », c’est bien évidemment les paysages proches ou lointains, les décors qu’offrent le chemin, mais aussi la Nature pour laquelle je suis constamment aux aguets. C’est ainsi que s’offrent à moi, et à trois reprises, le plutôt rare lézard psammodrome puis plusieurs papillons dont le plus commun ici est la magnifique et reconnaissable Chevron blanc. Quelques piéridés, azurés, une mouche à toison et un très surprenant Pacha à deux queues viennent compléter cette « animalerie photographique » aperçue au cours de la montée. Si je dis « surprenant » pour le Pacha à deux queues, c’est parce que je ne me souviens pas avoir rencontré d’arbousiers ici, la plante-hôte à partir de laquelle il est censé exister et survivre. Les oiseaux, eux, sont très rares et j’en aperçois dès lors que les résineux sont d’espèces plus variées. Je les compte néanmoins sur les doigts d’une main : un couple de choucas qui s’enfuit d’un grand cèdre en poussant des cris aigus, un ou deux pinsons seulement, une mésange noire peu craintive et un gobe-mouches dont j’ignore s’il est noir ou gris, voilà à quoi se résume les photos ornithologiques que je vais réussir à prendre au cours de la journée. Outre les photos, je m’amuse, tout en montant, à compter les longs lacets car sachant qu’il y en a 7, cela me permet d’analyser ma progression sans avoir besoin de recourir au bout de carte I.G.N dormant dans ma poche. Finalement, et après une courte pause en-cas, il est 12h quand la chapelle Saint-Etienne de Campilles laisse entrevoir son clocher roman. Il ne me reste plus qu’à la rejoindre sauf que jamais je n’aurais pu imaginer l’incroyable quantité de papillons que ce plateau allait recéler. Voilà déjà 5 fois que je viens ici et si j’y ai  toujours aperçu de nombreux papillons, c’est bien la toute première fois que j’en vois autant et d’espèces parfois bien disparates. Seul gros problème : je ne peux pas me permettre de trop traîner à les photographier tous. Dommage ! Je me mets en quête d’immortaliser ceux qui veulent bien se laisser photographier le plus facilement. Mais là encore, c’est encore trop et donc bien trop long ! Je file vers la chapelle, visite son refuge, la photographie sous tous les angles et pars m’installer sous les pins pour déjeuner. De manière assez surprenante, un merle puis un geai viennent à ma rencontre avant même que j’ai pu déplier mon casse-croûte. Je réussis à me cacher derrière un haut buisson pour les photographier. Le merle à terre et le geai perché dans un pin. Ils partent et je peux enfin déjeuner tranquille. Tout en mangeant, ce lieu soulève en moi d’excellents souvenirs, ceux de ma dernière étape sur le Tour du Coronat en 2007. Ici même, à cet endroit, sous les pins et assis sur l’herbe, tout comme aujourd’hui, j’avais rencontré un couple de touristes, accompagné de leurs enfants ; trois jolies jeunes filles très sages et parfaitement éduquées. Pendant la longue conversation qui s’était installée avec le père, la mère m’avait gentiment proposé un café et un bout de gâteau. Malgré ma légendaire gourmandise, j’avais gentiment refusé et avais bien fait car tout en parlant, j’avais constaté que le gâteau ne suffisait pas à ces cinq sportifs, si beaux et si gaillards. Ces songes reviennent agréablement dans ma tête et je pourrais presque m’y abandonner mais l’heure n’est pas à une sieste aussi doucereuse fut-elle. Je repars aussitôt vers Belloc, sur ce sentier, que pour cause,  je connais désormais par cœur. Les papillons sont toujours aussi nombreux et je m’essaie à photographier seulement ceux n’ont encore pris. Vaste et difficile programme ! Beaucoup parmi eux arrivent en bout de vie car leurs couleurs sont ternes ou bien alors leurs ailes sont en lambeaux. Certains sont carrément méconnaissables mais ils butinent encore et volètent avec vigueur. De très nombreuses fauvettes m’arrêtent également dans mon désir d’accélérer le pas mais les photographier est si compliqué que je renonce assez vite sans trop savoir ce que seront mes quelques tentatives de photos que j’ai prises en mode rafales. C’est la toute première fois que j’en vois autant sur un si restreint périmètre et même si elles sont très rapides, ils me semblent bien apercevoir celle à tête noire, la mélanocéphale et celle des jardins à moins que ça ne soit la grisette. Cette présence n’est sans doute pas étrangère aux nombreuses baies rouges ou noires déjà mûres. Comme toujours, ce petit sentier tout en descente et sous les immenses pins, dont la plupart sont désormais fracassés, me ramène à la tempête Klaus de 2009 qui a mis à mal et en grande partie à terre cette superbe forêt que j’avais découverte en 2007. Il m’est arrivé parfois de comparer mes photos de 2007 puis celle d’une balade ici même en 2012, balade que j’avais intitulée « les chapelles du Coronat » et le constat est tout simplement consternant : 80 à 90% des arbres de cette combe ont été fauchés. Evidemment rien n’a changé depuis 2012. Quelques arbres disséminés sont encore debout, d’autres demeurent brisés sur pied et seuls ceux à terre ont réellement pris un coup de vieux, bouffés qu’ils ont été par les insectes et les fourmis. Dans la descente, la jolie chapelle de Belloc est en vue et elle me fait d’autant plus oublier les stigmates de la forêt ravagée qu’ici elle a un peu moins souffert. Si Belloc, que je connais pas cœur aussi, mérite une visite, je suis surtout attentif à trouver l’itinéraire qui doit me ramener à Villefranche. Il n’est pas encore 14 heures, j’ignore le temps qu’il faut et surtout la qualité du sentier. Finalement, sur la petite esplanade du hameau ruiné, intersection de plusieurs pistes, les panonceaux indicatifs sont bien là et trouver le sentier qui retourne vers Villefranche est un jeu d’enfant. « 3,8 km et 1h45 » mentionne un panonceau. Le sentier se faufile parallèle à la piste qui monte vers le pylône TV et celle qui descend vers Conat. L’esprit tranquille, je pars photographier la chapelle mais surtout les panoramas qui se dessinent vers la Vallée du Callau jusqu’au massif du Madres en passant par toutes ces crêtes que je connais désormais par cœur : Pla de Vallenso, Serrat de Miralles, Roc de Jornac, Serrat Gran, Serrat de la Font de la Barbera, Pic de Tour, Pic de Portepas, Pic Lloset, Pic de la Moscatosa, Pla dels Gorgs, etc…..Certains sommets, je les devine plus que je ne les vois, alors j’ajuste mes jumelles. Elles me permettent d’avoir un humble regard sur mes dernières randonnées et notamment celle sur le « Sentier d’Arletes » dont j’aperçois la ruine ou bien encore le hameau de Llugols et sa chapelle Saint-Christophe. A tous ces lieux viennent s’ajouter d’autres plus lointains encore comme les « serres » dominant la Vallée de la Castellane ou bien encore celles des Fenouillèdes, du côté de la forêt de Boucheville. Oui, ici, je tourne sur moi-même à 360° et je pourrais presque me remémorer plus de la moitié des randonnées de mon blog, Canigou en tête bien évidemment. Après une vingtaine de minutes consacrée à la chapelle et à ces observations, je me remets en route en me disant que Belloc ou Belloch porte bien son nom de « Beaulieu » (***) c'est-à-dire « un endroit agréable, bien situé » comme le précise le site Wikipédia. Le sentier vers Villefranche descend au milieu des chênes verts et offre encore des vues inédites sur la chapelle de Belloc et sur les stériles des anciennes carrières de marbre rouge de Ria/Conat. Ce sentier est plutôt bon mais se termine au bout d’un angle droit où démarre un nouveau balcon aussi époustouflant que celui de Villefranche mais bien plus périlleux. Bien plus périlleux car le sentier a été élevé sur des murets le plus souvent bien plus hauts, quand  aux à-pics, ils sont bien plus verticaux et donc bien plus impressionnants car ils descendent au sein d’une végétation et d’une forêt bien plus clairsemées . Un faux-pas et c’est la chute quasi assurée dans les éboulis se trouvant 10 ou 15 mètres en contrebas. La suite de la dégringolade, il ne vaut mieux pas y penser. De ce fait, je privilégie la vigilance plutôt que de me fier aux temps et aux kilométrages indiqués sur les différents panonceaux jalonnant cette fin de balade. Une fois encore, le terme de « balcon » est ici amplement légitimé. Si Villefranche n’est pas immédiatement visible, de larges panoramas s’entrouvrent sur la très rectiligne Vallée de la Têt, sur Ria-Sirach et Prades et sur le versant opposé de la Trancade d’Ambouilla. A l’approche du Fort Liberia, la piste serpentine qui y monte depuis la gare captive le regard. La vue sur la cité, la gare, le fort et la confluence des rivières entérinent définitivement l’appellation de « Balcon de Villefranche-de-Conflent ». Il n’est pas encore 15 heures quand j’entre dans le fort moyennant la somme de 7 euros. Accueilli de manière charmante par deux hôtesses, l’une d’entre-elles me remet une topo-guide tenant sur une feuille recto - verso plastifiée pendant que la deuxième m’explique le cheminement qu’il va me falloir suivre pour effectuer la visite. Je les remercie mais comme j’ai une énorme pépie, je file d’abord au bar faire remplir ma gourde d’une eau fraîche tant désirée. Ma soif parfaitement étanchée, me voilà lancé dans une visite au pas de course loin d’être évidente car les escaliers se succèdent et finissent irrémédiablement par me « casser les pattes ». A ces montées, s’ajoutent des couloirs très étroits où doubler d’autres visiteurs est impossible. Finalement, il me faut une demi-heure pour avoir une meilleure idée de ce qu’est ce fort et me retrouver au départ du fameux souterrain des mille marches. Là, par chance, plus personne n’est devant moi pour arrêter cette « descente infernale » et c’est 25 minutes plus tard que je débouche à l’air libre sur les rails du « Petit Train Jaune ». Entre les deux, quelques ouvertures en arcades permettent de s’offrir quelques dernières et magnifiques vues plongeantes sur la belle cité chère à Vauban. Dans ma précipitation à filer vers la ligne d’arrivée, je ne m’aperçois pas que l’objectif de mon appareil-photo est embué d’une condensation qui va voiler mes toutes dernières photos. Une rapide visite dans l’église Saint-Jacques, un sprint dans les ruelles, une pinte de bière au bistrot « Le Canigou » et il est 16h10 quand je retrouve ma voiture devant la gare de Sainte-Eulalie. Il m’a donc fallu 7h10 tout inclus (arrêts, pauses, visites, flâneries photos) pour réaliser cette sublime randonnée d’un peu moins de 10 km (9,9 km) et de 664 m de déclivité. Le point le plus bas est la gare Sainte-Eulalie à 457 m et le plus haut est situé à 1.091 m juste avant d’arriver à la chapelle Saint-Etienne de Campilles. Comme toujours, bonnes chaussures de marche à tiges hautes sont recommandées sur ce type de terrain. Emportez suffisamment d’eau car pour avoir négligé cet élément en ayant pris une seule gourde d’un litre, je me suis retrouvé sans eau avant même mon arrivée à Belloc. Cartes IGN 2349 ET Massif du Canigou et 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

     

    (*) Le fort Libéria est situé sur la commune de Villefranche-de-Conflent dans le département des Pyrénées-Orientales, au confluent des vallées de la Têt, de la Rotja et du Cady. Il a été construit par Vauban après la division de la Catalogne entre la France et l'Espagne par le traité des Pyrénées, à compter de 1681, en même temps que la citadelle de Mont-Louis qui est plus en amont dans la vallée de la Têt. Le fort est relié à la cité de Villefranche par un escalier souterrain de 734 marches. Il domine ainsi le village d'une hauteur de 150 mètres environ. Le fort sert un temps de prison d'État notamment pour les responsables de l'affaire des poisons (1682-1683) sous Louis XIV. Après le départ des troupes, le « Domaine » met le fort en vente. Un premier propriétaire privé fait son apparition en 1925 : M. Laurens. Cette personne, ancien armateur à la retraite, avait dans l'idée d'en faire une maison de retraite pour les marins. Dans le but d'aménager le fort pour ses pensionnaires, M. Laurens fit raser la caserne des officiers située au premier niveau de la forteresse afin d'aménager une cour d'honneur. Du fait de l'accès difficile et de l'éloignement de la mer, son projet n'eut pas le succès escompté. Le fort fut remis en vente et acheté en 1955 par M. Marcel Puy, qui en fit cadeau de mariage à son épouse. Finalement, M. Puy signa en 1984 un bail emphytéotique avec quatre commerçants de la cité et, après trois années de restauration, le fort a été ouvert au public en 1987. (Extrait du site Wikipédia)

    Pour en savoir un peu plus de son Histoire, rendez-vous sur le cité dédié en cliquant ici.

    Pour en savoir un peu plus de l'Histoire de Villefranche et de ses alentours, rendez-vous sur le remarquable site Internet des "Pyrénées-Catalanes sur mesure" en cliquant ici.

    (**) La chapelle Saint-Etienne de Campilles est citée pour la première fois en 906. Elle date donc vraisemblablement du Xeme siècle. C’est un simple rectangle couvert d’une voûte en berceau plein cintre. Sa porte est remarquable par ses claveaux en marbre rose et rouge griotte, venant des carrières de Villefranche-de-Conflent toute proche. La chapelle a été restaurée en 1990 par une association de bénévoles Sur la face Ouest de la chapelle, un petit refuge construit selon le même appareil a été ajouté ; il contient un four à pain qui déborde sur la face Sud. La base du clocher-mur a été masquée par cet ajout. Mais l’emplacement de la cloche unique s’impose toujours au dessus des toits. Par beau temps, la vue s’étend de la plaine du Roussillon (E) au pic Galinas (O) en passant par le Canigou (S-E), le Sept Hommes, le Pla Guilhem ou encore les hauteurs de Mantet au Sud. Pour atteindre la chapelle depuis Villefranche il y a 2 chemins. Il faut en partant de Villefranche, 2 bonnes heures de marche pour y arriver, et ça monte raide (600 m. de dénivelé), mais la vue en arrivant est époustouflante. D26 au nord de Ria, puis à gauche, 1 km avant Conat. (Extraits du site « Balades romanes »).

    (***) La chapelle Saint-André de Belloc (c'est à dire Beau lieu) est citée en 1217 comme une annexe de la collégiale Sainte Marie de Corneilla-de-Conflent. Elle fut le siège d'une paroisse. L'édifice a un style roman catalan mais n’a pas d’abside. Sa voûte, effondrée, à été remplacée par une charpente en bois et le toit recouvert de lauzes. Son clocher mur à deux arcs est très imposant par rapport à la taille de la chapelle. La porte principale présente des claveaux très colorés, taillés dans des matériaux différents tels que grès rouge, marbre rose, marbre blanc. Elle est implantée sur un palier d’une crête entre les vallées de Ria et de Conat. Elle peut faire partie d’une belle balade depuis Conat, en y montant directement par un sentier à l’aller, et en passant au retour par une piste et les ruines de la chapelle romane de Sainte-Croix au lieu-dit du même nom. (Extraits du site « Balades romanes »). Toponymie de Belloc : Comme le précise le site Wikipédia, la toponymie de Belloc ou Belloch signifie « un endroit agréable, bien situé ». Bien situé signifie probablement que l’on a aussi une « belle vue » car tous les étymologistes s’accordent à penser que le paronyme du mot « œil » est « oil » signifiant « oui » tout comme le lexical « oc » puisqu’en latin l’œil c’est « oculus ». "Bel oc" est probablement le "bel oeil", la "belle vue". 

     

     

     


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  •  Ce diaporama est agrémenté du légendaire standard de jazz "Misty" d'Errol Garner, joué ici et successivement pas 4 groupes de jazz que sont le "New York Jazz Lounge", le "Studio Jams", le "New York Jazz Moods" et le "Smooth Jazz Colours"

    .Le Serrat de la Font de la Barbera depuis Urbanya

    Le Serrat de la Font de la Barbera depuis Urbanya

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    En été, quand je séjourne à Urbanya, inventer des randonnées pédestres est toujours un vrai plaisir. Sur mon ordinateur, grâce à Géoportail et au logiciel CartoExploreur, j’analyse la carte I.G.N top 25 et j’imagine des parcours, sinon sur des chemins inédits, tout du moins sur des itinéraires que je suppose séduisants. C’est ainsi que m’est venue cette idée de monter vers le « Serrat de la Font de la Barbera » que je connaissais déjà, mais avec cette fois-ci, une belle variante par le domaine de Cobazet. « Pourquoi ce sommet en particulier ? » me direz-vous. Parce que j’y étais déjà passé trois fois et que par trois fois, j’y avais aperçu des cervidés, soit dans ce secteur près du sommet, soit sur cette série de crêtes qui filent vers le Pic del Torn en passant par le Puig del Rocater. J’avais donc bon espoir d’y découvrir cette faune si sauvage et une autre qui l’est peut être un peu moins mais pour laquelle je me passionne, à savoir les oiseaux et les papillons. La flore de montagne venant s’ajouter à cette faune espérée, photographier la Nature, voilà quelle était la première de mes motivations. La deuxième raison était plus éducative puisque j’avais lu sur Internet, qu’un tronçon que j’allais cheminer correspondait au tracé de l’ancienne voie ferrée faisant la liaison entre la carrière de Callau, le domaine de Cobazet et la gare d’Estardé. Cette voie ferrée avait vu le jour à l’époque où l’on exploitait le talc dans ces merveilleuses montagnes. L'histoire avait commencé en 1883 quand le baron De Chefdebien avait racheté l'essentiel de cette montagne mossétane. Grâce à quelques photos aperçues sur un site Internet assez remarquable consacré aux anciennes voies ferrées, j’ai bon espoir de découvrir quelques vestiges de ce temps, aujourd'hui révolu, où l’industrie française battait encore son plein. Mon troisième motif était carrément plus sportif, puisque la déclivité étant de 693 m entre Urbanya (856 m) et ce sommet (1.549m), j’avais bien envie de monter un peu plus haut, histoire de me dégourdir les jambes et surtout de faire la pige à cette canicule qui nous anesthésie à longueur de journée, dès lors que l’on reste à flemmarder au village. Enfin et pour terminer, ce nom de « la Barbera » (*) m’intriguait un peu et j’avais bien envie de me lancer dans des recherches toponymiques pour tenter de l’élucider. 18 juillet à 8h30, me voilà déjà à pied d’œuvre. Je quitte ma maison, direction le bas du village. Moi, qui m’inquiète de la raréfaction des oiseaux, me voilà agréablement surpris puisqu’en quelques minutes, c’est trois oiseaux bien différents que je viens de photographier. Un rouge-queue noir, une hirondelle et un merle. Les hirondelles sont déjà bien présentes et très actives car elles nichent sous le préau de la mairie. Celle que je photographie se repose sur un fil. Je poursuis sur le chemin de Saint-Jacques et à cette heure-là, je profite encore de l’ombre du Serrat du Calvaire. Ce sentier pas trop bien débroussaillé à cette époque, je le connais désormais par cœur. Je connais les broussailles où s’égayent les fauvettes, les affleurements de schistes où les lézards sommeillent, les ronciers où poussent les grosses mûres, les vieux pommiers de jadis aux pommes si juteuses, les hautes fougères et les hauts genêts où dorment les cervidés, les sous-bois frais où les laies amènent leurs rejetons de marcassins s’endurcir le groin, les endroits herbeux où poussent quelquefois les rosés des prés, les hauts résineux où gambadent des écureuils, les chemins envahis par les graminées où se cachent des lièvres et des compagnies de perdrix et de perdreaux, les clairières et les chemins fleuris où les papillons sont légions. Oui, je connais bien tout ça, et tout en montant, je suis constamment aux aguets de cette Nature qui ne demandent qu’à être observée. Si les beaux papillons sont de très loin les plus présents aujourd’hui, les nombreuses fleurs et quelques oiseaux viennent parfaire ma passion pour la photo. Quelques insectes très intéressants car colorés complètent ce bestiaire. Au lieu-dit Clot del Baro, une belle et première récompense se présente quand  un chevreuil sort des fourrés et s’échappe en direction d’un petit mamelon. J’ai néanmoins le temps de la photographier avant qu’il ne bascule de l’autre côté. C’est pour de telles images que je marche, appareil photo autour du cou. J’atteins la crête qui monte le long du Serrat de Miralles puis vers le Serrat Gran. Ici, je stoppe car les vues s’ouvrent à 360 degrés dont certaines très lointaines. Dessous, je devine, plus que je ne vois, les ravines descendant vers Conat où je marchais très récemment sur le « Sentier d’Arletes ». Juste au dessus, le Massif du Canigou dessine sa longue et haute silhouette bleutée. A ma droite, le boisé Mont Coronat me rappelle à son bon souvenir, celui du tour de son massif effectué en 2007 puis une montée vers son sommet si peu fréquenté ; si ce n'est par les cerfs ; à 2 reprises. Il y aura bien d’autres souvenirs de ce tour aujourd’hui.  Derrière moi, la belle piste filant vers le col de Les Bigues attend que je me remette en route. Je redémarre. Sur cette piste, les variétés de papillons y sont encore plus nombreuses que nulle part ailleurs. J’avance avec l’espoir de tomber sur un papillon rare voire inédit. Mais non, je les connais à peu près tous où alors les identifications sont si peu faciles que je n’hésite pas à me lancer à leur poursuite quand j’ai le moindre doute. Quelques fauvettes très difficiles à photographier viennent m’aguicher. Plus loin, perchés comme deux frères sur un groupe de buissons épineux, un tarier pâtre et une pie-grièche chantent à s’égosiller. Face à mon appareil-photo, ils sont plus accommodants. Plus je m’élève et plus les cistes à feuilles de lauriers sont en fleurs. Par endroits, c’est une véritable nappe blanche qui s’étire et descend vers le bas de la vallée. Dans un ciel bleu et pur, un puis deux vautours fauves viennent jouer les boucaniers de service. Le col des Bigues est là. Il est 12 heures tapantes et j’ai beaucoup flâné. Je déjeune avec l’incroyable chant d’une grive. S’agit-il d’une « grive musicienne » qui porterait bien son nom ? D’où je me trouve, c’est difficile à dire ! Perchée au faîte d’un grand pin, elle cherche probablement un compagnon et chante de manière plutôt saccadée. Ses chants faits de sifflement et parfois même de cris sont d’une incroyable variété, à la fois dans la manière de les émettre mais également dans les sonorités. Cette année, je n’ai pas encore vu de grands rassemblements de grives comme il m’arrivait d’en voir les années précédentes. S’est-elle aperçue elle aussi de cette raréfaction de son espèce ? Y –a-t-il réellement moins de grives que les années précédentes ? Aura-t-elle la chance de trouver un partenaire et ainsi de créer un couple fertile permettant la continuité de l’espèce ? Voilà les quelques questions que je me pose en l’observant et en l’écoutant chanter. Pourtant, quand je repars, la chance me sourit car je réussis à photographier, coup sur coup, un geai puis un pigeon ramier. Urbanya est bien loin désormais, mais je vois le village au fond de sa vallée et je vois ma petite maison. Quelques photos puis je quitte la piste qui file vers le col del Torn au profit d’un large layon qui zigzague puis file rectiligne vers mon objectif du jour. La grimpette est douce au départ et plus sévère sur la fin mais comme toujours je l’appréhende très cool. Comme souvent, j’alterne efforts et instants de pause. Les pauses sont la plupart du temps des arrêts photographiques très justifiés car la faune et la flore sont omniprésentes. Scabieuses, campanules, brunelles et un vaste champ de sèneçons jaunes attirent une incroyable variété de papillons et d’insectes. De l’autre côté de la clôture que je longe, de nombreuses vaches accompagnées de leurs veaux me regardent passer. Pour les bovins pas de doute, je suis un tortillard qui n’a pas du tout envie de jouer au T.G.V. Le sommet est presque là et comme un grand ballot que je suis, je me laisse surprendre par deux cervidés qui détalent. J’avais pourtant l’expérience des fois précédentes. Le plus petit ; sans doute un jeune chevreuil ; détale et s’engouffre dans les hauts genêts et l’autre, le plus grand, sans doute la mère, continue dans la clairière en direction du Puig del Rocater. Je photographie le premier puis je me mets à courir derrière le second. Mais quand on est tortillard, difficile de devenir T.G.V en quelques secondes. Du premier, je n’ai qu’une photo partielle de son flanc et de son arrière-train entrant dans les genêts et du second, une photo un peu trop lointaine aux fins fonds de la clairière. Si le « jamais trois sans quatre » des cervidés déjà aperçus, c’est certes vérifié, je n’ai pas vraiment su en profiter. Il m’aurait fallu être plus méfiant et aux aguets à l’approche du sommet. Je fulmine tout seul puis rebrousse chemin car le hayon que je dois suivre est à droite du sommet et non pas à gauche. J’enjambe le clôture ; par bonheur non électrifiée ; et me fraye un passage tant bien que mal au milieu des hauts genêts. Le hayon qui descend n'est pas bien défriché mais j’y circule néanmoins sans trop de difficultés. Quelques selfies souvenirs au sommet du serrat et je me lance dans la descente. A l’instant même où je croise une bonne piste, j’ai désormais la certitude d’être sur le chemin menant vers Cobazet. Mon G.P.S que j’allume me le confirme. Une fois encore ma curiosité légendaire m’entraîne sur des chemins bien incertains. De cette « Font de la Barbera » je veux tout savoir. Pour cela, j’ai enregistré ses coordonnées dans mon G.P.S et au lieu de partir à gauche vers Cobazet, je file à droite à sa recherche. La « font », c’est la source mais c’est aussi la fontaine. Alors cette « Font de la Barbera, est-ce une simple émergence d’eau, une source captée ou carrément une jolie fontaine ? Grâce à mon G.P.S, je le sais assez vite et je le sais d’autant plus vite que je m’embourbe dans un petit réseau de tourbières. En réalité, il y a plusieurs résurgences qui sortent du sol et qui en descendant de la montagne forment un petit entrelacs de fanges et de rus se transformant peu à peu et un peu plus bas en un petit ravin d’à peine un mètre de profondeur. Je longe la petite ravine et finalement arrive un peu déçu sur une autre piste qui se trouve en contrebas. Déçu car j’avais l’espoir qu’un brin d’humanité voire au moins un signe de la présence de l’homme seraient présents dans cette fontaine. Malheureusement, le seul signe visible est une vieille baignoire renversée ayant jadis servi d’abreuvoir et gisant dans le ravin. Voilà la seule captation que l’on a jugé bon de faire avec l’eau de cette Font de la Barbera. Déçu ou pas, il me faut désormais remonter. Je longe à nouveau le ravin, m’embourbant une fois encore mais sans rien trouver de plus que quelques têtards dans une poche d’eau un peu plu profonde que les autres et cette « barbe » liquide qui suinte de tous les côtés. Alors cette « Barbera » est-ce cette barbiche de filets d’eau et de tourbières ? Est-ce le nom d’une personne ayant habité par là ? Je ne le saurais peut-être jamais mais je suis bien décidé à chercher ? Enquêter, j’adore ça ! Si la « Font de la Barbera », telle que je viens de la découvrir, n’a rien dévoilé de son nom et seulement des suppositions, cette petite incartade m’offre des vues grandioses que je n’aurais pas vu en filant directement vers Cobazet. Vallée de la Castellane, Plaine du Roussillon, Canigou et juste à mes pieds, le Bosc d’Estardé déroulant sa belle et sombre forêt sur les flancs et la colline arrondie du Serrat Gran. Quand on connaît un peu l’histoire de Cobazet et de Callau, le chemin que j’emprunte ne laisse que peu de place à des doutes quand à sa fonction antérieure. Oui, ce chemin, c’est bien celui qui était commun à l’ancienne voie ferrée qui amenait le talc ; en réalité de la stéatite ; depuis la « carrière de Callau » jusqu’à la « gare d’Estardé ». D’ailleurs, dès le premier virage, on aperçoit à contrebas quelques « bigues » rongées par le temps, probables traverses rudimentaires de l’ancienne voie ferrée et un éparpillement de pierres, dont on peut raisonnablement imaginer quelles servaient de ballast. Sur la gauche, quelques murs de pierres et des ruines perdues sous la végétation viennent compléter de ce qu’était le décor de l’époque. Il suffit d’ôter quelques arbres de sa vision et d'avoir un peu d'imagination pour se rendre compte pleinement de ce qu’était cette exploitation de la stéatite. Bâtisse, gare, trémie, câbles, amas de ferrailles et de poutrelles jetés en contrebas du chemin, tous ces signes bien que désormais envahis par la forêt et la végétation sont encore très visibles. C’est assez marrant car presque à chaque fois j’en ramène des petits vestiges que j’accroche à un muret de ma maison : clous, clavettes, rivets, vieux outils rouillés, attaches, etc…. Cette fois, c’est un double crochet de câblage un peu lourd mais que je fourre néanmoins dans mon sac. Dans l’immédiat, le chemin bien herbeux et ombragé incite à la flânerie puis à une pause bien méritée. Pendant cet en-cas, une mésange charbonnière vient sautiller tout près de moi. Quand je redémarre, c’est le bruit fracassant d’un bulldozer qui vient rompre le silence jusqu’ici total. Ecrasant la végétation, il est entrain, apparemment, de tracer une nouvelle piste. Enfin je crois ! D’ailleurs, ce n’est pas la seule besogne, car quand je regarde en contrebas en direction de l’ancienne métairie de Cobazet, j’y aperçois un grand nombre de véhicules utilitaires et une agitation jamais aperçue jusqu’à présent. La métairie, que j’ai toujours vue sans réelle activité, or mis quelques magnifiques taureaux reproducteurs, serait-elle en cours de rénovation ? En tous cas, une de ses façades est déjà bien plus blanche qu’auparavant et parfaitement restaurée. La métairie serait-elle entrain de devenir cette vitrine de la chasse, tant souhaitée par Monsieur Amaury Cornut-Chauvinc, président de Groupama et pour charmer les « Tartarin » qui l’accompagnent au tarif de 3.750 euros (tarif 2012) l’autorisation annuelle de chasser sur ce magnifique et gigantesque espace allant jusqu'au Massif du Madres. Face à eux, les amoureux de la Nature ne seront jamais gagnants. Faisant partie de ces derniers mais demandant aux premiers d’être respectueux des animaux, ces travaux ne m’intéressent guère et j’aurais nettement préféré qu’on réhabilite le refuge de Callau pour les randonneurs. Je poursuis ce chemin, ancien tracé du Tour du Coronat, que je connais si bien et dont je ne garde que de merveilleux souvenirs. Oui, ce périple que j’avais intitulé « des Merveilles au pays d’Alysse » porte résolument bien son nom car au moment où j’approche du col del Torn, ce sont deux nouveaux cervidés qui traversent la piste, un plus petit et un plus grand comme au sommet du « Serrat de la Font de la Barbera ». Est-ce les mêmes ? Bien que difficile à concevoir, ce n’est pas impossible car n’importe quel chevreuil est bien plus rapide que moi. Une fois encore ma promptitude à photographier cette faune si peureuse des hommes n’est pas suffisante et je n’enregistre qu’un animal sur les deux dans mon numérique, et encore parce que le second a stoppé quelques secondes. Quand je visionne la photo sur l’écran de mon appareil photo, j’ai le sentiment que ce cervidé est bien trop grand pour être un chevreuil ! Une biche peut-être ? Ils ont disparu dans l’épaisse forêt située en contrebas. Le col del Torn est là et si d’innombrables souvenirs se bousculent dans ma tête, tant j’y suis déjà venu randonner, je ne m’éternise guère. Seule la stèle avec cette croix en fer retient encore plus mon attention qu’à l’habitude car désormais j’en connais l’histoire grâce à un ami blogueur et accompagnateur en montagne qui a eu la gentillesse de me la communiquer. Cette histoire (**), c’est celle de deux gardes forestiers qui ont d’abord disparus le 22 juillet 1806 puis sont retrouvés assassinés le 4 août 1806 et cette stèle a été dressée pour leur rendre un impérissable hommage. Il s’appelait Jean Serrat et Gaudérique Fabre et cette histoire vous est contée par Jean Parès sur l’incroyable et remarquable site Internet consacré à l’Histoire de Mosset. S’il ne reste plus qu’à refermer cette boucle en retournant vers le col de Les Bigues, cette balade est très loin d’être finie. La piste vers le col est longue quand à la descente vers Urbanya par la piste DFCI C057, puis par les Escocells et la clôture du Correc del Menter, elles ne le sont guère moins. Les journées sont longues, j’ai tout mon temps et j’ai bien l’intention de flâner encore. J’ajuste mon baladeur MP3 sur mes oreilles et me voilà sur le chemin du retour, bonnes musiques en tête. Fleurs, papillons toujours en grand nombre, lézards des murailles assez nombreux, un écureuil, les vautours toujours là et de rares oiseaux m’accompagnent vers la ligne d’arrivée. Plus surprenant toutefois, un lézard vert, un magnifique mâle bleuté, se chauffe au soleil sur un monceau de gravas négligemment jeté dans cette belle Nature par un irresponsable. Le reptile se laisse gentiment photographié avant de détaler dès lors que je tente une approche plus restreinte. C’est bien la toute première fois que j’aperçois un lézard vert à une telle altitude. Un coup d’oeil sur mon bout de carte I.G.N et je constate que je suis encore sur une courbe de niveau d’au moins 1.400 à 1.410 mètres. La descente qui longe la clôture parallèlement au Correc del Menter n’est déjà pas facile mais se complique encore à l’approche du village à cause d’un embroussaillement expansif plutôt inattendu. J’enjambe pour éviter les ronces et les prunelliers si redoutables, à la fois pour les vêtements mais surtout pour ma peau. Ayant évité toutes les anicroches, c’est plutôt ravi que j’atterris en surplomb de la rivière Urbanya. Le village n’est plus très loin  et cette balade se termine avec comme toujours cette terrible montée vers ma petite maison. Cette montée, c’est toujours, pour mon plus grand bonheur, la dernière de la journée. Bonheur dans ma tête aussi, car la Nature s’est offerte à moi sous les traits d’une incroyable variété de fleurs et de papillons, de quelques oiseaux dont la quantité et la diversité semblent encourageantes pour l'avenir. Et puis que dire des cinq cervidés aperçus dans cette même journée, c’est si rare ! Si rare de parvenir à sortir quelques photos convenables ! Bonheur également de retrouver Dany. Bonheur d’apercevoir mes deux chats qui sont là à me regarder arriver comme s’il attendait le Messie. Cette randonnée telle qu’expliquée ici a été longue de 17,5 km. Selon mon G.P.S, les montées cumulées ont été de 1.690 m. Le dénivelé est de 693 m entre le point le plus bas à 856 m à Urbanya et le plus haut à 1.549 m au Serrat de La Barbera. Carte IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25.

    (*)Toponymie de La Barbera : Quand j’ai voulu comprendre pourquoi cette source (font) s’appelait « de La Barbera », je suis parti avec l’idée préconçue qu’il s’agissait d’un personnage. Le nom de la personne qui l’avait découverte ou bien encore le nom d’une famille paysanne qui avait résidé dans le secteur de ce « serrat ». Alors oui, La Barbera ou Barbera, avec ou sans le « La », avec ou sans accent sur le dernier "A", sont bien des noms de famille et les toponymistes se rejoignent pour affirmer que ce nom désigne celui qui est originaire de « Barberà del Vallès », localité de Catalogne dans la province de Barcelone.  Cette imputation essentiellement catalane, qui ressemble presque à une affirmation, me paraît plutôt étonnante car on retrouve de nombreux Barbera aussi bien en Espagne qu’en Italie et notamment en Sicile ou des familles de mafieux en ont laissé une triste image et en tous cas bien plus triste que le vin piémontais éponyme. En France, beaucoup moins. En général, après cette assertion, les toponymistes rajoutent que le nom a pour origine le latin « Barbarius », personnage romain ayant laissé son nom à un domaine du nom de « Barberiacum ». Si on creuse encore un peu plus ce « Barbarius », on découvre qu’il  pourrait avoir pour origine le gentilice tiré du cognomen "Barbarus", c'est-à-dire « le barbare ». On sait que le « barbare », du grec ancien « barbaros », c’étaient d’abord « l’étranger » pour les Romains et les Grecs.  Il en fut de même pour les Egyptiens puis pour les Chrétiens, lesquels traitaient de « barbares » puis plus tard de « barbaresques » tout ceux qui ne parlaient pas leur langue. Si on pousse les recherche un peu plus loin encore, on finit par supposer que le « barbare » était celui qui possédait une « barbe », du latin « barbatus » ou plus rarement « barbutus ».  En relation avec ce raisonnement, il serait bien trop long  de citer tous les mots qui ont dérivé de ces noms-là, à commencer par tous ceux qui commencent par « barb ». Comme on le voit, ce cheminement étymologique paraît bien inutile et surtout nous éloigne de la toponymie recherchée pour la « font » en question. Rappelons que l’étymologie est la science qui étudie l’origine des mots alors que la toponymie est celle qui est chargée d’expliquer les noms de lieux. Si l’étymologie peut parfois être une aide précieuse à la toponymie, elle n’est pas la seule solution. A cet instant, je suis loin d’avoir trouvé. Je continue de chercher et finit par trouver qu’il y aurait eu des preux chevaliers qui auraient participé à la bataille de Las Navas de Tolosa le lundi 16 juillet 1212, bataille qui vit s’affronter une immense coalition chrétienne contre les Almohades, c'est-à-dire des musulmans, commandés par le calife Muhammad an-Nâsir. Parmi ces preux chevaliers, Aymar de Mosset et Pero de Barberà, deux croisés, qui avec quelques autres, se sont mis vaillamment au service de cette coalition qui finalement sortira vainqueur. Ici, dans le cas qui m’intéresse, Mosset et Barberà sont deux noms si proches l’un de l’autre dans le temps et l’espace que finalement je me dis que je touche peut-être au but. Malheureusement rien de plus ne vient étayer cette thèse. Je repars à zéro, jusqu’à trouver la solution la plus rationnelle qui soit car avancée par le toponymiste pyrénéen Robert Aymard dans son ouvrage « L’Aragon, berceau de l’hydronymie ibéro-pyrénéenne ». Voici ce qu’il développe à propos des mots  « bulla » et « bullire » :  « bulla, bullire ‘bulle, bouillir’, arag. bolligar.  REW, 1385, 1389. Cette étymologie figure évidemment dans Bouillouse, Bouillousette, eaux en Cerdagne.  Mais  aussi dans Bouridé (source), Bouridis (cascade en Azun), Bouren ‘bouillant’ (appliqué  à un gave). Pour les termes en borb-, barb-, deux origines se juxtaposent: a) le gaulois borvo (Lebel, Coromines, Nègre, Wartburg: FEW, I, 442b); le dérivé catalan barb ‘boue’ doit expliquer les fontaines de Barbe et Barbadou (Porta), Barbère (Mosset), le Barbot de Talau… b) le latin à redoublement *BULBULLIARE < BULLA (DCECH, burbujar; FEW, I, 445a) > cat. borbollar, arag. borbullir, esp. *burbujar, barbuja (1575), borbotar; en dépendent Bourbouille (fontaine, ruisseau, Roussillon), Bourbourou (montagne, Perles), Bourbourride ou Barbouride (fontaine, Oô), Barbouillère (combe, Mijanès), sans doute Estany dels Borbs (Ratera) ».

    Comme on le voit très clairement, il cite la Fontaine de la Barbère, notre fameuse "Font de la Barbera", précisant « Mosset », pour nous dire qu’il s’agit probablement et d’abord d’une source boueuse. Il n’y a donc aucune ambiguïté et je crois qu’on peut lui faire confiance et se souvenir que la boue voire la vase sont également utiles pour se « barbouiller », pour les poissons qu’on appelle « barbue » et « barbeau » vivant sur des fonds vaseux, dont certains ont des « barbillons », pour les canards qui aiment bien y « barboter », j’en passe et oublie volontairement bien d’autres mots commençant par « barb », « borb » ou « berb ». Oui, on peut faire confiance à Robert Aymard, la Font de la Barbera est bien la source boueuse telle que je l’ai découverte avec d’abord son réseau de rus ressemblant à une grande barbe, puis se transformant peu à peu en un seul ruisseau finissant par creuser un peu plus bas encore le Correc de la Solana ou Ravin de la Soulane. La Soulane débouche au lieu-dit La Carole (La Querola) où elle rejoint la rivière La Castellane. Victor Hugo dans son superbe poème « Booz endormi » n’a-t-il pas écrit en évoquant le vieillard Booz que « sa barbe était d'argent comme un ruisseau d'avril » ? Celle de "La Barbera" était marron ; encore que son eau était plutôt limpide ; mais elle ressemblait bien à un ruisseau quelques mètres plus bas.

     

    (**) Histoire des gardes forestiers assassinés : Avec force détails, vous trouverez l’histoire de ces deux gardes forestiers assassinés pour avoir été trop consciencieux, certains diront trop pointilleux.  Ils s’appelaient Jean Serrat et Gaudérique Fabre. L’histoire de leur assassinat nous ait magnifiquement conté par Jean Parès dans l’Histoire de Mosset. Retrouvez-là en cliquant sur ce lien.

     

     

     


    1 commentaire
  • Liberté, Egalité, Fraternité tu te meurs.....

    Liberté, égalité, fraternité est je le rappelle une devise avant tout française même si d’autres pays l’ont adoptée après 1789. Française, cela signifie qu’en France, elle doit d’abord s’appliquer en priorité aux français. Or depuis 1789, cette devise se meurt peu à peu sous l’influence d’un tas d’éléments extérieurs, bons au mauvais d’ailleurs. Avec cet article, je n’ai pas la prétention de répondre à tous les problèmes actuels et aux revendications des gilets jaunes. D’ailleurs, et malgré que je partage totalement leur colère, comment pourrais-je me mettre à leur place et être représentatif de leur mouvement si spontané alors que je perçois 2.300 euros de retraite par mois, plus celle de ma femme qui elle en touche 240. Même si tout augmente, même si ma pension de retraite n’a fait qu’être gelée, voire baissée depuis que je la perçois et même si mon pouvoir d’achat n’a fait que régresser, je n’ai pas réellement de problèmes de fin de mois. Pour autant et ayant très souvent et pendant très longtemps bossé 10, 12 ,14 quand ce n'était pas 16 heures par jour parfois, je ne me sens pas ni un usurpateur de ce que je touche et encore moins un nanti. Ce constat une fois posé, cela ne m’empêche nullement de réfléchir à une meilleure justice sociale, à mieux répartir les richesses et le fruit du travail, à redonner la parole aux français aux détriments de tout ceux qui arrivent d’un peu partout les mains dans les poches et auxquels il faudrait donner presque autant sinon plus que nous en avons acquis nous-mêmes depuis la Révolution. La solidarité, si je n’y suis pas éthiquement ni humainement opposé, elle doit d’abord s’appliquer en priorité aux français les plus méritants et non pas à ceux dont le seul leitmotiv serait de profiter du travail des autres et de vivre d'un assistanat à bon marché voire permanent. Alors voilà ce que je pense qu’il faudrait faire. Enfin plutôt ce que nos gouvernants devraient faire. Ce n’est que mon avis personnel mais je suis certain que d’autres le partagerons.

     

    - LE POUVOIR D’ACHAT :

     

      a)- Aucun salaire avec un taux horaire inférieur à 12,00 euros soit pour 35 heures/semaine un salaire brut mensuel de 1.820 euros. Le SMIC étant à 10,03 euros à ce jour soit une hausse d’environ 20% immédiatement. Je suis certain que cela relancerait immédiatement la consommation et donc l’économie. Evidemment, il faudrait revoir dans le même temps et dans les mêmes proportions, les grilles de salaires pour toutes les personnes qui ont moins de 2.500 euros/mois de salaire brut. Toutes ces hausses pourraient être compensées par la mise en place de charges sociales proportionnelles aux salaires versés. Un peu comme il y a un barème de l’impôt sur le revenu, on pourrait mettre en place un barème des cotisations sociales et notamment pour cette limite que l’on appelle le plafond Sécurité Sociale. Plus ton salaire est gros et plus les taux et le plafond de charges sociales seraient importants. Ce système aurait l’avantage d’être plus juste socialement et peut être permettrait-il de réduire les écarts de salaires entre les plus hauts et les plus bas revenus, revenus qui se creusent sans cesse et ce depuis des années. On pourrait par exemple définir des taux et des plafonds plus bas sur les salaires les plus bas et monter ainsi en gamme pour les autres, du style : rémunérations mensuelles inférieures à 1.500 euros, à 3.000, à 5.000, à 10.000, de 10.000 à 50.000, de 50.000 à 100.000 etc......

    b)- Plus aucune pension de retraite personnelle inférieure au minimum vieillesse qui est de 868 euros et ce, quel que soit la situation fiscale du couple, sauf si celle-ci est supérieure à 3.000 euros de revenus mensuels. Il n’est pas normal que des femmes qui ont privilégié l’éducation de leurs enfants, que des femmes d’artisans, de commerçants, d'agriculteurs qui ont aidé leur mari perçoivent des retraites ridicules, alors que dans le même temps, des gens venus d’ailleurs et n’ayant jamais cotisé perçoivent des sommes bien supérieures sous forme d'aides ou de pensions.  

     c)- Des tarifs de mutuelle dégrèssivement proportionnels aux revenus mais avec des garanties identiques afin que les plus démunis puissent se soigner convenablement. Les dents, les lunettes et les appareils auditifs remboursés à 50% après 50 ans, à 75% à 60 ans et à 100% après 65 ans pour toutes les personnes ayant des revenus inférieurs à 1.500 euros/mois et pour un couple à 3.000 euros/mois.

    d)- Des frais bancaires à zéro pour toutes les personnes qui ont un revenu inférieur à 1.000 euros/mois et puis dégressifs selon les niveaux de revenus. Idem pour les franchises dégressives auprès des assureurs selon les revenus.

    e) Que les opérateurs téléphoniques n'augmentent pas leur tarif. Je constate personnellement que la fibre que l'on m'avait décrite comme beaucoup plus performante que l'ADSL ne l'est pas complétement. Or une augmentation de 5 euros est déjà programmée chez Orange par exemple. Selon moi et même s'il faut considérer qu'il s'agit sans doute d'un progrès, rien ne la justifie au regard de l'utilisation que la plupart des gens font d'Internet. Or mis le téléchargement plus rapide de gros fichiers, de vidéos et de films, je n'ai pas vu d'autres effets positifs avec la fibre.

    f)- A travail ou à poste égal, salaire égal pour les femmes.

     

    - JUSTICE SOCIALE ET FISCALE :

     

    a)- Que l’âge de départ, ainsi que toutes les pensions de retraite, sans distinction, soient calculées selon le même mode de calcul y compris pour les ex-présidents et ministres de la République, les ex-députés, les hommes politiques en général, les fonctionnaires, les salariés du privé et les cheminots et que les pensions soient raisonnablement plafonnées pour ceux qui ont perçus des revenus hors normes pendant leur carrière.

    b) Que l’on arrête de taxer tous les biens de consommation dont on ne peut pas se passer pour vivre comme l’eau, l’électricité, le gaz, les carburants. Quand j'analyse mes factures, j'ai désormais le sentiment de consommer bien plus de taxes et d'abonnements que des énergies.Taxons d’abord les produits de luxe, les produits non indispensables (alcools très forts, tabac, etc…) et surtout les produits fabriqués ailleurs qu’on pourrait fabriquer chez nous quand on a le savoir-faire. A force d’acheter ce qui se fabrique ailleurs, il n’y a plus d'industries en France et moralité beaucoup moins d'argent pour acheter les produits les plus indispensables. La situation s'aggrave au fil des ans et un jour, la boucle se refermera définitivement et ça sera une nouvelle révolution encore bien plus violente que celle que l'on vit aujourd'hui.

    c)- Que l’on interdise et que l’on en finisse avec tous les privilèges et les conflits d’intérêts de trop nombreux lobbies, du style de ceux que l’on voit dans le secteur médical où les toubibs perçoivent des avantages considérables des laboratoires et autre lobbying du secteur. Nos gouvernants laissent faire mais en plus ils ont mis en place un site Internet où tout cela est visible par tous. Alors, si je ne suis pas opposé à la transparence, je suppose que de nombreux citoyens sont comme moi et vivent cela comme une "dangereuse" iniquité. Il n’y a pas que le secteur médical. Les lobbies sont trop nombreux et trop puissants comme dans les médias par exemple. Pourquoi les journalistes ont-ils des avantages fiscaux que le citoyen lambda n’a pas ? Il faut une justice identique à tous. Les lobbies sont devenus légions et ont engendré des conflits d'intérêts toujours plus nombreux et toujours plus injustes. Quoi qu'on puisse en dire, ils dégradent les relations et plus globalement la société. Je veux bien accepter qu'un docteur ou qu'un chercheur qui a fait 7,8,9 ans d'études ait un très bon salaire mais pourquoi faut-il en plus qu'il ait des voyages et des week-end gratuits, des commissions annexes et des avantages que le travailleur lambda n'a pas ? Il faut interdire ces pratiques.

    d) que l’on rétablisse un impôt sur la fortune pour les plus riches des français et notamment pour ceux qui entrent dans ce fameux top 100 détenant à eux seuls des fortunes estimées à 431 milliards. Si on ne peut pas les taxer personnellement parce qu'ils sont partis à l'étranger, taxons leurs patrimoines français et leurs entreprises installées sur notre sol, car après tout c’est bien à partir de là aussi que leur immense fortune grossit chaque année de 15% environ. Quand j'entends que le prétexte de la suppression de l'ISF est qu'il ne rapportait pas suffisamment, alors faisons en sorte qu'il rapporte !

    e) que l’on taxe beaucoup plus sévèrement les dividendes des actionnaires et en contrepartie que l’on favorise les investissements dès lors qu’ils ont été réellement mis en œuvre sur le sol français. Ne pas donner un chèque en blanc comme nos gouvernants l’ont fait avec le CICE et continuent de le faire avec la suppression de l’ISF. Quand je pense que depuis 2013 on a donné des millions d'euros dans le cadre du CICE à des entreprises françaises comme la Poste et la Sncf alors que des plans sociaux de réductions des effectifs étaient déjà programmés et même engagés dans le  cadre de la libération des marchés et de l'ouverture à la concurrence, ça s'appelle "voler le contribuable" ! Le CICE ne devait-il pas servir essentiellement à créer des emplois plutôt qu'à débaucher ?

    f) Que l’on re-nationalise les sociétés d’autoroutes et que l’on mette le prix des péages à des tarifs raisonnables car il est complètement anormal que l’on enrichisse des actionnaires et que le contribuable soit contraint de remettre la main à la poche quand des travaux de réfection sont indispensables.

    g) Que l’on donne beaucoup plus de pouvoirs, d’autonomie et de dotations aux maires et que l’on supprime un tas de strates politiques et administratives qui ne servent à rien si ce n’est à faire doublons, à engraisser une caste de politiciens et de personnels administratifs qui paraissent très souvent inutiles. Est-il vraiment utile qu’on est un Etat avec une ribambelle de ministères, une assemblée nationale, un sénat, un conseil d'état, des régions, des départements, des agglos, des mairies et tous ces organismes publics et semi-publics, et que sais-je encore du style de la Cour des comptes qui dénonce les effets pervers de la République mais dont ses représentants, dans le même temps, en vivent très chichement à longueur d’années ? 190 millions d’euros uniquement en frais de personnel, n'est-ce pas beaucoup trop d'argent pour sortir des statistiques et des rapports que personne n'utilise jamais ? Idem pour la Commission Nationale du Débat Public dont on voit bien que les différents rapports émis sont parti systématiquement aux oubliettes !

    h) Que l’on se donne de vrais moyens pour combattre les tricheries fiscales et sociales dont on sait depuis des années qu’elles se chiffrent en milliards d’euros. Il faut créer des bataillons de policiers spécialisés et les rémunérer en fonction de leurs résultats.

    i) que les dépassements de la vitesse entre 80 et 90 km/h ne fassent pas l’objet de P.V mais seulement d’un retrait de points.

    j) mettre en place dans chaque canton des services médicaux de proximité. Pour cela, obliger tous les cabinets médicaux, et à tour de rôle, à avoir une permanence les week-end et les jours fériés ; en cabinet et à domicile ; et ce, en fonction du nombre d’habitants dans le canton ou la commune, afin que l’on ne soit plus dans ce désert médical que la France est entrain de devenir les samedi, les dimanche et les jours de fêtes. Il n’est pas normal que dans une commune comme la mienne de 14.000 habitants, il y ait une quinzaine de généralistes et 8 cabinets médicaux et que les week-end ou les jours fériés, on soit obligé de faire des kilomètres pour avoir un diagnostic, voire rester malade et sans soin au fond de son lit parce que tous les toubibs sont partis à la campagne ou au ski !. La Maison Médicale à l'hôpital c'est certes bien mais faut-il encore pouvoir être en état de se déplacer. Or, il m'est arrivé personnellement d'être malade, maladie qui ne nécessitait pas de déplacer les urgentistes mais qui réclamait tout de même un diagnostic et des soins. Or aucun médecin n'était joignable sur ma commune et le service SOS Médecins était débordé ce jour-là. Résultat ? 8 jours malade sans diagnostic et sans soins ! Une telle situation est-elle normale dans un pays qui se dit moderne et civilisé ? Je pose la question.

    k) que l’on taxe raisonnablement les poids lourds étrangers qui traversent la France et que les charges sociales soient plus lourdes pour les entreprises françaises employant du personnel non français.

    l) Imposer d’office à 70% tous les salaires supérieurs à 1 million d’euros par an. Taxer très lourdement tous la les "parachutes dorés" et les stocks options des administrateurs des grandes entreprises lors de leur départ. Les entreprises qui sont capables de verser de telles sommes en salaires, en rémunérations et en actions sont certainement les plus aptes à participer à la solidarité sociale nationale.

    m) Arrêter de financer avec l’argent public les écoles privées, les syndicats ainsi que toutes les associations religieuses, professionnelles, antiracistes ou autres qui n’ont pas un caractère évident d’intérêt aux yeux d’un grand nombre de citoyens. Le privé doit être financé de préférence par le privé c'est-à-dire par les adhérents et les donateurs, quand au sport et aux religions, on sait tous l’argent qu’ils sont capables de drainer quand ils veulent s’en donner les moyens. Il suffit de regarder les salaires des sportifs professionnels par exemple. Quand aux mosquées, il s’en construit beaucoup plus que d’églises catholiques ou de temples protestants. Certaines églises catholiques sont même rachetées au nom de l’islam puis se transforment en mosquées ! Il faut arrêter de dépenser l’argent pour ça, nous sommes un pays laïque et c’est à ceux qui croient seulement qu’il convient qu’ils payent et pas à tous. 

    n) Simplifier les procédures, les actes administratifs, les rendre gratuits au possible, faire en sorte que le système de remboursements de la Sécurité Sociale par exemple soit plus simple et plus compréhensif pour les usagers car ils n’y comprennent plus rien, moi le premier, dans cette usine à gaz où les franchises retenues se mélangent aux forfaits non remboursés et surtout qu’on change ce système si complexe et si faillible de carte vitale passant si facilement entre diverses mains et engendrant des fraudes en tous genres. Il faut mettre en place un système informatique plus transparent où les français doivent certes savoir ce qu'ils coûtent à la collectivité mais où ils doivent savoir aussi ce qu'ils payent réellement.  Aujourd'hui, le système est tel qu'on ne le sait pas.

    o) Que l’on supprime pour les plus riches des français tous les avantages fiscaux qui ne créent pas d’emplois pérennes ou ne sont pas sources d’investissements qui en créent, du style assurance-vie, niches sur l’immobilier, niches sur l'art, le cinéma et que sais-je encore. Les plus riches n’ont pas besoin de ça pour vivre grassement et s'enrichir. 

    p) que l’on fasse payer des impôts au même titre et au moins dans les mêmes proportions que les entreprises françaises à toutes ces grandes sociétés mondiales installées en France comme Amazon, Google et consorts sans attendre l’aval des autres pays et surtout celui de Bruxelles.

     

    - IDENTITE et SOUVERAINETE NATIONALE :

     

    a) supprimer la double nationalité en demandant à tous ceux qui en bénéficient qu’ils en choisissent une seule. Où l’on est français ou on ne l’est pas, il faut qu’ils choisissent en toute connaissance de cause : vous ne souhaitez pas devenir français = pas d’aides sociales ! Je trouve que c'est trop facile de ne profiter que du meilleur d'une nationalité selon d'où vient le vent. J'ai écouté à la TV le congrès des musulmans de France de décembre dernier organisé par le Conseil du Culte musulman et plusieurs associations religieuses. On sait bien que très nombreuses associations musulmanes sont largement subventionnées par nos deniers publics mais également par certains pays du Golfe.. Qu'y ai-je entendu et vu ? Une succession d'intervenants musulmans criant haut et fort qu'ils étaient français et essayant par diverses pirouettes de le prouver à l'assistance et aux téléspectateurs. Quand on est un vrai français, est-il nécessaire de le vociférer ? Est-il nécessaire de le répéter inlassablement pour être mieux entendus ? Mieux entendu de qui d'abord ?  De nos gouvernants en général si laxistes dans ce domaine ? Entendus des quelques-uns qui étaient là : c'est à dire Christophe Castaner, Laurent Nunez, Valérie Pécresse et Jack Lang ? A la fin quand il a fallu chanter la Marseillaise, je n'en ai vu que deux la marmonner du bout des lèvres : Messieurs Christophe Castaner et Laurent Nunez. La marmonner seulement comme s'ils avaient honte au milieu de tous ceux qui ne la chantaient pas. Tous les autres, tous ceux qui avaient criaient haut et fort qu'ils étaient français ne la chantaient pas. Alors je pose la question, plutôt que de crier qu'on est français pour tenter de le prouver et de s'en persuader, n'est-il pas mieux de chanter haut et fort la Marseillaise ? N'est-il pas mieux de le prouver dans son comportement de tous les jours en adoptant pleinement les us et coutumes du pays hôte ? N'est-il pas mieux d'avoir une seule nationalité ainsi la question serait définitivement réglée non ? Cela réglerait d'autres problèmes comme celui par exemple de savoir dans quelle langue, l'islam doit être prêché. 

    b) arrêter de verser des aides sociales ou des pensions de retraite à tous ceux qui arrivent en France et qui n’ont jamais cotisé le moindre centime car il faut donner la priorité aux vrais français qui ont travaillé et cotisé, qui travaillent et cotisent pour le pays, et qui malgré ça, souffrent encore car les fractures sociales demeurent et se creusent. Il faut que la France arrête d'être cet aspirateur à immigration qu'elle est devenue depuis de trop longues années. La limite a été atteinte et on le voit bien avec le mouvement des gilets jaunes car tout cela se fait au détriment de bien d'autres personnes plus méritantes. Tout doit être fait pour limiter l'immigration car on voit bien tous les problèmes qu'elle a engendré et engendre toujours (intégration, socialisation, laïcité, insécurité, incivilité, pauvreté, logement, dette, querelles entre pays européens, etc.....)

    c) arrêter de verser des pensions de retraite à des personnes qui ne résident plus en France ou dans les DOM depuis plus de 5 ans et qui ont la double nationalité. Trop de gens profitent de l’absence de contrôle ou d’un contrôle trop facile à abuser.

    d) arrêter l’AME, c'est-à-dire l’Aide Médicalisé d’Etat car il est anormal qu’un étranger en situation irrégulière ait plus de facilité à se soigner qu’un français qui cotise à la Sécu et qui paye sa mutuelle chaque mois. De plus, on sait qu'avec la mondialisation et la facilité des voyages, ce système est désormais détourné par des personnes malveillantes. 

    e) interdire carrément le port du voile en dehors des sphères personnelles et religieuses (mosquées, écoles coraniques, associations à caractère religieux) et sévir dans le cas contraire. C’est un vrai problème car pour une majorité de françaises et de français ce n’est plus depuis très longtemps l’idée qu’ils se font d'un pays qui se veut laïc, qu'ils se font de la femme qui se veut française ! Il n’y a jamais eu autant de femmes voilées depuis que son interdiction dans les lieux publics est entrée en vigueur en 2010. Pour de très nombreux français, c’est désormais vécu comme une provocation et comme le processus d'un islam qui est entrain de devenir de plus en plus visible et radical au fil du temps.

    e) arrêter de répondre favorablement à toutes ces demandes (cantine, piscine, crèche de Noël, médecine, etc…) émanant des communautés religieuses qui ne sont pas le reflet de nos traditions ancestrales. Face à ses communautés, nous perdons de plus en plus de nos prérogatives et de notre laïcité. C’est un vrai problème mettant en jeu notre souveraineté nationale et probablement à terme la paix sociale que nous recherchons tous.

    d) ne pas accepté la polygamie et renvoyer chez eux tous ceux qui la pratiquent.

    e) obliger le citoyen français à donner un prénom bien français à ses enfants, le calendrier est bourré de très jolis prénoms bien de chez nous.

    f) arrêter de répondre favorablement aux injonctions budgétaires et administratives de Bruxelles si elles sont défavorables aux intérêts des français.

    g) Que l'Assemblée Nationale soit plus représentative des opinions des français avec certes des représentants des différents partis mais également des personnes sans étiquette, ayant voté blanc et des abstentionnistes. Il faut revoir cette représentativité et donc le mode de scrutin.

     

    SECURITE :

     

    a)- Construire les places de prison indispensables pour que la France devienne peu à peu un pays paisible et civilisé. L'insécurité et les incivilités se sont démultipliées au fil des années. Suivre de trop nombreux condamnés est utopique quand aux bracelets on a bien vu leur limite voire leur inutilité dans l'assassinat du père Hamel.

    b)- Mettre au travail un maximum de détenus plutôt que de les maintenir dans une oisiveté de plus en plus confortable.

    c)- Remettre en fonctionnement des enceintes carcérales telles qu’elles existaient encore au 20eme siècle sous la forme de bagnes et ce, pour une catégorie d’assassins les plus dangereux, de terroristes et pour les voyous les plus récalcitrants ou carrément irrécupérables. Il n’est pas normal que des gardiens de prison aient peur dans leurs tâches quotidiennes et aient ce sentiment d’être dépassé par des événements intolérables qui se produisent sans cesse dans les prisons françaises. Tout y circule : drogues, alcools, téléphones portables, argent, trafics....sans compter le radicalisme islamiste qui y trouve les conditions et les moyens de se développer. S'il le trouve c'est parce qu'on lui en donne très largement et bien trop facilement les moyens. Il est intolérable qu'au sein d'un milieu qui se voudrait hermétique, il s'y passe tout ça !

    d)- Revoir certaines lois ou mettre en place très rapidement un nouveau système législatif donnant plus de droits aux victimes qu’aux délinquants. Il n’est pas normal par exemple que des squatteurs qui s’emparent d’un bien immobilier ne puissent pas être déloger immédiatement. Il n’est pas normal qu’un assassin parce qu’il devient connu médiatiquement bénéficie gracieusement de la défense d’un grand avocat alors que la victime soit contrainte de se saigner pour payer la sienne. Il n’est pas normal que la légitime défense ne s’applique que la nuit, il n’est pas normal que des assassins d’enfants, des violeurs multirécidivistes se retrouvent dans la nature pour avoir bénéficié de mesure de bienveillance ou de réductions de peines trop facilement accordées , il n'est pas normal qu'une victime mécontente d'un verdict ne puisse pas faire appel, etc…etc….

    e) arrêter de construire des logements sociaux qui peu à peu deviennent des zones de non-droit et des quartiers dits sensibles. Le chiffre de ces zones a été démultiplié par « x » en quelques années en France et dans toute l’Europe. C’est le vrai gros problème de l’insécurité sur le vieux continent car les premières victimes sont les populations qui y vivent paisiblement et qui n’ont pas les moyens de partir aller vivre ailleurs. Elles n’ont d’autre choix que de subir le dictât des gangs, des dealers et des extrémistes.

    f) que ces gangs soient démantelés par l'armée si nécessaire et que ceux qui les composent soient longuement et durement sanctionnés.

    g) renvoyer chez eux, avec interdiction définitive de revenir, tous les étrangers quels qu’ils soient ayant été condamnés au moins à deux reprises en France.

    h) que les familles où la délinquance juvénile est systématiquement multirécidiviste soient privées de toute aide sociale ou au moins proportionnellement à la gravité des actes commis.

    i) que  l’Institut Pour la Justice qui lutte depuis des années pour une meilleure justice soit reconnue d’utilité publique.

    j) que certaines peines finissent par s'additionner comme aux Etats-Unis afin qu'on ne retrouve pas systématiquement dehors des voyous et des assassins dont l'unique conduite dans la vie est de faire du mal et de nuire à autrui. 

     

    L’ECOLOGIE :

     

    a) Que l’on arrête de faire des ségrégations entre les gens qui roulent au diesel ou à l’essence et mettre le prix des deux carburants au même niveau et le plus bas possible. 

    b) Que nos gouvernants demandent aux constructeurs automobiles français de vendre moins chers leurs véhicules électriques. Ces derniers auront tout à y gagner car ils en vendront plus et tireront l’ensemble du marché vers le bas. Si l'on veut faire une véritable écologie, il faut qu'une majorité de français aient plus facilement accès à ces véhicules-là. Offrir des primes c'est sans doute bien mais c'est nous qui les payons avec nos impôts et c'est très souvent les personnes les plus aisées qui en profitent car là aussi les tricheries sont très faciles.

    c) Que nos gouvernants obligent les grands groupes céréaliers à consacrer une partie de leur exploitation à la culture de plantes permettant la production de biocarburants. Que ceux qui auront investi favorablement dans ces cultures soient récompensés par des crédits d'impôts.

    c) Que l’on fasse d’abord payer les grands pollueurs de la planète comme les grandes compagnies pétrolières et gazières, les grandes compagnies maritimes et aériennes et les fabricants de produits nocifs comme Monsanto, avant de s’en prendre aux citoyens et de faire en sorte de les culpabiliser.

    d) que l’on arrête de creuser la Terre à la recherche d’énergies fossiles et que l’on donne une énorme priorité aux énergies non polluantes comme l’air, l’eau, le soleil et la biomasse.

    e) que l’on arrête de développer l’énergie nucléaire en France car le jour où une centrale nous aura pété dans la gueule, les gilets jaunes ne seront plus dans la rue mais au ciel et moi j’aurais écrit cet article pour rien ! En plus, c’est tellement propre qu’on est emmerdé avec les déchets qu’on ne sait pas où mettre et que l’on va laisser à nos petits-enfants pour qu’ils s’en dépatouillent.

    e) La faune dans son ensemble est entrain de crever. 60% de moins selon une étude très sérieuse, alors faisons en sorte que la faune sauvage retrouve ses droits. Pour cela, commençons de faire en sorte que la chasse soit une activité de grand luxe au lieu de diviser le permis de chasse par 2, augmentons-le par 10 ou par 20. Quand je vois les voitures que les chasseurs sont capables de se payer; puissants 4x4 et gros pickups rutilants; force est de reconnaître qu’ils ont encore les moyens de se payer un gros steak de chez Charal plutôt que d’aller tuer un cerf qui n’a rien demandé sinon que de vivre. Il faut réduire les surfaces chassables ainsi que les périodes de chasse car il n'est pas très logique qu'un pays qui s'est voulu le chantre de l'écologie avec la COP21 soit celui qui ait en ces domaines les chiffres les plus désastreux.

    f) que l'on développe autant qu'on le peut des pistes cyclables dans nos communes.

     

    CONCLUSION :

     

    Voilà quelques idées de ce que l’on pourrait commencer à mettre en place pour débuter un vivre-ensemble plus juste, plus serein et plus écologique. J’ai sans doute oublié pas mal de choses….car j'ai très peu parlé du chômage, de l'Europe, mais ça pourrait être un début…pour que la devise « Liberté, égalité, fraternité » ne soit pas que de vains mots. Dans le cas contraire, ces mots continueront de mourir si on ne fait pas un minimum de tout cela très rapidement ! Enfin, c’est ce que je pense mais je vois que l’ex-premier flic de France Gérard Collomb pensait sensiblement la même chose, lui qui au delà de ne plus se retrouver dans la politique macronienne, a dit « il faut une vision d’ensemble pour recréer de la mixité sociale. Parce qu'aujourd’hui on vit côte à côte, et je le dis toujours, moi je crains que demain on vive face à face. » Avant de quitter le gouvernement Macron, il a donc décrit un pays abandonnée sur le plan social, de plus en plus ghettoïsé et en proie à des groupuscules et à des communautarismes qui menacent dangereusement la paix sociale ! Qui mieux que lui était placé pour procéder à cette analyse ?


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  • Ce diaporama est agrémenté de la musique de John Barry tirée du film "Proposition Indécente" réalisé par Adrian Lyne,

     musique jouée ici par The City Of Prague Philharmonic Orchestra

    Le Sentier d'Arletes et autres hameaux perdus depuis Conat

    Le Sentier d'Arletes et autres hameaux perdus depuis Conat 

    Pour agrandir les photos, cliquez dessus. Deux fois pour un plein écran


     

    Quand j’ai envisagé ce « Sentier d’Arletes » au départ de Conat, j’avais imaginé un tracé bien plus court que celui que vous trouverez ici. Initialement, j’avais prévu de monter vers l’ancien hameau d’Arletes (*) en passant par Le Ribéral, la Carrerada, La Falguerosa, Arletes, puis mon idée était de poursuivre par Catllorenç, le Roc de les Creus puis redescente vers Conat par le Roc de l’Home Mort, la chapelle ruinée de Sainte Marguerite de Nabilles et Millares, l’objectif d’une telle balade étant que je ne connaissais pas la première partie, c'est-à-dire cette montée qui s’effectue jusqu’à Roc de les Creus par ce chemin que le cadastre intitule du Ribéral. Puis, après maintes réflexions et connaissant très bien l’autre partie, c'est-à-dire la descente, d’autres envies sont venues à moi comme des évidences. Parmi ces évidences, il y avait cet énorme désir de retourner à Llugols, d’essayer de voir Mr et Mme Naulin, hôteliers hors pairs qui m’avaient accueilli dans leur gîte si merveilleusement lors de Mon Tour du Coronat de 2007. Il y avait cette envie de rencontrer celle que j’ai toujours appelée Nina de Llugols (*) pour lui laisser cette « fameuse » photo qui avait scellée notre amitié, amitié certes essentiellement virtuelle jusqu’à présent mais donc je gardais espoir qu’elle se concrétise enfin par un contact cordial bien réel. Voilà déjà des années que cette photo que j’avais dédicacée à son attention sommeillait sur une étagère de mon bureau à Urbanya et elle n’attendait qu’une chose : que je retourne à Llugols ! Il était peut être temps qu’elle rejoigne sa destinataire ? Voilà quels sont mes objectifs quand en ce 9 juillet, je me lance dans cette longue balade pleine d’espoirs et d’incertitudes. Incertitudes car voilà presque 3 mois que je ne randonne plus à cause de trois pincements aux vertèbres, probables séquelles lointaines mais bien ressuscitées d’une terrible chute sur « les Chemins d’Adrienne » en octobre 2016. Nombreuses séances de kiné et anti-inflammatoires ont finalement tordu le cou à ces misères qui m’empêchaient de marcher et me voilà plutôt en forme. A tous ces desseins, un autre objectif est venu se greffer, celui involontaire mais contraint d’examiner si l’immense raréfaction des oiseaux que je constate à Urbanya se vérifie ici à Conat et dans ses amples alentours où je pars marcher. J’estime à 90% cette diminution des passereaux les plus communs par rapport aux années précédentes, années précédentes au cours desquelles j’avais déjà constaté une réduction évidente des effectifs et des espèces coutumières. Cette année, à titre expérimental, une boule de graisse qui était mangée en moins de 2 jours est encore presque entière au bout de 15. Le matin, nous étions réveillés aux chants des oiseaux mais cette année c’est un silence angoissant qui prédomine quand je prends mon café sur la terrasse. Voilà mon constat. A l’instant même où je démarre, ce bilan semble faux pour Conat, car d’emblée j’aperçois dans le village des rouges-queues noirs, une sittelle torchepot, quelques moineaux et deux hirondelles posées sur une fenêtre. Plus haut dans les ruelles, un merle chante à tue-tête en jouant les équilibristes au sommet d’un poteau mais il s’envole avant que je ne puisse le photographier. Si les chants de ces oiseaux m’enchantent, une fois sur le sentier, je déchante bien vite car les oiseaux disparaissent carrément. Seul un accenteur mouchet, voltigeur à souhait mais peu craintif, me fait courir en direction des ponts à dos d’âne.  A partir d'ici, la seule vraie musique que j’entends est celle d’un étonnant duo formé par la rivière d’Orbanya (Urbanya) et d’innombrables cigales. Ce duo inattendu va m’accompagner un bon bout de temps car la rivière reste longtemps parallèle au sentier qui désormais s’élève peu à peu en balcon. Le sentier du Ribéral, c'est-à-dire de la rivière, porte bien son nom. Après cet égarement volontaire vers les ponts romans, je reviens sur mes pas pour prendre le bon chemin. Il s’élève au dessus de jardins potagers en direction d’un casot ruiné. Les cigales, elles, sont moins nombreuses au fil de l’élévation, mais elles restent néanmoins présentes une grande partie de la journée et ce, jusqu’à ce que le ciel se couvre de gros nuages gris. Par les paysages et les panoramas qu’elle propose, toujours plus aériens, cette montée en balcon est une vraie merveille et de surcroît, elle m’offre une bien inattendue rencontre du 3eme type dans les falaises du bien nommé lieu-dit « Malbaus ». En occitan « Malbaus » signifie les « mauvais rochers escarpés » et là, j’avoue que je crois comprendre pourquoi ! Une photo en rapproché d’une roche plus blanche que les autres me fait tomber sur le cul. Oui, sur une roche escarpée, j’ai bien vu un « gremlins » tel que j’en ai vu dans le film du même nom ou quelque chose de très ressemblant en tous cas ! Vérification faite, c’est bien un « gremlins » que j’ai au bout de mon objectif ! « Gremlins » très laid mais par bonheur exclusivement minéral et donc inoffensif ! Après cette petite frayeur que je finis très vite par relativiser, la montée s’effectue sans problème jusqu’à atteindre la crête sommitale car le sentier est remarquablement débroussaillé. Cette crête continue de m’offrir des panoramas magnifiques sur les deux profondes ravines ; Orbanya d’un côté et El Riberot de l’autre ; sur Conat, sur le Pla de Balençou (ou Vallenso), sur les Massifs du Canigou et du Coronat et droit devant moi sur le Roc de Jornac. Les oiseaux, complètement absents lors de la montée, montrent enfin le bout de leurs becs dès lors que j’aborde le plateau de La Falguerosa. Ils se résument à quelques rares fauvettes et tariers pâtres essentiellement. Par bonheur, cette rareté des oiseaux est largement compensée par une multitude de papillons mais surtout par la présence d’un chevreuil et de deux sangliers que j’aperçois plus tard dans le pré d’Arletes.   Dès lors que les ruines de La Falguerosa sont en vue, l’itinéraire devient vraiment galère, et par moment le sentier disparaît carrément sous la dense végétation, végétation de surcroît très cuisante. Je suis tout heureux d’avoir enregistré un tracé dans mon G.P.S. Mon seul regret avoir un bâton de marche à la place d’un coupe-coupe ou d’une faucille car les ronciers touffus succèdent aux prunelliers qui eux-mêmes font la pige à d’autres buissons aussi agressifs les uns que les autres. Il va en être ainsi jusqu’à Catllorenç (Catllaurens) où là tout redeviendra praticable à l’instant même où je rejoindrais une bonne piste. Dans l’immédiat et dans ce guêpier végétal, mon seul bonheur est d’y trouver une incroyable variété de papillons que je peux photographier à loisirs. Les pluies très soutenues de ces derniers temps ont sans doute contribué à amplifier cette végétation de maquis où les fleurs sont légions. Envahie par les ronciers, la ruine du cortal de la Falguerosa est difficilement accessible. Je n’insiste pas pour la découvrir. D’ailleurs, et malgré un balisage jaune, le sentier est parfois très difficile à trouver dans cette confusion végétale où les graminées et les broussailles se livrent une lutte sans merci pour gagner leur place au soleil. Par chance, quelques cairns élevés par des visiteurs précédents restent encore visibles et quand ce n’est pas le cas mon G.P.S suppléait cette absence. Finalement, j’arrive à deviner puis à trouver ce « Sentier d’Arletes », dont la ruine apparaît bien loin de l’autre côté du ravin d’El Riberot. C’est de cet endroit bien trop éloigné que je distingue le chevreuil et les deux sangliers. Je tente bien de les photographier mais l’éloignement est bien trop important pour obtenir des photos correctes. Je poursuis le sentier qui file en balcon puis le hameau perdu d’Arletes est finalement atteint. Enfin dans l’immédiat, je stoppe au bord d'un ruisseau. Je dépose mon sac à dos sur l’herbe puis face au Canigou je déjeune là sous le regard intrigué de quelques mésanges qui occupent les feuillus. Les mésanges disparaissent et me voilà captivé par une Nature qui n’est pas moins intéressante. Tout en mangeant, mon attention est attirée par un manège dès plus curieux, celui d’innombrables papillons et diptères, c'est-à-dire des mouches, des syrphes et autres espèces d’insectes volants ressemblant plus à des abeilles ou à des guêpes, venant butiner les fleurs d’une menthe sauvage qui pousse les pieds dans l’eau. De cette observation, je note une quantité incroyable d’espèces différentes qui cohabitent sans jamais montrer la moindre agressivité les unes envers les autres. A tour de rôle, elles viennent butiner les mêmes fleurs, laissant la place au nouvel arrivant. Je me dis « quel bel exemple de partages et du vivre ensemble ! ». Ravi de cette Nature si merveilleuse et captivante, je ne peux m’empêcher d’en immortaliser quelques belles photos macros. Je quitte le bord du ruisseau et pars manger mon dessert sous le grand cèdre qui domine les ruines. Là, assis sous cet arbre, je ne peux m’empêcher d’imaginer ce qu’a été la vie de cet hameau oublié où les vérités, les légendes et les histoires au coin du feu viennent se mélanger pour expliquer son déclin puis sa disparition définitive. La trop grande sécheresse pour certains, la peste pour d’autres (*), l’exode rural, voilà toutes les raisons que l’on invoque pour éclairer cet amas de pierres que je visite aujourd’hui. Pourtant, dans ce lieu si isolé et si sauvage de nos jours, il est assez facile de concevoir un habitat bien occupé,  avec tout autour des bois mais également de grands espaces bien défrichés. Deux ou trois bâtisses hautes et bien imposantes, avec autour quelques cabanes en pierres sèches, avec des terrasses où poussent des vergers, des céréales et des vignes. Des enclos rudimentaires où l’on aperçoit des chèvres, quelques moutons et des vaches bien utiles à une existence si autarcique. Un grand potager situait au plus près du ruisseau. Une petite basse-cour où s’égayent quelques poules, des canards et l’indispensable nourrain que l’on sacrifiait pour le « jour du cochon », moment si convivial et si festif qui en engendrait bien d’autres dès lors que les préparations confectionnées étaient mises sur les tables. On peut aisément imaginer des clapiers et une étable au rez-de-chaussée et ce lieu à vivre qui se situait toujours à l’étage car par ce biais, on bénéficiait gratuitement d’un chauffage au sol avant même l’invention de l’électricité. Une grande cheminée et un four à pain venaient compléter ce système de chauffage si archaïque. Oui, je peux très facilement imaginer tout cela ! Un cairn dominant le hameau m’incite à y monter mais or mis les panoramas encore plus beaux vers le Canigou et sur le hameau, je n’y décèle rien de concret. A l’instant même où je m’apprête à redescendre, un autre randonneur, venant de Catllorenç, traverse le hameau sans s’arrêter. Marchant d’un très bon pas, je le vois disparaître dans cette végétation si compacte que je viens moi-même de franchir. C’est un peu idiot, mais dans un coin aussi reculé, je me satisfais toujours de voir que je ne suis pas seul, même si la marche solitaire ne me pèse pas. Après quelques photos souvenirs, l’instant est venu de me remettre en route. Toujours aussi galère, le summum des difficultés arrive juste avant Catllorenç, avec à la place du sentier, un étroit corridor encadré de très hauts genêts. Malgré mes difficultés à avancer, je me dis que l’homme que je viens d’apercevoir est nécessairement passé par là. Je mets mon sac à dos et mon bâton devant ma poitrine et fonce tête baissée dans ce « tas » végétal, essayant de passer ma tête et mes épaules avant tout le reste dans la petite ouverture qui s’offre à moi. J’en ressors 50 mètres plus loin sous une haie de cerisiers mais avec la vision libératrice d’une barrière qui s’ouvre sur une large et bonne piste. Sur ma droite, et toujours enfouie dans la cerisaie, j’y découvre un mas en partie bien restauré mais fermé, avec sur sa porte et ses fenêtres, des mentions « pièges à feu » qui n’incitent pas à la curiosité. La mienne se résumant à tenter de photographier quelques oiseaux attirés par les cerises, je n’y campe pas. La piste, désormais boisée de quelques pins à crochets, m’amène assez facilement jusqu’au Roc de les Creus où je retrouve avec plaisir cette roche si exceptionnellement gravée en forme d’éventail ou de cadran solaire. Ici se termine la déclivité et voilà désormais la partie que je connais si bien, et pour cause, car cette piste était le fil conducteur d’une étape lors de la 5eme étape de Mon Tour du Coronat. Depuis le refuge de Caillau, elle m’avait amené à Llugols et au gîte de Mr et Mme Naulin. C’était en 2007. Si je suis revenu ici à de multiples reprises, c'est-à-dire sur ces chemins, ce retour à Llugols est plutôt inédit car voilà déjà 8 ans que je n’y suis plus retourné. C’était lors d’une balade que j’avais intitulé « les Chapelles du Pla de Balençou ». C’est dire si je connais bien cette piste qui descend vers Llugols et les raccourcis qui permettent d’en éviter les quelques sinuosités. Or mis quelques papillons nouveaux, rien ne m’arrête dans cette descente peu fréquentée par les oiseaux. Pourtant dieu sait si j’y ai toujours découvert une avifaune très exubérante, avec parfois même de grands rassemblements, mais aujourd’hui c’est un vide presque sidéral qui semble prédominer. Ignorant les pistes DFCI, j’emprunte des raccourcis longeant le plus souvent des clôtures. Ces clôtures m’entraînent non loin du Roc de l’Home Mort puis de la Font de l’Aram. Ici, dans ce secteur, je retrouve le début d’une nouvelle piste près de cette étonnante cabane que j’avais déjà découverte lors de ma balade aux « Pierres gravées et dressées de Conat ». Elle ressemble à un blockhaus rudimentaire, espèce de tertre aménagé de planches, de tôles et d’argile amalgamée. Cabane de berger ?  Poste de chasse ? Abri anti-atomique édifié par un fou ? Je ne sais pas ! Aujourd’hui il n’y a personne et seulement un beau lézard vert qui profite des derniers rayons du soleil. Le temps se gâte, de gros nuages gris arrivent de toutes parts. Canigou, Coronat et Madres sont déjà bien ennuagés. Si la météo était magnifique ce matin, désormais le plafond est déjà bien bas et bien gris, et une humidité ambiante se fait sentir. La piste encadrée de hauts résineux et descendant vers le Pla de Vallenso arrive à point nommé. Alors que j’accélère le pas, ayant dans ma tête déjà fait une croix sur d’éventuels oiseaux, quelle n’est pas ma surprise d’y observer un petit rassemblement de pipits. Ils s’envolent dans les résineux mais parmi eux, il y en a un qui se laisse gentiment photographier. Les pipits, quelques merles, un rouge-queue noir, une buse dans un ciel devenu bien gris et de nombreux papillons, la descente vers Llugols me réconcilie quelque peu avec cette Nature pour laquelle j’aime marcher. Llugols est là et si deux itinéraires se présentent, je n’ai aucune hésitation à prendre très machinalement celui qui descend direct au gîte Naulin. Une table et des chaises de bistrot de couleur rouge face au Pic du Canigou, pas de doute me voilà arrivé. Comme en 2007, je m’assieds pour une photo souvenir identique à celle de 2007 puis je tape à la porte. Aussitôt Mr. Naulin m’ouvre. « Vous me reconnaissez ? » lui dis-je. « Bien sûr ! » me répond-il  puis il rajoute aussitôt « je ne me souviens pas de votre nom mais sauf erreur de ma part, il s’agissait d’un prénom ? » puis d’un air interrogateur, il rajoute encore « vous avez deux prénoms, c’est bien ça ? ». « Gilbert Jullien ! » lui dis-je et sous forme d’exclamation, je rajoute « Quelle belle mémoire, vous avez Mr. Naulin ! ». Il me propose une bière en m’indiquant gentiment que c’est offert par la maison car il rajoute ne plus faire gîte depuis quelques années, me précisant qu’il ne reçoit plus que des amis de passage ; cavaliers en transhumance la plupart du temps ou bien des randonneurs égarés. « Je ne suis pas égaré ! ». « Je suis venu exprès pour vous voir ! ».  « En souvenir des instants merveilleux que j’ai passé ici ! » lui dis-je. Sans aucun chichi, on s’installe dans le salon comme deux amis qui se retrouvent bien des années plus tard. L’intérieur n’a pas changé et c’est toujours cet adorable capharnaüm que j’avais tant aimé voilà 11 ans. J’y avais décelé le goût des voyages, des périples, des aspirations d’ailleurs très lointains mais parfois très proches aussi, des choses simples avec un penchant certain pour les couleurs chatoyantes et plus globalement pour tout ce qui peut être considéré comme de l’Art. Oui, j’avais beaucoup aimé et j’aime encore ! Nous restons plus d’une heure à discuter d’innombrables sujets : du passé et de Mon Tour du Coronat si mémorable, de son épouse que je ne vois pas et qui bosse pour mon infortune, de son chien Bonnie si facétieux qui m’avait accompagné jusqu’à la montagne de Belloc mais dont j’apprends avec une grande tristesse qu’il est mort depuis,  de ma rando d’aujourd’hui et de ma motivation à revenir ici où j’avais passé de si belles heures en leur compagnie, de ma petite maison secondaire à Urbanya depuis 2010, de nos potagers respectifs, des pluies actuelles si soutenues et du beau temps, beaucoup moins beau cette année,  de la raréfaction des oiseaux qu’il trouve effroyable lui aussi, rajoutant qu’il ne voit plus de petits passereaux et seulement des oiseaux de taille supérieure comme des merles, geais et autres pigeons ramiers. Lui non plus ne comprend pas cette disparition très inquiétante car si soudaine. Notre conservation se termine par la photo de Nina que j’ai amenée et que je lui montre en lui racontant son histoire. Nina ? Il me dit la voir quelquefois mais il a la certitude qu’elle n’est pas là en ce moment. Il accepte que je lui donne la photo et m’assure qu’il la lui remettra à la première occasion. J’en suis ravi car j’ai toute confiance en lui. A l’instant même où je m’apprête à partir, Dany m’appelle en m’indiquant qu’il tombe des trombes d’eau à Urbanya. Je la rassure en lui disant que je suis à Llugols et qu’ici il ne pleut pas. Enfin pour l’instant ! Je salue Mr. Naulin, le remercie pour son accueil si bienveillant et si gentil, sa bière et cet échange amical si spontané. Je quitte le hameau, direction Conat. La direction de Conat étant la même que celle de la chapelle Saint-Christophe, comment ne pas m’y rendre alors que j’y ai tant de bons souvenirs ? Chapelle, rocher qui la domine avec sa croix néolithique,  la pluie se met à tomber à l’instant même où j’effectue un retour vers ce passé si merveilleux. N’est-ce pas ainsi que j’avais intitulé Mon Tour du Coronat en 6 jours, « Des merveilles au Pays d’Alysse » ? Par bonheur, un petit casot est là à point nommé pour m’accueillir et m’abriter. Je m’y réfugie quelques minutes car la pluie cesse presque aussitôt. Un petit tour par la Font del Castanyer et je pars finir mon casse-croûte sur le parvis de la chapelle. La pluie tombe de nouveau et je m'abrite sous le porche. Elle s'arrête. Sous un ciel de plus en plus menaçant, je file au pas de course sur ce sentier de Conat tout en descente. Nouvelle pluie et nouvelle planque dans un orri très opportun. Alors que je suis entrain de me dire que je n’arriverais jamais à Conat, la pluie cesse au bout de 10 minutes. Je repars toujours au pas de course, pas de course pas vraiment effréné car les difficultés du terrain ne le permettent pas, mais je ne flâne plus. Seule la végétation bien embroussaillée au fond du Correc de Sainte Marguerite me freine quelque peu. La pluie ne revient plus et Conat est là bien plus vite que jamais auparavant. Je retrouve la rivière et l’enjambe sur un petit pont. Ici ce n’est plus la rivière d’Orbanya mais celle de Callau car la confluence des deux rivières est toute proche à l’intérieur du village. Mais qu’importe le nom car quel bonheur d’y trouver un couple de bergeronnettes qui en occupent son lit. A Urbanya, je n'en ai pas vu au bord de la rivière depuis l'an dernier ! Ma balade se termine avec cette jolie vision. J’ai réalisé la plupart de mes objectifs : les hameaux d’Arletes, de la Falguerosa et de Catllorenç (Catllaurens) que je ne connaissais pas, mes souvenirs du Tour du Coronat, Llugols, Monsieur Naulin, la photo de Nina dont je sais qu’elle arrivera un jour à sa destinataire (**). Si je suis très satisfait de mes quelques photos d’oiseaux, les quantités et les variétés habituellement observées manquent à l’appel. Je me suis rattrapé avec une variété incroyable de papillons et encore, j’en ai loupé pas mal. Une fois encore, je n’ai pas eu la chance de revoir Nina, j’ai perdu avec tristesse ce chien si attachant qui s’appelait Bonnie mais alors chose très surprenante, j’ai revu ce jeune chat gris qui en 2007 venait systématiquement se frotter dans ma jambes dès lors que je me reposais sur la terrasse du gîte Naulin. Il a onze de plus et a pris un petit coup de vieux, tout comme moi d’ailleurs, mais cette fois il n’a pas accepté mes caresses. Oui, j’ai beaucoup aimé ce « Sentier d’Arletes » même si un bon débroussaillage mériterait d’être accompli sur la partie la plus élevée du parcours. Cette randonnée telle qu’expliquée ici a été longue de 13,3 km. Selon mon G.P.S, les montées cumulées ont été de 1.278 m. Le dénivelé entre le point le plus bas (513 m rivière Orbanya à Conat) et le plus haut (1.096 m  au Roc de les Creus) est de 583 m. Carte I.G.N 2348 ET Prades - Saint-Paul de FenouilletTop 25.

    (*) Le hameau d’Arletes (en français Arlettes) : Que sait-on exactement du hameau d’Arletes ? Concernant sa toponymie, on peut supposer qu’elle est identique à celle d’Arles, c'est-à-dire qu’elle aurait pour origine le mot gaulois « Arelate » dont le radical  « are » signifie « près de » et du terme « late » ; du mot celtique « latis » ; désignant un lieu humide (marais, marécage, fleuve, ruisseau). En tous cas, le lieu avec son petit ruisseau correspond bien à cette description et la terminaison « ete » ou « ette » à cet aspect « petit » si évident. Concernant son Histoire, assez peu de choses sont arrivées jusqu’à nous. Toutefois, la version catalane de Wikipédia nous informe que la première mention documentée d’Arletes date de 1312. Ce document nous apprend qu’à cette époque, le hameau dépendait de la commune de Bettlans (Vallans), elle-même sous la dépendance du royaume de Majorque gouverné par Sanche 1er dit le Pacifique, comte du Roussillon et de Cerdagne. Pour le compte du roi, un certain chevalier Guillaume d’En est chargé de récupérer les dîmes, les cens d’Arletes et des autres fermes d’Urbanya. La dîme étant un impôt sur les récoltes et le cens un droit seigneurial foncier, on peut imaginer à juste titre qu’Arletes était déjà habité par des paysans qui vivaient là du fruit de leurs travaux agricoles et de l’élevage de leurs troupeaux. Au 14eme siècle, le hameau appartient à la juridiction royale apprend-on également. Sachant que la guerre fait rage entre le royaume de Majorque et celui d’Aragon, on est en droit de se demander laquelle ? Il faut donc s’intéresser plus largement à l’Histoire de Conat (La Baronnie De La Vall De Conat (Les Seigneurs) d'Eugene Schmidt -Revue Le Conflent), à celle du Conflent et des deux royaumes pour trouver quelques réponses à cette question. On note qu’en 1424, il y a 4 feux à Arletes, c'est-à-dire quatre familles et peut-être entre une quinzaine et une trentaine d’habitants. Un feu représentait une moyenne de 4 à 5 personnes. A cette époque, le hameau est subordonné à la baronnie de Conat. Ensuite, dans l’Histoire du prieuré de Marcevol, on apprend par des chartes de 1265 et 1267 qu’Arletes, au même titre que 21 paroisses du Conflent, est la propriété des chanoines du prieuré de Marcevol. Dans un cartulaire des fiefs des rois Jacques 1er et Jacques II de Majorque (1263-1294), on peut lire qu’un certain Bertran Gil commissaire des fiefs confirme la possession féodale de 4 feux (comprendre foyers au sens de logements, ici des fermes) par un certain Pere Lauret. On peut donc supposer que ce Pere Lauret est un chanoine appartenant à la congrégation de Marcevol. Le hameau disparaît des « radars » historiques pour réapparaître dans le cadastre napoléonien en 1811. Ensuite, c’est le flou le plus complet car les légendes et les histoires semblent vouloir prendre le pas sur la réalité historique absente. On peut toutefois imaginer assez aisément que les pandémies de peste qui se sont succédé en Europe, mais plus particulièrement dans la Catalogne et le Roussillon (1347, 1381, 1397, 1410, 1429, 1631, 1649, 1720 et notamment celle qui a décimé tous les habitants de Llugols en 1652 ont eu une influence sur la vie du hameau d’Arletes. Ajoutons à cela les guerres, les terribles périodes de sécheresse qui n’ont pas manqué, les difficultés dans les moyens de communication et de transports, tous les autres fléaux et calamités qui ont sévi au fil des siècles et enfin l’inévitable exode rural du 19eme siècle pour comprendre pourquoi Arletes a finalement disparu et est devenu un hameau oublié de tous. Il suffit d’aller là-bas, dans ce décor sauvage de profondes ravines, pour comprendre que la vie n’a jamais été facile, même au temps où la vie autarcique et le travail des champs étaient « choses courantes ». Dans ce secteur du Pla de Vallenso, on trouve néanmoins une grande quantité de chapelles très isolées, ce qui prouve bien qu’une vie communautaire fédérée par la religion catholique a longtemps existé. Notons enfin, qu’en 1911, l’écrivain Juli Cornovol a évoqué le hameau d’Arletes dans un conte légendaire intitulé « El refilayre de Carençà  », récit dans lequel il attribue la disparition du hameau à l’épidémie de peste noire du 14eme siècle.  Légende ou réalité historique ? Ce chapitre de Wikipédia se termine en expliquant que ce lieu devenu maléfique est peuplé uniquement de bêtes sauvages et ce, jusqu’au jour où une ferme y a été construite. Alors, je le confirme, oui, j’ai bien vu des animaux et une ferme en ruines à Arletes. Les animaux, je ne sais pas s’ils étaient sauvages car ils broutaient paisiblement mais c’est un fait, Arletes est désormais la propriété d’une faune que des hommes s’évertuent à vouloir chasser car j’y ai vu aussi et malheureusement un poste de chasse. Et si un jour et après des siècles d'occupations humaines, la Nature reprenait pleinement ses droits à Arletes ?

    (**) Nina de Llugols ou l’histoire d’une photo : Lors de l’été 2007, j’effectue en 6 jours le Tour du Coronat. Le Coronat est un massif montagneux des Pyrénées-Orientales situé dans le Conflent, dont le point culminant s’élève à 2.172 mètres d’altitude. Le 17 août, et alors que je viens de terminer la 5eme étape entre le refuge de Callau et Llugols, je photographie 3 enfants dans ce dernier hameau. Juchés sur de petites motos, ils descendent à tout berzingue, et dans de grands éclats de rires, la piste terreuse menant au village. Ces 3 enfants, une fille et deux garçons, je ne les connais pas mais ils me rappellent étrangement mon enfance et un temps désormais si lointain où avec mon « pauvre » frère ; « pauvre » car trop tôt disparu ; et des amis nous descendions sur des planches montées sur des roulements à billes les rues de notre quartier à Marseille. A cet instant, je suis très nostalgique. Nostalgique d’un temps révolu et qui est passé bien trop vite, nostalgique de mon frère et nostalgique car dès le lendemain mon Tour du Coronat se termine. A Llugols, je loge dans le gîte de Monsieur et Madame Naulin. Mon tour du Coronat terminé, quelques semaines plus tard, cette photo, je l’insère dans le récit de ce périple sur mon site Internet. Le temps passe. En 2013, soit 6 ans plus tard, je reçois le message suivant :

    « Bonjour Jullien, j’ai trouvée votre adresse sur votre site de vos histoires de randonnée. J'habite en ce moment en Russie. Et par un moment de nostalgie je vais sur Google, et tape "Llugols", regarde des photos et au bout d'un moment tombe sur votre site. Je lis l'histoire de votre randonnée du 17 août 2007, regarde les photos.... et BAM je tombe sur une photo de moi et de mes frères, ou nous sommes sur des petites motos. Je n’ai pas pu agrandir la photo, si jamais vous avez des photos de ce jour-là, peut-être pourriez vous me les envoyer ? En espérant une réponse, Nina Neveroff. »

    Ma première réflexion est de me dire que ce message très surprenant car si inattendu est incroyable aussi car bourré de grands écarts. Ecart dans les années et écart dans la distance séparant LLugols de la Russie ! Je suis bien sûr agréablement étonné de ce message provenant de Russie et bien évidemment je réponds à Nina immédiatement. Je n’ai pas d’autres photos mais je lui fais parvenir en pièce jointe la photo en question la plus grande possible. Nous échangeons par courriels, nous devenons amis sur Facebook et nous nous faisons la promesse d’essayer de nous rencontrer pour concrétiser cette amitié naissante et échanger à propos de cette photo, dont je sens bien qu’elle est autant chargée de nostalgie et d’émotions pour elle que pour moi. Une fois encore, le temps passe mais je ne désespère pas d’une éventuelle rencontre. Depuis pas mal de temps déjà, de cette photo numérique, j’en ai tiré une photo papier. Je l’ai dédicacée, j’ai rajouté un message sympa à l’attention de Nina et l’ai mise dans un cadre. Le cadre dort sur une étagère de ma maison d’Urbanya. Cette photo, je la regarde souvent, trop souvent à mon goût car elle me rappelle ce périple si merveilleux et je me dis qu’il serait bien qu’elle rejoigne un jour sa vraie destinataire. Ce jour-là arrive avec ce « Sentier d’Arletes » à partir de Conat. « Pourquoi ne pas pousser jusqu’à Llugols » me dis-je à l’instant où je planifie cette randonnée. Je me dis aussi que Llugols c’est tout petit et qu’une fois là-bas, j’improviserais une éventuelle rencontre, soit avec Nina, si elle est là, soit avec les Naulin, mes sympathiques hôteliers de 2007. 11 ans se sont écoulés, vais-je les retrouver les uns ou les autres ? Le 9 juillet, la randonnée s’effectue comme prévue. J’arrive à Llugols et au gîte Naulin vers 16h. Monsieur Naulin m’ouvre son gîte, me reconnaît et m’invite à boire une bière. Nous discutons de tout et bien sûr de Mon tour du Coronat de 2007. Bien évidemment, je lui parle de Nina et lui raconte l’histoire incroyable de cette photo. Il me dit que Nina est venue à Llugols très récemment mais qu’elle n’est pas là en ce moment. Je lui remets le cadre contenant la photo et il me promet de le lui remettre à la première occasion. Le 30 juillet 2018, Nina m’envoie un message sur Facebook me remerciant pour la photo et cette attention à son égard. Je sens un peu de retenue dans son message. Normal, Nina a grandi et s’est mariée. Ce n’est plus l’enfant que j’avais pris en photo avec ses frères en 2007…….Je crois que c’est surtout moi qui suis resté enfant !

     

     

     

     


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  • 1969 - 1986 Mon onde informatique.

    L'ordinateur Gamma 10 de chez Bull et son imprimante tel qu'on pouvait les voir dans n'importe quel atelier d'informatique dans les année 1960/70. A lui tout seul, il nécessitait au moins 20m2 auquel il fallait ajouté la place pour les trieuses, les interclasseuses et les grands bacs servant à entreposer et à classer les cartes perforées, en réalité les fichiers, les données et les programmes (logiciels). Les ateliers que j'ai connus occupaient un espace de 200 à 400 m2. A lui tout seul son poids total, imprimante incluse était de 1.350 kg. L'ensemble était assourdissant mais à l'époque il n'existait pas de réglementations en la matière. Pas plus d'ailleurs pour le poids que nous soulevions à longueur de journée. Un carton contenant 3000 cartes vierges pesait 6,7 kg et un bac métallique plus du doubleJ'y ai bossé dessus pendant 10 ans du 23 avril 1971 jusqu'en mai 1981. 

    1969 - 1986 Mon onde informatique :

    Il y a quelques jours, j’ai rêvé d’un temps où je bossais sur un ordinateur Gamma 10. Sans doute, ce nom ne vous dira-t-il rien et pour cause ? Vous ne serez pas seul(e) dans ce cas, car le Gamma 10 était un ordinateur à cartes perforées de chez Bull qui avait vu le jour en 1963 et sur lequel j’ai commencé à bosser au retour de mon service militaire en avril 1971. Ensuite, une fois éveillé, et de fil en aiguille, ce rêve se transforma en une pensée qui fit son chemin dans ma tête et ce, pendant quelques jours. Ce cheminement, loin d’être simple, fut une longue quête personnelle au cours de laquelle j’essayais de me souvenir de tout ce qui avait pu se passer depuis, dans ce monde incroyable que l’on définit désormais sous le vocable générique d’ « informatique ». En 1971, autant l’avouer ce mot « informatique » n’avait pas du tout la même résonance que de nos jours. Je l’employais certes mais seulement du bout des lèvres car avant tout je considérais qu’il était l’affaire d’ingénieurs spécialisés dans le traitement automatisé de l’information. Je débutais et je n’avais donc pas cette prétention.

    1969 - 1986 Mon onde informatique.1969 - 1986 Mon onde informatique.

    Portes ouvertes, le dos du Gamma 10 à droite et à gauche sa partie faciale avec le lecteur de cartes. Le logiciel ou programme était enregistré dans la mémoire de l'ordinateur au moyen d'un jeu de cartes, auquel venait parfois s'ajoutait des plots que l'on enfichait ou pas dans un tableau de connexion qu'on appelait le sélecteur d'indices. 

    Alors bien sûr, avec cette envie d’écrire qui prend de plus en plus d’ampleur au fil de mon vieillissement, ce désir de laisser quelques petits pans de ma vie, je me suis dit « il faut que tu couches tout ça sur papier ! ». Enfin quand je dis « papier », il faut entendre « ordinateur », « blog » et plus spécialement « Mon Journal Mensuel », ici présent. En effet, je ne garde aucun mauvais souvenir de cette période, qui commence en 1969 et se termine en 1986, même, et vous le verrez, si j’ai connu des périodes très difficiles au cours de mon parcours professionnel. Ces souvenirs, les voici tels qu’ils se sont enchaînés dans ma mémoire il y a quelques jours :

     

    Abstraction faite de tout aspect affectif, si je devais retenir deux ou trois mots du dictionnaire ayant marqué ma vie professionnelle, je choisirais incontestablement les mots « informatique, ordinateur et gestion ». Oui l’informatique dite de gestion et les ordinateurs ont accompagné ma vie et je pourrais presque dire bercée. Ma vie professionnelle bien évidemment, mais par voie de conséquence ma vie personnelle également. Si je devais imager cette pensée, je dirais que l’informatique a été une onde sur laquelle j’ai surfé et continue de le faire encore aujourd’hui. Attention, quand je dis « onde », n’y voyait pas une violente vague déferlante qui finalement m’aurait jeté sur les récifs du désenchantement. Non, cette onde serait plutôt un petit mascaret sur lequel je me suis laissé porté, en bossant beaucoup certes, mais selon les opportunités qui se sont présentées au cours de ma vie professionnelle, vie professionnelle quelque peu mouvementée dans la mesure où j’ai changé 16 fois d’employeurs. Ici, dans ce récit, vous ne trouverez que les 5 ou 6 premiers.

     1969 - 1986 Mon onde informatique.

    Quand ces mots « informatique et ordinateur » sont-ils  venus à mes oreilles pour la première fois ? Je ne m’en souviens plus exactement mais c’était probablement dans les années 1966 à 1968. Où les aurais-je entendu ? Au lycée, où je commençais à apprendre les techniques quantitatives de gestion, préparatoires au « fameux » bac G2 que je devais passer et échouer piteusement en 1969, après mai 68, année fatale pour de nombreux candidats bacheliers ? Auprès de mon frère qui bossait déjà  sur des tabulatrices ; ancêtres des premiers ordinateurs ; dans un bureau marseillais de mécanographie ?  Auprès de mon père, comptable dans une entreprise d’électricité commençant à s’équiper en matériel informatique et où j’avais fait quelques stages d’été ? Je ne sais plus ! La seule chose dont je me souvienne est de m’être inscrit dans une école spécialisée en informatique juste après mon échec au bac. Elle s’appelait B.I.M pour Bureau d’Information pour la Mécanographie. Comme on le voit, le mot « informatique » était là aussi absent même si B.I.M voulait imiter l’immense Big Blue, c'est-à-dire I.B.M au moins dans son sigle. Là, j’ai commencé à m’initier à l’informatique et à un langage de programmation qui s’appelait COBOL (Common Business Oriented Language), langage applicable sur les premiers ordinateurs de la série IBM 360. Cette courte formation attestée par un diplôme de fin d’études allait être le tout premier étrier de ma future vie professionnelle. Il y en a eu bien d’autres ensuite. Nous sommes en novembre 1969. Encouragé par cette première réussite, dans cette discipline d’avenir, je n’avais qu’une seule  idée en tête, m’y engouffrer et m’y accrocher de toutes mes forces. Après des études plutôt ratées, je devais bien ça à mes parents ! Dans l’attente de mon appel sous les drapeaux, je bosse de nuit dans une usine, non pas en informatique, mais directement devant une presse qui fabrique des jouets. C’est l’entreprise Van Ruymbeke. En avril 1970, service militaire oblige, et alors que je devais être pistonner pour partir bosser dans un centre de mécanographie de l’armée de l’air à Aix-Les Milles, première déception car je me retrouve à Solenzara et dans un bureau à remplir des autorisations de permissions pour tous les bidasses. Dans cette base aérienne corse, ni la mécanographie, ni l’informatique ne sont arrivées jusqu’ici et j’en suis réduit à utiliser un stylo Bic le matin et à « glandouiller » le reste du temps. Heureusement, qui dit Solenzara dit soleil, qui dit soleil dit vacances, qui dit vacances dit permissions. La boucle est bouclée car pour moi m’accorder un maximum de permissions est devenu un jeu. Ce jeu dont j’ai pipé les dés se terminera par un blâme directement octroyé par le colonel de la base, colonel qui ne comprendra jamais comment sur 12 mois de service, j’ai pu cumuler plus de 4 mois de permissions ! Heureusement la quille est là et je rejoins mes pénates marseillais. Au final, cette année de service aura été une année perdue même s’il faut bien admettre que j’ai pris du bon temps et que le vie en société, même avec une discipline militaire, reste une expérience bien utile, ne serait-ce qu’au regard de ce qui va m’attendre après. Bien décidé à rattraper ce temps perdu, le 31 mars 1971, je quitte Solenzara avec néanmoins un certificat de bonne conduite qui satisfait mes parents. Pour eux, ce certificat, ajouté à mes fiançailles avec Dany sont les preuves que j’ai mis du plomb dans ma tête. Ils n’ont pas vraiment tort.  

    Ci-dessus, photo du diplôme BIM obtenu en novembre 1969. C'est mon premier vrai contact avec le monde de l'informatique et donc l'instant où tout a commencé pour moi.

    1969 - 1986 Mon onde informatique.

     

    Moins d’un mois plus tard,  le 23 avril exactement, jour de mon anniversaire, (alors je m’en souviens !), me voilà déjà devant mon premier ordinateur entrain de bosser. Le fameux Gamma 10 dont je viens de rêver 47 ans plus tard ! C’est une société d’import-export marseillaise, la société Jean-Pierre Abitbol qui le possède et qui vient de m’embaucher au salaire « mirifique » de 950 francs par mois. Je suis opérateur, ravi de cette position mais bien décidé à tout apprendre de cet ordinateur en un minimum de temps. Je suis d’autant plus ravi qu’or mis le chef d’atelier, je suis le seul homme au milieu de dizaines de jeunes femmes qui font des trous dans des cartes. Opératrices de saisie, c’est leur nom. Je m’entends super bien avec elles. Entre midi et deux nous allons nous baigner sur la jetée près du Fort Saint-Jean ou bien nous nous retrouvons dans un snack tout proche. La vie est belle et j’ai toujours adoré travaillé avec et au milieu de femmes. Côté boulot, ces fameuses cartes perforées vont rythmer mes premières années d’informatique et quand je dis rythmer ce n’est pas un vain mot. En effet, une carte perforée c’est quoi au juste sinon qu’un bout de papier troué qui se déchire au premier tracas venu. Or les risques de tracas, ce n’est pas ce qu’il manque quand à longueur de journée, on utilise de grosses machines dont la principale caractéristique est d’être très mécanique. Perforatrices de cartes ou de saisie, trieuses, interclasseuses puis ordinateur, le parcours d’une carte perforée est semée d’embûches et quand l’embûche arrive c’est bibi qui doit les refaire intégralement à l’aide d’une petite machine manuelle qui s’appelle la P80, "P" pour poinçonneuse et 80 car la carte perforée dispose de 80 colonnes. Quand un gros bourrage se produit, on passe un temps infini à refaire des cartes et ce temps perdu rallonge d’autant les journées de boulot déjà bien trop longues. Ces cartes perforées, le commun des mortels les retrouve plus régulièrement dans les péages autoroutiers jusqu’en 1982.

    Ci-dessus, des cartes perforées 80 colonnes telles qu'on les manipulait à l'époque.

    Ci-dessous, la fameuse P80 de chez Bull, permettant de refaire les cartes déchirées suite aux nombreux bourrages qui ne manquaient pas de survenir dans le parcours semé d'embûches d'une carte perforée. Cette machine peut se vanter d'avoir été ma complice de nombreuses heures de travail et la souffre-douleur de petites crises d'emportements.

     

    1969 - 1986 Mon onde informatique.

    Au bout de quelques mois chez Abitbol, et ayant apparemment donné entière satisfaction à tous ceux qui me connaissent, et notamment aux techniciens de chez Bull, devenu Honeywell-Bull depuis peu, ces responsables de la maintenance du Gamma 10 m'informent qu'une société aixoise recherche un pupitreur ayant mon profil pour le mois de juillet. Je leur dis que je suis disposé à bosser sous condition de travailler au noir car je n'ai pas envie d'avoir des soucis avec Jean-Pierre Abitbol. Ils contactent la société en question qui me propose de bosser un mois à ces conditions-là. Il s'agit d'une société de services en informatique qui s’appelle Delta Informatique. Elle est affiliée à un groupe plus important qui s'appelle CASECS, sis à Bordeaux si je me souviens bien. Nous sommes en juillet 1971, j'accepte le job et l'accomplis à la satisfaction de mon employeur car je m'aperçois que l'enveloppe perçue est une peu plus conséquente que celle prévue initialement. Il m'a été octroyé une prime. Pendant plus d'un an, je reste sans nouvelle de Delta Informatique. Chez Abitbol, le job en lui-même n'évolue guère mais la charge de travail s'est nettement amplifiée depuis mon embauche. Après avoir constaté que le chef d'atelier Martinez se repose de plus en plus sur moi, je finis pas râler et obtiens l'embauche d'un autre opérateur pour m'aider. Poggioli, c'est son nom et malheureusement après quelques semaines, il n'est pas confirmé à son poste. Je me retrouve de nouveau seul, bosse énormément sans qu'il n'y ait de véritable carotte au bout. Jean-Pierre Abitbol tient l'ensemble du personnel avec des primes qu'il distribue selon son bon vouloir et ses affinités et selon que l'on a été sympa avec lui ou pas. Sympa avec lui, je n'ai jamais trouvé une seule raison de l'être plus que mon naturel m'y conviait. S'il m'arrivait d'avoir des modestes primes, je les devais uniquement à mon travail mais par contre, celles de certaines filles du service de saisie me laissaient pantois, un peu découragé et beaucoup en colère. Ces primes-là n'étaient pas en rapport avec le travail qu'elles accomplissaient. Depuis mon embauche chez lui, j'avais bouquiné tout ce qu’il était possible à propos du Gamma 10 et si je n'avais pas la prétention de tout connaître, j'avais un double sentiment : celui d'être le dindon de la farce du service informatique, c'est à dire celui qui se tape tout mais n'en tire pas les marrons du feu et celui de végéter. Par bonheur, je suis toujours dans les bons petits papiers des responsables de chez Bull, et mon expérience aussi rapide soit-elle, et mon implication dans le boulot me portent chance. Bingo si j’ose dire ! Apparemment contents de moi, pour le travail fourni en juillet 71, Thibault le chef d’atelier puis Philippe le patron de Delta Informatique me rappellent pour me proposer un job à plein temps comme opérateur - pupitreur. Ils me proposent d’augmenter mon salaire de 50% par rapport à celui que j’ai chez Abitbol et rajoutent les frais de déplacement Marseille - Vauvenargues. A cet agréable salaire vient s’ajouter un job beaucoup plus intéressant sur le plan de la gestion, un cadre de travail agréable car blotti dans une pinède et une équipe bien plus réduite que chez Abitbol me permettant une plus grande autonomie dans mon travail quotidien et dans les décisions à prendre. J’accepte et pars bosser définitivement chez Delta Informatique toujours sur Gamma 10. Je bosse beaucoup, parfois jusqu’à 16 heures par jour mais j’apprends beaucoup aussi, tant en informatique où je me perfectionne au langage de programmation Autocode du Gamma 10, espèce d'Assembleur, qu’en comptabilité et en gestion. J'en profite pour m'initier plus profondément au langage Assembleur de chez IBM. Ici, je m’épanouis dans mon job et pour rien au monde, je n’échangerais ma place. En juin 1973, une querelle pour cause d’incompatibilité d’humeur entre le patron Philippe et le chef d’atelier Thibault entraîne le départ de ce dernier et me voilà propulser au rôle de chef d’exploitation auquel je n’aurais jamais pensé, en tous cas, jamais aussi vite. Mon salaire est revu à la hausse et à 24 ans, voilà déjà que je cotise aux cadres. La clientèle s’étoffe et avec elle mon équipe. Nouveau pupitreur que je forme moi-même, nouvelles opératrices de saisie, nouveau commercial, nouvelle secrétaire, tout ce petit monde fonctionne très bien et je ne trouve que du bonheur dans ce travail informatique de gestion pour lequel je semble fait. En septembre 74, je déménage avec femme et enfant du centre-ville de Marseille à Aix. Nous n'y perdons pas au change entre un appartement pourri au dernier étage dans un vieil immeuble du centre-ville de Marseille pour un appartement coquet et de grand standing dans un beau quartier tranquille d'Aix-en-Provence. L’activité de Delta Informatique ? Réaliser sur ordinateur des comptabilités, des paies et des statistiques en tout genre à partir des informations que nous fournissent des clients c'est-à-dire des cabinets d’expertise comptable, des entreprises et des collectivités. Les nombreux contacts avec les clients me forgent une nouvelle expérience qui me sera très utile bien plus vite que je ne l’aurais pensé au départ.

    1969 - 1986 Mon onde informatique. 

    Une opératrice de saisie sur une perforatrice de cartes perforées telle que j'en ai vu des dizaines et des dizaines dans tous les ateliers d'informatique où j'ai bossé. 

    Début 1975, patatras ! Tout s’effondre d’un coup quand Philippe venant de perdre son père perçoit un gros héritage. C’est ce qu’il nous annonce. Il décide de vivre de ses rentes, de tout balancer et veut rapidement liquider l’entreprise. Etant le plus ancien des salariés, je discutaille ferme avec lui mes conditions de départ. De ces discussions, émerge le deal suivant : il me promet de chercher un repreneur pour sa clientèle et si repreneur il y a, il s’engage à obtenir mon embauche dans le cadre du contrat de cette cession. Je l’aide dans ses recherches, trouve un repreneur mais comme il est très fort commercialement je le laisse négocier. La plupart des clients sont contents, moi aussi et Philippe s’enlève une grosse épine du pied vis-à-vis du syndic chargé de la liquidation de son entreprise. C’est ainsi que de juillet à septembre 1975, je me retrouve dans une nouvelle société de services en informatique qui s’appelle SETECS. Je ne connaîtrais jamais rien de cette société nîmoise, ni les dirigeants, ni les locaux pas plus que la définition de son sigle. Le deal prend néanmoins effet car je bosse dans une autre société qui s’appelle la « Nationale de Traitements Informatiques ou N.T.I, filiale d’un groupe plus important du nom de Natel ». Grosse coïncidence, et alors que mon domicile est désormais à Aix-en-Provence, je me retrouve à travailler à quelques dizaines de mètres de chez Abitbol, c'est-à-dire Quai du Lazaret à Marseille où se trouvent les deux entreprises. J’y retrouve parfois quelques anciennes copines dans le snack de mes débuts. Je bosse là quelques mois mais ma destinée se trouve déjà ailleurs. En effet, dans le deal que m’a proposé N.T.I, il y a une mutation obligée et là j’ai le choix entre Paris, Lille ou Perpignan. Sans hésiter et pour ne pas me retrouver dans la grisaille nordique, je fais le choix de Perpignan et ce, malgré un salaire qui va être moindre. Je m’en fous car je sais déjà que je vais travailler au sein d’une petite équipe sympa ; équipe à laquelle je suis déjà parti rendre visite ; et pas au sein d’un pôle informatique très important comme cela aurait été le cas à Paris ou à Lille.

    1969 - 1986 Mon onde informatique. 

    La trieuse de chez Bull. Très bruyante, elle permettait de trier les cartes perforées selon un ordre souhaité. Plusieurs passages des mêmes cartes étaient nécessaires avant d'obtenir le classement voulu. On aperçoit à droite le petit tableau permettant de programmer les ordres à donner à la machine. Le tri était binaire puisqu'il s'effectuait selon la présence ou pas du trou dans la carte, les trous étant disposés à des endroits précis sur des lignes et des colonnes de la carte.

    Dès juillet 1975, ma petite famille s’installe dans un appartement à Perpignan et moi je n’y débarque qu’au mois d’octobre. C’est le laps de temps qu’il me faut pour basculer la clientèle de Delta Informatique sur d’autres gestionnaires de chez N.T.I Marseille. Ici, à Perpignan, je continue de bosser sur Gamma 10 mais comme analyste - programmeur et beaucoup moins comme opérateur - pupitreur. Le boulot est encore plus gratifiant que chez Delta Informatique car il m’appartient désormais de trouver des solutions informatiques pour de nombreux clients et leur gestion. Et quels clients ! De très gros parfois comme les Poupées Bella, les chaussettes Punto Blanco, la compagnie aérienne Europe Aéro Service, les anchois Papa Falcone, le Groupement Interproducteurs du Cru de Banyuls et bien d’autres caves coopératives vinicoles pour les apports des coopérateurs, des banques, des mairies pour lesquelles nous établissons les listes électorales, des syndics immobiliers pour leurs décomptes de copropriété, j’en passe et j’en oublie. Ces entreprises aux activités si diversifiées sont pour moi le début d’une nouvelle évolution, évolution toujours dans la gestion mais avec des ouvertures évidentes vers de nouveaux horizons qui m’étaient jusque là inconnus. Désormais, je me complais dans un travail d’analyse et de programmation logicielle qui m’était jusque là inconnu lui aussi.

    1969 - 1986 Mon onde informatique.

    L'interclasseuse de chez Bull. Aussi bruyante, sinon plus que la trieuse, elle permet d'interclasser des jeux de cartes pour parfaire le classement définitif et en faire des paquets lisibles et donc compréhensibles par le programme et l'unité centrale de l'ordinateur. 

    Les années passent mais la clientèle et notamment les grosses entreprises commencent à s’équiper avec leur propre matériel informatique. L’agence de Perpignan végète puis régresse en perdant du chiffre d’affaires au fil des ans. Notre vieux commercial Michel-Ange, pas suffisamment formé, est dépassé par les nouvelles techniques et technologies informatiques. N.T.I a disparu depuis longtemps et le Groupe Natel, filiale de la Banque Nationale de Paris, est devenu seul maître à bord de la petite agence perpignanaise. En 1979, on apprend que le Générale de Service Informatique (G.S.I) a fait main basse sur Natel mais les deux entités subsistent pendant quelques années avant leur fusion puis la disparition de Natel dans le milieu des années 80. Dans l'immédiat, les audits et le ingénieurs marseillais se succèdent pour analyser ce qui ne fonctionne pas ici à Perpignan mais le constat est toujours le même : c’est la partie commerciale qui pose problème et non pas la partie technique. Nous sommes au début des années 80 et l’informatique vit ces premières années de grandes accélérations technologiques. Peu à peu, le Gamma 10, grand concurrent de l’IBM 1401 au départ, puis de l’IBM 360 ensuite, devient obsolète. Travailler directement sur du matériel IBM, il me faudra attendre presque 10 ans de plus et ce, malgré deux ou trois stages chez Big Blue à la Défense. 

    1969 - 1986 Mon onde informatique. 

    En 1981, après la disparition du Gamma 10, me voilà obligé de m'adapter à un ordinateur de nouvelle génération. Le Northern Télecom NT 585. Contrairement au Gamma 10, j'avoue ne pas en garder des souvenirs impérissables, d'abord parce qu'un rôle de chef d'agence et de commercial m'est dévolu, ensuite parce que le travail sur écran et clavier n'a plus rien à voir avec la manipulation des cartes perforées et enfin et surtout parce que l'évolution de l'informatique est telle que l'on passe d'un ordinateur à un autre sans trop de contraintes car piloter un ordinateur c'est comme piloter une voiture.  Finalité : Quand on en a conduit une, on les a toutes conduites y compris quand il s'agit d'une Formule 1 ! 

    En 1981, l’agence de Perpignan est d’abord rattachée à celle de Nîmes et non plus à celle de Marseille puis quelques mois plus tard, l’agence de Nîmes est elle-même cédée par le Groupe Natel à son principal client nîmois la Compagnie d'Aménagement du Bas-Rhône et du Languedoc. En juin 1981, Nîmes et Perpignan deviennent le Groupement Informatique du Languedoc (G.I.L SA). Notre équipe est complètement dissoute et mon bien aimé Gamma 10, mes trieuses, mes interclasseuses et autres perforatrices finissent leur vie complètement démantelées seulement bonnes pour un ferrailleur. Au fond de mon jardin, je garde le souvenir de ce démantèlement grâce au socle d'une des trieuses, gros bloc d'acier très épais, qui m'a servi de support à la confection d'un barbecue. En 1981, fini les cartes perforées et adieu à mes ami(e)s Michèle, Christiane(s), Jeannot, Michel-Ange et consorts, tout le monde est licencié sauf mon alter ego René, opérateur – pupitreur, et moi, qui par la même occasion, endosse deux poids supplémentaires, ceux de chef d’agence puis de commercial un an plus tard.  Nouveau job, déménagement dans un nouveau local plus petit, nouvelle gentille secrétaire Christiane, qui malheureusement décédera quelques mois plus tard d’un cancer foudroyant, nouvel ordinateur plus puissant et d’une autre technologie, celle d’un Northern Telecom 585 mais sur lequel il nous faut nous former le plus rapidement possible. Les stages de formation vont se succéder et ça ne va jamais plus s’arrêter tant l’informatique évolue à la vitesse grand « V ». Les journées sont plutôt de 12 à 14 heures que de 8.

    1969 - 1986 Mon onde informatique.

    Voilà le premier ordinateur personnel qui est entré dans ma maison en 1983. Le Victor 9000 commercialisé parfois sous le nom de Sirius 1. Il m'aide dans mon travail quotidien, dans mes tâches plus personnelles et me sera d'une grande utilité en 1986 dès lors que que je me retrouve sans emploi et contraint de travailler au noir pour quelques clients qui me sont restés fidèles pas nécessité. D'autres P.C suivront après, mais mes enfants se sont initiés au clavier et à l'écran grâce à ce Victor-là !

    En 4 ou 5 ans, tout s’emballe dans l’informatique et par voie de conséquence pour moi et mes collègues. Les nouveaux ordinateurs possèdent des écrans et des claviers et fonctionnent avec des performances qui n'ont plus rien à voir avec celles du bon vieux Gamma 10. Unités centrales avec de nouveaux processeurs, mémoires, systèmes d'exploitation, lecteurs de supports magnétiques, tout va toujours plus vite et avec des puissances et des capacités de mémorisation démultipliées. Peu de temps après suivent les ordinateurs personnels avec écran aussi qu’on appele P.C pour Personal Computer puis suivront les micro-ordinateurs. De nombreux langages de programmation ont vu le jour depuis l’Assembleur et le COBOL que j’ai appris à mes débuts, les premières liaisons Transpac que l’on appelle « commutation ou liaison Caducée » permettent les échanges de données par paquets et ce, malgré les kilomètres d’éloignement entre deux ordinateurs, les premiers grands réseaux internes entre ordinateurs se constituent, les premiers ordinateurs spécialisés dans les traitements de texte et les tableurs arrivent aussi et sont très rapidement à la mode, mode que ma hiérarchie n’a pas vu arriver, tout comme les ordinateurs personnels d’ailleurs. Malgré ce gros retard pris au démarrage, la nouvelle mission qui m’est confié par ma hiérarchie nîmoise est d’arriver à vendre un maximum de ces ordinateurs personnels car le travail à façon décline au fil des mois. Les clients s’équipent et la concurrence est très rude. Le retard pris ne se rattrapera jamais. Vendre, je n’aime pas ça ! D’abord on ne s’improvise pas commercial et puis en informatique ça n’a jamais été mon job ! Mes patrons essaient de se donner bonne conscience en m’envoyant faire un petit stage de ventes au Florian Mantione Institut. Je m'en souviens très bien car à l'époque c'était le sympathique Florian Mantione lui même qui assurait la formation. Malgré cela, force est d’avouer que je ne retrouve plus les tâches techniques et les activités que j’ai tant aimées dans ce milieu « informatique ». Le premier ordinateur personnel, un Victor,  entre dans ma maison en 1983 et au fil des ans quelques modèles vont se succéder. Femme et enfants adorent car les premiers jeux ; ping-pong, mur de briques, Vur et j’en passe ; les initient à l’informatique, à l’écran, au clavier et quelques temps plus tard aux premières imprimantes. Je me charge de les initier à tout le reste. Quand je repense à mon boulot de cette période, quelques noms reviennent dans ma tête agréablement. Mon ami René Ciano bien sûr, le plus fidèle de mes acolytes, parti l’an dernier et bien trop jeune à l’âge de 71 ans. Ma gentille secrétaire Françoise avec laquelle je m’entendais si bien. Et puis des noms de marques d’ordinateurs ou de géants de l’informatique comme IBM, Bull bien sûr, mais également Data 100, Sirius, Northern Télécom, Tandy, Texas Instruments, Victor, Hewlett-Packard, Olivetti, Wang, Nixdorf. Des noms de systèmes d’exploitation ou de langages comme MS/DOSBasic, UnixFortran ou Multilog, ce dernier ayant l'avantage énorme de s'écrire en français, des noms de produits ou de logiciels que j’ai vendu ou utilisé comme Sciram, Codim, Sycomore, Sylve, Magie, P1 pour les paies et C1 pour les comptabilités et parmi tous ces noms, j’en oublie certes encore beaucoup. En 1986, tout s’effondre une nouvelle fois. L’agence de Perpignan ferme sans que René et moi soyons licenciés. Nous apprenons qu’un contrat de rattachement a été conclu entre nos deux derniers employeurs et qu’ils se renvoient la balle dans cette obligation qu’ils auraient de nous licencier immédiatement pour raison économique. Là, débute un imbroglio judiciaire de plus de 2 ans entre Natel, G.I.L et nous et la période la plus noire de ma vie professionnelle. Elle se commence d’abord aux prud’hommes (on gagne !), se poursuit devant la cour d’appel (on perd un peu de ce que nous avions gagné !) et se termine à quelques mois de la cour de Cassation quand Natel baisse les bras devant nos demandes d’indemnités, sommes toutes raisonnables. C’était bien Natel notre employeur ! Gros problèmes pour René et moi pendant ces années-là, car sans le prononcé d’un licenciement, nous n’aurons jamais droit de nous inscrire au chômage et donc pas d'indemnités ! Pire, retrouver un autre employeur équivaudrait à une démission selon la législation française ! Les Assedic m’accorde néanmoins 3.000 francs que je dois impérativement utiliser au titre d’une formation. Je fais le choix de cours d’anglais et de comptabilité par correspondance auprès du C.N.E.D. Je vis mal cette période si difficile de mon existence mais ayant une femme qui ne travaille que partiellement et deux enfants à élever et à nourrir, il n’est pas question pour moi de m’apitoyer sur mon sort. Quoi qu’il advienne et quelque que soit les difficultés de la situation, je dois retrousser les manches ! Au début, je vis difficilement de mes quelques économies mais ensuite de beaucoup de « black » en dépannant des clients qui me sont restés fidèles par nécessité. Là, après cette période noire, se termine ma vie professionnelle dans des sociétés de services en informatique mais je vais néanmoins resté accroché comme une patelle à mes premières amours, c’est à dire à l’informatique de gestion et à la gestion de l’informatique. Là, commence une autre histoire, une autre vie professionnelle que je vous conterais peut être un jour. Elle est beaucoup plus tournée vers la comptabilité, la finance, le social, le fiscal, en un mot vers la « gestion » des entreprises, c'est-à-dire vers tout ce j’ai appris au fil de ces 17 années qui se sont si vite écoulées de 1969 à 1986. Malgré ce changement, l’informatique y demeure omniprésente et c’est ça qui me plaît. Je vais continuer à surfer sur mon onde. Le petit mascaret est devenu une vague gigantesque qui a tout emporté sur son passage mais je reste debout sur ma planche. Peu de personnes arrivent à se soustraire à cette vague, et pour cause ! Elle est entrée dans les usages, dans les habitudes, dans les mœurs de tous… Mais avant de vous raconter un jour cette nouvelle histoire, laissez-moi d’abord la rêver !

     


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  • Ce diaporama est agrémenté de musiques d'Ernesto Cortázar Jr., extraites de son album  "You Are My Destiny"

    avec successivement "Mother", "Heart to Heart", "You Are My Destiny", "Mariana" et "Love Spell".

    Le Fajàs d'en Baillette depuis Le Vivier

    Le Fajàs d'en Baillette depuis Le Vivier


    En pays Fenouillèdes, le « Fajàs d’En Baillette » est un arbre remarquable (*) bien connu des randonneurs roussillonnais.  Jugez plutôt : 500 ans, 30 m de hauteur et 5,75 m de circonférence, voilà ce qu’indique une pancarte se trouvant à son pied et rédigée en 2007 à son propos. En latin, les botanistes lui ont donné le nom de « Fagus Sylvatica », en occitan c’est « Fajàs » et en français, il s’agit d’un Hêtre commun, même si le mot commun n’est pas ici le mieux adapté. Pour le définir et en raisons de ses mensurations exceptionnelles, « hors du commun » est plus approprié. En France, ce n'est pas le seul hêtre remarquable (**) mais il fait partie des tout premiers.  Je suppose ; mais ce n’est qu’une supposition personnelle ; que « d’En Baillette » est le nom du cortal se trouvant juste à côté dont tout le monde ou presque se désintéresse, primo parce qu’il s’agit d’une ruine dont il ne reste que peu de choses, et secundo car l’arbre attire vers lui toutes les attentions. Il y a très longtemps, et pour avoir été dans ce cas de figure, je pense que nombreux sont ceux, qui comme moi, n’ont jamais remarqué qu’il y avait un cortal juste à côté de l’arbre. En général, la dénomination attribuée à une habitation est le nom de famille de celui qui l’habitait ou qui la possédait, et on peut imaginer que c’est le cas ici, sauf que ce nom « Baillette » n’a rien de bien occitan, ni de catalan d’ailleurs et que de ce fait on comprend mal pourquoi un nom aussi francisé aurait été accolé au mot occitan « Fajàs » ? Enfin, c’est ainsi et à la limite pourquoi pas ?  Pourtant, « Baillette » est un nom de famille plutôt présent dans les Pyrénées-Orientales et dans ce secteur en particulier, puisque c’est Sournia qui en détient le plus grand nombre (Sources Filae).  Enfin, et pour en terminer avec cette toponymie, il est fort possible que le nom « Baillette » soit ici un terme plus général définissant une contrée ou un lieu puisqu’on sait que jadis ce mot signifiait soit un acte de donation soit une terre donnée par un seigneur à son serf pour le libérer de son joug. Il existe une dernière possibilité mais qui est peu probable ici, c’est que « baillette » soit un étymon désignant une « petite vallée » (source Robert Aymard). Certes, l’arbre est situé tout près d’une source, ce qui d’ailleurs peut expliquer sa vigueur et sa longévité, mais en aucun cas on ne peut parler de vallée comme définissant ce lieu. A pied, il existe plusieurs façons d’aller le découvrir et cela sera fonction des kilomètres et de la difficulté que l’on sera prêt à lui destiner. Des départs sont possibles de Sournia, de Prats-de-Sournia, de Rabouillet, de Vira et enfin depuis Le Vivier. Tous ces villages sont situés dans un périmètre raisonnable autour de l’arbre, et ce dernier est accessible grâce à des sentiers pédestres et à des pistes forestières.  Ayant déjà vagabondé sur tous ces chemins, en ce 22 avril, j’ai décidé de faire un retour aux sources en démarrant depuis Le Vivier. Retour aux sources car l’arbre est situé dans la forêt communale du Vivier et surtout, c’est ainsi que je l’avais découvert la toute première fois. C’était il y a plus de 20 ans ; 23 ans exactement ; et si je m’en souviens, c’est parce que chose rarissime, ma fille était venue marcher avec nous. Ainsi accompagné de ma femme et ma fille, j’en gardais le souvenir d’une belle promenade en sous-bois, assez facile car sur des chemins plutôt rectilignes et avec un dénivelé modéré. Un rapide examen de la carte I.G.N me confirme ce sentiment et effectivement, aussi bien l’aller par le Ravin du Bois, que le retour par celui de la Couloubrière atteste de cette rectitude observée jadis. Rajoutons que ce circuit est désormais très présent dans les topo-guides et est devenu au fil du temps une randonnée quasi incontournable pour tous les clubs du département. 8h30, me voilà devant la mairie où je viens de garer ma voiture. Météo France m’avait annoncé un grand ciel bleu et un soleil resplendissant mais aujourd’hui, force est de reconnaître qu’ils se sont bien foutus dedans car il n’y a rien de tout cela. J’harnache mon sac à dos et démarre cette balade sous un plafond céleste plus que laiteux. Le ciel est carrément blafard ne laissant rien passer ni transparaître, ni le moindre coin de ciel bleu, ni le moindre rayon de soleil, ni le plus minuscule des nuages. Non, dès que je lève les yeux, il n’y a rien d’autre que du terne ou du lactescent et autant dire que la luminosité étant totalement absente ça ne me réjouis pas pour les photos que j’escompte prendre de ce parcours. Il va en être ainsi toute la journée ou presque. Ressemblant à un château fantôme, la vieille tour des seigneurs du Vivier domine tristement le village, un village complètement désert de surcroît, ce qui ne fait qu’ajouter à cette mélancolie ambiante. Enfin peu importe et il m’en faut plus pour me démoraliser. Je connais bien la ligne de départ pour l’avoir remarquée lors d’une balade que j’avais intitulée « Le Cami d’El Viver ». Elle est située « rue de l’église ». Je m’y dirige en ne m’arrêtant que pour photographier l’église Sainte Eulalie, quelques moineaux et un magnifique cerisier du Japon. Avec sa floraison si dense et ses fleurs roses superbement serrées, l’arbre a des petits airs de barbe à papa. Un panonceau est là et s’il n’indique pas clairement le « Fajàs d’En Baillette », la mention « Coll de Benta Fride - GR.36 – 1h55 » m’assure de la bonne direction à prendre, au moins pour le départ. Voilà un col que je connais par cœur pour y être passé des dizaines de fois et notamment avec mon fils lors d’un mémorable Tour du Fenouillèdes effectué en 2011. Ce col est situé sur une ligne de crêtes séparant les jolies vallées de la Désix et de la Matassa. Amplement occupées par des forêts, qu’elles soient domaniales ou communales, comme celle du Vivier, ces crêtes, on les appelle les « Terres Noires », à cause des strates de schistes noirs qui en composent sa principale minéralogie. Plus loin, dans la continuité, avec ses 1.310m d’altitude, le « Sarrat Naout » dresse son débonnaire et très boisé mamelon. Il constitue le plus haut sommet de la forêt domaniale de Boucheville, forêt dont l’épaisse et très diversifiée couverture végétale recouvre l’ensemble du secteur grâce à sa position géographique où tous les climats ; méditerranéen, montagnard et atlantique ; s’immiscent et y circulent avantageusement.  J’ai toujours adoré ce secteur, d’abord pour les panoramas qu’il peut offrir mais surtout car j’y ai presque toujours découvert une faune assez présente : cervidés, écureuils, renards, oiseaux et papillons. Quand à sa flore, elle est assez exceptionnelle avec de très nombreuses espèces, mais avec notamment des sous-bois truffés de narcisses jaunes et de jacinthes bleues et des prés où fleurissent plusieurs espèces d’orchidées. Pour toutes ces raisons, et outre le « Fajas d’En Baillette » , j’ai décidé que ces crêtes seraient l’autre objectif à cheminer. Ces crêtes doivent me permettre de remplir convenablement ma journée et j’ai bon espoir d’y faire quelques découvertes fauniques et floristiques. Me voilà donc sur le bon chemin mais déjà arrêté à discourir avec un aimable monsieur. Il vient d’ouvrir son garage et sort des pommes et du pain pour les donner à son cheval qui se trouve dans un pré en contrebas. Un cheval avec une belle robe noire, sans doute âgé, mais super câlin de surcroît. Je me laisse amadouer et lui donne une des deux poires que j’ai emportées en guise de dessert. Nous discutons un bon quart d’heures puis l’homme achève la discussion en m’indiquant qu’il y a peu de temps, le col de l’Espinas était encore enneigé. Je lui dis que je n’irais probablement pas jusque là mais le remercie néanmoins de cette information. Je laisse le brave homme, son cheval qui est bien à son image, et poursuis l’itinéraire. J’évite d’emprunter le G.R.36 qui me servira au retour et prend soin de suivre le balisage jaune bien présent en quittant la voie principale au profit d’une autre piste qui file à main gauche. C'est la voie la plus directe pour aller vers l'arbre. Je m’attendais à trouver un étroit sentier mais la piste cendreuse que j’emprunte est large et un peu monotone. Comme souvent, je tente de compenser cette monotonie en observant, selon moi,  tout ce qui mérite de l’être. Paysages alentours et flore printanière sont ainsi photographiés. Malgré ma quête permanente à tenter de les surprendre, les oiseaux nécessitent beaucoup plus de patience et de tentatives pour obtenir quelques bons clichés.  Si les petits passereaux sont de toute évidence les plus nombreux à proximité du village ; les mésanges et les fauvettes notamment ; l’éloignement de ce dernier et le temps passé à faire des photos permet bien d’autres observations. C’est ainsi que les merles noirs puis les geais prennent à tour de rôle le relais, leurs chants bien différents rompent le silence et emplissent la forêt au fur et à mesure que j’avance. Dans cette flânerie volontaire, je progresse bien malgré tout, car entre deux observations, la piste est suffisamment bonne pour que la marche s’effectue d’un pas très alerte. Parmi toutes ces considérations, la vision furtive d’un chevreuil à la lisière d’un bois sera le clou de la journée. Photos uniques au nombre de trois mais ô combien réjouissantes quand on a l’ambition de vouloir faire de la photo animalière en amateur. La piste finit par présenter un virage mais ma connaissance du tracé rectiligne plus un panneau gisant à terre m’incite à faire le choix de poursuivre un sentier qui entre dans l’épaisse forêt. Rien n’est écrit sur le panneau, ou tout du moins l’inscription qu’il y avait a été effacée par le temps. Il reste une balise jaune et cela suffit à me convaincre. De plus, dans cette haute et dense forêt, mon G.P.S ne capte pas les satellites et je ne peux que me fier à ma carte I.G.N et à mon impression. C’est la bonne ! Un chemin rouge, car amplement enseveli sous les feuilles mortes, vient remplacer la piste noirâtre. D’une forêt variée de divers feuillus, je passe très rapidement à une hêtraie ancestrale. Seuls de hauts buis et quelques buissons de fragons semblent être admis par ces hêtres de toutes sortes. Mes lectures m’ont appris qu’il y avait de nombreuses sous-espèces d’hêtres et donc de diverses formes mais toutes ou presque sont un seul et même arbre : le « Fagus sylvatica ».  Il y en a des petits, des gros, des carrément énormes car très vieux, de très droits au tronc unique, des tordus et d’autres carrément tortueux aux ramures sinueuses. Je marche enfin sans m’ennuyer car les chants puissants d’oiseaux se font entendre puis ces derniers se laissent voir et photographier. Il s’agit de pinsons peu craintifs ou alors très affamés. Ils descendent de la canopée renaissante et viennent se poser à même le sol, sans doute à la recherche d’une pitance faite de graines, d’insectes, de chenilles ou de larves que le printemps ressuscite. Quelques rouges-gorges et des troglodytes mignons les accompagnent mais sont plus craintifs et donc plus difficiles à photographier. A force d’être aux aguets, je finis par avoir le sentiment d’être observé moi-même. Mais non, ce n’est qu’une sensation, mais une sensation bien réelle car je m’aperçois que les hêtres ont parfois des yeux, des cils, des sourcils, une bouche, des oreilles ou un nez. Orchestrés par les nœuds et les fissures de l’écorce de certains arbres, je finis par y discerner des faciès, des visages, des regards. Dans certains troncs, sans doute séculaires eux aussi, les premières gravures, elles, sont bien réelles. C’est ainsi que j’y découvre « Delph Arno 1999 » et un joli cœur gravé. Plus loin  « JF 98 » et dessous un hameau magnifique sculpté où l’on aperçoit clairement une petite chapelle. Quel talent !  Je lui décerne le titre de Champion du monde 98 de la gravure sur écorce ! Peu après, c’est un « JP » qui tente de nous faire comprendre qu’il est passé ici le « 15 XI 99 ». Finalement, le « Fajàs d’En Baillette » est là. Majestueux, somptueux, on le voit de loin, trônant un peu à droite de la clairière au sein de laquelle il a réussi à se développer jusqu’à atteindre des mensurations colossales. Quand on l’observe de très près comme j’ai enfin pu le faire et le photographier, on comprend qu’il est vraiment plus qu’un arbre. C’est devenu un ouvrage collectif ! Un manuscrit, un abécédaire, un grimoire, un livre d’amour, une amicale correspondance, un rébus, un répertoire, un agenda, un cryptogramme, un tableau d’algorithmes indéchiffrables, une cacographie, un cahier de dessins, un logogriphe,  une attestation de gravures et d'escalade. Oui cet arbre, c’est tout ça à la fois et bien plus encore !. Amplement gravé par des hommes au fil de son élévation ; on trouve désormais des gravures à plus de 4, 5, 6 mètres de hauteur ; il mérite amplement son épithète et son label de « remarquable ». Avec son système racinaire puissamment ancré au sol, on se sent bien petit à côté de lui. On comprend immédiatement qu’il survivra encore à bien des générations futures si aucun cataclysme ou bouleversement ne vient perturber ou rompre son existence si séculaire. Voilà plusieurs fois que je viens le voir mais c’est la toute première fois que je viens seul et l’envie d’y laisser une petite gravure me démange. Pas facile ? Sur son tronc, il y a de moins en moins de place ! Tout en prenant un en-cas, je m’essaye à y graver de petites initiales avec un minuscule Laguiole. « JG » me semble amplement suffisant et ce d’autant que dès que je gratte son écorce grise et blanche, une sève rougeâtre apparaît me donnant le sentiment d’une blessure. J’arrête là tout en repensant aux autres arbres que j’ai pu graver dans ma vie. Rares, ils sont au nombre de trois, celui-ci inclus. En 1968, quand j’ai connu Dany, nous avions gravé notre amour naissant sur un platane du boulevard Michelet à Marseille. Quelques années plus tard, nous n’avions pas retrouvé notre cœur et les initiales que ce dernier contenait. L’arbre ayant été tronçonné, tout avait disparu, sauf notre amour heureusement, qui lui a perduré. Le 18 août 2009, lors du Tour du Vallespir et au lieu-dit « la Cabane de la Devèse de Vallbonne », j’avais gravé (fort mal) mes initiales et la date, dans un hêtre (déjà !) lors d’une étape entre Batère et Saint-Guillem de Combret. En 2014, j’y suis retourné et la gravure, bien qu’encore parfaitement visible » s’était nettement cicatrisée. J’avais été ravi de ce constat car la blessure avait guérie. Voilà quelles sont mes pensées à l’instant même où il me faut quitter ce monumental « Fajàs d’En Baillette ». Je le quitte non sans un détour par les ruines du vieux cortal. Envahies par les lierres, je n’y décèle rien de bien intéressant sauf deux Tircis, papillons des bois que pour le coup je photographie puis déloge et qui partent se réfugier dans les hauteurs du « fajàs ». Après quelques photos de l’arbre séculaire et une photo souvenir, il est temps d’aller rejoindre la crête. Je fais le choix du petit sentier qui part vers l’est et passe au pied du Roc Courbe. A l’altitude de 916 m, et après le passage d’un portail, je tombe sur le panonceau du « Tour des Cabanes », balade que j’avais réalisée en mars 2013 depuis Prats-de-Sournia. De ce fait, je sais parfaitement où je me trouve, sauf que j’ai bien envie d’improviser en évitant les pistes que je connais trop bien. Le chemin partant à gauche rejoint le GRP Tour du Fenouillèdes et même s’il me remémore de bien agréables souvenirs, j’en connais tous les aspects. A droite, c’est le GR.36 descendant vers Sournia et là aussi, je connais tout ça par cœur. Ici, les deux chemins de grande randonnée sont communs. Un coup d’œil sur ma carte I.G.N et je fais le choix de traverser un pré, direction le Sarrat de la Carrette. Sur sa droite, un peu plus bas, il y a des pistes que je ne connais pas et j’ai bien envie d’aller les découvrir. En parcourant le pré, je ne doute plus avoir fait le bon choix, car outre deux corneilles qui semblent y trouver sinon leur bonheur au moins leur nourriture, ce dernier est jonché de magnifiques orchidées et les quelques arbres sont littéralement envahis par une colonie de Traquets. Traquets motteux ou oreillards ? En les photographiant, il est très difficile de les identifier car les deux espèces ont de nombreuses caractéristiques communes et notamment leurs couleurs où le blanc et le noir prédominent. Le Traquet motteux vit plutôt en montagne alors le Traquet oreillard a un habitat plus près de la mer et a une nette préférence pour le fond des vallées et les plaines. Mais ici à 900 ou 1.000 m d’altitude, suis-je en montagne ou est-ce encore la plaine ? Avec leurs queues assez courtes, j’aurais tendance à dire qu’il s’agit de Traquets motteux. Le pré descend en déroulant son tapis verdoyant vers des panoramas amples et grandioses et habituellement très beaux, sauf qu’aujourd’hui ce ciel si blême écrase tout. Je peste contre Météo France et leurs prévisions si « merdiques » parfois. Vers l’est et en contrebas, j’aperçois néanmoins Prats-de-Sournia mais derrière le village je ne vois qu’une succession de collines arrondies englouties sous une draperie de brume. Vers le sud, la Serre de Sournia est chapeautée par le Massif du Canigou encore très enneigé mais force de reconnaître qu’aujourd’hui, la montagne sacrée des Catalans n’a pas sa fascination habituelle. Je finis par atteindre la piste escomptée que je ne connais pas. Elle m’entraîne dans un bois où feuillus et pins à crochets se partagent l’espace. J’y découvre de bien jolis narcisses jaunes et des tapis de potentilles. Il est midi et je m’installe sur l’herbe pour déjeuner. Tout près de moi, un monceau de bois morts, résultat d’un important élagage, capte quelques oiseaux. Tout en mangeant, je m’essaye à souffler dans mes appeaux et presque aussitôt les sifflements attirent des pinsons et des mésanges. Plus surprenants, et après maintes hésitations en des vols circulaires, quelques becs croisés viennent se poster au faite de sapins. Plus ahurissant encore ; mais je pense que mes appeaux n’y sont pour rien ; un coucou gris vient chanter juste au dessus de ma tête. Je l’entends égosiller son chant lancinant fait de « cucouuuu» répétitifs mais je ne le vois pas. Lui non plus ne me voit pas d’ailleurs, car dès lors que je me déplace et qu’il me voit, il s’envole 50 mètres plus loin. Je plie bagages, adosse mon sac et me lance à sa poursuite. Poursuite essentiellement photographique bien évidemment. Je l’aperçois au sommet d’un grand arbre aux branches dénudées. Je m’approche et il s’envole un peu plus loin, et ainsi de suite sans que je puisse le photographier correctement, car une fois encore l’absence de luminosité est une mauvaise alliée. Par bonheur, son vol suit à peu de chose près le tracé de la piste forestière que j’avais envie de découvrir et quand il se pose, il a toujours une nette préférence pour les arbres effeuillés. Ainsi, aussi loin soit-il, je le vois. Le suivre ainsi devient un jeu, un jeu de piste qui parfois m’éloigne de la crête que j’avais envie de cheminer et qui désormais se trouve au moins 100 à 200 mètres au dessus de moi. Quand je sors de la piste, je me retrouve au milieu d’une végétation pas toujours affable pour ma peau. Hauts genêts, ronciers, cistes à feuilles de lauriers et rosiers sauvages sont des arbustes auxquels il vaut mieux éviter de se frotter. Le coucou s’habitue-t-il à me voir ? Est-ce les hauts genêts dans lesquels j’ai réussi à me planquer pour mieux l’approcher ? Toujours est-il que le voilà désormais à une bonne distance de mon objectif et de son zoom qui me permet de le fixer correctement. Il ne bouge pas et le voilà enfin immortaliser dans mon numérique. Je suis ravi mais je m’aperçois aussi que j’ai pas mal marché et que j’ignore où je me trouve. Au loin, le pic du Canigou donne le sentiment de vouloir disparaître sous un ciel bleu opalin. Un coup d’œil sur mon G.P.S pour connaître mes coordonnées puis sur la carte I.G.N et me voilà fixé sur ma position géographique. Je suis au lieu-dit « La Pépinière », presque en dessous du col de l’Espinas. Je rejoins la crête et trouve la clôture que je réussis à longer tant bien que mal. Elle m’amène à une piste se terminant devant un passage canadien et une barrière métallique. Je connais bien cet endroit et je pourrais même redescendre vers Le Vivier, mais il est tôt et je choisis de prendre le chemin qui file et monte vers le col de Benta Fride. Les chenilles processionnaires, en grand nombre, semblent vouloir m’accompagner. J’ai d’autant plus envie de marcher que les journées s’allongent, qu’il y a de jolies fleurs à photographier, que quelques papillons sont présents, que des mésanges charbonnières jouent dans les pins à crochets, que deux vautours fauves sillonnent le ciel presque à me faire peur. Un petit monde bien vivant pour lequel je suis venu. Le col de Benta Fride est atteint. Ici, à 992 m d’altitude, un panonceau m’annonce le Vivier à 1h50. Me connaissant, rajoutons-y une heure. Je ne crois pas si bien dire. Ici, je n’ai plus guère d’autres choix que de redescendre. Là, je fais le choix de longer la clôture, histoire de profiter encore un peu des derniers panoramas, fussent-ils affligeants aujourd’hui. En tous cas, me voilà sur le chemin du retour. Un peu plus bas, je retrouve la large piste forestière commune au G.R.36 et G.R.P Tour du Fenouillèdes. Agrémenté des fameuses traces blanches et rouges, un panneau de bois  mentionne « Le Vivier ». C’est le bon chemin, sauf qu’ici et d’emblée, de profondes cicatrices ont mutilé la forêt et fait disparaître le G.R.36 sous un fatras de bois et sous de profondes ornières où les marques de gros pneus ne laissent planer aucun doute quand à l’utilisation de puissants bulldozers et débusqueurs. Apparemment, une nouvelle piste est en cours de création sinon pourquoi cet affreux layon défigurant cette si belle forêt ? Cette nouvelle piste épargnera-t-elle les hêtres séculaires ? Je l’espère mais rien n’est moins sûr. Non, sans mal, je finis par retrouver le bon itinéraire dans tout ce désordre forestier. Balisage jaune, blanc et rouge, blanc et bleu, une borne peinte me rassurent très vite quand au bon itinéraire. Les ruines de vieilles cabanes confortent cette idée. Alors que je descends d’un bon pas dans cette forêt qui semble vide de toute vie, mon chemin croise avec surprise celui d’un jeune couple qui le remonte. Surpris je le suis, car si l’homme est à peu près convenablement habillé d’un jeans, d’une chaude chemise canadienne et chaussé plutôt correctement avec des souliers hauts et en cuir, la jeune femme, elle, est plutôt vêtue pour une sortie en boite de nuit que pour une balade en forêt. Un minuscule short moulant et très sexy, un tee-shirt qui ne l’est pas moins sur une poitrine généreuse et agréablement décolletée, des tennis légères et d’un jaune flashy, elle n’a rien de la randonneuse qui part à la découverte du « Fajàs d’En Baillette », car c’est bien là leur objectif. J’ai beau leur dire qu’ils se sont trompés de chemin mais l’homme n’a pas l’air de me croire. Je suis contraint de sortir ma carte I.G.N pour leur montrer où l’on se trouve, mais là encore il semble douter de mes paroles. Au fond de moi, je me dis qu’ils sont mal barrés. Il est déjà 16h et je doute fort qu’ils trouvent l’arbre remarquable et ce d’autant qu’aucun panonceau ne l’indique plus haut dans ce secteur, qu’ils n’ont aucune carte et encore moins de G.P.S. Etant décidés à poursuivre, je tente de les dissuader une dernière fois en leur indiquant qu’ils vont inévitablement tombés sur la large plaie tailladée par les bulldozers. Rien n’y fait. Ils semblent sûrs d’eux et je ne peux m’empêcher d’imaginer la jeune femme avec son short si ajusté entrain d’enjamber les chablis et autres arbres coupés. Je continue. Le silence revient car la forêt continue d’être vide et ce, malgré la présence du ruisseau de la Couloubrière qui commence à creuser son ravin. Or mis quelques violettes des bois, il n’y a rien de concret à mettre dans mon appareil-photo. Aux lieux-dits « Les Moles » et « Palmade », des vestiges en pierres sèches attirent mon regard et l’objectif de mon numérique. Dans ce dernier lieu, près d’un long mur en pierres sèches, des vestiges moins réjouissants car plus modernes sont les preuves évidentes de la sottise humaine. Tables et chaises en plastique renversées, panneaux stratifiés, cagettes, tous ces objets ont été laissés là, à l’abandon, dans ce bois où ils n’ont rien à y faire. C’est assez lamentable. En tous cas, si déjeuner dans les bois il y a eu, l’intelligence des pique-niqueurs, elle, était absente. Un peu plus bas, une affiche clouée à un arbre me rappelle à des souvenirs à la fois bons et mauvais, ceux de la tempête Klaus de 2009, de mon Tour du Vallespir et d’une étape mémorable qui devait m’amener au bien nommé Col du Miracle puis à Prats-de-Mollo. A cause des arbres couchés, cette affiche réclame la prudence et je ne peux m’empêcher de penser au couple que je viens de croiser. Un peu plus bas encore, le chant du ruisseau se fait désormais entendre. Il est parallèle au chemin mais traverse quelques prés où poussent d’énormes merisiers en fleurs. L’eau qui s’écoule, des fleurs dans les prés, quelques papillons voltigeurs et des oiseaux chanteurs semblent vouloir remettre en branle une apparence de vie. Peu après, cette vie se concrétise par la photo d’un magnifique Loriot. Du côté d’Urbanya, j’ai déjà aperçu cet oiseau rare par deux fois mais sans jamais pouvoir le figer. Sous un ciel un peu moins blafard que ce matin, l’approche puis l’arrivée au Vivier se résument à des photographies florales et à de nombreuses et laborieuses tentatives pour photographier des mésanges et des fauvettes qui s’ébattent dans les cerisiers fleuris. Un peu plus loin, un rapace noir se lance dans un vol statique avant de se raviser en me voyant. Au bout du chemin, le village est là avec son château ruinée et son église dédiée à ma petite-fille, Eulalie la bien nommée. Je retrouve le cheval noir du brave homme. Me reconnaît-il ? Toujours est-il qu’il vient quémander un peu de nourriture. Je fouille sans conviction et en vain dans mon sac à dos car à l’évidence aujourd’hui j’ai tout mangé. Il se plante devant moi ne comprenant pas pourquoi je ne lui donne rien. Je lui tend un peu d’herbe dont il n’a apparemment que faire. Il a raison car faut-il être bête pour donner de l’herbe à un animal qui n’a que ça sous ses sabots ? Donne-t-on du pain à manger à un boulanger qui a envie de manger autre chose ? Ma balade au « Fajàs d’En Baillette » se termine-t-elle sur cet échec ? Non pas vraiment car dans le canal du village ; continuité des deux ruisseaux que j’ai suivis ; une bergeronnette grise et un rouge-queue noir en ont décidé autrement. Ils m'offrent leurs couleurs et se laissent très gentiment photographier, le rouge-queue noir, peu craintif, venant même me braver sur la balustrade du pont où je me trouve. Cette randonnée, telle qu’expliquée ici, a été longue de 19 kms avec des montés cumulées de 1.500 m, égarements volontaires sur les crêtes inclus. Rien bien évidemment ne vous obligera à accomplir ce circuit tel que je l’ai réalisé moi-même et après la découverte de l’arbre, vous pourrez vous cantonner au G.R.P Tour du Fenouillèdes et à son col de Benta Fride, raison pour laquelle vous trouverez sur ma carte explicative les deux tracés : celui réalisé et celui conseillé qui est long d’environ 13 km, pour des montées cumulées de 980 m et un dénivelé de 566 m entre le point le plus bas au Vivier (426 m) et le plus haut au col de Benta Fride (992 m). Carte I.G.N 2348 ET Prades – Saint-Paul de Fenouillet Top 25.

     

    (*) Label attribué en mars 2014 par l’association A.R.B.R.E.S.

    (**) Comme la plupart des arbres, l'hêtre a sa propre étymologie, ses propres histoires ou légendes. Voici celles qui nous ont été laissées par Jacques Brosse, naturaliste, philosophe et historien (1922-2008) dans son livre " Les Arbres de France - Histoire et légendes" paru chez Plon en 1987.

    Le Fajàs d'en Baillette depuis Le Vivier

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