• Ce diaporama est agrémenté d'une très belle musique intitulée "Talking To Nature" interpretée par le flûtiste indien Shastro

    Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

    Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

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    J’avoue faire assez peu de différences entre randonner seul ou en agréable compagnie car j’ai cette faculté à me complaire dans les deux façons de marcher. D’ailleurs, à bien y réfléchir, seul, à deux ou à plusieurs, je ne modifie guère ma façon d’être dans l’action car avant tout c’est la Nature qui guide mes pas. Elle guide mes pas et ma façon d’agir dans l’acte de marche. Cette attitude, si elle n’est pas nouvelle, a bien sûr évolué en prenant de l’âge. Il y a pourtant une exception à cette règle, c’est quand je randonne accompagné de mes petits-enfants. Si la Nature reste bien entendu présente, ils en font partie intégrante, ce qui n’est jamais le cas des adultes. Je vais donc les observer avec presque autant de curiosités que des papillons, des oiseaux, des fleurs, des panoramas ou des paysages. Et quand je m’interroge à propos de cette observation, je me dis qu’il s’agit à la fois d’une dissection de leur comportement vis-à-vis de cette passion pour la randonnée pédestre qui est la mienne mais aussi d’une espèce de vigilance machinale mais probablement indispensable pour moi. Quoi qu’il en soit, je suis toujours très heureux d’être avec eux dans cet acte que j’aime tant qui est celui de marcher. En ce 26 août, tout s’est mis peu à peu en place pour qu’il en soit ainsi. Ce jour-là, mon gendre, ma fille et leurs deux enfants sont venus nous rejoindre à Urbanya où nous séjournons. Ils ont prévu d’aller « faire » « les Gorges de la Carança » en famille et nous ont gentiment invités Dany et moi. Je languis l’instant où nous serons tous ensemble sur les sentiers et ce d’autant que pour une fois je n’ai pas eu à me préoccuper de l’itinéraire à accomplir. Une fois n’est pas coutume, je vais me laisser guider.

    (Voici le lien du tracé que nous avons effectué : https://www.visugpx.com/pnXoZ9IVvH )

     Voilà déjà 13 ans que je ne suis plus venu marcher dans ces célèbres gorges et je m’en souviens très bien car la dernière fois, j’étais venu marcher avec des collègues du boulot.  C’est totalement inédit et malheureusement, ça ne s’est jamais plus produit ensuite. A Thuès-Entre-Valls, il est tout juste 9h quand nous garons nos véhicules sur le parking des gorges. Le temps que tout le monde se prépare et que mon gendre trouve le sens du départ et me voilà déjà les yeux aux aguets de tout ce qui bouge. Un merle et un papillon en font les frais. Dans le ciel, deux vautours fauves planent du côté de Llar. Ce tout petit hameau perché et perdu me ramène lui aussi à quelques années en arrière lors d’une jolie balade intitulée « Le Chemin des Canons ». Dans la rivière, un merle et plusieurs bergeronnettes continuent de m’immobiliser puis à mon approche, ils s’enfuient à tire-d’aile. Plongé dans mes photos, les volatiles me font presque oublier que j’ai une rude randonnée à accomplir. J’attendais tout le monde et maintenant me voilà déjà attendu. Nous démarrons. Si les gorges sont vite là, c’est surtout un grand panneau qui attire mon regard et m’interpelle car il y est écrit en grandes lettres bâtons bien visibles « ITINERAIRE DANGEREUX AUX RISQUES ET PERILS DES RANDONNEURS ». Or, c’est assez bizarre car je ne me souviens pas l’avoir lu lors de mes précédentes venues ici. Il est vrai que je n’étais qu’avec des adultes, ceci expliquant sans doute cela.  Immédiatement, je me mets à penser à mes deux petits-enfants et aux risques qu’on va leur faire courir. J’essaie d’enlever cette culpabilité de ma tête mais il me faudra quelques décamètres pour y parvenir. Finalement, c’est de voir mes petits-enfants gambader et sauter de roches en roches comme des cabris que je parviens à éliminer ces mauvaises pensées. Finalement, je m’aperçois que le vieux que je suis a le pied bien moins sûr et réclame plus d’attention sur ce sentier devenant rapidement tortueux. Je peux me consacrer pleinement à la photo mais je vois bien que mon numérique ne fonctionne pas comme à son habitude. Absence d’une bonne luminosité ? Je suppose. En tous cas, c’est la seule raison que je trouve à cet état de fait. J’essaie de procéder à des réglages mais en vain. Dans ces profondes gorges, les rayons du soleil peinent à pénétrer franchement et c’est un faisceau blanchâtre très puissant faisant office de couvercle qui empêche de voir le ciel dont je sais qu’il est pourtant très bleu. Il me faut faire avec et je me dis que Photoshop sera peut-être à même de corriger ces photos de mauvaise qualité. Si le sentier est bien tracé, je le trouve bien plus difficile qu’il y a 13 ans.  Les années supplémentaires ont démultiplié les difficultés. Toutefois, comme j’arrive à suivre le groupe sans trop d’essoufflements, je suis plutôt satisfait. Après avoir longé quelque peu la rivière Carança au fond de la gorge, le sentier devient plus compliqué car plus rocheux. Il faut assez souvent redoubler de vigilance pour se faufiler correctement dans ce qui ressemble à un pierrier quasi continuel. Tout en prêtant attention, je me distrais comme je le peux en photographiant quelques fleurs et nos déambulations. Mais le groupe avance à un bon rythme et les mises au point que je devrais faire pour des photos de qualité ne me sont pas autoriser, sauf à perdre trop de terrain. Tout compte fait, l’aspect le plus angoissant n’est pas la qualité désastreuse du sentier en soi mais le fait que l’on ne sait pas où l’on va et surtout comment l’on fera pour revenir en effectuant une boucle. Enfin , cette angoisse peut être compréhensible surtout pour tous ceux venant ici pour la toute première fois. Sentier tortueux, végétation parfois très dense, vues limitées, canyons profonds et insondables, pics acérés et inaccessibles, falaises abruptes, panneaux de prudence et de recommandations, tout ce qui nous entoure peut contribuer à une certaine appréhension. Cette appréhension peut encore perdurer même quand le lieu nous est déjà connu et notamment pour les personnes ayant pu lire de vieilles croyances populaires avant de venir ici. Quand la corniche apparait en face, creusée à même le flanc d’un à-pic impressionnant et que l’on y aperçoit quelques « lilliputiens », elle peut se transformer en frayeur voire en paralysie. Rien de tout ça parmi notre groupe et même les enfants avancent sans aucune crainte, ce qui est tout à fait normal car c’est bien connu qu’ils n’ont pas la même conscience du danger que les adultes. Tant mieux ! Ceci n’empêchant nullement les conseils de prudence, ce que je ne me prive pas de faire, sans pour autant les inquiéter plus que nécessaire. De toute manière, ils sont habitués à randonner et marchent avec beaucoup de sérieux la plupart du temps Après quelques petites montagnes russes et être passés sous le Roc de la Madrieu, nous retrouvons le lit de la rivière peu avant le lieu-dit « l’Abeurador », en français « l’Abreuvoir », et la confluence du Correc de la Guille. Coin peu paisible pour pique-niquer mais je m’éloigne un peu du sentier à la fois pour trouver une peu de paisibilité et m’isoler pour prendre quelques photos car par chance à cet endroit quelques pieds de menthe attirent des papillons. Si je me suis éloigné, je reste à proximité du groupe et les pieds presque dans l’eau. Sur la gravière, je réussis à attirer une minuscule truitelle avec de la mie de pain roulée en petites boulettes. Mais la truite sauvage est soupçonneuse et ne se laisse pas photographier si facilement, restant dans le courant. Je me rattraperai un peu plus tard. Un lézard des murailles se fait tirer le portrait plus aisément. Le pique-nique terminé, nous continuons à longer la rivière mais cette fois très souvent sur des échelles, des passerelles aménagées et des ponts de singe. Ici, faire le singe, il vaut mieux éviter car en cas de chute, il y a plus de chance de tomber sur un rocher que dans l’eau. Le torrent ne cesse de faire entendre sa rocailleuse musique. Tantôt à droite, tantôt à gauche, ou vice-versa, le plus compliqué est d’éviter de se croiser avec des personnes ou des groupes arrivant en sens inverse, ce qui ne manque pas d’arriver en raison de l’heure déjà bien avancée de la journée. Finalement le pont de Pierre est atteint et si je mets Pierre en majuscule c’est parce qu’il est ainsi écrit sur la carte IGN. Erreur des géographes ou hommage à un Pierre qui en serait le concepteur ? Aucune information ne vient étayer aucune thèse et on sait seulement que ce pont a été construit pour pouvoir plus facilement enjamber un affluent de la Carança qui a pour nom catalan « El Torrent Roig », en français « le torrent rouge ». Dans ses balades, Lison (*) évoque ce pont de pierre et la source de ce ruisseau torrentiel, précisant qu’au temps jadis, son débit était probablement plus puissant que de nos jours, expliquant par-là cette solide construction et le chemin en grand partie constituée de pierres taillées dans les roches du secteur. Ils étaient là aussi pour l'exploitation du bois et du cuivre et de quelques autres minerais.  Elle nous apprend aussi qu’en face de ce pont se trouvait sans doute un moulin dédié au sciage du bois. Enfin, elle vous explique tout ça bien mieux que je ne puis le faire ici. Qui mieux que Lison (*) qui a arpenté ce superbe et patrimonial secteur de la Carança en long et en large peut nous apprendre tout ça ! Le temps d’observer une belle petite cascade, de photographier une mésange charbonnière ; les passereaux sont peu visibles dans les gorges ;  et le temps est venu pour nous de faire demi-tour. Ah oui j’oubliais ! Il y a aussi un petit galet multicolore car joliment peint. Il a été laissé là sur le pont, sans doute par une personne un peu « New Age » en signe de porte-bonheur.  Porte-bonheur pour tous ceux qui comme nous arrivent ici ou passent pour monter plus haut vers le Refuge du Ras de la Carança ou les lacs. Ce n'est qu'ainsi que l'on a une idée plus ample et totale de ce qu'est la Vallée de la Carança (** voir le poème de Gaston Groussole à propos de cette vallée). Pour le retour, il n’est pas toujours facile de réemprunter les échelles et les passerelles métalliques, les ponts de singes sur lesquels le plus souvent il vaut mieux éviter d’être en surnombre. Il est 13h et dans les gorges c’est l’heure de pointe. Mais tout se passe toujours bien, tout le monde faisant preuve de civisme, de patience et de compréhension. Finalement, nous bifurquons de la rive droite à la rive gauche par une dernière passerelle à hauteur d’un petit barrage agencé de quelques baraquements. Wikipédia nous dit de lui « qu’il est situé à l'altitude de 1 004 m. Il mesure 2,8 m de haut et est muni d'une prise d'eau qui permet d'alimenter la centrale hydroélectrique de Thuès, située au bord de la Têt, légèrement en amont du confluent entre la Carança et la Têt. » Peu après commence la corniche creusée à même la paroi des gorges, partie de cette boucle la plus impressionnante car la plus périlleuse. Dans ce sens, que vous ayez le vertige ou pas,  il y est préférable d‘avoir une « conduite anglaise », de bien serrer sa gauche et de tenir d’une main ferme ce câble ligne de vie qui vous sécurisera. Cela vous évitera de prendre des risques inutiles et de vous faire des frayeurs qui le seront tout autant. Dites-vous bien que quoi qu’il en soit, aujourd’hui vous aurez eu droit à une belle dose d’adrénaline. D’ailleurs, comment faire quand vous aimez les fleurs mais que quelques-unes d'entre-elles ont pris un malin plaisir à aller pousser dans des endroits improbables et que malgré ça l’envie de les photographier est encore là ? Il faut parfois choisir, reculer quand le danger est trop grand et c’est ce que je fais. Par bonheur, un couple de Grands Corbeaux noirs et une Hirondelle des rochers qui a choisi de nicher dans le plafond de la corniche viendront compenser deux ou trois reculades florales. Plus on avance au sein de la corniche et plus on prend conscience des travaux colossaux qu’il a fallu entreprendre pour parvenir à la creuser ainsi. Quelques tunnels perpendiculaires mais tous claquemurés et dont on ne voit pas le bout rajoutent un maximum de mystères.  Sur Wikipédia, l’histoire nous dit que c’est en 1943 que tout cela a commencé aux fins de la construction d’un grand barrage sur la Carança qui finalement n’a jamais vu le jour pour des raisons de coût. Finalement, c’est un petit barrage qui permettra d’alimenter une centrale hydroélectrique qui fonctionnera à partir de 1946. Ce fameux passage en corniche est resté pour le plus grand bonheur des montagnards et autres randonneurs. Si la plupart font comme nous et se contentent d’arpenter ses gorges grandioses, certains partent rejoindre le refuge du Ras de la Carança et encore un plus haut les lacs dont  l’Estany Negre ou Etang Noir situé à une altitude de 2 505 m. Ce dernier constitue la source de la rivière, longue de 15,3km jusqu’à sa confluence avec la Têt à Thuès. D’ailleurs dès lors que l’on termine la corniche, la vallée de la Têt est là, bien visible en contrebas avec sa route nationale 116 et sa voie ferrée parallèle où circule « Le Canari ». C'est le surnom donné au joli « Petit Train Jaune » montant ses flots de touristes vers la superbe Cerdagne depuis Villefranche-de-Conflent. La vallée, il suffit désormais d’y descendre pour rejoindre Thuès et terminer cette magique randonnée. La descente démarre à droite à hauteur d’une bâtisse « chambre d’eau » d’où s’échappe une longue conduite forcée. 20 minutes plus tard , le parking est là, à moins que vous ne fassiez comme moi et que vous attendiez que le « Canari » passe pour le photographier. Selon le tracé que m’a fourni mon gendre, cette randonnée a été longue de 8,3km pour des montées cumulées de 1.012 m et un dénivelé de 336m entre le point le plus bas à 836m à Thuès et le plus haut à 1.172m au pont de Pierre. Cartes IGN 2249ET Font-Romeu – Capcir et 2250ET Bourg-Madame - Mont-Louis - Col de la Perche Top 25

    (*) Les Balades de Lison et la Carança : Vous voulez connaître la Carança et un peu son histoire, voici quelques liens proposées par mon amie Lison : Enigmatique Carança,  Carança d'autrefois : le bois et le cuivreCarança d'autrefois (fin) : les troupeaux et le charbon.

    (**) La Vallée de la Carança : Je ne peux m'empêcher de vous délivrer le superbe poème ci-dessous à propos de la Vallée de la Carança. Il est l'oeuvre de Gaston Groussole, écrivain et poète bien connu des Toulougiens, et extrait de son livre de poésies "Eclaire-moi Fanal !" édité par Les Presses Littéraires : Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.


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  • Merveilleuse Année 2022 à toutes et à tous avec surtout une bonne santé ! Protégez-vous, protégez vos proches, protégez les autres en vous vaccinant même si l'efficacité des vaccins est imparfaite......il n'y a rien d'autre pour l'instant !

    Merveilleuse Année 2022


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  • La News : La Chapelle Sainte-Marguerite de Nabilles depuis Conat.

    La News : La Chapelle Sainte-Marguerite de Nabilles depuis Conat.

    La News : La Chapelle Sainte-Marguerite de Nabilles depuis Conat.

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    En ce 19 septembre et toujours en villégiature à Urbanya, nous avons prévu d’aller randonner au-dessus des Angles, du côté du petit étang de Vallserra (que l’on écrit aussi Balcère), quand la radio nous annonce de la pluie sur le Capcir pour une bonne partie de la journée. Etonnant, alors qu’ici nous n’avons qu’un ciel incroyablement bleu. Que faire alors que nous nous apprêtons à démarrer ? Sur mon smartphone, cette mauvaise météo capciroise m’est confirmée avec un risque prévisionnel d’averses à 75%. Sur cette même application, aucune pluie n’est annoncée sur le Haut-Conflent. Rien d’étonnant à cela quand on sait qu’il arrive assez souvent que les pluies restent bloquées sur le Massif du Madres. Alors oui que faire ? Changer mon fusil d’épaule ? Oui je ne vois que ça ! C’est ainsi  que cette balade à Vallserra se transforme à une jolie boucle vers « la Chapelle Sainte-Marguerite de Nabilles depuis Conat ». Un petit détour par Prades afin de récupérer notre pique-nique qui prend les traits de 2 gros pans-bagnats et à 9h15 nous voilà fin prêts sur la parking de la mairie de Conat pour cette balade. Le ciel est toujours merveilleusement bleu.....la suite arrive tantôt .A bientôt ami(e)s blogueuses et blogueurs.....

     


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    Allo, y-a-t-il une belle gueule de droite pour donner une belle droite dans la gueule de l'immobilisme ?

    Le front de Zemmour, les yeux de Ciotti, le nez et les joues de Pécresse, la bouche de Marine et le menton de Dupont-Aignan et mes lunettes !


     

    Depuis que la gauche m’a déçu puis a peu à peu dérivé vers l’islamo-gauchisme, je cherche en vain une « belle gueule » à droite. Un mec qui n’aurait pas peur de donner « une belle droite dans la gueule » de l’immobilisme. Oui, je cherche en vain, un candidat qui rassemblerait mes convictions de français à la fois social, patriote, non raciste, non violent et pacifiste mais sans concession vis-à-vis de tous ceux qui viennent chez nous, foutent la merde et ne font aucun effort d’assimilation ou d’intégration à nos valeurs et à la culture française. La France, malgré ses diversités géographiques, de paysages, de luttes de toutes sortes, de sangs différents, de religions,  avait réussi au fil des siècles la prouesse de s’amalgamer, de se souder, aidée en cela par les dernières guerres auxquelles elle avait été confrontée ou le patriotisme et la résistance étaient finalement sortis vainqueurs. Or, en quelques années d’immigration, elle a perdu cette force et à basculer dans un incroyable éclatement. Cet éclatement de notre société et de nos modes de vie, Jérôme Fourquet lui a donné le nom de son livre « L’Archipel français ». Tous ceux venus d’ailleurs et qui participent à cette « archipelisation » n’ont rien à faire chez nous, surtout s’ils ne viennent que pour percevoir des aides sociales, nous montrer leur religion et/ou s’adonner à la violence. Tous les autres sont bien entendu les bienvenus. La France doit rester la France. Un pays où il fait bon vivre mais où aussi il faut se remonter les manches et « trimer » pour réussir sa vie. Un pays où l’assistanat doit être réserver à une minorité d’handicapés et de défavorisés de la vie. Un pays dont l’immense majorité des citoyens veut vivre en paix et ne supporte plus cette violence qui règne désormais dans toutes nos grandes métropoles et dans toutes ces zones de banlieues que l’on appelle de non-droit. Trafics de drogues et d’armes, voitures calcinées, mobiliers urbains détériorés, radicalisme religieux ou politiques, blacks-blocs, j’en passe et des pires, la vie dans ces métropoles et ces quartiers est devenue un enfer pour une majorité d’habitants qui vivent constamment dans la peur mais aussi malheureusement dans l’omerta. Oui, la police doit pouvoir continuer à y faire son travail comme elle est censée savoir le faire, sinon l’armée devra venir tôt ou tard à sa rescousse. En écoutant les débats télévisuels, j’avais cru trouvé le candidat idéal en la personne d’Éric Ciotti, grand spécialiste depuis de très longues années de ces thèmes de sécurité, de police, de justice et d’immigration,  mais c’est Valérie Pécresse qui a gagné la primaire de L.R. Certes Éric Ciotti tenait un langage proche d’Éric Zemmour, de Marine Le Pen, de Nicolas Dupont-Aignan et sa fermeté en la matière a été en partie reprise par Valérie Pécresse mais quoiqu’il arrive il ne sera pas le candidat L.R en 2022. Ma crainte est que la politique de Valérie Pécresse, si elle est élue ; ce qui n’est pas gagné ; soit un copier/coller du quinquennat Macron que nous venons de vivre : de la com’ toujours de la com’ rien que de la com’. Et puis surtout cette impossibilité de donner un grand coup de pied dans ces trois fourmilières géantes que sont les racailles des banlieues, l’Europe et ses freins et enfin la Haute Fonction Publique française. Malgré la  toute-puissance de cette dernière, il est fort dommage de constater que les rouages de la France n’ont plus vu la moindre goutte d’huile depuis De Gaulle et Pompidou. Valérie Pécresse est sans doute compétente pour gérer une région mais je garde trop en mémoire qu’elle a été la collaboratrice et la ministre de Chirac et Sarkosy qui n’ont pas fait grand-chose pour résoudre les problèmes qui se posaient déjà et qui sont les mêmes qu’aujourd’hui mais en plus graves et qui de surcroît a quitté le parti L.R au moment où ce dernier était entrain de couler dans l’opinion publique après l’affaire Fillon. Oui, j’ai bien peur que ce passé lui colle à la peau lors de la prochaine présidentielle.

    Oui, c’est fort dommage que Ciotti n’ait pas gagné la primaire LR car j’aurais voté pour lui.  La justesse de ses propos par rapport à la réalité présente et son parcours antérieur faisaient de lui un candidat bien plus crédible qu’une Marine Le Pen ou qu’un Éric Zemmour, dont les expériences politiques et étatiques sont inexistantes.  Je regrette enfin qu’à droite, on en soit encore à se tirer dans les pattes entre les différents partis car j’ai la certitude qu’une alliance des personnes de bonne volonté et de bon sens aurait permis de résoudre une immense majorité des problèmes factuels de la France. Au lieu de ça, c’est l’immobilisme là aussi dans un pays où cette carence est déjà le défaut majeur. Chaque réveillon du Jour de l’An et depuis des années, il y a des centaines de voitures brulées ? Et nos gouvernants se satisfont d’en faire le seul comptage !  Décidément, je crois que de très nombreux Français, que je qualifierais désormais à droite, vivent contraints et forcés ces querelles stériles de « voisinage » et je finis par comprendre tous ces électeurs qui ne vont plus voter, parce qu’ils ne trouvent pas de candidat « chaussures à leurs pieds ». Je crois que malheureusement je vais encore en faire partie en 2022 ?

    Oui, comme sur la photo que j’ai montée et que j’ai mise ici en exergue, l’idéal Président aurait pu avoir le front de Zemmour, les yeux de Ciotti, le nez et les joues de Pécresse, la bouche de Marine et le menton de Dupont-Aignan. Or ma crainte est qu’il ait encore pendant 5 ans la gueule jupitérienne, arrogante et suffisante de Macron. Oui, je le crains ! Si la gauche puis Macron ont fait un mal irréversible à mes idées sociales et à ma vision de la France, la droite est encore très loin de m’avoir prouver sa totale efficience.

    Allo, y-a-t-il une belle gueule à droite pour donner une belle droite dans la gueule de l'immobilisme ?


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    Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques du compositeur John Barry. Elles ont pour titres : "The John Dunbar Theme (John Barry)", "Theme From Somewhere In Time (The City of Prague Philharmonic Orchestra)", "Give Me A Smile (English Chamber Orchestra/John Barry)" et "Out Of Africa/Flying Over Africa (John Barry)".

    La Chapelle Saint-André et la carrière de marbre de Belloc depuis Conat.

    La Chapelle Saint-André et la carrière de marbre de Belloc depuis Conat.


     

    Quand en ce 14 août au matin, nous avons décidé d’aller randonner jusqu’à « la Chapelle Saint-André de Belloc et à sa carrière de marbre depuis Conat », je mentirais bougrement si je vous disais que nous partions totalement à l’aventure. Non, concernant cette chapelle, c’était la énième fois que nous y allions et si je vous donnais un chiffre rond, je mentirais aussi ! Je me souviens d’un temps très lointain où nous y amenions nos enfants puis à diverses reprises quelques amis. Pour les enfants, c’était quand ? Il y a 35 ou 40 ans peut-être, mais sûr dans cette fourchette-là ! Les amis un peu moins. Je ne sais plus. Puis, nous y sommes retournés en août 2012, puis encore en 2018 et en 2019 lors de deux « Balcons de Villefranche-de-Conflent » dans les deux sens. Oui, j’ai arrêté de compter le nombre de fois où je m’y suis rendu et ce, d’autant que j’y étais également passé en août 2007 lors d’un mémorable Tour du Coronat en solitaire et en 6 jours. Une chose est par contre certaine, c’est que je n’ai jamais véritablement découvert cette carrière de marbre qui jouxte la chapelle. Je sais où elle se trouve, je l’ai photographiée de loin mais ne l’ai jamais véritablement approchée même si j’ai beaucoup lu à son sujet. C’est donc avec ce double objectif que je pars aujourd’hui : la chapelle mais surtout la carrière et comme toujours la flore, la faune et tout ce que la Nature va m’offrir. Pour Dany, marcher dans la Nature et observer d’amples panoramas suffisent à son bonheur. Elle devrait y trouver son compte sans problème.  Il est 8h quand nous nous mettons en route sur la parking de la mairie de Conat. Deux rougequeues noirs semblent y chercher pitance et sautillent sur l’asphalte dans un mouvement de danse fait de balancements presque parfaits car quasiment synchronisé entre eux. Ils semblent ignorer royalement notre présence. L’itinéraire démarrant en haut et à gauche juste après le clocher de l’église, nous longeons le cimetière. Le soleil n’a pas encore jeté tous ses rayons dans la Vallée du Caillan (Callau sur certaines cartes IGN) et le ciel est plutôt étrange car d’un blanc très laiteux et donc opaque vers le sud et l’est et d’un bleu très pur car sans nuages vers le nord et l’ouest. Il en sera ainsi une grande partie de la demi-journée puis les choses s’inverseront dans le milieu de l’après-midi. La journée s’annonce superbe et je me réjouis déjà de la flânerie envisageable.  Pour moi, le verbe « flâner » signifie prendre mon temps pour tout. Tout, c’est observer et photographier la flore et la faune, le patrimoine, les paysages et les panoramas et aujourd’hui, il y aura en sus la géologie et peut-être même de la paléontologie. Tout cela en amateur bien sûr, mais curieux de tout cela. Si le début de la montée vers cette falaise et cette brèche qu’on appelle le Pas de l’Escala est plutôt monotone car essentiellement en sous-bois de petits chênes verts, dès lors que l’on change d’étage collinéen, les centres d’intérêts vont se multiplier. Dans l’immédiat, les chênes verts aussi petits soient-il semblent faire trop d’ombre à tout le reste. Peu de panoramas hors mis au tout début sur la Vallée du Caillan et ses jolis et rectilignes jardins potagers. Or mis un minuscule papillon dénommé la Brocatelle d'or (Camptogramma bilineata), aucune faune n’y semble présente. Quant à la flore, elle se résume à des Crassulacées comme les Joubarbes et les Orpins puis à de petites fougères et à quelques ombellifères (Apiacées) du style Boucages ou Buplèvres. Il faut donc attendre un autre étage supérieur pour que la végétation se diversifie : Quelques fleurs commencent à montrer le bout de leurs diverses inflorescences, il y a d’autres arbustes méditerranéens, puis divers feuillus et enfin de très nombreux pins accompagnés de quelques cèdres. Le lieu-dit « La Boixera » porte bien son nom, car s’il est de coutume de penser à juste titre qu’il s’agit d’un « bois de buis », ce nom désigne plus largement une « végétation très touffue » car en fagots, qu’il est d’usage de brûler soit pour se chauffer soit pour cuisiner (Joan Becat).  Ici, la faune se fait un peu plus présente avec déjà pas mal de papillons et quelques rares oiseaux, tout ce joli monde restant assez difficile à photographier compte tenu de la densité de la végétation, y compris parfois à même le sentier. Il me faut donc faire preuve de patience et de ce fait, rattraper Dany après chacun de mes arrêts photographiques. Dans cette épaisse végétation, de rares mais jolies ouvertures sur Conat et la vallée permettent de se faire une excellente idée du chemin parcouru mais surtout de l’élévation déjà réalisée. La présence de petits éboulis et de pins de plus en plus nombreux laisse imaginer que la fin de la colline est atteinte. Il n’en est rien et il faut vraiment attendre d’avoir franchi ce fameux « Pas de l’Escala »,  passage rocheux délicat mais peu dangereux ici, pour voir la falaise blanche et ocre disparaitre.  Si le sentier continue de zigzaguer au sein d’une jolie pinède, les difficultés liées à la déclivité ont totalement disparues. Sur la gauche, on aperçoit parfois l’imposant clocher de la chapelle romane Saint-André de Belloc. Peu de temps après se présente une vieille source captée, espèce de très court tunnel aménagé de quelques escaliers se terminant par une modeste citerne pavée. Pour qui connaît un peu l’Histoire de cette colline de Belloc mais aussi la Font de la Perdiu (Perdrix) située en face et de l’autre côté de la vallée de la Têt sur la colline de l’Ambouilla, il est assez facile de deviner que cette source captée est également d’époque « vaubanienne ». Or mis une porte en moins ici, les deux citernes sont quasiment semblables. De plus, leurs courts tunnels respectifs ont cette même forme en ogive que l’on retrouve un peu partout dans les souterrains d’Ambouilla et du Fort Libéria ainsi que dans les galeries de contrescarpe. D’ailleurs, sinon Vauban, qui aurait pu imaginer la construction d’une telle source à l’extrémité d’un long mur de soutènement dont on voit bien qu’il n’est là que pour soutenir un large chemin pour y accéder ? Oui, il ne fait guère de doute que cette citerne a été construite à la même époque que le Fort Libéria, c’est-à-dire dans les années 1681 à 1683, dès lors que le fort a nécessité l’accès aux carrières de marbre mais aussi qu’il fut utile aux armées de Louis XIV de se protéger de tous les côtés.  Pourtant les interrogations demeurent et notamment à propos de la construction de la Redoute d’Ambouilla que certains historiens attribuent aux architectes de Napoléon III voire aux Espagnols. Ici, aucune information n’apportant de précisions à mes interrogations, j’entre dans la source uniquement pour la photographier et donc sans m’éterniser. Les fleurs que j’ai aperçu ici dans cette clairière sont pour moi bien plus captivantes. Après quelques photos, nous continuons en longeant le mur évoqué. Une nouvelle clairière se présente, bien plus ample que la première et plantée d’un grand cèdre. Ici, c’est l’emplacement de l’ancien hameau dont on aperçoit encore quelques ruines envahies par la végétation de-ci delà. La chapelle est un peu plus haut et à gauche sur une butte. Nous n’y faisons que passer, juste histoire de voir s’il n’y a rien de nouveau depuis notre dernière venue. Il n’y a rien de nouveau et la porte de la chapelle est toujours aussi cadenassée, alors nous partons déjeuner avec cette vue splendide car ample sur la Vallée de Caillan qui s’étire du Massif du Madres jusqu’à nos pieds. Le pique-nique terminé, Dany part se reposer sur une planche qu’elle a repérée du côté de la clairière pendant que je me lance à la conquête photographique de la flore et de la faune de cette butte rocailleuse. Elle est ensemencée d’une multitude de plantes pour peu que l’on veuille les observer : thym, brachypode, genêt, chardons et carlines, bugranes et liserons, camélée, rouvet et j’en oublie encore beaucoup. Les papillons et les criquets sont également nombreux. La clairière où je retourne n’est pas en reste. Parmi de nouvelles fleurs, une toute petite bien bleue munie d’un long éperon et qu’il me faudra dénommer après recherche (Dauphinelle de Verdun). Dany s’étant bien reposée, il est temps de filer vers la carrière de marbre. Sur la carte, plusieurs chemins semblent y mener à travers le maquis mais je préfère prendre la piste  car je sais déjà que Dany n’est nullement intéressée par la visite de cette carrière. De plus, ne sachant pas si son accès est aisé ou pas, je ne veux prendre aucun risque avec elle. Finalement après quelques virages, la carrière de marbre griottes (*) est là ou tout du moins le terril constitué de blocs plus ou moins gros ressemblant à un éboulis. Dany continue la piste à la recherche d’un endroit ombragé pendant que je choisis l’accès le plus facile et le moins périlleux pour accéder à la mine à ciel ouvert. Plus facilement que je ne l’aurais cru, j’atteins un large chemin où d’autres éboulis me font face. Je me lance dans une recherche de petites pierres dont le but est à la fois de trouver les plus originales et les plus dissemblables. Si la plupart sont quasiment sans intérêt, quelques-unes présentent de petits fossiles blancs que l’on appelle Goniatites. Ces petits mollusques céphalopodes, depuis très longtemps disparus, ressemblent un peu à ces petits escargots qu’on appelle limaçons. En réalité, ils sont plus proches des ammonites également disparus et des nautiles d’aujourd’hui. S’ils sont souvent bien visibles sur les roches, ils sont parfois complétement déformés par la pression tectonique qui s’est exercée au Dévonien, c’est-à-dire voilà – 350 millions d’années environ. Les géologues les appellent « fantômes ».  Ils leur donnent aussi le nom d’ « Œil de Perdrix » quand ces fossiles sont totalement cristallisés et blancs. D’autres roches ne sont pas tavelées de Goniatites mais présentent d’autres intérêts comme des cristaux brillants de divers coloris ou bien des traces noires voire gravées d’activités de dislocation, d’écoulement, d’écrasement ou de rainurage comme les lapiaz ou les « pelures d’oignons ». Tout cela permet d’imaginer aisément l’activité bouillonnante et donc sans doute volcanique qui a eu lieu ici alors que la mer était présente ici comme sur une immense partie de la Terre. Les scientifiques estiment à 70 %  la disparition des espèces vivantes même si la cause précise de cette extinction reste inconnue : période d’anoxie océanique, pic de volcanisme lié aux mouvements de la dérive des continents, origine extraterrestre (impacts cométaires ou météoritiques) ou une combinaison de ces facteurs ? (Source Wikipédia).  Je photographie les exemplaires rocheux que j’estime les plus remarquables pour mon reportage, conserve les plus petites mais les plus originales, mais pas plus d’une dizaine, que je mets au fond de mon sac pour ma modeste collection de pierres et de fossiles et part vers d’autres recherches. Je remonte le chemin puis trouve une première carrière sur ma droite. Elle se présente sous la forme d’une tranchée avec sur la droite une falaise, espèce de petit coteau pentue,  plutôt crevassé de toutes parts et rouge brique. Rien de folichon à première vue, alors je continue de grimper vers la seconde bien plus haute, bien plus vaste et un peu plus lisse. Ici les roches que je découvre sont plus intéressantes à observer mais également plus diversifiés. Les clichés se multiplient. Finalement, j’atteins la croupe dominant celle-ci. C’est la garrigue mais relativement bien boisée de chênes, d’autres feuillus méditerranéens et de pins. J’y divague quelque peu photographiant des papillons, un énorme lézard ocellé très farouche, dont malgré tout je garderai de lui une piètre photo. Un poteau me rappelle que je suis toujours au sein de la Réserve naturelle et que certaines consignes basiques sont à respecter. Ces recommandations aidant, un peu perdu dans cette garrigue, je me sens comme un chien dans un jeu de quilles. Alors il est temps de quitter les lieux. Dany m’attend alors je trouve bien plus facile de redescendre par le chemin où je suis monté dans les carrières que de prendre le risque de m’égarer dans la garrigue. Finalement, je la retrouve tel Saint-Louis assise à l’ombre d’un grand chêne, mais le sien est vert et elle ne rend pas la justice. Sa seule loi est de bougonner un peu car voilà déjà presque une heure que je suis parti au sein des carrières et elle me dit qu’elle a trouvé le temps long. Nous continuons la piste qui descend vers Les Termaneres et la D.26. Ici, dans cette descente, les seules choses notables sont quelques papillons, la plupart déjà vus, un couple de sittelles dont une est peu craintive et se laisse tirer le portrait, un pinson qui picore sur la piste devant nous et semble jouer en sautillant au fur et à mesure que l’on avance vers lui et de beaux panoramas plongeants sur la vallée de la Têt, Prades et Ria-Sirach.  Puis tout se referme et cette piste devient assez monotone jusqu’à hauteur de la chapelle ruinée de Sainte-Croix (Santa Creu) où un nouveau panorama plongeant se dévoile sur la vallée. Il y a bien un sentier sur la carte IGN qui file vers Conat mais je ne le connais pas et une fois encore je ne veux pas prendre de risque avec Dany, et ce d’autant qu’elle commence à souffrir de ses hanches. A tout prendre, je préfère la monotonie de la piste. Un bel oiseau jaune au lieu-dit Les Termaneres puis encore quelques fleurs et papillons puis nous empruntons un petit sentier, lequel parallèle à la D.26 rejoint Conat. Ici, tout comme après le départ ce matin, nous retrouvons ce sous-bois de chênes verts un peu vide de tout, or mis la présence de quelques fougères.  Il est 15h quand nous touchons au but et retrouvons notre voiture sur le parking de la mairie. Les Rougequeues noirs photographiés ce matin sont toujours là mais cette fois ils ne veulent pas de mes photos et s’envolent vers le cimetière. Tant pis pour le spectacle mais comme à  la place nous avons eu droit à une petite compagnie de perdrix rouges marchant sur la D.26, nous finissons cette balade sur cette jolie conclusion.  Elle a été longue de 8,2 km, cette distance incluant la totalité de mes déambulations. Le dénivelé est de 406 m entre le point le plus bas à 519 m à Conat et le plus haut à 925 m juste avant d’arriver à la source captée. Les montées cumulées sont de 703 m. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet et 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

    (*) La carrière de marbre griotte de Belloc et son histoire : Plutôt que de réécrire l'Histoire, je vous donne un lien où vous trouverez une maximum de renseignements à propos de cette carrière. C'est à ce jour le document le plus complet que j'ai trouvé. Il est l'oeuvre de Michel Martzluff, Pierre Giresse, Aymat Catafau e Caroline de Barrau, tous sont des spécialistes de l'archéologie, de l'Histoire ou de la préhistoire. On peut néanmoins rajouter que la carrière de Belloc était sans doute connue depuis le Moyen Âge, les nombreux parements que l'on trouve dans les chapelles Saint-Etienne de Campilles et Saint-André de Belloc toutes proches en constituent quelques preuves irréfutables. Les carrières ont refait surface plus tard retrouvées par quelques curieux dont certains les ont exploitées.  C'est le cas de "Monsieur Philippot, propriétaire d'exploitations de marbres à Perpignan qui exploita la carrière dite de Conat à partir de 1843 et dont quelques échantillons exposés lui valurent une médaille à l'exposition nationale de 1844. C'est le cas aussi de Monsieur Bernard Bernard de Villefranche qui se lança dans l’exploitation du marbre griotte de Belloc (ainsi que dans celle d'En Gorner, marbre violet et incarnat) mais d'un accès très difficile la carrière sera abandonnée au bout d’une vingtaine d’années. A cette carrière travaillaient une quinzaine d’ouvriers venus de Ria, Sirach, Conat et même Nohèdes. Les blocs de marbre épincés, taillés complètement terminés étaient expédiés en gare de Ria. Certains blocs pesaient presque huit tonnes. Il arrivaient « bruts » de Belloc par le chemin d’En Corner (« Foun de la Baronne ») sur des charrettes trainées par deux couples de bœufs. Ils étaient façonnés. Le marbre griotte acajou ou griotte coquillé était très prisé par les acheteurs.  Bernard Bernard décédé, une société belge prît le relais. Est-ce Holtzer des hauts-fourneaux [de Ria] ? De 1950 à 1955, je me rappelle que la carrière avait été exploitée par une entreprise italienne originaire de Carrare, le patron était M.Del Papa. Cinq à six ouvriers dont M.Garbati et son fils travaillaient sous ses ordres […]. Les gros blocs de marbre étaient exportés par chemin de fer vers Carrare (en Italie). Les ouvriers logeaient à « la bonne truite ». Un beau matin ils partirent, un grave accident s’étant produit, il laissèrent des factures impayées, et deux personnes qui avaient été blessées sont revenues quelques mois à Villefranche faire la plonge et de nombreux travaux pour compenser le manque à gagner et par reconnaissance du bon temps qu’elles avaient passé chez nous. A côté de cette carrière, un concasseur qui avalait toute pierre non façonnable pour produire gravillon de divers calibres et poudre de marbre. En amont l’entreprise familiale de Monsieur François Angles de Ria où travaillait Jacky Roque. La société Denain Anzin qui exploitait les mines de fer a repris la grande carrière de marbre sous les ordres de Georges Falguères (1966). Elle se lança en particulier dans la fabrication de pierres taillées pour la construction mais aussi de carrelages, de plaques de marbre polies, de monuments funéraires etc. Pour le carrelage, le marbre trop veineux voyait trop de carreaux se casser. Paul Dulcet y avait travaillé après avoir été serre-frein sur le train minier de Sahorre à Ria. Le dallage du café « Le Canigou » et les pierres taillées de l’encadrement des portes venaient de cette entreprise, qui a rapidement battu de l’aile. Pour ne pas être assez rentable, la société Denain-Anzin arrêta l’exploitation en 1973. Pourtant Jean Lannelongongue, maire de Villefranche à cette époque croyait à la survie de ces carrières, sources d’emploi. Avec le contremaître de la société Denain-Anzin ils avaient présenté une exposition au Palais des Congrès à Perpignan. Ils avaient reçu en mairie une délégation d’entrepreneurs de Carrare (Italie) prospectant des sites d’extraction en Languedoc Roussillon et dont l’attention a été attirée par la réputation du marbre rose de Villefranche. Mais aucune suite n’a été donnée". L'exploitation du marbre du Conflent et du Haut-Conflent s'est définitivement arrêtée. Voilà ce que l'on peut lire sur différents documents et sites Internet. Si ce marbre de Belloc est sans doute encore présent dans une multitude de bâtiments et sculptures, l'oeuvre la plus connue reste la Fontaine de Prades réalisée en 1867 et située place de la République.  D'autres sculptures réalisées dans le marbre de Belloc sont visibles sur le site suivant : https://monstresjpm.fr/marbres-calcaires-rouge-orange-rose-orange-red-rose-coloured-marble-limestone/


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    Il paraît ; mais c’est parce que je l’ai lu ; que des milliers de français ont profité de la réforme Macron dite « Reste à charge zéro », soit pour leurs appareils dentaires et d’audition ou leur optique. Je ne sais pas comment ils ont fait ? Mais si vous faites partie de ceux-là, n’hésitez à me tuyauter, après tout un blog c’est aussi fait pour ça, échanger, communiquer et informer !

    Non, je ne sais pas comment ils ont fait et j’ai donc essayé de m’informer en lisant pas mal de choses à ce propos. J’en ai conclu que le « Reste à charge zéro », c’est une véritable usine à gaz comme seule la bureaucratie française sait en confectionner. Pour moi, le « Reste à charge zéro, c’est toujours zéro ! ». En voilà un bel exemple, preuve bien évidemment à l’appui avec le document ci-dessus ci-joint.

    Il y a quelques jours, mon épouse est allée voir sa dentiste car elle souffrait un peu.  Résultat : quelques soins pendant un petit quart d’heure et à la fin un note plutôt salée de 110 euros. Elle lui fit part d’ailleurs de son étonnement quant à cette note si élevée à laquelle à vrai dire elle ne s’attendait pas. Comme elle me dit, «  sur l’instant j’ai comparé ces 110 euros à ce que l’on peut mettre dans un chariot de courses et j’ai trouvé cette note très exagérée pour ne pas dire exorbitante ! ». Pour seule réponse, la dentiste lui répondit : « Ne vous inquiétez pas vous serez intégralement remboursée ! »,  ce qui du coup la tranquillisa immédiatement.

    En rentrant, elle me raconta tout ça et je fus tranquillisé moi aussi. Sauf que ?

    Sauf que, quelques jours plus tard, ma mutuelle m’informa d’un virement de 33 euros que j’allais recevoir concernant ces soins dentaires. Je me suis dit « tiens après tout c’était vrai, je vais être remboursé intégralement et comme la Sécu a traité l’opération, je m’en vais aller voir sur le site Ameli ce qu’il en est des 77 euros manquants ».

    Alors devinez où ils sont passés les 77 euros ? Je vous le donne en mille. Ils sont effectivement manquants !

    C’était sans compter avec les déductions des participations forfaitaires, des franchises et des majorations hors parcours et là la Sécu m’a sorti une liste impressionnante de retenues s’étalant sur des mois et des mois. Du coup,  ces 77 euros sont restés dans la poche de la Sécu, c’est-à-dire dans celle de l’Etat. Dans celle de Macron, lequel quand vous l’écoutez, admet qu’il y a beaucoup à faire en France mais qu’il a déjà beaucoup réformé depuis son élection. A titre d’exemple de ce qu’il a fait, je note que ma femme qui voyait sa cure remboursée depuis plus de 25 ans pour une affection de longue durée (polyarthrite chronique) a perdu ce remboursement sous son quinquennat sous le prétexte que notre couple dépassait le plafond des revenus autorisés. Or, quand j’ai appris cette mauvaise nouvelle, j'ai bien évidemment regardé mes revenus. Là, ahuri, j'ai constaté qu'ils avaient baissé, effet consécutif à l’augmentation « macronienne » de la CSG, dont les manifestations des gilets jaunes ont par bonheur engendré une marche à arrière et la récupération des sommes antérieurement retenues ! Mais le mal était fait et le remboursement de la cure disparut à jamais. Oui, l’augmentation de la CSG pour les retraités, c’était il n’y a pas à dire une « belle » réforme Macron ! On pourrait en citer une autre de ce style comme les 5 euros de moins par mois sur les APL ! Dans le même temps, une de ses premières réformes a été de supprimer l’Impôt sur la Fortune (ISF). Normal me direz-vous, c’est ceux qui payaient l’ISF qui avaient financé sa campagne électorale si triomphatrice. 

    On dit merci qui ? Merci Président Macron. A la fois pour ces avantages perdus pour les citoyens lambda que nous sommes mais aussi pour cette belle réforme du « Reste à charge zéro » pour laquelle il est préférable d’avoir 6 doigts à chaque main pour en bénéficier. Jugez plutôt :

    «  L’offre 100 % Santé, et donc le reste à charge zéro, est accessible à tous les français bénéficiant d’une complémentaire santé responsable ou de la CMU-C. » (Extrait du site https://reassurez-moi.fr/ que je vous conseille de lire dans son intégralité et vous verrez que l’usine à gaz a bien été élaborée ! »  Mon contrat de mutuelle n’étant pas responsable, inutile que j’aille plus loin. Sinon, si je veux un contrat responsable voilà ce que m’a écrit ma mutuelle : « Concernant les contrats Responsables et Non Responsables il faut savoir que le zéro reste à charge est pris en charge totalement par les mutuelles et non par la sécurité sociale, c’est donc vous qui le payez à travers vos cotisations. Votre cotisation sera donc forcément plus importante sur un contrat Responsable que sur un contrat Non Responsable ».

    Comme aurait dit Jacques II de Chabannes de La Palice  en s'exclamant « en voilà une de belle lapallissade ! »

    On pourrait presque chanter la chanson « Merci Macron » parodie de celle des Charlots « Merci patron » ! La voici ci-dessous, histoire de se marrer un peu.

    Alors qu'on soit clair, je ne réclame pas une totale gratuité pour ma santé mais je ne veux pas que nos gouvernants nous racontent des craques, et puis enfin, il faut surtout qu'on arrête d'être niais et d'accepter de soigner tous les étrangers gratuitement. Un contrôle sérieux doit être fait entre ceux qui ne viennent en France que pour  bénéficier de l'AME (Aide médicale de l'Etat) et ceux qui sont là, qui bossent, participent à la vie économique de la nation et qui de ce fait cotisent et méritent donc d'être soignés tout comme nous. 

    Oui, pour moi, pas de doute, le « Reste à charge zéro, c’est effectivement zéro ! » et ce n'est pas prêt de changer à la vue des constats qui sont faits par nombre de professionnels

    J’espère que vous serez nombreux à me prouver le contraire. Dans cette attente……..


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  • Ce diaporama est agrémenté de 5 morceaux de musique interprétés par le violoncelliste croate Stjepan Hauser. Ils ont pour titres : "Adagio d'Albinoni (Remo Giazotto)", "Caruso (Lucio Dalla)", "Song From A Secret Garden (Secret Garden)", "Gabriel's Oboe (Ennio Morricone), "Benedictus (Karl Jenkins) - version partielle"

     Le Circuit des Maisons de Nohèdes à Urbanya

    Le Circuit des Maisons de Nohèdes à Urbanya


     

    Quand vous lirez le récit de cette randonnée, sans doute que la première question que vous vous poserez sera « pourquoi un Circuit des Maisons ? ». Alors je ne vais pas vous tenir plus longtemps en haleine. Quand nous avons décidé de faire cette balade en boucle depuis Urbanya, la raison première est que la veille nous avions réservé pour 12h30 une table au restaurant le « Cal Guillem » de Nohèdes. Nous y rendre à pieds sous la forme d’un circuit était donc le deuxième challenge et seule une météo complétement pourrie aurait pu nous contraindre de nous y rendre autrement, c’est-à-dire en voiture. En ce 6 août, la météo n’est pas géniale, le ciel bien couvert mais j’estime qu’elle n’est pas complétement pourrie alors nous démarrons, et ce d'autant que Météo France n'annonce pas de pluie pour la journée (pour une fois, les prévisions seront totalement tenues). Chemin et  reportage faisant, je me demande quel nom je vais bien pouvoir donner à cette balade dès lors que nous l’aurons terminée. Bien évidemment, j’exclus la possibilité d’y mentionner le nom du restaurant, non pas que je ne veuille pas lui faire de la pub ( à l’instant où je pense à cela, je n’y ai encore jamais mis les pieds !) mais je trouve que ce n’est très convenable car le nom d’une enseigne à un caractère personnel. Ensuite parce que j’ignore tout de ce restaurant et en premier lieu pourquoi « Cal Guillem » ? . Je ne suis pas catalan, je ne connais pas la signification du mot « cal » quant à Guillem, si je sais qu’il peut s’agir d’un prénom équivalent au français « Guillaume », mais également d’un nom de famille. Celui qui me vient à l’esprit à cet instant c’est « Guillem de Combret » dont je sais qu’il est devenu saint de manière empirique car jamais avalisé par l’Eglise catholique. D’ailleurs, je crois savoir aussi que les avis historiques sont très partagés entre la provenance de ces différents Guillem, celui de Gellone et de Llivia étant les plus souvent évoqués.  Je pense à lui car à maintes reprises j’ai eu l’occasion d’aller cheminer vers la « fameuse » chapelle Saint-Guillem de Combret et notamment lors d’un mémorable Tour du Vallespir en 6 jours et en solitaire où j’avais couché dans le refuge mitoyen. Il y a aussi le bien connu Pla Guillem mais j’ai lu que ce dernier et celui de Combret aurait peut-être une origine toponymique identique. Voilà à quoi je pense tout en marchant en direction de Nohèdes. Finalement, j’abandonne ces pensées-là car j’estime qu’il y a trop d’inconnues pour l’instant. Ce n’est qu’une fois au restaurant que je vais apprendre que Guillem c’est le prénom du jeune patron et une fois rentré à la maison que le mot « cal » est une contraction de « a casa del » signifiant «  à la maison de » (*) ou plus simplement encore « chez ». Partant de ma propre maison jusqu’à la « maison de Guillem », voilà pour l’explication de cette appellation de « Circuit des Maisons ». Il est 8h30 quand nous démarrons sous un ciel plombé. J’ai décidé de partir tôt car Dany a mal aux hanches et je préfère qu’on garde du temps pour ne pas avoir à speeder. Malgré ses souffrances, elle veut à tout prix marcher, estimant qu’il est préférable qu’elle bouge. Pendant que Dany s'affère à s'assurer de la présence de notre chat Flip et le cherche, moi je ne quitte pas la maison sans aller voir un petit loir gris qui a élu domicile dans un nichoir que j’avais initialement fabriqué pour d’éventuels pics verts. Il est bien là, me regarde fixement de ces gros yeux ronds et ça me rassure car j’ai toujours la crainte qu’un chat le repère et en fasse son déjeuner. Les prédateurs félins, et notamment errants, sont assez nombreux autour de la maison mais je garde bon espoir que le loir soit plus agile. Il est là tranquille et je pars rassuré. Si j’ai décidé de faire en partie le même itinéraire qu’une balade que j’avais intitulée « Le Pic de la Serra », c’est-à-dire en passant par la forêt de La Mata puis par le pic et le col de la Serra, j’ai néanmoins changé le départ en raccourcissant la montée vers la ferme à Philippe. J’ai décidé de grimper par la forêt et non pas par la piste qui est très embroussaillée par des genêts et des ronciers. C’est plus raide mais beaucoup plus court. Malgré un temps très maussade et l’heure matinale, une petite faune est déjà bien présente.  Elle se présente d’emblée sous les traits de multiples passereaux et de quelques papillons. La flore, elle, ne semble pas se plaindre de cette journée qui s’annonce humide mais que nous n’espérons pas mouillée. Si Dany arrive à la ferme de Philippe exténuée à cause de la pente sévère que nous venons de grimper, par bonheur son allure va s’améliorer au fil du cheminement. Finalement, je regrette d’être passé par la forêt car je m’aperçois que la piste que je n’ai pas voulu emprunter a été totalement dérochée ces derniers jours et par là-même débroussaillée des multiples genêts, ronciers et autres chardons-Marie qui l’entravaient. Si la ferme de Philippe est inactive suite à la vente totale de son troupeau l’an dernier, les entassements de vieux fumiers continuent à attirer de très nombreux oiseaux et notamment des merles et des pinsons mais surtout un magnifique geai. J’en profite pour quelques photographies pendant que Dany récupère de son « exténuante » montée. Finalement elle va trouver son « rythme de croisière », quant à moi tous les clichés que je prends engendrent de manière automatique une flânerie fortuite mais bien en adéquation avec ma condition physique du moment. Il est presque déjà 11h quand nous arrivons au col de la Serra et à ses 1.200m, c’est-à-dire que nous avons mis 2h30 pour accomplir 5 km et les 330m de dénivelé, c’est dire si le mot « flânerie » n’est pas excessif ! Enfin peu importe aussi car le but est d’être à 12h30 au resto « Cal Guillem » et je pense que c’est très facilement réalisable car pour l’essentiel nous n’avons plus que de la descente et un peu du plat.   Enfin peu importe également car la mémoire de mon numérique s’est bien remplie de fleurs, de papillons et de quelques oiseaux mais aussi d’un chevreuil et d’un sanglier, même si pour ces derniers, leur vision a été très furtive. Par contre, ici au col de la Serra, la Nature est plutôt agaçante car les mouches pullulent. Pourquoi ? Je l’ignore mais je comprends mieux pourquoi il y a un pic juste au dessus de nous dénommé « Moscatosa » ou « Mousquatouse » signifiant « lieu où les mouches abondent ! ». On marche pour cela, observer et côtoyer la Nature et même les mouches énervantes il faut les accepter. Par bonheur, elles disparaissent quelques lieues plus loin. Certes les panoramas sont très limités à cause de cette mauvaise météo, avec un Massif du Coronat coupé en deux par une lourde chape de nuages et un Massif du Canigou aux abonnés absents, mais le plaisir de marcher reste le même malgré ces carences. Et puis nous ne sommes venus qu’une seule fois et il y a fort longtemps sur ce sentier qui descend vers Nohèdes en coupant le Ravin de la Font de l’Aram, alors nous en sommes presque à le découvrir. A titre d’exemple, j’y découvre une croix néolithique gravée sur une roche jamais vue auparavant.  Cette sente est peu facile car souvent étroite, caillouteuse et  même parfois carrément rocheuse mais pas désagréable à cheminer car constamment en balcon de la Vallée de Nohèdes. Il est finalement 11h40 quand nous atteignons le village près de la source captée de la Vernosa. Nous sommes bien en avance et nous rendre au restaurant « Cal Guillem » n’est plus qu’une formalité. Bien qu’ayant largement visité Nohèdes en 2007 lors d’une étape du Tour du Coronat, je propose à Dany de flâner un peu dans le village qu’elle ne connaît pratiquement pas. Les souvenirs remontent dans ma tête mais mon estomac n’en n'a que faire dès lors que le restaurant se présente. Nous nous attablons dans un coin de la terrasse du restaurant dans l’attente de l’arrivée d’un serveur. Nous ne sommes que deux couples. Quand le jeune et sympathique serveur arrive, nous passons immédiatement commande. Ça sera deux ardoises de charcuterie catalane et deux burgers maison « Cal Guillem », ce qui finalement nous fera manger beaucoup de pain car la charcuterie est accompagnée de « pan con tomate », ce qui n’était pas mentionné sur la carte. Enfin, or mis ce léger inconvénient, tout s’avère très bon. La charmante dame du couple qui est en face de moi me regarde avec insistance. Je me demande bien pourquoi ? Et ce d’autant que quand je la regarde à mon tour, elle baisse les yeux avec beaucoup de timidité. Finalement, ce n’est qu’au moment où ils quittent le restaurant que je comprends pourquoi cette dame me regardait car la conversation s’installe entre nous. Non, malheureusement ce n’était pas pour ma beauté qu’elle me regardait ! Ils sont anglais ; ça je l’avais bien compris lorsqu’ils s’adressaient au serveur, même s’ils parlent un remarquable français ; possèdent une maison dans le Gers et sont venus visiter la région et bien sûr Nohèdes. Or, cette dame m’affirme qu’en cherchant des infos sur Nohèdes, elle est tombée sur certaines de mes photos puis de fil en aiguille sur mon blog. Elle nous a donc reconnu Dany et moi. Nous papotons mais en restons là car ils ne sont pas spécialement randonneurs. Mais la suite va nous démontrer que nous ne sommes pas au bout de « nos surprises » quant à notre célébrité « déambulatrice» . Le couple anglais aussitôt parti en voilà un autre qui entre. Etrangers eux aussi.  Ils partent s’installer au fond de la terrasse. Et là, d’une manière aussi incroyable qu’inattendue, le couple se lève, arrive vers nous, la dame avec un immense visage radieux, un peu comme si elle avait vu une apparition tant espérée, elle s’avance vers nous, se plante devant notre table et avec un accent indécelable, elle nous demande sous la forme affirmative : «  Mais vous êtes bien Monsieur et Madame Jullien ? ». Heureusement que nous sommes bien assis et que nos chaises sont stables car sinon nous tomberions à la renverse ! Nous trouvons cette demande si exceptionnelle ! Finalement, je réponds « Oui bien sûr ! », un peu comme si c’était une évidence alors que c’est très loin d’être le cas. Pour finir, nous apprenons qu’ils sont allemands, qu’ils viennent régulièrement en vacances dans les Pyrénées-Orientales, qu’ils adorent les randonnées pédestres et qu’ils sont de très fidèles et fervents visiteurs de mon blog. Ils sont à Nohèdes aujourd’hui, car ce matin, ils ont accompli une petite balade qui s’intitule « le Sentier de Carbodell » suivant ainsi les indications et le tracé de mon site Internet. Quand ils repartent vers leur table, avec Dany nous nous regardons en souriant, évitant de pouffer de rire pour ne pas les blesser, mais encore époustouflés de cette impensable et inimaginable notoriété.  Mais cette dernière, où plutôt celle de mon blog,  va encore avoir l’occasion d’être à l’honneur quand un couple accompagné de deux jeunes enfants s’installe sur la terrasse en face de nous. Ils randonnent avec un âne depuis ce matin et arrivent de Ria par la route et doivent se rendre à Mosset. N’ayant apparemment aucune idée de la distance et des difficultés qui les attendent, malgré un itinéraire tracé sur une carte IGN, le père de famille s’adresse d’abord au serveur, mais lequel n’y connaissant rien en marche pédestre, les renvoie gentiment vers nous. C’est ainsi qu’en me montrant l’itinéraire qu’il a choisi pour se rendre à Mosset par le col de Jau puis par un chemin que je ne connais pas passant au pied du pic Dourmidou puis par la forêt de Salvanère, je suis contraint de lui dire que je suis très pessimiste quant à son arrivée ce soir à Mosset. Certes les journées sont encore un peu longues mais la distance est assez considérable avec deux enfants très jeunes et puis surtout de fortes pluies sont attendues dans la soirée. Je lui déconseille de se lancer dans un tel périple. Mais il semble décidé à faire la distance car ils ont réservé et sont donc attendus dans la soirée dans un gite mossétan.  De ce fait, je lui indique de passer plutôt par le Domaine de Cobazet puis direction le Pla de Vallenso et Campôme, une bonne piste les amenant plus directement à Mosset. Seul inconvénient, je lui conseille d‘éviter le col de Les Bigues car le portail donnant sur le  Domaine de Cobazet est toujours fermé et donc infranchissable pour son âne, et ce d’autant qu’à côté de ce portail  les clôtures sont trop hautes et faites de fils barbelés. Là, il me regarde et me dit « j’ai l’impression que vous connaissez parfaitement le secteur ». Je lui réponds « Oui, je le connais parfaitement même si j’admets ne pas tout connaître comme par exemple cet itinéraire passant au pied du Dourmidou » en le lui montrant du doigt. Dans la foulée, je rajoute « depuis une dizaine d’années, j’ai développé un site Internet où je recense toutes les randonnées que je réalise, cela afin de faire aimer la marche pédestre au plus grand nombre ». Il me demande « Comment s’appelle-t-il ? » et je lui réponds « Mes Belles Randonnées Expliquées ». Et là il s’exclame « c’est pas vrai, c’est en grande partie grâce votre site et à deux ou trois autres que je me suis décidé à faire ce grand tour du Haut-Conflent avec mon épouse et mes enfants » Puis il continue en s’exclamant « sur le vôtre,  j’y ai lu tant de récits intéressants ! »  Je n’en reviens pas mais ne lui montre pas, car je l’avoue, je suis plus préoccupé par ce périple vers Mosset qu’il doit entreprendre en famille. Pendant un instant, je pense même à les inviter à la maison ce soir mais je n’ai pas d’abri pour leur âne, alors j’oublie rapidement cette idée. Mais il a quand même l’air décidé à partir vers Mosset par l’itinéraire qu’il m’a montré, alors je lui donne un dernier conseil « décommandez Mosset pour ce soir, arrêtez-vous à Urbanya car vous n’aurez aucun mal à y trouver un gite pour vous et votre âne ; il y en a plusieurs ; puis vous ferez l’étape vers Mosset dès demain ». Il me dit qu’il va réfléchir. M’a-t-il écouté ? Je l’ignore car c’est sur ces paroles que nous nous séparons, puis que nous  payons l’addition et quittons le restaurant « Cal Guillem », toujours aux chants à tue-tête du patron qui est un véritable « Caruso ». Caruso pour ses chants et Escoffier du burger, il a du se tromper d'époque ! Mes dernières paroles ont-elles été les bonnes ? J’essaie d’oublier ce tourment. Nous prenons le bitume de la route puis le sentier qui monte vers le col de Marsac. Le temps est toujours aussi maussade mais assez paradoxalement les randonneurs plutôt nombreux. Il ne pleut pas et c’est bien là l’essentiel. Ce parcours jusqu’à Urbanya et les paysages qu’il propose, je les connais si bien que je ne m’arrête que pour photographier une fleur, un criquet, un papillon ou un oiseau. A Dany, je lui fais découvrir les quelques roches gravées de croix et de cupules datant du néolithique auxquelles l’archéologue Jean Abélanet (**) a donné le nom de « Les Rocs de Les Creus ». En français « les Rochers aux Croix ».  Plusieurs roches gravées du Conflent portent ce nom. Au col de Marsac, nous empruntons l’étroit sentier qui descend dans le petit sous-bois des Llebreres vers la Devesa. Puis c’est la piste forestière qui descend vers le village où rien de notable est à photographier or mis encore et toujours des fleurs et des papillons et une buse qui chasse en rase-mottes au-dessus de la vallée. Au village, c’est une Bergeronnette des ruisseaux et un oiseau plutôt rare qu’on appelle le « Cincle plongeur » que j’aperçois tous deux dans la rivière et que je réussis à photographier. Ainsi se termine, ce « Circuit des Maisons d’Urbanya à Nohèdes » mais il nous reste encore à  grimper la rude montée du chemin de Sarrat. Elle nous amène à la maison mais est toujours la dernière vraie difficulté pour l’atteindre.  Ce circuit a été long de 10,5 km pour des montées cumulées de 1.056m. Le dénivelé est de 350 m avec le point le plus haut à 1.223m au dessus du col de la Serra et le plus bas à 873m à l’église d’Urbanya.  Cartes IGN 2348ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

    (*) Les contractions catalanes Can et cal : Voilà ce qu’écrit le célèbre géographe et linguiste Jean Becat dans son ouvrage « La correction toponymique du cadastre et des cartes au 1:25.000 de l'Institut Géographique National dans l'aire catalane (Pyrénées-Orientales). Bilan 1983-2006 » paru dans La Nouvelle Revue Onomastique N°47-48 de 2007 page 18 : « Pour l'aire catalane en France, nous avons toujours respecté les normes graphiques et linguistiques de l'Académie de la langue catalane, quel que soit le toponyme et sa forme ou sa variante dans telle ou telle commune. Mais également, et cela ne pouvait être autrement, la transcription des toponymes, telle que nous l'avons toujours proposée, respecte la forme dialectale ou l'usage local. Par exemple pour les mas, nous utiliserons toujours la forme en usage, sans jamais systématiser. Selon les régions ou les vallées, ce seront des formes plus générales comme Can ou Cal , Mas del ou Mas d'en, ou des roussillonismes comme Xo'n ou Xo’l »……puis en bas de page il rajoute «  En Vallespir domine la forme Can (a casa d’en) : Can Rei, Can Panna, Can Santenac, Can Mateu (Arles et Saint-Laurent-de-Cerdans sur la carte 1 :25000 de Céret), Can Deina, Can Jepó, Can Vaquer, Can Vilafort (Corsavy, sur la carte Massif du Canigou). Mais Can et Cal {a casa del) peuvent se côtoyer : Cal Parent, Cal Rei, Cal Baille, et Can Figa, Can Batlle, Can Cabanyó (Lamanère, sur la carte Massif du Canigou) Cal est fréquent en Confient : Cal Romeu, Cal Trellis (Ayguatébia, sur la carte Font-Romeu)……

    (**) Le Roc de Les Creus de Nohèdes : A propos de ce rocher aux croix, voilà ce que nous révèle l’archéologue Jean Abélanet (1925-2019) dans son livre « Lieux et Légendes du Roussillon et des Pyrénées-Catalanes » page 144 : « Un jour, j’étais occupé à faire le relevé des gravures du Roc de les Creus de Nohèdes, qui borde le chemin escarpé qui mène au Coll de Marsac. Passe une paysanne, avec son cotillon noir serré à la taille , son fichu noué sur la tête, une énorme borrassa (ballot) d’herbe pour ses lapins ou ses chèvres. Je lui demande si elle connaît la raison d’être de ces croix : « il y a très longtemps de cela , me dit-elle, un cavalier passait par là : il est tombé dans le précipice avec son cheval ( se van embaussar). C’est en souvenir de ce triste événement qu’on a gravé ces croix sur ce rocher ». Mais elle ne savait pas qui était ce cavalier, ni pour quelle raison – naturelle ou surnaturelle – ce malheur lui était arrivé. » Histoire véridique ?  Légende ?  Pure affabulation de cette paysanne pour tenir la conversation ?


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  • En hommage à John Lennon, assassiné il y a bientôt 41 ans, j'ai agrémenté ce diaporama de 4 de ses plus belles chansons. Elles ont pour titre "Woman", "Jealous Guy""Oh My Love" et "Imagine". En fin de diaporama, "Imagine" est également interprétée par le Royal Philharmonic Orchestra.

    Le Circuit des Trois églises depuis Ur (Autour d'Ur)

    Le Circuit des Trois églises depuis Ur (Autour d'Ur)


     

    Lors d’une correspondance, Voltaire a écrit « Les beaux esprits se rencontrent » mais la tradition a finalement retenu « les grands esprits se rencontrent ».  Il faut dire que donner un paternel historique et authentique à cette citation paraît compliqué, plusieurs auteurs l’ayant utilisée. Enfin peu importe car je n’aurais pas le prétention de dire que mon esprit est beau ou grand, mais toujours est-il qu’en inventant ce « Circuit des Trois églises à partir d’Ur », j’ai inopinément et bien involontairement copié celui d’un confrère. Ce confrère, c’est le remarquable site « P.O Express » ,  quant à sa balade, elle s’intitule « Autour d’Ur ». Comme je le fais régulièrement, j’analyse les cartes IGN et leurs vues aériennes à la recherche d’éventuelles possibilités de balades. C’est ainsi qu’est né ce circuit bien avant que je prenne conscience que « P.O Express » avait eu la même idée avant moi. Ce n’est d’ailleurs qu’après l’avoir accomplie, que j’ai découvert cette étrange similitude.  Là, où la ressemblance est encore plus insolite et incroyable, c’est que nous l’ayons accomplie tous les deux dans le même sens et ayons choisi Ur comme ligne de départ, ce qui bien entendu n’est qu’un choix personnel et aucunement une obligation. Seule différence : le nom donné à cette balade. Pour moi, ce n’est qu’une fois que le circuit fut accompli que ce nom de « Circuit des Trois églises » vint à moi comme une évidence. En effet, dans les trois communes traversées que sont UrVilleneuve-des-Escaldes (*) et Llivia les édifices religieux sont de très loin les bâtiments les plus notables car les plus visibles. Je pourrais presque dire qu’au sein de cette balade, ils sont omnipotents. D’ailleurs, et même si nous venons de garer notre voiture sur le parking tout proche rue de Brangoly, c’est bien de l’église Saint-Martin d’Ur que démarre réellement cette balade. Nous la trouvons malheureusement fermée. Nous la contournons puis remontons la D.618 jusqu’à la rue de Belloc sans nous préoccuper des quelques panonceaux de randonnées que nous avons aperçus. Dans l’immédiat, je me fie à mon tracé GPS. De toute façon, ces panonceaux indiquent Les Cascades ou Llivia mais par un parcours qui s’intitule « Par-delà la frontière ». Ce parcours, c’est celui qui pour partie m’a servi à imaginer ce circuit. Le second étant le sentier qui longe le Canal de La Soulane d’Ur à Villeneuve-des-Escaldes. Le troisième tronçon entre cette dernière commune et Llivia ayant été repéré sur des vues aériennes de Géoportail. Nous voilà donc entrain de remonter la rue de Belloc la bien nommée. La bien nommée car guère plus loin, un panonceau nous indiquera la direction de la chapelle Santa Maria de Belloc que nous avons déjà eu l’occasion de découvrir au départ de Dorres. Dans l’immédiat, on laisse les dernières jolies maisons d’Ur et on continue tout droit un large chemin de terre qui aboutit devant une bâtisse que la carte IGN définit comme étant une citerne. C’est bien une citerne car une rigole est déjà là. Bien balisé en jaune ; et parfois même en bleu ; le chemin continue à gauche et s’élève en longeant la rigole cimentée. Les premiers panoramas sur Ur et quelques collines environnantes se font jour. Plus loin, quelques sommets plus ou moins hauts et un bout de la plaine cerdane où les couleurs olivâtre et paille se partagent les espaces. Il en sera ainsi à chaque vue, à chaque panorama sur cette superbe Cerdagne. Deux panonceaux directionnels se présentent dont le nôtre indiquant clairement l’orientation à prendre et les valeurs attachées : « Villeneuve – 0h40 – 2,3 km ». On délaisse celui montant vers la chapelle de Belloc. L’orientation est simple puisqu’il s’agit de suivre un canal sur sa rive droite. Ce canal, c’est celui dit de la Soulane. Il récupère toutes les eaux ruisselant sur le flanc sud de la montagne de Belloc. Si depuis le départ,  j’ai déjà photographié un ou deux papillons et quelques fleurs, ici,  tout au long du canal, je mets constamment à profit mon goût immodéré pour la photo naturaliste. Les fleurs y sont en grand nombre et d’une grande diversité quant à la petite faune elle est bien présente aussi à condition d’être dans un état d’éveil constant. Le cadre étant très bucolique, la flânerie est préconisée. On ne s’en prive pas et ce d’autant que les vues sont limitées voire absentes le plus souvent et que la marche s’effectue essentiellement en sous-bois. Du côté gauche, la montagne de Belloc n’offre que de rares paysages de steppes. Sur un terrain pentu où émergent de très nombreux affleurements rocheux, il  y pousse essentiellement des graminées dorées parsemées de quelques arbustes et buissons. Sur la droite, c’est un contraste étonnant avec un bois très touffu composé essentiellement de feuillus. Sur la carte IGN, le lieu-dit est dénommé bien à propos « Les Verdures » ! Les oiseaux y sont plutôt rares et ce n’est qu’avec beaucoup de persévérance que je vais réussir à y photographier un seul pinson mais également un pic épeiche qui a la délicatesse de venir égayer mon pique-nique. En effet, en raison de l’heure bien avancée, c’est au bord du canal mais avec vue sur la colline d’El Castellar que nous choisissons de piqueniquer. Outre le pic, la chance est avec moi, puisqu’à l’endroit où nous stoppons, une grenouille rousse a élu domicile dans le canal. Si la fin du canal est synonyme d’arrivée à Villeneuve-des-Escaldes, elle n’est pas la fin de visions de la Nature. Sur ce talus que nous cheminons parallèlement à la D.618, elle est encore bien présente. Des fleurs différentes à celles du bord du canal mais pas moins jolies et aussi diverses. Quelques papillons peu faciles à photographier car très remuants les butinent.  Si l’entrée dans Villeneuve s’effectue en coupant la rivière La Riverète, c’est surtout quelques vestiges du passage du Tour de France 2021 lors de l’étape Céret – Andorre qui marquent nos esprits. Dans un village déserté, l’église qui est dédiée à Saint-Assiscle et à Sainte-Victoire nous attire comme le miel attire les mouches. L’église étant entourée d’un petit cimetière, Dany n’a pas trop envie de s’y éterniser. Au carrefour suivant, le bien nommé Cami de Llivia qu’il nous faut suivre est juste là à droite. Il permet de retrouver très rapidement des paysages champêtres avec de jolies vues aériennes car il présente l’avantage de cheminer un relief collinaire. Un fois enjambée la rivière d’Angoustrine, au lit aussi torrentiel que minéral, la « partie de campagne » reprend ses droits. Fleurs, papillons et lézards me ralentissent et s'opposent très souvent à mon désir de ne pas me faire distancer par Dany. Sur ce « Cami d’En Calvera » ; ou « Chemin du Calvaire » ; ce n’est que plus tard et un peu plus loin que les passereaux viennent se distraire devant mon objectif. La colline se termine et laisse la place à la plaine et à ses immenses champs de céréales. Les graines les attirent et nous les voyons sortir des champs et monter vers le ciel comme des petits boulets de canons. Les oiseaux sont très nombreux, divers mais malheureusement peu faciles à immortaliser. Il me faut arriver au niveau d’une ferme et de ses bâtiments pour en figer quelques-uns. Après cette marche solitaire entre Villeneuve et Llivia, la cité enclavée est synonyme de retour à une bruyante civilisation. Ici, quel contraste avec les villages français ! Les terrasses, les bars et les restaurants étant noirs de monde, nous filons direct vers le centre historique et l’église Notre-Dame des Anges où dans ce secteur tout est beaucoup plus calme. Nous y flânons dans les jolies ruelles. Les maisons y sont souvent colorées et décorées de statuettes allégoriques. Par bonheur, l’église est ouverte et il y a une nef incroyablement belle avec un magnifique retable et plusieurs petites chapelles amplement décorées. Là aussi quel contraste avec la France où tous les édifices religieux sont le plus souvent fermés ! Nous sortons de Llivia mais sans pouvoir éviter que la société de consommation nous rattrape. Un cornet de glaces ici, un café chaud et une bière bien fraîche là. Il faut dire que malgré les 1.200m d’altitude, la température en plein soleil doit sans doute avoisiner les 25 degrés voire peut-être plus. Depuis le canal de la Soulane et son agréable ombrage, nous avons toujours marché en plein soleil, même si ce dernier s’est quelque peu voilé au fil de notre cheminement. De ce fait, il a fait chaud. La sortie de Llivia et le retour vers Ur est d’une simplicité enfantine. Le chemin, commun avec celui de Saint-Jacques de Compostelle est constamment bien balisé à chaque intersection. Finalement c’est toujours tout droit, mais ça je le savais déjà en observant la carte IGN. On y flâne encore en se laissant distraire par tout et n’importe quoi. Un rapace dans le ciel en vol stationnaire mais qui a la bonté de venir se poser sur une clôture, une botteleuse qui avale des andains de foin et les recrache en gros ballots, des très beaux chevaux et des étourneaux qui les accompagnent pour picorer leur crottin, un pancarte qui explique les dérives passées de la frontière, une vieille borne gravée et toujours des fleurs et des papillons dont j’essaie de sélectionner ceux non encore photographiés. Ainsi les kilomètres défilent et quand Ur est là, nous en sommes presque surpris. Ainsi se termine cette jolie balade dont on ne peut regretter qu’une seule chose :  être restés à la porte des églises françaises. Peut-être y-a-t-il un moyen de les visiter mais j’avoue qu’à ce titre nous sommes partis la fleur au fusil et surtout sans nous renseigner au préalable ? D’un autre côté, il est vrai aussi que nous sommes partis sans savoir que les églises en deviendraient les principales visées. Telle qu’expliquée ici, cette balade a été longue de 11km, cela incluant la bonne visite du centre historique de Llivia. Les montées cumulées ont été de 344m. Le point le plus bas est à 1.190m non loin de la borne frontière N°44 entre Llivia et Ur et le point le plus haut à 1.307m au départ du Cami de Llivia à Villeneuve-des-Escaldes. Cartes IGN 2249OT Bourg-Madame – Pic Carlit – Col de Puymorens et 2250ET Bourg-Madame – Mont-Louis – Col de la Perche Top 25.

    (*) Toponymie du nom "Escaldes" : « Le nom d'Escaldes provient du latin "calidae" qui désigne une source d'eau chaude. Les eaux thermales d'Escaldes dont la température peut atteindre 68 °C étaient utilisées au xve siècle pour le lavage et la teinture de la laine. Elles servent aujourd'hui à alimenter le centre thermoludique de Caldea. Les habitants sont les Escaldencs », voilà ce que l'on peut lire sur la page Wikipédia consacrée à la paroisse Escaldes-Engordany de la Principauté d'Andorre. Ainsi, ce nom qui est celui d'une commune andorrane est également bien présent en Cerdagne où les sources d'eaux chaudes sont légions. D'ailleurs, si on le trouve accolé à la commune de Villeneuve, on le trouve également sous la dénomination "les Escaldes" à la gare d'Ur dont le panneau mentionne "Ur-Les Escaldes", cette gare desservant les 2 communes. C'est ainsi que ces sources ont engendré depuis très longtemps, et notamment depuis la présence des Romains, la création de bains chauds que l'on trouve un peu partout dans cette région. C'est le cas à Err, à Dorres, à LLo mais aussi à Andorre avec le centre thermoludique Caldéa dont la notoriété le décrit comme étant le plus important d'Europe. L'excellent site consacré aux Pyrénées-Orientales nous conte la très jolie histoire des bains des Escaldes sur la page consacré à Villeneuve. C'est ici


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  • Pour agrandir les photos, il suffit de cliquer dessus. Parfois 2 fois pour une photo plein écran.1986 - 2008 Emporté par la houle

    Les magnifiques bureaux de la société Gilbertrad où j'ai pris plaisir à bosser pendant presque 14 ans

    Il y a quelques jours, j’ai revu mon ex-patron de chez Gilbertrad et ce fut pour moi un réel bonheur. Cette rencontre m’a conforté dans l’idée qu’il était temps que j’écrive la suite de ma vie professionnelle. La première, celle qui s’était écoulée de 1969 à 1986, en 2018 je l’avais intitulée « Mon onde informatique ». Là, et pour rester dans le domaine de la mer, je lui ai donné le titre de « Emporté par la houle » et ce n’est qu’en lisant ce récit que vous comprendrez pourquoi. Il évoque mes années professionnelles de 1986 à avril 2008 lors de mon départ à la retraite. Voilà de très longues années que nous ne nous étions pas revus. Il m’a invité à déjeuner et m’a longuement expliqué comment à partir de 2012 il avait réfléchi à liquider proprement son entreprise. A regrets certes, mais l’activité de commerces de gros de lingerie qui était celle de l’entreprise ayant défavorablement évolué, le chiffre d’affaires baissant fortement d’année en année car ses principaux clients partaient directement acheter en Asie, il n’avait pas vu d’autre solution que ce dépôt de bilan mûrement réfléchi mais « clean » pour tout le monde : salariés bien sûr mais aussi fournisseurs, banquiers et l’Etat . Ayant bossé dans son entreprise avec passion de juillet 1994 à avril 2008, soit presque 14 ans, j’avais énormément été affecté d’apprendre cette liquidation judiciaire. Cette rencontre m’a quelque peu apaisé. Il faut dire que je m’étais beaucoup impliqué dans mon travail, même s’il est vrai aussi que j’avais pris beaucoup d’allégresse à tenir le job qui m’avait été affecté. Certes, j’y avais tenu le poste officiel de Directeur Comptable et Financier mais à vrai dire mon rôle exact allait bien au-delà de ces trois mots. J’y faisais également office d’informaticien, assurant la petite maintenance quotidienne logicielle et technique mais aussi de Responsable des Ressources Humaines m’occupant de la gestion informatique du personnel et des paies, déclarations sociales et des inévitables contrôles de l’Urssaf ou bien fiscaux. Oui pendant ces 14 ans,  j’ai bossé avec délectation car certes je me servais à fond de mes expériences passées d’informaticien et de gestionnaire (1969-1986) mais aussi de tout ce que j’avais appris pendant les années précédentes, c’est-à-dire entre 1986 et 1994. Informatique, gestion, comptabilité, finances, économie, droit fiscal et juridique, droit social et du travail, droit des entreprises, rapports amicaux et prévenants avec le personnel mais jamais complaisants professionnellement, contacts avec les clients, les fournisseurs, les banquiers et toutes les administrations auxquelles on est confronté en pareil cas, j’en passe et des meilleures. Oui, j’avais pris mon pied pendant ces 14 ans, avant que tout cela ne devienne trop lourd pour moi et pesant dans ma tête parce que justement au fil des années, les affaires marchaient déjà moins bien, les crédits étaient plus difficiles à obtenir, les clients plus difficiles à leur faire honorer leurs factures, etc... etc….…Oui, quand à la mi-2007, j’ai appris que je pouvais partir à la retraite en avril 2008 à 59 ans et avec des droits plutôt corrects, ma décision fut immédiate et sans appel. J’allais arrêter malgré les 14 années pleines d’enthousiasme que j’avais vécues chez Gilbertrad. Rester seulement à trouver un(e) remplaçant(e) et ce ne fût pas une mince affaire. Dès que ma décision fut prise, j’ai en permanence commencé à idéaliser ma retraite. Je me voyais déjà vivre mes passions qu’étaient la mer, la montagne et la Nature plus globalement. Je me voyais déjà profiter à plein de Dany mon épouse. Mais si j’ai rapidement compris que l’idéal est rarement atteignable, je ne vais pas me plaindre de mon sort car j’ai souvent fait ce que j’avais envie, et en premier lieu cette passion de la randonnée pédestre qui peu à peu avait supplanté celle de la mer et était devenue pratiquement un « principe de vie » : Tour du Vallespir en 6 jours en 2009Cassis-Marseille en 2 joursTour du Tres Estelles de sinistre mémoire puis Tour des Fenouillèdes en 5 jours en 2011 avec mon filsTour du Capcir en 4 jours en 2013 toujours avec mon fils et 2 de ses amis, Tour du Golfe Antique en 3 jours en 2014 (à paraître) sans compter bien sûr les innombrables randonnées sur un jour que vous trouverez sur mon blog "Mes Belles Randonnées Expliquées". Oui, la marche et être le plus souvent auprès de la Nature avaient peu à peu effacé les galères professionnelles que j’avais vécu avant mon embauche chez Gilbertrad. Car autant l’avouer, elles avaient été un peu trop nombreuses à mon goût. Voilà donc ci-après comment ma petite « Onde informatique » était devenue peu à peu une houle qui tentait de m’emporter : 

                                                                   GIL SA – NATEL SA 1986-1988 

    1986 - 2008 Emporté par la houle

    1986 - 2008 Emporté par la houle 

    En 1981, avec des commerciaux de chez Gil SA, je tourne le dos à l'appareil photo lors d'un salon informatique organisé par le Creufop de Perpignan. 

    -           - Fin 1986-mars 1988 : Comme déjà indiqué dans « Mon onde informatique »,  la première grosse vague de cette houle qui s’annonce depuis quelques temps déjà arrive dans le dernier trimestre de 1986 quand Gil SA, mon employeur, m’annonce qu’il va fermer l’agence informatique de Perpignan dont je suis le responsable. Ici commencent réellement les vrais problèmes car les sociétés Natel SA ; mon employeur précédent ; et Gil SA se renvoient la balle de cette fermeture. Ils ferment l’agence mais refusent de nous licencier mon ami René Ciano et moi, mettant en avant la signature d’un contrat de rattachement du personnel qu’ils auraient signé entre eux et nous auraient fait signer par la même occasion. Grosso-modo, notre dernier employeur, c’est-à-dire Gil SA utilise ce contrat pour dire que nous sommes des salariés de Natel SA. Dans l’autre camp, Natel SA affirme le contraire, demandant à Gil SA d’assumer la responsabilité de la fermeture de l’agence et donc de nous licencier. Résultat ? Nous ne sommes pas licenciés, nous ne pouvons pas nous inscrire comme demandeur d’emploi au risque d’être considérés comme démissionnaires, nous sommes obligés de déposer un recours auprès du Tribunal des Prud’hommes et dans l’attente du résultat prud’hommal, nous sommes obligés de faire acte de présence pendant plusieurs mois dans l’entreprise, et cela sans aucun salaire. Là commence une galère pour nous et un imbroglio qui vont durer de décembre 1986 à mars 1988 avec toutes les péripéties liées à cette terrible situation. Terrible quand on a une femme qui travaille à mi-temps et deux enfants à élever et à nourrir  : Aux Prud’hommes nous obtenons gain de cause à nos demandes, à la Cour d’Appel nous perdons un peu de ce qui a été gagné et de ce fait nous voilà contraints de faire un pourvoi de la décision auprès de la Cour de Cassation. Pendant ce temps, les mois passent, nous ne sommes toujours pas licenciés, donc pas de droit aux allocations chômage et notre seul recours est de vivre de nos rentes ; à condition d’en avoir, ce qui n’est pas mon cas. Me voilà donc contraint de travailler au noir, ce que je fais par la force des choses. Finalement, un soir, Monsieur Gex, le grand patron de Natel SA m’appelle et me propose la signature d’un protocole d’accord pour stopper la procédure du pourvoi en cassation. Il me propose de garder l’argent gagné et bien évidemment ; mais après aval de mon avocat ; j’accepte car j’en ai assez de cette situation alambiquée qui m’empêche de bosser normalement depuis bientôt deux ans. Sauf qu’à cet instant, je ne sais pas que mon ami René Ciano a déjà rendu la somme d’argent perdue en appel. Je le regrette mais je lui dis tant pis pour toi car je lui avais fortement déconseillé de le faire. Après la signature de ce protocole d’accord et le règlement total de cette situation, avec obtention du licenciement et des sommes correspondantes, me voilà enfin libre de m’inscrire comme demandeur d’emploi. Sauf que n’ayant pas bossé depuis plus d’un an, je n’ai pas droit à des allocations de chômage mais seulement à une prime unique de formation obligatoire de 3.000 francs.  Formation d’anglais et de comptabilité que je vais suivre au CNED de décembre 1987 à février 1988. Ainsi se termine cette longue et terrible affaire, affaire qui aura néanmoins le mérite de me permettre de comprendre que les relations employeurs/employés ne seront pas toujours un petit mascaret.

     

    JIBECO SARL – Les Soldeurs Occitans  Avril 1988

    1986 - 2008 Emporté par la houle 

    -           - Fin mars 1988, je pars m’installer en solitaire dans un T.1 du centre historique de Narbonne ; espèce de minuscule chambre de bonne ; car le patron ; un ancien client de Gil SA ; me propose un poste de responsable de la gestion des stocks dans sa société Jibeco Sarl- Les Soldeurs Occitans à partir du 1er avril. En réalité, je comprends très vite qu’il a de gros manques dans ses stocks, qu’il veut comprendre pourquoi et qu’il a besoin à la fois de quelqu’un pour tenir une gestion informatique sérieuse mais aussi de quelqu’un de maniable, de souple voire de docile et d’obéissant s’il le juge nécessaire. J’effectue d’abord un inventaire mais que je ne peux mener à son terme à mon grand regret. En effet, le week-end suivant et alors que j’ai tout prévu pour le terminer, il préfère organiser un barbecue chez lui avec le personnel que j’avais prévu d’occuper. On se querelle un peu à ce propos car j’ai la franchise de lui dire que je n’ai pas pour habitude de travailler ainsi. Finalement, lui n’apprécie pas et n’accepte pas ma franchise et moi je ne me sens pas à l’aise dans cette société où la rigueur ne semble pas de mise. En effet,  j’ai constaté d’importantes démarques dans les stocks de papiers-peints que je voudrais bien m’expliquer car j’estime que voler des rouleaux de papiers-peints ne peut pas être chose aisée de la part de clients. Alors pourquoi, comment et grâce à qui disparaissent-ils ? Je lui en fais part, mais là aussi et alors que j’envisage de mener une petite enquête, il me demande de laisser tomber.  Je ne comprends pas, n’aime pas cette situation nébuleuse et de ce fait je préfère mettre fin d’un commun accord à la période d’essai qui se termine quelques jours plus tard. Voilà une deuxième grosse vague à laquelle je ne m’attendais pas de la part d’un ancien client avec lequel j’avais toujours eu de très bonnes relations commerciales précédemment.

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    DEFI SARL  JUIN 1988 – JANVIER 1990

    1986 - 2008 Emporté par la houle

    -          - Le 1er juin 1988, après 2 mois comme demandeur d’emploi, c’est par l’entremise de la société d’avocats et de juristes Fidal ; que je connais un peu depuis mon pourvoi en cassation ; que je signe un CDD de comptable dans l’entreprise Défi Sarl de Perpignan. C’est une entreprise un peu spéciale puisqu’elle ne vend que des produits et objets sexuels et pornographiques et dispose de deux sex-shops avec salles de projection dans le centre-ville de Perpignan pour les films qu'elles proposent et distribuent. Je suis là pour remplacer l’unique comptable qui doit partir en congés de maternité incessamment mais aussi pour tenter de trouver une ou plusieurs banques que l’activité de l'entreprise ne choquerait pas. Il y en a peu dans ce cas, ce n’est pas facile d’en trouver, mais finalement je réussirais à en faire rentrer deux en quelques mois. Concernant l’activité, au départ, je me dis « vendre ça ou des cacahouètes quelle différence ? » Sauf que je vais très vite prendre conscience que la différence est énorme. Sous un autre aspect, elle va me permettre d’apprendre très rapidement le métier de comptable que je ne connais qu’à travers mes rôles d’informaticien et de gestionnaire en informatique. De surcroît et en quelques mois, elle va me permettre d’être confronté à tous les contrôles possibles : fiscaux, Urssaf sans oublier les gendarmes et les policiers qui viennent régulièrement dans l’entreprise à cause de « méfaits sexuels » qui ont été pratiqués avec des objets vendus par l’entreprise. Méfait est un terme « léger » car parfois l’intégrité des enfants est remise en cause et de ce fait, l’entreprise est amené à monter en gamme dans les poursuites judiciaires. C’est ainsi qu’une fois, mais pour une toute autre raison, je vais même avoir droit à la présence d’un juge d’instruction et à un interrogatoire policier serré en bonne et due forme. Pour mon bonheur, il n’y en aura qu’un seul et surtout sans suite judiciaire pour moi. Finalement, la comptable en poste revient mais le patron préfère me conserver, ce qu’elle apprécie moyennement. J’avoue que je la comprends, même si en la circonstance je ne peux pas me permettre de faire du sentiment. De mon côté, j’estime tenir un rôle de chef comptable, d’autant que je suis seul et sans aide,  et j’en demande régulièrement le salaire et les conditions d’un cadre, cadres auxquels j’ai toujours cotisé depuis mon passage chez NTI puis chez Natel SA à partir de 1975.  Finalement ce qui devait arriver arriva. Un soir, alors que j’en suis déjà à faire des heures sup régulièrement et sans jamais les compter, la dispute éclate avec mon patron pour une peccadille. Il apprécie moyennement que je lui remémore les différents rappels et engagements qu’il m’a déjà promis à diverses reprises mais toujours en vain. Sa réponse « si vous n’êtes pas content, allez voir ailleurs » est cinglante, mais je le prends au mot et lui répond : « Vous voyez j’ai la carte de pointage à la main, alors c’est la dernière fois que je pointe et vous ne me reverrez plus ! » (tous les salariés étaient tenus de pointer leurs horaires de rentrée et sortie à une pointeuse automatique).  C’était le vendredi 26 janvier 1990 au soir, je terminais ma semaine et je n’y ai plus jamais mis les pieds et ce, malgré les quelques demandes informelles des avocats de chez Fidal. Bien m’en a pris car le soir même je retrouvais un autre boulot dans l’entreprise Casademon SA sis au Boulou qui à l’époque avait une activité de transports mais surtout de commissionnaire en douanes. Autant dire que chez Défi, j’avais pris quelques grosses vagues en pleine poire et étais souvent tomber de ma planche mais j’avais toujours réussi à rejoindre la côte sans encombre. Pour le bien de ma famille, c’était le plus important.

     

    CASADEMON SA  JANVIER 1990 – AVRIL 1993

    1986 - 2008 Emporté par la houle

    1986 - 2008 Emporté par la houleEn 1992, moustache et chemise bleue rayée bien entouré de jolies salariées de chez Casademon lors du départ à la retraite d'un autre salarié.

    -          - Le lundi matin 29 janvier 1990 au matin me voilà déjà au Boulou dans un minuscule bureau de la société Casademon SA. Même s’il ne s’agit que d’une énorme chance et coïncidence, c’est bien grâce à l’expert-comptable Daniel Ruiz que j’ai retrouvé ce nouveau job. C'est lui qui m'avait appelé au téléphone le fameux vendredi soir. Le chef-comptable vient de décéder et ils ont besoin dare-dare de quelqu’un de confiance et de sérieux. Daniel Ruiz me connaît et il sait qu’il peut compter sur moi, même s’il sait aussi que je ne suis pas quelqu’un qui se laissera faire ou manipuler, sa crainte étant que les patrons sont paraît-il des sanguins. Les trois patrons, je n’aurais jamais ni à les critiquer ni à m’en plaindre ni à m’y confronter sauf lors d’un petit accrochage consécutif à un vol d’argent orchestré par mon aide-comptable pendant une longue absence pour maladie que j'allais vivre. Je l’évoque un peu plus loin. Entourée donc de cette aide-comptable et deux secrétaires qui sont censées être sous mes ordres, je vais vivre dans ce bureau exigu du Boulou les pires moments de travail de mon existence. Les trois femmes, qui ont l’air de s’entendre « comme des larrons en foire »,  ont décidé de se liguer contre moi et de me mener la vie dure. Au-delà de ce problème peu agréable, elles papotent plus qu’elles ne bossent et me mettent la tête comme un tambour. Le soir quand je rentre chez moi, je n’en peux plus mais je vais tenir bon. Elles ne savent pas que j’ai les épaules solides et qu’il m’en faut beaucoup plus pour baisser les bras devant elles. Finalement au fil des mois, les choses vont s’arranger et elles vont finir par m’accepter et s’avérer plus dociles.  Sauf qu’à cet instant, une grosse vague houleuse vient me percuter prenant la forme d’une intervention chirurgicale pour une hernie discale aussi douloureuse qu’inattendue. Cette hernie discale va m’immobiliser quelques mois (impossibilité de prendre la voiture pour faire les 30km qui sépare mon domicile du Boulou),  ce dont mon aide-comptable va profiter pour chaparder une belle somme d’argent. Quand je rentre, je constate immédiatement ce problème que je signale bien évidemment à mes patrons et à Daniel Ruiz l’expert-comptable. Mon aide-comptable disparait de la circulation, une enquête de gendarmerie est ouverte mais je ne connaîtrais jamais la fin de l’histoire. Mais je dirais peu importe car ici chez Casademon, je n’en ai pas fini avec la houle qui continue de m’emporter. En 1993, les frontières de l’Union Européenne s’ouvrent en grand et avec elles disparait l’activité de commissionnaires en douanes. Un plan social est annoncé et va être mis en œuvre pour tous les salariés concernés. Au départ je n’en fais pas partie puis finalement le grand patron de chez Casademon trouve que je coûte trop cher à l’entreprise alors finalement il m’y intègre, embauchant au passage un jeune comptable peu formé mais beaucoup moins onéreux que moi en salaire. Finalement, je quitte l’entreprise le 30 avril 1993 mais ne vais profiter du repos du plan social que pendant quelques mois.  Toujours aux bons soins de Daniel Ruiz, je commence à travailler à la société Pétror SA à compter du 11 octobre 1993.

     

    PETROR SA  OCTOBRE 1993 – SEPTEMBRE 1994

    1986 - 2008 Emporté par la houle

    1986 - 2008 Emporté par la houleLa station-service Pétror et ses bureaux avenue Julien-Panchot à Perpignan tels que je les ai connus dans les années 93/94.

    -          - Dans cette société Pétror, j’y entre en qualité « d’informaticien » pour 2 raisons : La première est qu’en réalité, je vais remplacer le chef-comptable qui est en longue maladie depuis bientôt 2 ans mais qui de ce fait, fait toujours partie de l’effectif. Il ne peut donc pas y avoir 2 chefs-comptables. Quant à la seconde, la plus importante aux yeux du patron est qu’il y a un énorme trou de 200.000 francs dans le compte clients 41 dont il me faudra trouver la raison ou tout du mois une explication. Compte clients que je décrirais comme « fourre-tout » car toutes les activités de l’entreprise y sont comptabilisée et donc mélangées, ce qui bien évidemment ne simplifie pas les choses. Et dieu sait si les activités différentes sont multiples car si la principale est de gérer des stations-services avec les différents carburants, les autres sont pléthoriques et vont de la réparation automobile au gonflage des pneus en passant par les ventes de boissons, de cafés ou de sandwichs et celles qui consistent à vendre du fuel à d’autres entreprises ou à des particuliers et j’en oublie encore quelques autres. Ma tâche est donc d’assurer la tenue de cette comptabilité avec deux gentilles aides-comptables mais surtout d’arriver à trouver la raison de ce trou car le patron a acquis la quasi-certitude que le chef-comptable en maladie est parti avec. D’ailleurs, j’apprends que plusieurs sociétés d’audit, dont certaines très prestigieuses, sont venues se frotter à ce souci, qu’elles ont cherché pendant quelques jours mais qu’elles n’ont jamais rien trouvé. Finalement, il ne me faudra que quelques semaines pour trouver la raison de ce trou, qui n’est ni une malversation, ni un vol mais seulement un énorme oubli comptable. Cet oubli, c’est simplement la non-saisie informatique comptable depuis plus de 2 ans des factures de fioul vendu aux particuliers. Les règlements ont toujours été saisis par une des 2 aides-comptables mais seul le chef-comptable saisissait ces factures-là en informatique. Sous forme de petits carnets, elles ont été archivées dans une armoire mais n’ont plus été saisies depuis plus de 2 ans et le trou s’est peu à peu creusé jusqu’à dépasser les 200.000 francs lors du dernier bilan. Voilà l’explication. Elle est d’autant plus facilement justifiable qu’après avoir saisi ces deux années-là de factures, le trou dans ce compte clients 41 « fourre-tout » n’est plus que de 150,00 francs. Une peccadille qui sera passée à pertes et profits au regard du nombres d’opérations qu’il aurait fallu pointer pour trouver cette toute petite erreur. De ce côté-là, ce challenge est donc terminé pour moi mais je vais encore bosser chez Pétror pendant quelques mois. Mais la société va mal, le grand patron vieillit et ces enfants ont du mal  à redresser cette affaire vieillissante elle aussi. Je vais voir Daniel Ruiz car je sens bien que mes jours sont comptés dans cette société qui périclite. La société disparaîtra en mai 1995. Dans l’immédiat, Daniel Ruiz me demande de patienter, s’engage à me trouver un autre job, job qui arrivera en juillet 1994 avec mon embauche chez Gilbertrad Sarl. Afin de le remercier, j’accepte néanmoins un deal consistant à travailler à mi-temps jusqu’à la clôture du bilan de chez Pétror qu’il me demande d’assumer. Je termine le bilan et mon contrat d’ « informaticien » chez Pétror le samedi 24 septembre 1994 et commence à bosser à plein temps chez Gilbertrad dès le lundi suivant.

     

    GILBERTRAD SARL (Sopordex/Intiméa)  JUILLET 1994 – AVRIL 2008

    1986 - 2008 Emporté par la houle


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    1986 - 2008 Emporté par la houle 

    -         1986 - 2008 Emporté par la houle

           Les splendides locaux de la société Gilbertrad Sarl où tous les salarié(e)s trouvaient des conditions idéales pour travailler.

     -        - Ainsi commence une nouvelle vie professionnelle, beaucoup plus enthousiasmante, dans une entreprise qui va fonctionner très fort pendant de longues années. Comme expliqué en préambule, je vais y vivre les plus belles années de travail, apprenant énormément, travaillant de concert avec des personnes pour la plupart sympathiques, le plus souvent féminines et très compétentes, touchant à tout ce qui me plaît, tout ça avec une grande liberté de mouvements car je sens derrière moi que la confiance est là de la part de mon patron. Oui je peux le dire après toutes les grosses vagues que je viens de prendre de plein fouet pendant ces 8 dernières années de 1986 à 1994, voilà qu’enfin je peux souffler un peu sans pour autant me reposer sur mes lauriers. J’apprécie tout ça à sa juste mesure, et ce d'autant que j'ai un salaire que je considère correct. Malheureusement, comme rien n’est immuable, ni dans nos vies, ni dans celle d’une entreprise, les bons résultats s’amenuisent à partir du milieu des années 2000. Une deuxième entreprise s'appelant Désert Bleu voit le jour mais là aussi les bons résultats se font attendre. Ils ne viendront jamais. Qui dit moins bons résultats dit tracas et qui dit tracas dit « prises de tête » permanentes. Ces derniers tracas s’amplifient peu à peu et leur trouver des solutions devient de plus en plus compliqué. Aussi quand en avril 2008 l’heure de la retraite sonne, je quitte la planche sur laquelle j’ai si longtemps surfé puis sur laquelle j’ai été terriblement ballotté. Je mets les pieds à terre définitivement et ne l’ai jamais regretté, ne m’ennuyant jamais. Le petit mascaret que j’avais connu à compter de 1969 et sur lequel je m’étais laissé porter jusqu’au milieu des années 80 était devenu une houle aux lames de fond de plus en plus gigantesques et menaçantes mais j’avais tenu bon sur ma planche et la retraite était arrivée comme la terre promise qu’attendent tous les marins. Je pouvais désormais profiter de tout ce que j’aimais et avait aspiré : l’informatique avec le développement d’un blog, les randonnées, la pêche en mer, la photo naturaliste ou pas, l’écriture, le goût de lire et d’apprendre, les activités sportives et associatives, etc…et j'en oublie.

     1986 - 2008 Emporté par la houle

    1986 - 2008 Emporté par la houle

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    En 1998, je suis au fond avec une chemise bleue dans le réfectoire de l'entreprise lors de la Coupe de Monde de foot où nous avions été autorisés à voir les matches de l'équipe de France à la TV et à droite avec deux copines/salariées avec lesquelles je me suis toujours super bien entendu et que j'aimais beaucoup pour leur gentillesse et leur compétence professionnelle.

     

     

    Comme le dit un célèbre proverbe « une mer trop calme n’a jamais fait un bon marin », alors j’espère simplement que j’ai été un bon employé. Merci à toutes celles et à tous ceux qui m’ont fait confiance. Merci à toutes les personnes que j’ai côtoyées et avec lesquelles j’ai apprécié de bosser. Je garde de vous toutes et de vous tous, ami(e)s ou non, d’excellents souvenirs. Compte tenu des 16 employeurs différents que j’ai connus au cours de ma vie professionnelle, vous comprendrez aisément que je n’ai pas pu et voulu vous citer tous nommément. De toute manière, je ne l’aurais pas fait.  Idem, pour le nom de tous mes patrons dont certains sont sans doute encore en activité. S’ils me lisent, ils se reconnaîtront. Si j’ai toujours pensé et constaté qu’on ne pouvait vivre correctement qu’en travaillant, j’ai appris aussi que le travail était d’abord une richesse collective. Alors oui mille mercis à vous toutes et à vous tous qui avaient enrichi ma vie.

    1986 - 2008 Emporté par la houle

     

    1986 - 2008 Emporté par la houleEn avril 201986 - 2008 Emporté par la houle08, lors du pot de départ à la retraite que j'ai organisé avec l'ensemble du personnel et des amis.1986 - 2008 Emporté par la houle

     

     

     

     

     

     

     

    En janvier 2014 lors d'une amicale et agréable soirée entre anciens collègues et après le dépôt de bilan de Gilbertrad. J'avais beaucoup de chance car la plupart des filles de chez Gilbertrad étaient très jolies !


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    Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons du groupe britannique Dire Straits. Elles ont pour titre : "Sultans Of Swing", "Calling Elvis" et "The Bug".

    La Boucle du Roc de Jornac et du Clot del Baro depuis Urbanya.

    La Boucle du Roc de Jornac et du Clot del Baro depuis Urbanya.

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    En ce 15 juillet, Dany ayant une envie folle de randonner, j’avais décidé de l’amener jusqu’au Roc de Jornac. Ce roc,  voilà déjà bien une demi-douzaine de fois que nous y allons ensemble. Par conséquent, il ne présente plus guère de mystères pour les randonneurs urbanyains que nous sommes. Encore que, ici à Urbanya, il n’est jamais rare d’être surpris par ce que la Nature est à même de nous offrir. Ainsi, je me souviens très bien d’un jour d’été 2015 où une petite harde d’une demi-douzaine de cervidés avait traversé une piste à quelques mètres de nous. J’avais figé cette scène car les deux premiers cervidés ouvrant la marche s’étaient arrêtés longuement avant de détaler. J’avais pu les photographier remarquablement. Tous les autres avaient suivi dans une belle cavalcade. Ce jour-là, nous allions déjà au Roc de Jornac et cette petite troupe de daguets et de biches avait été le clou de la balade. Aujourd’hui et afin de ne pas refaire un circuit déjà accompli plusieurs fois et de rompre ainsi une éventuelle monotonie, j’ai décidé de revenir par le lieu-dit Clot del Baró où des sentiers sont bien visibles sur la vue aérienne que propose le site Géoportail. Je l’avoue, cet itinéraire m’est complètement inconnu, mais après tout la partie que je ne connais pas se résume à moins d’un kilomètre. Le risque est donc minime, mesuré et au pire si cette partie-là est trop impraticable, je connais déjà un éventuel échappatoire, certes un peu plus long, mais je le connais bien. Voilà comment est né ce circuit que j’ai intitulé « La Boucle du Roc de Jornac et du Clot del Baró depuis Urbanya ». Nous avons déjeuné tôt et il est midi tapant quand nous quittons la maison direction le Chemin de Saint-Jacques. Si comme à son habitude, Dany démarre d’un bon rythme, moi je suis déjà arrêté par une multitude de sujets : le ruisseau d’Urbanya et la faune éventuelle que l’on peut y trouver, des hirondelles qui occupent le préau de la mairie et bien d’autres volatiles comme les moineaux, les rougequeues et les bergeronnettes toujours bien présents au sein du village. Je m’évertue à les photographier. Plus haut, devant la maison de Philippe, l’ex-vacher, ce dernier nous arrête pour papoter un peu, nous remerciant notamment pour les croquettes qu’on lui laisse régulièrement pour ses chiens et ses chats. Il nous annonce que du côté du Roc de Jornac nous risquons de rencontrer plusieurs ânes qu’une dame de Mosset a laissé là en estives. Il y en aurait deux ou trois noirs et un blanc. Nous redémarrons. Sur cet étroit sentier que nous connaissons bien, les fleurs et les papillons sont suffisamment nombreux pour que mon appareil-photo ne s’ennuie pas et moi avec lui. Si certains oiseaux sont bien présents, la chance qu’il me faut pour les photographier correctement n’est pas aussi présente qu’à l’habitude. J’ai le sentiment qu’aujourd’hui, il me faudra encore un peu plus d’abnégation si je veux réussir quelques photos ornithologiques. Dany marche d’un bon pas et paraît enchantée de cette sortie. De ce fait, et pris par ma passion de la photo, j’essaie de ne pas me faire trop distancer. Pour elle, peu importe l’objectif et le sentier, ce qui prime ce sont le plaisir de marcher dans la Nature et les panoramas qui nous sont offerts. Or là, des panoramas, il y en a constamment. Devant, derrière, dessus et dessous. De mon côté, je suis constamment indécis entre faire des photos, de bonne qualité de préférence, et rester au mieux à ses côtés. Après la grande ruine de Coubère, un joli spectacle nous est offert par une multitude de martinets chassant au-dessus de la garrigue. Certains passent si près de nous en rase-mottes que ça en devient très distrayant. Je me mets en tête de réussir une belle photo aérienne. Dany en profite pour observer ce spectacle et se reposer un peu. Finalement à force de prendre des dizaines de photos, je constate qu’il y a des martinets de deux variétés différentes, certains martinets ont le ventre blanc et d’autres une tâche blanche sur le dos. Ce n’est qu’en rentrant à la maison que je prendrais conscience qu’il y avait des Martinets à ventre blanc, mais certainement aussi des Martinets cafres beaucoup plus rares en France. A cause de ma passion pour l’ornithologie  (comme pour les papillons !), je suis toujours ravi d’apprendre de nouvelles choses sur les oiseaux mais encore plus quand j’ai des photos appuyant ces acquis. Ici, dommage que les photos soient peu réussies. Finalement ; en arrivant à la côte 1098, le Roc de Jornac est là, à nos pieds. Enfin quand je dis « à nos pieds », ce n’est pas vraiment la bonne formulation, car certes il nous faut descendre vers lui mais il nous faudra ensuite remonter et revenir sur nos pas pour continuer cette boucle. Comme il s’agit de notre objectif premier et qu’en sus deux ânes noirs sont visibles à son sommet, nous y allons.  De toute manière, Dany a prévu de prendre un petit en-cas avec café chaud et biscuits dès que nous arriverons là-bas. C’est ce que nous allons faire avec au préalable un court arrêt à hauteur du petit dolmen désormais bien connu avec croix et cupules néolithiques. Les ânes étant vraiment au bord du précipice que compose le roc sur son flanc sud, avec Dany nous prenons la sage décision de ne pas ni les déranger et encore moins de les approcher. Ils sont donc là, complètement immobiles, indifférents à notre présence, comme deux statues se tournant le dos. Il est déjà 14h. C’est-à-dire que nous avons mis 2 heures pour venir jusqu’ici, c’est dire si nous avons flâné. Un tour du roc et de ses impressionnants à-pics, quelques selfies puis c’est la pause-café programmée et nous voilà déjà repartis vers notre prochain objectif : le Clot del Baró. Enfin, je dis objectif sans trop savoir ce que nous allons y voir ou y découvrir. Pour avoir eu l’occasion de dominer ce lieu-dit, je sais que j’y ai vu quelques importants amoncellements de pierres et une ruine mais c’est tout. Quant à la faune, j’y ai vu une seule fois un renardeau famélique qui semblait un peu perdu dans une garrigue très hermétique car très envahie par les ronciers, les églantiers et les cistes. Plus souvent, j’y ai photographié des espèces bien particulières de passereaux comme des tariers, des fauvettes et des pies-grièches, la végétation dense et inaccessible expliquant probablement la présence de ces volatiles. Après la remontée du Roc de Jornac rien de notable. Je fais le choix  de prendre la piste qui file au-dessus de Coubère plutôt que celle très pentue qui monte vers le Serrat de Miralles. C’est un peu plus long pour rejoindre la piste qui file vers le col de Les Bigues mais c’est beaucoup moins raide. Dès le départ, nous tombons sur l’âne blanc qui en réalité est plutôt gris. Il a un ventre énorme et paraît en piteux état. Est-ce une femelle qui doit mettre bas ? Comment le savoir ?  Toujours est-il que cette forme physique peu satisfaisante de prime abord est un trompe-l’œil car alors que Dany lui tend une main avenante pour le caresser, il semble « ronchon », la pousse de son front au risque de la faire tomber. J’ai juste le temps de la tirer vers moi pour éviter qu’elle ne chute en contrebas du chemin. Toujours « ronchon », il s’en va. Ici les papillons sont toujours très nombreux et il va en être ainsi tout au long de l’après-midi. Nous empruntons la piste qui file vers le col de Les Bigues mais nous la délaissons dès lors que nous en rencontrons une autre descendant vers la gauche. Nous sommes en surplomb du Clot del Baró dont rien ne laisse présager la toponymie occitane très incertaine que j’ai pu trouver sur Internet signifiant  « terrain plat de forme allongée ». Si terrain plat et allongé il y a eu, il a disparu depuis des lustres, avec à la fois une géologie qui a bougé et sous une épaisse végétation. Car ici le terrain est pentu de partout, avec une végétation très dense où seuls quels affleurements rocheux apparaissent. Dans son livre « Lieux et Légendes du Roussillon et des Pyrénées Catalanes », l'archéologue Jean Abélanet lui affirme plus simplement qu'un baron serait passé par là, ce qui paraît beaucoup plausible. : « Quand un baron passe par un coin perdu, aussi reculé que Urbanya, l'événement laisse des traces ». J’allume mon GPS et me lance à la recherche du petit sentier d’un kilomètre que j’ai vu sur une vue aérienne sur le site Géoportail. Le fameux jamais emprunté. Il est censé démarrer après un large layon que nous n’avons aucun mal à trouver. Nous l’empruntons. Comme je le craignais, or mis quelques animaux, personne ne passe par là depuis fort longtemps. Le petit sentier bien visible sur Géoportail l’est à peine dans la réalité. Pourtant, je me souviens d’un temps où ici tous ces chemins et sentiers étaient formidablement débroussaillés. Par chance, sur notre droite, l’étroite sente est surtout envahie par de hautes fougères qui ne piquent pas, même si Dany n’apprécie guère de ne plus savoir où elle met les pieds. Finalement, quelques repères que je connais bien comme une modeste ruine, un pommier que je suis venu quelquefois « récolter » et des murs de pierres sèches que je reconnais me servent de bons fils conducteurs. Sauf que ce bon fil conducteur m’amène direct vers deux vaches blanches et un énorme taureau brun. Ce taureau nous prend-t-il pour des prétendants concurrents ? Je ne sais pas mais en tous cas dès qu’il nous entend arriver, il se lève des hautes fougères au sein desquelles il devait dormir ou ruminer. Nous évitons de nous approcher mais alors que nous tournons autour de lui et de ses deux compagnes, il se tourne constamment vers nous en nous regardant et en émettant des petits soufflements nasaux. Comment faire alors qu’ils sont pile-poil sur la suite de l’itinéraire que nous devons emprunter ? Je ne vois qu’une solution, les contourner en essayant à la fois d’être le plus éloignés d’eux mais au plus près du sentier que nous devons retrouver dans cette lande de hautes fougères. Au regard d’un muret que je connais bien, j’estime le sentier à une dizaine de mètres de ce dernier et les bovins à une quinzaine de mètres. Si je ne veux pas que l’on passe trop près d’eux, je sais que la marge est minime car le muret en question est amplement envahi par des ronciers sur une belle largeur. Nous nous lançons dans les hautes fougères sous le regard scrutateur du gros taureau. Dany est juste derrière moi et s’accroche à mon tee-shirt comme une arapède à son rocher. Les vaches, elles, paraissent indifférentes. Je dis à Dany de bien lever les genoux afin d’éviter de se prendre les pieds dans les tiges et de tomber car ça serait le pire des choses qui pourrait nous arriver. Nous avançons doucement et maintenant les bovins sont à moins de 5 mètres de nous. Finalement, tout se passe bien, les bovins restent immobiles et après une quinzaine de mètres dans les hautes fougères nous retrouvons le sentier espéré. Il est loin d’être bien débroussaillé mais j’ai au moins la certitude, c’est bien celui qui permet de rejoindre Urbanya. Finalement, certains tronçons étant bien plus praticables, nous descendons plutôt d’un bon rythme vers le village. Mais quelle n’est pas notre surprise au moment d’enjamber le modeste Correc de la Coma Formia de tomber nez à nez avec deux cervidés. Certes sur ce versant de la vallée plutôt aride, c’est un des endroits le plus boisé et donc  le plus verdoyant mais c’est bien la première fois que j’y aperçois des animaux de ce calibre. Sans doute, sont-ils venus là pour se désaltérer dans le ruisseau et y trouver un peu de verdure à se mettre dans la panse. Ils semblent aussi surpris que nous et ne détalent pas immédiatement. J’ai tout loisir de les photographier.  Dany est ravie, elle qui rêve constamment d’apercevoir des animaux. Cette fois c’est fait ! Par la force des choses, la suite et la fin deviennent plus monotones. Nous retrouvons le chemin de Saint-Jacques puis le village et enfin notre petite maison sur ses hauteurs. Il est 17h30. Nous avons flâné 5h30. Dany souffre un peu de ses hanches et je comprends que la distance accomplie est à la limite de ses possibilités présentes. De mon côté, je suis enchanté car je considère avoir marché correctement et surtout avec la certitude d’aucune gêne respiratoire ni aucune douleur nulle part. Telle qu’expliquée ici, cette boucle a été longue de 10 km. Le point le plus bas étant Urbanya à 870 m et le plus haut à 1.303 m au-dessus du Clot del Baró, le dénivelé est de 433 m. Les montées cumulées sont de 812 m. Cartes IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25


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