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hautes pyrenees

La Boucle autour du Tuco et au vallon de la Gaoube depuis le col du Sarrat de Gaye.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 6 musiques du duo Secret Garden. Elles ont pour titre : "Open Doors", "Grace", "Sortie", "First Day Of Spring", "Fields Of Fortune" et "Divertimento" (version incompète). 

La Boucle autour du Tuco et au vallon de la Gaoube depuis le col du Sarrat de Gaye.
La Boucle autour du Tuco et au vallon de la Gaoube depuis le col du Sarrat de Gaye.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus.

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Toujours en villégiature au lac de Payolle, ce reportage vous présente notre deuxième randonnée réalisée au cours de cette semaine-là dans les Hautes-Pyrénées. Trouvée elle aussi sur le site Visorando ; après celle consistant à monter vers « le Plo del Naou depuis le col d’Aspin » ; celle-ci s’intitule « Dans les estives autour du Tuco ».  Le Tuco (*) étant un modeste mamelon culminant à 1.304m d’altitude et présentant peu d’intérêts puisqu’on n’y monte pas, y cheminant seulement autour.  J’ai quelque peu changé mon titre en « La Boucle autour du Tuco et au vallon de la Gaoube depuis le col du Sarrat de Gaye » car finalement c’est bien de là que l’on démarre même si cette mention n’est pas toujours présente sur les cartes, et notamment sur l’IGN. Deuxième raison, il y a un autre « Tuco » à 1.624m d’altitude et à l’ouest du nôtre ; et donc finalement pas très loin ; et il ne faut surtout pas se tromper de lieu. Toutefois, n’ayez aucune crainte, j’ai changé l’intitulé mais l’itinéraire reste le même, quant aux autres centres d’intérêts que ceux mentionnés dans le titre, ils y sont nombreux eux aussi. En ce 25 août, il est 10h30 et nous sommes au départ du chemin empierré (côte 1.234m) cité sur Visorando. En fin de compte, nous l’avons trouvé sans réelle difficulté, si ce n’est la distance inutile faite en voiture depuis le village de Sainte-Marie de Campan. Depuis Payolle, il est nettement plus court mais assez bizarrement l’application Waze en avait décidé autrement ! Pour quelques explications et les centres d’intérêts en voilà une courte description dans un ordre chronologique. D’abord quelques généralités, avec des paysages et des panoramas sublimes qu’offrent des chemins et sentiers variés quant à la nature de leur sol. Bien caillouteux au départ, il varie selon les terrains devenant parfois carrément herbeux. Chemins creux car encadrés de pierres sèches ou sentiers enfouis au milieu de hautes fougères, hormis la fin sur de  l’asphalte, rares sont ceux qui sont ennuyeux. L’asphalte finale, on peut très souvent l’éviter en marchant sur les bas-côtés herbeux. Vertes prairies, jolis vallons et des hautes montagnes plus ou moins proches tout autour sont les principaux décors. Des cabanes, des granges typiques de nos belles Pyrénées, d’autres transformées en belles maisons et quelques imposantes fermes jalonnent le parcours de manière assez disparate. Vaches, veaux, ovins, caprins et chevaux y trouvent d’innombrables pacages à leur goût. Si on y soupçonne d’autres mammifères plus sauvages tels que les sangliers, les cervidés et autres rongeurs nous n’en verront aucun aujourd’hui. Seul un chevreuil a émis ses aboiements rauques et de manière répétée dans la dernière forêt que nous avons traversée. Il y a aussi bien sûr, le Courtaou des Esclozes, séculaire village pastoral réhabilité par une association où une visite et un pique-nique y sont impérativement à prévoir. A l’écoute du chant des pinsons et sous les regards peu inquiets d’une multitude de lézards occupant les innombrables murets en pierres sèches, nous y avons déjeuné d’un bel appétit à l’ombre d’un long préau de rondins, en réalité une ancien enclos qu’un panneau en explique longuement les usages. Les rougequeues noirs et les gobemouches sont là aussi, peu farouches et habitant amplement le lieu. Malgré une altitude modeste, cet ancien minuscule hameau est là pour nous rappeler que les estives passées ne s’effectuaient pas dans les mêmes conditions que celles pratiquées de nos jours. Les bergers y passaient l’entière saison dans la montagne, logement inclus. La route bitumée toute proche a changé les choses. Si cette cabane a été magnifiquement restaurée, le reste du hameau est quasiment arasé. Un peu plus loin, un refuge plus imposant se présente mais ce n’est pas le bon chemin alors nous avons fait demi-tour. Peu après et plus bas dans un vallon murmure un autre chant que celui des oiseaux. C’est celui du rafraichissant torrent de la Gaoube qu’il faut longer sur quelques décamètres. Faisant partie intégrante des atouts de cette boucle, il explique la modification dans le titre que j’ai choisi. On quitte par la gauche le chemin principal pour emprunter une passerelle de bois qui enjambe le petit torrent près du lieu-dit Artigussy. Ici aussi, des cabanes d’estives sont visibles et un panneau explique de manière détaillée comment était fabriqué le beurre jadis. Un sentier tourbeux nous éloigne du ruisseau. Là, outre l’aspect agréablement pastoral du lieu, belle surprise avec trois inattendus Buffles du Levant, plus communément appelés « bufflonnes », dont deux dorment impassibles au bord même du torrent. « Burrata ou mozzarella pyrénéennes » ? Pourquoi pas ? Après tout, l’expérience à concevoir de bons fromages est ici évidente. A cet endroit, et pour avoir été distraits quelques instants, prenez garde à maintenir votre smartphone ou GPS allumés car la passerelle de bois à emprunter citée ci-avant n’est pas visible depuis le chemin. C’est ainsi que nous avons marché 500 à 600m de mieux, constatant que la passerelle de bois était désormais derrière nous.  Je ne peux pas regretter notre bref égarement, car outre les buffles, il m’a permis de photographier un « Prince des torrents », à savoir le discret « Cincle plongeur ». Ce fantastique petit passereau met en œuvre d’incroyables techniques de nage et de marche pour trouver son alimentation au sein même des plus fougueux torrents. Descendre ou remonter le courant, avec beaucoup ou peu d’eau,  c’est-à-dire soit en nageant soit en marchant, aucun problème pour lui. Il s’adapte à toutes les conditions y compris les plus extrêmes. Après le torrent et sa passerelle de bois, nombreux seront les randonneurs à trouver la suite et la fin moins agréable.  En effet, le parcours change quelque peu. Après un sentier à nouveau au milieu des hautes fougères, l’itinéraire traverse une sombre forêt de hêtres avant de terminer sur la route bitumée du Sarrat de Gaye (**). J’ai personnellement tenté d’oublier ces prétendus « inconvénients » grâce aux décors environnants mais aussi en continuant à concentrer mon appareil-photo sur les « choses » de la Nature comme je l’avais fait depuis le début. Avec plus d’acuité encore. Si en cette fin août, la flore n’est pas des plus foisonnantes, on trouve encore quelques fleurs de saison que l’on ajoute à celles qui font de la résistance face au changement climatique. Quant à la faune, sans évoquer celle non sauvage,  elle se résume à ce chevreuil aboyant à l’instant où nous traversons cette hêtraie, à d’autres lézards et papillons mais surtout à des passereaux que j’aperçois en grand nombre : pinsons, pouillots, pies-grièches, pipits, bruants, rougequeues, gobemouches, merles, mésanges et fauvettes sont les plus visibles sans compter d’innombrables hirondelles en partance pour l’Afrique et qui avaient décidé de faire étape sur un grand arbre desséché. Un très joli spectacle. Avec leur taille plus conséquente corneilles  et rapaces sont également bien présents dans tout ce secteur montagnard. Voilà le parcours et tout ce que l’on peut y découvrir même si photographier toute cette faune aurait été trop beau.  A quelques dizaines de mètres de l’arrivée, nous avons fini au milieu d’un gros troupeau de vaches. Elles arrivaient de partout et se réunissaient sans que l’on sache quel instinct particulier ou quelle horloge interne guidaient leur pas les unes vers les autres.  Elles arrivaient de tous les côtés pour finalement se rassembler près d’un enclos qui était fermé. A cet instant et tel un rassemblement de manifestants très mécontents,  leurs beuglements, leurs meuglements et leurs mugissements démarrèrent et s’amplifièrent au fil de notre cheminement commun. Pourquoi criaient-elles ainsi ? Nous ne trouvions aucune explication rationnelle à tout ce remue-ménage.  Et de ce fait, nous n’étions pas rassurés, surtout quand nous étions contraints de marcher avec elles car dans la même inévitable direction.  Quelques-unes  d’entre-elles s’immobilisaient très souvent, se tournant constamment vers nous, nous regardant d’un œil mauvais, et grattant le sol d’un de leur sabot comme le font parfois les taureaux de corridas. Elles faisaient peur à Dany. Finalement mais involontairement aussi, on a fait le choix de se séparer, Dany continuant la route en évitant au mieux le troupeau et moi en les contournant et en montant une pelouse pour m’éloigner de leurs clameurs grandissantes. « Esquiver les estives » était notre leitmotiv.  En fin de compte, notre voiture étant là, intacte comme nous l’avions laissée, car suffisamment éloignée du troupeau, nous réussîmes à terminer cette jolie randonnée convenablement. Comme dit le proverbe, « tout est bien qui finit bien ». Le temps de nous retourner et les vaches s’étaient déjà bien éloignées de l’enclos clos, devenant soudainement aussi muettes que des carpes. Avaient-elles été contrariées par notre présence ou bien par l’enclos qu’elles avaient trouvé fermé ? Nous ne le saurons jamais ! Bien que située sur la commune de Campan, cette boucle pédestre en est relativement éloignée. Il est vrai que Campan est une commune rurale très étendue (95km2). Elle englobe une multitude de villages et de hameaux, eux-mêmes très souvent disséminés au niveau de leurs habitats respectifs. Le lieu-dit qui nous intéresse ici est celui du Sarrat de Gaye puisque le départ s’effectue au col éponyme. Pour trouver ce départ situé sur la longue route du Sarrat de Gaye (plus de 6km), je vous conseille de suivre au pied de la lettre les indications mentionnées sur Visorando soit en vous référant comme nous l’avons fait au topo PDF (chemin empierré)  soit grâce aux coordonnées GPS. La suite de la balade est à faire soit en vous aidant d’un GPS préalablement chargé du tracé enregistrable, soit de votre smartphone si vous possédez un abonnement Visorando. Outre les plaisirs de la découverte, des yeux et de la quiétude des lieux, nous avons eu la chance de rencontrer un berger d’une cinquantaine d’années accompagné de ses 2 chiens, dont un était très câlin. Avait-il envie de parler après une trop longue journée de solitude en estive? Toujours est-il que ce tête-à-tête, empreint de gentillesse et de simplicité, a été des plus intéressants. Comme de vieux et bons amis, nous avons évoqué les problèmes sociétaux sans oublier ceux sécuritaires de la France actuelle, lesquels apparemment l’inquiétaient autant que nous. Il nous a parlé de son dur métier et des difficultés pas toujours faciles qu’il rencontrait. Finalement, et bien qu’à des années-lumière dans nos façons de vivre ; lui le plus souvent au plus près de son troupeau et dans l’âpre montagne pour un difficile labeur, et nous paisibles retraités sans vraie difficulté matérielle ; ce fut un réel bonheur de constater que nous étions sur les mêmes longueurs d’onde quant à nos vues « très incertaines » sur l’avenir et de la France. Ses moutons, brebis et autres chèvres le rappelant à sa besogne, cette agréable conversation s’arrêtât aussi brusquement qu’elle avait commencée. Il n’oubliât pas pour autant qu’il était avant tout un fournisseur alimentaire en nous précisant que son épouse tenait un commerce de fromages au lieu-dit Espiadet, tout près de la marbrière ancestrale dite de Payolle. Ça tombait d’autant bien pour lui que le lac de Payolle où nous logions était à moins de 2km de sa boutique. Nous avons bien tenté à 3 reprises d’acheter de son fromage en souvenir de notre cordiale discussion et pour l’aider dans son énergique labeur mais à chaque fois le magasin était fermé.  Le dernier jour encore, lors de notre départ de Payolle, nous sommes passés au magasin. Il était 9h mais ce dernier n’ouvrait qu’à 10. Dommage ! Sur Visorando, cette boucle est donnée comme « facile » ; c’est le cas ; pour une distance de 8km et un dénivelé positif de 180m. Rajoutons qu’elle est magnifique ! Petit conseil pour trouver la ligne de départ sur la carte IGN de Géoportail, il suffit dans recherche de taper « Sarrat de Gaye ». On arrive direct à la côte 1.234, tout près du lieu-dit « Courtalets », le plus proche indiqué sur la carte. Carte IGN 1747ET - Bagnères-de-Bigorre - Pic du Midi de Bigorre - Vallée de Campan top 25.

(*) Tuco : le mot "tuco" ou "tuc" est un nom générique d'origine celte désignant une hauteur, une proéminence, voire une forme pointue, c’est-à-dire une colline naturelle ou artificielle (motte, tumulus) qui se distingue de son environnement. (Source https://www.les-caue-occitanie.fr/). Il est ensuite devenu toponyme. L’occitan tucò, « sommet » est à l’origine de plus d’une centaines de toponymes, en grande majorité dans le Gers mais aussi en Haute-Garonne, Gironde, Lot-et-Garonne, Hautes-Pyrénées et dans les Landes.  On trouve ainsi le Tuco d’Alans (Gavarnie-Gèdre, H.-P., aussi appelé Pain de Sucre), la Pène de Tuco (Campan, H.-P. – pène, ici avec le sens de « crête de montagne »), le Tuco de Panassac (Panassac, Gers – une motte castrale), le Tuco de la Motte (Tournay, H.-P. – dont on ne sait pas s’il s’agit d’un antique tumulus ou d’une motte castrale), le Tuco d’Esteil (430 m, Monléon-Magnoac, H.-P.) et bien d’autres. On ajoutera le Tucoo (314 m, Peyrelongue-Abos, P.-A.) qui a conservé sa graphie béarnaise, le Tuquo (Nérac, L.-et-G. ; Mingot, H.-P. etc.) et les Tuquos (Madiran, H.-P.). (Source https://vousvoyezletopo

(**) Le Sarrat du Gaye est un longue colline plutôt étroite séparant la vallée de l'Adour de Gripp de celle de l'Adour de Payolle. Comme son nom "Sarrat" l'indique, et tous ceux de la même famille (Serre, serra, serrat, sierra, serret, serraz, etc...), il s'agit d'une crête allongée le plus souvent déchiquetée. (Source Annales de géographie de H.Baulig) J'ignore si c'est le cas ici. Une longue route portant son nom démarre près de Sainte-Marie-de-Campan et se termine à l'approche du hameau de Payolle. Elle est longue de 6,5km environ. 

 

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Le Cap de Hont Nère (1.916m) et Mont depuis le Col de Peyresourde (1.569m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons extraites de l'album "Living Country Blues Vol.1" interprétées par Bowling Green John Cephas & Harmonica Phil Wiggins. Elles ont pour titres : "Black Rat Swing","Eyesight To The Blind", "Guitar & Harmonica Rag" et "Rising River Blues"
LE-CAP-DE-HONT-NERE
CAPHONTNEREIGN
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Voilà la dernière balade pédestre réalisée lors de nos vacances dans les Hautes-Pyrénées. Soyons francs, c’est bien grâce à une amie, Laurence Lacabanne pour ne pas la nommer, que nous avons pu réalisé cette superbe randonnée en direction du Cap de Hont Nère (1.916 m) et du joli village de Mont à partir du célèbre col de Peyresourde (1.569 m). Laurence Lacabanne est une « friend blog » ou une « friend website » comme disent les anglais, c'est-à-dire que nous nous connaissons qu’au travers de mon blog et d’Internet. En France, on pourrait le traduire par « amie de sites Internet » mais comme ça pourrait avoir une autre connotation du style « site d’amitié » ou « site de rencontres », je préfère l’anglais car sinon je serais à l’opposé de ma pensée. Laurence anime un club de randonnées pédestres à Auriac-du-Périgord. En juin 2010 et suite à ce que j’avais considéré comme un « fantastique contact », j’avais eu l’occasion d’écrire un petit billet sur mon Journal Mensuel pour la remercier de sa gentillesse et de sa prévenance. Depuis, Laurence et moi continuons à échanger quelques messages et chaque année on se souhaite les meilleurs voeux par messagerie interposée. Quand Laurence a su que nous partions en vacances dans les Hautes-Pyrénées et dans la Vallée du Louron en particulier, c'est-à-dire sur « ses terres » comme elle me l’a écrit, elle m’a aussitôt communiqué une demi-douzaine d’idées de randonnées pédestres et voilà comment on s’est retrouvé en ce 26 juin 2015, avant dernier jour de nos vacances pyrénéennes, à marcher sur ces superbes crêtes ondulées et verdoyantes servant de frontière entre les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne. Soyons francs jusqu’au bout, ce jour-là, le Cap de Hont Nère n’était pas notre principal objectif  et comme conseillé par Laurence, nous visions plutôt le Sommet du Pouyaué à 2.062 m d’altitude mais plusieurs concours de circonstances nous ont contraints à raccourcir cette « fabuleuse » randonnée. Voilà comment ça s’est passé. Le col de Peyresourde, bien connu des fans du Tour de France cycliste et des cyclistes en général est, par grand beau temps, un lieu que je qualifierais de « fantastique ». Et croyez-moi, ce mot n’est pas galvaudé. Nous, au cours de cette semaine de vacances, nous avons eu le bonheur d’y passer à diverses reprises mais parfois avec des météos assez diverses et bien évidemment quand le temps est gris et pluvieux, ça change tout.  Mais attention, quand le ciel est d’un bleu cristallin, comme nous avons eu la chance de l’avoir au départ de cette balade, on reste scotché devant ces vastes prairies verdoyantes qui ondulent presque à perte de vue telles de débonnaires montagnes russes. Alors bien sûr, quand on aime la marche comme je peux l’aimer, on a envie d’y aller voir de plus près, histoire de « s’en mettre plein les yeux ». Quand à Dany, quand elle voit toute cette herbe rase et verdoyante, elle n’a qu’une envie : « s’y rouler dedans ! »  Chacun son truc, me direz-vous !  Alors voilà, j’ai le plus brièvement possible évoqué toutes les raisons de cette balade. Ce matin-là, quand nous démarrons du col de Peyresourde nous engageant dans la piste qui s’élève au dessus du chalet refuge ; en réfection à ce moment-là, résultat d’une avalanche hivernale ; il est déjà plus midi. Autant dire que nous ne sommes pas en avance car outre cette balade, pour laquelle il faut bien le dire nous partons un peu dans l’inconnu, nous avons prévu, d’aller à  Arreau en fin d’après-midi, pour visiter une volerie de rapaces : « les Aigles d’Aure ». Comme très souvent quand la fin des vacances approche, nous voulons faire un tas de choses et tenter de rattraper le temps perdu. Si je précise que nous partons un peu dans l’inconnu c’est parce qu’ici, il n’y aucun itinéraire balisé, que je n’ai pas de G.P.S et que je dispose comme unique repère d’un simple bout de carte I.G.N. Enfin pour l’instant, le chemin est tout simple et surtout, il est très agréable avec déjà de superbes panoramas. En outre, et pour mon plus grand plaisir, dans cette petite et magnifique Forêt domaniale de la Neste du Louron, les oiseaux, les papillons et les fleurs sont pléthores et une fois encore, l’objectif de mon appareil photo ne sait plus à quel saint se vouer. Si le chemin est beau, la faune et la flore abondante et superbe et les paysages à couper le souffle, à bien y regarder de plus près, ça ne doit pas être ainsi en toutes saisons. En effet, sur ces pentes très abruptes, les arbres arrachés ou secs sur pieds et les branchages en tous genres sont légion quand aux arbres qui ont déjà été coupés à leur base, c’est une véritable armée de souches que l’on aperçoit sur tous les versants de la forêt.  Alors bien sûr, rien d’étonnant de voir qu’à partir d’une certaine élévation, de nombreuses barrières anti-avalanches aient été installées. Je suppose qu’en hiver, cet endroit, si beau aujourd’hui, doit être parfois d’une très grande hostilité. Par grand beau temps hivernal, j’ai constaté sur le Net, avant de venir, que ces lieux sont beaucoup plus fréquentés en hiver et notamment en raquettes qu’ils ne le sont aux autres saisons. Après ces quelques réflexions, finalement, le large chemin se termine devant une barrière derrière laquelle un vaste troupeau d’ovins est entrain de ruminer. Des moutons, il y en a un peu partout sur le flanc de la montagne, mais une pauvre brebis, toute penaude, elle, s’est mise à l‘abri à l’ombre d’un talus. Elle paraît mal en point et même quand on s’approche d’elle, elle ne bouge pas d’un pouce. Nous la laissons tranquille. Après la barrière, la piste se poursuit à plat vers le nord-ouest mais nous choisissons de partir à l’opposé en longeant une clôture. Le patou, que nous n’avions pas vu jusqu’à présent, et pour cause, dort dans les hautes herbes d’un fossé. A notre passage, il lève un œil, nous regarde et reprend sa position apathique très éloignée de celle du gardien de troupeau que l’on attend de lui. Tant mieux pour nous car je me souviens des nombreuses fois ou des patous nous ont mis dans des situations peu confortables et où la peur du chien vociférant après nous, nous effrayait mais paradoxalement cette crainte se mêlait à notre envie de lui caresser son épais pelage opalin. Nous dominons la forêt qui se termine à la droite même de l’étroit sentier que nous cheminons désormais. De tous les autres côtés, la végétation n’est faite que d’une pelouse rase et uniforme. Plus rien n’arrête le regard, or mis bien sûr, l’arrondi même de la colline que nous devons gravir se trouvant sur notre gauche. Quand nous arrivons au sommet de la crête, des panoramas grandioses s’entrouvrent magnifiquement sur toute la Vallée du Larboust et de manière bien plus large et bien plus lointaine, sur l’ensemble du Luchonnais. Plus loin encore,  la longue chaîne des Pyrénées étire ses pics les plus hauts. J’ai lu, que parmi eux et quelque part, le pic d’Aneto était visible mais comme j’ignore où il se trouve, j’essaie de le chercher mais sans réelle conviction. On se dit que c’est sans doute le plus haut que l’on aperçoit légèrement sur la gauche. A cet instant, nous tournons à gauche et en suivant une étroite sente, nous gravissons la petite croupe du Lampet. Au sommet, à 1.804 m d’altitude,  nous nous arrêtons un instant au pied d’un vieux pluviomètre, car désormais, outre les paysages luchonnais, c’est toute la chaîne montagneuse s’étirant sur la gauche que nous apercevons en plus. Voilà les fameuses « montagnes russes » et verdoyantes que nous devons cheminer et ça jusqu’à son sommet le plus ultime, le Pouyaué. Ensuite, nous avons prévu de descendre jusqu’au village de Mont avant d’entamer le retour vers le col de Peyresourde. Voilà le programme tel que je l’ai imaginé sur Géoportail soit une quinzaine de kilomètres environ.  Mais tout ça, c’était sans compter sur ce étroit sentier qui après le sommet  du Pic Arrouy (1.850 m) s’est finalement, et on ne sait pas trop pourquoi, arrêté de filer sur la crête préférant traverser une mauvaise moraine pentue, terreuse et caillouteuse, et parfois même très boueuse, rendant notre progression bien difficile et par endroits, assez périlleuse il faut bien le dire. Ici, une pauvre brebis et son frêle agnelet se sont abrités à l’ombre d’une petite grotte et après quelques photos, nous les laissons tranquilles car le tout jeune nourrisson tête sans cesse sa mère avec gloutonnerie. Nous les  laissons d’autant plus volontiers que l’attention que réclame cette courte traversée sur cette moraine nous fait perdre un temps infini. Un seul faux-pas et nous voilà entrain de rouler quelques dizaines de mètres plus bas. Le seul intérêt que je retire de cette difficulté, c’est la présence inattendue de quelques jolis oiseaux que je peux photographier assez facilement car ils viennent boire dans les restes d’un ruisselet et manger quelques vers et insectes dans cette bouillie étrangement composé d’eau, de pierres, de boue, de bouses et de crottes de moutons. Grives, alouettes, tariers pâtres et monticoles de roches sont au rendez-vous de cette amalgame glissant et délicat pour nous mais apparemment si agréable pour eux. Après ce difficile passage, nous parvenons à rejoindre la crête et sa pelouse verdoyante bien plus praticable. La suite sur une sente herbeuse mais bien évidente devient beaucoup plus simple même si la déclivité pour monter au Cap du Hont Nère est de plus en plus pentue au fil de l’ascension. Seules quelques fleurs nouvelles et un joli papillon vont freiner cette montée. Quand nous arrivons au sommet,  il est 14h30 et Dany et moi sommes pour une fois en total désaccord. Elle est partisane de descendre directement vers le village de Mont que nous apercevons en contrebas derrière nous et moi, je suis plutôt disposé à poursuivre vers le Pouyaué droit devant. Après une courte chamaillerie, je cède à sa préférence et me rallie à son point de vue qui consiste à dire que rien n’indique que nous verrons beaucoup plus de panoramas que ceux que nous apercevons déjà d’ici. Nous redescendons le petit dôme en longeant désormais une clôture que finalement nous enjambons pour filer tout droit en direction de Mont. Ici, pas de réel problème d’orientation et seules quelques graminées un peu plus hautes parfois et quelques tourbières asséchées mais en mottes sont un frein à notre marche en avant. Ici, nous gardons en point de mire, d’abord une étroite « caminole » formée par les troupeaux puis une piste plus large que nous apercevons un peu plus bas encore. Après les avoir rejoint tour à tour, un peu moins d’une heure plus tard, par monts et par vaux, ou plutôt par croupes et ravines, nous voilà à l’entrée du superbe hameau de Mont. Une visite presque au pas de course nous permettant de découvrir une jolie fontaine, une belle table d’orientation, la magnifique église Saint-Barthélemy superbement décorée d’incroyables fresques et enfin un oratoire dont l’Histoire très intéressante nous est contée sur quelques ludiques panonceaux. Le tout avec de vues splendides sur la Vallée du Louron. Nous finissons la visite de Mont par quelques jolies venelles encadrées de maisons plus belles les unes que les autres. Comme conclusion à cette belle découverte et comme nos pensées sont déjà sur le chemin du retour et surtout vers les « Aigles d’Aure », nous accélérons encore le pas et tentons de ne pas nous laissés distraire par tant de beautés. Nous retrouvons très sensiblement l’itinéraire pris à l’aller mais avec cette fois l’inconvénient d’un plus grand nombre de dénivelés à gravir. Finalement, cet itinéraire nous entraîne sur un bon chemin jusqu’au Pas de Matac puis après quelques raccourcis ; enfin c’est ce que nous pensons ; nous retrouvons la clôture initialement enjambée. En la suivant, elle nous entraîne tout en descente vers un enclos au pied du Cap de Montsarré. Ici, nous retrouvons la bonne piste filant directement vers ce petit bout de la Forêt domaniale de la Neste du Louron ou de Peyresourde selon si on se fie à la carte IGN ou à la pancarte plantée près du refuge. Le troupeau d’ovins vu à l’aller s’est mis en mouvement et s’étire désormais sur tout le flanc de la montagne. A notre vue, le patou semble venir vers nous mais d’un pas toujours aussi nonchalant. Pour nous, cette seule présence suffit à freiner nos ardeurs. Nous quittons de quelques mètres la piste mais le chien passe pratiquement sans nous regarder et s’en va boire un peu d’eau dans une vielle baignoire faisant office de fontaine. En tous cas pas un seul aboiement à notre encontre et quelle drôle d’attitude pour ce chien qui est censé être le « gardien du temple ». La descente vers le col de Peyresourde s’effectue au pas de charge pour Dany très en colère après moi, de me voir encore flâner et photographier sans cesse fleurs, oiseaux et papillons qui semblent « s’être donné le mot » pour que je ne finisse jamais cette magnifique balade. Il est 16h30 passé quand nous récupérons notre voiture et filons sans plus tarder vers la volerie d’Arreau. Mais aujourd’hui, il était écrit que nous aurions tout faux ! Pas d’ascension au Pouyaué mais pas de rapaces non plus ! En regardant le site Internet des « Aigles d’Aure », je n’ai pas fais attention  que la volerie ne serait ouverte l’après-midi qu’à partir du mois de juillet ! Or, nous ne sommes que le 26 juin ! Pas de chance me direz-vous ? Non, bien au contraire !  Nous en avons eu beaucoup : un temps superbe avec un ciel pur comme du cristal (enfin surtout au début !), des montagnes si merveilleusement verdoyantes, des panoramas somptueux, un joli brin de village et tout ça pour une balade de 4h30 et d’une distance approximative que j’estime entre 12 et 14 km. Que demander de plus ?  Une fois encore, je me suis intéressé à la toponymie des lieux cheminés. En occitan-gascon, le Cap de Hont Nère c’est le sommet  (cap) de la fontaine (hont) noire (nere). Le « Pouyaué » tout comme le « Puyo » ou le « Pouey » s’est toujours dans la toponymie pyrénéenne le monticule, l’éminence, la cîme, le pic au même titre qu’un « puy » ou qu’un « puig ». De la même façon que le lac d’Oô signifiait le « lac du lac », le « sommet du Pouyaué » est un doublon toponymique signifiant le « sommet du sommet ». Enfin « Peyresourde » c’est la « pierre source » selon le livre de Robert Aymard « Toponymes pyrénéens- Répertoire géographique et étymologique des deux versants des Pyrénées » Editions Lacour-Rediviva. A tous les lecteurs de cet article, je précise que le tracé mentionné sur la carte I.G.N joint à ce dernier se veut comme toujours le plus précis possible mais qu’en l’absence d’un G.P.S et dans l’impossibilité d’enregistrer un « tracback », il ne peut être que très approximatif au regard d’un itinéraire très souvent hors sentier. De ce fait et comme pour tous les tracés que je fournis dans mon blog, il ne saurait m’engager dans une quelconque responsabilité en cas d’égarement des personnes qui voudraient l’utiliser sans plus de précautions. Carte I.G.N 1848 OT Bagnères-de-Luchon  - Lac d’Oô - Top 25

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La Cabane d'Ourtiga (1.620m) depuis Germ (1.339 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté d'une musique intitulée "Relaxing Music for Soul - Planet Mars future" du Youtubeur "MEDIA UZ".

 .LA-CABANE-D'OURTIGA

CABANEOURTIGAIGN
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Qu’y a-t-il de plus agréable que de voir un rêve se réaliser ? Eh bien cette balade à la Cabane d’Ourtiga dont je vous fais ici le récit, je l’ai d’abord rêvée avant de l’accomplir. Je ne sais plus si je l’ai rêvée éveillé ou bien en dormant, mais peu importe. Voilà comment ça c’est passé. Fin juin, Dany et moi sommes partis pour quelques jours de vacances dans les Hautes-Pyrénées. A Loudenvielle exactement. Loudenvielle est une commune située dans la Vallée du Louron et plus globalement dans la région que l’on appelle le Pays d’Aure. Loudenvielle est blotti au bord d’un lac à quelques mètres duquel nous avions loué un joli studio, pour un prix assez modique et auprès du loueur de vacances Interhome. Voilà les principaux renseignements pour ceux que ça pourrait éventuellement intéresser. Ce lac que l’on appelle le plus souvent le « lac de Génos-Loudenvielle » est à la fois le poumon et le cœur de la vallée. C’est ici que la vallée respire et que l’activité touristique bat son plein en toutes saisons. On y trouve l’organisation d’une multitude d’animations. Il y a bien sûr toutes les activités liées à la présence du lac comme la pêche,  les promenades en canoë, en pédalos ou à vélo pour en faire le tour, les sports en eaux vives dans la rivière qui alimente le lac et qui s’appelle la Neste du Louron, mais aussi les possibilités de s’initier au parapente ou au deltaplane, de s’éclater dans un parc aquatique et bien sûr, les randonnées et balades pédestres ou les vias ferratas pour lesquelles vous trouverez toujours un accompagnateur compétent et disponible. Les enfants ne sont pas oubliés avec d’innombrables jeux qui leur sont consacrés et pour ceux qui préfèrent la détente, un centre de balnéothérapie Balnéa les accueille dans un complexe ultra moderne bourré de belles surprises. En hiver, bien évidemment, tous les sports de neige y sont praticables car tout autour du lac, ce ne sont que des montagnes et des hauts sommets et de jolies stations de ski sont à proximité. Voilà, le décor est planté. Dès le premier jour, en début de soirée, je me prélassais sur la terrasse du studio en regardant ces superbes montagnes et leurs magnifiques pentes verdoyantes. Sur ces vertes pelouses immaculées, j’y distinguais seulement quelques petites taches blanches qu’esquissaient divers troupeaux de bovins. Je me disais : "ça doit être super de marcher tout là-haut !". Me suis-je assoupi de fatigue ? Je ne m’en souviens plus mais c’est fort probable à cause d’un réveil très matinal et des nombreux kilomètres que nous avions parcourus en voiture dans la journée pour arriver jusqu’ici. Là, je me suis mis à rêver que « je marchais sur ces vertes pelouses, au milieu de fleurs multicolores et d’une faune incroyablement belle et variée. Il faisait beau et chaud. Le soleil rayonnait et sous un ciel extraordinairement pur et bleu, je marchais tout en balcon au dessus d’une belle vallée boisée de grands et sombres sapins. J’enjambais une multitude de charmants ruisseaux dégoulinant de hauts sommets tachetés de blancs névés….. ». Voilà où j’en étais quand plusieurs colverts se sont mis à caqueter sur la pelouse du studio et m’ont sorti de cette douce et savoureuse léthargie où je venais de plonger. Deux jours plus tard, mon rêve allait devenir réalité avec cette « fabuleuse » balade à la Cabane d’Ourtiga à partir du joli village de Germ. Germ est un magnifique petit hameau « propre comme un sou neuf ». On dirait même qu’il vient d’être construit tant les façades et les toitures des maisons y sont impeccables, gracieuses, similaires et sans rien qui dénote. Les terrasses et les ruelles y sont fleuries. La mairie est un très beau bâtiment moderne et cossu. Il n’y a pas de ruines et seulement des vestiges inscrits au patrimoine historique du village. Il y a d’attirantes auberges, des gîtes qui donnent envie de s’arrêter et d’aller voir et bien évidemment le départ de balades pédestres. Cette description de Germ, je peux l’appliquer à bons nombres de petites communes de cette Vallée du Louron comme Mont ou Adervielle par exemple et bien évidemment, moi qui habite une partie de l’année dans un village des Pyrénées-Orientales bien moins florissant et entretenu, ça me laisse songeur et soulève en moi de nombreuses questions. Il paraît évident que la présence de stations de ski et du G.R.10 n’est pas étrangère à cette évidente prospérité. Le G.R.10 parlons-en. C’est sur ce célèbre chemin que démarre notre balade à la cabane d’Ourtiga. Il s’agit d’un aller-retour donné pour trois d’heures dans un dépliant que je me suis procuré à l’Office de Tourisme de Loudenvielle. Comme il se doit, dès le départ, le balisage blanc et rouge est bien là et des petits panonceaux jalonnent l’itinéraire. J’y retrouve la mention « 8a » indiquée dans le dépliant. A la sortie du village, tout près d’un ruisseau étroit mais fougueux, on découvre une vieille scierie datant du début du 19eme siècle. Une ludique pancarte en explique l’origine et son fonctionnement. Peu après, le chemin côtoie les jolies granges de Bédérèdes, très anciennes elles aussi mais pour la plupart parfaitement restaurées. Il est 10h30 et nous voilà déjà hors du village et sur le chemin dont j’ai rêvé. Pelouses grasses, bovins dodus, fleurs multicolores, papillons chamarrés, rapaces planeurs, passereaux joyeux et grandioses vues aériennes sur la vallée et les montagnes environnantes rentrent immédiatement en scène. Il faut bien l’avouer, nous sommes bluffés par tant de beautés.  On délaisse le large chemin au profit d’un étroit sentier qui s’élève modestement dans les pacages. Le spectacle continue et s’amplifie au fur et à mesure que la déclivité s’accentue. Elle est pourtant modeste et de 400 mètres seulement, si j’en crois le dépliant. Les montagnes surgissent de tous côtés. Comme dans ma rêverie, les hauts pics mouchetés de blancs névés et la profonde vallée plantée d’olivâtres sapins sont là devant moi. Pas besoin d’écarquiller les yeux pour croire à la réalité car tous mes sens sont déjà bien en éveil depuis le départ. Non, je ne rêve plus. De nouvelles fleurs apparaissent et plus la sente se redresse et plus il y en a. Elles sont toutes jolies plutôt petites et donc d’une infinie délicatesse. Les oiseaux, c’est pareil, ils sont assez peu craintifs et d’une extraordinaire variété. Un vrai sanctuaire ornithologique ! Dans une fracture de la roche, un collet est franchi. Le chemin redescend un peu. Après avoir dominé le lac de Génos, la Vallée du Louron où coule la rivière de la Neste du Louron, c’est désormais le Val d’Aube que l’on surplombe avec sa vaste et sombre sapinière. Le spectacle se poursuit toujours plus époustouflant et toujours en balcon sur les flancs d’une montagne toujours plus verdoyante et pentue. Parfois, les contreforts sont si pentus que le névés en fondant ont crée d’importantes moraines constituées de terre et de galets. Le sentier sur ces passages instables réclame un peu d’attention et de prudence, d’autant que le plus souvent, il coïncide avec la descente des petits ruisseaux aux eaux encore bien impétueuses.  A force de descendre, le sentier finit par atteindre le fond du vallon, à l’endroit même où se dresse un petit barrage formant une limpide et turquoise cuvette. Nous enjambons le ruisseau de l’Aube. J’ai bien envie de plonger dans la cuvette cristalline mais Dany m’en dissuade. Il faut dire qu’avec ma marotte de la photo,  je flâne comme jamais et en plus, nous sommes partis sans aucun pique-nique. Je comprends que Dany ne soit pas très d’accord et je me range à son avis car je sais que la fringale va tôt ou tard arriver. De plus, après la pile du barrage, les balisages G.R.10 et « a8 » ont désormais disparu et nous empruntons l’unique sentier que nous trouvons. Il s’élève sur de vertes pelouses, au dessus des méandres débonnaires du ruisseau dont on voit bien, à cause des nombreux arbres déracinés et des innombrables branches qui en occupent son lit, qu’il doit se transformer parfois en un torrent d’une violence inouïe. Ici, commence une merveilleuse vision quand Dany aperçoit soudain sur l’autre versant du vallon, un groupe d’une dizaine de grands cerfs. Ils paissent tranquillement sans se soucier de notre présence et de celle d’un autre couple de randonneurs accompagnés de leur chien. C’est par eux, que nous apprenons que le sentier habituel du G.R.10 se trouve un peu plus bas mais qu’il a été emporté cet hiver par la montée et l’incroyable puissance des eaux du ruisseau. Voilà l’explication de la perte du balisage à proximité du barrage. J’estime qu’à vol d’oiseau, les cerfs sont à moins d’un kilomètre et quand je zoome avec mon numérique, c’est un sacré spectacle qui s’offre à moi. Dany en profite aussi car malheureusement je n’ai pas emporté les jumelles. On se décide à repartir en se disant qu’on les reverra peut être au retour. La cabane d’Ourtiga est là, posée sur la verte prairie. Petit abri presque ridicule mais ô combien mirifique et sans doute opportun dans ce cirque montagneux si immense. Je pense à tous ces randonneurs fréquentant le G.R.10 et qui parfois arrivent ici bien fatigués. Ils doivent trouver dans ce modeste refuge non gardé de quelques mètres carrés, le repos et une chaleur réparatrice. Je parle en connaissance de cause. Après la cabane, ma curiosité m’entraîne une fois encore un peu plus loin, en surplomb du ruisseau, qui ici, a pris l’allure d’un vrai torrent de montagne. De nombreux bovins sont en estive et en occupent le lit. Une fois de plus, ma curiosité me porte chance quand la présence de nombreux vautours fauves et de quelques craves à bec rouge vienne de surcroît l’attiser. Dany m’a rejoint. De nombreux vautours volent autour et au dessus de nous, mais ils sont bien plus nombreux encore à déchiqueter « quelque chose » dans un colossal pierrier. Que déchiquettent-ils ? La carcasse d’un animal sans doute ? J’approche au plus près. Je ne le saurais jamais car même en m’approchant à moins de 30 mètres, je ne vois rien de plus sinon que des vautours très affamés semble-t-il. En tous cas, ils paraissent vouloir en découdre entre eux pour un simple petit bout de chair.  Quand certains s’éloignent, d’autres qui attendaient leur tour interviennent et ainsi de suite. Les uns après les autres, le ballet aérien se poursuit toujours aussi étonnant, impressionnant et sinistre. S’approcher d’un peu plus près ne serait pas une bonne idée, tant la vue de cette meute affamée est assez saisissante. J’estime leur nombre à au moins une bonne trentaine. Après les cerfs, voilà maintenant les vautours, et même dans mon rêve le plus fou, je n’aurais jamais imaginé un tel bestiaire sauvage sur cette courte balade. On décide de laisser les vautours à leur carcasse et avec Dany, nous retournons vers la cabane. Le temps de quelques photos souvenirs et nous voilà déjà sur le chemin du retour. Les craves à bec rouge n’ont pas apprécié qu’on les dérange et les voilà qui s’envolent en lançant des cris stridents. Les cerfs sont toujours là sur le versant le plus rocheux de la Montagne de l’Ourtiga. Mon appareil photo s’en donne à cœur joie mais finalement, il nous faut rentrer et nous les laissons à leur vert pâturage. Dany a décidé d’accélérer le pas. Sans doute a-t-elle un peu faim ? Il faut dire qu’il est déjà 13h30, que nos estomacs sont vides et que le retour reste encore à accomplir. Moi, je voudrais bien faire pareil mais tant de choses ne cessent de me freiner sur cet incroyable sentier. La nature est si resplendissante que ne pas la garder dans ma mémoire serait un sacrilège. Comme je le dis très souvent, mon numérique est à la fois mes yeux et mon cerveau et lui bien mieux que moi est capable d’enregistrer et de garder toutes ces belles images. Alors j’en profite, toujours avec excès. A force d’accélérer le pas, Germ est déjà en vue. La balade rêvée mais bien réelle se termine. Elle a dépassé de très loin tout ce que j’avais pu imaginer. Il est 15h15. Aucun des restaurants de Germ n’accepte de nous recevoir. Ils sont soit fermés soit ils nous considèrent hors délai. Comme souvent l’après-midi, le ciel pyrénéen s’est couvert de gros nuages. Cela sont blancs et pas menaçants, alors nous partons à Bagnères-de-Luchon dans l’espoir d’y trouver un casse-croûte. Le casse-croûte se présente sous la forme d’un délicieux kebab au Sherpa, un accueillant snack-bar du centre-ville mais un peu bruyant. Après, une rapide visite de la ville, nous rentrons au studio par le col de Peyresourde. La promenade est très belle, mais les gros nuages blancs sont devenus gris et parfois même très noirs, alors on se dépêche de rentrer. Au studio, le gentil chat errant que nous soignons depuis notre arrivée est là, à nous attendre sur la terrasse. Il était mal en point et nos larges offrandes en croquettes et pâtées l’ont un peu requinqué. Les souffrances l’ont rendu sauvage. Il accepte néanmoins nos premiers câlins, mais toujours avec un peu de méfiance. Les colverts, eux aussi,  sont là, sur la pelouse. Apparemment, ils nous voient arriver de loin. En trois jours, ils ont déjà pris l’habitude de venir manger les croquettes du chat à même la gamelle. Au loin, du côté de Germ et de notre délicieuse balade à la cabane d’Ourtiga, le ciel est complètement bouché et très souvent, il se zèbre de fulgurants et aveuglants éclairs. Sous la grisaille, le lac de Génos est passé du bleu au gris. Ce soir, une chose est sûre, je ne rêverais pas de balades sur la terrasse du studio….mais tant pis car comme le dit si bien le proverbe "fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité". Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’avoir fait les deux…..Aller et retour, j’estime la distance parcourue au cours de cette balade à 12 ou 13 kilomètres environ en y incluant le petit dépassement après la cabane d’Ourtiga en direction du pic du Brudaillet. Sur le dépliant de l’Office de Tourisme de la Vallée du Louron, elle est donnée en 3 heures et ce délai est parfaitement réalisable. Nous, nous sommes restés sur ce chemin presque 2 heures de plus…..mais sans regret aucun car comme l’écrivait le célèbre dramaturge italien Carlo Goldoni : « la nature est un professeur universel et sûr pour celui qui l’observe ». Aujourd’hui, nous l’avons beaucoup observé ce professeur et ce fut un immense bonheur !  Enfin, m’intéressant à la lexicologie, j’ai voulu savoir qu’elle était l’origine du mot « Ourtiga » et voilà ce que j’ai trouvé sur le Net. « Ourtiga » est un nom de famille d’origine castillane qui est à rapprocher d’autres noms de famille comme « Ortiga » « Ortega » ou « Orthega ». Bien qu’il soit assez rare sous cette forme, on trouve encore en France des familles portant ce nom et notamment dans les Hautes-Pyrénées. Ce nom de famille est bien sûr présent en Espagne mais également en Afrique du Nord, ce qui pourrait expliquer une bien plus ancienne souche que la castillane citée plus haut ou que la basque parfois évoquée. Bien que les toponymistes s’interrogent sur diverses provenances, la plupart semblent d’accord pour dire que ce mot serait dérivé de l’Ortie, la plante urticante qui s’écrit « ortiga » en catalan et « urtica » en latin. Toutefois, certains évoquent un lieu où abondent les gélinottes et d’autres le diminutif « ort » ou « hort » signifiant « jardin » (extraits du dictionnaire des noms de Jean Tosti). Alors la cabane où nous sommes allés balader, porte-t-elle le nom d’une personne ? Est-ce un lieu bourré d’Orties ? Y trouve-t-on de nombreuses gélinottes que je n’aurais pas vues ? Je vous laisse le soin de chercher mais en tous cas, une chose est sûre : ce lieu est un magnifique jardin d’Eden ! Carte IGN 1848 OT Bagnères-de-Luchon – Lac d’Oô  Top 25.

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