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roussillon

La Boucle "floristique" autour des carrières de Baixas.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de diverses chansons extraites d'une compilation YouTube intitulée "Les plus belles chansons d'amour françaises". Elles ont pour titre : "Le géant de papier" (Jean-Jacques Lafon), "Adieu jolie Candy" (Jean-François Michaël), "Et si tu n'existais pas" (Joe Dassin), "Qui saura" (Mike Brant), "Tu m'as laissé" (Frédéric François) et "Hier encore" (Charles Aznavour).

La Boucle "floristique" autour des carrières de Baixas.
La Boucle "floristique" autour des carrières de Baixas.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 

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En ce 16 avril 2025, après des jours de météos maussades et des pluies à répétition mais bienvenues dans nos belles mais sèches Pyrénées-Orientales, un magnifique soleil illumine un grand ciel bleu. Avec une brise légère et aucun nuage à l’horizon,  il ne m’en faut pas plus pour me lancer dans cette petite randonnée de reprise que je remets depuis bien trop longtemps. A Baixas, je viens de garer ma voiture dans le superbe lotissement de l’Allée de la Part des Anges et j’ai bien l’intention d’effectuer cette courte balade que j’intitule en toute logique « La Boucle floristique autour des carrières de Baixas ». Sur la carte IGN, les carrières  ont pour nom « Les Espereres », « Papalauca » ou encore « El Fornàs ».  Si tout comme moi, votre curiosité a peu de limites et que vous souhaitez les voir, il vous faudra quelques audaces et passer outre des interdictions pour apercevoir un bout de ces immenses cicatrices présentes ou passées. Enfin, elles ne sont pas vraiment un objectif et rien ne vous obligera à ces bravades défendues. Il est déjà 10h30 quand je me mets en route sur le « Cami de Pèna », ou chemin de Cases-de-Pène bien sûr. Je connais bien l'endroit pour y être passé l'an dernier lors d'une balade intitulée « La Boucle des Murs tordus depuis Peyrestortes ». D’emblée, et même si je suis venu beaucoup pour ça, le nombre de fleurs sauvages me scotche. Il y en a partout et d’innombrables espèces. Alors sans jamais trop presser le pas, les clichés floraux s’enchaînent. Sur ma gauche, des vignes et leurs fleurs adventices et sur ma droite des champs en jachère, où sur d’immenses surfaces se complaisent les rouges coquelicots et les blancs anacycles tomenteux. Au bord du chemin, toutes les plantes et fleurs rudérales possibles dont la liste serait trop longue à énumérer sont là. Parfois, il y en a tant, que je ne sais plus où donner de le tête dans ce recensement photographique. J’en oublie sans doute et surtout les fleurs les plus petites. Parfois, les décors s’inversent. Vignobles à droite, jachères à gauche ou vice-versa mais la profusion de fleurs sauvages reste identique. Seul derrière moi, le Canigou majestueusement enneigé reste immuable, dominant Baixas qui s’éloigne petit à petit. Je ne me lasse de l’observer mais difficile d’avancer en tournant le dos au sens normal de la marche. Sur ma gauche, de hauts silos blancs et des trémies me rappellent que les carrières ne sont pas loin pas plus que les entreprises qui les exploitent. D’ailleurs comment les oublier alors que le bruit des camions qui vont et qui viennent est quasi incessant. Cet aspect-là m’intéresse moins. Dans ce cheminement tranquille, le plus souvent tourné vers la flore, seuls quelques papillons, criquets, abeilles et autres insectes volants prouvent que la faune n’est pas totalement absente. Pour l’instant, hormis quelques rares passereaux visibles dans les vignes, les volatiles volants sont rares pour ne pas dire quasiment absents. Seuls quelques étourneaux semblent fréquenter les câblages à l’approche de la D.18a. Finalement, et malgré mes arrêts photographiques permanents, j’atteins cette route. Elle file à droite vers Peyrestortes et à gauche vers Cases-de-Pène, mais le bon chemin, lui, parfaitement balisé de jaune, comme tout bon P.R, part à gauche toute. Ici, tout change, car la garrigue s’empare des décors. Qui dit garrigue, dit fleurs nouvelles, bien spécifiques à ce biotope. Espèces nouvelles et changeantes aussi selon l’altitude et l’exposition des versants des combes cheminées : ails roses aux nuances variables allant jusqu’au blanc, bouquets de thym blancs ou roses, ajoncs aux floraisons plus ou moins avancées, sauges, euphorbes différentes de celles de la plaine, minuscules fumanas, scorsonères d’Espagne qu’on appelle aussi salsifis noirs, glaïeuls sauvages à profusion, aphyllanthes de Montpellier dont quelques rares blanches, liserons et muscaris divers, phlomis, paronyques, gesses, hélianthèmes, résédas, iris nains, immortelles, asphodèles et j’en oublie encore pas mal. Rectiligne, le chemin continue de s’élever. Après une première petite carrière accessible sur la gauche, une deuxième plus imposante mais interdite se présente. Je passe aisément sous un fil barbelé pour 2 ou 3 photos toujours réalisées avec la prudence qui s’impose. Si au fond de cette carrière la Nature a quelque peu repris ses droits, les flancs calcaires les plus abrupts restent comme autant de balafres totalement éternelles. Rien ou presque n’y pousse.  Entre pinèdes et vignobles, au loin Espira-de-l’Agly apparaît. Un peu après, mais plus loin, la Tour del Far me remémore d’autres balades. A son pied, Cases-de-Pène déroule une multitude de toitures rouges. Sur sa droite, les prémices des Corbières sont entaillés de quelques plaies blanches. Il s’agit d’autres carrières de carbonate de calcium plus communément appelé calcaire. Au lieu-dit « Cami Ral », 178m, plusieurs panonceaux directionnels se présentent et force est d’admettre que des efforts conséquents pour créer et orienter des chemins de randonnées ont été faits ici. Satisfaire les randonneurs, voilà une initiative qui n’est pas pour me déplaire. Il en sera ainsi jusqu’à l’arrivée. Dans l’immédiat, je continue toujours tout droit au sein d’une garrigue quelque peu changeante car devenant plus basse et plus broussailleuse et donc moins diversifiée en nombre d’espèces. Ici, le chêne kermès règne en maître et dans l’immédiat, ce ne sont pas les chênes verts qui leur font ombrage. Après le lieu-dit « Papalauca », 195 m, où d’autres panneaux directionnels sont nombreux, je continue encore tout droit jusqu’au lieu-dit « Coma Pregon », 200m. Sur ma gauche, la carrière que je soupçonnais immense le devient dès lors que je franchis un grand portail qui finalement ne peut arrêter que d’éventuels véhicules, le passage d’un homme étant très aisé. Quelques photos encore de cette immense carrière encore très active et je reprends le cours de ma balade languissant déjà un arrêt « pique-nique ». Il faut dire que j’ai beaucoup flâné et photographié et qu’il est déjà plus de 13h. A « Coma Pregon », ayant pris la piste DFCI F.150 menant à la chapelle Sainte-Catherine, je trouve le lieu presque idéal pour déjeuner au niveau d’un bois au niveau du lieu-dit « El Fornàs », 180m. Ici, sur la droite du chemin, pins, cyprès et chênes verts se partagent l’espace. Ma curiosité m’entrainant bien plus loin que les pinèdes où je suis entré, je constate que les arbres disparaissent très vite laissant la place à une immense zone qu’occupent les caillasses et un maquis excessivement bas. Je suis néanmoins surpris d’y trouver de nombreux pieds de grands mufliers joliment fleuris ainsi que quelques passereaux appréciant apparemment ce lieu sauvage aux décors quasi-désertiques. Après avoir vu assez peu d’oiseaux, ici pinsons, rougegorges et chardonnerets semblent se complaire. Au sein d’une combe asséchée, s’écoule la Coma Pregon, un ruisseau non pérenne et eaux très aléatoires mais apparemment suffisantes pour retenir une avifaune devenant elle aussi trop rarissime à mon goût. Depuis 15 ans que je photographie des oiseaux, ce constat est sans appel : les oiseaux de nos campagne disparaissent.  Après avoir couru derrière quelques-uns de ces rares volatiles pour seulement 2 photos réussies, avoir avalé un gros sandwich et pris un peu de repos sur un tapis d’aiguilles, me voilà de retour sur la piste DFCI. Très vite, elle m’entraîne vers le Pla de la Vila, 175m, suivi presque aussitôt de l’ancienne carrière de marbre où je m’arrête plus longuement pour y observer cette incroyable et superbe géologie que l’on peut retrouver dans la Plaine du Roussillon dans maints et maints bâtiments anciens qu’ils soient militaires, civils ou religieux. Ici, tout s’est arrêté depuis longtemps mais les grands blocs de marbre coupés comme au couteau et d’autres burinés sont légions. Je repars et la chapelle Sainte-Catherine est vite là. Je la connais déjà pas mal pour y être passé plusieurs fois (*) et je ne m’y arrête que pour quelques photos et manger un dessert car de toute manière sa porte est cadenassée. Dommage ! Après cet arrêt, la rectitude du chemin filant vers Baixas est annonciatrice de fin de balade. Tout est donc bon pour freiner mes pas : fleurs jamais vues, rares passereaux et animaux fermiers s’ajoutent à mes autres nombreuses photos. S’il me reste à trouver le chemin le plus facile pour retourner à la voiture, au lieu-dit « Els Estorills », 88m, tout devient très simple en suivant la direction indiquée « Cases-de-Pène ». Un peu plus loin, un sentier sur la droite coupe un champs en jachères et m’amène très facilement au  quartier « la Part des Anges ». Ma voiture est là. Cette balade se termine. Telle qu’expliquée, ici, cette randonnée a été longue de 7,3km environ incluant diverses « sorties de route » (carrières, Coma Pregon, Sainte-Catherine) pour des modestes montées cumulées de 178m et un dénivelé de 133m entre le point le plus bas (76m) au départ et le plus haut (209m) au lieu-dit Coma Pregon. Carte IGN 2548OT Perpignan – Plages du Roussillon top 25.

(*) Notre-Dame de Pène et la chapelle Sainte-Catherine de Baixas

Le Sentier de Découverte du Crest Petit et Les Comes à Baixas.

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Les Américains ont sauvé le « soldat » Tosti.

Publié le par gibirando


Les Américains ont sauvé le « soldat » Tosti.


 

Tous les internautes qui s’intéressent au Roussillon, à son Histoire, à ses communes, à ses  fleurs et à son anthroponymie connaissent inévitablement le regretté Jean Tosti. Cette renommée va bien au-delà du Roussillon et de la Catalogne car par le biais d’Internet elle s’étend également dans toute la France et les pays francophones et probablement en Europe et dans le monde entier.

Voilà maintenant un peu plus d’un an que Jean Tosti nous a quitté. C’était le 16 août 2021 à l’âge trop précoce de 75 ans. J’avais seulement 3 ans de moins que lui.  Je ne le connaissais pas personnellement, mais sans forfanterie aucune, je pense que nous avions de nombreux points communs. Si je dis cela c’est bien entendu au regard de tout ce que j’ai pu lire à son propos sur Internet. Son côté « réac » dans le bon sens du terme, à savoir son esprit très prononcé pour une meilleure justice, sociale ou pas, pour l’égalité, pour la liberté d’expression, pour la Nature et l’écologie et l’intérêt général. De ce côté-là, il était bien plus engagé que je ne peux l’être puisqu’il a toujours été une figure emblématique de l’association Attac. Il aimait aussi les fleurs et l’Histoire dont il avait des connaissances bien supérieures aux miennes en ces domaines. C’est beaucoup grâce à lui et à son site sur les « Fleurs du Roussillon » que m’est venue l’idée de photographier les fleurs lors de « Mes Belles Randonnées Expliquées », puis d’essayer de les identifier de mon mieux. C’est donc grâce à lui et beaucoup aussi à l’éminent botaniste Olivier Escuder que j’ai désormais le statut d’ « observateur » de la flore française et plus spécialement de celle des P.O.   Il était également passionné de football, tout comme moi, ai-je lu. Natif de Nice et moi de Marseille, nous étions des méridionaux et bien évidemment nous avions cet « atome crochu » d’être tombés éperdument amoureux du Roussillon et de la Catalogne et ce, grâce à nos sorties respectives dans cette Nature que nous arpentions par amour et goût des découvertes. Il aimait sans doute autant les randonnées pédestres que moi, puisque je sais aussi qu’il organisait des balades axées sur la botanique. Enfin, nous avions également ce point commun d’être curieux de tout, une curiosité presque sans limite qu’il savait mettre en exergue beaucoup mieux que moi sur son site Internet. Oui, nous avions ce point commun-là aussi d’avoir tous les deux un site Internet. Là, s’arrêtent les comparaisons car comment ne pas reconnaître qu’il était bien plus érudit que moi, bien plus spécialiste que moi dans les très nombreux domaines que je viens de citer et quelques autres encore. Ancien professeur de lettres à Ille-sur-Têt, il était d’abord un homme de culture alors que j’ai toujours été un « technicien » dans les domaines moins « gratifiants culturellement »  de la gestion informatique, comptable et financière. J’étais donc en admiration de ses connaissances, de son immense travail et de son engagement pour une meilleure démocratie.

Si j’écris cet article aujourd’hui, c’est parce que je constate que son site Internet si foisonnant de connaissances et d’informations est très difficilement accessible sur le Web.  C’était pourtant un puits d’Histoire, de sciences naturelles et que sais-je encore. Un puits « national et roussillonnais » qui s’est asséché pour toutes les personnes qui manipulent mal le Net.  Il ne reste de lui sur Internet que quelques hommages amplement mérités liés à sa disparition et des milliers de liens Internet qui ne fonctionnent plus dont ceux notamment de mon propre site. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai cité Jean Tosti dans « Mes Belles Randonnées Expliquées » et le nombre de fois où j’ai mis des liens de mon site vers le sien. Tout ça s’est éteint avec son décès.  Je suis très triste de ces disparitions et de ces dysfonctionnements car pour moi, c’est un peu comme si les recherches d’un immense savant avaient été mises au pilon avant même que de paraître. C’est un peu comme si on avait brûlé tous les livres édités d’un grand historien ou d’un grand érudit. Alors oui, je ne comprends pas comment l’hébergeur de son site ait pu laisser mourir une telle somme de connaissances ? Comment les « autorités publiques » françaises gérant les archives nationales et départementales n’aient pas cru bon de régénérer cette source de connaissances qui s'était tarie en lui donnant une seconde vie ? Oui, j’ai du mal à comprendre cette disparition au regard du succès que son site avait auprès des personnes qui comme moi ont sans cesse soif de culture et de connaissances.

Oui, je le dis La France aurait dû sauver le « soldat » Tosti en sauvant son site Internet dont je vous rappelle ci-dessous les principaux thèmes :

Oui, tout ça à disparu des « écrans radars » français et des écrans français tout court et de nos jours, à ma connaissance, seuls les Américains au travers de leur site d’archivage géant « Wayback Machine Internet Archive » ont sauvé le « soldat » Tosti en sauvegardant son site. Du coup, j'ai donné mon obole pour les remercier. 

Vous pouvez donc retrouver sa page d’accueil et les autres rubriques en cliquant sur le lien suivant :

https://web.archive.org/web/20121018113055/http://jeantosti.com/roussillon.htm

Peut-être que certains liens par manque de mises à jour ne fonctionneront plus mais l’essentiel a été sauvé par les Américains ! « C’est reparti comme en 44 » si vous me permettez cette bien connue expression d'après-guerre et un peu d'humour dans cette chronique plutôt "tristounette". 

Les sites d’archivage Web français, comme Bnf.fr par exemple, ont-ils également fait ce sauvetage ? Je ne sais pas vous répondre car je n’ai rien trouvé de tel concernant Jean Tosti sur la plupart de ces sites-là. Son site n’est-il accessible qu’aux professionnels de Bnf ou d’autres sites d’archivages ? Je ne le  sais pas non plus ! Toujours est-il que retrouver le site de Jean Tosti sur le Web français est devenu impossible. Dommage ! Il aurait mérité beaucoup mieux que cette indifférence française !

J’espère que le mot « soldat » ne choquera personne car je pense que Jean Tosti a toujours défendu de nobles causes, de celles que j’aime aussi, de celles que nous devrions tous défendre de nos jours,  à savoir la culture, le français, la démocratie, la liberté, la justice et la Nature. Merci Jean pour tout ce que vous avez fait et m’avez appris.

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Le Pic del Rosselló (1.314 m) depuis Mosset (700 m)

Publié le par gibirando



Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons de Patricia Kaas extraites de son album "Piano Bar". Elles ont pour titre : "Les Moulins de Mon Coeur", "The Summer Knows (Un Eté 42)", "Syracuse" et "I Wish Love You (Que Reste-t-il de nos Amours)".
LE-PIC-DEL-ROSSELLO
PICROSSELLOIGN

Le Pic del Rosselló que certains écrivent Pic del Roussillou en se référant à la phonétique catalane, c’est bien évidemment en français le Pic du Roussillon. Je ne vais pas développer ici, l’histoire de l’origine du mot « Rosselló », c'est-à-dire son étymologie, ce n’est pas le but de ce blog et d’autres l’on fait depuis bien longtemps et bien mieux que je ne pourrais le faire moi-même. Toutefois il est intéressant de noter qu’avant de devenir Rosselló, puis Roussillon, ce mot est apparu pour la première fois sous la forme « Ruskino » puis « Ruscino » en latin, patronyme désormais très connu depuis les fouilles et la découverte d’un site archéologique qui a révélé une cité antique au village de Château-Roussillon, tout près de Perpignan. Tout le monde est à peu près d’accord pour dire que l’origine du préfixe « rus » signifie « tête » « front » voire même « capitale » quand au mot « kino » , les avis sont plus partagés entre « golfe » ou parfois même « colline ».  Alors, une chose est quasiment certaine c’est que ce nom-là a été alloué pour la première fois pour désigner la tête ou le front d’une colline c'est-à-dire une butte ou un promontoire, ce qui correspond parfaitement au lieu même où se trouve les vestiges romains de Ruscino. Ce promontoire domine la plaine, plaine qui elle-même a fini par prendre le même nom de Roussillon. La colline Roussillon domine la Plaine du Roussillon et il en est de même pour le Pic del Rosselló, promontoire qui domine lui aussi la Plaine du Roussillon. Alors, ce nom de Rosselló a-t-il-été donné au pic parce qu’il s’agissait d’un promontoire ou bien parce qu’il embrassait la Plaine du Roussillon ? La question mérite d’être posée, mais il me paraissait important d’apporter ces quelques précisions. En tous cas, notre objectif du jour est bien lui aussi une élévation mais il faut avouer qu’en randonnée, c’est très souvent le cas. En général, allez savoir pourquoi, les randonneurs n’aiment pas trop les terrains plats ? Au regard du nom donné à ce sommet, ceux qui ne le connaissent pas pourraient en déduire qu'il s'agit d'un pic parmi les plus importants du département. Non, ce n'est pas vraiment le cas car avec ses 1.314 mètres d’altitude, il est un sommet du Haut-Conflent plutôt modeste. Il n'en demeure pas moins intéressant à gravir car il s'agit d'un superbe belvédère à 360° sur une immense partie du Conflent, de la Plaine du Roussillon et parfois bien plus loin encore jusqu'à la Méditerranée si par bonheur, le temps est très clair. Pour couronner le tout, cette jolie balade démarre de Mosset, qui a été classé parmi les plus beaux villages de France mais qui ne l'est plus à ce jour. Pourquoi a-t-il perdu ce label ? Je l'ignore mais pour moi ça ne change rien à sa beauté ! Outre ces aspects-là, il y a tout de même quelques découvertes très intéressantes et insolites à faire au cours de cette randonnée comme par exemple ces ancestraux « cortals » en ruines  qui jalonnent le parcours à un point tel que le versant sud du Pic del Rosselló a été dénommée « Els Cortalets ». Toutefois, dans cette montagne, il y en a tellement un peu partout de ces cortals oubliés, qu’il faudrait presque organiser une balade spéciale de plusieurs jours pour partir à leur découverte et espérer les voir à peu près tous. Il y a aussi ces étonnants chaos granitiques aux formes parfois bizarres que j’avais déjà évoqué lors d’une autre balade qui depuis Mosset nous avait amené au Roc des Quarante Croix et enfin, il y a quelques vestiges d’un passé plus ou moins ancien : dolmens, « clauses », « feixes », orris et roche gravée. Le départ s’effectue de la même manière que pour le Roc des Quarante Croix, on laisse sa voiture sur un des parkings proche de la Tour des Parfums et on démarre devant celle-ci. De l’autre côté de la rue, on aperçoit à une vingtaine de mètres sur la gauche, un panonceau jaune donnant la direction de notre objectif du jour : « N°9-Pic del Rosselló-5h ». On démarre par quelques escaliers qui nous entraînent vers le haut du village en direction d’un grand pylône que l’on aperçoit aisément en levant la tête. On passe devant un vieux lavoir, on poursuit tout droit par une rampe que longe un caniveau où s’écoule un fougueux ruisseau qui, plus haut et sur la droite, surgit violemment d’un ouvrage ressemblant à une source captée. Le bitume abandonne la place à une large piste terreuse que l’on délaisse très rapidement au profit d’un petit sentier qui part à droite et monte en zigzaguant vers le pylône. Les premières vues sur le Canigou, Mosset, la splendide Vallée de la Castellane, les forêts et les montagnes environnantes se dévoilent magnifiquement. Peu après le pylône, on retrouve la large piste de terre. On peut soit l’emprunter vers la droite soit raccourcir l’itinéraire grâce à un sentier plus étroit qui s’enfonce tout droit dans une chênaie. On découvre ici, notre premier cortal ou plutôt une vraie demeure sur deux étages dont les murs sont encore bien debout. Plus haut, on retrouve une nouvelle fois la piste. On la continue et on arrive devant une grande étable moderne où quelques vaches nous regardent passer anxieusement. En bordure de la piste, de nouveaux vestiges se révèlent : vieilles ruines abandonnées à jamais et un petit dolmen notamment. La déclivité continue à s’élever mais comme c’est en douceur, elle ne nécessite pas d’efforts particuliers. Avec une imagination fertile, les premiers gros chaos granitiques attisent nos regards car on est toujours en quête d’y trouver des formes singulières voire extraordinaires. D’autres blocs rocheux ont des formes plus évidentes comme ce gros « zizi » déjà découvert précédemment ou bien cette « tête de loup » qui regarde le ciel. Tout en montant vers le Cortal Gravàs, on se retourne et on prend le temps d’observer tous ces blocs et ces amas rocheux et on tente encore d’y deviner un bestiaire insoupçonné : ours, dinosaure, éléphant, tortue ou escargot géant, enfin tout ce qui a une grosse échine arrondie peut être concevable. Le Massif du Madres encore enneigé sert de toile de fond à ces somptueux décors minéraux plantés là, comme immuables, dans le maquis et les pelouses rases. On est sur le point de passer devant le Cortal Gravàs mais comme plusieurs chiens viennent vers nous en aboyant de manière très dissuasive, on préfère emprunter le sentier qui passe derrière les habitations. Ici, loin de tout, et sans doute grâce à quelques passionnés de la nature sauvage, la vie pastorale semble avoir résisté. Un chalet de bois côtoie quelques caravanes, plus loin un grand hangar jouxte un vieux cortal en ruines et tout autour quelques puissants chevaux gambadent en liberté sur les pelouses et dans les buissons d’épineux. Le Pic du Rosselló essentiellement écrasé jusqu’à présent fait tout à coup le dos rond dans un paysage de terres brûlées. Le sentier se faufile au milieu de petits genêts et dans des landes de fougères roussies et fanées par l’hiver. Sur la droite, on entend se rapprocher le murmure d’un petit torrent, il s’agit du Correc d’en Fabra et quand on passe sous l’ombrage de quelques pins, un ruisseau aux reflets bleus et aux eaux limpides est là, juste devant nos pieds. Nos pieds échauffés qui ne demandent qu’une chose : un peu de fraîcheur. Nous allons être servis et nos orteils vont dire instantanément « stop » à cette eau polaire car au lieu de la fraîcheur espérée c’est une eau glaçante qui s’écoule directement de quelques grosses plaques de neige qui fondent sur le Pla de Closa que nous venons d’atteindre. Ici, en enjambant le ruisseau, on a le sentiment d’être passés dans un autre monde. Le contraste est étonnant car après l’aridité de la « solana », La Closa ou Clause, signifiant « enclos », est un véritable petit paradis avec ses mouillères et ses pinèdes, ses collines boisées de résineux et de quelques bouleaux blancs et surtout avec ses prairies verdoyantes où au milieu coule ce rafraîchissant ruisseau. Même si notre itinéraire s’en éloigne, on a automatiquement envie d’y aller et d’y faire un halte et ça tombe bien car l’heure du pique-nique est arrivée et ça tombe d’autant mieux que l’on peut y découvrir, au beau milieu du pré, une étrange pierre granitique à semi-enfouie dans la terre. Elle est gravée d’une croix et de signes malheureusement incompréhensibles pour les novices en archéologie que nous sommes. Comme souvent, et à l’aide d’Internet, j’avais, avant le départ, pris la peine de m’interroger sur les éventuelles trouvailles de ce parcours et c’est ainsi que j’avais découvert cette mégalithe dont on disait qu’il s’agissait peut-être d’une pierre tombale en raison de sa forme tabulaire triangulaire et de la grosse croix profondément gravée en son centre. Ils restaient à déchiffrer les autres signes gravés sur un côté dont certains ressemblent à des lettres. Personnellement, j’ai cru y lire, après grossissement et filtrage Photoshop d’une de mes photos, ce qui ressemble au mot « ASTOR » et qui en catalan est un épervier, oiseau très commun dans les parages et dont en français, on a tiré le mot « autour ». Néanmoins, j’ai un doute à ce propos et je pencherais plutôt pour le nom « PASTOR » très répandu depuis des lustres dans la généalogie de Mosset et qui est aussi «le  pâtre ou le berger catalan ». Il est vrai aussi que je n’ai pu deviner qu’un court fragment des écritures. Dans le prolongement de cette « table mystérieuse », d’autres roches en partie enfouies sont alignées sur quelques dizaines de mètres et coupent le pré en deux. Je n’y ai pas remarqué de gravures. Alors est-ce aussi des pierres tombales et donc d’un véritable cimetière qu’il s’agit ou bien plus simplement de vieilles clôtures que le ruisseau et la terre meuble du terrain ont fini par ensevelir au fond de cette cuvette ?  En tous cas, le mystère reste entier et comme il fallait bien se remettre en route vers notre vrai objectif du jour, je me dis que je n’ai peut-être pas pris toutes les photos indispensables à une recherche approfondie plus sérieuse de ce site mystérieux. Voilà en tout cas, une bonne raison de revenir dans ce petit Eden ! On quitte la fraîcheur des herbages de la Closa pour les pentes ensoleillées du Pic del Rosselló où on retrouve très rapidement la chaleur accablante du chemin. Nous ne sommes que fin mars et pourtant cette chaleur, on la sent monter inexorablement le long de nos jambes et le dénivelé même modeste se fait sentir. On finit par quitter la piste pour se diriger directement vers le sommet vers ce que je crois être une croix de bois. A son approche, je m’aperçois qu’il s’agit en réalité d’un petit pin rabougri dont les branches ont été écartelées et « déplumées » par les vents violents qui sévissent ici. Mais le sommet est tout de même là, avec sa borne et son antenne solaire et en raison des panoramas à 360° que l’on peut y observer, on y fait une nouvelle halte agréablement délassante. D’ici, c’est une véritable ronde de paysages qui défilent et comme souvent, on essaie de retrouver les lieux de nos dernières randonnées effectuées, alors je sors les jumelles : Pays de Sault, CorbièresFenouillèdes ( ah oui voilà le Sarrat Naout !), Roussillon, Canigou (oui, c’est là-bas, Saint-Martin-du-Canigou !), Conflent, Madres (elle est par là-bas la carrière de Caillau !), Capcir, etc… Je reconnais avec ravissement certains chemins empruntés et une immense partie des paysages traversés lors du Tour des Fenouillèdes réalisé avec mon fils en septembre dernier. L’objectif a été vaincu et cette fois-ci, il est temps de redescendre vers Mosset car une nouvelle fois, nous avons flâné plus qu’il ne faut. En raison, de la profusion de pistes, je sors mon GPS dans lequel j’ai enregistré le tracé du jour. Il nous entraîne tout bonnement plein est vers une piste principale puis à un croisement où se trouvent un bel orri et une source captée près d’un cortal en ruines. Je regarde ma carte IGN, tous ces édifices sont bien là, il s’agit du Cortal Queraut non loin du Roc des Iules, petits mille-pattes noirs appréciant les lieux humides, ce qui est le cas ici ! Là, devant l’ancienne bergerie en ruines, on retrouve le balisage jaune qui file puis descend vers Mosset dans des décors sans cesse renouvelés. Ici, les vues sur le Canigou enneigé sont extraordinaires. Là, entre landes, chaos granitiques, cortals oubliés, bois et parfois pelouses, il faut suivre avec attention les marques peintes en jaune pas toujours évidentes à discerner. Après un nouveau cortal et la descente d’un sentier très raviné, on aboutit sur un « pla » herbeux où paissent quelques vaches. De toute évidence, on est ici à la croisée de plusieurs chemins car quelques cairns partent aussi bien à droite qu’à gauche. Par erreur, nous prenons à gauche le chemin qui descend vers Molitg-les-Bains avant de nous raviser et de partir à droite, grâce, il faut bien le dire, à notre GPS. Dans la descente, le sentier désormais évident entre dans un bois de petits chênes pubescents aux feuilles encore roussies. Ce sentier nous amène sans problème jusqu’à Mosset dont on a de magnifiques vues aériennes bien avant d’y arriver. Quelques derniers lacets lassants, lassitude que je comble aisément en cherchant quelques fleurs pour mon herbier photographique. Le village est enfin là, perché qu’il est sur sa petite éminence, alors un dernier dénivelé s’impose pour retrouver notre voiture près de la Tour des Parfums. Ouf ! La boucle se referme après un peu plus de 17 kilomètres parcourus pour un dénivelé total de 645 mètres environ. Un conseil : cette randonnée est à faire avant ou après les canicules de l’été. Cartes IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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