• Le Puig Pédrous (437 m) depuis Ille-sur-Têt (125 m)

     
    LE PUIG PEDROUS......depuis Ille-sur-Têt par jullie68


    Bien qu’il nous l’indique clairement, pas besoin du « Lexique Pyrénéen » pour définir le Puig Pédrous ou Pedròs comme étant un pic « pierreux ». Toutefois, attention à ne pas confondre ce modeste sommet à 437 mètres d’altitude dont le départ de la balade s’effectue depuis Ille-sur-Têt avec d’autres sommets portant le même nom mais situés à des hauteurs beaucoup plus conséquentes et respectables. A titre de quelques exemples, vous pourrez vous amuser à grimper tous les puigs ou pics Pedròs régionaux et vous n’aurez pas tant de distance que ça à accomplir pour le faire car il y en a un dans le département de l’Ariège situé près du Carlit et culminant à 2.842 mètres, il y en a un aussi en Catalogne espagnole dans le nord de la province de Gérone encore beaucoup plus haut avec ses 2.905 mètres et enfin il y en a un également entre la Principauté d’Andorre et la Haute-Ariège dressant son dôme arrondi à 2.715 mètres mais que l’on trouve plus souvent écrit « Pédrons ». En tous cas, si le challenge vous tente, sachez qu’ils sont tous des objectifs de randonnées pédestres. En cherchant bien sur les cartes IGN, vous en trouverez peut être même quelques autres. En tous cas, celui qui nous intéresse aujourd’hui n’a de comparable avec les trois autres que les « pierres » qui le composent et qui lui ont données son nom car pour le reste et notamment pour ce qui concerne le dénivelé à accomplir pour en atteindre son pinacle, c’est le « jour et la nuit ». Non, ici le départ s’effectue à 145 mètres d’altitude au pied des toutes proches et célèbres « Orgues »  d’Ille-sur-Têt qui ont beau dresser fièrement leurs cheminées de fées mais il faut bien l’avouer, tout ça reste très modeste en terme d’élévation. Non, ici les aspects sportifs et dépaysements de la balade ne seront en rien analogues aux trois autres hauts sommets pyrénéens. Alors bien sûr, il ne faut pas pour autant se dire que cette balade est sans intérêt car bien au contraire quelques trouvailles restent à découvrir comme par exemple le fait qu’elle démarre d’une agréable aire de pique-nique bordée par la Têt et un joli plan d’eau où s’ébattent de nombreux colverts. De l’autre côté de la piste qu’il faut emprunter vers l’ouest, le site classé des Orgues dévoile les premières draperies de sable de son amphithéâtre minéral. Quelques mètres plus loin, il faut suivre un panonceau « Puig Pedròs » se présentant sur la droite. L’itinéraire balisé de marques de peinture jaune grimpe immédiatement sur un mauvais sentier au dessus du Ravin de la Coume Dardenne. Malgré une chape de brume laiteuse, les vues sur les Orgues et sur Ille-sur-Têt s’entrouvrent magnifiquement. Le sentier continue à se faufiler dans une végétation typiquement méditerranéenne très dense où l’on notera les traces d’anciens incendies. Malgré ces incendies à répétition et grâce à des sous-sols très aquifères, quelques arbres et arbustes comme des pins parasols, des chênes verts ou blancs, quelques mimosas, des bruyères arborescentes, des cistes ont su résister à ces tourments et à la sécheresse qui sévit sur ces sols arénacés, siliceux ou parfois argileux. Tout en suivant le balisage jaune, rien ne s’opposera à sortir de temps à autre du sentier pour aller voir de plus près, un orri ou des feixes avec leurs murets en pierres sèches au style cyclopéen, vestiges d’un intense et courageuse activité humaine qui a sévit aux siècles précédents. De ces vieilles cultures, ils restent encore quelques oliviers et amandiers qui ont su contrarier les affres du temps. Peut être que quelques vététistes ; ils sont nombreux dans ce secteur,  vous obligeront à vous garer le temps d’un passage éclair et souvent poussiéreux. Avec une déclivité très modeste mais bien présente, les panoramas se dévoilent sur la Plaine du Roussillon, le Massif du Canigou et Força Réal. Plus on monte et plus les chaos pierreux se font présents. Un panonceau vous propose déjà une variante vers Casenoves. Mais on a tout le temps de flâner, alors on poursuit le chemin principal. Le sentier finit par atteindre une large piste sableuse que l’on traverse en se dirigeant vers un petit magma rocheux qu’un artiste à tenter de transformer en œuvre d’art en y insérant quelques visages. Le sentier se poursuit toujours en surplomb de la Coume Dardenne où sur le flanc du ravin on aperçoit encore les innombrables terrasses en espaliers ayant servi jadis à diverses cultures. Après ce cheminement sur la crête du dôme arrondi du Serrat des Maillols, on atteint un premier sommet pierreux à 392 mètres d’altitude. Là, de nouveaux panoramas plus amples et plus lointains se font jour à 360 degrés. Si un tour d’horizon est inévitable, on cherche immédiatement où pourrait bien se trouver le Puig Pédrous dans ces successions de collines et de ravins insondables, et quand on l’aperçoit droit devant dans la  ligne de mire que forme le sentier, on n’ose à peine croire que l’on va devoir ou pouvoir monter à son sommet. Il y a d’abord une belle dépression que constitue le ravin de la Bernouse et puis juste derrière, une pyramide excessivement pierreuse : c’est le puig Pédrous. La première réflexion est de se dire que cette modeste élévation porte formidablement bien son nom. La deuxième réflexion viendra un peu après quand on aura atteint avec beaucoup de simplicité le fond du ravin de la Bernouse, ses nombreuses pistes qui le jalonnent sur un terrain plutôt très plat et beaucoup moins hostile qu’on le pensait initialement. Ici, les ruines d’un ancien cortal et de grands prés laissent à penser que l’homme y a vécu  peut être un peu plus facilement que tout autour. Le sentier part à gauche en direction de l’objectif du jour en montant et descendant successivement deux petites ravines. Pour ne pas avoir été suffisamment attentifs au balisage pas très évident il faut bien le dire, je suis parti en direction du Bois Nègre faisant ainsi le tour du puig sans jamais m’en approcher, avant de me raviser. Si la « bonne » grimpette vers le sommet est rude, elle l’est beaucoup moins que je l’avais auguré  depuis le Serrat des Maillols. Bien évidemment, si le Puig Pédrous est un bien joli mirador, il est surtout remarquable par sa borne frontière qui délimitait jadis les royaumes de France et d’Aragon. Cette borne, haute de 2 mètres environ est similaire à celles que l’on avait pu découvrir près de Bélesta lors de la balade intitulée «  À travers les âges ». Elle est d’autant plus remarquable que son pied est gravé d’une croix pattée et d’une mention « 1658 » qui serait la date à laquelle elle aurait été rénovée, un an avant la signature du Traité des Pyrénées de 1659 qui la rendit ainsi obsolète. Enfin tout ça, c’est ce que l’on peut lire dans les divers topo-guides mais d’autres historiens  ne seraient pas d’accord avec cette version et l’ancienneté de toutes les bornes de ce secteur du Roussillon. Comme ont du le faire les vieux constructeurs de cette borne, des garde-frontières royaux, des soldats de tous bords et d’innombrables randonneurs, j’ai embrassé la borne, j’ai posé mes fesses sur ces blocs rocheux puis j’ai déjeuné au sommet de ce joli belvédère granitique avant de prendre le sentier du retour. Celui-ci m’a entraîné sur une nouvelle crête dominant à gauche le ravin de Casenoves et à droite, celui de Bellagre. Ce qu’il y a de bien, c’est que cet itinéraire tout en balcon évite longuement la piste terreuse que l’on aperçoit en contrebas. Néanmoins, on finit par la rejoindre et la suite en direction du hameau ruiné de Casenoves est une simple formalité. On longe les petites parois alluvionnaires que le lit de rivière Têt a creusé au fil des siècles et quand on arrive à Casenoves, les restes de ce vieux village avec sa belle chapelle, sa tour et ses oliviers séculaires constituent bien évidemment la dernière découverte de cette jolie balade. On s’y arrête longuement pour humer l’air du temps, pour profiter de la plénitude du lieu, pour écouter les oiseaux, pour voir le soleil se couchait sur le Canigou. Moi, en regardant les vieux oliviers, je ne sais pas pourquoi mais je m’attendais à les voir bouger comme les arbres de la Forêt Enchantée ou bien à voir surgir de leurs troncs creux, des gnomes, des elfes, des fées ou bien encore des Simiots. Non, les Simiots sont originaires du Vallespir et sans doute, ai-je lu trop de légendes roussillonnaises et quand deux amoureux arrivèrent dans mon dos, c’est moi qui finis par bondir de frayeur. La fin du parcours, je l’ai terminé en longeant la Têt en quête de photos animalières et une fois encore, j’eus le « nez creux » car outre une bergeronnette des ruisseaux assez commune mais qui accepta très difficilement la pause, j’eus l’agréable chance de photographier un superbe martin-pêcheur aux couleurs chatoyantes et surtout une étonnante écrevisse dont j’ignorais qu’il ait pu y en avoir dans la Têt. A mon retour, j’ai bien tenté d’en savoir un peu plus sur les écrevisses des Pyrénées-Orientales mais Internet n’est pas bien bavard sur ce thème. Alors j’ai tenté d’approfondir le sujet et là, j’ai appris qu’il y avait au moins 7 ou 8 espèces d’écrevisses en France dont trois autochtones et les autres d’origines étrangères, la plupart de ces dernières étant envahissantes et nuisibles……Alors parmi toutes ces espèces, j’ai essayé de savoir laquelle figurait sur ma photo. Là, une fois encore, je me suis mis à chercher sur le Net et à force de comparer les écrevisses entre elles,  j’ai supposé qu’il s’agissait peut-être de l’écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii) à cause de son rostre notamment…..et vous savez quoi, dans la nuit, j’ai fait un rêve étrange où je me voyais transformé en parfait collabo entrain de dénoncer l’écrevisse de ma photo aux autorités compétentes car j’avais lu tout un tas de choses négatives à son sujet. Et quand je me suis réveillé, j’ai pensé : «  C’est fou qu’a partir d’une simple balade et d’une toute petite bestiole aperçue dans la Têt, j’ai pu ainsi emplir ma tête (Tiens ça rimes !). Moi, faire du mal à un animal ? Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.

     

     

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