• Ce diaporama est agrémenté de quelques musiques extraites d'une compilation "You Tube" intitulée "Night City Jazz"

    Le Circuit des Sources de l'Agly et de la Sals depuis Camps-sur-l'Agly

    Le Circuit des Sources de l'Agly et de la Sals depuis Camps-sur-l'Agly

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    C’est grâce à un ami, qui m’a aimablement fourni un tracé G.P.S enregistrable, que j’ai pu réaliser cette boucle audoise que j’ai personnellement intitulée «  le Circuit des Sources de l’Agly et de la Sals ». Le départ s’effectue du joli village de Camps-sur-l'Agly. Si je connais déjà la source de la Sals pour y être allé randonné en juin 2007, la source de l’Agly, elle, fait partie des sites que j’ai envie de découvrir depuis fort longtemps. Il est vrai que ce fleuve a tant de fois jalonné mes très nombreuses sorties, dans des lieux si beaux et si variés, pour ne pas dire disparates, que ne pas en connaître sa résurgence me parait complètement anormal voire absurde. Absurde, car je sais depuis très longtemps déjà qu’un sentier pédestre en permet la découverte. A la seule évocation de ce nom « Agly », il me revient à l’esprit des randonnées pédestres réalisées aux Gorges de Galamus, à Ansignan et à son aqueduc romain, au lac de barrage de Caramany ou encore en VTT sur la voie verte entre Rivesaltes et Le Barcarés. L’an dernier encore, j’ai longuement erré dans son lit asséché lors d’une balade au « Cimetière des Maures » tout près d’Estagel et du château de Jau. A bien y réfléchir, j’ai descendu son lit à de si multiples reprises; et parfois même remonté ; que seule sa source manque au palmarés du roi de la flânerie que je suis devenu au fil du temps. Ça coule de source, il faut que j’y aille ! Après tout, pour le doux rêveur contemplatif invétéré que je suis, suivre un lit, fusse-t-il d’une rivière, n’est-ce pas le lieu le plus propice pour réaliser ses rêves ? En ce 22 mai 2019, sous les meilleurs auspices, me voilà prêt à remonter jusqu’au bout de ce lit et par la même occasion réaliser mon rêve : découvrir enfin la Source de l’Agly.  Il est 7h30, quand sous un ciel merveilleusement bleu et lumineux, je gare ma voiture sur le petit parking situé à l’entrée de Camps-sur-Agly. Si le village est désert, il n’est pas silencieux. Moi, le photographe ornithologique amateur, je suis accueilli par un merle noir qui s’égosille comme si la fin du monde allait survenir. Serait-il lui aussi influencé par la mysticité du tout proche Pech de Bugarach ? Il est vrai que le célèbre pech n’est pas très loin  et je vais en avoir la preuve très vite. Je remonte la rue principale sous le signe des oiseaux. Outre les merles, il y a bien sûr les sempiternels moineaux, les non moins rares rouges-queues noirs mais j’aperçois également une fauvette mélanocéphale et un grimpereau, passereaux beaucoup plus inhabituels car plus discrets et surtout plus remuants. Voilà déjà 15 minutes que je suis occupé à photographier des oiseaux et bien d’autres sujets et je me dis qu’il serait peut-être temps de me mettre vraiment en route ? Je presse le pas, laisse le petit cimetière sur la gauche, passe devant la Ferme de Camps dont un panonceau indique à bon escient bien d’autres activités que le seul élevage que laissent imaginer un enclos, des étables et quelques meules de foin. Gîtes d’étapes avec tables et chambres d’hôtes, voilà ce que cette ferme blottie dans un décor champêtre et calme est à même d’offrir aux visiteurs et aux randonneurs de passage. « C’est toujours bon à savoir ! » me dis-je ! A la sortie du village, d’autres panonceaux mentionnent les directions de Col du Linas, de La Bastide et de Bugarach. C’est dans l’immédiat la bonne direction et le Pech de Bugarach est très vite là, presque droit devant, comme un monumental et incontournable point de mire. Un coup d’œil à l’intérieur d’une source captée et un large chemin descend au milieu des prés amplement fleuris. Faire un inventaire de toutes les fleurs printanières nécessiterait sans doute un grosse journée, alors je ne photographie que les plus visibles, probablement les plus communes et donc les plus nombreuses : marguerites, orchis, coquelicots, renoncules et sainfoins.  Une passerelle de béton se présente enjambant ici un très modeste ruisseau. Je jette un coup d’œil sur mon bout de carte I.G.N. C’est bien l’Agly comme l’indique les lettres « Fl. » signifiant « fleuve », mot auquel, par erreur, on a trop souvent tendance à attribuer une notion de grandeur et d’abondance. Mais avant d’être grand, ne faut-il pas comme toutes choses de ce monde avoir été petit ?  Le mot fleuve, ce « fluvius » romain signifiant « flot » est pourtant si juste ici et comme ce petit flot limpide finit par grossir pour se jeter à la mer, l’Agly mérite cette dénomination de « fleuve ». Une photo-souvenir puis j’y trempe ma casquette et repars ainsi le crâne bien frais.  Quelques minutes plus tard, j’atteins la route bitumée filant vers La Bastide. J’allume mon G.P.S, car pour me diriger vers la source de l’Agly, je sais déjà qu’il me faut quitter cette route avant le lieu-dit. Bien vu si j’ose dire, car le panonceau indiquant la source est si minuscule, et qui plus est enfoui sous du lierre, que sans tracé G.P.S, je l’aurais probablement loupé. Pour les randonneurs qui viendront derrière moi, j’éclaircis le lierre autour du panonceau. Un sentier entre en forêt et coupe le tout petit ruisseau des Pastressis qui est sans doute le tout premier affluent de l’Agly. De nouvelles fleurs, celles-ci des bois, m’arrêtent. Quelques mètres plus loin, un écureuil roux ; enfin celui-ci est plutôt brun ; détale devant moi et s’élève à la cime d’un arbre. Je réussis malgré tout à le figer sur quelques photos prises en rafales. Peu de temps après, c’est un chevreuil qui détale en aboyant sans que je puisse l’apercevoir. Le bois se termine et laisse la place à un plateau, espèce de maquis de cistes et de bruyères où poussent bien d’autres fleurs plus belles les unes que les autres. Quelques papillons volettent y trouvant un biotope à leur convenance. Le chemin herbeux du maquis débouche puis se poursuit dans une immense prairie entourée de clôtures. Une clôture barre le chemin. La « châtaigne » que je reçois dans le bras gauche à l’instant où je veux la franchir ne laisse planer aucun doute : elle est « terriblement » électrifiée. Grâce à mon tracé G.P.S, je délaisse la clôture, m’en éloigne et trouve un sentier qui descend sur la droite dans un nouveau et sombre sous-bois, d’abord de feuillus puis d’immenses résineux. Le murmure de l’Agly se fait entendre. Finalement le ruisseau est là, en contrebas, sur ma droite. Je le longe à bonne distance me fiant à cette chanson de l’eau pour tenter de trouver sa source. Au bout de quelques minutes, l’étourdi que je suis constate que la musique de l’eau s’est arrêtée. Alors, je descends vers le ruisseau. Quelle n’est pas ma surprise de constater qu’il est complètement asséché ! Je le poursuis, tant bien que mal, en raison des gros blocs rocheux qui en composent son lit et des branchages qui le jonchent. J’ y découvre même un énorme pneu, objet plutôt bizarre ici mais qui n’est pas là par hasard me dis-je. La source n’est certainement pas très loin me dis-je aussi. Les blocs se font à la fois plus volumineux et plus moussus et de ce fait les difficultés augmentent. Il y a bien quelques flaques deci delà mais aucune eau ne s’écoule. Suis-je devant ce phénomène qu’on appelle « perte karstique », terme hydrologique pour désigner l’infiltration soudaine d’un ruisseau dans la roche ou est-ce carrément un assec ? Je me souviens avoir été confronté à ce type d’infiltration à la source du Tech lors d’une randonnée au pic du Costabonne. L’eau de la résurgence du Tech commençait à s’écouler puis disparaissait sous les galets pour réapparaître des dizaines de mètres plus en aval. Je m’interroge quand à poursuivre ce lit asséché ? Un coup d’œil sur mon bout de carte I.G.N me laisse perplexe. J’ai le sentiment que je suis allé trop loin et trop haut et que la source serait un peu plus bas car comment aurais-je pu l’entendre chanter auparavant ? Aurais-je loupé quelque chose ? Je redescends le cours du ruisseau et finalement une première résurgence est là, tout près d’une confluence où le débit d’un autre ruisseau sur ma gauche est beaucoup plus fougueux. Je remonte ce débit et très rapidement j’arrive devant un grand mur rocheux au pied duquel l’eau jaillit vivement d’une petite cavité. Voilà la source de l’Agly ! Enfin celle que j’ai le plus souvent constatée sur des photos vues sur Internet. J’essaie d’entrer dans la petite cavité mais la hauteur de l’eau et sa fraîcheur m’en dissuadent. Il me faudrait une combinaison en néoprène ! L’Agly serait donc composée de deux sources bien distinctes ? A voir ? (*) Quelques photos souvenirs devant la source et je me remets en route en m’élevant sur un sentier très raide mais très court débouchant sur la route D.14, presque à hauteur d’une cabane en pierres sèches. Un coup d’œil sur la configuration des lieux ne me laisse aucun doute : le ruisseau asséché, que j’ai remonté avant de découvrir la petite grotte et sa source, a violemment creusé le calcaire de quelques falaises que j’aperçois au milieu des feuillus. Il y a bien une autre rivière parallèle à la route et quand je regarde mon bout de carte, celle-ci aurait sa source au col du Linas, au pied du pech de Bugarach. Mais où exactement ? Il aurait fallu que je remonte le lit asséché dans sa totalité pour le savoir mais c’est trop tard et puis cela est-il possible ?  Ces différents constats m’ont presque fait oublier qu’il y avait un itinéraire à poursuivre et quand je m’y attelle c’est pour me retrouver bien embarrassé. Ici, pas de balisage et pas de sentier bien évident, malgré un tracé G.P.S qui m’indique de poursuivre en m’élevant droit devant dans la forêt de Mascarou. Problème, il n’ y a pas de passage et seulement des petites murailles de calcaires impossibles à escalader. Mon G.P.S ne serait-il pas suffisamment précis ? C’est fort possible compte tenu de son âge ! Je cherche ici sans trouver de vrai passage jusqu’à me décider à descendre la D.14 sur la droite et de quelques mètres où les accès à la forêt me paraissent plus plausibles. Finalement, et mon G.P.S me confirmant ce « point de repère » (waypoint),  j’opte pour un espèce de petit fossé qui s’élève rudement dans la forêt. Bingo ! C’est la bonne option ! Ce fossé atterrit sur un bon chemin, lequel un peu plus haut débouche sur une large piste forestière. C’est la piste forestière du Ciela de la Pause comme écrit sur la carte. Je l’emprunte à gauche comme me l’indique mon G.P.S. Dès la première intersection, un autre coup d’œil sur mon bout de carte me rassure pleinement quand à la suite du circuit. Je suis sur le bon tracé ! Les pistes, chemins et sentiers étant nombreux dans ce secteur, seules les intersections nécessiteront un peu d’attention et une éventuelle analyse de la carte I.G.N. Tout devient plus simple à partir d’ici et je peux sans trop d’inquiétude me consacrer à la photographie. Fleurs des bois, papillons, oiseaux, je marche vers le col de la Lucio d’un bon pas ne m’arrêtant que lorsqu’un sujet intéressant se présente. Parmi ces sujets, il y a une étrange roche moussu avec des yeux et une bouche ressemblant à s’y méprendre à un gnome ou à un lutin, tel qu’on en voit dans des films ou des dessins animés. Il y a aussi les visions furtives, mais assez réelles et suffisantes pour une photographie, celle d’un chevreuil tout d’abord puis un peu plus loin, ce sera un jeune sanglier. Ces visions-là sont les plus réjouissantes. C’est pour de telles approches de la Nature que je marche aussi ! Ajoutons-y l’image du plutôt rare Torcol fourmilier que je surprends dans son chant nuptial saccadé et rauque et me voilà pleinement ravi d’être là dans ces forêts qui se succèdent au rythme de quelques panneaux O.N.F.  Forêt communale de Camps-sur-Agly, forêt domaniale de l’Eau Salée, route forestière de la Paille ou de la Verrerie, les noms s’affichent, les essences sont souvent les mêmes mais par bonheur les décors varient. Forêts de très beaux feuillus et d’immenses conifères, clairières verdoyantes, fenêtres sur le Massif du Canigou enneigé ou les Pyrénées audoises et ariégeoises, murailles de calcaires où se réchauffent des lézards et où poussent des jolis bouquets fleuris, herbages où les passereaux viennent se rassasier de graminées, voilà les décors dont je ne me lasse pas. Au lieu-dit le Trou de la Relhe (ou Reille), la clairière s’élargit beaucoup plus. Je suis accueilli près d’une métairie au chant entêtant d’un pinson que je parviens à photographier. Il paraît plus enclin à chanter qu’à avoir peur de moi et de ce fait, il ne fait que sauter de branches en branches mais toujours sur le même arbre et toujours en chantant. Cet arbre, c’est son Olympia, son Zénith mais je suis son seul spectateur ! Après l’oiseau, je me mets en quête de chercher ce Trou de la Relhe, lequel si j’en crois mes lectures, serait la plus grande doline du département de l’Aude. La métairie en ruines ne m’apporte aucune aide quand au trou recherché mais un vieux linteau en partie effacé me confirme la proximité du lieu-dit. Avec difficulté, j’y lis : «…. le Trou de la Reille appartenait à Denarnaud le 12 juillet Alexis ». Enfin, c’est ce que je pense y lire ! Ici, la suite de mon itinéraire entrant en forêt, je rebrousse chemin, descend à gauche dans le premier pré ; non loin de l’arbre où le pinson chantait ; et le Trou de la Relhe est là, avec son ouverture barrée par un ruban. Un sentier argileux et donc glissant mais fait d’escaliers en rondins permet d’accéder jusqu’au fond du trou. Rien d’exceptionnel à première vue, or mis une végétation très luxuriante. Mais en prêtant attention, on peut observer que les parois de la doline continuent de s’effondrer et de gros rochers fraîchement tombés tout près du sentier semblent en être les preuves évidentes. On peut remarquer aussi que son importante hygrométrie a permis l’implantation de plantes bien particulières et notamment la Jacinthe des Pyrénées que l’on appelle aussi  la Scille lis-jacinthe. Leurs petites fleurs bleues sont plutôt rares ici mais leurs feuilles tapissent la totalité du fond. On y trouve aussi plusieurs variétés de fougères et bien d’autres plantes aimant l’humidité comme les jolis lamiers jaunes. Les arbres, eux, cherchent le soleil et élèvent tout droit leur canopée dans le petit puits de lumière que l’effondrement a créé. Certains, complètement recouverts de barbes de Jupiter ont soufferts de cet excès d’eau et de lumière et sont voués à mourir par manque de feuilles et de photosynthèse. Je quitte le trou en me demandant qu’elle est la toponymie du nom « Relhe » (**). La suite de l’itinéraire vers la Source de la Sals, très bien balisée et mentionnée, ne pose aucune difficulté. Après la traversée d’un petit bois où je réveille un jeune sanglier, le chemin atteint le haut d’un ample vallon herbeux. Je reconnais le lieu pour y être passé en 2007. Je descends un peu puis m’arrête en surplomb de la source pour pique-niquer. L’arrêt-déjeuner est toujours pour moi l’occasion de vaquer à photographier la nature aux alentours. Oiseaux, papillons et fleurs. Ici, comme c’était le cas ce matin à la sortie de Camps-sur-Agly, les prés sont amplement parsemés de fleurs sauvages, la plupart déjà vues mais quelques autres bien nouvelles. Les papillons sont déjà nombreux pour la saison mais les espèces sont relativement limitées. Les oiseaux paraissent absents mais en jouant de mes appeaux quelques uns viennent avec hésitation jusqu’à moi. Je reste presque une heure à courir la prairie, sandwich dans une main et appareil-photo dans l’autre. Il est temps de filer à la Fontaine Salée puisque c’est ainsi que l’on nomme la source de la Sals. Elle est là, toute proche, avec ses appentis illustratifs et son aire de pique-nique. Il n’y avait rien de tout ça en 2007 et notamment les nombreux panneaux explicatifs permettant désormais d’apprécier la source, l’origine de sa salinité 2 fois plus salée que la mer ; l’exploitation du sel, illicite ou pas, c’est à dire l’Histoire commune du lieu et du sel. Après cette découverte et la rencontre bien sympathique avec deux couples de randonneurs de mon âge assis à une table de pique-nique, je file vers les « Fours Verriers », direction le Pas del Capelan. Après quelques panneaux au fil du parcours mentionnant la flore, la faune, la géologie et le climat de l’endroit, là aussi, le balisage est bien présent et très bon, permettant de se diriger sans problème vers les endroits convoités. Si l’accès aux antiques « Fours Verriers » est fermé en cette saison et entouré d’un haut grillage, en empêchant ainsi toute visite et découverte gracieuse, à l’extérieur, de très nombreux panneaux explicatifs permettent d’en connaître toute l’Histoire. Histoires liées aux sites verriers forestiers et Histoire du verre, je passe une demi-heure à lire la quasi totalité des panneaux. A l’instant où je repars, je me retrouve nez à nez avec les deux couples aperçus à la source de la Sals. Nous discutons encore un peu et je leur fais part de mon désappointement à avoir trouver les « Fours Verriers » fermés.  Je rebrousse chemin, direction le Pas del Capelan où j’atterris sur une large piste forestière. Ici, un panonceau « col du Linas -30 mn » m’indique la direction à suivre. Guère plus loin, au lieu-dit « Las Clausos », sur la carte I.G.N, je quitte la piste au profit d’un raccourci qui descend presque rectiligne vers le Linas, évitant ainsi les sinuosités de la piste. Après quelques mètres seulement, j’en suis à me demander si j’ai bien fait de prendre cet étroit sentier entouré de hauts buis totalement desséchés. Si depuis mon départ de Camps, j’ai très souvent observé avec étonnement et consternation tous ces buis morts sur pieds, je ne m’étais pas vraiment interrogé quand aux raisons et explications d’un tel phénomène. Sans doute parce que la présence de nombreuses autres essences m’ont empêché d’apercevoir l’ampleur du désastre. Ici, au milieu du chemin, et à cause de petites chenilles vertes et jaunes qui « pendouillent » par milliers, voire par millions, au bout de leurs désagréables filaments, je peux enfin mettre un nom sur cette hécatombe écologique : « la Pyrale du buis » ! Ce papillon si meurtrier venu d’ailleurs est déjà ici et les dégâts sont considérables ! Si j’ai un peu entendu parler de la Pyrale du buis, j’ignorais qu’elle sévissait aussi catastrophiquement dans ces lieux si beaux où j’ai pourtant cheminé si souvent. Fini les grandes haies de buis aux petites feuilles si luisantes qui avaient encadré tant de mes belles sorties dans ce secteur de l’Aude. Je peux mettre un nom sur chacune d’entre-elles où le buis y était forcément l’arbre le plus emblématique (***). Les 9/10eme de cette descente vers le hameau du Linas et son col éponyme se résument à slalomer et à battre l’air devant moi avec mon bâton de marche pour esquiver les chenilles et tous leurs filaments. Malgré ça, je ne parviens pas à toutes les éviter loin s’en faut ! A deux ou trois reprises, j’ai le sentiment que le buis rebourgeonne depuis son pied asséché, mais non, en y regardant de plus près, je constate qu’il s’agit de fragon aux feuilles tout aussi luisantes. Quand je prends et serre une tige de buis asséché avec une main pour l’effeuiller complètement, je me retrouve avec une demi-douzaine de chenilles au creux de ma paume. C’est incroyable la quantité de chenilles qu’il peut y avoir sur une seule branche mais pas toujours visibles au premier coup d’oeil ! Le désagrément de cette « calamité végétale » s’arrête dès lors que j’atteins la piste à une centaine de mètres du Linas. Il faut dire que le hameau, au pied du pech de Bugarach, est essentiellement entouré de prés eux-mêmes encadrés de  quelques haies formées par de flamboyants genêts et de blanches aubépines. Si la vue de ces plantes chatoyeusement colorées est agréable, les quelques buis de ces haies sont morts également et ça se voit bien sûr. Juste avant le village, j’attire vers moi deux beaux chevaux qui paissent au loin dans des fougères naissantes. Il y en a un blanc et un bai. Avec la langue et le palais, quelques « tlo, tlo, tlo, » bien puissants suffisent pour les faire venir vers moi. Le blanc d’abord semble moins farouche puis le bai ensuite. S’ils sont là à un mètre de moi, il m’est impossible de les caresser. Je finis par comprendre que la clôture est électrifiée et qu’à juste raison ils s’en méfient comme de la peste. Comme je les comprends depuis la violente « châtaigne »  prise ce matin juste avant la source de l’Agly ! C’est donc à bonne distance que je leur distribue quelques bouts de pain puis de grandes gerbes de graminées qu’ils mangent goulûment. A cet instant, les deux couples de randonneurs laissés aux « Fours Verriers » arrivent derrière moi. Bien évidemment, outre les deux beaux chevaux, la conversation porte sur cette « sordide et inévitable » Pyrale du buis. Alors que nous discutons, une des deux dames s’exclame soudain «  mais vous êtes recouvert de chenilles ! » et la voilà aussitôt qui s’attelle à me « dépyraliser » à l’aide d’un mouchoir en papier. J’en ai apparemment plein le dos, la casquette et j’en ai même une sur une oreille et une autre sur les lunettes. Après cet « échenillement » en bonne et due forme, le Linas est là. Seules deux bergeronnettes m’arrêtent dans la traversée du hameau. Il est vrai qu’il est assez peu commun d’observer une bergeronnette grise et une bergeronnette printanière presque côte à côte. Avec les deux couples, nous continuons un bout de chemin ensemble mais nos itinéraires se séparent juste avant le col du Linas. Eux ont leur voiture au col et moi, j’ai encore un grand bout de chemin à faire jusqu’à Camps. Tout en descendant vers les Pastressis et la Bastide, j’en suis à me demander où peut-être cette « possible » deuxième source de l’Agly ? La carte I.G.N ne m’apporte pas de réelles réponses. Il y a bien sur la carte une mention « réservoir » non loin du col du Linas, et donc au pied du Bugarach, mais est-ce la source ambitionnée ? Rien ne le dit ! D’ailleurs en regardant bien la carte, plusieurs ruisseaux s’écoulent de toutes parts pour se rejoindre dans ce relief karstique fait de petites falaises longeant la D.14 où je me trouvais ce matin ! J’en suis trop loin désormais et j’abandonne très vite toute idée de la trouver, préférant me consacrer à la photographie florale et ornithologique. Les oiseaux sont plutôt nombreux surtout à l’approche des habitations du lieu-dit les Pastressis. Juste avant la Bastide, c’est un renard que je surprends alors que je l’aperçois sous le ventre d’une vache. Il détale mais je réussis à avoir une photo à peu près correcte. Que faisait-il sous la vache ? La tétait-il ? J’en suis à me le demander mais la jeune vachère que je rencontre peu de temps après semble en douter, tout comme le vacher que je rencontre dans le hameau. Ici les gens sont bien sympathiques et j’ai le sentiment que la vie s’écoule si paisiblement mais si isolément que chaque voyageur, aussi éphémère soit-il, est toujours le bienvenu. Enfin, les gens sont très accueillants ! Si je n’y prends pas garde, les conversations ont tendance à s’éterniser.  Pourtant, si je garde à l’esprit qu’il me faut terminer un parcours, je fais en sorte de ne jamais décevoir mes interlocuteurs. Je quitte le hameau de la Bastide et ses agréables habitants en accélérant le pas car mon intention est de visiter Camps-sur-Agly. Le bitume si souvent décrié m’offre cette opportune accélération. C’est chose faite une heure plus tard. Très belle église, longue lecture de l’Histoire de Camps grâce à de ludiques panonceaux, approche dissuasive et donc impossible des ruines du château médiéval, errance dans les charmantes ruelles, vieux lavoir, école communale, mairie, je finis cette longue randonnée les jambes un peu lourdes mais le coeur empli de joies. Seule la Pyrale du buis aura terni cette fin de journée mais j’ose espérer que la science saura apporter des solutions à ce effarant fléau écologique. Cette randonnée a été longue de 18,3 km pour des montées cumulées de 774 m. Le point le plus bas est à 480 m et se trouve sur l’Agly près de la jonction entre la petite route de La Bastide et le P.R descendant de Camp quant au plus haut, il est à 830 m et proche du Trou de la Relhe. N’ayant procédé à aucun enregistrement pendant ma balade, j’ai extrait tous ces chiffres du tracé que m’a aimablement fourni mon ami. Cartes I.G.N 2447 OT Tuchan – Massif des Corbières et 2547 OT Durban-Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25.

    (*) La Source de l'Agly : Si j'en crois les spécialistes en hydrologie, la vraie source de l'Agly serait située au pied du Pech du Bugarach près du col du Linas. Son tout premier lit serait donc celui asséché que j'ai remonté en premier avant de revenir à la petite cavité située sous la départementale 14. Cette information est précisée par le Syndicat Mixte du Bassin versant de l'Agly (SMBVA), information confirmée sur l'encyclopédie Wikipédia où vous pourrez retrouver les principales caractéristiques du fleuve (longueur, principaux affluents, etc....). L'eau sortant de la cavité située sous la D.14 proviendrait alors d'un ruisseau sous-terrain descendant du lieu-dit Mascarou. Il faut savoir que descendant de ce secteur, l'Agly a déjà un affluent connu qui s'appelle le Ruisseau de la Pause.

    (**) Toponymie du nom "Relhe" ou "Reille": "relhe", tel qu'écrit ici serait un vieux mot de la langue béarnaise signifiant le soc d'une charrue. Il est utile de préciser que dans cette même langue béarnaise le mot "arelhe" est soit la charrue elle-même soit le sillon que cette dernière a creusé. Faut-il donc voir dans ce nom "Relhe" que l'on écrit ici parfois "Reille", tout type de dépression ou d'affaissement à la surface de la terre et que l'on peut retrouver dans les mots "rail", "rayer", "rayon", etc.....? Notons que le mot "reille" aurait pour étymologie le latin "regula" signifiant "règle". 

    (***) Mes autres balades dans ce secteur marqué les buis : Comme indiqué dans mon article, la Pyrale du buis a complètement dévasté tous les buis, arbuste pourtant emblématique qui avait jalonné tant de mes balades dans ce secteur du Pech du Bugarach. J'ai été très triste de constater ce désastre écologique me souvenant de toutes ces merveilleuses balades : 

    La Montagne des Cornes et le lac de Barrenc depuis Rennes-les-Bains

    La Sals, source d'eau salée

    Le Circuit des Templiers (832 m) depuis Bugarach (465 m)

    Le Fauteuil du Diable depuis Rennes-les-Bains

    Le Pech Cardou ( 795 m) depuis Serres ( 271 m)

    Le Pech d'Auroux (940 m) et les Gorges de Galamus

    Le Pech de Bugarach (1.230 m) depuis La Bastide (588 m)

    Le Roc Paradet (900 m) depuis Camps-de-l'Agly

    Le Sentier des Terres Rouges depuis Serres

    Le Chemin du Facteur depuis Caudiès-de-Fenouillèdes.

    Le Château des Maures et le viaduc de l'Escargot depuis Caudiès-de-Fenouillèdes

    La Forêt domaniale des Fanges depuis le col Saint-Louis (Caudiès-de-Fenouillèdes)

     


    1 commentaire
  • Vers une déshumanisation sournoise et silencieuse ?


     

    Allons-nous vers une déshumanisation sournoise et silencieuse de notre société ? Sans vouloir être trop alarmiste, je le crains ?

     

    Il y a quelques jours, j’ai eu l’occasion de regarder deux reportages à la télé. Ils étaient plutôt dissemblables mais pourtant je leur ai trouvé une certaine similitude. Dans les deux cas, il y était question de ruralité mais pour moi, la ressemblance n’était pas là : j’y décelais surtout de la déshumanisation. Le premier reportage se passait dans la lointaine périphérie parisienne, dans une petite commune d’une zone qui jusqu’à présent avait été plutôt rurale. Enfin, c’est ce que je comprenais car le reportage évoquait la nécessité que la commune avait de construire des logements sociaux. Pour parvenir à ses fins, la municipalité n’avait pas d’autres choix que d’exproprier des habitants du cru. Dans le cas présent, le reporter interviewait un agriculteur qui n’avait pas d’autres choix que de quitter son lopin de terre sur lequel il avait œuvré une longue partie de sa vie. Ce monsieur était sans doute proche de la retraite et même s’il prenait cette expropriation avec mansuétude, on sentait bien qu’il « en avait gros sur la patate » mais qu’il ne voulait pas l’avouer au journaliste. Il ne comprenait sans doute pas « pourquoi lui ? » et surtout d’être pris dans cet engrenage d’une administration intransigeante et donc pas très humaine. D’un autre côté, on comprenait que l’indemnité qu’il allait percevoir de son expropriation l’aiderait dans sa vie future de retraité.  Le deuxième reportage, la chaîne en question voulait nous le présenter comme un progrès. Il s’agissait d’une dame qui était souffrante, vivait dans un milieu rural et rencontrait les pires difficultés pour trouver un médecin près de chez elle. En réalité, il n’y en avait plus à des kilomètres à la ronde depuis déjà pas mal de temps. Par chance, la dame pouvait marcher, il y avait encore une pharmacie dans son village (pour combien de temps ?  Le reportage ne le disait pas !) et elle alla y chercher un conseil. Par chance aussi, le pharmacien, au courant bien évidemment de ce problème majeur qu’était le « désert médical » de sa petite commune, était devenu prévoyant. Equipé du matériel adéquat, il proposa à sa cliente une téléconsultation médicale. N’ayant pas d’autres choix, la dame accepta ce contact par écran interposé et sembla ravie de cette consultation avec un généraliste qui était à l’autre bout du fil, c'est-à-dire à l’autre bout d’Internet. Enfin, c’est ce qu’elle affirma au reporter à la fin du sujet,  mais on peut aisément supposer qu’elle aurait préféré une consultation plus classique ! Le généraliste précisa qu’il avait une double activité de consultations classiques et de téléconsultations et que tant qu’il pourrait accomplir les deux, il continuerait ainsi ! Combien de temps ? Il ne le précisa pas !

    Alors, cette téléconsultation médicale a-t-elle été une bonne chose ? Oui, bien sûr, telle que présentée dans le reportage ! Cette dame était seule, n’avait pas de moyen de locomotion et avait un besoin urgent qu’un docteur digne de ce nom lui établisse un diagnostic. Cette téléconsultation régla tout ça ! Enfin, le reportage ne le dit pas mais le laissa imaginer.

    Est-ce un progrès ? Personnellement, je ne le pense pas et je considère au contraire qu’il s’agit d’un pas supplémentaire vers cette déshumanisation de la société que l’on vit maintenant depuis de trop longues années.

     

    A titre de dernier exemple, on sait tous que nos supermarchés sont depuis déjà longtemps équipés de caisses automatiques, les clients scannant eux-mêmes leurs produits et payant à une borne automatique elle aussi. Eh bien, un premier supermarché vient de franchir le pas en ayant uniquement des caisses automatiques….il est vrai seulement le dimanche. Il a parié que cet essai sera concluant, si concluant qu’il finira par être mis en place tous les jours puis dans tous les supermarchés de France et de Navarre !

     

    Comment dans un pays qui se dit développé et donc civilisé, ayant qui plus est 5 à 6 millions de personnes sans emploi et de trop nombreux emplois précaires,  en est-on arrivé là ? A ne plus avoir à faire qu’à des robots ? A ne plus avoir suffisamment de docteurs généralistes mais également de spécialistes et de vétérinaires dans les zones rurales par exemple ?  Je ne sais pas ! Ici, dans cet article, il est surtout question de médecins mais la liste des professions économiquement « faibles » voire « insuffisantes » pourrait être longue comme un jour sans pain ! Je vous en fais grâce mais ne vous est-il jamais arrivé de ne pas trouver de plombier ou d’électricien rapidement ? Moi si !

     

    Comment en est-on arrivé à ne plus pouvoir couvrir médicalement une gigantesque partie de notre territoire, pourtant si ridicule en terme de superficie, si on la compare à bien d’autres pays ?

     

    Oui, comment en est-on arrivé là, en France, pays d’Europe, et peut-être même du monde, où le taux des prélèvements obligatoires (impôts, taxes et cotisations sociales) est un des plus élevés ? Sinon le plus ?

     

    Serions-nous trop nombreux dans ce si petit pays ? Aurions-nous grossi si vite au point d’être contraint de demander à un agriculteur de délaisser sa terre pour construire des logements dans l’urgence ? Aurions-nous grossi si vite au point d’être dans l’incapacité de mettre en place des services médicaux ou autres de qualité ? J’en suis convaincu et pourtant il me faut tout de même parler de déshumanisation de notre société. Les deux ne me paraissent pas contradictoires même si certains économistes affirment que l’immigration serait une valeur ajoutée pour notre économie, ce que je ne pense pas. En tous cas, pas toute l’immigration et pas celle non choisie !

     

    Ma crainte dans la fuite en avant de cette déshumanisation est qu’elle entraîne avec elle bien d’autres turpitudes beaucoup plus graves.  Moins d’humanisme, c’est une régression inéluctable de l’Homme, c’est ne plus prendre son temps pour tout et notamment celui nécessaire pour apprendre, réfléchir, pour penser, pour être respectueux et attentif de son prochain et digne de soi. C’est par la force des choses perdre des règles de base, des traditions, des repères, de sa liberté, de son identité individuelle et donc forcément des racines qui nous sont communes, collectives et auxquelles inévitablement nous tenons quand nous les voyons être « déracinées » les unes après les autres.

     

    Pourquoi cette déshumanisation ? Internet ? L’hyper technologie et l’intelligence artificielle ? La mondialisation ? Des politiques et des économies trop libérales ? La main mise du monde de la finance sur les affaires de la planète ? Trop de bureaucratie ? Trop d’individualisme ? Trop de cupidité ? Trop d’immigration non souhaitée ?

     

    Sans doute tout ça à la fois et bien d’autres choses encore, avec bien évidemment de nombreuses interconnexions entre toutes ces raisons. A toutes ces raisons est-il possible d’y rattacher des mots plus simples ? « Concurrence », « rivalité », « compétition », « discorde », par exemple ! Oui, je pense que ce sont les bons mots ! Ils s’appliquent aux hommes, aux entreprises, à nos institutions et à tous les pays quels qu’ils soient !

     

    Comme cette déshumanisation ne cesse de s’amplifier et donc de s’aggraver un peu partout sur notre planète, il faut simplement espérer que tous ces mots ne se transformeront pas en des synonymes plus violents comme « tuerie », « conflit » ou « guerre », mots malheureusement déjà trop présents sur notre Terre. Oui, il faut l’espérer car la situation (les situations) qu’on le veuille ou non se dégrade(nt). Ce n’est pas être pessimiste mais réaliste que de le dire !

     

    L’humanisme, richesse parmi les plus précieuses que nous ayons, est menacé de toutes parts. En France, il est un héritage du Siècle des Lumières et ces lumières ont rayonné sur le monde au point d’en éclairer pendant longtemps une immense partie. De nos jours, ces lumières s’estompent et si nous n’y prenons pas garde, le risque est grand qu’elles s’éteignent petit à petit et à tout jamais. Le civisme,  l’éthique, l’éducation et l’enseignement de nos enfants, petits-enfants et futurs descendants seront essentiels pour l’avenir de l’humanité (et donc de la France), mais pas suffisants. Il faudra aussi mettre des garde-fous et se défendre contre les attaques incessantes qui prônent d’aller dans le sens contraire : le capitalisme et la robotisation à outrance, l’ubérisation, le néo-libéralisme, les archaïsmes et les pressions idéologiques, religieuses et communautaristes, l’abêtissement des peuples et l’ignorance. La partie n’est pas gagnée mais il faudra coûte que coûte la jouer !

     

    Si on laisse les choses en l’état, voire se dégrader,  un jour, pas si loin que ça, il n’y aura plus de petits agriculteurs, qui bichonnent leur lopin de terre car ils n’ont que ça pour vivre. Plus de petits agriculteurs, c’est la disparition quasi certaine de bons produits, c’est un pan colossal de notre économie qui se meurt, c’est une perte inéluctable de création de nouvelles richesses, c’est moins de possibilité de faire face à une demande alimentaire de plus en plus importante. Le chien se mort la queue mais sans comprendre qu’un jour il n’aura plus rien à se mordre. Si on laisse les choses en l’état, voire se dégrader,  un jour, on demandera à cette dame souffrante de prendre contact avec un robot. Ce dernier lui délivrera un diagnostic. Comme il n’y aura plus de pharmacie dans son petit village, elle n’aura pas d’autre choix que de commander ses médicaments sur Internet. Elle continuera d’être ravie n’ayant plus d’autres choix que celui-ci mais l’homme aura totalement disparu de ses relations et se sont des ordinateurs qui prendront en charge notre santé, connaissant tout par cœur de nos antécédents médicaux.

     

    Dans le cas de cette dame citée en préambule, imaginons toutefois qu’Internet ait été en panne. Imaginons toutefois qu’elle ait été plus gravement malade et dans l’impossibilité de se rendre à la pharmacie…..Que serait-il advenu ?

     

    Le Samu serait venu la chercher ?  Sans doute ! Par bonheur, il y a encore un peu d’humanité dans certains lieux de notre chère France ! Espérons que personne n’aura l’idée de les supprimer !

     

    Etonnons-nous après ça que les urgences soient débordées et le personnel éreinté car insuffisant là aussi, et en grève depuis quelques temps déjà…..

     

    Oui, la société va dans le sens de la déshumanisation et que font nos gouvernants et élus pour y remédier ?

     

    Pas grand-chose, tiraillés qu’ils sont entre le souci de ne pas déplaire ;  souvent avec l’idée première d’être réélus ; leur pouvoir décisionnaire parfois limité ; au niveau des communes par exemple ; les nombreux groupes de pression qui les influencent, les conflits d’intérêts, les décisions à mettre en œuvre pour certains,  sans se mettre à dos ce qui n’y sont pas intéressés ou n’y ont pas droit. Ce n’est pas simple il faut l’avouer, mais le constater ne sera jamais suffisant !

     

    Oui cette régression galopante de l’humain sera gagnée si chacun d’entre-nous en prend conscience et fait en sorte d’agir sagement et en conséquence dans son quotidien. C’est mon humble avis. Il ne faut pas avoir peur des machines mais des hommes qui les inventent et les font fonctionner. Le célèbre physicien Stephen Hawking  n’était-il pas inquiet de voir certains hommes sacrément perturber par leurs propres innovations ?


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  • Le prochain article : Le Circuit de la Matte (Mata) depuis Urbanya

    C'est la News (prochaine randonnée de la page d'accueil) : Le Circuit de la Matte (Mata) depuis Urbanya

    C'est la News (prochaine randonnée de la page d'accueil) : Le Circuit de la Matte (Mata) depuis Urbanya

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    En ce vendredi 31 mai 2019, je suis à Urbanya et j’ai plusieurs raisons pour accomplir cette balade, que finalement je vais intituler « le Circuit de la Matte (Mata) ». La première de ces raisons est que quelques jours auparavant, j’ai appris la réhabilitation d’un sentier que je n’ai jamais réussi à emprunter, sentier faisant la jonction entre le lieu-dit « la Devesa » et le col de Marsac. La deuxième raison est que cette toute fraîche ouverture m’offre l’occasion d’inventer de nouvelles balades ; dont celle-ci ; laquelle nouvelle balade va me permettre de cheminer une belle partie du Tour du Coronat, très chargé d’heureux souvenirs et accompli voilà déjà 12 ans. Enfin, et c’est la dernière raison, sans doute la plus séduisante, l’envie de marcher est là, celle de découvrir la Nature aussi et enfin la distance et le dénivelé relativement modestes correspondent bien au temps que je veux y consacrer, c'est-à-dire un après-midi, entier si nécéssaire. Rien ne me retient, et comme Dany ; scotchée devant un très bon roman ; n’a pas le désir de marcher ni de m’accompagner, il ne me reste plus qu’à préparer un petit sac à dos. Un peu d’eau et quelques victuailles, histoire d’éviter d’éventuels coups de mou, un bâton de marche, sans oublier surtout mon appareil-photo et me voilà fin prêt. Les cloches de l’église sonnent et il est midi tapant quand je quitte ma petite maison. La direction à prendre est justement l’église et la piste qui démarre juste devant. C’est la piste DFCI CO60.... ...La suite très bientôt.....A bientôt ami(e)s blogueuses et blogueurs.


     

     

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  • Ce diaporama est agrémenté de diverses musiques extraites d'une compilation de l'artiste Ebunny intitulée "Celtic Irish Epic Music". Les morceaux interprétés sont : 1.Fantasy 2.Leprechauns Dance 3.Celtic Knight 4.Pirates Action 5.Old Castle 6.White Knight 7.Dragon Hunters 8.Celtic Morning  9.Winner  

    Le château d'Aguilar (296 m) depuis Tuchan

    Le château d'Aguilar (296 m) depuis Tuchan


     

    Voilà déjà quelque temps que je voulais aller découvrir "le château d’Aguilar" que je ne connaissais pas, et bien évidemment, mon idée première était de m’y rendre au cours d’une balade pédestre. A l’instant même où j’ai pris la décision d’y aller, je me suis mis à chercher si un tracé téléchargeable était disponible sur Internet et j’en ai trouvé un très rapidement sur l’excellent site « VISUGPX ». Sans doute, me suis-je trop précipité en choisissant celui-ci ? A l’instant où j’écris cet article, c'est-à-dire à posteriori, je m’interroge. En effet, dès le démarrage de Tuchan, et en marchant sur la D.611, dite « Route de Narbonne », puis sur une route secondaire m’indiquant l’édifice,  je comprends très vite que mon itinéraire est le même que celui que les touristes empruntent en voiture pour se rendre au château, c’est-à-dire presque essentiellement des voies bitumées. Plusieurs voitures me dépassent sans trop ralentir d’ailleurs et pourtant la route n’est pas si large que ça. Je me vois contraint de faire un ou deux pas dans la garrigue par précaution. Alors je cherche à éviter ce bitume au maximum, et notamment quand cela est possible, en traversant des vignes et parfois même des portions de garrigue. Mais le plus souvent, il faut que je me rende à l’évidence : « c’est un peu trop galère ! ». Herbes folles et buissons bien trop piquants, j’ai beau zigzaguer et tenter d’oublier les nombreuses difficultés en photographiant des fleurs, des oiseaux et de rares papillons ou criquets, le résultat est toujours le même : « le bon et unique itinéraire est toujours bitumé ! »  Alors le tracé que j’ai choisi n’est-il pas un vrai chemin de randonnée ? Ou peut-être n’ai-je pas fait le bon choix ? Un coup d’œil sur mon bout de carte I.G.N, que j’ai dès le départ enfoui au fond de ma poche sans jamais l’avoir trop analysé, me prouve le contraire mais le château est presque déjà là, juste au dessus de ma tête. S’il ne me reste plus qu’à y monter, le balisage, lui,  me rappelle constamment à l’ordre pour me remettre dans le droit chemin. Une trace blanche et rouge peinte sur une vieille borne puis une flèche avec la mention « château » peinte sur l’asphalte sont là pour me rappeler quel est le bon chemin.  Je suis bien sur le GR.367 plus communément appelé « Sentier cathare ». « Sentier cathare ou sentier bâtard ? »   Je me pose la question, tant marcher constamment sur du goudron m’agace au plus haut point. Vouloir en sortir ne regarde que moi et quelques fines égratignures sanguinolentes sur mes avants-bras tendent à me dire que j’ai déjà eu tort. Je persévère. Si cet aspect « asphalte » du chemin m’agace, heureusement, d’autres pôles d’intérêts sont constamment là pour me distraire et essayer de me le faire oublier. Sous un ciel bien tourmenté de bleu, de gris et de blanc, mais toujours merveilleusement beau, ces pôles d’intérêts ont pour nom « château d’Aguilar », « Massif du Canigou », « amandiers fleuris » et à un degré moindre « Montagne de Tauch ». Ces pôles d’intérêts attirent l’œil du randonneur solitaire que je suis et l’objectif de mon appareil-photo comme une aimantation qui se voudrait spontanée. Quand deux de ces sujets sur trois se présentent sur un seul et même plan photographique, c’est la quasi assurance d’une belle photo. Jamais, je n’aurais imaginé un « Canigou » aussi parfaitement visible depuis Tuchan, et surtout aussi beau ! Après tout, les altitudes de 140 à 160 m dans la vallée et de 296 m au château sont relativement modestes. Outre, ces superbes paysages, mon appareil-photo et moi continuons à être aux aguets des oiseaux. Il y a beaucoup de pinsons, quelques chardonnerets et des bruants un peu partout. Les vignes, elles, sont occupées par des bergeronnettes grises, des alouettes et de rares traquets-oreillards reconnaissables à leur plumage noir et blanc. Comme toujours, les buissons les plus touffus sont le repaire des fauvettes. Avant les derniers lacets de la route, une brève portion non asphaltée sur un étroit sentier me remets du baume au cœur. Mais non, ce n’est qu’un bref raccourci et l’itinéraire se poursuit et termine sa course sur le bitume à l’entrée du parking du château.  Toujours est-il qu’en arrivant devant la baraque du château, à l’intérieur de laquelle se trouve une charmante hôtesse d’accueil, je suis passablement énervé. « Il n’y a pas d’autres chemins que la route bitumée pour venir à pied depuis Tuchan jusqu’au château ? » lui demande-je. Elle me répond que « non » et rajoute « la municipalité réfléchit à en créer un ! » puis dans la foulée s’exclame « mais je ne pense pas que ce soit prévu pour cette année ! ». Je lui rétorque très brièvement « un vrai sentier de randonnée digne de ce nom depuis Tuchan serait pourtant pas mal ! » Etant parti sans eau, j’ai trop soif pour continuer à discuter. Elle a une bouteille d’eau à me vendre, fraîche de surcroît, et pour l’heure c’est là l’essentiel. Après m’être acquitté de l’eau, d’un billet de 4 euros pour une visite, je me mets à grimper vers le château avec deux dépliants explicatifs dans une main et la bouteille d’eau dans l’autre. La bouteille a très vite mes faveurs car pour être franc je suis parti faire cette randonnée la fleur au fusil. Oublier d’analyser le tracé I.G.N enregistré dans mon GPS est une chose, oublier d’emporter de l’eau est une faute impardonnable. Ce n’est pas dans mes habitudes. Par contre, l’Histoire du château, elle, a déjà bien retenue toute mon attention. Avant de venir ici, et comme je l’avais fait pour le château de Peyrepertuse, j’ai fait quasiment le tour des sites évoquant Aguilar et son Histoire n’a plus guère de secrets pour moi, or mis peut-être les nombreuses dates que je n’ai pas toutes retenues par cœur. Une fois ma soif étanchée, les dépliants s’avèrent pourtant très intéressants. Ils s’attardent sur l’architecture des différents bâtiments et leurs élévations parfois si distinctes dans le temps. Cela enrichit la visite et c’est évidemment un plus pour comprendre le reste de l’Histoire. Dépliants en mains et appareil-photo autour du cou, je passe presque une heure à cette visite très détaillée. Je prends des photos du château et de ses différents vestiges sous toutes les coutures mais aussi des panoramas qui s’entrouvrent encore bien plus magnifiquement qu’en bas. Chapelle Sainte-Anne, fortifications successives, tours, archères, voûtes, citerne, logis, chaque élément de l’édifice nous rappellent qu’une humanité a été présente ici. Besoin de croire, de se protéger, de se défendre, de s’organiser, de vivre et à des pouvoirs successifs d’asseoir une certaine autorité sur les autres, voilà la vie que l’on peut facilement imaginer. Comme tous les pouvoirs, ceux d’Aguilar ont fini par disparaître et il ne reste que les vestiges de ce château que leurs édificateurs avaient sans doute pensé indestructible. Faut-il pour autant que ceux qui nous gouvernent aujourd’hui tirent des enseignements du passé ? Vaste sujet philosophique ! Une fois arrivé à sa partie la plus haute, je m’arrête pour marquer une longue pause « fruits et biscuits ». Si j’ai oublié l’eau, par bonheur, je n’ai pas oublié tout le reste et l’herbe verte et fraîche qui pousse ici dans la dernière enceinte est une invitation à un arrêt bienvenu tant en ce début mars la chaleur est déjà de mise. Cette pause est d’autant plus bénéfique, que dès avoir quitté le château, c’est une sévère piste ravinée et caillouteuse qui m’attends. Elle s’élève vers la Bergerie de Fajol, que la carte I.G.N me décrit comme des ruines, mais qui, en réalité, s’avère être une superbe propriété privée. Je m’en approche au plus près mais à la seule perception de la magnifique bâtisse, j’enclenche aussitôt une marche arrière. Je me dis que si des gens ont trouvé le courage de venir vivre ici, dans ce coin si beau mais si solitaire et si austère, réparant sans doute à la sueur de leur front ce qui devait être les ruines d’une ancienne bergerie, il faut les laisser tranquilles et respecter leur isolement. La piste qui redescend est la copie conforme de celle que je viens de gravir, c'est-à-dire très caillouteuse. Elle nécessite attention et même prudence dans la mesure où sous les chaussures, les petits cailloux ronds se transforment en autant de billes prêtes à vous faire patiner et rouler à terre. Le lieu ne se prêtant pas à un patinage fût-il artistique, le bâton de marche que je n’ai pas cru bon d’emporter me manque au plus haut point. Le seul mais non négligeable attrait de cette descente « infernale » est d’être un chemin de ronde très éloigné du château mais qui en permet des vues nouvelles mais à chaque instant admirables. Il est donc fortement conseillé de s’arrêter pour contempler le château. Finalement, c’est sans encombres, que j’atteins le bas de cette piste au lieu-dit la Bergerie Neuve, qualificatif que le vieille « borde » en ruines ne mérite plus depuis des lustres et sans doute depuis sa construction. Ici, l’asphalte que j’avais fini par oublier reprend ses droits et ce, jusqu’à la départementale D.39. Si j’ai comblé cette nouvelle marche forcée sur le bitume grâce à la présence de nombreux oiseaux, l’arrivée ici sur la D.39 me laisse quelque peu perplexe. Alors que Tuchan ne se trouve pas très loin sur ma droite, le tracé G.P.S m’indique de traverser la route pour carrément partir à l’opposé, tournant ainsi le dos à la ligne d’arrivée la plus directe et la plus proche. Alors que je suis occupé à analyser ma carte et hésitant à prendre cet itinéraire, itinéraire pourtant confirmé sur mon bout de carte I.G.N, très vite, je crois en comprendre la raison. Sans aucun bas-côtés pour marcher, cette D.39 est très fréquentée par les véhicules. En quelques minutes d’arrêt, j’en vois passer une bonne douzaine. Cela suffit pour la considérer comme trop dangereuse. Je renonce à la suivre, traverse la route et continue le tracé enregistré dans mon G.P.S. Alors que depuis un bon moment, le chemin zigzague au milieu des vignobles et des champs en jachère, m’interrogeant sur la suite, c’est l’instant que choisit mon G.P.S pour ne plus capter aucun satellite. C’est d’autant plus ennuyeux qu’au lieu-dit le Mas, suite à des travaux, un homme m’interdit ce que je considère comme étant le bon passage, passage à gué en l’occurrence sur la rivière de Domneuve, affluent du Petit Verdouble. Il me dit « continuez la piste par là et vous pourrez vous y retrouver plus loin ! ». Alors je n’insiste pas et emprunte la piste en me disant « M’y retrouver ? Me retrouver où ? Il est marrant lui ! ». Par bonheur, de l’autre côté du Mas ; sans doute une ancienne ferme composée de deux très grandes bâtisses ; deux jeunes couples m’indiquent que je pourrais probablement traverser le rivière un peu plus loin. Ils sont là, tranquilles, attablés à une aire de pique-nique et apparemment occupés à boire à ce qui ressemble à un apéro. Un apéro soit très précoce ou peut-être très tardif ; car il n’est que 16 heures. Ayant démarré à 13 heures, voilà déjà 3 heures que je marche et une fois encore la flânerie a guidé mes pas. Le lieu est agréable mais plutôt insolite, avec devant le mas, un immense champ complètement dénudé, planté d’un seul et splendide pin. Je continue la piste. Elle longe la rivière mais à bonne distance. De ce fait, je n’ai pour l’instant aucune possibilité de m’en approcher. Au bout du champ, la piste amorce un virage à droite et la rivière est là toute proche désormais. Le plus souvent barrée par des hautes cannes de Provence et des joncs plus petits mais très denses, chaque trouée dans cette haie touffue est l’occasion d’observer si un passage devient possible. Après trois tentatives négatives car la rivière demeure encore large et profonde, la quatrième est enfin la bonne. Ici, c’est un lit asséché de galets que je traverse sans aucun problème. Peut-être deux lits d’ailleurs, tant l’endroit ressemble à la confluence de deux ruisseaux asséchés. Un coup d’œil sur ma carte I.G.N me conforte dans l’idée que je suis bien à la confluence du Petit Verdouble et de la rivière de Domneuve. Mes tribulations au bord de ces deux ruisseaux, mi-en eaux et mi-asséchés font s’enfuir une quantité incroyable de volatiles, passereaux pour la plupart, mais aussi d’autres un peu plus imposants. C’est le cas d’un rapace et d’une aigrette dont les envols massifs, bruyants et inattendus me font sursauter. Finalement, je comprends mieux l’intérêt qu’il y avait à passer par là même si le chemin est plus long pour rejoindre Tuchan.  Il ne me reste plus qu’à retrouver le tracé de mon G.P.S. Si suivre la petite rivière de Domneuve n’est pas très pratique voire le plus souvent impossible, il faut néanmoins que je la garde comme fil d’Ariane. Mon bout de carte me confirme cette direction et la présence d’un large chemin côtoyant ce ruisseau. Voilà le nouveau petit challenge qui s’offre à moi. Plusieurs zigzags au sein de quelques vignes et finalement je retrouve mon tracé G.P.S assez vite. Dans l’immédiat, il s’agit d’un chemin herbeux longeant la rivière mais la piste observée sur ma carte finit par arriver très rapidement. Tuchan est là, parfois à droite, parfois à gauche, parfois droit devant selon les brèves sinuosités de l’itinéraire. Ma balade tire à sa fin. Un couple que je croise profite de la douceur ambiante de ce beau milieu d’après-midi pour se promener au sein du vignoble. Nous discutons un peu, de tout et de rien. Des banalités certes mais sommes toutes très sympathiques. Perchés au sommet de grands arbres, de petits rassemblements d’étourneaux criards apportent des touches sonores mais pas vraiment musicales. Perturbant le silence, je m’aperçois que ce dernier était souvent si parfait. L’intersection de la D.39 et de la D.611 est là. Ma voiture aussi. J’ai prévu d’aller visiter Tuchan mais la batterie de mon appareil-photo a décidé qu’elle a assez bossé pour aujourd’hui. Elle est vide. Je n’en ai pas de rechange. Décidement partir randonner la fleur au fusil ne me vaut rien. Voilà une leçon à retenir en plus des dates qui ont jalonnées l’Histoire du château d’Aguilar. Cette randonnée, telle qu’expliquée ici, a été longue de 10,7 km, égarements et errements inclus. Les montées cumulées de 326 m et le dénivelé de 180 m sont très modestes. Le point culminant est proche de la Bergerie de Fajol à 316 m et le point le plus bas à 136 m au niveau de la confluence des rivières Petit Verdouble et de Domneuve. Cartes I.G.N 2447 OT Tuchan – Massif des Corbières et 2547 OT Durban-Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25.


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  • Les anniversaires se suivent et se ressemblent, toujours aussi chargés d’émotions.

    Valentine a eu 18 ans, les anniversaires se suivent et se ressemblent....

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    Après mes 70 ans, merveilleusement fêté en famille à Notre-Dame de Coral et dont j’avais fait l’article de Mon Journal Mensuel de juin, que j’avais intitulé « Quand un rêve et un vœu deviennent réalité » , en ce 14 juillet, c’était les 18 ans de notre bien-aimée petite-fille Valentine que nous fêtions avec quelques jours de retard, car née un 6 juillet de l’an 2001. Dans un cadre magnifique, car en Avignon, et en bordure du Rhône, non loin du célèbre pont, toutes les familles s’étaient retrouvées dans un très beau restaurant pour fêter dignement l’anniversaire de notre chère et jolie Valentine. Il faut dire qu’avec son immense gentillesse et sa constante prévenance, la « petite » avait bien mérité autant d’attentions de ses parents et autant d’affections et de cadeaux de nous tous, familles et invités.

    Valentine a eu 18 ans, les anniversaires se suivent et se ressemblent....

    En effet, outre ses grandes qualités, elle venait en quelques jours d’obtenir son bac avec mention et son permis de conduire, c’est dire si ces parents étaient fiers d’elle, comme nous tous d’ailleurs. Si dans le passé, ses parents s’étaient séparés, ils ont toujours fait en sorte que Valentine soit choyée et bien éduquée. C’est ainsi que nous l’avons vu grandir sans trop la voir souffrir de cette séparation et sans voir apparaître les récurrents problèmes que connaissent les familles divorcées puis recomposées. Cette fête a été l’exemple même de ce que l’on peut faire de bien pour son enfant quand l’Amour avec un grand « A » permet d’oublier les rancœurs et tout le reste d’un passé qui n’avait pas bien fonctionné.

    Valentine a eu 18 ans, les anniversaires se suivent et se ressemblent....Une superbe tablée.

     

    Si personnellement, nous les grands-parents l’avions vu grandir avec bonheur, nous gardions en mémoire un voyage au Futuroscope pour ses 15 ans et quelques précédents anniversaires où tout s’était formidablement passé en famille. De ces souvenirs heureux, je gardais des poèmes que j’avais écrit pour elle en ces précédentes et émotionnelles occasions. Chose promise sur un poème lors de ses 9 ans, donc chose due pour ses 18, j’avais écrit une nouvelle poésie tout spécialement pour cette occasion. C’est donc les sanglots dans la voix que j’ai voulu une fois encore lui faire part de tout l’Amour que j’ai pour elle, enfin que nous ses grands-parents avons pour elle, car dans cet amour qui nous lie, je ne peux pas oublier Dany. En effet, je reste conscient du grand Amour qu’il y a entre-elles et les nombreux échanges téléphoniques en sont les preuves permanentes et formelles.

    Valentine a eu 18 ans, les anniversaires se suivent et se ressemblent....Valentine avec son père et Isabelle

    Valentine a eu 18 ans, les anniversaires se suivent et se ressemblent....Les grands-parents que nous sommes sont fiers de Valentine

    Valentine a eu 18 ans, les anniversaires se suivent et se ressemblent....La relève est assurée ! A table en tous cas !

    Le poème « Valentine a eu 18 ans » que j’ai écrit a pour but de d’illustrer que des personnes d’âges bien différents et donc avec des regards bien différents sur les choses de la vie peuvent s’aimer malgré leurs innombrables différences. A chaque âge, chaque regard et vice-versa. Nous vieillissons et les anniversaires que nous fêtons en sont les agréables témoignages. Celui-ci était à marquer d’une pierre blanche. Si la pierre était blanche et l'est restée, j’espère que j’ai noirci agréablement cette page.

    Valentine a eu 18 ans, les anniversaires se suivent et se ressemblent....Avignon, le Rhône et son célèbre pont, lieu merveilleux pour fêter un anniversaire.

    Valentine a eu 18 ans, les anniversaires se suivent et se ressemblent....Valentine avec un de ses cadeaux sur le dos. La vie est dure et parfois Valentine aura sans doute des coups à donner.

    Valentine as eu 18 ans (petit billet poètique de ma composition)

     

    Valentine a eu 18 ans, les anniversaires se suivent et se ressemblent....Avec son frère Joan. Comment ne pas être heureuse ?

     

    Valentine tu as eu 18 ans.

    Pas vraiment l’âge où l’on regarde une jolie fleur qui pousse

    Ou une perle de rosée sur un brin de mousse.

    Pas vraiment l’âge où l’on écoute le chant d’un oisillon,

    Ou l’on contemple l’envol des ailes poudreuses d’un papillon,

    Pas vraiment l’âge où l’on considère une étoile comme une ardente étincelle.

    La nôtre d’étoile brille mais on la désire toujours plus belle.

     

    A 18 ans, nos yeux ne sont pas encore sensibles à tout ça !

    C’est la Vie.

     

    Dans l’immédiat, vis la tienne. Tentes de la vivre intensément. Avec Amour. Amour des autres et amour de ce que tu vas en faire, de ce que tu vas faire. L’Amour c’est le plus important. C’est la Vie.

     

    Un jour, dans très longtemps sans doute, toi aussi tu observeras un fleur qui pousse, une perle de rosée, un brin de mousse, un oisillon qui chante, un papillon qui s’envole, une étoile ardente qui brille. En tous cas, je te le souhaite car quand moi j’observe tout ça, c’est toi aussi que je vois.

    Gilbert, ton papy qui t’aime très fort. Joyeux anniversaire !

     

     

     


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    Ce diaporama est agrémenté de la chanson "She" composée par Charles Aznavour et Herbert Kretzmer. Elle est notamment connue comme étant la musique du film "Coup de foudre à Nothing Hill" avec Julia Roberts et Hugh Grant.

    Elle est interprétée ici et successivement par Elvis Costello (chant), Acker Bilk (clarinette), Engelbert Humperdinck (chant), Gheorghe Zamfir (flûte de pan) et bien évidemment Charles Aznavour (chant).

    Le Circuit des Trois dolmens depuis Bouletenère

    Le Circuit des Trois dolmens depuis Bouletenère 

    Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


     

    Si pour vous les mégalithes ne sont que des tas de vieilles pierres ; ce qu’ils sont pour moi aussi, novice en archéologie que je suis ; si les longues et larges pistes forestières ne sont pas votre tasse de thé, il n’est pas certain que ce « Circuit des Trois Dolmens depuis Bouleternère » soit pour vous la randonnée dont vous avez rêvée. Rassurez-vous, je n’en n’avais pas rêvé non plus ! Elle était inscrite sur mes tablettes depuis quelques temps déjà,  voilà tout ! Toutefois, en ce matin du 21 mars le désir de marcher par une belle journée printanière était là, celui de m’élever pour observer quelques panoramas de notre belle région aussi, celui de découvrir le patrimoine de Bouleternère était un plus et enfin celui de me retrouver au milieu de la Nature avec un grand « N » et avec mon appareil photo était égal à lui-même, c'est-à-dire stratosphérique.  Autant l’avouer, dans cette balance entre les moins et les plus, les derniers cités l’emportaient largement, raison pour laquelle j’étais sur la ligne de départ de cette balade dont j’ignorais presque tout, y compris le tracé se trouvant enregistré dans mon GPS. J’avais bien évidemment un dessin de ce tracé sur une carte I.G.N et lu quelques informations concernant les trois dolmens que j’étais censé découvrir. Pour être franc, j’avais surtout retenu leurs noms, le fait qu’ils étaient de séculaires sépultures et enfin j’avais enregistré leurs coordonnées G.P.S car j’avais conscience qu’il aurait été ridicule d’en louper un. Etait-il utile d’en savoir plus ? Je ne le pensais pas ! Ayant trouvé ce tracé enregistrable sur Internet, j’étais là bien décidé à l’accomplir et si possible correctement et dans son intégralité. Là, et pour être plus précis, c'est à l’est de Bouleternère, la D.16, la côte 179 de la carte I.G.N , point situé entre les lieux-dits Les Monines et les Rières et au départ de la piste DFCI A62. Il est 10 heures. Je viens de garer ma voiture au début de cette piste et près de l’entrée d’une très belle bâtisse, mais surtout, j’ai prêté très attention à ne pas gêner la circulation car comme indiqué sur un panneau informatif  la « voie est réservée aux sapeurs- pompiers ». Rajoutons-y « SIP des Aspres – Protection des forêts contre les incendies » et dans ces conditions, je considère qu’il est impératif de respecter les consignes de sécurité car des vies peuvent en dépendre. La mienne parmi d’autres, j’en suis conscient ! J’en suis d’autant plus conscient, qu’à l’instant même où je démarre, l’hélicoptère de la Sécurité Civile passe au dessus de ma tête et me renvoie 14 ans plus tôt du côté du Pic des Tres Estelles où Dany et moi avions été hélitreuillé pour avoir manqué à la plus élémentaire des prudences. Cette absence de prudence, c’était celle d’être partis randonner la fleur au fusil, sans G.P.S en négligeant l’âpreté des éléments naturels ; neige et météo ; obligeant des hommes à venir nous secourir au péril de leur vie. Ne pas vouloir revivre un autre cauchemar ou le faire vivre à d’autres, on peut appeler ça l’expérience, la pratique mais aussi la sagesse et la considération.  Je démarre donc très sagement mais constamment aux aguets des éléments naturels qui m’entourent. La piste s’élève progressivement. Flore et faune sont déjà bien présentes et ont pour noms « genêt », « ciste cotonneux », « cytise », « bruyère arborescente », « papillons », « criquets » et « passereaux ».  Tous ces noms-là et quelques autres encore viennent s’inscrire dans la mémoire de mon appareil-photo numérique au gré de mes perceptions voire parfois au gré de mes intuitions à créer un reportage qui tiendra la route. Enfin, je l’espère en tous cas ! Dans l’immédiat, les paysages s’entrouvrent sur la plaine de la Têt et guère plus loin. Vision néanmoins suffisante pour distinguer quelques beaux fleurons touristiques de notre sympathique département, aux premiers rangs desquels il y a les Orgues d’Ille-sur-Têt, la ville elle-même, Força Réal et puis surtout l’aspect hautement maraîcher du secteur. Ici, le maraîchage, enfin plus globalement l’agriculture, offre un patchwork de couleurs vertes au milieu duquel les bourgeons naissants des pêchers apportent une touche rose singulière. Ça, c’est le côté vallée et pour le côté montagne, il me faut attendre quelques virages supplémentaires pour apercevoir un petit bout du pic du Canigou joliment enneigé et une magnifique vue aérienne de Bouleternère. Magnifique car au dessus de l’ancien village médiéval, le Massif du Madres pourtant beaucoup plus loin mais enneigé lui aussi forme une superbe couronne blanche. Il y aura bien d’autres panoramas sur la cité mais les plus beaux arriveront un peu plus tard. Dans l’immédiat, mon attention est attirée par deux rapaces tournoyant dans ce ciel bleu si limpide. A leurs larges et hautes circonvolutions et à leur manière de planer, le doute n’est pas permis, il s’agit bien de vautours fauves. Peu après, c’est un autre rapace, un peu plus petit celui-là, qui aiguise ma curiosité. Il vole à très basse altitude dans le Ravin des Mouillères et finalement, il choisit de se poser au sommet d’un pylône à haute tension, instant propice pour le photographier même s’il est très loin. Sans doute un « Buto buto », comme aurait dit un ornithologiste compétent mais pas obligatoirement latin. Plus simplement, une « Buse variable » selon moi. Après quelques sinuosités complémentaires, mais non sans mal et surtout grâce à mon point GPS, je découvre le premier dolmen, enfin ce qu’il en reste car sa dalle principale ne tient plus sur ses quilles. Ses deux « orthostates » comme aurait dit un spécialiste n’ont plus la « dalle », car cette dernière gît à terre. Pourtant, comme il n’est pas très imposant, il ne faudrait que quelques bras, 4, 5 ou 6 peut-être, pour que ce dolmen dit des Rières, retrouve une position conforme à son élévation originelle. En effectuant des recherches sur ce dolmen, j’ai trouvé sur le site « Mégalithe du monde » une photo où très étrangement on l’aperçoit encore debout. Idem sur le site « Lieux insolites.fr » avec des photos datant de 2005. On voit sur ces photos, un dolmen bien debout et un tumulus qui l’entoure parfaitement arrangé alors que de nos jours, on voit clairement que tout a été éparpillé. Alors j’ai cherché et finalement, sur le livre « Randonnées mégalithiques » de Jean-Philippe Lapeyre, édité par « l’Association Balades en pays catalan », on y apprend « qu’il avait été restauré par le municipalité de Bouleternère, mais la dalle de couverture a de nouveau glissé à l’arrière du coffre dolménique ». Je veux bien que la tramontane souffle fort mais au point d’envoyer choir à terre une pierre de plusieurs centaines de kilos, je trouve cela plutôt étonnant ! Sur ce livre, on apprend que ce dolmen a également pour nom « dolmen du Camp Gran II », nom que l’on retrouve aussi sur le site Wikipédia, appellation sans doute donnée par les archéologues roussillonnais chargés de leurs études et inventaires. Voilà ce que l’on peut dire de ce premier vestige qu’un criquet égyptien semble avoir fait sien. Un égyptien gardant un tombeau catalan, voilà qui ne manque pas d’originalité ! Je repars vers le second dolmen qui n’est guère plus loin. Il n’est pas très loin mais nécessite d’être à la fois attentif, curieux et persévérant. En effet, il faut revenir sur la piste principale et la poursuivre jusqu’à une étrange ruine dont la façade arrière a été amplement estampillée de cercles de peinture blanche probablement réalisés à l’aide d’un pochoir. Pourquoi ? Dans quel but ? Décoratif ? Je ne sais pas ! Toujours est-il qu’à proximité de ce mas ruiné, un fléchage de couleur jaune accroché à un chêne indique la marche à suivre. Le chemin longe une zone amplement débroussaillée mais plantée de quelques chênes puis un cairn signale un petit sentier qui vers la droite file jusqu’à ce dolmen lui aussi complètement effondré. Il a pour nom « Camp Gran I » mais on l’appelle plus communément le « dolmen des Mouillères ou des Mollères », appellation qu’il tient du « serrat » où il se trouve. Situé, lui, sur la commune de Saint-Michel-de-Llotes, il présente l’avantage d’offrir de jolies vues, sous condition d’avoir le courage d’enjamber quelques broussailles, broussailles parfois très agressives il est vrai.  Moi, le lieu me paraît si tranquille et si agréable que j’en profite pour faire une longue pause « en-cas ». Ensuite,  je reviens sur mes pas pour retrouver la piste délaissée à hauteur de la ruine peinturlurée. Là, je laisse sur ma droite, une citerne jaune à semi-enfouie puis carrément la piste au profit d’un étroit sentier à l’instant même où un petit piquet bleu stylisant un dolmen se présente. Ici commence la réelle déclivité et ce, sur une distance d’1,5 km environ pour un dénivelé d’un peu plus de 200 m. La terminaison de cette déclivité correspond au troisième dolmen à découvrir. Or mis la distance, voilà la seule et vraie difficulté de ce « Circuit des Trois dolmens ». Difficulté certes mais magnifiques panoramas car qui dit élévation dit presque automatiquement « plaisir des yeux ». Vue générale vers la vallée de la Têt et la Plaine du Roussillon, mais aussi et plus précisément vers d’autres lieux de balades, dont certains assez récents : barrage de Vinça, Ropidera et Montalba notamment. Vers les Aspres et en zoomant avec mon appareil-photo, j’aperçois la petite chapelle Sant Marti de la Roca au sommet de son promontoire rocheux. Une fois encore, je tente d’oublier la difficulté, en prenant des photos et en écoutant mon baladeur MP3.  Un autre piquet métallique, rouge celui-ci, m’oriente vers le dernier dolmen, celui plus monumental du Coll de la Llosa qui se présente très rapidement. Un groupe de randonneurs de Saint-Michel-de-Llotes occupe largement le monument et y pique-nique. Il y a même un homme qui roupille au milieu même du sentier. Je l’enjambe en prêtant attention à ne pas le réveiller. Je mets à profit cet instant de partage pour déjeuner moi aussi et ce, dans l’attente du départ du groupe, départ qui doit de permettre de prendre quelques photos sans enfreindre le droit à l’image. D’autres randonneurs arrivent, s’arrêtent devant le monumental dolmen mais disparaissent aussitôt. Une demi-heure plus tard, le groupe s’en va également et je me retrouve seul avec mon déjeuner non encore terminé. Le calme revenu, plusieurs lézards des murailles émergent des pierres du tumulus. Tout en déjeunant, je me mets en tête de les photographier mais ils ne tiennent guère en place. Mon pique-nique terminé, il est temps pour moi d’aller visiter le dolmen dans ses moindres détails et de prendre quelques photos. Si plusieurs cupules sont parfaitement visibles, dont certaines plutôt ovales, j’éprouve les pires difficultés à trouver la moindre croix, pourtant j’ai lu que le célèbre archéologue Jean Abelanet en aurait recensé 34. Où sont-elles ? Finalement, en cherchant bien et en me couchant sur la table, j’en décèle quelques petites. Enfin je crois ! Situé à 558 m d’altitude non loin du col qui lui a donné son nom, la dolmen servait de borne et donc de limite communale entre les villages de BouleternèreCasefabre et Saint-Michel-de-Llotes. Voilà ce que j’ai lu de ce très beau dolmen dont le tumulus a bien évidemment été remarquablement restauré. Les trois dolmens ayant été visités, il ne me reste plus qu’à terminer cette randonnée. Dans l’immédiat, Casefabre est la bonne direction à suivre même si ensuite, il faut éviter d’emprunter le sentier filant vers le Coll Sainte-Marguerite et lui préférer celui qui vers la droite va vers Can Père del Mas et le Bon Moussou. Ce petit sentier offre de très jolies vues sur les collines des Aspres au sein desquelles on peut distinguer le Prieuré de Serrabonne. Le sentier se termine sur une large piste entre les 2 lieux-dits cités ci-dessus. Il faut prendre à droite cette piste très longue qui se terminera à Bouleternère. Avec ses 7 kms environ, il est préférable de la prendre cool et pour cela rien de tel que de s’occuper l’esprit. Dans ce cas, et quand on est seul comme je le suis, mon appareil-photo et mon baladeur MP3 sont mes meilleurs compagnons et alliés pour ne pas voir le temps passer. Au lieu-dit le Bon Moussou (textuellement "le beau garçon"), ce sont les ruines d’une énorme bâtisse qui retiennent l’objectif de mon appareil-photo. Elles le retiennent d’autant plus qu’un couple de rouges-queues noirs semble les occuper. Par bonheur, les oiseaux sont peu craintifs et je réussis à photographier la femelle très rapidement. Très haute avec sans doute plusieurs étages et de très nombreuses pièces et appentis, cette ferme a du être très belle. Elle bénéficiait sans doute d’une vue plongeante et incroyable sur le vallon du Boulès. Grâce aux vues, à la flore, et à la faune et avec une belle musique relaxante dans les oreilles,  je déguste en douceur les kilomètres sans trop m’en apercevoir. Ravin de la Salvetat, la Quère, le Serrat del Ginèbre, bien malgré moi,  les noms défilent sur la carte I.G.N beaucoup plus vite qu’aux rythmes de mes pas. Mes pas, si je les traîne comme des boulets invisibles, je les traîne sans trop de peine et j’en suis satisfait. L’imposant Mas de la Quère, que j’aperçois en contrebas, a lui aussi a été peinturluré au pochoir de cercles blancs. J’en fais l’impasse car je tiens à visiter Bouleternère et ne veut pas rentrer trop tard chez moi. Il déjà est 16h30 quand j’entre dans le village. Les oiseaux y sont très nombreux et ralentissent mon envie d’aller visiter sa partie la plus ancienne. Si les oiseaux me retardent, je passe néanmoins une heure à découvrir le Bouleternère fortifié. Ses ruelles, ses murs d’enceinte, ses tours, ses portes et son église Saint-Sulpice, si monumentale qu’à priori on n’a du mal à savoir s’il s’agît d’une église fortifiée ou d’un château disposant d’un clocher-donjon. Il est vrai qu’à l’instant même où j’atteins ce qui ressemble à une source captée dominant le village, une gentille dame promenant son chien veut à tout prix m’entraîner vers le lieu-dit l’Oratory. Elle fait le forcing pour cela. « Venez voir comme Bouleternère est joli depuis là-haut ! » me dit-elle. Elle insiste. « Vous pourrez prendre des photos ».  Alors, je regarde mon bout de carte I.G.N et m’aperçois qu’il faut encore grimper par une piste. Alors je suis contraint de la décevoir en lui disant : « vous savez des vues aériennes de Bouleternère, j’en ai vu beaucoup aujourd’hui ! » et je lui explique en détail tout ce que j’ai fait de ma journée et où j’ai laissé ma voiture. N’étant pas toute jeune et connaissant forcément les lieux, elle semble à la fois heureuse que je lui tienne compagnie, compréhensive mais déçue aussi que ma compagnie soit si courte. Elle n’insiste plus mais pour lui faire plaisir, je reste avec elle un peu plus longtemps que prévu. Puis on se salue mutuellement. Il ne me reste plus qu’à finir ma visite et à rejoindre ma voiture et c’est au bas mot plus d’un kilomètre et demi qu’il me reste à faire dont l’essentiel sur la D.16. Telle qu’expliquée ici, cette randonnée a été longue de 16km200. Cette distance incluant la visite de Bouleternère et le retour vers ma voiture. Les montées cumulées s’élèvent à 1.234 m. Le dénivelé est de 413 m entre le point le plus bas à 177 m sur la D.16, non loin de la ligne de départ, et le Coll de la Llosa peu après le dolmen à 592 m. Enfin, je précise que ce secteur est très riche en dolmens et qu’il y en a bien d’autres que les trois visités au cours de cette randonnée. Je vous communique ci-dessous un lien en dressant une liste. Carte I.G.N 2448 OT Thuir - Ille-sur-Têt Top 25.

    Autres dolmens autour de Bouleternère : http://bouleternere-randonnees.e-monsite.com/album-photos/le-dolmens-de-et-autour-de-boueternere/

     

     

     

     


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  •  Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.

    Qu’y a-t-il de plus beau que de réaliser un rêve pour fêter son propre anniversaire ?

    Qu’y a-t-il de plus enviable que de voir un vœu se concrétiser ce jour-là ?

     

    En ce samedi 8 juin 2019, c’est pourtant ce que j’ai vécu.

     

    Pour moi, l’incrédule, difficile à admettre mais ce jour était sans doute béni par quelques dieux.  Il est vrai que le lieu choisi pour fêter mon 70eme anniversaire (*) s’y prêtait pleinement :  Notre-Dame de Coral (**) dans le Vallespir. En effet, voilà qu’un rêve effectué il y a 10 ans déjà, rêve ensuite formulé sous la forme d’un vœu, était entrain de devenir réalité. J’étais aux combles du bonheur même s’il faut admettre que je venais de faire en sorte qu’il en soit largement ainsi.

     

    Voilà l’histoire de ce rêve et de ce 8 juin 2019 où il s’est enfin réalisé. Les deux resteront à jamais gravé dans ma mémoire :

     

    L’histoire de ce rêve et de ce vœu :

    Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.

     

    Il y a 10 ans, le 17 août 2009 pour être plus précis, je me lance dans le tour pédestre d’une région catalane qui s’appelle le Vallespir. En avril de l’année précédente, j’ai pris ma retraite et ce tour fait partie des projets et challenges qui me tiennent à cœur. Ma retraite a coïncidé avec le goût de l’écriture, l’amplification du plaisir de la découverte et de l’apprentissage de la Nature allié à celui de la photographie que j’ai toujours aimée. Pour être franc, j’ai tellement idéalisé ma retraite, que des projets tels que celui-ci j’en ai plein la tête. Mes enfants et Dany mon épouse me le reprochent d’ailleurs et me trouvent bien trop égoïste dans mes entreprises. Trop souvent devant mon ordinateur où je passe le plus clair de mon temps à développer deux sites Internet consacrés notamment aux randonnées pédestres, randonnées qui pour moi sont quasiment devenues un « principe de vie ». Le reproche que j’entends le plus souvent, sans doute à juste titre, est « tu passes tout ton temps devant l’ordinateur » !  Ce reproche est-il justifié après avoir bossé très dur et notamment sans jamais compter les heures pendant de très longues années ? Voilà le type de questions qui me tourmente.  Il y en a bien d’autres, parfois du même acabit, mais d’autres plus existentielles. La question de la « célérité » et de la « futilité » de la vie fait partie de ces dernières. Il est vrai que j’ai perdu quelques êtres chers, décédés très jeunes, qui eux n’ont pas eu la chance d’atteindre la retraite et donc d’en profiter. J’ai acquis la certitude que le temps défile bien plus vite depuis que je suis retraité. Je trouve les journées constamment trop courtes pour faire tout ce j’ai envie de faire et ce tour du Vallespir que je vais accomplir représente pour moi un ralentissement indispensable dans cette fuite en avant. Bien sûr, j’aurais amplement préféré que Dany mon épouse l’accomplisse avec moi, mais des douleurs articulaires dues à sa polyarthrite chronique lui laissent peu de répit, surtout ces derniers temps. Partir avec elle avec les difficultés que j’appréhende déjà pour avoir longuement analyser ce périple équivaudrait à prendre des risques déraisonnables. Voilà ce que je pense. Est-ce un vision égoïste ? En effet, ce tour est à réaliser en 6 jours et donc en 6 étapes dont j’ai décrété que le départ serait la jolie commune d’Amélie-les-Bains. Beaux chemins la plupart du temps mais très rudes le plus souvent, paysages sublimes et panoramas à couper le souffle, sur ce périple, les portions planes sont quasiment inexistantes. Quand aujourd’hui, je refais ce tour dans ma tête, et autant que je m’en souvienne, je n’en vois pratiquement pas sinon sur quelques mètres seulement. Harnaché d’un sac à dos de 19 à 20kg en moyenne ; 21 au départ ; la distance totale de 125 km et les 10.600 mètres de montées cumulées  (et autant en descentes) ont été « âpres » mais jamais amères dans mon coeur. J’ai pris énormément de plaisir à arpenter ces montagnes mais j’y ai connu aussi de grosses galères et des coups de blues inimaginables. Lors de la 3eme étape, une des moindres en dénivelé gravi, mais la plus difficile en terme de problèmes à résoudre, j’ai finalement trouvé un titre au futur récit de ce tour pédestre que j’imagine d’écrire une fois de retour : « Sur les hauteurs d’une vallée âpre ». En réalité, et à l’instant où je marche sur d’énormes pierriers comme on marche sur des œufs sans vouloir en casser aucun, c’est un autre intitulé qui a surgi de ma tête comme un diablotin de sa boîte : « Sur les hauteurs âpres d’une vallée », mais le nom « Vallespir » la fameuse « Vallis asperi » des Romains signifiant « vallée âpre », la première formule est vite devenue une évidence. C’est bien toute la vallée qui est âpre, ses hauts flancs inclus.

    Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.

     

    Si la première étape « Amélie-Batère », se déroule sans trop de problèmes malgré un petit égarement au départ, une grosse canicule en cours de route et un peu de pluie à l’arrivée, la deuxième étape « Batère-St Guillem de Combret » me rappelle très vite qu’en janvier de la même année une tempête d’une incroyable violence a sévi sur tout le département, dans le Vallespir en particulier, mais plus globalement dans une immense partie de la France et de l’Europe. Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.Elle avait pour nom « Klaus » et avait fait des dizaines de victimes. Des victimes humaines bien sûr mais des forêts dévastées un peu partout et ici en particulier. En arrivant à Saint-Guillem, j’éprouve les pires difficultés à rejoindre la chapelle puis le refuge à cause d’un incommensurable fatras d’arbres fracassés. Finalement tout se termine bien et je passe une nuit admirablement douce et réparatrice dans le refuge non gardé. Au départ de cette 3eme étape « St-Guillem-Prats-de-Mollo », je suis donc frais et dispo à affronter le point culminant de ce tour, le col de Serre-Vernet à 1.807 m d’altitude. Bien que je ne connaisse rien de l’itinéraire mais selon l’analyse que j’en ai faite, ce sommet et plus globalement l’étape n’ont rien d’effrayant de prime abord. Une fois encore, si je démarre par un petit égarement à cause d’un panonceau « vicieusement » mal placé car détourné par une personne peu intelligente mais méchamment perverse, l’arrivée au col et la suite sur le fameux pierrier s’effectue sans problème. Je redouble d’attention pour ne rien me casser. La mauvaise descente du puig dels Sarraïs et du pic de Granarols se déroule donc sans problème jusqu’au Puig des Lloses. Ici commencent l’itinéraire du GRP Tour du Vallespir filant vers le col du Miracle (***) et mes plus gros soucis. Arbres arrachés ou carrément brisés sur de très larges bandes par la tempête Klaus, je me fourvoie pendant des heures pour trouver un passage vers le col du Miracle mais toujours en vain. Le Miracle et sa belle légende ne veulent pas de moi ? Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.A force d’enjamber des arbres, je finis par tomber de haut dans un bosquet de ronces et de grandes orties et j’en sors tout boursouflé et bien égratigné des pieds jusqu’au cou. J’ai même une belle plaie sanguinolente au genou droit. Seule ma tête a réchappé à cet enfer forestier. Pendant un instant, j’imagine même appeler les secours avec mon téléphone portable mais une vue de Prats-de-Mollo puis celle d’une piste se trouvant en contrebas finissent de me convaincre de me débrouiller tout seul. Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.Quand finalement, je sors de cet effarant fouillis d’arbres desséchés et que je retrouve le panonceau « Puig des Lloses » prêt à adopter un autre itinéraire vers le Fort Lagarde, je m’aperçois que j’ai perdu mon appareil-photo. Impensable de continuer sans faire des photos ! Alors retour vers un passé antérieur pas si simple mais qu’au contraire je sais complètement imparfait. Par bonheur, le miracle qui s’est refusé à moi jusqu’à présent a pitié de moi et il me faut moins d’une heure pour retrouver mon appareil-photo. Une petite aiguille dans une immense meule de foin, voilà à quoi j’ai toujours comparé cette retrouvaille ! Je ne verrais jamais le col du Miracle et son bel oratoire mais pour moi le miracle a eu lieu et c’est bien là l’essentiel. Quand à 20h du soir, Prats-de-Mollo et l’hôtel Ausseil se présentent, j’ai erré plus de 5h dans cette forêt infernale. Je ne suis pas beau à voir mais je suis debout sur mes deux jambes et donc prêt à terminer ce Tour du Vallespir. La nuit portant conseil, je fais le choix du parcours le plus simple et le moins long pour rejoindre Notre-Dame de Coral, terme de la 4eme étape. La tour de Mir, que je connais déjà n’aura pas le plaisir de me mirer ce jour-là. Malgré les épreuves de la veille, mes plaies et mes rougeurs corporelles, j’arrive en début d’après-midi à l’ermitage si cher à la vierge Marie et à ses ouailles. J’y suis magnifiquement accueilli et une « bonne » sieste me permet de récupérer un peu de mes tribulations de la veille. Notre-Dame de Coral, que je connais un peu mais finalement très mal, m’enchante à tous points de vue. Sa chapelle si belle et si sobre, son histoire dont je prends connaissance bien trop rapidement dans un petit livre de l’abbé Joseph Gibrat que je feuillette, son cadre magnifique et bucolique, la douceur du lieu, les animaux de compagnie à la fois si charmants et si déplaisants parfois, le couple charmant qui me reçoit, m’héberge et me cuisine un super souper et un p’tit déj incroyablement revigorant. Ici, j’ai le sentiment d’être arrivé dans un endroit qui n’attendait que moi, l’éclopé que je suis devenu par la puissance des éléments naturels.

    Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.

    Avec ce tour du Vallespir, je vis de moments intenses. L’âpreté et la solitude m’ont entraîné par la force des choses à réfléchir à énormément de choses. Je suis prêt. Certains diront que je suis mûr pour de fourmillantes réflexions. Ici tout m’incite à des pensées que je n’avais jamais connues auparavant. Un travail sur soi-même comme diraient certains. Pas vraiment un travail selon moi mais de nouveaux moments intenses qui sont la suite logique des premiers connus sur les chemins. Moments de réflexions sur ma vie, ce que j’en ai fait et en fais encore, les êtres qui me sont chers et qui comptent bougrement, ceux qui ne sont plus là mais auxquels je pense parfois si ardemment. Surtout quand je marche seul. Oui, c’est bien ici à Notre-Dame de Coral que je fais ce rêve de vouloir près de moi les êtres que j’aime le plus au monde. Le lendemain, en reprenant ce joli chemin qui descend en serpentant vers Lamanère, ce rêve s’est transformé en un vœu. Je me suis arrêté pour photographier un vieil oratoire Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.et ce vœu m’est venu sous la forme d’une prière.  C’était celui d’y amener un jour les personnes qui sont toute ma vie : ma femme, mes enfants et mes petits-enfants. Un jour peut-être ils seront là tous avec moi ? Comme tous les vœux, on les lance en l’air sans trop y croire car on sait tous que la vie est compliquée et qu’elle a une forte tendance à séparer puis à éloigner les êtres qui s’aiment. Il en est ainsi et il est parfois très difficile d’aller à contre-courant. Voilà à quoi je pense en descendant vers Lamanère mais une fois encore les beautés, les difficultés du parcours et les imprévus finissent par prendre le dessus sur mes troublantes et interrogatives pensées. Les beautés, les imprévus et les difficultés se confondent parfois et  ici c’est le cas. Les difficultés et les imprévus sont l’obligation de grimper vers les hautes Tours de Cabrens non prévue sur mon itinéraire puis un autre imprévu mais très beau celui-ci, c’est cet incroyable visage de profil sculpté dans la falaise par Dame Nature. Quand aux autres beautés, elles sont devant mes yeux à chaque instant avec des panoramas à 360 degrés qui se dévoilent depuis les tours.Quand un rêve et un voeu deviennent réalité. La suite vers Saint-Laurent de Cerdans, terme de cette 5eme étape,  est quelque peu fastidieuse, mais à l’arrivée,  l’accueil si charmant de mes hôtes, Isabelle et Mario, me fait vite oublier la pénibilité de ce circuit qui se termine déjà demain. Je démarre cette dernière et sixième étape « St-Laurent de Cerdans – Amélie-les-Bains » avec des pensées indécises et même conflictuelles. Entre l’envie de poursuivre cette longue randonnée que j’ai tant aimée et le désir encore plus fort de retrouver Dany. Un peu déprimé ? Peut-être. Tout en marchant, mon esprit vagabonde tant qu’il finit par chavirer. Alors que j’arrive au lieu-dit La Bouadelle, je me vois contraint de grimper une sente très raide et très caillouteuse qui s’élève vers la Serra de la Garsa. Qu’a-t-elle de plus que les autres cette élévation ? Plus raide ? Plus caillouteuse ? Fait-il plus chaud que les autres jours ? Suis-je plus fatigué par l’accumulation des efforts ? Ai-je un peu trop chargé mon sac à dos en prévision d’une journée caniculaire ? Sans doute un peu tout ça ! Toujours est-il que cette marche devient funèbre et que je me mets à pleurer comme jamais auparavant, pensant à tous les êtres qui m’étaient chers et qui ont disparu. En réalité, ça commence avec mon frère parti si tôt à l’âge de 46 ans. J’aimerais tant qu’il soit à côté de moi à cet instant. Il m’aiderait sans doute. Puis c’est ma mère, encore vivante, mais dont l’état n’a fait que se dégrader à cause de la maladie d’Alzheimer et depuis qu’elle est entrée dans le service spécialisé d’une maison de retraite. Elle ne reconnaît plus personne de la famille mais surtout elle ne marche plus et a perdu 30 kg en moins de 6 mois. Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.Tout en gravissant cette méchante sente, je pense à tout ça et je vis cette déchéance corporelle de ma mère comme la plus terrible des injustices. Quand ce n’est plus ma mère, c’est mon père parti trop tôt lui aussi à l’âge de 64 ans et sans avoir pu goûter aux joies de la retraite. Quelle injustice là aussi ! Puis c’est Adèle, ma grand-mère paternelle chez laquelle j’ai passé trois années scolaires singulièrement bénéfiques dans cette transition primordiale entre jeunesse et vie d’adulte. Je n’avais pas pleuré en apprenant son décès mais en me remémorant certains aspects de nos relations si souvent désopilantes, je pleure sur ce passé que j’avais fini par oublier, enfouis qu’ils étaient au fond de ma mémoire. Puis ce sont les reproches de mes enfants qui reviennent violemment dans ma tête dans ces instants déjà si pénibles. Quand finalement, toujours en pleurs, j’arrive au sommet de cette haute butte, je m’effondre les bras en croix, complètement vidé par ce que je viens de vivre. Moments inimaginables à l’instant où je les ai vécus mais si humainement bienfaisants quand j’y repense aujourd’hui.  Je reste là allongé pendant de très longues minutes avant de me relever et de retrouver un peu mes esprits et une respiration presque normale. Les panoramas sont sublimes mais mon appareil photo qui a sans doute beaucoup trop « bourlingué » ne réagit plus comme il faudrait. Il a vécu un épisode bien trop humide et les photos sont pâles, ternes et sans aucun relief blanchies qu’elles sont par de la buéQuand un rêve et un voeu deviennent réalité.e qui ne disparaît jamais. Là aussi mon moral en a pris un coup quand hier je me suis aperçu de ces dysfonctionnements. Une fois passé ce violent épisode dépressif, la suite et la fin sont nettement meilleures même si le manque d’eau se fait sentir dès la montée de la Serre de Montner et ce jusqu’à l’arrivée.

     

     

     

    Une grande bière bien fraîche prise dans un bar d’Amélie a pour effet de remettre tout en place et quand j’arrive à la maison, j’ai le sentiment d’être le même homme que celui qui était parti. Enfin, j’essaie de donner cette impression mais en réalité, ce Tour du Vallespir est là, gravé dans ma tête pour très longtemps encore. Peut-être toujours. Il m’a changé. Il m’a conforté dans l’idée qu’à la retraite le temps presse et qu’il faut en profiter sans pour autant négliger ceux que l’on aime. Vaste et difficile programme. Contrairement à ce que chantait Charles Trenet, mes jeunes années ne couriront plus dans la montagne……même si les randonnées resteront parmi mes passe-temps préférés.

     

    Parmi tous ces instant, parfois magiques et bénéfiques, parfois « âpres » et très difficiles, il reste ce rêve réalisé à Notre-Dame de Coral : celui d’y amener un jour toute ma famille…..

     

    L’histoire de sa réalisation :

     

    J’ai longuement préparé la réalisation de mon rêve. En mars 2017, Dany et moi sommes venus à Notre-Dame de Coral lors d’une randonnée pédestre à partir du col d’Arès. Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.Nous y avons rencontré Franck, le nouvel aubergiste que je ne connaissais pas. J’ai posé quelques jalons sur ce qu’il était capable de faire en terme d’accueil, de couchages et de repas. Mais ce jour-là, comme nous étions partis sans trop savoir si le gîte serait ouvert, nous avons déjeuné du pique-nique que nous avions emporté. J’ai tout de même noté que Franck était très accueillant même si sa compagne qui est aux fourneaux est restée invisible. Alors, j’ai commencé à repenser à ce rêve que j’avais fait en 2009 lors de mon périple sur le Tour du Vallespir. Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.Pourquoi ne pas imaginer quelque chose pour mes 70 ans ? Cette question trouva un gros début de réponse quand en janvier 2019, nous somme revenus pour déjeuner et trouver les dernières solutions aux interrogations qui subsistaient. Le repas a été super et a fini de nous convaincre Dany et moi. Franck nous a donné toutes les assurances que nous attendions. Comment héberger plus d’une dizaine de personnes ? Quel repas d’anniversaire Franck et Isabelle étaient à même de nous proposer ? Que faire autour de cet anniversaire pour que la découverte de Notre-Dame de Coral ne se résume pas à un voyage en voiture et à un ennuyeux pèlerinage pour incroyants non-pratiquants dans un coin perdu de la montagne vallespirienne ? Toujours avec l’aide de Franck, 80% de nos desideratas se mirent en place le jour même. Puis nous avons affiné nos besoins par téléphone et mails et Isabelle et Franck ont toujours très gentiment répondu à nos attentes et toujours pour des tarifs plus que convenables. Nous serions 11 personnes, enfants, petits-enfants, conjoints et ami(es) très proches. Nous occuperions les deux chambres et un des dortoirs. Une zarzuela serait concoctée par nos hôtes et serait complétée d’un copieux apéritif et d’une entrée « salade catalane ». Le dessert c'est-à-dire le gâteau d’anniversaire serait un énorme et délicieux framboisier maison. En réalité, tout allait être « maison », Franck me l’avait promis et même juré.  Pour l’ensemble des boissons, Franck m’avait mis à l’aise et sans droit de bouchon, il avait accepté que je porte tout moi-même. Les prix en demi-pension étaient arrêtés ainsi que les suppléments pour l’apéro et le gâteau et ils me convenaient complètement car j’avais déjà confiance dans la qualité qui nous serait offerte. Mon rêve allait se réaliser et avec Dany nous languissions ce samedi 8 juin et dimanche 9 juin. C’était bien 2 jours que nous allions passer en famille et j’avais tout imaginé pour que  l’ennui ne soit pas de mise. Petite randonnée de 7 km autour de l’ermitage pour tous ceux qui en auraient envie, repas d'anniversaire en soirée, puis le dimanche serait consacré au domaine « Monto z’arbres » de Prats-de-Mollo. Sauf qu’une semaine avant le jour fatidique, en téléphonant, j’ai appris que cet accrobranche avait définitivement fermé ses portes. Par bonheur, la cité espagnole de Mollo disposait d’un autre accrobranche et d’un parc animalier où il n’était pas indispensable de réserver. Tout était donc en place pour que ça se passe au mieux et je crois que finalement tout s’est formidablement bien passé.

    Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.

    Mon rêve et mon vœu se sont magnifiquement réalisés et je ne remercierais jamais assez Dany,  mes enfants Jérôme et Carole, leurs conjoints Isabelle et Jean-Christophe, mes petits-enfants Robin, Eulalie et Valentine et son ami Stéphane ainsi qu’Emma, la fille d’Isabelle. Ils ont tous joué le jeu de la randonnée programmée et ils ont tous grandement participé à la réussite de ces 2 jours en ne rechignant jamais à participer à tout ce que j'avais imaginé. Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.En sus, j’ai eu de très beaux cadeaux et une immense carte souvenir où chacun y est allé de beaucoup d'amour et de gentillesse. Un truc à vous faire chialer ! Je remercie très sincèrement Franck pour son accueil si simple et si spontané mais toujours tellement chaleureux. Comment ne pas remercier sa compagne Isabelle pour le superbe repas qu’elle nous a concocté. Ne l’ayant jamais vu, sans doute très discrète et trop occupée derrière ses fourneaux, on regrettera simplement de ne pas avoir pu la féliciter de vive voix. Mais respecter la vie privée de quelqu’un qui veut rester discret et ne veut peut être pas avoir la lumière sur soi, n’est-ce pas un principe de vie le plus respectable qui soit ?

    Après tout n’avais-je pas caché ce rêve et ce vœu à tous mes proches depuis presque 10 ans ?

    Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.

     

    Quand un rêve et un voeu deviennent réalité.

    (*) J'ai fêté mon 70eme anniversaire le 23 avril 2019 exactement mais pour des raisons de disponibilités de toutes les personnes présentes, j'ai été contraint d'arrêter les dates du 8 et 9 juin. 

    (**) Notre-Dame de Coral : Voici quelques sites Internet qui vous permettront d'en savoir un peu plus sur cet édifice religieux. Ils existent également deux vieux livres parus à son propos.  

    https://www.les-pyrenees-orientales.com/Patrimoine/ErmitageNotreDameDuCoral.php

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ermitage_Notre-Dame-du-Coral

    https://www.sudcanigo.com/item/notre-dame-du-coral/

    http://www.lamanere.fr/fr/information/53473/notre-dame-coral

    https://www.facebook.com/AubergeNotreDameDuCoral/

    (***) Col du Miracle : En 2009, suite aux problèmes que j'avais rencontrés , je n'avais jamais pu rejoindre ce col. J'ai comblé cette lacune en y retournant lors d'une randonnée réalisée le 22 novembre 2017.

     

     

     

     


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  • Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques du compositeur gréco-américain Chris Spheeris extraites de sa compilation "The Relaxing Music". Elles ont respectivement pour titre : Lanotte (avec Paul Voudouris), Mediterraneo, Juliette et Psyche.

    Le Chemin des Amandiers sauvages : Saint-Estève - Baixas - Peyrestortes

    Le Chemin des Amandiers sauvages : Saint-Estève - Baixas - Peyrestortes

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    Voilà déjà pas mal de temps que je voulais partir à la découverte des communes de Baixas et de Peyrestortes que je ne connaissais pas, et ce malgré leur grande proximité de mon domicile. Faire ça à pied et en partant de chez moi, c'est-à-dire de Saint-Estève, me semblait donc un challenge intéressant. D’autant plus intéressant, que pour moi, la distance d’une quinzaine de kilomètres environ devenait un véritable défi. Défi car voilà déjà trop longtemps que mes dernières randonnées me tenaient à l’écart d’une telle distance. Restait donc à choisir le meilleur moment de l’année pour ce faire. Pratiquant régulièrement le VTT dans le maquis stéphanois, ce choix vint à moi très rapidement et comme une évidence : février bien sûr, époque où tous les amandiers sauvages (***) se parent de milliers de fleurs blanches ou roses. A cette beauté florale, et pour le passionné ornithologique que je suis, j’avais espoir que les passereaux soient déjà bien présents. J’espérais qu’entre les nombreux oiseaux désormais sédentaires et ceux dans la migration est un simple « court ou moyen courrier », l’addition des deux m’offrirait un agréable foisonnement dont je tirerais profit sur le plan photographique. Mes objectifs étaient clairs. Il ne me restait plus qu’à trouver le chemin, c'est-à-dire le « Chemin des Amandiers sauvages ». A vrai dire, ce ne fut pas le plus difficile car mes pérégrinations habituelles en VTT ont été là pour m’aider. Un minimum de bitume serait le mieux même si je savais à l’avance qu’il y en aurait quelquefois et parfois même beaucoup trop à mon goût. Mais comment éviter l’asphalte quand le but principal d’une randonnée pédestre est de partir à la découverte de villages ? Le 23 février au matin, toutes les conditions sont réunies : le ciel est d’un bleu d’une pureté incroyable, aucun nuage n’est visible quelque soit l’horizon où je me tourne et les rayons du soleil sont juste tièdes. Un temps idéal pour partir marcher. Pour couronner le tout, je suis seul à la maison car Dany vient de partir en Inde avec un groupe d’amies yoguistes. Seuls mes deux vieux chats risquent de languir mon absence de quelques heures. 10h, je sors de chez moi harnaché d’un petit sac à dos contenant un pique-nique composé d’une salade et de quelques fruits, d’un petit paquet de galettes et deux gourdes d’eau. En guise de troisième œil et de deuxième cerveau,  mon appareil photo numérique pend déjà autour de mon coup. Il est là pour ce reportage, pour les oiseaux aussi, mais plus globalement pour que je n’oublie rien de ce que je vais voir. Je devine déjà que les jolies révélations seront au rendez-vous de cette longue balade presque printanière. L’avenue de Rivesaltes, l’étang et son beau théâtre, la clinique de la Pinède, le centre éducatif « le Trèfle à quatre feuilles », la clinique Supervaltech, sur un cheminement pourtant quasiment rectiligne, il me faut presque trois quarts d’heures pour sortir de Saint-Estève. Force est de reconnaître que la commune est une cité à oiseaux et les volatiles y sont pour beaucoup dans ce délai nécessaire pour m’éloigner de la commune. L’étang en fixe certains mais ce n’est pas la seule raison. Ici, on trouve de tout : moineaux, tourterelles, pies bavardes, pigeons bisets ou ramiers mais aussi colverts, goélands, mouettes, cormorans. Les étourneaux sont de très loin les plus nombreux. Entre ceux qui sont sédentaires et ceux qui migrent encore, les rassemblements sont parfois très impressionnants. On finit par ne plus savoir s’ils descendent vers le sud ou remontent déjà vers le nord. Il y en a énormément et notamment sur une période qui s’étale de septembre à mars. Devant la clinique Supervaltech, un arbre aux bourgeons pointus ; sans doute un peuplier ou un saule ; attire une quantité incroyable d’oiseaux d’espèces différentes. Est-ce l’arbre ou bien une petite source contiguë se terminant par une flaque qui les attire ? Je ne sais pas. En tous cas, sur la carte IGN, le lieu s’intitule l’Estany et un peu plus loin l’Estanyolet. L’eau n’est donc pas là par hasard. La flaque sert de baignoire à quelques étourneaux, pinsons et bergeronnettes et j’y vois même une grenouille mais raide morte. En un quart d’heures, j’ai déjà immortalisé une bonne demi-douzaine de volatiles différents. Je suis donc ravi car je sais que les passereaux de nos campagnes sont en nette diminution et ce début de balade est un signe très encourageant.  La garrigue est atteinte et assez paradoxalement les premiers grands arbres en fleurs sont de splendides mimosas. Le chemin à suivre, je l’ai tracé sur la carte I.G.N puis enregistré dans mon G.P.S, mais je sais déjà qu’il y aura quelques imprécisions ou différences par rapport à celui que je connais voire que j’imagine quand je me retrouverais du côté de Baixas ou de Peyrestortes. Avant de partir, j’ai regardé sur Internet tout ce qu’il y aurait à découvrir dans les deux cités et j’ai même lu un peu leur Histoire, manière de partir avec un minimum de bagages et d’observer leur patrimoine avec un regard un peu moins idiot. Ma crainte ? Que les églises, principaux monuments historiques à visiter, soient fermées. Je n’en suis pas là pour l’instant et c’est un chemin rectiligne et plat qui dans l'immédiat s’offre à moi. De tous côtés, des vignobles ou des champs en jachères avec sur ma gauche  et comme toile de fond un merveilleux Canigou enneigé. Les amandiers en fleurs sont plus loin et je commence à les distinguer sur les premières élévations se trouvant alentours. Depuis mon départ, la température s’est élevée de plusieurs degrés et la chaleur est telle que le ciel s’est quelque peu embrumé. Sur cet agréable chemin, seul un casot envahi par une multitude de déchets de toutes sortes vient ternir ce décor quasi parfait. Alors que Saint-Estève est équipée d’une très pratique déchetterie, je me demande comment des personnes peuvent être à la fois si sales, si peu responsables et si indifférentes écologiquement parlant. Je continue. Le chemin zigzague un peu puis redevient rectiligne dès lors qu’il longe un petit fossé se trouvant à main droite. Des centaines de passereaux s’enfuient des vignes et des haies qui les encadrent. Je reconnais quelques chardonnerets, fauvettes,  bruants, alouettes et surtout des pinsons. Ils s’envolent et vont se poser beaucoup plus loin dans les pinèdes ou par terre dans d’autres vignes plus éloignées. Dans ces conditions, vouloir les photographier relève de l’exploit. J’y parviens parfois avec beaucoup de chance mais pas toujours parfaitement. L’itinéraire se complique un peu en longeant une parcelle récemment labourée mais je reconnais bien les lieux et plus haut, je retrouve le petit sentier traversant une vigne puis une garrigue plantée de graminées, de cistes, de genêts et de pistachiers lentisques. Quelques amandiers et des pinèdes verdoyantes complètent ce beau tableau  et ce, malgré de nombreux pins parasités par des nids de chenilles processionnaires. Je retrouve un chemin plus large débouchant sur une voie asphaltée. Je sais déjà que ce bitume va m’accompagner jusqu’à Baixas mais qu’il est évitable en marchant sur les bas-côtés.  C’est ce que je fais la plupart du temps. Dans l’immédiat, je m’arrête à cette intersection pour marquer une pause et manger une barre de céréales. J’en profite pour regarder mon bout de carte IGN et m’intéressant à la toponymie des lieux, j’essaie de trouver des explications pas toujours évidentes aux lieux-dits que j’y découvre : El Morterar, El Pilo Roig, les Franqueses, la Coma de la Mort, les Guardioles et les Templiers (*) Si les Templiers ne posent aucun problème et si la Coma de la Mort signifie la « Combe de la Mort » et n’a rien à voir avec le mot français « coma » signifiant « mort cérébrale », les autres noms méritent des recherches. Plus loin, c’est un seau plein de cartouches usagées qui heurte ma sensibilité. J’espère que chaque cartouche, ce n’est pas un animal de moins dans cette Nature si belle.  Les chasseurs sont là, pas très loin de moi sur un chemin perpendiculaire au mien. J’ai le sentiment qu’ils sont plus là à papoter que pour tuer du gibier. Tant mieux ! En traversant un petit passage à gué, quelle n’est pas ma surprise d’apercevoir un joli rapace. Il s’envole en me voyant mais choisit d’aller se poser un peu plus loin au sommet d’une butte argileuse. Caché dans des hautes herbes, il pense être à l’abri des regards mais en zoomant avec mon appareil photo, je l’aperçois parfaitement. C’est un faucon pèlerin, plutôt reconnaissable au plumage clair sur son cou et son ventre mais sombre partout ailleurs. J’essaie de m’approcher au maximum mais avec sa vue perçante, il a vite compris mon manège.  A 30 mètres de distance, c’est déjà trop pour lui.  Il s’envole. Baixas est là et le chemin débouche sur la route principale, la D.614. Je me dirige vers le centre historique. Seuls, de grands cœurs rouges accrochés deci delà freinent mon envie d’aller le découvrir. Il faut dire que chaque cœur contient la citation d’un homme célèbre sur le thème de l’Amour avec un grand « A ». Victor Hugo, Serge Gainsbourg et Saint-Exupéry sont sur mon chemin mais je suppose que Baixas tout entier bat à l’heure du grand Amour, ces cœurs rouges étant probablement les indices d’une Saint-Valentin qui perdure dans le temps. Quelle belle initiative ! Le cœur historique du village est là avec son imposante église de la Nativité de Notre-Dame, malheureusement fermée comme je l’appréhendais. Alors en désespoir de cause j’y flâne tout autour, empruntant les nombreuses portes. Portes ouvertes de nos jours mais que j’imagine aisément hermétiques au Moyen-Âge dans cette enceinte qui se voulait protectrice. De très vieux murs, certains très hauts et quelques tours rondes en pierres de pays et cairoux sont les témoins de cette fortification médiévale qui ne s’ouvrait qu’en montrant « patte blanche » et selon les besoins. D’après ce que j’ai lu du patrimoine, chaque porte à un nom et le nom apporte une explication voire un début d’explications : Saint-Joseph, de l’Hôtel de Ville, du Sacré-Cœur, de Narbonne, etc…. Ici, les ruelles partent un peu dans tous les sens et ne composent pas ce colimaçon que l’on connaît souvent dans certaines séculaires « celleras » roussillonnaises. Du coup, ressortir du village se transforme en un petit labyrinthe tortueux mais suffisamment intéressant car quelques découvertes restent encore à faire : jolies demeures, la cave la Baixanenque et un canal en font partie. Après avoir déambulé dans diverses ruelles, c’est la rue des Fours à Chaux qui me ramène sur le tracé de mon GPS avec la rue d’Espira. Puis c’est l’Hôtel-restaurant la Demeure Catalane avec son étonnante et immaculée Vierge Marie couronnée. Les bras tendus, elle accueille les clients depuis le bord d’une toiture. Quelques mètres plus loin, c’est le stade. Peu après, une croix en fer posée au sommet d’une stèle démontre, si nécessaire, que Baixas est une ville de tradition chrétienne. Au regard des nombreuses statuettes de la Vierge ou de saints, j’en étais déjà convaincu.  Ici, difficile d’éviter le bitume et même le chemin de traverse qui m’entraîne vers Peyrestortes en est revêtu. Un bel amandier tout blanc en matérialise l’intersection. Ici, un coup d’œil sur mon bout de carte I.G.N me laisse une fois de plus interrogateur des noms que j’y aperçois. Comme souvent dans le département les noms sont « hispanisés » voire « catalanisés ». El Ginestar et les Arènes sont de remarquables exemples de vieilles toponymies que l’on peut trouver sur la carte sans pour autant en comprendre la signification. Ici, pas de plantations de genêts ou si peu pour expliquer « Ginestar » et encore moins d’arènes telles qu’on peut les imaginer. Y en a-t-il eu ? Je l’ignore mais quand on sait que le mot « arènes » peut aussi signifier un endroit sableux ou une sablière, tout reste possible. Devant mes yeux et sur ce terroir plutôt plat, j’aperçois soit des parcelles de vignes soit des plantations nouvelles agrémentées d’innombrables piquets, l’ensemble, largement découpé par des chemins en terre, s’étire jusqu’aux collines les plus proches. Ces collines aux décors assez disparates forment une espèce de cuvette au fond de laquelle je me trouve. Au sommet de ces modestes collines, j’aperçois sur ma gauche les bâtiments des carrières de calcaire et sur ma droite, une végétation plutôt fournie où si les pins dominent, les amandiers en fleurs ne sont pas les moins présents. Ici, mais toujours posées à terre, les alouettes sont les plus nombreuses. Elles jouent avec mes nerfs en courant entre les ceps des vignes. Il me faut attendre qu’une d’entre-elles se perche sur un piquet pour tenter de la photographier correctement. Malgré ça, la difficulté demeure car elles ne tiennent pas en place. Baixas s’éloigne derrière moi mais Peyrestortes n’est pas encore visible. En réalité, elle ne le sera qu’à partir du moment où j’y rentrerais. Dans l’immédiat, j’ai rejoint la D.614 que je poursuis sur une piste cyclable jusqu’à une passerelle métallique verte. Sous ce pont circule un petit ruisseau intitulé « Correc de la Coma Clara ». Juste après le pont, il faut traverser la route et emprunter un large chemin qui se transforme en un étroit sentier contournant une haute haie de roseaux. De nombreuses fauvettes semblent y trouver un biotope à leur goût. Au lieu-dit Costa Rossa, le chemin s’élargit de nouveau tout en longeant sur sa gauche un premier lotissement de maisons puis il enjambe un petit passage à gué. Peyrestortes est déjà là mais sans doute dans sa partie la plus moderne car de grands travaux ; bâtiments et rues ; sont en cours de réalisation. La rue de la Révolution Française puis la rue Massenet et sa vieille porte médiévale fortifiée me ramènent vers l’église Saint-Jean l’Evangéliste mais surtout vers des années plus en adéquation avec mes objectifs de recherche. Le vieux village mérite quelques investigations mais une fois encore l’église est fermée et ma visite se termine bien plus vite que je ne l’aurais souhaitée. Elle se résume à faire le tour de l’église puis à longer les remparts de l’ancien château. Ai-je tout vu du vieux patrimoine ? Je n’en sais trop rien car tout le reste me semble d’époque plutôt moderne. Je me décide à quitter le village par l’itinéraire prévu, c'est-à-dire par la route de l’Aéroport car je sais déjà que je vais y trouver le monument le plus illustre du village, à savoir un petit obélisque commémorant la victoire de la Bataille de Peyrestortes du 17 septembre 1793 (**). Après de nombreuses photos de ce monument, je continue vers Saint-Estève par la D.5. Toutefois, je me dis que si bataille il y a eu ici, peut-être restent-ils des vestiges ? Un coup d’œil sur ma carte pour constater que le ravin de la Llabanère ; qui a donné son nom à l’aéroport ; est en contrebas, non loin désormais de l’aérogare et de la tour de contrôle. Or, je sais que ce ravin a été le lieu des plus violents combats en corps à corps. Les soldats devaient donc se diriger vers ce ravin en provenance des alentours. Si vestiges il y a, ne seraient-ils pas sur l’élévation où je me trouve et même un peu plus haut ?  Je me décide à grimper cette petite colline. J’y erre pendant presque une demi-heure mais je ne trouve en tout et pour tout qu’une casemate envahie d’innombrables détritus. Qu’est-ce au juste ? Une soute à munitions ? Un bunker ? Date-t-elle de 1793 ? Je ne sais pas et rien ne l’indique. Toutefois, certaines parties en béton armé me paraissent de conception bien trop récente. Une fois encore, je constate que les gens sont incroyablement sales et irresponsables car outre ces détritus-là, je découvre un immense dépotoir juste à côté à la croisée de plusieurs chemins. Mon chemin pour un retour vers Saint-Estève fait partie de ceux-là. Je grimpe au sein d’une pinède et retrouve au sommet une large piste que je connais bien pour y venir parfois en VTT. Près d’un réservoir, des ramasseurs d’asperges sauvages sont à pied d’œuvre. Ils n’ont pas grand-chose et juste de quoi faire une petite omelette. Nous papotons un peu et je repars. De mon côté, ce retour est synonyme de quête ornithologique. Ici aussi, les oiseaux sont très nombreux mais la végétation trop dense et la tramontane qui s’est un peu levée ne sont pas idéales pour la photographie. De ce fait, j’accélère le pas dans ces instants un peu démoralisants car vides en découvertes. Je retrouve le bitume au lieu-dit Puig de l’Aliga. L’asphalte signifie coups d’accélérateur supplémentaires qui ne sont freinés que lorsque j’aperçois des oiseaux. Ils continuent à être très nombreux et le plus souvent en de très grands rassemblements qui ne facilitent pas les prises de vue. Pinsons et linottes sont ici les plus présents. Après le lieu-dit « Coma del Ferriol », j’amorce une petite descente vers celui dénommé « Coma de la Baneci ». Ici, la descente s’entrouvre sur de vastes panoramas et je prends soudain conscience qu’il me faut être patient et endurant car Saint-Estève est encore bien loin. Par bonheur, l’asphalte se termine au bas de la descente et je retrouve de larges chemins en terre circulant entre les vignobles. Une fois encore, pinsons, chardonnerets, alouettes et pour la première fois des corneilles ralentissent mon envie d’en terminer. Après quelques zigzags, voilà enfin une ligne droite m’amenant vers la clinique Supervaltech. Le bâtiment est rapidement là et les nombreux passereaux aperçus ce matin aussi. Ils volètent toujours entre les mimosas, les arbres effeuillés et la flaque d’eau et ce, malgré un jeune homme jouant avec un drone non loin de là.  Je m’arrête et observe cet étrange oiseau pendant quelques minutes. Avec son fuselage de plastique et ses 4 hélices, cet oiseau-là est d’un aspect plutôt froid. Il est 16h30 et il me reste un bon kilomètre et demi à parcourir pour arriver chez moi. Seuls des amandiers en fleurs au bord de l’étang, un goéland impassible perché sur un pylône, un grand cormoran s’amusant à plonger retiennent mon appareil photo. L’étang est un magnifique miroir bleuté. Je m’assieds sur un banc et je reste scotché de longues  minutes à le regarder. Je me décide à rentrer chez moi. Allongés sur la pelouse de mon jardin, mes 2 chats roupillent en plein soleil. Ils ne font pas cas de ma présence. Les ayant délaissés toute la journée, me font-ils la gueule ? Je ne sais, mais je comprends leur envie de profiter de ce chaud soleil de février ! Telle que je l’ai accomplie et expliquée ici, cette balade a été longue de 18,830 km,  cette distance incluant mes visites et mes errances. On peut donc faire plus court : 15 à 16 km sans doute. Sur ce terrain plutôt plat, chiffrer un dénivelé ou des montées cumulées serait ridicule puisque l’altitude la plus élevée se trouve à 100 m au lieu-dit les Templiers à Baixas et la plus basse à 37 m à Peyrestortes. Ayant trouvé portes closes aux églises de ces deux villages mais ayant bien envie de découvrir leur intérieur, je me suis promis d’y retourner un jour de messe et ce, malgré mon peu d'enthousiasme pour les religions en général. Apparemment, il n’y en aurait que le dimanche et peut-être pas toujours ? A vérifier. Carte IGN 2548 OT Perpignan – Plages du Roussillon Top 25.

     

    (*) Les principaux toponymes du secteur : L’Estanyol est un étang. L’Estanyolet un « tout petit » étang ou une mare. Le Piló Roig : Le Piló est une pierre ou un bâton dressé qui était là pour marquer le passage d’un col, le plus souvent en altitude (Renada Laura Portet). En français, ce mot a été naturellement traduit en « Pilon » ou « Pylône ». De nos jours, le mot se confond le plus souvent avec l’élévation voire avec le sommet lui-même. Le Pilon de Belmaig ou Belmatx au dessus d’Arles-sur-Tech par exemple. Le Piló Roig, c’est donc le « pilon rouge ». Les Franqueses se traduisent en « franchises ». Au Moyen-Âge, il s’agissait de privilèges et notamment d’exonérations d’impôts ou de taxes. Il y avait des « chartes » de « franquesas » recensant ces privilèges. On peut supposer qu’ici, les terres de ce lieu-dit ou les biens situés dessus étaient dispensés d’une certaine fiscalité obligatoire ailleurs. El Morterar : la traduction française de ce mot catalan est « mortier ». Pilon, mortier, on n’en sort pas ! Il manque plus que l’aïoli ! La traduction française du même mot « espagnol » est « fossé ».Les deux significations sont donc possibles. S’il s’agit d’un mortier, une question reste en suspens : S’agissait-il du contenu ou du contenant ? Les Guardioles : D'après André Pégorier et son glossaire des noms de lieux en France, le mot "gardiola" ou "gardiole" pourraient avoir plusieurs significations : borne destinée à marquer une limite, pâturage réservé ou lieu de guet. Issu de l'occitan « gardar », verbe garder, plus globalement le mot "guardiole" a pour diminutif le mot "guardia", qui désigne au départ un poste de garde (germanique wardja). Le Puig de l’Aliga : Selon les régions et leurs dialectes, le mot « Aliga » peut avoir une signification différente. Lieu planté d’alisiers en Midi-Pyrénées, bourbier (agua) en Provence et en Gascogne. Ici, il est plus probable qu’il s’agisse d’un « aigle » catalan variante d’Aguila. (Ernest Nègre). Le Puig de l’Aliga serait le puy ou le pic de l’Aigle.

     

    (**) La bataille de Peyrestortes du 17 septembre 1793, son obélisque et la guerre du Roussillon : Evoquer en détail cette bataille, des historiens l’ont déjà fait avant moi et si parfaitement qu'il serait prétentieux de m'y essayer. Plusieurs sites Internet la relatent, certains avec force détails, d'autres plus succinctement. Quelques liens sont proposés à la fin de ce paragraphe. Toutefois, peu de personnes le savent mais cette victoire eut une influence primordiale sur la suite de la guerre dite du Roussillon mais que les historiens appellent parfois plus largement des Pyrénées, de la Convention, franco-espagnole ou de Catalogne. En effet, les espagnols en déroute arrêtèrent leurs attaques contre Perpignan mais surtout ils prirent un sacré coup au moral et ce, y compris dans les rangs de leurs plus hauts gradés. Il est vrai que pour cette seule bataille, il y eut 1.100 tués (300 côté français et 800 côté espagnol). Concernant l’obélisque de la Llabanère, outre une longue inscription mentionnant son élévation par souscription publique et ses principaux initiateurs, ce monument inauguré le 6 mars 1898 rend hommage aux vainqueurs de cette bataille de Peyrestortes avec la mention suivante « À la mémoire de l'armée des Pyrénées-Orientales qui combattirent à Peyrestortes sous la conduite des conventionnels Cassaynes, Fabre et des généraux d'Aoust Goguet ». Concernant le contexte de cette guerre, si la France dut faire face à un front espagnol de 1793 à 1795, il s’agit en réalité d’un seul et même conflit plus large intitulé « guerre de la Première Coalition » dont l’élément déterminant et déclencheur a été l’exécution du roi Louis XVI. Ce conflit a vu de nombreux empires et royaumes européens se liguer contre la France des révolutionnaires. Malgré la victoire définitive contre l’Espagne en 1795, la France révolutionnaire puis républicaine restera en guerre pendant 10 ans de 1792 à 1802. En 1799, Bonaparte arrive et se mue en Napoléon 1er en 1804. Ici commencent une nouvelle Histoire et de nouvelles guerres et batailles qui vont durer 10 ans de plus.

    Sites internet : 

    http://www.prats.fr/pratsv2/dotclear/index.php?post/2007/08/08/20-17-septembre-1793-la-bataille-de-peyrestortes

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Peyrestortes

    http://www.histoireeurope.fr/RechercheLocution.php?Locutions=Bataille+de+Peyrestortes

    (***) L'amandier : A son propos, voilà ce qu"écrit Jacques Brosse (1922-2008), naturaliste  dans son livre "Les arbres de France - Histoire et légendes" paru aux Editions Plon en 1987. Pour lire, cliquez sur la photo ci-dessous.

    Le Chemin des Amandiers sauvages : Saint-Estève - Baixas - Peyrestortes

     

     

     


    2 commentaires
  • Dans quelques jours, nous devrons aller voter pour élire nos députés européens. Si vous êtes comme moi, vous êtes ce qu'on appelle un "eurosceptique". Aujourd'hui, autant l'avouer, je suis également "francosceptique" car comment ne pas l'être quand 34 listes se présentent devant nous ? 34 listes dont la plupart, et même celles des grands partis, ont comme tête de listes d'illustres inconnu(e)s. Qui connaissait Loiseau, Bellamy, Bardella, j'en passe et j'en oublie. ? Moi pas, et à vrai dire, je ne les connais toujours pas....car les rares débats que j'ai regardé à la TV se sont si rapidement transformés en cacophonie....que j'ai préféré coupé court et suis parti me coucher avec un bon bouquin. En tous cas, si il y a une chose que j'ai comprise "c'est qu'ils auront un mal fou à s'entendre" sur des sujets pourtant essentiels (écologie, social, immigration, fiscalité, commerce, etc..). Alors, tous la partis français ou presque comptent sur les autres partis européens aux sensibilités équivalentes voire les plus proches pour faire leurs "nids nationaux" puis ensuite ; mais ce n'est qu'ensuite ; pour tenter de réformer l'Europe. Or, et malheureusement, on le voit bien, face à la mondialisation, on est désormais très loin des généreux préceptes qui avaient permis à l'Europe de voir le jour. Les pays européens ne s'entendent pas ou plus et dans ce concert à 28, chacun joue sa propre partition. Ajoutons à cela les paradis fiscaux que sont l'Irlande, la Belgique et le Luxembourg et il n'est pas besoin d'être devin pour comprendre qu'en Europe seul le fric a force de loi pour une caste de politiciens, oligarques pour la plupart. Pourquoi croyez-vous que la Grande-Bretagne n'a pas encore réussi à sortir de l'Europe et ce, malgré une majorité d'anglais qui avaient voté pour voilà déjà 3 ans ? L'argent bien sûr ! L'Europe, il faut payer de plus en plus cher pour y être, sans trop de résultats pour les peuples, mais il faut payer encore plus cher pour en sortir ! L'Europe est devenue la plaque tournante de tous les lobbys. Alors pourquoi croyez-vous que tant de personnes veulent faire partie de cette caste et sont sur la ligne de départ ? 

    Cliquez sur le lien suivant de l'association Les Contribuables Associés et vous aurez sans doute un début d'explication :

    https://www.contribuables.org/2017/01/indemnite-de-presence-salaire-avantages-la-remuneration-des-deputes-europeens/?fbclid=IwAR00c-L9EyjJxVY_zUsTWTU2GFOzNGdUfAjW7-omeJuBKV57ANL1mlges5Y.

     

    Elections européennes....foutez-nous la paix !

    Les chiffres ne sont pas récents mais à la limite je dirais peu importe car si revalorisation il y a eu c'est un argument complémentaire :  un très joli salaire, des primes de présence payées à la journée, de très grosses indemnités, des frais grassement remboursés et le tout pour un temps de travail réel très réduit nous dit cette association indépendante dont les victoires fiscales ne se comptent plus .......Elle est pas belle la vie d'un député européen ? En tous cas, plus belle que beaucoup de travailleurs qui chaque samedi enfilent un gilet jaune et partent manifester ! Pourtant, j'irais quand même voter.......car malgré tous les défauts que l'on peut trouver à l'Europe ; et dieu sait s'il y en a ; le point qui me paraît le plus important c'est celui d'avoir eu la paix sur notre continent depuis 74 ans ! Si tout cet argent, c'est le prix à payer pour avoir la paix, payons-le ! Alors qu'ils soient de droite, de gauche, du centre, des extrêmes, d'ici ou d'ailleurs, je ne leur demande qu'une chose aux députés européens : qu'ils nous foutent la paix et fassent en sorte qu'elle perdure en Europe !!!!! S'ils y parviennent, ils auront réussi leur mandat !


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  •  Ce diaporama est agrémenté de "Reality", chanson écrite et composée par Vladimir Cosma pour le célèbre film de Claude Pinoteau avec Sophie Marceau "La Boum".

    "Reality" est ici interprétée successivement par Richard Sanderson (chant), Michael Hirte (harmonica) puis enfin par Vladimir Cosma et l'Orchestre de la Suisse Romande.

    Le Circuit de la Montagne brûlée depuis Rodès (le Sentier des Carrières et du village médiéval de Ropidéra)

    Le Circuit de la Montagne brûlée depuis Rodès (le Sentier des Carrières et du village médiéval de Ropidéra)

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    C’est en lisant un livre que m’est venue l’idée puis l’envie de cette balade au départ de Rodès que j’ai appelée « le Circuit de la Montagne brûlée », sous titrée « le sentier des Carrières (*) et du village médiéval de Ropidera (**) ». Ce livre intitulé « Archéologie d’un montagne brûlée  – Massif de Rodès – Pyrénées-Orientales » est un incroyable travail d’explorations et d’analyses d’un grand nombre de chercheurs après le terrible incendie survenu dans ce massif le 22 août 2005. En mettant à nu ce massif et en révélant un riche patrimoine multiséculaire, ce sinistre, ravageur d’une végétation de maquis qui s’était totalement appropriée cette colline, a été un véritable émerveillement pour bon nombre de ces spécialistes et notamment pour les archéologues. Certes ils ont été émerveillés, mais parce qu’ils y ont immédiatement décelé la source d’un travail de recherches jamais accompli jusqu’à présent. Plus de 13 ans plus tard, et la nature ayant sans doute amplement repris ses droits, et malgré un autre incendie en 2016, que restait-il à voir de cette « montagne brûlée » pour le novice  en archéologie que j’étais ? Novice en archéologie certes mais vieux briscard des curiosités en tous genres, j’avais le sentiment que cette randonnée était parfaite pour moi. Parfaite aussi car la distance et la déclivité étaient dans « les cordes » de mes problèmes dorsaux aléatoires mais patents. Le 4 janvier 2019, me voilà donc à garer ma voiture sur un parking à l’entrée de Rodès. Malgré un ciel bleu d’une incroyable pureté, j’ai un étrange sentiment. Ce ciel, j’ai comme le sentiment de l’avoir mérité. En effet, en roulant depuis Saint-Estève, assez tranquillement pourtant, j’ai eu l’impression de faire la course contre une petite brise maritime désireuse de voiler à tout prix le firmament. Très vite, la suite météorologique va me donner raison. Je n’ai rien gagné de cette course or mis quelques photos de Rodès sous un ciel immaculé. Mais cette météo merveilleuse ne va pas durer. Peu importe, je suis déjà le nez en l’air, non plus à regarder le ciel mais à observer tous les décors alentours et surtout à photographier des oiseaux. Tourterelles et moineaux, plutôt communs un peu partout, mais également un rougequeue noir, une mésange charbonnière, des pinsons, j’ai comme la vague sensation que les oiseaux se sont donnés le mot « Gilbert, l’amateur photographe ornithologique est là et on va lui faire plaisir ! ». Pourtant si les oiseaux m’intéressent bougrement, un autre intérêt me préoccupe, c’est celui de trouver le vrai départ montant vers les anciennes carrières de granite (*). Je traverse le bas du village, suis la direction des Gorges de la Guillera ; que je connais déjà pour y avoir baladé ; et me voilà sur le pont qui enjambe la Têt. Si le bruit torrentiel du déversoir du barrage de Vinça tout proche se fait entendre, ici la rivière est plutôt calme et deux bergeronnettes sautillent d’une berge à l’autre. Leurs sautillements incessants me contraignent à laisser tomber l’envie que j’ai de les photographier. G.P.S allumé en mains, j’avance mais le tracé que j’ai enregistré semble mauvais. Finalement, 250 à 300 m après le pont, le départ de cette montée vers les carrières est relativement facile à trouver. Bordé de murets en pierres sèches, le sentier s’élève assez vite et offre de superbes vues vers le village et les Gorges de la Guillera malgré un ciel qui se voile peu à peu. Derrière moi et sur ma droite, et sous un ciel encore bleu, le Massif du Canigou et quelques autres sommets enneigés, dessinent un très bel horizon. Du bleu, du blanc et le roux d’une végétation au repos, je me dis que l’hiver dans notre belle région est un artiste qui n’est pas dénué de talents. Dans cette montée, somme toute régulière, les observations d’une fauvette, d’un papillon et de quelques rares fleurs de saison sont les seules causes à ralentir ma flânerie. Les décors changent au fil de l’élévation. A l’approche des premiers bâtiments de l’ancienne carrière de granite, les décors se font plus abrupts. Un étrange mélange de terre et de roches où poussent graminées et de rares arbustes descend jusqu’à la Têt. C’est le Devèse, mot que j’avais longuement explicité lors d’une randonnée intitulée « La Cabane de la Devèse de Valbonne depuis Léca ». Au bout de cette descente pentue, tout n’est que minéralité. Ici, le fleuve Têt, très étroit, tente tant bien que mal de se frayer un passage dans un magma minéral. De ce fait, vu depuis le sentier, il ressemble à un modeste ruisseau. Alors que j’en suis à observer ces paysages ; tout en regardant où je pose mes pieds ; d’innombrables hirondelles tournoient dans un ciel devenu carrément laiteux. Tels des engins volants téléguidés, certaines foncent vers moi et dévient leur trajectoire au tout dernier instant. Pas de doute, dans ce meeting aérien, les bâtiments sont leurs hangars et leurs aires de repos, hangars parce que j’en vois quelques unes entrer par des fenêtres, et aire de repos pour les autres car je les vois se plaquer contre les façades. Alors, bien sûr, cet étrange manège excite ma curiosité et voilà une raison supplémentaire d’aller visiter ces vestiges de l’exploitation passée du granite. De manière assez surprenante, je ne note aucune interdiction quand à l’accès au site, même si son approche génère automatiquement une certaine prudence. Prudence car les énormes et impressionnants pierriers qui me dominent sont des obstacles psychiques mais toutefois bien réels et palpables dès lors qu’on les a devant soi. Leur énormissime masse engendre de la crainte et donc du respect. Prudence aussi car au sein d’une végétation le plus souvent exubérante, les nombreux ronciers m’obligent soit à les éviter en slalomant soit à carrément les enjamber quand les slaloms ne suffisent plus. Dans ces conditions, avancer vers les premiers bâtiments s’effectue au ralenti, mais en définitive, moi qui suis surtout là pour observer les hirondelles, cette lente approche sert complètement mes desseins. Quand j’atteins l’intérieur de la première bâtisse, dans une espèce de couloir avec sur ma droite plusieurs trémies, je ne vois aucune hirondelle ni aucun nid. Tout à l’air de se passer à l’extérieur. Je m’y avance avec silence et prudence mais les hirondelles m’ont déjà repéré. Comme elles semblent un peu effarouchées de ma présence, je m’éloigne et m’assieds sur l’herbe face au bâtiment mais en prenant soin d’un minimum de mouvements. Très vite, elles retrouvent de la confiance et reviennent à tour de rôle s’agglutiner contre la paroi du bâtiment. Quelques minutes à se reposer ou à plonger le bec dans leur plumage puis elles repartent sans doute en quête d’un insecte à se mettre dans le gosier. Je ne fais des gestes que pour les photographier. Je ne décèle aucun nid, ni récent ni plus ancien. Je n’en vois pas se diriger vers la colline où des parois rocheuses pourraient être un lieu idéal de nidification. Elles ne semblent là que pour un passage migratoire temporaire et le site avec ses hautes falaises de granite, ses appentis ouverts, ses gorges profondes et sa rivière est le théâtre idéal pour un arrêt éphémère mais sans doute indispensable à un voyage plus lointain. Ce sont des Hirondelles des rochers, en latin Hirundo rupestris, les mêmes que j’ai déjà pu observer, mais avec beaucoup moins de facilité et de précision, du côté de l’abbaye de Saint-Martin du Canigou ou bien encore au château de Peyrepertuse. Après plus d’une demi-heure d’observation et de multiples photos, il est temps de me remettre en route. Par une rampe assez raide, je m’élève vers les vestiges les plus hauts. Ils se résument à quelques « casots » bétonnés et aux ruines d’abris disparates dont certains ressemblent à des transformateurs électriques. Pas d’hirondelle dans cette partie la plus haute de l’extraction du granite et or mis de magnifiques vues encore plus aériennes qu’auparavant, rien d’autre à figer dans mon appareil photo. Le sentier longe la falaise, l’épouse dans sa partie la plus compliquée et finalement j’arrive en surplomb d’un petit cirque verdoyant. Je crois savoir que c’est dans ce lieu que se déroule le désormais bien connu spectacle « rando-jazz » de Rodès. Aujourd’hui pas de jazz et seulement quelques grives criardes qui s’enfuient à tire d’ailes alors que je tente de photographier une de leurs congénères. Au fond du cirque, un certain Mateo a dessiné quelques motifs symboliques avec des cailloux alignés. Symbole de la paix, le yin et le yang, une fleur et un soleil, des signes encourageants dans cette France si tourmentée actuellement. Je continue mon chemin. Tout au fond des gorges, le pont-aqueduc médiéval d’en Labau apparaît et sa vision me rappelle qu’une vie antérieure a existé ici, dans ces décors si austères de nos jours. Troncs calcinés et buissons entièrement noircis apparaissent. Ils sont les premières cicatrices visibles de l’incendie d’août 2005, à moins que ce ne soit celui de 2016. Le contraste est saisissant car ces branches entièrement desséchées et totalement noirâtres se dressent comme des fantômes au sein d’une basse végétation soit déjà bien verte soit jaunie quand il s’agit de graminées. Au même instant, les premiers orris sont là également. Cabanes parfaites en pierres sèches ou abris sommaires contre le vent, j’en compte un puis deux, trois, quatre puis finalement il y en a tant que j’arrête de les compter. Il y en a de tous les côtés où que l’on regarde. Ils se mélangent aux « feixes » que la garrigue a déjà amplement colonisé ou à d’imposants chaos granitiques sur lesquels ils s’appuient parfois. Les terrasses, on les devine plus qu’on ne les voit quand aux chaos rocheux, aucun n’est pareil mais je vais constamment y chercher ce que Dame Nature a bien pu y sculpter. Là, c’est un immense et étonnant cairn composé de roches massives, là une paire de fesses karstique qu’une diaclase a créé, ici un bonhomme chargé d’un lourd fardeau, là une tortue ou un visage bouffi, plus loin c’est un menhir identique à celui d’Obélix, là une simple roche en équilibre. Quand se présente le Correc de Borboner ; ou Ravin d’al Bosc Negre sur les vieilles cartes IGN, j’avoue que je suis bluffé. Alors que dans ce milieu calciné où poussent seulement des plantes de la garrigue, j’en étais à m’imaginer un biotope totalement sec,  j’ai devant moi un petit ruisseau qui s’écoule gaillardement au milieu d’une profusion de laîches. Par endroits, le ruisseau a au moins un mètre de profondeur et quand je l’enjambe, j’entends même un plouf. Je scrute le fond à la recherche du plongeur coupable et là j’aperçois une grenouille brune et verte. Le temps d’une photo et elle a déjà disparu. Au même instant, j’aperçois sur la gravière ce que j’appelle une puce d’eau. Elle monte vers la surface mais s’accroche à une brindille avant même de l’atteindre. Je tente de la photographier mais le léger mouvement de l’eau à cet endroit et sa taille minuscule compliquent les choses. Dans une nage peu orthodoxe, elle disparaît elle aussi. Sur une pierre, c’est un syrphe, jolie mouche ressemblant à une abeille, qui se chauffe au soleil. Manifestement, et en venant ici, jamais je n’aurais imaginé un tel ruisseau avec une faune aussi présente. A l’instant où je repars, c’est une étrange créature que j’aperçois au sommet d’un arbre calciné. Mais à quoi ressemble-t-elle au juste ? Grâce à un rapproché photographique, j’ai la quasi certitude que j’ai déjà vu cette « étrange chose » quelque part. Il me faudra attendre d’être à la maison pour trouver la réponse. Elle me rappelle ces sculptures animales ou gargouilles que l’on voit dans certaines cathédrales. On les appelle des striges ou plus simplement des chimères. Oui, c’est bien ça, c’est bien un tel démon que j’ai eu au bout de mon téléobjectif en enjambant le Borboner. Je repars avec le sentiment d’avoir déjà fait un maximum de découvertes. Le chemin se fait plus large et bifurque plein ouest. Des vues s’entrouvrent sur la vallée, le village de Bouleternère et des collines arrondies et très boisées qui me font face. Contreforts du Canigou puis Canigou lui-même, voilà les prémices  de la longue échine pyrénéenne. L’itinéraire se faufile au sein d’une végétation très bizarrement disparate. Parfois le sentier est encadré de magnifiques ajoncs d’un jaune flamboyant et parfois c’est bonjour tristesse avec essentiellement des couleurs ternes comme le noir de l’incendie ou les verts sombres de plantes arbustives naines. C’est l’instant que choisit un Monticole bleu pour me faire tourner en bourrique. Je le vois assez loin sauter d’un rocher à un autre, alors bien sûr j’essaie de m’en approcher pour mieux le photographier. Mais l’oiseau est fantasque et ne se laisse pas approcher si facilement. Il s’éloigne mais se perche toujours au sommet d’un gros rocher comme pour me narguer. En outre, dans ma quête d’être au plus près de lui, les plantes de garrigues ne facilitent pas les choses. Alors comme l’heure du déjeuner a presque sonné, je décide de pique-niquer au sein d’un énorme chaos rocheux où je l’ai aperçu. J’ai beau me planquer, rester silencieux, rien n’y fait. Il pressent ma présence, me tourne autour mais ne s’approche jamais. De lui, je n’ai que des photos rapprochées mais bien trop lointaines et donc peu nettes. Cette investigation m’a néanmoins permis de découvrir un séculaire chemin creux qu’ici on appelait « carrerade ». Au temps jadis, les bergers y faisaient circuler leurs troupeaux. Je repars. Je n’ai pas fait 20 mètres de plus que c’est un faucon crécerelle qui vient me tourner autour. Lui aussi s’éloigne et va se percher au sommet d’un arbre calciné. J’essaie de m’en approcher mais là aussi il recule sans cesse et passe d’un arbre brûlé à un autre. Le problème est que je suis entrain de randonner à reculons. Lui aussi est bien trop loin pour être photographié correctement mais un peu plus tard, je vais être récompensé de mes efforts. Peu de temps après, je retrouve le bon sentier à proximité d’un point d’eau ressemblant à une « mouillère ». Ici, s’écoule une source et j’y aperçois les mêmes laîches que j’avais vu au bord du Correc de Borboner. La vue d’un panneau indiquant la direction « Borboné » me fait comprendre que je n’ai fait que longer ce ruisseau.  L’observation de mon bout de carte I.G.N me le confirme comme il me confirme aussi la proximité de la vraie source un peu plus haut, au lieu-dit Les Balmettes. Un large et bon chemin s’élève entre les flancs du Roc Sabardanne et un vallon creusé par le Borboner. C’est le Ravin d’al Bosc Negre. Assez paradoxalement et alors que je vois très bien que l’incendie est passé par là, certains endroits très boisés semblent avoir été complètement épargnés par le feu. De très grands chênes verts sont encore là, bien vigoureux comme si rien n’était survenu. La proximité du Roc Sabardanne offre des vues à presque 360 degrés. Des panoramas se dévoilent sur le Conflent, les Aspres, le Ribéral et le pays Fenouillèdes, autant de régions se réunissant ici et dont le rocher sur lequel je suis debout serait la clé de voûte. A mes pieds, le lac de Vinça miroite sous les rayons d’un soleil faiblard mais tentant de revenir au premier plan. Grâce à mon tracé G.P.S, je quitte le large chemin au profit d’un étroit sentier se dirigeant vers Ropidera. Le plus souvent en descente, le sentier ne tarde pas à offrir une jolie vision des ruines de l’ancienne église Saint-Félix de les Cases. Jolie vision car le Canigou sert de toile de fond. L’unique sentier facilite l’approche du vieux village médiéval même si pour l’atteindre un nouveau ravin est à franchir. S’agissant bien évidemment de ruines, les vestiges de l’ancienne église romane et de sa tour de guet n’ont rien d’exceptionnels pour mon œil non averti. Toutefois, j’ai lu tellement de choses à propos de ce village dans « Archéologie d’une montagne brûlée » que je n’ai aucune difficulté à m’imaginer un retour vers le passé. Je m’assieds sur un tas de pierres et tente de revoir une vie médiévale passée. En fermant les yeux, j’imagine des femmes en robe longue et des hommes avec des vêtements plus courts et en cuir comme on en voit dans certains spectacles médiévaux, au Puy du Fou par exemple. Par contre, dès que j’ouvre les yeux toutes ces visions m’échappent. Dans cet incroyable pierrier constitué par l’effondrement de l’église et dans cette végétation incroyablement envahissante de nos jours, comment continuer à imaginer des femmes en robes longues et des hommes chaussés de poulaines ? Je tente bien évidemment de partir à la découverte du village tel que j’en ai longuement lu sa description et aperçu une vue aérienne, mais la végétation s’oppose sans cesse à moi. Impossible de rejoindre le bas du village où se trouve l’essentiel des « cases », c'est-à-dire des maisons. Les végétaux épineux sont les meilleurs archers de ce petit « fief médiéval », et après quelques égratignures rapidement sanguinolentes finalement je renonce à aller plus bas. Je quitte Ropidera par un étroit sentier démarrant au pied de l’église et filant vers l’ouest. Par la force des choses, la suite et la fin de la balade deviennent plus monotones même si j’arrive à surprendre et à photographier le faucon crécerelle déjà vu auparavant. Après la découverte de quelques nouveaux orris dont je profite pour finir mon casse-croûte, j’emprunte une longue piste DFCI qui descend vers le barrage de Vinça. Cette piste descend plutôt rectiligne au début puis se termine en virages successifs mais à part de nouvelles vues vers Ropidera et de nouveaux panoramas vers la vallée de la Têt, je n’observe rien de vraiment notable jusqu’au barrage. Heureusement, l’approche de Rodès et son arrivée me réconcilient avec les oiseaux : chardonnerets, mésanges, bruants, pinsons, fauvettes, avec plus ou moins de réussite, je passe presque un heure à mon bon plaisir de la photo ornithologique. A la sortie de Rodès et grâce à un petit espace consacré à la géologie, je finis ce circuit par un brin de culture. Ainsi se termine cette balade vers une montagne qui a brûlé plusieurs fois mais qui peu à peu renaît de ses cendres. Renaissance grâce à sa végétation pyrophile et pyrophyte mais également à sa faune qui est déjà bien de retour 13 ans plus tard. L’animal serait-il plus clairvoyant que l’Homme qui a tant et tant exploité cette montagne pour finalement la laisser choir ? Vu l’évolution des choses, il y a peu de chance que l’Homme retourne un jour vers cette montagne pour y gagner sa vie. Pourtant en toutes choses et selon l’expression consacrée, n’est-il pas plus prudent d’affirmer « qu’il ne faut jamais dire jamais » ? Cette balade a été longue d'une dizaine de kilomètres environ. Cette distance incluant mes sorties de route (carrière, oiseaux, Ropidera, barrage, etc...). Les montées cumulées sont de 650 m environ. Le dénivelé est de 283 m entre le point le plus bas à 183 m à Rodès et le plus haut à 466 m sur le chemin à proximité du Roc Sabardanne. Le livre « Archéologie d’un montagne brûlée  – Massif de Rodès – Pyrénées-Orientales », ouvrage dirigé par Olivier Passarrius, Aymat Catafau et Michel Martzluff aux Editions Trabucaires est lisible sur Internet sur le site https://www.academia.edu. Carte IGN 2448 OT Thuir - Ille-sur-Têt Top 25.

     

    (*) Les carrières de granite : A partir de 1915, et grâce au démarrage d’une carrière de granite située au lieu-dit la Devèse (*), Rodès devient une petite cité industrielle. Le granite, d’excellente qualité, est exploité à la fois comme bordures de trottoirs mais également pour paver les rues des grandes villes (Perpignan, Toulouse, Sète, Marseille, Port-Vendres...) mais aussi pour consolider ou revêtir de très nombreuses routes. Le gisement est d’abord exploité par Jean Puig ; entrepreneur de travaux publics a Perpignan, qui exploite déjà une carrière à Vernet-les-Bains ; puis à partir de 1921 la Société Anonyme des Carrières de Granit du Canigou est créée. La famille Puig s’associe à Albert Rougier. L’exploitation du gisement a réellement commencé en février 1916. Elle s’effectue aux explosifs puis le minerai est acheminé vers Rodès grâce à des câbles aériens auxquels sont suspendus des wagonnets.  Les wagonnets parviennent à une trémie de réception située à la gare de la Compagnie du Chemin de Fer du Midi. Les commandes affluent, l’activité est très florissante et le nombre d’ouvriers décuple très rapidement. En 1926, à son apogée, on compte jusqu’à 150 ouvriers, dont de très nombreux immigrés italiens, espagnols et algériens notamment. Rodès tente tant bien que mal de loger cette population nouvelle. Des logements réservés aux ouvriers de la carrière sont créés. En 1923, dans son supplément sur l’industrie dans les Pyrénées-Orientales, l’Indépendant présente la carrière de Rodès comme le fleuron départemental de l’extraction minière. A partir de 1930, l’arrivée du goudron et le développement de la technique d’enrobés bitumineux pour revêtir les rues et les routes freinent brutalement cette activité puis la stoppent carrément à la fin des années 30. En 1939, une trentaine d’ouvriers signe le texte d’une pétition contre la fermeture définitive de la carrière, soulignant au passage qu’il s’agit de la plus ancienne carrière du département. Malgré tout, la carrière ferme puis est démolie juste avant la guerre de 39/45, laissant néanmoins les vestiges des bâtiments que l’on peut voir encore de nos jours et de nombreux ouvriers qui sont devenus Rodèsiens. (*) En 1832, une vaste devèze s’étendait à l’emplacement actuel de la carrière de granit de Rodès. Cette vaste pâture est à cette époque subdivisée en plusieurs parcelles dont cinq sont la propriété de la commune de Rodès, ce qui représente un total de 11,4 hectares. Il convient d’ajouter à ce chiffre les pâtures privées qui sont attenantes et qui forment un ensemble homogène, ce qui accroît la surface formant une vaste zone de pâturage enclose d’environ 19 hectares. Cet ensemble est aujourd’hui en partie occulte par l’incision de la carrière de granit de Rodès, en service durant la première moitie du XXe siècle (extrait du livre « Archéologie d’une montagne brûlée).

     

    (**) Le village médiéval de Ropidera : Aucun autre livre que celui intitulé « Archéologie d’une montagne brûlée » ne vous parlera aussi bien de Ropidera. Je vais donc tenter d’en faire un bref résumé le plus parlant possible. Sur le plateau de Ropidera aucune trace d’une présence romaine n’a été décelée. Toutefois un lieu-dit élevé et constitué d’un chaos granitique a été nommé « oppidum » par l’archéologue Yves Blaize. Divers tessons de céramiques y ont été trouvés ainsi que les preuves d’une exploitation ancienne du granite et notamment pour la confection de meules de moulins. Le lieu de Ropidera apparaît dans les textes quand il est cité en 955 comme voisin de l’alleu Monte Nero, sur le territoire d’Ille. Puis en 1011, une bulle de confirmation du pape Serge IV en faveur de Cuxa mentionne, entre autres, un alleu dans la villa Ropideria. Le plus ancien acte notarié date de 1266. Le village à la fin XIVe siècle, c’est-à-dire grosso modo dans sa dernière occupation et dans son état d’abandon, nous est connu par un document d’un type fréquent en Catalogne, le capbreu. Les chercheurs estiment qu’il y avait une trentaine de constructions incluant les maisons, la forge et le presbytère. L’église de Ropidera est installée sur un promontoire qui domine les ruines du village. Elle est mentionnée pour la première fois en 1204, quand Pierre de Domanova reconnaît tenir en fief pour Guillaume, vicomte de Castelnou, les églises d’Ille, de Vinca, de Ropidera, d’Espira, d’Estoher, de Seners, de Mosset, de Fulla, de Nyer et le lieu de Creu. Au siècle suivant est mentionné le vocable de l’église, Saint-Pierre et Saint-Félix. Malgré la première mention assez tardive, les éléments architecturaux conservés sont ceux d’une église romane dont les éléments décoratifs du choeur évoquent le second art roman. Malgré sa mention tardive, l’église est donc sans doute aussi ancienne que le village lui-même. On peut penser que Ropidera est déjà doté d’une église à cette époque, comme toutes les « villae » des Xe et XIe siècles qui sont des villages aux siècles suivants. L'église est surtout remarquable par sa fortification, dont la tour, probablement de guet, s’élève à 15 mètres de hauteur. Le village était sans doute entouré d’un mur d’enceinte dont certains pans sont encore bien visibles de nos jours. L’étude très poussée du capbreu et des différents actes notariés confirme si besoin qu’une vie villageoise rurale y a été longtemps présente. Le village était socialement structuré et possédait ses propres consuls. L’incendie a révélé que toutes les maisons étaient situées au sud de l’église sur la pente naturelle du terrain et que trois chemins partaient dans différentes directions. Un rejoignait l’église en traversant le hameau, un autre vers Rodès (chemin de Les Cases) et un autre vers les crêtes où se trouvent des terrasses. En 1570, plusieurs témoins déclarent que le village est totalement abandonné, que personne n’y vit plus « de mémoire d’homme ». (Nombreux extraits textuels du livre).


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