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    Diaporama sur la chanson "Douce France" de Charles Trenet composée par Léo Chauliac jouée par Aimable et son orchestre

    Les Chemins ruraux de Serralongue depuis Le Tech

    Les Chemins ruraux de Serralongue depuis Le Tech


     

    Cette boucle que j’ai intitulée les « Chemins ruraux de Serralongue » (*) est le fruit d’une rencontre et d’une conversation qui méritent quelques explications. En voici l’essentiel. A l’automne dernier, alors que je bricolais sur la terrasse de ma maison d’Urbanya, un homme d’un âge certain, septuagénaire sans doute, est arrivé sans crier gare et très essoufflé en haut du chemin de Sarrat.  C’est là que se trouve ma maison. Il m’était inconnu mais bizarrement cet homme connaissait de très nombreuses « choses » de moi : mon nom et mon prénom tout d’abord, mon goût de la marche à pied, ma passion pour la photo naturaliste et divers petits détails qui finalement  m’ont aiguillé et m’ont permis de comprendre pourquoi il en savait autant sur moi. Il était de toute évidence un lecteur de mes sites Internet « randos », fervent à ce qu’il prétendait. Comment ne pas le croire, puisque parmi nombre de détails qu’il énumérait, il était parfaitement au courant de mes derniers récits, de mes dernières randos et de mes chutes à répétition qui s’y étaient produites ces derniers temps ? Cet homme, muni d’un appareil photo avec un téléobjectif plutôt puissant en connaissait surtout un rayon sur le patrimoine religieux de notre beau département. Eglises, chapelles et prieurés ne semblaient pas avoir de secrets pour lui. Il était venu photographier l’église Saint-Etienne d’Urbanya et prétendait que son clocher était d’une grande originalité car avec ses nombreuses ouvertures, il ressemblait selon lui à un véritable « conjurador ». Ce mot m’étant inconnu, il m’en expliqua tout dans le détail sous la forme d’un exposé quasiment magistral. Un vrai régal ! La conversation s’installa et finalement au terme de celle-ci, c'est-à-dire plus d’une heure après, il me dit : « vous devriez aller faire un tour à Serralongue, vous savez un conjurador, c’est sans doute bon pour tout, même pour les chutes, je pense !  » Sur le ton de la boutade, je lui ai répondu « j’irais le voir sous la condition que ça puisse se faire au cours d’une balade pédestre », et là, alors que moi je plaisantais, il me répondit sur un ton très sérieux  « regardez la carte IGN du côté du hameau Le Tech, ça doit être réalisable » et il rajouta  « vous connaissez Le Tech ». Bien évidemment, je connaissais Le Tech pour y être passé en voiture des dizaines et des dizaines de fois mais il me fallut lui avouer que je ne m’y étais jamais arrêté. Quant à une éventuelle randonnée au départ du village, je n’en savais rien.  Il répondit « je ne suis pas inquiet, vous trouverez ! ». Notre entretien se termina ainsi et nous nous saluâmes avec un réciproque « ravi de vous avoir rencontré ». Sauf que lui connaissait beaucoup sur moi et moi rien de lui. Je lui ai demandé son nom mais pour toute réponse, j’ai essuyé un laconique « ça ne présente aucun intérêt ! ». J’ai compris que l’homme voulait conserver une certaine discrétion. Je lui ai  offert un verre mais il le refusa sans doute par sens de la retenue et de la réserve aussi, ne voulant sans doute pas que la conversation s’oriente sur lui et sa passion pour les édifices religieux. Du coup, il s’en alla comme il était venu, dans le plus strict anonymat. Voilà comment en ce matin du 23 février 2017, je me retrouve au hameau Le Tech, sac au dos, G.P.S et bâton dans les mains et comme toujours appareil photo autour du cou, au départ de cette balade en direction du conjurador de Serralongue. La fleur au fusil aussi, car or mis le tracé enregistré dans mon G.P.S, je n’ai rien préparé de cette balade. Je vais le regretter. Pourquoi suis-je parti sur un coup de tête, moi le cartésien dans l’âme, alors que je ne crois pas une seconde à toutes ces histoires de «mauvais sort » qu’un édifice et quelques « incantations »  pourraient conjurer ? Je ne sais pas ! L’envie de découvrir sans doute et de trouver un bon prétexte pour partir marcher. Je ne vois que ça à moins que mon subconscient me joue des tours ? Au Tech, j’enjambe le fleuve éponyme et gare ma voiture sur une vaste esplanade face à une aire de jeu. J’enfile mes godillots, allume mon G.P.S et démarre en passant entre l’aire de jeu et un court de tennis. Le ciel est gris et lourd presque mercuriel vers le sud, là où je dois aller. Je me dis « pas génial » pour prendre des photos. Vers le nord, c’est carrément le contraire, avec un ciel bleu très encourageant. J’ai bon espoir que le bleu l’emporte sur le gris. Un panonceau cloué à un poteau se présente : « le Tech 515 m d’altitude » et « Serralongue 2,5 km ». Un petit sentier balisé en jaune entre dans un bois, passe devant une fontaine, la Font del Prat sans doute, et voilà déjà que mon tracé G.P.S n’est plus dans les clous. Peu importe, je me fis au balisage. Le sentier s’élève au milieu des châtaigniers. Le sentier est triste, aussi triste que les rares perspectives visibles au travers des branches et en direction du village. Tout en montant,  je me dis que ce n’est pas aujourd’hui encore que j’irais le visiter. Peut-être ce soir, on verra ?  Seules les montagnes du côté du Vallon de la Coumelade offrent quelques couleurs d’une pureté incroyable : le blanc de la neige et le bleu du ciel, mais toujours au travers des arbres. Finalement après 30 mn d’un modeste dénivelé, je rejoins une large piste forestière. Si j’en crois mon bout de carte, je suis à la Collade d’En Banat à 645 m d’altitude. Mon G.P.S n’indique que je me suis élevé de 125 m depuis le départ. Je n’ai pas cette impression et ce d’autant que je sais que le dénivelé très modeste est d’environ du double seulement. Sur la droite, un autre chemin part en direction d’un cortal, celui de Sainte-Cécile. Je décide de garder sa découverte pour la fin. Au collet, j’y reste une dizaine de minutes car les pinsons et les bouvreuils pivoine y sont légions. Je tente de les photographier mais le ciel est toujours aussi terne et la luminosité est en berne. De « pivoine », aujourd’hui les bouvreuils n’ont que le nom. Je poursuis mais un peu dégoûté de n’avoir pas pu photographier les oiseaux comme je le voulais.  Je me fie toujours aux marques de peinture jaune et emprunte la piste vers la droite. 200 m plus loin, un court poteau planté en terre, toujours peint en jaune, indique qu’il faut descendre quelques marches qui s’enfoncent dans un sous-bois. Par endroit, la descente est raide et réclame prudence mais heureusement elle est très courte. A chaque pas, je redouble de vigilance car je me dis à quoi bon aller découvrir un « conjurador » qui serait censé stopper mes chutes à répétition, si c’est pour tomber avant même de l’avoir atteint ? Une nouvelle piste se présente. Une pancarte mentionne une fromagerie sur la droite que l’on peut rejoindre en voiture et bien évidemment également à pied, C’est celle de Mouly Benc dont j’ai déjà entendu vanter les mérites du côté de Prats-de-Mollo. On me l’a décrite comme une des meilleures fromageries artisanales du département. Mais à quoi bon y aller alors que je suis parti sans aucun moyen de paiement ? Je poursuis la balade non sans quelques hésitations car le balisage est moins évident. Je le retrouve sur une clôture longeant un sentier. Quelques minutes plus tard, me voilà en surplomb de la rivière Lamanère. Un radier sur la droite m’oblige à m’y diriger alors que selon mon tracé, il aurait du être plutôt sur la gauche. Je mets cette approximation sur le compte de mon G.P.S, peu suffisamment précis dès lors que l’on est au fond d’un vallon.  Je m’installe au milieu du  passage à gué car je trouve le coin sympa et en plus, de nombreux passereaux occupent les berges de la rivière et les grands arbres qui l’encadrent. Si les mésanges et les fauvettes ont la bougeotte, quelques bruants chantent plus tranquillement aux sommets des arbres dénudés. Ils ne sont sans doute que de passage dans leur migration. Pour eux comme pour moi, c’est l’endroit idéal et frais pour prendre un en-cas et faire une pause. Leur route est sans doute bien plus longue que la mienne. Moi j’y ajoute quelques photos d’eux et ce d’autant que la brume semble vouloir se dissiper. Eau calme et limpide d’un côté et quelques vaguelettes mousseuses de l’autre, cette rivière paraît assez tranquille, sauf que de multiples vestiges d’un ancien radier trônant au milieu de son lit démontrent qu’elle sait parfois être un torrent impétueux, violent et parfois même déchaîné. Je repars, assez satisfait de trois ou quatre photos d’oiseaux qui seront un peu meilleures que les précédentes. Une nouvelle hésitation à cause d’un balisage moins présent mais comme il y a un chemin plus évident que les autres, je ne suis guère inquiet. Je l’emprunte car les autres sont amplement embroussaillés. Le chemin se transforme rapidement en une piste forestière qui s’est quelque peu élevée, offrant des débuts de perspectives au travers des arbres. Je quitte de nouveau cette piste pour un étroit sentier qui continue de se hisser dévoilant cette fois de vrais panoramas : sur les crêtes enneigées du Haut-Vallespir, côté Canigou et de quelques sommets frères qui en composent son massif. D’autres vues sont plus proches, vers la ferme de Mouli Benc et le vallon de la Lamanère où il y a encore quelques minutes, je me prélassais presque dans son lit et enfin sur quelques jolies collines arrondies et boisées qui en agencent son vallon : Puig de la Rondinayre, Puig du Clot del Forn et Puig Colom m’annonce mon bout de carte I.G.N. Serralongue est là et tous ces paysages s’embellissent encore un peu plus alors que je file vers le centre du village par une large rampe cimentée. A l’instant même où je m’apprête à partir vers la chapelle Saint-Antoine, un homme sortant du jardin d’une superbe villa me stoppe dans mon élan. Il est belge mais serralonguais de cœur à n’en pas douter, super gentil à n’en pas douter non plus, locataire de l’adjoint au maire mais accédant à une propriété qu’il est entrain de faire de construire et qu’il tente en vain de me montrer du doigt. Elle me paraît loin et je ne vois pas du tout de laquelle il peut s’agir. Peu importe, l’homme a envie de parler, de lui, de sa vie qu’il n’imagine plus qu’ici, de Serralongue dont je vois bien combien il est amoureux. Il me parle de la cité, de son conjurador bien sûr, de son église et de son musée,  qu’il me conseille d’aller visiter mais pour lequel il me précise qu’il me faudra sans doute attendre cet après-midi pour cela. Je regarde ma montre. Il est seulement 11h45. Je ne lui promets rien et lui indique simplement que je randonne toujours avec l’envie de découvrir. Puis la conversation file vers Lamanère, vers Notre-Dame de Coral et vers les Tours de Cabrens que je lui confirme bien connaître pour m’y être rendu plusieurs fois et notamment lors d’un mémorable Tour du Vallespir en solitaire et en 6 jours. « 6 jours à marcher tout seul ? », s’exclame-t-il, sans doute « peu marcheur ». Il paraît à la fois « espanté » et envieux car il rajoute aussitôt « vous avez du en voir des belles choses ! ». Je le lui confirme. J’évoque les Estanouses, ses propriétaires, belges comme lui,  avec lesquels j’ai lié d’amitié sur Internet il y a quelques années suite à un malentendu lors de mon Tour du Vallespir lui précisant au passage que je ne les connais toujours pas mais que ce n’est pas l’envie qui me manque d’aller les voir. Il veut tout savoir de ce malentendu alors je lui raconte l’histoire dans le détail. Ainsi se termine notre conversation qui à tout de même durer presque une heure. Je file vers la chapelle Saint-Antoine non sans lui avoir demandé si elle était ouverte. Il pense que non mais alors que je m’éloigne, il m’interpelle une dernière fois en me disant « si vous revenez un jour, n’hésitez pas à venir me voir » puis rajoute « ma maison c’est celle en construction que l’on aperçoit là-bas »  m’indiquant une nouvelle fois la direction du doigt. Je ne la vois toujours pas mais promis si je reviens un jour à Serralongue, je chercherais, cet homme est si sympa. La chapelle dédiée à Saint Antoine de Padoue est effectivement fermée mais en plus un fil et une pancarte en interdisent l’accès. Il n’y a personne, alors j’enjambe le fil, le temps de quelques photos. En replongeant dans mes souvenirs d’écolier, je tente de décrypter la date de sa construction mentionnée en chiffres romains : 1750. Derrière la chapelle, une mésange à tête noire jouant sur des sapinettes me retient plus longtemps que prévu dans l’aire d’interdiction. Une fois la mésange fixée dans mon numérique, je retourne vers le centre du village et emprunte la rue Abdon Poggi.  Là, j’observe et photographie tout ce qui me paraît intéressant : Le monument aux morts lequel, comme toujours, confirme l’horreur épouvantable des guerres mais également l’écart énorme entre le nombre de tués en 14-18 par rapport à ceux de 39-45 : 32 à 3 ! Un chiffre qui reflète bien les disparités guerrières des deux conflits. Quelle tristesse tous ces noms de familles dont certains qui reviennent bien trop souvent. J’en profite pour relire l’Appel du 18 juin 40 du général de Gaulle. Je suis convaincu que c’est beaucoup grâce à lui et à tous les hommes qui ont su répondre à cet appel, qu'aujourd'hui je peux marcher dans une France si paisible et dans une commune française où c’est un belge qui m’y accueille.  Puis c’est une fontaine, la mairie et l’école communale car les deux se confondent. L’école a reçu le nom d’un enfant du pays, l’écrivain Michel Maurette dont je ne connais aucun livre mais que je me promets de lire au plus vite. Trois fois lauréat de l’Académie Française annonce la stèle en son hommage, ce n’est pas rien ! Je poursuis la ruelle sous la surveillance des Tours de Cabrens dont les vestiges ressemblent d’ici à trois tétons tout gris. Je passe devant le Bistrot de pays mais je ne m’y arrête pas alors qu’une bière bien fraîche n’aurait pas ennuyé mon gosier. Je peste : « quel idiot d’être parti sans un rond ! ». Je photographie les belles façades des maisons et remarque les dates parfois très anciennes et quelques croix qui en décorent les linteaux de leurs porches. Je me perds dans quelques ruelles, y trouve certaines similitudes avec celles que j’ai connues,  revois dans certaines d’entre-elles quelques franges de mon enfance à Marseille,  fais de nouvelles découvertes, reviens sur mes pas, me retrouve « stupide » devant la porte fermée du musée. L’église est là et j’arrive au son de la jolie musique de son clocher. Il est 13h. Une dame arrose les fleurs du cimetière et je l’interroge sur les possibilités de visiter l’édifice religieux mais elle me confirme les dires du belge : 15 h pour les premières visites qui bien évidemment sont payantes, église, musée et conjurador tout inclus. 2 heures à attendre et pas un sou, à quoi bon y penser encore ? Il faut que je me contente d’une affiche accrochée à côté de la porte de l’église et où je peux lire « Venez découvrir 1000 ans d’Histoire ». En une minute, je découvre tout de Serralongue mais force est de reconnaître qu’en l’état, si je connais tout, je ne vois rien. Je me promets de revenir. La grande porte de l’église est superbe avec ses pentures en fer forgé et son lourd loquet en forme de serpent (j’apprendrais plus tard qu’il s‘agit d’un dragon !). Cette porte avec ses pentures forgées en colimaçon me rappelle bien d’autres portes mais quand j’essaie  de me remémorer lesquelles, deux endroits seulement reviennent à ma mémoire : celle de l’église de Boule d’Amont ou celle de la chapelle Saint-Marc de Caixas, pourtant je sais qu’il y en a bien d’autres dans le département. Il ne me reste plus qu’à partir vers le conjurador. Je l’aperçois depuis le cimetière alors j’y file sans m’éterniser. Il s’agit d’un petit édifice du 14eme siècle en forme de cube coiffé d’une toiture en lauzes et ouvert à tous les vents. Il y  4 ouvertures : une porte et 3 baies en forme d’arcades, surmontée chacune de la statuette d’un évangéliste sur les façades. Je me souviens que l’homme qui était venu à Urbanya m’avait expliqué comment lors des processions, le prêtre tentait de conjurer les mauvais sorts, le plus souvent liés aux  intempéries qui mettaient en péril les récoltes. Il lisait les Evangiles puis se lançait dans des incantations où ces mêmes saints étaient mis à contribution (**). Je me souviens aussi qu’il m’avait dit que les ouvertures correspondaient aux quatre points cardinaux. Je suppose qu’une visite guidée m’en apprendrait bien plus de ces rituels et de l’architecture du conjurador de Serralongue. De là, les vues sont belles et ce, d’autant que la météo semble vouloir s’améliorer. Un ciel bleu un peu falot tente de remplacer la grisaille mai n’y parvient toujours pas. Une table d’orientation énumère les reliefs les plus proches ou les plus visibles. Ils sont parfois des lieux de randonnées réalisées et je tente d’en visualiser quelques uns : Coumelade, Saint-Guillem de Combret, Pilon de Belmatx et bien évidemment la plupart évoque mon Tour du Vallespir. Je m’installe sur le banc qui jouxte l’arrière du conjurador avec une vue superbe sur la partie nord du Vallespir enneigé. Alors que je sors mes victuailles, un chien espiègle vient me faire des fêtes. Des fêtes ? Est-il seulement espiègle ou bien en veut-il à mon déjeuner ? Force est de reconnaître qu’il est assez déroutant. Il se roule par terre puis quémande. Il repart vers de nouvelles roulades un peu fofolles sur la pelouse puis d’un air triste, reviens mendier. Il n’est pas difficile et de mon repas, il aime tout apparemment. Heureusement car mon pique-nique se résume à une salade composée de pâtes et de légumes, et à trois petits sandwichs en triangle. Des pâtes et presque deux triangles pour lui qu’il engloutit à une vitesse phénoménale et le dernier triangle et le reste de la salade pour moi. Il est vraiment imprévisible mais ô combien attachant. Du coup, j’en oublie les panoramas et ne fixe plus que mon regard et mon appareil photo sur lui. Quand je repars vers de nouvelles ruelles, il ne me quitte plus et parfois j’ai même l’impression qu’il me montre le chemin. Non, en réalité, je m’aperçois qu’il connaît toutes les gamelles de la commune et semble avoir une faim de loup. Quand il disparaît définitivement, il me manque déjà. Il est temps de poursuivre ma balade. Je sors mon bout de carte et mon G.P.S.  Cette fois, ce dernier vise juste. Il m’entraîne vers le nord-est et en contrebas du conjurador. Un terrain de foot, une plantation de chênes réalisée par les enfants du village comme l’indique une pancarte et me voilà déjà sur l’ancien chemin rural de Serralongue à Galdarès. C’est la bonne direction, d’ailleurs le balisage jaune est à nouveau là. Je coupe la D.44 et m’enfonce dans un sous-bois. Ici, le balisage jaune se présente sous la forme d’une numérotation : 3 vers Galdarès et 6 vers le Grau, dont j’aperçois quelques habitations au fond du vallon. Sur ce chemin tout en descente, quelques oiseaux trop craintifs, de rares fleurs précoces et des perspectives toujours aussi fades ont du mal à ralentir mon allure.  Seuls un long boqueteau de mimosas aux fleurs d’un jaune flamboyant et un rouge-gorge peu farouche au magnifique poitrail orange arrivent à me stopper plusieurs minutes. Peu après, Galdarès est déjà là. J’en ai d’abord une jolie vision aérienne. Le hameau blotti dans la double courbe de la route et de la rivière Lamanère se résume à deux groupes de moins d’une dizaine de bâtisses et à une scierie. J’y descends et débouche sur l’asphalte de la D.44. Je l’emprunte vers la gauche. Là, sur le pont enjambant la Lamanère, j’observe une bergeronnette jouant sur les galets de la rivière. Je remarque la confluence d’une autre rivière, celle du ruisseau de Castell. Un peu plus loin, sur les câbles électriques, deux ou trois hirondelles se reposent dans l’attente de relayeuses qui viendront prendre leur place. Le surprenant manège cesse dès lors que ma présence est bien trop proche. Elle lance des cris perçants en signe de protestation. Etonnantes tout de même ces hirondelles et ces bergeronnettes qui sont censées être là bien plus tard. Le réchauffement climatique serait-il en cause ? Les hirondelles s’envolent toutes et se mettent à planer au dessus de la rivière dans des circonvolutions effrénées. Au balcon d’une maison, quelques boules de graisse attirent de jolies mésanges bleues et charbonnières, un va et vient permanent mais toujours à tour de rôle selon les espèces. Les mésanges me retiennent encore et fixent l’objectif de mon numérique pour quelques gros plans. Je quitte le hameau en remontant la route. Je note la présence d’une miellerie « la Boîte à miel ». J’apprendrais plus tard que Galdares dispose d’une ancienne forge, visitable parait-il, mais je ne l’ai pas aperçue. Elle se trouverait au lieu-dit La Pomarède.  Encore une bonne raison de ne plus partir en balade sans préparation ! Après moins d’un kilomètre de bitume, je délaisse la route se dirigeant vers le Pont de la Vierge et le hameau Le Tech au profit d’une piste DFCI filant sur la gauche. C’est la seule solution que j’ai trouvée pour éviter trop de bitume. Pas de doute, cette piste DFCI V67 est la bonne et file vers la Collade d’En Banat comme l’indique la pancarte mentionnant la fromagerie « le Mouly Benc ». Elle s’avère un peu longue et fastidieuse et comme toujours j’essaie de combler cette lassitude par des distractions photographiques : fleurs, papillons, oiseaux et paysages mettent mon attention aux aguets. Un camion chargé de bois et un renard roux, lesquels,  à quelques secondes près, ont bien failli se télescoper complètent ce tableau photographique. Photos pas toujours réussies mais peu importe, le temps est passé plus vite et le collet est déjà là. Je me dirige vers le Cortal Sainte-Cécile, éco-lieu à but pédagogique comme l’indique une affiche au début de son passage. Les recommandations pratiques en faveur de la nature qui y sont mentionnées me ravissent. J’y file. Le lieu semble désert. A mon approche, seuls quelques oiseaux bondissent d’un buisson à un autre. Rien d’autre ne bouge. Pas de véhicule sur l’esplanade. Je frappe néanmoins à la porte mais personne ne répond et la maison me parait vide. Par respect, je me retire en silence et en ne conservant de ce lieu si paisible que deux photos souvenir. Le temps est venu de rejoindre Le Tech et de finir cette balade. Elle me laisse un goût amer et le sentiment d’une trop grande improvisation. Je le regrette d’autant plus que ce n’est pas dans mes habitudes de partir randonner ainsi, sans avoir analysé toutes les découvertes possibles. Voilà donc une balade qu’il me faudra refaire, à moins que je retourne visiter Serralongue en voiture ? L’occasion d’aller acheter du bon fromage et d’aller déjeuner au Café de la Poste, un bistrot de pays que je ne connais pas  ?  L’occasion d’aller visiter le Tech aussi ? Après tout, conjurer le mauvais sort plusieurs fois ne peut être que bénéfique, non ?…..Il suffit d’y croire ! Et quand on n’y croit pas, ça ne peut pas faire de mal non plus, je suppose ? La balade telle que je l’ai effectuée a été longue de 9, 8 km pour des montées cumulées de 850 m et un dénivelé de 217 m, le point le plus haut étant le conjurador à 721 m et le plus bas à Galdares à 504 m. Carte I.G.N 2349 ET – Massif du Canigou – Top 25.

    (*) Ce n’est qu’une fois accomplie et ce récit complètement rédigé que j’ai constaté que cette randonnée figurait sur un topo-guide « 40 balades en pays catalan »  édité par le journal « l’Indépendant » sous l’intitulé « Autour de la rivière Lamanère ». Si cette dénomination n’est pas fausse, elle me semble un peu « excessive » et surtout elle ne constitue pas l’objectif principal qui est le village de Serralongue. Excessive car si la rivière est traversée à deux reprises au cours de cette balade, la Lamanère est tout de même une rivière longue d’une quinzaine de kilomètres et nous sommes bien plus près de sa confluence que de sa source située au Pla de la Serra à 1.394 m sur cette longue crête intitulée « la Baga de Bordellat ». J’ai donc par simplicité conserver ma dénomination « les Chemins Ruraux de Serralongue » et ce d’autant qu’aucun panonceau directionnel ne mentionne de nom sur cette boucle. (Les données concernant la rivière ont été extraites du site Wikipédia).

    (**) Lors des cérémonies, le prêtre de Serralongue y venait en procession pour réclamer l'intervention divine des Évangélistes. Le prêtre lisait alors l'évangile du saint faisant face à l'orage puis lançait une phrase en catalan : « Sant Joan, Sant Mateu, Sant Marc i Sant Roc, guardeu-nos de pedra i de foc. Sant Lluc, Santa Creu i Santa Bàrbara, no ens deixeu », qui servait de conjuration (Extrait de Wikipédia). La traduction est « St Jean, St Mathieu, St Marc et St Roch, gardez nous de la grêle et de la foudre. St Luc et Ste Croix, Ste Barbe ne nous abandonnez pas » (Extrait de l’Histoire du Roussillon). Voilà quel était le rituel au cours duquel les prières étaient déclamées afin que le village et ses cultures soient préservés des mauvaises conditions climatiques. Mais selon mon visiteur d’Urbanya, le conjurador servait à bien d’autres mauvaises fortunes que l’on voulait exorciser.  


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  • Soldats et détenus…..auxquels le meilleur sort ?

    Soldats et détenus....auxquels le meilleur sort ?

    Les premiers ont choisi leur sort, celui d’être soldats mais se passeraient volontiers de guerre…..Je pense que la cause première d’un soldat est de vouloir la paix. Les seconds n’ont pas choisi d’être des prisonniers mais le plus souvent ils n’ont pas fait grand-chose pour ne pas l’être…..La plupart du temps, vouloir une vie paisible n’est pas leur cause première. Si les comparaisons entre les deux communautés peuvent paraître ridicules et osées à certains, dans de nombreux cas, elles ne le sont pas pour moi !

     

    Alors que nos forces militaires sont engagées sur divers théâtres d’opérations dans des conditions pas toujours faciles voire parfois très éprouvantes : Sahel, Irak, Syrie par exemple, ….est-il normal que nos détenus en prison aient parfois une vie plus douce que nos soldats ?

     

    Tentes, casernes préfabriquées ou en tôle pour nos soldats de l’OPEX et prisons que l’on veut de plus en plus modernes, bienveillantes et trop souvent permissives pour les voyous et les assassins.

     

    Risques incroyables et en tous genres pour nos soldats dont 203 sont morts et plus de 600 ont été blessés pour « faits de guerre » depuis 2002 et vie oisive pour des vauriens de tout bord qui coûtent un bras à nous contribuables. Un détenu seulement sur 4 travaille un peu en prison. J’oublie volontairement tous ceux qui devraient être en prison mais qui pour diverses raisons « louables ou pas » n’exécutent pas leur peine. Il y aurait entre 80.000 et 100.000 personnes dans cette situation, bon an mal an.

     

    Petite prime (10.000 euros en moyenne) liée aux risques et selon les grades pour les soldats lors de leur campagne à l’étranger et refus de travailler pour les dealers et les violeurs qui réclament pour ce faire, des conditions identiques à tous les salariés honnêtes (droits sociaux et syndicaux, congés payés, etc…).

     

    Risques d’épidémies et de maladies liés à leurs conditions d’hygiène et de vie pour les premiers et services de santé et de psychologie dernier cri et sur place pour les seconds, sans compter les nombreuses associations qui leur viennent en aide.

     

    Discipline rigoureuse et vie en casernements loin de leur famille (au moins 4 mois) pour des hommes courageux qui défendent la France et la paix et…… laxisme, laisser-faire, permissivité et droits de visite plus un accompagnement socio-éducatif individualisé pour ceux qui foutent le bordel à longueur d’années.

     

    Il fut un temps où les condamnés de droit commun purgeaient leur peine dans un bagne militaire, le plus souvent dans les colonies,  où ils effectuaient leur service militaire et des actions de protection ou d'intérêt général. Voilà une idée qui pourrait sinon réconcilier du moins rapprocher les deux communautés. 

     

    Depuis quelques années et notamment avec la loi Taubira sur la réforme pénale qui voulait prévenir les récidives, individualiser les peines et les rendre plus contraignantes, c’est le contraire qui s’est produit, parce que si c’est bien d’imaginer des lois, c’est bien mieux d’imaginer au préalable qu’elles seront réalistes, envisageables à mettre en place et à exécuter ou à faire exécuter avec un personnel suffisant et qualifié. Or force de reconnaître que c’est un vrai fiasco en la matière ! Je rappelle que le terroriste qui a égorgé le père Hamel avait un bracelet électronique de surveillance. Fiasco au niveau de la justice qui ne punit plus (dieu sait s’il faut en faire pour avoir droit à un jour de prison !) et fiasco à l’intérieur des prisons…..auxquels s’ajoutent les lourdeurs et les lenteurs d’une justice française asphyxiée par un nombre de raisons qu’il serait trop long de lister ici …..L’insécurité et la délinquance augmentent inexorablement et ce n’est pas moi qui le dis …. mais le Figaro, encore en avril dernier et bien d’autres médias. Les statistiques policières étant amplement erronées car trafiquées à la base, connaître les vrais chiffres des crimes, méfaits, délits et autres infractions plus ou moins graves est une gageure…..et ce d’autant, que de nombreuses victimes ne portent pas plainte……par peur de représailles……quand à l’Institut pour la Justice, il n’a de cesse de réagir à toutes les injustices en la matière…..lisez l’article que je viens de recevoir….une fois encore il est édifiant…..et par certains côtés, il est même « surréaliste » :

     

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    Madame, Monsieur,

    Savez-vous que les détenus en prison reçoivent toutes sortes de récompenses ?

    Eh oui ! tout dealeur, violeur et tueur en série peut bénéficier de loisirs inimaginables, payés par vos impôts. Par exemple ?

    Ils ont le droit à des sorties récréatives…

    ... Sortie à vélo.

    ... Stages de théâtre

    … Stages de Hip Hop

    … Sortie dans des parcs d’attractions.

    … Et même sortie en catamaran (“stage de citoyenneté” à la prison de Vannes)

    Pendant que vous n’avez pas les moyens de payer la “colo” à vos enfants ! Quelle honte !

    Les laxistes opposent systématiquement à ce scandale le scandale des prisons surpeuplées. Mais pardonnez-moi - ce sont deux scandales différents, deux scandales auxquels mettre fin !

    Ils diront que cela leur permet de s’évader.

    Cela leur permet de s’évader …

    … au sens propre.

    Comme la semaine dernière, à côté de Pau.

    Le journal Sud Ouest rapporte les faits. Permettez-moi de citer le journal, c’est scandaleux :

    “un détenu de 28 ans de la maison d’arrêt de Pau a prétexté une envie pressante pour s’enfuir. La sortie Accrobranche, encadrée par les agents du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) au parc Lawrence, a été prématurément interrompue. L’homme a trompé la vigilance de ses gardiens et de ses trois codétenus pour prendre la poudre d’escampette depuis les toilettes publiques…”

    Les parents se saignent pour offrir une sortie à leurs enfants sages … et voilà qu’on récompense les délinquants. Quelque chose ne tourne pas rond.

    Ne pensez pas que c’est un cas isolé. C’est même un des problèmes récurrents de la prison française. (1) Les détenus bénéficient de sorties tous frais payés (2) et en profitent pour se faire la belle.

    J’en veux pour preuve :

      en décembre dernier, un voleur condamné pour vol par effraction avec violence s’était échappé lors d’une promenade en vélo.

      en juin 2016, c’était un détenu condamné pour islamisme radical et pour braquage... déjà connu pour ces 84 faits de délinquance, qui s’était échappé lors d’une sortie VTT au château de Saint-Germain-en-Laye.

      Et je vous épargne les autres affaires: Isère, Perpignan, Besançon, Meaux, et tant d’autres.

    On ne parle pas ici de personnes ayant provoqué un accident après avoir brûlé un feu rouge. Ces individus ont été condamnés pour des cambriolages violents, des meurtres, des viols sauvages.

    Mais vous le savez déjà - toutes les peines inférieures à 24 mois sont systématiquement réaménagées. On ne trouve en prison que des poids lourds de la délinquance.

    D’autant plus inquiétant que la Radio RTL dénonçait qu’en 2015, il y a eu presque une évasion par jour dans nos prisons. De vraies passoires !

    Des cartouches de fusil d’assaut dans la prison !

    Dans nos prisons, on trouve de tout. Téléphones portables, consoles de jeu, armes improvisées.

    Mais on découvre même des cartouches de fusil d’assaut au sein des prisons !

    Un fusil d’assaut, c’est une arme pour faire la guerre. Pas pour chasser des éperviers, ni pour tirer les points au stand. Quand les journalistes vous parlent “d’un fusil d’assaut calibre 7,62”, ils cherchent à éviter d’employer le mot “Kalashnikov”.

    Elles ont été saisies il y a quelques jours, au parloir de la Prison de Fresnes. Le journal Le Parisien rapporte le cas :

    “Neuf cartouches de type fusil d'assaut calibre 7,62 ont été saisies vendredi vers 15 heures lors d'une fouille au parloir de la prison de Fresnes (Val-de-Marne). Deux sœurs de 20 et 25 ans, qui avaient tenté d'introduire ces munitions, ont été aussitôt placées en garde à vue par les policiers de L'Haÿ-les-Roses.

    Le prisonnier à qui le sac était destiné n'est autre que le frère des deux jeunes femmes. Selon nos informations, il est détenu en attendant son jugement dans le cadre d'une affaire de trafic de stupéfiants et d'armes. “

    En mars dernier, c’était une arme à feu recherchée à la prison du Havre. Ils sont allés jusqu’à faire venir l’ERIS - l’équivalent du GIGN pour les prisons !

    Cela doit cesser !

    L’Institut pour la Justice a une solution : c’est généraliser le travail en prison. Je suis sérieuse.

    Aujourd’hui, on traite nos délinquants comme des “victimes de la société”. On leur offre vacances, temps libres, consoles de jeux, et autres amusements.

    A la sortie, ils ont passé d’agréables heures à s’amuser. Les victimes apprécieront. Mais il y a encore pire. Dans de telles conditions, ils ne sont pas dissuadés d’y revenir … .

    Alors qu’il faut faire tout le contraire !

    … Il faut que la prison serve à réinsérer les délinquants dans la vie civile.

    … Cela ne peut se faire qu’en les mettant devant un poste de travail. Leur apprendre un métier. Leur inculquer le respect de l’autorité, le respect des règles. L’amour du travail bien fait.

    Le proverbe populaire n’est-il pas:

    L’oisiveté est la mère de tous les vices !

    Prenez l’Observatoire International des Prisons (OIP), association bien française, qui prône le laxisme envers la délinquance.

    Comment appelez-vous un think tank qui ose dire “qu’en France, les détenus sont privés de leurs droits fondamentaux” ?

    Et les victimes ?

    Dans un de leurs tracts, ils s’attaquent au travail en prison.

    Il serait synonyme de …

    … droit du travail au rabais

    … d’absence de protection sociale

    … d’absence de congés payés

    … d’absence de droits syndicaux

    … d’absence de médecine du travail

    … de salaire de misère

    Mais enfin !

    Se rendent-ils compte qu’on ne peut pas attendre la même productivité d’un salarié expérimenté que d’une personne que l’on habitue au travail, que l’on forme, que l’on met dans le droit chemin ?


    Avec tout mon dévouement,
    Axelle Theillier

     

     

     

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  • Le prochain article : La Roche gravée de Fornols et autres découvertes depuis Campôme

    C'est la News : La Roche gravée de Fornols et autres découvertes depuis Campôme

    C'est la News : La Roche gravée de Fornols et autres découvertes depuis Campôme

     Cliquez sur les photos pour les agrandir. 2 fois pour obtenir un plein écran


    « La Roche gravée de Fornols et autres découvertes depuis Campôme », voilà le titre de ma prochaine randonnée. Une nouvelle randonnée que cette fois j’ai tenté de préparer au mieux et en tous cas, pas avec la légèreté et l’improvisation comme la précédente sur les «Chemins Ruraux de Serralongue ».  De ce « rocher gravé de Fornols-Haut » ; son titre cadastral exact ; je crois que j’ai lu tout ce qu’il était possible de lire sur Internet, mais pour être franc, l’envie de venir la découvrir avait démarré bien avant avec la lecture il y  a trois ans du livre  « Autrefois des hommes…..préhistoire du pays catalan » dont l’auteur n’est ni plus ni moins que l’ « inventeur » de cette roche, l’archéologue Jean Abelanet qui l’avait découverte en 1983. Dans la foulée, j’y avais rajouté la lecture d’un vieux numéro d’ « Archéologia » de 1987, c’est dire si le sujet me fascinait.  Pour moi, cette roche gravée, c’était presque devenue la « Lascaux » des Pyrénées-Orientales. Si j’ai tout lu, délaissant les aspects trop scientifiques pour moi, j’ai surtout retenu qu’il s’agit « du seul témoignage connu d’art paléolithique de plein air sur le territoire français et l’un des rares en Europe… » dont le moulage des différents tracés ont laissé apparaître « 17 représentations animales et 23 figures géométriques (chevrons, zigzags, réticulés, clatriformes », voilà le résumé « accessible » qu’en fait l’Encyclopédie Wikipédia. Le site précise que les espèces animales les plus présentes sont le bouquetin et l’isard mais qu’on y trouve aussi des oiseaux comme le vautour et bizarrement un grèbe castagneux, oiseau aquatique par excellence, alors que tous les spécialistes s’accordent à dire que cette roche a toujours été située dans une zone aride. Faut-il pour autant penser que les "dessinateurs" de l'époque se cantonnaient à ce "serrat" ? Les autres sites Internet m’ont apporté divers renseignements utiles comme les coordonnées « probables » de son emplacement, (je vais partir avec plusieurs !) ou bien l’heure idéale à laquelle il est préférable de la découvrir afin qu’apparaissent au mieux les rainures formant les gravures rupestres. Pour tout le reste et notamment les détails trop techniques, s’ils m’intéressent, j’avoue qu’étant un profane de l’archéologie, ils ne m’apparaissent pas essentiels à la visite que j’ai l’intention de programmer. Voilà quel est mon état d’esprit quand je m’apprête à partir découvrir cette « fameuse » roche gravée de Fornols. . Pour lire la suite, merci de patienter un peu. Le temps d'écrire l'article dans son intégralité et je reviens.... A bientôt ami(e)s blogueuses et blogueurs.


     

     

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  • LE CIRCUIT DE LA SOULSOURE depuis Saint-Hippolyte par jullie68

    Diaporama sur la chanson "La Mer" de Charles Trenet, jouée par Biréli Lagrène (extrait de son album Gipsy Project)

    Le Circuit de la Soulsoure depuis Saint-Hippolyte-de-la Salanque

     Le Circuit de la Soulsoure depuis Saint-Hippolyte-de-la Salanque

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    A l’origine, la Soulsoure, Solsora (*) sur les cartes était le nom d’une modeste agouille (carte cadastrale) et celui d’une petite zone marécageuse située entre la cité de Saint-Hippolyte et l’étang de Salses-Leucate. L’agouille traversait le site et de ce fait, l’appellation était commune. L’agouille a été aménagée en canal et a pris le nom de son célèbre concepteur Pierre-Paul Riquet. C’est une vieille histoire dont l’origine date de 1686 (**). Aujourd’hui la Soulsoure, c’est surtout le nom d’une bande littorale de 49 ha protégée par un plan de gestion dans lequel un grand nombre d’institutions et d’acteurs sont parties prenantes. Plus simplement, il s’agit d’une vaste zone humide ayant un intérêt écologique et environnemental primordial. Le circuit pédestre que je vous propose ici est bien connu des marcheurs, promeneurs et coureurs hippolytains mais si vous devez y aller aussi, sachez qu’il nécessite un respect capital du milieu dans lequel vous aurez à circuler. Eux le savent mais les visiteurs pas toujours. Si ça vous chante, vous pourrez l'allonger à votre guise car les chemins sont nombreux tant vers l’intérieur des terres que vers l’étang de Salses. Vers l’étang, vous pourrez l’agrandir en partant vers le nord-ouest et vers Salses en direction du hameau de Garrieux par exemple. Vers le nord-est, vous serez un peu plus limité à cause de la presqu’île de La Coudalère. Dans cette dernière direction, le terrain militaire dit de Saint-Laurent-de-la Salanque constituera une contrainte qu’il vous faudra impérativement contourner ou précéder (comme nous l’avons fait) pour revenir vers la ligne de départ. La deuxième contrainte est bien évidemment l’Etang de Salses lui-même mais ça je suppose que dès lors que vous aurez regardé le tracé sur la carte I.G.N, vous aurez compris qu’aller au-delà de cette limite, c’est la garantie d’une baignade certaine ! Si l’été, ça ne pose pas ou peu de problème, en janvier, l’idée même d’un simple bain de pieds peut être mal perçu. C’est pourtant ce que nous avons failli connaître au cours de cette balade. Oui, vous l’aurez  compris, l’objectif principal de cette balade est de longer une belle partie de la bordure de cet étang et autant que possible de profiter de cet environnement insolite et sauvage. Flore et faune vous y attendent  mais les deux sont fragiles. Nous, en raison du temps que nous voulions y consacrer, on s’est cantonné à une partie somme toute modeste mais suffisante pour avoir un très bel aperçu de ce que peut être cette Soulsoure. Il y a donc eu le plaisir de marcher avec comme horizon, un horizon changeant et parfois même une absence d’horizon car ici quand il est fait beau mais un peu brumeux, le ciel et l’eau se confondent assez souvent et seuls d’étroits rubans plus sombres encadrent ce paysage tout bleu. Ces rubans sont la terre, avec sur la gauche quelques collines du côté de Salses, les Corbières maritimes, et sur la droite, cette longue et fine langue que constitue la presqu’île lagunaire sableuse de Barcarès-Leucate. Plus près, c’est le blanc qui prédomine avec les barres d’immeubles et les marinas du Barcarès.  Marcher est un agréable plaisir mais le faire en y insérant quelques découvertes, c’est bien mieux. Tel était notre deuxième objectif : découvrir ! En la matière, il y a bien sûr les décors, les paysages,  l’occupation et l’activité humaine, plus globalement la vie du lieu, sa flore et sa faune mais je ne vais pas vous raconter d’histoires car je suppose que vous commencez à me connaître et parmi ces découvertes il y en a une qui justifie notre présence ici : l’avifaune ! En effet, cette zone comme la plupart de tous les étangs méditerranéens est un haut-lieu de l’ornithologie. Certains oiseaux ne font qu’y passer le temps de s’alimenter et de prendre un peu de repos, d’autres y sont sédentaires et enfin, il y a ceux  qui y restent le temps de la reproduction. Venir ici sans pouvoir assouvir ma passion de la photo ornithologique en particulier et animalière en général aurait donc été un sacrilège !  Le départ de la balade s’effectue depuis Saint-Hippolyte. Nous trouvons une place où nous garer à proximité de la très imposante église Saint-Michel avec son superbe clocher et nous remontons le boulevard de la Marine, nous passons devant le tout autant imposant « castell » médiéval qui fait l’angle avec la rue Jeanne d’Arc. Marine, Jeanne d’Arc, j’en suis à me demander de quel bord politique est  la commune ? Enfin, peu importe, aujourd’hui le seul front à retenir est le front de mer, enfin celui de l’étang et nous en sommes encore à chercher la cave vinicole qui est la vraie ligne de départ de cette boucle. Nous n’avons pas prévu de visiter le village, qui mérite sans doute un détour plus conséquent au regard de l’Histoire que j’ai pu en lire sur le Net. Voilà l’avenue Paul Riquet que nous recherchons. La cave est là. Nous poursuivons tout droit. Le canal est déjà là. Tout droit lui aussi. Droit comme un « I ». Nous le longeons sur sa berge gauche. Sur sa berge droite, de grands cyprès servent de miradors à une palanquée de grandes Aigrettes tandis que de nombreux étourneaux et tourterelles ont trouvé refuge sur les câbles électriques. Les moineaux semblent avoir une nette préférence pour les tamaris où ils se cachent. Des occasions presque inespérées d’engranger les premières photos ornithologiques. Si la présence des aigrettes s’explique par l’abondance de petits poissons dans le canal, des mulets apparemment, celle des autres volatiles reste plus mystérieuse. Nous poursuivons. Un gros ragondin fait sa toilette. Une première passerelle se présente mais nous en faisons l’impasse car mon bout de carte m’en indique une deuxième un peu plus loin. Les cyprès ont quasiment disparu et ont laissé la place à de grands peupliers blancs et à quelques pins. Les premiers sont effeuillés et quelques oiseaux ont élu domicile au plus haut de leur faîte. En raison des branchages faisant obstacle, ils sont impossibles à photographier. Les Grandes Aigrettes au bec jaune laissent la place à quelques aigrettes garzettes au bec noir et à une multitude de petits passereaux : serins, rouges-queues, gobe-mouches, verdiers, chardonnerets, bruants.  Un grand bonheur pour moi de voir tous ces oiseaux alors que nous en sommes à peine à la partie que j’imaginais comme la moins intéressante du parcours. Je ne peux malheureusement pas les photographier tous convenablement. Voilà la deuxième passerelle. Elle fait office d’écluse. Cette fois, il faut traverser et longer la berge opposée. Les grands peupliers disparaissent et laissent la place à une plus grande variété arbustive avec des cannes, des peupliers plus modestes dans leur taille et quelques autres essences. Dans le canal, les roselières se font plus présentes. Elles servent de repères aux gallinules poules d’eau. Une étrange créature vient crever la surface, je la prends en photo mais très vite elle replonge dans les profondeurs du canal. Tortue ? Poisson carnassier ? Serpent ? Je ne saurais jamais ! La photo reste incertaine mais je parierais bien pour un poisson carnassier ou une grosse tortue d’eau. L’étang approche et avec lui, apparaissent les premiers cabanons et les premières barques de la Fount del Port. Très étonnant, ces quelques pieds de vignes au milieu même du canal.  Quelle jolie manière de mettre de l’eau dans son vin  ou l’inverse !  Une pancarte Natura 2000 présente et explique ce qu’est le « complexe lagunaire de Salses-Leucate » et rajoute qu’il est un « site européen majeur pour la conservation de la biodiversité ». Un grand cormoran dort sur un piquet planté à plusieurs mètres du rivage mais mon insistance à vouloir le photographier semble le réveiller. Il bat lourdement des ailes comme quelqu’un qui étire ses bras après un profond sommeil puis il s’envole en rasant la surface. Désormais, nous longeons le bord même de l’étang en marchant sur un épais tapis d’algues sèches mais fortement imbibées par les pluies des jours précédents. Nous pataugeons et de ce fait, nous sommes contraints de rallier le chemin principal. A regret car quelques échasses occupent les portions sableuses. Le chemin est encadré de ganivelles, ces palissades dont l’utilité est double : freiner les vents de sable et encadrer les déplacements humains. Mais là aussi, les orages de la veille ont créée quelques grandes flaques d'eau pas toujours facile à franchir. Seul privilège à cette entorse obligée, la découverte d’un vraie « barraca », maison traditionnelle du pêcheur construite avec les roseaux du coin et le bois flotté. On continue tant bien que mal jusqu'à atteindre une passerelle sur l’agouille Ventouse. Mais les choses se compliquent car des employés qui travaillent au débroussaillage nous indiquent que nous ne pourrons pas aller plus loin, les eaux de l’agouille ont débordé et ont envahi les chemins adjacents. Nous faisons demi-tour avec dans la tête la quasi certitude que la balade est déjà terminée. On retourne au bord de l’étang et continuons au plus près de l’eau en suivant un jeune homme qui promène son chien. Eux sont carrément dans l’eau ; le chien jusqu’au poitrail et l’homme jusqu’aux mollets, et nous sur la berge mais sans le vouloir, ils nous montrent un itinéraire que nous n’aurions jamais découvert. En effet, nous arrivons à l’embouchure de l’agouille Ventouse où un amoncellement de branchages, de roseaux et d’algues a créé un pont si épais et si solide que nous le chevauchons sans trop de crainte. En tous cas, nous réussissons à franchir l’agouille large de presque 3 mètres sans nous mouiller les pieds. On continue en alternant, les passages sur le rivage ou entre les ganivelles au gré de leur praticabilité. D’autres oiseaux apparaissent : passereaux des roseaux mais aussi des goélands, des mouettes rieuses et quelques autres limicoles. Un petit régal pour moi. La marche devient plus simple même si pour éviter une zone vraiment inondée, elle nous oblige à entrer dans une propriété privée sur quelques dizaines de mètres. Après cette courte infraction, nous voilà désormais sur une portion littorale bien plus praticable. Petits ou grands, les oiseaux de étangs se succèdent : hérons, chevaliers, passereaux. Nous passons devant une villa et quelques minutes plus tard débouchons sur une grande esplanade. Devant nous, le fameux terrain militaire, à droite une route asphaltée et à gauche un immense ponton en ciment donnant sur les flots. Carte  à l’appui, j’explique à Dany que l’heure est arrivée de faire un choix : soit prolonger la balade en continuant le littoral puis en faisant le tour du terrain militaire soit prendre la route qui part à droite et qui doit nous ramener à Saint-Hippolyte. Plus pragmatique que moi, elle me réponds que c’est surtout l’heure du déjeuner qui est déjà arrivée et elle file aussi sec vers l’extrémité du ponton, seule « aire de pique-nique » digne de ce nom à ses yeux. Assise au bord du ponton, les pieds ballants au dessus de l’eau, la voilà qui s’installe et se met à manger sa salade face à l’immensité de l’étang. Je fais de même sous le regard inquiet d’un grèbe huppé qui lui aussi est entrain de déjeuner. Enfin, lui en est tout juste à tenter de le pêcher par des apnées successives, longues et de plus en plus éloignées de nous. Avec beaucoup de difficulté, je tente bien évidemment de le photographier. Face à nous l’étang bleuté et au loin sur notre gauche, un Massif du Canigou excessivement enneigé qui vient de surgir des nuages comme un diable à ressort jaillit de sa boîte. Enfoui qu’il était sous de gros cumulonimbus, nous ne l’avions pas remarqué. Après ce frugal déjeuner, je continue à m’adonner au plaisir de la photo pendant que Dany en profite pour un peu de repos sous un soleil suffisamment tiède pour tomber dans une agréable torpeur. Ici, de nombreux passereaux occupent les salicornes, les soudes et autres plantes halophiles poussant à profusion. Quelle n’est pas ma surprise de découvrir pour la toute première fois le si joli « Gorge bleue à miroir ». Il est temps de repartir. Dany a opté pour la formule la plus courte c'est-à-dire celle qui ne fait pas le tour du terrain militaire. Nous prenons la route bitumée D.11h jusqu’à l’entrée du dit terrain. Bien évidement, le fait même de quitter le bord de l’étang rend cette balade moins captivante. Les oiseaux y sont moins nombreux. Seuls quelques étranges tags sur un transfo électrique abandonné, le tableau d’une Vierge Marie jeté dans des décombres qui n'ont rien à faire là et quelques chèvres jouant sur les palettes d’un capharnaüm  retiennent l’attention de mon appareil photo. Voir les fossés transformés en dépotoirs et de jeunes cabris et leurs mères juchées sur des palettes et gambader au milieu de bouteilles de gaz me rend plutôt « furax ». Nous arrivons devant la grille du terrain militaire et il nous faut quitter l’asphalte. Ici, nous tournons à droite à hauteur d’une métairie au style résolument catalan, en pierres et « cayroux ». Un chemin y file derrière puis se poursuit de manière évidente tout en zigzaguant. Finalement l’itinéraire devient quasiment rectiligne. Si vous n’avez pas pris la précaution d’un tracé G.P.S, il vous faudra suivre le chemin le plus emprunté. Vous ne pouvez guère vous tromper car c’est à la fois celui qui dispose d’un maximum d’ornières et le plus bourbeux à la fois, les deux allant ensemble à cause de l’activité agricole permanente et des pluies des jours précédents sur un terrain argileux peu perméable. Il traverse des champs en friches, d’autres envahis d’immenses serres plus ou moins abandonnées mais surtout, il pénètre ce qui fait la richesse du pays salanquais, c'est-à-dire le maraîchage,  les vergers, les vignobles et l’élevage équin ou ovin. Tout au bout, ce chemin débouche sur la départementale D.11, laquelle à droite retourne vers le centre de Saint-Hippolyte. Nous retrouvons notre voiture après 3h30 sur ce « Circuit de la Soulsoure ». La balade se termine après une dizaine de kilomètres parcourus, le « trackback », c'est-à-dire le tracé de mon G.P.S enregistré en marchant, m’annonçant 10,099 km, pour un dénivelé quasiment nul de 3 mètres maxi. J’ai photographié une bonne vingtaine d’oiseaux d’espèces bien différentes mais ce chiffre, il faudrait le multiplier par trois pour obtenir un recensement fidèle des oiseaux réellement aperçus au cours de la balade. Carte I.G. N 2548 OT Perpignan – Plages du Roussillon Top 25.

     

    (*) La Solsora : En français le Soulsoure est le nom de la « Soude commune », en latin « Salsola soda », le mot « salsona » ayant pour origine le nominatif « salsus » signifiant « salé ». Il s’agit d’une plante halophyte et succulente dont on tire depuis des siècles le fameux carbonate de soude ou carbonate de sodium par combustion de ses cendres, élément essentiel dans la fabrication du verre et du savon.

    (**) Le canal Paul Riquet de Saint-Hippolyte : En 1666, sous le règne de Louis XIV et grâce à un édit de Colbert,  commencent les premiers travaux du « canal royal du Languedoc ». Sous la férule de Pierre-Paul Riquet, les travaux durent une quinzaine d’années et sont motivés par le souhait de faciliter le commerce, du blé notamment. En 1789, les révolutionnaires lui donnent le nom de « canal du Midi ». Bien plus tard, entre 1838 et 1858 et après le creusement définitif du « canal de la Garonne », l’ensemble devient le « canal des Deux-Mers ». Si l’idée de relier la Méditerranée à l’Atlantique date de l’antiquité mais a sans cesse été reprise au fil des différentes couronnes, on peut citer Auguste, Néron, Charlemagne, François 1er, Charles IX ou encore Henri IV, deux siècles auront presque été nécessaires pour parvenir réellement à concrétiser ce projet d’une voie navigable entre les deux mers. Entre ces deux dates, une multitude d’autres projets de canaux secondaires seront imaginées par divers ingénieurs au gré des intérêts commerciaux, des guerres à répétition, des signatures de traités, des périodes de paix, des nouveaux conflits, de nouveaux accords, etc, etc....Si certains verront le jour, l’insuffisance de finances et le désintérêt soudain pour un projet qui paraissait essentiel quelques années auparavant sont les principales causes de nombreux avortements. Il en est ainsi de ce qui devait être le canal du Roussillon dont Vauban était le promoteur. Quand on évoque Vauban, on pense inévitablement stratégie et systèmes de défense et bien évidemment l’idée de relier le Roussillon au canal royal du Languedoc par un autre canal est d’abord militaire. Nous sommes en 1686 et il faut se rappeler que le comté du Roussillon vient d’être annexé au royaume de France par le traité des Pyrénées de 1659, au même titre que d’autres régions pyrénéennes espagnoles comme le Vallespir, le Capcir, le Conflent et une partie du comté de la Cerdagne, pour ne citer que les plus proches de Saint-Hippolyte. Cette région essentiellement d’origine catalane est dans une période de grande instabilité et pour Vauban, les aspects sûreté et sécurité sont primordiaux. Il est important de réprimer le moindre antagonisme, la moindre opposition, de faire face à d’éventuelles représailles venant du royaume d’Espagne. C’est ainsi qu’en 1686 est creusé le canal de la Robine dont le prolongement après Port-la-Nouvelle doit rejoindre l’étang de La Palme puis celui de Salses-Leucate, lequel une fois traversé reliera Perpignan par un canal démarrant à proximité du village de Saint-Hippolyte. Les agouilles étant nombreuses dans le secteur, on peut supposer que les ingénieurs ont utilisé une petit cours d’eau voire une source existante débouchant au lieu-dit la Font del Port (la Fontaine ou la Source du Port en français) : la Solsora (*) sans doute. Il faut se souvenir que depuis toujours les salines étaient nombreuses à proximité de Saint-Hippolyte dont l’appellation Sant Hipolit de la Salanca, nous rappelle que les « salanques » c'est-à-dire les « Terres Salées » étaient habituelles dans ce secteur. Voilà donc le principal projet du canal dit du Roussillon tel qu’il est repris par l’ingénieur Antoine Niquet après la mort de Riquet en 1680 et même si d’autres ébauches (vers Rivesaltes et l’Agly, Canet et Port-Vendres, les Fenouillèdes et les Corbières) ont été un temps envisagées, la plupart restent soit trop peu rationnelles soit carrément utopiques. Les travaux de ce canal du Roussillon commencent un peu partout et le creusement du canal de Saint-Hippolyte débute en 1691 mais par absence de budgets et diverses autres raisons (risque de guerre devenu caduc avec l’Espagne, opposition des héritiers Riquet, désintérêts commerciaux dus aux progrès routiers et maritimes, etc…) la plupart de toutes ces entreprises ne seront jamais menées jusqu’à leur terme. Il faut noter que le canal de Saint-Hippolyte prendra le nom de Riquet alors que ce dernier est déjà mort depuis 1680 quand commencent les travaux en 1691. On peut donc supposer qu’il s’agit d’un hommage, d’un souhait ou d’une exigence des héritiers car il a été le premier à coucher sur le papier, l’idée même d’un canal reliant l’étang à la commune. Après deux ans de creusement, le projet est abandonné mais la liaison entre le village à l’étang est terminée. Ce tronçon de canal n’aura jamais l’usage initial qui était militaire ni commercial mais, puisqu’il court jusqu’à l’étang, il va permettre d’assainir l’intérieur des terres en proies aux marécages et aux inondations régulières diminuant ainsi les nombreux risques liés aux maladies infectieuses qui en découlent depuis toujours, tant pour l’homme que pour la faune. En effet, avec le canal et les autres agouilles Capdal, Ventouse, du Trial et leurs réseaux, les eaux de sources et de pluies peuvent désormais être drainées vers l’étang. L’Etat français cédera le canal à la commune qui diminuera sa taille, aménagera ses berges et sera chargée de son entretien et de sa protection. Voilà un condensé des différentes lectures que j’ai pu faire sur le sujet mais si vous voulez l’approfondir, je vous conseille la lecture du livre de Gilbert Larguier « Découvrir l’Histoire du Roussillon XIIe-XXe siècle » parue aux Presses Universitaires de Perpignan en 2010, on y évoque beaucoup le Canal du Roussillon et un peu ce tronçon hippolytain.


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  • LE CAMI D'EL VIVER depuis Saint-Martin de... par jullie68

    Diaporama sur la musique de Loulou Gasté et les paroles d'Albert Simonin et son épouse Marie-Hélène Bourquin "Pour toi" plus connue car plagiée sous le nom de "Feelings" par Morris Albert puis reprise en français en "Dis-lui" par divers chanteurs dont Mike Brant.

    Elle est jouée et interprétée ici par Princy Magoo Sax, Morris Albert et Al Martino

    Le Cami d'El Viver (ou chemin du Vivier) depuis Saint-Martin-de-Fenouillet

    Le Cami d'El Viver (ou chemin du Vivier) depuis Saint-Martin-de-Fenouillet

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    Cette deuxième randonnée de l’année effectuée à partir de Saint-Martin-de-Fenouillet en direction de Le Vivier, je l’ai intitulé le « Cami d’El Viver ». Il s’agit d’une boucle de ma composition et à vrai dire pour lui donner un nom, les choix étaient multiples. Si l’on observe la carte cadastrale, on y trouve deux appellations  et je suppose qu’elles ont un rapport direct avec la direction dans laquelle on marche. Le « Cami de St-Marti » en se dirigeant de Le Vivier vers Saint-Martin et le « Chemin du Vivier » dans le sens contraire. Alors, j’ai coupé court et des deux dénominations, j’en ai fait une seule en y rajoutant ce petit accent catalan toujours aussi agréable à l’oreille et qui évite bien des confusions quand à savoir si l’on doit écrire le « Chemin de Le Vivier » ou le « Chemin du Vivier ». « Le Cami d’El Viver » sonne bien et j’y trouve même de surcroît cette petite bouffée de liberté bien en relation avec tout ce que j’aime dans la randonnée pédestre : « Vivre ! ». Et quand je lis sur le site de la mairie, que le village est le « poumon du Fenouillèdes », je ne peux qu’y trouver mon compte ! Oui, j’avais décidé de partir à la découverte du village de Le Vivier depuis pas mal de temps déjà. Je ne le connais pas et même si je suis conscient que janvier n’est pas la meilleure période pour une visite touristique, je suis déjà certain que le plaisir de marcher va pallier aux éventuelles désillusions. Je me souviens du village comme la ligne de départ d’une balade pédestre vers le bien notoire « Fajas d’en Baillette », hêtre multi séculaire de la forêt communale et c’est vraiment tout, c'est-à-dire « rien » de la commune.  C’était il y a très longtemps de cela et au minimum 20 ans ou 25 ans car ma fille, encore très jeune à cette époque-là, était, chose rarissime, venue balader avec nous. Autant dire que du Vivier, j’ai tout à découvrir mais je veux le faire sous deux conditions : voir un maximum de choses de son patrimoine mais le faire au cours d’une randonnée assez grande afin de me prouver qu’après les chutes à répétition et les problèmes corporels qui s’en sont suivis, les « bonnes » distances à accomplir ne sont plus un frein à ma passion. J’ai donc tant bien que mal étudié l’Histoire du village sur Internet mais force est d’admettre que les sites sont peu nombreux en ce qui concerne l’évocation de son patrimoine. Plus nombreux sont les renseignements concernant les Seigneurs du Vivier (*) ayant régnés sur le village et ses « très larges » environs. Ils semblent que cette famille aux multiples ramifications soit de la même « veine » que notre « sacré » Charlemagne. Elle a fourni au royaume de France, un nombre faramineux de vaillants chevaliers, soldats et autres serviteurs. C’est donc à partir de cet ensemble d’informations recueillies que l’envie d’aller voir Le Vivier a encore grandie. J’ai analysé diverses cartes sur Géoportail et de ces observations et presque d’elle-même une jolie balade à partir de Saint-Martin-de-Fenouillet est apparue comme par enchantement. Elle emprunte une partie du célèbre G.R.36, ce qui en facilite son élaboration. Il ne reste plus qu’à la concrétiser. Le 25 janvier, je décide de m’y atteler. Le temps n’est pas super mais suffisamment beau pour démarrer sans trop de crainte qu’il change en cours de route. A Saint-Martin-de-Fenouillet, je laisse ma voiture à la sortie nord du village sur une esplanade que je connais bien désormais pour y être venu à diverses reprises. Je passe devant l’église, remonte la rue de la Tramontane et trouve aisément les marques blanches et rouges du G.R.36. Je connais bien ce tronçon qui file vers La Lloubère pour l’avoir accompli, mais à l’envers, lors d’une randonnée que j’avais intitulé « le Circuit du Jardin Ensoleillé ». Il suffit de suivre les indications des nombreux panonceaux et le balisage bien présent du G.R.36 et l’itinéraire file plein sud sans trop de difficulté. On notera néanmoins de légers oublis dans la signalisation en atteignant la route asphaltée. Mon G.P.S et le tracé que j’ai enregistré pallient à ces difficultés mais pour être honnête, le G.P.S est surtout dans ma poche pour les parties non G.R.36 du circuit. Je quitte le bitume de la route en tournant à droite à hauteur d’une ancienne carrière de feldspath. De nos jours, la carrière a été investie par des « babacools » qui en occupent ses flancs et ont transformé le fond de son creuset en un jardin potager. Une fois sur le chemin, on domine la large entaille de la carrière où l’on peut apercevoir une yourte blanche, des escaliers et une passerelle, une roulotte et un kiosque joliment aménagé. Aucun doute, une vie retirée a repris ses droits dans ce lieu âpre et plus qu’insolite et je dis bravo à ceux qui ont eu le courage de s’y installer. Du courage, il doit en falloir pour vivre en harmonie dans ce lieu destiné d’abord à un dur labeur minier. Un bon et large chemin file rectiligne sur un terrain presque complètement dénudé et de ce fait, d’amples vues s’entrouvrent absolument de tous côtés.  Bien évidemment, l’œil est d’abord attiré en priorité par les quelques élévations enneigées et force est de reconnaître que ce n’est pas toujours des sommets que l’on a l’habitude de voir sous un manteau blanc. Il y a bien sur l’inévitable Canigou mais plus surprenant sont les pechs de Bugarach, Fraissinet et des Escarabatets que j’ai eu l’occasion de gravir à maintes reprises, mais jamais dans de telles conditions d’enneigement. Plus surprenant encore le Sarrat Naout et surtout cette « fameuse » Pelade que j’avais non pas gravie mais descendue l’an dernier au mois de février. Il y avait déjà un peu de neige mais pas la quantité d'aujourd’hui. La Pelade ressemble carrément à un domaine skiable. Au plus haut du plateau, c’est les ruines du château du Vivier qui apparaissent mais comme il constitue un des principaux objectifs du jour, pour l’instant je m’en désintéresse un peu. Plus intéressant sont les oiseaux qui occupent un bosquet de chênes rouvres et quelques feuillus. Il y a bien sûr les inévitables mésanges charbonnières mais les mésanges à longue queue y sont les plus nombreuses. Je passe presque une heure à essayer de les photographier avant d’y parvenir avec des résultats somme toute mitigés. Autre satisfaction à cette patience, un groupe de pinsons et de bruants viennent se poser alors que je me planque au sein  d’un fourré. Je repars néanmoins ravi de ces quelques clichés qui viendront alimenter mon bestiaire photographique. Le chemin descend vers un vallon au lieu-dit Pufféré. Le G.R 36 s’oriente vers l’ouest mais il est déjà temps de le quitter. Pourquoi me direz-vous ? Pour deux raisons essentielles mais qui ne vont pas l’une sans l’autre : me diriger le plus directement possible vers la chapelle Sainte Eulalie que je veux découvrir et par la même occasion profiter d’une élévation dominant Le Vivier. J’ai bon espoir d’être à même de photographier le village avec une vue dominante et d’ensemble. Les vues aériennes de Géoportail que j’ai visionnées m’ont laissé imaginé que c’était possible. Une fois n’est pas coutume, j’ai vu juste. Les vues aériennes du Vivier sont belles et la chapelle Sainte Eulalie est là bien plus vite que je ne l’avais supposé. Pour cela, l’itinéraire emprunte un semblant de piste au sein de la garrigue, coupe quelques vignes, longe une clôture au bout de laquelle il suffit de pousser un portail débouchant sur un sentier.  Au sein d’un bois de chênes, ce sentier descend presque directement vers la chapelle. En arrivant en bas, j’ai cet avantage de tomber sur un maquignon qui mène deux énormes taureaux au pré et qui a la gentillesse de m’indiquer où elle se trouve. Elle est là à quelques dizaines de mètres seulement, cachée dans un sous-bois. La chapelle est fermée mais à vrai dire, je n’ai que peu d’espoir de découvrir un patrimoine accessible en cette mi-janvier. La saison n’est pas propice aux visites et le pays Fenouillèdes n’attire que peu de touristes, surtout à cette époque de l’année. Je profite néanmoins de l’aire de pique-nique pour déjeuner et des taureaux pour quelques photos dont le résultat final est de faire grimper mon adrénaline. En effet, séparé par un simple fil électrique, et alors que je le photographie plutôt tranquillement, qu’elle n’est pas ma frayeur de voir l’énorme taureau taper rapidement le sol de son sabot puis foncer vers moi avant de s’arrêter net devant le fil. J’ai détalé mais je pense que sans cet arrêt aussi soudain que l’était sa ruade, j’aurais eu droit à un violent coup de cornes. Nul doute que je retiendrais cette leçon « tauromachique » ! Je laisse les taureaux à leur pré et file vers Le Vivier, d’abord en suivant la rivière Matassa, direction le joli site du Moulin d’Avall puis grâce à un radier pour monter vers sa partie la plus ancienne. L’analyse de la carte I.G.N m’a démontré que les moulins étaient plutôt nombreux dans ce secteur du Fenouillèdes. De celui d’Avall, j’en prends quelques clichés. Depuis mon départ de Saint-Martin-de-Fenouillet, je marche comme si le maquignon et moi étions les deux seuls êtres humains sur cette terre et mon arrivée au Vivier ne semble pas vouloir modifier ce constat. Le haut du village paraît aussi vide que la partie basse que je viens d’emprunter et je monte vers le château ruiné sans jamais rencontrer personne. Si cette marche solitaire ne me dérange guère, j’ai toujours aimé le contact avec les gens du cru. Ils connaissent bien les lieux et sont souvent à même de répondre à quelques inévitables interrogations. Ici tout est désert et malheureusement il faut que je fasse avec. Heureusement et comme je l’avais imaginé les premières découvertes sont déjà là : c’est d’abord un grand crucifix au bord de la route puis les jolies ruelles s’élèvent offrant à la fois de beaux panoramas et la vision de belles maisons en pierres superbement restaurées. Une vaste place embrasse des vues circulaires et aériennes, vers le sud et la forêt communale et vers l’est et le Vallon de la Matassa où sommeille la chapelle Sainte Eulalie déjà découverte. Je précise car l’église moderne au bas du village porte la même dénomination.  Deux oratoires attirent le regard. Les deux sont dédiés à Saint-Roch, à cause du chien présent sur les statuettes de plâtre. Le château, ancien manoir seigneurial est là, enfin ce qu’il en reste, c'est-à-dire des pans de murs ruinés où se mêlent pierres et de vieux badigeons de chaux. Je ne vois rien de bien surprenant à la présence de ce mortier encore blanc car sur le site de la mairie, je me souviens avoir vu des photos où le château et sa chapelle attenante sont encore bien debout. Je me souviens même d’une date sur la photo : 1941. Le château serait donc tombé après. Pendant la guerre ? Je ne sais pas. A part les photos, je n’ai trouvé aucune explication (**) à cette décadence soudaine. Des toitures, il ne reste pratiquement rien mais des restaurations sont cours, avec notamment une étrange façade en lattes de bois et fenêtres modernes au niveau de ce qui était la tour ou le donjon. Je fais le tour de l’ensemble sans vraiment trouver où pouvait être situé le « fameux vivier » qui aurait donné son nom au village. On l’appelait paraît-il «Lo Pesquièr», nom donné en général à une retenue d’eau au milieu d’un champ entourée d’un muret. Un bassin. J’en suis à me demander s’il s’agit d’une certitude ou d’une simple hypothèse historique. Il me semblerait plus logique que le « vivier » fut dans le lit de la Matassa. Enfin peu importe, je pense avoir vu un maximum de choses possibles et il est temps désormais de descendre vers la partie la plus récente du village : colossale cave coopérative, église Sainte Eulalie également fermée malgré mon insistance à taper à sa porte, car il y a des voitures garées sur son parking, une jolie plaque de cocher, la mairie et sa façade « renaissance », je file directement vers la sortie du village dont cette partie est relativement bien animée mais essentiellement par des chasseurs, enfin je pense, au regard de leurs vêtements style « camouflage ». Direction le Moulin de Matassa que je trouve à l’intersection de la D.9 et de la D.7. Un panneau mentionne « propriété privée » mais tout est désert et je m’y risque car après tout je ne fais aucun mal et simplement que passer et assouvir mon goût de la découverte et de la photographie. Le lieu paraît si paisible et si magique à la fois. Une très belle bâtisse au bord même de la Matassa, mi-restaurée mi-ruinée dans un cadre bucolique à souhait, un joli petit pont médiéval comme j’avais pu en découvrir sur la Désix dans « les Ponts Romains » de Sournia et une imposante meule finissent de me confirmer qu’il s’agit bien du moulin espéré.  Le pont est bien plus petit que ceux découverts sur la Désix, je l’emprunte pour traverser la Matassa et me retrouver de nouveau sur la D.9. J’allume mon G.P.S. La prochaine intersection sur la droite est la bonne et un panneau « voie inondable » ne m’arrête pas. De nouveau la Matassa, un nouveau radier et me voilà sur un autre chemin. C’est celui des Gourgues. J’ai beau garder mon G.P.S allumé mais la vue de quelques oiseaux que je veux photographier me font perdre le fil de l’itinéraire. Je longe des serres abandonnées sur un champ en friches avant de m’apercevoir que le bon chemin est sans doute de l’autre côté d’un petit ruisseau qui se trouve sur ma droite. Je fais demi tour. Un cairn et une planche de bois sur le sol indique effectivement une autre direction. Le nez en l’air à observer des oiseaux, je les avais zappées. C’est la bonne direction. Un large chemin file presque rectiligne vers Fosse mais je stoppe en arrivant à hauteur d’un grand casot. J’y termine mon casse-croûte et profite des vues qui s’entrouvrent sur ce vaste vallon mais surtout du calme et du silence ambiant pour prendre un peu de repos et quelques photos ornithologiques. Chose assez rarissime de nombreux corvidés et rapaces se côtoient dans un court périmètre. Le temps est devenu gris et les photos seront sans doute ternes. Je repars en suivant le tracé de mon G.P.S. Il me fait traverser un champ mais j’aperçois déjà, droit devant moi, un panonceau indicatif : « St Martin de Fenouillet – 0H40 – GR.36 ». Je connais ce panonceau pour l’avoir déjà découvert lors d’une balade intitulée le « Circuit de Fosse par la Couillade de Ventefarine » mais cette fois-ci, j’emprunte sa direction. Le G.R.36 file vers une pinède puis s’élève rudement en direction  d’un bois de chênes, le traverse et finalement il se stabilise avant de rejoindre une garrigue à genêts puis les vignobles du Pla d’En Dallen. Ce secteur et ces chemins n’ont plus aucun secret pour moi car je retrouve également l’itinéraire du « Sentier d’interprétation des Hauts de Taïchac » que j’ai accompli à trois reprises. La fin en direction de Saint-Martin aurait du être qu’une simple formalité sauf que je me trompe et oublie d’emprunter le G.R.36 et finalement je rejoins le village par la route asphaltée. Mais peu importe, j’ai pris énormément de plaisir à marcher et à découvrir. Ma passion de la randonnée est intacte et j’espère que mes moyens physiques reviendront peu à peu. Cette boucle est longue de 11,7 km pour des montées cumulées de 567 m et un dénivelé de 122 m, le point le plus haut étant situé à 525 m au Pla d’En Dallen et le plus bas à 403 m sur le radier de la Matassa au lieu-dit le Moulin d’Avall. Carte I.G.N 2348 ET Prades- Saint-Paul-de Fenouillet - Top 25.

     

    (*) Famille du Vivier : « La Maison du Vivier, au diocèse d’Alet, est une des plus anciennes du royaume. Elle descend des anciens Comtes de Narbonne et de Barcelone. Sa généalogie a été produite aux Chapitres des Comtes de Lyon lorsque M. l’abbé du Vivier de Lansac, abbé commendataire de Relecq en Bretagne, Comte de Lyon et ancien agent-général du Clergé a fait les preuves », voilà déjà ce que l’on peut lire dans « le Dictionnaire de la Noblesse » de M. de La Chesnaye-Desbois de 1775. Alors bien sûr, il faut lire l’ouvrage dont il est fait référence. Une édition de 1697 écrite en vieux français est disponible sur Internet. Elle s’intitule « Origine des seigneurs du Vivier du diocèse d’Alet en Languedoc » et a été éditée à Toulouse chez l’imprimeur Antoine Colomiez (1661-1717). L’ouvrage n’a pas d’auteur mais si on se fit aux dires du dictionnaire, il semble que l’abbé Pierre-Hyppolite du Vivier de Lansac (1694-1784) s’en est porté garant grâce à quelques preuves. L’abbé est lui-même un descendant de cette maison, né à Le Vivier et fils cadet du marquis Alexandre du Vivier, comte de Lansac 1er , colonel des Régiments d'Infanterie du Roussillon et du Languedoc (1675-1733). Il est prêtre du diocèse d’Alet pendant les premières années de sa vocation. On peut donc lui faire confiance dans la dite généalogie. Voici comment le livre commence : « La grande naissance et le véritable nom des seigneurs du Vivier du diocèse d’Alet en Languedoc ont été cachés pendant plus de 800 ans, sous le nom des seigneurs du Vivier tant seulement et quoique néanmoins, on est toujours regardé cette maison avec distinction à cause de la grande ancienneté, et du grand nombre des hommes d’une valeur extraordinaire qu’elle a donné dans tous les siècles et à cause même des biens considérables qu’elle a possédés, il s’en faut pourtant beaucoup qu’on ne l’ait regardée comme le rejeton d’un rang aussi illustre que celui dont elle est sortie, on sera persuadé sans doute d’avantage de cette vérité quand on saura que les anciens Comtes ou Vicomtes de Narbonne, c'est-à-dire ceux de la première race, dont il reste encore quelques branches dans cette province, et dont la maison du Vivier du diocèse d’Alet est la plus ancienne, étaient sortis du même rang que Charlemagne ». Rien de moins.  Plus loin, « Arnaud (Hernaud) de Beaulande selon Andoque, fut le premier comte de Narbonne et selon Catel, ce fut Aymeri son fils (autrement dit Duc ou le Comte Ingran, Ingorram ou Ildegran) mais quoi qu’il en soit ce fut l’un de ces deux qui fut le premier comte de Narbonne, et c’est de Guillaume de Narbonne, Seigneur du Vivier, et de la frontière du Roussillon, fils d’un fils de cet Aymeri et frère d’Eude de Narbonne, comte d’Orléans que descendent en droite ligne masculine les seigneurs du Vivier du diocèse d’Alet ». La suite est dans la même veine et l’auteur semble vouloir attribuer à cette famille une dimension extraordinaire qu’elle semble mériter, arguments chevaleresques à l’appui. Bien évidemment, je vous laisse le soin de lire ce livre si le sujet vous intéresse et d’analyser en détail tous ces personnages. Wikipédia est là pour vous y aider mais sachez par exemple que le nom de « Guillaume de Narbonne » dont il est fait allusion est sans doute « Guillaume 1er de Narbonne » puisque son père était aussi un Aymeri, le VI.  Ce prénom « Guillaume » n’est pas innocent et nous rappelle un des plus célèbres d’entre-eux,  le « fameux » Guillaume de Gellone ou d’Aquitaine plus connu sous son légendaire patronyme de Guillaume d’Orange. En tous cas il fut le premier Guillaume,  laissant même son prénom à toute une lignée : les Guilhelmides. Il était le petit-fils de Charles Martel et donc souvent présenté comme un cousin de Charlemagne. Ici et grâce aux célèbres chansons de geste, l’Histoire et les légendes finissent par s’emmêler. Démêler le vrai du faux, dénouer les fils de l’Histoire, c’est très « vivifiant » ! Après tout, n’est-ce pas normal quand on s’intéresse aux « Vivier », tous ces mots-là n’ont qu’une seule origine étymologique, le latin « vivi ».  « Vivre » !

    (**) Le château du Vivier : Finalement, il semblerait qu'une partie du château se soit effondrée en 1950, sans raison si ce n'est son manque d'entretien et son oubli depuis que les seigneurs du Vivier l'avaient abandonné un siècle environ auparavant.

     

     

     

     

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  • Trop c'est trop !....Enough is enough !

    « Enough is enough », « trop c’est trop » a déclaré Theresa May après le dernier attentat du London Bridge et après ceux qui avaient déjà été perpétrés à Manchester et à Westminster. La première ministre britannique s’aperçoit enfin que l’islam extrémiste est entre ses murs et que de ce fait, c’est bien plus difficile de faire la guerre à un ennemi que l’on a laissé proliférer au sein même de son pays. Pourtant, placée comme elle est, elle ne devrait pas ignorer que c’est la raison principale du Brexit et de sa nomination à la tête du Royaume Uni. Pourtant, elle continue de proclamer haut et fort que l’islam est compatible avec nos démocraties. Allez comprendre. De quelles démocraties parle-t-elle alors que nous sommes incapables de participer à la moindre manifestation sans être dans l’obligation d’en faire des « Fort Alamo » ?  En France, ce n’est pas mieux mais je ne suis pas certains que malgré les terribles attentats que nous avons eus, nos nouveaux gouvernants aient pris conscience de cette situation qui est quasi identique. L’autre jour par exemple, j’ai écouté Gérard Collomb, notre nouveau ministre de l’Intérieur qui était l’invité de Jean-Jacques Bourdin le matin sur BFMTV. C’était le lendemain de l’attentat de Manchester. Bien évidemment l’ordre du jour était consacré au terrorisme. En 20 minutes de débat, les mots « islamisme » et « islam » n’ont pas été prononcés une seule fois…..bizarre quand même quand on parle de terrorisme vous ne trouvez pas ? Vous connaissez d’autres terrorismes vous que ceux perpétrés par des islamistes ? Non ? Moi non plus !

     

    Mais ce mois-ci, ce n’est pas des attentats dont je veux vous parler ; le sujet n’en est pas très éloigné pourtant ; et je pense que le thème aura l’occasion de revenir dans l’actualité. Malheureusement ! Non, j’ai décidé d’évoquer l’assassinat de Sarah Halimi, cette retraitée de 65 ans, mére de 3 enfants, de confession juive tuée par un musulman qui criait « Allah akbar ».  Oui trop c’est trop et allez voir sur Internet tout ce qui se dit sur cette terrible affaire et vous comprendrez dans quel pays l’on vit vraiment. Moi, étant abonné à l'Huffington Post,  je suis cette affaire depuis presque le début. Les nombreux témoignages des voisins de la victime font froid dans le dos. Ce crime odieux et antisémite aurait été commis par un malien musulman Kobili Traoré dans la nuit du 3 au 4 avril dernier. Il a torturé et défenestré cette femme qui ne demandait qu’à vivre en paix. Ils étaient voisins et Traoré l’avait déjà menacé à diverses reprises. Pourquoi ? Parce qu’elle était juive et lui musulman. Nous sommes donc à quelques semaines des élections présidentielles. Aucun média télévisé ne parle de ce meurtre horrible et certains journaux de la presse écrite s’offusquent même de ce silence « assourdissant ». Certains journaux étrangers sont carrément outrés de ce mutisme et le font savoir. La famille de la victime et leurs avocats tentent de se rebiffer mais rien n’y fait. La machine aphasique est déjà en marche et rien ne l’arrête. Cette machine pourtant si bruyante parfois, à bien des égards quand elle y trouve son intérêt, c’est l’Etat, les politiciens de droite et de gauche, les médias télévisés et les institutions judiciaires. La consigne commune ? Surtout ne rien provoquer dans l’opinion publique qui pourrait encore faire progresser le F.N déjà très haut dans les sondages. Voilà où en est réduite notre démocratie, faire silence sur un meurtre abominable et antisémite commis par un fou musulman alors que des milliers de juifs ont quitté et quittent encore notre pays par peur de l’islam radical qui ne cesse de s’amplifier, faire silence pour que les électeurs pensent que tout est bien dans le meilleur des mondes.....

    Le 2 juin, il y a donc 3 jours, une quinzaine d'intellectuels français ont signé un appel pour que la vérité autour de ce meurtre soit enfin révélée, des politiciens hypocrites toujours enclin à se rendre intéressants leur emboîtent le pas alors que le crime est survenu voilà déjà 2 mois…..mais le silence médiatique continue….. Eh oui que voulez-vous, les législatives se profilent et ça serait mal venu que le F.N ait trop de députés dans notre assemblée nationale…… si démocratique…..Vous imaginez si les 34% obtenus par Marine Le Pen à la présidentielle se transformaient en nombre de députés ? 196 ! Impensable pour toute une classe dominante confortablement installée !

    Il faut savoir que le meurtrier, apparemment multirécidiviste pour d'autres nombreux délits, se serait radicalisé dans une prison française. A ce jour, il est toujours dans un hôpital psychiatrique ou il fait l’objet d’examens médicaux après s’être rebiffé au commissariat. On le soigne, je dirais presque on le chouchoute pendant que les parents de la malheureuse victime pleurent sur leur sort et leur chère disparue. Il n’a toujours pas été entendu par les enquêteurs et de ce fait, n’a toujours pas été mis en examen…..et ce n’est pas tout…..car la justice française est si bizarre et surtout si prompte à être si laxiste…..Selon les résultats des expertises psychiatriques, il est encore possible qu’il soit reconnu comme irresponsable de ses actes et agissements et échappe à tout procès pénal……Oui Madame May effectivement vous avez raison « enough is enough ! », oui trop c’est trop !…….En France aussi !


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  • LE CANAL DE BOHERE DEPUIS LLONAT par jullie68

    Diaporama sur la musique "Smoke Gets in Your Eyes" de Jérôme Kern et paroles de la chanson de Otto Harbach

    jouée ici par The Mantovani Orchestra.

    Le Canal de Bohère depuis Llonat (commune de Los Masos)

    Le Canal de Bohère depuis Llonat (commune de Los Masos)

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    Pour cette première randonnée de l’année 2017, Dany et moi avions choisi d’aller découvrir le « Canal de Bohère (*) » à partir de Llonat, hameau de la commune étendue de Los Masos (**). Enfin, quand je dis le « Canal de Bohère », c’est bien évidemment qu’une infime partie car bien évidemment l’ouvrage, lui, entre Serdinya et Marquixanes, serait, si j’en crois les diverses chroniques que j’ai pu lire, long de 42 km. D’ailleurs, en écrivant cet article, j’en suis à me demander si le parcourir dans son intégralité est chose possible ? Il faudra que je vérifie car lors d’autres balades, j’ai eu, à quelques reprises l’occasion de croiser sa route. En ce 8 janvier, l’imposante église Sainte-Marie de LLonat nous voit débarquer vers 10h30 sous un ciel gris plus qu’incertain. Il n’est pas tôt pour partir randonner mais tant pis, l’envie de marcher est bien trop présente. Nous garons notre voiture sur le parking adjacent de l’église sous l’œil inquisiteur d’une buse, variable dans son plumage, mais « invariable » dans son immobilité. Deux tourterelles, posées sur une  branche et serrées l’une contre l’autre, semblent dormir. Nos préparatifs les dérangent. Si le temps n’est pas beau, il ne suffit pas à nous arrêter et nous démarrons quand même sans trop réfléchir. Les 9 km annoncés de ce Canal de Bohère sont un galop d’essai bien trop languit et après nos problèmes articulaires à répétition, aujourd’hui ça va bien mieux. Pour Dany et moi, il y a déjà trop longtemps que nos balades se résument à de simples promenades pas suffisamment physiques. Ici, l’aspect « sportif » n’est pas vraiment tangible mais les 9 km sont bien mieux que les 2 ou 3 km effectués ces derniers temps. Pour couronner le tout, c’est un canal asséché que nous découvrirons trois quarts d’heures plus tard. Alors pas de chance auraient dit certains ? Non, aujourd’hui, nous avons décidé de positiver ! Après tout, un canal de Bohère asséché, n’est-ce pas la meilleure manière de découvrir cet ouvrage et les travaux cyclopéens qu’il a engendrés ? Quand à la fraîcheur ambiante que nous aurions pu espérer avec la présence de l’eau, elle est déjà suffisamment présente avec l’hygrométrie qui prévaut. Mais dans l’immédiat nous n’en sommes pas là. Le canal est loin d’être atteint et le but initial est de démarrer et si possible de le faire bien et sans s’égarer. D’ailleurs sur une modeste déclivité et sur le bitume, ce démarrage va s’avérer quelque peu fastidieux. Nous suivons rigoureusement les indications trouvées sur Internet et fournies aimablement par l’association « les Randonnées Colliourencques », d’abord en prenant la direction de Lloncet par le chemin de la Famade puis en poursuivant vers La Remonde., petite colline boisée. Les instructions claires et précises que j’ai cru bon d’imprimer facilitent grandement la marche. Le panneau de La Remonde et un pylône à haute tension en sont les principaux jalons.  Le temps reste maussade, avec une atmosphère incroyablement humide, mais sans pluie pour l’instant. Au milieu de ces campagnes, cette jonction avec le canal de Bohère se résume à  une longue flânerie champêtre où vaches et chevaux en constituent les principales curiosités. On se croirait au milieu d’un bocage normand. Pour moi, la découverte de quelques rares fleurs communes et d’oiseaux bien trop dynamiques pour être photographiés convenablement s’ajoute à ces distractions bucoliques. Les fleurs sauvages ne sont pas de saison mais ici dans les Pyrénées-Orientales s’est une chose assez banale que d’en découvrir même en hiver. Certaines sont très précoces et d’autres ont remarquablement résisté à tous les frimas. Epervières, pissenlits, vipérines et parfois même des fleurs échappées de quelques jardins forment la seule flore visible. Tout en montant,  si le Canigou reste tronqué, quelques fenêtres grisâtres s’entrouvrent sur le roc Mosquit et le Mont Coronat, le plus joli panorama étant celui qu’offre le pic de Bau et ses proches environs sous un firmament paradoxalement bleu ciel. Finalement et au bout de trois quart d’heures le fameux pylône à haute tension est atteint et là, commence un tout autre parcours. Plus simple et parfois balisé, l’itinéraire suit le canal asséché et de ce fait, le topo « colliourencq » et mon GPS deviennent très vite inutiles sur plusieurs kilomètres. Je les range. A l’instant même où nous avons atteint le canal, l’humidité ambiante s’est transformée en un modeste crachin. Heureusement, ces fines gouttes de pluie ne durent pas et auront pour seules conséquences d’embuer l’objectif de mon numérique sans que je m’en aperçoive et bien évidemment d’altérer de nombreuses photos. Le début du canal tout en balcon offre des vues aériennes sur un ravin planté d’une forêt roussie, sur quelques clairières plus verdoyantes et des exploitations agricoles assez clairsemées. Des panoramas peu différents et toujours aussi tristes se dévoilent au travers de quelques fenêtres qu’offre la forêt. Plutôt monotone car sans réel dénivelé ni aucune surprise, l’itinéraire suit le canal et sa courbe de niveau. Si on est conscient du travail colossal de terrassement que cela a pu constituer de le creuser en épousant les contours de la montagne, l’œil est plutôt attiré par les ouvrages jalonnant le canal que par les sinuosités concaves ou non qui se succèdent. Ponts, puits, tunnels, buses, vannes, déversoirs, drains, siphons, canaux secondaires et j’en oublie sans doute sont autant de constructions qu’il a fallu imaginer, élever mais qu’il faut désormais entretenir et réparer. A n’en pas douter, l’assèchement complet de cette longue partie du canal est certainement la conséquence de cette besogne nécessaire de réfection. Alors comme souvent, j’essaie de remplir cette pédestre monotonie en recherchant d’autres sujets d’intérêts. Ils se résument encore et toujours à de rares fleurs et surtout à des passereaux presque toujours les mêmes, c'est-à-dire des mésanges charbonnières et des rouges-gorges, dont la dénomination scientifique de « familier » leur sied à merveille, tant il y en a ici. Pas de doute, la forêt de pins, quelques proches vergers et le canal constituent à coup sûr leur terrain de jeu voire peut-être même leur habitat car à plusieurs reprises, je vois sortir des rouges-gorges de certaines canalisations. En tous cas, les oiseaux jouent avec moi et avec mon appareil photo comme des gamins jouent à cache-cache dans une cours de récréation. Les balcons avec vues laissent la place aux sous-bois, puis les deux alternent à tour de rôle, esquissant d’éphémères paysages. On s’arrête pour déjeuner au lieu-dit « les Seners » (les Seigneurs).  Assis sur la murette en ciment d’un petit aqueduc, nous y restons presque une heure, Dany a écouté son baladeur et moi, bien occupé à attirer quelques oiseaux à l’aide de mes appeaux. Un gobe-mouches et une sittelle ont finalement pitié de moi. Nous repartons, mais très vite la forêt se termine. Cette fois, les panoramas se font plus amples. Les plus proches donnent sur des prairies entourant une vaste ferme et quelques maisons. Si j’en crois mon bout de carte, il s’agit du hameau d’El Roure (**). La météo paraît vouloir s’améliorer et deci delà, quelques pans de ciel bleu arrivent à s’extraire de ce matelas gris noir encore bien bas. Est-ce cette hésitante amélioration mais la faune semble soudain s’éveiller ? Un gros chien joue dans un pré mais trop occupé à son jeu consistant à fouiner un terrier, il lève la tête mais finalement nous ignore. Deux éperviers et un corvidé paraissent heureux de planer dans cette océan retrouvé et le font savoir en sifflant pour les premiers et en croassant pour le second. Si mon numérique s’intéresse à ces volatiles, un groupe important d’alouettes picorant dans un champ ne le laisse pas indifférent. Il y a cent fois plus d’oiseaux ici que sur tout le parcours accomplit jusqu’à présent. Des merles et un geai giclent des boqueteaux et s’enfuient à tire d’ailes vers des futaies plus tranquilles. Deux rougequeues noirs et un cochevis flanqué de sa huppe pointue jouent dans les flaques résiduelles du canal. Nous partons découvrir le Dolmen de Lloseta, lequel avec le canal est le seul autre intérêt patrimonial de cette balade. Il se trouve à quelques encablures seulement et pour cela, nous empruntons une piste qui sur la gauche du canal file vers le lieu-dit « la Garrolla », direction Villerach. Après cette « rocheuse » et sépulcrale découverte, nous rebroussons chemin et devant l’hypothèse de plusieurs itinéraires, je ressors G.P.S et topo. Avec le G.P.S allumé en permanence, tout devient plus simple. Le canal de Bohère poursuit sa course vers d’autres horizons à irriguer et nous suivons désormais un canal secondaire, lequel tout en descente file sans souci vers Llonat. Plutôt rectiligne, l’itinéraire passe devant un complexe médical puis les belles villas, l’école et les maisons du village de Llonat sont rapidement là. Dans le village, alors que Dany sprinte vers l’arrivée, je me transforme en « envoyé spécial » photographiant tout ce qui attire mon regard. On retrouve l’église Sainte Marie et notre voiture sous un ciel prometteur. Au loin, du côté du Massif du Canigou, le soleil décline déjà derrière des nuages quelque peu rosissants. Ce rougeoiement va aller crescendo et en atteignant notre domicile, c’est un véritable embrasement du ciel qui nous est offert. Les nuages gris flamboient, passant d’un orange pâle à un rouge effroyablement flamboyant. De la fenêtre de notre chambre, je tente mais en vain de photographier ce Canigou qui est désormais caché par un ciel incandescent…..Saint Jean serre les fesses…..le bûcher est déjà ! Telle qu’expliquée ici, cette balade a été longue de 9,5 km pour des montées cumulées de 430 m et un dénivelé de 150 m, le point le plus bas étant Lloncet (353 m) et le plus haut au dolmen de Lloseta (503 m). Les 4 heures que nous avons passées sur les chemins ne sont pas significatives du temps nécessaire à l’accomplissement de cette balade très facile….nous avons vraiment lambiné. Merci aux "Randonneurs Colliourencqs" pour cette jolie balade et leurs explications si précises. Cartes I.G.N 2348 ET Prades- Saint-Paul-de Fenouillet et 2349 ET Massif du Canigou - Top 25.

    (*) Le Canal de Bohère : Selon les archéologues et les historiens, les premiers canaux d’irrigation dateraient de 5.000 à 6.000 ans avant notre ère et auraient été retrouvés en Mésopotamie, à Choga Mami dans le bassin de la Diyala plus exactement. Il s’agissait de canaux d’épandage de crues. En France, si les premiers vrais embryons d’irrigation datent des Romains, l’aqueduc d’Ansignan, découvert dernièrement lors du Sentier des Oiseaux en est un bel exemple, il faut attendre le début du Moyen-âge, pour parler réellement de réseaux d’irrigation. Ils sont construits à l’initiative des rois par des moines et ou des seigneurs pour arroser les terres de leurs domaines. L’idée d’irriguer à grande échelle prend son essor au 17eme siècle : le canal royal du Languedoc devient canal du Midi alimenté par le premier barrage construit par Pierre-Paul Riquet, dans la Montagne Noire, à Saint-Ferréol exactement. En Conflent, les premiers réseaux se développent à partir du 12eme siècle autour de Prades et de sa proche région. Avec ses 42 km, le canal de Bohère, plus long canal du département des Pyrénées-Orientales en est l’enfantement logique et naturel. Longtemps considéré comme indispensable au développement économique de la région, il prend sa source à Serdinya en captant les eaux de la Têt et finit sa course à Marquixanes, après un parcours plus que sinueux à travers les plateaux pradéens.  Il traverse bon nombre de communes et des sites remarquables comme Villefranche-de-Conflent et l’abbaye Saint Michel de Cuxa. Je ne vais pas ici vous en raconter toute l’Histoire, d’autres l’ont déjà fait bien mieux que je ne pourrais le faire (voir quelques liens ci-après) mais sachez qu’entre l’éclosion de l’idée de mieux irriguer les plateaux pradéens en 1786, la germination du projet et son ébauche en 1830, la publication du décret impérial de Napoléon III autorisant sa construction en 1863, le premier coup de pioche en 1864, sa première mise en eau en 1879 et sa terminaison en 1881, il aura fallu 17 ans de travaux et presque un siècle pour mener à bien ce projet et finaliser l’ouvrage….enfin presque. Il aura coûté plus d’un million de francs c'est-à-dire trois fois plus que le devis initial de 300.000 francs proposé par l’ingénieur Teyssonnières. Je passe sur les multiples vicissitudes, déconvenues et querelles qu’il a engendrées et il trouvera la pleine mesure de son efficacité d’irrigation en 1933 après bien d’autres travaux devenus indispensables pour satisfaire un maximum de propriétaires terriens. Aujourd’hui, tous les canaux du Conflent et leurs 80 km de long y compris celui de Bohère sont gérés par des Associations Syndicales Autorisées (A.S.A) comptant plus de 3.000 adhérents riverains. Ils arrosent plus de 1.600 hectares. Tous les adhérents riverains paient une redevance qu’ils utilisent ou pas les canaux. La seule partie principale du canal de Bohère avec ses 36,6 km de long permet d’arroser 731 ha répartis entre 1.091 propriétaires avec un débit de 700 litres secondes. De nos jours, le problème majeur qui se pose est celui de sa conservation, de son entretien et bien évidemment des finances qui vont avec…..mais cette préoccupation vaut pour tout notre patrimoine national un peu vieillot….c’est donc une autre histoire….qui espérons-le, ne disparaîtra jamais…..des associations se battent déjà pour cela.

    Voici quelques liens sur le canal de Bohère :

          Le Canal de Bohère, 150 ans d'Histoire (1864 - 2014) -   Mairie de Prades.

             - Association de sauvegarde du canal de Bohère       

             - Union ou fusion: une opportunité de pérennisation des ASA ?

             - Histoire des canaux d’irrigation – Marquixanes    

             - Taurinya –Le canal de Bohère.

             - Hydrologie des Pyrénées-Orientales.

             - A l’école du canal de Bohère.

             -  L’Indépendant - Eau : quel devenir pour Bohère ?

             -  Au fil de l'eau, le long du canal de Bohère

     

             et plus généraliste : - L’eau qui chante.

    …….il y a bien d’autres sites sur le sujet et les citer tous….équivaudrait presque à vouloir remonter le canal de Bohère en nageant….c’est donc mission impossible.

    (**) Los Masos : Située dans le Conflent à 4 km à l’est de Prades, la commune de Los Masos (traduction les Maisons ou Les Mas), d’une superficie de 571 ha, compte un peu plus de 900 habitants (les Masois) recensés sur 4 hameaux : Llonat, Lloncet, La Sacristie et Ballanet, auxquels nous pourrions rajouter celui de Le Roure, hameau considéré comme disparu lors d’un glissement de terrain. De cette catastrophe qui serait survenue en 1632, il ne reste que quelques pans ruinés d’une vieille église dédiée à Saint-Michel. Le lieu-dit qui serait en réalité le hameau originel reste néanmoins présent sur les cartes. Bien que la commune soit traversée par deux ruisseaux, Le Roure justement et le LLisco, l’Histoire révèle que l’approvisionnement en eau a toujours été un problème pour les villageois. L’insuffisance en eau a très longtemps limité les cultures à de la vigne et à des oliviers, peu gourmands en arrosage. D’ailleurs, en catalan, les habitants n’étaient-ils pas surnommés les « boques axuques », qu’il faut prononcer « bocheixuts » c'est-à-dire les  « bouches sèches » en français ? C’est donc avec bonheur que les Masois et notamment les propriétaires terriens accueillirent l’idée de la construction du canal de Bohère en 1863. Los Masos est la seule commune française dont le nom commence par un article non français (Los). Llonat est le principal hameau de la commune. C'est là que se trouvent la mairie et l'église. Lloncet s'appelait auparavant Joncet, signifiant un lieu planté de joncs. Concernant cette appellation de Lloncet, les avis sont partagés. Certains prétendent qu’il a été décidé volontairement pour éviter la confusion avec l’autre village de Joncet dont dispose le département et aurait donc été inventé de toutes pièces en rapport avec Llonat et ses « 2L » successifs. Du fait, ce nom n’aurait aucune légitimité historique. D’autres sont plus enclins de penser qu’il peut s’agir d’une confusion analogique avec Llonat ayant engendré une erreur de transcription dans un registre, erreur qui se serait poursuivie dans le temps. L'ancien nom de Ballanet est Avellanet signifiant un endroit planté de noisetiers. Quant à La Sacristie, son nom, Favars, remonte au 13eme siècle. Alors que les autres hameaux dépendaient de l’abbaye de St Martin du Canigou,  celui-ci appartenait à la Grande Sacristie de l'abbaye de Saint-Michel de Cuxa. Pour le désigner, on avait donc coutume de dire « Los Masos de la Sacristia ». Los Masos étant venue ensuite désigner l’ensemble des communes, les habitants prirent  l’habitude de ne garder que le nom de « La Sacristie ». Son rattachement à Los Masos date de 1790. (Extraits des sites « Communauté de communes Conflent-Los Masos », « Raconte-moi l’Histoire de Los Masos » et de « l’Encyclopédie Wikipédia »). Pour connaître son Histoire la plus ancienne, rendez-vous sur le site consacré à l’Histoire du Roussillon, à ses villages et bien évidemment à Los Masos en particulier. L’historien Jean Tosti précise que les 4 hameaux méritent une visite…alors pourquoi ne pas y retourner quand le canal de Bohère sera à nouveau mis en eau ? En été, la balade doit être rafraîchissante…

     

     

     

     

     

     

     


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  • LE SENTIER DES OISEAUX D'ANSIGNAN par jullie68

    Diaporama sur la chanson des Beatles "Blackbird" de Paul McCartney et John Lennon chantée

    successivement par Mike Massé, Sarah McLachlanKenny Rankin et Chris Colfer

    Le Sentier des Oiseaux d'Ansignan

    Le Sentier des Oiseaux d'Ansignan

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    Le « Sentier des Oiseaux » d’Ansignan est, pour peu qu’on veuille s’en donner la peine, un vrai sentier de découverte des oiseaux. Donné pour une heure à peine de marche sur le panonceau de départ, nous en avons passé presque trois et de ce fait, nous avons aperçu plus d’une vingtaine d’oiseaux bien différents pour une dizaine de spécimens photographiés. C’est ainsi que nous avons pu voir des oiseaux aussi hétéroclites que des corbeaux, des cormorans, un ramier, une buse et bien sûr de très nombreux passereaux. Tous n’ont pas pu être photographiés car la photographie ornithologique est une activité difficile qui réclame qu’on y consacre du temps, beaucoup de patience et du silence et il faut un peu de chance aussi. Il aurait donc fallu y passer le double voir le triple du temps que nous y avons destiné et bien évidemment sortir le plus souvent possible de l’itinéraire conseillé. La lecture des nombreux panneaux prend également pas mal de temps mais elle est, sinon indispensable, du moins souhaitable si l’on décide d’accomplir ce sentier.  Mais bon, peu importe le temps passé et les résultats obtenus, car au départ cette courte balade avait de multiples objectifs. Primo et toujours à cause de ma cheville douloureuse, je ne pouvais guère marcher plus longtemps même si l’envie était là, secundo toujours cette passion pour la photographie des volatiles bien sûr et tertio encore et toujours ma curiosité avec le désir d’y amener un jour mes petits-enfants si la balade s’annonçait ludique comme je l’avais imaginé. En raison du pont-aqueduc romain, je savais que les oiseaux ne pouvaient pas y être le seul pôle d’intérêts. Ludique, elle l’a donc vraiment été et j’ai décidé d’y amener mes petits-enfants qui étaient présents pour les vacances de Pâques. Mon article et le diaporama qui l’accompagne sont donc scindés en 2 parties. Une première balade qui a été réalisée le 29 décembre 2016 et l’autre, avec les petits bouts de choux et leurs parents le 7 avril dernier. Si l’on veut réellement découvrir et photographier les oiseaux qui fréquentent ce joli coin de l’Agly, il est préférable d’y venir seul car le l’intérêt que l’on porte à la gente volatile n’est pas le même pour tout le monde et la plupart de randonneurs se contenteront sans doute de lire les panneaux explicatifs sans pour autant regarder autour d’eux les oiseaux habitant les lieux. Vouloir les photographier est un autre degré supplémentaire dans la difficulté. Quand au bruit, ce n’est pas la meilleure manière de les approcher et bien évidemment quand on est seul, on en fait peu ou pas et en tous cas nettement moins que lorsqu’on est en groupe. En outre, y venir avec des enfants équivaut à une cours de récréation totalement antinomique si le but recherché est la photographie ornithologique.  Le départ s’effectue du lieu-dit le Moulin situé au sud-est d’Ansignan à 1,5 km du centre du village. Un parking et une aire de pique-nique vous y accueillent avec de nombreux panneaux expliquant de manière didactique et donc intéressante le « Monde fascinant de la Nature et des Oiseaux ». Si les enfants s’intéressent à ces premiers panneaux, la balade est déjà sur de bons rails. Vous pourrez donc agréablement jumeler la petite balade-découverte et un pique-nique et si les tables de cette aire sont déjà prises, sachez que d’autres tables sont également à votre disposition à proximité même du Moulin dans un superbe coin ombragé et verdoyant car encore bien plus près de la rivière Agly. Comme le balisage est parfait, l’itinéraire est d’une grande simplicité. Il emprunte un tout petit tronçon du Tour du Fenouillèdes se terminant à l’aqueduc romain. Pour moi, ce tour est cher à ma mémoire et synonyme de très bons souvenirs pour l’avoir accompli en intégralité, en 5 jours et avec mon fils en 2011. Ce court tronçon faisait partie de notre dernière étape entre St-Paul de Fenouillet et Trilla. Une étape qu’au départ nous avions pensé facile mais qui au demeurant avait été la plus « casse-pattes » des cinq. De ce fait, l’eau fraîche de l’aqueduc avait fait office de « thermes » opportuns pour soulager nos pieds endoloris. Après tout les Romains étaient bien les inventeurs des deux types d’ouvrages ! Après l’aqueduc romain, le sentier revient vers la ligne de départ en longeant la rive droite de Agly alors que le Tour du Fenouillèdes, lui, continue encore, et se poursuit en direction d’Ansignan dont une visite est toujours possible, sous condition de faire une petite entorse à l’itinéraire du Sentier des Oiseaux. Le village d'Ansignan est joliment perché sur une colline dominant le petit vallon mais à seulement 500 mètres de l’aqueduc. A l’aqueduc, un panneau résume l’histoire de ce magnifique ouvrage remanié à de multiples reprises, remaniements ayant engendrés de nombreuses versions historiques jamais formellement attestées pour la plupart d’entre-elles mais permettant néanmoins son fonctionnement présent. Le jour de notre deuxième visite, nous avons constaté de visu qu’il fonctionnait toujours et irriguait parfaitement le potager d’un charmant monsieur qui nous a rapidement expliqué le trajet alambiqué mais ô combien ingénieux et fonctionnel de l’eau. Les enfants, eux, ont bien évidemment adoré la partie tunnel de l’aqueduc et les différentes arches qui sont autant de cachettes leur permettant de disparaître de nos regards pendant quelques instants. Si on les avait laissé faire, je pense qu’ils auraient aimé encore plus jouer les équilibristes sur sa partie la plus aérienne. En général, les enfants aiment les élévations et se mouiller les pieds et l’enfant de 68 ans que je suis encore n’est jamais le dernier à prendre plaisir à ces espiègles distractions. De toute évidence, la balade plaît aux enfants mais également aux adultes car on peut aisément retrouver à la fois la vie rurale actuelle mais se projeter dans celle d’antan. Les deux doivent être très ressemblantes et seuls quels fûts en plastique, tuyaux en PVC et grillages sont là pour en illustrer les dissemblances dans la manière de régenter les jardins potagers actuels. Quelques gentils chevaux, poneys et autres ânes dans leur enclos donnent une touche champêtre à ce parcours et on imagine aisément que cette vision bucolique devait être la même il y a quelques siècles auparavant. L’Histoire raconte que de nombreux vestiges ont disparu emportés par les siècles et sans doute les crues de l’Agly. Le village romain qui était irrigué était situé au lieu-dit Le Moulin, non loin de la ligne de départ. Les restes d’un pont sont encore visibles. Ils sont situés à la confluence de l’Agly et de la Désix. Si les enfants ont du mal à tenir la concentration pendant cette heure de balade, et c’est normal, j’ai quand même acquis la certitude que mon petit-fils de 8 ans avait retenu quelques leçons : il sait désormais ce qu’est une Pie  grièche à tête rousse ou une Fauvette mélanocéphale. Il sait aussi qu’un aqueduc est un pont permettant de capter et de conduire de l’eau pour irriguer des jardins. Il sait que celui d’Ansignan était initialement romain. Il sait que certains habitants des Fenouillèdes sont appelés « lézards » (ceux de Felluns), à cause de leur goût immodéré pour la sieste. Il sait aussi qu’il est très fort à la course et nous l’a prouvé en battant sa mère à plate couture. Son père est encore meilleur que lui mais pour combien de temps ? Il sait aussi que le grand-père que je suis est super fort à la pétanque et que quand il s’agit de se lancer dans des parties acharnées, il n’est pas le dernier. Il a si bien retenu cette dernière leçon que depuis il m’a battu : 13 à 12 et donc sur le fil mais ça reste une très belle victoire dont il a toutes les raisons d’être fier ! Ma petite fille Eulalie, elle, a fini la boucle sur les épaules de son père, mais je pense que c’est plus par « cagne » que pour une réelle fatigue. Cette dernière journée sur le Sentier des Oiseaux a donc été bien différente de la première : moins d’oiseaux aperçus et photographiés mais une jolie balade quand même, couronnée d’un agréable pique-nique, d’opiniâtres parties de pétanque et d'une visite du barrage de Caramany. Moins d’oiseaux mais plus de bonheurs et les deux sont tellement plus beaux quand ils ne sont pas en cage ! Cette balade est donnée pour 3km et sans aucune déclivité (30 m seulement). Carte I.G.N 2348 ET Prades- Saint-Paul-de Fenouillet - Top 25.

     

     

     

     

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    Après les troubles de l'élection.....bonne chance Monsieur le Président....

    Après les troubles de l’élection ; ça se soigne comme disait avec humour un comédien et quelques internautes ; Macron a finalement été élu Président de la République. Alors même s’il n’a pas eu ma préférence,  il faut être beau joueur et admettre que son élection ne souffre aucune contestation. Avec plus de 66% des suffrages exprimés, il s’agit d’un très haut score et force est de reconnaître que Marine Le Pen a été battue à plates coutures.

    Alors bien sûr, il y aura toujours des analystes pour venir nous expliquer que Macron a gagné pour telles ou telles raisons et que Marine Le Pen a perdu pour telles autres, d’autres trouveront que le F.N a somme toute réussi avec plus de 11 millions d’électeurs, etc….etc….mais les faits sont là et bien là, Macron gouvernera la France pendant 5 ans. Enfin, il faut souhaiter qu’il ait une forte majorité pour le faire. Certains mégoteront en disant que plus de 30% des électeurs n’ont pas voulu faire de choix entre les deux candidats en s’abstenant ou en votant blanc ou nul, mais dans l’immédiat notre démocratie fonctionne ainsi et il faut accepter le résultat tel qu’il est. Alors quand on est beau et bon joueur, on félicite le gagnant et on lui souhaite de réussir dans les suites qu’il va donner à cette victoire. J’ose simplement espérer que tous les Français ou du moins une grande majorité d’entre eux ; 66% se seraient déjà très bien ; seront satisfaits à la fin du quinquennat de Macron. Rappelons-nous qu’Hollande avait été élu avec un plus de 51 % des suffrages exprimés et qu’il finit avec une côte de popularité de 14%. C’est un résultat terrible qu’il ne faut pas souhaiter à Macron. Ne pas le souhaiter à Macron, c’est ne pas nous souhaiter 5 nouvelles années aussi « mauvaises » que celles que nous venons de connaître et de vivre :

    -          C’est ne pas souhaiter qu’il y ait encore autant de chômeurs, autant de pauvreté et de précarité.

    -          C’est ne pas souhaiter que notre pouvoir d’achat continue de se dégrader.

    -          C’est ne pas souhaiter que l’éducation de nos enfants continue à être tirée vers le bas.

    -          C’est ne pas souhaiter autant d’attentats si meurtriers.

    -         C’est ne pas souhaiter que nos policiers, nos gendarmes et nos militaires soient trop souvent mis en danger.

    -          C’est ne pas souhaiter que l’insécurité, les incivilités et les peurs deviennent la routine qu’elles sont entrain de devenir.

    -          C’est ne pas souhaiter que la justice continue à être si permissive et si peu efficace.

    -          C’est ne pas souhaiter une si mauvaise situation économique de notre pays.

    -          C’est ne pas souhaiter que notre dette continue à se creuser à la vitesse grand « V ».

    -          C’est ne pas souhaiter que les impôts et les taxes continuent à la hausse.

    -         C’est ne pas souhaiter que des pans entiers de notre agriculture, de notre industrie ou de notre commerce continuent de tomber.

    -          C’est ne pas souhaiter que le progrès soit synonyme de déclins sociaux.

    -          C’est ne pas souhaiter que nos principales décisions soient toujours dépendantes de Bruxelles,

    -          C’est ne pas souhaiter que la finance guide les décisions qui seront prises.

    -          C’est ne pas souhaiter que les riches soient encore plus riches.

    -          C’est ne pas souhaiter que la fracture sociale continue de se creuser.

    -          C’est ne pas souhaiter que la médecine devienne le parcours du combattant qu’elle est entrain de devenir.

    -          C’est ne pas souhaiter que la laïcité perde les principes qui sont les siens.

    -         C’est ne pas souhaiter que les communautarismes et notamment l’islam radical continuent de progresser dans notre pays.

    -          C’est ne pas souhaiter que l’écologie soit la grande absente du quinquennat.

    -          C’est ne pas souhaiter que les mots « écologie » et «menaces climatiques » soient vides de tout consensus et de toutes actions efficaces.

    -          C’est ne pas souhaiter que l’immigration devienne un problème insurmontable.

    -          C’est ne pas souhaiter que le monde politique soit si peu considéré.

    -          C’est ne pas souhaiter que nos politiques continuent parfois à être si peu moraux.

    -          C’est ne pas souhaiter qu’il y ait tant d’injustices dans les droits à la retraite.

    -          C’est  ne pas souhaiter, etc….etc…..

    Alors voilà, cette liste n’est bien sûr pas exhaustive et parmi tous ces non-souhaits, je n’en souhaite aucun à Macron et bien au contraire, je lui souhaite beaucoup de bonnes et belles réussites sous condition qu’elles soient aussi celles que les Français attendent de lui…..même si à titre personnel, je reste convaincu qu’il n’a pas le profil pour y parvenir ; je ne vois pas très bien ce qu’il peut y avoir de nouveau dans un gars diplômé de l’E.N.A, haut fonctionnaire, conseiller puis ministre de Hollande et banquier de surcroît, de nombreuses personnes qui ont été aux manettes depuis 40 ou 50 ans avaient à peu de choses près ce même profil et on connaît la situation présente de la France avec 2.167 milliards d’euros de dette publique soit 32.344 euros par habitants ; mais en tous cas et malgré mes réticences, je ne souhaite pas qu’il échoue dans ses entreprises si elles doivent être bonnes pour nous Français.  Bonne chance Monsieur le Président……

     

     

     

     

     

     

     


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    LE SERRAT DE L'HOMME ET LA CASCADE D'URBANYA par jullie68

    Diaporama sur "Les feuilles mortes", paroles de Jacques Prévert et musique de Joseph Kosma

    jouée à l'harmonica par Zolta49 et Zazapat

    Le Serrat de l'Homme et la Cascade à Urbanya

    Le Serrat de l'Homme et la Cascade à Urbanya

    Cliquez sur les photos pour les agrandir. 2 fois pour avoir un plein écran.


     

    A Urbanya, quand j’ai réalisé cette courte balade que j’ai intitulé « le Serrat de l’Homme », ça faisait exactement 3 semaines que j’étais tombé lors de la randonnée précédente sur les « Chemins d’Adrienne ». Mes multiples plaies commençaient à se cicatriser, mes gros hématomes sur tout le corps à changer de couleur. Ils étaient successivement passés du rouge vif à un bleu violacé puis à un bleu acier et maintenant ils étaient d’un jaune grisâtre vraiment disgracieux.  La hanche droite, sur laquelle j’étais tombée, présentait une volumineuse bosse mais peu douloureuse.  Désormais, seule ma cheville droite me faisait souffrir et très étonnamment, cette douleur n’était apparue que 4 à 5 jours après ma chute. Il est vrai qu’après ce phénoménal plongeon dont j’étais sorti indemne par je ne sais quel miracle, le tennis de table que je pratique deux jours par semaine n’était peut être pas la meilleure thérapie pour se requinquer. Ma cheville doublait de volume au moindre effort puis semblait reprendre sa taille normale lors de chaque période de repos. Plus tard, je compris qu’elle dégonflait mais qu’en réalité cette diminution n’était qu’à chaque fois qu’un peu plus partielle. Ce dégonflement n’était qu’un leurre et peu à peu cette douleur se transforma en une entorse monstrueuse nécessitant l’arrêt brutal de toute activité. Cet arrêt allait d’autant plus devenir nécessaire qu’une autre chute allait survenir quelques jours après cette balade. Chute, un nouvelle fois peu glorieuse puisque dans les escaliers alors que j’avais les semelles de mes chaussures mouillées. Chute, une fois encore sur le côté droit du corps, de la tête et des jambes, c'est-à-dire sur les parties qui avaient déjà bien « trinquées ». Nouveaux gros hématomes, nouveaux bleus et l’entorse s’amplifia un peu plus encore nécessitant une radio, une échographie, des séances de kiné et d’ostéopathie. Gadin.com comme certains m’avaient appelé lors d’un séjour « raquettes » à cause de ma passion pour l’informatique et parce que je tombais plus souvent que les autres, à cause de mon étourderie, parait-il, prenait enfin tout son sens.  Pourtant, l’étourdi que je suis et qui tombe assez souvent pour cette raison n’était pas en cause cette fois-ci. Non, cette fois, la fatalité s’y était mise aussi.  Mais voilà, aujourd’hui je n’en étais pas encore là. Le beau temps était de la partie, la montagne à quelques foulées, les couleurs de l’automne incroyablement chatoyantes et merveilleuses, la faune toujours aussi présente et l’envie de marcher intacte, plus forte que jamais, et d’autant plus forte quand on sent que l’incapacité voire l’interdiction ne sont pas très loin. Mais c’est bien connu « le savoir parle et la sagesse écoute » et comme chez moi, la sagesse n'écoute pas toujours, je n’en fais souvent qu’à ma tête. Alors que faire en ce lundi 31 octobre, jour de grand beau temps ?  J’ai mis une chevillière sur ma cheville malade, j’ai enfilé mes godillots de marche par dessus et je suis parti sur le chemin de Saint-Jacques, ligne de départ de multiples randonnées urbanyesques (*) que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer dans mon blog. Là, à la fin du bitume et devant le garage fait de briques et de broques mais surtout de tôles et qui abrite une vieille « deuche », au lieu de partir à gauche comme je le fais toujours, j’ai pris à droite. Un petit sentier démarre et se poursuit en balcon au dessus du vallon de la rivière Urbanya. Je connais bien ce chemin. Il file sur la solana vers l’extrémité du Serrat de l’Homme, colline aride envahie presque essentiellement par les genêts, les romarins, les ronciers et les cistes à feuilles de laurier. Si l’on poursuit ce sentier, il se termine au fond d’un profond ravin verdoyant où plusieurs « correcs » se rejoignent : correc de Narguilles, du Bac de Vallurs et de Vallurs (Baillours), ce dernier étant un affluent majeur de la rivière Urbanya, surtout quand il pleut. Pour être franc, je n’ai jamais trouvé de continuité à ce sentier finissant au  fond de ce vallon même si j’ai acquis la quasi certitude qu’en des temps plus anciens, il devait être encore bien plus long, plusieurs cortals perdus dans la garrigue étant la preuve évidente d’une vie pastorale passée. Rejoignait-il d’autres sentiers se trouvant plus haut ? La dense végétation de nos jours ne permet pas de le dire.  J’ai parfois tenté de rejoindre ces cortals mais sans jamais y parvenir, une végétation ligneuse et urticante a tout envahi et ne serait-ce qu’essayer se transforme très vite en un parcours pire que celui d’un téméraire combattant. Aujourd’hui, ce n’est pas avec ma « patte folle » que je vais essayer et d’ailleurs, je n’ai pas même prévu de descendre dans ce vallon. Non, j’ai décidé de m’arrêter avant la descente puis de remonter vers la crête sommitale du Serrat de l’Homme afin d’effectuer une boucle. Deux sentiers peu évidents que j’avais repérés précédemment me laissent supposer que cette boucle est possible. De la terrasse de ma maison, j’ai vu par deux fois un groupe de cervidés l’emprunter et rejoindre la crête. Voilà mon objectif. Alors bien sûr, je ne suis ni un cabri ni un cerf, surtout aujourd’hui, et ici tout s’effectue hors des sentiers battus et donc sans balisage. Mais c’est l’automne et je sais déjà que la balade va être vraiment superbe. Avec sa grandiose forêt et son ample vallée, les décors sont somptueux et les couleurs de l’automne sont au rendez-vous grâce à une multitude d’essences bien différentes. C’est juste la bonne époque, celle où l’automne colore la nature sans encore trop la roussir. Dans quelques semaines, il sera déjà trop tard. Les feuilles se mettront à tomber et l’hiver pointera le bout de son nez rouge. Aujourd’hui, je regrette simplement ce ciel un peu opalin et un manque de luminosité dû à une évaporation de l’humidité nocturne. Le sentier tout en balcon au début offre des vues plongeantes sur le ravin de la rivière Urbanya et comme ce ravin se creuse au fur et à mesure de la progression, le plaisir de marcher va crescendo. Il faut d’ailleurs prêter attention où l’on mets les pieds car le sentier est très étroit et parfois assez âpre et certains à-pics réclament prudence. Quelques piquets et une ficelle font office de garde-fou mais attention, en réalité,  ils ne protègent rien. Au bout de ce vallon, que les écrivains appellent « des seigneurs », à cause des multiples châtelains ayant régné sur le secteur, le Canigou finit par surgir dans toute sa splendeur. A l’instant même où le sentier amorce la descente, il faut se décider à rebrousser chemin puis très vite, le but est d’atteindre un premier mamelon qui se trouve sur la droite. Sur la carte I.G.N, il est mentionné à la côte 929. Au début, il vous faudra zigzaguer dans le végétation, vous aider un peu de vos mains pour gravir quelques rocs peu élevés mais on y arrive sans trop de peine, l’essentiel est d’avoir toujours, un pantalon long en toile, de préférence assez solide, un tee-shirt ou un sweet à manches longues, et des bonnes chaussures à tiges hautes, la finalité étant d’éviter de s’écorcher la peau aux nombreuses ronces et prunelliers qui encadrent les passages. Assez vite, vous rejoindrez le meilleur itinéraire puis la côte 973. Là, le parcours est déjà bon et vous cheminerez la crête du Serrat de l’Homme avant de rejoindre le sentier habituel, prolongement du Chemin de Saint-Jacques. Depuis le centre d’Urbanya, cette balade est plutôt courte, moins de 4 km, mais comme elle correspond bien à mon aptitude du moment et de ce fait, j’en ai été très satisfait, d’autant que quelques oiseaux et papillons ainsi qu’un fugace chevreuil sont venus s’enregistrer dans mon numérique. Sans ma chute sur les Chemins d’Adrienne et ce problème à la cheville droite, jamais sans doute, je n’aurais inventé cette balade que les cervidés et les chasseurs sont les seuls à emprunter régulièrement. C’est d’ailleurs grâce à eux, et parfois à quelques bovins, ovins et chevaux en liberté, que le sentier au plus haut du Serrat de l’Homme existe sans doute. J’ai cherché à savoir pourquoi dans nos belles Pyrénées-Orientales, nous trouvions très souvent des lieux-dits intitulés « de l’Home » en catalan et « de l’Homme » en français et je crois avoir trouvé un début d’explication dans le beau roman d’Armand Lanoux « Le berger des abeilles ». Voilà ce qu’il en dit alors que les principaux personnages du roman viennent de découvrir un homme mort dans la montagne à proximité du Canigou : « Un inconnu, on l’appelle « Homme ! » Comme en castillan « Hombre ! »…Tout individu est responsable de l’espèce…… C’est la forme jaillissante de l’humanisme. Voici, par cette rencontre, la Canigou installé dans son symbolisme immémorial. Les lieux-dits « Correc de l’Homme » ou « Serrat de l’Homme mort » et bien d’autres témoignent. L’Homme est le géant. Le Canigou est la montagne de l’Homme ». L’archéologue Jean Abélanet dans son livre « Lieux et Légendes du Roussillon et des Pyrénées Catalanes » recensent, lui, une quantité incroyables de lieux-dits de l’ «Homme » mais la plupart sont « morts » et ont laissé leurs noms aux endroits où leurs proches avaient pris l’habitude de commémorer leur décès naturel ou accidentel : Coll, Pas, Puig, Serrat, Camp, Roc, Creu, Font, Pic, Rec, Correc,  ce qui n’est pas le cas ici à Urbanya où il s’agirait plutôt d’un inconnu apparemment. Le Serrat de l’Homme serait donc le Serrat de l’Inconnu. Le Canigou n’est pas très loin. À quelques kilomètres seulement à vol d’oiseau. Je l’aperçois. Magnifique. Grand seigneur. Suis-je l’Homme ? Suis-je l’inconnu ? En tous cas, je ne suis pas encore l’Homme Mort et seulement un homme qui aime la montagne, un peu claudiquant aujourd’hui. Un « coix » ! Un diable boiteux ! Bien connu en Catalogne depuis Lesage. Depuis le départ devant la mairie, cette balade est longue de 3,8 km pour des montées cumulées de 385 mètres et un dénivelé de 117 mètres. Si vous la trouvez trop courte, ce que je peux comprendre, je vous propose d’aller faire un tour à la cascade, lieu très raffraîchissant, bien connu des enfants urbanyains, qui l’été, n’hésitent pas à aller s’y baigner. Toutes proportions gardées, elle est un peu notre « Tahiti douche ». Pour cela, il vous suffit d’emprunter la rue de la Mairie, de poursuivre le Cami de Las Planes puis de continuer toujours tout droit en suivant le cours de la rivière, un coup à droite et un coup à gauche. Peu après le deuxième pont, le bitume laisse la place à un large chemin de terre qui se terminera 700 mètres plus en amont sur un rustique et petit pont de bois. La cascade, haute de 6 à 7 mètres et que l’on entend chuter, est là, sur votre gauche. L’eau est constamment fraîche mais pour moi c’est toujours un plaisir que d’y aller m’y baigner les jours de grand soleil. Après cette belle découverte et grâce à un petit sentier, le retour vers Urbanya peut s’effectuer sur la rive gauche de la rivière et vous aurez ainsi parcouru 2 kilomètres de mieux. Carte I.G.N 2348 ET Prades- Saint-Paul-de Fenouillet - Top 25.

    (*) Autres balades réalisées à partir du Chemin de St-Jacques d'Urbanya :

    Le Serrat Gran (1.430 m) depuis Urbanya (856 m)

    Le Roc de les Creus (1.091 m) depuis Urbanya (856 m)

    Le Roc de Jornac (1.051 m) depuis Urbanya (856 m)

    La Gare d'Estardé (1.213 m) depuis Urbanya (856 m)

    Le Pic de Tour ou del Torn (1.632 m) depuis Urbanya (856 m)

    Le Serrat de Calvaire (1.359 m) depuis Urbanya (856 m)

     

     

     

     

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