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    Diaporama agrémenté de la chanson "Caruso" de Lucio Dalla jouée et chantée par Lucio Dalla, l'Orchestre de chambre Arcangelo Corelli d'Aldo Sisilli et Luciano Pavarotti. (Extrait de l'album Pavarotti and Friends)

    Le Sentier de la Roche Insolite depuis Opoul-Périllos

    Le Sentier de la Roche Insolite depuis Opoul-Périllos 

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    8 jours après le « Sentier du myrte et du genévrier », retour à Opoul, pour un petit circuit pédestre que j’intitule « le Sentier de la roche insolite (*) ». Au temps vous prévenir de suite, cet itinéraire circulant au sein d’un vaste terrain militaire qu’on trouve sur la carte I.G.N sous la dénomination de « champ de manœuvres de Rivesaltes », il est vivement recommandé d’abandonner toutes idées de balades si vous apercevez le moindre soldat, le moindre véhicule couleur kaki ou tout élément ou matériel pouvant laissé penser à des déploiements ou à des exercices militaires. Dans le cas contraire, je sais que les risques peuvent être présents malgré tout, même si la zone est bien calme comme ce fut le cas en ce 13 avril 2017. Il y a le risque d’une forte amende pour avoir enfreint la loi et celui d’avoir la malchance de tomber sur une munition ou un engin non explosé, éventualité plutôt rare mais pas impossible. Alors prudence et regardez où vous mettez les pieds si vous devez y aller. Il existe la possibilité de demander une dérogation aux institutions militaires. Je précise que la roche est en dehors de la zone militaire et qu'il est donc possible de la découvrir lors d'un simple aller et retour. Tout ça, je l’ignorais au départ et ma curiosité est telle que j’ai sans doute enfreint la loi en voulant aller voir cette insolite roche que j’avais découverte sur le Net en effectuant un boucle. Une formation géologique si remarquable que des ingénieurs géologues et géophysiciens de l’Université de Perpignan sont venus étudier avec beaucoup de professionnalismes prélevant au passage des échantillons aux fins d’analyses en laboratoire. Trois vidéos Dailymotion de ces observations, de ces prélèvements, de ces analyses et de leurs résultats sont visibles sur Internet. Vous les trouverez sur le site « www.opoul.com ». Pour être franc, ce n’est pas sur ce site-là que j’ai découvert cette roche pour la toute première fois mais sur un autre qui a pour adresse « www.chronodrome.fr ». Chronodrome, est un mot inexistant en français mais on peut le traduire en la « course du temps », du grec « chrono » signifiant « temps » et « dromos » signifiant « chemin ou course ». Chronodrome, c’est donc un site Internet mais également le nom d’une curieuse association dont l’objectif peut paraître un peu dingue de prime abord, mais pas utopique du tout quand on approfondit la manière de l’atteindre : utiliser un satellite pour laisser une trace quasiment ineffaçable de l’humanité présente. Ce satellite, on lui a déjà trouvé un nom : Keo ! Il sera mis en orbite et tournera autour de la Terre pendant au moins 50.000 ans. Chargé d’un maximum de données numérisées de toutes sortes et de toutes provenances et de messages divers représentatifs de toute l’humanité actuelle, il finira sa longue course et reviendra sur Terre au bout de son périple offrant ainsi aux terriens du futur, une belle idée de ce qu’étaient notre monde actuel et nos civilisations. Ce projet ambitieux a été avalisé par de très nombreux acteurs de la communauté spatiale mais voilà déjà plusieurs années qu’il est renvoyé aux calendes grecques, sans doute à cause de son coût élevé mais de sa rentabilité inexistante. De nos jours, on ne fait rien pour rien, et même si le futur de notre humanité est dans la corbeille de la mariée, il semblerait que la dot ne soit pas suffisante. Le site Wikipédia l’annonce pour 2017.  Nous y sommes mais 10 mois sont déjà passés ! Alors président Macron, êtes-vous disposé à investir dans notre futur ? Comme toujours le curieux invétéré que je suis a été intéressé par le programme Keo mais également par tout ce qu’il y a sur le site « Chronodrome » et c’est ainsi que je suis tombé sur cette fameuse formation géologique si insolite. Insolite car d’une forme circulaire quasi parfaite de 50 cm de diamètre, et donc en forme de hublot, dans lequel de nombreux mystiques n’ont pas manqué de s’engouffrer. Ils y voient un tombeau, du Christ pour certains bien évidemment, ou attribué à d’autres personnages parfois, une entrée vers un autre monde, un monde meilleur bien sûr, un accès possible vers un autre espace temporel ou l’éventualité d’un contact avec des extra-terrestres, la liste des échappatoires est longue mais jamais personne ne s’est procuré la clé pour pénétrer dans ce soi-disant passage virtuel mais surtout essentiellement minéral….Enfin je ne crois pas ! Voilà, ce que je me proposais d’aller voir en ce jeudi 13 avril. Le départ s’effectue à la côte 207 de la carte I.G.N, située sur la D.9, non loin d’Opoul en direction Vingrau. Sur le côté droit, il y a une citerne DFCI verte, déjà mentionnée lors de ma balade au Château de Salveterra. Cette fois, on va démarrer de l’autre côté de la route. Un vaste terre-plein permet de garer sa voiture. Je ne note pas d’interdiction particulière pour les randonneurs et la piste qui démarre en direction du lieu-dit Mas d’En Cabota ne fait qu’allusion à une piste DFCI 15 interdite aux véhicules des non ayant droits.  Ici, en tous cas, pas de mention d’un quelconque terrain militaire que nous ne rencontrerons que beaucoup plus loin et beaucoup plus tard. Le large chemin descend dans le paysage de garrigue méditerranéen habituel puis à hauteur d’une citerne jaune se trouvant sur la gauche, l’itinéraire tourne à gauche, toujours sur la piste DFCI 15. Il faut surtout éviter de poursuivre tout droit. Les décors changent quelque peu, le chemin se colore de rouge et circule désormais entre les pins. Un peu plus bas, vers le lieu-dit la Bassetta, si les pins restent bien présents, une végétation de maquis partage cet espace aux pineraies. Sur notre gauche, le Serrat del Majoralet dresse ses futaies quasi impénétrables. Finalement un radier se présente enjambant le ruisseau de Robol. Asséché à cet endroit, je pars faire un tour dans son lit car de nombreux passereaux semblent y avoir élu domicile. Il faut dire que tout semble réuni pour les attirer et les maintenir. Il y a de petites vasques d’eau claires pour y boire et se baigner et d’autres plus minuscules et plus verdâtres retenant têtards mais surtout insectes de toutes sortes, tout ça au sein d’une dense végétation et d’un nombre incalculables de rochers où il est facile de se camoufler. Dany m’attend et en profite pour une pause pique-nique ensoleillée, toujours agréable en cette saison car la chaleur n’est jamais excessive. Au bout de presque une heure, j'ai seulement deux photos d'oiseaux réussies sur la douzaine de tentatives. Après cet entracte ornithologique et le pique-nique, nous repartons. Le chemin s’élève et laisse apparaître les premières vignes. Elles sont entourées de murets en pierres sèches aussi rouges pour la plupart que la terre du chemin. Quelques mètres plus loin, la roche insolite est là, sur la droite, et sa vision si soudaine, presque inattendue, nous laisse quelque peu circonspects. Ce n’est pas de la déception mais les images que nous avions vues sur le Net et gardées en mémoire nous laissaient imaginer un cercle au diamètre une peu plus important. Pour le reste, force est de reconnaître que ce cercle jaune ocre quasi parfait enchâssé dans une roche presque pourpre a un aspect plus qu’étonnant. On comprend mieux que des géologues aient pu s’intéresser à cette curiosité pour comprendre comment cette forme circulaire avait pu se produire. Que des illuminés y trouvent une quelconque raison de s'exciter, là je l’avoue, ça me laisse pantois ! Je veux bien que cette formation géologique soit vieille de -110 millions d’années mais est-ce une raison pour imaginer les plus farfelus scénarios ? Après tout, les montagnes qui nous entourent ne sont-elles pas beaucoup plus anciennes ? Enfin, moi aussi je joue aux hurluberlus en essayant de pousser cette mystérieuse porte minérale, photo à l’appui. Après la découverte de notre principal objectif, nous poursuivons la boucle. Enfin, nous essayons car au virage suivant, plusieurs pistes se présentent. J’en dénombre au moins trois sans compter de petits sentiers descendant dans le ravin de Malevent. Un coup d’œil sur mon bout de carte I.G.N et nous voilà fixés et rassurés, c’est le premier chemin qu’il faut prendre, celui qui file vers le nord. Il monte dans une pinède touffue, composée de petits arbres souffrant d’une plantation bien trop serrée où le soleil a du mal à pénétrer. De ce fait, la photosynthèse a du mal à s’effectuer et de nombreuses branches sont déjà sèches, et seuls les faites présentent un peu de verdure, une verdure d’autant plus amoindrie que les chenilles processionnaires sont déjà bien présentes, organisant leurs dégâts deci delà.  Au bout de cette pinède, l’itinéraire débouche devant une espèce de auvent en tôles ondulées couvrant partiellement une petite mare.  Quelle n’est pas notre surprise de tomber nez à nez avec un rapace nocturne dormant sur une poutre du auvent. Le temps qu’il réalise que nous sommes là et je l’ai déjà figé dans mon numérique. Je suis ravi de ce cliché car c’est bien la première fois qu’une telle manifestation ornithologique se produit devant mon appareil photo. Le temps d’une seule photo et il décolle dans notre direction, déployant ses ailes impressionnantes, pour un vol lourd et bruyant, si lourd, si bruyant et si impressionnant qu’à son passage nous baissons machinalement la tête alors qu’il est déjà bien haut. La photo m’apprendra plus tard qu’il s’agit d’un Hibou grand-duc ou Grand-duc d’Europe, volatile plutôt abondant dans les Corbières mais prédateur d’autres oiseaux y compris d’autres rapaces nocturnes plus petits que lui. En réalité, il mange de tout, n’est pas difficile dans ses goûts et je me demande même si sa présence près de cette mare n’est pas essentiellement alimentaire, cette dernière contenant de nombreux gros têtards. Après cette belle surprise, nous poursuivons la montée et finalement, atterrissons sur la crête d’une colline où les vues s’entrouvrent enfin. Le large chemin laisse la place à un sentier rocailleux. Les reboisements de pins cessent et la garrigue prend le relais. Ici le calcaire et la garrigue sont rois. D’un côté, vers le nord, c’est le Planal de la Salina, petite plaine alluvionnaire que le ruisseau de Robol a modelé et de l’autre, vers le sud, il y a des combes et d’autres collines blanches que ce même ruisseau tout en méandres a continué de façonner. Malgré ça, la proche vision reste limitée car la végétation écrase tous les reliefs. Au loin, on aperçoit Salveterra et sa colline tabulaire. Encore plus loin, c'est le Montolier de Périllos et sa station radar. Ici, le premier panneau « terrain militaire – défense d’entrer N°63 » se présente avec ses avertissements d’usage « tirs en cours – danger de mort » et « articles 413-5 et R-644-1 du Code pénal ». Alors, on s’arrête sur l’instant puis on s’avance un peu car les vues sont telles que le moindre mouvement militaire serait inévitablement visible puisque ici les arbres ont disparu et la végétation se résume à un maquis plutôt bas. Tout n’est que silence autour de nous et la moindre détonation d’armes de guerre  s’entendrait à des kilomètres à la ronde. Il n’y a pas de militaires, c’est un fait. A moins de faire demi-tour, il n’y a pas d’autres sentiers alors on continue un peu car le sentier descend dans une combe. Je m’arrête pour jeter un coup d’œil à mon bout de carte I.G.N et constate que la départementale 9 n’est plus très loin, ayant déjà accompli au moins les 2/3 de cette courte balade. Alors, on continue en pressant un peu plus le pas, un peu par crainte d’avoir enfreint une interdiction mais beaucoup par peur d’une amende sans doute inévitable en cas d’un éventuel contrôle. Mais non, tout est calme et seul le chant de quelques oiseaux de garrigue et le bruit de quelques voitures sur la D.9 rompt ce savoureux silence. Finalement, après être descendus sur un sentier très caillouteux, nous débouchons au Planal de la Salina, à l’endroit même où un pont de la D.9 enjambe le correc de Robol. Je me souviens de ce pont et de la grotte de la Nantella se trouvant à proximité. Je l'avais découverte l'an dernier lors de ma balade au château de Salveterra. Alors, je propose à Dany d’aller découvrir cette étonnante « cauna », site d’autant plus singulier qu’il est assez perdu et régulièrement squatté par des vagabonds. Il n’est donc pas recommandé pour une femme seule. En effet, ce lieu, insolite lui aussi, mi-grotte, mi-cortal en ruines, est régulièrement habité par des S.D.F comme le prouvent les nombreux vestiges d’une occupation plus ou moins récente : matelas, canapé, vêtements usagés et  restes de bivouacs. Dany soulève les mêmes interrogations que celles que je m’étais posées quand j’avais découvert cette grotte pour la première fois : A quoi pouvait bien servir cette bâtisse dans ce lieu si âpre situé au bord de ce ruisseau le plus souvent asséché ? La question reste en suspens car toutes mes recherches sur le Net n’ont rien donné. Il ne reste plus qu’à rejoindre la côte 207 où se trouve notre voiture, beaucoup par la D.9 et un peu dans la garrigue par un raccourci peu évident mais présentant l’avantage indéniable de quelques photos florales et fauniques permettant de finir en beauté et dans la nature. Les fleurs sont belles et colorées. Elles ont pour noms glaïeuls sauvages, ophrys, coquelicots, céphalanthères, liserons. La faune se sont quelques papillons et criquets qu’une météo printanière favorable a fait sortir de leurs cocons et de leurs oothèques. Il y a aussi des serins d'un jaune bien évidemment "canari". Pour Dany, une autre belle nature reste à découvrir : le genévrier séculaire de la Vall Oriola que j’avais découvert tout seul, il y a 8 jours. Nous voilà donc partis vers la Belle Auriole, mais cette fois en voiture….alors bien évidemment je ne vous raconte pas….. Cette balade à la « roche insolite » est longue de 6 km environ pour de modestes montées cumulées de 300 mètres et un dénivelé de 76 m. Chaussures à tiges hautes fortement conseillées à cause des caillasses qui sont le revêtement principal. Carte I.G.N 2547 OT Durban – Corbières - Leucate Top 25.

     

    (*) Roche insolite d’Opoul : Si l’on veut décrire de manière assez simple cette curiosité, on peut dire qu’il s’agit d’une roche d’origine sédimentaire s’inscrivant dans un faciès calcaire argilo – gréseux. Elle date de la période géologique que l’on appelle le crétacé inférieur aptien, formation estimée entre moins 108 et moins 114 millions d’années. Comme très souvent dans le calcaire, on y trouve quelques cristaux de quartz et des filons de calcite. Selon leur teneur en calcaire, on attribue à ces roches sédimentaires des terminologies différentes (calcaire, marne, argile) voire la réunion de deux d’entre-elles (calcaire argileux ou argile calcaire). Dans le cas présent, la forme cylindrique contient un peu plus de grès (grains de sable consolidés) que l’enveloppe qui l’entoure, laquelle contient plus d’argile. Son aspect insolite, elle le doit bien évidemment à sa forme circulaire quasi parfaite de 50 cm de diamètre et aux couleurs bien différentes des deux structures, le cercle presque ocre et la roche tout autour couleur lie de vin voire presque pourpre à certains endroits.


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  • Le prochain article : Le Circuit de Saint-Martin-Lys et le Prat del Rei.

    C'est la News (prochaine randonnée de la page d'accueil) :Le Circuit de Saint-Martin-Lys et le Prat del Rei.

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    Saint-Martin-Lys 9h30. Voilà bien 20 ou 25 ans que je n’étais plus revenu randonner à partir de ce joli hameau audois. Pourtant rien n’a vraiment changé or mis peut-être le nombre de voitures stationnées devant la mairie. C’est simple, le parking est plein, il n’y a plus de place et pourtant je ne vois pas la moindre âme qui vive. Le hameau semble désert. Tout est calme. Je suis néanmoins contraint de suivre un fléchage m’indiquant d’aller me garer derrière l’hôtel de ville. La ruelle est très étroite et ma voiture y passe d’extrême justesse. Avec cette étroitesse, je comprends mieux que ce parc de stationnement en bordure de la rivière Aude soit vide.  Ici, il n’y a ni voiture ni aucune activité humaine. En réalité, la seule animation est celle engendrée par une variété incroyable de passereaux. En faire la liste serait compliqué mais je suis aux anges et avant même d’harnacher mon sac à dos, mon appareil photo est déjà entré en action. Geais, merles, sitelles, rouges-queues, moineaux, bergeronnettes, mésanges et quelques autres encore s’égayent tout autour de cet espace vert, mi-parking, mi-aire de pique-nique auquel s’ajoute un petit bout de forêt juste à côté. Ça volette dans les sens et cette activité intense ne facilite pas les prises de vues. Au bout d’une demi-heure à guetter et à courir les volatiles, je rends les armes avec néanmoins quelques clichés que j’espère réussis. Je charge mon sac à dos, prends mon bâton de marche et retourne devant la mairie car j’y ai vu une panneau informatif. Je suis plutôt surpris car il décrit succinctement la randonnée que j’avais réalisé voici 20 ou 25 ans et que je compte bien refaire aujourd’hui à quelques variantes près. Le lieu-dit Planèzes semble en être le pôle principal et pour être franc, j’avoue que je ne m’en souviens plus très bien. D’ailleurs, je ne me rappelle ni du lieu Planèzes, ou Planeses apparemment, ni de cette randonnée or mis le fait que Dany et moi y avions découvert une faune incroyablement présente. C’est donc surtout à cause de ça que je suis là aujourd’hui et en solitaire qui plus est. Le temps de lire le panneau et je me mets en route...... Je reviens au plus vite. A bientôt ami(e)s blogueuses et blogueurs.


     

     

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  •  Ce diaporama est agrémenté de 5 musiques du compositeur Alexandre Desplat tirées du film de Terrence Malick "The Tree of Life", "L'Arbre de la vie" en français. Dans l'ordre de leur écoute, elles ont pour titre "Motherhood", "Skies", "River", "Clouds" et "Emergency of life".

    Le Sentier du myrte et du genévrier depuis le château  de Salveterra (Opoul-Périllos)

    Le Sentier du myrte et du genévrier depuis le château  de Salveterra (Opoul-Périllos)


     

    J’ignore pourquoi mais chaque fois que je vais randonner du côté d’Opoul, la tramontane est déchaînée. Une simple mais troublante coïncidence sans doute. 80, 90, 100 km/h, je ne sais pas mais une chose est sûre, ça décoiffe. Bon d’accord, je n’ai pas beaucoup de cheveux mais ce n’est pas une raison ! C’est le cas en ce 5 avril 2017 quand je laisse ma voiture au pied des ruines du château de Salveterra, au bord de la petite route filant vers le hameau de Périllos. Sur ma carte I.G.N,  j’ai dessiné une boucle, laquelle passant par le Serrat de la Murtra, doit m’amener vers Périllos, puis bien après, vers la Vall d’Oriola où paraît-il se trouve un genévrier multi séculaire. Vénérable est le terme le plus souvent employé. A son propos, circulent les chiffres les plus fous. 4 à 5.000 ans pour certains mais au moins 2.000 ans pour les botanistes. Sa circonférence est de 4,60 mètres et encore, les avis sont également divergents selon la méthode employée pour le mesurer. Il aurait même obtenu un label « arbre remarquable de France » par l’association A.R.B.R.E.S qui se charge de répertorier tous les arbres exceptionnels de France méritant des mesures de protection et de sauvegarde.. Il faut le voir pour le croire, voilà ce je me suis dit quand j’ai appris son existence. Un ancêtre en tous cas, que l’on peut aborder en voiture, mais comme très souvent quand il s’agit de découvrir, ma préférence est allée en priorité vers l’approche pédestre.  Il y a donc plusieurs objectifs à cette longue balade que j’intitule assez naturellement le « Sentier du Myrte et du Genévrier », le mot catalan « Murtra » signifiant « myrte », qui comme chacun sait, est une plante aux multiples attraits, médicinaux mais gustatifs aussi, servant par exemple à la confection d’infusions digestives, de liqueurs ou bien à parfumer des viandes en sauce. A ce propos, notons d’ailleurs de nombreuses similitudes avec les baies de genièvre, fruits du genévrier, utilisées depuis très longtemps en médecine, pour ses propriétés digestives, dans la fabrication d’alcools et en cuisine.  Je viens d’enfiler mes godillots, d’harnacher mon sac à dos et démarre d’un petit collet séparant les lieux-dits Coma del Mir et Planal del Sorbier, ce dernier étant le premier jalon qu’il me faut franchir sur la carte I.G.N. La tramontane est si forte que parfois je recule au lieu d’avancer, pourtant le chemin que j’emprunte est tout en descente. Ma casquette, que j’ai pourtant pris soin de visser très fort sur ma tête, s’envole très loin derrière moi et je suis déjà contraint de rebrousser chemin pour aller la rechercher. Ce n’est pas tant pour sa valeur, ni pour mes cheveux et encore moins pour ma coiffure, étant plutôt dégarni. Non, je n’ai rien de tout cela, mais à vrai dire, je crains les premiers coups de soleil sur la « cabeza ».  A l’instant où je récupère ma casquette, j’en suis presque à me décourager et à deux doigts de faire demi-tour car je me dis que « marcher avec un tel vent toute la journée sera inéluctablement très désagréable ». J’insiste néanmoins, remplace ma casquette par un bonnet ayant moins de prise au vent et là, ô surprise, la tramontane faiblit au fur et à mesure que je descend dans un paysage de garrigue. Une garrigue déjà très fleurie. Comme toujours, je démarre un inventaire végétal photographique : ajoncs, prunelliers, thyms et romarins, sont les plantes fleuries les plus présentes et donc visibles, avec quelques crépides jaunes et de petits bouquets de muscaris bleus. Mais en cherchant bien, d’autres fleurs plus rares se font jour au regard du curieux que je suis. Le vent n’est pas propice aux clichés des petites fleurs car elles sont ballottées en tous sens alors je n’insiste pas. Quelques oiseaux et papillons occupent cette végétation et s’envolent à tire d’ailes lors de mon passage. Impossible de les photographier eux aussi, la force du vent me déstabilise et empêche tout cliché nécessitant une immobilité parfaite. C’est le cas de la photo animalière et quand je dis « qu’ils s’envolent à tire d’ailes », ce n’est pas vraiment la bonne expression, car en réalité et dès lors qu’ils s’élèvent, ils sont, pour la plupart, emportés comme des fétus de paille par la violence des bourrasques. Les grives et les alouettes sont les plus reconnaissables car celles qui s’opposent le mieux aux rafales. Ailes déployées, elles luttent et se posent quelques mètres plus loin. Idem pour un couple de perdrix que le vent ne semble pas freiner dans leur quête à s’éloigner de moi. Quelques battements d’ailes lourds et bruyants et les voilà déjà, 100 mètres plus loin au fin fond d’une ravine. Le vent faiblit toujours car le large chemin continue de descendre dans un vallon dominé par le Serrat de la Murtra. Cette colline sert de paravent. J’atteins et enjambe une petite combe asséchée puis le chemin remonte en direction d’une vaste ruine. C’est le Cortal de la Murtra. Des panoramas se dévoilent sur d’autres ravines entourées de basses collines. Au fond de l’une d’entre elles, et sur un terrain limoneux et dénudé, un vignoble rectangulaire aux souches parfaitement alignées détonne dans ce paysage disloqué de maquis. Derrière la ruine, un étroit sentier prend le relais du large chemin, et toujours à l’abri du vent, s’élève en douceur sur le flanc est du « serrat ». Il est jalonné de nombreux cairns, petits et grands,  faciles à ériger, tant les cailloux sont sur le sol le revêtement le plus commun. J’ajoute mes propres pierres aux édifices déjà constitués. Au sein de cette minéralité croissante, une flore nouvelle apparaît. Les magnifiques orchis géants en sont les plus beaux représentants mais il y a aussi de nombreux pieds d’ajoncs et de luzerne aux fleurs d’un jaune flamboyant ainsi que des prunelliers aux jolies petites fleurs blanches. Il vaut mieux éviter de se frotter à ces derniers arbustes à cause de leurs épines noires dont elles tirent leur autre nom. J’y observe les premiers plants de « murtra », le fameux myrte qui donne enfin un sens au patronyme de cette colline essentiellement calcaire et donc bicolore. Le blanc du calcaire et le vert de la végétation, sous un ciel que la tramontane tente de colorer d’azur, je trouve ça beau. Le vent faiblissant au fil du jour, les nuages resteront présents, s’étiolant parfois ou bien devenant carrément menaçants au fil de leur passage du nord-ouest vers le sud-est. Là où je me trouve, il fait très beau pour l’instant et c’est bien là l’essentiel, mais au loin, au sommet de la colline du Montolier, une longue écharpe nuageuse s’accroche à cette modeste élévation à 717 mètres d’altitude. Dans cet horizon grisâtre, apparaît le globe opalin de la station radar. Lors d’une jolie et ludique balade au départ de Périllos, j’avais gravi cette colline voilà 2 ans. D’ailleurs, en contrebas et sur ma droite, je reconnais la minuscule chapelle Sainte Barbara, également découverte en cette occasion. Le sentier s’aplanit quelque peu et soudain, au bout du « serrat », le hameau de Périllos semble surgir de la garrigue comme une étrange apparition. A cet instant, me reviennent à l’esprit, les nombreuses lectures le plus souvent mystiques à son propos. Il faut dire que vu d’ici, avec la tour ruinée de son vieux château et le clocher-mur de son église romane, il a tout du hameau fantôme.  Ces premiers éléments sont les plus apparents et le peu de vie autour, voire l’absence totale de toute humanité pendant de longues années, ont probablement contribué à ce mysticisme. Quelques petites sauges échappées d’un jardin colorent de mauves les bas-côtés du sentier. Avec les moutardes sauvages aux fleurs jaunes, elles forment de très beaux massifs.  Le minuscule village est rapidement là, mi-magnifiquement restauré, mi-toujours ruiné. J’en apprécie toujours les quelques textes, de bienvenue ou historiques, écrits à l’attention des visiteurs.  C’est une belle initiative que malheureusement on ne rencontre que trop rarement dans les hameaux. Les premiers occupants que j’aperçois se résument à des volées de moineaux et à des rouges-queues noirs plus solitaires jouant sur les toitures et les murets. Or mis, quelques menues restaurations nouvelles, rien n’a vraiment changé depuis ma dernière venue, alors je n’ai pas vraiment envie de m’éterniser. Je me contente d’une nouvelle visite, presque au pas de course, que seules quatre dames très sympathiques arrivent à enrayer. Tout comme moi, elles déambulent dans le hameau. Une conversation s’engage, au cours de laquelle j’apprends que la plus âgée des quatre, qui est sans doute nonagénaire,  a fait jeunesse ici et y a longtemps vécu, avant de déménager sous d’autres cieux, poussée par un exode rural inéluctable. Les autres dames, un peu plus jeunes, la soutiennent et de ce fait, je comprends aisément que notre rencontre et notre conversation ne soient pas leur priorité. Je ne les retiens pas plus que ça et préfère les laisser partir vers leur quête de souvenirs. Des souvenirs pour cette très vieille dame qui se balancent sans doute entre les bons de son enfance et de plus douloureux liés au déracinement ultime. Je me souviens avoir lu bien des raisons et bien des calamités à cette désertification lente mais inexorable de Périllos : le phylloxera à la fin du 19eme siècle, la guerre de 14/18, la grippe espagnole, puis de nouveau la guerre de 39/45, la sécheresse et l’éloignement. Eloignement de la révolution industrielle et de l’urbanisation des villes. Loin des grands axes routiers et économiques, il n’en fallait pas plus et le hameau a vu partir son dernier habitant en 1970. Aujourd’hui le milieu associatif solidaire s’évertue à tenter de lui redonner un peu de vie. Un « hostal », c'est-à-dire une auberge, en est la preuve même si elle est fermée à la mauvaise saison. Je poursuis ma balade toujours grâce au tracé G.P.S que j’ai enregistré. Il m’entraîne en contrebas du hameau, en direction de la route bitumée que je délaisse très vite au profit d’un chemin bien évident qui se faufile au milieu des buis puis de hauts genévriers. Depuis ce chemin, je surprends un énorme sanglier. Il déboule dans les éboulis d’un ravin se trouvant en contrebas et s’engouffre sans coup férir dans des bosquets où il disparaît. Au même instant et au même endroit, un rapace s’élève dans le ciel et j’en suis à me demander si les deux épisodes fauniques ne sont pas liés. Le rapace, sans doute une buse, a-t-elle dérangé le sanglier dans son sommeil ou peut-être est-ce le contraire ? Le parcours descend dans ce petit ravin, la Coma d’En Canaval, puis remonte aussitôt, ôtant toute monotonie et le transformant en une courte mais rude « montagne russe ». La dernière de ces montagnes offre quelques paysages nouveaux presque à 360 degrés. Vers la Serre de Vingrau, vers  Périllos dont la vision d’ici est bien différente et plus loin, vers la colline tabulaire de Salveterra » où a été érigé le château d’Opoul. Cette dernière image me donne une petite idée du chemin déjà parcouru. Très étonnamment, si la garrigue reste typiquement méditerranéenne, la végétation a quelque peu changé et j’observe par exemple et pour la première fois, des cistes cotonneux et des lauriers-tins, tout deux fleuris. Ici, les plants de ciste sont très nombreux et entièrement recouverts de ces fleurs roses si belles mais qui ont toujours cet aspect chiffonné si curieux. Il y a aussi des euphorbes, de minuscules jonquilles  jaunes et des tulipes sauvages orange. Les buis, les genévriers, les nerpruns, les pins sont également plus nombreux mais dans l’ensemble cette végétation reste plutôt rase. Un œil sur mon bout de carte I.G.N pour constater que l’eau a toujours été une obsession et si les combes sont nombreuses, elles sont le plus souvent asséchées. Elles ne se remplissent et s’écoulent que lors d’orages violents mais à condition qu’ils soient durables dans le temps. L’Aiguera de Nyerra, les Aiguerasses, la Font de l’Ase, la Fonteta, autant de noms qui sont le reflet de l’importance de l’eau et de cette hantise à en manquer.  Dans les Corbières, de l’eau il y en a beaucoup, mais elle est souterraine et si on en veut, il faut aller la chercher, parfois très profondément. Ici, le sourcier était le sorcier. On l’appréciait mais on le craignait. La crainte était qu’il ne trouve pas l’eau tant espérée. Un puits asséché était considéré comme un grand malheur. L’exode rural n’est pas étranger à ces difficultés d’approvisionnements en eau et les quelques bergeries en ruines qui parsèment mon parcours sont les témoins abandonnés de ce passé, loin d’être simple. Il est 12h30, je m’arrête à proximité de l’une d’entre elles. Il s’agit du Cortal Botet. Envahi par la végétation, il m’offre un ombrage propice au pique-nique envisagé et quelques pierres gisant à terre pour y poser mes fesses.  La tramontane a carrément cessé. Les oiseaux sont de sortie mais les photographier reste compliqué car le chant de mes appeaux ne semble pas convenir à ceux qui logent ici, dans les arbres et les murailles. Du coup, je pars à l’aventure, sandwich en mains pour tenter d’en surprendre quelques uns. Une mésange et un bruant sont les perdants de cette partie de cache-cache. J’abandonne le cortal. Les papillons se font plus présents et si la plupart se résument à de gros et beaux Flambés, qu’elle n’est pas ma surprise de découvrir pour la première fois autant de « Proserpines ». Je me souviens que la dernière fois où j’avais photographié cette jolie espèce bariolée de blanc, de rouge et de noir, c’était lors d’une balade à la « Trancade d’Ambouilla », non loin de Villefranche-de-Conflent. Le spécimen aperçu et photographié était plutôt décati car sans doute en fin de vie. Ici, je suis ravi,  car ces superbes papillons volent en tous sens, et en plus ils semblent peu craintifs, se posant sur de nombreux supports, minéral ou végétal. Au loin et en contrebas, j’aperçois la Vall d’Oriola, les toitures rouges de ses quelques bâtisses et ses vignes qui l’entourent sur sa partie nord. Au beau milieu de l’une d’elles, j’y distingue clairement le genévrier séculaire. Un rapproché photographique me le confirme, « oui, il semble bien que ce soit lui ! » Il ne me reste plus qu’à partir à sa découverte. Le chemin est désormais tout en descente et atteindre la « Belle Auriole » en traversant le lieu-dit l’Iglesieta n’est qu’une simple formalité. L’Iglesieta, signifiant « petite église », je suis étonné de n’avoir rencontré en chemin aucun vestige d’un vieil édifice religieux, à moins que le nom fasse référence à cette petite chapelle que je découvre ici au Vall d’Oriola, dédiée à Saint-Joseph.  Parmi les panonceaux indicatifs, il y a celui mentionnant le « Vieux Genévrier », alors je traverse la propriété déserte sans trop me poser de question, entrant même dans la minuscule chapelle, toujours entraîné par ma curiosité immodérée. Je m’assoie et y médite de très longues minutes, sans prier, mais en ayant comme très souvent en pareil cas de tendres pensées pour les êtres qui ne sont plus de ce monde mais qui continuent à être chers à mon coeur. Après cet instant de recueillement, le vieil arbre n’est plus très loin et de surcroît, un vigneron occupé à des replantations m’en  indique gentiment le plus court chemin. Après quelques courts zigzags dans la garrigue, le genévrier est effectivement là, incroyablement majestueux,  car solitaire au milieu du vignoble. Ma première réflexion est de me dire « mis dans un petit pot, quel extraordinaire bonsaï il ferait ! » et il serait sans contestation aucune, « le plus beau de ma collection ! » mais aussitôt une deuxième pensée me traverse l’esprit : « comment cet arbre a-t-il pu si durablement et si magnifiquement franchir tous les affres du temps ? ».  Je ne vois qu’une explication à cette interrogation. Toutes les personnes qui l’ont côtoyé ou croisé, l’on trouvait si remarquable et si admirable que personne n’a jamais osé s’en prendre à lui et l’abîmer. Oui, vénérable est le terme le mieux approprié car il inspire le respect. Plus tard, le père du propriétaire de la « Belle Auriole », parlant de lui, me dira qu’il pense qu’il était déjà là au temps des Romains et que très probablement, il se trouvait au milieu d’un vignoble déjà existant. Alors, ils n’étaient pas si fous que ça les Romains qui ont trouvé que cet arbre ne gênait en rien la culture de la vigne ! Sa vision plus proche ne fait que confirmer ce que l’on pense de loin. Il est très beau. Creux pour ne pas dire caverneux comme la plupart des vieux arbres qui ont souffert du temps et de la sécheresse. Noueux à souhaits, son écorce entièrement rainurée est bien celle du genévrier mais elle a un aspect parfait et lisse que n’ont pas les arbres plus jeunes dont la surface des branches est rêche. Ici, les branches sont bien épaisses et donc solides, avec cette ramification et cette coiffe végétale quasi irréprochables, ce petit air penché que des siècles de tramontane lui ont donné, lui offrant ainsi un port si naturellement somptueux. Un vrai « bonsaï » grandeur nature que les hommes ne sont capables de reproduire qu’artificiellement, à l’aide de matériels et de techniques de « tortures » infligées aux arbres qu’ils manipulent. Le fan de « bonsaïs » que je suis sait que l’aspect sec ou mort s’appelle « jin » ou bien « sharimiki » et consiste à ôter de force mais toujours avec prudence l’écorce du tronc qui est censée protéger l’arbre. Les branches, penchées ou tortueuses,  sont obtenues grâce à des poids où à des liens en cuivre que l’on laisse un temps suffisant pour qu’elles prennent les formes voulues. Les genévriers se prêtent bien à toutes ces techniques, mais ici, rien de tout ça. Tout est naturel et ç’est bien cela qui est si beau et si insolite en sus de son âge hors du commun si prodigieux. La Nature est la plus douée des artistes, je le savais déjà mais voilà un bel exemple supplémentaire ! Avant de repartir, je ne peux m’empêcher de le photographier sous toutes les coutures, puis je m’assoies en m’adossant à son tronc, occasion d’y manger une compote, mais surtout prétexte à recueillir un peu de son énergie et de sont influx qui lui ont permis de traverser les siècles. Je ne sais pas si c’est vrai mais j’ai lu ça il y a peu de temps : « se mettre en contact avec un arbre par en recueillir un peu de sa vitalité ». Toujours incrédule à ce genre de choses, je me dis que l’arbre est si exceptionnel que ça ne coûte rien d’essayer. « Auprès de mon arbre, je vivais heureux, je n’aurais jamais du m’éloigner de mon arbre.... » chantait Brassens et je pense que les propriétaires de la Belle Auriole doivent la fredonner souvent cette chanson. Heureux de cette belle découverte, je m’éloigne du vieux genévrier en traversant une vigne et en rejoignant une piste dont un panonceau m’a appris qu’elle se dirigeait vers Vingrau. Au milieu de cette vigne, mon regard est tiraillé entre le vieil arbre qui s’éloigne derrière moi et les nombreux oiseaux très occupés à se délecter des graines de graminées que la tramontane a jeté à terre. Je fais le choix de m’intéresser aux deux en les photographiant. Force est de reconnaître que l’arbre est un modèle plus docile. Je retourne vers la Vall d’Oriola et me venge sur quelques oiseaux qui gambadent sur un petit amas de fumier et de copeaux de bois. Sous d’immenses pins, sans doute séculaires eux aussi,  j’ y rencontre en cette occasion le père du propriétaire. Or mis la conversation déjà évoquée à propos de l’ancienneté du genévrier, j’apprends qu’il vient aider son fils dans quelques travaux de restauration. Outre l’activité vinicole et agricole, son fils s’est spécialisé dans la fabrication et la distribution de spiruline, cette algue si vivifiante paraît-il. Quand à la « Belle Aurore », elle fait gîte et chambres d’hôtes, non sans difficultés car l’électricité n’est obtenue qu’à l’aide d’éoliennes et surtout de panneaux solaires qu’il faut acheter, installer, maintenir et rentabiliser car il s’agit d’un lourd investissement. Quand à l’eau et comme je le disais plus haut, elle continue à être une denrée rare dans ce secteur des Corbières. Je quitte ce lieu si agréable car si paisible, qui se veut si loin du monde et de la civilisation. Un monde et une civilisation qu’il faut néanmoins séduire et attirer car  il faut y survivre et ce n’est sans doute pas facile. J’emprunte la route asphaltée. Un couple de touristes un peu paumés arrête leur voiture à ma hauteur : « Bonjour Monsieur, il se trouve où le vieil arbre ? ». Je leur indique le chemin tout en pensant qu’un gros travail de marketing, bien en profondeur,  doit être accompli avant que la « Belle Auriole » devienne un lieu bien plus connu et fréquenté pour autre chose que son genévrier. Après tout, c’est bien à cause de l’arbre que je suis là moi aussi ! Je ne suis pas un spécialiste mais je verrais bien le genévrier comme logo d’une campagne publicitaire en faveur du gîte mais d’un autre côté, je me dis que ça serait faire prendre un risque à ce trésor végétal qu’il faut impérativement préservé de toute agression. Notre monde est si fou ! Dans un pré bordant la route, deux superbes chevaux retiennent mon attention et celle de mon numérique. Ils tournent la tête mais restent indifférents à mon passage préférant mastiquer du foin qu’en faire. Dans ce coin si silencieux et si pacifique, je les comprends. Mon G.P.S m’intime de partir à gauche sur un large chemin qui entre à nouveau dans le maquis. Des alouettes sautillent dans ce qui ressemble à un ru asséché. Quelques mètres plus loin, valse hésitation car une intersection se présente mais par bonheur, deux randonneuses, à peine entrain de déjeuner, m’indiquent le bon chemin qui est censé rejoindre le château et donc la ligne d’arrivée. Je les écoute et leur fait confiance tant elles semblent sûres de leur fait. Je leur fais d’autant plus confiance que mon G.P.S est indécis et imprécis et en outre, je n’ai pas trop envie de m’éterniser car l’énorme molosse qu’une d’entre-elles tient seulement par le collier a l’air grognon. Il grogne en m’observant fixement, naseau en l’air, gueule ouverte, crocs apparents et babines gluantes. Il est très dissuasif et je comprends que ces deux jeunes dames n’aient aucune crainte à se promener toutes seules dans cette garrigue si déserte. J’appréhende que sa maîtresse en perde le contrôle car à coup sûr il se jetterait sur moi. Du coup, je les remercie et les quitte sans tarder et en accélérant le pas, pourtant la pente qu’il me faut gravir est de très loin la plus sévère de la journée. Si sévère qu’arrivé à son terme, je m’allonge tout essoufflé contre un vieux muret en pierres sèches, bien à l’abri de la petite brise qui a remplacé la tramontane. J’en profite pour finir les restes de mon casse-croûte sous les circonvolutions d’un épervier. Quelques vues s’entrouvrent magnifiquement, sur la mer et le Canigou enneigé et comme le terme de cette balade n’est plus très loin, j’exploite au mieux cette pause ensoleillée. Quelques minutes plus tard, accompagnées de leur gros chien, les deux serviables randonneuses arrivent vers moi. En les voyant approcher, je me dis qu’à coup sûr, le molosse va se ruer sur moi mais non, une laisse agrémentée d’une longe l’en dissuade et d’ailleurs, sans doute trop occupé à flairer des odeurs animales, il passe sans aucun regard vers moi.  Ouf ! Ma mémoire est toujours vivace et elle garde profondément enfouie les deux expériences où j’avais été confronté à de redoutables dobermans. Tout s’était bien terminé les deux fois, mais l’expression bien connue : « N'est pas sage qui n'a pas peur », je la fais mienne. Je termine cette balade par un feu d’artifice photographique floral car ici les fleurs sont légions : centranthes, muscaris, ails roses, narcisses, phalangères, laitues, cynoglosses, lamiers. Un bouquet final que je clôture par l’étrange photo d’une voiture complètement rouillée, déjà vue ce matin, et dont je me demande encore comment elle a pu atterrir ici, si loin dans ce désert essentiellement rocailleux et végétal ? J’en cherche en vain la marque et je repars. Le col, où j’avais tant lutté contre le vent pour démarrer cette randonnée, est là, à quelques encablures. Une faible brise me pousse vers lui. Le Roc Redon, est là, sur ma droite, mais bien trop loin du sentier pour que l’envie de m’y rendre se matérialise. Il s’agit d’un insolite bloc rocheux solitaire servant en même temps de cabane et de lieu de varappe pour débutants. J’ai lu également qu’il y aurait une citerne, l’eau remontant d’un puits souterrain naturel. Finalement, je garde cette découverte pour une prochaine fois et je continue me disant que j’ai bien fait de ne pas m’être laissé intimider par la tramontane et d’avoir insisté tant j’ai pris plaisir à cette jolie balade. Telle qu’expliquée ici, errements inclus, elle a été longue de 13,4 km pour des montées cumulées de 532 mètres. Le dénivelé est de 184 m entre le point le plus bas à 216 m sur la route menant au Vall Oriola, non loin du Cortal Sanyes et le plus haut à 400 m au lieu-dit Les Ières sur le Serrat de la Murtra.  Carte I.G.N 2547 OT Durban – Corbières - Leucate Top 25.


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  •  Swisslife et April, deux mutuelles à éviter !!!

    Sans doute avez-vous une mutuelle pour les remboursements complémentaires de vos frais médicaux ? C’est mon cas aussi. Ce mois-ci, si je veux vous parler des mutuelles, vous aurez deviné que ce n’est pas pour en dire du bien. Si vous lisez régulièrement mes coups de gueule, vous commencez à me connaître. Bon, je vais me limiter à vous dire du mal des deux que j’ai connues depuis que j’ai arrêté par la force des choses celle dont je disposais dans mon travail. La mutuelle de mon travail consistait en un contrat groupe avantageux en garanties et en tarif puisque mon employeur en prenait une partie à sa charge. Il s’agissait d’Axa et j’avoue que pendant de très longues années, je n’ai jamais eu en m’en plaindre. Maintenant, quand j’ai pris ma retraite, en 2008, elle était bien trop chère pour que je puisse la poursuivre tout seul, alors à l’époque, j’avais opté pour Swisslife. Une mutuelle qui m’avait été conseillée par un ami mais qu’il faut impérativement éviter car dès la première année, les gestionnaires de cette assurance ont cru bon de donner un coup de canif dans le contrat en ne voulant pas me rembourser une garantie pourtant inscrite au contrat et qui était un forfait cure dont devait bénéficier Dany, mon épouse. Une cure thérapeutique indispensable pour elle qui souffre de problèmes articulaires et rhumatismaux (polyarthrite et fibromyalgie)  depuis très longtemps et cure, bien évidemment, prescrite par son médecin traitant et acceptée par la Sécurité Sociale. Tous les éléments étaient donc réunis pour que le remboursement intervienne mais Swisslife a refusé, trouvant toujours plus de prétextes puérils au refus d’honorer une garantie pourtant très simplement mentionnée dans les conditions particulières et générales. Je n’ai pas insisté et suis parti voir ailleurs au bout de cette première année. J’ai fait le choix d’April Prévoyance Santé car eux aussi disposaient d’un forfait cure annuel de 300 euros. Quelles étaient les conditions contractuelles pour l’obtention ? Que la cure soit thérapeutique, d’au moins 3 semaines et donc prescrite par un médecin et qu’elle soit acceptée par la Sécurité Sociale. Dany a toujours rempli toutes ses conditions, bénéficiant même d’une ALD (affection de longue durée) à 100% pour cette maladie chronique.

     

    Mais il était dit que l’histoire se répéterait car comme l’a si bien dit et écrit Karl Marx, (il n’a pas dit et écrit que des conneries, loin s’en faut !)  « L’histoire se répète tout d’abord comme une tragédie, après comme une farce », mon histoire de mutuelle et de forfait cure s’est répétée comme une tartufferie.

     

    Pendant 7 longues années, April a remboursé à mon épouse le forfait cure de 300 euros annuels figurant au contrat et en 2017, patatras….plus de forfait cure à partir de 2018. Pourtant rien n’a changé, ni du côté de mon épouse, ni à la CPAM, ni ailleurs et seule la mutuelle April estime que le remboursement de ce forfait n’est plus justifié. Pourtant ils affirment que le contrat n’a pas été modifié. Voilà la fameuse farce qu’évoquait Karl Marx. En réalité, mes interlocuteurs inventent de multiples raisons. Un coup, ils avancent avoir remboursé ce forfait cure à titre commercial pendant 7 ans, une autre fois, ils disent avoir remboursé par erreur, les fois suivantes ce sont d’autres prétexte (erreur constatée suite un audit chez eux ou refus de l'assureur la Mutuelle Mieux Être, etc….). Vous parlez d'un "mieux être", plus on paye et moins on est remboursé ! Un coup, ils deviennent fermes et disent que c’est ainsi et le lendemain, ils affirment étudier mon dossier. Mais cette fois-ci, je ne baisserais pas facilement les bras et s’il faut aller au clash et jusqu’au médiateur voire plus, j’irais ! Voilà, en conclusion, les récents problèmes que j’ai connu avec mes mutuelles et que je connais encore à ce jour, à l’instant où j’écris ce billet. Il faut donc éviter Swisslife mais éviter April aussi, les deux sont à mettre dans le même panier ! Toutes ces grandes mutuelles sont une voyoucratie organisée dont le seul but est de faire du fric sur notre dos. Ils n’ont de mutuelle que le nom et d’ailleurs, vous noterez que ces deux-là emploient rarement ce mot. Ils préfèrent « prévoyance santé ».  En 7 ans, les cotisations de ma mutuelle April ont augmenté de 58% mais les garanties, elles, n’ont jamais évolué, bien au contraire, et maintenant ils veulent m’en sucrer ! Alors passez votre chemin et allez voir ailleurs, c’est le conseil que je vous donne ce mois-ci et rappelez vous la définition du mot « prévoyance » du Larousse : « qualité de quelqu’un qui sait prévoir et qui prend des dispositions en conséquence ». Quand à la définition de la société mutualiste la voici : « organisme de droit privé sans but lucratif, géré par ses adhérents et qui a pour objet d'assurer la protection de ceux-ci contre diverses éventualités (assurance, risques sociaux) ». Sans but lucratif et d’assurer la protection des adhérents ? C’est une farce, dont je ne sais si elle est "marxiste" mais effectivement très marrante et je vous renvoie à un article du Parisien de septembre 2011 intitulé « le pactole caché des mutuelles de santé ».  Tout y est dit ou presque ! D’un autre côté, ne vous inquiétez pas trop car même sans ces deux mutuelles-là, vous aurez encore le choix parmi les 400 ou 450 mutuelles disponibles en France. Un chiffre en constante diminution, non par à cause de faillites, mais à cause des nombreuses fusions entre-elles car le secteur est excessivement juteux. Les économistes appellent cela une consolidation de secteur, moi j'appelle ça  "des attrapes-couillons", car nous ne leurrons cette concentration c'est le tout début d'un monopole ! 5 millions de français n'ont pas les moyens de s'en payer une selon un article d'Ouest-France de 2016. La devise des mutuelles de santé est « l’union fait la force », une force qu’elles utilisent pour faire de plus en plus d’argent, contre leurs adhérents avec des contrats de plus en plus contraignants, des garanties moindres et des tarifs de plus en plus chers, surtout si vous êtes vieux, à la retraite et avec des maladies chroniques. Alors, faut-il se passer de mutuelle et à la place mettre 100 euros de côté tous les mois par individu. Moi, je crains le gros pépin, style hospitalisation de longue durée, mais certains, de plus en plus nombreux d’ailleurs, ont franchi le pas et ont entamé cette démarche. Alors si vous avez une expérience positive en ce domaine, je suis preneur !

     

    Ne va pas chez Swisslife,

    Car il ne couvre pas ta wife,

    Ne va pas chez April,

    Tu t’y feras de la bile !

     


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  • Diaporama agrémenté de la musique d'Ennio Morricone "Il était une fois dans l'ouest", titre original

    "C'era une volta il west" et bande originale du film de Sergio Leone de 1968 "Once Upon a Time in the West" .

    Notre-Dame de Coral en boucle depuis le col d'Ares (Prats-de-Mollo)

    Notre-Dame de Coral en boucle depuis le col d'Ares (Prats-de-Mollo)

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    Cette magnifique randonnée vers l'ermitage Notre-Dame de Coral au départ du col d’Ares, réalisée le jeudi 30 mars 2017, est le résultat d’un double fondement. Le premier est d’être passé au col d’Ares le dimanche auparavant pour une virée en Espagne et là, nous avons été scotchés par les panoramas époustouflants que nous embrassions à 360 degrés sur les montagnes enneigées.  Vers le nord, il y avait bien sûr l’inévitable Massif du Canigou, la montagne la plus imposante et la plus resplendissante d’entre toutes, avec comme assise, la longue crête des Esquerdes de Rotja, également toute de blanc vêtue. Vers le nord-ouest et du haut de ses 2.465 mètres, le pic de Costabonne, pyramide immaculée toute proche, était le maître incontesté d’un long chapelet de sommets se perdant dans l’infini de la chaîne pyrénéenne. La meilleure vision que l’on pouvait en avoir était le Mont Falgas, sommet à 1.610 m d’altitude dominant le col et servant à la fois de borne géodésique et de frontière. France Espagne ou Espagne France, ici la frontière avait connu les pires détresses, les pires souffrances, les pires horreurs en 1939 avec la Retirada mais aujourd’hui peu importait, ici comme ailleurs, seule la beauté avait repris ses droits, n’ayant jamais eu de démarcation. Nous en profitions. Ces belles visions avaient commencé en voiture, et tout en montant vers le col depuis Prats-de-Mollo, nous nous sommes arrêtés une demi-douzaine de fois pour observer ce spectacle grandiose. Il faut dire que le temps était superbe et que le blanc des montagnes contrastait merveilleusement avec le bleu du ciel. Aucun nuage pour ternir ce tableau. Tout n’était que pureté autour de nous et j’ai bien senti que Dany était en extase devant tant de splendeur. Elle a fini par me dire « il n’y a pas des randos par ici ? ». Et sans trop réfléchir, je lui ai répondu « oui, ça doit pouvoir se faire ! ». L’idée était lancée et dans ma tête, elle a immédiatement fait son chemin. Tout en poursuivant la route vers le col frontière, je me souvenais de randonnées antérieures.  Il y avait mon Tour du Vallespir d’août 2009 bien sûr, dont je gardais de ce secteur de Prats-de-Mollo, un goût d’inachevé, à cause des nombreuses forêts couchées par la tempête Klaus qui m’avaient meurtri, mais surtout qui m’avaient empêché d’effectuer l’itinéraire authentique et programmé,  passant par la Tour de Mir et le col d’Arès. J’avais été contraint d’emprunter un court P.R passant par le col de la Guilla. Au fond de ma tête et malgré la certitude d’avoir effectué le bon choix, j’ai toujours gardé de cette seule entorse au Tour du Vallespir, sinon un regret au moins une contrariété.  Il y avait aussi la Tour de Mir, gravie plusieurs fois et un génial Cami de la Retirada effectué trois ans auparavant. Dans la voiture, nous avons évoqué les différentes possibilités, pesant les « pour » et les « contre », analysant au pif les distances, les dénivelés, etc.… La conclusion, c’est qu’en réalité, nous n’avions pas trop envie de refaire une balade déjà accomplie. J’ai fini par dire à Dany « ne t’inquiètes pas, je trouverais bien une rando à faire ! ». En arrivant au col, nous avons garé la voiture puis avons longuement erré de tous côtés, ne voulant rien manquer des scènes qui s’offraient à nous. Finalement, nous nous sommes arrêtés près de la stèle en hommage aux républicains espagnols et là, nous avons gravi un chemin montant en direction du Mont Falgas. Tout en montant, et outre quelques paysages déjà vus, il y avait un autre décor à nos pieds, sur notre droite, peut être moins attractif au prime abord car sans neige mais il était long, vaste et presque insondable. En tous cas, et au plus loin que portait la vue, ce magnifique panorama disparaissait dans des vapeurs bleuâtres.  Le regard se déployait sur une longue succession de « montagnes russes » constituées de petits ravins, de forêts plus ou moins sombres, de prairies verdoyantes, de monts dénudés ou boisés, de profonds vallons et d’élévations dont les plus hautes formaient la frontière entre Vallespir et Espagne. Un paysage devant lequel nous sommes restés de très longues minutes à nous répéter « que c’est beau ! ». La vue portait entre autres vers quelques lieux bien connus, souvenirs d’autres jolies balades : Baga de Bordellat, col de Malrems, Tours de Cabrens,  Mont Nègre, Pilon de Belmatx, Roc de France. De l’autre côté, versant Canigou, j’essayais de montrer à Dany, quel avait été l’itinéraire de mon Tour du Vallespir, mais de trop nombreux obstacles et la trop longue distance qui nous en séparait en limitaient mon exposé.  En redescendant du Mont Falgas, un vieille pancarte « Volta del Vallespir » cloué à un pin m’envoya le dernier déclic, ce fameux deuxième fondement  et je dis à Dany : « ça te dirait de randonner en partant d’ici ? »  Elle me répondit « oui » sans hésiter, et chose rarissime, ni même sans me demander quel était mon objectif, ni sans poser aucune question. De toute évidence, elle aimait l’idée et le coin. Mon objectif, c’était d’aller à Notre-Dame de Coral et de réaliser ainsi, ce petit bout du Tour du Vallespir que je n’avais pas pu accomplir en 2009. Voilà comment est née cette randonnée. Quatre jours plus tard, nous voilà à pied d’œuvre au col d’Ares. Il est 10 heures et ô miracle, la météo est quasi identique à celle du dimanche. Un anticyclone domine tout le sud de la France et le Vallespir n’y fait pas exception. Ciel bleu et pur et même si la neige a du fondre un peu, les montagnes continuent d’être merveilleusement blanches. Nous laissons la voiture près de la stèle et empruntons le fameux chemin «« Volta del Vallespir », balisé de jaune et de rouge, comme tout bon G.R.P. Il s’élève un peu puis tout en descente se met à longer la clôture matérialisant la frontière. Il évite ainsi le Mont Falgas, encore que monter à son modeste pinacle ne soit pas vraiment une corvée. L’itinéraire très bien balisé ne présente aucune difficulté, les seules complications se résumant à quelques pentes très abruptes nécessitant un peu plus d’attention et de prudence. Le sentier court sur une pelouse où poussent les genévriers, des genêts flétris et des fougères couchées car encore sèches en cette fin mars. Il y a aussi de petits pins à crochets, de rares sapins et la plus présente végétation se compose de feuillus aux branches dénudées. Quelques petits oiseaux les occupent et sont pour moi, l’occasion d’haltes photographiques régulières.  Un grand rapace au plumage noir mais à la face blanche entre également dans la partie. Plus petit qu’un  vautour fauve, il joue au voltigeur, s’amusant à tournoyer puis à zigzaguer sur la ligne frontière comme un contrebandier s’amuse à déjouer les pièges tendus par les douaniers. Jamais il ne me laissera l’occasion de l’identifier disparaissant à jamais sur le versant espagnol. Côté passereaux, les mésanges sont les plus nombreuses mais il y a aussi quelques alouettes et des grives qui s’enfuient au dernier moment et toujours à quelques mètres de nous seulement. Tout ce petit monde sauvage reste difficile à photographier. Comme je l’avais imaginé, cette descente à cheval entre Vallespir et Espagne embrasse constamment des vues grandioses.  De rares fleurs et quelques papillons viennent compléter ce tableau naturaliste. L’itinéraire coupe une piste qu’il est bon d’ignorer. Ce chemin de traverse, outre son évident privilège qu’est le raccourcissement, présente sans doute l’avantage de moins de monotonie. Descentes plus douces, sous-bois tapissés de feuilles, chemins verdoyants car herbeux, le parcours se modifie agréablement et finit par atteindre le lieu-dit Case d’Amont. La « Maison du Mont ». Quel joli nom pour cette belle masure, mi en ruines, mi-restaurée mais si authentique car essentiellement en pierres sèches ! Elle tire son nom par la fait même qu’elle est joliment posée au sommet d’un tertre et coiffée de quelques arbres. Tout autour, il y a des prairies ondulantes et verdoyantes, entrecoupées de haies et de murets, et surtout depuis sa terrasse quelle vision sur ces paysages incroyablement beaux et reposants ! On a qu’une envie : l’acquérir ! Une halte est d’autant plus inévitable que ce lieu si solitaire, si retiré, si désert de toute présence humaine, et donc si paisible, est, pour mon bonheur,  occupé essentiellement par les tariers, les pinsons,  les rouges-queues noirs et quelques bruyants corbeaux. Chacun son territoire. Les corbeaux occupent les prairies où paissent quelques bovins. Les plus nombreux volent autour de Cal Poubill, petit hameau tout proche que l’on aperçoit en contrebas, posé sur une autre éminence, celle d’El Tossal. Avant de venir ici, j’ai voulu connaître la toponymie de « Cal Poubill » et j’ai appris qu’en français, on pouvait le traduire en la « maison de l'aîné ou du jeune enfant » ou « la maison des héritiers ». Perchés au plus haut des cimes, les pinsons des arbres portent bien leur nom et chantent à tue-tête car la saison des amours vient de commencer. Les rouges-queues sautillent un peu partout mais avec une nette préférence pour les piquets des clôtures. A chaque arrêt, ils entament cette étrange danse consistant en une vacillation sur leurs pattes, de haut en bas et de bas et haut, animation si caractéristique de leur espèce. Les tariers des prés sont les plus indécis, hésitant constamment entre un point le plus bas, sur la pelouse où il trouve pitance, et le plus haut sur un rocher ou un arbre mort, où ils aiment à se retrouver en couple ou à plusieurs pour déguster l’insecte qui a eu la malchance de tomber dans leurs becs. Après ce long entracte ornithologique que Dany a mis à profit pour se restaurer d’une barre de céréales et de quelques fruits secs, nous poursuivons vers Notre-Dame de Coral. Les vues s’entrouvrent sur le vallon du Col d’Ares et du Coral et sur quelques demeures isolées : Coste de Dalt et Can Moulins.  Le chemin toujours aussi simple évite Cal Poubill et atterrit sur une large piste. Cette piste, fraction la plus monotone de la randonnée, c’est celle qui permet de rejoindre la chapelle en voiture depuis la D.115. A pied, cette portion est relativement courte et heureusement nous la quittons assez vite au profit d’un petit sentier, lequel, dans un sous-bois de résineux, descend directement vers l’édifice religieux. Un chevreuil, qui devait y dormir, s’enfuit en détalant, non s’en avoir au préalable joué à l’indiscret. Station et posture suffisantes pour l’immortaliser dans mon numérique. Voilà déjà 8 longues années que je ne suis plus revenu à Notre-Dame de Coral. Depuis mon Tour du Vallespir exactement, et pour Dany c’était un an auparavant lors d'une sortie avec le club de notre commune. Pourtant, le lieu est toujours aussi paradisiaque. Rien n’a changé ou presque, or mis l’aubergiste qui nous fait visiter les lieux et la disparition des deux gros Saint-Bernard qui gardaient l’entrée. Le maître des lieux a changé, mais il est aussi sympathique que le précédent, et les gentils molosses semblent avoir disparus. J’en serais presque à regretter leurs signes d’affection et de bienvenue qui consistaient pourtant en de grands coups de langue si désagréables car si baveux et si collants. Bien sûr, je retrouve avec enchantement la belle chapelle si sobre, ses ornements et ses beaux retables, car si l’Éternel me laisse perplexe, la chrétienté et ses trésors me tiennent à cœur. Je retrouve aussi la salle du restaurant, où j’avais soupé et petit-déjeuné si merveilleusement, étant même surpris d’un rapport qualité prix si séduisant dans un coin si retiré. Mais autant l’avouer, c’est la vue du porche d’entrée et de la fenêtre de la chambre que j’avais occupée qui me laissent le plus de nostalgie. Elles me renvoient toutes deux à un maximum de souvenirs bien plus marquants et liés entre eux d’ailleurs à cause de chats noirs. Ils sont restés fortement ancrés dans ma mémoire. Ce porche où assis sur son perron, j’avais longuement conversé avec une charmante randonneuse de passage, évoquant entre autres les aléas de nos marches respectives, aléas provoqués par la tempête Klaus de janvier 2009, 8 mois auparavant. Elle marchait en étoiles autour de la chapelle et moi, j’en étais à la quatrième étape du Tour du Vallespir qui allait en compter six. Malgré cette différence de programmes, nos difficultés dues à Klaus avaient été sensiblement les mêmes : des arbres couchés entravant bons nombres de chemins et mettant à mal nos organisations et les plans prévus. De cette agréable conversation et de nos difficultés similaires, j’en avais conclu qu’avoir emprunté le col de la Guilla pour venir de Prats-de-Mollo jusqu’ici avait été une sage décision. Pendant que nous parlions, deux chats noirs, aux airs innocents, étaient venus se frotter gentiment dans nos jambes pour se faire câliner. Ces chats noirs, en réalité au nombre de trois, ressemblant si terriblement à ma jolie petite Milie,  avaient été, avec Klaus,  les « chats noirs » de mon périple. Je regardais presque avec obsession, la fenêtre de cette chambre, chambre où l’après-midi, j’avais longuement fait la sieste, récupérant ainsi de mon épuisante étape de la veille entre Saint-Guillem de Combret et Prats-de-Mollo.  Mais cette fenêtre était surtout synonyme d’une tragédie que j’avais vécu en direct le soir venu. Tragédie pour un pauvre petit mulot que ces mêmes chats noirs, si dociles l’après-midi, se lançaient de l’un à l’autre comme on joue avec une balle de caoutchouc.  Entre les griffes de ces horribles matous, aussi noirs dehors que dedans, la petite souris, longtemps vivante et toujours prête à s’échapper, avait fini par abdiquer et devant tant de méchanceté gratuite, j’avais préféré partir me coucher,  incapable d’assister à la fin de  cette exécrable bestialité.  Cet homicide en direct m’avait inspiré un poème. Un poème violent dont la morale était douce pour le mulot et terrible pour les chats (**). Ce poème-là, je l’avais voulu ainsi, bien que la violence et la brutalité n’étaient pas, loin s’en faut,  les subtilités préférées de mes poésies. Mais que voulez-vous ? Je m’étais promis que chaque étape serait l’objet d’un ou plusieurs poèmes selon mon vécu, mon humeur et mon ressenti. Le lendemain matin, je l’avais ressenti ainsi et avant de démarrer l’étape suivante vers Lamanère, les Tours de Cabrens puis Saint-Laurent de Cerdans, je m’étais mis à l’écrire. Une premier jet bien sûr, que j’avais finalisé en rentrant à la maison. A l’instant même où je retrouvais Notre-Dame de Coral, voilà ce que me rappelait ce lieu : de très nombreux souvenirs, certains magiques et d’autres plus amers.  L’aubergiste nous ayant accueilli avec sympathie et prévenance, Dany et moi aurions bien déjeuné au restaurant, étant les seuls clients, mais pour une fin mars, il faisait déjà très chaud et c’était à coup sûr, jeter les salades et le reste du pique-nique qui attendaient sagement notre appétit et notre bon vouloir au fond de nos sacs à dos respectifs.  La table du pique-nique était là, devant l’entrée de la chapelle, alors on fit la promesse de revenir un jour et bien plus vite, sans attendre 8 ans de plus, et l’on se contenta du dépliant annonçant les menus et leurs prix. Le pique-nique terminé, Dany s’est allongée sur un banc pour une sieste improvisée et moi, je suis parti pour quelques photos animalières dont les premières étaient très simples. C'était celles des animaux de la ferme. Ils étaient là tout proches et ne bougeaient pas. Coq, poules, canards, oie et ânons, ces animaux me ramenaient à mon enfance, au temps où le dimanche nous allions en famille, chez mes grands-parents paternels qui habitaient la campagne marseillaise. Animaux sauvages en période nuptiale avec des sittelles et des mésanges qui sautent et piaillent dans les grands arbres et semblent se donner le mot pour déjouer l’objectif de mon appareil photo.  Cette fois, ma patience l’emporte. Il est temps de repartir. Le chemin file devant l’entrée de la chapelle, légèrement sur la droite, sous les grands arbres et en direction de la Font del Coral. Il s’agit du P.R.12 comme indiqué sur un tronc. Il va jusqu’à Prats-de-Mollo mais nous l’abandonnerons bien avant et à hauteur de la D.115. La fontaine Font del Coral se découvre peu après le départ, avec deux petites tables en forme de champignons. En réalité, il s’agit d’une source émergeant d’un muret et sur lequel une plaque de marbre évoque la Vierge et l’enfant. Outre la sculpture, des gravures indiquent « Maria – Bons gratiae » et une date incertaine, sans doute 1948, année où la frontière fut rouverte entre la France et l’Espagne. Notre Dame de Coral connaît de très nombreuses processions depuis fort longtemps et les fidèles sont depuis toujours venus des deux pays. Il n’y a jamais eu de différence car la Catalogne formait un tout et les croyances étaient les mêmes et c’est le Traité des Pyrénées de 1659 qui a scindé la région. La fontaine existait déjà et en 1948, la plaque de marbre a sans doute été l’occasion de rendre hommage à la Vierge et à ses ouailles qui faisaient l’effort de l’honorer en parcourant des kilomètres. Les sources avec leur eau fraîche étaient toujours bienvenues après de si longues marches. D’ailleurs, l’Histoire (*) de Notre-Dame de Coral est assez bien restée dans les annales mais comme très souvent quand il s’agit de religion, elle oscille entre légende et authenticité. Après la source, le chemin file essentiellement en sous-bois puis descend en direction du Ravin du Col d’Ares.  Un ruisseau éponyme s’y faufile, puis il est rejoint guère plus loin par ceux du Vall d’Aques et de Sabric pour devenir le torrent de Coral. A l’endroit où il faut l’enjamber, il est large de deux mètres tout au plus et surtout peu profond, permettant un passage sur l’autre rive relativement aisé en marchant sur quelques gros galets. Ici, commence le début de la déclivité qui doit nous ramener au col d’Arès, soit 500 mètres de dénivelés environ. Toujours en sous-bois, mais au sein de décors assez variés, le bon chemin monte en alternant ravins, hautes falaises calcaires puis vertes prairies, en direction de la Coste de Dalt. Or mis des vaches, des taureaux et des veaux en grande quantité, et qu’il nous faut éviter en zigzaguant pour pallier à toutes réactions aussi soudaines qu'inattendues, le lieu est désert et seule la postière qui est de passage nous délivre un signe d’amitié depuis sa voiture. La bâtisse semble vide mais sans doute que les propriétaires sont bien trop occupés à leurs tâches agricoles. Du coup, on ne fait que passer ne trouvant pas utile de les déranger. Pourtant, si j’en crois ce que j’ai lu sur Internet, il s’agit d’un coin très agréable et très apprécié des visiteurs. La Coste de Dalt fait partie des réseaux « Gîtes de France » et « Bienvenue à la ferme ». Il est vrai que l’endroit est très calme et que depuis la terrasse de biens jolies vues se dévoilent sur la crête frontière du Vallespir, le vallon du Coral et sa chapelle. Nous poursuivons puis nous arrêtons sur l’herbe pour prendre un en-cas et un peu de repos. Ici, je connais l’itinéraire qui nous attend, tout en montée et je pense opportun de recharger les accus. Sous le regard incrédule de quelques vaches, nous repartons mais le P.R 12 nous amène très vite sur la D.115. J’observe mon bout de carte I.G.N pour constater que nous sommes non loin du Pla de l’Espinasse, vaste paradis herbeux pour les chevaux et les bovins et d’une partie boisée du nom d’Homme Mort. Cette dernière appellation me laisse songeur mais correspond-elle à un épisode tragique de cette terrible retraite des républicains espagnols ? On peut seulement l’imaginer. Je reconnais un peu le lieu car j’y suis passé lors d’une balade sur le « Cami de la Retirada » voilà 3 ans. D’ailleurs, un panonceau « Cami de la Retirada » se présente et pour nous, il est désormais synonyme de fin du bitume. Avant et pendant la guerre de 39/45, ce chemin n’avait pas d’appellation et tous les sentiers passant par cette frontière avaient un seul nom : « El Camino de la Libertad ! » Liberté, pour les Républicains espagnols fuyant les exactions de Franco et liberté aussi quand l’offensive allemande de 1940 obligea bon nombre de persécutés et de résistants à fuir la France et le régime nazi. L’itinéraire grimpe sur une pelouse encadrée de pins à crochets, la plupart bien envahis par les chenilles processionnaires lesquelles ont déjà quitté leur nid douillet et s’éclatent avec nous à la queue leu leu.  Quel dommage tous ces arbres qui sont entrain d’agoniser à cause de ces petites bêtes ! Nous atteignons la chapelle ruinée de Sainte Marguerite. Elle a servi de refuge pendant très longtemps à de très nombreux pèlerins et bien évidemment aux réfugiés de 1939. Elle a perdu son clocher et sa toiture est désormais envahie par une végétation hétéroclite, allant de la menue herbe folle au petit pin en passant par les genévriers et des feuillus. Nul doute que les racines de ces arbres auront raison de sa voûte et qu’elle finira par s’effondrer si rien n’est entrepris pour modifier le cours des choses. Pourtant et contrairement à d’autres chapelles bien plus ruinées, une belle restauration semble encore envisageable. Nous laissons la chapelle à ses blessures, montons sur une butte herbeuse où les paysages s’entrouvrent vers un merveilleux Canigou. Toujours en extase devant cette magnificence, Dany en profite pour réaliser quelques postures yogi. Une manière de se relaxer avant d’en terminer. Il est temps de repartir mais comme la déclivité s’accentue, les jambes deviennent plus lourdes et le souffle plus court. Alors, on flâne comme jamais depuis le départ, regardant sans cesse vers ce vallon du Coral toujours aussi captivant et plus amplement vers ce Vallespir dont on ne se lasse pas. Une dernière petite grimpette et le col d’Arès est enfin là. Nous sommes un peu fourbus mais heureux de cette formidable balade. Je le suis sans doute un peu plus que Dany car j’ai réalisé plusieurs rêves : D’abord celui de lui faire plaisir en organisant pour elle cette randonnée dont elle avait tant envie. Ensuite accomplir un bout du Tour du Vallespir que je n’avais pas pu réaliser en 2009.  Retrouver Notre Dame de Coral et quelques souvenirs que j’y avais laissé lors de mon passage. Oui, dimanche dernier, j’avais vu juste, cette randonnée méritait bien d’être réalisée. Elle a été longue de 10 à 11 km pour des montées cumulées de 1.200 mètres, ces deux chiffres étant approximatifs mais sans doute très proches de la vérité, les piles de mon GPS m’ayant lâché dans les derniers kilomètres. Le dénivelé entre le point le plus bas et le plus haut étant de 502 mètres. Le plus haut étant le col d’Ares à 1.513 m d’altitude et le plus bas à 1.011 m au niveau du ravin du col d’Ares. Carte I.G.N 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

    (**) L'Histoire de l'ermitage de Notre-Dame de Coral est très bien relatée sur le site de l'Histoire des Pyrénées-catalanes et vous la trouverez en cliquant icimais en cherchant un peu sur Internet, on arrive à trouver d'autres informations très intéressantes sur le lieu El Coral ou bien encore orientées mysticité comme le site de la Société Périllos dont une page est dédiée Sainte Angelina et par ce biais à ce lieu. Rajoutons simplement que l'édifice religieux du 17eme siècle est classé aux Monuments Historiques depuis le 18 avril 1990. Ces annales historiques, nous les devons à plusieurs écrivains de la fin du 19eme siècle et du début du 20eme et notamment à Joan Baptista Moli, abbé de son état et curé de Prats-de-Mollo, lequel en 1871 a écrit un petit ouvrage d'une trentaine de pages intitulé "Récit historique de Notre-Dame de Coral". En 1862, mais sous la forme poétique, Alphonse Blanc écrit un ouvrage intitulé "Le Vallespir et Notre-Dame de Coral" puis en 1925, c'est l'abbé Joseph Gibrat, lui aussi curé de Prats-de-Mollo qui consacre un recueil à l'ermitage. La plupart de ces ouvrages sont épuisés et seulement présents dans de rares bibliothèques. Enfin, il faut savoir qu'il existe une Association pour la Sauvegarde de Notre Dame du Coral, l'A.S.C.O.R. C'est elle qui organise les pèlerinages, aplecs et toutes les manifestation religieuses vers la belle chapelle.Elle a également édité un petit ouvrage en catalan intitulé "L'ermitatge Nostra Senyora del Coral".

     

    (*) Trois petits « Tom » et un pauvre Jerry

    Au cours de la 4eme étape du Tour du Vallespir, je suis arrivé tôt et sans encombre à Notre-Dame de Coral. La 3eme étape, elle, avait été terrible pour mon organisme à cause de chutes provoquées par les conséquences de la tempête Klaus. A l'ermitage, je ne pense qu'à une chose, me reposer et récupérer pour les étapes suivantes. Le soir, alors que je prends le frais à la fenêtre de ma chambre, j'observe trois chats noirs qui jouent avec un pauvre mulot. Comme une balle, ils se renvoient ce pauvre animal. La pauvre petite bête cherche en permanence à s'échapper mais son sort semble déjà scellé. Devant tant de bestialité, je préfère partir me coucher. L'après-midi même, deux de ces trois chats étaient venus se faire câliner et paraissaient si dociles. Ce terrible jeu du chat et de la souris m'amène à écrire cette poésie où j'inverse le dénouement.

     

     

    Trois petits " Tom " jouaient dans le parc ombragé.

    Noirs étaient leurs pelages, leurs esprits, leurs pensées.

    Et ce pauvre " Jerry ", que le diable tirait

    Par une fine queue, était désespéré.

     

    Un homme à la fenêtre regardant ce spectacle,

    Espérait du hasard, une étoile, un miracle.

    Mais la dure nature le fit pleurer soudain,

    Les petits " Toms " noirs étaient des assassins.

     

    Il partit se coucher, sensible à sa faiblesse,

    Les petits " Toms " noirs avaient tant de rudesse.

    Croquer une souris, tel était leur dessin,

    Un " Jerry ", un mulot ce n'est pas un festin.

     

    Puis l'homme s'endormit, mais les rêves l'éveillèrent.

    Sur son lit, un p'tit " Tom " dormait tel un pépère,

    Sans cauchemar aucun, sur ce qu'il avait fait,

    Le " Jerry " dans son ventre avait ressuscité.

     

    Dans leurs songes, ils sautèrent dans le parc ténébreux,

    Le P'tit " Tom " et " Jerry " avaient l'air si heureux.

    Toute la nuit, ils jouèrent jusqu'au petit matin,

    Comme de bons copains, de gentils diablotins.

     

     

    Puis le jour se leva et son lot de tracas,

    Les petits " Toms " noirs cherchaient comme un en-cas.

    Point de pauvre mulot pour leur combler la faim,

    Mais un " Jerry " ailé tel un beau séraphin.

     

    Les Petits " Toms " noirs scrutaient en vain le ciel,

    En quête d'un oiseau, de leurs airs criminels,

    Mais le frêle " Jerry " s'était changé en aigle

    Sur les chats, il tomba emportant le plus faible.

     

    Il faut vivre la vie comme un chat, un mulot,

    Caresser les p'tits " Toms ", ignorer les salauds,

    Et si la vie est dure, croque-là doublement,

    Comme une petit " Jerry " si tendre et si fondant.

     


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  • Outrances et abus de la Médecine du travail

    Dans un article précédent intitulé « Il y a urgence….la médecine est malade », j’ai déjà eu l’occasion de vous dire tout le mal que je pensais de la médecine actuelle et notamment de celle que j’intitule la « médecine d’urgence du week-end », c'est-à-dire celle où l’on attend une réponse rapide sans être contraint d’appeler le Samu. Quand j’écris le mot « mal », c’est de l’organisation dont je veux parler et jamais des compétences des intervenants. Je ne m’en sens pas le droit car j’estime ne pas avoir la compétence requise pour le faire et de plus, si je regarde derrière moi, je n’ai toujours eu qu’à me louer, sauf dans de très rares exceptions, des diagnostics et interventions dont j’ai bénéficié. Non, je trouve assez inadmissible que le week-end essentiellement, il n’y ait pas un seul toubib disponible, voire de garde, alors que ma commune dispose de 5 ou 6 centres médicaux et donc de plus d’une quinzaine de généralistes sans compter quelques médecins isolés. Il y a 11.000 habitants et je pense qu'une solution pourrait être trouvée. Le cas de ma commune n’est pas isolé et elles sont toutes logées à la même enseigne. Plus aucun toubib n’est présent à son cabinet, quand à venir à la maison un samedi ou un dimanche, c’est de l’histoire ancienne. La nuit le week-end, je n'en parle même pas ! C’est déplorable. De ce fait, et comme ce fut le cas pour nous, le service SOS Médecins étant surbooké et ne pouvant pas se déplacer rapidement à notre domicile, il m’a fallu dare-dare filer jusqu’à la Maison médicale de l’hôpital de Perpignan, réalisant ainsi quelques kilomètres avec l’angoisse que la voiture personnelle ne soit pas le moyen le mieux adapté dans le cas d’urgence auquel mon épouse était confronté. Je ne parle même pas de tous ces sites Internet qui vous promettent un médecin de garde rapidement car ce sont tous des voyous et des attrape-nigauds, sans foi ni loi, uniquement là pour faire du fric grâce aux appels téléphoniques où l’on vous trimballe d’un répondeur automatique à un autre, pendant un temps le plus long possible, pour finalement aucun résultat concret bien évidemment. J’ai du mal à comprendre que les médecins acceptent et soient partie prenante dans ce type de voyoucratie. Mon dieu qu’il est loin le serment d’Hippocrate !

     

    Si la semaine dernière vous avez regardé le magazine « Envoyé spécial » à la télé, vous aurez constaté ce que l’Etat est entrain de faire de nos hôpitaux publics. Des machines à gagner du fric essentiellement ! Ils mettent la pression à tous les niveaux et à tout le monde et bien évidemment il en découle des conséquences dramatiques pour les salariés et les usagers. Qu’il était loin là aussi le serment d’Hippocrate dans ce reportage !

     

    Et ça ce n’est que l’activité présente de la médecine actuelle mais amusez-vous à taper sur « Google recherche », les mots « étudiants en médecine et suicide » et vous verrez les résultats ahurissants que vous obtiendrez sur le sujet. La quasi totalité des étudiants ou presque souffrent de stress, de burn-out ou d’affections de ce type. Plus de 27% des étudiants français affirment souffrir de dépression, 66% d’anxiété, plus de 23% disent avoir eu des idées suicidaires, 700 ont fait au moins une tentative, des dizaines y laissent la vie chaque année. Je passe sur les autres chiffres tout aussi saisissants et dont on ne se doute pas si on ne s’intéresse pas au sujet. Ils font froid dans le dos quand on pense que tous ces jeunes seront chargés un jour de la santé de nos petits-enfants.

     

    En médecine, et en France tout particulièrement, tout va à vau-l’eau. Je ne sais pas si vous avez fait ce constat mais il y a de plus en plus d’intervenants étrangers dans le milieu médical français, comme si nous étions incapables de former du personnel compétent, alors que nous avons 6 millions de sans emploi et que l'on dépense chaque année 32 milliards d’euros pour la formation professionnelle. Et vous verrez plus loin que des milliards il y en a bien d’autres.

     

    Mais bon, trêve de bavardage, ce n’est pas de cela dont je veux vous parler ce mois-ci mais de la médecine du travail. J’ai intitulé mon coup de gueule « Abus, outrances et faillite de la Médecine du Travail ».

     

    Vous ne le savez peut-être pas mais la Médecine du Travail a été revue et modifiée par la « fumeuse » loi El Khomri, loi confirmée depuis par les non moins « fumantes » ordonnances de notre président Jupiter prenant effet en ce début du mois de septembre 2017. Jupiter c’est Macron bien sûr et « c’est le dieu romain qui gouverne la terre, le ciel et tous les autres dieux », précise Wikipédia et bien d’autres encyclopédies. C’est ainsi que Macron qualifie lui-même sa politique, de « jupitérienne », une politique que les observateurs désignent comme impérieuse et dominatrice. En tous cas, s’il y a une politique que notre président gère mal c’est celle de la Médecine du travail dont je vais vous parler.

     

    Je commence mon développement en posant deux questions puis je vous rappelle ce que dit la nouvelle loi El Khomri et celle de Macron :

     

    • 1ere question : Si vous êtes salarié, pensez-vous qu’une visite à la Médecine du Travail tous les 5 ans seulement soit une bonne mesure ? Une mesure efficace ?
    • 2eme question : Trouvez-vous normal que le coût de la Médecine du Travail, le fameux forfait annuel par salarié que toute société verse à un organisme privé, soit aussi élevé pour une petite association de bénévoles gérant un ou deux salariés à temps très partiel que pour une entreprise du CAC 40 employant des milliers de personnes à temps complet ? En écrivant, entreprise du CAC 40, je force volontairement le trait car ces dernières ont leur propre service de santé au travail mais prenons par exemple n’importe quelle autre entreprise avec des milliers de salariés et c’est bon aussi !

     

    Pour moi, la réponse est clairement « Non » dans les deux cas ! Mais puisqu’il s’agit d’un blog et que la discussion est ouverte, vous avez le droit d’être en désaccord et d’expliquer pourquoi si le sujet vous intéresse.

     

    Que disent en résumé les nouvelles dispositions de la Loi El Khomri : À compter du 1er janvier 2017, la visite médicale d'embauche pour tous disparaît. Elle est remplacée dans la loi Travail par le suivi individuel de l'état de santé du salarié, sauf pour les travailleurs des postes à risques. La visite d'information et de prévention n'aura pas pour objectif de vérifier l'aptitude du salarié mais de l'informer sur les risques liés à son poste. Elle ne sera pas nécessairement effectuée par un médecin du travail mais par un professionnel de santé.  Seuls les travailleurs sur des postes à risques bénéficient d'une visite médicale d'embauche donnant lieu à la délivrance d'un avis d'aptitude ou d'inaptitude. Sont considérés comme des postes à risques ceux donnant lieu à une exposition à l'amiante, à un certain niveau de plomb, à des agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques, à des agents biologiques, à du rayonnement ionisant, à un risque hyperbare ou à risque de chute de hauteur lors des opérations de montage et de démontage d'échafaudages. C'est le cas aussi des postes pour lesquels le code du travail impose un examen d'aptitude spécifique. L'employeur, après avis du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), peut aussi considérer que certains postes particuliers dans l'entreprise sont à risques. Les ordonnances Macron n’ont apparemment que fait confirmer ces dispositions, toutefois, la visite d'information et de prévention reste obligatoire dans les 3 mois suivant l’embauche.  

     

    Alors bien évidemment, laissons les postes à risques de côté car rien ou presque ne changent pour eux mais pour tous les autres, la majorité bien sûr, vous aurez droit au mieux à une visite à votre embauche, et encore faut-il insister, puis ensuite ça sera tous les 3 ans voire tous les 5 ans si votre employeur le souhaite, voire vous. Un simple coup de fil et la visite programmée sera ajournée et reportée aux calendes grecques. En tant qu’employeur, j’en ai fait le triste constat malgré que ma salariée avait eu un gros souci de santé quelques mois plus tôt. Par visite, il faut entendre interrogatoire, qui ne sera plus automatiquement réalisé par un médecin du travail mais pas un infirmier, un interne ou à la limite par n’importe qui intervenant dans le milieu médical car s’agissant de noter de simples réponses à des questions aucune compétence ne sera vraiment requise.

     

    C’est ainsi que si vous êtes malade ou l’avez été, si vous avez une affection quelconque, grave ou pas, mais que vous ne voulez pas perdre votre job à cause de ça, que vous ne voulez pas que votre employeur le sache, vous pourrez aisément mentir lors de ce simple interrogatoire, sans que votre employeur, premier responsable en cas d’un souci quelconque, en soit informé. Le médecin sera impuissant devant votre mensonge et votre employeur qui a payé pour un service médical sera floué. Il ne faut pas se leurrer, la plupart des salariés diront ce qu’ils ont envie de dire à leur interlocuteur surtout si leur emploi risque d’être remis en cause.

     

    Qu’il est loin le temps où les salariés avaient droit à une visite médicale tous les ans. Un toubib vous auscultait, regardait si votre vue ou votre ouïe n’avait pas baissé, il vous pesait vous donnant au passage quelques conseils de nutrition si vous aviez pris un peu trop de poids. Tous les 2, 3 ou 4 ans, nous avions droit à une radio des poumons. Si un problème quelconque survenait, auditif par exemple comme ce fut le cas pour moi, un examen plus poussé était réalisé, à la fois pour connaître la gravité mais analyser les causes aussi. La plongée en apnée dans mon cas par exemple. Un problème articulaire ? Et la radio était programmée. Ça valait ce que ça valait mais nous avions le sentiment d’une vraie visite médicale préventive. L'employeur payait une cotisation mais il était tranquillisé quand son employé revenait avec un certificat d'aptitude signé du médecin du travail. Aujourd’hui tout ça c’est de l’histoire ancienne mais ce qui reste d’actualité c’est ce que ça coûte aux entreprises. Les fameuses outrances et abus du titre de mon article. Je gère une petite association avec 2 voire 3 salariées par an mais à temps très partiel (3 heure hebdo pour une et 1 heure hebdo pour l’autre) et je suis donc très bien placé pour affirmer ce que ça coûte, preuve à l’appui.

     

    L’an dernier, j’ai reçu du CSTPO (Centre de Santé au Travail des Pyrénées-Orientales) une facture de 302,00 euros TTC (ci-dessous) pour avoir déclaré 3 salariées lors de l’année 2016. Un coût de 85,50 euros HT par an et par salariée soit 102,60 euros TTC, ce qui en bout de course, risque de faire une addition très salée de 513 euros par salarié pour une seule visite (qui n’en est plus une !) tous les 5 ans. Si on la compare au coût d’une consultation à 25 euros chez n’importe quel toubib, il n’est pas outrancier de parler d’outrances et d’abus et ce d'autant pour un simple interrogatoire et non plus pour une consultation médicale digne de ce nom. Je précise que sur les 3 salariées, une avait déjà quittée l’association depuis plusieurs mois, ne passant jamais aucune visite, puisque son emploi a consisté en de brefs remplacements qui n'ont pas permis la prise d'un rendez-vous avec le centre de santé au travail.

    Pour vous donner quelques ordres de grandeur, à elle seule cette facture au CSTPO a représentée 14% de toutes les charges sociales annuelles de l’association ; Urssaf, chômage, retraites et prévoyance tout inclus. Pour la salarié qui avait fait que des petits remplacements, le coût de la Médecine du Travail a représenté à lui tout seul 68% du salaire net que nous lui avons versé. 

     

    Ajoutons à ces extravagances, que mes salariées ont un autre job par ailleurs pour lequel leurs employeurs cotisent déjà à la Médecine du Travail (c’est une obligation quand les emplois sont différents) et la coupe est déjà bien pleine et parfois elle déborde comme ce fut le cas pour moi qui me suis battu bec et ongles pour tenter de faire reconnaître ces abus et injustices financières, car en ma qualité de bénévole, je me bats et gère au mieux pour que l’association n’est besoin d’aucune subvention publique et de l’autre il y a des organismes tels que celui-ci qui s’engraissent pour un service dont on est en droit de se demander à quoi peut-il bien servir et qui parfois même n’est jamais rendu.

     

    Ajoutons à cela que les associations qui perçoivent ces cotisations sont définies comme la nôtre, c'est-à-dire loi 1901 à but non lucratif (*), que leur gestion est assez opaque car j’ai cherché leur bilan sur Internet sans jamais le trouver et l’on est en droit de se demander « que font-ils de tout cet argent ? »

     

    Jugez plutôt !

     

    J’ai appris que la CSTPO gérait 12.600 salariés. Multipliez ce chiffre par la cotisation annuelle de 85,50 euros H.T et vous obtenez le chiffre faramineux de 1.077.300 euros. Plus d’un million d’euros, c’est vraiment pas mal pour une association dont le but se veut non lucratif ! Depuis, ils ont fusionné avec une autre structure, le PST66, créant ainsi le Pôle Santé Travail 66 gérant 110.000 salariés auprès de 11.355 entreprises soit un chiffre d’affaires annuel hors taxes qui sera de 9.405.000 euros au prochain exercice. Près d'un milliard d'euros pour une entreprise qui est à but non lucratif, j'ai quand même le sentiment que quelque chose ne tourne pas rond ! En France, il y a 270 centres fédérés par le CISME et donc 15 millions de salariés. Je vous laisse le soin de vérifier le calcul car bien évidemment le chiffre dépasse l’entendement : 12 milliards 825 millions d’euros. Toujours sans but lucratif bien sûr ! Qui a dit qu’il n’y avait pas d’argent dans le secteur médical ? Pourquoi les hôpitaux sont-ils obligés de réduire leurs coûts ? Où va tout cet argent ? Qu'en fait-on ? Quand je pense que dans le reportage d'Envoyé Spécial, une responsable d'un service de réanimation se plaignait du manque d'un appareillage respiratoire pouvant sauvé des vies humaines mais que l'hôpital n'avait pas les moyens de le lui payer parce qu'il coûtait 40.000 euros, j'ai du mal à comprendre !!!

     

    Voilà, vous avez un maximum d’informations pour répondre aux 2 questions que j’ai soulevées au début du sujet. Vous pouvez bien évidemment vérifier toutes ces infos sur Internet. Si vous trouvez une anomalie, une exactitude, je suis preneur et reste à l’écoute.

     

    Pour être complet, il faut savoir que la loi El Khomri a été décidée car il y avait une grave pénurie de médecins du travail, l’emploi n’étant pas, paraît-il, suffisamment valorisant. C'est sans doute plus valorisant d'aller pointer à Pôle Emploi ? Du coup, la pénurie de médecins du travail a entraîné cette solution de ne plus faire des consultations médicales rapprochées pour l’ensemble des salariés. En contrepartie et dans le même temps, les emplois administratifs ont flambé dans les centres de santé. Moins de toubibs, moins de visites médicales mais plus de secrétaires pour gérer tout ça, triste constat d’une étrange gestion, ne trouvez-vous pas ? Par contre, les cotisations ont continué à flamber d’année en année, voilà ce qu’est aujourd’hui la Médecine du Travail dont je rappelle ci-dessous les missions :

     

    La définition des missions (Code du travail, article L. 4622-2) : Les services de santé au travail ont pour mission exclusive d'éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail. Ils conduisent les actions de Santé au travail, conseillent les employeurs, les travailleurs et leurs représentants, assurent la surveillance de l'état de santé des travailleurs et participent au suivi et contribuent à la traçabilité des expositions professionnelles et à la veille sanitaire.

    Je crains qu'avec un simple interrogatoire tous les 5 ans, personne ne s'aperçoive que votre santé s'est altérée, si par malheur ça venait à être le cas et si en plus vous ne dites pas la vérité de peur de perdre votre job.  Alors oui, j'estime que les missions ne sont plus ou ne peuvent plus être remplies correctement. Oui, il y a une faillite de la Médecine du Travail qui ne remplit plus son rôle auprès de tous. J'estime que le tarif de la cotisation est devenu excessif par rapport au service rendu et carrément abusif pour une petite association comme celle que je gère. Que la gestion est désastreuse et outrancière pour tous les métiers qui ne sont pas spécialement à risques. Faut-il nécessairement faire un travail à risques pour devenir malade ? J'ai perdu trois ami(e)s très jeunes de divers cancers qui étaient respectivement commercial (46 ans), vendeuse dans une boutique (53 ans) et infographiste (50 ans), pas vraiment des métiers faisant partie de la liste des postes à risques cités plus haut ! 

     

    Quand je pense que lors de sa campagne présidentielle Macron disait « on va faire un travail d’orfèvre » en matière de santé et « faire la révolution » en matière de prévention, force est de reconnaître qu’en orfèvrerie il doit sans doute s’y connaître, mais plutôt du côté de la place Vendôme et pendant ce temps, vous salariés et nous petites associations, on reste à quai, mais heureusement pas au quai des Orfèvres, qui d’ailleurs a déménagé au mois de juin et n’existe plus.

     

    La révolution a commencé avant Macron, mais avec lui, elle commence à être réussie. Je ne parle pas de la prévention des salariés bien sûr, mais force est de constater qu’avec lui tout change et tout se perd à la vitesse grand « V » : une médecine de qualité, les hôpitaux publics, une formation efficace et sereine de nos étudiants, le Code du Travail est mis à mal, la médecine du Travail ne remplit plus son rôle, la police déménage, les traditions partent aux oubliettes, le 36 quai des Orfèvres disparaît lui aussi, mais que voulez-vous, Jupiter, dieu qui gouverne la terre, le ciel et tous les autres dieux ne peut pas s’occuper en plus de tâches subalternes…..

     

    Il est pas beau notre modèle social dont tous nos derniers présidents ont vanté les mérites, disant au passage qu’il ne voulait surtout toucher à rien ?

    Si peu ! Si peu !

     

    (*) association à but non lucratif : Une association à but non lucratif est un groupe d'au moins deux membres qui exercent une activité sans en retirer un avantage financier à titre personnel. S'il y a des bénéfices, ils sont reversés à l'association pour la développer.

     

     

     

     


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  • Ce diaporama est agrémenté de la chanson "La Bicyclette", musique de Francis Lai et paroles de Pierre Barouh

    jouée successivement par les groupes "Paris danse-t-il ?", "Djangology Quartet", "Zazapat" puis chantée par Yves Montand.

    La Voie verte de l'Agly en VTT depuis Rivesaltes jusqu'au Barcarès.

    La Voie verte de l'Agly en VTT depuis Rivesaltes jusqu'au Barcarès.

    La Voie verte de l'Agly en VTT depuis Rivesaltes jusqu'au Barcarès.

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    Il m’arrive de faire du vélo. J’ai un V.T.T. Le plus souvent, c’est pour faire des courses. Enfin pas des courses cyclistes, non des emplettes et éviter de prendre la voiture. Je l’enfourche aussi pour partir dans la garrigue, appareil photo en bandoulière. J’aime bien. C’est bon pour la santé et c’est écologique. Mais si j’aime bien le vélo, en vélo, je n’aime pas « faire la roue ». Faire la roue au sens figuré bien sûr. Faire le paon.  Pour moi, « faire la roue », c’est crâner en vélo, c’est foncer, faire du chrono, descendre à tout berzingue sur des pentes caillouteuses ou boueuses comme j’en vois parfois « s’éclater » à cette discipline. C’est le cas échéant se mesurer aux autres pour montrer qu’on est le plus rapide. C’est plastronner. Je conçois, mais aujourd’hui, j’abomine. J’ai un peu pratiqué mais ce n’est plus ma « tasse de thé ». Enfin maintenant et vu mon âge, car bien évidemment, j’ai connu ça aussi quand j’étais un peu plus jeune. Il fut un temps où je courais derrière mon fils. Il est passionné de VTT. Je me souviens d’une mémorable traversée des Albères en VTT, depuis le Pic Néoulous jusqu’à Banyuls-sur-Mer. J’étais arrivé sur les rotules et ce d’autant que la veille, nous venions de finir une longue randonnée sur 2 jours autour du Pic des Tres Estelles. C’était en 2006. Aujourd’hui, avec 11 ans de plus, je serais bien incapable de répéter ce type de challenges. Alors bien sûr quand le projet m’est venu d’aller parcourir « la Voie verte de l’Agly » depuis Rivesaltes jusqu’au Barcarès,  en VTT et non pas à pied ; une fois n’est pas coutume ; loin de moi était l’idée de le faire en fonçant ou en cherchant à établir un record. Non, d’abord parce que je ne le pourrais pas, mais surtout parce que mes objectifs étaient tout autres et multiples. Mon premier était bien sûr d’aller découvrir ce qu’était réellement cette « Voie verte de l’Agly », filant de la commune si célèbre pour son muscat et son « Babau » jusqu’à la  Méditerranée. Si je fais abstraction du Canal de la Robine, déjà réalisée en VTT puis lors d'un périple pédestre de 3 jours sur le Sentier du Golfe Antique, la seule  « voie verte »  que j’avais empruntée jusqu’à présent était celle entre Barbotan-les-Thermes et La Bastide d’Armagnac, une quinzaine de kilomètres que j’avais accompli à pied, enjambant ainsi et sans le savoir la frontière entre les départements du Gers et des Landes. Epreuve assez facile car essentiellement plane, se prêtant parfaitement à la marche à pied et à la flânerie, et ce d’autant que le soir venu, Dany qui effectuait sa cure annuelle à Barbotan était venue me rechercher en voiture au terme de cette belle expérience. C’était en 2006 et j’en gardais que de très bons souvenirs, à cause de la faune très présente ; oiseaux, papillons, chevreuils notamment ; et de la verdure quasi permanente et assez exceptionnelle que cet itinéraire d’une simplicité enfantine empruntait. Simplicité par le fait même que le tracé était une ancienne voie ferrée, donc facile à suivre, avec tous les aspects ludiques que cela comportait. Cette fois-ci et bien que le fil conducteur ne soit plus une voie ferrée mais le fleuve Agly, je n’espérais pas moins de découvertes et de plaisirs. Voilà quel était mon état d’esprit et le premier de mes objectifs. Mon second était de passer un bel après-midi au grand air avec arrêt goûter en cours de route.  Mon troisième était d’aller prendre un « pot » ou une glace à la plage, et plus si affinités avec la mer et la température de son eau. Ensuite, mes autres visées seraient fonction du bon vouloir de la nature. Aller photographier les oiseaux bien évidemment ; j’en espérais beaucoup à cause de la proximité de l’Agly ; ce fleuve dont j’ai toujours adoré les quelques rives parcourues. En randonnée j’entends, car je ne compte plus le nombre de sorties où son lit a servi d’écrin voire de perspectives à de jolies balades. Tapez "Agly" dans la rubrique "recherche" de mon blog et vous verrez les résultats. Long de 81 km,  sa source, en réalité une résurgence, naît au sein d’une petite grotte située au pied du mythique Pech de Bugarach. Elle est visible au bord de la D.14 entre le col de Linas et le hameau de Camps-sur-l’Agly. La rivière est ensuite alimentée par de nombreux ruisseaux secondaires, son débit s’amplifie, et tant bien que mal, elle se fraye un chemin dans les abyssales gorges karstiques de Galamus. Elle se calme quelque peu à Saint-Paul de Fenouillet, bouillonne à la Clue de la Fou, puis un peu cernée par une kyrielle de « serrats », elle zigzague longuement avant d’être en partie capté par l’aqueduc d’Ansignan puis carrément freinée puis bloquée par le barrage de Caramany. Là, on en maîtrise son débit lors des crues, mais le plus souvent, on la laisse tranquille, et de ce fait,  la rivière poursuit sa course assez paisiblement jusqu’à la mer, irriguant au passage d’innombrables terres et villages plus ou moins limitrophes : Rasiguères, Planèzes, Latour-de-France, Estagel, Cases-de-Pène, Espira, Rivesaltes, Claira, St-Laurent-de-la-Salanque, Torreilles, Le Barcarès, pour ne citer que les plus proches. Ces 5 derniers villages sont ceux que l’on peut découvrir sur la Voie verte, à condition de faire le choix de la quitter. Je n’ai pas prévu de le faire car une journée entière serait sans doute nécessaire. Après avoir programmé Rivesaltes et le Cami Saint Martin sur mon G.P.S de voiture, il n’est pas encore 14h quand je gare ma voiture au bord de ce chemin. Je sors le vélo du coffre de la voiture et j’harnache immédiatement mon petit sac à dos. Aujourd’hui, il est ultra léger et son contenu se résume à un camelback avec 2 litres d’eau fraîche, quelques biscuits, une pomme, une orange, deux barres de céréales et tout le menu matériel indispensable à une virée proche de la civilisation : papiers d’identité,  porte-monnaie, carte bancaire et téléphone portable. Les cloches de l’église de Rivesaltes résonnent. Il est 14h tapantes et me voilà déjà entrain de pédaler direction Le Barcarès. Je n’ai pas fait 100 mètres qu’une ribambelle de passereaux s’envolent d’un champ et viennent se percher sur des câbles électriques. Des alouettes lulu, reconnaissables à leurs pattes avec leur griffe postérieure démesurée. L’appareil photo entre en action et moi, je marche déjà à côté de mon vélo car les oiseaux se succèdent presque sans interruption. « A ce rythme-là, j’arrive à Barcarès dans trois jours » me dis-je ! Je décide de ne plus m’arrêter jusqu’à atteindre l’Agly. Mais la rivière est déjà là, toute proche, coupée par un passage à gué qui se trouve sur ma droite. Je m’y dirige. Des oiseaux sont là aussi dans de grands arbres, mais avec un ballet incessant de voitures, ils ne tiennent pas en place. Je repars. La signalisation de la «Voie verte» » est parfaitement présente et après un passage sous l’autoroute « la Catalane » et quelques coudes et tunnels permettant d'esquiver la Nationale 9, j’arrive enfin sur cette fameuse « Voie verte ». Quasi rectiligne, son revêtement est un enrobé très lisse. Je me dis que ça va être un vrai plaisir que d’y rouler dessus, et ce d’autant, que la voie est large de 3 ou 4 mètres, et parfaitement sécurisée grâce à de solides rambardes en bois qui l’encadrent de chaque côté.  L’Agly est là, sur la droite. Un panneau vient d’annoncer la couleur : «Voie verte de l’Agly – Rivesaltes – Le Barcarès – Commune de Rivesaltes – 13 km – Conseil Général ». Merci à lui. Quelques mètres plus loin, un autre panneau explique que cette voie est en réalité une digue permettant d’améliorer le lit de la rivière lors des crues et de préserver la qualité écologique de ce milieu sensible. J’approuve. Sur la gauche, il y a des vignobles puis le centre commercial de Claira apparaît. Un groupe de coureurs me dépasse sans coup férir. Des sprinteurs qui « font la roue » et se la suce, comme on dit dans le jargon cycliste. Moi, la seule chose qu’il m’arrive déjà de sucer, c’est la canule du tuyau de mon « camelback » d’où jaillit une eau glacée, toujours bienvenue car il fait déjà très chaud. Je suis souvent sur mes deux jambes, hésitant entre photographier des corvidés qui occupent les vignes, et des cormorans le lit de la rivière. Les corvidés s’envolent et assez paradoxalement s’approche de la rivière. Des corneilles. Guère plus loin, c’est un héron. Très craintif. A mon approche, il s’envole, malgré les précautions que j’ai prises pour tenter de me dissimuler. Les cormorans sont les plus présents. Je dépasse une jeune femme qui marche à pied. A cause de mes arrêts aussi imprévus que fréquents, nous nous dépassons à tour de rôle. Au bout d’un instant,  intriguée par mon « manège », la conversation s’installe car curieuse, elle se demande ce que je peux bien photographier. Sur l’écran de l’appareil, je lui montre les oiseaux que je viens de capter et elle paraît très étonnée de la puissance du zoom. Elle travaille au centre commercial et rentre chez elle à pied, habitant près du village de Claira. Je suppose qu’elle travaille chez un parfumeur car malgré la chaleur, elle est très bien maquillée et embaume sa présence d’une agréable fragrance. Je repars. Les vignes ont laissé la place à d’immenses vergers magnifiquement fleuris. Blancs ou roses, les champs se succèdent parfois entrecoupés de nouveaux vignobles. Sur ma droite, j’aperçois une jolie chapelle. J’y file et pour cela, sors de la «Voie verte». Mon bout de carte I.G.N m’apprend qu’il s’agit de la Capella Sant-Père ou Saint-Pierre. Elle est fermée mais pour ma satisfaction et celui de mon appareil photo, de nombreux pinsons en occupent les grands pins qui l’entourent. Je réussis une seule photo. Je repars, non sans avoir photographiés d’amusants tags peints sur un « casot » qui se trouve au bord de la voie. Les oiseaux se succèdent mais ce ne sont pas toujours ceux que j’avais escomptés. J’avais imaginé un peu plus d’oiseaux « aquatiques » au fil du parcours mais après le héron, je vais me contenter de deux aigrettes et de quelques colverts. Le retour sera plus singulier. Mais peu importe, j’aime tous les oiseaux. Coucous geai et huppe fasciée seront les plus beaux car les plus originaux à photographier mais il y aura aussi des serins, un troglodyte, des chardonnerets, des pinsons, des pouillots, des pipits, des alouettes et des bruants, tous plus chantants les uns que les autres mais pas toujours faciles à immortaliser. La patience est de mise et le vélo est parfois encombrant. Il va en être ainsi sur tout le trajet, aller et retour. Un couple de colverts joue dans la flaque boueuse que les pluies des jours précédents ont laissé en bordure d’une vigne. Ma présence les indiffère, tant ils sont en permanence le bec dans la boue à chercher pitance, surtout la femelle, le mâle est plus enclin à me surveiller du coin de l’oeil. A cet endroit, d’autres colverts préfèrent l’Agly tout comme un ragondin qui traversera le fleuve lors du retour. C’est le seul que je verrais.  De nombreux cyclistes continuent de me doubler et j’en vois même un, ultra rapide, qui est déjà sur le chemin du retour. Un champion sans doute, qui m’a doublé dès le départ du Cami Saint-Martin et le voilà déjà dans l’autre sens.  Puis c’est autour d’une jolie « championne » de me dépasser. Surgissant dans mon dos, je ne l’ai même pas vu arriver. A une vitesse incroyable, elle me dépasse sur des rollers, écouteurs d’un baladeur sur les oreilles. Elle patine magnifiquement bien et d’une manière chaloupée, eurythmique et régulière. Sa superbe silhouette et son mini short blanc très moulant ne sont pas étrangers à autant d’harmonie. Le Barcarès, 8,3 km indique un panonceau. Rivesaltes 6,7 km. Je file jusqu’aux indications suivantes et m’arrête peu après pour le goûter. Joli prétexte car à cet endroit, un étroit sentier descend vers la rivière dont les alluvions forment des grèves de sables et de graviers relativement accessibles. Accessibles mais bien trop béantes pour qu’un photographe animalier puisse y trouver un vrai bonheur. Malgré ça et par chance, je réussis à y photographier un troglodyte mignon et un rougequeue noir jouant sur des tas de bois flottés et une aigrette garzette perchée au sommet d’un grand arbre, mais je prends le temps de goûter au calme et à mes biscuits. Claira, Saint-Laurent-de-la-Salanque, Torreilles, les jolies communes roussillonnaises vont se succéder de part et d’autres de la voie. Elles sont peu éloignées et à seulement quelques coups de pédale de la «Voie verte»  mais comme je continue à flâner à outrance, j’estime qu’il ne serait pas raisonnable d’aller m’y perdre et ce d’autant, qu’outre les oiseaux, il y a toujours quelque chose à découvrir sur ce parcours : flore et papillons par exemple. Et quand ce n’est pas le cas, je n’hésite pas à laisser mon vélo contre la balustrade pour descendre sur les berges de l’Agly, toujours en quête de l’avifaune qui occupe sa végétation et les roselières notamment. A hauteur de Saint-Laurent-de-la-Salanque, des travaux m’obligent à emprunter un pont sur la D.11 et à basculer sur l’autre rive du fleuve. La piste est moins lisse et donc beaucoup moins roulante que la «Voie verte» mais elle m’offre d’autres paysages, d’autres foyers d’intérêts.  Ici, les champs sont beaucoup plus consacrés au maraîchage et notamment à la culture de l’artichaut ou de la salade. Autres cultures, autres oiseaux, avec des corbeaux, des pies, des étourneaux et des pigeons. Bien trop loin pour les photographier correctement, un groupe de choucas occupent d’imposantes ruines du côté de Torreilles. Au retour, je vais avoir la chance de photographier un héron garde-bœufs non loin de là, volatile solitaire plutôt rare et sans doute était attiré par les atouts gastronomiques d’un labourage récent. Au pont suivant, celui sur la D.81, la «Voie verte» devient à nouveau libre. Je m’y dirige. Les travaux sont là sous la forme de deux grandes pelles mécaniques qui débroussaillent les berges de l’Agly et arrachent notamment les cannes de Provence, plantes envahissantes qui freinent son écoulement. Quel n’est pas mon étonnement de voir que de nombreux cyclistes et marcheurs sont passés outre l’interdiction et côtoient les engins sans trop de prudence. La mer n’est plus très loin et trois éléments m’en apportent l’intime conviction. Le lit de l’Agly qui s’est bien agrandi et un peu plus loin à hauteur du Mas de la Torre, les premiers palmiers et les premiers goélands lesquels accompagnés des mouettes rieuses occupent une grève au milieu même de l’Agly. Dans quelques recoins du fleuve, chaque espèce semble avoir trouvé le biotope qui lui convient : les cormorans d’un côté, les foulques de l’autre et les goélands et les mouettes au milieu. Surprise de ma présence, une poule d’eau plonge pour rejoindre les roselières. Je n’en verrai que deux mais celle-ci, la première, échappe à mon objectif photo. Au retour, une deuxième sera plus conciliante. Un panneau mentionnant le dernier kilomètre transforme ma conviction en certitude. L’embouchure de l’Agly est là, très large mais presque quasiment obstruée par un long bras de sable. En quête d’un frugal repas, quelques mouettes rieuses arpentent les rives de ce bras et l’autre berge du fleuve. Mon insistance à vouloir les photographier les vont s’enfuir vers d’autres rivages. Sur la gauche, les premiers campings. Ici, j’ignore pourquoi, les poteaux des balustrades qui encadrent la «Voie verte» servent de nids et de repaires à d’innombrables « tarentes de Mauritanie ». Chaque poteau a sa tarente voire plusieurs. Petites, moyennes ou grandes, il y en a bien plus que de baigneurs sur la plage. Si les seconds sont moins nombreux, les deux espèces aiment le soleil et leur couleur bronze est déjà quasiment similaire.  La plage est là, presque sans fin, sur la droite et sur la gauche, quasiment vide mais ponctuée par des barres d’immeubles de loin en loin. Quelque rares « lézards » occupent les dunes.  Dans un premier temps, je file vers le centre de Barcarès mais les quelques terrasses des bars ouverts sont déjà bien bondées. Je n’ai pas envie ni d’attendre ni d’aller jusqu’au port, alors en désespoir de cause j’abdique, fais demi-tour  et tente d’oublier la bière ou la glace un instant convoitées. Parfois, je me surprend à autant de volonté vis-à-vis de cette « maudite » gourmandise qui me poursuit depuis mon enfance et enrobe de couenne mon épiderme. « Mais non, tu n’es pas gros, tu as simplement la peau épaisse ! » comme l’exclamait un ami cher qui me voulait du bien et se voulait rassurant. Aujourd’hui, aucune raison de prendre un gramme supplémentaire ! Absents de la plage, les touristes sont bien trop présents dans le centre de Barcarès malgré une saison estivale encore bien éloignée. Pas vraiment tous des vacanciers sans doute mais le beau temps et le chaud soleil a également fait sortir quelques roussillonnais de leurs « pieux », comme les tarentes des leurs. Je repars vers le delta de l’Agly, me déchausse et file dans l’eau pour un bain de pied. Il est si raffraichissant que je me contente de ça aujourd’hui. Il faut dire que je suis le seul fou à vouloir tenter cette expérience. Je repars vers la « Voie verte ». Un rouge-queue noir sautille sur les rambardes et les ganivelles. Exagérément joueur, il semble disposé à une partie de cache-cache dont je n’ai pas vraiment envie, car lui courir derrière, vélo en main, n’est pas la meilleure façon pour se livrer à la photo ornithologique. Je n’insiste pas d’autant que j’estime que le temps du retour est arrivé. A l’instant même où je repars vers Rivesaltes, une jeune cavalière juchée sur un magnifique pur-sang me coupe le chemin. Sur mon vélo minable, je joue au « chevalier galant » et la laisse passer non sans lui avoir demandé l’autorisation de la photographier. Elle acquiesce. La jeune fille à une belle prestance malgré son très jeune âge. Monture superbe et amazone pleine d’assurance, voilà sans doute les plus beaux clichés de la journée. Ils pourraient presque suffire à mon bonheur d’avoir accompli cette « Voie verte » de l’Agly ». Que dire du retour sinon que pris par le temps, je vais appuyer un peu plus sur les pédales sur les portions les plus monotones, mais jamais au point de « faire la roue ». Oiseaux, papillons, chèvres, chevaux, paysages, tout est encore prétexte à mon penchant pour la flânerie et il est 18h30 quand j’atteins le passage à gué de Rivesaltes, près du centre équestre Saint-Martin. Le soleil déjà au ponant mais encore bien éclatant vient coucher quelques rayons dans le lit de la rivière. Un pêcheur lance son leurre sur ce drap étincelant. Il mouline et le fil qu’il ramène en douceur donne l’impression que l’étoffe scintillante va s’effilocher en des millions d’étoiles. Mais non, rien ne se passe. Le fil bredouille, au sens propre et au sens figuré, et coupe simplement la lumière. Rien d’autre ne bouge sauf quelques ramiers et cormorans qui s’envolent à tire d’ailes et à tour de rôle. Ils planent dans de courtes circonvolutions et reviennent se poser sur leurs lignes de départ respectives, grands arbres pour les premiers ou berges de la rivière pour les seconds. Je profite de ces belles images. A l’extrémité d’une branche, et sans doute au sortir d’un bain, une alouette lulu vient faire sécher ses ailes. Elle s’ébroue, gratte du bec son plumage et sors de ce toilettage toute ébouriffée. Finalement, elle reprend sa position bien au soleil. J’ai tout le loisir de l’immortaliser. Un peu plus loin, juché dans un platane, un choucas semble m’observer de son regard sévère. Mains non, il regarde dans le vide et se laisse photographier sans bouger. Quelles visions merveilleuses de la nature ! Quelles images reposantes qu’il me faut quitter à regrets ! Cette balade en VTT est allée bien au-delà de mes desseins. Une fois encore, j’ai eu de la chance car l’avifaune a été plus que présente et le grand beau temps de ce jour de printemps a facilité les photographies. Passereaux, corvidés, échassiers et oiseaux marins ont pu être immortisalisés. Je suis ravi car c’était l’objectif le plus incertain. Aller et retour, cette balade cycliste a été longue d’environ 30 km. Il faut y rajouter un ou deux kilomètres qui m’ont amené dans le centre de Barcarès. Je l’ai accompli en 4h50, arrêts inclus. Ils ont été nombreux, très nombreux et mon temps n’est donc pas une référence fiable. Un peu plus de 6 km/h, le temps d’un marcheur correct, pas d’un extra-pédestre. Si vous « faites la roue », vous pouvez aisément en mettre 3 ou 4 fois moins ! Mais quel dommage de foncer et de ne pas profiter de cette nature et de toutes ces découvertes qui vous seront offertes ! Si vous désirez des renseignements complémentaires concernant cette « Voie Verte de l’Agly » et ses prolongements, il existe un site Internet bien documenté : :

    http://www.af3v.org/-Fiche-VVV-.html?voie=179

    Enfin, si vous voulez connaître toutes les "voies vertes" de France, le mieux est de vous rendre sur le site de l'Encyclopédie Wikipédia en cliquant ici.

    Carte I.G.N 2548 OT Perpignan - Plages du RoussillonTop 25.


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     Diaporama sur la chanson de Marcel Mouloudji "Un jour tu verras", musique de Georges van Parys, jouée ou interprétée successivement par Franck Pourcel et son orchestre, Marcel Mouloudji, Yves Dunot et le Harfonia Danse Orchestra et le groupe Odeia avec la voix d'Elsa Birgé.

    La Roche gravée de Fornols et autres découvertes depuis Campôme

    La Roche gravée de Fornols et autres découvertes depuis Campôme

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    « La Roche gravée de Fornols (*) et autres découvertes depuis Campôme (**) », voilà le titre de cette nouvelle randonnée. Une nouvelle randonnée que cette fois j’ai tenté de préparer au mieux et en tous cas, pas avec la légèreté et l’improvisation comme la précédente sur les «Chemins Ruraux de Serralongue».  De ce « rocher gravé de Fornols-Haut » ; son titre cadastral exact ; je crois que j’ai lu tout ce qu’il était possible de lire sur Internet, mais pour être franc, l’envie de venir la découvrir avait démarré bien avant, avec la lecture il y  a trois ans du livre  « Autrefois des hommes…..préhistoire du pays catalan » dont l’auteur n’est ni plus ni moins que l’« inventeur » de cette roche, l’archéologue Jean Abelanet qui l’avait découverte en 1983. Dans la foulée, et pour la connaître un peu mieux, j’y avais rajouté la lecture d’un vieux numéro d’ « Archéologia » de 1987, c’est dire si le sujet me fascinait.  Pour moi, cette roche gravée, c’était presque devenue la « Lascaux » des Pyrénées-Orientales. Si j’ai tout lu, délaissant les aspects trop scientifiques pour moi, j’ai surtout retenu qu’il s’agit « du seul témoignage connu d’art paléolithique de plein air sur le territoire français et l’un des rares en Europe… » dont les moulages des différents tracés ont laissé apparaître « 17 représentations animales et 23 figures géométriques (chevrons, zigzags, réticulés, clatriformes », voilà le résumé « accessible » qu’en fait l’Encyclopédie Wikipédia. Le site précise que les espèces animales les plus présentes sont le bouquetin et l’isard mais qu’on y trouve aussi des oiseaux comme le vautour fauve et bizarrement un grèbe castagneux, oiseau aquatique par excellence, alors que tous les spécialistes s’accordent à dire que cette roche a toujours été située dans une zone aride voire quasi désertique. Faut-il pour autant imaginer que les dessinateurs paléolithiques s’y cantonnaient ? Ils devaient bouger je suppose, selon les saisons et les déplacements des animaux qu’ils pourchassaient. Les autres sites Internet m’ont apporté divers renseignements utiles comme les coordonnées « probables » de son emplacement, (je vais partir avec plusieurs !)  ou bien l’heure idéale à laquelle il est préférable de la découvrir afin qu’apparaissent au mieux les rainures formant les gravures rupestres. Enfin, j’ai trouvé un site où les emplacements des différentes gravures, et notamment les plus visibles, sont précisés, dessins et indications à l’appui.  Pour tout le reste et notamment les détails trop techniques, s’ils m’intéressent, j’avoue qu’étant un profane en archéologie, ils ne m’apparaissent pas essentiels à la visite que j’ai l’intention de programmer. Voilà quel est mon état d’esprit quand je m’apprête à partir découvrir cette « fameuse » roche gravée de Fornols. Bien évidemment, je sais que les gravures sont peu évidentes à déchiffrer pour un œil non exercé comme le mien mais tant pis, j’ai envie d’aller voir comment les chasseurs ou les bergers du temps jadis se transformaient en artistes naturalistes, voire avant-gardistes à leurs heures perdues. Et puis, outre cette roche, mes lectures m’ont appris et démontré que bien d’autres explorations étaient possibles autour du lieu-dit Fornols et sur un périmètre un peu plus large intitulé le « Pla de Vallenso » dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler à maintes reprises dans mon blog. Jugez plutôt ! Orri de Carmajou, plusieurs orris pagode vers Montsec et Fornols, nombreuses roches à cupules ou avec de croix néolithiques, chapelle ruinée de Saint-Christophe de Fornols, ruines du château de Paracolls, sans négliger quelques cortals « oubliés » et les trouvailles imprévues toujours possibles dans ce secteur très riche « préhistoriquement » parlant. Enfin, il y a Campôme, qui mérite sans doute mieux qu’une visite au pas de charge.  J’ai donc dessiné un circuit me permettant de voir déjà tout ça et pour ceux qui voudrait en voir bien plus encore, comme par exemple la chapelle Sainte Marguerite de Nabilles, les roches gravées du Roc de les Creus ou de Conat (Camp de la Coume) tout est possible aussi, à condition de rallonger cette boucle déjà bien longue. Le 10 mars au matin, me voilà à Campôme garant ma voiture sur une aire de pique-nique au bord de la rivière La Castellane. Il est 10h30. La météo est excellente. Comme prévu, je pars visiter le village, pas vraiment au pas de charge ; ce n’est pas mon rythme ; mais avec déjà dans la tête la liste des autres découvertes à venir. Comme elles sont nombreuses, je ne veux pas m’éterniser ici. Petites ruelles pavées, église, placettes, sculptures, linteaux gravés,  fontaine, padris, oratoire, fours à pain traditionnels, j’essaie de découvrir un maximum de choses sans pour autant lambiner et j’en ressors un gros quart d’heures plus tard. La dernière ruelle m’amène sur le Cami d’En Paroll, avec lequel mon tracé G.P.S, une fois n’est pas coutume, semble parfaitement d’accord. Je poursuis ce « cami ». Rapidement et grâce à des panonceaux en bois, les directions se précisent : « Fournous et Paracolls » d’un côté et « Roqueplane » de l’autre. En « Fournous », bien évidemment,  j’imagine qu’il faut lire « Fornols » et je continue donc cette route asphaltée, en réalité, c’est déjà la piste DFCI C015, que j’aurais l’occasion de retrouver dans la journée. Au sommet d’arbres effeuillés, quelques passereaux printaniers stimulent ma passion de la photo ornithologique. D’autres oiseaux s’empiffrent d’insectes dans les arbres fruitiers amplement fleuris. Plus haut, le chemin coupe le canal de Campôme irriguant les champs du village. Capté dans la Castellane, il faut sortir de l’itinéraire et partir sur la droite pour aller le découvrir. Une plaque carrelée en explique son cheminement, lieux-dits à l’appui. Long de 2 km, il a été maçonné en 1953 mais son origine est sans doute beaucoup plus ancienne puisqu’un acte de 1300 fait déjà référence à son éventuelle construction. Je retourne sur mes pas et retrouve les panonceaux « Fournous » et « Paracolls » ainsi qu’un panonceau directionnel de randonnée m’indiquant « N°7-Orri de Carmaju-1h50 ». Voilà le bon sentier à prendre et avec cet orri, la première découverte qui est prévue au programme ! Sur la droite, un sentier entre dans un petit bois de chênes rouvres puis s’élève aussitôt dans un type de garrigue que je connais bien car c’est la même que celle que j’emprunte à longueur d’années sur la solana d’Urbanya. A vol d’oiseau, il est vrai que les deux lieux sont peu éloignés, 6 à 7 km tout au plus. Chênes rouvres, verts et kermès, bruyères, genêts à balais et oroméditerranéens, spartiers purgatifs, romarins, thyms, cistes à feuilles de laurier, ronciers, prunelliers et quelques petits pins d’Alep chétifs et épars composent l’essentiel de la végétation. L’élévation immédiate offre de jolies vues sur Campôme et plus amplement sur une belle portion de la Vallée de la Castellane. Comme souvent dans le Conflent, de  vieilles terrasses le plus fréquemment effondrées laissent imaginer une vie rurale antérieure.  A l’instant même où cette élévation faiblit puis se stabilise par endroits, ce sont des paysages plus vastes qui se dévoilent : merveilleux Canigou enneigé, forêt de Cobazet aux essences et aux couleurs partagées, et enfin Mosset, que les arbres ont la délicatesse de laisser entrevoir à travers leurs branches, comme pour nous dire « regardez-le, il est là notre plus beau village de France ! » Au dessus de Mosset, quelques crêtes me rappellent de bien jolies balades : Roc des 40 croix et pic del Rossello par exemples. La garrigue disparaît soudain et laisse la place à un bois de résineux où se mêlent pins et cèdres, tous plutôt petits et de la même taille et dont on comprend qu’ils sont le résultat d’une plantation qui n’a rien de naturel. L’orri de Carmajou est là, blotti au sein de ce boisement. Tout en rondeur, sauf son toit plutôt aplati, avec néanmoins une légère éminence en son centre, il est quasiment parfait. Moi, qui à ma maison d’Urbanya, me suis essayé à l’édification de quelques murets en pierres sèches, je suis toujours émerveillé d’une telle perfection dans ces pierres amoncelées et emboîtées les unes aux autres. Ce travail manuel au cordeau, j’ai constaté de visu que des artisans étaient encore capables de le faire de nos jours mais je suppose qu’ils sont rares et ce savoir-faire va sans doute se perdre au fil du temps. Dommage ! Une date gravée sur une pierre nous indique son édification : 1932. Quelques photos de l’ouvrage et je repars. Une large piste forestière se présente très vite avec un panonceau mentionnant la « Chapelle Saint-Christophe ». Je poursuis la piste vers la gauche dont je sais qu’elle est mon fil d’Ariane sur quelques kilomètres encore. Quand à la chapelle, malgré une nouvelle mention et son inscription au programme, j’estime qu’il est encore bien trop tôt pour partir vers elle. J’ignore toutes les intersections et reste sur la piste principale, la DFCI C010, celle que j’ai enregistrée dans mon G.P.S. De vastes panoramas se sont entrouverts vers la Vallée de la Têt et toujours vers un seigneur Canigou qui bagarre au soleil le titre de « roi de l’éblouissement ».  Sous mes pieds, de longs cortèges de chenilles processionnaires divaguent en tous sens. J’évite de les piétiner malgré les blessures irréversibles qu’elles occasionnent aux arbres. Pas vraiment surprenante cette profusion de chenilles car la plupart des résineux sont envahis de leurs cocons, horribles barbes à papa auxquelles il vaut mieux éviter de se frotter.  Heureusement ces voraces et nomades chenilles, ne sont pas les seuls animaux. Oiseaux, quelques papillons et même un écureuil plutôt craintif viennent divertir cette portion un peu « longuette » de l’itinéraire. Sans doute pas assez longue car je me débrouille pour la poursuivre bien au delà de l’itinéraire prévu. Heureusement que je connais bien ce coin et la vue de la Chapelle Sainte Marguerite de Nabilles au loin et en contrebas me fait prendre conscience de mon erreur. J’enjambe une barrière, coupe à travers bois et retrouve très vite un immense champ où le tracé de mon G.P.S se superpose parfaitement à l’alignement que forme une longue clôture. Je connais d’autant bien ce secteur que je l’ai déjà emprunté lors de précédentes balades : à la Roche gravée de Conat et au Roc de les Creus notamment. En réalité, il s’agit d’un simple raccourci évitant les sinuosités de la  piste descendant vers le Pla de Vallenso, Montsec puis Llugols et le cas échéant un peu plus loin vers Prades. Tous ces chemins et sentiers ainsi que les pistes n’ont plus aucun secret pour moi tant je les ai empruntés à diverses reprises, le plus souvent à pied mais une fois en V.T.T aussi, depuis le col de Jau. Si je les ai empruntés, c’était toujours avec des objectifs précis ou bien lors de mon Tour du Coronat de 2007, mais dans ma tête, une chose est sûre : j’ai la certitude de ne pas avoir tout découvert ! Ici, au dessus de Llugols et à proximité de Montsec, je sais par exemple qu’il y a des orris en forme de pagode et quelques roches gravées que je n’ai jamais eu le temps d’aller explorer, celle de Fornols en fait partie mais il y en a quelques autres aussi pour lesquelles j’ai réussi à me procurer les coordonnées géographiques. Le Pla de Vallenso est là. De nos jours, c’est une zone d’estives pour bovins et ovins avec la présence de quelques enclos. Je me trouve sur sa partie la plus plane, mais la région est vaste et broussailleuse, zébrée par des pistes et esquissée de rares champs et de nombreuses zones de reboisement. La vue porte très loin et jusqu’à la Méditerranée. Grâce aux coordonnées relevées sur le Net, je découvre assez aisément les deux orris recherchés. Ils ont en effet cette forme en pagode plutôt insolite et inhabituelle, qu’on ne trouve pratiquement qu’ici, quant aux cupules, elles sont creusées au pied d’un étrange rocher dressé comme un menhir. Il est planté là,  superbe car faisant face au Canigou. Fruit d’un hasard géologique ou élévation humaine ? On est en droit de se poser la question tant il est le seul rocher debout dans ce paysage où toutes les autres roches sont essentiellement planes. Grâce à la découverte plutôt rapide de tous ces lieux et vestiges, j’ai gagné du temps pour vaquer à d’autres plaisirs. Alors j’en profite pour m’essayer à quelques photos ornithologiques. Ici, les rouges-queues noirs et les pipits sont les plus nombreux et donc les plus faciles à photographier. La proximité d’une source boueuse fréquentée par un troupeau de vaches n’est pas étrangère à cette présence. Mais il y a aussi des fauvettes, des tariers, des gobe-mouches, des pies-grièches et de rares pouillots, beaucoup plus dynamiques et bien plus compliqués à immortaliser dans mon numérique car les ronciers leur servent d’habitats de proximité. Ce gain de temps à courir derrière des oiseaux m’entraîne vers d’autres trouvailles inattendues et c’est ainsi qu’ayant enjambé une clôture, je découvre un autre orri pagode, inédit celui-ci, « temple pastoral rustique » mais probablement peu utilisé car envahi par les ronciers. Il est situé près d’un immense cortal ruiné, lequel lui aussi, a perdu depuis longtemps toute fonction agro-pastorale. Une autre roche gravée de cupules se présente. Juste à côté, il y a un étrange regroupement de pierres dont certaines sont dressées vers le ciel comme d’énormes canines pointues encadrant d’autres roches gisant au sol.  Tout ça est si peu naturel qu’on voit bien qu’il s’agit d’un ouvrage, abîmé  certes, mais séculaire à coup sûr. Antique chemin pavé ? Ancienne enceinte dévastée délimitant une parcelle ? Vaste dolmen effondré comme il y en a tant et tant dans ce secteur ? Autre type de sépulture ? Il y a un tel désordre pierreux que seul un vrai spécialiste pourrait sans doute me le dire. Cela est d’autant plus étrange que mes pérégrinations suivantes en direction d’un « correc », celui de Vallauria, m’entraînent vers des vestiges et des rochers aux similitudes « incroyables ».  Mêmes roches dressées et pointues encadrant d’autres roches gisant à terre, quantité incroyable de cupules, encoches et rainures patinées aux formes géométriques inhabituelles et incertaines. Si tout cela étonne l’archéologue en herbe que je suis, je suppose que cette zone ayant été maintes et maintes fois prospectée par nombre de vrais spécialistes, toutes ces découvertes sont d’un intérêt mineur puisque mes lectures n’en font que de simples signalements sans plus de précisions. Il est vrai aussi que toutes ces roches gravées gardent encore beaucoup de secrets car pas plus les cupules que les croix n’ont livrées leur exacte vérité et tous les écrits à leur propos ne sont que des hypothèses. Ces amoncellements seraient d’anciennes sépultures, cela  a été vérifié parfois par la présence d’ossements ou d'outils de silex, et tous ces signes gravés seraient liés aux rites funéraires qui s’y déroulaient. Pour les cupules reliées entre elles, on évoque la possibilité de « libations ». Voilà en résumé, les explications de la plupart des archéologues.  Aujourd’hui, avec le Canigou superbement enneigé en guise de majordome, ces croupes de schistes se transforment, pour mon plus grand plaisir, en tables de pique-nique.  Après le déjeuner et cette exploration « sépulcrale », je repars vers de nouvelles, cette fois en direction du Cortal Freixa, petite bâtisse blanche que j’aperçois au loin vers le nord et de l’autre côté du correc. Une petite caminole, sans doute tracée par les troupeaux, y file presque directement. Seul souci dans cet itinéraire quasi évident et en tous cas inévitable, il me faut esquiver en permanence les bas prunelliers, les foisonnants et rampants ronciers et autres redoutables ajoncs aux épines dures et piquantes comme des poignards. Un seul ratage et c’est la piqûre assurée et un saignement garanti. Quel idiot d’être parti randonner en bermuda et avec un tee-shirt à manches courtes ! Je le regrette amèrement. Cet étroit sentier que je pensais évident n’est pas si facile que ça et c’est là que je m’aperçois très vite que mon cuir n’est pas du tout le même que celui des bovins, qui eux, déambulent sans crainte dans cette végétation perforante. En tous cas, il est bien plus fragile et je ressors pas  mal ensanglanté de cette courte promenade à  « percer peau lisse ».  Heureusement quelques mouchoirs en papier ont vite raison de ces saignements que j’appréhende toujours. Je retrouve le sourire en retrouvant la bonne piste et le « Cul Blanc Palace », appellation gravée sur le linteau de la partie ancienne et en pierres sèches du Cortal Freixa. Au milieu de la ruine, quelques « sentinelles » asséchées recouvertes de  papiers merdeux semblent expliquer cette désopilante toponymie. Les autres parties du cortal sont du même acabit mais à la puissance 10 car elles servent d’étables aux vaches qui y trouvent refuge et utilisent tous ces appentis comme latrines. Pas de quoi s’éterniser, alors je file par la piste à la recherche du dernier orri pagode qui doit se trouver à proximité. Blotti dans un bois, je l’aperçois par chance sur la gauche et à l’intersection d’une autre piste. Pistes DFCI CO15 et bis annoncent des pancartes. Il ressemble aux autres mais surtout à celui de Carmajou, même forme, même taille mais moins évident à découvrir car tout autour,  l’embroussaillement y est bien plus important. En raison de l’étrange ressemblance des cinq orris que j’ai découvert en quelques heures, j’imagine qu’ils sont tous du même « bâtisseur » et en tous cas de la même confrérie de maçons. Quelques photos de l’orri et je repars, cette fois en direction de mon objectif majeur : la « Roche gravée de Fornols ».  Non pas pour la découvrir vraiment car ce n’est pas encore la « bonne heure », mais pour identifier son emplacement exact.  Comme indiqué dans mes lectures, la bonne heure est celle où la « lumière est frisante ». Ce n’est pas encore le cas, loin s’en faut, encore que j’en suis à me demander si cet indice va m’être utile ? En effet, dans les années 80 quand la roche a été découverte puis analysée, elle était située au milieu de la garrigue et bénéficiait sans doute d’un bel ensoleillement, or j’ai lu qu’elle était désormais au sein d’une zone de reboisement et donc certainement un peu plus ombragée. Mon G.P.S contient deux coordonnées bien distinctes mais tout de même séparées de quelques encablures. Il me faut donc chercher et à vrai dire,  je « préfère guérir que courir ». En réalité, je vais faire les deux. Guérir, car une fois encore la végétation est carrément « déchirante ». Je saigne déjà un peu partout et abondamment.  Et courir, car les reboisements ont largement envahi les lieux, et surtout les points géophysiques enregistrés dans mon GPS. Pourtant, ils sont censés correspondre au célèbre rocher aux dessins rupestres. Je m’égare, tourne en rond, découvre les ruines de vieux cortals oubliés, reviens sur mes pas et le pire c’est que dès que je rentre dans un sous-bois mon G.P.S perd un peu les pédales et se fait moins précis. Alors que faire sinon errer au petit bonheur la chance mais G.P.S allumé toujours en main ? C’est ce que je fais en essayant de ne pas me décourager. Dans ce dédale broussailleux ou boisé qui en démoraliserait  plus d’un, mon seul bonheur a été de découvrir très vite une superbe roche gravée de jolies croix sans doute néolithiques. Affleurements rocheux comme disent les archéologues mais malheureusement je n’ai pas « affleuré » le bon rocher ! Alors, je décide de remettre à plus tard mes recherches et je file vers une deuxième roche gravée dont je possède les coordonnées puis ce sera la chapelle Saint Christophe de Fornols plus facile à trouver. Les coordonnées étant très bonnes, je n’ai aucune difficulté à trouver le rocher en question. Avec ses cupules reliées entre elles par des entailles, ce rocher me rappelle bougrement celui du Roc de les Creux, même s’il est un peu moins « saisissant ». Mêmes cupules, mêmes rainures et même motif triangulaire. Je parierais qu’il s’agit du même graveur. Jean Abelanet leur donne le nom de « figurations soléiformes ». Juste à côté et sur un autre rocher, une grosse cupule pas circulaire celle-ci mais étrangement ovale. Une vraie curiosité car au pays de l’ovalie, le rugby n’existait pas encore aux temps préhistoriques ! Sans traîner, je file vers la chapelle Saint Christophe. Un panonceau au bord de la piste m’en indique la direction.  Cette chapelle romane très ruinée face au Canigou date du 11eme siècle et aurait servi d’ermitage avant son effondrement pour cause de désintérêt total du à son éloignement. Elle a eu ses heures de gloire et servait de lieu de procession aux fidèles qui venaient des fermes les plus proches où depuis les différents hameaux situés dans  les vallées environnantes, Castellane et Caillau principalement. Chaque hameau avait sa chapelle, ce qui n’empêchait nullement les gens de se retrouver car les dates des processions étaient différentes. La foi chrétienne devait être plus effective et plus solidaire que de nos jours car les gens étaient disposés à marcher sur de longues distances pour participer aux célébrations. Aujourd’hui, la seule procession, c’est celle de quelques vaches lesquelles accompagnées de leurs très nombreux veaux détalent et se dispersent en me voyant. Une seule parait plus téméraire et semble enclin à une corrida improvisée. Elle me regarde fixement en tapant du sabot. Je m’écarte et m’éloigne car j’ai oublié ma muleta. Par contre, je n’ai pas oublié l’épisode du taureau qui m’avait foncé dessus sur le « Cami d’El Viver ». Il est encore là, tout frais, blotti dans un coin de ma tête. Et puis, j’ai déjà suffisamment saigné pour aujourd’hui ! Leur enclos est là, ouvert mais surtout couvert de fumier et de bouses. Ce purin  attire les insectes, qui eux-mêmes attirent les oiseaux, lesquels attirent l’objectif de mon Réflex. Je prends en photo quelques bergeronnettes. Il ne faut pas que je m’éternise et me disperse car le soleil décline déjà  et l’heure propice à la découverte de la « Roche gravée de Fornols » va finir par arriver. Elle arrivera d’autant plus vite qu’elle reste à découvrir. Je fais le tour de la chapelle en pressant le pas, visite son intérieur en regardant où je mets les pieds et la tête aussi, car cette ruine est une vraie ruine avec une nef bien éventrée et qui ne demande qu’à s’éventrer un peu plus. Ça serait nigaud de prendre une pierre sur la tête lors d’une randonnée où le but est que les pierres m’en mettent plein les yeux. Sur le badigeon restant mais qui s’effrite et s’effondre au fil du temps, je note la présence d’estampilles décoratives ressemblant à un sceau ou à une empreinte animale. Il y en a des solitaires et d’autres sous la forme de frises. Il m’a fallu 10 minutes et la visite de la chapelle est déjà terminée, direction la Roche gravée de Fornols. Je remonte la piste déjà empruntée bien décidé à la trouver cette fois-ci.  G.P.S allumé, j’essaie de procéder avec méthode. La méthode est de me dire que cette roche, si renommée, doit être un peu visitée et que même si ce n’est pas tous les jours, un semblant de chemin doit y mener. Le problème, c’est que les petits sentiers « probables » sont légions, soient tracés par les bovins soient par les animaux sauvages, sangliers et chevreuils notamment. Alors, j’avance lentement, en essayant de rester logique. Je croise les indices que je vois et ceux que je détiens, c'est-à-dire les chemins aux herbes les plus couchées et les waypoints « incertains » de mon G.P.S. Après avoir divagué dans la garrigue, j’avance désormais à l’intérieur d’une pinède m’arrêtant plus souvent afin que le G.P.S ait le temps de faire le point le plus correctement possible. Malgré une imprécision évidente, dont je sais qu’elle peut être de 3 mètres voire de 30 mètres au maximum,  je sens bien que le « waypoint » G.P.S correspondant à la roche n’est plus très loin maintenant. En tous cas, j’ai fini de traverser la pinède et ici, il y a des roches un peu partout. Il y a même un long affleurement sur lequel je grimpe, m’offrant de jolies vues vers Molitg-les-Bains et le vallon de la Castellane.  Je saute comme un cabri d’une roche à une autre, m’arrêtant sur chacune d’entre-elles pour faire un point G.P.S qui devrait être plus précis désormais, car ici plus rien ne bloque les signaux satellitaires. C’est le cas. L’écrêtement rocheux se termine et me voilà « perché » sur le dernier rocher. J’en descends et là, ô surprise, j’étais « quillé » sur la Roche gravée de Fornols !  Comment ne pas la reconnaître alors que j’ai observé sa photo des dizaines et des dizaines de fois au cours de mes différentes lectures ? Mais sur l’instant, quelle déception aussi toutes ces lignes gravées partant dans tous les sens ! Au premier abord, impossible de discerner la moindre gravure animalière. Alors bien sûr, j’étais au courant des difficultés qu’il y aurait à appréhender un dessin mais cette fois j’ai tout prévu.  Plan détaillé du rocher, photos récupérées sur le Net avec indications, magazine avec explications et moulages, je sors tout de mon sac à dos. Le soleil décline, la lumière est rasante comme indiquée pour une perception « idéale ».  Avec le plan, les photos et les dessins, j’observe la roche dans ses moindres détails prenant un maximum de photos. Quelques gravures correspondant aux photos apparaissent, peu évidentes car l’œil a toujours la fâcheuse tendance à regarder les gros traits au détriment des plus fins. Grave erreur !  Alors finalement,  j’aperçois néanmoins la tête d’un bouquetin, celle d’un chamois, puis une autre tête, le postérieur d’un cervidé, des pattes, la tête d’un oiseau, puis un autre oiseau, les motifs géométriques trouvés et décrits par l’archéologue Dominique Sacchi, celui là même qui a procédé aux moulages. Pour le reste, j’ai espoir que mes photos me dévoileront des motifs bien plus tard mais à vrai dire sans vraie conviction tant la roche est veinée de toutes parts. Veines naturelles ou pas ? Tout se mélange. Une seule chose est certaine : il y a bien des figures géométriques sur cette roche ! Elle en est même farcie ! Trop de dessinateurs et graveurs sont passés par là et la plupart avaient sans doute peu de talent. Quel gâchis ! J’en suis même à me demander si tous ces archéologues n’ont pas pris leurs désirs pour des réalités voire s’ils ne  sont pas venus ici après avoir fumé « des petites herbes de Provence » comme aurait dit Coluche.  Pourtant, j’ai lu que la plus grande des gravures n’excédait pas 16 cm. Faut-il en déduire que la plus grande fait 15 cm ? Un dessin animalier de 15 cm, ça devrait se voir non ? Non, je ne vois  rien de plus. Rien de vraiment précis de cette taille-là. La profondeur des traits est très inégale et on finit très vite par se perdre dans un tel foisonnement de lignes, traces ou rayures. Je m’assois, finis mon casse-croûte dans l’attente d’un assombrissement de la roche qui arrive à la vitesse grand « V » car les cèdres lui font rapidement ombrage. Mais non, la lumière est plus que « frisante » mais je ne distingue rien de nouveau alors je range tout mes documents et décide qu’il est temps de quitter les lieux car il me reste encore à découvrir le château de Paracolls, enfin ce qu’il en reste. Je suis ravi de ma découverte mais force est d’admettre que pour l’apprenti archéologue que je suis, Fornols n’est pas la « Lascaux » des P.O. Celui qui vient ici sans aucune préparation ni aucun document repartira forcément très déçu. Il risque de passer à côté de l’essentiel. Bien évidement, je peux comprendre que les vrais spécialistes veuillent la protéger d’un trop grand nombre de visiteurs et bien évidement d’éventuels vandales ! Au regard, de ce que je viens de voir, il en est déjà passé de trop nombreux ! Fornols est une vraie richesse,  mais pour les archéologues seulement, et tout compte fait, c’est peut-être mieux ainsi ! Circulez, il n’y a rien à voir à Fornols ! Je retrouve la piste et j’accélère le pas. Il est déjà 17h passé. Voilà déjà plus de 6 heures que je suis sur les chemins. Je l’accélère encore plus dès lors que j’aperçois les ruines de Paracolls en contrebas, mais le chemin descend puis remonte et ainsi de suite. Il finit de me « casser » les pattes. Au sommet d’une butte, un amoncellement de pierres en forme de long muret me laisse songeur d’autant que mon bout de carte I.G.N ne précise rien à son sujet et que je n’ai rien lu à son propos. J’y monte. Au regard de l’épaisseur des murs ; plus d’un mètre ; le simple poste de guet ou de chasse me paraît peu probable et il ne peut s’agir que d’une vieille fortification. Poste avancé de Paracolls ? Je ne sais pas. Un pylône avec deux paraboles se présente et un petit sentier descend sur sa droite. Je l’emprunte bien que la carte ne le mentionne pas, mais j’imagine aisément qu’il s’agit d’un raccourci qui évite la piste qui descend vers le château que l’on aperçoit tout en bas. Bingo ! La piste est là et après deux ou trois virages, les remparts ruinés et les murs éventrés du château apparaissent. Ils ne sont plus très loin et en tous cas, ils sont dans la ligne de mire du chemin creux qui y mène. Sur la droite, j’entrevois le défilé de la Castellane et la D.14 et leurs sinuosités parallèles. Je grimpe vers les ruines par le sentier qui me parait le plus utiliser. Elles sont rapidement là avec quelques ouvertures en arcades et de nombreux vestiges qui me paraissent intéressants à photographier : colonne gravée, bénitier, gravures, sculptures et puis bien évidemment la chapelle qui est l’élément le mieux conservé.  L’ensemble est un vrai nid d’aigle malgré sa modeste élévation à 564 m d’altitude. D’ici, on domine et on embrasse des vues aériennes et plongeantes remarquables sur Molitg et ses thermes. La Castellane y passe tout en bas, au pied de son flanc nord et dans des gorges vertigineuses. Juché au plus haut entre tous ces murs ruinés, une chose me frappe, c’est l’austérité du lieu. Je ne sais pas pourquoi mais j’imagine mal que des seigneurs aient pu vivre ici avec bien-être. Il y a bien les restes d’une citerne, indispensable à la vie, mais les autres pièces me paraissent petites et de surcroît, elles sont parfois encombrées de gros blocs de granit qui en réduisent considérablement l’espace. J’ai toujours pensé qu’un seigneur digne de ce nom avait un goût prononcé pour l’aisance et le confort, or ici, rien ne donne cette impression. Pourtant, je pousse mon imagination à son paroxysme en essayant d’imaginer ce qu’a pu être le château à ses débuts. Les murs étaient sans doute très hauts comme un fortin ou une tour et le volume était donc tout en hauteur. Je ne vois donc qu’un seul intérêt à cet ouvrage perché très spartiate : la protection ! Comme pour la plupart des châteaux médiévaux d’ailleurs, le but était d’abord de se défendre ! Les seigneurs de Paracolls devaient avant tout se protéger. Contre qui ou contre quoi ? Pour qui ou pourquoi ? Je n’en sais rien à vrai dire car voilà le principal élément que je n’ai pas eu le temps de potasser en organisant cette balade. Ayant concentré mes recherches principalement sur la roche gravée de Fornols, je me promets de lire autant qu’il est possible l’Histoire de ces seigneurs de Paracolls (**). Mes explorations se terminent avec les vestiges de ce vieux château mais ce qu’il y a de bien c’est que je m’en crée déjà de nouvelles, avant même la fin de cette longue balade. Elle n’est donc pas finie et même si quelques kilomètres sont encore à faire pour rejoindre Campôme et ma voiture, je sais déjà qu’il me faudra encore vagabonder sur Internet pour la terminer complètement. Avant même de la commencer, cette randonnée se voulait « ludique et culturelle » et c’est bien qu’elle garde encore ces aspects-là après son terme. « Ne pas marcher idiot ! », un précepte que j’aime bien, même si par expérience et tolérance, j’admets et comprends que ce ne soit pas le seul ressort possible de la marche à pied.  Telle qu’expliquée ici et tracée sur la carte, errements non  compris, cette randonnée est longue de 16,5 km pour des montées cumulées de 1.125 mètres. J’ai du facilement accomplir 2 ou 3 km de plus. Le dénivelé est de 417 mètres entre le point le bas à 513 m au pied du château de Paracolls et le plus haut à 930 m sur la piste DFCI C010 à l’endroit même où l’on quitte cette piste pour descendre vers le Pla de Vallenso. A la saison chaude, il faut emporter de l’eau en qualité suffisante. Les manches courtes tant sur les jambes que sur les bras sont à bannir si vous devez errer dans la garrigue comme je l’ai fait moi-même. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

     

    (*) Fornols : La première mention est « Villa Fornols », du latin « furnus » signifiant « four » et définissant sans doute des petits fours servant à traiter différents minerais, abondants dans la région. Du hameau, il ne subsiste que quelques orris et la chapelle Sant Cristau (Saint-Christophe) qui date du 11eme siècle (Références toponymiques Lluis Basseda, extraites de l’Histoire de Mosset). D’autres historiens pensent qu’il pouvait s’agir de fours à chaux ou à briques.

     

    (**) Histoire des Paracolls : Pour diverses raisons, retracer l’Histoire des seigneurs de Paracolls n’est pas simple. Primo, parce qu’elle est ancienne et que les documents sont bien évidemment très rares. Ils se résument à quelques mentions deci delà dans des parchemins, cartulaires voire à des registres notariés pour les parties les plus récentes. Secundo, la généalogie est très limitée et surtout elle est un véritable imbroglio entre les véritables ancêtres ayant portés le nom ; les plus anciens ;  et ceux, qui au gré  des privilèges ou héritages, ont obtenu le titre de « seigneur de Paracolls ». Ajoutons à cela, les fils qui portent un prénom identique à celui de leur père, ce qui ne facilite pas les choses. Enfin et tertio, cette « vraie » famille ayant porté le nom n’a été puissante et n’a vraiment régné que deux ou trois siècles environ, du Xeme au XIIeme, ce qui bien évidemment en restreint encore un peu plus les études. Apparemment, c’est à cette période que le château dit de Paracolls a été le plus souvent occupé par cette famille, sans doute sous la forme propre au système féodal consistant en un petit fortin sous l’autorité d’un seigneur, protégé par une garnison très réduite. Ensuite, on évoque plus souvent un fief, un domaine, une baronnie dans lequel le château était inclus même s’il n’était pas ou peu habité. Compte tenu de la taille du rocher en granit sur lequel il repose, on ne pouvait pas faire plus grand. Le lieu a du également servir de tours à signaux, système qui avait cours à l’époque pour communiquer en cas de risques. Or, les dangers étaient nombreux et fréquents. Un hameau est-il à ses pieds ? C’est possible encore que les pieds soient très limités ; les flancs ouest et est sont très abruptes quand au flanc nord, tout en en à-pics sur les Gorges de la Castellane, il est carrément inconstructible et ne peut recevoir que des remparts réduits et limités en longueur. D’ailleurs, les fortifications que l’on aperçoit aujourd’hui sont essentiellement sur le versant sud et sont très proches du château. De surcroît, l’Histoire et les légendes s’entremêlent et de ce fait, il devient ensuite très difficile de démêler le vrai du faux, le réel du légendaire. Les toponymistes ne semblent pas très d’accord sur l’origine du mot « Paracolls ». Selon Louis Basseda,  il viendrait du latin « para » signifiant « défense » et « collus » signifiant « col. « Paracolls » serait donc un « col à défendre ». Pour d’autres, et notamment Jacques-Joseph Ruffiandis, principal historien à s’être intéressé à cette famille,  il s’agirait d’une « pera collis » ou « colline de pierres ». Parles-t-on de cet éperon rocheux granitique où se trouvent les ruines aujourd’hui ? Pour le second, ça ne fait aucun doute mais rien n’est moins sûr pour la première hypothèse, car le rocher ne présente pas les caractéristiques d’un col, lieu de passages. Un hameau de Paracolls aurait-il existé dans ce secteur ? Certains le pensent.  Se trouvait-il à un col ? Par col entend-on défilé ? On peut simplement émettre des hypothèses. Paracolls se confondait-il avec le Campôme d’aujourd’hui ? Si les deux apparaissent comme indissociables dans le temps, rien ne plaide pas pour cette théorie. Campôme n’est pas situé à un col. Sa toponymie catalane initiale « Campoltme », vient de sa première mention en 901 « Campo ultimo », sans doute du latin « campus ultimus », le « dernier champ », en l’occurrence celui rattaché à Mosset. Alors toutes les suppositions sont permises y compris celle qui consisterait en une « toponymie » venant d’un horizon plus lointain et antérieur à sa première mention connue datant de 948. Après tout, n’y a-t-il pas dans le Vallespir un autre « Paracolls » ? Nom que l’on retrouve cette fois pour un vrai col et les ruines d’un minuscule hameau se trouvant à proximité.  Ils sont situés au dessus d’Arles-sur-Tech, sur le célèbre G.R.10.

    948- L’Histoire des Paracolls commence à cette date-là avec la première mention « castrum Paracollis » qui fait de ce château un des plus anciens du Conflent. On peut donc supposer que des « châtelains » sont déjà là. Dans le Journal des Mossétans N°28 (Histoire de Mosset), Jean Llaury, dans un résumé tiré d’un ouvrage de Jacques-Joseph Ruffiandis, donne 996 comme première mention du site et 1095 comme première mention du château, précisant que c’est à cette date-là, que Guillaume Raymond, petit-fils de Wilfred (héritier du comte de Cerdagne), aurait transmis à son héritier direct, Guillem Jorda, les châteaux d’Eus et de Paracolls. Les armes de Paracolls portaient sur un écu plusieurs pals sur lesquels était un ours dressé mangeant des alises.

    1102- Raymond Bérenger de Paracolls est cité parmi d’autres comme exécuteur testamentaire des dernières volontés de Guillem Jorda, comte de Cerdagne à l’instant où ce dernier s’apprête à partir en pèlerinage sur le tombeau du Christ. On peut donc sans crainte imaginer qu’y avait un lien de suzeraineté entre les deux seigneurs et que Paracolls était le vassal du Comte de Cerdagne. Raymond Bérenger partant lui-même en croisade, une légende à propos d’un trésor à Paracolls est née de cet épisode dont l’histoire est magnifiquement contée par Jean Llaury dans le Journal des Mossétans N°53 (Histoire de Mosset).

    1139-1157 - Guillaume de Paracolls s'attacha à la fortune politique des vicomtes de Fenollet, dont il se montra toujours le vassal fidèle et parfois le conseiller. On le rencontre, le 23 mars 1139, réglant, de concert avec l'abbé de Cuxa, Grégoire, divers différends qui divisaient Hualger de Fenollet et Adalbert de Camèles, au sujet d'un manse situé dans cette dernière localité. Le 8 avril 1141, ce même vicomte fit une concession à la Milice du Temple, à laquelle Guillaume de Paracolls parut comme témoin, et le 27 juin 1142, une seconde concession fut faite à l'ordre des Templiers en présence du seigneur de Paracolls, par le même vicomte Hualger. Guillaume de Paracolls est encore mentionné dans un acte de donation faite à la Milice du Temple par Raymond, comte de Barcelone, le 19 septembre 1147. Enfin, dans un dernier document dépourvu de date, mais qui semble appartenir à l'année 1157, Pierre de Domanova fit abandon à la Chevalerie du Temple de Salomon, de quelques droits seigneuriaux qu'il percevait sur les domaines de la Milice situés au lieu de Centernac, en Fenollet, en présence du vicomte de Hualger de Fenollet, de Guillaume de Paracolls, de Bernard, prieur de Sainte Marie de Marcevol, d'Artal, évêque d'Elne, et de plusieurs autres seigneurs laïques.

    1173 – Guillaume Bernard de Paracolls, successeur du précédent, est compté, au nombre des barons du comté de Roussillon et autres magnats ou barons de sa terre.

    1175 – Le 24 janvier, Guillaume-Bernard de Paracolls, est cité en qualité de signataire du traité de paix et de trêve que le roi Alphonse II d’Aragon fit approuver par les barons de Comté de Roussillon et de ses autres terres. Ce seigneur possédait, en plus du fief de Molitg et de ses dépendances, des manses à Ille et à Angoustrine. Un autre document de cette même année, nous apprend le mariage de Blanche de Conat avec Guillaume-Bernard de Paracolls. Ils eurent trois enfants : Guillaume, Séguier et Guillelma. Le 13 septembre 1175, Guillaume Bernard de Paracolls, Bérangère, sa sœur, et Blanche de Conat, son épouse, vendirent à Ugo, abbé de Sainte-Marie de Poblet, tous les ports, pâturages, eaux et boisages qu'ils possédaient dans la vallée de Maran, à Subiran et à Roda et dans toutes leurs limites d'Angoustrine.

    1186 - Six ans plus tard, par acte fait au château de Conat, le 16 juin, Guillaume-Bernard de Paracolls et Blanche de Conat, son épouse, Guillaume de Paracolls, Séguier et Guillelma, leurs enfants, accordèrent au précepteur de la Milice du Mas-Deu, le territoire dit Mollères de Mortisag, dans la vallée d'Urbanya, s'étendant jusqu'aux dépendances des domaines que les hospitaliers de Bajoles possédaient déjà dans ces parages.

    1217 - Le 2 octobre, Guillaume Bernard jure l’édit de paix et de trêve publié par Nuno Sanche d’Aragon, seigneur du Roussillon et de Cerdagne pour le diocèse d’Elne et de Cerdagne. Selon les historiens, il est difficile de savoir si c'est toujours le même Guillaume Bernard, ou son fils aîné Guillaume.

    1230 - Le baron Guillaume Bernard de Paracolls occupe le château en sa qualité de suzerain. A cet instant, il est le seigneur de Molitg, Campôme, Conat, Fornols, Estanyils et Croells. L’ensemble formera une baronnie jusqu’à la révolution de 1789. Vous noterez que Mosset n’en fait pas partie et pour cause, la cité à son propre château et seigneur depuis le bas moyen âge, seigneurie qui n’aura de cesse d’essayer de dominer son voisin de Paracolls. Ce Guillaume-là serait le héros peu glorieux d’une histoire d’amour qui se termine mal pour la plupart de ses acteurs et dont on dit qu’elle serait elle aussi une fabuleuse légende, légende qui est restée sous le nom de « El Gorg de la Mossa ou Moussa » (le Gouffre de la servante). Retrouvez-là elle aussi dans le Journal des MossétanN° 53 ou bien sur le site de l’Office du tourisme de Molitg-les-Bains.

    1235 – Guillaume Bernard de Paracolls est encore cité comme témoin, dans un privilège accordé à la commune de Villefranche-du-Conflent, par Nuno Sanche, seigneur du Roussillon et de la Cerdagne, à la date du Il des calendes de mars 1235 (Cartulaire de Villefranche-du- Conflent).

    1250- Le château reste la possession  des Paracolls jusqu’à cette date-là et il se dit que la légende précédente ne serait pas étrangère au déclin définitif de la famille car selon la prédiction de Guillelma, la fameuse servante de la légende, Guillaume Bernard est mort, atteint par une flèche, en voulant défendre son château, lequel est pillé, ravagé puis brûlé par des brigands espagnols. Selon la légende, ils voulaient dérober un fabuleux trésor. Au cours de cette attaque, son fils Bernard est également mort dans d’atroces souffrances. Le petit-fils du Guillelma, Raymond, seul survivant masculin s’est réfugié à Saint-Martin du Canigou où il a pris la bure. Il  termine ses jours en ermite dans une cabane proche du château. On dit qu’il priait sans cesse en souvenir de ses aïeux et tenter d’expier leurs péchés.

    1254 – Les héritiers Paracolls n’ayant plus d’enfant mâle, un texte nous informe de la donation du domaine à Bernat de Berga, l’évêque d’Elne. Le domaine est ensuite partagé à sa mort. Le 17 novembre, une dame Sibille de Paracolls renonce à la redevance d’un agneau que ses prédécesseurs recevaient.

    1258- Le 11 mai, signature du Traité de Corbeil. Saint-Louis cède la Catalogne et bien évidement le Roussillon au roi Jacques de Majorque. La frontière se déplace et passe désormais par le col de Jau et le pic Rossillou, pour ne parler que de la ligne la plus proche de la vallée de la Castellane. Paracolls passe dans le Royaume de Majorque. Jacques 1er le Conquérant, souverain d'Aragon partage son royaume en deux et donne à l'aîné l'Aragon et la Catalogne, et au cadet les îles Baléares, la Catalogne Nord et la seigneurie de Montpellier. C’est « le royaume de Majorque ». Cet éphémère royaume fut en butte constante avec son voisin qui l'annexa en 1344. Le dernier roi de Majorque fut capturé, on lui céda la seigneurie de Montpellier qu'il refusa. Il remonta une armée et conquit à nouveau le Conflent, qui lui était acquis. Mais le roi d'Aragon put le reprendre.

    1264 -Dame Sibille de Paracolls confirmait aussi, le 3 des ides de mai (13 mai) 1264, les acquisitions que le même hôpital venait de faire de quelques possessions situées au territoire d'Ille, et tenues par un homme du seigneur de Paracolls (Ibid., parch., B., H9). Cette rente avait été approuvée, le même jour, par Raymond d'Urg et Esclarmunde, son épouse, qui avaient reçu, pour droit de mutation, « 25 sous barcelonais bons)) et couronnés, valant deux marobotines doubles de bon « or et de juste poids)), ce qui semble indiquer que Raymond d'Urg et son épouse tenaient ces possessions d'Ille en fief pour dame Sibille de Paracolls.

    1268 – Esclarmunde se rattachait sans doute à la famille seigneuriale de Molitg, car un acte de 1268 (Lib. feudor, A., fo 74) l'appelle Esclarmunde de Conat, et nous apprend que la villa de Riutort, en Capcir, était tenue en fief, à cette époque, par Bérenger d'En, pour dame Esclarmunde de Conat et Raymond d'Urg, son mari.

    1281- Dame Sibille de Paracolls ayant épousé Chabert de Barbaira en 1233, chevalier faydit occitan, seigneur de Puilaurens et de Quéribus, un document nous apprend que leur fils Bernard de Paracolls signe un acte, sans doute de donation au domaine royal.

    1286 – Le seigneur Guillem de So de Roquefort reconnaît tenir en fief de Guillaume de So, seigneur d’Evol, le tiers de la dîme de Paracolls, qui était alors possédée par Pons de Conillach.

    1293 - Un acte du 9 des calendes d'avril 1293 montre les dîmes de la paroisse de Molitg tenues en fief pour le roi, sans autre feudataire intermédiaire que Guillaume de So de Sainte-Colombe. Plus tard dans l’année, Pons de Conillach, de Fuilla, reconnaît tenir pour Guillem de So, de Sainte-Colombe, la part des dîmes de Paracolls et de Sainte-Marie de Molitg, le fief d'une charge de seigle à retirer de la dîme de Sposolla et un manse aux Anglars.

    Vers 1295, le château est  effectivement possession des Rois de Majorque. Il inclut le fief de Molitg.

    1299 –1300 - La chapelle du château dédiée à Saint Pierre est mentionnée pour la première fois et dans un document du 9 avril 1300, il est indiqué que les dîmes de la paroisse sont acquises au roi.

    1305 – Jacques II, roi de Majorque, déclare que le lieu de Comes est confronté à l'ouest, avec le château royal de Paracolls.

    1305-1340- Le château présentant peu d’intérêt dans le système défensif de la Vallée de la Castellane, dépassé qu’il est par ceux de, Mosset (1175), Catllar (1267), Molitg (13eme siècle), la Tour de Mascarda (1350), il est inféodé à Pons de Caramary par le roi Jacques II de Majorque selon la coutume dite de « Barcelone ». Ce sire Pons de Caramany est viguier de Cerdagne de 1303 à 1309 puis lieutenant général du roi de Majorque de 1311 à 1314. Un acte de 1312 confirme la donation royale de Paracolls en faveur de Pons de Caramany par Sançhe, fils de Jacques II. Il avait déjà reçu les fiefs de Comes et de Stanyls depuis 1304. Un autre document de février 1313 confirme que Pons de Caramany a bien le titre de baron,  « seigneur de Paracolls ». Sous ce titre, ce dernier fait partie de la cour des deux derniers rois de Majorque et il est même présent au palais royal de Barcelone en octobre 1327, lorsque Jacques II de Majorque prête foi et hommage au roi Jacques d’Aragon. En mars 1340, on le retrouve lors d’une vente à Comes (au dessus d’Eus). On perd sa trace en 1340.

    1348 : Toute la vallée de la Castellane est frappée par la peste. Paracolls et ses habitants n’échappent sans doute pas à cette terrible calamité.

    1356- Le baron de Paracolls, François de Caramany, fils de Pons, est l’assistant du gouverneur du Roussillon, nommé par le roi d’Aragon Pierre IV le Cérémonieux, il devient ensuite conseiller à la cour royale de Perpignan. Ses fonctions le retiennent loin de ses terres et de ses vassaux d’autant que l’époque n’est guère propice aux voyages ! En effet, après la peste, un nouveau fléau s’abat sur la contrée : les routiers des Grandes Compagnies, des bandes de pillards sont finalement anéantis dans leur repaire de Tarerach le 14 juin 1364.

    1362 – François de Caramany vend une partie de son domaine à Jaspert de Trégura et notamment Moligt, Campôme, Croells ainsi que le château de Comes, avec tous droits et dépendances.

    1373-1382- La seigneurie de Paracolls appartient à François de Trégura, également seigneur de Molitg précisent les textes retrouvés.

    1386 – Le 4 juillet, Hugues IV, baron de Santa Pau, de  Castellfolit de la Roca, senyor de Mont-Ros hérite par testament d’André de Fenouillet de la baronnie de Mosset,  Mascarda et le fief de Paracolls.

    1390 – Jaspert de Trégura est nommé viguier du Conflent et du Capcir. En bon administrateur, il s’est aperçu que les épidémies et les guerres avaient dépeuplé son domaine, il fit appel aux personnes qui voudraient s’établir à Molitg ; pour les attirer, il offrait habitation, terres et franchises. Le 19 juin 1408, il porte le titre de seigneur de Paracolls. Simple damoiseau, en 1410, il porte le titre de chevalier et est choisi comme exécuteur testamentaire de Pierre de Fenollet. Le baron de Paracolls avait épousé (avant 1406) Marguerite, fille de Pierre du Vivier, damoiseau de Clayra, et nièce de Johana, épouse de Guillem Jorda, seigneur du Boulou, qui l'institua son héritière universelle par son testament du 1er juillet 1410.

    1411-1428 - Par le jeu des héritages, il semble qu’à cette époque (dates incertaines) l’essentiel de la seigneurie ait appartenu à Miquel de Cardona qui possédait aussi Molitg, Campôme, Paracolls et Cômes. Un autre document précise qu’elle passa ensuite de la famille Viader à la famille Alemany, probablement par l'intermédiaire des Cardona, dont un membre, Miquel de Cardona, seigneur de Molitg, Campôme, Paracols, Coma et Vall de Conat, avait épousé Claire, nièce d'Antoine Viader. (Il faut sans doute noter qu’à cette époque le titre de baron de Paracolls appartient à un Trégura alors que le domaine appartient probablement à d’autres familles (Cardona, Viader, Alemany).

    1429 - Le 23 juin, Pierre du Vivier, pour les bons services qu’il a reçus de Jaspert de Trégura, seigneur du château de Paracolls [Molitg] lui donne la faculté devant Jean Morer, notaire de Millas, pour lui et ses successeurs, d’utiliser le bois de la forêt de Salvanère pour alimenter sa mouline ou moulin à fer de Campôme, à la condition qu’il paye un droit d’entrée de deux paons et une somme de 3 ou 6 deniers par charge de bois qui se retirera des dits bois.

    1450 - Jaspert passe un acte important avec le seigneur de Mosset pour pouvoir amener l’eau de la Castellane à sa forge de Campôme et pour avoir l’autorisation de faire du charbon de bois sur le territoire de Mosset et de la Bastide de Mascardá. A sa mort, Jaspert de Trégura laissait deux fils Pierre et Gispert ainsi que trois filles : Michaele épouse d’Antoine de Vilanova, Blancheflor et Jeanne.

    1453 - Le 17 avril, et il y a lieu de croire que Jaspert de Trégura ayant laissé deux fils, c’est l'aîné Pierre qui lui succède à Paracolls. A cette époque, les comtés de Roussillon et de Cerdagne sont occupées par les troupes de Louis XI.

    1469 - 22 juin, Pierre de Trégura est cité dans un acte comme « donzell, seigneur de Molitg, de la baronnie de Paracolls et lieutenant du gouverneur des comtés du Roussillon et de Cerdagne ”  ; il embrassa le parti des français, fut chargé d’organiser les troupes royales dans la région de Prades et reçut à cet effet le grade de capitaine. Sa fille Jeanne épousa un officier français Bertrand de Beauregart ; son fils Jean lui succéda mais mourut jeune en 1487 sans postérité.

    1487 - Le 29 octobre, la succession revient à Jeanne de Trégura. Après la mort de Bertrand du Beauregart, son premier mari, Jeanne a épousé Jorda de Marça, donzell de Corneilla-de-la- Rivière, qui fit son testament à Catllar, le 23 juin 1501. Jeanne de Trégura, qui s'était toujours réservé le titre de baronne de Paracols, mourut vers l'an 1505, et sa succession revint, par indivis, à son proche parent, Ange de Vilanova, donzell de Millas, alors domicilié à Saint-Féliu-d'Amont, et à sa cousine, Anna de Trégura, fille du donzell Gispert de Trégura, que nous croyons frère cadet de l'ancien capitaine de Prades, Pierre de Trégura.

    1505 - Par acte du 19 juin, Gispert de Trégura, au nom de sa fille, et Jean de Vilanova, comme tuteur de son fils, convinrent de s'en rapporter à l'arbitrage du damoiseau Roger Garriga, du docteur Jean Salvetat, de Jean de Malorgues et de François de Çanespleda, qui décidèrent que la succession de Pierre de Trégura, comprenant la baronnie de Paracolls, demeurerait indivise entre Angelot de Vilanova et Anna de Trégura-Çanespleda, leur vie durant. Anne de Trégura mourut avant l'an 1530, et son mari, Jean de Çanespleda, qui, dans un acte de 1531, se dit usufruitier de tous les biens qui avaient appartenu à dame Anne, son épouse, mourut peu de temps après, laissant un fils du nom de Roger qui vivait encore en 1543.

    1543-  Angelot de Villanova dit le Magnifique devint seigneur de Molitg et baron de Paracolls. Le sire était un fin lettré, on le trouve, cependant, mêlé aux luttes féodales de cette époque ; en particulier, il eut un diffèrent avec Henri Cantá seigneur de Château-Roussillon. Il se marie deux fois et à 5 enfants dont Michel de Vilanova qui lui succède. A cette époque, les conflits locaux sont légions, le plus souvent motivées par les guerres de religions. Michel n’est pas en reste.  A ces guerres entre seigneurs viennent s’ajouter les huguenots et des bandits qui écument la région du Conflent et plus largement toutes les Pyrénées. La période est trouble et le reste longtemps.

    1583 – Michel de Vilanova périt assassiné. Son fils Jean est héritier de ses titres et de ses biens, lui succède à la tête de la baronnie de Paracolls ; il habitait ses domaines une grande partie de l’année, s’occupant de ses forges : en plus de celles de Campôme et de Cruells,  il en avait acquis d’autres en Conflent.

    1593-1595 – C’est cette occupation en Conflent qui est à la base de la rivalité qui s’éleva entre lui et le seigneur Don Garau de Cruylles de Mosset lequel tirait également un revenu important de la production du fer. Le seigneur de Mosset et Jean de Vilanova, baron de Paracolls se firent la guerre dévastant leur domaine. De très nombreux habitants de la vallée, de Campôme en particulier, y perdirent la vie. Le dit baron de Molitg et de Paracolls défend à ses vassaux d’approcher de Mosset qu’il qualifie de caverne de voleurs et de bandouliers.

    1608-1641 - Jean de Vilanova décède et son fils Joseph, né en 1608, lui succède mais meurt très jeune en 1636, léguant la baronnie de Paracolls à sa mère Magdeleine qui l’apporta en dot à son second époux Gaspard de Llupia. en 1623. Gaspard meurt en 1634 avec le titre de baron de Paracolls laissant son héritage à son fils aîné également prénommé Gaspard. Ce dernier décède à son tour en 1641 mais sans enfant, il transmet ses fiefs seigneuriaux par testament à son frère Charles de Llupia.

    1642-1789 -  Charles de Llupia a hérité de tous les biens : Paracolls, Belpuig, Castelnou, Llupia. Mêlé à la révolte du Roussillon, il prend ouvertement le parti de l’Espagne ; ses biens en France, sont mis sous séquestre puis confisqués par Louis XIV. En 1653, ces biens appartiennent Isabelle Dulac, veuve de Pierre de La Cavalleria, épouse en secondes noces de Pierre de Talon. En 1667, ils appartiennent à un certain Diego Rodrigue, marchand de Bayonne, puis en 1668, en faveur du baron de Monclar. A la mort de Charles de Llupia, son fils Ange-Charles adresse une requête au roi qui lui rend généreusement ses biens. Cependant, Ange se fixe en Espagne où il est élevé à la dignité de marquis ; ses descendants gardèrent la seigneurie de Molitg, Paracolls et Cômes jusqu’à la révolution de 1789. Pendant ce temps, mais surtout au XVIeme siècle,  les Llupia sont devenus des maîtres de forges car les mines de fer sont très nombreuses dans la Vallée de la Castellane. On en décompte plus d’une dizaine. Ces forges deviennent parfois sources de conflits entre le seigneur de Paracolls et celui de Mosset. Le temps n’a pas arrangé les rapports entre les deux seigneuries. C’est en 1789 que Paracolls et son château sont détachés de Molitg et rattachés à Campôme. Bien que les premiers bains « Els banys » soient mentionnés en 1543, c’est à partir du XVIIIeme siècle qu’ils se développent vraiment. C’est un des marquis de Llupia qui fit aménager l’installation rudimentaire des fameux bains de Molitg qui purent ainsi être facilement ouverts au public dès 1785. Peu à peu, les bains vont remplacer les mines dans les affaires des anciens seigneurs. Il y en a deux portant le nom de leurs propriétaires respectifs « els banys Llupia » et « els banys Mamet ». Notons qu’au cours de cette période si mouvementée, trois dates sont à retenir : 1653, une deuxième épidémie de peste sévit dans la vallée aussi meurtrière que celle de 1348.  1659, signature du traité des Pyrénées entre Louis XIV et le roi Philippe IV d’Espagne. Les frontières se déplacent à nouveau. La France annexe le comté du Roussillon, le Capcir, le Vallespir, de nombreux villages de Cerdagne et le Conflent. Paracolls redevient français. 1789, la Révolution Française a pour effet la réquisition de tous les biens appartenant à la noblesse. Paracolls n’y échappe pas.

    1792- Pour Campôme, c’est la fin de la dépendance de la seigneurie des Paracolls. La commune devient autonome.

     

    Voilà ce que l’on peut dire des Paracolls, de leur Histoire (sans doute très incomplète) et de leur château. Tous ces textes, toutes ces dates, je les ai recueillies sur Internet auprès de différents sites qu’il serait bien trop long d’énumérer ici. Notons toutefois que les plus nombreuses annales ont été extraites de l’Histoire de Mosset (Journal des Mossétans) grâce à des articles rédigés par Jean Llaury, d’après un ouvrage de Jacques-Joseph Ruffiandis. Il y en a aussi tirées de l’Histoire de Caramany ou du Roussillon et de Pyrénées-Orientales et des sites Internet de Molitg ou bien encore du Dictionnaire de biographies roussillonnaises de l'abbé J. Capeille que l’on trouve sur le site Internet https://mediterranees.net/. J’en remercie tous leurs auteurs sans exception avec une palme particulière à Jacques-Joseph Ruffiandis qui a été sans doute le tout premier à s’intéresser à cette famille. Son ouvrage est malheureusement introuvable de nos jours.

     

    12eme siècle : Le « Paracolls », le plus enraciné dans l’Histoire pourrait être un Bérenger, plus connu sous son nom de troubadour « Bérenger de Palasol ». A Perpignan, une rue porte son nom. Il a laissé de nombreuses chansons de geste et poèmes. Voilà ce qu’en écrit Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye dans son « Histoire littéraire des troubadours » en 1774 page 442 : « Bérenger de Palasol fut, selon nos vies manuscrites un chevalier catalan, du comté de Roussillon, pauvre, mais distingué par sa figure et par ses manières, joignant aux travaux de la chevalerie, les plaisirs de l'amour et le goût des vers. Ermésine, femme d'Arnaud d'Avignon et  fille de Marie de Pierrelatte, captiva son coeur et devint l'objet de ses chansons. L'historien du Languedoc le compte parmi les troubadours qui florissaient sous Raimond V, mort en 1194. » Sauf que les avis des historiens sont très partagés, certains ne pensant pas qu’il s’agit d’un « Paracolls » mais le disent originaire du fief de Pallol, ancienne villa située dans le voisinage et à l'ouest d'Elne, le seul domaine de ce nom que l'on rencontre dans l'ancien comté du Roussillon. (Annuaire de 1834. - Bernard ALART, Bérenger de Palazol, dans le Xeme Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales). L’époque où il a vécu reste d’ailleurs très incertaine, voir la biographie qui lui est consacrée sur le site https://mediterranees.net/biographies/capeille/CapeillePa-Per.pdf. Sur l’encyclopédie Wikipédia, il est mentionné sous le nom de Berenguer de Palou et l’on rajoute qu’il aurait été le vassal de Gausfred III du Roussillon qui a vécu de 1103 à 1164 et pour lequel, il l’aurait honoré de divers chants tel celui intitulé « Jaufres ». En 1207, il aurait fait un don d'un bien aux Templiers de Saint-Hippolyte afin d'être enterré dans le cimetière templier (Histoire du Roussillon)

     

    Il est à noter qu’il existe de très vieilles cartes postales montrant le château de Paracolls dont une notamment datant de 1902. Bien évidemment, il paraît en bien meilleur état qu’il ne l’est de nos jours. Photographié depuis Molitg et donc avec vue de son flanc nord, on y distingue encore de très hauts remparts crénelés, c’est dire si en un peu plus d’un siècle, ce patrimoine de notre Histoire a vu ses vestiges se dégrader très fortement. Il serait peut-être temps de s’y intéresser avant son écroulement total et sa disparition définitive.

     

    Le nom continue d’être porté par de nombreuses personnes des deux côtés de la frontière catalane, la région de Barcelone étant de loin celle où l’on en recense le plus. L’appellation « Paracolls » dans le Vallespir a-t-elle une liaison avec celle du Conflent ? Je n’ai rien trouvé à ce propos.

     


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  • Neymar plus fort que Macron !....ça ne peut plus durer !

    Cliquez sur la photo pour l'agrandir. 


     

    Quand nous sommes en vacances à Urbanya, nous regardons peu la télé. En réalité, ça se résume le plus souvent à regarder un des trois journaux de la journée, voire un éditorial de BFM quand nous sommes bien trop occupés à autre chose. Hier soir par exemple, le 2 août, nous avons seulement regardé le journal sur France 2, et encore pas en entier. Il y avait deux grands titres à la Une. D’un côté, une réduction de 300 millions d’euros décidée sans prévenir par Macron et Philippe vis-à-vis des collectivités, c'est-à-dire vis-à-vis des communes françaises et de l’autre le transfert de joueur de foot brésilien Neymar, du FC Barcelone au PSG, pour 220 millions d’euros.

     

    Comme toujours, et parce qu’à la télé, le temps c’est énormément d’argent, le développement de ces deux titres ne dura que quelques minutes de part et d’autre. Enfin, si on peut appeler ça un développement.

     

    D’un côté, et pour la première info, le journaliste se contenta de dire que cette décision était inattendue de la part du gouvernement et rajouta qu’elle engendrait une levée de boucliers de la part de l’opposition et de bons nombres de maires. Cette « levée de bouclier » se résuma à de brèves interviews où quelques élus, sans trop de vigueur, semblaient vouloir se plaindre de cette décision « macronienne » aussi soudaine qu’imprévue. En tous cas, aux dires des interrogés, elle n’avait jamais été ni programmée ni annoncée lors de la campagne présidentielle pas plus que lors des discours d’investitures du président et du premier ministre.

     

    Du peu entendu, j’ai néanmoins compris que moins de dotations comme ça avait déjà été le cas sous Hollande, c’était moins d’argent pour les mairies et donc moins d’argent pour faire face à leurs dépenses d’aménagements et de fonctionnement. La vie des communes, c’est notre vie, celle des enfants de nos écoles, celle de nos associations, celle des services qui nous sont alloués comme la sécurité par exemple, etc….Moins d’argent pour les mairies, c’est sans doute l’assurance d’une augmentation des impôts locaux pour nous. Enfin, tout ça restait à voir car à vrai dire, les économies soi-disant voulues par Hollande avec les mêmes décisions s’étaient terminées par un « trou  public » encore plus profond et une situation financière de la France encore plus dégradée ! Vu sa position de ministre de l’économie, Macron était forcément au courant avant même d’arriver au pouvoir. Il a pourtant prétendu le contraire. Sapin et Macron faisait la paire mais un seul a du s’expliquer devant la Cour des Comptes pour ce bilan précédent « insincère ».  Adhérent de l’association des Contribuables Associés et lecteur assidu de leurs articles, si je suis conscient que la France doit faire des économies, je ne suis pas certain que cette réduction de 300 millions d’euros aille dans le bon sens et soit le début d’une solution qui se voudrait efficace. En tous cas, elle semble contraire aux intérêts des citoyens lambda que nous sommes. Je pense qu'en prenant garde à ne pas faire de gaspillage de l'argent public, on trouverait aisément plus de 300 millions ! J’attends de voir ! 

     

    Concernant Neymar, le développement ne fut guère plus long mais l’orientation donnée au sujet par France 2 était éclatante et « claire comme de l’eau de roche ». De toute évidence, en achetant Neymar, le PSG et la France faisait une « formidable » affaire commerciale. Voilà ce que France 2 voulait nous faire gober. Les chiffres annoncés m’ont donné le tournis mais je suppose que je n’étais pas le seul dans ce cas. Moi, qui habituellement, a une bonne mémoire des chiffres, je ne retenais rien ou presque de ceux annoncés comme si mon cerveau prenait le pas sur ma pensée devant tant de cynisme et d’immoralité. Pourtant, je me souviens qu’un journaliste sportif puis un économiste de renom sont venus nous expliquer que dans ce transfert « hors du commun » tout était bon et rentable. Bon pour qui ? Très bon et très rentable pour le PSG dont les retombées publicitaires, commerciales et sportives allaient être démultipliées par « x », bon pour le joueur dont les revenus annuels extravagants et de 820 millions d’euros sur cinq ans étaient une manne financière énorme pour la France au niveau des cotisations sociales que le joueur serait amené à payer. Le sujet se termina malgré tout par d’horribles et terribles statistiques que mon cerveau, une fois encore, n’a pas voulu retenir dans leur globalité. Combien de SMIC le salaire de Neymar représentait, combien de voitures il pouvait se payer, etc.…... Enfin des grosses « conneries » de ce type, comme si l’énormité et l’amoralité du chiffre initialement annoncé avaient besoin d’excuses ou de prétextes pour nous faire avaler cette pilule si amère. Avec ses statistiques, France 2 semblait vouloir nous dire « Voyez, tout est bon et positif dans ce transfert hors norme mais ce n’est pas dans notre esprit et c’est quand même immoral ! ».

     

    Dégoûté de tant de cynisme de tous côtés, je n’ai pas voulu écouter la suite des infos car j’ai estimé que j’avais assez entendu de balivernes pour aujourd’hui. Je me suis souvenu néanmoins que j’aimais le foot, que je l’avais pratiqué très longtemps avec plaisir, récoltant même quelques titres mais toujours en amateur, que le PSG appartenait aux Qataris, que les Qataris étaient soupçonnés d’êtres les principaux financiers des Frères musulmans, du Hezbollah, du Hamas, de Daech et d’autres êtres humains « islamiquement » si radicaux et si dangereux. Enfin, je me suis souvenu qu’au sein de mon abonnement Internet Orange,  j’étais abonné à Bein Sport appartenant également aux Qataris.

     

    Les Qataris étaient partout mais peu souvent dans des causes humanistes et justes apparemment, il suffisait de voir comment les salariés sont traités là-bas !

     

    Alors je me suis dit : « tu te passes de Bein Sport à Urbanya, tu peux donc t’en passer au domicile ? ».

     

    D’un autre côté, « faut-il mettre tous les Qataris dans le même panier ? ».

     

    Incapable de répondre à cette dernière question, j’ai décidé que j’annulerais mon abonnement Bein Sport dès la rentrée de septembre car j’en ai assez de participer à cette mascarade consistant à trouver toujours plus d’argent pour le sport, et le foot notamment, et jamais assez pour les citoyens lambda que nous sommes. C’est une goutte d’eau qui ne fera jamais déborder ce vase……. plein de merdes, mais c’est ma goutte !

     

    Que Macron, Hollande, Valls, Sarkosy et consorts s’accoquinent avec les Qataris quels qu’ils soient, c’est une chose, que je le fasse moi aussi ça ne peut plus durer !


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    Diaporama sur la chanson "Douce France" de Charles Trenet composée par Léo Chauliac jouée par Aimable et son orchestre

    Les Chemins ruraux de Serralongue depuis Le Tech

    Les Chemins ruraux de Serralongue depuis Le Tech


     

    Cette boucle que j’ai intitulée les « Chemins ruraux de Serralongue » (*) est le fruit d’une rencontre et d’une conversation qui méritent quelques explications. En voici l’essentiel. A l’automne dernier, alors que je bricolais sur la terrasse de ma maison d’Urbanya, un homme d’un âge certain, septuagénaire sans doute, est arrivé sans crier gare et très essoufflé en haut du chemin de Sarrat.  C’est là que se trouve ma maison. Il m’était inconnu mais bizarrement cet homme connaissait de très nombreuses « choses » de moi : mon nom et mon prénom tout d’abord, mon goût de la marche à pied, ma passion pour la photo naturaliste et divers petits détails qui finalement  m’ont aiguillé et m’ont permis de comprendre pourquoi il en savait autant sur moi. Il était de toute évidence un lecteur de mes sites Internet « randos », fervent à ce qu’il prétendait. Comment ne pas le croire, puisque parmi nombre de détails qu’il énumérait, il était parfaitement au courant de mes derniers récits, de mes dernières randos et de mes chutes à répétition qui s’y étaient produites ces derniers temps ? Cet homme, muni d’un appareil photo avec un téléobjectif plutôt puissant en connaissait surtout un rayon sur le patrimoine religieux de notre beau département. Eglises, chapelles et prieurés ne semblaient pas avoir de secrets pour lui. Il était venu photographier l’église Saint-Etienne d’Urbanya et prétendait que son clocher était d’une grande originalité car avec ses nombreuses ouvertures, il ressemblait selon lui à un véritable « conjurador ». Ce mot m’étant inconnu, il m’en expliqua tout dans le détail sous la forme d’un exposé quasiment magistral. Un vrai régal ! La conversation s’installa et finalement au terme de celle-ci, c'est-à-dire plus d’une heure après, il me dit : « vous devriez aller faire un tour à Serralongue, vous savez un conjurador, c’est sans doute bon pour tout, même pour les chutes, je pense !  » Sur le ton de la boutade, je lui ai répondu « j’irais le voir sous la condition que ça puisse se faire au cours d’une balade pédestre », et là, alors que moi je plaisantais, il me répondit sur un ton très sérieux  « regardez la carte IGN du côté du hameau Le Tech, ça doit être réalisable » et il rajouta  « vous connaissez Le Tech ». Bien évidemment, je connaissais Le Tech pour y être passé en voiture des dizaines et des dizaines de fois mais il me fallut lui avouer que je ne m’y étais jamais arrêté. Quant à une éventuelle randonnée au départ du village, je n’en savais rien.  Il répondit « je ne suis pas inquiet, vous trouverez ! ». Notre entretien se termina ainsi et nous nous saluâmes avec un réciproque « ravi de vous avoir rencontré ». Sauf que lui connaissait beaucoup sur moi et moi rien de lui. Je lui ai demandé son nom mais pour toute réponse, j’ai essuyé un laconique « ça ne présente aucun intérêt ! ». J’ai compris que l’homme voulait conserver une certaine discrétion. Je lui ai  offert un verre mais il le refusa sans doute par sens de la retenue et de la réserve aussi, ne voulant sans doute pas que la conversation s’oriente sur lui et sa passion pour les édifices religieux. Du coup, il s’en alla comme il était venu, dans le plus strict anonymat. Voilà comment en ce matin du 23 février 2017, je me retrouve au hameau Le Tech, sac au dos, G.P.S et bâton dans les mains et comme toujours appareil photo autour du cou, au départ de cette balade en direction du conjurador de Serralongue. La fleur au fusil aussi, car or mis le tracé enregistré dans mon G.P.S, je n’ai rien préparé de cette balade. Je vais le regretter. Pourquoi suis-je parti sur un coup de tête, moi le cartésien dans l’âme, alors que je ne crois pas une seconde à toutes ces histoires de «mauvais sort » qu’un édifice et quelques « incantations »  pourraient conjurer ? Je ne sais pas ! L’envie de découvrir sans doute et de trouver un bon prétexte pour partir marcher. Je ne vois que ça à moins que mon subconscient me joue des tours ? Au Tech, j’enjambe le fleuve éponyme et gare ma voiture sur une vaste esplanade face à une aire de jeu. J’enfile mes godillots, allume mon G.P.S et démarre en passant entre l’aire de jeu et un court de tennis. Le ciel est gris et lourd presque mercuriel vers le sud, là où je dois aller. Je me dis « pas génial » pour prendre des photos. Vers le nord, c’est carrément le contraire, avec un ciel bleu très encourageant. J’ai bon espoir que le bleu l’emporte sur le gris. Un panonceau cloué à un poteau se présente : « le Tech 515 m d’altitude » et « Serralongue 2,5 km ». Un petit sentier balisé en jaune entre dans un bois, passe devant une fontaine, la Font del Prat sans doute, et voilà déjà que mon tracé G.P.S n’est plus dans les clous. Peu importe, je me fis au balisage. Le sentier s’élève au milieu des châtaigniers. Le sentier est triste, aussi triste que les rares perspectives visibles au travers des branches et en direction du village. Tout en montant,  je me dis que ce n’est pas aujourd’hui encore que j’irais le visiter. Peut-être ce soir, on verra ?  Seules les montagnes du côté du Vallon de la Coumelade offrent quelques couleurs d’une pureté incroyable : le blanc de la neige et le bleu du ciel, mais toujours au travers des arbres. Finalement après 30 mn d’un modeste dénivelé, je rejoins une large piste forestière. Si j’en crois mon bout de carte, je suis à la Collade d’En Banat à 645 m d’altitude. Mon G.P.S n’indique que je me suis élevé de 125 m depuis le départ. Je n’ai pas cette impression et ce d’autant que je sais que le dénivelé très modeste est d’environ du double seulement. Sur la droite, un autre chemin part en direction d’un cortal, celui de Sainte-Cécile. Je décide de garder sa découverte pour la fin. Au collet, j’y reste une dizaine de minutes car les pinsons et les bouvreuils pivoine y sont légions. Je tente de les photographier mais le ciel est toujours aussi terne et la luminosité est en berne. De « pivoine », aujourd’hui les bouvreuils n’ont que le nom. Je poursuis mais un peu dégoûté de n’avoir pas pu photographier les oiseaux comme je le voulais.  Je me fie toujours aux marques de peinture jaune et emprunte la piste vers la droite. 200 m plus loin, un court poteau planté en terre, toujours peint en jaune, indique qu’il faut descendre quelques marches qui s’enfoncent dans un sous-bois. Par endroit, la descente est raide et réclame prudence mais heureusement elle est très courte. A chaque pas, je redouble de vigilance car je me dis à quoi bon aller découvrir un « conjurador » qui serait censé stopper mes chutes à répétition, si c’est pour tomber avant même de l’avoir atteint ? Une nouvelle piste se présente. Une pancarte mentionne une fromagerie sur la droite que l’on peut rejoindre en voiture et bien évidemment également à pied, C’est celle de Mouly Benc dont j’ai déjà entendu vanter les mérites du côté de Prats-de-Mollo. On me l’a décrite comme une des meilleures fromageries artisanales du département. Mais à quoi bon y aller alors que je suis parti sans aucun moyen de paiement ? Je poursuis la balade non sans quelques hésitations car le balisage est moins évident. Je le retrouve sur une clôture longeant un sentier. Quelques minutes plus tard, me voilà en surplomb de la rivière Lamanère. Un radier sur la droite m’oblige à m’y diriger alors que selon mon tracé, il aurait du être plutôt sur la gauche. Je mets cette approximation sur le compte de mon G.P.S, peu suffisamment précis dès lors que l’on est au fond d’un vallon.  Je m’installe au milieu du  passage à gué car je trouve le coin sympa et en plus, de nombreux passereaux occupent les berges de la rivière et les grands arbres qui l’encadrent. Si les mésanges et les fauvettes ont la bougeotte, quelques bruants chantent plus tranquillement aux sommets des arbres dénudés. Ils ne sont sans doute que de passage dans leur migration. Pour eux comme pour moi, c’est l’endroit idéal et frais pour prendre un en-cas et faire une pause. Leur route est sans doute bien plus longue que la mienne. Moi j’y ajoute quelques photos d’eux et ce d’autant que la brume semble vouloir se dissiper. Eau calme et limpide d’un côté et quelques vaguelettes mousseuses de l’autre, cette rivière paraît assez tranquille, sauf que de multiples vestiges d’un ancien radier trônant au milieu de son lit démontrent qu’elle sait parfois être un torrent impétueux, violent et parfois même déchaîné. Je repars, assez satisfait de trois ou quatre photos d’oiseaux qui seront un peu meilleures que les précédentes. Une nouvelle hésitation à cause d’un balisage moins présent mais comme il y a un chemin plus évident que les autres, je ne suis guère inquiet. Je l’emprunte car les autres sont amplement embroussaillés. Le chemin se transforme rapidement en une piste forestière qui s’est quelque peu élevée, offrant des débuts de perspectives au travers des arbres. Je quitte de nouveau cette piste pour un étroit sentier qui continue de se hisser dévoilant cette fois de vrais panoramas : sur les crêtes enneigées du Haut-Vallespir, côté Canigou et de quelques sommets frères qui en composent son massif. D’autres vues sont plus proches, vers la ferme de Mouli Benc et le vallon de la Lamanère où il y a encore quelques minutes, je me prélassais presque dans son lit et enfin sur quelques jolies collines arrondies et boisées qui en agencent son vallon : Puig de la Rondinayre, Puig du Clot del Forn et Puig Colom m’annonce mon bout de carte I.G.N. Serralongue est là et tous ces paysages s’embellissent encore un peu plus alors que je file vers le centre du village par une large rampe cimentée. A l’instant même où je m’apprête à partir vers la chapelle Saint-Antoine, un homme sortant du jardin d’une superbe villa me stoppe dans mon élan. Il est belge mais serralonguais de cœur à n’en pas douter, super gentil à n’en pas douter non plus, locataire de l’adjoint au maire mais accédant à une propriété qu’il est entrain de faire de construire et qu’il tente en vain de me montrer du doigt. Elle me paraît loin et je ne vois pas du tout de laquelle il peut s’agir. Peu importe, l’homme a envie de parler, de lui, de sa vie qu’il n’imagine plus qu’ici, de Serralongue dont je vois bien combien il est amoureux. Il me parle de la cité, de son conjurador bien sûr, de son église et de son musée,  qu’il me conseille d’aller visiter mais pour lequel il me précise qu’il me faudra sans doute attendre cet après-midi pour cela. Je regarde ma montre. Il est seulement 11h45. Je ne lui promets rien et lui indique simplement que je randonne toujours avec l’envie de découvrir. Puis la conversation file vers Lamanère, vers Notre-Dame de Coral et vers les Tours de Cabrens que je lui confirme bien connaître pour m’y être rendu plusieurs fois et notamment lors d’un mémorable Tour du Vallespir en solitaire et en 6 jours. « 6 jours à marcher tout seul ? », s’exclame-t-il, sans doute « peu marcheur ». Il paraît à la fois « espanté » et envieux car il rajoute aussitôt « vous avez du en voir des belles choses ! ». Je le lui confirme. J’évoque les Estanouses, ses propriétaires, belges comme lui,  avec lesquels j’ai lié d’amitié sur Internet il y a quelques années suite à un malentendu lors de mon Tour du Vallespir lui précisant au passage que je ne les connais toujours pas mais que ce n’est pas l’envie qui me manque d’aller les voir. Il veut tout savoir de ce malentendu alors je lui raconte l’histoire dans le détail. Ainsi se termine notre conversation qui à tout de même durer presque une heure. Je file vers la chapelle Saint-Antoine non sans lui avoir demandé si elle était ouverte. Il pense que non mais alors que je m’éloigne, il m’interpelle une dernière fois en me disant « si vous revenez un jour, n’hésitez pas à venir me voir » puis rajoute « ma maison c’est celle en construction que l’on aperçoit là-bas »  m’indiquant une nouvelle fois la direction du doigt. Je ne la vois toujours pas mais promis si je reviens un jour à Serralongue, je chercherais, cet homme est si sympa. La chapelle dédiée à Saint Antoine de Padoue est effectivement fermée mais en plus un fil et une pancarte en interdisent l’accès. Il n’y a personne, alors j’enjambe le fil, le temps de quelques photos. En replongeant dans mes souvenirs d’écolier, je tente de décrypter la date de sa construction mentionnée en chiffres romains : 1750. Derrière la chapelle, une mésange à tête noire jouant sur des sapinettes me retient plus longtemps que prévu dans l’aire d’interdiction. Une fois la mésange fixée dans mon numérique, je retourne vers le centre du village et emprunte la rue Abdon Poggi.  Là, j’observe et photographie tout ce qui me paraît intéressant : Le monument aux morts lequel, comme toujours, confirme l’horreur épouvantable des guerres mais également l’écart énorme entre le nombre de tués en 14-18 par rapport à ceux de 39-45 : 32 à 3 ! Un chiffre qui reflète bien les disparités guerrières des deux conflits. Quelle tristesse tous ces noms de familles dont certains qui reviennent bien trop souvent. J’en profite pour relire l’Appel du 18 juin 40 du général de Gaulle. Je suis convaincu que c’est beaucoup grâce à lui et à tous les hommes qui ont su répondre à cet appel, qu'aujourd'hui je peux marcher dans une France si paisible et dans une commune française où c’est un belge qui m’y accueille.  Puis c’est une fontaine, la mairie et l’école communale car les deux se confondent. L’école a reçu le nom d’un enfant du pays, l’écrivain Michel Maurette dont je ne connais aucun livre mais que je me promets de lire au plus vite (***). Trois fois lauréat de l’Académie Française annonce la stèle en son hommage, ce n’est pas rien ! Je poursuis la ruelle sous la surveillance des Tours de Cabrens dont les vestiges ressemblent d’ici à trois tétons tout gris. Je passe devant le Bistrot de pays mais je ne m’y arrête pas alors qu’une bière bien fraîche n’aurait pas ennuyé mon gosier. Je peste : « quel idiot d’être parti sans un rond ! ». Je photographie les belles façades des maisons et remarque les dates parfois très anciennes et quelques croix qui en décorent les linteaux de leurs porches. Je me perds dans quelques ruelles, y trouve certaines similitudes avec celles que j’ai connues,  revois dans certaines d’entre-elles quelques franges de mon enfance à Marseille,  fais de nouvelles découvertes, reviens sur mes pas, me retrouve « stupide » devant la porte fermée du musée. L’église est là et j’arrive au son de la jolie musique de son clocher. Il est 13h. Une dame arrose les fleurs du cimetière et je l’interroge sur les possibilités de visiter l’édifice religieux mais elle me confirme les dires du belge : 15 h pour les premières visites qui bien évidemment sont payantes, église, musée et conjurador tout inclus. 2 heures à attendre et pas un sou, à quoi bon y penser encore ? Il faut que je me contente d’une affiche accrochée à côté de la porte de l’église et où je peux lire « Venez découvrir 1000 ans d’Histoire ». En une minute, je découvre tout de Serralongue mais force est de reconnaître qu’en l’état, si je connais tout, je ne vois rien. Je me promets de revenir. La grande porte de l’église est superbe avec ses pentures en fer forgé et son lourd loquet en forme de serpent (j’apprendrais plus tard qu’il s‘agit d’un dragon !). Cette porte avec ses pentures forgées en colimaçon me rappelle bien d’autres portes mais quand j’essaie  de me remémorer lesquelles, deux endroits seulement reviennent à ma mémoire : celle de l’église de Boule d’Amont ou celle de la chapelle Saint-Marc de Caixas, pourtant je sais qu’il y en a bien d’autres dans le département. Il ne me reste plus qu’à partir vers le conjurador. Je l’aperçois depuis le cimetière alors j’y file sans m’éterniser. Il s’agit d’un petit édifice du 14eme siècle en forme de cube coiffé d’une toiture en lauzes et ouvert à tous les vents. Il y  4 ouvertures : une porte et 3 baies en forme d’arcades, surmontée chacune de la statuette d’un évangéliste sur les façades. Je me souviens que l’homme qui était venu à Urbanya m’avait expliqué comment lors des processions, le prêtre tentait de conjurer les mauvais sorts, le plus souvent liés aux  intempéries qui mettaient en péril les récoltes. Il lisait les Evangiles puis se lançait dans des incantations où ces mêmes saints étaient mis à contribution (**). Je me souviens aussi qu’il m’avait dit que les ouvertures correspondaient aux quatre points cardinaux. Je suppose qu’une visite guidée m’en apprendrait bien plus de ces rituels et de l’architecture du conjurador de Serralongue. De là, les vues sont belles et ce, d’autant que la météo semble vouloir s’améliorer. Un ciel bleu un peu falot tente de remplacer la grisaille mai n’y parvient toujours pas. Une table d’orientation énumère les reliefs les plus proches ou les plus visibles. Ils sont parfois des lieux de randonnées réalisées et je tente d’en visualiser quelques uns : Coumelade, Saint-Guillem de Combret, Pilon de Belmatx et bien évidemment la plupart évoque mon Tour du Vallespir. Je m’installe sur le banc qui jouxte l’arrière du conjurador avec une vue superbe sur la partie nord du Vallespir enneigé. Alors que je sors mes victuailles, un chien espiègle vient me faire des fêtes. Des fêtes ? Est-il seulement espiègle ou bien en veut-il à mon déjeuner ? Force est de reconnaître qu’il est assez déroutant. Il se roule par terre puis quémande. Il repart vers de nouvelles roulades un peu fofolles sur la pelouse puis d’un air triste, reviens mendier. Il n’est pas difficile et de mon repas, il aime tout apparemment. Heureusement car mon pique-nique se résume à une salade composée de pâtes et de légumes, et à trois petits sandwichs en triangle. Des pâtes et presque deux triangles pour lui qu’il engloutit à une vitesse phénoménale et le dernier triangle et le reste de la salade pour moi. Il est vraiment imprévisible mais ô combien attachant. Du coup, j’en oublie les panoramas et ne fixe plus que mon regard et mon appareil photo sur lui. Quand je repars vers de nouvelles ruelles, il ne me quitte plus et parfois j’ai même l’impression qu’il me montre le chemin. Non, en réalité, je m’aperçois qu’il connaît toutes les gamelles de la commune et semble avoir une faim de loup. Quand il disparaît définitivement, il me manque déjà. Il est temps de poursuivre ma balade. Je sors mon bout de carte et mon G.P.S.  Cette fois, ce dernier vise juste. Il m’entraîne vers le nord-est et en contrebas du conjurador. Un terrain de foot, une plantation de chênes réalisée par les enfants du village comme l’indique une pancarte et me voilà déjà sur l’ancien chemin rural de Serralongue à Galdarès. C’est la bonne direction, d’ailleurs le balisage jaune est à nouveau là. Je coupe la D.44 et m’enfonce dans un sous-bois. Ici, le balisage jaune se présente sous la forme d’une numérotation : 3 vers Galdarès et 6 vers le Grau, dont j’aperçois quelques habitations au fond du vallon. Sur ce chemin tout en descente, quelques oiseaux trop craintifs, de rares fleurs précoces et des perspectives toujours aussi fades ont du mal à ralentir mon allure.  Seuls un long boqueteau de mimosas aux fleurs d’un jaune flamboyant et un rouge-gorge peu farouche au magnifique poitrail orange arrivent à me stopper plusieurs minutes. Peu après, Galdarès est déjà là. J’en ai d’abord une jolie vision aérienne. Le hameau blotti dans la double courbe de la route et de la rivière Lamanère se résume à deux groupes de moins d’une dizaine de bâtisses et à une scierie. J’y descends et débouche sur l’asphalte de la D.44. Je l’emprunte vers la gauche. Là, sur le pont enjambant la Lamanère, j’observe une bergeronnette jouant sur les galets de la rivière. Je remarque la confluence d’une autre rivière, celle du ruisseau de Castell. Un peu plus loin, sur les câbles électriques, deux ou trois hirondelles se reposent dans l’attente de relayeuses qui viendront prendre leur place. Le surprenant manège cesse dès lors que ma présence est bien trop proche. Elle lance des cris perçants en signe de protestation. Etonnantes tout de même ces hirondelles et ces bergeronnettes qui sont censées être là bien plus tard. Le réchauffement climatique serait-il en cause ? Les hirondelles s’envolent toutes et se mettent à planer au dessus de la rivière dans des circonvolutions effrénées. Au balcon d’une maison, quelques boules de graisse attirent de jolies mésanges bleues et charbonnières, un va et vient permanent mais toujours à tour de rôle selon les espèces. Les mésanges me retiennent encore et fixent l’objectif de mon numérique pour quelques gros plans. Je quitte le hameau en remontant la route. Je note la présence d’une miellerie « la Boîte à miel ». J’apprendrais plus tard que Galdares dispose d’une ancienne forge, visitable parait-il, mais je ne l’ai pas aperçue. Elle se trouverait au lieu-dit La Pomarède.  Encore une bonne raison de ne plus partir en balade sans préparation ! Après moins d’un kilomètre de bitume, je délaisse la route se dirigeant vers le Pont de la Vierge et le hameau Le Tech au profit d’une piste DFCI filant sur la gauche. C’est la seule solution que j’ai trouvée pour éviter trop de bitume. Pas de doute, cette piste DFCI V67 est la bonne et file vers la Collade d’En Banat comme l’indique la pancarte mentionnant la fromagerie « le Mouly Benc ». Elle s’avère un peu longue et fastidieuse et comme toujours j’essaie de combler cette lassitude par des distractions photographiques : fleurs, papillons, oiseaux et paysages mettent mon attention aux aguets. Un camion chargé de bois et un renard roux, lesquels,  à quelques secondes près, ont bien failli se télescoper complètent ce tableau photographique. Photos pas toujours réussies mais peu importe, le temps est passé plus vite et le collet est déjà là. Je me dirige vers le Cortal Sainte-Cécile, éco-lieu à but pédagogique comme l’indique une affiche au début de son passage. Les recommandations pratiques en faveur de la nature qui y sont mentionnées me ravissent. J’y file. Le lieu semble désert. A mon approche, seuls quelques oiseaux bondissent d’un buisson à un autre. Rien d’autre ne bouge. Pas de véhicule sur l’esplanade. Je frappe néanmoins à la porte mais personne ne répond et la maison me parait vide. Par respect, je me retire en silence et en ne conservant de ce lieu si paisible que deux photos souvenir. Le temps est venu de rejoindre Le Tech et de finir cette balade. Elle me laisse un goût amer et le sentiment d’une trop grande improvisation. Je le regrette d’autant plus que ce n’est pas dans mes habitudes de partir randonner ainsi, sans avoir analysé toutes les découvertes possibles. Voilà donc une balade qu’il me faudra refaire, à moins que je retourne visiter Serralongue en voiture ? L’occasion d’aller acheter du bon fromage et d’aller déjeuner au Café de la Poste, un bistrot de pays que je ne connais pas  ?  L’occasion d’aller visiter le Tech aussi ? Après tout, conjurer le mauvais sort plusieurs fois ne peut être que bénéfique, non ?…..Il suffit d’y croire ! Et quand on n’y croit pas, ça ne peut pas faire de mal non plus, je suppose ? La balade telle que je l’ai effectuée a été longue de 9, 8 km pour des montées cumulées de 850 m et un dénivelé de 217 m, le point le plus haut étant le conjurador à 721 m et le plus bas à Galdares à 504 m. Carte I.G.N 2349 ET – Massif du Canigou – Top 25.

    (*) Ce n’est qu’une fois accomplie et ce récit complètement rédigé que j’ai constaté que cette randonnée figurait sur un topo-guide « 40 balades en pays catalan »  édité par le journal « l’Indépendant » sous l’intitulé « Autour de la rivière Lamanère ». Si cette dénomination n’est pas fausse, elle me semble un peu « excessive » et surtout elle ne constitue pas l’objectif principal qui est le village de Serralongue. Excessive car si la rivière est traversée à deux reprises au cours de cette balade, la Lamanère est tout de même une rivière longue d’une quinzaine de kilomètres et nous sommes bien plus près de sa confluence que de sa source située au Pla de la Serra à 1.394 m sur cette longue crête intitulée « la Baga de Bordellat ». J’ai donc par simplicité conserver ma dénomination « les Chemins Ruraux de Serralongue » et ce d’autant qu’aucun panonceau directionnel ne mentionne de nom sur cette boucle. (Les données concernant la rivière ont été extraites du site Wikipédia).

    (**) Lors des cérémonies, le prêtre de Serralongue y venait en procession pour réclamer l'intervention divine des Évangélistes. Le prêtre lisait alors l'évangile du saint faisant face à l'orage puis lançait une phrase en catalan : « Sant Joan, Sant Mateu, Sant Marc i Sant Roc, guardeu-nos de pedra i de foc. Sant Lluc, Santa Creu i Santa Bàrbara, no ens deixeu », qui servait de conjuration (Extrait de Wikipédia). La traduction est « St Jean, St Mathieu, St Marc et St Roch, gardez nous de la grêle et de la foudre. St Luc et Ste Croix, Ste Barbe ne nous abandonnez pas » (Extrait de l’Histoire du Roussillon). Voilà quel était le rituel au cours duquel les prières étaient déclamées afin que le village et ses cultures soient préservés des mauvaises conditions climatiques. Mais selon mon visiteur d’Urbanya, le conjurador servait à bien d’autres mauvaises fortunes que l’on voulait exorciser.  

    (***) Lors de la rédaction de cet article, je m'étais promis de lire Michel Maurette, l'écrivain paysan ou l'écrivain laboureur comme il aimait s'intituler lui-même. Je viens de terminer "la Crue" et "le Clos Saint-Michel", deux romans très prenants, écrits sous la forme de courtes nouvelles plus ou moins dissociées les unes des autres pour le premier et avec une très belle logique dans le second. Si j'écris "prenants" c'est parce que j'ai vécu les récits comme si j'étais un acteur. "La crue" retrace l'Aiguat d'octobre 1940 et ses horreurs quand au "Clos Saint-Michel", c'est l'histoire d'un couple de paysans qui vit la terre au plus profond de leurs tripes. J'ai adoré Michel Maurette et sans doute vais-je me lancer dans la lecture d'autres romans.(le 19 août 2017).


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