• LE PIC DOURMIDOU (1.843 m) en été depuis le col... par jullie68

    Diaporama sur la musique "Longtime" de Reman

    Le Pic Dourmidou en été (1.843 m) depuis le col de Jau (1.506 m)

    Le Pic Dourmidou en été (1.843 m) depuis le col de Jau (1.506 m)

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    Savez-vous qu’en allant gravir le pic Dourmidou (*) vous montez dans un dortoir ? Original non ? Et pourtant c’est la vérité, sauf que les puristes de la toponymie rajouteront qu’il s’agit d’un «  dortoir pour animaux ». Eh oui ! « Dourmidou » en occitan et « Dormidor » en catalan signifie « dortoir » et on peut étendre la traduction à tous les lieux destinés au sommeil : chambre à coucher, chambrée, chambrette. En ce 18 août 2016, c’est le modeste challenge que Dany et moi nous sommes fixés : grimper au Dourmidou. Sans tente et donc sans l’idée d’aller y dormir, encore que par grand beau temps et sans vent, l’idée ne doit pas être si saugrenue que ça.  Ce n’est pas le cas en ce moment. Depuis Urbanya, nous sommes descendus sur Prades puis nous avons pris le route de Mosset et filons vers le col de Jau avec un seul but : partir gambader en montagne. Notre choix c’est porté sur le pic Dourmidou, à cause de sa proximité depuis Urbanya et du peu de temps que nous voulons consacrer à la marche aujourd’hui car en ce moment la météo est capricieuse. Le Dourmidou est une montagne très arrondie et à la végétation rase que les anciens appelaient « Tuc ». Rien à voir avec le gâteau d’apéritif bien connu, ce mot gascon, et donc occitan, présentant l’avantage de définir en une seule syllabe une hauteur arrondie dans un paysage plat.  Une bosse tout simplement. « Tuc de Dourmidou » disait-on ou écrivait-on alors au 19eme siècle. La veille, il y a eu de très violents orages et après Mosset, quelle n’est pas notre surprise de constater que le bitume de la route devient de plus en plus vert, un peu comme si l’on avait passé une tondeuse sans ramasser l’herbe coupée.  En réalité et y regarder de plus près, il s’agit d’innombrables feuilles que la violence d’une pluie de grêlons a mâchouillé et mis à terre.  Quelques virages plus tard, l’étonnement s’amplifie encore d’un cran, car dans les endroits les plus ombragés il y a d’épais névés. Notre arrivée au Col de Jau confirme ce que nous pensons : « ce n’est pas de la neige, mais d’énormes grêlons que le vent a amoncelé sous forme de petites congères ». Sur les pelouses, toutes les ornières ombragées sont remplies de ces amas de glace. Malgré la quinzaine d’heures qui s’est écoulée depuis et un soleil bien présent, certains grêlons ont encore la taille d’une balle de ping-pong. Nous nous mettons en route, non pas par le chemin classique et un peu barbant consistant à suivre la clôture rectiligne se terminant au sommet du Dourmidou mais en tentant de refaire le même itinéraire que nous avions emprunté lors de notre dernière ascension. C’était il y 10 ans. En mars 2006 exactement. Nous avions entrepris de monter en raquettes au sommet en effectuant une boucle pour profiter au maximum d’une neige immaculée.  Nous ouvrons un portail donnant sur un enclos dans lequel quelques chevaux nonchalants se serrent les uns aux autres. Ils paraissent tenir un conciliabule à moins qu’ils ne dorment debout car aucun ne se retourne malgré notre présence. Un seul se tient à l’écart des autres dans une attitude très étonnante et cocasse. Il se roule par terre les quatre fers en l’air comme quelqu’un qui est « mort de rire ». Une photo de ce moment « rare » et on laisse le « dada gaga » à ses délires en empruntant la piste herbeuse qui file vers l’ouest. Elle est parallèle à la D.84 et file vers le lieu-dit la Devèse sur la carte où elle se termine. Je suis assez surpris car les fleurs sont rares mais les papillons plutôt nombreux, sans doute grâce à la clémence de la météo aujourd'hui. Le secteur du Dourmidou est très prisé des botanistes pourtant les fleurs se résument à quelques chardons et carlines et aux roses callunes, de loin les plus nombreuses. Sans doute, la saison est-elle déjà trop avancée. La plupart des papillons qui volètent ont clairement soufferts eux aussi des orages de grêle. Leurs ailes sont meurtries et leurs couleurs sont devenues ternes. La plupart, les ailes déchiquetées ne méritent pas une photo. Je sélectionne. Le chemin entre assez vite dans un bois de grands conifères, se met à tourner vers le nord avant de se terminer dans un fatras de gadoue et de branches cassées. Il y a un ru boueux qui s’écoule au milieu de tout ça. Je ne reconnais plus le parcours pris il y a 10 ans en raquettes. Nous enjambons le monceau de branchages et continuons sur un sentier plutôt évident qui finalement sort très rapidement du bois. Devant nous, il y a une lande assez pentue mais à la végétation rase et après un coup d’œil sur mon bout de carte IGN, je prends la décision de la traverser en diagonale mais tout en montant sur la butte qui se trouve sur notre droite. Un chevreuil qui devait dormir dans des genêts se lève brusquement et s’enfuit en direction de  la forêt qui se trouve en contrebas. Au vol, je réussis à le photographier avant qu’il ne l’atteigne. C’est marrant car à cet instant, je me mets à penser au « dortoir pour animaux » et je me demande si d’autres chevreuils y dorment encore à  cet instant. Au milieu des callunes fleuries, des ras genévriers et myrtilliers, la marche est néanmoins peu aisée et en tous cas, elle l’est beaucoup moins qu’avec la neige et les raquettes. Le paysage qu’on pense pelé et facilement praticable de loin est trompeur quand on a les pieds dans cette végétation compacte. Un vautour fauve vient aux nouvelles mais poursuit son chemin vers des carcasses moins animées que les nôtres. Au fur et à mesure que l’on s’élève, les vues s’entrouvrent sur un large vallon descendant des premiers flancs du Dourmidou. Au plus haut de la butte, nous tombons sur une sente clairement tracée par les nombreux troupeaux qui fréquentent les lieux. On les appelle parfois « caminoles ». Dans les endroits glaiseux et encore humides, on y distingue clairement les empreintes de nombreux sabots mais ceux aussi de quelques pas humains. C’est encourageant. Sur une belle distance, le cheminement devient aussitôt plus facile mais à force de rencontrer d’autres sentes aussi étroites les unes que les autres, on ne sait plus laquelle il faut emprunter. Dany décide de continuer l’ascension, c'est-à-dire vers l’est,  alors que je suis plutôt partisan de partir vers le nord. Je sais qu’en partant plein est, nous retrouverons très vite et inévitablement les clôtures que j’ai voulu éviter au départ. De plus, et au regard de la configuration du terrain, en partant vers le nord, je sais que d’autres panoramas sur l’Aude se dévoileront bien plus vite et plus amplement sur les plus proches d’entre eux. On se sépare, mais je garde toujours un œil sur elle, montant doucement mais sûrement en diagonale. Je vois que peu à peu elle fait de même et finalement à force d’avancer plutôt à l’oblique, nous nous retrouvons un peu plus haut sur un chemin bien plus large. Compte tenu des profondes ornières, nous n’avons aucune peine à imaginer que des véhicules à moteur l’ont empruntée avant nous. Sans doute des tracteurs ou des véhicules tout terrain. Nous passons au pied d’une zone rocheuse occupée par des passereaux. Je me mets aussitôt en quête de les photographier et la première tentative est la bonne car apparemment les roches et les quelques genévriers qui y poussent à proximité constituent leur habitat. Ils ne semblent pas vouloir s’en éloigner. Ce sont tous des Tariers.  Le terrain s’aplanit enfin et on choisit une fois encore la sente la plus évidente. Elle tourne vers l’est, continue sur le plat puis descend un peu avant de s’élever nord-est et très clairement le plus directement possible vers le sommet qui est droit devant nous. Ici, la montagne est une mer mauve colorée par les innombrables callunes. Quelques animaux blancs, groupés en troupeau, s’y détachent au loin, pas plus grands que des têtes d’épingles. Pourtant, dans cette flore qu’on pourrait penser essentiellement violine et rose, j’y découvre un plant de callunes blanches (**), variété jamais observée jusqu’à ce jour. On s’engage dans cet océan végétal sur des caminoles qui partent en tous sens mais c’est trop vite oublier que les flancs de cette montagne,  que nous avions gravi en raquettes sans qu’aucune végétation ou presque nous gêne,  sont coupés de quelques ruisseaux et donc jonchés de tourbières voire de zones carrément marécageuses. Pour avancer, ça devient parfois une vraie galère. Un parcours du combattant dans le pire des cas. Des chevaux, eux, y gambadent pourtant sans aucune difficulté. A force de marcher dans la flotte et la boue, d’enjamber de petits ruisseaux, de contourner des sources ou de simples résurgences que les pluies d’hier ont engendrées, de se fourvoyer dans les fondrières et les mottes de laîches, nous déviions peu à peu de l’itinéraire le plus direct. Finalement, à moins d’un kilomètre du but ultime qu’est le sommet du Dourmidou, la fameuse clôture, à laquelle par entêtement j’ai voulu échapper, est là à quelques mètres seulement. Nous l’enjambons et la suivons désormais mais Dany en a « plein les pattes » et décide que l’heure du déjeuner a sonné. Pour elle, elle est d’autant plus arrivée que le ciel s’est obscurci de gros nuages gris. Ils arrivent du Massif du Madres et de celui du Coronat poussés par un modeste carcanet. Au loin, quelques nuages en panache s’échappent du pic du Canigou, un peu comme si un Indien procédait à des signaux de fumée. Au dessus de nous et dans un ciel coupé en deux ; azur vers le Dourmidou et gris vers le col de Jau, des rapaces tournoient dans le ciel en poussant des cris aigus. Il y en a clairement de deux espèces différentes. Une buse variable sans doute car d’un brun plutôt sombre et l’autre probablement un milan royal car bigarrée de marron et de blanc. Les deux font des vols stationnaires à peu de distance l’un de l’autre et c’est le meilleur moment pour les photographier avec des clichés rapprochés et en rafales, en croisant les doigts qu'il y en est quelques uns de bons.Tout en mangeant, Dany m’avoue qu’elle n’ira pas plus loin. Un peu par crainte d’un « rouchat » et beaucoup par fatigue. Je n’insiste pas. Je lui demande de m’attendre, de garder mon sac à dos et je pars pour un rapide aller retour vers le sommet. Là-haut, à 1.843 m d’altitude, je découvre le gros cairn matérialisant le pinacle. Je ne lambine pas. Le temps de jeter un coup d’œil à 360° et de prendre deux ou trois photos et je redescends à tout berzingue sous un ciel qui se gâte de plus en plus avec de gros nuages gris qui se rapprochent. J’ai quand même pris le temps d’observer bon nombre de lieux déjà cheminés : Pech de Bugarach, des Escarabatets, de Fraissinet, Pelade, Sarrat Naout, Pic Roussillo, pour ne citer que les plus remarquablement visibles sur les flancs nord-est. Je retrouve Dany. Nous amorçons la descente en suivant « l'interminable » clôture et sans pratiquement s’arrêter. Je ne met le frein que pour quelques photos : fleurs, papillons, oiseaux, bovins et paysages en pensant qu’ils seront toujours les bienvenus dans mon futur diaporama. Sur le parking du col de Jau, pendant que Dany s’emploie à son activité préférée qu’est la conversation, ici avec un couple de touristes, je pars pratiquer une des miennes, la photo.  Fleurs, stèle, croix pattée sur une roche et encore et toujours des papillons que la menace d’orage ne semblent pas effrayer. Alors, j’ai envie de leur crier « partez, sinon vous ne résisterez pas à un autre orage de grêlons ! » mais ils sont trop occupés à butiner. Alors nous laissons les papillons à leur aventureux butinage et quittons le col de Jau, direction Urbanya où nous passons les vacances. Sans doute, savent-ils déjà que la grêle ne retombera pas de sitôt !  N’ayant pas d’informatique à Urbanya, je n’ai pas pu réaliser de tracé G.P.S, l’itinéraire proposé sur la carte I.G.N n’est donc qu’approximatif. Je précise toutefois avoir fait en sorte qu’il soit le plus proche de la vérité en visionnant des vues aériennes sur Géoportail et en réalisant le tracé à partir de ces observations. Je considère que le parcours réalisé est long d’environ 8 à 9 km pour un dénivelé de 337 mètres (1.506/1.843). Les montées cumulées sont estimées à 540 mètres. Cartes I.G.N 2248 ET Axat – Quérigut – Gorges de l’Aude – 2348 ET Prades – St-Paul-de-Fenouillet et 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

     

    (*) Le « Dourmidou » ou « Dourmido » c’est également le « Dormidor » , dénomination que l’on retrouve du côté de Matemale avec le pic et le col del Dormidor à respectivement 2.042 m et 1.939 m d’altitude. Tous sont des déverbatifs du verbe « dormir » signifiant un « dortoir » et ça quelque soit les langues,  ici catalanes ou occitanes en l’occurrence. L’explication retenue pour ce sommet est qu’il s’agirait d’un dortoir pour animaux. « C’est le sommet où se repose le bétail en estive. Là- haut, des clôtures frontières contiennent en pâturage les bovins qui ont tendance, sous le soleil, à se regrouper sous les rares végétations » peut-on lire dans le numéro 61 du Journal des Mossétans (toponymie du nom « jau » dans ce même numéro) que l’on trouve sur le Net. Il faut savoir que le Dourmidou constituait aussi un lieu de passage et donc de repos pour les troupeaux qui se rendaient en estive vers le Massif du Madres, vers la Jasse de Callau ou vers Cobazet peut-on lire dans un autre vieux texte. C’est encore le cas de nos jours au regard de ce que j’ai pu lire.

    (**) Callune blanche (Calluna vulgaris) : Si j’en crois le site Tela botanica, le réseau de la botanique francophone et bible des botanistes internautes, la callune blanche n’est pas censé exister à l’état sauvage. Pourtant de nombreux plants ont déjà été observés un peu partout en France. Le plus souvent, ces quelques pieds sont aperçus au milieu d’une population mauve ou rose et de ce fait, les avis sont partagés entre albinisme, accident génétique et mutation spontanée. En tous cas, pas de doute, le pic Dourmidou recèle cette jolie rareté. Il faut simplement espérer que les nombreux animaux domestiques ou sauvages qui fréquentent cette montagne ne les dévoreront pas car la callune est un fourrage naturel.


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  • LE CIRCUIT DES HAUTES GARROTXES depuis Sansa par jullie68

    Diaporama sur la merveilleuse musique "Etude en E Mineur" de Francisco Tárrega jouée successivement par les guitaristes suivants :

    Jurgen Schenk, Bernard Piris, Evgeniya Alaeva Kirilyuk, Manuela Grabsch, Miguel Mota Pinto, Peter Notfall, Samatha Muir,

    la fin étant un mixage de ces différentes musiques toutes extraites du site "You Tube".

    Le Circuit des Garrotxes (1.915 m) depuis Sansa (1.410 m)

    Le Circuit des Garrotxes (1.915 m) depuis Sansa (1.410 m)

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    Les personnes qui dans les topo-guides donnent des noms à des randonnées n’imaginent pas toujours l’importance que peut revêtir un simple intitulé. Exemple ici, pour cette randonnée, que j’ai intitulé «  le Circuit des Hautes Garrotxes (*) ». Il faut prononcer "garrotches". Elle existe, depuis très longtemps déjà, dans un petit fascicule intitulé « 32 randonnées pédestres en Capcir et Haut-Conflent » sous la dénomination « Du col de Sansa au col de Creu », et autant l’avouer cette désignation n’avait jamais aiguisé mon intérêt pour elle. De ce fait, je n’étais jamais allé plus loin que la simple lecture de son intitulé.  Pourquoi me direz-vous ? D’abord parce que je connaissais bien ces deux cols. Le premier pour y être passé à de nombreuses reprises lors de balades vers les sommets du Madres ou du pic de la Pelade puis encore lors d’un mémorable Tour du Capcir. Le second, je ne le connaissais que comme col routier, mais je l’avais toujours vu très fréquenté comme lieu de pique-nique dès les premiers beaux jours. Alors, j’avais imaginé cette randonnée comme une simple liaison de ces deux cols et de surcroît comme une rébarbatif aller et retour par des pistes forestières.  Rien de folichon en perspective. Force est de reconnaître que je me trompais sur toute la ligne ! Entre Haut-Conflent et Capcir, cette confidentielle et enclavée région des Hautes Garrotxes est un magnifique écrin naturel et ce « circuit » au départ de Sansa est un bijou de randonnée et voilà la raison pour laquelle, j’ai préféré lui donner un nom un peu plus attractif.  Enfin j’espère ? Tous les étages montagnards sont passés en revue et ce malgré des altitudes plutôt modestes oscillant entre 1.400 et 2.000 mètres. On y trouve bien évidemment tous les écosystèmes qui vont avec. Une couverture végétale et une biodiversité très variées et bien évidemment des paysages et des décors bien différents selon l’exposition au soleil. Et comme l’itinéraire passe d’un paysage à l’autre, d’un versant à l’autre, parfois au plus haut de la montagne, les panoramas y sont tout bonnement exceptionnels. Qui dit « confidentiel » dit « quiétude » et « solitude » et je vous garantis que sur ce parcours, ce n’est jamais la cohue. Comme déjà mentionné plus haut, le départ s’effectue du hameau de Sansa, direction le col éponyme par le Pla de l’Orri et les Estagnols. Le vallon qu’il faut remonter, c’est celui de la rivière de Cabrils,  alimentée ici par deux ruisseaux plus modestes que sont les recs de l’Oratori et des Manès. En réalité, sa vraie source s’écoule depuis le lieu-dit « Passeduc », à 2.284 m d’altitude, sur le flanc nord-ouest du pic de la Pelade et s’intitule le Rec de Pinouseil. Il rencontre un peu plus bas un bras du torrent « Coume de Ponteils ». Tous ses lieux, je les connais par cœur et font partie d’itinéraires vers le Massif du Madres ou le Pla des Gourgs., déjà expliqués dans mon blog. La rivière de Cabrils finit sa course dans la Têt à Olette. Au départ du hameau, deux alternatives se présentent : soit on emprunte immédiatement la piste qui monte vers le col de Sansa, soit on choisit le chemin qui se trouve sur la gauche en contrebas et qui est l’itinéraire proposé par le topo-guide évoqué plus haut. Nous avons fait ce dernier choix et malheureusement, nous nous sommes empêtrés dans les hautes herbes à la confluence des rivières évoquées plus haut. En me fiant à mon tracé G.P.S, nous sommes passés outre les hautes herbes et finalement nous avons atteint un premier panonceau mentionnant la bonne direction : « Col de Sansa 4,3 km – Pla de l’Orri 1,5 km ». Un coup d’œil sur la carte I.G.N pour constater qu’en prenant la piste, nous serions arrivés au même résultat sans galérer et sans détremper nos godillots. Désormais le chemin est bon et agréable car herbeux et fleuri à souhaits. Il s’élève tout doucement dans un décor étonnant où vieilles terrasses abandonnées se partagent l’espace avec de gros blocs de granite aux formes arrondies. Ici, le mot « garrotxe (*)» signifiant « terre rocailleuse et difficile » prend tout son sens (**). Le Pla de l’Orri est atteint et l’on y découvre l’étonnant cortal connu sous le nom de Delcasso et dont l’Histoire est contée dans l’encyclopédie Wikipédia au mot « cortal ». Ici, on peut poursuivre la piste directement vers le col de Sansa mais si vous ne connaissez pas le site des Estagnols, quel dommage d’y passer à côté sans apprécier ce petit endroit tellement charmant et blotti dans une clairière. Il est à 1,2 km seulement. Il faut suivre le panonceau directionnel et le chemin s’élève très vite en forêt. C’est le Bois de la Sourde. Une clairière plus vaste se présente et les Estagnols sont déjà là. Au loin, le Madres fait son cirque. Comme l’indique le patronyme « estagnols », il s’agit de deux petits étangs aux eaux bleutées. Un minuscule refuge les domine. On y trouve aussi un tipi où les enfants peuvent jouer aux Indiens. Pour y passer une nuit, il faut récupérer les clés à la Maison du Capcir à la Llagonne. Après cette jolie découverte, il faut rejoindre la piste commune avec la Tour pédestre du Capcir. On prend à gauche et le col de Sansa est à moins de 2 km. Les panoramas s’entrouvrent. Ils sont aériens sur le Vallon de Cabrils et si l’on se retourne, on peut découvrir le pic de la Pelade et ô combien sa  dénomination est si appropriée. Un vrai mont pelé !  Sa pelade serait assez ancienne car due à des coupes trop intensives des arbres pour la fabrication du charbon de bois. Mais le plus beau reste à venir. Au col de Sansa, on choisit la direction « Col de Creu 3,6 km – col des Agrellons 1,2 km » et même si elle est très bien mentionnée, attention aux étourderies car il y a tout de même six directions bien distinctes. La large piste forestière s’élève en deux lacets passant de l’ubac de Cabrils à l’adret de l’Aude, sans pour autant qu’une différence arbustive s’entrevoit. Ici, on chemine la belle et grandiose forêt domaniale de Cami Ramader surtout composée de pins à crochets, pins sylvestres et sapins mais aussi de quelques épicéas et mélèzes et de nombreux feuillus sur d’autres versants selon l’altitude, l’exposition et l’hygrométrie. Quand la piste devient plus rectiligne, il faut profiter des panoramas extraordinaires sur la Vallée de l’Aude et le Capcir. Ils sont très aériens et par temps clair, suffisamment lointains pour être époustouflants. Les bois, les prairies, les prés et les champs, ces derniers si renommés pour leurs patates, celles de Matemale, forment un patchwork chamarré. Le lac de Matemale apporte une touche de bleu dans toutes ces nuances olivâtres, rousses ou couleur paille. Les quelques villages ressemblent à des maquettes en modèles réduits et pour les plus petits d’entre-eux à des crèches.  Pour moi, de très nombreuses vues sont synonymes d’autres randonnées ou de lieux cheminés lors d’un Tour du Capcir, effectué en 2013 et en 4 jours. A hauteur du col des Agrellons (1.870 m) les panoramas disparaissent mais comme le chemin bascule très vite sur le versant opposé, on embrasse de nouveaux décors. C’est de nouveau le Vallon de Cabrils et les montagnes qui l’entourent mais sous d’autres angles, et beaucoup plus loin, ce sont les arides Garrotxes méridionales où les contrées creusées de multiples ravines forment l’essentiel du paysage. Encore plus loin, c’est le Massif du Canigou et les premiers hauts pics pyrénéens avec leurs têtes dépouillées et en dessous un long ruban de forêts émeraudes. Une fois encore, il faut profiter de ces vues incroyables car malheureusement, les fenêtres se referment très vite et l’itinéraire se dirigeant vers le col de Creu est essentiellement forestier. Comme les papillons sont légions, j’en profite pour prendre un peu plus de temps à les photographier. L’arrivée au Col de Creu (1.708 m) me confirme ce que je connaissais de lui : beaucoup de voitures et donc beaucoup de visiteurs. La plupart pique-niquent mais je suppose que ce n’est que la partie visible des activités pratiquées dans ce secteur. Rien de spécial ne nous retient alors on poursuit la boucle prévue. Elle file vers l’est en empruntant le D.4 sur 400 à 500 mètres puis à hauteur d’une table d’orientation et d’une croix, il faut quitter le bitume au profit d’un sentier qui longe un enclos se trouvant sur la gauche. Il s’agit de la piste DFCI C073. Ce chemin herbeux est très agréable car il nous change des pistes terreuses arpentées jusqu’à présent. Il l’est d’autant plus qu’il est souvent très bon, large et contrasté alternant des milieux bien différents, tout en offrant de jolies vues sur le Vallon du Rec de Railleu. Pour moi, cette portion du chemin présente un autre avantage qui est celui d’y maintenir une flore et une faune beaucoup plus concentrée que celles aperçues jusqu’à présent. A l’approche du col du Dragon, le chemin devient plus étroit et comme il se faufile au sein de hauts genêts et de quelques magmas rocheux, l’itinéraire devient plus alambiqué. Il reste praticable. Il faut prêter attention au balisage jaune encore présent mais pas toujours facile à repérer. Une échelle permet d’enjamber une clôture et peu de temps après le col du Dragon est atteint. Nous l’avions déjà découvert lors d’une autre balade intitulée « A la rencontre des cervidés ». Ici pas de dragon ni de cervidés mais la belle surprise d’y surprendre un sanglier solitaire. Une laie sans doute à cause de sa taille peu massive et de son groin très allongé presque similaire à celle d’un tapir, avec lequel j’y trouve une certaine ressemblance. Bien occupée à fouir la terre de son butoir, j’ai la quasi certitude qu’elle ne nous a pas vu et de ce fait, j’ai largement le temps de prendre plusieurs photos avant qu’enfin, elle devine notre présence et détale. Après le col, de superbes vues se dévoilent sur Sansa, magnifiquement dominé par la pic de la Pelade et le Puig d’Escoutou. On y distingue ses deux églises, étrange particularité pour un hameau qui n’a toujours compté qu’un nombre réduit d’habitants. La fin de la randonnée tout en sous bois et en descente nous paraît un peu longue et ce n’est qu’en atteignant la rivière de Cabrils que nous prenons conscience d’une arrivée imminente. Deux pancartes agrémentées de plans et incitant à se lancer à la recherche d’un passé évoquent la Molina Serradora, ingénieuse « scierie battante de Sansa » datant de 1826 et dont la fonction consistait à transformer en planches les arbres des Garrotxes. Il est presque 17h et le temps nous manque pour partir à la chasse aux trésors. On entre dans le village. Il nous semble désert. Alors on flâne dans ses ruelles pour en découvrir tous ces recoins, tous ses mystères jusqu’à tomber sur un vieux monsieur bien occupé à son jardin fleuri. La conversation porte sur ses magnifiques roses trémières aux couleurs si vives. Il nous invite à rentrer chez lui, histoire de nous offrir quelques graines des fameuses roses. Apparemment, il a envie de parler alors il enchaîne sur tous les travaux qu’il a été amené à réaliser dans sa maison, nous faisant visiter au passage l’ensemble des pièces.  De sa chambre à coucher jusqu’au salon, en passant par la cuisine, les toilettes et la salle de bains nous allons de manière assez surprenante entrer d’un côté de la maison et sortir de l’autre. Son épouse assise à la table du salon, bien occupée à « flécher des mots », ne semble pas plus surprise que ça de nous voir descendre tous les trois de la chambre à coucher. Son époux doit être coutumier du fait. Etrange, éphémère et si plaisante rencontre. Nous sommes entrés dans leur vie pendant quelques minutes et nous en sortons comme si nous nous étions toujours connus alors que l’on ne s’était jamais vu auparavant. Pourtant tout aurait pu être différent car Sansa est leur résidence secondaire et ô surprise, ils habitent la même commune que nous : Saint-Estève ! On se quitte en se promettant de se retrouver un jour ou l’autre en haut ou en bas de nos belles Pyrénées-Orientales. Le monde est petit mais les Hautes Garrotxes ont été grandes, suffisamment grandes pour que l’on ait pris plaisir à les cheminer tout au long de la journée. Suffisamment grandes pour qu’on ait envie d’y revenir pour une autre balade. Telle qu’expliquée ici, cette randonnée est longue de 14,5.km. Le dénivelé est de 507  mètres et les montées cumulées sont longues de 1.300 mètres environ. Carte I.G.N 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

    (*) Les Garrotxes, qu’il faut prononcer « garrotches », est une contrée très enclavée faisant partie de la région du Conflent. On peut dire qu’elle correspond en grande partie à la dépression géographique creusée par la rivière de Cabrils. En "Sciences de la Terre", on appelle cela un bassin versant. Comme toutes les vallées, elle est entourée de sommets plus ou moins hauts et de ravines secondaires séparées par des cols. Ses principales frontières naturelles sont d’autres vallées : au nord-ouest, la vallée de l’Aude dans la région du Capcir, à l’est, la vallée de la rivière d’Evol et au sud, la vallée de la Têt. 5 villages seulement y sont présents : Sansa, Railleu, Caudiès-de-ConflentAyguatébia-Talau et Oreilla. Les toponymistes semblent d’accord pour dire que le mot est formé  de la racine « gar » ou « car » signifiant « pierre » ou « rocher » et du suffixe « otxa » lequel ici doit être traduit en « terre ». Dans de très nombreuses langues ou dialectes et notamment pyrénéens, on retrouve ces suffixes (otx, otxa, ozt, ost, oust, os, oussa, osa, ossa, ousse, osse en français) qui ont sans doute une même origine et peuvent signifier au sens large, un « domaine »,  un « lieu », une « région » ou une « terre ». On les retrouve également comme suffixe dans des noms de familles mais c’est normal car très souvent aux temps anciens, on désignait une personne ou une fratrie par le nom du lieu où elle résidait. On note qu’en français, on trouve le verbe « garrocher » signifiant « jeter une pierre », lequel bien évidemment à sensiblement la même étymologie. Alors tous les toponymistes et géographes sont d’accord pour affirmer que "les « Garrotxes » désignent une terre rude, pauvre et rocailleuse, escarpée et difficile d’accès" (Joan Bécat 1984). «Les Garroches, chaos de pierrailles où l’on trébuche sur les galets granitiques, où l’on se coupe les pieds aux éclats de schiste : on ne peut rendre l’expression d’horreur avec laquelle ce nom est prononcé dans le haut Conflent » écrivait le géographe Maximilien Sorre dans « Les Pyrénées méditerranéennes ; étude de géographie biologique » en 1913. Je tiens également à préciser que c'est avec un grand intérêt et beaucoup de plaisir que j'ai lu le mémoire de Lenny Pol consacré aux Garrotxes, sans doute le document le plus complet consacré à cette superbe région sur le Net. Je l'en remercie.


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  • Le prochain article : Le Pic des Mauroux (2.137 m) depuis la Mollera dels Clots (Font-Romeu).

    C'est la News : Le Pic des Mauroux (2.137 m) depuis la Mollera dels Clots (Font-Romeu)

    C'est la News : Le Pic des Mauroux (2.137 m) depuis la Mollera dels Clots (Font-Romeu)

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    En ce 1er septembre 2016, nous avions décidé de partir à la découverture du Pic des Mauroux que l’on trouve très souvent écrit « Moros » et notamment sur la carte I.G.N. Pic dels Moros peut-on lire sur la carte à l’ouest de la commune de Font-Romeu. Point géodésique de ce même Institut Géographique National, son sommet est situé à l’altitude de 2.137 mètres. Sa traduction est assez simple, puisque ici, il s’agit du pic des « Maures », ce nom pouvant appartenir à une palette très large de populations arabo-musulmanes selon l’époque dans laquelle on les inscrit.  Voilà pour la toponymie simplifiée. Le départ de la balade s’effectue à proximité du lieu-dit « Mollera dels Clots », à l’endroit même où se trouve le stade de biathlon de Font-Romeu. Le parking et les panonceaux de départ sont situés un peu avant d’y arriver en bordure gauche de la route. Au préalable et pour parvenir jusqu’ici, il vous aura fallu prendre la route de Font-Romeu, puis emprunter la départementale D.10f jusqu’aux Airelles et enfin délaisser cette route au profit de celle qui file vers la station de ski du Roc de la Calme. Quand on sait que l’altitude sur la ligne de départ est de 2.030 mètres, on imagine aisément que monter au pic des Mauroux ce n’est pas comme gravir l’Everest. A peine plus d’une centaine de mètres de dénivelé nous attendent. La randonnée est donc très facile. Une large piste part vers l’ouest, tourne à gauche et vous êtes désormais sur le « Sentier du Pic des Mauroux ».........Pour lire la suite de ce récit, patientez un peu, je reviens au plus vite.....A bientôt ami(e)s blogueuses et blogueurs.


     

     

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  • LE SENTIER FORESTIER DES RHODODENDRONS depuis... par jullie68

    Diaporama sur la divine musique de Jerry Goldsmith : "Love Theme from Forever Young"

    Le Sentier Forestier des Rhododendrons (1.890m) depuis Rieutort (1.517 m)

    Le Sentier Forestier des Rhododendrons (1.890m) depuis Rieutort (1.517 m)


     

    C’est en septembre 2013 et dans le joli petit hameau de Rieutort que j’ai découvert ce « Sentier Forestier des Rhododendrons ». Enfin, j’avais surtout découvert des panonceaux évoquant cette randonnée et comme je le fais la plupart du temps, j’en avais pris une photo, histoire qu’elle reste plus facilement dans un coin de mes souvenirs. Dans le cas présent, cette photo n’a jamais été bien utile car ma mémoire ne m’a jamais fait défaut. En effet, comme aurais-je pu oublier ce Tour du Capcir effectué en 4 jours et resté pour moi si mémorable ? Rieutort et son remarquable gîte Le Moulin constituaient le terme de la deuxième étape. Oublier ces panonceaux équivalait à oublier beaucoup de choses : Oublier ce merveilleux tour effectué avec mon fils et ses amis ?  Oublier cette étape si belle passant par le Massif du Madres où nous avions aperçu des cervidés à profusion ? Oublier cette après-midi et cette formidable soirée que nous avions passée au gîte, chez les chaleureux Sia et Alexandre ? Pour bien d’autres raisons, dont certaines remontant à mon enfance, ce Tour du Capcir est toujours resté bien présent dans ma tête et avec lui « les Rhododendrons ». Le récit de ce tour est encore en cours d’écriture et j’ai bon espoir de le publier sur mon blog d’ici quelques temps. Mais revenons à ce 2 août 2016, jour où nous avions décidé de partir découvrir ce « Sentier des Rhododendrons ».  Il est déjà 11 h quand nous garons notre voiture sur la place de Rieutort. Un ciel bleu d’une incroyable pureté nous accueille. Ça piaille de tous les côtés. Il y a les inévitables moineaux bien sûr, en grand nombre ici, mais surtout deux rapaces dont les cris nous font lever la tête. Ce sont deux circaètes Jean-le-Blanc planant dans de amples circonvolutions qui ont fait de ce firmament si bleu leur terrain de jeu. Un couple en quête de sentiments amoureux sans doute ? Sur le petit pont qui enjambe le ruisseau, les panonceaux déjà vus voilà 3 ans sont toujours là : « BOUCLE P.R.31 – Riutort – Les Rhododendrons – 7 km – +373 m de dénivelé – 2h30 – difficulté moyenne » et balisage jaune apparemment.  Un autre petit panonceau nous laisse plus perplexe et demande réflexion : « Les Rhododendrons – 2,5 km – P.R.31 » et dessous « Station de ski – 1,5 km –P.R.31 ».  Je crois comprendre que l’on peut démarrer d’ici mais que le vrai départ de la boucle les « Rhododendrons » se situerait un kilomètre plus loin que le station de ski. Cette station, c’est celle de Puyvalador comme le précise le bout de carte I.G.N que j’ai cru bon de prendre en sus d’un tracé G.P.S. Nous empruntons le pont où s’écoule le Rec del Cirerol, passons devant le gîte et démarrons non sans quelques hésitations, car peu après, deux itinéraires s’offrent aux randonneurs. Un chemin herbeux part à gauche et la route asphaltée continue et l’on n’aperçoit pas de balisage. Le G.P.S entre déjà action et nous comprenons bien vite qu’il faut emprunter la rue du Bac puis l’allée éponyme qui se transforme naturellement en un chemin herbeux. Deux grands panneaux de la Communauté des communes du Capcir Haut-Conflent aident les randonneurs de passage et apportent quelques précisions quand à la balade des « Rhododendrons ». On lit toutes ces précisions et les quelques recommandations qui les accompagnent puis l’on poursuit désormais sur un large chemin encadré d’une végétation luxuriante. Les insectes et notamment les papillons y sont légions et semblent trouver leur bonheur dans cet écosystème alliant soleil et fraîcheur. Les oiseaux aussi. Mon appareil photo qui n’avait pourtant pas chômé jusque là s’en donne déjà à cœur joie. Je flâne mais aujourd’hui Dany semble vouloir adopter le même rythme et ça me convient parfaitement car la balade est plutôt courte. D’ailleurs, elle estime très vite que l’heure du pique-nique a déjà sonné car je la vois déposer son sac à dos et s’installer sur l’herbe sans aucune hésitation. Soleil au zénith, ciel azur, absence de vent, sérénité, bruits de la nature, jolis décors verdoyants, beaux panoramas, tout est réuni pour mettre à profit ce que nous aimons en randonnée : relaxation, méditation et contemplation. Une heure plus tard, nous repartons. Aucun rhododendron dans l’immédiat mais la végétation est toujours omniprésente même si parfois elle est bien différente car alternant bois de conifères, boqueteaux de feuillus,  clairières et prairies. Une flore variée y est ubiquiste et je fige de nombreuses fleurs dans mon numérique. On continue de flâner car rien ne presse. Le chemin devenu sentier aboutit sur une piste forestière. Un nouveau panonceau nous conforte dans cette idée que rien ne sert de courir : « les Rhododendrons -0,9 km » et « Station de ski – 0,2 km ». La station de ski de Puyvalador ne serait plus qu’à 200 mètres et même si je doute assez fortement de l’exactitude de cette information, il est vrai qu’elle n’est plus très loin car on commence à en distinguer les premiers chalets. D’ailleurs, quelques minutes plus tard, nous coupons puis empruntons la route asphaltée qui y mène. A l’entrée du village, nous ne trouvons pas de nouvelles indications ni aucun balisage alors je choisis de faire confiance à mon tracé G.P.S qui est très incertain et que j’ai réalisé à partir d’un vieux topo-guide de 2002 « Les Sentiers d’Emilie en Cerdagne et Capcir ». Il nous indique d’emprunter le bitume de la route principale puis celui de la rue des Ecureuils et je lui fais confiance car c’est bien les indications que j’ai lu dans le topo-guide. Je sais d’avance qu’il nous mènera jusqu’au « Sentier des Rhododendrons ». En haut de la rue, un nouveau panonceau se présente nous indiquant les « Rhododendrons » à 200 m et devant ce dernier, je comprends soudain qu’il y a bien désormais un autre itinéraire. Le sentier est là, à droite, dans la forêt et en contrebas. Je note déjà que le retour vers Rieutort s’effectuera par là.  La suite s’élève derrière les derniers chalets de la station et nous voilà enfin sur la ligne de départ. Un sentier parfaitement balisé avec un grand panneau directionnel nous invite à rentrer dans une sombre forêt de grands conifères. Le vrai « Sentier Forestier des Rhododendrons » commence ici et toute la démarche depuis Rieutort ne serait que subsidiaire. Subsidiaire mais pas accessoire et évidemment complémentaire quand comme nous, on a envie de marcher un peu plus que les 2,2 km qui composent cette petite boucle. D’ailleurs, un autre panneau mentionne bien qu’il s’agit d’un « Chemin d’Emilie » avec un aller/retour d’1h15 et c’est dire si cette petite balade est modeste et s’adresse au plu grand nombre. Nous rentrons dans la forêt en suivant les marques de peinture jaune sur les arbres et des panonceaux indiquant la « Route forestière du Pla del Bosc » toujours agrémentés de la mention P.R.31. Ce P.R.31 est semble t-il le fil conducteur. Le balisage est bien présent et la marche s’effectue sans difficulté et sans nécessité de garder le G.P.S allumé. Le chemin s’élève prestement mais c’est normal si je me fie à mon bout de carte car nous cheminons le Serrat de la Cornera. Le chemin alterne les sous-bois forestiers, quelques clairières et de rares passages au milieu de gros rocs de granit. Les ouvertures sont quasiment absentes et de ce fait, les seuls arrêts que je m’octroie sont réservés aux photos de quelques fleurs. Si les rhododendrons sont bien présents, ici c’est par miracle que j’en trouve un encore un peu fleuri. Ça sera le seul malgré l’attention que je porte à tenter d’en découvrir d’autres. Ne me demander pas pourquoi, mais je pense que début août c’est déjà bien trop tard.  Après une dernière montée au milieu de grands résineux semblant avoir soufferts d’une vieille tempête, quelques vues s’entrouvrent sur quelques hauts magmas rocheux. En contrebas, on entend chanter un petit torrent. C’est toujours le Rec del Cirerol, celui là même que nous avons enjambé au départ de Rieutort. Le chemin finit par déboucher sur  la « Route forestière du Pla del Bosc » à 1.890 m d’altitude. C’est le point culminant matérialisé ici par un magnifique petit plan d’eau aux eaux cristallines et dont le tour offre quelques panoramas lointains sur le Capcir et vers la Cerdagne. On s’y repose une bonne demi-heure et si à la première vision de cette mare limpide, j’ai aussitôt eu dans la tête l’envie d’y piquer une tête voire plus simplement de m’y rafraîchir, les panneaux d’interdiction conjugués à la présence d’un agent de l’O.N.F m’en ont rapidement dissuadé. A l’extrémité du plan d’eau, côté est, un panonceau propose le retour vers Rieutort : « Riutort – 3,4 km – P.R.31 ». Il suffit de suivre cette direction et de ne plus quitter le sentier le plus évident. Balisé également en jaune, il s’élève au milieu des pins à crochets presque au plus haut de la crête, coupe une petite clairière herbeuse, s’enfonce à nouveau en forêt, file en balcon offrant quelques vues sublimes sur la Vallée de l’Aude et les belles forêts du Capcir et retrouve l’itinéraire pris à l’aller. Nous aurons le bonheur d’y surprendre un jeune chevreuil et la chance incroyable qu’il figure sur une photo que j’ai prise à la volée dans un sombre sous-bois. On retrouve les chalets du haut de la rue des Ecureuils puis le fameux sentier qui descend rudement dans la forêt. Il atterrit sur une piste forestière où se dévoilent les plus beaux panoramas de la journée : vue plongeante vers Rieutort et ses vertes prairies, vue lointaine sur le lac de Puyvalador, le Massif du Madres et le pic de la Pelade, autant de beaux et bons souvenirs d’autres merveilleuses randonnées. Au bout de cette piste, on retrouve la route menant à la station de ski et le parcours pris à l’aller. Il nous amène tout doux à Rieutort en 40 minutes. J’aurais bien voulu saluer Sia et Alexandre mais apparemment ils n’étaient pas au gîte, alors nous nous sommes « vengés » en allant cueillir quelques grosses framboises bien mûres. Elles étaient légions tout au long du Cirerol. Est-ce logique ou pas ? Je ne sais pas car je me suis laissé dire que les « cirerols » seraient des petits fruits ronds et rouges ressemblant à des cerises. Peut-être le fruit du merisier. A vérifier !  Carte IGN 3540 OT Top 25. Variante : si à partir du plan d'eau, vous ne souhaitez pas revenir par le Serrat de la Cornera et la station de Puyvalador, il y a la possibilité d'emprunter la piste forestière qui se trouve en contrebas. Elle fait une large boucle autour de la station de ski puis retourne à Rieutort par le Bac Extremer.

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  • Deniers publics détournés et citoyens derniers informés !


     

    A quelques mois de la présidentielle, François Fillon, l’heureux élu de la primaire de droite est pris dans la tourmente médiatique et policière. Pour être franc, et bien que n’ayant pas les mêmes penchants politiques que les siens, voilà un homme dont j’avais toujours pensé qu’il était honnête et de ce fait, j’avais toujours imaginé qu’il serait au dessus du moindre soupçon d’une quelconque magouille. Avec son côté un peu timide, un peu réservé, enfant de choeur, il le criait si haut et si fort et parfois même il s'en gargarisait, reprochant à Sarkosy ou à Copé de ne pas être comme lui. Et puis d’un coup patatras ! Tout s’écroule autour de lui ! Les affaires s’accumulent autant que les soupçons ! Elles s’amplifient de manière tentaculaire. Les conséquences de « l’affaire Pénélope » se répercutent sur tous les élus de tous bords dont on dit qu’ils sont très nombreux à être en pareil cas : faire travailler leur épouse ou un proche aux frais des contribuables que nous sommes. Il est vrai que 6.000 euros par mois, peu de français les gagnent et même nombre d’entre eux qui travaillent beaucoup n’arrivent pas à les gagner, loin s’en faut. Oui c’est choquant ! A l’heure où l’on nous demande de serrer la ceinture, où la France connaît une dette publique record inégalée, où la pauvreté gagne du terrain d’année en année, où le chômage ne cesse de croître, où les écarts entre riches et pauvres se creusent, où les retraites sont gelées, où le pouvoir d'achat baisse sans cesse, c’est très scandaleux et dissonant d’apprendre que nos élus peuvent profiter des deniers publics en toute légalité. Faites de même dans une association où vous êtes bénévole ou salarié et vous vous attirerez inévitablement les foudres de la justice, en cas de contrôle.

     

    L’enquête Pénélope Fillon doit être menée à bien mais déjà les premières révélations m’ont choquées comme elles ont choquées bons nombres de français : Argent public détourné voire gagné trop facilement ? Avantages et profits personnels ? Emplois fictifs ? Accointances avec certains médias et des groupes de pression ? Conflits d’intérêts ? Des mots, toujours les mêmes, qui reviennent comme des boomerangs et raisonnent sans cesse dans la sphère politique ! Comment faire confiance ?  A qui faire confiance ? Pourquoi, ce qui n’existe pas ou plus dans les autres pays, se pratique-t-il encore en France ? Voilà les interrogations !

     

    Il n’y a pas de fumée sans feu et je fais confiance à ces journalistes, du Canard Enchaîné, de Médiapart, qui dénoncent, sont des lanceurs d’alertes, même si rien n’est jamais complètement neutre et gratuit derrière tout ça. Rappelons-nous l’affaire Cahuzac, lui aussi criait haut et fort qu’il n’avait jamais détenu de compte bancaire en Suisse. On connaît la suite.

     

    Au-delà des déboires franco-français du sieur Fillon, il y a d’autres pratiques bien plus choquantes encore et pourtant aucun média n’en parle. Pourtant, elles aussi, ont libre cours en toute légalité et au sein du Parlement européen, dont on dit qu’il serait en crise. Apparemment cette crise n’est pas pour tout le monde et seulement pour nous, peuples d’Europe.

     

    Deniers publics détournés et citoyens derniers informés ! Voilà comme on nous traite !

     

    Je veux parler des émoluments et avantages de nos députés européens que l’association « Les Contribuables Associés » vient de dénoncer très récemment. C’était le 17 janvier. En avez-vous entendu parler ? Non !

     

    Pour résumer cet article, on y apprend qu’un député européen :

     

    • Gagne 8.804 euros par mois soit 6.611 euros nets après impôts.
    • Qu’il bénéficie d’une indemnité pour frais généraux de 4.320 euros par mois, sans réel contrôle quand à leur réelle et complète utilisation mensuelle.
    • De frais de transports intégralement remboursés pour les voyages entre leur pays et les instances européennes
    • D’un forfait de 4.264 euros annuels pour leurs frais de voyages à l’étranger.
    • Et enfin, ô sublime privilège, d’une prime quotidienne et « surréaliste » de présence de 306 euros !

     

    Imaginez, vous partez bosser et vous savez déjà que la machine à sous va afficher sinon le jackpot au moins un gain régulier chaque jour ! Chaque matin, vous ne partez plus en entreprise mais au Casino !  Vous ne pouvez pas être là ? Qu’à cela ne tienne, faites-vous émarger et le résultat est le même ! Le jackpot tombe quand même.

     

    Vous pensez que c’est fini et bien non, vous êtes un élu et donc vous avez nécessairement besoin d’assistants parlementaires et donc droit à une enveloppe supplémentaire de 23.392 euros et à des remboursements pour vos dépenses somptuaires. Merde vous êtes un élu, vous n’êtes pas n’importe qui ! Nous si apparemment !

     

    Vous pensez que c’est fini et bien non lisez l’article des « Contribuables Associés » jusqu’au bout et vous comprendrez pourquoi ils sont aussi nombreux à prétendre à être député européen et à se battre pour l’être !!! Une bande de "feignasses" . Voici le lien en cliquant ici.

     

    Vous connaissez un job aussi bien payé sans la contrainte d’être présent au boulot ?

     

    Moi non !

     

    Les « Contribuables Associés » dévoilent tout ! Aidons-les !

    Savez-vous que c'est grâce à eux que les députés viennent d'adopter ce mercredi 1er février le principe d'un casier judiciaire vierge pour être candidat à une élection ?

     

    A côté de ces démesures qui se chiffrent en plusieurs centaines de milliards d'euros, François Fillon, avec ses tripatouillages perso, ressemble à un enfant de chœur. Alors, je pose la question ? Un enfant de choeur peut-il gouverner la France et dans ce monde si terrible et si cosmopolite, peut-on espérer qu'il soit à la hauteur ?

     

     

     

     

     


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  • Puisqu'il n'est pas trop tard, je vous offre cet Arbre de la Paix de ma composition.....et je vous souhaite une Bonne Année 2017 !!!

    En plus de tous les voeux de cette carte, je vous souhaite une excellente santé, tellement indispensable à la pratique de notre passion qu'est la randonnée pédestre !!! 

    "Feliç Any Nou, la bona salut !"

    "Uno bono annado et uno bono santa !"

    "Une bonne Année  et une bonne santé".

    Amicalement. Gilbert

     

    Bonne Année 2017 !

     

     


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  • LE SENTIER DE LA ROCHAILLE depuis Meyronnes... par jullie68

    Diaporama sur la musique "A Life More Meaningful" d'Underpass

    Le Sentier de Découverte de La Rochaille (1.931 m) depuis Meyronnes (1.526 m)

    Le Sentier de Découverte de La Rochaille (1.931 m) depuis Meyronnes (1.526 m)

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    Ici dans la Vallée de l’Ubaye, un slogan publicitaire sur un dépliant dit « Tout est permis sauf l’ennui » et autant le reconnaître, il n’y a pas eu un jour où nous nous sommes ennuyés. La Vallée de l’Ubaye, c’est un grand éventail…..ça c’est de moi. Un éventail de purs bonheurs, un éventail de découvertes. Aujourd’hui, avant dernier jour des vacances, retour vers le vallon de l’Ubayette et plus précisément vers Meyronnes et Saint-Ours où nous avons prévu une balade intitulée « le Sentier de découverte de la Rochaille ».  Les vacances tirent à leur fin mais nous n’allons pas nous plaindre car hors mis hier, nous n’avons eu que des journées exceptionnellement ensoleillées. Si je parle d’exceptions c’est parce qu’en montagne, les nuages sont parfois capricieux et peuvent rapidement gâcher une sortie surtout quand les orages décident d’être de la partie. Hier matin, nous avons connu nos premières ondées heureusement très éphémères et comme nous avions prévu une visite de Barcelonnette puis une longue virée en voiture vers le Parc National des Ecrins et le barrage de Serre-Ponçon, elles n’ont pas eu le temps de perturber nos projets. Aujourd’hui, le ciel est redevenu bleu et le soleil est déjà très présent quand nous prenons une fois encore la direction du col de Larche. Cette randonnée est avant tout gastronomique car c’est le serviable Jean-Charles, notre gentil proprio qui nous a conseillé d’aller manger à Saint-Ours. Il nous a décrit une cuisine familiale toujours copieuse mais d’excellente qualité en rajoutant que nous n’aurons aucun mal à trouver une randonnée à notre goût dans le secteur. Comme en randonnée, je n’aime pas trop les « surprises », hier soir j’ai regardé sur le Net et j’ai trouvé ce « Sentier de découverte de la Rochaille », boucle ô combien pittoresque et surtout ô combien différente des Lacs de la Cayolle et du Vallon du Lauzanier découverts précédemment.  Décors bien différents, distance à parcourir, dénivelé à gravir et temps de marche, tout m’a paru convenable et ces quelques critères devraient convenir à deux estomacs qui ne manqueront pas d’être bien pleins après un déjeuner gastronomique, l’essentiel étant de ne pas confondre « gastronomique » avec «astronomique ». Dans le pire des cas, il faudrait sans doute annuler la découverte de cette fameuse Rochaille. Seul gros bémol, quand nous arrivons à Saint-Ours, il est à peine 11 heures. Après une rapide visite du joli hameau très fleuri, Dany part se renseigner pour savoir à partir de quelle heure nous pouvons déjeuner. Que se passe-t-il au juste ? Je ne sais pas. Mais elle affirme avoir été reçue « comme un chien dans un jeu de quilles » par la patronne. En ressortant du restaurant, elle ne décolère pas et part vers la voiture en pestant et en répétant « je ne risque pas de manger ici ! ». Elle a toujours eu du mal à accepter que des commerçants ne le soient pas, « commerciaux», c'est-à-dire accueillants et souriants. J’ai beau tenté de la raisonner, de lui dire que ce n’est qu’une anecdote insignifiante, qu’il ne faut pas se fier aux premiers abords, rien n’y fait et me voilà contraint de changer tous mes plans. J’avais prévu de faire de Saint-Ours la ligne de départ de la balade après le déjeuner, et me voilà bien embêté. Un coup d’œil sur un plan grossier que j’ai dessiné de la rando car je n’avais pas d’imprimante dans le mobil home et je constate qu’un départ de Meyronnes est possible voire même préférable, reste à savoir s’il y a un resto là-bas. Nous quittons Saint-Ours pour redescendre dans la vallée. A Meyronnes, il y a bien un resto, italien, intitulé « Mare et Monti » et dans lequel nous sommes de surcroît accueillis très chaleureusement par une patronne à la fois très jolie et très souriante, ce qui ne gâche rien et fait oublier à Dany ses déboires antérieurs.  Comme la qualité culinaire est à la même hauteur que tout le reste, ce sont avec les palais comblés et les estomacs bien rassasiés que nous démarrons la balade une heure et demie plus tard. L’itinéraire démarre à droite du restaurant et comme les panonceaux sont bien présents, la suite devient assez facile. S’agissant d’une boucle, une seule hésitation néanmoins, il faut immédiatement faire le choix du sens dans lequel nous souhaitons la faire. Par bonheur, j’ai un peu étudié le parcours et dans ma tête, le choix est déjà fait. Je choisis Saint-Ours plutôt que La Rochaille, à cause du dénivelé qui me paraît plus doux et qui s’effectue en de amples lacets facilitant son ascension.  Personnellement, j’oublie très vite cette déclivité car une fois encore la flore et la faune y sont exceptionnelles. Comment vous dire ? Comment vous décrire ce que je vois ? Les champs, les prés traversés le plus souvent encadrés de haies sont des herbiers et des bestiaires grandeur nature. Chaque pas ou presque est une découverte nouvelle. Si au Lauzanier et aux Lacs de La Cayolle, la flore et la faune se découvraient régulièrement au fil des pas, ici c’est un concentré de nature à chaque foulée : les fleurs bigarrées et dissemblables y sont légions sur quelques mètres carrés, les papillons  et les oiseaux différents y batifolent en grand nombre et il va en être presque ainsi jusqu’à atteindre la forêt domaniale de la Rochaille. Le hameau de Saint-Ours  ayant déjà été visité, nous en faisons l’impasse et poursuivons tout droit le large chemin filant vers la Rochaille. Autant l’avouer, quand on regarde cette montagne de loin, et notamment depuis le bas de la vallée de l’Ubayette, c'est-à-dire depuis Meyronnes, on ne peut s’empêcher d’être très perplexe voire quelque peu hésitant à aller l’affronter, autre raison pour laquelle j’ai également choisi de faire la boucle dans ce sens. Malgré tout les interrogations demeurent. Par endroits très rocailleuse, elle en porte le patronyme de « Rochaille », mais surtout très boisée et très abrupte, cette montagne paraît impraticable et de nombreuses questions surgissent : comment va-t-on la traverser et si oui, comment en revenir ? Est-il possible de redescendre de là-haut sans trop de difficultés ? D’ici, après Saint-Ours, ces questions restent toujours aussi présentes même si l’approche de la montagne ouvre peu à peu de larges éventails de confiance et ôte les appréhensions les unes après les autres. Alors bien évidemment, comme dans toutes les randonnées alambiquées et à flanc de montagne, la prudence reste de mise. Pour l’instant le chemin est bon et comme les panoramas sont grandioses, on oublie l’objectif et ses éventuelles difficultés. Tout en montant, notre attention est constamment en éveil. Quand ce ne sont pas les fleurs, les oiseaux ou les papillons, c'est un chat qui joue au chasseur dans un pré, plus loin ce sont les ruines de Fontvive ou bien un troupeau de moutons enfermé dans un enclos précaire. Peu après, c’est Saint-Ours et ses montagnes incroyablement arides et déchiquetées dominant le hameau qui attirent le regard et laissent songeur. Un bouquetin surgit des rochers et nous laisse une vision bien trop fugace. Au fur et à mesure que l’on avance,  la météo se fait moins bonne, les nuages plus nombreux et le ciel moins lumineux mais aucun risque de pluie en perspective et cela suffit à notre bonheur. Au lieu-dit la Serre de la Safrière, un premier panneau ludique explique la vie agricole et l’exode rural au temps jadis. Le chemin file tout droit en balcon au dessus d’un profond ravin : c’est celui du « Torrent de Bouchiers », alimenté par d’autres ruisseaux qu’ici on appelle « riou » : Riou de la Combe du Loup, Riou de Gascon notamment. Ensuite, le chemin perd peu à peu de sa rectitude en suivant les contours des premiers contreforts de la montagne. Il s’élève un peu, devient plus rocailleux, tourne en épousant ces mêmes contreforts, traverse quelques « rious » asséchés et caillouteux, quelques jolies clairières verdoyantes et débouche sur d’anciens prés de fauche se terminant au sommet d’un promontoire au dessus de lieu-dit « les Granges des Gascons », vaste ruine d’une grande bâtisse que l’on aperçoit en contrebas. Un deuxième panneau en explique la vie au 19eme siècle, celle d’une unique famille dont l’un des enfants est parti s’enrichir au Mexique avant de revenir au pays fortuné comme Crésus. Les superbes villas mexicaines de Barcelonnette sont les preuves de ces réussites. Certaines de ces maisons sont classées Monument Historique. Les explications se terminent par l’enjeu stratégique que ce lieu a eu pendant la 2eme guerre mondiale. Le chemin toujours en balcon continue d’épouser la montagne et ses ravines. Certains tronçons à flancs de montagne ont été creusés dans le flysch même des falaises. Quelques boqueteaux de feuillus présagent de la forêt désormais toute proche. A l’approche du grand ravin que l’on dominait, le large chemin devient petit sentier. Le « V » que le ravin forme à cet endroit laisse apparaître la Vallée de l’Ubayette dans toute sa splendeur, largeur et profondeur. Dans cet ample décor entouré de hautes montagnes très arides ou très boisées selon si elles se trouvent à l’adret ou à l’ubac du vallon, Meyronnes et Saint-Ours apparaissent désormais minuscules. Le ravin où s’écoule un large filet d’eau est finalement enjambé et l’on entre de pleins pieds dans la forêt domaniale dont on apprend sur un autre panneau qu’elle est entièrement artificielle et a été plantée de toutes pièces par des hommes au prix d’incommensurables efforts. En 1886, l’Etat avait acheté 214 ha pour effectuer ses travaux de plantations. Le récit de ces reboisements dignes de véritables "travaux forcés" est à peine croyable et je ne peux m’empêcher de penser que c’est grâce à tous ces hommes que nous pouvons cheminer cette belle forêt pour notre seul plaisir. Qu’ils en soient remerciés. Les panneaux explicatifs vont se succéder faisant référence à l’important patrimoine militaire de ce secteur, à la forêt et aux arbres qui la composent puis à la géologie de la Rochaille. Le sentier tout en balcon continue d’offrir d’extraordinaires vues aériennes sur la Vallée de l’Ubayette. En face, de l’autre côté de la vallée, je note cependant qu’une immense partie de la forêt de résineux est de couleur rousse comme si tous les grands conifères avaient séchés sur pied. Je n’en connais pas la raison mais ce phénomène me paraît inquiétant car je l’ai également aperçu dans bien d’autres coins du département. J’y découvre aussi le Grand Fort de Roche la Croix, vestige de la célèbre ligne Maginot. Au lieu-dit la Serre La Plate, on découvre un blockhaus, autre vestige de la célèbre ligne militaire de défense, puis c’est une cabane forestière et enfin le Belvédère du Pinas avec son époustouflant point de vue dominant la partie de la Rochaille inaccessible mais offrant aussi d’incroyables panoramas sur les montagnes opposées et des vues plongeantes sur la belle Vallée de l’Ubaye.  La descente commence ici, juste après le point de vue. Elle va être très longue car conçue en d’innombrables lacets qui se faufilent entre les pins noirs d’Autriche, les pins sylvestres, les mélèzes et quelques étonnants cytises aux merveilleuses grappes de fleurs d’un jaune flamboyant. En définitive, cette descente s’avère beaucoup moins périlleuse que dans notre imagination. Hors mis quelques courts tronçons nécessitant une grande prudence, le sentier tout en sous-bois est plutôt bon et pas vraiment accidenté, les arbres constituant la plupart du temps des garde-fous presque naturels.  Depuis le point de vue, nous mettons tout de même 40 minutes pour sortir de la forêt et encore 20 minutes de plus pour rejoindre Meyronnes. Avant d’atteindre le village, on finit par enjamber une dernière fois un ruisseau presque asséché où des gabions on été élevés pour freiner les sautes humeurs du torrent. La balade a été belle, enrichissante et mon appareil photo a encore engrangé une quantité phénoménale de fleurs et quelques exemplaires de la faune locale dont quelques oiseaux et papillons. Seuls mammifères aperçus, mais c’est déjà beaucoup, une étagne, femelle du bouquetin et un petit écureuil roux. Telle qu’expliqué ici, ce « Sentier de Découverte de La Rochaille » serait long de 9,1 km pour un dénivelé de 527 m, renseignements recueillis sur un remarquable site Internet consacré aux randonnées dans le Mercantour dont voici le lien. Désolé de ne pas vous en dire plus mais je n’avais pas de GPS ce jour-là pour enregistrer des données plus précises. Carte IGN 3538 ET Aiguille de Chambeyron – Cols de Larche et de Vars - Top 25.

     


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  • LE VALLON et le LAC du LAUZANIER depuis Larche... par jullie68

    Diaporama sur la musique "Forever In My Heart" d'Azaleh

    Le Vallon et le lac du Lauzanier (2.284 m) depuis Larche (Le Pont Rouge - 1.907 m)

    Le Vallon et le lac du Lauzanier (2.284 m) depuis Larche (Le Pont Rouge - 1.907 m)


     

    Pour cette deuxième randonnée de nos vacances, nous avons jeté notre dévolu sur le Vallon et le lac du Lauzanier. Le Vallon du Lauzanier, ancienne auge glaciaire, haut-lieu de l’agropastoralisme alpin et de la botanique mondiale, a été classé Réserve Naturelle dès 1936, puis a été rattaché au Parc National du Mercantour en 1979. C’est donc un véritable joyau de la nature que nous partons découvrir. Un joyau que les anciens avaient pris l’habitude de surnommé « la Mer du Lauzanier », à cause des chardons bleus s’étalant sur les flancs de la vallée et sur des dizaines d’hectares. Ces mêmes magnifiques chardons bleus, en réalité des panicauts, auxquels les botanistes du 19eme siècle avaient donné le nom de « Reine des Alpes » à cause de leur beauté. Après les Lacs de la Cayolle et ses décors plutôt pelés et pierreux, mais par bonheur constellés de plusieurs lacs bleutés et de névés bien blancs, aller découvrir le Lauzanier, c’était d’abord faire le choix de la verdure et de la fraîcheur. La fraîcheur, elle arrive principalement du milieu du vallon où s’écoule la rivière Ubayette, affluent majeur de l’Ubaye. La verdure, elle, est le prolongement naturel de cette hygrométrie ambiante et constante. Anciennes prairies de fauche, pelouses verdoyantes, boqueteaux de divers feuillus (magnifiques en automne paraît-il !), tourbières et roselières, sombres forêts de résineux, flore des champs, des pelouses et des rocailles, ici la verdure, on la découvre dans tous ses états. Une faune extraordinaire s’y complait. Le  départ s’effectue à partir du lieu-dit «le  Pont Rouge » que l’on peut rejoindre de deux manières depuis la D.900 : soit à pied depuis le col de Larche, col frontière avec l’Italie soit en voiture depuis le hameau de Larche, en empruntant une petite route qui file parallèle à l’Ubayette et sur sa rive gauche. Elle est à main droite quand on arrive de Meyronnes et de Barcelonnette. Cette étroite route est commune avec les sentiers de grandes randonnées G.R 5 et G.R 56. Au plus fort de l’été et de la fréquentation, un service de navettes devient obligatoire car les croisements deviennent compliqués. A « Pont Rouge », un parking bien aménagé accueille les véhicules. Dès qu’on pose le pied hors de la voiture et grâce à une météo toujours aussi resplendissante, Dany et moi restons ébahis par la somptuosité et la vitalité du lieu. L’Ubayette qui s’écoule à quelques mètres du parking et les marmottes qui courent dans tous les sens ne sont pas étrangères à cet émerveillement. Mais à y regarder de plus près, il n’y a pas que la rivière et les marmottes et c’est tout un ensemble d’une parfaite harmonie qui engendre ce sentiment d’enchantement et de bien-être. Force est de reconnaître que l’envie de marcher s’installe sans problème et le naturaliste et photographe amateur que je suis a déjà des fourmis dans les jambes. Le départ est néanmoins ralenti par quelques panneaux explicatifs permettant une meilleure connaissance de ce site naturel extraordinaire. Il y a également quelques tables de lecture dont on note quelles sont conçues pour les non et malvoyants. Tout en se disant que l’initiative de la création d’un sentier pour les personnes en situation d’handicap est formidable, on prend conscience du bonheur extrême d’avoir une bonne vue et d’être debout sur ses deux jambes. Le départ est lancé et comme le chemin est plutôt plat, Dany est partie dans une cadence assez soutenue. Bien évidemment, elle peste déjà de me voir à la traîne à cause des nombreuses photos qui m’arrêtent à tout bout de champ, mais si j’en suis conscient, je sais déjà que tous les clichés que je prends seront autant de souvenirs que j’aurais plaisir à revoir plus tard. Comme je le dis souvent, en randonnée, mon appareil photo, c’est le meilleur des cerveaux que je connaisse. Un cerveau supplémentaire qui a de la mémoire, la vue et parfois même le son quand il fait « vidéo ».  Je ne connais pas de meilleure façon de bien se souvenir d’une randonnée que de regarder des photos ou un film d’elle et comme pour moi, elle ne se résume pas à la seule action de marcher, j’aime autant flâner qu’oublier une « découverte » en chemin. Paysages, fleurs, oiseaux, papillons, insectes et animaux divers et variés, tous ces souvenirs ressurgiront sans trop d’efforts et à chaque fois que nous aurons envie de visionner le diaporama que je ne manquerais pas de réaliser avec tous ces clichés. Le botaniste qui sommeille en moi le reste du temps, aujourd’hui il ne dort pas mais il n’a pas envie de speeder non plus.  L’élévation est modérée mais réelle et les décors changent avec la même douceur. Ils deviennent plus montagnards quand le large chemin très praticable devient petit sentier terreux et caillouteux. En réalité, le sentier se rétrécit au même rythme que l’Ubayette. La rivière tranquille et circulant en méandres au plus plat de la vallée a laissé la place à un large et fougueux torrent puis à un étroit ruisseau trouvant son chemin entre les rochers et descendant en cascade dans des bouillons écumeux. Si au départ la rivière était le terrain de jeu de nombreuses bergeronnettes, l’altitude semble les rebuter. Depuis le départ, quelques cabanes pastorales et quelques granges plus ou moins rustiques jalonnent l’itinéraire. Certaines d’entre-elles, élevées essentiellement en pierres, sont carrément enfouies sous terre et seule leur façade et l’entrée restent visibles.  Recouvertes parfois d’herbes, de plantes ou bien de fleurs, certaines semblent sortir tout droit du film « Le Hobbit ». Tout en montant, le chemin s’est quelque peu rétréci, les photos à prendre, elles, ne diminuent pas pour autant. De nouvelles fleurs s’ajoutent à celles déjà vues depuis le départ. D’autres disparaissent avec l’altitude. Certaines ne sont visibles que dans un biotope bien déterminé. Pour d’autres, il me faut parfois sortir du chemin pour les voir et les photographier de plus près. C’est le cas, de la très rare « Reine des neiges ». Les marmottes sont toujours aussi nombreuses. Avec l’altitude, les pinsons et les mésanges ont laissé la place aux Traquets motteux et à quelques Venturons montagnards. Les traquets s’égayent sur les roches et les venturons semblent se complaire dans l’herbe. D’autres oiseaux sont plus craintifs ou discrets et ne se laissent pas photographier facilement. C’est le cas de certains rapaces ou corvidés que je ne pourrais jamais photographier correctement en raison de la distance qui m’en sépare. Le sentier continue de grimper, plus ou moins large selon la minéralité qui l’entoure. Certains portions sont dallées de grandes pierres plates et d’autres, plus nombreuses ont été aménagées en escaliers, avec des traverses en bois qui retiennent la terre. De nombreuses passerelles permettent d’enjamber les innombrables ruisseaux qui descendent de tous les versants de la montagne. Certains sont de minuscules sillons, d’autres ressemblent à des tranchées plus profondes, d’autres à des « voiles de mariées » guère impressionnants car ruisselant sur la terre. Plus rares et plus belles sont celles qui tombent de très haut en cascade. Ici, l’eau est le dénominateur commun et la source de toute vie. Tous ces ruisseaux et torrents se rejoignent dans l’Ubayette. Afin de préserver la flore, la faune dans cette géologie assez altérable, des panonceaux indiquent qu’il ne faut pas sortir du sentier. Après une « bonne » montée en espaliers mais sur un sol quelque fois « casse-pattes », le sentier atteint un collet verdoyant car herbeux puis bascule dans un cirque grandiose au fond duquel le lac bleuté du Lauzanier resplendit majestueusement. Les hauts sommets qui l’entourent s’y reflètent comme dans un miroir puis s’y engloutissent dans de liquoreuses arabesques au fur et à mesure que l’on s’approche de ses rives aux eaux si limpides. Nous y restons plus d’une heure et demi à pique-niquer et Dany à se reposer pendant que je pars à sa découverte en tentant vainement d’en faire le tour. Si le tour paraît  possible, en arrivant au plus haut du déversoir, je prends bien vite conscience que je ne pourrais le faire qu’au prix d’un bain de pied très rafraîchissant pour enjamber les tourbières et les multiples rus dégoulinant à qui mieux mieux.  Pour quel résultat de plus ? La seule moitié droite du lac m’a déjà permis de photographier de nombreuses fleurs nouvelles, une quantité incroyable de papillons, des têtards et des alevins venant trouver refuge dans les minuscules anses creusées dans les berges. A mon approche, tous ces vairons s’éloignent de la rive, serrés les uns aux autres comme des sardines, mais ils stoppent aussitôt quand la profondeur du lac devient bien trop risquée. Avec la crainte de ma présence,  je sens bien qu’ils sont désorientés et perplexes, entre revenir vers la berge, gage de sécurité et la profondeur du lac où des prédateurs les guettent pour les dévorer. Ils le savent. Les prédateurs ont pour nom « truites fario ». J’en ai aperçu une assez « saisissante » par sa taille mais sans pouvoir la saisir en photo. Je m’éloigne de la rive et les vairons reviennent en banc serré et dans un même élan. Je fais demi-tour, direction l’aval du lac où Dany m’attend mais en évitant de repasser par le même sentier pris initialement. Quelques trouvailles nouvelles viennent s’ajouter dans la mémoire de mon appareil photo et notamment toute une série de pensées sauvages aux couleurs si variées. Nous repartons, direction, la petite chapelle qu’ils nous restent à visiter. Perchée sur un mamelon dominant le lac et blottie au milieu d’innombrables « Chénopodes Bon-Henri » dont se régalent les marmottes, la petite chapelle Notre-Dame des Lumières est jolie mais son intérieur a des airs de capharnaüm, de dépotoir, de refuge non gardé, de lieu saint et à cause d’une collection impressionnante de cailloux, ressemble même à la tanière d’un géologue un peu fou. Tout ça en même temps. Seul un plafond gracieusement peint d’un ciel bleu marine rempli d’étoiles jaunes marque les esprits. Il est temps de faire demi-tour et force est de reconnaître que le Vallon du Lauzanier est aussi beau dans un sens que dans l’autre. On ne se lasse pas de ses courbes douces et verdoyantes, de ses paysages de montagne qui sont autant d’invitations à partir en tous sens à leurs découvertes. Il y a toujours quelque chose à voir ou à découvrir au Vallon du Lauzanier et quand on oublie les fleurs, les traquets et les marmottes c’est parce que quelques chamois gambadent dans les pelouses d’altitude. Quand ce n’est pas les chamois, c’est un gentil baudet qui surgit du décor accompagné de ses âniers. Quand ce n’est pas un âne c’est un troupeau de moutons dont les circonvolutions champêtres sont surveillées « comme le lait sur le feu » par un berger et ses chiens. Telle qu’expliquée ici et depuis le Pont Rouge (1.907 m), la balade aller et retour jusqu’au lac du Lauzanier (2.284 m) est longue de 9 km à 10 km environ. La déclivité jusqu’au lac est donc de 377 mètres. Le temps que nous avons mis pour la réaliser n’étant pas significatif, il ne me paraît pas utile de le mentionner mais sachez que le panonceau au départ de « Pont Rouge  donne le lac « réalisable » en 1h45. Comptez donc un peu moins du double pour l’aller et le retour, soit 3h environ si vous ne flânez pas. Carte IGN 3538 ET Aiguille de Chambeyron - Cols de Larche et de Vars - Top 25.

     


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  • Dénouement : Si vous devez lire cet article, sachez qu'un dénouement est intervenu et que finalement la société Colissimo a accepté de me dédommager de la somme de 188,52 euros, montant correspondant au devis établi par la société Ubaldi pour réparer la cafetière. Après renseignements pris auprès de ma protection juridique, j'ai suivi leurs conseils et finalement j'ai accepté cette somme bien qu'elle me paraissait très insuffisante. Faute d'une "vraie justice", il y a donc une morale à cette affaire : "malgré toutes les pressions que la société Colissimo mettra pour vous décourager, si vous pensez être dans votre bon droit, comme j'ai toujours pensé l'être, ne lâchez jamais rien !" 

    Colissimo rimerait-il avec mafioso ?


     

    Colissimo rimerait-il avec mafioso ?


    Connaissez-vous Big Jim Colosimo, de son vrai non Giacomo ou James Colosimo ? Il s’agit d’un mafioso italo-américain, d’origine calabraise, d’un parrain de la prostitution comme on dit, qui a régné sur la mafia de Chicago au début du 20eme siècle, ami entre autres du célèbre Al Capone. Enfin, ami n’est pas vraiment le mot juste, car dans ce milieu, les seuls amis étaient l’argent et le pouvoir. Il mourut à l’âge de 42 ans dans son restaurant..... ayant eu du mal à digérer plusieurs balles. Un vieillard dans la mafia du Chicago !

    Colissimo rimerait-il avec mafioso ?

    A vrai dire, ce n’est pas vraiment de lui que je veux vous parler aujourd’hui mais de son presque anagramme, la société Colissimo, service de livraison de colis aux particuliers de la Poste française. Enfin, c’est ainsi que la marque est présentée dans l’encyclopédie Wikipédia et l’on peut d’ailleurs noter parmi la liste des engagements de la marque « assurance incluse ne pouvant excéder 23€/kg (frais de port compris) en cas de détérioration, perte ou vol ». Vous verrez plus loin l’importance que peut avoir cette courte phrase.

     

    Alors Colissimo rimerait-il aussi avec mafioso comme son presque anagramme le fameux Big Jim Colosimo ?

     

    J’en suis à un stade où je me pose sérieusement la question. Si je me pose la question, c’est parce que l’affaire est troublante et pour moi loin d’être terminée, à moins qu’un règlement me parvienne rapidement. Si vous n’avez jamais été confronté à un problème avec Colissimo, je vous conseille de prendre le temps de lire cet article, car vous verrez, il y a des enseignements à en tirer pour nous tous. Cette affaire, en voilà ci-après, les tenants et aboutissants :

     

    Début novembre 2016, une cafetière robot expresso Delonghi que j’ai achetée chez Ubaldi et donc sur Internet tombe en panne. Cette cafetière, je l’ai achetée un an auparavant pour une valeur de 405 euros et la garantie était de 3 ans au moment de cet achat. Il me reste 2 ans de garantie.

     

    Je contacte immédiatement Ubaldi qui m’indique prendre en charge la réparation dans le cadre de la garantie mais qui ajoute ne pas prendre en charge le retour, comme le fait par exemple Amazon. A partir de là, je sais que les frais d’expédition vont être pour ma pomme. A cet instant, j’ignore combien ça va me coûter mais c’est déjà « chiant » d’avoir à payer pour un article qui est censé être garanti.

     

    Le 3 novembre 2016, Ubaldi m’envoie néanmoins un bon de retour avec un simple code barres et une adresse SAV et me conseille au passage d’utiliser les services de Colissimo.

     

    Je prépare aussitôt le conditionnement de mon colis avec mille précautions, avec un carton très épais et un bourrage tout autour de la cafetière composé de plusieurs couches de papier bulles, de gros papier kraft chiffonné et enfin de nombreux petits coussins d’air dont j’ai espoir qu’ils amortissent efficacement les éventuels chocs .Je sais pour avoir déjà connu quelques déboires que la Poste n’accepte pas la mention « FRAGILE » (*) et je suis donc très attentif et scrupuleux pour conditionner ce colis. Un an auparavant, j’ai déjà effectué une réclamation pour un Chronopost dont je n’ai jamais plus eu aucune nouvelle. La valeur vénale de l’objet perdu étant faible, j’ai laissé tomber et n’ai jamais donné suite à cette réclamation chez Chronopost, autre service de la Poste.

     

    Le 4 novembre 2016, je me présente au bureau de poste. La postière me précise que le poids de mon colis est de 12 kg et m’indique que pour un envoi en Colissimo recommandé avec signature, je dois lui payer la somme de 26,50 euros. J’acquiesce. De toute manière, je n’ai pas vraiment le choix. A cet instant, elle me demande si l’objet dans le colis a une valeur et comme je n’ai aucune raison de lui mentir, je lui dis qu’il s’agit d’une cafetière d’une valeur de 405 euros. Elle me demande si je veux assurer le colis pour cette valeur. Je lui réponds « oui » et me dit, « ça fait 6 euros de plus ! ». Qu’à cela ne tienne, j’ai déjà « les boules » d’avoir à payer mais je ne suis pas à 6 euros près non plus ! Je paye par carte bancaire. Elle me restitue le ticket carte bancaire et le double du récépissé qui me revient. Là, avec beaucoup de chance ou peut-être de défiance voire d’expérience des « choses administratives », j’observe sur la copie du récépissé qu’elle vient de me remettre que les mentions imprimées par sa machine sont plus que « faiblardes ». Je remarque néanmoins que la valeur qui y est mentionnée n’est pas de 32,50 euros comme cela devrait être mais de 26,50 euros seulement. Ne sachant pas si c’est une procédure normale et habituelle ou s’il s’agit d’une roublardise, je lui réclame une facture détaillée. J’ai 45 ans d’expérience « administrative » et quand je ne suis pas étourdi, ce qui peut toujours arriver, à  moi, « on ne me l’a fait pas ! »  Elle m’imprime la facture faisant apparaître l’envoi du Colissimo pour 26,50 euros plus une ligne pour 6 euros mentionnant un service d’indemnisation « Ad Valorem » pour une tranche de valeurs de 201 à 1000 euros. Vous noterez au passage qu’il y a déjà un paradoxe entre l’engagement écrit sur Wikipédia annonçant une assurance incluse dans tout envoi inférieur à 23 kg et le fait d’avoir à payer une assurance supplémentaire. Il vrai qu’à cet instant, je n’ai pas encore lu Wikipédia ni aucun autre document concernant le service Colissimo.

    Le 14 novembre, Ubaldi m’envoie le message suivant « Cher client, Nous vous confirmons que, lors de la réception de votre machine à café Delonghi ESAM04320S, nous avons constaté que celle-ci était cassée en plusieurs endroits. Ci-joint photos à l’appui. Nous restons à votre disposition pour toute demande complémentaire ». Les photos montrent mon colis éventré sur un côté (voir photo) et plusieurs éléments de la carrosserie de la cafetière cassés.

    Colissimo rimerait-il avec mafioso ?

    Colissimo rimerait-il avec mafioso ?

    Cliquez sur les photos pour les agrandir.

    Dans les jours suivants, j’entame des pourparlers avec le SAV d’Ubaldi car ils me disent que ces nouvelles réparations à effectuer ne peuvent plus entrer dans le cadre de la garantie initiale. Ils ajoutent qu’ils vont m’envoyer un devis mais qu’il m’appartient d’ores et déjà de faire une réclamation auprès de Colissimo. Je suppose qu’ils les jugent responsables.

    Le surlendemain, je reçois le devis pour un montant de 188,52 euros. Dans l’immédiat, je me refuse à le payer et je demande à la SAV d’Ubaldi de mettre les réparations « en stand-by » et de voir avec leur direction si elle pourra faire un effort commercial à ce sujet en raison même de la garantie de la cafetière. Je demande à un ami qui est postier, la meilleure démarche à accomplir. Il me conseille d’effectuer une réclamation auprès de Colissimo, m’aide à la remplir et me conseille de la remettre en mains propres au bureau de poste de ma commune en prêtant attention à ce que le code soit bien bipé et donc enregistré par la postière avec sa « douchette ». Manque de bol, le jour J, il y a un monde fou à la Poste, plusieurs fois la postière est dérangée alors qu’elle est censée s’occuper de ma réclamation. Elle récupère l’enveloppe mais je ne note pas de passage à la « douchette » et quand je lui demande si ma réclamation est bien enregistrée, elle me répond simplement « oui ». Je lui fais confiance.

    10 jours plus tard, n’ayant aucune nouvelle de ma réclamation, je reviens vers mon ami postier. Il me demande le code, ne trouve pas ma réclamation dans la base de données concernée et me confirme que cette dernière n’a jamais été enregistrée. Je comprends soudain pourquoi je n’ai jamais plus eu de nouvelle de ma réclamation Chronopost il y a un an. La Poste userait de subterfuge pour éliminer très facilement un grand nombre de réclamations et comme la plupart d’entre-nous avons bien d’autres choses à faire que de perdre du temps à réclamer, le tour est joué. Votre réclamation est définitivement tombée dans les oubliettes. Heureusement, et dans le cas présent,  j’ai gardé toutes les photocopies de cette réclamation et mon ami postier me l’enregistre lui-même dans la base de données. Cette fois c’est sûr, elle est enregistrée.

    La suite va se passer de commentaires et plutôt que de faire un long article, je vous laisse le soin de prendre connaissance des  3 courriers que j’ai reçu de Colissimo. J’ai volontairement ôté les noms et quelques éléments mais les textes sont intégraux. Je les joins en pièces jointes à cet article afin que vous n’ayez aucun doute quand à mes remarques ci-après. Je note deux constantes dans ces 3 courriers :

    Son introduction « bateau » toujours la même « vous nous avez fait part de vos interrogations relatives au colis N°…..» et puis plus sournois mais si évident et sans nécessité de savoir lire entre les lignes, le sentiment d’être pris à chaque fois pour un imbécile, imbécile étant le mot qui me vient à l’esprit afin d’éviter toute grossièreté.

    Le 28 novembre-1ere lettre : « nous procédons à des recherches auprès des services chargés de l’acheminement de ce colis et reviendrons vers vous dans un délai maximum de 21 jours…..». Un mois après la livraison du colis, ils vont faire de recherches pour voir dans quelles conditions le colis a été acheminé et est arrivé fracassé…..alors que tout le monde est au plus ou moins au courant de la manière dont sont traités les colis dans les bureaux de poste et sur leurs plateformes d’où leur refus avéré d’accepter toute mention « FRAGILE » (*).

    Colissimo rimerait-il avec mafioso ?

    Le 6 décembre-2eme lettre : «  Nous avons bien reçu la copie du justificatif de votre colis. Cependant, les informations (telles que les coordonnées expéditeur/destinataire, le niveau d’indemnité souscrit, le poids, le montant d’affrranchissement, la date du dépôt,….) ne sont pas suffisamment lisibles ». En réalité, toutes les mentions qui sont les miennes sont lisibles (expéditeur et destinataire notamment), sauf les leurs c'est-à-dire les éléments qui ont été imprimés sur le récépissé par les soins de la postière. Enfin, le mot « soin » n’est peut être pas le plus approprié, à moins que la Poste mette un « soin » à ce que des éléments qui leur seraient opposables et donc préjudiciables soient sciemment illisibles. J’en suis désormais convaincu. Vous noterez ce second paradoxe entre la 1ere lettre et la seconde, c’est à dire entre « nous procédons à des recherches » sur un colis dont « les  informations ne sont pas suffisamment  lisibles » (sic) 9 jours plus tard. Ça se passe de tous commentaires supplémentaires.

    Colissimo rimerait-il avec mafioso ?

    Le 12 décembre-3eme lettre : « Nous sommes très ennuyés par cet état de fait mais nous ne pouvons répondre favorablement à votre demande de remboursement de cet envoi. Nous avons fait procéder à des vérifications auprès de nos services. Celles-ci n’ont pas permis de confirmer la détérioration du colis ». C’est donc un refus catégorique d’admettre leurs responsabilités et de vouloir me dédommager malgré un tas d’éléments probants qu’ils ont reçus : double du mail d’Ubaldi, photos et surtout ma volonté d’avoir voulu assurer ma cafetière à sa juste valeur comme le prouve la facture.

    Colissimo rimerait-il avec mafioso ?

    Comme indiqué plus haut, tout ça se passe de commentaires mais je tiens néanmoins à préciser que j’ai répondu favorablement à leur 2eme lettre, demande de documents mieux lisibles en faisant certifier conformes aux originaux le récépissé et la facture par le directeur du bureau de poste de ma commune. La dernière lettre a fait l’objet d’une réponse par lettre recommandée avec A.R où je dis ce que je pense de leurs méthodes dignes d’un vrai « Colosimo »  et dans laquelle je précise mes exigences en matière de remboursement, c'est-à-dire 405 euros, à savoir le prix d’achat de la cafetière, valeur pour laquelle j’ai été censé l’assurer. Le service que j’ai payé n’a pas été fourni dans la qualité que j’étais en droit d’attendre. J’estime être dans mon bon droit et pouvoir prétendre à la réparation du préjudice subi, d’autant que la cafetière a été réparée par Ubaldi mais qu’elle fonctionne mal et que certaines pièces sont toujours cassées. J’avais une cafetière neuve mais en panne et sous garantie et qui aurait pu être réparée correctement et j’ai désormais une cafetière « bousillée » mais qui fait du café quand ça lui va bien.

     

    L’affaire n’est pas terminée et j’utiliserais si nécessaire tous les recours possibles et imaginables pour obtenir gain de cause. De la justice qui doit m’être rendue, j’en ferais toujours une question de principe.

     

    (*) Dans mon bureau de poste, j’avais déjà constaté une certaine désinvolture voire négligence dans la gestion des colis et en plusieurs occasions, il m’était arrivé de voir le personnel prendre mon colis et le balancer dans une grande panière en osier qui se trouvait derrière eux à quelques mètres. Mon colis tombait dans cette panière sans plus de précaution. Je me suis souvent interrogé sur cette façon de faire et j’imaginais aisément la suite. Je m’étais donc tuyauté à ce propos et je n’avais pas entendu que du bien de la gestion des colis par la Poste. Mon ami postier m’a donc confirmé tout cela. Il m’a dit que sur les plateformes de la Poste tout ou presque était automatisé au niveau de la gestion et de l’acheminement des colis. De nos jours, l’intervention humaine est minime, les colis défilent sur des tapis roulants, sont orientés vers leurs destinataires par des ordinateurs puis en bout de chaîne, tombent de plusieurs mètres de hauteur, non plus dans des panières en osier, mais dans des containers métalliques. C’est ainsi que mon colis de 12 kg a très bien pu choir de 2 ou 3 mètres de haut voire plus et recevoir ensuite toute une série d’autres colis plus ou moins volumineux ou plus ou moins lourds sur lui. Mon ami a rajouté « Imagine ton colis de 12 kg recevant sur lui un colis de 50 kg ou 60 kg. Tu imagines l’état de ta cafetière ? »

     

    Oui, je n’ai aucun mal à imaginer….ce n’est plus le café qui est moulu mais carrément la cafetière. Oui, je n’ai aucun mal à imaginer que Colissimo est responsable de ce qui est arrivé à ma cafetière…..et désormais ce n’est plus le café qui m’énerve…..mais bien Colissimo !

     

    Colissimo rime avec mafioso ? La question reste en suspens…..mais quelques réflexions me laissent déjà songeur…..Imaginez si je n'avais pas eu la chance d'avoir un ami postier ? Pourtant, je suis contre les favoritismes et les conflits d'intérêts, mais là, j'avoue que.......Je vous en dirais plus dès que je le pourrais……

     

    Un premier conseil toutefois....si vous devez envoyer une réclamation quelconque contre la Poste.....utilisez une formule en recommandée avec accusé de réception......c'est un plus cher.....mais un peu plus sûr....car pour la Poste comme pour le mafioso Colosimo, il n'y a jamais eu d'ami et seulement le désir d'argent et la volonté d'user d'un pouvoir qu'il pense supérieur au vôtre.....

     

    Je vous conseille également la lecture du dossier de presse ci-dessous…..tout y serait-il mensonger ? Là aussi, ça reste à voir……

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  • LES LACS DE LA CAYOLLE depuis le col de La Cayolle par jullie68

    Diaporama sur les musiques " Premium", "Bénignité", "Apesanteur" et "Céleste" de Dominique Arca,

    extraites de son album "Un Monde Magique"

    Les Lacs de la Cayolle (2.653 m) depuis le col de la Cayolle (2.326 m)

    Les Lacs de la Cayolle (2.653 m) depuis le col de la Cayolle (2.326 m)


     

    Avant de développer cette randonnée alpine aux Lacs de la Cayolle, laissez moi vous conter comment tout ça a été possible. Je ne sais pas vous, mais moi, quand je m’apprête à partir en vacances, j’ai des rêves plein la tête et de surcroît quand je dois partir dans une région que je ne connais pas. Et comme cette année, nous avions choisi les Alpes, bien évidemment, je rêvais de randonnées pédestres, en m’imaginant découvrir un tas de choses inédites ; paysages et panoramas nouveaux, fleurs inconnues, animaux jamais vus, voilà quels étaient mes rêves les plus fréquents. Plus la date du départ se rapprochait et plus j’étais impatient. Pour Dany, son rêve était déjà en partie réalisé puisque c’est elle qui avait défini les grandes lignes de ce séjour : partir dans les Alpes, dans un mobile home ou dans un bungalow de préférence, surtout pas dans un camping et plutôt retiré dans la nature si le choix nous était offert. Il y a 20 ans en arrière, un tel défi aurait été impossible à solutionner mais de nos jours et avec Internet, il a suffit de quelques clics sur Google pour pouvoir satisfaire le songe de Dany. Le bonheur en question était situé aux alentours de Barcelonnette, dans cette merveilleuse Vallée de l’Ubaye et qui plus est replié dans la campagne et sur le vaste terrain d’un couple d’une grande gentillesse et serviabilité.  Il s’agissait d’un mobile home blotti sous une pinède mais avec une belle terrasse embrassant les prairies et les montagnes environnantes. Le logement était un peu spartiate et un peu frais la nuit mais il y avait tout ce qu’il fallait et en tous cas, il n’y avait rien qui ne puisse trouver une solution très facilement. Pour la fraîcheur nocturne, une bonne couette et le tour était joué. Pour le reste, il y avait tout ce qu’il fallait et quand ce n’était pas le cas, Internet par exemple, le proprio se mettait en quatre pour nous satisfaire. Ça convenait à Dany et c’était là l’essentiel. Son rêve s’était réalisé et il ne restait plus qu’à résoudre ceux qui nous étaient communs à savoir les longues virées en voiture et les randonnées en montagne. Pour la première balade en montagne, ce fut chose faite dès le lendemain avec cette « époustouflante » randonnée pédestre aux Lacs de la Cayolle dont je vous fais ici le récit. C’est sous un ciel pur et bleu et un grand soleil que nous quittons Saint-Pons et plus spécialement le lieu-dit la Farrière. Nous filons vers Barcelonnette et prenons la route des Gorges du Bachelard, direction le col de la Cayolle. Il s’agit de la D.902, route ô combien somptueuse, excessivement sinueuse, étroite et encaissée par endroits et boisée sur une immense partie du parcours. Elle est si belle que les arrêts se multiplient et sont autant d’occasion d’en prendre plein les mirettes. A ce rythme-là, la randonnée n’est pas prête de démarrer ! On décide de ne plus s’arrêter et d’en garder pour le retour mais voilà qu’un chamois déambulant dans des pierriers nous arrête déjà. Plus haut, ce sont de grands rapaces planant dans un ciel azur et au dessus des crêtes dénudées de très hauts sommets. On se dit que toutes ces visions sont peut être le reflet de ce qui nous attend. Les journées d’été sont longues, rien ne presse et tout se déroule pour le mieux. Sauf, qu’à l’instant où l’on s’y attend le moins et dans un sombre sous-bois, une grosse boule de poils sautant d’un talus vient se jeter sous la roue avant droite de notre voiture. Le choc est inévitable et je comprends très vite qu’un petit animal a fait les frais de ce télescopage. Je stoppe et effectivement, j’aperçois dans le rétroviseur, une boule de poils gisant 15 mètres derrière la voiture. Comme sous les grands sapins la clarté n’est pas géniale, je pense immédiatement à un marcassin voire à un gros rongeur du style blaireau ou fouine mais non, il s’agit bien d’une marmotte qui agonise et arrête de respirer à l’instant même où je la prends dans mes bras. Dany se fout à chialer et moi, je suis atterré de n’avoir pas pu éviter cette collision et d’avoir tuer cette pauvre bestiole. Nous déposons l’animal en contrebas de la route et continuons très attristés vers le col de la Cayolle. Cet instant très pénible reste dans nos têtes et nous ne parlons plus que de ça. Cette journée dont on attendait beaucoup est déjà bien gâchée. La forêt a laissé la place aux pelouses et désormais, on aperçoit quantité de marmottes sur les bas-côtés. Je redouble de vigilance car certaines traversent la route nonchalamment. Après un bref arrêt au refuge de la Cayolle car nous pensons que le départ de la randonnée se trouve là, nous poursuivons vers le col, désormais tout proche. Nous y voilà et comment ne pas comprendre que le départ vers les lacs ne peut être que là. Parking bondé de voitures, touristes, motards et cyclistes en quantité et surtout un grand nombre de randonneurs harnachés de leurs sacs à dos déambulent dans tous les sens. Nous endossons nos propres sacs et il suffit de quelques minutes, pour trouver l’itinéraire filant vers les lacs. Il est situé au bas du parking et à gauche de la route, à une centaine de mètres de la borne matérialisant le col à 2.326 m d’altitude. Nous voilà partis dans les pelouses verdoyantes sur un sentier s’élevant doucement mais sûrement au milieu de quelques rares névés. Les marmottes y gambadent en quantité et cela rajoute à notre tristesse de les voir si confiantes vis-à-vis de l’être humain. Moi, je flâne déjà comme jamais, absorbé dans mon plaisir de la photographie. Ici, des fleurs d’une infinie variété poussent en grand nombre et comme la plupart sont très nouvelles pour moi, pas question d’en oublier une pour mon herbier photographique. Dany, elle, a déjà pris son rythme de croisière et elle peste assez souvent de me voir déjà si loin derrière elle. Mais tant pis, pas question de passer à côté de la minuscule fleur inconnue, pas question d’oublier la petite fleur qui se cache au cœur de la pelouse ou blottie à l’ombre d’un rocher. Ma crainte est d’en oublier une et je me dis que si c’est le cas, il y a de forte chance que ce soit la plus rare, la moins visible. Je suis sidéré par exemple par les pensées sauvages et par le nombre de variétés et de couleurs qu’il peut y avoir.  Un premier petit lac apparaît et entre lacs et petites « mares » formées par la fonte des névés, je vais en dénombrer une bonne dizaine au cours de la journée. La balade s’appelle les « Lacs de la Cayolle » et sur la carte I.G.N, seuls les lacs les plus importants ont un nom : Petite Cayolle, Garrets et Allos. La pente s’accentue dans des décors de plus en plus minéraux, mais même dans les pierriers, quantité de fleurs sont encore présentes. Sur les plus gros rochers, quelques Traquets motteux, chantent comme des « castafiores ». Le col de la Petite Cayolle se rapproche très vite mais le terrain devient plus pentu, et à quelques mètres seulement de ce principal palier, une longue nappe de glace ralentit notre allure. Pour se sécuriser, certains passages nécessitent de mettre les mains. Dany, elle, se fait aider. Pendant que je la soutiens en la poussant par les fesses, l’animateur d’un groupe de randonneurs lui tend la main pour la hisser. Tout le monde a réussi à passer ce gros névé sans encombre et nous voilà désormais sur cette étroite plateforme constituant le col. Ici, commence un grand spectacle avec le lac éponyme en contrebas et des vues grandioses quasiment de tous côtés. Le groupe s’en va et comme il est déjà midi, nous décidons de pique-niquer dans ce décor fabuleux où seules l’eau et les pierres semblent régner en maîtres. Enfin, ça, c’est ce que pourrait penser l’être humain indifférent aux petites choses de la nature car à y regarder de bien plus près, les fleurs sont toujours là, minuscules bouquets de couleurs différentes émergeant de la caillasse on ne sait trop comment. Il y a des Tabourets roses, des Gentianes bleues, des Renoncules blanches ou jaunes et bien d’autres encore dont de nombreuses me sont totalement inconnues. Le sentier se poursuit vers le lac des Garrets en filant à flanc d’une immense pierrier mais très  paradoxalement, il est plutôt plat et bon.  Petit miroir bleuté dans une cuvette essentiellement minérale, le lac des Garrets est une merveille comme l'était celui de la Petite Cayolle. Autour de lui, d’étincelants névés continuent de fondre et comme par miracle, la blancheur de la glace se transforme en une eau couleur d’azur. Tout autour, ce ne sont qu'immenses éboulis ou bien des crêtes offrant des panoramas majestueux et des vues incroyables sur des hauts sommets aguichants tel celui du Mont Pelat culminant à 3.050 m.  Les décors se suivent et se ressemblent et pourtant, nous y restons constamment scotchés. Il faut dire que les marmottes sont toujours là, plus rares mais plus pelucheuses et plus massives, sans doute à cause du froid plus cinglant régnant à ces altitudes. Pour couronner le tout, trois bouquetins viennent s’immiscer au spectacle. L’itinéraire se poursuit vers le Pas de Lausson, quelque peu bosselé mais assez facile à cheminer et toujours aussi agréable car toujours sur la crête. Ce « pas » est une intersection de sentiers et c’est là que nous devons entreprendre le retour vers le col de la Cayolle, mais sur les recommandations d’un groupe de randonneurs, nous poursuivons tout droit car à quelques mètres seulement, il y aurait, parait-il, une vue exceptionnelle et plongeante sur le lac d’Allos. Nous voilà donc partis pour ce court aller retour en compagnie du groupe en question et effectivement, quel dommage si nous avions loupé cette vue aérienne sur ce superbe lac, beaucoup plus grand que tous ceux aperçus jusqu’à présent. Selon un petit topo-guide que j'ai sur moi et que j'ai trouvé dans le mobile home, à cette altitude, le lac d’Allos serait le plus grand lac naturel d’Europe. Tout le monde multiplie les photos de ce cirque glaciaire et certains parlent même d'y descendre. Nous ne l’envisageons pas une seule seconde, d’abord parce que notre propre itinéraire est loin d’être terminé et qu’ensuite, le ciel n’a plus la même pureté que lors du départ, quelques nuages s’étant déjà invités.  Nous revenons sur nos pas et au Pas de Lausson, nous entamons la descente, peu évidente car plutôt abrupte. Un grand névé obstrue le sentier et voyant qu’un groupe est parti s’y empêtrer, nous choisissons l’option de couper tout droit et entamons la descente en avançant accroupis sur nos fesses. Comme un seul homme, tous les randonneurs nous suivent et font de même. En quelques secondes et sans trop de risques, nous avons rejoint la partie praticable du sentier. Toujours captivé et distrait par un nombre incalculable de fleurs nouvelles, je laisse passer le gros de la troupe. Dany fait de même et m’attends car au regard du terrain, tout à flanc de montagne et encombrer de multiples éboulis, elle a aussitôt compris que le retour ne serait pas une sinécure. Effectivement, cette partie est la moins facile et nécessite une attention de tous les instants. Elle est plus contrastée et alambiquée avec de nombreux passages à flancs de pierriers ou de falaises mais le plus souvent en balcon sur de grandes ravines et quelques petits lacs turquoises. Elle alterne parties minérales et boisées, notamment sur la fin mais les panoramas sont toujours aussi époustouflants. Les marmottes et les Traquets constituent la faune la plus visible et vu leur nombre, nul doute qu’ils se complaisent dans ce biotope chaotique. En apercevant la route départementale en contrebas du sentier, on comprend bien vite que l’arrivée est toute proche. Un dernier petit lac retient notre attention. Sur les rives du lac, les Traquets motteux, en grand nombre ici aussi, jouent à « chat perché » dans les magmas rocheux. Des fleurs encore nouvelles et inconnues me divertissent jusqu’au bout. Le parking est là. Notre première balade alpine est finie mais on se promet déjà qu’il y en aura d’autres, si la météo est aussi bienveillante. En voiture, nous basculons de l’autre côté du col de la Cayolle, par pure curiosité, mais avec déjà l'idée d'y revenir. Puis, nous reprenons en sens inverse, cette magnifique route qui serpente le long du Bachelard, direction Barcelonnette. Au regard de la conversation qui nous anime Dany et moi, pas de doute, nous garderons un souvenir ineffaçable de cette randonnée aux Lacs de la Cayolle. Bien au delà du ravissement de cette balade, la mort d’une gentille marmotte qui ne demandait qu’à gambader en forêt, ajoutera à ce souvenir, mais ne s’estompera jamais elle non plus. La balade est longue de 10 km à 11 km environ mais est plutôt facile même si elle réclame une attention quasi constante après le Pas du Lausson. Entre le point le plus haut du circuit et le plus bas, le dénivelé est de 395 m. Les montées cumulées sont de 477 m. Carte IGN 3540 OT Barcelonnette, Pra-Loup, Le Sauze, Allos, Parc National du Mercantour Top 25.

    Toponymie du nom "cayolle" : Les avis sont partagés entre ceux qui disent qu'une "cayolle" aurait pour origine les mots "caille", "caye" et bien évidemment "caillou" et signifierait un lieu caillouteux et ceux qui affirment qu'il s'agit plutôt d'un chalet d'alpage ou d'une baraque de berger, le mot français ayant pour origine les étymons "calo" ou "cala" signifiant "abri" puis ayant ensuite évolué vers des mots comme  "cayolla" en provençal et que l'on retrouve également dans le mot béarnais "cayola" ou occitan "cayolar" avec la même signification. On peut imaginer néanmoins que la deuxième explication tire son origine de la première qui serait donc plus ancienne car très souvent les baraques de berger les plus primitives étaient constituées essentiellement de cailloux.

     


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