•  

    Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques jouées par The London Starlight Orchestra avec Robert Janssen à l'harmonica. Elles ont pour titre : "Johnny Guitar", "Emmanuelle 2", "A Star Is Born Thème" et "Michelle".

    C'est la News (prochaine randonnée de la page d'accueil) : Le Sentier du Labyrinthe Vert de Nébias.

    C'est la News (prochaine randonnée de la page d'accueil) : Le Sentier du Labyrinthe Vert de Nébias.

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    Voilà comment en ce 15 février 2020, nous nous sommes retrouvés à marcher sur le « Sentier du Labyrinthe Vert » de Nébias. Ce jour-là, nous avions prévu d’aller randonner du côté de Sournia. Nos sacs à dos étaient prêts depuis la veille et il ne restait plus qu’à y mettre nos casse-croûtes. Au frais dans le frigo, une copieuse salade de riz, deux petits sandwichs-triangles et quelques compotes en constituaient l’essentiel. Depuis quelques jours, et hier soir encore, Météo France annonçait un grand ciel bleu sur toute la région et ce pour quelques jours. Un vrai et bel anticyclone. Aussi, à 7h du mat, en ouvrant le volet donnant sur le jardin, quelle ne fut pas ma surprise de constater que la totalité du firmament était complètement plombée. Tout était gris, mais le plus grave dans tout ça, c’est que rien ne laissait présager la plus petite éclaircie. Je partis de l’autre côté de la maison, me précipitais au milieu de la rue, mais là aussi tout était gris de partout. Vers le Canigou, le Mont Coronat et le Madres, aucune de ces montagnes n’étaient visibles, englouties qu’elles étaient sous cette chape cendrée. Quant au Montolier de Périllos dont j’aperçois en général le sommet au bout de ma rue, il était chapeauté d’une épaisse écharpe nuageuse comme le reste des Corbières. Oui, c’était bien l’ensemble du département qui était gris et même au delà. Une agacement froid commença à me monter à la tête. Me précipitant dans mon bureau, j’étais déjà entrain de ronchonner en me disant « comment Météo France peut-il se tromper à ce point ? » Oui, l’erreur était d’autant plus surprenante que les prévisions sur leur site continuaient à affirmer qu'un grand soleil allait rayonner et ce, à l’instant même où je les regardais sur l’écran de mon ordinateur. L’agacement se transforma en colère. Je pestais, et ce marmonnement revenait sans cesse en moi : « Oui, comme peut-on fournir une météo aussi décalée par rapport à la réalité ? ».

    Dany se leva et je lui dis :

    • « Pour la rando, ça semble mal barré ! » lui expliquant la météo réelle et les mauvaises prévisions.
    • Toujours positive, elle me répondit : « Ecoute, on part à Sournia et nous verrons bien une fois là-bas ! » rajoutant « ça peut encore s’éclaircir » puis « le cas échéant, on improvisera ! ».

    Tu parles d’une improvisation ? A 9H30, c’est au travers d’un épais crachin que l’on entra dans Sournia. La cité était déserte et comme la randonnée était de toute évidence « râpée », je pris immédiatement la décision de poursuivre la route vers Prats-de-Sournia. Là, depuis les premières hauteurs, Dany me fit remarquer qu’à l’horizon, beaucoup plus loin que le Bugarach dont on apercevait seulement la moitié de son pech, il y avait une longue frise bleutée. Très claire, elle contrastait avec le reste du ciel qui était sombre tout autour. Et là, comme un banal postulat, Dany s’exclama :

    • « Le mieux, c’est d’aller là-bas ! ».
    • « Là-bas ? Mais tu n’y penses pas. C’est très loin et c’est probablement la mer là-bas ! » lui rétorquais-je.
    • « Ecoutes, roule, nous verrons bien ! ».

    On continua donc à rouler. Le Vivier, Les Cabanes, Fenouillet, Caudiès, Lapradelle, tous ces hameaux étaient enfouis sous une grisaille humide. A hauteur de St-Martin-Lys, un petit coin de ciel bleu apparut au dessus de la forêt de Fanges. Mais claustrés que nous étions au fond des Gorges de l’Aude, ce ne fut qu’une brève trouée. A Belvianes et Cavirac, en sortant des gorges, et comme si un rideau venait de se lever, un grand ciel bleu purgé de tout nuage apparut soudainement. J’étais estomaqué et n’en croyais pas mes yeux. Comme un diable sortant de sa boite, la frise bleutée que l’on avait vu à l’horizon était déjà là. « Bingo ! » s’écria Dany. A Quillan, c’était jour de marché et les réjouissances battaient leur plein. On se mêla à la foule, on flâna de stands en stands et d’étals en étals. Le temps passait et celui de la randonnée semblait bel et bien oublié, sauf le pique-nique car la faim était là. A midi, on quitta Quillan et son marché, direction Nébias, car je me souvenais d’une aire de pique-nique qui se trouvait au niveau des lacets de la D.117 juste avant le col du Portel. La table était bien là et on mangea la salade de riz avec autant de vigueur que si nous avions marché pendant plusieurs kilomètres On était heureux de cette merveilleuse météo et l’après-midi était encore devant nous. Dans le verdoyant vallon de Ginoles, on eut même droit à quelques belles circonvolutions orchestrées par deux vautours fauves. Tout en mangeant, je dis à Dany :

    • « Tu te souviens de Nébias ? »
    • «  Bien sûr, il y a le labyrinthe ! »
    • « Et de l’année tu t’en souviens ? »
    • « Non, plus du tout, mais c’était il y a au moins 10 ans ! »
    • « 2007 exactement ! » « Il y a 13 ans » « Et tu sais pourquoi je m’en souviens ? »
    • « Non ! »
    • « Parce que c’est l’année où je suis parti faire le Tour du Coronat en solitaire ». « Je m’en souviens car le jour où nous avions accompli ce Sentier Nature de Nébias, il y avait le festival Eldorando de la randonnée à Quillan et quand j’avais évoqué l’idée d’accomplir le Tour du Coronat avec les bénévoles du Comité FFRandonnée des Pyrénées-Orientales, ils avaient tenté de m’en dissuader, prétextant que ce tour n’existait plus depuis plusieurs années, qu’il était certainement embroussaillé et que certaines portions relevaient même du domaine privé. Ils m’avaient même conseillé d’attendre car ils pensaient qu’un jour il serait réhabilité. » « Toi, tu souffrais de ta polyarthrite qui t’avait empêché de m’accompagner, alors j’étais parti tout seul, l’accomplissant en 2 parties distinctes » « Je me souviens encore très bien car la deuxième partie c’était pile-poil le lendemain du mariage de Carole (notre fille) »« Ça te dirait de retourner à Nébias ? »
    • « Oui bien sûr ! »

     

    Alors voilà comment nous nous sommes retrouvés 13 ans plus tard, à refaire, non pas « le Sentier Nature » un peu trop long pour le temps que nous avions à consacrer, mais le « Sentier du Labyrinthe Vert » un peu plus court que le premier. Alors, je ne vais vous raconter en détail cette balade. Non, à Nébias, ce sentier est parfaitement indiqué et balisé et si vous ne le connaissez pas, vous n’aurez aucune difficulté à trouver le départ et à l’accomplir. Non, la seule véritable chose qui m’ait désappointé et que j'ai retenue ce jour-là, comme cela m’avait déjà énormément marqué lors d’une randonnée aux Sources de l’Agly et de la Sals, c’est tous ces plants de buis desséchés et donc morts. Ici, comme du côté du Bugarach, cette plante est morte, sans doute à jamais, « bouffée » par la Pyrale du buis venue de Chine. Si ce désastre écologique m’a quelque peu perturbé, sa ressemblance invasive avec la pandémie du Covid-19 que nous vivons m’a depuis interpellé au point d’écrire à ce sujet dans Mon Journal Mensuel. Ici, à Nébias, sa disparition est d’autant plus gravissime, que les rochers et les buis dessinant le labyrinthe formaient le couple quasi parfait. D'ailleurs, la plupart des labyrinthes végétaux ne sont-ils pas fait essentiellement de buis, tans ce dernier est facile à sculpter ? Des roches en lapiaz comme sculptés par des géants et des buis que l’on pouvait tailler sans problème et à qui mieux-mieux pour donner une belle forme à ces merveilleux décors, voilà ce qu'était jadis ce Labyrinthe Vert de Nébias. Aujourd’hui, de ce couple si fidèle, le buis a disparu et force est de reconnaître que ce n’est plus comme avant, même si le lieu continue à mériter d’être connu et découvert. Même sans le buis, le vert ne manque pas dans cet univers où l’hygrométrie reste importante, mais les mousses, les lichens et les Barbes de Jupiter ne remplaceront jamais la brillance et la beauté du buis. Ce fameux « Buis toujours vert » auquel les anciens botanistes avaient donné à juste titre le nom latin de « Buxus sempervirens , signifiant « Buis à feuillages persistants ». Non seulement son feuillage n’a pas persisté au caractère « dévoreur » de la Pyrale mais du « toujours vert » nous sommes passés au « toujours gris ». Ne me demandez pas comment on dit gris en latin car de toute manière et quelque soit la langue, le gris sera toujours la couleur de la tristesse ! Cette balade a été longue de  4,7 km, non inclus la visite de Nébias et en flânant beaucoup nous l'avons accompli en un peu moins de 3h.   Carte IGN 2247 OT Lavelanet – Montségur – Lac de Montbel Top 25.

     

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  • Si en général la News est consacrée à la prochaine randonnée pédestre, là je l'avoue je suis devant un dilemme.

    A cause du Covid-19 et à la période de confinement, j'ai rattrapé tout le temps perdu et j'ai pu ainsi publier tous mes reportages passés. Les derniers en date ont été :

    Le Sentier du Labyrinthe Vert de Nébias

     

    et

     

    Le Circuit de l'Anse de Paulilles depuis la plage de Bernardi (Port-Vendres)

     

    Alors comme je n'ai plus randonné depuis la sortie du confinement et que cette année je n'ai rien programmé sur mes tablettes, vous dire de quoi sera fait le prochain article équivaudrait à me transformer en Madame Soleil. 

    J'ai bien quelques idées de balades, j'ai bien quelques idées de sujets mais seront-ils prêts ou suffisamment intéressants ?

    Je pourrais par exemple mettre en avant des balades réalisées en Italie, à la Réunion ou à Madère (voir photos ci-dessous), d'autres randonnées plus proches et déjà faites à de multiples reprises mais j'avoue que dans un blog comme le mien je n'aime pas trop les doublons.

    Il existe aussi une autre solution, c'est de terminer les reportages de 2 randonnées que j'ai faite sur plusieurs jours à savoir le Tour du Capcir en 2013 et le Sentier du Golfe Antique en 2014. 

    Enfin, nous verrons bien. Dans l'immédiat, sachez que je tente de mettre en musique tous mes vieux diaporamas. Un travail de Titan mais que j'aime bien car étant très éclectique en style de musiques, j'y trouve largement mon compte. J'espère qu'en les écoutant, vous trouverez le vôtre.

    Bien amicalement.

    Gilbert.

    La News est consacrée à la prochaine randonnée.


    Dans le Piément italien en septembre 2008 du côté de Canelli.


     

     

     

    La News est consacrée à la prochaine randonnée. 


          En novembre 2008, à la Réunion au Piton de la Fournaise.

    Ci-dessous, en juin 2012 sur l'ïle de Madère lors d'une randonnée à la Levada do Caldeirao Verde.


     

    La News est consacrée à la prochaine randonnée.


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  • Le Monologue du frangin

    Le Monologue du franginLe Monologue du frangin

    Quelques photos de notre enfance et notre jeunesse avec mon frère aîné Daniel. Toujours complices dans le vie comme dans nos jeux.  Sur la 1ere photo, sur la plage de Sormiou avec notre petite soeur Nicole.

    Si le titre « Le Monologue du Frangin » peut prêter à sourire, ici s’arrête la dérision.

    Le frangin c’est moi et au travers de ce monologue, je m’adresse à mon frère.

    Si depuis longtemps déjà, j’éprouvais le besoin d’écrire à propos de mon frère, il est évident que la période que nous vivons avec le Covid-19 n’a fait qu’amplifier les choses. Devant ce petit virus qui peut soudain surgir et nous emporter en seulement quelques jours, on se sent infime, dérisoire même. On voit les « choses » différemment. Enfin, c’est mon cas.

    « Pourquoi es-tu parti ? »

    Voilà une question que je me poserais jusqu’à mon dernier souffle sans en obtenir de réponse.

    Cette question est là comme une plaie qui dans ma tête ne se refermera jamais.

    Combien de larmes, cette question a-t-elle engendré en moi ? Jamais trop si une d’entre-elles avait été au moins une réponse. Mais les pleurs aussi récurrents soient-ils ne sont pas des réponses.

    Cette question, depuis 1992, je la pose à mon frère parti à l’âge de 46 ans. Si sur cette terre, un être ne méritait pas de partir si jeune c’est bien lui. D’un naturel plutôt réservé, timide même, il était la bonté et la générosité personnifiées. Enfin, c’est ainsi que je veux en garder le souvenir, souvenir d’enfance et de jeunesse principalement. Il s’était marié, avait eu un enfant ; mon neveu Pascal ; ce qui rajoute encore à l’injustice de son décès car je sais que fonder un foyer si possible parfait était le but de sa vie. C’était le mien aussi et sans jamais nous être concertés, nous étions sur ce plan-là dans une totale harmonie. Construire du durable, réussir, être irréprochables, être aimé des siens, nous avions été éduqués et aimés par nos parents dans cette optique. En devenant adulte, de cela, j'en ai acquis la certitude.

    Cette question « Pourquoi es-tu parti ? » en engendre bien d’autres et la première est « quelle est la raison médicale de ton départ ? » Certes tu souffrais d’une forme d’asthme que les docteurs intitulent parfois de « sévère » mais aucun symptôme n’était visible et rien ne laissait présager que tu en souffrais quotidiennement. On sait tous que l’asthme se déclare sous la forme de crises mais de là à en mourir si subitement dans la force de l’âge, il y a une marge difficilement franchissable. Trop jeune et insouciant, je ne l’avais jamais franchie sans doute par méconnaissance des « choses » médicales. Depuis, j’ai lu un peu sur le sujet et je sais qu’il s’agit d’une maladie qui peut être très sournoise et bien évidemment fatale. Alors crise d’asthme ? Infarctus foudroyant ? Rupture d’un anévrisme ? Cette dernière solution ne cesse de m’interroger depuis que j’en souffre moi-même au point de m’être fait opérer et sachant que les anévrismes artériels peuvent être héréditaires et bien sûr mortels dans le cas d’une rupture. Alors quelle souffrance t’a emportée ? Cette question, personne n’y répondra jamais non plus et ne rien savoir à ce propos ajoute à ma désespérance surtout quand on connaît un peu les « rares » circonstances de ton départ (*).

    D’ailleurs, étant devenu adulte, s’il y avait une souffrance qui transpirait sans cesse de toi, ce n’était pas tant la physique mais plutôt la morale. Oui, tu avais tant changé. De timide, tu étais devenu introverti, taciturne même. Parvenir à faire sortir 10 mots d’affilée de ta bouche devenait un exploit. Je me souviens de 2 ou 3 parties de pêche où j’avais essayé mais en vain de te demander pourquoi ton visage exprimait sans cesse la tristesse ? Le désarroi ? Le chagrin ? L’accablement ? L’inquiétude ? Le malheur peut-être ? Que sais-je ? Systématiquement tu coupais court à toutes mes questions m’envoyant dans les cordes comme un boxeur un peu groggy qui a pris un gros uppercut mais qui ne veut pas s’en laisser compter et qui a bien compris que la meilleure défense était d’attaquer. Oui, d’une manière un peu sèche tu m’envoyais systématiquement « bouler ». Un silence qui n’avait pas lieu d’être et que  je trouvais malsain en cette circonstance s’installait entre nous. Une partie de pêche entre frères qui aurait dû être un moment de convivialité, de fraternité et de bonheur se transformait en mutisme. Jamais dans nos rapports d’enfance ou de jeunesse, je ne t’avais connu ainsi. Depuis que tu étais devenu adulte et que tu avais été contraint d’assumer les responsabilités qui vont avec ce statut tu semblais malheureux. Maman, papa, tous, on se posait la question. Oui, tu étais constamment sur la défensive quand cette question était sur le tapis et que ta vie privée paraissait en jeu. Ce n’était pas de la curiosité que nous avions mais simplement de l’attention.

    Oui, où était-il passé le grand frère fusionnel qu’enfant j’avais toujours connu ? Le frère que je n’avais de cesse de faire rire avec mes sempiternelles pitreries ? A la maison, j’étais le bouffon et tu étais le roi. Un roi timide certes mais un roi tout de même. Un roi que j’appréciais car jamais tu ne profitais de ton pouvoir, de ton statut. Avec tes 3 ans de plus, tu étais l’aîné, et de ce fait, j’ai toujours accepté très volontiers ce rôle de cadet-bouffon, sauf peut-être quand une gifle ou une fessée qui aurait dû être commune n’arrivait que sur moi. Mais même là, je ne me suis jamais plaint de ce rôle de « souffre-douleur », ni auprès de toi ni de personne d’ailleurs. J’acceptais ce rôle que je considérais dans l’ordre des choses. Et puis, tu étais beaucoup plus sage, plus obéissant et beaucoup plus studieux que moi dans tout ce que tu entreprenais et cette différence de sanctions je la trouvais quelque part assez normale le plus souvent. Oui, où était-il passé le frère qui avait dormi près de moi pendant tant et tant d’années ? Le frère qui chaque soir ouvrait son lit–bahut au milieu de la salle à manger puis le refermait chaque matin, comme je le faisais moi- même avec mon propre lit pliant parce que la maison était trop petite et que nous ne pouvions pas avoir notre propre chambre. Cette promiscuité entre nous était devenue si naturelle. J’avais toujours imaginé que cette exiguïté contrainte avait tissé des liens entre nous à jamais dénouables. Oui devenu adulte, ta tristesse, ta morosité quasi permanente étaient entrain de réussir à les dénouer et ça me peinait énormément.

    Oui, où était-il l’enfant espiègle qui m’amenait jusqu’aux arènes de Bonneveine voir les corridas en me tenant la main et qui se débrouillait toujours pour y entrer en resquillant car nous n’avions pas les moyens de payer ? Oui, qu’était-il devenu l’enfant plutôt fortiche avec un ballon dans les pieds, que j’admirais, et qui avait réussi à me faire aimer le football autant que tu l’aimais toi-même ? Où était-il passé le grand frère qui m’avait toujours aidé, aimé sans jamais s’arroger son droit d’aînesse en droit formel, sans jamais me faire sentir une quelconque différence d’âge ou de supériorité ?  Qu’était-il devenu le jeune homme qui me racontait son service militaire à Montluçon comme un héros raconte ses exploits glanés sur un champ de bataille ?

    Oui, les années passant, tu n’étais plus du tout le même frère et si j’en avais conscience, ce n’était pas pour autant que je m’en satisfaisais. Les questions restaient là toujours en suspens. L’instant de nos retrouvailles, ta tristesse devenait la mienne mais je me refusais à vivre dans ce qui me semblait être un carcan. Oui, je voulais vivre mon propre bonheur. Chacun doit mener sa vie à sa manière et si la tienne n’était pas pour me plaire, les questions auxquelles tu ne voulais pas répondre empêchaient toute possibilité de trouver des solutions. En tous cas, je ne pouvais rien te proposer. Je ne pouvais rien pour toi et je m’en désolais. Je n’arrivais pas à me faire à l’idée que toutes ces questions resteraient à jamais sans réponse. Le grand frère que j’avais vénéré comme un roi semblait déchu.

    Si ta disparition si jeune ne mit pas fin à mes questionnements à ce propos, elle entérina pour toujours l’absence de réponses. Oui, pourquoi es-tu parti ? Ne rien savoir c'est très dur tu sais !

    (*) Mon frère Daniel est décédé en juillet 1992 sur le petit port de la calanque de Sormiou. Il avait eu 46 ans le 1er mai. Alors qu’il revenait d’une partie de pêche nocturne en bateau, il s’est écroulé sur le quai selon les dires du seul témoin présent ce jour-là. Ce témoin a bien tenté d’appeler les secours mais par malchance, la seule cabine téléphonique était assez éloignée car au dessus de la plage et hors service car elle avait été vandalisée et pas encore réparée. Voilà ce que je sais de ses derniers instants. Il repose au cimetière de Mazargues dans un caveau familial.

    Le Monologue du frangin

    Mon frère en 1986, sur le petit quai même où il a perdu la vie.


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  • Ce diaporama est agrémenté de la merveilleuse musique "Cavatina" de Stanley Myers jouée ici et successivement par Gheorghe Zamfir (flûte de pan) puis par le guitariste Al Marconi dans une version arrangée personnelle mais extraite de la bande originale du film "The Deer Hunter" (Voyage au bout de l'enfer) de Michael Cimino.


    Le Circuit de l'Anse de Paulilles depuis la plage de Bernardi (Port-Vendres).

    Le Circuit de l'Anse de Paulilles depuis la plage de Bernardi (Port-Vendres).

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    Le lendemain de cette journée à l’Anse de Paulilles et donc de ce très joli petit circuit effectuée le 2 février dernier, voilà ce que j’écrivais sur ma page Facebook avec quelques belles photos à l’appui :

    « Hier, et après la tempête Gloria, c'était une journée estivale à la gloire du soleil et de la chaleur. A l'Anse de Paulilles où nous étions partis pique-niquer puis balader, il y avait un monde fou. Un monde fou qui profitait bien de la plage, des petites criques tranquilles aux eaux limpides, des bains de soleils et parfois même, et pour les plus courageux, des bains tout courts. Parti la fleur au fusil, sans maillot ni serviette, j'ai longuement regretté de ne pas faire partie de ces derniers. Peut-être ce monde fou et un peu fou profitait-il comme nous du dérèglement climatique ? Avec plus de 30° au thermomètre, on est en droit de penser que pour un 2 février ce n'est pas très normal ! Dans les petits raidillons, les randonneurs suaient sang et eau, les oiseaux marins ou non marins semblaient apathiques, en pleine garrigue des massifs de fleurs et de flamboyants ajoncs et mimosas me faisaient regretter d'avoir cru un jour que j'avais pu avoir la main verte. Sur le chemin du retour, un demi-pression port-vendrais arriva à point nommé pour mettre fin à cette pépie qui avait eue raison de nos gourdes remplies seulement d’un litre d'eau fraîche. Oui, quelle belle journée nous avons passée !!!! »

    Depuis, des événements tragiques et mondiaux se sont précipités à cause de ce fameux fléau viral auquel les scientifiques ont donné le nom de « Covid-19 », acronyme anglais de COronaVirus Infectious Disease 2019, (Source Wikipédia). En français, “Maladie infectieuse au Coronavirus 19”. Sorti de la ville chinoise de Wuhan, à ce jour encore, on ignore comment ce virus a pu si soudainement apparaître et se propager jetant toute la planète dans le pire des cauchemars. Afin de nous protéger, une période de confinement a été mise en place par nos gouvernants, période de confinement encore en cours à l’instant où j’écris ces quelques lignes. Alors bien sûr, à l’instant où j’ai réfléchi à cet article et quand je regarde derrière moi, je me dis que nous avions bien fait de profiter de cette magnifique journée d’hiver. Oui, en disant que nous vivions dans un monde de fous, je ne croyais pas si bien dire. Si sur le plan climatique, le monde est effectivement devenu de plus en plus fou, qui aurait pu imaginer qu’une pandémie virale telle que celle que nous vivons vienne s’y ajouter ? Non personne, n’aurait imaginé un « cataclysme » d’une telle ampleur, si rapide dans sa contagiosité et si désastreux dans ces effets sur l’humanité toute entière, tant sur le plan sanitaire qu’économique ou sociétal. Oui, profiter de l’instant présent, des bons moments, des superbes journées ensoleillées, voilà que nous en rêvons aujourd’hui car force est d’avouer que ce virus ne nous laisse que peu de répit. Pas de répit dans nos têtes, ni dans nos cœurs et encore moins en terme d’horizon quel qu’il soit ! Du matin au soir, nos pensées sont devenues « virales » et si un espoir demeure, c’est avant tout de voir le disparaître à jamais afin de retrouver notre vie antérieure ! C’est d’abord cet espoir que m’incite à écrire cet article, car cette petite boucle pédestre est si merveilleuse que je n’ose même pas imaginer que plus personne ne l’accomplira jamais. Alors, je la propose pour ça.

    A Paulilles, site classé depuis l'aménagement de l'ancienne usine d'explosifs Nobel, le départ s’effectue de l’extrémité de la plage de Bernardi. Là, un panonceau précise qu’il s’agit du « Sentier du littoral » filant vers la plage de Balanti en 15 mn, vers le phare de Béar en 50 mn et vers Port-Vendres en 1h45. De ces 3 destinations, aucune ne servira vraiment de jalons à notre propre circuit, même si la première et la deuxième seront des centres d’intérêts amplement visuels. Le sentier, s’il est bien balisé et donc assez simple car il est longuement parallèle à la côte rocheuse, il n’en demeure pas moins que certains secteurs nécessitent du souffle, de l’attention et parfois même une grande prudence. Si la beauté des lieux oblige à de nombreux arrêts, la stèle d’un jeune pompier mort en service commandé et les hommages qui lui sont rendus nous rappellent que la Nature que l’on aime est fragile et que les hommes qui se battent pour la préserver, parfois au péril de leur propre vie, méritent le plus profond respect. Dès lors que le cap, le phare et le sémaphore de Béar sont en vue, il faut descendre puis remonter comme si nous allions nous y rendre. Là, et dès lors qu’un pinacle est atteint, espèce de plateforme terreuse et rocheuse, il faut retourner d’où on vient en empruntant une étroite sente qui part à gauche, laquelle cette fois reste très éloignée de la côte. Garrigue méditerranéenne, chênes verts et lièges, petites pinèdes, vignobles en pente, terrasses en pierres sèches, ce sentier finit par parvenir jusqu’à une piste beaucoup plus large. Entre vignes et mimosas, petits cabanons planqués dans des pinèdes, la piste assez longiligne se poursuit jusqu’à un casot tout en ciment. Une plaque en hommage à un certain Jean-Claude Le Parco y est apposée et on peut bien évidemment supposer qu’il fut l’heureux utilisateur de ce coin à la fois si sauvage et si magnifiquement merveilleux dans ses décors. Là, entre une vigne et un très mauvais muret composé d’amas de pierres sèches, on emprunte une piste qui descend droit vers l’anse de Paulilles, Tout au bout, le chemin tourne à droite et longe une haie de cyprès. Ces cyprès sont amplement occupés par quelques passereaux et notamment par des étourneaux qui de très loin sont les moins craintifs. S'ils quittent les cyprès à notre approche, c'est pour mieux nous observer depuis des câbles électriques. Les autres s'envolent et partent dans les vignes ou la garrigue. Je passe de longues minutes à tenter de photographier tous ces oiseaux. Entre échecs et réussites, ces tentatives se soldent avec 4 ou 5 photos plus ou moins réussies. La suite et la fin vers la plage de Bernardi devient d’une grande évidence. Ainsi se termine cette courte mais ô combien magnifique balade. Moi, qui suis venu tant et tant de fois à Paulilles, quelles que soient les saisons, pour y pratiquer la chasse sous-marine ou bien pour venir y pêcher à la canne à soutenir ou au lancer, jamais je n’avais pris autant de plaisir à  y venir pour marcher. Pourtant dieu sait, si je marchais aussi, avec mon attirail de pêche à la ligne ou sous-marine, cette dernière toujours rehaussé d’une ceinture de plomb de 9 kg, indispensable à ma flottaison aquatique car habillé de néoprène. Je suppose que l’âge aidant, et par la force des choses, les passions changent avec le temps. Il fut une époque où je prenais plaisir à extraire de leur milieu aquatique si merveilleux, de jolis (et bons) petits poissons, et des moins petits aussi. Mais aujourd’hui cette passion a quasiment disparu au profit de la seule marche à pied. De surcroît, je rechigne désormais à faire mal à la moindre « petite bête », alors à un poisson, je ne sais pas si je pourrais de nouveau ? Cette petite balade a été longue de 3,7 km pour des montées cumulées de 212 m. Le dénivelé très modeste est de 85 m, cette altitude sur la carte IGN étant matérialisée à l’endroit même où se situe le casot cité ci-dessus. En été, et malgré la distance plutôt modeste, il est impératif d’emporter de quoi bien s’hydrater. N'oubliez jamais que ce n’est pas la distance à parcourir qui fait la beauté d’une randonnée mais les beautés que l’on y perçoit et les plaisirs que l’on en retire. Carte IGN 2549 OT Banuyls-sur-Mer  - Côte Vermeille – Col du Perthus Top 25.


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  • La recette des cake-news.


     

    Force est d’avouer qu’en cuisine je ne suis pas très doué. Il faut dire que je n’ai jamais appris et voulu apprendre. Pourtant ma mère et ma grand-mère paternelle étaient d’excellentes cuisinières, la seconde ayant beaucoup appris à la première. Enfin, c’est ainsi et peut-être que le fait d’avoir vécu avec de remarquables cordons bleus a contribué à cette indolence à ne jamais vouloir apprendre et à ce refus constant à me mettre devant un fourneau.

    Pourtant et voulant profiter de cette période de confinement, j’ai voulu me lancer à faire une recette, laquelle si elle ne fait pas recette dans le futur aura eu le mérite d’être un tant soit peu humoristique. Enfin je l’espère, même si comme toujours, j’ai déjà acquis la certitude qu’elle ne fera pas rire tout le monde.

    Macron avec son goût prononcé pour les recettes anglaises, nous avait concocté il y a un peu plus d’un an la recette du « Fake News », traduisez « fausse nouvelles », alors j’ai voulu le parodier et j’ai imaginé la recette du « Cake News », c'est-à-dire des « tranches de cake » mais à ma façon. Ma recette n’est pas plus digestive que la sienne, mais si lui a réussi le tour de force de l’inscrire pour la postérité, au point qu’elle ait acquis force de loi, la mienne aura beaucoup de mal à rester dans les annales, pas plus que dans la plus ridicule méthode de chez Marmiton.

    Pour ma recette, il vous faudra un camembert Président bien coulant dans les sondages et un barbu qui hésite entre être premier ministre et maire du Havre. Pelez et émincez des oignons car inévitablement et compte tenu de la situation dramatique vous aurez besoin de pleurer. Un masque médical ne sera peut-être pas inutile pour éviter les projections de ces huiles. Mettez le camembert et le barbu sur le grill, mais au préalable n’hésitez à les larder un maximum. De toute manière, faites-les chauffer à blanc sans trop d’hésitation car le premier a une croûte aussi épaisse que la peau du second. Pour bien présenter les « Cakes news », il faudra les assaisonner de quelques évidences et vérités sans oublier de les pimenter de quelques sornettes, mensonges, ragots et autres canulars. Une ou deux théories du complot ne devraient pas nuire à la qualité du résultat final. 

    Voilà par exemple à quoi pourrait ressembler un premier cake-new :

    "Que voulez-vous ? Je suis admiratif de Macron et Philippe !

    Ces types sont vraiment très forts !

    Pour arrêter les manifs des gilets jaunes et celles contre leur réforme des retraites et son financement, qui pourrissaient la France il faut bien le dire, ils ont créé de toutes pièces un virus. Le COVID-19. En s’appuyant, il est vrai sur un laboratoire de Wuhan mi chinois et mi-français. Franchement quelle idée lumineuse !

    Puis ils se sont débrouillés pour nous faire croire que ce virus était d’abord et uniquement chinois. Pourtant, on vient tout juste d’apprendre que le malade français dit « malade zéro » avait déjà été hospitalisé le 27 décembre 2019 dans la région parisienne soit bien des semaines avant même que nos gouvernants semblent s’inquiéter du virus. On comprend mieux pourquoi 19 maintenant. Enfin ce qui m’inquiète, c’est ce malade dit zéro. Non content qu’il soit malade, on le traite encore de zéro et j’ai bien peu qu’il finisse par se flinguer ! 

    Malgré cette petite parenthèse, franchement, avouons que le coup a été super bien joué car on vient d’apprendre que dès le mois de janvier, nos gouvernants ont été informés de la vive contagiosité et nocivité de ce virus. ! D’ici que l’on apprenne que ce Covid aurait pu être complété des chiffres 17 ou 18, il n’y a qu’un pas que je n’hésiterais pas à franchir si nécessaire.

    Ensuite, avec l’appui de Madame Buzyn, ministre de la santé, toujours aux ordres, ils nous ont fait croire que ce Covid n’arriverait jamais en France. Très fort là aussi ! Pire, ils ont demandé à cette même ministre, qui devait sans doute commencer à avoir des soupçons, de démissionner de son poste pour aller conquérir la mairie de Paris, mairie qui avait pourtant été promise à un certain Benjamin Griveaux, ami de toujours, ami dont il faut reconnaître l’énergie fougueuse qu’il mettait à se masturber l’esprit (mais pas que ou queue) pour tenter de gagner la capitale. Oui, dans cette crise sanitaire qui n’en était pas encore une, on avançait dans une espèce de flore « intestine » (ou « intestinale » c’est comme vous voulez ! ) si épaisse et si hermétique qu’on était en droit de se demander s’il valait mieux avoir de l’estomac, du cœur ou des couilles pour y échapper. 

    Alors bien sûr, Macron et Philippe ayant laissé les frontières ouvertes, ayant laissé les aéroports ouverts, ayant depuis toujours réduit les budgets de la santé, négligé l’achat de masques, n’ayant pas anticipé la nécessité d’avoir des tests, finalement le virus est arrivé en France et ça a fait très mal !

    Plus fort encore et pour qu’on ne se doute de rien, ils ont fait en sorte que ce virus devienne mondial. Oui, je le répète, ils sont vraiment très  très forts !

    Là, ils ont demandé à tous les français de rester chez eux. De ne plus sortir ! Sous peine de P.V.

    Bingo ! Toutes les manifs s’arrêtent aussi sec mais en plus on espère gagner du pognon avec ceux qui pourraient avoir envie de les continuer ! Oui, vous savez ce fameux pognon de dingue ! 

    Comme les budgets des hôpitaux ont été constamment revus à la baisse, le système sanitaire français est rapidement débordé.

    Les lits manquent, les chambres équipées sont insuffisantes, les matériels de réanimation sont soit saturés voire obsolètes. En réalité, c’est tout qui manque pour absorber tous les malades dont les plus âgés sont presque toujours les plus vulnérables. 

    Résultat : il faut faire des choix. On laisse mourir les vieux mais au début on se garde bien de nous dire qu’il y a plus de mourants sans aucun soin dans les Ehpad que d’agonisants soignés dans les hôpitaux.

    Finie la clause du grand-père. Le grand-père est mort et l’arrière-grand-père n’en parlons pas ! Le financement de la retraite dont on échafaudait les pires atermoiements a trouvé un début de solution auquel personne n’avait jamais pensé sauf eux deux ! Macron et Philippe !

    Oui, je vous le dis, ils sont très forts Macron et Philippe ! Tout ça a été parfaitement orchestré. Maquillé !

    C’était tellement bien maquillé, qu’un an auparavant, en décembre 2018, ils s’étaient débrouillés pour faire voter une loi dite contre la manipulation de l’info, au cas où la mauvaise idée de critiquer leur façon de faire nous monterait à la tête.

    Si Philippe est un bon exécuteur de tâches nauséabondes, Macron reste quand même le meilleur ! Le penseur !

    Le meilleur manipulateur ! Le meilleur magicien ! Le meilleur illusionniste !

    Lui seul sait manipuler l’info comme personne et surtout sans se faire pincer !

    Je suis admiratif ! Il n’a pas même besoin d’être convaincant, tout a été calculé ! Prévu !

    La preuve la plus éclatante « Être devenu président alors que quelques mois auparavant il n’était qu’un inconnu, simple conseiller subalterne du grand maître de toutes les cérémonies mortuaires, je veux parler du pansu non penseur François Hollande dit Flamby, Guimauve le Conquérant ou encore Fraise des bois ou Tagada selon certains intimes du Parti Socialiste, parti auprès duquel il avait été le secrétaire général. (Petite parenthèse et sans dénigrer et encore moins rabaisser mon ancienne secrétaire, si cette dernière était devenue présidente de la République, je me serais un tant soit peu inquiété !). 

    Oui, Macron a réussi à sauter tous les obstacles, pas facile quand on doit continuellement zigzagué au milieu d’éléphants dont le seul but est de donner des grands coups de « trompes » à son collègue comme à son l’électorat, électorat qui pourtant les avaient élevés vers le pouvoir. Oui ce type-là a retenu toutes les leçons de ses prédécesseurs et son parcours antérieur de bonimenteur à la banque Rothschild a fait le reste.

    Une chose malgré tout m’inquiète. Combien de temps, les manigances communes de Macron et Philippe fonctionneront-elles ? Je l’ignore mais …"

    Allez, je vous laisse, sinon les tranches de cake que j’ai déjà en préparation dans le four vont brûler comme un vulgaire torchon ! 

     La recette des cake-news.

     


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  • Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques interprétées par Léo Rojas (Flûte de pan). Elles ont pour titre : "El Condor Pasa", "The Last Of Mohican", "Celeste" et "Le Berger Solitaire"

    La Serre de l'Artigue del Baurien (566 m) depuis Saint-Paul-de-Fenouillet.

    La Serre de l'Artigue del Baurien (566 m) depuis Saint-Paul-de-Fenouillet.

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    9 janvier 2020. 10H30. Nous voilà Dany et moi à Saint-Paul-de-Fenouillet au départ d’une balade pédestre qui doit nous mener au sommet de « la Serre de l’Artigue del Baurien », dénomination bizarroïde d’une modeste colline culminant à 566 m d’altitude.  Comme toutes les collines de ce secteur, elle constitue une petite partie de ces échines calcaires encadrant ce remarquable couloir, lesquels sur une trentaine de kilomètres, forment le singulier synclinal du Fenouillèdes, très souvent appelé aussi Synclinal de Saint-Paul. Grosso modo, ce synclinal va de Caudiès-de-Fenouillèdes jusqu’à Cases-de-Pène. En géologie, un synclinal étant un pli concave, c'est-à-dire un « creux », cette « serre » où nous allons est un « anticlinal ». Quand vous saurez que le creux est occupé par les couches géologiques les plus récentes, les différentes collines qui l’encadrent en sont les parties visibles les plus anciennes. Ici, elles datent de la période qu’on appelle « crétacé inférieur » et de l’étage géologique qu’on appelle Aptien, c'est-à-dire qu’elles auraient vu le jour entre -125 et -113 millions d’années. Une colline ayant par la force des choses deux versants, ici cette  « Serre de l’Artigue del Baurien » domine la vallée de Maury d’un côté et celle de l’Agly de l’autre. Et si il y aurait encore beaucoup à écrire à son sujet, et notamment en terme de sismicité (*), voilà en résumé ce que l’on peut dire de cette « serre » sur le plan géologique. A la fin de ce récit, j’évoquerai également la toponymie de cette appellation assez insolite (**). Pour le reste, voilà déjà 2 mois, et depuis le court « Sentier du Vigneron » réalisé à Leucate, que Dany et moi attendons ce jour-là. Quelques petits « bobos » récalcitrants nous ont contraints à stopper conjointement nos balades pédestres. C’est donc une reprise que nous attendons avec une belle impatience. Si je connais un peu cette « serre », pour l’avoir côtoyée en 2011 lors d’un mémorable Tour du Pays Fenouillèdes avec mon fiston, seule la partie du chemin allant jusqu’à Lesquerde est commune avec le tracé que j’ai envisagé aujourd’hui. Une autre partie est également commune avec un circuit qui s’intitule « Géologie et anciennes mines », mais je n’en connais que peu de choses et tout juste l’entrée barricadée d’une mine de gypse, mine encore en fonctionnement et qui possède une histoire que je vous conte en annexe (*). Comme je le fais régulièrement, j’ai, sur Internet, tenté de découvrir l’Histoire de ce secteur, mais pour être franc or mis l’exploitation minière, il y a peu de choses. Il faut dire que depuis fort longtemps, les mines et carrières sont la principale richesse de l’endroit, et encore de nos jours. Fer, gypse, cuivre mais aussi manganèse, antimoine, alquifoux et plombagine, voilà les différents gisements pour lesquels des concessions ont été demandées dès le 19eme siècle, nous apprend le remarquable site Internet Santpanhols.fr. Pourtant la présence de 2 oppidums romains à Lesquerde, dont un situé sur la serre, tout près de l’ancienne mine de fer, laisse imaginer une présence beaucoup plus ancienne, mais sans doute avec un intérêt minier elle aussi. L’Histoire de village contée par Jean Tosti affermit cette thèse d’une présence romaine et atteste de mines de fer exploitées dès 1759. Je ne suis pas un spécialiste, loin s’en faut, mais d’autres recherches m’ont appris que la géologie est en réalité bien plus complexe avec également d’autres minerais comme le quartz, la limonite, l’hématite, la pyrite, l’oligiste et la chalcopyrite au sein de roches encaissantes comme le calcaire, le granite et la mylonite. Ces lectures très intéressantes au demeurant, puis une analyse assez poussée de la carte I.G.N et de sa vue aérienne m’ont laissé imaginer deux ou trois parcours pédestres possibles. Quand nous démarrons cette balade, rien n’est donc encore figé à ce propos et j’ai enregistré dans mon GPS, le tracé des différents scénarios. Il est donc 10h30 quand nous garons notre voiture, rue de Lesquerde, pile-poil devant les bureaux de la Communauté des Communes Agly-Fenouillèdes. Le démarrage est très simple puisqu’il suffit de suivre la rue en question jusqu’à une déchetterie puis de poursuivre le balisage jaune et rouge du GRP Tour du Fenouillèdes. Or mis quelques oiseaux qui m’occupent et que je tente de photographier, il n’y a rien bien de notable sur cette partie. Il y a bien une biscuiterie Brosseau, mais elle est fermée, et de ce fait je ne peux que supposer qu’elle fabrique ou fabriquait les fameux et délicieux croquants de Saint-Paul. Sur la droite, si la serre est déjà bien visible avec ses différents pylônes de télécommunications, elle ne donne qu’un petit aperçu de ce qui nous attend car c’est sur l’autre versant que nous y grimperons. Dès lors que le chemin entre dans une garrigue typiquement méditerranéenne, la végétation est si haute et si engainante  que toute vision disparaît et il faut donc attendre l’approche du col de Lesquerde pour que s’entrouvre la vallée de Maury. Si le panorama est beau, il reste néanmoins gâché par un ciel un peu trop laiteux et des pylônes et câbles à haute tension qui s’invitent au beau milieu des décors. L’arrivée au col qui devrait grandiose sous un ciel très clair n’est guère plus géniale sous cette lactescence qui blanchit tout.  Lesquerde, vallée de l’Agly, pays Fenouillèdes et Massif du Canigou, d’ici tout paraît décoloré. A la limite, et assez paradoxalement, seule la «  Serre de l’Artigue del Baurien » , dont le calcaire est pourtant très blanc,  offre un très beau contraste sous un ciel bleu bien plus prometteur. La promesse sera en partie tenue et ce voile blanchâtre disparaîtra quelque peu. Quelques photos au col et nous poursuivons le sentier désormais tout en descente. Dany étant souvent devant moi, je la préviens à l’avance de quelques passages délicats car très caillouteux, très pentus ou très ravinés, et parfois les deux ou trois à la fois. Dans un ciel à l’aplomb devenu soudain très bleu, deux vautours fauves viennent faire le spectacle. Comme il est impossible, voire très dangereux, de marcher et de regarder en l’air nous stoppons pour les observer. Emportés par des ascendances thermiques, il s’élèvent peu à peu jusqu’à disparaître de notre vue. Nous repartons. Dans le silence ambiant, quelques chants d’oiseaux m’incitent à rester aux aguets. Grives, fauvettes et tariers se laissent repérer mais pas toujours photographier. Il faut de la patience et beaucoup de chance. Connaissant déjà ce parcours, je sais qu’il est préférable d’éviter le bitume de la D.19 pour atteindre Lesquerde.  C’est chose faite assez simplement, car contrairement à la vieille carte I.G.N dont je détiens un bout, l’itinéraire évitant l’asphalte est parfaitement balisé. Si Lesquerde est vite là, avec ses très belles villas récentes puis ses ruelles aux maisons parfois si colorées,  c’est au préalable ce gros rocher noir omniprésent dominant le village qui marque les esprits. Il s’agit d’un monolithe de fer dont le poids serait estimé à 10.000 tonnes et dont les spécialistes le qualifie soit de limonite ou d’hématite brune, y rajoutant parfois le mot « brut ». Je sais que mon parcours doit y passer mais comme il est déjà 12h30, nous stoppons pour pique-niquer. Devant la mairie, des bancs sont là bien à propos. ¾ h plus tard, nous repartons par la rue principale puis par la bien nommée rue du rocher. Le rocher est vite atteint et si une photo-souvenir à son pied est bien entendu inévitable, force est de reconnaître qu’il est bien moins impressionnant sous cet angle-là. Il faut dire qu’une fois encore, mais pourtant sans chercher, j’y aperçois deux yeux et un nez en trompette. Ça devient une habitude de voir des visages dans les roches ! Alors bien sûr, et vu comme ça, comment ne peut-il pas perdre de sa superbe !?  Une fois encore, nous repartons. Cette fois, la piste est là et elle s’élève en zigzaguant jusqu’au sommet de la serre, à l’endroit même où les nombreux pylônes  lancent leurs hautes flèches dans un ciel bleu et pur. Dans cette montée, un vautour nous accompagne encore bien plus curieux que ceux de ce matin. Au fil de l’élévation, les panoramas se dévoilent, sur le village certes, mais aussi sur une très belle partie du pays Fenouillèdes. L’entrée d’un vieux tunnel, obstruée par la végétation et quelque peu occupée par de grosses toiles d’araignées, nous rappelle l’exploitation minière d’antan. J’ai lu que ce tunnel, construit en 1908, avec une galerie longue de 560 m et traversant la « serre », permettait aux mineurs venant de Saint-Paul de parvenir plus facilement à Lesquerde et vice-versa. Le minerai était extrait grâce à un petit chemin de fer. Ici tout s’est arrêté. Le tunnel en 1930 et l’exploitation totale dans les années 50/60, alors qu’au loin, du côté de Lansac sans doute, quelques fumerolles blanchâtres s’élèvent au dessus d’un parc éolien. Querelles de l’Ancien et du Moderne, si  on est très loin de la l’Académie Française et de la création artistique, le débat n’est peut-être pas clos pour tout le monde. Carrières à ciel ouvert et éoliennes font souvent l’objet de querelles environnementales. En zoomant avec mon appareil-photo, je constate qu’il s’agit d’une usine bien en activité, car probablement de feldspath ce qui expliquerait la fumée blanche.  Le sol sous nos pieds, lui, est jonché de cailloux ferreux. Il suffit de se baisser pour en ramasser des rouges ou des gris, parfois creusés de petits trous, mais toujours très lourds par rapport à une autre petite pierre ordinaire de taille équivalente. Finalement à l’approche de la crête, cette modernité dont je parle se présente sous les traits des fameux pylônes que l’on aperçoit depuis ce matin comme autant de mires à atteindre. A quoi servent-ils ? Aux communications je suppose, mais ne m’en demandez pas plus, car ici protection oblige, tout est clos ! Quand aux indications ne les cherchez pas, il n’y en a pas ! C’est sans doute « top secret ! »  D’ailleurs, et alors que nous sommes pile-poil en dessous, ce ne sont pas eux qui nous intéressent au premier chef mais les merveilleux panoramas qui nous imaginons dès lors que nous serons parvenus à la crête sommitale. Nous y grimpons puis une fois atteinte, nous restons là quelques minutes comme scotchés devant ce spectacle si aérien, spectacle pourtant encore un peu altéré par cette brume laiteuse toujours présente autour de nous. Assis à l’aplomb d’un à-pic impressionnant nécessitant attention et même prudence, j’ai un peu le vertige. Je m’assieds et Dany s’accroche à moi, sans doute prise elle aussi par cette même sensation d’ivresse de l’abîme. Tout comme moi, je ne la sens pas rassurée, alors je lui propose de redescendre afin que nous allions au véritable sommet, situé un peu plus loin et à 566 m d’altitude. Elle descend mais refuse ma proposition préférant m’attendre à l’ombre d’un grand chêne vert. Alors j’y vais seul, poursuivant la piste et découvrant à la fois un mirador destiné à la surveillance contre les incendies et deux bornes géodésiques. La crête est plus spacieuse, plus rassurante et offre de bien meilleures vues sur le synclinal côté Caudiès et sur Saint-Paul.  Mais comme Dany m’attend, je ne m’éternise pas. A l’instant de se retrouver, ici se pose la question du retour. Je propose à Dany d’aller voir l’ancien chemin des mineurs qui en principe se trouve plus bas sur la piste au détour d’un virage. Ce chemin, dit des Mineurs ou de la Mine, je ne le connais que par les lectures que j’en ai faites, quelques photos peu parlantes et une vue aérienne sur Géoportail. Autant dire rien ! Le chemin est assez simple à trouver mais je passe néanmoins devant et demande à Dany de rester à distance. J’amorce la descente, d’abord sur un étroit sentier puis sur un chemin très caillouteux mais qui s’élargit dès lors que j’atteins l’autre versant, c'est-à-dire celui où se trouvent les falaises les plus abruptes. Depuis la crête, qui imaginerait qu’il y ait un chemin ici ? Voilà la première réflexion qui me vient à l’esprit à l’instant où j’amorce la descente. Pourtant, et à ma grande surprise, j’entends des voix qui arrivent d’un peu plus bas ? Alors je stoppe et j’attends. Deux jeunes femmes arrivent vers moi. Quelques minutes plus tard, elles sont suivies de deux messieurs beaucoup âgées qu’elles, dont un qui semble complètement éreinté et à bout de souffle. Dany qui est resté là-haut sur la crête  m’appelle et je lui conseille de ne pas bouger et de m’attendre. La conversation s’installe avec le petit groupe. Ils arrivent de Saint-Paul. Ma première question portant bien évidemment sur la qualité de ce chemin des mineurs, l’homme le plus âgé, celui là même qui est encore très essoufflé s’empresse de me répondre. « Le chemin n’est qu’une succession de caillasses et d’éboulis pendant un bon bout de temps » me dit-il. « Il est donc instable ? » lui dis-je. «  Oui, c’est ça, il est très instable et j’ai eu du mal à progresser » me répond-il. « Pensez-vous que ma femme qui a une prothèse totale du genou puisse l’emprunter sans crainte en descente ? ». Et là, c’est presque en cœur qu’ils s’exclament « non surtout pas ! ». « J’ai 82 ans, j’ai pris ce chemin des dizaines de fois mais je crois que c’est la dernière fois que j’y viens car il est de plus en plus mauvais » rajoute le vieil homme encore bien haletant. « Tu vieillis ! » lui dit une des deux jeunes femmes. Je les remercie tous et sans aucune hésitation, je rebrousse chemin. Ce n’est pas aujourd’hui que je découvrirais ce chemin des mineurs mais je ne suis pas inquiet car je sais qu’une autre issue possible est enregistrée dans mon GPS. Nous redescendons vers Lesquerde. Finalement le chemin permettant d’effectuer une petite boucle est vite là. Il est commun avec l’itinéraire « Géologie et anciennes mines » et d’ailleurs quelques mètres après la bifurcation obligatoire, des vestiges sont très vite là : maisons des mineurs, trémie, ancienne structure supportant des wagonnets, etc….Sur ce parcours, nous n’avons pas l’impression d’avoir perdu au change. Enfin, je n’en sais rien ! Si nous poursuivons cette boucle, qui est bien balisée d’une couleur jaune, je garde toutefois mon GPS allumé car bien évidemment il ne nous faut pas redescendre sur Lesquerde mais remonter vers le col éponyme. Un cairn bien placé au bon endroit nous y aide allègrement. Le col de Lesquerde arrive à point nommé, et si nous y finissons avec plaisir les restes de nos collations, c’est parce que sur notre droite un parapentiste vient de prendre son envol depuis la Serre de l’Artigue del Baurien et que sur notre gauche, un vautour a décidé de faire de même. Finalement, le parapentiste reste seul en l’air car le vautour file se poser au sommet du Causiel, suite logique et rocheuse du pinacle aux pylônes.  Le retour vers Saint-Paul s’effectue sans souci mais sous un ciel carrément plombé au dessus de la commune. Rien de vraiment notable, or mis quelques amandes à glaner que Dany découvre au détour du chemin,  et pour moi, une corneille qui a décidé de jouer avec mes nerfs et mon appareil-photo au sommet d’un pylône à haute tension. Si cette boucle se termine en principe devant les bureaux de la Communauté des Communes Agly-Fenouillèdes où se trouve notre voiture, nous ne prenons que le temps d’y déposer nos sacs à dos dans le coffre et de chausser des tennis plus légères.  Sur un coup de tête, nous venons de décider que la balade se poursuivrait encore par une copieuse visite de la cité dédiée à l’apôtre des Gentils.  Dans ce dédale de petites ruelles bien sympathiques, on regrette de ne pas pouvoir approcher de plus près le fameux « chapitre « , et ce pour cause de très importants travaux de restauration. Oui dommage de ne pas pouvoir se faire une meilleure idée de ce magnifique monument historique, le plus emblématique car le plus symbolique du pays Fenouillèdes ! Ainsi se termine cette très belle journée que nous languissions depuis plus de 2 mois. La finir sans aucun bobo ajoute à notre bonheur.  Telle qu’expliquée ici, mais hors visite de Saint-Paul, cette balade a été longue de 11,3 km pour des montées cumulées de 850 m.  Le dénivelé est de 301 m entre la ligne de départ à 265 m et la borne géodésique de la « Serre de l’Artigue del Baurien » à 566 m. Cartes IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet et 2248 OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.

    (*) Carrière de gypse de Lesquerde et sismicité : Le site de la commune de Lesquerde nous apprend que cette carrière souterraine est encore en activité, activité confirmée par Jean Tosti qui sur son site, rajoute que c’est la société Bournet qui l’exploite, extrayant 30.000 tonnes de minerais par an. Elle est la dernière et la seule des Pyrénées. Le gypse, déjà utilisé pendant l’antiquité et notamment pour les statues, est aussi connu sous l’appellation de « pierre à plâtre ». Le site Wikipédia nous apprend que les anciens plâtriers la désignaient sous le vocable de « pierre de lune ». L’Histoire du Chapitre de Saint-Paul (Le chapitres et les gypseries) nous révèle que vers 1660, le maître-gipier Jean Sabatier a largement utilisé le gypse (guich) de Lesquerde pour la réalisation de très nombreuses décorations de la collégiale, gypseries qui ont pas mal souffert lors d’un séisme survenu en 1996.  Or, la lecture d’un article du 21/12/2012 sur le site de Médiapart explique que ce même séisme du 18 février 1996 a eu pour épicentre cette fameuse carrière de gypse de Lesquerde. Encore plus fort, avec 5,6 de magnitude et située à 7 km de profondeur,  il s’agirait selon le RéNaSS, Réseau National de Surveillance Sismologique de la plus puissante magnitude jamais enregistrée en France. Cette information a brièvement été reprise sur le site Agora Vox. Si ce séisme et ses répliques vous intéressent, sachez que l’Association Française du Génie Parasismique a rédigé un rapport de 116 pages à ce propos accessible sur Internet. Il précise que « l’épicentre instrumental et macrosismique semble bien localisé dans le secteur de Saint-Paul-de-Fenouillet-Lesquerde, les premières répliques analysées se situeraient plus au sud près de Saint-Arnac, Feilluns et Ansignan. L’ensemble de ces villages a par ailleurs fortement ressenti l’événement principal ». Voilà ce que l’on peut dire de cette carrière de gypse, même si or mis ces quelques articles, jamais aucune publicité ne l’a véritablement présentée comme l’épicentre du séisme le plus puissant jamais enregistré en France. Précisons tout de même que ce séisme n’a fait aucune victime et apparemment pas perturbé l’exploitation du gypse. Enfin et pour conclure, rappelons que cet endroit est situé non loin de la frontière entre les plaques tectoniques Eurasienne et Ibérique qui ont, il y a -65 millions d’années, initié la création des Pyrénées. Les deux plaques s’affrontant et coulissant l’une sous l’autre, elles engendrent des tensions occasionnant de nombreuses failles dont celle qui a pour nom « Faille Nord-Pyrénéenne » allant grosso-modo de Saint-Paul-de-Fenouillet jusqu’au Cap Breton.

    La Serre de l'Artigue del Baurien (566 m) depuis Saint-Paul-de-Fenouillet. 

    Carrière de gypse de Lesquerde photographiée en 2011 lors d'un Tour du Pays Fenouillèdes et épicentre du plus violent séisme connu en France (cliquez sur la photo pour l'agrandir)

    (**) Toponymie de la « Serre de l’Artigue del Baurien » : J’ai déjà eu l’occasion d’expliquer l’origine du mot « serre ». De l’occitan « sèrra », elle désigne une colline de forme allongée voire plus simplement une ligne de crêtes. On retrouve cette origine dans les mots « sierra » en espagnol et en castillan et « serra » en Italie,  mais également dans les mots « serra », « serrat » ou « sarrat » en catalan. On le trouve également dans le mot « serres » au pluriel ainsi que dans le mot « serrade » pour un chemin longeant une ligne de crêtes. Au singulier ou au pluriel, il s’agit aussi d’un nom propre ou de famille plutôt répandu. Ici pas de doute, il s’agit bien d’une colline de forme allongée. Concernant le mot « l’Artigue » ou « Lartigue », tous les toponymistes sont également d’accord pour lui attribuer une signification identique, même si selon les régions quelques nuances peuvent exister. Alors pas de doute, il s’agit bien d’une surface défrichée ou d’un terrain labouré pour les rendre cultivable. Une commune près de Saint-Gaudens porte ce nom de « Artigue », du prélatin « artica » et du gascon « artiga » nous précise le site Wikipédia. Idem avec plusieurs lieux, communes et personnages portant ce même nom au singulier ou au pluriel « Artigues ». Dans le livre « Les toponymes pyrénéens » de Robert Aymard, les nuances sont excessivement nombreuses et en faire la liste complète serait bien trop long. En voilà quelques unes : Articaut, Artiès, Artigal, Artigala, Artigalet, Artigou, Artiguette, Lartigau, etc….quand aux définitions en français, ça va de la clairière à la défriche, en passant par un terrain dénudé ou une parcelle déboisée. Ces différents et nombreux toponymes s’expliquent par le fait même que l’on imagine une origine quasi commune dans toutes les langues ;  gascon, occitan, provençal, ibère, basque, catalan ; avec peut-être un étymon originel « artika » (Etymologie occitane). Reste enfin à expliquer le mot « baurien »  que l’on pourrait croire assez simple mais qui est de très loin le moins documenté. Si je dis simple, c’est tout simplement parce que dans les parlers occitans le « B » et le « V » sont identiques et ne sont qu’une question de prononciation. A partir de ce concept, on imagine aisément qu’un « baurien » pourrait être en réalité un « vaurien », c'est-à-dire en français et selon le Larousse « une personne sans aucune valeur morale » voire « un enfant malicieux et indiscipliné ».  Pourtant, selon plusieurs toponymistes, ce n’est pas par là qu’il faut chercher une explication mais plutôt dans le mot « baure », de la racine occitane « vaur » signifiant « ravin » ou « gouffre ». Du gaulois « bawa » ou « baua » signifiant « boue », la « baure » devient parfois « boeyre » ou « bouère » en gascon, « bouirex » en Ariège ou «Bouerzy » en Béarn et « Baurien » en Roussillon nous explique Robert Aymard dans son ouvrage consacré à l'« Hydronymie pyrénéenne ». Selon  ce dernier, une « baure » serait donc en Roussillon un endroit boueux en montagne. Il faut bien reconnaître que cette dernière explication ne paraît guère plausible dans un endroit aussi sec et rocailleux que cette « Serre de l’Artigue del Baurien ». Mais les temps ont pu changer. Dans le même sens, on trouve un col de "Boire" près du hameau de Vira dans la forêt de Boucheville.

    Alors cette « Serre de l’Artigue del Baurien » faut-il la traduire comme :

    • la colline du terrain labouré (ou défriché) d’un vaurien ?
    • la colline du terrain labouré (ou défriché) près du ravin ?

    Est-ce bien dans ces hypothèses-là qu’il faut continuer à chercher ? A moins que la vérité surgisse soudain d’un gouffre ?


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  • Ce diaporama est agrémenté des chansons "Slow down" et "I Got To Give It Up" de Snooky Pryor (chant/harmonica) et Mel Brown (chant/guitare) extraites de l'album "Can"t Stop Blowin"

    .Le Sentier du Vigneron depuis Leucate-Village.

    Le Sentier du Vigneron depuis Leucate-Village.


     

    Sentier du Guetteur et du Pêcheur en 2017, Sentier du Berger en 2018, à Leucate-Village et sauf erreur de ma part, il ne restait plus qu’à partir découvrir « Le Sentier du Vigneron ». Quel beau métier ! En ce 2 novembre, le matin très tôt, et parce qu’il y a déjà un grand ciel bleu et un soleil qui semble vouloir réchauffer une merveilleuse aurore encore un peu fraîche, je me dis que cette journée qui s’annonce est probablement l’occasion rêvée. La balade étant très courte, je me dis aussi que lui consacrer un après-midi sera amplement suffisant. Alors, je propose à Dany que nous allions d’abord déguster quelques huîtres au Grau de Leucate puis nous enchaînerons avec la balade pédestre. Elle acquiesce avec un grand sourire car si le plaisir de sortir et de partir marcher ne lui fait jamais défaut, le fait d’y rajouter quelques huîtres ajoute à son enchantement. Le bonheur se lit déjà sur son visage. Il est donc 11h30 quand nous garons, non sans difficulté, notre voiture sur le parking terreux du Grau de Leucate où se trouvent les baraques chamarrées de tous les ostréiculteurs. Il y a déjà beaucoup de monde mais par chance, il reste encore une table libre sur la terrasse ensoleillée du Mas Bleu. C’est notre producteur préféré et le service est en général rapide et bien sympathique. Aujourd’hui, c’est encore le cas et les huîtres sont à la hauteur comme d’habitude.  Avec cette belle météo et nos visages tournés vers le soleil, on se dit qu’il serait bien agréable de rester un peu plus longtemps assis à la terrasse mais une douzaine d’huîtres et deux verres de Picpoul de Pinet ça s’ingurgite très vite. Trop vite.  C’est samedi, les touristes arrivent parfois de très loin, les emplacements au parking se font rares, des clients cherchent des tables et quoi de plus naturel que de libérer la nôtre au plus vite ? Nous quittons les lieux.  Il n’est pas encore 13 h quand nous traversons Leucate-Village et garons notre voiture sur le parking Pierre Gonzales. Ici, le contraste est saisissant car tout est très calme. Il n’y a pas âme qui vive. Le début de la balade étant identique à celle du Guetteur, et sur une belle partie, avec à celle du Berger, on ne se pose guère de questions. Enfin si, on s’en pose deux ! La première question qui nous taraude, c’est de savoir si l’on va marcher droit à cause du Picpoul de Pinet, car « nets », nous ne le sommes plus trop !  Heureusement que nous n’avons bu que deux verres sinon bonjour les ……Enfin, vous connaissez la suite. La deuxième est  combien de temps notre estomac va tenir le choc avec si peu à l’intérieur ? Il y a bien un petit paquet de biscuits qui dort dans l’unique sac à dos que nous avons emporté, mais il y a fort à parier qu’il ne dure pas l’après-midi. Avenue Francis Vals, place du Foyer, rue des Vignerons, rue du Cercle, nous nous retrouvons très vite devant le vieux moulin sans ailes, puis presque en moins de temps qu’il ne faut ici pour l’écrire dans cette jolie garrigue qui est propre au plateau de Leucate. Pourtant dieu sait si dès la garrigue venue, je suis parti dans une flânerie exagérée. Les passereaux sont très vite là et en grand nombre et je compte bien en immortaliser un maximum. Ce rythme-là ne convient pas toujours à Dany, mais tant pis, je ne veux pas manquer les occasions photographiques qui se présentent et elles sont d’emblée très nombreuses. J’essaie de me convaincre que l’après-midi entière risque d’être ainsi, avec probablement des oiseaux un peu partout, mais c’est plus fort que moi dès que j’en aperçois un il faut que je m’arrête pour tenter de le photographier.  Entre deux arrêts, il faut que j’accélère le pas pour rattraper mon retard. Je sais que Dany marche souvent seule et que je fais preuve d’égoïsme mais je culpabilise aussi. Alors, de temps en temps et dès lors que je la rattrape, je compense quelques temps en restant à côté d’elle pour lui tenir compagnie. Mais pris par ma passion de la photo ornithologique, ça ne dure pas !  Voilà comment nos balades se transforment le plus souvent en une espèce de yoyo pédestre quasi permanent. Elle sait qu’il y aura d’autres balades avec moins de photos animalières à prendre et très gentiment elle se fait une raison. Le problème avec les petits passereaux, qu’on appelle « passériformes », c’est que quand on les aperçoit ou qu’on les voit se poser, on ignore souvent auquel on a à faire. Alors ce n’est qu’en prenant la photo et parfois même en zoomant que l’on peut mettre un nom sur le volatile choisi. Et encore pas toujours tant certains se ressemblent ! A partir de ce constat, il faut nécessairement prendre de très nombreuses photos si on veut avoir la certitude que les espèces différentes seront diverses et variées. Avec 150 espèces régulièrement présentes en France, plus celles qui sont succeptibles de passer et donc de s’arrêter lors de leur migration, l’éventail de possibilités reste plutôt ouvert. Sans compter tous les autres taxons possibles. Aujourd’hui, sur ce plateau de Leucate, les passereaux sont très présents et parfois en d’intéressants rassemblements. Phénomène migratoire ? Je ne sais pas !  En tous cas, je m’arrête souvent. Si Dany prend souvent de l’avance, par bonheur, le balisage est bon et les panonceaux « Sentier du Vigneron » bien présents à chaque intersection. On ne peut pas s’égarer. Or mis les oiseaux, les décors restent beaux. Après le Vieux moulin et la Fontaine du Loin, il faut marcher encore pas mal de temps, pour découvrir un autre vestige patrimonial. Il se présente au lieu-dit Les Breisses avec les murs ruinés d’une vieille bergerie. Entre les deux, toujours ces étonnants murets en pierres sèches si typiques du plateau leucatois. Si les pierres trouées sont le plus souvent de taille correcte et portables par un seul homme, il arrive parfois qu’on en découvre d’assez phénoménales. Quoi qu’il en soit, en crapahutant constamment entre ces murets qui nous encadrent, on ne peut pas ne pas penser aux travaux colossaux qu’ils ont du engendrer. Au milieu de ces vestiges d’antan, la modernité n’est pas absente. On la découvre sous la forme des nombreuses balises jalonnant le sentier : les panonceaux directionnels classiques bien sûr mais aussi de très nombreuses plaques de plâtres en relief interprétant cette vie passée que certes l’on peut imaginer mais jamais sous tous ses multiples aspects : le travail de la vigne et de bien d’autres cultures, la carrière et les pierres percées, la parcellisation, les épierrements et les défrichages, les bergeries, les outillages, j’en passe et des meilleures. Enfin, quelques « feuilles de vigne » en métal galvanisé et fixées au sommet de piquets nous expliquent qu’ici on cultive avec fierté différents cépages. A fil du cheminement, Mourvèdre, Grenache gris et Carignan répondent présents. La bergerie ruinée ayant été largement découverte lors du « Sentier du Berger », nous faisons l’impasse d’une nouvelle visite. Peu de temps après la bergerie, et au lieu-dit « Pelat », les chemins se séparent. On délaisse celui qui était commun au Berger et au Vigneron, pour ne garder que ce dernier. A partir d’ici, le chemin devient tout nouveau. Enfin presque et pas tout ! Souvenez-vous que je vous ai déjà raconté que nous venions ici sur ce plateau il y a déjà fort longtemps. Avec nos deux enfants tout d’abord pour qu’ils y trouvent des terrains de jeux à la taille de leur vitalité. Nous y venions aussi pour ramasser des amandes ou des asperges et c’était l’occasion d’un peu de marche et de quelques heures passées en plein air. Au bon air ! Avec Dany, le soir venu, nous y venions parfois en amoureux, juste pour rêvasser avec vue nocturne sur les plages depuis la falaise. Alors si le chemin pédestre est en partie nouveau, tout ne l’est pas et certains endroits nous parlent encore.  Si les passereaux demeurent encore très nombreux et notamment les pinsons, les chardonnerets et quelques solitaires rouges-queues noirs, d’autres oiseaux un peu plus gros se présentent au fil du cheminement sous le feu nourri de mon téléobjectif. C’est le cas de pies bavardes, de quelques étourneaux, d’une buse variable et de deux surprenantes aigrettes perchées au sommet d’une série de cyprès. Elles s’enfuient en nous voyant mais elles sont déjà magnifiquement enregistrées dans « ma boite ». Quelques cabanons parfaitement planqués derrière des murets ou dans de verdoyantes pinèdes, nous rappellent que « pour vivre heureux, il vaut mieux vivre cachés ». Des bienheureux ont adopté ce proverbe. L’itinéraire continue d’être toujours aussi agréable, d’abord parce que c’est beau, mais aussi parce que nous sommes seuls au monde au milieu des oiseaux et que seuls leurs chants se font entendre. On ne peut que regretter que cet itinéraire évite la falaise et donc le bord de mer pourtant peu éloigné. C’est d’ailleurs le seul sentier parmi les trois parcourant le plateau, mais est-ce vraiment un défaut ? Vignes rouges de saison, végétation aux nombreuses nuances de verts, feuillages jaunes ou orangés attestant l’automne , le tout sur fond de ciel bleu, voilà aussi une des raisons qui nous font aimer ce parcours. Sauf que pour finir, ce beau ciel bleu est entrain de se couper en deux. Vers le nord, d’énormes nuages gris approchent à grands pas et nous obligent à presser les nôtres.  Speeder, j’ai horreur de ça !  Enfin et pour l’instant, il ne pleut pas et c’est déjà pas mal. J’observe mon bout de carte I.G.N et note que le circuit représentant quasiment un triangle équilatéral, ils nous restent encore un bon tiers du parcours à accomplir soit environ 2,5 km. Je regarde aussi les noms de lieux car j’aime bien découvrir s’ils s’y cachent des énigmes voire carrément des mystères ? Leur toponymie (*) m'intéresse. Carpy, Champs du puits, Montplaisir, Palus, Codecas, certains toponymes sont évocateurs d’autres pas du tout. « Il faudra que je pense à les analyser ! » Finalement et parce qu’on ne s’arrête plus guère et qu’il ne pleut toujours pas, les premières maisons de Leucate-Village sont vite là. Sous le ciel gris, les façades multicolores ont bien ternies. Les étroites ruelles ont perdues ce qui faisait leur charme. Le clocher blanc et gris de l’église apparaît surtout gris. Son horloge indique 15h20. Je n’en reviens pas tant je garde l’impression d’avoir marché bien plus longtemps. Enfin, une chose est sûre : « Sur ce Sentier du Vigneron », nous n’avons pas tourné en rond ! » Et pour cause « c’est un triangle ! » Mais ça je vous l’ai déjà dit. Au départ du point d’informations touristiques se trouvant place Pierre Gonzales, cette balade est donnée pour 6,8 km. Personnellement, j’ai accompli 300 m de mieux. Les montées cumulées de 93 m sont très très modestes. Le dénivelé de 30 m n’en parlons pas ! Enfin si pour être complet ! Départ à 29 m d’altitude et point culminant à 59 m au lieu-dit Les Cabanes de Carpy. Faisable en toutes saisons, ce petit parcours est à éviter de préférence les jours où soufflent des vents violents : tramontane, cers ou marinade. Carte IGN 2547 OT Durban-Corbières - Leucate Top 25.

    (*) Toponymies des principaux lieux-dits sur le plateau de Leucate :

    Je tiens à préciser que les toponymes que je mentionne ci-après ne sont que des hypothèses personnelles et ce, malgré qu’elles s’appuient le plus souvent sur des critères de toponymistes bien plus qualifiés que moi. Autant que ce faire peut, j’indique mes sources lorsqu’elles je n’ai aucun doute quant à leur provenance. Afin de ne pas démultiplier le nombre de toponymes, je me suis cantonné volontairement à ceux que le « Sentier du Vigneron » traverse ou côtoie.

    • Le Plat : Plat, Plà, Plâ, Plaa, Plata, Platè, Platur, Plan, Planal, Planè, Planece, Planejo, Planell, Planeso, Planet, Planay, Planéto, Planeza, Planèze, Plani, Planil, Planiol, Planisse, Planistrel, Planitre, Plano, tous ces noms ont un dénominateur commun : leur platitude, c'est-à-dire le fait qu’il soit sans relief du latin « planus ». Il n’y donc aucune difficulté à indiquer que ces différents toponymes indiquent un endroit plat en français. Alors bien évidemment, selon les lieux, leurs surfaces, les dialectes, on trouve en français diverses significations. Ça va de la simple surface ou parcelle plane à une esplanade, ou bien à un terrain plat un peu plus grand, ou bien carrément à un plateau plus ou moins vaste, long, large, ou bien étroit ou bien encore à une plaine voire à un terrain de montagne plat ou bien encore à une zone de pacage plate.
    • Codeca ou Codecas : Ne s’agissant pas d’un nom de famille, on peut d’emblée écarter cette hypothèse. Il faut donc imaginer autre chose et peut-être le fait que ce toponyme mérite d’être coupé en deux : « code » et « ca ». Dans le Midi, tous les toponymistes sont d’accord pour dire que le toponyme « còde » parfois « còda», c’est un « caillou », un « galet », une « pierre » voire une « roche ». Il définit clairement la nature d’un sol avec pour origine commune le latin « cos ». Selon les lieux et les dialectes, on trouve aussi « codou », « codo », « cadou », « cotoul » ou encore « Codol » ou « Codule ».  Quand au mot « ca », on peut y trouver diverses significations : « ça » par exemple signifiant « ici ». Ou bien encore la racine préceltique « ka », « kar » « gar » ou « ca » signifiant également une « pierre », ce qui ferait du nom « codeca », un toponyme pléonastique comme il en existe de très nombreux. Enfin, on peut également imaginer que ce « ca » ou « cas » soit la transformation du suffixe « ssa » ou « asse » ou « ace », lesquels très souvent ont un côté péjoratif : grand ou petit, fort ou faible, gros ou maigre, etc…Toutes les suppositions sont donc permises mais la traduction française qui pourrait être la plus satisfaisante est le mot « caillasse ». Les « Codecas » du plateau de Leucate seraient donc des « caillasses ». Il faut bien admettre qu’au regard de toutes les pierres que l’on trouve ici dans ce secteur, cette explication conviendrait fort bien.
    • Palus : Ici aussi la plupart des linguistes semblent d’accord quand à la signification de ce nom, et pour cause, le latin « palus » est un « marais ». Il s’agit très clairement d’un « marais » voire d’un simple « terrain boueux ». « Palu » au singulier et donc « Palus » au pluriel. Il faut donc vérifier si l’endroit a été ou est encore un tant soit peu marécageux. Ce toponyme, on le retrouve dans de nombreuses langues et dialectes régionaux : Apalus, Palud ou Palude (vieux français), Palue, Palun, Palunari, Palunatho et par exemple « Palus » en Saintonge. En français, le mot « palustre » du latin « paluster » a conservé le souvenir de ce passé, tout comme les mots « paludisme » et « paludéen ».
    • Breisses : Là encore, ce toponyme ne pose aucune difficulté et tout le monde est d’accord pour le traduire en « sorcières ». « Breisses », « bruèis » ou « bruèissa » en occitan selon l’accent, « Bruixes » et « bruixas » et « bruixots » en catalan, « brujas » et « brujos » en espagnol et « bruxos » en portugais.
    • Carpy : A priori, avec son « Y » le toponyme « Carpy » paraît peu évident. On le trouve néanmoins comme nom de famille, même s’il n’est pas spécialement très répandu et si les variantes « Charpy » et « Carpin » le sont beaucoup plus. Selon le site Généanet « Carpy » serait encore porté dans l'Indre-et-Loire mais les plus anciennes mentions se situeraient dans les Côtes-d'Armor. Il faut donc peut-être le transformer un peu si on veut obtenir d’autres suppositions. Parmi les transformations que l’on peut imaginer, celle de remplacer le « Y » final par un « I » est la plus évidente. A partir du mot « carpi », on peut très facilement imaginer qu’il s’agissait d’un lieu planté de charmes ou bien encore d’un endroit où l’on élevait des carpes. En effet, le mot de vieux français « carpier » désignait ces deux endroits. Apparemment, l’endroit se prêtant mal à un élevage de carpes, la plantation de charmes paraît plus plausible. encore qu’un texte de Guillaume Eppe évoquant « une gravure inédite du château de Leucate datant de 1630 » mentionne « qu’une dépression au lieu-dit Carpy sert de retenue d’eau au Rec Piusel dont l’accès sur l’étang est barré par un mur ». Alors s’agit-il du même Carpy et donc du même lieu ? Le nôtre étant très éloigné du château, on peut en douter. L’idée d’une plantation de charmes est reprise sur les sites généalogiques et se présente en Corse dans les toponymes « Carpineto » et « Carpino ». Dans le Gers, en « Carpou » et en Italie avec « Carpini » et « Carpino »’ car ayant pour origine le latin « carpinus ». Notons toutefois qu’en Gascogne, un « carpado » est une culture en terrasses et qu’en Corse le mot « carpione » est un bois provenant de l’équarrissage de pins. Restons sous le charme.
    • Champs du puits : Voilà un toponyme qu’il n’est pas nécessaire d’expliquer. De tout temps, l’eau a été un gros souci sur le plateau de Leucate car la seule source connue suffisament importante était celle dite de la Fontaine de Loin. Elle a été pendant très longtemps la seule à alimenter les Leucatois. Il n’y a pas à proprement parler de ruisseaux et si des petites mares peuvent être présentes d’ici de là, elles se remplissent essentiellement lors de fortes précipitations pluviales. Le reste du temps, et pour l’usage des hommes, c’est le système consistant à la récupération des eaux des pluies qui a fonctionné. Il semblerait donc que ce « champ » en ayant bénéficié d’un puits soit une exception. Ce puits existe-t-il encore ? A vérifier !
    • Montplaisir : Je pourrais presque dire que « mon plaisir » a été immense. Plaisir de marcher sur ce plateau, plaisir d’élaborer ce reportage, plaisir d’écrire, plaisir de me lancer dans les enquêtes de tous ces toponymes. Oui, quelqu’un a-t-il trouvé tout comme moi son plaisir suffisamment grand au point de donner ce nom à ce lieu-dit ? Pourquoi pas ! Il est vrai que l’endroit est très légèrement supérieur en altitude (55/56 m) à sa périphérie mais de là, à dire qu’il s’agit d’un « mont », il y a une limite que je ne franchirais pas. Je pencherais donc plutôt pour une cacographie de « mon plaisir » en « Montplaisir ».
    • Guardiole et Guardiolle : J’ai déjà eu l’occasion de m’expliquer sur ce toponyme lors d’une autre balade pédestre : « Le Chemin des Amandiers sauvages » : Saint-Estève – Baixas – Peyrestortes ». Voilà ce que j’avais écrit  à propos des Guardioles : « D'après André Pégorier et son glossaire des noms de lieux en France, le mot "gardiola" ou "gardiole" pourraient avoir plusieurs significations : borne destinée à marquer une limite, pâturage réservé ou lieu de guet. Issu de l'occitan « gardar », verbe garder, plus globalement le mot "guardiole" a pour diminutif le mot "guardia", qui désigne au départ un poste de garde (germanique wardja) ». Le plateau de Leucate ayant toujours été un haut-lieu du pastoralisme, une zone de pâturage réservée et gardée paraît fort probable, tout comme un poste de garde, les guerres qui ont souvent sévies pouvant justifier cette possibilité ».
    • Leucate : Le nom de Leucate vient dugrec ancien λευκός (leukós) qui signifie « blancheur », « blanc ». En occitan languedocien on écrit Leucata et on prononce [lew'katɔ], [law'katɔ] ou même [lɔw'katɔ] selon les variantes dialectales. (Wikipédia).

    La plupart des toponymes trouvent les explications ci-dessus soit depuis « Le glossaire des termes dialectaux – Les noms de lieux en France » d’André Pégorier aux Editions de l’Institut Géographique soit depuis le site Wikipédia et plus spécialement sur la page « Toponymie occitane ». Je les ai complétées par quelques informations extraites du livre de Robert Aymard « Toponymes Pyrénéens » aux Editions Lacour-Rediviva mais également avec le site Internet « Etymologie-Occitane.fr ».

     

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  • Après le vivre-ensemble, voilà le mourir-seul.

     

    Voilà ci-dessous une petite vidéo dont je partage l'essentiel de ce qui est dit, cliquez sur le lien : 

    https://www.facebook.com/LeMediaPourTous/videos/209180473729349/


     

    Après le vivre-ensemble, voilà le mourir-seul.

    Il y a moins d’un an, en mai 2019, j’étais parti faire une longue randonnée « aux Sources de l’Agly et de la Sals », deux rivières de l’Aude. Le mot « source » avait raisonné en moi comme un appel et j’étais parti marcher encore plus heureux qu’à l’habitude. Pourtant, une fois accomplie, sous un aspect très particulier, celui destructeur de la Pyrale du buis, cette randonnée m’avait bougrement marqué, et pourquoi ne pas le dire, même très perturbé. En effet, ce jour-là, si j’avais été incommodé physiquement pas ces petites chenilles d’une couleur vert-jaune qui pendouillaient constamment des arbres au milieu des chemins, j’avais considéré que là ne résidait pas le préjudice le plus majeur, loin s’en faut. Non, bien au-delà de ce désagrément que je tentais de compenser en fouettant l’air de mon bâton de marche, c’était d’abord de voir que plus aucun buis n’avait résisté à cette minuscule chenille. Comment cela avait-t-il été possible ? Le constat était terrifiant. Plus aucun buis n’était vivant dans tout le secteur et ça sur les 18 kilomètres que j’avais parcouru ce jour-là. Connaissant bien cette région, et la présence si monumentale de cet arbuste si joli, car si luisant grâce à ses petites feuilles, je n’arrivais pas à m’imaginer qu’elle pouvait être l’ampleur de ce désastre écologique ? Par bonheur, et parce que j’avais eu la tête, les épaules et les bras amplement recouverts d'une multitude de ces chenilles, j’avais également constaté que cette Pyrale du buis n’était pas urticante pour ma peau. Oui, par chance, elle semblait inoffensive pour l’Homme et d’ailleurs, une gentille randonneuse que j’avais rencontrée, c’était chargée de « m’écheniller » de la tête aux pieds. J’avais été si troublé par tous ces arbustes morts, qu’en rentrant à la maison, je m’étais mis à lire sur Internet tout ce qui avait trait au sujet. C’est ainsi que j’appris que le joli petit papillon blanc si translucide, en provenance de Chine, aurait fait son apparition en Suisse en 2007. Puis très vite, ignorant les frontières, la Pyrale aurait envahi l’Allemagne de l’ouest, la Belgique, la France et le Luxembourg. En moins de 10 ans, elle avait envahi 32 pays européens, dévastant même les plus beaux parcs et jardins publics sans qu’aucune parade n’ait pu être trouvée par quiconque. Tous les botanistes et jardiniers de l’Europe entière s’étaient trouvés démunis. Sur Internet, il y avait tant d’articles sur cette « envahisseuse » que les lire tous avait été impossible. Oui, force est de reconnaître que je ne connaissais rien du sujet et que j’étais passé à côté de cette catastrophe écologique comme un véritable homme primitif, ignare de surcroît. Si je m’en voulais, je me disais que les médias télévisés, ceux que l’on regarde le plus souvent, n’avaient sans doute pas suffisamment parlé de ce désastre écologique ? Pourquoi ? Je suppose que le sujet n’était pas suffisamment « audimatable » !  La question restait entière : « Comment cela avait-t-il été possible alors que la Pyrale du buis était jusqu’à présent inconnue en Europe ? ». Les scientifiques soutenaient la thèse suivante : Dans les années 2000, le papillon serait arrivé de Chine par bateau grâce à des petits plants de buis vendus dans les jardineries. Afin de ne pas contrarier ce commerce mondialisé, il y aurait eu des relâchements dans les contrôles douaniers et sanitaires et de ce fait le petit intrus en aurait grandement profité. La suite, on la connaît et à ce jour, aucune solution efficace n’a encore été trouvée, même si les chercheurs semblent très nombreux à se pencher sur le sujet.

    Là où mon ignorance a eu du bon, c’est que de fil en aiguille, je suis passé de la Pyrale du buis à un sujet énormément plus vaste qui est celui des « espèces envahissantes » en général. Plantes et animaux bien sûr, mais aussi algues, champignons, bactéries, protozoaires et virus, on les appelle aussi « espèces invasives ». Et là, si j’ai beaucoup lu sur le sujet, autant l’avouer « je suis tombé très souvent sur le cul ». C’était presque toujours les mêmes scénarios : les mouvements et déplacements des populations, les transports divers et variés, le commerce mondial avec souvent comme dénominateur commun, cette rapacité à vouloir faire du fric à tout prix quel qu’en soit le tarif à payer. Pour le bénéfice de qui ? De tous un petit peu mais de beaucoup pour peu. Alors si parmi toutes ces espèces invasives, certaines s’avéraient inoffensives et d’autres carrément bénéfiques ; mais elles sont très rares ; la part la plus importante de ces envahisseurs restait négative pour la biodiversité et donc pour l’Homme. Les mots des spécialistes étaient parlants, criants même. Ils parlaient de nuisances, de nuisibles, de prolifération, de pullulations, de déséquilibres, d’agents perturbateurs, d’invasions biologiques, d’invasivité écologique. Enfin, si le sujet vous intéresse, il y a également pléthore d’articles à ce propos.

    Alors bien sûr, si j’évoque ce thème aujourd’hui, vous avez déjà compris que c’est en rapport avec le coronavirus Covid-19 qui sévit si durement. Il bouleverse la planète entière, tue des centaines de milliers de personnes, stoppe toutes les économies et nous oblige à cette période de confinement contrainte , astreignante et anxiogène. Comme nous avions laissé faire pour tout ce qui s’était passé auparavant, nous n’avons pas voulu voir arriver ce « cataclysme sanitaire » sans précédent. Quand je dis « nous », je parle de ceux qui nous gouvernent. Je parle aussi de ces 2000 milliardaires qui détiennent 90% de la richesse mondiale. Arrêter l’économie, les transports, le commerce vous n’y pensez pas ? Oui, voilà ce qu’ils ne nous disent pas en temps normal mais qu’ils pensent très fort, sauf quand la contrainte est là. Elle est là. Et comme le danger ne les épargne pas plus que nous, ils en prennent soudain conscience. 

    Je ne prendrais qu’un seul exemple de ce laisser-faire permanent : On sait depuis des années que les abeilles sont menacées par le frelon asiatique. Et que font nos pouvoirs publics ? Très peu pour ne pas dire rien. On laisse ça aux apiculteurs qui se battent comme Don Quichotte se battait contre les moulins à vents. Or ce n’est pas tout car malgré cette menace qui pèse désormais sur les abeilles, il y en a une encore bien plus grave. Depuis de très nombreuses années, des associations se battent sans relâche pour que l’on arrête l’utilisation de pesticides et plus généralement de produits phytosanitaires nocifs pour les abeilles et pour les agriculteurs aussi. En vain ! Pas plus à Bruxelles ou ailleurs, elles ne sont entendues. Les abeilles, principaux pollinisateurs de la végétation et donc de la vie disparaissent à petit feu et nos politiques laissent faire en toute connaissance de cause. On repousse constamment les échéances avec des arguments fallacieux Le commerce, l’économie, la finance et les lobbies avant tout, voilà leurs seuls leitmotivs. Comment a-t-on pu laisser l’Europe entre les mains d’un Jean-Claude Juncker, élu banquier de l‘année en 2008 ? Comment as-t-on pu confier la France à un banquier de chez Rothschild ? Comment as-t-on pu laisser la gouvernance du plus grand pays du monde les Etats-Unis à un milliardaire ? Un seul dénominateur commun pour tous ces gouvernants : la finance avant tout, quoi qu’il en coûte. Et même en pertes humaines ?

    Mais nos gouvernants ne sont pas les seuls responsables. Oui, avec ses 7 à 8 milliards d’individus, l’Homme, cet « Homo sapiens » des anthropologues, s’il ne représente pas l’espèce la plus nombreuse de la planète Terre ; certains vers, insectes et minuscules crustacés sont nettement plus nombreux ; il est de très loin le plus invasif et donc le plus perturbateur. Oui, il est celui qui influe le plus sur la Nature dont il n’a jamais vraiment compris, pour des raisons d’argent, de pouvoir, de confort, de plaisir et de bêtise humaine, qu’il en faisait partie intégrante.

    Alors si la locution « ordre établi » n’avait pas une connotation aussi sociopolitique, je dirais que l’Homme a tout fait pour que cet ordre-là disparaisse. Parfois, certains spécialistes soutiennent la thèse que les mouvements migratoires humains seraient les invasions « biologiques » les plus perturbatrices de la planète ? S’appuyant sur des postulats scientifiques que je n’ai pas étudiés en profondeur, je les laisse seuls juges, toutefois  ne suffit-il pas d’ouvrir les yeux pour voir que ce vivre-ensemble que certains prétendus humanistes vantent comme une panacée n’est trop souvent qu’un mirage ? Différences de civilisations, de cultures, de traditions, de valeurs, de confessions et de croyances, de mœurs et d’habitudes, d’alimentation,  de couleurs, destructions des habitats, et que sais-je encore perturbent tous les peuples autochtones. Ceux qui ne sont pas autochtones mais qui sont déplacés, parfois sous la contrainte, en souffrent aussi. Dans ce cas précis, si certains n’ont pas toujours décidé de leur sort ; guerres, colonisations et esclavage notamment ; l’Homme reste toujours le seul responsable.  De ce fait, cela ne change en rien le résultat final. Les difficultés de plus en plus grandissantes à s’identifier, à s’assimiler, à s’intégrer et en un mot à fusionner au sein d’un nation voire d’un simple petit groupe en sont les preuves les plus éclatantes. Les divisions sont de plus en plus nombreuses et le récent livre du politologue Jérôme Fourquet « L’Archipel français » est là pour attester de cet état de fait sur la base de statistiques indiscutables. Si on ne peut jamais rien généraliser, la France n’est pas le seul exemple de cet échec des mouvements migratoires, le Brésil, pays métissé par excellence en est un autre.

    D’ailleurs et pour compléter cette chronique, voilà quelques phrases de spécialistes qu’il faudra sans doute méditer à l’avenir :

    • « On sait que, de manière générale, un nombre élevé d'espèces natives limite les risques de grandes épidémies » Extrait de « Biodiversity series: The function of biodiversity in the ecology of vector-borne zoonotic » de Richard S Ostfeld et Felicia Keesing. 

    • « Une espèce envahissante peut affecter le fonctionnement d’un écosystème de bien des façons et à tous les niveaux. Elle est susceptible de modifier les facteurs biotiques et abiotiques du milieu, positivement, négativement, les deux, ou n’avoir aucun effet. Ces effets étant contexte dépendants, il est difficile de généraliser et donc nécessaire de s’appuyer sur des exemples ». Extrait de Wikipédia et Créative Commons.

    • « Les espèces envahissantes présentent des dynamiques de population très particulières, qui modifient parfois fortement la dynamique des agents pathogènes enzootiques, en cassant les équilibres éco épidémiologiques en place. Leur contribution à la diffusion de pathogènes et de maladies émergentes pourrait avoir été sous-estimée, tant au sein de l'humanité que pour le monde sauvage ». Extrait de « Disruption of a host-parasite system following the introduction of an exotic host species » d’un groupe de chercheurs du Researchgate

    Oui, aujourd’hui, ce Covid-19, si contagieux, balaie tous nos concepts antérieurs et le vivre-ensemble de la « pensée unique » que l’on vantait comme un slogan publicitaire soi-disant si authentique est devenu par la force des choses mais c’est très triste « le mourir-seul ».  Or, tous les historiens sont d’accord pour affirmer que les rites funéraires ont été de tout temps les signes d’une évolution des civilisations. 100.000 ans qu’ils existent ces rites et voilà qu’aujourd’hui, il aura suffi de quelques semaines pour que ceux qui partent le fassent en solitaire. Sans leur famille auprès d'eux. Sans cérémonie d'un quelconque recueillement. Vivons-nous la fin d’une civilisation ? L’avenir nous le dira. Mais sans doute faudra-t-il très sérieusement envisager d’autres modèles de sociétés, réduire les transports à leur strict minimum, favoriser tous les circuits courts, ceux économiques en particulier, se replier sur soi-même, encourager le « Made in chez soi », favoriser les produits français, arrêter de délocaliser nos entreprises, stopper la vente de nos brevets et de notre patrimoine à des étrangers, protéger la Nature, peut-être nos frontières, relancer nos industries et notre agriculture sans avoir les contraintes de traités européens ou mondiaux qui sont autant d'Epée de Damoclès sur nos têtes, etc… Enfin je ne suis pas économiste mais le bon sens devra primer. Il y aura un double gain à faire tout ça : se protéger et protéger la planète, quitte à vivre un peu moins confortablement. Rappelons-nous que Maurice Allais, prix Nobel d’économie en 1988 était déjà très critique de la mondialisation. Quant au libre-échange à tout va, il n’a jamais pensé que celui qui a cours aujourd’hui était recommandable. Il était visionnaire mais personne ne l’avait vu. C’était il y a 30, 40 ou 50 ans déjà.

    Il faudra donc espérer que le Covid-19 ne devienne pas notre "pyrale du buis" à tous et que l'on trouvera la parade que personne n'a encore trouvée pour elle. L'avenir de l'humanité en dépend peut-être. 


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  •  Le diaporama est agrémenté avec des musiques du compositeur allemand Oliver Heuss extraites de ses albums "Amerikas Naturwunder"

    La Boucle des Etangs du Carlit depuis Les Bouillouses.

    La Boucle des Etangs du Carlit depuis Les Bouillouses.


     

    Parce que je n’ai pas été l’initiateur de cette « Boucle aux Etangs du Carlit » réalisée le 25 août 2019, je l’avais complètement oubliée dans ma chronologie. Pourtant, ce jour-là, j’avais fait en sorte de prendre les photos indispensables au reportage habituel de mon blog. Ce n’est donc que partie remise et voilà ci-après le récit de cette merveilleuse journée en famille. C’est Carole ma fille, presque sur un coup de tête, qui nous a invité à cette sortie capciroise. Alors bien sûr, il nous « faut tomber du lit », se préparer dare-dare afin d’être prêts pour démarrer tous ensemble vers ces merveilleuses Pyrénées qui nous attendent et que nous aimons tant. Tout ce passe comme prévu, mais malgré ça, il est déjà 11h quand on gare nos voitures sur le parking du Pla de Barrès. Là, à la belle saison, commence la route réglementée menant au site classé des Bouillouses. Le parking étant déjà bien plein, on s’inquiète un peu. Pourtant tout paraît bien rodé et en moins de 10 mn, nous voilà déjà dans la navette, un bus très confortable ; alors que la route ne l’est pas du tout ; direction le fameux barrage alimentée par la Têt depuis 1910. Une demi-heure plus tard, et bien que beaucoup chahutés à cause des nombreux virages, nous débarquons entiers et en bonne forme. Aussitôt, voilà notre petite équipe déjà à pied d’œuvre, filant en direction de l’hôtel-restaurant Les Bones Hores, car c’est là que commence l’itinéraire menant à nos futurs objectifs. Ici, et bien que de très nombreux souvenirs, plus ou moins récents, resurgissent en moi, je ne peux guère m’éterniser. Pourtant, et en essayant de me les remémorer, les 3 principaux reviennent chronologiquement presque naturellement. Il y a août 2001 où Dany et moi n’avions fait que passer lors d’une étape mémorable sur le G.R.10 entre Mérens-les-Vals et Mantet. Mémorable car ce périple avait duré 8 jours, mais surtout parce que cette étape entre le lac du Lanoux et Bolquère, bien trop longue, avait mis à vif les pieds de Dany. C’est d’ailleurs à cause de ça, que nous avions terminé à Mantet plutôt qu’à Prades comme initialement prévu. Puis en juin 2005, déjà ma fille et mon gendre JC avaient décrété de nous faire gravir le Carlit. Ce jour-là, si j’avais réussi l’ascension sans trop de problèmes, la descente sans doute trop rapide avait engendré dans mon crâne de terribles maux de tête. Alors je m’en souviens aussi parfaitement. Les étangs vers lesquels nous partons aujourd’hui, depuis le sommet du Carlit, je les avais décrit comme « une constellation de lacs dans une galaxie granitique ». Aujourd’hui, je tire néanmoins un constat : j’ai vieilli de 14 ans, depuis ma fille et mon gendre ont eu deux beaux enfants, et de ce fait et par bonheur, j’ai deux adorables petits-enfants de 11 et 9 ans qui m’accompagnent et marchent bien mieux que moi. Enfin, en septembre 2013, les Bones Hores nous avaient accueilli pour notre dernière soirée sur un incroyable Tour du Capcir (à paraître) réalisé en 4 jours avec mon fils Jérôme et un couple d’amis. Alors même si je ne m’arrête pas devant l’hôtel, je ne peux m’empêcher de l’immortaliser, car tout comme le barrage, cet hôtel est la représentation matérielle de tout ce passé à la fois si lointain mais encore si frais dans ma mémoire. Les seuls arrêts, je les consacre presque exclusivement à photographier les décors car si la faune et la flore sont un peu présentes, le rythme de marche qui m’est imposé par tous ces jeunes n’est pas celui que je pratique habituellement. Alors que nous en sommes à regarder des panonceaux,  mon gendre m’indique  qu’il a fait le choix d’une variante plus courte que celle des 9 ou 12 étangs. « Ça me conviendra très bien » lui dis-je en regardant le panonceau indiquant 2h30 pour les 9. D’emblée, comme l’itinéraire ne fait que monter, je me contente de suivre ce petit groupe de jeunes en essayant de ne pas me laisser distancer. J’y parviens mais aux prix d’efforts peu habituels pour moi. D’ailleurs, de temps à autres, j’éprouve la nécessité de quelques arrêts pour souffler un peu. Je ne suis pas le seul. Dany, elle, est dans une forme quasi-similaire à la mienne, mais nous avançons correctement et c’est bien là l’essentiel. Rien ne presse après tout car la balade est courte et puis il faut aussi penser aux enfants, peu habitués à marcher en altitude. Par bonheur, car la faim me tenaille, le premier estany, celui del Viver (ou Vivès), est décrété comme étant le lieu idéal d’un pique-nique. Tout le monde adhère à cette lumineuse proposition. Ici, je peux enfin me livrer à ma passion pour la photo naturaliste. Oh, ce n’est pas un zoo mais les quelques colverts et les dizaines de libellules noires qui occupent le rivage suffisent à mon bonheur. Prendre des couples de libellules qui ont décidé de s’unir n’est jamais facile. J’y passe du temps. Quand aux colverts, ils paraissent tous identiques et leurs plumages plutôt ternes pourraient laisser croire qu’il ne s’agit que de femelles. En réalité, quand on les observe plus précisément, on peut noter quelques modestes différences. Ils ont revêtu leur plumage d’éclipse, celui qui suit la période nuptiale, avec comme principale conséquence celle des mâles qui « perdent la tête » et leur merveilleuse couleur verte irisée. De plus, la quasi-absence de miroir alaire car invisible dans leur façon placide de barboter rend impossible la moindre évaluation de leur âge. De ce fait, il y a-t-il quelques jeunes canards parmi eux ? Difficile à dire ! Voilà à quoi je pense et m’occupe en dévorant mes sandwichs. Le pique-nique terminé, nous repartons. Le balisage est bon et la qualité du sentier très variable mais dans cette partie-là,  les petits lacs s’enchaînent assez rapidement : étang Noir, étang de la Coumasse et étang Sec. Malgré le rythme imposé, je continue à être aux aguets et si quelques oiseaux et papillons sont bien présents, dans l’immédiat, je n’immortalise que ces derniers, toujours les mêmes apparemment et de la famille des « Moirés ». Par bonheur, une centaine de mètres plus loin, un très beau Bec-croisé des sapins vient se poser au sommet d’un pin à crochets. Malgré qu’il soit un peu loin, je parviens néanmoins à le photographier car il est occupé à son déjeuner, consistant à picorer les aiguilles les plus jeunes. Il s’agit d’un mâle avec son beau plumage rouge. Après l’étang Sec, une longue ligne quasiment droite file vers l’étang de Bailleul. Selon mon bout de carte IGN, il faudrait monter le talus puis traverser le plateau pour aller voir les étangs Llat et Llong mais apparemment personne n’y semble décidé. Pourtant, ils ne me paraissent pas très loin. 300 ou 400 m tout au plus. Si j’étais seul, pas de doute, j’irais les voir mais aujourd’hui je suis le mouvement et ce d’autant que c’est moi qui ferme constamment la marche. Je ne parviens qu’à rattraper les autres car ma petite-fille Eulalie semble être tombée sous le charme des cairns qui jalonnent le sentier. A chacun des gros cairns, elle ajoute des pierres aux édifices et quand ils sont tout petits, elle prend un malin plaisir à les redresser presque intégralement. Je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est peut-être ainsi qu’on attrape le virus de la randonnée pédestre. L’arrivée à l’étang de Bailleul est l’occasion d’une nouvelle pause où le petit torrent déversoir offre à tous la possibilité d’un bain de pied « fraîchement » réconfortant.  Moi, comme j’ai aperçu deux bergeronnettes grises courant sur la berge, je pars pour tenter de les photographier. J’y parviens à force de patience et parce que j’accepte de faire la moitié du tour de l’étang mais j’avoue que quelques fleurs communes à ce milieu humide sont plus faciles à immortaliser. Nous profitons aussi de cet arrêt pour finir nos casse-croûtes respectifs. C’est à cet instant que j’aperçois un couple, qui droit devant moi, est entrain de gravir les gros pierriers. Je les observe. Mais où vont-ils au juste ? Finalement, en regardant mon bout de carte, je comprends qu’ils ont choisi la ligne la plus droite pour rejoindre les autres étangs qui sont plus hauts : Castellà, d’En Gombau, Trebens et Sobirans. Nous repartons. L’étang de Bailleul étant amplement recouvert de très longues plantes aquatiques, j’en suis à me demander si cette prolifération n’est pas le début d’une inéluctable eutrophisation ?  Tout au cours du chemin, j’ai déjà remarqué pas mal de petites cuvettes complètement asséchées et je suis à peu près certain qu’il fut un temps où elles devaient héberger d’autres étangs aussi remplis que ceux que nous visitons. Jusqu’à l’étang de Les Dougnes, puis encore bien après, rien de notable, or mis une « grosse gamelle » sans gravité dans une descente menant à une petite passerelle. Ça fait rire les enfants Robin et Eulalie de me voir les « quatre fers en l’air », mais les adultes un peu moins. Ils s’inquiètent immédiatement de mon sort.  J’ai glissé sur une roche et suis  tombé sur le dos mais par bonheur mon sac a totalement amorti le choc. Je n’ai absolument rien. Je repars en me souvenant qu’après de très nombreuses chutes à répétition dont une plutôt grave, je ne suis plus tombé depuis une randonnée « très spéciale car orientée » qui m’avait mené au « conjurador de Serralongue » en février 2017. J’avais appelé cette randonnée qui m’avait été vivement conseillé par un inconnu rencontré à Urbanya « Les chemins ruraux de Serralongue depuis le Tech ». La magie de la conjuration avait bien fonctionné jusqu’à présent mais aujourd’hui une toute petite pierre granitique qui a glissé son mon pied droit est venu contrarier cet ordre qui semblait pourtant bien établi. Il faut dire que je l’ai un peu cherché car au lieu de suivre le sentier le plus fréquenté comme le faisait tout le monde, j’ai fait le choix de marcher au plus près du ruisseau qui lui est parallèle. Le ruisseau de la Bouque de Capcir il s’appelle et il fait le lien entre l’étang de Les Dougnes et celui del Viver. Par la force des choses, les pierres y sont plus humides mais moi je voulais voir si j’y apercevais des grenouilles dont je sais qu’elles sont présentes régulièrement. Alors ces grenouilles que je n’ai pas vu, m’ont-elles jetées un mauvais sort ? Je n’y crois pas une seconde même si je sais que depuis l’Antiquité, les grenouilles et les amphibiens en général sont considérés comme des êtres maléfiques. Au Moyen-Âge, le crapaud et surtout sa bave sont très souvent le composant préféré des potions magiques des sorcières. Les grenouilles, salamandres et autres tritons sont des animaux diaboliques. Mais le Moyen-Âge est loin et si l’Histoire, celles des sorcières notamment et les légendes m’intéressent, je garde les pieds sur terre. Enfin, pas toujours ! Et surtout quand les semelles sont détrempés ! D’ailleurs, la chance me sourit enfin avec une mésange huppée qui vient très gentiment se laisser photographier en se posant au sol à quelques mètres de moi. A hauteur de la passerelle en bois puis juste après, le cas d’étangs ayant subi une ancienne eutrophisation semble se confirmer avec deux ou trois zones amplement envahies presque uniquement par des tourbières. Elles doivent sans doute se remplir que dans le cas de très puissantes précipitations pluvieuses. Les étonnantes Linaigrettes et les jolies Parnassies des marais s’y complaisent. Apparemment, les Populages des marais et les Séneçons des Pyrénées semblent préférer le bord des ruisseaux.  Finalement, après la traversée d’un petit bois de pins à crochets et une nouvelle descente un peu scabreuse, nous retrouvons l’étang del Viver et ses colverts. Pas d’arrêt cette fois et juste le temps de quelques photos des volatiles simplement pour le plaisir. Comme c’est le dernier étang, par la force des choses, la suite et la fin de la boucle deviennent plus monotones. Pour moi, seul un lézard des murailles qui est écrasé comme une crêpe contre un rocher vient compléter mon court bestiaire photographique. J’en suis donc à chercher quelques fleurs oubliées à l'aller pour terminer en beauté. Comme il n’y a plus que des descentes et que les Bouillouses ne sont plus très loin, tous les randonneurs ; et ils sont nombreux à cette heure-ci ; semblent accélérer le pas. Parmi eux, un vieil homme, avec lequel j’entame une cordiale conversation, marche beaucoup plus lentement que tous les autres. Et pour cause ! Il a 84 ans et vient de gravir dans la journée le Carlit et ses 2.921,66 m avec son fils et son petit-fils.  « Chapeau bas ! » lui dis-je en apprenant cela puis voyant qu’il finit quand même bien fatigué et le pas un peu incertain car hésitant, je rajoute tant bien que mal un proverbe qui me vient  à l’esprit : « Ne vous pressez pas !  La lenteur arrive toujours au but alors que la précipitation s’empêtre souvent en chemin »,  avant très paradoxalement d’accélérer mes propres foulées pour rattraper le retard que j’ai pris sur ma petite famille. Il est 16 h tapantes quand nous arrivons aux Bones Hores. Estimant que nous le méritons bien, je propose que l’on prenne une boisson fraîche sur la terrasse de l’hôtel. A la fois histoire de se dessécher le gosier mais aussi de garder un souvenir mémorable de cette magnifique journée. J’ai gardé tous les autres en tête alors pourquoi pas celui-ci avec ma fille et mes deux amours de petits-enfants ? Malgré la foule qui se détend autour des nombreuses tables, il règne ici comme un immense flegme, une espèce de placidité ambiante. Un peu comme si les gens voulaient garder de leur journée ici, dans cette belle du Capcir, dans ce site exceptionnel des Bouillouses et du Carlit, une grande quiétude. Même les serveurs ne semblent jamais pressés. Pourtant quand je les observe, je m’aperçois qu’ils n’arrêtent jamais, se démenant en tous sens mais toujours avec une débonnaire jovialité. Ils ne nous restent plus qu’à rejoindre la navette et si ce matin nous avions fait le choix de passer sous la voûte du barrage, cette fois nous passons dessus. Force est de reconnaître que c’est bien plus beau. C’est donc avec de multiples coups d’œil et photos sur le superbe lac que nous finissons cette balade en famille. Le temps de quelques minutes passées à observer deux pêcheurs lançant leur cuillère à la limite du canal déversoir puis très vite les rares maisons des Bouillouses sont là. Deux navettes sont déjà présentes et c’est avec une belle discipline que tout le monde se plie à leur remplissage respectif en fonction de l’ordre des arrivées. Ainsi se termine cette très belle journée en famille. Oui, il avait raison Jean Ferrat « que la montagne est belle ! ». Telle que racontée ici, cette randonnée a été longue de 9 km pour des montées cumulées de 380 m. Le dénivelé est de 247 m entre le point le plus bas au départ des Bouillouses (1.992 m) et le plus haut sur le petit plateau de l’étang des Dougnes (2.239 m) Carte IGN 2249 ET Font-Romeu - Capcir Top 25.

    Description et toponymies des étangs visités - Les lacs supérieurs des Bouillouses

    • Etang ou estany del Viver: Situé à une altitude de 2.139 m pour une superficie de 3 ha et une profondeur de 10 m, c’est le tout premier que l’on découvre sur cette boucle des étangs du Carlit. On le trouve parfois sous la dénomination de Le Vivé ou del Vivé.  La toponymie de ces mots est très simple car bien évidemment elle est à rapprocher du verbe français « vivre » qui a pour origine le latin « vivere ».  Il serait bien trop long d’énumérer ici tous les mots,  noms propres ou de familles qui en sont issus mais en voici quelques uns parmi les plus communs : Vivant, vivier, vivacité, vivoter, Vivès, Vivet, Vivien, Vivern, Vivo, Viviani, etc….Alors reste à savoir pourquoi l’étang porte-t-il ce nom ? On ne peut que faire des suppositions entre le fait qu’il aurait été un vivier à poissons pour les pêcheurs ou bien qu’il aurait été l’étang le plus vivant car son ruisseau est le plus proche de celui des Bouillouses par exemple. On peut je pense éliminer le nom d’une personne.
    • Etang Noir ou Estany Negre : Situé à une altitude de 2.140 m pour une superficie de 4,5 ha et une profondeur de 7 m, sa toponymie est tout simplement due à la couleur de ses eaux engendrée ici par une sombre forêt de sapins qui l’entoure et s’y reflète. Il faut noter que dans les Pyrénées, il y a d’autres lacs ou étangs portant ce même nom de « Negre » et notamment un autre tout proche des Bouillouses au lieu-dit Les Esquits. Pour le différencier du nôtre, ce dernier est parfois appelé Etang Noir d’en Bas. A ne pas confondre donc. 
    • Etang de la Coumasse : Situé à une altitude de 2.160 m pour une superficie de 4 ha et une profondeur de 10 m, sa toponymie d’estany « de la Comassa » signifierait « étang de la grande combe » (Source Wikipédia). On peut faire confiance à cette définition puisque le mot catalan « coma » signifie « combe » et que le suffixe « asse » à souvent une valeur augmentative. Dans la toponymie pyrénéenne, le mot ou nom propre « coume » qui signifie également « combe » est très présent.
    • Etang Sec ou estany Sec : Situé à une altitude de 2.140 m pour une superficie de 2 ha et une profondeur de 7 m, sa toponymie aurait pour origine un îlot rocheux d’une vingtaine de mètres carrés (Source Wikipédia). Toutefois, sa faible profondeur peut également laisser imaginer qu’il aurait connu, sinon une période de totale sécheresse, tout du moins un très bas niveau de ses eaux. Ce constat se vérifie par la couleur vert pâle de ses eaux que n’ont pas les autres étangs et que l’on peut aisément observer sur une vue aérienne (Géoportail).
    • Estany Llat : Situé à une altitude de 2.174 m pour une superficie de 10 ha et une profondeur de 14 m, ce lac constituait à la fin du 19eme siècle le centre d’un domaine piscicole affermé par les frères Aymar, pêcheurs professionnels (source Wikipédia). Sur les cartes IGN, une cabane portant ce nom est le témoignage encore présent de ce passé révolu. D’autres vestiges comme des sillons creusés pour déplacer les truites ou les saumons de fontaine sont encore visibles. Le mot catalan « Llat » signifie « large » et serait une contraction « cerdane » de « llarg » (large) et du mot « plat ». L’estany Llat serait donc large et plat, ce qu’il est en réalité si l’on en juge par l’écart de seulement 1 m entre ses altitudes nord/sud les plus opposées et sur une distance de plus de 300 m.
    • Estany Llong : Situé à une altitude de 2.184 m pour une superficie de 5 ha, son nom de « long » a pour origine ses mensurations : 500 m de long et 170 m de large. Avec un îlot rocheux en son centre et la couleur olivâtre mais plutôt claire de ses eaux, sa profondeur non mentionnée est probablement une des plus faibles de tous les lacs supérieurs des Bouillouses. Une photo aérienne sur Géoportail témoigne de ce constat et il paraît même coupé en deux par une végétation aquatique envahissante. Début d’une eutrophisation ? Je n’ai rien trouvé à ce propos.
    • Etang de Bailleul ou estany de Vallell : Situé à une altitude de 2.230 m pour une superficie de 1,5 ha, il est le plus petit des lacs visités lors de la réalisation de la boucle accomplie. Un peu comme l’étang Llong sa profondeur non mentionnée est probablement très faible. Envahi par de longues plantes aquatiques de surface, sa profondeur ne doit pas excéder 2 à 3 m. Encaissé entre deux crêtes rocheuses, sa toponymie de « Vallell » en catalan ou de « Bailleul » en français a forcément pour origine les mots « vallée » ou « vallon ».
    • Etang des Dougnes ou Estany de Les Dugues : Situé à une altitude de 2.243 m pour une superficie de 3,8 ha et une profondeur de 5 m, cet étang à la particularité de posséder deux déversoirs s’écoulant simultanément vers les bassins de l’Ebre et de la Têt. Cette particularité, il la doit à deux petits ruisseaux. Un premier qui a pour nom « Ruisseau de la Bouque (ou Boca) de Capcir » s’écoulant vers l’étang del Viver qui lui-même se déverse ensuite dans le lac des Bouillouses et donc dans la Têt et un second qui finit par prendre le nom de « Rec de l’Estany » mais seulement après s’être déversé successivement dans les étangs de Bailleul, Llong, Llat et Basses d’en Gombau. Au fil de son cheminement et de multiples ruisseaux affluents, le Rec de l’Estany change de dénominations mais leurs eaux communes finissent leur course dans la rivière d’Angoustrine, elle-même affluent du Sègre et donc sous affluent de l’Ebre, plus long fleuve exclusivement espagnol avec une longueur de 928 km. Selon le toponymiste Robert Aymard, le mot « dugues » ou « dougnes » en français ou « dourgues » en occitan signifierait « trou d’eau ». De très nombreux noms propres commençant ou contenant la racine « dou », ont un rapport avec l’eau (Les noms de lieux en France. Glossaire de termes dialectaux). C’est ainsi qu’en vieux breton le mot « dour » signifie « eau ». En occitan le mot « douts » ou « dotz » signifie « source ». Idem dans la toponymie gasconne où les mots « Doux », « Douch » ou « doutz » sont également une « source ». Et l’on pourrait allègrement rallonger ces exemples.
    • Le lac des Bouillouses : (encatalanEstany de la Bullosa ou de la Bollosa ) est un lac artificiel d'une superficie de 149 ha des Pyrénées, en Haut-Conflent, dans les Pyrénées-Orientales. Le mot catalan « bollosa » est probablement l'adjectif fabriqué « bullosa » dérivant de « bulli » et qui signifie « qui fait des bulles ». En effet, le lac des Bouillouses occupe la partie marécageuse appelée la Grande Bouillouse ou la Bouillouse sur certaines cartes anciennes. La Petite Bouillouse existe toujours, sur la Têt, à 200 m en aval du barrage, appelée « Bolloseta » sur les cartes IGN dans l'édition 2010. En 1896, Emmanuel Brousse mentionne la Bouillouse et la Bouillousette, et appelle les Bouillouses l'ensemble de ces deux lieux. Il ajoute que « la Bouillousette et surtout la Bouillouse sont d'immenses réservoirs naturels dans lesquels il serait facile de retenir les eaux ». (Extraits du site Wikipédia). Pour en savoir plus, rendez-vous directement vers l’encyclopédie libre en cliquant ici.  Le toponymiste pyrénéen Robert Aymard dans son livre « Toponymes Pyrénéens » y voit clairement un rapport avec le mot latin « bulla »  signifiant « bulle », le mot béarnais « boulhou » signifiant « bouillon » et le français « bouillonnant ».

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  • Ce diaporama est agrémenté de le très jolie musique "Planet" du pianiste Sofiane PamartLa Capoulade près de Gruissan

    La Capoulade près de Gruissan

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    En ce 18 octobre 2019, je dois aller récupérer ma petite-fille Eulalie chez ses parents qui habitent Gruissan. Mais comme elle sort de l’école à 17 heures et que rien ne presse, j’ai plusieurs heures à tuer. J’ai donc décidé de partir beaucoup plus tôt vers l’Aude et Gruissan et de combler la majeure partie de l’après-midi en effectuant une boucle qui s’intitule « La Capoulade ». Pour moi, cette petite randonnée pédestre présente de très nombreux avantages : Elle est très proche de Gruissan, elle est donnée pour une modeste distance de 6 km et le temps de 1h45 et surtout elle côtoie l’étang de Gruissan sur une belle portion, ce qui me permet d’espérer la vision de très nombreux oiseaux. Quand je dis « vision », il faut entendre « photos ornithologiques » et donc passion à assouvir en plus de celle de marcher. Il y a 2 ans, en septembre 2017, j’avais réalisé « le Sentier thématique tour de l’étang de Gruissan » et malgré un temps exécrable, j’avais été ravi des oiseaux aperçus. D’ailleurs, ce jour-là, c’est la mauvaise météo avec un petit crachin intermittent mais très désagréable qui m’avait empêché d’enchaîner le tour de l’étang et la Capoulade. J’avais remis à plus tard cette dernière et courte boucle, espérant un temps plus clément. Aujourd’hui, j’y suis et  malgré quelques nuages gris passagers, le temps est bien meilleur. Ce n’est pas un grand soleil mais la température est douce et idéale pour marcher. Seule une luminosité imparfaite me fait redouter un reportage photos imparfait lui aussi. Venant de l’écluse de Mandirac et juste après le pont éponyme, il est 14h15 quand je gare ma voiture sur un terre-plein à l’intersection de la D.32 et d’un chemin menant aux Pujols, lieu-dit situé sur l’île Saint-Martin. Je connais un peu l’endroit pour y avoir déjà randonné. En face, j’aperçois déjà le pont métallique qui enjambe le Canal de Sainte-Marie et je sais que le départ est juste après. Alors que je traverse la route, quelle n’est pas surprise d’apercevoir deux cigognes dans un fossé contigu. Elles sont un peu loin de moi mais tant pis je m’essaie à quelques photos.  En zoomant sur elles et en les observant, j’ai comme le sentiment qu’elles sont affamées et cherchent pitance. D’ailleurs, j’en vois une se saisir d’une grenouille. J’essaie de m’approcher mais elles m’ont vu et s’envolent aussitôt au dessus des roselières. Je traverse la route puis le pont métallique et le panonceau « Capoulade » est là, sans autre mention que la distance qui m’attends : 6.000 mètres. Ce dernier matérialise à la fois le départ et l’arrivée du circuit. Sur ma droite, la Capoulade, petit massif calcaire et boisé culminant à des hauteurs d’une cinquantaine de mètres et de l’autre des marais envahi par un végétation impénétrable de joncs et de rares plantes essentiellement maritimes. Si mon départ est d’emblée ponctué par quelques photos de fleurs et d’insectes ; papillons et libellules presque essentiellement ; quelle n’est pas ma surprise d’enchaîner un bel oiseau posé sur un jonc mais surtout, au bout d’une centaine de mètres de me faire attaquer par une magnifique couleuvre de Montpellier d’un bon mètre vingt de longueur. Je la surprends sur ma droite entrain de sortir d’une petite cavité de calcaire. Mais comme elle me surprend autant que j’ai pu la surprendre, alors que je fais un pas en arrière, elle détale dans l’herbe et dans mon dos. Dans ces conditions, pas facile de la photographier malgré la dextérité dont je pense faire preuve. Appareil-photo enclenché, je m’avance alors vers elle mais cette fois-ci au lieu de détaler, elle s’avance vers moi, dressée sur sa queue, la gueule grande ouverte et en émettant des petits « pffi » très saccadés et rapides mais suffisamment dissuasifs pour que je recule une seconde fois mais de 2 ou 3 pas cette fois-ci. Malgré cette reculade, j’ai conscience d’avoir appuyé plusieurs fois sur le déclencheur. La couleuvre, elle, consciente de l’effet qu’elle a eu, file dans les roselières où elle disparaît. Ma première réaction est de m’éloigner de quelques mètres car si j’ai déjà aperçu des couleuvres de Montpellier à 4 ou 5 reprises lors de mes sorties, c’est bien la toute première fois que j’en vois une se dresser tel un cobra et faire preuve d’autant d’aplomb. Ma deuxième réaction est de regarder sur l’écran de mon appareil si j’ai des photos réussies. La plupart sont troubles car l’excès de mouvements leur a été fatal. Une seule semble à peu près correcte. Je repars en redoublant de vigilance et en me disant « je verrais bien à la maison ! ». Par bonheur, le chemin s’élargit, entre dans une pinède habitait par des pinsons, longe une vigne, s’éloignant ainsi pour quelques temps des marais. Dès lors que le chemin retrouve la proximité des joncs, je me remets presque automatiquement en mode « surveillance » et ce d’autant que le calcaire de la colline, avec ses nombreuses petites cavités karstiques, le côtoie lui aussi. Mais ce mode « surveillance » ne dure pas longtemps d’abord parce que ma curiosité reprend le dessus et puis surtout parce que de temps à autres des paysages s’entrouvrent ressemblant comme deux gouttes d’eau à des aquarelles de Turner. Alors je profite au maximum de cette douceur de vivre. Un mirador m’offre l’occasion de voir plus loin au dessus des marécages et j’ai la chance avec moi car des oiseaux les occupent. Un soleil liquoreux, quelques nuages entre des gris et des bleus dans un ciel opalescent, quelques rares couleurs plus chaudes, des ruines, une maison ocre aux volets bleus se cachant dans une végétation pas encore automnale, les perspectives et les mouvements sont là, mais je serais bien incapable d’en expliquer les raisons car je suis seul au monde et tout paraît immobile. Après avoir constater que les pins d’Alep avaient amplement remplacé les cultures en terrasses de jadis, je suis arrivé au lieu-dit Les Cabanes de Gruissan. En grandes parties ruinées, les maisons ne m’attirent que parce que j’y aperçois de nombreux passereaux. Des rouges-queues noirs sont bien présents sur les toitures et les murs mais bien d’autres oiseaux aussi occupent des arbres complètement dénudés ou bien de grands cyprès. Même de loin, je les aperçois super bien ! Je tente de les photographier puis je me dis que j’ai un peu de temps devant moi pour me mettre en planque, utiliser mes appeaux et voir si quelques photos moins lointaines de tous ces volatiles sont possibles. Je trouve presque le coin idéal dans une ruine sans toiture au dessus de laquelle quelques arbres sont complètement desséchés. Guère plus loin, un grand cyprès a des airs de sentinelle. J’utilisent deux appeaux presque simultanément et attends. Un appeau est dédié aux pinsons et aux chardonnerets et l’autre un peu passe-partout est plutôt fait pour les « petits oiseaux ». Enfin, ça c’est ce qui est marqué sur les emballages. En tous cas, les effets sont si spontanés que j’en suis même à me demander si les appeaux y sont pour quelque chose ou bien si plus simplement les oiseaux se complaisent ici ? Je ne vais pratiquement plus les utiliser et pourtant les passereaux vont et viennent sur les lieux et parfois même en de grandes nuées. C’est le cas des chardonnerets notamment. Mais serins, verdiers, linottes et pouillots sont de passage aussi. A mon grand plaisir, je reste presque une heure à photographier de nombreuses espèces mais malheureusement un groupe de randonneurs bruyants arrive faisant fuir cette avifaune si diverse. Me voilà contraint de sortir de ma cachette mais malgré tout très satisfait de cet arrêt aux Cabanes de Gruissan, même si pendant ce laps de temps quelques moustiques se sont évertués, mais en vain, à tenter de me faire déguerpir. Comme on le dit chez moi à Marseille, je repars content mais avec quelques grosses « bouffigues ». Les randonneurs toujours bruyants, eux, partent dans le sens opposé et ça me convient aussi, bien que je comprenne aisément que la convivialité et le partage soient présents dans une sortie en groupe.  Ici, le sentier se redresse et quitte la proximité des marais en entrant dans une pineraie. Par la force des choses et parce que cet entracte ornithologique si fabuleux était inespéré, la suite du parcours devient plus monotone. Cette monotonie se transforme même en consternation quand au loin, du côté de Capitoul et de son château viticole, j’aperçois les vignobles et les pinèdes saignés à blanc par des bulldozers et des camions de chantier. En zoomant avec mon numérique, je constate que le chantier en question consiste en la construction d’un vaste lotissement de petites maisons qui seront probablement  réservé à une clientèle touristique. En regardant ce désastre environnemental, je me dis « est-ce bien utile et raisonnable pour le plaisir de quelques uns et l’appétit financier de quelques autres de construire de pareils centres de vacances au sein même d’un site protégé, celui des Auzils, et d’un parc régional de la Narbonnaise auxquels les pouvoirs publics ont eu le culot d’ajouter le qualificatif de naturel ? » « Pourquoi laissent-ils faire ça ? » « Que deviendra la Nature quand inexorablement ces zones touristiques s’étendront sans vergogne parce que le but recherché sera de gagner de plus en plus d’argent ? ». Voilà quelles sont mes pensées. Je continue. Le sentier alternant pins, garrigues et vignobles, il devient moins uniforme et donc moins rébarbatif, et ce d’autant que quelques fleurs, papillons, criquets et oiseaux aiguisent une fois encore ma curiosité. Il est encore moins ennuyeux dès lors que des panoramas aériens s’entrouvrent vers l’île Saint-Martin et l’étang de Campignol. Près d’un poste de chasse en pierres sèches donnant sur ces magnifiques paysages, j’ai le sentiment d’être au point culminant de cette courte boucle. Au loin, j’aperçois ma voiture que j’ai garée sur le terre-plein mais comme une autre véhicule est désormais garé juste à côté, je ne suis qu’à moitié rassuré. Je pensais que l’endroit choisi était plutôt isolé et ce n’est pas le cas. Je repars, éliminant immédiatement cette mauvaise pensée irraisonnée. Peu de temps après, le regard surplombe l’étang de Gruissan avec en toile de fond, la vieille cité dominée par la Tour Barberousse. Là, un mauvais layon très raviné descend vers une intersection. Le hameau de la Capoulade est là et je vois que je peux l’atteindre par un étroit sentier filant à droite. J’y file et l’atteins très rapidement. Entourée de grotesques clôtures, car si facile à enjamber, je n’y découvre rien de vraiment folichon : deux caravanes, des matériels agricoles, une serre et puis surtout plantées sur une petite butte, quelques vieilles bâtisses ramassées sur elle-même entouré de vignobles et de champs labourés. Sans doute, une ferme dont je n’ose pas m’approcher. Primo parce que je n'y ai pas été invité, secundo car je ne vois personne et que règne un étrange silence, et tertio parce que malgré le silence ambiant, j’ai toujours peur qu’un molosse ne déboule sur moi comme cela m’est déjà arrivé à plusieurs reprises. Seuls quelques moineaux sympas se laissent tirer le portrait.  La clôture, aussi ridicule soit-elle, me semble électrifiée et signifie sans doute « vous n’êtes pas le bienvenu ». Alors je fais le choix de repartir par le même sentier sans m’éterniser. Je retrouve l’intersection dont quelques cyprès qui l’occupent en son centre sont les terrains de jeu de nombreuses mésanges bleues. Après un quart d’heures passé à tenter d’en immortaliser au moins une, force est de reconnaître que  le seul « bleu » ici c’est moi. « Bleu » de la photographie ! Dans le ciel, des oiseaux passant en « V » me font vite oublier cette vicissitude.  Ici une large piste m’entraîne vers le lieu-dit Saint-Laurent. A partir de là et jusqu’au bord de l’étang de Gruissan, or mis une mésange bleue que je réussis enfin à surprendre photographiquement parlant, le cheminement devient plus ennuyeux, d’abord parce que le ciel s’ennuage de plus en plus, colorant complémentent de gris l’infime partie qu’il restait du ciel bleu, et puis surtout parce que je n’y réalise que peu de découvertes intéressantes. La flore présente a déjà été vue, quand à la faune, elle se résume à une instable fauvette et à des tariers qui ne le sont pas moins, tous, ayant décidé de me « faire tourner en bourrique ». Quelques pinsons espiègles s’éloignent de moi en jouant « à saute-amandiers » et « à saute-oliviers ». « Je ne vais quand même pas refaire le chemin en sens inverse parce que quelques passereaux sont fantasques ! » me dis-je. Après avoir traversé un vignoble, je retrouve le bord de l’étang. Ce que j’y découvre me rappelle pour beaucoup « le Sentier thématique tour de l’étang de Gruissan » réalisé en 2017. Même flamants, hérons, aigrettes, goélands, et mêmes cormorans. J’y ajoute en sus les mêmes tariers-pâtres que je réussis enfin à immortaliser. Dans ce bestiaire ornithologique quasiment identique, seuls quelques foulques macroules, un surprenant huîtrier-pie et un cisticole des joncs viennent m’offrir un peu de nouveautés. C’est sur toutes ces photos que va se terminer ma balade ? Il n’est que 17 h mais comme le soleil s’engloutit dans un brume opaque, le ciel paraît crépusculaire.  J’enjambe la passerelle métallique et file vers ma voiture. Sur le terre-plein faisant office de parking, huppe dressée, un cochevis semble me dire « et moi, tu ne me prends pas en photo ? ». En me voyant, il se met à courir vers le marais mais s’arrête juste avant dans les salicornes. Je l’ajuste, appui sur le déclencheur mais sa huppe est déjà tombée. Il s’envole. Plus loin, dans l’étang de Campignol, un Grand héron est absorbé dans sa partie de pêche. Même en me voyant, il hésite à s’envoler. Sans doute que la pêche est trop bonne ? Je tente une dernière approche. Il s’envole. J’ai fait le vide dans le secteur. Il ne me reste plus qu’à aller chercher Eulalie chez ses parents. Telle que décrite ici, cette balade a été longue de 7,1km pour des montées cumulées très modestes de 154 m. Carte IGN 2546 OT Narbonne Top 25.

     


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