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    Diaporama agrémenté de la chanson "Caruso" de Lucio Dalla jouée et chantée par Lucio Dalla, l'Orchestre de chambre Arcangelo Corelli d'Aldo Sisilli et Luciano Pavarotti. (Extrait de l'album Pavarotti and Friends)

    Le Sentier de la Roche Insolite depuis Opoul-Périllos

    Le Sentier de la Roche Insolite depuis Opoul-Périllos 

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    8 jours après le « Sentier du myrte et du genévrier », retour à Opoul, pour un petit circuit pédestre que j’intitule « le Sentier de la roche insolite (*) ». Au temps vous prévenir de suite, cet itinéraire circulant au sein d’un vaste terrain militaire qu’on trouve sur la carte I.G.N sous la dénomination de « champ de manœuvres de Rivesaltes », il est vivement recommandé d’abandonner toutes idées de balades si vous apercevez le moindre soldat, le moindre véhicule couleur kaki ou tout élément ou matériel pouvant laissé penser à des déploiements ou à des exercices militaires. Dans le cas contraire, je sais que les risques peuvent être présents malgré tout, même si la zone est bien calme comme ce fut le cas en ce 13 avril 2017. Il y a le risque d’une forte amende pour avoir enfreint la loi et celui d’avoir la malchance de tomber sur une munition ou un engin non explosé, éventualité plutôt rare mais pas impossible. Alors prudence et regardez où vous mettez les pieds si vous devez y aller. Il existe la possibilité de demander une dérogation aux institutions militaires. Je précise que la roche est en dehors de la zone militaire et qu'il est donc possible de la découvrir lors d'un simple aller et retour. Tout ça, je l’ignorais au départ et ma curiosité est telle que j’ai sans doute enfreint la loi en voulant aller voir cette insolite roche que j’avais découverte sur le Net en effectuant un boucle. Une formation géologique si remarquable que des ingénieurs géologues et géophysiciens de l’Université de Perpignan sont venus étudier avec beaucoup de professionnalismes prélevant au passage des échantillons aux fins d’analyses en laboratoire. Trois vidéos Dailymotion de ces observations, de ces prélèvements, de ces analyses et de leurs résultats sont visibles sur Internet. Vous les trouverez sur le site « www.opoul.com ». Pour être franc, ce n’est pas sur ce site-là que j’ai découvert cette roche pour la toute première fois mais sur un autre qui a pour adresse « www.chronodrome.fr ». Chronodrome, est un mot inexistant en français mais on peut le traduire en la « course du temps », du grec « chrono » signifiant « temps » et « dromos » signifiant « chemin ou course ». Chronodrome, c’est donc un site Internet mais également le nom d’une curieuse association dont l’objectif peut paraître un peu dingue de prime abord, mais pas utopique du tout quand on approfondit la manière de l’atteindre : utiliser un satellite pour laisser une trace quasiment ineffaçable de l’humanité présente. Ce satellite, on lui a déjà trouvé un nom : Keo ! Il sera mis en orbite et tournera autour de la Terre pendant au moins 50.000 ans. Chargé d’un maximum de données numérisées de toutes sortes et de toutes provenances et de messages divers représentatifs de toute l’humanité actuelle, il finira sa longue course et reviendra sur Terre au bout de son périple offrant ainsi aux terriens du futur, une belle idée de ce qu’étaient notre monde actuel et nos civilisations. Ce projet ambitieux a été avalisé par de très nombreux acteurs de la communauté spatiale mais voilà déjà plusieurs années qu’il est renvoyé aux calendes grecques, sans doute à cause de son coût élevé mais de sa rentabilité inexistante. De nos jours, on ne fait rien pour rien, et même si le futur de notre humanité est dans la corbeille de la mariée, il semblerait que la dot ne soit pas suffisante. Le site Wikipédia l’annonce pour 2017.  Nous y sommes mais 10 mois sont déjà passés ! Alors président Macron, êtes-vous disposé à investir dans notre futur ? Comme toujours le curieux invétéré que je suis a été intéressé par le programme Keo mais également par tout ce qu’il y a sur le site « Chronodrome » et c’est ainsi que je suis tombé sur cette fameuse formation géologique si insolite. Insolite car d’une forme circulaire quasi parfaite de 50 cm de diamètre, et donc en forme de hublot, dans lequel de nombreux mystiques n’ont pas manqué de s’engouffrer. Ils y voient un tombeau, du Christ pour certains bien évidemment, ou attribué à d’autres personnages parfois, une entrée vers un autre monde, un monde meilleur bien sûr, un accès possible vers un autre espace temporel ou l’éventualité d’un contact avec des extra-terrestres, la liste des échappatoires est longue mais jamais personne ne s’est procuré la clé pour pénétrer dans ce soi-disant passage virtuel mais surtout essentiellement minéral….Enfin je ne crois pas ! Voilà, ce que je me proposais d’aller voir en ce jeudi 13 avril. Le départ s’effectue à la côte 207 de la carte I.G.N, située sur la D.9, non loin d’Opoul en direction Vingrau. Sur le côté droit, il y a une citerne DFCI verte, déjà mentionnée lors de ma balade au Château de Salveterra. Cette fois, on va démarrer de l’autre côté de la route. Un vaste terre-plein permet de garer sa voiture. Je ne note pas d’interdiction particulière pour les randonneurs et la piste qui démarre en direction du lieu-dit Mas d’En Cabota ne fait qu’allusion à une piste DFCI 15 interdite aux véhicules des non ayant droits.  Ici, en tous cas, pas de mention d’un quelconque terrain militaire que nous ne rencontrerons que beaucoup plus loin et beaucoup plus tard. Le large chemin descend dans le paysage de garrigue méditerranéen habituel puis à hauteur d’une citerne jaune se trouvant sur la gauche, l’itinéraire tourne à gauche, toujours sur la piste DFCI 15. Il faut surtout éviter de poursuivre tout droit. Les décors changent quelque peu, le chemin se colore de rouge et circule désormais entre les pins. Un peu plus bas, vers le lieu-dit la Bassetta, si les pins restent bien présents, une végétation de maquis partage cet espace aux pineraies. Sur notre gauche, le Serrat del Majoralet dresse ses futaies quasi impénétrables. Finalement un radier se présente enjambant le ruisseau de Robol. Asséché à cet endroit, je pars faire un tour dans son lit car de nombreux passereaux semblent y avoir élu domicile. Il faut dire que tout semble réuni pour les attirer et les maintenir. Il y a de petites vasques d’eau claires pour y boire et se baigner et d’autres plus minuscules et plus verdâtres retenant têtards mais surtout insectes de toutes sortes, tout ça au sein d’une dense végétation et d’un nombre incalculables de rochers où il est facile de se camoufler. Dany m’attend et en profite pour une pause pique-nique ensoleillée, toujours agréable en cette saison car la chaleur n’est jamais excessive. Au bout de presque une heure, j'ai seulement deux photos d'oiseaux réussies sur la douzaine de tentatives. Après cet entracte ornithologique et le pique-nique, nous repartons. Le chemin s’élève et laisse apparaître les premières vignes. Elles sont entourées de murets en pierres sèches aussi rouges pour la plupart que la terre du chemin. Quelques mètres plus loin, la roche insolite est là, sur la droite, et sa vision si soudaine, presque inattendue, nous laisse quelque peu circonspects. Ce n’est pas de la déception mais les images que nous avions vues sur le Net et gardées en mémoire nous laissaient imaginer un cercle au diamètre une peu plus important. Pour le reste, force est de reconnaître que ce cercle jaune ocre quasi parfait enchâssé dans une roche presque pourpre a un aspect plus qu’étonnant. On comprend mieux que des géologues aient pu s’intéresser à cette curiosité pour comprendre comment cette forme circulaire avait pu se produire. Que des illuminés y trouvent une quelconque raison de s'exciter, là je l’avoue, ça me laisse pantois ! Je veux bien que cette formation géologique soit vieille de -110 millions d’années mais est-ce une raison pour imaginer les plus farfelus scénarios ? Après tout, les montagnes qui nous entourent ne sont-elles pas beaucoup plus anciennes ? Enfin, moi aussi je joue aux hurluberlus en essayant de pousser cette mystérieuse porte minérale, photo à l’appui. Après la découverte de notre principal objectif, nous poursuivons la boucle. Enfin, nous essayons car au virage suivant, plusieurs pistes se présentent. J’en dénombre au moins trois sans compter de petits sentiers descendant dans le ravin de Malevent. Un coup d’œil sur mon bout de carte I.G.N et nous voilà fixés et rassurés, c’est le premier chemin qu’il faut prendre, celui qui file vers le nord. Il monte dans une pinède touffue, composée de petits arbres souffrant d’une plantation bien trop serrée où le soleil a du mal à pénétrer. De ce fait, la photosynthèse a du mal à s’effectuer et de nombreuses branches sont déjà sèches, et seuls les faites présentent un peu de verdure, une verdure d’autant plus amoindrie que les chenilles processionnaires sont déjà bien présentes, organisant leurs dégâts deci delà.  Au bout de cette pinède, l’itinéraire débouche devant une espèce de auvent en tôles ondulées couvrant partiellement une petite mare.  Quelle n’est pas notre surprise de tomber nez à nez avec un rapace nocturne dormant sur une poutre du auvent. Le temps qu’il réalise que nous sommes là et je l’ai déjà figé dans mon numérique. Je suis ravi de ce cliché car c’est bien la première fois qu’une telle manifestation ornithologique se produit devant mon appareil photo. Le temps d’une seule photo et il décolle dans notre direction, déployant ses ailes impressionnantes, pour un vol lourd et bruyant, si lourd, si bruyant et si impressionnant qu’à son passage nous baissons machinalement la tête alors qu’il est déjà bien haut. La photo m’apprendra plus tard qu’il s’agit d’un Hibou grand-duc ou Grand-duc d’Europe, volatile plutôt abondant dans les Corbières mais prédateur d’autres oiseaux y compris d’autres rapaces nocturnes plus petits que lui. En réalité, il mange de tout, n’est pas difficile dans ses goûts et je me demande même si sa présence près de cette mare n’est pas essentiellement alimentaire, cette dernière contenant de nombreux gros têtards. Après cette belle surprise, nous poursuivons la montée et finalement, atterrissons sur la crête d’une colline où les vues s’entrouvrent enfin. Le large chemin laisse la place à un sentier rocailleux. Les reboisements de pins cessent et la garrigue prend le relais. Ici le calcaire et la garrigue sont rois. D’un côté, vers le nord, c’est le Planal de la Salina, petite plaine alluvionnaire que le ruisseau de Robol a modelé et de l’autre, vers le sud, il y a des combes et d’autres collines blanches que ce même ruisseau tout en méandres a continué de façonner. Malgré ça, la proche vision reste limitée car la végétation écrase tous les reliefs. Au loin, on aperçoit Salveterra et sa colline tabulaire. Encore plus loin, c'est le Montolier de Périllos et sa station radar. Ici, le premier panneau « terrain militaire – défense d’entrer N°63 » se présente avec ses avertissements d’usage « tirs en cours – danger de mort » et « articles 413-5 et R-644-1 du Code pénal ». Alors, on s’arrête sur l’instant puis on s’avance un peu car les vues sont telles que le moindre mouvement militaire serait inévitablement visible puisque ici les arbres ont disparu et la végétation se résume à un maquis plutôt bas. Tout n’est que silence autour de nous et la moindre détonation d’armes de guerre  s’entendrait à des kilomètres à la ronde. Il n’y a pas de militaires, c’est un fait. A moins de faire demi-tour, il n’y a pas d’autres sentiers alors on continue un peu car le sentier descend dans une combe. Je m’arrête pour jeter un coup d’œil à mon bout de carte I.G.N et constate que la départementale 9 n’est plus très loin, ayant déjà accompli au moins les 2/3 de cette courte balade. Alors, on continue en pressant un peu plus le pas, un peu par crainte d’avoir enfreint une interdiction mais beaucoup par peur d’une amende sans doute inévitable en cas d’un éventuel contrôle. Mais non, tout est calme et seul le chant de quelques oiseaux de garrigue et le bruit de quelques voitures sur la D.9 rompt ce savoureux silence. Finalement, après être descendus sur un sentier très caillouteux, nous débouchons au Planal de la Salina, à l’endroit même où un pont de la D.9 enjambe le correc de Robol. Je me souviens de ce pont et de la grotte de la Nantella se trouvant à proximité. Je l'avais découverte l'an dernier lors de ma balade au château de Salveterra. Alors, je propose à Dany d’aller découvrir cette étonnante « cauna », site d’autant plus singulier qu’il est assez perdu et régulièrement squatté par des vagabonds. Il n’est donc pas recommandé pour une femme seule. En effet, ce lieu, insolite lui aussi, mi-grotte, mi-cortal en ruines, est régulièrement habité par des S.D.F comme le prouvent les nombreux vestiges d’une occupation plus ou moins récente : matelas, canapé, vêtements usagés et  restes de bivouacs. Dany soulève les mêmes interrogations que celles que je m’étais posées quand j’avais découvert cette grotte pour la première fois : A quoi pouvait bien servir cette bâtisse dans ce lieu si âpre situé au bord de ce ruisseau le plus souvent asséché ? La question reste en suspens car toutes mes recherches sur le Net n’ont rien donné. Il ne reste plus qu’à rejoindre la côte 207 où se trouve notre voiture, beaucoup par la D.9 et un peu dans la garrigue par un raccourci peu évident mais présentant l’avantage indéniable de quelques photos florales et fauniques permettant de finir en beauté et dans la nature. Les fleurs sont belles et colorées. Elles ont pour noms glaïeuls sauvages, ophrys, coquelicots, céphalanthères, liserons. La faune se sont quelques papillons et criquets qu’une météo printanière favorable a fait sortir de leurs cocons et de leurs oothèques. Il y a aussi des serins d'un jaune bien évidemment "canari". Pour Dany, une autre belle nature reste à découvrir : le genévrier séculaire de la Vall Oriola que j’avais découvert tout seul, il y a 8 jours. Nous voilà donc partis vers la Belle Auriole, mais cette fois en voiture….alors bien évidemment je ne vous raconte pas….. Cette balade à la « roche insolite » est longue de 6 km environ pour de modestes montées cumulées de 300 mètres et un dénivelé de 76 m. Chaussures à tiges hautes fortement conseillées à cause des caillasses qui sont le revêtement principal. Carte I.G.N 2547 OT Durban – Corbières - Leucate Top 25.

     

    (*) Roche insolite d’Opoul : Si l’on veut décrire de manière assez simple cette curiosité, on peut dire qu’il s’agit d’une roche d’origine sédimentaire s’inscrivant dans un faciès calcaire argilo – gréseux. Elle date de la période géologique que l’on appelle le crétacé inférieur aptien, formation estimée entre moins 108 et moins 114 millions d’années. Comme très souvent dans le calcaire, on y trouve quelques cristaux de quartz et des filons de calcite. Selon leur teneur en calcaire, on attribue à ces roches sédimentaires des terminologies différentes (calcaire, marne, argile) voire la réunion de deux d’entre-elles (calcaire argileux ou argile calcaire). Dans le cas présent, la forme cylindrique contient un peu plus de grès (grains de sable consolidés) que l’enveloppe qui l’entoure, laquelle contient plus d’argile. Son aspect insolite, elle le doit bien évidemment à sa forme circulaire quasi parfaite de 50 cm de diamètre et aux couleurs bien différentes des deux structures, le cercle presque ocre et la roche tout autour couleur lie de vin voire presque pourpre à certains endroits.


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    LE SERRAT DE L'HOMME ET LA CASCADE D'URBANYA par jullie68

    Diaporama sur "Les feuilles mortes", paroles de Jacques Prévert et musique de Joseph Kosma

    jouée à l'harmonica par Zolta49 et Zazapat

    Le Serrat de l'Homme et la Cascade à Urbanya

    Le Serrat de l'Homme et la Cascade à Urbanya

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    A Urbanya, quand j’ai réalisé cette courte balade que j’ai intitulé « le Serrat de l’Homme », ça faisait exactement 3 semaines que j’étais tombé lors de la randonnée précédente sur les « Chemins d’Adrienne ». Mes multiples plaies commençaient à se cicatriser, mes gros hématomes sur tout le corps à changer de couleur. Ils étaient successivement passés du rouge vif à un bleu violacé puis à un bleu acier et maintenant ils étaient d’un jaune grisâtre vraiment disgracieux.  La hanche droite, sur laquelle j’étais tombée, présentait une volumineuse bosse mais peu douloureuse.  Désormais, seule ma cheville droite me faisait souffrir et très étonnamment, cette douleur n’était apparue que 4 à 5 jours après ma chute. Il est vrai qu’après ce phénoménal plongeon dont j’étais sorti indemne par je ne sais quel miracle, le tennis de table que je pratique deux jours par semaine n’était peut être pas la meilleure thérapie pour se requinquer. Ma cheville doublait de volume au moindre effort puis semblait reprendre sa taille normale lors de chaque période de repos. Plus tard, je compris qu’elle dégonflait mais qu’en réalité cette diminution n’était qu’à chaque fois qu’un peu plus partielle. Ce dégonflement n’était qu’un leurre et peu à peu cette douleur se transforma en une entorse monstrueuse nécessitant l’arrêt brutal de toute activité. Cet arrêt allait d’autant plus devenir nécessaire qu’une autre chute allait survenir quelques jours après cette balade. Chute, un nouvelle fois peu glorieuse puisque dans les escaliers alors que j’avais les semelles de mes chaussures mouillées. Chute, une fois encore sur le côté droit du corps, de la tête et des jambes, c'est-à-dire sur les parties qui avaient déjà bien « trinquées ». Nouveaux gros hématomes, nouveaux bleus et l’entorse s’amplifia un peu plus encore nécessitant une radio, une échographie, des séances de kiné et d’ostéopathie. Gadin.com comme certains m’avaient appelé lors d’un séjour « raquettes » à cause de ma passion pour l’informatique et parce que je tombais plus souvent que les autres, à cause de mon étourderie, parait-il, prenait enfin tout son sens.  Pourtant, l’étourdi que je suis et qui tombe assez souvent pour cette raison n’était pas en cause cette fois-ci. Non, cette fois, la fatalité s’y était mise aussi.  Mais voilà, aujourd’hui je n’en étais pas encore là. Le beau temps était de la partie, la montagne à quelques foulées, les couleurs de l’automne incroyablement chatoyantes et merveilleuses, la faune toujours aussi présente et l’envie de marcher intacte, plus forte que jamais, et d’autant plus forte quand on sent que l’incapacité voire l’interdiction ne sont pas très loin. Mais c’est bien connu « le savoir parle et la sagesse écoute » et comme chez moi, la sagesse n'écoute pas toujours, je n’en fais souvent qu’à ma tête. Alors que faire en ce lundi 31 octobre, jour de grand beau temps ?  J’ai mis une chevillière sur ma cheville malade, j’ai enfilé mes godillots de marche par dessus et je suis parti sur le chemin de Saint-Jacques, ligne de départ de multiples randonnées urbanyesques (*) que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer dans mon blog. Là, à la fin du bitume et devant le garage fait de briques et de broques mais surtout de tôles et qui abrite une vieille « deuche », au lieu de partir à gauche comme je le fais toujours, j’ai pris à droite. Un petit sentier démarre et se poursuit en balcon au dessus du vallon de la rivière Urbanya. Je connais bien ce chemin. Il file sur la solana vers l’extrémité du Serrat de l’Homme, colline aride envahie presque essentiellement par les genêts, les romarins, les ronciers et les cistes à feuilles de laurier. Si l’on poursuit ce sentier, il se termine au fond d’un profond ravin verdoyant où plusieurs « correcs » se rejoignent : correc de Narguilles, du Bac de Vallurs et de Vallurs (Baillours), ce dernier étant un affluent majeur de la rivière Urbanya, surtout quand il pleut. Pour être franc, je n’ai jamais trouvé de continuité à ce sentier finissant au  fond de ce vallon même si j’ai acquis la quasi certitude qu’en des temps plus anciens, il devait être encore bien plus long, plusieurs cortals perdus dans la garrigue étant la preuve évidente d’une vie pastorale passée. Rejoignait-il d’autres sentiers se trouvant plus haut ? La dense végétation de nos jours ne permet pas de le dire.  J’ai parfois tenté de rejoindre ces cortals mais sans jamais y parvenir, une végétation ligneuse et urticante a tout envahi et ne serait-ce qu’essayer se transforme très vite en un parcours pire que celui d’un téméraire combattant. Aujourd’hui, ce n’est pas avec ma « patte folle » que je vais essayer et d’ailleurs, je n’ai pas même prévu de descendre dans ce vallon. Non, j’ai décidé de m’arrêter avant la descente puis de remonter vers la crête sommitale du Serrat de l’Homme afin d’effectuer une boucle. Deux sentiers peu évidents que j’avais repérés précédemment me laissent supposer que cette boucle est possible. De la terrasse de ma maison, j’ai vu par deux fois un groupe de cervidés l’emprunter et rejoindre la crête. Voilà mon objectif. Alors bien sûr, je ne suis ni un cabri ni un cerf, surtout aujourd’hui, et ici tout s’effectue hors des sentiers battus et donc sans balisage. Mais c’est l’automne et je sais déjà que la balade va être vraiment superbe. Avec sa grandiose forêt et son ample vallée, les décors sont somptueux et les couleurs de l’automne sont au rendez-vous grâce à une multitude d’essences bien différentes. C’est juste la bonne époque, celle où l’automne colore la nature sans encore trop la roussir. Dans quelques semaines, il sera déjà trop tard. Les feuilles se mettront à tomber et l’hiver pointera le bout de son nez rouge. Aujourd’hui, je regrette simplement ce ciel un peu opalin et un manque de luminosité dû à une évaporation de l’humidité nocturne. Le sentier tout en balcon au début offre des vues plongeantes sur le ravin de la rivière Urbanya et comme ce ravin se creuse au fur et à mesure de la progression, le plaisir de marcher va crescendo. Il faut d’ailleurs prêter attention où l’on mets les pieds car le sentier est très étroit et parfois assez âpre et certains à-pics réclament prudence. Quelques piquets et une ficelle font office de garde-fou mais attention, en réalité,  ils ne protègent rien. Au bout de ce vallon, que les écrivains appellent « des seigneurs », à cause des multiples châtelains ayant régné sur le secteur, le Canigou finit par surgir dans toute sa splendeur. A l’instant même où le sentier amorce la descente, il faut se décider à rebrousser chemin puis très vite, le but est d’atteindre un premier mamelon qui se trouve sur la droite. Sur la carte I.G.N, il est mentionné à la côte 929. Au début, il vous faudra zigzaguer dans le végétation, vous aider un peu de vos mains pour gravir quelques rocs peu élevés mais on y arrive sans trop de peine, l’essentiel est d’avoir toujours, un pantalon long en toile, de préférence assez solide, un tee-shirt ou un sweet à manches longues, et des bonnes chaussures à tiges hautes, la finalité étant d’éviter de s’écorcher la peau aux nombreuses ronces et prunelliers qui encadrent les passages. Assez vite, vous rejoindrez le meilleur itinéraire puis la côte 973. Là, le parcours est déjà bon et vous cheminerez la crête du Serrat de l’Homme avant de rejoindre le sentier habituel, prolongement du Chemin de Saint-Jacques. Depuis le centre d’Urbanya, cette balade est plutôt courte, moins de 4 km, mais comme elle correspond bien à mon aptitude du moment et de ce fait, j’en ai été très satisfait, d’autant que quelques oiseaux et papillons ainsi qu’un fugace chevreuil sont venus s’enregistrer dans mon numérique. Sans ma chute sur les Chemins d’Adrienne et ce problème à la cheville droite, jamais sans doute, je n’aurais inventé cette balade que les cervidés et les chasseurs sont les seuls à emprunter régulièrement. C’est d’ailleurs grâce à eux, et parfois à quelques bovins, ovins et chevaux en liberté, que le sentier au plus haut du Serrat de l’Homme existe sans doute. J’ai cherché à savoir pourquoi dans nos belles Pyrénées-Orientales, nous trouvions très souvent des lieux-dits intitulés « de l’Home » en catalan et « de l’Homme » en français et je crois avoir trouvé un début d’explication dans le beau roman d’Armand Lanoux « Le berger des abeilles ». Voilà ce qu’il en dit alors que les principaux personnages du roman viennent de découvrir un homme mort dans la montagne à proximité du Canigou : « Un inconnu, on l’appelle « Homme ! » Comme en castillan « Hombre ! »…Tout individu est responsable de l’espèce…… C’est la forme jaillissante de l’humanisme. Voici, par cette rencontre, la Canigou installé dans son symbolisme immémorial. Les lieux-dits « Correc de l’Homme » ou « Serrat de l’Homme mort » et bien d’autres témoignent. L’Homme est le géant. Le Canigou est la montagne de l’Homme ». L’archéologue Jean Abélanet dans son livre « Lieux et Légendes du Roussillon et des Pyrénées Catalanes » recensent, lui, une quantité incroyables de lieux-dits de l’ «Homme » mais la plupart sont « morts » et ont laissé leurs noms aux endroits où leurs proches avaient pris l’habitude de commémorer leur décès naturel ou accidentel : Coll, Pas, Puig, Serrat, Camp, Roc, Creu, Font, Pic, Rec, Correc,  ce qui n’est pas le cas ici à Urbanya où il s’agirait plutôt d’un inconnu apparemment. Le Serrat de l’Homme serait donc le Serrat de l’Inconnu. Le Canigou n’est pas très loin. À quelques kilomètres seulement à vol d’oiseau. Je l’aperçois. Magnifique. Grand seigneur. Suis-je l’Homme ? Suis-je l’inconnu ? En tous cas, je ne suis pas encore l’Homme Mort et seulement un homme qui aime la montagne, un peu claudiquant aujourd’hui. Un « coix » ! Un diable boiteux ! Bien connu en Catalogne depuis Lesage. Depuis le départ devant la mairie, cette balade est longue de 3,8 km pour des montées cumulées de 385 mètres et un dénivelé de 117 mètres. Si vous la trouvez trop courte, ce que je peux comprendre, je vous propose d’aller faire un tour à la cascade, lieu très raffraîchissant, bien connu des enfants urbanyains, qui l’été, n’hésitent pas à aller s’y baigner. Toutes proportions gardées, elle est un peu notre « Tahiti douche ». Pour cela, il vous suffit d’emprunter la rue de la Mairie, de poursuivre le Cami de Las Planes puis de continuer toujours tout droit en suivant le cours de la rivière, un coup à droite et un coup à gauche. Peu après le deuxième pont, le bitume laisse la place à un large chemin de terre qui se terminera 700 mètres plus en amont sur un rustique et petit pont de bois. La cascade, haute de 6 à 7 mètres et que l’on entend chuter, est là, sur votre gauche. L’eau est constamment fraîche mais pour moi c’est toujours un plaisir que d’y aller m’y baigner les jours de grand soleil. Après cette belle découverte et grâce à un petit sentier, le retour vers Urbanya peut s’effectuer sur la rive gauche de la rivière et vous aurez ainsi parcouru 2 kilomètres de mieux. Carte I.G.N 2348 ET Prades- Saint-Paul-de Fenouillet - Top 25.

    (*) Autres balades réalisées à partir du Chemin de St-Jacques d'Urbanya :

    Le Serrat Gran (1.430 m) depuis Urbanya (856 m)

    Le Roc de les Creus (1.091 m) depuis Urbanya (856 m)

    Le Roc de Jornac (1.051 m) depuis Urbanya (856 m)

    La Gare d'Estardé (1.213 m) depuis Urbanya (856 m)

    Le Pic de Tour ou del Torn (1.632 m) depuis Urbanya (856 m)

    Le Serrat de Calvaire (1.359 m) depuis Urbanya (856 m)

     

     

     

     

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  • LE PIC DU CAP ROUX par jullie68

    Diaporama avec la chanson "They long to be - Close to you", chanté par le groupe américain The Carpenters,

    chanson écrite par Hal David et musique de Burt Bacharach

    Le Pic du Cap Roux depuis la Sainte-Baume de l'Esterel

    Le Pic du Cap Roux depuis la Sainte-Baume de l'Esterel


    J’ai traîné mes godillots de marche un peu partout, mais si je devais classer les départements français dans un ordre de préférence où j’ai aimé randonner, le Var arriverait sans doute dans les 6 ou 7 premiers. En effet, un peu comme chez nous dans les Pyrénées-Orientales, le Var présente cet attrait inégalable de posséder des sentiers de randonnées de l’altitude zéro jusqu’aux étages collinéens puis montagnards. De quoi assouvir les désirs de marche les plus fous. Prenez par exemple le Pic du Cap Roux que mon fils m’a fait découvrir au mois d’août dernier. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un pic qui se dresse sur un cap mais pas n’importe quel cap, un cap situé au beau milieu des roches rouges de la corniche du Massif de l’Esterel (*). Pour qui connaît un peu l’Esterel, une fois ce décor rouge, vert et bleu planté, difficile de rester insensible à la proposition d’une randonnée pédestre dans ce cadre essentiellement tricolore. Choisissez un jour de grand beau temps et vous verrez, les contrastes, à eux seuls, méritent que l’on fasse quelques efforts : avec le rouge orangé des roches porphyriques, le vert intense de la forêt varoise et le bleu si pur de la Méditerranée et du ciel, le soleil paraîtra parfois un peu pâlot et pour peu qu’il y ait un brin de brume, il prendra même des airs d’un grand malade de la jaunisse. Alors, je vous le garantis avec toutes ces couleurs constamment devant les yeux, vous resterez scotché devant chaque vue, devant chaque panorama, devant chaque horizon plus ou moins lointain. Le départ s’effectue depuis le parking de la chapelle de la Sainte-Baume de l’Esterel. On accède à ce parking par une route forestière démarrant de la zone artisanale d’Agay, direction la Maison forestière du Gratadis puis le Vallon de Mourrefrey. Attention, à ne pas confondre cette Sainte-Baume là avec celle du Plan d’Aups située plus à l’ouest du Var. En réalité, les deux édifices religieux ont une histoire commune assez insolite puisqu’il se raconte que cette chapelle troglodyte de l’Esterel doit son nom aux habitants du coin, lesquels étaient jaloux de celui de l’ouest varois dédiée à Marie-Madeleine et de ce fait, ils lui donnèrent le même nom afin de semer le doute dans l’esprit des pèlerins et des visiteurs. Idem semble-t-il pour le Saint Pilon que l’on va côtoyer. Ici la grotte, transformée en un petit sanctuaire, fut très longtemps un ermitage dont le plus illustre des anachorètes fut Honorat d’Arles, plus connu sous la dénomination de Saint-Honorat et surnommé parfois Honorat de Lérins. Il s’était établi ici au 5eme siècle au retour d’un voyage en Orient et sa réputation de prêcheur s’amplifia très rapidement. La tradition raconte que les pèlerins avaient tellement pris l’habitude de venir lui rendre visite que l’ermite en avait eu très vite assez de cette vie si peu retirée et si peu solitaire. Du coup, il avait préféré quitter les lieux pour s’installer à Lérina, la plus petite des îles de Lérins. Là, après une courte période d’ascète, son éminente sainteté joua une nouvelle fois contre lui et il fut rejoint par plusieurs compagnons. Il fonda avec eux un monastère devenu aujourd’hui une abbaye monumentale si célèbre. Bien d’autres ermites habitèrent la grotte comme Saint Maxime, évêque de Vienne, Saint Hermentaire puis un plus tard Laurent Bonhomme (1640-1680), le frère Clapier des Arcs (vers 1775) et Calvy (vers 1780). Bien évidemment, on ne partira pas vers le Pic du Cap Roux non sans avoir au préalable fait un bref aller retour vers cette chapelle. Une visite s’impose et en plus, on a déjà un premier et bel aperçu du Massif de l’Esterel avec son pic de l’Ours mais également d’endroits plus ou moins lointains déjà cheminés : Rocher de Roquebrune, Mont Vinaigre, Siou-Blanc, les Maures, etc…. Au départ du parking, il suffit de lever la tête et les ruines des remparts protégeant la chapelle sont déjà visibles. L’histoire n’a rien laissé à propos de ces quelques fortifications sans doute moyenâgeuses mais on peut supposer que l’ermitage troglodyte était suffisamment isolé pour être la cible de nombreuses tentatives de brigandage. On pense notamment aux Maures ou Sarrasins qui occupèrent la Provence aux 9eme et 10me siècle et dont les « razzias » sont restées dans la mémoire de nos dictionnaristes. Les ermites avaient donc cru bon de se barricader en élevant de hautes murailles avec une seule porte d’entrée sans doute fermée à son origine par une lourde porte en fer forgée. Depuis l’esplanade de la source de la Sainte-Baume, un petit sentier rocailleux d’une centaine de mètres de déclivité grimpe vers le site. Dès le départ, on remarque un autre sentier partant sur la gauche et c’est celui qu’il faudra prendre pour se diriger ver le Pic du Cap Roux. Des marches ont été aménagées et à l’approche de la grotte, on a même maçonné des rampes avec des garde-fous. Il faut dire que l’accès est peu évident et on se demande même comment le tout premier ermite a pu découvrir ce lieu si scabreux. On peut supposer que la source toute proche a été l’élément déclencheur d’une installation dans la grotte, plus élevée et donc plus paisible, plus sûre et plus proche de Dieu. Tout là haut, devant la grotte et ses vestiges, je m’interroge sur les motivations qui ont amenées au fil des siècles tous ses hommes à vivre ici, dans ce cadre si solitaire et si sauvage ? Pourquoi de nos jours encore, d’autres hommes viennent-ils gravir ces collines si âpres pour entretenir cette grotte et déposer toutes ses reliques dans ce décor si hostile et si retiré de tout ? Lieu idéal pour la méditation certes et devoir de mémoire probablement mais la seule vraie réponse aux deux questions c’est sans doute cette foi de Dieu que je ne possède pas ! Alors, quelques photos et le plaisir de marcher suffisent à ma félicité. Nous repartons. Le sentier vers le Pic du cap Roux est aussi étroit que celui vers la grotte et circule dans une végétation typiquement méditerranéenne : quelques pins isolés, des chênes verts et lièges en grand nombre mais aussi des filaires, des lentisques, des arbousiers, des cistes, des romarins et des bruyères arborescentes composent l’essentiel de cette palette verdoyante. La faune est plutôt absente, mais en cette fin du mois d'août, la canicule en est sans doute la principale responsable. Quelques criquets et papillons, de rares passereaux qui ne tiennent pas en place et un rapace en vol géostationnaire, voilà les seuls aoûtiens visibles dans ces collines. Visibles mais pas toujours photographiables et rares seront ceux qui viendront s’enregistrer dans la mémoire de mon appareil photo. A diverses reprises, le sentier coupe d’immenses éboulis de pierres rouges. En traversant ces rugueuses caillasses, on a le vague sentiment que des milliers de forçats ont été chargés de fracasser toutes ces crêtes rougeâtres dominant l’itinéraire mais que devant l’immensité de la besogne à accomplir tout s’est soudain arrêté. Au sommet d’une corniche, la mer merveilleusement tranquille et bleue se révèle dans toute son immensité. Dans ce tableau panoramique passant si soudainement du bicolore au tricolore, seul le blanc, de loin la couleur pourtant la moins présente au milieu du vert, du rouge et du bleu, semble faire tache. Ce blanc, c’est celui de l’hyperurbanisation de toute la Côte d’Azur et c’est celui aussi, des innombrables et bruyants bateaux à moteur laissant leurs sillages d’écume. On a beau être seuls dans un cadre sauvage, magnifique et silencieux, la civilisation dans tout ce qu’elle a de détestable est bien là à nos pieds. Seules quelques voiles blanches à l’aspect si paisible dénotent dans cette peinture « marine » implacable. En longeant cette corniche, d’autres vues se dévoilent vers l’ouest désormais : Anthéor avec ses criques et ses constructions spiralées du plateau de Peysserin, le cap du Dramont et son sémaphore et plus loin Boulouris, Saint-Raphaël, Fréjus, le Golfe de Saint-Tropez et enfin son cap disparaissant dans une brume blanchâtre. Composé de plusieurs grosses proéminences indépendantes les unes des autres, un peu comme les chicots déchaussées d’un géant à la bouche ensanglantée, le Pilon apparaît lui aussi légèrement en contrebas avec son Saint-Pilon central. Il faut dire que nous sommes déjà arrivés au sommet du Pic du Cap Roux dont l’altitude lui est légèrement supérieure : 454 contre 442. Une jolie table d’orientation du Touring Club de France matérialise ce mirador naturel. Les vues à 360° y sont superbes alors on profite des paysages en prenant un petit en-cas. Puis, on poursuit le sentier toujours en descente d’abord jusqu’au col du Cap Roux puis vers le col du Saint-Pilon. Pour cela, au col du Cap Roux, nous avons choisi l’option de tourner à gauche plutôt que d’emprunter le sentier qui file derrière les mamelons rocheux. D’après mon fils, c’est un peu plus long mais les vues sur la Méditerranée y sont plus sublimes et effectivement difficile de le contredire après avoir cheminé ce sentier. Ici, on a le sentiment que la nature s’est complu à fracturer les roches pour en faire une multitude d’apparences disparates : dents pointues et ogives arrondis, éboulis de caillasses ou chaos de rochers, falaises abruptes et parois bombées, dentelles, aiguilles, éperons, grottes, balcons, crevasses, ravins et vallons esquissent ce décor rouge orangé sur fond de Grande Bleue. Un très beau spectacle ! Après le col du Saint-Pilon, le chemin se fait plus large et redescend sans problème au milieu des pins vers le parking de la Sainte-Baume où l’on retrouve avec bonheur l’eau de la rafraîchissante fontaine. On s’asperge avec l’espoir que cette eau soit aussi « miraculeuse » que certains le prétendent. La balade se termine et aura duré en tout 2h30, arrêts inclus. Alors 2h30 ça peut paraître beaucoup pour la distance d’environ 6 km composant cette boucle et le dénivelé plutôt modeste de 294 mètres mais moi si j’avais été seul, j’aurais sans doute mis une heure de plus ! Carte I.G.N 3544 ET Fréjus – Saint-Raphaël – Corniche de l’Esterel Top 25.
    (*) Toponymie : Plusieurs suppositions sont émises au nom « Esterel ». La racine pré-latine « ester » signifiant « rocher escarpé », le mot latin « sterilis » signifiant « stérile » en raison de la pauvreté des sols, l’occupation de l’endroit par une tribu celto-ligure, les « sueltiri » puis le mot provençal « estello » signifiant « étoile ». Enfin, les étymologistes un peu mystiques attribueront le mot à la fameuse et bienveillante fée « Esterelle » dont la légende raconte qu’elle a toujours habité le massif, soignant les femmes stériles pour les rendre fécondes.
     

     

     

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