• AX-BONASCRE
    AXBONASCREIGN

    Comment refuser une invitation pour une randonnée en raquettes quand s’annonce une superbe journée ensoleillée ? Vous savez, ce type même de journée d’hiver où l’air est merveilleusement pur, le ciel admirablement bleu, le soleil magnifiquement ardent  et qu’en plus le dieu Eole, lui, a décidé de rester dans son palais pour ne pas venir éventer cette sortie qui s’annonce déjà sous les meilleurs auspices. Bon, il faut parfois faire quelques kilomètres pour avoir tout ça en même temps mais quand au sommet d’une montagne, les raquettes aux pieds et les bâtons à la main, il ne reste plus qu’à descendre pour jouir de prodigieux panoramas sur une Ariège enneigée incroyablement belle et boisée, alors là c’est génial ! C’est le must ! C’est le pied ! Et bien, ce « pied » ou plutôt nos pieds, nous les avons chaussé de raquettes et ce coin où nous avons été  invités c’est la charmante station pyrénéenne d’Ax-Bonascre où nous sommes allés randonner dans la superbe forêt domaniale. Ce formidable domaine skiable est  désormais plus connu sous le nom d’Ax-3 Domaines et cette dénomination, il le doit à trois territoires montagnards étagés à des altitudes quelque peu différentes : il y a le Plateau de Bonascre situé en 1.390 et 2.000 mètres où se trouve la sympathique station et le Bois de la Crémade et de Manseille, il y a le domaine du Saquet situé lui entre 1.800 m et 2.300 m occupé entre autres par le Bois de la Griolle et il y a enfin,  le Campels, versant est des sommets les plus élevés que sont le Tute de l’Ours (2.255 m) et la Couillade de Llerbès (2.305 m). Ça vaut vraiment le coup d’aller passer une belle journée là-bas et  à fortiori plusieurs si vous avez décidé d’y aller pour quelques jours de vacances car l’ union de ces  trois domaines fait désormais partie du Top 10 des stations pyrénéennes de sports d’hiver. Bon, en ce qui concerne notre courte excursion, il faut avouer que cette sortie en raquettes c’est plutôt un petit dérivatif qu’une vrai randonnée. Jugez-en par vous-mêmes : une prodigieuse montée en télécabine et une balade essentiellement en descente avec quelques portions planes que l’on effectue en moins de 2h30 sur le parcours que je décris ici. Comme je l’ai dit plus haut, le départ peut s’effectuer par la télécabine de Bonascre qui nous amène au terminus c'est-à-dire presque au sommet du Saquet à 2.021 mètres d’altitude. Là, en sortant de la station de la télécabine, au milieu des innombrables skieurs,  les randonneurs en raquettes que nous sommes passent inévitablement pour des originaux voire des extra-terrestres descendus d’une autre planète. En raison des splendides panoramas qui se dévoilent sur une immense portion du domaine et une « bonne » partie de l’Ariège, on oublie vite les regards « facétieux » car les panneaux indicatifs  sont déjà là et il est temps d’amorcer la descente qui commence par longer sur la gauche une piste skiable. Sur une couche de neige idéale, entre piste et forêt, l’invisible sentier poursuit sa descente et pour ne pas se tromper, il suffit de suivre les panonceaux jaunes ornés de deux raquettes bleues. Ce logo bien présent, cloué sur de nombreux sapins, on va y prêter attention en permanence et il suffira de les suivre et de les respecter pour retrouver le village et par là même l’arrivée. Cette descente qui alterne petits sentiers en sous-bois et larges pistes forestières encadrées de hauts sapins  permet de découvrir une petite partie de la forêt domaniale d’Ax-les-Thermes et plus particulièrement le Bois de la Griolle avec sa cabane et sa fontaine de Manseille, et le Bois de la Crémade et de Manseille. De temps en temps, quelques belles trouées laissent entrevoir des vues admirables sur des chaînes enneigées où culminent et se détachent de nombreux hauts sommets à plus de 2.000 mètres d’altitude. Pour n’en citer que quelques uns, vous pourrez voir : au départ et vers le sud le Tute de l’Ours (2.255 m) et derrière lui le Pic de l’Etang Rebenty (2.415 m), vers l’est et de l’autre côté de la vallée où coule l’Ariège, le Pic de l’Estagnas (2.615 m), le Pic des Perdrix (2.310 m) le Pic d’Aygue Longue (2.394 m), le Pic de Cimet (2.423 m), le Pic des Estagnols (2.350 m), le Pic de Brasseuil plus communément appelé Dent d’Orlu (2.222 m) en raison de sa forme et du vallon du même nom qu’elle domine. Au nord c’est le Signal du Chioula (1.507 m) et surtout la Montagne de Tabe qui se détache à l’horizon avec les pics de Soularac (2.368 m), de Saint-Barthélemy (2.348 m), Galinat (2.115 m)  et du Han (2.074 m). A l’ouest, c’est les pic Campalou (2.132 m) et Bourbourou (2.021 m) qui dominent un panorama plutôt plane où s’étend un peu plus loin, le long Plateau de Beille bien connu des coureurs du Tour de France. Je n’évoque ici que les principaux sommets que l’on peut apercevoir du point de départ puis au cours de cette courte balade où l’essentiel de la marche s’effectuera en forêt. Bien que ce sentier soit parfois praticable sans raquettes et bâtons,  il sera néanmoins préférable de s’en munir en période hivernale. A cette époque et notamment lors de la saison où la station est largement ouverte aux sportifs de tous poils, il sera bien évidemment fortement conseillé par mesure de sécurité de ne pas quitter l’itinéraire indiqué et surtout de ne pas traverser les pistes réservées aux skieurs. L’itinéraire de ma carte IGN se veut le plus juste possible mais n’ayant pas emporté mon GPS ce jour-là, je n’ai pas pu enregistré de tracé exact et je ne peux donc pas en garantir une totale fidélité. De toute manière et comme indiqué plus avant, le balisage est très présent et il suffit de le suivre. Carte IGN 2148 ET Ax-les-Thermes Top.25.


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  • Voilà une courte boucle de 14 kilomètres au cours de laquelle vous allez découvrir de magnifiques sites et voir de très beaux paysages. Mais attention, ici court ne veux pas dire facile car avec ses 680 mètres de dénivelé, il faut mériter ces découvertes et il est donc nécessaire de faire quelques efforts significatifs, même s’il est vrai que pour les randonneurs ariégeois habitués à avaler les gros dénivelés du Mont Valier, ma randonnée, que j’ai intitulé le Balcon de Bethmale, ne représente qu’un petit hors-d’œuvre. Personnellement, je prends pour point de départ le splendide et étrange étang de Bethmale (1.060 m), (étrange car habité d’une jolie légende à lire à la fin de cet article) où si le cœur vous en dit, vous pourrez avant de partir randonner et moyennant quelques euros, tremper le fil pour capturer quelques belles truites. Mais sachez qu’ici il y a peu de chance que vous attrapiez une truite sauvage saumonée comme il y avait dans le « bon vieux » temps, car la plupart d’entres-elles ne sont là qu’à cause des nombreux lâchés qui y sont pratiqués. D’ailleurs, l’étang lui-même n’est pas vraiment sauvage car aucun cours d’eau ne vient l’alimenter. La suite est d’une grande simplicité puisqu’au lac, il suffit d’emprunter le célèbre GR.10 qui file vers le col de la Core (1.395m) et un panonceau est là pour vous indiquer la marche à suivre. Les premières difficultés apparaissent avec les premières montées, mais si le ciel est bleu et le temps clair, monter vers le col de la Core sera un vrai régal. Au sortir du bois de Crabère, les panoramas merveilleux s’entrouvrent sur le large vallon de Bethmale et face à soi, le rocailleux Tuc d’Eychelle avec ses 2.315 mètres, fait « son intéressant ». Avant le col de la Core, le G.R.10 suit parallèle la D.17 puis la quitte dans quelques lacets. Souvent, vos pas hésiteront entre le vrai chemin parfaitement balisé des traditionnelles couleurs blanches et rouges et ces petites caminoles laissées par les vaches ou les chevaux de Mérens. Au col, votre regard bascule sur l’autre vallée, celle de Seix et sa somptueuse forêt domaniale mais surtout sur un panorama extraordinaire vers une vaste partie des sommets frontières des Pyrénées Ariégeoises. Ici sur le côté gauche du col, celui du Cap de Bouirex, des poteaux originaux ont été dressés et servent en quelque sorte de tables d’orientation individuelles pour vous faire découvrir tous ces pics.  Mais c’est de l’autre côté du col qu’il vous faut partir par une étroite sente qui file à droite en direction du col d’Eliet (1.683m). Ce chemin, c’est en partie le « Chemin de la Liberté » qu’empruntaient tous ceux qui, pendant la guerre de 39-45, fuyaient le nazisme et ses exactions. Ici, les choses sérieuses commencent sur le G.R.10D que vous cheminez vers le col d’Eliet. Au début, il grimpe vers une ligne de crêtes et alterne parties rocailleuses et pelouses d’altitude sur un chemin en balcon sur la vallée de Bethmale. On finit par atteindre le point culminant, 1.729 m selon mon GPS, de cette jolie boucle avant le col d’Eliet. La sente redescend puis hésite sur de courts dos d’âne.  En dessous, votre ligne de départ apparaît, jolie flaque couleur bleu acier au milieu d’un océan de verdure. Pourtant, au départ ce miroir était plutôt couleur turquoise ! Après, le col d’Eliet et sa jolie cabane, la sente descend définitivement à travers la forêt de Cadus. On coupe la piste qui, depuis l’étang, monte  à la cabane de Campuls. Cette piste qui est largement utilisée par tous les troupeaux qui montent en transhumance vers le merveilleux cirque de Campuls, on la quitte pour un sentier sinueux qui aboutit vers le fond de l’étang. Comme toutes les boucles, cette randonnée peut-être effectuée dans le sens inverse, en partant vers le col d’Eliet, elle n’en sera pas moins facile car le point culminant correspond sensiblement à la moitié du parcours. Arrêt compris, je vous conseille de consacrer une journée pour effectuer cette boucle. Si vous avez le temps, vous consacrerez une autre journée pour aller à la pêche mais attention à cette étrange légende qui règne ici : "Il y a très longtemps, une vilaine sorcière vivait cachée à l’étang de Bethmale. Chaque jours, elle ennuyait les habitants des alentours. Un beau jour, les bethmalais exaspérés montèrent vers le lac avec leurs fourches pour se débarrasser d'elle. Prise au piège tendu par les villageois, l’horrible sorcière sauta dans le lac en jurant qu'elle ne disparaîtrait jamais. Depuis, sa robe bleu vert, restée au fond, donne au lac ses reflets si particuliers". Carte IGN 2048 OT Aulus-les-Bains-Mont Valier Top 25.


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  • En vacances, il y a des matins où tout nous retient au lit. L’envie de rester au chaud sous la couette, un peu de lassitude, un bon bouquin, un temps que l’on trouve un peu maussade. Ce 3 septembre 2009, Dany et moi, nous réunissions tous ces critères, et dans nos têtes c’était réglé comme du papier à musique : aujourd’hui farniente et surtout pas de randonnée au programme du Couserans ou de l’Ariège ! Perdus et perchés dans la grange isolée de Bencarrech que nous avions louée aux fins fonds du Biros, qui ou quoi aurait pu nous empêcher de déroger à ce désir de rester blottis au fond de notre lit. Quand j’y réfléchis même à posteriori, j’avoue que peu de choses auraient pu nous faire sortir de notre tanière et de notre léthargie pour partir marcher. Et pourtant l’imprévu arrive parfois et alors tous les plans que l’on a longuement échafaudés s’écroulent comme un banal jeu de cartes. Ce jour-là, l’inattendu est arrivé sous la forme d’un chien couché sur le paillasson alors que je m’apprêtais à prendre le petit déjeuner. Un chien si gentil et si joyeux qu’aussitôt on s’attendrit et qu’une seule idée nous vient à l’esprit : ramener ce chien perdu à ses maîtres ! Voilà comment ce jour là par la force des choses, nous sommes tombés du lit. Renseignements pris auprès de nos propriétaires, ce chien tout jeune et tout fou, un braque semble-t-il, s’appelle Vidocq, il vient du hameau tout proche de Bordes d’Espagne et le ramener à son maître ne devrait être qu’une simple formalité. Nous tombons nos pyjamas pour une tenue plus décontractée et comme le hameau de Bordes d’Espagne n’est pas très loin, nous décidons d’y aller à pied par un sentier balisé en jaune qui y descend directement. Une fois arrivé à proximité, on se dit que Vidocq n’aura qu’une seule obsession : partir en courant et retrouver sa niche ! Que nenni, aujourd’hui Vidocq a surtout envie de gambader et à coup sûr, il a su deviner qu’en notre qualité de randonneurs invétérés, nous serions les seuls à la ronde à pouvoir l’accompagner dans ses désirs ! Et comme il est très têtu et que rien ne peut le faire varier, voilà comment une simple démarche pour le ramener à sa niche s’est transformée en une longue marche inopinée. De surcroît comme Vidocq n’est pas un animal à vous suivre comme « un petit chien », le plus souvent, c’est lui qui nous précède et nous qui le suivons. C’est ainsi que de Bordes d’Espagne, on se retrouve à l’entrée du Playras où nous tombons sur le panneau indiquant cette randonnée au Col de Nédé, que par ailleurs on nous avait vivement conseillé de faire. Alors pourquoi ne pas y aller puisque Vidocq a le désir fou de batifoler ; nous le ramènerons quand il sera fatigué ! Voilà nous sommes partis pour quelques kilomètres, une bonne dizaine plus précisément et comme le chien semble heureux, nous le sommes aussi. Parfaitement balisée en jaune et rouge car nous sommes sur le Tour du Biros, la route forestière du Bois de Bouscas est agréable, et malgré un temps détestable, les panoramas sur la vallée du Lez et les villages d’Antras et de Sentein sont plutôt jolis. Très vite, nous arrivons au Col de Blazy où l’oeil porte sur l’autre versant de la montagne, celui du vallon de l’Isard que nous avons longuement arpenté pour aller à l’étang d’Araing et dont nous avons d’ici une vue plus aérienne. Plus nous approchons du col de Nédé et plus les décors s’entrouvrent malgré un plafond nuageux qui lui s’affaisse au fil du temps qui passe. La vision est plus que bouchée en arrivant au col ; dommage, car on nous a dit beaucoup de bien de ce col de Nédé où parait-il les paysages sont magnifiques sur une grande partie du Castillonnais. Vidocq semble enchanté de cette longue balade mais nous le sommes moins quand il disparaît pour fureter, en bon chien de chasse qu’il est, quelques bosquets ou quelques terriers. La truffe toujours en éveil, il part à la recherche de gibiers incertains mais heureusement il réapparaît dès que nous l’appelons. Serait-il devenu obéissant ? Sur le chemin du retour, au col de Blazy, nous bifurquons vers les hameaux de Bordenave et du Playras par un sentier qui descend au milieu des vertes fougères et des bruyères roses. Vidocq se régale à s’éclipser dans ces grands espaces qu’il affectionne tant. Pays des vieilles granges dont certaines ont été rénovées avec goût, ce petit bout du Biros mérite vraiment qu’on s’y attarde. Si le cœur vous en dit, vous pourrez également pousser jusqu’au Pic de Nédé (1.637m) les panoramas y sont parait-il encore plus majestueux. Mais pour effectuer cette randonnée expliquée comptez 2 à 3 heure au maximum sauf si vous vous mettez à cueillir les myrtilles et les mûres qui foisonnent en septembre. Après cette sortie improvisée au Col de Nédé, Dany et moi sommes partis nous recoucher et Vidocq a retrouvé le paillasson de notre grange. Ce n’est que bien plus tard et sous un faible rayon de lune blanchissant la nuit du Couserans qu’il est sans doute rentré chez lui. Le lendemain, en tout cas, il n’était plus là, mais à travers les photos de cette jolie excursion improvisée au col de Nédé, nous garderons toujours en mémoire le souvenir de ce chien très câlin et ô combien attachant ! Carte IGN 1947OT Aspet-Pic de Maubermé Top 25.


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  • Après la longue randonnée plutôt difficile à l’étang d’Araing que j’ai décrite dans ce blog, voilà une autre excursion à effectuer dans le Couserans, cette fois très facile et donc accessible à tous. Je qualifierai cet aller-retour au cirque de la Plagne (à ne pas confondre avec la Plagne dans les Alpes) de balade familiale. Le départ se fait du village d’Eylie ou plutôt du Bocard d’Eylie où subsistent de nombreux vestiges de l’usine et des bâtiments chargés d’exploiter les minerais extraits de cette montagne du Biros. Et dieu sait s’il y en avait des mines, essentiellement de plomb argentifère et de zinc ! Ici, il y avait principalement celle de Bentaillou accessible en 3 heures de marche et celle du Mail du Bulard (2.750 m) que l’on a appelé le Macchu Picchu, en référence à la merveilleuse cité Inca, car c’était la mine la plus haute d’Europe. Le minerai était concassé, trié et traité au hameau d'Eylie, dont l’usine est devenue le Bocard d'Eylie. Ce lieu a été nommé ainsi car Bocard était l’inventeur d’une machine qui servait à pilonner le minerai pour le concasser mû par la force hydraulique. Au départ, après avoir enjambé un large pont de bois, vous remarquez un grand panneau « Sentier du Port d’Urets », une pancarte indiquant que vous êtes dans la forêt domaniale de la Plagne et une large piste qui part vers la droite. Pas de doute, vous êtes sur le bon chemin et au bout de quelques mètres, cette piste coupe le célèbre GR.10. Ne vous préoccupez pas du GR.10 qui file vers le col de l’Arech et des traces blanches et rouges. Poursuivez la piste balisée en jaune et parallèle à un gros tuyau métallique et au torrent. Il s’agit du Lez qui prend sa source au Pic de Maubermé (2.880 m). Ce magnifique sommet, vous allez pouvoir le contempler au dessus du cirque de la Plagne dès que vous aurez franchi un nouveau petit pont. Jusqu’ici enchâssé dans un défilé plutôt étroit, le chemin désormais rectiligne file dans un décor plus spacieux où déjà le fond du cirque de la Plagne apparaît grandiose car surplombé de pics impressionnants. Sur votre gauche, d’autres ruines et un petit terril, signes que l’exploitation minière était très importante. Quand on observe tous ces décombres, on ne peut s’empêcher de penser à toutes ces femmes et à tous ces hommes qui ont travaillé ici. Leur travail devait être particulièrement pénible mais œuvrer dans un si beau site devait leur apporter un peu de joie et de réconfort. Aujourd’hui, devant ce spectacle contrasté de désolation et de beauté, on aimerait gommer toutes ces cicatrices, nettoyer toutes ces plaies pour rendre le paysage encore plus admirable. Mais ces stigmates font partie du patrimoine ariégeois et sont les preuves formelles de l’Histoire de toute une région. Alors laissons faire le temps et la nature et les pages de ce livre d’histoire se refermeront d’elles mêmes. Quand la piste amorce un virage à droite, continuez tout droit, traversez les prés en direction d’une cabane visible et dirigez vous vers le fond du cirque. Vous êtes alors dominé et ceinturé par toute une chaîne de hauts sommets hérissés : Maubermé (2.880m), Tartereau (2.639m), Serre-Haute (2.713m), etc.…. Par temps clair, ce qui n’était pas trop le cas pour nous, le cirque avec ses trois cascades est superbe. Vous pourrez y pique-niquer au milieu des chevaux en liberté et dans un cadre divin où seul résonnent le gazouillis des hirondelles qui nichent dans les falaises et le murmure des cascades et du torrent. D’ailleurs, quand vous redescendrez, observez bien, même le bruit du torrent a disparu. D’ailleurs à y regarder de plus près, c’est le ruisseau tout entier qui s’est volatilisé ! En effet, en été, le Lez a cette particularité d’avoir sur quelques centaines de mètres un lit souterrain. L’eau qui tombe des cascades s’écoule un peu dans le vallon, disparaît dans son lit souterrain pour réapparaître un peu plus bas. Ce phénomène est bien sûr variable selon le débit du torrent. Comptez environ deux à trois heures pour effectuer l’aller-retour, c'est-à-dire environ 8 kilomètres en flânant de l’usine où vous aurez laisser votre véhicule jusqu’au fond du cirque. Mais comme je vous l’ai dit, cette balade est simple et plutôt facile alors le temps à y consacrer a peu d’importance et ne sera fonction que de votre humeur du moment. Carte IGN 1947OT Aspet-Pic de Maubermé Top 25.

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  • Si vous ne connaissez pas le Couserans, cette splendide région de l’Ariège,  je vous invite à en découvrir une infime mais magnifique partie à travers cette balade au superbe étang d’Araing et à la jolie chapelle de l’Isard. Cette longue randonnée qui vous occupera une grosse journée ne présente aucune difficulté si ce n’est la distance à parcourir (environ 23 Kms depuis Bencarrech d’où nous sommes partis) et bien sûr le dénivelé de plus de 1.100 mètres qu’il vous faudra gravir pour atteindre l’étang puis le refuge Jacques Husson (1.965m) où une boisson fraîche bienvenue vous sera sympathiquement servie. A part ça, le départ le plus simple avec un kilométrage sensiblement identique à celui cité plus haut, est celui qui se trouve au parking Anglade (820 m), environ un kilomètre avant le hameau de Frechendech situé peu après le village de Sentein dans la vallée de Biros. Au parking, les indications sont claires et il suffit de les suivre pour atteindre d’abord le sentier du Tour du Biros (boucle réalisable en 5 jours) puis, quelques heures plus tard, l’étang d’Araing. Le chemin qui suit longuement le torrent Isard est parfaitement balisé en jaune et rouge jusqu’au barrage de l’étang d’Araing. Tout en montant, vous découvrirez les magnifiques bois de la Côte et du Pruech où vous aurez peut-être la chance d’apercevoir sangliers, isards, cerfs et autres chevreuils qui peuplent cette belle forêt domaniale. Peu après, la fontaine Escudié, vous arriverez à la passerelle des Piches (1.105 m) qui mène à la Chapelle de l’Isard. Ne l’enjambez pas pour l’instant et gardez la visite de cette remarquable et étrange chapelle pour le retour. Continuez tout droit et au sortir de la forêt, juste avant d’arriver à la cabane d’Illau, vous remarquerez un deuxième panonceau indiquant à nouveau la chapelle. C’est cette direction là qu’il vous faudra suivre au retour. Après avoir quitté définitivement les bois, vous foulerez d’abord les pelouses d’altitude autour de la cabane d’Illau où des chevaux de Mérens et quelques ânes gambadent en toute liberté, puis la sente caillouteuse sur une déclivité qui s’accentue brusquement. Par grand beau temps, les panoramas sur la vallée de l’Isard et les pics alentours (Calabasse, Paumade, Pièle de Mil, Crabère, l’Har, etc.…)  sont extraordinaires. Et malgré la rude montée qui se manifeste, ce qu’il y a de bien, c’est que plus vous monterez et plus vous prendrez de plaisir à observer tous ces beaux paysages. Tout en montant, vous aurez en ligne de mire, le saillant pic de Crabère (2.629 m). Et même s’il se rapproche à grands pas, n’ayez crainte, sauf à vouloir pousser encore plus loin et exagérément cette balade, vous n’aurez pas à y monter aujourd’hui (conseillé sur 2 jours avec couchage au refuge) car l’étang d’Araing que vous ne tardez pas à atteindre se situe juste en dessous. Grand barrage exploitée depuis 1942 par l’EDF, cette retenue est le paradis des courageux pêcheurs qui y montent pour tenter d’attraper les belles truites fario et arc-en-ciel, les superbes saumons de fontaine, les rares ombles chevaliers ou autres gros cristivomers qui hantent le fond de ces eaux d’un joli vert bleu « caraïbe ».  Comme moi, vous serez peut-être tenté après 4h30 de marche sous le cagnard, non pas d’y pêcher mais de vous y jeter. Ce jour là, l’eau était fraîche mais prenable mais faites néanmoins attention à ne pas avoir une hydrocution car les températures peuvent être très variables. Outre les pêcheurs, l’étang est aussi très connu des randonneurs qui parcourent le célèbre GR.10 car nombre d’entre eux s’arrêtent au refuge Jacques Husson. Le retour se fait par la même sente jusqu’au panneau indiquant la chapelle de l’Isard. Outre la chapelle, ce petit détour vous permettra de pénétrer dans le cadre enchanteur mais fragile de la réserve biologique des « Tourbières de la vallée de l’Isard ». Beaucoup de mythes, de légendes et d’histoires vraies autour de cette insolite chapelle dédié à Notre-Dame des Neiges dont l’origine n’est pas réellement connue mais qui suscite un engouement incontestable comme le démontre le pèlerinage organisé chaque année début août. Au fil des ans, les pèlerins à s’y rendre sont de plus en plus nombreux. Je vous laisse découvrir tout cela en détails sur le site très ludique : http://chapelleisard.free.fr/ Après la chapelle, la suite de cette randonnée n’est qu’une formalité car le chemin redescend jusqu’à la passerelle des Piches où vous retrouvez le sentier du Tour du Biros qui va vous ramener à votre lieu de départ. Carte IGN 1947OT Aspet-Pic de Maubermé Top 25.


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  • Une fois n’est pas coutume, j’ai délaissé mes départements de prédilection que sont les Pyrénées-Orientales et l’Aude pour partir marcher juste un peu plus loin en Ariège et plus spécialement dans le Donezan. Je conseille vivement la découverte de ce petit mais superbe territoire des Pyrénées tant les paysages sont extraordinaires. De plus, cette randonnée en deux parties s’adresse au plus grand nombre. Et quand je dis au plus grand nombre, croyez-moi ce n’est pas exagéré ! En effet, cet aller-retour est aussi bien fait pour de simples flâneurs, en tous cas pour ceux qui, nonchalamment, se contenteront d’aller à l’étang de Laurenti que pour des excursionnistes plus chevronnés et non sujets au vertige qui eux se lanceront dans la courte mais sévère ascension du Roc Blanc (2.542m). Le départ pédestre s’effectue à partir du refuge forestier du Laurenti qu’il faut atteindre en empruntant une longue piste forestière qui démarre sur la D.16 entre le village de Quérigut et le hameau Le Pla. Au démarrage, un large sentier caillouteux grimpe dans la magnifique forêt de Bragues, absolument merveilleuse en automne grâce à sa variété de couleurs. Le chemin suit de manière parallèle l’impétueux torrent Boutadiol et se rétrécie à l’approche du lac. Le splendide étang de Laurenti n’est qu’à 3 kilomètres du refuge mais avec 430 mètres de montées, il faut, même d’un bon pas, presque une heure pour l’atteindre. Mais sous un ciel d’azur, quel spectacle ! Dans ce cirque majestueux entouré de forêts et hérissé de hautes crêtes rocheuses, le lac est un véritable miroir dont la surface hésite entre plusieurs tons de bleus allant du saphir profond au bleu nuit en passant par un fascinant bleu acier. Bordé de hauts et sombres sapins et de vertes tourbières, les abords ombragés sont des lieux propices à un royal pique-nique et à une impériale sieste ! Profitez bien de la sieste mais n’abusez pas trop des bonnes choses car si vous avez réservé l’après-midi pour faire l’ascension du Roc Blanc, croyez-moi ce n’est pas qu’une partie de plaisir. Pour tout dire, avec à partir du lac, 700 mètres de dénivelé pour une distance à parcourir de 3.300 mètres environ, le Roc Blanc se mérite. Comme je le dis plus haut, ce tronçon, essentiellement rocailleux, est réservé aux marcheurs les plus aguerris, qui n’ont pas peur du vide et qui ont le pied sûr. Certaines portions qu’il faut escalader en s’aidant de ses mains nécessitent une bonne maîtrise de soi. Vous pourrez marcher jusqu’au pied du Roc Blanc mais ne vous aventurez pas dans cette ascension, si vous n’avez les dispositions et les qualités requises. Pour ceux qui comme moi (mais j’étais limite au niveau du vertige à certains endroits) arriverons au sommet, c’est au-delà de la performance sportive, un pur bonheur !  La vue sur le lac est grandiose mais celle à 180° sur toute la chaîne pyrénéenne est vraiment magistrale ! Attention la descente avec quelques raidillons en éboulis et pierriers est aussi difficile que la montée. Alors restez prudent et vigilant !  Lancez-vous dans l’ascension du Roc Blanc essentiellement si le beau temps est présent et bien installé pour plusieurs heures. Depuis le lac, j’ai mis deux heures pour parvenir au sommet, et après une pause d’une demi-heure au pinacle encore une heure et demi pour redescendre jusqu’à l’étang. Mais ces chiffres ne doivent en aucun cas servir de références !  En effet, sur un parcours aussi escarpé et avec un tel dénivelé, aucun individu n’appréhende les difficultés de la même manière et les rythmes d’escalade sont donc automatiquement différents.  Si le grand beau temps est là, alors je vous conseille de consacrer une journée entière à cette magnifique découverte que sont le lac de Laurenti et le Roc Blanc. D’en bas comme d’en haut, vous verrez, vous prendrez du plaisir ! De bonnes chaussures de marche sont très recommandées. Carte IGN 2448 ET Axat-Quérigut-Gorges de l’Aude et 2249 ET Font-Romeu-Capcir.


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