• Le Col de Nédé (1.289 m) depuis Bencarrech (975 m)

    En vacances, il y a des matins où tout nous retient au lit. L’envie de rester au chaud sous la couette, un peu de lassitude, un bon bouquin, un temps que l’on trouve un peu maussade. Ce 3 septembre 2009, Dany et moi, nous réunissions tous ces critères, et dans nos têtes c’était réglé comme du papier à musique : aujourd’hui farniente et surtout pas de randonnée au programme du Couserans ou de l’Ariège ! Perdus et perchés dans la grange isolée de Bencarrech que nous avions louée aux fins fonds du Biros, qui ou quoi aurait pu nous empêcher de déroger à ce désir de rester blottis au fond de notre lit. Quand j’y réfléchis même à posteriori, j’avoue que peu de choses auraient pu nous faire sortir de notre tanière et de notre léthargie pour partir marcher. Et pourtant l’imprévu arrive parfois et alors tous les plans que l’on a longuement échafaudés s’écroulent comme un banal jeu de cartes. Ce jour-là, l’inattendu est arrivé sous la forme d’un chien couché sur le paillasson alors que je m’apprêtais à prendre le petit déjeuner. Un chien si gentil et si joyeux qu’aussitôt on s’attendrit et qu’une seule idée nous vient à l’esprit : ramener ce chien perdu à ses maîtres ! Voilà comment ce jour là par la force des choses, nous sommes tombés du lit. Renseignements pris auprès de nos propriétaires, ce chien tout jeune et tout fou, un braque semble-t-il, s’appelle Vidocq, il vient du hameau tout proche de Bordes d’Espagne et le ramener à son maître ne devrait être qu’une simple formalité. Nous tombons nos pyjamas pour une tenue plus décontractée et comme le hameau de Bordes d’Espagne n’est pas très loin, nous décidons d’y aller à pied par un sentier balisé en jaune qui y descend directement. Une fois arrivé à proximité, on se dit que Vidocq n’aura qu’une seule obsession : partir en courant et retrouver sa niche ! Que nenni, aujourd’hui Vidocq a surtout envie de gambader et à coup sûr, il a su deviner qu’en notre qualité de randonneurs invétérés, nous serions les seuls à la ronde à pouvoir l’accompagner dans ses désirs ! Et comme il est très têtu et que rien ne peut le faire varier, voilà comment une simple démarche pour le ramener à sa niche s’est transformée en une longue marche inopinée. De surcroît comme Vidocq n’est pas un animal à vous suivre comme « un petit chien », le plus souvent, c’est lui qui nous précède et nous qui le suivons. C’est ainsi que de Bordes d’Espagne, on se retrouve à l’entrée du Playras où nous tombons sur le panneau indiquant cette randonnée au Col de Nédé, que par ailleurs on nous avait vivement conseillé de faire. Alors pourquoi ne pas y aller puisque Vidocq a le désir fou de batifoler ; nous le ramènerons quand il sera fatigué ! Voilà nous sommes partis pour quelques kilomètres, une bonne dizaine plus précisément et comme le chien semble heureux, nous le sommes aussi. Parfaitement balisée en jaune et rouge car nous sommes sur le Tour du Biros, la route forestière du Bois de Bouscas est agréable, et malgré un temps détestable, les panoramas sur la vallée du Lez et les villages d’Antras et de Sentein sont plutôt jolis. Très vite, nous arrivons au Col de Blazy où l’oeil porte sur l’autre versant de la montagne, celui du vallon de l’Isard que nous avons longuement arpenté pour aller à l’étang d’Araing et dont nous avons d’ici une vue plus aérienne. Plus nous approchons du col de Nédé et plus les décors s’entrouvrent malgré un plafond nuageux qui lui s’affaisse au fil du temps qui passe. La vision est plus que bouchée en arrivant au col ; dommage, car on nous a dit beaucoup de bien de ce col de Nédé où parait-il les paysages sont magnifiques sur une grande partie du Castillonnais. Vidocq semble enchanté de cette longue balade mais nous le sommes moins quand il disparaît pour fureter, en bon chien de chasse qu’il est, quelques bosquets ou quelques terriers. La truffe toujours en éveil, il part à la recherche de gibiers incertains mais heureusement il réapparaît dès que nous l’appelons. Serait-il devenu obéissant ? Sur le chemin du retour, au col de Blazy, nous bifurquons vers les hameaux de Bordenave et du Playras par un sentier qui descend au milieu des vertes fougères et des bruyères roses. Vidocq se régale à s’éclipser dans ces grands espaces qu’il affectionne tant. Pays des vieilles granges dont certaines ont été rénovées avec goût, ce petit bout du Biros mérite vraiment qu’on s’y attarde. Si le cœur vous en dit, vous pourrez également pousser jusqu’au Pic de Nédé (1.637m) les panoramas y sont parait-il encore plus majestueux. Mais pour effectuer cette randonnée expliquée comptez 2 à 3 heure au maximum sauf si vous vous mettez à cueillir les myrtilles et les mûres qui foisonnent en septembre. Après cette sortie improvisée au Col de Nédé, Dany et moi sommes partis nous recoucher et Vidocq a retrouvé le paillasson de notre grange. Ce n’est que bien plus tard et sous un faible rayon de lune blanchissant la nuit du Couserans qu’il est sans doute rentré chez lui. Le lendemain, en tout cas, il n’était plus là, mais à travers les photos de cette jolie excursion improvisée au col de Nédé, nous garderons toujours en mémoire le souvenir de ce chien très câlin et ô combien attachant ! Carte IGN 1947OT Aspet-Pic de Maubermé Top 25.

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