• Céline du site Internet BlogNomade.com vous propose :

     

    Le plaisir de la randonnée pédestre au Sri Lanka

    Monuments historiques, nature verdoyante, paysages pittoresques formés de montagnes, ce sont ce qui attire les voyageurs venus au Sri Lanka. Un circuit dans ce pays peut débuter à Nuwara Eliya. Située au sud du territoire, cette ville est connue pour la culture du thé. Elle sert de point de départ pour l’ascension du pic d’Adam. Ce dernier est considéré par la population sri-lankaise comme un lieu saint. Afin de l’atteindre, il faut parcourir plusieurs milliers de marches. Durant leur montée, les randonneurs apercevront de magnifiques plaines parsemées de plantations de théiers et pourront rencontrer quelques pèlerins venus se recueillir au pic d’Adam. Arrivés au sommet, ils découvriront une cavité d’environ 2 m creusée dans la roche. Selon les hindous, cette formation géologique est une marque du passage de Vishnu ou de Çiva. Les musulmans l’attribuent au pied d’Adam lorsqu’il est tombé sur terre à la suite de son exclusion du jardin d’Éden. D’autres religions stipulent qu’il s’agit de l’empreinte de Bouddha, de Shiva ou de Saint Thomas.

    Le plaisir de la randonnée pédestre au Sri Lanka

    Découverte du parc national de Horton Plains

    Près de la ville de Nuwara Eliya se trouve le parc national de Horton Plains. Cette aire protégée couvre une superficie de 3 160 ha. Elle est constituée de prairies et de forêts de nuages. Les visiteurs peuvent découvrir toute son étendue en effectuant de la randonnée. Ils apercevront sur leur chemin un magnifique paysage parsemé de « Patana », une sorte de steppes ainsi que des forêts subtropicales sempervirentes. Ces verdures servent de refuge à quelques mammifères tels que le Cerf Sambar, la panthère du Sri Lanka, le macaque à toque et l’écureuil géant de Ceylan. La réserve naturelle abrite également 15 espèces d'amphibiens et 6 espèces de reptiles endémiques, pour ne citer que le Rhino Horn Lizard et le Rat serpent. En outre, la falaise de World's End fait partie des grandes attractions du parc. Elle offre une vue panoramique sur les plaines et les montagnes de Horton Plains. Il y a aussi Baker'sFalls, une cascade de 20 m de hauteur.

    Explorer Kandy et les Knuckles Range

    Pour terminer leur circuit au Sri Lanka, les randonneurs iront à Kandy. Cette ville est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO grâce à ses sites dignes d’intérêt tels que le Palais royal et le « Temple de la Dent ». Ce dernier renferme une relique d’une dent de Bouddha symbolisant la puissance et ceux qui la possèdent détiennent le pouvoir sur le pays. À part cela, Kandy abrite l’un des plus beaux jardins botaniques du globe, celui de Peradeniya présentant une importante palette d’orchidées. En outre, les Knuckles Range font partie des attractions touristiques des lieux. Ces massifs montagneux sont situés à 40 km de la ville et constituent une destination de choix pour faire du trekking. Ils sont composés de plusieurs pics, dont certains ressemblent aux doigts de la main. Parcourir cette merveille naturelle permet de découvrir un paysage époustouflant entre sommets, vallées, rivières, cascades, etc. Il est aussi possible d’y rencontrer des habitants locaux qui vivent uniquement de l’agriculture comme au village de Meemure.


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  • LA BOUCLE DE LA PALME.......depuis La Palme (Aude) par jullie68

    Diaporama sur la musique "Where I Am From"  de Topher Mohr and Alex Elena (free music)

    La Boucle de La Palme depuis La Palme (Aude)

    La Boucle de La Palme depuis La Palme (Aude)


     

    Cette « Boucle de La Palme », balade pédestre audoise dont je vous fais le récit ci-après, je l’avais découverte par hasard sur un site Internet. C’était au tout début du mois de septembre 2014. A l’époque, j’étais à la recherche de renseignements sur le « Sentier du Golfe Antique », randonnée de 75 kilomètres autour des étangs de Bages-Sigean que finalement j’avais réalisée en 3 jours quelques jours plus tard. Je l’avais donc inscrite sur mes tablettes et en ce début avril 2016, j’ai pensé qu’il était temps d’y aller. Un seul regret après cette décision : j’ai bien enregistré un tracé trouvé sur le Net dans mon G.P.S mais je n’ai pas suffisamment préparé cette sortie et notamment la découverte de la commune elle-même dont j’ignorais qu’elle puisse être historiquement si riche. Ce n’est qu’après coup que j’ai pris conscience de ma méprise. A la balade, peut-être aurait-il fallu y adjoindre une visite guidée de La Palme ? En effet, cette Boucle de La Palme est assez paradoxale car les intérêts que l’on peut trouver à la réaliser sont aussi nombreux dans la commune qu’au cours de la boucle elle-même. Enfin, je dis ça à condition bien sûr que l’on soit curieux de tout comme je peux l’être et que la randonnée ne se résume pas au seul aspect sportif. Richesses patrimoniales, architecturales et historiques dans la cité, vestiges agropastoraux, panoramas sur la mer et les étangs, flore et faune de la garrigue méditerranéenne lors de la boucle sont au programme de cette jolie randonnée. Il faut rajouter à tout ça le parc éolien que l’on traverse mais là, je ne sais pas s’il faut être heureux ou pas car je ne suis pas suffisamment calé sur les bienfaits ou les méfaits engendrés par ces installations énergétiques. Une chose est certaine, ma préférence ira toujours à l’éolien par rapport au nucléaire.  A cause de ces nombreuses éoliennes sans doute, cette boucle m’a rappelé la dernière étape du Sentier du Golfe Antique, entre Portel-des-Corbières et Port-la-Nouvelle, que j’évoque plus haut. Il faut dire que les deux itinéraires ne passent qu’à quelques décamètres l’un de l’autre. Un petit bonheur nostalgique et supplémentaire pour moi à cause des agréables souvenirs que j’en conservais. Le jour J, nous sommes le 1er avril; mais n’y voyez aucun malice; je laisse ma voiture à La Palme sur la bien nommée place des Palmiers. Là, je pars à la recherche de la vraie ligne de départ dont je ne connais que le nom : « Chemin des Caveaux ». Cette quête me permet de découvrir la beauté du village et une « bonne » partie de son centre historique. Voilà 40 ans que j’habite le Roussillon et je m’aperçois que j’ignore tout de La Palme, pourtant seulement distante d’une trentaine de kilomètres de mon domicile. Cette découverte imprévue de La Palme se résume à déambuler dans les ruelles, à regarder les monuments, Tour de l'Horloge, ancien pont-levis de Barbacane notamment, puis à les photographier mais j’imagine qu’une visite guidée de la commune aurait été préférable. Je suppose qu’elle existe. Tout en flânant dans la cité, je découvre quelques traits de peinture jaune sur certains murs mais aucun panonceau et aucune indication quand à la balade que je veux réaliser. Alors comment savoir s’il faut les suivre ? Finalement, les quelques indications que j’ai récupérées sur le Net plus le tracé urbain bien que très imprécis enregistré dans mon G.P.S me permettent de m’orienter et de m’y retrouver assez facilement. Je sors de la ville à droite de l’imposante église dédiée à Saint-Jean, d’abord par la rue Lamartine qui se poursuit sur un chemin gravillonneux encadré de cyprès. Les cyprès laissent la place à des vignobles. La vue s’entrouvre sur des paysages de garrigue. Une intersection se présente. Le Chemin des Caveaux est là, à droite comme l’indique une plaque signalétique. Le chemin file toujours entre des vignobles. Sur la droite, une petite colline où s’accrochent de superbes villas les domine. Très vite, les vignes disparaissent et un maquis typiquement méditerranéen prend le relais. Je laisse mon G.P.S allumé car l’itinéraire, au milieu d’autres sentiers possibles, devient moins évident. Le printemps est là et les fleurs de la garrigue me le font savoir. La plupart sont communes mais quelques inconnues viennent se rajouter à mon herbier photographique. Je les fige toutes dans mon numérique. Une cabane en pierres sèches est là, au milieu d’un champ amplement épierré. Je pars la découvrir mais une porte en bois en obture l’entrée. Devant la porte close, la cabane ressemble au « casot » d’un vigneron. Pourtant, il n’y a pas de vigne et les seules plantations domestiques se résument à de jeunes oliviers et à quelques cyprès. Malgré la désolation évidente du lieu, ici la vie a cours même si elle n’est que temporaire. Toutefois, une question reste en suspens : quelle activité peut-on trouver à y faire alors qu’il n’y a rien ? Du farniente ? Je ne trouve que cette explication, laquelle, il est vrai, me convient à merveilles. Je suis parti très tard et midi a déjà sonné depuis trois quarts d’heures. Une table et un banc, tous deux élevés avec d’énormes pierres, le tout bien à l’abri d’un cers rafraîchissant soufflant en direction de la mer, voilà l’endroit rêvé pour pique-niquer. Entre deux éoliennes, une buse plane dans le ciel et j’ai le vague sentiment qu’elle prend de gros risques à flirter ainsi avec les pâles. Elle vient un instant vers moi puis disparaît à jamais derrière une petite pinède. Après le casse-croûte, je prends tout mon temps et m’amuse avec mes appeaux, essayant de faire venir vers moi quelques fauvettes jouant dans les bosquets tout proches. Je repars. Le chemin passe au milieu d’incroyables amoncellements de pierres. Certains ont la forme de grands rectangles et je me demande à quoi pouvaient-ils bien servir ? Enclos à troupeaux ? Anciennes parcelles cultivées ? Le chemin s’élève régulièrement. Les panoramas commencent à se dévoiler derrière moi. À mes pieds, La Palme, si vous me permettez l’expression. Plus loin, un fragment d’étang et quelques petits bouts des Corbières, enfin rien de vraiment folichon dans un ciel devenant trop laiteux vers le sud. Beaucoup plus intéressant, ce semblant de hameau tout en pierres sèches que je viens d’apercevoir sur ma droite. J’y file sans hésiter, enjambant les buissons les plus bas et évitant les ligneux et les épineux les plus agressifs. Dans cet incroyable dédale de caillasses, je regarde constamment où je mets les pieds. Je pénètre à l’intérieur d’une cabane en pierres sèches. Oui, incroyable, ahurissant, inconcevable, monumental sont les adjectifs les plus justes pour qualifier la quantité de pierres que l’on a pu sortir de terre et entasser ici pour élever une simple petit abri d’un mètre carré tout au plus. Des murets d’une longueur invraisemblable, des tas de pierres rangées sur des mètres de haut et de large avec la précision d’un horloger, comme si de cette méticulosité dépendait la survie de ceux qui ont vécu ici. En tous cas, on ne peut être qu’émerveillé par cette architecture à la fois si colossale mais si rustique et donc l’utilité est loin d’être évidente pour le promeneur que je suis. La « capitelle » contraste bougrement avec les deux éoliennes moulinant dans son dos. J’en prends quelques photos. On dirait deux énormes sèche-cheveux et dans ce décor déjà si sec et si âpre, on aurait presque envie de crier « arrêtez de tourner ! Tout est déjà si asséché et si aride ici ! ». Après cette surprenante découverte, la suite devient plus monotone. Seules quelques fleurs nouvelles à photographier et deux pancartes de bois directionnelles balisées en jaune, les toutes premières depuis le départ, retiennent mon attention. Un joli lézard vert somnole au sommet d’un petit amas pierreux. Il détale quand je m’approche. Très vite une intersection se présente et au regard des panoramas qui s’entrouvrent, j’ai le sentiment d’en avoir terminé avec l’essentiel de la déclivité. De nombreux panonceaux de randonnées sont cloués à un poteau coiffé de la mention « Cambouisset ». Parmi tous ces panonceaux, je ne retiens que celui indiquant vers la droite : « La Palme – 6,2 km ». Un coup d’œil sur mon bout de carte au format A4 où j’ai imprimé le tracé pour constater que la large piste que j’emprunte file sur le bien nommé Plat des Graniers. C’est sur ce plateau qu’on était dressé un grand nombre d’éoliennes dans une rectitude à faire pâlir un comanche ou un apache, organisateurs d’une file indienne. Le Plat des Graniers est presque plat, il est en tous cas bien reposant. Je traverse la rangée d’éoliennes et après un virage à 90°, l’itinéraire descend vers les lieux-dits « Chante-Perdrix » et les « Trois Jasses ». Un « Chante-Perdrix » de plus si j’ose dire, après le long examen toponymique et étymologique que j’avais réalisé sur cette appellation lors de ma récente balade à « Canto Perdrix » au départ de Portel-des-Corbières. Ici, je retrouve quelques vignes mais mon attention est surtout captivée par une quantité incroyable d’iris nains de toutes les couleurs. Il y en a des bleus, des jaunes et des blancs, et à ce parterre déjà bien coloré, viennent s’ajouter de nombreuses tulipes sauvages orangées et de minuscules ophrys. Je laisse sur ma gauche une carrière aux monceaux de minerais chamarrés eux aussi. Désormais la descente s’accentue avec de jolies vues en balcon sur la mer, les salins et l’Etang de La Palme. Debout sur leurs planches, quelques fans de glisse « kitesurfent » sur une eau d’un bleu grisâtre. Un panonceau directionnel me stoppe net dans cette descente pourtant rectiligne et m’indique de partir à droite. J’observe mon G.P.S et c’est également la direction à prendre. Je sors mon bout de carte pour constater que le tracé fait le tour d’une modeste colline intitulée « Les Cortals d’Aval ». Comme je le fais le plus souvent, je ne déroge pas à la randonnée proposée et au tracé enregistré dans mon G.P.S me disant qu’il y a sans doute un intérêt à rallonger le parcours en passant par là. En réalité et or mis un petit circuit de gymkhana et de moto-cross sans grand intérêt, la seule importance que je trouve à cette boucle autour des Cortals d’Aval se sont les belles vues plongeantes sur La Palme. Je pense d’ailleurs que cet itinéraire un peu plus long ne sert qu’à ça : voir La Palme dans sa globalité. Depuis le chemin, on embrasse toute la cité mais dans le ciel blafard qui prédomine, cette succession et ce déploiement d’habitations et de bâtiments n’ont sans doute pas le même attrait que sous un ciel bleu et pur. Un peu plus loin encore, je retrouve les belles vues sur l’étang et les quelques kitesurfs glissant dans le vent. Bien trop loin pour être photographié convenablement, un groupe de flamands roses a trouvé refuge dans le petit bassin paisible d’un grau. J’ajuste mes jumelles pour les voir plonger sans cesse et jusqu’au cou leur long bec dans l’eau trouble et la vase à la recherche d’un peu de nourriture. Plus près de moi, deux gros oiseaux s’envolent en poussant des jacassements aigus et vont se poser dans un petit bosquet de pins tout proche. En zoomant avec mon numérique, je reconnais des coucous geai déjà observés lors d’autres randonnées. Après cette jolie découverte et sans trop m’en rendre compte, j’ai atteint le quartier Saint-Vincent. J’y découvre une croix au pied de laquelle claudique un étonnant cormoran. Ce matin, j’avais déjà été surpris de voir un goéland en plein centre ville mais là, je l’avoue, cette nouvelle présence ornithologique me surprend encore plus. Avec sa démarche oscillante et nonchalante, j’ai le sentiment que l’animal est blessé et je tente de m’en approcher. Mais non, il s’envole sans problème alors que je suis à moins d’un mètre de lui. Une fois sur le Chemin de Saint-Vincent, je comprends mieux cette présence que j’ai pensé singulière sur l’instant. Ici s’écoule un petit ruisseau où barbotent de nombreux colverts. J’y découvre même une Aigrette garzette bien occupée à chercher pitance et apparemment peu inquiète de ma présence. Le ruisseau alimente de vieux lavoirs puis son chenal se poursuit vers l’étang. Le Chemin du Lavoir m’amène vers le magnifique Square Désiré Pech. Avec son joli étang et son vieux moulin de la Peïssero, c’est bien plus qu’un simple square ou qu’un simple jardin public. J’en fais le tour et profite de sa quiétude pour finir les restes de mon casse-croûte assis sur un banc. Quelques colverts ont déjà trouvé un intérêt à s’approcher de moi mais ils arrivent trop tard, je n’ai vraiment plus rien à leur donner à manger. Il est 16h30. Je laisse les palmipèdes de La Palme à leur fringale. De coup, ils repartent palmer. Peut-être est-il temps de rejoindre ma voiture ? Mais où est-elle au juste ? Une fois encore mes pérégrinations dans les ruelles m’entraînent vers le centre-ville où je retrouve tous les monuments découverts ce matin plus quelques autres comme l'église Saint-Jean et le château. Décidément, j’aime bien La Palme et cette cité mérite une visite plus approfondie. Et puis quand on est randonneur, comment ne pas aimer une commune où il existe un « Chemin des Poutous » ? Des poutous, en voilà justement ! Un couple de tourterelles s’embrasse à pleine bouche. Enfin, plutôt à plein bec ! Pas de doute, le printemps s’installe ! Concernant mes connaissances de la ville, je me dis que dans l’immédiat je me rattraperais en compulsant la riche documentation que je trouverais probablement sur Internet même si je reste persuadé que le faire au préalable aurait été plus judicieux. Finalement, ma voiture est là sur le parking de la place des Palmiers. Palmiers, La Palme, une cité pleine de palmipèdes, y aurait-il un quelconque rapport toponymique (*) ? Je me dis qu’en rentrant à la maison, il faudra que je pense à vérifier tout cela aussi. Telle qu’expliquée ici et incluant toutes les « sorties de piste » et mes divagations dans les ruelles, cette Boucle de La Palme a été longue de 11,460 km pour un dénivelé de 101 mètres. Les montées cumulées ont été de 253 mètres. Sur la plupart des sites Internet et certains topo-guides, elle est donnée pour une distance de 9,5 km et réalisable en 2h30. Comme toujours, j’en ai mis presque le double mais alors que de jolies choses entrevues ! Carte 2547 OT Durban – Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25.

    (*) Toponymie de La Palme : le nom daterait du 4eme ou 5eme siècle et aurait pour origine le retour de pèlerins en provenance de Jérusalem. Ces derniers avaient pris l’habitude de revenir de la Terre Sainte avec une branche de palmiers à la main. Cette palme dite « palme de Jéricho » était la preuve la plus éclatante et la plus glorieuse de leur pèlerinage et bien évidemment ils étaient fiers de la mettre en exergue auprès de ceux qui étaient restés au pays. La meilleure manière de se prévaloir de cette fierté était de déposer « la palme » sur l’autel de la paroisse lors d’une cérémonie religieuse ou d’une procession. De cette coutume qui ne concernait que quelques personnes, les pèlerins revenant d’Orient,  la population autochtone se serait mise à les appeler les « Paulmiers » ou les « Paumiers », le nom variant selon les régions. S’installant et faisant souche dans ce secteur de l’Aude, cette appellation aurait fini par donner le nom de « Palman » à un embryon de cité, cité qui par la suite serait devenue « La Palme » au fil du temps.

     

     

     

     


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  • LES CONTREFORTS DES MONT TAUCH depuis Maisons... par jullie68

    Diaporama sur des musiques jouées à l'harmonica par Mimid Allouat

    Les Contreforts des Monts Tauch depuis Maisons (Aude)

     

    Les Contreforts des Monts Tauch depuis Maisons (Aude)


     

    Cette randonnée que je vous conte ici, je l’ai trouvée sur l’excellent site Internet « Visirando » sous la dénomination « Les Contreforts du Mont Tauch ». Ma version est un peu personnelle car j’y ai rajouté une courte variante. Dans des versions quasi identiques à celle de Visirando, certains topo-guides la proposent sous l’intitulé « Balades à Maisons » ou « Autour de Maisons », Maisons étant la petite commune audoise servant de ligne de départ. Toutes ces appellations sont justes mais n’ont pas mon entière adhésion. Je m’en explique. Je n’aime pas les appellations « Balades à Maisons » ou « Autour de Maisons » car je trouve que ça fait un peu « tour du pâté de maisons », ce qui n’est pas vraiment le cas. En effet, avec ses 20 km de distance, cette randonnée est plutôt longue. Quand à la désignation « Les Contreforts du Mont Tauch », elle me paraît bien trop réductrice car elle ne correspond pas à la réalité du parcours, l’itinéraire étant très loin de se cantonner aux flancs de cette montagne audoise. Personnellement, je préfère ma version plurielle « Les Contreforts des Monts Tauch », même si elle peut paraître tatillonne. En effet, si l’on prend un recul suffisant en regardant la carte I.G.N, on constatera qu’il y a en réalité deux « Mont Tauch ».  Le premier se trouve au sud-est de Maisons. C’est la notoire Montagne de Tauch, longue plate-forme calcaire avec son point culminant le Pech de Fraysse situé à 916,5 mètres d’altitude. Si je dis notoire c’est parce que la crête de cette montagne est bien connue des randonneurs car on y trouve aussi l’Enseigne plus communément appelée la Tour des Géographes qui se dresse à 878,5 mètres. Ce sommet est célèbre pour avoir été jadis un jalon sur la Méridienne de France. Il est désormais occupé par une imposante antenne de télécommunications et de nombreuses éoliennes. Cette Montagne de Tauch offre d’incroyables panoramas à 360° et de ce fait, elle est devenue une incontournable randonnée pour de nombreux clubs de marche. Dans mon blog, j’ai déjà eu l’occasion d’expliquer une balade à la Tour des Géographes au départ de Padern. Le deuxième « Montauch » est une petite colline se trouvant au nord de Maisons à l’altitude de 599,4 mètres. En réalité, elle est dans le périmètre de la commune de Palairac. La boucle proposée sur le site Visirando file vers cette colline, s’approche d’un de ses flancs mais n’y va pas réellement. Moi, je suis allé découvrir cette colline car j’avais lu sur Internet qu’il s’agissait d’un haut-lieu de l’exploitation minière audoise. Vous noterez la nuance dans la manière d’écrire « Montauch », et pour cause,  cette seconde dénomination serait apparemment une erreur des géographes de l’I.G.N. Ils ont écrit « Montauch » au lieu de « Monthaut », la « montagne haute ». L’erreur reste néanmoins excusable car la toponymie du mot « Tauch » aurait pour origine la racine indo-européenne « kuk/tsuk » dont les nombreux dérivés oronymiques « tuc/tous/tos/taus », pour n’en citer que quelques uns,  signifient plus simplement  « une tête », « un sommet », « une hauteur », « une élévation ».  Je m’engouffre donc dans ce minuscule lapsus comme dans une brèche pour mettre au pluriel l’intitulé de ma balade puisque j’ai largement emprunté les contreforts de ces deux « monts ».

    A Maisons, le départ de cette longue boucle démarre indifféremment depuis la place du village ou du plan d’eau, la distance les séparant s’effectuant de toute manière soit au départ soit au retour. Personnellement, j’ai choisi le plan d’eau où sans problème, j’ai pu laisser ma voiture. Il faut dire qu’à l’instant même où je traverse Maisons, un groupe de randonneurs vient de démarrer du village. Ils ne me rattraperont jamais mais je fais en sorte qu’il en soit ainsi car je les trouve bien trop bruyants à mon goût. Aujourd’hui, je suis seul et j’ai envie de marcher avec sérénité et dans la discrétion des bruits de la nature. Le départ s’effectue face à un jeu d’enfants. J’emprunte la large piste qui monte à droite de l’étang et d’emblée j’accélère le pas. Je ne flâne pas comme je le fais d’habitude et je garde le même rythme soutenu assez longtemps. Je commence vraiment à lambiner dés lors que le son de mes bruyants condisciples s’est suffisamment estompé. Finalement, les voix disparaissent à jamais de mon radar auditif au moment même où je laisse sur ma droite le dôme boisé du Montrouch. Une demeure en pierres joliment restaurée trône à son sommet. Sans doute s’agit-il de la bergerie mentionnée sur la carte. La documentation que j’ai pu lire de ce lieu, semble-t-il privé de nos jours, raconte que cette bergerie a été élevée avec les pierres d’un vieux château médiéval dont il ne reste presque plus rien aujourd’hui. Ce château, que l’on retrouve dans un texte de 1208 sous le nom de « forçia du Mont Rubeo », le « fort du Mont Rouge » avait été édifié ici en 1170 par Pierre-Olivier, seigneur de Termes. Comme de nombreux autres fortins, au nombre de 28 selon les historiens, celui-ci était là pour défendre une fraction du puissant territoire de cette dynastie seigneuriale. Les seigneurs de Termes ont régné sur plus de 70 villages et hameaux et ont dominé pendant presque trois siècles toute cette partie des Corbières. Voilà pour la petite histoire de Montrouch. Le balisage est jaune mais parfois peu visible, alors par sécurité j’allume mon G.P.S et me fie à la fois au trajet Visirando que j’ai enregistré mais aussi à celui du terrain. Une fois encore, j’ai le nez creux car le trajet « Visirando » s’avère faux à l’endroit même qui est indiqué comme étant l’intersection de ce P.R avec le célèbre G.R.36. Quoi qu’il en soit, le G.P.S n’est pas totalement superflu car le parcours en question n’est pas spécialement bien balisé même si l’on y trouve quelques cairns et des rubans attachés à quelques branches. Les chemins de traverse sont suffisamment nombreux sur toute cette boucle pour que l’on puisse s’égarer avec ou sans étourderie. Au départ, l’itinéraire s’élève régulièrement, passe de l’altitude de 296 mètres au plan d’eau à celle de 620 mètres à l’intersection avec le G.R.36. Normal car il file droit vers les contreforts de la Montagne de Tauch. Ici, la longue table calcaire que l’on est habituée à voir depuis son versant oriental, c'est-à-dire du côté de Tuchan, ressemble à une colline oblongue profusément boisée d’une forêt olivâtre dans le moindre de ses interstices. Sur sa crête, les ailes blanches et tournoyantes de nombreuses éoliennes se détachent en gobant une douce tramontane. Bien trop douce en tous cas, car elle éprouve les pires difficultés à se débarrasser des gros cumulus qui arrivent sans cesse du nord. Sur ce tronçon, or mis de superbes panoramas sur tout le secteur mais surtout vers le Canigou et le Bugarach, tous deux encore bien enneigés, pas grand-chose à mettre dans le ventre de ma carte mémoire photographique. La plus belle image reste néanmoins le château de Quéribus, bastion inexpugnable, qui apparaît comme posé sur le flanc d’un Canigou opalescent. Ici, pas encore de papillon, peu de fleurs et peu d’oiseaux dans cette garrigue méditerranéenne mais subissant des influences montagnardes certaines. Je m’ennuie un peu car je m’attendais à trouver une faune et une flore un peu plus visibles. Ces absences ont-elles un rapport avec la présence désagréable d’une ligne électrique à haute tension traversant tout le décor ? Heureusement, la suite va être un peu plus généreuse. Le tracé Visirando étant faux, il me faut marcher plus de 800 mètres de mieux pour trouver la bonne intersection avec le G.R.36, de manière quasi rectiligne il est vrai. Là, je découvre les premiers panonceaux directionnels depuis le départ. Le traditionnel balisage blanc et rouge du G.R file à droite vers le « Sommet du Tauch » et à gauche vers le « Col de la Garde ». Cette dernière direction est la bonne et j’en profite pour souffler un peu car le sentier est plutôt bon et plat sans réelle déclivité or mis un tout petit mamelon à franchir au pied du Pech de la Gardiole. Ce mamelon représente le point culminant de cette balade à 638 mètres d’altitude. Sur deux kilomètres environ, ce sentier file en balcon au dessus de Maisons, de son beau vallon et de ses sombres forêts, puis c’est une descente un peu scabreuse car caillouteuse, argileuse et ravinée vers la Serre de Barbaza. Là, je retrouve une nouvelle piste forestière et un second lot de panonceaux : « Notre-Dame de Faste » à droite et « Maisons » à gauche. Je tourne à gauche en empruntant cette agréable et large piste qui file au milieu des magnifiques et embaumantes bruyères arborescentes. Magnifiques et embaumantes car amplement garnies de jolies gerbes de fleurs blanches en cette saison. Le Col Lemercier est atteint. Je ne m’y attarde pas car il est encombré d’un colossal pylône à haute tension. Le seigneur Canigou avec sa cape blanche apparaît presque ridicule entre les pieds de ce géant d’acier. Cette curieuse image donne l’impression d’une lutte inégale entre une affreuse et gigantesque modernité et une beauté sauvage qui serait réduite à une portion congrue. Heureusement, pour avoir gravi le Canigou l’an dernier, je sais qu’il n’en est rien. L’électricité passe partout y compris à travers la splendeur, la dénaturant au passage mais je sais que sans elle, je n’aurais pas pu écrire ce récit et qu’il n’y aurait pas de blog. J’oublie rapidement le géant d’acier en lui tournant le dos. Je descend en pente douce vers un autre col, celui de Ferréol, guère plus intéressant puisque exclusivement asphalté car à l’intersection des départementales D.39 et D.123. Je traverse le carrefour où seule une étonnante stèle en forme de montjoie annotée de difficiles inscriptions ralentit ma marche en avant. Je n’en comprends pas exactement tout le sens mais il y est question d’une donation avec le mot « donne », d’un « mestre Jean », de « Jésus de Nazareth » et d’une date : « 1862 ». La suite de la direction à prendre, je la trouve sur mon G.P.S et c’est très clairement la même que celle d’un panonceau annonçant « G.R 36 – Palairac ». Une large piste débute mais je la quitte presque aussitôt par la gauche car d’autres panonceaux se présentent. Ils se suivent et se ressemblent : « Villerouge - Palairac » toujours avec la fameuse empreinte blanche et rouge propre aux G.R. Je quitte le large chemin au profit d’une sente qui s’élève doucement laissant entrevoir de nouveaux panoramas. La Montagne de Tauch est désormais derrière moi et je file vers l’autre Montauch, le faux, l’usurpateur de patronyme. Toujours bien estampillé de blanc et de rouge, l’itinéraire jusqu’au Col de Couise devient plus évident et sans réelle difficulté. J’ai éteint mon G.P.S. Je le rallume en arrivant au col car là et comme prévu, je dois filer vers les contreforts du deuxième Montauch, en réalité le Monthaut si j’en crois l’excellent site Internet consacré aux mines de Palairac. Je suis là pour ça, pour découvrir une partie des anciennes mines de ce village audois avec l’espoir de compléter ma collection de « pierres » de quelques jolis fragments de minerais. Je suis pétrophiliste ou pétrophile. Enfin, j’ai à la fois l’espoir d’en trouver et d’apercevoir quelques vestiges car il se dit que dans ce secteur, certains filons auraient été déjà exploités par les Maures, les Romains et peut-être même par les Gaulois, sans compter tous les autres qui ont suivi. Parmi ces filons, du fer bien sûr mais aussi de l’argent, de l’or, du cuivre, du plomb et quelques autres minerais bien précieux comme de l’antimoine ou de la barytine et bien d’autres encore qu’il serait trop fastidieux de citer ici. Des roches si précieuses, que toutes ces mines ont été depuis toujours source de conflits entre les différents seigneurs locaux, les Termes et les moines de l’Abbaye de Lagrasse notamment. Elles ont même servi de monnaie d’échange dans des traités royaux. Le large chemin que j’emprunte est bon et agréable car il domine amplement toute la région. C’est d’ici que les paysages sont les plus aériens. J’en profite pour m’arrêter et déjeuner, assis sur une pierre au bord du chemin, les jambes ballantes au dessus d’un modeste vide se terminant par la dense canopée de quelques feuillus. Apparemment, les passereaux sont bien plus présents sur ce Montauch-là.  En tous cas, ils en passent beaucoup au dessus de ma tête mais peu semblent vouloir s’arrêter dans le bois avoisinant. Je photographie néanmoins deux ou trois oiseaux sans doute plus sédentaires. Au loin, je constate que la Montagne de Tauch, la bien nommée, a retrouvé sa forme tabulaire si coutumière. Seule déception, les mines que je découvre après le pique-nique ne sont pas à la hauteur de mes espérances, en tous cas par rapport à ce que j’avais pu en lire. J’avais lu qu’il y avait en son temps 71 zones d’extraction à ce « Monthaut » et je ne découvre qu’une ou deux mines à ciel ouvert, un petit aven et une galerie au bord du chemin dans laquelle je n’ose guère m’engouffrer car la plupart des étaies gisent à terre. Quand aux échantillons de minerais que j’avais espoir de rajouter à ma collection, je ne trouve rien de vraiment folichon. Un seul bonheur dans ce monde souterrain peu attractif avec la présence d’un couple de chauve-souris que je peux photographier car elles semblent encore en hibernation et peu effarouchées de ma présence. Le chemin paraît faire le tour de la colline mais finalement je trouve une petite sente qui semble vouloir m’entraîner vers le sommet. La sente ressemble à un véritable labyrinthe encadré de hauts buis. J’ai la crainte de m’y perdre mais le désir de découverte est plus fort. Après maints zigzags dans un bois très touffu, le dédale se termine près d’un minuscule « barrenc » rempli d’une eau très claire et au dessus d’un aven bien plus profond et caverneux que le premier. Enfin, bien trop profond pour moi ! Je n’envisage pas une seule seconde d’y descendre car j’estime que ça ne serait pas bien prudent. De toute manière, j’angoisse déjà à l’idée de faire demi-tour et de me retrouver face à face avec ce sous-bois compliqué qui m’a mené jusqu’ici. Finalement, plus de peur et aucun mal car je retrouve assez facilement l’itinéraire pris à l’aller. Seul vrai intérêt à ce deuxième Montauch, outre les paysages aériens, une laie et ses trois rejetons que j’ai dérangés mais qui sont venus s’inscrire dans mon bestiaire photographique. Après cette virée vers ce dernier contrefort, je retrouve le G.R 36 au col de Couise puis à nouveau la D.39. Une fois encore, et pour la continuité et l’orientation du parcours, je fais confiance au tracé Visirando que j’ai également imprimé sur un bout de carte I.G.N. Le tracé édité est très clair, il me faut descendre la D.39 vers la gauche jusqu’au col de La Bousole. Sur la route bitumée, une jolie paroi rocheuse creusée d’excavations freine mon ardeur. Il s’agit d’anciennes carrières des 18 et 19eme siècles. Dans la cavité, l’eau a fait son œuvre sous la forme de quelques charmantes draperies et pétrifications diverses. Je les photographie puis je ramasse quelques fragments cristallisés gisant à terre au milieu des éboulis. La D.39 puis un chemin tracé sur mon bout de carte m’emmènent directement hors boucle vers la mine de La Canal. Au passage, j’aperçois la galerie de la mine de l’Aiguille fermée par une grille. Il en va de même pour celle de La Canal qui se résume à une galerie d’exhaure qui est donc commune avec le lit d’un ruisseau, celui de Canal. Cet aller-retour depuis le col de la Bousole est presque inutile et peu enrichissant car toutes ces galeries souterraines sont fermées par des grilles et donc inaccessibles par mesures de sécurité. Alors je râle un peu car il se dit qu’elles sont bien conservées malgré une exploitation vieille de 2000 ans mais finalement je comprends que la sécurité soit prioritaire. Ne pourrait-on pas les sécuriser et être ainsi en mesure d’organiser des visites touristiques au moins pour les randonneurs de passage ? Au retour, j’oublie le bitume de la D.39 au profit d’un large chemin qui s’enfonce et descend dans une forêt de grands résineux. « O.N.F - Forêt Communale de Maisons » indique un panneau à l’orée de celle-ci. De gros bolets biscornus et jaunes y poussent à profusion mais il y a d’autres champignons, des blancs notamment, peu engageants car trop flasques mais presque aussi volumineux que les jaunes. Or mis de les cueillir en photos et d’en chercher leurs noms sur Internet ou dans des guides spécialisés, les champignons ne m’intéressent guère à cause de leur dangerosité. Il faut avoir un Q.I de 200 pour arriver à tous les connaître et surtout à différencier les comestibles des toxiques, raisons pour lesquelles les gens ramassent toujours les mêmes. Je préfère nettement découvrir le patrimoine même s’il est vétuste comme c’est le cas ici. Pour cela, il n’est pas rare que je quitte l’itinéraire principal. Ici par bonheur et comme dans toute cette région, les vestiges miniers et ceux de vieilles bergeries sont presque aussi nombreux que les champignons. Au sein du Plan Pastou, entre Sarrat de la Saquette boisé d’un côté et Coume de l’Ausi verdoyante de l’autre, je prends enfin plaisir à divaguer sous l’ombrage d’immenses conifères. Malheureusement l’ombre ne dure pas, pas plus que mes divagations car elles ont la fâcheuse propension à rallonger une balade déjà suffisamment longue. Quand le soleil se remet à darder, je découvre très singulièrement un grand boqueteau de mimosas en fleurs, sans doute le reliquat d’une ancienne plantation qu’un vieux berger du coin ou peut être un mineur avait planté car il aimait les arbres fleuris. Les paysages s’entrouvrent de nouveau, toujours vers la Montagne de Tauch et ses éoliennes. Je les aperçois alignées sur sa crête comme de grands ventilateurs blancs. En tous cas, l’air qu’elles brassent n’arrive pas jusqu’à moi et c’est sous une chaleur suffocante pour la saison que je descends vers la Bergerie de Courdure. La bergerie que je découvre est un joli mas au bord de la D.123. Ici commence la partie la plus laborieuse de cette randonnée car la D.123 menant vers Maisons se confond avec la fin de cette boucle soit 2,5 km d’asphalte avant de retrouver ma voiture au plan d’eau. Par bonheur, quelques fleurs, des passereaux et un rapace ainsi qu’un inattendu mausolée ont la délicatesse de divertir mon esprit et mon appareil photo sur cette portion tout en descente. Je retrouve le hameau pour une rapide visite mais autant l’avouer le plan d’eau reste sa partie la plus captivante. « Pêche autorisée, baignade interdite » annonce une grande pancarte. J’en suis presque à regretter que ce ne soit pas le contraire tant je finis tout en sueur cette longue randonnée. J’envie le colvert qui y barbote nonchalamment. Il vient vers moi et caquette à tout va, en me regardant dans l’attente d’une offrande. Il a de la chance ce colvert car un paquet de « Petit Beurre » encore intact dort au fond de mon sac à dos. Le colvert est gourmand et moi aussi. A nous deux, le paquet passe à la trappe de nos becs respectifs. Mais le « Donald Duck Maisons » peste quand j’arrête mes largesses et me le fait savoir en se mettant debout et en battant violemment des ailes. Je laisse le canard capricieux à ses fantaisies et je termine la balade par le tour du plan d’eau qu’alimente le petit Ruisseau des Bacs. Le canard continue de me suivre mais finit par comprendre que le « resto » est définitivement fermé. Après cette longue balade sous un chaud soleil, heureusement pas toujours présent car parfois dissimulé derrière de gros nuages, ce dernier tour est rafraîchissant car je peux tremper mes pieds dans l’eau froide du ruisseau. Telle qu’expliquée ici, cette randonnée a été longue de 20,800 km pour des montées cumulées de 1.200 m, chiffres extraits de mon G.P.S. Bonnes chaussures de marche, eau et alimentation en quantité suffisante sont recommandées sur ce parcours et ce d’autant si vous y allez un peu plus tard dans la saison. N’oubliez votre obole pour le canard, il sera peut être encore là aux beaux jours ! Il est capricieux mais si beau avec son col vert si rutilant ! Carte IGN 2447 OT Tuchan – Massif des Corbières Top 25.

     


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  • LE GOUFFRE DE L'OEIL DOUX à Saint-Pierre-la-Mer... par jullie68 

    Le Gouffre de l'Oeil Doux à Saint-Pierre-la-Mer (Aude)

    Le Gouffre de l'Oeil Doux à Saint-Pierre-la-Mer (Aude)


     

    Samedi 5 mars 2016. Il est 6h du mat. Tout en prenant mon p’tit déj, je suis entrain de me demander si je ne vais pas aller randonner avant de rejoindre Dany qui est en cure à Balaruc-les-Bains. Soins matinaux obligent, j’ai quelques heures à perdre avant ce déplacement. Il me suffit d’arriver à Balaruc dans le milieu d’après-midi et tout sera parfait. Alors pourquoi ne pas occuper cette agréable matinée par une petite balade pédestre et pourquoi ne pas en trouver une sur le trajet depuis Perpignan ? Aussitôt dit, aussitôt fait et une fois encore, la carte I.G.N vient à mon secours pour trouver la petite promenade quasi parfaite : le « Gouffre de l’Oeil Doux ». C’est le nom du lieu-dit sur lequel je jette définitivement mon dévolu. Situé dans l’Aude et plus précisément au sein de la Montagne de la Clape, à proximité de la petite commune nautique de Saint-Pierre-la Mer, plusieurs boucles plus ou moins longues semblent envisageables autour de ce gouffre.  J’en dessine une sur mon logiciel CartoExploreur dont le contour paraît convenir au temps que je veux y consacrer : 2 heures environ pour une distance de 5,2 km. Autant dire que ce n’est pas aujourd’hui que mon rythme de flâneur invétéré va se métamorphoser en sprinteur ! Autant l’avouer aussi quand j’ai aperçu ce nom pour la première fois sur la carte, ma curiosité a décuplé. Que se cache-t-il derrière ce nom assez équivoque de « Gouffre de l’Oeil Doux » ? Le mot « gouffre » a une connotation « négative » car « risquée » voire « périlleuse » faisant inévitablement penser à un « abîme » mais « l’Oeil Doux » vient contrebalancer ce « mauvais aspect » et laisse imaginer un « regard bienveillant ». Alors sur Internet, je me mets rapidement en quête de tous savoir à son sujet. Si la toponymie (*) de l’ « Oeil Doux » est bien expliquée et facile à trouver, le gouffre, lui, est ce que l’on appelle scientifiquement un cénote (**), mot que je découvre également pour la première fois. Décidément, ce samedi commence bien et je sens que ça va être un jour ludique et enrichissant !  Les photos que je découvre sur le Net montrent un petit lac verdâtre entouré de hautes falaises calcaires. La lecture des nombreux sites qui lui sont consacrés le décrive comme très énigmatique car les légendes et les réalités semblent constamment se chevaucher. La tradition par exemple raconte que le célèbre commandant Cousteau y serait venu plonger pour mettre fin à l’aspect mystérieux de l’origine de ses eaux. D’autres disent que tout ça n’est qu’une fable. Au-delà des explications géologiques très intéressantes car peu communes et assez insolites que je découvre à son sujet, ce qui frappe quand je fais des recherches, ce sont tous ces faits divers que se sont accumulés à son propos ces dernières années. Des faits divers le plus souvent macabres car se terminant malheureusement par la mort de leurs acteurs : accidents de plongée meurtriers, plongeons de la falaise fatals, noyades, hydrocutions, suicides, j’en passe et des plus horribles et le gouffre a même servi de « planque » pour un assassin qui a voulu y cacher sa petite amie après l’avoir étranglée. Le gouffre n’a donc à priori rien de doux et c’est normal quand on approfondit son étonnante toponymie. Il s’agit d’un pléonasme toponymique (*). « L’Oeil Doux » c’est également le nom du vaste « plan » qui le domine ainsi que celui d’une ancienne bergerie aujourd’hui transformée en écomusée. « Le lac, œil du paysage » écrivait Victor Hugo mais ici, « l’Oeil Doux », c’est médiatiquement bien plus qu’un simple lac, c’est une fabrique à faits divers. J’ai enregistré le tracé dans mon G.P.S, préparé mon sac à dos, acheté quelques victuailles pour le pique-nique et quand je pars vers le « Gouffre de l’Oeil Doux », voilà en résumé les principales données que j’ai de lui.  Je pars pourtant en balade sans appréhension vers cet objectif que certains pourraient considérer anxiogène. La balade, elle, démarre, sur la départementale D.1118, au lieu-dit le Réveillou. J’y laisse ma voiture sur un grand parking agrémenté d’une aire de pique-nique bien agréable car à l’ombre d’une jolie pinède. La boucle que j’ai dessinée commence ici et il suffit de suivre une large allée encadrée d’une clôture pour être d'emblée sur le bon itinéraire. Quand les palissades se terminent, j’ai immédiatement les deux pieds dans une garrigue typiquement méditerranéenne et comme les panonceaux indicatifs sont bien présents, la suite ne me pose aucun problème d’orientation. Il suffit de choisir le sentier de droite ou de gauche. Le balisage est de couleur jaune. Moi, je prends celui de droite pour démarrer et je reviendrais par celui de gauche pour finir. Outre les panonceaux directionnels, il ne faut pas oublier de lire un grand panneau sur lequel ont été énumérées toutes les recommandations de prudence. Elles ne sont pas superflues et en tous cas, bien en corrélation avec tous les accidents que j’ai pu lire dans les différents faits divers rapportés par les médias. Au sein du maquis, il ne faut que quelques minutes pour être au bord de la falaise et surplomber le cénote. Comme indiqué sur le panneau informatif, le pourtour de la falaise nécessite une grande prudence et une attention de tous les instants surtout si l’on s’y approche au plus près comme je le fais moi-même. Pour faire des photos aériennes du gouffre, je prends quelques risques mais que j’essaie de mesurer et de maîtriser au mieux. Je me mets sur le cul quand j’estime qu’il y a danger à rester debout et ce d’autant plus, qu’un « bon » cers souffle vaillamment. Les photos sont d’autant plus difficiles à prendre que la luminosité n’est pas parfaite avec un soleil au zénith mais dans un ciel bien trop laiteux et parfois même nuageux. Heureusement les nuages poussés par le vent filent vers la mer. Je fais le tour de la falaise par la droite pour rejoindre la rive du petit lac. La fin de la descente est assez scabreuse car selon l’endroit, elle peut être rocheuse, caillouteuse, ravinée ou glaiseuse et regroupe parfois plusieurs de ces désagréments. Je redouble de vigilance. Le rivage ne présente guère d’intérêts si ce n’est que la mare apparaît encore plus petite que d’en haut et que quelques oiseaux viennent y batifoler dans les joncs, les prunelliers, les églantiers et les amandiers, tous en fleurs à cette époque de l’année. Moi, qui suis toujours attiré par la moindre flaque d’eau, je comprends aisément qu’en été la tentation de venir s’y baigner soit grande malgré les interdictions et les risques avérés. Après cette jolie mais brève découverte, je pars vers la bergerie mais elle est fermée et bien évidemment l’écomusée aussi. Là, quand on tourne le dos à la bergerie, j’emprunte à droite un large chemin longeant des vignes. Il file rectiligne, traverse un petit bois de pins et retrouve une autre vigne de l’autre côté. Je traverse cette vigne qui m’amène directement à la lisière de l’étang de Pissevaches. Ici, les abords de l’étang sont des zones quasi inaccessibles car humides et largement embroussaillées. Ils ont des airs de savane africaine et je m’attends presque à voir surgir la faune qui va avec. Mais non, ici pas d’éléphants, pas de rhinocéros, pas de zèbres, pas d’antilopes, ni aucun méchant fauve comme on peut en voir en liberté à la Réserve de Sigean. Tout est parfaitement calme et seuls quelques passereaux et limicoles se laissent photographier et s’envolent quand je tente de m’en approcher au plus près. A proximité de petits bassins, j’ai enjambé une clôture pour me rapprocher au plus près des oiseaux mais très rapidement mes pieds s’enfoncent dans ce milieu tourbeux et mes chaussures se remplissent d’eau. Je fais demi-tour. Outre les oiseaux, quelques papillons tourbillonnent à la recherche d’un peu d’humidité. Ce n’est pas ce qui manque car il a du pleuvoir la veille ou l’avant-veille et c’est un ballet incessant de passereaux et de lépidoptères. Les papillons sont quasiment toujours les mêmes mais les bruns Tircis sont de très loin les plus nombreux. Une large piste longe cette « savane » et file vers l’Oustalet où se trouve un charmant centre équestre. Charmant car outre les chevaux, les ânes et les nombreux poneys, il y a une ferme où l’on peut emmener les enfants en visite. Le lieu est un « site naturel protégé », à la fois ouvert et boisé et ce décor contrasté ajoute à sa beauté. Une demi douzaine de panonceaux de randonnées finissent de me persuader de l’intérêt qu’il y a à y revenir un jour ou l’autre, peut être avec mes petits-enfants qui viennent souvent en vacances à Gruissan : « Sentier des vignes et de la garrigue », « Sentier du Pech de la Bade », « Sentier des cistes et du romarin », « Sentier des Cayrols », « Sentier d’interprétation de l’Etang de Pissevaches », « La Clape à pied autour de l’Oeil Doux », tous ces parcours étant soient facilement réalisables à pied ou soient en VTT pour certains d’entre eux. Après, l’Oustalet, l’itinéraire en garrigue pourrait paraître plus monotone mais il n’en est rien car le sentier s’élève et d’amples panoramas s’entrouvrent sur le Golfe du Lion : les Terres Salées, les Cabanes de FleuryValras-Plage et bien plus loin encore sur toute la baie et vers Sète dont on aperçoit le Mont Saint-Clair à l’horizon. Outre, les beaux paysages vers la Méditerranée, le chemin alterne pinèdes, vignobles et garrigues à bruyères arborescentes où de nombreux passereaux semblent y trouver un biotope à leur parfaite convenance : fauvettes, pipits, pinsons, serins et chardonnerets s’y rencontrent en « bonne » quantité. Se sont-ils sédentarisés ou bien ne sont-ils que de passage dans leur longue migration ? En tous cas, je prends beaucoup de plaisir à tenter de les photographier. Après ce long entracte ornithologique, la balade touche à sa fin. Je retrouve le parking et l’aire de pique-nique ombragée. Comme prévu, j’ai mis deux heures pile pour boucler cet agréable parcours. A cause des passereaux omniprésents, j’aurais pu aisément en mettre le double. J’ai encore un peu de temps devant moi avant de poursuivre vers Balaruc, alors j’en profite pour sortir le casse-croûte du coffre de ma voiture et passer quelques minutes supplémentaires ici, à l’ombre des grands pins, entre Oeil Doux et Réveillou. Deux noms prédestinés ? Je ne sais pas ! En tous cas, après ce frugal déjeuner, je m’allonge sur les ramilles et mes yeux, dont je ne sais pas si ils sont doux, ont une fâcheuse tendance à ne pas vouloir rester « réveillés ». Je somnole mais quelques gouttes de pluie viennent me sortir de cette torpeur. Il est temps que je file vers Balaruc. La balade telle qu’expliquée ici a été longue de 5,2 km. La déclivité est négligeable puisque du niveau de la mer jusqu’au point culminant, il y a tout juste 52 mètres d’écart. Carte IGN 2546 OT Narbonne Top 25.

    (*)L’œil Doux  vient du mot composé occitan « Uèlh Dotz » qui est un pléonasme toponymique, ce type de pléonasme étant assez courant en toponymie. C’est ainsi que « l'œil » a pour signification la source au sens d'ouverture, de puits, de point d’eau, de résurgence et « doux » est la francisation du mot occitan « dotz » qui peut être à la fois  une canalisation, un conduit mais aussi une source (du latin ducere : conduire, ducem : conducteur, guide).

    (**) Les cénotes (du maya dz'onot signifiant puits sacré, via l'espagnol cenote) sont des gouffres ou avens ou dolines d'effondrement, en milieu karstique, totalement ou partiellement remplis d'une couche superficielle d'eau douce et parfois d'une couche inférieure d'eau de mer s'ils communiquent avec l'océan par des failles ou autres conduits. (Extrait de l’Encyclopédie Wikipédia)

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  •  LA BOUCLE DE CANTO-PERDRIX........ par jullie68

    Diaporama sur une chanson de Richard Cocciante "Avec simplicité",

    Paroles: Serge Lama - Richard Cocciante, musique: Richard Cocciante - Georges Augier de Moussac

    et quelques chants de Perdrix rouge.

    La Boucle de Canto-Perdrix (180 m) depuis Portel-des-Corbières (

    La Boucle de Canto-Perdrix (180 m) depuis Portel-des-Corbières (


    C’est le 26 septembre 2014 et en effectuant le GRP Sentier du Golfe Antique que j’ai découvert pour la première fois cette « Boucle de Canto Perdrix ». Enfin, je parle du nom car pour la découverte elle-même, il a fallu que j’attende un an de plus. Ce joli nom Canto Perdrix, je l’ai d’abord découvert sur des panonceaux de randonnées à Portel-des-Corbières où j’avais stoppé au soir de la deuxième étape de ce GRP qui en comptait trois.  Quelques jours après être rentré à la maison, j’étais curieux de savoir ce qui se cachait derrière ce musical « chante-perdrix », car bien évidemment c’est la première et principale francisation qui vient à l’esprit. Elle est juste mais nous verrons plus tard que ce n’est pas la seule explication. Alors ma curiosité en matière d’étymologie était suffisamment aiguisée pour que j’aie envie d’approfondir le sujet puis d’aller voir sur place.  Le meilleur moyen était donc d’y aller randonner. Je me suis donc « tuyauté » sur cette boucle et là, je me suis rendu compte qu’elle ne faisait que 11 km de distance mais qu’il y en avait 2 autres, La Serre et la Bade, qui, elles, en faisaient 4 de plus chacune. Alors pourquoi ne pas faire des trois boucles, une seule, un peu plus longue, histoire de ne pas avoir à revenir à Portel, en tous cas pour marcher, et surtout de faire un maximum de découvertes dans la journée ?  Lors de mon précèdent passage, j’avais bien trop rapidement visité cette étonnante chapelle Notre-Dame des Oubiels, en grande partie ruinée certes, mais que je voulais revoir plus en détail car son imposante stature et sa beauté si évidente, malgré les ruines, laissaient imaginer sans aucune équivoque bien des « histoires ». En potassant le parcours, j’ai découvert qu’il y avait aussi une « voie domitienne et  héracléenne » et quelques autres vestiges pastoraux et bien sûr, il fallait aussi compter sur les Corbières et ses décors paysagers si typiques, si parfumés et parfois si étonnamment variés. Enfin, moi qui m’étais surtout cantonné à découvrir le lit asséché de la Berre, sa faune et sa flore et son Pont de Tamaroque lors du Sentier du Golfe Antique, une visite plus approfondie de la commune ne serait pas du luxe. Désormais, je connais un peu mieux l’Histoire portelaise et notamment la Bataille de la Berre où Charles Martel met en déroute l’armée du califat omeyyade en l’an 737. Cinq ans après la Bataille de Poitiers, bien plus connue, Charles Martel n’a de cesse de bouter les envahisseurs musulmans hors du royaume des Francs mais malgré tous ses efforts, Narbonne reste aux mains des Sarrazins et c’est son fils Pépin le Bref qui parviendra à libérer le ville en 759.  Sachant tout ça, j’ai le sentiment de partir un peu moins dans l’inconnu mais à aller randonner autant qu’il fasse beau. Le 25 septembre 2015, c'est-à-dire à un an d’intervalle et à un jour d’écart seulement, le beau temps se présente et je file à Portel. En arrivant au village, comme je suis seul et qu’il y a des places, je gare ma voiture sur la D.3 mais le plus près possible de l’intersection avec la  Grand-Rue. En effet, au moment d’analyser la balade, j’ai jeté un coup d’œil sur le plan de la ville se trouvant sur le Net et j’ai constaté que c’est l’itinéraire le plus direct pour aller à Notre-Dame des Oubiels et démarrer la boucle que j’ai élaborée. Attention, je précise qu’elle n’est pas parfaitement identique à celle que l’on trouve sur les topo-guides et sur le terrain, même si  moi aussi, je l’ai appelée « Boucle de Canto Perdrix ». Alors, bien sûr, le mieux est d’enregistrer un tracé dans votre GPS comme je l’ai fait moi-même car ça évite bien des déboires. Premier déboire éventuel : éviter de suivre les panonceaux qui ne manquent pas de se présenter. Il y en a plusieurs par exemple, peu après le départ, à l’angle de la  Grand-Rue et de la rue du Quartier Neuf et là, il faut continuer tout droit par la rue de l’Horte et suivre le panonceau Boucle de la Serre, donnée ici pour une distance de 5,2 km. Peu après, je laisse sur la gauche, d’abord le boulodrome municipal « Jeannot Vieu » puis un passage à gué sur la Berre. Quelques bergeronnettes en ont fait leur juchoir. Je poursuis toujours tout droit. Peu après le virage où se trouve une source captée, l’église des Oubiels apparaît droit devant. Une piste au milieu des vignes m’y amène sans problème. Une volée de chardonnerets quitte les lieux en me voyant. Avant de venir ici, j’ai presque tout regardé et lu ce que l’on peut trouver d’elle sur le Net et plus globalement sur l’Histoire de Portel et de ses proches environs. Malgré les ruines, je reste subjugué par sa beauté et son décorum encore très imposant propre à l’architecture gothique ; épais et hauts contreforts et peu d’ouvertures à part une très fine et flamboyante rosace et un majestueux beffroi carré. J’ai lu qu’il y aurait un  agneau gravé sur la clé de voûte du cœur, alors je me mets à sa recherche mais la sculpture paraît peu évidente même en zoomant avec mon appareil photo. Alors, je tourne comme une toupie sur moi-même. Voilà, je tiens enfin  l’agneau car bien évidemment, je ne le regardais pas dans le bon sens et en plus, lui aussi a semble-t-il souffert des exactions répétées ! Oubiels signifie « agneau » (*) et cette clé de voûte en serait le symbole. Après cette trouvaille, je scrute presque chaque pierre pour tenter de trouver une gravure voire une inscription et c’est ainsi que je vais en découvrir plusieurs, deux déjà vues en 2014, avec des frises en forme de fleurs et deux ou trois autres supplémentaire dont deux gravées de quelques signes mystérieux. J’ignore s’ils sont récents car bien évidement quelques lourdauds n’ont rien trouvé de mieux que de graver leurs initiales voire un tas d’idioties. L’édifice et notamment le clocher ont été restaurés mais parfois avec des briques rouges et d’autres matériaux bien trop différents de la pierre d’origine, alors ce n’est pas toujours avec bonheur. Par un souci de sécurité, on peut supposer que les pouvoirs publics aidés par des bénévoles ont d’abord voulu renforcer l’édifice puis le manque de moyens a sans doute fait le reste. La tâche est encore gigantesque. Après cette découverte de la chapelle des Oubiels un peu plus approfondie, j’en visite les abords avec une jolie rose des vents puis cet étrange allée bordée de séculaires oliviers qui serait paraît-il un très vieux cimetière monastique. Je m’éloigne des lieux non sans avoir au préalable observé tous ces oliviers juvéniles que la mairie a fait planté à l’occasion de chaque naissance.  Une belle initiative bien dans la tradition qui dit que Notre-Dame des Oubiels était l’inspiratrice de nombreuses communions d’enfants. A regarder cette jolie nurserie d’oliviers, je  ne peux m’empêcher de les imaginer dans trois ou quatre cent ans faisant un contrepoids parfait à ceux du vieux cimetière. Je quitte définitivement les Oubiels en coupant à travers les champs  et les vignobles pour rejoindre l’itinéraire. Sur cette partie de la Boucle de la Serre, le chemin s’élève très modérément mais suffisamment pour que des paysages lointains se dévoilent.  Il a du pleuvoir la veille ou les jours précédents et le terrain est variable, parfois bien souple et agréable et parfois très sec et caillouteux. La végétation, elle, reprend des couleurs et resplendit après les journées caniculaires et ventées de l’été.  Tout en montant,  j’aperçois le défilé de la Reinadouïre derrière moi. Complètement à sec l’an dernier, cette année, le défilé porte bien son nom de « Reine des Eaux » car il s’y écoule une Berre aux eaux turquoises. L’an dernier, je me souviens que j’y avais longuement traîné mes godillots en quête d’un raccourci me permettant de rejoindre le Sentier du Golfe Antique. Au dessus du défilé, et entre tradition et modernité,  Lastours laisse entrevoir les imposants bâtiments de son vaste domaine viticole. Plus haut encore, au Pla des Aladers (aulnes), les éoliennes dressent leurs blancs moulins dans un ciel bleu immaculé. A une bifurcation de la route bitumée et du chemin et après avoir regardé mon bout de carte, je fais le choix d’un aller retour jusqu’au Pont de Lastours. Avant la construction du Pont du Tamaroque en 1864, qui désenclava Portel, ce vieux pont, désormais rénové, constituait un des principaux et rares gués permettant d’accéder à la commune. Après cet aller retour de moins d’un kilomètre, je reprends l’itinéraire de la Boucle de la Serre. Peu à peu, elle se referme et pris par ma passion à vouloir photographier la nature, je m’aperçois que je ne me suis pas ennuyé une seule seconde depuis le départ : quelques oiseaux, de rares fleurs, des plantes, un champignon blanc, des papillons et des criquets,  les sujets sont suffisamment présents sinon abondants par endroits pour que la balade ne soit pas monotone. Cette première boucle se referme sur la route de Durban non loin de l’entrée de Portel et une nouvelle s’entrouvre, celle de « Chante-Perdrix ». Sur la carte I.G.N, c’est écrit ainsi à l’endroit même où se trouve une colline à l’altitude plutôt modeste d’une centaine de mètres de hauteur. Cette boucle commence en réalité au fond d’un ruisseau qui est parallèle à la D.611a. Là, on y découvre les vestiges d’un gros muret en pierres de taille. Ces pierres ont-elles un rapport avec les voies Héracléenne et Domitienne commençant de l’autre côté de la route ?  Bien qu’ayant lu pas mal de choses sur les deux voies, ici, ne comptez pas sur moi pour vous le dire car une fois encore on regrettera qu’aucune pancarte, qu’aucun panneau ne donne d’informations voire quelques mentions sur l’Histoire de ces voies antiques à cette intersection. La culture devrait commencer là, au bord de la route. Je poursuis la voie chère à cet Hercule des Romains. Elle est toujours encadrée de hauts murets mais toujours aussi muette. Selon la légende, c’est par cette voie et depuis le Jardin des Hespérides qu’Héraclès aurait ramené un troupeau de boeufs pris au géant Géryon. C’était son dixième travail. Aujourd’hui, du travail il y en a encore mais aucun bœuf et uniquement un tracteur conduit par un vigneron car les vendanges battent leur plein.  J’arrive au croisement de la Croix Rouge. La croix est bien là et droit devant moi, et derrière la croix, à une centaine de mètres, il y a une monumentale ruine. J’y file. Sur la carte, elle a pour nom « Courtal de Bas ». Inutile de traduire. L’ancienne bergerie est effectivement imposante et a du être très belle au temps de sa splendeur. Les adversités ont tout arrêté depuis longtemps mais quelques vieux récipients rouillés me rappellent qu’il y a eu une vie. Parmi toutes ces boîtes, pots et autres bassines, un récipient bien particulier attire mon attention car je me souviens l’avoir vu chez mon grand-père paternel. C’est un lourd mais petit godet en fonte en forme de sabot dans lequel, je me souviens très bien, mon grand-père Gabriel faisait fondre du plomb pour fabriquer ses grenailles et autres chevrotines dont il garnissait ses cartouches. Mon grand-père chassait mais c’était souvent par nécessité car chaque gibier était un repas de moins à payer. Je ne sais pas si c’était la fonction première du récipient du recevoir du plomb fondu mais aujourd’hui j’en doute bien qu'une espèce de cuillère, en fonte également, l'accompagne. Rien d’autre, je quitte le bercail pour rattraper le temps perdu et le chemin. Il file vers le lieu-dit « Chante-Perdrix » et c’est le moment où jamais de commencer à regarder si j’y trouve la Daphné garou voire la Bourdaine, car en réalité voilà le « bon » prétexte à ma venue ici. Un prétexte protéiforme touchant à des thèmes qui m’intéressent : l’étymologie, l’Histoire, la botanique et la faune. En effet, avant de venir ici, j’ai lu que les linguistes d’antan (sources Etymologie-occitane.fr) n’avaient pas toujours été d’accord sur la signification de l’expression « Canto-perdrix » que l’on écrit selon les régions de diverses manières : « canto-perdix », « canto-perdris », « cantoperdris » parfois avec un « s », parfois avec un «x » à la fin mais également « cante perdrix » avec ou sens espace entre les deux mots,  « contoperdise » ou « cantaperditz ». Les formules ne manquent pas et il y en aurait même dans la péninsule ibérique et en Italie. L’étymologie est pourtant très simple car composée des mots latins « cantare », « chanter » et « perdicem » accusatif de « perdix » signifiant «perdrix » et que la francisation a finalement traduite comme il se devait en  « Chante-perdrix ». Reste à savoir pourquoi, les lieux portant ce nom sont si nombreux ? Les analyses des diverses étymologies avancées qui ont pu être effectuées font surgir des désaccords : Pour le naturaliste et lexicographe l’abbé Pierre-Augustin Boissier des Sauvages, le canto-perdris c’est la bourdaine, arbuste des landes que l’on appelle aussi « garou à feuilles étroites » ou « trantanel ». Il écrit : « son bois est excellent pour faire la poudre à canon, son écorce est caustique, elle est employée dans les cautères lorsqu’il faut donner un écoulement aux humeurs ». Il rajoute dans la première édition de son  « Dictionnaire languedocien-françois » que ça peut–être aussi le nom donné à  « un terrain sec et aride ». Dans le 2eme édition  du même ouvrage, il rectifie le tir et affirme que ce n’est plus la « Bourdaine » mais le « Daphné garou », plante méditerranéenne bien plus commune dont Diderot dans son Encyclopédie affirme que « Ce purgatif est si violent, qu’on a fait sagement de le bannir de l’usage de la Médecine, du moins pour l’intérieur. Ce serait un fort mauvais raisonnement, et dont on se trouverait très mal; de se rassurer contre le danger que nous annonçons ici, parce qu’on saurait que les perdrix et quantité d’autres oiseaux sont très friands de ce fruit, et qu’ils n’en sont point incommodés: l’analogie des animaux ne prouve rien sur le fait des poisons ».  Deux cent ans plus tard, le linguiste Louis Alibert reprend la traduction du « terrain sec et aride » à son compte dans son « dictionnaire occitan-français ». Entre ces deux ou trois versions, on trouve dans le « Dictionnaire patois-français du département de l’Aveyron », de l’abbé Aimé Vayssier, un « contoperdise » qui selon lui est « un appeau, espèce de sifflet avec lequel on imite le chant de la perdrix pour l’attirer dans quelque piège ». De nos jours, l’étymologiste Robert A. Geuljans dans son site Internet « Etymologie-Occitane.fr » pense que le « canto-perdris » est l’origine la plus éprouvée du Daphné garou que l’on appelle aussi parfois  « Garou », Thymèle »,  « Bois-gentil » ou « Saint-Bois ». Pour asseoir cette suggestion, il cite Diderot et Frédéric Mistral qui écrivaient « que les perdrix aiment manger les baies du garou ». Et il rajoute : « Si cela est vrai, le toponyme s’expliquerait par la présence des perdrix dans ce genre de terrain. Dans le Gard il est attesté depuis 1553 et dans les Bouches du Rhône depuis 1046. ». Puis il termine en disant qu’il ne faut pas se fier aux quelques « champs de perdrix » que l’on trouve de nos jours, le mot n’ayant pas toujours été compris mais néanmoins transformé. Voilà pour ce que j’avais retenu de mes lectures avant de venir ici. Il ne me reste plus qu’à trouver ce « fameux » Daphné garou et à vrai dire c'est assez facile avant même d’arriver à l’endroit indiqué comme étant « Chante-Perdrix » sur la carte I.G.N. La plante est plutôt commune dans la garrigue des Corbières même si ce n’est pas celle que l’on aperçoit d’emblée et en plus grand nombre. A cette époque, elle termine sa jolie floraison faite de petites fleurs blanches odorantes et groupées en panicule et en même temps, elle commence à se garnir de petites « olives » verdâtres qui peu à peu vont prendre une belle couleur, d’abord orange puis un peu plus rouge. La plante est hautement toxique. En catalogne nord et plus particulièrement dans la région qu’on appelle la Garrotxa,  le daphné garou est traditionnellement cloué par les bergers sur les portes des enclos pour éloigner à la fois les puces et les sorcières. Alors après avoir trouvé du  Garou, il me reste juste à imaginer avoir un peu de chance et pourquoi pas apercevoir et photographier une perdrix. J’avance sur le chemin plutôt plat et rectiligne qui se faufile entre des vignobles et des prés en jachères jusqu’après le lieu-dit l’Auberge de l’Aval. Non, je ne vois aucune perdrix et seulement quelques passereaux s’envolant à tire d’ailes des champs en friches envahis par des Inules visqueuses. Je regarde presque chaque sillon de chaque arpent de vignes dans l’espoir d’y apercevoir « le chantant » gallinacé ayant donné son nom à cette petit colline oblongue qui se trouve maintenant sur ma droite et que je vais bientôt gravir. Je ne me fais guère d’illusion, la période de chasse a certainement déjà démarré et qui plus est, le daphné garou n’a pas encore ses fruits rouges, alors j’ai sans doute peu de chance d’en apercevoir, sauf peut-être si une d’entre-elles a la bonne idée d’aller grappiller quelques grains de raisins bien mûrs. Dans ma quête à vouloir tout examiner, un lapereau, lui, a beaucoup de chance aujourd’hui car le seul « Canon » que je possède, c’est mon appareil photo numérique.  Après, l’Auberge de l’Aval, l’itinéraire zigzague un peu et se met à grimper dans un décor complètement différent. Mes espoirs de perdrix s’amenuisent car désormais les vignes sont bien loin et seulement en contrebas de chaque côté de la crête. La déclivité de la large piste terreuse est modeste mais régulière. Peu avant cette petite ascension, à une intersection de pistes, quelques panonceaux directionnels déjà aperçus sur le Sentier du Golfe Antique me perturbe suffisamment pour que je m’arrête pour vérifier le tracé sur mon G.P.S et la carte. J’ignore leurs significations semblant beaucoup reposer sur des signes. J’apprendrais plus tard qu’il s'agit d’une signalétique D.F.C.I (Défense des Forêts Contre l'Incendie) propre ici au Massif de Fontfroide. Leurs symboles, des lignes, des pointillées, un cercle, un carré ou un triangle ont chacun une raison d’être qu’il serait bien trop long d’expliquer ici. Je continue jusqu’au pinacle de la crête où je m’arrête pour pique-niquer près d’un petit abri pastoral. C’est l’heure et en plus, mon arrêt précédent m’a permis de constater que j’étais grosso-modo à la moitié de la boucle imaginée.  Vers l’est, la vue porte jusqu’à la mer et derrière moi, vers l’ouest, c’est un patchwork de vignobles et de terres cultivées ou boisées. A l’horizon, sur la plus haute des collines, je reconnais les antennes de la Cadorque, au pied desquelles il y a l’ermitage Saint-Victor.  Deux éperviers virevoltent dans le ciel se laissant aller au gré d’une petite brise du nord qui s’est levée. L’un des deux accepte même de faire une démonstration de ces talents de voltigeurs devant mon numérique. Ici, la végétation est plutôt basse faite de petits buis, de pistachiers, de buplèvres, de romarins, d’ajoncs et autres chênes kermès. Seuls quelques pins chétifs qu’à la longue le cers a fini par courber surnagent un peu dans cette verdure rabougrie. Après une grosse salade, un wrap et une part de tarte au citron que j’ai réussi à avaler en moins d’une heure, je repars. La piste redescend juste avant d’arriver à l’intersection avec la Voie Domitienne. Là, je retrouve quelques vignes et une jolie maison aux volets bleus planquée sous un bel olivier. Le silence qui était de mise se brise sous les aboiements d’un chien que mon passage a dérangé. Je ne fais que passer alors il s’arrête aussitôt d’aboyer et le silence se rétablit juste entrecoupé par les cris perçants des deux petits éperviers qui sont encore là à jouer dans le bleu du ciel.  Sur ma droite et sur les flancs de la colline, j’aperçois comme une cabane en pierres sèches, ici dans l’Aude, je crois qu’on les appelle « capitelle » et juste à côté, un amoncellement impressionnant de caillasses, résultat sans doute d’un très vieux épierrements.  Alors j’y monte. La capitelle est bien cassée mais de l’endroit où je me trouve, il me semble apercevoir un autre tas de pierres ou plutôt un long muret au milieu des pins et du maquis, alors je continue de monter. L’ascension n’est pas facile dans cette végétation touffue typiquement méditerranéenne faite de petits buissons ligneux ou  épineux. Après un bel effort, j’atteins finalement ce grand mur que je longe et qui se termine par une nouvelle « capitelle », celle-ci en parfait état. Je reste toujours fasciné par cette belle technique de l’encorbellement. Ici, les pierres sont impressionnantes et l’on voit très clairement qu’elles ont été taillées avec une grande précision. De la cabane pastorale, la vue sur le vallon de la Genentière est splendide alors je m’y arrête un instant pour observer la carte I.G.N et mon G.P.S, histoire de savoir où je me situe exactement. Sur la carte, je constate que je ne suis pas très loin d’un itinéraire circulaire où figure le nom étrange de « Gauto de Fedo ». Etrange, il l’était avant que je vienne ici mais bien évidement depuis que j’ai étudié le parcours, il n’a plus aucun secret pour moi. « Bajoue de brebis » ça signifie mais ne me demandait pas pourquoi. Curieusement j’ai trouvé cette traduction sur Internet dans un lexique provençal dont la source serait le "fameux" Félibrige ! Est-ce à cause de la forme de la colline ressemblant à une joue ? Les bergers venaient-ils ici pour manger quelques délicieuses joues d’agneau ? Allez savoir ! J’ai débouché sur une piste et j’entreprends de faire le tour de ce mamelon puis d’y monter. Je n’y trouve rien de particulier si ce n’est une zone de reboisement et un mirador naturel offrant des vues superbes à 360°. L’incontournable pic du Canigou apparaît derrière les éoliennes du Pla Dal Pal.  Un peu plus bas, un poste de chasse embrasse des paysages grandioses vers Portel-des-Corbières et tous ces environs jusqu’aux étangs et à la mer. J’en profite pour finir le dernier wrap qu’il me reste puis je repars. La piste redescend et se fait plus lassante quand les panoramas disparaissent, alors je ne m’arrête plus que pour quelques photos de plantes, d’un papillon, d’une séculaire ruine ou d’un vieux puits que je découvre dans la garrigue. De nouveaux panneaux directionnels avec toujours ces signes « cabalistiques » se présentent. Je les ignore et ne me fie seulement qu’à mon G.P.S et au balisage jaune. « Chante-Perdrix » est loin désormais et je ne me fais déjà plus aucune illusion quand à la chance d’apercevoir la moindre perdrix. Quand soudain, je ne vois qu’elle, à vingt mètres de moi et comme dans un rêve. Elle est là, posée au beau milieu d’un remblai terreux sur le flanc du Pech Agut. Je zoome vite et appuie sur le déclencheur et j’ai juste le temps de la voir s’envoler. Quel bol ! La perdrix est enregistrée dans mon numérique. C’était une perdrix rouge et je suis plus heureux qu’un gamin dans un magasin de jouets. Je repars. Après quelques pinèdes, les vignes et les prés en friches réapparaissent. Je ne suis plus très loin de Portel et de la dernière boucle à accomplir, celle de la Bade. J’appelle Dany pour lui dire où j’en suis et la prévenir que je rentre bientôt à la maison. Quelques oiseaux freinent encore mon ardeur d’en terminer. Je reconnais le Chemin des Charbonniers que j’avais coupé il y a un an puis ce sont les premières maisons et enfin cette étonnante retrouvaille avec le sieur Noguero.  Le monde est petit me dis-je car Monsieur Noguero et sa charmante épouse, sont les logeurs qui m’avaient si aimablement accueilli à Portel il y a tout juste un an lors de mon périple sur le Sentier du Golfe Antique. Un peu « paumé » dans un Portel que je ne connaissais pas, Monsieur Noguero était venu affablement me chercher pour me présenter et me faire découvrir son superbe gîte du Quai de la Berre. Le lendemain, il m’avait tout aussi gentiment proposé de m’amener jusqu’à Notre-Dame des Oubiels que j’avais envie de découvrir avant de poursuivre. Quand à Madame Noguero, l’ayant eu seulement au téléphone, je me souviens d’elle comme d’une personne très agréable et à l’écoute de mes aspirations car elle avait exceptionnellement accepté une nuitée pour un prix toute somme raisonnable au regard de ce que l’on me demandait partout ailleurs. Sans cet accord et ce petit effort financier, j’aurais sans doute renoncé à accomplir ce Sentier du Golfe Antique considérant que tous les tarifs qui m’étaient demandés pour le gîte et le couvert étaient tout simplement prohibitifs. Je les remercie encore tous deux aujourd’hui. Lors de cette rencontre impromptue avec Monsieur Noguero, on parle un peu du passé et de ma présence ici aujourd’hui puis le voilà qui me propose de venir prendre un verre chez lui. C’est tellement gentil alors bien évidemment j’hésite et finalement je me vois contraint de refuser venant d’appeler Dany pour lui dire que je rentrais au plus vite. Ce refus, je le fais à contrecoeur car je reste convaincu qu’il s’agît de  très « bonnes » personnes et j’espère que le sieur Noguero ne m’en a pas trop voulu. Je poursuis ma balade et retrouve la D.611a mais ce refus obligé m’a un peu contrarié. Le cœur n’y est plus et je marche presque comme un automate en oubliant parfois de prendre des photos. Heureusement deux buses dans le ciel finiront par me sortir de cette torpeur. La boucle contourne le lieu-dit la Blanque puis monte vers l’Arque. De là, de superbes panoramas s’entrouvrent vers les étangs, Sigean et celles plus aériennes sur Portel.  Ma boucle est entrain de se refermer et en regardant vers l’est et les éoliennes de la Garrigue Haute de Sigean, j’ai comme un petit pincement au cœur. Ce petit pincement, je l’ai toujours quand j’ai l’occasion de revoir un sentier, un chemin, un lieu où j’ai pris plaisir à gambader dans un passé qu’il soit proche ou lointain. C’est le cas ici en regardant une partie du chemin parcouru l’an dernier sur le Sentier du Golfe Antique.  Au pied d’un long escalier en rondins qu’il faut descendre, deux options mentionnées sur un panonceau se présentent : soit on file à droite vers le Quartier Neuf et on arrive immédiatement à Portel soit on va découvrir la Bade et c’est 3,2 km de plus à accomplir. Comme prévu initialement, je choisis cette dernière option. La Bade est une colline plantée de pins et la boucle proposée consiste simplement a en faire le tour et à revenir à cette intersection. Rien de plus, rien de moins si ce n’est qu’on remarquera que la géologie du sol semble identique aux pierres ayant servies à l’édification de Notre-Dame des Oubiels et l’encadrement de la Voie Héracléenne. Alors bien sûr, ces 3,2 km supplémentaires ne valent que pour les jolies vues que l’on découvre sur une courte portion de sa partie sud. Superbes visions aériennes sur toute la cité de Portel et tous ses alentours : Vallon de la Berre, Pont de Tamaroque, colline de Lou Castellas, Notre Dame des Oubiels et bien évidemment, on peut refaire, uniquement du regard, une immense partie de la Boucle de Canto Perdrix. Je redescends vers la ville par le Chemin de la Bade. Portel est là et ma voiture aussi. Je me déleste de mon sac à dos et pars très rapidement visiter une bonne partie de la cité que je ne connais pas. J’y rajoute le Pont de Tamaroque mais presque uniquement pour photographier quelques oiseaux noirs qui en occupent son canyon.  Il s’agit de Choucas des tours, oiseau qui présente la particularité paradoxale de pouvoir bénéficier de mesures de protection tout en étant parfois considéré comme nuisible. Cette balade se termine vraiment. Chante perdrix, tu m’as donné du bonheur toi aussi et je m’en souviendrais ! Cette balade a été longue de 20 à 21 km telle qu’expliquée ici. Le point culminant se situe au sommet de « Gauto de Fedo » à 180 m d’altitude. Les montées cumulées sont de 730 m environ. C’est donc une randonnée un peu longue mais plutôt facile au niveau des efforts à accomplir. Bonnes chaussures à tiges hautes sont préconisées. Carte IGN 2546 OT –Narbonne – Top 25

    (*) Oubiels : De prime abord, on pourrait penser que le mot « Oubiels » est l’anagramme des « oubliés », des « éblouis » ou même des « éboulis », les trois mots ayant pu avoir selon les circonstances soit un caractère religieux voire géologique pour le dernier. Les Corbières caillouteuses ne sont pas loin. Il n’en est rien et selon le chanoine Emile Barthe qui a consacré à ce sujet un chapitre entier de son livre dédié à Sainte-Marie des Oubiels, patronne de Portel, le  mot signifie  « agneau ». Pour argumenter son propos, il explique qu’au temps de l’occupation de la Gaule par les Romains, le lieu au bord de la Berre où se trouve l’église s’appelait  « Villa Ovilis ». Je vous passe le détail puisque 20 pages y sont consacrées. En latin, une « ovilis » ou « ovile » c’est une bergerie. Au fil du temps et selon lui, la phonétique du dialecte local aurait transformé le nom latin « Ovilis » en « Ovilibus, « Oviels » puis «Ouviels » et enfin Oubiels, le « v » se transformant en « b » selon le « fameux » phénomène lié au bêtacisme. Alors bien sûr, rien d’illogique à tout ça, même si parfois ça peut paraître alambiqué ou tiré par les cheveux, ceux de la « Madone Septimanienne » sans doute. Un « agneau », une « brebis » ou un « mouton » ce sont des « ovins ». En latin, un « ovin » est un « ovis » et un troupeau de moutons est désigné en « ouailles », alors le chanoine a sans doute raison même si ensuite ce dernier mot a pris une autre signification, celle de fidèles chrétiens placés sous la protection d’un pasteur spirituel. Et puis, la clé de la voûte est bien représentée par un agneau, alors ! (Le livre Sainte-Marie des Oubiels d’Emile Barthe est édité aux Editions Lacour-Ollé).

     

     

     

     

     

     


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