• Le Sentier des Terres Rouges depuis Serres (Aude)

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    Ce « Sentier des Terres Rouges » au départ de Serres dans l’Aude, je l’avais découvert pour la première fois sur Internet sur le très intéressant site bien connu de nombreux randonneurs « TraceGPS.com » et depuis quelques temps déjà, je l’avais inscrit dans mes idées de sorties. Mais la présentation et la description de cette boucle me laissaient très perplexe au regard de cette région de la Rialsesse constituée d’une large vallée et de petits pechs que je connaissais un peu. En effet, ce site Internet décrivait ce parcours comme très difficile et j’avoue que cette mention me surprenait quelque peu. Puis, lors de l’achat d’un agréable petit guide « Label Rando - Vos 30 itinéraires dans l’Aude » paru en 2009 aux Editions Rando Editions, j’ai à nouveau retrouvé cette jolie balade. Bien que balisée en jaune comme tout bon P.R qui se respecte, les auteurs insistaient sur une navigation compliquée et la nécessité d’un bon sens de l’orientation en raison des nombreux changements de direction. J’étais donc une nouvelle fois très interrogatif quand à la manière d’aborder cette randonnée d’autant que parmi les cartes IGN que je possédais aucune ne mentionnait ce circuit. Après avoir téléchargé le tracé dans mon GPS sur « TraceGPS.com », il ne me restait plus qu’à aller voir par moi-même mais mon idée était d’attendre un vrai jour propice, c'est-à-dire une belle journée de printemps avec un ciel éclatant où le bleu du firmament contrasterait inévitablement avec les superbes terres rouges décrites me permettant ainsi de prendre de très belles photos.

    Je viens d’effectuer ce magnifique circuit dont une copieuse partie se déroule au sein des superbes marnes rouges qui sont un des principaux facteurs de la beauté des paysages d’ici et je tiens à le dire : « Il n’y a aucun problème, cette randonnée s’adresse à tous les randonneurs capables de parcourir une douzaine de kilomètres car il est parfaitement balisé et ne présente vraiment aucune réelle difficulté si ce n’est les quelques modestes dénivelés (440 mètres de montées cumulées pour 205 mètres de dénivelés) qu’il faut bien évidemment gravir si on veut réaliser cette boucle dans son intégralité. Le départ s’effectue de préférence depuis le village de Serres (Aude) où un grand panneau indiquant cette randonnée a été placardé dans la première rue à droite quand, en venant de Couiza, on entre dans le village. La balade commence en empruntant un superbe pont en arc du 17eme siècle parfaitement restauré sous laquelle coule la Rialsesse à l’origine de cette belle vallée. Au loin, le château de Serres perché sur une petite colline surveille le village. Ancienne maison forte du 15 ou 16eme siècle construite sur les ruines d’un château fort féodal où résidait les seigneurs du coin et notamment les évêques d’Alet, elle est aujourd’hui une belle propriété privée habitée qui ne se visite pas. Parfaitement balisé dès le démarrage, le chemin verdoyant suit la fraîche et douce rivière sous le regard majestueux du Pech Cardou et de sa superbe forêt domaniale. Puis, après avoir longé quelques champs de luzerne, l’itinéraire s’écarte du ruisseau, entre dans une pinède pour en ressortir quelques centaine des mètres plus loin sur un petit plateau de terres rouges qui contraste fabuleusement avec la verdure environnante et les près herbeux du hameau de Pébrières que l’on aperçoit sur la droite en contrebas. La descente, pas toujours facile car glissante sur ce rouge sentier sableux et gravilllonneux nous ramène à nouveau au bord de la Rialsesse que l’on franchit grâce un petit gué en béton. On atterrit sur la D.613 que l’on emprunte à gauche vers le hameau des Pontils pour poursuivre notre circuit. Mais si vous vous intéressez au mégalithisme ou si plus simplement vous êtes, comme moi, curieux de tout, vous pouvez partir à droite et faire les quelques centaines de mètres qui vous séparent d’un monumental menhir qu’ici on appelle en occitan la « Peyro Dreito » ou en français la « Pierre Droite » ou « Pierre Dressée » ou « Menhir de Peyrolles », sachant que le nom de Peyrolles a pour origine le mot « peyre » qui signifie « pierre » et « olla » étant une « urne » peut-être funéraire. Le nom du village aurait donc inévitablement pour origine la présence de cette pierre vraisemblablement tombale selon de nombreux écrits. Outre le fait de mesurer 2,85 mètres de haut et 2 mètres de circonférence, cette pierre présente la particularité d’être extrêmement inclinée. Certains pensent qu’il s’agit d’une pierre druidique d’origine celtique, d’autres supposent qu’il s’agit d’une pierre sacrée, d’autres disent qu’il y aurait sous la pierre une immense excavation, d’autres trouvent mystérieuse la présence de ce mégalithe à quelques mètres du méridien de Paris, d’autres y voient comme un système de visée en ligne de mire et en relation avec d’autres lieux mégalithiques ou mystiques plus ou moins proches…. A vrai dire comme un peu partout dans ce secteur de l’Aude, chacun voit ce qu’il a envie, la preuve, moi j’ai cru y distinguer une petite croix gravée et plus grave, Dany a vu un chat stylisé dans un vieux lichen séché. Le soleil tapait sans doute trop fort ce jour-là ou alors, elle aime tellement les chats qu’elle finit par en voir de partout ! Je vous laisse le soin de découvrir tout ce que l’on dit de ce surprenant « peulvan occitan » sur Internet. Après cette énigmatique découverte, nous sommes retournés vers Les Pontils où nous avons retrouvé le balisage jaune qui nous a hissé au dessus du hameau dans une jolie prairie puis sur un large chemin toujours plus rouge bordé de genêts en fleurs et d’innombrables petits massifs bleutés d’Aphyllantes de Montpellier (photo). Marcher dans cette symphonie de couleurs était un vrai bonheur mais avec la Coste de Rousselle, le « plus beau » restait encore à découvrir. Grâce à quelques piquets plantés à bon escient et peints en jaune, nous avons suivi très facilement l’itinéraire et grimpé sans problème au sein de ces magnifiques tertres rouges qui dominent quelques ravines. Ces marnes comme on les appelle, rouges ici mais qui ne sont pas systématiquement rouges ailleurs, sont les sédiments d’anciens marécages érodés par le temps et lessivés par le ruissellement des eaux de pluies ou des sources proches. D’ailleurs des petits filets d’eaux circulaient encore le jour de notre passage. Cette érosion perpétuelle a formé au fil de millions d’années des espèces de petits canyons que les oxydes de fer ont magnifiquement colorés de ces surprenantes teintes qui vont d’une pigmentation lie de vin à l’orangé en passant par des pourpres et pratiquement tous les tons de rouge. Il faut savoir que c’est dans ce type de formation rocheuse que l’on trouve de nombreux animaux fossiles et notamment des œufs de dinosaures. Quelques précieux exemplaires sont visibles non loin de là au Musée d’Espéraza. Sous un ciel bleu éblouissant et purgé de tout nuage, ce « Monde Perdu » est d’autant plus superbe que la verdoyante végétation n’est pas en reste même si elle est parfois assez rase et chétive au fond des petites ravines de ce « Jurassic Park » en miniature. Après avoir quitté cette étroite sente, incertaine par endroits, mais bien balisée, c’est une large piste qui nous amène à Peyrolles où une aire aménagée accueille les randonneurs pour un pique-nique bien mérité. On ressort du hameau par la D.14 et on quitte très rapidement le bitume au profit d’une piste terreuse rectiligne bordée de vignes et de champs, sans doute un peu lassante en raison de sa longueur. Comme souvent, pendant que Dany fonce vers l’arrivée, je comble cette lassitude en prenant des photos de tout ce que je vois et principalement de fleurs sauvages et de jolis papillons. Heureusement, si je puis dire, cette monotonie est vite brisée par un raide dénivelé tout en sous bois qui nous entraîne au sommet d’une haute butte alternant petits bosquets, garrigues parfumées et pacages d’estives. Ici de magnifiques paysages se dévoilent sur une vaste partie de la Vallée de la Rialsesse mais également bien plus loin sur la Haute Vallée de l’Aude et les Pyrénées Ariégeoises encore enneigées. Mais la vue la plus étonnante en descendant vers le village de Cassaignes est d’apercevoir pendant un cours instant les deux sommets mythiques que sont le Bugarach et le Canigou dans le même champ de vision. Image rare et sans doute exceptionnelle !  Après la traversée sans problème du hameau tranquille de Cassaignes, nous avons perdu, dans la descente du bois des Coutious, le fil de cette belle balade. Sans doute plus par inattention et étourderie que par l’absence de balisage. Outre, le fait que nous avons aisément retrouvé notre chemin, nous n’avons pas eu à regretter ce court égarement tant les points de vues sur le vallon, les pechs, la forêt domaniale, sur Serres et son château étaient admirables et colorés. D’ici, nous eûmes un large aperçu de ce circuit d’un peu plus de 12 kilomètres où nous avions flâné pendant presque 6 heures, arrêts et pique-nique inclus. Nous retrouvâmes Serres et notre voiture garée au bord de la Rialsesse. Cette calme rivière, nous nous languissions d’y tremper nos orteils pour voir si l’eau était aussi rafraîchissante que nous l’avions imaginée peu après le départ. Pour le bonheur de nos pieds, elle l’était !!! Carte IGN 2347 OT Quillan-Alet-les-Bains Top 25.

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