• Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons du groupe Gold. Elles ont pour titre : "Plus Près Des Etoiles", "Calicoba" et "Capitaine Abandonné". 

    La Boucle de la Garrigue-Haute et des Eoliennes depuis Port-la-Nouvelle.

    La Boucle de la Garrigue-Haute et des Eoliennes depuis Port-la-Nouvelle.

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    En cet après-midi du dimanche 12 décembre, quelle « bonne » raison avait pu nous entraîner vers Port-la-Nouvelle et plus particulièrement vers ce vaste plateau karstique dominant la ville et qu’on appelle la « Garrigue-Haute » ? Certes, j’étais passé là en septembre 2014 lors de la 3eme étape d’un mémorable Sentier du Golfe Antique, mais la franchise me contraint à dire que ce n’est pas là que j’avais vécu les moments les plus intenses de ce tour pédestre en 3 jours et en solitaire ! Alors l’envie de marcher en changeant de décors ? Les fortes pluies des jours précédents qui nous avaient contraints à un confinement forcé ? Faire face à ces mots que l’on redoute depuis trop de temps déjà et que l’on essaie par n’importe quel moyen de contrarier ? Probablement un peu tout ça ! Sans trop de raisons valables, voilà donc comment est née cette balade pédestre que j’ai intitulée « La Boucle de la Garrigue-Haute et des Eoliennes depuis Port-la-Nouvelle ». Après quelques tergiversations, et parce que j’essaie, mais en vain, de me remémorer les lieux où je suis passé à pied en 2014, il est déjà 13h30 quand nous rangeons notre voiture au pied du lieu-dit « La Combe des Buis ».  Amplement industrialisé, avec ses innombrables pylônes, transfos et réseaux électriques, l’endroit n’a rien de folichon, mais il présente l’énorme avantage d’être agencé de très nombreux panonceaux directionnels de randonnées. Ces panonceaux, je les reconnais bien et notamment celui intitulé « Les Etangs - Tour du Golfe Antique ». Je le reconnais d’autant mieux qu’après 3 jours de marche et 80 km, c’était le premier et donc le seul que j’avais rencontré à quelques décamètres de l’arrivée ! Un comble bien évidemment ! Parmi les autres signalétiques, deux m’intéressent au premier chef : « Sigean 7,7km et Sentier Cathare (GR367) ». Voilà la direction que nous allons suivre, non pas jusqu’à Sigean, mais jusqu’au lieu-dit « Les Eoliennes » car bien évidemment c’est une boucle de ma composition que j’ai prévu de réaliser. Bien que 3 ou 4 voitures soient déjà garées, nous ne rencontrerons personne sur notre parcours. Il est vrai qu’il y a un P.R du nom de « Boucle de la Combe Redonde – 10,6 km » qui est plus clairement mentionné que ma propre boucle qui ne l’est que partiellement ! Ajoutons à cela un vent du nord ; cers ou tramontane je ne sais jamais ? ; un peu décourageant car soufflant ici en de violentes rafales et c’est un élément non négligeable à laisser quelques randonneurs dominicaux devant leur poste de télévision. Entre un vent violent et un grand ciel bleu, le second a eu notre préférence et c’est aussi pour ça que nous sommes là. Bien vu si j’ose dire, car le premier va énormément faiblir au cours de notre balade. Jolies tables d’orientation, beaux panoramas à 180° vers la mer, Port-la-Nouvelle et les étangs, de rares fleurs et quelques vestiges d’un passé parfois paisible ; puits, cabanes et bergeries ; parfois guerrier ; blockhaus, tourelle, tranchées : sont les premiers centres d’intérêts de cette boucle. Si les premiers ont servi à des travailleurs courageux, par bonheur les seconds vestiges n’ont jamais été utilisés entre 1943 et 1945. Les Allemands qui pensaient qu’un débarquement interviendrait avaient construit un système défensif sur les côtés méditerranéennes françaises du nom de Südwall, mais ici ce mur ne servit jamais à rien. Plus on pénètre l’intérieur de cette « Garrigue-Haute » et plus la foulée devient alerte car il ne reste quasiment que des paysages à se mettre dans les yeux. Par bonheur, au sein de ces derniers, on ne perçoit plus grand-chose de l’incendie de septembre 2017 qui a ravagé la moitié de la végétation de ce vaste plateau. La Nature a repris ses droits. Pour compenser cette monotonie et flâner un peu, j’en suis à recenser les plantes de la garrigue et à tenter de surprendre les quelques rares passereaux que l’on peut apercevoir. Le tout photographiquement il va sans dire ! Pourtant, le plateau est loin d’être plat et les décors loin d’être « insipides ». On y trouve quelques ravines et des dolines que des eaux séculaires ont réussi à creuser. On y rencontre même des parcelles de terrain encore travaillées car visiblement labourées. A l’horizon derrière un voile laiteux, on peut apercevoir côté « mer » la falaise de la Franqui et son cap Leucateles Albères et  le cap de Creu et côté « montagne » et bien plus loin encore le Massif du Canigou amplement enneigé. Quelques vieux puits, des cabanes ruinées et de nombreux murets nous rappellent qu’il fut un temps où ce lieu, malgré son immense âpreté, était plus largement exploité par des hommes vaillants. Ils pouvaient être bergers, boscatiers ou « carriers ». L’Histoire de Port-la-Nouvelle nous apprend que la jetée et les canaux ont été construits avec les pierres d’ici. L’arrivée au champ d’éoliennes nous fait entrer dans un autre monde. On prend soudain conscience que la vie passée ; celle de nos aïeux ;  ne reviendra sans doute plus. Les éoliennes ? Belles, pas belles, utiles ou pas, rentables ou pas, si oui pour qui ? Si les mêmes questions qu’en 2014 auraient tendance à ressurgir dans ma tête, j’ai tout de même appris depuis qu’elles étaient largement subventionnées avec nos impôts mais le plus souvent vers des sociétés étrangères. Alors je tire un  trait sur tout ça et tente d’oublier mon questionnement. Les éoliennes  sont là, certaines tournent, d’autres pas. A cause du vent qui souffle encore copieusement, je me demande bien pourquoi certaines sont à l’arrêt ?  Un point c’est tout ! Assez étonnement, je remarque un mirador de chasse au beau milieu du champ et tout près d’une éolienne, ce qui tend à prouver que la sempiternelle querelle «éoliennes » et « chasseurs » n’a pas encore trouvé de véritable solution. Tout le monde campe sur sa position et occupe le terrain. Les chasseurs savent bien que la Garrigue-Haute est un haut-lieu des passages migratoires des oiseaux. Les derniers décomptes officiels de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) mentionnent un couloir où passent annuellement plus d’un million de passereaux, 1.500 cigognes et plus de 40.000 rapaces, sans compter les espèces sédentaires. Les chiffres des oiseaux abattus, comme les grives ou les palombes sont absents. Pour les premières, ces 4,5 à 5 millions de grives qui seraient tuées en France chaque année quant aux secondes si le chiffre national est sensiblement identique voire supérieur à celui des grives, One-Voice estime de 20 à 30.000 les différents prélèvements audois dont 5.000 sur la seule commune de Leucate. (Source One-voice.fr du 20/02/2022). Malgré ces chiffres mentionnés par des associations sérieuses, on en trouve sur Internet qui sont deux à trois fois supérieurs. Quant aux sangliers, il y a belle lurette qu’ils ne jouent plus les Don Quichotte car ils ont compris qu’il n’est pas utile qu’ils se battent contre ces moulins à vent dont ils n’ont rien à craindre. Si les oiseaux appréhendent les éoliennes et les chasseurs, les sangliers ont plus à craindre des chasseurs. Ainsi va la vie sur la Garrigue-Haute. A la côte 83 de la carte IGN, nous stoppons et faisons demi-tour pour revenir à la côte 93. Là, nous empruntons un chemin qui laisse une ancienne et vaste bâtisse ruinée sur la gauche. Ses deux larges arcades encore bien debout laissent imaginer qu’elles étaient utiles à des passages de groupes, c’est-à-dire à troupeaux.  Ancienne bergerie probablement ?  Premier randonneur rencontré mais à V.T.T ! Puis un étroit sentier prend le relais. Il file d’abord sur une crête, offrant quelques vues lointaines vers Sigean et les Corbières maritimes puis il réintègre le plateau avant de longer le lieu-dit « La Castanière ». Faut-il voir dans ce nom un lieu planté de « châtaigniers » ou bien un quelconque risque de « castagne » ? Si châtaigniers il y a eu, ils ont disparu mais les risques et les mesures de prévention sont là, constamment mentionnés : « Danger – Carrière – Tirs de mines », « Entrée interdite », longue barre d’amoncellements rocheux et clôture grillagée sont là pour décourager ceux qui auraient un esprit aventureux voire carrément irréfléchi. Le sentier longe la vaste carrière des Ciments Lafarge où qu’on se le dise « il est interdit d’entrer ».  Moi, avec plus ou moins de réussite, je m’aventure à essayer de photographier les nombreuses fauvettes qui semblent avoir fait leur cette frontière si « périlleuse » pour les « non-ayants-droits ».  Finalement, malgré le vent, l’impossibilité à immortaliser tous les volatiles aperçus, la dense végétation que certains occupent, 5 à 6 espèces d’oiseaux viennent s’enregistrer dans la mémoire de mon appareil-photo. Je n’en espérais pas tant. La boucle se referme. Le vent s’est presque totalement calmé. Un couple de randonneurs marche en sens inverse du nôtre. Ils ont laissé tomber leur programme TV ? Il est 16h15, ils viennent de démarrer et pour nous cette balade dominicale se termine. Revenir au printemps pour découvrir la flore de ce plateau ? Faire « la Boucle de la Combe Redonde » ? Pourquoi pas ? Telle que racontée ici, cette boucle a été longue de 9,2km pour des montées cumulées de 206m et un dénivelé de 120m entre le départ à 10m d’altitude et les éoliennes à 130m. Carte IGN 2546 OT Narbonne Top 25.


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  • Ce diaporama est agrémenté de musiques extraites de la bande originale du film "Amadeus". Elles ont pour titre et sont successivement interprétées par : "Arietta - Caro Mio Ben" de Giuseppe Giordani par Sumi Jo, "Concerto For Flute And Harp, K. 299; 2nd Mouvement" de Wolfgang Amadeus Mozart par Sir Neville Marriner, Academy of St Martin in the Fields, William BennettOsian Ellis et "Caro Mio Ben" par Fritz Wunderlich et Gerhard Becker et l'Orchestre symphonique de Berlin

    Le Chemin des Muletiers de Cosprons depuis Port-Vendres (Pont de l'Amour)

    Le Chemin des Muletiers de Cosprons depuis Port-Vendres (Pont de l'Amour)

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    Quand nous avons décidé de réaliser ce « Chemin des Muletiers de Cosprons depuis Port-Vendres », nous avons été confrontés au fait qu’il y avait sur Internet pléthores de versions différentes. Certaines très longues, allant parfois bien au-delà du hameau de Cosprons lui-même et de son chemin coutumier emprunté jadis par des mules, des mulets ou des ânes, d’autres partant vers la mer et la merveilleuse baie de Paulilles, d’autres montant plus ou moins vers la Tour de la Madeloc, d’autres plus courtes, d’autres moyennes mais empruntant parfois plus de pistes carrossables que de vrais sentiers, etc….etc. Oui, il y avait du choix ! Et de surcroît, quelle que soit la distance, nous avions le gage, si la météo était bonne, de superbes balades en terme de paysages et de panoramas. En effectuant ce petit circuit que je vous propose ici, il me semble que j’ai gardé l’aspect le plus traditionnel des chemins muletiers que les anciens empruntaient jadis pour rejoindre le hameau de Cosprons depuis Port-Vendres, et vice-versa. Ils le faisaient en maintes occasions. Pour les travaux agricoles, et le plus souvent vinicoles, pour transporter par exemple les comportes de raisins ou les banastes, mais plus globalement pour toutes les tâches de transports nécessitant d’emprunter ces chemins avec des animaux de bât. Si c’était notamment le cas pour tous les travaux des champs, c’était aussi le cas lors des fêtes traditionnelles ou religieuses où de nombreuses personnes n’hésitaient pas à cheminer les quelques kilomètres séparant les deux communes avec leurs équidés.  Elles étaient plus nombreuses à être croyantes que de nos jours et participer à une procession en direction d’une chapelle, comme celle de Sainte-Marie de Cosprons, était fondamental. Ces fêtes comme la Sant Jordi le 23 avril et celle des Pasquetes le dimanche suivant sont si enracinées, qu’elles se déroulent encore de nos jours avec une ferveur égale sinon supérieure à celle d’antan, même si le plus  souvent les déplacements sur les chemins muletiers ont été remplacés par la route et les automobiles. En effectuant cette balade un 19 novembre, nous savions bien sûr que nous n’aurions pas droit ni à ces festivités ni à leur ferveur. Mais tant pis, la journée s’annonce magnifique et quasiment printanière et rien ne peut nous empêcher d’aller marcher. De plus, nous imaginons déjà que nous aurons droit à des couleurs que seule cette saison d’automne est capable de nous offrir. Il est 10h30 quand nous laissons notre voiture très facilement dans le quartier Pont-de-l’Amour à Port-Vendres. De l’endroit où la voiture est rangée, nous avons déjà une belle petite idée des paysages rouges, verts et jaunes qui nous attendent.  Les bleus du ciel et de la mer sont en primes. Si le départ de cette balade est le plus souvent proposée de la gare voire de l’Office du Tourisme de Port-Vendres, j’ai trouvé beaucoup plus intéressant de partir de ce lotissement. Le lieu est calme.  Il y a l’aspect pratique en arrivant de Perpignan, car il suffit de sortir à droite à la fin de la voie rapide D.914 c’est à dire au dernier carrefour avant d’entrer dans Port-Vendres et d’emprunter la rue Jacques Ramio. De plus, trouver des places à la journée sur le port n’est jamais chose aisée quant à cheminer les abords de la gare, ça n’apporte rien de plus à cette balade. Enfin, le sentier démarre un peu plus bas de la rue Jacques Ramio et on entre de plein pied à la fois dans la balade et dans la garrigue. Oui, quand on n’est que deux à marcher, les avantages de partir de là sont certains. En groupe, cette vision des choses peut s’avérer différente. Rue Jacques Ramio, un panonceau directionnel annonce la couleur : « Col Perdiguer -500 m- 10 mn et Cosprons -2km- 30 mn ». Des temps pour des « trailers », mais que nous comptons bien doubler voire tripler, nos conditions physiques, notre envie de lambiner, cette superbe météo et la beauté des paysages s’amalgamant pour une flânerie et des contemplations obligées. Comme indiqué, la garrigue est immédiatement là. Les quelques fleurs que j’y trouve encore, malgré la saison, sont déjà un prétexte à musarder. Depuis que je sais que mon nom est inscrit comme observateur dans la base de données florale INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel), ma passion pour les fleurs reste sans prétention mais par la force des choses a pris une autre dimension. Avant, c’est avec plaisir et pour mon propre savoir que je photographiais les fleurs, me disant que ce que j’aime serait peut-être aimé par d’autres randonneurs, maintenant il y a en plus cet aspect « communauté scientifique », « inventaire » et donc « patrimoine transmissible» ! Après le col de Perdiguer, la garrigue laisse la place aux vignobles. Les terrasses, les murets et les rigoles de pierres sèches, ainsi que les casots que l’on voyait tout autour de nous depuis le départ sont désormais là tout proches. On peut les observer et surtout se rendre compte des travaux colossaux et ingénieux qu’il a fallu mettre en œuvre. Je me souviens avoir lu une longue chronique sur Internet à leur sujet (LE PAYSAGE DE TERRASSES DU CRU "BANYULS" ET SON ÉVOLUTION/Guy Oliver) et je me souviens qu’ils ne sont pas là pour rien mais bien pour limiter le ravinement et l’érosion des sols afin que les vignes résistent et subsistent le plus longtemps possible aux eaux pluviales les plus violentes.  Comme toutes ces élévations ont des noms catalans (casots, feixes, agullas, recs, pedragers)  les pierres en ont aussi (lloses, cossols, coverta, rocs de paret, cara, raplum).  Normal, elles ont chacune un rôle bien précis selon leur taille, leur forme et sont disposées à bon escient selon des procédés ancestraux que toutes les générations de vignerons se perpétuent entre-elles. C’est très intéressant et très enrichissant de transposer la lecture de cette belle chronique à tout ce que l’on voit sur le terrain. Un terrain souvent inégal car ici l’eau que l’on évoquait plus haut, a créé des « correcs », c’est-à-dire des petits vallons descendant des « serras » vers la mer. Il y a ainsi une multitude de ces petits vallons dominés par des collines ; souvent rocheuses au plus haut de leurs crêtes ; dont la principale car la plus haute est celle de La Madeloc. Ainsi, quand on arrive à Cosprons, il faut y monter, car le hameau lui aussi a été élevé sur un petit promontoire rocheux. D’ailleurs, et alors que les vignobles nous entourent depuis le départ, c’est très paradoxalement son beau château d’eau construit tout en pavements de pierres qui se présente au plus haut de cette petite colline. Par chance, il est ouvert car des travaux de réparations sont en cours. Les ouvriers acceptent gentiment qu’on y entre quelques minutes et nous fournissent des explications quant à son fonctionnement. Puis c’est l’église Sainte-Marie toute proche entourée du cimetière qui éveille notre appétit de découvertes. Malheureusement fermée, nous prenons néanmoins tout notre temps pour découvrir sa porte magnifiquement ferrée de jolies pentures. Quelques gravures du 18eme siècle sont visibles. Un banc bien à propos nous offre le confort nécessaire à un pique-nique qu’initialement nous avions imaginé moins funèbre qu’un cimetière et beaucoup plus champêtre. Pendant que Dany fait sa B.A en arrosant les fleurs de plusieurs tombes, appareil-photo en bandoulière, je pars découvrir les proches alentours. Ils se présentent sous les traits de nombreux oiseaux. Beaucoup de moineaux sont là à attendre que l’on déguerpisse pour voir si quelques miettes de notre déjeuner ne seraient pas tomber au sol. Il y a aussi des rougequeues noirs plus farouches et un faucon crécerelle que j’ai réussi à immortaliser avant qu’il ne s’envole de la pointe d’un cyprès. Ce dernier plane désormais très haut dans le ciel. Dans le mur de soutènement du cimetière, je découvre avec surprise ; et outre quelques jolies statuettes ; une jolie Rainette verte dans un des tuyaux d’évacuation des eaux pluviales. Peu craintive, ou peut-être curieuse, elle accepte de sortir de son trou pour une série de photos. La Rainette verte devient « reinette » de Cosprons. Puis c’est une courte visite du village où seules quelques échoppes proposant vins et vinaigres retiennent notre attention. Pour ne pas avoir à se trimballer des bouteilles, on se promet de revenir en voiture à la fin de la balade, sauf qu’on va oublier de revenir ! Puis c’est la sortie du hameau par la D.86a et donc le tout début du retour vers le Pont de l’Amour. A la côte 45 de la carte IGN, un canon et un ludique panneau nous rappellent qu’ici comme dans toute la région une guerre a fait rage en opposant Français et Espagnols de 1793 à 1795. On lui a donné le nom de Guerre du Roussillon. Après m’être « cassé la gueule » ; par bonheur au figuré seulement ; en tombant du canon où par bravade  je m’étais assis ; le pitoyable artilleur que je suis estime qu’il est temps de continuer la route. Elle s’élève un peu jusqu’à un dôme plantée de vignes, y tourne à gauche derrière, et c’est juste après que l’on reprend un sentier qui file vers le lieu-dit Mas d’en Pi. Ici, et parce que nous n’avons pas été assez attentifs ni au balisage jaune, pourtant présent, ni au tracé GPS, nous avons vécu un court égarement. Il faut donc être attentif car parfois le sentier peut se confondre ici avec le muret d’une « feixe » voire avec une rigole. On descend puis on coupe de menus ruisseaux dont le principal est le « Correc d’Oliva de Rama ». Ici, commence une balade bien différente de celle prise à l’aller. Nous étions sur des élévations et nous sommes au fond de ravines. Mais ça ne dure pas, car peu après le domaine Augustin, le sentier s’élève de nouveau vers le Puig des Cabreres jusqu’à couper  un nouvelle petite route bitumée. Un panonceau directionnel est là bien à propos : « Coll del Mitg - 10mn - 0,5km - Port-Vendres - 30mn - 2km ». Le sentier continue en face en balcon d’une nouvelle ravine puis il atteint une sombre pinède juste avant de s’élever et d’atteindre le col del Mitg. Ici apparaissent les premières habitations, signes d’une arrivée de plus en plus proche. Puis c’est au tour de Port-Vendres d’apparaître dans toute sa dimension à la fois maritime et collinaire. On peut seulement regretter que le béton ait largement pris le pas sur la verdure. D’ailleurs le béton est encore là, juste à côté du sentier car l’itinéraire tout en descente se poursuit au pied d’imposants lotissements en constructions. Par bonheur, quelques pins ont été conservés et c’est dans ce décor mi-béton mi-Nature que le lotissement Pont de l’Amour se présente. Adjacent à un banc, une jolie signalétique en métal nous rappelle ce joli nom. Quelques photos sur ce banc en souvenir de cette arrivée sous le signe de l’affection et de la tendresse et on retrouve notre voiture. Alors bien évidemment, avec l’esprit permanent de curiosité qui est le mien, j’ai essayé de savoir pourquoi ce quartier s’appelle ainsi « Pont de l’Amour » ? Pour être franc, je n’ai rien trouvé de concret et j’aurais même tendance à dire bien au contraire ! En effet, or mis un nombre incalculable de querelles immobilières, administratives, judiciaires et financières à cause de ce bétonnage que j’évoquais ci-avant, je n’ai rien trouvé de « glamour » dans les nombreuses évocations «Internet » de ce secteur.  En général, un « pont de l’amour », c’est un pont que traversent des amoureux pour se retrouver et échanger des baisers. Ici, il n’y a ni pont, ni amoureux, ni baiser et apparemment seulement des « castagnes » comme s'il en pleuvait ! Il y en a tellement qu’un seul mulet ne suffirait pas à toutes les transporter ! Il est temps que plusieurs muletiers reprennent du service ! Telle que décrite ici, cette magnifique balade a été longue de 5,425km, pour des montées cumulées de 280m et un dénivelé de 123m entre le point le plus bas à 18m d’altitude au fond du Correc d’Oliva de Rama et le plus haut à 141 m après le col d’en Perdiguer. Carte IGN 2549OT Banyuls-sur-Mer - Côte Vermeille - Col du Perthus Top 25.


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  • Ce diaporama est agrémenté de 2 musiques du compositeur canadien Howard Shore extraites de la bande sonore du film "The Lord of The Rings- The Shire" (en français "Le Seigneur des Anneaux"). Elles ont pour titre : "The Breaking of the Fellowship" et "Samwise the Brave".

    Les Plans d'eau de Millas

    Les Plans d'eau de Millas

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    Au même titre que les lacs de Villeneuve-de-la-Raho et que celui des Bouzigues à Saint-Féliu d’Avall ; que j’ai déjà eu l’occasion de vous présenter dans mon blog ; les plans d’eau de Millas sont un agréable lieu de balade et de détente. Au lieu-dit « Bois de la Ville » et dans un décor très verdoyant, ces 4 lacs bien distincts ; mais reliés entre eux ; alimentés par la Têt et quelques ruisseaux secondaires, occupent environ 4 hectares. Je n’ai pas mesuré mais en faire leur tour est je pense d’une distance d’environ 3km. Certains diront qu’il s’agit d’une longue promenade et d’autres d’une courte randonnée. Quel que soit la définition de ce tour pédestre, tous les marcheurs, promeneurs et autres amoureux de la Nature y trouveront leur compte. Bien sûr, il y a aussi des pêcheurs, mais en apprenant qu’ils étaient le plus souvent contraints de relâcher leurs prises, j’ai apprécié à sa juste mesure cette décision de bons sens et de sagesse. Ils sont les premiers à bénéficier de cette mesure « No Kill » car les poissons grossissent et les prises sont automatiquement de plus en plus respectables et donc plus belles au fil du temps. Pour avoir discuté avec plusieurs d’entre eux, on y trouve selon les lacs un peu de tous les poissons d’eau douce et ça va du petit gardon jusqu’au gros brochet en passant par de la truite arc-en-ciel, du black-bass, du rotengle, de la brême, de la perche, du chevesne et bien sûr de la carpe dépassant parfois les 10kg. J’en oublie sûrement. De surcroît, la chaîne alimentaire est respectée car gros et petits poissons se mangent entre eux, quant aux nombreux oiseaux pêcheurs, ils ont l’assurance de manger à leur faim, tout comme les poissonniers du secteur ! Oui, ces plans d’eau sont devenus des « spots » très réputés pour les pêcheurs sportifs ou du dimanche, quant à moi, j’y amène de la famille, des amis, j’y vais régulièrement m’y dégourdir les jambes joignant le plaisir de marcher à celui de ma passion pour la photo ornithologique. Tout comme les poissons, les oiseaux peuvent y être d’une grande diversité. On y rencontre certes la plupart des oiseaux pêcheurs comme le Grand cormoran, la Grèbe huppée, les hérons, l’Aigrette et des martins-pêcheurs mais aussi la plupart de tous les oiseaux dits aquatiques : canards,  poules d’eau, foulques, oies et parfois même des cygnes. Des pontons, des aires et des îlots ont été aménagés un peu partout afin que cette avifaune soit sédentaire soit migratrice trouve un repos protecteur.  Quant aux passereaux, si on y trouve les inévitables moineaux et bergeronnettes, il faut être curieux de tout ce qui vole pour s’apercevoir très rapidement que là aussi, les espèces sont multiples mais varient selon la météo ou/et les saisons, d’où l’intérêt d’y retourner régulièrement. Jeux d’enfants, aire de pique-nique, modélisme aquatique, « food truck » parfois, manifestations diverses et variées viennent compléter l’aspect convivial de ces plans d’eau bourrés de fraîcheur. Notons qu’outre ce tour des plans d’eau, il existe à Millas un « parcours pédestre de l’eau ». Un grand panneau le présente au départ de la présente balade mais vous le trouverez également sur le Net en suivant le lien ci-après : https://cdt66.media.tourinsoft.eu/upload/Le-parcours-d-eau-de-Millas.pdf A faire donc ! N’oublions pas  aussi que sur la commune de Millas, on recense pas moins de 3 zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), c’est dire l’intérêt que l’on porte ici aux milieux naturels et à la biodiversité. Observons cette biodiversité, protégeons-là car elle a trop tendance à disparaître ! Carte IGN 2448OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.


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  • Ce diaporama est agrémenté de plusieurs musiques de Mark Isham extraites de la bande sonore du film "A River Runs Through It (Et Au Milieu Coule Une Rivière)" de Robert Redford avec Brad Pitt. Elles ont pour titres : "Haunted by Waters" , "A River Runs Through It", "The Moment that Could Not Last", "A Summer of Lumber and Fishing", "In the Half-Light of the Canyon" et "Swing Me High; Swing Me Low".

     

    La Boucle « Et au milieu coule la Têt - Ille-sur-Têt, Rodès, Casesnoves ».

    La Boucle « Et au milieu coule la Têt - Ille-sur-Têt, Rodès, Casesnoves ».

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    Voilà déjà pas mal de temps que je réfléchissais à faire cette boucle pédestre que j’ai finalement intitulée « Et au milieu coule la Têt - Ille-sur-Têt/Rodes/Casesnoves ». Deux randonnées (*) faites antérieurement m’avaient incité à me lancer dans ce que je considérais un peu ; mais par méconnaissance ; comme une aventure. Puis en fin de compte, c’est en regardant la vidéo de mon confrère Mickaël de « PO Express – La Route des Catalans » que je me suis aperçu que cette « aventure » n’était que très modestement périlleuse. Certes quelques passages en bordure de la Têt ne sont pas des autoroutes ; il faut parfois se tenir à une corde (voir photo) ; mais néanmoins ils restent accessibles à tout marcheur digne de ce nom, et ce pour peu que l’on soit prudent et surtout pas distrait. Sur sa vidéo, Mickaël la propose au départ du hameau de Casesnoves et dans le sens contraire des aiguilles d’une montre quand on regarde la carte IGN, mais ceci n’est qu’un détail de peu d’importance. En ce 27 octobre, j’ai décidé que notre point de départ serait le petit parking qui est peu éloigné de la bien connue boulangerie du Couvent à la sortie ouest d’Ille-sur-Têt. Ce petit parking est mitoyen du canal qu’il va nous falloir suivre comme un premier fil d’Ariane, et ce jusqu’à atteindre les berges de la Têt. Ce canal, vous le voyez écrit Rec d’Illa ( ou canal d’Ille) sur la carte IGN et ce dernier est également parallèle au canal de Thuir. C’est donc entre ces deux canaux que démarre cette randonnée. Or mis le beau temps, la fraîcheur et la paisibilité du canal, quelques fenêtres s’ouvrant sur des vergers, et de nombreux oiseaux pas toujours faciles à immortaliser, il n’y a pour l’instant rien de folichon dans cette « promenade de santé » matinale à l’ombre d’arbres dont certains sont des géants. Il faut attendre quelques décamètres pour qu’avec la Fontaine Saint Jules et son agréable aire de pique-nique, bien connue des Illois, la monotonie soit rompue. Un peu plus loin, c’est une petite baraque agrémentée d’une plaque en hommage à des travailleurs étrangers qui fournit un second prétexte à un arrêt presque inattendu. Pas d’indication sur ce groupe de travailleurs étrangers, or mis les dates de 1940 à 1943 et derrière la baraque, un chariot métallique sur des rails tels qu’on devait en trouver dans toutes les mines, carrières et autres chantiers du département à cette époque. Finalement, c’est guidé par ma curiosité et en finissant cette randonnée qu’il m’a fallu chercher sur Internet les raisons de cet hommage (**). Plus loin, des travailleurs, en chair et en en os, sont là à réparer le canal en bordure de la Têt. Par obligation, nous dévions notre trajectoire, trajectoire qui par bonheur peut s’effectuer sur des passerelles métalliques qui ont été disposées à cet effet et donc à bon escient. Si le canal est encore là, il disparaît assez souvent creusé à même la roche pour réapparaître un peu plus loin. Toujours aux aguets de tout ce qui bouge, je m’aperçois que plusieurs martins-pêcheurs empruntent ces corridors aquatiques et rocheux. Ils y disparaissent eux-aussi mais toujours dans le sens contraire de l’eau qui s’y écoule. Et comme nous longeons la Têt et que bien d’autres oiseaux y sont présents, il ne m’en faut pas plus pour demander à Dany de stopper le temps nécessaire à quelques photos ornithologiques. Finalement et pris dans cet engrenage « passionnel » pour la photo animalière, nous allons stopper presque une heure. J’ai bien fait de m’arrêter à cet endroit car si le canal continue encore un peu, il s’arrête définitivement peu après et l’itinéraire longeant la Têt avec lui. Finalement, et alors que Dany m’ a attendu sagement, je suis ravi des quelques photos que j’ai pu prendre planqué au bord du fleuve. Martin-pêcheur, cincle plongeur, bergeronnettes, fauvette et même un Grand cormoran en plein vol sont venus garnir la mémoire de mon appareil-photo. Un large chemin s’élève un peu et atterrit au milieu d’un verger. Alors que je suis sur le point d’analyser le tracé enregistré dans mon GPS, un petit groupe de marcheurs arrivent m’indiquant la suite de l’itinéraire. Ce dernier part à droite en direction d’un petit casot blanc où l’on retrouve le balisage jaune et un autre canal. Finalement, je reconnais les lieux pour y être venu mais en sens inverse lors d'une balade aux Gorges de la Guillera et au château de Rodes. C’est le Rec ou canal de Corbère qui longe et domine la Têt dans les superbes Gorges de la Guillera, avec notamment les vestiges du pont-aqueduc d’en Labau dont quelques piles et arches sont encore parfaitement visibles et ce malgré leur ancienneté. En effet, l’Histoire nous apprend que la plus ancienne mention est de 1337. En réalité, quand on aperçoit ces vestiges, on n’imagine pas que les canaux que nous avons suivi sont les témoignages hydrauliques encore éloquents de cette époque où des prouesses techniques incroyables étaient mises en œuvre pour irriguer la plaine et amener l’eau jusqu’au Palais des Rois de Majorque à Perpignan. Nombreux canaux, aqueducs et moulins ont longtemps fonctionné tout au long de la Têt y compris dans les secteurs les plus étroits, les plus rocheux et les plus encaissés comme ici. Souvent emportés par des crues, fallait-il du cœur à l’ouvrage pour que ce système complexe se remette à fonctionner correctement. A partir d’ici, je connais bien les lieux et je sais déjà que la partie de cette boucle que je considérais comme la plus compliquée est derrière nous. Si mon intention bien arrêtée est d’ignorer Rodes et son château que nous connaissons déjà fort bien, plus rien ne presse et malgré notre long arrêt au bord de la Têt, la flânerie demeure possible. Aussi dès que les Gorges de la Guillera se terminent et que l’on franchit le pont sur la Têt au lieu-dit « Station d’épuration », un banc arrive très à propos pour le déjeuner. Une grosse demi-heure plus tard, on se remet en route, direction les anciennes carrières de granit que j’ai longuement visitée en janvier 2019 lors d’une balade intitulée « Le Circuit de la Montagne brûlée depuis Rodès (le Sentier des Carrières et du village médiéval de Ropidera) ». Il est vrai que j’y avais aperçu des Hirondelles des rochers en grand nombre, cela ajoutant à ma curiosité première pour le patrimoine. Aujourd’hui, et de surcroît avec Dany, il n’est bien sûr pas question de retourner dans cette « galère » tant j’avais eu de mal à atteindre les bâtiments envahis par une végétation épineuse et urticante. Le sentier qui monte allégrement et joliment en surplomb de la Têt et de ses gorges, avec des vues admirables sur Rodès, sur la vallée et sur le Massif du Canigou suffira à notre bonheur. Je connais bien les goûts de Dany et je sais qu’elle prend du plaisir à cheminer ce sentier qui s’élève en douceur. Elle ne connait pas les lieux, lesquels aux flancs de ces gorges encaissées, laissent entrevoir de beaux et amples panoramas. Il va en être ainsi jusqu’à atteindre le point culminant à 350m d’altitude où une intersection se présente avec d’un côté la direction de Montalba-le-Château et de l’autre le hameau de Casesnoves qui n’est d’ailleurs pas indiqué sur le panonceau directionnel, d’où l’intérêt d’avoir un tracé GPS ou au pire une carte IGN. Si les paysages lointains continuent à apparaître, ils sont moins époustouflants, d’abord parce que le chemin descend vers une partie de la vallée de la Têt moins encaissée, mais aussi parce qu’une végétation de maquis et quelques magmas rocheux granitiques obstruent la vue assez souvent. Finalement, ce n’est plus tant les paysages qui captivent nos regards mais des visions plus imprévisibles comme deux vautours fauves planant au-dessus de la vallée, une corneille noire ou bien encore une énorme migration de grues cendrées dont c’est d’abord les cris stridents qui attirent notre attention. Quel beau spectacle que ces oiseaux volant en formation et en V multiples avec cette lubie et cette boussole directrice de rallier l’Afrique via l’Espagne ! D’ailleurs, leur boussole fonctionne-t-elle si correctement que ça ? Comme je l’avais déjà observé lors d’une autre balade intitulée « Le Sentier de découvertes et d’agrément de Néfiach », mais avec des cigognes, ces grues semblent parfois déboussolées ! Celles qui mènent le groupe changent tout à coup de direction, ce qui bien entendu paraît très perturbant pour l’ensemble. Elles semblent faire demi-tour mais en moins d’une minute, elles paraissent retrouver la « bonne » direction ! Ont-elles rencontré un élément perturbateur ou bien est-ce une façon d’attendre les éventuelles retardataires comme des cyclistes échappés attendent le peloton ? Elles disparaissent et ma question restera sans réponse. En définitive quand le hameau de Casesnoves se présente, avec son église Saint Sauveur fermée, ses ruines mitoyennes et sa tour médiévale sans grand intérêt de prime abord, nous avons conscience que l’essentiel de cette jolie balade a été observé. Pour qui connaît un peu l’Histoire de Casesnoves, si l’église a été parfaitement restaurée, aucune information n’évoque l’étonnante affaire de ses fresques murales qui ont pourtant défrayé la chronique dans les années 50 et je trouve que c’est un peu dommage. Les visiteurs qui viennent ici auraient peut-être envie de savoir ce qu’il s’est passé mais de savoir aussi que ses fresques sont désormais dans l’ancien hospice Saint-Jacques devenu Centre d’Art Sacré d’Ille-sur-Têt. Par le fait même que tout ou presque a été vu, la fin de cette balade est plutôt monotone même si sur notre gauche et de temps à autre les célèbres Orgues laissent entrevoir quelques-uns de leurs jolis « tuyaux » de blocaille sédimentaire. En fin de compte, ce qui va donner un peu de piment à la fin de cette randonnée, c’est de se tromper de rue pour rejoindre notre voiture, laissée près de l’ancien couvent cistercien. Après avoir un peu tourné en rond dans Ille-sur-Têt, finalement c’est bien le chemin des Neuf Fontaines puis celui de la Sini qu’il nous a fallu prendre pour en terminer. Avec pas mal de bitume pour finir, mais en suivant un canal, l’arrivée s’effectue en passant sous la N.116. Après une distance que j’estime à environ une douzaine de kilomètres, notre voiture est là ! Si la fin est un peu fastidieuse, ce n’est pas du tout cela que nous garderons de cette magnifique balade  mais les canaux, la Têt, une avifaune très présente, de jolis paysages, de beaux panoramas et un patrimoine à découvrir.  Carte IGN 2448OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.

     

    (*) Le Circuit de la Montagne brûlée depuis Rodès (le Sentier des Carrières et du village médiéval de Ropidera) et Les Gorges de la Guillera et le château de Rodès (308 m) depuis Rodès (203 m)

    (**) En effet, après les inondations cataclysmiques d’octobre 1940 qui dévastèrent les deux tiers des Pyrénées-Orientales, il fallut reconstruire, réparer les énormes dégâts causés par les crues gigantesques des cours d’eau roussillonnais. Les GTE récemment créés furent mis à contribution. Le GTE 412 était commandé par le capitaine d’aviation André Herry. Francisco Rodríguez Barroso, ancien officier de l’armée républicaine, qui devait connaître suffisamment de français parlé et écrit le seconda dans sa tâche, assurant comme tous les étrangers exerçant ce type de fonctions dans les GTE, des fonctions de secrétariat. Le 412e GTE était divisé en quatre sections de 50 hommes dont la direction était assurée par l’un d’entre eux désigné pour ses aptitudes et compétences. Le 412e GTE fut employé à la réparation des nombreux canaux d’irrigation du secteur, indispensables à l’agriculture, et à la restauration des berges de la Têt, du Boulès son affluent, et du Gimenell, sous-affluent. Lorsque, en juin 1943, ces objectifs furent atteints, le 412e GTE fut transféré à Decazeville (Aveyron) où ses hommes furent employés dans les mines de charbon.


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  • Ce diaporama est agrémenté de 5 musiques du groupe "Secret Garden" extraites de leur album "Winter Poem". Elles ont pour titres : "Make A Wish", "Song For A New Beginning", "Frozen In Time", "Song At The End Of The Day" et "Lament For A Frozen Flower".

     La Saline de Mandirac et le Grand Castelou depuis l'écluse de Mandirac.

    La Saline de Mandirac et le Grand Castelou depuis l'écluse de Mandirac.

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    C’est parce que j’avais en partie parcouru les lieux en 2014 lors d’un « GPR Sentier du Golfe Antique » en 3 jours, que j’ai imaginé cette boucle pédestre que j’ai intitulée « La Saline de Mandirac et le Grand Castelou depuis l’écluse de Mandirac ». D’abord le secteur m’avait bien plu mais j’avais le sentiment d’y être passé trop vite. Trop vite, car ce jour-là c’était la première étape allant de Port-la-Nouvelle à Narbonne et qu’il m’avait fallu parcourir une bonne trentaine de kilomètres.  Au-delà de ce premier aspect, il y en avait eu un second encore plus important à mes yeux : les Oiseaux. Certes, j’en avais vu beaucoup, mais là aussi j’étais resté avec un sentiment d’inachevé sur la plan photographique ! Inachevé car je n'avais pas pris suffisamment mon temps et que mon appareil-photo n'était pas vraiment performant pour des photos animalières. J’avais donc envie d’y retourner avec cet espoir de faire beaucoup mieux. En ce 22 octobre, il est 12h30 quand je gare ma voiture à proximité de l’écluse de Mandirac située sur le canal de La Robine. La météo est mitigée car faite de gros nuages blancs et gris qu’un bon petit cers pousse du nord-ouest vers le sud-est, mais j’ai bon espoir que ça s’arrange. En tous cas, j’ai la quasi-certitude qu’il ne pleuvra pas.  Je viens à peine de couper le moteur qu’un train passe à toute vitesse sur la voie ferrée mitoyenne faisant s’envoler une Aigrette et un Héron cendré. Par chance, mon appareil-photo est sur le siège passager et si je loupe l’Aigrette, le Héron passant juste devant mon pare-brise, je peux l’immortaliser en plein vol. Je démarre, direction Tournebelle-le-Neuf et le Grand Tournebelle en longeant plein sud et pour l’instant le Canal de la Robine. En 7 ans, j’ai le sentiment que beaucoup de choses ont changé et pas en bien. Le petit Café de pays faisant restaurant et qui organisait d’agréables soirées musicales est délabré et est ouvert aux quatre vents, les abords de la gare de Gruissan-Tournebelle paraîssent beaucoup moins bien entretenus même si sur la façade un grand graffiti plus joli est venu remplacé quelques tags qui étaient très moches. J’ai appris que la Ligue de Protection des Oiseaux de l'Aude en avait fait son siège. Depuis mon départ, j’ai vu des déchets parsemés de tous côtés alors que de grands conteneurs poubelles sont là sur le parking près de l’écluse. J’essaie donc d’oublier ces tristes aspects et de me concentrer sur ce que je suis venu faire, c’est-à-dire tenter d’observer ce qui est encore beau, c’est-à-dire la Nature. Juste avant d’arriver au Grand Tournebelle, elle se présente sous les traits d’un Ragondin qui fouine l’herbe de la berge et quelques secondes plus tard c’est une Gallinule poule d’eau qui se dépêche de traverser la Robine. Quelques mètres plus loin c’est dans le petit canal du domaine  du Grand Tournebelle que je surprends un Martin-pêcheur. Puis le passage à niveau de la voie ferrée est là et même si les barrières sont levées, je le traverse avec la prudence qui s’impose. Depuis que j’ai laissé ma voiture, trois trains sont déjà passés. Un peu plus loin, dans un pré, juste à côté de la voie ferrée quelques chevaux blancs ; sans doute des « Camargue », nous rappelle les similitudes qu’il y a entre le delta de l’Aude et celui du Rhône. Les deux fleuves sont à l’origine de la création de leurs étangs et marécages respectifs. D’ailleurs peu de gens le savent mais le canal de la Robine emprunte en partie l’ancien lit de l’Aude, mais ça c’était au temps où les Romains avaient fait de Narbonne le deuxième port de commerce de la Méditerranée après ceux mitoyens d’Ostie et de Portus Augusti qui étaient ceux de Rome. De plus et même si les productions ne sont pas comparables en volume, il y a bien un riz de Mandirac comme il y a un riz de Camargue. Les comparaisons ne s’arrêtent pas là puisqu’on peut y observer quasiment les mêmes oiseaux, raison de ma présence. Aigrettes, hérons et canards colverts sont les premiers visibles mais comme ici les roselières sont très hautes mais également infranchissables car très denses, il me faut trouver des talus pour apercevoir les marais et les oiseaux qui les habitent. Il va en être quasiment ainsi jusqu’au lieu-dit Saint-Louis. Une fois franchi le passage à niveau, les seuls talus étant les ballasts de la voie ferrée, il vaut mieux éviter d’y grimper totalement. D’abord parce que les pierres qui les composent sont peu faciles à gravir mais surtout parce que c’est très dangereux. Ici les trains sont relativement nombreux à circuler et de surcroît ils roulent « à fond la caisse » sur cette longue ligne droite parallèle à La Robine. Alors j’essaie de trouver un juste milieu et surtout d’autres endroits moins périlleux. Finalement et compte tenu des difficultés, je n’ai pas trop à me plaindre des photos ornithologiques qui viennent remplir la carte mémoire de mon appareil-photo.  Dans ma quête à vouloir photographier tous les volatiles, ma plus grand difficulté est de surprendre les passereaux pourtant plutôt nombreux. Le cers, fait parfois de rafales assez violentes, incite tous les oiseaux à se laisser tomber dans les roseaux. Parfois, les rassemblements de passereaux sont si importants qu’ils donnent l’impression de pierres tombant du ciel. Malgré quelques photos, j’ai conscience qu’il me faudra faire preuve de patience et trouver des endroits bien plus propices à leur observation. Dans l’immédiat, je me fais une raison. Au lieu-dit Saint-Louis, je surprends quelques colverts dans le canal Le Canelou mais leur côté sauvage les fait s’enfuir dans les roseaux en me voyant. Après avoir emprunter la passerelle qui enjambe le canal, en apercevoir les deux ou trois habitations constituant le lieu-dit, j’ai le même sentiment que j’ai eu à Mandirac. L’endroit me paraît bien plus sordide et sale qu’en 2014. D’ailleurs, une des villas avec sa toiture amplement défoncée, ses rideaux roulants et ses fenêtres cassées, ses canisses fracassées et sa terrasse sens dessus dessous me paraît totalement saccagée. On dirait qu’une tornade est passée par là, à moins que ce soit les actes de terribles vandales ? Dans le doute et malgré son aspect désert, je m’abstiens de l’approcher et ce, malgré plusieurs fauvettes qui en occupent le jardin et que je veux à tout prix photographier. Comme elles ont la bougeotte, j’utilise mon appeau et attends de voir si elles viennent à moi.  Après cette séquence peu réussie, je poursuis ma route qui peu après devient rectiligne et bitumée. Elle file tout droit vers le Petit Castelou. Mais j’oublie vite l’asphalte car ici quelques arbres morts et donc dénudés accueillent des passereaux et c’est donc beaucoup plus facile pour moi d’en immortaliser quelques-uns. Un rapace s’envole d’un marais et s’amuse à jouer avec le vent. Il me laisse le plaisir de le photographier. Si l’arrivée au Petit Castelou est encore synonyme d’oiseaux et notamment de quelques limicoles non encore aperçus, les véritables « clous du spectacle » de la longue ligne droite qui se présente à nouveau sont des flamands roses en grand nombre, plusieurs Hérons, un groupe de magnifiques cigognes blanches passant juste au-dessus de ma tête mais surtout un superbe papillon Petit Monarque que le vent semble clouer sur l’herbe. Voilà un papillon que je n’avais jamais vu ni photographié jusqu’à présent et que je croise deux fois en quelques semaines dans des secteurs très éloignés l’un de l’autre, mais surtout que tout oppose. Le premier à « la Chapelle Sainte Marguerite de Nabilles », au-dessus de Conat et donc dans le Haut-Conflent à 865m d’altitude, c’était le 19 septembre, et le second ici un mois plus tard au bord de l’étang de Bages-Sigean. Quels contrastes de paysages et de biotopes pour un papillon migrateur censé venir d’Afrique via l’Espagne ! Après ces agréables spectacles, il est temps pour moi d’allumer mon GPS et d’en observer le tracé que j’y ai enregistré.  En effet, je ne veux pas louper le petit sentier qui doit m’amener vers Le Grand Castelou, ce qui m’obligerai à quelques kilomètres supplémentaires et de surcroît sur l’asphalte. Finalement, la bifurcation n’est pas très loin et se présente sur ma gauche mitoyenne d’une martellière, vanne métallique laissant passer les eaux selon les besoins. J’y retrouve avec un peu d’étonnement les balises jaunes et rouges propres au GRP Sentier du Golfe Antique.  Sans doute une variante dont je sais qu’elles sont plutôt nombreuses car si ce GRP est long de 75km et peut s’effectuer en plusieurs jours comme je l’ai réalisé moi-même, il est aussi constitué d’un réseau d’une douzaine de petits parcours pédestres individuels. Un petit ponton permet d’enjamber l’étier et le sentier est là qui traverse l’ancienne saline aujourd’hui largement envahie par les soudes, les salicornes, les lavandes de mer, les roseaux et autres plantes rustiques des marais. Si les passereaux y sont également plutôt nombreux, ils continuent de disparaitre au sol dans cette dense végétation.  Finalement comme j’abandonne l’idée de les photographier dès lors qu’ils disparaissent dans les roseaux, les grands bâtiments du domaine du Grand Castelou, gérés désormais par le Conservatoire du Littoral, sont vite là. Les bâtiments étant désertés de toute présence humaine, je me laisse aller à une visite improvisée mais vite découragée car les portes sont autant murées que l’endroit est vide. Un panonceau indiquant « un sentier de randonnée du Grand Castelou », je me laisse tenter avant de lire qu’il y a deux itinéraires, le premier assez réduit car de 2km autour des bâtiments, et le second de 4 km empruntant en très grande partie celui que je viens d’accomplir autour de la Saline de Mandirac. De ce fait et une aire de pique-nique avec des tables et des bancs arrivant bien à propos, je m’y arrête histoire de me reposer un peu et de goûter de quelques biscuits. Grand bien m’en prend de m’arrêter à cet endroit car au-dessus de l’aire de pique-nique de grands arbres totalement effeuillés vont servir d’aire de repos à de nombreux passereaux de passage. Je vais rester là plus d’une heure n’ayant qu’à siffler dans mes appeaux, attendre que les oiseaux arrivent et prenant un énorme plaisir à photographier chardonnerets, pinsons, serins et autres linottes mélodieuses.  C’est sur cette bonne note que je quitte le Grand Castelou, certes un peu de déçu d’avoir trouvé l’endroit désœuvré alors que j’avais imaginé que son acquisition par le Conservatoire du Littoral lui donnerait une autre vie aussi active que l’avaient été les précédentes. Il ne me reste qu’à refermer cette boucle mais là, j’hésite entre ressortir par le nord du domaine, direction le Grand Mandirac, ou bien vers l’est par des chemins qui traversent le domaine mais dont je n’ai aucune certitude qu’au bout ils enjambent la voie ferrée. Après réflexion, c’est la première solution qui me paraît la plus sage. Nouveaux chevaux blancs, quelques fleurs et d’autres oiseaux me font une fois encore oublier que je marche sur des voies asphaltées, voies asphaltées toutefois plutôt dangereuses dès que je sors du domaine. Ici, peu de bas-côtés pour satisfaire les piétons et la prudence doit être de mise. Au Grand Mandirac, juste après le passage à niveau, je retrouve  sur ma gauche les grandes bâtisses du 19eme siècle similaires à celles du Grand Castelou. Ces maisons de maître sont les témoins d’un âge d’or de la viticulture mais également de quelques essais plus ou moins convaincants de la culture du riz et de bien d’autres légumes ou céréales. Mais au-delà de cet aspect patrimonial, c’est surtout le chantier de charpenterie de marine qui m’intéresse. Comme j’y passe régulièrement devant en voiture sans jamais m’arrêter, je profite de cette occasion qui m’est donnée pour m’y attarder. Un homme est là et m’informe gentiment sur le chantier en cours. Après cette découverte, la dernière longue ligne en direction de l’écluse m’attend. A pied, elle est aussi risquée que celle qui m’a amené ici au sortir du Grand Castelou. Les voitures y sont nombreuses car Mandirac reste un raccourci certain et donc très emprunté entre Gruissan et le sud de Narbonne.  La route est assez étroite, les voitures y roulent parfois très vite et il est donc préférable de marcher en ayant constamment un œil devant soi et un autre derrière. Finalement, c’est entier que j’arrive devant la Maison de l’écluse, chance qu’un pauvre petit ragondin n’a pas eu. De cette crêpe de peau, de poils et de chair sanglante jonchant la route, seule la queue ronde et dure, encore pratiquement intacte, laisse imaginer qu’il a pu y avoir derrière cette représentation macabre un petit animal au cœur battant. Le pire dans cette vision d’horreur, c’est qu’en m’approchant de la confluence que forme ici le Canelou avec la Robine, j’y aperçois un autre ragondin qui semble faire « les cent pas » dans l’eau verdâtre du minuscule canal.  Il va et vient, faisant des longueurs d’une dizaine de mètres, et surtout il me laisse pensé à quelqu’un qui attend avec impatience et en vain le retour de quelqu’un d’autre. Attend-il l’âme en peine son conjoint que je viens de voir sur la route bien plus plat qu’une limande ? Compte tenu de la proximité des deux faits, je l’imagine aisément car même ma présence penchée sur la balustrade du Canelou ne change rien à ses longueurs natatoires. Je préfère quitter les lieux et m’en éloigner très vite tant ces deux scènes que je viens de voir m’ont terriblement attristées, et ce d’autant que je sais qu’ici les ragondins sont très mal vus et carrément chassés car ils occasionnent pas mal de dégâts dans les berges des canaux et les cultures. En 2014, j’avais constaté la présence de plusieurs pièges le long de La Robine.  Je traverse l’écluse et file vers l’ancienne école. Si sous certains aspects, elle me rappelle l’école primaire telle que j’ai pu la connaître, seuls quelques moineaux qui l’occupent trouvent un réel intérêt à mes yeux. Quelques voitures arrêtées un peu plus loin sur la route de Gruissan me rappellent mon passage ici en 2014. Seraient-elles encore là pour les même raisons ? Oui, c’est bien le cas, mais avec beaucoup moins de cigognes qu’il y a 7 ans, car cette fois-ci, il n’y en a que deux et beaucoup plus éloignées. Malgré ces derniers volatiles immortalisés et mon envie de continuer à photographier la Nature, il faut que je me rende à l’évidence, cette balade est bien finie !  Globalement je suis satisfait de ce long après-midi. Les oiseaux observés ont été très nombreux même si je sais que les photos n’auront pas toujours la belle qualité espérée à cause d’une météo variable et donc pas toujours idéale en terme de luminosité et de l'éloignement de certains volatiles. Telle que racontée ici, cette boucle a été longue de 9,2km avec bien évidemment une déclivité inexistante. Carte IGN Top 25.


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  • Ce diaporama est agrémenté de diverses interprétations de la magnifique chanson "Till There Was You" de Meredith Willson devenue définitivement célèbre grâce aux Beatles. Elle est interprétée ici par Jennifer Judy Heller plus connue sous le nom de J.J Heller (instrumental), par le duo MonaLisa Twins (chant) , par Joscho Stephan Trio (guitares), Paul McCartney (chant) et Bill Tyers (guitare).

    Le Chemin de Milie à Saint-Estève

    Le Chemin de Milie à Saint-Estève

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    En vous proposant ce « Chemin de Milie » au départ de ma commune de Saint-Estève, autant vous dire de suite de ne pas trop vous fier au tracé que je mets en exergue avec ce récit. Ce tracé est celui que j’ai réalisé ce jour-là mais il n’est qu’un exemple parmi bien d’autres jolis sentiers et chemins qui sillonnent les vignobles et la garrigue stéphanoise. Il n’est donc pas une finalité en soi et bien d’autres itinéraires sont possibles. A vrai dire, en effectuant ce circuit un peu biscornu,  ma vraie finalité était double : aller rendre hommage à « Milie » et démontrer que la campagne stéphanoise est encore très « naturelle » et « sauvage » et ce, malgré toutes les agressions que le progrès et bien d’autres complications ne cessent de lui infliger. Enfin, s’il est aussi biscornu, c’est parce que certains impondérables et une interdiction nouvelle m’ont obligé à zigzaguer. Alors bien sûr, vous vous demandez qui est « Milie » ? Voilà brièvement son histoire. De son vraie nom « Méli », selon son carnet de santé et de vaccination, c’était une jolie petite chatte noire de race Bombay née en 2004, mais les enfants l’avaient immédiatement appelé « Milie » et ce nom lui était resté. Elle avait 6 ans environ quand un soir elle a trouvé la mort heurtée par une voiture. Bien qu’ayant fait de gros progrès de sociabilisation, Milie était restée assez sauvage. La caresser, était toujours très difficile pour le premier venu mais pour nous aussi parfois. Malgré cette difficulté, elle avait une double vie car il lui arrivait presque chaque soir de traverser notre rue pour partir dans le proche voisinage. Où allait-elle ? Que faisait-elle pendant ses longues absences ? Nous n’avons jamais réussi à le savoir malgré quelques investigations auprès des voisins ! Cette double vie lui a donc été fatale. Et quand je pars en balade lui rendre hommage, c’est parce que je l’avais enterrée non loin d’un grand pin parasol de la garrigue stéphanoise. Malheureusement sur le lieu en question, un grand nombre de gravats ont été déversé et Milie est désormais enfouie dessous. Mais je continue à y aller, prenant très souvent des chemins différents et ce prétexte qui me tient toujours à cœur depuis octobre 2010 où elle a trouvé la mort. Oui, comme indiqué en préambule « les Chemins de Milie » peuvent être nombreux. En ce 18 octobre, le temps est superbe et mon envie d’aller courir la campagne en est décuplée. Je démarre de chez moi mais plus véritablement du lieu-dit la Pinède, juste après le parcours sportif où j’allume mon appareil-photo. Là, direction le cimetière ouest encore appelé cimetière du Haut. D’emblée, les oiseaux sont plutôt nombreux et  se présentent sous les traits de quelques merles, pinsons et autres serins. Mais les photographier reste dans l’immédiat très compliqué. Après quelques mètres, un papillon et un écureuil peu craintif et joueur ouvrent enfin mon bestiaire . Le premier oiseau est une pie avec son joli plumage aux reflets noirs et bleutés. Après le cimetière, le chemin se fait plus rectiligne et file presque tout droit vers la D.614 qui va de Pézilla-la-Rivière à Baixas. Ici, fleurs, oiseaux et papillons sont déjà bien présents. Ce chemin qui était plutôt bon est désormais un peu défoncé par endroits suite aux tranchées réalisées récemment pour faire passer la fibre optique. Ce fameux progrès que j’évoquais au début se présente également avec un horizon tout proche où éoliennes et lignes à haute tension se partagent le ciel bleu de leurs têtes et la campagne de leurs gros pieds de béton. Non loin de moi, un hélicoptère s’élève dans le ciel transportant deux hommes dans une nacelle. Le progrès, toujours le progrès, encore le progrès. Si je ne suis pas totalement contre le progrès, je trouve assez dommage que l’on produise beaucoup d’électricité de manière si proche avec ici une grande centrale électrique, de nombreuses éoliennes et de plus en plus de panneaux photovoltaïques sans en profiter dans les tarifs qui ne cessent au contraire d’augmenter. Oui, on peut tous regretter ce paradoxe et ce d’autant qu’il était également dit que le compteur Linky devait s’avérer plus économique et plus vert ! Plus économique et vert(ueux) pour qui ? On est en droit de se le demander ! Malgré tout, la Nature reste encore présente dans cette campagne et j’arrive avec bonheur à faire quelques photos naturalistes. Jusqu’à quand ? A force d’empiéter sur la campagne et donc sur la Nature, un jour viendra où il sera trop tard ! Je n’en veux pour preuve une disparation de 30% des oiseaux en 30 ans mais aussi de 60% des vertébrés sauvages à l’échelle de la planète. Je ne vais pas jusqu’à la D.614 préférant bifurquer au préalable pour revenir en empruntant un autre chemin qui traverse les vignobles et les lieux-dits « El Clavell Baix » et « Serrat d’En Farines ». C’est dans ce secteur que j’ai enterré « Milie », mais si je retrouve l’endroit exact,  je n’en retrouve aucune trace et pas même cette petite ardoise que j’avais gravée de son nom le jour où j’avais trouvé les « fameux » décombres déposés sur sa petite tombe. C’était en janvier 2011, quelques mois après sa disparition. Tout a disparu sous ce progrès qui consiste à salir la Nature avec ce qui devient inutile aux hommes alors qu’il existe une déchetterie faite pour ça. Décheterrie certes mais il est vraie payante pour les professionnels. C’est quoi la préférence, protéger à tout prix la Nature ou bien faire de l’argent désormais si essentiel à l’existence des hommes ? A voir comment les richesses sont si mal réparties sur notre planète, on devrait aisément pouvoir faire les deux non ? Enfin, il fait beau, la Nature est là, gratuite de surcroit et même si ce type de questions existentielles m’interpellent assez souvent, je veux profiter de mon après-midi. D’ailleurs, près d’un casot en ciment, d’autres personnes moins enclines à toutes ces questions métaphysiques ont « bu comme des trous » et « ont fumé comme des pompiers » laissant tous leurs détritus sur place dans un carton, ce qui tend à prouver si besoin que la société est mal en point. Je ne suis pas psychiatre mais venir « se torcher » dans la garrigue soulève des questionnements. Oui, la science de l’être humain et de ses réalités qu’on appelle « l’ontologie » a encore « du pain sur la planche ». Moi, je continue « mes petits bonhommes de chemins » zigzaguant entre vignobles et garrigues, toujours à l’affut de la faune et même de la flore, faisant même un petit détour pour aller voir des graffitis plus ou moins bien réussis dans un bâtiment désaffecté au milieu du lieu-dit « Plana de Dessus ». Si je ne suis pas contre ce « street art » ou « art des rues », bien au contraire, parfois très agréable à regarder quand les dessins sont bien faits, bien présentés et colorés, je ne peux que regretter qu’en France plus le moindre morceau de béton ou de métal ne soit « barbouillé » de ces tags obscurs, souvent débiles quand ils ne sont  pas « crasseux », « grossiers » voire carrément « avilissants ». Ici, si la plupart sont relativement bien dessinés, il y en a un très beau et donc parfaitement réussi consacré « Aux enfants de Saint-Estève morts pour la France en 14/18 ». Voilà une belle initiative et qui est à même de réconcilier le présent et le passé, chose de moins en moins fréquente de nos jours ! Enfin, il faut regretter que certains « artistes » aient cru bon de jeter leurs bombes de peinture ou de résine alors que c’est pourtant si facile lorsqu’on est venu avec de les ramener chez soi. « Artiste » ne devrait jamais rimer avec « fumiste » !  Je termine cette balade en évitant de traverser le domaine Bobé appartenant à Monsieur le Maire, ignorant que je suis de l’installation récente d’un grand hangar photovoltaïque. Respecter la propriété privée quand elle est parfaitement indiquée fait partie de l’éducation reçue de mes parents. Enfin peu importe ce petit détour car l’envie de marcher est encore là. Ainsi se termine cette jolie balade au cours de laquelle j’ai pris autant de plaisir à prendre des photos qu’à parcourir la campagne avec ses belles couleurs automnales. Toulouse-Lautrec qui s’y entendait en couleurs, n’a-t-il pas dit que « l’automne est le printemps de l’hiver ». Je n’ai pas enregistré d’éléments de mesures mais j’estime que telle qu’elle est décrite ici, cette balade a été longue d’environ 7 à 7km5 pour une déclivité d’une quarantaine de mètres. Carte IGN 2548OT Perpignan – Plages du Roussillon Top 25.


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    Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques du compositeur britannique David Mitcham. Elles ont pour titre : "Reflections On A Life", "Reflections Of Satie" et "Highlands and Lowlands"

    La Chapelle Sainte Marguerite de Nabilles depuis Conat

    La Chapelle Sainte Marguerite de Nabilles depuis Conat

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    En ce 19 septembre, et toujours en villégiature à Urbanya, nous avons prévu d’aller randonner au-dessus des Angles, du côté du petit étang de Vallserra (que l’on écrit aussi Balcère), quand la radio nous annonce de la pluie sur le Capcir pour une bonne partie de la journée. Etonnant quand même , alors qu’ici nous n’avons qu’un ciel incroyablement bleu. Que faire alors que nous nous apprêtons à démarrer ? Sur mon smartphone, cette mauvaise météo capciroise m’est confirmée avec un risque prévisionnel d’averses à 75%. Sur cette même application, aucune pluie n’est annoncée sur le Haut-Conflent. Rien d’étonnant à cela quand on sait qu’il arrive assez souvent que les pluies restent bloquées sur les Garrotxes et le Massif du Madrès. Alors oui que faire ? Changer mon fusil d’épaule ? Oui je ne vois que ça ! C’est ainsi  que cette balade à Vallserra se transforme à une jolie boucle vers « la Chapelle Sainte-Marguerite de Nabilles (*) depuis Conat ». Un petit détour par Prades afin de récupérer notre pique-nique qui prend les traits de 2 gros pans-bagnats ( ce sont les seuls sandwichs qui nous tentent !)  et à 9h15 nous voilà fin prêts sur la parking de la mairie de Conat pour cette balade. Le ciel est toujours merveilleusement bleu et il ne variera pratiquement pas de la journée. Je connais bien le tracé et je sais déjà que le GPS que j’emporte quand même ne devrait m’être d’aucune utilité voire si peu. Si Dany connaît déjà la chapelle, que nous avions découvert lors d’une autre balade intitulée « les Chapelles du Pla de Balençou », elle ne la connaît pas selon cette boucle qui j’espère devrait pleinement la satisfaire. Nous traversons le vieux mais pittoresque village et nous dirigeons vers la rue des Ponts Romans. C’est cette rue qu’il faut emprunter pour ressortir du village et trouver l’étroit sentier qui doit nous amener vers la chapelle située sur le plateau dominant la vallée. Dans l’immédiat, mon appareil-photo et moi sommes absorbés par de nombreux passereaux mais plus globalement par une Nature bien présente qui d’emblée freine ma marche. Quelques poèmes bien sympas rajoutent à cette flânerie imprévue. Par bonheur, les passereaux se laissent gentiment immortaliser et les poèmes sont courts. Tout cela suffit à notre bonheur. Nous reprenons notre marche. La jolie arche en pierres du premier pont « roman » est là ainsi qu’un ludique pupitre nous expliquant que ces deux ponts n’ont de « romans » que le nom. Les deux enjambent la rivière Urbanya mais le second se trouve un peu plus haut à la confluence d’un autre ruisseau descendant du hameau perdu et oublié d’Arletes : Le Riberot. Paradoxalement, c’est ce ruisseau que nous allons suivre en le dominant. Sur le pupitre et en lisant toutes ces histoires passées, l’importance de l’eau et l’intérêt qu’il y avait à la capter et à la canaliser du mieux possible, je ne m’empêchais de me souvenir de cette balade faite en juillet 2018 et que j’avais intitulée « Le Sentier d’Arletes et autres hameaux perdus ». Je me souviens avoir pleinement profité de l’ombrage qu’il y avait au pied des ruines d’Arletes et plus précisément au bord de ce fameux Riberot pour me reposer un peu et prendre un en-cas. Je me souviens des nombreuses mésanges qui piaillaient mais aussi de ces plants de menthe sauvage qui attiraient une incroyable variété d’insectes et de papillons. Oui, je me souviens très bien de toutes ces vies « butineuses » si fraternelles entre-elles que j’avais photographiées avec une immense délectation. Nous repartons plus que jamais sûrs de notre itinéraire, qu’un panneau directionnel vient de nous confirmer : «  Ste Marguerite ¾ d’heure ». Le sentier commence à s’élever et je précise à Dany qu’elle peut marcher sans crainte et à son rythme car je ne veux surtout pas la ralentir avec mes prises de vues quasi permanentes. Quelques fleurs, quelques papillons, quelques beaux panoramas, de rares lézards et de rarissimes oiseaux sont néanmoins suffisants à créer entre elle et moi une certaine distanciation, mot ô combien devenu malheureusement à la mode par ces temps de Covid. Par bonheur, un simple arrêt de quelques minutes de sa part et le rapprochement s’effectue de nouveau.  Les panoramas vers les massifs du Canigou et du Coronat sont superbes et on ne s’en lasse pa.s  Dès que l’on approche des flancs du plateau, les décors changent. On quitte le sentier encadré d’une végétation méditerranéenne  cheminant en balcon au-dessus du Riberot pour une garrigue plus ouverte et plantée de graminées, de petits buissons et d’arbustes plus épars. Il va en être ainsi jusqu’à la chapelle. Dans l’immédiat, je demande à Dany de m’attendre car en dessous du sentier j’ai aperçu une grange et ce qui ressemble à une ancienne carrière. La carte IGN me confirmant ces informations à cet endroit non loin du Correc de l’Espinas, je veux voir de quoi il retourne. Finalement, il s’agit d’une ancienne ardoisière sans grand intérêt même si certaines lauzes sont de toute beauté et m’auraient bien rendu service pour agencer mes terrasses potagères de ma maison d’Urbanya. Dans ce fatras de lauzes, seul un beau lézard que l’on appelle Psammodrome présente un bel intérêt. Mais comme il se cache derrière la souche d’un vieux chêne vert, j’éprouve beaucoup de mal à le photographier correctement sans l’effrayer. Quant à la grange, elle semble totalement constituée de ces lauzes-là mais elle est inaccessible car au pied d’un haut mur et de surcroît envahie par les ronciers. Il est probable que la grange, définie ainsi sur la carte IGN, était plutôt une cabane servant d’habitat temporaire pour les ouvriers travaillant à l’ardoisière.  J’abandonne les lieux et retrouve Dany qui m’a patiemment attendu près d’un grand cairn lui aussi élevé avec les lauzes du coin. Elle ne ronchonne pas de m’avoir attendu, mais il est vrai qu’elle est bien occupée à observer un vautour fauve planant très haut dans le ciel. Il descend en de larges circonvolutions se laissant planer, sans doute emporté qu’il est par des courants d’airs chauds. Après ce joli spectacle, la déclivité se fait moindre et après la ruine d’un vieux mas que nous laissons sur la droite, la chapelle est enfin visible. Alors que je suis parti visiter la ruine du vieux mas, quelle n’est pas ma surprise d’apercevoir un blaireau occupé sans doute à déjeuner. Le museau enfoncé dans l’herbe, il est difficile à photographier mais c’est déjà trop tard car il m’a vu. Il détale vers la ruine et s’enfonce dans un buisson d’épineux très dense. J’ai beau m’évertuer à faire le tour du buisson, il a disparu corps et biens !  Il n’est pas encore midi, nous sommes devant la chapelle. Dany décide de s’assoir sous le clocher sur une pierre qui fait office de banc et moi je pars faire un rapide état des lieux. Depuis ma dernière venue en septembre 2014 lors d’une balade que j’avais intitulée « Les Pierres gravées et dressées de Conat », rien n’a vraiment changé dans cette église dédiée à Sainte Marguerite d’Antioche, une vierge martyre née à la fin du 4eme siècle et morte décapitée au début du 5eme à l’âge de 16 ans. J’y trouve peut-être un peu moins de purin et de crottin, ce qui tend à prouver qu’aucun bovin ou ovin n’est plus venu ici depuis quelques temps déjà. Pour le reste, je regrette toujours qu’aucun travail de restauration n’ait été entrepris et notamment pour élever son clocher et consolider son toit ce qui lui donnerait un autre visage dans ce paysage abandonné ! Oui, il ne faudrait sans doute pas grand-chose pour quelle retrouve un peu de son lustre d’antan, elle dont les historiens savent peu de choses or mis qu’elle est romane et qu’ un écrit la mentionne pour la toute première fois en l’an 1279. Mais c’est compliqué, l’endroit est un peu perdu même si une piste arrive jusqu’ici soit de Prades soit depuis Campôme. Ma seule observation nouvelle est d’y découvrir sur la corniche du chevet, une pierre gravée d’un serpent ondoyant.  Mais comme j’ai eu cette information sur le site Internet des « Balades romanes » juste avant de venir, je ne suis pas vraiment surpris de cette trouvaille. Serpent ou dragon ? Je ne sais pas, mais toujours est-il qu’il y a une légende selon laquelle Marguerite d’Antioche serait sortie indemne du ventre d’un dragon qui l’avait avalée. Les bâtisseurs de la chapelle connaissaient-ils cette légende ? ça paraît probable.  Après cette jolie découverte, il est temps d’aller déjeuner,  et ce d’autant que je languis de partir vers d’autres trouvailles plus vivantes car j’ai déjà constaté qu’il y avait pas mal de papillons mais aussi quelques fleurs habituellement plutôt discrètes en ces lieux si arides. Si les papillons sont en grand majorité l’espèce que l’on appelle « Satyrinés » ; en latin « Satyrinae » ; il y a aussi des Piéridés et les habituels papillons saisonniers qui apprécient les maquis plutôt secs.  Mais alors qu’elle n’est pas ma surprise de rencontrer pour la toute première fois un Petit Monarque. Il est là, les ailes légèrement repliées, à butiner les fleurs d’un Daphné garou et malheureusement, je n’aurais de lui que 4 photos dans cette posture loin d’être idéale.  Il s’envole et je ne le reverrais plus malgré mon attention permanente à tenter de le retrouver. Papillon migrateur présent en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, il est plutôt rare en Europe et bien sûr en France où jusqu’à présent il a surtout été observé dans l’Hérault et un peu dans l’Aude nous dit Wikipédia. C’est donc une magnifique surprise de le trouver ici sur ce Pla de Balençou, envahi il est vrai par le « Séneçon de Mazamet ou du Cap » qu’il semble apprécier. Après plus d’une heure autour de la chapelle, mais sur un tout petit périmètre, à recenser tout ce qui bouge et fleurit, le temps est venu de refermer cette boucle. Dany m’attend. SI nous amorçons la descente ensemble en direction du lieu-dit Millares, très vite ma passion pour la photo naturaliste engendre un nouvel espacement. Quelques oiseaux mais impossibles à photographier, un beau lézard vert et encore de nombreux papillons, cette fois, je ne la vois carrément plus. Dany a disparu ! Craignant qu’elle ait emprunté une caminole qui file tout droit au bord du précipice dominant Conat, je fais moi aussi le choix d’aller tout droit. Finalement je l'aperçois, après cette descente inédite entre Les Esquerdes et la Solana. Elle a fait le choix de s’arrêter mais il est vrai que la sente ne va guère plus loin sauf à prendre des risques assez insensés.  Alors certes, il y a d’ici une vue imprenable sur Conat, mais le bon itinéraire y menant est un peu plus haut, moins périlleux et moins direct même si l’aspect tortueux reste quelque peu présent. Après cet égarement, le bon itinéraire descendant par Les Teixonères, je le retrouve sans trop de problèmes. Il coupe le sentier menant à Llugols que je connais par cœur pour l’avoir sillonner à maintes et maintes reprises dans les 2 sens, et notamment en 2007 lors d'une étape sur mon mémorable Tour du Coronat. Ce Tour du Coronat qui était devenu pour moi « Des Merveilles au pays d’Alysse » reste là, encore gravé dans ma mémoire avec une fraîcheur quasi intacte quand je viens marcher dans ce secteur. Il est vrai que dans cette descente vers Conat, il suffit que je lève la tête pour que les merveilles ressurgissent : le Mont Coronat est là, dressé devant moi, si boisé, si sombre et si abrupt qu’il continue à me fasciner comme au premier jour. Il y a aussi cette Vallée du Caillan avec ses petites gorges sinueuses et cet étonnant moutonnement végétal sur son versant adret. Moutonnement grâce à leur forme en boucles arrondies car essentiellement constitué de chênes verts serrés les uns contre les autres comme des soldats romains dans un carré d’infanterie. Pourtant quand on connaît l’endroit, de nombreuses petites sentes y circulent dessous. Les anciennes « feixes » et les vieux orris de bergers y sont encore nombreux et en très bon état comme j’avais pu le constater lors d’une balade que j’avais intitulée « Le Pi del Rei et autres découvertes ». Oui, je continue à trouver tout cela très beau. Comment pourrait-il en être autrement alors que cette agréable balade se termine et que le joli village de Conat se présente orienté vers le soleil comme un beau tournesol ? Pour notre plus grand bonheur, il se présente aussi sous les traits de son ancien maire et de son épouse, dont nous sommes ravis de faire la connaissance. Nous papotons longuement de tout et de rien, de cette charmante balade à la chapelle Sainte-Marguerite mais aussi de la France et de ses tourments. Malgré la quiétude ambiante qui pourrait faire oublier les tracas, il est toujours plaisant de voir que l’on partage avec d’autres personnes les mêmes thèmes alarmants, l’amour de la France et de notre belle région, les mêmes ressentis, les mêmes idées, les mêmes conclusions mais aussi les mêmes débuts de solutions. Oui, on termine cette balade en voulant refaire le monde, pourtant assez paradoxalement celui que nous avons découvert aujourd’hui nous a totalement comblé  ! Cette balade a été longue de 6,2 km, découvertes incluses, pour des montées cumulées de 550 m. Le dénivelé est de 352 m entre Conat le point le plus bas à 513 m sur le pont enjambant le Caillan et le plus haut à 865 m à proximité de la chapelle. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet et 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

    (*) Nabilles  : On ne sait que peu de choses du hameau de Nabilles et en tous cas encore beaucoup moins que pour celui d'Arletes que j'avais évoqué lors de ma balade "Le Sentier d'Arletes et autres hameaux perdus depuis Conat". Les vieux écrits sont moins nombreux apparemment. Mais il reste quelques ruines à proximité de la chapelle et notamment entre les correcs de Nabilles et de l'Espinas, ce qui permet de ne pas douter d'une vie antérieure à cet endroit du plateau de Balençou (Vallenso). Il est fort probable que les raisons de la disparition de la vie à Nabilles ont été les mêmes que celles qui étaient survenues à Llugols ou à Arletes, c'est à dire les pandémies de peste, les conflits armés mais surtout les grandes difficultés à vivre dans ces lieux retirés et complétement désolés. En réalité, les seuls écrits que l'on trouve à propos de Nabilles sont des légendes et notamment dans deux livres de l'écrivain Christian Doumergue intitulés "Le chat : Légendes, mythes et pouvoirs magiques" et "La France des chats extrordinaires - 75 histoires de chats" où il reprend une légende déjà contée par l'abbé Jules Cornovol dans un texte du 15 octobre 1911 de la Revue Catalane. Sorcières, chats maléfiques, magie noire, corbeau, épidémie, tout est en place dans cette vieille histoire pour expliquer la disparition de toutes vies humaines. L'auteur indique qu'il s'est même rendu sur les lieux plusieurs fois pour ressentir l'atmosphère de ce passé enfoui à jamais. Tout comme moi, il y a éprouvé des émotions en imaginant cette vie si dure dans "cet écrin de solitude".


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  • Ce diaporama est agrémenté d'une très belle musique intitulée "Talking To Nature" interpretée par le flûtiste indien Shastro

    Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

    Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

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    J’avoue faire assez peu de différences entre randonner seul ou en agréable compagnie car j’ai cette faculté à me complaire dans les deux façons de marcher. D’ailleurs, à bien y réfléchir, seul, à deux ou à plusieurs, je ne modifie guère ma façon d’être dans l’action car avant tout c’est la Nature qui guide mes pas. Elle guide mes pas et ma façon d’agir dans l’acte de marche. Cette attitude, si elle n’est pas nouvelle, a bien sûr évolué en prenant de l’âge. Il y a pourtant une exception à cette règle, c’est quand je randonne accompagné de mes petits-enfants. Si la Nature reste bien entendu présente, ils en font partie intégrante, ce qui n’est jamais le cas des adultes. Je vais donc les observer avec presque autant de curiosités que des papillons, des oiseaux, des fleurs, des panoramas ou des paysages. Et quand je m’interroge à propos de cette observation, je me dis qu’il s’agit à la fois d’une dissection de leur comportement vis-à-vis de cette passion pour la randonnée pédestre qui est la mienne mais aussi d’une espèce de vigilance machinale mais probablement indispensable pour moi. Quoi qu’il en soit, je suis toujours très heureux d’être avec eux dans cet acte que j’aime tant qui est celui de marcher. En ce 26 août, tout s’est mis peu à peu en place pour qu’il en soit ainsi. Ce jour-là, mon gendre, ma fille et leurs deux enfants sont venus nous rejoindre à Urbanya où nous séjournons. Ils ont prévu d’aller « faire » « les Gorges de la Carança » en famille et nous ont gentiment invités Dany et moi. Je languis l’instant où nous serons tous ensemble sur les sentiers et ce d’autant que pour une fois je n’ai pas eu à me préoccuper de l’itinéraire à accomplir. Une fois n’est pas coutume, je vais me laisser guider.

    (Voici le lien du tracé que nous avons effectué : https://www.visugpx.com/pnXoZ9IVvH )

     Voilà déjà 13 ans que je ne suis plus venu marcher dans ces célèbres gorges et je m’en souviens très bien car la dernière fois, j’étais venu marcher avec des collègues du boulot.  C’est totalement inédit et malheureusement, ça ne s’est jamais plus produit ensuite. A Thuès-Entre-Valls, il est tout juste 9h quand nous garons nos véhicules sur le parking des gorges. Le temps que tout le monde se prépare et que mon gendre trouve le sens du départ et me voilà déjà les yeux aux aguets de tout ce qui bouge. Un merle et un papillon en font les frais. Dans le ciel, deux vautours fauves planent du côté de Llar. Ce tout petit hameau perché et perdu me ramène lui aussi à quelques années en arrière lors d’une jolie balade intitulée « Le Chemin des Canons ». Dans la rivière, un merle et plusieurs bergeronnettes continuent de m’immobiliser puis à mon approche, ils s’enfuient à tire-d’aile. Plongé dans mes photos, les volatiles me font presque oublier que j’ai une rude randonnée à accomplir. J’attendais tout le monde et maintenant me voilà déjà attendu. Nous démarrons. Si les gorges sont vite là, c’est surtout un grand panneau qui attire mon regard et m’interpelle car il y est écrit en grandes lettres bâtons bien visibles « ITINERAIRE DANGEREUX AUX RISQUES ET PERILS DES RANDONNEURS ». Or, c’est assez bizarre car je ne me souviens pas l’avoir lu lors de mes précédentes venues ici. Il est vrai que je n’étais qu’avec des adultes, ceci expliquant sans doute cela.  Immédiatement, je me mets à penser à mes deux petits-enfants et aux risques qu’on va leur faire courir. J’essaie d’enlever cette culpabilité de ma tête mais il me faudra quelques décamètres pour y parvenir. Finalement, c’est de voir mes petits-enfants gambader et sauter de roches en roches comme des cabris que je parviens à éliminer ces mauvaises pensées. Finalement, je m’aperçois que le vieux que je suis a le pied bien moins sûr et réclame plus d’attention sur ce sentier devenant rapidement tortueux. Je peux me consacrer pleinement à la photo mais je vois bien que mon numérique ne fonctionne pas comme à son habitude. Absence d’une bonne luminosité ? Je suppose. En tous cas, c’est la seule raison que je trouve à cet état de fait. J’essaie de procéder à des réglages mais en vain. Dans ces profondes gorges, les rayons du soleil peinent à pénétrer franchement et c’est un faisceau blanchâtre très puissant faisant office de couvercle qui empêche de voir le ciel dont je sais qu’il est pourtant très bleu. Il me faut faire avec et je me dis que Photoshop sera peut-être à même de corriger ces photos de mauvaise qualité. Si le sentier est bien tracé, je le trouve bien plus difficile qu’il y a 13 ans.  Les années supplémentaires ont démultiplié les difficultés. Toutefois, comme j’arrive à suivre le groupe sans trop d’essoufflements, je suis plutôt satisfait. Après avoir longé quelque peu la rivière Carança au fond de la gorge, le sentier devient plus compliqué car plus rocheux. Il faut assez souvent redoubler de vigilance pour se faufiler correctement dans ce qui ressemble à un pierrier quasi continuel. Tout en prêtant attention, je me distrais comme je le peux en photographiant quelques fleurs et nos déambulations. Mais le groupe avance à un bon rythme et les mises au point que je devrais faire pour des photos de qualité ne me sont pas autoriser, sauf à perdre trop de terrain. Tout compte fait, l’aspect le plus angoissant n’est pas la qualité désastreuse du sentier en soi mais le fait que l’on ne sait pas où l’on va et surtout comment l’on fera pour revenir en effectuant une boucle. Enfin , cette angoisse peut être compréhensible surtout pour tous ceux venant ici pour la toute première fois. Sentier tortueux, végétation parfois très dense, vues limitées, canyons profonds et insondables, pics acérés et inaccessibles, falaises abruptes, panneaux de prudence et de recommandations, tout ce qui nous entoure peut contribuer à une certaine appréhension. Cette appréhension peut encore perdurer même quand le lieu nous est déjà connu et notamment pour les personnes ayant pu lire de vieilles croyances populaires avant de venir ici. Quand la corniche apparait en face, creusée à même le flanc d’un à-pic impressionnant et que l’on y aperçoit quelques « lilliputiens », elle peut se transformer en frayeur voire en paralysie. Rien de tout ça parmi notre groupe et même les enfants avancent sans aucune crainte, ce qui est tout à fait normal car c’est bien connu qu’ils n’ont pas la même conscience du danger que les adultes. Tant mieux ! Ceci n’empêchant nullement les conseils de prudence, ce que je ne me prive pas de faire, sans pour autant les inquiéter plus que nécessaire. De toute manière, ils sont habitués à randonner et marchent avec beaucoup de sérieux la plupart du temps Après quelques petites montagnes russes et être passés sous le Roc de la Madrieu, nous retrouvons le lit de la rivière peu avant le lieu-dit « l’Abeurador », en français « l’Abreuvoir », et la confluence du Correc de la Guille. Coin peu paisible pour pique-niquer mais je m’éloigne un peu du sentier à la fois pour trouver une peu de paisibilité et m’isoler pour prendre quelques photos car par chance à cet endroit quelques pieds de menthe attirent des papillons. Si je me suis éloigné, je reste à proximité du groupe et les pieds presque dans l’eau. Sur la gravière, je réussis à attirer une minuscule truitelle avec de la mie de pain roulée en petites boulettes. Mais la truite sauvage est soupçonneuse et ne se laisse pas photographier si facilement, restant dans le courant. Je me rattraperai un peu plus tard. Un lézard des murailles se fait tirer le portrait plus aisément. Le pique-nique terminé, nous continuons à longer la rivière mais cette fois très souvent sur des échelles, des passerelles aménagées et des ponts de singe. Ici, faire le singe, il vaut mieux éviter car en cas de chute, il y a plus de chance de tomber sur un rocher que dans l’eau. Le torrent ne cesse de faire entendre sa rocailleuse musique. Tantôt à droite, tantôt à gauche, ou vice-versa, le plus compliqué est d’éviter de se croiser avec des personnes ou des groupes arrivant en sens inverse, ce qui ne manque pas d’arriver en raison de l’heure déjà bien avancée de la journée. Finalement le pont de Pierre est atteint et si je mets Pierre en majuscule c’est parce qu’il est ainsi écrit sur la carte IGN. Erreur des géographes ou hommage à un Pierre qui en serait le concepteur ? Aucune information ne vient étayer aucune thèse et on sait seulement que ce pont a été construit pour pouvoir plus facilement enjamber un affluent de la Carança qui a pour nom catalan « El Torrent Roig », en français « le torrent rouge ». Dans ses balades, Lison (*) évoque ce pont de pierre et la source de ce ruisseau torrentiel, précisant qu’au temps jadis, son débit était probablement plus puissant que de nos jours, expliquant par-là cette solide construction et le chemin en grand partie constituée de pierres taillées dans les roches du secteur. Ils étaient là aussi pour l'exploitation du bois et du cuivre et de quelques autres minerais.  Elle nous apprend aussi qu’en face de ce pont se trouvait sans doute un moulin dédié au sciage du bois. Enfin, elle vous explique tout ça bien mieux que je ne puis le faire ici. Qui mieux que Lison (*) qui a arpenté ce superbe et patrimonial secteur de la Carança en long et en large peut nous apprendre tout ça ! Le temps d’observer une belle petite cascade, de photographier une mésange charbonnière ; les passereaux sont peu visibles dans les gorges ;  et le temps est venu pour nous de faire demi-tour. Ah oui j’oubliais ! Il y a aussi un petit galet multicolore car joliment peint. Il a été laissé là sur le pont, sans doute par une personne un peu « New Age » en signe de porte-bonheur.  Porte-bonheur pour tous ceux qui comme nous arrivent ici ou passent pour monter plus haut vers le Refuge du Ras de la Carança ou les lacs. Ce n'est qu'ainsi que l'on a une idée plus ample et totale de ce qu'est la Vallée de la Carança (** voir le poème de Gaston Groussole à propos de cette vallée). Pour le retour, il n’est pas toujours facile de réemprunter les échelles et les passerelles métalliques, les ponts de singes sur lesquels le plus souvent il vaut mieux éviter d’être en surnombre. Il est 13h et dans les gorges c’est l’heure de pointe. Mais tout se passe toujours bien, tout le monde faisant preuve de civisme, de patience et de compréhension. Finalement, nous bifurquons de la rive droite à la rive gauche par une dernière passerelle à hauteur d’un petit barrage agencé de quelques baraquements. Wikipédia nous dit de lui « qu’il est situé à l'altitude de 1 004 m. Il mesure 2,8 m de haut et est muni d'une prise d'eau qui permet d'alimenter la centrale hydroélectrique de Thuès, située au bord de la Têt, légèrement en amont du confluent entre la Carança et la Têt. » Peu après commence la corniche creusée à même la paroi des gorges, partie de cette boucle la plus impressionnante car la plus périlleuse. Dans ce sens, que vous ayez le vertige ou pas,  il y est préférable d‘avoir une « conduite anglaise », de bien serrer sa gauche et de tenir d’une main ferme ce câble ligne de vie qui vous sécurisera. Cela vous évitera de prendre des risques inutiles et de vous faire des frayeurs qui le seront tout autant. Dites-vous bien que quoi qu’il en soit, aujourd’hui vous aurez eu droit à une belle dose d’adrénaline. D’ailleurs, comment faire quand vous aimez les fleurs mais que quelques-unes d'entre-elles ont pris un malin plaisir à aller pousser dans des endroits improbables et que malgré ça l’envie de les photographier est encore là ? Il faut parfois choisir, reculer quand le danger est trop grand et c’est ce que je fais. Par bonheur, un couple de Grands Corbeaux noirs et une Hirondelle des rochers qui a choisi de nicher dans le plafond de la corniche viendront compenser deux ou trois reculades florales. Plus on avance au sein de la corniche et plus on prend conscience des travaux colossaux qu’il a fallu entreprendre pour parvenir à la creuser ainsi. Quelques tunnels perpendiculaires mais tous claquemurés et dont on ne voit pas le bout rajoutent un maximum de mystères.  Sur Wikipédia, l’histoire nous dit que c’est en 1943 que tout cela a commencé aux fins de la construction d’un grand barrage sur la Carança qui finalement n’a jamais vu le jour pour des raisons de coût. Finalement, c’est un petit barrage qui permettra d’alimenter une centrale hydroélectrique qui fonctionnera à partir de 1946. Ce fameux passage en corniche est resté pour le plus grand bonheur des montagnards et autres randonneurs. Si la plupart font comme nous et se contentent d’arpenter ses gorges grandioses, certains partent rejoindre le refuge du Ras de la Carança et encore un plus haut les lacs dont  l’Estany Negre ou Etang Noir situé à une altitude de 2 505 m. Ce dernier constitue la source de la rivière, longue de 15,3km jusqu’à sa confluence avec la Têt à Thuès. D’ailleurs dès lors que l’on termine la corniche, la vallée de la Têt est là, bien visible en contrebas avec sa route nationale 116 et sa voie ferrée parallèle où circule « Le Canari ». C'est le surnom donné au joli « Petit Train Jaune » montant ses flots de touristes vers la superbe Cerdagne depuis Villefranche-de-Conflent. La vallée, il suffit désormais d’y descendre pour rejoindre Thuès et terminer cette magique randonnée. La descente démarre à droite à hauteur d’une bâtisse « chambre d’eau » d’où s’échappe une longue conduite forcée. 20 minutes plus tard , le parking est là, à moins que vous ne fassiez comme moi et que vous attendiez que le « Canari » passe pour le photographier. Selon le tracé que m’a fourni mon gendre, cette randonnée a été longue de 8,3km pour des montées cumulées de 1.012 m et un dénivelé de 336m entre le point le plus bas à 836m à Thuès et le plus haut à 1.172m au pont de Pierre. Cartes IGN 2249ET Font-Romeu – Capcir et 2250ET Bourg-Madame - Mont-Louis - Col de la Perche Top 25

    (*) Les Balades de Lison et la Carança : Vous voulez connaître la Carança et un peu son histoire, voici quelques liens proposées par mon amie Lison : Enigmatique Carança,  Carança d'autrefois : le bois et le cuivreCarança d'autrefois (fin) : les troupeaux et le charbon.

    (**) La Vallée de la Carança : Je ne peux m'empêcher de vous délivrer le superbe poème ci-dessous à propos de la Vallée de la Carança. Il est l'oeuvre de Gaston Groussole, écrivain et poète bien connu des Toulougiens, et extrait de son livre de poésies "Eclaire-moi Fanal !" édité par Les Presses Littéraires : Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.


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    Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques du compositeur John Barry. Elles ont pour titres : "The John Dunbar Theme (John Barry)", "Theme From Somewhere In Time (The City of Prague Philharmonic Orchestra)", "Give Me A Smile (English Chamber Orchestra/John Barry)" et "Out Of Africa/Flying Over Africa (John Barry)".

    La Chapelle Saint-André et la carrière de marbre de Belloc depuis Conat.

    La Chapelle Saint-André et la carrière de marbre de Belloc depuis Conat.


     

    Quand en ce 14 août au matin, nous avons décidé d’aller randonner jusqu’à « la Chapelle Saint-André de Belloc et à sa carrière de marbre depuis Conat », je mentirais bougrement si je vous disais que nous partions totalement à l’aventure. Non, concernant cette chapelle, c’était la énième fois que nous y allions et si je vous donnais un chiffre rond, je mentirais aussi ! Je me souviens d’un temps très lointain où nous y amenions nos enfants puis à diverses reprises quelques amis. Pour les enfants, c’était quand ? Il y a 35 ou 40 ans peut-être, mais sûr dans cette fourchette-là ! Les amis un peu moins. Je ne sais plus. Puis, nous y sommes retournés en août 2012, puis encore en 2018 et en 2019 lors de deux « Balcons de Villefranche-de-Conflent » dans les deux sens. Oui, j’ai arrêté de compter le nombre de fois où je m’y suis rendu et ce, d’autant que j’y étais également passé en août 2007 lors d’un mémorable Tour du Coronat en solitaire et en 6 jours. Une chose est par contre certaine, c’est que je n’ai jamais véritablement découvert cette carrière de marbre qui jouxte la chapelle. Je sais où elle se trouve, je l’ai photographiée de loin mais ne l’ai jamais véritablement approchée même si j’ai beaucoup lu à son sujet. C’est donc avec ce double objectif que je pars aujourd’hui : la chapelle mais surtout la carrière et comme toujours la flore, la faune et tout ce que la Nature va m’offrir. Pour Dany, marcher dans la Nature et observer d’amples panoramas suffisent à son bonheur. Elle devrait y trouver son compte sans problème.  Il est 8h quand nous nous mettons en route sur la parking de la mairie de Conat. Deux rougequeues noirs semblent y chercher pitance et sautillent sur l’asphalte dans un mouvement de danse fait de balancements presque parfaits car quasiment synchronisé entre eux. Ils semblent ignorer royalement notre présence. L’itinéraire démarrant en haut et à gauche juste après le clocher de l’église, nous longeons le cimetière. Le soleil n’a pas encore jeté tous ses rayons dans la Vallée du Caillan (Callau sur certaines cartes IGN) et le ciel est plutôt étrange car d’un blanc très laiteux et donc opaque vers le sud et l’est et d’un bleu très pur car sans nuages vers le nord et l’ouest. Il en sera ainsi une grande partie de la demi-journée puis les choses s’inverseront dans le milieu de l’après-midi. La journée s’annonce superbe et je me réjouis déjà de la flânerie envisageable.  Pour moi, le verbe « flâner » signifie prendre mon temps pour tout. Tout, c’est observer et photographier la flore et la faune, le patrimoine, les paysages et les panoramas et aujourd’hui, il y aura en sus la géologie et peut-être même de la paléontologie. Tout cela en amateur bien sûr, mais curieux de tout cela. Si le début de la montée vers cette falaise et cette brèche qu’on appelle le Pas de l’Escala est plutôt monotone car essentiellement en sous-bois de petits chênes verts, dès lors que l’on change d’étage collinéen, les centres d’intérêts vont se multiplier. Dans l’immédiat, les chênes verts aussi petits soient-il semblent faire trop d’ombre à tout le reste. Peu de panoramas hors mis au tout début sur la Vallée du Caillan et ses jolis et rectilignes jardins potagers. Or mis un minuscule papillon dénommé la Brocatelle d'or (Camptogramma bilineata), aucune faune n’y semble présente. Quant à la flore, elle se résume à des Crassulacées comme les Joubarbes et les Orpins puis à de petites fougères et à quelques ombellifères (Apiacées) du style Boucages ou Buplèvres. Il faut donc attendre un autre étage supérieur pour que la végétation se diversifie : Quelques fleurs commencent à montrer le bout de leurs diverses inflorescences, il y a d’autres arbustes méditerranéens, puis divers feuillus et enfin de très nombreux pins accompagnés de quelques cèdres. Le lieu-dit « La Boixera » porte bien son nom, car s’il est de coutume de penser à juste titre qu’il s’agit d’un « bois de buis », ce nom désigne plus largement une « végétation très touffue » car en fagots, qu’il est d’usage de brûler soit pour se chauffer soit pour cuisiner (Joan Becat).  Ici, la faune se fait un peu plus présente avec déjà pas mal de papillons et quelques rares oiseaux, tout ce joli monde restant assez difficile à photographier compte tenu de la densité de la végétation, y compris parfois à même le sentier. Il me faut donc faire preuve de patience et de ce fait, rattraper Dany après chacun de mes arrêts photographiques. Dans cette épaisse végétation, de rares mais jolies ouvertures sur Conat et la vallée permettent de se faire une excellente idée du chemin parcouru mais surtout de l’élévation déjà réalisée. La présence de petits éboulis et de pins de plus en plus nombreux laisse imaginer que la fin de la colline est atteinte. Il n’en est rien et il faut vraiment attendre d’avoir franchi ce fameux « Pas de l’Escala », (pas de l'escalier) passage rocheux délicat mais peu dangereux ici, pour voir la falaise blanche et ocre disparaitre.  Si le sentier continue de zigzaguer au sein d’une jolie pinède, les difficultés liées à la déclivité ont totalement disparues. Sur la gauche, on aperçoit parfois l’imposant clocher de la chapelle romane Saint-André de Belloc. Peu de temps après se présente une vieille source captée, espèce de très court tunnel aménagé de quelques escaliers se terminant par une modeste citerne pavée. Pour qui connaît un peu l’Histoire de cette colline de Belloc mais aussi la Font de la Perdiu (Perdrix) située en face et de l’autre côté de la vallée de la Têt sur la colline de l’Ambouilla, il est assez facile de deviner que cette source captée est également d’époque « vaubanienne ». Or mis une porte en moins ici, les deux citernes sont quasiment semblables. De plus, leurs courts tunnels respectifs ont cette même forme en ogive que l’on retrouve un peu partout dans les souterrains d’Ambouilla et du Fort Libéria ainsi que dans les galeries de contrescarpe. D’ailleurs, sinon Vauban, qui aurait pu imaginer la construction d’une telle source à l’extrémité d’un long mur de soutènement dont on voit bien qu’il n’est là que pour soutenir un large chemin pour y accéder ? Oui, il ne fait guère de doute que cette citerne a été construite à la même époque que le Fort Libéria, c’est-à-dire dans les années 1681 à 1683, dès lors que le fort a nécessité l’accès aux carrières de marbre mais aussi qu’il fut utile aux armées de Louis XIV de se protéger de tous les côtés.  Pourtant les interrogations demeurent et notamment à propos de la construction de la Redoute d’Ambouilla que certains historiens attribuent aux architectes de Napoléon III voire aux Espagnols. Ici, aucune information n’apportant de précisions à mes interrogations, j’entre dans la source uniquement pour la photographier et donc sans m’éterniser. Les fleurs que j’ai aperçu ici dans cette clairière sont pour moi bien plus captivantes. Après quelques photos, nous continuons en longeant le mur évoqué. Une nouvelle clairière se présente, bien plus ample que la première et plantée d’un grand cèdre. Ici, c’est l’emplacement de l’ancien hameau dont on aperçoit encore quelques ruines envahies par la végétation de-ci delà. La chapelle est un peu plus haut et à gauche sur une butte. Nous n’y faisons que passer, juste histoire de voir s’il n’y a rien de nouveau depuis notre dernière venue. Il n’y a rien de nouveau et la porte de la chapelle est toujours aussi cadenassée, alors nous partons déjeuner avec cette vue splendide car ample sur la Vallée de Caillan qui s’étire du Massif du Madres jusqu’à nos pieds. Le pique-nique terminé, Dany part se reposer sur une planche qu’elle a repérée du côté de la clairière pendant que je me lance à la conquête photographique de la flore et de la faune de cette butte rocailleuse. Elle est ensemencée d’une multitude de plantes pour peu que l’on veuille les observer : thym, brachypode, genêt, chardons et carlines, bugranes et liserons, camélée, rouvet et j’en oublie encore beaucoup. Les papillons et les criquets sont également nombreux. La clairière où je retourne n’est pas en reste. Parmi de nouvelles fleurs, une toute petite bien bleue munie d’un long éperon et qu’il me faudra dénommer après recherche (Dauphinelle de Verdun). Dany s’étant bien reposée, il est temps de filer vers la carrière de marbre. Sur la carte, plusieurs chemins semblent y mener à travers le maquis mais je préfère prendre la piste  car je sais déjà que Dany n’est nullement intéressée par la visite de cette carrière. De plus, ne sachant pas si son accès est aisé ou pas, je ne veux prendre aucun risque avec elle. Finalement après quelques virages, la carrière de marbre griottes (*) est là ou tout du moins le terril constitué de blocs plus ou moins gros ressemblant à un éboulis. Dany continue la piste à la recherche d’un endroit ombragé pendant que je choisis l’accès le plus facile et le moins périlleux pour accéder à la mine à ciel ouvert. Plus facilement que je ne l’aurais cru, j’atteins un large chemin où d’autres éboulis me font face. Je me lance dans une recherche de petites pierres dont le but est à la fois de trouver les plus originales et les plus dissemblables. Si la plupart sont quasiment sans intérêt, quelques-unes présentent de petits fossiles blancs que l’on appelle Goniatites. Ces petits mollusques céphalopodes, depuis très longtemps disparus, ressemblent un peu à ces petits escargots qu’on appelle limaçons. En réalité, ils sont plus proches des ammonites également disparus et des nautiles d’aujourd’hui. S’ils sont souvent bien visibles sur les roches, ils sont parfois complétement déformés par la pression tectonique qui s’est exercée au Dévonien, c’est-à-dire voilà – 350 millions d’années environ. Les géologues les appellent « fantômes ».  Ils leur donnent aussi le nom d’ « Œil de Perdrix » quand ces fossiles sont totalement cristallisés et blancs. D’autres roches ne sont pas tavelées de Goniatites mais présentent d’autres intérêts comme des cristaux brillants de divers coloris ou bien des traces noires voire gravées d’activités de dislocation, d’écoulement, d’écrasement ou de rainurage comme les lapiaz ou les « pelures d’oignons ». Tout cela permet d’imaginer aisément l’activité bouillonnante et donc sans doute volcanique qui a eu lieu ici alors que la mer était présente ici comme sur une immense partie de la Terre. Les scientifiques estiment à 70 %  la disparition des espèces vivantes même si la cause précise de cette extinction reste inconnue : période d’anoxie océanique, pic de volcanisme lié aux mouvements de la dérive des continents, origine extraterrestre (impacts cométaires ou météoritiques) ou une combinaison de ces facteurs ? (Source Wikipédia).  Je photographie les exemplaires rocheux que j’estime les plus remarquables pour mon reportage, conserve les plus petites mais les plus originales, mais pas plus d’une dizaine, que je mets au fond de mon sac pour ma modeste collection de pierres et de fossiles et part vers d’autres recherches. Je remonte le chemin puis trouve une première carrière sur ma droite. Elle se présente sous la forme d’une tranchée avec sur la droite une falaise, espèce de petit coteau pentue,  plutôt crevassé de toutes parts et rouge brique. Rien de folichon à première vue, alors je continue de grimper vers la seconde bien plus haute, bien plus vaste et un peu plus lisse. Ici les roches que je découvre sont plus intéressantes à observer mais également plus diversifiés. Les clichés se multiplient. Finalement, j’atteins la croupe dominant celle-ci. C’est la garrigue mais relativement bien boisée de chênes, d’autres feuillus méditerranéens et de pins. J’y divague quelque peu photographiant des papillons, un énorme lézard ocellé très farouche, dont malgré tout je garderai de lui une piètre photo. Un poteau me rappelle que je suis toujours au sein de la Réserve naturelle et que certaines consignes basiques sont à respecter. Ces recommandations aidant, un peu perdu dans cette garrigue, je me sens comme un chien dans un jeu de quilles. Alors il est temps de quitter les lieux. Dany m’attend alors je trouve bien plus facile de redescendre par le chemin où je suis monté dans les carrières que de prendre le risque de m’égarer dans la garrigue. Finalement, je la retrouve tel Saint-Louis assise à l’ombre d’un grand chêne, mais le sien est vert et elle ne rend pas la justice. Sa seule loi est de bougonner un peu car voilà déjà presque une heure que je suis parti au sein des carrières et elle me dit qu’elle a trouvé le temps long. Nous continuons la piste qui descend vers Les Termaneres et la D.26. Ici, dans cette descente, les seules choses notables sont quelques papillons, la plupart déjà vus, un couple de sittelles dont une est peu craintive et se laisse tirer le portrait, un pinson qui picore sur la piste devant nous et semble jouer en sautillant au fur et à mesure que l’on avance vers lui et de beaux panoramas plongeants sur la vallée de la Têt, Prades et Ria-Sirach.  Puis tout se referme et cette piste devient assez monotone jusqu’à hauteur de la chapelle ruinée de Sainte-Croix (Santa Creu) où un nouveau panorama plongeant se dévoile sur la vallée. Il y a bien un sentier sur la carte IGN qui file vers Conat mais je ne le connais pas et une fois encore je ne veux pas prendre de risque avec Dany, et ce d’autant qu’elle commence à souffrir de ses hanches. A tout prendre, je préfère la monotonie de la piste. Un bel oiseau jaune au lieu-dit Les Termaneres puis encore quelques fleurs et papillons puis nous empruntons un petit sentier, lequel parallèle à la D.26 rejoint Conat. Ici, tout comme après le départ ce matin, nous retrouvons ce sous-bois de chênes verts un peu vide de tout, or mis la présence de quelques fougères.  Il est 15h quand nous touchons au but et retrouvons notre voiture sur le parking de la mairie. Les Rougequeues noirs photographiés ce matin sont toujours là mais cette fois ils ne veulent pas de mes photos et s’envolent vers le cimetière. Tant pis pour le spectacle mais comme à  la place nous avons eu droit à une petite compagnie de perdrix rouges marchant sur la D.26, nous finissons cette balade sur cette jolie conclusion.  Elle a été longue de 8,2 km, cette distance incluant la totalité de mes déambulations. Le dénivelé est de 406 m entre le point le plus bas à 519 m à Conat et le plus haut à 925 m juste avant d’arriver à la source captée. Les montées cumulées sont de 703 m. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet et 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

    (*) La carrière de marbre griotte de Belloc et son histoire : Plutôt que de réécrire l'Histoire, je vous donne un lien où vous trouverez une maximum de renseignements à propos de cette carrière. C'est à ce jour le document le plus complet que j'ai trouvé. Il est l'oeuvre de Michel Martzluff, Pierre Giresse, Aymat Catafau e Caroline de Barrau, tous sont des spécialistes de l'archéologie, de l'Histoire ou de la préhistoire. On peut néanmoins rajouter que la carrière de Belloc était sans doute connue depuis le Moyen Âge, les nombreux parements que l'on trouve dans les chapelles Saint-Etienne de Campilles et Saint-André de Belloc toutes proches en constituent quelques preuves irréfutables. Les carrières ont refait surface plus tard retrouvées par quelques curieux dont certains les ont exploitées.  C'est le cas de "Monsieur Philippot, propriétaire d'exploitations de marbres à Perpignan qui exploita la carrière dite de Conat à partir de 1843 et dont quelques échantillons exposés lui valurent une médaille à l'exposition nationale de 1844. C'est le cas aussi de Monsieur Bernard Bernard de Villefranche qui se lança dans l’exploitation du marbre griotte de Belloc (ainsi que dans celle d'En Gorner, marbre violet et incarnat) mais d'un accès très difficile la carrière sera abandonnée au bout d’une vingtaine d’années. A cette carrière travaillaient une quinzaine d’ouvriers venus de Ria, Sirach, Conat et même Nohèdes. Les blocs de marbre épincés, taillés complètement terminés étaient expédiés en gare de Ria. Certains blocs pesaient presque huit tonnes. Il arrivaient « bruts » de Belloc par le chemin d’En Corner (« Foun de la Baronne ») sur des charrettes trainées par deux couples de bœufs. Ils étaient façonnés. Le marbre griotte acajou ou griotte coquillé était très prisé par les acheteurs.  Bernard Bernard décédé, une société belge prît le relais. Est-ce Holtzer des hauts-fourneaux [de Ria] ? De 1950 à 1955, je me rappelle que la carrière avait été exploitée par une entreprise italienne originaire de Carrare, le patron était M.Del Papa. Cinq à six ouvriers dont M.Garbati et son fils travaillaient sous ses ordres […]. Les gros blocs de marbre étaient exportés par chemin de fer vers Carrare (en Italie). Les ouvriers logeaient à « la bonne truite ». Un beau matin ils partirent, un grave accident s’étant produit, il laissèrent des factures impayées, et deux personnes qui avaient été blessées sont revenues quelques mois à Villefranche faire la plonge et de nombreux travaux pour compenser le manque à gagner et par reconnaissance du bon temps qu’elles avaient passé chez nous. A côté de cette carrière, un concasseur qui avalait toute pierre non façonnable pour produire gravillon de divers calibres et poudre de marbre. En amont l’entreprise familiale de Monsieur François Angles de Ria où travaillait Jacky Roque. La société Denain Anzin qui exploitait les mines de fer a repris la grande carrière de marbre sous les ordres de Georges Falguères (1966). Elle se lança en particulier dans la fabrication de pierres taillées pour la construction mais aussi de carrelages, de plaques de marbre polies, de monuments funéraires etc. Pour le carrelage, le marbre trop veineux voyait trop de carreaux se casser. Paul Dulcet y avait travaillé après avoir été serre-frein sur le train minier de Sahorre à Ria. Le dallage du café « Le Canigou » et les pierres taillées de l’encadrement des portes venaient de cette entreprise, qui a rapidement battu de l’aile. Pour ne pas être assez rentable, la société Denain-Anzin arrêta l’exploitation en 1973. Pourtant Jean Lannelongongue, maire de Villefranche à cette époque croyait à la survie de ces carrières, sources d’emploi. Avec le contremaître de la société Denain-Anzin ils avaient présenté une exposition au Palais des Congrès à Perpignan. Ils avaient reçu en mairie une délégation d’entrepreneurs de Carrare (Italie) prospectant des sites d’extraction en Languedoc Roussillon et dont l’attention a été attirée par la réputation du marbre rose de Villefranche. Mais aucune suite n’a été donnée". L'exploitation du marbre du Conflent et du Haut-Conflent s'est définitivement arrêtée. Voilà ce que l'on peut lire sur différents documents et sites Internet. Si ce marbre de Belloc est sans doute encore présent dans une multitude de bâtiments et sculptures, l'oeuvre la plus connue reste la Fontaine de Prades réalisée en 1867 et située place de la République.  D'autres sculptures réalisées dans le marbre de Belloc sont visibles sur le site suivant : https://monstresjpm.fr/marbres-calcaires-rouge-orange-rose-orange-red-rose-coloured-marble-limestone/


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  • Ce diaporama est agrémenté de 5 morceaux de musique interprétés par le violoncelliste croate Stjepan Hauser. Ils ont pour titres : "Adagio d'Albinoni (Remo Giazotto)", "Caruso (Lucio Dalla)", "Song From A Secret Garden (Secret Garden)", "Gabriel's Oboe (Ennio Morricone), "Benedictus (Karl Jenkins) - version partielle"

     Le Circuit des Maisons de Nohèdes à Urbanya

    Le Circuit des Maisons de Nohèdes à Urbanya


     

    Quand vous lirez le récit de cette randonnée, sans doute que la première question que vous vous poserez sera « pourquoi un Circuit des Maisons ? ». Alors je ne vais pas vous tenir plus longtemps en haleine. Quand nous avons décidé de faire cette balade en boucle depuis Urbanya, la raison première est que la veille nous avions réservé pour 12h30 une table au restaurant le « Cal Guillem » de Nohèdes. Nous y rendre à pieds sous la forme d’un circuit était donc le deuxième challenge et seule une météo complétement pourrie aurait pu nous contraindre de nous y rendre autrement, c’est-à-dire en voiture. En ce 6 août, la météo n’est pas géniale, le ciel bien couvert mais j’estime qu’elle n’est pas complétement pourrie alors nous démarrons, et ce d'autant que Météo France n'annonce pas de pluie pour la journée (pour une fois, les prévisions seront totalement tenues). Chemin et  reportage faisant, je me demande quel nom je vais bien pouvoir donner à cette balade dès lors que nous l’aurons terminée. Bien évidemment, j’exclus la possibilité d’y mentionner le nom du restaurant, non pas que je ne veuille pas lui faire de la pub ( à l’instant où je pense à cela, je n’y ai encore jamais mis les pieds !) mais je trouve que ce n’est très convenable car le nom d’une enseigne à un caractère personnel. Ensuite parce que j’ignore tout de ce restaurant et en premier lieu pourquoi « Cal Guillem » ? . Je ne suis pas catalan, je ne connais pas la signification du mot « cal » quant à Guillem, si je sais qu’il peut s’agir d’un prénom équivalent au français « Guillaume », mais également d’un nom de famille. Celui qui me vient à l’esprit à cet instant c’est « Guillem de Combret » dont je sais qu’il est devenu saint de manière empirique car jamais avalisé par l’Eglise catholique. D’ailleurs, je crois savoir aussi que les avis historiques sont très partagés entre la provenance de ces différents Guillem, celui de Gellone et de Llivia étant les plus souvent évoqués.  Je pense à lui car à maintes reprises j’ai eu l’occasion d’aller cheminer vers la « fameuse » chapelle Saint-Guillem de Combret et notamment lors d’un mémorable Tour du Vallespir en 6 jours et en solitaire où j’avais couché dans le refuge mitoyen. Il y a aussi le bien connu Pla Guillem mais j’ai lu que ce dernier et celui de Combret aurait peut-être une origine toponymique identique. Voilà à quoi je pense tout en marchant en direction de Nohèdes. Finalement, j’abandonne ces pensées-là car j’estime qu’il y a trop d’inconnues pour l’instant. Ce n’est qu’une fois au restaurant que je vais apprendre que Guillem c’est le prénom du jeune patron et une fois rentré à la maison que le mot « cal » est une contraction de « a casa del » signifiant «  à la maison de » (*) ou plus simplement encore « chez ». Partant de ma propre maison jusqu’à la « maison de Guillem », voilà pour l’explication de cette appellation de « Circuit des Maisons ». Il est 8h30 quand nous démarrons sous un ciel plombé. J’ai décidé de partir tôt car Dany a mal aux hanches et je préfère qu’on garde du temps pour ne pas avoir à speeder. Malgré ses souffrances, elle veut à tout prix marcher, estimant qu’il est préférable qu’elle bouge. Pendant que Dany s'affère à s'assurer de la présence de notre chat Flip et le cherche, moi je ne quitte pas la maison sans aller voir un petit loir gris qui a élu domicile dans un nichoir que j’avais initialement fabriqué pour d’éventuels pics verts. Il est bien là, me regarde fixement de ces gros yeux ronds et ça me rassure car j’ai toujours la crainte qu’un chat le repère et en fasse son déjeuner. Les prédateurs félins, et notamment errants, sont assez nombreux autour de la maison mais je garde bon espoir que le loir soit plus agile. Il est là tranquille et je pars rassuré. Si j’ai décidé de faire en partie le même itinéraire qu’une balade que j’avais intitulée « Le Pic de la Serra », c’est-à-dire en passant par la forêt de La Mata puis par le pic et le col de la Serra, j’ai néanmoins changé le départ en raccourcissant la montée vers la ferme à Philippe. J’ai décidé de grimper par la forêt et non pas par la piste qui est très embroussaillée par des genêts et des ronciers. C’est plus raide mais beaucoup plus court. Malgré un temps très maussade et l’heure matinale, une petite faune est déjà bien présente.  Elle se présente d’emblée sous les traits de multiples passereaux et de quelques papillons. La flore, elle, ne semble pas se plaindre de cette journée qui s’annonce humide mais que nous n’espérons pas mouillée. Si Dany arrive à la ferme de Philippe exténuée à cause de la pente sévère que nous venons de grimper, par bonheur son allure va s’améliorer au fil du cheminement. Finalement, je regrette d’être passé par la forêt car je m’aperçois que la piste que je n’ai pas voulu emprunter a été totalement dérochée ces derniers jours et par là-même débroussaillée des multiples genêts, ronciers et autres chardons-Marie qui l’entravaient. Si la ferme de Philippe est inactive suite à la vente totale de son troupeau l’an dernier, les entassements de vieux fumiers continuent à attirer de très nombreux oiseaux et notamment des merles et des pinsons mais surtout un magnifique geai. J’en profite pour quelques photographies pendant que Dany récupère de son « exténuante » montée. Finalement elle va trouver son « rythme de croisière », quant à moi tous les clichés que je prends engendrent de manière automatique une flânerie fortuite mais bien en adéquation avec ma condition physique du moment. Il est presque déjà 11h quand nous arrivons au col de la Serra et à ses 1.200m, c’est-à-dire que nous avons mis 2h30 pour accomplir 5 km et les 330m de dénivelé, c’est dire si le mot « flânerie » n’est pas excessif ! Enfin peu importe aussi car le but est d’être à 12h30 au resto « Cal Guillem » et je pense que c’est très facilement réalisable car pour l’essentiel nous n’avons plus que de la descente et un peu du plat.   Enfin peu importe également car la mémoire de mon numérique s’est bien remplie de fleurs, de papillons et de quelques oiseaux mais aussi d’un chevreuil et d’un sanglier, même si pour ces derniers, leur vision a été très furtive. Par contre, ici au col de la Serra, la Nature est plutôt agaçante car les mouches pullulent. Pourquoi ? Je l’ignore mais je comprends mieux pourquoi il y a un pic juste au dessus de nous dénommé « Moscatosa » ou « Mousquatouse » signifiant « lieu où les mouches abondent ! ». On marche pour cela, observer et côtoyer la Nature et même les mouches énervantes il faut les accepter. Par bonheur, elles disparaissent quelques lieues plus loin. Certes les panoramas sont très limités à cause de cette mauvaise météo, avec un Massif du Coronat coupé en deux par une lourde chape de nuages et un Massif du Canigou aux abonnés absents, mais le plaisir de marcher reste le même malgré ces carences. Et puis nous ne sommes venus qu’une seule fois et il y a fort longtemps sur ce sentier qui descend vers Nohèdes en coupant le Ravin de la Font de l’Aram, alors nous en sommes presque à le découvrir. A titre d’exemple, j’y découvre une croix néolithique gravée sur une roche jamais vue auparavant.  Cette sente est peu facile car souvent étroite, caillouteuse et  même parfois carrément rocheuse mais pas désagréable à cheminer car constamment en balcon de la Vallée de Nohèdes. Il est finalement 11h40 quand nous atteignons le village près de la source captée de la Vernosa. Nous sommes bien en avance et nous rendre au restaurant « Cal Guillem » n’est plus qu’une formalité. Bien qu’ayant largement visité Nohèdes en 2007 lors d’une étape du Tour du Coronat, je propose à Dany de flâner un peu dans le village qu’elle ne connaît pratiquement pas. Les souvenirs remontent dans ma tête mais mon estomac n’en n'a que faire dès lors que le restaurant se présente. Nous nous attablons dans un coin de la terrasse du restaurant dans l’attente de l’arrivée d’un serveur. Nous ne sommes que deux couples. Quand le jeune et sympathique serveur arrive, nous passons immédiatement commande. Ça sera deux ardoises de charcuterie catalane et deux burgers maison « Cal Guillem », ce qui finalement nous fera manger beaucoup de pain car la charcuterie est accompagnée de « pan con tomate », ce qui n’était pas mentionné sur la carte. Enfin, or mis ce léger inconvénient, tout s’avère très bon. La charmante dame du couple qui est en face de moi me regarde avec insistance. Je me demande bien pourquoi ? Et ce d’autant que quand je la regarde à mon tour, elle baisse les yeux avec beaucoup de timidité. Finalement, ce n’est qu’au moment où ils quittent le restaurant que je comprends pourquoi cette dame me regardait car la conversation s’installe entre nous. Non, malheureusement ce n’était pas pour ma beauté qu’elle me regardait ! Ils sont anglais ; ça je l’avais bien compris lorsqu’ils s’adressaient au serveur, même s’ils parlent un remarquable français ; possèdent une maison dans le Gers et sont venus visiter la région et bien sûr Nohèdes. Or, cette dame m’affirme qu’en cherchant des infos sur Nohèdes, elle est tombée sur certaines de mes photos puis de fil en aiguille sur mon blog. Elle nous a donc reconnu Dany et moi. Nous papotons mais en restons là car ils ne sont pas spécialement randonneurs. Mais la suite va nous démontrer que nous ne sommes pas au bout de « nos surprises » quant à notre célébrité « déambulatrice» . Le couple anglais aussitôt parti en voilà un autre qui entre. Etrangers eux aussi.  Ils partent s’installer au fond de la terrasse. Et là, d’une manière aussi incroyable qu’inattendue, le couple se lève, arrive vers nous, la dame avec un immense visage radieux, un peu comme si elle avait vu une apparition tant espérée, elle s’avance vers nous, se plante devant notre table et avec un accent indécelable, elle nous demande sous la forme affirmative : «  Mais vous êtes bien Monsieur et Madame Jullien ? ». Heureusement que nous sommes bien assis et que nos chaises sont stables car sinon nous tomberions à la renverse ! Nous trouvons cette demande si exceptionnelle ! Finalement, je réponds « Oui bien sûr ! », un peu comme si c’était une évidence alors que c’est très loin d’être le cas. Pour finir, nous apprenons qu’ils sont allemands, qu’ils viennent régulièrement en vacances dans les Pyrénées-Orientales, qu’ils adorent les randonnées pédestres et qu’ils sont de très fidèles et fervents visiteurs de mon blog. Ils sont à Nohèdes aujourd’hui, car ce matin, ils ont accompli une petite balade qui s’intitule « le Sentier de Carbodell » suivant ainsi les indications et le tracé de mon site Internet. Quand ils repartent vers leur table, avec Dany nous nous regardons en souriant, évitant de pouffer de rire pour ne pas les blesser, mais encore époustouflés de cette impensable et inimaginable notoriété.  Mais cette dernière, où plutôt celle de mon blog,  va encore avoir l’occasion d’être à l’honneur quand un couple accompagné de deux jeunes enfants s’installe sur la terrasse en face de nous. Ils randonnent avec un âne depuis ce matin et arrivent de Ria par la route et doivent se rendre à Mosset. N’ayant apparemment aucune idée de la distance et des difficultés qui les attendent, malgré un itinéraire tracé sur une carte IGN, le père de famille s’adresse d’abord au serveur, mais lequel n’y connaissant rien en marche pédestre, les renvoie gentiment vers nous. C’est ainsi qu’en me montrant l’itinéraire qu’il a choisi pour se rendre à Mosset par le col de Jau puis par un chemin que je ne connais pas passant au pied du pic Dourmidou puis par la forêt de Salvanère, je suis contraint de lui dire que je suis très pessimiste quant à son arrivée ce soir à Mosset. Certes les journées sont encore un peu longues mais la distance est assez considérable avec deux enfants très jeunes et puis surtout de fortes pluies sont attendues dans la soirée. Je lui déconseille de se lancer dans un tel périple. Mais il semble décidé à faire la distance car ils ont réservé et sont donc attendus dans la soirée dans un gite mossétan.  De ce fait, je lui indique de passer plutôt par le Domaine de Cobazet puis direction le Pla de Vallenso et Campôme, une bonne piste les amenant plus directement à Mosset. Seul inconvénient, je lui conseille d‘éviter le col de Les Bigues car le portail donnant sur le  Domaine de Cobazet est toujours fermé et donc infranchissable pour son âne, et ce d’autant qu’à côté de ce portail  les clôtures sont trop hautes et faites de fils barbelés. Là, il me regarde et me dit « j’ai l’impression que vous connaissez parfaitement le secteur ». Je lui réponds « Oui, je le connais parfaitement même si j’admets ne pas tout connaître comme par exemple cet itinéraire passant au pied du Dourmidou » en le lui montrant du doigt. Dans la foulée, je rajoute « depuis une dizaine d’années, j’ai développé un site Internet où je recense toutes les randonnées que je réalise, cela afin de faire aimer la marche pédestre au plus grand nombre ». Il me demande « Comment s’appelle-t-il ? » et je lui réponds « Mes Belles Randonnées Expliquées ». Et là il s’exclame « c’est pas vrai, c’est en grande partie grâce votre site et à deux ou trois autres que je me suis décidé à faire ce grand tour du Haut-Conflent avec mon épouse et mes enfants » Puis il continue en s’exclamant « sur le vôtre,  j’y ai lu tant de récits intéressants ! »  Je n’en reviens pas mais ne lui montre pas, car je l’avoue, je suis plus préoccupé par ce périple vers Mosset qu’il doit entreprendre en famille. Pendant un instant, je pense même à les inviter à la maison ce soir mais je n’ai pas d’abri pour leur âne, alors j’oublie rapidement cette idée. Mais il a quand même l’air décidé à partir vers Mosset par l’itinéraire qu’il m’a montré, alors je lui donne un dernier conseil « décommandez Mosset pour ce soir, arrêtez-vous à Urbanya car vous n’aurez aucun mal à y trouver un gite pour vous et votre âne ; il y en a plusieurs ; puis vous ferez l’étape vers Mosset dès demain ». Il me dit qu’il va réfléchir. M’a-t-il écouté ? Je l’ignore car c’est sur ces paroles que nous nous séparons, puis que nous  payons l’addition et quittons le restaurant « Cal Guillem », toujours aux chants à tue-tête du patron qui est un véritable « Caruso ». Caruso pour ses chants et Escoffier du burger, il a du se tromper d'époque ! Mes dernières paroles ont-elles été les bonnes ? J’essaie d’oublier ce tourment. Nous prenons le bitume de la route puis le sentier qui monte vers le col de Marsac. Le temps est toujours aussi maussade mais assez paradoxalement les randonneurs plutôt nombreux. Il ne pleut pas et c’est bien là l’essentiel. Ce parcours jusqu’à Urbanya et les paysages qu’il propose, je les connais si bien que je ne m’arrête que pour photographier une fleur, un criquet, un papillon ou un oiseau. A Dany, je lui fais découvrir les quelques roches gravées de croix et de cupules datant du néolithique auxquelles l’archéologue Jean Abélanet (**) a donné le nom de « Les Rocs de Les Creus ». En français « les Rochers aux Croix ».  Plusieurs roches gravées du Conflent portent ce nom. Au col de Marsac, nous empruntons l’étroit sentier qui descend dans le petit sous-bois des Llebreres vers la Devesa. Puis c’est la piste forestière qui descend vers le village où rien de notable est à photographier or mis encore et toujours des fleurs et des papillons et une buse qui chasse en rase-mottes au-dessus de la vallée. Au village, c’est une Bergeronnette des ruisseaux et un oiseau plutôt rare qu’on appelle le « Cincle plongeur » que j’aperçois tous deux dans la rivière et que je réussis à photographier. Ainsi se termine, ce « Circuit des Maisons d’Urbanya à Nohèdes » mais il nous reste encore à  grimper la rude montée du chemin de Sarrat. Elle nous amène à la maison mais est toujours la dernière vraie difficulté pour l’atteindre.  Ce circuit a été long de 10,5 km pour des montées cumulées de 1.056m. Le dénivelé est de 350 m avec le point le plus haut à 1.223m au dessus du col de la Serra et le plus bas à 873m à l’église d’Urbanya.  Cartes IGN 2348ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

    (*) Les contractions catalanes Can et cal : Voilà ce qu’écrit le célèbre géographe et linguiste Jean Becat dans son ouvrage « La correction toponymique du cadastre et des cartes au 1:25.000 de l'Institut Géographique National dans l'aire catalane (Pyrénées-Orientales). Bilan 1983-2006 » paru dans La Nouvelle Revue Onomastique N°47-48 de 2007 page 18 : « Pour l'aire catalane en France, nous avons toujours respecté les normes graphiques et linguistiques de l'Académie de la langue catalane, quel que soit le toponyme et sa forme ou sa variante dans telle ou telle commune. Mais également, et cela ne pouvait être autrement, la transcription des toponymes, telle que nous l'avons toujours proposée, respecte la forme dialectale ou l'usage local. Par exemple pour les mas, nous utiliserons toujours la forme en usage, sans jamais systématiser. Selon les régions ou les vallées, ce seront des formes plus générales comme Can ou Cal , Mas del ou Mas d'en, ou des roussillonismes comme Xo'n ou Xo’l »……puis en bas de page il rajoute «  En Vallespir domine la forme Can (a casa d’en) : Can Rei, Can Panna, Can Santenac, Can Mateu (Arles et Saint-Laurent-de-Cerdans sur la carte 1 :25000 de Céret), Can Deina, Can Jepó, Can Vaquer, Can Vilafort (Corsavy, sur la carte Massif du Canigou). Mais Can et Cal {a casa del) peuvent se côtoyer : Cal Parent, Cal Rei, Cal Baille, et Can Figa, Can Batlle, Can Cabanyó (Lamanère, sur la carte Massif du Canigou) Cal est fréquent en Confient : Cal Romeu, Cal Trellis (Ayguatébia, sur la carte Font-Romeu)……

    (**) Le Roc de Les Creus de Nohèdes : A propos de ce rocher aux croix, voilà ce que nous révèle l’archéologue Jean Abélanet (1925-2019) dans son livre « Lieux et Légendes du Roussillon et des Pyrénées-Catalanes » page 144 : « Un jour, j’étais occupé à faire le relevé des gravures du Roc de les Creus de Nohèdes, qui borde le chemin escarpé qui mène au Coll de Marsac. Passe une paysanne, avec son cotillon noir serré à la taille , son fichu noué sur la tête, une énorme borrassa (ballot) d’herbe pour ses lapins ou ses chèvres. Je lui demande si elle connaît la raison d’être de ces croix : « il y a très longtemps de cela , me dit-elle, un cavalier passait par là : il est tombé dans le précipice avec son cheval ( se van embaussar). C’est en souvenir de ce triste événement qu’on a gravé ces croix sur ce rocher ». Mais elle ne savait pas qui était ce cavalier, ni pour quelle raison – naturelle ou surnaturelle – ce malheur lui était arrivé. » Histoire véridique ?  Légende ?  Pure affabulation de cette paysanne pour tenir la conversation ?


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