• L'Ermitage Saint-Etienne de Pomers depuis Clara

    L'ERMITAGE-ST-ETIENNE-DE-PO
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    On ne compte plus le nombre d’édifices religieux dans notre département et dans la majorité des cas, ils sont devenus le prétexte à d’agréables balades. Toutefois, les portes de ces édifices étant closes la plupart du temps, le visiteur devra se contenter de n’en faire que le tour ce qui je pense peut s’avérer être un frein au tourisme en général et en particulier au tourisme pédestre. Après la récente découverte de la chapelle de Séquières, où le problème ne s’était pas posé car en ruines et donc ouverte à tous le vents, nous en avons fait la désagréable expérience avec la petite chapelle de Saint-Etienne de Pomers que l’on a atteint à partir du village de Clara et que nous avons également trouvé fermée. En rédigeant cet article, au lieu d’écrire « Pomers », moi j’ai même failli écrire « paumés » tant je m’étais complu à alambiquer cette randonnée avant d’atteindre avec difficulté ce joli petit ermitage. Pourtant, j’avais lu sur un site Internet qu’un moine orthodoxe prénommé Cassien avait restauré lui-même cette chapelle, qu’il y avait peint de magnifiques fresques et qu’il était toujours prêt à accueillir avec plaisir les randonneurs venant le voir. Ce blog Internet http://orthodoxievco.blogspot.fr/ dont je vous conseille la lecture semblait d’autant bien documenté qu’il s’agissait du sien. Bon, sans doute n’était-il pas là le jour de notre balade car j’ai lu aussi qu’il bougeait énormément passant sa vie entre Clara, le Grèce et bien d’autres pays. Mais après tout si j’ai compliqué cette randonnée sans regret d’ailleurs, lui n’y était pour rien car une fois encore, j’avais envie de tout en même temps : voir de beaux panoramas, faire quand même un peu de sport et découvrir bien sûr ce petit joyau de notre patrimoine religieux catalan que Cassien avait restauré et décoré. Alors c’est vrai qu’au cours de cette balade un peu « biscornue », nous avons pu tout faire, sauf entrer dans la chapelle. C’est d’autant plus dommage que c’était l’objectif premier que nous avions espéré au départ. Nous avons démarré de Clara (532 m), minuscule village du Conflent perdu au pied du Canigou dont l’histoire reste plutôt restreinte or mis le fait qu’il aurait dépendu pendant fort longtemps de l’abbaye de Saint-Michel de Cuxa. Pendant le Moyen-âge, c’était le cas de nombreux villages du Conflent de dépendre de Cuxa car sous la protection des comtes de Cerdagne, du roi de France et même du pape, l’abbaye agrandissait autant qu’il le pouvait son patrimoine foncier. Clara n’y a pas fait exception. Mais la raison invoquée par les historiens pour expliquer cette relative confidentialité de Clara est que le premier vrai hameau aurait existé bien plus haut. A l’origine, il y aurait eu d’abord un temple païen du nom latin de Pomarium puis sur l’emplacement de ce temple, on aurait construit une premier édifice chrétien avant qu’un château du nom de Saint-Etienne de la Roca dont il ne reste aujourd’hui que quelques rares soubassements soit construit juste au dessus sur un éperon rocheux. Près de cet ancestral château ayant appartenu aux comtes de Cerdagne, il y avait donc une église qui ne serait ni plus ni moins que notre objectif du jour, c’est à dire l’ermitage Saint-Etienne de Pomers, dont la traduction en « pommiers ou pommeraies » semble quelque peu contestée en «« Pols muers » signifiant « pulsations de mort » c'est-à-dire « tremblements de terre » dont la région serait paraît-elle sujette. Pour compléter ce très court résumé historique, il faut savoir que le plus vieux document roussillonnais aujourd’hui retrouvé a été écrit ici à Saint-Etienne de Pomers. Il s’agit d’une charte désormais conservée aux archives départementales des Pyrénées-Orientales faisant référence à un plaid seigneurial ayant été organisé en 865 pour résoudre un litige portant sur la propriété de Prades entre un certain comte Salomon et l’abbaye de Lagrasse. Voilà pour un bref rappel de l’histoire de ces lieux pour lesquels vous trouverez de plus amples renseignements en compulsant les sites qui vous sont désormais familiers à savoir ceux consacrés à l’Histoire du Roussillon, celui de l’historien Jean Tosti sans oublier bien sûr celui du moine Cassien. Enfin si l’histoire approfondie de la toponymie de ces lieux vous intéressent vraiment, je vous conseille vivement la lecture d’une étude de l’Association Catalane de Généalogie intitulée le « Stevi Codex » ou « Code de Stevus », vous y trouverez une foule de renseignements sur l’Histoire et l’origine des noms concernant Saint-Etienne de Pomers, Clara mais également de nombreuses autres villes de notre département.  Nous avons laissé notre voiture près de l’église de Clara dédiée à Saint-Martin, elle aussi très ancienne (879) mais également fermée le jour de notre visite. Là, nous avons remonté la rue des Acacias qui longe la rivière Lliscou jusqu’à une intersection où un premier panonceau indicatif de randonnées est visible. Nous sommes sortis de Clara en enjambant un pont puis en empruntant une piste forestière qui file dans la direction du Col de Forn et de Baillestavy. Ici, le balisage est jaune et rouge jusqu’au col de Forn car nous sommes sur le GRP Ronde du Canigou. Dorénavant, il suffit de se fier à ce balisage ou alors de rester sur la piste DFCI CO40, mention indiquée sur quelques petites pancartes vertes bien présentes à chaque intersection.  La piste zigzague dans une forêt de feuillus aux multiples essences. Ici, on retrouve tous les arbres des étages inférieurs de nos forêts méditerranéennes : chênes, hêtres, frênes, châtaigniers, érables, ormes, sorbiers, etc….mais comme la piste s’élève en douceur, les premiers résineux apparaissent peu à peu et bien sûr, ils vont être de plus en plus nombreux jusqu’à prendre la place des feuillus dès lors que l’on va monter en altitude. Pour peu qu’on y ait prêté attention, la petite chapelle blanche est déjà bien visible depuis le départ mais perchée et blottie au pied d’un gros escarpement granitique elle paraît presque inatteignable. Elle s’éloigne ou se rapproche au gré des lacets de la piste forestière mais ce n’est qu’une fois un premier « pla » atteint qu’elle semble enfin accessible. Ici, un sentier s’engouffre sous les sapins et semble y monter directement.Nous, nous avons ignoré ce sentier et avons poursuivi sans regret la piste jusqu’au col de Torn (705m). Sans regret, car après cette marche à l’ombre de la forêt, des fenêtres ensoleillées se sont enfin entrouvertes sur de merveilleux panoramas : en dessous sur le Clos de Pomers, aux alentours sur la magnifique forêt domaniale du Canigou aux superbes teintes orangées en cette saison, au loin sur la vallée de la Têt et la longue Serra des Fenouillèdes, sur les massifs du Madres et du Coronat, et sur la gauche, sur le tout proche pic des Tres Estelles et vers des sommets plus lointains et plus élevés du Haut-Conflent et de Cerdagne. Se détachant dans un ciel intégralement azuréen, toutes ces hautes montagnes saupoudrées de neige étaient du plus effet et chaque vision était une véritable carte postale. Au col de Torn, nous avons quitté la piste au profit d’un petit sentier qui, derrière un grand écriteau vantant les attraits du Massif du Canigou, entre dans une sapinière puis s’élève immédiatement en effectuant de nombreux virages. Désormais, c’est un balisage jaune qu’il va falloir suivre au sein d’une forêt de résineux divers et variés : pins à crochets, ifs, sapins, épicéas, mélèzes…Très souvent des ouvertures s’entrouvrent et esquissent des tableaux toujours plus beaux et me confortent dans le choix de cet itinéraire : vers l’est et tombant vers la Vallée de la Têt, c’est une succession incroyable de collines et de ravins verdâtres, à nos pieds, c’est la jolie et longue vallée de la rivière Llech côté plaine et côté montagne et complètement à l’opposé la vue porte très étonnamment très loin jusqu’au Massif du Carlit. Le sentier domine le Roc des Maures et grimpe en direction du Roc de la Collade (1.080 m) et même s’il continue à offrir des vues toujours plus époustouflantes, il faut désormais prêter attention à une petite sente qui, vers la côte 975, redescend sur la droite sans crier gare. En réalité, ce croisement peu évident est simplement matérialisé par un petit cairn auquel nous-mêmes n’avions pas prêté attention. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés 100 mètres plus haut que prévu, au Roc de la Collade et que nous avons mis à profit ce bref égarement pour déjeuner en plein soleil et devant des vues toujours plus aériennes. Comme les fêtes de Noël approchaient à grands pas, j’ai également profité de ce contretemps pour ramasser une brassée de bonheur sous la forme de quelques petits brins de houx et de gui que l’on trouve assez facilement par ici. J’ai également exploité cette longue pause pour sortir ma carte IGN et mon GPS qui dormait au fond de ma poche et ce dernier a su nous remettre dans le droit chemin trouvant ainsi le petit cairn qui avait échappé à notre vigilance. Cette petite sente rocailleuse et parfois même très escarpée descend dans la forêt entre les rocs des Maures et ceux de La Roca de Saint-Etienne. Elle aussi est balisée en jaune. Elle finit par atteindre une autre intersection de sentiers. Le sentier descendant à main droite est celui du retour et ramène le promeneur vers la piste du col de Torn et celui partant à gauche va directement vers notre objectif du jour. Le petit ermitage est 300 mètres plus loin et plus haut. Comme une fois arrivés là-haut, nous l’avons trouvé fermé, on s’est contenté d’en faire le tour prenant au passage et sous toutes ses coutures de nombreuses photos de l’édifice mais aussi de très belles vues sur la forêt et le village de Clara. Le retour vers Clara est désormais d’une grande simplicité puisque après cet aller retour vers la chapelle, on retrouve la piste DFCI CO40 qui nous ramène sans souci au village. Telle que nous l’avons accomplie, égarement vers le Roc de la Collade non inclus, cette boucle est longue d’une douzaine de kilomètres environ pour un dénivelé de moins de 500 mètres mais comme vous l’avez lu dans mon récit se perdre a parfois du bon. Ce jour-là, j’ai fait mienne cette citation du Rabbin Nahman de Bratslav « Ne demande jamais ton chemin à quelqu’un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t’égarer » que j’ai transformé en une version très personnelle beaucoup plus moderne :« Ne demande jamais ton chemin à ton GPS qui le connaît, car tu ne pourrais pas t’égarer ! ». Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

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  • Commentaires

    1
    dofrédo
    Dimanche 24 Février 2013 à 19:12

    Et bien, rien ne vous arrête, d^tes nous quand même que le vent de ces jours ci vous freine un peu !

    Nous nous avons déclaré forfait hier pour la chapelle de Séquières.

    Trop, c'est trop de courant d'air.

    Merci encore pour cette suggestion, vivement quele vent tombe !

    Do et Frédo

    2
    Baba
    Jeudi 12 Mars 2015 à 18:32
    Bonjour, elle est chouette votre randonnée mais pour la faire j'ai besoin de connaître la durée et le degré de difficulté à partir de Clara, ce que votre reportage n'indique pas. Peut-être pourriez-vous rajouter ces indications qui pourraient également être utiles à d'autres. Merci d'avance pour vos infos. Cordialement, Baba
    3
    Ulysse
    Mardi 27 Décembre 2016 à 21:14

    Oui, le Père Cassien est assez souvent en Grèce ou ailleurs, (pas pour faire du tourisme...). La liturgie orthodoxe (du calendrier Julien) a lieu le dimanche matin, quand il est là. Difficile pour les simples "curieux" de voir les fresques qu'il a réalisées et qui n'ont pas, pour les orthodoxes, une simple valeur "décorative". Rien n'est secret; simplement pas facile d'accès, car pendant la liturgie ce n'est pas  le moment non plus...  La nature est belle et la promenade vaut le coup quand même. Peut-être aurez-vous la chance un dimanche entre 11h 30 et midi, de vous y trouver à la sortie de la liturgie et vous pourrez jeter un œil.

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