• Le Tour des Trois Villages : Sauto, La Llagonne, Fetges.

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    Croyez-vous qu’il y ait réellement un réchauffement climatique ? Je ne sais pas vous mais moi quand à brûle-pourpoint, je me pose cette question, j’ai toujours tendance à être influencé par la météo qu’il fait au moment même où cette question me turlupine. S’il fait très chaud, je vais être enclin à répondre oui et s’il fait très froid à répondre plutôt non. Mais bon, d’un autre côté et même si le sujet m’intéresse, même si j’ai lu de nombreux articles ou entendu pas mal de débats ou de querelles à ce propos, je ne suis pas un scientifique averti et mes interrogations et mes doutes sont donc légitimes. Bien sûr, je sais que les calottes polaires et nos banquises rétrécissent à vue d’œil ainsi que les grands glaciers de nos montagnes, les ours polaires et d’autres espèces sont en danger, le climat et le cycle de l’eau sont très perturbés avec des pays en grande sécheresse et d’autres qui parfois subissent de graves inondations mais comme tous nos gouvernants à l’échelle planétaire ne semblent pas très sensibles à tous ces phénomènes et que parfois même des scientifiques sont en total désaccord entre eux, je reste songeur et très indécis sur cette question. En ce 5 janvier au soir, ayant regardé la météo et cette dernière annonçant une journée très ensoleillée pour le lendemain, j’avais préparé nos sacs à dos, j’avais sorti nos raquettes et j’avais tracé sur ma carte et dans mon GPS deux petits circuits très sympas à faire entre Haut-Conflent et Capcir, en espérant bien sûr, si ce n’est une jolie poudreuse toute fraîche tout du moins encore un peu de neige tombée les jours précédents. Le lendemain matin en me levant, le ciel encore très étoilé semblait aussi pur que Météo France l’avait annoncé la veille. Quand nous prîmes la route de Perpignan direction la montagne, il était exactement 8h et le thermomètre électronique de mon tableau de bord annonçait une température extérieure de 8 degrés Celsius. En arrivant à Prades, elle était de 10 degrés puis à Olette de 12 degrés, à Fontpédrouse de 14 degrés et en regardant les montagnes, je voyais déjà que pour profiter de la neige, il faudrait sans doute revenir une autre fois. En arrivant à la hauteur de Fetges, il n’était pas encore 9h30 et la température extérieure, il est vrai au soleil, était déjà de 15 degrés. C’est non loin de là, au village de Sauto que j’avais prévu le départ d’un petit circuit qui s’appelle le Tour des villages consistant à se rendre de Sauto à la Llagonne puis de la Llagonne à Fetges et enfin de Fetges à Sauto. J’avais bien sûr prévu de le faire en raquettes. Mais ici à Sauto, comme dans tout le Haut-Conflent, la Cerdagne et le Capcir, de la neige il y en avait autant qu’un 15 août au milieu du Sahara. Seul les plus hauts sommets dépassant les 2.500 mètres d’altitude étaient légèrement saupoudrés et au loin, la station d’Eyne ne fonctionnait que grâce aux canons à neige. Alors bien évidemment, nous avons laissé les raquettes dans le coffre de la voiture et nous avons démarré ce joli petit circuit sous un soleil de plomb. Un soleil qui devait déjà tapé bien trop fort sur ma tête, car je n’arrêtais pas de penser : « mais où va notre planète avec un tel réchauffement climatique ? ». Puis, je ne sais pas pourquoi, toujours le soleil sans doute, je me souvins d’une petite phrase que Jean Giono avait écrite à la fin de son roman « Les grands chemins » : « Le soleil n’est jamais si beau qu’un jour où l’on se met en route »  et ce petit tourment au sujet du réchauffement climatique disparut aussi rapidement de ma tête qu’il y était entré. Nous étions déjà à Sauto-le-Haut et en direction de La Llagonne et je pensais : « Il avait raison Jean Giono, c’est bien agréable de randonner au soleil »… Voilà dans quel état d’esprit, j’étais à ce moment-là. Bien sûr, je regrettais cette sortie en raquettes complètement ratée mais pas plus que ça car la journée s’annonçait assez merveilleuse, il faut bien le dire. Nous avons laissé notre voiture bien avant l’entrée de Sauto mais le vrai départ de cette petite boucle s’effectue devant l’église de Sauto-le-Bas, où un panonceau annonce la couleur : « Boucle P.R.11 –Tour de Villages - Sauto- La Llagonne- hameau de Fetges - 8,9 km – 230 m de dénivelé A/R – 2 H – Marche facile ». Après quelques premières photos du village et des grandioses panoramas sur la Vallée de la Têt et ses montagnes environnantes qui la dominent, on s’est réellement mis en route en grimpant par une ruelle vers Sauto-le-Haut. Ici, malgré de nombreux départs de balades, même les plus étourdis ne peuvent pas se tromper d’itinéraire car outre un balisage bien présent, les petits panonceaux jaunes « Tour des Villages » se succèdent jusqu’à sortir du hameau par un large chemin dallé et encadré de « feixes ». Toutes ces constructions sont faites de grosses pierres de granit dont la provenance n’est pas un mystère. Il suffit d’avancer de quelques mètres et au regard des énormes chaos granitiques que l’on aperçoit de tous côtés, on comprend aisément que les paveurs et les bâtisseurs des siècles passés n’ont pas eu à courir bien loin pour trouver les matériaux nécessaires. Après une brève montée, le large chemin s’aplanit et file presque rectiligne au milieu des prés. Seuls quelques petits bois et quelques bosquets de ronces garnissent deci delà ces pelouses très rases. Ici, hors mis une légère ondulation du terrain, presque rien de gêne la vision et de ce fait, des vues superbes se font jour de tous côtés. Depuis le Massif du Canigou et son reconnaissable versant nord du pic, les Pyrénées étirent jusqu’à l’infini une longue ligne de hautes crêtes, régulièrement brisée par de profondes vallées. Les grimpeurs et les randonneurs chevronnés y reconnaîtront aisément quelques pics remarquables : Carlit (2921 m), Cambre d’Aze (2.750m), Tour d’Eyne (2.831m), Pic de l’Orri (2.561 m), Pic de les Noufonts (2.861 m), et j’en oublie bien sûr, mais parmi tous ces hautes crêtes, pour Dany et moi, il y en a une plus remarquable et surtout plus mémorable que toutes les autres c’est, entre les pic de Gallinas (2.624m) et Redoun (2.677m), cette cambrure parfaite qu’est le Col Mitja (2.367 m). A la fois par sa beauté mais aussi à cause des souvenirs que nous y avons vécu en août 2001 sur le G.R.10, ce col Mitja attire sans cesse nos regards. Il va en être ainsi pendant toute cette journée car ce col reste à jamais gravé dans nos têtes tant nous y avions souffert dans sa longue et difficile ascension sous une incroyable canicule.  Nous y avions d’autant plus souffert que, chargés de nos sacs à dos de 20 kilos, nous avions emprunté l’interminable piste forestière plutôt que le rectiligne GR.10. Dany garde de ce col des souvenirs encore plus douloureux que moi car depuis trois jours, elle avançait dans ces hautes montagnes avec les plantes des pieds pleines de grosses cloques et atteindre ce col avait été pour elle une grande et heureuse victoire mais malheureusement la fin de ses souffrances était arrivée bien plus tardivement du côté du col de Mantet. Heureusement qu’aujourd’hui sur cet agréable chemin qui file vers la Llagonne, nous tournons désormais le dos, et au col Mitja et à ces vieilles pensées du G.R.10 dont la plupart restent tout de même de très joyeux souvenirs. Alors que nous avons stoppé pour prendre un petit en-cas, une bande de grives litornes nous tirent de nos pensées en passant au dessus de nos têtes pour se poser dans un champ voisin. Je tente bien de les photographier mais dès qu’elles sentent une présence bien trop proche, elles s’envolent et disparaissent dans un bosquet de pins. Occupées qu’elles sont à chercher pitance sur le sol, j’arrive néanmoins à en surprendre quelques unes mais de bien trop loin pour que les photos soient nettes et jolies. Ce n’est sans doute que partie remise tant elles volètent de tous côtés dans ce secteur de la montagne. Sur le bord du chemin, quelques vieilles trouvailles ralentissent notre progression : une croix au sommet d’un magma rocheux, une stèle ressemblant à une petite tombe, une borne recouverte de lichens où je distingue le mot « LYON », une date « 17 2 51 » et ce qui me semble être la blason catalan. Alors que le chemin trace sa route en direction du Pla de l’Os (Plat de l’Ours), droit devant les fortifications de Mont-Louis apparaissent. Au loin, on distingue le Massif du Carlit. Le réservoir du Plat de l’Ours est vite atteint et derrière, perché sur un mamelon très boisé, le village de la Llagonne se révèle. Ici, un judicieux panneau nous permet d’apprendre que ce réservoir sert au fonctionnement de la ligne de Cerdagne plus connue sous le nom de Petit Train Jaune ou "Canari". Au lieu de partir tout droit en direction de la Llagonne, ici l’itinéraire bifurque perpendiculairement et semble vouloir s’en éloigner pour grimper dans une forêt de sapins mais au bout de trois ou quatre cent mètres, il se ravise et cette fois-ci, il file droit vers le village. En contrebas, une ribambelle de chevaux gambadent dans les près et font le spectacle. Il faut dire qu’ici, ils ne manquent ni de place ni d’une herbe bien grasse pour être heureux. Un peu plus tard, grâce à leurs jeux, faits de batifolages et de courses effrénées, ils égayeront agréablement notre pause déjeuner. Mais dans l’immédiat, nous arrivons à la Llagonne en coupant le Rialet, minuscule ruisseau. Le chemin grimpe en direction du village entre de hauts murs de pierres et d’immenses sapins, passe devant un oratoire dédié au Christ dont une étonnante effigie est rehaussée de la citation « Deu vos guard », « Que Dieu vous garde ».  Le sentier débouche enfin devant l’école et sur la D.118. En lisant un peu plus tard, l’Histoire de la Llagonne dans l’Histoire du Roussillon sur Internet, j’apprendrai que cette représentation romano-byzantine de Jésus sur cet oratoire est une copie dont l’original se trouve à l’église Saint-Vincent de la Llagonne datant du 12eme siècle. D’ailleurs en traversant la D.118, le panneau indicatif P.R.11 nous conseille d’aller voir cette église ainsi que la tour de guet qui, elle, aurait été construite en 1267 sous Jacques 1er d’Aragon pour prévenir une éventuelle invasion française. A cette époque et dans ce secteur, la frontière franco-aragonaise était toute proche, ressemblant à s’y méprendre à celle qui sépare aujourd’hui les Pyrénées-Orientales de l’Ariège et de l’Aude. Après cette jolie visite de quelques ruelles de la Llagonne et de ces deux principaux sites historiques que sont la tour de guet et l’église ; malheureusement fermée une fois encore comme la plupart du département ;  nous avons décidé de sortir du village pour aller pique-niquer dans les prés. Il faut dire que depuis notre départ de Sauto où le thermomètre de la voiture annonçait 15 degrés, le mercure n’a pas cessé de grimper et je pense qu’avec un soleil désormais au zénith, la température doit maintenant osciller entre 25 et 30 degrés.  Il est seulement 12h15 et nous retrouvons très rapidement à la sortie du village, un panonceau « Tour des Villages », aperçu à l’aller, indiquant la direction de Fetges à 35 minutes. Nous retraversons la D.118 et descendons vers des prés en laissant une ferme sur la gauche. Une haie bien abritée de la brise qui s’est levée, des herbes et des fougères couchées qui n’attendent que nous, la vue sur cette troupe de chevaux qui galopent dans les prés et comme le chantait Gainsbourg « sous le soleil exactement ». Alors que demander de plus pour pique-niquer agréablement ? C’est d’autant plus agréable que les grives litornes sont de retour dans un pré voisin et que je vais pouvoir très tranquillement en ajuster quelques unes avec mon numérique. Enfin, c’est ce que je pensais sur le moment car au moindre de mes mouvements, elles s’empressent de rejoindre le sommet de très hauts arbres. Alors les zoomer avec justesse et clarté devient un épouvantable jeu de patience tant elles sont peu disposées à se tenir tranquilles. Nous repartons en continuant à descendre au milieu des près par un chemin creux encadré d’une haie de noisetiers et de murets de pierres sèches. Le sentier aboutit près d’un bassin où s’écoule le trop plein du réservoir du Plat de l’Ours et le ruisseau du Rialet que l’on enjambe par un petit pont de bois. L’itinéraire zigzague un peu, se perd dans les prés à cause d’un balisage peu évident à trouver et file désormais en surplomb du Rialet sur un sentier herbeux qui s’élève très doucement. Cette sente finit par aboutir au sommet d’une butte verdoyante où les paysages s’entrouvrent magnifiquement une fois encore : les remparts de Mont-Louis sont désormais tout proches et le Cambre d’Aze « fait son cirque » droit devant. Le col Mitja, définitivement débarrassé des rayons du soleil est encore plus beau que ce matin. Entre prés verdoyants, murets en terrasses et hautes haies de ronces rousses, un plaisant chemin court rapidement vers Fetges que l’on atteint en quelques minutes. Ici, on prête surtout attention au balisage jaune car or mis quelques belles maisons en pierres et un vieux lavoir rien ne retient vraiment le regard, en tous cas sur le parcours. L’itinéraire qui autrefois passait près de la petite chapelle de Fetges file désormais un peu plus haut. On ne peut que le regretter. Après Fetges, le sentier remonte plus sérieusement, atteint une mamelon puis redescend en direction de la D.10 qui va à Sauto. Ici, depuis le sommet de ce mamelon, on a des vues dominantes sur la vallée de la Têt où se faufile la sinueuse Nationale 116 mais l’image la plus admirable reste celle du pont ferroviaire à haubans de Cassagne plus connu sous le nom de son concepteur Albert Gisclard qui y périt avec cinq de ses collègues lors d’un malheureux essai de charge en 1909. Classé aux Monuments Historiques, il serait, selon Wikipédia, le seul pont suspendu ferroviaire encore en service en France. Cette image du pont est d’autant plus belle que le Petit Train Jaune y passe au moment même où l’on est sur le point de terminer cette belle balade. A l’instant même où l’on retrouve notre voiture, nous avons la chance et le plaisir de faire la connaissance d’un autre « Monument Historique » en la personne de l’ancien berger du village aujourd’hui à la retraite. Un homme affable, plein de candeur et de gentillesse qui nous raconte le plus simplement du monde quelques charmantes anecdotes du temps où il passait sa vie dans la montagne avec ses chiens et son troupeau. Il faut avouer que terminer cette petite balade sur cette note pleine de gaîté et de spontanéité fut pour nous un pur instant bonheur.  Carte IGN 2249 ET Font-Romeu – Capcir et IGN 2250 ET Bourg-Madame – Mont-Louis – Col de la Perche Top 25.

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