• La Chapelle Sainte Marie de Bell-LLoc (1.685 m) depuis Dorres (1.446 m)


    Après plusieurs randonnées dans le Haut-Conflent du côté de Nohèdes et d’Urbanya, nous avions décidé d’aller passer le 15 août en Cerdagne et plus particulièrement du côté de Dorres, village bien connu pour ses bains d’eaux chaudes sulfureuses dits « romains » mais qui en réalité seraient plutôt moyenâgeux si j’en crois les historiens. Si en ce jour de l’Assomption de Marie, notre objectif était d’aller découvrir la belle chapelle Sainte Marie de Bell-Lloc lors d’une balade pédestre, il ne faut y voir de notre part, ni aucun dessein religieux ni aucune volonté de notre part d’aller rendre hommage à la Vierge. Non, nous ne sommes pas spécialement croyants et encore moins pratiquants. Non, cette idée d’aller voit cette chapelle n’était que pure coïncidence et ce choix était guidé par d’autres motivations : profiter d’une belle journée ensoleillée prévue par Météo France, changer d’air et partir à la découverte d’un coin de Cerdagne que nous ne connaissions pas. Autant le dire, cette randonnée pédestre que j’avais prévue sous la forme d’une boucle passant par le beau petit hameau de Brangoly fut très largement à la hauteur de nos espérances même si un petit égarement vint « divertir » de manière inattendue cette sortie. Mais revenons d’abord à Dorres, charmant petit village cerdan et plus exactement à l’ouest de celui-ci où s’effectue le départ. Il faut d’abord emprunter la rue du Cheval de Mérens encore intitulée carrer Saint Marc sur certaines cartes puis un peu plus loin la carrer de Magetta. La Magetta est une première et jolie petite chapelle dédié à Saint-Marc que l’on découvre quelques centaines de mètres plus loin. De toute manière, n’ayez aucune inquiétude, vous n’aurez sans doute pas à chercher le nom de ces rues car de nombreux panonceaux jaunes indicatifs de randonnées ont été disposés dès le démarrage. En effet, ici nous sommes  sur le G.R de Pays du Tour du Carlit (jaune et rouge), sur une variante du G.R de Pays du Tour de Cerdagne (jaune et rouge) et surtout sur le chemin de Bell-Lloc et de Brangoly (jaune), nos deux objectifs du jour. En outre, l’itinéraire est quasiment rectiligne jusqu’au col de Juell même si deux variantes sont possibles pour atteindre la chapelle Sainte Marie de Bell-Lloc avant d’atteindre ce col. Peu après la petite chapelle de Magetta, en réalité il semble qu’il s’agisse plutôt d’un monumental oratoire, la voie jusqu’à présent bitumée se transforme en un large chemin pavé de grosses dalles impressionnantes puis encore un peu plus loin, démarre enfin un vrai sentier plutôt étroit qui monte dans la montagne. Ici, commence pour moi, cet émerveillement sans cesse renouvelé que j’ai pour les fleurs et les plantes sauvages de notre belle région. Une fois encore, mon herbier photographique va s’enrichir de quelques belles fleurs nouvelles. Tout comme moi, de nombreux papillons se passionnent pour ces fleurs et sont captivés par leur fragrance au point d’en oublier sans doute que je suis entrain de les photographier. Il va en être ainsi une grande partie de la journée. Peu avant le col de Juell, de nouveaux panonceaux se présentent mais aujourd’hui, j’ai décidé quoi qu’il advienne de suivre la boucle que j’ai tracée et enregistrée dans mon GPS et comme ce dernier m’indique de prendre le sentier dit de « la conduite », nous prenons à gauche cet itinéraire. Bien nous en a pris car il s’agit incontestablement de la plus belle partie du parcours. Fleuri de millions de fleurs où virevoltent d’innombrables papillons, agréable car herbeux et ombragé à souhait, ce chemin file en balcon au milieu des feuillus et des résineux avec des vues splendides sur Dorres et ses proches ou plus lointains alentours. Un petit écureuil traverse le sentier, joue pendant quelques temps à cache-cache dans les pins d’un bois de conifères puis soudain, il décide de disparaître et repart vers les feuillus qui sont en contrebas. Nous profitons de ce magnifique spectacle car nous avons démarré tard et comme il est déjà midi, l’heure du pique-nique vient de sonner à l’église Saint-Jean de Dorres. Nous apprendrons un peu plus tard que c’est là que réside une vierge noire du XIeme siècle découverte à Bell-Lloc. La pause terminée, le sentier change du tout au tout à l’approche de notre premier objectif. Ici, nous quittons les Bacs, ici terminé les bois de feuillus et de conifères, fini le chemin herbeux, ici, tout n’est qu’aridité et de ce fait, la chapelle Santa Maria de Bell-Lloc apparaît magnifiquement sur son dôme presque dénudé. Un dôme aux herbes rases et jaunies planté néanmoins de quelques petits arbustes et parsemées de jolies fleurs résistant à cette terrible exposition ensoleillée qu’ici on appelle la « solana ». La chapelle est rapidement atteinte et autant le dire, nos anciens avaient le don pour construire des édifices au sommet de lieux mirifiques et cette chapelle de Bell-Lloc en est un parfait exemple. On comprend mieux ce nom de Bell-Lloc signifiant « beau lieu » car cette chapelle sans doute du 13eme siècle embrasse des panoramas merveilleux sur une immense partie de la Cerdagne. Après la visite de la vieille église parfaitement restaurée et la lecture d’une ludique mais trop brève inscription sur une pancarte qui nous en apprend son histoire, nous poursuivons le chemin qui passe derrière l’édifice religieux. Ce chemin laisse sur la droite la Fontaine de Sant Peligri, construction assez bizarre entre « orri cimenté » et « blockhaus pastoral » au fond duquel on devine un puits sous une grosse dalle de granite blanc posée à même le sol. Après cette courte découverte, l’itinéraire file vers le col de Juell et bien évidemment vers notre dernière destination, le minuscule hameau de Brangoly. Assez paradoxalement, et malgré la sécheresse qui semble sévir sur cette colline herbeuse, une fois encore les prés côtoyant le chemin sont parsemés de superbes fleurs aux couleurs variées. Ici, Œillets de Montpellier, Jasiones des montagnes, Crapaudines et bien d’autres fleurs encore tapissent le sol le plus souvent coiffées des jolies ombelles blanches que sont les Achillées millefeuilles et les Berces. Le sentier amorce une descente vers le col de Juell mais en réalité cette déclivité du terrain se poursuit quasiment jusqu’à Brangoly. Grâce à de nombreux panonceaux indicatifs, le balisage continue d’être parfait. Après 2h30 de marche, quelques arrêts et une belle descente dans un sous-bois très ombragé, nous atteignons le hameau par un agréable chemin herbeux encadré de colossaux rochers, de saules centenaires aux branches tortueuses, le tout planté dans un étrange décor naturel où une verdoyante végétation et d’étranges blocs de granite aux formes arrondies se partagent l’espace. Malgré sa taille plus que réduite, Brangoly reste une très belle curiosité à découvrir. D’abord, par son verdoyant et paisible cimetière, première découverte que l’on aperçoit en arrivant et où l’on se dit en le voyant, qu’on aimerait bien s’y reposer au terme du long chemin que représente une vie. Ensuite, par sa jolie petite église romane dédiée à Saint-Fructueux, évêque martyr tarragonais du 3eme siècle dont l’histoire dit qu’elle daterait du 12eme siècle alors que paradoxalement un épigraphe sur le fronton de son porche en indique la date de 1850. Mais celle église étant fermée, nous n’en verrons et n’en saurons pas plus à son sujet. Autre épigraphe mais en partie effacé et daté de 1863, celui de château de Brangoly dont le site Internet nous apprend qu’il aurait été construit sur une ancienne route templière et qu’il cache encore une multitude d’histoires sans fin, de grands nobles, de territoires féodaux….bref tout un monde merveilleux…. Nous osons nous risquer dans sa cours malgré un épouvantail qui semble faire office de gardien et bien qu’une pancarte à l’entrée nous laisse immédiatement penser qu’il s’agit désormais plutôt d’une hostellerie de charme que d’un vieux château féodal. Enfin et avant de quitter Brangoly, nous partons voir la curiosité numéro un du hameau qui n’est ni plus ni moins qu’un vieux dolmen datant des environs de 2000 avant J.C et dont une stèle non loin de là, nous apprend qu’il aurait pour nom « Dolmen d’En Caballer » et serait la propriété d’un certain Ramon de Pastors. Sur « The Megalithic Portail », portail Internet des sites mégalithiques, il est intitulé « Dolmen de la Cova del Camp de la Marunya mais on lui donne plus couramment le nom de Dolmen de Brangoly voire d’Enveitg. Après cette dernière et belle trouvaille monumentale mais dont quelques dalles sont en partie effondrées, il est temps de rebrousser chemin et de retourner vers Dorres. A Brangoly, nous allons pour cela continuer à suivre notre GPS qui nous indique un chemin qui descend sous le château et suis parallèle et pendant quelques centaines de mètres le ruisseau éponyme. Seul souci, ce tracé que j’avais trouvé sur un site Internet et enregistré dans mon GPS, nous entraîne sur un sentier ayant sans doute existé mais aujourd’hui peut évident à suivre car filant dans des prés aux herbes suffisamment hautes pour nous en faire perdre le file. Notre GPS n’a que faire de ces difficultés et il nous emmène vers une colline boisée assez pentue qu’il nous faut gravir de manière assez abrupte. Très incertain, nous allons un peu galérer sur ce tracé mais finalement notre GPS tiendra son rôle et nous ramènera entre maquis et garrigues sur la piste qui un peu plus haut n’est ni plus ni moins que le GRP du Tour de Cerdagne. La suite pour rejoindre Dorres ne sera qu’une simple formalité même si le ciel bleu azur a complètement disparu et si les gros nuages qui, depuis ce matin, s’accrochaient aux hauts sommets environnants ont décidés de partir vers d’autres horizons couvrant ainsi les lieux du lourde chape grisâtre, nous obligeant ainsi à presser le pas plus que nous l’aurions souhaité. Toutefois, la fin sur cette large piste reste agréable car la belle chapelle de Bell-Lloc reste en permanence visible au sommet de son dôme et une fois encore ce chemin est très fleuri et embrasse de superbes panoramas nous faisant découvrir au passage quelques jolis villages cerdans comme Angoustrine, Villeneuve, Ur, Enveitg, Llivia, etc… La fin sera d’autant plus agréable que, juste au dessus de nos têtes, un Circaète Jean-le-Blanc peu farouche va jouer les voltigeurs pendant plusieurs minutes en quête sans doute d’un petit serpent, de très loin son mets préféré. Après environ 13 kilomètres parcourus, la balade se termine à Dorres, à l’endroit même où nous avons laissé notre voiture. A l’arrivée, mon GPS m’indique un modeste 263 mètres de dénivelé accompli sachant que le point culminant de cette balade se situe peu après Bell-Lloc à 1.702 m au lieu-dit l’Argila. Attendu que nous sommes, nous n’aurons malheureusement ni le temps de visiter Dorres ni d’aller prendre un bain « romain ». Voilà deux bonnes raisons de retourner un de ces jours dans ce joli petit coin de Cerdagne !  Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

    Pour la distinguer d’autres chapelles régionales également intitulées du nom de « Belloc » comme celle de Saint-André de Belloc au dessus de Ria par exemple que j’ai conté dans ce blog et de quelques autres aussi, j’ai, dans cet article, volontairement écrit le nom en catalan tel qu’on le rencontre ici sur de nombreux panonceaux de randonnées c'est-à-dire Bell-LLoc. Mais toutes les versions restent possibles de « Belloc » bien sûr à Belloch avec un « h » à la fin. 

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