• La Boucle du Roc de Jornac et du Clot del Baró depuis Urbanya.

     

    Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons du groupe britannique Dire Straits. Elles ont pour titre : "Sultans Of Swing", "Calling Elvis" et "The Bug".

    La Boucle du Roc de Jornac et du Clot del Baro depuis Urbanya.

    La Boucle du Roc de Jornac et du Clot del Baro depuis Urbanya.

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    En ce 15 juillet, Dany ayant une envie folle de randonner, j’avais décidé de l’amener jusqu’au Roc de Jornac. Ce roc,  voilà déjà bien une demi-douzaine de fois que nous y allons ensemble. Par conséquent, il ne présente plus guère de mystères pour les randonneurs urbanyains que nous sommes. Encore que, ici à Urbanya, il n’est jamais rare d’être surpris par ce que la Nature est à même de nous offrir. Ainsi, je me souviens très bien d’un jour d’été 2015 où une petite harde d’une demi-douzaine de cervidés avait traversé une piste à quelques mètres de nous. J’avais figé cette scène car les deux premiers cervidés ouvrant la marche s’étaient arrêtés longuement avant de détaler. J’avais pu les photographier remarquablement. Tous les autres avaient suivi dans une belle cavalcade. Ce jour-là, nous allions déjà au Roc de Jornac et cette petite troupe de daguets et de biches avait été le clou de la balade. Aujourd’hui et afin de ne pas refaire un circuit déjà accompli plusieurs fois et de rompre ainsi une éventuelle monotonie, j’ai décidé de revenir par le lieu-dit Clot del Baró où des sentiers sont bien visibles sur la vue aérienne que propose le site Géoportail. Je l’avoue, cet itinéraire m’est complètement inconnu, mais après tout la partie que je ne connais pas se résume à moins d’un kilomètre. Le risque est donc minime, mesuré et au pire si cette partie-là est trop impraticable, je connais déjà un éventuel échappatoire, certes un peu plus long, mais je le connais bien. Voilà comment est né ce circuit que j’ai intitulé « La Boucle du Roc de Jornac et du Clot del Baró depuis Urbanya ». Nous avons déjeuné tôt et il est midi tapant quand nous quittons la maison direction le Chemin de Saint-Jacques. Si comme à son habitude, Dany démarre d’un bon rythme, moi je suis déjà arrêté par une multitude de sujets : le ruisseau d’Urbanya et la faune éventuelle que l’on peut y trouver, des hirondelles qui occupent le préau de la mairie et bien d’autres volatiles comme les moineaux, les rougequeues et les bergeronnettes toujours bien présents au sein du village. Je m’évertue à les photographier. Plus haut, devant la maison de Philippe, l’ex-vacher, ce dernier nous arrête pour papoter un peu, nous remerciant notamment pour les croquettes qu’on lui laisse régulièrement pour ses chiens et ses chats. Il nous annonce que du côté du Roc de Jornac nous risquons de rencontrer plusieurs ânes qu’une dame de Mosset a laissé là en estives. Il y en aurait deux ou trois noirs et un blanc. Nous redémarrons. Sur cet étroit sentier que nous connaissons bien, les fleurs et les papillons sont suffisamment nombreux pour que mon appareil-photo ne s’ennuie pas et moi avec lui. Si certains oiseaux sont bien présents, la chance qu’il me faut pour les photographier correctement n’est pas aussi présente qu’à l’habitude. J’ai le sentiment qu’aujourd’hui, il me faudra encore un peu plus d’abnégation si je veux réussir quelques photos ornithologiques. Dany marche d’un bon pas et paraît enchantée de cette sortie. De ce fait, et pris par ma passion de la photo, j’essaie de ne pas me faire trop distancer. Pour elle, peu importe l’objectif et le sentier, ce qui prime ce sont le plaisir de marcher dans la Nature et les panoramas qui nous sont offerts. Or là, des panoramas, il y en a constamment. Devant, derrière, dessus et dessous. De mon côté, je suis constamment indécis entre faire des photos, de bonne qualité de préférence, et rester au mieux à ses côtés. Après la grande ruine de Coubère, un joli spectacle nous est offert par une multitude de martinets chassant au-dessus de la garrigue. Certains passent si près de nous en rase-mottes que ça en devient très distrayant. Je me mets en tête de réussir une belle photo aérienne. Dany en profite pour observer ce spectacle et se reposer un peu. Finalement à force de prendre des dizaines de photos, je constate qu’il y a des martinets de deux variétés différentes, certains martinets ont le ventre blanc et d’autres une tâche blanche sur le dos. Ce n’est qu’en rentrant à la maison que je prendrais conscience qu’il y avait des Martinets à ventre blanc, mais certainement aussi des Martinets cafres beaucoup plus rares en France. A cause de ma passion pour l’ornithologie  (comme pour les papillons !), je suis toujours ravi d’apprendre de nouvelles choses sur les oiseaux mais encore plus quand j’ai des photos appuyant ces acquis. Ici, dommage que les photos soient peu réussies. Finalement ; en arrivant à la côte 1098, le Roc de Jornac est là, à nos pieds. Enfin quand je dis « à nos pieds », ce n’est pas vraiment la bonne formulation, car certes il nous faut descendre vers lui mais il nous faudra ensuite remonter et revenir sur nos pas pour continuer cette boucle. Comme il s’agit de notre objectif premier et qu’en sus deux ânes noirs sont visibles à son sommet, nous y allons.  De toute manière, Dany a prévu de prendre un petit en-cas avec café chaud et biscuits dès que nous arriverons là-bas. C’est ce que nous allons faire avec au préalable un court arrêt à hauteur du petit dolmen désormais bien connu avec croix et cupules néolithiques. Les ânes étant vraiment au bord du précipice que compose le roc sur son flanc sud, avec Dany nous prenons la sage décision de ne pas ni les déranger et encore moins de les approcher. Ils sont donc là, complètement immobiles, indifférents à notre présence, comme deux statues se tournant le dos. Il est déjà 14h. C’est-à-dire que nous avons mis 2 heures pour venir jusqu’ici, c’est dire si nous avons flâné. Un tour du roc et de ses impressionnants à-pics, quelques selfies puis c’est la pause-café programmée et nous voilà déjà repartis vers notre prochain objectif : le Clot del Baró. Enfin, je dis objectif sans trop savoir ce que nous allons y voir ou y découvrir. Pour avoir eu l’occasion de dominer ce lieu-dit, je sais que j’y ai vu quelques importants amoncellements de pierres et une ruine mais c’est tout. Quant à la faune, j’y ai vu une seule fois un renardeau famélique qui semblait un peu perdu dans une garrigue très hermétique car très envahie par les ronciers, les églantiers et les cistes. Plus souvent, j’y ai photographié des espèces bien particulières de passereaux comme des tariers, des fauvettes et des pies-grièches, la végétation dense et inaccessible expliquant probablement la présence de ces volatiles. Après la remontée du Roc de Jornac rien de notable. Je fais le choix  de prendre la piste qui file au-dessus de Coubère plutôt que celle très pentue qui monte vers le Serrat de Miralles. C’est un peu plus long pour rejoindre la piste qui file vers le col de Les Bigues mais c’est beaucoup moins raide. Dès le départ, nous tombons sur l’âne blanc qui en réalité est plutôt gris. Il a un ventre énorme et paraît en piteux état. Est-ce une femelle qui doit mettre bas ? Comment le savoir ?  Toujours est-il que cette forme physique peu satisfaisante de prime abord est un trompe-l’œil car alors que Dany lui tend une main avenante pour le caresser, il semble « ronchon », la pousse de son front au risque de la faire tomber. J’ai juste le temps de la tirer vers moi pour éviter qu’elle ne chute en contrebas du chemin. Toujours « ronchon », il s’en va. Ici les papillons sont toujours très nombreux et il va en être ainsi tout au long de l’après-midi. Nous empruntons la piste qui file vers le col de Les Bigues mais nous la délaissons dès lors que nous en rencontrons une autre descendant vers la gauche. Nous sommes en surplomb du Clot del Baró dont rien ne laisse présager la toponymie occitane très incertaine que j’ai pu trouver sur Internet signifiant  « terrain plat de forme allongée ». Si terrain plat et allongé il y a eu, il a disparu depuis des lustres, avec à la fois une géologie qui a bougé et sous une épaisse végétation. Car ici le terrain est pentu de partout, avec une végétation très dense où seuls quels affleurements rocheux apparaissent. Dans son livre « Lieux et Légendes du Roussillon et des Pyrénées Catalanes », l'archéologue Jean Abélanet lui affirme plus simplement qu'un baron serait passé par là, ce qui paraît beaucoup plausible. : « Quand un baron passe par un coin perdu, aussi reculé que Urbanya, l'événement laisse des traces ». J’allume mon GPS et me lance à la recherche du petit sentier d’un kilomètre que j’ai vu sur une vue aérienne sur le site Géoportail. Le fameux jamais emprunté. Il est censé démarrer après un large layon que nous n’avons aucun mal à trouver. Nous l’empruntons. Comme je le craignais, or mis quelques animaux, personne ne passe par là depuis fort longtemps. Le petit sentier bien visible sur Géoportail l’est à peine dans la réalité. Pourtant, je me souviens d’un temps où ici tous ces chemins et sentiers étaient formidablement débroussaillés. Par chance, sur notre droite, l’étroite sente est surtout envahie par de hautes fougères qui ne piquent pas, même si Dany n’apprécie guère de ne plus savoir où elle met les pieds. Finalement, quelques repères que je connais bien comme une modeste ruine, un pommier que je suis venu quelquefois « récolter » et des murs de pierres sèches que je reconnais me servent de bons fils conducteurs. Sauf que ce bon fil conducteur m’amène direct vers deux vaches blanches et un énorme taureau brun. Ce taureau nous prend-t-il pour des prétendants concurrents ? Je ne sais pas mais en tous cas dès qu’il nous entend arriver, il se lève des hautes fougères au sein desquelles il devait dormir ou ruminer. Nous évitons de nous approcher mais alors que nous tournons autour de lui et de ses deux compagnes, il se tourne constamment vers nous en nous regardant et en émettant des petits soufflements nasaux. Comment faire alors qu’ils sont pile-poil sur la suite de l’itinéraire que nous devons emprunter ? Je ne vois qu’une solution, les contourner en essayant à la fois d’être le plus éloignés d’eux mais au plus près du sentier que nous devons retrouver dans cette lande de hautes fougères. Au regard d’un muret que je connais bien, j’estime le sentier à une dizaine de mètres de ce dernier et les bovins à une quinzaine de mètres. Si je ne veux pas que l’on passe trop près d’eux, je sais que la marge est minime car le muret en question est amplement envahi par des ronciers sur une belle largeur. Nous nous lançons dans les hautes fougères sous le regard scrutateur du gros taureau. Dany est juste derrière moi et s’accroche à mon tee-shirt comme une arapède à son rocher. Les vaches, elles, paraissent indifférentes. Je dis à Dany de bien lever les genoux afin d’éviter de se prendre les pieds dans les tiges et de tomber car ça serait le pire des choses qui pourrait nous arriver. Nous avançons doucement et maintenant les bovins sont à moins de 5 mètres de nous. Finalement, tout se passe bien, les bovins restent immobiles et après une quinzaine de mètres dans les hautes fougères nous retrouvons le sentier espéré. Il est loin d’être bien débroussaillé mais j’ai au moins la certitude, c’est bien celui qui permet de rejoindre Urbanya. Finalement, certains tronçons étant bien plus praticables, nous descendons plutôt d’un bon rythme vers le village. Mais quelle n’est pas notre surprise au moment d’enjamber le modeste Correc de la Coma Formia de tomber nez à nez avec deux cervidés. Certes sur ce versant de la vallée plutôt aride, c’est un des endroits le plus boisé et donc  le plus verdoyant mais c’est bien la première fois que j’y aperçois des animaux de ce calibre. Sans doute, sont-ils venus là pour se désaltérer dans le ruisseau et y trouver un peu de verdure à se mettre dans la panse. Ils semblent aussi surpris que nous et ne détalent pas immédiatement. J’ai tout loisir de les photographier.  Dany est ravie, elle qui rêve constamment d’apercevoir des animaux. Cette fois c’est fait ! Par la force des choses, la suite et la fin deviennent plus monotones. Nous retrouvons le chemin de Saint-Jacques puis le village et enfin notre petite maison sur ses hauteurs. Il est 17h30. Nous avons flâné 5h30. Dany souffre un peu de ses hanches et je comprends que la distance accomplie est à la limite de ses possibilités présentes. De mon côté, je suis enchanté car je considère avoir marché correctement et surtout avec la certitude d’aucune gêne respiratoire ni aucune douleur nulle part. Telle qu’expliquée ici, cette boucle a été longue de 10 km. Le point le plus bas étant Urbanya à 870 m et le plus haut à 1.303 m au-dessus du Clot del Baró, le dénivelé est de 433 m. Les montées cumulées sont de 812 m. Cartes IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25

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  • Commentaires

    2
    Lundi 25 Octobre à 15:06

    Bonjour Gilbert

    Une randonnée dans un secteur que j'ai découvert cet été ; j'avais également trouvé que c'était pas mal embroussaillé ! Nous en avons fait l'expérience encore une fois hier dans le secteur de Serrabone en voulant emprunter un sentier marqué sur l'ign mais complétement impraticable ... dommage que ces chemins ancestraux se perdent !

    Je suis contente pour toi de voir que ta santé va mieux et que tu reprends de plus longues randonnées

    Amicalement , Patricia

    1
    Mercredi 20 Octobre à 11:22

    Superbe, j'allais dire comme d'habitude, bravo et merci pour ces beaux récit, diaporama et musique ! ! !
    Amicalement
    JC...

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