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pyrenees orientales

La Boucle "Il était une fois d'Urbanya à Nohèdes" ou le Circuit des maisons saison 3.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 6 chansons du groupe "Il était une fois" avec les voix de Joëlle Mogensen et Richard Dewitte, composées par Serge Koolenn et/ou Richard Dewitte. Elles ont pour titre : "Viens Faire Un Tour Sous La Pluie", "Que Fais-Tu Ce Soir Après Dîner ?", "Pomme", "J'Ai Encore Rêvé d'Elle""Rien Qu'un Ciel" et "Elle Aimait Le Sud" suivi pour finir d'une version instrumentale incompléte de "J'Ai Encore Rêvé d'Elle".

 La Boucle "Il était une fois d'Urbanya à Nohèdes" ou le Circuit des maisons saison 3.

La Boucle "Il était une fois d'Urbanya à Nohèdes" ou le Circuit des maisons saison 3.


 

Ma sœur Nicole étant venue nous voir à Urbanya où nous étions toujours en villégiature, en ce 9 août 2023, nous avions décidé d’aller déjeuner à pied au restaurant Cal Guillem de Nohèdes. Une balade que j’ai voulu intituler « La Boucle "Il était une fois" d’Urbanya à Nohèdes ». Lisez la suite et la fin et vous comprendrez pourquoi. Après la courte randonnée de la veille à Escaro (Le Circuit découverte Escaro-Aytua), nous étions de nouveau partant pour accomplir environ 8 à 9 km, peut-être plus selon les formes physiques. Avec Dany, cette agréable balade, nous commencions à bien la connaître et nous avions envie d’en faire profiter Nicole.  Nous la connaissions d’autant mieux que  j’avais déjà eu l’occasion de vous la présenter sur mon blog sous diverses versions et intitulées  « Le Circuit des Maisons » ou encore « La Boucle Minutes-Papillons ».  Par précaution, ce matin-là, j’avais téléphoné au restaurant pour m’assurer qu’il était bien ouvert et pour réserver nos 3 places. Il est 9h45 quand nous quittons la maison, direction la piste DFCI C60 démarrant sous l’église d’Urbanya. La flânerie est de mise car j’ai calculé que même en musardant beaucoup, nous devrions être à Nohèdes à l’heure indiquée à notre hôte, c’est-à-dire vers 12h. Comme à mon habitude, je peux donc me livrer à ma passion pour la photo naturaliste sans la crainte d’ennuyer mes acolytes de marche. Fleurs en grand nombre, papillons, criquets et passereaux viendront compléter le reportage de cette boucle champêtre et montagnarde. Si je connais parfaitement le tracé passant par La Devesa, le vallon de la Coma, et le col de Marsac, je ne m’attendais pas à trouver, au lieu-dit Les Llebreres, une forêt totalement dévastée. Que s’est-il passé ? Je ne verrais l’étendue du désastre que le lendemain en retournant dans la montagne. Cette forêt de La Matte si belle, si diversifiée en essences et si épaisse et que j’aimais tant pour l’avoir arpenter un nombre incalculable de fois, a été totalement saccagée sous la forme de grandes cicatrices. En terme forestier, on appelle ça des layons. Des plus grands arbres au plus vieux et des moyens jusqu’aux plus jeunes, aucun n’a réchappé à cette machine de bucheronnage dévastatrice que l’on appelle « une abatteuse/ébrancheuse  de déforestation ».  Elle coupe tout, puis avec de grandes pinces, elle amène le tronc dans une mâchoire à ébrancher.  Après ce travail, le grume ressort taillé tel un simple crayon d’écolier. Il ne reste plus qu’à aligner les troncs ainsi écimés et ébranchés sous forme d’empilements dans l’attente de leur transport vers des scieries. J’ai ouï dire que c’était l’ONF qui avait orchestré ce massacre forestier. Pourquoi ? N’y entendant rien en exploitation forestière, je ne sais pas répondre à cette question sauf que je sais que la Nature ; faune et flore sans exception ; a forcément souffert de ce cataclysme écologique. Toujours est-il qu’aujourd’hui, le sentier balisé en jaune que je connaissais si bien a complétement disparu et a été remplacé par un large layon où plus aucun végétal n’a survécu. Ce layon est d’ailleurs amplement encombré de branchages de toutes sortes mais aussi de gros morceaux d’écorces ainsi que d’un fatras de buissons secs de toutes sortes car rien n’a échappé à cet engin de mise à mort de la forêt. Dans ce malheur, je garde un espoir : que ce layon qui s’élève dans la colline puisse nous amener au col de Marsac, puis de là jusqu’à Nohèdes. Par bonheur, il va en être ainsi et il est 12h quand nous nous présentons au restaurant Cal Guillem. Comme à chaque fois, nous sommes accueillis sans chichi mais avec une prévenance bien sympathique. Et cette année, pour nous faire plaisir, nous avons eu droit à un remarquable tournedos de magret puis comme dessert soit à des profiteroles « maison »  soit à un café gourmand. De quoi reprendre le chemin vers Urbanya le ventre pas vraiment tendu mais pas vide non plus. Un juste milieu que nous apprécierons d’autant mieux qu’un bon dénivelé nous attend sous un cagnard de plomb. Ce dénivelé, par les hauts de Nohèdes, nous amène vers le col et le pic de la Serra à 1.221m d’altitude soit presque 300m plus haut que le village. Là, au col de la Serra, nous prendrons ensuite l’ancien tracé du Tour du Coronat ; si cher à mes souvenirs;  avec néanmoins une variante consistant à raccourcir le parcours prévu initialement. Eh oui que voulez-vous ? Après 2 jours de marche et un bon resto, n’était-il pas normal « d’en avoir un peu plein les pattes » au point de vouloir raccourcir ce parcours ? Ainsi se termina cette boucle que j’ai intitulée « Il était une fois d’Urbanya à Nohèdes ». Et vous savez pourquoi ? Parce quelques mois plus tard, en décembre 2023 exactement, nous avons vendu notre maison d’Urbanya que nous avions tant aimée. Pendant 10 années, nous l’avions restaurée avec amour et nous en avions amplement profité mais tout devenait trop compliqué. L’ambiance au village avait quelque peu changé, nous nous sentions quelque peu esseulés. Depuis le décès de son amie, notre gentille voisine Alix venait moins souvent.  Idem pour nos amis anglais Julie et Jamal depuis le Brexit et quelques problèmes familiaux. Idem pour les West, nos autres amis anglais. Avec la sécheresse, les débroussaillages et les élagages étaient devenus plus récurrents.  La grande tranquillité et le silence que nous étions venus chercher ici et que nous avions tant apprécié les premières années avaient quelque peu disparus sous le bruit des moteurs des tronçonneuses et autres débroussailleuses. Plus possible de tenir un jardin potager car il ne pleuvait pas suffisamment et l’eau dans la commune était devenue une denrée rare à n’utiliser qu’avec parcimonie. Sans compter les sangliers, les chevreuils et quelques minuscules coléoptères qui très souvent attendaient de se régaler des premières pousses de nos salades, pommes de terre ou haricots verts. Tout cela devenait décourageant. Les oiseaux que j’aimais tant photographier passaient de moins en moins, et en tous cas ils se raréfiaient grandement années après années. Même nos nichoirs restaient sans plus aucun volatile alors qu'ils avaient toujours été bien occupés par les mésanges, moineaux et autres rougequeues noirs. En 2021, nous avions eu droit à un loir dans un nichoir et à plusieurs renards affamés mais dociles venant manger les croquettes de nos chats. Un jour, un d'entre eux s'était endormi à même mon potager. Toute cette merveilleuse Nature qui avait constamment tenu tous nos sens en éveil semblait avoir disparu en cette année 2023. La forêt de La Matte où j’allais me promener presque quotidiennement avait été amplement décimée au cours de l'été. Relation de cause à effet ? Je l'ai pensé ! Et puis surtout, nous prenions de la bouteille pour entretenir 2 maisons. Oui, nous avons mûrement réfléchi cette décision. Cela veut-il dire que n’irons plus jamais randonner à Urbanya ? Difficile à dire. Alors imitons Napoléon III et disons « qu’il ne faut jamais dire jamais ! ». Parce que je la connaissais parfaitement, je n’ai pris ni GPS ni mesures lors de ce parcours. Toutefois, étant sensiblement identique à « La Boucle Minutes papillons ou le Circuit des Maisons saison 2 », on peut l’estimer à environ 8,6km. Seules différences, le layon rectiligne arraché à la forêt gravi avant le col de Marsac (au lieu de l’ancien sentier balisé en jaune non retrouvé) et  aussi un peu moins d’errements dans Nohèdes.  Pour le reste, tout est à peu près identique. Le dénivelé est de 352 m entre le point le plus haut à 1.221 m au-dessus du col de la Serra et le plus bas à 869 m près de  l’église d’Urbanya. Carte IGN 2348ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

 

Peintures de l'église d'Urbanya figurant dans ma vidéo :  

A propos des peintures intérieures de l'église d'Urbanya, voici quelques explications que mon ami Olivier Escuder m'a soumises. 

Selon lui, elles concernant les différentes étapes de la Passion :

1 : les dés que les soldats romains ont utilisés pour savoir qui aurait les vêtements du Christ
2 : la lance utilisée pour perforer le flanc du Christ, afin de savoir s'il était mort ou encore vivant
3 : l'éponge imbibée de vinaigre tendue au Christ qui réclamait à boire
4 : probablement la bourse (avec les trente pièces d'argent) donnée à Judas pour le récompenser d'avoir désigné le Christ aux grands prêtres.
5 : l'échelle ayant servi à descendre le corps du Christ
6 : le marteau ayant servi à enfoncer les clous dans le corps du Christ
7 : une tenaille, ayant probablement servi à retirer les clous du corps du Christ.
 
Autrefois, lorsque les gens ne savaient ni lire ni écrire, ces peintures servaient d'illustration aux prêtres pour faire leur catéchisme.
Ces choses peintes sont aussi très souvent représentées sur les calvaires, surtout en Espagne (donc chez nous, en Pays catalan), et sont appelés les "Instruments de la Passion".  On les retrouve sur le site Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Croix_de_la_Passion
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Le Circuit découverte Escaro/Aytua depuis Escaro.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons interprétées par le chanteur et musicien anglais Chris Rea. Elles ont pout titre : "Fool If You Think Its Over", "Looking for the Summer ""Josephine" et "The Road to Hell (incomplète)"

Le Circuit découverte Escaro/Aytua depuis Escaro.

Le Circuit découverte Escaro/Aytua depuis Escaro.


 

Parce que depuis Marseille ma sœur Nicole venait nous rendre visite et qu’elle voulait aller randonner, j’avais prévu ce parcours pédestre que j’ai intitulé « Le Circuit découverte d’Escaro-Aytua ». En effet, cette boucle plutôt courte permet une visite des deux villages (Escaro et Aytua) assez éloignés l’un de l’autre (3,2km à pied « source Mappy ») mais dont le destin administratif est très étroitement lié depuis le 20 mars 1822. Cette fusion est consécutive à une ordonnance royale liée à des concessions pour exploiter convenablement le minerai de fer très présent dans tout ce secteur du Conflent. Voilà pour la petite histoire de ce rattachement. Concernant ce circuit, soyons franc, il est la version réduite d’un circuit plus long de 17km intitulé « Le Circuit de Bailloubère » et si je l’ai réduit, je l’ai fait totalement sciemment. En effet, le lendemain, j’avais prévu une autre randonnée « gastronomique », cette fois-ci entre Urbanya et Nohèdes, aller et retour, en boucle également. Si vous suivez mon blog, vous connaissez bien ce parcours consistant à partir de ma maison pour aller déjeuner au restaurant Cal Guillem de Nohèdes. Je l’ai déjà mis en ligne deux fois avec les intitulés suivants : « Le Circuit des Maisons » en 2021  et « La Boucle Minute-papillons » en 2023. Cette prochaine version 2023 sera la troisième avec une petite variante mais sans doute la dernière. Mais revenons à ce « Circuit découverte d’Escaro-Aytua ». Si le départ habituel est au Musée de la Mine, nous faisons le choix de démarrer du camping « Le P’tit Bonheur » où nous laissons notre voiture dans le virage de la route. Il est 9h15. Finalement, nous reprenons la voiture direction le village car la bouteille d’eau de ma sœur s’est totalement vidée dans son sac à dos. Nous partons à la recherche d’une fontaine d’eau potable au mieux d’une âme généreuse pouvant nous offrir une bouteille d’eau fraiche. C’est la première solution que nous trouverons, non sans mal dans un grand lavoir où s’écoule l’eau fraîche tant espérée. Nous sommes au centre du village et j’en profite pour proposer une petite visite « patrimoniale ». En effet, le seul souvenir que je garde d’Escaro est tellement négatif que je voudrais bien un jour du positif. En effet, c’était là en 2004 que le P.C de recherches s’était installé quand Dany et moi nous étions égarés pendant 2 jours dans le Massif des Tres Estelles et que deux gendarmes du PGHM d’Osséja nous avaient retrouvé. Canyoning dans un torrent, hélitreuillage, cette triste, rocambolesque et inoubliable expérience était devenue un récit que j’avais intitulé « Un Cauchemar pour trois étoiles ». Voilà le souvenir que je garde d’Escaro. Après cette courte visite, nous repartons en voiture vers le « Le P’tit Bonheur » où nous démarrons cette randonnée. Nous remontons la route jusqu’au cimetière car c’est là juste après que débute notre balade. Un balisage peint sur un rocher est présent. D’emblée, un sérieux raidillon nous coupe les jambes et le souffle et nous met à la peine. Au bout de 100m ça va déjà mieux. Sur cette portion toute en montée au milieu de résineux, hormis deux ou trois fleurs et autant de papillons, il n’y a pas grand-chose à mettre dans mon appareil-photo. Il faut attendre d’arriver au vieux site minier du Clot des Manès pour trouver enfin des choses intéressantes à découvrir. Après la vieille mine, les feuillus prennent plus de place et tout change avec plus de papillons, de fleurs et quelques passereaux. Il va en être ainsi jusqu’au lieu-dit « Les Costes » puis peu après au « Col de Fins » où une aire de pique-nique nous propose agréablement ses tables et ses bancs pour un déjeuner forestier. Avoir faim au col de Fins est finalement bienvenu. Le souvenir du « Sentier du Baron », réalisé en août 2022, revient à notre mémoire car c’était déjà là que nous avions piqueniqué Dany et moi. Presque une heure plus tard nous repartons. Si les femmes ont amplement profité de ce repos pour papoter, j’ai passé l’essentiel de mon temps à courir derrière la Nature. Elle prenait les traits aussi divers et variés que ceux de quelques vaches en train de paître dans un pré adjacent au col, de lézards peu craintifs, de plusieurs papillons, de criquets ou passereaux pas toujours faciles à immortaliser car ayant la bougeotte. On se remet en route en suivant un panonceau « Serdinya 1h30» et un balisage blanc et jaune. Le sentier bien tracé file au milieu des conifères et parvient jusqu’à un pylône Free Mobile. Dans ce secteur, des passereaux remontant en migration des vallons alentours sont plutôt nombreux. J’immortalise une mésange à longue queue. Peu après le pylône, j’allume mon GPS car je sais que c’est par là qu’il nous faut faire demi-tour à gauche pour aller vers Aytua. Finalement, tout se passe formidablement bien et moins d’un quart plus tard nous entrons dans le hameau. Vieux lavoir et abreuvoir, pupitre contant l’Histoire, chapelle Sainte-Christine et Pont des chômeurs sont autant de jalons patrimoniaux à découvrir. La suite vers l’arrivée est toujours aussi simple car parfaitement balisée. Elle s’effectue presque essentiellement en sous-bois.  Cette jolie boucle se referme où nous l’avions commencée, c’est-à-dire devant l’enseigne du camping "Le P’tit Bonheur", un nom idéal pour définir cette courte mais agréable balade. Comme expliquée ici, elle a été longue de 7,8km. Les montées cumulées s’élèvent à 611m. Le dénivelé est de 242 m entre le point le plus haut à 1.031m près du lieu-dit Les Creus et le plus bas à 789m à Aytua. Carte IGN 2349ET Massif du Canigou Top 25.

 

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Le Sentier des Cariolettes au départ de Bolquère-village

Publié le par gibirando

 Ce diaporama est agrémenté de la musique baroque "Palladio" du compositeur gallois Karl Jenkins. Le premier mouvement court (Allegreto) est interprétée par Camille et Julie Berthollet (violon et violoncelle) accompagnées par l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Julien Masmondet. La seconde version complète (Allegreto, Largo, Vivace) est interprétée par The London Philarmonic Strings et The Smith Quartet (violons) dirigés par Karl Jenkins lui-même. 

Le Sentier des Cariolettes au départ de Bolquère-village

Le Sentier des Cariolettes au départ de Bolquère-village

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

C’est sur un dépliant touristique et donc un peu par hasard que j’ai découvert cette balade intitulée « Le Sentier des Cariolettes (*) au départ de Bolquère-village ». La suite a été relativement simple puisque en effectuant une recherche sur le Net, je n’ai eu aucune peine à trouver une fiche-topo expliquant très bien le détail du tracé. Cette fiche portant le numéro « PR39 » est visible sur le site Internet de la Communauté des Communes Pyrénées Catalanes. Je n’ai eu aucun mal non plus à trouver une tracé enregistrable ;  il y en a un de très bien sur le site « Tourisme.PyrénéesOrientales.com ». Mais il y en a d’autres. Si d’habitude, j’inscrit les nouvelles randonnées trouvées sur un petit calepin, cette fois-ci j’ai dit à Dany « j’ai trouvé une petite rando sympa en Cerdagne ça te dirait d’aller la faire dès demain, il annonce du beau temps ? ». C’est ainsi qu’en ce 27 juillet 2023 au matin, nous avons démarré d’Urbanya où nous étions toujours en vacances, direction Bolquère. Il est 10h quand nous rangeons notre voiture sur un grand parking tout près de l’intersection de la Grand Rue et de la rue de Cerdagne. Apparemment, nous sommes devant une école car en regardant sur un parterre fleuri, j’aperçois de jolis galets décorés en forme de visage stylisé. Sur l’un d’entre eux, je note la mention « CM2 ».  A Bolquère, la salle polyvalente qui est censée être la vraie ligne de départ est un peu plus bas dans la Grand Rue. Rien ne l’indiquant vraiment, nous y sommes passés devant en voiture sans vraiment la remarquer. Je file voir ce qui l’en est pendant que Dany se prépare. Sous un auvent, je trouve effectivement le fameux panonceau signalétique jaune indiquant le « PR39-Sentier des Cariolettes » avec les informations suivantes « 9,8km - +246 m de dénivelé – 3h ». La suite est très simple puisqu’il suffit de remonter la Grand Rue, direction Odeillo, cette dernière rue toujours rectiligne changeant de nom sur les cartes pour se dénommer D.10 ou Cami d’Odeillo. Après avoir suivi cette route et être sorti de Bolquère, le balisage toujours très bon indique la direction de « Vià - 3,5km – 1h05 ». Si la campagne est déjà là, le bitume est toujours là aussi et il faudra dépasser le cimetière et marcher encore un peu avant de trouver un large chemin terreux en espèce de mâchefer. Pour moi, qui dit campagne dit Nature et cette dernière se présente sous la forme de fleurs sauvages et de quelques volatiles. Si les grands corbeaux sont facilement reconnaissables, les quelques rapaces qui zèbrent le ciel en tous sens le sont beaucoup moins. Il est vrai qu’il y en a plusieurs différents. Peu après avoir laissé sur la gauche de grands bâtiments dont le nom « Ferme Rossell » ne laisse aucune équivoque quant à sa destination « agricole », le chemin atteint la voie ferrée du Petit Train Jaune. On poursuit ce chemin vers la gauche vers une petite gare puis à hauteur de celle-ci, on enjambe les rails et l’on continue tout simplement en suivant le balisage toujours aussi précis : « Vià – 2,7km – 0h50 ». Ce panonceau directionnel précise que l’on est sur le « GRP Tour de Cerdagne ». L’itinéraire est parallèle à la voie ferrée et c’est vraiment pas de chance car je vais louper le Petit Train Jaune de quelques mètres seulement. En effet, à cause des nombreux passereaux (des Traquets motteux essentiellement, de quelques papillons et des fleurs sauvages que je photographie, Dany a pris pas mal d’avance et c’est au moment où je tente de la rattraper que le Petit Train Jaune arrive derrière moi. Pas de chance car cela se produit à l’instant même où le sentier descend dans un vallon. Ce vallon, c’est celui où s’écoule un minuscule ruisseau, le Rec de Ricaut. C’est donc par en dessous que je vois passé « le Canari » au-dessus. Si les décors continuent d’avoir une belle couleur « paille », la sécheresse n’étant sans doute pas étrangère à ce coloris doré, le parcours reste néanmoins très agréable. De mon côté, à la faune déjà aperçue viennent se rajouter des lézards et des criquets. Après la visite d’une autre petite gare, bien utile à cause de sa pissotière, l’arrivée à Vià est une étape charmante. On débouche sur l’avenue Maréchal Leclerc ou D.29.  Les maisons sont anciennes mais le village est propre et paraît très bien entretenu. Par la rue des Violettes puis celle des Jonquilles, on atteint l’église romane Sainte-Colombe. Bien que fermée et donc toujours un peu déçu de cet état de fait, elle constitue l’essentiel du patrimoine ancien du village visible sur le parcours. Par bonheur, une pancarte explique son Histoire. On retrouve l’asphalte de la D.29 que l’on poursuit jusqu’à l’entrée d’Odeillo, partie la moins agréable et où l’attention est de mise car la circulation routière y est relativement abondante. Une petite entorse peut facilement vous amener au célèbre four solaire. Nous en faisons l'impasse. Le balisage étant toujours aussi bien présent, suivre le PR.39 est constamment chose aisée : rue du Lavoir puis celle des Izards. Ces rues nous amènent devant l’église Saint-Martin d’Odeillo où cette fois-ci nous avons la chance qu’elle soit ouverte. Pendant que j’entre dans l’église, Dany part visiter un atelier de poterie adjacent. Si la rue de la Liberté a tendance à nous faire ressortir aussi vite du village que l’on en est entré, le bistrot de pays « La Chouette » est là bien à propos pour que l’on s’y arrête afin d’engloutir nos sandwichs accompagnés d’une boisson hautement désaltérante. Après ce frugal déjeuner et un café, on reprend sur quelques mètres la rue de la Liberté puis à gauche le chemin du Rocher. Après quelques zigzags parfaitement indiqués, un chemin herbeux continue sous un lotissement de chalets. Il va en être ainsi pendant quelques temps avant que toute habitation ne disparaisse complétement. Après le chemin du Rocher, 3,9km reste à accomplir nous dit un panonceau.  Pendant que Dany continue de marcher à son rythme peu rapide mais régulier, les fleurs sauvages et autres papillons, passereaux, rapaces, criquets et lézards à photographier vident ma tête et y enlèvent toute idée d’une quelconque lassitude et ce, jusqu’à l’arrivée. Dans cette seconde partie, les panoramas en contrebas sur la plaine cerdane et au-dessus vers les hautes montagnes font en sorte que le plaisir soit intégral. Ainsi se termine ce « Sentier des Cariolettes » dont seul le nom peut nous laisser imaginer que ces champignons sont bien présents dans ce secteur. En effet, j’ai eu beau les chercher en m’éloignant parfois même du sentier mais je n’en ai pas aperçu un seul y compris dans les endroits me paraissant les plus humides. Sans doute que la saison était bien trop avancée et que la sécheresse avait accompli son travail de désagrégation. Or c’est bien connu, tous les champignons ont besoin d’une forte humidité pour pousser, c’est la condition sine qua non pour que le mycélium se gorge d’eau et que se développe les sporophores qui sont leurs appareils reproducteurs. Je n’ai pris aucune mesure au cours de cette randonnée mais je pense que l’on peut faire confiance à la plupart des sites Internet qui donnent une distance d’environ 10km pour des montées cumulées de 240m. Le point le plus bas est Vià à 1.510m d’altitude, le plus haut à 1.655m après Odeillo près du lieu-dit Les Boïgues, la déclivité est donc très modeste. Cartes IGN 2249ET Font-Romeu – Capcir et 2250ET Bourg-Madame – Mont-Louis -Réserve Naturelle de la Vallée d’Eyne Top 25.

(*) Cariolettes : Il semble que le nom « cariolette » soit typiquement pyrénéen voire carrément catalan avec certaines nuances comme « carioulettes », « couriolettes » « coriolette » « carioletta », avec un seul « R » voire parfois avec deux. Si son vrai nom  est « Marasme des Oréades » et en latin scientifique « Marasmius oreades », on ne compte plus le nombre d’autres noms vernaculaires que ce champignon peut avoir. Cela va du « Marasme montagnard » à une floppée de « mousserons » qui peuvent être « petit », « faux », « des près » « de printemps », « d’automne »  voire « mousseron » tout court. Ce nom de "mousseron" n'est pas toujours approprié aux cariolettes puisqu'il est également attribué à d'autres espèces de champignons comme le Tricholome de la Saint-Georges ou bien encore le Clitocybe nébuleux. On les appelle aussi parfois « nymphes des montagnes » eu égard aux Oréades qui étaient dans la mythologie grecque des nymphes vivant dans les montagnes, les forêts ou des grottes. D’autres noms leur sont donnés comme  « boutons de guêtre » mais aussi « pieds durs » en raison de leur pied que l’on néglige le plus souvent car trop ferme quant on les cuisine. Ils ont la réputation de pousser en « ronds de sorcières »  et en touffes. Ce sont d’excellents comestibles et on ne compte plus le nombre de recettes où ils servent d’accompagnement. Cuisinés isolément, ils sont le plus souvent concoctés en de délicieuses omelettes. Comme tous les champignons, attention toutefois à ne pas les confondre avec d’autres très ressemblants comme certains ClitocybesInocybes ou Laccaires nous dit le site Wikipédia.  

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Le Circuit de Vallserra par l'Iglesieta depuis Les Angles (66).

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 6 chansons interprétées par Frank Sinatra. Elles ont pour titre : "Love's Been Good To Me", "My Way", "Summer Wind", "Moon River", "The Girl From Ipanema" et "Fly Me To The Moon".

Le Circuit de Vallserra par l'Iglesieta depuis Les Angles (66).

Le Circuit de Vallserra par l'Iglesieta depuis Les Angles (66).

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Cette randonnée que j’ai intitulée « Le Circuit de Vallserra par l’Iglesieta depuis Les Angles », vous la trouverez sans doute sur le Net sous d’autres dénominations et probablement aussi avec d’autres variantes, tant les pistes, chemins et autres sentiers sont nombreux dans ce secteur du Capcir. Est-ce la raison qui la fait être ignorée de la plupart des guides de randonnées ? Je ne sais pas ! Pourtant, ce circuit pédestre, que je présente ici, possède tous les ingrédients et atouts qui normalement devraient faire d’elle une randonnée « incontournable ». Jugez plutôt : un parcours bien balisé et plutôt simple même si un tracé enregistré dans un GPS et un topo descriptif  à lire ne sont jamais superflus, une distance moyenne de 11km environ (un peu plus en faisant le tour du lac) et donc accessible à de nombreux marcheurs, une dénivellation et des montées cumulées plutôt modestes, de jolis chemins très variés traversant des forêts, des prés d’estives, des pelouses, des tourbières et des clairières,  un superbe lac naturel (celui de Vallserra ou Balcère), lieu aquatique certes mais aussi géologique ô combien accueillant à tous points de vue, avec un restaurant sympathique et bien achalandé, une rafraichissante rivière éponyme, un patrimoine certes en ruines mais très intéressant avec le village médiéval de l’Iglesieta  et son église et puis enfin si vous êtes comme moi curieux de « Nature », une flore et une faune qu’il suffit d’observer pour constater combien elle peut être extraordinaire. Oui, ce circuit mérite d’être mieux connu. En ce 9 juillet 2023, il est 10h quand nous rangeons notre voiture sans aucune difficulté sur le parking d’une résidence mitoyenne au chemin du Soula, lieu du départ aux Angles. Cette résidence, c’est celle dénommée « L’Or Blanc » car le parking est quasiment vide mais des résidences il y en a bien d’autres. Il faut néanmoins pensé que s’agissant d’un circuit, il faudra revenir ici, alors il n’est peut-être pas utile d’avancer de trop sur ce chemin du Soula. Longuement rectiligne jusqu’au Serrat del Frare, ce chemin du Soula est bitumé au départ puis le terre prend le relais plus loin. Parfaitement balisé, il faut suivre les panneaux directionnels indiquant l’Iglesieta qui est le premier jalon avant le lac de Balcère qui est le second. Préférez un jour de grand beau temps et prévoyez un pique-nique car les lieux aptes à vous accueillir sont excessivement nombreux. Les panoramas sont pas mal non plus. Certaines vues vers le Puig del Pam ou le Mont Llaret m’ont rappelé à de merveilleux souvenirs. Souvenirs d’autres balades bien sûr ! Si vous aimez flâner et observer la Nature vous serez sans doute comblé tant la flore et la faune sont constamment bien présentes. Concernant la faune, les prairies autour de l’Iglesieta servent d’estives pour de nombreux bovins. S’agissant d’animaux en totale liberté, ils s’égayent un peu partout et bien sûr sur les chemins. Il faut donc faire preuve de prudence et ne pas hésiter à les contourner si nécessaire. C’est ce que nous avons fait à diverses reprises tant certains bestiaux avaient une fâcheuse tendance à vouloir nous suivre de trop près. A nous encorner ? Peut-être !  Certains semblaient agressifs dans leur comportement. Après nous être arrêtés à la buvette du lac pour boire un coup et manger une glace, je suis parti faire le tour du lac pendant que Dany m’ attendu. Là, encore, il suffit d’être un peu observateur pour constater que le lac retient une faune hyper variée. Oiseaux, lézards, poissons, libellules, papillons font partie de ceux que j’ai réussi à photographier. Mais il y en a bien d’autres si l’on y consacre un peu plus de temps. Pour nous, l’heure de refermer cette boucle était arrivée et comme l’arrivée au chemin du Soula est encore assez lointaine, on s’est remis en marche en continuant à prendre notre temps. Longs arrêts inclus, nous sommes restés 6h40 sur les chemins de ce circuit pédestre. En conclusion, autant vous dire que l’on a bien profité de cette journée à Vallserra. J’ai déjà prévu d’y revenir l’an prochain pour réaliser le Sentier thématique pastoral de Gagnade. Pour réaliser ce circuit de Vallserra, j’avais enregistré dans mon GPS un tracé trouvé sur le site Visorando. Il porte le N°1696348. Le voici en cliquant sur ce lien. Les informations chiffrées que j’en ai tirées sont : distance 10,88km, montées cumulées 349m et dénivelé de 178m entre le point le plus bas au départ (1.656m) et le plus haut, rue de la Piste verte  (1.834m) où l’on amorce la descente vers le bas de la commune. Carte IGN 2249 ET Font-Romeu - Capcir Top 25.

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Le Circuit de la Devesa et de la Coma depuis Urbanya

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 6 musiques interprétées par le violoncelliste croate Stjepan Hauser. Elles ont pour titre : "La Califfa", "Deborah's Theme", "Malena", "Cinema Paradiso", "The Ecstasy Of Gold" et "Cavalleria rusticana/Intermezzo". Les 5 premières ont été composées par Ennio Morricone et la sicième par Pietro Mascagni

Le Circuit de la Devesa et de la Coma depuis Urbanya

Le Circuit de la Devesa et de la Coma depuis Urbanya

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 AVERTISSEMENT

Cette randonnée que je vous propose ici a été réalisée le 4 juillet 2023. Toutefois, il me paraît nécessaire de préciser que cette partie de la montagne que l'on trouve plus globalement sous le nom de "La Mata" sur la carte IGN a été amplement déboisée au cours de tout l'été 2023. Personnellement, j'ai constaté cette importante (et désastreuse) déforestation (apparemment orchestrée par l'O.N.F) qu'un mois plus tard. Je ne peux donc vous garantir que le tracé effectué et notamment la partie "hors sentier" cheminée ici soit encore praticable. Le 9 août, non loin de là, quelques layons plus ou moins larges formaient d'horribles cicatrices au sein de cette forêt que j'avais trouvée si belle antérieurement. 

En villégiature dans notre maison d’Urbanya depuis un mois, en ce 4 juillet, et 2 jours après avoir visiter Notre-Dame de Vie à Villefranche-de-Conflent, Dany et moi avions décidé de refaire une vraie randonnée. Certes courte une fois encore mais vraie, c’est-à-dire avec l’objectif de marcher et de découvrir un maximum de choses de la Nature mais aussi de piqueniquer dans un coin agréable. Si je précise tout cela, c’est parce qu’à Urbanya, ils nous arrivent parfois de partir marcher sans but réel et avec seulement à l’esprit l’idée de se dégourdir un peu les jambes. Là, j’avais décidé que notre lieu de pique-nique serait La Devesa (pour la toponymie cliquez sur ce lien), vallon peu éloigné du village mais très verdoyant où s’écoule un petit ruisseau au joli nom de « Correc de la Coma ». En français « le ruisseau de la Combe », mais nom assez commun en catalan puisqu'on le retrouve dans d'autres secteurs des Pyrénées-Orientales. C’est donc pour cette raison que ce parcours que j’avais déjà eu l’occasion de vous présenter sous des versions quelque peu différentes mais souvent sur des pistes identiques pour l’essentiel, je l’ai intitulé le « Circuit de la Devesa et de la Coma à Urbanya ». La partie consistant à remonter le ruisseau n’est pas balisée, elle est donc hors sentier, hors chemin, hors piste et donc un peu sauvage autant l’avouer. Pour le reste du parcours, c’est du déjà-vu. La météo n’est pas très top mais l’envie de marcher est bien là et il est déjà midi quand nous démarrons. Dany marche à son rythme et moi comme toujours je flâne derrière elle, occupé que je suis à m’arrêter pour photographier tout et n’importe quoi. Tout, ce sont les fleurs, les papillons, les lézards, les éventuels mammifères forestiers et les oiseaux ; bien que ces derniers semblent plutôt rares cette année, et n’importe quoi, ça va de l’imprévu aux criquets, aux diptères, aux coléoptères en passant par toutes sortes d’insectes intéressants s’offrant à mon regard. Après la descente du chemin de Sarrat et la traversée rapide du chemin de l’Eglise, nous voilà déjà sur la piste DFCI C060. Cette piste terreuse nous la connaissons si bien que nous pourrions l’arpenter les yeux fermés. Nous l’avons emprunté si souvent soit pour aller au Col de Marsac et au pire jusqu’à Nohèdes et bien sûr « x » fois aussi au cours de boucles que vous trouverez aisément sur mon blog. Comme je l’avais imaginé, la Nature « toujours printanière » est bien au rendez-vous de ce début d’été. Beaucoup de jolies fleurs sauvages très diversifiées et colorées et de multiples papillons en quête de leur nectar sucré. Certes, il y a quelques oiseaux qui chantent mais bien moins que les années précédentes et je crains déjà que cette année 2023 soit à marquer d’une pierre noire en terme de déclin. Si je dis ça, c’est parce que les années précédentes, nous étions réveillés par le chant des oiseaux et que depuis que nous sommes là, c’est soit le silence le plus total soit le bruit des moteurs des débroussailleuses ou autres tronçonneuses qui nous réveillent en premier. J’y vois d’autant plus un signe qu’étant constamment aux aguets de tous les volatiles, je n’en vois que très peu depuis que nous sommes arrivés. En contrepartie, il y a énormément d’insectes et notamment des sauterelles et criquets vraiment en grand nombre. En arrivant dans le virage en épingles à cheveux au-dessus du lieu-dit La Devesa (La Devèze ou Devèse), alors que Dany s’apprête à continuer, je la rappelle et l’invite à descendre dans le vallon du Correc de la Coma. C’est là que j’ai prévu le pique-nique car le cadre est verdoyant et on y trouve facilement de l’ombrage, même si aujourd’hui, avec quelques nuages au-dessus de nos têtes, nous ne le recherchons pas spécialement. C’est donc adossés à une murette effondrée que nous trouvons le lieu idéal où poser nos fesses, d'autres pierres nous servant de sièges. Malheureusement quelques gouttes de pluie, nous incitent à raccourcir cet agréable déjeuner champêtre.  Nous repartons en suivant le lit du minuscule ruisseau, délaissant à cette occasion le chemin qui sur la gauche entre dans la pessière, lequel chemin balisé en jaune nous entraîne habituellement vers le Col de Marsac. Aujourd’hui, il s’agit d’une variante presque improvisée, car faite une seule fois il y a longtemps, mais que néanmoins j’ai pris soin d’analyser sur Géoportail à l’aide de vues aériennes. Par bonheur, la pluie s’est vite arrêtée.  Finalement, hormis quelques hautes herbes et des branchages qu’il nous faut enjamber de-ci de-là,  tout se passe pour le mieux et nous parvenons à un large layon qui rejoint la piste menant au col de Marsac. Là, nous tournons à droite et retrouvons le tracé habituel passant sous La Matte et le pic de la Serra et nous ramenant vers Urbanya selon plusieurs possibilités.  Si la partie forestière de la Devesa et du ruisseau de la Coma a été la moins florale, la Nature m’a constamment offert quelque chose à photographier, avec des libellules, des papillons, un crapaud et deux cervidés trop effarouchés pour être immortalisés correctement.  Plus loin, il en sera de même avec des sangliers. Fleurs, papillons et quelques oiseaux nous accompagnerons jusqu’à l’arrivée.  Cette randonnée étant déjà plutôt courte, nous optons pour la variante la plus longue consistant à redescendre par le ferme à Philippe (ex-Philippe, puisque d’autres personnes ont pris nouvellement la gérance). Ainsi se termine ce parcours que j’ai imaginé et qui de ce fait n’est pratiquement pas balisé mais qui emprunte en grande partie des pistes DFCI. Dany a pris plaisir à marcher et à déjeuner en plein air, n’ayant de cesse de me répéter que ça valait n’importe quel restaurant malgré quelques gouttes de pluie. Quant à moi le nombre de photos contenu dans la mémoire de mon appareil-photo est tel et si inversement proportionnel à la distance parcourue que j’en suis le premier étonné. Je me dis qu’il y aura matière à faire un joli reportage vidéo avec comme toujours une immense part consacrée à cette Nature que j’aime tant. Cette randonnée a été longue de 4,6km pour des montées cumulées de 390m et un dénivelé de 212m, le point culminant étant à 1.084m sur la piste près du col de Marsac. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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La Chapelle Notre-Dame de Vie et sa grotte à Villefranche-de-Conflent

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques d'une playlist YouTube "Dragontense Music" qui ont pour titre et sont interprétées : "Baroque Violins | Improved Acoustics Remix" par Oleg Semenov (début et fin de la vidéo), "Classic Violins with Synth and Guitars" par Oleg Semenov"Classical Inspiration Strings" par ArtArea Studio

La Chapelle Notre-Dame de Vie et sa grotte à Villefranche-de-Conflent

La Chapelle Notre-Dame de Vie et sa grotte à Villefranche-de-Conflent

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Voilà déjà bien longtemps que l’on envisageait d’aller découvrir cette chapelle « Nostra Senyora de Vida », hautement perchée dans cette colline du nom de Saint-Pierre dominant la cité fortifiée de Villefranche-de-Conflent. En français « Notre Dame de Vie ». J'avais lu son Histoire (*) sur le Net et celà avait décuplé mon envie d'aller à sa rencontre. En réalité, il n’était pas rare qu’en redescendant de la Cerdagne ou du Capcir et dès lors que nous y prêtions attention, nous évoquions cette possibilité. Encore faut-il la remarquer car si nous en avions entendu parler, pour le visiteur de passage cette vision est toujours plus aléatoire. En voiture et depuis la N.116, il faut lever la tête au bon endroit et du regard avoir la chance d’y tomber dessus car cet ermitage du vertige a le don de se confondre avec les falaises qui l’entourent. Ce pouvoir est d’autant plus hypothétique qu’il change aussi selon l’ensoleillement et les heures de la journée, car la couleur des roches fluctue elle-aussi, pouvant passer de l’ocre au rose puis à un rouge plus corail voire carrément carmin dès lors que la vallée de la Têt passe dans l’ombre. Il est vrai que ce secteur du Conflent est bien connu pour sa complexité géologique. Les temps anciens n’en ont fait qu’à leur tête, et pour s’en convaincre, je vous conseille la lecture fort intéressante de « Géologie et Art roman : pierres romanes du Conflent » de Bernard et Alexandre Laumonier, livre  accessible sur le Net avec ce lien.  Mais revenons à notre chapelle. Une fois qu’on l’a aperçue, les premières questions venant à l’esprit sont : « comment l’atteindre ? », « comment y monter ? », « facile ou pas facile ? ». Ces quelques questions auxquelles nous n’avons pas immédiatement de réponses font qu’on la remet constamment à plus tard ? Enfin, pour nous c’est ainsi que ça s’est passé !  En ce 2 juillet 2023, voilà déjà pas mal de temps que nous n’avons plus accompli une vraie balade et c’est sur elle que nous avons jeté notre dévolu. Autant avouer que la courte distance qui mène à la chapelle est pour beaucoup dans ce choix pour une reprise. D’ailleurs, la distance est si courte depuis la N.116, que le plus souvent les randonneurs internautes qui l’évoquent sur le Net, oublient la distance et ne mentionnent que le temps ou le dénivelé. Rien de tout cela ne m’a intéressé et je n’ai fait que jeter un coup d’œil sur la carte IGN de Géoportail mais sachez néanmoins que le site IGNRANDO fournit les informations suivantes : Distance 2,1km, temps 1h30, dénivelé 235m, difficulté « facile ». D’autres annoncent d’autres chiffres un peu plus importants mais ça reste néanmoins dans du très raisonnable. Je les mentionne à la fin de ce récit. Non, pour Dany et moi nos motivations étaient toutes autres : c’était tout d’abord de passer un agréable moment à marcher avec une météo merveilleuse, d’aller découvrir ce lieu qui nous faisait envie depuis longtemps puis d’aller y pique-niquer. Quant à moi, et comme toujours, observer la flore et éventuellement la faune visible puis tenter de les photographier au mieux pour démontrer combien elles sont belles. En effet, j’ai toujours espoir que montrer que la Nature n’est que beauté soit le meilleur moyen de la protéger. Certes la chapelle était fermée (elle a été profanée et sa cloche volée) mais par bonheur, nous avons eu la chance que tout se passe comme nous l’avions envisagé. Si nous avons piqueniquer devant la chapelle, une fois le déjeuner terminé, nous sommes monté à l’immense grotte que la surplombe. Depuis son entrée, un autel de fortune, amplement griffonné,  donne à la caverne un aspect religieux et sacré. Une chapelle bis en quelque sorte. Moi, j’étais aux anges car des Hirondelles des rochers (Ptyonoprogne rupestris) avaient élu domicile dans les anfractuosités de la caverne, certaines en couple, d’autres isolées et quelques-unes encore juvéniles au regard de leurs commissures blanches de leur bec. Elles entraient et sortaient, ne semblant guère dérangées de notre présence. Il est vrai qu’à leur vue, nous avons fait en sorte de les déranger le moins possible, marchant lentement et en silence pour finalement nous asseoir et ne plus bouger. Une fois près de l’autel, j’ai eu comme l’étrange sentiment d’être dans la gueule d’un monstre. Un monstre qui n’osait pas fermé la bouche pour nous faire profiter au mieux de la superbe vue sur la vallée qui s’offrait à nous. Pendant quelques instants, les hirondelles disparurent et j’en ai profité pour observer le travail que l’eau avait eu sur certaines parois de la grotte. Rien de vraiment impressionnant comme on peut en voir beaucoup dans les grottes touristiques du secteur mais il y a quand même menues draperies. Le retour s’est effectué par le même chemin sous les cris de trois corbeaux que nous avions apparemment dérangés. Aussi bien à la montée qu’à la descente, quelques fleurs, papillons et criquets vinrent remplir la mémoire de mon appareil-photo pour mon plus grand plaisir. Une fois encore, je n’ai pris aucune mesure au cours de cette balade. Alors faisons confiance à celles et ceux qui grosso-modo donnent 2h30 pour un aller et retour pour un dénivelé de 310m( ?) et une distance de 3km et qui souvent la déclarent de difficulté moyenne. Personnellement, tout inclus, cette balade nous a occupé 3h.  Précisons que sur Internet, certains randonneurs proposent un passage à l’ermitage et à la grotte dans des versions en boucle hautement plus difficiles et avec des variantes plus ou moins longues mais vous n’aurez aucune difficulté à comprendre que l’on n’est plus du tout dans la même approche de ce joli édifice religieux puisque parfois ce n'est plus un édifice mais trois avec en plus Saint-Etienne de Campilles et Saint-André du Belloc. Du déjà vu sur mon blog mais au départ de Conat ou de Villefranche-de-Conflent ! Carte IGN 2349ET Massif du Canigou Top25.

(*) Histoire de Notre-Dame de Vie : Avec force détails , vous trouverez cette Histoire sur le remarquable site consacré aux Pyrénées-Orientales.

Voici le lien ci-dessous :

 https://www.les-pyrenees-orientales.com/Patrimoine/ErmitageNotreDameDeVieDeVillefranche.php

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Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet)

Publié le par gibirando

Afin de rendre hommage à l'immense compositeur américain Burt Bacharach décédé en février dernier (sans oublié le parolier Hal David), j'ai agréménté ce diaporama de six de ses chansons. Elles ont pour titres et interprétes : "Raindrops Keep Fallin' On My Head"/B. J. Thomas, "This Guy's In Love With You"/Herb Alpert & The Tijuana Brass, "Arthur's Theme (Best That You Can Do)"/Christopher Cross, "What The World Needs Now Is Love"/Jackie DeShannon, "Alfie"/Vanessa Williams, "A House Is Not a Home"/Luther Vandross (version incomplète). 

Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet)

Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet)

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C’est en 2020 et au cours d’une balade que j’avais intitulée « Le Circuit de la Tirounère depuis St-Paul-de-Fenouillet » que j’avais découvert le départ de ce « Sentier du Charbonnier » et par là-même cette randonnée. Alors bien évidemment, je m’étais empressé d’aller voir sur le Net ce que l’on disait d’elle. Là, de prime abord, 2 éléments me rendirent quelque peu circonspect et je m’interrogeais quant à l’opportunité de la réaliser un jour. Le 1er élément était que de nombreuses personnes qui l’avaient faite l’avaient jugée difficile. De ce fait, à 71 ans, j’étais assez songeur même si la distance de 9 à 12 km ; selon les différentes versions ; ne m’inquiétait pas trop. En observant la carte IGN et la vue  aérienne correspondant au tracé, , ce que je craignais c’était toutes ces formations calcaires très découpées qu’il y avait à l’ouest des Gorges de Galamus. Si celles situées à l’est ne m’étaient pas inconnues, les ayant déjà approchées à diverses reprises lors de randonnées (*), celles-ci entaillées par la Coume de Tiols et son ruisseau restaient à découvrir.  Un petit tronçon muni d’une corde servant de garde-fou était souvent évoqué ajoutant un supplément de crainte car j’avais conscience que mes pieds n’avaient plus l’assurance de leurs 20 ans.  Le 2eme élément concernait la randonnée elle-même et le titre de « Sentier du charbonnier » qui lui avait été octroyé dont personne ne disait jamais rien. C’était d’autant plus troublant que même la Communauté des communes Agly-Fenouillèdes qui avait produit une fiche-rando N°26 restait totalement muette à ce sujet, évoquant brièvement "des sommets des Marches d'Espagne" et les Hautes-Corbières ? « Pourquoi du charbonnier ? » (**), cette question semblait n’intéresser personne ? De ce fait, ma crainte était qu’on ait créé un circuit de randonnée sans grand intérêt, seulement pour attirer les touristes et qu’un fonctionnaire en manque d’idées lui ait donné un nom totalement futile. Or « marcher idiot » et seulement pour l’aspect sportif n’était plus depuis longtemps le ressort de mes différentes sorties. Il me fallait bien d’autres arguments. Au regard de ces travers, je me suis mis en quête de chercher ce que l’on disait de ce sentier dans les nombreux topo-guides que je détenais dans ma bibliothèque. Et là ô surprise, aucun ne l’évoquait parmi les 60 ouvrages que je possédais. Pourtant ils étaient nombreux à évoquer ce secteur du pays Fenouillèdes et le Sentier Cathare, mais ce « Sentier du Charbonnier » était totalement oublié. Pourquoi ? C’était un frein de plus assez inattendu surtout quand on sait que de nombreux ouvrages reprennent assez souvent les mêmes randonnées. Pourquoi celle-ci était totalement absente ? Je ne trouvais pas de réponse ! Finalement, il m’a fallu 3 années supplémentaires pour qu’une gentille amie sur Facebook, prénommée Marie-Noëlle,  arrive à me convaincre que cette balade pouvait être intéressante. En décrivant succinctement la beauté des décors et en amoindrissant les difficultés, j’étais désormais convaincu que je pouvais la faire. En tous cas, malgré mes 74 ans, je  me sentais prêt. Il est vrai qu’une jolie nouvelle que je venais de lire évoquant un peu les lieux et  s’intitulant « Le sauvage en personne » de l’ethnologue et anthropologue Daniel Fabre avait fini de me convaincre.  De surcroît, la botanique, la Nature et l’Histoire y tenaient une place persuasive.  J’avais donc décidé d’attendre le printemps afin d’avoir entre les mains tous les atouts que la Nature des Corbières pourrait m’offrir. Météo France annonçant un anticyclone, le jour « J » est fixé au 17 avril,  et bien sûr en solitaire car quoi qu’il en soit, le terrain aux reliefs calcaires accidentés et la distance ne sont pas compatibles avec les tendons trop souvent douloureux des hanches de Dany. Il est 9h quand je laisse ma voiture sur la route à proximité de La Tirounère. Je démarre avec une "foi de charbonnier". Je connais désormais parfaitement les lieux. D’emblée, et avant même quelques pas vers la ligne de départ, des fleurs freinent mes bonnes intentions. A la Tirounère, je suis surpris de voir qu’une nouvelle passerelle a été installée permettant le passage sans problème de l’Agly. Voilà déjà longtemps que le projet était dans les cartons depuis que la précédente avait été emportée par une crue en 2014. Je m’y arrête quelques instants et constate que les poissons sont bien plus nombreux qu’en 2020 où je m’étais baigné lors de ce fameux  « Circuit de la Tirounère ». Sans passerelle, j’étais facilement passé à gué avec de l’eau aux genoux. Après quelques photos, je  me décide à démarrer me promettant d’y revenir au retour.  D’emblée, la pente raide de l’étroit sentier met mon palpitant à l’épreuve. Par bonheur, les fleurs printanières sont nombreuses et les photographier est une excellente raison de reprendre mon souffle. Mon cœur s’assagit au même rythme que le parcours qui peu à peu devient beaucoup moins incliné même si la calcaire reste constamment omniprésent. Alors que je grimpe vers La Balme, pensant être tout seul, un gilet pendu à une branche ne manque pas de me surprendre. Finalement, ce n’est que 100m plus loin, et un peu plus haut, qu’un homme accompagné d’un chien se présente devant moi. Il redescend et je monte. Après le bonjour d’usage, je lui demande « le gilet accroché à la branche est à vous ? ». Il me répond « oui », rajoutant qu’il trouve qu’il fait excessivement chaud. J’acquiesce. Sur le ton de la plaisanterie, je lui dis, « vous avez de la chance, il me plaisait bien et j’ai failli vous le piquer ! ». Il rigole de ma blague.  Je crois comprendre qu’il essaie de trouver des asperges sauvages mais que ce n’est pas génial. Après quelques brefs échanges sur nos activités du jour, il me souhaite bon courage et lui rend la pareille. Quelques mètres plus haut, en voyant les beaux panoramas qui s’entrouvrent, je prends déjà conscience avec satisfaction de la déclivité déjà accomplie. Dans le creux du ravin, au pied d’une falaise, l’ermitage Saint-Paul de Galamus apparait. Au-dessus, ce sont les contreforts du  Pech d’Auroux que j'ai eu l'occasion de gravir à plusieurs reprises. En bas,  là où j’ai laissé la voiture,  la route parallèle au  vallon où coule l’Agly ressemble à un vermicelle. Malgré tout le calcaire environnant, la végétation est dense et de n’importe quel côté où l’on regarde tout est très verdoyant. Je ne connais pas la suite mais suis très heureux d’être déjà là. Quand la bifurcation « Paradet » et « Camps » se présente, je sais déjà que c’est la seconde qu’il faut emprunter. Ici l’élévation supplémentaire accomplie offre une belle  vue vers Saint-Paul-de-Fenouillet et les  plaines alentours. Le sentier redescend un peu puis parvient à cette portion agrémentée d’une corde que j’appréhendais beaucoup mais que Marie-Noëlle avait à juste titre minimisée. Finalement si la corde peut s’avérer utile en terme de sécurité, je constate que je m’en faisais tout un monde sans vraie raison apparente. Il est vrai qu’en vieillissant, je suis désormais sujet au vertige. Certes, la roche est assez pentue à cet endroit-là mais je me souviens en avoir arpentées maintes et maintes fois dès bien plus compliquées que ça et notamment dans les calanques marseillaises au temps de ma jeunesse. Je passe donc assez facilement même si mon attention est de mise car je sais qu’à mon âge je n’ai plus la dextérité et l’assurance de mes jeunes années. Pour avoir plusieurs fois regardé la carte IGN administrative, je sais que la frontière P.O/Aude est juste là. Pourtant rien ne change et ne le laisse imaginer. Moralité : je comprends mieux pourquoi l'administration semble parfois insaisissable.  Peu après,  et par je ne sais quel miracle, si ce n’est la belle présence de jasmins jaunes, de cistes et de coronilles, de nombres papillons s’égayent dans ce secteur. Si la plupart sont assez communs et visibles quelques mois dans l’année car univoltins, les jolies et rares  Proserpines n’ont pas cette chance. Elles sont univoltines, c’est-à-dire qu’elles n’ont droit qu’à une seule génération annuelle.  Des papillons seront visibles jusqu’à la fin mais des Proserpines, je n’en verrais que deux. Le sentier atteint le ruisseau de la Coume de Tiols bien plus vite que je l’avais imaginé. Encombré assez souvent de gros blocs, le ruisseau devient chemin. Par bonheur, quelques tronçons sont parfois plus praticables grâce à de hauts buis faisant office de boucliers. De manière assez surprenante, quelqu’un a installé un livre d’or à même le sentier. J’y laisse une courte bafouille de mon passage. De temps à autre, le sentier sort du ruisseau et permet ainsi d’avoir une meilleure idée des paysages environnants. Les fleurs et les papillons continuent de m’arrêter. Les oiseaux sont bien là aussi,  comme le prouvent leur chant mais les voir est déjà une gageure quant à les photographier c’est carrément une loterie avec peu de chances de gagner tant les frondaisons qui les abritent sont touffues ! Il me faudra attendre de sortir de là, d’avoir un peu de chance, de me mettre quelquefois à guet pour réussir quelques photos d’oiseaux. C’est ainsi que bien trop absorbé à mes photos, je sursaute à l’arrivée soudaine dans mon dos d’un jeune homme en train de courir.  Lancé dans son trail, le temps d’échanger un bonjour, et telle une fauvette furtive,  il a déjà disparu dans ce dédale de roches et de végétation. Dès lors que le vallon se fait plus ample et moins encaissé, le sentier change de sol devenant plus herbeux. Là, je comprends que j’en ai vraiment fini avec le calcaire et le ruisseau. D’ailleurs, les fleurs à photographier changent aussi avec de nouvelles espèces fréquentant les pelouses : pâquerettes, pissenlits, potentilles, hélianthèmes, orchis, anémones, narcisses.  Il y a aussi beaucoup d’arbres à fleurs blanches. De très nombreux poiriers à feuilles d’amandier mais aussi quelques cerisiers de Sainte-Lucie et bien sûr des prunelliers.  A hauteur d’une cabane en tôles ondulées, je me décide à tourner à droite pour partir vers le col d’En Calve. Un large chemin monte vers ce col. Ceci n’est pas une entorse au parcours initial mais un supplément qui selon de nombreux témoignages méritent le détour.  C’est ainsi que j’ai atteint un large col herbeux puis qu’à l’aide de mon GPS et du tracé que j’y avais enregistré, j’ai facilement trouvé le sentier qui sur la droite m’a entraîné vers le lieu-dit « Frigoula ». Le lieu-dit consiste en plusieurs petites collines quelque peu escarpées mais accessibles où des vues grandioses se font jour presque de tous côtés : Massif du Canigou, Pech de Bugarach, Gorges de Galamus, Roc Serret,  Pech d’Auroux, La Quille, Vallon de Tiols, Roc del Nissol,  Forêt du RialsesseCubières et son joli moulin où nous avions fêté les 60 printemps de Dany. Pour être franc, j’aurais pu monter légèrement plus haut mais les altitudes les plus élevées étaient aussi les plus végétalisées. J’ai donc trouvé un bon compromis où j’ai choisi de pique-niquer avec vue vers le Canigou, la Vallée de la Boulzane et Saint-Paul-de-Fenouillet avant de refaire le chemin en sens inverse soit un aller et retour de 4km environ. Là, tout devint plus simple et la chance fut enfin avec moi car je réussis à photographier quelques volatiles plutôt nombreux dans cette portion jusqu’au Pla de Lagal. D’abord plus simple,  parce que le parcours est plus praticable et donc plus facile à cheminer au moins jusqu’à atteindre le Pla de Moulis mais aussi parce que j’en connaissais une belle partie. Là, on retrouve encore beaucoup de calcaire mais les chemins et sentiers sont plus « roulants »  Ce tronçon a  été d’autant plus facile pour moi que je l’avais déjà accompli en 2011 lors d’un mémorable Tour du Fenouillèdes en 5 jours avec mon fils. J’ai marqué un long arrêt à hauteur du calvaire en hommage à l’instituteur Moulins Artene car l’histoire du décès de cet homme que j’avais lue sur Internet m’avait vraiment marqué.  Il paraît qu’il serait mort de froid au cours d’une tempête de neige pour être allé chercher du secours à Saint-Paul de Fenouillet pour venir en aide à  un enfant malade de Camps-sur-Agly. Il est donc mort lors d’un acte d’héroïsme qui plus est pour sauver la vie d’un enfant. Si la fin de cette balade fut moins « géniale » sur le plan météo, le ciel devenant excessivement laiteux, grâce à une Nature encore très présente, elle demeura bien agréable pour moi. Une fois encore, cette randonnée m’a offert ce que j’étais venu chercher : la Nature avec un grand « N » ! Force est de reconnaître que j’avais des idées « noires » à propos de ce « Sentier du Charbonnier » et ma crainte de le réaliser était de revenir « noir » !  Mais finalement, je l’ai terminé « débordant » de couleurs, comme quoi le philosophe Gaston Bachelard avait raison quand il a dit que « le noir est le refuge de la couleur ». La distance parcourue a été de 11,8km. Les montées cumulées de 747m. Quant au dénivelé, il a été de 449m entre le point le plus élevé à 727m non loin du Roc del Nissol et le plus bas à 278m à la Tirounère.  Carte IGN Tuchan – Massif des Corbières top 25.

(*) Mes autres balades dans le secteur : 

 

(**) Les charbonniers en Fenouillèdes et Pyrénées : Comme indiqué dans le récit de ma balade, personne ne dit rien à propos du nom donné à ce sentier. Pourquoi du « charbonnier » ? Cette question restera un  mystère. En tous cas or mis un tout petit casot en tôle ondulée pas suffisamment ancien et un semblant de mur en pierres, je n’ai rien vu au cours de ce parcours qui pourrait ressembler de près ou de loin à une ancienne charbonnière voire à une vieille marmite en métal comme on en trouve encore dans la Nature en Fenouillèdes et plus généralement dans nos belles Pyrénées. Ces charbonnières ou ces marmites servaient à la fabrication du charbon de bois, combustible connu pour diverses utilisations depuis l’Antiquité mais qui connut son heure de gloire à partir du 17eme siècle dès lors que le procédé technologique des forges dites « catalanes » prit son envol industriel dans toutes nos montagnes. Car si ici on évoque les Pyrénées, le procédé a aussi été utilisé dans les autres montagnes françaises. A cette époque, du 17eme au 19eme siècle, la  fabrication du charbon de bois, et par là-même sa consommation ; furent si gigantesques que nombres de nos forêts finirent amplement décimées. Au fil du temps,  les  déboisements étaient tels qu’aucune essence ne résistait à cette frénésie. Pour les charbonniers, tout était bon à brûler, des sapins aux bruyères en passant par les chênes, les hêtres, les buis et même les arbres fruitiers dès lors que la pénurie a commencé à se faire sentir. Même si rien n’est dit à propos des charbonniers, ni à  Saint-Paul-de-Fenouillet ni dans ses proches alentours ; le bourg étant plus connu pour ses croquants, ses objets en buis et ses pièges à loup que l’on fabriquait dans des forges ; il est évident que les collines autour de Galamus n’ont pas échappé à ce déchainement à fabriquer coûte que coûte du charbon du bois. Dans ce secteur, un seul toponyme peut nous laisser penser à d’éventuels « charbonniers », c’est le Pas de la Fumado (la Fumée), en aval du Moulin du Cubières-sur-Cinoble.  Malgré cette carence de noms,  l’on apprend sur certains sites Internet ; Fenouillèdes et Caudiès notamment et donc sans partir trop loin de Saint-Paul ;  que les charbonnières ont bien évidemment existé dans tous ces secteurs. Leurs vestiges sont encore visibles parfois, et à titre personnel,  il m’est arrivé plusieurs fois d’en découvrir au cours d’autres randonnées. Je me souviens par exemple d’une vieille marmite en métal vue non loin du col de Tulla. Il m’est arrivé aussi de tomber sur d’anciennes plateformes de brûlis plutôt nombreuses dans la forêt de Boucheville et dans les autres bois des proches alentours. Entre le 17eme et 20eme siècle, les charbonniers n’ont pas été les seuls à fréquenter nos collines et nos montagnes. Selon les lieux, on pouvait aussi  y voir des mineurs, des forgerons, des bucherons, des chaufourniers dont le travail à fabriquer le chaux était souvent lié à ceux des charbonniers. Tous ce travailleurs étaient assez souvent des migrants.  Les charbonniers étaient nombreux à venir d’Italie et paraît-il de la région de Bergame. Ils étaient saisonniers et nomades, le plus souvent plutôt pauvres, se déplaçant très souvent d’un employeur à un autre changeant de forêt comme il ne changeait pas de veste, le travail étant bien sûr très salissant. Si la veste dite du « charbonnier » continue d’être la mode, les charbonniers ont très longtemps marqué l’imaginaire. Ils étaient des hommes « noirs », se jouant du feu tels des diables et vivants dans leur forêt comme de véritables « sauvages », ce qui n’était pas tout à fait faux. Pourtant,  le savoir-faire était tel que l’on évoque parfois « l’art du charbonnier ». C’est ce qu’on fait Henri Louis Duhamel de Montceau dans un livre de 1761 mais aussi plus récemment Véronique Izard, chercheuse au CNRS dans un article de la Société Botanique de France, article que je vous conseille de lire si vous souhaitez en savoir plus sur l’Histoire des charbonniers des Pyrénées et leur métier. 

Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet)

Marmite de charbonnier près du col de Tulla.

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La Boucle "Autour de Montalba-le-Château"

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques originales du remarquable guitariste américain Walter Rodriguez Jr. Elles ont pour titre : "Much More""Ballad Road" et "Silent Call"

La Boucle "Autour de Montalba-le-Château"

La Boucle "Autour de Montalba-le-Château"

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

En ce 5 avril 2023, cette « Boucle Autour de Montalba-le-Château », que j'avais trouvée sur Visorando, ne devait être qu’une simple promenade. Dans nos esprits, les 5,5km à parcourir ne devaient servir qu’à ça. Marcher un peu, pique-niquer face à un merveilleux Canigou enneigé étaient nos principaux objectifs. Dès le départ, un ciel bleu denim, limpide car sans nuage et une douce météo conjecturaient favorablement nos bonnes intentions. Il est 10h30  quand nous rangeons notre voiture sur un parking de la route principale, en l’occurrence la D.17, mais dans le village. Alors que nous chaussons nos godillots, un gentil et vieux monsieur vient nous « tenir le crachoir ». Il parle en nous posant des questions, mais parle tant et tellement vite qu’il n’attend jamais les réponses que nous pourrions éventuellement lui faire. Finalement, il passe du coq à l’âne et je comprends qu’il a surtout envie de nous parler de lui et de sa vie à Montalba-le-Château. Alors tout en nous préparant, nous l’écoutons avec attention et ce pendant un bon quart d’heure, bien au-delà de notre préparation.  Quand je le coupe, c’est pour lui dire que nous devons partir randonner tout autour du village.  Alors il acquiesce,  se tait et s'en va poliment un petit sourire au coin des lèvres, sans doute heureux que nous lui ayons consacré un peu de notre temps. Nous empruntons la D.17, puis un peu plus loin nous la délaissons au profit de la rue du Roumenga. Si vous regardez des plans et des vues aériennes sur le Net, vous trouverez l’intitulé « Camps del Cami de Vinça » dans la continuité de la rue de Roumenga, qui elle part ensuite à droite. Enfin peu importe, c’est par cette voie-là très rectiligne que nous sortons de Montalba et la campagne est déjà là avec ses fleurs sauvages, ses nombreux passereaux puis quelques fermes et corrals où dans les prés mitoyens paissent plusieurs chevaux. Il y a même un corbeau qui vient jouer les curieux et des étourneaux sans doute sédentarisés qui batifolent tout autour des équidés. Après un portail donnant sur de grandes serres de couleur verte, l’itinéraire vire à gauche en un angle droit. A droite le domaine « le Roc » avec les serres citées ci-avant et à droite un vignoble.  Au milieu, un chemin de sable blanc d’où s’envolent de jolis chardonnerets. Très vite, des  champs en jachères puis la garrigue prennent le relais du vignoble. Les fleurs sauvages et les papillons saisonniers se font plus nombreux. On retrouve la D.17 que l’on poursuit à droite sur une centaine de mètres et que l’on quitte pour un autre chemin encore sableux lui aussi filant à gauche entre des chênes verts. Ce sable blanc beige que l’on va fouler tout au long du parcours n’est ni plus ni moins que le socle de dépôts sédimentaires lacustres datant des temps géologiques. Celui plus grossier que l’on trouve en général au pied des amas rocheux est le résultat d’une érosion relativement plus récente. Ici, la principale roche est le granite aux nuances de couleurs quelque peu différentes mais assez souvent un peu rosées. Sur la gauche, Montalba et son éminent château ne tardent pas à apparaitre. A droite, le Massif du Canigou saupoudré de neige. Sa vue donne à Dany des envies de déjeuner sur l’herbe, sauf qu’il faut encore trouver l’herbe « qui va bien ». C’est chose faite quelques décamètre plus loin en nous éloignant du parcours d’une bonne cinquantaine de mètres. Là, adossés à des bruyères arborescentes amplement fleuries et donc très parfumées, nous déjeunons sur l’herbe de nos gros pans-bagnats. « C’est fou comme le beau temps et le bien-être m’ouvrent l’appétit » dis-je à Dany. Elle acquiesce mais sans parler car la bouche pleine. Ayant tout le temps devant nous, après ce copieux pique-nique,  je pars en quête de quelques photos naturalistes pendant que Dany s’est allongée sur l’herbe pour se reposer un peu. Quand je reviens, je la découvre presque endormie avec deux coccinelles se promenant sur sa polaire. Les coléoptères rouges et noirs contrastent tant avec le bleu du vêtement que je ne peux pas ne pas les voir. Nous repartons et peu de temps après tombons sur un gros troupeau d’ovins partant sans doute à l’estive. Accompagné de plusieurs chiens, le berger mène son troupeau avec sans doute cette idée de rester au plus près du chemin. Mais un pré herbeux se présente et le troupeau part alors en éventail. Nous faisons tout pour tenter d’éviter les animaux mais les voilà qu’ils partent en tous sens guidés par cette gloutonnerie folle de brouter tout ce qui se présente au bout de leur mufle. Si le nonchalant patou passant tout près de nous a déjà compris que rien ne ferait dévier ses ouailles, nous voilà plantés là comme deux statues au milieu de l’imposant troupeau. Finalement, personne ne prête attention à nous et tout se passe pour le mieux. Nous repartons. Peu après, nous croisons de beaux chevaux. Eux sont parqués.  Occupés à brouter, ils restent indifférents à l’intérêt qu’on veut leur porter. Plus loin, sur la droite et en  contrebas du chemin, nous apercevons plusieurs lamas aux robes chamarrées. J’apprendrais en rentrant qu’ils sont destinés à des promenades. Au milieu d’imposants blocs granitiques, le chemin devient plus large et plus sableux encore. Flore et faune continuent à jalonner le parcours pour mon plus grand plaisir. Dès lors que le sable laisse la place à l’asphalte, l’arrivée se fait plus proche. Après avoir tourné autour ; comme l’indique le titre de cette balade ; désormais Montalba et son château se dressent droit devant. Pourtant le parcours continue d’être agréable et il en sera ainsi jusqu’à son terme. Pendant quelques instants, l'église Sainte-Marie apparaît au loin sur notre droite me remémorant ainsi une autre très jolie balade que nous avions réalisée ici en 2018. Elle avait consisté à partir à la découverte des "Bornes frontières de 1258". Souvenirs, souvenirs ! Malgré une distance plus que modeste, celle-ci fut pour moi une vraie randonnée. Ce sentiment, je le dois sans doute aux jolis décors parcourus mais surtout au plaisir que j’ai eu à photographier une faune ; sauvage ou pas, et une flore qui ont très présentes tout au long de l’itinéraire. Remercions Philippe Pagès d’avoir mis cette jolie boucle sur Visorando car sans lui pas sûr que nous l’aurions connue. La distance est donnée pour 5,43km, mais autant être honnête aujourd’hui je n’ai rien mesuré,  car comme le dit l’adage « quand on aime on ne compte pas ! ». Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt top 25.

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Le Tour du Lac de Caramany

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques du duo irlando-norvégien "Secret Garden" composées par Rolf Løvland. Elles ont pour titre "Beautiful" chantée par Brian Kennedy"The Pilot" (instrumental), "Strength" chantée par Espen Grjotheim"Cause Of You" chantée par Cathrine Iversen et Espen Grjotheim et enfin la cinquième "Passacaglia" d'Haendel/Halvorsen jouée en solo au piano par Pianovus (incomplète).

Le Tour du Lac de Caramany

Le Tour du Lac de Caramany

Pour agrandir les photos cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

Nota : Le tracé officiel du Tour du Lac de Caramany proposé par le département 66 (voir ce lien) évite bien évidemment cette partie où des éboulements de pierres se sont produits ces dernières années, entre l’embouchure du Ravin de Tury et le lieu-dit Clot del Tury. C’est donc à mes risques que je suis passé outre les interdictions car j’ai estimé qu’un maximum de conditions favorables me permettait de le faire (belle météo, possibilité auxiliaire dans le lac asséché, eau excessivement basse du lac et de l'Agly, marche en solo) . Si vous faites de même, vous le ferez également à vos risques et périls. Je conseille bien évidemment de ne pas prendre de risques si les conditions ci-dessus ne sont pas totalement remplies ou si vous marchez avec des enfants. A vous de voir.

De ma part, faut-il voir dans ce « Tour du Lac du Caramany » le signe d’un quelconque intérêt grandissant pour l’énergie électrique ? Je ne le pense pas, même si en cette période d’inflation, le sujet très d’actualité par la hausse effrénée de ses tarifs ne me laisse bien évidemment pas indifférent ! Et ce n’est donc que pure coïncidence si ma dernière randonnée (Le Circuit du poste électrique et les éoliennes de Baixas depuis Saint-Estève) et celle-ci ont en commun des lieux où la production électrique est de mise. D’ailleurs, pour être honnête, ici c’est plutôt l’eau et sa carence qui ont aiguillonné mes pensées que le fait qu’il y avait non loin de là un barrage hydroélectrique. Il est 10h30 quand je gare ma voiture tout près de l’aire de pique-nique jouxtant le pont traversant le lac. Selon un plan que j’ai pu voir sur Internet, le départ est là ce qui m’oblige à remonter la route D.21 jusqu’à hauteur de la cave Les Vignerons de Caramany. Le Tour du Lac démarre vraiment là, à droite de la route,  même s’il n’y a aucune mention.  Mais pour avoir déjà accompli une autre randonnée intitulée « Autour du Grand Rocher », je sais que c’est là, les départs sont identiques.  Dans l’immédiat, il s’agit d’une voie bitumée qu’il faut quitter bien plus loin au profit d’un chemin sableux partant à gauche. Comme toujours, je suis déjà en quête de ce que la Nature peut offrir à mon appareil-photo, paysages certes mais surtout flore et faune. Autant l’avouer les deux étant plutôt rares en ce début de balade, les quelques occasions qui se présentent ne sont pas à gâcher. Si les fleurs sont faciles à immortaliser, les oiseaux et papillons réclament plus de patience et surtout plus de chance. Or mis cela, la météo étant très bonne, l’itinéraire reste agréable à cheminer. Seul un ciel un peu laiteux, surtout vers le sud-est,  contrarie mes premières photos car la luminosité n’est pas idéale. Quelques fleurs, des passereaux sur les arbres, d’autres picorant je ne sais quoi sur le sol, une stèle marquant le premier coup de pioche du barrage, deux panonceaux expliquant une vie « néolithique », un autre recensant les balades possibles  sont autant d’occasions pour s’arrêter un peu. Comme peau de chagrin, le lac, lui, se rétrécie au fur et à mesure que j’avance et par là même les berges sableuses et argileuses car alluvionnaires se rapprochent l’une de l’autre. De lac, l’Agly va devenir rivière puis carrément ruisseau. Jamais, je n’ai vu le lac de Caramany ainsi et dieu sait si j’y suis venu souvent y randonner (*). Si le fleuve Agly a toujours été là, on y aperçoit aujourd’hui les vestiges d’un muret fait de pierres qui servait à le canaliser. Dès lors qu’un panneau d’interdiction se présente faisant suite à de très nombreux glissements de terrain et éboulements, je me vois contraint de réfléchir par où faut-il que je passe.  J’avoue que m’éloigner du lac alors que ce dernier est largement asséché ne m’inspire pas trop et ce d’autant qu’il y a longtemps, lors d’une randonnée au « Balcon de la Pêche », j’étais déjà passé outre cette interdiction sans aucun problème. Finalement, c’est en voyant un couple accompagné d’un chien marchant en contrebas que je me décide à braver l’interdiction. Je me dis que si les éboulements sont trop importants et interdisent le passage, j’aurais toujours cette solution de descendre dans le lac asséché. Finalement, mon passage s’effectue sans réel souci, ma seule crainte étant le chien du couple que je viens de retrouver  quelques décamètres plus loin. Trop livré à lui-même, car montant et descendant les pierriers provoqués par les éboulements, j’estime que leur chien constitue un éventuel danger et je n’hésite pas à le leur dire. Répondant à ma demande, ils retiennent leur chien le temps que je passe. Je les en remercie mais insiste sur le fait que le risque peut aussi être pour eux. C’est sur ces bonnes paroles que  nous nous séparons, non sans avoir évoqué au préalable cette voiture « renversante » gisant au milieu l’Agly, là où le fleuve n’est plus qu’un étroit ruisseau. « Renversante » car les roues en l’air et étonnante à cause de l’endroit où elle se trouve, loin de toute voie routière. « Comment est-elle arrivée là » ? C’est la question que nous nous posons conjointement.  Ils me disent vouloir en informer soit la mairie de Caramany soit la gendarmerie, ce en quoi je ne les contredis pas (**). En atteignant la D.9, me voilà complètement soulagé, d’autant plus soulagé qu’en traversant le pont, j’aperçois le couple et leur chien en train de revenir vers moi. J’ai réalisé la moitié du Tour du lac et sans doute franchis la partie la plus délicate. Il est 12h15 et je réfléchis déjà à trouver un coin propice et agréable pour pique-niquer, et ce d’autant qu’une légère brise venant du nord s’est soudainement levée. Finalement, après avoir trouvé les balises jaunes propres au Tour du Lac, je n’en tiens plus guère compte peu après car longer l’Agly et marcher dans le lac asséché est bien plus simple. Alors, je vais et je viens, m’éloignant du lit de la rivière pour mieux y revenir. Suivre l’Agly étant parfois un peu monotone, parfois je m’en éloigne au profit  des vignobles, des bois et d’un peu de garrigue. Très souvent, la présence d’oiseaux aquatiques ou de passereaux que j’aperçois guide mes pas. Idem pour les quelques papillons que j’entrevois. Ils me muent en un chasseur inoffensif où mon appareil-photo devient une épuisette sans filet. C’est moins douloureux pour eux ! Finalement, après avoir trouvé un coin sur l’herbe et abrité du vent pour pique-niquer, c’est l’obligation de rejoindre l’arrivée qui me fait quitter le bord du lac et prendre la route asphaltée. Eh oui, ici, or mis faire un peu de natation, il n’y a pas d’autre choix que mes jambes et la route pour retrouver ma voiture. Cette dernière me permet de rejoindre le village de Caramany que j’avais visité au pas de charge lors de cette balade « Autour du Grand Rocher ». Peu après, je pars voir le barrage, par pure curiosité et surtout au regard du niveau si bas de l’eau.  Ainsi se termine cette balade finalement plutôt agréable et où comme souvent j’ai pu me consacrer pleinement et avec plutôt de la réussite à ma passion pour la photo naturaliste. Seul tourment ? La sécheresse qui sévit et peut s’avérer inquiétante si je me fie à mes

récentes balades toutes faites en hiver mais sous un soleil estival et ardent. En novembre dernier, lors de « la Boucle de Marcevol » le lac de Vinça était à sec et 3 mois plus tard, c’est celui de Caramany. A quoi aurons-nous droit cet été ? Bien qu’ayant mon GPS avec moi, je n’ai pas enregistré de mesures lors de cette balade. Quant au tracé que j’y avais enregistré, il était long de 14,1km mais allait s’égarer incomplètement du côté d’Ansignan. Je ne peux donc formuler qu’une  estimation faite avec mon vieux logiciel CartoExploreur  et en tenant compte  de l’asséchement du lac et de mes divagations qui ont consisté à longer l’Agly, à m’en éloigner parfois pour ensuite y revenir : distance estimée 11km. Dénivelé 68m entre le point le plus bas et le plus haut. Cartes IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt et 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

(*) Mes autres balades autour et à proximité du lac de Caramany : 

 

(**) Voiture dans l'Agly : Finalement cette voiture aperçue dans l'Agly, au niveau du lac de barrage, était bien consécutive à un accident qui s'est produit le 1er novembre 2022, accident ayant fait l'objet d'un article sur France Bleu.fr lui-même relayé par le SDIS 66 sur leur page Facebook. Voici les liens ci-après : 

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/accident-de-la-route-a-caramany-le-conducteur-finit-sa-course-dans-le-lac-1667315074

Page Facebook du SDIS 66 

 

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La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.

Publié le par gibirando

 

Ce diaporama est agrémenté de 6 musiques extraites d'une compilation musicale YouTube intitulée "Winter In The Secret Garden". Elles ont por titre "Mary et Robin Together" de Zbigniew Preisner"Dawn, Billy Sees Kes In The Tower" de John Cameron, "Only The Beginning of The Adventure (From "The Chronicles of Narnia: The Lion, The Witch and The Wardrobe"/Score)" de Harry Gregson-Williams"First Time Outside" de Zbigniew Preisner"Jamie Believes" d'Alexandre Desplat et "Ancient Stones" (version très incomplète) de Jeremy Soule.

La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.

La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

 

Quand en ce 27 novembre 2022, nous nous lançons avec l’idée d’accomplir cette petite « Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça », c’est déjà une deuxième tentative. En effet, quelques mois auparavant, par une belle journée printanière, nous avions déjà commencé à grimper vers le superbe prieuré mais pour Dany une méchante tendinite à une hanche était venue tout gâcher. Cette douleur l’avait contraint d’abord à ralentir, puis à stopper pour se reposer un peu, puis carrément à faire demi-tour alors que nous n’avions accompli que la moitié de la montée. Ne voulant pas restée sur cet échec, Dany me tannait régulièrement pour que l’on y retourne mais les mois avaient passé et personnellement je pensais que les aspects positifs d’y aller étaient passés aussi. Autant l’avouer, je préférais une belle journée de début de printemps. D’abord parce que le ciel y est plus régulièrement lumineux, ensuite parce que j’ai constamment envie de recenser un maximum de fleurs et surtout je préfère que le Canigou soit amplement enneigé car c’est avec ce décor-là que cette randonnée est la plus merveilleuse. Ici, n’y a-t-il pas cette maxime désormais bien connue « Qui n’est jamais venu à Marcevol ne connaît pas tout de la beauté du monde ». Et pour cela, il est nécessaire que la météo soit parfaite. En effet, je gardais en mémoire l’image d’un merveilleux Canigou car magnifiquement enneigé lors d’une belle balade en solitaire faite en mars 2015 que j’avais intitulée « Le Prieuré de Marcevol et la chapelle Sainte-Eulalie depuis Vinça ». Ciel bleu denim, aucun nuage, un soleil juste tiède, un lac de Vinça comme un miroir bleuté, ce jour-là, tout s’était mis en place pour mon plus grand plaisir. Mais finalement, en cette fin novembre, en manque d’idée nouvelle sur ce type de distance (5 à 6km seulement) j’ai fini par craquer. Pendant un bon moment, j’ai même envisagé de rallonger un peu cette balade et de la pousser jusqu’à la « Chambre des Certitudes », cavité artificielle tapissée de cire d’abeilles de l’artiste plasticien allemand Wolfgang Laib. Toutefois, après avoir lu quelques infos, j'ai appris qu'il fallait se procurer une clé au prieuré et ensuite aller jusqu'au pied du Roc del Moro (Roc des Maures), soit 2km environ au-dessus de Marcevol. C’est donc un aller-retour de 4km qu’il fallait accomplir pour aller visiter cette « œuvre d’art » dont les principaux intérêts sont d’être une grotte creusée à coup de dynamite, grotte avec une belle vision sur le pic du Canigou ! Etait-il nécessaire d’être dans une grotte pour être admiratif du Canigou ? Je manquait de « certitudes » ! Je ne suis pas « certain » que Dany ait envie d’aller découvrir cette « Chambre des Certitudes » totalement factice ! J'ai laissé tomber cette idée.

Le départ s’effectue à 10h30 sous un ciel gris et bas, une météo fraîche, nuageuse et brumeuse, un Canigou invisible et pour couronner le tout, un lac de Vinça amplement asséché. Autant vous dire qu’en terme de décors, nous sommes au total opposé de ma randonnée de mars 2015. Malgré tous ces désagréments, secondaires il est vrai pour marcher, l’envie de trottiner et de découvrir est bien là. On fait donc en sorte de les oublier au plus vite. Quand à ma passion pour les fleurs, il me faut attendre Marcevol pour en photographier quelques-unes. Mais comme la botanique ne se résume aux fleurs, pour m’occuper un peu, je décide de me lancer dans un modeste recensement de la végétation du maquis de ce secteur du Conflent. Ici, en permanence, de très nombreux éléments dévoilent un patrimoine derrière lequel se cache des histoires et sans doute une Histoire qu’on voudrait bien un peu appréhender. Les paysages avec des murets et des terrasses en pierres sèches, où survivent quelques oliviers centenaires, sont traversés par des sentiers muletiers dallées. On imagine donc aisément que ces espaces étaient différents d’aujourd’hui car amplement consacrées à l’agropastoralisme. Outre les oliviers, on devait y cultiver la vigne mais aussi quelques céréales et légumes secs résistants à l’aridité des lieux. Un bel oratoire nous rappelle combien les croyances en la protection divine étaient ici ancrées. Si l’Histoire du prieuré et de l’église Sainte-Marie-des-Grades et celle plutôt récente du village de Marcevol sont assez bien connues, celle plus ancienne des hommes qui ont vécu et travaillé là, dans ce décor si merveilleux mais si rude à la fois, reste encore bien mystérieuse et en tous cas incertaine. Balisé des couleurs blanches et rouges, notre sentier s’appelle GR.36. Il représente un court petit bout d’un itinéraire long de 1.916 km reliant la Normandie aux Pyrénées. Enfin de compte, il est 11h50 quand nous atteignons l’imposant prieuré ; pas très folichon sous son premier aspect ressemblant à un rempart;  nous constatons avec satisfaction que nous n’avons mis que 10mn de plus que le temps mentionné sur le panonceau de départ. Le prieuré étant fermé et apparemment occupé par des congressistes, nous ne visitons et photographions que les extérieurs sans trop nous éterniser, préférant passé du temps au village et ce d’autant, qu’un imposant groupe d’enfants est lancé dans une espèce de vaste chasse aux trésors. Ils courent en tous sens y compris dans nos jambes car le but est d'arriver le premier à trouver le Graal. Au village, nous faisons le choix de pique-niquer au point le plus haut où a été érigée une très étonnante table d’orientation métallique. Le ciel étant quelque peu passé du gris au bleu, nous y passons du temps, profitant de la sérénité du lieu, des belles dalles granitiques pour s’allonger un peu et des superbes panoramas. Puis, nous errons longuement dans le village et notamment autour de son église au nom si particulier : Sainte-Marie-des-Grades également appelée Notre-Dame des Escaliers où une étrange légende (*) circule.  L’heure du retour étant venue, nous retournons devant le prieuré où se trouve le sentier censé nous ramener au lac de Vinça. Je suis d’autant plus heureux d’emprunter cet itinéraire que je ne le connais pas, mes différentes venues ici (diverses randonnées et Tour des Fenouillèdes) m’ayant toujours entraîné vers Arboussols. Il est 14h30 quand nous retrouvons notre voiture près du pont sur le lac. Malgré le mois de novembre qui n’est jamais le meilleur pour un photographe naturaliste, je peux m’estimer satisfait car j’ai réussi le tour de force de photographier quelques fleurs et plusieurs oiseaux, tous il est vrai aperçus au village ou à proximité. Si sur Internet, cette balade est donnée pour une distance de 5,5km pour 320m de dénivelé, voici les éléments que j’ai enregistré sur mon GPS, visite du village inclus : distance 5,9 km, dénivelé 325m (+578m/-253m) pour des montées cumulées de 438m. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

(*) – Légende : Une légende locale rapporte que la mère de saint Lin, un des tout premiers papes, est inhumée dans l'église. Cette femme aurait traversé les parages, sous une très forte pluie, en portant un sac de farine qui serait restée sèche. À la suite de ce miracle, un pardon aurait été institué et aurait attiré une foule telle que les sentiers « bouillonnaient ».

Lors d'une visite du prieuré, vous aurez droit au support suivant. Il explique l'essentiel de ce qu'il faut savoir de l'édifice religieux. 

La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

Publié le par gibirando

Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements :

Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi : ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voudraient faire le contraire, et l'immense majorité de ceux qui ne veulent rien faire.

Confucius (551 av.JC-479 av.JC).

 

Bibliographie et cartographie :

(Vous trouverez ci-dessous le topo-guide et les cartes que j'ai utilisés lors de ce Tour du Vallespir. Les autres livres m'ont permis de m'imprégner de cette région et ainsi de mieux la comprendre sur le plan culturel. Concernant l'Histoire et la géographie du Vallespir, de nombreux sites Internet m'ont aidé dans ces domaines.)

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Canigou-Vallespir-Conflent- Le Guide Rando- Georges Véron- Rando Editions-2002.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Carte IGN Top 25 2349 ET Massif du Canigou

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-Carte IGN Top 25 2449 OT Céret Amélie-les-Bains Palalda-Vallée du Tech.

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-Promenade littéraire à travers le Vallespir - Recueil de textes et de poèmes- Michel Wallon - Les Presses- Littéraires-2002.

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-Domenica ou la Vallée âpre- Roman- Marie Vallespir- Les Presses de l'Imprimerie du Vallespir-1959. Préface de Joseph Ribas. 

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-Mes Cahiers du Vallespir - Recueil Traduction de poèmes en catalan- Robert Gendre - Imprimerie Le Castellum-1975. Préface d'Abdon Poggi.

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-Ballades Catalanes- Recueil de poèmes et de photographies- Alain Taurinya- Michèle Maurin - Editions Magellan et Cie - 2002

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 -Mes jeunes années racontées par ma mère et moi - Essai de Charles Trenet et Marie-Louise Caussat-Trenet- Editions Robert Laffont-1978

 

Sites Internet :

 (Autant que c'est possible, j'essaie de faire en sorte que les liens fonctionnent, chose peu facile certains changeant de nom de domaine, d'autres disparaissant carrément.)

- http://clubdelittenim.wordpress.com/randonnees/

- http://cortsavisempre.free.fr/index.html

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Regions/Vallespir.php

- http://jeantosti.com/roussillon.htm

- http://lamanere-barrutet.com/

- http://pagesperso-orange.fr/casafr/vallespir/vallespir.htm

- http://www.amelie-les-bains.com/

- http://www.charles-trenet.net/

https://www.vallespir.com/

https://www.sudcanigo.com/item/damia-noell-chambres-dhotes/

http://www.haut-vallespir.fr/

- http://www.hotel-ausseil.com/

- http://www.la-clau.net/

- http://www.lamanere.fr/

- http://www.mairie-perpignan.fr/

- http://www.maisondupatrimoine-ceret.fr/

- http://www.mediterranees.net/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Montbolo

- http://www.notredameducoral.com/

https://www.vallespir-tourisme.fr/

- http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1941_num_29_2_4312

- http://www.pratsdemollolapreste.com/

- http://www.pyrenees-orientales.pref.gouv.fr/

- http://www.reserves-naturelles.org/

- http://www.reynes.fr/html/vallespir.htm

- http://www.vallee-du-tech.com/

- http://www.ville-arles-sur-tech.fr/

- http://www.ville-saint-laurent-de-cerdans.fr/

 

Cette liste de sites Internet n'est pas exhaustive car j'ai également consulté des sites comme Wikipédia, Wiktionnaire, Généanet, Freelang ou Lexilogos et divers forums. Il y a certainement bien d'autres sites concernant le Vallespir, la Vallée du Tech, les villes et les lieux visités lors de cette randonnée. Que ceux qui les ont créés m'excusent de ne pas les citer mais il m'était bien sûr impossible de tous les mentionner dans ce récit. Tous les sites évoqués ci-dessus ont largement contribués soit à la préparation ou à la réalisation du Tour du Vallespir lui-même soit à la rédaction de ce récit. Pour ces raisons, je remercie très sincèrement les auteurs, les propriétaires et les webmestres de tous les sites compulsés.

 

Petit lexique classé dans un ordre d'apparition dans ce récit :

 

Le lexique ci-dessous n'a pas la prétention d'être complet. Il reprend la plupart des noms propres cités pour tenter de les décrire ou de les expliquer dans l'ordre chronologique où ils apparaissent dans ce récit. Grâce à ces explications, j'espère que le lecteur appréhendera mieux la géographie et l'histoire du Vallespir. J'ai volontairement oublié certains noms et j'aurais pu par exemple citer Céret qui est la sous-préfecture du département des P.O, considérée comme la capitale du Bas-Vallespir, mais son absence vient simplement que la ville n'est pas située sur le Tour du Vallespir.

 

Vallespir : Région vallonnée et montagneuse du département des Pyrénées-Orientales qui s'étire sur une quarantaine de kilomètres le long de la vallée du Tech. Le mot vient du latin " Vallis Asperi " qui signifie " vallée âpre " mais âpre au sens de difficile, rude, abrupt.

Vallée du Tech et l'aiguat de 1940 : Bassin versant d'environ 750 km2 le plus méridional de France. Le Tech, long de 85 km, est un fleuve côtier des Pyrénées-Orientales qui prend sa source, dans le massif du Costabonne, au Roc Colom à une altitude de 2.450 m environ. Ce bassin versant associe montagne et plaine, avant d'atteindre la Méditerranée au lieu-dit le Bocal du Tech. Par son débit qui peut-être parfois très exceptionnel (4000 m3/s), le Tech est une fleuve redoutable. Au fil des siècles, il a très souvent débordé laissant le Vallespir et toute la Catalogne exsangue. Les plus effroyables inondations, qu'ici on appelle " aiguat ", ont eu lieu en 552, 1224, 1763, 1842 et 1940. Le Haut-Vallespir ayant été l'épicentre de cette catastrophe d'octobre 1940, de nombreux habitants gardent encore en mémoire les images d'horreur et de désastre de ces crues monstrueuses : 300 personnes perdirent la vie en Catalogne dont 50 côté français, 60 immeubles furent emportés à Arles-sur-Tech et Amélie-les-Bains où la gare et le casino disparurent dans les flots, des dizaines d'habitation furent emportées à Prats-de-Mollo et dans de nombreux autres villages. Des éboulements gigantesques de plus de 50 mètres de hauteur barrèrent la vallée (La Baillanouse), 4 usines électriques et de nombreuses entreprises furent pulvérisées, les coulées à la fois liquides et solides se déversèrent dans les campagnes dévastant toutes les cultures et laissant dans les terres arables une incroyable accumulation de rochers, de cailloux et de sables inadaptée à l'agriculture future, les flots emportèrent de nombreux ponts et voies de communication. Ces précipitations diluviennes furent considérées par les météorologues comme une " anomalie fantastique " de la nature. Vous trouverez quelques témoignages de l'époque sur la page Internet suivante : http://pluiesextremes.meteo.fr/france-metropole/Aiguat-fantastique-sur-le-Roussillon.html

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - RemerciementsMes jeunes années : Les paroles de cette chanson sont de Charles Trénet et la musique de Marc Herrand, pianiste, arrangeur de talent et ancien ténor des Compagnons de la Chanson. Elle date de 1949 (encore une coïncidence puisque c'est l'année de ma naissance !) et la partition est parue aux Editions Raoul Breton. Charles Trenet l'a composée lors d'une tournée qu'il effectuait au Canada. Dans l'importante discographie de Trenet, cette chanson figure dans pas moins de 27 disques et albums. Elle est donc une chanson très importante du registre du poète et chanteur. Charles Trenet y évoque ses souvenirs de jeunesse quand il allait courir la montagne du côté du Vallespir, du Canigou ou de la Cerdagne qu'il aimait tant. En 1922, son père s'installe comme notaire à Perpignan, ville dont il est natif. Peu de temps après, il fait la connaissance d'Albert Bausil, un ami à son père. Albert Bausil, l'enfant du Canigou, le poète et écrivain, chantre inspiré du Roussillon, lui fait découvrir les arts et la culture catalane. Pour le petit garçon émerveillé au regard clair, cette rencontre est capitale et Albert Bausil devient son mentor, voire son Pygmalion. Sans cet homme, qui aura sur l'adolescent une influence capitale, il n'y aurait peut-être pas eu de "Fou chantant", mais rien qu'un petit architecte de province… Bausil accueille Charles dans son "Coq Catalan", un petit hebdomadaire littéraire, satirique et sportif. Le jeune poète y fera ses premières armes, des vers qui, déjà, respirent la liberté et l'amour de la vie avec enthousiasme. Cette chanson a été reprise par nombre d'autres chanteurs et surtout par de nombreuses chorales comme les Petits Chanteurs à la Croix de Bois par exemple. Mais les meilleurs interprètes de Trenet restent les Compagnons de la Chanson qui ont repris un grand nombre de textes du grand poète. En 1978, "Mes jeunes années racontées par mère et moi" est un livre autobiographique écrit à quatre mains par Charles Trenet et sa mère Marie-Louise Caussat-Trenet paru aux Editions Laffont.

(Personnellement, cette chanson, reste le souvenir et le symbole d'une jeunesse insouciante, éprise de liberté et d'amour de la vie et de la nature. Je me reconnais dans cette chanson et en la réentendant, elle est devenue tout naturellement un hymne à mon Tour du Vallespir). Cliquez sur l'image de la partition ci-dessus pour écouter la chanson.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Georges Véron : Ce grand pyrénéiste né dans la Sarthe en 1933 est mort en 2005. Professeur de biologie, il a d'abord pratiqué le football et l'athlétisme pendant plus de vingt ans avant de découvrir les Pyrénées. Quand il découvre la chaîne de montagnes, il en " tombe amoureux " et en fait rapidement sa passion. Il enchaîne les balades à un rythme qui lui vaut le surnom de " stakhanoviste de la montagne ". En 1968, il effectue la traversée des Pyrénées et réussit le pari d'aller de la mer Méditerranée à l'océan Atlantique par la haute montagne, en 41 étapes, uniquement à l'aide de cartes. Il devient ainsi le créateur de la Haute Randonnée Pyrénéenne, célèbre H.R.P qui traverse les Pyrénées par les chemins pédestres des plus hautes crêtes et des plus hauts cols. A partir de là, il va se consacrer presque exclusivement à la randonnée, à pied mais aussi en V.T.T. Membre du Club alpin français, collaborateur de la Fédération française de la randonnée pédestre, il participe à la création du célèbre G.R.10, longue randonnée de 850 kms qui part d'Hendaye dans les Pyrénées-Atlantiques et se termine à Banyuls-sur-Mer dans les Pyrénées-Orientales . En 1978, il enseigne à Tarbes, conseiller technique de l'association " Randonnées Pyrénéennes ", Georges Véron publie de nombreux ouvrages et une trentaine de guides de randonnées consacrés aux Pyrénées : 100 randonnées, 100 plus beaux sommets, itinéraires de VTT et chemins de Saint-Jacques de Compostelle, etc.… Avec son topo-guide Canigou, Vallespir, Conflent, il est le créateur du Tour du Vallespir.

Amélie-les-Bains : Autrefois, la ville s'est appelée les " Bains d'Arles ", nom provenant d'Els Banys (les bains) et d'Arles pour Arles-sur-Tech. Ce nom désignait un monastère qui était érigé à cet endroit. Le nom actuel date de 1840 et fut donné à la commune en hommage à la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, qui faisait de nombreux séjours aux Thermes. Vaste de 2943 hectares, située au cœur du Vallespir, au bord du Tech et de son affluent le Mondony, la commune est désormais composée de 2 autres villages qui ont été annexées : Palalda en 1942 et Montalba en 1962. La cité est une station thermale renommée depuis l'antiquité.

Montbolo : Cité située sur la rive gauche du Tech à 600 mètres d'altitude, on l'appelle couramment le " Balcon du Vallespir " tant son panorama est exceptionnel sur la plaine du Roussillon, le Canigou, la chaîne des Albères et la vallée du Tech. De son exposition plein sud, Montbolo reçoit un ensoleillement maximum en hiver et, en été cette chaleur est tempérée par la fraîcheur due à l'altitude. L'absence de toute activité industrielle contribue à une qualité de l'air remarquable et pour compléter ce cadre idyllique, l'alimentation en eau est assurée par des sources captées à plus de 1500 mètres d'altitude. Ce village est également connu pour sa procession de la " Rodella " qui se déroule chaque 30 juillet et dont l'origine païenne remonterait au début du christianisme. Depuis l'église Saint-André de Montbolo, cette procession consiste à se rendre par un sentier forestier à l'abbaye d'Arles-sur-Tech pour aller vénérer les reliques des saints Abdon et Sennen. Mais la particularité de ce pèlerinage est de descendre une croix chrétienne sur laquelle a été placé un grand cerceau fait d'un enroulement de cire d'abeille que l'on appelle " la Rodella ". Il existe également autour de cette " Rodella " une légende basée sur un texte historique de 1465 que vous pouvez découvrir sur les deux sites Internet suivants :

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Traditions/Rodella.php

https://www.labalma.fr/index.php/fr/camping-fr/fetes

Formentere ou Formentera : Col à 1.133 m d'altitude situé à la limite du Haut-Vallespir et des Aspres sur le chemin du Tour du Vallespir et l'ancienne voie ferrée minière. Non loin de ce col, il y a le hameau oublié de Formentere, ancienne gare minière qui a eu son heure de gloire au temps de l'exploitation des mines de fer autour du Massif du Canigou (Batère, les Manerots, La Pinouse, Rapaloum, etc.…). De Formentere, grâce à une ligne de câbles et de chariots de plus de 5 kilomètres, le minerai cuit était descendu par voie aérienne jusqu'à Arles-sur-Tech.

Batère : Lieu situé à cheval entre Vallespir, Aspres et Haut- Conflent connu pour sa tour médiévale du 13eme siècle construite à l'époque où les Rois de Majorque régnaient sur le Roussillon et la Cerdagne. Cette tour à signaux assurait la surveillance et la communication à l'aide de fumées le jour et de feux la nuit. Elle était certainement en liaison avec d'autres tours et châteaux du Vallespir (Montbolo, Corsavy, Cos, Mir, Palalda, Cabrens) et les tours d'autres régions comme la Tour de la Massane ou bien celle de la Madeloc. Mais Batère est également connu pour ses anciennes mines de fer, fer apprécié depuis la nuit de temps (200 avant JC). Ces mines étaient les plus importantes du département, elles alimentaient un nombre incalculable de forges. Les mines fonctionnèrent jusqu'en 1994 donnant à toute la région un essor économique considérable. En 1953, la société d'exploitation construisit à 1.540 m d'altitude un bâtiment pour les mineurs et leurs familles, ce bâtiment sert désormais de refuge et de gîte aux randonneurs de tout poil.

La tempête Klaus : Le 23 janvier 2009, Klaus est le nom donné à une tempête en cours de formation par l'Institut de Météorologie allemand en l'honneur d'un certain Klaus Schümann. Au départ, c'est le satellite Météosat qui va envoyer des images d'une dépression étonnante situé sur l'Atlantique Nord, profonde dépression qui va engendrer des vents d'une force exceptionnelle et d'une vitesse inouïe. Cette tempête a principalement touché le sud-ouest de la France, la principauté d'Andorre, le nord de l'Espagne et une partie de l'Italie entre le 23 et le 25 janvier 2009. Dans le sud de la France, nombreux sont ceux qui considèrent à juste titre comme plus dévastateur Lothar, la tempête de décembre 1999, mais ce n'est pas le cas du Vallespir et du Roussillon où Klaus a été bien plus violent. Le 24 janvier, les dégâts ont été considérables et en tous cas, évalués à 38 millions d'euros. Le département a été reconnu comme en état de catastrophe naturelle. Tous les records ont été battus : 216 km/h au Col d'Envalira, 193 km/h à Formiguères, 191 km/h pendant deux heures au Cap Béar, 184 km/h à Perpignan, record absolu de 1999 battu de plus 40 km/h. Les forêts de résineux (pins sylvestres et cèdres) du Vallespir ont été parmi les plus ravagées et l'importance des dégâts a été estimée avec des prises de vue aériennes. Au-delà des dégâts, le problème pour la filière bois, c'est que cette tempête Klaus est arrivée dans une conjoncture économique beaucoup plus mauvaise qu'en 1999.

Riuferrer : Affluent du Tech, le Riuferrer (la rivière du fer) est un torrent impétueux d'une longueur de 17,7 kms qui prend sa source dans le cirque du Faig au pied du Puig dels Tres Vents à une altitude de 2.300 m environ et se jette dans la Tech à Arles-sur-Tech. De nombreux pêcheurs parcourent ses rives pour ses excellentes truites.

La Coumelade : Affluent du Tech, la Coumelade est une rivière qui prend sa source sur le versant sud de la crête des Tres Vents à 2.570 mètres d'altitude et qui, après avoir parcouru 15 kms, se jette dans le Tech au hameau Le Tech. Dans sa partie torrent, elle appréciait des adeptes de la descente en canyon.

Saint-Guillem de Combret : Situé dans la vallée de la Coumelade, le minuscule hameau est essentiellement connu pour son ermitage dont l'histoire commence au 9eme siècle. A cette époque, une chapelle dédiée à Sainte-Magdeleine de Combret avait été construite par un certain " Guillem ". Guillem offrait, sans aucune compensation, gîtes et couverts à tous les pèlerins qui partaient de Saint-Michel de Cuxa pour se rendre à Saint-Jacques de Compostelle par le col d'Ares et l'Espagne. Guillem était si apprécié de tous les voyageurs et le lieu si prisé, qu'après sa mort tout le monde l'appela Saint-Guillem malgré qu'il n'ait jamais été canonisé. Aujourd'hui la chapelle et ses dépendances sont connues sous le nom de Saint-Guillem de Combret. Le hameau dispose d'un refuge non gardé. Malgré quelques restaurations, la chapelle a peu changé au fil des siècles, elle mesure 15 mètres de long pour 4 mètres de large et est de style roman. Sa cloche très ancienne est exceptionnelle et est à l'origine d'une légende prétendant que Guillem l'aurait modelée de ses propres doigts car il en reste, paraît-il, encore l'empreinte sur le métal. Le 22 juillet de chaque année, les habitants du village Le Tech, de Prats de Mollo et d'autres villages alentours effectuent un pèlerinage.

La Parcigoule : C'est une rivière de 9 kms de longueur, affluent du Tech qui prend sa source à une altitude de 1.920 mètres au lieu-dit Les Estables. Elle rejoint le Tech au hameau de Saint-Sauveur entre Prats-de-Mollo et la Preste. Le bassin de la Parcigoule présente la particularité d'avoir été une des vallées les plus déboisées et dépeuplées du Vallespir, tout d'abord à cause des nombreuses forges qui utilisaient intensément son bois puis à cause des crues répétitives (aiguat) d'octobre 1940 puis d'avril 1942. Un reboisement et des barrages ont été aménagés pour stabiliser et protéger la vallée.

Joseph de la Trinxeria : né en 1637 à Prats-de-Mollo, commune d'Espagne à l'époque, il s'insurgea contre la gabelle, cette célèbre taxe sur le sel, abolie depuis 1292 mais qui venait d'être réhabilitée en 1661 par Louis XIV après l'annexion de la Catalogne du Nord (Roussillon, Vallespir, Conflent, Cerdagne, Capcir) au royaume de France par le Traité des Pyrénées de 1659. En 1666, indigné d'avoir été surtaxé par les Gabelous, ces préposés chargés de la récolte, il leva une armée d'Angelets et tint tête pendant quelques années à toutes les troupes envoyées contre lui. Ces nombreuses victoires lui apportèrent un énorme prestige et nombreux furent ceux qui se rallièrent à sa cause. Il devint rapidement un héros dans le Vallespir tout entier et bien au-delà encore dans toute la Catalogne. C'est en partie à cause de ces révoltés que Louis XIV fit construire par Vauban, le Fort Lagarde de Prats-de-Mollo à partir de 1677. Quelques années plus tard, Joseph de la Trinxeria qui n'avait pas renié ses origines, devint officier des armées d'Espagne et se battit contre le royaume de France aux côtés des Miquelets. Il ne cessa jamais de se battre sur de nombreux fronts et termina sa vie comme colonel en 1689. Il mourut en 1694.

Prats-de-Mollo - La Preste : Avec une superficie de presque 12.000 hectares, cette commune est la plus étendue du département des Pyrénées-Orientales. Située au bord du Tech à 735 mètres d'altitude, elle dispose d'un patrimoine historique exceptionnel : Eglise gothique Saintes Juste et Ruffine, Fort Lagarde et fortifications construites par Vauban, Tour de Mir, nombreuses chapelles, etc.… Il faut dire qu'au regard de sa situation géographique, Prats fût tout au long de son histoire le théâtre de soubresauts franco-espagnols incessants. Longtemps tournée vers l'agriculture, l'élevage, la sylviculture et quelques industries locales (textiles, espadrilles, etc.…), la cité vit désormais du tourisme et des Thermes de la Preste, bourg rattaché à Prats mais éloigné de huit kilomètres à une altitude de 1.130 mètres. Le mot " Prats " signifie " prés " mais deux versions s'opposent quant à l'origine du mot " Mollo ", certains le traduisant par " mouillé " d'autres avançant qu'il signifie " grosse pierre" en catalan. Alors " prés mouillés " ou " prés bornés ", les deux définitions ont leur logique tant la cité a été souvent la scène de crues mémorables mais aussi un bourg toujours borné ou limité par une frontière mouvante et parfois incertaine. Il faut savoir en effet que malgré le Traité des Pyrénées de 1659 signé entre le roi de France Louis XIV et Philippe IV, roi d'Espagne, le véritable tracé de la frontière entre la province du Roussillon et l'Espagne ne fût déterminé et borné que deux siècles plus tard en 1866 avec le Traité de Bayonne entre l'Empereur Napoléon III et la reine Isabelle II d'Espagne. De par leur situation géographique ambiguë et instable, c'est dire si les Pratéens ont longtemps été indécis et désorientés quant à leur citoyenneté réelle. Alors n'est-il pas un peu logique qu'ils aient été avant tout catalans avant d'être espagnols ou français ? En raison de son milieu, de son relief varié et de ses richesses naturelles remarquables (flore, faune et géologique) la commune a été classée " Réserve Naturelle " en 1986.

La tour de Mir : Situé à 1.540 m d'altitude et datant du 13eme siècle, comme la tour de Batère, la tour de Mir était chargé d'émettre des signaux pour assurer les communications avec d'autres tours comme celle de La Guardia, une autre tour de Prats-de-Mollo où a été érigé ensuite le Fort Lagarde. A cette époque où les catalans se lancent dans de nombreuses conquêtes tout autour de la Méditerranée, la tour de Mir présente l'avantage d'être à la fois tournée vers la mer et vers l'intérieur des terres, car plus particulièrement affectée à la surveillance de Col d'Arès, passage obligé vers des territoires intérieurs comme le royaume d'Aragon notamment. De son piton rocheux, on aperçoit très distinctement le château et les tours de Cabrens, elles-mêmes en liaison avec la Tour de Batère et ainsi de suite jusqu'aux tours des Albères et du Roussillon. La tour de Mir est située sur le chemin du Tour du Vallespir.

La Retirada : Le mot " Retirada " signifie " retraite " en espagnol mais il désigne plus particulièrement l'exode humanitaire que des milliers de républicains espagnols vécurent à partir de janvier 1939. En deux semaines, c'est 100.000 réfugiés qui passent la frontière au col d'Arès pour fuir la dictature de Général Franco dont l'alliance avec le régime nazi d'Hitler inquiète l'Europe toute entière. Le 31 janvier, le ministre de l'intérieur Albert Sarraut vient à Prats-de-Mollo pour organiser ces arrivées massives. Il fait construire 4 camps d'hébergement dans la vallée du Tech. Tout est bon pour accueillir les réfugiés et affronter ce glacial et cinglant hiver. Le 13 février, la frontière est officiellement fermée et gardée par les soldats de Franco. Mais ce sont environ 500.000 personnes, pleines d'un espoir d'un avenir meilleur qui arrivèrent en France par de multiples passages frontaliers. Mais pour ces réfugiés, internés dans des camps ceinturés de fils barbelés, cette espérance fût le plus souvent déçue, car ils avaient fuit l'arbitraire, la torture et la terreur instaurée par le régime totalitaire espagnol pour ne trouver en France que privation de liberté, dans des conditions généralement pitoyables pour ne pas dire inhumaines.

Notre-Dame du Coral : Il s'agit d'une chapelle longue de 23 mètres et large de 7 mètres qui a été construite sur un éperon rocheux à 1.091 m d'altitude dans un cadre de verdure exceptionnel. On pense qu'à l'origine, au 9eme siècle, il s'agissait d'un simple sanctuaire (petite chapelle ou oratoire) qui servait de lieu de prières. Puis comme souvent, un village, ici Miralles, se développa autour de cette chapelle. La légende prétend qu'une statue de bois représentant la vierge Marie provenant de cette chapelle ait été dissimulée dans un tronc d'arbre, puis retrouvée plus tard. Cette trouvaille aurait été l'occasion d'un engouement populaire qui amena la construction de la nouvelle église paroissiale de Miralles. C'est ainsi que Notre Dame du Coral est apparue, bâtie sur les restes de la chapelle primitive, pour servir d'église aux habitants du village. Dans les textes historiques, Sancta Maria de Coral apparaît à partir de l'an 1267 comme appartenant à l'abbaye de Camprodon (Espagne). Mais au fil des siècles, et selon les mouvements de la frontière, le site eut divers propriétaires religieux, privés ou publics. Mais les occupants de la chapelle ont été le plus souvent des ermites forains qui voyageaient en quête de charité et d'oboles. A présent, la chapelle et certaines de ses dépendances servent de refuge avec gîtes, restaurant, tables et chambres d'hôtes. L'étymologie de " Coral " est très discutée mais la plus probable est que ce nom viendrait simplement de " corail " comme la couleur rouge de certaines roches que l'on trouve dans le secteur en montant par exemple vers le col de Malrems ou le Pla de la Muga.

Lamanère : C'est un village du Vallespir situé à 777 mètres d'altitude et à vol d'oiseau vers le sud à moins de 3 kms de la frontière espagnole. Entourée de montagnes et de collines avec les Baga de la Sadella et de la Bordellat (1.554 m) au sud, le Mont Nègre (1.425 m) à l'est, le Roque de Cap de Ca et la serra de Cabrens (1.326 m) au Nord, le Puig de las Coubines et El Tossal (1.281m) à l'ouest et nichée au fond d'une verdoyante vallée à la jonction de plusieurs rivières et ruisseaux (Lamanère, Taix, etc.…) elle est la commune la plus méridionale de l'hexagone. Riche de divers minerais (fer, or, plomb argentifère, cuivre) qui y furent exploitaient en leurs temps, son nom proviendrait du catalan " La Menera " signifiant " La Minière ". Grâce à ses paysages magnifiques et variés, elle est un lieu propice à de nombreuses activités de plein air (randonnées, VTT, baignades, canyonning, etc.…). Mais de par son emplacement géographique très isolé, on ne connaît pas grand-chose de son histoire, si ce n'est qu'elle a longtemps était dépendante de la commune de Serralongue où régnaient au Moyen-Âge les seigneurs de Cabrens. Mais Lamanère, c'est aussi une rivière, affluent du Tech, longue de 15,7 kms, qui elle-même est alimentée par d'innombrables petits ruisseaux affluents.

Les Estanouses : Minuscule hameau perdu du Haut-Vallespir situé au pied des tours de Cabrens, non loin des villages de Lamanère et de Serralongue à une altitude de 1.019 mètres. Il y a encore quelques années (2004 ou 2005), on pouvait le traverser en empruntant une des variantes du Tour du Vallespir. Aujourd'hui, ce chemin est barré car il est devenu un domaine privé, et si j'en crois mes recherches Internet, faisant chambres et tables d'hôtes pour accueillir les touristes.

Cabrens : La seigneurie de Serralongue, commune du Vallespir, est gouvernée dès le 11eme siècle par les " seigneurs de Cabrenç " en référence aux chèvres qui peuplaient les collines et qui étaient les seuls animaux à pouvoir grimper jusqu'à leur château. Le premier seigneur fût Oriol de Cortsavi mais la dynastie des Cabrens composée de diverses familles au gré des alliances et des successions eut une immense influence sur une grande partie du Vallespir et régna fort longtemps et au moins jusqu'en 1792, date à laquelle l'état français créa les communes et où le dernier seigneur Abden Senen de Ros, baron de Cabrens s'expatria en Espagne. Aujourd'hui le site de Cabrens est surtout connu pour ses trois tours, objectifs de randonnées à partir de Lamanère ou de Serralongue. Situées au faîte d'une crête rocheuse, les trois tours sont en réalité les ruines du château construit en 1086 par les seigneurs de Cabrens, celles d'un donjon adjoint au 11eme siècle qui aurait fait office de geôles et enfin celle d'une tour à signaux du 14eme siècle qui communiquait avec de nombreuses autres tours du Vallespir (Mir, Batère et Cos). Au regard de sa position géographique dominante, l'ensemble devait constituer une forteresse quasi imprenable.

Saint-Laurent-de-Cerdans : Le village daterait du 11eme siècle, date à laquelle des moines de l'abbaye d'Arles-sur-Tech aurait construit une église dédiée à Saint-Laurent, martyr du 3eme siècle. Le terme " Cerdans " apparaît au 12eme siècle avec le nom d'un mas (Manso de Cerdanis). Mais ce nom lui-même proviendrait du nom d'un peuple des montagnes de la région, descendant des Ibères qu'on appelait " Les Cérêtes ". Ce peuple serait aussi à l'origine des noms de la ville de Céret et de la région de Cerdagne. La ville construite à l'intersection de plusieurs cours d'eau (la Quére, le Saint-Laurent, la Bilvera, etc.…) est entourée de plusieurs " serrats ", petites chaînes de montagnes (Cogull, Montner, Provadona, Capell, Garsa, etc.…) dont la plupart dépassent les 1.000 mètres d'altitude. Elle fût un lieu de passage, d'échanges et surtout de contrebande avec l'Espagne tout au long des époques. Pendant très longtemps, la prospérité de la cité a reposé sur les industries liées au fer avec de nombreuses forges alentours qui ont données leurs noms à des lieux-dits (la Forge del Mig, la Forge d'en Bosc, la Forge d'Avall, etc.…), au bois (exploitation du châtaignier encore très présent dans les forêts de nos jours) mais l'industrie la plus originale a été celle de la fabrication d'espadrilles que l'on appelle ici " vigatanes " et qui, bien sûr, a été étroitement liée aux fabriques de tissus. Ces deux dernières activités artisanales sont encore bien présentes aujourd'hui au travers des sociétés " Vallespir Sandales " et " Les Toiles du Soleil ". Grâce à son riche patrimoine historique, culturel et naturel et au tout proche domaine hôtelier de Falgos pourvu de son terrain de golf de 18 trous, le village vit désormais au rythme du tourisme.

La famille Noëll : Le 23 janvier 1676, l'église de Saint-Laurent-de-Cerdans avait brûlé ainsi que quelques maisons voisines dont celle de la famille de Noëll. Au 18eme siècle, la destruction de ces documents anciens avait amené Abdon Noëll à solliciter du roi de France Louis XV la reconnaissance et la confirmation de sa qualité de noble et de ses titres. C'est en décembre 1766 qu'Abdon de Noëll reçut cette confirmation et ses nouvelles lettres de noblesse signée de Louis XV et du duc de Choiseul. Il fût nommé baron de Vilaro, petit hameau proche de Saint-Laurent. Notaire à Saint-Laurent-de-Cerdans, Abdon, le seigneur de Vilaro, âme de la Résistance du Vallespir, fût le plus connu de tous car en avril 1793 avec l'aide du général espagnol Antonio Ricardos, il évita le massacre programmée par la Convention Nationale de toute la population de Saint-Laurent-de-Cerdans. Quand on sait que cette guerre entre la France et l'Espagne, galvanisé par l'hostilité de la monarchie espagnole envers la République Française, commença pour empêcher l'organisation d'une simple procession, on comprend mieux l'attachement que les Laurentins avaient pour leurs traditions et leur liberté de culte. Ce culte de l'église et cette liberté sont encore fermement ancré de nos jours et on les retrouve à travers diverses manifestations.

Puis ce fût Jacques de Noëll qui, au 20eme siècle, grimpa l'échelle de la renommée, mais dans un autre registre, celui de la musique. Il fut un grand compositeur de musiques catalanes et de sardanes. Et comme ici en Vallespir, comme dans toute la Catalogne, la sardane est une danse et une musique sacrée, Jacques de Noëll fût un musicien très apprécié. Il y eut également Louis, archéologue apprécié, frère de Jacques mais mort trop jeune pour être resté dans l'Histoire. Mais tout au long des siècles, les de Noëll étaient surtout de riches aristocrates et des notables reconnus, certains étaient notaires, d'autres maîtres de forge ou propriétaires d'exploitations minières, d'autres propriétaires terriens. Malgré la perte de leurs titres de noblesse à la Révolution Française, les de Noëll gardèrent un certain prestige dans tout le Roussillon certains devenant des chefs d'entreprise reconnues, d'autres tentèrent l'aventure de la vie politique, beaucoup devenant maires de nombreuses communes. La bâtisse, maison de famille des de Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans avait été construite en 1606 et le premier occupant avait été un certain Damia (1560-1612) qui, au côté de Joseph de la Trinxeria, s'était révolté contre les effets néfastes du Traité des Pyrénées de 1659. Cette maison Damia Noëll a été rachetée, il y a quelques années, par un couple très sympathique Isabelle et Mario Lopes, qui en ont fait une table et des chambres d'hôtes absolument remarquables.

Pilon de Belmatx ou Belmaig : Ici en Catalogne, on prononce " Belmach ". Il s'agit d'un sommet du Vallespir avec une altitude somme toute modeste puisque élevée au dessus du niveau de la mer à 1.280 mètres seulement. Il est situé sur une longue crête rocheuse qui s'appelle la Serre de Montner et qui surplombe la cité d'Arles-sur-Tech. Mais sa renommée vient justement de la difficulté que l'on rencontre à le gravir à partir d'Arles-sur-Tech puisque c'est pas moins de 1.020 mètres de dénivelé qu'il faut accomplir sur un sentier très difficile car terreux et caillouteux et très souvent raviné. Pour y monter, il faut emprunter un tronçon du célèbre GR.10 jusqu'au Col de Paracolls et c'est certainement pour çà que cette randonnée s'inscrit très souvent comme une " incontournable " du département. Montagne mythique pour les Arlésiens, chaque printemps, un trail de 11 kilomètres, course réunissant des spécialistes de ce sport mais aussi de simples concurrents est organisée par l'association Arles-Belmaig. Est déclaré vainqueur du " Km Vertical Walsh " celui qui accomplit exactement les 1.000 mètres de dénivelé (environ 100 mètres avant le sommet) dans le laps de temps le plus court.

Arles-sur-Tech : Bien que n'ayant pas traversé cette ville lors de ce Tour du Vallespir, je l'ai eu très souvent devant mes yeux lors de la 1ere et de la dernière étape. Comment parler du Vallespir sans évoquer Arles-sur-Tech qui est certainement une des villes les plus anciennes de cette région puisqu'on a retrouvé des vestiges datant de la Préhistoire (dolmen). Comment parler d'Arles-sur-Tech sans parler de sa Sainte-Tombe et des saints Abdon et Sennen. En ce qui concerne la Sainte-Tombe et son fameux mystère, il s'agit d'un sarcophage de pierre du 3eme siècle qui est situé dans une courette de l'église et qui produit une quantité d'eau pure importante et " d'origine inconnue " (200 à 300 litres par an en moyenne, parfois beaucoup plus, jusqu'à 800 litres l'an). La thèse du miracle a bien évidemment été la première avancée, tandis que d'autres hypothèses ont vu le jour tout au long de l'histoire, relayées ces dernières années par des médias avides de sensationnel. Malgré un premier travail sérieux et concluant dans les années 60 et encore récemment, le panneau situé au dessus du sarcophage explique encore aujourd'hui que la Sainte Tombe n'ait pas livré son secret. Mais la théorie la plus souvent émise serait que le couvercle serait suffisamment poreux pour laisser pénétrer l'eau des pluies alors que le fond du sarcophage serait parfaitement imperméable. Quand à Abdon et Sennen, en l'an 960 un abbé se nommant Arnulfe aurait rapporté de Rome des reliques authentifiées comme étant celles de ces deux saints persans. Elles vaudront à Arles le surnom de "ville des Corps Saints". Ces deux Saints sont toujours vénérés à Arles. Mais autour de ces saints, il existe une légende qui se recoupe avec une autre légende du Vallespir, celle des " Simiots ", des êtres malfaisants, dévoreurs d'enfants, moitié félins et moitié singes qui vivaient dans les forêts et les montagnes du Vallespir. Je vous laisse le soin de prendre connaissance de ces légendes sur les excellents sites suivants :

https://www.sudcanigo.com/decouvrir/contes-et-legendes/

http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Legendes/Simiots.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdon_et_Sennen

 

Remerciements :

 

Je remercie très sincèrement toutes les personnes qui m'ont accueillies lors de mes différentes arrivées d'étapes : au Refuge de Batère, à l'hôtel Ausseil à Prats-de-Mollo et à Notre-Dame du Coral. Partout, je fus parfaitement reçu. Bien sûr, ma meilleure soirée mais la plus onéreuse aussi fût celle passée à la Maison Damia Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans, il est vrai en table et chambre d'hôtes d'une qualité remarquable. L'accueil d'Isabelle et Mario fût tel qu'ils méritent vraiment une mention spéciale. Je conseille vivement cet endroit à tous les randonneurs qui pourront se permettre de dépenser 78 euros pour une demi-pension. J'ai essentiellement marché en solitaire sur ce Tour du Vallespir mais je remercie les quelques personnes que j'ai rencontré au cours de ce voyage et qui, d'une manière ou d'une autre, l'ont rendu plus agréable ou plus facile : le vigile des Thermes d'Amélie qui ne m'a pas fait de difficulté pour garer ma voiture, l'homme qui faisait un footing avec son chien à Montbolo qui m'a aidé dans la direction à prendre, le couple qui craignait l'orage et qui voulait me prendre en voiture à la Tour de Batère, quelques clients et l'aimable groupe d'Epinal rencontré au refuge de Batère qui effectuaient le GR.10, le très chaleureux couple et leur fille que j'ai aidé à la cabane de la Devesa au dessus de Leca, l'homme qui m'a expliqué le plus court chemin à prendre au Fort Lagarde, la dame qui m'a expliqué où se trouvait l'hôtel Ausseil, les anonymes clients catalans et parisiens du restaurant Ausseil qui m'ont permis de passer une agréable soirée à Prats-de-Mollo et ce, malgré la terrible journée que j'avais vécue, la pharmacienne de Prats-de-Mollo qui a su parfaitement calmer mes brûlures d'orties, la gentille randonneuse rencontrée à Notre-Dame de Coral, les propriétaires du Domaine des Estanouses avec lesquels depuis je me suis lié d'amitié, le breton vététiste et le jeune couple de Tchèques, clients de la Maison Damia Noëll. Je remercie enfin ma femme qui m'a laissé partir seul, mes enfants de m'avoir offert un lecteur MP3, objet ô combien précieux qui m'a énormément aidé dans les instants les plus difficiles. Je remercie enfin Charles Trenet et ses interprètes Les Compagnons de la Chanson pour leur magnifique chanson " Mes jeunes années ", mélodie avec laquelle j'ai marché très souvent tout au long de cette randonnée. Quand j'éprouvais des difficultés, cette chanson était là pour me remonter moral et enthousiasme. Pour moi, cette chanson restera pour toujours comme un hymne à ces 6 jours passés en Vallespir. 6 jours " Sur les hauteurs d'une vallée âpre " qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

 

Divers :

 

Peu de temps après mon retour, le 24 août exactement, et en raison de la terrible et éprouvante épreuve que j'avais vécue dans la forêt du Miracle au dessus de Prats-de-Mollo, il m'a paru utile d'alerter les autorités pour que d'autres personnes ne tombent pas dans le même piège que les arbres couchés par la tempête Klaus du 24 janvier 2009 m'avaient tendu. J'ai donc adressé un e-mail à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération et au comité départemental de la Randonnée Pédestre pour les informer de la galère que j'avais éprouvée dans ce secteur du Tour du Vallespir situé peu après le Puig des Lloses en direction du Col du Miracle.

 

Le 14 septembre, c'est avec satisfaction que je recevais une réponse de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo dans laquelle elle m'informait avoir contacter Monsieur Joseph Dunyach, Président du club local de randonnée pédestre " Délit Ténim ". Ce dernier me répondait à travers une lettre jointe au message de Madame Baills.

 

Pour les remercier de m'avoir répondu et d'être intervenu ultérieurement dans ce secteur de Prats-de-Mollo, j'ai volontairement joint à ce récit nos différents échanges de messages.

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Message adressé le 24 août 2009 à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération Française de Randonnée Pédestre et à son Comité départemental des Pyrénées-Orientales.

 

Monsieur le Maire de Prats de Mollo, Mesdames, Messieurs,

 

J'ai réalisé la semaine dernière la randonnée du Tour du Vallespir en 6 jours d'après le Guide Rando de Georges Véron : Canigou, Vallespir, Conflent paru chez Rando Editions. Randonnant beaucoup tout au long de l'année, j'avais eu l'occasion de remarquer que ce tour était plutôt bien balisé et que les panneaux indicateurs étaient nombreux. Je n'ai pas trouvé non plus sur Internet de contre-indications à effectuer ce tour. C'est donc en toute confiance mais muni néanmoins d'un GPS, d'un téléphone portable et des cartes IGN appropriées que je suis parti d'Amélie vers Batère le 1er jour, puis vers Saint-Guillem le 2eme jour, puis vers Prats de Mollo le 3eme jour, puis à Notre-Dame de Coral le 4eme jour, puis à St Laurent de Cerdans le 5eme et retour à Amélie le 6eme.

 

Tout s'était très bien passé jusqu'au Puig des Lloses (1.413 m) qui sauf erreur de ma part se trouve sur la commune de Prats de Mollo. A cet endroit, le balisage rouge et jaune propre au Tour du Vallespir ainsi que le panneau d'orientation m'indiquait de poursuivre vers la droite alors qu'un 2eme panneau me proposait de descendre à gauche vers Prats de Mollo par le col de Cavanelles. Effectuant bien sûr le Tour du Vallespir et ayant de toute manière ce tracé-là enregistré dans mon GPS, j'ai normalement poursuivi vers la droite d'autant que rien à cette intersection du Puig des Lloses ne pouvait me laisser supposer que cette portion du Tour du Vallespir dans laquelle j'allais m'engager était complètement impraticable.

 

J'ai 60 ans et je pense être un marcheur chevronné. Pourtant je ne vous cache pas qu'à cause des nombreux arbres décimés qui jonchent encore le sentier sur ce secteur depuis la tempête Klaus du 24 janvier dernier, j'ai eu à un moment le vague sentiment que j'était tombé dans un véritable traquenard. En effet, j'ai commencé à enjamber un premier arbre puis à passer sous un second, puis troisièmement à contourner un premier groupe d'arbres, puis je suis passé sous quelques autres arbres couchés puis au bout de 1,5 kms sans autre solution j'ai finalement quitté le chemin pour éviter un amoncellement qui me semblait de quelques mètres de large seulement (on constate en effet que le vent à suivi des couloirs plus ou moins larges) mais qui en réalité étaient absolument infranchissables. J'ai donc fini par me perdre dans cet immense labyrinthe d'arbres abattus et j'ai même pensé à un moment à appeler les secours depuis mon portable. Heureusement, que j'ai su garder mon sang-froid et grâce à mon GPS j'ai pu, après de multiples efforts, retrouver le sentier et j'ai réussi à rebrousser chemin pour en définitive rejoindre Prats par le col de Cavanelles.

 

Attention ce message que je vous adresse et cette histoire que je vous relate n'ont pas pour objet d'émettre un grief envers quiconque mais simplement à vous prévenir qu'à cet endroit après le Puig des Lloses, le tour du Vallespir est particulièrement dangereux et infranchissable. Mais peut-être le saviez-vous ? De mon côté, je sais pertinemment que la tempête Klaus a provoqué des dégâts considérables et que ce n'est pas en quelques mois que l'on peut effacer les cicatrices d'un tel désastre. Je pensai toutefois que dans la mesure où un chemin serait impraticable un simple petit panonceau d'interdiction aurait été mis en place. Ayant eu l'occasion de marcher dans les Landes et le Gers il y a quelques semaines, j'avais eu l'occasion d'apprécier ce type de pancartes sur de nombreux sentiers. J'ai donc été très étonné qu'au Puig des Lloses aucun panneau ne vienne prévenir le randonneur de cette dangerosité, d'autant qu'un autre chemin permet d'accéder à la commune de Prats dans d'excellentes conditions. En été où les randonneurs sont très nombreux à parcourir les chemins de notre beau département des PO, je pense que de simples petits panneaux d'interdiction et/ou de conseils en pareils endroits seraient d'une redoutable efficacité et éviteraient bien des désagréments comme ceux que j'ai connus.

 

Voilà, après tous ces déboires, et après trois heures d'errements, j'ai fini par arriver à Prats de Mollo avec seulement quelques égratignures, quelques bleus et les mollets douloureusement brûlés par les orties et griffés par les ronces.

 

Le lendemain avant de repartir, j'ai longuement réfléchi sur le sentier que j'allais prendre et plutôt que d'opter par la poursuite du Tour du Vallespir par la Tour de Mir et le col d'Arès dont je sais que le secteur est particulièrement boisé aussi, j'ai emprunté le chemin le plus court pour rejoindre l'ermitage de Notre Dame de Coral. Il s'agit du PR.12 qui passe au col de la Guille. Bien m'en a pris, puisqu'une fois arrivé à l'ermitage, j'appris par d'autres randonneurs, qui en revenaient, que les chemins de la Tour de Mir et du col d'Arès étaient eux aussi barrés par de nombreux arbres couchés. Je ne l'ai pas constaté par moi-même !

 

Voilà il m'a paru utile de vous apporter ce témoignage qui est tout frais. Comme je l'ai dit je ne fais aucun grief à personne d'autant que parmi les acteurs à qui j'adresse ce message, je ne sais pas qui est responsable des arbres couchés, du balisage présent ou absent, de la prévention à mettre en place en pareil cas, etc...

 

J'espère simplement que quelqu'un fera bon usage de ce message.

 

Recevez, Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, mes respectueuses salutations.

 

Gilbert JULLIEN

Licencié à la FFRP sous le N° 0579504G

 

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Lettre réponse reçue de Monsieur Joseph Dunyach par l'intermédiaire de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo.

 

OFFICE DE TOURISME**

66230 PRATS DE MOLLO - LA PRESTE

 

DUNYACH Joseph

Président du club de randonnée FFRP " Delit Tenim "

Membre du Comité directeur départemental des PO

Responsable des Sentiers

Tel : 04.68.39.77.18

 

A Monsieur JULLIEN Gilbert

 

Monsieur,

 

Je viens de prendre connaissance de votre courrier du 25 Août au sujet des problèmes que vous avez rencontré sur le Tour du Vallespir. Ce courrier m'avait été communiqué par le Président départemental lors de la réunion du Comité Directeur du 31 août à Perpignan et je le classe parmi ceux qui font plaisir à lire car ils démontrent la qualité des randonneurs de la FFRP et leur soucis de parfaire notre terrain de jeu naturel.

Vous avez très bien exposé tous vos problèmes et je me sens un peu responsable de ce qui vous est arrivé car j'avais apposé un panneau de fermeture de sentiers à l'entrée du sentier au départ de Prats et je n'avais pas pensé aux randonneurs arrivant dans l'autre sens ce que je vais m'empresser de corriger en attendant l'ouverture que nous espérons prochaine de ce beau sentier sur le secteur du Miracle après le désastre de la tempête Klauss qui nous a donné bien des soucis.

Je profite de ce courrier pour vous informer que le Tour du Vallespir va être complètement finalisé car il fait partie du grand projet du Conseil Général à travers son entité " Canigou Grand Site ".

Si vous souhaitez recevoir les documents sur cet itinéraire vous pouvez nous communiquer vos coordonnées postales.

Pour ce qui est du secteur de la Tour du Mir, la situation est tout à fait normale.

J'ose espérer que ce courrier vous soulagera un peu de la galère que vous avez connu et je vous prie de m'en excuser encore une fois.

Je joins une copie de ce courrier au Président du Comité Départemental qui m'avait demandé de vous répondre en tant que responsable du secteur ainsi qu'à Monsieur le Maire de Prats de Mollo La Preste.

 

Recevez Monsieur mes sincères salutations et peut être au plaisir de se connaître un jour à Prats ou sur l'un de nos sentiers du Haut-Vallespir.

 

DUNYACH Joseph

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Publié le par gibirando

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Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi : ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voudraient faire le contraire, et l'immense majorité de ceux qui ne veulent rien faire.

Confucius (551 av.JC-479 av.JC).

 

Bibliographie et cartographie :

(Vous trouverez ci-dessous le topo-guide et les cartes que j'ai utilisés lors de ce Tour du Vallespir. Les autres livres m'ont permis de m'imprégner de cette région et ainsi de mieux la comprendre sur le plan culturel. Concernant l'Histoire et la géographie du Vallespir, de nombreux sites Internet m'ont aidé dans ces domaines.)

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Canigou-Vallespir-Conflent- Le Guide Rando- Georges Véron- Rando Editions-2002.

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-Carte IGN Top 25 2349 ET Massif du Canigou

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-Carte IGN Top 25 2449 OT Céret Amélie-les-Bains Palalda-Vallée du Tech.

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-Promenade littéraire à travers le Vallespir - Recueil de textes et de poèmes- Michel Wallon - Les Presses- Littéraires-2002.

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-Domenica ou la Vallée âpre- Roman- Marie Vallespir- Les Presses de l'Imprimerie du Vallespir-1959. Préface de Joseph Ribas. 

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-Mes Cahiers du Vallespir - Recueil Traduction de poèmes en catalan- Robert Gendre - Imprimerie Le Castellum-1975. Préface d'Abdon Poggi.

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-Ballades Catalanes- Recueil de poèmes et de photographies- Alain Taurinya- Michèle Maurin - Editions Magellan et Cie - 2002

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 -Mes jeunes années racontées par ma mère et moi - Essai de Charles Trenet et Marie-Louise Caussat-Trenet- Editions Robert Laffont-1978

 

Sites Internet :

 (Autant que c'est possible, j'essaie de faire en sorte que les liens fonctionnent, chose peu facile certains changeant de nom de domaine, d'autres disparaissant carrément.)

- http://clubdelittenim.wordpress.com/randonnees/

- http://cortsavisempre.free.fr/index.html

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Regions/Vallespir.php

- http://jeantosti.com/roussillon.htm

- http://lamanere-barrutet.com/

- http://pagesperso-orange.fr/casafr/vallespir/vallespir.htm

- http://www.amelie-les-bains.com/

- http://www.charles-trenet.net/

https://www.vallespir.com/

https://www.sudcanigo.com/item/damia-noell-chambres-dhotes/

http://www.haut-vallespir.fr/

- http://www.hotel-ausseil.com/

- http://www.la-clau.net/

- http://www.lamanere.fr/

- http://www.mairie-perpignan.fr/

- http://www.maisondupatrimoine-ceret.fr/

- http://www.mediterranees.net/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Montbolo

- http://www.notredameducoral.com/

https://www.vallespir-tourisme.fr/

- http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1941_num_29_2_4312

- http://www.pratsdemollolapreste.com/

- http://www.pyrenees-orientales.pref.gouv.fr/

- http://www.reserves-naturelles.org/

- http://www.reynes.fr/html/vallespir.htm

- http://www.vallee-du-tech.com/

- http://www.ville-arles-sur-tech.fr/

- http://www.ville-saint-laurent-de-cerdans.fr/

 

Cette liste de sites Internet n'est pas exhaustive car j'ai également consulté des sites comme Wikipédia, Wiktionnaire, Généanet, Freelang ou Lexilogos et divers forums. Il y a certainement bien d'autres sites concernant le Vallespir, la Vallée du Tech, les villes et les lieux visités lors de cette randonnée. Que ceux qui les ont créés m'excusent de ne pas les citer mais il m'était bien sûr impossible de tous les mentionner dans ce récit. Tous les sites évoqués ci-dessus ont largement contribués soit à la préparation ou à la réalisation du Tour du Vallespir lui-même soit à la rédaction de ce récit. Pour ces raisons, je remercie très sincèrement les auteurs, les propriétaires et les webmestres de tous les sites compulsés.

 

Petit lexique classé dans un ordre d'apparition dans ce récit :

 

Le lexique ci-dessous n'a pas la prétention d'être complet. Il reprend la plupart des noms propres cités pour tenter de les décrire ou de les expliquer dans l'ordre chronologique où ils apparaissent dans ce récit. Grâce à ces explications, j'espère que le lecteur appréhendera mieux la géographie et l'histoire du Vallespir. J'ai volontairement oublié certains noms et j'aurais pu par exemple citer Céret qui est la sous-préfecture du département des P.O, considérée comme la capitale du Bas-Vallespir, mais son absence vient simplement que la ville n'est pas située sur le Tour du Vallespir.

 

Vallespir : Région vallonnée et montagneuse du département des Pyrénées-Orientales qui s'étire sur une quarantaine de kilomètres le long de la vallée du Tech. Le mot vient du latin " Vallis Asperi " qui signifie " vallée âpre " mais âpre au sens de difficile, rude, abrupt.

Vallée du Tech et l'aiguat de 1940 : Bassin versant d'environ 750 km2 le plus méridional de France. Le Tech, long de 85 km, est un fleuve côtier des Pyrénées-Orientales qui prend sa source, dans le massif du Costabonne, au Roc Colom à une altitude de 2.450 m environ. Ce bassin versant associe montagne et plaine, avant d'atteindre la Méditerranée au lieu-dit le Bocal du Tech. Par son débit qui peut-être parfois très exceptionnel (4000 m3/s), le Tech est une fleuve redoutable. Au fil des siècles, il a très souvent débordé laissant le Vallespir et toute la Catalogne exsangue. Les plus effroyables inondations, qu'ici on appelle " aiguat ", ont eu lieu en 552, 1224, 1763, 1842 et 1940. Le Haut-Vallespir ayant été l'épicentre de cette catastrophe d'octobre 1940, de nombreux habitants gardent encore en mémoire les images d'horreur et de désastre de ces crues monstrueuses : 300 personnes perdirent la vie en Catalogne dont 50 côté français, 60 immeubles furent emportés à Arles-sur-Tech et Amélie-les-Bains où la gare et le casino disparurent dans les flots, des dizaines d'habitation furent emportées à Prats-de-Mollo et dans de nombreux autres villages. Des éboulements gigantesques de plus de 50 mètres de hauteur barrèrent la vallée (La Baillanouse), 4 usines électriques et de nombreuses entreprises furent pulvérisées, les coulées à la fois liquides et solides se déversèrent dans les campagnes dévastant toutes les cultures et laissant dans les terres arables une incroyable accumulation de rochers, de cailloux et de sables inadaptée à l'agriculture future, les flots emportèrent de nombreux ponts et voies de communication. Ces précipitations diluviennes furent considérées par les météorologues comme une " anomalie fantastique " de la nature. Vous trouverez quelques témoignages de l'époque sur la page Internet suivante : http://pluiesextremes.meteo.fr/france-metropole/Aiguat-fantastique-sur-le-Roussillon.html

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - RemerciementsMes jeunes années : Les paroles de cette chanson sont de Charles Trénet et la musique de Marc Herrand, pianiste, arrangeur de talent et ancien ténor des Compagnons de la Chanson. Elle date de 1949 (encore une coïncidence puisque c'est l'année de ma naissance !) et la partition est parue aux Editions Raoul Breton. Charles Trenet l'a composée lors d'une tournée qu'il effectuait au Canada. Dans l'importante discographie de Trenet, cette chanson figure dans pas moins de 27 disques et albums. Elle est donc une chanson très importante du registre du poète et chanteur. Charles Trenet y évoque ses souvenirs de jeunesse quand il allait courir la montagne du côté du Vallespir, du Canigou ou de la Cerdagne qu'il aimait tant. En 1922, son père s'installe comme notaire à Perpignan, ville dont il est natif. Peu de temps après, il fait la connaissance d'Albert Bausil, un ami à son père. Albert Bausil, l'enfant du Canigou, le poète et écrivain, chantre inspiré du Roussillon, lui fait découvrir les arts et la culture catalane. Pour le petit garçon émerveillé au regard clair, cette rencontre est capitale et Albert Bausil devient son mentor, voire son Pygmalion. Sans cet homme, qui aura sur l'adolescent une influence capitale, il n'y aurait peut-être pas eu de "Fou chantant", mais rien qu'un petit architecte de province… Bausil accueille Charles dans son "Coq Catalan", un petit hebdomadaire littéraire, satirique et sportif. Le jeune poète y fera ses premières armes, des vers qui, déjà, respirent la liberté et l'amour de la vie avec enthousiasme. Cette chanson a été reprise par nombre d'autres chanteurs et surtout par de nombreuses chorales comme les Petits Chanteurs à la Croix de Bois par exemple. Mais les meilleurs interprètes de Trenet restent les Compagnons de la Chanson qui ont repris un grand nombre de textes du grand poète. En 1978, "Mes jeunes années racontées par mère et moi" est un livre autobiographique écrit à quatre mains par Charles Trenet et sa mère Marie-Louise Caussat-Trenet paru aux Editions Laffont.

(Personnellement, cette chanson, reste le souvenir et le symbole d'une jeunesse insouciante, éprise de liberté et d'amour de la vie et de la nature. Je me reconnais dans cette chanson et en la réentendant, elle est devenue tout naturellement un hymne à mon Tour du Vallespir). Cliquez sur l'image de la partition ci-dessus pour écouter la chanson.

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Georges Véron : Ce grand pyrénéiste né dans la Sarthe en 1933 est mort en 2005. Professeur de biologie, il a d'abord pratiqué le football et l'athlétisme pendant plus de vingt ans avant de découvrir les Pyrénées. Quand il découvre la chaîne de montagnes, il en " tombe amoureux " et en fait rapidement sa passion. Il enchaîne les balades à un rythme qui lui vaut le surnom de " stakhanoviste de la montagne ". En 1968, il effectue la traversée des Pyrénées et réussit le pari d'aller de la mer Méditerranée à l'océan Atlantique par la haute montagne, en 41 étapes, uniquement à l'aide de cartes. Il devient ainsi le créateur de la Haute Randonnée Pyrénéenne, célèbre H.R.P qui traverse les Pyrénées par les chemins pédestres des plus hautes crêtes et des plus hauts cols. A partir de là, il va se consacrer presque exclusivement à la randonnée, à pied mais aussi en V.T.T. Membre du Club alpin français, collaborateur de la Fédération française de la randonnée pédestre, il participe à la création du célèbre G.R.10, longue randonnée de 850 kms qui part d'Hendaye dans les Pyrénées-Atlantiques et se termine à Banyuls-sur-Mer dans les Pyrénées-Orientales . En 1978, il enseigne à Tarbes, conseiller technique de l'association " Randonnées Pyrénéennes ", Georges Véron publie de nombreux ouvrages et une trentaine de guides de randonnées consacrés aux Pyrénées : 100 randonnées, 100 plus beaux sommets, itinéraires de VTT et chemins de Saint-Jacques de Compostelle, etc.… Avec son topo-guide Canigou, Vallespir, Conflent, il est le créateur du Tour du Vallespir.

Amélie-les-Bains : Autrefois, la ville s'est appelée les " Bains d'Arles ", nom provenant d'Els Banys (les bains) et d'Arles pour Arles-sur-Tech. Ce nom désignait un monastère qui était érigé à cet endroit. Le nom actuel date de 1840 et fut donné à la commune en hommage à la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, qui faisait de nombreux séjours aux Thermes. Vaste de 2943 hectares, située au cœur du Vallespir, au bord du Tech et de son affluent le Mondony, la commune est désormais composée de 2 autres villages qui ont été annexées : Palalda en 1942 et Montalba en 1962. La cité est une station thermale renommée depuis l'antiquité.

Montbolo : Cité située sur la rive gauche du Tech à 600 mètres d'altitude, on l'appelle couramment le " Balcon du Vallespir " tant son panorama est exceptionnel sur la plaine du Roussillon, le Canigou, la chaîne des Albères et la vallée du Tech. De son exposition plein sud, Montbolo reçoit un ensoleillement maximum en hiver et, en été cette chaleur est tempérée par la fraîcheur due à l'altitude. L'absence de toute activité industrielle contribue à une qualité de l'air remarquable et pour compléter ce cadre idyllique, l'alimentation en eau est assurée par des sources captées à plus de 1500 mètres d'altitude. Ce village est également connu pour sa procession de la " Rodella " qui se déroule chaque 30 juillet et dont l'origine païenne remonterait au début du christianisme. Depuis l'église Saint-André de Montbolo, cette procession consiste à se rendre par un sentier forestier à l'abbaye d'Arles-sur-Tech pour aller vénérer les reliques des saints Abdon et Sennen. Mais la particularité de ce pèlerinage est de descendre une croix chrétienne sur laquelle a été placé un grand cerceau fait d'un enroulement de cire d'abeille que l'on appelle " la Rodella ". Il existe également autour de cette " Rodella " une légende basée sur un texte historique de 1465 que vous pouvez découvrir sur les deux sites Internet suivants :

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Traditions/Rodella.php

https://www.labalma.fr/index.php/fr/camping-fr/fetes

Formentere ou Formentera : Col à 1.133 m d'altitude situé à la limite du Haut-Vallespir et des Aspres sur le chemin du Tour du Vallespir et l'ancienne voie ferrée minière. Non loin de ce col, il y a le hameau oublié de Formentere, ancienne gare minière qui a eu son heure de gloire au temps de l'exploitation des mines de fer autour du Massif du Canigou (Batère, les Manerots, La Pinouse, Rapaloum, etc.…). De Formentere, grâce à une ligne de câbles et de chariots de plus de 5 kilomètres, le minerai cuit était descendu par voie aérienne jusqu'à Arles-sur-Tech.

Batère : Lieu situé à cheval entre Vallespir, Aspres et Haut- Conflent connu pour sa tour médiévale du 13eme siècle construite à l'époque où les Rois de Majorque régnaient sur le Roussillon et la Cerdagne. Cette tour à signaux assurait la surveillance et la communication à l'aide de fumées le jour et de feux la nuit. Elle était certainement en liaison avec d'autres tours et châteaux du Vallespir (Montbolo, Corsavy, Cos, Mir, Palalda, Cabrens) et les tours d'autres régions comme la Tour de la Massane ou bien celle de la Madeloc. Mais Batère est également connu pour ses anciennes mines de fer, fer apprécié depuis la nuit de temps (200 avant JC). Ces mines étaient les plus importantes du département, elles alimentaient un nombre incalculable de forges. Les mines fonctionnèrent jusqu'en 1994 donnant à toute la région un essor économique considérable. En 1953, la société d'exploitation construisit à 1.540 m d'altitude un bâtiment pour les mineurs et leurs familles, ce bâtiment sert désormais de refuge et de gîte aux randonneurs de tout poil.

La tempête Klaus : Le 23 janvier 2009, Klaus est le nom donné à une tempête en cours de formation par l'Institut de Météorologie allemand en l'honneur d'un certain Klaus Schümann. Au départ, c'est le satellite Météosat qui va envoyer des images d'une dépression étonnante situé sur l'Atlantique Nord, profonde dépression qui va engendrer des vents d'une force exceptionnelle et d'une vitesse inouïe. Cette tempête a principalement touché le sud-ouest de la France, la principauté d'Andorre, le nord de l'Espagne et une partie de l'Italie entre le 23 et le 25 janvier 2009. Dans le sud de la France, nombreux sont ceux qui considèrent à juste titre comme plus dévastateur Lothar, la tempête de décembre 1999, mais ce n'est pas le cas du Vallespir et du Roussillon où Klaus a été bien plus violent. Le 24 janvier, les dégâts ont été considérables et en tous cas, évalués à 38 millions d'euros. Le département a été reconnu comme en état de catastrophe naturelle. Tous les records ont été battus : 216 km/h au Col d'Envalira, 193 km/h à Formiguères, 191 km/h pendant deux heures au Cap Béar, 184 km/h à Perpignan, record absolu de 1999 battu de plus 40 km/h. Les forêts de résineux (pins sylvestres et cèdres) du Vallespir ont été parmi les plus ravagées et l'importance des dégâts a été estimée avec des prises de vue aériennes. Au-delà des dégâts, le problème pour la filière bois, c'est que cette tempête Klaus est arrivée dans une conjoncture économique beaucoup plus mauvaise qu'en 1999.

Riuferrer : Affluent du Tech, le Riuferrer (la rivière du fer) est un torrent impétueux d'une longueur de 17,7 kms qui prend sa source dans le cirque du Faig au pied du Puig dels Tres Vents à une altitude de 2.300 m environ et se jette dans la Tech à Arles-sur-Tech. De nombreux pêcheurs parcourent ses rives pour ses excellentes truites.

La Coumelade : Affluent du Tech, la Coumelade est une rivière qui prend sa source sur le versant sud de la crête des Tres Vents à 2.570 mètres d'altitude et qui, après avoir parcouru 15 kms, se jette dans le Tech au hameau Le Tech. Dans sa partie torrent, elle appréciait des adeptes de la descente en canyon.

Saint-Guillem de Combret : Situé dans la vallée de la Coumelade, le minuscule hameau est essentiellement connu pour son ermitage dont l'histoire commence au 9eme siècle. A cette époque, une chapelle dédiée à Sainte-Magdeleine de Combret avait été construite par un certain " Guillem ". Guillem offrait, sans aucune compensation, gîtes et couverts à tous les pèlerins qui partaient de Saint-Michel de Cuxa pour se rendre à Saint-Jacques de Compostelle par le col d'Ares et l'Espagne. Guillem était si apprécié de tous les voyageurs et le lieu si prisé, qu'après sa mort tout le monde l'appela Saint-Guillem malgré qu'il n'ait jamais été canonisé. Aujourd'hui la chapelle et ses dépendances sont connues sous le nom de Saint-Guillem de Combret. Le hameau dispose d'un refuge non gardé. Malgré quelques restaurations, la chapelle a peu changé au fil des siècles, elle mesure 15 mètres de long pour 4 mètres de large et est de style roman. Sa cloche très ancienne est exceptionnelle et est à l'origine d'une légende prétendant que Guillem l'aurait modelée de ses propres doigts car il en reste, paraît-il, encore l'empreinte sur le métal. Le 22 juillet de chaque année, les habitants du village Le Tech, de Prats de Mollo et d'autres villages alentours effectuent un pèlerinage.

La Parcigoule : C'est une rivière de 9 kms de longueur, affluent du Tech qui prend sa source à une altitude de 1.920 mètres au lieu-dit Les Estables. Elle rejoint le Tech au hameau de Saint-Sauveur entre Prats-de-Mollo et la Preste. Le bassin de la Parcigoule présente la particularité d'avoir été une des vallées les plus déboisées et dépeuplées du Vallespir, tout d'abord à cause des nombreuses forges qui utilisaient intensément son bois puis à cause des crues répétitives (aiguat) d'octobre 1940 puis d'avril 1942. Un reboisement et des barrages ont été aménagés pour stabiliser et protéger la vallée.

Joseph de la Trinxeria : né en 1637 à Prats-de-Mollo, commune d'Espagne à l'époque, il s'insurgea contre la gabelle, cette célèbre taxe sur le sel, abolie depuis 1292 mais qui venait d'être réhabilitée en 1661 par Louis XIV après l'annexion de la Catalogne du Nord (Roussillon, Vallespir, Conflent, Cerdagne, Capcir) au royaume de France par le Traité des Pyrénées de 1659. En 1666, indigné d'avoir été surtaxé par les Gabelous, ces préposés chargés de la récolte, il leva une armée d'Angelets et tint tête pendant quelques années à toutes les troupes envoyées contre lui. Ces nombreuses victoires lui apportèrent un énorme prestige et nombreux furent ceux qui se rallièrent à sa cause. Il devint rapidement un héros dans le Vallespir tout entier et bien au-delà encore dans toute la Catalogne. C'est en partie à cause de ces révoltés que Louis XIV fit construire par Vauban, le Fort Lagarde de Prats-de-Mollo à partir de 1677. Quelques années plus tard, Joseph de la Trinxeria qui n'avait pas renié ses origines, devint officier des armées d'Espagne et se battit contre le royaume de France aux côtés des Miquelets. Il ne cessa jamais de se battre sur de nombreux fronts et termina sa vie comme colonel en 1689. Il mourut en 1694.

Prats-de-Mollo - La Preste : Avec une superficie de presque 12.000 hectares, cette commune est la plus étendue du département des Pyrénées-Orientales. Située au bord du Tech à 735 mètres d'altitude, elle dispose d'un patrimoine historique exceptionnel : Eglise gothique Saintes Juste et Ruffine, Fort Lagarde et fortifications construites par Vauban, Tour de Mir, nombreuses chapelles, etc.… Il faut dire qu'au regard de sa situation géographique, Prats fût tout au long de son histoire le théâtre de soubresauts franco-espagnols incessants. Longtemps tournée vers l'agriculture, l'élevage, la sylviculture et quelques industries locales (textiles, espadrilles, etc.…), la cité vit désormais du tourisme et des Thermes de la Preste, bourg rattaché à Prats mais éloigné de huit kilomètres à une altitude de 1.130 mètres. Le mot " Prats " signifie " prés " mais deux versions s'opposent quant à l'origine du mot " Mollo ", certains le traduisant par " mouillé " d'autres avançant qu'il signifie " grosse pierre" en catalan. Alors " prés mouillés " ou " prés bornés ", les deux définitions ont leur logique tant la cité a été souvent la scène de crues mémorables mais aussi un bourg toujours borné ou limité par une frontière mouvante et parfois incertaine. Il faut savoir en effet que malgré le Traité des Pyrénées de 1659 signé entre le roi de France Louis XIV et Philippe IV, roi d'Espagne, le véritable tracé de la frontière entre la province du Roussillon et l'Espagne ne fût déterminé et borné que deux siècles plus tard en 1866 avec le Traité de Bayonne entre l'Empereur Napoléon III et la reine Isabelle II d'Espagne. De par leur situation géographique ambiguë et instable, c'est dire si les Pratéens ont longtemps été indécis et désorientés quant à leur citoyenneté réelle. Alors n'est-il pas un peu logique qu'ils aient été avant tout catalans avant d'être espagnols ou français ? En raison de son milieu, de son relief varié et de ses richesses naturelles remarquables (flore, faune et géologique) la commune a été classée " Réserve Naturelle " en 1986.

La tour de Mir : Situé à 1.540 m d'altitude et datant du 13eme siècle, comme la tour de Batère, la tour de Mir était chargé d'émettre des signaux pour assurer les communications avec d'autres tours comme celle de La Guardia, une autre tour de Prats-de-Mollo où a été érigé ensuite le Fort Lagarde. A cette époque où les catalans se lancent dans de nombreuses conquêtes tout autour de la Méditerranée, la tour de Mir présente l'avantage d'être à la fois tournée vers la mer et vers l'intérieur des terres, car plus particulièrement affectée à la surveillance de Col d'Arès, passage obligé vers des territoires intérieurs comme le royaume d'Aragon notamment. De son piton rocheux, on aperçoit très distinctement le château et les tours de Cabrens, elles-mêmes en liaison avec la Tour de Batère et ainsi de suite jusqu'aux tours des Albères et du Roussillon. La tour de Mir est située sur le chemin du Tour du Vallespir.

La Retirada : Le mot " Retirada " signifie " retraite " en espagnol mais il désigne plus particulièrement l'exode humanitaire que des milliers de républicains espagnols vécurent à partir de janvier 1939. En deux semaines, c'est 100.000 réfugiés qui passent la frontière au col d'Arès pour fuir la dictature de Général Franco dont l'alliance avec le régime nazi d'Hitler inquiète l'Europe toute entière. Le 31 janvier, le ministre de l'intérieur Albert Sarraut vient à Prats-de-Mollo pour organiser ces arrivées massives. Il fait construire 4 camps d'hébergement dans la vallée du Tech. Tout est bon pour accueillir les réfugiés et affronter ce glacial et cinglant hiver. Le 13 février, la frontière est officiellement fermée et gardée par les soldats de Franco. Mais ce sont environ 500.000 personnes, pleines d'un espoir d'un avenir meilleur qui arrivèrent en France par de multiples passages frontaliers. Mais pour ces réfugiés, internés dans des camps ceinturés de fils barbelés, cette espérance fût le plus souvent déçue, car ils avaient fuit l'arbitraire, la torture et la terreur instaurée par le régime totalitaire espagnol pour ne trouver en France que privation de liberté, dans des conditions généralement pitoyables pour ne pas dire inhumaines.

Notre-Dame du Coral : Il s'agit d'une chapelle longue de 23 mètres et large de 7 mètres qui a été construite sur un éperon rocheux à 1.091 m d'altitude dans un cadre de verdure exceptionnel. On pense qu'à l'origine, au 9eme siècle, il s'agissait d'un simple sanctuaire (petite chapelle ou oratoire) qui servait de lieu de prières. Puis comme souvent, un village, ici Miralles, se développa autour de cette chapelle. La légende prétend qu'une statue de bois représentant la vierge Marie provenant de cette chapelle ait été dissimulée dans un tronc d'arbre, puis retrouvée plus tard. Cette trouvaille aurait été l'occasion d'un engouement populaire qui amena la construction de la nouvelle église paroissiale de Miralles. C'est ainsi que Notre Dame du Coral est apparue, bâtie sur les restes de la chapelle primitive, pour servir d'église aux habitants du village. Dans les textes historiques, Sancta Maria de Coral apparaît à partir de l'an 1267 comme appartenant à l'abbaye de Camprodon (Espagne). Mais au fil des siècles, et selon les mouvements de la frontière, le site eut divers propriétaires religieux, privés ou publics. Mais les occupants de la chapelle ont été le plus souvent des ermites forains qui voyageaient en quête de charité et d'oboles. A présent, la chapelle et certaines de ses dépendances servent de refuge avec gîtes, restaurant, tables et chambres d'hôtes. L'étymologie de " Coral " est très discutée mais la plus probable est que ce nom viendrait simplement de " corail " comme la couleur rouge de certaines roches que l'on trouve dans le secteur en montant par exemple vers le col de Malrems ou le Pla de la Muga.

Lamanère : C'est un village du Vallespir situé à 777 mètres d'altitude et à vol d'oiseau vers le sud à moins de 3 kms de la frontière espagnole. Entourée de montagnes et de collines avec les Baga de la Sadella et de la Bordellat (1.554 m) au sud, le Mont Nègre (1.425 m) à l'est, le Roque de Cap de Ca et la serra de Cabrens (1.326 m) au Nord, le Puig de las Coubines et El Tossal (1.281m) à l'ouest et nichée au fond d'une verdoyante vallée à la jonction de plusieurs rivières et ruisseaux (Lamanère, Taix, etc.…) elle est la commune la plus méridionale de l'hexagone. Riche de divers minerais (fer, or, plomb argentifère, cuivre) qui y furent exploitaient en leurs temps, son nom proviendrait du catalan " La Menera " signifiant " La Minière ". Grâce à ses paysages magnifiques et variés, elle est un lieu propice à de nombreuses activités de plein air (randonnées, VTT, baignades, canyonning, etc.…). Mais de par son emplacement géographique très isolé, on ne connaît pas grand-chose de son histoire, si ce n'est qu'elle a longtemps était dépendante de la commune de Serralongue où régnaient au Moyen-Âge les seigneurs de Cabrens. Mais Lamanère, c'est aussi une rivière, affluent du Tech, longue de 15,7 kms, qui elle-même est alimentée par d'innombrables petits ruisseaux affluents.

Les Estanouses : Minuscule hameau perdu du Haut-Vallespir situé au pied des tours de Cabrens, non loin des villages de Lamanère et de Serralongue à une altitude de 1.019 mètres. Il y a encore quelques années (2004 ou 2005), on pouvait le traverser en empruntant une des variantes du Tour du Vallespir. Aujourd'hui, ce chemin est barré car il est devenu un domaine privé, et si j'en crois mes recherches Internet, faisant chambres et tables d'hôtes pour accueillir les touristes.

Cabrens : La seigneurie de Serralongue, commune du Vallespir, est gouvernée dès le 11eme siècle par les " seigneurs de Cabrenç " en référence aux chèvres qui peuplaient les collines et qui étaient les seuls animaux à pouvoir grimper jusqu'à leur château. Le premier seigneur fût Oriol de Cortsavi mais la dynastie des Cabrens composée de diverses familles au gré des alliances et des successions eut une immense influence sur une grande partie du Vallespir et régna fort longtemps et au moins jusqu'en 1792, date à laquelle l'état français créa les communes et où le dernier seigneur Abden Senen de Ros, baron de Cabrens s'expatria en Espagne. Aujourd'hui le site de Cabrens est surtout connu pour ses trois tours, objectifs de randonnées à partir de Lamanère ou de Serralongue. Situées au faîte d'une crête rocheuse, les trois tours sont en réalité les ruines du château construit en 1086 par les seigneurs de Cabrens, celles d'un donjon adjoint au 11eme siècle qui aurait fait office de geôles et enfin celle d'une tour à signaux du 14eme siècle qui communiquait avec de nombreuses autres tours du Vallespir (Mir, Batère et Cos). Au regard de sa position géographique dominante, l'ensemble devait constituer une forteresse quasi imprenable.

Saint-Laurent-de-Cerdans : Le village daterait du 11eme siècle, date à laquelle des moines de l'abbaye d'Arles-sur-Tech aurait construit une église dédiée à Saint-Laurent, martyr du 3eme siècle. Le terme " Cerdans " apparaît au 12eme siècle avec le nom d'un mas (Manso de Cerdanis). Mais ce nom lui-même proviendrait du nom d'un peuple des montagnes de la région, descendant des Ibères qu'on appelait " Les Cérêtes ". Ce peuple serait aussi à l'origine des noms de la ville de Céret et de la région de Cerdagne. La ville construite à l'intersection de plusieurs cours d'eau (la Quére, le Saint-Laurent, la Bilvera, etc.…) est entourée de plusieurs " serrats ", petites chaînes de montagnes (Cogull, Montner, Provadona, Capell, Garsa, etc.…) dont la plupart dépassent les 1.000 mètres d'altitude. Elle fût un lieu de passage, d'échanges et surtout de contrebande avec l'Espagne tout au long des époques. Pendant très longtemps, la prospérité de la cité a reposé sur les industries liées au fer avec de nombreuses forges alentours qui ont données leurs noms à des lieux-dits (la Forge del Mig, la Forge d'en Bosc, la Forge d'Avall, etc.…), au bois (exploitation du châtaignier encore très présent dans les forêts de nos jours) mais l'industrie la plus originale a été celle de la fabrication d'espadrilles que l'on appelle ici " vigatanes " et qui, bien sûr, a été étroitement liée aux fabriques de tissus. Ces deux dernières activités artisanales sont encore bien présentes aujourd'hui au travers des sociétés " Vallespir Sandales " et " Les Toiles du Soleil ". Grâce à son riche patrimoine historique, culturel et naturel et au tout proche domaine hôtelier de Falgos pourvu de son terrain de golf de 18 trous, le village vit désormais au rythme du tourisme.

La famille Noëll : Le 23 janvier 1676, l'église de Saint-Laurent-de-Cerdans avait brûlé ainsi que quelques maisons voisines dont celle de la famille de Noëll. Au 18eme siècle, la destruction de ces documents anciens avait amené Abdon Noëll à solliciter du roi de France Louis XV la reconnaissance et la confirmation de sa qualité de noble et de ses titres. C'est en décembre 1766 qu'Abdon de Noëll reçut cette confirmation et ses nouvelles lettres de noblesse signée de Louis XV et du duc de Choiseul. Il fût nommé baron de Vilaro, petit hameau proche de Saint-Laurent. Notaire à Saint-Laurent-de-Cerdans, Abdon, le seigneur de Vilaro, âme de la Résistance du Vallespir, fût le plus connu de tous car en avril 1793 avec l'aide du général espagnol Antonio Ricardos, il évita le massacre programmée par la Convention Nationale de toute la population de Saint-Laurent-de-Cerdans. Quand on sait que cette guerre entre la France et l'Espagne, galvanisé par l'hostilité de la monarchie espagnole envers la République Française, commença pour empêcher l'organisation d'une simple procession, on comprend mieux l'attachement que les Laurentins avaient pour leurs traditions et leur liberté de culte. Ce culte de l'église et cette liberté sont encore fermement ancré de nos jours et on les retrouve à travers diverses manifestations.

Puis ce fût Jacques de Noëll qui, au 20eme siècle, grimpa l'échelle de la renommée, mais dans un autre registre, celui de la musique. Il fut un grand compositeur de musiques catalanes et de sardanes. Et comme ici en Vallespir, comme dans toute la Catalogne, la sardane est une danse et une musique sacrée, Jacques de Noëll fût un musicien très apprécié. Il y eut également Louis, archéologue apprécié, frère de Jacques mais mort trop jeune pour être resté dans l'Histoire. Mais tout au long des siècles, les de Noëll étaient surtout de riches aristocrates et des notables reconnus, certains étaient notaires, d'autres maîtres de forge ou propriétaires d'exploitations minières, d'autres propriétaires terriens. Malgré la perte de leurs titres de noblesse à la Révolution Française, les de Noëll gardèrent un certain prestige dans tout le Roussillon certains devenant des chefs d'entreprise reconnues, d'autres tentèrent l'aventure de la vie politique, beaucoup devenant maires de nombreuses communes. La bâtisse, maison de famille des de Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans avait été construite en 1606 et le premier occupant avait été un certain Damia (1560-1612) qui, au côté de Joseph de la Trinxeria, s'était révolté contre les effets néfastes du Traité des Pyrénées de 1659. Cette maison Damia Noëll a été rachetée, il y a quelques années, par un couple très sympathique Isabelle et Mario Lopes, qui en ont fait une table et des chambres d'hôtes absolument remarquables.

Pilon de Belmatx ou Belmaig : Ici en Catalogne, on prononce " Belmach ". Il s'agit d'un sommet du Vallespir avec une altitude somme toute modeste puisque élevée au dessus du niveau de la mer à 1.280 mètres seulement. Il est situé sur une longue crête rocheuse qui s'appelle la Serre de Montner et qui surplombe la cité d'Arles-sur-Tech. Mais sa renommée vient justement de la difficulté que l'on rencontre à le gravir à partir d'Arles-sur-Tech puisque c'est pas moins de 1.020 mètres de dénivelé qu'il faut accomplir sur un sentier très difficile car terreux et caillouteux et très souvent raviné. Pour y monter, il faut emprunter un tronçon du célèbre GR.10 jusqu'au Col de Paracolls et c'est certainement pour çà que cette randonnée s'inscrit très souvent comme une " incontournable " du département. Montagne mythique pour les Arlésiens, chaque printemps, un trail de 11 kilomètres, course réunissant des spécialistes de ce sport mais aussi de simples concurrents est organisée par l'association Arles-Belmaig. Est déclaré vainqueur du " Km Vertical Walsh " celui qui accomplit exactement les 1.000 mètres de dénivelé (environ 100 mètres avant le sommet) dans le laps de temps le plus court.

Arles-sur-Tech : Bien que n'ayant pas traversé cette ville lors de ce Tour du Vallespir, je l'ai eu très souvent devant mes yeux lors de la 1ere et de la dernière étape. Comment parler du Vallespir sans évoquer Arles-sur-Tech qui est certainement une des villes les plus anciennes de cette région puisqu'on a retrouvé des vestiges datant de la Préhistoire (dolmen). Comment parler d'Arles-sur-Tech sans parler de sa Sainte-Tombe et des saints Abdon et Sennen. En ce qui concerne la Sainte-Tombe et son fameux mystère, il s'agit d'un sarcophage de pierre du 3eme siècle qui est situé dans une courette de l'église et qui produit une quantité d'eau pure importante et " d'origine inconnue " (200 à 300 litres par an en moyenne, parfois beaucoup plus, jusqu'à 800 litres l'an). La thèse du miracle a bien évidemment été la première avancée, tandis que d'autres hypothèses ont vu le jour tout au long de l'histoire, relayées ces dernières années par des médias avides de sensationnel. Malgré un premier travail sérieux et concluant dans les années 60 et encore récemment, le panneau situé au dessus du sarcophage explique encore aujourd'hui que la Sainte Tombe n'ait pas livré son secret. Mais la théorie la plus souvent émise serait que le couvercle serait suffisamment poreux pour laisser pénétrer l'eau des pluies alors que le fond du sarcophage serait parfaitement imperméable. Quand à Abdon et Sennen, en l'an 960 un abbé se nommant Arnulfe aurait rapporté de Rome des reliques authentifiées comme étant celles de ces deux saints persans. Elles vaudront à Arles le surnom de "ville des Corps Saints". Ces deux Saints sont toujours vénérés à Arles. Mais autour de ces saints, il existe une légende qui se recoupe avec une autre légende du Vallespir, celle des " Simiots ", des êtres malfaisants, dévoreurs d'enfants, moitié félins et moitié singes qui vivaient dans les forêts et les montagnes du Vallespir. Je vous laisse le soin de prendre connaissance de ces légendes sur les excellents sites suivants :

https://www.sudcanigo.com/decouvrir/contes-et-legendes/

http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Legendes/Simiots.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdon_et_Sennen

 

Remerciements :

 

Je remercie très sincèrement toutes les personnes qui m'ont accueillies lors de mes différentes arrivées d'étapes : au Refuge de Batère, à l'hôtel Ausseil à Prats-de-Mollo et à Notre-Dame du Coral. Partout, je fus parfaitement reçu. Bien sûr, ma meilleure soirée mais la plus onéreuse aussi fût celle passée à la Maison Damia Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans, il est vrai en table et chambre d'hôtes d'une qualité remarquable. L'accueil d'Isabelle et Mario fût tel qu'ils méritent vraiment une mention spéciale. Je conseille vivement cet endroit à tous les randonneurs qui pourront se permettre de dépenser 78 euros pour une demi-pension. J'ai essentiellement marché en solitaire sur ce Tour du Vallespir mais je remercie les quelques personnes que j'ai rencontré au cours de ce voyage et qui, d'une manière ou d'une autre, l'ont rendu plus agréable ou plus facile : le vigile des Thermes d'Amélie qui ne m'a pas fait de difficulté pour garer ma voiture, l'homme qui faisait un footing avec son chien à Montbolo qui m'a aidé dans la direction à prendre, le couple qui craignait l'orage et qui voulait me prendre en voiture à la Tour de Batère, quelques clients et l'aimable groupe d'Epinal rencontré au refuge de Batère qui effectuaient le GR.10, le très chaleureux couple et leur fille que j'ai aidé à la cabane de la Devesa au dessus de Leca, l'homme qui m'a expliqué le plus court chemin à prendre au Fort Lagarde, la dame qui m'a expliqué où se trouvait l'hôtel Ausseil, les anonymes clients catalans et parisiens du restaurant Ausseil qui m'ont permis de passer une agréable soirée à Prats-de-Mollo et ce, malgré la terrible journée que j'avais vécue, la pharmacienne de Prats-de-Mollo qui a su parfaitement calmer mes brûlures d'orties, la gentille randonneuse rencontrée à Notre-Dame de Coral, les propriétaires du Domaine des Estanouses avec lesquels depuis je me suis lié d'amitié, le breton vététiste et le jeune couple de Tchèques, clients de la Maison Damia Noëll. Je remercie enfin ma femme qui m'a laissé partir seul, mes enfants de m'avoir offert un lecteur MP3, objet ô combien précieux qui m'a énormément aidé dans les instants les plus difficiles. Je remercie enfin Charles Trenet et ses interprètes Les Compagnons de la Chanson pour leur magnifique chanson " Mes jeunes années ", mélodie avec laquelle j'ai marché très souvent tout au long de cette randonnée. Quand j'éprouvais des difficultés, cette chanson était là pour me remonter moral et enthousiasme. Pour moi, cette chanson restera pour toujours comme un hymne à ces 6 jours passés en Vallespir. 6 jours " Sur les hauteurs d'une vallée âpre " qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

 

Divers :

 

Peu de temps après mon retour, le 24 août exactement, et en raison de la terrible et éprouvante épreuve que j'avais vécue dans la forêt du Miracle au dessus de Prats-de-Mollo, il m'a paru utile d'alerter les autorités pour que d'autres personnes ne tombent pas dans le même piège que les arbres couchés par la tempête Klaus du 24 janvier 2009 m'avaient tendu. J'ai donc adressé un e-mail à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération et au comité départemental de la Randonnée Pédestre pour les informer de la galère que j'avais éprouvée dans ce secteur du Tour du Vallespir situé peu après le Puig des Lloses en direction du Col du Miracle.

 

Le 14 septembre, c'est avec satisfaction que je recevais une réponse de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo dans laquelle elle m'informait avoir contacter Monsieur Joseph Dunyach, Président du club local de randonnée pédestre " Délit Ténim ". Ce dernier me répondait à travers une lettre jointe au message de Madame Baills.

 

Pour les remercier de m'avoir répondu et d'être intervenu ultérieurement dans ce secteur de Prats-de-Mollo, j'ai volontairement joint à ce récit nos différents échanges de messages.

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Message adressé le 24 août 2009 à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération Française de Randonnée Pédestre et à son Comité départemental des Pyrénées-Orientales.

 

Monsieur le Maire de Prats de Mollo, Mesdames, Messieurs,

 

J'ai réalisé la semaine dernière la randonnée du Tour du Vallespir en 6 jours d'après le Guide Rando de Georges Véron : Canigou, Vallespir, Conflent paru chez Rando Editions. Randonnant beaucoup tout au long de l'année, j'avais eu l'occasion de remarquer que ce tour était plutôt bien balisé et que les panneaux indicateurs étaient nombreux. Je n'ai pas trouvé non plus sur Internet de contre-indications à effectuer ce tour. C'est donc en toute confiance mais muni néanmoins d'un GPS, d'un téléphone portable et des cartes IGN appropriées que je suis parti d'Amélie vers Batère le 1er jour, puis vers Saint-Guillem le 2eme jour, puis vers Prats de Mollo le 3eme jour, puis à Notre-Dame de Coral le 4eme jour, puis à St Laurent de Cerdans le 5eme et retour à Amélie le 6eme.

 

Tout s'était très bien passé jusqu'au Puig des Lloses (1.413 m) qui sauf erreur de ma part se trouve sur la commune de Prats de Mollo. A cet endroit, le balisage rouge et jaune propre au Tour du Vallespir ainsi que le panneau d'orientation m'indiquait de poursuivre vers la droite alors qu'un 2eme panneau me proposait de descendre à gauche vers Prats de Mollo par le col de Cavanelles. Effectuant bien sûr le Tour du Vallespir et ayant de toute manière ce tracé-là enregistré dans mon GPS, j'ai normalement poursuivi vers la droite d'autant que rien à cette intersection du Puig des Lloses ne pouvait me laisser supposer que cette portion du Tour du Vallespir dans laquelle j'allais m'engager était complètement impraticable.

 

J'ai 60 ans et je pense être un marcheur chevronné. Pourtant je ne vous cache pas qu'à cause des nombreux arbres décimés qui jonchent encore le sentier sur ce secteur depuis la tempête Klaus du 24 janvier dernier, j'ai eu à un moment le vague sentiment que j'était tombé dans un véritable traquenard. En effet, j'ai commencé à enjamber un premier arbre puis à passer sous un second, puis troisièmement à contourner un premier groupe d'arbres, puis je suis passé sous quelques autres arbres couchés puis au bout de 1,5 kms sans autre solution j'ai finalement quitté le chemin pour éviter un amoncellement qui me semblait de quelques mètres de large seulement (on constate en effet que le vent à suivi des couloirs plus ou moins larges) mais qui en réalité étaient absolument infranchissables. J'ai donc fini par me perdre dans cet immense labyrinthe d'arbres abattus et j'ai même pensé à un moment à appeler les secours depuis mon portable. Heureusement, que j'ai su garder mon sang-froid et grâce à mon GPS j'ai pu, après de multiples efforts, retrouver le sentier et j'ai réussi à rebrousser chemin pour en définitive rejoindre Prats par le col de Cavanelles.

 

Attention ce message que je vous adresse et cette histoire que je vous relate n'ont pas pour objet d'émettre un grief envers quiconque mais simplement à vous prévenir qu'à cet endroit après le Puig des Lloses, le tour du Vallespir est particulièrement dangereux et infranchissable. Mais peut-être le saviez-vous ? De mon côté, je sais pertinemment que la tempête Klaus a provoqué des dégâts considérables et que ce n'est pas en quelques mois que l'on peut effacer les cicatrices d'un tel désastre. Je pensai toutefois que dans la mesure où un chemin serait impraticable un simple petit panonceau d'interdiction aurait été mis en place. Ayant eu l'occasion de marcher dans les Landes et le Gers il y a quelques semaines, j'avais eu l'occasion d'apprécier ce type de pancartes sur de nombreux sentiers. J'ai donc été très étonné qu'au Puig des Lloses aucun panneau ne vienne prévenir le randonneur de cette dangerosité, d'autant qu'un autre chemin permet d'accéder à la commune de Prats dans d'excellentes conditions. En été où les randonneurs sont très nombreux à parcourir les chemins de notre beau département des PO, je pense que de simples petits panneaux d'interdiction et/ou de conseils en pareils endroits seraient d'une redoutable efficacité et éviteraient bien des désagréments comme ceux que j'ai connus.

 

Voilà, après tous ces déboires, et après trois heures d'errements, j'ai fini par arriver à Prats de Mollo avec seulement quelques égratignures, quelques bleus et les mollets douloureusement brûlés par les orties et griffés par les ronces.

 

Le lendemain avant de repartir, j'ai longuement réfléchi sur le sentier que j'allais prendre et plutôt que d'opter par la poursuite du Tour du Vallespir par la Tour de Mir et le col d'Arès dont je sais que le secteur est particulièrement boisé aussi, j'ai emprunté le chemin le plus court pour rejoindre l'ermitage de Notre Dame de Coral. Il s'agit du PR.12 qui passe au col de la Guille. Bien m'en a pris, puisqu'une fois arrivé à l'ermitage, j'appris par d'autres randonneurs, qui en revenaient, que les chemins de la Tour de Mir et du col d'Arès étaient eux aussi barrés par de nombreux arbres couchés. Je ne l'ai pas constaté par moi-même !

 

Voilà il m'a paru utile de vous apporter ce témoignage qui est tout frais. Comme je l'ai dit je ne fais aucun grief à personne d'autant que parmi les acteurs à qui j'adresse ce message, je ne sais pas qui est responsable des arbres couchés, du balisage présent ou absent, de la prévention à mettre en place en pareil cas, etc...

 

J'espère simplement que quelqu'un fera bon usage de ce message.

 

Recevez, Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, mes respectueuses salutations.

 

Gilbert JULLIEN

Licencié à la FFRP sous le N° 0579504G

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Lettre réponse reçue de Monsieur Joseph Dunyach par l'intermédiaire de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo.

 

OFFICE DE TOURISME**

66230 PRATS DE MOLLO - LA PRESTE

 

DUNYACH Joseph

Président du club de randonnée FFRP " Delit Tenim "

Membre du Comité directeur départemental des PO

Responsable des Sentiers

Tel : 04.68.39.77.18

 

A Monsieur JULLIEN Gilbert

 

Monsieur,

 

Je viens de prendre connaissance de votre courrier du 25 Août au sujet des problèmes que vous avez rencontré sur le Tour du Vallespir. Ce courrier m'avait été communiqué par le Président départemental lors de la réunion du Comité Directeur du 31 août à Perpignan et je le classe parmi ceux qui font plaisir à lire car ils démontrent la qualité des randonneurs de la FFRP et leur soucis de parfaire notre terrain de jeu naturel.

Vous avez très bien exposé tous vos problèmes et je me sens un peu responsable de ce qui vous est arrivé car j'avais apposé un panneau de fermeture de sentiers à l'entrée du sentier au départ de Prats et je n'avais pas pensé aux randonneurs arrivant dans l'autre sens ce que je vais m'empresser de corriger en attendant l'ouverture que nous espérons prochaine de ce beau sentier sur le secteur du Miracle après le désastre de la tempête Klauss qui nous a donné bien des soucis.

Je profite de ce courrier pour vous informer que le Tour du Vallespir va être complètement finalisé car il fait partie du grand projet du Conseil Général à travers son entité " Canigou Grand Site ".

Si vous souhaitez recevoir les documents sur cet itinéraire vous pouvez nous communiquer vos coordonnées postales.

Pour ce qui est du secteur de la Tour du Mir, la situation est tout à fait normale.

J'ose espérer que ce courrier vous soulagera un peu de la galère que vous avez connu et je vous prie de m'en excuser encore une fois.

Je joins une copie de ce courrier au Président du Comité Départemental qui m'avait demandé de vous répondre en tant que responsable du secteur ainsi qu'à Monsieur le Maire de Prats de Mollo La Preste.

 

Recevez Monsieur mes sincères salutations et peut être au plaisir de se connaître un jour à Prats ou sur l'un de nos sentiers du Haut-Vallespir.

 

DUNYACH Joseph

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

Publié le par gibirando

Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements :

Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi : ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voudraient faire le contraire, et l'immense majorité de ceux qui ne veulent rien faire.

Confucius (551 av.JC-479 av.JC).

 

Bibliographie et cartographie :

(Vous trouverez ci-dessous le topo-guide et les cartes que j'ai utilisés lors de ce Tour du Vallespir. Les autres livres m'ont permis de m'imprégner de cette région et ainsi de mieux la comprendre sur le plan culturel. Concernant l'Histoire et la géographie du Vallespir, de nombreux sites Internet m'ont aidé dans ces domaines.)

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Canigou-Vallespir-Conflent- Le Guide Rando- Georges Véron- Rando Editions-2002.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Carte IGN Top 25 2349 ET Massif du Canigou

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Carte IGN Top 25 2449 OT Céret Amélie-les-Bains Palalda-Vallée du Tech.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Promenade littéraire à travers le Vallespir - Recueil de textes et de poèmes- Michel Wallon - Les Presses- Littéraires-2002.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Domenica ou la Vallée âpre- Roman- Marie Vallespir- Les Presses de l'Imprimerie du Vallespir-1959. Préface de Joseph Ribas. 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Mes Cahiers du Vallespir - Recueil Traduction de poèmes en catalan- Robert Gendre - Imprimerie Le Castellum-1975. Préface d'Abdon Poggi.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Ballades Catalanes- Recueil de poèmes et de photographies- Alain Taurinya- Michèle Maurin - Editions Magellan et Cie - 2002

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 -Mes jeunes années racontées par ma mère et moi - Essai de Charles Trenet et Marie-Louise Caussat-Trenet- Editions Robert Laffont-1978

 

Sites Internet :

 (Autant que c'est possible, j'essaie de faire en sorte que les liens fonctionnent, chose peu facile certains changeant de nom de domaine, d'autres disparaissant carrément.)

- http://clubdelittenim.wordpress.com/randonnees/

- http://cortsavisempre.free.fr/index.html

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Regions/Vallespir.php

- http://jeantosti.com/roussillon.htm

- http://lamanere-barrutet.com/

- http://pagesperso-orange.fr/casafr/vallespir/vallespir.htm

- http://www.amelie-les-bains.com/

- http://www.charles-trenet.net/

https://www.vallespir.com/

https://www.sudcanigo.com/item/damia-noell-chambres-dhotes/

http://www.haut-vallespir.fr/

- http://www.hotel-ausseil.com/

- http://www.la-clau.net/

- http://www.lamanere.fr/

- http://www.mairie-perpignan.fr/

- http://www.maisondupatrimoine-ceret.fr/

- http://www.mediterranees.net/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Montbolo

- http://www.notredameducoral.com/

https://www.vallespir-tourisme.fr/

- http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1941_num_29_2_4312

- http://www.pratsdemollolapreste.com/

- http://www.pyrenees-orientales.pref.gouv.fr/

- http://www.reserves-naturelles.org/

- http://www.reynes.fr/html/vallespir.htm

- http://www.vallee-du-tech.com/

- http://www.ville-arles-sur-tech.fr/

- http://www.ville-saint-laurent-de-cerdans.fr/

 

Cette liste de sites Internet n'est pas exhaustive car j'ai également consulté des sites comme Wikipédia, Wiktionnaire, Généanet, Freelang ou Lexilogos et divers forums. Il y a certainement bien d'autres sites concernant le Vallespir, la Vallée du Tech, les villes et les lieux visités lors de cette randonnée. Que ceux qui les ont créés m'excusent de ne pas les citer mais il m'était bien sûr impossible de tous les mentionner dans ce récit. Tous les sites évoqués ci-dessus ont largement contribués soit à la préparation ou à la réalisation du Tour du Vallespir lui-même soit à la rédaction de ce récit. Pour ces raisons, je remercie très sincèrement les auteurs, les propriétaires et les webmestres de tous les sites compulsés.

 

Petit lexique classé dans un ordre d'apparition dans ce récit :

 

Le lexique ci-dessous n'a pas la prétention d'être complet. Il reprend la plupart des noms propres cités pour tenter de les décrire ou de les expliquer dans l'ordre chronologique où ils apparaissent dans ce récit. Grâce à ces explications, j'espère que le lecteur appréhendera mieux la géographie et l'histoire du Vallespir. J'ai volontairement oublié certains noms et j'aurais pu par exemple citer Céret qui est la sous-préfecture du département des P.O, considérée comme la capitale du Bas-Vallespir, mais son absence vient simplement que la ville n'est pas située sur le Tour du Vallespir.

 

Vallespir : Région vallonnée et montagneuse du département des Pyrénées-Orientales qui s'étire sur une quarantaine de kilomètres le long de la vallée du Tech. Le mot vient du latin " Vallis Asperi " qui signifie " vallée âpre " mais âpre au sens de difficile, rude, abrupt.

Vallée du Tech et l'aiguat de 1940 : Bassin versant d'environ 750 km2 le plus méridional de France. Le Tech, long de 85 km, est un fleuve côtier des Pyrénées-Orientales qui prend sa source, dans le massif du Costabonne, au Roc Colom à une altitude de 2.450 m environ. Ce bassin versant associe montagne et plaine, avant d'atteindre la Méditerranée au lieu-dit le Bocal du Tech. Par son débit qui peut-être parfois très exceptionnel (4000 m3/s), le Tech est une fleuve redoutable. Au fil des siècles, il a très souvent débordé laissant le Vallespir et toute la Catalogne exsangue. Les plus effroyables inondations, qu'ici on appelle " aiguat ", ont eu lieu en 552, 1224, 1763, 1842 et 1940. Le Haut-Vallespir ayant été l'épicentre de cette catastrophe d'octobre 1940, de nombreux habitants gardent encore en mémoire les images d'horreur et de désastre de ces crues monstrueuses : 300 personnes perdirent la vie en Catalogne dont 50 côté français, 60 immeubles furent emportés à Arles-sur-Tech et Amélie-les-Bains où la gare et le casino disparurent dans les flots, des dizaines d'habitation furent emportées à Prats-de-Mollo et dans de nombreux autres villages. Des éboulements gigantesques de plus de 50 mètres de hauteur barrèrent la vallée (La Baillanouse), 4 usines électriques et de nombreuses entreprises furent pulvérisées, les coulées à la fois liquides et solides se déversèrent dans les campagnes dévastant toutes les cultures et laissant dans les terres arables une incroyable accumulation de rochers, de cailloux et de sables inadaptée à l'agriculture future, les flots emportèrent de nombreux ponts et voies de communication. Ces précipitations diluviennes furent considérées par les météorologues comme une " anomalie fantastique " de la nature. Vous trouverez quelques témoignages de l'époque sur la page Internet suivante : http://pluiesextremes.meteo.fr/france-metropole/Aiguat-fantastique-sur-le-Roussillon.html

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - RemerciementsMes jeunes années : Les paroles de cette chanson sont de Charles Trénet et la musique de Marc Herrand, pianiste, arrangeur de talent et ancien ténor des Compagnons de la Chanson. Elle date de 1949 (encore une coïncidence puisque c'est l'année de ma naissance !) et la partition est parue aux Editions Raoul Breton. Charles Trenet l'a composée lors d'une tournée qu'il effectuait au Canada. Dans l'importante discographie de Trenet, cette chanson figure dans pas moins de 27 disques et albums. Elle est donc une chanson très importante du registre du poète et chanteur. Charles Trenet y évoque ses souvenirs de jeunesse quand il allait courir la montagne du côté du Vallespir, du Canigou ou de la Cerdagne qu'il aimait tant. En 1922, son père s'installe comme notaire à Perpignan, ville dont il est natif. Peu de temps après, il fait la connaissance d'Albert Bausil, un ami à son père. Albert Bausil, l'enfant du Canigou, le poète et écrivain, chantre inspiré du Roussillon, lui fait découvrir les arts et la culture catalane. Pour le petit garçon émerveillé au regard clair, cette rencontre est capitale et Albert Bausil devient son mentor, voire son Pygmalion. Sans cet homme, qui aura sur l'adolescent une influence capitale, il n'y aurait peut-être pas eu de "Fou chantant", mais rien qu'un petit architecte de province… Bausil accueille Charles dans son "Coq Catalan", un petit hebdomadaire littéraire, satirique et sportif. Le jeune poète y fera ses premières armes, des vers qui, déjà, respirent la liberté et l'amour de la vie avec enthousiasme. Cette chanson a été reprise par nombre d'autres chanteurs et surtout par de nombreuses chorales comme les Petits Chanteurs à la Croix de Bois par exemple. Mais les meilleurs interprètes de Trenet restent les Compagnons de la Chanson qui ont repris un grand nombre de textes du grand poète. En 1978, "Mes jeunes années racontées par mère et moi" est un livre autobiographique écrit à quatre mains par Charles Trenet et sa mère Marie-Louise Caussat-Trenet paru aux Editions Laffont.

(Personnellement, cette chanson, reste le souvenir et le symbole d'une jeunesse insouciante, éprise de liberté et d'amour de la vie et de la nature. Je me reconnais dans cette chanson et en la réentendant, elle est devenue tout naturellement un hymne à mon Tour du Vallespir). Cliquez sur l'image de la partition ci-dessus pour écouter la chanson.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Georges Véron : Ce grand pyrénéiste né dans la Sarthe en 1933 est mort en 2005. Professeur de biologie, il a d'abord pratiqué le football et l'athlétisme pendant plus de vingt ans avant de découvrir les Pyrénées. Quand il découvre la chaîne de montagnes, il en " tombe amoureux " et en fait rapidement sa passion. Il enchaîne les balades à un rythme qui lui vaut le surnom de " stakhanoviste de la montagne ". En 1968, il effectue la traversée des Pyrénées et réussit le pari d'aller de la mer Méditerranée à l'océan Atlantique par la haute montagne, en 41 étapes, uniquement à l'aide de cartes. Il devient ainsi le créateur de la Haute Randonnée Pyrénéenne, célèbre H.R.P qui traverse les Pyrénées par les chemins pédestres des plus hautes crêtes et des plus hauts cols. A partir de là, il va se consacrer presque exclusivement à la randonnée, à pied mais aussi en V.T.T. Membre du Club alpin français, collaborateur de la Fédération française de la randonnée pédestre, il participe à la création du célèbre G.R.10, longue randonnée de 850 kms qui part d'Hendaye dans les Pyrénées-Atlantiques et se termine à Banyuls-sur-Mer dans les Pyrénées-Orientales . En 1978, il enseigne à Tarbes, conseiller technique de l'association " Randonnées Pyrénéennes ", Georges Véron publie de nombreux ouvrages et une trentaine de guides de randonnées consacrés aux Pyrénées : 100 randonnées, 100 plus beaux sommets, itinéraires de VTT et chemins de Saint-Jacques de Compostelle, etc.… Avec son topo-guide Canigou, Vallespir, Conflent, il est le créateur du Tour du Vallespir.

Amélie-les-Bains : Autrefois, la ville s'est appelée les " Bains d'Arles ", nom provenant d'Els Banys (les bains) et d'Arles pour Arles-sur-Tech. Ce nom désignait un monastère qui était érigé à cet endroit. Le nom actuel date de 1840 et fut donné à la commune en hommage à la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, qui faisait de nombreux séjours aux Thermes. Vaste de 2943 hectares, située au cœur du Vallespir, au bord du Tech et de son affluent le Mondony, la commune est désormais composée de 2 autres villages qui ont été annexées : Palalda en 1942 et Montalba en 1962. La cité est une station thermale renommée depuis l'antiquité.

Montbolo : Cité située sur la rive gauche du Tech à 600 mètres d'altitude, on l'appelle couramment le " Balcon du Vallespir " tant son panorama est exceptionnel sur la plaine du Roussillon, le Canigou, la chaîne des Albères et la vallée du Tech. De son exposition plein sud, Montbolo reçoit un ensoleillement maximum en hiver et, en été cette chaleur est tempérée par la fraîcheur due à l'altitude. L'absence de toute activité industrielle contribue à une qualité de l'air remarquable et pour compléter ce cadre idyllique, l'alimentation en eau est assurée par des sources captées à plus de 1500 mètres d'altitude. Ce village est également connu pour sa procession de la " Rodella " qui se déroule chaque 30 juillet et dont l'origine païenne remonterait au début du christianisme. Depuis l'église Saint-André de Montbolo, cette procession consiste à se rendre par un sentier forestier à l'abbaye d'Arles-sur-Tech pour aller vénérer les reliques des saints Abdon et Sennen. Mais la particularité de ce pèlerinage est de descendre une croix chrétienne sur laquelle a été placé un grand cerceau fait d'un enroulement de cire d'abeille que l'on appelle " la Rodella ". Il existe également autour de cette " Rodella " une légende basée sur un texte historique de 1465 que vous pouvez découvrir sur les deux sites Internet suivants :

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Traditions/Rodella.php

https://www.labalma.fr/index.php/fr/camping-fr/fetes

Formentere ou Formentera : Col à 1.133 m d'altitude situé à la limite du Haut-Vallespir et des Aspres sur le chemin du Tour du Vallespir et l'ancienne voie ferrée minière. Non loin de ce col, il y a le hameau oublié de Formentere, ancienne gare minière qui a eu son heure de gloire au temps de l'exploitation des mines de fer autour du Massif du Canigou (Batère, les Manerots, La Pinouse, Rapaloum, etc.…). De Formentere, grâce à une ligne de câbles et de chariots de plus de 5 kilomètres, le minerai cuit était descendu par voie aérienne jusqu'à Arles-sur-Tech.

Batère : Lieu situé à cheval entre Vallespir, Aspres et Haut- Conflent connu pour sa tour médiévale du 13eme siècle construite à l'époque où les Rois de Majorque régnaient sur le Roussillon et la Cerdagne. Cette tour à signaux assurait la surveillance et la communication à l'aide de fumées le jour et de feux la nuit. Elle était certainement en liaison avec d'autres tours et châteaux du Vallespir (Montbolo, Corsavy, Cos, Mir, Palalda, Cabrens) et les tours d'autres régions comme la Tour de la Massane ou bien celle de la Madeloc. Mais Batère est également connu pour ses anciennes mines de fer, fer apprécié depuis la nuit de temps (200 avant JC). Ces mines étaient les plus importantes du département, elles alimentaient un nombre incalculable de forges. Les mines fonctionnèrent jusqu'en 1994 donnant à toute la région un essor économique considérable. En 1953, la société d'exploitation construisit à 1.540 m d'altitude un bâtiment pour les mineurs et leurs familles, ce bâtiment sert désormais de refuge et de gîte aux randonneurs de tout poil.

La tempête Klaus : Le 23 janvier 2009, Klaus est le nom donné à une tempête en cours de formation par l'Institut de Météorologie allemand en l'honneur d'un certain Klaus Schümann. Au départ, c'est le satellite Météosat qui va envoyer des images d'une dépression étonnante situé sur l'Atlantique Nord, profonde dépression qui va engendrer des vents d'une force exceptionnelle et d'une vitesse inouïe. Cette tempête a principalement touché le sud-ouest de la France, la principauté d'Andorre, le nord de l'Espagne et une partie de l'Italie entre le 23 et le 25 janvier 2009. Dans le sud de la France, nombreux sont ceux qui considèrent à juste titre comme plus dévastateur Lothar, la tempête de décembre 1999, mais ce n'est pas le cas du Vallespir et du Roussillon où Klaus a été bien plus violent. Le 24 janvier, les dégâts ont été considérables et en tous cas, évalués à 38 millions d'euros. Le département a été reconnu comme en état de catastrophe naturelle. Tous les records ont été battus : 216 km/h au Col d'Envalira, 193 km/h à Formiguères, 191 km/h pendant deux heures au Cap Béar, 184 km/h à Perpignan, record absolu de 1999 battu de plus 40 km/h. Les forêts de résineux (pins sylvestres et cèdres) du Vallespir ont été parmi les plus ravagées et l'importance des dégâts a été estimée avec des prises de vue aériennes. Au-delà des dégâts, le problème pour la filière bois, c'est que cette tempête Klaus est arrivée dans une conjoncture économique beaucoup plus mauvaise qu'en 1999.

Riuferrer : Affluent du Tech, le Riuferrer (la rivière du fer) est un torrent impétueux d'une longueur de 17,7 kms qui prend sa source dans le cirque du Faig au pied du Puig dels Tres Vents à une altitude de 2.300 m environ et se jette dans la Tech à Arles-sur-Tech. De nombreux pêcheurs parcourent ses rives pour ses excellentes truites.

La Coumelade : Affluent du Tech, la Coumelade est une rivière qui prend sa source sur le versant sud de la crête des Tres Vents à 2.570 mètres d'altitude et qui, après avoir parcouru 15 kms, se jette dans le Tech au hameau Le Tech. Dans sa partie torrent, elle appréciait des adeptes de la descente en canyon.

Saint-Guillem de Combret : Situé dans la vallée de la Coumelade, le minuscule hameau est essentiellement connu pour son ermitage dont l'histoire commence au 9eme siècle. A cette époque, une chapelle dédiée à Sainte-Magdeleine de Combret avait été construite par un certain " Guillem ". Guillem offrait, sans aucune compensation, gîtes et couverts à tous les pèlerins qui partaient de Saint-Michel de Cuxa pour se rendre à Saint-Jacques de Compostelle par le col d'Ares et l'Espagne. Guillem était si apprécié de tous les voyageurs et le lieu si prisé, qu'après sa mort tout le monde l'appela Saint-Guillem malgré qu'il n'ait jamais été canonisé. Aujourd'hui la chapelle et ses dépendances sont connues sous le nom de Saint-Guillem de Combret. Le hameau dispose d'un refuge non gardé. Malgré quelques restaurations, la chapelle a peu changé au fil des siècles, elle mesure 15 mètres de long pour 4 mètres de large et est de style roman. Sa cloche très ancienne est exceptionnelle et est à l'origine d'une légende prétendant que Guillem l'aurait modelée de ses propres doigts car il en reste, paraît-il, encore l'empreinte sur le métal. Le 22 juillet de chaque année, les habitants du village Le Tech, de Prats de Mollo et d'autres villages alentours effectuent un pèlerinage.

La Parcigoule : C'est une rivière de 9 kms de longueur, affluent du Tech qui prend sa source à une altitude de 1.920 mètres au lieu-dit Les Estables. Elle rejoint le Tech au hameau de Saint-Sauveur entre Prats-de-Mollo et la Preste. Le bassin de la Parcigoule présente la particularité d'avoir été une des vallées les plus déboisées et dépeuplées du Vallespir, tout d'abord à cause des nombreuses forges qui utilisaient intensément son bois puis à cause des crues répétitives (aiguat) d'octobre 1940 puis d'avril 1942. Un reboisement et des barrages ont été aménagés pour stabiliser et protéger la vallée.

Joseph de la Trinxeria : né en 1637 à Prats-de-Mollo, commune d'Espagne à l'époque, il s'insurgea contre la gabelle, cette célèbre taxe sur le sel, abolie depuis 1292 mais qui venait d'être réhabilitée en 1661 par Louis XIV après l'annexion de la Catalogne du Nord (Roussillon, Vallespir, Conflent, Cerdagne, Capcir) au royaume de France par le Traité des Pyrénées de 1659. En 1666, indigné d'avoir été surtaxé par les Gabelous, ces préposés chargés de la récolte, il leva une armée d'Angelets et tint tête pendant quelques années à toutes les troupes envoyées contre lui. Ces nombreuses victoires lui apportèrent un énorme prestige et nombreux furent ceux qui se rallièrent à sa cause. Il devint rapidement un héros dans le Vallespir tout entier et bien au-delà encore dans toute la Catalogne. C'est en partie à cause de ces révoltés que Louis XIV fit construire par Vauban, le Fort Lagarde de Prats-de-Mollo à partir de 1677. Quelques années plus tard, Joseph de la Trinxeria qui n'avait pas renié ses origines, devint officier des armées d'Espagne et se battit contre le royaume de France aux côtés des Miquelets. Il ne cessa jamais de se battre sur de nombreux fronts et termina sa vie comme colonel en 1689. Il mourut en 1694.

Prats-de-Mollo - La Preste : Avec une superficie de presque 12.000 hectares, cette commune est la plus étendue du département des Pyrénées-Orientales. Située au bord du Tech à 735 mètres d'altitude, elle dispose d'un patrimoine historique exceptionnel : Eglise gothique Saintes Juste et Ruffine, Fort Lagarde et fortifications construites par Vauban, Tour de Mir, nombreuses chapelles, etc.… Il faut dire qu'au regard de sa situation géographique, Prats fût tout au long de son histoire le théâtre de soubresauts franco-espagnols incessants. Longtemps tournée vers l'agriculture, l'élevage, la sylviculture et quelques industries locales (textiles, espadrilles, etc.…), la cité vit désormais du tourisme et des Thermes de la Preste, bourg rattaché à Prats mais éloigné de huit kilomètres à une altitude de 1.130 mètres. Le mot " Prats " signifie " prés " mais deux versions s'opposent quant à l'origine du mot " Mollo ", certains le traduisant par " mouillé " d'autres avançant qu'il signifie " grosse pierre" en catalan. Alors " prés mouillés " ou " prés bornés ", les deux définitions ont leur logique tant la cité a été souvent la scène de crues mémorables mais aussi un bourg toujours borné ou limité par une frontière mouvante et parfois incertaine. Il faut savoir en effet que malgré le Traité des Pyrénées de 1659 signé entre le roi de France Louis XIV et Philippe IV, roi d'Espagne, le véritable tracé de la frontière entre la province du Roussillon et l'Espagne ne fût déterminé et borné que deux siècles plus tard en 1866 avec le Traité de Bayonne entre l'Empereur Napoléon III et la reine Isabelle II d'Espagne. De par leur situation géographique ambiguë et instable, c'est dire si les Pratéens ont longtemps été indécis et désorientés quant à leur citoyenneté réelle. Alors n'est-il pas un peu logique qu'ils aient été avant tout catalans avant d'être espagnols ou français ? En raison de son milieu, de son relief varié et de ses richesses naturelles remarquables (flore, faune et géologique) la commune a été classée " Réserve Naturelle " en 1986.

La tour de Mir : Situé à 1.540 m d'altitude et datant du 13eme siècle, comme la tour de Batère, la tour de Mir était chargé d'émettre des signaux pour assurer les communications avec d'autres tours comme celle de La Guardia, une autre tour de Prats-de-Mollo où a été érigé ensuite le Fort Lagarde. A cette époque où les catalans se lancent dans de nombreuses conquêtes tout autour de la Méditerranée, la tour de Mir présente l'avantage d'être à la fois tournée vers la mer et vers l'intérieur des terres, car plus particulièrement affectée à la surveillance de Col d'Arès, passage obligé vers des territoires intérieurs comme le royaume d'Aragon notamment. De son piton rocheux, on aperçoit très distinctement le château et les tours de Cabrens, elles-mêmes en liaison avec la Tour de Batère et ainsi de suite jusqu'aux tours des Albères et du Roussillon. La tour de Mir est située sur le chemin du Tour du Vallespir.

La Retirada : Le mot " Retirada " signifie " retraite " en espagnol mais il désigne plus particulièrement l'exode humanitaire que des milliers de républicains espagnols vécurent à partir de janvier 1939. En deux semaines, c'est 100.000 réfugiés qui passent la frontière au col d'Arès pour fuir la dictature de Général Franco dont l'alliance avec le régime nazi d'Hitler inquiète l'Europe toute entière. Le 31 janvier, le ministre de l'intérieur Albert Sarraut vient à Prats-de-Mollo pour organiser ces arrivées massives. Il fait construire 4 camps d'hébergement dans la vallée du Tech. Tout est bon pour accueillir les réfugiés et affronter ce glacial et cinglant hiver. Le 13 février, la frontière est officiellement fermée et gardée par les soldats de Franco. Mais ce sont environ 500.000 personnes, pleines d'un espoir d'un avenir meilleur qui arrivèrent en France par de multiples passages frontaliers. Mais pour ces réfugiés, internés dans des camps ceinturés de fils barbelés, cette espérance fût le plus souvent déçue, car ils avaient fuit l'arbitraire, la torture et la terreur instaurée par le régime totalitaire espagnol pour ne trouver en France que privation de liberté, dans des conditions généralement pitoyables pour ne pas dire inhumaines.

Notre-Dame du Coral : Il s'agit d'une chapelle longue de 23 mètres et large de 7 mètres qui a été construite sur un éperon rocheux à 1.091 m d'altitude dans un cadre de verdure exceptionnel. On pense qu'à l'origine, au 9eme siècle, il s'agissait d'un simple sanctuaire (petite chapelle ou oratoire) qui servait de lieu de prières. Puis comme souvent, un village, ici Miralles, se développa autour de cette chapelle. La légende prétend qu'une statue de bois représentant la vierge Marie provenant de cette chapelle ait été dissimulée dans un tronc d'arbre, puis retrouvée plus tard. Cette trouvaille aurait été l'occasion d'un engouement populaire qui amena la construction de la nouvelle église paroissiale de Miralles. C'est ainsi que Notre Dame du Coral est apparue, bâtie sur les restes de la chapelle primitive, pour servir d'église aux habitants du village. Dans les textes historiques, Sancta Maria de Coral apparaît à partir de l'an 1267 comme appartenant à l'abbaye de Camprodon (Espagne). Mais au fil des siècles, et selon les mouvements de la frontière, le site eut divers propriétaires religieux, privés ou publics. Mais les occupants de la chapelle ont été le plus souvent des ermites forains qui voyageaient en quête de charité et d'oboles. A présent, la chapelle et certaines de ses dépendances servent de refuge avec gîtes, restaurant, tables et chambres d'hôtes. L'étymologie de " Coral " est très discutée mais la plus probable est que ce nom viendrait simplement de " corail " comme la couleur rouge de certaines roches que l'on trouve dans le secteur en montant par exemple vers le col de Malrems ou le Pla de la Muga.

Lamanère : C'est un village du Vallespir situé à 777 mètres d'altitude et à vol d'oiseau vers le sud à moins de 3 kms de la frontière espagnole. Entourée de montagnes et de collines avec les Baga de la Sadella et de la Bordellat (1.554 m) au sud, le Mont Nègre (1.425 m) à l'est, le Roque de Cap de Ca et la serra de Cabrens (1.326 m) au Nord, le Puig de las Coubines et El Tossal (1.281m) à l'ouest et nichée au fond d'une verdoyante vallée à la jonction de plusieurs rivières et ruisseaux (Lamanère, Taix, etc.…) elle est la commune la plus méridionale de l'hexagone. Riche de divers minerais (fer, or, plomb argentifère, cuivre) qui y furent exploitaient en leurs temps, son nom proviendrait du catalan " La Menera " signifiant " La Minière ". Grâce à ses paysages magnifiques et variés, elle est un lieu propice à de nombreuses activités de plein air (randonnées, VTT, baignades, canyonning, etc.…). Mais de par son emplacement géographique très isolé, on ne connaît pas grand-chose de son histoire, si ce n'est qu'elle a longtemps était dépendante de la commune de Serralongue où régnaient au Moyen-Âge les seigneurs de Cabrens. Mais Lamanère, c'est aussi une rivière, affluent du Tech, longue de 15,7 kms, qui elle-même est alimentée par d'innombrables petits ruisseaux affluents.

Les Estanouses : Minuscule hameau perdu du Haut-Vallespir situé au pied des tours de Cabrens, non loin des villages de Lamanère et de Serralongue à une altitude de 1.019 mètres. Il y a encore quelques années (2004 ou 2005), on pouvait le traverser en empruntant une des variantes du Tour du Vallespir. Aujourd'hui, ce chemin est barré car il est devenu un domaine privé, et si j'en crois mes recherches Internet, faisant chambres et tables d'hôtes pour accueillir les touristes.

Cabrens : La seigneurie de Serralongue, commune du Vallespir, est gouvernée dès le 11eme siècle par les " seigneurs de Cabrenç " en référence aux chèvres qui peuplaient les collines et qui étaient les seuls animaux à pouvoir grimper jusqu'à leur château. Le premier seigneur fût Oriol de Cortsavi mais la dynastie des Cabrens composée de diverses familles au gré des alliances et des successions eut une immense influence sur une grande partie du Vallespir et régna fort longtemps et au moins jusqu'en 1792, date à laquelle l'état français créa les communes et où le dernier seigneur Abden Senen de Ros, baron de Cabrens s'expatria en Espagne. Aujourd'hui le site de Cabrens est surtout connu pour ses trois tours, objectifs de randonnées à partir de Lamanère ou de Serralongue. Situées au faîte d'une crête rocheuse, les trois tours sont en réalité les ruines du château construit en 1086 par les seigneurs de Cabrens, celles d'un donjon adjoint au 11eme siècle qui aurait fait office de geôles et enfin celle d'une tour à signaux du 14eme siècle qui communiquait avec de nombreuses autres tours du Vallespir (Mir, Batère et Cos). Au regard de sa position géographique dominante, l'ensemble devait constituer une forteresse quasi imprenable.

Saint-Laurent-de-Cerdans : Le village daterait du 11eme siècle, date à laquelle des moines de l'abbaye d'Arles-sur-Tech aurait construit une église dédiée à Saint-Laurent, martyr du 3eme siècle. Le terme " Cerdans " apparaît au 12eme siècle avec le nom d'un mas (Manso de Cerdanis). Mais ce nom lui-même proviendrait du nom d'un peuple des montagnes de la région, descendant des Ibères qu'on appelait " Les Cérêtes ". Ce peuple serait aussi à l'origine des noms de la ville de Céret et de la région de Cerdagne. La ville construite à l'intersection de plusieurs cours d'eau (la Quére, le Saint-Laurent, la Bilvera, etc.…) est entourée de plusieurs " serrats ", petites chaînes de montagnes (Cogull, Montner, Provadona, Capell, Garsa, etc.…) dont la plupart dépassent les 1.000 mètres d'altitude. Elle fût un lieu de passage, d'échanges et surtout de contrebande avec l'Espagne tout au long des époques. Pendant très longtemps, la prospérité de la cité a reposé sur les industries liées au fer avec de nombreuses forges alentours qui ont données leurs noms à des lieux-dits (la Forge del Mig, la Forge d'en Bosc, la Forge d'Avall, etc.…), au bois (exploitation du châtaignier encore très présent dans les forêts de nos jours) mais l'industrie la plus originale a été celle de la fabrication d'espadrilles que l'on appelle ici " vigatanes " et qui, bien sûr, a été étroitement liée aux fabriques de tissus. Ces deux dernières activités artisanales sont encore bien présentes aujourd'hui au travers des sociétés " Vallespir Sandales " et " Les Toiles du Soleil ". Grâce à son riche patrimoine historique, culturel et naturel et au tout proche domaine hôtelier de Falgos pourvu de son terrain de golf de 18 trous, le village vit désormais au rythme du tourisme.

La famille Noëll : Le 23 janvier 1676, l'église de Saint-Laurent-de-Cerdans avait brûlé ainsi que quelques maisons voisines dont celle de la famille de Noëll. Au 18eme siècle, la destruction de ces documents anciens avait amené Abdon Noëll à solliciter du roi de France Louis XV la reconnaissance et la confirmation de sa qualité de noble et de ses titres. C'est en décembre 1766 qu'Abdon de Noëll reçut cette confirmation et ses nouvelles lettres de noblesse signée de Louis XV et du duc de Choiseul. Il fût nommé baron de Vilaro, petit hameau proche de Saint-Laurent. Notaire à Saint-Laurent-de-Cerdans, Abdon, le seigneur de Vilaro, âme de la Résistance du Vallespir, fût le plus connu de tous car en avril 1793 avec l'aide du général espagnol Antonio Ricardos, il évita le massacre programmée par la Convention Nationale de toute la population de Saint-Laurent-de-Cerdans. Quand on sait que cette guerre entre la France et l'Espagne, galvanisé par l'hostilité de la monarchie espagnole envers la République Française, commença pour empêcher l'organisation d'une simple procession, on comprend mieux l'attachement que les Laurentins avaient pour leurs traditions et leur liberté de culte. Ce culte de l'église et cette liberté sont encore fermement ancré de nos jours et on les retrouve à travers diverses manifestations.

Puis ce fût Jacques de Noëll qui, au 20eme siècle, grimpa l'échelle de la renommée, mais dans un autre registre, celui de la musique. Il fut un grand compositeur de musiques catalanes et de sardanes. Et comme ici en Vallespir, comme dans toute la Catalogne, la sardane est une danse et une musique sacrée, Jacques de Noëll fût un musicien très apprécié. Il y eut également Louis, archéologue apprécié, frère de Jacques mais mort trop jeune pour être resté dans l'Histoire. Mais tout au long des siècles, les de Noëll étaient surtout de riches aristocrates et des notables reconnus, certains étaient notaires, d'autres maîtres de forge ou propriétaires d'exploitations minières, d'autres propriétaires terriens. Malgré la perte de leurs titres de noblesse à la Révolution Française, les de Noëll gardèrent un certain prestige dans tout le Roussillon certains devenant des chefs d'entreprise reconnues, d'autres tentèrent l'aventure de la vie politique, beaucoup devenant maires de nombreuses communes. La bâtisse, maison de famille des de Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans avait été construite en 1606 et le premier occupant avait été un certain Damia (1560-1612) qui, au côté de Joseph de la Trinxeria, s'était révolté contre les effets néfastes du Traité des Pyrénées de 1659. Cette maison Damia Noëll a été rachetée, il y a quelques années, par un couple très sympathique Isabelle et Mario Lopes, qui en ont fait une table et des chambres d'hôtes absolument remarquables.

Pilon de Belmatx ou Belmaig : Ici en Catalogne, on prononce " Belmach ". Il s'agit d'un sommet du Vallespir avec une altitude somme toute modeste puisque élevée au dessus du niveau de la mer à 1.280 mètres seulement. Il est situé sur une longue crête rocheuse qui s'appelle la Serre de Montner et qui surplombe la cité d'Arles-sur-Tech. Mais sa renommée vient justement de la difficulté que l'on rencontre à le gravir à partir d'Arles-sur-Tech puisque c'est pas moins de 1.020 mètres de dénivelé qu'il faut accomplir sur un sentier très difficile car terreux et caillouteux et très souvent raviné. Pour y monter, il faut emprunter un tronçon du célèbre GR.10 jusqu'au Col de Paracolls et c'est certainement pour çà que cette randonnée s'inscrit très souvent comme une " incontournable " du département. Montagne mythique pour les Arlésiens, chaque printemps, un trail de 11 kilomètres, course réunissant des spécialistes de ce sport mais aussi de simples concurrents est organisée par l'association Arles-Belmaig. Est déclaré vainqueur du " Km Vertical Walsh " celui qui accomplit exactement les 1.000 mètres de dénivelé (environ 100 mètres avant le sommet) dans le laps de temps le plus court.

Arles-sur-Tech : Bien que n'ayant pas traversé cette ville lors de ce Tour du Vallespir, je l'ai eu très souvent devant mes yeux lors de la 1ere et de la dernière étape. Comment parler du Vallespir sans évoquer Arles-sur-Tech qui est certainement une des villes les plus anciennes de cette région puisqu'on a retrouvé des vestiges datant de la Préhistoire (dolmen). Comment parler d'Arles-sur-Tech sans parler de sa Sainte-Tombe et des saints Abdon et Sennen. En ce qui concerne la Sainte-Tombe et son fameux mystère, il s'agit d'un sarcophage de pierre du 3eme siècle qui est situé dans une courette de l'église et qui produit une quantité d'eau pure importante et " d'origine inconnue " (200 à 300 litres par an en moyenne, parfois beaucoup plus, jusqu'à 800 litres l'an). La thèse du miracle a bien évidemment été la première avancée, tandis que d'autres hypothèses ont vu le jour tout au long de l'histoire, relayées ces dernières années par des médias avides de sensationnel. Malgré un premier travail sérieux et concluant dans les années 60 et encore récemment, le panneau situé au dessus du sarcophage explique encore aujourd'hui que la Sainte Tombe n'ait pas livré son secret. Mais la théorie la plus souvent émise serait que le couvercle serait suffisamment poreux pour laisser pénétrer l'eau des pluies alors que le fond du sarcophage serait parfaitement imperméable. Quand à Abdon et Sennen, en l'an 960 un abbé se nommant Arnulfe aurait rapporté de Rome des reliques authentifiées comme étant celles de ces deux saints persans. Elles vaudront à Arles le surnom de "ville des Corps Saints". Ces deux Saints sont toujours vénérés à Arles. Mais autour de ces saints, il existe une légende qui se recoupe avec une autre légende du Vallespir, celle des " Simiots ", des êtres malfaisants, dévoreurs d'enfants, moitié félins et moitié singes qui vivaient dans les forêts et les montagnes du Vallespir. Je vous laisse le soin de prendre connaissance de ces légendes sur les excellents sites suivants :

https://www.sudcanigo.com/decouvrir/contes-et-legendes/

http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Legendes/Simiots.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdon_et_Sennen

 

Remerciements :

 

Je remercie très sincèrement toutes les personnes qui m'ont accueillies lors de mes différentes arrivées d'étapes : au Refuge de Batère, à l'hôtel Ausseil à Prats-de-Mollo et à Notre-Dame du Coral. Partout, je fus parfaitement reçu. Bien sûr, ma meilleure soirée mais la plus onéreuse aussi fût celle passée à la Maison Damia Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans, il est vrai en table et chambre d'hôtes d'une qualité remarquable. L'accueil d'Isabelle et Mario fût tel qu'ils méritent vraiment une mention spéciale. Je conseille vivement cet endroit à tous les randonneurs qui pourront se permettre de dépenser 78 euros pour une demi-pension. J'ai essentiellement marché en solitaire sur ce Tour du Vallespir mais je remercie les quelques personnes que j'ai rencontré au cours de ce voyage et qui, d'une manière ou d'une autre, l'ont rendu plus agréable ou plus facile : le vigile des Thermes d'Amélie qui ne m'a pas fait de difficulté pour garer ma voiture, l'homme qui faisait un footing avec son chien à Montbolo qui m'a aidé dans la direction à prendre, le couple qui craignait l'orage et qui voulait me prendre en voiture à la Tour de Batère, quelques clients et l'aimable groupe d'Epinal rencontré au refuge de Batère qui effectuaient le GR.10, le très chaleureux couple et leur fille que j'ai aidé à la cabane de la Devesa au dessus de Leca, l'homme qui m'a expliqué le plus court chemin à prendre au Fort Lagarde, la dame qui m'a expliqué où se trouvait l'hôtel Ausseil, les anonymes clients catalans et parisiens du restaurant Ausseil qui m'ont permis de passer une agréable soirée à Prats-de-Mollo et ce, malgré la terrible journée que j'avais vécue, la pharmacienne de Prats-de-Mollo qui a su parfaitement calmer mes brûlures d'orties, la gentille randonneuse rencontrée à Notre-Dame de Coral, les propriétaires du Domaine des Estanouses avec lesquels depuis je me suis lié d'amitié, le breton vététiste et le jeune couple de Tchèques, clients de la Maison Damia Noëll. Je remercie enfin ma femme qui m'a laissé partir seul, mes enfants de m'avoir offert un lecteur MP3, objet ô combien précieux qui m'a énormément aidé dans les instants les plus difficiles. Je remercie enfin Charles Trenet et ses interprètes Les Compagnons de la Chanson pour leur magnifique chanson " Mes jeunes années ", mélodie avec laquelle j'ai marché très souvent tout au long de cette randonnée. Quand j'éprouvais des difficultés, cette chanson était là pour me remonter moral et enthousiasme. Pour moi, cette chanson restera pour toujours comme un hymne à ces 6 jours passés en Vallespir. 6 jours " Sur les hauteurs d'une vallée âpre " qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

 

Divers :

 

Peu de temps après mon retour, le 24 août exactement, et en raison de la terrible et éprouvante épreuve que j'avais vécue dans la forêt du Miracle au dessus de Prats-de-Mollo, il m'a paru utile d'alerter les autorités pour que d'autres personnes ne tombent pas dans le même piège que les arbres couchés par la tempête Klaus du 24 janvier 2009 m'avaient tendu. J'ai donc adressé un e-mail à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération et au comité départemental de la Randonnée Pédestre pour les informer de la galère que j'avais éprouvée dans ce secteur du Tour du Vallespir situé peu après le Puig des Lloses en direction du Col du Miracle.

 

Le 14 septembre, c'est avec satisfaction que je recevais une réponse de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo dans laquelle elle m'informait avoir contacter Monsieur Joseph Dunyach, Président du club local de randonnée pédestre " Délit Ténim ". Ce dernier me répondait à travers une lettre jointe au message de Madame Baills.

 

Pour les remercier de m'avoir répondu et d'être intervenu ultérieurement dans ce secteur de Prats-de-Mollo, j'ai volontairement joint à ce récit nos différents échanges de messages.

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Message adressé le 24 août 2009 à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération Française de Randonnée Pédestre et à son Comité départemental des Pyrénées-Orientales.

 

Monsieur le Maire de Prats de Mollo, Mesdames, Messieurs,

 

J'ai réalisé la semaine dernière la randonnée du Tour du Vallespir en 6 jours d'après le Guide Rando de Georges Véron : Canigou, Vallespir, Conflent paru chez Rando Editions. Randonnant beaucoup tout au long de l'année, j'avais eu l'occasion de remarquer que ce tour était plutôt bien balisé et que les panneaux indicateurs étaient nombreux. Je n'ai pas trouvé non plus sur Internet de contre-indications à effectuer ce tour. C'est donc en toute confiance mais muni néanmoins d'un GPS, d'un téléphone portable et des cartes IGN appropriées que je suis parti d'Amélie vers Batère le 1er jour, puis vers Saint-Guillem le 2eme jour, puis vers Prats de Mollo le 3eme jour, puis à Notre-Dame de Coral le 4eme jour, puis à St Laurent de Cerdans le 5eme et retour à Amélie le 6eme.

 

Tout s'était très bien passé jusqu'au Puig des Lloses (1.413 m) qui sauf erreur de ma part se trouve sur la commune de Prats de Mollo. A cet endroit, le balisage rouge et jaune propre au Tour du Vallespir ainsi que le panneau d'orientation m'indiquait de poursuivre vers la droite alors qu'un 2eme panneau me proposait de descendre à gauche vers Prats de Mollo par le col de Cavanelles. Effectuant bien sûr le Tour du Vallespir et ayant de toute manière ce tracé-là enregistré dans mon GPS, j'ai normalement poursuivi vers la droite d'autant que rien à cette intersection du Puig des Lloses ne pouvait me laisser supposer que cette portion du Tour du Vallespir dans laquelle j'allais m'engager était complètement impraticable.

 

J'ai 60 ans et je pense être un marcheur chevronné. Pourtant je ne vous cache pas qu'à cause des nombreux arbres décimés qui jonchent encore le sentier sur ce secteur depuis la tempête Klaus du 24 janvier dernier, j'ai eu à un moment le vague sentiment que j'était tombé dans un véritable traquenard. En effet, j'ai commencé à enjamber un premier arbre puis à passer sous un second, puis troisièmement à contourner un premier groupe d'arbres, puis je suis passé sous quelques autres arbres couchés puis au bout de 1,5 kms sans autre solution j'ai finalement quitté le chemin pour éviter un amoncellement qui me semblait de quelques mètres de large seulement (on constate en effet que le vent à suivi des couloirs plus ou moins larges) mais qui en réalité étaient absolument infranchissables. J'ai donc fini par me perdre dans cet immense labyrinthe d'arbres abattus et j'ai même pensé à un moment à appeler les secours depuis mon portable. Heureusement, que j'ai su garder mon sang-froid et grâce à mon GPS j'ai pu, après de multiples efforts, retrouver le sentier et j'ai réussi à rebrousser chemin pour en définitive rejoindre Prats par le col de Cavanelles.

 

Attention ce message que je vous adresse et cette histoire que je vous relate n'ont pas pour objet d'émettre un grief envers quiconque mais simplement à vous prévenir qu'à cet endroit après le Puig des Lloses, le tour du Vallespir est particulièrement dangereux et infranchissable. Mais peut-être le saviez-vous ? De mon côté, je sais pertinemment que la tempête Klaus a provoqué des dégâts considérables et que ce n'est pas en quelques mois que l'on peut effacer les cicatrices d'un tel désastre. Je pensai toutefois que dans la mesure où un chemin serait impraticable un simple petit panonceau d'interdiction aurait été mis en place. Ayant eu l'occasion de marcher dans les Landes et le Gers il y a quelques semaines, j'avais eu l'occasion d'apprécier ce type de pancartes sur de nombreux sentiers. J'ai donc été très étonné qu'au Puig des Lloses aucun panneau ne vienne prévenir le randonneur de cette dangerosité, d'autant qu'un autre chemin permet d'accéder à la commune de Prats dans d'excellentes conditions. En été où les randonneurs sont très nombreux à parcourir les chemins de notre beau département des PO, je pense que de simples petits panneaux d'interdiction et/ou de conseils en pareils endroits seraient d'une redoutable efficacité et éviteraient bien des désagréments comme ceux que j'ai connus.

 

Voilà, après tous ces déboires, et après trois heures d'errements, j'ai fini par arriver à Prats de Mollo avec seulement quelques égratignures, quelques bleus et les mollets douloureusement brûlés par les orties et griffés par les ronces.

 

Le lendemain avant de repartir, j'ai longuement réfléchi sur le sentier que j'allais prendre et plutôt que d'opter par la poursuite du Tour du Vallespir par la Tour de Mir et le col d'Arès dont je sais que le secteur est particulièrement boisé aussi, j'ai emprunté le chemin le plus court pour rejoindre l'ermitage de Notre Dame de Coral. Il s'agit du PR.12 qui passe au col de la Guille. Bien m'en a pris, puisqu'une fois arrivé à l'ermitage, j'appris par d'autres randonneurs, qui en revenaient, que les chemins de la Tour de Mir et du col d'Arès étaient eux aussi barrés par de nombreux arbres couchés. Je ne l'ai pas constaté par moi-même !

 

Voilà il m'a paru utile de vous apporter ce témoignage qui est tout frais. Comme je l'ai dit je ne fais aucun grief à personne d'autant que parmi les acteurs à qui j'adresse ce message, je ne sais pas qui est responsable des arbres couchés, du balisage présent ou absent, de la prévention à mettre en place en pareil cas, etc...

 

J'espère simplement que quelqu'un fera bon usage de ce message.

 

Recevez, Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, mes respectueuses salutations.

 

Gilbert JULLIEN

Licencié à la FFRP sous le N° 0579504G

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Lettre réponse reçue de Monsieur Joseph Dunyach par l'intermédiaire de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo.

 

OFFICE DE TOURISME**

66230 PRATS DE MOLLO - LA PRESTE

 

DUNYACH Joseph

Président du club de randonnée FFRP " Delit Tenim "

Membre du Comité directeur départemental des PO

Responsable des Sentiers

Tel : 04.68.39.77.18

 

A Monsieur JULLIEN Gilbert

 

Monsieur,

 

Je viens de prendre connaissance de votre courrier du 25 Août au sujet des problèmes que vous avez rencontré sur le Tour du Vallespir. Ce courrier m'avait été communiqué par le Président départemental lors de la réunion du Comité Directeur du 31 août à Perpignan et je le classe parmi ceux qui font plaisir à lire car ils démontrent la qualité des randonneurs de la FFRP et leur soucis de parfaire notre terrain de jeu naturel.

Vous avez très bien exposé tous vos problèmes et je me sens un peu responsable de ce qui vous est arrivé car j'avais apposé un panneau de fermeture de sentiers à l'entrée du sentier au départ de Prats et je n'avais pas pensé aux randonneurs arrivant dans l'autre sens ce que je vais m'empresser de corriger en attendant l'ouverture que nous espérons prochaine de ce beau sentier sur le secteur du Miracle après le désastre de la tempête Klauss qui nous a donné bien des soucis.

Je profite de ce courrier pour vous informer que le Tour du Vallespir va être complètement finalisé car il fait partie du grand projet du Conseil Général à travers son entité " Canigou Grand Site ".

Si vous souhaitez recevoir les documents sur cet itinéraire vous pouvez nous communiquer vos coordonnées postales.

Pour ce qui est du secteur de la Tour du Mir, la situation est tout à fait normale.

J'ose espérer que ce courrier vous soulagera un peu de la galère que vous avez connu et je vous prie de m'en excuser encore une fois.

Je joins une copie de ce courrier au Président du Comité Départemental qui m'avait demandé de vous répondre en tant que responsable du secteur ainsi qu'à Monsieur le Maire de Prats de Mollo La Preste.

 

Recevez Monsieur mes sincères salutations et peut être au plaisir de se connaître un jour à Prats ou sur l'un de nos sentiers du Haut-Vallespir.

 

DUNYACH Joseph

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms

Publié le par gibirando

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms6eme étape : Samedi 22 août 2009.

Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms

(En raison d'un dysfonctionnement de mon appareil-photo, de très nombreux clichés sont de très mauvaises qualités. J'ai tenté d'en corriger certains afin de leur donner un peu plus de relief.) (La plupart des photos de ce Tour du Vallespir peuvent être agrandies en cliquant dessus. 2 fois, la photo occupe parfois le plein écran).

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms

Cliquez sur la carte pour l'agrandir. 2 fois pour un plein écran.

Les étoiles qui trouent la nuit du Vallespir, les étoiles qui jouent ne pourraient me guérir, seuls tes bras à mon cou… Extrait du roman " Le berger des abeilles ". Armand Lanoux (1913-1983) écrivain français.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms LE PILON ET LA PUREE :

Avant de me mettre au lit, je suis resté longtemps les bras croisés à regarder par la fenêtre. L'air était chaud et le ciel étoilé. Les montagnes étaient noires mais l'obscurité n'était que partielle. Dans cette nébulosité, quelques étincelles scintillaient dans les collines les plus basses. Une fine ligne de lumière au dessus du Mont Capell faisait comme une longue frise phosphorescente. Je me disais : c'est vers cette lueur que je partirai demain pour la fin du voyage. Mais dans ma tête, ces mots que l'on aurait pu croire sinistres, ne l'étaient absolument pas, bien au contraire. Ce n'était qu'encore et toujours ce désir de marcher vers un horizon inédit et cette espèce d'avidité à découvrir des paysages nouveaux. Mais beaucoup d'autres pensées se bousculaient dans ma tête. Mes sentiments étaient partagés entre l'envie de rentrer à la maison et la nostalgie de terminer un périple auquel je commençais à prendre goût. Après l'éprouvante épreuve que j'avais vécue à la forêt du Miracle, les choses s'étaient plutôt très bien passées malgré l'épisode agaçant aux Tours de Cabrens que j'avais fini par ne plus déplorer et bien au contraire apprécier, grâce à ce visage que j'avais aperçu dans la haute falaise. Marcher deux ou trois jours de plus de cette manière et passer des soirées comme celle que je venais de connaître ne m'aurait pas spécialement dérangé.

Mais au matin en me levant, je suis plutôt mélancolique. Une mélancolie digne de " Demain dès l'aube… ", cette circonstancielle poésie de Victor Hugo que j'avais apprise à l'école primaire et dont je me souvenais vaguement:

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

 

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisés

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit…..

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsoSur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms

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J'ai quitté la Maison Noëll et leurs sympathiques propriétaires Isabelle et Mario par une multitude d'escaliers qui rejoignent le bas de Saint-Laurent. Le ciel est blanc et n'est pas aussi lumineux qu'hier. En plus, mon appareil photo " n'en fait qu'à sa tête " ! Je ne parviens à comprendre d'où vient le problème quant à la mauvaise qualité des images : dysfonctionnement de l'appareil ? humidité ? choc ? 

Mais une " bonne " douche puis cette espèce d'effervescence qu'il y a autour du petit déjeuner finissent par sceller le sort de cette nostalgie. Tout le monde semble excité à cette idée de partir. Mes amis d'un jour sont, tout comme moi, presser de quitter Saint-Laurent-de-Cerdans. On part tous dans des directions opposées mais pour chacun, et avec des itinéraires complètement différents, les distances à parcourir seront très longues. Le jeune vététiste part vers sa Bretagne natale, les Tchèques doivent rejoindre Bruxelles et leur travail au Parlement Européen et moi, j'ai encore une vingtaine de kilomètres avec de gros dénivelés qui m'attendent avant de rallier Amélie. Et pourtant, je prends le trajet le plus rectiligne sinon en poursuivant le vrai tracé du Tour du Vallespir par Montalba, celui de la carte IGN mais qui n'est pas celui de Véron, l'étape aurait fait 8 ou 9 kilomètres de plus. Mais à dire vrai aussi, mon itinéraire est loin d'être le plus facile car il en existe un autre qui évite toutes les crêtes et donc tous les dénivelés. Mais avant le départ, il m'a fallu faire un choix et encore une fois, j'ai opté pour celui que Véron indiquait dans son topo-guide.

Mon sac à dos, mon bâton et mon bob m'attendent déjà devant la porte car je n'ai pas de panier repas à récupérer. Mais au moment de partir, Isabelle a néanmoins cette délicatesse de m'offrir un gros sachet de croissants. Il est déjà 8h 30 et après les traditionnelles bises aux dames et les serrages de mains aux hommes, je sors dans la petite ruelle de la Sort.

Les Tchèques chargent leur voiture. Un dernier signe de la main et je prends la ruelle de l'Eglise qui me fait faire un demi-tour de celle-ci. J'ai bien envie de découvrir le patrimoine historique de Saint-Laurent-de-Cerdans mais malheureusement le temps me manque. Dommage, car je connais uniquement cette ville comme la capitale de l'espadrille que l'on appelle ici la " vigatana " mais aussi pour ses colorées " Toiles du Soleil " connues dans le monde entier. Je descends un long escalier d'une centaine de marches qui surplombe magnifiquement le bas de la ville. Malheureusement, les fumées d'un écobuage qui montent vers moi voilent cette vision. A la première épicerie venue, je m'arrête pour quelques achats pour le pique-nique de midi mais en complétant simplement le gros sachet de croissants qu'Isabelle m'a donné. Je remplis mes gourdes à une jolie fontaine où coule une eau délicieusement douce et fraîche. Par chance, cette fontaine est sur l'itinéraire enregistré dans mon GPS, ce qui m'évite de longues tergiversations pour trouver la bonne direction à prendre pour sortir de Saint-Laurent-de-Cerdans.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsoSur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms

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Bien que balisée en jaune, la sente qui doit rejoindre le Tour du Vallespir n'est pas facile à suivre dans cette épaisse végétation essentiellement composé de petits chênes verts et de quelques pins. Elle coupe des pistes par des raccourcis peu évidents à voir mais heureusement, je reconnais certains signes rencontrés lors d'une précédente sortie dominicale au Mont Capell comme ces gros rouleaux bleus. De temps à autres, quelques panonceaux me rassurent quant au chemin à poursuivre. Mon numérique continue à mal fonctionner au niveau de la pixellisation et les photos apparaissent blanches sur l'écran. Les lointains panoramas sont sans relief mais heureusement mes yeux sont là pour pallier à cette défaillance ! Je peste tout de même car le reportage que j'ai prévu de faire à mon retour s'en ressentira !

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsoSur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms

Je suis presque monté au Mont Capell. J'aperçois Saint-Laurent-de-Cerdans au loin. De beaux paysages se sont dévoilés dans la montée. A un minuscule cairn, je quitte la piste pour une étroite sente où je retrouve le Tour du Vallespir. Cette sente descend enfin vers le col de Noëll.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsoSur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms

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Au col Noëll, j'arrive sur une large piste qui va au Mas de La Bouadelle. Le Mont Capell est dans mon dos désormais mais d'autres sommets m'attendent encore !

Cette route d'abord goudronnée qui se transforme rapidement en une piste sableuse puis en un sentier au bon dénivelé, je la reconnais immédiatement. Elle grimpe en direction du Mont Capell que j'ai déjà gravi avec Dany lors d'une sortie dominicale. Tout en montant dans cet exceptionnel décor de verdure, je comprends mieux pourquoi, dans ce pays, des hommes se sont battus becs et ongles pour empêcher que la THT passe au Mont Capell. Celle ligne à très haute tension prévue par EDF qui doit rallier l'Espagne n'a rien à faire ici, dans cette forêt vierge de toute habitation, terrain de jeu des hardes de sangliers et qui abrite d'autres espèces floristiques et fauniques remarquables. Par de courts raccourcis, le sentier continue à couper la piste sableuse. Tous les coins ombragés sont bons à prendre tant la chaleur est déjà lourde et étouffante. Au pied du mont, en retrouvant le balisage jaune et rouge du Tour du Vallespir, une fois encore, je regarde ma montre. Deux heures, j'ai mis pour arriver ici et une de mes gourdes est déjà passée à la trappe.

Maintenant la piste redescend au milieu des genêts et des fougères en direction du Col de Noëll et du Mas de la Bouadelle. Je prends bien sûr quelques photos mais sans vraiment de conviction car cette fois c'est sûr, mon appareil est complètement déréglé et à chacune des photos, il suffit que je regarde l'écran pour faire cet amer constat. Les photos sont sans relief, voilées, fades et blanches. Un peu comme la couleur du ciel aujourd'hui qu'un air chaud venant de la mer embrume. Je ne sais que faire et je m'en veux d'être parti de la maison sans avoir lu la notice. En arrivant à ce col de Noëll, j'aimerai bien savoir si ce " Noëll " a un rapport avec la famille dont m'a longuement parlé Mario hier soir. Je suppose que oui. Vers le nord-ouest, une longue écharpe de nuages blanchâtres stagne sur les montagnes. Mais dans la direction où je file, le ciel est immaculé. La piste se remet à monter jusqu'à un carrefour où j'aperçois le Mas Bouadelle sur ma droite derrière une haie de feuillus.

Blotti dans un joli cadre de verdure, l'endroit me semble agréable pour venir y passer un week-end, randonner, se reposer et quitter pour un temps la civilisation. Je promets de m'en souvenir. En me retournant, je vois à l'opposé, une clôture et un portail auquel un panonceau jaune est accroché. Il indique : " Pilon de Belmatx " sans autre indication, ni d'altitude, ni de distance, ni de temps pour y parvenir. Je ne connais pas grand chose de ce pic que je n'ai jamais escaladé, sauf que j'ai lu dans quelques guides de randonnées, qu'il est souvent considéré, avec plus de mille mètres de dénivelé depuis Arles-sur-Tech, comme un sévère " incontournable " pic des Pyrénées-Orientales. D'ailleurs chaque année, on y organise une épreuve désormais notoire dans le calendrier des spécialistes des courses en montagne.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsoSur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms

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Je quitte le carrefour de la Bouadelle par une terrible sente qui s'élève raide sous un cagnard brûlant, direction le Puig de la Senyoral (1.315m) et le Pilon de Belmatx (1.280 m). Dans cette sévère montée, je vais souffrir physiquement mais aussi moralement !

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Dommage que les photos soient blanches car les visions des panoramas sur Saint-Laurent et les montagnes gravies hier sont superbes ! Le Mont-Capell est déjà loin maintenant et les tours de Cabrens ne sont visibles qu'en mode rapproché.

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Déprimé, je me mets à pleurer dans cette terrible sente rocailleuse qui monte à 1.212 m à la Serra de la Garsa. Mais après le déjeuner et le col de la Senyoral, je me reprends et continue de monter vers le Pilon de Belmatx sur un chemin plus large où l'ombre est très rare. Le temps est lourd et je n'ai jamais eu si chaud !

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Je viens de déjeuner, je quitte la Serra de la Garsa et descend au col de la Senyoral. Mais d'ici, je vois parfaitement que le chemin remonte de " plus belle "

Alors comme hier soir, je n'ai pas trouvé trop de temps pour revoir sur le papier cette étape, j'ouvre ma carte IGN car j'ai vraiment besoin de savoir ce qui m'attend.

Le Pilo de Belmaig, car c'est ainsi et en catalan qu'il est présenté sur ma carte, culmine à 1.280 mètres. Devant ce portail, je suis à 980 mètres d'altitude selon mon GPS et le calcul est simple et rapide, à ceci près, qu'un autre pic, le Puig de la Senyoral se présente juste avant à 1.315 mètres de hauteur. Mais quand je regarde le parcours d'un peu plus près, je constate qu'en réalité, jusqu'à ce Pilon de Belmatx ou Belmaig, ce n'est qu'une succession de descentes et de montées. D'ailleurs, il suffit que je lève la tête et la montée est déjà là devant mes yeux et la ligne de départ à mes pieds. Cette longue montée commence ici exactement, et je la vois qui monte, monte, monte, monte…. dans la montagne qui me fait face. Mais sommes toutes, cette étude fortuite de ma carte a un effet plutôt bénéfique sur mon moral. Après tout, ce n'est guère plus que 300 mètres de dénivelé que je vais avoir à monter et non pas mille. Les mille mètres, par contre, je vais avoir à les descendre et même peut-être un peu plus pour aller à Amélie, mais j'ai le temps d'y penser. Je pousse le portail et je m'élance dans cette sente qui monte au milieu d'une lande de fougères et de genêts. D'emblée, la sente s'élève très abrupte. Sous un cagnard de plomb, la chaleur monte comme du feu le long de mes jambes. Jamais, je n'ai eu si chaud depuis mon départ. La transpiration sort par tous les pores de ma peau, mais l'aspect le plus désagréable c'est cette sueur salée qui coule de mon front, emplit mes yeux, me rend aveugle et me fait pleurer. Avec le bob, je tente de m'essuyer ces yeux qui larmoient sans cesse, mais c'est en vain, car le bob, lui aussi, est trempé de sueur. Je sens que je peine dans cette sente raide, souvent caillouteuse, parfois très ravinée, mais cette fois, et sans appareil photo marchant convenablement, les papillons, pourtant nombreux, ne sont plus un dérivatif à cette souffrance. Alors, je sors mon lecteur MP3 pour écouter un peu de musique. Trois chansons sur quatre sont des slows, des musiques douces avec de belles mélodies comme je les aime. Ce n'est jamais la panacée, mais dans cette ultime rampe rocailleuse et terrible avant le Pla de la Conca, je me dis que la musique devrait m'être d'une aide précieuse. En tous cas, depuis mon départ c'est toujours ainsi que j'ai vécu ces moments où je m'enfermai dans la musique pour oublier l'âpreté des montées. Mais cette fois, je ne sais pas pourquoi, la musique a un effet inverse. Ai-je accumulé trop de fatigue ? Ce dénivelé est-il soudain trop difficile pour mes vieilles jambes ? Est-ce la chaleur conjuguée à trop d'efforts consécutifs ? Est-ce un simple coup de déprime après mon réveil cafardeux de ce matin ? En tous cas je ne l'entends plus cette musique et je me laisse submerger par des idées noires pensant aux êtres chers que j'ai aimé et qui ont quitté cette terre. Puis, je me mets à penser à ma mère, elle qui aimait tant mes récits de randonnées et qui disait toujours quand elle en avait terminé leur lecture : " C'est bien, je suis contente, j'ai l'impression d'avoir marcher avec toi sur ces chemins ". Elle ne pourra plus lire d'autres histoires, ni marcher avec moi sur ce Tour du Vallespir : Alzheimer est passé par là ! Toutes ces idées noires finissent par m'engloutir et je me mets soudain à "pleurer comme une madeleine ". Quand j'arrive au sommet, je m'écroule en pleurs dans la caillasse. J'ai un mal fou à retrouver une respiration normale car les sombres pensées s'entrechoquent dans ma tête comme les auto-tamponneuses d'une fête foraine. Maintenant, je repense à mes enfants et aux altercations que j'ai eues avec eux juste avant mon départ. Ils critiquaient ma manière trop " personnelle " de vivre ma retraite et j'avais un mal fou à m'expliquer et à me défendre. Je l'ai tant idéalisée cette retraite et hormis notre voyage à la Réunion et ces quelques jours sur le Tour du Vallespir, depuis une année, elle se passe si peu comme je l'avais imaginée. Je trouve peu de réponses à ces attaques mais je me promets d'y réfléchir et de faire des efforts. J'étais sans doute dépressif depuis quelque temps et cette déprime rejaillit aujourd'hui. Je sors lessivé de cette violente montée, de ces angoisses et de cette crise de larmes incontrôlable. Je reste de longues minutes allongé sur ce petit col pierreux à tenter de récupérer pour retrouver mes esprits. Quand je me lève enfin, c'est pour m'apercevoir qu'ici, les décors changent. Je vais quitter un maquis ensoleillé et brûlant pour un chemin gazonné et plus large qui redescend dans un petit bois de pins jusqu'à un verdoyant collet. Il est 12 heures tapantes et comme d'ici, je vois parfaitement qu'après un petit col, la pente remonte de la plus belle des manières, je préfère arrêter là pour déjeuner et me reposer un peu. Ici, je suis au sommet de la Serra de la Garsa à 1.212 mètres d'altitude, je vois parfaitement Saint-Laurent-de-Cerdans, le Mont Capell, le chemin parcouru aujourd'hui et les autres montagnes traversées hier. Mais décidément, il fait bien trop chaud dans ce pré caillouteux et je pars déjeuner dans le bois, bien à l'ombre des pins.

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Je finis par arriver au Puig de la Senyoral (1.315 m), point culminant de cette journée, mais la sente va redescendre un peu et remonter encore au Pilon de Belmatx (1.280 m). Ici, j'ai parcouru environ la moitié de la distance du jour.

40 minutes, il a duré cet arrêt, pas le pique-nique car je n'avais pas très faim, mais il a failli être bien plus long car je me suis assoupi quelques minutes sur un tapis de ramilles. Mais heureusement quelques fourmis voraces ont su me réveiller et me déloger de leur territoire. Après le collet de la Senyoral, à 1.182 mètres selon mon GPS, où je croise un nouveau panonceau " Pilon de Belmatx ", la pente continue toujours en plein soleil, puis, elle entre avec bonheur dans une fraîche hêtraie. Mais elle en ressort presque aussitôt et longe désormais des haies de buplèvres, de genêts, de fougères, de framboisiers ou des ronces aux mûres bien noires mais peu sucrées. Ce chemin que j'arpente très légèrement sur le versant sud de la Serra de Montner, suit une longue crête qui finit bien après le Pilon de Belmatx au col de Paracolls. Mais dans l'immédiat, il me faut atteindre la première difficulté de cette crête qui n'en finit plus de monter, le Puig de la Senyoral. Mais au moment où je l'atteins et avant même de réaliser où je suis, je ne vois qu'une chose devant moi, ce paysage à perte de vue jusqu'à la Méditerranée et sur ma droite, le Roc de France (1.450 m). Le Pilon de Belmatx est devant moi légèrement en contrebas bouchant quelque peu l'horizon. Le temps de quelques " fades " photos au sommet et je descend dans un pente très raide vers ce pilon ardent que le soleil au zénith semble vouloir enflammé. J'ai vidé mes deux bidons et malgré mon désir d'économie, j'ai déjà entamé la poche Camelback de 2 litres. Si le chemin continue ainsi jusqu'à l'arrivée avec si peu d'ombre, c'est moi qui vais finir liquéfié. D'autant qu'après ce nouveau collet, le chemin remonte légèrement vers un sommet rocheux.

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Après le Puig de la Senyoral, le chemin redescend vers le Pilon de Belmatx que j'aperçois devant moi. D'ici, les grands panoramas s'entrouvrent jusqu'à la mer mais dommage, au loin, une écharpe de gros nuages blancs obstrue tout l'horizon.

En arrivant, comme je suis persuadé qu'il s'agit du sommet du Pilon de Belmatx, je pose pour une photo, tel Hillary au sommet de l'Everest. Mais quand je redescend et contourne ces rochers, c'est pour m'apercevoir que le véritable sommet est beaucoup plus loin et surtout un peu plus haut. Un gros mamelon arrondi et rocailleux est encore à gravir devant moi. Une fois encore, je prête une grande attention à ne pas tomber dans ce sentier qui zigzague dans les rochers. Cette attention est d'autant plus nécessaire que la fatigue se fait plus astreignante et je sens bien que mes jambes ne répondent plus aussi bien aux sollicitations permanentes auxquelles elles sont soumises. Je transpire comme un malade et en tous cas, comme jamais depuis le début de ce Tour du Vallespir. La sente est parfois si difficile qu'ici les baliseurs ont mis des cordes pour se tenir et se hisser sur les hautes marches que constituent ces blocs de roches. Et quand j'arrive enfin au sommet, je comprends pourquoi on l'appelle " pilon ". Je ne sais pas si ce nom a la même signification que celle qu'en donne le Larousse mais ce sommet peut se vanter de m'avoir désagréger à l'état de purée. Je suis décomposé, vermoulu et malgré les boissons énergétiques et les gels énergisants, les dénivelés en plein soleil et à répétition ont eu raison de mes forces.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsLe marcheur libre au Pilon de Belmatx

Le marcheur dans sa tête était un homme libre,

Mais son cœur était triste et la sente pénible.

Il se mit à pleurer sur de sombres pensées,

Le pas plus hésitant à vouloir avancer.

 

Courbé sur son bâton, il souffrait le martyre,

Montant toujours plus haut sans vouloir ralentir.

Un pilon sur sa route releva le défi,

Belmatx, il s'appelait, dans la géographie.

 

Le marcheur entêté voulut lui faire face,

Mais un soleil brûlant lui ôta toute audace.

Ecrasé par les roches et tous les minerais,

Il sortit du pilon à l'état de purée.

 

Mais au fond du vallon, l'attendait Amélie.

Il releva la tête car elle était jolie.

Il quitta le Pilon comme on salue l'artiste,

Car vaincre en étant seul, ce n'est pas réaliste.

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Avant d'arriver au Belmatx, le chemin suit une longe crête rocheuse, la Serra de Montner où il est difficile de progresser. A un moment, je crois être arrivé au sommet et je me prends en photo. Mais non le Pilon est encore beaucoup plus loin et un peu plus haut. Je viens de boire ma dernière goutte d'eau et vais souffrir en plein soleil.

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Le chemin du Belmatx est si difficile que le club de randonnée d'Arles-sur-Tech " les Caminadors Lliures " a installé des cordes pour se hisser. J'arrive au sommet près d'une petite construction et d'une rose des vents. Les vues sont superbes !

Il est impératif que je reprenne des forces et pour cela il faut que je m'arrête un peu, car après tout il n'est que 14 heures ! Après une photo devant un petit caisson fait de pierres et de briques rouges surmontée d'une rose des vents et où il est écrit en catalan " Els Caminadors lluires ", en français " les marcheurs libres ", je pars m'installer bien en surplomb d'Arles-sur-Tech.

D'ici, je profite d'un panorama exceptionnel à 360 degrés. Mais mon regard est surtout attiré par le versant opposé de cette vallée du Tech que je domine. Une fois encore, je cherche à retrouver les sentiers sillonnés, les monts escaladés, les cols franchis les premiers jours et si parfois je décèle un endroit, je ne peux m'empêcher de penser au fond de moi : " Que de chemins parcourus en 6 jours ! ", " Que de jolis paysages traversés ! ", " Que de belles montagnes gravies ! ". Et encore qu'aujourd'hui, ce n'est pas le temps idéal pour une observation méthodique car depuis le Massif du Canigou et descendant jusqu'à la mer, il y a une longue masse nuageuse blanchâtre qui semble immobile et voile une immense partie de l'horizon. Tout en mangeant quelques fruits secs, ici au sommet de ce pic, je prends vraiment conscience du plaisir que j'ai eu à marcher, plaçant très loin derrière ce bonheur, et au second plan, toutes les déconvenues et les adversités que j'ai rencontrées. Maintenant, je suis à quelques arpents de l'arrivée et même si je dois redoubler de vigilance et passer encore quelques heures sur ces chemins, je me fais un principe et un devoir d'arriver en bon état et entier à Amélie.

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Je suis au sommet du Belmatx mais j'ai tant souffert aujourd'hui : chaleur, manque d'eau, dénivelé, fatigue et déprime que présentement et toute proportion gardée, je considère ce sommet comme mon Everest à moi. Pourtant, avec ses 1.280 mètres d'altitude, c'est un sommet plutôt modeste mais pour les Arlésiens, c'est aussi un sommet mythique !

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Après le Belmatx, il y a plus de 1.000 mètres de descente à faire sur des sentes caillouteuses ou terreuses et parfois ravinées. Heureusement, les vues sont belles.

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Après le col de Paracolls, je coupe le G.R.10 et ignore la Batterie Santa Engracia. Ici, je quitte définitivement ce Tour du Vallespir, direction Amélie-les-Bains. Mais dans la descente, c'est seulement Arles-sur-Tech que j'aperçois pour l'instant  depuis le chemin.

Voilà, les dispositions dans lesquelles je suis au moment d'amorcer cette longue, raide et difficile descente vers le Col de Paracolls. Plus de milles mètres de dénivelé négatif que je vais avoir à descendre pour rejoindre Amélie. Et quand j'arrive au Col de Paracolls, c'est une première étape de franchie. Il est 15 heures et il m'a fallu presque trois quart d'heures pour parcourir les 380 mètres de ce dénivelé négatif et les 1.500 mètres de cette pente très raide, pierreuse, terreuse et souvent très ravinée. Maintenant, je comprends mieux pourquoi, on classe cette randonnée dans les " difficiles " malgré son altitude relativement modeste. Ici au col, le chemin coupe un GR.10 plein d'ornières. G.R. que j'avais laissé à Batère et qui file ici en direction de la frontière espagnole vers le Roc de France.

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Après avoir longtemps cheminé en surplomb d'Arles-sur-Tech, j'aperçois enfin Amélie-les-Bains au travers de quelques branches. Peu de temps après, je retrouve un sentier que je connais bien. C'est celui du 25eme Léger qui monte vers la Chapelle Santa Engracia et les Batteries. Le Pilon de Belmatx est loin désormais.

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms

Après avoir terminé toutes mes victuailles mais sans boire, c'est avec un grand bonheur que je tombe sur la source de la Madone, je bois jusqu'à plus soif. Puis, je descends en courant vers le parking des Thermes. La voiture n'est pas là ? Si !

Là, je quitte définitivement le tracé du Tour du Vallespir, celui de la carte IGN mais pas celui de Véron. Et dans ces conditions, une fois encore, je n'ai pas l'impression de faire une entorse à ce tour. Je descends vers Arles-sur-Tech par le G.R.10, avant de bifurquer à droite par une nouvelle sente balisée en jaune qui entre et circule dans une châtaigneraie en direction de la Batterie de Santa Engracia. Quand de temps à autre, je sors de la dense forêt, c'est pour mieux dominer Arles-sur-Tech. Mais à vrai dire, ce sentier qui contourne la ville en zigzaguant, je n'en vois plus la fin. Je n'ai pas l'impression de lambiner et pourtant, il est 16 heures quand j'aperçois le panneau " Grande Batterie ". Ces batteries dites de Santa Engracia sont les ruines de petits bastions de surveillance construits par Vauban pour protéger le fort d'Amélie. Elles ne sont qu'à 5 minutes de marche et je ne les connais pas mais aujourd'hui j'en ai " plein les pattes " et je me dis que j'aurais certainement l'occasion d'y revenir. Je continue vers Amélie dont j'aperçois la ville entre quelques branches une demi-heure plus tard. Ici, pour y être déjà monté, je reconnais le panonceau " Chapelle Santa Engracia " qui se trouve à 15 minutes. Ce sentier, que l'on appelle le " Chemin du 25eme léger " en mémoire aux célèbres carabiniers napoléoniens, je le connais parfaitement. A un endroit que l'on a gentiment baptisé " Place Ascensio " j'ignore pourquoi, il y a un banc et comme j'ai faim, je m'arrête pour manger. J'ai tellement faim que je dévore tout ce qui reste de comestible au fond de mon sac à dos et il n'est pas question que je ramène quoi que ce soit à la maison. Mais ingurgiter autant sans pouvoir avaler la moindre goutte d'eau, j'avoue que ce n'est pas facile. Quand je repars, je suis content car hormis ma grosse boîte de fruits secs, je n'ai plus rien de consommable à transporter. 17 heures, je débouche sur la D.53, route goudronnée qui monte vers Montalba et descend vers Amélie. Mais je connais la sente qui descend par des raccourcis qui vont m'emmener en un rien de temps au parking des Thermes. Je ne sais pas pourquoi, je me sens léger, comme les 25eme qui devaient eux aussi descendre ce chemin, et j'ai l'impression de galoper dans cette descente. Disparue la fatigue et seule la Source de la Madone où coule une eau fraîche m'arrête dans cet élan. Je bois jusqu'à plus soif, remplis une gourde à moitié et continue ma descente au même rythme. Quand j'arrive en surplomb du grand parking, ce dernier est vide. Pas une seule voiture et surtout pas la mienne. Non c'est une blague, ce n'est pas possible, je rêve, on m'a piqué ma bagnole ! Je presse encore un peu plus le pas. Je cours dans cette ruelle cimentée toute en descente, l'œil rivé sur le parking. Non, elle est là, je l'aperçois maintenant ! Je m'arrête à bout de souffle, le cœur battant et les jambes tétanisées….

Mes vieilles années

Courent dans la montagne

Courent dans les sentiers

Pleins de maux et de pleurs

Et les Pyrénées

Hurlent au vent d'Espagne

Crient la souffrance

Qui brisa mon cœur…

Voilà, j'ai jeté mon sac à dos dans le coffre, j'ai délaissé mes chaussures de randonnées au profit des tennis, j'ai repris la voiture, je suis passé sans m'arrêter devant la guérite vide du parking des Thermes. Mais en passant devant les bistrots d'Amélie, ça était plus fort que tout, je me suis arrêté à la terrasse d'un café pour savourer 50 centilitres d'une bière très fraîche dont j'avais rêvée une grande partie de l'après-midi et en tous cas, dès l'instant où j'avais manqué d'eau. Mais je n'ai pas traîné car je languissais de rentrer. Je suis remonté dans la voiture et j'ai longuement hésité avant d'écouter une radio sur mon MP3. J'avais sans doute la crainte d'une nouvelle coïncidence, style mes " Jeunes Années " de Trenet. Non, il n'y avait que de la " parlote " et j'ai alors changé de station. Mais qu'elle ne fut pas ma surprise, cette station passait la célèbre chanson de Joe Dassin " Le Chemin de papa ". :

Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa

C'est vraiment fatigant d'aller où tu vas

Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa

Tu devrais t'arrêter dans ce coin…..

J'éteignis la radio. Non pas que je n'aimais pas cette chanson, bien au contraire. Mais là ce n'était plus du hasard, dans ce pays plein de légendes et de mystères, le Vallespir ne s'amusait-il pas à me jeter un sort ! C'est vrai, il avait été long, fatiguant et plein d'embûches ce Tour du Vallespir, et je le finissais meurtri. Mais au-delà de sa longueur et son âpreté, je savais que je garderai comme seuls souvenirs tous ces beaux paysages qu'il m'avait été donné de voir. Mon seul regret, j'avais vu peu d'animaux sauvages et en tous cas bien moins qu'il y a deux ans autour du Coronat : beaucoup de papillons, d'insectes, de lézards et d'oiseaux, mais seulement une fouine, deux écureuils, un isard et une vipère. Mais malgré cette petite déception, dans ma tête, le vrai titre de ce récit resterait quand même : " Sur les hauteurs d'une vallée âpre " mais belle.

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsFin du récit 

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms

Publié le par gibirando

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms6eme étape : Samedi 22 août 2009.

Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms

(En raison d'un dysfonctionnement de mon appareil-photo, de très nombreux clichés sont de très mauvaises qualités. J'ai tenté d'en corriger certains afin de leur donner un peu plus de relief.) (La plupart des photos de ce Tour du Vallespir peuvent être agrandies en cliquant dessus. 2 fois, la photo occupe parfois le plein écran).

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans (724 m) - Amélie-les-Bains (232 m) 21,5 kms

Cliquez sur la carte pour l'agrandir. 2 fois pour un plein écran.

Les étoiles qui trouent la nuit du Vallespir, les étoiles qui jouent ne pourraient me guérir, seuls tes bras à mon cou… Extrait du roman " Le berger des abeilles ". Armand Lanoux (1913-1983) écrivain français.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms LE PILON ET LA PUREE :

Avant de me mettre au lit, je suis resté longtemps les bras croisés à regarder par la fenêtre. L'air était chaud et le ciel étoilé. Les montagnes étaient noires mais l'obscurité n'était que partielle. Dans cette nébulosité, quelques étincelles scintillaient dans les collines les plus basses. Une fine ligne de lumière au dessus du Mont Capell faisait comme une longue frise phosphorescente. Je me disais : c'est vers cette lueur que je partirai demain pour la fin du voyage. Mais dans ma tête, ces mots que l'on aurait pu croire sinistres, ne l'étaient absolument pas, bien au contraire. Ce n'était qu'encore et toujours ce désir de marcher vers un horizon inédit et cette espèce d'avidité à découvrir des paysages nouveaux. Mais beaucoup d'autres pensées se bousculaient dans ma tête. Mes sentiments étaient partagés entre l'envie de rentrer à la maison et la nostalgie de terminer un périple auquel je commençais à prendre goût. Après l'éprouvante épreuve que j'avais vécue à la forêt du Miracle, les choses s'étaient plutôt très bien passées malgré l'épisode agaçant aux Tours de Cabrens que j'avais fini par ne plus déplorer et bien au contraire apprécier, grâce à ce visage que j'avais aperçu dans la haute falaise. Marcher deux ou trois jours de plus de cette manière et passer des soirées comme celle que je venais de connaître ne m'aurait pas spécialement dérangé.

Mais au matin en me levant, je suis plutôt mélancolique. Une mélancolie digne de " Demain dès l'aube… ", cette circonstancielle poésie de Victor Hugo que j'avais apprise à l'école primaire et dont je me souvenais vaguement:

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

 

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisés

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit…..

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J'ai quitté la Maison Noëll et leurs sympathiques propriétaires Isabelle et Mario par une multitude d'escaliers qui rejoignent le bas de Saint-Laurent. Le ciel est blanc et n'est pas aussi lumineux qu'hier. En plus, mon appareil photo " n'en fait qu'à sa tête " ! Je ne parviens à comprendre d'où vient le problème quant à la mauvaise qualité des images : dysfonctionnement de l'appareil ? humidité ? choc ? 

Mais une " bonne " douche puis cette espèce d'effervescence qu'il y a autour du petit déjeuner finissent par sceller le sort de cette nostalgie. Tout le monde semble excité à cette idée de partir. Mes amis d'un jour sont, tout comme moi, presser de quitter Saint-Laurent-de-Cerdans. On part tous dans des directions opposées mais pour chacun, et avec des itinéraires complètement différents, les distances à parcourir seront très longues. Le jeune vététiste part vers sa Bretagne natale, les Tchèques doivent rejoindre Bruxelles et leur travail au Parlement Européen et moi, j'ai encore une vingtaine de kilomètres avec de gros dénivelés qui m'attendent avant de rallier Amélie. Et pourtant, je prends le trajet le plus rectiligne sinon en poursuivant le vrai tracé du Tour du Vallespir par Montalba, celui de la carte IGN mais qui n'est pas celui de Véron, l'étape aurait fait 8 ou 9 kilomètres de plus. Mais à dire vrai aussi, mon itinéraire est loin d'être le plus facile car il en existe un autre qui évite toutes les crêtes et donc tous les dénivelés. Mais avant le départ, il m'a fallu faire un choix et encore une fois, j'ai opté pour celui que Véron indiquait dans son topo-guide.

Mon sac à dos, mon bâton et mon bob m'attendent déjà devant la porte car je n'ai pas de panier repas à récupérer. Mais au moment de partir, Isabelle a néanmoins cette délicatesse de m'offrir un gros sachet de croissants. Il est déjà 8h 30 et après les traditionnelles bises aux dames et les serrages de mains aux hommes, je sors dans la petite ruelle de la Sort.

Les Tchèques chargent leur voiture. Un dernier signe de la main et je prends la ruelle de l'Eglise qui me fait faire un demi-tour de celle-ci. J'ai bien envie de découvrir le patrimoine historique de Saint-Laurent-de-Cerdans mais malheureusement le temps me manque. Dommage, car je connais uniquement cette ville comme la capitale de l'espadrille que l'on appelle ici la " vigatana " mais aussi pour ses colorées " Toiles du Soleil " connues dans le monde entier. Je descends un long escalier d'une centaine de marches qui surplombe magnifiquement le bas de la ville. Malheureusement, les fumées d'un écobuage qui montent vers moi voilent cette vision. A la première épicerie venue, je m'arrête pour quelques achats pour le pique-nique de midi mais en complétant simplement le gros sachet de croissants qu'Isabelle m'a donné. Je remplis mes gourdes à une jolie fontaine où coule une eau délicieusement douce et fraîche. Par chance, cette fontaine est sur l'itinéraire enregistré dans mon GPS, ce qui m'évite de longues tergiversations pour trouver la bonne direction à prendre pour sortir de Saint-Laurent-de-Cerdans.

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Bien que balisée en jaune, la sente qui doit rejoindre le Tour du Vallespir n'est pas facile à suivre dans cette épaisse végétation essentiellement composé de petits chênes verts et de quelques pins. Elle coupe des pistes par des raccourcis peu évidents à voir mais heureusement, je reconnais certains signes rencontrés lors d'une précédente sortie dominicale au Mont Capell comme ces gros rouleaux bleus. De temps à autres, quelques panonceaux me rassurent quant au chemin à poursuivre. Mon numérique continue à mal fonctionner au niveau de la pixellisation et les photos apparaissent blanches sur l'écran. Les lointains panoramas sont sans relief mais heureusement mes yeux sont là pour pallier à cette défaillance ! Je peste tout de même car le reportage que j'ai prévu de faire à mon retour s'en ressentira !

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Je suis presque monté au Mont Capell. J'aperçois Saint-Laurent-de-Cerdans au loin. De beaux paysages se sont dévoilés dans la montée. A un minuscule cairn, je quitte la piste pour une étroite sente où je retrouve le Tour du Vallespir. Cette sente descend enfin vers le col de Noëll.

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Au col Noëll, j'arrive sur une large piste qui va au Mas de La Bouadelle. Le Mont Capell est dans mon dos désormais mais d'autres sommets m'attendent encore !

Cette route d'abord goudronnée qui se transforme rapidement en une piste sableuse puis en un sentier au bon dénivelé, je la reconnais immédiatement. Elle grimpe en direction du Mont Capell que j'ai déjà gravi avec Dany lors d'une sortie dominicale. Tout en montant dans cet exceptionnel décor de verdure, je comprends mieux pourquoi, dans ce pays, des hommes se sont battus becs et ongles pour empêcher que la THT passe au Mont Capell. Celle ligne à très haute tension prévue par EDF qui doit rallier l'Espagne n'a rien à faire ici, dans cette forêt vierge de toute habitation, terrain de jeu des hardes de sangliers et qui abrite d'autres espèces floristiques et fauniques remarquables. Par de courts raccourcis, le sentier continue à couper la piste sableuse. Tous les coins ombragés sont bons à prendre tant la chaleur est déjà lourde et étouffante. Au pied du mont, en retrouvant le balisage jaune et rouge du Tour du Vallespir, une fois encore, je regarde ma montre. Deux heures, j'ai mis pour arriver ici et une de mes gourdes est déjà passée à la trappe.

Maintenant la piste redescend au milieu des genêts et des fougères en direction du Col de Noëll et du Mas de la Bouadelle. Je prends bien sûr quelques photos mais sans vraiment de conviction car cette fois c'est sûr, mon appareil est complètement déréglé et à chacune des photos, il suffit que je regarde l'écran pour faire cet amer constat. Les photos sont sans relief, voilées, fades et blanches. Un peu comme la couleur du ciel aujourd'hui qu'un air chaud venant de la mer embrume. Je ne sais que faire et je m'en veux d'être parti de la maison sans avoir lu la notice. En arrivant à ce col de Noëll, j'aimerai bien savoir si ce " Noëll " a un rapport avec la famille dont m'a longuement parlé Mario hier soir. Je suppose que oui. Vers le nord-ouest, une longue écharpe de nuages blanchâtres stagne sur les montagnes. Mais dans la direction où je file, le ciel est immaculé. La piste se remet à monter jusqu'à un carrefour où j'aperçois le Mas Bouadelle sur ma droite derrière une haie de feuillus.

Blotti dans un joli cadre de verdure, l'endroit me semble agréable pour venir y passer un week-end, randonner, se reposer et quitter pour un temps la civilisation. Je promets de m'en souvenir. En me retournant, je vois à l'opposé, une clôture et un portail auquel un panonceau jaune est accroché. Il indique : " Pilon de Belmatx " sans autre indication, ni d'altitude, ni de distance, ni de temps pour y parvenir. Je ne connais pas grand chose de ce pic que je n'ai jamais escaladé, sauf que j'ai lu dans quelques guides de randonnées, qu'il est souvent considéré, avec plus de mille mètres de dénivelé depuis Arles-sur-Tech, comme un sévère " incontournable " pic des Pyrénées-Orientales. D'ailleurs chaque année, on y organise une épreuve désormais notoire dans le calendrier des spécialistes des courses en montagne.

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Je quitte le carrefour de la Bouadelle par une terrible sente qui s'élève raide sous un cagnard brûlant, direction le Puig de la Senyoral (1.315m) et le Pilon de Belmatx (1.280 m). Dans cette sévère montée, je vais souffrir physiquement mais aussi moralement !

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Dommage que les photos soient blanches car les visions des panoramas sur Saint-Laurent et les montagnes gravies hier sont superbes ! Le Mont-Capell est déjà loin maintenant et les tours de Cabrens ne sont visibles qu'en mode rapproché.

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Déprimé, je me mets à pleurer dans cette terrible sente rocailleuse qui monte à 1.212 m à la Serra de la Garsa. Mais après le déjeuner et le col de la Senyoral, je me reprends et continue de monter vers le Pilon de Belmatx sur un chemin plus large où l'ombre est très rare. Le temps est lourd et je n'ai jamais eu si chaud !

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Je viens de déjeuner, je quitte la Serra de la Garsa et descend au col de la Senyoral. Mais d'ici, je vois parfaitement que le chemin remonte de " plus belle "

Alors comme hier soir, je n'ai pas trouvé trop de temps pour revoir sur le papier cette étape, j'ouvre ma carte IGN car j'ai vraiment besoin de savoir ce qui m'attend.

Le Pilo de Belmaig, car c'est ainsi et en catalan qu'il est présenté sur ma carte, culmine à 1.280 mètres. Devant ce portail, je suis à 980 mètres d'altitude selon mon GPS et le calcul est simple et rapide, à ceci près, qu'un autre pic, le Puig de la Senyoral se présente juste avant à 1.315 mètres de hauteur. Mais quand je regarde le parcours d'un peu plus près, je constate qu'en réalité, jusqu'à ce Pilon de Belmatx ou Belmaig, ce n'est qu'une succession de descentes et de montées. D'ailleurs, il suffit que je lève la tête et la montée est déjà là devant mes yeux et la ligne de départ à mes pieds. Cette longue montée commence ici exactement, et je la vois qui monte, monte, monte, monte…. dans la montagne qui me fait face. Mais sommes toutes, cette étude fortuite de ma carte a un effet plutôt bénéfique sur mon moral. Après tout, ce n'est guère plus que 300 mètres de dénivelé que je vais avoir à monter et non pas mille. Les mille mètres, par contre, je vais avoir à les descendre et même peut-être un peu plus pour aller à Amélie, mais j'ai le temps d'y penser. Je pousse le portail et je m'élance dans cette sente qui monte au milieu d'une lande de fougères et de genêts. D'emblée, la sente s'élève très abrupte. Sous un cagnard de plomb, la chaleur monte comme du feu le long de mes jambes. Jamais, je n'ai eu si chaud depuis mon départ. La transpiration sort par tous les pores de ma peau, mais l'aspect le plus désagréable c'est cette sueur salée qui coule de mon front, emplit mes yeux, me rend aveugle et me fait pleurer. Avec le bob, je tente de m'essuyer ces yeux qui larmoient sans cesse, mais c'est en vain, car le bob, lui aussi, est trempé de sueur. Je sens que je peine dans cette sente raide, souvent caillouteuse, parfois très ravinée, mais cette fois, et sans appareil photo marchant convenablement, les papillons, pourtant nombreux, ne sont plus un dérivatif à cette souffrance. Alors, je sors mon lecteur MP3 pour écouter un peu de musique. Trois chansons sur quatre sont des slows, des musiques douces avec de belles mélodies comme je les aime. Ce n'est jamais la panacée, mais dans cette ultime rampe rocailleuse et terrible avant le Pla de la Conca, je me dis que la musique devrait m'être d'une aide précieuse. En tous cas, depuis mon départ c'est toujours ainsi que j'ai vécu ces moments où je m'enfermai dans la musique pour oublier l'âpreté des montées. Mais cette fois, je ne sais pas pourquoi, la musique a un effet inverse. Ai-je accumulé trop de fatigue ? Ce dénivelé est-il soudain trop difficile pour mes vieilles jambes ? Est-ce la chaleur conjuguée à trop d'efforts consécutifs ? Est-ce un simple coup de déprime après mon réveil cafardeux de ce matin ? En tous cas je ne l'entends plus cette musique et je me laisse submerger par des idées noires pensant aux êtres chers que j'ai aimé et qui ont quitté cette terre. Puis, je me mets à penser à ma mère, elle qui aimait tant mes récits de randonnées et qui disait toujours quand elle en avait terminé leur lecture : " C'est bien, je suis contente, j'ai l'impression d'avoir marcher avec toi sur ces chemins ". Elle ne pourra plus lire d'autres histoires, ni marcher avec moi sur ce Tour du Vallespir : Alzheimer est passé par là ! Toutes ces idées noires finissent par m'engloutir et je me mets soudain à "pleurer comme une madeleine ". Quand j'arrive au sommet, je m'écroule en pleurs dans la caillasse. J'ai un mal fou à retrouver une respiration normale car les sombres pensées s'entrechoquent dans ma tête comme les auto-tamponneuses d'une fête foraine. Maintenant, je repense à mes enfants et aux altercations que j'ai eues avec eux juste avant mon départ. Ils critiquaient ma manière trop " personnelle " de vivre ma retraite et j'avais un mal fou à m'expliquer et à me défendre. Je l'ai tant idéalisée cette retraite et hormis notre voyage à la Réunion et ces quelques jours sur le Tour du Vallespir, depuis une année, elle se passe si peu comme je l'avais imaginée. Je trouve peu de réponses à ces attaques mais je me promets d'y réfléchir et de faire des efforts. J'étais sans doute dépressif depuis quelque temps et cette déprime rejaillit aujourd'hui. Je sors lessivé de cette violente montée, de ces angoisses et de cette crise de larmes incontrôlable. Je reste de longues minutes allongé sur ce petit col pierreux à tenter de récupérer pour retrouver mes esprits. Quand je me lève enfin, c'est pour m'apercevoir qu'ici, les décors changent. Je vais quitter un maquis ensoleillé et brûlant pour un chemin gazonné et plus large qui redescend dans un petit bois de pins jusqu'à un verdoyant collet. Il est 12 heures tapantes et comme d'ici, je vois parfaitement qu'après un petit col, la pente remonte de la plus belle des manières, je préfère arrêter là pour déjeuner et me reposer un peu. Ici, je suis au sommet de la Serra de la Garsa à 1.212 mètres d'altitude, je vois parfaitement Saint-Laurent-de-Cerdans, le Mont Capell, le chemin parcouru aujourd'hui et les autres montagnes traversées hier. Mais décidément, il fait bien trop chaud dans ce pré caillouteux et je pars déjeuner dans le bois, bien à l'ombre des pins.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kms

Je finis par arriver au Puig de la Senyoral (1.315 m), point culminant de cette journée, mais la sente va redescendre un peu et remonter encore au Pilon de Belmatx (1.280 m). Ici, j'ai parcouru environ la moitié de la distance du jour.

40 minutes, il a duré cet arrêt, pas le pique-nique car je n'avais pas très faim, mais il a failli être bien plus long car je me suis assoupi quelques minutes sur un tapis de ramilles. Mais heureusement quelques fourmis voraces ont su me réveiller et me déloger de leur territoire. Après le collet de la Senyoral, à 1.182 mètres selon mon GPS, où je croise un nouveau panonceau " Pilon de Belmatx ", la pente continue toujours en plein soleil, puis, elle entre avec bonheur dans une fraîche hêtraie. Mais elle en ressort presque aussitôt et longe désormais des haies de buplèvres, de genêts, de fougères, de framboisiers ou des ronces aux mûres bien noires mais peu sucrées. Ce chemin que j'arpente très légèrement sur le versant sud de la Serra de Montner, suit une longue crête qui finit bien après le Pilon de Belmatx au col de Paracolls. Mais dans l'immédiat, il me faut atteindre la première difficulté de cette crête qui n'en finit plus de monter, le Puig de la Senyoral. Mais au moment où je l'atteins et avant même de réaliser où je suis, je ne vois qu'une chose devant moi, ce paysage à perte de vue jusqu'à la Méditerranée et sur ma droite, le Roc de France (1.450 m). Le Pilon de Belmatx est devant moi légèrement en contrebas bouchant quelque peu l'horizon. Le temps de quelques " fades " photos au sommet et je descend dans un pente très raide vers ce pilon ardent que le soleil au zénith semble vouloir enflammé. J'ai vidé mes deux bidons et malgré mon désir d'économie, j'ai déjà entamé la poche Camelback de 2 litres. Si le chemin continue ainsi jusqu'à l'arrivée avec si peu d'ombre, c'est moi qui vais finir liquéfié. D'autant qu'après ce nouveau collet, le chemin remonte légèrement vers un sommet rocheux.

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Après le Puig de la Senyoral, le chemin redescend vers le Pilon de Belmatx que j'aperçois devant moi. D'ici, les grands panoramas s'entrouvrent jusqu'à la mer mais dommage, au loin, une écharpe de gros nuages blancs obstrue tout l'horizon.

En arrivant, comme je suis persuadé qu'il s'agit du sommet du Pilon de Belmatx, je pose pour une photo, tel Hillary au sommet de l'Everest. Mais quand je redescend et contourne ces rochers, c'est pour m'apercevoir que le véritable sommet est beaucoup plus loin et surtout un peu plus haut. Un gros mamelon arrondi et rocailleux est encore à gravir devant moi. Une fois encore, je prête une grande attention à ne pas tomber dans ce sentier qui zigzague dans les rochers. Cette attention est d'autant plus nécessaire que la fatigue se fait plus astreignante et je sens bien que mes jambes ne répondent plus aussi bien aux sollicitations permanentes auxquelles elles sont soumises. Je transpire comme un malade et en tous cas, comme jamais depuis le début de ce Tour du Vallespir. La sente est parfois si difficile qu'ici les baliseurs ont mis des cordes pour se tenir et se hisser sur les hautes marches que constituent ces blocs de roches. Et quand j'arrive enfin au sommet, je comprends pourquoi on l'appelle " pilon ". Je ne sais pas si ce nom a la même signification que celle qu'en donne le Larousse mais ce sommet peut se vanter de m'avoir désagréger à l'état de purée. Je suis décomposé, vermoulu et malgré les boissons énergétiques et les gels énergisants, les dénivelés en plein soleil et à répétition ont eu raison de mes forces.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsLe marcheur libre au Pilon de Belmatx

Le marcheur dans sa tête était un homme libre,

Mais son cœur était triste et la sente pénible.

Il se mit à pleurer sur de sombres pensées,

Le pas plus hésitant à vouloir avancer.

 

Courbé sur son bâton, il souffrait le martyre,

Montant toujours plus haut sans vouloir ralentir.

Un pilon sur sa route releva le défi,

Belmatx, il s'appelait, dans la géographie.

 

Le marcheur entêté voulut lui faire face,

Mais un soleil brûlant lui ôta toute audace.

Ecrasé par les roches et tous les minerais,

Il sortit du pilon à l'état de purée.

 

Mais au fond du vallon, l'attendait Amélie.

Il releva la tête car elle était jolie.

Il quitta le Pilon comme on salue l'artiste,

Car vaincre en étant seul, ce n'est pas réaliste.

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Avant d'arriver au Belmatx, le chemin suit une longe crête rocheuse, la Serra de Montner où il est difficile de progresser. A un moment, je crois être arrivé au sommet et je me prends en photo. Mais non le Pilon est encore beaucoup plus loin et un peu plus haut. Je viens de boire ma dernière goutte d'eau et vais souffrir en plein soleil.

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Le chemin du Belmatx est si difficile que le club de randonnée d'Arles-sur-Tech " les Caminadors Lliures " a installé des cordes pour se hisser. J'arrive au sommet près d'une petite construction et d'une rose des vents. Les vues sont superbes !

Il est impératif que je reprenne des forces et pour cela il faut que je m'arrête un peu, car après tout il n'est que 14 heures ! Après une photo devant un petit caisson fait de pierres et de briques rouges surmontée d'une rose des vents et où il est écrit en catalan " Els Caminadors lluires ", en français " les marcheurs libres ", je pars m'installer bien en surplomb d'Arles-sur-Tech.

D'ici, je profite d'un panorama exceptionnel à 360 degrés. Mais mon regard est surtout attiré par le versant opposé de cette vallée du Tech que je domine. Une fois encore, je cherche à retrouver les sentiers sillonnés, les monts escaladés, les cols franchis les premiers jours et si parfois je décèle un endroit, je ne peux m'empêcher de penser au fond de moi : " Que de chemins parcourus en 6 jours ! ", " Que de jolis paysages traversés ! ", " Que de belles montagnes gravies ! ". Et encore qu'aujourd'hui, ce n'est pas le temps idéal pour une observation méthodique car depuis le Massif du Canigou et descendant jusqu'à la mer, il y a une longue masse nuageuse blanchâtre qui semble immobile et voile une immense partie de l'horizon. Tout en mangeant quelques fruits secs, ici au sommet de ce pic, je prends vraiment conscience du plaisir que j'ai eu à marcher, plaçant très loin derrière ce bonheur, et au second plan, toutes les déconvenues et les adversités que j'ai rencontrées. Maintenant, je suis à quelques arpents de l'arrivée et même si je dois redoubler de vigilance et passer encore quelques heures sur ces chemins, je me fais un principe et un devoir d'arriver en bon état et entier à Amélie.

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Je suis au sommet du Belmatx mais j'ai tant souffert aujourd'hui : chaleur, manque d'eau, dénivelé, fatigue et déprime que présentement et toute proportion gardée, je considère ce sommet comme mon Everest à moi. Pourtant, avec ses 1.280 mètres d'altitude, c'est un sommet plutôt modeste mais pour les Arlésiens, c'est aussi un sommet mythique !

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Après le Belmatx, il y a plus de 1.000 mètres de descente à faire sur des sentes caillouteuses ou terreuses et parfois ravinées. Heureusement, les vues sont belles.

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Après le col de Paracolls, je coupe le G.R.10 et ignore la Batterie Santa Engracia. Ici, je quitte définitivement ce Tour du Vallespir, direction Amélie-les-Bains. Mais dans la descente, c'est seulement Arles-sur-Tech que j'aperçois pour l'instant  depuis le chemin.

Voilà, les dispositions dans lesquelles je suis au moment d'amorcer cette longue, raide et difficile descente vers le Col de Paracolls. Plus de milles mètres de dénivelé négatif que je vais avoir à descendre pour rejoindre Amélie. Et quand j'arrive au Col de Paracolls, c'est une première étape de franchie. Il est 15 heures et il m'a fallu presque trois quart d'heures pour parcourir les 380 mètres de ce dénivelé négatif et les 1.500 mètres de cette pente très raide, pierreuse, terreuse et souvent très ravinée. Maintenant, je comprends mieux pourquoi, on classe cette randonnée dans les " difficiles " malgré son altitude relativement modeste. Ici au col, le chemin coupe un GR.10 plein d'ornières. G.R. que j'avais laissé à Batère et qui file ici en direction de la frontière espagnole vers le Roc de France.

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Après avoir longtemps cheminé en surplomb d'Arles-sur-Tech, j'aperçois enfin Amélie-les-Bains au travers de quelques branches. Peu de temps après, je retrouve un sentier que je connais bien. C'est celui du 25eme Léger qui monte vers la Chapelle Santa Engracia et les Batteries. Le Pilon de Belmatx est loin désormais.

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Après avoir terminé toutes mes victuailles mais sans boire, c'est avec un grand bonheur que je tombe sur la source de la Madone, je bois jusqu'à plus soif. Puis, je descends en courant vers le parking des Thermes. La voiture n'est pas là ? Si !

Là, je quitte définitivement le tracé du Tour du Vallespir, celui de la carte IGN mais pas celui de Véron. Et dans ces conditions, une fois encore, je n'ai pas l'impression de faire une entorse à ce tour. Je descends vers Arles-sur-Tech par le G.R.10, avant de bifurquer à droite par une nouvelle sente balisée en jaune qui entre et circule dans une châtaigneraie en direction de la Batterie de Santa Engracia. Quand de temps à autre, je sors de la dense forêt, c'est pour mieux dominer Arles-sur-Tech. Mais à vrai dire, ce sentier qui contourne la ville en zigzaguant, je n'en vois plus la fin. Je n'ai pas l'impression de lambiner et pourtant, il est 16 heures quand j'aperçois le panneau " Grande Batterie ". Ces batteries dites de Santa Engracia sont les ruines de petits bastions de surveillance construits par Vauban pour protéger le fort d'Amélie. Elles ne sont qu'à 5 minutes de marche et je ne les connais pas mais aujourd'hui j'en ai " plein les pattes " et je me dis que j'aurais certainement l'occasion d'y revenir. Je continue vers Amélie dont j'aperçois la ville entre quelques branches une demi-heure plus tard. Ici, pour y être déjà monté, je reconnais le panonceau " Chapelle Santa Engracia " qui se trouve à 15 minutes. Ce sentier, que l'on appelle le " Chemin du 25eme léger " en mémoire aux célèbres carabiniers napoléoniens, je le connais parfaitement. A un endroit que l'on a gentiment baptisé " Place Ascensio " j'ignore pourquoi, il y a un banc et comme j'ai faim, je m'arrête pour manger. J'ai tellement faim que je dévore tout ce qui reste de comestible au fond de mon sac à dos et il n'est pas question que je ramène quoi que ce soit à la maison. Mais ingurgiter autant sans pouvoir avaler la moindre goutte d'eau, j'avoue que ce n'est pas facile. Quand je repars, je suis content car hormis ma grosse boîte de fruits secs, je n'ai plus rien de consommable à transporter. 17 heures, je débouche sur la D.53, route goudronnée qui monte vers Montalba et descend vers Amélie. Mais je connais la sente qui descend par des raccourcis qui vont m'emmener en un rien de temps au parking des Thermes. Je ne sais pas pourquoi, je me sens léger, comme les 25eme qui devaient eux aussi descendre ce chemin, et j'ai l'impression de galoper dans cette descente. Disparue la fatigue et seule la Source de la Madone où coule une eau fraîche m'arrête dans cet élan. Je bois jusqu'à plus soif, remplis une gourde à moitié et continue ma descente au même rythme. Quand j'arrive en surplomb du grand parking, ce dernier est vide. Pas une seule voiture et surtout pas la mienne. Non c'est une blague, ce n'est pas possible, je rêve, on m'a piqué ma bagnole ! Je presse encore un peu plus le pas. Je cours dans cette ruelle cimentée toute en descente, l'œil rivé sur le parking. Non, elle est là, je l'aperçois maintenant ! Je m'arrête à bout de souffle, le cœur battant et les jambes tétanisées….

Mes vieilles années

Courent dans la montagne

Courent dans les sentiers

Pleins de maux et de pleurs

Et les Pyrénées

Hurlent au vent d'Espagne

Crient la souffrance

Qui brisa mon cœur…

Voilà, j'ai jeté mon sac à dos dans le coffre, j'ai délaissé mes chaussures de randonnées au profit des tennis, j'ai repris la voiture, je suis passé sans m'arrêter devant la guérite vide du parking des Thermes. Mais en passant devant les bistrots d'Amélie, ça était plus fort que tout, je me suis arrêté à la terrasse d'un café pour savourer 50 centilitres d'une bière très fraîche dont j'avais rêvée une grande partie de l'après-midi et en tous cas, dès l'instant où j'avais manqué d'eau. Mais je n'ai pas traîné car je languissais de rentrer. Je suis remonté dans la voiture et j'ai longuement hésité avant d'écouter une radio sur mon MP3. J'avais sans doute la crainte d'une nouvelle coïncidence, style mes " Jeunes Années " de Trenet. Non, il n'y avait que de la " parlote " et j'ai alors changé de station. Mais qu'elle ne fut pas ma surprise, cette station passait la célèbre chanson de Joe Dassin " Le Chemin de papa ". :

Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa

C'est vraiment fatigant d'aller où tu vas

Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa

Tu devrais t'arrêter dans ce coin…..

J'éteignis la radio. Non pas que je n'aimais pas cette chanson, bien au contraire. Mais là ce n'était plus du hasard, dans ce pays plein de légendes et de mystères, le Vallespir ne s'amusait-il pas à me jeter un sort ! C'est vrai, il avait été long, fatiguant et plein d'embûches ce Tour du Vallespir, et je le finissais meurtri. Mais au-delà de sa longueur et son âpreté, je savais que je garderai comme seuls souvenirs tous ces beaux paysages qu'il m'avait été donné de voir. Mon seul regret, j'avais vu peu d'animaux sauvages et en tous cas bien moins qu'il y a deux ans autour du Coronat : beaucoup de papillons, d'insectes, de lézards et d'oiseaux, mais seulement une fouine, deux écureuils, un isard et une vipère. Mais malgré cette petite déception, dans ma tête, le vrai titre de ce récit resterait quand même : " Sur les hauteurs d'une vallée âpre " mais belle.

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Etape 6 : Saint-Laurent-de-Cerdans - Amélie-les-Bains - 21,5 kmsFin du récit 

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