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pyrenees orientales

Le Circuit des Trois églises depuis Ur (Autour d'Ur)

Publié le par gibirando

En hommage à John Lennon, assassiné il y a bientôt 41 ans, j'ai agrémenté ce diaporama de 4 de ses plus belles chansons. Elles ont pour titre "Woman", "Jealous Guy""Oh My Love" et "Imagine". En fin de diaporama, "Imagine" est également interprétée par le Royal Philharmonic Orchestra.

Le Circuit des Trois églises depuis Ur (Autour d'Ur)

Le Circuit des Trois églises depuis Ur (Autour d'Ur)


 

Lors d’une correspondance, Voltaire a écrit « Les beaux esprits se rencontrent » mais la tradition a finalement retenu « les grands esprits se rencontrent ».  Il faut dire que donner un paternel historique et authentique à cette citation paraît compliqué, plusieurs auteurs l’ayant utilisée. Enfin peu importe car je n’aurais pas le prétention de dire que mon esprit est beau ou grand, mais toujours est-il qu’en inventant ce « Circuit des Trois églises à partir d’Ur », j’ai inopinément et bien involontairement copié celui d’un confrère. Ce confrère, c’est le remarquable site « P.O Express » ,  quant à sa balade, elle s’intitule « Autour d’Ur ». Comme je le fais régulièrement, j’analyse les cartes IGN et leurs vues aériennes à la recherche d’éventuelles possibilités de balades. C’est ainsi qu’est né ce circuit bien avant que je prenne conscience que « P.O Express » avait eu la même idée avant moi. Ce n’est d’ailleurs qu’après l’avoir accomplie, que j’ai découvert cette étrange similitude.  Là, où la ressemblance est encore plus insolite et incroyable, c’est que nous l’ayons accomplie tous les deux dans le même sens et ayons choisi Ur comme ligne de départ, ce qui bien entendu n’est qu’un choix personnel et aucunement une obligation. Seule différence : le nom donné à cette balade. Pour moi, ce n’est qu’une fois que le circuit fut accompli que ce nom de « Circuit des Trois églises » vint à moi comme une évidence. En effet, dans les trois communes traversées que sont UrVilleneuve-des-Escaldes (*) et Llivia les édifices religieux sont de très loin les bâtiments les plus notables car les plus visibles. Je pourrais presque dire qu’au sein de cette balade, ils sont omnipotents. D’ailleurs, et même si nous venons de garer notre voiture sur le parking tout proche rue de Brangoly, c’est bien de l’église Saint-Martin d’Ur que démarre réellement cette balade. Nous la trouvons malheureusement fermée. Nous la contournons puis remontons la D.618 jusqu’à la rue de Belloc sans nous préoccuper des quelques panonceaux de randonnées que nous avons aperçus. Dans l’immédiat, je me fie à mon tracé GPS. De toute façon, ces panonceaux indiquent Les Cascades ou Llivia mais par un parcours qui s’intitule « Par-delà la frontière ». Ce parcours, c’est celui qui pour partie m’a servi à imaginer ce circuit. Le second étant le sentier qui longe le Canal de La Soulane d’Ur à Villeneuve-des-Escaldes. Le troisième tronçon entre cette dernière commune et Llivia ayant été repéré sur des vues aériennes de Géoportail. Nous voilà donc entrain de remonter la rue de Belloc la bien nommée. La bien nommée car guère plus loin, un panonceau nous indiquera la direction de la chapelle Santa Maria de Belloc que nous avons déjà eu l’occasion de découvrir au départ de Dorres. Dans l’immédiat, on laisse les dernières jolies maisons d’Ur et on continue tout droit un large chemin de terre qui aboutit devant une bâtisse que la carte IGN définit comme étant une citerne. C’est bien une citerne car une rigole est déjà là. Bien balisé en jaune ; et parfois même en bleu ; le chemin continue à gauche et s’élève en longeant la rigole cimentée. Les premiers panoramas sur Ur et quelques collines environnantes se font jour. Plus loin, quelques sommets plus ou moins hauts et un bout de la plaine cerdane où les couleurs olivâtre et paille se partagent les espaces. Il en sera ainsi à chaque vue, à chaque panorama sur cette superbe Cerdagne. Deux panonceaux directionnels se présentent dont le nôtre indiquant clairement l’orientation à prendre et les valeurs attachées : « Villeneuve – 0h40 – 2,3 km ». On délaisse celui montant vers la chapelle de Belloc. L’orientation est simple puisqu’il s’agit de suivre un canal sur sa rive droite. Ce canal, c’est celui dit de la Soulane. Il récupère toutes les eaux ruisselant sur le flanc sud de la montagne de Belloc. Si depuis le départ,  j’ai déjà photographié un ou deux papillons et quelques fleurs, ici,  tout au long du canal, je mets constamment à profit mon goût immodéré pour la photo naturaliste. Les fleurs y sont en grand nombre et d’une grande diversité quant à la petite faune elle est bien présente aussi à condition d’être dans un état d’éveil constant. Le cadre étant très bucolique, la flânerie est préconisée. On ne s’en prive pas et ce d’autant que les vues sont limitées voire absentes le plus souvent et que la marche s’effectue essentiellement en sous-bois. Du côté gauche, la montagne de Belloc n’offre que de rares paysages de steppes. Sur un terrain pentu où émergent de très nombreux affleurements rocheux, il  y pousse essentiellement des graminées dorées parsemées de quelques arbustes et buissons. Sur la droite, c’est un contraste étonnant avec un bois très touffu composé essentiellement de feuillus. Sur la carte IGN, le lieu-dit est dénommé bien à propos « Les Verdures » ! Les oiseaux y sont plutôt rares et ce n’est qu’avec beaucoup de persévérance que je vais réussir à y photographier un seul pinson mais également un pic épeiche qui a la délicatesse de venir égayer mon pique-nique. En effet, en raison de l’heure bien avancée, c’est au bord du canal mais avec vue sur la colline d’El Castellar que nous choisissons de piqueniquer. Outre le pic, la chance est avec moi, puisqu’à l’endroit où nous stoppons, une grenouille rousse a élu domicile dans le canal. Si la fin du canal est synonyme d’arrivée à Villeneuve-des-Escaldes, elle n’est pas la fin de visions de la Nature. Sur ce talus que nous cheminons parallèlement à la D.618, elle est encore bien présente. Des fleurs différentes à celles du bord du canal mais pas moins jolies et aussi diverses. Quelques papillons peu faciles à photographier car très remuants les butinent.  Si l’entrée dans Villeneuve s’effectue en coupant la rivière La Riverète, c’est surtout quelques vestiges du passage du Tour de France 2021 lors de l’étape Céret – Andorre qui marquent nos esprits. Dans un village déserté, l’église qui est dédiée à Saint-Assiscle et à Sainte-Victoire nous attire comme le miel attire les mouches. L’église étant entourée d’un petit cimetière, Dany n’a pas trop envie de s’y éterniser. Au carrefour suivant, le bien nommé Cami de Llivia qu’il nous faut suivre est juste là à droite. Il permet de retrouver très rapidement des paysages champêtres avec de jolies vues aériennes car il présente l’avantage de cheminer un relief collinaire. Un fois enjambée la rivière d’Angoustrine, au lit aussi torrentiel que minéral, la « partie de campagne » reprend ses droits. Fleurs, papillons et lézards me ralentissent et s'opposent très souvent à mon désir de ne pas me faire distancer par Dany. Sur ce « Cami d’En Calvera » ; ou « Chemin du Calvaire » ; ce n’est que plus tard et un peu plus loin que les passereaux viennent se distraire devant mon objectif. La colline se termine et laisse la place à la plaine et à ses immenses champs de céréales. Les graines les attirent et nous les voyons sortir des champs et monter vers le ciel comme des petits boulets de canons. Les oiseaux sont très nombreux, divers mais malheureusement peu faciles à immortaliser. Il me faut arriver au niveau d’une ferme et de ses bâtiments pour en figer quelques-uns. Après cette marche solitaire entre Villeneuve et Llivia, la cité enclavée est synonyme de retour à une bruyante civilisation. Ici, quel contraste avec les villages français ! Les terrasses, les bars et les restaurants étant noirs de monde, nous filons direct vers le centre historique et l’église Notre-Dame des Anges où dans ce secteur tout est beaucoup plus calme. Nous y flânons dans les jolies ruelles. Les maisons y sont souvent colorées et décorées de statuettes allégoriques. Par bonheur, l’église est ouverte et il y a une nef incroyablement belle avec un magnifique retable et plusieurs petites chapelles amplement décorées. Là aussi quel contraste avec la France où tous les édifices religieux sont le plus souvent fermés ! Nous sortons de Llivia mais sans pouvoir éviter que la société de consommation nous rattrape. Un cornet de glaces ici, un café chaud et une bière bien fraîche là. Il faut dire que malgré les 1.200m d’altitude, la température en plein soleil doit sans doute avoisiner les 25 degrés voire peut-être plus. Depuis le canal de la Soulane et son agréable ombrage, nous avons toujours marché en plein soleil, même si ce dernier s’est quelque peu voilé au fil de notre cheminement. De ce fait, il a fait chaud. La sortie de Llivia et le retour vers Ur est d’une simplicité enfantine. Le chemin, commun avec celui de Saint-Jacques de Compostelle est constamment bien balisé à chaque intersection. Finalement c’est toujours tout droit, mais ça je le savais déjà en observant la carte IGN. On y flâne encore en se laissant distraire par tout et n’importe quoi. Un rapace dans le ciel en vol stationnaire mais qui a la bonté de venir se poser sur une clôture, une botteleuse qui avale des andains de foin et les recrache en gros ballots, des très beaux chevaux et des étourneaux qui les accompagnent pour picorer leur crottin, un pancarte qui explique les dérives passées de la frontière, une vieille borne gravée et toujours des fleurs et des papillons dont j’essaie de sélectionner ceux non encore photographiés. Ainsi les kilomètres défilent et quand Ur est là, nous en sommes presque surpris. Ainsi se termine cette jolie balade dont on ne peut regretter qu’une seule chose :  être restés à la porte des églises françaises. Peut-être y-a-t-il un moyen de les visiter mais j’avoue qu’à ce titre nous sommes partis la fleur au fusil et surtout sans nous renseigner au préalable ? D’un autre côté, il est vrai aussi que nous sommes partis sans savoir que les églises en deviendraient les principales visées. Telle qu’expliquée ici, cette balade a été longue de 11km, cela incluant la bonne visite du centre historique de Llivia. Les montées cumulées ont été de 344m. Le point le plus bas est à 1.190m non loin de la borne frontière N°44 entre Llivia et Ur et le point le plus haut à 1.307m au départ du Cami de Llivia à Villeneuve-des-Escaldes. Cartes IGN 2249OT Bourg-Madame – Pic Carlit – Col de Puymorens et 2250ET Bourg-Madame – Mont-Louis – Col de la Perche Top 25.

(*) Toponymie du nom "Escaldes" : « Le nom d'Escaldes provient du latin "calidae" qui désigne une source d'eau chaude. Les eaux thermales d'Escaldes dont la température peut atteindre 68 °C étaient utilisées au xve siècle pour le lavage et la teinture de la laine. Elles servent aujourd'hui à alimenter le centre thermoludique de Caldea. Les habitants sont les Escaldencs », voilà ce que l'on peut lire sur la page Wikipédia consacrée à la paroisse Escaldes-Engordany de la Principauté d'Andorre. Ainsi, ce nom qui est celui d'une commune andorrane est également bien présent en Cerdagne où les sources d'eaux chaudes sont légions. D'ailleurs, si on le trouve accolé à la commune de Villeneuve, on le trouve également sous la dénomination "les Escaldes" à la gare d'Ur dont le panneau mentionne "Ur-Les Escaldes", cette gare desservant les 2 communes. C'est ainsi que ces sources ont engendré depuis très longtemps, et notamment depuis la présence des Romains, la création de bains chauds que l'on trouve un peu partout dans cette région. C'est le cas à Err, à Dorres, à LLo mais aussi à Andorre avec le centre thermoludique Caldéa dont la notoriété le décrit comme étant le plus important d'Europe. L'excellent site consacré aux Pyrénées-Orientales nous conte la très jolie histoire des bains des Escaldes sur la page consacré à Villeneuve. C'est ici

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La Boucle du Roc de Jornac et du Clot del Baró depuis Urbanya.

Publié le par gibirando

 

Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons du groupe britannique Dire Straits. Elles ont pour titre : "Sultans Of Swing", "Calling Elvis" et "The Bug".

La Boucle du Roc de Jornac et du Clot del Baro depuis Urbanya.

La Boucle du Roc de Jornac et du Clot del Baro depuis Urbanya.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

En ce 15 juillet, Dany ayant une envie folle de randonner, j’avais décidé de l’amener jusqu’au Roc de Jornac. Ce roc,  voilà déjà bien une demi-douzaine de fois que nous y allons ensemble. Par conséquent, il ne présente plus guère de mystères pour les randonneurs urbanyains que nous sommes. Encore que, ici à Urbanya, il n’est jamais rare d’être surpris par ce que la Nature est à même de nous offrir. Ainsi, je me souviens très bien d’un jour d’été 2015 où une petite harde d’une demi-douzaine de cervidés avait traversé une piste à quelques mètres de nous. J’avais figé cette scène car les deux premiers cervidés ouvrant la marche s’étaient arrêtés longuement avant de détaler. J’avais pu les photographier remarquablement. Tous les autres avaient suivi dans une belle cavalcade. Ce jour-là, nous allions déjà au Roc de Jornac et cette petite troupe de daguets et de biches avait été le clou de la balade. Aujourd’hui et afin de ne pas refaire un circuit déjà accompli plusieurs fois et de rompre ainsi une éventuelle monotonie, j’ai décidé de revenir par le lieu-dit Clot del Baró où des sentiers sont bien visibles sur la vue aérienne que propose le site Géoportail. Je l’avoue, cet itinéraire m’est complètement inconnu, mais après tout la partie que je ne connais pas se résume à moins d’un kilomètre. Le risque est donc minime, mesuré et au pire si cette partie-là est trop impraticable, je connais déjà un éventuel échappatoire, certes un peu plus long, mais je le connais bien. Voilà comment est né ce circuit que j’ai intitulé « La Boucle du Roc de Jornac et du Clot del Baró depuis Urbanya ». Nous avons déjeuné tôt et il est midi tapant quand nous quittons la maison direction le Chemin de Saint-Jacques. Si comme à son habitude, Dany démarre d’un bon rythme, moi je suis déjà arrêté par une multitude de sujets : le ruisseau d’Urbanya et la faune éventuelle que l’on peut y trouver, des hirondelles qui occupent le préau de la mairie et bien d’autres volatiles comme les moineaux, les rougequeues et les bergeronnettes toujours bien présents au sein du village. Je m’évertue à les photographier. Plus haut, devant la maison de Philippe, l’ex-vacher, ce dernier nous arrête pour papoter un peu, nous remerciant notamment pour les croquettes qu’on lui laisse régulièrement pour ses chiens et ses chats. Il nous annonce que du côté du Roc de Jornac nous risquons de rencontrer plusieurs ânes qu’une dame de Mosset a laissé là en estives. Il y en aurait deux ou trois noirs et un blanc. Nous redémarrons. Sur cet étroit sentier que nous connaissons bien, les fleurs et les papillons sont suffisamment nombreux pour que mon appareil-photo ne s’ennuie pas et moi avec lui. Si certains oiseaux sont bien présents, la chance qu’il me faut pour les photographier correctement n’est pas aussi présente qu’à l’habitude. J’ai le sentiment qu’aujourd’hui, il me faudra encore un peu plus d’abnégation si je veux réussir quelques photos ornithologiques. Dany marche d’un bon pas et paraît enchantée de cette sortie. De ce fait, et pris par ma passion de la photo, j’essaie de ne pas me faire trop distancer. Pour elle, peu importe l’objectif et le sentier, ce qui prime ce sont le plaisir de marcher dans la Nature et les panoramas qui nous sont offerts. Or là, des panoramas, il y en a constamment. Devant, derrière, dessus et dessous. De mon côté, je suis constamment indécis entre faire des photos, de bonne qualité de préférence, et rester au mieux à ses côtés. Après la grande ruine de Coubère, un joli spectacle nous est offert par une multitude de martinets chassant au-dessus de la garrigue. Certains passent si près de nous en rase-mottes que ça en devient très distrayant. Je me mets en tête de réussir une belle photo aérienne. Dany en profite pour observer ce spectacle et se reposer un peu. Finalement à force de prendre des dizaines de photos, je constate qu’il y a des martinets de deux variétés différentes, certains martinets ont le ventre blanc et d’autres une tâche blanche sur le dos. Ce n’est qu’en rentrant à la maison que je prendrais conscience qu’il y avait des Martinets à ventre blanc, mais certainement aussi des Martinets cafres beaucoup plus rares en France. A cause de ma passion pour l’ornithologie  (comme pour les papillons !), je suis toujours ravi d’apprendre de nouvelles choses sur les oiseaux mais encore plus quand j’ai des photos appuyant ces acquis. Ici, dommage que les photos soient peu réussies. Finalement ; en arrivant à la côte 1098, le Roc de Jornac est là, à nos pieds. Enfin quand je dis « à nos pieds », ce n’est pas vraiment la bonne formulation, car certes il nous faut descendre vers lui mais il nous faudra ensuite remonter et revenir sur nos pas pour continuer cette boucle. Comme il s’agit de notre objectif premier et qu’en sus deux ânes noirs sont visibles à son sommet, nous y allons.  De toute manière, Dany a prévu de prendre un petit en-cas avec café chaud et biscuits dès que nous arriverons là-bas. C’est ce que nous allons faire avec au préalable un court arrêt à hauteur du petit dolmen désormais bien connu avec croix et cupules néolithiques. Les ânes étant vraiment au bord du précipice que compose le roc sur son flanc sud, avec Dany nous prenons la sage décision de ne pas ni les déranger et encore moins de les approcher. Ils sont donc là, complètement immobiles, indifférents à notre présence, comme deux statues se tournant le dos. Il est déjà 14h. C’est-à-dire que nous avons mis 2 heures pour venir jusqu’ici, c’est dire si nous avons flâné. Un tour du roc et de ses impressionnants à-pics, quelques selfies puis c’est la pause-café programmée et nous voilà déjà repartis vers notre prochain objectif : le Clot del Baró. Enfin, je dis objectif sans trop savoir ce que nous allons y voir ou y découvrir. Pour avoir eu l’occasion de dominer ce lieu-dit, je sais que j’y ai vu quelques importants amoncellements de pierres et une ruine mais c’est tout. Quant à la faune, j’y ai vu une seule fois un renardeau famélique qui semblait un peu perdu dans une garrigue très hermétique car très envahie par les ronciers, les églantiers et les cistes. Plus souvent, j’y ai photographié des espèces bien particulières de passereaux comme des tariers, des fauvettes et des pies-grièches, la végétation dense et inaccessible expliquant probablement la présence de ces volatiles. Après la remontée du Roc de Jornac rien de notable. Je fais le choix  de prendre la piste qui file au-dessus de Coubère plutôt que celle très pentue qui monte vers le Serrat de Miralles. C’est un peu plus long pour rejoindre la piste qui file vers le col de Les Bigues mais c’est beaucoup moins raide. Dès le départ, nous tombons sur l’âne blanc qui en réalité est plutôt gris. Il a un ventre énorme et paraît en piteux état. Est-ce une femelle qui doit mettre bas ? Comment le savoir ?  Toujours est-il que cette forme physique peu satisfaisante de prime abord est un trompe-l’œil car alors que Dany lui tend une main avenante pour le caresser, il semble « ronchon », la pousse de son front au risque de la faire tomber. J’ai juste le temps de la tirer vers moi pour éviter qu’elle ne chute en contrebas du chemin. Toujours « ronchon », il s’en va. Ici les papillons sont toujours très nombreux et il va en être ainsi tout au long de l’après-midi. Nous empruntons la piste qui file vers le col de Les Bigues mais nous la délaissons dès lors que nous en rencontrons une autre descendant vers la gauche. Nous sommes en surplomb du Clot del Baró dont rien ne laisse présager la toponymie occitane très incertaine que j’ai pu trouver sur Internet signifiant  « terrain plat de forme allongée ». Si terrain plat et allongé il y a eu, il a disparu depuis des lustres, avec à la fois une géologie qui a bougé et sous une épaisse végétation. Car ici le terrain est pentu de partout, avec une végétation très dense où seuls quels affleurements rocheux apparaissent. Dans son livre « Lieux et Légendes du Roussillon et des Pyrénées Catalanes », l'archéologue Jean Abélanet lui affirme plus simplement qu'un baron serait passé par là, ce qui paraît beaucoup plausible. : « Quand un baron passe par un coin perdu, aussi reculé que Urbanya, l'événement laisse des traces ». J’allume mon GPS et me lance à la recherche du petit sentier d’un kilomètre que j’ai vu sur une vue aérienne sur le site Géoportail. Le fameux jamais emprunté. Il est censé démarrer après un large layon que nous n’avons aucun mal à trouver. Nous l’empruntons. Comme je le craignais, or mis quelques animaux, personne ne passe par là depuis fort longtemps. Le petit sentier bien visible sur Géoportail l’est à peine dans la réalité. Pourtant, je me souviens d’un temps où ici tous ces chemins et sentiers étaient formidablement débroussaillés. Par chance, sur notre droite, l’étroite sente est surtout envahie par de hautes fougères qui ne piquent pas, même si Dany n’apprécie guère de ne plus savoir où elle met les pieds. Finalement, quelques repères que je connais bien comme une modeste ruine, un pommier que je suis venu quelquefois « récolter » et des murs de pierres sèches que je reconnais me servent de bons fils conducteurs. Sauf que ce bon fil conducteur m’amène direct vers deux vaches blanches et un énorme taureau brun. Ce taureau nous prend-t-il pour des prétendants concurrents ? Je ne sais pas mais en tous cas dès qu’il nous entend arriver, il se lève des hautes fougères au sein desquelles il devait dormir ou ruminer. Nous évitons de nous approcher mais alors que nous tournons autour de lui et de ses deux compagnes, il se tourne constamment vers nous en nous regardant et en émettant des petits soufflements nasaux. Comment faire alors qu’ils sont pile-poil sur la suite de l’itinéraire que nous devons emprunter ? Je ne vois qu’une solution, les contourner en essayant à la fois d’être le plus éloignés d’eux mais au plus près du sentier que nous devons retrouver dans cette lande de hautes fougères. Au regard d’un muret que je connais bien, j’estime le sentier à une dizaine de mètres de ce dernier et les bovins à une quinzaine de mètres. Si je ne veux pas que l’on passe trop près d’eux, je sais que la marge est minime car le muret en question est amplement envahi par des ronciers sur une belle largeur. Nous nous lançons dans les hautes fougères sous le regard scrutateur du gros taureau. Dany est juste derrière moi et s’accroche à mon tee-shirt comme une arapède à son rocher. Les vaches, elles, paraissent indifférentes. Je dis à Dany de bien lever les genoux afin d’éviter de se prendre les pieds dans les tiges et de tomber car ça serait le pire des choses qui pourrait nous arriver. Nous avançons doucement et maintenant les bovins sont à moins de 5 mètres de nous. Finalement, tout se passe bien, les bovins restent immobiles et après une quinzaine de mètres dans les hautes fougères nous retrouvons le sentier espéré. Il est loin d’être bien débroussaillé mais j’ai au moins la certitude, c’est bien celui qui permet de rejoindre Urbanya. Finalement, certains tronçons étant bien plus praticables, nous descendons plutôt d’un bon rythme vers le village. Mais quelle n’est pas notre surprise au moment d’enjamber le modeste Correc de la Coma Formia de tomber nez à nez avec deux cervidés. Certes sur ce versant de la vallée plutôt aride, c’est un des endroits le plus boisé et donc  le plus verdoyant mais c’est bien la première fois que j’y aperçois des animaux de ce calibre. Sans doute, sont-ils venus là pour se désaltérer dans le ruisseau et y trouver un peu de verdure à se mettre dans la panse. Ils semblent aussi surpris que nous et ne détalent pas immédiatement. J’ai tout loisir de les photographier.  Dany est ravie, elle qui rêve constamment d’apercevoir des animaux. Cette fois c’est fait ! Par la force des choses, la suite et la fin deviennent plus monotones. Nous retrouvons le chemin de Saint-Jacques puis le village et enfin notre petite maison sur ses hauteurs. Il est 17h30. Nous avons flâné 5h30. Dany souffre un peu de ses hanches et je comprends que la distance accomplie est à la limite de ses possibilités présentes. De mon côté, je suis enchanté car je considère avoir marché correctement et surtout avec la certitude d’aucune gêne respiratoire ni aucune douleur nulle part. Telle qu’expliquée ici, cette boucle a été longue de 10 km. Le point le plus bas étant Urbanya à 870 m et le plus haut à 1.303 m au-dessus du Clot del Baró, le dénivelé est de 433 m. Les montées cumulées sont de 812 m. Cartes IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25

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La Boucle pédestre de l'étang du Ticou depuis Pyrénées 2000.

Publié le par gibirando

Afin de rendre hommage à Jean-Paul Belmondo qui vient de nous quitter, j'ai agrémenté cette vidéo avec la musique d'Ennio Morricone dont plusieurs variations sont extraites du film "Le Professionnel" de Georges Lautner.  En français, elle s'intitule "Le Vent, le Cri" et en italien "Chi mai".

La Boucle pédestre de l'étang du Ticou depuis Pyrénées 2000.

La Boucle pédestre de l'étang du Ticou depuis Pyrénées 2000.

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Cette petite « Boucle pédestre de l’Etang du Ticou » à partir de l’Office du Tourisme de Pyrénées 2000 a quatre atouts principaux. Marcher, piqueniquer et être accessible au plus grand nombre sur un petit périmètre.  Le tout dans des décors montagnards incroyablement sympathiques. Personnellement, j’y rajoute une flore et une faune omniprésentes et donc « photographiables » pour le passionné de Nature et de photos que je suis. J’y adjoins aussi la découverte d’une partie de la commune que nous n'avons pas pour habitude de visiter,  car en hiver nous sommes trop attirés et obnubilés par les pistes de ski. Choisissez de préférence une belle journée pré-estivale voire estivale et votre satisfaction sera probablement complète. Comme indiqué, le départ s’effectue depuis l’Office du Tourisme situé avenue du Serrat de l’Ours. Un panonceau vous présente les grandes lignes de cette boucle : « PR61 – Dénivelé +75m – 4,2km – 1h20 – Très facile ».  Pour la bonne direction, il suffit de traverser l’avenue et un deuxième panonceau indique d’ores et déjà la suite : « Etang du Ticou -1,9 km- PR 61 ». Vous laissez sur votre droite un boulodrome et une aire de jeux et poursuivez tout droit sur un sentier bien marqué en direction d’un bois. Sur cette courte distance, moi j’en suis déjà à photographier des oiseaux et des fleurs. Les premiers se présentent sous les traits de moineaux, de rougequeues noirs, d’un merle et d’une bergeronnette. Les secondes sont des lupins aux couleurs bigarrées et en grand nombre puis une flore sauvage et diversifiée au fil de nos pas. De temps à autres, des passerelles permettent d’enjamber un étroit ruisseau. C’est le Ruisseau de Bolquère, lequel ici amène fraicheur et végétation exubérante mais remplit plus loin l’étang du Ticou. Peu de temps après, vous arrivez au lieu-dit Pla del Termenal où un vaste complexe sportif affiche ses structures et notamment ses terrains de tennis. On contourne ces terrains et on poursuit par un chemin toujours très évident. De toute façon, le balisage « Etang du Ticou »  est suffisamment bon pour ne pas s’égarer. La D.618 est à traverser et bien évidemment on le fait avec prudence et encore bien plus si l’on randonne avec des enfants. Ici, et au regard de certains appareils de gymnastique, la suite nous démontre que le sentier se confond parfois avec un « parcours santé ». Le petit lac est là avec quelques bancs pour s’ y reposer et quelques tables de pique-nique. Nous n’avons aucun mal à trouver la nôtre car il n’est pas encore 11h et il y a peu de monde à cette heure-ci. Plus tard, vers midi, les places assises seront un peu « plus chères », même si aujourd’hui ce ne sera jamais la cohue. De toute manière, un pique-nique sur l’herbe a aussi son charme, à condition d’avoir prévu un plaid à la taille des fessiers de tous les pique-niqueurs. Avec sa sapinière tout autour, le Ticou a un petit air « canadien » et bien sûr les pêcheurs à la ligne y trouvent un endroit bien agréable où « mouiller leurs asticots ». Après le déjeuner, rien ne presse. Dany a décidé que le banc sera son lit de camp quant à moi la Nature m’attend. Finalement, pour Dany l'herbe s'avérera plus confortable. Quant à moi, la Nature je l’entends dans les grands sapins m’appeler en s’égosillant et semble reconnaître le chant de très nombreux pinsons. Je quitte la table et « le Petit Poucet » que je suis n’a besoin de personne pour partir se perdre dans la forêt. Si les fleurs sont plutôt faciles à immortaliser ; sauf les minuscules ; les papillons m’entraînent bien plus loin que je ne l’aurais imaginé. Par chance, mon  sens de l’orientation me ramène dans le droit chemin et par bonheur c'est celui du Ticou. Finalement, c’est en faisant des tours du lac que je prends le plus de plaisir à la photo naturaliste. Il est vrai que photographier des libellules, des oiseaux et des truites dans l’eau est un exercice où la persévérance est mise constamment à rude épreuve.  « La difficulté est un obstacle qui se surmonte par la persévérance » dit un proverbe oriental.  Finalement le résultat global est plutôt satisfaisant. Il est temps de partir car Dany dans sa grande bonté a laissé la table de pique-nique à des visiteurs qui n’attendaient que ça ! Nous quittons le lac, direction son parking puis l’avenue des Lupins. Voilà une avenue qui porte bien son nom car ici les lupins poussent comme le riz en Chine du sud. En réalité, nous allons en découvrir de toutes sortes et de toutes beautés dans toutes les rues que nous allons arpenter pour revenir à l’Office de Tourisme : rue des Chanterelles, rue des Myrtilles, rues des Sorbiers, avenue des Erables, rue des Noisetiers et avenue des Lilas. Oui, ici quelque soit le nom du végétal attribué à une rue, les lupins sont légions et maîtres des lieux. Si je ne peux pas vous garantir que toutes ces rues correspondent au PR.61 suivi initialement, je peux vous assurer que nous avons refermé cette « Boucle pédestre de l’étang du Ticou » très correctement et sans problème. Il est vrai que de très nombreux panonceaux « Liaison Bolquère/Pyrénées 2000 » étaient là pour nous y aider. Tel que décrit ici ; mais sans mes errances naturalistes ; ce circuit est long de 4,1 km pour un dénivelé de 74 m et des montées cumulées de 90 m, c'est dire si elle est plutôt facile. Cartes 2249 ET Font-Romeu - Capcir et 2250 ET Bourg-Madame - Mont-Louis- Col de la Perche - Top 25.

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Les Chemins de l'Ourriet et des Escocells depuis Urbanya

Publié le par gibirando

  

Ce diaporama est agrémenté avec des musiques jouées par le pianiste italien Giovanni Marradi. Elles ont pour titre "Shadows", "Romantico", "Just For You", "Dreams", "Remember When" et "Mamma" (incomplète). 

Les Chemins de l'Ourriet et des Escocells depuis Urbanya

Les Chemins de l'Ourriet et des Escocells depuis Urbanya

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Urbanya le 9 juin 2021. Voilà ci-après comment nous avons réalisé cette randonnée que j'ai intitulée « Les Chemins de l'Ourriet et des Escocells (*) »Quand avec Dany nous avons démarré cette balade, je m’étais fixé le but d’atteindre le lieu-dit l’Orriet. Ce lieu-dit, qui est la ruine d’un très vieux mas de montagne, j’ai déjà eu l’occasion  de l’évoquer dans une autre balade que j’avais intitulée « Le Chemin de l’Ourriet depuis Urbanya ». Situé à 1.074 m d’altitude et Dany ne connaissant pas les lieux, je me disais que cette modeste élévation suffirait à son bonheur. En effet, si modeste soit-elle, cette déclivité offre de superbes et amples panoramas sur le vallon d’Urbanya. En montagne, la vision de grands espaces, Dany adore ça et moi aussi. La météo est superbe et au sein d’un printemps plutôt mi-figue mi-raisin, on se dit qu’il faut profiter des journées comme aujourd’hui. Si je ne me fixe pas d’objectif plus lointain c’est parce que je sais que nos formes physiques respectives ne sont pas au top. Dany souffre régulièrement de sa polyarthrite chronique et principalement aux hanches, quant à moi avec des dyspnées et des sifflements respiratoires, je suis très loin d’avoir totalement récupéré de mon embolie pulmonaire du mois de mars. Malgré tout ça nos volontés et surtout nos envies de randonner sont restées intactes. Il est 12h30 quand nous démarrons sous un ciel bleu ciel que quelques nuages blancs se complaisent à maculer. Ce chemin qui s’élève au-dessus de la rivière je le connais par cœur. Je sais que je vais y rencontrer un tas de fleurs et que parmi elles, il me faudra faire des choix et ne retenir que celles qui me paraissent les plus intéressantes pour mon reportage photos. Les plus intéressantes seront bien sûr les plus belles : celles qui touchent à ma sensibilité :  mais surtout les plus rares ou les plus saisonnières, celles qu’il faut parfois chercher pour les trouver si le hasard ne le fait pas pour moi. Les fleurs bien sûr, mais aussi celles qui volent et que les entomologistes appellent « papillons ». Ici, ils sont pléthores mais les photographier n’est jamais évident quand une petite brise est de la partie comme aujourd’hui. Pour tout le reste de la faune ; et Dieu sait si elle peut être présente et variée ; je sais que le hasard, la chance, mon abnégation et ma patience feront ce qu’il faut. Comme je le prévoyais, les premiers décamètres sont les plus pénibles et les plus éprouvants. Toutes les levées de genoux plus hautes que la normale deviennent une épreuve, et cela, aussi bien pour Dany que pour moi. Alors rien ne presse et je dis à Dany de prendre son temps et ce d’autant que tous les clichés que je m’autorise me permettent de prendre le mien. Nous avons atteint le niveau de la cascade d’Urbanya et nous sommes d’accord pour dire que ça va déjà bien mieux. Il va en être ainsi au fil de notre cheminement et quand l’Orriet est atteint, je suis très surpris d’entendre Dany me dire « et après qu’est-ce qu’il y a ? ». Elle s’assoie néanmoins pour m’entendre lui répondre « il y a 2 ruisseaux formant comme une clairière » puis « plus haut il y a une piste forestière permettant éventuellement d’effectuer une boucle ». « Allons jusqu’à la clairière » me dit-elle. Et nous voilà repartis pour quelques décamètres supplémentaires. Quand nous arrivons à la jonction du Correc du Col del Torn avec celui de Sardana, je lui annonce que nous sommes parvenus à la clairière. Elle bougonne gentiment et je me dis que c’est plutôt bon signe : « Tu appelles cela une clairière ? » s’exclame-t-elle, rajoutant aussitôt « j’appelle ça un sous-bois ! » « Les arbres ont poussé » lui dis-je en guise de réponse puis le silence s’installe. Pas très longtemps et la phrase que j’attendais survient « Et la piste dont tu m’as parlé, elle est loin ? » « Non pas très loin, à 200, 250 m tout au plus, mais je te préviens, il n’y a pas vraiment de sentier et il faut pas mal zigzaguer au sein du maquis pour l’atteindre ! » «  Et tu es sûr de la trouver ? » « Oui, je suis sûr car il suffit de suivre le Correc du Col del Torn ». « Allons-y ! » me dit-elle d’un air bien décidé. Je suis sur le point de lui dire de ne pas râler si les choses ne se passent pas comme elle le veut mais finalement je me retiens. Je ne veux rien gâcher de ce bel après-midi qui se passe formidablement bien et en tous cas au-delà de mes espérances initiales. Je vois qu’elle prend plaisir à marcher, à découvrir des panoramas qui lui étaient inconnus et comme je sais qu’il y en aura bien d’autres encore plus beaux si nous atteignons cette « fameuse » piste, j’ouvre ce « chemin évanoui » sans ne plus rien rajouter. Oui, un chemin a bien existé et quelques grosses pierres sont encore là pour prouver qu’il était creux. Mais le temps, la végétation et le désintérêt des hommes ont fait leur œuvre de sabotage. En garder un quelconque fil est totalement impossible. Alors Dany me suit, ne peste pas me demandant seulement de l’attendre dès lors que je prends un peu trop d’avance dans ce dédale où il faut constamment slalomer entre les rochers de schistes, les genêts, les prunelliers et les églantiers.  Ici, hors de question de m’amuser à faire des photos et je suis essentiellement concentré à chercher l’itinéraire le plus court mais également le plus praticable, tâche pas si aisée que ça même si c’est la énième fois que je m’y attelle. Finalement la piste si convoitée est là et franchement elle est très belle car très verdoyante avec de surcroît un panorama magique. Elle est en plus un étage végétatif car ici commence la forêt de pins à crochets et quelques autres résineux. On oublie très vite les difficultés qu’il nous a fallu franchir pour arriver jusqu’ici. Malgré un décalage évident, le « V » que forme la vallée d’Urbanya ajoutée à celle de Nohèdes est presque d’une symétrie parfaite avec le « V » inversé du Massif du Canigou. Des fleurs, quelques papillons souvent les mêmes et de nombreux oiseaux mais ici moins craintifs sont des offrandes permanentes à ma passion pour la photo. Une fois encore, le clou de ce spectacle grandeur Nature se présente sous les traits d’un chevreuil qui se régale de jeunes pousses. Deux photos et le voilà qui s’éclipse dans cette végétation exubérante. Le large chemin verdoyant que nous cheminons est une invitation à flâner. Il s’élève en douceur jusqu’au col de Les Bigues mais afin de raccourcir cette randonnée qu’au départ je n’aurais jamais imaginé aussi longue, je fais le choix de redescendre par le sentier des Escocells. Plutôt pentu, ce sentier consiste à suivre une longue clôture qui se termine à seulement quelques encablures du village. C’est le chemin le plus court pour rejoindre Urbanya. S’il est plutôt bien débroussaillé au départ, c’est de moins en moins le cas au fil de la descente où les genêts l’envahissent très souvent. S’il faut parfois les écarter ou les enjamber pour passer, poser nos pieds sur les branches est souvent synonyme de glissades et de chutes par bonheur sans conséquence. Si nous redoublons d’attentions pour éviter de tomber, chaque petite « gamelle »  se transforme désormais en éclats de rire et en franches rigolades. Oui, pas de doute, les ramures des genêts sont de vrais savonnettes ! Ce n’est pourtant pas à cause de ça qu’on les surnomme « à balais » ! Finalement la clôture se termine, les broussailles s’amplifient et après un très bref égarement, je réussis à retrouver le sentier qui débouche à hauteur du Correc del Menter, non loin de la cascade que nous rejoignons. Nous y passons de longues minutes bien agréables car l’endroit est reposant et rafraichissant. Après cette longue descente sur le chemin des Escocells, cette pause n’est pas superflue. Dans les petites vasques creusées par les jets d’eau de la cascade, deux minuscules truitelles et de remuantes « demoiselles »  m’occupent encore longtemps à la photographie. Après la passerelle, le large chemin nous entraîne très rapidement vers le village. De nombreux clichés dont ceux d’une couleuvre vipérine cherchant pitance dans la rivière viennent s’ajouter à mon reportage-photos. En arrivant à la maison, les paroles que nous échangeons Dany et moi ne laissent planer aucune équivoque. Nous sommes à la fois ravis et incroyablement étonnés d’avoir réussi cette balade au regard de nos conditions physiques que l’on pensait sinon pitoyables du tout moins très mauvaises. Qui l’aurait cru au départ ? En tous cas, nous considérons cette randonnée à la fois comme une prouesse et une promesse. Cette balade a été longue de 7 km. Le dénivelé est de 475 m entre le point le plus bas à 870 m à Urbanya et le plus haut à 1.345 m juste avant le descente vers Les Escocells. Les montées cumulées sont de 680 m. Carte I.G.N 2348 ET Prades- Saint-Paul-de Fenouillet - Top 25.

 (*) Escocells : Si j'ai longuement tenté d'expliquer les mots "Ourriet" et "Orriet" dans une balade précédente intitulée « Le Chemin de l'Ourriet (1.359 m) depuis Urbanya (856 m) » sans que cela soit trop compliqué, donner une signification formelle au mot "Escocells" sur la commune d'Urbanya a été nettement plus complexe. Cette complexité commence par le fait même qu'il n'existe pas de traduction française à ce mot dans la langue espagnole. Quant à la langue catalane ; celle qui nous intéresse ici ; le traducteur de Google indique qu'il s'agit d'une "garderie" quand le mot "escocell" est au singulier et de "pépinières" quand le mot est mis au pluriel. De prime abord, on voit mal le rapport qu'il peut y avoir entre une garderie et des pépinières mais en réfléchissant un peu, on peut néanmoins se dire qu'une garderie est faite pour garder un groupe de personnes et le plus souvent de jeunes enfants et une pépinière prise hors de son contexte agricole ou forestier un lieu où l'on trouve également un groupe de personnes et qui en l'occurrence peut être composé d'enfants. Exemple : une pépinière de jeunes agriculteurs, une pépinière d'informaticiens, une pépinière de surdoués. Comme on le voit, la recherche dans sa méthode la plus moderne ne permet pas d'apporter une explication concrète à la toponymie trouvée sur la géographie d'Urbanya.  Il m'a fallu continuer mes recherches et c'est le mot "escocell" dans le Wikipedia catalan qui m'a finalement apporté une explication plus plausible. En effet, traduit en français, il donne "une grille d'arbre", ces fameuses grilles que l'on trouve de nos jours tout autour des arbres sur tous les grands boulevards arborés. L'Encyclopédie catalane donne la même explication. Toutefois, l'article en question développe le sujet et indique qu'il peut s'agir aussi d'un simple trou circulaire autour d'un arbre. L'Institut d'Estudis Catalans (Intitut des Etudes Catalanes) dans son dictionnaire catalan/valencien/baléare donne la signification suivante : « Fossé que le vigneron fait autour d'une vigne en travaillant la terre et que la charrue n'a pas pu atteindre lorsque les agriculteurs sont passés (Rosselló, Conflent). Comme on le voit ici, la région du Conflent est carrément nommée et on peut donc supposer sans trop de risques de se tromper que les Escocells d'Urbanya ou d'ailleurs soient plus largement des fossés, des rigoles voire des tranchées autour d'un champ ou d'un pré permettant de gérer l'eau qui s'y écoule. On notera d'ailleurs que le mot "écoulements" a une lointaine mais certaine ressemblance avec le mot "escocell" que les linguistes et les géographes ont parfois écrit sur leur carte en "Escaussels" ou "Escausseils" mais le plus souvent en "Escauccels" . Concernant ce dernier mot, l'IEC donne la signification suivante : « Excavation faite en grattant le sol. Dans les montagnes, le pommier étant planté dans n'importe quelle zone de terre,  il est nécessaire que ces excavations soient faites autour des souches du tronc afin que l'eau puisse les irriguer avec le plus de justesse ». Fosses, fossés, rigoles, tranchées, trous, excavations, il ne fait plus aucun doute, les Escocells d'Urbanya étaient sans doute de petites canalisations permettant d'irriguer avec justesse et parcimonie de l'eau des vergers ou des vignes. Oui, l'eau était déjà un bien très précieux. Il le sera de plus en plus !

 

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Le Circuit des Genêts à Urbanya

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons qui m'ont été inspirées en regardant l'agréable film "Bridget Jones : L'âge de raison" avec la truculente, très jolie et remarquable actrice Renée Zellweger. Elles ont pour titres : "Bridget's Theme" d'Harry Gregson-Williams"Your Love Is King" de Will Young, "Sorry Seems To Be The Hardest Word" d'Elton John interprétée par Mary.J.Blige"I'm Not In Love" du groupe 10cc 

Le Circuit des Genêts à Urbanya

Le Circuit des genêts à Urbanya

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12 mai 2021 Urbanya. Avec ce « Circuit des Genêts », voilà ma vraie première randonnée d’après Covid et sortie du confinement. Nous sommes ici depuis une semaine et si j’ai choisi cette boucle, c’est pour plusieurs raisons. La première est que j’espère être capable de réaliser les très modestes 3,8 km de distance, les 210 m de dénivelé et les 220 m de montées cumulées malgré une convalescence qui s’éternise un peu trop à mon goût. Oui, autant l’avouer, avec des essoufflements récurrents au moindre effort et des sifflements dans la gorge et la poitrine, je ne peux pas vraiment parler de guérison totale de l’embolie pulmonaire causée par la Covid, même si je n’ai plus aucune douleur thoracique depuis ma sortie de clinique, c'est-à-dire le 6 avril. La deuxième raison est que ce petit parcours est celui que j’accompli le plus souvent quand je suis ici à Urbanya, même si fréquemment j’y intègre quelques variantes en forêt. A la rencontre constante de la Nature, les années précédentes, il m’arrivait de réaliser cette boucle plusieurs fois par semaine. Cette année pas encore ! Aujourd’hui pas de variante et une boucle tout ce qu’il y a de plus classique mais avec un atout supplémentaire, la réaliser avec les genêts (*) merveilleusement fleuris, d’où le nom que je lui donne et qu’il mérite amplement en la circonstance. C’est bien à cet instant de l’année que ce circuit pédestre est le plus beau et le plus intéressant. C’est le printemps et ici les genêts sont les plantes fleuries affirmant le plus ce cycle annuel car de très loin les plus visibles. Depuis quelques années, ils ont même pris un aspect « invasif » non négligeable, faisant la pige aux cistes à feuilles de laurier, autres envahisseurs du secteur, lesquels fleurissent un peu plus tard. Les genêts sont très beaux mais ils prennent le dessus sur le reste de la végétation et de plus en plus de place, même dans les sentiers et les chemins. Enfin, dernière raison non négligeable quant au choix de cette petite balade, c’est le printemps et la promesse d’une Nature qui s’éveille de plus en plus. J’en ai déjà fait le constat autour de ma maison.  Nous venons de déjeuner tôt et il est 11h45 quand nous démarrons. L’aspect pratique et intéressant est que le sentier s’élève directement derrière notre maison, direction les antennes relais et le château d’eau. Nous n’avons pas encore fait 10 mètres que le spectacle s’offre déjà à nous sous les traits d’un couple de couleuvres à échelons qui s’accouplent au pied d’une ruine. Le temps de quelques photos, et les deux « amoureux timides » partent se réfugier dans le trou d’un muret. Quelques oiseaux et papillons, des fleurs nouvelles à profusion qu’il faut parfois savoir observer de très près pour apprécier leur beauté voire leur originalité et voilà qu’un autre spectacle merveilleux mais très inattendu se présente à nous. Cette fois, il s’agit de trois cervidés qui paissent tranquilles dans un pré juste en dessous du chemin. Sans doute une biche et ses deux faons car si le plus grand reste visible, les deux autres semblent plus petits et disparaissent plus facilement dans l’épaisse végétation. De temps à autre, on aperçoit leur dos ou leur arrière-train mais c’est tout. Et savez-vous ce qu’ils savourent ? Des genêts bien sûr ! Caché moi-même derrière d’autres genêts, j’ai tout loisir de photographier le plus grand avant que peu à peu il ne s’éclipse dans un bois trop touffu. Les genêts parlons-en ! En une année, ceux qui occupaient le chemin ont bien grandi, des nouveaux ont vu le jour,  ont bien poussé et il nous faut carrément les pénétrer et zigzaguer au milieu d’une « futaie » flamboyante pour parvenir à poursuivre. Moi qui suis allergique au pollen, bonjour ma guérison ! Par bonheur ça ne dure pas trop longtemps et quand la ferme à Philippe se présente, la piste redevient quasiment normale. Voilà 8 mois que je ne suis plus revenu ici, depuis cette fameuse semaine où j’avais ramassé des mûres sous les cris des veaux et de leur mère et la présence « mystique » d’une présumée Dame Blanche. Le premier jour, les veaux étaient partis à l’abattoir. Leurs mères et pères sous d’autres cieux dès le lendemain car Philippe avait cédé tout son troupeau à un autre éleveur. Quant à la Dame Blanche, elle était restée quelques jours dans ma tête mais depuis elle s’était volatilisée elle aussi. Oui, aujourd’hui tout n’est que silence et donc tristesse. Il n’y a plus aucun meuglement de bovins. Les chiens ne sont plus là à vociférer quand on passe. Le chat noir et blanc de la ferme qui était là pour manger les souris, Dany vient de le découvrir quelques minutes auparavant tout desséché sur le bas-côté du chemin. Ça nous a attristés même si nous ne le connaissions pas plus que ça. Nous aimons les chats et les animaux en général. Dans cette désolation, seul un Bruant proyer picorant sans gêne les fleurs d’un genêt a retenu mon attention et celle de mon appareil-photo. En quittant les lieux, je veux positiver et je me dis qu’il y a quand même une bonne nouvelle à retenir dans cette profusion de mauvaises. Cette bonne nouvelle s’appelle Flip. Flip, c’était le second chat de la ferme au temps où Philippe y travaillait encore d’où son nom car au départ nous l’appelions « le chat à Philippe ». Puis la contraction en Flip est venue tout naturellement. Depuis que nous avions perdu nos deux chats Noxi et Zouzou, il avait pris pour habitude de nous rendre visite. Livré à lui-même et à cause d’un ulcère à un œil, nous l’avions recueilli quelques jours avant mon Covid. Sans soin, il aurait perdu l’œil et sans doute la vie nous avait dit la véto ! L’ulcère se serait sans doute propagé vers le cerveau avait-elle rajouté. Aujourd’hui, Flip a retrouvé un œil normal, il est sauvé, vit avec nous et n’a pas l’air de s’en plaindre. Voilà ce qu’il nous reste de concret de cette ferme sans vie à l’instant où nous la quittons. Après les couleuvres, les biches, les souvenirs contrastés liés à cette ferme, on pourrait penser que par la force des choses la suite est moins attractive. Mais non ! Les fleurs et les papillons me freinent constamment. Les oiseaux, eux, m’arrêtent carrément et quand c’est le cas Dany se montre pleine de compréhension. Je ne fais pas trois mètres sans qu’il n’y ait pas quelque chose à photographier. Et encore, je fais en sorte de ne photographier qu’un spécimen de papillon ou de fleur dès lors qu’une photo antérieure est réussie. Pour Dany et moi, cette petite marche nous rend excessivement heureux. Je revis et Dany avec moi, elle qui s’est tant inquiétée à cause de ma santé chancelante. Oui, je peux aisément comprendre que ces mois de février et de mars si terribles pour moi ont été bien longs et bien difficiles pour elle. Psychologiquement. Aujourd’hui, marcher c’est se rétablir, mais c’est aussi tenter d’effacer ce passé. Cette balade, nous la voulons positive. Elle prend plaisir à randonner et moi, je rajoute à cette passion de la marche celle pour la photo naturaliste. Fleurs et papillons à profusion et oiseaux en nette progression depuis que nous sommes là, même si pour l’instant quelques espèces manquent encore à l’appel. Par bonheur, les hirondelles, les rougequeues, les mésanges, les moineaux et les merles viennent un peu réparer cette raréfaction dont malheureusement je sais qu’elle est chronique. Mésanges charbonnières et rougequeues noirs occupent les quelques nichoirs que nous avons mis autour de la maison et c’est toujours un réel plaisir de voir les parents nourrir leur progéniture. Ce sont journellement des centaines voire des milliers de va-et-vient incessants auxquels on assiste.  Cette balade du bonheur pour nous se termine sur une autre note positive, celle de la vision rapprochée du clocher de l’église Saint-Etienne d’Urbanya qui a été magnifiquement restauré. En 2020, nous l’avions quitté en pleins travaux. Si pour moi, le démarrage de cette courte balade a été laborieux à cause de quelques dyspnées, par bonheur, elles ont assez vite disparu et c’est très encourageant pour la suite. Bien sûr, je reste conscient que 3,8km ce n’est qu’une très courte distance pour n’importe quel randonneur aguerri ou pas mais pour moi, il était important que je la finisse correctement. Je suis ravi d’y être parvenu et je sais déjà qu’il y en aura d’autres. Aussi courtes ? Plus longues ? Dans l’immédiat, ce n’est pas important et l’essentiel est d’être debout sur mes deux pieds et d’être capable de marcher. Cartes IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

 

(*) Les genêts d’Urbanya : Ici à Urbanya, on peut découvrir plusieurs espèces de genêts mais encore faut-il être aguerri à cette reconnaissance, ce qui n’est pas mon cas, loin s’en faut. Il est vrai que certaines espèces sont relativement proches sur le plan visuel et ce d’autant, que leurs différences se résument parfois à quelques détails que seul un botaniste saura analyser avec pertinence (fleurs, branches, feuilles, gousses, etc…). Les genêts appartiennent à la famille des Fabacées (Fabaceae) tout comme les cytises et les spartiers et leurs fleurs sont le plus souvent de couleur jaune.

- Dans le Haut-Conflent et au printemps, les plus communs sont les Genêts à balais (Cytisus scoparius), les Genêts ou spartiers purgatifs ou genêts oroméditerranéens (Cytisus oromediterraneus), les Faux-genêts d’Espagne encore appelés Spartier à tiges de jonc (Spartium junceum), les Genêts cendrés (Genista cinerea), les Genêts de Catalogne (Cytisus arboreus subsp.catalaunicus) et les Genêts d’Espagne (Genista hispanica). Bien d’autres sont présents mais parfois en d’autres saisons ou moins visibles. Citons le Genêt bleu (Erinacea anthyllis), le Genêt du Dauphiné (Genista delphinensis), le Genêt ailé (Genista sagittalis), le Genêt des teinturiers (Genista tinctoria) que l'on trouve plus haut en altitude, le Genêt scorpion ou épineux (Genista scorpius) très piquant comme son nom l'indique et enfin d'autres plus rares encore comme le Genêt d'Angleterre (Genista anglica).

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La Chapelle Saint Joseph de Torremilà depuis Saint-Estève

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté d'un medley de 3 morceaux de musique joués par la pianiste hongroise Adrienne Hauser. Ils ont pour titre : "Ballade slave" et "L'Isle Joyeuse" de Claude Debussy et "Jeux d'eau" de Maurice Ravel.

La Chapelle Saint Joseph de Torremilà depuis Saint-Estève

La Chapelle Saint Joseph de Torremilà depuis Saint-Estève

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Quand ce matin-là 19 mars, j’ai décidé que mon après-midi serait consacrée à une balade pédestre, au départ c’était comme je le fais souvent une sortie sans itinéraire précis car tournée presque essentiellement vers la photographie naturaliste, ce dernier mot étant pris dans son sens le plus large car incluant bien sûr les fleurs et les animaux mais aussi tout ce qui me paraîtrait beau ou digne d’intérêt devant mon objectif. Puis finalement, je me suis dit « pourquoi ne pas imaginer un parcours et s’y tenir en y alliant la photo naturaliste ? ». Oui, cette idée qui venait de germer dans ma tête me plaisait bien ! Aussitôt je me suis penché sur la carte IGN top 25 de ma commune et c’est ainsi qu’est née cette balade à « la Chapelle Saint-Joseph de Torremilà ». Cette chapelle, je ne la connais pas vraiment. Je ne l’ai vu qu’une seule fois lors d’une sortie en VTT et donc par hasard. Elle était fermée et je n’avais pas insisté.  Je me mets donc en quête d’en savoir un peu plus. C’est donc avec étonnement que je découvre sur Internet que cette petite chapelle a un site qui lui est consacré (et quelques autres plus succincts), qu’elle a une Histoire assez ancienne, qu’elle a connu bien des vicissitudes et a failli tomber en ruines, qu’elle a ses « amoureux » réunis en association qui se sont démenés pour lui donner une nouvelle vie, qu’elle a un cérémonial du nom de « Bénédiction des cartables », et donc qu’il y a depuis longtemps une réelle ferveur autour d’elle. A chaque 1er mai, on y célèbre aussi un Aplec, mais en Catalogne, c'est une tradition avec messe et parfois carrément un pèlerinage où les fidèles rendent hommage à la Vierge.  La sardane y est très souvent à l'honneur. Il faut d'ailleurs mettre ce mot au pluriel car des Aplecs, il y en a un peu partout en Catalogne et jamais à la même date. Oh ! Je ne me fais guère d’illusion et j’imagine déjà que je vais la trouver une nouvelle fois fermée, mais mon objectif de balade est arrêté et de surcroît je sais que je vais partir marcher en connaissant l’essentiel de ce qu’il faut savoir. Si « ne pas marcher idiot » reste ma devise, là je vais démarrer déjà bien « éclairé » sur cette chapelle ! Il est 13h30 quand je démarre de mon domicile, direction l’étang de Saint-Estève et plus précisément son déversoir, vrai point de départ de cette balade. Je fais un tour complet de l’étang afin de prendre quelques photos de la faune qui l’occupe. Assez rapidement plusieurs sont dans « la boîte » alors je continue vers le déversoir sans trop m’appesantir. Ce déversoir, c’est en réalité le Correc de la Corregada, petit ruisseau,  que je vais poursuivre en longeant sa rive gauche mais au préalable il faut traverser avec prudence un grand carrefour. Ce ruisseau et ce chemin, je les connais bien car les oiseaux y sont souvent très présents et de ce fait, je viens ici régulièrement pour tenter de les photographier. Paradoxalement, cette fois-ci, ce ne sont pas des oiseaux qui attirent mon regard en premier mais un petit poisson et un serpent, les deux étant à quelques centimètres l’un de l’autre dans l’eau limpide du ruisseau à proximité d’une buse en béton.  J’en suis même à me demander si le serpent n’a pas des intentions belliqueuses à l’encontre du poisson qui est constamment immobile. Mais non, le serpent se réfugie dans les roseaux de la berge et le poisson continue à faire le mort. Après de nombreuses photos plus ou moins réussies de cette « fable », je continue l’itinéraire et si les oiseaux sont bien présents, seuls un serin et une fauvette se laissent gentiment photographier. Depuis la traversée du carrefour, j’ai mis presque une heure pour accomplir les 250m qui me sépare désormais de lui .Il est vrai qu’outre les oiseaux, j’ai également photographié beaucoup la flore. Il est temps de quitter le ruisseau.  Ici, et à une vingtaine de mètres avant un pin, je sais qu’il me faut le quitter pour un étroit sentier qui entre à gauche dans la garrigue. Comme ce petit sentier n’est pas simple à trouver, j’ai disposé moi-même quelques gros galets en guise de cairn. Il est souvent embroussaillé par les cistes et les ajoncs mais aujourd’hui par chance il est étroit mais encore praticable. Une machette ou une serpe ne sont donc pas utiles. Il passe derrière la ruine d’un casot puis continue dans  cette immense zone que les géographes appellent la « Plaine de Torremilà ». Composée presque essentiellement de garrigues et de vignobles mais aussi de rares vergers et oliveraies et d’une zone humide temporaire, cette zone s’étend grosso-modo depuis la ZAE de Saint-Estève dite de La Mirande jusqu’à l’aéroport de Perpignan-La Llabanère et au quartier du Haut-Vernet à Perpignan. Inscrite à l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (I.N.P.N) comme Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (Z.N.I.E.F.F), je regrette d y’voir s’étendre de plus en plus les nombreuses décharges sauvages, les entreprises et les vastes implantations en panneaux photovoltaïques, espérant que les pouvoirs publics auront la clairvoyance de laisser un peu de place à la Nature, préservant ainsi les quelques espèces rares, protégées et « déterminantes » qui habitent ou s’arrêtent ici lors de leur migration. Si je viens souvent par ici, c’est pour elle : la Nature ! Et malheureusement je la vois se réduire comme peau de chagrin. Connaissant bien les lieux (une partie de mon Circuit de l'Eau y passait déjà), aujourd’hui, je fais en sorte d’éviter les déchetteries sauvages pour donner une priorité à la faune et à la flore. La chance est avec moi car les oiseaux sont nombreux et parfois même assez étonnants. C’est ainsi que deux chevaux dans un pré sont suivis par un petit groupe de hérons garde-bœufs. Une fois encore, j’y passe un temp infini mais ce spectacle le mérite. En me voyant, les chevaux viennent vers moi mais se ravisent au dernier instant. Dommage car les garde-bœufs les suivaient comme leur ombre. Plus loin et à l’instant même où je traverse la D.5, ce sont des grands corbeaux freux qui viennent se poser à une idéale distance de mon appareil-photo. Garde-bœufs et corbeaux, voilà des volatiles que je ne photographie pas tous les jours ! Je continue vers la chapelle. Ici le chemin devient asphalté mais il n’en est pas pour autant désagréable circulant autour de quelques mas isolés entourés de vignobles. Ici les passereaux sont bien présents aussi, différents de ceux de la garrigue, mais plus difficiles à discerner au milieu des vignes. L’itinéraire est simple mais zigzague dans cette « morne plaine » comme aurait dit Napoléon en évoquant Waterloo dans le célèbre poème de Victor Hugo « L'expiation ». Il faut dire que la météo s’est bien dégradée depuis mon départ et la luminosité n’est pas géniale. Au niveau du Mas des Oliviers, je quitte enfin le bitume pour emprunter un itinéraire plus incertain qui se faufile entre vignes et une haute clôture agrémentée de cyprès. Finalement, la chapelle Saint-Joseph est là sur ma droite et j’y file presque tout droit par l’itinéraire le plus praticable. Comme prévue, elle est fermée, alors je me contente de quelques photos de son extérieur mais en le photographiant sous tous les angles. Quant à son intérieur, les photos sont rares sur Internet mais je n’ai aucune difficulté à imaginer une certaine sobriété. Je flâne sous les pins, y photographie la flore présente, des moineaux,  un papillon puis un rapace qui apparemment occupe une ruine mitoyenne. Dérangé, le rapace a décidé que l’heure de la chasse était venue et le voilà qui entreprend un vol stationnaire non loin de la chapelle. Je réussis à le photographier. De mon côté, l’heure est venue de sortir mon GPS et de regarder le tracé que j’y ai enregistré. En effet, pour revenir à Saint-Estève, j’ai dessiné un itinéraire dont je n’ai aucune certitude car pour les trois-quarts au moins je ne le connais pas.  Ma méconnaissance commence ici même car je me suis fié à une seule vue aérienne visionnée sur Internet. Le GPS m’entraîne vers le nord de la chapelle puis il bifurque, longe un long et haut talus puis se dirige vers le minuscule ruisseau de La Llabanère (La Llavanera sur la carte IGN) puis c’est la route D.5. J’ai un peu galéré dans les broussailles mais finalement la route est là.  Là, je continue de l’autre côté de la route en suivant encore le ruisseau de la Llabanère. Finalement, le parcours que j’ai dessiné et enregistré sur mon GPS a été bien plus praticable que je ne l’avais craint même si quelques portions ont nécessité de zigzaguer entre des broussailles. La suite devient bien meilleure et un large chemin s’éloigne de la route D.5 pour s’en rapprocher de nouveau. Un coup d’œil sur mon bout de carte IGN me permet de retrouver un itinéraire plus éloigné de la route. Ce dernier file vers le sud du lieu-dit Planals de les Basses où un cheval qui s’ennuie dans son box vient vers moi sans aucune hésitation. Il semble apprécier les quelques biscuits moelleux et la pomme que je lui tends au travers du grillage qui nous sépare. En l’absence de mets supplémentaires, il ne juge pas utile de poursuivre cette « conversation » silencieuse et gourmande.  Il tourne les talons de ses sabots et pour me montrer sa colère, il entreprend quelques ruades tout en émettant de bruyants hennissements. Le tout avec un « zizi » bien en érection. Comme le chantait Brassens « la bandaison papa ça ne se commande pas ! » Non, je ne suis pas Robert Redford, je ne murmure pas à l’oreille des chevaux, je les comprends encore moins et j’ignore pourquoi il agit ainsi ? Je laisse « le petit cheval blanc » derrière moi et poursuis mon chemin. La suite devient très simple et le centre médical avec la clinique Supervaltech et les autres bâtiments me servent de point de mire. Il suffit de traverser quelques vignobles et champs en jachère pour y parvenir. C’est sur cette portion du parcours que les passereaux sont les plus présents et les plus divers. Dans cette diversité, les tariers pâtres, les rougequeues noirs et les alouettes sont de très loin les plus nombreux. Pourtant, les mœurs de ces trois espèces sont bien différentes et parfois même à l’opposé. Les tariers occupent essentiellement les champs en jachères et les zones à garrigue, sont peu craintifs, se perchent sur des hauteurs et en général ils se laissent gentiment photographier, alors que les alouettes sont posées au sol au milieu des vignes, détalent à la moindre alerte et de ce fait, il faut beaucoup de chance pour en immortaliser au moins une. Les rougequeues noirs n’ont pas de préférence et ils occupent tous les biotopes. Outre ces trois espèces, il y a par bonheur toute une pléiade d’autres passereaux plus ou moins photographiables et notamment des serins, des grives, des chardonnerets et des fauvettes. J’y passe un temps incalculable mais le résultat est à la hauteur de ma patience même si les photos ne sont pas toujours parfaites. Quand l’étang se présente, j’en fais encore une fois le tour histoire de quelques animaux nouveaux mais non ce sont les mêmes qu’au départ. Je sais qu’il est temps pour moi de ranger mon appareil-photo. Ainsi se termine cette boucle de ma composition. Je suis relativement satisfait car à part quelques difficultés après la chapelle dues aux broussailles, j’ai globalement respecté le parcours que je m’étais fixé et que j’avais dessiné sur la carte IGN et enregistré dans mon GPS. Au départ, ce n’était pas évident. Si la découverte de la chapelle ne m’a rien apporté de nouveau que je ne savais déjà, l’avifaune aperçue et celle photographiée ont été bien au-delà de mes espérances. Ajoutons à cela, une flore intéressante, quelques premiers papillons printaniers, les chevaux, le poisson et le serpent et j’ai été amplement ravi de cette balade champêtre et que je voulais absolument naturaliste. Malheureusement, cette visite à Saint-Joseph de Torremilà ne m’a protégé du fléau de la maladie puisque quelques jours plus tard, le 24 mars j’entrais aux urgences de l’hôpital de Perpignan pour la Covid doublée d’une embolie pulmonaire. Par contre, peut-être Saint Joseph était-il là pour m’apporter cette force intérieure qui m’a permis de m’en sortir après 15 jours d’hospitalisation ? Au départ de chez moi, cette balade a été longue de 8km1. Un peu moins bien sûr si on fixe le déversoir de l’étang comme ligne de départ. Carte IGN 2548 OT Perpignan – Plages du Roussillon Top 25.

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Le Sentier de Découverte du Crest Petit et Les Comes à Baixas

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 2 chansons des Beatles en version instrumentale jouées par le Riga Recording Studio Orchestra. Elles ont pour titres : "The Long And Winding Road" et "Mother Nature's Son".

Le Sentier de Découverte du Crest Petit et Les Comes à Baixas

Le Sentier de Découverte du Crest Petit et Les Comes à Baixas

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L’expression qui dit « qu’à toute chose malheur est bon », je pourrais presque l’accommoder à ce « Sentier de découverte du Crest Petit » à Baixas. En effet, sans la Covid et les mesures restrictives prises par le gouvernement, il est fort probable que Dany et moi n’aurions  jamais découvert ce tout petit parcours pédestre, pourtant tout près de chez nous. Pour randonner, nous avons toujours tendance à ignorer la proximité pour aller voir bien plus loin et le plus souvent bien plus haut. Quoi de plus normal après tout ? Actuellement, certains hommes ne dépensent-ils pas des milliards pour aller dans l'espace et même sur Mars ? Restons plus modestes, cette balade est gratuite !  Il faut savoir que sur Internet, ce parcours est le plus souvent présenté comme « le sentier de découverte du patrimoine vigneron ». Ce patrimoine vigneron, c’est celui du Domaine Dom Brial, cave coopérative ô combien renommée bien au-delà des frontières de notre beau département des P.O et même de la France. Jugez plutôt. Dom Brial regroupe 247 coopérateurs qui exploitent 2 100 hectares de vin du Roussillon, pour une production annuelle moyenne de 85 000 hectolitres (extrait du site Dom Brial). En 2020 et pour la seconde année consécutive, elle s’est imposée comme Meilleure Cave Coopérative de France au Berliner Wein Trophy et la Cave du Roussillon la plus récompensée au Concours Général Agricole (extrait d'un article de l'Indépendant du 30/06/2020). Le sentier, lui, est une vitrine commerciale grandeur nature, disposant de panneaux d’informations et d’un système d’audio guide permettant de fournir toutes les explications nécessaires aux oenotouristes. Enfin tout ça, je suppose que ça fonctionnait avant l’apparition de la Covid ! A mi-parcours, il y a une petite aire de pique-nique et une table d’orientation est présente au point culminant (210 m). C’est donc ce petit sentier que nous avons découvert par hasard une première fois car ce jour-là notre idée première était de relier Baixas à Calce.  Nous avons changé notre fusil d'épaule et avons donné la préférence à ce petit parcours dans sa version « originelle et vigneronne ». Puis nous y sommes retournés quelques semaines plus tard dans une version que j’ai jugée utile de rallonger et qui au départ devait nous amener une nouvelle fois jusqu'à Calce. Une tendinite à un  genou m'obligea une fois encore à ne pas aller jusqu'à Calce. C’est donc cette nouvelle version plus longue mais quand même un peu réduite par les circonstances que j’explique ici. En ce 17 février 2021, elle va bien au delà du lieu-dit « Crest Petit » (Petite Crête) et se poursuit par la piste forestière qui traverse « Les Comes » (Les Combes), piste déjà empruntée lors d’une autre balade que j’avais intitulée «  le Roc Redoun et les Coumos de la Quirro » A vrai dire, les variantes et les découvertes possibles sont multiples : aller visiter Calce bien sûr, monter jusqu’au Roc Redoun (Roc Redon), visiter la chapelle Sainte-Catherine de Baixas et l’ancienne carrière de marbre, etc…Notre version est donc des plus simples. Il est vrai que ce jour-là je voulais privilégier la découverte de la flore et de la faune de ce secteur et de cette saison pré-printanière. Nous y avons passé du temps ; avec l'assentiment compréhensif de Dany ; mais le résultat a été conforme à mes espérances.  En effet, n’est-ce pas assez rarissime de voir au cours d’une même petite balade un lapin de garenne et une perdrix rouge auxquels on peut rajouter quelques habituels papillons et passereaux et même un criquet de surcroît égyptien ? Telle qu’effectuée (trace rouge sur la carte), cette balade a été longue de 5,7km environ. Le dénivelé est très modeste puisque le départ est à une altitude de 112m et la table d’orientation au Crest Petit à 210m. Précisons aussi que le départ ne s'effectue pas de Baixas même (bien que ça reste possible !) mais d'un chemin qui se trouve à droite de la D.18 direction Calce. Carte IGN 2548OT Perpignan – Plages du Roussillon Top 25.

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Le Sentier de Découvertes et d'agrément de Néfiach

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de la musique tirée de la bande originale du film "Papillon" avec Steve McQueen et Dustin Hoffman. Elle est signée Jerry Goldsmith. Les différentes versions sont interprétées ici par The City of Prague String Musicians dirigé par Dominik Hauser (Instrumental), par Engel Humperdinck (Chant), par Alborz Aeini (harmonica) et Omid Eskandar (guitare), par The Moment String Quartet (Intrumental), par Patrick Norman (chant) et enfin par Manoochehr Mantegh (harmonica).

Le Sentier de Découvertes et d'agrément de Néfiach

Le Sentier de Découvertes et d'agrément de Néfiach

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Samedi 23 janvier 2021, 10h. Avec Dany, nous sommes à Néfiach pour réaliser une randonnée qui a pour nom « Le Sentier de découvertes et d’agrément de Néfiach ». J’ai eu connaissance de ce circuit pédestre grâce à Patricia qui gère le blog  « A pied dans le 66 ». Sur ma demande, Patricia m’a gentiment transmis un tracé GPS allant de Néfiach à Caladroy et retour par une boucle empruntant en grande partie le sentier en question. Son tracé est donc un peu différent et un peu plus long que celui que nous envisageons de parcourir car le nôtre se veut plus proche du tracé originel inauguré en novembre 2011. Inauguré en grandes pompes car avec les principales « huiles » du département et de la Région, si j’en crois ce que j’ai lu sur Internet. Parmi ses personnages haut placés, le regretté Christian Bourquin dont on connaissait la passion pour la randonnée pédestre. Internet nous apprend aussi que ce sentier a été réalisé sous l’égide de la Charte Intercommunale du canton de Millas dont dépend le village, avec le concours de la mairie de Néfiach, de l’Office National des Forêts, de la Fédération Française de la randonnée et le soutien financier de la Région Languedoc Roussillon et du Conseil Général des Pyrénées Orientales. Certes j’apprends aussi qu’il s’agit d’un sentier d’interprétation avec 11 plaques botaniques, 5 pupitres dits d’agréments et une table d’orientation mais pourquoi autant d’intérêts pour un parcours pédestre qui est censé parcourir somme toute que des paysages de garrigues et de vignobles ? Parce que l’intention des concepteurs de la Charte Intercommunale du canton Millas est de créer en finalité un réseau de sentiers reliant les différentes communes entre elles créant ainsi un grande boucle pédestre autour de Millas. Quel beau projet en perspective ! Si tout ça me plaît bien, j’essaie de savoir si le projet a vu le jour 10 plus tard ? Et là, je ne trouve pas grand-chose quand au site de la Charte Intercommunale du canton de Millas, un message indique constamment qu’une mise à jour est en cours. Le décès prématuré et si soudain de Christian Bourquin aurait-il mis fin à ce beau projet ? Je le crains ! Au-delà de toutes ces considérations, une question me taraude avant de  démarrer: « La garrigue néfiachoise serait-elle si différente du reste de la garrigue du Ribéral que je connais déjà si bien ? »,  « à moi de le découvrir » me dis-je comme seule réponse et en démarrant. Nous démarrons sous un ciel bizarre car d’un blanc argenté vers le sud et d’un bleu acier vers le nord. Dans l’immédiat, le soleil peine à traverser cette côte de mailles et il en sera ainsi une belle partie de la journée. A Néfiach, le démarrage s’effectue en direction du passage à gué enjambant la Têt. D’emblée, les découvertes promises dans le titre de la balade sont là. Pour moi, elles se présentent sous les traits de plusieurs bergeronnettes occupant les gravières du fleuve. Guère plus loin et toujours au bord du fleuve, une Buse et une Aigrette surveillent le rivage en quête d’une collation à se mettre sous le bec. Ravi de ces premières photos, je me dis « ça commence bien ! ». Le premier panneau botanique se présente peu après une jolie aire de pique-nique. Il est consacré au « micocoulier », arbre ô combien magnifiquement « échevelé » dans sa ramure hivernale complètement dénudée. Ici d’ailleurs, tous les arbres sont dénudés, ce qui m’arrange dans ma quête à vouloir photographier les oiseaux. Ils sont disparates en espèces mais les étourneaux sont de très loin les plus nombreux. Il en sera ainsi tout au long du parcours où les rassemblements d’étourneaux seront souvent visibles. Quelques mètres plus loin, le deuxième panneau est dédiée à l’Asperge sauvage, plante ô combien « malchanceuse » car c’est sa juvénilité qui est son principal attrait, attraction pour nous, mangeurs de « jeunes pousses » et friands d’omelettes. Encadré de cannes de Provence, l’itinéraire continue, passe devant l’entrée du domaine du Mas Galdric, le contourne et parvient jusqu’à un autre radier enjambant un fossé. Mon bout de carte IGN m’apprend que ce fossé, bien rempli d’une eau limpide, est la partie aval d’un ravin prenant sa source non loin d’El Puig Alt, un Pic Haut dont l’altitude à 396 m est quand même relativement modeste. Ce ravin a pour nom « Cougouillade (*), toponymie dont on pourrait penser qu’elle parle au provençal que je suis. Mais non ! Une « Cougouillade » et une « couillonnade » (*) sont apparemment deux mots à la définition bien différente !  Si c’est ici que commence la véritable mais humble déclivité, ce n’est pas elle qui m’inquiète. Non, ce qui m’inquiète ce sont les coups de fusil qui résonnent tout autour de nous et se rapprochent au fil de notre avancée. Or mis un 4x4 planqué derrière un bosquet, nous ne voyons personne, pourtant nous voilà contraints de nous mettre à crier pour que les tirs s’arrêtent. Ce n’est pas très rassurant et ce d’autant que nous n’avons pas pensé à prendre nos gilets fluo ! Je m’interroge : « Est-il normal qu’un sentier pédestre qui se veut « d’agrément » soit également occupé par des chasseurs ? ». « Ne peut-on pas leur réserver d’autres zones plus éloignées de ce sentier pour chasser ? ». D’ailleurs dès le départ ce terme « d’agrément » m’a déjà interpellé quand j’ai vu certains fossés remplis d’immondices dont certains comme calcinés pour les faire disparaître. Alors je me suis dit que si des personnes sont irrespectueuses de la Nature, on ne peut pas systématiquement incriminer les communes. Dans ces circonstances, leurs tâches ne sont pas faciles et elles ne peuvent pas être en surveillance derrière chaque citoyen. C’est triste mais c’est ainsi et je le constate souvent sur ma propre commune. Alors que j’en suis à m’interroger, les tirs les plus proches s’arrêtent et les quelques-uns qui subsistent se font plus lointains. Des crissements de pneus sur une piste voisine sont-ils synonymes de fin de partie de chasse ? La suite de la balade totalement silencieuse, tranquille et solitaire me le confirme et met fin à nos angoisses. Nous pouvons désormais marcher paisiblement et profiter pleinement des vues et panoramas qui s’ouvrent tout autour de nous : Massif du Canigou, les Aspres, montagnes du Vallespir, les Albères, la Méditerranée, la Plaine du Roussillonla Vallée de la Têt et Força Réal sont les plus faciles à identifier. Seule au bord du sentier, une poubelle perchée et transformée en poste de chasse vient nous rappeler qu’ici les pouvoirs publics n’ont pas su choisir entre chasseurs et randonneurs. Auprès de la  Nature, le « tri sélectif » est encore à faire entre ceux qui la tuent et ceux qui l’aiment ! Entre ceux qui dressent en son sein des poubelles en plastique pour anéantir la faune et ceux respectueux qui ramènent leurs déchets à la maison. Le sentier continuant de s’élever, il nous offre d’autres vues : le Domaine de Caladroy puis c’est le joli Mas de la Juliane, partiellement deviné au travers des arbres. Finalement et malgré l’heure précoce, nous arrêtons pour déjeuner au sommet d’une butte. Nous ne sommes pas loin du lieu-dit Roc Grand. Là, une ancienne vigne, aujourd’hui quasiment disparue, mais envahie désormais par une herbe bien sèche mais douillette est une invitation à s’y asseoir voire à s’y coucher.  Une petite sieste serait la bienvenue mais c’est sans compter dans cet appareil que je déteste et qui s’appelle le « téléphone portable ». Si le smartphone n’était pas trop de la partie, je pourrais presque dire que c’est un pique-nique idéal et ce d’autant que de superbes vues se dévoilent sur les montagnes enneigées du Haut-Conflent. Et puisqu’il n’est pas idéal, je pars photographier des oiseaux pendant que Dany papote au téléphone. Pinsons et un rouge-gorge occupent le secteur et m’occupent une petite heure. Je retrouve Dany qui a fini de téléphoner et l'herbe tendre pour déjeuner. Avec salades « Sodebo », sandwichs triangles et riz au lait, la table est vite dressée et le déjeuner vite expédié.   Nous repartons. Toujours très bien balisé, le sentier se poursuit entre garrigues et sous-bois et finit par s’ouvrir sur de vastes parcelles plantées de vignes et d’oliviers. Peu après, se présentent des panonceaux où différents choix directionnels sont proposés : Boucle par Caladroy plus longue ou celle vers Néfiach. Nous choisissons cette dernière. Malgré de multiples zigzags, nous gardons le cap « Sentier de découvertes et d’agrément de Néfiach » ou bien celui intitulé « Boucle Volta Néfiach ». Les deux mentions sont communes avec le circuit  que nous voulons réaliser même si des variantes restent apparemment possibles. Au pied d’El Puig Alt, le vignoble a très largement empiété sur les bois et la garrigue, offrant à nos vues d’autres décors plus ou moins lointains. Il faut encore s’élever à gauche de ce petit Puig Haut pour atteindre le point culminant de ce circuit à 343 m d’altitude. Non loin de là, une table d’orientation, face au Canigou, a été installée. Pas si « étourdis » que ça, un groupe d’étourneaux a choisi ce pinacle comme piédestal à leur grapillonnages des raisins oubliés et à leur dégustation de baies sauvages. Le sentier redescend au milieu de jolies plantations de cèdres. De ludiques panonceaux continuent à nous offrir de la lecture soit botanique soit agro-pastorale mais d’un temps révolu. Plus bas, la garrigue reprend totalement ses droits. Ici les ajoncs, les cistes cotonneux et les chênes pubescents se livrent des duels de couleurs chamarrées. Des bancs ont été élevés à bon escient pour profiter pleinement des vues et de ce spectacle coloré. Par chance, un autre spectacle se déroule devant nos yeux, c’est celui de centaines de cigognes qui apparemment partent en migration. Elles avancent au dessus du fleuve Têt dans un vol étonnant car complètement désordonné, un peu comme si elles étaient ivres et dénuées du moindre sens d’orientation. Pourtant, malgré ce désordre aérien, elles avancent et disparaissent peu à peu de notre vue. Elles ont disparu mais on reste scotché là sur notre banc comme si nous attendions de nouvelles cigognes voire un autre spectacle aussi insolite. On se résigne à repartir. Dès lors que les cicatrices d’une carrière apparaissent droit devant, l’arrivée n’est plus très loin. Si on observe cette carrière dite de Bente Farine (**) et ses proches collines alentours, on remarquera que leur géologie est quasiment identique à celle des Orgues d’Ille-sur-Têt. Oui, ces collines sont constituées des mêmes dépôts alluvionnaires composés de sables, d’argiles et d’agrégats mais avec une différence capitale, ici les cheminées de fées sont bien moins majestueuses. Alors qu’à Ille-sur-Têt, les autorités ont pris conscience des merveilles que la Nature avait façonnées pendant des lustres et de l’intérêt touristique et commercial qu’elles pouvaient générer, ici on a laissé taillader les collines pour quelques tonnages de matériaux. Il ne faut en vouloir à personne car il fut un temps où chaque arpent de terre alluvionnaire près du fleuve était synonyme d’exploitations : vignobles, vergers, jardins potagers ou carrières tout était bon à exploiter et d’ailleurs Wikipédia nous apprend que même sur le site des Orgues d’’Ille-sur-Têt, il fût un temps où l’argile fut utilisée pour fabriquer des tuiles. On laisse ces collines sur notre gauche et l’on continue à suivre le balisage qui nous amène à proximité du fleuve Têt sans pour autant l’atteindre. On emprunte une passerelle de bois et le sentier se poursuit dans un décor où les figuiers de Barbarie poussent à profusion. La ligne d’arrivée se confondant avec le passage à gué, je m’y éternise en quête de quelques volatiles supplémentaires. Mais non, seule une Bergeronnette grise me salue de ses hochements de queue. Il est 15h, nous avons beaucoup musardé et avons pris plaisir à faire cette balade.  Cette balade a été longue de 8 à 9 km environ et si je ne suis pas plus précis c’est parce que je n’ai pratiquement jamais utilisé mon GPS. Le point culminant est 343 m sous le Puig Alt peu après la table d’orientation. Néfiach étant à 115 m d’altitude, cela vous donne un aperçu de la modeste déclivité. Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.

(*) Cougouillade : L’origine de cette toponymie serait celtique si j’en crois le livre de Pedro Bosch-Gimpera « Les mouvements celtiques-Essai de reconstitution ». Il précise qu’en Catalogne cette toponymie signifiant « cône, sommet, capuchon, etc…» abonde en relation avec le mot romain « cugutiacum-cucullae » et que l’on retrouve dans le mot catalan et espagnol « cogullada ». En France, la ville de Cogolin est un bel exemple de cette toponymie. Wikipédia nous dit « Cogolin est un promontoire s'avançant sur une plaine ; c'est ce genre de colline, que l'on appelle en provençal « cuquihon - couquihoun », qui a donné son nom à Cougoulin-Cogolin. Probablement de l'occitan coucouricoucouligougouli « cône de pin » pour désigner une hauteur. Ici, à Néfiach, on peut facilement imaginer que ce ravin de la Cougouillade qui descend directement du Puig Alt est le « ravin de la hauteur ».

Quant au mot « couillonnade », mot dérivé de « couillon » du latin « coleus » « testicule », le Larousse nous donne la signification suivante : « Très familier : Erreur, sottise, imbécillité ou tromperie, duperie »

(**) Bente farine ou Ventefarine : Je renvoie vers le lien de ma balade « Le Moulin de Ribaute depuis Duilhac-sous-Peyrepertuse » où je donne quelques explications de cette toponymie dans mon récit.

 

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Le Circuit du Patrimoine de Baho depuis Saint-Estève

Publié le par gibirando

 Ce diaporama est agrémenté de plusieurs musiques interprétées par Richard Clayderman avec la voix de Gay Marshall extraites de l'album Desperado. Elles ont pour titre : "Desperado" , "Indigo Bay", "Un Hôtel Au Bout Du Monde"  "Super Dreaming Day" et "Flamingo Road".

Le Circuit du Patrimoine de Baho depuis Saint-Estève

Le Circuit du Patrimoine de Baho depuis Saint-Estève

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Lundi 11 janvier 2021, 7h. Voilà comment est né ce « Circuit pédestre du Patrimoine de Baho ». Ce matin, comme souvent, je me suis levé tôt puis j’ai un peu flemmardé devant mon ordinateur. Je suis seul car depuis 2 jours Dany est partie garder les petits-enfants à Gruissan. Il fait un temps superbe et je me dis « pourquoi ne pas aller faire une randonnée pédestre ? » puis aussitôt « mais où aller sans voiture et en partant du domicile ? ». Avec ces conditions plutôt réduites, j’ai vite fait le tour. « Partir sans but dans la garrigue stéphanoise ? »  « Sans but, très peu pour moi ! ». « Aller photographier les oiseaux ? » « Pourquoi pas, bien que cette activité me soit déjà régulière mais le plus souvent en VTT ». « Allez visiter un village pas trop loin ? » « Oui, mais lequel puisque j’ai déjà découvert Baixas et Peyrestortes lors d’une balade que j’avais intitulée « Le Chemin des Amandiers sauvages » ? « Que me reste-t-il à voir non loin de Saint-Estève ? » A bien y réfléchir « Seulement Baho ! ». Je me replonge dans mon ordinateur et trouve une balade de 6 km dans le village de Baho et sur ses hauteurs. Ne connaissant pas de tout Baho, or mis les adresses de quelques amis, je tape « Histoire de Baho » dans Google recherche. Là, d’emblée je tombe sur plusieurs sites présentant l’Histoire et surtout son vieux patrimoine. Ils sont bien présentés et incitatifs à la découverte de la cité car il y a beaucoup de photos. Un autre site m’apprend que le village est mentionné dans les textes depuis 976 et a été édifié puis fortifié autour de son église Saint-Vincent et Saint-Jean avec les caractéristiques d’une architecture ressemblant à celle d’une « cellera ». Ayant beaucoup lu à propos de l’Histoire du Roussillon, je sais que les « celleras » sont ces fameux « celliers » médiévaux propres à la Catalogne et au Roussillon où étaient entreposés les récoltes, lesquels peu à peu étaient devenus d’abord des lieux vénérés à défendre car de nombreuses « bouches » en dépendaient. Puis carrément confrontés aux convoitises, ces « celleras » étaient devenus des hameaux fortifiés puis des villages où des seigneurs régnaient sur leurs serfs leur assurant protection et fermage. Tout cela me suffit déjà pour me donner envie d’y aller voir. Sur Internet, les sites concernant le patrimoine de Baho étant plutôt nombreux, je n’ai aucune difficulté à lister ce qu’il y a à voir, à noter des lieux, des adresses et ce d’autant que ce patrimoine est globalement visible et donc observable sur un petit périmètre. Un coup d’œil sur la carte IGN me permet de voir que Baho, comme je l’avais déjà observé à Saint-Estève lors d’une balade que j’avais intitulée  « Le Circuit de l’Eau », est entouré et veiné d’un réseau fluvial relativement important. Outre le Rec ou Canal de Vernet et Pia que j’ai bien l’intention de suivre en partie pour aller vers Baho, il y a pléthore de ruisseaux, recs et agouilles.  Je me dis qu’il y a là aussi un patrimoine à découvrir et je dessine mon parcours en tenant compte de ça. Là aussi, m’intéressant à l’Histoire de ces canaux, j’ai lu que les plus anciens dataient du 11eme siècle. Pour tout le reste, hors de Saint-Estève et de Baho, je me dis que la Nature m’offrira ce qu’elle peut, sachant que photographier la flore et la faune est devenu si nécessaire pour moi au cours de n’importe quelle balade ! Le patrimoine de Baho et une Nature à photographier, les objectifs sont arrêtés et me conviennent. Je programme le parcours prévu sur mon logiciel CartoExploreur et l’enregistre dans mon vieux GPS. Je cours à la boulangerie la plus proche, achète une baguette, confectionne 3 sandwichs avec ce que j’ai dans le frigo, prends une bouteille d’eau et voilà mon petit sac à dos prêt à être harnaché. Il est déjà 10h30 quand je sors de la maison mais après tout rien ne presse. Le ciel est toujours aussi merveilleux, et Place du 14 juillet, les quelques palmiers sous lesquels je passe pour me diriger vers la partie ancienne de Saint-Estève me laissent presque imaginer un voyage en une terre lointaine. Oui, je suis heureux de marcher sous ce beau ciel bleu. Si j’emprunte l’avenue du Général de Gaulle direction Baho, comme prévu et pour éviter au maximum l’asphalte, à hauteur de la petite rue Arago, je longe immédiatement le canal de Vernet et Pia. Du fait de son assèchement, le canal attire énormément de passereaux dans son lit. Merles, Moineaux, rougequeues noirs, pouillots et bergeronnettes et de rares mésanges constituent l’essentiel de l’avifaune présente tout au long du canal. En contrepartie et on peut le regretter, on constate qu’il sert trop souvent de dépotoir. C’est ainsi que j’y aperçois beaucoup de déchets en plastiques et ça va d’un simple sac, à des bouteilles et à des résidus de toiles de serres. Je vais même y voir un écran d’ordinateur et deux gros caissons. Au niveau de l’écluse du ruisseau de la Boule, deux bergeronnettes peu farouches trottinent sur le pont mais c’est surtout dans le ruisseau que mon attention se porte. Là, un grèbe castagneux va me faire tourner en bourrique. C’est probablement un juvénile, ce qui ne l’empêche nullement de savoir déjà pêcher. A chaque fois que j’essaie de le cadrer et de faire une mise au point sur lui, il plonge ressortant parfois plus loin au milieu des roseaux. Je me dis qu’il va falloir que j’aie beaucoup de patience si je veux le photographier correctement. Finalement et alors que je me suis donné une demi-heure pour y parvenir, il me faudra seulement la moitié car à un moment, je le vois ressortir tout près du déversoir de l’écluse avec dans le bec une grosse grenouille. Il ingurgite sa proie encore vivante à une vitesse incroyable. Finalement, et sans doute parce qu’il a le ventre plein, il s’assagit et devient moins farouche. J’ai tout le loisir de la photographier même si son obstination à rester au milieu des roseaux ne me rend pas la tâche facile. Je repars et continue de longer le canal. Je sais qu’il va me falloir le quitter à hauteur du pont de la D.616 car plus loin son itinéraire se termine dans une propriété privée à hauteur du Mas Serrat. Un haut grillage empêche tout passage. C’est soit ça, soit passer par la déchetterie avec encore un peu plus de bitume et un peu plus de distance. C’est ainsi que par là, je rejoins plus rapidement le carrefour puis continue vers Baho par l’ancien chemin de Pézilla puis par celui de la Trémie. Ici, rien de notable or mis quelques passereaux puis juste devant moi une Buse variable sans doute affamée qui course une Tourterelle. Alors que je photographie cette scène tant bien que mal, la Tourterelle réussit à s’extraire de ce piège en volant en rase-mottes et entre les arbres. Baho est là et le premier sujet patrimonial se présente sous les traits d’un très joli oratoire dédié à la Vierge Marie au début de la rue des Rouges-Gorges. Une rue au nom assez paradoxal aujourd’hui puisque si je parviens à photographier encore des oiseaux, il s’agit ici de Pouillots et d’Etourneaux sansonnets essentiellement. Je poursuis la rue des Rouges-Gorges pour finalement m’arrêter à hauteur d’une école primaire y découvrant une stèle commémorant la Révolution Française. Je reviens sur mes pas et retrouve le canal de Vernet à Pia puis je continue dans la rue du Moulin Sainte-Anne. Le patrimoine plus ou moins ancien se dévoile peu à peu : le château d’eau, une très vieille plaque indiquant que la « mendicité est interdite dans les Pyrénées-Orientales », un lavoir, un autre canal et une agouille puis c’est la place de la Fontaine, avec sa fontaine bien sûr, mais aussi son clocher-tour, son fort, son Arbre de la Liberté, énorme platane au tronc et au houppier impressionnants car planté en 1839 et enfin un joli trompe-l’oeil. Les photos se succèdent mais c’est loin d’être fini car un passage est franchi permettant d’accéder à la partie la plus ancienne de la cité avec son fort, son église Saint-Vincent et ses étroites venelles typiques de ce qu’était parfois « une cellera ». Un ludique panonceau en conte l’Histoire en catalan et en français. « 1700 » annonce une gravure au dessus du porche. Ma curiosité m’entraîne dans deux « carreros », c'est-à-dire dans des impasses. Dans la deuxième, celle de Saint-Vincent, j’y découvre par chance la fameuse gravure « 1663 » à même une façade, gravure mentionné sur le Net mais jamais vu en photo. Je suis ravi de cette trouvaille. Ici, dans ce secteur de la « cellera », on ne peut pas ne pas remarquer que de nombreuses façades ont été bâties avec des galets de rivière mais aussi avec ses fameuses briques rouges que l’on appelle « cayroux », ces matériaux étant bien sûr typiques de l’architecture catalane et ce depuis des lustres. Il en est ainsi de l’église mais aussi de l’ancienne mairie, puisque je vais constater un peu plus tard qu’un bâtiment très moderne tient cet office désormais. Les plaques des rues toutes en faïence sont joliment décorées et parfois il y en a même deux, une en catalan et une deuxième en français. Je continue de flâner tout autour de cette partie la plus ancienne découvrant des nouveautés non inventoriés sur Internet et notamment sur des linteaux de portes et des façades : bas-reliefs, monogrammes, datations et quelques très vieilles plaques publicitaires d’assurances laissant penser qu’il fut une époque où il était prépondérant de mentionner que l’on était bien assurer.  Il est temps de ressortir la « liste patrimoniale » de ma poche pour faire le point de ce que j’ai vu et pas vu. Je coche ce que j’ai déjà photographié et descend la rue Nationale en quête de 2 oratoires votifs nichés à même les façades de deux maisons. Elles se font face mais petit problème une niche est vide de sa statuette de la Vierge alors que je me souviens très bien l’avoir vu en photo sur Internet. Bien qu’un peu déçu, je les photographie toutes les deux me disant « qu’il fut un temps où la chrétienté était une valeur primordiale pour bon nombres de citoyens ! » Ce n’est plus le cas ! Je pars musarder dans des ruelles adjacentes pas toujours intéressantes « patrimonialement » parlant, mais y découvrant néanmoins une troisième niche pieuse. Il est plus de midi et je me dis que le temps est passé très vite. Je remonte la rue Nationale car j’ai prévu d’aller manger mes sandwichs dans le parc Jeanne de Guardia. Hors mis son titre de noblesse que me laisse imaginer la particule « de », j’ignore qui est cette dame et malgré mes recherches sur le Net avant de venir, je n’ai rien trouvé à son propos. Je me dis que c’est dommage. Outre l’aspect agréable et reposant du lieu, le parc laisse entrevoir les vestiges d’une étrange colonne, espèce de « vis sans fin» en marbre ou en granit et juste à côté ce qui ressemble aux vestiges d’un vieux moulin ou d’un puits condamné. Guidé par ma curiosité, une fois encore, je me dis « il faudra que tu cherches une explication ! » Je déjeune de mes sandwichs dans une solitude sans nom et seulement au son des voitures qui passent derrière moi dans la rue Nationale. Au fond de moi, je me dis « quel dommage et quelle tristesse que cette pandémie de Covid ! » puis « elle a tout tué y compris la vie divertissante d’un parc pour enfants ! » Un parc pour enfants transformé en désert, oui je trouve ça très triste. Il est temps de finir ma visite de Baho par les petites ruelles non encore explorées. Là aussi, je n’y vois personne et les ruelles sont désertes mais il est vrai que c’est l’heure du déjeuner. Devant la belle et moderne mairie, je fais un dernier point de ma liste et constate avec satisfaction que j’ai photographié la totalité du patrimoine que j’y avais mentionné. Il est temps de terminer. Je file en direction du cimetière car je sais que les autres « canaux » que j’ai prévu de longer sont par là-bas. C’est donc vers l’avenue des Corbières que je me dirige. Je passe devant le monumental calvaire, dernier patrimoine non encore vu ni photographié. Là commence l’avenue des Corbières que je connais bien pour y voir des amis. Le cimetière n’est guère plus loin. Au sein ce dernier, je suis d’abord attiré  par le Monuments aux Morts où la plaque commémorative indique entre autres victimes, un De Guardia Jean, ce qui tend à prouver qu’il s’agit d’une famille implantée depuis très longtemps à Baho. Puis, je me contente de quelques caveaux imposants car à vrai dire ce n’est pas ma partie patrimoniale préférée. Je ressors du cimetière en partant à gauche, le contourne en empruntant une première allée toujours à gauche puis une autre à droite longeant un fossé. En réalité, si je regarde mon bout de carte, il s’agit d’un ruisseau du nom de Rec del Viver. Si le fossé est quasiment à sec, un groupe de pinsons l’occupe et à mon approche, il s’envole dans de grands feuillus qui le dominent. Quelques spécimens se laissent gentiment photographier. Idem un peu plus loin avec des serins dont un seul, d’un jaune flamboyant, se laisse photographier. Un mâle. Après être passé derrière les jardins de jolies villas, je n’ai pas d’autres choix que de suivre un sentier filant à gauche entre le mur des dernières maisons,  un autre fossé et une haute haie de ronciers. Je ne le sais pas encore mais ce sentier m’entraîne hors de la ville et vers la route bitumée du Chemin de Latour. La haie retenant plusieurs fauvettes, je mets en quête de tenter de les photographier. Mais la tâche est ardue et dès lors que je sais que j’en ai une, je me remets en route. Là, c’est déjà la campagne et carrément la fin des dernières maisons. D’ailleurs un dernier fossé encadre l’ensemble des derniers lotissements. Un coup d’œil sur la carte IGN me permet de savoir qu’il s’agit de « l’Agulla del Pla » à la fois bétonné et souterrain par endroits. Je quitte définitivement Baho par le chemin de Baixas, laissant d’ailleurs l’asphalte à la première occasion en continuant tout droit dans la garrigue. Un sentier permet de s’élever sur un petit plateau dénommé Pla des Forques. Après avoir cheminé une pinède, j’en retrouve une autre de l’autre côté de la D.616, route qu’il faut traverser avec beaucoup d’attention car les voitures y roulent vite. Là, il faut poursuivre le Chemin d’En Destros bitumé menant vers un passage à gué sur le ruisseau de la Boule et la ruine imposante du mas Cramat. Voilà très longtemps que je ne suis plus venu par ici et je me souviens d’un temps très lointain où mon fils ; un gamin à l’époque ; venait y jouer avec ses copains. Je visite le mas en ruines en quête d’une information quand à son Histoire et à sa destinée mais je ne trouve aucun élément évocateur. Je laisse l’asphalte et emprunte un chemin se dirigeant vers le lieu-dit Cau de la Guille. Ici, quelques petits passereaux jouent entre garrigue et vignes. Ils me stoppent un bon moment. Je repars.  Là, je l’avoue, je marche sans trop savoir ce qui m’attend. Finalement, je finis par comprendre que l’itinéraire que je poursuis ne fait que le tour de cet immense vignoble. De ce fait et dès la première occasion qui m’est offerte je le quitte en enjambant un nouvelle fois le ruisseau de la Boule, qui par bonheur est là aussi complètement asséché à cet endroit. Me voilà de nouveau devant une autre grande parcelle plantée de vignes qu’il me faut traverser. J’observe les lieux et finis par les reconnaître. Je sais où je suis. Je sais aussi qu’en traversant ce vignoble, le chemin que j’emprunte est le plus court menant à Saint-Estève et donc chez moi. Je ne rentre pas immédiatement profitant de la dernière pinède du Bois Joli et d’un banc, lequel bien à propos, me permet de terminer un reliquat de casse-croûte et de prendre un peu de repos. Cette pause est d‘autant plus agréable qu’un rouge-gorge, des rouges-queues noirs et une bergeronnette ont apparemment envie de se laisser « tirer le portrait » et ce, sans être trop farouches. Ainsi se termine cette magnifique journée que j’ai remplie au-delà de mes espérances matinales. Il est 15 h heures et je connais un peu mieux Baho et son patrimoine. Il ne me reste plus qu’à approfondir son Histoire. Internet sera-t-il là pour m’aider ? Y a t il des ouvrages qui l’évoquent ? Je me promets de chercher. Quand à la Nature, si pour moi elle continue à être un livre ouvert, je sais déjà que je ne pourrais jamais le lire entièrement. Telle que racontée ici en en partant de mon domicile, cette balade a été longue de 11 km environ, flâneries dans Baho incluses. Les montées cumulées sont dérisoires car de 65 mètres environ. Carte IGN 2548 OT Perpignan – Plages du Roussillon Top 25.

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Le Site Naturel du Lac des Bouzigues à Saint-Féliu d'Avall

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 2 versions de la chanson " Raindrops Keep Fallin'On My Head " en français "Toute La Pluie Tombe Sur Moi" du compositeur Burt Bacharach et du parolier Hal David. Elles sont interprétées ici par Billie Joe (B.J.) Thomas et Sacha Distel

Le Site Naturel du Lac des Bouzigues à Saint-Féliu d'Avall

Le Site Naturel du Lac des Bouzigues à Saint-Féliu d'Avall

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

 


 

Avec ses 2,5 km de distance et bien qu’il s’agisse plus d’une promenade que d’une véritable randonnée, j’ai estimé  que ce « Site naturel du Lac de Bouzigues à Saint-Féliu-d’Avall » avait toute sa place dans mon blog. Il correspond parfaitement à ce que de nombreux marcheurs recherchent par ces temps de couvre-feu ou de confinement à distance réduite. Mais après tout, une promenade n’est-ce pas une randonnée en miniature ? La réponse est « oui ». D’ailleurs en écrivant ce texte, il me vient une anecdote. Un jour, alors qu’en famille nous parlions de randonnées, ma petite-fille Eulalie qui ne devait pas encore avoir 2 ans a demandé « mamie c’est quoi une randonnée ? ». Et mamie a répondu « c’est une longue promenade ». Et là, Eulalie a demandé « c’est quoi une promenade ? ». Alors avant que quelqu’un ne réponde et pour la taquiner un peu, j'aie répondu « c’est une courte randonnée ! ». Eulalie, avec un air complètement hébété m’a regardé puis a regardé tout l’auditoire ne sachant plus très bien quoi dire et penser. Finalement, j’ai pris le temps de lui expliquer que la distance était l’essentiel de la différence mais que la randonnée dont on parlait ici était une longue marche s’effectuant à pieds. Un beau jour, en octobre 2014, elle vint pour la toute première fois faire une randonnée en famille. En réalité, nous étions deux hommes adultes et 3 enfants. Elle n’avait que 4 ans et était la plus jeune. Ce jour-là et alors que nous avions prévu une boucle de 7km environ, elle comprit d’elle-même que ce n’était pas une simple promenade. Elle a commencé par « rouméguer », faisant « sa petite tête de cochonne », puis voyant qu’on ne s’intéressait pas à elle, elle s’est mise à marcher comme nous tous, en restant silencieuse. A mi-chemin, j’ai quand même décidé de faire une longue pause pique-nique afin que les enfants puissent récupérer de leurs efforts. Oui, elle avait définitivement compris la différence. Je m’en souviens très bien car cette randonnée consistait à partir de Latour-de-France et d’aller jusqu’à la chapelle ruinée Saint-Martin par le chemin éponyme. C’est une balade que nous avions déjà réalisée en couple précédemment. A bientôt 11 ans et venant de temps à autre randonner avec nous, elle aurait certainement penser que ce tour du Lac des Bouzigues était suffisamment court pour le qualifier de « promenade », même s’il nous fallut 2 heures pour l’accomplir mais essentiellement à cause des oiseaux que je tenais absolument à photographier. Mais en ce 28 décembre, Eulalie n’est pas là mais nous attendons impatiemment toute la famille pour Noël. C’est donc en bons « papy » et « mamie » solitaires que nous réalisons cette promenade. Oui, tant bien que mal la mamie et le papy que nous sommes tentons de faire de la résistance contre cette morosité qu’engendre ce p……de Covid. Une belle flânerie où Mamie est décidée à profiter du bon air de cette journée ensoleillée mais légèrement ventée d’une modeste tramontane, et où papy va essayer de croquer quelques oiseaux avec son appareil-photo numérique. A la fin de ces deux heures, ni la grand-mère ni le grand-père étaient déçus de leurs attentes respectives. Le parcours est agréable car joliment boisé, les voies pédestres sont larges, les visiteurs étaient très rares ce jour-là et le lieu était bien paisible. Pour mes photos, il fallait cette tranquillité. ! Quant aux oiseaux, ils étaient suffisamment présents pour qu’un petit reportage vidéo soit possible. En essayant de ne pas en oublier, voilà les différents oiseaux photographiés lors de cette balade : bergeronnette grise, mouettes rieuses, foulques macroule, chardonneret élégant, canards colverts, aigrette garzette, canards de Barbarie, bruant proyer, grands Cormorans, moineaux domestiques, tourterelle turque, buse variable, héron garde-bœufs, rougequeue noir, pinson des arbres, merle noir, gallinule poule d’eau, serin cini, rouge-gorge familier, étourneau sansonnet, oie cendrée hybride, canard chipeau soit 22 espèces différentes en 2h de balade environ. Pas mal non ? Sans compter, les quelques autres qui ont échappé à mon objectif ! Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.

Ce qui faut savoir du Lac des Bouzigues : Dans un espace arboré et préservé, le lac des Bouzigues est un lac artificiel de 9 ha situé sur la jolie commune de Saint-Féliu-d’Avall. Encadré par la voie rapide Nationale N.116 et la départementale D.916, il est donc situé dans cette petite zone régionale des Pyrénées-Orientales que l’on appelle Le Ribéral. Ce lac artificiel est géré par la Communauté Urbaine Perpignan Méditerranée Métropole qui l’a rénové et ouvert à la pêche en protégeant sa faune et sa flore, et en offrant aux promeneurs un parcours d’une distance de 2,5 km. Le plan d’eau est alimenté par le fleuve Têt, grâce à un canal d’irrigation datant de 1855 qui irriguait autrefois 23 ha de terres cultivées en jardins riches des alluvions déposés lors des différentes crues du fleuve. De petites agouilles régulent le remplissage et servent de déversoirs. Tout près du lac, il subsiste encore quelques jardins familiaux témoins de ce passé. Il s’agit d’une zone qui est encours de classement au titre de zone d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF).  Il est donc de la volonté des pouvoirs publics de favoriser la biodiversité et de faire en sorte que ce lieu reste le plus sauvage possible. Le lac situé sur la rive droite du lit majeur de la Têt tire son nom d’un lieu-dit « Las Bouzigues », de l’occitan « bosiga » désignant soit un « terrain en friches » soit  un « essart », c'est-à-dire une « terre nouvellement défrichée ou déboisée».  Si à l’origine, ce lieu-dit était situé sur une basse terrasse du fleuve et était composé d’une forêt alluviale encore en partie très visible de nos jours, les nombreux jardins qui y furent implantés ensuite expliquent parfaitement cette dénomination. Si la commune de Bouzigues l’a plus réputée est celle située dans l’Hérault sur la rive nord de l’étang de Thau ; connue notamment pour ses moules et ses huîtres ; il faut savoir que cette toponymie est présente dans toute la France et quelque soit le type de territoires. Il y a donc des « bosiga » à toutes les altitudes  et donc aussi bien en bord de mer qu’en montagne ou qu’à la campagne. Sur mon logiciel de cartographie IGN, je  me suis amusé à essayer de recenser les communes et les lieux-dits ayant pour origine cette toponymie et j’en ai compté plus d’une soixantaine. S’agissant des toponymies principales et des plus connues, ce nombre est certainement à multiplier par 3 ou 4 voire plus sur l’ensemble de l’hexagone. On trouve donc un tas de « Bouzigues » avec ou sans « S » à la fin, « mais aussi  des « bosigues », des « bouzies », un « bouziga », un « bouzigas », des « bouzigat », un « bouzigau », un « bouzigo », un « bouzigon », des « bouzigot », des « bouzique », etc……etc….Ainsi et aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a » Les Bosigues » à deux endroits bien différents où je vous ai amené au cours de mes récentes balades : le premier, près d'Espousouille et dans la Vallée du Galbe cheminée lors de la 3eme étape de Mon Tour du Capcir et le deuxième au Barcarès non loin de la dernière balade que j'ai intitulée « Le Site du Parc Naturel des Dosses ». Mais on trouve aussi des « Bousigues » jusqu'à côté de Néfiach où j'aurais l'occasion de vous amener très prochainement. C'est dire si on en trouve !!! (Certains extraits de ce texte ont pour origine divers sites Internet)

 

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Le Site du Parc Naturel des Dosses au Barcarès.

Publié le par gibirando

  

Ce diaporama est agrémenté d'une musique de Fábio Lopes intitulée "Bendizei Nosso Deus" en français "Bénissez notre Dieu"

Le Site du Parc  Naturel des Dosses au Barcarès.

Le Site du Parc  Naturel des Dosses au Barcarès.


 

Appelons-le « le Site du Parc Naturel des Dosses » puisque c’est ainsi qu’au sein d’une zone Natura 2000 plus large (complexe lagunaire de Salses-Leucate), cet endroit  accueille les visiteurs. C’est d’ailleurs sous cette dénomination-là que j’ai découvert ce circuit pédestre sur le site Internet Visorando. Une découverte un peu par hasard et que j’avais très peu analysée quand nous y sommes allés pour la toute première fois. En effet, en ce 13 décembre 2020, je m’étais contenté d’enregistrer le tracé dans mon GPS. Quand à Dany, elle avait prévu un copieux pique-nique et je m’étais dit que tout ça devrait suffire à remplir cette journée déjà bien avancée car il est déjà 11h15 quand nous quittons la maison direction Le Barcarès et plus spécialement le quartier des Capitelles. Bien m’en a pris puisque je n’avais pas prévu que la marée serait très haute et qu’une partie des Dosses Gros serait inaccessible car coupée par un chenal, lequel relié à l’étang avait sectionné la presqu’île en deux. Nous avons donc pique-niqué puis effectué un petit circuit (en bleu sur la carte IGN). Une balade néanmoins plus longue que le sentier d’interprétation qui est proposé et qui est vraiment très court, même si son côté ludique est incontestable, surtout pour les plus jeunes. De cette agréable sortie, j’ai néanmoins retenu la présence de très nombreux oiseaux même si quand on est deux à marcher, les photographier correctement reste plus aléatoire. J’avais donc prévu d’y retourner en solo et en ce 22 décembre les prévisions météo semblent parfaites pour ce faire. D’ailleurs, je quitte le domicile sous un soleil radieux. Soleil radieux qui malheureusement s’estompe alors que je file vers Le Barcarès et Leucate. Quand j’arrive devant l’entrée du parc, une brume épaisse chapeaute tout et l’on ne voit pas à 5 mètres. J’attends sur le parking en papotant avec une chauffeur de bus qui tire sur sa clope comme une malade en attendant de reprendre sa tournée. Parfois, je me demande si c’est la brume qui m’entoure ou si c’est un nuage de fumée. L’odeur ne laisse planer aucun doute malgré le masque que j’ai cru bon de mettre. Peu à peu, la brume disparaît. La chauffeuse de bus, elle, a disparu depuis un bon quart d’heures. Le processus de « désembrumage » semble s’accélérer.  Il est 9 heures, je suis seul et je décide de démarrer en me fiant au premier circuit que j’avais enregistré le 13 décembre. D’emblée, les passereaux sont très nombreux. Seuls ou en rassemblements. Pinsons, chardonnerets, bruants décollent du sol en groupes homogènes. Je réussis quelques photos. Farouches, de très nombreuses pies s’enfuient devant moi.  Une Grande Aigrette s’envole, je vais la retrouver peu après. Au sommet d’un arbre dénudé, une Aigrette garzette moins farouche accepte gentiment mes photos. Guère plus loin, dans un autre chenal, c’est un Héron cendré qui se laisse immortaliser car trop occupé à pêcher. Je me dis que cette journée ornithologique s’annonce « magistrale » car sans être trop aux aguets, j’ai déjà réussi quelques superbes photos. Finalement, j’atteins cette fameuse petite passe où nous n’avions pas pu traverser à cause des eaux trop hautes. Aujourd’hui, il y a juste un filet d’eau très facile à enjamber et ce d’autant mieux que deux parpaings ont été disposés pour faciliter encore un peu plus le passage. Je passe aisément le filet d’eau me demandant quand même si au retour je pourrais encore le traverser ? Je prends le risque car au pire je me dis que je serais quitte pour me déchausser et relever mon pantalon. Plusieurs sentes partent en éventail. Je fais le choix de longer le bord droit de la presqu’île au plus près de la berge. Une petite sente sableuse le permet. J’ignore si je fais le bon choix mais je n’y vois rien de folichon or mis une fauvette et quelques passereaux qui s’envolent de la grève. Connaissant bien les oiseaux, je reste néanmoins sur le sentier le plus emprunté car j’ai toujours la crainte de marcher sur un nid, bien que la période ne soit pas trop à la nidification. Ne sait-on jamais ! De très nombreux trous sans doute creusés par des volatiles m’incitent à cette prudence. Si je connais bien les trous creusés par les oiseaux leur permettant de se débarrasser des parasites et que l’on appelle « les bains de poussière », ici et creusés dans le sable coquillier, je me demande pourquoi il y en a autant ? Et ce d’autant que je ne vois jamais aucun oiseau les occupant. En effet, ce sable-là, très humide de surcroît, émet très peu de poussière quand on le fouille. Finalement sur ce secteur, le premier sujet intéressant est un héron cendré que j’aperçois au milieu des pins, planté là sur un tapis de griffes de sorcières étonnamment rouges. Je l’approche en zigzaguant au milieu des petits pins qui désormais se présentent devant moi. Il est maintenant à bonne distance pour le zoom de mon appareil-photo. Finalement, il est correctement dans la boîte. Je le laisse tranquille en m’écartant de sa vision mais une pie s’envole et il s’envole lui aussi. Je le vois partir se poser plus loin sur la berge que je viens de longer. J’arrive à l’extrémité de la presqu’île devant un nouveau chenal à la profondeur très variable. A un endroit, je peux traverser car il n’y a que quelques millimètres d’eau. D’ailleurs de nombreuses moules et huîtres composant de petits blocs amalgamés sont là dont certains quasiment hors de l’eau. Je traverse mais trouve préférable de jeter un coup d’œil sur mon bout de carte avant de continuer. Il s’agit d’un petit îlot indépendant du reste de la presqu’île non prévu sur le tracé que j’ai enregistré dans mon GPS. L’extrémité de cet îlot se terminant presque au pont de la Corrège, j’estime que c’est trop loin et je laisse tomber l’idée de partir à sa découverte. Ce coup d’œil sur mon bout de carte avec une ligne en diagonale qui la traverse me rappelle que je viens de franchir une frontière invisible, celle entre les départements des Pyrénées-Orientales et de l’Aude. Du petit îlot, je me contente de visiter cette partie sud où je me trouve, surprenant néanmoins un joli petit limicole, du style « chevalier ». Je retraverse et continue le tour de la presqu’île en longeant désormais sa berge gauche. Ici, l’étang est aussi plat qu’un miroir et comme le Massif du Canigou enneigé s’y reflète magnifiquement, comment ne pas tomber sous le charme de ce merveilleux décor ? Je reste longuement scotché là seulement troublé de temps à autre par un goéland ou quelques mouettes rieuses qui viennent se poser sur le miroir. Je continue de flâner sans trop d’espoir de surprendre le moindre volatile car ici je ne peux pas être plus à découvert. Aussi qu’elle n’est pas ma surprise de voir s’envoler à quelques mètres de moi une grosse colonie de pigeons ramiers. Ils sortent des graminées et des laîches et s’élèvent dans le ciel dans un fracas de battements d’ailes aussi bruyants qu’inattendus. Le silence qui avait prédominé revient et je les regarde s’éloigner vers le nord. Il est déjà 11h30 et deux grosses buses en béton qui gisent sur la grève et qui vont me servir de banc m’incitent à déjeuner ici face au Canigou et à cet immobile mais grandiose psyché. Derrière moi, de l’autre côté de l’étang, les Corbières maritimes se détachent dans un ciel livide. En zoomant vers elles, je suis très surpris de voir ce qui me semble être le dôme bosselé du pech de Bugarach. A mes pieds, à quelques centimètres sous la surface, les coquillages et les petits galets multicolores qui scintillent ressemblent à des pièces de monnaie, à des écus et à des Louis d’or.  On pourrait presque imaginer que le roi Crésus serait venu ici et aurait trouver le lieu si beau qu’il aurait décidé d’y déverser son Pactole. Devant moi, et sans doute à cause d’une capéchade, filet typique des étangs du Midi, de temps en temps, le miroir se déride sous l’effet sans doute de quelques poissons qui n’apprécient pas le piège qu’on leur a tendu.  Le pique-nique terminé, je reprends le sentier. Il quitte le bord de l’étang, traverse la presqu’île et se dirige vers la passe traversée à sec un peu plus tôt. Cette traversée me laisse l’occasion de quelques nouvelles photos de l’avifaune dont les espèces les mieux représentées sont le rougequeue noir et la pie bavarde. Toutefois et dès lors qu’une sente sableuse le permet, je m’écarte du chemin principal pour partir visiter une roselière ou un grau situés sur ma droite. Quelques limicoles semblent s’y complaire. La passe étant toujours asséchée, je traverse sans problème et continue le circuit tel qu’enregistré dans mon GPS. Toutefois et ayant le sentiment que les passereaux sont beaucoup plus nombreux dans cette partie-là de la presqu’île, je pars souvent à leur rencontre, mais en prenant toujours soin de rester sur des portions sableuses praticables. Approches peu aisées et pas toujours satisfaisantes en terme de photos réussies. Malgré ça, je ne suis pas mécontent du résultat car au regard du grand nombre d’oiseaux que j’aperçois, les « déperditions » sont normales. Si les passereaux sont souvent en groupe (bruants, moineaux, pinsons et chardonnerets), les oiseaux marins sont très souvent solitaires voire à deux ou trois individus se cachant le plus souvent dans des petits bras remplis d’eau où poussent les soudes et les salicornes. Finalement, ces zigzags et ces allers-retours permanents entre le bord de l’étang et l’intérieur de la presqu’île se terminent près de deux petites jetées formant un chenal. Je ne peux plus aller plus loin. Un coup d’œil sur mon bout de carte m’indique que de l’autre côté du chenal il s’agit d’« els Dossos Petits », « les Dosses Petites ».  L’extrémité de la première jetée est occupée par un pêcheur qui lance ses lignes à l’entrée de la passe. M’interdisant de l’ennuyer car j’ai longtemps eu moi-même cette passion de la pêche à la canne ou au lancer, je m’éloigne vers la gauche d’abord en direction de petits marais occupés par des Aigrettes et des Cisticoles puis vers une bâtisse dont ma vieille carte IGN indique « Arènes ». En réalité et pour avoir lu quelques infos avant de venir, ce n’était pas des arènes qu’il y avait ici dans les années 80  mais un petit Delphinarium aujourd’hui disparu. Effectivement quand j’entre dans ce dédale complètement abandonné à la végétation, toutes les structures sont cassées : bassins, estrades, bâtiments, embarcations. Désormais les seules spectatrices de ce parc d’attractions d’un autre temps sont deux tourterelles comme « statufiées » sur une vieille antenne TV et quelques fauvettes et pouillots assez peu craintifs mais comme toujours très aptes à se mouvoir rapidement. Je traverse ce désastre écologique et immobilier sans trop m’appesantir sauf quand j’aperçois un oiseau que j’estime pouvoir photographier. Ayant contourné les « Arènes » et arrivant sur une route bitumée ; l’avenue des Dosses ;  je prends soudain conscience que cette balade tire à sa fin même si l’arrivée est encore à bonne distance. Au fil de cette balade, la météo a beaucoup évolué et surtout peu favorablement. Parfois, le ciel est devenu laiteux quant ce n’est pas carrément « laineux » à cause de longues écharpes blanchâtres et parfois grisâtres qui s’étirent un peu partout autour de moi. C’est donc dans ce glacis digne des plus belles aquarelles que je termine cette merveilleuse balade encore et toujours sous les signes des oiseaux. Les oiseaux, je les affectionne bien et aujourd’hui, ils avaient apparemment décidé de me rendre cette affection. Ici, il était écrit que cette affection ils me la rendraient jusqu’au bout puisque je finis mon casse-croûte sur une table de pique-nique avec des étourneaux au dessus de moi, un rougequeue noir qui s’invite sur une table à côté de la mienne et une mouette qui n’a de « rieuse » que le nom, mais laquelle bien sympathiquement vient se jucher sur une barrière à quelques mètres de moi. Il est 16h30 et malgré ce joli « trip » aviaire qui n’en finit plus, je me dis qu’il est temps que je rentre. N’ayant pas enregistré de « backway » dans mon GPS, j’estime le parcours réalisé ce 22 décembre entre 7 ou 9 kilomètres en y incluant mes errements. Cartes IGN 2547 OT Durban-Corbières – Leucate – Plages du Roussillon et 2548 OT Perpignan – Plages du Roussillon Top 25.

 

Ce qu’il faut savoir du site naturel des Dosses : Rattachée à un cordon littoral très urbanisé, la presqu'île des Dosses était jadis composée de deux îlots: Dosse Gros et Dosse Petit. Durant les années 1970, d'importants travaux d'aménagement du littoral ont été mis en œuvre afin de capter le flux touristique s'échappant vers l'Espagne, d'endiguer le développement excessif de la côte d'Azur et de répondre à la crise viticole. Au niveau du Barcarès, le creusement des bassins du port, les travaux de construction ont généré des remblais qui ont été déposés autour des îlots existants, créant ainsi, la presqu’île artificielle des Dosses. Aujourd’hui, activités touristiques et traditionnelles se côtoient sans oublier celles liées à la préservation du milieu naturel.  Fruit de la rencontre entre l'homme et la nature, cette presqu'île est devenue, au fil du temps, un espace naturel caractéristique du milieu lagunaire.  Offrant un paysage unique avec en fond la chaîne des Corbières et le massif du Canigou, le Site Naturel Départemental des Dosses constitue également un refuge de la biodiversité avec plus de 300 variétés végétales et 50 espèces d'oiseaux, dont plusieurs sont protégées. L’histoire et la géographie des Dosses font de ce site un lieu unique, composé de nombreux écosystèmes variés. Cette presqu'île, constituée de dunes et terrains sableux à débris coquilliers, offre un cadre propice au foisonnement et à l’épanouissement de la vie animale et végétale. Certaines espèces présentes sont protégées. Ce site sensible présente à la fois les caractéristiques des milieux humides péri-lagunaires et des milieux dunaires. (Extrait du site https://www.journees-du-patrimoine.com).

 

Au bord de l’Étang de Salses-Leucate et situé dans la station touristique du Barcarès, ce site naturel de près de 150 hectares offre un paysage unique sur la chaîne des Corbières et le massif du Canigó. Fruit de la rencontre entre l'homme et la nature, cette presqu'île est un espace sensible caractéristique du milieu lagunaire. Quelques 200 espèces végétales et 50 espèces d’oiseaux y sont présentes. Cet espace naturel permet ainsi de découvrir la richesse de la biodiversité d'une zone à la fois humide et aride. Dans sa volonté de préserver et valoriser les sites naturels départementaux, le Département a aménagé un sentier d'interprétation innovant, agrémenté de plusieurs panneaux interactifs pour explorer l'histoire, le paysage, la biodiversité du site des Dosses, et bien plus encore... Les panneaux interprétatifs ont été conçus en partenariat avec plusieurs structures spécialiste du territoire concerné, de la nature ou de la pédagogie (RIVAGE, GOR, LABELBLEU) Des animations scolaires sont proposés toute l'année. (Extrait du site Association LabelBleu).

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Le Tour du Domaine de Montpins (Espira-de-l'Agly)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 2 musiques du compositeur japonais Joe Hisaishi extraites d'un album intitulé "Relaxing Piano Studio Ghibli Complete Collection" interprétées par Miguel Carvena feat Btrenta Classic. Elles ont pour titres : "Toujours avec moi/Le Voyage de Chihiro/Spirited Away" et "A Town With An Ocean View/Kiki'Delivery Service"

Le Tour du Domaine de Montpins (Espira-de-l'Agly)

Le Tour du Domaine de Montpins (Espira-de-l'Agly) 

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En ce samedi 19 décembre, la douceur est de mise. Le vent de la veille s’est bien calmé et l’envie de ne pas rester enfermé est là, aussi bien pour Dany que pour moi . Voir la Covid gérer nos vies est trop souvent insupportable, aussi quand la météo le permet l’envie de changer son quotidien jaillit comme un diable de sa boîte. C’est décidé, on veut profiter au maximum de ce changement qui vient de transformer un confinement « light » en un couvre-feu à partir de 20h. Mais que faire alors que nous avons « traîné » en pyjamas devant nos tablettes et qu’une partie de la matinée est déjà bien entamée ? Il me vient une idée. « Et si nous partions faire le « Tour de Montpins ? »  « Voilà plusieurs années que nous n’y sommes pas retournés ! » « Et de surcroît, ce n’est pas très loin ».  Dany est d’accord. Je jette un coup d’œil sur une fiche « randonnée » que je trouve sur Internet et qui m’annonce la couleur : 3,8 km -1h20. Allez me connaissant, disons 2h30 de flânerie pour peu que la faune soit un peu présente. Dany est toujours d’accord,  « mais nous n’irons que cet après-midi » me dit-elle. « Oui, c’est suffisant ! » lui dis-je. 14h30, nous voilà sur la ligne de départ que j’ai trouvé plus facilement que je l’avais imaginé me fiant au topo de la fiche « randonnée » lue ce matin. Assez paradoxalement, et alors qu’ici, l’objectif majeur est de s’ébahir devant de superbes villas et bastides, je viens de garer la voiture devant les vestiges d’une habitation ruinée. J’y lis difficilement et parce que les enseignes peintes en bleu sont bien effacées : « SCI Montpins -Alpha Promotion – Jacques Clolus ».  Je me mets à penser « tiens comme c’est étrange de laisser cette affreuse balafre dans ce lieu réputé comme étant à la fois une vitrine immobilière et un magnifique patrimoine forestier et touristique ! ».  Je cherche du regard le station de pompage annoncée sur le topo et suppose qu’il s’agit d’une petite bâtisse située de l’autre côté de la rue. Rien ne le précise. Un peu plus bas, un panonceau indicatif de randonnée met fin à toutes mes interrogations, sauf que l’itinéraire a soudain grandi d’un 1,8km et d’une demi-heure supplémentaires :  « 5,8 km – 2 h – dénivelé 160m ».  Qu’importe, nous n’avons que ça à faire de marcher, tout notre temps et le balisage jaune à suivre est déjà là. Nous décidons de le suivre même si j’ai conscience de le prendre à l’envers du sens préconisé sur le topo. D’emblée, le parcours serpente sous les grands pins où belles villas blanches et grandes demeures se partagent le domaine. Il faut souvent lever la tête pour les observer car la plupart ont été construites sur un petit tertre entouré et entrecoupé par des « correcs » le plus souvent asséchés. Je pense que c’est cette petite colline qui a donné son nom à ce lieu « : « Mont Pins ». Si le blanc est la couleur des principales façades, quelques bastides paraissent plus anciennes et sont un peu « baroques » dans leur style architectural. Il y en a même une qui ressemble à une chapelle « catalane » avec « cayroux » et pierres chamarrées. Alors que Dany marche à son rythme, chargée de ne pas perdre le balisage, moi je suis très inconstant entre mon désir d’observer les bâtisses et celui de ne rien perdre de la Nature où je déambule. Pour l’instant, elle se résume à quelques oiseaux chanteurs que je n’arrive pas à voir et à de rares fleurs plus faciles à photographier. Finalement, nous avons atteint le haut du tertre. A un endroit où un large layon récent a meurtri la pinède ; sans doute à titre préventif contre les incendies ; Dany m’attend car elle s’inquiète de ne plus retrouver le balisage. J’allume mon GPS où par précaution j’ai enregistré un tracé. Finalement, c’est tout droit même si une fois encore je prends conscience que mon tracé enregistré n’est pas celui au « 5,8 km » ! Tant pis ! Les dernières belles villas nous retiennent quelques instants car leurs parcs arborés sont de véritables « jardins d’Eden ». Citronniers, orangers, grenadiers, buissons ardents, de nombreux arbustes révèlent leurs fruits et offrent à cette balade un peu terne des couleurs inattendues mais ô combien escomptées. J’en suis d’autant plus ravi que quelques rougequeues noirs et fauvettes fréquentes les lieux. Je réussis à les photographier. Plus loin, pigeons et tourterelles occupent amplement le jardin d’une belle villa où le portail vaut à lui seul le détour. Nous quittons ce joli petit monde où il doit faire bon vivre. Nous voilà déjà à couper la D.12, jolie petite route qui fait la jonction entre Rivesaltes et Vingrau. Dans l’immédiat, les maisons se font rares et les prochaines ne seront vues soit que de loin ou bien à l’arrivée. Dans l’immédiat, seul le château d’eau perché sur un promontoire fait partie du décor. L’itinéraire y tourne autour, descend dans la garrigue, remonte dans les pins puis atteint un joli plateau où les panoramas s’entrouvrent.  C’est sans doute l’endroit où l’avifaune qu’on peut qualifier de sauvage se fait la plus visible. Elle se dévoile étonnamment sous les traits d’une huppe fasciée et un peu plus loin d’un joli bruant. Par bonheur, ces deux oiseaux inattendus et peu farouches acceptent de montrer le bout de leurs becs à mon appareil-photo. Alors que je termine ces photos, un papillon virevolte autour de moi. C’est le deuxième que je vois cet après-midi. Un Vulcain aux jolies ailes qui ont fait leur temps. Dès lors que l’on retrouve des pins, le chemin tout en descente nous ramène vers l’arrivée et vers d’autres jolies demeures. Alors que nous sommes à quelques mètres de la voiture, un grand panneau donnant les noms des résidents m’interpelle car j’y lis « Nicoletta ». Je pense bien évidemment à la chanteuse me demandant si c’est elle qui habite ici ? Je ne sais pas ! Mais une chose est certaine , il est mort le soleil ! Il y a déjà longtemps qu’il a disparu derrière une ouate cireuse. Malgré ce ciel pas vraiment bleu, nous avons bien profité de cette douce météo. Au regard du parcours plutôt court et du temps que nous y avons consacré, je suis globalement satisfait de la faune photographiée.   La balade est finie et il est temps de rentrer. Elle a été longue de 3,8 km, pour une modeste déclivité de 65 m et des montées cumulées de 91 m. 1h et 40 mn de flâneries ont été suffisantes. Il existe apparemment une version plus longue ; 5,8 km sont souvent cités ; mais celle que nous avons accomplie en suivant normalement le balisage jaune aperçu ne nous a pas permis de la réaliser. Je garde donc le sentiment que les layons anti-incendies opérés récemment ont fractionné ce parcours.  Carte IGN 2548 OT Perpignan – Plages du Roussillon Top 25.


 

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Le Tour du Lac de Villeneuve-de-la Raho

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons interprétées par Phil Collins. Elles ont pour titre : "In The Air Tonight", "Against All Odds" et "Another Day In Paradise".

Le Tour du Lac de Villeneuve-de-la Raho

Le Tour du Lac de Villeneuve-de-la Raho

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La plupart d’entre vous qui vont compulser et lire ce reportage seront surpris de trouver « le Tour du Lac de Villeneuve-de-la-Raho (*) »  dans mon blog. Pourtant, et je vais m’en expliquer, il y a plusieurs raisons à cela. La première et la principale est la suivante : Il y a quelques années et alors que je venais de démarrer la création de mon blog et que j’en étais seulement à une vingtaine de « randonnées expliquées », une dame qui passait ses vacances dans un camping de Taxo-les-Pins m’avait envoyé le message suivant : « Bonjour, Fidèle de votre site Internet, je suis du nord mais depuis 2 ans je viens passer mes vacances d’été dans un camping de Taxo. Je marche très souvent avec vous grâce à vos jolies vidéos. Je marche virtuellement car suite à une intervention chirurgicale et à de gros problèmes respiratoires que je rencontre depuis,  il m’est impossible de marcher lorsqu’il y a la moindre élévation. Seriez-vous à même de m’indiquer 2 ou 3 circuits dans le département où je pourrais marcher sans cette crainte qu’il y ait des pentes à gravir mais avec la possibilité de rencontrer d’autres personnes afin que je puisse me sentir en sécurité. Merci infiniment. Cordialement. Michelle.» Alors pour être franc, j’avais été très embêté pour lui fournir une réponse avec ces critères-là. Primo parce que je n’avais aucune balade pédestre sans déclivité parmi mes « randonnées expliquées », et que secundo même en cherchant, je ne voyais pas ce que je pouvais lui répondre, après tout pour marcher sur des portions planes ce n’est pas les endroits qui manquent. Comme seule réponse, mais en y mettant les formes, je m’étais contenté de lui dire de se renseigner auprès d’un club de randonnées. Deux années plus tard, elle m’envoya le message suivant : « Bonjour Gilbert, Vous auriez pu me le dire qu’il existait deux parcours pédestres autour du lac de Villeneuve-de-la-Raho. Un petit et un grand, tous les 2 bien plats et avec toujours beaucoup de monde. Je suppose que vous deviez le savoir ? Je suis très heureuse car depuis presque un mois je vais y marcher régulièrement et en plus je m’y suis fait quelques amies. Bonne continuation pour votre blog. Bien cordialement. Michelle de Taxo. Alors bien évidemment, comment lui répondre que je ne connaissais pas le lac de Villeneuve-de-la-Raho ? Bien sûr que je le connaissais ! Bien sûr que je savais que l’on pouvait en faire le tour ! Bien sûr que je savais que tout y est plat ! Bien sûr que je savais qu’il y a toujours de nombreux marcheurs ! Que pouvais-je lui répondre d’autre si ce n’est la vérité et que j’étais confus de ne pas y avoir pensé ? C’est ce que je fis avec un brin d’excuses car en outre je sentais bien dans son message qu’il y avait une pointe de reproche. Ainsi s’arrêtèrent nos échanges mais cette anecdote est toujours restée là dans un coin de ma tête. Alors bien évidemment quand nous sommes sortis du second confinement avec cette possibilité de pouvoir nous échapper 3 heures et à 20 km du domicile, et qu’avec Dany nous venions de décider de partir marcher à Villeneuve-de-la-Raho, cette anecdote m’est revenue comme un boomerang. « Pourquoi ne pas y aller et faire un reportage ? Pourquoi ne pas y aller et faire comme je le fais souvent désormais, c’est-à-dire me consacrer principalement à photographier la faune et les oiseaux plus spécialement ? » Je sais qu’ils y sont parfois nombreux. J’en avais fait le constat quelques mois auparavant. A tous ces desseins, je me disais qu'il y avait peut-être « d'autres Michelle » que ce parcours pouvait intéresser ?  L’idée ne m’a plus quitté et quand je fus là-bas, j'étais très comptant de me lancer dans ce reportage et de plus, jamais je n’aurais imaginé qu’il y ait tant d’oiseaux ! Les 3 heures devinrent 5 et demi, mais par bonheur avec l’attestation sur smartphone la « tricherie » modificatrice fut facile à corriger. Alors voilà toutes les raisons qui m’ont amené à ce reportage  : cette « fameuse » Michelle de Taxo, sans doute le parcours de marche le plus fréquenté et de  très loin du département, ma passion pour les oiseaux et enfin cette opportunité d’y aller au sortir du confinement. Alors bien sûr, je ne vais pas vous faire l’affront de vous expliquer comment on fait le tour du lac de Villeneuve-de-la Raho. Dans un sens ou dans un autre, rien n’est plus simple. Il suffit d’y aller et depuis le parking de suivre le mouvement. Un  mouvement perpétuel de marcheurs, de coureurs, de cyclistes et de bien d’autres activités qui ne s’arrête que la nuit. Enfin je crois ! Merci à Dany qui une fois encore a accepté de marcher le plus souvent seule me faisant l’immense plaisir d’assouvir ma passion de la photo ornithologique sans rouméguer ! Sans elle, jamais il n’y aurait eu autant d’oiseaux dans ce reportage. Ce jour-là, le ciel était mitigé avec un grand ciel bleu au dessus de Villeneuve mais plus laiteux en direction du Canigou magnifiquement enneigé. La lumière était donc un peu bizarre mais pour mes photos, la luminosité était amplement suffisante. Nous avons accompli la grande boucle mais alors que Dany continuait son bonhomme de chemin, moi, après la petite retenue écologique, je suis parti m’égarer dans les vignes car j’avais constaté que les passereaux y étaient très nombreux. Sur ces buttes et plateaux qui dominent le lac, ils se déplaçaient des vignes vers des bois de pins et de cyprès et vice-versa. J’ai donc passé pas mal de temps sur ces hauteurs et n’en suis parti qu’à l’instant où j’ai estimé que les principales  espèces que j’avais vu avaient été photographiées au moins une fois correctement. Ce reportage est donc le reflet de ce que ce que j’ai pu voir au fil du parcours ce jour-là (et quelques mois auparavant) : faune et surtout avifaune, un peu de flore, paysages et mais également les activités qui y sont pratiquées. Autant l’avouer, ce fut pour moi un pur bonheur ! Le grand circuit que nous avons accompli est long de 7,3km mais au sud et en montant dans les vignobles j’ai dû facilement accomplir 1km de mieux, peut-être même plus  à courir derrière les oiseaux ….Eh oui, que voulez-vous, enfant, ma mère ne m’a jamais appris à voler, pourtant mon nom a bien 2 « L » ! Carte IGN 2548 OT Perpignan – Plages du Roussillon Top 25.

(*) Le lac de Villeneuve-de-la Raho en bref : C'est un lac qui a été créé en 1977 sur le site d'une dépression naturelle dont le nom était « Etang de Barria ». Etang asséché en 1854. Il appartient au Conseil Général des Pyrénées-Orientales qui en assure la gestion. Il est alimenté par le Canal de Perpignan. Il est composé de 3 retenues distinctes : une retenue touristique ou balnéaire avec une plage où la baignade est autorisée lors des périodes où elle est surveillée, une retenue principale qui est la plus grande et une retenue écologique réservée à la faune et à l'avifaune. L'ensemble occupe 231 ha pour un volume d'eau moyen de 18 millions de m3. Si initialement il a été créé pour irriguer les cultures, il est aujourd'hui le pôle touristique le plus important du département. De très nombreuses activités de loisirs y sont autorisées attirant un très grand nombre de visiteurs. A ce jour, de nombreux autres projets sont dans les cartons : l'aménagement d'un terrain de golf à proximité et un futur apport d'eau supplémentaire grâce à une liaison avec le lac de barrage de Vinça en sont les principaux. On peut le considérer comme un véritable lac de barrage puisque sur son flanc est, un digue artificielle de terres et de rochers a été construite, qu'une prise d'eau est active ainsi que divers déversoirs. 

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Le Circuit du Champ de l'Ours (Campoussy) depuis Sournia

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de la musique d'Ennio Morricone et de Alessandro Alessandroni "Forse Basta", en anglais "A Flowers Is All You Need", musique du film "Le Tour Du Monde Des Amoureux De Peynet (Peynet's Lovers Around The World)" de Cesare Perfetto. Elle est successivement interprétée ici par Masteryamani (Piano), Ennio Morricone et son orchestre, Demis Roussos (Chant) et Paul Mauriat et son orchestre. 

Le Circuit du Champ de l'Ours (Campoussy) depuis Sournia

Le Circuit du Champ de l'Ours (Campoussy) depuis Sournia

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Sournia, parking de la cave coopérative le 17 octobre 2020. Il est 10h. Sous un ciel bleu d’un incroyable pureté, nous nous préparons pour une balade pédestre que j’ai intitulée « Le Circuit du Champ de l’Ours depuis Sournia ». Peu de personnes le savent mais le village de Campoussy, objectif principal de cette randonnée, a une origine romaine très ancienne dont le nom signifie le « Champ de l’Ours », raison première, mais pas la seule, qui m’a incité à donner ce nom au circuit que je vous présente ici. La plupart des historiens vous diront que cette toponymie n’est pas tout à fait exacte et ils auront probablement raison. Ainsi, sur son site Internet et dans la fiche de présentation de Campoussy,  l’historien Jean Tosti précise la toponymie suivante :  « Première mention en 965 sous la forme Campo Ursino, qu'on interprète souvent à tort comme "le champ de l'ours". Il s'agit en fait du champ d'Ursinus, nom de personne romain, diminutif d'Ursus (ursus = ours) ». L’encyclopédie Wikipédia et bien d’autres toponymistes à quelques mots près écrivent sensiblement la même chose. De plus, il faut noter qu’en occitan Campoussy s’écrit « Camporsin », nom visible sur le panneau signalétique à l’entrée du village, et qu’il faut bien sûr continuer à le séparer en deux avec « Camp » d’un côté et « Orsin » de l’autre. Ce dernier nom en occitan n’est pas sans nous rappeler le mot français «  oursin ». Or que nous dit Wiktionnaire dans la rubrique « Etymologie » à propos de ce coquillage ? « De l’occitan oursin issu du latin ursinus (« d’ours »), à cause que les piquants ont été comparés aux poils serrés de l’ours ou dérivé de ours avec le suffixe -in ». Enfin, notons que le site anglais « Babynames.com » apporte une confirmation supplémentaire en indiquant que le prénom  « Orsin » signifiant « ourson » est d'origine anglaise. Orsin est un nom utilisé principalement par les parents qui envisagent des noms de bébé pour les garçons ». On pourrait presque affirmer que « Campoussy » c’est le « Champ de l’Ourson ». Alors bien sûr, et comme on le voit l’ours n’est ici que le résultat très lointain et redondant d’une très vieille anthroponymie. Si je ne conteste pas le bien-fondé de cette toponymie, il faut savoir qu’ « à l’époque romaine, l’ours brun était encore présent partout en France, en plaine comme en montagne » (Source L’Ours en France, plaquette de l’association Férus).  Notons néanmoins que la présence d’un ours en Pays Fenouillèdes et de nos jours n’est pas si «stupide » que ça puisque Wikipédia indique qu’un spécimen aurait été aperçu il y a quelques années seulement.  En 2010, la présence de Balou dans l’Aude tout près de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse et à 70km de Sournia a  été confirmée. Quant à sa présence certaine et abondante au 18eme siècle dans ce secteur, elle ne fait aucun doute puisqu’au même titre que d’autres grands gibiers, l’ours était beaucoup chassé et braconné à cette époque-là. Si sa chasse régressa, c’est parce que les populations s’amenuisèrent au fil du temps. « Dans les Pyrénées-Orientales, le dernier ours sauvage du département est tué en 1846 lors d'une battue organisée à cet effet » nous dit Wikipédia. Ce n’est d’ailleurs qu’en 1958 que sa chasse fut interdite mais il fallut attendre 1981 pour que l’espèce soit déclarée « protégée ». Toutefois, Wikipédia nous dit encore que  « La dernière ourse de souche pyrénéenne, Cannelle, a été abattue par un chasseur le 1er novembre 2004 ……Son fils Cannellito, né en 2004, est ainsi le dernier ours de souche pyrénéenne encore en vie ». Comme on le voit, le « Champ de l’Ours » antique est loin d’être démodé. Enfin, la deuxième raison à cette jolie dénomination est qu’en 2009, j’avais déjà entrepris le récit d’une longue randonnée intitulée « le Circuit de Campoussy depuis Sournia ». Alors bien sûr, impossible de donner deux fois le même nom à une balade différente même si la ligne de départ et l’objectif principal sont identiques !

Comme pour des balades précédentes intitulées « Le Circuit autour du Vallon de la Désix » et « Le Circuit des Ponts Romains », nous démarrons depuis le parking de la cave coopérative direction Campoussy par la D.619. Là, il faut emprunter à gauche la piste DFCI N°F80. Cette large piste forestière, je commence à bien la connaître, même si la vieille carte IGN 2348 ET que j’utilise encore dans mon vieux GPS est obsolète depuis pas mal de temps déjà, une variante de l’ancienne piste ayant vu le jour. De toute manière, il n’y a rien d’autre à faire qu’à la suivre. Comme toujours, me voilà d’emblée aux aguets de la flore et de la faune, et principalement des oiseaux. Si les merles et les geais semblent les plus présents, paradoxalement c’est d’autres passereaux que je réussis à photographier en premier et de la meilleure des manières. J’ai prévenu Dany que ce circuit était court, que nous avions donc tout notre temps et que j’avais envie de flâner et surtout de prendre des photos. « Marche à ton rythme et ne m’attends pas, on se retrouvera à Campoussy pour le pique-nique » lui ai-je dit. Mais sans réponse et avec un haussement d’épaules, je comprends qu’elle n’accepte pas ce qu’elle considère à juste titre comme une « stupidité ». Oui, je suis bien conscient que nous sommes là pour marcher ensemble ! Mais c’est plus fort que moi, chaque mouvement d’un animal aussi petit soit-il ou chaque plante fleurie attirent mon regard. Elle marche à son rythme certes puis m’attends quand mes tentatives de photos animalières s’éternisent en longueur. A dire vrai, la flore est plutôt réduite, quand à la faune, elle se résume à quelques oiseaux et à de rares papillons et criquets. Nous avançons donc de manière plutôt régulière mais il est vrai que je m’arrête assez souvent même si la plupart de mes arrêts sont courts. Finalement en arrivant à une intersection en forme de fourche et au niveau d’une barrière, nous prenons à droite direction Campoussy. Le hameau n’est plus très loin et d’ailleurs quelques vestiges se présentent assez vite avec un très vieux et haut mur à droite du chemin. Simple mur de soutènement ? Reste d’une ancestrale fortification ? Rien ne permet d’apporter une réponse, pas même un lézard des murailles se chauffant au soleil. Il disparait avant que je ne réussisse à le cadrer. Dès le virage suivant le village apparaît, ou tout du moins son imposante église Saint-Etienne. Dans l’immédiat, l’église on ne voit qu’elle tant sa stature architecturale et sans doute gothique en impose. Il faut avancer encore pour apercevoir les premières maisons. En entrant dans le village, et bien qu’il ne soit qu’11h30, Dany en est déjà à chercher un coin agréable pour pique-niquer. Moi, et parce que de nombreux moineaux, pinsons, rougequeues noirs et à un degré moindre quelques étourneaux ne paraissent pas très farouches, je continue dans les ruelles pour tenter de les photographier. Quand je reviens vers Dany, je m’aperçois qu’elle a mis à profit notre courte séparation pour entamer une vaillante conversation avec une jeune dame du village. Apparemment, le sujet est le potentiel immobilier du village et les maisons à vendre. Alors je repars vers mes volatiles, préférant laisser les deux « papoteuses » à leurs échanges « affairistes » qui ne m’intéressent guère. Quand je reviens une demi-heure plus tard, Dany, pour pique-niquer, a finalement trouvé son bonheur sur un banc de la place centrale. C’est donc ensemble et en plein soleil, que nous attaquons un déjeuner bien agréable mais ô combien espéré. Tout en mangeant, elle me remémore un souvenir que j’avais gardé dans un petit coin de ma mémoire et que pour être franc j’attendais d’un instant à l’autre :

  • « Tu te souviens la dernière fois que nous sommes venus ici à Campoussy, nous avions vu un chat qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à notre petite Noxi ? La ressemblance était frappante sauf que ce chat-là était beaucoup plus câlin car il s’était laissé caresser sans crainte ! C’était quelque jour après sa mort et j’y avais vu un signe ! 
  • Oui, je m’en souviens très bien, c’était effectivement quelques jours après sa disparition. D’ailleurs, nous étions partis manger à l’auberge de Sournia un peu à cause de ça et pour nous changer les idées. L’après-midi nous étions venus visiter Campoussy.
  • J’aimerais bien le retrouver ce chat !
  • Des mois ont passé et tu risques d’être déçue si tu ne le vois pas !
  • Non, je serais heureuse de le revoir mais je me ferais une raison s’il n’est pas là.
  • Ok, essayons de retrouver le mur en ruines où nous l’avions vu couchée. »

Nous rangeons nos sacs à dos et nous voilà partis dans les ruelles à la recherche de « notre petite Noxi », car à vrai dire il s’agit bien de cela. Retrouver le passé, retrouver notre animal de compagnie que nous avons tant aimé et qui nous manque chaque jour que Dieu fait. Voilà ce que nous comptons trouver sous les traits de ce chat « européen » pour ne pas dire « de gouttière », somme toute assez banal la plupart du temps, sauf que là tout était identique y compris les yeux. Oui surtout les yeux. C’était si troublant. Toute la ressemblance était là ! Le pelage certes mais les yeux ! Malheureusement et comme je l’avais craint, si nous retrouvons aisément le mur en ruines, il n’y a pas de chat dessus. Ou plutôt si, il y en a un, mais pas le bon ! Un chat gris , un peu renfrogné et qui ne se laisse jamais approcher. Nous cherchons un peu, regardons dans les jardins alentours, dans les différentes arrière-cours, mais en vain. Cette fois, notre petite Noxi est partie pour toujours. Un peu tristes, nous continuons la visite du joli hameau que nous connaissons déjà. En février dernier, nous avions longuement papoté sur la beauté et la quiétude si agréables du village avec un couple profitant du soleil, mais eux aussi ne sont pas là aujourd’hui. Pourtant, nous apprécions toujours autant ces aspects paisibles et charmants. Oui, malgré des décors verdoyants, ravissants, ronds et reposants et un magnifique Canigou enneigé qui crève l’horizon, nous marchons comme deux automates, en silence car désabusés. J’ai bien peur que la fin du « Champ de l’Ours » ne se transforme en un « Complainte du Chat ». Après tout « champ » et « chant » peuvent prêter à la confusion et comme la confusion n'est jamais loin du désarroi....  Il n’en est rien heureusement et quand nous sortons du village par la route principale, alias le GR.36, je fais de mon mieux pour distraire Dany et que l’on oublie très vite cette espérance inassouvie. J’essaie de la distraire en lui montrant ce que moi je trouve intéressant. Il faut dire que les décors et les éléments contribuent à ce jeu : encore quelques oiseaux, un joli oratoire, un calvaire avec un croix en fer forgé daté de 1696 et joliment orné de deux plaques émaillées indiquant les noms des lieux : la Crutz et la Cami Vielh. Comme j'ai lu pas mal de choses avant de venir, les anecdotes ne me manquent pas. Plus loin, quelques vaches avec leurs veaux qui viennent vers nous en nous voyant, puis se ravisent en détalant comme s’ils avaient vu le diable en personne. Plus loin encore, une ferme espèce de hangar où des bergeronnettes grises s’égayent un peu partout. Une jolie vue de Sournia qui se dévoile soudain. Quelques magmas granitiques impressionnants. Encore des oiseaux, des papillons, des criquets et même une grosse araignée qui traverse le chemin. Quelques fleurs de-ci de-là. Plus loin encore, après la traversée de la D.619, quelques chevaux blancs et un petit poney brun viennent se laisser cajoler le front. Eux ont bien compris que nous n’étions pas des diablotins mais seulement des anges-gardiens de la gente animale. Après cet intermède équin, le parcours devient plus boisé et donc moins attrayant car les panoramas disparaissent. Il y a moins de tout autour de cet étroit sentier filant vers Sournia, pourtant il est loin d’être désagréable car il zigzague dans la forêt Domaniale des Fenouillèdes riches en essences diverses. L’arrivée se rapproche et il faut attendre la très proche proximité du village pour retrouver un peu de distractions avec une faune et une flore de nouveau un peu présente. Bien évidemment et chaque fois que je reviens à Sournia, comment ne pas me remémorer ce fabuleux Tour des Fenouillèdes réalisé en 2011 avec mon fils ? Nous avions été là lors de la 3eme et 4eme étape, juste le temps d'un bout d'après-midi et d'une soirée ô combien mémorables ! Puis le lendemain, nous avions poursuivi vers Caudiès. Oui, une fois encore et à cet instant, de bons souvenirs pédestres remontent en surface avec plaisir. Ainsi se termine ce « Circuit du Champ de l’Ours » mais que j’aurais pu appeler aussi « A la recherche du chat perdu ». Visite et déambulations dans Campoussy incluses, cette balade a été longue de 8,9km. Les montées cumulées ont été de 515 m et le dénivelé de 178 m entre le point le plus bas (489 m au début de la piste DFCI F80) et le plus haut (667 m au calvaire à la sortie de Campoussy). Carte IGN 2348 ET Prades - Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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Tour du Capcir - Etape 1 Matemale - Refuge de la Font de la Perdrix

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques d'Ennio Morricone extraites d'une compilation intitulée "Relaxing Moment". Elles ont pour titre : "La Califfa", "Giu'La Testa -A Fistful Of Dynamite", "Dal Mare - Version 2 (From Il Segreto".

Tour du Capcir - Etape 1 Matemale - Refuge de la Font de la Perdrix

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1ere étape – 11 septembre 2013 : de Matemale (1.500 m) au Refuge de la Font de la Perdrix (2.312 m) soit 14,4 km pour un dénivelé de 877 m et des montées cumulées de 1.261 m. Point culminant : le Roc des Gourgs 2.352 m – Point le plus bas : Pont de la Molina : 1.475 m.

 

9h30, la première impression est qu’il ne fait pas chaud et d’emblée, je sors ma veste en Goretex de mon sac à dos. Mes compagnons font de même et enfilent leurs vestes et anoraks respectifs. Nous démarrons, accoutrés tels d’imposants « bibendums » auxquels on aurait rajouté de volumineux sacs à dos. Le mien, une fois encore, j’ai tenté de l’alléger au maximum mais c’est tout de même 15 à 16 kilos environ que je vais devoir me « charrier » sur ces 4 jours. Idem pour mes compères. Pour ce Tour du Capcir, j’ai voulu être à la fois énergique et pragmatique et j’ai opté pour un modeste 40 litres remplaçant ainsi mon vieux 70 litres que j’avais trimballé lors de tous mes tours précédents : CoronatVallespir et Fenouillèdes. En procédant ainsi, j’ai gagné 5 à 6 kilos mais comme dans l’intervalle, j’ai aussi gagné quelques années supplémentaires mais aussi quelques kilos de mieux, c’est du « kif-kif » sur le plan physique. Nous démarrons direction les panonceaux que nous avons aperçus un peu plus bas dans le village. Les premiers indiquent quelques parcours VTT et la Tour de Creu par le P.R.22 dont je sais que c’est la bonne direction. Le deuxième est plus explicite et en plus de la Tour de Creu, le Tour du Capcir y est clairement mentionné. Par la rue de la Mouline, nous sortons de Matemale sous un ciel coupé en deux dans la sens de la vallée. A gauche, c'est-à-dire vers l’ouest et la Cerdagne, le ciel est extrêmement bas et recouvert d’un épais et grisâtre matelas nuageux. A droite, côté Madres et Haut-Conflent, le ciel est d’un bleu intense et pur et que je qualifierais d’encourageant car c’est de ce côté-là que nous allons. Cette large vallée avec aujourd’hui ce firmament tristement coupé en deux, c’est l’Aude qui l’a principalement creusée. Le fleuve n’est pourtant ici qu’un minuscule ruisseau de 2 à 3 mètres de large que l’on aperçoit sur notre droite dès  la sortie du village.  A la sortie du village, un dernier panonceau indicatif nous rassure définitivement : « Tour du Capcir – Col de Sansa -2h10 ». D’emblée, Cathy prend la tête du petit peloton et semble vouloir accélérer le pas pendant que nous, les trois hommes, flânons à l’arrière déjà plongés dans des discussions spontanées. Au cours de ces 4 jours, il en sera ainsi le plus souvent, car pour Cathy, c’est sa seule façon de marcher. Une façon très sportive, plutôt « speed » que Fred et Jérôme ne compenseront que dans les montées les plus rudes. Moi, qui suis un flâneur dans l’âme, je ne vais jamais essayer de lutter et de toute manière, je sais par avance que même si je le voulais, je ne le pourrais pas. Et puis de toute manière, mon appareil photo numérique est là, pendu à mon cou, m’arrêtant à tout bout de champ, comme un œil et un cerveau supplémentaire qui doit me permettre de ne rien oublier de ce nouveau « Tour pédestre du Bonheur ». Le premier de ces tours avait été un Tour des Fenouillèdes réalisé avec Jérôme en 2011. Au préalable, j’avais accompli d’autres tours pédestres, comme celui du Coronat en 2007 ou du Vallespir en 2009, mais toujours en solitaire, et donc avec enchantement certes, mais avec ce regret de ne pas partager toutes ces « petites choses » qui intensifient et démultiplient le bonheur. Toutefois, si une chose ne change jamais, c’est bien celle de ma passion pour la Nature et la photo. Depuis le départ, mon numérique est déjà amplement entré en action et il continue à chaque occasion : une fleur, un paysage, un papillon, un oiseau sur un fil, l’Aude, petit torrent que nous longeons désormais. Avant de venir, j’ai étudié le parcours de l’Aude car je sais que nous aurons l’occasion de côtoyer le fleuve. Ici, il vient de quitter le barrage de Matemale et descend vers celui de Puyvalador. Les deux barrages récupèrent et concentrent ses eaux dont la source ou plutôt les sources surgissent au pied du Mont Llaret (2.376 m) et du roc d’Aude (2.325 m), deux sommets débonnaires situés au dessus des Angles. Toutes ces sources s’écoulent en remplissant le lac d’Aude, situé à 2.154 mètres d’altitude, dont les eaux se déversent ensuite sous la forme d’un minuscule ru cherchant son chemin dans des prés humides et des tourbières. Au contact de quelques menus affluents, ce ru devient ruisseau puis torrent finissant sa course dans le lac de barrage de Matemale, le but final de cette récupération étant bien sûr de produire de l’électricité. De plus ou moins près, tous ces sites seront à l’ordre du jour de notre Tour du Capcir et feront partie, je n’en doute pas, des jolis souvenirs que nous en  garderons. Le pont de la Mouline qui enjambe le torrent est atteint. Un poteau en indique l’altitude à 1.475 mètres et comme je sais que le col de Sansa est situé à 1.775m, inutile d’être agrégé de mathématiques pour calculer le dénivelé restant pour atteindre ce premier jalon. En ce qui concerne notre objectif, le refuge de la Font de la Perdrix, situé, lui, à 2.312 mètres d’altitude, il y a belle lurette que le dénivelé pour y parvenir est ancré dans ma tête : 837 mètres ! En réalité, c’est légèrement plus que ça puisque le Roc des Gourgs que nous devons franchir en cours de route est situé, lui, à 2.352 mètres. Il faut donc rajouter 50 mètres de déclivité supplémentaire. Toutes ces informations repères et distances, je les connais presque par cœur, car voilà bientôt trois mois que j’analyse et réanalyse le parcours presque quotidiennement. Après accord de Jérôme, j’ai pris la décision de ne pas emprunter l’itinéraire classique du Tour du Capcir qui, depuis le col de Sansa, monte au refuge Oller, ni cette variante qui par la Coume de Ponteils rejoint notre objectif : le refuge de la Font de la Perdrix. Non, connaissant bien ce secteur du Madres, j’ai décidé d’emprunter la voie dite de Passeduc, petit col herbeux permettant de gagner quelques kilomètres. En réalité, ce n’est pas à cause de ce gain de distance que j’ai construit cet itinéraire mais tout simplement parce que je sais que les panoramas sur le Capcir et le Haut-Conflent y sont tout simplement extraordinaires. Mon idée est d’amener mes compagnons de voyage au sommet du Pic de la Pelade (2.370 m) d’où les vues à 360° sur le Roussillon et la Catalogne en général sont, par grand beau temps, tout bonnement époustouflants. Mais en traversant le pont de la Mouline, nous n’en sommes pas encore là et je me dis que j’aurais bien le temps d’y penser dans quelques heures. Après les prairies verdoyantes et fleuries de cette minuscule partie du val de l’Aude, un premier petit bois de conifères est traversé. En sortant de ce bois, on aperçoit la fameuse Torre de Creu ou tout de moins ce qu’il en reste, c'est-à-dire quelques pans de murs amplement ruinés et inclinés, une espèce de tour de Pise en miniature qui aurait subi un énorme tremblement de terre. En zoomant sur elle avec mon numérique, j’ai même le sentiment qu’elle est encore bien plus ruinée qu’en 2006 quand j’étais venu la découvrir pour la première fois. Aujourd’hui, un tracteur est à ses pieds et j’imagine que des ouvrages de consolidation sont en cours. On laisse la vielle tour des comtes de Cerdagne à ses travaux pour entrer de plein pied dans une sombre forêt de grands résineux. Sur les cartes, cette belle et immense forêt qui sépare le Capcir du Conflent c’est la forêt domaniale de Cami Ramader où l’on trouve principalement des pins à crochets, des pins sylvestres, des sapins mais des quantités d’autres essences selon l’étage montagnard où l’on se trouve. Ce nom de « Cami Ramader » étant comme chacun sait le nom donné aux anciens chemins pyrénéens de transhumance. Nos drailles à nous en quelque sorte.  Dans la longue montée vers le col de Sansa et après que Fred m’ait gentiment accompagné, pendant quelques temps, me voilà rapidement largué et pas seulement parce que je m’évertue à tenter de photographier le très beau lac de Puyvalador que l’on aperçoit en contrebas au travers des immenses pins. Non, mon cœur est un moteur diesel et le mettre en route avec de « bons » dénivelés dès le départ est toujours compliqué. Sans compter plusieurs kilos que j’ai amplement repris après une régime Dukan qui s’était avéré efficace mais seulement le temps des privations. Depuis ma « panse » a retrouvé une belle forme arrondie, arrondie mais pas idéale pour gravir des sommets. De ce fait,  suivre le rythme de ces trois jeunes gens est une réelle épreuve pour moi mais tout au long de ces quatre jours, ils auront la gentillesse, la délicatesse et je dirais même l’élégance de m’attendre très souvent. Enfin, j’ai très souvent espéré que ce n’était pas de la commisération tant j’ai eu parfois conscience de les retarder et de freiner leur cadence et leur ardeur. Juste avant le col de Sansa, les arbres ont la bonne idée de s’écarter pour laisser la place à de jolies vues sur le lac de Puyvalador et les petits villages environnants. Des vues réduites et assez ternes à cause de cette chape nuageuse qui chapeaute toute la vallée et une grande partie du Capcir. 11 heures, le col de Sansa est atteint. Par bonheur, ici, sur cette vaste esplanade, le soleil et le ciel bleu sont encore largement de la partie mais je suis plutôt inquiet car je m’aperçois tout de même que cette masse nuageuse que l’on pourrait croire immobile, se déplace tout doucement dans notre direction. Une fois encore, je peste contre Météo France car au cours de tous les jours précédents notre départ, les prévisions ont été uniquement favorables et puis hier « patatras », tout a soudain changé ! Mais bon, s’ils sont responsables des prévisions, peut-on les considérer comme garants du climat et du temps qu’il va faire ? Jérôme prétextant une fringale, nous stoppons pour prendre un petit en-cas.  Il est vrai que depuis Matemale nous n’avons observé aucune vraie pause et en plus, en me rappelant le temps de 2h10 que j’avais vu sur le panonceau, je suis étonné de constater que nous n’avons mis en réalité qu’1h30 pour atteindre le col. Alors, s’agit-il d’une vraie performance ou bien ne faut-il pas trop se fier aux temps indiqués sur les panonceaux ? Je ne sais pas répondre à cette question même si j’ai bien évidemment conscience que je suis monté bien plus vite qu’à mon habitude et que si j’avais été seul. Nous repartons et prenons la piste, variante du Tour du Capcir vers le Refuge des Estagnols. Ici, l’inclinaison de la piste est moindre et plutôt reposante. On profite pleinement des vues plongeantes sur la petite vallée de Cabrils ou l’on distingue le hameau de Sansa et le clocher de son église sous une vaste chape nuageuse. Mais mon regard est surtout attiré par le pic de la Pelade que j’ai gravi plusieurs fois et surtout par les quelques gros cumulus qui commencent à s’accumuler derrière lui. Ces nuages me tracassent car j’ai essentiellement axé cet itinéraire sur les panoramas que l’on peut y découvrir de là-haut. Peu après la bifurcation descendant vers le refuge des Estagnols, on délaisse définitivement l’itinéraire du Tour du Capcir dont le sentier suit sensiblement la Coume de Ponteils, petit torrent prenant sa source au pied du pic du Madres. On poursuit la piste qui zigzague au sein de la Jasse d’Ancréou, jasse dont je sais qu’elle va se terminer dans une vaste clairière où s’écoule le petit rec (ruisseau) dit de Pinouseil. Le Pinouseil est en réalité la vraie source de la rivière Cabrils dont on a aperçu le vallon peu après le col de Sansa.  Là, dans la montée, et dans la sinuosité de la piste, on tombe nez à nez avec plusieurs chasseurs assis à proximité de leurs 4x4. On apprend avec étonnement qu’ils viennent d’autres départements et parfois même de très loin, uniquement pour chasser les gros gibiers : cerfs, chevreuils, mouflons, bouquetins et isards essentiellement. Ils viennent d’arrêter leur battue et en sont déjà à l’heure du déjeuner. Bien évidemment, une conversation s’instaure sur la faune locale et ils nous informent avoir vu pas mal d’animaux mais qu’ils n’ont rien tiré car les bêtes aperçues étaient surtout des femelles et qu’ils sont respectueux d’une bonne gestion. Nous sommes ravis de rencontrer des chasseurs intelligents. Nous leur souhaitons un bon appétit et poursuivons notre marche. Quelques minutes plus tard, la belle et vaste clairière est là, et comme il est midi pile, à notre tour, nous estimons que l’heure du déjeuner est enfin arrivée. Nous nous installons sur l’herbe et malgré un temps devenant de plus en plus maussade,  la bonne humeur est de mise. Cathy s’enveloppant la tête d’un surprenant fichu en laine, bien évidemment les garçons ne la loupent pas et se moquent d’elle. Dans un ciel devenu mi-figue mi-raisin, deux grands rapaces tournoient au dessus de nos têtes en poussant des cris stridents. Pendant que les trois jeunes rigolent, moi, je suis plongé dans diverses pensées qui me préoccupent. La première, c’est la présence de ces chasseurs que nous venons de rencontrer et j’avoue que je n’avais pas pensé que la chasse était déjà ouverte à cette période. Ce qui me chiffonne, c’est que j’espère que le refuge non gardé de la Font de la Perdrix, qui est minuscule, ne sera pas déjà occupé par une troupe de ces « tartarins » ? En effet, si j’ai pensé à la présence d’éventuels randonneurs, cette idée ne m’a jamais vraiment inquiété car dans ce refuge, je n’y ai jamais vu personne installé, et en plus la saison des randonnées estivales est plutôt derrière nous. Mon deuxième tourment, c’est tous ces nuages qui arrivent sur nous, s’amoncellent et chapeautent la montagne. Parfois, la brume est si basse qu’une espèce de vapeur légère nous entoure et il en est ainsi au moment même où nous décidons de redémarrer. Ça m’inquiète d’autant plus que je connais très bien ce très rude dénivelé qui nous attend pour parvenir au col de Passeduc. Si l’itinéraire pour y parvenir est assez simple ; il suffit de suivre le rec de Pinouseil en grimpant dans la forêt puis dans les pelouses ; la déclivité, elle,  est assez terrible puisque c’est deux kilomètres d’ascension pour 420 mètres de dénivelé soit une pente presque continuelle à 21%. Si je vous dis que le pourcentage de pente moyen de l’Alpe d’Huez accompli lors du Tour de France est de moins de 8% et au maximum de 14%, ça vous donne une bonne idée du dur raidillon qui nous attend. Dire que je redoute cette montée est un doux euphémisme car si je l’ai déjà accompli à plusieurs reprises, jamais je ne l’ai gravie avec dans le dos un tel sac de 15 kilos et avec les kilos très superflus que je trimballe ! Je tente néanmoins de relativiser cette ascension en me disant qu’aucun délai ne m’est imparti pour rejoindre le col puis le refuge de la Font de la Perdrix. Non, ce qui me chagrine surtout ça serait d’arriver tout là-haut la tête dans les nuages et de ne rien voir de tous les panoramas que j’ai promis à mes compagnons. Mais bon, on verra bien ! Après quelques hésitations quant à l’itinéraire à suivre car ici les « caminoles » tracées par les animaux sont très nombreuses, on finit par trouver le bon sentier sur le côté droit du rec. Presque immédiatement, la pente devient très abrupte et bien évidemment les écarts se creusent aussitôt. Jérôme a pris la tête, suivi de près par Fred. Cathy, elle, est définitivement décramponnée mais semble monter à son rythme qui est régulier et bien plus correct que le mien. Bien sûr, je ferme la marche et ne tente en aucune manière de suivre mes compagnons. Non, comme je le fais assez souvent quand je souffre en randonnée, j’essaie de penser à autre chose qu’à la douleur et à la balade elle-même. J’avoue que je déconnecte assez vite et assez facilement et ça m’aide énormément. Parfois, les écouteurs enfoncés dans les oreilles, j’écoute de la musique sur mon baladeur MP3.  Mais là, je ne sais pas pourquoi, pas besoin de musique et mes pensées se transforment en un étrange questionnement du style : « Mais qu’est que je fous là à galérer avec ces trois jeunes gens bien plus en forme physique que moi ? » ou bien « j’ai mal dormi et le manque de sommeil se répercute sur ma forme physique mais est-ce une bonne excuse ? ». Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce questionnement, ce n’est ni du dépit, ni une repentance et encore moins un regret. Non, dans mon esprit, il n’y a aucune équivoque : « je suis très heureux d’être là, même si je galère comme jamais ! ». Alors ce sont des questions toutes simples dont je tente de trouver les réponses au plus profond de ma mémoire : « Pourquoi suis-je là à grimper cette montagne si abrupte ? » « Pourquoi,  suis-je heureux de le faire malgré la souffrance ? » « Pourquoi, j’aime les forêts de sapins ? » « Les petits torrents aux eaux limpides ? » « Les fleurs des champs et des montagnes ? » « Les papillons et les oiseaux ? » « Pourquoi, quand je me retourne suis-je en émerveillement devant cet immense panorama ? » « En extase en regardant le vol d’un rapace ou en écoutant le chant d’un pinson ou d’une mésange ? » « Devant le regard d’un chevreuil ou celui d’un écureuil ? » » Pourquoi, suis-je fasciné par le simple bourgeon duveteux et transparent d’un saule au printemps ? » En une simple phrase : « pourquoi suis-je transporté de bonheur d’être au sein de cette Nature sauvage ? » Voilà, le genre de questions que je me pose. Des questions qui me font oublier mon calvaire et le fait même de m’élever. L’élévation physique disparaît au profit d’une élévation intérieure. Des questions que j’ai déjà eu l’occasion de me poser à quelques reprises et dont j’ai très souvent éludé les réponses soit parce que je ne les trouvais pas sur l’instant soit parce que la souffrance s’arrêtait et avec elle mon questionnement.  Aujourd’hui, cette longue pente très raide va me laisser le temps du dénouement. Oui, la solution est à chercher dans mon enfance. J’ai soudain comme une révélation, sans doute parce que je souffre plus qu’à l’accoutumée et que l’épreuve durant en longueur, elle me laisse le temps pour une analyse suffisante. Concernant cet amour de la montagne et de la nature,  un nom surgit comme un diable sortant de sa boîte et ne me quitte plus. Il revient désormais sans cesse. Un personnage que j’ai aimé grâce à ma mère quand j’étais enfant. Ce personnage, c’est Blek le Roc, un héros de bandes dessinées dont je lisais tous les numéros que ma mère m’achetait chaque semaine. Aujourd’hui, on appelle ça des « comics books », petits fascicules de quelques pages racontant une nouvelle histoire à chaque numéro.  A l’époque, j’étais bien trop jeune pour parler l’anglais alors je disais « maman, donne-moi des sous pour Kiwi ! ». Car c’est bien dans ce petit périodique que j’ai découvert Blek le Roc pour la toute première fois. Sur les rayons du marchand de journaux de mon quartier de la Vieille-Chapelle à Marseille , les héros étaient plutôt nombreux à l’époque, car outre Blek le Roc, de très loin mon préféré, il y avait aussi Akim, Yuma, Kit Carson, Rodéo, Zagor, Nevada, etc… et j’en oublie bien d’autres…. Blek le Roc, c’était celui auquel je m’identifiais quand je partais jouer aux cow-boys et aux indiens avec une bande de copains de mon quartier dans les pinèdes et les sablières toutes proches du Massif de Marseilleveyre. Ces bandes dessinées, ma mère avait pris soin d’en lire quelques unes avant moi et elle savait qu’elles n’avaient aucun aspect négatif pour l’enfant que j’étais. Certes, on y trouvait des récits de batailles et de soldats mais jamais aucun mort et puis surtout la morale et la justice y étaient toujours présentes. Morale, justice, intrépidité, courage, adversité, tempérament et Nature, voilà quels étaient les ressorts permanents de ces bandes dessinées. Bien au-delà des justes et libertaires combats que Blek le Roc menait contre les « rouges » Anglais, les histoires se passaient aux Etats-Unis, au sein de magnifiques forêts de sapins et le plus souvent dans une prodigieuse Nature que mes fantasmes enfantins n’avaient aucun mal à imaginer et parfois même à enjoliver. Plus tard, voilà sans doute ce qui m’a donné ce goût pour la Nature sauvage, la montagne et ce plaisir sans cesse renouvelé d’atteindre un certain bien-être au travers des randonnées pédestres. J’en suis désormais convaincu. En grimpant vers ce terrible col de Passeduc, je suis entrain de rêver à tout ça, oubliant tout le reste, et j’en suis presque à m’imaginer que je suis un Blek le Roc vieillissant mais encore fringant, capable d’escalader les pentes les plus raides. Après tout, je viens de fêter mes 64 ans et c’est l’âge où mon père est décédé. « Sordide pensée » me dis-je au bout de cette dernière réflexion. En tous cas, il n’y a qu’un pas que je suis entrain de franchir, quand soudain deux hommes descendant la pelouse en courant me sortent de ma torpeur et presque à regrets de mes songes enfantins. Dans ma poitrine, mon cœur se met à nouveau à battre la chamade. En réalité, il devait battre depuis pas mal de temps déjà et j’éprouve aussitôt le besoin de m’arrêter pour me désaltérer. Mes acolytes sont bien au dessus de moi maintenant et je les aperçois bien loin sur la pelouse pentue. Je ne me remets en route qu’une fois les battements de mon cœur bien stabilisés. Au fur et à mesure que je grimpe, j’ai le sentiment que la pente s‘accentue mais à un moment et en regardant sur le côté droit, je constate que les petits pins ont carrément disparus et ont laissé la place à un sol aride et pierreux. Aussitôt, je reconnais les flancs du pic de la Pelade et je sais que Passeduc n’est plus très loin maintenant. D’ailleurs, en levant la tête, j’aperçois Jérôme qui accourt vers moi et quand il arrive à ma hauteur, il me dit : « Eh, tu es bien pâle ! ». « Tu es même très blanc ! » et il rajoute « tu te sens bien ? » et dans la foulée, il me dépossède de mon sac à dos et remonte aussitôt vers le col que Fred et Cathy ont déjà atteint depuis de longues minutes.  Oui, c’est vrai, je suis très essoufflé mais je me sens plutôt bien physiquement et en plus, il ne me reste plus qu’une centaine de mètres à accomplir. Mes jambes vont bien et je mets cet essoufflement plus sur le compte de l’altitude que d’une vraie fatigue même si ce n’est pas « le top » aujourd’hui. Comme toujours avant l’accomplissement d’un projet tel que celui-ci, j’ai assez mal dormi cette nuit.  A vrai dire très peu et il faudrait que je récupère. Mais le pire est surtout au moral. Là, en regardant le ciel, je prends vraiment un gros coup sur la tête. Je suis complètement dégoûté car une brume humide mais heureusement sans pluie recouvre toute la crête. Le sommet du pic de la Pelade pourtant tout proche est invisible et quand je propose son ascension, j’essuie un refus catégorique de tous car personne ne trouve d’intérêt à s’y rendre dans cette brume qui enveloppe tout. Comment leur en vouloir ? Sur l’autre versant du col, les vues sur le Conflent sont amplement bouchées et on ne distingue pas le millième des beaux panoramas que j’ai vu lors de mes précédentes venues. A nos pieds mais sous une épaisse couche nuageuse, seules les vues plongeantes sur les Mouillères, vers le Pla de la Baillette et le col du Portus sont visibles. Au dessus, le Mont Coronat et le Puig d’Escoutou apparaissent et disparaissent au gré des nuages qui filent vers l’est. Je suis écoeuré et triste à crever car bien avant le départ, j’ai souvent imaginé décrire à mes compagnons toutes ces beautés qui, par grand beau temps, se dévoilent jusqu’à la Méditerranée. Je prends aussitôt la tête de la marche car sur ce Pla des Gourgs je connais bien les petites caminoles qu’il faut prendre pour atteindre le bord du cirque afin d’avoir au moins de jolies vues plongeantes à regarder. Par temps clair, on voit très loin mais on prend également plaisir à regarder en contrebas les prairies et le lac d’Evol encore appelée Gorg Nègre.  Mais Jérôme qui ne marche qu’avec son G.P.S me rappelle à l’ordre et décide de suivre le tracé qu’il a enregistré. Ce tracé, c’est le chemin le plus droit, le plus direct et donc le plus court, mais c’est aussi celui qui passe le plus à l’intérieur du plateau. Mais comme avec cette météo maudite, mon moral en a déjà pris un coup, je ne dis rien, je rentre dans le rang et suis les autres bien sagement comme je l’ai fait depuis Matemale. Je ne dis d’autant rien que je sais que les vues espérées sur le lac s’entrouvriront un peu plus tard et bien mieux encore depuis le refuge de la Font de la Perdrix. Dès le Roc des Gourgs atteint, le Gorg Nègre, objet de tant de mauvaises légendes, fait son apparition. Dans la foulée, Jérôme aperçoit au loin le refuge de la Font de la Perdrix avec sa toiture rouge. L’arrivée de cette première étape n’est plus très loin maintenant mais je sais que le chemin n’est pas très facile pour l’atteindre. Ici, il faut en permanence zigzaguer au milieu des tourbières et des fondrières pas toujours très praticables. De surcroît, après cette zone humide, les magmas rocheux granitiques prennent le relais. Il faut très souvent les contourner ou bien les gravir, se méfier des petits genévriers très ras, nombreux, touffus, piquants et ligneux quand ils sont secs. Quand le refuge apparaît, là, tout proche, j’ai une sensation de soulagement, du devoir accompli. En tous cas, c’est mon sentiment personnel. 14h45, le refuge est là et j’avoue que je suis ravi de constater que nous sommes les premiers à l’occuper.  Dans l’espoir que nous continuerons à être les seuls occupants, la première initiative de chacun de nous est de choisir son emplacement pour la nuit. Jérôme s’approprie le bat-flanc du haut, alors que Cathy opte pour celui du bas dans le coin contre le mur du fond. Bien évidemment, Fred sera à côté d’elle et moi, je dormirais à côté de Fred et je serais ainsi au plus près de la fenêtre mais surtout de la porte, ce qui me convient très bien dans le cas où je serais pris d’une envie pressante pendant mon sommeil. C’est bien rare que ça n’arrive pas au moins une fois dans la nuit ! Après quelques photos des positions de chacun d’entre nous, je constate que la porte en métal n’est pas d’une herméticité exemplaire mais j’ai bon espoir que le poêle qui se trouve dans le coin opposé sera suffisamment puissant pour réchauffer toute la pièce, qui par bonheur est de taille plutôt réduite. D’ailleurs, dans un ensemble quasi parfait, nous décidons que la deuxième résolution qui s’impose est d’aller chercher un maximum de bois. Alors que je m’apprête à partir avec eux, les garçons me demandent de rester au refuge pour surveiller les affaires. Les garçons disparaissent derrière le refuge alors que Cathy part à l’opposé. Je la vois qui descend à même le flanc du vieux cirque glaciaire en quête de petits branchages bien secs de genévriers. J’avoue que je stresse un peu de la voir là, en équilibre précaire et périlleux, sur les pentes du gourg et je ne peux m’empêcher de lui faire observer qu’il n’est peut-être pas utile de prendre autant de risques pour un peu de bois. Mais, se retournant vers moi, elle m’affirme qu’elle a le pied sûr et avec une platitude déconcertante, elle continue sa besogne, comme si de rien n’était. Elle revient au refuge chargée de bois puis repart, me laissant avec mes craintes car même si j’ai acquis la certitude que ses pieds sont d’une incroyable assurance, le propre d’un accident est d’être imprévisible. En randonnée, je tombe régulièrement et sais que ce n’est jamais voulu ! En d’autres occasions, elle me prouvera sa grande assurance, son absence de vertige et de toute appréhension des « écueils » de la montagne. A cet instant, et alors que je suis assis sur le palier de la porte, un oiseau vient se poser à quelques mètres de moi, bien en évidence sur un bloc de granit. En l’observant, je m’aperçois que son poitrail a les mêmes colorations que le granit, gris tacheté de petits points noirs et je me demande si c’est une coïncidence ou bien du mimétisme. Sans crainte, il se laisse gentiment photographier de longues minutes, puis effrayé par les garçons qui reviennent les bras amplement chargés de bois, il s’enfuit. Je vérifie et constate qu’il est magnifiquement enregistré dans mon numérique et plus tard je l’identifierais comme un Accenteur Mouchet (Prunella modularis). Quelques minutes plus tard, d’autres oiseaux passent au dessus de ma tête et viennent se poser au sommet d’un petit pin situé à l’arrière du refuge. Eux sont plus reconnaissables avec leurs gros becs croisés dont ils ont reçu le nom. Ces deux Gros becs croisés des sapins (Loxia curvirostra) auront eux aussi les honneurs de mon numérique. Après la moisson de bois que nous avons entreposé devant le refuge dans un endroit adapté à cet effet, Fred s’est mis en tête de partir à la découverte de la fameuse « Font de la Perdrix », source coulant des entrailles de la terre par un petit tuyau de PVC et que j’avais moi-même découvert par hasard lors d’une précédente visite. Il trouve la source mais il met de longues minutes à remplir une simple gourde tant le filet qui s’en écoule est fluet en cette fin d’été. Entre occupations, courtes balades autour du refuge et photos, l’après-midi passe bien vite. Vers 17 heures, le ciel, qui jusqu’à présent, avait été plutôt clément, devient carrément pourri. La brume qui nous avait enveloppée au col de Passeduc, mais qui avait eu la délicatesse de nous épargner depuis notre arrivée au refuge, refait sa réapparition. Encore plus dense et surtout plus humide et plus frais car poussé par un petit vent du nord plutôt farouche,  ce brouillard monte du Capcir, enveloppe le Madres et redescend dans les vallées du Conflent. Ce petit vent glacial, ici, en Capcir, on l’appelle le « Carcanet » et tel un petit carcan, il vous enveloppe sans vergogne d’une froidure et d’une brume grisâtre. Avec ce Carcanet et cette affreuse météo, nous sommes contraints de rester à l’intérieur du refuge. D’ailleurs, cette fraîcheur extérieure se fait aussitôt sentir à l’intérieur mais heureusement, après de longs essais infructueux pour allumer le poêle, ce dernier a la bienveillance de démarrer. Il faut reconnaître que ce poêle tire à merveilles et même au-delà de nos espérances, dégageant une agréable chaleur ambiante.  C’est dans cette douce tiédeur que la soirée se termine entre parties de solitaire faites de petits cailloux et alimentation en bois permanente du poêle. Nous sommes en septembre, la nuit tombe bien vite et vers 19h, l’heure du souper sonne déjà. Même si l’étape n’a pas été très longue, la bonne montée vers le col de Sansa puis celle plus terrible vers le col de Passeduc ont laissé quelques traces de lassitude sur nos organismes et personne ne rechigne à intégrer rapidement son duvet. Demain sera un autre jour. Personnellement, et avant de m’endormir, je croise les doigts pour que les trois prochaines journées soient bien meilleures sur le plan météo.  Il faut impérativement que le beau temps soit de la partie car connaissant bien le Madresles étangs des Camporells et le lac des Bouillouses, je sais que c’est la condition sine qua none pour que ce Tour du Capcir soit une vraie réussite. Il y a un an, Fred et Jérôme sont déjà venus dans le Capcir faire du VTT et ils avaient eu une météo pourrie alors ne serait-ce que pour eux, je ne souhaiterais pas que cette mauvaise expérience se renouvèle. Dans le silence du refuge, mes pensées s’emmêlent entre mes désirs d’un temps meilleur et mes souvenirs d’enfance qui sont remontés à la surface comme une grosse bulle d’air. J’ai fini par mettre le nom de Blek le Roc à cette question qui me turlupinait : « pourquoi j’aime autant la randonnée pédestre ? » Force est de reconnaître que dans ma tête, Blek retrouve la place qu’il avait quand j’étais enfant. D’un autre côté, avoir obtenu une réponse à mon questionnement me rassure.  Quand je pense à lui et me remémore mes vieilles lectures enfantines, je me souviens d’un homme qui ne doutait jamais de lui. Il ne connaissait que le succès ! Alors j’essaie de m’endormir avec des certitudes similaires et me voilà de nouveau plongé dans la peau de mon héros favori. Quand des rêves de gamin reviennent 50 voire 55 ans plus tard, c’est un pur plaisir. Merci maman, tu avais vu juste en m’achetant sans cesse Blek le Rock. Ces bandes dessinées parlaient de batailles mais elles étaient surtout bourrées de justice, de sagesse, de morale, de civisme et de Nature, et apparemment c’est surtout cela que j’en ai retenu !  Je m’endors avec Blek le Roc gambadant à mes côtés, en plein soleil sous un immense ciel bleu ! Les rêves enfantins ne meurent jamais. Ils ont la vie dure et me remémorer tout ça aujourd’hui ajoute probablement à mon bonheur d’être là,  à faire ce Tour du Capcir avec Jérôme et ses sympathiques et très gentils amis, même si je garde tous ces souvenirs pour moi. Mais comme un bonheur n’arrive jamais seul, je veux rester positif. Je sais qu’il y en aura d’autres et découvrir avec eux cette superbe région me rend très heureux.

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