• Noxi, les larmes sont toujours les mêmes.

    Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques du duo " Secret Garden" : "Moongate", "Searching For the Past" et "Heartstrings"

     


     

    Que l’on pleure un être cher ou que l’on pleure un animal de compagnie, les larmes sont toujours les mêmes. Cette phrase va peut-être en choquer certains mais c’est pourtant la réalité.

    Si j'ai écrit cette phrase et l'ai inscrite dans le titre de ce billet, c'est parce qu'elle a tournée constamment dans ma tête à l'instant même où nous avons perdu notre petite chatte Noxi. Si je ne ressentais aucune gêne à pleurer pour elle, j'éprouvais presque un sentiment de culpabilité à pleurer comme je l'avais fait pour des êtres très proches et surtout très chers.

    Notre gentille petite chatte venait d’avoir 16 ans. Elle était sans doute née en décembre 2003. Bien que sa fiche auprès du Fichier National Félin et son livret de santé indiquent 12/2004 comme date de naissance, je suppose qu’il y a eu une erreur de transcription car les plus anciennes photos numériques retrouvées datent de mars 2004. Elle n’a donc pas pu naître après avoir déjà été photographiée. Sur la photo, elle a déjà bien grandi et je suppose que ma fille a dû nous la donner en décembre 2003 ou en janvier 2004. Quand elle nous l’a donnée, elle l’avait trouvée dans une bouche d’égout où encore bébé chaton, mais déjà pas mal sevrée, elle avait trouvé refuge. Ces frères et sœurs avaient été tués à coup de pelle par les ouvriers d’un chantier tout proche. Enfin, c’est l’histoire que j’ai toujours entendue à son propos. Je me souviens très bien du premier jour où nous l’avons eue car elle s’était échappée, avait sauté la murette qui nous séparait de notre voisin et était partie se réfugier sous une haie de pyracanthas. Très sauvage, elle continuait à être apeurée comme elle l’avait été dans la bouche d’égout. En me voyant et alors que je tentais de la sortir du bosquet, elle était allée s’écraser contre le grillage d’une haute clôture, clôture trop haute pour elle et ce, malgré son côté déjà très rapide et très leste. Mais ce jour-là, sa toute petite taille avait été un inconvénient. Accrochée au grillage toutes griffes dehors, j’avais eu un mal fou à la dégager. Je me souviens qu’en essayant de la dépêtrer de là, elle avait émis un petit gémissement car elle avait fini par y laisser un ongle. Oui, dès le premier jour, Noxi avait décrété qu’elle ne se laisserait rien imposer or mis par la contrainte voire par la force. Elle demeura ainsi jusqu’à son dernier souffle, le 24 janvier dernier. Oui, Noxi avait un fichu caractère mais elle avait aussi d’immenses élans d’amour. Ce premier jour, malgré son ongle cassé, nous avions réussi à tour de rôle à la calmer et la rassurer en la prenant dans nos bras et contre notre poitrine. Nous avons continué ainsi pendant pas mal de temps. Petit à petit, elle s’est laissée amadouer et malgré les nombreux chats qu’il y avait constamment à la maison, elle avait fini par trouver sa place au sein de la famille et ce, malgré son côté très indépendant. Au départ, sa place était d’aller se cacher dans les coins les plus incroyables de la maison. P’tit bout chou, nous la cherchions partout et avions parfois du mal à la trouver. C’est comme ça qu’un jour, ne la retrouvant plus pendant des heures, nous avions compris que le seul endroit possible était derrière la plinthe d’un meuble de cuisine. Elle y était et avait réussi le tour de force de s’y faufiler dans un trou qu’une souris aurait trouvé à peine à sa taille. La plupart du temps, dans la pénombre d’un recoin inattendu, ses grands yeux verts finissaient toujours par la trahir. Les années passèrent et par sa gentillesse, Noxi prit de plus en plus de place dans nos cœurs. Si elle continuait à être très lunatique ou capricieuse dans ses réactions, voire très souvent indifférente ou bougonne quand elle en avait décidé ainsi, la perte ou la disparition d’autres chats, la conforta dans l’idée que nous lui rendions bien l’amour qu’elle nous apportait. Nous ne la choyions pas plus que les autres, ne l’aimions pas plus que les autres, mais elle avait toujours ce petit plus d’inattendu qui nous faisait constamment craquer. Son poil si doux, sa finesse naturelle mais surtout son beau regard, le plus souvent insondable, faisait le reste. On pouvait y voir ce que l’on avait envie d’y voir, aussi bien de l’indocilité et de la férocité que de la reconnaissance, de la tendresse, de la douceur, de l’amour et bien d’autres choses encore. Ses regards toujours différents faisaient son charme.

    En juin 2009 et alors que Dany s’apprête à partir en cure à Barbotan, elle revient de chez nos voisins complétement éventrée. Apparemment, elle s’est laissée surprendre par un chien qui l’a mordu lui ouvrant le ventre sur une bonne dizaine de centimètres. La plaie est si impressionnante car si béante que l’on aperçoit ses intestins. Tant bien que mal, la vétérinaire réussit à la recoudre et à soigner sa plaie avec de multiples points mais une présence quasi constante et des soins réguliers deviennent inévitables. Alors que je n’ai pas prévu de partir à Barbotan avec Dany, je prends très vite la décision de l’accompagner et d’emmener avec nous la petite Noxi. On réussit à faire garder nos deux autres chats, Chatvache et Zouzou, et nous voilà partis tous les trois et pour trois semaines à Barbotan. Au début, nous lui mettons une collerette, mais elle ne la supporte pas et de ce fait, elle nous rend la vie impossible. Au tout début, et malgré sa fâcheuse habitude d’essayer de s’arracher le pansement puis les points avec ses griffes ou ses dents, tout se passe plutôt bien ensuite. Là-bas, nous l’amenons régulièrement chez le vétérinaire pour un contrôle et finalement elle se requinque bien plus vite que nous ne l’avions imaginé. Allongée de tout son long sur le rebord d’une fenêtre, elle trouve sa place dans le minuscule studio que nous occupons. Elle y trouve soit le soleil soit la fraîcheur selon les heures de la journée mais surtout, elle peut tout observer de ce qui se passe à l’extérieur. Être en hauteur et pouvoir avoir un œil sur ce qui se passe autour d’elle, elle a toujours adoré ça. Noxi est curieuse. Le soir, nous l’amenons promener dans la forêt ou au bord d’un lac. Attachée à une laisse, nous la laissons vagabonder au gré de ces envies, mais comme l’aurait fait un petit chien turbulent. Si elle se laisse gentiment soigner, car elle a compris que c’est pour son bien, le reste du temps, elle veut continuer à maîtriser sa vie. Cette expérience à Barbotan nous rapprocha encore plus d’elle et elle de nous. Les liens de confiance étaient définitivement tissés. Elle finit par prendre l’habitude de dormir sur notre lit puis enfin au fond de notre lit où sans doute elle trouvait chaleur, réconfort et sécurité.

    En avril 2008 quand je pris ma retraite, et comme je passais beaucoup de temps à mon ordinateur de bureau, elle prit pour habitude de venir s’allonger sur mon sous-main entre mon clavier et mon écran. L’hiver, pour améliorer son confort, je l’enveloppais dans une petite couverture, une polaire ou un pull, enfin tout ce qui me tombait sous la main pour qu’elle soit bien. Elle s’endormait ainsi à mes côtés pour des après-midi entières. Un jour, elle estima que ces petites siestes quasi quotidiennes devaient être améliorées et elle réclama de plus en plus de câlins. Alors elle se roulait sur mon sous-main me faisant comprendre qu’elle ne s’arrêterait que sous la condition expresse qu’elle ait d’abord son lot de caresses. Parfois, elle s’endormait carrément sur mes genoux. Au fil des ans et vieillissant, on sentait bien qu’elle avait besoin d’un amour de plus en plus grand et de plus en plus fort. La confiance entre nous, Dany comprise bien sûr, était devenue totale. Malgré son côté toujours aussi « râleuse » parfois, elle nous rendait cet amour au centuple. C’est ainsi que certains soirs, elle quitta peu à peu le fond de notre lit pour venir se blottir contre nous. Elle avait pris l’habitude de venir s’allonger contre Dany, ventre en l’air, pour que celle-ci la caresse à cet endroit bien précis. Alors elle se mettait à ronronner d’une manière régulière, jamais très fort mais suffisamment pour que nous l’entendions être heureuse. Mes deux « nanas » s’endormaient ainsi une contre l’autre. Avec moi, il arrivait quelquefois qu’elle vienne se blottir contre ma poitrine. Cœur contre cœur, nous finissions par nous endormir dans cette position si douce et si zen pour nous deux.  Comme elle passait toujours des nuits très tranquilles, soit je me réveillais avec elle toujours contre moi, soit elle s’était déjà éclipsée très discrètement.

    Oui, voilà quelques instants inoubliables qui me reviennent à l’esprit mais je pourrais en citer bien autres. A Urbanya par exemple, où nous possédons une vieille maison de montagne, il est arrivé quelquefois qu’elle me suive comme un petit chien alors que je partais en forêt photographier la faune et notamment les oiseaux. Arrivé sur un poste d’observation, je m’asseyais par terre guettant ainsi les oiseaux. Surprise, elle me regardait d’abord ne comprenant pas ce que je faisais puis finalement, elle s’allongeait à côté de moi, s’endormant le plus souvent. De ces moments, j’en garde aussi de très bons souvenirs, souvenirs de la voir constamment sauter par-dessus les hautes herbes qu’elles devaient trouver désagréables pour son ventre, souvenirs de photographier des oiseaux alors qu’elle avait toujours essayé d’être leur pire prédateur. Si les oiseaux d’Urbanya avaient toujours échappé à ses griffes, les rongeurs ; mulots, souris et autres musaraignes ; avaient tous disparus des proches alentours de notre maison en seulement quelques semaines. Oui, de la rue où ma fille l’avait extraite, et malgré la facilité que nous avions eue à la sociabiliser, elle avait toujours gardé son instinct « chasseur sauvage ».

    Oui, voilà ce qu’était notre petite Noxi, si gentille avec nous et si féroce quelquefois avec les oiseaux, les rongeurs, les lézards, les criquets et autres sauterelles. Un vraie chatte !

    Oui, jamais en ce 24 janvier et quand la décision de l’euthanasier fut à prendre, je ne m’étais rendu compte de la place que ce « tout petit animal » avait pris dans notre cœur. Quelques jours auparavant, le 20 exactement, nous l’avions déjà amené à notre véto pour un problème à l’œil. Bon an mal an, elle y était sujette mais les traitements avaient toujours été efficaces et Noxi en avait guéri. Ce jour-là, la véto avait remarqué plusieurs boules au ventre qui ne présageaient rien de bon. « Rien à faire » nous avait-elle dit, ajoutant au passage qu’une radio ne servirait à rien car vu son âge et même avec un cancer, une opération n’était pas raisonnablement envisageable. Il est vrai que cet été Dany avait souvent remarqué du sang dans ses selles mais ce n’était jamais régulier et surtout elle paraissait en bonne forme malgré une période antérieure où elle avait beaucoup maigri. Nous avions mis cela sur le compte que n’ayant presque plus de dents, elle éprouvait des difficultés à manger des croquettes, sans doute trop dures pour ses gencives. Le blanc de poulet était venu remplacé très efficacement les croquettes et elle avait retrouvé un poids quasi normal et une bonne forme. En effet, il n’était pas rare de la voir courir dans tous les sens, montant aux arbres du jardin ou bien tentant de s’attraper la queue comme elle l’avait toujours fait auparavant. Mais cette fois, et malgré un traitement encore plus fort, il n’y eut pas d’amélioration à son œil. Au contraire, l’état de son œil se dégradait. Mais au-delà de ce problème, plus grave encore était son attitude si inhabituelle en ces 21, 22 et 23 janvier. Elle resta trois jours prostrée au fond d’un placard et nous étions contraint de l’en sortir pour qu’elle mange un peu et qu’elle fasse ses besoins. Le 24 au matin, elle était sortie seule de son placard, demandant à sortir très brièvement dans le jardin mais rentrant aussitôt pour s‘endormir sur le canapé et ne plus bouger. Sans force, voulait-elle passée ses derniers instants à nos côtés ? Cette idée m’a traversé l’esprit. Dans l’après-midi une nouvelle visite chez la véto était programmée. Vu son état général, elle s’imposait. La suite vous la connaissait et si j’éprouve le besoin d’écrire ce qu’a été notre vie avec Noxi, je ne peux rien écrire sur la façon dont elle est partie. C’est encore trop dur et sans doute encore trop frais pour moi.

    Oui, nous vivons des choses avec nos animaux de compagnie que nous ne vivrons jamais même avec les gens que l’on aime le plus au monde.

    Oui, j’ai versé des flots de larmes pour ma petite Noxi et je n’éprouve aucune gêne à le dire ou à l’écrire.

    Oui, ces instants où dans le lit nous fusionnons cœur contre cœur me manqueront inévitablement.

    Oui, elle me manque beaucoup de ne plus la voir couchée sur mon bureau. Oui, elle me manque d’autant plus que j’ai une photo d’elle sous un plateau de verre de mon bureau. Je n’imagine pas une seconde pouvoir enlever cette photo même si quand je la regarde, il me vient encore les larmes aux yeux 15 jours plus tard. Ça me passera probablement ? Elle manque beaucoup à Dany aussi et nous éprouvons le besoin d’en parler. Nous en parlons toujours avec cette inévitable nostalgie comme quand on parle des êtres que l’on a aimé très fort.

    Peut-être que la période de deuil sera plus courte que si j’avais perdu un être cher…..Pour l’instant il est encore trop tôt pour le dire…..

    Oui, les larmes que l’on verse sont toujours les mêmes et les déchirures du cœur aussi !

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  • Commentaires

    1
    URBIN Martine
    Mardi 18 Février à 17:45
    C'est la gorge nouée que je finis de vous lire. J'ai moi aussi perdu des animaux qui étaient tous considérés comme des membres de la famille. Que de larmes versées sans aucune honte moi non plus. Tous ces moments précieux que vous partagez si bien avec nous resterons pour Dany et vous réconfortants dans quelques temps...
    Courage à vous deux
    Bien amicalement
    Martine
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