• Le Circuit des Templiers (832 m) depuis Bugarach (465 m)


    99% des randonneurs qui arrivent à Bugarach y viennent pour faire l’ascension du mythique Pech. Alors, sans vouloir leur en faire critique puisqu’il y a quelques semaines, j’ai moi-même décrit dans ce blog cette très belle escalade, j’estime qu’il n’y a pas que ça à Bugarach et d’autres superbes découvertes sont accessibles en marchant au départ de cette paisible bourgade ! Parmi un volumineux écheveau de légendes, contes et autres balivernes qui circulent sur cette magnifique région, quelques fureteurs obstinés ont réussi à démêler les fils de quelques histoires vraies, de celles qu’on ne lit pas forcément dans les livres d’Histoire avec un grand « H » mais qui n’en sont pas moins authentiques. Alors suivez-moi sur ce circuit des Templiers, sur ces sentiers aux trésors enfouis et peut-être encore à découvrir, sur les chemins de ces récits moyenâgeux où ici, les Cathares, les moines soldats et les chevaliers se succédèrent puis se côtoyèrent parfois curieusement sans jamais s’affronter dans une lutte sans merci. Au départ du village de Bugarach (465 m), il faut prendre le Sentier Cathare, balisé en jaune et bleu, dans la direction de la Maison de la Nature et de la Randonnée. Au bout de quelques minutes, on laisse le très beau gîte sur la gauche et l’on poursuit. De son arrogante hauteur, le Pech domine l’ensemble du paysage et paraît vexé qu’on lui tourne le dos.  Dès le départ, les panonceaux sont nombreux, il indique Quillan ou le Bézu et le large chemin monte dans les vertes prairies en direction de la superbe forêt communale. Je précise qu’ici le tracé du Sentier Cathare a quelque peu changé par rapport aux dernières éditions des cartes IGN qui commencent à dater. Il ne passe plus par le Col du Moulin à Vent mais se hisse plus haut dans la forêt. Si l’on suit le balisage jaune et bleu, il n’y a pas de problème, on arrive tout de même au Col du Vent (825 m) à l’intersection de plusieurs pistes. Certaines vont vers Parahou-Grand et St-Louis-et-Parahou mais le Sentier Cathare, lui, descend à droite vers le Bézu par le Bac, à l’ombre de l’épaisse et verdâtre forêt communale de Saint-Just et parallèle aux hautes crêtes déchiquetées de la Serre de Bec. Dans un impressionnant ciel azur, de non moins impressionnants vautours fauves aux ailes noires et aux poitrails d’un brun plus clair tournoient à la cime des crêtes. Sur la droite, apparaît le vallon très verdoyant de Cass-rats puis une autre colline aux arêtes découpées. C’est la Serre Calmette avec à son sommet le château dit « des Templiers », notre principal objectif. Pour y aller, il faut poursuivre jusqu’à une intersection, peu après la ferme de la Jacotte. On aperçoit le hameau de Bézu mais une route goudronnée part à droite et file vers le lieu-dit les « Tipliés » dont certains prétendent qu’il aurait le mot « templier » pour origine. Juste avant d’entrer dans le minuscule hameau, on quitte la route asphaltée pour un étroit sentier qui file à gauche vers le château dont il ne reste malheureusement que des ruines. Dès le début, un panneau est planté là, au bord du sentier, et dans un court résumé, il informe les visiteurs sur les origines et l’Histoire certaine de la fortification et la physionomie du site faisant abstraction de la Commanderie de l’Ordre du Temple qui aurait existé mais dont l’hypothèse est encore très controversée. Il faut quelques minutes pour accéder au plus haut de ce nid d’aigle (832 m) où les panoramas, sur la Haute-Vallée de l’Aude et bien plus loin encore, sont tout simplement époustouflants. Malgré la rocaille, les éboulis et les vestiges pierreux du fortin, la végétation en général et la flore en particulier y sont exceptionnelles et la nature a laissé ici quelques espaces herbeux où un mémorable pique-nique peut-être pris y compris au pinacle de la haute falaise. On quitte les vieilles murailles par le même chemin, direction le Bézu où seules une fontaine d’eau fraîche et l’église du XIeme siècle magnifiquement restaurée méritent qu’on s’y attarde. On monte en direction du cimetière vers la Jasse du Bézu où une nouvelle intersection mérite une attention particulière car on quitte définitivement tout balisage. On laisse la piste qui part à gauche vers Granès et on emprunte la troisième piste à droite qui file vers les  Baruteaux, toujours parallèle à la Serre Calmette que l’on a contournée. Le château des Templiers est désormais en surplomb sur notre droite et à l’horizon sur la gauche, on peut distinguer l’illustre village de Rennes-le-Château. A cause des étables et des nombreux bovins, on traverse en silence et avec prudence la métairie des Baruteaux. Mais ici pour qui connaît la légende, on ne peut s’empêcher de penser à cette étrange histoire qui prétend que depuis le 13 octobre 1307 et les arrestations de tous les Templiers par le roi Philippe le Bel, sauf ceux du Bézu allez savoir pourquoi, une cloche d’argent sonnerait le glas au fond du puits des ruines des Baruteaux. Ainsi, à chaque date anniversaire dans la nuit du 12 au 13 octobre, une longue procession de fantômes en habits de Templiers se mettrait en marche au son de cette cloche d’argent appelant les trépassés à se rendre du cimetière à la chapelle du château pour honorer les défunts. Après les Baruteaux, on poursuit le chemin en évitant de monter vers le domaine privé de Lattenouse et la piste finit par aboutir sur la D.14 au lieu-dit le Mas. On prend à droite et sur un peu plus d’un kilomètre, on poursuit avec précaution la départementale jusqu’au carrefour du Pont Romain. Ici deux alternatives se présentent : soit on poursuit jusqu’à Bugarach sur le bitume en suivant le balisage jaune soit on tourne à gauche si l’on ne connaît pas ce splendide édifice. Il s’agit d’un petit pont construit par les Romains avec une seule arche mais ô combien exceptionnel pour l’époque en terme d’exploit technique au regard du vide qu’il enjambe. Si vous avez choisi cette option que je conseille, vous pourrez tremper vos pieds échauffés par les kilomètres dans l’eau glacée de la Blanque. Ce ruisseau qui dévale tout droit du Pech a créé ici de magnifiques gorges mais aussi quelques agréables rivages sableux. Les doigts de pieds revigorés, vous franchissez le pont et poursuivez le balisage jaune par un court mais très raide dénivelé dans les bois de la Soula de Doumeng. Cet agréable et parfois difficile sentier vous amène sans problème vers Bugarach avec sur la fin de ravissantes vues sur le village et le Pech. Au court de ce  circuit, d’environ 26 kilomètres et pour lequel, arrêts compris, vous aurez consacré une grosse journée, vous n’aurez sans doute pas découvert de magots enfouis, ni de mythique Graal, ni les lutins Bug et Arach mais nombre de trésors historiques et naturels, une foule de merveilles floristiques et faunistiques et tout ça dans un gigantesque et extraordinaire écrin de verdure. Alors pourquoi en vouloir plus ? Si c’est le cas, je recommande la lecture de deux livres : « Mystères et Secrets des Templiers du Bézu » de Maurice-René Mazières et « Rennes-le-Château et l’énigme de l’or maudit » de Jean Markale. Carte IGN 2347 OT Quillan - Alet-les-Bains – Couiza Top 25.

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 6 Mars 2016 à 09:44

    On dit que la ferme de la Jacotte avait une réputation de coupe-gorge... ce qui n'est pas sans rappeler la fameuse Auberge Rouge (et Fernandel !). Pardon pour ce prétexte mais je tiens avant tout à dire merci pour ce partage généreux de si belles découvertes tant paysagères, mémorielles qu'intérieures... un vrai bonheur !

    2
    Vendredi 18 Mars 2016 à 08:13

    Une seconde référence à la Jacotte semble confirmer qu'on y a eu détroussé des voyageurs. Jusqu'en 1821 lorsque le défilé de Pierre-Lys devint enfin une route, l'accès vers le Fenouillèdes passait par le col de Saint-Louis. A l'époque de l'Aragon, c'était la frontière où les riches meuniers de Limoux venaient vendre leur farine... faisaient-ils halte à l'auberge de la Jacotte ?

    Merci Gilbert de continuer à nous ouvrir tant de voies pour une exploration tant naturelle que spirituelle et culturelle... sans parler du cultuel avec les Templiers, l'abbé Saunière, le gallicanisme et la visite en ces lieux mystérieux de monseigneur Roncalli, futur Jean XXIII...  

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