• 15 jours en pyjama, « un petit moteur » et la fatalité.

    15 jours en pyjama, « un petit moteur » et la fatalité.15 jours en pyjama, « un petit moteur » et la fatalité.

    Voilà 2 images que je retiendrais de mon séjour à Médipôle. Un écran éteint sur le meuble de chevet, synonyme de rétablissement et la vue très limitée car barrée par des barreaux anti-soleil que j'avais de ma fenêtre quand j'étais allongé sur le lit.


     

    En cette nuit du 24 mars, qui aurait pu imaginer qu’en partant aux urgences de l’hôpital de Perpignan pour de violentes douleurs au côté droit de la cage thoracique, je partais pour vivre les 15 prochains jours en pyjama ? Qui aurait pu imaginer qu’après une radio, un scanner, un électrocardiogramme et un test PCR, on allait 3 heures plus tard  me diagnostiquer une embolie pulmonaire, puis une demi-heure après une positivité à la Covid-19 ? Pas moi en tous cas ! Certes, après les 3 stents qui m’avaient été posés le 19 février, j’avais connu une dizaine de jours de grosse fatigue puis peu à peu tout c’était très vite arrangé. J’avais retrouvé une respiration quasi normale sans les gros essoufflements habituels que je connaissais depuis 5 ans suite à la pause d’une endoprothèse sur l’aorte et les iliaques et à une prise de médicaments dont l’influence avait pour moi toujours été si évidente. J’étais enchanté de ce constat. D’ailleurs, le 10 mars et par une journée quasi estivale, Dany et moi étions partis dans l’Aude pour une jolie randonnée du côté de Caves. J’en étais revenu ravi car je n’avais éprouvé quasiment aucune difficulté ni à marcher ni à respirer y compris dans les petites déclivités jalonnant cette boucle d’une dizaine de kilomètres. Seules mes jambes avaient été un peu lourdes en terminant cette distance. Mais quoi de plus normal ? Cette situation sans gros essoufflements était si rare depuis de longues années que je ne pouvais être qu’entièrement satisfait. Le 16 mars, j’avais renouvelé l’expérience de la marche pédestre avec une balade solitaire et ornithologique de 8 kms autour de chez moi. Ce n’est que le lendemain ou le surlendemain ; je ne sais plus ; que j’ai commencé à ressentir une nouvelle gêne respiratoire avec de nouveaux essoufflements au moindre de mes efforts. Monter 4 marches d’escalier devenait une épreuve. Idem pour jardiner ou faire un peu de vélo. J’étais comme un poisson hors de l’eau à la moindre tâche à effectuer. Quelque chose avait de nouveau changé dans mon corps et j’en étais conscient. Nous occupant de temps à autres d’une association de protection animale sur notre commune et ayant bénéficié d’un grand nombre de sacs de croquettes suite à une récolte alimentaire, le vendredi 19 mars Dany et moi sommes montés à Urbanya pour ravitailler un gentil monsieur qui là-haut s’occupe des chats errants du village. Nous y sommes restés jusqu’au lundi 22 après midi profitant de 3 jours de beau temps. J’en avais profité pour réparer un mur de pierres sèches de mon potager qui s’était écroulé suite aux intempéries hivernales puis pour préparer un petit jardinet où j’ai pris pour habitude de planter des pommes de terre dès le début du mois de mai. Si ces travaux ne m’avaient nullement fatigués sur le plan physique, j’avais beaucoup souffert en terme de souffle, chaque geste se transformant en dyspnées nécessitant des pauses répétitives et souvent très rapprochées. Oui, en quelques jours, ma santé s’était soudain dégradée et j’en avais conscience. Dès mon arrivée à la maison, Dany a  appelé mon médecin-traitant et pris rendez-vous pour le lendemain mardi 23 dans l’après-midi. Malgré mes indications, mes symptômes dyspnéiques , une très légère douleur à la poitrine, l’auscultation que le docteur réalisa et la prise des constantes ne décélèrent rien d’anormal et la seule ordonnance se résuma à une prise de sang que je devais faire à jeun dès le lendemain matin. Mon médecin-traitant étant plus enclin à penser que mes soucis étaient probablement liées à des soucis cardiaques passagers suite aux efforts consentis. La prise de sang était là pour confirmer ou infirmer ce changement soudain de mon état de santé.  La suite, vous la connaissez.

    C’est cette entrée aux urgences à 4 h du mat le 24 mars, où là l’ensemble des diagnostics fut posé en quelques heures : pneumopathie, embolie pulmonaire et Covid. Ce dernier étant sans doute responsable des deux autres affections. Si le tout me fut annoncé dans cet ordre et dans un laps de temps qui me laissa pantois, c’est surtout la manière pour m’annoncer la Covid qui fut désastreuse. En effet, si dans un premier temps, la radiologue est venue me prévenir dans le box où je me trouvais de l’embolie pulmonaire, c’est « la gueule enfarinée » qu’un interne est venu me dire sur un ton très désinvolte et comme si de rien n’était « qu’on allait me transférer au plus vite dans une unité Covid ». Bien évidemment et abasourdi sur l’instant, je suis resté « comme deux ronds de flan », mais reprenant aussitôt mes esprits je lui ai demandé « pourquoi j’ai la Covid ? ». Et là sans guère plus de diplomatie, il me répondit : « Oui, vous êtes positif, pourquoi on ne vous ne l’avez pas encore dit ? ». « Et ben non ! » fut la seule réponse qui put sortir de ma bouche. Je l’entendis marmonner quelques paroles qui se voulaient rassurantes mais ma tête était déjà passer dans un autre monde. Bien qu’il m’assurât que ma famille allait être prévenue, et vu ce qui venait de se passer, j’étais réticent à le croire et ce d’autant que les urgences restent des urgences. On y voit beaucoup de personnes aller et venir, parfois courir dans tous les sens et on se demande si « prendre le temps » est une unité qui a cours. Dans mon cas précis, ce n'est pas moins de 6 à 7 personnes différentes qui sont passées à mon chevet en l'espace de quelques heures. On ne peut pas en vouloir au personnel médical quand on sait que les urgences comme l’hôpital en général manquent de tout or mis de personnels administratifs. Le temps de sortir de ce monde dans lequel j’avais soudain basculé  et j’ai appelé Dany sur mon smartphone pour lui annoncer ce flot de mauvaises nouvelles. Je savais que mes paroles allaient être catastrophiques mais je les savais indispensables. D’un autre côté, j’ai su ensuite que j’avais bien fait de l’appeler car personne n’avait jamais tenté de le faire.  Si je ne peux que louer le travail exceptionnel des urgentistes, là en la circonstance, la psychologie n’avait pas été au rendez-vous. Le mal était fait. Certes le mal était là dans mon corps et dans ma tête et je n’en voulais à personne mais un peu de diplomatie et de prévenance vis-à-vis de mon épouse auraient été bienvenues en la circonstance. Dès que j’eus raccroché, ma tête partit de nouveau dans cet autre monde « covidien ». Quel nom donner à cet état ? Inconscience ? Manque de lucidité ? J’ai beau chercher mais je ne trouve pas. Si je tente de faire appel à mon imaginaire, je dirais qu’il s’agit d’un « petit moteur » dont j’ignorais tout jusqu’à présent, y compris son existence même. Allongé sur mon chariot et enfermé dans mon box, il était là à tourner à toute vitesse. Il posait un tas de questions. Je m’attendais à ce qu’il y réponde mais non, toutes les questions s’emberlificotaient. Elles s’entrechoquaient, me désorientaient, me préoccupaient mais je n’étais devenu qu’un spectateur de ce « petit moteur ». Spectateur de moi-même quand j’ y repense aujourd’hui. Ce « petit moteur » me rappela néanmoins que j’avais vu des images des souffrances et des problèmes que le Covid était capable d’engendrer. Des images de personnes en réanimation, « tuyautés » de toutes parts, trachéotomisées, mises sous coma artificiel, dans des états pas possibles, quelquefois transférées d’un hôpital à un autre dans des conditions incroyablement « saisissantes », des témoignages insensés de souffrances que certaines personnes avaient vécues et qui m’avaient même fait pleurer pour l’une d’entre-elle. Sensible à la souffrance des autres, je ne pleure jamais de mes propres tourments.  Oui, le petit moteur était là pour tenter de me rappeler tout ça mais s’adressait-il à moi le spectateur que j’étais devenu ? Non, j’étais comme détaché de tout ça et plus préoccupé par les souffrances terribles que ma cage thoracique s’évertuait à générer à intervalles très irréguliers mais justement redoutables à cause de cette irrégularité .

    D’ailleurs, au fil des jours qui s’écoulaient, puis de mon transfert de l’hôpital à la clinique Médipôle, je fis le triste constat que dans les moments de douleurs les plus terribles, le « petit moteur » se débinait. C’est ainsi que dans cette terrible nuit du 30 au 31 mars, il me laissa tout seul avec les pires douleurs qu’il m’ait été donné de connaître. Pourtant dieu sait si j’en ai connu des douleurs avec mon hernie discale, mon inflammation de la vésicule biliaire, ma tumeur de la parotide, mes crises de colites ou par deux fois celles de coliques néphrétiques et bien d’autres encore et pas plus tard que le 19 février lors de la pause des stents. Mais là ça dépassait tout ce que j’avais connu antérieurement.  J’avais appelé les infirmières mais sans doute trop tard. Trop tard parce que je n’avais pas pris le Tramadol, ce fameux analgésique qui n’agit pas directement sur la douleur mais directement sur le cerveau lui faisant croire que la douleur n’est plus là. Quant vers 18h30, les infirmières étaient passées me voir pour la prise des constantes et le repas, j’avais trop joué franc jeu leur disant que je n’avais pas de douleurs. C’était vrai à l’instant présent et jamais je n’aurais imaginé ce qui allait se passer quelques heures plus tard. La douleur dans ma cage thoracique arriva à une vitesse incroyable et avec une puissance insoupçonnable. Quand j’ai sonné les infirmières mais qu’elles ne sont pas venues immédiatement, c’était déjà trop tard. Et même si elles étaient venues plus vite, ça n’aurait rien changé à mon état ! Je criais, hurlais, suppliais qu’on me vienne en aide, priais pour que l’on allège cette « monstrueuse » douleur. Le moindre mouvement de mon corps la démultipliait. J’étais incapable de bouger et quand les infirmières me demandèrent de m’assoir au bord du lit puis carrément de me relever, j’ai eu l’impression que tout mon être était entrain de subir une véritable torture. Elle ressemblait à celle que l’on imagine quand on pense au supplice de la roue. Oui, mon corps et surtout mon torse et mes bras étaient comme écartelés et comme tiraillés dans tous les sens par cette douleur qui transperçait ma cage thoracique. Dans cette attente d’une réduction de ma souffrance, mon seul recours fut de prendre à bras le corps l’infirmière, laquelle par bonheur était bien charpentée et réussit à soutenir mes 93kg de ses épaules. Soudain et alors que ma souffrance semblait être son apogée et que j’avais le sentiment d’avoir un poignard planté côté droit dans ma cage thoracique, j’ai senti que je vacillais. Je me souviens très bien avoir dit à l’infirmière « je vais mourir ! »  à plusieurs reprises et presque dans la continuité le poignard dans ma poitrine se transforma en des spasmes d’une rapidité et d’une violence inimaginable. Là encore, les spasmes démultipliaient mes douleurs et le poignard qui était planté se transforma en autant de coups de couteau supplémentaires autour du premier. C’est à cet instant, qu’une chaleur de plus en plus brûlante monta de mes épaules, envahit mon cou et toute ma tête. Mon cerveau était entrain de devenir une véritable « cocotte-minute », mais aussi vite que cette chaleur était arrivée, je ressentis aussi soudainement une étrange sensation de froid m'envahir. Je sentais que mon corps et ma tête étaient entrain de me lâcher. Mes jambes ne semblaient plus me soutenir et j’avais le sentiment que je ne tenais debout que par la grâce et la poigne de l’infirmière. Je les ai entendu se dire « ô mon dieu qu’il est blême », « qu’il est blanc », puis dans la foulée « monsieur recouchez-vous, je vous en supplie, il faut que vous vous recouchiez, c’est important ! » me criaient-elles. Elles m’aidèrent à le faire, mais les douleurs que mon corps avait endurées pour me lever furent aussi virulentes que celles pour me recoucher. Mon corps tout entier n’était que douleurs. Les souffrances étaient toujours aussi violentes mais elles s’estompèrent peu à peu brisées par l’extrême fatigue qui prenait peu à peu le dessus. Je n’osais plus bouger et même s’il me fallut de très longues minutes pour m’assoupir, je compris peu à peu que je venais de vivre un « instant inoubliable » de mon existence. Avais-je échappé au pire ? J’en suis persuadé car un être humain plus affaibli que moi n’aurait probablement pas résisté à ce supplice que je venais de vivre.

    Le « petit moteur » n’avait pas été là,  pas plus qu’il ne fut là pour les hallucinations qui hantèrent quatre ou cinq  « somnolences » qui surgirent au fil des jours suivants à des moments de grande fatigue. S’agissait-il de l’opium contenu dans le Tramadol qui les provoquait ? Je le suppose mais toujours est-il que ces hallucinations étaient devenues pour moi une certitude. Pris d’une immense fatigue et alors que je voulais dormir, elles arrivaient sans crier gare dans ces instants de profondes léthargies. Ma seule certitude est que je ne rêvais pas et que je les vivais avec conscience. Elles ressemblaient au fonctionnement du « petit moteur », aussi rapide dans leurs manifestations, sauf que ce n’était plus des questions ni des rappels d’actions ou visions antérieures mais franchement n’importe quoi.  Elles défilaient les unes derrière les autres à une vitesse phénoménale ne me laissant aucunement le temps de la réflexion sur celle qui était passée dans mon cerveau juste avant. Oui, c’était n’importe quoi, et là où c’est encore plus bizarre c’est que je ne me souviens clairement que de l’une d’entre-elles. Il y était question d’un « grillage qu’il était impératif que j’accroche ». « Quel grillage ? » « Que je devais accrocher où ? » Je n’ai jamais su ! Presque aussi bizarre, une fois entré à la maison, Dany m’a proposé de manger un avocat et là, à l’instant où j’eus le noyau dans mes mains, je me suis souvenu d’une autre hallucination que j’avais eue. Je m’étais vu déterrer un noyau alors que je piochais un lopin de terre. Or je me souvenais très bien avoir connu cette situation alors que j’avais préparé le petit potager à pommes de terre d’Urbanya. Oui, ce jour-là, j’avais trouvé un noyau d’avocat intact dans le compost avec lequel je fertilise mes potagers. Hallucinations et réalités, le « petit moteur » m’avait laissé avec mes souffrances et mes interrogations mais autant le reconnaître il m’avait été d’une aide immense dans ces instants où mes pensées s’étaient détachées de moi face à cette peur terrifiante causée par la Covid.

    Quand j’ai commencé à aller mieux, le « petit moteur » disparut à jamais. Mon cerveau reprit en main tous ces questionnements. Le premier de tous a été d’essayer de comprendre comment j’avais pu souffrir autant de la cage thoracique. Les avis médicaux étaient partagés, certains docteurs mettaient ça sur une inflammation de la plèvre, d’autres sur des douleurs musculaires ou intercostales et certains sur des effets secondaires dus à la Covid. Je ne saurais jamais mais je prie pour ne plus avoir à les revivre un jour. De mon côté, je reste persuadé que c’est un amalgame de toutes ces affections qui en ont été la cause.  Je savais désormais que le corps humain était capable d'engendrer d'incommensurables souffrances, souffrances si terribles que jamais je n'aurais pu les soupçonner. Avais-je connu le pire ? Je ne le pense pas non plus ! Ensuite, si j’ai été ravi d’apprendre que Dany était négative cela engendra chez moi des énigmes incroyables  : « Comment et où avais-je attrapé ce satané virus ? » « Que n’avais-je pas respecté ? » « Pourquoi moi qui prenais peu de risques par rapport à Dany ? ». « Pourquoi moi qui avais peur constamment du virus ? ». Les questions parfois tournaient à la paranoïa et étaient du style « que faudra-t-il que tu changes dans ta vie quotidienne si tu t’en sors ? ». Je n’arrivais pas apporter des réponses claires, ma vie étant d’une simplicité et d’une banalité sans nom depuis le début de la pandémie. Mes amis de mes associations sportives avaient quasiment disparu depuis le 2eme confinement et je ne les avais plus jamais côtoyés sauf par le plus grand des hasards. Je passais les ¾ de mon temps dans mon bureau et devant mon ordinateur et l’autre ¼ dans la campagne autour de chez moi. J’avais une hygiène de vie plutôt correcte ne buvant pas d’alcool, ne fumant pas et mangeant sans excès le plus souvent. Certes depuis la sortie du confinement, je sortais presque chaque jour, « mais mes sorties se résumaient à quoi ? ». Le plus souvent, je prenais mon vélo et partais dans la garrigue pour quelques heures et pour photographier la Nature et notamment les oiseaux. La photographie ornithologique étant devenue une passion. Et puis, je me sentais bien dans ce milieu-là. Parfois et dans des endroits propices aux oiseaux, je m’asseyais longuement pour observer ce spectacle. Quand ce n’était pas en vélo, c’était à pied, inventant à l’occasion des circuits pédestres à partir de mon domicile. Depuis quelques mois et grâce à des appareils de musculation et d’assouplissements qui avaient été installés à l’étang et sur le parcours « santé », je m’attelais à cette activité sportive sauf les jours de grands mauvais temps. Quand j’avais fini avec les appareils, je pensais à me nettoyer les mains avec un gel hydroalcoolique que j’avais toujours dans mon sac à dos.  Certes, il m’arrivait d’aller dans un magasin pour dépanner Dany ou chez un marchand de journaux pour faire un Loto Foot ou acheter un magazine mais j’avais toujours le masque et respectais toujours les distanciations y compris quand j’estimais qu’il y avait trop de monde à l’intérieur. Je patientais dehors attendant qu’il y ait moins d’affluence. Je ne jouais pas au Loto Foot pour l’argent, l’argent n'étant plus un ressort de ma vie depuis que j’étais à la retraite. J’estimais que j’avais ce qu’il fallait pour vivre et ça me suffisait. Non, depuis l’apparition de la Covid, le Loto Foot, moins hasardeux que les jeux de tirage, était devenu un petit espoir quasi quotidien dans ce monde qui soudain était devenu sans espérance à court terme. Le Loto Foot, c’était un vrai petit plaisir quand je gagnais et ça n’allait guère plus loin. Simple petite fierté d’avoir trouvé les bons résultats. Voilà qu’elle était ma vie : simple, désintéressée, écologique, sportive et tournée le plus souvent vers la Nature à la moindre occasion. Oui, j’allais mieux mais ces épreuves que je venais de vivre étaient incompréhensibles et j’en voulais à la terre entière de ce qui m’était arrivé en quelques semaines : problèmes cardiaques, pause de stents, embolie et Covid entre le 19 février et ce maudit 24 mars. Jamais, et malgré toutes les hospitalisations que j’avais connues, je n’avais connu pareille « persécution ». J’avais gagné le gros lot de la pire des malchances. Je vivais ça comme une injustice, pire comme une trahison. La terre entière, c’était ce monde-là que j’aimais et qui m’avait trahi, c’était la France, nos gouvernants, la Nature, les chats, les sacs de croquettes, le gentil chat noir Flip que Dany avait redescendu d’Urbanya le 22 mars pour l’amener au véto pour un gros problème oculaire. Oui, un chat noir tel qu’on les imaginait au Moyen-Âge m’avait-il porté malheur ? Oui, seul sur mon lit d’hôpital, mon questionnement « parano » allait d’un motif  à une autre sans jamais trouver de réponse. Seule Dany et toute ma famille était exempte de tout reproche. Il faut dire que leur soutien était exceptionnel. Puis allant de mieux en mieux et analysant plus à froid la situation, j’ai finalement compris qu’il n’y avait qu’un seul mot derrière tout ce qui venait de m’arriver : « LA FATALITE ». Certains diront « LE FATALISME » bien que pour moi ce mot est une connotation bien trop négative. J’avais passé 15 jours en pyjama, un « petit moteur » m’avait aidé dans cette terrible épreuve, ma bonne constitution et le fait que j'ai toujours eu un taux d'oxygénation plutôt correct avaient fait le reste et puis surtout j’avais conscience que je m’en sortais bien au regard des 200 à 400 morts qu’il y a chaque jour à cause de la Covid. D’ailleurs, juste avant ma sortie, je me mis en pleurer en regardant un reportage à la télé. Il s’agissait d’une homme de 61 ans qui était entrain de s’étouffer et auquel les médecins réanimateurs étaient entrain d’annoncer qu’ils allaient l’intuber et le mettre dans un coma artificiel. Oui, j’ai éteint la télé et me suis mis à pleurer à la fois sur le sort de ce pauvre malheureux et de joie car lucide d’avoir eu de la chance et d’être encore bien vivant. La vie, être vivant, vivre, j’étais conscient que mes êtres les plus chers, ceux qui m’aimaient et que j’aimais n’attendaient que ça de moi. Moi aussi !

    Je profite de ce récit pour remercier l'ensemble du personnel médical qui s'est occupé de moi tant à l'hôpital de Perpignan qu'à Médipôle. Pour leur professionnalisme, leur gentillesse et leur énergie.  

     

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  • Commentaires

    1
    mdn
    Mercredi 5 Mai à 23:35

    .....heureux de te savoir ""  vainqueur "" de cette terrible maladie  ( cochonnerie )...ton humanité et ta bienveillance connue n'avaient pas besoin de ce rappel ..on est bien peu de chose et tellement plus fort en se donnant la main  mais !!  tout cela tu le connais et le pratique ..fonctionnaire , j'ai souvent honte de ma vie passée  quand j'étais ( comme nous tous )  un animal de cirque dansant sous le fouet d'un état dompteur !!...j'ai pour ma survie fréquenté notre excellent et envié  service de santé et je n'ai pas trouvé l'humanité et la bienveillance  tant proclamée ... comme dans l'industrie  de la mal bouffe on à failli faire de moi  des boites de pâté !!! 

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