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Le Circuit de Caladroy par le Bac de Pleus depuis le col de la Bataille (Bélesta).

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons de Pascal Obispo interprétées par lui-même. Elles ont pour titre :  "Les Fleurs du Bien", "Millésime", "L'Important c'est d'Aimer" et "Laisse le temps faire" en duo avec Florent Pagny.

Le Circuit de Caladroy par le Bac de Pleus depuis le col de la Bataille (Bélesta).
Le Circuit de Caladroy par le Bac de Pleus depuis le col de la Bataille (Bélesta).

Pour agrandir les photos, cliquez dessus.

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Pour être franc, c’est en effectuant la randonnée précédente que j’ai intitulée « Les Chemins des Maquisards depuis Montner » que m’est venue l’idée de celle-ci. Enfin qu’en je dis l’idée, c’était simplement le début d’une idée consécutivement au fait que j’avais aperçu des panonceaux directionnels de randonnée mentionnant « Le Château de Caladroy ». Un simple coup d’œil sur la carte IGN Géoportail et ce circuit que j’ai appelé « Le Circuit de Caladroy par le Bac de Pleus depuis le col de la Bataille » s’est présenté à moi comme une évidence. Si je n’ai pas souhaité reprendre la mention « Château de Caladroy », c’est parce que je n’étais pas certain qu’une visite à l’improviste du domaine viticole soit possible lors de notre passage. En effet, comme je le fais souvent avant de partir randonner, je consulte Internet et je lis tout ce qu’il est possible de découvrir. Et là, sur le site du domaine, j’apprends que les visites guidées ou libres, mais payantes, sont possibles mais seulement aux mois de juillet et août. Alors certes je ne refuse pas le fait de payer une visite, mais nous sommes déjà en octobre et je ne suis pas du tout certain qu’une découverte soit possible, et ce d’autant que je présume que le domaine est sans doute en effervescence car les vendanges sont habituellement faites en septembre et octobre. C’est donc avec ce doute que nous avons démarré cette randonnée, doute d’autant plus surprenant pour moi que j’avais toujours cru que Caladroy était un petit hameau comme les autres mais avec une cave vinicole à l’intérieur. Or pas du tout, le domaine privé occupe l’ensemble du hameau avec certes la vente de vins qui a fait sa renommée mais aussi la vente d’huiles d’olives et de vinaigres de vin, la location de gîtes et même une activité de chasse organisée ainsi que des spectacles en été. Tous les bâtiments, toutes les maisons sont donc la propriété du domaine. Voilà tout ce que l’on peut lire sur leur site et bien d’autres choses encore.  En ce 3 octobre 2025, il est 10h tapantes quand nous laissons notre voiture sur le parking du col de la Bataille. Dany, qui est nettement plus observatrice que moi pour certaines choses ; me fait remarquer une grosse plaque d’asphalte complétement fondue en plein milieu du parking. Pas de doute, ici une voiture a cramé, ce qui est peu encourageant quand on sait que l’on part pour quelques heures de marche. Mais la randonnée ayant pour but premier d’oublier les tracas, on se met immédiatement en marche direction Caladroy en longeant la D.38. Dany qui n’est encore jamais venue par ici, ne connaît pas l’histoire tragique des Trousseu père et fille. Elle est donc très surprise de trouver leurs 2 pierres tombales au bord de la route. Je lui en explique la brève affaire jamais véritablement dénouée malheureusement puisque l'assassin n'a jamais été retrouvé bien que condamné par contumace (Source site Geneanet). Premier chemin à droite, direction la Peyre Drète, sa bergerie ruinée et son menhir couché et fracturé. Le temps de quelques photos et de quelques explications historiques que je lui transmets et nous continuons cette agréable balade. Il fait très beau, elle se régale à marcher et prend le temps de lire les différentes pancartes consacrées au Réseau de résistance Henri Barbusse. De mon côté, flore, papillons, criquets, oiseaux et photos des décors traversés continuent à occuper tous mes sens. Celui de l’ouïe est souvent attiré par les croassements d’une petite colonie de Grands corbeaux trouvant toujours refuge dans les pylônes THT. Si je spécifie « toujours », c’est parce qu’ils étaient déjà là le 20 septembre dernier lors des « Chemins des Maquisards ». Sans doute, trouvent-ils là, sur ces hauteurs dominantes, la sécurité indispensable à leur territoire avec une vue sur leurs éventuelles nourritures, ici les raisins mûrs par exemple, et sur l’approche d’éventuels prédateurs. La poursuite du parcours s’effectue sans problème, d’abord parce que je le connais un peu désormais, puis parce que je l’ai créé dans l’application Visorando. Seule l’arrivée à proximité du domaine viticole pose un souci. D’abord parce qu’un panneau « sens interdit » barre l’accès d’un chemin qui est pourtant sur le tracé admis par la Fédération Française de Randonnée Pédestre car surligné sur la carte IGN de Géoportail. Dans le doute, nous passons outre car après tout nous ne faisons que marcher, donc aucun mal et de surcroît, je pourrais en cas de problème prouver ce paradoxe. Ce chemin nous amène direct dans le domaine et notamment à proximité des gites car nous apercevons une dame portant du linge de lits. Occupée, elle ne fait pas attention à nous ou ne nous voit pas. Je me dis « tant mieux si l’on peut éviter des explications », même si nos sacs à dos et nos bâtons de marche n’offrent aucun doute quant à notre présence ici.  A l’approche des premiers bâtiments, la possibilité nous est offerte de nous en éloigner par un autre chemin semblant faire le tour total du domaine. Finalement, malgré une activité bien visible, personne ne nous remarque et nous réussissons à faire le tour du hameau finissant cachés par une allée longeant une oliveraie. Bien évidemment, nous n’avons rien vu du hameau et si un jour on veut vraiment le découvrir, il nous faudra revenir uniquement pour ça. On se retrouve devant le grand panneau de l’entrée du domaine sur lequel on peut lire l’ensemble des activités, y compris « randonnée », mais aussi « site sous vidéo surveillance ». Il ne nous reste plus qu’à continuer notre circuit, mais on garde à l’esprit l’idée de revenir faire une visite plus complète le jour où nous aurons nécessité d’acheter du vin, ce qui risque d’être un peu long car nous n’en buvons que très peu, et surtout que dans de grandes occasions. L’itinéraire de notre tracé nous faisant passé près d’un dolmen et d’un menhir, je m’empresse d’aller photographier ces trouvailles. Malheureusement, mes recherches à leur propos sur Internet n’ont guère été fructueuses et même plutôt confuses pour connaître leurs véritables noms et leurs nombres exacts. Il y aurait plusieurs dolmens, menhirs et roches à cupules dans ce secteur de Caladroy, souvent présentés comme étant sur la commune de Bélesta, ce qui est vrai puisque le hameau fait partie de cette commune. Sauf que cela a pour effet de créer une certaine confusion car certains mégalithes de Bélesta ne sont pas du tout à Caladroy. C’est d’autant plus confus que l’on peut lire que certains dolmens auraient été détruits, puis déplacés et reconstitués (Page « Mégalithes » et « Bernard Fabre » sur Facebook). Enfin, si j'en crois le site "Mégalithes du monde", le dolmen aurait pour véritable nom "Arca de la Ginebrosa". Après cette découverte, l’heure du pique-nique a sonné. Un amoncellement de roches au bord du chemin fait office de table. Est-ce l’odeur de nos sandwichs et de nos tartes aux pommes ; je ne le pense pas ; toujours est-il qu’une dizaine de vautours fauves arrivent soudain au-dessus de nous dans un désordre étonnant car plutôt dispersés. Certains partent vers le château qu’ils survolent longtemps comme si une charogne était là, d’autres se laissent emporter en circonvolutions vers de hautes altitudes et deux ou trois planent au-dessus de nous mais à des hauteurs peu inquiétantes. Finalement, nous mangeons tranquilles car au bout d’une grosse demi-heure tous s’éloignent et disparaissent petit à petit. Nous reprenons notre marche en avant en direction du Bac de Pleus sur des chemins assez variables en terme de terrains, mais où une déclivité modeste est toujours présente. L’essentiel du dénivelé est sur cette portion du circuit passant entre les lieux-dits « La Croux d’en Rodrigo » et « LLissanes ». Ce dénivelé offre des vues superbes vers le Massif du Canigou, Bélesta et ses alentours et bien évidemment sur le Château de Caladroy et la plaine du Roussillon plus globalement. A la côte 481, tout près d’une cabane en pierres sèches effondrée, il faut partir à droite sur un étroit sentier peu visible, sentier sans doute tracé par les chasseurs du coin. Il démarre au pied d’une source en partie asséchée où papillons et frelons cherchent un peu d’humidité dans une glaise grisâtre. Le sentier reste constamment étroit mais néanmoins bien praticable. Il dévoile des vues aériennes très proches sur le Bois de Cuxous et plus en contrebas sur les mas quelque peu disséminés des Casals, de Pleus et de leurs alentours. Si l’on regarde plus loin, c’est une belle partie du Fenouillèdes, des Basses Corbières et de bassin de l’Agly que l’on peut découvrir. Ici, sur ce plateau, nous sommes presque au plus haut d’une colline qui a pour nom « Roc de la Mandre ». Un ciel laiteux empêche de voir la mer, mais on la devine présente au-delà de ce voile blanchâtre. En arrivant au bout du Bac de Pleus, ce sont des panoramas à presque 360° qui se révèlent avec en ligne de mire la colline de Força Réal. Le sentier descend vers deux pylônes THT, contourne le premier, puis passe entre les deux. Un mauvais chemin très raviné prend le relais puis atterrit plus loin et plus bas sur une bonne piste. Après 1k2 environ, on retrouve la piste empruntée lors du « Chemin des Maquisards », puis à hauteur du fameux chêne « Pilar Batlle », on retrouve les décors et découvertes faites à l’aller. Si la randonnée n’est pas finie pour autant, car il faut encore rejoindre le parking du col de la Bataille, nous allons l’occuper principalement en visitant la bergerie de la Peyre Drète un peu plus en détail. Un panneau « Maquis Henri Barbusse » que j’avais loupé, nous apprend que le berger s’appelait Fernand Creixel et qu’il avait un rôle d’agent de liaison avec le réseau de résistance. Cette agréable balade se termine aussi tranquillement qu’elle a commencé car avec un ciel presque aussi pur. Selon l’enregistrement effectué sur l’application Strava, cette randonnée a été longue de 10,16km pour un dénivelé de 273m. Le point le plus bas est à 259m au lieu-dit « le chêne Pilar Batlle » et le plus haut à 482m au démarrage du Bac de Pleus. En raison des dates de visites du Domaine de Caladroy possibles en juillet et août, il est sans doute préférable de faire cette randonnée à ces dates-là afin de coupler les deux. Carte 2448OT Thuir-Ille-sur-Têt top25.    

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Etape 2 : Narbonne/Portel-des-Corbières 24,9km le 26 septembre 2014

Publié le par gibirando

Pour les raisons déjà invoquées dans mon récit, ce diaporama (comme les 2 autres) est agrémenté de diverses reprises de la chanson "La Mer" (en anglais Beyond The Sea) de Charles Trenet et Léo Chauliac. Elles sont interprétées ici et dans l'ordre suivant par Gypsy Jazz Caravan (instrumental), Tatania Eva-Marie & Avalon Jazz Band (chant), Neville Worthington (guitare), Alfonso Gugliucci (piano jazz), Sacha Distel (chant) et Richard Clayderman (piano).

Etape 2 : Narbonne/Portel-des-Corbières 24,9km le 26 septembre 2014


 

- Narbonne – Portel-des-Corbières

 

- Vendredi 26 septembre 2014, 7h. J’ouvre les yeux. Le jour est tout juste entrain de poindre et par la fenêtre restée entrouverte, le grand néon du Novotel projette une lueur bleutée à l’intérieur de ma chambre. Je me rase puis me précipite sous la douche. Avec satisfaction, je constate que le sol a parfaitement séché et que plus aucune trace de l’inondation d’hier soir n’est perceptible. Seules les serviettes sont encore bien détrempées malgré un essorage intensif et un tentative de séchage nocturne sur le bord de la fenêtre. Je prépare et range soigneusement mon sac, jetant au passage tout ce qui me semble inutile, morceaux de cartes I.G.N et emballages divers notamment. Je récupère le chargeur et la batterie de mon appareil photo que j’ai pris soin de recharger toute la nuit. Je réussis à remplir mes deux camelbacks directement au lavabo de la chambre. Dans une, j’y ai ajouté ma « dope », simple poudre énergisante mais ô combien efficace quand un coup de mou apparaît. Je les fourre dans les poches latérales de mon sac à dos en prenant soin de vérifier que leurs robinets sont correctement fermés. Tout est fin prêt et je laisse mon sac à dos et mon appareil-photo sur le lit. Je sors de la chambre et part directement vers l’accueil où m’attend le petit déjeuner. Un seul homme est déjà entrain de se servir. Ce qu’il y a de bien avec le petit déjeuner du Formule 1, c’est que tout est à volonté, liquides et solides, à une condition toutefois : arriver bien avant qu’il y ait une cohue. C’est le cas et j’en profite au maximum car je sais que tout peut changer très vite. Dix minutes plus tard, c’est effectivement ce qui se passe quand un groupe de touristes et les cyclistes aperçus hier soir se ruent autour des cafetières, des jus de fruits et des panières de pains, de biscottes et de viennoiseries alors que moi j’en suis déjà à terminer bien tranquillement une double ration sur la terrasse. La note étant payée, il ne me reste plus qu’à retourner dans la chambre chercher mes affaires. 8h30, je quitte l’hôtel et reprend exactement l’itinéraire qui m’a vu arriver hier en fin d’après-midi. Le soleil n’est pas encore totalement levé mais la circulation routière est aussi compacte qu’hier. Je redouble de prudence mais la connaissance du parcours me permet de marcher bien plus vite et d’éviter les endroits les plus périlleux. Je rejoins le Chemin communal de l’Arboretum en moins de vingt minutes alors que hier après-midi j’en avais mis le double. Ayant analysé la carte I.G.N, je sais que cette route va m’emmener directement près de l’étang de Bages au lieu-dit le « Vieux Moulin du Rey » où se trouve l’Arboretum. Au début de la route et posé contre un grillage où je l’avais laissé, je retrouve un vieux morceau de bois flotté que j’avais trouvé hier matin au bord de l’étang de l’Ayrolle. Magnifiquement lustré, il m’avait longuement servi de bâton de marche pour terminer cette première étape. Je le récupère. Ici, le chemin est désormais tout en descente et pour démarrer cette étape ça me convient très bien.  Au moment, où je dépasse les dernières maisons de Saint-Paul, j’entends une puissante détonation et une perdrix vient tomber à une dizaine de mètres devant moi au beau milieu de la route. J’aperçois un chasseur qui descend en courant d’une petite colline et qui se précipite pour se saisir de l’oiseau qu’il met immédiatement dans sa gibecière. Je le hèle,  mais sans réaction il tourne les talons et repars sans le moindre regard dans ma direction pourtant toute proche. A-t-il vraiment pris conscience que j’étais là, à quelques mètres de portée de son fusil ? Je poursuis la route bitumée qui finalement se transforme à une large piste terreuse à hauteur du Vieux Moulin du Rey. Ici, au bord de ce chemin, deux amoureux dont on voit bien qu’ils se cachent, s’enlacent en « se dévorant » la bouche . Je les surprends dans leurs étreintes. L’homme étonné de ma présence si soudaine et si proche se retourne et me dévisage d’un méchant regard. La femme, elle, se tourne de l’autre côté pour que je ne vois pas son visage. Si « constat d’adultère » il y a, je n’en ai cure et passe mon chemin le plus naturellement du monde. Toutefois, ce « fait divers » m’a fait oublier que l’Arboretum était là, tout proche. Je m’en aperçois bien trop tard et seulement en arrivant sur la D.105 devant des panonceaux de randonnées qui indiquent « Pesquis » à 1,5 km et « Bages à pied » à 3,6 km. Le « Mouli dal Rey », lui, est déjà dépassé d’une centaine de mètres. Je me dis que ce sera l’occasion de revenir et je file vers les Pesquis,  petit hameau perché sur une butte au beau milieu de la garrigue. En coupant, la D.105, j’emprunte une étroite sente souvent caillouteuse qui s’élève dans le maquis. Sur la carte I.G.N, il y a bien une variante, mais comme elle emprunte la route asphaltée, j’aime autant l’oublier. Malgré, la faible élévation, je prends beaucoup de plaisir à cheminer cette petite colline car les vues sur les marais tout proches et l’étang de Bages sont très belles. Le sentier est jalonné de postes de chasse mais par bonheur, aujourd’hui, aucun chasseur ne les occupe. J’en profite pour marcher bien tranquille et prendre de nombreuses photos. Une crête plus haute que les autres offre des vues sur le vignoble et sur les Roches Grises, quartier sud de Narbonne dont l'extension sur la colline est d'une triste évidence. Les Pesquis et Bages sont souvent en ligne de mire mais les nombreux passereaux qui occupent le maquis et que je tente en vain de photographier me les font le plus souvent oublier. Le sentier débouche sur une petite route bitumée menant assez directement aux Pesquis. Au passage, je note la présence d’un casot convenablement taggué, d’un puits sans doute séculaire puis celle d’une vieille croix métallique aux pointes en forme de fleurs de lys. Aucune mention n’en indique l’origine alors je les fixe simplement dans mon numérique. J’arrive aux Pesquis dont je visite très rapidement la quasi-totalité des ruelles. Le village est bien fleuri et il n'y a que ça qui m’intéresse car pour le reste, le hameau est désert et rien d’autre de concret ne retient vraiment mon attention. Je le quitte bien plus vite qu’il ne faut de temps pour l’écrire. Le sentier continue de monter. Sur la gauche, une jolie construction toute ronde attire mon regard. J’y file car sur le moment, je pense à un abri de berger, du style « orri pyrénéen » mais non, il s’agit sans doute d’un vieux puits car une porte métallique en obture fermement l'accès. Au moment où je repars un petit bruant, vient se poser tout près de moi dans un buisson d’églantiers. Je le photographie mais il me quitte aussi vite qu’il est arrivé. Au même instant, dans le ciel, un épervier survole la colline dont j’atteins le sommet quelques minutes plus tard. Les passereaux y sont nombreux. Avec quelques fleurs bleues que je ne connais pas et qui tapissent le sol à un endroit bien précis, ils seront les seuls à freiner mon ardeur à arriver à Bages. Entre maquis, pinèdes et vignes, le chemin redescend sèchement en direction de l’étang. Ce dernier scintille magnifiquement du côté de Bages, dont le village haut perché se trouve désormais sur ma droite. Lorsque j’y parviens, les panonceaux directionnels m’offrent le choix entre continuer vers Peyriac-de-Mer ou visiter la cité. Estimant que je ne l’ai pas suffisamment visité lors de ma récente venue à la recherche d’un couchage, je fais le choix de réparer cette anomalie. Des flamants roses, eux, sont toujours là et quasiment au même endroit, côté Anse des Galères. De haut en bas, c’est-à-dire de son église Saint-Martin et de sa table d’orientation jusqu’au petit port en passant par ses étroites ruelles, sa maison des Arts et ses pontons, tout Bages y passe en un temps que je veux le plus court possible. Dans ce désir de tout découvrir, sans ne rien oublier,  mais en minimum de temps, j’ai conscience que prendre de nombreuses photos est une réelle mais inévitable contrainte si je veux conserver des souvenirs. Finalement, le temps que je viens de tenter de gagner avec cette découverte au pas de course, j’ai le sentiment de le perdre dans ma quête à retrouver l’itinéraire du Sentier du Golfe Antique (*). Je retrouve le balisage à un carrefour Chemin de Ceinture et village des Pêcheurs puis je sors définitivement de Bages par la rue d’Estarac. Là, sur la route, et malgré de nombreux passereaux qui mettent en éveil mon appareil-photo, je prends conscience que je ne suis pas venu pour me « taper du bitume ». Dès la première occasion qui m’est offerte, je descends vers les étangs, malgré un tracé différent dans mon GPS. Oui, voilà ce que je suis venu chercher et observer ! De jolis sentiers sableux à cheminer, mais surtout des aigrettes, des mouettes rieuses, des hérons par dizaine et des flamants roses par centaine dans leur biotope préféré. Sans doute ai-je dérogé à l’itinéraire du Sentier du Golfe Antique et à certaines règles en venant jusqu’ici ? Mais voilà où je suis bien ! Là, dans cette Nature que j’aime tant et au milieu des oiseaux. Entre mon désir de les approcher au mieux pour les observer et les photographier et celui de respecter leur vie paisible, j’essaie de trouver le meilleur et juste compromis possible. Peu importe si mes photos ne sont pas « top » ! Et quand une guérite d’observation se présente au bout d’une longue lagune face à un attroupement de flamants roses, je n’hésite pas une seconde à ramper sur des dizaines de mètres et au milieu des graminées, des salicornes et des soudes pour les approcher au mieux sans jamais les déranger. Le résultat est au-delà de mes espérances. Ils ne s’envolent pas, se contentant de tourner leurs têtes de tous les côtés car ayant sans doute pris conscience d’une présence bien trop proche. A l'instant où ils replongent leurs têtes dans leur plumage, je comprends que « la fin du match est sifflée » . Je repars en rampant comme je suis venu. Ayant obtenu ce que je voulais, je retrouve sans trop de problème le bon itinéraire peu avant une croix consacrée à Saint Paul. C’est le bien nommé chemin de Saint Paul filant direct vers Peyriac-de-Mer. Ce Paul de Narbonne, ce n'est qu'en rentrant que j'en découvrirai l'Histoire. Ici, au sortir des étangs, tout à brûler et qui plus est très récemment car seule une herbe verte mais encore rase a eu à peine le temps de repousser. Pins, oliviers, maquis, champs en jachères mais aussi tourbières et roselières, c’est un quasi désert, si tristement noirci et contrastant avec la haute et belle végétation verdoyante que je viens de traverser. Une vraie catastrophe !  Je ne peux m’empêcher de penser à toute cette faune que l’on ne voit que de manière impromptue, brusque et épisodique parfois. A cet instant précis, c’est l’exemple des fauvettes qui me vient à l’esprit car j’en ai vu beaucoup depuis mon départ sans pour autant réussir à en photographier une seule ! Oui, que deviennent-elles quand un incendie tel que celui-ci les surprend dans leur milieu ? Par bonheur, le bon chemin de Saint Paul, non pas en bitume mais bétonné, se poursuit vers Peyriac-de-Mer dans une zone marécageuse que l’incendie semble avoir épargnée. Le vent a cessé et c’est l’occasion rêvée pour écouter « la Mer » dans différentes versions pas toujours aussi réussies que l’originale. « La Mer » en version reggae ou ukulélé, ce ne sont pas celles que je préfère ! Je crois savoir qu’elle fait partie des chansons françaises les plus reprises au monde alors on trouve un peu de tout !  Finalement, j’entre dans la commune de Peyriac par les lieux-dits L’Horte et l’Oppidum du Moulin où un panneau d’information m’apprend que les Romains étaient présents, des pièces de monnaie ayant été retrouvées. Puis c’est la Saline, l’étang du Sel Fort et du Doul avec leurs pontons que je connais déjà très bien pour y être venu randonner en 2010 lors d’une balade intitulée « Les Boucles de Peyriac-de-Mer ». Je m’y lance à nouveau avec l’idée d’y photographier quelques oiseaux. Une aigrette, quelques goélands et des foulques sont immortalisés.  Il est presque 13h, or mis les graines juteuses de deux grenades et quelques raisins grapillés, je n’ai pratiquement rien mangé depuis l’hôtel et comme un banc face à l’étang est là bien à propos, j’estime que c’est l’endroit rêvé pour déjeuner. Une petite salade toute prête et un gâteau de riz viennent tout juste apaiser ma faim. Je mange sous le regard d’un goéland planté sur un piquet. Il m’observe avec insistance et finit par s’approcher de moi. Je lui offre quelques pâtes de ma salade qu’il accepte bien volontiers. Quand je repars, il s’envole vers son piquet, sans doute un peu déçu de la modicité de mes offrandes. Le village est désert et seule la placette principale Joseph Aubin Fabre est animée grâce à la présence de restaurants dont les tables en terrasses sont bien occupées. Je m’installe à l’une d’entre-elles et commande un café mais également un jambon-beurre dont je précise la taille et à emporter. Dix minutes plus tard je repars. Je visite la partie du centre-ville que je n’avais pas eu le temps de visiter en 2010.  Je suis vraiment tout seul à arpenter les jolies ruelles. Je sors de Peyriac de la même manière, en solitaire et avec un peu ce sentiment qui me poursuit d’être le seul « bipède » capable de marcher. Il va en être ainsi jusqu’à Portel-des-Corbières où je vais déambuler sur des chemins comme si j’étais le seul être humain sur cette planète. Par bonheur, quelques oiseaux, lézards et papillons bien vivants vont me distraire, accepter ma présence et celle de mon appareil-photo. Si le parcours est très bien balisé, toujours en jaune et rouge, il s’immisce dans des décors suffisamment variés pour ne pas être trop ennuyeux. Quand le chemin le devient, je cherche des prétextes à quelques photos. Cette marche solitaire, et donc forcément sauvageonne, s’estompe un peu quand une habitation ou un domaine viticole se fait jour. Ici, des domaines viticoles, il y en a plusieurs. Sous un soleil de plomb et la poussière des chemins asséchant mon gosier, les châteaux Fabre-Cordon et du Grand Sabo sont de bien jolis noms qui donnent des idées de breuvage. Au regard des magnifiques paysages de vignobles que je traverse, ma tête d’ignorant des choses du vin vagabonde et n’éprouve aucune difficulté à imaginer les merveilleux nectars se cachant derrière ces enseignes apparemment nobiliaires. « Dégustation » il est écrit et si je n’étais pas si raisonnable, j’irais voir de quoi il retourne. Mais non, ça ne serait pas sérieux de déguster, d’apprécier et de ne pas acheter car je ne me vois pas me trimballer ne serait-ce qu’avec un « bipack » ou un « tripack » de bouteilles ! Devant le portail d’une très belle villa, le buste d’un empereur romain vient me rappeler que je marche sur un sentier dit « antique » et à bien y réfléchir c’est pour l’instant le seul objet représentatif de cette période que j’aperçois. Encore est-il de plâtre et pas vraiment sculpté ! Serais-je sur la bien connue « Via Domitia ou Voie domitienne » ou bien encore sur l’Héracléenne dont je sais leur présence commune par ici  ? Rien ne le mentionne mais ce n’est pas impossible au regard de ce que j’ai lu  à leur propos et de leurs trajets qui selon les historiens traversaient la Gaule dite « narbonnaise ». A voir ! En tous cas et peu après le château du Grand Sabo un grand menhir apparaît au bord du chemin. Simple pierre dressée ou vrai menhir ? Rien ne le dit. En tous cas, ce n’est pas une borne milliaire romaine car sa forme n’est pas celle d’une colonne burinée. A vérifier ! L’itinéraire est toujours bien balisé et quand une incertitude se présente, mes bouts de carte et au pire mon tracé GPS viennent à ma rescousse. Je n’hésite pas à les consulter au moindre croisement non balisé ou bien quand plusieurs possibilités se présentent. Finalement, c’est toujours tout droit sur un chemin que l’IGN mentionne comme étant « des Charbonniers ». Je décide de garder mon GPS allumé pour être sûr de prendre le bon chemin et surtout celui le plus court. Non pas que je sois en retard par rapport à mes hôtes mais je ne veux surtout pas l’être. Il n’est que 15h45 quand le panneau signalétique « Portel-des-Corbières » apparaît et malgré ma flânerie je suis content d’arriver. Les premières maisons sont là à quelques centaines de mètres mais j’attends un peu avant d’appeler Monsieur Noguero pour le prévenir de mon arrivée. C’est bien plus tôt que prévu, je ne veux pas le déranger et je vais marcher encore, bonne raison pour me faire une idée du village. Finalement, je m’aperçois que je risque d’errer dans le village fort longtemps si j’attends 17 heures comme prévu initialement. Il est 16h10 et je me décide à l’appeler lui disant que si c’est trop tôt je peux attendre. Il me répond qu’il arrive et effectivement 5 minutes après il est là. Très sympathique et chaleureux, à l’image identique de son épouse que j’avais eu au téléphone. Nous voilà partis vers le quai de la Berre où se trouve le gîte. Gîte est en réalité un mot peu approprié au regard des autres gîtes pour randonneurs où j’ai eu l’occasion de loger. Ici, je qualifierais le lieu d’appartement de très beau standing où tout est clean et d’une belle modernité. J’adore et franchement je me dis que j’ai peut être été incorrect de discuter le tarif d’une nuitée. Mais comment savoir ? Je m’installe, mais à vrai dire avec mon seul sac à dos, l’installation est vite bâclée. Il est tôt et je décide de partir visiter la partie la plus ancienne du village mais aussi d’aller trouver à manger pour ce soir et un peu pour demain. Par un pur hasard et parce que le gite est juste à côté, je commence par m’évader dans la rivière La Berre grandement asséchée à cette période de l’année. J’y trouve un terrain de jeu idéal car seulement occupée par une flore étonnante car foisonnante mais aussi par des bergeronnettes, chardonnerets, serins et autres pinsons qui trouvent ici le gîte et le couvert. Ils viennent s’abreuver dans les quelques poches d’eau subsistantes. Quand aux choucas des tours, ils logent à même les parois rocheuses et les hauts murs qui encadrent la rivière près du pont de Tamaroque. Dans cette vision agréable que j’ai de découvrir les lieux, les plus à plaindre sont les poissons, le plus souvent petits mais parfois très gros, qui vont et viennent comme des âmes en peine, emprisonnés qu’ils sont dans ces flaques d’eau qui n’auront de cesse de se restreindre si de grosses pluies n’interviennent pas très vite.  Après avoir joué plus d’une heure dans les gravières et sur les galets de la Berre, visité un peu la ville et fait quelques courses mes jambes commencent à ressentir les kilomètres d’hier et ceux d’aujourd’hui. L’heure est venue de les laisser se reposer un peu. Je passe la soirée à feuilleter quelques livres et magazines mais surtout  à lire un recueil de poèmes s’intitulant « Une porte dans les Corbières » d’un certain Robert Vila où bien évidemment la cité de Portel tient une place centrale. Un pur régal pour l’amoureux des poésies que je suis (mais livre introuvable sur le Net !). Je ne peux m’empêcher de faire des photos de la quasi-totalité du livre tant j’aurais sans doute l’envie de le relire une fois rentré à la maison. C’est sur ces jolis mots que se termine cette journée de marche dans des décors bien différents d’hier mais surtout très contrastés. Oui, ce Sentier du Golfe Antique a cet intérêt de changer de décors au fil de son cheminement. Savoir si demain il en sera encore ainsi ? C’est l’immense avantage de la randonnée pédestre que de ne pas savoir comment sera le chemin du lendemain ?  Ne pas savoir de quoi demain sera fait n’est pas angoissant quand il s’agit de randonner.

(*) Pourquoi Golfe Antique ? : Dans l’antiquité, les étangs de Bages-Sigean, de l’Ayrolle et de Gruissan étaient reliés entre eux et formaient un golfe en relation avec la mer. Le massif de la Clape était une île au milieu de ce golfe où se déversait l’Aude nommée alors « l’Atax ». Les alluvions de l’ Aude ont comblés ce golfe. L’étang de Bages-Sigean était longé par un grand axe de communication entre l’Espagne et l’Italie axe qui reliait les oppida. Hannibal partant à la conquête de Rome, emprunta cette voie (voie héracléenne) qui fut modernisée par les romains et rebaptisée « Via Domitia ». Dans ce golfe, Narbonne (en réalité Narbo Martius) était un port au commerce maritime très important. (Source Site du Comité Départemental de la Randonnée Pédestre de l’Aude / CDRP11). Rajoutons que de nombreuses preuves de cette activité maritime ont été retrouvées à divers endroits autour de l’étang actuel de Bages-Sigean (La Nautique, Mandirac, Sainte-Lucie, île Saint-Martin, Peyriac-de-Mer, etc...). Le seul aspect « antique » est d’ailleurs encore plus ancien que la présence des Romains puisqu’il est acquis que d’autres peuples les ont précédés autour du golfe comme les Elysiques mais également les Ligures et les Volques Tectosages à un degré moindre.

 

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Le Tour du Domaine de Montpins (Espira-de-l'Agly)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 2 musiques du compositeur japonais Joe Hisaishi extraites d'un album intitulé "Relaxing Piano Studio Ghibli Complete Collection" interprétées par Miguel Carvena feat Btrenta Classic. Elles ont pour titres : "Toujours avec moi/Le Voyage de Chihiro/Spirited Away" et "A Town With An Ocean View/Kiki'Delivery Service"

Le Tour du Domaine de Montpins (Espira-de-l'Agly)

Le Tour du Domaine de Montpins (Espira-de-l'Agly) 

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

En ce samedi 19 décembre, la douceur est de mise. Le vent de la veille s’est bien calmé et l’envie de ne pas rester enfermé est là, aussi bien pour Dany que pour moi . Voir la Covid gérer nos vies est trop souvent insupportable, aussi quand la météo le permet l’envie de changer son quotidien jaillit comme un diable de sa boîte. C’est décidé, on veut profiter au maximum de ce changement qui vient de transformer un confinement « light » en un couvre-feu à partir de 20h. Mais que faire alors que nous avons « traîné » en pyjamas devant nos tablettes et qu’une partie de la matinée est déjà bien entamée ? Il me vient une idée. « Et si nous partions faire le « Tour de Montpins ? »  « Voilà plusieurs années que nous n’y sommes pas retournés ! » « Et de surcroît, ce n’est pas très loin ».  Dany est d’accord. Je jette un coup d’œil sur une fiche « randonnée » que je trouve sur Internet et qui m’annonce la couleur : 3,8 km -1h20. Allez me connaissant, disons 2h30 de flânerie pour peu que la faune soit un peu présente. Dany est toujours d’accord,  « mais nous n’irons que cet après-midi » me dit-elle. « Oui, c’est suffisant ! » lui dis-je. 14h30, nous voilà sur la ligne de départ que j’ai trouvé plus facilement que je l’avais imaginé me fiant au topo de la fiche « randonnée » lue ce matin. Assez paradoxalement, et alors qu’ici, l’objectif majeur est de s’ébahir devant de superbes villas et bastides, je viens de garer la voiture devant les vestiges d’une habitation ruinée. J’y lis difficilement et parce que les enseignes peintes en bleu sont bien effacées : « SCI Montpins -Alpha Promotion – Jacques Clolus ».  Je me mets à penser « tiens comme c’est étrange de laisser cette affreuse balafre dans ce lieu réputé comme étant à la fois une vitrine immobilière et un magnifique patrimoine forestier et touristique ! ».  Je cherche du regard le station de pompage annoncée sur le topo et suppose qu’il s’agit d’une petite bâtisse située de l’autre côté de la rue. Rien ne le précise. Un peu plus bas, un panonceau indicatif de randonnée met fin à toutes mes interrogations, sauf que l’itinéraire a soudain grandi d’un 1,8km et d’une demi-heure supplémentaires :  « 5,8 km – 2 h – dénivelé 160m ».  Qu’importe, nous n’avons que ça à faire de marcher, tout notre temps et le balisage jaune à suivre est déjà là. Nous décidons de le suivre même si j’ai conscience de le prendre à l’envers du sens préconisé sur le topo. D’emblée, le parcours serpente sous les grands pins où belles villas blanches et grandes demeures se partagent le domaine. Il faut souvent lever la tête pour les observer car la plupart ont été construites sur un petit tertre entouré et entrecoupé par des « correcs » le plus souvent asséchés. Je pense que c’est cette petite colline qui a donné son nom à ce lieu « : « Mont Pins ». Si le blanc est la couleur des principales façades, quelques bastides paraissent plus anciennes et sont un peu « baroques » dans leur style architectural. Il y en a même une qui ressemble à une chapelle « catalane » avec « cayroux » et pierres chamarrées. Alors que Dany marche à son rythme, chargée de ne pas perdre le balisage, moi je suis très inconstant entre mon désir d’observer les bâtisses et celui de ne rien perdre de la Nature où je déambule. Pour l’instant, elle se résume à quelques oiseaux chanteurs que je n’arrive pas à voir et à de rares fleurs plus faciles à photographier. Finalement, nous avons atteint le haut du tertre. A un endroit où un large layon récent a meurtri la pinède ; sans doute à titre préventif contre les incendies ; Dany m’attend car elle s’inquiète de ne plus retrouver le balisage. J’allume mon GPS où par précaution j’ai enregistré un tracé. Finalement, c’est tout droit même si une fois encore je prends conscience que mon tracé enregistré n’est pas celui au « 5,8 km » ! Tant pis ! Les dernières belles villas nous retiennent quelques instants car leurs parcs arborés sont de véritables « jardins d’Eden ». Citronniers, orangers, grenadiers, buissons ardents, de nombreux arbustes révèlent leurs fruits et offrent à cette balade un peu terne des couleurs inattendues mais ô combien escomptées. J’en suis d’autant plus ravi que quelques rougequeues noirs et fauvettes fréquentes les lieux. Je réussis à les photographier. Plus loin, pigeons et tourterelles occupent amplement le jardin d’une belle villa où le portail vaut à lui seul le détour. Nous quittons ce joli petit monde où il doit faire bon vivre. Nous voilà déjà à couper la D.12, jolie petite route qui fait la jonction entre Rivesaltes et Vingrau. Dans l’immédiat, les maisons se font rares et les prochaines ne seront vues soit que de loin ou bien à l’arrivée. Dans l’immédiat, seul le château d’eau perché sur un promontoire fait partie du décor. L’itinéraire y tourne autour, descend dans la garrigue, remonte dans les pins puis atteint un joli plateau où les panoramas s’entrouvrent.  C’est sans doute l’endroit où l’avifaune qu’on peut qualifier de sauvage se fait la plus visible. Elle se dévoile étonnamment sous les traits d’une huppe fasciée et un peu plus loin d’un joli bruant. Par bonheur, ces deux oiseaux inattendus et peu farouches acceptent de montrer le bout de leurs becs à mon appareil-photo. Alors que je termine ces photos, un papillon virevolte autour de moi. C’est le deuxième que je vois cet après-midi. Un Vulcain aux jolies ailes qui ont fait leur temps. Dès lors que l’on retrouve des pins, le chemin tout en descente nous ramène vers l’arrivée et vers d’autres jolies demeures. Alors que nous sommes à quelques mètres de la voiture, un grand panneau donnant les noms des résidents m’interpelle car j’y lis « Nicoletta ». Je pense bien évidemment à la chanteuse me demandant si c’est elle qui habite ici ? Je ne sais pas ! Mais une chose est certaine , il est mort le soleil ! Il y a déjà longtemps qu’il a disparu derrière une ouate cireuse. Malgré ce ciel pas vraiment bleu, nous avons bien profité de cette douce météo. Au regard du parcours plutôt court et du temps que nous y avons consacré, je suis globalement satisfait de la faune photographiée.   La balade est finie et il est temps de rentrer. Elle a été longue de 3,8 km, pour une modeste déclivité de 65 m et des montées cumulées de 91 m. 1h et 40 mn de flâneries ont été suffisantes. Il existe apparemment une version plus longue ; 5,8 km sont souvent cités ; mais celle que nous avons accomplie en suivant normalement le balisage jaune aperçu ne nous a pas permis de la réaliser. Je garde donc le sentiment que les layons anti-incendies opérés récemment ont fractionné ce parcours.  Carte IGN 2548 OT Perpignan – Plages du Roussillon Top 25.


 

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