• Le Balcon de la Coumelade (1.811 m) depuis St Guillem de Combret (1.335 m)

    Le Balcon de la Coumelade (1.811 m) depuis St Guillem de Combret (1.335 m)

    BALCONCOUMELADEIGN

    Je vous l'ai déjà dit, le Vallespir m'attire comme un aimant et passer tout un été sans aller y faire une jolie randonnée pédestre, c'est pour moi presque impensable. Il restait donc à trouver un lieu propice à de nouvelles et merveilleuses découvertes et là, pas de souci, ce problème trouva très vite une solution. Par contre, pour l'organiser, ce fut une toute autre histoire. Autant le dire, si vous ne possédez pas un véhicule tout terrain voire un petit peu haut sur ses roues, cette prochaine balade que je vous présente ici et que j’ai intitulée « le Balcon de la Coumelade » ne sera pas facile à organiser, à moins bien sûr d’être disposé à faire plus de 30 à 35 kilomètres sur une seule journée voire à la réaliser sur 2 jours, ce qui bien entendu reste toujours possible.  En effet, le départ de cette excursion n’est ni plus ni moins que le Chapelle Saint Guillem de Combret qui habituellement est déjà en soit un très joli objectif de randonnée pédestre. Alors atteindre la chapelle, comme je l’ai fait avec une Fiat Punto et par la longue piste parfois très défoncée qui y mène depuis le hameau de la Llau et le col de la Roue est déjà un périple en soit. Un périple , il est vrai risqué pour ce type de véhicule. Une fois cette première difficulté franchie, le reste de la balade est de toute beauté et une fois encore, il faut reconnaître que le Vallespir recèle d’incroyables petits trésors naturels qu’il faut parfois aller chercher jusqu’au plus profond de ses ravins. Ici, le principal ravin, c’est celui où s’écoule le torrent de la Coumelade, petite rivière de 15 kilomètres de long, affluent du Tech et prenant sa source sur les flancs sud des Puigs Roja (2.724 m) et des Tres Vents (2.731m). Mais n’ayez aucune crainte, au cours de cette balade, vous n’aurez pas à monter si haut en altitude et les points culminants que sont le col de Serre-Vernet avec ses 1.808 mètres d’altitude et la Cabane Vieille avec ses 1.811 mètres constitueront déjà de prodigieux balcons suffisamment élevés pour que l’on se régale à observer les merveilleux panoramas du Vallespir en général et de ce bassin versant qu’est la Coumelade en particulier. Bien évidemment, ce secteur du Vallespir ne m’est pas inconnu et je commence à bien le connaître. Je suis venu à de multiples reprises à la Chapelle Saint Guillem de Combret soit au départ du hameau de la Llau soit en passant par la Fontaine du Brigadier à partir du col de la Roue. J’y suis passé aussi lors de mon Tour du Vallespir de 2009 couchant même dans le refuge qui se trouve en contrebas de la chapelle. Je garde d’ailleurs de ce passage et du lendemain au dessus de Prats-de-Mollo, des souvenirs indélébiles tant j’avais galéré dans certaines parties de la forêt décimées par la tempête Klaus. Depuis l’année de cette terrible tempête et de mon passage, le Tour du Vallespir jusqu’alors très confidentiel, a été largement réhabilité. Les balisages sont beaucoup plus visibles. Tous les panonceaux indicatifs ont été changés et alors que je m’étais égaré pour monter vers le col de Serre-Vernet à cause d’un panneau qui avait été bougé et mal remis en place, aujourd’hui tout est parfaitement « clean » et le départ est on ne peut plus clair. Depuis, la chapelle (1.335 m), il suffit d’emprunter la piste qui file et monte vers le Col Baxo distant de 2 kilomètres. A ce col, deux possibilités se présentent, soit on continue par la route forestière qui monte directe vers le lieu-dit les Troncasses soit on accepte le challenge de ma balade et on poursuit vers la gauche en entrant dans le forêt et en suivant ainsi le panonceau qui vous indique le col de Serre-Vernet à 2,5 kilomètres. En montant directement vers les Troncasses, on va marcher parallèlement au lit du torrent de la Coumelade économisant ainsi plus de 4 à 5 kilomètres par rapport à la boucle décrite ici. Mais comme le but de ma balade est quand même de marcher en balcon au dessus du bassin versant de cette rivière, mon parcours est nettement préférable même si la distance est nettement plus longue. Dans les deux cas, on marchera le plus souvent en sous-bois car ici la forêt est reine et bien que les forêts du Vallespir soient constituées à plus des 4/5eme de feuillus avec notamment les châtaigniers, les chênes et les hêtres, de loin les plus nombreux, ici on n’aura pas vraiment cette impression et au contraire, on aura le sentiment qu’aussi bien les feuillus que les conifères se partagent l’espace. Hêtres, chênes pubescents, chênes rouvres, chênes verts, châtaigniers, frênes, peupliers, érables, bouleaux, saules, aulnes, noisetiers, tilleuls, robiniers, sorbiers, trembles, sureaux, pins sylvestres, pins à crochets, pins Laricio, pins noirs, épicéas, mélèzes, Douglas, cèdres, etc… tout ce grand monde végétal semble vivre ici en parfaite harmonie ce qui bien sûr n’est pas vraiment le cas malgré cette apparence. En effet, certains arbres comme le sapin pectiné par exemple sont en voie de disparition, ici comme dans tout le Vallespir. A cause de ces sous-bois, la montée vers le Col de Serre-Vernet sera très limitée en panoramas visibles aussi profitez bien de chaque fenêtre qui s’entrouvre et n’hésitez pas quand c’est possible à quitter le sentier de quelques mètres pour partir à la découverte de ces rares mais merveilleux points de vues. Vous serez très surpris de constater qu’à l’horizon, on y aperçoit la côte méditerranéenne du côté de Roses, Empuriabrava et le Cap de Creus en sus des vues bien plus proches sur Saint Guillem, le Bassin de la Coumelade et le Vallespir. En arrivant au col de Serre-Vernet (1.808 m), il faut savoir que l’essentiel du dénivelé est déjà accompli. Ce col est un « pasquier » très prisé par les bovins même si ce jour-là, je n’ai aperçu aucun troupeau ni aucun animal d’élevage mais seulement qu’un intrépide et sauvage petit renardeau qui traversa la prairie au moment où je m’étais arrêté pour déjeuner. Tout comme j’avais aperçu moi-même ce renardeau, deux vautours fauves l’avaient sans doute repéré sur la pelouse rase et ils firent semblant d’effectuer un piquet avant de m’apercevoir et de se raviser. J’ai profité de cette pelouse verdoyante pour faire une longue pause et pique-niquer avec les vues sublimes que l’on aperçoit de l’autre côté du col sur la forêt domaniale du Haut-Vallespir et les hauts sommets l’environnant : Pic Roja, Crête des Sept Hommes, Pla Guillem, Roques Blanches, Esquerdes de Rotja, Pic de Costabonne et la Tour de Mir défilent ici dans une magnifique ronde. Les deux vautours qui avaient tournoyé quelques temps au dessus de ma tête ont disparu et j’ai quitté le col de Serre-Vernet avec la satisfaction d’avoir peut-être sauvé la vie à ce jeune mais téméraire renardeau. Pour retrouver le sentier qui fait le lien entre le col de Serre-Vernet et la Roque Coucoulère, le « fameux balcon » en question, il faut quitter la pelouse et redescendre de quelques mètres au travers des pins à crochets. Le petit sentier se trouve sur le versant est, celui-là même par lequel on est arrivé au col. Là, sous le versant sud du Puig de Gallinas (2.029 m), ce petit sentier file vers le nord en direction des Troncasses et au préalable vers le lieu-dit la cabane d’en Ribes. Presque immédiatement, le regard embrasse des vues époustouflantes sur le Bassin de la Coumelade et sur une immense partie du Bas-Vallespir. Droit devant, on aperçoit parfois quelques bouts du balcon restant à parcourir pour atteindre la Roque Coucoulère où il faudra amorcer la descente et le retour vers Saint Guillem. Ici aussi, la balade alterne les futaies de pins ou de feuillus puis les sombres hêtraies. De temps à autre, cette haute végétation disparaît et laisse la place à une autre bien moins haute mais tout aussi envahissante et difficile à cheminer : genêts à balais, genévriers, fougères et ronciers sont autant d’obstacles à éviter pour retrouver le petit sentier parfois un peu trop délaissé des « débroussailleurs ». A l’approche du vallon de la Coumelade, les éboulis se font plus nombreux et les yeux sont hésitants entre regarder le sol et les pieds ou bien le paysage austère mais grandiose du Puig dels Tres Vents. Alors on trouve préférable de s’arrêter pour regarder le spectacle de cette incroyable nature sauvage. En surplomb du vallon, on atteint une bifurcation qui permet sur la gauche de monter jusqu’à la Cabane des Troncasses. Personnellement, j’en ai fait l’impasse et j’ai préféré emprunter le sentier assez difficile qui sur la droite descend vers le torrent en traversant parfois de gros pierriers. Au bout de cette descente, on débouche sur une piste et devant les barrières d’un enclos. On remonte la piste par la gauche qui, elle-même s’élève en suivant le cours du torrent de la Coumelade. En bordure du torrent, les papillons sont légion et sont bien trop occupés à butiner les jolies fleurs roses d’une Eupatoire chanvrine pour redouter mon numérique. Tout en montant, je remarque, au sein de la rivière, de nombreux petits barrages et je suppose que ces aménagements en béton ou à enrochements qu’on appelle « gabions » sont sans doute là pour éviter une érosion trop importante des berges du torrent mais aussi pour casser les éventuelles crues très violentes dont la Coumelade est coutumière à l’instar des autres rivières du Vallespir. La piste se termine et pour éviter un troupeau de bovins qui occupe amplement les rives du torrent, je fais le choix de traverser sur le dernier de ses gabions mais une fois de l’autre côté, je suis contraint de sortir mon GPS car le sentier filant vers la Cabane Vieille est nettement plus haut en altitude. Après une courte galère dans ce maquis constitué de genêts purgatifs et de petites bruyères roses, je retrouve avec bonheur le petit sentier. Ici sur cette « solana » aride du Puig dels Tres Vents, le mot « balcon » prend tout son sens. Ici, rien ne vient altérer la vision et le vallon de la Coumelade s’entrouvre magnifiquement, alors j’en ai profité pour procéder à un nouvel arrêt goûter et fruits secs. Entre orri en pierres sèches et module Algeco, l’étonnante Cabane Vieille est rapidement atteinte et avec elle, le point culminant à 1.811 m de ma jolie boucle. Dans cet important lieu d’estives, on prend soin de respecter cette cabane et ceux qui y vivent et notamment les nombreux animaux en refermant les barrières et les clôtures derrière soi. Ici et jusqu’aux surprenantes roches escarpées et dentelées de la Roque Coucoulère commence la derrière partie du « balcon » avec toujours de superbes vues aériennes et plongeantes sur Saint Guillem dont on aperçoit la chapelle pas plus grande qu’une petite brique de Lego. Le sentier retrouve une forêt de pins à crochets, paradis des pinsons, pipits et autres gobe-mouches puis inévitablement on finit par tomber sur un cairn et un panonceau indiquant Saint Guillem à 3,4 kilomètres. Ici, tout le monde descend et surtout il ne faut pas se fier à ces quelques kilomètres qu’ils restent à parcourir car au bout du compte, on aura l’impression d’en avoir cheminé deux ou trois fois plus, tant cette descente est sinueuse et parfois délicate. Mais une fois encore, on oublie bien vite les difficultés et on profite pleinement de ce nombreuses et superbes vues qui se dévoilent de tous côtés au cours cette longue descente. Après une heure vingt de descente depuis la Coucoulère et sept heures et quart de d’errance au total, je retrouve la belle chapelle romane du XIeme siècle sous un ciel aussi prodigieusement bleu que celui qui m’avait accueilli ce matin. Après être venu ici quelques dizaines de fois sans succès, j’ai enfin, grâce à l’autorisation d’une gentille dame, pu pénétrer quelques minutes dans la chapelle. Je tiens à la remercier même si elle ne m’a pas autorisé à y prendre des photos comme je l’aurais souhaité. J’ai pu néanmoins y voir un très joli retable ainsi qu’une fresque représentant les saints martyrs d’Arles-sur-Tech, Abdon et Sennen. Par contre, je n’ai acquis aucune certitude quand à la cloche dont la légende prétend qu’elle aurait été forgée à la main et que de ce fait, il y aurait encore des empreintes de doigts incrustées dans son métal. Cette balade, telle que présentée ici, est longue de 17 à 18 kilomètres environ. Le dénivelé est de 500 mètres environ mais les montées cumulées sont de 1.790 mètres. Enfin, si j’ai un dernier petit conseil à formuler c’est de vous dire qu’il ne faut pas trop tarder à faire cette balade car je pense que si rien n’est fait au niveau du débroussaillage, la partie « balcon » entre le col de Serre-Vernet et la Roque Coucoulère sera devenue dans peu de temps quasiment impraticable. Est-ce voulu par certains lobbies ? Je n’ai pas la réponse et cette question reste donc en suspens ! Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

    Attention, il est important de ne pas confondre cette Coumelade avec une autre rivière du département qui porte le même nom mais que l'on écrit plus souvent "Comelade" qui prend sa source dans les Aspres, se jette dans la Têt et serait paraît-il aurifère si j'en crois un site Internet.

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