• Les Gorges de la Guillera et le château de Rodès (308 m) depuis Rodès (203 m)

     
    LES GORGES DE LA GUILLERA ET LE CHATEAU DE RODES par jullie68
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    Une balade aux Gorges de la Guillera et au château de Rodès constitue ce que j’appellerai une jolie promenade dominicale. Mais attention, ne voyait rien de péjoratif dans cette manière de décrire cette randonnée pédestre car or mis sa distance qui est plutôt modeste, pour le reste et pour qui veut se donner la peine de s’informer un peu, ce petit territoire de Rodès est d’une incroyable richesse historique. Une Histoire qui très étrangement va se perpétuer dans la durée depuis des temps immémoriaux jusqu’aux siècles derniers. Il est donc préférable de partir marcher avec ces quelques connaissances car au fil des découvertes qui jalonnent le parcours, on trouvera inévitablement beaucoup plus d’intérêts à les observer même si ce ne sont plus que des ruines dans la majorité des cas. D’ailleurs et pour information, la Mairie de Rodès organise et propose sur son site Internet des randonnées commentées. Tout démarre donc ici à Rodès, à l’entrée du village où un grand parking accueille les voitures. Au loin, les ruines du château dominent le village sur un tertre rocheux granitique et il faut savoir que c’est là-haut que se terminera cette jolie balade mais pas nos découvertes car les ruelles de Rodès incitent à une dernière promenade. Dans l’immédiat, direction la cité dont les façades blanches toutes tournées vers le seigneur Canigou mais surtout vers le soleil contrastent avec le vermillon des toitures.  D’emblée, avec un petit espace très ludique consacré à la géologie du Conflent en général et de Rodès en particulier, on entre dans le vif du sujet de l’Histoire. Il faut dire qu’ici et ce, depuis des lustres, les roches ont toujours eu une importance primordiale. D’ailleurs il semble que l’étymologie de Rodès vienne du latin « rota » signifiant « roue » et par ricochet « rocher en forme de meule ». Bien sûr, il y a eu la carrière de granit dont on aperçoit les grands vestiges sur les flancs de la Devèze, bien sûr comme un peu partout, les roches ont servi à construire de nombreux édifices religieux, militaires, pastoraux ou plus simplement d’habitations ou utiles mais on a également retrouvé dans le secteur de nombreux outils préhistoriques taillés dans le quartz du Roussillon prouvant que cette contrée a été l’objet d’une occupation immémoriale. En lisant l’Histoire de Rodes et plus particulièrement celle de sa carrière de granit, on apprendra que cette belle roche d’une qualité exceptionnelle a servi à paver les rues des grandes villes de l’hexagone et pour moi comme pour tous les gens de mon âge, on ne peut s’empêcher de penser que quelques-uns de ces pavés ont eu en mai 68 un usage ultime que les mineurs de Rodès n’auraient sans doute jamais imaginé. Après cette première découverte dont on regrettera que quelques panonceaux soient déjà bien fanés, on poursuit vers le centre du vieux village. Si les minerais ont eu leur importance que dire de l’eau quand on note au passage que la rue principale que l’on arpente est parallèle à un petit canal qui se trouve sur la gauche. Ce canal, alimenté près du barrage de Vinça par le fleuve Têt, c’est celui de Corbère, ancienne  construction royale datant du Xeme siècle et qui va pendant très longtemps être le fil conducteur de cette courte randonnée.  On l’appelle ainsi car initialement, il servait à alimenter ce village puis un peu plus loin et pour les mêmes raisons, on l’appelle le canal royal de Thuir, et encore un peu loin et par le travail colossal et remarquable des hommes, il devient le canal de Perpignan. Je ne vais pas vous en conter l’entière Histoire ni vous en retracer l’étonnant parcours car ce n’est pas le but de ce blog et d’autres l’ont fait bien mieux que je ne pourrais le faire moi-même. Je vous renvoie donc aux sites en questions : Canal de Rodès, Canal de Corbère, Canal de Thuir, Canal de Perpignan et Ville de Vinça mais en se donnant la peine de chercher, il y en a encore quelques autres. A l’entrée du village, on perd un instant ce fil d’Ariane qu’est le canal mais un panneau de bois indique très clairement notre premier objectif : Gorges de la Guillera.  Selon les toponymistes, la « Guillera » serait un lieu fréquenté par la « guille » en l’occurrence le « renard » mais dans les Hautes-Pyrénées, la « guilera » avec un seul « L » est un « repaire ou nid d’aigle », ce qui correspondrait parfaitement à l’éperon rocheux qui les domine et où se trouve le château. On suit la direction indiquée et quand on retrouve le canal, par endroit cimenté par mesure de sécurité, on est définitivement sur le bon itinéraire. D’ailleurs, on quitte très vite le village et aussi rapidement, on en est déjà à suivre le canal qui file parallèle et en surplomb de la Têt. Ici, la Têt n’est pas le long fleuve tranquille que l’on connaît mais un torrent fougueux où l’on devine le bourdonnement des galets roulés par le courant en furie, où l’on entend ces mêmes flots se fracasser et rugir sur les roches polies et où l’on voit les vagues jaillir dès lors que le défilé se resserre. Car les Gorges de la Guillera, c’est bien cette partie-là du fleuve que l’on va cheminer en balcon sur quelques centaines de mètres avant qu’il ne retrouve son calme et son lit normal en aval du côté d’Ille-sur-Têt. Au passage, et dès lors qu’une fenêtre s’entrouvre au travers des chênes verts, on notera encore de nombreux vestiges à la fois de l’autre côté des gorges mais également au sein même du vallon avec notamment les ruines des ponts-aqueducs de la Roque Colomere et d’En Labau. Il faut savoir que le premier canal se trouvait initialement sur la rive gauche de la Têt où il alimentait le Moulin de Roupidère par une premier pont celui de Sant Pere qui se trouvait à  hauteur du barrage actuel de Vinça puis par ces ponts-aqueducs de la Roque Colomère et d’En Labau dont on attribue sans trop de certitude l’édification aux Sarrasins, l’eau ainsi acheminée traversait le fleuve et revenait sur la rive droite pour irriguer la Plaine du Roussillon et ses nombreux vergers. Selon des textes, à l’époque de Jacques II d'Aragon, Rodès avait déjà son propre canal. Là aussi, pour une Histoire plus complète, je vous renvoie vers des sites très intéressants concernant le village de Rodès lui-même. Un dernier regard sur ce qui reste du pont d’En Labau et notamment de son arche gracieuse et il est déjà temps de traverser le canal. Là, deux possibilités s’offrent aux randonneurs, poursuivre le canal et aller jusqu’au plan d’eau indiqué par les mentions « baignade et torrent » voire beaucoup plus loin jusqu’à la Fontaine Saint Jules, une autre jolie curiosité du coin où les Illois se réunissent pour des pique-niques champêtres ou bien tourner à droite, et grimper dans la colline pour se diriger vers le castell de Rodès. En raison du laps que nous avions à consacrer à cette balade, nous avons choisi l’option « baignade et torrent » et avons continuer à suivre le canal de Corbère, cette fois sur sa rive droite et cet itinéraire nous a entraîné au milieu des pêchers aux bourgeons déjà rougeâtres. En réalité, ce plan d’eau n’est ni plus ni moins qu’une plagette de galets en bordure de la Têt où les habitués aiment venir se rafraîchir les jours de canicule. Là, bien sûr, après cette nouvelle découverte, il faut rebrousser chemin et repartir vers Rodès. Ici, démarre la partie la plus pentue de la balade mais la déclivité est modeste et plutôt courte. Ici, et comme très souvent quand on monte, il y a une contrepartie à ce petit effort et les récompenses se sont tous ces superbes panoramas qui s’entrouvrent de toutes côtés : vers Ille-sur-Têt et la Vallée de la  Têt, vers Bouleternère et les collines de La Quere, del Ginebre et du Puig Soubiranne et enfin  le Massif du Canigou très lumineux en cette saison. Tout en montant, on ne manquera pas d’observer tout autour de nous, à la fois les séquelles de l’incendie d’août 2005, incendie si terrible qu’on finit par appeler ces collines alentours, la « Montagne brûlée » mais également tous ces orris, barracas, cortals et feixes en pierres sèches prouvant que cette contrée a vécu aux temps jadis d’une intense économie pastorale et agricole. D’ailleurs, à toute chose malheur est bon, car aussi terrible que fut cet incendie, il permit la mise à nue des paysages et fut en ce sens pour les archéologues roussillonnais, le début de révélations inattendues, qui purent découvrir ainsi de nombreux vestiges et objets d’un passé plus ou moins lointain. Si l’approche du château de Rodès est assez facile avec de très belles vues aériennes sur le village, son accès final est plutôt ardu et nécessite une grande prudence surtout si des enfants sont de la partie.  Cette forteresse date de l’ère carolingienne c'est-à-dire du XIeme siècle et a été construite par le comte de Cerdagne et du Conflent. Ce seigneur estima que le château de Domanova, situé non loin de là au village de Crozes, n’était pas suffisamment bien placé et c’est ainsi que celui de Rodès vit le jour et que le village se développa autour de ce fortin. Les deux villages cohabitèrent quelques temps puis celui de Crozes tomba en désuétude. Accolée aux ruines du château, il y avait également une chapelle dédiée à Saint Valentin dont on peut encore voir quelques vestiges. Une fois encore de très belles vues se font jour : vers l’amont de la Vallée de la Têt où l’on aperçoit le barrage de Vinça dont on distingue la haute voûte blanche, vers le Mont Coronat, vers le Massif du Madres et vers les prémices des Pyrénées qui malheureusement se perdaient dans un ciel excessivement laiteux le jour de notre venue. Une visite de ces vestiges nécessite attention et prudence tant l’éperon rocheux est un à-pic très impressionnant au dessus des gorges de la Guillera. Cette attention sera également de mise dans la descente finale vers Rodès car le sentier terreux se faufilant au milieu des agaves et des figuiers de Barbarie n’est pas toujours bien stabilisé. On terminera cette balade par une inévitable visite du village tant ses vieilles ruelles propres et fleuries incitent à la flânerie. Comme déjà indiqué ce court circuit constitue le but idéal d’une sortie familiale dominicale et même si les Gorges de la Guillera ont été sécurisées avec des garde-fous, on surveillera plus particulièrement les enfants tout en leur promulguant dès le départ des conseils de prudence et d’attention. Enfin, je ne saurais terminer cet article sans vous dire que Rodès organise chaque été une rando-jazz qui, sur le site des anciennes carrières de granit, est absolument à découvrir. Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.

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