• Le Pic de Costabonne (2.465 m) et la Coma del Tech depuis la Preste (1.107 m)


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    Quand j’y réfléchis à postériori, c’est presque sur un coup de tête que je suis parti faire l’ascension en solitaire de ce « fameux » Pic de Costabonne (2.465 m). En effet, même s’il y a bien longtemps que j’avais envie d’aller conquérir ce sommet que je ne connaissais pas encore, il a fallu plusieurs concours de circonstances et surtout des conditions météorologiques exceptionnelles avec un « énorme » anticyclone pour qu’en ce 23 août mon projet se réalise enfin. Quant à l’idée de partir seul faire cette longue et difficile ascension, dans ma tête, ce n’était pas un souci car je gardais en mémoire ce qu’un ami m’avait dit, il y a quelques années à son sujet : «c’est un sommet magnifique avec des panoramas splendides et c’est certainement le troisième sommet le plus fréquenté des Pyrénées-Orientales après le Canigou et le Carlit. » Alors, si je dois reconnaître que cet ami m’avait dit la vérité au sujet de la magnificence du parcours, j’avoue que j’ai été quelque peu surpris de marcher dans la solitude la plus totale pendant 3h30 depuis le parking de la Preste (1.107 m) jusqu’au Pla de la Serre (2.203 m). Je me suis levé très tôt ce matin et il est à peine 8 heures quand je quitte le parking sous un magnifique ciel bleu purgé de tout nuage. Droit  devant, tout au loin au bout de la piste et à travers les arbres, mon objectif du jour pointe le bout de son pinacle et captive mon attention et l’objectif de mon numérique. Depuis la piste, la distance restant à parcourir et le dénivelé pourraient décourager même les plus vaillants mais heureusement le Costabonne disparait de mon champ de vision dès lors que j’emprunte le sentier PR.16 du Col de Siern (randonnée déjà décrite dans ce blog). Après 1h30 à zigzaguer dans la superbe forêt et sur un gros pierrier en balcon, je retrouve le pic et quelques superbes panoramas sur le Vallespir à l’approche du col. Avec ses flancs verdoyants, la fascinante pyramide est bien plus belle d’ici qu’elle ne l’était du parking mais elle est également bien plus impressionnante. J’atteins le col et ses vertes pelouses fleuries. Depuis la crête frontière, de splendides vues dont je ne me lasse pas se dévoilent sur l’Espagne mais mon attention est également attirée par un panneau indiquant le pic de Costabonne à 2h30. Je me mets en route immédiatement au milieu des gros et beaux chardons en suivant d’autant plus facilement le balisage jaune bien présent qu’il longe presque essentiellement la clôture qui délimite la frontière. Je trouve très agréable de cheminer sur cette herbe rase, en permanence en cheval sur la ligne de crêtes où les paysages de part et d’autres sont splendides. Néanmoins la « bonne » déclivité est quasiment constante et seuls quelques « plas » très courts me permettent de reprendre mon souffle. Tout en grimpant la longue Serre de Finestrol qui paraît interminable, le pic, attire sans cesse mon regard mais semble, toujours aussi loin et aussi inaccessible.  Puis quand je le regarde à nouveau alors que mes yeux ont été distraits puis envoûtés par quelques lugubres vautours fauves qui tournoyaient au dessus de ma tête, le pic est là et paraît soudain presque palpable. Mais n’est-ce pas qu’une illusion ? Un dernier raidillon avant le Pla de Serre où je fais ici ma première rencontre de la matinée sous l’apparence d’une jolie randonneuse espagnole, qui, elle, redescend vers Espinavell. J’arrive au Pla de Serre où de nombreux bovins dont j’ignore la nationalité et quelques randonneurs toujours essentiellement espagnols semblent s’être donné rendez-vous. Sur ce replat largement piétiné et labouré et face à l’énorme monticule herbeux et caillouteux que représente le Costabonne, je suis contraint de demander mon chemin, le plus court de préférence, car le seul panneau indicatif gît à terre. Un espagnol à l’amabilité de m’indiquer le chemin à emprunter que j’aurais eu tendance à confondre avec une profonde ornière naturelle. Si je suis au pied de mon objectif du jour, la partie est loin d’être gagnée et le plus difficile reste encore à accomplir avec 900  mètres pour atteindre le sommet mais 900 mètres d’un dénivelé avec un pourcentage d’environ 30%. En suivant quelques piquets et comme toujours en traînant au maximum, la déclivité n’empêchant pas la flânerie, je suis distrait par les paysages et la nature en général et je vais mettre une heure pour atteindre la cime me faisant doubler sur la fin par un couple de jeunes français ; les premiers de la journée. Avec de nombreux enfants extrêmement bruyants au sommet, j’ai l’impression d’atterrir dans la cour de récréation d’une école espagnole et quand je me retourne pour demander au couple de jeunes français de me prendre en photo, ils ne sont déjà plus là et je les vois dévaler tout schuss la pente nord dont j’ignore où elle aboutit ; en tous cas quand je regarde ma carte IGN. Grâce à un sympathique randonneur espagnol, je vais tout de même avoir ma photo à l’apogée du Costabonne avec vue sur le Canigou !  Alors que je prends tout mon temps pour observer de ce magnifique mirador, tous ces époustouflants panoramas à 360°, je me retrouve seul en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Ça tombe bien car j’ai envie de me reposer un peu dans le calme et de plus, il est 12h30 et l’heure d’avaler mon pique-nique. Je ne sais pas vous,  mais moi je vis ces moments de solitude au sommet d’une haute montagne dans une espèce de bien-être et avec cette impression d’être un instant seul au monde dans la plénitude la plus totale. Après avoir littéralement englouti mon repas, affamé que j’étais par tous ces efforts, c’est donc presque à regrets que je quitte ce sommet, non sans avoir laissé une petite bafouille sur le livre d’or du Costabonne et surtout conscient d’imaginer le plaisir que je vais prendre à découvrir beaucoup de choses lors du retour. En effet, ayant conquis le sommet, il est hors de question pour moi, de faire un simple aller-retour et j’ai prévu de faire une longue boucle en suivant les rives du Tech qui prend sa source non loin de là,  au pied du Roc Colom. C’est donc tout naturellement que je descends plein ouest en direction du cairn du Méridien de Paris et du Roc Colom pour ensuite bifurquer à droite au Coll del Pal et suivre la Coma del Tech. Ce qu’il y a de bien dans cet itinéraire qui est le PR.15, c’est à la fois la diversité des décors traversés et la faune susceptible d’être aperçue. Personnellement, je n’y vais vu que des marmottes, parfois curieuses mais surtout très craintives, mais on peut aussi y rencontrer de nombreux isards et comme dans toutes les forêts du Vallespir, d’autres cervidés comme le cerf, le chevreuil ou même le daim. Plus ou moins proches, les marmottes étaient visibles sur les flancs de la montagne, sur la partie rocailleuse qui va du Bac du Costabonne jusqu’au Refuge du Coma del Tech. Il faut dire qu’après la cabane, le sentier bascule dans la Jasse de l’Ouillat en grande partie occupée par une magnifique forêt de conifères puis par de jolies prairies à l’approche de la maison forestière éponyme, puis la sombre sapinière laisse la place à une aussi sombre forêt de hêtres et de frênes. Après, la Freixinosa, si les bois subsistent, on voit bien que la pastoralisme et le défrichage sont passés pas là et les clairières de fougères et de genêts se font plus nombreuses. D’ailleurs quelques vaches paissent de ci de là et un peu plus bas, aux lieux-dits la Graboudeille et la Barragane quelques bâtisses, certaines en ruines et d’autres encore debout, sont visibles depuis le chemin pour démontrer ce constat. Le sentier finit par retrouver le Tech et la route forestière du Col de Siern. Quelques minutes plus tard, je passe devant la Fromagerie Paraire et retrouve ma voiture. Il est 18h30 et arrêts compris (et ils ont été nombreux !), j’ai flâné dans cette merveilleuse contrée pendant 10h30. Au regard du panneau que j’aperçois de l’autre côté du parking et qui indique : « Le Costabonne N°16 9H A/R », je ne suis mécontent de ma performance. En effet, si j’en crois mon GPS et mon logiciel de cartographie, j’ai parcouru 22 kms pour 2.250 mètres de montées cumulées et 1.350 m de dénivelé.  Alors à bien y réfléchir ce pic mérite bien son nom de « Bonne Côte » mais j’ai un petit regret, j’ai omis de m’arrêter aux anciennes carrières à ciel ouvert des « fameux » grenats, dont on dit qu’on peut encore y trouver quelques minuscules éclats. Une bonne occasion pour y retourner non ? A condition bien sûr que j’ai les mêmes éclats que j’ai trouvé ce jour-là, à savoir un soleil éclatant, un ciel éclatant, une nature éclatante et des panoramas éclatants. Il ne manquait que les grenats mais quand on a les moyens, c’est peut-être plus facile et plus simple d’aller les chercher chez le bijoutier ! Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top.25.

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