Eklablog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

randonnee

La Boucle de Canto-Perdrix (180 m) depuis Portel-des-Corbières (23 m)

Publié le par gibirando

Diaporama sur une chanson de Richard Cocciante "Avec simplicité",

Paroles: Serge Lama - Richard Cocciante, musique: Richard Cocciante - Georges Augier de Moussac

et quelques chants de Perdrix rouge.

La Boucle de Canto-Perdrix (180 m) depuis Portel-des-Corbières (

La Boucle de Canto-Perdrix (180 m) depuis Portel-des-Corbières (


C’est le 26 septembre 2014 et en effectuant le GRP Sentier du Golfe Antique que j’ai découvert pour la première fois cette « Boucle de Canto Perdrix ». Enfin, je parle du nom car pour la découverte elle-même, il a fallu que j’attende un an de plus. Ce joli nom Canto Perdrix, je l’ai d’abord découvert sur des panonceaux de randonnées à Portel-des-Corbières où j’avais stoppé au soir de la deuxième étape de ce GRP qui en comptait trois.  Quelques jours après être rentré à la maison, j’étais curieux de savoir ce qui se cachait derrière ce musical « chante-perdrix », car bien évidemment c’est la première et principale francisation qui vient à l’esprit. Elle est juste mais nous verrons plus tard que ce n’est pas la seule explication. Alors ma curiosité en matière d’étymologie était suffisamment aiguisée pour que j’aie envie d’approfondir le sujet puis d’aller voir sur place.  Le meilleur moyen était donc d’y aller randonner. Je me suis donc « tuyauté » sur cette boucle et là, je me suis rendu compte qu’elle ne faisait que 11 km de distance mais qu’il y en avait 2 autres, La Serre et la Bade, qui, elles, en faisaient 4 de plus chacune. Alors pourquoi ne pas faire des trois boucles, une seule, un peu plus longue, histoire de ne pas avoir à revenir à Portel, en tous cas pour marcher, et surtout de faire un maximum de découvertes dans la journée ?  Lors de mon précèdent passage, j’avais bien trop rapidement visité cette étonnante chapelle Notre-Dame des Oubiels, en grande partie ruinée certes, mais que je voulais revoir plus en détail car son imposante stature et sa beauté si évidente, malgré les ruines, laissaient imaginer sans aucune équivoque bien des « histoires ». En potassant le parcours, j’ai découvert qu’il y avait aussi une « voie domitienne et  héracléenne » et quelques autres vestiges pastoraux et bien sûr, il fallait aussi compter sur les Corbières et ses décors paysagers si typiques, si parfumés et parfois si étonnamment variés. Enfin, moi qui m’étais surtout cantonné à découvrir le lit asséché de la Berre, sa faune et sa flore et son Pont de Tamaroque lors du Sentier du Golfe Antique, une visite plus approfondie de la commune ne serait pas du luxe. Désormais, je connais un peu mieux l’Histoire portelaise et notamment la Bataille de la Berre où Charles Martel met en déroute l’armée du califat omeyyade en l’an 737. Cinq ans après la Bataille de Poitiers, bien plus connue, Charles Martel n’a de cesse de bouter les envahisseurs musulmans hors du royaume des Francs mais malgré tous ses efforts, Narbonne reste aux mains des Sarrazins et c’est son fils Pépin le Bref qui parviendra à libérer le ville en 759.  Sachant tout ça, j’ai le sentiment de partir un peu moins dans l’inconnu mais à aller randonner autant qu’il fasse beau. Le 25 septembre 2015, c'est-à-dire à un an d’intervalle et à un jour d’écart seulement, le beau temps se présente et je file à Portel. En arrivant au village, comme je suis seul et qu’il y a des places, je gare ma voiture sur la D.3 mais le plus près possible de l’intersection avec la  Grand-Rue. En effet, au moment d’analyser la balade, j’ai jeté un coup d’œil sur le plan de la ville se trouvant sur le Net et j’ai constaté que c’est l’itinéraire le plus direct pour aller à Notre-Dame des Oubiels et démarrer la boucle que j’ai élaborée. Attention, je précise qu’elle n’est pas parfaitement identique à celle que l’on trouve sur les topo-guides et sur le terrain, même si  moi aussi, je l’ai appelée « Boucle de Canto Perdrix ». Alors, bien sûr, le mieux est d’enregistrer un tracé dans votre GPS comme je l’ai fait moi-même car ça évite bien des déboires. Premier déboire éventuel : éviter de suivre les panonceaux qui ne manquent pas de se présenter. Il y en a plusieurs par exemple, peu après le départ, à l’angle de la  Grand-Rue et de la rue du Quartier Neuf et là, il faut continuer tout droit par la rue de l’Horte et suivre le panonceau Boucle de la Serre, donnée ici pour une distance de 5,2 km. Peu après, je laisse sur la gauche, d’abord le boulodrome municipal « Jeannot Vieu » puis un passage à gué sur la Berre. Quelques bergeronnettes en ont fait leur juchoir. Je poursuis toujours tout droit. Peu après le virage où se trouve une source captée, l’église des Oubiels apparaît droit devant. Une piste au milieu des vignes m’y amène sans problème. Une volée de chardonnerets quitte les lieux en me voyant. Avant de venir ici, j’ai presque tout regardé et lu ce que l’on peut trouver d’elle sur le Net et plus globalement sur l’Histoire de Portel et de ses proches environs. Malgré les ruines, je reste subjugué par sa beauté et son décorum encore très imposant propre à l’architecture gothique ; épais et hauts contreforts et peu d’ouvertures à part une très fine et flamboyante rosace et un majestueux beffroi carré. J’ai lu qu’il y aurait un  agneau gravé sur la clé de voûte du cœur, alors je me mets à sa recherche mais la sculpture paraît peu évidente même en zoomant avec mon appareil photo. Alors, je tourne comme une toupie sur moi-même. Voilà, je tiens enfin  l’agneau car bien évidemment, je ne le regardais pas dans le bon sens et en plus, lui aussi a semble-t-il souffert des exactions répétées ! Oubiels signifie « agneau » (*) et cette clé de voûte en serait le symbole. Après cette trouvaille, je scrute presque chaque pierre pour tenter de trouver une gravure voire une inscription et c’est ainsi que je vais en découvrir plusieurs, deux déjà vues en 2014, avec des frises en forme de fleurs et deux ou trois autres supplémentaire dont deux gravées de quelques signes mystérieux. J’ignore s’ils sont récents car bien évidement quelques lourdauds n’ont rien trouvé de mieux que de graver leurs initiales voire un tas d’idioties. L’édifice et notamment le clocher ont été restaurés mais parfois avec des briques rouges et d’autres matériaux bien trop différents de la pierre d’origine, alors ce n’est pas toujours avec bonheur. Par un souci de sécurité, on peut supposer que les pouvoirs publics aidés par des bénévoles ont d’abord voulu renforcer l’édifice puis le manque de moyens a sans doute fait le reste. La tâche est encore gigantesque. Après cette découverte de la chapelle des Oubiels un peu plus approfondie, j’en visite les abords avec une jolie rose des vents puis cet étrange allée bordée de séculaires oliviers qui serait paraît-il un très vieux cimetière monastique. Je m’éloigne des lieux non sans avoir au préalable observé tous ces oliviers juvéniles que la mairie a fait planté à l’occasion de chaque naissance.  Une belle initiative bien dans la tradition qui dit que Notre-Dame des Oubiels était l’inspiratrice de nombreuses communions d’enfants. A regarder cette jolie nurserie d’oliviers, je  ne peux m’empêcher de les imaginer dans trois ou quatre cent ans faisant un contrepoids parfait à ceux du vieux cimetière. Je quitte définitivement les Oubiels en coupant à travers les champs  et les vignobles pour rejoindre l’itinéraire. Sur cette partie de la Boucle de la Serre, le chemin s’élève très modérément mais suffisamment pour que des paysages lointains se dévoilent.  Il a du pleuvoir la veille ou les jours précédents et le terrain est variable, parfois bien souple et agréable et parfois très sec et caillouteux. La végétation, elle, reprend des couleurs et resplendit après les journées caniculaires et ventées de l’été.  Tout en montant,  j’aperçois le défilé de la Reinadouïre derrière moi. Complètement à sec l’an dernier, cette année, le défilé porte bien son nom de « Reine des Eaux » car il s’y écoule une Berre aux eaux turquoises. L’an dernier, je me souviens que j’y avais longuement traîné mes godillots en quête d’un raccourci me permettant de rejoindre le Sentier du Golfe Antique. Au dessus du défilé, et entre tradition et modernité,  Lastours laisse entrevoir les imposants bâtiments de son vaste domaine viticole. Plus haut encore, au Pla des Aladers (aulnes), les éoliennes dressent leurs blancs moulins dans un ciel bleu immaculé. A une bifurcation de la route bitumée et du chemin et après avoir regardé mon bout de carte, je fais le choix d’un aller retour jusqu’au Pont de Lastours. Avant la construction du Pont du Tamaroque en 1864, qui désenclava Portel, ce vieux pont, désormais rénové, constituait un des principaux et rares gués permettant d’accéder à la commune. Après cet aller retour de moins d’un kilomètre, je reprends l’itinéraire de la Boucle de la Serre. Peu à peu, elle se referme et pris par ma passion à vouloir photographier la nature, je m’aperçois que je ne me suis pas ennuyé une seule seconde depuis le départ : quelques oiseaux, de rares fleurs, des plantes, un champignon blanc, des papillons et des criquets,  les sujets sont suffisamment présents sinon abondants par endroits pour que la balade ne soit pas monotone. Cette première boucle se referme sur la route de Durban non loin de l’entrée de Portel et une nouvelle s’entrouvre, celle de « Chante-Perdrix ». Sur la carte I.G.N, c’est écrit ainsi à l’endroit même où se trouve une colline à l’altitude plutôt modeste d’une centaine de mètres de hauteur. Cette boucle commence en réalité au fond d’un ruisseau qui est parallèle à la D.611a. Là, on y découvre les vestiges d’un gros muret en pierres de taille. Ces pierres ont-elles un rapport avec les voies Héracléenne et Domitienne commençant de l’autre côté de la route ?  Bien qu’ayant lu pas mal de choses sur les deux voies, ici, ne comptez pas sur moi pour vous le dire car une fois encore on regrettera qu’aucune pancarte, qu’aucun panneau ne donne d’informations voire quelques mentions sur l’Histoire de ces voies antiques à cette intersection. La culture devrait commencer là, au bord de la route. Je poursuis la voie chère à cet Hercule des Romains. Elle est toujours encadrée de hauts murets mais toujours aussi muette. Selon la légende, c’est par cette voie et depuis le Jardin des Hespérides qu’Héraclès aurait ramené un troupeau de boeufs pris au géant Géryon. C’était son dixième travail. Aujourd’hui, du travail il y en a encore mais aucun bœuf et uniquement un tracteur conduit par un vigneron car les vendanges battent leur plein.  J’arrive au croisement de la Croix Rouge. La croix est bien là et droit devant moi, et derrière la croix, à une centaine de mètres, il y a une monumentale ruine. J’y file. Sur la carte, elle a pour nom « Courtal de Bas ». Inutile de traduire. L’ancienne bergerie est effectivement imposante et a du être très belle au temps de sa splendeur. Les adversités ont tout arrêté depuis longtemps mais quelques vieux récipients rouillés me rappellent qu’il y a eu une vie. Parmi toutes ces boîtes, pots et autres bassines, un récipient bien particulier attire mon attention car je me souviens l’avoir vu chez mon grand-père paternel. C’est un lourd mais petit godet en fonte en forme de sabot dans lequel, je me souviens très bien, mon grand-père Gabriel faisait fondre du plomb pour fabriquer ses grenailles et autres chevrotines dont il garnissait ses cartouches. Mon grand-père chassait mais c’était souvent par nécessité car chaque gibier était un repas de moins à payer. Je ne sais pas si c’était la fonction première du récipient du recevoir du plomb fondu mais aujourd’hui j’en doute bien qu'une espèce de cuillère, en fonte également, l'accompagne. Rien d’autre, je quitte le bercail pour rattraper le temps perdu et le chemin. Il file vers le lieu-dit « Chante-Perdrix » et c’est le moment où jamais de commencer à regarder si j’y trouve la Daphné garou voire la Bourdaine, car en réalité voilà le « bon » prétexte à ma venue ici. Un prétexte protéiforme touchant à des thèmes qui m’intéressent : l’étymologie, l’Histoire, la botanique et la faune. En effet, avant de venir ici, j’ai lu que les linguistes d’antan (sources Etymologie-occitane.fr) n’avaient pas toujours été d’accord sur la signification de l’expression « Canto-perdrix » que l’on écrit selon les régions de diverses manières : « canto-perdix », « canto-perdris », « cantoperdris » parfois avec un « s », parfois avec un «x » à la fin mais également « cante perdrix » avec ou sens espace entre les deux mots,  « contoperdise » ou « cantaperditz ». Les formules ne manquent pas et il y en aurait même dans la péninsule ibérique et en Italie. L’étymologie est pourtant très simple car composée des mots latins « cantare », « chanter » et « perdicem » accusatif de « perdix » signifiant «perdrix » et que la francisation a finalement traduite comme il se devait en  « Chante-perdrix ». Reste à savoir pourquoi, les lieux portant ce nom sont si nombreux ? Les analyses des diverses étymologies avancées qui ont pu être effectuées font surgir des désaccords : Pour le naturaliste et lexicographe l’abbé Pierre-Augustin Boissier des Sauvages, le canto-perdris c’est la bourdaine, arbuste des landes que l’on appelle aussi « garou à feuilles étroites » ou « trantanel ». Il écrit : « son bois est excellent pour faire la poudre à canon, son écorce est caustique, elle est employée dans les cautères lorsqu’il faut donner un écoulement aux humeurs ». Il rajoute dans la première édition de son  « Dictionnaire languedocien-françois » que ça peut–être aussi le nom donné à  « un terrain sec et aride ». Dans le 2eme édition  du même ouvrage, il rectifie le tir et affirme que ce n’est plus la « Bourdaine » mais le « Daphné garou », plante méditerranéenne bien plus commune dont Diderot dans son Encyclopédie affirme que « Ce purgatif est si violent, qu’on a fait sagement de le bannir de l’usage de la Médecine, du moins pour l’intérieur. Ce serait un fort mauvais raisonnement, et dont on se trouverait très mal; de se rassurer contre le danger que nous annonçons ici, parce qu’on saurait que les perdrix et quantité d’autres oiseaux sont très friands de ce fruit, et qu’ils n’en sont point incommodés: l’analogie des animaux ne prouve rien sur le fait des poisons ».  Deux cent ans plus tard, le linguiste Louis Alibert reprend la traduction du « terrain sec et aride » à son compte dans son « dictionnaire occitan-français ». Entre ces deux ou trois versions, on trouve dans le « Dictionnaire patois-français du département de l’Aveyron », de l’abbé Aimé Vayssier, un « contoperdise » qui selon lui est « un appeau, espèce de sifflet avec lequel on imite le chant de la perdrix pour l’attirer dans quelque piège ». De nos jours, l’étymologiste Robert A. Geuljans dans son site Internet « Etymologie-Occitane.fr » pense que le « canto-perdris » est l’origine la plus éprouvée du Daphné garou que l’on appelle aussi parfois  « Garou », Thymèle »,  « Bois-gentil » ou « Saint-Bois ». Pour asseoir cette suggestion, il cite Diderot et Frédéric Mistral qui écrivaient « que les perdrix aiment manger les baies du garou ». Et il rajoute : « Si cela est vrai, le toponyme s’expliquerait par la présence des perdrix dans ce genre de terrain. Dans le Gard il est attesté depuis 1553 et dans les Bouches du Rhône depuis 1046. ». Puis il termine en disant qu’il ne faut pas se fier aux quelques « champs de perdrix » que l’on trouve de nos jours, le mot n’ayant pas toujours été compris mais néanmoins transformé. Voilà pour ce que j’avais retenu de mes lectures avant de venir ici. Il ne me reste plus qu’à trouver ce « fameux » Daphné garou et à vrai dire c'est assez facile avant même d’arriver à l’endroit indiqué comme étant « Chante-Perdrix » sur la carte I.G.N. La plante est plutôt commune dans la garrigue des Corbières même si ce n’est pas celle que l’on aperçoit d’emblée et en plus grand nombre. A cette époque, elle termine sa jolie floraison faite de petites fleurs blanches odorantes et groupées en panicule et en même temps, elle commence à se garnir de petites « olives » verdâtres qui peu à peu vont prendre une belle couleur, d’abord orange puis un peu plus rouge. La plante est hautement toxique. En catalogne nord et plus particulièrement dans la région qu’on appelle la Garrotxa,  le daphné garou est traditionnellement cloué par les bergers sur les portes des enclos pour éloigner à la fois les puces et les sorcières. Alors après avoir trouvé du  Garou, il me reste juste à imaginer avoir un peu de chance et pourquoi pas apercevoir et photographier une perdrix. J’avance sur le chemin plutôt plat et rectiligne qui se faufile entre des vignobles et des prés en jachères jusqu’après le lieu-dit l’Auberge de l’Aval. Non, je ne vois aucune perdrix et seulement quelques passereaux s’envolant à tire d’ailes des champs en friches envahis par des Inules visqueuses. Je regarde presque chaque sillon de chaque arpent de vignes dans l’espoir d’y apercevoir « le chantant » gallinacé ayant donné son nom à cette petit colline oblongue qui se trouve maintenant sur ma droite et que je vais bientôt gravir. Je ne me fais guère d’illusion, la période de chasse a certainement déjà démarré et qui plus est, le daphné garou n’a pas encore ses fruits rouges, alors j’ai sans doute peu de chance d’en apercevoir, sauf peut-être si une d’entre-elles a la bonne idée d’aller grappiller quelques grains de raisins bien mûrs. Dans ma quête à vouloir tout examiner, un lapereau, lui, a beaucoup de chance aujourd’hui car le seul « Canon » que je possède, c’est mon appareil photo numérique.  Après, l’Auberge de l’Aval, l’itinéraire zigzague un peu et se met à grimper dans un décor complètement différent. Mes espoirs de perdrix s’amenuisent car désormais les vignes sont bien loin et seulement en contrebas de chaque côté de la crête. La déclivité de la large piste terreuse est modeste mais régulière. Peu avant cette petite ascension, à une intersection de pistes, quelques panonceaux directionnels déjà aperçus sur le Sentier du Golfe Antique me perturbe suffisamment pour que je m’arrête pour vérifier le tracé sur mon G.P.S et la carte. J’ignore leurs significations semblant beaucoup reposer sur des signes. J’apprendrais plus tard qu’il s'agit d’une signalétique D.F.C.I (Défense des Forêts Contre l'Incendie) propre ici au Massif de Fontfroide. Leurs symboles, des lignes, des pointillées, un cercle, un carré ou un triangle ont chacun une raison d’être qu’il serait bien trop long d’expliquer ici. Je continue jusqu’au pinacle de la crête où je m’arrête pour pique-niquer près d’un petit abri pastoral. C’est l’heure et en plus, mon arrêt précédent m’a permis de constater que j’étais grosso-modo à la moitié de la boucle imaginée.  Vers l’est, la vue porte jusqu’à la mer et derrière moi, vers l’ouest, c’est un patchwork de vignobles et de terres cultivées ou boisées. A l’horizon, sur la plus haute des collines, je reconnais les antennes de la Cadorque, au pied desquelles il y a l’ermitage Saint-Victor.  Deux éperviers virevoltent dans le ciel se laissant aller au gré d’une petite brise du nord qui s’est levée. L’un des deux accepte même de faire une démonstration de ces talents de voltigeurs devant mon numérique. Ici, la végétation est plutôt basse faite de petits buis, de pistachiers, de buplèvres, de romarins, d’ajoncs et autres chênes kermès. Seuls quelques pins chétifs qu’à la longue le cers a fini par courber surnagent un peu dans cette verdure rabougrie. Après une grosse salade, un wrap et une part de tarte au citron que j’ai réussi à avaler en moins d’une heure, je repars. La piste redescend juste avant d’arriver à l’intersection avec la Voie Domitienne. Là, je retrouve quelques vignes et une jolie maison aux volets bleus planquée sous un bel olivier. Le silence qui était de mise se brise sous les aboiements d’un chien que mon passage a dérangé. Je ne fais que passer alors il s’arrête aussitôt d’aboyer et le silence se rétablit juste entrecoupé par les cris perçants des deux petits éperviers qui sont encore là à jouer dans le bleu du ciel.  Sur ma droite et sur les flancs de la colline, j’aperçois comme une cabane en pierres sèches, ici dans l’Aude, je crois qu’on les appelle « capitelle » et juste à côté, un amoncellement impressionnant de caillasses, résultat sans doute d’un très vieux épierrements.  Alors j’y monte. La capitelle est bien cassée mais de l’endroit où je me trouve, il me semble apercevoir un autre tas de pierres ou plutôt un long muret au milieu des pins et du maquis, alors je continue de monter. L’ascension n’est pas facile dans cette végétation touffue typiquement méditerranéenne faite de petits buissons ligneux ou  épineux. Après un bel effort, j’atteins finalement ce grand mur que je longe et qui se termine par une nouvelle « capitelle », celle-ci en parfait état. Je reste toujours fasciné par cette belle technique de l’encorbellement. Ici, les pierres sont impressionnantes et l’on voit très clairement qu’elles ont été taillées avec une grande précision. De la cabane pastorale, la vue sur le vallon de la Genentière est splendide alors je m’y arrête un instant pour observer la carte I.G.N et mon G.P.S, histoire de savoir où je me situe exactement. Sur la carte, je constate que je ne suis pas très loin d’un itinéraire circulaire où figure le nom étrange de « Gauto de Fedo ». Etrange, il l’était avant que je vienne ici mais bien évidement depuis que j’ai étudié le parcours, il n’a plus aucun secret pour moi. « Bajoue de brebis » ça signifie mais ne me demandait pas pourquoi. Curieusement j’ai trouvé cette traduction sur Internet dans un lexique provençal dont la source serait le "fameux" Félibrige ! Est-ce à cause de la forme de la colline ressemblant à une joue ? Les bergers venaient-ils ici pour manger quelques délicieuses joues d’agneau ? Allez savoir ! J’ai débouché sur une piste et j’entreprends de faire le tour de ce mamelon puis d’y monter. Je n’y trouve rien de particulier si ce n’est une zone de reboisement et un mirador naturel offrant des vues superbes à 360°. L’incontournable pic du Canigou apparaît derrière les éoliennes du Pla Dal Pal.  Un peu plus bas, un poste de chasse embrasse des paysages grandioses vers Portel-des-Corbières et tous ces environs jusqu’aux étangs et à la mer. J’en profite pour finir le dernier wrap qu’il me reste puis je repars. La piste redescend et se fait plus lassante quand les panoramas disparaissent, alors je ne m’arrête plus que pour quelques photos de plantes, d’un papillon, d’une séculaire ruine ou d’un vieux puits que je découvre dans la garrigue. De nouveaux panneaux directionnels avec toujours ces signes « cabalistiques » se présentent. Je les ignore et ne me fie seulement qu’à mon G.P.S et au balisage jaune. « Chante-Perdrix » est loin désormais et je ne me fais déjà plus aucune illusion quand à la chance d’apercevoir la moindre perdrix. Quand soudain, je ne vois qu’elle, à vingt mètres de moi et comme dans un rêve. Elle est là, posée au beau milieu d’un remblai terreux sur le flanc du Pech Agut. Je zoome vite et appuie sur le déclencheur et j’ai juste le temps de la voir s’envoler. Quel bol ! La perdrix est enregistrée dans mon numérique. C’était une perdrix rouge et je suis plus heureux qu’un gamin dans un magasin de jouets. Je repars. Après quelques pinèdes, les vignes et les prés en friches réapparaissent. Je ne suis plus très loin de Portel et de la dernière boucle à accomplir, celle de la Bade. J’appelle Dany pour lui dire où j’en suis et la prévenir que je rentre bientôt à la maison. Quelques oiseaux freinent encore mon ardeur d’en terminer. Je reconnais le Chemin des Charbonniers que j’avais coupé il y a un an puis ce sont les premières maisons et enfin cette étonnante retrouvaille avec le sieur Noguero.  Le monde est petit me dis-je car Monsieur Noguero et sa charmante épouse, sont les logeurs qui m’avaient si aimablement accueilli à Portel il y a tout juste un an lors de mon périple sur le Sentier du Golfe Antique. Un peu « paumé » dans un Portel que je ne connaissais pas, Monsieur Noguero était venu affablement me chercher pour me présenter et me faire découvrir son superbe gîte du Quai de la Berre. Le lendemain, il m’avait tout aussi gentiment proposé de m’amener jusqu’à Notre-Dame des Oubiels que j’avais envie de découvrir avant de poursuivre. Quand à Madame Noguero, l’ayant eu seulement au téléphone, je me souviens d’elle comme d’une personne très agréable et à l’écoute de mes aspirations car elle avait exceptionnellement accepté une nuitée pour un prix toute somme raisonnable au regard de ce que l’on me demandait partout ailleurs. Sans cet accord et ce petit effort financier, j’aurais sans doute renoncé à accomplir ce Sentier du Golfe Antique considérant que tous les tarifs qui m’étaient demandés pour le gîte et le couvert étaient tout simplement prohibitifs. Je les remercie encore tous deux aujourd’hui. Lors de cette rencontre impromptue avec Monsieur Noguero, on parle un peu du passé et de ma présence ici aujourd’hui puis le voilà qui me propose de venir prendre un verre chez lui. C’est tellement gentil alors bien évidemment j’hésite et finalement je me vois contraint de refuser venant d’appeler Dany pour lui dire que je rentrais au plus vite. Ce refus, je le fais à contrecoeur car je reste convaincu qu’il s’agît de  très « bonnes » personnes et j’espère que le sieur Noguero ne m’en a pas trop voulu. Je poursuis ma balade et retrouve la D.611a mais ce refus obligé m’a un peu contrarié. Le cœur n’y est plus et je marche presque comme un automate en oubliant parfois de prendre des photos. Heureusement deux buses dans le ciel finiront par me sortir de cette torpeur. La boucle contourne le lieu-dit la Blanque puis monte vers l’Arque. De là, de superbes panoramas s’entrouvrent vers les étangs, Sigean et celles plus aériennes sur Portel.  Ma boucle est entrain de se refermer et en regardant vers l’est et les éoliennes de la Garrigue Haute de Sigean, j’ai comme un petit pincement au cœur. Ce petit pincement, je l’ai toujours quand j’ai l’occasion de revoir un sentier, un chemin, un lieu où j’ai pris plaisir à gambader dans un passé qu’il soit proche ou lointain. C’est le cas ici en regardant une partie du chemin parcouru l’an dernier sur le Sentier du Golfe Antique.  Au pied d’un long escalier en rondins qu’il faut descendre, deux options mentionnées sur un panonceau se présentent : soit on file à droite vers le Quartier Neuf et on arrive immédiatement à Portel soit on va découvrir la Bade et c’est 3,2 km de plus à accomplir. Comme prévu initialement, je choisis cette dernière option. La Bade est une colline plantée de pins et la boucle proposée consiste simplement a en faire le tour et à revenir à cette intersection. Rien de plus, rien de moins si ce n’est qu’on remarquera que la géologie du sol semble identique aux pierres ayant servies à l’édification de Notre-Dame des Oubiels et l’encadrement de la Voie Héracléenne. Alors bien sûr, ces 3,2 km supplémentaires ne valent que pour les jolies vues que l’on découvre sur une courte portion de sa partie sud. Superbes visions aériennes sur toute la cité de Portel et tous ses alentours : Vallon de la Berre, Pont de Tamaroque, colline de Lou Castellas, Notre Dame des Oubiels et bien évidemment, on peut refaire, uniquement du regard, une immense partie de la Boucle de Canto Perdrix. Je redescends vers la ville par le Chemin de la Bade. Portel est là et ma voiture aussi. Je me déleste de mon sac à dos et pars très rapidement visiter une bonne partie de la cité que je ne connais pas. J’y rajoute le Pont de Tamaroque mais presque uniquement pour photographier quelques oiseaux noirs qui en occupent son canyon.  Il s’agit de Choucas des tours, oiseau qui présente la particularité paradoxale de pouvoir bénéficier de mesures de protection tout en étant parfois considéré comme nuisible. Cette balade se termine vraiment. Chante perdrix, tu m’as donné du bonheur toi aussi et je m’en souviendrais ! Cette balade a été longue de 20 à 21 km telle qu’expliquée ici. Le point culminant se situe au sommet de « Gauto de Fedo » à 180 m d’altitude. Les montées cumulées sont de 730 m environ. C’est donc une randonnée un peu longue mais plutôt facile au niveau des efforts à accomplir. Bonnes chaussures à tiges hautes sont préconisées. Carte IGN 2546 OT –Narbonne – Top 25

(*) Oubiels : De prime abord, on pourrait penser que le mot « Oubiels » est l’anagramme des « oubliés », des « éblouis » ou même des « éboulis », les trois mots ayant pu avoir selon les circonstances soit un caractère religieux voire géologique pour le dernier. Les Corbières caillouteuses ne sont pas loin. Il n’en est rien et selon le chanoine Emile Barthe qui a consacré à ce sujet un chapitre entier de son livre dédié à Sainte-Marie des Oubiels, patronne de Portel, le  mot signifie  « agneau ». Pour argumenter son propos, il explique qu’au temps de l’occupation de la Gaule par les Romains, le lieu au bord de la Berre où se trouve l’église s’appelait  « Villa Ovilis ». Je vous passe le détail puisque 20 pages y sont consacrées. En latin, une « ovilis » ou « ovile » c’est une bergerie. Au fil du temps et selon lui, la phonétique du dialecte local aurait transformé le nom latin « Ovilis » en « Ovilibus, « Oviels » puis «Ouviels » et enfin Oubiels, le « v » se transformant en « b » selon le « fameux » phénomène lié au bêtacisme. Alors bien sûr, rien d’illogique à tout ça, même si parfois ça peut paraître alambiqué ou tiré par les cheveux, ceux de la « Madone Septimanienne » sans doute. Un « agneau », une « brebis » ou un « mouton » ce sont des « ovins ». En latin, un « ovin » est un « ovis » et un troupeau de moutons est désigné en « ouailles », alors le chanoine a sans doute raison même si ensuite ce dernier mot a pris une autre signification, celle de fidèles chrétiens placés sous la protection d’un pasteur spirituel. Et puis, la clé de la voûte est bien représentée par un agneau, alors ! (Le livre Sainte-Marie des Oubiels d’Emile Barthe est édité aux Editions Lacour-Ollé).

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Le Val de Siagne depuis Le Tignet

Publié le par gibirando


"Alfie", musique de Burt Bacharach jouée par le saxophoniste Kenny G

Le Val de Siagne depuis Le Tignet

Le Val de Siagne depuis le Tignet (Alpes-Maritimes)


Le 4 octobre 2015, en écoutant les infos, j’apprends que la veille, des trombes d’eau se sont abattues sur le Var tuant 17 personnes. 4 personnes sont encore portées disparues et plusieurs milliers de foyers sont toujours privés d’électricité. Parmi, ces infos, une d’entre-elles me déstabilise et me sensibilise tout particulièrement quand j’entends que 7 personnes au moins, parmi les 14, sont mortes noyées à Mandelieu-la-Napoule à cause des crues de la Siagne. Or, La Siagne est un petit fleuve alpin que deux mois auparavant nous étions partis découvrir en famille lors d’une randonnée pédestre. En écoutant cette actualité, je ne peux m’empêcher de me souvenir que je m’étais baigné dans une rivière plutôt paisible, j’y avais même gambadé dans son lit à cause de la faiblesse de son hydrométrie, photographiant la flore et la faune mais ignorant au passage les recommandations signalant certains dangers et notamment les éventuelles montées soudaines dues aux lâchers d’eaux pouvant intervenir en amont. C’est cette jolie petite balade au Val de Siagne et au départ du Tignet que je vous raconte ici. Jolie mais au goût un peu amer à cause de ses eaux que j’avais trouvées si raffraîchissantes mais dont je sais désormais qu’elles peuvent être aussi très meurtrières. En m’informant, j’apprends aussi que la Siagne, rivière au cours capricieux, n’en est pas à son coup d’essai et de nombreuses crues se sont succédées en 1994, 1996, 2000, 2009, 2011, pour les plus récentes et les plus majeures. Mais comment imaginer quand tout est si calme, et malgré les recommandations, que ces eaux pourraient être mortifères ? Nous sommes partis du Tignet, petit bourg des Alpes-Maritimes, non loin de Grasse et de la frontière varoise que matérialise la Siagne sur une bonne portion. L’Histoire nous raconte qu’à l’origine plusieurs crêtes du Tignet ont été successivement occupées par des camps Ligures puis par les Romains qui s’en étaient emparés. Sa toponymie (*) actuelle daterait de cette époque. De nombreux vestiges prouvant cette présence ligure puis romaine ont été retrouvés car les lieux bien irrigués étaient propices à l’agropastoralisme. Avec la chute de l’empire romain en 476, les invasions barbares se succèdent et mettent fin à cette période de prospérité. Puis c’est au tour des Wisigoths, des Burgondes et des Sarrazins d’occuper la région malgré l’emprise foncière de plus en plus grande de la communauté monastique de Lérins. C’est cette même communauté que j’avais brièvement évoquée dans ma randonnée précédente au Pic du Cap Roux depuis la Sainte-Baume de l’Esterel. Au fil des siècles, le rayonnement des moines s’étend dans tout le Val de Siagne grâce aux donations dont ils sont les bénéficiaires. En 1348, toute la Provence est victime d’une grave épidémie de peste et cette calamité ajoutée aux brigandages qui se multiplient finissent par avoir raison de la vie au Tignet. A partir de là, le hameau entre dans une longue période de dormance avec même des cycles où il est complètement inhabité. Longtemps rattaché à Cabris, Le Tignet devient une commune à part entière en 1711 puis complètement indépendante en 1790. Les guerres se succèdent (18701914 et 1939) et l’exode rural ajouté aux victimes des conflits, la démographie du Tignet connaît des chutes spectaculaires et ce, malgré une activité économique réussissant à se diversifier au fil du temps. Il faut attendre 1958 pour que la tendance s’inverse définitivement et de nos jours la commune est en passe d’atteindre les 3.000 habitants. En 1889, dans le cadre du projet de la construction d’une voie ferrée métrique Nice-Meyrargues, ligne intitulée plus tard « Central Var », on note l’édification d’un viaduc de 300 m de long et de 72 m de haut enjambant la Siagne. Ce viaduc est souvent attribué à tort à Gustave Eiffel alors qu’il n’est que le dessinateur. Le 24 août 1944, les Allemands acculés après le débarquement de Provence le détruisent lors de leur retraite. Nous allons avoir l’occasion de côtoyer une pile de ce viaduc lors de la balade. Au Tignet, il faut rejoindre le parking qui se trouve sur l’avenue de l’Hôtel de Ville, en face de la caserne des Pompiers. C’est le point de départ. Là, on se dirige vers la traverse des Planasteaux pour emprunter le chemin des Planasteaux puis un peu plus loin le chemin de la Grosse Colle. Ne vous inquiétez pas ce « Circuit du Val de Siagne » est parfaitement balisé grâce à un bon nombre de panonceaux qu’il suffit de suivre. Le chemin de la Grosse Colle descend dans une végétation plutôt diversifiée mais toujours verdoyante. La végétation la plus surprenante, ce sont tout de même ces arbres tropicaux croulant sous les grappes de fruits que l’on aperçoit d’emblée dans les premiers jardins. Ensuite, on aperçoit également des cormiers chargés également de fruits, plus communément appelés « sorbiers domestiques ». Peu après, les arbres deviennent plus communs : feuillus, pins et mimosas se partagent d’abord l’espace puis le décor prend plutôt des airs de garrigues à l’approche de la rivière : genets, bruyères, arbousiers, filaires, chênes verts et kermès sont en grand nombre même si les pins et certains feuillus restent encore bien présents. Sur la gauche, la pile du viaduc, évoqué plus haut, apparaît peu à peu aux regards. La berge de la Siagne est déjà là et ce qui me frappe d’emblée, c’est ce panonceau indiquant un danger à s’aventurer dans son lit, même par beau temps, à cause des éventuelles montées soudaines des eaux dues à des lâchers dans des usines hydro-électriques ou des barrages en amont. Au regard de cette belle rivière si peu profonde avec son eau si limpide, je suis forcément un peu déçu car en général, je résiste difficilement à la tentation d’un bain dans un cadre aussi rafraîchissant. Mais comme aussitôt nous repartons par un étroit sentier qui suit le lit de la rivière, j’oublie très vite ce panneau de recommandations. Ce sentier ombragé que nous cheminons, j’apprendrais plus tard qu’il s’agit de l’ancien chemin rural de Saint-Cassien. J’ai aperçu un petit oiseau furtif faisant des va-et-vient répétés le long de la rivière. Il s’est posé sur un gros rocher blanc. Pas de doute, c’est bien un Martin-pêcheur que j’ai dans mon objectif. Une seule photo et il s’est déjà envolé. Je ne le reverrais plus. Nous passons devant le pilier du viaduc où une date gravée sur une plaque murale nous en rappelle son édification : 1889. Nous poursuivons notre marche en quête d’un coin pour pique-niquer avec de préférence une jolie petite grève pour que les filles puissent tremper leurs pieds. Cette promenade, pas toujours très rectiligne, ni plate, mais bien ombragée s’effectue dans une véritable corne d’abondance végétale : ormes, noisetiers, chênes et charmes couvrent de leurs hautes et tentaculaires ramures une végétation plus basse mais ô combien dense : lianes, lierres, fragons, ronciers, redouls et lauriers-tins par exemple. Notre balade tient plutôt de la flânerie et parfois même de la franche « déconnade » que d’une vraie randonnée. Il est vrai que nous avons tout notre temps et aucun but précis autre que celui de trouver un coin où poser nos fesses. Quelques branches en surplomb des flots et voilà que la plupart d’entre nous se transforment en des Tarzans du dimanche. Une sauterelle sur le sentier, une grenouille dans la rivière, et voilà les filles qui se mettent à grimacer dans de ridicules et mauvaises imitations. Moi, je passe mon temps à capter tous ces grands moments de bonheur dans mon numérique et ça suffit au mien. Le coin à pique-nique est enfin trouver et semble satisfaire tout le monde. Moi, j’ai déjà bazardé aux oubliettes, le fameux panonceau « Danger » et avant même de déjeuner, je suis déjà à gambader dans le lit du cours d’eau. J’y découvre tout ce que j’aime en randonnée : la nature et le plaisir de me baigner dans une eau cristalline. La nature, c’est la flore et la faune que je peux photographier à ma guise et le plaisir de me baigner me parait tellement sans risque car j’ai de l’eau à hauteur du mollet. Jérôme m’a rejoint. Les quatre filles, elles, se contentent de mouiller leurs orteils. Crainte des galets, peur des bestioles, eau bien trop froide et peut-être aussi la prudence que nous, les deux garçons, avons très vite oubliée. Le pique-nique terminé, nous repartons. Moi, je suis déjà ravi de cette balade car j’ai déjà une belle moisson de souvenirs, de fleurs et de bestioles diverses et variées : grenouilles vertes et rieuses, papillons, insectes, oiseaux et même un minuscule coquillage ressemblant à un cône voire à un bigorneau tel que l’on peut en découvrir dans la mer. Seul petit regret, je n’ai pas aperçu la « Grenouille Agile » pourtant mentionnée sur une pancarte comme fréquentant régulièrement la Siagne. Moins de 5 minutes après avoir démarré, nouvel arrêt baignade mais cette fois dans un étonnant trou d’eau beaucoup plus profond mais aux eaux toujours aussi transparentes. Pour Jérôme et moi, une nouvelle invite presque incontrôlable tant nous sommes attirés par ce puits sirupeux où se mélangent les couleurs turquoise et émeraude. Nous assouvissons notre envie de baignade de quelques plongeons et de quelques brasses mais l’eau est si glaciale que nous n’y campons pas ! Nous sommes à quelques mètres d’une passerelle, celle de Lignière menant à la chapelle de Saint-Cassien des Bois toute proche. A coup sûr, je serais bien parti la découvrir mais au moment, où nous poursuivons toujours rive gauche pour franchir le vallon de l’Attelée sur une autre passerelle, j’ignore tout de cette chapelle et comme Jérôme est notre guide, j’en suis réduit à le suivre. Dommage, j’aime bien les vieilles chapelles qui ont une histoire derrière elles. Celle-ci date paraît-il du 12eme siècle et juste à côté il y a également une tour du 11eme. Je reviendrais peut-être ! Désormais, le sentier s’élève sans cesse à l’ombre d’une forêt de feuillus où les châtaigniers sont bien présents. Sur notre gauche, le vallon de l’Attelée est très boisé également. Quand les châtaigniers disparaissent, on retrouve cette végétation mi-maquis et mi-pinède déjà aperçue ce matin sur le chemin de la Grosse Colle. Je traîne à l’arrière comme jamais, non pas à cause de la déclivité plutôt tranquille ; moins de 200 m pour rejoindre Le Tignet ; mais toujours en quête d’une photo d’un oiseau ou d’un papillon dont j’aperçois quelques spécimens régulièrement sans jamais en voir un seul se poser. Les autres ne m’attendent pas et grimpent d’un bon pas. Je m’en moque et finalement ma persévérance finit par être récompensée sous la forme d’un Sylvain azuré, superbe papillon noir tacheté de blanc puis d’une Fauvette à la calotte noire. Le fond d’un vallon est traversé mais on le délaisse rapidement pour remonter sur l’autre versant de la colline. La végétation change encore et désormais, l’étroit sentier file sous de tristes mimosas sur un terrain sablo-argileux plus agréable que les caillasses précédemment cheminées. Ce sentier finit par déboucher sur une piste plus large et on comprend aussitôt que la balade tire à sa fin et ce d’autant que quelques belles villas blanches se révèlent déjà sur les collines alentours. Finalement, cette piste terreuse se transforme en bitume au quartier des Planasteaux. Nous sommes sur le chemin éponyme pris à l’aller. La montée et la « bonne » canicule ont finalement raison du souffle et des mollets des filles, je dépasse tout le monde. Le parking est là et son local à toilettes avec robinet et eau froide arrive à point nommé pour rafraîchir tout ce petit monde. La balade a duré 4h15, arrêts inclus et il faut donc compter moins de 3h pour la réaliser non-stop. Bien que je n’ai eu aucun moyen personnel de le vérifier, ni GPS ni carte IGN et ni podomètre, j’estime la distance de cette boucle à 7 à 8 km environ. Carte IGN 3543 ET Haute-Siagne Top 25.
(*) Selon les historiens, le nom « Tignet » aurait pour origine le nom donné à leur camp par les Romains : « Castrum de Antinhaco ». Il était perché au sommet de la crête de l’actuel Tignet. Il deviendra successivement « de Antinoco » puis « de Antinieto » pour se transformer peu à peu en Le Tignet. Selon certains toponymistes, les mots « tigne » ou « tignet » pourraient avoir pour origine le mot latin « tinea » désignant une « mite » et qui finalement aurait donné le mot « teigne ».

 

Partager cet article
Repost0

Le Val de Siagne depuis le Tignet (Alpes-Maritimes)

Publié le par gibirando


LE VAL DE SIAGNE....depuis LE TIGNET par jullie68 

Diaporama avec la musique "Alfie" jouée par Kenny G et composée par Burt Bacharach

Le Val de Siagne depuis le Tignet (Alpes-Maritimes)

Le Val de Siagne depuis le Tignet (Alpes-Maritimes)


Le 4 octobre 2015, en écoutant les infos, j’apprends que la veille, des trombes d’eau se sont abattues sur le Var tuant 17 personnes. 4 personnes sont encore portées disparues et plusieurs milliers de foyers sont toujours privés d’électricité. Parmi, ces infos, une d’entre-elles me déstabilise et me sensibilise tout particulièrement quand j’entends que 7 personnes au moins, parmi les 14, sont mortes noyées à Mandelieu-la-Napoule à cause des crues de la Siagne. Or, La Siagne est un petit fleuve alpin que deux mois auparavant nous étions partis découvrir en famille lors d’une randonnée pédestre. En écoutant cette actualité, je ne peux m’empêcher de me souvenir que je m’étais baigné dans une rivière plutôt paisible, j’y avais même gambadé dans son lit à cause de la faiblesse de son hydrométrie, photographiant la flore et la faune mais ignorant au passage les recommandations signalant certains dangers et notamment les éventuelles montées soudaines dues aux lâchers d’eaux pouvant intervenir en amont. C’est cette jolie petite balade au Val de Siagne et au départ du Tignet que je vous raconte ici. Jolie mais au goût un peu amer à cause de ses eaux que j’avais trouvées si raffraîchissantes mais dont je sais désormais qu’elles peuvent être aussi très meurtrières. En m’informant, j’apprends aussi que la Siagne, rivière au cours capricieux, n’en est pas à son coup d’essai et de nombreuses crues se sont succédées en 1994, 1996, 2000, 2009, 2011, pour les plus récentes et les plus majeures. Mais comment imaginer quand tout est si calme, et malgré les recommandations, que ces eaux pourraient être mortifères ? Nous sommes partis du Tignet, petit bourg des Alpes-Maritimes, non loin de Grasse et de la frontière varoise que matérialise la Siagne sur une bonne portion. L’Histoire nous raconte qu’à l’origine plusieurs crêtes du Tignet ont été successivement occupées par des camps Ligures puis par les Romains qui s’en étaient emparés. Sa toponymie (*) actuelle daterait de cette époque. De nombreux vestiges prouvant cette présence ligure puis romaine ont été retrouvés car les lieux bien irrigués étaient propices à l’agropastoralisme. Avec la chute de l’empire romain en 476, les invasions barbares se succèdent et mettent fin à cette période de prospérité. Puis c’est au tour des Wisigoths, des Burgondes et des Sarrazins d’occuper la région malgré l’emprise foncière de plus en plus grande de la communauté monastique de Lérins. C’est cette même communauté que j’avais brièvement évoquée dans ma randonnée précédente au Pic du Cap Roux depuis la Sainte-Baume de l’Esterel. Au fil des siècles, le rayonnement des moines s’étend dans tout le Val de Siagne grâce aux donations dont ils sont les bénéficiaires. En 1348, toute la Provence est victime d’une grave épidémie de peste et cette calamité ajoutée aux brigandages qui se multiplient finissent par avoir raison de la vie au Tignet. A partir de là, le hameau entre dans une longue période de dormance avec même des cycles où il est complètement inhabité. Longtemps rattaché à Cabris, Le Tignet devient une commune à part entière en 1711 puis complètement indépendante en 1790. Les guerres se succèdent (18701914 et 1939) et l’exode rural ajouté aux victimes des conflits, la démographie du Tignet connaît des chutes spectaculaires et ce, malgré une activité économique réussissant à se diversifier au fil du temps. Il faut attendre 1958 pour que la tendance s’inverse définitivement et de nos jours la commune est en passe d’atteindre les 3.000 habitants. En 1889, dans le cadre du projet de la construction d’une voie ferrée métrique Nice-Meyrargues, ligne intitulée plus tard « Central Var », on note l’édification d’un viaduc de 300 m de long et de 72 m de haut enjambant la Siagne. Ce viaduc est souvent attribué à tort à Gustave Eiffel alors qu’il n’est que le dessinateur. Le 24 août 1944, les Allemands acculés après le débarquement de Provence le détruisent lors de leur retraite. Nous allons avoir l’occasion de côtoyer une pile de ce viaduc lors de la balade. Au Tignet, il faut rejoindre le parking qui se trouve sur l’avenue de l’Hôtel de Ville, en face de la caserne des Pompiers. C’est le point de départ. Là, on se dirige vers la traverse des Planasteaux pour emprunter le chemin des Planasteaux puis un peu plus loin le chemin de la Grosse Colle. Ne vous inquiétez pas ce « Circuit du Val de Siagne » est parfaitement balisé grâce à un bon nombre de panonceaux qu’il suffit de suivre. Le chemin de la Grosse Colle descend dans une végétation plutôt diversifiée mais toujours verdoyante. La végétation la plus surprenante, ce sont tout de même ces arbres tropicaux croulant sous les grappes de fruits que l’on aperçoit d’emblée dans les premiers jardins. Ensuite, on aperçoit également des cormiers chargés également de fruits, plus communément appelés « sorbiers domestiques ». Peu après, les arbres deviennent plus communs : feuillus, pins et mimosas se partagent d’abord l’espace puis le décor prend plutôt des airs de garrigues à l’approche de la rivière : genets, bruyères, arbousiers, filaires, chênes verts et kermès sont en grand nombre même si les pins et certains feuillus restent encore bien présents. Sur la gauche, la pile du viaduc, évoqué plus haut, apparaît peu à peu aux regards. La berge de la Siagne est déjà là et ce qui me frappe d’emblée, c’est ce panonceau indiquant un danger à s’aventurer dans son lit, même par beau temps, à cause des éventuelles montées soudaines des eaux dues à des lâchers dans des usines hydro-électriques ou des barrages en amont. Au regard de cette belle rivière si peu profonde avec son eau si limpide, je suis forcément un peu déçu car en général, je résiste difficilement à la tentation d’un bain dans un cadre aussi rafraîchissant. Mais comme aussitôt nous repartons par un étroit sentier qui suit le lit de la rivière, j’oublie très vite ce panneau de recommandations. Ce sentier ombragé que nous cheminons, j’apprendrais plus tard qu’il s’agit de l’ancien chemin rural de Saint-Cassien. J’ai aperçu un petit oiseau furtif faisant des va-et-vient répétés le long de la rivière. Il s’est posé sur un gros rocher blanc. Pas de doute, c’est bien un Martin-pêcheur que j’ai dans mon objectif. Une seule photo et il s’est déjà envolé. Je ne le reverrais plus. Nous passons devant le pilier du viaduc où une date gravée sur une plaque murale nous en rappelle son édification : 1889. Nous poursuivons notre marche en quête d’un coin pour pique-niquer avec de préférence une jolie petite grève pour que les filles puissent tremper leurs pieds. Cette promenade, pas toujours très rectiligne, ni plate, mais bien ombragée s’effectue dans une véritable corne d’abondance végétale : ormes, noisetiers, chênes et charmes couvrent de leurs hautes et tentaculaires ramures une végétation plus basse mais ô combien dense : lianes, lierres, fragons, ronciers, redouls et lauriers-tins par exemple. Notre balade tient plutôt de la flânerie et parfois même de la franche « déconnade » que d’une vraie randonnée. Il est vrai que nous avons tout notre temps et aucun but précis autre que celui de trouver un coin où poser nos fesses. Quelques branches en surplomb des flots et voilà que la plupart d’entre nous se transforment en des Tarzans du dimanche. Une sauterelle sur le sentier, une grenouille dans la rivière, et voilà les filles qui se mettent à grimacer dans de ridicules et mauvaises imitations. Moi, je passe mon temps à capter tous ces grands moments de bonheur dans mon numérique et ça suffit au mien. Le coin à pique-nique est enfin trouver et semble satisfaire tout le monde. Moi, j’ai déjà bazardé aux oubliettes, le fameux panonceau « Danger » et avant même de déjeuner, je suis déjà à gambader dans le lit du cours d’eau. J’y découvre tout ce que j’aime en randonnée : la nature et le plaisir de me baigner dans une eau cristalline. La nature, c’est la flore et la faune que je peux photographier à ma guise et le plaisir de me baigner me parait tellement sans risque car j’ai de l’eau à hauteur du mollet. Jérôme m’a rejoint. Les quatre filles, elles, se contentent de mouiller leurs orteils. Crainte des galets, peur des bestioles, eau bien trop froide et peut-être aussi la prudence que nous, les deux garçons, avons très vite oubliée. Le pique-nique terminé, nous repartons. Moi, je suis déjà ravi de cette balade car j’ai déjà une belle moisson de souvenirs, de fleurs et de bestioles diverses et variées : grenouilles vertes et rieuses, papillons, insectes, oiseaux et même un minuscule coquillage ressemblant à un cône voire à un bigorneau tel que l’on peut en découvrir dans la mer. Seul petit regret, je n’ai pas aperçu la « Grenouille Agile » pourtant mentionnée sur une pancarte comme fréquentant régulièrement la Siagne. Moins de 5 minutes après avoir démarré, nouvel arrêt baignade mais cette fois dans un étonnant trou d’eau beaucoup plus profond mais aux eaux toujours aussi transparentes. Pour Jérôme et moi, une nouvelle invite presque incontrôlable tant nous sommes attirés par ce puits sirupeux où se mélangent les couleurs turquoise et émeraude. Nous assouvissons notre envie de baignade de quelques plongeons et de quelques brasses mais l’eau est si glaciale que nous n’y campons pas ! Nous sommes à quelques mètres d’une passerelle, celle de Lignière menant à la chapelle de Saint-Cassien des Bois toute proche. A coup sûr, je serais bien parti la découvrir mais au moment, où nous poursuivons toujours rive gauche pour franchir le vallon de l’Attelée sur une autre passerelle, j’ignore tout de cette chapelle et comme Jérôme est notre guide, j’en suis réduit à le suivre. Dommage, j’aime bien les vieilles chapelles qui ont une histoire derrière elles. Celle-ci date paraît-il du 12eme siècle et juste à côté il y a également une tour du 11eme. Je reviendrais peut-être ! Désormais, le sentier s’élève sans cesse à l’ombre d’une forêt de feuillus où les châtaigniers sont bien présents. Sur notre gauche, le vallon de l’Attelée est très boisé également. Quand les châtaigniers disparaissent, on retrouve cette végétation mi-maquis et mi-pinède déjà aperçue ce matin sur le chemin de la Grosse Colle. Je traîne à l’arrière comme jamais, non pas à cause de la déclivité plutôt tranquille ; moins de 200 m pour rejoindre Le Tignet ; mais toujours en quête d’une photo d’un oiseau ou d’un papillon dont j’aperçois quelques spécimens régulièrement sans jamais en voir un seul se poser. Les autres ne m’attendent pas et grimpent d’un bon pas. Je m’en moque et finalement ma persévérance finit par être récompensée sous la forme d’un Sylvain azuré, superbe papillon noir tacheté de blanc puis d’une Fauvette à la calotte noire. Le fond d’un vallon est traversé mais on le délaisse rapidement pour remonter sur l’autre versant de la colline. La végétation change encore et désormais, l’étroit sentier file sous de tristes mimosas sur un terrain sablo-argileux plus agréable que les caillasses précédemment cheminées. Ce sentier finit par déboucher sur une piste plus large et on comprend aussitôt que la balade tire à sa fin et ce d’autant que quelques belles villas blanches se révèlent déjà sur les collines alentours. Finalement, cette piste terreuse se transforme en bitume au quartier des Planasteaux. Nous sommes sur le chemin éponyme pris à l’aller. La montée et la « bonne » canicule ont finalement raison du souffle et des mollets des filles, je dépasse tout le monde. Le parking est là et son local à toilettes avec robinet et eau froide arrive à point nommé pour rafraîchir tout ce petit monde. La balade a duré 4h15, arrêts inclus et il faut donc compter moins de 3h pour la réaliser non-stop. Bien que je n’ai eu aucun moyen personnel de le vérifier, ni GPS ni carte IGN et ni podomètre, j’estime la distance de cette boucle à 7 à 8 km environ. Carte IGN 3543 ET Haute-Siagne Top 25.
(*) Selon les historiens, le nom « Tignet » aurait pour origine le nom donné à leur camp par les Romains : « Castrum de Antinhaco ». Il était perché au sommet de la crête de l’actuel Tignet. Il deviendra successivement « de Antinoco » puis « de Antinieto » pour se transformer peu à peu en Le Tignet. Selon certains toponymistes, les mots « tigne » ou « tignet » pourraient avoir pour origine le mot latin « tinea » désignant une « mite » et qui finalement aurait donné le mot « teigne ».

 

Partager cet article
Repost0

Le Pic du Cap Roux (454m) depuis la Sainte-Baume (160m) de l'Esterel

Publié le par gibirando

Diaporama avec la chanson "They long to be - Close to you", chanté par le groupe américain The Carpenters,

chanson écrite par Hal David et musique de Burt Bacharach

Le Pic du Cap Roux depuis la Sainte-Baume de l'Esterel

Le Pic du Cap Roux depuis la Sainte-Baume de l'Esterel


J’ai traîné mes godillots de marche un peu partout, mais si je devais classer les départements français dans un ordre de préférence où j’ai aimé randonner, le Var arriverait sans doute dans les 6 ou 7 premiers. En effet, un peu comme chez nous dans les Pyrénées-Orientales, le Var présente cet attrait inégalable de posséder des sentiers de randonnées de l’altitude zéro jusqu’aux étages collinéens puis montagnards. De quoi assouvir les désirs de marche les plus fous. Prenez par exemple le Pic du Cap Roux que mon fils m’a fait découvrir au mois d’août dernier. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un pic qui se dresse sur un cap mais pas n’importe quel cap, un cap situé au beau milieu des roches rouges de la corniche du Massif de l’Esterel (*). Pour qui connaît un peu l’Esterel, une fois ce décor rouge, vert et bleu planté, difficile de rester insensible à la proposition d’une randonnée pédestre dans ce cadre essentiellement tricolore. Choisissez un jour de grand beau temps et vous verrez, les contrastes, à eux seuls, méritent que l’on fasse quelques efforts : avec le rouge orangé des roches porphyriques, le vert intense de la forêt varoise et le bleu si pur de la Méditerranée et du ciel, le soleil paraîtra parfois un peu pâlot et pour peu qu’il y ait un brin de brume, il prendra même des airs d’un grand malade de la jaunisse. Alors, je vous le garantis avec toutes ces couleurs constamment devant les yeux, vous resterez scotché devant chaque vue, devant chaque panorama, devant chaque horizon plus ou moins lointain. Le départ s’effectue depuis le parking de la chapelle de la Sainte-Baume de l’Esterel. On accède à ce parking par une route forestière démarrant de la zone artisanale d’Agay, direction la Maison forestière du Gratadis puis le Vallon de Mourrefrey. Attention, à ne pas confondre cette Sainte-Baume là avec celle du Plan d’Aups située plus à l’ouest du Var. En réalité, les deux édifices religieux ont une histoire commune assez insolite puisqu’il se raconte que cette chapelle troglodyte de l’Esterel doit son nom aux habitants du coin, lesquels étaient jaloux de celui de l’ouest varois dédiée à Marie-Madeleine et de ce fait, ils lui donnèrent le même nom afin de semer le doute dans l’esprit des pèlerins et des visiteurs. Idem semble-t-il pour le Saint Pilon que l’on va côtoyer. Ici la grotte, transformée en un petit sanctuaire, fut très longtemps un ermitage dont le plus illustre des anachorètes fut Honorat d’Arles, plus connu sous la dénomination de Saint-Honorat et surnommé parfois Honorat de Lérins. Il s’était établi ici au 5eme siècle au retour d’un voyage en Orient et sa réputation de prêcheur s’amplifia très rapidement. La tradition raconte que les pèlerins avaient tellement pris l’habitude de venir lui rendre visite que l’ermite en avait eu très vite assez de cette vie si peu retirée et si peu solitaire. Du coup, il avait préféré quitter les lieux pour s’installer à Lérina, la plus petite des îles de Lérins. Là, après une courte période d’ascète, son éminente sainteté joua une nouvelle fois contre lui et il fut rejoint par plusieurs compagnons. Il fonda avec eux un monastère devenu aujourd’hui une abbaye monumentale si célèbre. Bien d’autres ermites habitèrent la grotte comme Saint Maxime, évêque de Vienne, Saint Hermentaire puis un plus tard Laurent Bonhomme (1640-1680), le frère Clapier des Arcs (vers 1775) et Calvy (vers 1780). Bien évidemment, on ne partira pas vers le Pic du Cap Roux non sans avoir au préalable fait un bref aller retour vers cette chapelle. Une visite s’impose et en plus, on a déjà un premier et bel aperçu du Massif de l’Esterel avec son pic de l’Ours mais également d’endroits plus ou moins lointains déjà cheminés : Rocher de Roquebrune, Mont Vinaigre, Siou-Blanc, les Maures, etc…. Au départ du parking, il suffit de lever la tête et les ruines des remparts protégeant la chapelle sont déjà visibles. L’histoire n’a rien laissé à propos de ces quelques fortifications sans doute moyenâgeuses mais on peut supposer que l’ermitage troglodyte était suffisamment isolé pour être la cible de nombreuses tentatives de brigandage. On pense notamment aux Maures ou Sarrasins qui occupèrent la Provence aux 9eme et 10me siècle et dont les « razzias » sont restées dans la mémoire de nos dictionnaristes. Les ermites avaient donc cru bon de se barricader en élevant de hautes murailles avec une seule porte d’entrée sans doute fermée à son origine par une lourde porte en fer forgée. Depuis l’esplanade de la source de la Sainte-Baume, un petit sentier rocailleux d’une centaine de mètres de déclivité grimpe vers le site. Dès le départ, on remarque un autre sentier partant sur la gauche et c’est celui qu’il faudra prendre pour se diriger ver le Pic du Cap Roux. Des marches ont été aménagées et à l’approche de la grotte, on a même maçonné des rampes avec des garde-fous. Il faut dire que l’accès est peu évident et on se demande même comment le tout premier ermite a pu découvrir ce lieu si scabreux. On peut supposer que la source toute proche a été l’élément déclencheur d’une installation dans la grotte, plus élevée et donc plus paisible, plus sûre et plus proche de Dieu. Tout là haut, devant la grotte et ses vestiges, je m’interroge sur les motivations qui ont amenées au fil des siècles tous ses hommes à vivre ici, dans ce cadre si solitaire et si sauvage ? Pourquoi de nos jours encore, d’autres hommes viennent-ils gravir ces collines si âpres pour entretenir cette grotte et déposer toutes ses reliques dans ce décor si hostile et si retiré de tout ? Lieu idéal pour la méditation certes et devoir de mémoire probablement mais la seule vraie réponse aux deux questions c’est sans doute cette foi de Dieu que je ne possède pas ! Alors, quelques photos et le plaisir de marcher suffisent à ma félicité. Nous repartons. Le sentier vers le Pic du cap Roux est aussi étroit que celui vers la grotte et circule dans une végétation typiquement méditerranéenne : quelques pins isolés, des chênes verts et lièges en grand nombre mais aussi des filaires, des lentisques, des arbousiers, des cistes, des romarins et des bruyères arborescentes composent l’essentiel de cette palette verdoyante. La faune est plutôt absente, mais en cette fin du mois d'août, la canicule en est sans doute la principale responsable. Quelques criquets et papillons, de rares passereaux qui ne tiennent pas en place et un rapace en vol géostationnaire, voilà les seuls aoûtiens visibles dans ces collines. Visibles mais pas toujours photographiables et rares seront ceux qui viendront s’enregistrer dans la mémoire de mon appareil photo. A diverses reprises, le sentier coupe d’immenses éboulis de pierres rouges. En traversant ces rugueuses caillasses, on a le vague sentiment que des milliers de forçats ont été chargés de fracasser toutes ces crêtes rougeâtres dominant l’itinéraire mais que devant l’immensité de la besogne à accomplir tout s’est soudain arrêté. Au sommet d’une corniche, la mer merveilleusement tranquille et bleue se révèle dans toute son immensité. Dans ce tableau panoramique passant si soudainement du bicolore au tricolore, seul le blanc, de loin la couleur pourtant la moins présente au milieu du vert, du rouge et du bleu, semble faire tache. Ce blanc, c’est celui de l’hyperurbanisation de toute la Côte d’Azur et c’est celui aussi, des innombrables et bruyants bateaux à moteur laissant leurs sillages d’écume. On a beau être seuls dans un cadre sauvage, magnifique et silencieux, la civilisation dans tout ce qu’elle a de détestable est bien là à nos pieds. Seules quelques voiles blanches à l’aspect si paisible dénotent dans cette peinture « marine » implacable. En longeant cette corniche, d’autres vues se dévoilent vers l’ouest désormais : Anthéor avec ses criques et ses constructions spiralées du plateau de Peysserin, le cap du Dramont et son sémaphore et plus loin Boulouris, Saint-Raphaël, Fréjus, le Golfe de Saint-Tropez et enfin son cap disparaissant dans une brume blanchâtre. Composé de plusieurs grosses proéminences indépendantes les unes des autres, un peu comme les chicots déchaussées d’un géant à la bouche ensanglantée, le Pilon apparaît lui aussi légèrement en contrebas avec son Saint-Pilon central. Il faut dire que nous sommes déjà arrivés au sommet du Pic du Cap Roux dont l’altitude lui est légèrement supérieure : 454 contre 442. Une jolie table d’orientation du Touring Club de France matérialise ce mirador naturel. Les vues à 360° y sont superbes alors on profite des paysages en prenant un petit en-cas. Puis, on poursuit le sentier toujours en descente d’abord jusqu’au col du Cap Roux puis vers le col du Saint-Pilon. Pour cela, au col du Cap Roux, nous avons choisi l’option de tourner à gauche plutôt que d’emprunter le sentier qui file derrière les mamelons rocheux. D’après mon fils, c’est un peu plus long mais les vues sur la Méditerranée y sont plus sublimes et effectivement difficile de le contredire après avoir cheminé ce sentier. Ici, on a le sentiment que la nature s’est complu à fracturer les roches pour en faire une multitude d’apparences disparates : dents pointues et ogives arrondis, éboulis de caillasses ou chaos de rochers, falaises abruptes et parois bombées, dentelles, aiguilles, éperons, grottes, balcons, crevasses, ravins et vallons esquissent ce décor rouge orangé sur fond de Grande Bleue. Un très beau spectacle ! Après le col du Saint-Pilon, le chemin se fait plus large et redescend sans problème au milieu des pins vers le parking de la Sainte-Baume où l’on retrouve avec bonheur l’eau de la rafraîchissante fontaine. On s’asperge avec l’espoir que cette eau soit aussi « miraculeuse » que certains le prétendent. La balade se termine et aura duré en tout 2h30, arrêts inclus. Alors 2h30 ça peut paraître beaucoup pour la distance d’environ 6 km composant cette boucle et le dénivelé plutôt modeste de 294 mètres mais moi si j’avais été seul, j’aurais sans doute mis une heure de plus ! Carte I.G.N 3544 ET Fréjus – Saint-Raphaël – Corniche de l’Esterel Top 25.
(*) Toponymie : Plusieurs suppositions sont émises au nom « Esterel ». La racine pré-latine « ester » signifiant « rocher escarpé », le mot latin « sterilis » signifiant « stérile » en raison de la pauvreté des sols, l’occupation de l’endroit par une tribu celto-ligure, les « sueltiri » puis le mot provençal « estello » signifiant « étoile ». Enfin, les étymologistes un peu mystiques attribueront le mot à la fameuse et bienveillante fée « Esterelle » dont la légende raconte qu’elle a toujours habité le massif, soignant les femmes stériles pour les rendre fécondes.
 

 

 

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

Présentation du blog

Publié le par gibirando

Les seules prétentions de ce blog sont :

- de vous faire aimer la randonnée pédestre,

- de prouver que la marche reste le meilleur moyen et en tous cas le plus paisible, pour découvrir la nature, paysages, faune et flore ainsi que notre beau patrimoine si diversifié,

- de démontrer, mais est-ce nécessaire ?, que notre France est "merveilleuse"  un peu partout.

Alors bien sûr, en randonnée pédestre, si le premier objectif demeure l'observation ou/et la contemplation pour la découverte, le deuxième est de respecter et de protéger cette nature très souvent si fragile. Le premier objectif ne restera réalisable que si le second est constamment poursuivi et satisfait.

Mon blog se veut aussi un lieu d'échanges, aussi n'hésitez pas à me laisser des commentaires voire des remarques. Vous souhaitez poser des questions ? Autant que mon emploi du temps le permettra, j'essaierais d'y répondre au plus vite.

Le blog se présente sous la forme d'un certain nombre de modules agencés en rubriques. Ces rubriques sont composées elles-mêmes d'articles. Au niveau des titres, les chiffres entre parenthèses représentent le nombre d'articles au sein d'une rubrique.

- Pour les randonnées, ces rubriques sont ordonnées par départements ou régions et à l'intérieur de chacune d'entre elles, vous trouverez un menu déroulant reprenant toutes les "belles randonnées réalisées et expliquées", classées par titres et dans un ordre alphabétique. Il suffit de cliquer sur la randonnée choisie pour découvrir l'article en question toujours présenté sous la forme d'un récit personnel, agrémenté d'un diaporama Dailymotion ou You Tube (assez souvent musical) et d'une photo représentative. Ces photos sont toutes reprises dans une rubrique intitulée "la galerie photos" quand aux diaporamas, vous pouvez tous les retrouver directement chez You Tube sur ma page d'accueil (voir module autres blogs). La plupart des randonnées sont réalisables sur une journée mais un rubrique spéciale est consacrée à celles nécessitant plusieurs jours. Certaines d'entre-elles, les plus anciennes, étaient sur mon vieux site perso  "Le Monde en Marche de JULLIEN Gilbert", de nos jours supprimé par l'opérateur Orange et que j'ai finalement reprises ici avec le même concept. Enfin, chaque article peut être commenté et une zone réservée à cet effet se trouve à la fin de chacun d'entre-eux. Dans un texte, tous les liens sont de couleur rouge. Les photos et cartes des articles sont à agrandir en cliquant soit directement sur la photo soit sur la mention "taille réelle".

-Outre les rubriques directement dédiées aux randonnées, il y en a quelques autres plus spécifiques que je vous laisserais le soin de découvrir :

La News :  Sous la forme d'un bref aperçu, elle est systématiquement consacrée à la prochaine randonnée ou balade qui sera expliquée.

Mon Journal Mensuel : Chaque mois, il reprend sous la forme d'un article, d'un billet ou d'une chronique, un sujet qui me tient particulièrement à coeur, sujet purement personnel ou pouvant être pioché dans l'actualité.

 

Enfin, comme dans tout blog qui se respecte, le mien ne fait pas exception et vous trouverez les habituels modules qui font leur richesse et que l'on retrouve à peu près partout à savoir : inscription possible à la Newsletter, Livre d'Or, module de contact, de recherche, nuages de tags, archives, statistiques, liens vers mes autres blogs ou sites Internet amis. Accès vers le réseau social Facebook.

Nota : Parmi tous ces modules, tous ne sont pas encore opérationnels mais sachez que mon but est qu'ils le deviennent au fil du temps. Alors merci de votre compréhension et de votre patience.

Enfin, je tiens à préciser que concernant les randonnées et leurs tracés, je décline toutes responsabilités en cas de problème, souci technique, accident ou incident et égarement. Pour l'avoir fait moi-même il fut un temps, toute sortie en groupe nécessite au préalable une reconnaissance afin de vérifier si le parcours est encore praticable et si les personnes que l'on va accompagner selon leurs aptitudes et leurs âges sont aptes à le réaliser. Si la sortie individuelle reste de la responsabilité de chacun ; il faut savoir mesurer ses aptitudes ; il n'en demeure pas moins qu'elle doit être également analysée et préparée selon son degré de difficulté.

Merci pour vos visites et votre fidélité.

A bientôt pour de nouvelles et "Belles Randonnées Expliquées".

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Randonnées dans les Pyrénées-Orientales

Publié le par gibirando

DEPART.    RANDONNEES DANS LES PYRENEES-ORIENTALES (pour visionner l'article, cliquez sur la randonnée choisie) ♫ = ( vidéos musicales) . A ce jour, 300 randonnées ont été réalisées. 

-----------------------------------------------------------------------------------

66     A la rencontre des cervidés (1.585m) depuis Railleu (1.347 m) et Sansa ♫

66     A Travers les âges et le parcours d'eau à partir de Bélesta de la Frontière. ♫

66     Autour de la Réserve Naturelle du Mas Larrieu à Argelès-Plage ♫

66     Autour du Grand Rocher de Caramany ♫

66     Autour et Tour de Trémoine (272 m) depuis Rasiguères ♫

66     Aux Portes de Boucheville (838 m) depuis Vira (604 m) ♫

66     Du Col de Jau (1.506m) au Col de Tour (1.551m) par le Refuge de Callau. ♫

66     Du Moulin de Vingrau aux Gorges de Gouleyrous ♫

66     La Baraque du Faig (1.589 m) depuis Leca (901 m). ♫

66     La Batterie (887 m) et la chapelle Santa Engracia depuis Arles-sur-Tech ♫

66     La Boucle "Au fil du Còrrec de La Corregada" depuis Saint-Estève. ♫

66     La Boucle "Autour de Montalba-le-Château". ♫

66     La Boucle autour de Sarrat (Al Sarat) à Urbanya 

66     La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça. ♫

66     La Boucle des étangs des Esquits depuis les Bouillouses ♫

66     La Boucle des étangs du Carlit depuis les Bouillouses ♫

66     La Boucle des murs tordus au départ de Peyrestortes ♫

66     La Boucle du Cau de la Guilla (col de la Guille) depuis Notre-Dame du Coral ♫

66     La Boucle du Col de Marsac (1.056 m) depuis Urbanya (856m).♫

66     La Boucle du Roc de Jornac et du Clot del Baro depuis Urbanya ♫

66     La Boucle « Et au milieu coule la Têt - Ille-sur-Têt, Rodès, Casesnoves »  ♫

66     La Boucle « floristique" autour des carrières de Baixas. ♫

66     La Boucle "Il était une fois d'Urbanya à Nohèdes" ou Le Circuit des Maisons saison 3 ♫

66     La Boucle "Minutes Papillons" d'Urbanya à Nohèdes ou Le Circuit des Maisons saison 2 ♫

66     La Boucle Pédestre de l'étang du Ticou depuis Pyrénées 2000. ♫

66     La Cabane de la Devèse de Vallbonne (1.697 m) depuis Léca (907 m) (Corsavy) ♫

66     La Carrière de marbre rouge du Coronat (1.755 m) depuis Jujols (960 m). ♫

66     La Carrière de talc de Caillau (1.645 m) depuis le col de Jau (1.506 m) ♫

66     La Chapelle ruinée de Séquières depuis Tarerach ♫

66     La Chapelle Saint-André et la carrière de marbre de Belloc depuis Conat. ♫

66     La Chapelle Sainte Anne (1.347 m) depuis Baillestavy (620 m) ♫

66     La Chapelle Sainte Anne (1.347 m) en circuit à partir de Glorianes. ♫

66     La Chapelle Sainte Marguerite de Nabilles depuis Conat. ♫

66     La Chapelle Sainte Marie de Bell-LLoc (1.685 m) depuis Dorres (1.446 m) ♫

66     La Chapelle Saint-Guillem (1.270m) depuis le hameau de La Llau (892m). ♫

66     La Chapelle Saint-Guillem par la Fontaine du Brigadier (1.257 m) ♫

66     La Chapelle Saint-Jacques-de-Calahons (531 m) depuis Catllar (331 m) ♫

66     La Chapelle Saint-Michel de Sournia depuis Sournia. ♫

66     La Chapelle Sant Marti de la Roca (518 m) depuis Camélas (314 m) ♫

66     La Chapelle Santa Engracia (653 m) depuis Amélie-les-Bains ♫

66     La Fontaine du Loup (Foun del Loup-650 m) de Trilla à Pézilla-de-Conflent ♫

66     La Gare d'Estardé (1.213 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     La Métairie de Cobazet (1.536 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     La Redoute d'Ambouilla (813 m) et autres découvertes depuis Sirach (470 m) ♫

66     La Roche gravée de Fornols et autres découvertes depuis Campôme ♫

66     La Serre de l'Artigue del Baurien (566 m) depuis Saint-Paul-de-Fenouillet ♫

66     La Serre de Vingrau (576m) en boucle depuis Vingrau (retour par le chemin du Mas Llansou) 

66     La Serre du Bosc del Prior (828 m) depuis Corneilla-de-Conflent (548 m) ♫ 

66     La Source des Verriers (782 m) depuis Vira (610 m) ♫ 

66     La Torre de Creu et le barrage de Matemale depuis Matemale ♫

66     La Tour de Batère (1.429m) depuis le Col de Palomère (1.036m) ♫

66     La Tour de Goa (1.268 m) depuis Vernet-les-Bains (670 m) ♫ 

66     La Tour de la Madeloc (656 m) depuis Banyuls-sur-Mer.

66     La Tour de la Massane (793 m) depuis Lavail (220 m) ♫

66     La Tour de Mir (1.540 m) et le Pic de La Clape depuis Prats-de-Mollo. ♫

66     La Tour de Querroig (670 m) depuis Banyuls-sur-Mer ♫

66     La Tour del Far et la carrière de marbre d'El Comador depuis Tautavel ♫

66     La Tour del Far (498 m) depuis Cases-de-Pène. ♫

66     La Tour et le Roc de Lansac (500 m) depuis Lansac. ♫

66     La Tourèze Mystérieuse depuis Latour-de-France ♫

66     La Trancade et la Redoute d'Ambouilla (813 m) depuis Ria (370 m) ♫

66     La Vallée d'Eyne (1.599m) jusqu'au col de Nuria (2.683m). ♫

66     La Vallée de l'Alemany (1.979 m) depuis Mantet (1.475 m) ♫

66     La Vallée du Galbe (1.757 m) depuis Espousouille (1.523 m) ♫

66     La Voie verte de l'Agly en VTT depuis Rivesaltes jusqu'au Barcarès ♫

66     L'Abbaye de Saint-Martin-du-Canigou (1.055m) depuis Vernet-les-Bains (670m) ♫

66     Le Balcon de Céret (423 m) depuis Céret (158 m) (La Nogarède) ♫

66     Le Balcon de la Côte Vermeille par le Pic des 4 Termes (1.156m) ♫

66     Le Balcon de la Coumelade (1.811 m) depuis St Guillem de Combret (1.335 m) ♫

66     Le Balcon de la Pêche depuis Ansignan (pont-aqueduc romain). ♫

66     Le Balcon de Nohèdes (1.310 m) depuis Nohèdes (935 m) par l'ancien canal d'irrigation. ♫

66     Le Balcon de Villefranche-de-Conflent par Saint-Etienne de Campilles ♫

66    Le Balcon de Villefranche-de-Conflent (427m/1.091 m) par Belloc.♫

66     Le Balcon des Aspres de Ste-Colombe à Camélas en passant par Castelnou. 

66     Le Balcon d'Evol (985 m) depuis Olette (623 m) 

66     Le Balcon d'Ille-sur-Têt (664m)- de Saint-Michel-de-Llotes à Casefabre. 

66     Le Balcon du Canigou (1.739 m) depuis Los Masos/Valmanya (1.014 m) 

66     Le Balcon d'Urbanya (1.535 m) depuis Nohèdes (942 m) 

66     Le Balcon sur la Rotjà du col de Jou (1.125 m) à Py (A/R). 

66     Le Cami d'El Viver (ou chemin du Vivier) depuis Saint-Martin-de-Fenouillet ♫

66     Le Cami de la Retirada (1.513 m) depuis Prats-de-Mollo (724 m) ♫      

66     Le Cami de las Sanyes depuis Salses-le-Château. ♫

66     Le Cami de Sant Bernabeu depuis Valcebollère ♫

66     Le Cami dels Orris depuis Salses-le-Château ♫

66     Le Cami Ramader de Thuir d'Evol au refuge de la Mouline (1.550m) ♫

66     Le Canal de Bohère depuis Llonat (commune de Los Masos) ♫

66     Le Canal d'Urbanya (1.764 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Canal Paul Riquet, La Soulsoure et le Sentier de découverte de La Sagnette à Saint-Hippolyte. ♫

66     Le Château de Montferrer 'Lo Castell' (1.035 m) depuis Montferrer (795 m) ♫

66     Le Château de Salveterra (400 m) depuis Opoul (côte 207 sur la D.9) ♫

66     Le Château des Maures et le viaduc de l'Escargot depuis Caudiès-de-Fenouillèdes 

 

 

66     Le Circuit Autour du Vallon de la Désix depuis Sournia ♫

66     Le Circuit champêtre de Fosse-Les Cabanes ♫

66     Le Circuit de 5 villages cerdans depuis Hix (Bourg-Madame) ♫

66     Le Circuit de Campoussy (885 m) depuis Sournia (490 m) ♫

66     Le Circuit découverte de Clara à Taurinya 

66     Le Circuit découverte Escaro/Aytua depuis Escaro ♫

66     Le Circuit de Força Réal (507 m) depuis Montner (125 m) ♫

66     Le Circuit de Fosse par la Couillade de Ventefarine ♫

66     Le Circuit de l'Anse de Paulilles depuis la plage de Bernardi (Port-Vendres) ♫

66     Le Circuit de l'Eau à Saint-Estève ♫

66     Le Circuit de la Bataille du Boulou depuis le Boulou ♫

66     Le Circuit de la Devesa et de la Coma depuis Urbanya (suivi des Orthoptères d'Urbanya) ♫

66     Le Circuit de la Matte (Mata) (1.205 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Circuit de la Montagne brûlée depuis Rodès (le Sentier des Carrières et du village médiéval de Ropidera) ♫

66     Le Circuit de la Soulsoure depuis Saint-Hippolyte-de-la Salanque ♫

66     Le Circuit de la Tirounère depuis Saint-Paul-de-Fenouillet ♫

66     Le Circuit de Vallserra par l'Iglesieta depuis Les Angles. ♫

66     Le Circuit des 3 Châteaux de Fenouillet depuis Caudiès-de-Fenouillèdes ♫

66     Le Circuit des 3 Dolmens depuis Bouleternère ♫

66     Le Circuit des 3 Veïnats de Fuilla 

66     Le Circuit des Bornes frontière de 1258 depuis Montalba-le-Château ♫

66     Le Circuit des Clôtures (1.798m) depuis Urbanya (856 m) ♫ 

66     Le Circuit des Combes au départ d'Estagel ♫

66     Le Circuit des Coumes et sur les Pas des bergers depuis Calce ♫

66     Le Circuit des Genêts à Urbanya ♫

66     Le Circuit des Hautes Garrotxes (1.917 m) depuis Sansa (1.410 m) ♫

66     Le Circuit des Maisons d'Urbanya à Nohèdes ♫

66     Le Circuit des Minerais depuis Villefranche-de-Conflent ♫

66     Le Circuit des Ponts Romains depuis Sournia ♫

66     Le Circuit des Rocs et des combes depuis Cases-de-Pène (parking de l'ermitage) 

66     Le Circuit des Terres Noires à Sournia et le Fajas d'en Baillette ♫

66     Le Circuit des Trois églises depuis Ur (Autour d'Ur). ♫

66     Le Circuit du Champ de l'Ours (Campoussy) depuis Sournia. ♫

66     Le Circuit du Col du Miracle et des Lloses (1.424 m) depuis Prats-de-Mollo (729 m) ♫

66     Le Circuit du Jardin Ensoleillé depuis Saint-Martin de Fenouillet ♫

66     Le Circuit du Patrimoine de Baho depuis Saint-Estève. ♫

66     Le Circuit du Poste électrique et les éoliennes de Baixas depuis Saint-Estève ♫

66     Le Circuit "Les Mots du vignoble" au départ de Fourques ♫

66     Le Circuit minier d'Escaro ♫

66     Le Circuit pédestre sur les hauteurs de Collioure depuis Collioure ♫ 

66     Le Col de Siern (1.629 m) depuis La Preste (1.105 m) 

66     Le Dernier Bastion cathare (Quéribus) au départ de Maury. ♫

66     Le Dolmen de la Cova de l'Alarb et le château de Valmy à Argelès-s/mer. ♫

66     Le Dolmen de la Siuréda et la Tour de Bel Oeil depuis Maureillas. 

66     Le Fajàs d'en Baillette depuis Le Vivier ♫

66     Le Fort de Bellegarde (424 m) et la Vallée de la Rome depuis les Cluses (137 m) ♫

66     Le Hameau de Comes (787 m) depuis Eus (387 m) ♫

66     Le Hameau d'En (970 m) depuis Nyer (718 m) ♫

66     Le Hameau et le château de Cuxous depuis Latour-de-France ♫

66     Le Hameau fantôme de Formentère (1.153 m) depuis Montbolo ♫

66     Le Hameau oublié de Fontanills par Can Rigall (880 m) depuis Arles-sur-Tech ♫

66     Le Lac d'Aude et le Mont Llaret (2.376 m) depuis les Angles (Pla del Mir -1.800m) ♫

66     Le Lac de Caudiès-de-Conflent (1.750 m). ♫

66     Le Lac de Nohèdes (2.022 m) par le canal de Jujols depuis Nohèdes (990 m) ♫

66     Le Lac et la Jasse d'En Calvet depuis La Llagonne ♫

66     Le Madres (2.469 m) en boucle depuis le col de Sansa (1.775 m) ♫

66     Le Mont Capell (1.194m) depuis Saint-Laurens de Cerdans ♫

66     Le Mont Coronat (2.172 m) depuis Nohèdes (Centrale électrique - 985 m) ♫

66     Le Mont Helena (776 m) depuis Caixas (363 m) ♫

66     Le Montolier de Périllos (707 m) et la Cauna depuis Périllos (360 m) ♫

66     Le Parc animalier des Angles (66) ♫

66     Le Pech de Fraissinet (1.173 m) à partir du village de Fenouillet ♫

66     Le Petit Balcon d'Urbanya (1.359 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Pic Aubeill (540 m) depuis Bélesta de la Frontière ♫

66     Le Pic Carlit (2.921m) plus haut sommet des Pyrénées-Orientales ♫

66     Le Pic de Costabonne (2.465 m) et la Coma del Tech depuis la Preste (1.107 m) 

66     Le Pic de la Moscatosa (Mousquatouse) (1.457 m) depuis Urbanya (856 m) 

66     Le Pic de la Pelade (2.370 m) et la Coume de Ponteils depuis le Col de Sansa (1.775 m) ♫

66     Le Pic de la Serra (1.208 m) depuis Urbanya (856 m) 

66     Le Pic de la Souque (1.635 m) depuis Leca (901 m) 

66     Le Pic de Portepas (1.798 m) depuis Urbanya (856 m) 

66     Le Pic de Tour ou del Torn (1.632 m) depuis Urbanya (856 m) 

66     Le Pic de Vergès (584 m) depuis Saint-Arnac 

66     Le Pic del Rosselló (1.314 m) depuis Mosset (700 m) 

66     Le Pic des Mauroux (2.137 m) depuis la Mollera dels Clots (Font-Romeu) ♫

66     Le Pic des Salines (1.333m) à partir de Fontfrède (Céret) 

66     Le Pic des Sept Hommes (2.651 m) depuis le refuge de Mariailles 

66     Le Pic des Tres Estelles (2.099 m) en 2 jours depuis le Pas de Grau (1.190 m) (Escaro) 

66     Le Pic du Canigou (2.784 m) depuis Mariailles (parking Le Randé - 1.520 m) ♫

66     Le Pic Garrabet (794 m) et Terre Majou (842 m) depuis Sournia (497 m) ♫

66     Le Pic Lazerou (574 m) et les dolmens de Felluns et Ansignan (245 m) ♫

66     Le Pic Lloset (1.371 m) et le pic de la Moscatosa (1.457 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Pilon de Belmatx et la Serre de Montner depuis la Boadelle ♫

66     Le Pla des Avellans depuis Bolquère-Pyrénées 2000 (Parking Les Estanyols) ♫

66     Le Pla Ségala en raquettes (2.200/2.320m) depuis le col de Mantet (1.760m) ♫

66     Le Prieuré de Marcevol et la chapelle Sainte Eulalie (656m) depuis Vinça (250 m) ♫

66     Le Prieuré de Serrabonne (601 m) depuis Boule d'Amont (415 m). ♫

66     Le Prieuré Santa Maria del Vilar depuis Villelongue-dels-Monts ♫

66     Le Puig del Pam (2.470 m) depuis les Angles ♫

66     Le Puig del Rocater (1.601 m) depuis Urbanya (856 m) 

66     Le Puig d'Escoutou (2.292 m) et la Llabanère (2.052m) : à l'écoute des cervidés ♫

66     Le Puig Pédrous (437 m) depuis Ille-sur-Têt (125 m) ♫

66     Le Puig Saint-Pierre (1.791 m) et le Puig de l'Estelle (1.778 m) depuis Batère. ♫

66     Le Puig Sant-Cristau (1.015 m) depuis Saint-Jean d'Albère (545 m) ♫

66     Le Refuge de Callau (1.537 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Refuge de l'Orri (1.810 m) depuis Prats-Balaguer (1.309 m) ♫

66     Le Refuge du Gai Sourire (1.076m) et le Ravin de Tulla depuis Fenouillet (443 m) ♫

66     Le Rêve de Sylvain et la Tirounère depuis Prugnanes ♫

66     Le Roc de Jornac (1.051 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Roc de les Creus (1.091 m-Conat) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Roc de les Medes (692 m) depuis Sorède (La Farga-205 m) ♫

66     Le Roc de Peirafita (1.535 m) par le Bac de la Pinosa depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Roc des Quarante Croix (1.356m) depuis Mosset. ♫

66     Le Roc et le Bac de Torrelles (1.745 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Roc Redoun (328 m) et les Coumos de la Quirro depuis Baixas ♫

66     Le Sarrat d'Espinets (801m) et le Roc Rouge (735m) depuis le col des Auzines (603m) ♫

66     Le Sarrat de Marsac (1.088 m) et les Cortalets depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Sarrat Naout (1.310 m) et Gatespa depuis le Col Bas (1.035 m) à Rabouillet ♫

66     Le Sentier archéologique d'Eyne ♫

66     Le Sentier d'Arletes et autres hameaux perdus depuis Conat ♫

66     Le Sentier de Carbodell depuis Nohèdes. ♫

66     Le Sentier de Découverte du Crest Petit et Les Comes à Baixas ♫

66     Le Sentier de Découvertes et d'agrément de Néfiach. ♫

66     Le Sentier de la Garrigue (1.392 m) et des Coumeilles depuis Jujols (960 m) ♫

66     Le Sentier de la Roche Insolite depuis Opoul-Périllos ♫

66     Le Sentier des Cariolettes au départ de Bolquère-village. ♫

66     Le Sentier des Hauts de Taïchac (632m) depuis St-Martin de Fenouillet (426m) ♫

66     Le Sentier des Histoires et la chapelle Saint-Luc de PuigRodon depuis Fourques ♫ 

66     Le Sentier des Oiseaux d'Ansignan ♫

66     Le Sentier des Trabucayres (1.333 m) depuis Las Illas (540 m) ♫

66     Le Sentier du Baron et le Tambour de Sahorre depuis Sahorre ♫

66     Le Sentier du Barrage sur l'Agly depuis Cassagnes (66). ♫

66     Le Sentier du Cap Béar depuis Port-Vendres (Anse de l'Espelugas) ♫

66     Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet) ♫

66     Le Sentier du Littoral de Banyuls-sur-Mer au site de Paulilles ♫

66     Le Sentier du Littoral de l'Anse de Paulilles au cap Béar et retour ♫

66     Le Sentier du Littoral du Racou à Collioure et retour. ♫

66     Le Sentier du Myrte et du genévrier depuis le château de Salveterra (Opoul-Périllos) ♫

66     Le Sentier Forestier des cinq sens et la forêt de Mosset (1.539 m) ♫

66     Le Sentier Forestier des Rhododendrons (1.890 m) depuis Rieutort (1.517 m) ♫

66     Le Serrat de Calvaire (1.359 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Serrat de la Font de la Barbera (1.549 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Serrat de l'Homme et la Cascade d'Urbanya ♫

66     Le Serrat Gran (1.430 m) depuis Urbanya (856 m) ♫

66     Le Site du Parc Naturel des Dosses au Barcarès. ♫

66     Le Tour de la Pelade (1.173 m) depuis Fenouillet (La Coume) 502 m ♫

66     Le Tour de Saint-Michel de Cuxa depuis l'abbaye 

66     Le Tour des Cabanes (916 m) depuis Prats-de-Sournia (634 m) ♫

66     Le Tour des Trois Villages : Sauto, La Llagonne, Fetges. ♫

66     Le Tour des villages à la croisée des voies romaines depuis le col de La Perche ♫

66     Le Tour du Coucouroucouil (1.996 m) à partir de Prats-Balaguer (1.309 m) 

66     Le Tour du Domaine des Montpins (Espira-de-l'Agly) ♫

66     Le Tour du lac de Caramany 

66     Le Tour du lac de Puyvalador depuis Réal ♫

66     Le Tour du lac de Villeneuve-de-la Raho ♫

66     Le Tour du Mont Nègre (1.226 m) depuis Falgos (St-Laurent-de-Cerdans) ♫

66     Le Tour du Très Estelles jusqu'à Py (1.023m). ♫

66     Le Trau del Cavall (Falaises et Contrebandiers) (540 m) depuis Vingrau ♫

66     Le Val de Bonabosc (799 m) ♫

66     Le Vallon d'Aigues-Bonnes (710 m) et les Gorges de Saint-Jaume ♫

66     L'Ermitage Saint-Etienne de Pomers depuis Clara ♫

66     L'Ermitage Saint-Ferréol (300 m) depuis Céret (144 m) ♫

66     L'Estany del Clot (1.682 m) depuis Nohèdes (960 m). ♫

66     L'Etang de la Balmette (2.047 m) depuis les Angles (1.840 m) ♫

66     Les Balcons de le Têt de Saint-Thomas-les Bains (1.155m) à Planès (1.558m) et retour ♫

66     Les Balcons de Taurinya (843 m) depuis Taurinya (543 m) ♫

66     Les Berges de la Têt (Au bord de la Têt) depuis les Estanyols (Bolquère) ♫

66     Les Cascades Saint-Vincent et des Anglais à Vernet-les-Bains ♫

66     Les Chapelles du Coronat (St-André de Belloc et St-Etienne de Campilles depuis Conat ♫

66     Les Chapelles du Pla de Balençou (912m) depuis Conat (513 m) ♫

66     Les Chemins d'Adrienne depuis Fourques ♫

66     Les Chemins de l'Ourriet et des Escocells depuis Urbanya ♫

66     Les Chemins des Braves : Espousouille, Fontrabiouse depuis Puyvalador ♫

66     Les Chemins ruraux de Serralongue depuis Le Tech ♫

66     Les Coteaux de Terrats depuis Terrats ♫

66     Les Crêtes de Serrabonne (1.044 m) depuis le prieuré de Serrabonne (601 m) ♫

66     Les Etangs de Font-Vive et de Passet en boucle à Porté-Puymorens. 

66     Les Etangs des Esquits depuis le Pla des Avellans, retour Pla de Barrès.♫

66     Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre. ♫

66     Les Gorges de la Guillera et le château de Rodès (308 m) depuis Rodès (203 m

66     Les Gorges de Nyer et le château de La Roca ♫

66     Les Gorges du Sègre depuis Llo ♫

66     Les Gorges et les Cascades du Cady (1.084 m) depuis Casteil (824 m) ♫

66     Les Lacs de Nohèdes et d'Evol (2.170 m) depuis Montailla (1.150m) (Nohèdes) ♫

66     Les Lacs des Camporells (2.240 m) depuis Formiguères (Station de ski-1.740 m) ♫

66     Les Mattes Vertes et les Mattes Rouges (2.083m) depuis le Col de Jou (1.125m) ♫

66     Les Mines de La Pinouse (1.360m) depuis le col de Palomère (1.036m) ♫

66     Les Monts d'Estagel (185 m) depuis Estagel 

66     Les Pierres gravées et dressées de Conat 

66     Les Plans d'eau de Millas ♫

66     Les Propriétés du vicomte de Fenouillet depuis Caudiès-de-Fenouillèdes. 

66     Les Rocs de France (1.450 m) et de Saint Sauveur (1.235 m) par Montalba d'Amélie 

66     Les Tours à signaux et la carrière de marbre de Badabanys depuis Villefranche-de-Conflent. 

66     Les Tours de Cabrens (1.336 m) depuis Lamanère (777 m) 

66     Les Villages perdus du Conflent -de Nohèdes à Urbanya 

66     Notre-Dame de Coral en boucle depuis le col d'Ares (Prats-de-Mollo) ♫

66     Notre-Dame de Coral par le col de Malrems (1.131m) depuis Lamanère (770 m) ♫

66     Notre-Dame de Pène et Sainte-Catherine de Baixas ♫

66     Notre-Dame de Vie et sa grotte à Villefranche-de-Conflent. 

66     Notre-Dame du Château et le Château d'Ultrera à partir de Sorède (533 m) 

Partager cet article
Repost0

Le Sentier archéologique d'Eyne

Publié le par gibirando

 Ce diaporama est enjolivé avec la musique "ADAGIO" du groupe SECRET GARDEN.


Si la commune d’Eyne est désormais bien connue pour son domaine skiable du Cambre d’Aze, elle l’est sans doute beaucoup plus encore pour sa merveilleuse « Vallée des Fleurs ». Cette belle réputation pour une vallée tout aussi belle, elle la doit bien évidemment aux plus grands botanistes qui n’ont eu de cesse de venir découvrir ici, un des sanctuaires du règne végétal parmi les plus sauvages et les plus incroyables de l'hexagone. Cette extraordinaire vallée, qu’il faut bien évidemment parcourir à pieds au moins une fois dans sa vie, permet de rejoindre, après une très longue marche, un autre sanctuaire bien moins fragile et un peu plus religieux celui-ci : le sanctuaire espagnol de la Vierge de Nùria.  La plupart des touristes, passionnés par les sports de neige et/ou charmés par la vallée, pourraient sans doute penser qu’avec ces deux très belles découvertes, il n’y a plus rien à voir d’intéressant à Eyne. Eh bien, ils se trompent, car il y a aussi une courte balade intitulée : « Le Sentier Archéologique d’Eyne ». Il faut bien sûr être attiré par les vieilles pierres, mais si c’est le cas, croyez-moi, ça vaut son pesant de granit ! Ici, sur ce petit bout du plateau cerdan, les mégalithes que vous observerez ont tous été élevés par nos ancêtres du néolithique, c'est-à-dire entre -6.000 et -2.000 ans avant J.-C, toute datation restant bien sûr fort imprécise en la matière si aucun vestige datable n’a été retrouvé sur place. Il y a même une voie antique, qui ne serait ni plus ni moins que l’ancienne Via Cerdana que les Romains auraient tracée pour faire le lien entre le Roussillon, la Catalogne ibérique et l’Aragon. A l’époque, la Cerdagne était occupée par les Kérétanis, peuple à la fois agraire et guerrier dont le pouvoir s’étendait bien au-delà de cette seule région. Il faut dire que leurs cavaliers étaient très craints de toutes les autres peuplades environnantes. Plusieurs siècles plus tard, il semblerait que les ingénieurs de Louis XIV aient repris à leur compte cette Voie romaine pour en faire une Voie royale destinée aux troupes se battant contre l’armée espagnole. Les conflits franco-espagnols ont été longs et nombreux et bien évidemment la Cerdagne était un noeud névralgique. Aujourd’hui, sur cette portion de voie passent et se croisent encore de multiples chemins : GRP Tour de Cerdagne, les Balcons de la Têt et même une toute petite portion du Chemin Vauban et de la voie catalane du Chemin de Saint-Jacques. Voilà, grosso modo ce que propose ce sentier d’Emilie mais il n’y a pas que ça et comme son cheminement s’effectue essentiellement sur un vaste replat, les paysages alentours et les panoramas lointains sont en bonne place dans l’échelle des intérêts que l’on va trouver à le parcourir. La balade démarre de la Maison de la Vallée, située à l’entrée d’Eyne quand on arrive par la D.29 depuis Odeillo. C’est une ancienne ferme transformée en lieu d’accueil et d’informations mais aussi en musée où il y a toujours un tas de choses très intéressantes à y découvrir. Le jour où nous étions, il y avait par exemple une exposition sur les « Papillons de Cerdagne » et un recensement des oiseaux ayant migrés en 2014 par cette belle région. M’intéressant aux oiseaux et aux papillons, j’étais aux anges ! Un vaste parking jouxte cette maison. Le « Sentier archéologique », lui, est immédiatement mentionné sur un panonceau indicatif et file par la  Carrer del Carreter (le rue des Charretiers) que l’on emprunte à gauche. Au début, l’itinéraire se faufile au milieu de basses collines aux formes arrondies mais très vite les premiers panoramas s’entrouvrent sur un horizon plus lointain vers Font-Romeu et bien évidemment vers les plus hauts sommets pyrénéens, tel le Carlit. En regardant bien, on aperçoit même le célèbre four solaire d’Odeillo, dont on a une vue assez étonnante puisque on ne voit que le bâtiment et pas du tout son miroir.  Très vite, le cadre s’aplanit et les paysages se dévoilent de tous côtés. Tout autour de nous, ce ne sont que des décors verdoyants entrecoupés de nombreux boqueteaux et de quelques haies encadrant de belles et vastes prairies. Si la diversité et la beauté des fleurs ne peuvent pas être comparées à celles de la « vallée », la flore demeure encore omniprésente malgré la saison estivale déjà bien avancée : chardons bleus, tanaisies, campanules, achillées, scabieuses, etc…. quand à la faune, elle est déjà bien visible avec de nombreux passereaux et quelques papillons que je tente en vain de photographier sans trop de succès pour l’instant. Un premier panonceau nous indique le dolmen « Lou Pou » (le puits) à 300 mètres. Quand on arrive sur les lieux, force est de constater que ce dolmen ressemble plus à une tombe voire à un caveau qu’à une véritable table dolménique comme on a l’habitude d’en voir. D’après ce que j’ai lu sur lui, les archéologues le dateraient assez précisément de -2.200 avant notre ère grâce à des os calcinés retrouvés à l’intérieur.  En tous cas, si c’est bien un dolmen, un jour, il a du s’effondrer car il ne dispose plus d’une dalle de couverture.  Il est situé près d’un amas de blocs granitiques un peu éparpillés, lui-même posé au sommet d’un petit mamelon. Il est déjà tard et nous profitons de la jolie vue que l’on a pour pique-niquer. De ce mirador naturel, nous remarquons aussi que la prairie qui nous fait face est truffée d’énormes agarics champêtres que l’on appelle plus communément « rosés des prés ». J’enjambe la petite clôture et me voilà déjà à ramasser ces beaux champignons blancs. Il y en a tellement que je suis obligé de faire un tri et de garder que les plus jeunes ressemblant à des bouchons voire à  des « champignons de Paris » mais en un peu plus gros. Ce tri est d’autant plus indispensable que je n’ai pas de panier et juste un sac en plastique et mon sac à dos. Ils arriveront dans la poêle en piteux état mais tant pis c’est trop bon ! La récolte faite, nous repartons par un agréable chemin creux, agréable car en partie bien ombragé et herbeux. Il débouche sur la Voie antique que j’ai évoquée plus haut.  Quelques foulées supplémentaires et le deuxième dolmen se présente déjà, perché celui-ci, bien en évidence, au sommet des Pasquerets ou Pascarets (pacage), vaste coupole herbeuse dont il a pris le nom. On le trouve aussi sous le nom de dolmen de la Borda. Nous quittons la Voie antique et coupons à travers champ pour monter vers lui. Celui-ci est parfait et ressemble à l’idée que l’on se fait d’un vrai dolmen avec un large tumulus tout autour prouvant qu’il s’agissait bien d’une sépulture initialement recouverte et protégée par un amoncellement de pierres empêchant un éventuel éboulement. Il parait que la dalle supérieure ne serait pas l’originelle. Après cette récréative « sortie de route », on retrouve la Voie antique dont quelques parties dallées indatables affleurent encore la surface. Le chemin parfois terreux parfois herbeux descend vers le Riu d’Eina ou rivière d’Eyne parfois mentionnée en Ebre (*) sur certaines cartes IGN un peu anciennes. Il s’agit bien de la même rivière qui a creusé la Vallée d’Eyne. A  l’aplomb de ce petit vallon, le chemin amorce un virage puis descend vers elle en suivant un gros murets en pierres sèches plantés parfois de quelques primitives bornes, reliques de la Voie royale souhaitée par Louis XIV. On enjambe la rivière par une passerelle en bois puis quelques mètres plus loin un nouveau panonceau nous indique de filer d’abord tout droit en direction d’un « pont mégalithique ». Je rappelle que le « mégalithisme » est simplement une forme d’architecture consistant à ériger des « mégalithes », c'est-à-dire de « grandes pierres » et non pas une période bien précise de l’Histoire des hommes. La datation de ce pont reste donc incertaine même si les archéologues la supposent du néolithique. En tous cas, il faut descendre du chemin pour prendre conscience de la taille des rochers qui ont été soulevés et bien évidemment plus la datation est supposée ancienne plus l’exploit parait considérable même s’il faut relativiser au regard de ce que les Egyptiens étaient capables de faire il y a 4.500 ans en élevant les fameuses pyramides de Gizeh. Rien n’est indiqué mais si vous continuez 50 mètres plus loin environ, vous vous retrouverez nez à nez avec une étrange roche dressée et fracturée verticalement. Il s’agit de la « Roca dels Traginers » ou « Roche des Muletiers » car l’histoire locale raconte que cet endroit servait jadis de lieu de rendez-vous et de réunions pour les gens de cette profession. Ses formes géométriques rectilignes, son élévation et sa cassure parfaite seraient l’œuvre de la nature et non pas celle des hommes. Après cette curiosité, il faut revenir sur ses pas jusqu’au panonceau rencontré précédemment et suivre la direction « menhir ». Là, un sentier monte dans une forêt de bouleaux, coupe un « rec » (canal), continue de monter au milieu des prés et finit par déboucher sur le bitume de la D.29. Par la droite,  il faut poursuivre la route sur plusieurs dizaines de mètres et l’on retrouve un large chemin qui nous amène jusqu’au menhir du « Pla del Bac » ou « del Bosc » parfois appelé « menhir d’El Port ».  Là, inévitablement, et au regard de cette monolithe en forme d’obélisque plutôt pointue entourée semble-t-il d’un tumulus délabré, on s’interroge quand à sa fonction première : Expression purement artistique ou celle d’une éventuelle croyance ? Monument sacré ? Borne ? Les idées vont bon train mais ici comme ailleurs le mystère reste entier et après toutes ces interrogations, nous n’avons qu’une envie : garder une photo souvenir en jouant les Obélix ! Dans ce secteur, il y aurait paraît-il un deuxième menhir du nom de « la Bassouse ». Il ressemblerait beaucoup à celui « del Bac » mais sur le sentier, je n’ai aperçu aucune indication y faisant allusion, alors bien évidemment, difficile de le trouver dans ces conditions et c’est fort regrettable. L’itinéraire file désormais dans des prés où les graminées, les épineux et quelques magmas granitiques clairsemés se partagent l’espace. Après une ample courbe, des panoramas plus précis qu’ils ne l’étaient au début de la balade se font jour sur le Cambre d’Aze et le Pica del Quer, les deux sommets composant pour l’occasion, le grand « V »  de la Vallée d’Eyne. Désormais, un souple chemin herbeux nous entraîne vers nos deux derniers objectifs : une roche à cupules et un site archéologue. Si la roche à cupules n’a rien de sensationnel car l’érosion du temps a eu sans doute un peu raison de toutes ces  mystérieuses « petites coupes », le site archéologique lui ressemble plutôt à un ancien habitat pariétal. On notera simplement que la plupart des cupules présentent une coloration brunâtre, mais de là à l’attribuer à du sang séché comme j’ai pu le lire, il y a des limites que je ne franchirais pas. L’abri du néolithique est, toutes proportions gardées, sans doute un peu plus récent car je me souviens avoir lu dans un bouquin du grand archéologue Jean Abélanet que ce type de construction était une façon pour les gens de l’époque de reconstituer une grotte ou bien une caverne que leurs aïeux avaient jadis occupée. Il suppose que pour ces gens-là, c’était en quelque sorte une manière architecturale de se souvenir de leurs ancêtres. Après la découverte de tous ces vestiges, on regrettera bien évidemment cette absence totale d'explications. Des panneaux sur les différents sujets observés voire thématiques ou ludiques donnant quelques menus éclaircissements auraient été les bienvenus. C’est d’autant plus regrettable, si comme j’ai pu le lire, d’autres vestiges, menhir de la Font del Sastre, de la Bassouse, tout proches ne sont pas inclus dans cette boucle plutôt courte. De ce fait, la rallonger n’aurait pas été un problème mais aurait permis d’être exhaustif quand à toutes les localisations archéologiques d’Eyne. Du coup, sur cette fin du parcours, mon regard a été presque plus attiré par les oiseaux et les papillons en très grand nombre à cet endroit que par le « Sentier archéologique » lui-même. En arrivant à hauteur d’une antenne relais, la vue donnant en contrebas sur Eyne, nous avons bien compris que la balade était bientôt terminée et du coup, en arrivant à la Maison de la Vallée, nous l’avons poursuivi pour une visite rapide mais très intéressante du vieux village. Il y a en effet, côte à côte, une jolie église avec un vieux clocher-mur et un autre clocher quadrangulaire à toit pyramidal de facture plus récente mais indépendant du premier. L’église est dédiée à Saint-Michel et serait l’émanation d’un édifice religieux roman plus ancien dont il ne reste plus rien mais dont la première mention écrite retrouvée daterait de 1270. Nous avons également noté qu’il y avait des gîtes et la sympathique patronne nous a autorisé à visiter les lieux et son très joli jardin. Une façon très commerciale mais ô combien charmante de nous encourager à venir y passer un petit séjour.  Cette visite du village incluse, nous avions parcouru environ 7,3 km en un peu moins de 4 heures temps de pause et pique-nique compris. Carte I.G.N 2250 ET Bourg-Madame – Mont-Louis – Col de la Perche Top 25.

(*) Sur certaines cartes,  la rivière d’Eyne descendant de la fameuse vallée est parfois mentionnée sous le patronyme d’Ebre. Rien à voir bien sûr avec l'Ebre la grande rivière d’Espagne se jetant en Méditerranée, encore que si l’on se fie uniquement au nom cela n’ait rien de vraiment surprenant. En effet, selon les Historiens, les contacts linguistiques entre les Celtes et les Ibères ne font plus aucun doute et quand on analyse le mot « ebre », il aurait pour origine le racine celte « ber » signifiant « l’écoulement d’une chose liquide ». A partir de là, le temps a fait le reste, et le « ber » est devenu « ebre », « aber » « ibar » signifiant « rivière », « estuaire », « rivage », etc…..peut-être même « mer » selon certains linguistes. Les Romains s’y sont mis aussi et le « ber » est devenu « iberus » et le grand fleuve a sans doute donné son nom à tout un peuple, à toute une région, à toute une péninsule puis à tout un pays. Oui, à l’origine, les Ibères étaient bien le peuple de la Vallée de l’Ebre et si leur influence tentaculaire ne fait plus aucun doute, de nombreux témoignages du néolithique sont les preuves formelles qu’ils ont régné aussi sur notre belle petite région de Cerdagne. 

Partager cet article
Repost0

Le Sentier du Labyrinthe Vert de Nébias.

Publié le par gibirando

 

Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques jouées par The London Starlight Orchestra avec Robert Janssen à l'harmonica. Elles ont pour titre : "Johnny Guitar", "Emmanuelle 2", "A Star Is Born Thème" et "Michelle".

C'est la News (prochaine randonnée de la page d'accueil) : Le Sentier du Labyrinthe Vert de Nébias.

C'est la News (prochaine randonnée de la page d'accueil) : Le Sentier du Labyrinthe Vert de Nébias.

  Cliquez sur les photos pour les agrandir. 2 fois pour obtenir un plein écran


Voilà comment en ce 15 février 2020, nous nous sommes retrouvés à marcher sur le « Sentier du Labyrinthe Vert » de Nébias. Ce jour-là, nous avions prévu d’aller randonner du côté de Sournia. Nos sacs à dos étaient prêts depuis la veille et il ne restait plus qu’à y mettre nos casse-croûtes. Au frais dans le frigo, une copieuse salade de riz, deux petits sandwichs-triangles et quelques compotes en constituaient l’essentiel. Depuis quelques jours, et hier soir encore, Météo France annonçait un grand ciel bleu sur toute la région et ce pour quelques jours. Un vrai et bel anticyclone. Aussi, à 7h du mat, en ouvrant le volet donnant sur le jardin, quelle ne fut pas ma surprise de constater que la totalité du firmament était complètement plombée. Tout était gris, mais le plus grave dans tout ça, c’est que rien ne laissait présager la plus petite éclaircie. Je partis de l’autre côté de la maison, me précipitais au milieu de la rue, mais là aussi tout était gris de partout. Vers le Canigou, le Mont Coronat et le Madres, aucune de ces montagnes n’étaient visibles, englouties qu’elles étaient sous cette chape cendrée. Quant au Montolier de Périllos dont j’aperçois en général le sommet au bout de ma rue, il était chapeauté d’une épaisse écharpe nuageuse comme le reste des Corbières. Oui, c’était bien l’ensemble du département qui était gris et même au delà. Une agacement froid commença à me monter à la tête. Me précipitant dans mon bureau, j’étais déjà entrain de ronchonner en me disant « comment Météo France peut-il se tromper à ce point ? » Oui, l’erreur était d’autant plus surprenante que les prévisions sur leur site continuaient à affirmer qu'un grand soleil allait rayonner et ce, à l’instant même où je les regardais sur l’écran de mon ordinateur. L’agacement se transforma en colère. Je pestais, et ce marmonnement revenait sans cesse en moi : « Oui, comme peut-on fournir une météo aussi décalée par rapport à la réalité ? ».

Dany se leva et je lui dis :

  • « Pour la rando, ça semble mal barré ! » lui expliquant la météo réelle et les mauvaises prévisions.
  • Toujours positive, elle me répondit : « Ecoute, on part à Sournia et nous verrons bien une fois là-bas ! » rajoutant « ça peut encore s’éclaircir » puis « le cas échéant, on improvisera ! ».

Tu parles d’une improvisation ? A 9H30, c’est au travers d’un épais crachin que l’on entra dans Sournia. La cité était déserte et comme la randonnée était de toute évidence « râpée », je pris immédiatement la décision de poursuivre la route vers Prats-de-Sournia. Là, depuis les premières hauteurs, Dany me fit remarquer qu’à l’horizon, beaucoup plus loin que le Bugarach dont on apercevait seulement la moitié de son pech, il y avait une longue frise bleutée. Très claire, elle contrastait avec le reste du ciel qui était sombre tout autour. Et là, comme un banal postulat, Dany s’exclama :

  • « Le mieux, c’est d’aller là-bas ! ».
  • « Là-bas ? Mais tu n’y penses pas. C’est très loin et c’est probablement la mer là-bas ! » lui rétorquais-je.
  • « Ecoutes, roule, nous verrons bien ! ».

On continua donc à rouler. Le Vivier, Les Cabanes, Fenouillet, Caudiès, Lapradelle, tous ces hameaux étaient enfouis sous une grisaille humide. A hauteur de St-Martin-Lys, un petit coin de ciel bleu apparut au dessus de la forêt de Fanges. Mais claustrés que nous étions au fond des Gorges de l’Aude, ce ne fut qu’une brève trouée. A Belvianes et Cavirac, en sortant des gorges, et comme si un rideau venait de se lever, un grand ciel bleu purgé de tout nuage apparut soudainement. J’étais estomaqué et n’en croyais pas mes yeux. Comme un diable sortant de sa boite, la frise bleutée que l’on avait vu à l’horizon était déjà là. « Bingo ! » s’écria Dany. A Quillan, c’était jour de marché et les réjouissances battaient leur plein. On se mêla à la foule, on flâna de stands en stands et d’étals en étals. Le temps passait et celui de la randonnée semblait bel et bien oublié, sauf le pique-nique car la faim était là. A midi, on quitta Quillan et son marché, direction Nébias, car je me souvenais d’une aire de pique-nique qui se trouvait au niveau des lacets de la D.117 juste avant le col du Portel. La table était bien là et on mangea la salade de riz avec autant de vigueur que si nous avions marché pendant plusieurs kilomètres On était heureux de cette merveilleuse météo et l’après-midi était encore devant nous. Dans le verdoyant vallon de Ginoles, on eut même droit à quelques belles circonvolutions orchestrées par deux vautours fauves. Tout en mangeant, je dis à Dany :

  • « Tu te souviens de Nébias ? »
  • «  Bien sûr, il y a le labyrinthe ! »
  • « Et de l’année tu t’en souviens ? »
  • « Non, plus du tout, mais c’était il y a au moins 10 ans ! »
  • « 2007 exactement ! » « Il y a 13 ans » « Et tu sais pourquoi je m’en souviens ? »
  • « Non ! »
  • « Parce que c’est l’année où je suis parti faire le Tour du Coronat en solitaire ». « Je m’en souviens car le jour où nous avions accompli ce Sentier Nature de Nébias, il y avait le festival Eldorando de la randonnée à Quillan et quand j’avais évoqué l’idée d’accomplir le Tour du Coronat avec les bénévoles du Comité FFRandonnée des Pyrénées-Orientales, ils avaient tenté de m’en dissuader, prétextant que ce tour n’existait plus depuis plusieurs années, qu’il était certainement embroussaillé et que certaines portions relevaient même du domaine privé. Ils m’avaient même conseillé d’attendre car ils pensaient qu’un jour il serait réhabilité. » « Toi, tu souffrais de ta polyarthrite qui t’avait empêché de m’accompagner, alors j’étais parti tout seul, l’accomplissant en 2 parties distinctes » « Je me souviens encore très bien car la deuxième partie c’était pile-poil le lendemain du mariage de Carole (notre fille) »« Ça te dirait de retourner à Nébias ? »
  • « Oui bien sûr ! »

 

Alors voilà comment nous nous sommes retrouvés 13 ans plus tard, à refaire, non pas « le Sentier Nature » un peu trop long pour le temps que nous avions à consacrer, mais le « Sentier du Labyrinthe Vert » un peu plus court que le premier. Alors, je ne vais vous raconter en détail cette balade. Non, à Nébias, ce sentier est parfaitement indiqué et balisé et si vous ne le connaissez pas, vous n’aurez aucune difficulté à trouver le départ et à l’accomplir. Non, la seule véritable chose qui m’ait désappointé et que j'ai retenue ce jour-là, comme cela m’avait déjà énormément marqué lors d’une randonnée aux Sources de l’Agly et de la Sals, c’est tous ces plants de buis desséchés et donc morts. Ici, comme du côté du Bugarach, cette plante est morte, sans doute à jamais, « bouffée » par la Pyrale du buis venue de Chine. Si ce désastre écologique m’a quelque peu perturbé, sa ressemblance invasive avec la pandémie du Covid-19 que nous vivons m’a depuis interpellé au point d’écrire à ce sujet dans Mon Journal Mensuel. Ici, à Nébias, sa disparition est d’autant plus gravissime, que les rochers et les buis dessinant le labyrinthe formaient le couple quasi parfait. D'ailleurs, la plupart des labyrinthes végétaux ne sont-ils pas fait essentiellement de buis, tans ce dernier est facile à sculpter ? Des roches en lapiaz comme sculptés par des géants et des buis que l’on pouvait tailler sans problème et à qui mieux-mieux pour donner une belle forme à ces merveilleux décors, voilà ce qu'était jadis ce Labyrinthe Vert de Nébias. Aujourd’hui, de ce couple si fidèle, le buis a disparu et force est de reconnaître que ce n’est plus comme avant, même si le lieu continue à mériter d’être connu et découvert. Même sans le buis, le vert ne manque pas dans cet univers où l’hygrométrie reste importante, mais les mousses, les lichens et les Barbes de Jupiter ne remplaceront jamais la brillance et la beauté du buis. Ce fameux « Buis toujours vert » auquel les anciens botanistes avaient donné à juste titre le nom latin de « Buxus sempervirens , signifiant « Buis à feuillages persistants ». Non seulement son feuillage n’a pas persisté au caractère « dévoreur » de la Pyrale mais du « toujours vert » nous sommes passés au « toujours gris ». Ne me demandez pas comment on dit gris en latin car de toute manière et quelque soit la langue, le gris sera toujours la couleur de la tristesse ! Cette balade a été longue de  4,7 km, non inclus la visite de Nébias et en flânant beaucoup nous l'avons accompli en un peu moins de 3h.   Carte IGN 2247 OT Lavelanet – Montségur – Lac de Montbel Top 25.

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

Les Gorges et les Cascades du Cady (1.084 m) depuis Casteil (824 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté par deux musiques extraites de l'album instrumental " Lofty"s Roach Soufflé " du Harry Connick Jr.Trio avec Harry Connick Jr.(piano) Benjamin Jonah Wolfe (basse) et Shannon Powell (batterie). Elles ont pour titre : Colomby Day et One Last Pitch (take 2).

LES-GORGES-DU-CADY
Voir taille réelle
GORGESCADYIGN

Après avoir gravi le pic mythique sous un soleil torride, je n’ai pas voulu quitter le Massif du Canigou sans une balade bien plus facile et pleine de fraîcheur. En été, s’il existe une balade très raffraichissante, c’est bien celle des Gorges du Cady. Ce type de balade qui consiste à suivre un cours d’eau, ici un torrent de montagne en l’occurrence, est d’autant plus agréable pour moi que dès lors que j’ai chaud et que j’aperçois la moindre flaque, je ne peux m’empêcher d’y tremper les pieds quand ce n’est pas d’y plonger la tête ou mon corps tout entier. Or, ici, les flaques se présentent le plus souvent sous la forme de jolies petites vasques ou de profondes marmites aux eaux cristallines. Et comme si ça ne suffisait pas à mon bonheur, ces cuvettes sont parfois agrémentées de petits toboggans où la baignade se transforme très vite en du canyoning en miniature. Seul inconvénient, l’eau est parfois si fraîche, pour ne pas dire froide, que Dany, qui s’est risquée à tremper un orteil,  me regarde avec des yeux écarquillés de stupéfaction ou peut être anéantis, je ne sais pas, se disant sans doute que je suis un « grand malade ». Mais que voulez-vous, j’ai toujours adoré me baigner dans de l’eau très fraîche, et parfois, de surcroît dans des lieux plutôt « insolites » pour ne pas dire inhospitaliers voire hostiles. Ce « drôle » de penchant, je l’ai acquis depuis ma plus tendre enfance car depuis toujours, j’ai pris pour habitude de me baigner dans les eaux turquoises des calanques marseillaises où mes parents possédaient un petit cabanon, à Sormiou plus exactement. Or, les calanques sont bien connues pour leurs courants marins capricieux, leurs nombreuses résurgences de rivières sous-marines et leurs eaux si glaciales dès qu’un brin de mistral se met à souffler. Alors bien évidemment, si le but de cette balade aux Gorges du Cady est de marcher pour rejoindre une belle cascade, pour moi, ce n’est mon dessein essentiel. Non, mon objectif premier, outre la randonnée, est de lui adjoindre un agréable moment de pique-nique dans un coin tranquille, rafraîchissant et où la baignade est autorisée de préférence. En tous cas, ici au départ de la balade, la seule interdiction par arrêté préfectoral que j’ai notée, c’est celle de descendre les gorges en canyoning. Le départ s’effectue peu après Casteil, en direction du col de Jou sur la piste forestière dite de Mariailles, encore bitumée sur ce secteur. Un petit parking est là, tout près d’une station de pompage et de traitement de l’eau. Cette station, c’est celle du SIVOM du Roc des Ermites dont la tâche est de capter l’eau du Cady pour l’assainir puis la transformer en une eau propice à la consommation. Le sentier démarre en passant entre les bâtiments et rejoint quelques mètres plus hauts, un chemin plus large. Un panonceau de randonnée fournit les premières indications : sur la droite, la Cascade du Cady donnée pour un aller-retour de 4h et sur la gauche l’abbaye de Saint-Martin-du-Canigou à 1h. L’itinéraire balisé en jaune est donc tout simple. Attention, simple ne veut pas dire facile et c’est d’ailleurs tout le contraire. Il faut garder à l’esprit que l’on va cheminer le cours d’un torrent de montagne, lequel torrent pour se frayer un chemin dans cette forteresse minérale constituée de larges rocs et de hautes falaises a du tout fracasser sur son passage. C’est ainsi que la Cady a créé un dédale de ravins et de gorges profondes où les pierriers sont évidemment très présents. Le parcours pour rejoindre les cascades n’est donc jamais facile même si pour le bonheur des randonneurs et des pêcheurs, de multiples passerelles ont été édifiées pour en faciliter le cheminement et les passages successifs d’une rive à l’autre A cette difficulté du terrain vient s’ajouter une végétation incroyablement belle et dense qui trouve dans ces gorges toute l’hygrométrie nécessaire à son épanouissement. Le nombre d’essences différentes est assez phénoménal. Le règne animal pas toujours visible au premier coup d’œil  n’est pas en reste et trouve dans ce biotope, un habitat adapté. Personnellement étant très attentif à cet aspect faunique de la balade, j’y ai découvert et photographié parfois avec surprise des espèces aussi disparates que des passereaux, des papillons, des criquets, un lézard vert et un autre des murailles, une salamandre tachetée et enfin de manière encore plus étonnante, une chauve-souris aux immenses oreilles qu’on appelle « oreillard », sans doute dérangée par quelques fans de la grimpe. Un autre jeu plus paisible que la grimpe consiste à déceler dans les pans des différentes falaises que l’on aperçoit, des formes, des animaux voire des visages plus ou moins humains ou monstrueux. J’en ai découvert quelques uns mais sans doute ai-je une imagination bien trop fertile ? C’est donc, je suppose, pour toutes ces raisons que les Gorges de Cady constituent une balade estivale plutôt prisée. En été, les randonneurs sont parfois très nombreux à circuler et si les lieux de baignade y sont également pléthores, les bons emplacements sont quelquefois difficiles à trouver à l’heure du déjeuner. Il faut donc partir suffisamment tôt, de telle manière à arriver à la cascade avant l’heure du pique-nique et consacrer le retour à la recherche d’un coin idéal. A tout cela, il faut ajouter et se souvenir que très nombreux varappeurs, du simple débutant au plus expérimenté, affectionnent les Gorges du Cady et que les zones et les voies d’escalade sont presque aussi nombreuses que les falaises que vous aurez à côtoyer. Ces secteurs et voies de grimpe ont des noms parfois assez insolites comme le Pilier St Martin, le Gendarme, Roca Alta, l’Olive, le Pin des Pisses, Caca Boum, Casse Dalle, j’en passe et des meilleurs. J’avoue que les grimpeurs ont parfois bien plus d’imagination et d’humour que peuvent en avoir les randonneurs. Enfin compte tenu de toutes ces précautions à prendre, Dany et moi avons entamé un départ vers 10h15 pour une arrivée à la cascade un peu avant 12h, le tout en ayant plutôt flânés et marqués quelques brèves pauses. Le temps de quelques photos souvenirs à la cascade et à 12 h tapantes, le coin parfait était déjà trouvé. A partir de là, nous avons pris tout notre temps, à la fois pour déjeuner, moi pour me baigner et ensuite pour amorcer le retour. A 15h, la balade était terminée et nous avions déjà passé une très belle et tonique journée. Aller et retour, la balade est longue de 5,5 km environ pour un dénivelé de 260 mètres, la cascade de Cady étant située à 1.084 m d’altitude et le parking du départ à 824 mètres. Bonnes chaussures de randonnée à tiges hautes sont à conseiller. Enfin et pour la petite histoire, ce jour là, j’ai fait sans doute ma B.A car la salamandre était un peu perdue au milieu des graviers de la dernière partie du chemin, juste avec la station de pompage, et ça a été un vrai miracle qu’elle ne soit pas piétinée par plusieurs randonneurs. Sachant que sa peau secrète un mucus empoisonné, dont au Moyen-âge on pensait qu’il était transmissible à l’homme, le transformant ainsi en sorcier, j’ai néanmoins pris le risque de la prendre dans ma main pour aller la déposer sur l’herbe fraîche en bordure de la rivière. Un endroit bien plus tranquille et humide correspondant bien mieux à son habitat. Si un jour ça vous arrive, n’ayez aucune crainte mais surtout ne portez pas vos mains à la bouche ou ne vous frottez pas les yeux et bien évidemment, lavez-vous bien les mains après l’avoir touchée. Carte I.G.N 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

Le Pic du Canigou (2.784 m) depuis Mariailles (parking Le Randé - 1.520 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est enjolivé avec des musiques d'Ennio Morricone extraites de la bande originale du film "Le Professionnel" de Georges Lautner avec Jean-Paul Belmondo. Leurs titres ; Le Vent, le Cri - Chi Mai - D'Afrique - Le Retour (Sur le nom de Bach)


Il fallait bien que ça arrive un jour ! A force de lui attribuer tous les superlatifs les plus pléthoriques, de le mettre en exergue à chacune ou presque de mes randonnées départementales voire limitrophes parfois, de le traiter le plus souvent de « grand seigneur », de « majesté », d’ « Olympe des Catalans », de « montagne sacrée », de sommet mythique, de « mont des monts », comme l’étymologie de son nom le laisse supposer, voilà qu’enfin, en ce 6 août 2015, je m’étais décidé à aller gravir notre « fameux » Canigò. Je dis « notre » car il faut bien le dire, cette montagne si belle et si majestueuse, elle appartient à tout le monde, catalans ou pas catalans ! On ouvre notre fenêtre, on se balade dans une rue d’un village du Roussillon et son pinacle apparaît au loin, plus merveilleux bien sûr quand il est enneigé. Et puis, n’est-il pas visible depuis la Provence comme certains de mes amis blogueurs me l’ont prouvé en m’envoyant moultes photos et vidéos si « extraordinaires » d’un incroyable coucher du soleil ? Enfin, pour le toucher, il suffit d’en avoir envie et rejoindre son sommet est presque un jeu d’enfant à partir des Cortalets. Je me souviens toujours de cette anecdote avec ce couple de stéphanois (de Saint-Etienne) dont j’avais croisé la route lors de la dernière étape de mon Tour pédestre du Coronat. Par un bel après-midi d’août, nous étions tous à prendre un goûter assis près de la chapelle Saint-Etienne de Campilles, au dessus de Villefranche-de-Conflent et nous dissertions sur les randonnées en général et sur le Canigou qui nous faisait face en particulier. Ce couple était persuadé que pour monter au sommet du Canigou, il fallait nécessairement être un grand alpiniste, avoir un matériel d’escalade approprié et moi, je m’évertuais à leur dire que même leurs trois jeunes filles âgées de 7 à 12 ans pouvaient aisément y monter. Il a fallu que j’argumente un max, que je sorte ma carte I.G.N et que je leur dise que l’on pouvait presque y monter en voiture pour qu’enfin ils se décident à me croire, non sans penser sans doute qu’avec mon accent marseillais, j’exagérais sans doute un peu. Quand je les avais quitté pour finir mon étape, dans leurs têtes, c’était décidé : « ils ne finiraient pas leurs vacances sans être montés au Canigou ! ». Voilà pour cette anecdote amusante mais qui montre ô combien ce sommet inspire à la fois admiration, respect et désir. Pour moi, en ce 6 août 2015, cet objectif de faire l’ascension du Canigou, ce n’était pas exactement ce que l’on appelle une « première » mais la cinquième fois que j’allais le gravir, quatre fois depuis les Cortalets et une seule fois depuis Mariailles. Ma première ascension datait de juillet 1989 et avec un groupe d’amis, nous avions marché 2 jours de Valmanya aux Cortalets le premier jour puis jusqu’au pic le lendemain. A l’époque, j’avais 40 ans et donc 26 ans de moins. En tous cas et même si je gardais quelques photos des différentes ascensions, c’était la toute première fois que je m’y rendrais avec la ferme intention de laisser un récit et un reportage photographique digne de ce nom. Ce reportage bien sûr devant servir à nourrir ce blog « randonnées » que je développe désormais depuis plus de 7 ans. Parfois, quelques blogueurs m’en avaient gentiment fait le reproche de ne pas l’avoir encore inscrit et c’est vrai que j’ai mis pas mal de temps à me décider. Cette fois-ci encore. L’envie était là, mais je voulais que les conditions soient idéales, en tous cas les plus propices, à la fois sur le plan « météo » principalement, pour que mon article soit le meilleur possible, mais aussi sur le plan physique car depuis Mariailles, je me souvenais d’une randonnée plutôt très longue et même difficile sur la fin en arrivant à la pierreuse « Cheminée ». Par cet itinéraire, la dernière fois que j’y étais monté, c’était il y a une quinzaine d’années et autant dire qu’à 66 ans, on n’a plus les jambes de 50 et ça je l’appréhendais un peu, même si je marche encore beaucoup ! Enfin, j’étais tout de même décidé à le faire avant d’être trop vieux ! Depuis Urbanya, où je passais l’essentiel de mes vacances estivales, j’avais remarqué que le Canigou commençait à se charger en nuages en début d’après-midi sur les coups de 13, 14 voire 15 heures parfois. Mon premier objectif serait donc de parvenir au sommet de préférence bien avant les nuages car il n’y a rien de pire que de monter tout là-haut et d’avoir la tête enveloppée d’une écharpe opaque empêchant toutes visions.  Mais à 66 ans, courir contre des nuages, était-ce bien raisonnable ?  A 6h30, sous un ciel encore un peu blafard, j’ai donc quitté Urbanya, direction Mariailles par Vernet-les-Bains, Casteil puis le col de Jou où j’ai poursuivi la piste forestière jusqu’au parking du Randé. Entre temps, je m’étais arrêté quelques minutes pour observer et photographier mon objectif du jour, un peu comme le font deux boxeurs avant le combat quand ils se regardent les yeux dans les yeux pour se défier et montrer qu’ils n’ont pas peur de l’autre. A chaque arrêt, le massif était différent, d’abord d’un noir d’ébène, il se détachait magnifiquement dans un ciel blafard depuis la route d’Urbanya. A Ria, entre chien et loup, c’est une pyramide bleue acier que j’ai pu voir dans un ciel bleu devenant laiteux. Après Casteil, dans la montée vers le col de Jou, alors que je pensais le voir une dernière fois, le Canigou avait disparu et il avait laissé la place à une petite montagne minérale et végétale où falaises et pierriers blanchâtres et forêts olivâtres se partageaient le décor. A partir de là, j’ai décidé de ne plus m’arrêter. 7h30, je range ma voiture sur le parking du Randé. Les véhicules garés sont déjà très nombreux mais paradoxalement il n’y a pas âme qui vive. Seuls, deux ânons et deux jolis chevaux pie magnifiquement tachetés sont là attachés aux clôtures. Mes caresses n’ont pas l’air de les enthousiasmer et j’ai même le sentiment qu’ils dorment debout. Sans entrain, ils attendent des randonneurs trop paresseux pour porter leur propre sac à dos  J’endosse le mien et file vers des pancartes indicatives. Ces pancartes, je les connais bien et les choix proposés vers Mariailles aussi. Que ce soit par la piste ou par le G.R.10, je sais déjà que 40 minutes environ me seront nécessaires pour arriver à la hauteur du refuge. Je fais le choix de la piste que j’estime préférable pour me mettre en jambes. Seules quelques rares fleurs me freinent dans ce placide démarrage et malgré ces brefs arrêts photographiques, à 8h10 me voilà à Mariailles où au milieu de vaches encore plus placides que moi, je tente de me frayer un chemin. Ici, et bien au delà de son classement en grand site, à cause des troupeaux qui sont à l’estive et des touristes qui fréquentent en très grand nombre le massif, on comprend mieux pourquoi les pistes forestières menant vers le Canigou sont interdites à tous les véhicules des non ayants droit en période estivale. Au col, je délaisse la piste non sans avoir au préalable jeté un coup d’œil sur le seul panonceau qui pourrait m’intéresser : « Pic du Canigò - 8,2 km – 4 heures ». Tous ces chiffres me laissent perplexe car selon le tracé que j’ai enregistré dans mon G.P.S, c’est au bas mot plus de 2,5 km supplémentaires qu’il me faudra cheminer pour arriver au sommet. Quand aux 4 heures annoncées, je ne me fais aucune illusion, avec mon habitude de flâner, j’en serais sans doute bien loin même si je garde dans un coin de ma tête cette envie certaine d’arriver avant les nuages, c'est-à-dire avant 13 heures. A l’instant où je bascule sur le G.R.10, un randonneur me dépasse. C’est le tout premier que j’aperçois depuis le Randé. On se salue. Il a environ mon âge mais marche bien plus vite que moi. D’autres randonneurs arrivent encore mais poursuivent la piste soit vers les Mattes Rouges soit vers le Pla Guillem. Devant moi, le randonneur de mon âge a quitté le sentier et je le vois se diriger en contrebas vers la Fontaine de la Jasse où il remplit des gourdes. Je poursuis mais peu après la passerelle enjambant le torrent de la Llipodère, il me doublera à nouveau et là, je ne le reverrai plus jamais. Il faut dire que mon numérique est déjà bien entré en action et que chaque photo est toujours ponctuée d’un petit arrêt. Pourtant, la luminosité est loin d’être idéale car soit le ciel est encore bien opalin soit les rayons du soleil me dardent en pleine face et la qualité de mes prises de vues paysagères s’en ressentent. Tant pis, je me suis promis de prendre un maximum de photos pour agrémenter mon reportage. Après le Ravin des Sept Hommes et le Col Vert, il est presque 9 heures quand je pousse une porte métallique servant de démarcation à des décors bien différents. Ici, je quitte les sombres sous-bois de résineux pour des milieux plus ouverts plongeant sur le profond Ravin du Cady et offrant des vues panoramiques époustouflantes et lointaines. Sur la gauche, les pics Quazemi déroulent leurs douces crêtes pelées quand au Roc de Cady, sa haute stature rougeâtre et chaotique contraste avec la végétation environnante si verte. Désormais, tous ces paysages apparaissent sous un firmament d’une couleur bleu ciel tant espérée. Le sentier et ses abords changent aussi. Il alterne les gros éboulis descendant des Sept Hommes, les petites tourbières mouillées ou les portions herbeuses où les petits pins à crochets, les rhododendrons, les genêts, les fétuques et les fleurs multicolores se livrent une lutte sans merci pour s’approprier l’espace laissé libre par les hautes forêts. Dans cette lande incroyablement compacte, une faune bien visible composée essentiellement de lépidoptères, d’orthoptères et de passereaux sautille et virevolte. J’y aperçoit quelques criquets, deux ou trois papillons, un pinson, des mésanges et pour la toute première fois, un accenteur alpin. La sente descend tout doucement vers le torrent de Cady dont les berges sont occupées par un groupe de randonneurs espagnols entrain de déjeuner. Dans l’immédiat, je ne fais que les saluer et je ne m’arrête pas mais ces quelques marcheurs seront mes complices permanents dans l’ascension finale vers le sommet. Tout en montant vers le Roc de Cady et le refuge Arago, de nouvelles vues s’entrouvrent plus ou moins lointaines et pour certaines bien reconnaissables pour y avoir cheminé : Pic des Sept Hommes, Pic des Tres Estelles et beaucoup plus loin encore le Mont Coronat, le Pic de la Pelade, le Madres et le Carlit. En approchant de la Cabane Arago, la végétation change encore et d’autres paysages se dévoilent dans la direction opposée. Ici, tout autour de cet ancien et immense cirque glaciaire formé par la Solane de Quazémi et les Gourgs du Cady, ce ne sont que des hautes crêtes ondulées formées par un série de « puigs » oscillant entre 2.600 et 2.700 mètres d’altitude : Sept Hommes, Roja, Tres Vents, Roc Nègre, Sec, Barbet et enfin Canigou. La végétation, elle, est essentiellement composé d’une lande où de ras genêts purgatifs et de blonds gispets poussent au milieu des magmas rocheux que des glaciers millénaires aujourd’hui disparus ont charriés anarchiquement. Après le refuge,  et toute proportion gardée, la sente devient un peu plus sévère. On enjambe un étroit ruisseau donc je peux supposer qu’il s’agit du Cady bien que sa source soit plutôt difficile à discerner sur la carte I.G.N. Plus on monte, plus la pente s’accentue, plus l’herbe devient rare et rase et laisse peu à peu la place aux seules caillasses. Ici, c’est le royaume des traquets motteux et des marmottes que l’on entend chanter et siffler sans jamais trop les apercevoir ni les uns ni les autres. Ce n’est pas faute pourtant de m’arrêter et d’observer chacun des rochers d’où proviennent toutes ces stridulations. J’aurais plus de chance au retour. Le sentier est désormais essentiellement caillouteux et rocheux même si ma curiosité me conduit à trouver encore quelques fleurs dans les moindres interstices : Pieds de chat, campanules, raiponces, achillées et autres séneçons notamment. Je ne suis plus seul et nous sommes désormais plutôt nombreux à grimper vers la « glorieuse » cime. Dans ma flânerie continuelle, je laisse passer toute le monde et ça d’autant plus facilement qu’un grand ciel bleu d’une incroyable pureté est bien, comme je l’avais imaginé, au rendez-vous de cette difficile ascension. Sans me presser, et sauf incident toujours possible, je sais déjà qu’à 13 heures, je serais là-haut. Le groupe d’espagnols aperçu au bord du Cady m’accompagne désormais. On se dépasse, puis on se laisse aller à une pause puis on se double à nouveau, se faisant presque des politesses quand le sentier devient plus compliqué à cheminer. 12h30, je domine la Brèche Durier et la célèbre « Cheminée » se présente droit devant moi. A son pied, nous sommes très nombreux, trop nombreux à mon goût dans ce couloir si abrupt, caillouteux et plutôt étroit quand au seul passage qui est véritablement praticable. J’appréhende les chutes de pierres et je me dis qu’un casque ne serait peut être pas superflu. Je laisse les gens s’avancer et garde un bon espace avec eux avant de me lancer. Dès que je rattrape une personne un peu plus lente, soit je la dépasse soit j’en profite pour m’arrêter et prendre de superbes photos, histoire de lui préserver une nouvelle distance. Vues aériennes de la Vallée du Cady, de la Solane du Quazémi, de la Conque du Pic, insolite « Totem », arêtes acérées du Quazémi de Dalt, tout est beau à photographier et prétexte à éviter une éventuelle chute de pierres. A 13 heures tapantes, mon regard bascule vers l’autre versant. Le Canigò est là et le « cas nigaud » que je suis et qui voulais arriver avant les nuages a gagné son pari !  La croix forgée (*) est tellement envahie de randonneurs que je file immédiatement vers la table d’orientation. Là, ça semble bien plus calme mais malheureusement la table est littéralement infestée par des fourmis ailées sortant de tous côtés. D’où viennent-elles ? Je ne cherche même pas à comprendre tant il y en a et tant elles s’avèrent agressives. Je suis contraint de me sauver tant il en grouille de toutes parts. Je me suis éloigné d’une vingtaine de mètres dans la descente vers les Cortalets et pourtant je vais même en retrouver sans cesse dans la salade et les sandwichs de mon pique-nique. Finalement, je finis par les oublier et je suis vraiment ravi car le beau temps tant escompté est là et les panoramas sont sublimes même si quelques nuages épars circulent sous le massif et si une brume blanchâtre voire grisâtre barre les horizons les plus lointains. Vernet-les-Bains, Prades et de nombreuses autres communes sont très facilement identifiables. Je domine le chalet des Cortalets que j’aperçois en contrebas blotti dans la forêt de sapins. Dans le ciel, et juste au dessus de ma tête, deux vautours fauves viennent d’entamer une angoissante ronde. Ils planent et sans aucun battement d’ailes,  se laissent porter par les courants aériens disparaissant peu à peu de ma vue dans une étonnante spirale. Après le pique-nique, je scrute les paysages du Conflent en quête d’apercevoir Urbanya que finalement j’arrive à distinguer grâce à la grande ferme blanche dominant ma maison. Par amusement, j’essaie de prendre une photo mais même avec mon zoom grossissant 30 fois, la perception s’avère bien insuffisante avec cette ouate brumeuse voilant l’horizon. Un flot presque continuel de randonneurs de tous âges arrive des Cortalets et j’attends le moment le plus propice pour m’approcher de la table d’orientation et surtout de la croix matérialisant le sommet. Le but de cette approche : prendre la traditionnelle photo souvenir bien sûr. Les fourmis volantes semblent s’être volatilisées et en tous cas, elles sont bien moins nombreuses et belliqueuses qu’à mon arrivée.  La croix se libère bien plus vite que je ne l’avais espéré et une gentille jeune dame se trouve là à point nommé pour immortaliser mon plaisir d’être monter à 2.784 mètres d’altitude. Trois ou quatre photos et je la remercie comme il se doit en la gratifiant de mille mercis et en lui offrant une barre chocolatée qu’elle refuse poliment. D’autres randonneurs ne se satisfont pas de l’altitude du Canigou et se croient obligés de monter droit debout sur la table d’orientation. Il est temps de repartir et au moment où je m’engage dans le « Cheminée », je ne vois que lui. Un visage de granit tel un gigantesque « Robocop » d’acier que je n’avais jamais remarqué lors de mes venues précédentes. Effets de lumières, heure favorable à cette découverte, en tous cas, je semble le seul à m’intéresser à ce profil de pierre si hermétiquement impressionnant. Je le photographie. Dans le « Cheminée », les randonneurs sont assez peu nombreux à monter, alors je n’hésite pas une seconde et je me mets à descendre en prenant le train d’un couple de jeunes espagnols. Je commets là une grave erreur car comme le célèbre « mouton de Panurge », je vais les suivre sans trop me soucier du chemin qu’ils vont emprunter. Or, plutôt que de suivre l’itinéraire le plus classique balisé en jaune, le jeune homme a décidé de prendre un raccourci au travers des monumentaux éboulis de la Conque du Pic. En réalité, ce raccourci, ponctué il est vrai de quelques cairns, va s’avérer être une vraie galère dans laquelle je vais slalomer sans cesse entre les gros blocs de pierres pas toujours faciles à enjamber ou à contourner. Chaque pas est presque une prouesse et je redouble de vigilance pour éviter un éventuel accident. Après plus d’une heure dans la caillasse, c’est avec un réel soulagement que je retrouve le sentier et les premières graminées du Pla de Cady. Là, et avec beaucoup de réussite, c’est en voulant photographier un traquet que je zoome par hasard sur une marmotte. La chance du photographe animalier est avec moi. Le temps d’une photo et elle a déjà rejoint sa tanière. Je m’arrête souvent pour de nouvelles photos mais quand je repars c’est toujours en allongeant les foulées. Je sors du sentier le plus emprunté et n’hésite pas à prendre de petits raccourcis. Je retrouve le refuge Arago et ses quelques campeurs qui profitent des chauds rayons du soleil. Plus bas, au passage à gué sur le Cady, je ne suis pas le seul à chercher un peu de fraîcheur. Autant la matinée a été agréablement tiède autant l’après-midi s’avère très chaude et tous les points d’eau sont désormais les bienvenus pour s’asperger. Ils le sont d’autant mieux que mes 3 litres d’eau arrivent peu à peu à expiration. J’économise l’eau au maximum et quand la Jasse de Mariailles est là, je me souviens bien évidemment de la fontaine où j’avais vu l’homme remplir ses gourdes ce matin. Je me désaltère jusqu’à plus soif et remplis la moitié d’une bouteille. Mariailles est là avec ses innombrables randonneurs, ses bovins, son abri pastoral et son beau refuge gardé. J’irais bien y déguster une bière bien fraîche sur sa terrasse encore ensoleillée mais je n’ai plus vraiment soif. Et puis, autant être honnête, voilà déjà plus de 10 heures que je suis « en marche » et pour parler franc, j’en ai « plein les godillots » et languis d’arriver. Sans compter que le parking du Randé est encore à 40 minutes alors plus rien ne peut m’arrêter. Je vais mettre 50 minutes pour rejoindre ma voiture car de toute évidence la fatigue est bien là. Oui, je l’avoue, à 66 ans faire le Canigou en voulant courir plus vite que les nuages, ce n’est pas très sérieux mais alors quel grand bonheur j’ai vécu et que de beautés découvertes ! Cette randonnée a été longue de 24 km environ. Le dénivelé de 1.264 mètres est assez simple a calculé puisque le Randé est situé à 1.520 m d’altitude et le Canigou à 2.784 m. Les montées cumulées sont plus significatives et selon mon tracé G.P.S, elles sont de l’ordre de 2.680 mètres tout comme les descentes d’ailleurs. J’ai démarré à 7h30 le matin et j’ai terminé à 18h30 le soir soit 11 heures à courir les sentiers mais ne vous fiez pas trop à ce temps-là car comme toujours c’est Dame « Flânerie » qui a guidé mes pas.  Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25. (*) Etymologie du Canigou.

(*) La croix du Canigou : Si vous ne connaissez pas l'Histoire de la croix du Canigou, voilà ci-après un lien où vous apprendrez l'essentiel de ce qu'il faut savoir d'elle. Merci à Bérénice : http://pain2seigles.eklablog.com/-a209991480#comment-108008392

 

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

La Vallée du Galbe (1.757 m) depuis Espousouille (1.523 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de deux standards de jazz "Moanin'" et "Are Your Real ?" joué par Art Blakey et The Jazz Messengers, extraits de leur album "Moanin'"
Pour agrandir les photos, vous pouvez aussi cliquer dessus. 2 fois pour un plein écran

« La Vallée du Galbe. Quel beau nom pour une vallée si belle ! Ondulante, douce, offrant une multitude d’itinéraires variés et secrets, verte et fleurie, cette vallée est un joyau naturel » Voilà le début de la description qu’en fait le site Internet « Pyrénées Cerdagne.com ». La suite est du même acabit et bien évidemment ça donne envie d’y aller voir. Certains, et ils sont nombreux, vont la voir en voiture mais vous vous doutez bien que ce n’est pas ainsi que je vous propose de la découvrir. Moi, j’ai découvert la Vallée du Galbe en septembre 2013 lors d’un Tour pédestre du Capcir effectué en 4 jours, avec mon fils et un couple d’amis. Ce jour-là, c’était la 3eme étape et de très loin la plus longue et la plus difficile car elle nous avait amenés de Rieutort aux Bones Hores soit plus de 28 kilomètres. Nous avions d’abord longé le Galbe, puis il s’en était suivi une longue montée vers les Camporells et enfin une descente qui l’était tout autant vers les Bouillouses. Eh bien ce jour là, l’étape avait été si belle, qu’à l’arrivée je n’avais ressenti aucune fatigue ni aucune douleur ! Pourtant dieu sait si nous avions crapahuté et parfois sur de « bonnes » déclivités et sur des terrains pas toujours évidents et faciles ! Mais ce jour-là, tout avait défilé très vite car j’avais passé la quasi totalité de l’itinéraire dans la contemplation et je dirais presque comme dans un état second. Une flore et une faune magnifiques et surtout bien présentes, le tout dans des paysages magiques. A coup sûr, tant de beautés m’avaient fait oublier les difficultés. Cet émerveillement avait bien évidemment commencé à l‘entame de la Vallée du Galbe, c'est-à-dire dès le départ de l’étape, peu après Rieutort, raison pour laquelle j’ai eu envie d’y revenir et surtout d’y amener Dany. Le départ s’effectue du hameau d’Espousouille où près du petit cimetière, un vaste parking accueille les voitures. Ma balade ressemble en partie à celle indiquée sur un panonceau indicatif cloué à un petit chalet de rondins et s’intitulant « les Portes de la Vallée du Galbe », mais à deux différences non négligeables, c’est que la mienne est bien plus longue et que j’ai choisi de partir en empruntant le G.R.P Tour du Capcir plutôt que ce P.R.29 qui semble-t-il est un sentier d’Emilie dont la boucle fait demi-tour au « Pont dels Plans de l’Orriet ». De ce fait, nous sommes partis vers le village dont l’itinéraire passe d’abord devant l’imposante église dédiée à Sainte-Marie. Puis on déambule au milieu des belles et vieilles maisons aux pierres rouges ou grises typiques de la région. Du hameau, on en sort très vite en empruntant la rue de la Porteille puis en suivant le balisage jaune et rouge propre au Tour du Capcir. Un premier panonceau nous rassure quand à l’exactitude du chemin même si les mentions qu’il indique nous intéressent peu aujourd’hui : « Tour du Capcir- Refuge des Camporells 4h40 – les Bouillouses 7h15 ». Les vieilles maisons en pierres ont laissé la place à des chalets plus modernes et l’itinéraire grimpe désormais en direction d’une superbe et immense sapineraie. En entrant dans la forêt, le chemin se transforme en une belle et large piste forestière, qui après une courte montée, finit par s’aplanir. Ce type de piste forestière, large et terreuse et parfois agréablement herbeuse compose l’essentiel de notre balade, ce qui bien évidemment la rend ainsi très aisée mais pas vraiment monotone pour autant, à cause des beaux paysages qu’elle côtoie en permanence de part et d’autre. Ici, l’ubac et l’adret du vallon sont quasiment pareils, recouverts qu’ils sont de cette forêt verdoyante à souhait.  Pour moi, cette piste est d’autant moins monotone que la flore est encore omniprésente en ce début d’été. Cette présence n’est pas faite pour me déplaire ni à moi ni à mon appareil photo qui enregistre sans cesse de nombreuses fleurs donc quelques unes très nouvelles. Aujourd’hui, mon herbier photographique va encore prendre de l’embonpoint. Quand à la faune sauvage, si elle ne se résume qu’aux plus petites et visibles entités, à savoir oiseaux, insectes, papillons et lézards, on la devine ubiquitaire dans toute la vallée. Dans l’eau du torrent bien sûr, avec les « fameuses » mais protégées truites fario mais aussi avec la loutre et le « rarissime » et noctambule Desman des Pyrénées. Quant aux forêts domaniales, les cervidés y sont légions et je garde encore en mémoire les nombreux cerfs, mouflons et autres isards qui nous avions aperçus lors du Tour du Capcir, du côté de la Serra dels Arabs ou du Massif du Madres. Quand aux marmottes, on pourrait penser qu’elles occupent d’autres étages montagnards un peu supérieurs, mais non, ici elles sont bien présentes sur les flancs de la montagne et le Galbe n’est pas étranger à cette présence comme nous le constaterons au moment de faire demi-tour. Malgré la rectitude de la piste, les panonceaux de randonnées sont bien présents et ils indiquent les endroits les plus proches que l’on va découvrir : « Refuge de la Jaceta » et « Cabane de la Jasse de la Llose ». A ces informations, s’ajoutent quelques poteaux signalétiques mentionnant les lieux où l’on arrive et permettant de se situer par rapport au bout de carte I.G.N dormant le plus souvent au fond de ma poche : « Cortal Pujol – 1.620 m » ou « Pont dels Plans de l’Orriet - 1.625 m ». Au fil du cheminement, les vues s’entrouvrent ou se referment selon l’ordonnancement des arbres géants de cette magnifique forêt. Plus l’on avance et plus les versants de la vallée semblent se desserrer. La forêt se raréfie et de verdoyants pacages se font plus présents. L’étroit torrent fougueux et aux eaux écumeuses laisse la place à une rivière plus paisible et peu profonde où des galets de schistes d’or et d’argent resplendissent sous les rayons du soleil. Nonchalant, un aigle royal se dirige en planant vers le fond de la vallée. Sur les rives ou sur des aires aménagées, de nombreux randonneurs en sont déjà au déjeuner. Nous choisissons de faire de même mais seulement en arrivant au Refuge de la Jaceta où table et bancs arrivent à point nommé. Une demi-heure d’arrêt et nous voilà déjà repartis en direction de la Jasse de la Llose et de son refuge réservé le plus souvent aux bergers ou aux maquignons. Il vrai que sur cet itinéraire plutôt facile, nous n’éprouvons pas vraiment le besoin de nous reposer à moins que ce ne soit cette nature si admirable qui nous lance des appels irrésistibles ? La vallée s’entrouvre encore. Droit devant, le pic de Mortiers (2.605 m) dresse sa colossale pyramide encore tachetée de quelques blancs névés. Perchés au faîte des grands arbres, les pinsons mâles chantent à tue-tête en quête d’une future bien aimée, puis quand les couples se trouvent, ils se lancent dans des poursuites infernales puis s’arrêtent pour jouer ou se bécoter bien à l’abri des regards dans les branches des ténébreux sapins. Sur les pelouses, les premiers lys martagon dressent leur paradoxale floraison : la tige droite comme un « i » pointée vers le ciel et leurs belles et grosses clochettes roses nuancées de pourpres inclinées vers le sol. Le refuge de la Jasse de la Llose est là. Sur la berge de la rivière, un âne attaché à un pieu nous regarde passer d’un air triste pour ne pas dire accablé. Ses grandes oreilles aplaties telles des ailes d’avion lui donnent un air tout penaud. Ces maîtres, sans doute des randonneurs, l’ont abandonné pour partir courir la montagne. Voyant que nous ne pouvons pas grand-chose pour lui, or mis quelques caresses sur le museau, de dépit, il replonge la tête dans les hautes herbes. Manger pour oublier sa solitude voilà comment on risque de devenir obèse mais heureusement la marche lui semble bénéfique ! Nous aussi, la marche nous fait du bien, alors on poursuit bien après le refuge mais quand la piste se termine et qu’un étroit sentier prend finalement le relais tout en grimpant dans la montagne, Dany décide que la Vallée du Galbe se termine ici. En réalité et si on observe bien la carte I.G.N, le Galbe semble s’arrêter vraiment là et prend d’autres noms peu après : Correc dels Serras Verds et Rec de la Peira Escrita. C’est plutôt marrant car sans rien avoir dit à Dany au préalable, c’est à quelques mètres près, l’endroit même où j’avais décidé que mon itinéraire et mon tracé G.P.S s’arrêteraient. Nous faisons demi-tour mais en retrouvant le lit de la rivière, nous décidons de faire une pause sur sa berge, histoire de vider nos sacs respectifs en finissant nos casse-croûtes. Soudain, une marmotte laisse entendre son sifflet si strident mais comment l’apercevoir sur les flancs de cette montagne si majestueuse nous faisant face ? Un à un, j’observe chaque bout de pelouse, chaque rocher, chaque éboulis, chaque magma caillouteux toujours dans la direction d’où proviennent les sifflements, c'est-à-dire vers l’adret. Enfin, je la découvre, telle une grosse peluche, perchée sur un rocher entouré de quelques buissons ! Elle n’est pas très loin et je pense que l’objectif de mon numérique sera suffisamment puissant pour en obtenir une image satisfaisante. Je zoome vers elle, tente au mieux de faire une mise au point convenable mais quand j’appuie sur le déclencheur, elle détale, un peu comme si j’avais appuyé sur la gâchette d’un fusil. Je vérifie, la marmotte est « bien «  enregistrée. Nous attendons encore un peu mais le « siffleux » a du rejoindre son terrier alors nous repartons et il n’y aura pas d’autres photos de marmottes aujourd’hui. Sur le chemin du retour, force est de reconnaître que les panoramas sont tout aussi beaux que ceux de l’aller. J’avais prévenu Dany en lui disant « ne te retourne pas trop ainsi au retour tu profiteras pleinement des paysages ! ». Dans le « V » que forme la vallée, avec d’un côté la Serre de Mauri et de l’autre le Roc de Querubi, on distingue tout au loin le Canigou, seigneur du Roussillon, aujourd’hui étrangement habillé d’un bleu de chauffe tirant sur le gris. Un peu plus près sur la gauche, c’est le Pic de la Pelade, petit suzerain des Garrotxes à la tonsure sommitale si reconnaissable. Voilà pour les sommets les plus identifiables quand aux restes des autres collines, ce ne sont que quelques crêtes boisées servant de frontières entre le Capcir et le Conflent. D’ailleurs, ce « V » disparaît assez vite, caché qu’il est par la verdoyante forêt. On ne perd pas au change jusqu’à ce que cette forêt nous engloutisse sous sa sombre canopée. On retrouve le lieu-dit « Pont dels Plans de l’Orriet » et sur son pont, on change enfin d’itinéraire. En réalité, peu de choses changent car nous sommes toujours sur une large piste forestière essentiellement terreuse désormais. Ici, la forêt devient « forêt communale de Formiguères ». Dany, jusqu’à l’arrivée, trouvera cette piste plutôt lassante, moi pas. Il faut dire que je suis encore très occupé à photographier de nouvelles fleurs, qui bizarrement, ne sont pas les mêmes que celles aperçues ce matin sur la piste longeant la soulane. D’ailleurs, les quelques oiseaux que j’arrive à photographier ne sont pas les mêmes non plus. Ici, les mésanges paraissent plus nombreuses et semblent avoir remplacé très avantageusement les pinsons. Il faut dire que dans ce sous-bois, les essences sont plus diverses et les feuillus sont presque aussi nombreux que les résineux, ceci expliquant sans doute cela. Sur la gauche, le torrent laisse sans cesse entendre le fracas de ses cascades successives et à la première occasion, on tente de s’en rapprocher pour jeter un coup d’œil sur ces cataractes si bouillonnantes. Petites vasques aux eaux limpides ou marmites plus profondes sont autant de signes m’invitant à une baignade qui selon Dany ne serait pas vraiment raisonnable, en raison du fort courant et de la fraîcheur quasi certaine de l’eau. C’est d’autant moins sérieux que quelques unes de ses poches d’eau sont déjà bien occupées par les lignes de quelques « serial-no-killers » c'est-à-dire des pêcheurs relâchant obligatoirement leurs prises et donc sans mise à mort des truites qu’ils sont amener à prendre. Pour la truite sauvage poêlée aux amandes, le pêcheur devra passer au supermarché, ce qui tout compte fait n’est pas plus mal selon moi. Après quatre kilomètres effectués depuis le pont, les premières prairies verdoyantes d’Espousouille apparaissent au travers de quelques arbres. Puis c’est au tour des premières maisons. Après cette sauvage et paisible balade, on retrouve une agitation parfois un peu trop bruyante à notre goût. Un agriculteur juché sur son tracteur fauche tout son champ dans des va-et-vient incessants. Deux promeneuses ont fait des bouquets de fleurs champêtres et discutent bruyamment de leurs patronymes, semblant le plus souvent en total désaccord. Dans le tranquille ruisseau que forme ici le Galbe, un pêcheur « cuissardé » marche dans son lit lançant d’un geste gracieux le fil de sa ligne. L’opération semble se répéter à foison quand soudain, le scion de tête se courbe en premier puis c’est la canne toute entière. Le pêcheur a ferré sa prise et à l’autre bout du fil, une belle truite fario joue son va-tout et sa survie. J’applaudis à deux mains, quand sa vie, elle va la retrouver quelques minutes plus tard seulement. Enfin, en arrivant sur le parking, nous retrouvons notre voiture sous le regard singulier de quelques hirondelles posées sur des fils électriques. Elles se reposent plusieurs minutes et en groupe le plus souvent, puis, telles des fusées, elles repartent comme un seul homme vers le Galbe dont elles survolent le lit rutilant en quête des nombreux insectes qui en occupent les abords. Puis elles reviennent se poser et ainsi va la vie des hirondelles d’Espousouille. La balade est terminée mais nous aussi nous devons nous reposer un peu alors le premier endroit où poser nos fesses est le bon. Un bas muret se présente face à la verdoyante Vallée du Galbe et il nous retiendra encore quelques temps pour une dernière pause contemplative et bienfaisante. Dany a été ravie de cette journée. La Vallée du Galbe a été à la hauteur de sa réputation et conforme à la description que j’avais pu lire sur le site Internet de « Pyrénées Cerdagne.com » : « Ondulante, douce, verte et fleurie, cette vallée est un joyau naturel » avais-je lu ! Tout était vrai ! Mais ça, je le savais déjà ! Quand à offrir « une multitude d’itinéraires variés et secrets », cela ne fait aucun doute même si le plus souvent, on n’évoque que les moins mystérieux c'est-à-dire ceux menant vers les Camporells, la réserve d’Orlu ou bien encore vers l’étonnante « Peyre Escrita ». La balade, telle que décrite ici, a été longue d’une quinzaine de kilomètres environ. Le dénivelé de 250 mètres est très modeste quand aux montées cumulées, avec 840 mètres, elles demeurent très modérées aussi. Les pistes forestières sont plutôt bonnes et ne nécessitent pas un équipement de randonnée très sophistiqué. Quand à la rivière Le Galbe, j’ai voulu en savoir un peu plus sur elle mais or mis qu’elle est un affluent de l’Aude dont la confluence est le lac de Puyvalador et qu’elle serait longue de 14 km (source Wikipédia), je n’ai guère pu en savoir davantage. Certains prétendent que sa source se situerait à l’Etang du Diable au pied du pic de Mortiers mais à cet endroit-là sur la carte, il s’agit déjà du Rec de la Peira Escrita qui est un de ses nombreux petits affluents. Voilà, sur le plan de son hydronymie, c’est à peu près tout. Quand à sa toponymie, l’écrivain étymologiste Robert Aymard nous apprend dans son étude « L’Aragon, berceau de l’hydronymie ibéro-pyrénéenne » que le mot « galbe » aurait pour origine l’étymon « galua » signifiant « nappe d’eau ». On retrouve cette même origine dans de nombreux patronymes pyrénéens toujours liés à la présence de l’eau comme « Gaube », « Lagaube » « Gaoube » ou « Graoubole » et tout ça bien évidemment nous amène inévitablement vers la racine préceltique « gaba » signifiant « rivière » ou plus généralement tout « cours d’eau » et que l’on retrouve dans le mot gascon « gabe », en français le « gave ». Quand nature rime avec culture, pourquoi s’en priver ? Carte IGN 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

Le Lac d'Aude et le Mont Llaret (2.376 m) depuis les Angles (Pla del Mir -1.800m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de chansons interprétées par Elmore James extraites de son album "40 Exciting Legendary Blues Tracks: Tribute To Elmore James, “King of Slide Guitar”. Elles ont pour titre : I Believe, Stranger Blues, Look On Yonder Wall, Shake Your Moneymaker, The Sky Is Crying.

De nombreux lacs pyrénéens sont l’objet de légendes plus ou moins merveilleuses voire effroyables pour certaines d’entre-elles. Il y est souvent question d’« encantadas » (femmes enchantées), de « donas d’aygua » (femmes d’eau), de « fadas » (fées) devenues parfois « bruixas » (sorcières) par d’habiles manigances des doctrines religieuses. Le lac d’Aude en Capcir n’échappe pas à cette règle. Pourtant, nous y sommes allés randonner et je peux vous assurer que je n’ai rien vu de tout ça, mais il est vrai que ces histoires sont ancestrales et le plus souvent légendaires. Dommage, me direz-vous car selon la tradition et ce que j’ai pu lire dans « Légendes du Roussillon » d’Horace Chauvet aux Editions Lacour, il paraît qu’« aux bords des étangs, les bergers avaient l’occasion d’admirer les belles fées habillées de blanc qui peignaient leur chevelure ondoyante, en se mirant dans les eaux argentées. Elles avaient le don de séduire quiconque les approchait….. » Alors c’est vrai, Dany et moi avons été séduits mais pas par une fée mais par cette randonnée elle-même qui, depuis, le Pla del Mir (1.800m), station de ski des Angles, nous a tour à tour emmenés vers le lac d’Aude puis vers le Mont Llaret (2.376 m). Une balade plutôt longue et pas si facile que ça car les montées sont quasi constantes jusqu’au dernier objectif qui est en même temps le point culminant de cette boucle. Mais après tout, n’est-ce le propre d’une randonnée en montagne que de monter toujours plus haut pour faire plus de découvertes ? C’est exactement ce qui s’est passé !  Comme indiqué, le départ s’effectue du Pla del Mir, principale station de ski des Angles. Le chemin démarre à gauche du vaste parking et passe derrière le chalet de l’école de ski.  Sur la façade du chalet, un panonceau a été cloué indiquant  : « Boucle PR.9 - Lac d’Aude – 12 km – 435 m de dénivelé – 4h – difficulté : difficile ». Mais attention, pour ma balade, il ne faut pas se fier à ce panonceau, d’abord parce que le P.R.9 n’est pas une boucle mais un simple aller et retour et que la difficulté est plutôt moyenne que difficile pour le randonneur lambda. Enfin, une chose dont je suis sûr c’est que nous sommes bien sur le GRP du Tour du Capcir balisé en jaune et rouge. J’en suis d’autant plus sûr que j’ai accompli ce tour en 2013 et que j’ai emprunté cette portion en sens inverse venant des Bouillouses direction les Angles puis Matemale. C’était notre toute dernière étape qui en comptait quatre. Ce GRP passe derrière le parc animalier puis en longe la clôture toujours sur une bonne et large piste qui s’élève puis se stabilise avant de redescendre légèrement à l’approche de la Jasse du Pla del Bouc. Les premiers beaux paysages et panoramas s’entrouvrent. Ici au Pla del Bouc, on laisse un petit abri sur la droite étonnamment entouré de gros blocs granitiques dont trois ont été agencés sous la forme d’un imposant lieu de pique-nique. Juste après, on enjambe un passage canadien. Ici, une grande enseigne verticale mentionne « Porte Entrée ». Entrée de quoi ? Je ne saurais vous le dire avec certitude mais à cause du passage canadien,  j’ai supposé qu’il s’agissait de l’entrée d’une zone d’estives qui est également mentionnée sur une autre pancarte. Peu après, la piste que l’on poursuit devient plus pentue et se faufile au milieu d’une forêt de pins à crochets. Elle se stabilise à nouveau. On enjambe un premier petit ru mais attention ce n’est pas encore l’Aude et simplement un de ses affluents originels. L'Aude, le célèbre fleuve audois qui a donné son nom à tout un département est là, quelques mètres plus loin.  Ici, il s’agit d’un minuscule ruisselet aux eaux cristallines, d’un mètre de large tout au plus, dont le débit est si pépère qu’il a du mal à se faufiler au milieu des quelques ridicules roches qui entravent à peine son parcours. De ce fait, il zigzague, semble hésiter sur le chemin à prendre au milieu des herbes rases et des pins et bien évidemment, on est très loin de l’image du grand fleuve capable d’arroser tout une région, d’alimenter plusieurs lacs de barrage et de creuser de profondes gorges du Pays de Sault jusqu’à celui du Razès. En arrivant à hauteur d’une baraque entourée d’un enclos, on délaisse la  piste qui continue vers la gauche et  on emprunte à droite un large chemin qui file vers la Jasse de Bernardi et son imposant refuge. Sur la droite, le Puig del Pam laisse entrevoir son mamelon tourmenté et sur la gauche, les sommets du Haut-Conflent et de Cerdagne se révèlent derrière la frange d’une brume bleutée. A hauteur de cet abri et grâce à un panonceau (1.940m), on notera que nous nous sommes élevés pour l’instant de 140 mètres seulement sur les 576 mètres de dénivelé qui sont à accomplir jusqu’au sommet du Mont Llaret. D’ailleurs, le large chemin plat se termine, se rétrécie peu à peu et devient mauvais sentier en s’élevant dans la forêt. Ce sentier continue de monter plus vaillamment sur un terrain parfois plus difficile car caillouteux et parfois tourbeux car bourré de fondrières et de racines apparentes.  Après une vaste clairière entourée de falaises ocres et boisées, le parcours devient bien meilleur car herbeux mais il se faufile désormais dans un étrange ossuaire d’arbres desséchés. Si certains gisent sur le sol tels d’immenses carcasses, la plupart sont encore debout et c’est un piètre spectacle que tous ces sapins morts, squelettiques et dépouillés et ce coin ressemble d’autant plus à un cimetière que quelques blocs de granit paraissent faire office de pierres tombales. On évite de se fier à un panonceau qui indique : Sentier nordique –Lac d’Aude – reste 7,7 km. Non, le Lac d’Aude est à moins de 3 km ! On quitte ce coin lugubre au profit d’une petite zone humide faite de quelques tourbières alimentées par de menus filets d’eau qui s’échappent de l’Aude toute proche. Au milieu des pins à crochets, des genévriers rabougris et des rhododendrons fleuris, les pelouses herbeuses et grasses remplacent très rapidement les tourbières. Sur notre droite,  l’oblongue montagne qui apparaît n’est ni plus ni moins que notre principal objectif du jour, le Mont Llaret (2.376m) et son tout proche acolyte le Roc d’Aude (2.325m). Après une dernière « bonne » élévation, le chemin s’aplanit et quelques minutes plus tard, le miroir gris bleu du lac d’Aude apparaît immobile et brillant en contrebas de la forêt. On y descend mécaniquement vers son rivage d’abord pour quelques belles photos mais surtout parce qu’on sait d’avance qu’il n’y aura pas d’endroit plus agréable pour pique-niquer. Ici, au fond de ce petit cirque à la fois lacustre, végétal et minéral tout respire la douceur et la quiétude.  Dans un silence quasi religieux, seuls sont perceptibles le tintement lointain de quelques clochettes bovines et le gazouillis de rares passereaux occupant le faîte des conifères les plus hauts. Même les rares  randonneurs qui font le tour du lac, semblent le faire à pas de velours. Ce calme et ce silence sont si apaisants et l’air que l’on respire au bord du lac si vivifiant qu’on ne quitte qu’à regrets cette source de l’Aude. Ici, on délaisse le Tour du Capcir filant vers les Bouillouses au profit d’un étroit sentier balisé partant vers le nord-ouest.  Le balisage devient jaune. Ce sentier longe un petit ruisseau, à sec en juillet, le traverse puis grimpe au milieu des pelouses largement parsemées de nombreuses roches granitiques. Ces pelouses rases laissent parfois la place à des prairies de graminées un peu plus hautes et de ce fait, elles sont le paradis de nombreux bovins qui trouvent dans cette herbe délicate à la fois le fourrage à ruminer et la litière pour s’y vautrer.  Finalement à 2.220 m d’altitude, on atteint un collet où le regard embrasse des panoramas époustouflants sur une immense partie du Capcir : Massif du Carlit, lac des Bouillouses, la Vallée de la Grave et de la Têt, j’en passe et des meilleurs….Tout en dominant le lac des Bouillouses et à nos pieds la belle forêt de Malpas, le parcours en balcon descend plein nord, se redresse un peu en atteignant de vastes herbages au dessus desquels apparaissent les bulbes arrondies des deux Péric, les prémices de la Serra dels Alarbs et du Puig del Pam. Ici, un panonceau mentionne un sentier dit des Angles numéroté 7. Clairement et comme mentionné, ce P.R arrivant de la Balmette devrait nous amener très facilement vers le Mont Llaret et les Angles mais en réalité, nous allons hésiter entre deux chemins balisés de marques de peinture jaune. Nous optons pour le plus évident c'est-à-dire pour le plus large dont les profondes ornières indiquent qu’il est amplement emprunté par des véhicules de type « tous terrains. C’est  la bonne option et outre qu’il va bien au Mont Llaret, une fois encore les vues aériennes y sont sublimes. Plus on monte et plus les vues lointaines se font jour. Pour moi, cette portion du chemin présente d’autres atouts : une flore variée et très colorée et des oiseaux que j’ai peu l’occasion de photographier car toute cette nature végétale et ornithologique ne se rencontre quasiment qu’à cette altitude-là. Une fois encore, le chemin s’aplanit un peu. Le Mont Llaret et sa haute croix de bois reconnaissable sont là dans la ligne de mire. On quitte la piste pour y filer tout droit mais le sommet nous ne pourront guère l’approcher car un groupe de jeunes vacanciers l’ont carrément envahi. Ils sont bien sympathiques ces jeunes et l’on plaisante assez facilement avec eux mais quand on veut s’approcher de la croix pour une photo-souvenir, aucun d’entre eux ne bougent et ils semblent se l’être définitivement appropriée.  Nous n’insistons pas et de ce fait, nous ne garderons de ce sommet qu’une seule photo au pied de son pinacle. Pas vraiment déçus car l’essentiel est accompli, nous profitons de cet arrêt pour terminer notre casse-croûte et dès qu’il est fini, nous filons vers le Roc d’Aude. Là, dans cette douce descente, nous retrouvons une bonne et large piste terreuse qui descend vers les arrivées des télésièges et des téléskis. Plutôt que d’emprunter les pistes qui descendent en zigzaguant, nous coupons court grâce à un raccourci qui  nous emmène directement à la station de pompage de Bigorra et à la télécabine des Pèlerins. Là, aux Pèlerins, nous prenons à droite le large chemin qui descend parallèle à la piste de ski dite des Rhodos et un peu plus bas dite de le Soucarade. Devant nous, un beau renard qui avait choisi la même option que nous, s’enfuit, non sans avoir au préalable longuement hésité entre le bois et le ravin. De toute évidence, on le dérange car soit la chasse est déjà ouverte soit l’heure du casse-croûte est déjà arrivée. La piste nous entraîne directement vers le Pla del Mir où cette jolie balade se termine. Le circuit décrit ici est long de 17 km environ pour des montées cumulées de 920 mètres. Panoplie du parfait randonneur avec notamment de bonnes chaussures de marche à tiges hautes sont vivement conseillées sur ce terrain très disparate mais assez rocheux et caillouteux par endroits. Carte I.G.N 2249 ET Top 25.

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

Le Lac d'Aude et le Mont Llaret (2.376 m) depuis les Angles (Pla del Mir -1.800m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de chansons interprétées par Elmore James extraites de son album "40 Exciting Legendary Blues Tracks: Tribute To Elmore James, “King of Slide Guitar”. Elles ont pour titre : I Believe, Stranger Blues, Look On Yonder Wall, Shake Your Moneymaker, The Sky Is Crying.

De nombreux lacs pyrénéens sont l’objet de légendes plus ou moins merveilleuses voire effroyables pour certaines d’entre-elles. Il y est souvent question d’« encantadas » (femmes enchantées), de « donas d’aygua » (femmes d’eau), de « fadas » (fées) devenues parfois « bruixas » (sorcières) par d’habiles manigances des doctrines religieuses. Le lac d’Aude en Capcir n’échappe pas à cette règle. Pourtant, nous y sommes allés randonner et je peux vous assurer que je n’ai rien vu de tout ça, mais il est vrai que ces histoires sont ancestrales et le plus souvent légendaires. Dommage, me direz-vous car selon la tradition et ce que j’ai pu lire dans « Légendes du Roussillon » d’Horace Chauvet aux Editions Lacour, il paraît qu’« aux bords des étangs, les bergers avaient l’occasion d’admirer les belles fées habillées de blanc qui peignaient leur chevelure ondoyante, en se mirant dans les eaux argentées. Elles avaient le don de séduire quiconque les approchait….. » Alors c’est vrai, Dany et moi avons été séduits mais pas par une fée mais par cette randonnée elle-même qui, depuis, le Pla del Mir (1.800m), station de ski des Angles, nous a tour à tour emmenés vers le lac d’Aude puis vers le Mont Llaret (2.376 m). Une balade plutôt longue et pas si facile que ça car les montées sont quasi constantes jusqu’au dernier objectif qui est en même temps le point culminant de cette boucle. Mais après tout, n’est-ce le propre d’une randonnée en montagne que de monter toujours plus haut pour faire plus de découvertes ? C’est exactement ce qui s’est passé !  Comme indiqué, le départ s’effectue du Pla del Mir, principale station de ski des Angles. Le chemin démarre à gauche du vaste parking et passe derrière le chalet de l’école de ski.  Sur la façade du chalet, un panonceau a été cloué indiquant  : « Boucle PR.9 - Lac d’Aude – 12 km – 435 m de dénivelé – 4h – difficulté : difficile ». Mais attention, pour ma balade, il ne faut pas se fier à ce panonceau, d’abord parce que le P.R.9 n’est pas une boucle mais un simple aller et retour et que la difficulté est plutôt moyenne que difficile pour le randonneur lambda. Enfin, une chose dont je suis sûr c’est que nous sommes bien sur le GRP du Tour du Capcir balisé en jaune et rouge. J’en suis d’autant plus sûr que j’ai accompli ce tour en 2013 et que j’ai emprunté cette portion en sens inverse venant des Bouillouses direction les Angles puis Matemale. C’était notre toute dernière étape qui en comptait quatre. Ce GRP passe derrière le parc animalier puis en longe la clôture toujours sur une bonne et large piste qui s’élève puis se stabilise avant de redescendre légèrement à l’approche de la Jasse du Pla del Bouc. Les premiers beaux paysages et panoramas s’entrouvrent. Ici au Pla del Bouc, on laisse un petit abri sur la droite étonnamment entouré de gros blocs granitiques dont trois ont été agencés sous la forme d’un imposant lieu de pique-nique. Juste après, on enjambe un passage canadien. Ici, une grande enseigne verticale mentionne « Porte Entrée ». Entrée de quoi ? Je ne saurais vous le dire avec certitude mais à cause du passage canadien,  j’ai supposé qu’il s’agissait de l’entrée d’une zone d’estives qui est également mentionnée sur une autre pancarte. Peu après, la piste que l’on poursuit devient plus pentue et se faufile au milieu d’une forêt de pins à crochets. Elle se stabilise à nouveau. On enjambe un premier petit ru mais attention ce n’est pas encore l’Aude et simplement un de ses affluents originels. L'Aude, le célèbre fleuve audois qui a donné son nom à tout un département est là, quelques mètres plus loin.  Ici, il s’agit d’un minuscule ruisselet aux eaux cristallines, d’un mètre de large tout au plus, dont le débit est si pépère qu’il a du mal à se faufiler au milieu des quelques ridicules roches qui entravent à peine son parcours. De ce fait, il zigzague, semble hésiter sur le chemin à prendre au milieu des herbes rases et des pins et bien évidemment, on est très loin de l’image du grand fleuve capable d’arroser tout une région, d’alimenter plusieurs lacs de barrage et de creuser de profondes gorges du Pays de Sault jusqu’à celui du Razès. En arrivant à hauteur d’une baraque entourée d’un enclos, on délaisse la  piste qui continue vers la gauche et  on emprunte à droite un large chemin qui file vers la Jasse de Bernardi et son imposant refuge. Sur la droite, le Puig del Pam laisse entrevoir son mamelon tourmenté et sur la gauche, les sommets du Haut-Conflent et de Cerdagne se révèlent derrière la frange d’une brume bleutée. A hauteur de cet abri et grâce à un panonceau (1.940m), on notera que nous nous sommes élevés pour l’instant de 140 mètres seulement sur les 576 mètres de dénivelé qui sont à accomplir jusqu’au sommet du Mont Llaret. D’ailleurs, le large chemin plat se termine, se rétrécie peu à peu et devient mauvais sentier en s’élevant dans la forêt. Ce sentier continue de monter plus vaillamment sur un terrain parfois plus difficile car caillouteux et parfois tourbeux car bourré de fondrières et de racines apparentes.  Après une vaste clairière entourée de falaises ocres et boisées, le parcours devient bien meilleur car herbeux mais il se faufile désormais dans un étrange ossuaire d’arbres desséchés. Si certains gisent sur le sol tels d’immenses carcasses, la plupart sont encore debout et c’est un piètre spectacle que tous ces sapins morts, squelettiques et dépouillés et ce coin ressemble d’autant plus à un cimetière que quelques blocs de granit paraissent faire office de pierres tombales. On évite de se fier à un panonceau qui indique : Sentier nordique –Lac d’Aude – reste 7,7 km. Non, le Lac d’Aude est à moins de 3 km ! On quitte ce coin lugubre au profit d’une petite zone humide faite de quelques tourbières alimentées par de menus filets d’eau qui s’échappent de l’Aude toute proche. Au milieu des pins à crochets, des genévriers rabougris et des rhododendrons fleuris, les pelouses herbeuses et grasses remplacent très rapidement les tourbières. Sur notre droite,  l’oblongue montagne qui apparaît n’est ni plus ni moins que notre principal objectif du jour, le Mont Llaret (2.376m) et son tout proche acolyte le Roc d’Aude (2.325m). Après une dernière « bonne » élévation, le chemin s’aplanit et quelques minutes plus tard, le miroir gris bleu du lac d’Aude apparaît immobile et brillant en contrebas de la forêt. On y descend mécaniquement vers son rivage d’abord pour quelques belles photos mais surtout parce qu’on sait d’avance qu’il n’y aura pas d’endroit plus agréable pour pique-niquer. Ici, au fond de ce petit cirque à la fois lacustre, végétal et minéral tout respire la douceur et la quiétude.  Dans un silence quasi religieux, seuls sont perceptibles le tintement lointain de quelques clochettes bovines et le gazouillis de rares passereaux occupant le faîte des conifères les plus hauts. Même les rares  randonneurs qui font le tour du lac, semblent le faire à pas de velours. Ce calme et ce silence sont si apaisants et l’air que l’on respire au bord du lac si vivifiant qu’on ne quitte qu’à regrets cette source de l’Aude. Ici, on délaisse le Tour du Capcir filant vers les Bouillouses au profit d’un étroit sentier balisé partant vers le nord-ouest.  Le balisage devient jaune. Ce sentier longe un petit ruisseau, à sec en juillet, le traverse puis grimpe au milieu des pelouses largement parsemées de nombreuses roches granitiques. Ces pelouses rases laissent parfois la place à des prairies de graminées un peu plus hautes et de ce fait, elles sont le paradis de nombreux bovins qui trouvent dans cette herbe délicate à la fois le fourrage à ruminer et la litière pour s’y vautrer.  Finalement à 2.220 m d’altitude, on atteint un collet où le regard embrasse des panoramas époustouflants sur une immense partie du Capcir : Massif du Carlit, lac des Bouillouses, la Vallée de la Grave et de la Têt, j’en passe et des meilleurs….Tout en dominant le lac des Bouillouses et à nos pieds la belle forêt de Malpas, le parcours en balcon descend plein nord, se redresse un peu en atteignant de vastes herbages au dessus desquels apparaissent les bulbes arrondies des deux Péric, les prémices de la Serra dels Alarbs et du Puig del Pam. Ici, un panonceau mentionne un sentier dit des Angles numéroté 7. Clairement et comme mentionné, ce P.R arrivant de la Balmette devrait nous amener très facilement vers le Mont Llaret et les Angles mais en réalité, nous allons hésiter entre deux chemins balisés de marques de peinture jaune. Nous optons pour le plus évident c'est-à-dire pour le plus large dont les profondes ornières indiquent qu’il est amplement emprunté par des véhicules de type « tous terrains. C’est  la bonne option et outre qu’il va bien au Mont Llaret, une fois encore les vues aériennes y sont sublimes. Plus on monte et plus les vues lointaines se font jour. Pour moi, cette portion du chemin présente d’autres atouts : une flore variée et très colorée et des oiseaux que j’ai peu l’occasion de photographier car toute cette nature végétale et ornithologique ne se rencontre quasiment qu’à cette altitude-là. Une fois encore, le chemin s’aplanit un peu. Le Mont Llaret et sa haute croix de bois reconnaissable sont là dans la ligne de mire. On quitte la piste pour y filer tout droit mais le sommet nous ne pourront guère l’approcher car un groupe de jeunes vacanciers l’ont carrément envahi. Ils sont bien sympathiques ces jeunes et l’on plaisante assez facilement avec eux mais quand on veut s’approcher de la croix pour une photo-souvenir, aucun d’entre eux ne bougent et ils semblent se l’être définitivement appropriée.  Nous n’insistons pas et de ce fait, nous ne garderons de ce sommet qu’une seule photo au pied de son pinacle. Pas vraiment déçus car l’essentiel est accompli, nous profitons de cet arrêt pour terminer notre casse-croûte et dès qu’il est fini, nous filons vers le Roc d’Aude. Là, dans cette douce descente, nous retrouvons une bonne et large piste terreuse qui descend vers les arrivées des télésièges et des téléskis. Plutôt que d’emprunter les pistes qui descendent en zigzaguant, nous coupons court grâce à un raccourci qui  nous emmène directement à la station de pompage de Bigorra et à la télécabine des Pèlerins. Là, aux Pèlerins, nous prenons à droite le large chemin qui descend parallèle à la piste de ski dite des Rhodos et un peu plus bas dite de le Soucarade. Devant nous, un beau renard qui avait choisi la même option que nous, s’enfuit, non sans avoir au préalable longuement hésité entre le bois et le ravin. De toute évidence, on le dérange car soit la chasse est déjà ouverte soit l’heure du casse-croûte est déjà arrivée. La piste nous entraîne directement vers le Pla del Mir où cette jolie balade se termine. Le circuit décrit ici est long de 17 km environ pour des montées cumulées de 920 mètres. Panoplie du parfait randonneur avec notamment de bonnes chaussures de marche à tiges hautes sont vivement conseillées sur ce terrain très disparate mais assez rocheux et caillouteux par endroits. Carte I.G.N 2249 ET Top 25.

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

Le Lac d'Aude et le Mont Llaret (2.376 m) depuis les Angles (Pla del Mir -1.800m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de chansons interprétées par Elmore James extraites de son album "40 Exciting Legendary Blues Tracks: Tribute To Elmore James, “King of Slide Guitar”. Elles ont pour titre : I Believe, Stranger Blues, Look On Yonder Wall, Shake Your Moneymaker, The Sky Is Crying.

De nombreux lacs pyrénéens sont l’objet de légendes plus ou moins merveilleuses voire effroyables pour certaines d’entre-elles. Il y est souvent question d’« encantadas » (femmes enchantées), de « donas d’aygua » (femmes d’eau), de « fadas » (fées) devenues parfois « bruixas » (sorcières) par d’habiles manigances des doctrines religieuses. Le lac d’Aude en Capcir n’échappe pas à cette règle. Pourtant, nous y sommes allés randonner et je peux vous assurer que je n’ai rien vu de tout ça, mais il est vrai que ces histoires sont ancestrales et le plus souvent légendaires. Dommage, me direz-vous car selon la tradition et ce que j’ai pu lire dans « Légendes du Roussillon » d’Horace Chauvet aux Editions Lacour, il paraît qu’« aux bords des étangs, les bergers avaient l’occasion d’admirer les belles fées habillées de blanc qui peignaient leur chevelure ondoyante, en se mirant dans les eaux argentées. Elles avaient le don de séduire quiconque les approchait….. » Alors c’est vrai, Dany et moi avons été séduits mais pas par une fée mais par cette randonnée elle-même qui, depuis, le Pla del Mir (1.800m), station de ski des Angles, nous a tour à tour emmenés vers le lac d’Aude puis vers le Mont Llaret (2.376 m). Une balade plutôt longue et pas si facile que ça car les montées sont quasi constantes jusqu’au dernier objectif qui est en même temps le point culminant de cette boucle. Mais après tout, n’est-ce le propre d’une randonnée en montagne que de monter toujours plus haut pour faire plus de découvertes ? C’est exactement ce qui s’est passé !  Comme indiqué, le départ s’effectue du Pla del Mir, principale station de ski des Angles. Le chemin démarre à gauche du vaste parking et passe derrière le chalet de l’école de ski.  Sur la façade du chalet, un panonceau a été cloué indiquant  : « Boucle PR.9 - Lac d’Aude – 12 km – 435 m de dénivelé – 4h – difficulté : difficile ». Mais attention, pour ma balade, il ne faut pas se fier à ce panonceau, d’abord parce que le P.R.9 n’est pas une boucle mais un simple aller et retour et que la difficulté est plutôt moyenne que difficile pour le randonneur lambda. Enfin, une chose dont je suis sûr c’est que nous sommes bien sur le GRP du Tour du Capcir balisé en jaune et rouge. J’en suis d’autant plus sûr que j’ai accompli ce tour en 2013 et que j’ai emprunté cette portion en sens inverse venant des Bouillouses direction les Angles puis Matemale. C’était notre toute dernière étape qui en comptait quatre. Ce GRP passe derrière le parc animalier puis en longe la clôture toujours sur une bonne et large piste qui s’élève puis se stabilise avant de redescendre légèrement à l’approche de la Jasse du Pla del Bouc. Les premiers beaux paysages et panoramas s’entrouvrent. Ici au Pla del Bouc, on laisse un petit abri sur la droite étonnamment entouré de gros blocs granitiques dont trois ont été agencés sous la forme d’un imposant lieu de pique-nique. Juste après, on enjambe un passage canadien. Ici, une grande enseigne verticale mentionne « Porte Entrée ». Entrée de quoi ? Je ne saurais vous le dire avec certitude mais à cause du passage canadien,  j’ai supposé qu’il s’agissait de l’entrée d’une zone d’estives qui est également mentionnée sur une autre pancarte. Peu après, la piste que l’on poursuit devient plus pentue et se faufile au milieu d’une forêt de pins à crochets. Elle se stabilise à nouveau. On enjambe un premier petit ru mais attention ce n’est pas encore l’Aude et simplement un de ses affluents originels. L'Aude, le célèbre fleuve audois qui a donné son nom à tout un département est là, quelques mètres plus loin.  Ici, il s’agit d’un minuscule ruisselet aux eaux cristallines, d’un mètre de large tout au plus, dont le débit est si pépère qu’il a du mal à se faufiler au milieu des quelques ridicules roches qui entravent à peine son parcours. De ce fait, il zigzague, semble hésiter sur le chemin à prendre au milieu des herbes rases et des pins et bien évidemment, on est très loin de l’image du grand fleuve capable d’arroser tout une région, d’alimenter plusieurs lacs de barrage et de creuser de profondes gorges du Pays de Sault jusqu’à celui du Razès. En arrivant à hauteur d’une baraque entourée d’un enclos, on délaisse la  piste qui continue vers la gauche et  on emprunte à droite un large chemin qui file vers la Jasse de Bernardi et son imposant refuge. Sur la droite, le Puig del Pam laisse entrevoir son mamelon tourmenté et sur la gauche, les sommets du Haut-Conflent et de Cerdagne se révèlent derrière la frange d’une brume bleutée. A hauteur de cet abri et grâce à un panonceau (1.940m), on notera que nous nous sommes élevés pour l’instant de 140 mètres seulement sur les 576 mètres de dénivelé qui sont à accomplir jusqu’au sommet du Mont Llaret. D’ailleurs, le large chemin plat se termine, se rétrécie peu à peu et devient mauvais sentier en s’élevant dans la forêt. Ce sentier continue de monter plus vaillamment sur un terrain parfois plus difficile car caillouteux et parfois tourbeux car bourré de fondrières et de racines apparentes.  Après une vaste clairière entourée de falaises ocres et boisées, le parcours devient bien meilleur car herbeux mais il se faufile désormais dans un étrange ossuaire d’arbres desséchés. Si certains gisent sur le sol tels d’immenses carcasses, la plupart sont encore debout et c’est un piètre spectacle que tous ces sapins morts, squelettiques et dépouillés et ce coin ressemble d’autant plus à un cimetière que quelques blocs de granit paraissent faire office de pierres tombales. On évite de se fier à un panonceau qui indique : Sentier nordique –Lac d’Aude – reste 7,7 km. Non, le Lac d’Aude est à moins de 3 km ! On quitte ce coin lugubre au profit d’une petite zone humide faite de quelques tourbières alimentées par de menus filets d’eau qui s’échappent de l’Aude toute proche. Au milieu des pins à crochets, des genévriers rabougris et des rhododendrons fleuris, les pelouses herbeuses et grasses remplacent très rapidement les tourbières. Sur notre droite,  l’oblongue montagne qui apparaît n’est ni plus ni moins que notre principal objectif du jour, le Mont Llaret (2.376m) et son tout proche acolyte le Roc d’Aude (2.325m). Après une dernière « bonne » élévation, le chemin s’aplanit et quelques minutes plus tard, le miroir gris bleu du lac d’Aude apparaît immobile et brillant en contrebas de la forêt. On y descend mécaniquement vers son rivage d’abord pour quelques belles photos mais surtout parce qu’on sait d’avance qu’il n’y aura pas d’endroit plus agréable pour pique-niquer. Ici, au fond de ce petit cirque à la fois lacustre, végétal et minéral tout respire la douceur et la quiétude.  Dans un silence quasi religieux, seuls sont perceptibles le tintement lointain de quelques clochettes bovines et le gazouillis de rares passereaux occupant le faîte des conifères les plus hauts. Même les rares  randonneurs qui font le tour du lac, semblent le faire à pas de velours. Ce calme et ce silence sont si apaisants et l’air que l’on respire au bord du lac si vivifiant qu’on ne quitte qu’à regrets cette source de l’Aude. Ici, on délaisse le Tour du Capcir filant vers les Bouillouses au profit d’un étroit sentier balisé partant vers le nord-ouest.  Le balisage devient jaune. Ce sentier longe un petit ruisseau, à sec en juillet, le traverse puis grimpe au milieu des pelouses largement parsemées de nombreuses roches granitiques. Ces pelouses rases laissent parfois la place à des prairies de graminées un peu plus hautes et de ce fait, elles sont le paradis de nombreux bovins qui trouvent dans cette herbe délicate à la fois le fourrage à ruminer et la litière pour s’y vautrer.  Finalement à 2.220 m d’altitude, on atteint un collet où le regard embrasse des panoramas époustouflants sur une immense partie du Capcir : Massif du Carlit, lac des Bouillouses, la Vallée de la Grave et de la Têt, j’en passe et des meilleurs….Tout en dominant le lac des Bouillouses et à nos pieds la belle forêt de Malpas, le parcours en balcon descend plein nord, se redresse un peu en atteignant de vastes herbages au dessus desquels apparaissent les bulbes arrondies des deux Péric, les prémices de la Serra dels Alarbs et du Puig del Pam. Ici, un panonceau mentionne un sentier dit des Angles numéroté 7. Clairement et comme mentionné, ce P.R arrivant de la Balmette devrait nous amener très facilement vers le Mont Llaret et les Angles mais en réalité, nous allons hésiter entre deux chemins balisés de marques de peinture jaune. Nous optons pour le plus évident c'est-à-dire pour le plus large dont les profondes ornières indiquent qu’il est amplement emprunté par des véhicules de type « tous terrains. C’est  la bonne option et outre qu’il va bien au Mont Llaret, une fois encore les vues aériennes y sont sublimes. Plus on monte et plus les vues lointaines se font jour. Pour moi, cette portion du chemin présente d’autres atouts : une flore variée et très colorée et des oiseaux que j’ai peu l’occasion de photographier car toute cette nature végétale et ornithologique ne se rencontre quasiment qu’à cette altitude-là. Une fois encore, le chemin s’aplanit un peu. Le Mont Llaret et sa haute croix de bois reconnaissable sont là dans la ligne de mire. On quitte la piste pour y filer tout droit mais le sommet nous ne pourront guère l’approcher car un groupe de jeunes vacanciers l’ont carrément envahi. Ils sont bien sympathiques ces jeunes et l’on plaisante assez facilement avec eux mais quand on veut s’approcher de la croix pour une photo-souvenir, aucun d’entre eux ne bougent et ils semblent se l’être définitivement appropriée.  Nous n’insistons pas et de ce fait, nous ne garderons de ce sommet qu’une seule photo au pied de son pinacle. Pas vraiment déçus car l’essentiel est accompli, nous profitons de cet arrêt pour terminer notre casse-croûte et dès qu’il est fini, nous filons vers le Roc d’Aude. Là, dans cette douce descente, nous retrouvons une bonne et large piste terreuse qui descend vers les arrivées des télésièges et des téléskis. Plutôt que d’emprunter les pistes qui descendent en zigzaguant, nous coupons court grâce à un raccourci qui  nous emmène directement à la station de pompage de Bigorra et à la télécabine des Pèlerins. Là, aux Pèlerins, nous prenons à droite le large chemin qui descend parallèle à la piste de ski dite des Rhodos et un peu plus bas dite de le Soucarade. Devant nous, un beau renard qui avait choisi la même option que nous, s’enfuit, non sans avoir au préalable longuement hésité entre le bois et le ravin. De toute évidence, on le dérange car soit la chasse est déjà ouverte soit l’heure du casse-croûte est déjà arrivée. La piste nous entraîne directement vers le Pla del Mir où cette jolie balade se termine. Le circuit décrit ici est long de 17 km environ pour des montées cumulées de 920 mètres. Panoplie du parfait randonneur avec notamment de bonnes chaussures de marche à tiges hautes sont vivement conseillées sur ce terrain très disparate mais assez rocheux et caillouteux par endroits. Carte I.G.N 2249 ET Top 25.

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

Le Cap de Hont Nère (1.916m) et Mont depuis le Col de Peyresourde (1.569m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons extraites de l'album "Living Country Blues Vol.1" interprétées par Bowling Green John Cephas & Harmonica Phil Wiggins. Elles ont pour titres : "Black Rat Swing","Eyesight To The Blind", "Guitar & Harmonica Rag" et "Rising River Blues"
LE-CAP-DE-HONT-NERE
CAPHONTNEREIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Voilà la dernière balade pédestre réalisée lors de nos vacances dans les Hautes-Pyrénées. Soyons francs, c’est bien grâce à une amie, Laurence Lacabanne pour ne pas la nommer, que nous avons pu réalisé cette superbe randonnée en direction du Cap de Hont Nère (1.916 m) et du joli village de Mont à partir du célèbre col de Peyresourde (1.569 m). Laurence Lacabanne est une « friend blog » ou une « friend website » comme disent les anglais, c'est-à-dire que nous nous connaissons qu’au travers de mon blog et d’Internet. En France, on pourrait le traduire par « amie de sites Internet » mais comme ça pourrait avoir une autre connotation du style « site d’amitié » ou « site de rencontres », je préfère l’anglais car sinon je serais à l’opposé de ma pensée. Laurence anime un club de randonnées pédestres à Auriac-du-Périgord. En juin 2010 et suite à ce que j’avais considéré comme un « fantastique contact », j’avais eu l’occasion d’écrire un petit billet sur mon Journal Mensuel pour la remercier de sa gentillesse et de sa prévenance. Depuis, Laurence et moi continuons à échanger quelques messages et chaque année on se souhaite les meilleurs voeux par messagerie interposée. Quand Laurence a su que nous partions en vacances dans les Hautes-Pyrénées et dans la Vallée du Louron en particulier, c'est-à-dire sur « ses terres » comme elle me l’a écrit, elle m’a aussitôt communiqué une demi-douzaine d’idées de randonnées pédestres et voilà comment on s’est retrouvé en ce 26 juin 2015, avant dernier jour de nos vacances pyrénéennes, à marcher sur ces superbes crêtes ondulées et verdoyantes servant de frontière entre les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne. Soyons francs jusqu’au bout, ce jour-là, le Cap de Hont Nère n’était pas notre principal objectif  et comme conseillé par Laurence, nous visions plutôt le Sommet du Pouyaué à 2.062 m d’altitude mais plusieurs concours de circonstances nous ont contraints à raccourcir cette « fabuleuse » randonnée. Voilà comment ça s’est passé. Le col de Peyresourde, bien connu des fans du Tour de France cycliste et des cyclistes en général est, par grand beau temps, un lieu que je qualifierais de « fantastique ». Et croyez-moi, ce mot n’est pas galvaudé. Nous, au cours de cette semaine de vacances, nous avons eu le bonheur d’y passer à diverses reprises mais parfois avec des météos assez diverses et bien évidemment quand le temps est gris et pluvieux, ça change tout.  Mais attention, quand le ciel est d’un bleu cristallin, comme nous avons eu la chance de l’avoir au départ de cette balade, on reste scotché devant ces vastes prairies verdoyantes qui ondulent presque à perte de vue telles de débonnaires montagnes russes. Alors bien sûr, quand on aime la marche comme je peux l’aimer, on a envie d’y aller voir de plus près, histoire de « s’en mettre plein les yeux ». Quand à Dany, quand elle voit toute cette herbe rase et verdoyante, elle n’a qu’une envie : « s’y rouler dedans ! »  Chacun son truc, me direz-vous !  Alors voilà, j’ai le plus brièvement possible évoqué toutes les raisons de cette balade. Ce matin-là, quand nous démarrons du col de Peyresourde nous engageant dans la piste qui s’élève au dessus du chalet refuge ; en réfection à ce moment-là, résultat d’une avalanche hivernale ; il est déjà plus midi. Autant dire que nous ne sommes pas en avance car outre cette balade, pour laquelle il faut bien le dire nous partons un peu dans l’inconnu, nous avons prévu, d’aller à  Arreau en fin d’après-midi, pour visiter une volerie de rapaces : « les Aigles d’Aure ». Comme très souvent quand la fin des vacances approche, nous voulons faire un tas de choses et tenter de rattraper le temps perdu. Si je précise que nous partons un peu dans l’inconnu c’est parce qu’ici, il n’y aucun itinéraire balisé, que je n’ai pas de G.P.S et que je dispose comme unique repère d’un simple bout de carte I.G.N. Enfin pour l’instant, le chemin est tout simple et surtout, il est très agréable avec déjà de superbes panoramas. En outre, et pour mon plus grand plaisir, dans cette petite et magnifique Forêt domaniale de la Neste du Louron, les oiseaux, les papillons et les fleurs sont pléthores et une fois encore, l’objectif de mon appareil photo ne sait plus à quel saint se vouer. Si le chemin est beau, la faune et la flore abondante et superbe et les paysages à couper le souffle, à bien y regarder de plus près, ça ne doit pas être ainsi en toutes saisons. En effet, sur ces pentes très abruptes, les arbres arrachés ou secs sur pieds et les branchages en tous genres sont légion quand aux arbres qui ont déjà été coupés à leur base, c’est une véritable armée de souches que l’on aperçoit sur tous les versants de la forêt.  Alors bien sûr, rien d’étonnant de voir qu’à partir d’une certaine élévation, de nombreuses barrières anti-avalanches aient été installées. Je suppose qu’en hiver, cet endroit, si beau aujourd’hui, doit être parfois d’une très grande hostilité. Par grand beau temps hivernal, j’ai constaté sur le Net, avant de venir, que ces lieux sont beaucoup plus fréquentés en hiver et notamment en raquettes qu’ils ne le sont aux autres saisons. Après ces quelques réflexions, finalement, le large chemin se termine devant une barrière derrière laquelle un vaste troupeau d’ovins est entrain de ruminer. Des moutons, il y en a un peu partout sur le flanc de la montagne, mais une pauvre brebis, toute penaude, elle, s’est mise à l‘abri à l’ombre d’un talus. Elle paraît mal en point et même quand on s’approche d’elle, elle ne bouge pas d’un pouce. Nous la laissons tranquille. Après la barrière, la piste se poursuit à plat vers le nord-ouest mais nous choisissons de partir à l’opposé en longeant une clôture. Le patou, que nous n’avions pas vu jusqu’à présent, et pour cause, dort dans les hautes herbes d’un fossé. A notre passage, il lève un œil, nous regarde et reprend sa position apathique très éloignée de celle du gardien de troupeau que l’on attend de lui. Tant mieux pour nous car je me souviens des nombreuses fois ou des patous nous ont mis dans des situations peu confortables et où la peur du chien vociférant après nous, nous effrayait mais paradoxalement cette crainte se mêlait à notre envie de lui caresser son épais pelage opalin. Nous dominons la forêt qui se termine à la droite même de l’étroit sentier que nous cheminons désormais. De tous les autres côtés, la végétation n’est faite que d’une pelouse rase et uniforme. Plus rien n’arrête le regard, or mis bien sûr, l’arrondi même de la colline que nous devons gravir se trouvant sur notre gauche. Quand nous arrivons au sommet de la crête, des panoramas grandioses s’entrouvrent magnifiquement sur toute la Vallée du Larboust et de manière bien plus large et bien plus lointaine, sur l’ensemble du Luchonnais. Plus loin encore,  la longue chaîne des Pyrénées étire ses pics les plus hauts. J’ai lu, que parmi eux et quelque part, le pic d’Aneto était visible mais comme j’ignore où il se trouve, j’essaie de le chercher mais sans réelle conviction. On se dit que c’est sans doute le plus haut que l’on aperçoit légèrement sur la gauche. A cet instant, nous tournons à gauche et en suivant une étroite sente, nous gravissons la petite croupe du Lampet. Au sommet, à 1.804 m d’altitude,  nous nous arrêtons un instant au pied d’un vieux pluviomètre, car désormais, outre les paysages luchonnais, c’est toute la chaîne montagneuse s’étirant sur la gauche que nous apercevons en plus. Voilà les fameuses « montagnes russes » et verdoyantes que nous devons cheminer et ça jusqu’à son sommet le plus ultime, le Pouyaué. Ensuite, nous avons prévu de descendre jusqu’au village de Mont avant d’entamer le retour vers le col de Peyresourde. Voilà le programme tel que je l’ai imaginé sur Géoportail soit une quinzaine de kilomètres environ.  Mais tout ça, c’était sans compter sur ce étroit sentier qui après le sommet  du Pic Arrouy (1.850 m) s’est finalement, et on ne sait pas trop pourquoi, arrêté de filer sur la crête préférant traverser une mauvaise moraine pentue, terreuse et caillouteuse, et parfois même très boueuse, rendant notre progression bien difficile et par endroits, assez périlleuse il faut bien le dire. Ici, une pauvre brebis et son frêle agnelet se sont abrités à l’ombre d’une petite grotte et après quelques photos, nous les laissons tranquilles car le tout jeune nourrisson tête sans cesse sa mère avec gloutonnerie. Nous les  laissons d’autant plus volontiers que l’attention que réclame cette courte traversée sur cette moraine nous fait perdre un temps infini. Un seul faux-pas et nous voilà entrain de rouler quelques dizaines de mètres plus bas. Le seul intérêt que je retire de cette difficulté, c’est la présence inattendue de quelques jolis oiseaux que je peux photographier assez facilement car ils viennent boire dans les restes d’un ruisselet et manger quelques vers et insectes dans cette bouillie étrangement composé d’eau, de pierres, de boue, de bouses et de crottes de moutons. Grives, alouettes, tariers pâtres et monticoles de roches sont au rendez-vous de cette amalgame glissant et délicat pour nous mais apparemment si agréable pour eux. Après ce difficile passage, nous parvenons à rejoindre la crête et sa pelouse verdoyante bien plus praticable. La suite sur une sente herbeuse mais bien évidente devient beaucoup plus simple même si la déclivité pour monter au Cap du Hont Nère est de plus en plus pentue au fil de l’ascension. Seules quelques fleurs nouvelles et un joli papillon vont freiner cette montée. Quand nous arrivons au sommet,  il est 14h30 et Dany et moi sommes pour une fois en total désaccord. Elle est partisane de descendre directement vers le village de Mont que nous apercevons en contrebas derrière nous et moi, je suis plutôt disposé à poursuivre vers le Pouyaué droit devant. Après une courte chamaillerie, je cède à sa préférence et me rallie à son point de vue qui consiste à dire que rien n’indique que nous verrons beaucoup plus de panoramas que ceux que nous apercevons déjà d’ici. Nous redescendons le petit dôme en longeant désormais une clôture que finalement nous enjambons pour filer tout droit en direction de Mont. Ici, pas de réel problème d’orientation et seules quelques graminées un peu plus hautes parfois et quelques tourbières asséchées mais en mottes sont un frein à notre marche en avant. Ici, nous gardons en point de mire, d’abord une étroite « caminole » formée par les troupeaux puis une piste plus large que nous apercevons un peu plus bas encore. Après les avoir rejoint tour à tour, un peu moins d’une heure plus tard, par monts et par vaux, ou plutôt par croupes et ravines, nous voilà à l’entrée du superbe hameau de Mont. Une visite presque au pas de course nous permettant de découvrir une jolie fontaine, une belle table d’orientation, la magnifique église Saint-Barthélemy superbement décorée d’incroyables fresques et enfin un oratoire dont l’Histoire très intéressante nous est contée sur quelques ludiques panonceaux. Le tout avec de vues splendides sur la Vallée du Louron. Nous finissons la visite de Mont par quelques jolies venelles encadrées de maisons plus belles les unes que les autres. Comme conclusion à cette belle découverte et comme nos pensées sont déjà sur le chemin du retour et surtout vers les « Aigles d’Aure », nous accélérons encore le pas et tentons de ne pas nous laissés distraire par tant de beautés. Nous retrouvons très sensiblement l’itinéraire pris à l’aller mais avec cette fois l’inconvénient d’un plus grand nombre de dénivelés à gravir. Finalement, cet itinéraire nous entraîne sur un bon chemin jusqu’au Pas de Matac puis après quelques raccourcis ; enfin c’est ce que nous pensons ; nous retrouvons la clôture initialement enjambée. En la suivant, elle nous entraîne tout en descente vers un enclos au pied du Cap de Montsarré. Ici, nous retrouvons la bonne piste filant directement vers ce petit bout de la Forêt domaniale de la Neste du Louron ou de Peyresourde selon si on se fie à la carte IGN ou à la pancarte plantée près du refuge. Le troupeau d’ovins vu à l’aller s’est mis en mouvement et s’étire désormais sur tout le flanc de la montagne. A notre vue, le patou semble venir vers nous mais d’un pas toujours aussi nonchalant. Pour nous, cette seule présence suffit à freiner nos ardeurs. Nous quittons de quelques mètres la piste mais le chien passe pratiquement sans nous regarder et s’en va boire un peu d’eau dans une vielle baignoire faisant office de fontaine. En tous cas pas un seul aboiement à notre encontre et quelle drôle d’attitude pour ce chien qui est censé être le « gardien du temple ». La descente vers le col de Peyresourde s’effectue au pas de charge pour Dany très en colère après moi, de me voir encore flâner et photographier sans cesse fleurs, oiseaux et papillons qui semblent « s’être donné le mot » pour que je ne finisse jamais cette magnifique balade. Il est 16h30 passé quand nous récupérons notre voiture et filons sans plus tarder vers la volerie d’Arreau. Mais aujourd’hui, il était écrit que nous aurions tout faux ! Pas d’ascension au Pouyaué mais pas de rapaces non plus ! En regardant le site Internet des « Aigles d’Aure », je n’ai pas fais attention  que la volerie ne serait ouverte l’après-midi qu’à partir du mois de juillet ! Or, nous ne sommes que le 26 juin ! Pas de chance me direz-vous ? Non, bien au contraire !  Nous en avons eu beaucoup : un temps superbe avec un ciel pur comme du cristal (enfin surtout au début !), des montagnes si merveilleusement verdoyantes, des panoramas somptueux, un joli brin de village et tout ça pour une balade de 4h30 et d’une distance approximative que j’estime entre 12 et 14 km. Que demander de plus ?  Une fois encore, je me suis intéressé à la toponymie des lieux cheminés. En occitan-gascon, le Cap de Hont Nère c’est le sommet  (cap) de la fontaine (hont) noire (nere). Le « Pouyaué » tout comme le « Puyo » ou le « Pouey » s’est toujours dans la toponymie pyrénéenne le monticule, l’éminence, la cîme, le pic au même titre qu’un « puy » ou qu’un « puig ». De la même façon que le lac d’Oô signifiait le « lac du lac », le « sommet du Pouyaué » est un doublon toponymique signifiant le « sommet du sommet ». Enfin « Peyresourde » c’est la « pierre source » selon le livre de Robert Aymard « Toponymes pyrénéens- Répertoire géographique et étymologique des deux versants des Pyrénées » Editions Lacour-Rediviva. A tous les lecteurs de cet article, je précise que le tracé mentionné sur la carte I.G.N joint à ce dernier se veut comme toujours le plus précis possible mais qu’en l’absence d’un G.P.S et dans l’impossibilité d’enregistrer un « tracback », il ne peut être que très approximatif au regard d’un itinéraire très souvent hors sentier. De ce fait et comme pour tous les tracés que je fournis dans mon blog, il ne saurait m’engager dans une quelconque responsabilité en cas d’égarement des personnes qui voudraient l’utiliser sans plus de précautions. Carte I.G.N 1848 OT Bagnères-de-Luchon  - Lac d’Oô - Top 25

Partager cet article
Repost0

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>