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Le Lac d'Aude et le Mont Llaret (2.376 m) depuis les Angles (Pla del Mir -1.800m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de chansons interprétées par Elmore James extraites de son album "40 Exciting Legendary Blues Tracks: Tribute To Elmore James, “King of Slide Guitar”. Elles ont pour titre : I Believe, Stranger Blues, Look On Yonder Wall, Shake Your Moneymaker, The Sky Is Crying.

De nombreux lacs pyrénéens sont l’objet de légendes plus ou moins merveilleuses voire effroyables pour certaines d’entre-elles. Il y est souvent question d’« encantadas » (femmes enchantées), de « donas d’aygua » (femmes d’eau), de « fadas » (fées) devenues parfois « bruixas » (sorcières) par d’habiles manigances des doctrines religieuses. Le lac d’Aude en Capcir n’échappe pas à cette règle. Pourtant, nous y sommes allés randonner et je peux vous assurer que je n’ai rien vu de tout ça, mais il est vrai que ces histoires sont ancestrales et le plus souvent légendaires. Dommage, me direz-vous car selon la tradition et ce que j’ai pu lire dans « Légendes du Roussillon » d’Horace Chauvet aux Editions Lacour, il paraît qu’« aux bords des étangs, les bergers avaient l’occasion d’admirer les belles fées habillées de blanc qui peignaient leur chevelure ondoyante, en se mirant dans les eaux argentées. Elles avaient le don de séduire quiconque les approchait….. » Alors c’est vrai, Dany et moi avons été séduits mais pas par une fée mais par cette randonnée elle-même qui, depuis, le Pla del Mir (1.800m), station de ski des Angles, nous a tour à tour emmenés vers le lac d’Aude puis vers le Mont Llaret (2.376 m). Une balade plutôt longue et pas si facile que ça car les montées sont quasi constantes jusqu’au dernier objectif qui est en même temps le point culminant de cette boucle. Mais après tout, n’est-ce le propre d’une randonnée en montagne que de monter toujours plus haut pour faire plus de découvertes ? C’est exactement ce qui s’est passé !  Comme indiqué, le départ s’effectue du Pla del Mir, principale station de ski des Angles. Le chemin démarre à gauche du vaste parking et passe derrière le chalet de l’école de ski.  Sur la façade du chalet, un panonceau a été cloué indiquant  : « Boucle PR.9 - Lac d’Aude – 12 km – 435 m de dénivelé – 4h – difficulté : difficile ». Mais attention, pour ma balade, il ne faut pas se fier à ce panonceau, d’abord parce que le P.R.9 n’est pas une boucle mais un simple aller et retour et que la difficulté est plutôt moyenne que difficile pour le randonneur lambda. Enfin, une chose dont je suis sûr c’est que nous sommes bien sur le GRP du Tour du Capcir balisé en jaune et rouge. J’en suis d’autant plus sûr que j’ai accompli ce tour en 2013 et que j’ai emprunté cette portion en sens inverse venant des Bouillouses direction les Angles puis Matemale. C’était notre toute dernière étape qui en comptait quatre. Ce GRP passe derrière le parc animalier puis en longe la clôture toujours sur une bonne et large piste qui s’élève puis se stabilise avant de redescendre légèrement à l’approche de la Jasse du Pla del Bouc. Les premiers beaux paysages et panoramas s’entrouvrent. Ici au Pla del Bouc, on laisse un petit abri sur la droite étonnamment entouré de gros blocs granitiques dont trois ont été agencés sous la forme d’un imposant lieu de pique-nique. Juste après, on enjambe un passage canadien. Ici, une grande enseigne verticale mentionne « Porte Entrée ». Entrée de quoi ? Je ne saurais vous le dire avec certitude mais à cause du passage canadien,  j’ai supposé qu’il s’agissait de l’entrée d’une zone d’estives qui est également mentionnée sur une autre pancarte. Peu après, la piste que l’on poursuit devient plus pentue et se faufile au milieu d’une forêt de pins à crochets. Elle se stabilise à nouveau. On enjambe un premier petit ru mais attention ce n’est pas encore l’Aude et simplement un de ses affluents originels. L'Aude, le célèbre fleuve audois qui a donné son nom à tout un département est là, quelques mètres plus loin.  Ici, il s’agit d’un minuscule ruisselet aux eaux cristallines, d’un mètre de large tout au plus, dont le débit est si pépère qu’il a du mal à se faufiler au milieu des quelques ridicules roches qui entravent à peine son parcours. De ce fait, il zigzague, semble hésiter sur le chemin à prendre au milieu des herbes rases et des pins et bien évidemment, on est très loin de l’image du grand fleuve capable d’arroser tout une région, d’alimenter plusieurs lacs de barrage et de creuser de profondes gorges du Pays de Sault jusqu’à celui du Razès. En arrivant à hauteur d’une baraque entourée d’un enclos, on délaisse la  piste qui continue vers la gauche et  on emprunte à droite un large chemin qui file vers la Jasse de Bernardi et son imposant refuge. Sur la droite, le Puig del Pam laisse entrevoir son mamelon tourmenté et sur la gauche, les sommets du Haut-Conflent et de Cerdagne se révèlent derrière la frange d’une brume bleutée. A hauteur de cet abri et grâce à un panonceau (1.940m), on notera que nous nous sommes élevés pour l’instant de 140 mètres seulement sur les 576 mètres de dénivelé qui sont à accomplir jusqu’au sommet du Mont Llaret. D’ailleurs, le large chemin plat se termine, se rétrécie peu à peu et devient mauvais sentier en s’élevant dans la forêt. Ce sentier continue de monter plus vaillamment sur un terrain parfois plus difficile car caillouteux et parfois tourbeux car bourré de fondrières et de racines apparentes.  Après une vaste clairière entourée de falaises ocres et boisées, le parcours devient bien meilleur car herbeux mais il se faufile désormais dans un étrange ossuaire d’arbres desséchés. Si certains gisent sur le sol tels d’immenses carcasses, la plupart sont encore debout et c’est un piètre spectacle que tous ces sapins morts, squelettiques et dépouillés et ce coin ressemble d’autant plus à un cimetière que quelques blocs de granit paraissent faire office de pierres tombales. On évite de se fier à un panonceau qui indique : Sentier nordique –Lac d’Aude – reste 7,7 km. Non, le Lac d’Aude est à moins de 3 km ! On quitte ce coin lugubre au profit d’une petite zone humide faite de quelques tourbières alimentées par de menus filets d’eau qui s’échappent de l’Aude toute proche. Au milieu des pins à crochets, des genévriers rabougris et des rhododendrons fleuris, les pelouses herbeuses et grasses remplacent très rapidement les tourbières. Sur notre droite,  l’oblongue montagne qui apparaît n’est ni plus ni moins que notre principal objectif du jour, le Mont Llaret (2.376m) et son tout proche acolyte le Roc d’Aude (2.325m). Après une dernière « bonne » élévation, le chemin s’aplanit et quelques minutes plus tard, le miroir gris bleu du lac d’Aude apparaît immobile et brillant en contrebas de la forêt. On y descend mécaniquement vers son rivage d’abord pour quelques belles photos mais surtout parce qu’on sait d’avance qu’il n’y aura pas d’endroit plus agréable pour pique-niquer. Ici, au fond de ce petit cirque à la fois lacustre, végétal et minéral tout respire la douceur et la quiétude.  Dans un silence quasi religieux, seuls sont perceptibles le tintement lointain de quelques clochettes bovines et le gazouillis de rares passereaux occupant le faîte des conifères les plus hauts. Même les rares  randonneurs qui font le tour du lac, semblent le faire à pas de velours. Ce calme et ce silence sont si apaisants et l’air que l’on respire au bord du lac si vivifiant qu’on ne quitte qu’à regrets cette source de l’Aude. Ici, on délaisse le Tour du Capcir filant vers les Bouillouses au profit d’un étroit sentier balisé partant vers le nord-ouest.  Le balisage devient jaune. Ce sentier longe un petit ruisseau, à sec en juillet, le traverse puis grimpe au milieu des pelouses largement parsemées de nombreuses roches granitiques. Ces pelouses rases laissent parfois la place à des prairies de graminées un peu plus hautes et de ce fait, elles sont le paradis de nombreux bovins qui trouvent dans cette herbe délicate à la fois le fourrage à ruminer et la litière pour s’y vautrer.  Finalement à 2.220 m d’altitude, on atteint un collet où le regard embrasse des panoramas époustouflants sur une immense partie du Capcir : Massif du Carlit, lac des Bouillouses, la Vallée de la Grave et de la Têt, j’en passe et des meilleurs….Tout en dominant le lac des Bouillouses et à nos pieds la belle forêt de Malpas, le parcours en balcon descend plein nord, se redresse un peu en atteignant de vastes herbages au dessus desquels apparaissent les bulbes arrondies des deux Péric, les prémices de la Serra dels Alarbs et du Puig del Pam. Ici, un panonceau mentionne un sentier dit des Angles numéroté 7. Clairement et comme mentionné, ce P.R arrivant de la Balmette devrait nous amener très facilement vers le Mont Llaret et les Angles mais en réalité, nous allons hésiter entre deux chemins balisés de marques de peinture jaune. Nous optons pour le plus évident c'est-à-dire pour le plus large dont les profondes ornières indiquent qu’il est amplement emprunté par des véhicules de type « tous terrains. C’est  la bonne option et outre qu’il va bien au Mont Llaret, une fois encore les vues aériennes y sont sublimes. Plus on monte et plus les vues lointaines se font jour. Pour moi, cette portion du chemin présente d’autres atouts : une flore variée et très colorée et des oiseaux que j’ai peu l’occasion de photographier car toute cette nature végétale et ornithologique ne se rencontre quasiment qu’à cette altitude-là. Une fois encore, le chemin s’aplanit un peu. Le Mont Llaret et sa haute croix de bois reconnaissable sont là dans la ligne de mire. On quitte la piste pour y filer tout droit mais le sommet nous ne pourront guère l’approcher car un groupe de jeunes vacanciers l’ont carrément envahi. Ils sont bien sympathiques ces jeunes et l’on plaisante assez facilement avec eux mais quand on veut s’approcher de la croix pour une photo-souvenir, aucun d’entre eux ne bougent et ils semblent se l’être définitivement appropriée.  Nous n’insistons pas et de ce fait, nous ne garderons de ce sommet qu’une seule photo au pied de son pinacle. Pas vraiment déçus car l’essentiel est accompli, nous profitons de cet arrêt pour terminer notre casse-croûte et dès qu’il est fini, nous filons vers le Roc d’Aude. Là, dans cette douce descente, nous retrouvons une bonne et large piste terreuse qui descend vers les arrivées des télésièges et des téléskis. Plutôt que d’emprunter les pistes qui descendent en zigzaguant, nous coupons court grâce à un raccourci qui  nous emmène directement à la station de pompage de Bigorra et à la télécabine des Pèlerins. Là, aux Pèlerins, nous prenons à droite le large chemin qui descend parallèle à la piste de ski dite des Rhodos et un peu plus bas dite de le Soucarade. Devant nous, un beau renard qui avait choisi la même option que nous, s’enfuit, non sans avoir au préalable longuement hésité entre le bois et le ravin. De toute évidence, on le dérange car soit la chasse est déjà ouverte soit l’heure du casse-croûte est déjà arrivée. La piste nous entraîne directement vers le Pla del Mir où cette jolie balade se termine. Le circuit décrit ici est long de 17 km environ pour des montées cumulées de 920 mètres. Panoplie du parfait randonneur avec notamment de bonnes chaussures de marche à tiges hautes sont vivement conseillées sur ce terrain très disparate mais assez rocheux et caillouteux par endroits. Carte I.G.N 2249 ET Top 25.

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Le Cap de Hont Nère (1.916m) et Mont depuis le Col de Peyresourde (1.569m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons extraites de l'album "Living Country Blues Vol.1" interprétées par Bowling Green John Cephas & Harmonica Phil Wiggins. Elles ont pour titres : "Black Rat Swing","Eyesight To The Blind", "Guitar & Harmonica Rag" et "Rising River Blues"
LE-CAP-DE-HONT-NERE
CAPHONTNEREIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Voilà la dernière balade pédestre réalisée lors de nos vacances dans les Hautes-Pyrénées. Soyons francs, c’est bien grâce à une amie, Laurence Lacabanne pour ne pas la nommer, que nous avons pu réalisé cette superbe randonnée en direction du Cap de Hont Nère (1.916 m) et du joli village de Mont à partir du célèbre col de Peyresourde (1.569 m). Laurence Lacabanne est une « friend blog » ou une « friend website » comme disent les anglais, c'est-à-dire que nous nous connaissons qu’au travers de mon blog et d’Internet. En France, on pourrait le traduire par « amie de sites Internet » mais comme ça pourrait avoir une autre connotation du style « site d’amitié » ou « site de rencontres », je préfère l’anglais car sinon je serais à l’opposé de ma pensée. Laurence anime un club de randonnées pédestres à Auriac-du-Périgord. En juin 2010 et suite à ce que j’avais considéré comme un « fantastique contact », j’avais eu l’occasion d’écrire un petit billet sur mon Journal Mensuel pour la remercier de sa gentillesse et de sa prévenance. Depuis, Laurence et moi continuons à échanger quelques messages et chaque année on se souhaite les meilleurs voeux par messagerie interposée. Quand Laurence a su que nous partions en vacances dans les Hautes-Pyrénées et dans la Vallée du Louron en particulier, c'est-à-dire sur « ses terres » comme elle me l’a écrit, elle m’a aussitôt communiqué une demi-douzaine d’idées de randonnées pédestres et voilà comment on s’est retrouvé en ce 26 juin 2015, avant dernier jour de nos vacances pyrénéennes, à marcher sur ces superbes crêtes ondulées et verdoyantes servant de frontière entre les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne. Soyons francs jusqu’au bout, ce jour-là, le Cap de Hont Nère n’était pas notre principal objectif  et comme conseillé par Laurence, nous visions plutôt le Sommet du Pouyaué à 2.062 m d’altitude mais plusieurs concours de circonstances nous ont contraints à raccourcir cette « fabuleuse » randonnée. Voilà comment ça s’est passé. Le col de Peyresourde, bien connu des fans du Tour de France cycliste et des cyclistes en général est, par grand beau temps, un lieu que je qualifierais de « fantastique ». Et croyez-moi, ce mot n’est pas galvaudé. Nous, au cours de cette semaine de vacances, nous avons eu le bonheur d’y passer à diverses reprises mais parfois avec des météos assez diverses et bien évidemment quand le temps est gris et pluvieux, ça change tout.  Mais attention, quand le ciel est d’un bleu cristallin, comme nous avons eu la chance de l’avoir au départ de cette balade, on reste scotché devant ces vastes prairies verdoyantes qui ondulent presque à perte de vue telles de débonnaires montagnes russes. Alors bien sûr, quand on aime la marche comme je peux l’aimer, on a envie d’y aller voir de plus près, histoire de « s’en mettre plein les yeux ». Quand à Dany, quand elle voit toute cette herbe rase et verdoyante, elle n’a qu’une envie : « s’y rouler dedans ! »  Chacun son truc, me direz-vous !  Alors voilà, j’ai le plus brièvement possible évoqué toutes les raisons de cette balade. Ce matin-là, quand nous démarrons du col de Peyresourde nous engageant dans la piste qui s’élève au dessus du chalet refuge ; en réfection à ce moment-là, résultat d’une avalanche hivernale ; il est déjà plus midi. Autant dire que nous ne sommes pas en avance car outre cette balade, pour laquelle il faut bien le dire nous partons un peu dans l’inconnu, nous avons prévu, d’aller à  Arreau en fin d’après-midi, pour visiter une volerie de rapaces : « les Aigles d’Aure ». Comme très souvent quand la fin des vacances approche, nous voulons faire un tas de choses et tenter de rattraper le temps perdu. Si je précise que nous partons un peu dans l’inconnu c’est parce qu’ici, il n’y aucun itinéraire balisé, que je n’ai pas de G.P.S et que je dispose comme unique repère d’un simple bout de carte I.G.N. Enfin pour l’instant, le chemin est tout simple et surtout, il est très agréable avec déjà de superbes panoramas. En outre, et pour mon plus grand plaisir, dans cette petite et magnifique Forêt domaniale de la Neste du Louron, les oiseaux, les papillons et les fleurs sont pléthores et une fois encore, l’objectif de mon appareil photo ne sait plus à quel saint se vouer. Si le chemin est beau, la faune et la flore abondante et superbe et les paysages à couper le souffle, à bien y regarder de plus près, ça ne doit pas être ainsi en toutes saisons. En effet, sur ces pentes très abruptes, les arbres arrachés ou secs sur pieds et les branchages en tous genres sont légion quand aux arbres qui ont déjà été coupés à leur base, c’est une véritable armée de souches que l’on aperçoit sur tous les versants de la forêt.  Alors bien sûr, rien d’étonnant de voir qu’à partir d’une certaine élévation, de nombreuses barrières anti-avalanches aient été installées. Je suppose qu’en hiver, cet endroit, si beau aujourd’hui, doit être parfois d’une très grande hostilité. Par grand beau temps hivernal, j’ai constaté sur le Net, avant de venir, que ces lieux sont beaucoup plus fréquentés en hiver et notamment en raquettes qu’ils ne le sont aux autres saisons. Après ces quelques réflexions, finalement, le large chemin se termine devant une barrière derrière laquelle un vaste troupeau d’ovins est entrain de ruminer. Des moutons, il y en a un peu partout sur le flanc de la montagne, mais une pauvre brebis, toute penaude, elle, s’est mise à l‘abri à l’ombre d’un talus. Elle paraît mal en point et même quand on s’approche d’elle, elle ne bouge pas d’un pouce. Nous la laissons tranquille. Après la barrière, la piste se poursuit à plat vers le nord-ouest mais nous choisissons de partir à l’opposé en longeant une clôture. Le patou, que nous n’avions pas vu jusqu’à présent, et pour cause, dort dans les hautes herbes d’un fossé. A notre passage, il lève un œil, nous regarde et reprend sa position apathique très éloignée de celle du gardien de troupeau que l’on attend de lui. Tant mieux pour nous car je me souviens des nombreuses fois ou des patous nous ont mis dans des situations peu confortables et où la peur du chien vociférant après nous, nous effrayait mais paradoxalement cette crainte se mêlait à notre envie de lui caresser son épais pelage opalin. Nous dominons la forêt qui se termine à la droite même de l’étroit sentier que nous cheminons désormais. De tous les autres côtés, la végétation n’est faite que d’une pelouse rase et uniforme. Plus rien n’arrête le regard, or mis bien sûr, l’arrondi même de la colline que nous devons gravir se trouvant sur notre gauche. Quand nous arrivons au sommet de la crête, des panoramas grandioses s’entrouvrent magnifiquement sur toute la Vallée du Larboust et de manière bien plus large et bien plus lointaine, sur l’ensemble du Luchonnais. Plus loin encore,  la longue chaîne des Pyrénées étire ses pics les plus hauts. J’ai lu, que parmi eux et quelque part, le pic d’Aneto était visible mais comme j’ignore où il se trouve, j’essaie de le chercher mais sans réelle conviction. On se dit que c’est sans doute le plus haut que l’on aperçoit légèrement sur la gauche. A cet instant, nous tournons à gauche et en suivant une étroite sente, nous gravissons la petite croupe du Lampet. Au sommet, à 1.804 m d’altitude,  nous nous arrêtons un instant au pied d’un vieux pluviomètre, car désormais, outre les paysages luchonnais, c’est toute la chaîne montagneuse s’étirant sur la gauche que nous apercevons en plus. Voilà les fameuses « montagnes russes » et verdoyantes que nous devons cheminer et ça jusqu’à son sommet le plus ultime, le Pouyaué. Ensuite, nous avons prévu de descendre jusqu’au village de Mont avant d’entamer le retour vers le col de Peyresourde. Voilà le programme tel que je l’ai imaginé sur Géoportail soit une quinzaine de kilomètres environ.  Mais tout ça, c’était sans compter sur ce étroit sentier qui après le sommet  du Pic Arrouy (1.850 m) s’est finalement, et on ne sait pas trop pourquoi, arrêté de filer sur la crête préférant traverser une mauvaise moraine pentue, terreuse et caillouteuse, et parfois même très boueuse, rendant notre progression bien difficile et par endroits, assez périlleuse il faut bien le dire. Ici, une pauvre brebis et son frêle agnelet se sont abrités à l’ombre d’une petite grotte et après quelques photos, nous les laissons tranquilles car le tout jeune nourrisson tête sans cesse sa mère avec gloutonnerie. Nous les  laissons d’autant plus volontiers que l’attention que réclame cette courte traversée sur cette moraine nous fait perdre un temps infini. Un seul faux-pas et nous voilà entrain de rouler quelques dizaines de mètres plus bas. Le seul intérêt que je retire de cette difficulté, c’est la présence inattendue de quelques jolis oiseaux que je peux photographier assez facilement car ils viennent boire dans les restes d’un ruisselet et manger quelques vers et insectes dans cette bouillie étrangement composé d’eau, de pierres, de boue, de bouses et de crottes de moutons. Grives, alouettes, tariers pâtres et monticoles de roches sont au rendez-vous de cette amalgame glissant et délicat pour nous mais apparemment si agréable pour eux. Après ce difficile passage, nous parvenons à rejoindre la crête et sa pelouse verdoyante bien plus praticable. La suite sur une sente herbeuse mais bien évidente devient beaucoup plus simple même si la déclivité pour monter au Cap du Hont Nère est de plus en plus pentue au fil de l’ascension. Seules quelques fleurs nouvelles et un joli papillon vont freiner cette montée. Quand nous arrivons au sommet,  il est 14h30 et Dany et moi sommes pour une fois en total désaccord. Elle est partisane de descendre directement vers le village de Mont que nous apercevons en contrebas derrière nous et moi, je suis plutôt disposé à poursuivre vers le Pouyaué droit devant. Après une courte chamaillerie, je cède à sa préférence et me rallie à son point de vue qui consiste à dire que rien n’indique que nous verrons beaucoup plus de panoramas que ceux que nous apercevons déjà d’ici. Nous redescendons le petit dôme en longeant désormais une clôture que finalement nous enjambons pour filer tout droit en direction de Mont. Ici, pas de réel problème d’orientation et seules quelques graminées un peu plus hautes parfois et quelques tourbières asséchées mais en mottes sont un frein à notre marche en avant. Ici, nous gardons en point de mire, d’abord une étroite « caminole » formée par les troupeaux puis une piste plus large que nous apercevons un peu plus bas encore. Après les avoir rejoint tour à tour, un peu moins d’une heure plus tard, par monts et par vaux, ou plutôt par croupes et ravines, nous voilà à l’entrée du superbe hameau de Mont. Une visite presque au pas de course nous permettant de découvrir une jolie fontaine, une belle table d’orientation, la magnifique église Saint-Barthélemy superbement décorée d’incroyables fresques et enfin un oratoire dont l’Histoire très intéressante nous est contée sur quelques ludiques panonceaux. Le tout avec de vues splendides sur la Vallée du Louron. Nous finissons la visite de Mont par quelques jolies venelles encadrées de maisons plus belles les unes que les autres. Comme conclusion à cette belle découverte et comme nos pensées sont déjà sur le chemin du retour et surtout vers les « Aigles d’Aure », nous accélérons encore le pas et tentons de ne pas nous laissés distraire par tant de beautés. Nous retrouvons très sensiblement l’itinéraire pris à l’aller mais avec cette fois l’inconvénient d’un plus grand nombre de dénivelés à gravir. Finalement, cet itinéraire nous entraîne sur un bon chemin jusqu’au Pas de Matac puis après quelques raccourcis ; enfin c’est ce que nous pensons ; nous retrouvons la clôture initialement enjambée. En la suivant, elle nous entraîne tout en descente vers un enclos au pied du Cap de Montsarré. Ici, nous retrouvons la bonne piste filant directement vers ce petit bout de la Forêt domaniale de la Neste du Louron ou de Peyresourde selon si on se fie à la carte IGN ou à la pancarte plantée près du refuge. Le troupeau d’ovins vu à l’aller s’est mis en mouvement et s’étire désormais sur tout le flanc de la montagne. A notre vue, le patou semble venir vers nous mais d’un pas toujours aussi nonchalant. Pour nous, cette seule présence suffit à freiner nos ardeurs. Nous quittons de quelques mètres la piste mais le chien passe pratiquement sans nous regarder et s’en va boire un peu d’eau dans une vielle baignoire faisant office de fontaine. En tous cas pas un seul aboiement à notre encontre et quelle drôle d’attitude pour ce chien qui est censé être le « gardien du temple ». La descente vers le col de Peyresourde s’effectue au pas de charge pour Dany très en colère après moi, de me voir encore flâner et photographier sans cesse fleurs, oiseaux et papillons qui semblent « s’être donné le mot » pour que je ne finisse jamais cette magnifique balade. Il est 16h30 passé quand nous récupérons notre voiture et filons sans plus tarder vers la volerie d’Arreau. Mais aujourd’hui, il était écrit que nous aurions tout faux ! Pas d’ascension au Pouyaué mais pas de rapaces non plus ! En regardant le site Internet des « Aigles d’Aure », je n’ai pas fais attention  que la volerie ne serait ouverte l’après-midi qu’à partir du mois de juillet ! Or, nous ne sommes que le 26 juin ! Pas de chance me direz-vous ? Non, bien au contraire !  Nous en avons eu beaucoup : un temps superbe avec un ciel pur comme du cristal (enfin surtout au début !), des montagnes si merveilleusement verdoyantes, des panoramas somptueux, un joli brin de village et tout ça pour une balade de 4h30 et d’une distance approximative que j’estime entre 12 et 14 km. Que demander de plus ?  Une fois encore, je me suis intéressé à la toponymie des lieux cheminés. En occitan-gascon, le Cap de Hont Nère c’est le sommet  (cap) de la fontaine (hont) noire (nere). Le « Pouyaué » tout comme le « Puyo » ou le « Pouey » s’est toujours dans la toponymie pyrénéenne le monticule, l’éminence, la cîme, le pic au même titre qu’un « puy » ou qu’un « puig ». De la même façon que le lac d’Oô signifiait le « lac du lac », le « sommet du Pouyaué » est un doublon toponymique signifiant le « sommet du sommet ». Enfin « Peyresourde » c’est la « pierre source » selon le livre de Robert Aymard « Toponymes pyrénéens- Répertoire géographique et étymologique des deux versants des Pyrénées » Editions Lacour-Rediviva. A tous les lecteurs de cet article, je précise que le tracé mentionné sur la carte I.G.N joint à ce dernier se veut comme toujours le plus précis possible mais qu’en l’absence d’un G.P.S et dans l’impossibilité d’enregistrer un « tracback », il ne peut être que très approximatif au regard d’un itinéraire très souvent hors sentier. De ce fait et comme pour tous les tracés que je fournis dans mon blog, il ne saurait m’engager dans une quelconque responsabilité en cas d’égarement des personnes qui voudraient l’utiliser sans plus de précautions. Carte I.G.N 1848 OT Bagnères-de-Luchon  - Lac d’Oô - Top 25

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Les Lacs d'Oô (1.504 m) et d'Espingo (1.967 m) depuis les Granges d'Astau (1.130 m)

Publié le par gibirando

LE-LAC-D'OO
LACDOOIGN
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Pour Dany et moi, comme pour de nombreuses personnes sans doute, avant d’être un objectif de randonnée, le lac d’Oô était essentiellement un nom en deux lettres à trouver dans les mots croisés ou fléchés. C’est donc par le plus pur des hasards que les cruciverbistes que nous sommes se sont soudain métamorphosés pour l’occasion en des randonneurs éclairés. Eclairés car soudain, nous allions prendre conscience que ces deux voyelles accolées l’une à l’autre étaient aussi un merveilleux lieu de balades pédestres. Voilà comment ça s’est passé. Toujours en vacances à Loudenvielle dans les Hautes-Pyrénées, c’est en revenant de Bagnères-de-Luchon, après cette « fameuse » balade « rêvée » à la Cabane d’Ourtiga que nous avons aperçu le panneau « Lac d’Oô » sur le bord de la route départementale 618. Comme pour un flipper que l’on remue un peu trop, ce panneau signalétique a fait « tilt » dans nos têtes et après la seule vision de ce célèbre patronyme, il était hors de question que nous passions à côté sans en savoir un peu plus. Nous avons donc pris illico presto la direction du « lac d’Oô » car notre curiosité était bien trop aiguisée et l’envie de transformer nos connaissances mots-croisistes en un lac authentique bien réelle. En réalité, ce jour-là, nous ne sommes allés qu’au village d’Oô et à la vue de deux autres panneaux signalétiques très explicites, nous avons immédiatement compris que le lac d’Oô ne serait qu’atteignable à pieds et depuis le lieu-dit les Granges d’Astau se trouvant 4 km plus loin et plus haut sur la petite route D.76. Cette unique solution nous convenait d’autant mieux que nous étions en quête de balades pédestres dans le secteur et qu’enfin, nous en tenions une sans trop nous casser la tête.  Nous avons donc programmé cette longue balade aux lacs d’Oô pour le surlendemain, si le temps venait à s’y prêter, ce qui n’était pas le cas au moment où nous l’envisagions. Le temps était maussade voire par instant menaçant et de ce fait, nous n’avons pas traîné à Oô. Nous sommes rentrés à Loudenvielle sans prendre plus de détails sur cette randonnée. De toute manière, ce n’était pas bien grave car au studio, j’avais mon ordinateur, une connexion à Internet et le site Géoportail et sa carte I.G.N m’en diraient sans doute bien plus que toutes les pancartes signalétiques du monde. Le matin du surlendemain, la météo n’étant pas très bonne, nous remettons notre sortie au lendemain et partons en voiture vers le Pic du Midi. Bien, nous en a pris car le lendemain, le 25 juin au matin, c’est un magnifique ciel bleu purgé de tout nuage qui nous ravît au saut du lit. En effet, comment s’attendre à un tel revirement alors qu’hier soir le temps était encore très orageux, ténébreux même et avec de gros éclairs sur la Vallée du Louron. A la télé, Météo France annonce une journée radieuse alors nous déjeunons « rapidos » et partons immédiatement vers Oô. Il est 9h15 quand nous arrivons aux Granges d’Astau et garons la voiture sur le parking à quelques mètres de la ligne de départ. Selon les quelques renseignements que j’ai notés sur Internet et sur le site de Géoportail, le lac d’Oô est situé à 1.504 mètres d’altitude et comme les Granges d’Astau sont à 1.130 mètres environ, c’est donc un dénivelé plutôt modeste de 374 mètres qui nous attend. Dany ne se plaignant plus de ses articulations depuis quelques temps déjà, je pense sincèrement que cette randonnée est réellement dans ses cordes. Le seul point qui m’interpelle est qu’il y a aussi un autre lac, également très beau à découvrir mais bien plus haut celui-ci car situé à 1.950 mètres d’altitude. C’est le lac d’Espingo dont le col éponyme pour l’atteindre est à 1.967 mètres. C’est donc une déclivité de 837 mètres qui est à gravir si l’on veut réaliser les deux lacs et là, la petite balade plutôt facile devient une randonnée bien plus sévère et dans ce cas, j’ignore si Dany sera à même de l’accomplir. De ce fait, nous décidons d’un commun accord  de se fixer comme objectif le lac d’Oô puis une fois là-haut, on décidera ou non de poursuivre. Dès le départ, une large piste forestière sert de fil conducteur. On ne peut guère faire plus simple car une fois encore il s’agit d’un petit bout du célèbre G.R.10 traversant les Pyrénées d’Hendaye à Banyuls-sur-Mer. Nous, qui n’avons jamais trouvé ni le temps ni peut être le courage de l’accomplir complètement, nous satisfaisant des 7 jours passés en  2001 entre Mérens et Mantet  et de petites balades d’une journée dans les Pyrénées-Orientales, voilà que depuis que nous sommes ici, nous sommes entrain d’en découvrir d’autres agréables tronçons. La piste s’élève doucement en suivant la verdoyante vallée où s’écoule la Neste d’Oô. En réalité, ici, tout est verdoyant, la vallée et ses vastes prairies mais aussi les montagnes environnantes et les belles forêts qui s’y sont implantées. Toutes les nuances de verts sont présentes et les seuls contrastes dans ces paysages de jade sont le ciel bleu cristallin, la superbe cascade blanche de la Chevelure de la Madeleine, quelques falaises dénudés et une longue ligne de névés dans le Cirque d’Espingo qui nous fait face quand on lève la tête. La piste monte désormais à l’ombre du Sarrat Crémat, entre en forêt  et devient un peu plus caillouteuse. Enfin, c’est Dany qui me le fait remarquer car moi je suis bien trop occupé à photographier une flore incroyablement belle, dense et variée dans ses formes et ses coloris. La faune, elle, semble bizarrement absente ou alors étrangement silencieuse. Peu d’insectes, peu de papillons et pratiquement aucun oiseau contrairement à tous ceux que j’avais pu découvrir lors de notre balade à la Cabane d’Ourtiga, également sur le G.R.10. Pourtant, une seule ligne de crête et quelques kilomètres seulement séparent les deux vallées. De temps à temps, j’entends le chant d’un pinson mais c’est à peu près tout et comme je ne les vois pratiquement jamais et que je ne peux pas le photographier, je suis déçu de ce vide faunistique. Si cette marche s’effectue dans un quasi désert faunique, ce n’est pas le cas des randonneurs qui se font de plus en plus nombreux au fur et à mesure de l’élévation.  Moi, qui croyez que le lac d’Oô était bien plus connu des cruciverbistes que des randonneurs pédestres, je suis bien obligé de revoir mon jugement. Au fil de la marche, force est de constater que de nombreux randonneurs, clubs et associations de toutes les régions de France font de cette balade, une « incontournable » des Pyrénées. Nous n’avons pas encore atteint le lac d’Oô et pourtant ce titre « d’incontournable » est déjà bien  mérité car lorsque quelques fenêtres s’entrouvrent dans l’épaisse forêt, des vues sublimes sur la vallée se font jour. La piste se rétrécie et s’élève soudain en quelques lacets plus concis. J’en profite pour emprunter quelques raccourcis alors que Dany a pris un peu d’avance,  bien occupé que je suis avec mes photos de fleurs. Je tombe sur les rails d’une bien étrange voie ferrée. En suivant les rails, je me laisse entraîner sur un chemin verdoyant mais je prends soudain conscience que je m’éloigne de l’itinéraire du G.R.10 et je fais demi tour, ravalant mon «affreuse » curiosité et préférant garder la visite de ce lieu lors du retour. J’ai réussi à rattraper Dany car à l’approche du lac et de son tablier du barrage, la piste s’est transformée en un sentier dont la déclivité a faibli puis s‘est stabilisée. Nous en profitons pour prendre quelques photos d’abord sur un petit pont qui enjambe le ruisseau puis avec une vue grandiose sur le lac et son immense cascade dont la hauteur de sa chute impétueuse et écumeuse n’a d’égal que sa beauté : 275 mètres ! Sur le petit pont, j’ai noté la présence d’une stèle  à la mémoire d’un certain Emile Dupront et une date : 1920. On peut donc imaginer que cet ancien élève de l’école Polytechnique serait mort dans un accident de travail lors de la construction du barrage puisque ce dernier a été terminé un an plus tard, en 1921. Dany est ravie d’être arrivée jusque là et semble en pleine forme pour poursuivre vers le lac d’Espingo. J’en suis ravi moi aussi. Ici, le G.R.10 devient un étroit sentier s’élevant régulièrement dans un décor bien plus ouvert que précédemment mais également bien plus pentu. Du fait de cette ouverture, la flore est également un peu différente et des fleurs nouvelles apparaissent et j’en suis d’autant plus satisfait qu’en permanence des vues aériennes sur le lac d’Oô et son refuge se dévoilent aussi. Mon appareil photo numérique crépite à tout berzingue. Clou du spectacle : dans l’immense cirque glaciaire, un hélicoptère se lance dans un joli ballet aérien. La faune, avec quelques oiseaux et papillons, est également un peu plus présente mais ce n’est pas la panacée et en tous cas, rien à voir avec notre balade à la Cabane d’Ourtiga où les seules ressemblances sont ces petits torrents qui s’écoulent en cascade de toutes parts. Il faut dire que là-bas nous marchions seuls et qu’ici une ribambelle de randonneurs s’étire en file indienne sur tout le flanc de la montagne. Si oiseaux et animaux il y a eus, ils ont du rejoindre des lieux bien plus sereins et silencieux. Moi, avec ma flânerie « photographique » et mes redémarrages aussi soudains que véloces, je suis parfois englué dans ces pelotons bien trop placides à mon goût et  à chaque fois que je le peux, je dépasse un grand nombre de randonneurs, faisant en sorte qu’ils ne me rattrapent plus. Dany, elle, marche à son rythme mais ne se laisse pas distancer pour autant. De toute manière, tout ce petit monde s’effiloche et quand le col d’Espingo est en vue, nous nous retrouvons quasiment les seuls. Pourtant, il n’est que 12h30 et les 3h15 que nous avons mis pour arriver jusqu’ici, arrêts inclus, nous satisfont pleinement. Après tout, aux Granges d’Astau, un vieux panonceau du G.R.10 n’annonçait-il pas 2h45 d’ascension pour arriver jusqu’ici ? L’heure du déjeuner ayant sonnée, on s’empresse de quitter le col, ses groupes de randonneurs bruyants, pour un magnifique promontoire herbeux dominant le lac d’Espingo et son imposant refuge. Nous avons fait l’effort de quelques mètres supplémentaires de déclivité mais nous en sommes pleinement satisfaits. Personnellement, je suis d’autant plus ravi de cet endroit que j’y découvre de magnifiques Narcisses des poètes encore jamais vus jusqu’ici et qu’une Niverolle alpine, oiseau peu farouche mais plutôt rare à photographier vient étrangement se gaver de mes croûtes de fromage et de quelques morceaux de pain. Ce spectacle insolite va durer tout le temps où je l’alimente avec mon casse-croûte et quand je n’ai plus rien à lui donner, elle s’envole et disparaît sans doute un peu moins affamée. Moi, qui était un peu frustré que la faune soit si rare tout au long de l’itinéraire, me voilà enfin comblé et ce n’est pas fini. Dany décide de se reposer un peu sur l’herbe pendant que je descends vers le refuge, les rives du lac d’Espingo puis en remontant le fougueux torrent qui l’alimente vers le lac Saussat. Un petit périple magnifique où je vais avoir la chance de photographier beaucoup de nouvelles fleurs, de nouveaux oiseaux dont un Traquet oreillard, une jolie bergeronnette et quelques rares papillons d’altitude, tout ça dans des décors somptueux et époustouflants. Au moment où j’entame la remontée, un Vautour fauve vient tourner quelques minutes au dessus du cirque et pendant un instant, j’ai bien cru que l’incroyable spectacle aperçu non loin de la cabane d’Ourtiga allait recommencer. Mais non, le vautour est solitaire et il disparaît dans le ciel se laissant emporter par les courants ascendants ! Après toutes ces merveilleuses découvertes, il est temps de rejoindre Dany que j’aperçois au sommet du col d’Espingo. Elle semble m’attendre et plus raisonnable que moi, elle pense que le moment de redescendre vers les Granges d’Astau est arrivé. Cette descente va être ponctuée de quelques arrêts, avec notamment une étonnante pause où des centaines de têtards regroupés dans le ruisseau au pied du tablier du barrage d’Oô vont se régaler à me suçoter les orteils que j’ai cru bon de rafraîchir. Je connaissais la « fish pédicure » et voilà que soudain, je viens d’inventer le concept de « têtard pédicure ». J’apprendrais plus tard qu’il s’agit certainement de l’Alyte ou Crapaud Accoucheur et qu’en raison de l’altitude, cet animal peut rester à l’état de têtard parfois pendant 10 ans voire plus. Un peu plus bas et comme je l’avais imaginé à l’aller, j’ai suivi les rails de la voie ferrée et j’ai découvert la « station ». Enfin c’est comme ça qu’elle s’appelle sur la carte IGN et il faut y ajouter un câble transporteur aujourd’hui disparu. J’ai cherché sur Internet à quoi avait pu servir ce lieu car sur place aucune indication n’est fournie et les quelques bâtiments encore en très bon état sont d’une troublante virginité. J’ai finalement appris que cette « station » avait servi dans les années 20 à faire le lien entre la vallée et le barrage pour y acheminer les matériaux de construction nécessaires à son édification. Franchement, je trouve les bâtiments en bien trop bon état pour qu’ils n’aient servis qu’à ça et depuis si longtemps et ce d’autant que rien n’ai fait pour inciter le touriste à aller visiter ce lieu isolé. Ce n’est donc pas un lieu touristique en soit. Aujourd’hui, en tous cas, les liens entre la vallée et le refuge d’Oô s’effectuent presque essentiellement en hélicoptère et j’en ai eu la preuve alors que je me trouvais à la « station ». Un joli spectacle où il faut bien reconnaître que le pilote est un sacré virtuose des manches de commandes. Dans toutes mes pérégrinations et rêveries,  Dany ne m’a pas attendu, alors dans la descente, j’ai pressé le pas et j’ai même parfois un peu couru pour tenter de la rejoindre. Seules quelques fleurs oubliées à l’aller ont freiné mon élan et quand je l’ai rattrapé, nous étions à quelques décamètres des Granges d’Astau. Nous avions accompli une splendide randonnée et une fois encore, nous étions satisfaits de cette merveilleuse journée passée au grand air. Histoire de ne pas la terminer trop brutalement et avant de rejoindre Loudenvielle, nous avons fait une longue pause et profité des chaises longues et d’une boisson bien fraîche sur la terrasse du bar-restaurant le Mailh d’Astau. Nous étions heureux, heureux d’avoir marché, heureux que Dany ait réussi cette belle performance d’arriver jusqu’au col d’Espingo et même un peu plus haut, heureux d’avoir découvert ces deux magnifiques lacs que nous ne connaissions pas, heureux de toutes les photos que j’avais prises et dont vous découvrirez de nombreux exemplaires dans un copieux diaporama joint à cet article. En son temps, Victor Hugo avait écrit « le lac, œil du paysage » et aujourd’hui j’ai le sentiment d’avoir vu deux yeux, deux yeux superbes mais avec des lunettes, un peu comme on se représente des binocles sans branche quand on regarde le nom « Oô ». Cette balade aller et retour a été longue d’une douzaine de kilomètres environ. Pour moi, qui suis allé au bord du lac d’Espingo puis sur les rives du lac Saussat et enfin à la « station », ajoutez-y trois ou quatre kilomètres environ et quelques dizaines de mètres de dénivelés supplémentaires. Un conseil pour avoir vu plusieurs personnes marcher avec des tennis : de bonnes chaussures de marche à tiges hautes sont nettement préférables sur ce type de terrain car à presque 2.000 mètres d’altitude c’est déjà de la haute montagne ! Enfin, pour les personnes que la toponymie intéresse, il faut savoir que le nom "Oô" est un doublon toponymique signifiant le "lac du lac" (source Wikipédia) quand au nom "Espingo", il signifie "espagnol" (source CNRTL) avec une petite allusion ironique voire péjorative puisque chez nous elle désigne le plus souvent un immigré ibérique. Cette ironie, on la retrouve d'ailleurs dans le mot "espingoin" combinaison des mots "espingo" et "pingouin" que certains auteurs de polars ont utilisé pour désigner des Espagnols.  Enfin, tout ça est d'autant plus étonnant que dans un espagnol plus ancien, le mot "espingo" signifie "sphinx". Les immigrés espagnols seraient-ils des sphinx ? Carte I.G.N 1848 OT Bagnères-de-Luchon  - Lac d’Oô - Top 25.

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Le Lac de Génos-Loudenvielle (Hautes-Pyrénées)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 5 chansons interprétées par Jean Ferrat. Elles ont pour titre : "La Montagne", "C'est Beau La Vie", "Nous Dormirons Ensemble", "Ma France" et "Deux Enfants Au Soleil".

LE-LAC-DE-GENOS-LOUDENVIELL
LACGENOSIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.
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Toujours en vacances à Loudenvielle dans les Hautes-Pyrénées, si il y a une petite balade que l’on ne pouvait pas éviter c’est bien celle de faire le tour du lac au bord duquel nous résidions. Dans le précédent article consacré à la Cabane d’Ourtiga, j’ai eu l’occasion de vous présenter rapidement ce lac que l’on appelle plus communément le « lac de Génos-Loudenvielle », du nom des deux principales communes qui le côtoient. Bien sûr, mon article n’a pas la prétention de vous expliquer comment on fait le tour d’un lac. Non, ce lac, comme de très nombreux, est circulaire et en faire le tour ne présente donc aucune difficulté d’orientation d’autant qu’ici un balisage et quelques explications en facilitent le cheminement. En outre, le dénivelé est pratiquement nul sauf à vouloir s’éloigner du lac comme nous avons pu le faire pour aller visiter le château de Génos ou le hameau d’Aranvielle. Mais rassurez-vous néanmoins, car si dénivelés il y a, ce ne sont que deux ou trois dizaines de mètres de déclivité seulement qui sont à gravir. Non, si je propose un article de cette courte balade, ce n’est essentiellement que pour expliquer et démontrer combien ce coin de nos bien-aimées Pyrénées est splendide et bourré de découvertes. Comme d’habitude, un diaporama avec d’abondantes photos est joint à mon article pour illustrer mes propos. S’agissant d’un lac, il n’y a pas réellement de point de départ bien précis et bien  évidemment, nous, nous sommes partis depuis le studio que nous avions loué à la Résidence la Soulane. Cette résidence a les pieds dans l’eau car elle se trouve à une dizaine de mètres seulement de la berge. Nous avons fait le choix de partir en direction de Loudenvielle, c'est-à-dire vers le sud. Immédiatement, on est subjugué par la beauté du site et les nombreux centres d’intérêts que l’on peut y découvrir. Cette Vallée du Louron est entourée de montagnes plus ou moins hautes mais toujours verdoyantes. Nous sommes fin juin mais ils subsistent encore quelques névés sur les sommets les plus hauts, ce qui donne encore plus de splendeur aux panoramas. Il faut dire qu’ici, de nombreux et tout proches pics flirtent avec les 3.000 mètres d’altitude. Après quelques pas seulement, moi qui aime la photographie ornithologique et qui en plus, constitue au fil du temps un herbier de photos numériques, je suis gâté bien au delà de mes espérances. Les oiseaux sont nombreux et variés, quant aux fleurs, des dizaines d’espèces fleurissent en bordure du lac et il suffit d’être un peu curieux pour les découvrir. Cette flore incroyable attire de nombreux insectes et de superbes papillons. Une fois encore et au grand dam de Dany qui voudrait bien marcher un peu plus vite, histoire de faire un peu du cardio, moi, je flâne encore et toujours. Nous n’avons pas fait 100 mètres que déjà, je m’arrête de longues minutes pour photographier des couples de grèbes castagneux nourrissant leurs petits et leur apprenant par la même occasion à plonger et à pêcher. C’est un superbe spectacle ! Les grèbes ont élu domicile sur des tapis d’algues filamenteuses qui ont envahi une petite anse que l’on enjambe par une passerelle. Les grèbes semblent faire bon ménage avec les innombrables colverts et les bergeronnettes qui sautillent sur cet habitat verdâtre et humide. De nombreux poissons, gros et petits, frétillent et sautent sous cette gangue organique sans doute pour frayer ou en quête de quelques insectes. Un chevreuil, lui, a eu moins de chance. Il a sans doute voulu traverser le lac à la nage et s’est empêtré dans les longs filaments au point d’être piégé et d’y laisser la vie. Il flotte à la surface, la panse rebondie. Quand ce ne sont pas les oiseaux, ce sont les fleurs et les papillons qui ralentissent cette promenade. Quand ce ne sont pas les fleurs et les papillons, ce sont les parapentes et les ailes deltas qui attirent le regard. Instinct de protection oblige, sur le bord de la grève, les gambusies, vairons et autres menus fretins se regroupent en masse dans la crainte d’être mangés. Dany a pris de l’avance en direction de Loudenvielle, alors de temps en temps, je presse le pas pour la rattraper mais trop de « choses » retiennent encore mon attention. Après un petit tour dans la commune, nous repartons vers le lac pour en poursuivre le tour. Nous traversons la rivière, la Neste du Louron, et poursuivons sur la rive opposée en direction du centre de balnéothérapie « Balnéa ». C’est ici, que l’essentiel de l’activité touristique bat son plein car outre le centre de balnéo, c’est dans cette zone que se concentrent la plupart des autres activités : parcs ludiques avec piscines, aire de pique-nique, plaisirs nautiques, jeux pour petits et grands, bureau d’accueil et piste d’atterrissage pour les parapentistes, aire de stationnement pour camping-cars, etc… Nous, nous ne sommes pas venus ici pour ce type de détente et encore moins pour être au plus près de la foule. Non, c’est plutôt la tranquillité et le silence que nous sommes venus chercher. Du coup, nous poursuivons notre tour du lac en direction de Génos et de son château du Moulor, cher à feu l’écrivain Paul Féval, qui y situa l’action de son célèbre roman de cape et d’épée « le Bossu ». Du village de Génos et de son château, aujourd’hui nous en faisons l’impasse mais nous y reviendrons très vite, histoire de refaire le tour du lac mais en sens inverse cette fois-ci.  Nous poursuivons la promenade vers la base nautique louant pédalos, paddles, canoës et kayaks puis vers l’ardoisière se trouvant au pied du château. Cette partie-là du lac est plus la plus paisible et les nombreux pêcheurs ne s’y trompent pas. Nous enjambons une grande passerelle, à l’endroit même où le lac se termine par le déversoir du petit barrage. C’est de cette passerelle que la vue du lac est la plus saisissante avec ses 32 hectares visibles d’un seul tenant et les hauts sommets fermant le fond de la vallée.  Le soir tombe, de nombreux insectes et les truites qui s’en régalent mouchètent la surface du lac qui se ride soudain de milliers de cercles. La balade tire à sa fin mais de nombreuses fleurs m’arrêtent de nouveau. Dany arrivera bien avant moi au studio. Il faut dire que depuis notre arrivée, elle s’inquiète pour l’état de santé d’un gentil chat que l’on soigne et que l’on nourrit et qui est venu vers nous spontanément. Telle qu’accomplie et décrite ici, cette promenade est longue de 5,5 km environ. Il faut rajouter 1 km à 1,5 km pour la visite de Génos et de son château. Carte IGN 1848 OT Bagnères-de-Luchon – Lac d’Oô - Top 25.
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La Cabane d'Ourtiga (1.620m) depuis Germ (1.339 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté d'une musique intitulée "Relaxing Music for Soul - Planet Mars future" du Youtubeur "MEDIA UZ".

 .LA-CABANE-D'OURTIGA

CABANEOURTIGAIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Qu’y a-t-il de plus agréable que de voir un rêve se réaliser ? Eh bien cette balade à la Cabane d’Ourtiga dont je vous fais ici le récit, je l’ai d’abord rêvée avant de l’accomplir. Je ne sais plus si je l’ai rêvée éveillé ou bien en dormant, mais peu importe. Voilà comment ça c’est passé. Fin juin, Dany et moi sommes partis pour quelques jours de vacances dans les Hautes-Pyrénées. A Loudenvielle exactement. Loudenvielle est une commune située dans la Vallée du Louron et plus globalement dans la région que l’on appelle le Pays d’Aure. Loudenvielle est blotti au bord d’un lac à quelques mètres duquel nous avions loué un joli studio, pour un prix assez modique et auprès du loueur de vacances Interhome. Voilà les principaux renseignements pour ceux que ça pourrait éventuellement intéresser. Ce lac que l’on appelle le plus souvent le « lac de Génos-Loudenvielle » est à la fois le poumon et le cœur de la vallée. C’est ici que la vallée respire et que l’activité touristique bat son plein en toutes saisons. On y trouve l’organisation d’une multitude d’animations. Il y a bien sûr toutes les activités liées à la présence du lac comme la pêche,  les promenades en canoë, en pédalos ou à vélo pour en faire le tour, les sports en eaux vives dans la rivière qui alimente le lac et qui s’appelle la Neste du Louron, mais aussi les possibilités de s’initier au parapente ou au deltaplane, de s’éclater dans un parc aquatique et bien sûr, les randonnées et balades pédestres ou les vias ferratas pour lesquelles vous trouverez toujours un accompagnateur compétent et disponible. Les enfants ne sont pas oubliés avec d’innombrables jeux qui leur sont consacrés et pour ceux qui préfèrent la détente, un centre de balnéothérapie Balnéa les accueille dans un complexe ultra moderne bourré de belles surprises. En hiver, bien évidemment, tous les sports de neige y sont praticables car tout autour du lac, ce ne sont que des montagnes et des hauts sommets et de jolies stations de ski sont à proximité. Voilà, le décor est planté. Dès le premier jour, en début de soirée, je me prélassais sur la terrasse du studio en regardant ces superbes montagnes et leurs magnifiques pentes verdoyantes. Sur ces vertes pelouses immaculées, j’y distinguais seulement quelques petites taches blanches qu’esquissaient divers troupeaux de bovins. Je me disais : "ça doit être super de marcher tout là-haut !". Me suis-je assoupi de fatigue ? Je ne m’en souviens plus mais c’est fort probable à cause d’un réveil très matinal et des nombreux kilomètres que nous avions parcourus en voiture dans la journée pour arriver jusqu’ici. Là, je me suis mis à rêver que « je marchais sur ces vertes pelouses, au milieu de fleurs multicolores et d’une faune incroyablement belle et variée. Il faisait beau et chaud. Le soleil rayonnait et sous un ciel extraordinairement pur et bleu, je marchais tout en balcon au dessus d’une belle vallée boisée de grands et sombres sapins. J’enjambais une multitude de charmants ruisseaux dégoulinant de hauts sommets tachetés de blancs névés….. ». Voilà où j’en étais quand plusieurs colverts se sont mis à caqueter sur la pelouse du studio et m’ont sorti de cette douce et savoureuse léthargie où je venais de plonger. Deux jours plus tard, mon rêve allait devenir réalité avec cette « fabuleuse » balade à la Cabane d’Ourtiga à partir du joli village de Germ. Germ est un magnifique petit hameau « propre comme un sou neuf ». On dirait même qu’il vient d’être construit tant les façades et les toitures des maisons y sont impeccables, gracieuses, similaires et sans rien qui dénote. Les terrasses et les ruelles y sont fleuries. La mairie est un très beau bâtiment moderne et cossu. Il n’y a pas de ruines et seulement des vestiges inscrits au patrimoine historique du village. Il y a d’attirantes auberges, des gîtes qui donnent envie de s’arrêter et d’aller voir et bien évidemment le départ de balades pédestres. Cette description de Germ, je peux l’appliquer à bons nombres de petites communes de cette Vallée du Louron comme Mont ou Adervielle par exemple et bien évidemment, moi qui habite une partie de l’année dans un village des Pyrénées-Orientales bien moins florissant et entretenu, ça me laisse songeur et soulève en moi de nombreuses questions. Il paraît évident que la présence de stations de ski et du G.R.10 n’est pas étrangère à cette évidente prospérité. Le G.R.10 parlons-en. C’est sur ce célèbre chemin que démarre notre balade à la cabane d’Ourtiga. Il s’agit d’un aller-retour donné pour trois d’heures dans un dépliant que je me suis procuré à l’Office de Tourisme de Loudenvielle. Comme il se doit, dès le départ, le balisage blanc et rouge est bien là et des petits panonceaux jalonnent l’itinéraire. J’y retrouve la mention « 8a » indiquée dans le dépliant. A la sortie du village, tout près d’un ruisseau étroit mais fougueux, on découvre une vieille scierie datant du début du 19eme siècle. Une ludique pancarte en explique l’origine et son fonctionnement. Peu après, le chemin côtoie les jolies granges de Bédérèdes, très anciennes elles aussi mais pour la plupart parfaitement restaurées. Il est 10h30 et nous voilà déjà hors du village et sur le chemin dont j’ai rêvé. Pelouses grasses, bovins dodus, fleurs multicolores, papillons chamarrés, rapaces planeurs, passereaux joyeux et grandioses vues aériennes sur la vallée et les montagnes environnantes rentrent immédiatement en scène. Il faut bien l’avouer, nous sommes bluffés par tant de beautés.  On délaisse le large chemin au profit d’un étroit sentier qui s’élève modestement dans les pacages. Le spectacle continue et s’amplifie au fur et à mesure que la déclivité s’accentue. Elle est pourtant modeste et de 400 mètres seulement, si j’en crois le dépliant. Les montagnes surgissent de tous côtés. Comme dans ma rêverie, les hauts pics mouchetés de blancs névés et la profonde vallée plantée d’olivâtres sapins sont là devant moi. Pas besoin d’écarquiller les yeux pour croire à la réalité car tous mes sens sont déjà bien en éveil depuis le départ. Non, je ne rêve plus. De nouvelles fleurs apparaissent et plus la sente se redresse et plus il y en a. Elles sont toutes jolies plutôt petites et donc d’une infinie délicatesse. Les oiseaux, c’est pareil, ils sont assez peu craintifs et d’une extraordinaire variété. Un vrai sanctuaire ornithologique ! Dans une fracture de la roche, un collet est franchi. Le chemin redescend un peu. Après avoir dominé le lac de Génos, la Vallée du Louron où coule la rivière de la Neste du Louron, c’est désormais le Val d’Aube que l’on surplombe avec sa vaste et sombre sapinière. Le spectacle se poursuit toujours plus époustouflant et toujours en balcon sur les flancs d’une montagne toujours plus verdoyante et pentue. Parfois, les contreforts sont si pentus que le névés en fondant ont crée d’importantes moraines constituées de terre et de galets. Le sentier sur ces passages instables réclame un peu d’attention et de prudence, d’autant que le plus souvent, il coïncide avec la descente des petits ruisseaux aux eaux encore bien impétueuses.  A force de descendre, le sentier finit par atteindre le fond du vallon, à l’endroit même où se dresse un petit barrage formant une limpide et turquoise cuvette. Nous enjambons le ruisseau de l’Aube. J’ai bien envie de plonger dans la cuvette cristalline mais Dany m’en dissuade. Il faut dire qu’avec ma marotte de la photo,  je flâne comme jamais et en plus, nous sommes partis sans aucun pique-nique. Je comprends que Dany ne soit pas très d’accord et je me range à son avis car je sais que la fringale va tôt ou tard arriver. De plus, après la pile du barrage, les balisages G.R.10 et « a8 » ont désormais disparu et nous empruntons l’unique sentier que nous trouvons. Il s’élève sur de vertes pelouses, au dessus des méandres débonnaires du ruisseau dont on voit bien, à cause des nombreux arbres déracinés et des innombrables branches qui en occupent son lit, qu’il doit se transformer parfois en un torrent d’une violence inouïe. Ici, commence une merveilleuse vision quand Dany aperçoit soudain sur l’autre versant du vallon, un groupe d’une dizaine de grands cerfs. Ils paissent tranquillement sans se soucier de notre présence et de celle d’un autre couple de randonneurs accompagnés de leur chien. C’est par eux, que nous apprenons que le sentier habituel du G.R.10 se trouve un peu plus bas mais qu’il a été emporté cet hiver par la montée et l’incroyable puissance des eaux du ruisseau. Voilà l’explication de la perte du balisage à proximité du barrage. J’estime qu’à vol d’oiseau, les cerfs sont à moins d’un kilomètre et quand je zoome avec mon numérique, c’est un sacré spectacle qui s’offre à moi. Dany en profite aussi car malheureusement je n’ai pas emporté les jumelles. On se décide à repartir en se disant qu’on les reverra peut être au retour. La cabane d’Ourtiga est là, posée sur la verte prairie. Petit abri presque ridicule mais ô combien mirifique et sans doute opportun dans ce cirque montagneux si immense. Je pense à tous ces randonneurs fréquentant le G.R.10 et qui parfois arrivent ici bien fatigués. Ils doivent trouver dans ce modeste refuge non gardé de quelques mètres carrés, le repos et une chaleur réparatrice. Je parle en connaissance de cause. Après la cabane, ma curiosité m’entraîne une fois encore un peu plus loin, en surplomb du ruisseau, qui ici, a pris l’allure d’un vrai torrent de montagne. De nombreux bovins sont en estive et en occupent le lit. Une fois de plus, ma curiosité me porte chance quand la présence de nombreux vautours fauves et de quelques craves à bec rouge vienne de surcroît l’attiser. Dany m’a rejoint. De nombreux vautours volent autour et au dessus de nous, mais ils sont bien plus nombreux encore à déchiqueter « quelque chose » dans un colossal pierrier. Que déchiquettent-ils ? La carcasse d’un animal sans doute ? J’approche au plus près. Je ne le saurais jamais car même en m’approchant à moins de 30 mètres, je ne vois rien de plus sinon que des vautours très affamés semble-t-il. En tous cas, ils paraissent vouloir en découdre entre eux pour un simple petit bout de chair.  Quand certains s’éloignent, d’autres qui attendaient leur tour interviennent et ainsi de suite. Les uns après les autres, le ballet aérien se poursuit toujours aussi étonnant, impressionnant et sinistre. S’approcher d’un peu plus près ne serait pas une bonne idée, tant la vue de cette meute affamée est assez saisissante. J’estime leur nombre à au moins une bonne trentaine. Après les cerfs, voilà maintenant les vautours, et même dans mon rêve le plus fou, je n’aurais jamais imaginé un tel bestiaire sauvage sur cette courte balade. On décide de laisser les vautours à leur carcasse et avec Dany, nous retournons vers la cabane. Le temps de quelques photos souvenirs et nous voilà déjà sur le chemin du retour. Les craves à bec rouge n’ont pas apprécié qu’on les dérange et les voilà qui s’envolent en lançant des cris stridents. Les cerfs sont toujours là sur le versant le plus rocheux de la Montagne de l’Ourtiga. Mon appareil photo s’en donne à cœur joie mais finalement, il nous faut rentrer et nous les laissons à leur vert pâturage. Dany a décidé d’accélérer le pas. Sans doute a-t-elle un peu faim ? Il faut dire qu’il est déjà 13h30, que nos estomacs sont vides et que le retour reste encore à accomplir. Moi, je voudrais bien faire pareil mais tant de choses ne cessent de me freiner sur cet incroyable sentier. La nature est si resplendissante que ne pas la garder dans ma mémoire serait un sacrilège. Comme je le dis très souvent, mon numérique est à la fois mes yeux et mon cerveau et lui bien mieux que moi est capable d’enregistrer et de garder toutes ces belles images. Alors j’en profite, toujours avec excès. A force d’accélérer le pas, Germ est déjà en vue. La balade rêvée mais bien réelle se termine. Elle a dépassé de très loin tout ce que j’avais pu imaginer. Il est 15h15. Aucun des restaurants de Germ n’accepte de nous recevoir. Ils sont soit fermés soit ils nous considèrent hors délai. Comme souvent l’après-midi, le ciel pyrénéen s’est couvert de gros nuages. Cela sont blancs et pas menaçants, alors nous partons à Bagnères-de-Luchon dans l’espoir d’y trouver un casse-croûte. Le casse-croûte se présente sous la forme d’un délicieux kebab au Sherpa, un accueillant snack-bar du centre-ville mais un peu bruyant. Après, une rapide visite de la ville, nous rentrons au studio par le col de Peyresourde. La promenade est très belle, mais les gros nuages blancs sont devenus gris et parfois même très noirs, alors on se dépêche de rentrer. Au studio, le gentil chat errant que nous soignons depuis notre arrivée est là, à nous attendre sur la terrasse. Il était mal en point et nos larges offrandes en croquettes et pâtées l’ont un peu requinqué. Les souffrances l’ont rendu sauvage. Il accepte néanmoins nos premiers câlins, mais toujours avec un peu de méfiance. Les colverts, eux aussi,  sont là, sur la pelouse. Apparemment, ils nous voient arriver de loin. En trois jours, ils ont déjà pris l’habitude de venir manger les croquettes du chat à même la gamelle. Au loin, du côté de Germ et de notre délicieuse balade à la cabane d’Ourtiga, le ciel est complètement bouché et très souvent, il se zèbre de fulgurants et aveuglants éclairs. Sous la grisaille, le lac de Génos est passé du bleu au gris. Ce soir, une chose est sûre, je ne rêverais pas de balades sur la terrasse du studio….mais tant pis car comme le dit si bien le proverbe "fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité". Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’avoir fait les deux…..Aller et retour, j’estime la distance parcourue au cours de cette balade à 12 ou 13 kilomètres environ en y incluant le petit dépassement après la cabane d’Ourtiga en direction du pic du Brudaillet. Sur le dépliant de l’Office de Tourisme de la Vallée du Louron, elle est donnée en 3 heures et ce délai est parfaitement réalisable. Nous, nous sommes restés sur ce chemin presque 2 heures de plus…..mais sans regret aucun car comme l’écrivait le célèbre dramaturge italien Carlo Goldoni : « la nature est un professeur universel et sûr pour celui qui l’observe ». Aujourd’hui, nous l’avons beaucoup observé ce professeur et ce fut un immense bonheur !  Enfin, m’intéressant à la lexicologie, j’ai voulu savoir qu’elle était l’origine du mot « Ourtiga » et voilà ce que j’ai trouvé sur le Net. « Ourtiga » est un nom de famille d’origine castillane qui est à rapprocher d’autres noms de famille comme « Ortiga » « Ortega » ou « Orthega ». Bien qu’il soit assez rare sous cette forme, on trouve encore en France des familles portant ce nom et notamment dans les Hautes-Pyrénées. Ce nom de famille est bien sûr présent en Espagne mais également en Afrique du Nord, ce qui pourrait expliquer une bien plus ancienne souche que la castillane citée plus haut ou que la basque parfois évoquée. Bien que les toponymistes s’interrogent sur diverses provenances, la plupart semblent d’accord pour dire que ce mot serait dérivé de l’Ortie, la plante urticante qui s’écrit « ortiga » en catalan et « urtica » en latin. Toutefois, certains évoquent un lieu où abondent les gélinottes et d’autres le diminutif « ort » ou « hort » signifiant « jardin » (extraits du dictionnaire des noms de Jean Tosti). Alors la cabane où nous sommes allés balader, porte-t-elle le nom d’une personne ? Est-ce un lieu bourré d’Orties ? Y trouve-t-on de nombreuses gélinottes que je n’aurais pas vues ? Je vous laisse le soin de chercher mais en tous cas, une chose est sûre : ce lieu est un magnifique jardin d’Eden ! Carte IGN 1848 OT Bagnères-de-Luchon – Lac d’Oô  Top 25.

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Le Chemin de Vivès depuis Vivès

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de la chanson "The Girl From Ipanema" chantée ici par Antonio Carlos Jobim et Frank Sinatra.
LE-SENTIER-DE-VIVES
Voir taille réelle
CHEMINVIVESIGN

Cette petite randonnée au « Chemin de Vivès », c’est ainsi qu’elle est mentionnée sur les panonceaux indicatifs, je l’ai trouvée un peu par hasard sur le site du Conseil Général des Pyrénées-Orientales. Si je dis par hasard, c’est parce qu’en cherchant des images sur Google, je suis tombé sur une carte géographique de cette boucle pédestre puis dans la foulée sur le site où des « Rando-Fiches » de diverses balades étaient téléchargeables. Parmi ces fiches, celle de ce « Sentier de Vivès » dont la brève description m’avait donnée envie d’y aller voir. Cette description disait « Depuis Vivès, village des Aspres qui a su conserver son caractère typique, cette randonnée permet de découvrir des vues grandioses sur le massif des Albères et le Canigou, dans une flore typiquement méditerranéenne ».  Bien évidemment, « village typique » « vues grandioses » « Canigou » et « flore méditerranéenne » étaient des mots qui ne me laissaient pas indifférent. Ces quelques mots me laissaient d’autant moins indifférent que je venais de finir une superbe randonnée sur le « Circuit des Minerais » à partir de Villefranche-de-Conflent et que cette description du Sentier de Vivès, j’aurais pu parfaitement la transposer à cette dernière balade. Or mis la vue sur les Albères, tout le reste s’était vérifié : Villefranche et Corneilla-de-Conflent comme villages au caractère typique, vues grandioses et permanentes sur le Canigou et un nombre incroyable de fleurs et de plantes différentes que j’avais eu l’immense plaisir de voir et de photographier. Sans compter la faune qui s’était également invitée ce jour-là. Quand, le 4 juin, Dany et moi sommes partis à Vivès, huit jours seulement s’étaient écoulés mais c’est à croire que les Aspres et le Conflent, régions en partie limitrophes ou éloignées de quelques dizaines de kilomètres seulement, sont aux antipodes l’une de l’autre sur le plan floristique. Pourquoi, dis-je cela ? Parce que la quantité de fleurs, la variété des espèces et la fraîcheur de la flore aperçue sur ce Sentier de Vivès n’ont aucune commune mesure avec la vision que j’avais eue de la végétation sur le Circuit des Minerais huit jours plutôt. Ici, dans cette garrigue des Aspres, la plupart des plantes fleuries sont déjà rentrées dans une phase terminale de fanaison alors que les fleurs rencontrées en Conflent étaient encore bien épanouies. Pourtant,  les deux contrées sont situées à ce que les spécialistes appellent  « l’étage de végétation méditerranéen » et d’ailleurs, on y rencontre sensiblement les mêmes variétés. Mais à bien y réfléchir, tout ça est semble-t-il très normal. Situé à 150 mètres d’altitude seulement, Vivès est bien moins haut qui Corneilla-de-Conflent, perché à 550 mètres. Il y fait donc bien plus chaud et la pluviométrie y est donc bien plus faible. De ce fait, et plus globalement, le réseau hydrographique, pourtant très important, y est bien moins généreux en eau à cette époque de l’année. Ce n’est donc pas pour rien que cette région s’appelle « Aspres » et que les terres rencontrées sont décrites par les spécialistes comme « âpres » c'est-à-dire plutôt sèches et même arides selon la saison. De l’autre côté, le poète audois Joseph Delteil qualifiait le Conflent de « Roussillon vert ». Alors bien sûr, avant de démarrer cette balade sur le Chemin de Vivès, je n’ai jamais imaginé qu’il pouvait y avoir autant de différences entre ces deux balades à quelques jours d’intervalle. Non, avec Dany, nous sommes partis vers Vivès, sans trop nous poser de questions, je pourrais presque dire « comme des fleurs », fraîches au départ, un peu moins à l’arrivée en raison des températures qui ont sévies ce jour-là. En raison du grand beau temps,  nous avons surtout pensé à emporter beaucoup d’eau et à notre accoutrement. Nous avons opté pour un simple short et un tee-shirt léger et moi, à cause de mon crâne dégarni, il était important que je n’oublie pas ma casquette. Il n’est pas encore 10 heures quand nous arrivons au centre de Vivès et le thermomètre de ma voiture annonce déjà une température extérieure de 28 degrés. Le départ s’effectue depuis le grand parking jouxtant la place Pierre Oms, la place principale du village. Nous sommes à peine début juin, il fait une journée estivale et déjà très très chaud. Un soleil généreux et un ciel bleu et pur sont de la partie. Tant mieux. Le balisage jaune est situé sur le grand mât métallique d’un réverbère. Il faut se diriger vers le haut et le fond du parking où à côté d’une petite habitation isolée démarre une rampe terreuse. Quelques mètres plus haut, la rampe débouche sur une vaste esplanade que l’on traverse pour atterrir sur une allée longeant l’arrière de quelques jolies villas. En continuant, on arrive très rapidement sur la départementale D.13 à l’endroit même où se trouve le panneau de sortie d’agglomération. Là, on traverse la route bitumée et l’on monte en face une nouvelle rampe terreuse nous amenant au sommet de la Serre de las Aires, point culminant de la boucle à 267 mètres d’altitude. Le balisage est bon et un panonceau « Chemin de Vivès » est bien visible. Ils le seront tout au long de la boucle et à 99 %, le petit 1% manquant étant situé juste avant le Mas Santa Teresa et se résolvant à l’aide du G.P.S où j’ai, comme à mon habitude, enregistré le tracé. Bien évidemment, dès que l’on démarre cette rampe, les vues plus ou moins lointaines s’entrouvrent peu à peu. D’abord, c’est le village, en contrebas, qui attire le regard puis on observe les montagnes du Bas-Vallespir ; Pilon de Belmaig, Roc de France et Pic des Salines principalement. Quelques foulées supplémentaires et c’est le Massif du Canigou encore un peu enneigé qui surgit. Il est épinglé de quelques petits nuages blancs épars. Au loin, derrière nous, les Albères dévoilent leurs crêtes ondulées. De ce côté-là, c'est-à-dire vers la mer, le ciel est d’un bleu plus gris, synonyme de marinade et d’un temps très lourd.  Si la marinade n’est pas encore là, le temps très lourd, lui, est déjà bien présent. Une chaleur quasi suffocante envahit le maquis. L’horizon est laiteux et n’a plus rien à voir avec la transparence et l’éclatante lumière que j’avais connues sur le Circuit des Minerais. Ici, le chemin se faufile dans une broussaille impénétrable faite de petits buissons pour la plupart arbustifs, épineux et ligneux. On y rencontre des ajoncs et des bruyères arborescentes en grande quantité mais aussi des cistes, des prunelliers, des buplèvres, des églantiers, des arbousiers, de la salsepareille, du romarin, des genévriers, des genêts, des lavandes, des asparagus, des filaires, des rosiers sauvages, des ronciers, des buis et bien évidemment des chênes verts, quelques chênes pubescents et des chênes-lièges, ce dernier étant l’arbre emblématique des Aspres. Ici je n’évoque que les arbrisseaux les plus hauts mais pour les plantes plus basses, la plupart sont déjà sèches ou en voie de fanaison. Plus exceptionnellement, quelques unes d’entre-elles portent encore quelques rares fleurs. Finalement, on s’aperçoit très vite que les graminées ont déjà pris la place des fleurs sur les bords du chemin : brachypode rameux, brize, brome, houlque, dactyle, lagure, mélique et autre folle avoine et j’en oublie encore dévoilent la belle diversité de leurs jolies caryopses ou de leurs épillets. Au sommet de la Serre de las Aires, l’itinéraire fait demi-tour et descend vers l’Institut Méditerranéen du Liège. Je le pensais « visitable » mais le bâtiment semble fermé et désert malgré une voiture garée devant la porte. Pour moi, ce n’est pas bien grave, car avant de venir ici, j’ai déjà amplement visité son site Internet, par ailleurs fort intéressant. Quand à Dany, qui a pris un peu d’avance sur moi, à cause de ma frénésie photographique, le « liège » doit sans doute rimer avec « piège » car elle passe devant le bâtiment sans même s’arrêter et tout juste prête-t-elle un coup d’œil furtif aux monceaux d’écorces amassés. Du coup, moi aussi, je poursuis sans pratiquement m’arrêter. L’itinéraire coupe une nouvelle fois la D.13. Le chemin s’élargit et se transforme en une piste D.F.C.I bien plus large.  La piste monte, laisse entrevoir des vues lointaines de tous côtés et notamment vers la Plaine du Roussillon et la côte maritime jusqu’ici occultées. Puis la piste redescend, s’aplanit, redescend encore puis remonte vers le Puig de les Gantes (223 m). Sur cette portion du chemin, quelques lopins de terre sont désormais occupés par des vignes et contrastent avec des champs en jachère et la garrigue environnante. A l’approche du « puig » et sur tous les coteaux ensoleillés, les vignobles se font de plus en plus nombreux. De ce fait, les décors ondoient et apparaissent plus ouverts. Mon numérique est bien occupé à photographier tout et n’importe quoi : les panoramas et la flore bien sûr, mais aussi un couple de lézards dans une position sans équivoque et quelques oiseaux et papillons. Dans une maison abandonnée, je constate que le « street art » s’invite désormais jusque dans la campagne aspréenne et j’en profite pour photographier quelques magnifiques graffitis aux couleurs lumineuses. Après le puig, il ne faut pas oublier de monter jusqu’à la table d’orientation qui se trouve à la côte 203 de la carte I.G.N. Elle permet de mettre des noms sur tous ces lieux et beaux panoramas que l’on embrasse du regard. L’itinéraire descend désormais vers le lieu-dit  « Creu Blanca » et à l’endroit même où la piste terreuse se transforme en voie carrossable bitumée, on décide de s’arrêter. Un peu de repos et un repas vont nous faire le plus grand bien. Il est midi, la chaleur est écrasante et il est temps de passer à table. Sous le soleil, boire c’est très bien mais boire et manger c’est encore bien mieux quand on veut éviter les coups de fringale. Mais la fringale est déjà là, sans doute à cause de la chaleur qui règne. Ici, la table est immense et herbeuse, la terrasse impayable et les convives virevoltants. Photographier des papillons, des sauterelles et des oiseaux tout en déjeunant, ça peut paraître « mission impossible » et pourtant je m’y essaie avec un certain succès. Un peu requinqués, nous repartons sur l’asphalte d’une route de campagne. Cette route descend tout en douceur jusqu’à Saint-Jean-Pla-de-Corts où elle rejoint la D.13. Cette dernière entre dans la cité et nous emmène jusqu’à la jolie chapelle Saint-Sébastien. La chapelle est parfaitement restaurée et très originale avec son petit cloître en guise de préau. Sa toiture, son clocher et les arbres qui les couronnent semblent faire le bonheur des moineaux, des étourneaux et des rouges-queues noirs, qui eux-mêmes font mon propre bonheur et celui de mon appareil-photo. Après la chapelle, l’itinéraire tourne à angle droit et se poursuit en laissant la voie ferrée et la D.115 filant vers Céret sur la gauche. On peut regretter qu’il n’aille pas faire une visite plus approfondie de la commune. Mais bon, après tout, nous sommes sur le Chemin de Vivès et pas sur celui de Saint-Jean-Pla-de-Corts, alors on continue. Après un bout de route bien rectiligne, le parcours devient commun avec une « voie verte » et enchaîne des petites portions terreuses ou goudronnées où virages et lignes droites se succèdent et ce, jusqu’au Mas Santa Teresa joli domaine campagnard bien paisible.  Au loin, sur la gauche, le magnifique château d’Aubiry, avec son architecture style « art nouveau » si particulière, apparaît dans son cadre de verdure. Après le mas, l’itinéraire enjambe un ruisseau, le longe puis s’en éloigne en s’élevant au dessus du domaine du Mas de Sant Miquel. Sur une piste terreuse devenant de plus en plus large, les vastes panoramas vers le Massif du Canigou et le Vallespir se dévoilent à nouveau. A l’intersection de plusieurs pistes, le balisage jaune nous précise de toutes les ignorer au profit d’un chemin plus étroit descendant dans une végétation plus dense et plus verdoyante. Ce chemin file en sous-bois directement vers Vivès où il atterrit dans le lit d’une rivière asséchée. Une rampe cimentée nous en sort et se poursuit par la rue Sébastien Coste, dont une plaque nous apprend qu’il fut un ancien maire du village. La ruelle nous amène vers le centre de Vivès. Agréables venelles, belles maisons de caractère et jolie église du 12eme siècle confirment le caractère typique de la description publicitaire lue sur le site Internet du Conseil Général. Le clocher-mur de l’église Saint-Michel avec ses deux baies en pierres de schistes, galets de rivières et « cayroux » est tout particulièrement remarquable et caractéristique de l’art roman en Roussillon. Nos pérénigrations dans le village nous amène jusqu’à l’Hostalet, le seul restaurant de Vivès.  Pour moi, les souvenirs ressurgissent. Je n’y ai mangé qu’une seule fois, il y a exactement 23 ans de ça, mais j’en garde un souvenir impérissable. A l’époque, je travaillais chez un transitaire du Boulou et avec plusieurs amis salariés, nous fêtions à notre manière, l’abolition définitive des frontières douanières de l'accord de Schengen qui allait intervenir au 1er janvier 1993. En réalité, nous fêtions le plan social, c'est-à-dire le licenciement de plusieurs d’entre eux. Le mien allait suivre l’année suivante. Ce soir-là, je n’ai jamais vu autant de viande sur une table et ça allait bien au-delà de ce qu’on appelle ici la « boutifarre » car là, il y avait une multitude de viandes et charcutailles différentes cuites au feu de bois. Quand nous avons terminé, nous avions le sentiment de n’avoir presque rien touché tant le patron de l’Hostalet en avait mis à notre disposition et pourtant nous étions onze à table, dont dix hommes et la plupart d’entre nous avaient un très bon coup de fourchette. Après la viande grillée, on nous a amené une omelette norvégienne « pantagruélique » et là, à nouveau, il en est resté pour encore dix ou quinze personnes.  Je me souviens que nous nous étions presque excusés d’avoir laissé tant de « choses » sur la table car nous pensions que c’était un horrible gaspillage mais d’un air très désinvolte, le patron nous avait rassuré en disant « n’ayez aucune inquiétude, chez moi tout est recyclé et ce que vous n’avez pas mangé, ça repart aux cochons ! »  Voilà, la seule image que j’avais jusqu’à présent de Vivès, l’image de l’Hostalet, un restaurant devenu haut-lieu de la gastronomie catalane et que Gargantua n’aurait sans doute pas renié. Bien évidemment, j’ignore si de nos jours, c’est encore comme ça ! Je me suis promis d’y retourner et si cette promesse se réalise, je vous dirais comment ça s’est passé. Maintenant, j’ai d’autres images de Vivès, celle de ce joli village des Aspres que je n’avais jamais eu l’occasion de visiter, mais aussi celle de cette petite boucle plutôt agréable qui tourne autour de lui et qui permet des vues grandioses sur le Massif du Canigou et sur celui des Albères. La publicité du Conseil Général n’est pas mensongère à un détail près : si vous souhaitez randonner au sein d’une flore typiquement méditerranéenne encore fleurie, allez-y un peu plutôt dans la saison, en avril ou mai par exemple, et en plus la température sera sans doute plus agréable pour marcher. Cette boucle est longue d’environ 11 km. Le dénivelé de 155 mètres est très modeste tout comme les montées cumulées de 385 mètres. Carte I.G.N 2449 OT Céret – Amélie-les-Bains – Palalda – Vallée du Tech Top 25.

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Le Circuit des Minerais depuis Villefranche-de-Conflent

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté avec des musiques d'Ennio Morricone extraites de la fameuse trilogie des films dits "western spaghetti" de Sergio Leone : "Pour une poignée de dollars", "Et pour quelques dollars de plus" et "Le Bon, la Brute et le Truand" 

Comme je le fais régulièrement, ce circuit pédestre au départ de Villefranche-de-Conflent, je l’ai d’abord imaginé sur la carte I.G.N et de ce fait, j’ignorais totalement qu’il existait et qu’il avait été appelé le « Circuit des Minerais ». Je ne l’ai su qu’à mon retour et je m’en explique à la fin de cet article. En tous cas, sur la carte I.G.N, ce tour pédestre n’avait pas de nom et même si je n’avais aucune prétention d’une quelconque paternité, en analysant le parcours, si j’avais dû lui en donner un, je l’aurais certainement appelé les « Balcons des Trois Vallées » En effet, et même si le nom de « Circuit des Minerais » n’est pas inapproprié, les mines étant nombreuses, je le trouve assez réducteur car il n’y a pas que ça à découvrir et le patrimoine historique est également très important. Cet intitulé de « Balcons des Trois Vallées » m’aurait paru judicieux car l’essentiel de l’itinéraire s’effectue sur des crêtes dominant respectivement les vallées de la Têt, du Cady et de la Rotja. Ces principales crêtes ont pour noms « Canalettes », « Badebany », « Serrat d’en Parot » et « Ambouilla » et toutes ont pour point commun de dominer une de ces trois vallées quand ce n’est pas les trois en même temps comme c’est le cas du Massif des Canalettes dès lors que l’on atteint son sommet. Il est vrai que ce dernier massif comme celui d’Ambouilla sont bien plus connus pour la magnificence de leurs grottes souterraines que pour leur pinacle. Personnellement, j’ai fixé le point de départ à Villefranche-de-Conflent, c'est-à-dire quasiment à la confluence des trois rivières, confluence dont on connaît l’importance puisque la plupart des historiens et des géographes sont d’accord pour dire qu’elle aurait engendrée le nom même de cette région c'est-à-dire le mot « Conflent ». Quand j’ai imaginé cette boucle, nous étions en hiver et je m’étais dit que ce serait bien de la garder pour le printemps et une belle journée anticyclonique. Une journée où j’aurais le bonheur de marcher sous un beau ciel bleu et un soleil éclatant. Le 26 mai, en regardant les prévisions météo, j’ai le sentiment que cette journée est peut être pour demain. Alors je prépare mon sac à dos et effectivement, le lendemain matin, la belle journée annoncée par Météo France est bien là. 8h15, je quitte Urbanya où je passe quelques jours entre restauration de ma petite maison, lecture, farniente et petites balades consacrées à de la photographie animalière ou floristique quand ce n’est pas à  la recherche de roches gravées néolithiques que l’on m’a signalées sommairement et que je cherche encore et en vain pour la plupart d’entre-elles. Dany, elle, est partie chez notre fille, en région parisienne et je n’ai donc aucun impératif ni aucune contrainte dans mon emploi du temps. Je suis donc libre comme l’air et j’adore la randonnée pédestre quand il en est ainsi. Avoir tout le temps devant moi, voilà ce que je préfère lorsque je marche ! Enfin, les mots « flâner » ou « vagabonder » conviennent bien mieux que « marcher » car je ne me fixe aucun délai pour arriver. 9h15, après quelques achats alimentaires dans un supermarché de Prades, en prévision de mon pique-nique, je gare ma voiture au Faubourg, quartier ouest et extra-muros de la cité fortifiée de Villefranche. Je traverse le Pont Saint André car je sais que le départ est là, de l’autre côté de la Nationale 116. Ici, le Massif des Canalettes dresse majestueusement sa paroi rocheuse et boisée et quand on est à ses pieds, on est toujours un peu impressionné par sa haute stature paraissant presque infranchissable. Enfin, c’est le cas pour moi car c’est la première fois que je viens y balader. Pourtant, si la sente monte régulièrement, le plus souvent c’est à l’ombre bien agréable des sous-bois d’immenses résineux et en de longues sinuosités rendant ainsi l’ascension bien plus endurable. Il y a même assez souvent des portions bien planes permettant de reprendre son souffle. Parfois, quelques fenêtres s’ouvrent sur le défilé de la Têt et sur son autre versant et c’est l’occasion de faire des pauses pour contempler les superbes vues plongeantes sur le vallon et Villefranche. Sur l’autre flanc du vallon, on n’oublie pas d’admirer la forêt domaniale du Coronat, l’étonnante chapelle Notre Dame de Vie et le monumental Fort Libéria. Au plus haut de la crête, on devine le clocher de la petite chapelle Saint-Etienne de Campilles, objectif d’une belle balade précédemment expliquée. On la découvre bien mieux une fois la grimpette complètement terminée. Pour moi, cette ascension est également synonyme de découvertes de la flore et de la faune de cette belle forêt et je vais mettre exactement 1h15 pour arriver au sommet. On notera que c’est le temps donné sur le petit panonceau du départ pour atteindre Corneilla-de-Conflent, c’est dire si ma flânerie est plus qu'excessive mais fleurs, oiseaux et papillons me ralentissent constamment. Maintenant, je comprends bien mieux pourquoi tous les grands naturalistes et botanistes des siècles précédents sont venus traîner leurs guêtres dans ces collines du Conflent. Au sommet, les panoramas s’entrouvrent merveilleusement et notamment vers l’ouest, vers les hauts sommets du Conflent et de Cerdagne et les hautes collines des Garrotxes. Vers le sud, le Massif du Canigou et celui des Tres Estelles saturent parfaitement l’horizon. Les panonceaux de randonnées sont nombreux et proposent quelques curiosités : Grande et Petite Tour de Badabanys, carrière de marbre et bien sûr, la direction que je dois suivre vers Corneilla-de-Conflent. Aucun panonceau n’indique le nom d’un quelconque « Circuit des Minerais ». J’ai le temps et je veux tout voir, alors je pars vers la gauche, visiter la Petite Tour de Badabanys. Une petite pancarte en raconte brièvement l’Histoire : « Soubassement et citerne, tour à signaux, mise hors service en 1346 par Pierre IV d’Aragon ». Toute une Histoire semble-t-il, mais bien trop brève à mon goût ! Après cette courte visite, je repars vers la Grande Tour qui n’est qu’à une centaine de mètres de la Petite. Là, il est mentionné : « Chemise annulaire, fossé et citerne, tour à signaux, détruite après 1659 par Vauban ». Pour des explications historiques plus approfondies, il me faudra voir si Internet est un peu plus bavard. Je pars avec l’idée d’aller vers la carrière de marbre mais ici à la Grande Tour, aucun balisage clair et précis n’y mène vraiment et seul un balisage jaune bien présent file vers Corneilla. D’un autre côté, je n’ai pas trop envie de rebrousser chemin une fois de plus. Alors après être descendu sur un large chemin, il faut que je me rende à l’évidence, je me suis sans doute un peu trop éloigné de la carrière de marbre. Alors je sors mon G.P.S dans lequel j’ai pris soin d’enregistrer les coordonnées. Bien m’en a pris car j’ai déjà dépassé la bifurcation qui mène à la carrière. Alors, je fais demi-tour, coupe parfois au milieu de la garrigue et finalement arrive devant un petit cirque rocheux entouré par endroits d’une clôture en grande partie arrachée.  Cette fois, dans ce terrain bien dégagé et en raison du grand beau temps, mon vieux G.P.S a fait preuve d’une précision « horlogère » et m’a amené sans problème jusqu’à la « fameuse » carrière de marbre dite de Villefranche. Car c’est bien ici que l’on a extrait et buriné la quasi-totalité de tous ces blocs qui ont fait la réputation du marbre rose de toute cette contrée. Une réputation bien au-delà des frontières du département même si ce dernier a bénéficié en premier de cette richesse. A titre d’exemples et pour ne citer que les lieux les plus connus, on retrouve de ce marbre rose dans presque tous les grands édifices religieux : à Serrabonne, à Marcevol, à Saint-Michel de Cuxa, à Elne, à Perpignan et bien évidemment à Villefranche. Il faut savoir qu’au 18eme siècle, il y avait 9 carrières de marbre rose en activité tout autour de Villefranche. Ici, au pied de la mine à ciel ouvert, il suffit de se baisser pour trouver encore quelques fragments de minerais rouges marbrés de blanc. D’autres découvertes m’attendent et je ne m’éternise pas sur le site, qui au demeurant est entouré de grillages et paraît donc soit dangereux soit interdit au public soit les deux. Je reprends le sentier, qui très rapidement se transforme en piste. Depuis cette piste, toujours en descente, le regard embrasse magnifiquement Corneilla-de-Conflent et la Vallée du Cady. Plus loin, on aperçoit Vernet-les-Bains, au pied du pic du Canigou encore un peu enneigé. Quel fabuleux spectacle ! J’en oublie les raccourcis de l’itinéraire et emprunte la piste dans sa totalité mais ce n’est pas bien grave car cette absence m’offre des vues supplémentaires et inespérées sur le Massif du Coronat, Fuilla, le vallon de la Rotja et au loin sur le pic des Tres Estelles et les autres hauts sommets de la crête frontière. Finalement, j’atteins le superbe dolmen dit de Cobartorat que les historiens ont daté du chalcolithique c'est-à-dire de 2000 ans avant J-.C. Je le fige sur quelques photos. Je cherche une pierre gravée de cupules mais en vain. Là, plutôt que de descendre directement vers Corneilla, je décide de poursuivre vers la vieille chapelle ruinée de Saint-Clèment de la Serra. Outre la chapelle, je veux également partir visiter les anciens fours à fer aujourd’hui abandonnés mais dont j’ai appris que quelques amoureux du site avaient ressuscité les anciens logis des ouvriers en de jolies maisons secondaires. En atteignant la chapelle du Xeme siècle, ou du moins ce qu’il en reste, il faut bien admettre qu’elle a un certain cachet. Plus de toiture et donc à ciel ouvert, ce qui n’empêche pas de nombreux fervents de la Vierge de continuer à lui rendre hommage en laissant quelques statuettes, croix, photos ou autres breloques en signe d’amour et de reconnaissance. Bien qu’incroyant, je trouve ça très touchant de savoir que des gens viennent jusqu’ici, sur cette crête, pour honorer leur croyance et leur foi. On notera au passage la belle arcade en marbre rose qui faisait office de portail. Après la chapelle et en arrivant devant un panonceau indiquant Vernet-les-Bains par le « Centre Equestre » et le « col de Sahorre », j’ignore ces deux itinéraires et emprunte une minuscule sente qui file et descend à main gauche. Quelques mètres plus bas, cette sente débouche sur un chemin herbeux plus large qui mène directement aux vieux fours à fer ayant appartenu à Albert Rougier, entrepreneur en chemins de fer miniers au début du 20eme siècle. Ici, au temps jadis, on grillait le minerai de fer dans six fours distincts. Là, avec tout le respect que l’on doit à la propriété privée, je visite ce lieu historique aujourd’hui appelé « Mas Forge » mais ô combien magnifiquement aménagé en un petit paradis dissimulé dans un cadre de verdure resplendissant. Si l’on a longtemps grillé du fer aujourd’hui, on grille surtout de la « boutifarre ». Après cette visite, je rebrousse chemin et descend vers le Mas Camo. L’heure du pique-nique a sonné depuis longtemps et les rives raffraîchissantes du torrent Cady arrivent à bon escient. Je vais y rester une heure près du radier, à manger un peu bien sûr, mais surtout à photographier oiseaux, papillons et autres lézards qui occupent amplement le lit du petit torrent de montagne. Je quitte à regrets ce monde faunique mais le parcours est encore long même si la prochaine étape n’est plus très loin. Cette étape, c’est Corneilla-de-Conflent, dont l’Histoire nous apprend qu’au temps de Guilfred le Velu, elle était devenue assez paradoxalement l’ancienne capitale des comtes de Cerdagne. Elle le resta un siècle mais gardera très longtemps une certaine aura au même titre que des cités bien plus importantes qu’elle par la taille. Il suffit d’arriver devant l’église Sainte Marie de Corneilla pour prendre conscience de ce prestigieux passé. Une superbe église avec un clocher du XIeme siècle de style lombard et un portail richement décoré de magnifiques sculptures et orné de colonnes. Pour le reste, l’église étant fermée, je vous laisse le soin de lire l’Histoire du village que vous trouverez dans le remarquable site Internet consacré à l’Histoire du Roussillon. Après de multiples photos, je quitte Corneilla, direction le Serrat d’En Parot où je me suis promis de découvrir un autre dolmen. Là, au moment de quitter Corneilla, un panonceau indicatif de trois randonnées attire l’objectif de mon numérique mais pas spécialement mon attention au niveau des inscriptions qui y sont mentionnées : « Circuit des minerais, circuit roman, circuit des Ambouillas ». Je ne retiens qu’une chose : les Ambouillas, car je sais que c’est la bonne direction à suivre. Une petite sente descend vers un ruisseau, le traverse par un passerelle de bois puis remonte et devient chemin creux car encadré de hauts murets en pierres sèches. Tout en montant, Corneilla apparaît magnifiquement comme niché dans un joli cadre de verdure. Le chemin creux se poursuit au milieu de grands champs en friches, entre dans un sous-bois jalonné de nombreux vestiges de l’agropastoralisme d’antan et finalement il aboutit dans un paysage de maquis où la végétation se résume à quelques pins chétifs et à quelques buissons de rosiers sauvages et de genêts. A 704 mètres d’altitude, le Roc Ample est atteint et un panonceau se présente on ne peu plus explicite : Villefranche-de-Conflent 4,3 km. Un chiffre qui je l’avoue me paraîtra un peu fantaisiste mais il est vrai qu’après le cortal en ruines de Los Baxès où je me suis arrêté pour finir mon casse-croûte, je suis parti vers le Serrat d’en Parot et le « fameux » dolmen dont j’avais appris l’existence en lisant un bouquin sur l’archéologie roussillonnaise. Par bonheur, j’ai réussi à me procurer ses coordonnées que j’ai trouvées sur Internet. Alors, je pars dans sa direction mais avec le souci constant de ne pas sortir des chemins, sentiers ou autres pistes battues car ici la garrigue est plutôt cuisante avec de nombreux buissons épineux. C’est ainsi que je me retrouve d’abord devant un grand enclos au lieu-dit la Collade puis sur une bonne piste traversant le « serrat ». Là, les vues sur la Plaine de la Têt et vers le Canigou sont superbes mais mon G.P.S me pousse à abandonner la piste et m’oriente dans une garrigue où paissent de nombreux bovins. Par bonheur, je trouve la dolmen non loin d’une citerne enfouie mais ici pas de bovins et uniquement cette vieille sépulture néolithique au milieu de quelques ronciers. Il est bien moins beau que celui de Cobartorat mais c’est tout de même un vrai dolmen avec il est vrai un petit air penché. Quelques photos et me voilà déjà en route sur l’itinéraire de Villefranche que je n’ai eu aucun mal à retrouver. Un panonceau m’en indique d’ailleurs le temps pour parvenir à la cité fortifiée : 1h35. Connaissant bien cette portion du chemin pour y être venu et l’avoir expliqué dans une autre balade intitulé la « Trancade d’Ambouilla », je suis d’accord avec ce délai restant pour atteindre la cité de Vauban, mais à une condition indispensable : que rien ne vienne contrarier la marche en avant. Or, ici, les découvertes sont légions et on peut très facilement mettre le double pour peu que l’on veuille tout voir et s’y attarder : carrière de talc et mines de manganèse, deux superbes points de vue panoramiques, une bergerie romane en pierres sèches exceptionnelle sans compter la Redoute des Ambouillas dont une visite reste toujours possible. Alors personnellement, j’ai déjà découvert tout ça et je vais me contenter d’un seul point de vue, le plus proche et de la carrière de talc car le sentier y passe tout près. Le point de vue n’est qu’à quelques mètres du sentier et permet d’incroyables vues sur  Villefranche, Fort Libéria, les massifs des Canalettes et du Coronat et la Vallée du Cady. Il ne faut pas s’en priver ! Je poursuis par la Trancade d’Ambouilla et effectivement au bout d’1h30, j’arrive à Villefranche devant un panonceau que cette fois, je vais trouver plutôt étrange car après Corneilla c’est la deuxième fois de la journée que je le rencontre : « Circuit des Minerais ». Ma balade se termine par la traversée de Villefranche car il me faut rejoindre ma voiture mais ce panonceau va néanmoins rester dans ma tête et en rentrant chez moi, je vais taper dans Google « Circuit des minerais » et là, qu’elle n’est pas ma surprise de retrouver très sensiblement le parcours que j’avais imaginé et que je viens d’accomplir. Un document PDF de l’Office de Tourisme de Vernet-les-bains en explique l’itinéraire pédestre dans le détail : « Randonnée N°2 –durée 4h45 -5h15 -10,6 km- balisage jaune ou blanc et jaune avec un départ de l’église de Corneilla ». La seule petite différence avec ma boucle à moi se situe au dolmen de Cobartorat où personnellement au lieu de descendre vers Corneilla, j’ai poursuivi vers la chapelle Saint Clément de la Serra et les fours à fer abandonnés. Enfin, et seulement parce que je tenais à le voir, je suis parti découvrir le dolmen du Serrat d’En Parot. Ma balade est donc un peu plus longue et quand j’en mesure la distance accomplie, je trouve 18,400 km pour des montées cumulées de 1.300 mètres. Le dénivelé de 365 m est peu significatif et le point culminant de cette balade est situé au sommet du Serrat d’En Parot à 794 mètres d’altitude, tout près du dolmen. Il faut noter toutefois que la Grande Tour de Badebany est située, elle,  à 793 mètres. Ce Circuit des Minerais « bonifié » peut être accompli en toutes saisons mais nécessite un bon équipement de randonnée. J’avoue qu’il y avait très longtemps que je n’avais pas réalisé un circuit pédestre avec tant de choses à découvrir qu’elles soient patrimoniales, faunistiques ou floristiques, alors un conseil : faites-le ! Carte I.G.N 2349 ET Massif du Canigou Top 25. 

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Le Chemin des Frênes ou Cami de les Freixes à Urbanya

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons sur le thème de l'arbre. Elles ont pour titre et sont interprétées par "Auprès de Mon Arbre" par Georges Brassens, "Même Pas Un Arbre" par Lynda Lemay, "Comme Un Arbre" par Maxime Le Forestier et "Aux Arbres Citoyens" par Yannick Noah.
LE-CHEMIN-DES-FRENES
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CHEMINDESFRENESIGN

Voilà maintenant quatre ans que j’ai acheté une petite maison à Urbanya et de ce fait, j’arpente régulièrement cette contrée. Dans ce blog, j’ai déjà eu l’occasion à maintes reprises de vous expliquer quelques itinéraires tournant autour de ce pittoresque petit village du Haut-Conflent. Encore très récemment, je vous ai conté une longue et belle balade jusqu’au bien notoire Refuge de Callau. Je pensais avoir fait le tour des principaux sentiers mais comme ma curiosité est presque sans limite, j’en découvre parfois de nouveaux. C’est le cas de ce Chemin des Frênes ou Cami de les Freixes dont j’ai trouvé le nom sur la carte cadastrale du village. Une balade plutôt courte n’excédant pas 6 km mais pleine d’imprévus et de découvertes. Des chemins qui se perdent dans les bois, j’en ai également trouvé, des sentiers oubliés et sans réelles issues mais encadrés de murets en pierres sèches aussi, mais celui-ci, qui à la particularité de courir sous les frênes et d’être « creux » dès le départ m’a paru bien plus longtemps praticable alors je m’y suis engagé pensant qu’une jolie randonnée y était réalisable. Elle le fut mais au prix de quelques errements qui au fil du temps ont pris des allures de plaisirs et d’aventures car finalement j’y ai fait de nombreuses découvertes et en plus j’ai réussi à en faire une boucle me ramenant vers Urbanya. Je suppose que cette accessibilité, je la dois aux chasseurs, principaux arpenteurs, qui n’oublient pas de temps à autres, de débroussailler les chemins pour accéder à leurs territoires fétiches où viennent s’égayer sangliers, chevreuils et autres cervidés mais je la dois aussi à tous les bovins laissés en liberté qui creusent des petites sentes et de ce fait ouvrent des nouveaux passages dans les endroits les plus inattendus. Sur ces terres oubliées depuis longtemps mais bâties de multiples vestiges agropastoraux, le plus souvent en terrasses en raison de la déclivité, des hommes courageux cultivaient autrefois des céréales, des pommes de terre et des vergers. Ici, au temps jadis, la forêt était peu présente et même si aujourd’hui, on imagine avec peine cette idée, quelques ancestrales photos retrouvées au fond de vieux greniers sont là pour prouver cette absence.  On est d’autant plus conforté dans cette idée, que plus l’on avance dans la balade plus les vestiges du temps passé y sont nombreux malgré une végétation qui s’épaissit. De ce fait, la faune pense y être en sécurité car désormais la forêt a tout envahi et notamment les frênes qui sont de très loin, les arbres les plus communs dans cette partie nord-ouest du village. Mais, quand la chasse rouvre, tous ces animaux deviennent des  gibiers et en sont pour leur frais. Cette terre qu’ils pensent avoir reconquise aux hommes devient trop souvent leur nécropole.  Puis la chasse s’arrête, les chemins s’embroussaillent de nouveau,  alors ils reviennent s’abreuver à la rivière. Car pour tout vous dire, ici au milieu coule la rivière. La rivière d’Urbanya, c’est le point central et le fil conducteur de cette balade, alors quand le chemin se perd, il faut la garder en repère et descendre vers elle, pour retrouver sur son autre rive, la suite de l’itinéraire.  La rivière d’Urbanya est le principal ruisseau mais il est alimenté par de multiples correcs secondaires descendant des montagnes les plus élevées formant un cirque autour du vallon : pic de Portepas, pic del Torn, roc de Peyrefite, pic Lloset, etc.…. Tous ces sommets, j’ai déjà longuement expliqué comment les gravir et parvenir à leur pinacle. Alors bien sûr, tout démarre du village où l’on laisse sa voiture sur le vaste parking. On enjambe le petit pont sur la rivière et l’on poursuit devant la mairie jusqu’au pont suivant. Là, commence, le chemin de Las Planes (les plaines), longeant toujours la rivière. On va suivre ce chemin sur une centaine de mètres et jusqu’au moment où le bitume disparaît. Nous avons presque atteint les dernières maisons du village et devant elles, le chemin amorce un virage sur une piste désormais terreuse. Ici, on prête attention car juste après ce virage, un autre chemin bien plus herbeux cette fois file à main droite. On l’emprunte mais presque aussitôt on le quitte pour un étroit sentier qui, sous des noisetiers, descend vers un petit ruisseau. Le sentier passe sous le tronc d’un énorme bouleau que les éléments naturels ont presque couché de manière horizontale. Le Correc de l’Hort, c’est le nom du ruisseau, est enjambé. On se faufile au travers d’un passage anti-animaux et l’on poursuit désormais sur un chemin creux. C’est notre Chemin des Frênes ou Cami de les Freixes. Les frênes, il suffit de lever la tête pour en constater l'étonnante présence. Si en Conflent, le frêne ne représente que 7 à 8% des arbres et n’arrive qu’en 4eme position au niveau des feuillus, après les chênes verts et pubescents et les hêtres, ici, dans ce secteur, ils sont légions. Ici, pour l’essentiel, il s’agit du Frêne élevé ou Frêne commun ou Fraxinus excelsior pour les érudits de botanique et pour tous ceux aussi qui ne veulent pas que le latin disparaisse à jamais de nos écoles. Dans d’autres régions, il est connu sous d’autres dénominations comme le Grand Frêne ou Frêne à feuilles aiguës ou bien encore le « Langue d’oiseau » ou le « Quinquina d’Europe ». Ce dernier nom est donné à un vin que l’on peut réaliser en faisant macérer son écorce. Quelque soit le nom et bien qu’il existe plusieurs espèces, ici c’est toujours le même arbre et il peut atteindre 40 mètres de haut mais avec un tronc dont la circonférence restera toujours modeste et d’un mètre au maximum pour les plus vieux d’entre eux. Au départ de la balade, seuls quelques rares merisiers arrivent à les concurrencer mais plus l’on monte en altitude et plus la diversité s’intensifie avec d’autres feuillus mais en quantité négligeable (érables, acacias, châtaigniers, saules, aulnes, etc.…) Plus haut encore, quelques pins à crochets et d’autres résineux vont peu à peu se mêler à la lutte de cette épaisse canopée.  Le frêne, lui, va rester néanmoins très présent d’abord parce qu’il s’agit d’un arbre qui aime la lumière et l’eau, mais qui s’adapte aussi et très vite à tous les terrains. Il a en outre d’étonnantes facilités à coloniser presque tous les types de sols et une aisance à se régénérer grâce à ses samares que le vent emporte. De plus, il drageonne couramment à partir d’une souche coupée et développe un système racinaire très étendu.  Ici, au dessus d’Urbanya, si on le trouve en grande quantité, c’est parce qu’il fut un temps où ses qualités étaient reconnues comme bien plus importantes et nombreuses que n’importe quel autre arbre y compris le chêne. Il reboise des zones assez facilement, il se traite facilement en taillis, son bois résistant et souple est d’excellente qualité pour la fabrication de manches d’outils, d’objets usuels et de pièces de charrue, il est un excellent bois de chauffage, quand à son feuillage, il était amplement utilisé comme un fourrage dont raffolent tous les animaux de la ferme. A toutes ses destinations bien en usage aux siècles précédents s’ajoutent les propriétés médicinales de son écorce et de ses feuilles que nos aïeux n’avaient pas manqué de constater pour soigner la goutte, les rhumatismes ou les maladies diurétiques. Enfin, les plus anciens avaient appris à guérir les piqûres de serpents avec le suc de ses feuilles. Alors si le chemin est encore bordé de pierres sèches, si les feixes, les orris, les cortals et les ruines de tous ces vestiges sont si nombreuses c’est parce que l’agropastoralisme a été la principale source d’existence pendant très longtemps. Ici, on était avant tout berger, éleveur ou paysan de père en fils et les quelques autres métiers qu’ils pouvaient y avoir dans le village étaient des sous-traitants ou détaillants des trois premiers : meuniers, forgerons, boulangers, épiciers, bouchers, charretiers, muletiers, herboriste, rebouteux, etc.…. Seuls le curé et l’instituteur, quand il y en avait un, étaient considérés comme des gentilhommes dont le travail n’était pas en corrélation avec la nature, la terre ou l’eau. Mais revenons au départ de notre Chemin des Frênes. Sur la droite, on domine les toitures des dernières maisons par dessus une clôture faites de poteaux reliés par des fils de fers. Attention, ces clôtures sont pléthores et peuvent parfois être électrifiées. A partir de là, le  Chemin des Frênes bien nommé se poursuit en surplomb de petits prés ou de vergers en bordure desquels on entend la rivière chanter. Sur la gauche, s’élèvent des murets, plus ou moins hauts, le plus souvent construits en épaisses et lourdes pierres de schistes. Quelques vieux chemins ou sentiers coupent ces murets, en réalité d’anciennes terrasses, et mènent le curieux que je suis vers un vieil orri effondré ou un cortal ruiné. La forêt a tout envahi et les oiseaux y volètent à profusion. J’entends un pic se régalant à creuser son nid dans le bois tendre d’un tronc. C’est le printemps et sa maison doit être prête pour recevoir sa dulcinée et qui sait l’heureux événement d’une prochaine procréation. Je le surprends en plein labeur. Il s’agit d’un superbe pic épeiche à la jolie calotte rouge et au plumage blanc et noir. Un peu plus loin, un admirable rouge-gorge chante à s’égosiller et dévoile à qui veut l’entendre son magnifique poitrail rouge orangé. Dans cette forêt, il suffit d’un peu de patience et l’on arrive à observer une quantité incroyable d’autres oiseaux sur les branches des frênes encore un peu dénudées en cette saison : bruants, mésanges, fauvettes, sitelles, grimpereaux, geais, moineaux, rouges-queues, serins, bouvreuils sont visibles et audibles mais les plus nombreux restent les pinsons et les merles. A cette époque, les mâles,  en quête d’une compagne, se perchent toujours aux faîtes des arbres les plus grands et entonnent des chants étourdissants. Les fleurs poussent déjà à profusion. Les genêts d’un jaune lumineux éclairent les bords du chemin et les espaces les moins boisés. Les papillons et les abeilles viennent y butiner le bon nectar tout frais. A chacun de mes pas, papillons et autres insectes volants, voltigeurs et sauteurs s’éparpillent dans une tourbillonnante anarchie. Mon numérique multiplie les clichés. Sur la droite, la clôture disparaît en filant vers le bas du vallon mais le large chemin se poursuit tout droit et dans une douce élévation. Un agréable palier est atteint à la côte 1.015. La forêt disparaît un instant et laisse la place à un vaste et merveilleux panorama. En réalité, il s’agit d’un petit éperon rocheux faisant office de superbe mirador sur l’ample vallon, le village et tout au loin sur un majestueux Canigou encore bien enneigé. La balade pourrait presque s’arrêter là tant c’est beau ! La contrée a pour joli nom « Ventos de Baix » que l’on peut traduire en « lieu venté d’en bas ». Mais aujourd’hui pas de vent, ni en bas, ni en haut, alors je décide de poursuivre bien que le sentier soit moins évident désormais. Il est néanmoins bien présent. Le sentier monte et passe sous un magnifique pin à crochets bien visible sur la gauche car isolé au milieu des frênes. Un peu plus haut, le chemin continue sous deux autres pins à crochets s’accrochant l’un à l’autre. On reste sur le sentier le plus évident en ignorant toutes les petites caminoles qui partent à droite comme à gauche. Les caminoles sont ces étroites petites sentes que les bovins creusent au hasard de leurs divagations. Des fenêtres s’ouvrent sur l’autre versant de la rivière Urbanya et l’on y remarque d’autres petits sentiers ce qui me conforte dans l’idée de poursuivre cette balade. La haute végétation se renforce, les petits buissons comme les genêts se font plus discrets, les résineux se font plus nombreux, les frênes prennent de la hauteur, les vues disparaissent, la forêt s’assombrit et le sentier monte désormais dans un sous-bois aux essences plus variées. Au fond du vallon qui se creuse, la rivière chante toujours mais en sourdine. Une ruine se présente sur la gauche de l’itinéraire. Un ancien « cortal » sans doute avec de hauts murs presque intacts mais c’est tout et pour le reste, poutres pourries et immenses lauzes de la toiture gisent à l’intérieur. Au pied de la ruine et en bordure du sentier, je découvre une borne blanche surmontée d’un chevron rouge. Une deuxième un peu plus loin. Elles marquent une limite. Peut-être celle de la forêt domaniale de Nohèdes-Urbanya, mais sans certitude ? J’essaierais de trouver une explication ! Je reste sur le sentier le plus emprunté qui se faufile sur d’anciennes terrasses. Ici, à cause d’un fort taux d’humidité, toutes les pierres que par habitude on qualifie de « sèches » sont désormais moussues. Le chemin est parfois encadré de noisetiers stériles mais qui à l’origine ont du être très productifs car on voit bien qu’ils ne sont pas là par hasard.  Le sentier devient moins évident mais continue et finalement j’atteint un petit ru presque uniquement bourbeux : c’est le Correc de les Freixes. Sur certaines cartes de Géoportail, j’ai noté que ce lieu est parfois intitulé le « Bac de les Freixes ». Il faut dire que les frênes sont encore très présents sur ce flanc ombragé du vallon. J’enjambe le « correc » aisément. En contrebas, j’entends la mélodie d’une rivière plus importante et je décide de descendre vers ce que j’imagine être un torrent. Ici commence la vraie incertitude de la balade car le sentier a quasiment disparu mais par bonheur de petites sentes creusées par les animaux se poursuivent en balcon sur l’autre rive du Correc des Freixes. Je les emprunte jusqu’à la confluence des deux cours d’eau que finalement j’atteins sans difficulté. La carte I.G.N que j’ai emportée me permet de savoir qu’il s’agit bien de la rivière Urbanya. La rivière est là et l’enjamber à cet endroit n’est qu’une simple formalité. De part et d’autres de cet enfantin passage, le petit torrent forment néanmoins de minuscules cascades et de jolies petites vasques. Après les 240 mètres de dénivelé déjà accomplis sous un chaud soleil et une température presque caniculaire, ces cuvettes aux eaux claires sont bien trop tentantes. Je transpire alors malgré l’ombrage qui règne dans ce sous-bois, je me déshabille et dans une parfaite tenue d’Adam, j’opte pour une baignade rafraîchissante mais bien agréable après la suée. Après cette immersion sauvage et dénudée dans les eaux limpides de la rivière Urbanya, je décide de poursuivre sur l’autre rive en grimpant vers un muret en pierres sèches. A l’instant même où je me mets à grimper, quelle n’est pas ma surprise de me retrouver presque nez à nez avec un énorme « matou » noir.  Il a de longs poils et de magnifiques yeux d’un vert intense. A sa façon de se dissimuler derrière un rocher toute en continuant à m’observer fixement, j’ai immédiatement supposé qu’il s’agissait d’un « chat sauvage ». Sans doute, un chat domestique abandonné et redevenu sauvage par la force des choses. Avec son pelage noir, brillant et fourni, il paraît magnifique et pas du tout affamé. J’espère que ce n’est pas qu’une illusion car je sais qu’une telle toison indispensable en hiver cache parfois une maigreur insoupçonnable. Quand je l’ai vu, il était certainement entrain de chasser car les rives de la rivière sont sans contexte l’endroit le plus propice à trouver pitance : les oiseaux, les gros insectes, les rongeurs et autres lézards y sont toujours très nombreux. En tentant de m’approcher d’un peu plus près pour le photographier bien mieux, il s’est enfui dans des hautes herbes mais j’avais déjà compris qu’il était anxieux de ma présence sur son terrain de chasse favori. Je n’ai donc pas insisté et sur la rive opposée, j’ai poursuivi la caminole en direction de cet amoncellement de pierres sèches ressemblant à un muret. Après le muret, la caminole s’est rapidement transformée en un sentier plus évident qui m’a servi de fil d’Ariane en direction du lieu-dit Orriet. A mi-chemin, j’avais remarqué sur la carte I.G.N qu’un autre sentier partait vers un autre lieu-dit du nom de « Serra Mitjana ». Ces deux appellations, « Serra Mitjana » et « l’Orriet », j’avais enregistrées leurs positions dans mon G.P.S car des vestiges y étaient clairement mentionnés. Pour atteindre le « Serra Mitjana » qui est un vieux cortal en ruines et que l’on peut traduire en « la colline du milieu », j’ai fait un court aller-retour en galérant un peu car le petit sentier qui y mène est peu évident, encombré de branchages et mal débroussaillé.  C’est assez marrant la manière dont les anciens donnaient des noms ordinaires et pratiques aux lieux qu’ils avaient l’habitude d’habiter ou de fréquenter : le haut, le bas, le milieu, venté, hort signifiant le jardin, Freixes pour les frênes, planes pour les plaines..... Pour aller vers l’Orriet, et malgré de nombreuses fougères encore sèches en cette saison, une sente plus dégagée m’entraîne vers une clairière et un autre cours d’eau, petit torrent bien plus fougueux que celui des Freixes : le Correc du Coll del Torn prenant sa source près du col et du pic éponymes.  Là, de l’autre côté du ruisseau, je tombe sur un chemin creux bien plus large encore bordé de pierres sèches qui débouche au lieu-dit « Orriet » où je découvre une grande bâtisse encore bien debout mais où la toiture et un plancher paraissent jouer les équilibristes. Une grande plaie béante s’ouvre sur la façade avant et bien évidemment je me garde bien d’y entrer tant le danger semble omniprésent. Ce chemin, malgré quelques hésitations, je vais l’emprunter assez facilement jusqu’à Urbanya et ce n’est qu’à mon retour que je découvrirais sur les plans cadastraux, qu’il s’agit du Cami ou « Chemin de l’Orriet ». Un Orriet étant un petit orri c'est-à-dire un minuscule abri de berger en pierres sèches, il n’y a aucune logique avec la grande ruine subsistant en ce lieu portant ce nom. Il me faudra sans doute y retourner, chercher et voir si un tel petit édifice est encore présent à cet endroit. J'en ai bien trouvé un mais un peu plus bas du vallon. D’ailleurs, emprunter ce chemin de l’Orriet dans son intégralité sera un prochain objectif et peut être aura-t-il lui aussi le privilège d’un autre article dans mon blog. Le retour vers Urbanya s’effectue sur une partie plus ensoleillée du vallon qu’on a coutume d’appeler « solana » ou « sola ». La soulane ou adret en français. Alors bien évidemment, ce tronçon de la balade est moins boisé et permet des vues assez incroyables sur le vallon d’Urbanya et sur toutes les montagnes environnantes. Les vestiges agropastoraux y sont aussi nombreux que sur l’autre versant. Les amoncellements de pierres sont le paradis des gros lézards verts. La flore y est bien différente de l’autre versant avec de nombreux buissons épineux comme les ronciers, les prunelliers ou les aubépines. Les papillons et les oiseaux qui en occupent les airs ne sont pas les mêmes que sur l’autre flanc du vallon. Ici, on rencontre des alouettes, des pies grièches, des tariers et des traquets. Près de l’arrivée et pour ceux qui ne la connaissent pas, il ne faudra pas oublier de vous rendre à la cascade. Pour cela, il suffit de prêter l’oreille et le murmure de l’eau qui tombe en cascade de 5 à 6 mètres de hauteur vous servira de fil conducteur. L’été et tout spécialement les jours de forte canicule, elle est le lieu de baignade privilégié des enfants du village et de quelques adultes qui les accompagnent. Ils aiment venir s’y rafraîchir en laissant couler la cataracte sur leurs têtes, leurs épaules et leurs dos. Certains encore plus téméraires ne dédaignent pas plonger dans la petite marmite que l’eau a creusée en tombant. Les eaux y sont cristallines mais bien fraîches quelque soit la saison. Après la cascade, le village est presque déjà là. On longe la rivière Urbanya sur sa rive gauche ou bien sur sa rive droite selon le choix effectué au départ de la cascade où une petite passerelle de bois attend votre décision. Dans les sous-bois, les belles ancolies semblent jouer les timides en baissant leurs superbes corolles d’un bleu violacé. Les doronics sont plus gaillardes et dressent fièrement leurs pétales jaunes.  Quoi qu’il en soit la fraîcheur de la rivière accompagne les derniers pas et ce d’autant que cette jolie balade se termine encore à l’ombre des grands frênes. Cette randonnée est à faire de préférence au printemps car le Chemin des Frênes bénéficie encore d’un bon débroussaillage effectué par les chasseurs en hiver. Si vous n’aimez pas les chemins non balisés, ne vous risquez pas à la faire telle qu’expliquée ici.  Idem si les petits égarements ou les incertitudes vous stressent. Ici, le tracé indiqué sur la carte IGN est le plus juste possible mais comme je n’ai pas enregistré de tracé « trackback » dans mon G.P.S, c'est-à-dire en marchant, il peut être parfois qu’approximatif, notamment sur la partie entre le Correc de les Freixes et celui du Coll del Torn. La boucle telle qu’indiquée ici sur la carte I.G.N, et mesurée à fortiori, est longue d’environ 5,750 km. Cette distance inclut l’aller-retour à la cascade et au cortal Serra Mitjana, point culminant de la balade à 1.125 mètres d’altitude. Elle n’inclut pas toutes les découvertes des autres cortals et orris que l’on peut découvrir en sortant de l’itinéraire indiqué ici. Avec ces courtes incartades, le dénivelé est d’environ 270 mètres. Il s’agit donc d’une toute petite balade où le poids de l’histoire rurale d’Urbanya est omniprésent. Elle est dédiée à ceux que l’aventure et l’aspect sauvage d’une randonnée non balisée ne rebutent pas. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul de Fenouillet Top 25.

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Le Refuge de Callau (1.537 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques du groupe Secret Garden qui ont pour titres et sont successivement interprétées par "The Song From The Secret Garden" par Stjepan Hauser (violoncelle) et Filip Sljivac (piano), "Sometimes When It Rains", "Illumination" et "Home" par Secret Garden et " The Song From The Secret Garden" par Tuấn Huy
REFUGE-DE-CALLAU
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Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

 

Urbanya. Lundi 13 avril 2015. 7h30. La première image que j’ai à mon réveil c’est celle d’un ciel bleu azur sans nuage alors que je fais face à un Canigou superbement enneigé. Voilà deux jours que je bosse comme un malade pour remettre en forme mes modestes jardins potagers que des travaux de réfection de ma façade ont laissé complètement pitoyables.  C’est la seule manière que j’ai trouvée pour tenter de rattraper l’arrivée du printemps. Travaux de terrassements, terrasses en espaliers avec murets en pierres sèches, bêchage, épierrement et désherbage, préparation des sillons, etc….tout est presque fin prêt pour recevoir les plants et les graines déjà choisies. Aujourd’hui, j’ai décidé de faire un break et de partir randonner. Une grande et belle balade comme je les aime, en pleine nature, au cours de laquelle je vais côtoyer de superbes forêts, des prairies verdoyantes, des petits ruisseaux aux eaux limpides avec cet espoir intense d’approcher la faune sans trop la déranger. Une balade en solitaire et donc dans le calme, la sérénité, sans stress et avec mon flegme habituel, qui par habitude, guide mes pas. En raison de douleurs persistantes aux hanches et de la distance que j’ai décidé de parcourir, pas question pour Dany de m’accompagner alors qu’il lui faudrait accomplir plus de 28 kilomètres pour réaliser cette boucle que j’ai programmée jusqu’au Refuge de Callau en passant par le col de Tour, Canrec et les flancs de la Rouquette. Bien sûr, rejoindre le Refuge de Callau à partir d’Urbanya, ce n’est ni la plus simple ni la plus courte des manières mais je sais ce qui m’attend. En réalité, je suis venu de multiples fois à Callau (**) mais le plus souvent à partir du col de Jau et la dernière fois, c’était ce « fameux » 29 septembre 2012 lors de la « Marche pour la libération du Madres » dont le propriétaire Groupama voulait interdire l’accès. Depuis, et or mis le fait que Groupama ait fait marche arrière puis ait accepté de laisser libre l’accès à son immense domaine montagnard de 2.000 hectares, j’avoue que je n’ai plus vraiment de nouvelles ni du collectif qui s’est crée autour de ce mouvement et encore moins du refuge dont je sais qu’il est fermé depuis quelques années. D’après un article lu dans le Journal de Mosset, il n’est, paraît-il, plus aux normes européennes. Ah l’Europe ! Ah les normes ! Voilà deux sujets sur lesquels il y aurait tant à dire et à débattre ! Moi, la seule fois où j’ai logé et mangé au Refuge de Callau, c’était lors de « Mon Tour du Coronat » de l’été 2007 et le moins que je puisse en dire, c’est que j’en garde un souvenir « fabuleusement » impérissable. Alors, les normes, j’avoue que je m’en fous un peu et en randonnée, loin s’en faut, il m’est arrivé de dormir dans des lieux bien plus exécrables que celui-là. C’est assez marrant mais quand je repense au Refuge de Callau aujourd’hui, deux anecdotes cocasses me reviennent en mémoire : les délicieuses lasagnes d’Armelle, la gardienne du refuge et les chevaux de la Jasse. Alors attention, je précise que ces anecdotes n’ont absolument rien à voir avec la « fameuse » fraude  à la viande de cheval de 2013 dans laquelle des lasagnes étaient concernées. Non, dans mes anecdotes, les pâtes et les équidés sont bien dissociés les uns des autres. Concernant, les lasagnes, ce 16 août 2007, j’avais soupé avec un groupe de randonneurs de l’organisateur pyrénéen « Natura » et je me souviens que tout le monde les avait tellement trouvées bonnes que nous étions tous là à réclamer du « rabiot » avec une farouche exaltation.  Les deux grands plats que la fille d’Armelle nous avait apportés s’étaient avérés insuffisants pour nos ventres affamés mais surtout à priori très gourmands. Ces lasagnes avaient un petit « je ne sais quoi » de plus que je n’avais jamais connu auparavant même quand je les comparais à celles que ma mère préparait et qui était pourtant un vrai et grand cordon bleu quant il s’agissait de concocter des « farcis ». La plupart des autres convives avaient dit la même chose. Concernant l’anecdote des chevaux, quand depuis Nohèdes, j’étais arrivé à la Jasse de Callau dans l’après-midi, j’avais cru bon de prendre un raccourci à travers prés et là, par je ne sais quel mystère, j’étais entré dans un grand enclos et m’étais retrouvé au beau milieu de chevaux et de bovins. Alors que je traversais tranquillement cet enclos,  j’avais été coursé d’abord par une vache puis pas deux chevaux qui n’avaient pas l’air d’apprécier ma présence sur leur territoire et ce n’est que de manière in extremis que j’avais pu enjamber la dernière clôture me séparant d’eux. Avec mon volumineux et lourd sac à dos, je crois que jamais je n’avais couru aussi vite et quand le lendemain matin, j’avais raconté mes tribulations à un sympathique maquignon avec lequel j’avais pris le petit déjeuner, il m’avait gentiment reproché mon intrusion dans l’enclos mais n’était pas certain que les chevaux en voulaient à mon intégrité physique. Selon lui, j’avais eu la frousse tout simplement.  Mais revenons à ma balade car comme l’écrivait si bien Pierre Plas dans « Les Cavaliers des Madres * » à propos du « Refuge de Callau » « la radieuse matinée… dissipe les nostalgies qui m’ont assailli…hier soir. L’air est si pur et limpide que je pourrais dénombrer les arbres à l’orée de telle lointaine clairière ou les plus fines aiguilles de roc sur tel sommet qui me domine. Les prairies sont étoilées de fleurs aux couleurs éclatantes ». Pour toutes ces jolies raisons et bien d’autres encore, il est temps que je me mette en route. Je quitte Urbanya, direction le col de Tour par la piste habituelle, celle qui monte par le Cami de las Planes depuis le village. C’est bien plus court pour moi pour rejoindre l’ancien tracé du Tour du Coronat même si je sais que je me dois de respecter la ferme qui se trouve un peu plus haut et surtout les bovins qui l’occupent en général. D’ailleurs, Philippe le vacher est là, déjà au labeur, et après avoir « taillé la bavette », il me met en garde contre les vaches qui allaitent encore leurs tout jeunes veaux et que je risque de rencontrer un peu plus haut sur la piste. Les cerisiers chargés de fleurs colorent le chemin. Ces fleurs blanches et celles flamboyantes des genêts attirent les abeilles et une nuée de papillons multicolores. Je voudrais bien les photographier tous mais plusieurs échappent à ma sagacité et à l’objectif de mon numérique. Plus haut, en coupant le Correc de Saint-Estève, effectivement et comme l’avait prédit Philipe, je tombe nez à nez avec trois jeunes veaux qui pataugent dans la gadoue mais heureusement leurs mères ne sont pas là. Je passe donc sans encombre et je prends même le temps de photographier quelques bruants fous peu craintifs qui picorent le sol en quête de quelques graines. Des papillons, des oiseaux et des fleurs printanières, je vais encore en avoir mon lot visuel et photographique aujourd’hui et quand j’atteins le panneau « Domaine de Cobazet », j’ai mis presque deux heures pour parvenir jusqu’ici.  Malgré mes arrêts photographiques quasi incessants, je suis plutôt satisfait d’être déjà là. Après la piste terreuse et sèche, qu’elle n’est pas ma surprise de constater qu’ici, au col de Tour, subsistent quelques « bonnes » plaques de neige. Mais tant pis, pour rejoindre Callau, je décide néanmoins d’emprunter la piste dite de « Canrec » plutôt que celle que l’on appelle  « piste du chemin de fer minier » qui reliait en son temps, la carrière de talc de Callau au Domaine de Cobazet puis à la gare d’Estardé. Je connais bien ces deux pistes DFCI, mais je sais que celle de Canrec permet des vues bien plus grandioses et lointaines alors que l’autre circule essentiellement en sous-bois. Alors autant en profiter car à l’instant même où je m’octroie une brève pause et un frugal en-cas, je constate que quelques petits cumulus passent au dessus de ma tête. Ce sont les premiers depuis ce matin et bien qu’ils n’aient aucun aspect inquiétant, poussés qu’ils sont pas une « gentille » tramontane, je constate qu’ils vont grossissants et se font plus nombreux au fil du temps. Je décide de me remettre en route. Effectivement, la neige se fait plus présente au fur et à mesure que je monte vers Canrec et la Rouquette et parfois, sur les portions les plus ombragées, la piste est complètement obstruée par de larges névés. Parfois, poussés par le vent, ces névés se sont transformés en épaisses congères et se frayer un chemin devient plus compliqué sur ces hautes plaques glacées. A chaque fois je réussis à passer, même si très souvent mon bâton de marche est une aide précieuse pour ne pas tomber sur ce terrain glissant et incertain. Sans crampons ou raquettes, il est même parfois très périlleux, d’autant qu’ici je suis seul  au monde et donc conscient de cette situation critique qui peut rapidement tourné à l’aventure voire au désastre si un accident vient à  se produire. Mais à chaque fenêtre qui s’entrouvre, le spectacle reste fabuleux car somptueux où que je regarde. Ce spectacle m’incite à poursuivre malgré les plaques de neige de plus en plus larges et épaisses. J’embrasse superbement la majestueuse et immense forêt où les bruns et les verts se partagent clairement les espaces. Les bruns se sont les feuillus encore dépourvus de leurs feuilles en cette saison et les verts se sont les résineux plus majoritaires au fur et à mesure que l’altitude s’élève. Ces couleurs contrastent avec les roux  des collines environnantes dominant la vallée de la Castellane. Parfois, j’ajuste mes jumelles pour tenter de voir bien plus loin encore mais l’horizon reste flou car opaque, bouché qu’il est par une écharpe brumeuse blafarde. Je devine néanmoins quelques sommets piémontais comme la Serre de Sournia ou Força Réal. Derrière, c’est la Méditerranée. Plus près, je reconnais quelques objectifs de balades comme le pic del Rossello et encore plus près le Dourmidou, lequel tacheté de quelques blancs névés, prend des airs de gros panda ventru. Après ces vues sur la Vallée de la Castellane, la piste, toujours magnifiquement bordée de sapins,  file en direction de la Rouquette. Pour moi, pas de doute, je suis au Canada. Alors que je tente de photographier un oiseau au sommet d’un sapin, j’aperçois à l’instant même et en contrebas, une biche qui traverse une clairière. Jolie vision mais bien trop fugitive à mon goût. La piste bifurque à 90° en atteignant le Correc de Canrec, ruisseau ô combien ardu à enjamber en cette saison à cause de la neige et de son débit plutôt rapide. Plutôt que de chercher à éviter l’eau avec un équilibre instable et risqué, je prends la décision de me mouiller un peu les pieds. Quelle n’est pas ma surprise de constater des milliers d’œufs de grenouilles dans les fossés adjacents remplis d’eau glacée et parfois même de neige. Avec ces œufs noirs amalgamés en grappe ressemblant à du caviar, pas de confusion possible avec ceux des crapauds car ces derniers sont, paraît-il, toujours pondus en chapelets. Mais ici, pas de grenouille et je poursuis vers la Rouquette et vers Callau. Plus loin, un cairn au bord de la piste forestière me rappelle à mes vieux souvenirs du Tour du Coronat. Je suis sur le point de quitter la piste au profit d’un petit sentier qui descend dans un bois quand je m’aperçois qu’il y a deux isards couchés dans la neige à une trentaine de mètres de l’autre côté. Alors que je m’apprête à entrer dans le sous-bois, je me baisse pour éviter d’être vu mais un des deux isards m’a déjà repairé et il s’est soulevé. Le temps d’ajuster mon appareil-photo et je les vois disparaître derrière un bosquet. Je traverse la piste en courant mais il est déjà trop tard. Ils ont disparu. C’est marrant parce qu’en 2007, c’est déjà en voulant suivre un isard que ce dernier m’avait entraîné dans un autre raccourci non loin d’ici. Un peu déçu, j’emprunte le raccourci mais en rejoignant la piste tout près de la carrière de talc, je suis de nouveau stupéfait par une multitude de minuscules grenouilles qui émergent de l’eau ô combien glacée et neigeuse des fossés. En surface, ce sont les plus petites qui pointent leurs grands yeux écarquillés, leur bouche rieuse et leur dos brun verdâtre. Leurs nez semblent même glacés. Avec cette image, je me souviens que ma mère disait que quand la grenouille monte à l’échelle du bocal pour mettre le nez hors de l’eau c’est que le temps va être sec. Aujourd’hui, sec et très froid sans doute ? Mais, je ne sais pas si cette théorie est vérifiable car au fond, à travers l’eau très limpide, j’en aperçois des plus grosses mais avec cette fois la peau plus claire, grise ou rousse et certaines tachetées et avec des pattes palmées bleutées. Je surprends tout ce joli petit monde amphibien qui semble vivre très paisiblement dans cette eau hyper gelée. Mais comment font-elles pour résister à ce froid que les températures nocturnes doivent encore fortement accentuer ? Quand avec le bout de mon bâton,  je pique la surface de l’eau, toute cette faune batracienne détale, certaines grenouilles s’enfouissent sous les feuilles et dans la vase du fond et d’autres plus étonnamment, partent se réfugier sous la couche neigeuse recouvrant le fossé. Au moment où je m’apprête à quitter mes « bestioles », un grand bruit me fait sursauter car une lourde congère accrochée à un pin vient de choir dans le fossé à l’endroit même où je venais d’apercevoir les grenouilles. Auront-elles survécu à cette avalanche de neige glacée? Quelques minutes plus tard, me voilà en surplomb de la Jasse de Callau. Aujourd’hui pas de vaches ni de chevaux, tout est éperdument dépeuplé. Seule une buse solitaire plane sur la désertique prairie. Quand aux lasagnes d’Armelle, je ne me fais aucune illusion et je ne suis pas près d’en manger de nouvelles ! Le refuge est là, presque intact et similaire à mes dernières et lointaines venues. Les tôles ondulées de la toiture sont-elles un peu plus rouillées ? Je ne le pense pas. Je regarde avec effarement, le tronc desséché d’un immense sapin dont la cîme est tombée à quelques mètres à peine de la porte d’entrée. A côté de cette porte, toujours les mêmes jolis panonceaux de bois : « Refuge de Callau – Alt.1.537 m- Buvette – Nuit- Pt.déj » et un numéro de téléphone désormais bien inutile. Je me marre en pensant qu’on aurait pu rajouter « excellentes lasagnes ! ». Que serait-il advenu si ce sapin était tombé sur la toiture ? Je pars vers la cabane servant d’étable aux animaux et à nouveau les souvenirs de mon Tour du Coronat ressurgissent. En 2007, je me souviens y avoir photographié un gentil petit ânon qui adorait les caresses mais il y en avait un deuxième mais celui là était plutôt ombrageux et quand je m’approchais de lui pour le photographier, il semblait agacé et il tournait systématiquement la tête. De ce fait, je n’ai de souvenirs photographiques que du premier. En approchant de la Castellane, je m’aperçois qu’une chose a néanmoins changé, le petit pont de bois enjambant la rivière n’est plus là. Sans doute emporté par les flots, il ne reste plus que les profilés métalliques. Quand je regarde ces longues traverses, je me demande même si ce ne sont pas les vieux rails de l’ancienne voie ferrée qui apportait le talc de la carrière vers Cobazet. Tout part à l’eau donc ? Plus je regarde ce refuge et plus je suis triste et j’ai du mal à comprendre que l’on ne trouve pas les quelques centaines de  milliers d’euros pour le rénover, le remettre aux normes et lui rendre une nouvelle vie. A y réfléchir, il en a tant connu des vies antérieures parfois heureuses et d’autres bien plus ténébreuses : lieu de résidence des ouvriers avec cantine et couchages lors d l’exploitation du bois et du talc, haut-lieu de la résistance maquisarde pendant la guerre, repaire de courageux rebelles souhaitant échapper au Service du Travail Obligatoire (S.T.O), aventures des bergers et des éleveurs partant en transhumances vers le Madres mais aussi rendez-vous des maquignons, des cavaliers, des randonneurs et des amoureux de la nature en général. Ne venez pas me dire que Groupama et le Conseil Général n’ont pas les moyens financiers de restaurer ce « monument historique » mais le problème c’est qu’aujourd’hui, on ne veut plus mettre de l’argent dans un projet sans la certitude d’un retour profitable et rapide sur investissement.  Aujourd’hui, il faut impérativement gagner beaucoup d’argent et moins ça prend de temps et mieux c’est. Mais ici, il n’y a pas grand-chose, il ne  passe aucun chemin de grande randonnée et quand dans les années 70 on a échafaudé un téléski et un parcours de ski de fond, tout le monde s’est immédiatement vanté que la station de Jau-Mosset était la plus petite du monde.  Alors comment peut-on espérer réussir lorsque dès l’origine on pose un regard négatif à propos d’un projet ? On a même tenté de créer un centre touristique de montagne ici au refuge avec alimentation et organisation de balades mais rien n’a réussi à s’inscrire dans la durée. Enfin, il y a quelques années, on a crée un agréable sentier d’interprétation dit « Sentier des 5 sens » et là, très bizarrement, on a évité de le faire passer par le refuge pourtant tout proche. Alors volonté délibérée ou vues divergentes entre les principaux acteurs économiques ? Il est clair que ce refuge n’intéresse que peu de gens ou peut-être uniquement des vieux nostalgiques ou amoureux de la nature comme moi diront certains. Je quitte le refuge, direction la petite cabane de berger de la Jasse où je vais finir mon casse-croûte. Les vues y sont plus amples et donc plus belles qu’au refuge. Je tombe sur une stèle que je ne connaissais pas en hommage et avec la photo d’un certain Thierry dit Galinette. Avec son béret et entouré d’animaux, je suppose que Thierry était un pastoureau, habitué de Callau et tout particulièrement un amoureux de ces lieux et des animaux dont il devait s’occuper avec gentillesse et passion. Une buse plane dans le ciel et assure les spectacle. Dès le pique-nique terminé, je reprends la piste, cette fois, c’est bien celle dite du « chemin de fer ». Elle file vers le col de Tour au milieu d’une belle et grande hêtraie. Dès le départ et alors que je surplombe encore la prairie, je surprend un joli chevreuil en contrebas. Pendant que je le photographie, il m’observe fixement avec ses grands yeux de biche et je me demande qui est le plus surpris de nous deux : lui ou moi ? Au bout de plusieurs longues minutes qui m’ont permis de le photographier au mieux, il se retourne tranquillement et continue de paître en m’ignorant. Comme toujours, je me dis « quelle chance il a  » que je ne sois qu’un chasseur d’images ! En aura-t-il autant la prochaine fois qu’il rencontrera un autre être humain ? Après le chevreuil, c’est de nouveau les grenouilles qui remplissent mon retour vers Urbanya. A chaque ruisseau traversé, aussi bien dans celui de Canrec que dans celui de Rocamaura,  je vais en voir et en photographier une belle quantité. Ici, les grenouilles détalent un peu dans tous les sens et les grappes d’œufs sont phénoménales. Je me dis qu’il est dommage que ces œufs ne soient pas aussi comestibles et aussi réputés que le caviar car avec tout l’argent récolté, on aurait pu aisément se payer la rénovation du refuge. Mais non, je rêve car j’ai entendu dire que la gélatine entourant les œufs de grenouilles était toxique. Dommage ! Le col de Tour est déjà là et plutôt que de redescendre par la piste prise ce matin, j’emprunte celle qui file vers le col de Les Bigues. Dans le ciel, plusieurs vautours tournoient en de amples circonvolutions. Ils n’ont rien d’effrayant or mis le fait qu’ils semblent descendre à chaque tour nouveau. Disparu depuis ce matin, le Canigou réapparaît dans sa blanche splendeur même si quelques gros nuages le couronnent dans sa partie la plus haute. J’adore cette piste avec ses vues imprenables et plongeantes sur le Vallon d’Urbanya et le village et avec ses panoramas immenses et circulaires vers le Coronat, le Madres, le pic de Tour et le Canigou. Au col de Les Bigues, j’emprunte la piste DFCI CO57. Elle est encadrée d’une clôture mais en atteignant une autre clôture perpendiculaire à la première, je décide de suivre le sentier qui descend et la longe. D’un côté, le ravin du Correc del Menter plutôt boisé et de l’autre, les Escocells, ample « serrat » essentiellement recouvert de cistes, de genêts et de buissons épineux.  C’est le retour le plus direct que je connaisse pour rejoindre Urbanya même si cette longue descente réclame vigilance et prudence car le sentier est terreux, parfois très caillouteux et souvent traversé de quelques ronces rampantes et donc traîtres car on a vite fait de s’y emmêler les pieds . Depuis le col de Les Bigues, je vais mettre exactement une heure pour rejoindre la rivière Urbanya non loin de la cascade. Il faut dire que quelques jolis passereaux jouant à cache-cache dans les futaies et avec l’objectif de mon numérique n’ont cessé de me ralentir. Le bord de la rivière me réserve de nouvelles surprises fauniques et  floristiques mais le village et ma maison sont déjà là. Sur ma terrasse, mon GPS affiche plus de 28 kilomètres pour l’itinéraire que je viens d’accomplir. 28,680 km pour être exact. Les montées et les descentes cumulées sur mon logiciel s’affichent pour 2.200 mètres et le dénivelé a été de 872 mètres, le point le plus bas étant bien sûr Urbanya à 860 mètres d’altitude et le plus haut se situant à 1.732 mètres à Canrec juste après le croisement de la piste et du Correc dans leur partie la plus haute. Ma longue balade vers Callau est terminée. Y retournerais-je un jour ? Je ne sais pas mais comme j’adore ce secteur du Haut-Conflent, il y a de fortes probabilités que j’y revienne même si le refuge reste à jamais fermé. Je ne l’espère pas bien sûr et s’il venait à rouvrir, il serait pour moi, une belle et agréable étape vers des horizons un peu plus lointains pour des balades à faire sur 2 à 3 jours. Je suis un cow-boy sans cheval et donc pédestre, mais je me reconnais néanmoins dans le texte suivant que j’ai à nouveau chipé dans  « Les cavaliers des Madres* ». Celui-ci est extrait de la nouvelle « Le rêveur d’Amérique » : « Le rideau frémit. Il se lèvera bientôt sur une scène immense, celle du Far West, ou j’irai, entre prairies et montagnes, entre déserts et rivières, faire moisson de mes rêves anciens. Je tiendrais alors mon journal de voyage. Mais je suis déjà dans le théâtre, tel un spectateur en avance. » Très exceptionnellement 3 cartes IGN top 25 peuvent s’avérer utiles sur le parcours décrit ici. Les voilà ci-après : Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul de Fenouillet – Carte IGN 2248 ET Axat – Quérigut – Gorges de l’Aude – Carte IGN 2249 ET Font-Romeu - Capcir Top 25.
 
(*) « Les cavaliers des Madres, Cowboys des Pyrénées-Orientales et autres récits » de Pierre Plas aux Editions Mon Petit Editeur 2012.
 
 
Nota : Il faut noter que le nom du refuge « Callau » ayant sans doute pour signification « caillou » ou « caillasse » s’écrit parfois « Caillau », « Calhau » voire « Caillaou » qui est la meilleure façon de le prononcer paraît-il. En tous cas, c’est de cette manière qu’il est prononcé du côté de Mosset. Moi, je m’en suis tenu à l’orthographe aperçue sur le lieu même du refuge et que je retrouve également sur la carte IGN. Pas loin de Mosset, mais du côté de Conat cette fois, on trouve également une rivière du nom de Callau ou Caillan, affluent du fleuve La Têt. Plus globalement, ce nom de « Callau » signifie « sol pierreux » (Jean Llaury).

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Le Circuit de la Bataille du Boulou depuis le Boulou

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 2 musiques de Lalo Schifrin qui ont pour titre "La Represión "composée pour le film "Tango" de Carlos Saura avec l'Orquesta Filarmonica De Buenos Aires & la Coro Filarmonico De Buenos Aires et "Mannix" série télévisée avec l'acteur Mike Connors.
LA-BATAILLE-DU-BOULOU
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BATAILLEBOULOUIGN

  
Avec ce circuit pédestre (*) à partir du Boulou en direction du lieu-dit  le « Pla del Rey », il n’y a pas réellement un objectif bien défini à atteindre mais un but plus général qui est celui de faire le tour d’un ancien champ de bataille. Ce champ de bataille, c’est celui que les historiens ont intitulé la « Bataille du Boulou (*) » opposant les républicains français et les royalistes espagnols lors de cette terrible guerre que l’on trouve dans les manuels et livres d’Histoire sous des vocables très divers : guerre du Roussillon, guerre de la Convention, guerre de Catalogne, guerre des Pyrénées et bien sûr sous la dénomination très générique de « guerre franco-espagnole » Ce conflit a duré de mars 1793 à juillet 1795 et a opposé la France révolutionnaire gouvernée par une assemblée constituante appelée « Convention Nationale » à l’Espagne et au Portugal. Ces affrontements du Boulou correspondent à une toute petite partie du conflit et ne concerne bien évidemment que le front oriental pyrénéen d’une guerre bien plus longue, bien plus étendue dans toute la chaîne pyrénéenne et bien plus complexe entre la France et ce que l’on a appelé la Première Coalition, groupe de royaumes européens alliés pour la circonstance et dont l’origine est consécutive aux bouleversements que la France vient de connaître après la Révolution de 1789. Si la bataille du Boulou de 1794 s’est soldée par une large victoire française, dont le général Dugommier fut le grand artisan et au point qu’en 1836,  elle fut inscrite sur le pilier ouest de l’Arc de Triomphe, on doit impérativement mettre le mot « bataille » au pluriel. En effet, deux batailles bien distinctes se sont déroulées dans ce secteur. Une toute première conduite par le général Louis Marie Turreau a commencé le 13 octobre 1793 et elle s’est terminée par une large victoire du camp espagnol, victoire longuement ignorée car classée par le secret défense. Alors bien sûr, même si l’Histoire ne retient parfois que la victoire, dont l’expression bien connue rappelle qu’elle est toujours plus belle, ici sur le parcours de cette jolie balade pédestre, on n’occulte pas la défaite et c’est très bien ainsi. Bon, le but de cet article étant de vous expliquer ma balade et non pas de refaire l’Histoire, des spécialistes l’ayant déjà fait bien mieux que je ne pourrais le faire, je vous précise que le départ ne s’effectue pas depuis le centre-ville du Boulou, bien que rien ne s’y oppose, mais un peu plus au nord de la cité. Pour cela et si vous arrivez de Perpignan, il faut emprunter l’avenue Léon-Jean Grégory, le boulevard du Pic Néoulous puis enfin la rue du Mas Descals que l’on va suivre jusqu’à passer sous le pont de l’autoroute La Catalane. Là, à l’intersection, on tourne à droite et l’on poursuit le chemin du Mas Descals qui, par un pont, passe au dessus de la D.900. Peu de temps après, on emprunte la piste DFCI A30 qui descend à droite, enjambe un petit pont métallique vert. Le départ est là à quelques mètres avec un « bon » emplacement pour garer plusieurs voitures. Personnellement, j’avais garé ma voiture juste après le pont sur la D.900 mais j’ai très facilement retrouvé le vrai départ car un balisage jaune est déjà bien présent et en plus, de nombreux morceaux de rubans rouge et blanc sont attachés aux poteaux électriques. Le départ est matérialisé par un panneau résumant la bataille et expliquant le circuit pédestre : « Distance 7,7 km – Dénivelé 200 m – Durée 1h50 ». Il est précisé qu’à ce temps, il faut rajouter le temps passé à la lecture des 18 autres panneaux explicatifs. Il s’agit toujours de la piste DFCI A30 que l’on va suivre sur 1 km environ en longeant la rivière la Valmagne. Personnellement, j’ai pris beaucoup de plaisir à emprunter cette portion ombragée de l’itinéraire en bordure de la rivière car l’arrivée du printemps avait attiré de nombreux oiseaux en quête d’un accouplement naturel. C’est ainsi que j’ai pu voir et photographier un couple de canards colverts ainsi que quelques gallinules que l’on appelle plus communément « poules d’eau ». Les canards, les poules mouillées, de nombreux passereaux peu évident à photographier, sans compter la flore nouvelle m’ayant retardé plus qu’il ne fallait, à chaque écart qui se creusait, je devais presser le pas car Dany ne m’attendait pas. Pourtant, elle marchait normalement mais l’éveil de la nature n’étant pas réellement son « truc », je l’entendais me rappeler à l’ordre : « arrêtes de lambiner ! ». Heureusement, qu’elle ne me lançait pas des « arrêtes de dormir » car pour quelqu’un qui s’occupe d’un réveil, même s’il ne s’agit que de celui de la nature, c’eut été assez paradoxal. Heureusement,  quand Dany lisait les panonceaux expliquant la bataille cela me permettait de compenser un peu le retard que j’avais pris. Quand à mon tour, j’arrivais à hauteur du panonceau plutôt que de le lire, je le prenais en photo et je me disais que je serais bien plus tranquille pour en prendre connaissance à la maison et sur mon ordinateur. Aussi, en terminant cette balade, j’avoue que je ne connaissais pas grand-chose de ce qui avait été écrit sur ces panonceaux au sujet de cette bataille même si pour l’essentiel, j’avais lu pas mal de choses sur Internet auparavant. Au bout d’un kilomètre, au lieu les Falaises de la Valmanya, nous avons quitté la piste DFCI A30 au profit d’un autre chemin qui s’est mis à grimper vers le Pla del Rey. C’est ici, sur cette portion que se termine l’essentiel de la modeste déclivité. Au fur et à mesure que l’on monte, le sentier devient de plus en plus ocre puis même rouge par endroit comme si tout le sang qui avait coulé ici s’était dilué dans la terre sans pour autant disparaître complètement. Veinés de petites ravines, on voit clairement que ce sont les eaux pluviales qui ont creusé ces décors dans la terre ocre composée de grains de sable amalgamés. Les panoramas s’entrouvrent magnifiquement de toute part : sur une grande partie des Aspres bien sûr mais encore bien plus loin et bien évidemment comme souvent sur l’inévitable et superbe Canigou. Le Pla del Rey est un vaste plateau où les vignes, le maquis et les bois se partagent l’espace. Ici, il ne faut pas négliger de faire les quelques mètres qui nous séparent de la table d’orientation car cette dernière, dessin du paysage et paysage à l’appui, nous présente le plan de bataille de 1794. Nous, après cette jolie découverte, nous en avons profité pour organiser un pique-nique champêtre bien à l’abri de la tramontane et à l’ombre de quelques pins. Après une opulente salade, Dany s’est allongée pour une « copieuse » sieste et moi, j’en ai profité pour aller voir si la nature continuait d’être en éveil. Mais non, ici, pas de rivière et donc pas de volatiles mouillés mais seulement un maquis de hautes bruyères et de ronciers sur un terrain plutôt sec où seuls quelques passereaux vifs et craintifs élisent domicile. Néanmoins, quelques uns acceptent de pointer le bout de leur bec et juchés au plus haut d’un buisson, ils chantent à tue-tête en quête d’une âme sœur. C’est le seul instant où ils acceptent d’être photographiés. Quand ce ne sont pas les oiseaux, je me rattrape avec des papillons. Après la sieste et la photographie ; chacun son truc ; nous sommes repartis en direction de la chapelle Saint Luc. Construite à 204 mètres d’altitude au sommet du Puig Rodon, elle est située sur la commune de Passa. Un écrit historique en fait déjà mention en 1031 sous le vocable « Ecclésia de Podio Rotundo ». Ensuite, elle a connu un grand nombre de vicissitudes. Les guerres bien sûr, qui l’ont mises très souvent à terre, et au premier chef, cette Bataille du Boulou mais également la fatalité comme la foudre qui est tombée plusieurs fois sur elle ou bien encore le fait qu’elle était éloignée de Passa et qu’il y avait bien d’autres édifices religieux plus proches à gérer comme l’église paroissiale ou plus importants comme le Prieuré de Monastir del Camp. Enfin, longtemps occupée par de nombreux ermites, ces derniers n’avaient pas toujours les moyens de l’entretenir correctement. A chaque fois, elle a retrouvé vie grâce à la volonté des Passanencs. Aujourd’hui, et comme trop souvent en Roussillon, cette chapelle nous l’avons trouvée fermée et de ce fait, on retient surtout son emplacement qui est assez exceptionnel. On comprend immédiatement que l’endroit ait été un point stratégique. Après la chapelle, il ne reste plus qu’à finir cette courte promenade. Un peu de bitume, direction les mas d’En Bosch et des Pins, et bien avant de finir par la piste terreuse finale DFCI A30 prise à l’aller.  Toujours ponctuée de quelques panonceaux, j’ai retenu de la fin de cette balade qu’ici l’hémoglobine avait coulé à flots et des lieux-dits  restent à jamais écrit dans l’Histoire avec cette couleur dominante rouge sang : « Correc de la sang » et « Batterie de la sang » à la place du « Correc de la Loubatière » et de la « Batterie des Falaises de Valmanya ». Quand au Puig Sangli, je précise qu’il semble n’avoir aucun lien direct avec le sang mais d’après les étymologistes, il signifierait un lieu très boisé ou encore un lieu à « sanglier ». Du sang continue de couler mais désormais c’est celui des sangliers dont les chasseurs, bien sûr, vous diront qu’il est en surpopulation dans les Aspres. Voilà, cette balade prévue en 1h50, nous l’avons démarrée à 10h15 et finie à 14h15, soit 4 heures tout inclus. Entendez pique-nique, photos, lectures des panonceaux, et sieste. Au printemps, c’est si bon de dormir dans la nature quand celle-ci se réveille ! Ayons tout de même une tendre pensée pour tous ces hommes qui se sont endormis pour toujours. Sans eux, cette jolie balade n’aurait jamais été possible. Je précise que cette balade est également réalisable au départ de Tresserre ou de Passa. Enfin, grâce à de petits panonceaux spécifiques,  il faut noter que certaines portions du chemin sont communes avec une voie piémontaise du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle se dirigeant vers le Perthus puis l’Espagne. Carte IGN 2449 OT Céret – Amélie-les-Bains-Palalda – Vallée du Tech Top 25.
(*) Circuit pédestre de la Bataille du Boulou : En 2015, quand j'ai réalisé cette balade, j'ignorais qu'un petit livret reprenait l'essentiel de ce qu'il fallait savoir à propos de cette bataille et de ce circuit pédestre. Ce remarquable Hors-série N°1 diffusé par l'Association pour le Patrimoine de la Vallée de la Rome (ASPAVAROM) Maison de l'Histoire 66160 Le Boulou a été rédigé par Pierre VIGO et Amédine MAS. Ils sont les auteurs du livre mais également les concepteurs de ce ludique circuit. Il faut donc les remercier de cette besogne phénoménale accompli sur le terrain et de cet ouvrage qui nous permet de découvrir ce champ de bataille trop peu reconnu dans l'Histoire de France mais pourtant mentionné sur le fronton de l'Arc de Triomphe. Amédine MAS, avec laquelle j'ai lié d'amitié depuis, m'a très gentiment offert ce petit livret, aujourd'hui quasiment introuvable, et comme j'adore l'Histoire, j'ai eu grand plaisir à le lire. Livret en mains, il faudra que je retourne sur le terrain, je leur dois bien ça ! N°ISSN du livre : 1248-1793.

Le Circuit de la Bataille du Boulou depuis le Boulou

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Le Prieuré de Marcevol et la chapelle Sainte Eulalie (656m) depuis Vinça (250 m)

Publié le par gibirando

 
J'ai volontairement agrémenté ce long diaporama de 3 adagios qui ont pour titres et sont successivement interprétés par  : "Adagio" de Samuel Barber par Kronos Quartet, "Adagio cantabile - Romance for Violin and Orchestra No.2 in F major, Op.50" de  Ludwig Van Beethoven par le Budapest Symphony Orchestra avec Dénes Kovács et György Lehel et " Agnus Dei - Adagio for Strings Op.11 N°2" de Samuel Barber par le Malmö Opéra Orchestra et Joseph Swensen.

LE-PRIEURE-DE-MARCEVOL
PRIEUREMARCEVOLIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Avant de commencer la lecture de cet article, je vous communique une information toute récente que m’a communiquée une amie, à savoir qu’un projet d’une usine d’enrobés, plus couramment appelé goudron ou bitume, est envisagé à Vinça à proximité du lac. Radio France Bleu a déjà fait écho de cette affaire. Pour en savoir plus, il suffit de cliquer ici.  Un collectif d’habitants de Vinça a été crée contre l’implantation de cette usine et une pétition est déjà en circulation dans la commune et la région. Cette pétition, je ne l’ai pas trouvée sur le Net mais si tout comme moi, vous êtes défavorable à ce projet, vous pouvez d'ores et déjà faire part de votre désapprobation en contactant le collectif (voir article de l’Ouillade.eu) et en diffusant cette information auprès du plus grand nombre. On connaît les risques que présente cette industrie même si elle a fortement tendance à les cacher. (Voir article du Monde).

 

Pour avoir droit à une découverte guidée du Prieuré de Marcevol, il faudra sans doute que j’y retourne. Après tout, si c’est le cas, ce ne sera que la quatrième fois que le joli édifice religieux aura droit à ma visite pédestre. En effet, il y a de nombreuses années, j’avais déjà accompli cette balade à partir du lac de Vinça mais ce jour-là le prieuré était fermé pour cause de travaux de restauration. Puis, j’y suis retourné en septembre 2011, lors de la première étape de mon Tour des Fenouillèdes effectué avec mon fils, mais là, nous allions camper à Eus et nous n’étions que de passage à Marcevol. Qui plus est, ce jour-là, c’est sous un ciel plombé chargé de gros nuages gris que nous y sommes passés et de ce fait, nous avions volontairement « zappé » sa visite, de crainte de « choper » la pluie. Cette fois, tout est de ma faute car je suis parti la fleur au fusil, sans me soucier si le bâtiment serait ouvert ou pas,  et là, pas de bol, car nous étions le 26 mars et les visites annuelles commençaient le 1er avril.  Non, ce n’était un « poisson » d’avril et on m’a néanmoins donné la permission de visiter l’église qui était ouverte. Alors, je n’ai pas tout perdu car en plus j’ai eu droit à la lecture d’une plaquette explicative de l’histoire du prieuré et désormais je le connais un peu mieux. Encore une fois, ma balade a démarré depuis le barrage de Vinça et plus exactement à l’extrémité du pont enjambant la retenue. Il s’agit de la départementale D.13 filant vers Tarerach.  Il faut savoir qu’à Vinça, il existe une porte médiévale dite de Marcevol, encore appelée « Porte de France » et la logique aurait voulu que le parcours démarre de là-bas mais j’ai estimé que la randonnée était déjà suffisamment longue. En tous cas, c’est dire l’importance que ce chemin devait avoir au Moyen-Âge.  En outre, au bout du pont, des panonceaux de randonnée ne peuvent être plus explicites. Pour le premier, il est indiquait : « Sentier d’Emilie – Le Prieuré de Marcevol – 2h10 AR »  quand au second, il mentionne Marcevol par l’interminable G.R.36. Mais rassurez-vous, ici pas question de rejoindre Ouistreham dans le Calvados et seul un court tronçon sera cheminé. Voilà, le départ est là et si personnellement j’ai beaucoup tardé à démarrer cette balade, c’est parce que je suis resté très longtemps scotché en contemplation devant un magique Canigou enneigé et un superbe lac bleuté et scintillant bordé par endroits de flamboyants mimosas. En plus, au milieu du lac mais plus souvent sous le pont, un couple de grèbes huppés était entré dans une superbe parade nuptiale. Dans leurs étonnantes postures, ils étaient à la fois tendres et très drôles avec leurs collerettes rousses et noires. Parfois, le mâle se dressait sur l’eau en déployant cette étrange collerette devant sa belle et l’on avait l’impression  qu’il avait un magnifique tour du cou en fourrure comme on en voit parfois sur des femmes très élégantes. Un spectacle délicieux très étonnant qui s’est renouvelé le soir à mon retour mais beaucoup plus loin au centre du lac. Au moment où j’amorçais le bon dénivelé, de nombreux colverts ont décollés du lac et se sont envolés dans un ciel azur, rajoutant un peu plus d’animation à ce tableau déjà bien merveilleux.  Si la distance pour atteindre le prieuré est plutôt modeste avec 2,5 kilomètres à parcourir, la dénivellation est d’environ 310 mètres, ce qui donne un pourcentage moyen de pente de 12%. C’est donc un terrain plutôt exigeant d’autant qu’il est parfois très caillouteux. Le balisage, lui, est très bon, blanc et rouge comme tout bon G.R qui se respecte mais il faudra faire attention à y rester et à ne pas partir tout droit en direction du lieu-dit « El Pedrar ». C’est par là que nous reviendrons au retour. Cet itinéraire caillouteux et parfois rocheux, on tente de l’oublier grâce aux somptueux panoramas que l’on embrasse. Parfois, il faut se retourner pour contempler le Canigou et la suite des Pyrénées au sommet de leur beauté en cette saison et surtout très proches vu d’ici.  Le sentier, sans doute emprunté par les muletiers au temps jadis, est parfois pavé de gros galets et il est également bordé de murets et de terrasses en pierres sèches. Il y a plus longtemps encore, il a également connu une période très glorieuse au temps où les pèlerins en route pour Saint-Jacques de Compostelle y passaient en grand nombre pour obtenir des grâces au monastère. De ce fait, on y découvre également un oratoire, mais aussi quelques abris de bergers et parfois de vieux orris délabrés. Le plus surprenant, ce sont sans doute ces quelques menhirs granitiques que l’on découvre tels des montjoies dressées et dont on est en droit de se demander s’ils sont complètement naturels ou bien sculptés par l’homme afin de marquer ce sentier qui a probablement servi aux transhumances. Ces vestiges du pastoralisme et cette géologie, on les découvrira lors du retour également. Ces aménagements tout au long du sentier nous rappellent qu’ici les hommes l’ont emprunté bien différemment que pour le seul plaisir d’une randonnée pédestre. Ici dans ces collines ensoleillées que l’on appelle « soulane », l’agropastoralisme et le nomadisme étaient essentiels sur un plan socio-économique. C’était à une époque où la révolution industrielle et notamment l’agriculture moderne et parfois trop intensive n’avaient pas encore provoqué leurs effets néfastes comme l’exode rural et la « question sociale ».La végétation est typiquement méditerranéenne comme toute cette partie haute et ensoleillée de la Vallée de la Têt avec bien évidement des chênes verts, de flamboyants genêts en fleurs, plusieurs variétés de cistes, des bruyères, des ajoncs, des genévriers, des filaires et des romarins pour ne citer que les plantes les plus communes. Une fois Marcevol atteint, on ne pourra sans doute qu’être d’accord avec la description qu’en fait le site Internet du prieuré : « Qui n’est jamais venu à Marcevol ne connaît pas tout de la beauté du monde » puis il rajoute « De vieilles pierres dans un paysage majestueux, un air pur et une nature authentique, le calme, la sérénité, et un accueil chaleureux : Marcevol est le lieu idéal pour chercher l’inspiration, créer, méditer, se retrouver en groupe ou en famille. C’est aussi un cadre propice à l’accueil de stages qui bénéficient d’un hébergement de qualité, d’une logistique efficace et d’un espace de travail tranquille. Loin de l’agitation du monde, et pourtant si près des sites touristiques et des activités de loisirs, vous y serez bien. Tout simplement. » Vous l’avez bien compris, et même si des visites guidées y sont organisées à certaines périodes de l’année, le prieuré est avant tout un gîte recevant des groupes ou des familles et j’avoue que j’ignorais totalement cet aspect-là des choses. En effet,  je me souviens avoir galéré en vain pour trouver un lieu d’accueil lors de la première étape de mon Tour des Fenouillèdes de 2011, étape entre Trilla et Eus et au terme de laquelle, avec mon fils, nous avions été contraints de bivouaquer. C’est donc une très bonne initiative que d’avoir redonner à ce prieuré un peu de cette hospitalité originelle et fraternelle en le transformant en gîte d’accueil et d’étape, même si rien n’est gratuit désormais. Après, la découverte du site et de l’église étrangement fortifiée et très belle sur la plan architectural mais plutôt vide, or mis des bénitiers et quelques panonceaux qui en expliquent la longue histoire (voir le site du prieuré pour plus de détails)), j’ai fait mon « petit » curieux  en partant tout autour du prieuré puis plus tard vers le hameau de Marcevol que j’ai rapidement visité. Avec moutons et chevaux, j’y ai constaté que l’élevage n’avait pas complètement disparu. J’y ai découvert une minuscule bourgade d’un calme olympien, amplement fleurie, avec de petits jardins et patios secrets, de jolies maisons bien rénovées et bien évidemment son étonnante chapelle romane Nostra Senyora de las Grades datant du 11eme siècle et dominant le reste du hameau. J’ai quitté ce dernier en poursuivant le sentier du G.R.36 en direction de Tarerach mais par le chemin dit de Campoussy. Attention, le G.R.36 est parallèle à une piste qui se trouve sur la gauche et indifféremment, on peut emprunter l’un ou l’autre. Même si j’ai personnellement emprunté le G.R.36 que je connaissais bien, si vous prenez la piste, celle-ci vous amènera plus facilement à l’église Sainte Eulalie d’Arboussols qui est le deuxième objectif majeur de cette balade. Blottie dans un magnifique cadre de verdure, on en faisait déjà mention dans un document historique datant de l’an 1011. C’est une chapelle romane assez classique avec une seule nef mais son décor verdoyant et en balcon sur le village et face au Canigou constitue une halte idéale pour y organiser un pique-nique. En tous cas, une pause bien méritée sera toujours bien bienvenue dans ce havre de paix. Après la découverte de Sainte Eulalie, on termine la piste et l’on emprunte la petite route bitumée qui descend vers le village d’Arboussols. On en profite bien évidemment pour visiter le vieux village en se dirigeant vers son église paroissiale consacrée à Saint-Sauveur puis en flânant dans ses ruelles avant de rejoindre la D.35 descendant vers Marquixanes. Après la sortie du village, on emprunte la route sur 800 à 900 mètres jusqu’à découvrir un large chemin qui par la gauche descend dans un vallon. Pour plus d’informations, il faut poursuivre jusqu’à un oratoire et le large chemin est situé peu après. Ce chemin se rétrécie,  et se transforme en une étroite sente se faufilant comme toujours dans une végétation de type garrigue. Ici, le balisage est fréquemment ponctué de points bleus, surtout au début puis ensuite on trouve des marques de peinture jaune. Il est assez souvent matérialisé par des cairns. Ce vallon, c’est celui du Correc de la Coma de Pedris, petit ruisseau que l’on ne va pas tarder à rencontrer et à enjamber à l’endroit même où il est rejoint par le Correc de la Font d’en Guit. Ce dernier correc, c’est le même que celui traversé juste avant l’église Sainte Eulalie. Lors de mon passage, ces deux ruisseaux coulaient à flot et plusieurs grenouilles étaient juchées sur des rochers. Le sentier se poursuit rectiligne et en balcon au dessus du ruisseau désormais unique et qui au fil de l’itinéraire se mute en un petit torrent plus impétueux au sein de gorges de plus en plus encaissées. Les vues continuent à s’entrouvrir magnifiquement sur l’ample et longue Vallée de la Têt. Peu à peu, le sentier s’écarte du ravin du Correc de la Coma de Pedris et finalement il coupe un ruisseau plus petit, celui du Correc de Perdigot. 400 mètres plus loin, on retrouve le G.R.36 pris ce matin. Si la montée caillouteuse et rocheuse de ce matin était difficile, le retour tout en descente nécessite encore plus de prudence et de vigilance. Finalement les vues s’entrouvrent une nouvelle fois sur la retenue d’eau du barrage de Vinça, beaucoup moins belle et beaucoup moins bleutée que ce matin car entre temps, la météo a malheureusement tourné à la grisaille. Une grisaille qui ne freine pas les ardeurs de nos deux grèbes huppés qui continuent à jouer au milieu du lac et sans hasard aux jeux de l’amour et de la gloutonnerie. Ils paradent et quelques minutes plus tard les voilà qui plongent plusieurs minutes à la poursuite de quelques poissons à se mettre dans le bec. Un nouveau spectacle grandeur nature qui me scotche encore une fois au bord du lac. Vous l’aurez bien compris si les édifices religieux et les hameaux de Marcevol et Arboussols sont les principales curiosités de cette balade, il n’y a pas que ça. La flore et la faune y sont bien présentes pour peu que l’on sache les observer.  Telle qu’expliquée ici, cette randonnée a été longue de 14 kilomètres environ. Les montées cumulées ont été de 820 mètres. Le dénivelé est de 406 mètres, le niveau le plus bas étant la ligne de départ à 250 mètres et le plus élevé étant la Chapelle Sainte Eulalie à 656 mètres. Bon équipement et notamment bonnes chaussures à tiges hautes sont indispensables sur ce terrain parfois très caillouteux. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

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Le Montolier de Périllos (707 m) et la Cauna depuis Périllos (360 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de plusieurs chansons du groupe américain "The Beach Boys". Elles ont pour titres : "God Only Knows", "Dance, Dance, Dance", "I Get Around", "Don't Worry Baby", "Beach Boys Medley", "Fun, Fun, Fun", "Good Vibrations" et "You're So Good To Me".

Quand je regarde au bout de ma rue vers le nord, je ne vois que lui : le Montolier de Périllos avec sa petite boule blanche. Enfin, de chez moi, la petite boule blanche, qui n’est ni plus ni moins que le radôme d’une station météo, n’est pas plus grosse qu’une tête d’épingle et quand je dis que je ne vois que ce sommet, encore faut-il aimer ou s’intéresser aux collines pour y prêter attention. C’est mon cas. Pourtant si je connais un peu le hameau de Périllos pour y avoir fait quelques visites il y a très longtemps et quelques investigations sur le Net plus récemment, jamais encore l’idée ne m’était venue d’aller voir de près ce « mont des oliviers », traduction toponymique du nom « Montolier ». Je voulais donc réparer cette lacune et c’est ainsi que par une belle journée de fin d’hiver, je me suis retrouvé à grimper vers cette croupe calcaire que depuis « belle lurette », j’apercevais de mon jardin. Cette excursion au pays du secret village de Périllos, de son Montolier et de sa « Caune » sous forme d’un circuit n’a pas été simple à programmer car or mis la piste qui monte au radar je n’avais aucune certitude sur le reste et la suite de l’itinéraire à accomplir. En effet, rien sur la carte IGN n’indique que l’on puisse accomplir une boucle et une fois encore, j’ai eu recours à Internet pour trouver une trace GPS qui me convenait. C’est donc avec un tracé trouvé sur Wikiloc que je suis parti vers Opoul puis vers Périllos ce 11 mars 2015. Avant d’arriver au village, j’ai laissé ma voiture sur un terre-plein à l’endroit même où la route y menant forme une fourche avec la voie carrossable montant au radar. Autant que je me souvienne, il me semble avoir vu un transformateur électrique sur la droite de la route. Là, j’ai poursuivi cette voie montant vers la radôme sur quelques mètres puis j’ai tourné à droite toujours sur une portion bitumée mais sans issue. En réalité, la seule issue est un sentier qui entre de plein pied dans la garrigue et dont le balisage est essentiellement matérialisé par des cairns. Quand on est là, on a une étrange vision de Périllos. Dressé sur son dôme presque essentiellement rocailleux,  ce n’est pas celle d’un vrai village et avec sa vieille tour délabrée et ses deux ou trois seules maisons que l’on aperçoit dont certaines en ruines  c’est plutôt une hameau spectral comme une apparition annonciatrice de mauvais présages. Tout en marchant, je me demande si ce n’est pas cet aspect-là qui a donné à Périllos, sa renommée de bourgade mystique et secrète. Tout en progressant, je laisse deux ou trois ruines et les vestiges de quelques épierrements au lieu-dit Camp de l’Espinet. Après vérification, je suis bien sur le sentier enregistré sur mon GPS et téléchargé sur Wikiloc et il ne me reste plus qu’à suivre les cairns assez nombreux il est vrai pour ne pas s’égarer. Ici, ce sentier est bien évidemment très caillouteux et il traverse même assez souvent de petits pierriers et de ce fait, certains randonneurs préféreront emprunter essentiellement la piste menant au radar météo. C’est évidemment une autre solution que celle que je propose ici. Il faut néanmoins savoir que ce sentier n’est pas là par hasard et selon une source cadastrale, il s’agit de l’ancien chemin muletier menant de Périllos à Embres-et-Castelmaure. Personnellement, ce terrain caillouteux, je l’ai assez vite oublié, occupé que j’étais à observer et à photographier les superbes panoramas qui s’entrouvrent au fur et à mesure que l’on grimpe. Sous de nombreux aspects ; géologie calcaire, éboulis, paysages, végétation, vestiges agropastoraux ; cette ascension me rappelle celle que j’ai faite il y a 2 ans, au Pic du Pied du Poul. Une première barrière rocheuse est franchie que l’on évite par la droite. Au sein d’une végétation plus dense mais toujours aussi méditerranéenne, composée surtout de genévriers, de buis, de nerpruns et de romarins, le sentier s’élève en balcon au dessus d’un ample ravin : la Coumaillas de l’Artigue del Nicolau. Une deuxième petite barre rocheuse est évitée et peu après on atteint une piste blanche et caillouteuse qui par la droite file à la station météo. En flânant, j’ai mis un peu moins d’une heure pour effectuer ce tronçon qui est l’essentiel du dénivelé. Ici, inévitablement, le regard commence à se poser sur tous les vastes paysages qui se font jour vers l’ouest et surtout vers le sud mais ce n’est qu’à l’approche de la « boule blanche » tant désirée que l’on jouit totalement des panoramas à 360° et encore faut-il parfois sortir du chemin pour avoir une vue parfaite vers le nord. C’est ainsi que j’ai aperçu divers lieues de randonnées comme l’ermitage Saint-Victor, le col de Feuilla et les différents étangs audois dont j’avais fait le tour lors de mon récent périple sur le Sentier du Golfe Antique. Du radôme,  il n’y a pas grand-chose à en dire car quand je l’ai atteint, il était absolument désert et avec sa boule blanche, ses bâtiments gris, modernes et carrés, entourés de hautes grilles, j’ai eu l’impression d’arriver sur une autre planète ou bien de visionner un film d’espionnage ou de science-fiction.  Le site est interdit, fermé, dépeuplé le jour de ma venue et donc « triste à mourir » même si la petite boule opaque et blanche se détachant dans un ciel azur, ça donne un aspect plutôt joli, énigmatique et céleste à l’ensemble. J’ai pris quelques photos mais j’en ai fait le tour presque essentiellement pour profiter pleinement des panoramas que je décrirais pour faire court comme un extraordinaire chemin de ronde méditerranéo-pyrénéo-catalano-audois, c'est-à-dire que l’on aperçoit quasiment tout le Golfe du Lion, les Pyrénées  et les plaines roussillonnaises et languedociennes du Cap Creus jusqu’au Cap d’Agde et ce malgré des brumes marines.  Après ces merveilleuses découvertes que j’ai ponctué d’un copieux casse-croûte, j’ai poursuivi le semblant de piste qui se dirige vers l’est en direction d’un pylône électrique. A gauche et à quelques mètres du pylône, j’ai retrouvé deux cairns matérialisant une porte et le départ d’un sentier balisé de marques de peinture rouge. A la lecture de mon GPS, j’ai eu l’assurance d’être sur le « bon » sentier enregistré dans ce dernier et j’ai donc entamé mon retour vers Périllos dans une descente où la végétation de plus en plus foisonnante était essentiellement composée de chênes verts et kermès. Là, par inattention, je me suis laissé entraîner par le balisage rouge filant vers le petit Pech de Catari et heureusement qu’à un moment ce balisage est devenu bleu, ce qui m’a obligé à revérifier mon GPS. J’avais bien loupé une bifurcation ! Alors bien sûr, j’ai fait demi-tour et grâce à mon tracé GPS, j’ai retrouvé assez facilement au sein du bois de chênes, l’intersection à prendre toujours matérialisée par un cairn et un bout de ruban rouge et blanc accroché à une branche que je n’avais pas vu lors de mon premier passage. Alors, bien sûr, si vous envisagez de faire mon parcours sans GPS, il vous faudra oublier ce balisage rouge et vous en tenir essentiellement aux cairns avec parfois la nécessité d’être très attentif et notamment ici au sein de ce sous-bois. Dans la descente, le sentier est étroit mais devient plus évident. Les cairns y sont encore bien présents et peu à peu, on va perdre la boule….blanche de vue. Le sentier coupe diverses petites « coumes », atteint un large chemin que l’on ne va plus quitter jusqu’à la côte 355 sur la carte IGN au lieu-dit « Planals de la Caune ». Là, un autre chemin prend le relais et file à gauche du singulier « Roc Merdeu » dont la toponymie n’est pas évidente et en tous cas pas celle que l’on croit (*). Le chemin finit par se perdre mais en prenant à gauche et à travers la végétation, la belle grotte dite de « La Cauna » est déjà là. Je précise que 250 mètres plus au sud de la côte 355, un chemin beaucoup pratique mène à cette grotte. Je vous le conseille donc. La visite de la grotte est à faire même si au fil du temps, elle a été amplement visitée, peu respectée et parfois même vandalisée. Bien sûr, en regardant toutes ces stalagmites, stalactites et autres draperies décimées, on déplore et on désapprouve ce consternant saccage.  Moi, j’y ai vu une grille de barbecue, plusieurs bouteilles en verre que j’ai mises dans mon sac à dos et divers déchets alimentaires. J’ai même trouvé un collant en nylon que Madame Cro-Magnon avait sans doute oublié après ses ébats amoureux avec l’Homme de Tautavel. Non, blague à part, il y a quand même des porcs qui se baladent aussi. En contrepartie de ces horreurs,  j’ai eu la chance d’y parvenir et d’y entrer à une heure où les rayons du soleil, plongeant dans la caverne par une trouée dans sa voûte, créaient un magnifique éclairage aux tons orangés. A l’intérieur, les parois avaient des nuances d’un très bel effet passant du blanc à l’ocre puis à l’orange selon la lumière. Il faut bien reconnaître que c’était beau. J’ai quitté la grotte après la visite de son ouverture supérieure. Là, j’ai retrouvé quelques cairns et un sentier se faufilant entre d’abondantes tiges séchées de férules et quelques vestiges d’un agropastoralisme oublié depuis longtemps.  Le sentier s’est dirigé vers le petit ravin de la Coume de Ferro, l’a atteint puis l’itinéraire a continué dans son lit asséché en longeant sur sa gauche une haute falaise et sur sa droite quelques éboulis. Droit devant, la tour fantomatique du château ruiné de Périllos est apparue dans un soleil couchant et un ciel bleu s’assombrissant. Finalement le sentier a débouché dans une parcelle plantée de vignes et à droite d’un grand lopin de terre en jachères. La petite chapelle Santa Barbara était là, perchée sur son modeste monticule rocheux. Une courte visite du joli petit édifice et il ne me restait plus qu’à fermer cette boucle idéalement. J’ai donc pris la seule décision qui s’imposait : partir à la découverte du pittoresque hameau de Périllos que je n’avais plus vu depuis une vingtaine d’années, mais dont j’avais entendu dire qu’il reprenait vie depuis une décennie. J’ai traversé la route puis un champ en friches, pris un raccourci retrouvant la route, repris un autre raccourci coupant encore la route puis finalement un chemin creux m’a amené jusqu’au hameau ruiné. Là, et même si le hameau était désert, j’ai retrouvé un site bien différent de celui que j’avais connu. De nombreuses maisons sont encore à terre mais c’est très encourageant de voir que plusieurs d’entre-elles ont retrouvé leur lustre d’antan. J’y ai même découvert avec étonnement un « hostal », c'est-à-dire une auberge faisant sans doute buvette en été.  Le renouveau de ce hameau perdu et ces travaux de réhabilitation dans ce site isolé et donc sauvage mais d’une incroyable beauté, on les doit paraît-il à  « Terre de pierres », une association locale mais sous couvert du mouvement « Rempart », réseau d’associations au service du patrimoine composé de participants essentiellement bénévoles chargés de travailler dans les règles de l’art et le respect de la tradition des sites à restaurer. Autant dire qu’à Périllos le boulot est encore immense mais avec beaucoup de courage, d’abnégation et de volonté, il faut parier qu’un jour le village renaîtra complètement de ses cendres et de sa poussière. On ne peut que le souhaiter, lui dont l’Histoire est si riche, si mystérieuse parfois mais surtout si chaotique car parsemée de guerres et de calamités. J’ai beaucoup apprécié cette randonnée mais je suis contraint d’arrêter là cet article car je m’aperçois que j’ai encore tant de choses à lire et à découvrir de Périllos. Cette jolie et sauvage balade, telle que décrite ici, a été longue de 11 kilomètres environ pour des montées cumulées de 635 mètres. Le dénivelé est de 387 mètres, le point culminant à 707 mètres étant notre objectif : le Montolier de Périllos. Si vous sortez des sentiers, méfiez-vous des avens très nombreux par ici et qui ne sont pas tous signalés, notamment les plus petits. Solides chaussures à tige haute sont conseillées et cette balade est sans doute à éviter un jour de forte canicule. Carte IGN 2547 OT Durban – Corbières - Leucate - Plages du Roussillon Top 25.

(*) le Roc Merdeu : Le Roc Merdeu, tout proche de la Cauna, doit sans doute son nom à la contraction de l'expression "mare de deu" c'est à dire "mère de dieu". D'autres toponymistes pensent qu'il pourrait avoir pour origine le mot "marde" signifiant fosse, fossé ou encore ravin.

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Le Refuge du Gai Sourire (1.076m) et le Ravin de Tulla depuis Fenouillet (443 m)

Publié le par gibirando

 Ce diaporama est agrémenté de plusieurs morceaux de musique et chansons contenant le mot "Smile", c'est à dire "Sourire. Leurs titres et interprètes sont : "The Shadow Of Your Smile" par Sonny Stitt (saxo), "Smile" par Rickie Lee Jones (chant), "Can't Smile Without You" par Barry Manilow (chant), "The Shadow Of Your Smile" par Astrud Gilberto (chant) et Stan Getz (saxo), "Smile" par Nat King Cole (chant) et "The Shadow Of Your Smile" par Frank Sinatra (chant).

LE-REFUGE-DU-GAI-SOURIRE

GAISOURIREIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Gai Sourire ou plus exactement le Refuge du Gai Sourire. La première fois que j’ai vu ce nom-là sur une carte IGN, je me suis dit « quel joli nom pour un refuge ! » puis dans la foulée, j’ai pensé « qu’il doit être agréable d’aller si réfugier ». Alors bien sûr rien ne s’y oppose car un refuge de montagne c’est fait pour ça. Mais, car il y a un « mais » et même plusieurs, c’est que si vous souhaitez vous y rendre en groupe, voire à quelques-uns et éventuellement envisager d’y passer une nuit, je vous le déconseille très fortement. En effet, le terme de refuge est ici quelque peu galvaudé car Gai Sourire n’est qu’une toute petite cabane O.N.F de quelques mètres carrés seulement, c'est-à-dire un simple abri forestier. Si à cette toute petite surface, on enlève la place prise par la cheminée et celle occupée par une petite table et deux bancs scellés au sol autant dire que l’espace vacant se réduit presque à celui d’un placard à balais.  Il n’y a donc aucun bat-flanc ni aucun lit, et si vous êtes seul, peut être pourrez-vous vous glisser dans un sac de couchage derrière la porte et encore, j’exagère à peine.  Moi, j’y suis allé à plusieurs reprises mais vous l’aurez bien compris, jamais pour y dormir. La première fois, c’était presque par pure curiosité que j’étais parti de Gincla pour une petite balade jusqu’au refuge. La deuxième fois, en 2011, je l’avais redécouvert lors de Mon Tour des Fenouillèdes effectué avec mon fils et enfin la troisième fois, c’est le jour de cette longue randonnée au départ de Fenouillet que je vous raconte ici. Alors quel intérêt d’y aller me direz-vous ? Pour s’y réchauffer un instant lors d’une balade hivernale mais pas que et je vais y venir.

10 h du matin, je suis à La Vilasse et sur le parking qui jouxte l’église et la mairie de Fenouillet. La Vilasse est le principal noyau d’habitations, car comme j’avais déjà eu l’occasion de vous le dire lors du circuit des 3 châteaux, la commune de Fenouillet est éclatée en de multiples petits hameaux assez dispersés. J’emprunte la petite route qui descend en direction des Nautes, je passe devant un puits, quitte la route et poursuit le chemin qui continue de descendre. Je suis sur le G.R.36 ou tout du moins sur une de ses multiples variantes passant dans le secteur et qui en permettent la découverte. Juste après un petit crucifix, je tourne à droite et retrouve la route bitumée au lieu-dit le Moulin. Les Nautes sont à gauche mais comme à cet endroit il y a pléthore de panonceaux indicatifs de randonnées, le nôtre bien évidemment fait partie du lot : « GRP TFEN » avec un balisage jaune et rouge ce qui signifie « GRP Tour du Fenouillèdes ». Un autre panonceau un peu plus vieux est plus explicite « Gîte d’étape - GRP Fenouillèdes » mais sans balisage celui-ci. On poursuit jusqu’aux proches Andrigotes en ignorant tous les autres panneaux rencontrés et on monte par un court raidillon vers le hameau des Bordes. Ici, sur la cocasse « 7eme Avenue », si tout comme moi, vous avez des relations privilégiées avec la gent animale, vous vous laisserez distraire par un cortège de chiens qui viendront vous faire des fêtes et vous réclamer des câlins. Et très souvent, comme quelques chats ne sont pas en reste, moi j’y passe toujours un certain temps à n’oublier personne. Là, aux Bordes, on retrouve un nouveau panonceau « GRP TFEN » avec la mention « Col de Tulla ». Cet itinéraire vers le gîte de Tulla (Tuilla) et le col éponyme, on ne va plus le lâcher. Après la sortie du hameau, on fera toute de même attention à ne pas prendre une mauvaise piste qui part à gauche en direction des anciennes mines de feldspath puis un peu plus loin, il faudra délaisser la piste principale au profit d’un étroit sentier qui monte dans des chênes verts. Ici, la signalisation consiste en un simple poteau car le panonceau que j’ai connu semble avoir disparu. Une fois sur ce sentier, impossible de s’égarer car il n’y en a pas d’autres. Tout en montant, on découvre les ruines d’anciens cortals enfouis dans une dense végétation. Cette végétation change au fur et à mesure que l’on s’élève. Les chênes verts se dispersent et sont remplacés par des arbres plus imposants, hêtres et bouleaux notamment. Peu de temps après, les pins et d’autres résineux prennent peu à peu leurs places. En contrebas, le chant d’un étroit ruisseau se fait entendre, c’est celui du Ravin de Tulla dont on va découvrir un peu plus haut la source boueuse à proximité d’une petite cuve métallique.  Ce ruisseau, combiné à celui de la Bène et à quelques autres que l’on aura l’occasion d’enjamber dans la journée se rejoignent au fond du vallon que l’on a dominé depuis le départ. A Fenouillet, tous ces cours d’eau se jettent dans le Noir Ruisseau. Outre le Refuge de Gai Sourire, cette balade consiste aussi à faire le tour de ce profond ravin. Le Noir Ruisseau et quelques autres eaux souterraines ont joliment creusé les Gorges de Saint-Jaume que j’ai déjà eu l’occasion de décrire dans ce blog. Le sentier, essentiellement en sous-bois, alterne des portions très rocailleuses et d’autres plus moelleuses, les pierres étant agréablement remplacées par des ramilles ou des tapis de feuilles puis il débouche dans une petite prairie d’estives entourée d’une superbe forêt. Le beau gîte de Tulla surgit juste après dans son magnifique cadre verdoyant. Dieu sait si j’y suis passé très souvent devant ce beau bâtiment et pourtant je n’ai jamais osé pousser sa porte. Sans doute parce que je n’avais rien à y faire à l’intérieur mais surtout pour ne pas déranger inutilement les propriétaires de ce lieu si paisible. Par contre, je suis devenu le meilleur ami de leur chat noir et quand je le quitte, il me suit comme un petit chien jusqu’en direction du col. Alors, voyant que je ne lui prête plus attention, il se met à miauler comme je n’ai jamais entendu aucun autre chat le faire. C’est une espèce de hurlement de détresse, enfin c’est ce que je pense tant ce cri est angoissant et stressant. En arrivant au splendide col de Tulla avec sa belle forêt et ses jolies prairies, le silence est quasiment revenu et seuls les gazouillis d’innombrables oiseaux se font entendre. Quelques grives décollent des pelouses et s’enfuient en criant. Un couple de pigeons ramier s’envole à tire-d’aile sorti de nulle part. Une volée de pinsons décolle en éventail, se disperse et les passereaux disparaissent dans les pins sylvestres. Plus loin et en contrebas, un cheval solitaire me regarde et ne réagit pas à de nombreux craves à bec rouge qui jacassent autour de lui alors que je m’approche pour les photographier. Sur un pré, un écureuil roux me regarde avec ses yeux malicieux mais lui, ne semble avoir aucune crainte que je le photographie, occupé qu’il est à grignoter un pignon. Ouf ! Quel bonheur, ils sont tous plus ou moins enregistrés de mon appareil photo ! Il est 12 heures et le refuge du Gai Sourire n’étant plus très loin, je garde le programme prévu à savoir celui de déjeuner sur son aire de pique-nique où des tables et des bancs m’attendent. Ici, je me repose un instant sur l’herbe, le temps d’engloutir une barre de céréales et quelques fruits secs puis je repars en direction du col de l’Espinas comme l’indique un panonceau. De toute façon, je connais bien l’itinéraire qui file au refuge et en plus c’est toujours celui du Tour des Fenouillèdes que j’avais effectué dans l’autre sens voilà 4 ans. Ici, une mauvaise route en asphalte prend le relais en direction du col de la Bène mais on oublie très vite ce bitume sommaire car de beaux paysages commencent à se dessiner entre les troncs des arbres gigantesques. Peu à peu, les arbres se retirent et des panoramas époustouflants se font jour. Voilà, mon véritable objectif du jour ! Plus que le Refuge du Gai Sourire lui-même, voilà l’authentique but de cette balade. Je reste là, scotché au bord de la route, pendant de longues minutes, sortant mes jumelles du fond de mon sac à dos pour les ajuster et observer cette prodigieuse apparition. Cette vision, elle s’envole depuis cette superbe forêt de Boucheville, domine le ravin de Tulla et une immense partie du pays Fenouillèdes, longe la vallée de la Boulzane et l’interminable chaîne des Corbières, survole le Roussillon pour plonger dans la Méditerranée. 60 kilomètres à vol d’oiseau et en un seul regard dont je ne me lasse pas. Je vais y revenir. Quelques minutes plus tard, j’arrive au col de la Bène avec ses hêtres séculaires et colossaux, son aire de pique-nique et son minuscule refuge dont je cherche encore en vain l’origine de son joli nom « du Gai Sourire ». Cette expression un peu désuète de « gai sourire », on pourrait la croire pléonastique mais pourtant de grands écrivains comme Balzac ou Daudet l’ont largement utilisée dans leurs oeuvres. Le temps d’une courte visite du refuge, de quelques photos et je m’installe pour déjeuner. Face à moi, sur le tronc d’un grand hêtre, je retrouve des initiales gravées en 2007. Elles sont un peu plus creusées et un peu plus épaisses….un peu comme moi sans doute ! Au moment où je quitte le refuge et son esplanade, un grand rapace blanc survole la cime des hêtres ne me laissant guère de temps pour le photographier. Mais dans la foulée, un deuxième surgit et je parviens à le capter. Les volatiles disparaissent dans l’épaisse canopée mais une fois à la maison qu’elle ne fut pas ma surprise de savoir que j’avais photographié un vautour percnoptère dont j’ignorais la présence dans le pays Fenouillèdes. Je fais demi-tour, profitant au passage des panoramas déjà expliqués.  Mais avant de parvenir au col de Tulla, j’emprunte la piste DFCI F.39, long itinéraire tout en zigzag qui doit m’amener jusqu’au col de Boire. Là, commence une nonchalante descente essentiellement en forêt avec néanmoins quelques belles ouvertures sur les ravins en contrebas et les sommets forestiers alentours : roc de Boucheville, d’En Peillofo, Sarrat Naout. Si vous n’aimez pas les longues marches en forêt, ce retour vers Fenouillet, vous le trouverez certainement fastidieux mais moi, j’adore car j’ai toujours les sens en éveil. Pour moi, ce type de balade, c’est « L’appel de la forêt » de Jack London et avec mon appareil photo autour du cou, je deviens Buck, le chien qui hume la nature. Je suis constamment à guetter la moindre découverte et une fois encore, la nature va me réserver de bien belles surprises avec quelques mésanges colorées peu craintives que j’arrive à faire venir en soufflant dans mon appeau. Un peu après, deux pinsons juvéniles se baignant dans une flaque font le spectacle, puis c’est un joli chevreuil broutant en contrebas de la piste que je surprends en zoomant mais pas pour très longtemps car lui aussi m’a flairé.  Dans les espaces ensoleillés, les premiers papillons sont déjà de sortie avec de magnifiques Paons de jour et des Vulcains mais aussi quelques Aurores et Soucis qui ne se posent jamais. Enfin, je surprends un superbe coucou geai à proximité du Prat del Rey. Un couple de ces magnifiques oiseaux que j’ai également aperçu en vol,  semble s’être installés à proximité du nid d’une pie bavarde que j’ai photographié dans un pré. Il faut savoir que la femelle coucou geai a pour habitude de déposer ses œufs dans le nid d’une femelle corvidé la laissant ainsi s’occuper de ses rejetons. Entre ces nombreuses leçons de sciences naturelles grandeur nature, le reste de l’itinéraire a été largement rempli avec de beaux paysages : vues vers les pechs de Fraissinet et des Escarabatets, sur cette Pelade que j'aperçois parfois et dont j'envisage de faire son tour, sur Fenouillet, sur la vallée de la Boulzane, sur le Pech de Bugarach et bien évidemment sur les principaux décors arpentés du jour : ravins encaissés avec tout autour l’immensité de cette ancienne et merveilleuse forêt royale de Boucheville. Après le col de Boire et son insolite borne 51 (ça ne s’invente pas !) où j’ai profité de biens jolis panoramas pour finir mon casse-croûte, j’ai délaissé les pistes principales. D’abord celle allant vers la Source des Verriers (un 51 ça va, trois bonjour les dégâts !)  puis celle se dirigeant vers le col del Mas au profit de la piste DFCI F.39bis descendant vers Fenouillet. Finalement peu avant d’arriver au Roc de la Martine, j’ai abandonné cette piste et j’ai emprunté un étroit sentier balisé en jaune qui descendait direct vers  le lieu-dit « Lou Prat del Rey ». Entre des haies de pins, de buis, de bruyères et de chênes verts, après avoir longé puis enjambé un limpide petit ruisseau, l’étroit sentier m’a amené sur un large chemin creux se faufilant au milieu de grandes prairies. Ici, du haut de ses ruines, le Castell Sabarda domine ce cadre clair et verdoyant puis s’est au tour du château Saint-Pierre d’apparaître mais les maisons de Fenouillet sont déjà là. Il est exactement 17h45 quand j’arrive au parking de la Vilasse et cette longue et belle flânerie de 22 à 23 km environ a duré 7h45. Le dénivelé a été de 633 m, le refuge du Gai Sourire représentant le point culminant à 1.076 m d’altitude et le Moulin des Nautes à 443 m le point le plus bas. Quand aux montées cumulées, elles sont de 2.200 mètres environ sur le parcours décrit. En raison des nombreuses pistes sillonnant cette contrée, vous pourrez organiser et adapter votre randonnée selon votre guise. Attention néanmoins à bien rester sur des chemins fréquentés certains peu utilisés pouvant être embroussaillés voire carrément impraticables. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

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Le Prieuré Santa Maria del Vilar depuis Villelongue-dels-Monts

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons interprétées par les chœurs
de "The Cambridge Singers" Elles ont pour titre : "This Is The Day" avec "The Aurora Orchestra" dirigé par John Rutter, "Look At The World" puis "Christmas Night" avec "The City of London Sinfonia" dirigé par John Rutter.

Avant de faire le récit de cette balade au prieuré Santa Maria del Vilar, je veux d’abord remercier Madame Lucette Triadou. Simplement la remercier car les hommages et les honneurs mérités, elle en a déjà eu plus que son lot : Légion d’honneur, Monuments Historiques, Bâtiments de France, Association des vieilles maisons françaises, Direction régionale des Affaires Culturelles, etc…etc….Sans elle, cette balade loin du vacarme de la vie quotidienne n’aurait sans doute jamais existée et bien plus grave, le superbe prieuré, notre objectif, n’aurait jamais revu le jour et surtout la lumière, enfoui qu’il était sous la végétation depuis des décennies. Toutes mes balades nécessitant presque toujours un but, si j’avais été à la place de Lucette, je crois que jamais je n’aurais découvert ce prieuré. Alors, remercions-la une fois encore d’être venue se balader en toute simplicité dans ce joli coin des Albères, d’avoir eu la curiosité de découvrir ce site merveilleux, de s’y être intéressé et surtout de l’avoir acheté en 1993. Mais le plus difficile était encore devant elle. Alors remercions-la aussi d’avoir eu le courage et la ténacité de le restaurer. Remercions aussi les nombreux et vaillants habitants de Villelongue-dels-Monts et tous les autres qui l’ont aidé dans cette tâche titanesque. Remercions cette petite communauté orthodoxe roumaine d’avoir accepté d’y vivre dans la prière. A côté de toutes ces contraintes, partir à sa découverte aujourd’hui en passant par El Reposador est de la « gnognote » même si la randonnée que je vous décris ici est un peu sportive. Comme indiqué, le départ s’effectue depuis Villelongue-dels-Monts et plus précisément depuis le Cami del Vilar. Indifféremment, vous pouvez démarrer du village ou bien d’un peu plus haut sur le chemin où se trouve un parking près d’une citerne DFCI verte. Si vous partez de là, vous aurez gagné au bas mot un peu plus d’un kilomètre. Là, sur le parking, vous apercevrez un panneau vous indiquant le prieuré à 1 km. Alors bien évidemment, sauf à vouloir faire cette balade à l’envers, ce qui reste toujours possible, le départ s’effectue en poursuivant la piste qui part à droite en direction d’un radier sous lequel s’écoule le Ruisseau de Villelongue. On poursuit la piste en ignorant les chemins partant à gauche et au premier grand virage en épingle à cheveux, on traverse le virage et l’on emprunte un tout petit sentier matérialisé par un cairn. Presque immédiatement, on constate que ce sentier est, comme tout bon P.R,  balisé par des marques de peinture jaune. Pour effectuer cette boucle, ces traces jaunes, on ne va plus les lâcher. Toutefois, 500 mètres après le virage, on ignorera un autre sentier qui, par la droite, descend vers Montesquieu-des-Albères. Le nôtre continue de s’élever régulièrement et parfois même assez sévèrement, rendant cette balade plutôt sportive. Vers l’ouest, le regard plonge vers de profonds ravins où s’écoulent des correcs.  Au  bout de ces ravins, des maisons agglutinées ou parfois esseulées au sein d’une végétation foisonnante.  Cette toison verdâtre, on la retrouve dans tout le Massif des Albères et en tous cas, dans la partie visible. Plus loin, Le Boulou et encore plus loin, le Massif du Canigou superbement enneigé en cette saison. Au bout d’un moment, le sentier suit une ligne de crête offrant des panoramas vers l’est et les contreforts du pic d’Aureille et l’on va profiter de ces instants pour observer puis figer dans notre appareil photo, une vue aérienne de notre objectif du jour. On retrouve la piste forestière initiale que l’on poursuit en longeant de grands cyprès de l’Arizona. Au bout de 400 mètres, on délaisse la piste au profit d’un chemin qui part en gauche en épingle à cheveux. Là, avant de poursuivre le sentier en sous-bois, deux découvertes peuvent retenir l’attention : sur la gauche, un magnifique chêne multiséculaire et superbement ramifié et un peu plus loin, les ruines du cortal Cossanes (ou Caussanès) avec des murs et de belles arcades en pierres roses.  Tout en montant, la végétation change. Après, les chênes verts, blancs ou lièges, place à de grands hêtres et conifères. Après une portion relativement plane ou peu accentuée, le sentier franchi un ru puis monte sévèrement dans une belle et haute hêtraie. Sur la droite et si les ruines vous attirent, un sentier barré d’une croix jaune peut vous amener vers le Mas del Pou. Peu de temps après, le sentier file en balcon au dessus d’une ravine. C’est toujours le ruisseau dit de Villelongue que l’on ne va pas tarder à enjamber, mais un autre petit ruisseau est d’abord franchi c’est celui de la Font de Sant-Cristau descendant tout droit du puig éponyme. Au rythme des correcs franchis, le sentier descend un peu, se stabilise et remonte de plus belle mais le point culminant de cette balade est finalement atteint à 610 m d’altitude au lieu-dit « El Reposador », petite esplanade herbeuse à la croisée de chemins où comme son nom l’indique on peut se reposer. Désormais, il ne reste plus qu’à redescendre vers le prieuré Santa Maria del Vilar mais l’on notera au passage que cette descente foisonne de portions dallés, de murets, de terrasses et de ruines, le tout en pierres sèches, ce qui tend à prouver que ce sentier a été longuement emprunté aux siècles passés et que la présence du prieuré n’était bien évidemment pas étrangère à ces passages. Les pèlerins et les coquins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle passaient-ils par là pour franchir la frontière ? C’est fort probable car on a la certitude que le prieuré a longtemps servi de lieu d’accueil et notamment au temps où il était occupé par des moines augustiniens (ou augustins) dont une des pratiques de la vie monastique était l’hospitalité, hospitalité que Saint Augustin lui-même avait pourtant décriée de son temps. La découverte du bel édifice roman et son agréable visite guidée par de gentilles nonnes roumaines vous en apprendront bien plus sur l’Histoire que je ne pourrais le faire ici et ce d’autant que vous trouverez également sur Internet de nombreux sites qui lui sont consacrés (voir ci-dessous). Après cette visite guidée que je conseille vivement, la balade se termine et comme indiqué au début, il ne vous reste qu’un kilomètre à parcourir sur l’asphalte de la route pour rejoindre votre véhicule. A moins bien sûr que vous l’ayez laissé au village ce en quoi, il vous en restera approximativement deux ou trois. Telle qu’expliquée ici, la randonnée est longue de 6 km environ pour un dénivelé de 410  mètres et des montées cumulées de 575 mètres. Bonnes chaussures de marche sont vivement conseillées sur ce terrain alternant des reliefs et des sols très variés. Carte IGN 2549 OT Banyuls – Col du Perthus – Côte Vermeille  Top 25.

Principaux sites Internet :

http://www.prieureduvilar.free.fr/index.html

http://www.edelo.net/roman/images/catalan66/stamaria/cadre.htm

http://www.chateaux-france.fr/prieure-santa-maria-del-vilar/

http://www.photosdailleurs.fr/albums/STAMARIA/stmaria.htm

http://tassinternet.pagesperso-orange.fr/vilar/restauration/restauration.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prieur%C3%A9_Santa_Maria_del_Vilar

http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=66225_1

http://www.jeantosti.com/visiter/villelongue.htm

http://etab.ac-montpellier.fr/~w0660170b/index.html 

et celui de l'Histoire du Roussillon

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Vadrouille dans le fenouil - Histoire-Géographie-Préambule

Publié le par gibirando

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TOUR-FENOUILLEDES-IGN
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En vadrouille dans le fenouil

ou

le Tour des Fenouillèdes en cinq jours

dans les pas de mon fils

Lien vers étape 1 

Les Fenouillèdes que l’on écrit plus rarement le Fenouillèdes et incorrectement le Fenouillède au singulier mais que vous trouverez parfois écrit dans certains textes ou même sur des panneaux indicatifs en occitan Fenolheda ou Fenolhedés ou bien encore en catalan Fenolleda ou Fenolledès tirerait son nom du mot romain « Fenolietensis » signifiant « foin ».

Alors, si j’en crois les historiens, ce n’est pas en « Vadrouille dans le fenouil » mais en « Vadrouille dans le foin » que j’aurais du intituler le récit de ces cinq jours de randonnée pédestre au cours desquels, avec mon fils Jérôme, nous avons réalisé le tour de ce joli pays. Bon, s’il faut reconnaître que pour la rime c’est sans doute mieux ainsi, sur le terrain, il n’y a pas photo non plus quand à l’importance du fenouil sauvage par rapport aux champs de foin. En effet, en dessous d’une certaine altitude, il y a, en bordure des sentiers et dans la garrigue, du fenouil sauvage un peu partout alors que les balles de foins, elles, sont plutôt discrètes dans cette région presque essentiellement viticole. En effet, des champs de foin, je n’en ai vraiment aperçu qu’au dessus de Sournia, du côté des bien nommés Prats-de-Sournia (prés de Sournia), autour de Caudiès et enfin au pied du Bugarach où certains petits prés voués à l’élevage semblent faire l’objet de fenaisons régulières mais tellement insignifiantes que j’ai du mal à comprendre que l’on y consacre un patronyme à une région toute entière. Alors s’il est vrai que quelques siècles se sont écoulés depuis l’origine de cette dénomination, j’avoue que cette explication historique de désigner les Fenouillèdes en «Pagus Fenolietensis» à savoir le «Pays des Foins»  ne m’inspirait pas vraiment. En effet quel rapport pouvait-il bien y avoir entre le mot « foin » alors que très clairement le nom « Fenouillèdes » contenait le préfixe « fenouil » ? Alors, j’ai cherché à comprendre et en enquêtant sur le sujet, j’ai fini par apprendre que les Romains appelaient le fenouil du mot «foeniculum» dont la traduction me convenait à merveilles puisque elle ne signifiait pas moins que « petit foin ». Les diminutifs latins « fenum » ou « foenum » signifiant plus simplement le « foin ». Alors très clairement le Fenouillèdes devenait de toute évidence le « Pays du Petit Foin » c'est-à-dire le « Pays du Fenouil » !  La boucle était donc bouclée et pour clore d’ailleurs ce qui n’a jamais été une querelle entre « foin » et « fenouil », j’ai fini par apprendre que dans certaines régions, on donne encore au fenouil ce nom de « petit foin ». Enfin qu’elle ne fut pas ma surprise d’apprendre que les Grecs, eux, avaient baptisé le fenouil  du mot « marathon » comme la célèbre cité où s’était déroulée en 490 avant J.C, la glorieuse bataille entre Athéniens et Perses. Alors c’est vrai, j’aurais pu faire un incroyable pléonasme en intitulant mon récit de ce Tour des Fenouillèdes, « Marathon dans le fenouil ». Mais heureusement et même si les étapes ont toutes été très longues ; plus de 20 km tous les jours ; aucune n’a jamais atteint les 42,195 kilomètres qui séparaient Marathon d’Athènes. Et puis, je dois le reconnaître, j’aime bien ce titre de « Vadrouille dans le Fenouil » bien plus poétique avec sa jolie petite rime en « ouille » qui correspond bien mieux à la longue errance que nous avons connu Jérôme et moi au cours de ces cinq jours. Une longue flânerie, qui certains soir, se finissait en « petites souffrances » du style « ouille mes mollets ! », « ouille mes doigts de pieds ! » Gros point positif de mes recherches sur l’origine des Fenouillèdes, elles m’ont permis d’en apprendre encore bien plus sur l’histoire et la géographie de cette bien agréable région :

 

Résumé de l’Histoire du pays Fenouillèdes : 

 

Bien avant que Le « Pagus Fenolietensis » romain devienne le « Pays des Foins », le territoire est occupé dès la préhistoire comme le prouve les nombreuses découvertes archéologiques et notamment celle de la Cauna de Bélesta où une tombe collective d’une trentaine de personnes datant de -4500 avant JC a été mise à jour en 1983. Il y a également de nombreux dolmens ayant sans doute servis de sépultures notamment à Felluns, Ansignan, Trilla, Campoussy et Bélesta.  On pourrait également évoquer le célèbre « Homme de Tautavel » mais bien que très proche, ce bourg n’est pas vraiment considéré comme étant situé dans les limites du pays Fenouillèdes. On saute quelques siècles pour constater de la présence des Romains dès l’an 120 avant JC. Lors de notre dernière étape, cette présence romaine, on a eu l’occasion de l’observer au plus près avec le superbe aqueduc d’Ansignan dont la solidité exceptionnelle et l’état de conservation exemplaire lui permettent de fonctionner encore plusieurs siècles après son édification. Le début de l’ère chrétienne voit la venue et l’installation d’autres peuplades et ethnies (Sordes, Volques, Ceratanis, Ibères, Suèves, etc….) Plus tard, au Veme siècle, les Wisigoths envahissent la région. Il faut dire que leur royaume s’étend jusqu’à la toute proche Septimanie. Puis ce sont les Arabes qui envahissent à leur tour la contrée mais Pépin le Bref se charge de les repousser à la Bataille de Narbonne en 759. Les Francs et Charlemagne occupent le territoire et autorisent la construction d'édifices religieux comme le magnifique Chapitre de Saint-Paul de Fenouillet ou bien militaires comme  la tour de Lansac ou celle de Trémoine dont les origines seraient dit-on également carolingiennes. En 842, sous Charles le Chauve, la Septimanie est divisée en deux pays distincts qui laissent les Fenouillèdes dans une entité intitulée la « Marche d’Espagne ». Au Xeme siècle, le premier vicomte s’installe au château de Fenouillet. Les Cathares, initialement concentrés dans les Comtés de Toulouse, Albi, Béziers et Carcassonne, après la Croisade contre les Albigeois de 1208, trouvent refuge dans les Fenouillèdes, pourchassés qu’ils sont par l’Etat français. Quelques vestiges comme les châteaux de Quéribus ou de Peyrepertuse ont été les témoins de ce passé tumultueux et tourmenté où les « Bons Hommes » avaient trouvé dans les Fenouillèdes et leurs proches alentours une terre d’asile accueillante. Prenant partie pour les cathares, le Vicomte de Fenouillèdes, lui est contraint de quitter Fenouillet pour s’exiler dans le Roussillon voisin. Ses héritiers ne retrouveront plus jamais les terres de leurs ancêtres. Bien que faisant partie intégrante de l’Occitanie, le pays Fenouillèdes, de par sa position géographique frontalière, a une longue histoire étroitement et intimement liée à celle de ses voisins catalans et espagnols. Avec le Traité de Corbeil de 1258 signé entre les rois de France et d’Aragon, les Fenouillèdes sont réintégrés au royaume de France. Du côté de Bélesta, Montalba-le-Château et Latour-de-France, quelques bornes-frontière encore debout sont le témoignage de cette délimitation entre Roussillon aragonais et Fenouillèdes français. Il faudra attendre le Traité des Pyrénées de 1659 signé entre les rois Louis XIV et Philippe IV d’Espagne pour qu’avec l’annexion de nombreux territoires tel le Roussillon, le Conflent, le Vallespir, le Capcir et une petite partie est du comté de Cerdagne, pour ne citer que les plus proches, la frontière recule encore un peu et s’installe dans ses limites actuelles. Mais il faudra attendre encore presque un siècle de plus et le Traité de Bayonne de 1856, pour que la véritable frontière terrestre soit définitivement symbolisée avec l’installation de 602 bornes sur la chaîne pyrénéenne. En 1790, avec la création des départements français, une immense partie du pays Fenouillèdes est intégrée aux Pyrénées-Orientales. Toutefois sa partie historique la plus haute en altitude correspondant grosso modo aux vallées de la Boulzane et d’Escouloubre est attribuée au département de l’Aude. Aujourd’hui, c’est toujours cette configuration-là qui prédomine. Mais pour mieux comprendre, ce découpage, il est sans doute nécessaire de parler un peu de la géographie de cette région très contrastée.

 

Géographie des Fenouillèdes :

 

Comme de nombreuses régions naturelles, les Fenouillèdes sont bornées par des repères plutôt vagues dont on peut néanmoins délimiter quelques contours grossiers : Au nord, la limite est représentée par les Corbières servant de frontière avec l’Aude. A l’est, c’est le Roussillon et le Ribéral. Au sud, c’est la région du Conflent où s’étire la Vallée de la Têt. A l’ouest, c’est le piémont des Pyrénées Audoises jusqu’au Défilé de Pierre-Lys où s’écoule le fleuve Aude qui délimite la région. Mais bien plus que des bornes naturelles, c’est la langue occitane qui délimite le pays Fenouillèdes, ce qui vous l’aurez bien compris n’a pas été sans poser de nombreux problèmes depuis son rattachement au département des Pyrénées-Orientales dont toutes les autres régions sont de langue exclusivement catalane. En effet, divisée grossièrement en trois cantons (Saint-Paul, Sournia et Latour-de-France), la région administrative du Fenouillèdes est encore très fière d’appartenir à l’Occitanie et sur les 33 communes qu’elle comporte, 28 sont de langue occitane et 5 seulement sont de langue catalane (Arboussols, Calce, Estagel, Montner et Tarerach). Avec ses 2000 habitants, Saint-Paul-de-Fenouillet est considéré depuis très longtemps comme la capitale régionale. En Fenouillèdes et au dernier recensement, la population dépassait péniblement les 10.000 habitants et ce chiffre ne représentait que 2,4% de la population totale du département. Cette différence entre Occitanie et Catalogne est encore visible de nos jours et il faut bien le dire, peu considéré, le pays Fenouillèdes reste le « parent pauvre » du département des Pyrénées-Orientales. Mais quand je dis « pauvre », on peut le traduire en désœuvré à cause d’une densité et d’une évolution de la population très faible pour un taux de chômage un peu supérieur aux autres régions du département, mais il ne faut pas l’entendre comme dépourvue de toutes richesses car les Fenouillèdes disposent de vignobles exceptionnels et de quelques industries minières, feldspath, calcaire et gypse notamment. Dans un passé pas très lointain, les mines et carrières étaient plus nombreuses car on y exploitait aussi du fer, du sable et du kaolin et quelques autres minerais un peu plus rares. L’avenir économique est à construire avec peut-être des opportunités dans l’agriculture et les filières du bois. Quand à l’activité touristique, elle est insuffisamment mise en valeur pour l’instant et pourrait être porteuse d’espoirs dans un futur pas si lointain que ça pour peu que les politiques veuillent s’en donner la peine. Il suffit de parcourir le pays à pied pour prendre conscience de toutes les merveilles que cette région recèle. Les Fenouillèdes sont une succession de collines essentiellement calcaires plus ou moins hautes, veinées en tous sens d’une multitude de petites ravines et de quelques vallées plus ou moins larges. Au fond de tous ces ravins, petits et grands, s’écoulent une multitude de rus,  ruisseaux, torrents, rivières, correcs ou recs comme on les appelle ici. Souvent, il faut des pluies torrentielles pour que l’eau s’y écoule et c’est donc au fond des vallées les plus importantes que quelques rivières coulent vraiment en toutes saisons. Ces principales rivières ont pour noms Boulzane, Desix, Matassa, Maury et Verdouble mais toutes ont un confluent commun qui s’appelle l’Agly. Long de 60 kilomètres et seul fleuve régional, l’Agly a indubitablement façonné une grande partie des Fenouillèdes et laisse encore son empreinte bien après ce pays jusqu’au terme de son parcours. Depuis sa source au pied du Pech de Bugarach, l’Agly s’engouffre dans les fabuleuses Gorges de Galamus et retrouve la Boulzane dans la vallée constitué par les Corbières d’un côté et le long synclinal de Saint-Paul-de-Fenouillet de l’autre. Le fleuve fracture cette barre rocheuse longue de 30 kilomètres et poursuit sa route dans les Gorges de la Clue de la Fou où ses eaux plutôt froides se mélangent aux eaux minérales sulfurées calciques de la source d’eau chaude à 27° de la Font Cauda, autrefois exploitée par des établissements thermaux.  Puis plus placidement, elle se dirige vers Ansignan, passe au pied du village sous et sur l’étonnant aqueduc romain grâce à un ancestral et ingénieux système de déviation de son lit, pour se déverser dans la majestueuse retenue formée par le barrage de Caramany. L’Agly franchit encore quelques jolis villages du pays Fenouillèdes tels Latour-de-France et Estagel, atteint le Roussillon à Cases-de-Pène, traverse Espira-de-l’Agly puis Rivesaltes et rejoint enfin la Méditerranée où la rivière se jette entre les plages de Torreilles et du Barcarès. Enfin, pour finir ce chapitre consacré à la géographie, la région est séparée en deux parties distinctes : le Haut-Fenouillèdes à l’ouest, principal domaine des superbes forêts domaniales et communales où l’altitude culmine à 1.310 mètres au Sarrat Naout près de Rabouillet au sein de la grandiose et ancienne forêt royale de Boucheville et le Bas-Fenouillèdes à l’est où prédomine la vigne qui pousse au fond des vallons et sur les coteaux de schistes de quelques petites collines hautes de 800 mètres au maximum. Ici, ces collines, on les appelle « serres » ou « sarrats ».

 

Enfin et pour être complet, le climat du pays Fenouillèdes est de type essentiellement méditerranéen même si par endroits, la proximité des Pyrénées et l’éloignement par rapport à la mer créent des microclimats de type montagnards. Il est donc normal d’y trouver le plus souvent une flore typiquement méditerranéenne constituée pour l’essentiel de maquis et de garrigues où la végétation est plutôt rase et où les arbustes les plus communs sont le chêne vert, le chêne liège et le pin, ou bien des épineux comme les ronciers et les églantiers ou bien encore des ligneux comme les cistes, les buis, les buplèvres ou les bruyères arborescentes. Dans cette garrigue, le Fenouil sauvage pousse assez spontanément mais est néanmoins très présent à certains endroits. Au sein de cette végétation, vit une faune sauvage, elle aussi typique du pourtour méditerranéen avec l’emblématique sanglier dont les populations peuvent être excessivement nombreuses par endroits. Enfin, dans les profondes et sombres forêts d’altitude, on retrouve la plupart des conifères et feuillus européens. Elles sont le domaine de nombreux renards, mustélidés (blaireaux, fouines, furets, etc…) et surtout cervidés, chevreuils ou cerfs essentiellement et parfois même l’isard. Selon certains témoignages, d’autres mammifères y auraient été incidemment aperçus ou repérés comme le chat sauvage, le loup, le lynx et l’ours par exemple mais ces passages ne sont sans doute que sporadiques et jamais définitifs.

 

 

Préambule :

 

Comme pour mon Tour du Coronat de 2007 et mon Tour du Vallespir de 2009, tous deux effectués en solitaire, l’idée d’accomplir ce Tour des Fenouillèdes m’est venue au cours des diverses randonnées d’un jour que j’accomplissais dans le secteur et chaque fois, que je tombais sur un panonceau « Tour des Fenouillèdes », la curiosité de découvrir cette région dans son intégralité me titillait et je me disais « un jour, ce serait bien que tu puisses le faire ».

  

Alors, c’est vrai cette idée trottait souvent dans ma tête et ce tour pédestre était inscrit sur mes tablettes depuis quelques temps déjà mais quand il fallut réellement le concrétiser, il faut le reconnaître, l’organiser ne fut pas chose facile tant ce pays des Fenouillèdes est incontestablement la région oubliée du département des Pyrénées-Orientales. Mais peu importe les difficultés et il était hors de question pour moi que je ne l’accomplisse pas. Cette volonté s’amplifia encore un peu plus quand mon fils Jérôme m’indiqua qu’il envisageait de le faire avec moi. Le Fenouillèdes, terre occitane oubliée ou ignorée des catalans depuis le traité des Pyrénées de 1659, il suffit pour s’en convaincre, de compulser "Pyrénées-Orientales - L’Encyclopédie Illustrée du Pays Catalan" où seulement deux pages sont consacrées à cette belle région sur les 302 pages que comporte ce gros ouvrage. Sans doute que ce désintéressement est également lié à une densité de population moindre que celle des autres régions du département. Pour se convaincre de cette indifférence et de cette ignorance quasi générale, il suffit de vouloir parcourir ce tour, pourtant parfaitement balisé par les comités associatifs pédestres, pour constater qu’aucun topo-guide n’a encore été édité ni par la Fédération Française de Randonnée Pédestre ni par aucun autre éditeur. Quand à l’organisation, si dans les communes les plus importantes que sont Saint-Paul-de-Fenouillet, Caudiès-de-Fenouillèdes et Sournia, on y trouve assez aisément le gîte et le couvert, il y a, en terme d’hébergement quasiment un grand vide dans la partie orientale du tracé sur une immense portion qui va de Saint-Paul à Sournia, c'est-à-dire depuis Lesquerde à Eus (*)  en passant par Ansignan, Trilla, Tarerach, Marcevol et Arboussols. C’est d’ailleurs, je pense, la raison essentielle pour laquelle ce tour n’a pas encore été édité et reste peu fréquenté et que nous-mêmes avons été contraints de camper lors de la première étape qui nous a amenée de Trilla à Eus (1). C’est d’ailleurs la principale raison qui m’a incité à démarrer de Trilla, après avoir retourner le problème dans tous les sens. J’ai d’autant plus du mal à comprendre ce désintéressement pour les Fenouillèdes et cette désaffection pour ce magnifique tour pédestre que cette région regorge de richesses naturelles, architecturales et patrimoniales exceptionnelles. Pour n’évoquer que les sites rencontrés ou aperçus les plus remarquables sur l’itinéraire et sans parler des remarquables vignobles que l’on côtoie au fil du parcours, Rivesaltes et Maury  en tête, pour ne citer que les plus connus qui y sont récoltés, il y a le superbe Prieuré de Marcevol, la localité d’Eus (*), élu plus beau village de France, de nombreux hameaux oubliés dont ceux de Comes, de Malabrac et de Campeau par exemple, ces étonnants amas granitiques naturels de la longue Serre de Sournia, les admirables forêts communales et domaniales du Fenouillèdes, de Boucheville et du Moyen-Agly, les merveilleuses gorges de Saint-Jaume, les belles vallées de la Désix, de la Boulzane et de l’Agly pour ne parler que des principales rivières, les ruines d’innombrables mas pastoraux et de nombreux châteaux dont ceux de Fenouillet, l’admirable église Notre-Dame de Laval à Caudiès, les étonnantes échines géologiques calcaires que sont le synclinal de Saint-Paul s’étirant sur plus de 30 kilomètres et les Corbières avec ses pechs et notamment celui monumental et mystique de Bugarach, le surprenant chapitre de Saint-Paul avec son insolite clocher heptagonal et enfin peut-être le plus merveilleux et emblématique joyau architectural de la région avec le splendide pont-aqueduc romain d’Ansignan dans un état de conservation exceptionnel et encore en état de fonctionnement malgré son grand âge de plus de 17 siècles. Voilà quelques unes des principales merveilles que vous pourrez découvrir ou voir si vous êtes amené un jour à réaliser ce tour pédestre dans son intégralité. Enfin, dès que l’on s’élève un peu, on est frappé par cette mosaïque de paysages et ce patchwork de couleurs et ça où que l’on se trouve, c’est dire si la diversité est une des caractéristiques principales du pays Fenouillèdes. Si dans cette longue liste,  j’ai volontairement omis les superbes Gorges de Galamus et son ermitage Saint-Antoine, c’est parce que nous-mêmes en avons fait l’impasse mais rassurez-vous, elles font bien partie de ce tour et rien ne s’opposera à leur découverte lors d’une étape supplémentaire au départ de Saint-Paul-de-Fenouillet. On peut également regretter dans le tracé actuel de ce tour, cette ignorance la plus totale pour des  villages tels que Maury, Rasiguères, Lansac, Latour-de-France, Bélesta ou bien encore Caramany. Un allongement de deux à trois jours passant par ces villages et effectuant le tour du lac de Caramany par exemple aurait été judicieux et agréable. Mais les Fenouillèdes, ce ne sont pas seulement des gros bourgs, des monuments et des paysages, ce sont aussi des hommes qui ont su façonner un pays très tourmenté fait d’une succession de collines et de multiples ravins, des hommes qui ont réussi à élever de charmants villages et hameaux dans les coins les plus reculés, des hommes qui malgré les occupations et les invasions successives (romains, wisigoths, musulmans, francs, aragonais, espagnols, etc.…) et un passé parfois tumultueux comme les guerres entre cathares et catholiques sont restés accueillants et ont réussi à en faire un pays où il fait bon vivre. Même si en raison d’une mauvaise météo, les deux premiers jours et surtout le premier n’ont pas été très propices à une flânerie pédestre, ce bien-être, nous avons eu l’occasion de le goûter. Alors, je ne sais pas ce que Jérôme en pense mais pour moi, ce périple de plus de 125 kilomètres, restera très longtemps un Tour du Bonheur. Alors, laissez-moi le plaisir de vous conter ce bonheur de partir « vadrouiller dans le fenouil » et dans les pas de mon fils car comme vous le verrez sur mes photos, j’ai très souvent marché derrière lui. Et bien oui, même en randonnée, la jeunesse reste un privilège non négligeable !

(*) Bien que situé dans la région du Conflent, le village d’Eus figure bien sur le tracé du Tour du Fenouillèdes. Il est classé parmi les plus beaux villages de France et est considéré comme celui ayant un taux d’ensoleillement parmi les plus élevés de l’hexagone. 

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