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Être français ?

Publié le par gibirando


Être français ?


Être français ?

Plusieurs récentes et tristes affaires d’actualité m’ont amené à me poser cette question. La première fois a fait suite aux émeutes urbaines du mois de juin où les médias « de la pensée unique » s’empressaient de préciser que les jeunes qui avaient mis la France en feu étaient avant tout des « français ». Comme cette pensée unique est bien évidemment la « pensée officielle », notre ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin n’a pas hésité une seule seconde pour affirmer « Oui, il y a des gens qui apparemment pourraient être issus de l’immigration. Mais il y a eu beaucoup de Kévin (origine irlandaise) et de Mattéo (Mathieu en italien)  si je peux me permettre (sic) ». Alors bien sûr, ces 2 derniers prénoms ; très peu d’origine française notons-le ; sous-entendent qu’il y avait d’autres français que ceux issus de l’immigration et donc dit de « souche » bien évidemment. Pourquoi séparer les personnes si elles sont toutes françaises et méritent de l’être ? Plusieurs semaines plus tard, on apprend néanmoins qu’une majorité des émeutiers étaient de religion musulmane ! On s’en doutait sinon pourquoi plusieurs institutions et imams auraient-ils très vite appelés à l’apaisement ?

Quelques mois ont passé, et comme la violence dans notre pays ne s’autorise plus aucun répit, le 17 novembre une autre affaire arrive très vite sur le devant de la scène ; car diffusée en vidéo par Médiapart ; où on apprend qu’un jeune jardinier de 29 ans prénommé Mourad reçoit de la part d’un septuagénaire des insultes racistes mais surtout des coups de cutter qui lui entaillent la gorge. Par bonheur et par chance, ce jeune Mourad s’en tire bien et n’aura comme seule séquelle une blessure superficielle et des jours d’ITT. Mais la récupération politique est immédiate et la gauche et la droite se déchirent lamentablement et notamment sur le fait que le prénom de ce jeune jardinier ait été mis en exergue car de consonnance arabe.

2 jours plus tard, intervient l’horrible soirée de Crépol où plusieurs personnes sont blessées mais où surtout le jeune Thomas Perotto (*), 16 ans, est assassiné à l’arme blanche. Si l’enquête de police progresse à la vitesse grand « V », on sait aussi très vite que 9 jeunes (6 majeurs et 3 mineurs) seraient impliqués. D’emblée, on évoque une bagarre qui aurait mal tourné. Puis finalement, grâce à de nombreux témoignages, on apprend qu’il s’agit plutôt d’une expédition punitive, « où à l’aveugle, l’objectif aurait été de planter du blanc ».  Mais là, outre cet imbroglio médiatique et juridique, « gros problème » pour tous les journalistes car aucun ne parvient à connaître les noms et prénoms des majeurs suspectés ; le procureur se refusant de les donner ; pourtant tous « français », cette dernière précision n’étant pas elle gardée secrète. Bizarre ! En fin de compte, comme de nos jours la justice n’a jamais été aussi faillible et que les mailles des réseaux sociaux sont très larges, les prénoms de 7 d’entre eux apparaissent au grand jour :  Ilyes, Chaïd, Yasir, Mathys, Fayçal, Kouider et Yanis (source : JDD).

Comme la violence a de moins en moins de limites, le 3 décembre au matin, en lisant les infos sur mon PC, j’apprends que la veille une attaque au couteau a eu lieu près de la tour Eiffel, attaque qui a coûté la vie à un touriste allemand de 23 ans. Là, j’apprends aussi que l’auteur de cette attaque mortelle se prénomme Armand R. Il serait « français », islamiste radical, fiché S, déjà condamné en 2016 et sorti de prison en 2020 et qu’il présente des troubles psychiatriques très importants, troubles pour lesquels il aurait été suivi et soigné. Eh oui, des français radicalisés à l’islam on en a connu pas mal depuis Mohamed Merah ! Finalement, j’apprends le lendemain que cet Armand, né le 21 mars 1997 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), a pour nom de famille Rajabpour-Miyandoab . Ses parents, non-musulmans, ont fui le régime islamique iranien pour s'installer en France dans les années 1980 et voulant être reconnaissant à la France de les avoir accueillis, ils auraient tenu à donner à leur fils un prénom français. Mais comme de nos jours rien n’est simple et désormais tout est analysé de fond en comble, une controverse ne tarde pas à circuler sur les réseaux sociaux quant au véritable prénom de ce jeune terroriste radicalisé. En effet, la divulgation d'un extrait du Journal Officiel du 22 mars 2002 indique qu’il se serait d’abord prénommé « Iman » et n’aurait changé de nom qu’en 2003, soit à l’âge de 6 ans. Quel scoop ! C’est grave docteur d’avoir fait le choix de franciser plus tard après sa naissance le prénom de son enfant ?

Ainsi, comme on le voit dans ces 4 faits d’actualité, le prénom serait devenu essentiel pour déterminer si vous êtes considéré français ou pas ? Si vous méritez de l’être ou pas ? Oui, que de querelles stériles et abêtissantes nous vivons désormais ! Il faut savoir que de 1803 à 1993, une loi datant de Napoléon Bonaparte, premier consul à l’époque, encadrait le choix des prénoms. Ils devaient être en usage dans les différents calendriers (français) ou ceux de personnages connus dans l'histoire ancienne. Il y avait donc du choix.  Pourtant en 1993, il semble que ce choix n’ait pas été suffisant pour le gouvernement socialiste de l’époque. En effet, cette année-là, la loi du 8 janvier consacre le principe de la liberté du choix des prénoms par les parents et seul l’officier de l’Etat-Civil peut avoir son mot à dire s’il juge que le prénom choisi va à l’encontre de l’intérêt de l’enfant. Autant dire que ces derniers cas sont « peanuts » et en français « pinottes », c'est à dire aussi réduits que de simples cacahuètes. Mais comme souvent en France qui dit « liberté de choisir » dit « bordélisation », on comprend mieux de ce fait les polémiques qui fleurissent « à tour de bras » de nos jours. On peut le regretter mais c’est ainsi. De surcroît, donner un prénom français à son enfant n’est-ce pas le premier signe évident d’une volonté d’intégration même s’il ne doit pas et ne peut pas être le seul ? Or, quand on voit qu’à la 3eme ou 4eme génération des personnes venues d’ailleurs, il y a encore un maximum de prénoms « arabo-africains », force est de se dire que cette loi du 8 janvier 1993 était d’évidence mauvaise, même si le prénom ne sera jamais l’alpha et l’oméga d’une francisation réussie ou pas.

Oui, être français c’est quoi ?  Si vous vous amusez à poser cette question sur le Net, vous obtiendrez autant de réponses qu’il y a d’individus qui ont voulu donner leur point de vue. Il y en a pléthore !  Un vrai casse-tête. « Chinois », on pourrait éventuellement le résoudre mais « français » c’est tout de suite plus complexe ! Certains pour faire simple, vous diront qu’ils ont un « F » sur leur carte d’identité et que ça leur suffit, d’autres plus orateurs vous parleront d’amour du pays, de valeurs, de traditions, d’institutions, de références, d’une certaine culture, d’une appartenance au « Siècle des Lumières ». Ceux qui se sentent plus patriotes que les autres deviseront de leurs « racines », de « leur origine », de la « nation », de la « souveraineté » indispensable, « d’identité », des « droits et des devoirs ». Ceux qui plus récemment sont venus d’ailleurs évoqueront l’accueil qu’ils ont reçu, la convivialité de la France, la gentillesse et l’aspect sympathique de prime abord des français, les prestations sociales qui les ont bien aidés, les services de soins et de santé accessibles et compétents qu’ils n’avaient pas dans leur pays d’origine, leur intégration à un pays où les mots « liberté, égalité et fraternité » ont toujours un sens, le pays des Droits de l’Homme, etc….Ensuite, il y a tous les autres, ce qui ne disent rien et s’en foutent, puis surtout il y a ceux que l’on ne parvient pas à mettre dans aucune des catégories citées ci-dessus car ils ne font rien de bien pour démontrer qu’ils sont français.

Oui, on trouve tout ça et tout ça peut être regardé à juste titre avec raison et sagesse mais aussi avec autorité et sévérité pour ceux qui se comportent mal, de surcroît s’ils sont binationaux ou encore pire étrangers. Or mis ces derniers, les arguments des uns et des autres sont acceptables, mais ce qui ne l’est plus ce sont ces querelles politiques et médiatiques et donc forcément « puériles » autour des prénoms mais surtout autour de ces violences et meurtres à répétition où en premier lieu on ne devrait penser qu’aux victimes innocentes quels que soient leur nom, leur prénom, leur origine et leur religion.

Je me prénomme « Gilbert », prénom paraît-il d’origine « germanique », germain c’est-à-dire descendant de « peuples germaniques » qui selon les historiens de Wikipédia « ont contribué à façonner une grande partie de l'histoire de l'Europe occidentale depuis le haut Moyen Âge jusqu'à nos jours ». Qui dit Europe occidentale dit bien évidemment la France, vieux pays le plus occidental d’Europe et ce, depuis que le royaume des Francs a vu le jour au Vème siècle. Or les Francs étaient un peuple d’origine aussi germanique que mon prénom. Ils se sont amalgamés aux Gaulois, aux Romains mais aussi à bien d’autres peuplades comme les Celtes, les Wisigoths et les Ibères par exemple, pour n’en citer que quelques-unes mais il y en a eu bien d'autres.  Oui, la France est née de cette Histoire-là, que ça convienne ou pas ! Car si nos hommes politiques les plus récents ont tous et tout essayé pour supprimer les frontières afin de faire de nos pays respectifs européens un grand marché commercial et donc financier, vide de toute citoyenneté », je ne suis pas certain qu’une majorité de français souhaite vraiment cette disparition des frontières et ce malaxage « inter-nations » ?  Quand à mon nom, descendant de « Julianus » dérivé de « Julius », il ne fait pratiquement aucun doute qu’il serait d’origine latine et donc romaine.

Romain d’un côté et germain de l’autre, j’ai malgré tout la France dans les tripes et ceux qui la haïssent au point de vouloir la casser, la brûler et au pire « vouloir la voir disparaître », ceux-là s’ils sont binationaux n’ont rien à faire chez nous. Il faudrait donc les déchoir de la nationalité française et qu’ils repartent dans leur pays d’origine et ce, quel que soit leur génération qu’elle soit de la première, de la seconde ou de la dernière. S’ils sont français « de souche », la justice doit être sévèrement exemplaire ! Quant aux détenus étrangers, je me demande encore pourquoi les prisons françaises, alors qu’elles sont archipleines, elles en acceptent encore autant ? On tombe sur la tête ! La France doit coûte que coûte arrêter d'être le ramassis de tous les individus peu recommandables. Si comme le disait si justement le poète Paul Fort « Si tous les gars du monde voulaient s'donner la main.....le bonheur serait pour demain » , mais à condition que tu n'es pas comme objectif de me casser les doigts ! 

Oui, être français, ça doit être avant tout « viscéral », afin de vivre en harmonie, en sécurité, en paix et dans une « Douce France » comme le chantait si bien Charles Trenet ! Cela n’implique pas forcément que l’on vive la France de manière identique. Le pluralité n’est pas automatiquement un frein  à tout ça. Toutefois, ces quatre mots (harmonie, sécurité,  paix et douceur), force est de reconnaître qu’on les voit peu à peu disparaître de notre société « française ».

Être français, c’est aussi la chance de pouvoir donner de bien jolis prénoms comme Ange, Aimé-e-, Candide, Céleste, Modeste, Prudence, Clémence, Fleur, même s’il faut bien reconnaître qu’ils ne sont jamais à la mode. Mais il y en a tellement d'autres aussi beaux ! 

Faire en sorte que la paix se rétablisse au plus vite au Moyen-Orient ou en Ukraine, c’est très très bien, assurer celle de la France et des français au quotidien devrait être la priorité de ceux qui nous gouvernent. Or force est de constater que ce n’est plus souvent le cas car la France est désormais débordée de toutes parts par les incivilités, les violences et l’insécurité.

(*) La mort de Thomas m’a bouleversé à double titre. D’abord parce qu’il était jeune, qu’il avait la vie devant lui et que rien ne justifiait qu’on le tue et ensuite parce que son nom de famille était également le nom de jeune fille de ma mère. Il n’est donc pas impossible que nous ayons eu des racines plus ou moins lointaines identiques.

 

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La Boucle de la Combe Redonde à Port-la-Nouvelle

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 morceaux de musique extraits d'une playlist YouTube intitulée "Baroque Mix". Ils ont pour titres et interprètes : "Emotional Violins"  de Rafael KruxDavid Krulic y Orchestralis"Piano Passacaglia" de Mango Audio"Baroque Harpsichord and Strings" de Rafael Krux, David Krulic y Orchestralis et "Violinist Playing in the Snow" de Oleg Semenov.

La Boucle de la Combe Redonde à Port-la-Nouvelle

La Boucle de la Combe Redonde à Port-la-Nouvelle


 

Après le calcaire du « Sentier du Charbonnier », 7 jours plus tard, j’avais décidé de partir randonner vers celui de « La Combe Redonde »(*), boucle au départ de Port-la-Nouvelle que j’avais découverte en 2014 lors d’un inoubliable « Tour pédestre du Golfe Antique » en 3 jours. Oui, en ce 24 avril 2023, printemps oblige, j’avais décidé de rester dans les Corbières et la garrigue. Ici, cette dernière est prénommée « Haute ». La Garrigue Haute. Bien qu’ayant toujours eu un mal fou à identifier cartographiquement les limites du Massif des Corbières par rapport à leurs différents qualificatifs ;  on trouve tellement d’appellations avec « orientales », « occidentales », « centrales », « basses », « hautes », « méridionales », « maritimes », « catalanes », « du Languedoc »  « d’Alaric », j’en passe et des meilleures ;  j’allais passé grosso-modo des Basses-Corbières aux Corbières dites maritimes. En descendant ainsi de quelques échelons altimétriques, j’avais l’espoir d’y découvrir une faune,  et surtout une flore, quelque peu différentes à celles du Sentier du Charbonnier, déjà si riches. Car là elle était mon idée première : recenser d’autres fleurs, nouvelles ou pas,  mais insolites de préférence, et bien sûr en photographier un maximum. En effet, contrairement à l’idée qu’on peut se faire du calcaire avec ses sols aux aspects secs et donc arides, d’innombrables plantes s’y complaisent en permanence et bien d’autres adorent y pousser le printemps venu. C’était donc cette flore-là, de ce calcaire-là, que j’avais bien l’intention de découvrir en choisissant cette boucle.  Ici, ce calcaire, c’est celui du Massif des Corbières, datant du Crétacé dont le nom trouve son origine dans le mot latin « creta » signifiant «  craie » , roche sédimentaire calcaire comme chacun sait. Quant à cette « Combe Redonde », avant de partir j’ai essayé de savoir un maximum ce que l’on disait d’elle et ç’est comme ça que j’ai appris qu’il s’agit en fait à la fois d’une doline (*) mais également d’un ruisseau, les deux géologies étant peu éloignées l’une de l’autre. Le fond de la doline est désormais occupé par une vigne et les abords du cap Roc qui la domine sont truffés d’une bonne dizaine de blockhaus mais la boucle en question n’y passe pas. Quant au ruisseau situé un peu plus au nord,  j’ai appris que des « carriers » (*) y avaient vécu au début du siècle dernier afin d’extraire du marbre mais ils ont aussi activement participé à produire des moellons pour la construction, des bordures de trottoirs, des mausolées sans oublier la construction des jetées et autres digues du port de la ville. Voilà ce que j’ai appris de ce secteur que je vais partir découvrir. Si côté « idées », « objectifs » et « infos à connaître »,  les boucles sont bouclées, celle de « La Combe Redonde » reste  à accomplir. Il est 9h15 quand je range ma voiture sur le parking du lieu-dit « La Combe des Buis ». Je connais bien les lieux car outre mon passage lors de la dernière étape du « Sentier du Golfe Antique », j’étais revenu avec Dany en décembre 2021 lors d’une autre balade intitulée « La Boucle de la Garrigue-Haute et des Eoliennes depuis Port-la-Nouvelle. » Alors bien sûr, qui dit « décembre » dit « hiver » et qui dit « hiver » dit « flore très restreinte ». Cette fois, ce n’est pas du tout le cas. Des fleurs, il y en a partout et avec une incroyable variété. J’en photographie tellement que je ne vois pas l’instant où je pourrais démarrer cette balade. Finalement, je me dis que des fleurs il y en aura bien d’autres ailleurs, alors je file en direction de la table d’orientation que je connais déjà fort bien mais qui présente l’avantage d’offrir un panorama unique sur Port-la-Nouvelle, la mer et tous ses alentours proches ou lointains quand il fait beau. Finalement, et après ces quelques décamètres, je constate que la plupart des fleurs vues au départ sont là aussi un peu partout. Je démarre enfin. Elles se raréfient un peu, certaines disparaissent mais d’autres continuent à être bien présentes. C’est les cas de jolies asphodèles mais aussi des ails roses et des aphyllantes de Montpellier. Comme j’ai déjà pas mal rempli la mémoire de mon appareil-photo, j’en cherche des différentes, des nouvelles voire des carrément moins visibles. Il faut dire qu’ici or mis d’être aux aguets de la Nature, il n’y a pas grand-chose à découvrir d’autre. La table d’orientation, quelques vestiges en béton plus ou moins disséminés de l’occupation allemande lors de la seconde guerre mondiale, de rares ruines et les murets avachis d’un agropastoralisme désuet et surtout des postes de chasse. Alors là des postes de chasse, je vais en voir. ça ira du plus rudimentaire élevé en pierres sèches au plus confortable avec siège capitonné et moquettes en guise de parures mais surtout de chausse-trappes. S’il y a tant de postes de chasse, c’est parce que ce plateau calcaire de la Haute-Garrigue est bien connu pour être le lieu de passage migratoire parmi les plus  « top » de toute l’Aude ou presque. Je ne parle pas bien sûr d’une immigration humaine mais d’une avifaune très diversifiée se chiffrant parfois en milliers d’individus dont malheureusement beaucoup n'arrivent jamais à destination  car trucidés par les chasseurs. Sans compter bien sûr les sangliers qui n’ont aucun mal à trouver refuge dans ce dédale karstique et végétal. Alors bien sûr,  si photographier des sangliers m’intéressent,  en voir restent très aléatoires, et de ce point de vue, les oiseaux et les papillons font partie de mes desseins un peu plus accessibles. Autant l’avouer, la chance m’a souri une fois de plus,  mais parfois je me demande  si marcher en étant en permanence aux aguets de quelque chose comme je le suis n’est pas « générateur » et donc finalement « productif » ? Fleurs en grand nombre, des papillons et des oiseaux, quelques tarentes et des criquets toujours très craintifs, voilà la faune qui a été visible au cours de cette agréable balade printanière. Pour le reste, on découvre vers la fin du parcours les anciennes carrières que l’érudit audois Marc Pala nous décrit avec force détail dans ses « Archives du sensible ». Si ici, les carrières sont faites de calcaire et de marbre, ses archives à lui sont des mines d’or culturelles que l’on ne se lasse pas de lire tant on y  apprend de choses. Des « choses » qui présentent l’avantage d’être très souvent liées à des balades pédestres possibles. Ce fut le cas ici. Grâce à lui et au botaniste Olivier Escuder, qui une fois encore m’a bien aidé dans la détermination de toutes mes fleurs, je n’ai pas « marché idiot » et comme là aussi était mon intention, j’ai terminé cette balade amplement satisfait. Je ne l’ai pas mesurée personnellement avec mon GPS mais de manières assez étranges on trouve sur le Net bon nombre de distances bien différentes allant de 7,5km jusqu’à de 10,5km. Alors, j’ai mesuré le parcours tel que je l’ai réalisé à l’aide de mon logiciel CartoExploreur et voilà les principales données obtenues : distance parcourue 8,6km incluant mes quelques « sorties de route » (table d’orientation, postes de chasse, vignoble). Points les plus élevés 90 à 91m environ, point le bas 2  à 5 m environ soit un dénivelé approximatif de 86 à 82 m. Carte IGN 2547OT Durban-Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25.

(*) Combe Redonde : Si j’ai commencé par m’intéresser à la toponymie du « mot » Redonde, j’avoue ne pas avoir chercher longtemps pour trouver la bonne explication que l’on peut résumer par le mot  « rond ». L’occitan et le portugais (redonda),  l’espagnol (redondo au masculin ou redonda au féminin) en sont les plus proches phonétiques.  Le remarquable site « vousvoyezletopo » explique tout ça en détail bien mieux que je ne pourrais le faire.  J’ai ensuite très vite perçu que la Redonde avait un lien très étroit avec la géologie, le mot « combe » le précédent ne laissant planer aucun doute à ce sujet. Toutefois, si les principale cartes IGN classiques et topographiques mentionnent le ruisseau, celles mentionnant la doline située plus au sud sont à chercher dans les plans IGN que j’utilise peu ou carrément jamais sur le Net (Géoportail). C’est d’ailleurs de cette dernière façon que je l’ai trouvée sur le site suivant : https://www.yumpu.com/en/document/read/54787177

Alors certes ce site-là évoque le Cap Romarin dans son ensemble et ses proches alentours, il est également un peu plus technique mais on y apprend pas mal de choses sur le plan géologique, historique et anthropologique.

Enfin plus intéressante encore ; enfin pour moi ;  fut la lecture du texte écrit par Marc Pala à propos des  « carriers de la Combe Redonde » qui vivaient là à proximité du ruisseau dans la première moitié du 20eme siècle. C’est d’autant plus intéressant que l’itinéraire de la boucle y passe tout près et permet de fixer visuellement les décors et ainsi de les rapprocher de la lecture préalable. On se souvient donc du cabanon délabré, du grand mur, espèce de grande rampe qui y monte, des grottes à portique, des murets, des anciennes carrières, etc…..Autant d’éléments permettant de s’imaginer une vie d’antan. Oui, cette Combe Redonde est restée dans ma tête comme une « redondance » bien après la fin de cette jolie boucle. J’espère que cette « redondance »  m’aura permis de ne rien oublier.  

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Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet)

Publié le par gibirando

Afin de rendre hommage à l'immense compositeur américain Burt Bacharach décédé en février dernier (sans oublié le parolier Hal David), j'ai agréménté ce diaporama de six de ses chansons. Elles ont pour titres et interprétes : "Raindrops Keep Fallin' On My Head"/B. J. Thomas, "This Guy's In Love With You"/Herb Alpert & The Tijuana Brass, "Arthur's Theme (Best That You Can Do)"/Christopher Cross, "What The World Needs Now Is Love"/Jackie DeShannon, "Alfie"/Vanessa Williams, "A House Is Not a Home"/Luther Vandross (version incomplète). 

Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet)

Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet)

  Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran


 

C’est en 2020 et au cours d’une balade que j’avais intitulée « Le Circuit de la Tirounère depuis St-Paul-de-Fenouillet » que j’avais découvert le départ de ce « Sentier du Charbonnier » et par là-même cette randonnée. Alors bien évidemment, je m’étais empressé d’aller voir sur le Net ce que l’on disait d’elle. Là, de prime abord, 2 éléments me rendirent quelque peu circonspect et je m’interrogeais quant à l’opportunité de la réaliser un jour. Le 1er élément était que de nombreuses personnes qui l’avaient faite l’avaient jugée difficile. De ce fait, à 71 ans, j’étais assez songeur même si la distance de 9 à 12 km ; selon les différentes versions ; ne m’inquiétait pas trop. En observant la carte IGN et la vue  aérienne correspondant au tracé, , ce que je craignais c’était toutes ces formations calcaires très découpées qu’il y avait à l’ouest des Gorges de Galamus. Si celles situées à l’est ne m’étaient pas inconnues, les ayant déjà approchées à diverses reprises lors de randonnées (*), celles-ci entaillées par la Coume de Tiols et son ruisseau restaient à découvrir.  Un petit tronçon muni d’une corde servant de garde-fou était souvent évoqué ajoutant un supplément de crainte car j’avais conscience que mes pieds n’avaient plus l’assurance de leurs 20 ans.  Le 2eme élément concernait la randonnée elle-même et le titre de « Sentier du charbonnier » qui lui avait été octroyé dont personne ne disait jamais rien. C’était d’autant plus troublant que même la Communauté des communes Agly-Fenouillèdes qui avait produit une fiche-rando N°26 restait totalement muette à ce sujet, évoquant brièvement "des sommets des Marches d'Espagne" et les Hautes-Corbières ? « Pourquoi du charbonnier ? » (**), cette question semblait n’intéresser personne ? De ce fait, ma crainte était qu’on ait créé un circuit de randonnée sans grand intérêt, seulement pour attirer les touristes et qu’un fonctionnaire en manque d’idées lui ait donné un nom totalement futile. Or « marcher idiot » et seulement pour l’aspect sportif n’était plus depuis longtemps le ressort de mes différentes sorties. Il me fallait bien d’autres arguments. Au regard de ces travers, je me suis mis en quête de chercher ce que l’on disait de ce sentier dans les nombreux topo-guides que je détenais dans ma bibliothèque. Et là ô surprise, aucun ne l’évoquait parmi les 60 ouvrages que je possédais. Pourtant ils étaient nombreux à évoquer ce secteur du pays Fenouillèdes et le Sentier Cathare, mais ce « Sentier du Charbonnier » était totalement oublié. Pourquoi ? C’était un frein de plus assez inattendu surtout quand on sait que de nombreux ouvrages reprennent assez souvent les mêmes randonnées. Pourquoi celle-ci était totalement absente ? Je ne trouvais pas de réponse ! Finalement, il m’a fallu 3 années supplémentaires pour qu’une gentille amie sur Facebook, prénommée Marie-Noëlle,  arrive à me convaincre que cette balade pouvait être intéressante. En décrivant succinctement la beauté des décors et en amoindrissant les difficultés, j’étais désormais convaincu que je pouvais la faire. En tous cas, malgré mes 74 ans, je  me sentais prêt. Il est vrai qu’une jolie nouvelle que je venais de lire évoquant un peu les lieux et  s’intitulant « Le sauvage en personne » de l’ethnologue et anthropologue Daniel Fabre avait fini de me convaincre.  De surcroît, la botanique, la Nature et l’Histoire y tenaient une place persuasive.  J’avais donc décidé d’attendre le printemps afin d’avoir entre les mains tous les atouts que la Nature des Corbières pourrait m’offrir. Météo France annonçant un anticyclone, le jour « J » est fixé au 17 avril,  et bien sûr en solitaire car quoi qu’il en soit, le terrain aux reliefs calcaires accidentés et la distance ne sont pas compatibles avec les tendons trop souvent douloureux des hanches de Dany. Il est 9h quand je laisse ma voiture sur la route à proximité de La Tirounère. Je démarre avec une "foi de charbonnier". Je connais désormais parfaitement les lieux. D’emblée, et avant même quelques pas vers la ligne de départ, des fleurs freinent mes bonnes intentions. A la Tirounère, je suis surpris de voir qu’une nouvelle passerelle a été installée permettant le passage sans problème de l’Agly. Voilà déjà longtemps que le projet était dans les cartons depuis que la précédente avait été emportée par une crue en 2014. Je m’y arrête quelques instants et constate que les poissons sont bien plus nombreux qu’en 2020 où je m’étais baigné lors de ce fameux  « Circuit de la Tirounère ». Sans passerelle, j’étais facilement passé à gué avec de l’eau aux genoux. Après quelques photos, je  me décide à démarrer me promettant d’y revenir au retour.  D’emblée, la pente raide de l’étroit sentier met mon palpitant à l’épreuve. Par bonheur, les fleurs printanières sont nombreuses et les photographier est une excellente raison de reprendre mon souffle. Mon cœur s’assagit au même rythme que le parcours qui peu à peu devient beaucoup moins incliné même si la calcaire reste constamment omniprésent. Alors que je grimpe vers La Balme, pensant être tout seul, un gilet pendu à une branche ne manque pas de me surprendre. Finalement, ce n’est que 100m plus loin, et un peu plus haut, qu’un homme accompagné d’un chien se présente devant moi. Il redescend et je monte. Après le bonjour d’usage, je lui demande « le gilet accroché à la branche est à vous ? ». Il me répond « oui », rajoutant qu’il trouve qu’il fait excessivement chaud. J’acquiesce. Sur le ton de la plaisanterie, je lui dis, « vous avez de la chance, il me plaisait bien et j’ai failli vous le piquer ! ». Il rigole de ma blague.  Je crois comprendre qu’il essaie de trouver des asperges sauvages mais que ce n’est pas génial. Après quelques brefs échanges sur nos activités du jour, il me souhaite bon courage et lui rend la pareille. Quelques mètres plus haut, en voyant les beaux panoramas qui s’entrouvrent, je prends déjà conscience avec satisfaction de la déclivité déjà accomplie. Dans le creux du ravin, au pied d’une falaise, l’ermitage Saint-Paul de Galamus apparait. Au-dessus, ce sont les contreforts du  Pech d’Auroux que j'ai eu l'occasion de gravir à plusieurs reprises. En bas,  là où j’ai laissé la voiture,  la route parallèle au  vallon où coule l’Agly ressemble à un vermicelle. Malgré tout le calcaire environnant, la végétation est dense et de n’importe quel côté où l’on regarde tout est très verdoyant. Je ne connais pas la suite mais suis très heureux d’être déjà là. Quand la bifurcation « Paradet » et « Camps » se présente, je sais déjà que c’est la seconde qu’il faut emprunter. Ici l’élévation supplémentaire accomplie offre une belle  vue vers Saint-Paul-de-Fenouillet et les  plaines alentours. Le sentier redescend un peu puis parvient à cette portion agrémentée d’une corde que j’appréhendais beaucoup mais que Marie-Noëlle avait à juste titre minimisée. Finalement si la corde peut s’avérer utile en terme de sécurité, je constate que je m’en faisais tout un monde sans vraie raison apparente. Il est vrai qu’en vieillissant, je suis désormais sujet au vertige. Certes, la roche est assez pentue à cet endroit-là mais je me souviens en avoir arpentées maintes et maintes fois dès bien plus compliquées que ça et notamment dans les calanques marseillaises au temps de ma jeunesse. Je passe donc assez facilement même si mon attention est de mise car je sais qu’à mon âge je n’ai plus la dextérité et l’assurance de mes jeunes années. Pour avoir plusieurs fois regardé la carte IGN administrative, je sais que la frontière P.O/Aude est juste là. Pourtant rien ne change et ne le laisse imaginer. Moralité : je comprends mieux pourquoi l'administration semble parfois insaisissable.  Peu après,  et par je ne sais quel miracle, si ce n’est la belle présence de jasmins jaunes, de cistes et de coronilles, de nombres papillons s’égayent dans ce secteur. Si la plupart sont assez communs et visibles quelques mois dans l’année car univoltins, les jolies et rares  Proserpines n’ont pas cette chance. Elles sont univoltines, c’est-à-dire qu’elles n’ont droit qu’à une seule génération annuelle.  Des papillons seront visibles jusqu’à la fin mais des Proserpines, je n’en verrais que deux. Le sentier atteint le ruisseau de la Coume de Tiols bien plus vite que je l’avais imaginé. Encombré assez souvent de gros blocs, le ruisseau devient chemin. Par bonheur, quelques tronçons sont parfois plus praticables grâce à de hauts buis faisant office de boucliers. De manière assez surprenante, quelqu’un a installé un livre d’or à même le sentier. J’y laisse une courte bafouille de mon passage. De temps à autre, le sentier sort du ruisseau et permet ainsi d’avoir une meilleure idée des paysages environnants. Les fleurs et les papillons continuent de m’arrêter. Les oiseaux sont bien là aussi,  comme le prouvent leur chant mais les voir est déjà une gageure quant à les photographier c’est carrément une loterie avec peu de chances de gagner tant les frondaisons qui les abritent sont touffues ! Il me faudra attendre de sortir de là, d’avoir un peu de chance, de me mettre quelquefois à guet pour réussir quelques photos d’oiseaux. C’est ainsi que bien trop absorbé à mes photos, je sursaute à l’arrivée soudaine dans mon dos d’un jeune homme en train de courir.  Lancé dans son trail, le temps d’échanger un bonjour, et telle une fauvette furtive,  il a déjà disparu dans ce dédale de roches et de végétation. Dès lors que le vallon se fait plus ample et moins encaissé, le sentier change de sol devenant plus herbeux. Là, je comprends que j’en ai vraiment fini avec le calcaire et le ruisseau. D’ailleurs, les fleurs à photographier changent aussi avec de nouvelles espèces fréquentant les pelouses : pâquerettes, pissenlits, potentilles, hélianthèmes, orchis, anémones, narcisses.  Il y a aussi beaucoup d’arbres à fleurs blanches. De très nombreux poiriers à feuilles d’amandier mais aussi quelques cerisiers de Sainte-Lucie et bien sûr des prunelliers.  A hauteur d’une cabane en tôles ondulées, je me décide à tourner à droite pour partir vers le col d’En Calve. Un large chemin monte vers ce col. Ceci n’est pas une entorse au parcours initial mais un supplément qui selon de nombreux témoignages méritent le détour.  C’est ainsi que j’ai atteint un large col herbeux puis qu’à l’aide de mon GPS et du tracé que j’y avais enregistré, j’ai facilement trouvé le sentier qui sur la droite m’a entraîné vers le lieu-dit « Frigoula ». Le lieu-dit consiste en plusieurs petites collines quelque peu escarpées mais accessibles où des vues grandioses se font jour presque de tous côtés : Massif du Canigou, Pech de Bugarach, Gorges de Galamus, Roc Serret,  Pech d’Auroux, La Quille, Vallon de Tiols, Roc del Nissol,  Forêt du RialsesseCubières et son joli moulin où nous avions fêté les 60 printemps de Dany. Pour être franc, j’aurais pu monter légèrement plus haut mais les altitudes les plus élevées étaient aussi les plus végétalisées. J’ai donc trouvé un bon compromis où j’ai choisi de pique-niquer avec vue vers le Canigou, la Vallée de la Boulzane et Saint-Paul-de-Fenouillet avant de refaire le chemin en sens inverse soit un aller et retour de 4km environ. Là, tout devint plus simple et la chance fut enfin avec moi car je réussis à photographier quelques volatiles plutôt nombreux dans cette portion jusqu’au Pla de Lagal. D’abord plus simple,  parce que le parcours est plus praticable et donc plus facile à cheminer au moins jusqu’à atteindre le Pla de Moulis mais aussi parce que j’en connaissais une belle partie. Là, on retrouve encore beaucoup de calcaire mais les chemins et sentiers sont plus « roulants »  Ce tronçon a  été d’autant plus facile pour moi que je l’avais déjà accompli en 2011 lors d’un mémorable Tour du Fenouillèdes en 5 jours avec mon fils. J’ai marqué un long arrêt à hauteur du calvaire en hommage à l’instituteur Moulins Artene car l’histoire du décès de cet homme que j’avais lue sur Internet m’avait vraiment marqué.  Il paraît qu’il serait mort de froid au cours d’une tempête de neige pour être allé chercher du secours à Saint-Paul de Fenouillet pour venir en aide à  un enfant malade de Camps-sur-Agly. Il est donc mort lors d’un acte d’héroïsme qui plus est pour sauver la vie d’un enfant. Si la fin de cette balade fut moins « géniale » sur le plan météo, le ciel devenant excessivement laiteux, grâce à une Nature encore très présente, elle demeura bien agréable pour moi. Une fois encore, cette randonnée m’a offert ce que j’étais venu chercher : la Nature avec un grand « N » ! Force est de reconnaître que j’avais des idées « noires » à propos de ce « Sentier du Charbonnier » et ma crainte de le réaliser était de revenir « noir » !  Mais finalement, je l’ai terminé « débordant » de couleurs, comme quoi le philosophe Gaston Bachelard avait raison quand il a dit que « le noir est le refuge de la couleur ». La distance parcourue a été de 11,8km. Les montées cumulées de 747m. Quant au dénivelé, il a été de 449m entre le point le plus élevé à 727m non loin du Roc del Nissol et le plus bas à 278m à la Tirounère.  Carte IGN Tuchan – Massif des Corbières top 25.

(*) Mes autres balades dans le secteur : 

 

(**) Les charbonniers en Fenouillèdes et Pyrénées : Comme indiqué dans le récit de ma balade, personne ne dit rien à propos du nom donné à ce sentier. Pourquoi du « charbonnier » ? Cette question restera un  mystère. En tous cas or mis un tout petit casot en tôle ondulée pas suffisamment ancien et un semblant de mur en pierres, je n’ai rien vu au cours de ce parcours qui pourrait ressembler de près ou de loin à une ancienne charbonnière voire à une vieille marmite en métal comme on en trouve encore dans la Nature en Fenouillèdes et plus généralement dans nos belles Pyrénées. Ces charbonnières ou ces marmites servaient à la fabrication du charbon de bois, combustible connu pour diverses utilisations depuis l’Antiquité mais qui connut son heure de gloire à partir du 17eme siècle dès lors que le procédé technologique des forges dites « catalanes » prit son envol industriel dans toutes nos montagnes. Car si ici on évoque les Pyrénées, le procédé a aussi été utilisé dans les autres montagnes françaises. A cette époque, du 17eme au 19eme siècle, la  fabrication du charbon de bois, et par là-même sa consommation ; furent si gigantesques que nombres de nos forêts finirent amplement décimées. Au fil du temps,  les  déboisements étaient tels qu’aucune essence ne résistait à cette frénésie. Pour les charbonniers, tout était bon à brûler, des sapins aux bruyères en passant par les chênes, les hêtres, les buis et même les arbres fruitiers dès lors que la pénurie a commencé à se faire sentir. Même si rien n’est dit à propos des charbonniers, ni à  Saint-Paul-de-Fenouillet ni dans ses proches alentours ; le bourg étant plus connu pour ses croquants, ses objets en buis et ses pièges à loup que l’on fabriquait dans des forges ; il est évident que les collines autour de Galamus n’ont pas échappé à ce déchainement à fabriquer coûte que coûte du charbon du bois. Dans ce secteur, un seul toponyme peut nous laisser penser à d’éventuels « charbonniers », c’est le Pas de la Fumado (la Fumée), en aval du Moulin du Cubières-sur-Cinoble.  Malgré cette carence de noms,  l’on apprend sur certains sites Internet ; Fenouillèdes et Caudiès notamment et donc sans partir trop loin de Saint-Paul ;  que les charbonnières ont bien évidemment existé dans tous ces secteurs. Leurs vestiges sont encore visibles parfois, et à titre personnel,  il m’est arrivé plusieurs fois d’en découvrir au cours d’autres randonnées. Je me souviens par exemple d’une vieille marmite en métal vue non loin du col de Tulla. Il m’est arrivé aussi de tomber sur d’anciennes plateformes de brûlis plutôt nombreuses dans la forêt de Boucheville et dans les autres bois des proches alentours. Entre le 17eme et 20eme siècle, les charbonniers n’ont pas été les seuls à fréquenter nos collines et nos montagnes. Selon les lieux, on pouvait aussi  y voir des mineurs, des forgerons, des bucherons, des chaufourniers dont le travail à fabriquer le chaux était souvent lié à ceux des charbonniers. Tous ce travailleurs étaient assez souvent des migrants.  Les charbonniers étaient nombreux à venir d’Italie et paraît-il de la région de Bergame. Ils étaient saisonniers et nomades, le plus souvent plutôt pauvres, se déplaçant très souvent d’un employeur à un autre changeant de forêt comme il ne changeait pas de veste, le travail étant bien sûr très salissant. Si la veste dite du « charbonnier » continue d’être la mode, les charbonniers ont très longtemps marqué l’imaginaire. Ils étaient des hommes « noirs », se jouant du feu tels des diables et vivants dans leur forêt comme de véritables « sauvages », ce qui n’était pas tout à fait faux. Pourtant,  le savoir-faire était tel que l’on évoque parfois « l’art du charbonnier ». C’est ce qu’on fait Henri Louis Duhamel de Montceau dans un livre de 1761 mais aussi plus récemment Véronique Izard, chercheuse au CNRS dans un article de la Société Botanique de France, article que je vous conseille de lire si vous souhaitez en savoir plus sur l’Histoire des charbonniers des Pyrénées et leur métier. 

Le Sentier du Charbonnier depuis La Tirounère (St-Paul-de-Fenouillet)

Marmite de charbonnier près du col de Tulla.

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A y laisser nos plumes autant crier !

Publié le par gibirando

Colbert, ministre bien connu des finances de Louis XIV a dit « L'art de l'imposition consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris. » Autant le dire, la France étant depuis quelques années la championne du monde des impôts, taxes, contributions et autres prélèvements que l’on appelle « obligatoires », cette phrase n’a jamais été autant d’actualité. A un détail près néanmoins, par le fait même que les systèmes de communications actuels ne sont pas ceux qui avaient cours sous Louis XIV et Colbert. Alors si « oies » nous sommes encore, si nos gouvernants continuent de nous plumer et de nous mettre à nu autant qu’ils le peuvent, on peut au moins crier de plus en plus fort. C’est ce que je tente de faire dans cet article et comme d’autres crient bien mieux que moi, je préfère relayer leurs messages. Ainsi ça m’évitera d’avoir à sucer des pastilles Valda ou Pulmoll ou à croquer des bonbons Stoptou parce que j’ai la gorge irritée. Enfin irrité, je le suis quand même quand je constate que mes impôts et taxes ne servent plus à grand-chose sauf peut-être à aider Macron et consorts dans leur gigantesque et folle spirale dépensière. Vivre dans le faste et les dorures, là ils ne manquent jamais d’être dans l’action et ne sont jamais dans la communication. Pourtant, pour tous les autres sujets, c'est très souvent le contraire. A 74 ans,  quand je vois la dette de la France au rythme où elle grossit, je ne peux m’empêcher de penser à l’avenir, à mes enfants et surtout à mes petits-enfants et au fardeau financier qu’ils auront comme une épée de Damoclès au-dessus de leur têtes. Car à n’en pas douter cela sera une terrible charge car cette dette que l’on doit nous n’en sommes plus maîtres car nous la devons essentiellement à des prêteurs étrangers, américains, chinois, etc.... Elle nous ôte toute liberté, toute indépendance, toute souveraineté, tout libre-arbitre, toute émancipation et en 2 mots « tout pouvoir ». Quand je dis "nous", c'est bien sûr à la France que je pense mais aussi aux citoyens que nous sommes. Comparons la dette de la France à quelqu'un qui gagnerait le Smic, c'est à dire environ 1.540 euros par mois. Il aurait sur sa tête une dette à rembourser d'environ 230.000 euros. Que ferait-il dans un telle situation de faillite ? Il irait déposer un dossier de surendettement à la Banque de France. Serait-il accepté sachant que même en épongeant certaines dettes, le reste du problème devrait être réglé en 7 ans ? Probablement que non ! Alors « crions » ! Il ne nous reste plus que ça face à cette dette monstrueuse, machine infernale à crans, à engrenages, dont on ne voit pas quand, comment, quoi et qui pourraient la faire repartir en sens inverse sans en casser toutes  les dents comme le démontre cette étonnante mais réaliste vidéo documentaire "3000 milliards : les secrets d'un état en faillite". que nous propose la remarquable association Les Contribuables Associés. "Casser toutes les dents" signifierait sans doute pour l'Etat "casser nos tirelires, piocher dans nos épargnes, baisser salaires et pensions, etc.......". Je n'ose imaginer cette situation quand je vois ce qu'un simple fait divers peut engendrer dans notre pays devenu si violent. Rappelons-nous les Gilets Jaunes dont le mouvement a commencé à cause d'une simple augmentation des carburants. Cette année encore se fut les émeutes qui ont coûté des milliards à cause de l'arrestation d'un voyou qui s'est mal terminée pour lui. Je complète cette vidéo d'un lien en cliquant ici que nous propose le site Internet « La Sélection du Jour », ainsi vous aurez un historique de cette triste déconfiture, un résumé de la situation présente et un panel plutôt complet des cris factuels les plus objectifs.

 

Si vous en avez la possibilité, il est préférable de regarder cette vidéo YouTube sur un grand écran TV. Boitiers, systèmes deconnexion avec votre ordinateur, votre smartphone ou votre tablette, voici un site qui vous donne quelques solutions : https://www.tcl.com/fr/fr/blog/tips/how-to-watch-youtube-on-your-tv

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La Boucle "Autour de Montalba-le-Château"

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques originales du remarquable guitariste américain Walter Rodriguez Jr. Elles ont pour titre : "Much More""Ballad Road" et "Silent Call"

La Boucle "Autour de Montalba-le-Château"

La Boucle "Autour de Montalba-le-Château"

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

En ce 5 avril 2023, cette « Boucle Autour de Montalba-le-Château », que j'avais trouvée sur Visorando, ne devait être qu’une simple promenade. Dans nos esprits, les 5,5km à parcourir ne devaient servir qu’à ça. Marcher un peu, pique-niquer face à un merveilleux Canigou enneigé étaient nos principaux objectifs. Dès le départ, un ciel bleu denim, limpide car sans nuage et une douce météo conjecturaient favorablement nos bonnes intentions. Il est 10h30  quand nous rangeons notre voiture sur un parking de la route principale, en l’occurrence la D.17, mais dans le village. Alors que nous chaussons nos godillots, un gentil et vieux monsieur vient nous « tenir le crachoir ». Il parle en nous posant des questions, mais parle tant et tellement vite qu’il n’attend jamais les réponses que nous pourrions éventuellement lui faire. Finalement, il passe du coq à l’âne et je comprends qu’il a surtout envie de nous parler de lui et de sa vie à Montalba-le-Château. Alors tout en nous préparant, nous l’écoutons avec attention et ce pendant un bon quart d’heure, bien au-delà de notre préparation.  Quand je le coupe, c’est pour lui dire que nous devons partir randonner tout autour du village.  Alors il acquiesce,  se tait et s'en va poliment un petit sourire au coin des lèvres, sans doute heureux que nous lui ayons consacré un peu de notre temps. Nous empruntons la D.17, puis un peu plus loin nous la délaissons au profit de la rue du Roumenga. Si vous regardez des plans et des vues aériennes sur le Net, vous trouverez l’intitulé « Camps del Cami de Vinça » dans la continuité de la rue de Roumenga, qui elle part ensuite à droite. Enfin peu importe, c’est par cette voie-là très rectiligne que nous sortons de Montalba et la campagne est déjà là avec ses fleurs sauvages, ses nombreux passereaux puis quelques fermes et corrals où dans les prés mitoyens paissent plusieurs chevaux. Il y a même un corbeau qui vient jouer les curieux et des étourneaux sans doute sédentarisés qui batifolent tout autour des équidés. Après un portail donnant sur de grandes serres de couleur verte, l’itinéraire vire à gauche en un angle droit. A droite le domaine « le Roc » avec les serres citées ci-avant et à droite un vignoble.  Au milieu, un chemin de sable blanc d’où s’envolent de jolis chardonnerets. Très vite, des  champs en jachères puis la garrigue prennent le relais du vignoble. Les fleurs sauvages et les papillons saisonniers se font plus nombreux. On retrouve la D.17 que l’on poursuit à droite sur une centaine de mètres et que l’on quitte pour un autre chemin encore sableux lui aussi filant à gauche entre des chênes verts. Ce sable blanc beige que l’on va fouler tout au long du parcours n’est ni plus ni moins que le socle de dépôts sédimentaires lacustres datant des temps géologiques. Celui plus grossier que l’on trouve en général au pied des amas rocheux est le résultat d’une érosion relativement plus récente. Ici, la principale roche est le granite aux nuances de couleurs quelque peu différentes mais assez souvent un peu rosées. Sur la gauche, Montalba et son éminent château ne tardent pas à apparaitre. A droite, le Massif du Canigou saupoudré de neige. Sa vue donne à Dany des envies de déjeuner sur l’herbe, sauf qu’il faut encore trouver l’herbe « qui va bien ». C’est chose faite quelques décamètre plus loin en nous éloignant du parcours d’une bonne cinquantaine de mètres. Là, adossés à des bruyères arborescentes amplement fleuries et donc très parfumées, nous déjeunons sur l’herbe de nos gros pans-bagnats. « C’est fou comme le beau temps et le bien-être m’ouvrent l’appétit » dis-je à Dany. Elle acquiesce mais sans parler car la bouche pleine. Ayant tout le temps devant nous, après ce copieux pique-nique,  je pars en quête de quelques photos naturalistes pendant que Dany s’est allongée sur l’herbe pour se reposer un peu. Quand je reviens, je la découvre presque endormie avec deux coccinelles se promenant sur sa polaire. Les coléoptères rouges et noirs contrastent tant avec le bleu du vêtement que je ne peux pas ne pas les voir. Nous repartons et peu de temps après tombons sur un gros troupeau d’ovins partant sans doute à l’estive. Accompagné de plusieurs chiens, le berger mène son troupeau avec sans doute cette idée de rester au plus près du chemin. Mais un pré herbeux se présente et le troupeau part alors en éventail. Nous faisons tout pour tenter d’éviter les animaux mais les voilà qu’ils partent en tous sens guidés par cette gloutonnerie folle de brouter tout ce qui se présente au bout de leur mufle. Si le nonchalant patou passant tout près de nous a déjà compris que rien ne ferait dévier ses ouailles, nous voilà plantés là comme deux statues au milieu de l’imposant troupeau. Finalement, personne ne prête attention à nous et tout se passe pour le mieux. Nous repartons. Peu après, nous croisons de beaux chevaux. Eux sont parqués.  Occupés à brouter, ils restent indifférents à l’intérêt qu’on veut leur porter. Plus loin, sur la droite et en  contrebas du chemin, nous apercevons plusieurs lamas aux robes chamarrées. J’apprendrais en rentrant qu’ils sont destinés à des promenades. Au milieu d’imposants blocs granitiques, le chemin devient plus large et plus sableux encore. Flore et faune continuent à jalonner le parcours pour mon plus grand plaisir. Dès lors que le sable laisse la place à l’asphalte, l’arrivée se fait plus proche. Après avoir tourné autour ; comme l’indique le titre de cette balade ; désormais Montalba et son château se dressent droit devant. Pourtant le parcours continue d’être agréable et il en sera ainsi jusqu’à son terme. Pendant quelques instants, l'église Sainte-Marie apparaît au loin sur notre droite me remémorant ainsi une autre très jolie balade que nous avions réalisée ici en 2018. Elle avait consisté à partir à la découverte des "Bornes frontières de 1258". Souvenirs, souvenirs ! Malgré une distance plus que modeste, celle-ci fut pour moi une vraie randonnée. Ce sentiment, je le dois sans doute aux jolis décors parcourus mais surtout au plaisir que j’ai eu à photographier une faune ; sauvage ou pas, et une flore qui ont très présentes tout au long de l’itinéraire. Remercions Philippe Pagès d’avoir mis cette jolie boucle sur Visorando car sans lui pas sûr que nous l’aurions connue. La distance est donnée pour 5,43km, mais autant être honnête aujourd’hui je n’ai rien mesuré,  car comme le dit l’adage « quand on aime on ne compte pas ! ». Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt top 25.

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Le Tour du Lac de Caramany

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques du duo irlando-norvégien "Secret Garden" composées par Rolf Løvland. Elles ont pour titre "Beautiful" chantée par Brian Kennedy"The Pilot" (instrumental), "Strength" chantée par Espen Grjotheim"Cause Of You" chantée par Cathrine Iversen et Espen Grjotheim et enfin la cinquième "Passacaglia" d'Haendel/Halvorsen jouée en solo au piano par Pianovus (incomplète).

Le Tour du Lac de Caramany

Le Tour du Lac de Caramany

Pour agrandir les photos cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

Nota : Le tracé officiel du Tour du Lac de Caramany proposé par le département 66 (voir ce lien) évite bien évidemment cette partie où des éboulements de pierres se sont produits ces dernières années, entre l’embouchure du Ravin de Tury et le lieu-dit Clot del Tury. C’est donc à mes risques que je suis passé outre les interdictions car j’ai estimé qu’un maximum de conditions favorables me permettait de le faire (belle météo, possibilité auxiliaire dans le lac asséché, eau excessivement basse du lac et de l'Agly, marche en solo) . Si vous faites de même, vous le ferez également à vos risques et périls. Je conseille bien évidemment de ne pas prendre de risques si les conditions ci-dessus ne sont pas totalement remplies ou si vous marchez avec des enfants. A vous de voir.

De ma part, faut-il voir dans ce « Tour du Lac du Caramany » le signe d’un quelconque intérêt grandissant pour l’énergie électrique ? Je ne le pense pas, même si en cette période d’inflation, le sujet très d’actualité par la hausse effrénée de ses tarifs ne me laisse bien évidemment pas indifférent ! Et ce n’est donc que pure coïncidence si ma dernière randonnée (Le Circuit du poste électrique et les éoliennes de Baixas depuis Saint-Estève) et celle-ci ont en commun des lieux où la production électrique est de mise. D’ailleurs, pour être honnête, ici c’est plutôt l’eau et sa carence qui ont aiguillonné mes pensées que le fait qu’il y avait non loin de là un barrage hydroélectrique. Il est 10h30 quand je gare ma voiture tout près de l’aire de pique-nique jouxtant le pont traversant le lac. Selon un plan que j’ai pu voir sur Internet, le départ est là ce qui m’oblige à remonter la route D.21 jusqu’à hauteur de la cave Les Vignerons de Caramany. Le Tour du Lac démarre vraiment là, à droite de la route,  même s’il n’y a aucune mention.  Mais pour avoir déjà accompli une autre randonnée intitulée « Autour du Grand Rocher », je sais que c’est là, les départs sont identiques.  Dans l’immédiat, il s’agit d’une voie bitumée qu’il faut quitter bien plus loin au profit d’un chemin sableux partant à gauche. Comme toujours, je suis déjà en quête de ce que la Nature peut offrir à mon appareil-photo, paysages certes mais surtout flore et faune. Autant l’avouer les deux étant plutôt rares en ce début de balade, les quelques occasions qui se présentent ne sont pas à gâcher. Si les fleurs sont faciles à immortaliser, les oiseaux et papillons réclament plus de patience et surtout plus de chance. Or mis cela, la météo étant très bonne, l’itinéraire reste agréable à cheminer. Seul un ciel un peu laiteux, surtout vers le sud-est,  contrarie mes premières photos car la luminosité n’est pas idéale. Quelques fleurs, des passereaux sur les arbres, d’autres picorant je ne sais quoi sur le sol, une stèle marquant le premier coup de pioche du barrage, deux panonceaux expliquant une vie « néolithique », un autre recensant les balades possibles  sont autant d’occasions pour s’arrêter un peu. Comme peau de chagrin, le lac, lui, se rétrécie au fur et à mesure que j’avance et par là même les berges sableuses et argileuses car alluvionnaires se rapprochent l’une de l’autre. De lac, l’Agly va devenir rivière puis carrément ruisseau. Jamais, je n’ai vu le lac de Caramany ainsi et dieu sait si j’y suis venu souvent y randonner (*). Si le fleuve Agly a toujours été là, on y aperçoit aujourd’hui les vestiges d’un muret fait de pierres qui servait à le canaliser. Dès lors qu’un panneau d’interdiction se présente faisant suite à de très nombreux glissements de terrain et éboulements, je me vois contraint de réfléchir par où faut-il que je passe.  J’avoue que m’éloigner du lac alors que ce dernier est largement asséché ne m’inspire pas trop et ce d’autant qu’il y a longtemps, lors d’une randonnée au « Balcon de la Pêche », j’étais déjà passé outre cette interdiction sans aucun problème. Finalement, c’est en voyant un couple accompagné d’un chien marchant en contrebas que je me décide à braver l’interdiction. Je me dis que si les éboulements sont trop importants et interdisent le passage, j’aurais toujours cette solution de descendre dans le lac asséché. Finalement, mon passage s’effectue sans réel souci, ma seule crainte étant le chien du couple que je viens de retrouver  quelques décamètres plus loin. Trop livré à lui-même, car montant et descendant les pierriers provoqués par les éboulements, j’estime que leur chien constitue un éventuel danger et je n’hésite pas à le leur dire. Répondant à ma demande, ils retiennent leur chien le temps que je passe. Je les en remercie mais insiste sur le fait que le risque peut aussi être pour eux. C’est sur ces bonnes paroles que  nous nous séparons, non sans avoir évoqué au préalable cette voiture « renversante » gisant au milieu l’Agly, là où le fleuve n’est plus qu’un étroit ruisseau. « Renversante » car les roues en l’air et étonnante à cause de l’endroit où elle se trouve, loin de toute voie routière. « Comment est-elle arrivée là » ? C’est la question que nous nous posons conjointement.  Ils me disent vouloir en informer soit la mairie de Caramany soit la gendarmerie, ce en quoi je ne les contredis pas (**). En atteignant la D.9, me voilà complètement soulagé, d’autant plus soulagé qu’en traversant le pont, j’aperçois le couple et leur chien en train de revenir vers moi. J’ai réalisé la moitié du Tour du lac et sans doute franchis la partie la plus délicate. Il est 12h15 et je réfléchis déjà à trouver un coin propice et agréable pour pique-niquer, et ce d’autant qu’une légère brise venant du nord s’est soudainement levée. Finalement, après avoir trouvé les balises jaunes propres au Tour du Lac, je n’en tiens plus guère compte peu après car longer l’Agly et marcher dans le lac asséché est bien plus simple. Alors, je vais et je viens, m’éloignant du lit de la rivière pour mieux y revenir. Suivre l’Agly étant parfois un peu monotone, parfois je m’en éloigne au profit  des vignobles, des bois et d’un peu de garrigue. Très souvent, la présence d’oiseaux aquatiques ou de passereaux que j’aperçois guide mes pas. Idem pour les quelques papillons que j’entrevois. Ils me muent en un chasseur inoffensif où mon appareil-photo devient une épuisette sans filet. C’est moins douloureux pour eux ! Finalement, après avoir trouvé un coin sur l’herbe et abrité du vent pour pique-niquer, c’est l’obligation de rejoindre l’arrivée qui me fait quitter le bord du lac et prendre la route asphaltée. Eh oui, ici, or mis faire un peu de natation, il n’y a pas d’autre choix que mes jambes et la route pour retrouver ma voiture. Cette dernière me permet de rejoindre le village de Caramany que j’avais visité au pas de charge lors de cette balade « Autour du Grand Rocher ». Peu après, je pars voir le barrage, par pure curiosité et surtout au regard du niveau si bas de l’eau.  Ainsi se termine cette balade finalement plutôt agréable et où comme souvent j’ai pu me consacrer pleinement et avec plutôt de la réussite à ma passion pour la photo naturaliste. Seul tourment ? La sécheresse qui sévit et peut s’avérer inquiétante si je me fie à mes

récentes balades toutes faites en hiver mais sous un soleil estival et ardent. En novembre dernier, lors de « la Boucle de Marcevol » le lac de Vinça était à sec et 3 mois plus tard, c’est celui de Caramany. A quoi aurons-nous droit cet été ? Bien qu’ayant mon GPS avec moi, je n’ai pas enregistré de mesures lors de cette balade. Quant au tracé que j’y avais enregistré, il était long de 14,1km mais allait s’égarer incomplètement du côté d’Ansignan. Je ne peux donc formuler qu’une  estimation faite avec mon vieux logiciel CartoExploreur  et en tenant compte  de l’asséchement du lac et de mes divagations qui ont consisté à longer l’Agly, à m’en éloigner parfois pour ensuite y revenir : distance estimée 11km. Dénivelé 68m entre le point le plus bas et le plus haut. Cartes IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt et 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

(*) Mes autres balades autour et à proximité du lac de Caramany : 

 

(**) Voiture dans l'Agly : Finalement cette voiture aperçue dans l'Agly, au niveau du lac de barrage, était bien consécutive à un accident qui s'est produit le 1er novembre 2022, accident ayant fait l'objet d'un article sur France Bleu.fr lui-même relayé par le SDIS 66 sur leur page Facebook. Voici les liens ci-après : 

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/accident-de-la-route-a-caramany-le-conducteur-finit-sa-course-dans-le-lac-1667315074

Page Facebook du SDIS 66 

 

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Israël-Gaza, une tragique impasse.

Publié le par gibirando

Israël-Gaza, une tragique impasse.

Un enfant à Gaza sur les ruines d'un immeuble après un bombardement israélien. (photo Associated Press). En haut à gauche le soldat Gilad Shalit (photo AFP). Pour agrandir cette photo, cliquez dessus.


 

Les israéliens viennent-ils de payer leurs erreurs du passé ? Voilà une question à laquelle je ne prendrais pas le risque de répondre. Pourtant…..

Parce que les guerres se ressemblent par le fait même qu’elles tuent le plus souvent des civils pacifistes dont je suis, je m’y intéresse. Elles m’intéressent parce que je voudrais que ça change. Que l’on arrête de fabriquer des armes, d’en faire commerce, que nos gouvernants mondiaux se réunissent autour d’une table pour prioriser partout la paix dans le monde. Eh oui que voulez-vous, je suis un doux utopiste, sans doute comme la plupart des personnes qui liront ce billet. Enfin ça, c’est ce que j’espère que nous soyons plus nombreux à vouloir vivre en paix que les guerriers. Alors pour tenter de comprendre ce qu’il y a de malsain dans la tête des va-t-en-guerre, je lis pas mal.  C’est ainsi qu’il y a quelques années, j’avais lu l’histoire étonnante de ce soldat franco-israélien dénommé  Gilad Shalit qui avait été échangé le 18 octobre 2011 contre 1.027 détenus palestiniens ! Parmi ces derniers, plusieurs étaient paraît-il des terroristes du Hamas qui avaient déjà du sang sur leurs mains. Alors bien évidemment, en ces instants si tragiques entre Israël et la bande de Gaza, cette histoire est revenue à ma mémoire.  A l’époque, l’opinion publique israélienne s’était émue et surtout inquiétée de cet échange « sidérant » car de précédents palestiniens libérés avaient ensuite récidivé tuant de nombreux israéliens. Si en 2019, on chiffrait déjà à 10 morts le nombre d’israéliens tués par des palestiniens libérés lors de cet échange avec Gilad Shalit, il est à craindre que ce chiffre soit nécessairement revu fortement à la hausse après les raids sanglants de ce samedi 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas. Alors, le but de ce billet n’est pas de porter un jugement sur les tristes réalités de ce conflit qui ne dure que de trop et ne s'arrête jamais et encore moins sur Gilad Shalit. Après 5 ans dans une geôle palestinienne, ce dernier voulait être libéré au plus vite, point à la ligne. Civil ou soldat, nous aurions souhaité qu’il en soit de même pour nous ou nos familles dans un cas semblable.  Non,  je veux tirer un  simple constat : si Gilad Shalit avait choisi d’être un soldat, en toute logique il aurait dû être libéré contre un autre et unique soldat palestinien……Mais comme dans les guerres, il n’y a jamais aucune logique, en moins de trois décennies, Israël a cru bon d’échanger 7.500 Arabes (Palestiniens ou autres) contre 13 Juifs seulement (dont deux dépouilles) (Source Jeune Afrique du 17 octobre 2011). Alors les erreurs des israéliens, leur tendance à une certaine suffisance se payent-elles cash aujourd'hui ? Oui, si on regarde ce qui vient de se passer. Non, si l’on estime que toute guerre est déjà à elle seule une erreur, une perversion irraisonnée des esprits de ceux qui la provoquent et semblent s’y complaire.  Malheureusement je crains que cette guerre-ci soit identique aux précédentes, c’est-à-dire encore très longue, sanguinaire, horrible et en deux mots une tragique impasse pour les populations civiles constamment sous l’emprise de ceux qui les régentent. Croisons les doigts pour que ça ne déborde pas en terme de frontières, que les belligérants reviennent à la raison et qu’une paix durable puisse voir le jour au plus vite ! Idem pour l’Ukraine et les autres conflits dans ce monde si effrayant sous bien des aspects. Croisons aussi les doigts pour que les otages du Hamas soient très vite libérés sans contreparties excessives….J'aurais pu dire sans aucune contrepartie mais ne rêvons pas trop car ce cas-là ne s'est jamais encore produit !

 

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Le Circuit du Poste électrique et les Eoliennes de Baixas depuis Saint-Estève.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons interprétées par Gilbert Montagné. Elles ont pour titre : "Liberté", "J'Ai Le Blues de Toi""The Fool" et "Musicienne".

Le Circuit du Poste éléctrique et les Eoliennes de Baixas depuis Saint-Estève.

Le Circuit du Poste éléctrique et les Eoliennes de Baixas depuis Saint-Estève.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

Parce j’allais régulièrement y faire du VTT en partant de chez moi, je me suis dit « pourquoi ne pas en faire un circuit pédestre ? » Voilà comment est née cette balade que j’ai intitulée « Le circuit du poste électrique et les éoliennes de Baixas depuis Saint-Estève ». Par poste électrique, il faut savoir qu'il s'agit à la fois d'une structure chargée du Réseau du transport de l'électricité (R.T.E) en France mais aussi d'une interconnexion souterraine passant sous les Albères entre la France et l'Espagne.  Mitoyennes du poste électrique, les éoliennes ont grandement contribué à ce que germe cette idée. En effet, en France, on ne compte plus le nombre de randonnées pédestres dont le but principal est d’aller découvrir des éoliennes et pour cela il suffit de taper dans Google recherche « randonnées éoliennes France ». C'est plus de 1,5 millions de liens qui vous seront proposés. D’ailleurs, dans mon blog, il y en a déjà deux, toutes les deux dans l’Aude (*). N’oubliez pas le nom « France » sinon le système de recherche vous enverra d’abord en Italie dans les îles Eoliennes et bien évidemment ça n’a plus rien à voir et surtout ce n’est pas le but recherché  ! Au-delà de ces quelques raisons, la création de cette balade se justifiait d’autant plus que le poste électrique de Baixas permettant une interconnexion avec l’Espagne ainsi que ces éoliennes ont reçu très souvent les plus beaux superlatifs lors de leurs réalisations. Jugez plutôt. A propos du poste RTE de Baixas :  « L’interconnexion électrique souterraine entre Baixas (France) et Santa Llogaia (Espagne) est une œuvre pionnière dans le monde ». (Source site de l’Inelfe-Société Mixte INterconnexion ELectrique France-Espagne). « Un chantier hors norme à Baixas » (Source l’Indépendant du 13/05/2013.) « Le chantier de mise en place de la liaison entre la France et l’Espagne aura été l’objet de nombreux exploits techniques » (Source site Manufor Service). «Le réseau électrique est en route vers une aventure industrielle profonde » (Source site de L’Usine nouvelle-juin 2021) ». Des louanges, il  y en a bien d’autres. Quand aux  éoliennes, en juin 2016, on pouvait lire sur le site Internet de France3 : « Inauguration du plus grand parc éolien de France à Baixas en Roussillon » ou bien encore sur le site de l’EDF « Le groupe EDF met en service  l’Ensemble éolien catalan ; le plus puissant parc éolien en France ». Alors comme il faut être honnête, bien évidemment, cette balade ne vous permettra pas de visiter en détail le poste électrique, lequel de plus fonctionne paraît-il de manière totalement automatisé et pratiquement sans aucune intervention humaine. Toutefois, vous pourrez néanmoins vous faire une belle idée de l’ampleur de ses  structures quant aux éoliennes, le parcours emprunté y passe quelquefois dessous, très souvent à côté et par grand beau temps, de très nombreuses sont visibles puisqu’outre Baixas, elles rayonnent également vers CalcePézilla-la-Rivière et Villeneuve-la-Rivière. Autant dire que si vous envisagez de prolonger mon circuit pédestre, vous n’aurez que l’embarras du choix pour aller plus loin. Voilà ce que l’on pouvait dire en préambule. Il est 13h20 quand je démarre de chez moi direction le cimetière ouest et le chemin du Fournas en passant par la route de Baixas puis à gauche au travers de la pinède. Si les objectifs de ma balade cités ci-dessus sont bien arrêtés, il y  a d’autres buts plus aléatoires dont je suis constamment en quête. On peut les résumer en un mot « Nature », voire ici en deux « faune et flore ». Dans la pinède, cette Nature prend très vite les traits d’un papillon qu’on appelle Tircis, d’un joli Serin cini aussi jaune qu’un Canari dont il est « familièrement » très proche,  d’un peu craintif Ecureuil roux habitué des lieux et de quelques pinsons cherchant pitance. Quant aux fleurs que je recense  elles sont toutes rudérales, c’est-à-dire qu’elles poussent spontanément quelques soient les types de terrains. Il en sera très souvent ainsi tout au long du circuit. L’itinéraire continue derrière le cimetière, direction un immense champ de serres agricoles solaires dont l’aménagement est assez nouveau puisqu’inexistant lors d’une autre balade qui m’avait vu passé par là en octobre 2021 : « Le Chemin de Milie ». Il suffit de laisser à gauche les serres et de continuer toujours tout droit. A cause des serins et des pinsons photographiés dans la pinède, je pressentais que les passereaux seraient plutôt nombreux et cela se confirme au delà de mes espèrances avec notamment quelques étonnants Hérons garde-boeufs. J’en suis d’autant plus heureux que la LPO (Ligue pour la Protection  des Oiseaux) et le Muséum National d'Histoire Naturelle parlent souvent de déclin et parfois même d’hécatombe !  Il est vrai que leurs chiffres tirés d'expériences et de recensements sur le terrain ne peuvent guère prêter à discussion. En France, 30% d'oiseaux de moins en 30 ans ! Alors que le chemin de terre devient bitume et s’élève quelque peu, il est temps de tourner à gauche presque au sommet de la côte. Les structures du poste électrique ne tardent pas à apparaître droit devant. Les éoliennes, elles, sont déjà visibles car dépassant l’horizon depuis déjà un bon moment. Il faut traverser avec prudence la D.614 et contourner le poste RTE par la gauche. Une large voie asphaltée dominée par de gigantesques pylônes à haute tension sert dans l’immédiat d’itinéraire mais se transforme un peu plus loin en chemin terreux dès lors que l’on atteint la première éolienne. Ici, entre poste RTE, éoliennes et vignobles, c’est avec surprise ; et satisfaction, que je constate que les alouettes et les étourneaux sont encore bien présents.  Leur nombre est assez  conséquent et je me dis qu’ils ne semblent pas vraiment hostiles à la proximité de ce  progrès qui transforme grandement nos campagnes. Réalité ? Chimère ? En tous cas, j’ai lu que des études « très poussées » sur la flore et la faune avaient été entreprises avant la réalisation de ces implantations industrielles par des biologistes et des spécialistes de l’environnement. Au-delà de la Nature, source de connaissances, que j’apprécie de plus en plus en vieillissant, moi, ce qui m’ennuie le plus en ce moment, c’est que l’on dénature nos campagnes mais qu’il n’y ait aucune contrepartie pour les administrés, citoyens et clients que nous sommes. Avec toute cette électricité produite à proximité, on pourrait espérer  de tarifs « circuit court » et au lieu de ça c’est des « châtaignes » de plus en plus dures que l’on trouve sur nos factures. « Circuit court et court-circuit », il n’y a pas de différence !  Après la première éolienne du lieu-dit Mas Jaume, le chemin redescend  vers une seconde et là, en l’atteignant, il faut tourner à gauche direction de nouveau la D.614.  Cette voie routière, il faut la descendre à droite sur une centaine de mètres puis prendre de l’autre côté un large chemin filant vers le lieu-dit La Garona. S’agissant d’une route départementale pas mal empruntée par des voitures, inutile de préciser que cette partie-là nécessite attention et prudence surtout si vous êtes un groupe de randonneurs et qui plus est avec des enfants. Une fois atteint le large « mauvais » chemin ; car mi-terre mi-bitume ; il faut prendre à droite le suivant essentiellement terreux dès lors que se présente une intersection. Quelques mètres plus loin, un puits sur la droite est une véritable « résidence » pour les Tarentes de Mauritanie. Approchez-le doucement et surtout  avec silence et vous verrez, c’est une véritable tanière pour ces reptiles verruqueux mais ô combien utiles à la régulation des insectes ! J’en ai aperçu plusieurs dizaines même si je n’ai réussi avec un peu de patience à en photographier que quelques-unes, le plus souvent de couleurs brunes plutôt sombres. Le chemin continue tout droit et atteint une longue vigne ; assez nouvelle si j’en crois la grosseur des ceps et le récent labour ; vigne qu’il faut longer à gauche puis contourner par la droite en atteignant un bon chemin. Ce chemin devient piste et l’itinéraire devient simple car quasi-unique. Quelques centaines de mètres plus loin, il  atteint une nouvelle voie bitumée qu’il faut emprunter à droite puis à gauche dès l’intersection suivante. Là, après quelques mètres, prendre à droite une étroite sente entrant dans une pinède située au lieu-dit « Les Dames ». Ce sentier vous amène vers le chemin d’En Destros entre le Mas Cramat situé à droite et une autre habitation largement tagguée à gauche. Ce chemin, je l’ai  déjà évoqué lors de cette randonnée que j’avais intitulée « Le Circuit du Patrimoine de Baho ». Ce chemin d’en Destros atteint, il faut l’emprunter vers la gauche puis à droite et Saint-Estève n’est plus très loin. La pinède du Bois-Joli est presque synonyme d’arrivée même si pour atteindre mon domicile, plus d’1,5km sont encore à parcourir. Selon d’où vous serez partis, vous en aurez peut-être moins, car autant l’avouer si le départ de Saint-Estève importe peu, pour élaborer ce circuit, il a fallu que je m’y reprenne à deux fois et ce afin qu’il « tienne la route », c’est-à-dire avec des chemins dignes de ce nom, pas trop biscornus, avec si possible un minimum de bitume et un maximum de sécurité. Selon la météo et la saison, si les deux sont belles, et malgré ce progrès prenant de plus en plus de place, vous aurez droit à des décors fabuleux sur une belle partie du Roussillon avec comme toujours un Canigou, grand souverain des montagnes environnantes. En partant et en revenant de l’étang, la distance est d’environ 10,5km selon la tracé mentionné sur la carte que je propose. La déclivité étant négligeable, je n’en parle pas. Carte IGN 2548OT Perpignan – Plages du Roussillon – Top25.

(*) Deux autres balades au sein d'éoliennes sur mon blog : 

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Le Pas de l'Escale au départ de Vingrau

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons du groupe catalan Papito Collective. Elles ont our titre : "Otro Mundo Es Posible""Caerán" feat Mateolika"Salta" feat Combo Pacheco.

Le Pas de l'Escale au départ de Vingrau

Le Pas de l'Escale au départ de Vingrau

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


Jeudi 5 janvier 2023. Alors que nous sommes dans la cuisine en train de déjeuner, Dany me lance « Et si nous partions randonner ! ». Je sors sur la terrasse et regarde le ciel. Il est très bleu. Lumineux. Pas un seul nuage dans l’espace visible.  Je reviens. « C’est ok, pars te préparer pendant que je cherche où aller ! ». Je regarde un calepin où je note des idées de randos et sur le champ prend une décision. Ça sera un circuit intitulé « Le Pas de l’Escale au départ de Vingrau ». Sur mon PC, je trouve aisément un tracé enregistrable que je charge dans mon vieux GPS à l’aide de mon aussi vieux logiciel CartoExploreur. J’analyse rapidement le parcours et note qu’il est très proche mais bien différent d’une autre balade au départ de Vingrau que j’avais intitulée « Le Trau de Cavall, falaises et contrebandiers » ,  consultable sur mon blog. J’imprime la portion de carte IGN où se trouve le circuit et le court topo trouvé puis j’éteins l’ordinateur et pars me préparer. Je suis content car il ne m’a fallu que 20 minutes pour faire tout ça. Après être passés au supermarché prendre le nécessaire à un pique-nique, il est 10h30 quand nous rangeons notre voiture devant la cave vinicole « Les Vignerons de Vingrau ». Lisant « 20 marches » sur la façade de la cave, Dany qui ne connaît pas la toponymie de Vingrau me demande « Pourquoi 20 marches ? » Et je lui réponds « Vingrau signifie 20 marches » « Ving…plus loin grau signifiant marche ». Et puisque j’y suis, je rajoute « le Pas de l’Escale veut dire le passage de l’échelle, passage en général rocheux, abrupt et étroit dans une colline ». « Oui, ça tu me l’avais déjà dit » me répond-elle. « Quand ça ? » « Quand nous étions allés à Belloc depuis Conat ». « Exact, là-bas aussi il y a un Pas de l’Escala ».   Tout en lui disant cela, je me dis qu’ici le nom de ce circuit pédestre est assez peu logique puisqu’il emprunte en grande partie la Serre de Vingrau, elle-même petit bout du Massif des Corbières, alors que le Pas de l’Escale semble être historiquement le nom d’un endroit (ou lieu-dit) bien précis comme j’avais déjà pu le lire sur l’excellent site consacré Roussillon lors de cette randonnée précédente au Trau del Cavall (Falaises et contrebandiers) : « L'origine du nom de Vingrau se trouve dans l'expression latine "viginti gradi", les vingt grades (traduisez les vingt marches). En effet, le chemin menant au village passe par ce que l'on appelle toujours "le pas de l'échelle", qui était constitué à l'époque romaine d'une voie pavée sur laquelle étaient construites ces marches. Peu à peu, le nom s'est transformé en "Pas de Vingrad", "Pas de vingt graus", puis "Vingrau".. » encore que Wikipédia semble affirmer dans la toponymie proposée que le Pas de l'Escale serait carrément la colline surplombant le village. En tous cas, il semble que Vingrau et le Pas de l’Escale soient intimement liés. Gardons ce nom-là puisqu’au départ le panonceau directionnel le mentionne tel quel ! « Pas de l’Escale (Pas de l’Escala) 6.7km -3h20 ». GPS allumé, nous démarrons tout en lisant les indications du topo et en cherchant les marques jaunes du balisage. Finalement, tout se corrèle parfaitement, indications, tracé GPS et balises et nous ne rencontrons aucun problème à nous élever vers les hauteurs du village par la rue Courteline. Pendant que Dany avance, attentive au balisage, seul le joli patrimoine et  quelques moineaux ralentissent mes premières foulées. Pour le patrimoine, il s’agit de la joli chapelle Notre-Dame de Bon Conseil puis un peu plus haut et un peu plus loin la vieille église paroissiale plus ancienne car en partie romane Notre-Dame de l’Assomption. Sitôt l’église dépassée, la garrigue du Planal de l’Eixartell est là, assez peu dense en végétation au début et surtout assez peu minérale mais tout change très vite et avant même d’atteindre le Correc dels Collets, vallon karstique que nous allons cheminer peu après. Si vous détestez randonner dans les cailloux, caillasses, pierres et autres rochers, il est probable que cette balade ne soit pas faite pour vous. Curieux de tout,  et notamment ici de cette géologie essentiellement calcaire, moi j’y trouve toujours des intérêts. Ici par exemple, on peut observer le travail incroyablement varié que l’eau a sculpté au fil des temps : avens, cavités, marmites du diable,  vasques, simples creux, bétoires, arcades, lapiaz, fracturations, érosions et formes diverses et variées, pierriers, falaises, j’en passe et des meilleures. D’ailleurs, je ne suis pas le seul à trouver un intérêt à cette géologie car spéléologues, grimpeurs mais aussi entreprises minières s’y sont intéressés. Ici, dans ce secteur, les calcaires sont parfois des marbres de si belle qualité que l’homme n'a pas hésité à balafrer les collines pour ensuite les réduire en poudre . A cette époque de l’année, les fleurs de la garrigue étant totalement absentes, aujourd’hui j’essaie d’oublier la botanique sauf si j’aperçois quelque chose de joli, de surprenant ou d’inconnu. C'est ainsi qu'en photographiant un petit épineux, j'apprendrais qu'il s'agit du rare Genêt de Lobel, seulement présent ici sur cette Serre, en Provence et en Corse. Quant à la faune, j'y suis constamment à l'affût, mais dans cette montée, elle se résumera à deux vautours fauves, un couple de corbeaux et à des fauvettes plutôt nombreuses mais guère faciles à immortaliser. J’y passe du temps, ralentissant Dany qui n’aime pas trop ça. Après avoir atteint assez facilement le refuge Yves Bernard, il est 12h30 quand nous rencontrons un grand cairn synonyme de chemin du retour. Nous arrêtons là pour pique-niquer devant des panoramas époustouflants car grandioses, la merveilleuse et pure météo ajoutant sa patte céleste à cette magnificence. Droit devant la Montagne de Tauch me remémore une vieille et difficile randonnée qui m'avait amené à la Tour des Géographes depuis Padern mais aussi quelques autres qui m'avaient vu approcher ces Monts Tauch. Tout autour bien d'autres lieux de balades sont visibles.  Ici, je suis surpris par un nombre très important de traquets, jolis passereaux dont mes quelques connaissances m’indiquent qu’ils devraient déjà être en Afrique du Nord. Sont-ils en partance ? Déjà de retour de migration ? Je ne sais pas !  Il est vrai qu’il m’est difficile de savoir s’il s’agit d’« oreillards » plus enclins à être ici  ou bien de « motteux » plus souvent montagnards mais jamais opposés à des altitudes plus modestes ? S’envolant le plus souvent du sol, j’ai la chance d’en apercevoir un au sommet d’un pin desséché. L'arbre est très  loin mais je tente néanmoins une photo en rapproché. ((l’analyse à postériori de la photo m’indiquera un Traquet motteux (Oenanthe oenanthe)).  Après ce déjeuner que je consacre en grande partie à vagabonder et à être aux aguets de passereaux,  mais sans vraiment de réussite, or mis ce traquet, il est temps de retourner vers Vingrau et ce d’autant qu’une « petite » tramontane » s’est mise à souffler.  Malgré le calcaire omniprésent, cette première partie a été relativement simple à cheminer mais la deuxième consistant à chevaucher la crête est plus irrégulière et donc plus compliquée.  Certains passages nécessitent qu’on y mette les mains quant à d’autres il est recommandé de baisser ses fesses au ras du sol afin de mettre au plus bas son centre de gravité. En procédant ainsi, le risque de tomber gravement s’amenuise. Globalement cette partie-là oblige à beaucoup plus d’attentions surtout avec la tramontane qui souffle un peu. Un pylône plié jonchant le sol nous rappelle qu’elle peut être extrêmement violente. En contrepartie et parce que l’on est en crête, les paysages, décors et autres panoramas à 360 degrés sont sublimes. Seul un puissant soleil qui nous fait face sur ce chemin du retour est ennuyeux mais pas désagréable pour un mois de janvier. Ennuyeux car il nous aveugle et altère mes photos,  d’autant qu’ici l’ombre est absente et de plus je n’ai pas de filtre polarisant. Comme souvent, j’essaie de retrouver des lieux de randonnée déjà arpentés, mais ils sont si nombreux qu’impossibles à tous énumérer : Canigou, Bugarach, châteaux de Peyrepertuse et de Salveterra, Périllos et son Montolier, l'étang de Salses et Leucate, les Albères, etc……La vision aérienne conjointe de Vingrau à droite et de son quartier éloigné du Pas de l’Escale à gauche peut laisser penser que l’on est presque arrivé. Pourtant la descente vers cette arrivée est encore bien scabreuse, car pierreuse,  et de ce fait peut paraître encore très longue. Ce n’est qu’en arrivant sur le bitume de la départementale que l’on atteint vraiment le Pas de l’Escale. En effet, si le nouveau quartier fait de belles villas a adopté le nom, les historiens semblent s’accorder pour que ce lieu soit antique. Ce chemin qui rejoignait le cirque de Vingrau à la Plaine du Roussillon daterait des Romains mentionne la fiche rando. C’est donc bien de l’autre côté de la route qu’il faut chercher l’origine du délicat « passage de l’échelle ». Désormais canalisé sur la droite à l’aide d’une basse maçonnerie centralisant  les eaux pluviales et de ruissellements, ce bout de chemin qui descend vers Vingrau serait le fameux « Pas de l’Escala ». La partie difficile, rocheuse et étroite a de nos jours disparu laissant la place à un bon et agréable chemin rejoignant l’arrivée. Alors que je n’attends plus grand-chose de ce circuit pédestre, de rares fleurs et quelques passereaux s’échappant du vignoble remettent mes sens en éveil. Un faucon crécerelle aperçu par Dany ainsi que papillon Vulcain qui n’a pas froid aux yeux complètent cette Nature retrouvée. Après quelques photos naturalistes pas toujours aisées quand il s’agit de volatiles, Vingrau est là. La voiture aussi. Je file chercher Dany car ses hanches douloureuses l’ont empêché de terminer. Pourtant, il ne lui restait que quelques pas à faire mais c’est à croire que ce « Pas de l’Escale », c’était le pas de trop. Elle est courageuse et donc je sais déjà que ça ira mieux demain. Ainsi se termine notre première randonnée de l’année 2023.  La fiche rando topo et le tracé GPS étant bien faits, je n’ai pas enregistré de données dans mon GPS. Je précise que la fiche d’Agly/Verdouble Tourisme visible sur le Net donne une distance de 8,5km (assez contradictoire avec les 6,7km mentionné sur le panonceau de départ), des montées de 500m avec un temps de 3h30. Arrêts inclus, dont pique-nique, nous avons mis 2h de plus…..mais comme toujours nous avons beaucoup flâné. Alors en raison des distances contradictoires, voilà avec mon logiciel CartoExploreur les mesures sensiblement identiques au tracé que j’avais enregistré dans mon GPS, ayant simplement rajouté le départ depuis la cave vinicole  : distance 9,05km, montées et descentes cumulées 539m, point culminant : 565m sur la Serre de Vingrau, point le plus bas à 157m au départ soit un dénivelé de 408m. Carte IGN 2547 OT Durban-Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top25.

 

 

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Une "nouvelle" saison à Urbanya.

Publié le par gibirando

Une "nouvelle" saison à Urbanya.

Ma petite maison d'Urbanya, achetée en 2010 et longuement restaurée avec sueur et passion.

Toutes les photos de cet article peuvent être agrandies en cliquant dessus. 2 fois pour un plein écran. 


 

En juillet 2020, j’avais déjà écrit à propos d’Urbanya et j’avais intitulé cette petite nouvelle « Par une belle aube d’été ». Il y était question d’oiseaux, d'un chevreuil et du chant d’un ruisseau. En un mot, il y était question d’une Nature avec un grand « N ». Que s’est-il passé depuis ? Je ne sais pas ! J’ai beau chercher, je ne trouve pas de véritables explications aux constats que je dresse ci-dessous. Sans doute les réponses sont-elles trop nombreuses pour les résumer en une seule conclusion ? 

Une "nouvelle" saison à Urbanya. 

Un Torcol fourmilier, un habitué d'Urbanya mais qui n'est pas revenu en 2023

 

Quand le 2 juin 2023 nous sommes arrivés à Urbanya, la première chose qui m’a étonné, c’est de ne plus entendre le chant des oiseaux. Voilà déjà 13 ans que nous avions acheté cette vieille maison de montagne et si je savais évident et même certain le déclin des oiseaux, ce dernier avait été plutôt régulier, uniforme et mesuré. Habitué aux chants des oiseaux, toujours très présents autour de la maison, là, c’était le silence le plus total. Seul dans le lointain, un coucou gris rabâchait sa lancinante complainte. « Coucou ! »,  « coucou ! » , « coucou ! » répétait-il, changeant souvent de secteur car probablement à la vaine recherche d’un nid à parasiter. Autour de la maison, disparues les mélopées des pinsons et des merles, les chansons saccadées des rougequeues noirs, des sitelles-torchepot et des moineaux et les cris rauques des geais et des pies. Finis les passages migratoires des linottes, des tariers, des fauvettes, des chardonnerets, des serins, des traquets, des pies-grièches, des bouvreuils, des pipits et autres bruants. Oui, même ces espèces-là pourtant toujours si présentes et coutumières autour de la maison ou dans la proche forêt étaient désormais totalement absentes. Certes bien d’ autres espèces s’étaient raréfiées depuis quelques années,  certaines avaient disparu mais là ça dépassait l’entendement. « Que se passait-il ? » Quand j’apercevais un oiseau, je me mettais à courir me précipitant sur mon appareil-photo pour tenter de le figer tant en voir un autour de la maison était rarissime. Dans les 5 ou 6 nichoirs que j’avais depuis longtemps installés, un seul semblait occupé par un joli mais étrange couple de mésanges charbonnières. Etrange car ils n’avaient pas cette fréquence habituelle dans leurs va-et-vient. Construisaient-ils seulement le nid ? En tous cas, trop espacées, ça ne pouvait pas être des becquées à des oisillons ! Notre arrivée les a-t-elle perturbé ? Malgré la hauteur inaccessible du nichoir, la présence de nos trois chats les a-t-elle inquiété ? Toujours est-il qu’on ne les vit que quelques jours puis ils disparurent eux aussi ?  (*)  

Une "nouvelle" saison à Urbanya.

Une mésange charbonnière devant un nid que j'ai fabriqué.

 

Le lendemain matin et les surlendemains, seuls les puissants crachotements très désagréables car trop récurrents de deux ou trois débroussailleuses ou autres tronçonneuses nous réveillèrent bien trop tôt. Mais nous étions en juin, il avait pas mal plu et ces débroussaillages s'expliquaient. Côté oiseaux, c’était toujours ce silence si anormal et d’autant plus anormal que c’était la saison des cerises. Oui, en ce printemps, tout paraissait anormal car le grand cerisier de notre gentille voisine Alix était totalement dépourvu de jolis fruits. En y regardant de plus près, je ne vis que des noyaux entourés d’une fine peau complétement desséchée. Les fruits étaient ratatinés et donc immangeables et sans doute même pour les rares oiseaux qui ne venaient plus sur cet arbre.  Enfin, rien de bien appétissant, ni pour nous habitués à confectionner des clafoutis et des confitures, ni pour les quantités d’espèces de passereaux que nous avions pris pour habitude de voir dans ce bel arbre à cette époque de l’année. Dieu sait pourtant si nous avions pris du plaisir à regarder ce cerisier lors de toutes les années précédentes. Un vrai spectacle ! Un spectacle que j’avais souvent pris soin de photographier. Des photos d’oiseaux ou d’écureuils becquetant ou croquant des écarlates cerises, j’en détenais des dizaines et des dizaines ! « Oui, que se passait-il cette année ? » pensais-je une fois encore. « Qu’avait-elle de si particulier pour que se produisent de tels changements ? » Je ne trouvais pas de réponse et ce d’autant que le soir venu, quelques orages apportaient un peu d’eau et de fraîcheur. L’après-midi du premier jour, lors d’une courte promenade à la lisière de la forêt, un chevreuil se laissa complaisamment photographier, ce qui sur l’instant me mit du baume au cœur. « La Nature n’a pas totalement disparu » me dis-je.  Ce constat se vérifiât dans les semaines suivantes.  En effet, le jardin potager que je venais de parfaire après des jours et des jours de durs labeurs ; car il avait fallu refaire un mur en pierres sèches, désherber, biner, ameublir et aérer la terre ; et où j’avais pris soin de planter pommes de terre, salades, courgettes et haricots fut visiter dans la nuit par une harde de sangliers. Si grâce à un filet, les haricots et les courgettes échappèrent à leur fringale, les semences de pommes de terre et les petits plants de salades furent grandement dévorés et de ce fait, complétement anéantis. Malgré une sourde contrariété, je me suis dit « la Nature est toujours là ! ». Effectivement, la Nature était bien là car dans les jours suivants les pousses des haricots qui commençaient à germer étaient systématiquement croqués eux aussi. Par qui ? Par quoi ? Si je notais la présence incroyable et inhabituelle du nombre de sauterelles ; ce qui était nouveau ; en tous cas dans mon potager ; il y avait aussi de minuscules coléoptères dorés dont je n’avais jamais noté la présence. Peu ou pas d’oiseaux ? Des insectes comme jamais ! Bien qu’assez inhabituelle, cette logique-là semblait respectée. Avec patience, j’ai replanté plusieurs fois des haricots et j’ai fini par avoir gain de cause même si les récoltes n’ont jamais été aussi conséquentes que les années précédentes. A l’orée de la forêt, où les oiseaux étaient également bien absents, les sauterelles semblaient avoir pris possession des lieux. Dans les hautes ou basses graminées, dans les genêts, les ronciers et les buissons de la garrigue, il y en avait de partout et de toutes les tailles.

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De rares oiseaux en 2023 mais des sauterelles et criquets en très grand nombre.

Ça s’était nouveau ! En tous cas, cette quantité-là était très nouvelle ? Si nouvelle qu’en l’absence totale d’oiseaux, je me mis à faire des « macros » des divers orthoptères que je voyais. Pas facile ! J’y passais un temps infini mais cette Nature-là m’occupait à ma passion pour la photo naturaliste. « Faute de grives…et de merles…je « croquais » en photo des sauterelles ! » Quelques semaines plus tard, les criquets et les libellules vinrent s’ajouter aux sauteurs en tous genres. Les papillons et les diptères toujours très nombreux à Urbanya n’étaient pas en reste. Les mouches, les tiques, les aoûtats, les punaises, les taons, les perce-oreilles, les araignées, les moustiques, les guêpes et autres bestioles désagréables ou carrément piquantes se succédaient sur nos épidermes et s’en donner à cœur joie, la plupart lors de randonnées, mais ça nous étions habitués et le plus souvent nous étions prévoyants.  Quand la situation devenait intenable, les tapettes, sprays insecticides et autres tue-mouches ne semblaient jamais diminuer leur nombre. Jamais je n’avais vu autant de toutes ces espèces d’insectes-là à Urbanya. Ceux qui piquaient semblaient se passer le mot pour jouer les acupuncteurs à toutes heures du jour et de la nuit. En remontant la rivière d’Urbanya, les calopteryx, qu’on appelle communément « demoiselles », n’avaient jamais été si présents. Il est vrai que là aussi, je pouvais constater avec consternation que les bergeronnettes et autres cincles plongeurs étaient eux aussi totalement absents du ruisseau. Les lézards et autres tarentes étaient rares et les serpents restaient invisibles. Oui, en l'absence d'oreilles, les insectes pouvaient dormir sur leurs deux tympans !

 

 

Une "nouvelle" saison à Urbanya.

Lors de leur passage migratoire, des Hirondelles des rochers viennent se poser sur mes fenêtres.

Les jours passèrent. Les orages nocturnes de juin étaient désormais lointains. Juillet passa sans qu’un changement notable ne soit perceptible au niveau de la faune. Beaucoup moins de mouches mais encore beaucoup d’insectes et des passereaux toujours aussi absents. Parmi les insectes, un paradoxe me laissait néanmoins perplexe : l’absence totale des cigales qui pourtant n’avaient jamais été si nombreuses l’été précédent. Là encore, ce paradoxe était surprenant, et ce d’autant que ce dernier se vérifiait également à une altitude beaucoup plus basse, à Ria par exemple. Août arriva. Les fourmis criaient famine mais leurs voisines cigales semblaient parties sous d’autre cieux. Toujours les mêmes constats.

Une "nouvelle" saison à Urbanya. 

En 2023, mon petit pommier avait produit beaucoup de fruits. Malheureusement la longue période de sécheresse est venu tout anéantir.

Pas une goutte de pluie depuis 2 mois. La végétation se desséchait. Les arbres prenaient leurs couleurs d’automne bien avant l’heure et nombreux étaient ceux dont la seule défense était de laisser tomber leurs feuilles. Mon petit pommier dont les jolies fleurs printanières avaient donné une grande quantité de pommes s’orientait vers une phase dont je crains encore qu’elle ne soit à jamais terminale. Presque plus de feuilles depuis longtemps, les survivantes raccornies car desséchées et seulement des pommes rachitiques et ratatinées qui n’avaient jamais plus grossies depuis le mois de juin. Lors de mes différentes balades, si la rivière d’Urbanya coulait encore un peu, c’était la toute première fois que je constatais que tous les ruisseaux secondaires étaient complétés asséchés.  

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 Les Rhinolophes avaient pour habitude de venir se reproduire dans certains orris d'Urbanya. Il y en a eu très peu en 2023.

La Nature que j’avais cru très présente avec les sangliers dans mon potager et en apercevant le chevreuil le premier jour fut une totale méprise. Je m’étais fourvoyé car or mis 2 biches dont une qui détala lors d’une randonnée vers Nohèdes, il n’y eut pas d’autres mammifères. Pas d’écureuils, pas d’autres rongeurs, pas d’autres cervidés, peu de rhinolophes comme j’en avais toujours vu dans certains orris et à la nuit tombante autour de la maison. Un seul renard dans les derniers jours de notre séjour, sans doute très affamé car cherchant pitance sur la terrasse d’un voisin. Pas de rapaces dans le ciel alors que les bondrées, buses, aigles bottés et autres vautours fauves avaient toujours été visibles. Parfois, on avait même eu droit à la visite d’un aigle royal ou d’un gypaète venant sans doute du Massif du Coronat tout proche. Cette année, rien de tout ça. Pas de pies bavardes. Peu de pigeons ramiers. Un seul couple de corbeaux. Des passereaux toujours quasiment invisibles et dans le ciel des hirondelles au nombre variable et si changeant.

Une "nouvelle" saison à Urbanya.

Une "nouvelle" saison à Urbanya.

La forêt domaniale de Nohèdes-Urbanya a été amplement coupée en 2023 avec probablement de graves conséquences sur la faune des bois.

Cette randonnée vers Nohèdes qui aurait dû être totalement agréable fut en partie gâchée quand j’ai constaté que la magnifique forêt domaniale de Nohèdes-Urbanya était grandement saccagée. Par l’ONF, propriétaire des lieux, ai-je appris un peu plus tard. A la vue de ce que je considérais comme un saccage, je fus si perturbé que dès le lendemain, je partis marcher dans toute la forêt de la Mata qui se trouve au-dessus de ma maison. C’est de ce côté-là que depuis plusieurs semaines nous entendions le bruit sourd mais fracassant d’une machine broyant des arbres.  La forêt si belle et si sombre car si épaisse et si verdoyante était quasiment dévastée un peu partout. Il y avait des coupes sous forme de layons plus ou moins larges dans tout le secteur. J’avais l’impression de nombreuses coupes sans réelles logiques et parfois même en dépit d’un bon sens.  Les amoncellements de grumes plus ou moins imposants étaient très nombreux eux aussi, avec bizarrement des troncs de tous les diamètres, du très petit jusqu’aux plus imposants. Un vrai désastre écologique selon moi, même si je dois avouer que je n’y entends rien en exploitation forestière. Quoi qu’il en soit, je me disais que ces coupes si sévères devaient inévitablement avoir des conséquences dramatiques sur les oiseaux des bois, les passereaux mais aussi les oiseaux nocturnes et probablement un tas de rongeurs forestiers.

Une "nouvelle" saison à Urbanya.

Le lendemain de ce constat alarmant, j’ai pensé utile d’envoyer un message à la Ligue de Protection des Oiseaux (L.P.O) des P.O pour leur faire part de mon désarroi quant à cette absence quasi-totale de volatiles à Urbanya et dans tous les alentours. Je me demandais si ce constat se vérifiait dans tout le département. Voici la réponse que j’ai reçue :

« Bonjour Gilbert,

Le constat est alarmant sur l'ensemble du département et ça vaut pour beaucoup d'espèces.

Les causes sont nombreuses : sécheresse, incendies, destruction des habitats par l'artificialisation des sols (extension urbaine, routes, débroussaillage en période de nidification...) ...

Merci pour votre témoignage.

Rejoignez-nous, nous avons besoin de soutien.

Cordialement.

Rossano ».

 

Cette réponse m’incita à dresser un inventaire statistique (**) des oiseaux que j’avais vus ou photographiés à Urbanya et dans les proches alentours depuis que j’avais acheté ma maison en 2010 (ci-dessous à la fin de cet article).

 

Le mois de septembre arriva mais rien ne changeait. Toujours peu de pluies. Oui, une autre chose ne changeait pas aussi : les chasseurs étaient de retour, pour la plupart pour passer leur week-end, jours de chasse. « Une grande partie de la Nature était en train de disparaître pour de multiples raisons mais les bonnes vieilles « traditions » ne changeaient pas » me suis-je dit. O.N.F ou chasseurs, j'avoue ne pas toujours comprendre ces personnes qui se prétendent "gestionnaires de la Nature" ! De notre côté, la date du retour vers notre domicile était déjà fixée. Ce serait le 18, mais nous prévoyions déjà de remonter régulièrement jusqu’à la fin des beaux jours.

 

Oui, à Urbanya, cette saison-là avait été très « nouvelle » mais si j’en crois la L.P.O, ce n’était pas qu’à Urbanya et ce n’est pas tout le monde qui s’en alarmait. La Nature semblait avoir totalement perdu la boussole suivant ainsi l’humanité qui n’a jamais cessé de la perdre à un rythme de plus en plus effréné. Il y a quelques jours, je lisais un article où une météorologue disait : que « Les trois mois (été 2023) que nous venons de vivre sont les plus chauds depuis environ 120 000 ans, c'est-à-dire depuis le début de l'histoire de l'humanité. » Voir le lien ci-dessous. 

 

https://www.laselectiondujour.com/ete-2023-sera-chaud-histoire-humanite-n1984?fbclid=IwAR0lV1pIIsCicf0Zme6h9FxHJahNPfNNQ7TKmGJASxI2msldaQNpzkH9F1M

 

(*) En fin de saison quand j’ai ouvert le nichoir, si j’ai effectivement constaté que les mésanges charbonnières avaient commencé à construire un nid, des guêpes avaient également construit le leur, ce qui explique sans doute cette fréquence singulière et l’abandon définitif avant même la ponte.

Une "nouvelle" saison à Urbanya.

 Avec les moineaux, le Rougequeue noir était au cours d'une année l'oiseau le plus longtemps visible sur la commune d'Urbanya. Gros déclin en 2023. Que s'est-il passé ?

(**) La liste ci-après recense les oiseaux diurnes vus au moins une fois sur le territoire d’Urbanya (commune, vallée et montagnes alentours) ou mieux photographiés lors des 13 années où j’ai passé quelques mois là-bas. Parfois 6 mois, parfois 5 ou 4 au minimum. Ce recensement est totalement personnel et n’est fait que pour donner une idée de l’avifaune aperçue au fil des années (2010-2023) et de son déclin évident.

Accenteur mouchet : Bien qu’assez rare, ce passereau était visible à Urbanya il y a une dizaine d’années. Plus vu depuis longtemps.

Aigle botté : était parfois visible dans le ciel d’Urbanya. Plus vu depuis au moins 5 à 6 ans.

Aigle royal : de passage seulement dans le ciel d’Urbanya car venant probablement du Mont Coronat. Pas vu depuis quelques années.

Alouette des champs : était bien visible sur les crêtes dominant Urbanya (pic de la Serra, Lloset, Moscatosa). Plus vu depuis de longues années.

Alouette lulu : était bien présente dans les ronciers situés derrière ma maison il y a une dizaine d’années. Plus vu depuis.

Bec croisé des sapins : parfois visible sur les hauteurs où poussent les pins à crochets. Plus vu depuis 2020.

Bergeronnette des ruisseaux : était très présente depuis toujours dans la rivière d’Urbanya. En net déclin surtout en 2023. 3 ou 4 spécimens vus seulement.

Bergeronnette printanière : de passage mais assez visible pendant de longues années. Plus vu depuis au moins 3 à 4 ans.

Bergeronnette grise : même commentaire que pour la Bergeronnette des ruisseaux. 2 spécimens vus seulement.

Bondrée apivore : a été très visible les 5 dernières années. 1 seul spécimen en 2023.

Bouvreuil pivoine : des couples étaient très régulièrement de passages à Urbanya. En net déclin depuis plusieurs années. Pas vu du tout en 2023.

Bruant fou : était très présent il y a quelques années. Moins visible depuis quelques années. 1 seul spécimen en 2023.

Bruant proyer : idem au Bruant fou. Était très présent dans les genêts situés derrière ma maison.  Plus vu du tout depuis 4 à 5 ans.

Bruant zizi : Etaient bien visibles car nombreux lors de leur passage. Seulement 3 spécimens épars aperçu en cette année 2023.

Buse variable : de nombreuses buses ont toujours été visibles dans le ciel d’Urbanya. Elles ont peu à peu disparu. 1 seul oiseau vu cette année.

Cincle plongeur : avait toujours été visible dans la rivière d’Urbanya. Pas vu en 2023.

Chardonneret élégant : très présents lors des passages migratoires. Pas vu en 2023.

Circaète Jean Leblanc : un seul spécimen photographié en 13 ans de présence à Urbanya.

Corneille noire : était visible à Urbanya dans les années 2010 à 2015. Plus vue depuis.

Coucou gris : c’est un oiseau habitué de la commune. On le reconnaît aisément grâce à son chant. Toutefois, il semble que ces périodes de présence soient désormais plus réduites.

Crave à bec rouge : Cet oiseau était visible en petits rassemblements dans les premières années où j’ai acheté la maison à Urbanya, c’est-à-dire 2010/2012. Il n’a plus réapparu.

Fauvette à tête noire : C’était de très loin la fauvette la plus visible à Urbanya. A fortement déclinée ces dernières années. 2 spécimens seulement vus en 2023. Je me demande si le débroussaillage plus récurrent que dans le passé n’est pas la cause de sa disparition ?

Fauvette des jardins : Etaient bien présentes dans les buissons à l’orée de la forêt derrière ma maison . En net déclin également. 1 seul spécimen en 2023.

Fauvette grisette : idem à la fauvette des jardins car habitat sensiblement identique. Pas vu en 2023.

Fauvette mélanocéphale : était excessivement présentes dans les ronciers situés derrière ma maison. Plus vu depuis plusieurs années.

Fauvette pitchou : bien que plus rare car moins citadine que la mélanocéphale, la fauvette pitchou était souvent visible dans les collines entourant Urbanya. Plus vu depuis 5 à 6 ans.

Geai des chênes : Tout comme le Merle noir, le Geai des chênes était un oiseau emblématique car en grand nombre tout autour d’Urbanya. En très net déclin surtout en 2023.

Grimpereau des bois ou des jardins : Les 2 espèces étant difficiles à discerner, je mets le même commentaire. Régulièrement visible dans la forêt de l’ubac et dans celles proches ou autour de Cobazet, l’année 2023 a été une année « blanche » pour les grimpereaux. Je n’en ai vu aucun !

Gobemouche gris : cet oiseau a toujours été très visible dans les maisons situées à proximité de l’église d’Urbanya. En net déclin depuis de longues années. 2 spécimens aperçus en 2023.

Gobemouche nain : bien que plus rare que le Gobemouche gris, le « nain » était visible dans les feuillus à proximité du village. A quasiment disparu depuis plusieurs années.

Gobemouche noir : Bien que plus forestier, on  pourrait presque dire la même chose que pour le « nain ». Le Gobemouche noir a lui aussi disparu des radars. Plus aperçu depuis plusieurs années.

Grand corbeau : Pendant longtemps, il y a eu deux couples et puis un seul depuis les années 2020 à 2023.

Grive musicienne et autres grives : Il n’était pas rare de voir des grives tout autour d’Urbanya. Des musiciennes dans différents biotopes et les autres plus en montant en altitude. Toutes restent invisibles depuis plusieurs années.

Gros becs casse-noyaux : 1 seul spécimen aperçu en 13 années de présence.

Gypaète barbu : bien que rarement visible dans le ciel d’Urbanya, il m’est arrivé d’en voir il y a quelques années. Plus depuis 5 ou 6 ans.

Hirondelle rustique : Toujours présente dans le préau de la mairie et certaines maisons du village. Semble assez constante dans leur nombre.

Hirondelle des fenêtres : Très visible dans le ciel d’Urbanya lors des passages migratoires. Pas vue en cette année 2023.

Hirondelle des rochers : essentiellement lors de passages migratoires mais ces derniers sont plutôt réguliers dans le village d’Urbanya. Presque chaque année, quelques spécimens viennent se reposer sur mes fenêtres.

Hypolaïs ictérine et polyglotte : assez rarement visible car seulement de passage. Vu la dernière fois en 2022.

Linotte mélodieuse : passe en de petits rassemblements réguliers sur la commune mais en 2023 un net déclin semble s’être produit. 3 spécimens vus seulement.

Loriot d’Europe : 2 spécimens vus en 13 années de présence. Plus vus depuis longtemps.

Martinet à ventre blanc : rarement  présent sur la commune mais bien visibles dans le ciel des collines et notamment côté adret. Pas vu en 2023.

Merle noir : tout comme le Geai des chênes, le Merle noir faisait partie des oiseaux les plus présents autour et dans la commune. De ce fait, en 2023, le déclin paraît encore plus important.

Mésange bleue : tout comme les  mésanges charbonnières et nonnettes, mais en nombre plus réduits, la mésange bleue a toujours été une habituée des mangeoires. En net déclin en 2023.

Mésange charbonnière : la mésange la plus familière car venant nicher dans les nichoirs et manger dans les mangeoires. Nombre en très nette régression en 2023.

Mésange huppée : bien que plus rares dans la commune  car vivant dans les conifères, il n’était pas rare de les voir venir manger les noix dont elles arrivaient à percer les coquilles. Pas vu en 2023.

Mésange noire : Très présentes dans la forêt derrière ma maison, l’année 2023 semble les avoir vues fortement décliner. 2 spécimens vus seulement.

Mésange nonnette : cette mésange était de très loin, la plus nombreuse à venir déguster les graines des mangeoires et notamment celles du tournesol dont elles sont très gourmandes. Cette année, elles sont arrivées plus tardivement, en nombre plus restreint. Un déclin certes mais plus modéré que certaines autres espèces.

Mésange ou Orite à longue queue : ont  toujours été visibles dans les arbres autour de la maison et à la lisière de la forêt mais 2023 semble avoir donné un coup de frein. 2 spécimens vus seulement.

Milans : rarement aperçus sur la commune car 2 ou 3 fois seulement. Jamais photographié autant que je me souvienne.

Moineaux : les moineaux surtout les domestiques ont toujours été très présents à Urbanya. Cette année 2023 a vu se produire un incroyable déclin.

Panure à moustaches : très rare, 1 seul oiseau photographié en 13 années de présence.

Perdrix grise ou rouge : Couples et rejetons étaient souvent visibles lors de mes nombreuses randonnées. Rien vu en 2023.

Pic épeiche : A un degré moindre que le Merle et le Geai, le Pic épeiche faisait partie des oiseaux bien visibles dans le village et notamment tout autour de la maison, ne craignant pas de venir dans les mangeoires. C’est dramatique car aucun spécimen vu en cette année 2023.

Pic noir : Bien qu’essentiellement locataire de la forêt, il n’était pas rare d’apercevoir des pics noirs sur le versant ubac de la vallée. A peu à peu diminué en nombre jusqu’à devenir invisible en 2023.

Pic vert : même constat que pour le pic noir. Le dernier spécimen aperçu, je l’ai trouvé mort il y a 3 ans dans la forêt derrière ma maison. A carrément disparu depuis.

Pie grièche à tête rousse : Au même titre que sa collègue « écorcheur », au printemps, des couples étaient habitués à occuper un énorme roncier situé derrière ma maison. Mais c’était il y a 7 à 8 ans et depuis elle s’est faite rarissime. 1 dernier spécimen  vu en 2022 et rien 2023 !

Pie grièche écorcheur : le même commentaire que pour la Pie grièche à tête rousse mais avec une énorme différence car plus vue depuis 5 à 6 ans au moins autour de la maison. Rares spécimens dans les collines.

Pie bavarde : n’a pas été présente pendant de longues années puis est apparue en 2022 avec 2 couples mais qui ne sont pas revenus en 2023.

Pigeon biset : très rare sur la commune mais parfois de passage. 3 ou 4 spécimens photographiés en 13 années de présence.

Pigeon ramier : 3 ou 4 couples ont toujours été  présents à l’orée de la commune. 2 couples seulement en 2023.

Pinson des arbres : J’étais habitué à le voir et à l’entendre chanter presque en toutes saisons  mais cette année 2023 semble avoir marqué un immense déclin. 5 ou 6 spécimens aperçus ce qui est infime pour cet oiseau-là !

Pinson du nord : vus 2 à 3 fois en 13 années de présence car de passages seulement et encore faut-il se trouver en altitude au-dessus d’Urbanya.

Pipit des arbres : Il y a une dizaine d’années, il n’était pas rare de voir cet oiseau-là dans la forêt de feuillus situées derrière ma maison. A disparu depuis.

Pouillot véloce et autres : Les pouillots étaient à la fois citadins et forestiers et il n’était donc pas rares d’en voir quelques spécimens sur le territoire de la commune. Aucun en 2023.

Roitelets : Il y a une dizaine d’années, c’était un oiseau que je voyais régulièrement lors de mes randonnées tout autour de la commune. Plus vu depuis de très longues années !

Rossignol philomèle : C’est un oiseau que j’arrivais à remarquer grâce à son chant mais comme bon nombre d’autres oiseaux son déclin a été régulier mais certain. Plus entendu ni vu depuis longtemps.

Rouge-gorge familier : C’est un oiseau dont le nombre est assez difficile à situer car surtout bien visible en fin d’été, en automne et en hiver. Était bien présent jusqu’à présent. 3 spécimens vus en quelques jours de septembre.

Rougequeue noir : avec les moineaux, les mésanges charbonnières et les merles, les rougequeues noirs étaient les « voisins » les plus nombreux de la maison. Bien que ne mangeant pas dans les mangeoires, ils n’étaient pas rares de les voir occuper un nichoir de ma composition ou le plus souvent encore le trou d’une des nombreuses ruines adjacentes. 2023 s’est avérée une année dramatique tant leur nombre a diminué.

Serin cini : Bien que seulement de passage, mais souvent en grand nombre,  le Serin cini a toujours été un volatile très visible à Urbanya.  Aussi cette année 2023 semble-t-elle avoir été catastrophique pour ce bel oiseau jaune.  

Sittelle torchepot : gourmandes elles aussi des graines de tournesol de mes mangeoires, plusieurs couples nichaient au sommet de poteaux électriques qu’elles avaient copieusement creusé. Ne plus les voir en si grand nombre en 2023 grimper aux poteaux a été vraiment triste. Un net déclin pour elles aussi !

Tarier pâtre : Comme pour les pies grièches, plusieurs couples venaient nicher dans les ronciers situés derrière ma maison mais je ne les ai plus vus depuis très longtemps. Pourtant quelques spécimens restaient visibles et même photographiables sur le territoire de la commune. Ne pas en voir en 2023 semblait impossible tant leur nombre paraissait  « généreux »,  et pourtant ? Ce fut le cas !

Tarin des aulnes : Je les voyais régulièrement et en petites bandes au bord de la rivière Urbanya où poussaient deux ou trois aulnes. Ils venaient y manger les graines à la bonne époque. Mais ces arbres, comme tant d’autres, ont été coupés et les Tarins ont disparu de la commune. Plus vus depuis longtemps. Aucun en 2023 !

Torcol fourmilier : Depuis 2020, j’étais habitué à voir un couple autour de ma maison et à la lisière de la forêt, toujours en quête d’un petit insecte à se mettre sous le bec mais ils ne sont pas revenus en 2023, année pourtant très riche en insectes petits et grands !

Traquet motteux : Au même titre que quelques autres oiseaux, le Traquet motteux était bien visible à certaines périodes de l’année. Il a petit à petit disparu même si quelques spécimens isolés restent visibles de temps à autre. 1 seul en 2023.

Troglodyte mignon : Plusieurs couples venaient nicher à la lisière de la forêt située derrière ma maison. De ce fait, attirés par le chant d'autres oiseaux, il n’était pas rare de les voir venir à la mangeoire mais sans doute plus par curiosité car insectivores seulement. Pas vu en 2023.

Vautour fauve : Pendant très longtemps, les Vautours fauves aperçus à Urbanya n’étaient que de passage. Ils venaient sans doute attirés par un animal venant de mourir puis repartaient sous d’autres cieux.  Puis les chasseurs du village ont décidé de créer un charnier avec les restes des venaisons. De ce fait, les vautours ont trouvé un restaurant à ciel ouvert et sont venus plus nombreux. Pas vu en 2023 mais il est vrai que la chasse n’a été ouverte qu’en septembre.

Venturon montagnard : rarement vus sur la commune car 2 ou 3 fois seulement. Photographié une seule fois en 13 années.

Verdier d’Europe : Bien que passant en nombre plus réduit que le Serin, le commentaire est quasiment le même. Derniers spécimens aperçus en 2022 et aucun en 2023.

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La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.

Publié le par gibirando

 

Ce diaporama est agrémenté de 6 musiques extraites d'une compilation musicale YouTube intitulée "Winter In The Secret Garden". Elles ont por titre "Mary et Robin Together" de Zbigniew Preisner"Dawn, Billy Sees Kes In The Tower" de John Cameron, "Only The Beginning of The Adventure (From "The Chronicles of Narnia: The Lion, The Witch and The Wardrobe"/Score)" de Harry Gregson-Williams"First Time Outside" de Zbigniew Preisner"Jamie Believes" d'Alexandre Desplat et "Ancient Stones" (version très incomplète) de Jeremy Soule.

La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.

La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

 

Quand en ce 27 novembre 2022, nous nous lançons avec l’idée d’accomplir cette petite « Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça », c’est déjà une deuxième tentative. En effet, quelques mois auparavant, par une belle journée printanière, nous avions déjà commencé à grimper vers le superbe prieuré mais pour Dany une méchante tendinite à une hanche était venue tout gâcher. Cette douleur l’avait contraint d’abord à ralentir, puis à stopper pour se reposer un peu, puis carrément à faire demi-tour alors que nous n’avions accompli que la moitié de la montée. Ne voulant pas restée sur cet échec, Dany me tannait régulièrement pour que l’on y retourne mais les mois avaient passé et personnellement je pensais que les aspects positifs d’y aller étaient passés aussi. Autant l’avouer, je préférais une belle journée de début de printemps. D’abord parce que le ciel y est plus régulièrement lumineux, ensuite parce que j’ai constamment envie de recenser un maximum de fleurs et surtout je préfère que le Canigou soit amplement enneigé car c’est avec ce décor-là que cette randonnée est la plus merveilleuse. Ici, n’y a-t-il pas cette maxime désormais bien connue « Qui n’est jamais venu à Marcevol ne connaît pas tout de la beauté du monde ». Et pour cela, il est nécessaire que la météo soit parfaite. En effet, je gardais en mémoire l’image d’un merveilleux Canigou car magnifiquement enneigé lors d’une belle balade en solitaire faite en mars 2015 que j’avais intitulée « Le Prieuré de Marcevol et la chapelle Sainte-Eulalie depuis Vinça ». Ciel bleu denim, aucun nuage, un soleil juste tiède, un lac de Vinça comme un miroir bleuté, ce jour-là, tout s’était mis en place pour mon plus grand plaisir. Mais finalement, en cette fin novembre, en manque d’idée nouvelle sur ce type de distance (5 à 6km seulement) j’ai fini par craquer. Pendant un bon moment, j’ai même envisagé de rallonger un peu cette balade et de la pousser jusqu’à la « Chambre des Certitudes », cavité artificielle tapissée de cire d’abeilles de l’artiste plasticien allemand Wolfgang Laib. Toutefois, après avoir lu quelques infos, j'ai appris qu'il fallait se procurer une clé au prieuré et ensuite aller jusqu'au pied du Roc del Moro (Roc des Maures), soit 2km environ au-dessus de Marcevol. C’est donc un aller-retour de 4km qu’il fallait accomplir pour aller visiter cette « œuvre d’art » dont les principaux intérêts sont d’être une grotte creusée à coup de dynamite, grotte avec une belle vision sur le pic du Canigou ! Etait-il nécessaire d’être dans une grotte pour être admiratif du Canigou ? Je manquait de « certitudes » ! Je ne suis pas « certain » que Dany ait envie d’aller découvrir cette « Chambre des Certitudes » totalement factice ! J'ai laissé tomber cette idée.

Le départ s’effectue à 10h30 sous un ciel gris et bas, une météo fraîche, nuageuse et brumeuse, un Canigou invisible et pour couronner le tout, un lac de Vinça amplement asséché. Autant vous dire qu’en terme de décors, nous sommes au total opposé de ma randonnée de mars 2015. Malgré tous ces désagréments, secondaires il est vrai pour marcher, l’envie de trottiner et de découvrir est bien là. On fait donc en sorte de les oublier au plus vite. Quand à ma passion pour les fleurs, il me faut attendre Marcevol pour en photographier quelques-unes. Mais comme la botanique ne se résume aux fleurs, pour m’occuper un peu, je décide de me lancer dans un modeste recensement de la végétation du maquis de ce secteur du Conflent. Ici, en permanence, de très nombreux éléments dévoilent un patrimoine derrière lequel se cache des histoires et sans doute une Histoire qu’on voudrait bien un peu appréhender. Les paysages avec des murets et des terrasses en pierres sèches, où survivent quelques oliviers centenaires, sont traversés par des sentiers muletiers dallées. On imagine donc aisément que ces espaces étaient différents d’aujourd’hui car amplement consacrées à l’agropastoralisme. Outre les oliviers, on devait y cultiver la vigne mais aussi quelques céréales et légumes secs résistants à l’aridité des lieux. Un bel oratoire nous rappelle combien les croyances en la protection divine étaient ici ancrées. Si l’Histoire du prieuré et de l’église Sainte-Marie-des-Grades et celle plutôt récente du village de Marcevol sont assez bien connues, celle plus ancienne des hommes qui ont vécu et travaillé là, dans ce décor si merveilleux mais si rude à la fois, reste encore bien mystérieuse et en tous cas incertaine. Balisé des couleurs blanches et rouges, notre sentier s’appelle GR.36. Il représente un court petit bout d’un itinéraire long de 1.916 km reliant la Normandie aux Pyrénées. Enfin de compte, il est 11h50 quand nous atteignons l’imposant prieuré ; pas très folichon sous son premier aspect ressemblant à un rempart;  nous constatons avec satisfaction que nous n’avons mis que 10mn de plus que le temps mentionné sur le panonceau de départ. Le prieuré étant fermé et apparemment occupé par des congressistes, nous ne visitons et photographions que les extérieurs sans trop nous éterniser, préférant passé du temps au village et ce d’autant, qu’un imposant groupe d’enfants est lancé dans une espèce de vaste chasse aux trésors. Ils courent en tous sens y compris dans nos jambes car le but est d'arriver le premier à trouver le Graal. Au village, nous faisons le choix de pique-niquer au point le plus haut où a été érigée une très étonnante table d’orientation métallique. Le ciel étant quelque peu passé du gris au bleu, nous y passons du temps, profitant de la sérénité du lieu, des belles dalles granitiques pour s’allonger un peu et des superbes panoramas. Puis, nous errons longuement dans le village et notamment autour de son église au nom si particulier : Sainte-Marie-des-Grades également appelée Notre-Dame des Escaliers où une étrange légende (*) circule.  L’heure du retour étant venue, nous retournons devant le prieuré où se trouve le sentier censé nous ramener au lac de Vinça. Je suis d’autant plus heureux d’emprunter cet itinéraire que je ne le connais pas, mes différentes venues ici (diverses randonnées et Tour des Fenouillèdes) m’ayant toujours entraîné vers Arboussols. Il est 14h30 quand nous retrouvons notre voiture près du pont sur le lac. Malgré le mois de novembre qui n’est jamais le meilleur pour un photographe naturaliste, je peux m’estimer satisfait car j’ai réussi le tour de force de photographier quelques fleurs et plusieurs oiseaux, tous il est vrai aperçus au village ou à proximité. Si sur Internet, cette balade est donnée pour une distance de 5,5km pour 320m de dénivelé, voici les éléments que j’ai enregistré sur mon GPS, visite du village inclus : distance 5,9 km, dénivelé 325m (+578m/-253m) pour des montées cumulées de 438m. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

(*) – Légende : Une légende locale rapporte que la mère de saint Lin, un des tout premiers papes, est inhumée dans l'église. Cette femme aurait traversé les parages, sous une très forte pluie, en portant un sac de farine qui serait restée sèche. À la suite de ce miracle, un pardon aurait été institué et aurait attiré une foule telle que les sentiers « bouillonnaient ».

Lors d'une visite du prieuré, vous aurez droit au support suivant. Il explique l'essentiel de ce qu'il faut savoir de l'édifice religieux. 

La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.La Boucle de Marcevol au départ du lac de Vinça.

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Dans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur (23 km)

Publié le par gibirando

Dans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)

6eme étape : Lamoura (alt.1.150m)-Villard Saint-Sauveur (alt.500m) (23 km)

Samedi 2 août 2003

 (Extrait de : La ferme du Haut-Jura, poème d'Henri Marandin)

 La pluie glacée de mars m'a fait pressé le pas

Vers la ferme blottie, à l'auvent confondue

Dans la petite combe, au fond du Haut-Jura

Au bout de la haie, solitaire et trapue

C'est à peine, si on la devine, enfouie

Frileuse et discrète, au bout du chemin creux

Sous l'épais manteau blanc recouvrant l'appentis,

Défiant le temps de l'age et de l'hiver venteux.

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Départ du magnifique chalet-hôtel " La Spatule "

Ce matin, c'est un ciel bleu azur qui s'offre à nous lorsqu'on ouvre les yeux. Le soleil n'est pas totalement levé et les grands épicéas qui bordent la D.25 projettent leurs ombres sur le grand pré que domine l'hôtel.

Pour cette dernière étape, si le temps ne change pas, nous devrions avoir une journée superbe pour marcher.

 8h45, nous venons de déjeuner copieusement et avons rendu nos sacs au réceptionniste. Nous sortons de l'hôtel et nous dirigeons vers une petite épicerie. Plusieurs personnes attendent l'ouverture de la boutique qui est prévue à 9h.

Ça ouvre, Dany prend quelques crudités et des fruits, et moi du corned-beef, une barquette de taboulé et du Morbier. Puis pendant que Dany fait la queue à la boulangerie voisine, je pars l'attendre en face sur le parvis de la très belle église.

 Par la D.25, nous sortons de Lamoura jusqu'à un immense panneau qui glorifie " la Transjurassienne ".

Là, nous quittons l'asphalte par la droite sur un chemin caillouté balisé en jaune et blanc, nous passons devant une ancienne scierie, puis par la gauche, descendons une butte et arrivons au carrefour " Ferme Chevassus " où nous tournons à gauche en direction de la Grotte Célary.

Quelques centaines de mètres plus loin, nouveau carrefour " Le Lanchet " et prenons à gauche le balisage bleu. Là, nous marchons sur un très bon sentier que bordent deux petits bois, puis la Combe devient plus évasée et après quelques kilomètres, nous arrivons au lieu-dit " Les Eterpets ".

Dans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)oDans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)

Au carrefour de la " Ferme Chevassus " ----------------------------------------Après " Les Eterpets ", vers Septmoncel

Au carrefour " Les Eterpets ", nous prenons la direction de Septmoncel et rejoignons à nouveau une route goudronnée toujours balisée en bleu que nous poursuivons sur 300 mètres. La, nous laissons les traces bleues qui partent à gauche et continuons tout droit sur le bitume pendant environ un kilomètre.

De cette route, nous percevons en face les reliefs traversés le deuxième jour (Les Bouchoux-Lajoux) car nous suivons une voie quasi parallèle.

 Au bout d'un kilomètre, nous prenons une voie sans issue, franchissons une petit murette à travers des fils barbelés, grimpons dans un petit pré et filons par un balisage jaune sur une petite sente qui redescend vers des réservoirs d'eau (à sec début août). La petite sente s'élargit puis remonte vers une remarquable ferme dont les façades sont entièrement recouvertes de tavaillons. Nous sommes au lieu-dit " Le Raffour ".

A cet endroit, nous retrouvons le GRP du Haut-Jura Sud, balisé en rouge et jaune et prenons comme indiqué sur le topo, la direction " Sur le Replan ". Nouveau carrefour balisé " La Locénèsse ", nous poursuivons tout droit et arrivons sur une nouvelle route goudronnée puis à un autre carrefour qui indique Septmoncel d'un côté et le gîte d'étape " La Vie Neuve " de l'autre. Pourquoi ces indices ne sont-ils pas sur le topo ?

Avons-nous manqué d'attentions ? Toujours est-il que nous faisons fausse route et qu'une fois de plus, l'on s'est trompé.

Nous relisons le topo et analysons le tracé surligné sur la carte. Sur le topo, je lis " ne prenez surtout pas l'indication Chantemerle ". Pourquoi n'avons-nous pas vu cette indication ? Voilà la raison de notre erreur et le fait que nous avions la certitude d'être sur le bon chemin. En contrepartie, nous n'avons pas souvenance que le balisage rouge et jaune partait dans une autre direction. Que faire ? Nous descendons vers Septmoncel. Mais faut-il descendre tout en bas au centre du village ? Selon la carte, certainement pas ! Nous décidons de rebrousser chemin et prenons par la gauche un petit sentier de terre qui monte vers un " Gîte d'étape ". Nous arrivons sur un plateau et retrouvons sur un muret, le balisage rouge et jaune. En relisant le topo, je constate que les indications qui y sont mentionnées, correspondent bien au lieu où nous nous trouvons. Ouf ! Nous avons retrouvé l'itinéraire plus vite que nous pouvions l'espérer !

Dans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)oDans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)

Au " Raffour ", une remarquable ferme en tavaillons------------------------------Dans des pâturages qui dominent Septmoncel.

Nous traversons des pâturages qui dominent Septmoncel puis arrivons enfin au carrefour " Le Replan ". Il est midi et d'un commun accord, nous décidons de déjeuner à ce carrefour. Il fait très chaud, et c'est à l'ombre d'un grand charme, le dos contre un muret, que nous mangeons les menus aliments achetés ce matin. Les " hollandais " arrivent et nous saluent. Ils viennent de se tromper au même endroit que nous. Ça conforte notre idée, qu'à ce secteur, les explications du topo n'étaient pas bien explicites ou qu'il manquait un indice quelque part.

 Avant de repartir, par prudence, je jette un cou d'œil sur la carte IGN, mais le parcours parait très simple et tout en descente jusqu'au Gorges du Flumen.

Nous repartons mais vingt mètres plus loin, nous tombons sur de nombreux petits panneaux indicateurs. Nous devons descendre par le " Chemin des Moines " mais nous pouvons aussi monter et nous rendre " Sur les Grès " avec un aller-retour de trente minutes comme nous le conseille le topo.

Dans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)oDans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)

Au lieu-dit " Sur les Grés ", un panorama splendide sur Saint-Claude et ses environs,

Dans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)oDans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)

........et sur les paysages traversés les premiers jours

Nous sommes là, pour contempler un maximum de choses et nous optons pour cette découverte. Un large chemin grimpe en direction d'un pylône puis débouche sur un large plateau rocheux qui laisse découvrir un panorama magnifique. En dessous, les gorges du Flumen et le Chapeau de Gendarme. Sur la droite, Saint-Claude et tous ses environs. En face " les Roches Blanches " et les paysages empruntés le premier jour. Je sors les jumelles et tente d'apercevoir Villard Saint-Sauveur et éventuellement notre voiture.

Je distingue le petit village, mais, nous sommes encore très loin et la distance nous obligerait presque à presser le pas. Quelques photos au bord de la falaise, puis nous redescendons et rattrapons l'agréable " Chemin des Moines ".

 La descente s'effectue essentiellement en sous-bois et par instant, une trouée laisse apercevoir Saint-Claude. Par endroit, le sous-bois est un véritable tunnel végétal et c'est d'autant plus agréable que nous avons aujourd'hui la journée la plus caniculaire de nos six jours de randonnée. Après une longue et sinueuse déclivité, nous atteignons la D.436 à Montbrilland. Là, nous remontons la départementale jusqu'au tunnel de la Roche Percée et plongeons dans les Gorges du Flumen.

 Quand je dis " plonger ", c'est un euphémisme tant nous avons eu chaud sur ce maudit bitume de la D.436. Nous ne rêvons que d'une chose : arriver en bas et nous jeter dans le premier trou d'eau venu.

Dans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)

Sur le Chemin des Moines, pour une longue descente vers l'arrivée

La descente en partie à l'ombre et l'eau fraîche du torrent atténuerons nos ardeurs à l'arrivée. Le sentier débouche près d'une passerelle et sous les yeux ébahis de quelques promeneurs, nous profitons tout de même de cette eau rafraîchissante en nous aspergeant et en immergeant nos pieds bien endoloris. Quel soulagement pour nos jambes et nos pieds ! Mais l'eau est si froide qu'il est impossible de les garder bien longtemps.

 Par le petit pont de bois, nous enjambons le ruisseau, puis empruntons à droite un sentier forestier qui longe le Flumen, passe devant une usine électrique et nous amène jusqu'à Martinet. Nos gourdes sont vides, nous avons soif, mais là, au centre du hameau, une miraculeuse fontaine jaillit. A quelques centaines de mètres de l'arrivée, les moines défricheurs seraient-ils encore avec nous ?

Dans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)oDans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)

Sur le " Chemin des Moines ", vue sur Saint-Claude puis un sous-bois comme un tunnel végétal.

Dans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)

Les pieds dans l'eau rafraîchissante du " Flumen "

Dans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)oDans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)

La miraculeuse fontaine de Martinet------------------------ -----------------A Villard, Dany accélère le pas et me distance

Par la D.290 et quelques raccourcis, nous rejoignons Villard Saint-Sauveur. Comme un cheval qui sent l'écurie, Dany accélère le pas et me distance. Nous passons devant l'hostellerie " Le Retour de la Chasse " et retrouvons notre voiture sur le parking.

La randonnée est finie, les moines défricheurs ont veillé sur nous et tout c'est bien passé.

Nous quittons Villard Saint-Sauveur, direction l'hôtel Saint-Hubert, avec deux sentiments diamétralement opposés : le soulagement d'en avoir terminé et que la randonnée se soit magnifiquement passée (peut-être grâce aux moines défricheurs) et le regret que les six jours soient passés si vite et que ce soit déjà fini. Notre merveilleuse randonnée se termine mais je reste persuadé que ces douces images de cet étonnant Haut-Jura resterons gravés très longtemps dans ma mémoire comme dans celle de Dany.

Lorsque nous serons vieux et gâteux, ou que nous n'aurons plus toute notre tête, ce récit et ses jolies photos nous rappelleront les bons moments que nous avons passé dans ce Haut-Jura si délicieux……délicieux comme les saveurs qui nous avaient été promises dans le titre de ce séjour !

Dans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)oDans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)

Arrivée à l'hostellerie Le Retour de la Chasse où nous retrouvons notre voiture. Notre randonnée se termine, direction le Saint-Hubert.

Dans les pas des moines défricheurs - 6eme étape : Lamoura - Villard Saint-Sauveur  (23 km)

 Cliquez sur la carte pour quitter ce récit et retourner à la page d'acceuil du blog.

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La France devient "noire" en Afrique !

Publié le par gibirando

La France devient "noire " en Afrique !


Avec le coup d’état qui vient d’avoir lieu au Niger, on pourrait presque dire que la France est devenue « noire » en Afrique. « Noire » comme l’étymologie latine de mot « Niger », pays qui doit sans doute son nom au fleuve éponyme dont les géographes-linguistes pensent qu’il s’agit de la « rivière des noirs », les eaux du fleuve n’étant nullement noires.

En effet, après être devenu persona non-grata dans bons nombres de pays, après s’être virer du Mali puis du Burkina Faso, nous voilà désormais sur le départ au Niger. En réalité, c’est une immense partie de l’Afrique qui nous déteste. Rassurez-vous, je ne suis pas un spécialiste de l’Afrique, loin s’en faut, mais en lisant pas mal sur le sujet ; surtout en ce moment ; il semble que cette détestation soit en grande partie liée à notre président Macron. En tous cas, si cette haine avait commencé un peu avant, elle s’est largement amplifiée depuis. De nombreux africains ; les jeunes notamment ; le trouvent arrogant, toujours trop donneur de leçons, gaffeur dans bien des cas, avec surtout cette mauvaise attitude de leur rappeler constamment que leurs pays ont été « nos anciennes colonies » et qu’ils sont encore beaucoup dépendants de nous, sécuritairement, financièrement et donc économiquement. Ça, ils ne le supportent plus et ce d’autant qu’ils pensent que toutes les initiatives prises dans leur intérêt ont été des échecs et notamment la lutte contre le terrorisme djihadiste qui ne fait qu’empirer un peu partout.

Avec le Niger, Macron a beau s’époumoner à dire « je ne tolérerais aucune attaque contre les intérêts français », le mal est fait. Tous les ressortissants français sont tenus de quitter le pays et ils sont déjà nombreux à l’avoir fait à l’instant où j’écris cet article. Les intérêts ont pour nom « uranium », uranium dont on sait l’importance qu’il peut avoir dans le contexte actuel autour du prix des énergies et des enjeux politiques et géostratégiques. Si l’uranium du Niger n’est plus la principale source pour nos centrales nucléaires depuis quelques temps déjà, il faut quand même noter que c’est l’entreprise française Orano (ex-Areva) qui exploite directement les mines du Niger. En quittant ces mines, il s’agirait d’une immense perte de souveraineté pour la France. Une de plus, si j’ose dire ! Or on voit bien que chaque fois que l’on s’éloigne d’un lieu africain intéressant, la Russie s’y engouffre et « apparemment » ils savent s’y faire apprécier. Eh oui, au-delà de l’Ukraine, la France est en guerre contre la Russie, une guerre qui ne dit pas son nom mais dont la taille des deux pays et leur puissance respective ne laissent présager aucune bonne fortune pour nous. Après tout, de nombreux pays européens se sont depuis longtemps désintéressés du devenir de l’Afrique et ils ne semblent pas s’en porter plus mal. Ils n’ont notamment pas les contraintes d’une immigration « obligée » dont on voit bien désormais nos limites dans bien des domaines.

Aurons-nous d’autres choix que celui-là ? Il semble que non !

Espérons que tout ça ne fera pas s'envoler encore plus haut le prix des énergies et notamment celui de l'électricité, hausse déjà si exponentielle et pas toujours justifiée selon certains spécialistes. 

 

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

Publié le par gibirando

Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements :

Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi : ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voudraient faire le contraire, et l'immense majorité de ceux qui ne veulent rien faire.

Confucius (551 av.JC-479 av.JC).

 

Bibliographie et cartographie :

(Vous trouverez ci-dessous le topo-guide et les cartes que j'ai utilisés lors de ce Tour du Vallespir. Les autres livres m'ont permis de m'imprégner de cette région et ainsi de mieux la comprendre sur le plan culturel. Concernant l'Histoire et la géographie du Vallespir, de nombreux sites Internet m'ont aidé dans ces domaines.)

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Canigou-Vallespir-Conflent- Le Guide Rando- Georges Véron- Rando Editions-2002.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Carte IGN Top 25 2349 ET Massif du Canigou

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Carte IGN Top 25 2449 OT Céret Amélie-les-Bains Palalda-Vallée du Tech.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Promenade littéraire à travers le Vallespir - Recueil de textes et de poèmes- Michel Wallon - Les Presses- Littéraires-2002.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Domenica ou la Vallée âpre- Roman- Marie Vallespir- Les Presses de l'Imprimerie du Vallespir-1959. Préface de Joseph Ribas. 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Mes Cahiers du Vallespir - Recueil Traduction de poèmes en catalan- Robert Gendre - Imprimerie Le Castellum-1975. Préface d'Abdon Poggi.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Ballades Catalanes- Recueil de poèmes et de photographies- Alain Taurinya- Michèle Maurin - Editions Magellan et Cie - 2002

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 -Mes jeunes années racontées par ma mère et moi - Essai de Charles Trenet et Marie-Louise Caussat-Trenet- Editions Robert Laffont-1978

 

Sites Internet :

 (Autant que c'est possible, j'essaie de faire en sorte que les liens fonctionnent, chose peu facile certains changeant de nom de domaine, d'autres disparaissant carrément.)

- http://clubdelittenim.wordpress.com/randonnees/

- http://cortsavisempre.free.fr/index.html

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Regions/Vallespir.php

- http://jeantosti.com/roussillon.htm

- http://lamanere-barrutet.com/

- http://pagesperso-orange.fr/casafr/vallespir/vallespir.htm

- http://www.amelie-les-bains.com/

- http://www.charles-trenet.net/

https://www.vallespir.com/

https://www.sudcanigo.com/item/damia-noell-chambres-dhotes/

http://www.haut-vallespir.fr/

- http://www.hotel-ausseil.com/

- http://www.la-clau.net/

- http://www.lamanere.fr/

- http://www.mairie-perpignan.fr/

- http://www.maisondupatrimoine-ceret.fr/

- http://www.mediterranees.net/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Montbolo

- http://www.notredameducoral.com/

https://www.vallespir-tourisme.fr/

- http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1941_num_29_2_4312

- http://www.pratsdemollolapreste.com/

- http://www.pyrenees-orientales.pref.gouv.fr/

- http://www.reserves-naturelles.org/

- http://www.reynes.fr/html/vallespir.htm

- http://www.vallee-du-tech.com/

- http://www.ville-arles-sur-tech.fr/

- http://www.ville-saint-laurent-de-cerdans.fr/

 

Cette liste de sites Internet n'est pas exhaustive car j'ai également consulté des sites comme Wikipédia, Wiktionnaire, Généanet, Freelang ou Lexilogos et divers forums. Il y a certainement bien d'autres sites concernant le Vallespir, la Vallée du Tech, les villes et les lieux visités lors de cette randonnée. Que ceux qui les ont créés m'excusent de ne pas les citer mais il m'était bien sûr impossible de tous les mentionner dans ce récit. Tous les sites évoqués ci-dessus ont largement contribués soit à la préparation ou à la réalisation du Tour du Vallespir lui-même soit à la rédaction de ce récit. Pour ces raisons, je remercie très sincèrement les auteurs, les propriétaires et les webmestres de tous les sites compulsés.

 

Petit lexique classé dans un ordre d'apparition dans ce récit :

 

Le lexique ci-dessous n'a pas la prétention d'être complet. Il reprend la plupart des noms propres cités pour tenter de les décrire ou de les expliquer dans l'ordre chronologique où ils apparaissent dans ce récit. Grâce à ces explications, j'espère que le lecteur appréhendera mieux la géographie et l'histoire du Vallespir. J'ai volontairement oublié certains noms et j'aurais pu par exemple citer Céret qui est la sous-préfecture du département des P.O, considérée comme la capitale du Bas-Vallespir, mais son absence vient simplement que la ville n'est pas située sur le Tour du Vallespir.

 

Vallespir : Région vallonnée et montagneuse du département des Pyrénées-Orientales qui s'étire sur une quarantaine de kilomètres le long de la vallée du Tech. Le mot vient du latin " Vallis Asperi " qui signifie " vallée âpre " mais âpre au sens de difficile, rude, abrupt.

Vallée du Tech et l'aiguat de 1940 : Bassin versant d'environ 750 km2 le plus méridional de France. Le Tech, long de 85 km, est un fleuve côtier des Pyrénées-Orientales qui prend sa source, dans le massif du Costabonne, au Roc Colom à une altitude de 2.450 m environ. Ce bassin versant associe montagne et plaine, avant d'atteindre la Méditerranée au lieu-dit le Bocal du Tech. Par son débit qui peut-être parfois très exceptionnel (4000 m3/s), le Tech est une fleuve redoutable. Au fil des siècles, il a très souvent débordé laissant le Vallespir et toute la Catalogne exsangue. Les plus effroyables inondations, qu'ici on appelle " aiguat ", ont eu lieu en 552, 1224, 1763, 1842 et 1940. Le Haut-Vallespir ayant été l'épicentre de cette catastrophe d'octobre 1940, de nombreux habitants gardent encore en mémoire les images d'horreur et de désastre de ces crues monstrueuses : 300 personnes perdirent la vie en Catalogne dont 50 côté français, 60 immeubles furent emportés à Arles-sur-Tech et Amélie-les-Bains où la gare et le casino disparurent dans les flots, des dizaines d'habitation furent emportées à Prats-de-Mollo et dans de nombreux autres villages. Des éboulements gigantesques de plus de 50 mètres de hauteur barrèrent la vallée (La Baillanouse), 4 usines électriques et de nombreuses entreprises furent pulvérisées, les coulées à la fois liquides et solides se déversèrent dans les campagnes dévastant toutes les cultures et laissant dans les terres arables une incroyable accumulation de rochers, de cailloux et de sables inadaptée à l'agriculture future, les flots emportèrent de nombreux ponts et voies de communication. Ces précipitations diluviennes furent considérées par les météorologues comme une " anomalie fantastique " de la nature. Vous trouverez quelques témoignages de l'époque sur la page Internet suivante : http://pluiesextremes.meteo.fr/france-metropole/Aiguat-fantastique-sur-le-Roussillon.html

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - RemerciementsMes jeunes années : Les paroles de cette chanson sont de Charles Trénet et la musique de Marc Herrand, pianiste, arrangeur de talent et ancien ténor des Compagnons de la Chanson. Elle date de 1949 (encore une coïncidence puisque c'est l'année de ma naissance !) et la partition est parue aux Editions Raoul Breton. Charles Trenet l'a composée lors d'une tournée qu'il effectuait au Canada. Dans l'importante discographie de Trenet, cette chanson figure dans pas moins de 27 disques et albums. Elle est donc une chanson très importante du registre du poète et chanteur. Charles Trenet y évoque ses souvenirs de jeunesse quand il allait courir la montagne du côté du Vallespir, du Canigou ou de la Cerdagne qu'il aimait tant. En 1922, son père s'installe comme notaire à Perpignan, ville dont il est natif. Peu de temps après, il fait la connaissance d'Albert Bausil, un ami à son père. Albert Bausil, l'enfant du Canigou, le poète et écrivain, chantre inspiré du Roussillon, lui fait découvrir les arts et la culture catalane. Pour le petit garçon émerveillé au regard clair, cette rencontre est capitale et Albert Bausil devient son mentor, voire son Pygmalion. Sans cet homme, qui aura sur l'adolescent une influence capitale, il n'y aurait peut-être pas eu de "Fou chantant", mais rien qu'un petit architecte de province… Bausil accueille Charles dans son "Coq Catalan", un petit hebdomadaire littéraire, satirique et sportif. Le jeune poète y fera ses premières armes, des vers qui, déjà, respirent la liberté et l'amour de la vie avec enthousiasme. Cette chanson a été reprise par nombre d'autres chanteurs et surtout par de nombreuses chorales comme les Petits Chanteurs à la Croix de Bois par exemple. Mais les meilleurs interprètes de Trenet restent les Compagnons de la Chanson qui ont repris un grand nombre de textes du grand poète. En 1978, "Mes jeunes années racontées par mère et moi" est un livre autobiographique écrit à quatre mains par Charles Trenet et sa mère Marie-Louise Caussat-Trenet paru aux Editions Laffont.

(Personnellement, cette chanson, reste le souvenir et le symbole d'une jeunesse insouciante, éprise de liberté et d'amour de la vie et de la nature. Je me reconnais dans cette chanson et en la réentendant, elle est devenue tout naturellement un hymne à mon Tour du Vallespir). Cliquez sur l'image de la partition ci-dessus pour écouter la chanson.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Georges Véron : Ce grand pyrénéiste né dans la Sarthe en 1933 est mort en 2005. Professeur de biologie, il a d'abord pratiqué le football et l'athlétisme pendant plus de vingt ans avant de découvrir les Pyrénées. Quand il découvre la chaîne de montagnes, il en " tombe amoureux " et en fait rapidement sa passion. Il enchaîne les balades à un rythme qui lui vaut le surnom de " stakhanoviste de la montagne ". En 1968, il effectue la traversée des Pyrénées et réussit le pari d'aller de la mer Méditerranée à l'océan Atlantique par la haute montagne, en 41 étapes, uniquement à l'aide de cartes. Il devient ainsi le créateur de la Haute Randonnée Pyrénéenne, célèbre H.R.P qui traverse les Pyrénées par les chemins pédestres des plus hautes crêtes et des plus hauts cols. A partir de là, il va se consacrer presque exclusivement à la randonnée, à pied mais aussi en V.T.T. Membre du Club alpin français, collaborateur de la Fédération française de la randonnée pédestre, il participe à la création du célèbre G.R.10, longue randonnée de 850 kms qui part d'Hendaye dans les Pyrénées-Atlantiques et se termine à Banyuls-sur-Mer dans les Pyrénées-Orientales . En 1978, il enseigne à Tarbes, conseiller technique de l'association " Randonnées Pyrénéennes ", Georges Véron publie de nombreux ouvrages et une trentaine de guides de randonnées consacrés aux Pyrénées : 100 randonnées, 100 plus beaux sommets, itinéraires de VTT et chemins de Saint-Jacques de Compostelle, etc.… Avec son topo-guide Canigou, Vallespir, Conflent, il est le créateur du Tour du Vallespir.

Amélie-les-Bains : Autrefois, la ville s'est appelée les " Bains d'Arles ", nom provenant d'Els Banys (les bains) et d'Arles pour Arles-sur-Tech. Ce nom désignait un monastère qui était érigé à cet endroit. Le nom actuel date de 1840 et fut donné à la commune en hommage à la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, qui faisait de nombreux séjours aux Thermes. Vaste de 2943 hectares, située au cœur du Vallespir, au bord du Tech et de son affluent le Mondony, la commune est désormais composée de 2 autres villages qui ont été annexées : Palalda en 1942 et Montalba en 1962. La cité est une station thermale renommée depuis l'antiquité.

Montbolo : Cité située sur la rive gauche du Tech à 600 mètres d'altitude, on l'appelle couramment le " Balcon du Vallespir " tant son panorama est exceptionnel sur la plaine du Roussillon, le Canigou, la chaîne des Albères et la vallée du Tech. De son exposition plein sud, Montbolo reçoit un ensoleillement maximum en hiver et, en été cette chaleur est tempérée par la fraîcheur due à l'altitude. L'absence de toute activité industrielle contribue à une qualité de l'air remarquable et pour compléter ce cadre idyllique, l'alimentation en eau est assurée par des sources captées à plus de 1500 mètres d'altitude. Ce village est également connu pour sa procession de la " Rodella " qui se déroule chaque 30 juillet et dont l'origine païenne remonterait au début du christianisme. Depuis l'église Saint-André de Montbolo, cette procession consiste à se rendre par un sentier forestier à l'abbaye d'Arles-sur-Tech pour aller vénérer les reliques des saints Abdon et Sennen. Mais la particularité de ce pèlerinage est de descendre une croix chrétienne sur laquelle a été placé un grand cerceau fait d'un enroulement de cire d'abeille que l'on appelle " la Rodella ". Il existe également autour de cette " Rodella " une légende basée sur un texte historique de 1465 que vous pouvez découvrir sur les deux sites Internet suivants :

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Traditions/Rodella.php

https://www.labalma.fr/index.php/fr/camping-fr/fetes

Formentere ou Formentera : Col à 1.133 m d'altitude situé à la limite du Haut-Vallespir et des Aspres sur le chemin du Tour du Vallespir et l'ancienne voie ferrée minière. Non loin de ce col, il y a le hameau oublié de Formentere, ancienne gare minière qui a eu son heure de gloire au temps de l'exploitation des mines de fer autour du Massif du Canigou (Batère, les Manerots, La Pinouse, Rapaloum, etc.…). De Formentere, grâce à une ligne de câbles et de chariots de plus de 5 kilomètres, le minerai cuit était descendu par voie aérienne jusqu'à Arles-sur-Tech.

Batère : Lieu situé à cheval entre Vallespir, Aspres et Haut- Conflent connu pour sa tour médiévale du 13eme siècle construite à l'époque où les Rois de Majorque régnaient sur le Roussillon et la Cerdagne. Cette tour à signaux assurait la surveillance et la communication à l'aide de fumées le jour et de feux la nuit. Elle était certainement en liaison avec d'autres tours et châteaux du Vallespir (Montbolo, Corsavy, Cos, Mir, Palalda, Cabrens) et les tours d'autres régions comme la Tour de la Massane ou bien celle de la Madeloc. Mais Batère est également connu pour ses anciennes mines de fer, fer apprécié depuis la nuit de temps (200 avant JC). Ces mines étaient les plus importantes du département, elles alimentaient un nombre incalculable de forges. Les mines fonctionnèrent jusqu'en 1994 donnant à toute la région un essor économique considérable. En 1953, la société d'exploitation construisit à 1.540 m d'altitude un bâtiment pour les mineurs et leurs familles, ce bâtiment sert désormais de refuge et de gîte aux randonneurs de tout poil.

La tempête Klaus : Le 23 janvier 2009, Klaus est le nom donné à une tempête en cours de formation par l'Institut de Météorologie allemand en l'honneur d'un certain Klaus Schümann. Au départ, c'est le satellite Météosat qui va envoyer des images d'une dépression étonnante situé sur l'Atlantique Nord, profonde dépression qui va engendrer des vents d'une force exceptionnelle et d'une vitesse inouïe. Cette tempête a principalement touché le sud-ouest de la France, la principauté d'Andorre, le nord de l'Espagne et une partie de l'Italie entre le 23 et le 25 janvier 2009. Dans le sud de la France, nombreux sont ceux qui considèrent à juste titre comme plus dévastateur Lothar, la tempête de décembre 1999, mais ce n'est pas le cas du Vallespir et du Roussillon où Klaus a été bien plus violent. Le 24 janvier, les dégâts ont été considérables et en tous cas, évalués à 38 millions d'euros. Le département a été reconnu comme en état de catastrophe naturelle. Tous les records ont été battus : 216 km/h au Col d'Envalira, 193 km/h à Formiguères, 191 km/h pendant deux heures au Cap Béar, 184 km/h à Perpignan, record absolu de 1999 battu de plus 40 km/h. Les forêts de résineux (pins sylvestres et cèdres) du Vallespir ont été parmi les plus ravagées et l'importance des dégâts a été estimée avec des prises de vue aériennes. Au-delà des dégâts, le problème pour la filière bois, c'est que cette tempête Klaus est arrivée dans une conjoncture économique beaucoup plus mauvaise qu'en 1999.

Riuferrer : Affluent du Tech, le Riuferrer (la rivière du fer) est un torrent impétueux d'une longueur de 17,7 kms qui prend sa source dans le cirque du Faig au pied du Puig dels Tres Vents à une altitude de 2.300 m environ et se jette dans la Tech à Arles-sur-Tech. De nombreux pêcheurs parcourent ses rives pour ses excellentes truites.

La Coumelade : Affluent du Tech, la Coumelade est une rivière qui prend sa source sur le versant sud de la crête des Tres Vents à 2.570 mètres d'altitude et qui, après avoir parcouru 15 kms, se jette dans le Tech au hameau Le Tech. Dans sa partie torrent, elle appréciait des adeptes de la descente en canyon.

Saint-Guillem de Combret : Situé dans la vallée de la Coumelade, le minuscule hameau est essentiellement connu pour son ermitage dont l'histoire commence au 9eme siècle. A cette époque, une chapelle dédiée à Sainte-Magdeleine de Combret avait été construite par un certain " Guillem ". Guillem offrait, sans aucune compensation, gîtes et couverts à tous les pèlerins qui partaient de Saint-Michel de Cuxa pour se rendre à Saint-Jacques de Compostelle par le col d'Ares et l'Espagne. Guillem était si apprécié de tous les voyageurs et le lieu si prisé, qu'après sa mort tout le monde l'appela Saint-Guillem malgré qu'il n'ait jamais été canonisé. Aujourd'hui la chapelle et ses dépendances sont connues sous le nom de Saint-Guillem de Combret. Le hameau dispose d'un refuge non gardé. Malgré quelques restaurations, la chapelle a peu changé au fil des siècles, elle mesure 15 mètres de long pour 4 mètres de large et est de style roman. Sa cloche très ancienne est exceptionnelle et est à l'origine d'une légende prétendant que Guillem l'aurait modelée de ses propres doigts car il en reste, paraît-il, encore l'empreinte sur le métal. Le 22 juillet de chaque année, les habitants du village Le Tech, de Prats de Mollo et d'autres villages alentours effectuent un pèlerinage.

La Parcigoule : C'est une rivière de 9 kms de longueur, affluent du Tech qui prend sa source à une altitude de 1.920 mètres au lieu-dit Les Estables. Elle rejoint le Tech au hameau de Saint-Sauveur entre Prats-de-Mollo et la Preste. Le bassin de la Parcigoule présente la particularité d'avoir été une des vallées les plus déboisées et dépeuplées du Vallespir, tout d'abord à cause des nombreuses forges qui utilisaient intensément son bois puis à cause des crues répétitives (aiguat) d'octobre 1940 puis d'avril 1942. Un reboisement et des barrages ont été aménagés pour stabiliser et protéger la vallée.

Joseph de la Trinxeria : né en 1637 à Prats-de-Mollo, commune d'Espagne à l'époque, il s'insurgea contre la gabelle, cette célèbre taxe sur le sel, abolie depuis 1292 mais qui venait d'être réhabilitée en 1661 par Louis XIV après l'annexion de la Catalogne du Nord (Roussillon, Vallespir, Conflent, Cerdagne, Capcir) au royaume de France par le Traité des Pyrénées de 1659. En 1666, indigné d'avoir été surtaxé par les Gabelous, ces préposés chargés de la récolte, il leva une armée d'Angelets et tint tête pendant quelques années à toutes les troupes envoyées contre lui. Ces nombreuses victoires lui apportèrent un énorme prestige et nombreux furent ceux qui se rallièrent à sa cause. Il devint rapidement un héros dans le Vallespir tout entier et bien au-delà encore dans toute la Catalogne. C'est en partie à cause de ces révoltés que Louis XIV fit construire par Vauban, le Fort Lagarde de Prats-de-Mollo à partir de 1677. Quelques années plus tard, Joseph de la Trinxeria qui n'avait pas renié ses origines, devint officier des armées d'Espagne et se battit contre le royaume de France aux côtés des Miquelets. Il ne cessa jamais de se battre sur de nombreux fronts et termina sa vie comme colonel en 1689. Il mourut en 1694.

Prats-de-Mollo - La Preste : Avec une superficie de presque 12.000 hectares, cette commune est la plus étendue du département des Pyrénées-Orientales. Située au bord du Tech à 735 mètres d'altitude, elle dispose d'un patrimoine historique exceptionnel : Eglise gothique Saintes Juste et Ruffine, Fort Lagarde et fortifications construites par Vauban, Tour de Mir, nombreuses chapelles, etc.… Il faut dire qu'au regard de sa situation géographique, Prats fût tout au long de son histoire le théâtre de soubresauts franco-espagnols incessants. Longtemps tournée vers l'agriculture, l'élevage, la sylviculture et quelques industries locales (textiles, espadrilles, etc.…), la cité vit désormais du tourisme et des Thermes de la Preste, bourg rattaché à Prats mais éloigné de huit kilomètres à une altitude de 1.130 mètres. Le mot " Prats " signifie " prés " mais deux versions s'opposent quant à l'origine du mot " Mollo ", certains le traduisant par " mouillé " d'autres avançant qu'il signifie " grosse pierre" en catalan. Alors " prés mouillés " ou " prés bornés ", les deux définitions ont leur logique tant la cité a été souvent la scène de crues mémorables mais aussi un bourg toujours borné ou limité par une frontière mouvante et parfois incertaine. Il faut savoir en effet que malgré le Traité des Pyrénées de 1659 signé entre le roi de France Louis XIV et Philippe IV, roi d'Espagne, le véritable tracé de la frontière entre la province du Roussillon et l'Espagne ne fût déterminé et borné que deux siècles plus tard en 1866 avec le Traité de Bayonne entre l'Empereur Napoléon III et la reine Isabelle II d'Espagne. De par leur situation géographique ambiguë et instable, c'est dire si les Pratéens ont longtemps été indécis et désorientés quant à leur citoyenneté réelle. Alors n'est-il pas un peu logique qu'ils aient été avant tout catalans avant d'être espagnols ou français ? En raison de son milieu, de son relief varié et de ses richesses naturelles remarquables (flore, faune et géologique) la commune a été classée " Réserve Naturelle " en 1986.

La tour de Mir : Situé à 1.540 m d'altitude et datant du 13eme siècle, comme la tour de Batère, la tour de Mir était chargé d'émettre des signaux pour assurer les communications avec d'autres tours comme celle de La Guardia, une autre tour de Prats-de-Mollo où a été érigé ensuite le Fort Lagarde. A cette époque où les catalans se lancent dans de nombreuses conquêtes tout autour de la Méditerranée, la tour de Mir présente l'avantage d'être à la fois tournée vers la mer et vers l'intérieur des terres, car plus particulièrement affectée à la surveillance de Col d'Arès, passage obligé vers des territoires intérieurs comme le royaume d'Aragon notamment. De son piton rocheux, on aperçoit très distinctement le château et les tours de Cabrens, elles-mêmes en liaison avec la Tour de Batère et ainsi de suite jusqu'aux tours des Albères et du Roussillon. La tour de Mir est située sur le chemin du Tour du Vallespir.

La Retirada : Le mot " Retirada " signifie " retraite " en espagnol mais il désigne plus particulièrement l'exode humanitaire que des milliers de républicains espagnols vécurent à partir de janvier 1939. En deux semaines, c'est 100.000 réfugiés qui passent la frontière au col d'Arès pour fuir la dictature de Général Franco dont l'alliance avec le régime nazi d'Hitler inquiète l'Europe toute entière. Le 31 janvier, le ministre de l'intérieur Albert Sarraut vient à Prats-de-Mollo pour organiser ces arrivées massives. Il fait construire 4 camps d'hébergement dans la vallée du Tech. Tout est bon pour accueillir les réfugiés et affronter ce glacial et cinglant hiver. Le 13 février, la frontière est officiellement fermée et gardée par les soldats de Franco. Mais ce sont environ 500.000 personnes, pleines d'un espoir d'un avenir meilleur qui arrivèrent en France par de multiples passages frontaliers. Mais pour ces réfugiés, internés dans des camps ceinturés de fils barbelés, cette espérance fût le plus souvent déçue, car ils avaient fuit l'arbitraire, la torture et la terreur instaurée par le régime totalitaire espagnol pour ne trouver en France que privation de liberté, dans des conditions généralement pitoyables pour ne pas dire inhumaines.

Notre-Dame du Coral : Il s'agit d'une chapelle longue de 23 mètres et large de 7 mètres qui a été construite sur un éperon rocheux à 1.091 m d'altitude dans un cadre de verdure exceptionnel. On pense qu'à l'origine, au 9eme siècle, il s'agissait d'un simple sanctuaire (petite chapelle ou oratoire) qui servait de lieu de prières. Puis comme souvent, un village, ici Miralles, se développa autour de cette chapelle. La légende prétend qu'une statue de bois représentant la vierge Marie provenant de cette chapelle ait été dissimulée dans un tronc d'arbre, puis retrouvée plus tard. Cette trouvaille aurait été l'occasion d'un engouement populaire qui amena la construction de la nouvelle église paroissiale de Miralles. C'est ainsi que Notre Dame du Coral est apparue, bâtie sur les restes de la chapelle primitive, pour servir d'église aux habitants du village. Dans les textes historiques, Sancta Maria de Coral apparaît à partir de l'an 1267 comme appartenant à l'abbaye de Camprodon (Espagne). Mais au fil des siècles, et selon les mouvements de la frontière, le site eut divers propriétaires religieux, privés ou publics. Mais les occupants de la chapelle ont été le plus souvent des ermites forains qui voyageaient en quête de charité et d'oboles. A présent, la chapelle et certaines de ses dépendances servent de refuge avec gîtes, restaurant, tables et chambres d'hôtes. L'étymologie de " Coral " est très discutée mais la plus probable est que ce nom viendrait simplement de " corail " comme la couleur rouge de certaines roches que l'on trouve dans le secteur en montant par exemple vers le col de Malrems ou le Pla de la Muga.

Lamanère : C'est un village du Vallespir situé à 777 mètres d'altitude et à vol d'oiseau vers le sud à moins de 3 kms de la frontière espagnole. Entourée de montagnes et de collines avec les Baga de la Sadella et de la Bordellat (1.554 m) au sud, le Mont Nègre (1.425 m) à l'est, le Roque de Cap de Ca et la serra de Cabrens (1.326 m) au Nord, le Puig de las Coubines et El Tossal (1.281m) à l'ouest et nichée au fond d'une verdoyante vallée à la jonction de plusieurs rivières et ruisseaux (Lamanère, Taix, etc.…) elle est la commune la plus méridionale de l'hexagone. Riche de divers minerais (fer, or, plomb argentifère, cuivre) qui y furent exploitaient en leurs temps, son nom proviendrait du catalan " La Menera " signifiant " La Minière ". Grâce à ses paysages magnifiques et variés, elle est un lieu propice à de nombreuses activités de plein air (randonnées, VTT, baignades, canyonning, etc.…). Mais de par son emplacement géographique très isolé, on ne connaît pas grand-chose de son histoire, si ce n'est qu'elle a longtemps était dépendante de la commune de Serralongue où régnaient au Moyen-Âge les seigneurs de Cabrens. Mais Lamanère, c'est aussi une rivière, affluent du Tech, longue de 15,7 kms, qui elle-même est alimentée par d'innombrables petits ruisseaux affluents.

Les Estanouses : Minuscule hameau perdu du Haut-Vallespir situé au pied des tours de Cabrens, non loin des villages de Lamanère et de Serralongue à une altitude de 1.019 mètres. Il y a encore quelques années (2004 ou 2005), on pouvait le traverser en empruntant une des variantes du Tour du Vallespir. Aujourd'hui, ce chemin est barré car il est devenu un domaine privé, et si j'en crois mes recherches Internet, faisant chambres et tables d'hôtes pour accueillir les touristes.

Cabrens : La seigneurie de Serralongue, commune du Vallespir, est gouvernée dès le 11eme siècle par les " seigneurs de Cabrenç " en référence aux chèvres qui peuplaient les collines et qui étaient les seuls animaux à pouvoir grimper jusqu'à leur château. Le premier seigneur fût Oriol de Cortsavi mais la dynastie des Cabrens composée de diverses familles au gré des alliances et des successions eut une immense influence sur une grande partie du Vallespir et régna fort longtemps et au moins jusqu'en 1792, date à laquelle l'état français créa les communes et où le dernier seigneur Abden Senen de Ros, baron de Cabrens s'expatria en Espagne. Aujourd'hui le site de Cabrens est surtout connu pour ses trois tours, objectifs de randonnées à partir de Lamanère ou de Serralongue. Situées au faîte d'une crête rocheuse, les trois tours sont en réalité les ruines du château construit en 1086 par les seigneurs de Cabrens, celles d'un donjon adjoint au 11eme siècle qui aurait fait office de geôles et enfin celle d'une tour à signaux du 14eme siècle qui communiquait avec de nombreuses autres tours du Vallespir (Mir, Batère et Cos). Au regard de sa position géographique dominante, l'ensemble devait constituer une forteresse quasi imprenable.

Saint-Laurent-de-Cerdans : Le village daterait du 11eme siècle, date à laquelle des moines de l'abbaye d'Arles-sur-Tech aurait construit une église dédiée à Saint-Laurent, martyr du 3eme siècle. Le terme " Cerdans " apparaît au 12eme siècle avec le nom d'un mas (Manso de Cerdanis). Mais ce nom lui-même proviendrait du nom d'un peuple des montagnes de la région, descendant des Ibères qu'on appelait " Les Cérêtes ". Ce peuple serait aussi à l'origine des noms de la ville de Céret et de la région de Cerdagne. La ville construite à l'intersection de plusieurs cours d'eau (la Quére, le Saint-Laurent, la Bilvera, etc.…) est entourée de plusieurs " serrats ", petites chaînes de montagnes (Cogull, Montner, Provadona, Capell, Garsa, etc.…) dont la plupart dépassent les 1.000 mètres d'altitude. Elle fût un lieu de passage, d'échanges et surtout de contrebande avec l'Espagne tout au long des époques. Pendant très longtemps, la prospérité de la cité a reposé sur les industries liées au fer avec de nombreuses forges alentours qui ont données leurs noms à des lieux-dits (la Forge del Mig, la Forge d'en Bosc, la Forge d'Avall, etc.…), au bois (exploitation du châtaignier encore très présent dans les forêts de nos jours) mais l'industrie la plus originale a été celle de la fabrication d'espadrilles que l'on appelle ici " vigatanes " et qui, bien sûr, a été étroitement liée aux fabriques de tissus. Ces deux dernières activités artisanales sont encore bien présentes aujourd'hui au travers des sociétés " Vallespir Sandales " et " Les Toiles du Soleil ". Grâce à son riche patrimoine historique, culturel et naturel et au tout proche domaine hôtelier de Falgos pourvu de son terrain de golf de 18 trous, le village vit désormais au rythme du tourisme.

La famille Noëll : Le 23 janvier 1676, l'église de Saint-Laurent-de-Cerdans avait brûlé ainsi que quelques maisons voisines dont celle de la famille de Noëll. Au 18eme siècle, la destruction de ces documents anciens avait amené Abdon Noëll à solliciter du roi de France Louis XV la reconnaissance et la confirmation de sa qualité de noble et de ses titres. C'est en décembre 1766 qu'Abdon de Noëll reçut cette confirmation et ses nouvelles lettres de noblesse signée de Louis XV et du duc de Choiseul. Il fût nommé baron de Vilaro, petit hameau proche de Saint-Laurent. Notaire à Saint-Laurent-de-Cerdans, Abdon, le seigneur de Vilaro, âme de la Résistance du Vallespir, fût le plus connu de tous car en avril 1793 avec l'aide du général espagnol Antonio Ricardos, il évita le massacre programmée par la Convention Nationale de toute la population de Saint-Laurent-de-Cerdans. Quand on sait que cette guerre entre la France et l'Espagne, galvanisé par l'hostilité de la monarchie espagnole envers la République Française, commença pour empêcher l'organisation d'une simple procession, on comprend mieux l'attachement que les Laurentins avaient pour leurs traditions et leur liberté de culte. Ce culte de l'église et cette liberté sont encore fermement ancré de nos jours et on les retrouve à travers diverses manifestations.

Puis ce fût Jacques de Noëll qui, au 20eme siècle, grimpa l'échelle de la renommée, mais dans un autre registre, celui de la musique. Il fut un grand compositeur de musiques catalanes et de sardanes. Et comme ici en Vallespir, comme dans toute la Catalogne, la sardane est une danse et une musique sacrée, Jacques de Noëll fût un musicien très apprécié. Il y eut également Louis, archéologue apprécié, frère de Jacques mais mort trop jeune pour être resté dans l'Histoire. Mais tout au long des siècles, les de Noëll étaient surtout de riches aristocrates et des notables reconnus, certains étaient notaires, d'autres maîtres de forge ou propriétaires d'exploitations minières, d'autres propriétaires terriens. Malgré la perte de leurs titres de noblesse à la Révolution Française, les de Noëll gardèrent un certain prestige dans tout le Roussillon certains devenant des chefs d'entreprise reconnues, d'autres tentèrent l'aventure de la vie politique, beaucoup devenant maires de nombreuses communes. La bâtisse, maison de famille des de Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans avait été construite en 1606 et le premier occupant avait été un certain Damia (1560-1612) qui, au côté de Joseph de la Trinxeria, s'était révolté contre les effets néfastes du Traité des Pyrénées de 1659. Cette maison Damia Noëll a été rachetée, il y a quelques années, par un couple très sympathique Isabelle et Mario Lopes, qui en ont fait une table et des chambres d'hôtes absolument remarquables.

Pilon de Belmatx ou Belmaig : Ici en Catalogne, on prononce " Belmach ". Il s'agit d'un sommet du Vallespir avec une altitude somme toute modeste puisque élevée au dessus du niveau de la mer à 1.280 mètres seulement. Il est situé sur une longue crête rocheuse qui s'appelle la Serre de Montner et qui surplombe la cité d'Arles-sur-Tech. Mais sa renommée vient justement de la difficulté que l'on rencontre à le gravir à partir d'Arles-sur-Tech puisque c'est pas moins de 1.020 mètres de dénivelé qu'il faut accomplir sur un sentier très difficile car terreux et caillouteux et très souvent raviné. Pour y monter, il faut emprunter un tronçon du célèbre GR.10 jusqu'au Col de Paracolls et c'est certainement pour çà que cette randonnée s'inscrit très souvent comme une " incontournable " du département. Montagne mythique pour les Arlésiens, chaque printemps, un trail de 11 kilomètres, course réunissant des spécialistes de ce sport mais aussi de simples concurrents est organisée par l'association Arles-Belmaig. Est déclaré vainqueur du " Km Vertical Walsh " celui qui accomplit exactement les 1.000 mètres de dénivelé (environ 100 mètres avant le sommet) dans le laps de temps le plus court.

Arles-sur-Tech : Bien que n'ayant pas traversé cette ville lors de ce Tour du Vallespir, je l'ai eu très souvent devant mes yeux lors de la 1ere et de la dernière étape. Comment parler du Vallespir sans évoquer Arles-sur-Tech qui est certainement une des villes les plus anciennes de cette région puisqu'on a retrouvé des vestiges datant de la Préhistoire (dolmen). Comment parler d'Arles-sur-Tech sans parler de sa Sainte-Tombe et des saints Abdon et Sennen. En ce qui concerne la Sainte-Tombe et son fameux mystère, il s'agit d'un sarcophage de pierre du 3eme siècle qui est situé dans une courette de l'église et qui produit une quantité d'eau pure importante et " d'origine inconnue " (200 à 300 litres par an en moyenne, parfois beaucoup plus, jusqu'à 800 litres l'an). La thèse du miracle a bien évidemment été la première avancée, tandis que d'autres hypothèses ont vu le jour tout au long de l'histoire, relayées ces dernières années par des médias avides de sensationnel. Malgré un premier travail sérieux et concluant dans les années 60 et encore récemment, le panneau situé au dessus du sarcophage explique encore aujourd'hui que la Sainte Tombe n'ait pas livré son secret. Mais la théorie la plus souvent émise serait que le couvercle serait suffisamment poreux pour laisser pénétrer l'eau des pluies alors que le fond du sarcophage serait parfaitement imperméable. Quand à Abdon et Sennen, en l'an 960 un abbé se nommant Arnulfe aurait rapporté de Rome des reliques authentifiées comme étant celles de ces deux saints persans. Elles vaudront à Arles le surnom de "ville des Corps Saints". Ces deux Saints sont toujours vénérés à Arles. Mais autour de ces saints, il existe une légende qui se recoupe avec une autre légende du Vallespir, celle des " Simiots ", des êtres malfaisants, dévoreurs d'enfants, moitié félins et moitié singes qui vivaient dans les forêts et les montagnes du Vallespir. Je vous laisse le soin de prendre connaissance de ces légendes sur les excellents sites suivants :

https://www.sudcanigo.com/decouvrir/contes-et-legendes/

http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Legendes/Simiots.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdon_et_Sennen

 

Remerciements :

 

Je remercie très sincèrement toutes les personnes qui m'ont accueillies lors de mes différentes arrivées d'étapes : au Refuge de Batère, à l'hôtel Ausseil à Prats-de-Mollo et à Notre-Dame du Coral. Partout, je fus parfaitement reçu. Bien sûr, ma meilleure soirée mais la plus onéreuse aussi fût celle passée à la Maison Damia Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans, il est vrai en table et chambre d'hôtes d'une qualité remarquable. L'accueil d'Isabelle et Mario fût tel qu'ils méritent vraiment une mention spéciale. Je conseille vivement cet endroit à tous les randonneurs qui pourront se permettre de dépenser 78 euros pour une demi-pension. J'ai essentiellement marché en solitaire sur ce Tour du Vallespir mais je remercie les quelques personnes que j'ai rencontré au cours de ce voyage et qui, d'une manière ou d'une autre, l'ont rendu plus agréable ou plus facile : le vigile des Thermes d'Amélie qui ne m'a pas fait de difficulté pour garer ma voiture, l'homme qui faisait un footing avec son chien à Montbolo qui m'a aidé dans la direction à prendre, le couple qui craignait l'orage et qui voulait me prendre en voiture à la Tour de Batère, quelques clients et l'aimable groupe d'Epinal rencontré au refuge de Batère qui effectuaient le GR.10, le très chaleureux couple et leur fille que j'ai aidé à la cabane de la Devesa au dessus de Leca, l'homme qui m'a expliqué le plus court chemin à prendre au Fort Lagarde, la dame qui m'a expliqué où se trouvait l'hôtel Ausseil, les anonymes clients catalans et parisiens du restaurant Ausseil qui m'ont permis de passer une agréable soirée à Prats-de-Mollo et ce, malgré la terrible journée que j'avais vécue, la pharmacienne de Prats-de-Mollo qui a su parfaitement calmer mes brûlures d'orties, la gentille randonneuse rencontrée à Notre-Dame de Coral, les propriétaires du Domaine des Estanouses avec lesquels depuis je me suis lié d'amitié, le breton vététiste et le jeune couple de Tchèques, clients de la Maison Damia Noëll. Je remercie enfin ma femme qui m'a laissé partir seul, mes enfants de m'avoir offert un lecteur MP3, objet ô combien précieux qui m'a énormément aidé dans les instants les plus difficiles. Je remercie enfin Charles Trenet et ses interprètes Les Compagnons de la Chanson pour leur magnifique chanson " Mes jeunes années ", mélodie avec laquelle j'ai marché très souvent tout au long de cette randonnée. Quand j'éprouvais des difficultés, cette chanson était là pour me remonter moral et enthousiasme. Pour moi, cette chanson restera pour toujours comme un hymne à ces 6 jours passés en Vallespir. 6 jours " Sur les hauteurs d'une vallée âpre " qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

 

Divers :

 

Peu de temps après mon retour, le 24 août exactement, et en raison de la terrible et éprouvante épreuve que j'avais vécue dans la forêt du Miracle au dessus de Prats-de-Mollo, il m'a paru utile d'alerter les autorités pour que d'autres personnes ne tombent pas dans le même piège que les arbres couchés par la tempête Klaus du 24 janvier 2009 m'avaient tendu. J'ai donc adressé un e-mail à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération et au comité départemental de la Randonnée Pédestre pour les informer de la galère que j'avais éprouvée dans ce secteur du Tour du Vallespir situé peu après le Puig des Lloses en direction du Col du Miracle.

 

Le 14 septembre, c'est avec satisfaction que je recevais une réponse de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo dans laquelle elle m'informait avoir contacter Monsieur Joseph Dunyach, Président du club local de randonnée pédestre " Délit Ténim ". Ce dernier me répondait à travers une lettre jointe au message de Madame Baills.

 

Pour les remercier de m'avoir répondu et d'être intervenu ultérieurement dans ce secteur de Prats-de-Mollo, j'ai volontairement joint à ce récit nos différents échanges de messages.

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Message adressé le 24 août 2009 à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération Française de Randonnée Pédestre et à son Comité départemental des Pyrénées-Orientales.

 

Monsieur le Maire de Prats de Mollo, Mesdames, Messieurs,

 

J'ai réalisé la semaine dernière la randonnée du Tour du Vallespir en 6 jours d'après le Guide Rando de Georges Véron : Canigou, Vallespir, Conflent paru chez Rando Editions. Randonnant beaucoup tout au long de l'année, j'avais eu l'occasion de remarquer que ce tour était plutôt bien balisé et que les panneaux indicateurs étaient nombreux. Je n'ai pas trouvé non plus sur Internet de contre-indications à effectuer ce tour. C'est donc en toute confiance mais muni néanmoins d'un GPS, d'un téléphone portable et des cartes IGN appropriées que je suis parti d'Amélie vers Batère le 1er jour, puis vers Saint-Guillem le 2eme jour, puis vers Prats de Mollo le 3eme jour, puis à Notre-Dame de Coral le 4eme jour, puis à St Laurent de Cerdans le 5eme et retour à Amélie le 6eme.

 

Tout s'était très bien passé jusqu'au Puig des Lloses (1.413 m) qui sauf erreur de ma part se trouve sur la commune de Prats de Mollo. A cet endroit, le balisage rouge et jaune propre au Tour du Vallespir ainsi que le panneau d'orientation m'indiquait de poursuivre vers la droite alors qu'un 2eme panneau me proposait de descendre à gauche vers Prats de Mollo par le col de Cavanelles. Effectuant bien sûr le Tour du Vallespir et ayant de toute manière ce tracé-là enregistré dans mon GPS, j'ai normalement poursuivi vers la droite d'autant que rien à cette intersection du Puig des Lloses ne pouvait me laisser supposer que cette portion du Tour du Vallespir dans laquelle j'allais m'engager était complètement impraticable.

 

J'ai 60 ans et je pense être un marcheur chevronné. Pourtant je ne vous cache pas qu'à cause des nombreux arbres décimés qui jonchent encore le sentier sur ce secteur depuis la tempête Klaus du 24 janvier dernier, j'ai eu à un moment le vague sentiment que j'était tombé dans un véritable traquenard. En effet, j'ai commencé à enjamber un premier arbre puis à passer sous un second, puis troisièmement à contourner un premier groupe d'arbres, puis je suis passé sous quelques autres arbres couchés puis au bout de 1,5 kms sans autre solution j'ai finalement quitté le chemin pour éviter un amoncellement qui me semblait de quelques mètres de large seulement (on constate en effet que le vent à suivi des couloirs plus ou moins larges) mais qui en réalité étaient absolument infranchissables. J'ai donc fini par me perdre dans cet immense labyrinthe d'arbres abattus et j'ai même pensé à un moment à appeler les secours depuis mon portable. Heureusement, que j'ai su garder mon sang-froid et grâce à mon GPS j'ai pu, après de multiples efforts, retrouver le sentier et j'ai réussi à rebrousser chemin pour en définitive rejoindre Prats par le col de Cavanelles.

 

Attention ce message que je vous adresse et cette histoire que je vous relate n'ont pas pour objet d'émettre un grief envers quiconque mais simplement à vous prévenir qu'à cet endroit après le Puig des Lloses, le tour du Vallespir est particulièrement dangereux et infranchissable. Mais peut-être le saviez-vous ? De mon côté, je sais pertinemment que la tempête Klaus a provoqué des dégâts considérables et que ce n'est pas en quelques mois que l'on peut effacer les cicatrices d'un tel désastre. Je pensai toutefois que dans la mesure où un chemin serait impraticable un simple petit panonceau d'interdiction aurait été mis en place. Ayant eu l'occasion de marcher dans les Landes et le Gers il y a quelques semaines, j'avais eu l'occasion d'apprécier ce type de pancartes sur de nombreux sentiers. J'ai donc été très étonné qu'au Puig des Lloses aucun panneau ne vienne prévenir le randonneur de cette dangerosité, d'autant qu'un autre chemin permet d'accéder à la commune de Prats dans d'excellentes conditions. En été où les randonneurs sont très nombreux à parcourir les chemins de notre beau département des PO, je pense que de simples petits panneaux d'interdiction et/ou de conseils en pareils endroits seraient d'une redoutable efficacité et éviteraient bien des désagréments comme ceux que j'ai connus.

 

Voilà, après tous ces déboires, et après trois heures d'errements, j'ai fini par arriver à Prats de Mollo avec seulement quelques égratignures, quelques bleus et les mollets douloureusement brûlés par les orties et griffés par les ronces.

 

Le lendemain avant de repartir, j'ai longuement réfléchi sur le sentier que j'allais prendre et plutôt que d'opter par la poursuite du Tour du Vallespir par la Tour de Mir et le col d'Arès dont je sais que le secteur est particulièrement boisé aussi, j'ai emprunté le chemin le plus court pour rejoindre l'ermitage de Notre Dame de Coral. Il s'agit du PR.12 qui passe au col de la Guille. Bien m'en a pris, puisqu'une fois arrivé à l'ermitage, j'appris par d'autres randonneurs, qui en revenaient, que les chemins de la Tour de Mir et du col d'Arès étaient eux aussi barrés par de nombreux arbres couchés. Je ne l'ai pas constaté par moi-même !

 

Voilà il m'a paru utile de vous apporter ce témoignage qui est tout frais. Comme je l'ai dit je ne fais aucun grief à personne d'autant que parmi les acteurs à qui j'adresse ce message, je ne sais pas qui est responsable des arbres couchés, du balisage présent ou absent, de la prévention à mettre en place en pareil cas, etc...

 

J'espère simplement que quelqu'un fera bon usage de ce message.

 

Recevez, Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, mes respectueuses salutations.

 

Gilbert JULLIEN

Licencié à la FFRP sous le N° 0579504G

 

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Lettre réponse reçue de Monsieur Joseph Dunyach par l'intermédiaire de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo.

 

OFFICE DE TOURISME**

66230 PRATS DE MOLLO - LA PRESTE

 

DUNYACH Joseph

Président du club de randonnée FFRP " Delit Tenim "

Membre du Comité directeur départemental des PO

Responsable des Sentiers

Tel : 04.68.39.77.18

 

A Monsieur JULLIEN Gilbert

 

Monsieur,

 

Je viens de prendre connaissance de votre courrier du 25 Août au sujet des problèmes que vous avez rencontré sur le Tour du Vallespir. Ce courrier m'avait été communiqué par le Président départemental lors de la réunion du Comité Directeur du 31 août à Perpignan et je le classe parmi ceux qui font plaisir à lire car ils démontrent la qualité des randonneurs de la FFRP et leur soucis de parfaire notre terrain de jeu naturel.

Vous avez très bien exposé tous vos problèmes et je me sens un peu responsable de ce qui vous est arrivé car j'avais apposé un panneau de fermeture de sentiers à l'entrée du sentier au départ de Prats et je n'avais pas pensé aux randonneurs arrivant dans l'autre sens ce que je vais m'empresser de corriger en attendant l'ouverture que nous espérons prochaine de ce beau sentier sur le secteur du Miracle après le désastre de la tempête Klauss qui nous a donné bien des soucis.

Je profite de ce courrier pour vous informer que le Tour du Vallespir va être complètement finalisé car il fait partie du grand projet du Conseil Général à travers son entité " Canigou Grand Site ".

Si vous souhaitez recevoir les documents sur cet itinéraire vous pouvez nous communiquer vos coordonnées postales.

Pour ce qui est du secteur de la Tour du Mir, la situation est tout à fait normale.

J'ose espérer que ce courrier vous soulagera un peu de la galère que vous avez connu et je vous prie de m'en excuser encore une fois.

Je joins une copie de ce courrier au Président du Comité Départemental qui m'avait demandé de vous répondre en tant que responsable du secteur ainsi qu'à Monsieur le Maire de Prats de Mollo La Preste.

 

Recevez Monsieur mes sincères salutations et peut être au plaisir de se connaître un jour à Prats ou sur l'un de nos sentiers du Haut-Vallespir.

 

DUNYACH Joseph

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Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

Publié le par gibirando

Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements :

Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi : ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voudraient faire le contraire, et l'immense majorité de ceux qui ne veulent rien faire.

Confucius (551 av.JC-479 av.JC).

 

Bibliographie et cartographie :

(Vous trouverez ci-dessous le topo-guide et les cartes que j'ai utilisés lors de ce Tour du Vallespir. Les autres livres m'ont permis de m'imprégner de cette région et ainsi de mieux la comprendre sur le plan culturel. Concernant l'Histoire et la géographie du Vallespir, de nombreux sites Internet m'ont aidé dans ces domaines.)

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Canigou-Vallespir-Conflent- Le Guide Rando- Georges Véron- Rando Editions-2002.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Carte IGN Top 25 2349 ET Massif du Canigou

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Carte IGN Top 25 2449 OT Céret Amélie-les-Bains Palalda-Vallée du Tech.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Promenade littéraire à travers le Vallespir - Recueil de textes et de poèmes- Michel Wallon - Les Presses- Littéraires-2002.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Domenica ou la Vallée âpre- Roman- Marie Vallespir- Les Presses de l'Imprimerie du Vallespir-1959. Préface de Joseph Ribas. 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Mes Cahiers du Vallespir - Recueil Traduction de poèmes en catalan- Robert Gendre - Imprimerie Le Castellum-1975. Préface d'Abdon Poggi.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

-Ballades Catalanes- Recueil de poèmes et de photographies- Alain Taurinya- Michèle Maurin - Editions Magellan et Cie - 2002

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 -Mes jeunes années racontées par ma mère et moi - Essai de Charles Trenet et Marie-Louise Caussat-Trenet- Editions Robert Laffont-1978

 

Sites Internet :

 (Autant que c'est possible, j'essaie de faire en sorte que les liens fonctionnent, chose peu facile certains changeant de nom de domaine, d'autres disparaissant carrément.)

- http://clubdelittenim.wordpress.com/randonnees/

- http://cortsavisempre.free.fr/index.html

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Regions/Vallespir.php

- http://jeantosti.com/roussillon.htm

- http://lamanere-barrutet.com/

- http://pagesperso-orange.fr/casafr/vallespir/vallespir.htm

- http://www.amelie-les-bains.com/

- http://www.charles-trenet.net/

https://www.vallespir.com/

https://www.sudcanigo.com/item/damia-noell-chambres-dhotes/

http://www.haut-vallespir.fr/

- http://www.hotel-ausseil.com/

- http://www.la-clau.net/

- http://www.lamanere.fr/

- http://www.mairie-perpignan.fr/

- http://www.maisondupatrimoine-ceret.fr/

- http://www.mediterranees.net/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Montbolo

- http://www.notredameducoral.com/

https://www.vallespir-tourisme.fr/

- http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1941_num_29_2_4312

- http://www.pratsdemollolapreste.com/

- http://www.pyrenees-orientales.pref.gouv.fr/

- http://www.reserves-naturelles.org/

- http://www.reynes.fr/html/vallespir.htm

- http://www.vallee-du-tech.com/

- http://www.ville-arles-sur-tech.fr/

- http://www.ville-saint-laurent-de-cerdans.fr/

 

Cette liste de sites Internet n'est pas exhaustive car j'ai également consulté des sites comme Wikipédia, Wiktionnaire, Généanet, Freelang ou Lexilogos et divers forums. Il y a certainement bien d'autres sites concernant le Vallespir, la Vallée du Tech, les villes et les lieux visités lors de cette randonnée. Que ceux qui les ont créés m'excusent de ne pas les citer mais il m'était bien sûr impossible de tous les mentionner dans ce récit. Tous les sites évoqués ci-dessus ont largement contribués soit à la préparation ou à la réalisation du Tour du Vallespir lui-même soit à la rédaction de ce récit. Pour ces raisons, je remercie très sincèrement les auteurs, les propriétaires et les webmestres de tous les sites compulsés.

 

Petit lexique classé dans un ordre d'apparition dans ce récit :

 

Le lexique ci-dessous n'a pas la prétention d'être complet. Il reprend la plupart des noms propres cités pour tenter de les décrire ou de les expliquer dans l'ordre chronologique où ils apparaissent dans ce récit. Grâce à ces explications, j'espère que le lecteur appréhendera mieux la géographie et l'histoire du Vallespir. J'ai volontairement oublié certains noms et j'aurais pu par exemple citer Céret qui est la sous-préfecture du département des P.O, considérée comme la capitale du Bas-Vallespir, mais son absence vient simplement que la ville n'est pas située sur le Tour du Vallespir.

 

Vallespir : Région vallonnée et montagneuse du département des Pyrénées-Orientales qui s'étire sur une quarantaine de kilomètres le long de la vallée du Tech. Le mot vient du latin " Vallis Asperi " qui signifie " vallée âpre " mais âpre au sens de difficile, rude, abrupt.

Vallée du Tech et l'aiguat de 1940 : Bassin versant d'environ 750 km2 le plus méridional de France. Le Tech, long de 85 km, est un fleuve côtier des Pyrénées-Orientales qui prend sa source, dans le massif du Costabonne, au Roc Colom à une altitude de 2.450 m environ. Ce bassin versant associe montagne et plaine, avant d'atteindre la Méditerranée au lieu-dit le Bocal du Tech. Par son débit qui peut-être parfois très exceptionnel (4000 m3/s), le Tech est une fleuve redoutable. Au fil des siècles, il a très souvent débordé laissant le Vallespir et toute la Catalogne exsangue. Les plus effroyables inondations, qu'ici on appelle " aiguat ", ont eu lieu en 552, 1224, 1763, 1842 et 1940. Le Haut-Vallespir ayant été l'épicentre de cette catastrophe d'octobre 1940, de nombreux habitants gardent encore en mémoire les images d'horreur et de désastre de ces crues monstrueuses : 300 personnes perdirent la vie en Catalogne dont 50 côté français, 60 immeubles furent emportés à Arles-sur-Tech et Amélie-les-Bains où la gare et le casino disparurent dans les flots, des dizaines d'habitation furent emportées à Prats-de-Mollo et dans de nombreux autres villages. Des éboulements gigantesques de plus de 50 mètres de hauteur barrèrent la vallée (La Baillanouse), 4 usines électriques et de nombreuses entreprises furent pulvérisées, les coulées à la fois liquides et solides se déversèrent dans les campagnes dévastant toutes les cultures et laissant dans les terres arables une incroyable accumulation de rochers, de cailloux et de sables inadaptée à l'agriculture future, les flots emportèrent de nombreux ponts et voies de communication. Ces précipitations diluviennes furent considérées par les météorologues comme une " anomalie fantastique " de la nature. Vous trouverez quelques témoignages de l'époque sur la page Internet suivante : http://pluiesextremes.meteo.fr/france-metropole/Aiguat-fantastique-sur-le-Roussillon.html

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - RemerciementsMes jeunes années : Les paroles de cette chanson sont de Charles Trénet et la musique de Marc Herrand, pianiste, arrangeur de talent et ancien ténor des Compagnons de la Chanson. Elle date de 1949 (encore une coïncidence puisque c'est l'année de ma naissance !) et la partition est parue aux Editions Raoul Breton. Charles Trenet l'a composée lors d'une tournée qu'il effectuait au Canada. Dans l'importante discographie de Trenet, cette chanson figure dans pas moins de 27 disques et albums. Elle est donc une chanson très importante du registre du poète et chanteur. Charles Trenet y évoque ses souvenirs de jeunesse quand il allait courir la montagne du côté du Vallespir, du Canigou ou de la Cerdagne qu'il aimait tant. En 1922, son père s'installe comme notaire à Perpignan, ville dont il est natif. Peu de temps après, il fait la connaissance d'Albert Bausil, un ami à son père. Albert Bausil, l'enfant du Canigou, le poète et écrivain, chantre inspiré du Roussillon, lui fait découvrir les arts et la culture catalane. Pour le petit garçon émerveillé au regard clair, cette rencontre est capitale et Albert Bausil devient son mentor, voire son Pygmalion. Sans cet homme, qui aura sur l'adolescent une influence capitale, il n'y aurait peut-être pas eu de "Fou chantant", mais rien qu'un petit architecte de province… Bausil accueille Charles dans son "Coq Catalan", un petit hebdomadaire littéraire, satirique et sportif. Le jeune poète y fera ses premières armes, des vers qui, déjà, respirent la liberté et l'amour de la vie avec enthousiasme. Cette chanson a été reprise par nombre d'autres chanteurs et surtout par de nombreuses chorales comme les Petits Chanteurs à la Croix de Bois par exemple. Mais les meilleurs interprètes de Trenet restent les Compagnons de la Chanson qui ont repris un grand nombre de textes du grand poète. En 1978, "Mes jeunes années racontées par mère et moi" est un livre autobiographique écrit à quatre mains par Charles Trenet et sa mère Marie-Louise Caussat-Trenet paru aux Editions Laffont.

(Personnellement, cette chanson, reste le souvenir et le symbole d'une jeunesse insouciante, éprise de liberté et d'amour de la vie et de la nature. Je me reconnais dans cette chanson et en la réentendant, elle est devenue tout naturellement un hymne à mon Tour du Vallespir). Cliquez sur l'image de la partition ci-dessus pour écouter la chanson.

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Georges Véron : Ce grand pyrénéiste né dans la Sarthe en 1933 est mort en 2005. Professeur de biologie, il a d'abord pratiqué le football et l'athlétisme pendant plus de vingt ans avant de découvrir les Pyrénées. Quand il découvre la chaîne de montagnes, il en " tombe amoureux " et en fait rapidement sa passion. Il enchaîne les balades à un rythme qui lui vaut le surnom de " stakhanoviste de la montagne ". En 1968, il effectue la traversée des Pyrénées et réussit le pari d'aller de la mer Méditerranée à l'océan Atlantique par la haute montagne, en 41 étapes, uniquement à l'aide de cartes. Il devient ainsi le créateur de la Haute Randonnée Pyrénéenne, célèbre H.R.P qui traverse les Pyrénées par les chemins pédestres des plus hautes crêtes et des plus hauts cols. A partir de là, il va se consacrer presque exclusivement à la randonnée, à pied mais aussi en V.T.T. Membre du Club alpin français, collaborateur de la Fédération française de la randonnée pédestre, il participe à la création du célèbre G.R.10, longue randonnée de 850 kms qui part d'Hendaye dans les Pyrénées-Atlantiques et se termine à Banyuls-sur-Mer dans les Pyrénées-Orientales . En 1978, il enseigne à Tarbes, conseiller technique de l'association " Randonnées Pyrénéennes ", Georges Véron publie de nombreux ouvrages et une trentaine de guides de randonnées consacrés aux Pyrénées : 100 randonnées, 100 plus beaux sommets, itinéraires de VTT et chemins de Saint-Jacques de Compostelle, etc.… Avec son topo-guide Canigou, Vallespir, Conflent, il est le créateur du Tour du Vallespir.

Amélie-les-Bains : Autrefois, la ville s'est appelée les " Bains d'Arles ", nom provenant d'Els Banys (les bains) et d'Arles pour Arles-sur-Tech. Ce nom désignait un monastère qui était érigé à cet endroit. Le nom actuel date de 1840 et fut donné à la commune en hommage à la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, qui faisait de nombreux séjours aux Thermes. Vaste de 2943 hectares, située au cœur du Vallespir, au bord du Tech et de son affluent le Mondony, la commune est désormais composée de 2 autres villages qui ont été annexées : Palalda en 1942 et Montalba en 1962. La cité est une station thermale renommée depuis l'antiquité.

Montbolo : Cité située sur la rive gauche du Tech à 600 mètres d'altitude, on l'appelle couramment le " Balcon du Vallespir " tant son panorama est exceptionnel sur la plaine du Roussillon, le Canigou, la chaîne des Albères et la vallée du Tech. De son exposition plein sud, Montbolo reçoit un ensoleillement maximum en hiver et, en été cette chaleur est tempérée par la fraîcheur due à l'altitude. L'absence de toute activité industrielle contribue à une qualité de l'air remarquable et pour compléter ce cadre idyllique, l'alimentation en eau est assurée par des sources captées à plus de 1500 mètres d'altitude. Ce village est également connu pour sa procession de la " Rodella " qui se déroule chaque 30 juillet et dont l'origine païenne remonterait au début du christianisme. Depuis l'église Saint-André de Montbolo, cette procession consiste à se rendre par un sentier forestier à l'abbaye d'Arles-sur-Tech pour aller vénérer les reliques des saints Abdon et Sennen. Mais la particularité de ce pèlerinage est de descendre une croix chrétienne sur laquelle a été placé un grand cerceau fait d'un enroulement de cire d'abeille que l'on appelle " la Rodella ". Il existe également autour de cette " Rodella " une légende basée sur un texte historique de 1465 que vous pouvez découvrir sur les deux sites Internet suivants :

- http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Traditions/Rodella.php

https://www.labalma.fr/index.php/fr/camping-fr/fetes

Formentere ou Formentera : Col à 1.133 m d'altitude situé à la limite du Haut-Vallespir et des Aspres sur le chemin du Tour du Vallespir et l'ancienne voie ferrée minière. Non loin de ce col, il y a le hameau oublié de Formentere, ancienne gare minière qui a eu son heure de gloire au temps de l'exploitation des mines de fer autour du Massif du Canigou (Batère, les Manerots, La Pinouse, Rapaloum, etc.…). De Formentere, grâce à une ligne de câbles et de chariots de plus de 5 kilomètres, le minerai cuit était descendu par voie aérienne jusqu'à Arles-sur-Tech.

Batère : Lieu situé à cheval entre Vallespir, Aspres et Haut- Conflent connu pour sa tour médiévale du 13eme siècle construite à l'époque où les Rois de Majorque régnaient sur le Roussillon et la Cerdagne. Cette tour à signaux assurait la surveillance et la communication à l'aide de fumées le jour et de feux la nuit. Elle était certainement en liaison avec d'autres tours et châteaux du Vallespir (Montbolo, Corsavy, Cos, Mir, Palalda, Cabrens) et les tours d'autres régions comme la Tour de la Massane ou bien celle de la Madeloc. Mais Batère est également connu pour ses anciennes mines de fer, fer apprécié depuis la nuit de temps (200 avant JC). Ces mines étaient les plus importantes du département, elles alimentaient un nombre incalculable de forges. Les mines fonctionnèrent jusqu'en 1994 donnant à toute la région un essor économique considérable. En 1953, la société d'exploitation construisit à 1.540 m d'altitude un bâtiment pour les mineurs et leurs familles, ce bâtiment sert désormais de refuge et de gîte aux randonneurs de tout poil.

La tempête Klaus : Le 23 janvier 2009, Klaus est le nom donné à une tempête en cours de formation par l'Institut de Météorologie allemand en l'honneur d'un certain Klaus Schümann. Au départ, c'est le satellite Météosat qui va envoyer des images d'une dépression étonnante situé sur l'Atlantique Nord, profonde dépression qui va engendrer des vents d'une force exceptionnelle et d'une vitesse inouïe. Cette tempête a principalement touché le sud-ouest de la France, la principauté d'Andorre, le nord de l'Espagne et une partie de l'Italie entre le 23 et le 25 janvier 2009. Dans le sud de la France, nombreux sont ceux qui considèrent à juste titre comme plus dévastateur Lothar, la tempête de décembre 1999, mais ce n'est pas le cas du Vallespir et du Roussillon où Klaus a été bien plus violent. Le 24 janvier, les dégâts ont été considérables et en tous cas, évalués à 38 millions d'euros. Le département a été reconnu comme en état de catastrophe naturelle. Tous les records ont été battus : 216 km/h au Col d'Envalira, 193 km/h à Formiguères, 191 km/h pendant deux heures au Cap Béar, 184 km/h à Perpignan, record absolu de 1999 battu de plus 40 km/h. Les forêts de résineux (pins sylvestres et cèdres) du Vallespir ont été parmi les plus ravagées et l'importance des dégâts a été estimée avec des prises de vue aériennes. Au-delà des dégâts, le problème pour la filière bois, c'est que cette tempête Klaus est arrivée dans une conjoncture économique beaucoup plus mauvaise qu'en 1999.

Riuferrer : Affluent du Tech, le Riuferrer (la rivière du fer) est un torrent impétueux d'une longueur de 17,7 kms qui prend sa source dans le cirque du Faig au pied du Puig dels Tres Vents à une altitude de 2.300 m environ et se jette dans la Tech à Arles-sur-Tech. De nombreux pêcheurs parcourent ses rives pour ses excellentes truites.

La Coumelade : Affluent du Tech, la Coumelade est une rivière qui prend sa source sur le versant sud de la crête des Tres Vents à 2.570 mètres d'altitude et qui, après avoir parcouru 15 kms, se jette dans le Tech au hameau Le Tech. Dans sa partie torrent, elle appréciait des adeptes de la descente en canyon.

Saint-Guillem de Combret : Situé dans la vallée de la Coumelade, le minuscule hameau est essentiellement connu pour son ermitage dont l'histoire commence au 9eme siècle. A cette époque, une chapelle dédiée à Sainte-Magdeleine de Combret avait été construite par un certain " Guillem ". Guillem offrait, sans aucune compensation, gîtes et couverts à tous les pèlerins qui partaient de Saint-Michel de Cuxa pour se rendre à Saint-Jacques de Compostelle par le col d'Ares et l'Espagne. Guillem était si apprécié de tous les voyageurs et le lieu si prisé, qu'après sa mort tout le monde l'appela Saint-Guillem malgré qu'il n'ait jamais été canonisé. Aujourd'hui la chapelle et ses dépendances sont connues sous le nom de Saint-Guillem de Combret. Le hameau dispose d'un refuge non gardé. Malgré quelques restaurations, la chapelle a peu changé au fil des siècles, elle mesure 15 mètres de long pour 4 mètres de large et est de style roman. Sa cloche très ancienne est exceptionnelle et est à l'origine d'une légende prétendant que Guillem l'aurait modelée de ses propres doigts car il en reste, paraît-il, encore l'empreinte sur le métal. Le 22 juillet de chaque année, les habitants du village Le Tech, de Prats de Mollo et d'autres villages alentours effectuent un pèlerinage.

La Parcigoule : C'est une rivière de 9 kms de longueur, affluent du Tech qui prend sa source à une altitude de 1.920 mètres au lieu-dit Les Estables. Elle rejoint le Tech au hameau de Saint-Sauveur entre Prats-de-Mollo et la Preste. Le bassin de la Parcigoule présente la particularité d'avoir été une des vallées les plus déboisées et dépeuplées du Vallespir, tout d'abord à cause des nombreuses forges qui utilisaient intensément son bois puis à cause des crues répétitives (aiguat) d'octobre 1940 puis d'avril 1942. Un reboisement et des barrages ont été aménagés pour stabiliser et protéger la vallée.

Joseph de la Trinxeria : né en 1637 à Prats-de-Mollo, commune d'Espagne à l'époque, il s'insurgea contre la gabelle, cette célèbre taxe sur le sel, abolie depuis 1292 mais qui venait d'être réhabilitée en 1661 par Louis XIV après l'annexion de la Catalogne du Nord (Roussillon, Vallespir, Conflent, Cerdagne, Capcir) au royaume de France par le Traité des Pyrénées de 1659. En 1666, indigné d'avoir été surtaxé par les Gabelous, ces préposés chargés de la récolte, il leva une armée d'Angelets et tint tête pendant quelques années à toutes les troupes envoyées contre lui. Ces nombreuses victoires lui apportèrent un énorme prestige et nombreux furent ceux qui se rallièrent à sa cause. Il devint rapidement un héros dans le Vallespir tout entier et bien au-delà encore dans toute la Catalogne. C'est en partie à cause de ces révoltés que Louis XIV fit construire par Vauban, le Fort Lagarde de Prats-de-Mollo à partir de 1677. Quelques années plus tard, Joseph de la Trinxeria qui n'avait pas renié ses origines, devint officier des armées d'Espagne et se battit contre le royaume de France aux côtés des Miquelets. Il ne cessa jamais de se battre sur de nombreux fronts et termina sa vie comme colonel en 1689. Il mourut en 1694.

Prats-de-Mollo - La Preste : Avec une superficie de presque 12.000 hectares, cette commune est la plus étendue du département des Pyrénées-Orientales. Située au bord du Tech à 735 mètres d'altitude, elle dispose d'un patrimoine historique exceptionnel : Eglise gothique Saintes Juste et Ruffine, Fort Lagarde et fortifications construites par Vauban, Tour de Mir, nombreuses chapelles, etc.… Il faut dire qu'au regard de sa situation géographique, Prats fût tout au long de son histoire le théâtre de soubresauts franco-espagnols incessants. Longtemps tournée vers l'agriculture, l'élevage, la sylviculture et quelques industries locales (textiles, espadrilles, etc.…), la cité vit désormais du tourisme et des Thermes de la Preste, bourg rattaché à Prats mais éloigné de huit kilomètres à une altitude de 1.130 mètres. Le mot " Prats " signifie " prés " mais deux versions s'opposent quant à l'origine du mot " Mollo ", certains le traduisant par " mouillé " d'autres avançant qu'il signifie " grosse pierre" en catalan. Alors " prés mouillés " ou " prés bornés ", les deux définitions ont leur logique tant la cité a été souvent la scène de crues mémorables mais aussi un bourg toujours borné ou limité par une frontière mouvante et parfois incertaine. Il faut savoir en effet que malgré le Traité des Pyrénées de 1659 signé entre le roi de France Louis XIV et Philippe IV, roi d'Espagne, le véritable tracé de la frontière entre la province du Roussillon et l'Espagne ne fût déterminé et borné que deux siècles plus tard en 1866 avec le Traité de Bayonne entre l'Empereur Napoléon III et la reine Isabelle II d'Espagne. De par leur situation géographique ambiguë et instable, c'est dire si les Pratéens ont longtemps été indécis et désorientés quant à leur citoyenneté réelle. Alors n'est-il pas un peu logique qu'ils aient été avant tout catalans avant d'être espagnols ou français ? En raison de son milieu, de son relief varié et de ses richesses naturelles remarquables (flore, faune et géologique) la commune a été classée " Réserve Naturelle " en 1986.

La tour de Mir : Situé à 1.540 m d'altitude et datant du 13eme siècle, comme la tour de Batère, la tour de Mir était chargé d'émettre des signaux pour assurer les communications avec d'autres tours comme celle de La Guardia, une autre tour de Prats-de-Mollo où a été érigé ensuite le Fort Lagarde. A cette époque où les catalans se lancent dans de nombreuses conquêtes tout autour de la Méditerranée, la tour de Mir présente l'avantage d'être à la fois tournée vers la mer et vers l'intérieur des terres, car plus particulièrement affectée à la surveillance de Col d'Arès, passage obligé vers des territoires intérieurs comme le royaume d'Aragon notamment. De son piton rocheux, on aperçoit très distinctement le château et les tours de Cabrens, elles-mêmes en liaison avec la Tour de Batère et ainsi de suite jusqu'aux tours des Albères et du Roussillon. La tour de Mir est située sur le chemin du Tour du Vallespir.

La Retirada : Le mot " Retirada " signifie " retraite " en espagnol mais il désigne plus particulièrement l'exode humanitaire que des milliers de républicains espagnols vécurent à partir de janvier 1939. En deux semaines, c'est 100.000 réfugiés qui passent la frontière au col d'Arès pour fuir la dictature de Général Franco dont l'alliance avec le régime nazi d'Hitler inquiète l'Europe toute entière. Le 31 janvier, le ministre de l'intérieur Albert Sarraut vient à Prats-de-Mollo pour organiser ces arrivées massives. Il fait construire 4 camps d'hébergement dans la vallée du Tech. Tout est bon pour accueillir les réfugiés et affronter ce glacial et cinglant hiver. Le 13 février, la frontière est officiellement fermée et gardée par les soldats de Franco. Mais ce sont environ 500.000 personnes, pleines d'un espoir d'un avenir meilleur qui arrivèrent en France par de multiples passages frontaliers. Mais pour ces réfugiés, internés dans des camps ceinturés de fils barbelés, cette espérance fût le plus souvent déçue, car ils avaient fuit l'arbitraire, la torture et la terreur instaurée par le régime totalitaire espagnol pour ne trouver en France que privation de liberté, dans des conditions généralement pitoyables pour ne pas dire inhumaines.

Notre-Dame du Coral : Il s'agit d'une chapelle longue de 23 mètres et large de 7 mètres qui a été construite sur un éperon rocheux à 1.091 m d'altitude dans un cadre de verdure exceptionnel. On pense qu'à l'origine, au 9eme siècle, il s'agissait d'un simple sanctuaire (petite chapelle ou oratoire) qui servait de lieu de prières. Puis comme souvent, un village, ici Miralles, se développa autour de cette chapelle. La légende prétend qu'une statue de bois représentant la vierge Marie provenant de cette chapelle ait été dissimulée dans un tronc d'arbre, puis retrouvée plus tard. Cette trouvaille aurait été l'occasion d'un engouement populaire qui amena la construction de la nouvelle église paroissiale de Miralles. C'est ainsi que Notre Dame du Coral est apparue, bâtie sur les restes de la chapelle primitive, pour servir d'église aux habitants du village. Dans les textes historiques, Sancta Maria de Coral apparaît à partir de l'an 1267 comme appartenant à l'abbaye de Camprodon (Espagne). Mais au fil des siècles, et selon les mouvements de la frontière, le site eut divers propriétaires religieux, privés ou publics. Mais les occupants de la chapelle ont été le plus souvent des ermites forains qui voyageaient en quête de charité et d'oboles. A présent, la chapelle et certaines de ses dépendances servent de refuge avec gîtes, restaurant, tables et chambres d'hôtes. L'étymologie de " Coral " est très discutée mais la plus probable est que ce nom viendrait simplement de " corail " comme la couleur rouge de certaines roches que l'on trouve dans le secteur en montant par exemple vers le col de Malrems ou le Pla de la Muga.

Lamanère : C'est un village du Vallespir situé à 777 mètres d'altitude et à vol d'oiseau vers le sud à moins de 3 kms de la frontière espagnole. Entourée de montagnes et de collines avec les Baga de la Sadella et de la Bordellat (1.554 m) au sud, le Mont Nègre (1.425 m) à l'est, le Roque de Cap de Ca et la serra de Cabrens (1.326 m) au Nord, le Puig de las Coubines et El Tossal (1.281m) à l'ouest et nichée au fond d'une verdoyante vallée à la jonction de plusieurs rivières et ruisseaux (Lamanère, Taix, etc.…) elle est la commune la plus méridionale de l'hexagone. Riche de divers minerais (fer, or, plomb argentifère, cuivre) qui y furent exploitaient en leurs temps, son nom proviendrait du catalan " La Menera " signifiant " La Minière ". Grâce à ses paysages magnifiques et variés, elle est un lieu propice à de nombreuses activités de plein air (randonnées, VTT, baignades, canyonning, etc.…). Mais de par son emplacement géographique très isolé, on ne connaît pas grand-chose de son histoire, si ce n'est qu'elle a longtemps était dépendante de la commune de Serralongue où régnaient au Moyen-Âge les seigneurs de Cabrens. Mais Lamanère, c'est aussi une rivière, affluent du Tech, longue de 15,7 kms, qui elle-même est alimentée par d'innombrables petits ruisseaux affluents.

Les Estanouses : Minuscule hameau perdu du Haut-Vallespir situé au pied des tours de Cabrens, non loin des villages de Lamanère et de Serralongue à une altitude de 1.019 mètres. Il y a encore quelques années (2004 ou 2005), on pouvait le traverser en empruntant une des variantes du Tour du Vallespir. Aujourd'hui, ce chemin est barré car il est devenu un domaine privé, et si j'en crois mes recherches Internet, faisant chambres et tables d'hôtes pour accueillir les touristes.

Cabrens : La seigneurie de Serralongue, commune du Vallespir, est gouvernée dès le 11eme siècle par les " seigneurs de Cabrenç " en référence aux chèvres qui peuplaient les collines et qui étaient les seuls animaux à pouvoir grimper jusqu'à leur château. Le premier seigneur fût Oriol de Cortsavi mais la dynastie des Cabrens composée de diverses familles au gré des alliances et des successions eut une immense influence sur une grande partie du Vallespir et régna fort longtemps et au moins jusqu'en 1792, date à laquelle l'état français créa les communes et où le dernier seigneur Abden Senen de Ros, baron de Cabrens s'expatria en Espagne. Aujourd'hui le site de Cabrens est surtout connu pour ses trois tours, objectifs de randonnées à partir de Lamanère ou de Serralongue. Situées au faîte d'une crête rocheuse, les trois tours sont en réalité les ruines du château construit en 1086 par les seigneurs de Cabrens, celles d'un donjon adjoint au 11eme siècle qui aurait fait office de geôles et enfin celle d'une tour à signaux du 14eme siècle qui communiquait avec de nombreuses autres tours du Vallespir (Mir, Batère et Cos). Au regard de sa position géographique dominante, l'ensemble devait constituer une forteresse quasi imprenable.

Saint-Laurent-de-Cerdans : Le village daterait du 11eme siècle, date à laquelle des moines de l'abbaye d'Arles-sur-Tech aurait construit une église dédiée à Saint-Laurent, martyr du 3eme siècle. Le terme " Cerdans " apparaît au 12eme siècle avec le nom d'un mas (Manso de Cerdanis). Mais ce nom lui-même proviendrait du nom d'un peuple des montagnes de la région, descendant des Ibères qu'on appelait " Les Cérêtes ". Ce peuple serait aussi à l'origine des noms de la ville de Céret et de la région de Cerdagne. La ville construite à l'intersection de plusieurs cours d'eau (la Quére, le Saint-Laurent, la Bilvera, etc.…) est entourée de plusieurs " serrats ", petites chaînes de montagnes (Cogull, Montner, Provadona, Capell, Garsa, etc.…) dont la plupart dépassent les 1.000 mètres d'altitude. Elle fût un lieu de passage, d'échanges et surtout de contrebande avec l'Espagne tout au long des époques. Pendant très longtemps, la prospérité de la cité a reposé sur les industries liées au fer avec de nombreuses forges alentours qui ont données leurs noms à des lieux-dits (la Forge del Mig, la Forge d'en Bosc, la Forge d'Avall, etc.…), au bois (exploitation du châtaignier encore très présent dans les forêts de nos jours) mais l'industrie la plus originale a été celle de la fabrication d'espadrilles que l'on appelle ici " vigatanes " et qui, bien sûr, a été étroitement liée aux fabriques de tissus. Ces deux dernières activités artisanales sont encore bien présentes aujourd'hui au travers des sociétés " Vallespir Sandales " et " Les Toiles du Soleil ". Grâce à son riche patrimoine historique, culturel et naturel et au tout proche domaine hôtelier de Falgos pourvu de son terrain de golf de 18 trous, le village vit désormais au rythme du tourisme.

La famille Noëll : Le 23 janvier 1676, l'église de Saint-Laurent-de-Cerdans avait brûlé ainsi que quelques maisons voisines dont celle de la famille de Noëll. Au 18eme siècle, la destruction de ces documents anciens avait amené Abdon Noëll à solliciter du roi de France Louis XV la reconnaissance et la confirmation de sa qualité de noble et de ses titres. C'est en décembre 1766 qu'Abdon de Noëll reçut cette confirmation et ses nouvelles lettres de noblesse signée de Louis XV et du duc de Choiseul. Il fût nommé baron de Vilaro, petit hameau proche de Saint-Laurent. Notaire à Saint-Laurent-de-Cerdans, Abdon, le seigneur de Vilaro, âme de la Résistance du Vallespir, fût le plus connu de tous car en avril 1793 avec l'aide du général espagnol Antonio Ricardos, il évita le massacre programmée par la Convention Nationale de toute la population de Saint-Laurent-de-Cerdans. Quand on sait que cette guerre entre la France et l'Espagne, galvanisé par l'hostilité de la monarchie espagnole envers la République Française, commença pour empêcher l'organisation d'une simple procession, on comprend mieux l'attachement que les Laurentins avaient pour leurs traditions et leur liberté de culte. Ce culte de l'église et cette liberté sont encore fermement ancré de nos jours et on les retrouve à travers diverses manifestations.

Puis ce fût Jacques de Noëll qui, au 20eme siècle, grimpa l'échelle de la renommée, mais dans un autre registre, celui de la musique. Il fut un grand compositeur de musiques catalanes et de sardanes. Et comme ici en Vallespir, comme dans toute la Catalogne, la sardane est une danse et une musique sacrée, Jacques de Noëll fût un musicien très apprécié. Il y eut également Louis, archéologue apprécié, frère de Jacques mais mort trop jeune pour être resté dans l'Histoire. Mais tout au long des siècles, les de Noëll étaient surtout de riches aristocrates et des notables reconnus, certains étaient notaires, d'autres maîtres de forge ou propriétaires d'exploitations minières, d'autres propriétaires terriens. Malgré la perte de leurs titres de noblesse à la Révolution Française, les de Noëll gardèrent un certain prestige dans tout le Roussillon certains devenant des chefs d'entreprise reconnues, d'autres tentèrent l'aventure de la vie politique, beaucoup devenant maires de nombreuses communes. La bâtisse, maison de famille des de Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans avait été construite en 1606 et le premier occupant avait été un certain Damia (1560-1612) qui, au côté de Joseph de la Trinxeria, s'était révolté contre les effets néfastes du Traité des Pyrénées de 1659. Cette maison Damia Noëll a été rachetée, il y a quelques années, par un couple très sympathique Isabelle et Mario Lopes, qui en ont fait une table et des chambres d'hôtes absolument remarquables.

Pilon de Belmatx ou Belmaig : Ici en Catalogne, on prononce " Belmach ". Il s'agit d'un sommet du Vallespir avec une altitude somme toute modeste puisque élevée au dessus du niveau de la mer à 1.280 mètres seulement. Il est situé sur une longue crête rocheuse qui s'appelle la Serre de Montner et qui surplombe la cité d'Arles-sur-Tech. Mais sa renommée vient justement de la difficulté que l'on rencontre à le gravir à partir d'Arles-sur-Tech puisque c'est pas moins de 1.020 mètres de dénivelé qu'il faut accomplir sur un sentier très difficile car terreux et caillouteux et très souvent raviné. Pour y monter, il faut emprunter un tronçon du célèbre GR.10 jusqu'au Col de Paracolls et c'est certainement pour çà que cette randonnée s'inscrit très souvent comme une " incontournable " du département. Montagne mythique pour les Arlésiens, chaque printemps, un trail de 11 kilomètres, course réunissant des spécialistes de ce sport mais aussi de simples concurrents est organisée par l'association Arles-Belmaig. Est déclaré vainqueur du " Km Vertical Walsh " celui qui accomplit exactement les 1.000 mètres de dénivelé (environ 100 mètres avant le sommet) dans le laps de temps le plus court.

Arles-sur-Tech : Bien que n'ayant pas traversé cette ville lors de ce Tour du Vallespir, je l'ai eu très souvent devant mes yeux lors de la 1ere et de la dernière étape. Comment parler du Vallespir sans évoquer Arles-sur-Tech qui est certainement une des villes les plus anciennes de cette région puisqu'on a retrouvé des vestiges datant de la Préhistoire (dolmen). Comment parler d'Arles-sur-Tech sans parler de sa Sainte-Tombe et des saints Abdon et Sennen. En ce qui concerne la Sainte-Tombe et son fameux mystère, il s'agit d'un sarcophage de pierre du 3eme siècle qui est situé dans une courette de l'église et qui produit une quantité d'eau pure importante et " d'origine inconnue " (200 à 300 litres par an en moyenne, parfois beaucoup plus, jusqu'à 800 litres l'an). La thèse du miracle a bien évidemment été la première avancée, tandis que d'autres hypothèses ont vu le jour tout au long de l'histoire, relayées ces dernières années par des médias avides de sensationnel. Malgré un premier travail sérieux et concluant dans les années 60 et encore récemment, le panneau situé au dessus du sarcophage explique encore aujourd'hui que la Sainte Tombe n'ait pas livré son secret. Mais la théorie la plus souvent émise serait que le couvercle serait suffisamment poreux pour laisser pénétrer l'eau des pluies alors que le fond du sarcophage serait parfaitement imperméable. Quand à Abdon et Sennen, en l'an 960 un abbé se nommant Arnulfe aurait rapporté de Rome des reliques authentifiées comme étant celles de ces deux saints persans. Elles vaudront à Arles le surnom de "ville des Corps Saints". Ces deux Saints sont toujours vénérés à Arles. Mais autour de ces saints, il existe une légende qui se recoupe avec une autre légende du Vallespir, celle des " Simiots ", des êtres malfaisants, dévoreurs d'enfants, moitié félins et moitié singes qui vivaient dans les forêts et les montagnes du Vallespir. Je vous laisse le soin de prendre connaissance de ces légendes sur les excellents sites suivants :

https://www.sudcanigo.com/decouvrir/contes-et-legendes/

http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Legendes/Simiots.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdon_et_Sennen

 

Remerciements :

 

Je remercie très sincèrement toutes les personnes qui m'ont accueillies lors de mes différentes arrivées d'étapes : au Refuge de Batère, à l'hôtel Ausseil à Prats-de-Mollo et à Notre-Dame du Coral. Partout, je fus parfaitement reçu. Bien sûr, ma meilleure soirée mais la plus onéreuse aussi fût celle passée à la Maison Damia Noëll à Saint-Laurent-de-Cerdans, il est vrai en table et chambre d'hôtes d'une qualité remarquable. L'accueil d'Isabelle et Mario fût tel qu'ils méritent vraiment une mention spéciale. Je conseille vivement cet endroit à tous les randonneurs qui pourront se permettre de dépenser 78 euros pour une demi-pension. J'ai essentiellement marché en solitaire sur ce Tour du Vallespir mais je remercie les quelques personnes que j'ai rencontré au cours de ce voyage et qui, d'une manière ou d'une autre, l'ont rendu plus agréable ou plus facile : le vigile des Thermes d'Amélie qui ne m'a pas fait de difficulté pour garer ma voiture, l'homme qui faisait un footing avec son chien à Montbolo qui m'a aidé dans la direction à prendre, le couple qui craignait l'orage et qui voulait me prendre en voiture à la Tour de Batère, quelques clients et l'aimable groupe d'Epinal rencontré au refuge de Batère qui effectuaient le GR.10, le très chaleureux couple et leur fille que j'ai aidé à la cabane de la Devesa au dessus de Leca, l'homme qui m'a expliqué le plus court chemin à prendre au Fort Lagarde, la dame qui m'a expliqué où se trouvait l'hôtel Ausseil, les anonymes clients catalans et parisiens du restaurant Ausseil qui m'ont permis de passer une agréable soirée à Prats-de-Mollo et ce, malgré la terrible journée que j'avais vécue, la pharmacienne de Prats-de-Mollo qui a su parfaitement calmer mes brûlures d'orties, la gentille randonneuse rencontrée à Notre-Dame de Coral, les propriétaires du Domaine des Estanouses avec lesquels depuis je me suis lié d'amitié, le breton vététiste et le jeune couple de Tchèques, clients de la Maison Damia Noëll. Je remercie enfin ma femme qui m'a laissé partir seul, mes enfants de m'avoir offert un lecteur MP3, objet ô combien précieux qui m'a énormément aidé dans les instants les plus difficiles. Je remercie enfin Charles Trenet et ses interprètes Les Compagnons de la Chanson pour leur magnifique chanson " Mes jeunes années ", mélodie avec laquelle j'ai marché très souvent tout au long de cette randonnée. Quand j'éprouvais des difficultés, cette chanson était là pour me remonter moral et enthousiasme. Pour moi, cette chanson restera pour toujours comme un hymne à ces 6 jours passés en Vallespir. 6 jours " Sur les hauteurs d'une vallée âpre " qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

 

Divers :

 

Peu de temps après mon retour, le 24 août exactement, et en raison de la terrible et éprouvante épreuve que j'avais vécue dans la forêt du Miracle au dessus de Prats-de-Mollo, il m'a paru utile d'alerter les autorités pour que d'autres personnes ne tombent pas dans le même piège que les arbres couchés par la tempête Klaus du 24 janvier 2009 m'avaient tendu. J'ai donc adressé un e-mail à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération et au comité départemental de la Randonnée Pédestre pour les informer de la galère que j'avais éprouvée dans ce secteur du Tour du Vallespir situé peu après le Puig des Lloses en direction du Col du Miracle.

 

Le 14 septembre, c'est avec satisfaction que je recevais une réponse de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo dans laquelle elle m'informait avoir contacter Monsieur Joseph Dunyach, Président du club local de randonnée pédestre " Délit Ténim ". Ce dernier me répondait à travers une lettre jointe au message de Madame Baills.

 

Pour les remercier de m'avoir répondu et d'être intervenu ultérieurement dans ce secteur de Prats-de-Mollo, j'ai volontairement joint à ce récit nos différents échanges de messages.

 

Sur les hauteurs d'une vallée âpre - Le Tour du Vallespir - Bibliographie - Sites Internet - Lexique - Remerciements

 

Message adressé le 24 août 2009 à la Mairie de Prats-de-Mollo, à l'ONF, à la Fédération Française de Randonnée Pédestre et à son Comité départemental des Pyrénées-Orientales.

 

Monsieur le Maire de Prats de Mollo, Mesdames, Messieurs,

 

J'ai réalisé la semaine dernière la randonnée du Tour du Vallespir en 6 jours d'après le Guide Rando de Georges Véron : Canigou, Vallespir, Conflent paru chez Rando Editions. Randonnant beaucoup tout au long de l'année, j'avais eu l'occasion de remarquer que ce tour était plutôt bien balisé et que les panneaux indicateurs étaient nombreux. Je n'ai pas trouvé non plus sur Internet de contre-indications à effectuer ce tour. C'est donc en toute confiance mais muni néanmoins d'un GPS, d'un téléphone portable et des cartes IGN appropriées que je suis parti d'Amélie vers Batère le 1er jour, puis vers Saint-Guillem le 2eme jour, puis vers Prats de Mollo le 3eme jour, puis à Notre-Dame de Coral le 4eme jour, puis à St Laurent de Cerdans le 5eme et retour à Amélie le 6eme.

 

Tout s'était très bien passé jusqu'au Puig des Lloses (1.413 m) qui sauf erreur de ma part se trouve sur la commune de Prats de Mollo. A cet endroit, le balisage rouge et jaune propre au Tour du Vallespir ainsi que le panneau d'orientation m'indiquait de poursuivre vers la droite alors qu'un 2eme panneau me proposait de descendre à gauche vers Prats de Mollo par le col de Cavanelles. Effectuant bien sûr le Tour du Vallespir et ayant de toute manière ce tracé-là enregistré dans mon GPS, j'ai normalement poursuivi vers la droite d'autant que rien à cette intersection du Puig des Lloses ne pouvait me laisser supposer que cette portion du Tour du Vallespir dans laquelle j'allais m'engager était complètement impraticable.

 

J'ai 60 ans et je pense être un marcheur chevronné. Pourtant je ne vous cache pas qu'à cause des nombreux arbres décimés qui jonchent encore le sentier sur ce secteur depuis la tempête Klaus du 24 janvier dernier, j'ai eu à un moment le vague sentiment que j'était tombé dans un véritable traquenard. En effet, j'ai commencé à enjamber un premier arbre puis à passer sous un second, puis troisièmement à contourner un premier groupe d'arbres, puis je suis passé sous quelques autres arbres couchés puis au bout de 1,5 kms sans autre solution j'ai finalement quitté le chemin pour éviter un amoncellement qui me semblait de quelques mètres de large seulement (on constate en effet que le vent à suivi des couloirs plus ou moins larges) mais qui en réalité étaient absolument infranchissables. J'ai donc fini par me perdre dans cet immense labyrinthe d'arbres abattus et j'ai même pensé à un moment à appeler les secours depuis mon portable. Heureusement, que j'ai su garder mon sang-froid et grâce à mon GPS j'ai pu, après de multiples efforts, retrouver le sentier et j'ai réussi à rebrousser chemin pour en définitive rejoindre Prats par le col de Cavanelles.

 

Attention ce message que je vous adresse et cette histoire que je vous relate n'ont pas pour objet d'émettre un grief envers quiconque mais simplement à vous prévenir qu'à cet endroit après le Puig des Lloses, le tour du Vallespir est particulièrement dangereux et infranchissable. Mais peut-être le saviez-vous ? De mon côté, je sais pertinemment que la tempête Klaus a provoqué des dégâts considérables et que ce n'est pas en quelques mois que l'on peut effacer les cicatrices d'un tel désastre. Je pensai toutefois que dans la mesure où un chemin serait impraticable un simple petit panonceau d'interdiction aurait été mis en place. Ayant eu l'occasion de marcher dans les Landes et le Gers il y a quelques semaines, j'avais eu l'occasion d'apprécier ce type de pancartes sur de nombreux sentiers. J'ai donc été très étonné qu'au Puig des Lloses aucun panneau ne vienne prévenir le randonneur de cette dangerosité, d'autant qu'un autre chemin permet d'accéder à la commune de Prats dans d'excellentes conditions. En été où les randonneurs sont très nombreux à parcourir les chemins de notre beau département des PO, je pense que de simples petits panneaux d'interdiction et/ou de conseils en pareils endroits seraient d'une redoutable efficacité et éviteraient bien des désagréments comme ceux que j'ai connus.

 

Voilà, après tous ces déboires, et après trois heures d'errements, j'ai fini par arriver à Prats de Mollo avec seulement quelques égratignures, quelques bleus et les mollets douloureusement brûlés par les orties et griffés par les ronces.

 

Le lendemain avant de repartir, j'ai longuement réfléchi sur le sentier que j'allais prendre et plutôt que d'opter par la poursuite du Tour du Vallespir par la Tour de Mir et le col d'Arès dont je sais que le secteur est particulièrement boisé aussi, j'ai emprunté le chemin le plus court pour rejoindre l'ermitage de Notre Dame de Coral. Il s'agit du PR.12 qui passe au col de la Guille. Bien m'en a pris, puisqu'une fois arrivé à l'ermitage, j'appris par d'autres randonneurs, qui en revenaient, que les chemins de la Tour de Mir et du col d'Arès étaient eux aussi barrés par de nombreux arbres couchés. Je ne l'ai pas constaté par moi-même !

 

Voilà il m'a paru utile de vous apporter ce témoignage qui est tout frais. Comme je l'ai dit je ne fais aucun grief à personne d'autant que parmi les acteurs à qui j'adresse ce message, je ne sais pas qui est responsable des arbres couchés, du balisage présent ou absent, de la prévention à mettre en place en pareil cas, etc...

 

J'espère simplement que quelqu'un fera bon usage de ce message.

 

Recevez, Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, mes respectueuses salutations.

 

Gilbert JULLIEN

Licencié à la FFRP sous le N° 0579504G

 

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Lettre réponse reçue de Monsieur Joseph Dunyach par l'intermédiaire de Madame Marie-Claire Baills, directrice de l'Office de Tourisme de Prats-de-Mollo.

 

OFFICE DE TOURISME**

66230 PRATS DE MOLLO - LA PRESTE

 

DUNYACH Joseph

Président du club de randonnée FFRP " Delit Tenim "

Membre du Comité directeur départemental des PO

Responsable des Sentiers

Tel : 04.68.39.77.18

 

A Monsieur JULLIEN Gilbert

 

Monsieur,

 

Je viens de prendre connaissance de votre courrier du 25 Août au sujet des problèmes que vous avez rencontré sur le Tour du Vallespir. Ce courrier m'avait été communiqué par le Président départemental lors de la réunion du Comité Directeur du 31 août à Perpignan et je le classe parmi ceux qui font plaisir à lire car ils démontrent la qualité des randonneurs de la FFRP et leur soucis de parfaire notre terrain de jeu naturel.

Vous avez très bien exposé tous vos problèmes et je me sens un peu responsable de ce qui vous est arrivé car j'avais apposé un panneau de fermeture de sentiers à l'entrée du sentier au départ de Prats et je n'avais pas pensé aux randonneurs arrivant dans l'autre sens ce que je vais m'empresser de corriger en attendant l'ouverture que nous espérons prochaine de ce beau sentier sur le secteur du Miracle après le désastre de la tempête Klauss qui nous a donné bien des soucis.

Je profite de ce courrier pour vous informer que le Tour du Vallespir va être complètement finalisé car il fait partie du grand projet du Conseil Général à travers son entité " Canigou Grand Site ".

Si vous souhaitez recevoir les documents sur cet itinéraire vous pouvez nous communiquer vos coordonnées postales.

Pour ce qui est du secteur de la Tour du Mir, la situation est tout à fait normale.

J'ose espérer que ce courrier vous soulagera un peu de la galère que vous avez connu et je vous prie de m'en excuser encore une fois.

Je joins une copie de ce courrier au Président du Comité Départemental qui m'avait demandé de vous répondre en tant que responsable du secteur ainsi qu'à Monsieur le Maire de Prats de Mollo La Preste.

 

Recevez Monsieur mes sincères salutations et peut être au plaisir de se connaître un jour à Prats ou sur l'un de nos sentiers du Haut-Vallespir.

 

DUNYACH Joseph

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