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Leucate et La Franqui sont les capitales mondiales du vent. En 2010, pour la quatorzième année consécutive, les deux stations balnéaires accueilleront sur la belle plage de la Franqui, le Mondial du Vent du 10 au 18 avril. Qui sait, peut-être qu’un jour, les 2 belles petites cités organiseront le Mondial de la Randonnée Pédestre sur leur très belle falaise que je vous présente ici sous le titre "La Falaise de Leucate". J'aurais pu aussi bien écrire "La Falaise de la Franqui", tant les deux cités occupent ce plateau calcaire se terminant par d'incroyables parois verticales plongeant dans la Grande Bleue. D’ailleurs, si j’étais à la place des organisateurs, j’y penserai tout de suite car après tout, n’y a-il pas des randonneurs qui marchent aussi vite que le vent ? L’étymologie du nom Leucate, vient du grec « Leukos » qui signifie blanche comme les falaises que nous allons arpenter. Cette randonnée que je vous propose, peut démarrer du parking situé à côté de la colonie de vacances, du phare du Cap Leucate ou bien du sémaphore, les 2 sont mitoyens. Pour cela, de Leucate Plage, il faut prendre la D.29, direction Leucate Village. Là, il faut tourner à droite juste avant le hameau de Malagaïto et monter vers le quartier Saint-Pierre. Mais pas de problèmes, vous trouverez certainement car des panneaux indicateurs sont là juste à ce croisement. Après, selon votre humeur ou votre envie de marcher, vous choisirez vous-même le point de départ idéal : la colonie de vacances, le phare ou bien le sémaphore. La suite est d’une simplicité déconcertante car il suffit de longer la falaise de plus ou moins près. Mais dès que vous vous approcherez de trop près, surtout faites bien attention et redoublez de vigilance, spécialement si des enfants sont de la partie : Il peut y avoir des éboulements, la tramontane peut-être violente et ici, elle vous pousse vers le précipice, de plus le sentier est caillouteux et une culbute est vite arrivée. Vu la hauteur de la falaise, une chute est automatiquement dramatique et certainement fatale. Sachez tout de même qu’il existe sous le sémaphore, une très belle plagette accessible où, en été une baignade sera toujours possible. Pour le reste, il faut savoir qu’il y a un balisage jaune qui est présent et qui vous mènera jusqu’au dessus de la superbe plage de la Franqui. Le sémaphore est souvent le lieu de rendez-vous des parapentistes, le Cap des Trois Frères, celui des chasseurs sous-marins ou des pêcheurs et bien sûr, la plage de la Franqui, celui des « fous du vent et de la glisse ». Cette plage des Coussoules avec ses 8 kilomètres de long est le paradis des véliplanchistes, des skimboarders, windsurfers, funboarders, kite-surfers, fly-surfers, des chars à voiles, des cerfs-volants, des speed-sails, j’en passe et des meilleurs. Outre, la beauté du lieu, vous observerez les couleurs changeantes de la mer selon la saison, le temps et le vent. Elle peut passer d’un bleu acier à un bleu outremer ou d’un vert turquoise à un vert émeraude. Au bord de la blanche falaise, vous remarquerez un très bel édifice tout en pierres superbement restauré, il s’agit d’un fortin que l’on appelle La Redoute de la Haute Franqui et qui était un ancien fanal construit sous Louis XV servant à signaler la côte. Moi, en général, je fais demi-tour ici, mais si le cœur vous en dit, vous pourrez descendre jusqu’à la plage de la Franqui qui est accessible depuis la falaise. Pour le retour, vous pourrez prendre le même chemin qu’à l’aller ou mieux, revenir à travers les haies et ces petits murets de pierres sèches, qui clôturent très souvent des parcelles plantées de vignes ou d’amandiers, superbement fleuris au printemps. Je vous donne sur mon plan, un exemple d’un circuit facile à réaliser, sachant qu’il existe d’innombrables possibilités mais selon votre esprit d’aventures, un GPS pourra très vite s’avérer utile dans ce dédale de murets et ce labyrinthe de sentiers. Alors, si comme le grand navigateur et écrivain Henri de Monfreid, né ici, et qui a usé ces premiers godillots et fait ses premières armes d’aventurier au sein de ces très belles falaises, vous avez le goût de la découverte, n’hésitez plus à venir en ce lieu et rappelez-vous ce qu’il disait : « N'ayez jamais peur de la vie, N'ayez jamais peur de l'aventure, Faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d'autres espaces, d'autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît ». Alors qu’attendez-vous ? Vous devriez être déjà partis ! Carte IGN 2547 OT Durban-Corbières-Leucate-Plages du Roussillon Top.25
Non ceux ne sont pas les ch’tis qui ont donné le nom de ce hameau abandonné d’En. D’ailleurs on ne prononce pas ce « En » comme le célèbre « Hein ! Bilout !!! » ni comme un « an » mais, on dit « Enne ». On a retrouvé dans un document historique de 864, une « villa Emne », puis en 1267, une « villare d’En » sachant qu’au Moyen-âge, une villa était le rassemblement de quelques logis regroupés autour d’une église. Comme souvent en pareil cas, En serait le nom d’un villageois et peut être la contraction des prénoms Jan ou Jean. Le départ de cette courte balade s’effectue depuis le joli village de Nyer dont le hameau d’En a été rattaché en 1822. Il y a deux possibilités de stationnement pour laisser sa voiture. Une dans le centre du village, à proximité du château et de la Maison de la Réserve Naturelle Régionale où il y a quelques emplacements. Ou bien, au pied du village, de l’autre côté de la rivière Mantet près du jeu de boules. Ce dernier parking étant préférable car c’est ici que démarre cette boucle que je vous propose. Il faut redescendre la route direction aval de la rivière jusqu’au premier croisement. A droite, il faut délaisser la route par où vous êtes venus. Tout droit, une route goudronnée qui va rapidement se transformer en piste DFCI. Elle est barrée d’une croix jaune, et pourtant, c’est bien par là que je propose de partir. En effet, si vous regardez la ruelle à votre gauche, elle s’appelle Cami d’En, elle est balisée en jaune et elle constitue le véritable sentier pour grimper au hameau. Dans cette ruelle, un petit panonceau de bois indique En à 30 minutes, mais ce temps qui n’est qu’indicatif, ne pourra être réalisé que par des sportifs confirmés, car par là, la sente caillouteuse qui monte en lacets est particulièrement abrupte. Cette sente s’adressera donc aux randonneurs pressés d’en finir ou à ceux dont la performance sportive est le critère de priorité. Personnellement, je préfère flâner et prendre la piste car la pente est plus douce, plus longue mais ce n’est pas bien grave car ici la longueur est toute relative et surtout les panoramas de tous côtés seront plus grandioses. : Tout en bas, c’est Olette la blanche, vers le nord, c’est la montagne oblongue du Coronat avec ses sombres forêts, puis le Massif du Madres et les Garrotxes avec le beau village de Canaveilles de l’autre côté de la vallée. Vers l’ouest, c’est la longue vallée de la Têt avec sa sinueuse Nationale 116 et sa ligne de chemin de fer du Petit Train Jaune. Au sud, c’est le Roc des Trépassats (2.039 m) qui dominent Nyer et ses étroites gorges. Vers l’est, la belle Réserve Naturelle de Nyer déploie sa magnifique forêt domaniale des contreforts jusqu’au sommet du Pic des Tres Estelles (2.099 m). C’est vous dire, si vous en aurez des paysages à voir en montant par la piste. A tout ça, rajoutez les belles et lumineuses couleurs de l’automne et vous aurez une bien meilleure idée de ce qu’il y a à voir. Et quand vous arriverez au hameau abandonné avec sa jolie chapelle du XIIeme siècle dédié à Saint-Just et à Saint-Pasteur, de ce tertre herbeux, vous aurez une splendide vision circulaire vers tous les horizons. Même le Canigou sera de la partie et pointera le bout de son pic enneigé. Si la tramontane ne souffle pas trop fort, vous pourrez pique-niquer face à ces admirables panoramas, sur les prés verts qui jouxtent l’adorable chapelle. Car hormis ce sanctuaire, avec deux ou trois séculaires tombes anonymes, il ne reste plus grand-chose du hameau depuis que les dernières familles l’ont quitté peu après la guerre de 39/45. Une ou deux maisons ont été restaurées depuis, mais pour le reste, ce ne sont que pans de murs envahis par les ronces, les églantiers et les lierres, que toitures effondrées, que ruines squattées par les vaches. La piste se poursuit au dessus du hameau délaissé puis elle redescend avec encore de très belles vues plongeantes sur le village de Nyer. 3 à 400 mètres après un virage en épingle, vous remarquerez à droite de la piste, un petit panonceau jaune qui très bizarrement indique Nyer et En dans la même direction à 30 minutes. Vous aurez compris qu’il s’agit d’une erreur et cette sente qui part à droite, c’est celle que je vous avais déconseillé d’escalader au départ. Pour rejoindre le village, vous pourrez donc soit prendre cette sente qui descend maintenant, soit poursuivre la piste jusqu’à recouper celle que vous avez prise en montant. Vous prendrez à droite, et retrouver Nyer ne sera plus qu’une simple formalité. Pour se rendre à Nyer depuis Perpignan, prendre la Nationale 116 jusqu’à la sortie d’Olette, puis prendre la D.57 qui coupe la Têt. Nyer est à 2 kilomètres. Pour la boucle que je vous propose et qui fait 10 kilomètres par les pistes DFCI (un peu moins, si vous prenez la sente) pour un dénivelé de 260 mètres environ, comptez 2h 30 arrêts non inclus. Cette adorable balade s’adresse à tous et à toutes, jeunes et vieux et pourra être complétée par la découverte de Nyer. Le village mérite une ample visite. Carte IGN 2249 ET Font-Romeu-Capcir Top.25
Quand on possède un véhicule, c’est vraiment très simple de se rendre au Prieuré de Serrabonne ou Serrabona en catalan que l’on peut traduire en français par la « bonne colline ». En effet, pour aller à la rencontre de ce superbe joyau de l’art roman dont les premières mentions historiques remontent à 1069, il suffit depuis Perpignan de prendre la route de Prades et après avoir dépasser Ille-sur-Têt de tourner vers Bouleternère. Là, dans ce joli village, il suffit de poursuivre la petite et tortueuse départementale 618 que l’on quittera au profit de la courte départementale 84 pour arriver au magnifique prieuré. D’ailleurs, c’est si facile que chaque année, des milliers de touristes empruntent cet itinéraire pour aller écouter un concert ou plus simplement pour partir à la découverte de ce merveilleux site touristique, sans doute un des plus beaux de notre département. Mais si on aime marcher, il y a aussi une manière beaucoup plus authentique de s’y rendre, c’est celle de cheminer sur un agréable sentier qui part du village de Boule d’Amont. Pour accéder à cet adorable hameau qui mérite lui aussi un ample détour car il possède un riche patrimoine historique, c’est d’une grande simplicité puisque lui aussi est situé sur la D.618 qu’il faudra poursuivre sans se préoccuper de l’embranchement de la D.84 cité plus haut. Un parking est là au bord de la route pour accueillir les voitures. En face le parking, il y a cloué sur un arbre, un petit panonceau avec un plan sur lequel il est écrit « SERRABONNE ». Mais attention si ce plan, très succinct et pas très explicite par ailleurs, vous permet d’aller au prieuré, il s’agit en réalité d’une randonnée en boucle beaucoup plus longue qui consiste à cheminer les crêtes de Serradell et qui s’intitule tout simplement « les Crêtes de Serrabonne ». J’aurai peut-être un jour l’occasion de vous présenter ce circuit mais la dernière fois que j’ai voulu l’accomplir, notre groupe a été contraint de l’écourter à cause d’une de nos collègues qui en tombant s’est fracturée le tibia et le péroné. Appel à l’aide, attente des secours, hélitreuillage, départ de notre guide, la journée était bien entamée et heureusement le Prieuré fut là pour combler cette journée placée sous le signe de « la faute à pas de chance » ! Alors, oublions pour l’instant les crêtes et partons vers le magnifique prieuré qui se suffit largement à lui-même. A Boule d’Amont, dirigez-vous vers le bout du parking et prenez la ruelle qui monte à main droite derrière l’église. Vous passez devant la terrasse d’un restaurant et poursuivez en suivant le balisage jaune bien présent. La venelle s’élève rapidement avec de très jolies vues sur le village et les premiers contreforts enneigés du Massif du Canigou. La ruelle se transforme en sente, puis en une piste que l’on rejoint et que l’on va suivre sur quelques centaines de mètres avant de la quitter au bénéfice d’un sentier en sous-bois qui se termine sur une nouvelle piste juste avant la ferme de Can Cesta. Cette description peut vous paraître compliquée mais n’ayez aucune crainte : des panneaux indiquant « Serrabonne » sont bien présents, le balisage jaune est visible et il y a même quelques cairns à chacun des raccourcis à prendre. C’est donc très aisément que vous arrivez au col de l’Aspic (632 m) où l’on poursuit tout droit en traversant la piste. Après le col, les ravines vont se succéder et désormais la progression s’effectue dans une toison végétale très épaisse composée essentiellement de chênes verts et lièges et de quelques bruyères arborescentes. Sur ce chemin parsemé de quelques vestiges d’un pastoralisme oublié, où l’on va sans cesse monter et descendre, essayez d’imaginer le temps où il n’y avait pas de routes goudronnées pour atteindre le prieuré. Immédiatement on peut concevoir la vie difficile et isolée du monde qu’eurent les chanoines, hommes mais femmes aussi, qui vécurent ici à partir de 1082. Et cette vie fut si pénible que le prieuré périclita très vite car l’individualisme pris rapidement le pas sur la règle principale de Saint Augustin qui était de vivre dans une communauté fraternelle harmonieuse. Les temps ont changé et malgré ce déclin, de merveilleux artistes nous ont laissé de fabuleux trésors ! Le prieuré a certes été restauré au 20eme siècle, mais quand on finit par y arriver, de cette architecture extérieure lisse et quasi parfaite toute en schistes, rien ne laisse présager les superbes reliques de l’art roman que l’on va encore y découvrir à l’intérieur. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisserai le soin pour quelques euros seulement de savourer par vous-même la finesse des sculptures de marbre rose, la magie des étranges bestiaires et la beauté et la perfection des chapiteaux et des colonnes. Le lieu est également propice aux pique-niques car des bancs et des tables y ont été aménagées. Avant de repartir par le même chemin, vous pourrez également arpenté un ludique sentier botanique et si les vieilles tombes ne vous font pas peur, visiter le minuscule et insolite cimetière. Voilà de quoi remplir une savoureuse journée avec cette magnifique balade toute simple d’environ 13 kilomètres aller-retour pour un dénivelé très modeste de 260m. Carte IGN 2449 OT Céret-Amélie-les-Bains-Palalda-Vallée du Tech Top 25.
Le Prieuré de Serrabonne
Solitude étendue de quelques fleurs d'automne
perchée sur la garrigue aride le ciel cru
et ce chant grégorien d'une voix tôt venue
le prieuré de Serrabonne
Je passais j'avais soif de choses éternelles
de tranquilles tiédeurs de rencontres de rien
un oiseau un chardon un silex de chemin
une aurore nouvelle
Et je me magnifiais la rose de septembre
que l'on me donna hier cueillie dans un jardin
je compris que ce chant que l'on m'offrait de loin
était là pour m'attendre
Cantatrice étoilée d'opéras fabuleux
elle passait aussi recherchant ses recherches
c'est elle qui m'avait attrapé à sa perche
nous étions seuls à être deux
Je lui donnai des mots elle chanta des notes
le latin que j'avais pour une fois servit
et il monta soudain à présent et ici
une émouvance haute.
Poème de Louis Amade (1915-1992) né à Ille-sur-Têt.
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Commej’ai pas mal galéré en réalisant cette randonnée à la « Tour des Géographes (878m) et au Pech de Fraysse (917m) », j’ai longtemps hésité avant de l’inscrire dans ce blog. Puis je me suis décidé à l’exposer quand même pour deux raisons : primo j’ai estimé que cette Montagne de Tauch mérite une place dans mon blog tant les panoramas à 360° y sont exceptionnels par grand beau temps, et secundo, mais c’est moins important à mes yeux, cette randonnée à la « Tour des Géographes et/ou au Pech de Fraysse » figure dans bons nombres d’ouvrages comme une « incontournable » de l’Aude. Et pour preuve, je vous en citerai trois que j’ai extraites de ma bibliothèque pourtant modeste : Belvédères de l’Aude et des P.O de Jean-Pierre Siréjol paru chez Rando Editions, 30 balades dans les P.O et l’Aude publié par la Semaine du Roussillon et enfin, pour le parcours que je viens d’accomplir au départ de Padern : Randonnées en Pays Cathare de Jacques Jolfre paru en 2002 également chez Rando Editions. Comme je le fais désormais à chacune de mes sorties, j’enregistre au préalable le tracé carte IGN dans mon GPS et quand je m’y réfère le tracé du livre au plus près de sa description et de son schéma quand il y en a un. J’ai donc démarré sans aucune difficulté du cimetière de Padern où une petite sente rejoint très rapidement une piste d’abord cimentée puis très vite terreuse. J’ai continué longuement cette piste, au début à travers quelques vignes puis dans une végétation composée essentiellement de garrigues et de quelques pins. Sur ma gauche et de temps à autre, le Mont Tauch laisse entrevoir à travers une brume opaque sa haute paroi et ses piliers de calcaire blanc. Puis en quelques minutes, le ciel passe d’un gris pluvieux à un bleu azur et comme pour me démontrer toute la difficulté que je vais avoir à le conquérir, le Mont Tauch dresse dans un ciel désormais sans nuages ses hautes falaises blanches découpées et dentelées en cheminées, ou hérissées en colonnes. Chemin faisant et le nez profitant pleinement des senteurs automnales du maquis, je prête bien attention à suivre les quelques cairns qui sont érigés et surtout de cheminer parallèlement au ruisseau des Cazals dont le ravin doit me servir de fil d’Ariane. De temps à autre, je me retourne vers le joli village de Padern pour prendre une photo et la graver dans mon appareil-photo une fois la portion du chemin que j'estime accompli. Ainsi, chaque photo me donne le certitude que je m'élève sans trop de pénibilité. Après une bonne grimpée de presque 4 kilomètres pour 270 mètres de dénivelé, la piste redescend un peu pour aboutir dans ce qui ressemble à un cul de sac. Seul un gros cairn prouve que je suis encore dans la bonne direction. Il s’agit en réalité du fond du Rec des Cazals qui, ici, cesse d’être un ravin encaissé pour devenir le lit banal d’un petit ruisseau encore à sec en ce début d’automne. A partir de ce gros cairn, qui malheureusement n’indique pas vraiment une direction à suivre, deux solutions semblent envisageables, soit je poursuis dans le lit à sec mais embroussaillé du ruisseau, soit j’emprunte une sente qui monte assez rudement à droite sur le versant du Pech des Fayssettes. C’est à partir d’ici et en voulant suivre le lit du ruisseau que je me suis terriblement fourvoyé dans une garrigue très épaisse composée de buis, de petits chênes kermès et surtout de nombreux épineux qui sur 500 mètres m’ont meurtri et ont terriblement ralenti mon allure. J’étais à la limite du découragement quand heureusement j’ai aperçu au dessus et sur ma droite une nouvelle piste plus large. Habillé d’un bermuda et d’un simple tee-shirt, je suis sorti heureux mais griffé et sanguinolent de ce cuisant dédale. A ma décharge, je dois préciser que si j’ai suivi le lit du ruisseau c’est parce que ma carte IGN ne précisait aucun autre sentier à proximité et que dans ces conditions il me paraissait plus opportun de suivre l’itinéraire inscrit dans mon GPS et ce d’autant que dans son livre Jacques Jolfre écrivait : « du petit col, la sente se faufile, en se tortillant, au milieu d’une épaisse végétation (on est prévenu !). Vous piquez (les épineux aussi !) dans le creux du thalweg pour le remonter, etc.……à l’extrémité du bosquet, la trace devient brusquement piste carrossable.» Au cairn, j’ai donc ignoré la sente qui montait à droite et je ne peux donc pas vous en parler, mais j’ai tout de même le sentiment d’avoir suivi à la lettre les indications de l’auteur. A partir de cette piste, le parcours est devenu plus praticable mais pas plus simple, car sous une chaleur torride et avec une déclivité qui s’est terriblement accentuée, j’ai été obligé d’économiser mon eau et j’ai pas mal souffert pour atteindre d’abord la route goudronnée puis la Tour des Géographes ou plutôt la Tour France Télécom. Car n’en déplaise à ses messieurs les scientifiques, ce sommet a beau avoir été en 1791, deux années après la révolution, le point stratégique d’une triangulation pour mesurer avec précision le méridien de Dunkerque à Barcelone à l’origine de la création de l’unité standard de mesure qu’est devenu le mètre, il n’en reste pas grand-chose si ce n’est peut-être mais j’en suis pas sûr, une vieille borne que j’ai pu photographié derrière le relais France Télécom. Dommage, le lieu mériterait peut-être une stèle explicative ! D’ailleurs, en photographiant tous ces paysages alentours avec ses nombreuses antennes, pylônes et autres éoliennes, j’avais l’impression d’être un espion industriel déguisé en randonneur ! Pour atteindre le Pech de Fraysse, j’ai tenté une nouvelle fois de suivre mon GPS et les indications de Jacques Jolfre, c'est-à-dire suivre comme il dit « la croupe arrondie et douce » c’est à dire la crête sommitale. Mais là encore, je me suis rapidement rendu compte que la douceur était illusoire et que les petits bosquets de buis et les buissons d’épineux même chétifs étaient impénétrables. J’ai donc sagement repris le bitume puis la large piste carrossable pour y accéder. Je suis parvenu au sommet aisément et j’ai découvert ainsi, malgré cette maudite « marinade » qui poisse l’horizon, une multitude de beaux panoramas de tous côtés : de la mer jusqu’au Capcir en passant par les Albères, le Canigou et les nombreux châteaux cathares. J’ai même poussé jusqu’à deux grandes antennes c’est à dire à l’extrême limite du bord de la falaise que j’avais aperçu d’en bas. J’ai pu ainsi entrevoir d’un seul coup d’œil tout le chemin parcouru. Pour le retour, j’ai suivi le même itinéraire qu’à ’l’aller mais à la différence près qu’au lieu de suivre le cours du ruisseau où je m’étais obstiné, je me suis écarté à droite du Rec des Cazals. Mais là aussi. j’ai galéré dans les caillasses et dans une flore excessivement piquante. Si malgré les difficultés que j’explique, vous envisagez tout de même de faire cet aller-retour, ce que j’espère car c’est le but de ce blog, 3 conseils : oubliez le coupe-coupe qui me paraît excessif mais équipez-vous correctement de bonnes chaussures de marche et de vêtements à manches longues et en toile bien épaisse, emportez beaucoup d’eau et surtout assurez-vous qu’il fera beau toute la journée et que vous pourrez ainsi admirer les superbes panoramas. En effet, le but ne doit pas être d’arriver là-haut à tous prix pour voir à travers le brouillard des sites industriels d’entreprises du CAC 40. Dans ces conditions, vous aurez, je pense, perdu une journée. A titre informatif, je suis resté sur les chemins 6h40 arrêts inclus et galères comprises, j’ai parcouru 24,8 Kms pour un dénivelé de 722 mètres, c’est donc une randonnée plutôt difficile malgré l’avis contraire de Jacques Jolfre qui écrit dans son livre : « Difficulté aucune, mais randonnée assez longue » . A vous de juger ! Il y a aussi d’autres possibilités pour accéder à cette montagne de Tauch mais aucune à ma connaissance n’est à ce jour balisée ! Mais certains lobbies ne le veulent-ils pas ainsi ? Carte IGN 2447 OT Tuchan-Massif des Corbières Top 25.
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Séjour en Couserans oblige, j’avais, dans ce blog, délaissé les randonnées dans les Pyrénées-Orientales au profit de quelques belles balades en Ariège. Je rectifie donc le tir en vous offrant deux sommets pour le prix d’une seule randonnée avec ce magnifique mais court circuit au Puig Saint-Pierre (1.791 m) et au Puig de l’Estelle (1.782 m) à partir de Batère où plus précisément à partir du Col de la Descarga (1.393 m). Il est vrai que je n'ai pas choisi cet endroit innocemment car que je gardais de ce secteur et de quelques autres aussi, les souvenirs très récents d'un mémorable Tour du Vallespir en solitaire et en 6 jours réalisé tout juste un mois auparavant. Situé sur la commune de Corsavy, ce col de la Descarga a constitué le point de départ car il y est pratique de laisser son véhicule. Cette boucle d’une grande simplicité peut-être décomposée en 3 parties distinctes qu’il suffira de suivre à la lettre pour ne pas s’égarer et respecter le parcours expliqué ici. 1ere partie : Au départ du Col de la Descarga, continuez la route goudronnée qui passe devant le gîte d’étape. Vous êtes devant un très imposant bâtiment : c’est un des vestiges de ce qui reste de la plus importante mine de fer du Roussillon : celle de Batère. Vous aurez au cours de cette randonnée l’occasion de côtoyer où d’apercevoir bien d’autres preuves de cette exploitation minière considérable qui fût pendant très longtemps la richesse principale du Vallespir. Je précise que sur cette route, on est déjà sur le célèbre GR.10 et qu’il suffit de suivre le fameux balisage blanc et rouge jusqu’au col de la Cirère (1.731 m) pour rester dans le droit chemin. Ici à ce col, quand on quitte le GR.10 débute notre 2eme partie : Sans être compliqué, ce tronçon est des trois le moins facile non pas en terme de dénivelés car comme vous le constatez les Puigs Saint-Pierre et de l’Estelle ne sont respectivement plus hauts que de 60 et 47 mètres par rapport au col de Cirère, mais parce qu’il n’y a pas de balisage évident, où si peu (quelques cairns) qu’il n’est même pas utile de les évoquer.(quelques traces rouges trop irrégulières et trop imprécises pour que l'on en parle longuement ici). Au col de Cirère, quittez le GR.10 par la droite et prenez le chemin du milieu, le plus large, celui qui monte au sommet du mamelon que vous apercevez d’en bas et délaissez les autres à gauche et à droite qui ne sont que des passages d’animaux. Arrivés au sommet de cette butte, vous apercevez légèrement sur votre droite un gros cairn au sommet d’une autre croupe, il s’agit déjà du Puig Saint-Pierre. De ce pic, comme vous le constatez, la suite n’est qu’une succession de creux et de bosses débonnaires où déjà le Puig de l’Estelle domine le paysage devant vous. Il suffit de marcher dans ces agréables et vertes pelouses rases en restant de préférence sur le plus haut des crêtes afin de bénéficier des beaux paysages qui se dévoilent à 360° : derrière vous, le Pel de Ca (2.112m), le Cincreus (2.266m), le Galinasse (2.461 m) et le Canigou (2.784m), à votre gauche, le vallon de la Lentilla du côté de Valmanya et des vues plus lointaines vers la plaine du Roussillon, à votre droite une immense et belle portion du Vallespir. Que l’absence de balisage ne vous perturbe pas dans la contemplation de tous ces superbes panoramas car seul un brouillard très épais pourrait être très gênant et compliquer sérieusement le fil de cette savoureuse balade. Ces prairies étant le royaume des vaches, chevaux, chèvres et autres moutons, quand vous les traverserez, évitez de trop déranger ces animaux qui vivent en parfaite harmonie. Ici ils retrouvent leur liberté et un peu de leur instinct originel surtout quand ils viennent de vêler et ont encore leurs progénitures à s’occuper. Pour les éviter, écartez-vous ou zigzaguez s’il le faut à travers les quelques rochers qui parsèment l’itinéraire et que vous allez retrouver en plus grand nombre au pied du Puig de l’Estelle. Avec ses 60 mètres de déclivité du Collet de Pey jusqu’au pinacle, l’ascension du Puig n’est qu’une formalité et en plus, le point du vue est garanti comme les cartes IGN ne manque pas de le souligner. Par temps clair, une vue splendide et remarquable porte sur les Aspres à vos pieds, mais aussi sur tout le Roussillon jusqu’à la mer. Sans vous en doutez, vous êtes juchés au sommet d’un véritable morceau de gruyère, car le sous-sol de ce massif est truffé de galeries minières : il y avait celles de Batère bien sûr, mais aussi celles des Indis, des Roques Nègres, de La Pinouse, de Rapaloum et des Manerots. Poursuivez la crête qui file d’abord sud-est puis descend franchement à l’est. Vous marchez sur ce qu’on appelle le Canal del Boulet dont les sentes multiples réalisées par les animaux vous mènent quoiqu’il arrive à la Tour de Batère, à condition que vous restiez un peu sur les hauteurs. A la vieille tour à signaux, démarre notre 3eme et dernière partie : il s’agit de la large piste qui retourne au col de la Descarga. Comptez au gros maximum 4 heures de marche arrêt pique-nique inclus pour effectuer cette boucle d’une dizaine de kilomètres. Sur la 2eme partie qui n’est pas balisée, restez prudents par temps de brume ou de brouillard épais, rebroussez chemin si nécessaire et sachez qu’il existe aussi un chemin plus direct qui descend du Collet de Pey jusqu’à Batère parfaitement indiqué sur les cartes. Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.
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Cette balade que j'ai intitulée "Le Col de Nédé depuis Bencarrech" n'aurait jamais du exister. En vacances, il y a des matins où tout nous retient au lit. L’envie de rester au chaud sous la couette, un peu de lassitude, un bon bouquin, un temps que l’on trouve un peu maussade. Ce 3 septembre 2009, Dany et moi, nous réunissions tous ces critères, et dans nos têtes c’était réglé comme du papier à musique : aujourd’hui farniente et surtout pas de randonnée au programme du Couserans en particulier ou de l’Ariège plus globalement ! Perdus et perchés dans la grange isolée de Bencarrech que nous avions louée aux fins fonds du Biros, qui ou quoi aurait pu nous empêcher de déroger à ce désir de rester blottis au fond de notre lit. Quand j’y réfléchis même à posteriori, j’avoue que peu de choses auraient pu nous faire sortir de notre tanière et de notre léthargie pour partir marcher et ce d'autant que la météo que l'on pouvait apprécier par le fenêtre était grise, basse et donc peu engageante. Et pourtant l’imprévu arrive parfois et alors tous les plans que l’on a longuement échafaudés s’écroulent comme un banal château de cartes. Ce jour-là, l’inattendu est arrivé sous la forme d’un chien couché sur le paillasson alors que je m’apprêtais à prendre le petit déjeuner. Un chien si gentil et si joyeux qu’aussitôt on s’attendrit et qu’une seule idée nous vient à l’esprit : ramener ce chien perdu à ses maîtres ! Voilà comment ce jour là par la force des choses, nous sommes tombés du lit. Renseignements pris auprès de nos propriétaires, ce chien tout jeune et tout fou, un braque semble-t-il, s’appelle Vidocq, il vient du hameau tout proche de Bordes d’Espagne et le ramener à son maître ne devrait être qu’une simple formalité. Nous tombons nos pyjamas pour une tenue plus décontractée et comme le hameau de Bordes d’Espagne n’est pas très loin, nous décidons d’y aller à pied par un sentier balisé en jaune qui y descend directement. Une fois arrivé à proximité, on se dit que Vidocq n’aura qu’une seule obsession : partir en courant et retrouver sa niche ! Que nenni, aujourd’hui Vidocq a surtout envie de gambader et à coup sûr, il a su deviner qu’en notre qualité de randonneurs invétérés, nous serions les seuls à la ronde à pouvoir l’accompagner dans ses désirs ! Et comme il est très têtu et que rien ne peut le faire varier, voilà comment une simple démarche pour le ramener à sa niche s’est transformée en une longue marche inopinée. De surcroît comme Vidocq n’est pas un animal à vous suivre comme « un petit chien », le plus souvent, c’est lui qui nous précède et nous qui le suivons. C’est ainsi que de Bordes d’Espagne, on se retrouve à l’entrée du Playras où nous tombons sur le panneau indiquant cette randonnée au Col de Nédé, que par ailleurs on nous avait vivement conseillé de faire. Alors pourquoi ne pas y aller puisque Vidocq a le désir fou de batifoler ; nous le ramènerons quand il sera fatigué ! Voilà nous sommes partis pour quelques kilomètres, une bonne dizaine plus précisément et comme le chien semble heureux, nous le sommes aussi. Parfaitement balisée en jaune et rouge car nous sommes sur le Tour du Biros, la route forestière du Bois de Bouscas est agréable, et malgré un temps détestable, les panoramas sur la vallée du Lez et les villages d’Antras et de Sentein sont plutôt jolis. Très vite, nous arrivons au Col de Blazy où l’oeil porte sur l’autre versant de la montagne, celui du vallon de l’Isard que nous avons longuement arpenté pour aller à l’étang d’Araing et dont nous avons d’ici une vue plus aérienne. Plus nous approchons du col de Nédé et plus les décors s’entrouvrent malgré un plafond nuageux qui lui s’affaisse au fil du temps qui passe. La vision est plus que bouchée en arrivant au col ; dommage, car on nous a dit beaucoup de bien de ce col de Nédé où parait-il les paysages sont magnifiques sur une grande partie du Castillonnais. Vidocq semble enchanté de cette longue balade mais nous le sommes moins quand il disparaît pour fureter, en bon chien de chasse qu’il est, quelques bosquets ou quelques terriers. La truffe toujours en éveil, il part à la recherche de gibiers incertains mais heureusement il réapparaît dès que nous l’appelons. Serait-il devenu obéissant ? Sur le chemin du retour, au col de Blazy, nous bifurquons vers les hameaux de Bordenave et du Playras par un sentier qui descend au milieu des vertes fougères et des bruyères roses. Vidocq se régale à s’éclipser dans ces grands espaces qu’il affectionne tant. Pays des vieilles granges dont certaines ont été rénovées avec goût, ce petit bout du Biros mérite vraiment qu’on s’y attarde. Si le cœur vous en dit, vous pourrez également pousser jusqu’au Pic de Nédé (1.637m) les panoramas y sont parait-il encore plus majestueux. Mais pour effectuer cette randonnée expliquée comptez 2 à 3 heure au maximum sauf si vous vous mettez à cueillir les myrtilles et les mûres qui foisonnent en septembre. Après cette sortie improvisée au Col de Nédé, Dany et moi sommes partis nous recoucher et Vidocq a retrouvé le paillasson de notre grange. Ce n’est que bien plus tard et sous un faible rayon de lune blanchissant la nuit du Couserans qu’il est sans doute rentré chez lui. Le lendemain, en tout cas, il n’était plus là, mais à travers les photos de cette jolie excursion improvisée au col de Nédé, nous garderons toujours en mémoire le souvenir de ce chien très câlin et ô combien attachant ! Carte IGN 1947OT Aspet-Pic de Maubermé Top 25.
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Après la longue randonnée plutôt difficile à l’étang d’Araing que j’ai décrite dans ce blog, voilà une autre excursion à effectuer dans le Couserans, cette fois très facile et donc accessible à tous. Je qualifierai cet aller-retour au "Cirque de la Plagne" (à ne pas confondre avec la Plagne dans les Alpes) de balade familiale. Le départ se fait du village d’Eylie ou plutôt du Bocard d’Eylie où subsistent de nombreux vestiges de l’usine et des bâtiments chargés d’exploiter les minerais extraits de cette montagne du Biros. Et dieu sait s’il y en avait des mines, essentiellement de plomb argentifère et de zinc ! Ici, il y avait principalement celle de Bentaillou accessible en 3 heures de marche et celle du Mail du Bulard (2.750 m) que l’on a appelé le Macchu Picchu, en référence à la merveilleuse cité Inca, car c’était la mine la plus haute d’Europe. Le minerai était concassé, trié et traité au hameau d'Eylie, dont l’usine est devenue le Bocard d'Eylie. Ce lieu a été nommé ainsi car Bocard était l’inventeur d’une machine qui servait à pilonner le minerai pour le concasser mû par la force hydraulique. Au départ, après avoir enjambé un large pont de bois, vous remarquez un grand panneau « Sentier du Port d’Urets », une pancarte indiquant que vous êtes dans la forêt domaniale de la Plagne et une large piste qui part vers la droite. Pas de doute, vous êtes sur le bon chemin et au bout de quelques mètres, cette piste coupe le célèbre GR.10. Ne vous préoccupez pas du GR.10 qui file vers le col de l’Arech et des traces blanches et rouges. Poursuivez la piste balisée en jaune et parallèle à un gros tuyau métallique et au torrent. Il s’agit du Lez qui prend sa source au Pic de Maubermé (2.880 m). Ce magnifique sommet, vous allez pouvoir le contempler au dessus du cirque de la Plagne dès que vous aurez franchi un nouveau petit pont. Jusqu’ici enchâssé dans un défilé plutôt étroit, le chemin désormais rectiligne file dans un décor plus spacieux où déjà le fond du cirque de la Plagne apparaît grandiose car surplombé de pics impressionnants. Sur votre gauche, d’autres ruines et un petit terril, signes que l’exploitation minière était très importante. Quand on observe tous ces décombres, on ne peut s’empêcher de penser à toutes ces femmes et à tous ces hommes qui ont travaillé ici. Leur travail devait être particulièrement pénible mais œuvrer dans un si beau site devait leur apporter un peu de joie et de réconfort. Aujourd’hui, devant ce spectacle contrasté de désolation et de beauté, on aimerait gommer toutes ces cicatrices, nettoyer toutes ces plaies pour rendre le paysage encore plus admirable. Mais ces stigmates font partie du patrimoine ariégeois et sont les preuves formelles de l’Histoire de toute une région. Alors laissons faire le temps et la nature et les pages de ce livre d’histoire se refermeront d’elles mêmes. Quand la piste amorce un virage à droite, continuez tout droit, traversez les prés en direction d’une cabane visible et dirigez vous vers le fond du cirque. Vous êtes alors dominé et ceinturé par toute une chaîne de hauts sommets hérissés : Maubermé (2.880m), Tartereau (2.639m), Serre-Haute (2.713m), etc.…. Par temps clair, ce qui n’était pas trop le cas pour nous, le cirque avec ses trois cascades est superbe. Vous pourrez y pique-niquer au milieu des chevaux en liberté et dans un cadre divin où seul résonnent le gazouillis des hirondelles qui nichent dans les falaises et le murmure des cascades et du torrent. D’ailleurs, quand vous redescendrez, observez bien, même le bruit du torrent a disparu. D’ailleurs à y regarder de plus près, c’est le ruisseau tout entier qui s’est volatilisé ! En effet, en été, le Lez a cette particularité d’avoir sur quelques centaines de mètres un lit souterrain. L’eau qui tombe des cascades s’écoule un peu dans le vallon, disparaît dans son lit souterrain pour réapparaître un peu plus bas. Ce phénomène est bien sûr variable selon le débit du torrent. Comptez environ deux à trois heures pour effectuer l’aller-retour, c'est-à-dire environ 8 kilomètres en flânant de l’usine où vous aurez laisser votre véhicule jusqu’au fond du cirque. Mais comme je vous l’ai dit, cette balade est simple et plutôt facile alors le temps à y consacrer a peu d’importance et ne sera fonction que de votre humeur du moment. Carte IGN 1947OT Aspet-Pic de Maubermé Top 25.
. Ce diaporama est agrémenté de 2 musiques jouées par le remarquable musicien américain Keith Jarrett et son quartet européen composé du norvégien Jan Garbarek (saxophone), du suédois Palle Danielsson (contrebasse) et du norvégien Jon Christensen (batterie). Elles ont pour titre : "My Song" puis en solo au piano le célèbre "Over The Rainbow" (version incomplète).
Si vous ne connaissez pas le Couserans, cette splendide région de l’Ariège, je vous invite à en découvrir une infime mais magnifique partie à travers cette balade au superbe "Etang d’Araing et à la jolie chapelle de l’Isard". Cette longue randonnée qui vous occupera une grosse journée ne présente aucune difficulté si ce n’est la distance à parcourir (environ 23 Kms depuis Bencarrech d’où nous sommes partis et où nous avions loué une magnifique grange aménagée en habitation tout confort) et bien sûr le dénivelé de plus de 1.100 mètres qu’il vous faudra gravir pour atteindre l’étang puis le refuge Jacques Husson (1.965m) où une boisson fraîche bienvenue vous sera sympathiquement servie. A part ça, le départ le plus simple avec un kilométrage sensiblement identique à celui cité plus haut, est celui qui se trouve au parking Anglade (820 m), environ un kilomètre avant le hameau de Frechendech situé peu après le village de Sentein dans la Vallée de Biros. Au parking, les indications sont claires et il suffit de les suivre pour atteindre d’abord le sentier du Tour du Biros (boucle réalisable en 4 à 5 jours) puis, quelques heures plus tard, l’étang d’Araing. Le chemin qui suit longuement le torrent Isard est parfaitement balisé en jaune et rouge jusqu’au barrage de l’étang d’Araing. Tout en montant, vous découvrirez les magnifiques bois de la Côte et du Pruech où vous aurez peut-être la chance d’apercevoir sangliers, isards, cerfs et autres chevreuils qui peuplent cette belle forêt domaniale. Peu après, la fontaine Escudié, vous arriverez à la passerelle des Piches (1.105 m) qui mène à la Chapelle de l’Isard. Ne l’enjambez pas pour l’instant et gardez la visite de cette remarquable et étrange chapelle pour le retour. Continuez tout droit et au sortir de la forêt, juste avant d’arriver à la cabane d’Illau, vous remarquerez un deuxième panonceau indiquant à nouveau la chapelle. C’est cette direction là qu’il vous faudra suivre au retour. Après avoir quitté définitivement les bois, vous foulerez d’abord les pelouses d’altitude autour de la cabane d’Illau où des chevaux de Mérens et quelques ânes gambadent en toute liberté, puis la sente caillouteuse sur une déclivité qui s’accentue brusquement. Par grand beau temps, les panoramas sur la vallée de l’Isard et les pics alentours (Calabasse, Paumaude, Pièlè de Mil, Crabère, l’Har, etc.…) sont extraordinaires. Et malgré la rude montée qui se manifeste, ce qu’il y a de bien, c’est que plus vous monterez et plus vous prendrez de plaisir à observer tous ces beaux paysages. Tout en montant, vous aurez en ligne de mire, le saillant pic de Crabère (2.629 m). Et même s’il se rapproche à grands pas, n’ayez crainte, sauf à vouloir pousser encore plus loin et exagérément cette balade, vous n’aurez pas à y monter aujourd’hui (conseillé sur 2 jours avec couchage au refuge) car l’étang d’Araing que vous ne tardez pas à atteindre se situe juste en dessous. Grand barrage exploitée depuis 1942 par l’EDF, cette retenue est le paradis des courageux pêcheurs qui y montent pour tenter d’attraper les belles truites fario et arc-en-ciel, les superbes saumons de fontaine, les rares ombles chevaliers ou autres gros cristivomers qui hantent le fond de ces eaux d’un joli vert bleu « caraïbe ». Comme moi, vous serez peut-être tenté après 4h30 de marche sous le cagnard, non pas d’y pêcher mais de vous y jeter. Ce jour là, l’eau était fraîche mais prenable mais faites néanmoins attention à ne pas avoir une hydrocution car les températures peuvent être très variables. Outre les pêcheurs, l’étang est aussi très connu des randonneurs qui parcourent le célèbre GR.10 car nombre d’entre eux s’arrêtent au refuge Jacques Husson. Le retour se fait par la même sente jusqu’au panneau indiquant la chapelle de l’Isard. Outre la chapelle, ce petit détour vous permettra de pénétrer dans le cadre enchanteur mais fragile de la réserve biologique des « Tourbières de la vallée de l’Isard ». Beaucoup de mythes, de légendes et d’histoires vraies autour de cette insolite chapelle dédié à Notre-Dame des Neiges dont l’origine n’est pas réellement connue mais qui suscite un engouement incontestable comme le démontre le pèlerinage organisé chaque année début août. Au fil des ans, les pèlerins à s’y rendre sont de plus en plus nombreux. Je vous laisse découvrir tout cela en détails sur la Dépêche. Après la chapelle, la suite de cette randonnée n’est qu’une formalité car le chemin redescend jusqu’à la passerelle des Piches où vous retrouvez le sentier du Tour du Biros qui va vous ramener à votre lieu de départ. Carte IGN 1947OT Aspet-Pic de Maubermé Top 25.
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Le Pays de Sault est une région magnifique pour tous les amoureux de nature et de grands espaces. Terre de nombreux contrastes, avec ses hauts sommets (Bentaillole 1.965 m et Ourtiset 1.933 m déjà décrits dans ce blog) ou sa moyenne montagne, ses prairies et ses pâturages, ses torrents et ses ruisseaux, ses gorges, ravins, grottes et défilés, ses splendides forêts domaniales, ses beaux villages et son riche patrimoine historique, tout le monde y trouvera son compte. Les randonneurs bien sûr trouveront à leur disposition de nombreux chemins balisés avec par exemple : le Sentier Cathare, le Chemin des Bonshommes, le GR7 et bien sûr le Tour du Pays de Sault. Tous ces chemins traversent ce remarquable pays sur plusieurs jours, mais ils en existent des plus abordables comme celui que je vous présente aujourd’hui au départ de la belle cité de Belcaire et qui s’intitule « Boucle de la forêt de la Plaine ». Praticable à pied ou en VTT à la bonne saison, il faudra sans doute chausser les skis de fond ou les raquettes pour le réaliser au plus fort de l’hiver. Ce circuit emprunte presque essentiellement de larges pistes forestières sur un peu plus de 18 kilomètres avec un dénivelé de 380 mètres. Il est donc à la portée de tous les sportifs et d’un grand nombre de non sportifs que la distance de 18 kilomètres ne rebute pas. En empruntant ces pistes, vous partirez à la découverte d’une exceptionnelle forêt composée pour l’essentiel de grands sapins (photo) mais aussi de quelques autres essences que je vous laisserai le soin de découvrir en marchant. Epais à souhait, tous ces bois qui composent la belle forêt sont pour un grand nombre d’animaux (mammifères, oiseaux, insectes, papillons, etc.…) le nid écologique parfait ! Au cours de cet itinéraire, peut-être aurez-vous la chance d’observer des spécimens de cette faune aussi nombreuse que disparate. Le départ se fait donc de Belcaire considéré comme la capitale du Pays de Sault. Juste à l’entrée du village en venant de Quillan, il y a un petit parc ombragé où se trouve une très belle fontaine et le monument aux morts. De là, il faut remonter vers le village en empruntant la D.613 presque jusqu’à sa sortie où un panneau indique un centre de vacances. Prenez cette ruelle qui s’intitule « chemin du Bois de Ferrière » jusqu’à une sente qui monte sur la droite et où se trouvent quelques panonceaux : « Chemin de Traouc », « Forêt de la Plaine - Col de Traouc ». Ce raidillon parfaitement balisé en jaune grimpe au dessus de quelques très beaux chalets, domine rapidement le joli village et sa splendide base nautique. Au retour de notre randonnée, si vous avez bien chaud et si vous avez pensé à prendre un maillot de bain, vous pourrez toujours aller « piquer une tête » rafraîchissante dans les eaux turquoises de ce beau petit lac. Pour l’instant, vous atteignez rapidement le col de Traouc (1.075 m) où il faut prendre immédiatement à droite au panonceau marqué « raccourci ». Attention de ne pas vous laissez entraîner à gauche sur le chemin le plus logique balisé en jaune également! Vous rentrez instantanément dans une sombre forêt d’immenses sapins où le chemin redescend et retrouve assez vite la clarté et une piste terreuse. Vous poursuivez jusqu’à la prochaine jonction de pistes et vous tournez à gauche vers le col de Lancise et le refuge des Artigous. A partir de ce carrefour, le col de Lancise est à 4,5 kilomètres environ et une fois le col franchit, vous reviendrez aux Artigous en accomplissant une longue boucle à la distance sensiblement équivalente. Vous repassez devant le refuge et retrouvez le carrefour et la piste prise à l’aller que vous allez poursuivre à gauche cette fois vers le col de Perrucel. A ce col, la piste quitte enfin les sous-bois et s’ouvre sur des paysages plus vastes composés de magnifiques combes et de pâturages verdoyants et fleuris. Encore plus spacieux, les panoramas sur l’immense plateau de Sault se dévoilent quand on retrouve le bitume et la route qui redescend vers Belcaire. Si vous avez encore un peu de courage, n’hésitez pas à partir découvrir le village, ses jolies ruelles, son imposante église avec son beau retable du 17eme siècle (si l’église est ouverte !) et tout en haut en dessous d’un immense croix d’acier, les ruines de son château « Bellicadum dont est issu le nom Belcaire qui signifie « château de guerre ». Depuis 1252, Bellicadum qui dominait la plaine, était le siège de l'administration royale du Pays de Sault. Le fortin, avec son architecture militaire, résista longtemps aux incursions espagnoles avant d'être incendié par les Huguenots. Comptez environ 4 à 5 heures pour refermer cette grande boucle qui a la forme d’un « 8 » biscornu. Carte IGN 2148 ET Ax-les-Thermes, 2247 OT Lavelanet-Montségur, 2248 ET Axat-Quérigut-Gorges de l’Aude Top 25.
Ce diaporama est agrémenté de 2 musiques jouées par le guitariste Biréli Lagrène. Elles ont pour titre : "Je suis seul ce soir" et "Lime House Blues". Elles sont extraites de son album "Gypsy Project" auquel ont participé les musiciens suivants : Richard Galliano (accordéon), Holzmano Lagrène et Hono Winterstein (guitares), Florin Niculescu (violon) et Diego Imbert (contrebasse).
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A cause de son panorama exceptionnel, de sa flore et sa faune, de la diversité de ses paysages et de ses splendides forêts, monter au Pic de la Souque a toujours été pour moi un vrai bonheur. Autour de ce pic, je connais pratiquement tous les chemins, toutes les pistes et si j’y suis allé des dizaines de fois, ce n’est jamais tout seul car je ne sais pas pourquoi, ce plaisir, j’ai toujours eu envie de le partager ! J’y suis souvent monté pour randonner, mais quelquefois, à cette simple joie de marcher en forêt s’ajoutait la jubilation de trouver quelques gros cèpes sans vraiment les chercher. Parfois j’y monte uniquement pour cueillir des framboises, des myrtilles, des fraises des bois ou des mûres sauvages qui poussent à profusion sur les pentes de ce modeste sommet. Attention quand je dis modeste, je ne dis pas facile mais je précise seulement sa hauteur qui est de 1.635 mètres. Il vrai qu’il est tellement dominé sur son flanc nord par la longue et haute chaîne du massif du Canigou qu’il peut paraître ridicule au regard de tous ses sommets voisins qui eux culminent à plus de 2.000 mètres d’altitude : Pel de Ca (2.112 m), Gallinasse (2.461 m), Roc Nègre (2.714 m), Très Vents (2.731 m) Roja (2.724 m), Bassibes (2.637 m), Sept Hommes (2.651 m). Pourtant la boucle que je vous propose ici avec un départ depuis le joli hameau de Leca (901 m) n’est pas une simple sinécure : 1.540 mètres de montées sur plus de 15 kilomètres à parcourir. De quoi se dégourdir les jambes et passer une bonne journée en plein air à courir la montagne. Leca, se trouve après Corsavy, direction Batère. A Leca, il faut traverser le village et laisser sa voiture sur le pré servant de parking. Là, il faut se diriger vers le torrent Riuferrer tout proche, que l’on traverse sur un petit pont métallique et on entre d’emblée dans un agréable sous-bois. Ce fougueux ruisseau, grâce à un balisage jaune bien présent, on va le remonter sur à peu près 2 kilomètres et s’en éloigner progressivement jusqu’à un panonceau jaune indiquant « l’Estagnol ». Alors que l’on amorce une épingle à cheveux à 90° dans ce qui était un joli bois d’épicéas, malheureusement massacré depuis par la tempête Klaus, trois kilomètres plus loin et plus haut, l’Estagnol est un magnifique col herbeux entouré de sombres pins à crochets qu’il va falloir atteindre en suivant le ravin de Cortal. Dans cette longue grimpette, les hauts sommets cités plus haut se dévoilent. Paradis des troupeaux, le col de l’Estagnol est un point de vue remarquable sur le Vallespir et la Vallée du Tech. Sur la droite, un chemin permet d'atteindre la Cabane de la Devese de Vallbonne mais aujourd'hui, nous la garderons pour une autre sortie. Toujours à droite aussi, les GRP Tour du Vallespir et du Canigou sont des invitations à des voyages autrement plus difficiles car à faire en plusieurs jours. D’ici, le dôme du Pic de la Souque qui apparaît telle une énorme pyramide rocheuse et boisée, semble encore bien loin (photo). Mais ce n’est qu’une impression car la large piste terreuse que l’on va descendre à gauche va nous y emmener en un rien de temps. Mais attention, 800 mètres après le Pla de Rodes, petit pré herbeux et croisée de chemins, il faut quitter la piste au bénéfice d’une étroite sente qui file à gauche. Mais pas de panique, il faut simplement être attentif car depuis peu un panonceau indiquant clairement « La Souque » a été cloué sur un petit pin. La sente parfaitement balisée de marques jaunes se faufile d’abord au milieu des prés puis dans un couloir de gros rochers granitiques aux formes insolites. Après un dernier herbage, l’inclinaison déjà rude se fait soudain plus sévère. Nous sommes au pied de la Souque qu’il va falloir gravir dans un décor très rocailleux sur une centaine de mètres. Voilà, un dernier petit effort et encore quelques gros blocs à contourner, nous y sommes ! Gros monticule herbeux, la Souque n’est pas plane comme on pourrait le penser de loin. Avec ses quelques mamelons successifs, le pic ressemble plutôt à une petite « montagne russe ». Mais la Souque est aussi un merveilleux strapontin à 360° dont il est difficile de décrire les scènes. De la mer aux Pyrénées, c’est tout un pan du Roussillon qui apparaît. D’ailleurs, pour marquer leurs passages et montrer que le lieu est exceptionnel, de nombreux randonneurs n’ont-ils pas accrochés des offrandes à un étrange petit pin qui trône là, seul, au milieu du pré ? Rubans colorés, breloques, poèmes et objets divers transforment le petit arbre « zen » et solitaire en un insolite sapin de Noël improvisé. Préservez ce symbole et marquez vous aussi votre venue en ce lieu unique en accrochant votre « gri-gri » à cet arbre des souvenirs ! Au bout du plateau, après l’antenne, la sente continue et descend très abruptement dans la forêt. Pour mon itinéraire, il faut suivre le balisage jaune désormais très présent (ça n’a pas toujours été le cas !) jusqu’à couper un large chemin très herbeux qui file vers la gauche. Poursuivez ce chemin dans les bois pour arriver au croisement de plusieurs pistes au Creu de Leca. Ignorez la première qui part à gauche, coupez tout droit puis de suite à gauche une piste encore herbeuse ou bien partez à droite en suivant la piste c’est pareil. Les deux vont vous amener sans difficulté au Pla de Coma, autre carrefour de nombreuses pistes. Là, il faut prendre la piste la plus basse à gauche où trône un panneau « Route forestière du Bac de Leca ». Poursuivez cette piste sur deux kilomètres puis quittez là toujours par la gauche en prenant un raccourci balisé en jaune et parfois marqué d’un cairn (ne le ratez pas car depuis la tempête Klaus ce n’est pas évident) qui va vous ramener à Leca par la Source Louis Noguère. Le village et votre véhicule sont là de l’autre côté du Riuferrer. Ce très beau circuit est balisé au 4/5eme, il n'en demeure pas moins qu'il est indispensable de savoir lire une carte IGN et d’avoir le sens de l’orientation. Je conseille enfin de bonnes chaussures de marche, la carte IGN appropriée voire un GPS. Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top.25.
. Ce diaporama est agrémenté de la chanson "Là-bas" interprétée par son auteur Jean-Jacques Goldman accompagné de la chanteuse franco-srilankaise Sirima.
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Quand il m'a fallu écrire le récit de cette randonnée que j'ai intitulée « Notre-Dame de Coral par le col de Malrems depuis Lamanère », je me suis retrouvé plongé dans des pensées bien antérieures à la création de mon blog. En effet, j'avais pas mal randonné dans ce secteur mais ce circuit-là, qui nous avait été proposé par un ami de mon club, je ne le connaissais pas. Depuis le col de Malrems, j'avais marché tout au long de la Baga de la Bordellat mais dans notre beau département des Pyrénées-Orientales, quand on rapproche les mots « Lamanère » et « randonnée », inévitablement on pense surtout aux « Tours de Cabrens ». En effet, cette balade aux trois célèbres tours à signaux avec départ de Lamanère est de loin la plus connue des catalans. J’aurai donc l’occasion d’y revenir pour vous la présenter dans ce blog mais comme le village est aussi le départ d’un grand nombre d’autres randonnées (il y passe le Tour du Vallespir notamment effectué en 2009), aujourd’hui je vous emmène à l’ermitage Notre-Dame de Coral par le col de Malrems, dont selon les historiens la première pierre aurait été édifiée en 811 pour construire un simple oratoire voire une minuscule chapelle ! Depuis la chapelle a été agrandie et mérite vraiment d’être visitée, d’autant qu’elle s’inscrit dans un cadre enchanteur et dépaysant. Lors de cette jolie randonnée et comme s’il ne suffisait pas que Lamanère soit la localité la plus méridionale de l’hexagone (Eh oui !), nous allons partir encore un peu plus au sud, vers le Col de Malrems, sur la crête frontalière avec l’Espagne que nous chevaucherons sur quelques kilomètres. Pour rejoindre le point de départ, il faut d’abord traverser Lamanère (mot dérivé de La Menera, en français La Mine) et laisser sa voiture sur le parking qui fait face au village juste après l’aire de pique-nique. On continue une partie de la route bitumée à pied, on enjambe le pont où coule la rivière Lamanère et l’on retrouve une piste avec des panneaux signalétiques où est parfaitement indiqué le Col de Malrems. Attention, il faut partir bien à gauche vers le col et non pas à droite même si un panneau est déjà là pour vous indiquer Notre-Dame de Coral ! Ce n’est pas bien grave mais vous feriez seulement ma randonnée dans le sens contraire de celui indiqué ! Mais comme le chantait si bien Nino Ferrer partons plutôt vers le Sud. Mais ici, même si comme le dit la chanson « Le temps dure longtemps, et la vie sûrement, plus d'un million d'années, etc… » cela ne ressemble ni à la Louisiane ni à l’Italie (hum et encore !) mais c’est jolie tout de même ! En effet, la marche s’effectue dans une végétation luxuriante. D’abord dans une forêt de feuillus aux verts tendres où prédominent les châtaigniers, les hêtres et les chênes mais où cohabitent aussi de nombreuses autres essences. Puis la pente s’accentue et ce sont les buis luisants et les sombres conifères qui prennent le relais au fil de la grimpette. Rapidement on aperçoit les contreforts boisés de la Baga de Bordellat sur la gauche et devant et tout en haut, la jolie courbe ondulée du col de Malrems. Parfois, le sentier taille sa voie dans d’étranges roches dont le rouge tranche avec le vert omniprésent de cette splendide flore. Mais en arrivant au col, c’est toujours le vert qui prédomine avec une magnifique prairie qui apparaît au sortir de la forêt. De cette crête frontière (borne 521), de splendides paysages se dévoilent sur les deux versants espagnol et français. De là, on distingue parfaitement les tours de Cabrens. Au col, il faut prendre à droite une petite sente, pas évidente à voir dans les hautes herbes mais que l’on suit aisément grâce à un balisage parfois jaune puis rouge et bleu assez présent. Cette sente au bon dénivelé suit plus ou moins la frontière passant d’un pays à l’autre au gré de ses méandres. Malgré les bons raidillons qui se succèdent, les arrêts sur les beaux panoramas d’Espagne sont si fréquents qu’ils permettent aisément d’oublier tous les efforts consentis. Le sentier finit par atteindre une clôture et un enclos où paissent quelques vaches à la bonne saison. On enjambe la clôture que l’on va longer sur son côté droit dans une longue montée jusqu’au Pla de la Barraca. De cette haute butte, les paysages sont très beaux, tant du côté espagnol que du côté français avec notamment des vues superbes sur une grande partie du Haut-Vallespir mais aussi sur le Massif du Canigou. Puis on amorce une descente vers la Collade de Bernadeille (borne 520) où l’on retrouve une piste qui file à droite. Cette piste se dirige vers les hameaux miniatures de Case d’Amont et de Cal Poubill. Avant la ferme de Cal Poubill, on aperçoit en contrebas l’ermitage de Notre-Dame de Coral que l’on atteint aisément par la piste que l’on peut raccourcir en coupant à travers prés. Coral viendrait peut-être de Corail comme la couleur rouge des pierres que j’ai évoqué un plus haut dans mon récit. Transformé en gîte, le lieu est accueillant et respire la sérénité et le bien-être. Dommage qu’après cette brève visite, il faille déjà repartir. Le chemin qui passe ici et qui part à gauche de la chapelle est celui du Tour du Vallespir. Il file vers Lamanère que l’on atteint après une heure de marche. Prévoyez de partir pour la journée avec le pique-nique et de bonnes chaussures de randos ! Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top.25.
Comme le dit le site Internet de la mairie : Sainte-Colombe de la Commanderie est le « balcon des Aspres ». Un minuscule balcon certes mais que l’on peut agrandir à sa guise en partant marcher, par exemple, vers les splendides villages que sont Castelnou et Camélas. Alors, sur ces chemins lourdement chargés d’Histoire, suivez le guide ! De la préhistoire, à cause de nombreux dolmens aux alentours, en passant par l’antiquité, époque où ligures, celtes et romains occupèrent cette région, c’est surtout pendant le Moyen-âge et même un peu plus tard, que ces trois villages connurent leurs apogée. En effet, l’instauration du système féodal engendra la construction de nombreux châteaux et son déclin, celle de nombreuses églises. Certains bâtiments disparurent au fil des guerres et des siècles mais d’autres plus solides ou superbement restaurés résistèrent à l’Histoire et au temps comme le magnifique château de Castelnou. Mais comme cette modeste rubrique n’est pas conçue pour dresser un inventaire des édifices militaires ou religieux, je vous laisserai le soin de découvrir quelques-uns de ces trésors au cours de cette belle randonnée. Le départ s’effectue du très beau hameau de Sainte-Colombe de la Commanderie sur la Carrer del Canigo. La rue traverse le village que l’on quitte très rapidement par une large piste en terre qui monte dans le Causse en contournant le Serrat del Pou. Eh oui, il n’y a pas que dans le Massif Central qu’il y a des causses, il y a aussi un causse en Roussillon ! Et comme le mot « causse » signifie « plateau calcaire », il est inutile que je vous dise qu’à cet endroit la marche s’effectue dans un décor aride et plutôt dépouillé ! D’ailleurs du calcaire il y en a tellement ici que les hommes ont décidés d’en extraire un peu. En effet, après une longue ligne droite pas vraiment ombragée, on arrive à une immense carrière à ciel ouvert que l’on va longer sur un kilomètre environ. On quitte la carrière pour un chemin caillouteux qui s’élève dans une vaste garrigue rase et chétive. Plus on s’élève plus le terme « balcon » prend son sens. Les panoramas déjà entraperçus au départ s’élargissent et la vue porte de tous côtés : Au loin et sur la droite, les Corbières et la Méditerranée, plus près, la Plaine du Roussillon et Perpignan, derrière nous, la longue chaîne des Albères, sur le côté gauche, les Aspres bien sûr, le Canigou resplendissant et enfin devant nous le Madres et les prémices de nos belles Pyrénées enneigées. On arrive très vite au Roc de Majorque (443 m) où l’on peut observer des vestiges, paraît-il d’un camp romain. A lui seul, ce roc peut justifier cette balade tant le panorama sur Castelnou est unique ! Mais bon, puisque le village fortifié est à nos pieds autant y descendre ! La pente qui rejoint le plus promptement Castelnou est très raide mais on peut aussi choisir la route bitumée puis la D.48. Au même titre que Mosset, Eus, Villefranche de Conflent et Evol, Castelnou est classé parmi les plus beaux villages de France. Alors autant partir à sa découverte ! Puis, si vous voulez prolonger vos pérégrinations, Camélas est là tout proche. Devant l’entrée principale de Castelnou, il suffit de descendre par une étroite sente balisée en jaune. Elle passe sous la belle église Sainte-Marie de Mercadal, enjambe le ruisseau Font de Paris et rejoint une large piste sableuse qui file directement à Camélas. Par sa beauté et sa richesse architecturale historique, Camélas mériterait aussi d’être classé car il y a beaucoup de jolies choses à voir dans la cité et tout autour. Mais pas d’inquiétude, j’aurai certainement l’occasion d’y revenir pour d’autres randonnées. Après un bon pique-nique à Camélas, il est temps de penser au retour. Alors pourquoi ne pas prendre des chemins différents ? Ici les « chemins de traverses » ne manquent pas et ils nous raménent sans grande difficulté à la Commanderie de Sainte-Colombe, le regard posé sur d’autres paysages. Mais après cette longue boucle de 23 kilomètres qui a rempli toute notre journée, est-ce la fatigue mais j’ai fait un rêve ? : « J’avais devant moi un groupe de chevaliers, de Templiers, de commandeurs quoi ! Et vous savez ce qu’ils faisaient ? Ils me passaient commande ! Quoi de plus normal me direz-vous pour des commandeurs ! Mais ils me commandaient une randonnée comme on commande une pizza et je ne savais pas que faire ». Voilà, elle est désormais livrée !!! Carte IGN 2448 OT Thuir Ille-sur-Têt Top 25.
Avec cette randonnée que j'ai intitulée "L'Etang de Laurenti et le Roc Blanc", une fois n’est pas coutume, j’ai délaissé mes départements de prédilection de randonnées que sont les Pyrénées-Orientales et l’Aude pour partir marcher juste un peu plus loin en Ariège et plus spécialement dans le Donezan. Je conseille vivement la découverte de ce petit mais superbe territoire des Pyrénées tant les paysages sont extraordinaires. De plus, cette randonnée en deux parties s’adresse au plus grand nombre. Et quand je dis au plus grand nombre, croyez-moi ce n’est pas exagéré ! En effet, cet aller-retour est aussi bien fait pour de simples flâneurs, en tous cas pour ceux qui, nonchalamment, se contenteront d’aller à l’étang de Laurenti que pour des excursionnistes plus chevronnés et non sujets au vertige qui eux se lanceront dans la courte mais sévère ascension du Roc Blanc (2.542m). Le départ pédestre s’effectue à partir du refuge forestier du Laurenti qu’il faut atteindre en empruntant une longue piste forestière qui démarre sur la D.16 entre le village de Quérigut et le hameau Le Pla. Au démarrage, un large sentier caillouteux grimpe dans la magnifique forêt de Bragues, absolument merveilleuse en automne grâce à sa variété de couleurs. Le chemin suit de manière parallèle l’impétueux torrent Boutadiol et se rétrécie à l’approche du lac. Le splendide étang de Laurenti n’est qu’à 3 kilomètres du refuge mais avec 430 mètres de montées, il faut, même d’un bon pas, presque une heure pour l’atteindre. Mais sous un ciel d’azur, quel spectacle ! Dans ce cirque majestueux entouré de forêts et hérissé de hautes crêtes rocheuses, le lac est un véritable miroir dont la surface hésite entre plusieurs tons de bleus allant du saphir profond au bleu nuit en passant par un fascinant bleu acier. Bordé de hauts et sombres sapins et de vertes tourbières, les abords ombragés sont des lieux propices à un royal pique-nique et à une impériale sieste ! Profitez bien de la sieste mais n’abusez pas trop des bonnes choses car si vous avez réservé l’après-midi pour faire l’ascension du Roc Blanc, croyez-moi ce n’est pas qu’une partie de plaisir. Pour tout dire, avec à partir du lac, 700 mètres de dénivelé pour une distance à parcourir de 3.300 mètres environ, le Roc Blanc se mérite. Comme je le dis plus haut, ce tronçon, essentiellement rocailleux, est réservé aux marcheurs les plus aguerris, qui n’ont pas peur du vide et qui ont le pied sûr. Certaines portions qu’il faut escalader en s’aidant de ses mains nécessitent une bonne maîtrise de soi. Vous pourrez marcher jusqu’au pied du Roc Blanc mais ne vous aventurez pas dans cette ascension, si vous n’avez les dispositions et les qualités requises. Pour ceux qui comme moi (mais j’étais limite au niveau du vertige à certains endroits) arriverons au sommet, c’est au-delà de la performance sportive, un pur bonheur ! La vue sur le lac est grandiose mais celle à 180° sur toute la chaîne pyrénéenne est vraiment magistrale ! Attention la descente avec quelques raidillons en éboulis et pierriers est aussi difficile que la montée. Alors restez prudent et vigilant ! Lancez-vous dans l’ascension du Roc Blanc essentiellement si le beau temps est présent et bien installé pour plusieurs heures. Depuis le lac, j’ai mis deux heures pour parvenir au sommet, et après une pause d’une demi-heure au pinacle encore une heure et demi pour redescendre jusqu’à l’étang. Mais ces chiffres ne doivent en aucun cas servir de références ! En effet, sur un parcours aussi escarpé et avec un tel dénivelé, aucun individu n’appréhende les difficultés de la même manière et les rythmes d’escalade sont donc automatiquement différents. Si le grand beau temps est là, alors je vous conseille de consacrer une journée entière à cette magnifique découverte que sont le lac de Laurenti et le Roc Blanc. D’en bas comme d’en haut, vous verrez, vous prendrez du plaisir ! De bonnes chaussures de marche sont très recommandées. Carte IGN 2448 ET Axat-Quérigut-Gorges de l’Aude et 2249 ET Font-Romeu-Capcir.
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Si au travers de ce reportage, j'ai voulu faire un condensé de plusieurs balades réalisées dans ce secteur, c'est parce qu'il y a ici entre Aude et Pyrénées-Orientales énormément de jolies choses à voir et bien sûr de nombreux sentiers pour y parvenir et les contempler. Et si je l'ai intitulé "Le Pech d'Auroux et les Gorges de Galamus", c'est parce que ces deux lieux représentent les éléments essentiels de cette pierre angulaire. Ce sont les clous du spectacle ! Et de surcroît, ils sont intégrés à une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). Alors bien évidemment, si les sentiers sont indispensables, ici on a presque l'embarras du choix : Tour du Fenouillèdes, Sentier Cathare mais aussi le GR.36 et de nombreux chemins de petites randonnées ou chemins de pays (PR) le plus souvent bien entretenus sont à disposition. Pour grimper au Pech d’Auroux (940m) puis découvrir les fabuleuses Gorges de Galamus que je vous propose dans ce descriptif, on ne déroge donc pas à cette règle car il y a de nombreux sentiers pour y parvenir. Bien sûr, le circuit que je vous propose (en noir sur ma carte) est le plus long mais il permet de tout apprécier sur une seule journée. Mais comme il existe bien d’autres possibilités, on peut aller au Pech d’Auroux sans visiter les Gorges de Galamus et vice-versa ! Sur ma carte, j’ai donc volontairement dessiné plusieurs tracés offrant ainsi une large palette de randonnées avec des variantes plus ou moins longues : le tracé bleu permet de revenir à la voiture après avoir escalader le Pech d’Auroux sans aller voir les gorges mais pris dans le sens inverse, il permet de surplomber les Gorges de Galamus et de partir à leur rencontre en évitant l’ascension du Pech d’Auroux. Quand au tracé en rouge, il permet une descente plus rapide vers les gorges (mais aussi plus scabreuse) que celle qui va vers le Moulin de Cubières. De toute manière, vous pourrez revenir randonner plusieurs fois sur ce site et quelque soit la saison, je suis prêt à vous garantir de belles découvertes panoramiques, floristiques, faunistiques et géologiques ! Pour le parcours principal, à Saint-Paul-de-Fenouillet prendre la D.7 en direction des gorges sur un peu moins de 3 kilomètres pour parvenir à un large virage où un chemin file à droite. A gauche de la route, des panonceaux indiquent qu’on est à la fois sur le GR.36, le Tour du Fenouillèdes et le Sentier Cathare. D’ailleurs, dès le départ, un grand panneau de bois balisé de marques blanches et rouges indique clairement la direction de « Peyrepertuse », fameuse forteresse cathare. Après avoir laissé sur votre droite la carcasse d’une voiture bleue au fond d’un fossé et sur votre gauche une petite vigne, la sente s’élève immédiatement dans une végétation typiquement méridionale. Au bout d’un quart heure, vous atteignez le col de Corbasse (419m) où les vues sont splendides sur la Vallée de l’Agly, Saint-Paul de Fenouillet et la Massif du Canigou. Excepté dans le sous-bois qui le précède, vous aurez peu d’ombre sur les 3,5 kilomètres et les 340 mètres de dénivelé qui mène au Pla de Brézou (665 m). Aussi quand vous l’aurez atteint, vous en apprécierez la fraîcheur et la sérénité qui s’en dégage. Traversez-le dans sa longueur pour aller découvrir les beaux paysages vers la vallée du Verdouble et Peyrepertuse. En effet, c’est de cette extrémité où paissent souvent quelques vaches paisibles, qu’il vous faudra repartir en sens inverse et suivre une sente qui file à droite du pla (panneau avec variante du GR, balisage rose également). Profitez aussi de cette belle prairie entourée de petits bois ombragés pour vous reposer et éventuellement vous restaurer un peu. Vous risquez d’en avoir besoin car si le « Pla de Brézou » se termine, un autre plat vous attend, un plat de résistance qui s’appelle le Pech d’Auroux (940 m) et que vous avez certainement remarqué sur votre droite en arrivant. Un grand dôme triangulaire boisé dominé d’une haute paroi rocheuse (photo). Pour y parvenir, la sente va rapidement se transformer en un court mais très escarpé raidillon de 275 mètres de dénivelé, où pour se hisser, vos mains seront parfois aussi utiles que vos pieds ! Le Pech d’Auroux est un merveilleux mirador à 360 degrés sur une grande partie des Pyrénées Catalanes et Ariégeoises, du Fenouillèdes et des Corbières. La suite est une longue descente avec souvent le Pech de Bugarach et les crêtes des hautes falaises de Galamus en ligne de mire. Tout cela jusqu’à une croisée de deux chemins : d’un côté la D.7 à 45 minutes (tracé en bleu), de l’autre Cubières et Galamus (tracé principal en noir). En prenant, cette dernière option, la sente se remet un peu à monter, redescend et rencontre une nouvelle intersection au Col das Souls. D’un côté et à gauche, la « descente rapide » vers les gorges (le tracé rouge sur ma carte) par une forte pente pas toujours évidente et se transformant en véritable toboggan après les pluies et tout droit « Cubières par le moulin », descente plus facile car plus praticable mais sur laquelle un peu plus bas il ne faut pas se laisser entraîner vers un large chemin qui file à droite. Dans les deux cas, vous partez découvrir les remarquables Gorges de Galamus. Sinueuses à l’excès, elles empruntent le limpide cours de l’Agly, sont dominées par la D.7, périlleuse ici car bordée d’un bas parapet, pas trop impressionnantes au début, elles se creusent au fur et à mesure puis se transforment en un véritable canyon quant on approche du séculaire ermitage Saint-Antoine. On accède à ce véritable nid d’aigle accroché à la paroi rocheuse et construit dans une grotte par un mince boyau creusé dans la roche. Ici les gorges deviennent abyssales et finissent par devenir si étroites et si profondes que le lit écumeux de l’Agly reste le plus souvent invisible. Paradis des canyonneurs ou des randonneurs en eau vive selon le débit de la rivière, les gorges sont très fréquentées à la bonne saison. Classé monument historique en 1927, l’ermitage mérite une ample visite, gratuite de surcroît. Le sentier le traverse et retrouve un peu plus loin son parking et la D.7. Encore un dernier petit effort, votre véhicule n’est plus très loin ! Pour cette boucle longue d’environ 19 kilomètres, comptez 6 à 7 heures de marche. Chaussez-vous convenablement et par une chaude journée, emportez beaucoup d’eau ! Carte IGN 2447 OT Tuchan Top 25.
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Avant d’emprunter ce "Sentier de découverte des 5 sens" et de les mettre en éveil ; vos cinq sens ; il vous faudra impérativement en avoir un sixième, celui d’avoir le « bon sens » d’acheter le petit guide intitulé « Mosset-Sentier forestier des cinq sens » réalisé par l’Office National des Forêts (voir sa couverture à la fin de ce récit). Pour cela, il vous en coûtera 3 euros auprès de la Tour des Parfums à Mosset mais sans cette brochure vous marcherez certes dans la très belle forêt de Mosset mais sans comprendre en aucune manière la signification des douze bornes qui jalonnent le chemin. Les cinq sens (vue, odorat, ouïe, goût, toucher) seront d’autant mieux sollicités que le beau temps sera de la partie. C’est pour cette raison que je conseille fortement de faire cette courte mais superbe balade du printemps à l’automne mais dans tous les cas et de préférence sous un soleil radieux et un ciel d'azur. Par grand beau temps, les paysages sont toujours plus colorés, la forêt est magnifiquement verte, odorante à souhait, délicieusement sonore du gazouillis des oiseaux, du bourdonnement des insectes ou du ruissellement des « correcs ». A la bonne saison, vos doigts rougiront sous l’agréable cueillette des fraises et des framboises sauvages, des mûres ou bien des myrtilles. Le soir en rentrant à la maison, vos omelettes n’attendront pas bien longtemps les cèpes, morilles et autres lactaires qui poussent dans cette épaisse forêt. Comme je vous l’ai dit cette randonnée est plutôt courte et en 2 où 3 heures au maximum vous aurez accompli le sentier d’interprétation. C’est la raison pour laquelle, j’ai agrémenté le circuit initial d’une longue course vers la métairie de Cobazet(*) (photo) et le col de Tour à la fois pour les sublimes perspectives à découvrir mais aussi pour mieux remplir une journée et rendre cette sortie plus sportive. Ma boucle présente donc l’avantage d’inscrire, sans que cela soit une obligation, le « Sentier de découverte des cinq sens » dans un itinéraire où la connaissance de la forêt de Mosset sera plus complète et plus grandiose, car on monte dans d’autres étages et de ce fait les panoramas se font bien plus nombreux de toutes parts ! Au départ, vous aurez le choix entre laisser votre voiture au bord de la D.14 qui va de Mosset au col de Jau ou bien emprunter sur 2 kilomètres la piste jusqu’au parking du « Sentier de découverte des cinq sens ». De toute façon, au départ et sur la gauche de la D.14 un grand panneau vert indique clairement la direction à suivre. Si vous décidez de marcher, vous coupez un premier torrent le riu de Las Bottes puis un deuxième qui n’est autre que la Castellane, rivière fondatrice au fil des siècles de cette merveilleuse vallée. Plus haut, au parking, la borne N°1 est déjà là et un petit panneau « vers N°2 » indique la marche à suivre. Après le premier virage, le sentier monte à droite dans la forêt en longeant le fougueux correc de Canrec. En poursuivant, vous rencontrez les autres bornes 2 et 3. Puis vous basculez sur l’autre rive que vous redescendez pour tomber sur les bornes 4 et 5. Le sentier continue de descendre vers le parking mais juste avant d'y arriver un panneau « sentier de découverte » vous incite à monter vers la gauche. Ici deux solutions sont possibles selon que vous aurez opté pour le « Sentier de découverte des cinq sens » uniquement ou pour ma longue course. Si vous choisissez le sentier, il suffit de suivre le panneau indicateur. Mais si vous préférez mon itinéraire, vous redescendez au parking et reprenez une deuxième fois la piste vers la borne N°2. Cette piste qui file vers l’est, vous ne la quitterez plus jusqu’à la ferme de Cobazet (Covaset sur les cartes). Ignorez tous les autres chemins, toutes les autres pistes. De toute façon, quelques panneaux « Domaine de Cobazet » signalent parfaitement la direction. Cobazet est une grande et magnifique combe verdoyante au pied du pic de Tour (del Torn) entourée d’une très belle et sombre forêt de résineux. Sur la droite du chemin, une imposante bâtisse domine la verte prairie. C'est la métairie. Le cadre est somptueux et par temps clair on voit jusqu’à la Méditerranée. (Si son Histoire vous intéresse, rendez-vous à la fin de ce récit car vous y trouverez un lien) Passez devant la ferme et continuez le large chemin qui monte puis tourne à droite vers les ruines qui datent de l’époque où l’on exploitait la carrière de talc de Callau. Vous êtes sur le Tour du Coronat (voir mon site perso : http://pagesperso-orange.fr/gilbert.jullien/DES_MERVEILLES5.htm) dont je garde d'inoubliables souvenirs pour l'avoir parcouru en 2007. Vous arrivez au col de Tour (del Torn) par un chemin tout en balcon sur la prodigieuse forêt, sur la verte vallée de la Castellane et les plus hauts sommets environnants (Serra d’Escales, Dourmidou, Madres). Au col de Tour, il faut prendre la première piste à main droite (si vous continuez tout droit vers Nohèdes ou Urbanya, 100 mètres plus loin, un très beau panorama sur le Canigou se dévoile). La piste à prendre (1.539 m) va vers Callau et son illustre refuge. Mais vous n’aurez pas besoin d’aller jusqu’à Callau car quant vous couperez à nouveau le torrent Canrec qui inonde la piste, il vous faudra enjamber le ruisseau, poursuivre la piste sur une trentaine de mètres puis la quitter pour un chemin qui descend à droite dans la forêt. Attention car au niveau de la piste, ce chemin n’est pas bien visible, il faut descendre, sauter une clôture et l'on y tombe dessus. En descendant, cette large sente en sous-bois, vous arrivez sans difficulté à la borne N°5 et c’est ainsi que vous pourrez terminer le « Sentier de découverte des cinq sens » jusqu’à la borne N°12. Cette borne 12 se trouve sur la piste qui vous ramènera sans problème à votre véhicule. La boucle complète est longue de 21 kilomètres pour une dénivelé de 380 mètres mais avec 2.062 m de montées en cumulé. Comptez 6 heures pour l’accomplir. Cartes IGN 2249 ET Font-Romeu Capcir et 2348 ET Prades Saint-Paul de Fenouillet Top 25.
Livret à se procurer au préalable.
3 euros à la Tour des Parfums de Mosset.
(*) Si l'histoire du Domaine de Cobazet vous intéresse, cliquez ici.