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Le Pech dels Escarabatets (1.342 m) depuis Fenouillet (500 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques du compositeur japonais Joe Hisaishi et elles ont pour titre "Kiki's Delivery Service", "The Wind Rises" et "Il Porco Rosso", musiques créées pour des films d'animation du studio Ghibli dont les titres en français sont : "Kiki la petite sorcière", "Le vent se lève" et "Le Cochon rouge". Ici, les musiques ont été extraites d'un concert à Paris en 2017 et Joe Hisaishi dirigeait l'Orchestre et le Choeur Lamoureux

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Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Si allier une très longue balade en forêt à un authentique effort physique ne vous rebute pas, cette randonnée au Pech dels Escarabatets est faite pour vous.  Le Pech dels Escarabatets est avec ses 1.342 mètres d’altitude le sommet le plus élevé de la forêt de Boucheville, et de ce fait, il est légèrement plus haut que la Sarrat Naout (1.310 m), plus haut sommet des Fenouillèdes que nous avions découvert l’an dernier. Si les deux sommets se trouvent dans cette ancienne forêt royale, le  Pech dels Escarabatets, lui, n’est déjà plus, ni dans les Pyrénées-Orientales, ni dans le Pays Fenouillèdes mais dans le Canton d’Axat et donc dans l’Aude. Vous noterez également qu’il dépasse de 112 mètres son célèbre voisin, le mystique Pech de Bugarach, décrit comme étant le plus haut sommet des Corbières, qui lui ne culmine qu’à 1.230 mètres d’altitude. Le Pech dels Escarabatets est donc un peu à part, car situé entre la chaîne des Corbières et celle des Pyrénées, sur la ligne même de la frontière entre l’Aude et les Pyrénées-Orientales. Vu de loin, il représente le pinacle d’une montagne massive et calcaire intitulée le Roc Long, roc dominant quelques hameaux très pittoresques comme Puilaurens, Lapradelle, Gincla et Salvezines où l’on exploite diverses carrières de feldspath, d’albite et de bien d’autres minerais. Bien évidemment, m’intéressant à la toponymie du nom de lieux, j’ai voulu savoir ce que signifiait le mot « Escarabatets » et qu’elle en était l’origine et là surprise, en cherchant, je ne l’ai pas trouvé tel quel dans la langue occitane, comme on aurait pu le supposer, mais dans un vieux dictionnaire catalan de 1839 intitulé « Diccionari Catalá-Castellá-Llatí-Frances-Italiá, Volume 1 » imprimé à Barcelone par Joseph Torner. On y apprend très clairement qu’un « escarabatet » est un « petit scarabée »  mais qu’il est surtout le diminutif du mot « escarabat » signifiant « scarabée ». Alors bien sûr, en effectuant des recherches sur le mot catalan  « escarabat », on peut trouver selon les dictionnaires des traductions quelque peu différentes comme les mots « scarabée », « hanneton », « cafard », « blatte », « lucane cerf-volant » ou enfin plus globalement « coléoptère ». En vieux français, le mot « escarbot » a la même origine et quand on sait qu’il est donné à un coléoptère vivant essentiellement dans le fumier, on imagine sans mal qu’il s’agit de cet insecte qu’on appelle plus communément « bousier » ou parfois « fouille-merde » et plus rarement « hister ». Cet animal dont il existe d’innombrables espèces, on le trouve bien évidemment en grand nombre dans les zones de pâturage riches en excréments d’animaux comme c’est le cas ici tout autour du massif du Roc Long. Enfin, traduit en français, le Pech dels Escarabatets devient presque naturellement le Pech des Carabatets et là, on est bien obligé de penser à la « Carabe », cet autre petit coléoptère doré (Carabus auratus). On peut donc imaginer que c’est dans cette direction de l’Escarbot ou du Carabe doré qu’il faut chercher l’origine du nom donné à ce pech. Enfin, quelques recherches dans la langue d’oc m’ont permis d’apprendre que le « scarabée occitan » pouvait s’écrire indifféremment « escaravat » ou « escarabat ». Ouf ! L’honneur occitan est sauf ! J’ai démarré cette balade depuis le village de Fenouillet (P.O) et plus précisément du lieu-dit la Coume où j’ai laissé ma voiture. Si vous avez déjà réalisé la balade de mon blog que j’ai intitulé le « Pech de Fraissinet », sachez qu’il s’agit d’une balade quasi-similaire car les deux sommets sont très proches l’un de l’autre. Néanmoins, pour rendre celle d’aujourd’hui un peu plus originale, je l’ai gratifiée de deux différences significatives : primo, j’ai effectué celle-ci en sens inverse et secundo, j’ai complètement délaissé le Pech de Fraissinet pour me concentrer uniquement sur le Pech dels Escarabatets qui, sur une journée, se suffit à lui-même. Bien évidemment, je précise que ce n’est que par choix personnel que j’ai effectué cette randonnée dans ce sens mais que s’agissant d’une boucle rien n’interdit de la faire dans l’autre. Alors que Météo France m’avait prédit un temps ensoleillé, c’est sous un ciel très plombé que j’ai démarré du lieu-dit la Coume, direction Aigues-Bonnes. Ici, j’ai emprunté la piste DFCI N°F28 qui, au départ, n’est ici ni plus ni moins que le Sentier Cathare, balisé en jaune et bleu. Ce Sentier Cathare, dès la côte 535, on le délaisse très vite au profit d’une autre piste qui s’élève sur la gauche. On est toujours sur la piste DFCI N°F28. Tout en grimpant, je peste contre Météo France qui m’avait annoncé du soleil dès ce matin. Je ronchonne contre ce ciel bas et grisâtre bouchant toutes les vues lointaines. Heureusement, les panoramas lointains ne sont pas légion depuis cette piste qui désormais monte en lacets. En contrebas, j’aperçois seulement le verdoyant vallon d’Aigues-Bonnes, habituellement si merveilleux mais aujourd’hui bien triste et sans relief, voilé qu’il est d’une légère brume opaque. Un point positif néanmoins : il ne pleut pas !  Par bonheur, au fur et à mesure que je m’élève dans cette magnifique forêt domaniale de Boucheville, le plafond nuageux monte avec moi. Quand vers 11h30, je m’arrête pour manger un en-cas sur l’aire de pique-nique d’un refuge métallique, j’aperçois mes premiers coins de ciel bleu, promesses d’un temps idéal que j’ai tant espéré depuis mon départ. D’ailleurs, quelques rayons de soleil faisant leur apparition,  les nombreux petits oiseaux de la forêt qui étaient restés silencieux jusqu’à présent, se mettent soudain à entamer un incroyable concert de gazouillis divers et variés. J’en profite pour en photographier quelques uns, mais comme toujours très difficilement. A l’approche du col de Fraissinet (1.111 m), mes espoirs vont peu à peu se concrétiser pour finalement se transformer en réalité. Sous un ciel incroyablement bleu et pur, je m’avance dans la dernière ligne droite montant vers le Pech dels Escarabatets. Ce matin, cette belle météo était si inespérée que je m’arrête à chaque instant pour contempler, observer et photographier toutes ses vues extraordinaires qui commencent à s’entrouvrir : les Corbières, le Pech de Bugarach, Caudiès-de-Fenouillèdes, la vallée de la Boulzane, le merveilleux vallon d’Aigues-Bonnes. Mais sur ce chemin désormais plus caillouteux qui grimpe bien hardiment vers le pech, le plus beau reste à venir. Dans la montée, l’itinéraire se sépare en deux. Tout droit, un étroit sentier excessivement caillouteux semble se poursuivre plus haut dans un bois de conifères en se faufilant entre de petits bosquets. A gauche, un chemin plus large continue en balcon sur l’autre versant du massif et je choisis cette option. Quelques mètres plus loin et droit devant, une lucarne s’ouvre effectivement entre les arbres sur une belle montagne enneigée : Le Massif du Madres me semble-t-il. Puis, la lucarne devient fenêtre pour se muer en une vaste corniche où des panoramas à couper le souffle éclatent littéralement. Au loin, presque derrière moi, une étendue presque sans limite où les Pyrénées-Orientales finissent par se perdre dans les grisailles que j’ai connues ce matin. A mes pieds, le Pech de Fraissinet et l’immensité de la magnifique forêt de Boucheville où trône le Sarrat Naout. Au dessus, l’inévitable et majestueux seigneur Canigou superbement couronné d’argent. Puis, tout autour, c’est une longue ronde de sommets plus ou moins bleutés ou enneigés se perdant dans un horizon presque infini : Mont Coronat, Madres, Dourmidou, Pech Pedré, Montagne de la Crabixa, forêts de Resclause et d’En Malo, Pic d’Estable, Pyrénées Audoises et Ariégeoises et j’en oublie en route. Finalement, la piste se termine soudain sur un incroyable abîme. Je suis au bord même des hautes falaises du Roc Long et le Pech dels Escarabatets se profile à droite et encore bien au dessus de moi, à 400 ou 500 mètres de distance selon une rapide estimation. Ici, un bon dénivelé reste à gravir mais il n’y a plus de sentier et seulement quelques rochers plus ou moins plats à franchir, plantés de ci delà de quelques rares buissons rabougris et d’une végétation très rase. Par bonheur, ces rochers plats et cette végétation plutôt basse sont assez facile à cheminer, ce qui n’empêche aucunement d’avancer avec la vigilance indispensable et conseillée sur un tel terrain. La fin, à travers une végétation plus dense faite essentiellement de petits buis et de quelques pins est plus compliquée mais une fois le sommet atteint, toutes les difficultés sont très rapidement oubliées. Selon l’I.G.N, le sommet à 1.342 mètres serait matérialisé par une borne que je n’ai pas trouvée mais grâce à mon GPS, j’ai repéré l’altitude maximale non loin d’une pancarte effacée par le temps et enfouie dans les buis. Pour le reste, la crête sommitale est composée d’un plateau fait de petits dos d’âne où éboulis, pelouses et conifères se partagent l’espace. Bien évidemment, comme sur tout sommet de ce type, avec à-pics et falaises très abruptes, la plus grande prudence reste de mise.  Les vues ne sont pas à 360 degrés barrées qu’elles sont vers le nord et l’est par une rangée de hauts résineux mais néanmoins de nouveaux panoramas se font jour en sus de ceux déjà aperçus plus bas : vers le Pays de Sault, la Haute Vallée de l’Aude et les Corbières occidentales mais les visions les plus surprenantes sont ces incroyables vues aériennes sur les petits villages alentours :  Gincla tout en longueur avec ses maisons de chaque côté de la route, Salvezines et le Caunil et leurs surprenantes carrières en espaliers, Puilaurens et son joli château fort crénelé. Après ces jolies visions plongeantes, deux grands rapaces tournoyant dans le ciel, sont venus occupés l’espace opposé pendant quelques minutes. Des aigles sans doute. Après leur départ, j’ai, comme souvent en pareil cas, regardé longuement dans mes jumelles les coins de balades déjà accomplies comme le Sarrat Naout, le  Plat d’Estable, le pic Dourmidou ou le Madres par exemple, et ceux pouvant faire l’objet d’une randonnée prochaine. Je me fis la réflexion qu’il y avait encore tant de sentiers à parcourir et certainement de bien jolies choses à découvrir. Malgré cette agréable perspective, j’ai eu l’amère impression que l’heure que j’avais passée là-haut avait filée très vite et quand j’ai entamé l’itinéraire du retour, je l’ai presque fait à regrets. Pourtant, la randonnée était loin d’être terminée et pour rejoindre la Coume, quelques kilomètres restaient à parcourir. Pour redescendre vers le col de Fraissinet, j'ai repris cette fois, l’autre chemin, celui que je n’avais pas pris pour monter au pech. De ce fait, de nouvelles vues se dévoilèrent vers le nord, le Pech de Bugarach et les Corbières.  A partir du col et en prenant le petit sentier tout en descente vers le col de Tulla (932 m) tout devint routine car je connaissais par cœur la suite du parcours. Dans le bois, quelques oiseaux jouèrent à cache-cache avec le téléobjectif de mon appareil photo. Au col de Tulla, en empruntant le GRP Tour du Fenouillèdes, descendant vers Fenouillet, la routine se changea en agréables souvenirs de ce tour que j’avais accompli avec mon fils en septembre 2011. Pourtant tout était bien différent, la saison n’était pas la même et la végétation et la flore encore moins. Au gîte de Tulla, un chat noir très câlin prit la place du joli petit cabri que j’avais caressé, au même endroit, il y a un peu plus de deux ans maintenant. Avril 2013 ne pouvait pas ressembler à septembre 2011 mais malgré ça, j’arrivais à revivre cette portion d’étape du Tour du Fenouillèdes que nous avions accomplie de Sournia à Caudiès. Dans cette descente, je fis cependant une petite pause pour finir tout ce qui restait de comestible au fond de mon sac à dos. Allongé au soleil, je fis la pige à quelques beaux et placides lézards somnolant sur les roches chaudes.  En définitive, plongé dans mes rêveries ou très occupé avec mon numérique, je ne vis pas passer cette descente vers Fenouillet et ce fut tant mieux. En arrivant aux Bordes, trois petits chiens de berger vinrent me faire des fêtes et me sortirent définitivement de ma léthargie. Mais ce n’était pas bien grave car ma voiture était là à quelques mètres seulement. Mais au moment de la rejoindre, le plus ahurissant fut cette image d’un coléoptère au casque cendré plus clair que le reste du corps qui était noir. Il montait contre la façade d’une maison et j’eus tout le temps de le photographier. J’avais marché presque 8 heures sans avoir vu aucun « escarabatet » ni aucun « escarabat » ni aucun « escarbot » et ô surprise, le seul que je rencontrais, était là, à 50 mètres de la ligne de départ. En cherchant sur Internet, j’appris qu’il s’agissait d’un Capnode (Capnodis tenebrionis), insecte très nuisible car ravageur de l’arboriculture méditerranéenne. Telle qu’expliquée ici, cette randonnée est longue de 18 kilomètres environ. La Coume étant à 500 mètres d’altitude et le Pech dels Escarabatets à 1.342 mètres, le dénivelé est de 842 mètres. Les montées cumulées comme les descentes sont longues de 1.700 mètres environ, ce qui en fait une randonnée plutôt difficile où l’équipement du parfait randonneur s’avère indispensable. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul de Fenouillet Top 25.

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Bingo, j'ai ma retraite !

Publié le par gibirando


Bingo, j’ai ma retraite ! Voilà ce que Dany s’est écriée quand, il y a 3 mois, elle a reçu une lettre de l’Assurance Vieillesse (CARSAT) lui confirmant qu’elle allait percevoir sa retraite à taux plein pour raison médicale et ce, malgré une insuffisance certaine du nombre de trimestres cotisés et admis.

Autant le dire, si elle n’a jamais remis en cause le plaisir et le fait de voir sa polyarthrite chronique (*) enfin reconnue et prise en charge par les médecins conseils de la Sécurité Sociale au titre d’une inaptitude au travail, sa joie a été de courte durée quant à la retraite en question. En effet, quelques jours plus tard, la lettre de calcul de sa retraite arriva et sa joie se transforma soudain en une vraie désillusion.  Le montant annoncé par la CARSAT était de 40,50 euros net par mois ! Enfin, cette désillusion se mua en une authentique « soupe à la grimace » quand il y a quelques jours une nouvelle lettre à l’entête de l’ARRCO arriva : « 86,48 euros » lui annonçait-on pour sa retraite complémentaire et ….par trimestre !

Bon pour être complet et fair-play, la CARSAT lui attribua en sus au moment du premier versement, une majoration du minimum contributif de 156,49 euros par mois soit un net total de 196,99 euros. Ne me demandez pas de quoi il s’agit et comment ça se calcule, je ne me suis pas encore penché sur le sujet.

Il est vrai que pour avoir travaillé de 1967 à 2007 soit 40 ans même si c’est le plus souvent à temps partiel,  le total ainsi obtenu de 225,82 euros par mois tout compris, il faut bien reconnaître que ça fait peu !

Il faut dire aussi qu’en analysant sa carrière, Dany a tout cumulé et quand je parle de cumul, il faut entendre une accumulation d’inconvénients, de désavantages, de désagréments, d’oublis, d’anomalies, d’erreurs plus ou moins voulues parfois, d’obstacles, de malversations enfin tout ce qui vient vous foutre une retraite en l’air, jugez plutôt !

Pourtant, tout avait bien commencé. En 1967, quand elle commence à bosser comme apprentie dans une supérette, elle n’a  que 15 ans et elle vient d’obtenir son certificat d’études très facilement. Malgré son goût pour les études et d’excellentes notes, son père lui demande d’arrêter l’école et d’aller travailler pour subvenir aux besoins du foyer. En 1968, on se rencontre et pendant que je poursuis mes études, elle travaille déjà à plein temps dans divers commerces et cela jusqu’à la fin de l’année 1972, année où l’on se marie en février et arrive au monde notre premier enfant Jérôme au mois de décembre. Inconvénient sur cette période de 1967 à 1972, elle ne cotisera jamais à aucune retraite complémentaire car à cette époque, les employeurs n’ont pas d’obligation à ce titre. De 1973 à 1975, elle reste au foyer pour élever Jérôme.  Puis en 1976, elle reprend une activité d’assistance maternelle à temps partiel jusqu’en 1977, année qui voit l’arrivée de notre fille Carole au mois d’octobre. Là, elle décide de combiner l’éducation des enfants, son travail d’assistante maternelle à temps partiel et une formation d’animatrice de gymnastique. Elle continue donc son travail de gardienne agrée jusqu’en 1982, année où ayant obtenu tous les diplômes requis, elle commence à entreprendre un travail d’animatrice de gymnastique pour divers clubs et associations. En sa qualité d’assistance maternelle travaillant pour des communes, elle a  toutefois cotisé à l’IRCANTEC (Urssaf des fonctionnaires) de 1976 à 1982 mais toujours pas à le retraite complémentaire. A ce jour, l’IRCANTEC n’a toujours rien versé mais selon les infos reçues, on se dirigerait vers une seule liquidation en raison de la modicité de la retraite à percevoir (300 euros environ pour les 7 années travaillées). De 1982 à la mi-année 1986, elle travaille donc à temps partiel (payée à l’heure de cours) pour divers clubs et associations de gymnastique volontaire avec cette fois, le gros désavantage que ces derniers ne sont tenus à aucun établissement de bulletins de salaires, à aucun versement de cotisations ni auprès de l’URSSAF pour le retraite vieillesse ni auprès d’une quelconque caisse de retraite complémentaire. Aujourd’hui, on appellerait ça du travail au noir. Notez que nous sommes déjà en 1986, que Dany travaille depuis 1967 soit depuis presque 20 ans et qu’elle n’a toujours pas engrangé le moindre point de retraite complémentaire.

A partir de mi-1986, les associations, pour lesquelles Dany travaille, ont obligation d’établir des bulletins de salaires, elles ont obligation de cotiser à l’Urssaf pour la maladie et la retraite (sic), aux ASSEDIC pour le droit au chômage (sic) et également à la retraite complémentaire (mais ça nous le saurons que bien trop tard et la prescription sera passée par là !). Il va en être ainsi jusque dans les années 2000 où sa polyarthrite chronique va contraindre Dany à réduire son activité pour finalement être dans l’obligation d’arrêter de travailler fin 2007 à cause de ses douleurs articulaires qui, très souvent, n’étaient plus supportables et compatibles avec son travail d’instructrice de gymnastique. Ici, tout un chacun pourrait penser qu’elle va avoir droit à des indemnités journalières de maladie ayant cotisé à ce titre à l’URSSAF ou bien qu’elle va pouvoir prétendre à des allocations de chômage, ayant également cotisé aux Assedic et bien non : « RIEN », « NOTHING », « QUE DALLE », « NADA », « MACACHE », « NIET », « NIB ». Vous n’avez pas assez cotisé ou vos heures travaillées sont insuffisantes lui dit-on. Une seule solution lui est proposée : « Vous avez le droit de vous inscrire comme demandeuse d’emploi ». C'est-à-dire que vous ne pouvez plus exercer votre emploi pour raison de maladie et je dirais même d’handicap (handicap reconnu aujourd’hui !) mais la seule solution que l’on vous propose c’est de continuer à travailler si vous voulez gagner un peu d’argent ! Sidérant non ? Enfin, sidérant quand on sait ce que certains tire-au-cul perçoivent pour de prétendues « longues maladies » depuis des années. Qui n’a pas dans sa famille ce type de personnages paresseux et profiteurs du système ?  Nous, nous en avons !

 

Evidemment, tout cela n’est pas bien grave car moi, en cette année 2007, je travaille encore et mon salaire suffit amplement à nos besoins du moment.

Nous sommes en 2007, je pars en retraite en mai 2008 avec environ 60% de mes revenus, alors que faire ? Demander pour Dany un départ anticipé pour raison médicale ? Pas possible, nous réponds-t-on à la CRAM (désormais CARSAT), il faut attendre que vous ayez 60 ans et 9 mois, c'est-à-dire mars 2013. Mais peut-on d’ores et déjà reconstituer une carrière qui va s’avérer compliquée ? Non, on verra ça quelques mois avant l’échéance, c’est « largement » suffisant  nous dit-on à l’époque.

C’est fait, nous y sommes et le rendez-vous est pris avec la CRAM pour début novembre 2012 et il est temps de se mettre à la reconstitution de la carrière de Dany car le dernier document reçu de cet organisme listant les éléments qu’ils ont déjà enregistrés est bourré de « trous ». Le mot « trou » est un doux euphémisme au regard de ce que je vais découvrir.  Je fais le forcing pour être à l’heure le jour venu car outre d’innombrables erreurs, ce n’est pas moins de 480 bulletins de salaires qui sont manquants et je m’empresse d’en faire des photocopies à la fois pour la CARSAT mais également pour le Groupe Mornay, gestionnaire unique des caisses de retraites complémentaires. Ce n’est plus une reconstitution de carrière, c’est un vrai « gruyère » tant il y a de trous, des absences, des oublis, des anomalies, des erreurs auxquelles il faut ajouter de bien belles surprises. En effet, que constatons- nous ?

 

-         De nombreuses associations ont fait cotiser Dany à l’Urssaf et aux caisses de retraites mais n’ont jamais reversé le moindre centime de cotisations à ces organismes ! A voir  nous dit-on en novembre 2012 ! Nous sommes en juin 2013 et nous n’avons toujours rien vu !

-         D’autres associations ont prélevés des cotisations à Dany mais ne l’ont jamais déclarée et de ce fait, elles n’ont jamais rien versé ni à l’URSSAF ni à aucune caisse de retraite complémentaire car il semble qu’elles ne se soient jamais déclarées elles-mêmes auprès de ces organismes malgré les obligations qu’elles avaient de le faire ? A voir  nous dit-on en novembre 2012 ! Nous sommes en juin 2013 et nous n’avons toujours rien vu !

-         D’autres associations, au fil des changements de leur bureau, ont retenues et versées leurs cotisations mais parfois que partiellement. A voir….et ainsi de suite….

-         D’autres ont cotisé à l’Urssaf mais à aucune caisse de retraites complémentaires. Là c’est tout vu car il y aurait prescription, prescription qu’il n’y aurait pas eu en 2007 nous dit-on quand Dany a arrêté de bosser mais rappelez-vous, on nous avait demandé d’attendre pour reconstituer sa carrière ! Bel imbroglio dont on constate les inconvénients aujourd’hui !

-         D’autres n’ont pas cotisé sur la bonne base parfois pour l’URSSAF, parfois pour les caisses de retraites, parfois pour les deux. Là, ce qui est fait et fait et impossible de revenir en arrière nous dit-on !

-         Enfin et c’est là, sans doute le plus important des désavantages, c’est que toutes ces associations n’avaient pas l’obligation de cotiser à l’URSSAF Vieillesse et maladie sur le salaire brut comme le font la plupart des employeurs pour leurs salariés mais sur une base forfaitaire qui était 4 ou 5 fois moindre. Exemple : le salaire de Dany était par exemple de 400 francs pour le mois et bien l’employeur cotisait sur une base horaire forfaitaire qui ramenée au mois donnait 100 francs. Bien évidemment, on s’aperçoit aujourd’hui que ce choix de faire cotiser ces clubs et associations n’avait qu’un seul objectif, alléger leurs charges sociales. Or, il faut bien se rendre à l’évidence, ce gros avantage pour les employeurs, c’est transformé en un très gros inconvénient pour le salarié désormais retraité. Rajoutons à cela que de nombreuses associations en ont profité  pour cotiser sur cette base forfaitaire à leur caisse de retraite complémentaire au lieu du salaire brut comme elle avait l’obligation de le faire et la coupe est déjà bien pleine !

-         Quand on sait que pour valider un trimestre, il faut avoir cotisé sur un salaire minimum qui est fonction de l’année, la coupe est plus que pleine, elle déborde, on se noie dedans et la retraite se transforme en une obole « ridicule » pour ne pas dire « honteuse ». En effet, tout en ayant travaillé et cotisé tous les mois d’une année, le résultat du calcul en nombre de trimestres se transforme le plus souvent en « 0 » voire en « 1 » trimestre. (voir photo).

 

Voilà pourquoi, ce mois-ci je pousse ce nouveau coup de gueule car malgré notre bonne foi, la justification sans équivoque de tous les bulletins de salaires, une fois encore l’Administration n’a aucunement tenu compte des erreurs, malversations, anomalies, oublis voulus ou non par de nombreux employeurs de Dany. Je passe sur le laps de temps nécessaire à la CARSAT pour reconstituer sa carrière : depuis novembre 2012 et la fourniture des 480 bulletins, nous n’avons aucune nouvelle ou si peu ! Ils sont débordés paraît-il.  Selon l’estimation que j’en ai faite, c’est 36 à 40 % de sa carrière qui est partie en fumée et aux oubliettes tant auprès de l’Urssaf et des caisses de retraites complémentaires. Ce qui me fout aussi en boule, c’est que par mon métier de comptable, de financier et de responsable des ressources humaines, je me souviens d’un temps où avec une simple reconnaissance de travail par un tiers ou une simple attestation d’employeur ou sur l’honneur le plus souvent « bidon », cela donnait droit à 4 trimestres supplémentaires par année prétendument travaillée. Je connais personnellement des dizaines de personnes qui sont partis ainsi à la retraite bien avant l’heure. Et que dire de l’ASPA (**) (anciennement minimum vieillesse) que l’on offre à des étrangers qui n’ont jamais cotisé le moindre centime en France et à qui l’on est capable de donner presque 800 euros mensuels au seul privilège qu’ils posséderaient une carte de séjour de résident en France depuis 10 ans. C’est ça, que l’on appelle la justice sociale ? C’est ça le calcul d’un retraite juste et équitable ? Dix en France sans jamais y avoir travaillé ni cotisé et on peut obtenir 800 euros de l’Assurance Vieillesse contre 40 ans de travail à temps complet et à temps partiel et c’est seulement 40 euros ?  Bien sûr, en lisant ce témoignage, certains vont me taxer de tous les « mots » et de tous les « maux », de vouloir faire de la « préférence nationale », d’autres de mon manque d’esprit de solidarité, enfin que sais-je ?

 

Et bien non, je n’ai pas honte de ce que je pense et de ce que j’écris car après tout, que reproche-t-on vraiment aux mots « préférence » et  « nationale ». La préférence ça peut-être un mot très « gentil » somme toute, pouvant signifier « choix », « goût », « prédilection », « attirance » voire « option » et pas seulement « faveur » ou « privilège ». Quant au mot « national » venant de « nation », j’ai appris à l’école primaire et secondaire que des millions d’hommes se sont battus pour elle au cours de l’Histoire de France et de nombreux en sont morts, il n’y a pas si longtemps que ça, aux guerres de 14-18 et  de 39-45. Faut-il avoir l’esprit tordu pour y voir uniquement la relation avec le « national socialisme » !

Pourquoi, devrais-je avoir honte de  mettre ces deux mots bout en bout pour râler ? Parce que le premier à l’avoir « inventé » politiquement parlant était un adhérent du Front National ?

Que ceux qui me jetteront la pierre aillent s’exiler 10 ans dans de nombreux pays pour percevoir l’ASPA de la contrée en question et quand ils auront perçu le premier centime, nous en reparlerons bien tranquillement.

 

Quand je pense à tous ces régimes de retraites spéciaux et privilégiés, à tous ces écarts injustes qu’il y a trop souvent entre les retraités des secteurs privés et publics,  à ces systèmes de retraites dits « chapeaux », à ces parachutes dorés de ces grands patrons déjà si richissimes, quand je pense que notre gouvernement actuel veut encore durcir et surtout retarder les départs en retraite, quand je pense que l’on vient nous coller des taxes supplémentaires sur nos retraites à cause d’une prétendue crise qui bien évidemment ne touche que les plus démunis, je le dis tout ça est absolument lamentable !

 

Bingo, je l’ai dit !

 

(*) Dany souffre d’une polyarthrite chronique depuis 1989. Elle avait 37 ans. Cette maladie est réellement devenu handicapante à partir de 1995. Elle avait 43 ans et sa maladie a été reconnue par la Sécurité Sociale comme une affectation de longue durée dont les soins ont été pris en charge à 100%. Début des années 2000, les douleurs articulaires sont telles que le seul traitement efficace s’avère être une chimiothérapie légère par piqûres ou par absorption de comprimés mais malgré la soi-disant légèreté du dosage,  les effets secondaires sont tels qu’elle est contrainte d’arrêter ce traitement au bout de quelques années. Heureusement ce traitement déjà effectué et les cures thermales semblent avoir un effet bénéfique sur sa maladie dont les douleurs sont très souvent en dents de scie faites de poussées parfois fulgurantes et de rémissions soudaines.

 

(**) ASPA – Allocations de Solidarité aux Personnes Agées :

787,26 euros par mois pour une personne seule et 1 222,27 euros par mois pour deux personnes.


Montant des plafonds de ressources : Personne seule : 9 447,21 euros par an - Deux personnes : 14 667,32 euros par an.

 

Créée en 1998 sous le Gouvernement Jospin, l'Allocation de Solidarité aux Personnes Agées (ASPA) a remplacé depuis cette date le minimum vieillesse. 
Jusqu'à présent, les étrangers issus de pays tiers à la Communauté européenne pouvaient en bénéficier sous certaines conditions. Ils devaient justifier d'une résidence stable et régulière en France et être titulaires d'un titre de travail depuis au moins cinq ans. Ces conditions n'étaient toutefois pas exigées des étrangers admis au regroupement familial
 et qui disposaient simplement d'un titre de séjour sans condition d'antériorité, ni avoir cotisé au régime d'assurance vieillesse. 
La Loi de financement de la sécurité sociale a durci ces conditions d'accès. Les nouveaux demandeurs de l'ASPA devront justifier d'un titre de séjour régulier depuis au moins dix ans, même s'ils ont été admis au titre du regroupement familial. Cette nouvelle disposition n'est toutefois pas applicable aux réfugiés et apatrides.

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Le Pic du Pied du Poul (596 m) et les Bornes Milliaires depuis Roquefort-des-Corbières

Publié le par gibirando

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Il faut bien reconnaître que cette randonnée telle que présentée ici avec "Le Pic du Pied du Poul et les Bornes Milliaires" n'est pas la plus connue de toutes et donc pas la plus pratiquée. Or mis les gens du cru et quelques clubs de randonnée régionaux, peu de personnes connaissent le Pic du Pied du Poul que j’ai gravi début avril par une magnifique journée ensoleillée. Je vous rassure toutefois, comme son nom pourrait le laisser craindre, vous ne serez pas dans l’obligation d’aller au Pays de Galles pour atteindre ce modeste sommet culminant à 596 mètres d’altitude. Non, ce pic se trouve bien plus près de chez nous et plus simplement dans l’Aude où il est surtout très connu des spéléologues à cause de ses nombreux avens. Pourtant si l’on se fie à l’idiotisme animalier le définissant, quasiment identique au nom du fameux motif du tissu cher aux princes de cette nation du Royaume-Uni, on aurait pu penser le voir bien plus loin. J’aurais l’occasion de revenir longuement sur cette étrange toponymie au cours de cet article. Cette longue balade, que personnellement, j'aurais plutôt appelée, pour rester dans les gallinacés, le "Pic des nids-de-poule", vous comprendrez pourquoi plus tard, démarre plus simplement de la jolie commune de Roquefort-des-Corbières. Outre ce pic rocailleux dont on peut faire l’impasse, cette randonnée permet d’aller à la rencontre des étonnantes « bornes milliaires » de la Combe de la Clotte (photo). Elles sont bien plus connues que le pic, objectif subsidiaire et il faut bien le dire, plutôt difficile d’accès de cette randonnée. Selon les spécialistes, ces bornes militaires romaines situées à l’origine sur le tracé de la Via Domitia auraient été déplacées et mises là pour ériger une construction médiévale. Les bouger n’ayant sans doute pas été si facile que ça, car la Via Domitia se trouvait sans doute un peu plus à l’est de Roquefort-des-Corbières, on est en droit de se demander quel usage, elles ont pu avoir au Moyen-âge. Et bien si j’en crois certains sites Internet, ces bornes, découvertes en 1869, pour certaines d’entre-elles enfouies, classées aux Monuments Historiques depuis 1974, auraient servi à soutenir la toiture d’une bergerie. Comme quoi, nos aïeux moyenâgeux n’avaient pas toujours conscience de la valeur de notre patrimoine historique. Sans faire de mauvaise comparaison et toutes proportions gardées, ne soyons pas étonnés après ça, si de nos jours, des Touaregs du Mali ou des Talibans d’Afghanistan détruisent des chefs d’œuvre religieux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce sont parfois eux aussi « d’ignorants » bergers, fermons la parenthèse. Contrairement à ce que je pensais, les sites Internet relatifs à ces bornes sont assez nombreux et semblent plutôt bien documentés, même si certains ne concernent que les vrais spécialistes de l’archéologie. C’est ainsi que j’ai appris que ces bornes sur la Via Domitia marquées des étapes. Elles étaient positionnées comme leur nom l’indique tous les mille romains c’est à dire tous les mille pas représentant 1.481,50 mètres d’aujourd’hui. Les indications gravées sur ces bornes donnaient les valeurs de distance en chiffres, alors que les lettres donnaient le nom de l'empereur qui avait engagé le tracé de la voie et l’édification des bornes. Ainsi les bornes milliaires de Roquefort-des-Corbières auraient été érigées en 2 av. JC sous le règne d’Auguste et elles présentes des toponymes sous forme abrégées « ]IVLII pour Forum Iulii (Fréjus), CVV pour ciuitatem Vasionem Vocontiorum (Vaison-la-Romaine) et CR[, parfois considéré comme une abréviation de Cotti regnum (le royaume de Cottius).Je passe sur la lecture de la transcription latine que les spécialistes ont fait de ces lettres et chiffres et je vous livre directement la traduction  qu’ils en ont faite :Sous le règne de l'empereur Auguste, fils du divin César, père de la patrie, grand pontife, 13 fois consul, 22 fois revêtu du pouvoir tribunicien, 14 fois empereur, 16000 pas de Forum Iulii, 917000 pas de la cité de Vasio des Voconces, 898000 pas du royaume de Cottius.Vous aurez noté que j’emploie très souvent le conditionnel quand je n’ai pas pu recouper certaines informations dont les ambitions sont d’être historiques et authentiques.  Voilà, quand vous saurez qu’il existe des centaines de bornes milliaires un peu partout en France et bien plus encore dans tous les pays de l’ancien empire romain, vous en saurez autant que moi sur le sujet et il ne vous restera plus qu’à aller à la rencontre de celles de Roquefort-des-Corbières. Personnellement, j’ai laissé ma voiture au centre-ville, près de la Place du Marché, puis j’ai emprunté le rue de Labadal, puis le chemin Neuf. Là, j’ai finalement atteint le chemin de la Triolle où les premiers balisages sont apparus. Très rapidement, je suis sorti de la cité et j’ai suivi le balisage du Sentier Cathare qui, allez savoir pourquoi, est ici jaune et bleu alors qu’il est rouge et blanc dans les P.O et en Ariège.  Ayant étudié la carte IGN, je savais que ce balisage me mènerait sans problème jusqu’au Bornes Milliaires où là, il faudrait peut-être que je sorte mon GPS dans lequel j’avais enregistré le tracé menant au Pic du Pied du Poul. En réalité, l’itinéraire est assez simple car rectiligne et parallèle à la Combe de Bouc jusqu’à la Combe de la Clotte où se trouvent les bornes romaines. Au loin, presque droit devant, la longue Serre de Roquefort étire son échine calcaire à la végétation clairsemée. Selon, le regard qu’on lui porte, elle paraît parfois très débonnaire car aplatie puis deux cent mètres plus loin, elle semble très haute et quasiment infranchissable. A l’instant de quitter le bitume de la route, le chemin s’élève jusqu’à un replat où une immanquable pancarte directionnelle annonce notre premier objectif « Bornes Milliaires ». Là, le regard embrasse et domine un petit vallon planté d’un vignoble net et soigné qui contraste avec la sauvage et anarchique garrigue environnante : c’est la Combe de la Clotte. En prêtant attention, on y remarque vers le fond du vignoble une petite cabane mais surtout des colonnes blanches entourées de murets, ce sont nos « fameuses » bornes romaines et les vestiges de la construction médiévale.  Ici devant cette pancarte, il y a une intersection de chemins : à droite, le sentier qui descend vers les bornes et à gauche celui qui doit plus tard, m’entraîner vers mon second objectif de la journée, le Pic du Pied du Poul. Un peu plus bas, nouvelle intersection avec le Sentier Cathare qui part à droite et celui des bornes à gauche, bornes que l’on atteint quelques minutes plus tard, en traversant les vignes ou mieux et par respect pour celui qui les travaille, en les contournant. Sur ces bornes, que j’ai photographiées sous tous les angles, je pensais y déceler des caractères romains bien apparents mais malgré mon insistance,  je dois avouer que rien de bien concret n’est apparu à mes yeux. Aussi,  même si quelques signes peu distincts semblent y être gravés, j’ai été très surpris, je l’avoue, de voir que les spécialistes y avaient trouvé autant de significations que celles que je vous ai décrites plus haut. Comment ont-ils fait ? Ça je l’ignore ! C’est donc plutôt déçu que j’aie quitté les lieux, non pas pour remonter le cours de l’Histoire comme je l’avais un peu espéré, mais pour gravir un sentier abrupt et caillouteux à souhaits qui m’a emmené vers le Plat de la Lause. Il faisait beau et chaud, les senteurs de thym et de romarins embaumaient le parcours, de merveilleux panoramas s’entrouvraient sur la mer, des lézards paressaient au soleil, quelques papillons virevoltaient, de rares petits criquets semblaient décidé à m’accompagner sur le chemin, des passereaux chantaient à tue-tête, des grives et des alouettes jaillissaient des buissons et s’enfuyaient à tire d’ailes, des rapaces planaient au dessus du maquis que l’on aurait pu croire aride et terne et dans lequel je voyais des fleurs colorées un peu partout : des muscaris d’un bleu intense, des tapis de jaunes Narcisses et d’Ibéris blancs, des érodiums roses, des iris nains mauves ou blancs, des malingres bouquets de paronyques et de germandrées argentées ou ceux plus touffus des Alyssons blancs. Cette longue randonnée qu’au départ j’aurais pu croire ennuyeuse, lassante et sans intérêt se transforma en une plaisante et très intéressante balade. Une fois encore, mon numérique en bandoulière, j’étais à l’affût de la moindre beauté et du moindre mouvement de la nature. J’avais la « gnaque » et j’acquis au fil du parcours de plus en plus de détermination à aller jusqu’au bout de ce pic du Pied du Poul que je ne connaissais pas et dont j’étais plein d’incertitude quand à sa toponymie. J’avais lu pas mal de choses avant de partir et parfois souvent contradictoires mais en plus je l’avoue, je n’avais acquis aucune certitude que ce nom avait un quelconque rapport avec le pied d’un gallinacé. Pourtant tous les dictionnaires et autres glossaires de la toponymie étaient à peu près d’accord pour dire que les mots de vieux français « Poul » ou « Pol » ou parfois même « poult » avaient la même origine et venaient du latin « pullus » signifiant « petit » et plus précisément « petit d’un animal ». Au fil du temps et à partir de ce mot latin, les aléas des langues dus aux accents et autres intonations auraient paraît-il transformé ce vocable, mais la plupart des dialectes étaient tombés à peu près d’accord pour le définir comme étant un jeune coq, un poulet et finalement en français une « poule » avec un « e » terminal. Il en est ainsi dans presque toutes les langues indo-européennes à quelques exceptions près comme dans la langue celte où le mot « poul » signifie « trou », « mare » voire « fossé ».  Ainsi, il n’est pas rare d’entendre un paysan français appeler ses poules, « petits, petits, petits ! » et on sait pourquoi désormais ! Mais le plus souvent, notre « Poul » serait donc un « coq » et cette version nous est largement confirmé dans le remarquable « Glossaire des noms dialectaux – Noms des lieux en France » d’André Pégorier, Ingénieur en chef géographe à l’IGN. Toutefois en effectuant des recherches toponymiques plus précises autour du pic en question, j’ai finalement trouvé une autre explication dans la « Toponymie Pyrénéenne » de Robert Aymard qui lui traduit ce « Pied du Poul » comme étant celui d’un dindon. Palmé de surcroît rajoute-t-il. Ne me demandez pas pourquoi le coq est soudainement devenu le dindon de la farce ! Enfin, pour compliquer le tout, le philologue Jean-Baptiste-Bonaventure Roquefort (de Roquefort pour son nom de « plume ») ; et oui on reste dans le Roquefort et les plumes mais c’est une simple coïncidence ! ;  dans son Glossaire de la Langue Romane de 1808 définit le « Poul » comme étant une montagne, une éminence, un lieu élevé tiré du podium romain au même titre que les mots  pec, pech, pet, peu, peus, peux, pi, pic, pie, pioch, poet, poi, pol, port, pou, poy, poya, puc, puch, puech, puesch, pui, puj, puig, punch, pus, puy, py auquel on peut aussi rajouter le mot de vieux français « pé » qui lui a de multiples significations selon les dialectes et les lieux puisqu’il peut aussi bien signifier le sommet d’une montagne que sa base ou son pied et même un but ou un repère chez les Normands (« Glossaire des noms dialectaux – Noms des lieux en France d’A.Pégorier-S. Lejeune-E.Calvarin). Alors bien sûr, aller chercher une explication dans cet imbroglio c’était un peu comme se mettre en quête de la « poule aux œufs d’or » et j’étais en droit de me demander que signifiait ce « Pied du Poul ». Etait-ce le « Pied d’un coq » ? Etait-ce- le « Pied d’un dindon » ? Etait-ce comme cela se produit parfois une toponymie pléonastique du type le « Pic du sommet de la montagne » voire le « Pic du pic du pic » ? Enfin, pourquoi avait-on ainsi dénommé ce pic ? Quelqu’un avait-il vu le pied d’un coq ? Ici, il ne pouvait s’agir que d’un coq de bruyère ? Le sommet ressemblait-il au pied d’un coq ou d’un dindon ? Quelqu’un aurait-il aperçu une empreinte ressemblant à un pied de coq, un peu comme celui du motif du célèbre tissu ? Une autre explication pouvait être envisagée, c’est celle d’une plante assez commune que l’on trouve ici dans la garrigue c’est la Dorycnie hirsute (Dorycnium hirsutum) que l’on appelle plus souvent Bonjeanie hérissée mais que les plus anciens appelaient « Pied de coq ». Et si la solution était là ! C’est en pensant à cette toponymie alambiquée que mes pas arrivèrent à un premier collet au pied d’un roc du nom de Roquebesse. Là, le chemin toujours aussi large se mit à grimper les Parazels et déboucha à un nouveau replat et guère plus loin à un nouveau collet. Plus je m’élevais et plus les panoramas se faisaient vastes et lointains. Un seul petit mouvement de tête et j’embrassais la mer de tous côtés avec des vues superbes sur les étangs de Gruissan, Bages et Sigean jusqu’à celui de Salses.  L’itinéraire se mit à redescendre puis remonta aussi soudainement et arriva à une nouvelle bifurcation de chemins. Un panonceau était là gisant à terre. Le relevant, je le calai dans un espèce de cairn servant de piédestal et je vis écrit : « Refuge – 1,5 km – 30 mn ». Effectivement, pile 30 minutes plus tard, j’atteignis le refuge mais auparavant j’avais gravi une large sente caillouteuse qui déboucha sur une crête plutôt plane et très sauvage : le Plat de la Serre.  Cette sente laissa quelques avens protégés par des grillages sur la droite puis elle amorça une descente qui m’entraîna vers cet étonnant refuge qui ne figurait pas sur ma carte IGN. Blotti dans une clairière au fond d’un vallon et entouré de chênes verts, je fus très étonné de trouver un refuge non gardé aussi coquet, propre et bien tenu dans ce lieu perdu de tous et de tout, or mis peut-être des spéléos dont j’ai appris plus tard sur le Net qu’ils en étaient les édificateurs. Ici, tout était « nickel » et même les couchages étaient d’une propreté exemplaire avec de vrais matelas. A cet instant et comme j’avais déjà pris quelques photos de cet intérieur, j’ai immédiatement pensé que quelqu’un devait l’habiter et je suis sorti aussi vite que j’étais entré car j’avais l’impression d’avoir violé l’intimité d’un occupant. Une fois dehors, je fus encore plus surpris de voir un couple de randonneurs arriver au moment même où je reprenais mon parcours. Juste le temps d’un salut rapide et ils me demandèrent aussitôt si le refuge était vide, ce en quoi je répondis positivement et immédiatement ils me quittèrent et entrèrent à l’intérieur. J’ai aussitôt pensé qu’ils étaient aussi curieux que j’avais pu l’être moi-même et que je les reverrai un peu plus tard dans l’ascension du Pic du Pied du Poul. Mais je ne les revis pas de la journée. Le refuge était-il leur objectif ultime, je ne vous cache pas que l’idée me traversa l’esprit mais comme le disait les Inconnus dans un célèbre sketch « cela ne nous regarde pas ! » A partir du refuge, le large chemin s’est rétréci un peu et il s’est mis à grimper sans cesse et plutôt régulièrement avant de monter plus abruptement et de déboucher sur une petite plate-forme herbeuse et fleurit de nombreux pissenlits (545 m). Si ce n’était un gros cairn élevé au début d’un étroit sentier qui filait dans la caillasse, j’aurais pensé être arrivé au bout de ma balade. Il était tout juste midi et si mon estomac avait eu plus que sa dose d’eau, il criait néanmoins famine et réclamait quelque chose de plus consistant. Sur la droite du replat, il y avait de gros rochers aplatis depuis lesquels les vues portaient à la fois sur la forêt mais aussi sur les Corbières et ses innombrables éoliennes, la mer et le Plat de la Serre en contrebas. Je vis en ces rochers, le lieu idéal pour pique-niquer et reprendre un peu des forces, ce qui s’avéra une excellente idée car si l’objectif n’était plus très loin, je n’étais pas au bout de mes peines. En effet, si le dénivelé restant jusqu’au pic était également plutôt modeste avec une cinquantaine de mètres à grimper, le sentier lui, si on peu appelait ça un sentier, allait m’en faire voir de toutes les couleurs au sens propre et au sens figuré. Je me mis d’abord à suivre des cairns et toujours le balisage jaune puis très rapidement, j’ai suivi de grosses flèches rouges qui m’entraînèrent dans un dédale de caillasses instables et d’arbrisseaux impénétrables se terminant à chaque fois dans des culs-de-sac.  Je fis demi-tour à deux reprises avant de me raviser et de retrouver le balisage jaune et des cairns qui zigzaguaient dans un terrain caillouteux de plus en plus compliqué et difficile à cheminer. Ici, impossible de regarder autre chose que ses pieds et le moindre faux-pas était synonyme d’une entorse assurée. Tout en poursuivant vers le pic, je pensais au fond de moi à cette étrange toponymie dans laquelle je n’avais trouvé aucune certitude et regardant les gros cailloux et les nombreuses failles dans le calcaire dans lesquelles j’évitais sans cesse de mettre mes pieds, je me disais pourquoi, l’a-t-on appelé  ainsi « Pied du Poul » ? Ici rien ne ressemblait de près ou de loin au « pied d’un coq ou d’un dindon » mais plutôt à de vrais « nids-de-poule » ! Même la plante, cette Dorycnie portant ce nom de « Pied de coq » n’apparaissait pas à mes yeux, des yeux il est vrai, trop occupés à observer où je m’étais les pieds. Non, ici les seules fleurs visibles, c’était de jolis bouquets de violettes dont on se demandait par quel miracle elles pouvaient pousser dans ces rochers arides. Finalement, je vins à bout de ce difficile chemin et les cairns bien présents, il faut bien le dire et remercier aussi les baliseurs qui les élèvent, m’amenèrent au sommet. Une borne entourée de gros cailloux matérialisait le pic et sur un rocher tout proche, les baliseurs avaient peint un chiffre : 596 m. C’était l’altitude où je me trouvais. Sur la borne, il y avait des caractères gravés que je ne pus pas lire mais j’ai pensé qu’il s’agissait peut-être des trois lettres « IGN » habituelles. Les panoramas étaient spectaculaires de tous côtés et malgré un temps devenu plus maussade qu’au départ, j’apercevais encore une immense partie de l’Aude et des Corbières. Au plus loin que je pouvais voir, je distinguais les Pyrénées enneigées et droit devant moi, beaucoup près, c’était le Montolier de Perellos et la boule blanche de son radar météorologique. De l’autre côté, j’arrivais à voir, par dessus les collines, l’immensité de la côte méditerranéenne presque jusqu’au Cap Béar. Jouissant de ce merveilleux spectacle, je mis à profit cette longue pause pour manger mon dessert fait d’un gros fromage blanc aux fruits rouges et d’une orange. Au moment où je m’apprêtais à repartir, un rapace vint tournoyer près du sommet. Pensant que je m’étais sans doute trop approché de son repaire, je me cachai rapidement au milieu de petits buis pour le photographier mais le temps d’une seule photo et il avait déjà disparu. Ce n’est qu’une fois chez moi et après quelques recherches que je compris que j’avais photographié le trop rare et petit Aigle de Bonelli qui paraît-il est présent dans certains secteurs des Corbières. Le retour fut plus rapide que l’aller, d’abord parce que je connaissais le chemin jusqu’à la bifurcation où j’avais aperçu le panonceau indiquant le refuge à 30 minutes, Là, je partis à gauche en direction d’un Roc du nom d’Infitou sur une large piste tout en descente.  Or mis, les panoramas visibles droit devant moi et quelques fleurs nouvelles à photographier rien ne vînt ralentir mes pas. Toutefois en arrivant au Clot de l’Alader, un grand panneau « aven danger » m’arrêta net. Regardant autour de moi, je ne vis rien de particulier or mis un petit amoncellement de pierres ressemblant à un abri de berger avec de très jolies vues sur la côte lagunaire, la plaine littorale et le piémont des Corbières.  Comme je n’avais guère envie de m’éloigner du chemin pour partir à la recherche d’un éventuel aven que de toute manière je n’aurais pas pu visiter, seul l’abri en pierres sèches retint mon attention. Me dirigeant vers lui, je vis d’abord une date, 1952 écrit avec des petits morceaux de tessons de porcelaine sur un bloc de béton, puis entrant dans l’abri qui n’était qu’un simple paravent en pierres contre le cers et n’avait absolument rien du vrai orri construit par encorbellement tel qu’on peut les rencontrer par ici, je vis d’autres gravures qui n’avaient rien d’ancestrales car insérées dans du ciment. Il y avait d’abord écrit « Castan Eugène 1950 », sans doute le nom de l’occupant de cet abri et la date de son édification puis sur la lourde dalle de béton servant de toiture, il était étrangement gravé « Mon Rêve ». Cette dénomination me fit sourire car je me rappelais l’avoir vu autre part et notamment sur plusieurs grandes bâtisses ou résidences secondaires de la Côte d’Azur et d’ailleurs. Je me mis soudain à penser que ce Castan Eugène devait être un homme très humble pour considérer cette simple protection de pierres contre le vent comme une véritable résidence secondaire. Regardant les paysages âpres autour de moi, j’essayais de comprendre pourquoi ce coin de garrigue était devenu le rêve d’Eugène et hors mis la beauté sauvage des panoramas sur le maquis et la mer, je ne vis aucune autre raison à cette qualification. Au regard de la taille de l’abri, je me mis à imaginer qu’Eugène était berger et qu’il passait la quasi totalité de son temps à rêver, tout seul au milieu de son troupeau, en quête d’un bonheur qu’il avait finalement trouvé ici dans l’indépendance et la solitude, au sein de cette terre si inculte. Je me remis en route, toujours en descente, croisant quelques bergeries ou mas, certains en ruines d’autres en cours de rénovation. Finalement après une courte montée, l’itinéraire arriva au Plat de Vabina, petit plateau encore largement occupé par la garrigue où quelques bergeries délabrées et quelques vignes annonçaient la proximité du progrès. Sur la piste devenue rectiligne traversant les Caulasses, ce progrès se confirma sous la forme d’un alignement de petites pancartes chapeautées sur lesquelles il était écrit « conduite de gaz haute pression à proximité ». Cette piste « roulante » arriva très vite à Roquefort et déboucha sur le « Camin del Bosc » non loin du chemin de la Triolle que j’avais emprunté au départ. Là, dominé par les falaises du Plat de la Roque et ses anciens moulins à vent, désormais sans ailes, le « Camin del Bosc » dévoila de biens jolies vues  sur le village que je me mis en quête de visiter malgré la fatigue. Seules les ruines d’un château perché sur un piton rocheux me rebutèrent et après avoir serpenté dans de biens agréables ruelles, je rejoignis très facilement ma voiture près de la belle église Saint-Martin. Sur le parking, assis au bord du coffre, j’étais entrain de changer de chaussures face à cinq ou six petits vieux qui discutaient sur un banc quand soudain l’un d’entre-eux s’adressa à moi avec un fort accent roulant les « r » : « vous avez marrrrché loin, j’étais devant ma porte et je vous ai vu partirrr tôt ce matin » ? Et je répondis « oui, je suis allé au Pic du Pied du Poul » et comme s’ils étaient tous un peu estomaqués, ils me regardèrent d’un air presque ahuri. L’homme qui s’était déjà adressé à moi rajouta « et pourrrrquoi fairrre, vous êtes allé là-bas ? » et je répondis aussi sec « pour le plaisir et pour voir, c’est tout » puis dans la continuité « mais au fait ça veut dire quoi « Poul » ? Je ne voulais pas laisser passer cette occasion de demander quelques explications aux anciens du village sur la toponymie du pic. Celui qui m’avait parlé jusqu’à présent, se leva du banc et répondit du tac au tac « et bien poul c’est un coq parrrrdi !» et comme aussitôt ma deuxième question fusa « et pourquoi, on l’a appelé ainsi « pied du poul ». Celui qui me parlait c’était déjà levé à l’énoncé de ma première question mais à cet instant, tous les autres petits vieux se levèrent comme un seul homme et partirent sans me répondre. Je ne comprenais pas pourquoi. Avaient-ils déjà décidés de partir ? Les ennuyais-je avec mes questions ? Y avait il un mystère autour du nom de ce pic ? Me trouvaient-ils trop curieux d’autant qu’avec ma voiture immatriculée « 66 », j’étais un étranger parmi eux, un « burro catalan » ou un « gavach » comme ils disent entre-eux dans le milieu rugbystique.  Je restais là, sans voix, ne comprenant pas pourquoi ils étaient partis si soudainement et sans répondre à ma seconde question. De toute évidence, je n’en saurais jamais plus. Voilà, comment se termina cette longue balade et si je ne savais pas tout de ce « Pied du Poul », une chose était désormais sûre, il s’agissait bien du « Pied d’un coq ». Telle que décrite ici, cette balade que j’ai enregistrée dans mon GPS est longue de 23 kilomètres. Elle inclut la visite de Roquefort-des-Corbières, les petits errements pour atteindre le sommet et quelques courtes échappées belles en dehors de l’itinéraire. Si vous envisagez de la faire, il vous faut éviter la saison la plus chaude, emporter de l’eau en quantité suffisante et mettre de bonnes chaussures de randonnée à tiges hautes…..car à vouloir faire le coq avec des chaussures non adaptées, il ne faudrait pas que vous y laissiez votre pied ! Carte IGN 2547 OT Durban-Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25.

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Mes trous à la Sécu....réponse de cette dernière

Publié le par gibirando

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En mars dernier, à l’aide d’un très long article que j’avais tenté d’étayer, je vous faisais part dans mon Journal Mensuel de disfonctionnements et d’erreurs récurrentes que je notais depuis quelques années et après contrôles dans les remboursements de mes frais de santé. En désespoir de cause, après « x » contacts par mails restés « improductifs », j’avais écrit au conciliateur de la CPAM. J’ai reçu, il y a quelques jours, la réponse écrite d’une conciliatrice (voir photo ci-dessus que l'on agrandit en cliquant dessus ou bien sur voir taille réelle)

Estimant que cet organisme a un droit de réponse à mon article, je produis la photo de cette lettre dans mon blog.

Toutefois, comme cette lettre est tout de même très édifiante et confirme une « immense » partie de mes craintes, la produire sans la commenter ne servirait pas à grand-chose.

Pourquoi est-elle édifiante ?

a-      D’abord parce que j’en suis à douter de la compétence des cinq personnes différentes que j’ai eues en face de moi dans ce dossier et je m’en explique. Sans vouloir faire des généralités et penser que tout le monde est « nul » à la CPAM, désormais, je suis bien obligé d’y inclure la conciliatrice. Voilà le souci : A cinq reprises, j’ai indiqué que pour une consultation de mon épouse de 23 euros du 28/08/2012, je n’avais jamais reçu de remboursement, spécifiant toute de même à de multiples reprises, que ce même jour, j’avais, moi-même, consulté mon médecin-traitant pour la somme de 23 euros également et que le remboursement de « ma propre » consultation n’avait jamais posé aucun problème. Eh bien, que croyez-vous qui se passa ? Cinq fois, ces cinq personnes différentes ont confondu « ma propre consultation » avec celle de mon épouse sur laquelle je précise quand même que la caisse a prélevé la participation forfaitaire de 1 euro ! Elle n’a donc pas disparu complètement du système informatique et ce prélèvement d’un euro en est la preuve formelle. J’ai dit édifiant ! Je précise que cette même conciliatrice m’avait dit, lors d’un appel téléphonique, que cette consultation avait été remboursée au médecin-traitant de mon épouse. Depuis, elle semble avoir changé d’avis.

b-      Vous noterez que concernant la consultation du 15/10/2012 pour laquelle j’avais rencontré le même problème, la CPAM me confirme avoir directement remboursé le médecin-traitant alors que mon épouse avait réglé les 23 euros. Elle affirme que c’est le professionnel de santé qui s’est trompé et qu’il m’appartient de me rapprocher de lui, chose que j’ai faite il y a déjà plus de deux mois et qui s’est soldée par un remboursement de 46 euros de ce dernier car après vérification, il s’agit bien des 2 consultations qu’il avait perçu indûment (28/08/12 et 15/10/2012).

c-      Vous noterez également la confirmation de ce que j’avançais quand j’écrivais que les participations forfaitaires et les franchises pouvaient être retenues bien des années plus tard et que de ce fait, elles devenaient totalement incontrôlables et invérifiables.

d-      Enfin, veuillez noter que toutes les opérations en tiers-payant ne figurent nulle part ni sur les relevés mensuels du site Améli.fr, ni sur aucun envoi papier.

Quelles étaient mes craintes et pourquoi sont-elles confirmées par ce courrier-réponse ?

a)      Que constatons-nous à partir de ces erreurs ? Vous allez voir votre médecin-traitant ou bien n’importe quel autre médecin et vous réglez la consultation. Ce médecin vous demande la Carte Vitale mais dans le même temps, il fait une erreur de saisie en cochant ou pas une case sur son écran et le tour est joué. C’est lui qui encaisse le remboursement de la CPAM malgré votre paiement, malgré votre Carte Vitale, malgré un système automatisé de liaisons informatiques, malgré d’innombrables hommes et femmes qui travaillent derrière des ordinateurs, malgré que l’on vous prélève des cotisations Urssaf maladie, malgré un système que l’on nous a décrit comme étant la panacée. Personne ne s’aperçoit de rien sauf vous, mais sous la condition expresse que vous preniez soin de contrôler vos frais de santé. Malheureusement peu de personnes le font alors ne soyez pas étonné après ça si votre médecin a un train de vie bien supérieur au vôtre. J’ai oui dire que certains médecins et infirmiers profiteraient de cette faille pour s’arrondir les fins de mois. Veuillez noter que je mets cette dernière phrase au conditionnel car je n’en ai aucune preuve formelle. Toutefois le médecin-traitant en question m’a confirmé que ces erreurs étaient relativement banales et que dans la mesure où les patients ne réclamaient pas, ces sommes tombaient naturellement dans leurs poches.

b)      Vous avez parfaitement compris que les opérations qui consistent à prélever des participations forfaitaires et des franchises étaient absolument invérifiables. A partir de là, on peut imaginer, au regard des constats précédents et notamment de la mise en cause de la fiabilité des systèmes informatiques, qu’il y ait également des abus de toutes sortes à ce niveau-là.  

c)      Enfin, vous noterez et moi je le fais avec angoisse, que toutes les opérations en tiers-payant ne figurent nulle part et ne sont donc pas accessibles auprès de la CPAM pour les usagers que nous sommes. On est en droit de se poser la question : « Pourquoi ? » Je n’ai pas de réponse à cette question toutefois il faut là aussi être d’une grande vigilance car si « tiers-payant » signifie « ne pas faire l’avance des frais », il est important de savoir si votre mutuelle règle normalement l’autre partie au professionnel de santé. Enfin, toujours au regard du premier constat et du manque de fiabilité de l’informatique, on peut imaginer qu’allant voir un praticien acceptant le tiers-payant, ce dernier se trompe avec votre carte vitale et qu’au lieu de facturer une seule visite, il en facture deux, trois, voire plus et que « personne n’y voit que du feu », votre mutuelle réglant normalement sa partie. Vous devenez un malade qui « ruine » la Sécu, coûte bien trop cher à votre Mutuelle, les trous de la Sécu se creusent, les mutuelles pleurent et de ce fait, on augmente vos cotisations de toutes parts, on réduit vos remboursements, j’en passe et des meilleures…..

Certains trouveront sans doute que je suis un peu « parano » et que je vois le mal partout mais je me suis amusé à cumuler les erreurs que j’ai constaté dans mes frais de santé et dans ceux de ma mère depuis 2008, erreurs soit de la CPAM soit des mutuelles que j’ai réussi à me faire rembourser bien entendu et bien je suis arrivé à la somme très « affligeante » et « édifiante » de 1.441 euros en 4 ans. A ce tarif-là, je l’avoue, je veux bien continuer à être « parano »….d’autant que ça se soigne très bien et que c’est remboursé !

Amusez-vous à faire le calcul à partir des 27 millions de ménages français et des 2,4 personnes qu’il y a par ménage et vous arrivez à la somme « consternante » de 23.344.200.000 euros soit 23 milliards d’euros d'erreurs.

Divisons par 2 ou 3 cette somme car tout le monde ne va pas au toubib dans la même proportion que ma mère ou que mon ménage et le chiffre continue encore à faire tourner la tête.

Qui a dit qu’il y avait un trou à la Sécu  ?

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Le Chemin des Bacs depuis Tautavel

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 2 chansons interprétées par le chanteur et guitariste Gary Moore. Elles ont pour titre : "Parisienne Walkways " et "Still Got The Blues"
LE-CHEMINS-DES-BACS
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Toujours à la recherche de nouvelles randonnées, c’est par hasard que j’ai découvert sur Internet ce « Chemin des Bacs (1) » au départ de Tautavel. Je pourrais presque m’exclamer « J’ai réussi aux Bacs ! » tant c’est un peu au petit bonheur la chance, beaucoup par persévérance et surtout sans rien « pomper » que je suis parvenu à faire ce circuit dont je n’avais découvert que le nom et quelques photos sur Internet. En effet, en cette belle après-midi de mars où je suis parti à Tautavel avec l’idée d’accomplir cette balade, je n’en connaissais pas le tracé mais j’espérais trouver là-bas un panonceau de départ au centre du village voire un quelconque renseignement à la magnifique Mairie ou au non moins superbe Palais des Congrès. Non, je n’ai pas eu de chance, au Palais des Congrès, l’Office du Tourisme était encore fermé quand au secrétaire de Mairie, il m’envoya vers la présidente du club local de randonnées en me communiquant son adresse personnelle. Bien évidemment, je n’ai pas osé déranger cette dame me disant que si tous les randonneurs ou pèlerins de passage venaient l’importuner chez elle, elle revêtirait très rapidement un habit de concierge qu’elle ne souhaitait peut être pas endosser. C’est donc la « fleur au fusil » et mon GPS allumé avec la fonction « tracback (2) » activée que j’ai suivi une marque de peinture jaune que j’avais aperçu sur le parking où j’avais garé ma voiture, à proximité du Palais des Congrès. Ce trait de peinture jaune m’entraîna vers le gué enjambant le Verdouble et là, de l’autre côté de la rive, sans doute distrait par quelques jolis oiseaux que je m’évertuais à tenter de photographier convenablement, j’ai finalement perdu le balisage. Sans trop savoir pourquoi, j’entrepris de poursuivre un chemin qui filait au milieu de champs en jachère, traversait quelques vignes et finalement au bout de 20 minutes de cette errance, j’atterris sur une piste bitumée DFCI F100BIS. Quelques minutes plus tard, alors que j’avais décidé de poursuivre cette piste, j’aperçus à nouveau une marque de peinture jaune. Pour être honnête, j’ignorais si j’étais sur le tracé du « Chemin des Bacs » mais en tous cas, j’avais la certitude d’être sur un chemin de randonnée pédestre. Ces petits chemins que l’on appelle localement « P.R ». J’ai donc persévéré sur cette voie carrossable et si je savais où j’allais grâce à ma carte IGN, j’ignorais totalement ce que j’allais découvrir. En fait, je ne fus pas déçu loin s’en faut car sur ce chemin rectiligne qui m’entraîna vers les jolies gorges de Gouleyrous et vers la Caune de l’Arago, j’eus le bonheur de découvrir d’abord une petite citerne puis deux « casots » qu’un artiste peintre local du nom de Nergal avait pris soin d’embellir avec de belles fresques aux couleurs chatoyantes. En sus de ce côté ravissant, ces allégories colorées avaient été enrichies de citations d’écrivains célèbres que l’on prend plaisir à lire et qu’on essaie même de retenir par cœur tant elles sont pleines de justesse et de bon sens. Au moment d’arriver à un nouveau passage à gué, deux gros chiens à l’air féroce sortis d’un van se ruèrent sur moi me laissant pétrifié de peur. Alors que les deux molosses toutes canines dehors tournaient autour de moi en vociférant, je restais là, complètement tétanisé, mon bâton de marche dans une main et le GPS dans l’autre, ne sachant que faire. Tandis que j’avais le sentiment que cette scène se prolongeait dans le temps, un homme sortît à son tour du van en hurlant après ses chiens qui aussitôt s’arrêtèrent d’aboyer et retournèrent vers lui. Qu’en partie rassuré, je repris ma marche en avant, regardant néanmoins derrière moi, si les « bêtes » ne revenaient pas à la charge.   Finalement soulagé, c’est heureux d’être « entier » que j’ai pu enjamber le Verdouble où sur l’autre rive quelques panonceaux de randonnées me rassurèrent quand à l’itinéraire que j’avais emprunté jusqu’ici. En effet, parmi ces panonceaux au nombre de trois, il y en avait un qui très concrètement me confirmait que j’étais bien sur l’itinéraire du « Chemin des Bacs ». Seul petit souci, mais ce n’était pas vraiment un problème, j’étais entrain de l’effectuer dans le sens contraire de celui préconisé. Un deuxième panonceau indiquait une autre balade donc je l’avoue, je ne comprenais pas vraiment l’intitulé « Du moulin aux Gouleyrous – 6,3  km – 2h35 ». Seule, la mention complémentaire des découvertes qu’il y avait à faire « au village de Vingrau – 6,3 km » me laissait supposer que cette balade menait à ce village. Il y avait enfin un troisième panonceau plus explicite indiquant la « Caune de l’Arago – 1 km – 40 mn – déniv.160 m ». Depuis le gué, j’apercevais la grotte, tout en haut de la falaise, recouverte d’un auvent et ceinte de hautes clôtures grillagées. Je fis le choix de partir dans cette direction avant de me raviser et d’aller visiter l’agréable site de Gouleyrous avec son joli moulin (3) parfaitement restauré, son plan d’eau et le début de ses gorges aux hautes falaises verticales très prisées des grimpeurs si j’en crois certaines pancartes. Ce n’est qu’une fois cette visite réalisée que je repris le sentier de la Caune de l’Arago où de nouvelles surprises jalonnaient l’itinéraire : sentier botanique, bel orri, vues superbes sur la vallée et ses versants et enfin la grotte elle-même, bien entendu fermée au public en cette saison (4). On y monte donc essentiellement pour contempler les  merveilleux panoramas mais tout en les observant, on peut aussi penser que l’on est assis sur un berceau sinon de l’humanité tout du moins de nos plus lointains ancêtres. On peut se prendre à rêver un instant d’être « l’Homme de Tautavel » et imaginer aussi que cette magnifique vallée a été fréquentée par d’incroyables animaux tels que des bisons, des bœufs musqués, des rennes, des ours bruns, des loups ou bien encore des rhinocéros,des panthères et des lions. Ça fait du bien de rêver un peu mais après il faut redescendre, à la fois sur Terre mais ici surtout vers Gouleyrous en effectuant un boucle qui se termine derrière le bâtiment de la station de pompage. Là, je suis reparti vers le gué et le panonceau du « Chemin des Bacs » sachant désormais qu’il me suffisait de suivre les marques de peinture jaunes pour parvenir à mes fins. Le balisage m'emmena de l’autre côté de la D.9 en direction des « serrats » calcaires au pied desquels une longue et belle pinède a pris possession des lieux. A travers le vignoble souvent cerné de murets en pierres sèches mais aussi de quelques déprises agricoles, j’ai finalement atteint cette pinède surprenant au passage deux jolis écureuils roux s’amusant sans doute au jeu de l’Amour. Après un bon dénivelé, environ 150 mètres selon moi, j’ai atteint une piste forestière laissant entrevoir d’autres visions de la Vallée du Verdouble. Des visions bien différentes d’autant que le ciel était devenu très laiteux sur l’autre versant et du côté de Tautavel que j’avais du mal à distinguer. La piste alternant très souvent l’asphalte et la terre, quitta les bois et redescendit vers les vignes et les vergers. Ici, or mis quelques « casots » et quelques cabanons planqués dans des bosquets, les découvertes sont moins nombreuses et comme l’itinéraire est très « roulant », on arrive très vite à la Ribe del Bac en surplomb de Tautavel. Cette Ribe del Bac (ou Rive de l’Ubac) qui a sans doute donné son nom à cette bien jolie balade. Le village est déjà là avec de nombreux restaurants et pas mal de choses à visiter dans ce secteur sud-est de la cité : caves particulières et coopérative vinicole, musée de la préhistoire et écomusée de l’abeille et du miel, théâtre de verdure, château ruiné, randonnée vers la Tour del Far, etc… En arrivant sur la place de la République, j’aperçus sur la façade du Crédit Agricole d’autres panneaux de randonnées. J’ai donc traversé le boulevard et là, ô surprise, il y avait notre balade d’aujourd’hui ! Le départ que j’avais cherché était là : « Chemin des Bacs – 8,5 km – 3 h – Déniv.150 m ». Je pris conscience que j’avais réussi à faire ce circuit avec persévérance, en suivant un balisage incertain, mais sans itinéraire cartographié, sans GPS et également un peu par chance il faut bien l’avouer. J’avais réussi aux Bacs mais chez moi c’est une habitude, j’adore les coins bien ombragés….pour roupiller un peu après une bonne rando ! Enfin pour tout vous dire, il semble que cette randonnée soit présente sur un guide qui s’intitule « Rando-découvertes - Pays cathare, citadelles et paysages sauvages », guide que l’on peut se procurer sur le site de la Communauté des communes de la Contrée de Durban-Corbières. Enfin, pour ceux qui comme moi ne disposent pas de ce guide, sachez que le parcours est visible sur la carte IGN du site Géoportail et ça, malheureusement, je ne le savais pas au moment de démarrer cette randonnée. Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.

(1) En catalan un « bac » est l’équivalent de l’ubac en français, c'est-à-dire le versant d’une montagne la plus exposée à l’ombre. (2) La fonction « tracback » d’un GPS permet d’enregistrer un tracé au fur et à mesure que l’on marche. (3) Le moulin de Gouleyrous est un ancien moulin à eau sur le Verdouble. Il est désormais utilisé par les scientifiques du CERPT (Centre Européen de Recherches Préhistoriques de Tautavel ) qui en ont fait un lieu d’intendance pour leurs fouilles. (4) La Caune de l’Arago se visite à des dates précises parfois même gratuitement. Vous trouverez les prochaines dates sur le site de la commune de Tautavel en cliquant ici.

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Le Tour des Cabanes (916 m) depuis Prats-de-Sournia (634 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de plusieurs musiques de films extraites d'une compilation YouTube intitulée "Best Epic Soundtracks From Movies". Elles ont pour titres : "Ballerina" de Klaus Badelt, "Into the Woods : Promenons-nous dans les bois" de Stephen Sondheim , "The Boss Baby" de Steve Mazzaro et Hans Zimmer et "Macbeth" de Jed Kursel
LE-TOUR-DES-CABANES
TOURCABANESIGN
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Il y a un peu plus d’un an de cela, j’avais fait dans ce blog, la description d’une balade au départ de Salses-le-Château qui s’intitulait « le Cami dels Orris ». Lors de la rédaction de cet article, j’avais un peu ronchonné me plaignant de ne pas avoir rencontré sur cet itinéraire, sauf à sortir longuement des sentiers, de vrais orris, ces anciennes cabanes pastorales construites en pierres sèches par encorbellements. Et bien, j’avais tort de me plaindre car si j’en crois la description faite dans l’Encyclopédie libre Wikipédia, initialement l’ « orri » pyrénéen n’était pas une construction mais le lieu même où s’effectuait le pâturage. Il semble que peu à peu, on donna le nom d’orris à cette cabane que les bergers catalans ont très longtemps appelée « barraca ». Cette dernière servait d’habitation aux gardiens des troupeaux alors que les « cortals » hébergeaient les animaux. A vrai dire selon les régions, cette cabane de pierres sèches prit des noms bien différents et d’ailleurs, leurs formes et leurs destinations ne l’étaient pas moins. Quand à la technique mise en œuvre pour les édifier, elle fut sensiblement la même un peu partout. Ainsi, en Occitanie, le terme de « capitelle » s’étendit dans tout le Midi bien au-delà de la région nîmoise où l’appellation avait vu le jour. Si le sujet vous intéresse, il y a sur Internet de nombreux sites qui lui sont consacrés. Parmi eux, je vous conseille d’aller sur l’Encyclopédie Wikipédia où une longue et superbe étude est dédiée à la « cabane en pierre sèche » et pour les «  Cabanes en pierres sèches des Pyrénées-Orientales » en particulier, je vous renvoie vers l’excellent site de l’historien Jean Tosti ou bien à celui de Prats-de-Sournia où l’on évoque les cabanes de la balade décrite ici.  Les trois articles fourmillent d’explications et sont truffés de nombreux liens vers d’autres sites également très intéressants. Quand vous aurez lu ces trois articles et quelques liens, vous en saurez bien plus que n’importe qui sur le sujet.  Bien que je ne sois pas certain que les Salséens aient créer le « Cami dels Orris » pour partir balader au sein d’anciennes estives, voilà je rectifie le tir et fais un petit « mea culpa » concernant cette balade. Aujourd’hui, dans cette randonnée au départ de Prats-de-Sournia,vous l’avez bien compris, il va être encore question de pastoralisme mais cette fois-ci, il n’y aura aucune ambiguïté et aucune raison de râler : la randonnée s’appelle le « Tour des cabanes », on y rencontre de nombreuses cabanes en pierres sèches et les concepteurs de ce circuit ont même fait l’effort de défricher la forêt pour faire sortir de l’ombre certaines « barracas » qui étaient enfouies depuis des lustres sous la végétation. C’est dire si ici le titre de cette randonnée est amplement justifié. Sur certains sites, vous trouverez cette même balade sous le nom de « Sentier panoramique des Cabanes » tout un programme, ou bien encore sous la dénomination de « Sentier des grandes cabanes des Fenouillèdes ». A Prats-de-Sournia, le démarrage s’effectue Rue de Corbières où plusieurs panneaux de randonnées sont placardés, là contre le mur, au début de la ruelle qui monte en direction de la vieille tour-clocher. En réalité, une ancienne tour à signaux ou tour-farahon qui veille sur le village depuis le XIeme siècle et à laquelle on a adjoint une horloge beaucoup plus tard. Bien évidemment, un panonceau indique très clairement notre petite balade « 2h30 – 7,5 kms- Tour des Cabanes ». Un peu plus haut, on emprunte, le Rue de la Chapelle qui s’élève au dessus d’un grand lavoir puis, en prêtant attention au balisage jaune, on poursuit la route bitumée qui sort du village. Selon les informations que j’ai pu recueillir, on serait sur le raccordement d’une ancienne voie romaine et médiévale, un axe très important qui reliait Limoux à Prades est que les anciens avaient appelé « Lo Camin dè Caudiès ». Les premiers panoramas apparaissent sur la droite de l’itinéraire. Des prés verdoyants descendent en pente douce en direction de la départementale D.7 que l’on voit un peu plus bas. Juste en dessous la D.7, entouré de champs et de bois, un petit lac bleu se révèle. Au loin, les Corbières barrent l’horizon. Sur notre gauche, alertées par le bruit de nos pas, quelques brebis font les curieuses derrière une clôture. Accompagnées de leurs agnelets, elles bêlent, faisant un raffut de tous les diables. Elles pensent sans doute que nous sommes les geôliers qui vont les délivrer de leur prison grillagée, leur permettant ainsi d’aller gambader dans les prés et les forêts toutes proches. Bien que les marques de peinture jaune disparaissent un instant, on poursuit l’asphalte sans s’occuper d’autres chemins incertains. Enfermé dans un petit enclos et tout seul dans son pré exigu, un pauvre veau joue les Edmond Dantès et comme s’il avait honte de sa méprisable condition, il baisse la tête quand on s’approche de lui. Ici, on prend conscience que le pastoralisme n’est pas un vain mot, d’ailleurs, ne sommes-nous pas sur l’ancien chemin de transhumance qu’ici en Fenouillèdes, l’on appelait « tira » ou « carrerasse ». Même si ce pastoralisme s’appelle désormais élevage et est cerné de barrières, j’ose espérer que cette absence de liberté des ovins et bovins n’est due qu’à la froideur de la saison. C’est l’hiver, mais un hiver un peu fou, car après les neiges des derniers jours, aujourd’hui il fait très doux et Prats-de-Sournia s’enfuit derrière nous sous un ciel bleu immaculé. Peu de temps après, la route s’enfonce dans la forêt et le premier « orri » apparaît sur la gauche. A un passage canadien, la voie carrossable goudronnée laisse la place à une piste forestière DFCI. Enfoncée dans un tertre, une nouvel orri apparaît. A droite de la piste, on longe une source captée protégée par un grillage.  Plus haut, pendant un court instant, les arbres disparaissent et les vues s’entrouvrent sur une superbe Canigou enneigé et sur la lisière de la forêt communale du Vivier. On atteint le col de Guza où quelques ruines plus imposantes laissent supposer d’une ancienne activité rurale plus intense. La piste s’élève encore et si les bois sont encore bien présents sur son flanc droit, de vastes panoramas se dévoilent sur ses autres côtés. Les bergeries en ruines aux toits effondrés et les cabanes se succèdent. Juste devant nous, le Canigou plus merveilleux que jamais se dresse à l’horizon. Plus l’on avance sur cette piste désormais bien enneigée aux endroits ombragés, plus les vues grandioses s’entrouvrent sur le Bas-Fenouillèdes et bien plus loin encore sur le Roussillon. Ici, on comprend mieux pourquoi, on considère très souvent Prats-de-Sournia comme étant le seul véritable « Balcon des Fenouillèdes ». De plus, ce lieu-dit où nous nous trouvons s’appelle « Los Agradanos » que l’on traduira tout simplement en  « lieu agréable », « agrada » signifiant « agréable » et « anos », lieu.  L’église de Prats vient de sonner les douze coups de midi et comme, nous avons démarré très tard cette balade, l’heure du déjeuner est déjà arrivée. Etant persuadé que nous ne trouverons sans doute pas plus bel endroit pour pique-niquer, on arrête là notre flânerie. Tout au loin, à l’horizon, la mer scintille tout comme les neiges du Canigou que nous apercevons juste à notre droite. A gauche et droit devant, les paysages ne sont qu’une succession anarchique de collines et de vallons. Dans cet incroyable dédale, on y reconnaît néanmoins quelques élévations notoires de notre département comme Força Réal, le Roc Redoun, la Tour del Far, Quéribus ou bien encore le Pic de Vergès, pour ne citer que les plus reconnaissables. Le pique-nique terminé, nous reprenons la piste mais pas pour très longtemps car un panonceau  avec la mention « 4,5 kms - Tour des Cabanes » se présente indiquant d’emprunter à droite un petit sentier qui se faufile entre une haie de hauts buis. La sente s’élève et parvient finalement à une drôle de cabane avec deux entrées l’une à côté de l’autre, un peu comme si le bâtisseur avait voulu faire de cet orri, un appartement T2 façon pierres sèches. Si la première pièce est plutôt réduite et était sans doute destinée à l’usage personnel du berger et à quelques très jeunes agneaux que l’on séparait du troupeau par précaution, la seconde est très longue et spacieuse et devait certainement accueillir le cheptel. Ici, on y a « pelé » les ovins jusque dans les années 60 et quand on sait que cette cabane et le pâquis qui l’entoure ont pour nom « Pellado », on n’a pas de mal à imaginer pourquoi. Si depuis le palier de cet orri, les panoramas sont superbes mais quasiment similaires à ceux décrits ci-dessus on notera tout de même un aperçu des toits rouges et de la tour-clocher de Prats. Est-ce voulu et y avait-il un système de communication entre les orris et le village, je ne saurais vous le dire ? Après cette belle découverte, la pente s’accentue en direction des bois de la Pinouse. On atteint très rapidement un vaste plateau où les grands buis disparaissent et laissent la place à une végétation plus basse faite de genévriers, de genêts à balais et de cistes à feuilles de laurier. Quelques pins à crochets disséminés révèlent la proximité de la forêt. Les indications quant à notre balade se font plus présentes. La couche de neige, elle aussi, se fait plus tangible et surtout plus épaisse et en prêtant attention, on y découvre dans la poudreuse inviolée de nombreuses empreintes d’animaux. L’itinéraire file vers une clôture que l’on longe vers la droite pour atteindre le croisement de plusieurs pistes et chemins. Au loin, droit devant, le Bugarach a le « Pech »   neigeux et en le voyant ainsi, je me dis que nous, nous avons la chance d’avoir encore la « pêche ». Nous sommes début mars 2013, le 21 décembre 2012 est déjà bien loin derrière nous et aucune fin du monde n’est arrivée. A moins, que comme certains le supposent, nous soyons passés dans un autre monde sans nous en rendre compte, rien n’a vraiment changé depuis fin 2012. Pourtant, ici, à 916 mètres d’altitude, point culminant de notre balade, c’est effectivement un autre monde, un monde de silence et de bien-être, un monde de quiétude dont l’épaisseur de neige et sa pureté ne font que renforcer le sentiment. Ici à la croisée de chemins de nouvelles pancartes se présentent : « Tour des Cabanes – 3,3 kms » et à « 10 mn – Arbre remarquable – Le Vivier ». Concernant cet arbre, il s’agit du fameux hêtre à la circonférence et à la hauteur impressionnante que l’on appelle le « Fajas d’en Baillette » et que j’ai déjà eu l’occasion de vous présenter dans mon blog lors d’une jolie randonnée intitulée « le Circuit de Sournia des Terres Noires ». Aujourd’hui, la neige aidant, nous en faisant l’impasse et poursuivons notre « Tour des Cabanes » qui part à l’opposé sur un large chemin dont la ligne de mire n’est ni plus ni moins que sa majesté le Canigou. Un souverain très argenté qui va peu à peu sinon s’éclipser des regards tout du moins s’estomper au profit d’une longue ligne de crêtes et de hauts sommets également enneigés qui en est la continuité : ce sont les Pyrénées. Le chemin finit par atteindre le tracé du GR.36 et du GRP Tour des Fenouillèdes balisé en jaune et rouge où on retrouve très vite le bitume. Un tracé que je connais par cœur et pour lequel, j’ai encore de nombreux et excellents souvenirs très vivaces pour l’avoir accompli avec mon fils en septembre 2011. Si depuis notre T2 en pierres sèches, les cabanes avaient disparu, ici sur cet itinéraire tout en descente, il en surgit de nouvelles ainsi que de gros amoncellements de pierres qui laissent imaginer des travaux de défrichages et d’épierrements titanesques dont seuls nos ancêtres avaient la secrète énergie. D’ailleurs, il suffit d’observer les bas-côtés de la route pour constater qu’ici les arbres ont quasiment disparu laissant la place à de petits prés ou à des champs plus vastes que quelques haies salutaires pour la faune viennent entrecouper. Ne cherchons pas plus loin, la dénomination du village. Sournia n’est pas très loin et ses prés ou « prats » ont été très justement baptisés même si deux villages distincts ont finalement vu le jour. Ici, l’élevage est bien présent comme le prouve ce joli troupeau de gasconnes que nous apercevons près du Serrat de la Carrette et à l’approche du petit dôme d’« Al Carmeill ». Bien que le sommet de cette petite éminence ne soit pas sur l’itinéraire du retour, je vous conseille ce petit détour. D’abord, parce qu’il ne faut que quelques minutes pour atteindre « Al Carmeill », qui selon la toponymie signifierait « petit rocher », « car » signifiant « rocher » et le diminutif « eill », petit, puis parce qu’il y a une table d’orientation ludique et très originale et enfin parce que depuis son pinacle, on embrasse de biens jolis paysages à 360°. Moi, j’ai pris plaisir à revoir une « bonne » portion du tracé du Tour des Fenouillèdes que nous avions, mon fils et moi, démarré de Trilla, via Eus, Sournia, Caudiès et Saint-Paul. J’y ai également aperçu quelques objectifs de balades comme Campoussy, Séquières et quelques autres encore. Enfin, il y a l’oratoire avec sa croix de mission dont l’histoire raconte qu’une première croix de bois aurait été érigée en 1638 pour que s’arrêtent les mauvais sorts qui s’abattaient sans cesse sur le village. L’oratoire maçonné actuel, lui, est beaucoup plus récent et daterait du début du XXeme siècle. Depuis, l’édifice, on y voit Prats sous un angle aérien très ravissant. Le village n’est d’ailleurs plus très loin et par la route qui file en balcon de la dépression de Fount Barbix, il ne faut que quelques minutes pour l’atteindre. A l’entrée, vous noterez une petite chapelle au lieu-dit du Pré des Supplices. On ne terminera pas cette balade sans une courte visite de Prats-de-Sournia avec ses agréables ruelles dallées, sa placette centrale dite Place de la Fraternité décorée d’une magnifique fresque, ses jolies façades ornées et fleuries, sa tour-farahon et sa belle église dédiée à Saint Félix dont le superbe mur clocher mérite à lui seul le détour. A propos de cette église, je vous conseille le site de Jean Tosti consacré à l’histoire de Prats-de-Sournia ou bien celui des Fenouillèdes. Concernant les cabanes, vous aurez sans doute noter que toutes celles rencontrées avaient leurs entrées à l’opposé du cers, ce vent violent, sec et froid soufflant comme notre tramontane du nord-ouest de l’Aude. Enfin, pour prendre conscience de l’importance qu’avaient ces « cabanes » au temps jadis, je vous rappelle que non loin de là et tout près du village de Fosse, il y a un hameau dit des « Cabanes ». Bien que donné pour 7,5 kilomètres, j’ai personnellement enregistré dans mon GPS un distance d’environ 8,8 kilomètres pour le circuit effectué et tel que présenté ici. Cette distance inclus le petit aller-retour à Al Carmeill, une courte visite du village et deux ou trois escapades rapides de l’itinéraire principal. Le dénivelé est plutôt modeste et en tous cas inférieur à 300 mètres, le départ se situant à 634 mètres d’altitude devant la cave coopérative où on a laissé notre voiture et le point culminant à 916 mètres à la croisée du chemin menant à l’Arbre remarquable. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

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Les Tours de Cabrens (1.336 m) depuis Lamanère (777 m)

Publié le par gibirando

  
Ce diaporama est agrémenté de 4 sublimes morceaux de boogie-woogie, dont le célèbre "Boogie-Woogie Queen", interprétés ici par les pianistes Ladyva et Brendan Kavanagh plus connu sous le nom de Dr.K. 

LES-TOURS-DE-CABRENS

TOURSCABRENSIGN
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Les Tours de Cabrens font partie des randonnées incontournables de notre beau département. Toutefois, si on s’amuse à comparer celles-ci à certaines ascensions de nos hauts sommets des Pyrénées-Orientales, une randonnée aux Tours de Cabrens reste somme toute très confidentielle. Par exemple, je me suis amusé à taper sur Google les mots Canigou, Carlit, Costabonne et Cabrens précédés du mot « randonnée » et voilà les résultats qui donnent tout de même une idée de l’attrait que présente le lieu en question : Canigou 107.000 résultats, Carlit 31.600, Costabonne 2.740 et Cabrens 1.230.  Bon, j’avoue qu’il ne faut pas trop prendre à la lettre ces statistiques car si vous tapez dans Google le mot « randonnée » suivi des mots « Pic de Garces » qui est, comme chacun sait, un ridicule sommet à 675 mètres d’altitude au dessus de Céret, vous obtenez le résultat très étonnant de plus de 8 millions de résultats. Alors soit il y a un problème dans Google car je doute que les sentiers du Pic de Garces soient 80 fois plus empruntés que ceux du Canigou soit toutes les garces du monde aiment la randonnée pédestre ! Un peu d’humour ne peut pas faire de mal alors je tiens à préciser que je plaisante bien sûr car sinon plus aucune randonneuse ne viendra visiter mon blog. Bon, vous l’avez compris, cet article est consacré à une randonnée aux Tours de Cabrens qu’une fois encore j’ai effectué en solitaire et au cours de laquelle, je n’y ai rencontré âme qui vive. Parfois, c’est bien ainsi car la fois précédente lors de mon Tour du Vallespir de 2009, j’avais rencontré à Cabrens quelques randonneurs très désagréables, bruyants et sans aucun savoir-vivre. Non, cette fois-ci tout c’est bien passé et je suis parti bien tranquillement du village de Lamanère, lui aussi complètement désert. J’ai emprunté la « Carrer de Dalt » où un panonceau indique dès le départ les « Torres de Cabrenç » puis un peu plus haut, c’est le « Cami de la Font de Dalt » dont la ruelle pentue et cimentée s’élève entre les vieilles maisons en pierres. Les premières vues sur le village apparaissent. Encore plus haut, on finit par sortir du village avec des fenêtres qui s’entrouvrent entre les arbres, en bas vers le vallon du ruisseau du Saladou et en haut vers le long massif de la Baga de Bordellat. Ce massif, je le regarde d’un œil amusé me souvenant d’une mésaventure que Dany et moi avions vécu, il y a de nombreuses années de cela, lors d’une autre randonnée pédestre. Je ne peux m’empêcher de vous la raconter : « C’était presque au début où nous pratiquions la randonnée pédestre et en tous cas, la toute première fois que nous partions marcher deux jours. Notre choix s’était porté sur les crêtes de la Bagat de Bordellat que j’avais découvert dans le célèbre « 100 randos dans les P.O » de Georges Véron. Nous étions partis avec tente et bardas. Le soir au moment de s’installer dans un pré, voilà que Dany s’aperçoit qu’elle a perdu son duvet qui était censé être accroché à son sac à dos. Avant que je n’aie le temps de la retenir, la voilà qui part en courant et qui dévale la pente. Je sors mes jumelles mais elle est partie à une telle vitesse que quand je finis par l’apercevoir, elle n’est déjà qu’un tout petit point à l’horizon. Au bout d’une heure, je ne la vois toujours pas revenir et je commence sérieusement à m’inquiéter car le soir tombe. Je pars à sa rencontre et enfin, je la vois revenir vers moi mais bredouille. Entre-temps et heureusement j’ai dressé la tente et nous avons juste le temps de souper avant que la nuit fonde sur nous. Les insectes eux n’ont pas attendu et ils ont déjà fondu sur nos épidermes !  Dans notre tunnel de toile, nous partageons le seul sac de couchage qu’il nous reste en le transformant en une couverture peu pratique et comme la nuit va s’avérer très fraîche, nous revêtons en supplément de notre accoutrement du parfait randonneur tout ce nous avons de chaud et notamment un gros pull en laine que nous avions emmener en prévision.  La nuit s’avérera d’autant plus fraîche qu’ayant voulu transformer mon « Camelback » en oreiller, celui-ci se videra presque entièrement de son contenu et nous passerons l’essentiel de notre nuitée à baigner dans l’eau que nos pulls en laine ont copieusement pompée. Le lendemain, bien évidemment nous manquerons d’eau et en plus, nous marcherons une heure trente avant de retrouver le « fameux » sac de couchage. Une heure trente aller et une heure trente retour soit trois heures de plus que prévu à notre déjà très longue balade. Autant vous dire que pour une première expérience, celle-ci est restée très longtemps gravée dans nos têtes et de ce fait, la Bagat de Bordellat que j’aperçois aujourd’hui aussi ! ». Voilà pour l’anecdote. Le petit sentier balisé en jaune et rouge (GRP) atteint très vite une première piste. Quelques cairns précisent la direction à suivre. Pour deux raisons, il faut prêter attention aux cairns et au balisage et éviter de les perdre. Primo, parce qu’ils ne sont pas spécialement présents partout et suffisamment réguliers pour être évidents à suivre et secundo, il ne faut plus se fier aux itinéraires figurant sur les cartes IGN dont la plupart sont trop anciennes. Certains sentiers sont devenus obsolètes et c’est ainsi qu’il ne faut plus poursuivre cette première piste mais grimper presque immédiatement en face au sein du bois pour en atteindre une deuxième où un gros cairn a été élevé pour les promeneurs arrivant en sens inverse. Là, par contre, il faut poursuivre cette deuxième piste vers la droite même si le balisage est peu évident voire absent jusqu’à rencontrer une vieille pancarte jaune attachée à un poteau avec un bout de ficelle, pancarte sur laquelle on lit difficilement « les Torres de Cabrenç ». On quitte la piste pour s’élever dans une belle forêt de feuillus. Entre temps et depuis la piste, on aura amplement aperçu les « fameuses » Tours de Cabrens et on aura eu largement le temps d’apprécier les difficultés qui nous attendent. Au sein du bois, on continue de grimper sur le sentier le plus évident où d’autres pancartes diverses et variées vont se présenter rassurant le randonneur quand à la pertinence de l’itinéraire. La plupart de ces panonceaux indiquent « les Estanouses » ou, « les Tours » voire parfois les deux sur le même panneau. On finit par sortir du bois et apercevoir sur la droite, un superbe mas entouré d’un merveilleux domaine où gambadent un joli cheval blanc et un « Shetland », poney brun avec une belle crinière blanche. Ce sont les Estanouses, chères à mes amis Diane et Jean. On atteint une nouvelle piste qui débouche non loin de l’entrée du domaine où anciennement passait le GRP Tour du Vallespir. Afin de rencontrer mes amis et en souvenir de mon Tour du Vallespir de 2009, je me dirige vers le mas et ce portail que j’adore avec ses nombreuses statuettes de jolis chérubins puis désormais ce magnifique aurochs en résine plus vrai que nature qui semble surveillé l’entrée du domaine. Malheureusement mes amis sont absents et je poursuis la piste qui s’élève au dessus de la propriété. Au loin, la crête frontière avec l’Espagne étire son échine amplement bosselée et boisée. Le large chemin longe désormais une belle sapinière. Au dessus, deux des tours de Cabrens défient les randonneurs. Plus on monte et plus la pente s’accentue. Le chemin finit par s’engouffrer dans des sous-bois toujours plus denses et donc toujours plus obscurs. Quand la lumière réapparaît, on atteint une autre piste et le col Balladou où l’on peut enfin reprendre son souffle. Pourtant les montées ne sont pas terminées et la dernière va nous entraîner vers la crête de Cabrens, point culminant de cette belle balade où se trouve les Tours. En réalité, cette longue arête rocheuse s’appelle la crête de Serralongue comme le nom du village qui se trouve en contrebas vers le nord. Ecrit ainsi, il s’agit là d’une étymologie pléonastique puisque le mot « Serra » signifie déjà « crête ». Montant vers cette crête, il y a bien un sentier, espèce de raccourci qui rejoint la première tour mais je l’avoue, bien que plus longue, j’ai toujours préféré emprunter la piste bien plus praticable. Le plus souvent, sans doute par paresse car le raccourci est plus pentu mais également parce qu’en 2009, mon sac à dos pesait pas moins de 18 kilos. Même si aujourd’hui mon sac est plus léger, cette fois encore je reprends la piste. Devant moi, la première tour apparaît parfois au bout de la piste puis elle se volatilise au fil des virages. Derrière moi, le massif du Canigou déploie ses merveilleux sommets enneigés puis sur la gauche et dans la continuité, ce sont les longilignes Esquerdes de Rotja jusqu’à la pyramide blanche du Costabonne qui forment l’horizon. Vingt minutes plus tard, j’arrive au pied de la première tour. Il faut dire que j’ai lambiné comme jamais tentant très fréquemment mais le plus souvent en vain de photographier les innombrables passereaux qui volètent en tous sens : mésanges, fauvettes, roitelets, pouillots, bouvreuils et je pourrais ainsi en citer bien d’autres. Tous ces oiseaux ne tiennent pas en place et j’ai un mal fou à agrandir ma collection ornithologique photographique. Avec la première tour arrive l’heure du pique-nique mais avant de déjeuner, je préfère aller voir cet étonnant visage sculpté dans la falaise. J’ai beau l’avoir déjà vu et photographié « x » fois, je reste toujours subjugué par ce profil parfait que Dame Nature a su créer. Après cet émerveillement sans cesse renouvelé, je pars enfin déjeuner au pied de la deuxième tour. Adossé contre la muraille, je ne me lasse pas de scruter et de photographier tous ces merveilleux panoramas qui défilent devant moi. Il y a aussi quelques minuscules lieux que j’aperçois tels de petits îlots perdus dans un océan de forêts, d’herbages et de montagnes. Je constate que depuis mon Tour pédestre du Vallespir et si j’ajoute quelques balades isolées, je connais la plupart de ces endroits et de ces panoramas. Décrire la beauté de ces paysages est bien trop complexe et en élaborer une liste bien trop fastidieux alors je vous laisserais le soin de regarder les photos de mon diaporama où vous pourrez peut être reconnaître quelques objectifs de balades déjà décrites dans ce blog. Après le déjeuner, il ne me reste plus qu’à découvrir le troisième tour qui est en réalité un ancien château dont il ne reste que des fortifications et quelques murs ruinés. Je ne vais pas ici vous raconter l’histoire de ce château et des deux autres tours et cela d’autant qu’à proximité de la Tour Nord, la première rencontrée, des textes très bien rédigés résument parfaitement, plans à l’appui, en français et en catalan, la longue et très intéressante histoire de Serra Longua et de Cabrens. A proximité du château, une jolie table d’orientation avec une magnifique rose des vents donne aux visiteurs les principaux noms de lieux alentours que l’on peut observer depuis ce point culminant. Après cette dernière découverte, il est temps de retourner à Lamanère. Deux options restent possibles. La plus simple est de rebrousser chemin et de refaire le parcours en sens inverse et la plus compliqué est de redescendre la face sud de l’arête par un étroit sentier qui démarre au pied des fortifications et de l’entrée sud du château. Désormais, le GRP Tour du Vallespir passe ici et même si l’itinéraire reste plus difficile, comme en 2009, c’est de nouveau l’option que je vais choisir pour rejoindre le Pla de Castell. Le sentier descend assez abruptement dès le départ et il faut être très vigilant pour éviter une mauvaise chute, d’autant que les tapis de feuilles mortes peuvent s’avérer glissants et cacher parfois des cailloux plus traîtres encore. Deuxième conseil, ne pas perdre de vue le balisage jaune et rouge pas toujours évident à apercevoir et n’avancer que lorsque les prochains traits de peinture sont aperçus. En 2009, déjà handicapé par le poids de mon sac à dos, j’avais failli me perdre pour ne pas avoir respecté cette consigne presque essentielle quand on marche tout seul. C’’est un peu par hasard et beaucoup par chance que j’étais resté sur ce sentier que de temps à autre je quittais presque sans m’en rendre compte. Aujourd’hui l’expérience m’a servi et en plus je dispose d’un tracé enregistré dans mon GPS, chose que je n’avais pas en 2009 et pour cause, pensant pouvoir passer par l’ancien itinéraire des Estanouses. Malgré tout ça, je descends avec une grande prudence tout en essayant de ne rien louper des panoramas comme par exemple ces vues superbes sur le Mont Nègre et beaucoup plus loin sur la Serre de Montner, chevauchée il y a peu. Plus bas, le sentier devient relativement meilleur. Un panonceau confirme qu’on est bien sur le GRP Tour du Vallespir en direction de Coustouges et de Falgos. Immédiatement après, on atteint quelques ruines envahies par les lierres et une végétation foisonnante. Quelques minutes plus tard, la zone déboisée du Pla de Castell s’entrouvre. Dans la quiétude et dans la douceur de cette chaude journée d’hiver, j’y finis mon casse-croûte, allongé au soleil et sous un concert de chants d’oiseaux qu’une fois encore je m’évertue à photographier sans trop de succès. Puis, je repars en me fiant à une planche sur laquelle il est écrit «Lamanère » agrémentée d’un balisage jaune et d’un autre orange. Je vais suivre les marques jaunes sur cette large piste qui descend en pente douce sous l’ombre jumelée et bienfaisante de grands pins sylvestres et des crêtes de Cabrens. Peu après le premier virage, le balisage m’indique de quitter la piste pour un sentier encombré de branchages qui descend dans la forêt. Droit devant et de temps à autre, le superbe domaine des Estanouses apparaît à travers les arbres. Une autre piste se présente que j’emprunte vers la droite. Je ne vais plus la quitter car elle me ramène sans problème sur la piste prise à l’aller où je retrouve le gros cairn indiquant le petit sentier qui descend à Lamanère. La suite est un jeu d’enfants car il suffit de reprendre le parcours qui débouche à la Font de Dalt et de descendre la petite venelle cimentée qui file vers le centre du village. Dans cette descente, je rencontre un couple d’habitants occupés dans leur potager. On se met à bavarder et avec étonnement, je réalise que ce sont les seuls êtres humains rencontrés depuis que j’ai quitté mon domicile ce matin très tôt. Je vous l’ai dit, une randonnée aux Tours de Cabrens est plutôt confidentielle surtout à cette saison. A cette idée, certains pourraient angoissés mais pour moi c’est plutôt un bonheur d’avoir pu une fois encore m’évader dans cette nature dont je ne me lasse jamais. Cette boucle, telle que décrite ici, n’est pas spécialement longue, 12 a 13 kilomètres environ, toutefois depuis le départ de Lamanère (777 mètres) jusqu’à la dernière tour c'est-à-dire le château (1.336 m), la déclivité est quasi constante et plutôt sévère à l’approche des Tours. Avec ce dénivelé de 559 mètres et la descente scabreuse vers le Pla de Castell, les Tours de Cabrens restent une randonnée moyennement difficile où de bonnes chaussures de marche sont fortement recommandées. Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25. 

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Nina de Llugols ou la photo de bonheurs retrouvés

Publié le par gibirando

NINA-DE-LLUGOLS
Nina et ses frères, le 17 août 2007 à Llugols.
SANT-MARTI-DE-LA-ROCA-
Photo de la Chapelle Sant-Marti de la Roca retenue en juillet 2012 par le magazine Bol d'Air pour  agrémenter  leur feuilleton de l'été "Les Mystères du Sud".
  CHEMIN-DE-FLASSA
Photo de Jujols prise depuis le chemin de Flassa. Photo sélectionné par l'agence de communivation KFH pour enjoliver une plaquette d'information de la DREAL L.R concernant le déviation de la R.N.116 à hauteur de Joncet.
Voir taille réelle

J’adore la photo que je pratique en amateur tout au long de l’année et surtout lors de mes randonnées pédestres.  Pourtant, voilà que par deux fois en quelques mois, deux de mes photos que j’avais mise sur Internet ont été appréciés et retenues par des professionnels de la communication. La première fois, c’était l’an dernier pour une photo de la chapelle Sant Marti de la Roca retenue par Bol d’Air, le magazine du samedi de l’Indépendant de Perpignan. Ma photo était venue agrémenter le feuilleton de l’été intitulé « les Mystères du Sud » dont l’acte 4  « Une héroïne de friction » était une nouvelle écrite par Philippe Georget. Puis le mois dernier, c’est l’agence de communication montpelliéraine KFH travaillant pour le compte de la DREAL Languedoc Roussillon qui souhaitait faire figurer une de mes photos pour enjoliver une plaquette destinée à la « fameuse » déviation de la RN.116 à hauteur du hameau de Joncet. Il s’agissait d’une photo prise depuis le chemin de Flassa sur laquelle on aperçoit le hameau de Jujols. Il semble que la future déviation passera non loin de là. Bien évidemment, c’est avec une certaine fierté que j’ai remis ces deux clichés aux intéressés.  Je précise tout de même que je les ai offertes car pour moi il était hors de question de faire une quelconque concurrence déloyale aux photographes professionnels. Mais aujourd’hui, ce n’est pas de ces deux photos dont je veux vous parler mais d’une troisième dont l’histoire très insolite et inattendue m’a littéralement rempli de bonheur en ce début du mois de mai. Cette photo, je ne peux pas l’appeler autrement que « Nina de Llugols » ou « la photo de bonheurs retrouvés ». Laissez-moi vous en raconter le récit mais auparavant, il me paraît important de planter quelques jalons. Depuis que la photo numérique existe, je prends grosso modo entre 150 et 300 clichés au cours d’une randonnée pédestre d’une journée. Tout dépend bien sûr de la longueur de la balade mais surtout des intérêts que je vais y trouver car comme vous avez pu peut être l’observer sur mes diaporamas tout ce qui touche à la nature ou au patrimoine m’intéresse : flore, faune, paysages, panoramas, lieux divers, découvertes, bizarreries, fantaisies, etc….Un seul élément manque souvent à cette boulimie de photos : les personnages. S’ils ne sont pas de ma famille ou de mes amis, ils sont la plupart du temps absents de mes livres d’images. Eh oui que voulez-vous savoir vivre et vie privée oblige, je ne me sens pas autorisé à prendre n’importe qui n’importe comment. Bien que le scoop photographique ne me laisse pas indifférent, je n’ai pas l’âme d’un paparazzi. D’ailleurs, je pense que dans certaines conditions bien spécifiques, la loi ne permet pas la publication d’images de personnes sans leur autorisation préalable. A cette modération que je considère normale, j’ai, je l’avoue, fait parfois quelques entorses. Je ne parle pas bien sûr des photos où un public peut être présent par hasard ou bien de celles que j’ai parfois prises avec une autorisation préalable ou bien encore de photos de groupes auxquels je participais. Non, je parle de vraies entorses que j’ai pu faire parce que « l’instant de la photo » me paraissait plus important que tout. Parmi les milliers de photos numériques qui emplissent le disque dur de mon ordinateur, des photos comme ça, je pense que je peux très facilement les compter sur les doigts d’une main voire au pire des deux. Parfois, il m’arrive de les retrouver au hasard du mur d’images qui défile sur l’écran de veille de mon ordinateur et c’est toujours un immense bonheur de les revoir. Oui, c’est bien ça, c’est une grande joie car ces photos ont toutes leur propre histoire, leur raison d’être, leur « moment de vérité », leur « instant présent ». Parmi ces photos, il y a, vous l’avez compris, celle de « Nina de Llugols » dont voici ci-après l’étonnante histoire :
A l’été 2007, je décide d’accomplir le Tour pédestre du Coronat en 6 jours et en solitaire. Dany souffre de sa polyarthrite et je suis dans un certain état d'esprit car la veille de mon départ, j'ai marié ma fille. C'est la première fois que je pars si longtemps tout seul et d'avoir marié ma fille, c'est comme une grande page de ma vie qui s'est tournée. J'éprouve le besoin de m'oxygéner et de me retrouver seul. Comme chacun sait, le Coronat est un massif montagneux du Conflent dont la longue crête s’étire sur environ 17 kilomètres depuis la commune de Ria jusqu’au col du Portus. Vers le sud, le massif domine la vallée de la Têt jusqu’aux environs d’Olette et au nord, les vallées du Callau et de Nohèdes. A l’ouest, c’est le vallon d’Evol qui clôture la montagne. Son sommet, le Mont Coronat culmine à 2.172 mètres. Après avoir lu un topo-guide de la série « Détours Pyrénéens » intitulé « 5 Grandes Randonnées en Pyrénées-Orientales »,  plusieurs particularités m’incitent à faire ce voyage en priorité plutôt que les autres. Il y a tout d’abord le fait que ce massif s’inscrive au sein de trois réserves naturelles : celles de Jujols, de Nohèdes et de Conat. J'ai le sentiment que les découvertes vont être belles et nombreuses. Deuxième élément, les hautes falaises sont le repère d’une fleur endémique, rarissime et relictuelle, l’Alyssum Pyrenaicum que je ne rencontrerai jamais malgré l’ascension du mont Coronat en octobre de la même année. Des nombreuses merveilles que je découvrirais au fil de ce magnifique parcours et de cette fleur que l’on appelle plus communément l’Alysse ou Alysson des Pyrénées, le titre de mon récit viendra à moi presque comme une évidence : « Des merveilles au pays d’Alysse ». Le cinquième jour de ce beau périple, le 17 août exactement, je pars du Refuge de Callau et j’arrive au beau milieu de l’après-midi à Llugols où une chambre m’attend dans le gîte Naulin. Llugols n’est pas vraiment un village mais un embryon de hameau qui se reconstitua bien longtemps après que l’épidémie de peste du XIVeme siècle en eut chassé les derniers survivants. Après cette tragédie, les premiers nouveaux arrivants furent sans doute des bergers et des ermites qui trouvèrent ici ce qu’ils étaient venus chercher : la sérénité dans la solitude. Il y a juste quelques maisons et une piste terreuse qui arrive dont ne sait où. Juste à côté du hameau, une jolie petite chapelle dédiée à Saint Christophe. Autour de Llugols, quelques vestiges préhistoriques et d’autres chapelles oubliées des hommes et des dieux. Voilà le décor est planté. Et quel décor ? Juste en face de notre mythique Canigou !  A Llugols, c’est plus souvent le calme plat et il y a donc peu de chance qu’une surprise jaillisse. Et pourtant !
Voilà ce que je dis de Llugols dans mon récit : « Ici, à Llugols je suis particulièrement sensible à cette quiétude que je vis dans l'instant. Ici tout paraît plus simple plus humble mais de cette humilité transparaît une grande sérénité. Ces grands espaces qui rayonnent dés que l'on sort du gîte, ces vergers qui descendent en pente douce, ces jardins potagers très ordonnés que les sangliers s'obstinent à défoncer, cette magnifique chapelle romane Saint-Christophe superbement restaurée, des chats trop heureux de se prélasser sur la terrasse ensoleillée, Bonnie, ce chien facétieux qui s'évertue à me suivre dès que je fais un pas, et puis que dire de Monsieur et Madame Naulin, mes charmants hôteliers qui m'installent comme un prince face au Canigou puis assis sur leur perron me regardent manger. Non ici à Llugols, je n'ai pas la vie d'un prince mais plutôt celle d'un roi. J'ai envie de leur dire : venez vous asseoir à ma table, je ne veux pas être servi comme un roi, je suis un humble chemineau ! Je prends conscience des " choses simples " de la vie qui consolident l'idée que je me fais du bonheur ». Puis un peu plus loin, je raconte d’autres « choses simples » que j’observe comme ces trois enfants qui descendent la piste poussiéreuse du hameau sur des motos miniatures.  Leurs éclats de rire viennent rompre le silence et la quiétude du hameau. Je ferme les yeux et je revois mon enfance. Mais avant de fermer les yeux, je tente de prendre une belle photo de ces enfants ivres de bonheur. Miracle, malgré le mouvement, la première photo est la bonne ! Voilà ce que j’écris de cet instant que j’ai immortalisé : « Oui ici, à Llugols, je suis à la fois heureux et nostalgique. Nostalgique de mon passé quand je croise ces enfants qui descendent à tout berzingue sur des jouets à roulettes la seule piste du hameau. Enfant, dans le quartier de la Vieille-Chapelle à Marseille, je descendais de la même manière le Boulevard des Neiges sur ma carriole faite d'une planche et de quatre roulements à billes. Nostalgique du présent car demain le Tour du Coronat touche à sa fin et en terminant ce parcours, j'ai le sentiment de perdre quelque chose. D'ailleurs, je fais mien ce proverbe qui dit " ne cherche pas le chemin du bonheur car le bonheur, c'est le chemin ! ".Le soir tombe sur le Coronat, je suis sur ce rocher qui domine la chapelle Saint-Christophe et j'observe cette étrange croix néolithique gravée dans la pierre depuis des milliers d'années. A cet instant, je réalise davantage pourquoi les hommes viennent à Llugols depuis des temps ancestraux, je comprends mieux pourquoi de nombreux ermites venaient y vivre en autarcie, loin du reste du monde. Ici, ils trouvaient le bonheur et la béatitude. Mais pour moi, il ne fait aucun doute, ce bonheur et cette béatitude, pour eux, c'était merveilleux ! Comme je le fais moi-même, ici à Llugols, tous ces hommes venaient chercher des merveilles. Ces merveilles, c'étaient celles du pays d'Alysse ! ».
Voilà dans quel état d’esprit je me trouve à Llugols en ce 17 août 2007 et voilà que six années plus tard, je reçois ce mail étonnant : « Bonjour Jullien,j'ai trouvée votre adresse sur votre site de vos histoires de randonnée. J'habite en ce moment en Russie. Et par un moment de nostalgie je vais sur Google, et tape "Llugols", regarde des photos et au bout d'un moment tombe sur votre site. Je lis l'histoire de votre randonnée du 17 août 2007, regarde les photos.... et BAM je tombe sur une photo de moi et de mes frères, ou nous sommes sur des petites motos. Je n’ai pas pu agrandir la photo, si jamais vous avez des photos de ce jour-là, peut -être pourriez vous me les envoyer ? En espérant une réponse, Nina Neveroff. »
Voilà la surprenante histoire de cette photo de « Nina de Llugols ».
J’ai bien sûr répondu favorablement à Nina Neverov en lui adressant en pièce jointe un exemplaire grand format de cette photo. Depuis, nous avons échangé quelques messages sur le Net et sommes devenus amis sur Facebook.
Nina va revenir passer ses vacances à Llugols et notre souhait commun est de nous retrouver un de ces jours dans ce joli hameau pour faire plus ample connaissance et évoquer de vive voix la belle histoire de cette photo. J’ai le secret espoir que nous deviendrons de bons amis autrement qu’à travers le Toile.
Six années sont passées, Nina est devenue une jolie jeune fille et moi, j’ai pris un coup de vieux supplémentaire. Pour elle comme pour moi, cette photo représente de grands moments de bonheur. Des bonheurs que l’on pourrait croire bien différents. Elle, de se revoir ainsi, entrain de jouer et de rire avec ses frères au hameau de Llugols dont elle est nostalgique quand elle est en Russie, sa patrie lointaine. Moi, d’avoir vu dans cette photo, le reflet de ma propre enfance quand je jouais avec mon frère. Mais à y réfléchir, nos bonheurs se rejoignent. Elle voit sans doute dans cette photo, sa propre enfance qui s’enfuit et moi, je suis nostalgique de ces beaux instants passés à Llugols. Merci Internet et merci Nina ! A bientôt à Llugols !
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Les Balcons de Taurinya (843 m) depuis Taurinya (543 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons des Beatles interprétées ici par le Riga Recording Studio Orchestra. Elles ont pour titres : "Day Tripper", "No Reply", "Norwegian Wood" et "Across The Universe".
LES-BALCONS-DE-TAURINYA
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Pour agrandir les photos, cliquez dessus.2 fois pour un plein écran.

 

Si le dictionnaire Larousse définit le mot « balcon » comme une  « plate-forme en saillie sur une façade desservie par une ou par plusieurs portes-fenêtres », j’avoue que dans cette randonnée intitulée « les Balcons de Taurinya », je me suis demandé pendant très longtemps si l’interprétation de ce mot resterait valable une fois transposée à cette jolie boucle pédestre. En effet, après avoir laissé notre voiture à Taurinya sur le parking du superbe et très moderne bistrot de pays El Taller, il nous a fallu exactement 1h30 de marche avant qu’une première fenêtre s’entrouvre sur ce beau village du Conflent. Comme quoi, même en randonnée, il faut parfois être patient. Mais attention, si le mot « balcon de Taurinya » a pris toute sa signification passé ce laps de temps, ça ne veut pas dire pour autant que ces 90 minutes à marcher ont été désagréables. Non, bien au contraire car les découvertes sont même plutôt nombreuses dès le début de cette longue boucle où le balisage est très présent mais demande parfois de l’attention. Il y a d’abord le village lui-même qui ne manque pas d’intérêts avec notamment quelques vieilles et jolies ruelles mais surtout son église romane dédiée à Saint-Fructueux et dont le beau clocher-tour daterait du 12eme siècle. Puis après s’être dirigé vers le haut du village jusqu’au Cami de las Tarteres, on ira dès le début de cette balade, à la rencontre de l’ancien hameau du Salver essentiellement destiné à l’exploitation du fer. Salver conserve une quantité incroyable de vestiges de ce patrimoine minier que de vaillantes associations cherchent à faire renaître de leurs cendres en réhabilitant certains bâtiments et en incitant les visiteurs à venir faire une petite balade sur un circuit crée en cette occasion et qui s’intitule le « Sentier des Mines ». Puis, après Salver et la belle châtaigneraie, les balcons se font jour du côté des Costes d’Anglade, point culminant de la journée avec ses 843 mètres d’altitude. D’ici, des fenêtres plongeantes s’entrouvrent sur Taurinya, Saint-Michel de Cuxa et sur le vallon de la rivière Llitera mais pas seulement car dans l’agréable et rafraîchissante descente vers les Colomines, de nombreuses vues apparaissent absolument de tous côtés et vers tous les horizons plus ou moins proches : Canigou et hauts sommets enneigés du Haut-Conflent, de Cerdagne et du Capcir, Massifs du Coronat et du Madres, Vallée de la Têt et Plaine du Roussillon et des panoramas se dévoilent même jusqu’à la Méditerranée. Un peu plus bas en altitude, on découvrira l’ancestrale Tour de Corts. Il s’agit en réalité d’une ancienne église romane, elle aussi, du 12eme siècle dont l’abside a été surélevée et fortifiée pour prévenir d’éventuels assaillants. Là aussi, à travers un texte de 1280, l’historien Jean Tosti nous apprend qu’il y avait un hameau à Corts et des mines consacrées à l’exploitation du fer : « Menerio in terminis de Cortz ». Un peu plus bas encore et à l’approche de Saint-Michel de Cuxa, c’est un petit bout du long Canal de Bohère que l’on va côtoyer sur un tronçon malheureusement asséché puis après avoir enjambé la Llitera (439 m), le clou de cette belle et longue randonnée sera bien sûr la visite de cette incontournable abbaye, un des plus beaux édifices religieux de notre département. Si vous ne connaissez pas Saint-Michel de Cuxa et si vous êtes un amoureux des vieilles pierres, je vous conseille vivement cette visite dont vous ne pourrez pas sortir déçu tant il y a de merveilles architecturales à contempler. Bien qu’à ce stade, la randonnée soit loin d’être terminée car il reste encore quelques kilomètres, un bon dénivelé jusqu’au col de Clara et entre les deux, bien d’autres balcons à arpenter et à découvrir, cette découverte de l’abbaye dans ce cadre où transpire la sérénité ne pourra être que bénéfique à un peu de récupération. Comme si vous étiez passé dans un sas de décompression, vous repartirez de l’abbaye plus calme et plus reposé que jamais, au moins dans votre tête. Si les jambes ne suivent plus comme ce fut le cas pour Dany, vous aurez toujours la possibilité d’emprunter la D.27 bien plus courte pour rejoindre Taurinya. Dans le cas contraire, il vous faudra continuer le parcours en passant devant les restes de l’ermitage Saint-Pierre d’Orséolo où a été élevée une stèle en hommage à cet homme qui fut d’abord doge de Venise en 976. Pietro Orséolo fut un remarquable administrateur et reconstructeur de la cité vénitienne après le soulèvement du peuple en 976 qui avait vu la détérioration et la destruction de nombreux bâtiments et palais dont celui des Doges et la basilique Saint-Marc par exemple. Il instaura la paix civique puis deux ans plus tard, il disparut sans laisser de traces et on apprit que bien plus tard qu'il était entré sous un faux nom chez les moines de Saint Michel de Cuxa accompagné de deux ermites Romuald et Marin. Il y passa le reste de sa vie dans l'expiation, la pénitence et la prière.Après la découverte de cette stèle, il vous faudra monter vers les hauteurs de la Serre de Faixans d’abord par un chemin creux bordé de petits murets de pierres sèches puis par une piste terreuse qui vous amènera après quelques zigzags jusqu’au col de Clara. Là, sur cette piste, vous serez à nouveau aux premières loges de somptueux balcons et d’autres panoramas se dévoileront sur Taurinya, ses très proches alentours ou ses très lointains horizons magnifiquement enneigés en cette saison. Au col de Clara, la vue embrasse d’autres paysages et on remarquera notamment une bien jolie vue vers l’ermitage Saint-Etienne de Pomers, découvert et décrit dans ce blog il y a peu de temps. Ici au col, il suffira de suivre le panonceau  « Balcons de Taurinya » pour rejoindre le village et refermer cette magnifique boucle d’environ 16 kilomètres. Si le dénivelé est, avec ses 300 mètres, plutôt modeste, les montées cumulées dépassant les 1.110 mètres en font une balade plutôt difficile. Comptez au bas mot 5 « bonnes » heures de marche arrêts non inclus et consacrez-y la journée si vous envisagez de visiter Saint-Michel de Cuxa. Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou – Top 25.

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Les Monts d'Estagel (185 m) depuis Estagel

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté d'un morceau de jazz intitulé "Festive Minor" interprété par Gerry Mulligan.
LES-MONTS-D'ESTAGEL
 
LESMONTSESTAGELIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Après un grand détour par l’île de Madère et la fabuleuse mais difficile traversée de ses plus hautes cimes que sont le Pico do Arieiro (1.818 m) et le Pico Ruivo (1.862 m), redescendons un peu sur terre avec ces Monts d'Estagel dont la découverte constitue une toute petite randonnée que je qualifierais presque d’entraînement. Redescendre sur terre si j’ose m’exprimer ainsi, au sens propre avec cette nouvelle balade qui va culminer à 185 mètres d’altitude et au sens figuré car les plaisirs du voyage et de l’aventure seront sans commune mesure avec ceux que nous avons connu sur la Perle de l’Atlantique. Eh bien oui que voulez-vous, on ne peut pas toujours être en voyage aux Tropiques et partir randonner sous d’autres cieux très lointains. Eh bien oui que voulez-vous, il faut d’abord s’entretenir un peu si l’on veut ensuite avoir une forme suffisante pour gravir de plus hauts sommets. L’hiver est souvent la période la plus propice à ces courtes randonnées de remises en forme où l’on va pouvoir balader tout en faisant fonctionner son souffle et donc son cœur de manière optimale. Je suis toujours à la recherche de ces petits circuits de randonnées pas trop loin de chez moi de préférence et qu’on les effectue en les appelant « marche cardio » ou « cardio training », le printemps venu, il en restera toujours quelque chose si on répète ces séances bien régulièrement. Une condition tout de même, j’aime bien ces petites balades à condition d’être toujours dans la découverte, c'est-à-dire que j’aime bien en changer pour éviter la lassitude. Cette fois-ci, nous avions jeté notre dévolu sur un petit panonceau jaune que nous avions aperçu invariablement et depuis quelques temps déjà à la sortie d’Estagel. Ce panneau de randonnée était juste après le pont sur l’Agly, direction Maury mais si on le voyait déjà depuis quelques temps, nous ignorions ce qu’il pouvait bien indiquer. Il faut dire qu’à l’endroit où ce panonceau est placé, en plein virage, il est très difficile de s’arrêter sans prendre le risque de créer un accident car en général, les voitures reprennent de la vitesse dès la sortie du village.

Ce jour-là, avant de partir vers Estagel, j’ai jeté un coup d’œil rapide à la carte IGN sur Géoportail et je n’ai noté aucun tracé de randonnée dans ce secteur. C’est donc en aveugles que nous sommes partis, que nous avons laissé notre voiture devant la gare du village et que nous avons fait les quelques mètres qui nous séparaient de l’énigmatique panonceau. Une fois devant celui-ci, le mystère est resté presque entier car il était écrit : « Les Monts d’Estagel – 8 km » et même en dépliant ma carte IGN, je n’étais guère plus avancé. Il y avait bien un Mont d’Estagel et quelques chemins qui semblaient tourner autour mais rien de concret quant à une éventuel tracé du style P.R. (Petite randonnée). Nous étions sur le point de démarrer la balade quand Dany me fit remarquer que sur le panonceau était dessiné un minuscule vélo ainsi que le fameux balisage propre aux circuits locaux de VTT avec un triangle et deux cercles de couleur jaune. Alors fallait-il pour autant ne pas faire cette balade ? Non, c’était une boucle de 8 kilomètres comme une autre, enfin nous l’espérions, et je ne voyais rien qui s’opposait à la transformer en une randonnée pédestre. Bien sûr, nous comptions respecter le balisage que nous espérions suffisamment clair et présent pour ne pas s’égarer en cours de route. C’est ainsi que dès le départ, nous avons traversé la voie ferrée à un passage à niveau avec signal automatique et devant ce qui semblait être la maison d’un artiste mais sans doute plus sûrement celle du gardien de ce même passage à niveau. En effet, quelques jolies sculptures en bois ou en pierres étaient là, posées à même le sol et laissaient présager que le cheminot était également un excellent sculpteur à ses heures perdues. Au moment où nous avons franchi la voie avec la prudence recommandée et comme si un signal était nécessaire à matérialiser notre départ, un magnifique coq se mit soudain à chanter. Un large chemin tourna à gauche et s’éleva en suivant la voie ferrée, voie qui elle-même était parallèle à la D.117 que l’on apercevait légèrement en contrebas. Sur la carte IGN, le lieu-dit s'appelle Le Pal, toponyme plutôt répandu dans nos belles Pyrénées. Il peut signifier "poteau" ou "pente", ce qui ici laisse la porte ouverte aux deux possibilités. Après 2 kilomètres environ sur ce chemin parallèle à la D.117, on retrouve le bitume de la D.611 qui, elle, file vers Tautavel près d’un autre passage à niveau. On la traverse. Tout en parcourant ce tronçon, nous avons eu l’occasion d’entrevoir de très jolies vues sur les premières collines des Fenouillèdes, sur le Massif du Canigou et sur les Corbières. Sur la droite, les flancs du Mont d’Estagel laisse entrevoir d’innombrables terrasses ainsi qu’un grand nombre de vieux et colossaux murets de pierres sèches et également quelques orris. Ils sont les témoignages d’anciennes cultures et d’un pastoralisme aujourd’hui disparus. Dans cette colline hostile où la garrigue et de nombreux pins ont désormais entièrement repris leurs droits, on imagine avec peine qu’agriculture et élevage aient pu exister au siècle précédent. Nous avons poursuivi la D.611 et juste après le virage et une pancarte « Domaine Mas Camps », nous avons emprunté un large chemin qui montait à gauche et arrivait au sommet d’une butte près d’un mas. Cette portion du chemin semblant être privée car on y croise un nombre incalculable de voitures, nous avons bien sûr respecté les lieux en ne s’y attardant pas et en marchant en silence. Le chemin est redescendu un peu, a rejoint un tunnel au dessus duquel passe la voie ferrée et nous avons retrouvé le balisage qui avait quelque peu disparu. Dorénavant, la voie ferrée n’était plus en dessous mais légèrement au dessus. Tout en longeant la voie ferrée, le large chemin a fini pas se rétrécir en atteignant une vigne. Nous l’avons traversé en restant sur la gauche pour aboutir sur l’asphalte d’une petite route vicinale qui montait vers la droite. Malgré la déclivité, ici a commencé la portion la plus « roulante » de cette boucle et c’était l’occasion rêvée de faire un peu du « cardio training » en accélérant le pas. Nous avons poursuivi cette route qui filait plein nord en prêtant attention au balisage jaune toujours présent mais parfois peu évident à voir. Au bout de quelques centaines de mètres, après un bref raidillon, l’asphalte a laissé la place à une piste terreuse. Sans trop s’en rendre compte, nous nous sommes élevés et les vues se sont un peu plus entrouvertes sur des panoramas plus lointains où l’on pouvait distinguer les collines de Força Réal mais où le Canigou remplissait le paysage et restait le seigneur de l’horizon. Désormais, la large piste se faufilait entre vignes, casots, pinèdes et terrains en friches. Après une « bonne » montée, l’itinéraire s’est stabilisé et a même fini par s’aplanir complètement au milieu du vignoble. Ici, nos regards se sont tournés vers les petits pechs des Corbières, vers le château de Quéribus et la longue Serre de la Quille. Après quelques zigzags aux milieux des vignes, le chemin bordé de quelques amandiers fleuris est reparti vers le sud puis il est redescendu pour retrouver la D.611 allant vers Tautavel. Là, nous avons tourné à droite tout en traversant la départementale pour rester sur la partie gauche de la route et on a continué à descendre sur 300 à 400 mètres environ jusqu’à rencontrer une combe excessivement caillouteuse qui montait à gauche dans la colline. L’itinéraire était bien là et ce goulet « tord-chevilles », il faut reconnaître qu’il n’est pas très commode à grimper sans de bonnes chaussures de marche. J’étais sur le point d’écrire « tord-chevilles » et « crève-pneus » mais j’ai rapidement réalisé que les vététistes devaient ici, par la force des choses, faire un inévitable portage sur l’épaule tant le sentier est pierreux et donc impraticable à vélo. Au sommet de ce rude raidillon, heureusement très court, l’itinéraire est parti à gauche en suivant un grand muret de pierres sèches puis il est entré dans un bois de chênes verts et de pins et a filé sur la piste la plus évidente dans une végétation de type maquis. Sur ce secteur du chemin, de temps à autres, quelques fenêtres s’ouvraient, sur le Pech de Bugarach étonnamment bien enneigé au regard de sa modeste altitude, sur les carrières de Tautavel et le mamelon de la Tour del Far. A l’approche d’Estagel, la piste terreuse s’est transformée en une route carrossable bitumée. Elle surplombe sur sa gauche la rivière du Verdouble, elle même dominée sur son autre rive par une petite colline qu’on appelle le Cimetière des Maures. Soudain, au détour d’un virage, Estagel a commencé à apparaître et le joli village n’a plus cessé de se déployer au fur et à mesure que nous descendions vers lui. On a retrouvé encore plus magnifiquement qu’au départ les panoramas déjà aperçus :, les petits « serrats » qui encadrent l’Agly, la colline de Força Réal, celle dite La Tourèze mystérieuse et le Massif du Canigou notamment. L’itinéraire a fini par arriver en surplomb de la gare et si la boucle a tiré à sa fin, il fallait encore rejoindre la voiture. Il a fallu pour cela traverser la voie ferrée devant la maison de l’artiste et rejoindre la gare par l’itinéraire pris à l’aller. Telle que décrite, cette boucle est longue de 9 kilomètres environ et nécessite quand même de bonnes chaussures de randonnée avec de préférence une tige haute pour le passage très caillouteux au sein de la combe qui monte vers le Mont d’Estagel. Le dénivelé de 110  mètres environ est très modeste et permet de garder un effort quasi constant si on veut faire du cardio. En été, il faudra penser à prendre de l’eau car le gros du parcours se fait essentiellement sur des pistes jamais ombragées. Enfin, sachez que ce circuit est disponible dans la collection « Les Petits Guides Rando Pyrénées-Roussillon » sur un fascicule quasi introuvable aujourd’hui qui s’intitule « 20 randonnées VTT en Fenouillèdes » édité par le Conseil Général des Pyrénées-Orientales. Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-surTêt – Top 25.

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Du Pico do Arieiro (1.818 m) au Pico Ruivo (1.862 m) (Madère)

Publié le par gibirando

PICO-RUIVO
CARTE-PICO-ARIEIRO-RUIVO
CARTE-MADERE
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Une fois n’est pas coutume, je vais faire un bond en arrière de plusieurs mois et de quelques centaines de kilomètres pour vous amener vers ce qui a été et restera sans doute comme une des plus belles et des plus marquantes randonnées qui nous ait été donnée d’accomplir. En tous cas, si ce n’est pas la plus belle, elle a été une des plus surprenantes et des plus sensationnelles.  Ça s’est passé en juin 2012 à l’Île de Madère et cette randonnée, c’est une traversée entre le troisième plus sommet de l’île et le premier. Une classique là-bas ! J’ai hésité longuement avant de la mettre dans mon blog car je me disais qu’elle n’intéresserait pas grand monde puis une petite vidéo de notre voyage que j’avais mise sur Dailymotion presque essentiellement pour la famille et quelques amis a eu pas mal de succès et plus de 250 visites en quelques mois, alors j’ai changé d’avis.

Nous étions à Madère depuis 6 jours pour fêter nos quarante ans de mariage et les 60 ans de Dany et ce jour-là, c’était notre dernier jour car le lendemain nous reprenions l’avion. Nous avions déjà fait quelques petites randonnées mais il était hors de question de quitter Madère sans avoir fait la « Cruzamento », ce qui signifie la « traversée » ou « carrefour ». Là-bas, on l’appelle très souvent ainsi mais en réalité, il s’agit plus simplement de rejoindre deux sommets centraux de l’île que sont le Pico do Arieiro (1.818 m) et le Pico Ruivo (1.862 m) espacés de quelques kilomètres seulement. Je précise que la véritable traversée de l’île de Madère est réalisable elle aussi, mais en une dizaine de jours.  Pour rien au monde, nous ne voulions louper cette « Traversée » entre le Pico do Arieiro et le Pico Ruivo car nombreux étaient les  gens qui nous en avaient parlé avec des étoiles dans les yeux et tout le monde nous avait garanti des beautés incroyablement sauvages, des panoramas à couper le souffle et même quelques frissons.

Comme nous avions choisi l’option « autotour » avec une voiture de location, ce matin-là, nous étions au village de Sao Jorge à l’hôtel les Cabanas, au nord de le l’île et pas très loin des deux pics tant convoités. Pas très loin à vol d’oiseau bien sûr car là-bas, les routes sont souvent très sinueuses, pour ne pas dire tourmentées et atteindre le Pico do Arieiro situé en plein centre de l’île était loin d’être évident. Nous sommes donc partis des Cabanas assez tôt et plutôt inquiets car une brume venant de la mer commençait à envelopper les paysages alentours. Ici, c’est très souvent le cas et parmi les nombreuses personnes qui nous avaient parlé de cette randonnée, la plupart nous avait précisé qu’elle serait d’autant plus extraordinaire que le beau temps serait de la partie. Vers 8h30, nous avons donc quitté Sao Jorge un peu angoissés et à juste raison, car au fur et à mesure que nous roulions et nous élevions en altitude, les nuages s’amoncelaient et formaient un épais matelas gris. Par bonheur, et après avoir roulé quelques kilomètres dans le brouillard le plus complet, peu après Santana, nous crevâmes presque définitivement cette ouate nuageuse. La brume se faisait plus éparse et finit même par disparaître dans l’ascension du Pico do Arieiro que nous apercevions au loin grâce au globe blanc de sa station radar de l’Otan. 10h15, nous garons la voiture sur l’immense parking. Côté Funchal, et en dessous de nous, la couche nuageuse est toujours là, épaisse et compacte mais au dessus de nos têtes, le ciel est incroyablement bleu. Nous avions rêvé d’une telle météo et notre rêve est entrain de se réaliser. Nous voilà donc partis en grimpant les quelques mètres qui nous séparent de Centre d’accueil et du belvédère du Pico do Arieiro. Là, un incroyable spectacle s’entrouvre. Une succession de montagnes rougeâtres et pelées complètement morcelées mais sur les flancs de certaines d’entre-elles, on imagine un peu de végétation avec quelques taches  bien verdoyantes. Sous certains aspects, ça me rappelle étrangement La Réunion mais un peu comme si le Cirque de Cilaos, le Piton des Neiges et le Piton de la Fournaise s’étaient soudain réunis pour ne former qu’un seul décor. Alors que nous sommes carrément scotchés devant ces ahurissants panoramas, les seules questions et interrogations qui viennent à l’esprit c’est : « On y marche là-dedans ? » « Il y a un chemin ? » « Non, il ne peut pas y avoir de randonnées ici ! ». Pourtant, il suffit de regarder au pied de ce mirador pour constater que quelques personnes filent droit devant sur un étroit sentier dallé. Oh, bien sûr, de cette foule déjà compacte qui se presse devant les balustrades du belvédère, ils ne sont qu’une poignée de gens à emprunter ce sentier mais nous décidons tout de même de leur emboîter le pas. Un panonceau de randonnée est bien là au pied des rambardes : « PR1- Pico Ruivo (E) 7 km – Pico Ruivo (O) 5,6 km. ». Nous voilà donc partis sans eau et sans casse-croûtes car pour nous, habitués aux longues randonnées pyrénéennes, 5 ou 7 kilomètres, il faut avouer que ça ne représente pas grand-chose. Bien sûr, on s’est grandement trompés car arrêts inclus, nous allons rester 6h30 sur ces sentiers et si je ne vous raconte pas la suite en détail, ce n’est pas parce que nous n’avons pas réussi à la terminer ou qu’elle est inintéressante bien au contraire. Non, nous l’avons bien terminée, fatigués certes malgré les privations d’eau. Non, j’ai espoir que vous préférerez regarder mon diaporama car la randonnée, elle,  est d’une grande simplicité. Simple mais attention pas facile du tout, et j’en veux pour preuve le temps que nous avons mis pour faire cet aller-retour de moins de 13 kms. Il n’y a que deux chemins parfaitement balisés pour atteindre le Pico Ruivo comme indiqué sur le panonceau au départ. Nous avons choisi le plus court à l’aller et le plus long au retour. Le plus court chemin que nous avons pris à l’aller est très sécurisé avec de nombreux garde-fous dans les passages les plus périlleux exposés au vide. Il faut savoir que ce sentier est très souvent en balcon à flanc même de la montagne. Un travail colossal de dallage a été accompli et je crois que l’on peut globalement rendre hommage à ces maçons de l’impossible qui ont façonné ce sentier comportant notamment un nombre incalculable d’escaliers taillés à même la roche sans parler des nombreux tunnels qu’ils ont perforé à travers les montagnes. En effet, le sentier emprunte de nombreux escaliers assez fatigants, notamment au retour et de nombreux petits tunnels dont celui du Pico da Gato où peu après se trouve la bifurcation des deux itinéraires. Le plus court chemin est celui dit « des tunnels ». Il passe sous le Pico das Torres en empruntant un long tunnel avant d’arriver au refuge du Pico Ruivo. Le sommet tant désiré n’est plus qu’à quelques encablures mais tout en élévation. Le sentier du retour est un peu plus long pour la simple et bonne raison qu’au lieu de prendre le tunnel du Pico das Torres, il contourne cette montagne. Il est plus sauvage aussi avec de nombreux passages taillés à même la terre du sentier ou la roche mais les endroits les plus risqués restent néanmoins sécurisés. On retrouve bien sûr le sentier unique à la bifurcation déjà citée plus haut. De toute manière, les deux itinéraires restent néanmoins très spectaculaires.  Bien que très sécurisée, cette randonnée peut être très compliquée pour les personnes sujettes au vertige car il y a de nombreux passages très étroits avec le vide immédiat même si les garde-fous sont là la plupart du temps. Nous avons néanmoins été confrontés à deux garde-fous qui avaient foutu le camp suite à des éboulements. Enfin, il est conseillé de faire ce parcours par beau temps et par temps sec de préférence. En effet, par temps de pluie, le sentier même très souvent dallé peut s’avérer très glissant et donc dangereux, quant à la neige, je n’en parle même pas ! Enfin, il ne faut pas se fier aux altitudes très proches de ces deux pics (1.818 et 1.862 mètres), car même si je ne dispose pas de moyens me permettant de calculer le dénivelé cumulé de cette randonnée, je l’estime sans doute à environ 1.000 mètres lors de l’aller-retour tel que nous l’avons accompli. En effet, le sentier descend d’abord pas mal, se stabilise puis remonte également pas mal à l’approche du Pico Ruivo. Il est donc conseillé de bien connaître les forces dont on dispose, de savoir les gérer de telle manière à en garder pour le retour car la fin de la balade se termine par l’ascension très pénible des nombreux escaliers descendus à l’aller. Sachez enfin que contrairement à ce que l’on peut penser au départ depuis le belvédère, ces montagnes sont loin d’être arides. Il y a une flore véritablement extraordinaire qui a comblé, au delà de mes espérances, le passionné de fleurs que je suis. Quand à la faune, même si je n’ai pu photographier que quelques lézards et des oiseaux, je suppose que selon les saisons, elle doit être aussi très riche avec de nombreux papillons et insectes et sans doute aussi quelques petits mammifères de type rongeurs ou porcins. Les flancs de ces montagnes sont les repaires des Pétrels endémiques de Madère qui viennent y nicher. Derniers conseils : Bien qu’il existe un refuge au Pico Ruivo où l’on peut boire et se restaurer, n’oubliez pas d’emporter de l’eau et un éventuel en-cas. Enfin, n’oubliez pas d’emporter une lampe de poche pour les nombreux passages en tunnels. Ici comme dans presque toutes les randonnées de l’île c’est un ustensile incontournable…..Mon crâne se souvient encore des coups de tête donnés dans la roche volcanique….et là-bas la roche, elle est presque aussi dure que ma tête ! C’est dire si elle est dure ! Enfin pour en terminer et pour ceux qui comme moi ne parles pas le portugais mais que la toponymie intéresse, je précise que le « Pico Ruivo » se traduit assez simplement en « Pic Rouge » ou pour être tout à fait exact en « Pic Roux » eu égard bien sûr à la couleur de ses roches volcaniques. En effet, l’île toute entière ne doit son existence qu’à des séries d’éruptions successives dont les plus vieilles ont 35 millions d’années, éruptions qui finalement ont abouti à son immersion, il y a environ 8 millions d’années seulement. C’est donc sur le plan géologique, une île plutôt jeune et tous ses hauts sommets que l’on chevauche sont la coalescence d’un certain nombre de ces éruptions. Enfin, il semble que même au Portugal la signification du mot « Arieiro » que l’on écrit également « Areeiro » pour définir ce pic soit plus problématique et pourtant d’autres lieux portent ce nom-là même à Lisbonne. Alors, en cherchant, j’ai trouvé deux traductions possibles pouvant offrir un début d’explication, la première est une traduction du mot « Areeiro » que le dictionnaire Systran définit comme étant une « sablière » ou  des « bacs à sable » quand le mot est mis au pluriel et on reste là très logiquement dans la minéralogie de l’île. Enfin une traduction latine et scientifique de ce mot « Areeiro » est « Lepidorhombus whiffiagonis »qui en anglais se traduit en « Megrim » qui n’est ni plus ni moins qu’un poisson plat très proche du turbot et que l’on appelle en français la « Cardine franche ». Alors les anciens, ont-ils appelé ce sommet le « Pic de la Sablière » au regard des minuscules pouzzolanes volcaniques parfois très granuleuses ressemblant à du sable ou le « Pic de la Cardine » à cause du sommet un peu plat pouvant rappeler ce poisson ? La question reste posée et le mystère restera entier comme enfoui dans un bois….Pourquoi un bois me direz-vous ? Et bien tout simplement parce qu’en portugais le mot « bois » se traduit en « madeira » comme le nom de l’île que les premiers navigateurs avaient trouvé si boisée et donc si belle….Nous aussi, nous l’avons trouvé très belle même si aujourd’hui, il paraît qu’elle est un peu moins boisée qu’en 1420 quand un certain João Gonçalves Zarco avait posé son pied pour la première fois. Carte de Madère (source www.quid.fr ) et carte randonnée (source www.rother.de).

Pour avoir une meilleure idée de notre voyage dans sa globalité, voilà ci-dessous un diaporama de ce dernier :


VOYAGE A MADERE par jullie68

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En politique, tout c'est Filoche !

Publié le par gibirando


Ce mois-ci, l’actualité m’a encore une fois rattrapé et si en ce mois d’avril presque aussi maussade que notre pouvoir d’achat je n’avais pas spécialement envie de parler de la politique ou plutôt des hommes politiques, j’avoue que le cas de Gérard Filoche réagissant avec des trémolos dans la voix à l’affaire Cahuzac a été si exemplaire que je m’y suis senti presque obligé. Interrogé par le journaliste Michel Field sur LCI, voilà un homme qui m’a ému et il m’a paru normal de graver dans le marbre de mon blog cette prestation télévisée si rare venant de la part d’un homme politique.

Ce ne sont pas les tromperies et l’hypocrisie de Jérôme Cahuzac qui me font réagir car les mensonges, les promesses non tenues, il faut reconnaître que depuis le temps, j’y suis plutôt habitué de la part du monde politique et je n’en ai plus rien à faire. Non je le répète seule cette prestation du socialiste Gérard Filoche m’a estomaqué et bluffé. Je dirais même plus, elle m’a donné du baume au cœur et des raisons d’espérer.

Pourtant, je dois l’avouer, il y a belle lurette que les hommes politiques de tous bords ne m’émeuvent plus et d’ailleurs, dans ma tête, je ne suis plus très loin du « tous pourris ». Je le regrette bien entendu mais c’est ainsi, j’ai un mal fou à avoir confiance et pourtant je continue à aller voter. Je sais, ma position n’a rien de très originale ni d’exceptionnelle et bien évidemment, je sais aussi que je ne suis pas le seul dans mon cas. Mais là, je trouve que trop c’est trop et j’en suis à me demander si d’aller voter ça sert encore à quelque chose. Des affaires où sont impliqués des hommes ou des femmes politiques, il en sort une presque chaque mois voire chaque semaine quand ce n’est pas plusieurs. Certains me diront que ce n’est pas nouveau et c’est tout à fait vrai, mais il faut reconnaître que la crise économique aidant, la donne a quelque peu changé. Alors que ces mêmes hommes politiques nous bassinent à longueur de temps avec la crise économique, ils sont incapables de montrer l’exemple. Alors que l’on nous demande de faire des efforts très importants, on constate un grand nombre de malversations politico-financières alors même que les partis reçoivent des aides et des subventions publiques et que les campagnes électorales sont désormais presque essentiellement financées par l’Etat. J’ai donc du mal à comprendre. Si l’on voulait dresser une liste exhaustive de toutes ces affaires, on y passerait un temps infini car on en trouve à tous les échelons de l’organigramme de l’Etat ou du pays : gouvernement, partis, syndicats, conseils régionaux et généraux, mairies, etc….et j’en oublie sans doute…..sans parler des enrichissements à titre personnel. Quelques exemples d’affaires même si la plupart ne sont pas closes : affaires Woerth (Hippodrome de Compiègne et Bettencourt), affaire Sarkosy/Bettencourt, affaire Guérini, affaire Karachi, affaire Sylvie Andrieux, affaire Kucheida au P.S Nord-Pas-de-Calais et désormais Affaire Cahuzac et plus près de nous, affaires Christian Bourquin, affaire Bouille à Saint-Cyprien, affaires du couple Ferrand à Barcarès, affaire de Théâtre de l’Etang à Saint-Estève, affaire Robert Navarro à Montpellier….et je n’évoque là que les plus récentes. Peut-il y avoir autant de fumée sans feu ?

Deux points positifs à tout ça : la liberté de la presse n’est pas un vain mot car la plupart de ces affaires sont révélées par des journalistes et la justice paraît encore fonctionner même si on regrette trop souvent une incroyable lenteur qui semble préjudiciable aux verdicts. Certains piliers de la démocratie vacillent mais pas tous heureusement !

A ces affaires politico-financières viennent s’ajouter les luttes intestines sans merci pour l’obtention du pouvoir suprême comme celle qui vient d’opposer à l’U.M.P, François Fillon et Jean-François Copé ou bien celle qui avait opposé Martine Aubry à François Hollande lors des primaires socialistes. Je ne parle même pas du cas DSK car c’est un sujet encore à part peu reluisant pour la classe politique toute entière qui savait depuis très longtemps.

Eh oui, si ce n’était pas si grave je pourrais presque en rire en disant que tout s’effiloche en politique. Tout c’est Filoche !

Dernière minute : Des hommes politiques honnêtes, il y en a encore et tout les espoirs en l'avenir sont donc permis. Exemple : Cette semaine, c'est le socialiste Frédéric Gonano, Conseiller Municipal à la Mairie de Perpignan qui vient de démissionner du Parti Socialiste. A juste raison, cette information a été reprise par un grand nombre de médias nationaux dont Libération que vous pourrez lire en cliquant ici.

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Le Pilon de Belmatx et la Serre de Montner depuis la Boadelle

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons interprétées par Sarah Brightman. Elles ont pour titre : "Until The End Of Time", "The Last Words You Said" et "All I Ask Of You" avec Steve Barton et tirée de la comédie musicale "Le Fantôme de l'Opéra".
LE-PILON-DE-BELMAIG
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Avant de faire le récit de cette balade au "Pilon de Belmatx et à la Serre de Montner", il me paraît indispensable d'apporter quelques explications : En août 2009, quand je m’étais lancé dans mon « Tour du Vallespir » en 6 jours, Dany n’avait pas pu m’accompagner. En effet, quelques mois plus tôt, ses douleurs articulaires consécutives à sa polyarthrite chronique s’étaient vivement réveillées, elle en souffrait beaucoup et l’emmener pour un périple aussi difficile que celui-ci n’aurait pas été raisonnable. Aussi, avant même mon départ, je lui avais promis, autant que faire ce peut, de lui faire découvrir ce Tour du Vallespir sous la forme de balades sur une journée voire deux, si un jour sa santé le lui permettrait à nouveau. A mon retour, j’avais vraiment été emballé par ce Vallespir que j’avais découvert depuis ses hauteurs, ne redescendant vers la Vallée du Tech qu’en deux seules occasions : lors d’une étape à Prats-de-Mollo puis lors de l’arrivée à Amélie-les-Bains. J’avais tant aimé ce Vallespir avec ses paysages façonnés par la nature et les hommes que j’avais cru bon d’en raconter le récit que j’avais naturellement intitulé « Sur les hauteurs d’une vallée âpre ». Cette « Vallée Âpre », c’était bien sûr la « Vallis Asperi »  des Romains, avec une grande diversité de décors, avec ses superbes forêts, ses grands éboulis rocheux, ses petits torrents sauvages, ses cols reposants aux pelouses rases et ces hautes montagnes caillouteuses et arides. Ce Vallespir, je l’avais tant aimé que j’avais immédiatement renouvelé ma promesse auprès de Dany. C’est ainsi que depuis, j’ai eu l’occasion de l’emmener vers le hameau de Formentera à partir de Montbolo, à la Baraque d’en Faig à partir de Leca, du côté de la Tour de Batère ou de la chapelle Saint-Guillem de Combret, puis du côté du Mont Nègre et du Pla de la Muga, etc….et j’en oublie sans doute. En ce jour de fin janvier que la météo annonçait si superbe, j’avais décidé cette fois-ci de lui faire découvrir cette longue et magnifique crête qu’est la Serre de Montner que personnellement, j’avais chevauché lors de ma dernière étape entre Saint-Laurent-de-Cerdans et Amélie-les-Bains. De cette étape, j’en gardais des souvenirs assez partagés car je me souvenais l’avoir trouvée très longue et même douloureuse mais aussi infiniment belle. Sans trop savoir pourquoi, j’y avais connu de sombres réflexions pensant à ma mère malade et me souvenant d’êtres chers qui avaient disparus. Il faut dire que c’était la dernière étape et sans doute étais-je un peu fatigué surtout après la galère que j’avais connu dans la Forêt du Miracle au dessus de Prats-de-Mollo. En outre, ce jour-là, j’avais « grillé » en quelques heures mes quatre litres d’eau et j’avais beaucoup souffert de la canicule et d’un manque évident de liquide que j’avais tenté d’économiser au maximum. Mais au-delà de ces mauvaises pensées, je me souvenais aussi d’avoir flâner sur ces merveilleuses crêtes me balançant très souvent d’un côté à l’autre des deux versants de cette montagne laissant entrevoir d’incroyables panoramas à 360 degrés. Je me souvenais notamment de ce Pilo de Belmaig que je trouvais très poétique une fois traduit en français, le « Pilon du beau mois de mai » mais que l’on voit souvent écrit Pilon de Belmatx sur les panonceaux de randonnées. En ce jour de janvier, j’avais donc imaginé une boucle de telle manière à réduire les difficultés que j’avais personnellement connu lors de mon Tour du Vallespir. C’est ainsi que j’avais fixé le départ à proximité du Mas Boadelle accessible depuis Saint-Laurent-de-Cerdans par une route bitumée puis par des pistes carrossables très praticables pour tous types de véhicules. Ce lieu présente un autre avantage non négligeable, celui d’être immédiatement sur le tracé du GRP Tour du Vallespir, avec un panonceau on ne peut plus clair indiquant immédiatement la marche à suivre. Autre avantage certain, celui de n’avoir à effectuer que 340 mètres de dénivelé pour atteindre le Puig de la Senyoral (1.315 m) et le Pilon de Belmatx (1.280 m) au lieu des mille et quelques mètres qu’il faut gravir depuis Arles-sur-Tech. Bien sûr, ceux qui depuis Arles accomplissent les doigts dans le nez ce kilomètre vertical vers le Pilon de Belmatx y trouveront sans doute à redire. Je pense aux « SkyRunners » bien sûr mais aussi aux puristes de la marche dont la performance reste souvent la motivation principale. Cette idée de l’exploit sportif, je la respecte et j’en suis d’ailleurs un fervent admirateur mais ce n’est pas mon idée de la randonnée pédestre où je privilégie plutôt la flânerie et les découvertes et ce concept est encore plus vrai quand Dany décide de venir marcher avec moi.  Un inconvénient à mon circuit peut-être, celui d’être contraint d’avoir à le boucler en empruntant essentiellement des pistes forestières sur une distance de 8.500 mètres environ entre le gîte de la Palette, étape bien connue du GR.10 (Moli de la Paleta), et le retour vers Boadelle . Ce n’est pas un inconvénient pour moi car j’aime marcher et j’arrive toujours à me distraire mais je peux comprendre que ça le soit pour d’autres personnes qui vont trouver ces pistes un peu rébarbatives. 

Il est 10 heures tapantes et nous voilà à proximité du Mas Boadelle où nous garons notre voiture en bordure même de la piste tout en essayant de ne pas gêner le circulation. Il n’y a pas grand monde qui passe ici, mais sait-on jamais car nous en avons quand même pour la journée ! Nous nous préparons puis harnachons nos sacs à dos. Le panonceau GRP Tour du Vallespir est bien  là et nous indique un large chemin raviné qui monte à gauche. Nous démarrons et montons en direction d’une modeste colline au milieu de petits genêts à balais et de quelques ronciers. Le chemin monte sans cesse dans cette végétation très rase laissant immédiatement entrevoir de bien jolies vues sur le plateau verdoyant de la Boadelle et sur les monts environnants comme le Mont Capell ou le Roc de France. Plus on monte et plus la pente s’accentue. Le regard embrasse d’incroyables panoramas sur l’Espagne toute proche où l’on devine la Cap Creus et la Costa Brava. Le balisage jaune et rouge est bien présent. Le large chemin laisse la place à un sentier plus étroit et caillouteux qui file en balcon contre le flanc de la colline et finit par déboucher au Col de la Senyoral. Ici, nous retrouvons une large piste herbeuse longeant une superbe forêt de conifères. Entre ces arbres, le Massif du Canigou apparaît magnifiquement enneigé. Bizarrement, je ne reconnais pas l’endroit où en 2009, j’avais atterri après une très rude montée. L’itinéraire du Tour du Vallespir a-t-il changé depuis ? A l’époque, m’étais-je trompé ? Peut-être, en tous cas en analysant les lieux, je comprends que nous sommes beaucoup plus loin que l’endroit où j’avais déjeuné en 2009 avec des vues magnifiques sur Saint-Laurent-de-Cerdans et le Vallespir. Je propose donc à Dany d’y aller car j’ai la certitude que nous ne sommes pas très loin. Nous grimpons la piste vers la gauche pour une courte déclivité et effectivement, nous y voilà déjà ! Je reconnais parfaitement l’endroit où je m’étais affalé en pleurant, pensant à mon frère disparu bien trop jeune et à ma mère malade. Nous sommes au sommet de la Serre de la Garsa avec des vues somptueuses sur une immense partie du Vallespir. Côté droit, une longue chaîne de pics enneigés, du Canigou au Costabonne et bien plus loin encore et de l’autre côté, les sombres hêtraies de la crête frontière avec l’Espagne. Les deux versants semblent se rejoindre droit devant au pied de la belle pyramide du Costabonne. A nos pieds, Saint-Laurent-de-Cerdans et sa belle « vallée verte » comme on aime à la baptiser par ici. Plus loin, les trois tours de Cabrens remplies de jolis souvenirs me donnent très envie d’y retourner.  Nous reprenons la piste en longeant la lisière de la belle forêt de sapins. La piste redescend puis remonte en direction du Puig de la Senyoral que coiffe une obscure hêtraie. De toute manière et autant que je me souvienne, la Serre de Montner n’est qu’une succession de petites montagnes russes jusqu’au Pilon de Belmatx. Malgré ces difficultés successives, Dany se régale et elle est surtout émerveillée par toutes ces belles vues qui se dessinent au fil du parcours. Je sais par expérience qu’elle adore ces amples panoramas et ces vues aériennes et là, il faut reconnaître qu’elle est vraiment gâtée. De mon côté, les souvenirs de 2009 reviennent, une photo prise là, une autre ici, une pause fruits sec ici, une barre de céréales mangée là et le niveau de mes gourdes d’eau qui fondait comme neige au soleil et qui m’avait laissé exsangue bien avant d’arriver à Amélie. Parmi tous ces souvenirs, je me remémorais avec un certain délice avoir plongé ma tête sous la bien nommée Fontaine de la Madone. Après le Puig de la Senyoral et une descente difficile car caillouteuse, le sentier devient plus compliqué car plus rocheux. Par contre, les panoramas s’entrouvrent plus magnifiquement que jamais. Ça tombe d’autant bien que l’heure du déjeuner est arrivée. Après ce frugal entracte, je propose à Dany de poursuivre jusqu'au Pilon de Belmatx où nous aurons tout loisir de nous arrêter plus longtemps. C’est chose faite 20 minutes plus tard.  Ici, au Pilon de Belmatx, les vues à 360 degrés y sont exceptionnelles et en donner un descriptif ou quelques noms équivaudrait presque à citer le Catalogne nord toute entière. Après ce repos appréciable et cette délectation de paysages dans un silence de cathédrale que seuls quelques petits passereaux viennent entrecouper de leurs agréables gazouillis, il est temps d’amorcer la descente vers le Col de Paracolls (902 m). Alors bien évidemment après ce joli chevauchement de crêtes et le spectacle que nous venons de vivre au sommet du Pilon, il faut bien reconnaître que cette abrupte descente n’est pas la partie la plus plaisante du parcours. On est donc assez content d’atteindre ce col et là se termine pour moi, les souvenirs de mon Tour du Vallespir. En effet, à l’époque et pour ne pas rallonger inutilement cette étape déjà bien trop longue, j’avais fait le choix pour rejoindre Amélie, d’emprunter le sentier de Santa Engracia plutôt que le véritable tracé qui lui passait par Montalba. Cette fois-ci, j’ai donc connu jusqu’au gîte de la Palette, une partie de ce tracé que j’avais évité en 2009 et il faut bien admettre que cette portion commune au GR.10 et au Tour du Vallespir n’est pas la plus désagréable. On y marche souvent en sous-bois mais pas seulement, on y croise quelques ruines et la longue arrivée dominant Can Soler avec de jolies vues sur les Rocs de Saint Salvador et de France est plutôt charmante. Un petit problème tout de même, en cette saison, la traversée de la Rivière del Terme grâce à une simple corde est peu évidente pour rejoindre le gîte de la Palette et nous avons préféré la traverser ailleurs, là où quelques pierres émergeaient plus nettement du petit torrent. Comme déjà indiqué, le retour vers Boadelle peut paraître fastidieux alors n’hésitez comme je le fais moi-même à vous distraire autant que vous le pourrez. On peut écouter de la musique avec un baladeur MP3, on peut composer un herbier, on peut faire des bouquets de fleurs, on peut prendre des photos, etc…..Moi, c’est ce que je fais, je photographie un peu de tout, des paysages notamment car c’est aussi une autre façon de les appréhender mais cette fois-ci, je dois le dire, j’ai surtout été attiré par une ribambelle d’oiseaux. Il y en avait des quantités et notamment des mésanges, des pouillots, des merles, des roitelets, des bruants, des fauvettes et quelques autres encore mais comme ce n’est jamais facile de les photographier, encore moins quand on marche, je n’ai pas vraiment été en réussite mais peu importait l’essentiel était de parcourir ces 8,5 km sans trop s’ennuyer….et c’est ce que j’ai fait tout au long de cette piste et notamment sur la fin…quand Dany a commencé à souffrir de ces articulations….alors là, je me suis mis à speeder pour aller chercher la voiture afin qu’elle est moins de distances à parcourir. J’étais plutôt content d’avoir réussi à lui faire découvrir une belle portion du Tour du Vallespir mais beaucoup moins de l’avoir fait en la faisant souffrir. J’avais raccourci le parcours mais pas suffisamment car avec ses 20,5 km et ses 1.882 mètres de montées cumulées, cette balade a sans doute été encore bien trop longue et bien trop difficile pour elle. Bonnes chaussures de marche sont vivement conseillées sur ce parcours. En été, n’hésitez pas à emporter de l’eau en quantité suffisante voire plus. Carte IGN 2449 OT Céret – Amélie-les-Bains- Palalda – Vallée du Tech – Top 25.

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Mes trous à la Sécu....

Publié le par gibirando

DECOMPTE-SS


 

Cet article que j’ai intitulé « Mes trous à la Sécu » est à la fois un nouveau coup de gueule mais aussi un message d’alerte à l’attention de toutes les personnes qui ont été salariées, qui ont donc cotisé à la Sécu, qui sont amenés à avoir des frais de santé et donc des relations avec la Caisse Primaire d’Assurance Maladie voire avec leur mutuelle s’ils en ont une. Les autres personnes, celles qui bénéficient de la CMU voire d’une protection sociale à 100 % style A.M.E (Aide Médicale de l’Etat ou A.C.S (Acquisition d’une Couverture Supplémentaire) (oui, oui ça existe !) ne seront pas intéressées car pas réellement concernées par cet article.

 

Tout le monde a entendu parler du  fameux «  trou de la Sécu » dont on nous bassine à longueur de temps sans jamais pour autant trouver une solution efficace à son obturation définitive. Toutes branches confondues du Régime Général, celui de 2011 s’élevait à 17,4 milliards et celui de 2012 est un peu en recul mais il s’agit d’un trou encore très gros et très profond de 14,7 milliards d’euros selon la Cour des Comptes. Comme chacun le sait, le Régime Général est composé de plusieurs branches comme la maladie, les accidents du travail, les retraites, la famille, etc….Avec cet article, c’est surtout de la branche Maladie dont je veux vous parler. En effet, ce n’est pas faute depuis des années, de nous « serrer la vis »  à la fois sur nos cotisations et nos taxes (CSG, RDS, etc..) qui augmentent chaque année et d’un autre côté sur nos frais de santé qui diminuent sans cesse : franchises médicales, participations forfaitaires, déremboursements voire suppression des remboursements de nombreux médicaments, suppressions de certains actes et autres soins, sans parler des sommes ridicules allouées pour l’optique et le dentaire qui pourtant sont loin d’être un luxe surtout quant on vieillit et pourtant, malgré toutes ces mesures, cette branche maladie a un mal fou à voir baisser son déficit et il a même plus que doublé entre 2008 et 2009 passant de 4,4 milliards à 10,6 milliards. Etonnant et triste constat dont on est en droit de se demander comment en une seule année, cette multiplication par un coefficient de 2,4 a-t-elle pu arriver ? Les Français ont-ils été deux fois plus malades ? Y-a-t-il eu une épidémie de peste ? Le redoutable virus africain Ebola a-t-il débarqué en France semant la désolation dans nos villes et nos campagnes ? Non, rien de tout ça mais simplement des recettes moindres dues à la crise économique selon les spécialistes. A ce constat dont il faut bien reconnaître que nous, « pauvres péquins », nous n’y sommes pour rien, il faut ajouter les augmentations annuelles prohibitives de nos mutuelles depuis quelques années. En tous cas, la mienne a augmenté de 24,5 % en 5 ans sans pour autant que j’y gagne en garanties qui elles sont restées strictement les mêmes. Je ne vous parle même pas des quelques fois où il a fallu que je me batte comme un chiffonnier pour obtenir gain de cause sur un remboursement ou deux car la mutuelle et moi, nous avions une lecture bien différente du contrat qui nous liait. Malgré ça, tous les gouvernements successifs ont répété et répètent encore comme un leitmotiv la même phrase : « la santé des français est la priorité de ce gouvernement ». Comme « foutage de gueule », on ne peut difficilement faire mieux !

 

A ce premier trou, notre ex-président Sarkosy en avait même rajouté un deuxième encore plus gros selon lui, c’était celui de la fraude « sociale » dont les chiffres les plus fous ont courus à partir de 2006 sans que jamais personne ne soit réellement d’accord. Monsieur Sarkosy avançait le chiffre de 40 milliards, d’autres de 20 milliards seulement, d’autres de beaucoup moins entre 4 et 6 milliards……en tous cas, tous les spécialistes du sujet semblaient et sem- blent encore d’accord aujourd’hui pour dire que cette fraude « sociale » se chiffre en plusieurs milliards chaque année. Alors bien sûr, on a crée des délégations, des groupes de travail, des comités départementaux, des brigades, j’en passe et des meilleures et résultats des courses : 479 millions d’euros seulement de fraudes sociales détectées en 2011 (extrait du Bilan de 2012 de la Lutte contre la Fraude Sociale). A ce tarif-là, on a du mal à comprendre que nos gouvernements successifs n’aient pas encore eu l’idée d’embaucher des escouades de « fins limiers » style méchants superflics payés grassement aux résultats plutôt que de confier ce travail à de nombreux fonctionnaires qui, planqués au fond de leurs bureaux, attendent sagement la fin du mois en établissant des rapports. Je pense que tout le monde s’y retrouverait. Enfin, il faut dire aussi que personnellement, j’ai toujours mieux compris mes chiens et mes chats plutôt que nos hommes politiques, pourtant eux ils parlent !

 

Mais venons-en réellement à l’idée première de mon article. A ces deux trous, moi, je vais en rajouter un troisième, c’est le mien ou plutôt les miens mais tranquillisez-vous, je parle toujours de la Sécu car je pense être un homme tout ce qu’il y a de plus normal. Je dois vous rappeler quelqu’un non ?

 

Depuis 2008, année où j’ai pris ma retraite, je me suis mis à contrôler chaque année mes frais de santé, chose que je n’avais jamais fait auparavant. Je le reconnais, c’est sans doute mon expérience d’informaticien, de comptable et de financier en deux mots de «  bon gestionnaire » mais également mon temps libre plus important qui m’ont incité à le faire mais pas seulement car parfois j’avais aussi quelque doute dans la justesse de mes remboursements. Ces contrôles, bien m’en a pris si je puis dire car depuis quatre années, j’ai toujours constaté des erreurs en ma défaveur. Le plus souvent, elles proviennent de la Caisse Primaire mais j’en ai eu aussi, une ou deux de ma mutuelle. Eh oui, que voulez-vous l’erreur est humaine et même avec d’énormes moyens informatiques, on n’est pas à l’abri d’anomalies ou d’oublis. Alors bien sûr, mes trous n’ont rien à voir avec ceux cités en préambule, ils ne se chiffrent pas en milliards mais tout de même : 240 euros en 2008,  132 euros en 2009, 170 euros en 2010, 28 euros en 2011 et encore 126 euros en 2012.

 

Je ne vous cache pas que même avec Améli, contrôler toute une année est un travail très fastidieux alors je me suis fait un tableau Excel que l’on peut réaliser à l’identique sur papier et je fais désormais un contrôle tous les 2 ou 3 mois. Non, Améli (sans e) ce n’est pas ma secrétaire particulière mais c’est le site Internet mis en place par la Sécu qui est sensé faciliter ces contrôles et donc les relations entre les assurés sociaux et elle. Laissez moi rire un peu ça fait tant de bien pour la santé ! Je suis moqueur mais vous allez comprendre pourquoi en lisant la suite :

 

Premier exemple  mais ce n’est pas le pire, il m’a fallu 6 années (loi mise en place au 1er juillet 2005) , une multitude de courriers et enfin un déplacement jusqu’à leurs bureaux pour leur faire admettre que mon épouse et moi, nous avions deux médecins référents différents. Là-bas, les conseillers ont du nous prendre pour des extra-terrestres car ils n’arrêtaient pas de nous dire« mais pourquoi avez-vous deux médecins traitants différents, vous êtes mariés pourtant ? », « Oui et alors, c’est interdit ? », « Non, mais notre système informatique ne l’a pas prévu ! ». Je vous jure que c’est vrai !

 

Deuxième exemple, celui-ci est un peu plus grave c’est l’impossibilité la plus totale ; et je mets quiconque au défi ;  de vérifier toutes ces déductions pratiquées que sont les franchises (*) ou les participations forfaitaires (**). Tout d’abord parce que dans les relevés mensuels figurant sur Améli.fr, il manque constamment des opérations (nous allons le voir plus loin !) et deuxièmement parce que la Sécu va vous déduire des participations forfaitaires ou des franchises d’années antérieures que soi-disant elle n’aurait pas eu l’occasion de déduire jusqu’à présent. Ainsi, j’ai eu en mai 2010 des déductions de janvier 2008 (voir photo ci-jointe ci-dessus). Eh, oui que voulez-vous tout le monde ou presque a de nos jours un compte bancaire et sait ce que sont des débits ou dépenses et des crédits ou recettes mais à la Sécu, croyez-vous qu’ils le savent ? La réponse est catégoriquement « Non ! ».  On s’évertue à nous présenter des relevés très détaillés mais si détaillés qu’ils en deviennent "illisibles" et donc « incontrôlables ».  En effet, la Sécu se complait à mélanger sous forme de listes des franchises et des participations forfaitaires déduites et d’autres qui seront à déduire ultérieurement.  Pourquoi faire simple (50 euros/an, je vous rappelle) quand on peut faire très compliqué !

 

Mais revenons à mes trous et pour ne pas faire trop long (je le suis assez comme ça !), prenons le cas de cette dernière année 2012 seulement que j’ai fini de contrôler fin janvier 2013 et pour laquelle, j’ai constaté 4 erreurs ou omissions vraiment remarquables car certaines inédites, il faut bien l’avouer :

 

-   Première erreur : Sans gravité pour celle-ci car je n’ai rien décaissé au titre du tiers-payant mais inquiétante dans la mesure où ce n’est pas la seule de ce genre depuis quatre ans. Le 29/05/12, je m’en vais passer un test à l’effort chez un cardiologue de l’hôpital de Perpignan. L’acte s’étant élevé à 76,80 euros, j’ai bien retrouvé sur mon relevé de mutuelle la part que cette dernière a remboursée au cardiologue soit 23,04 euros (30%) mais aucun mouvement auprès de la Sécurité Sociale. Où est passée la différence de 53,76 euros sur mes relevés mensuels, dont je vous rappelle qu’ils sont censés reprendre l’intégralité de mes dépenses de santé, « mystère et boule de gomme ? » Comment peut-on contrôler les participations forfaitaires (**) et les franchises (*) qui sont déduites par la Sécu si certaines opérations ne figurent nulle part ? Et puis surtout, où est passée cette consultation ?

 

- Deuxième erreur : Après avoir tout contrôlé 2012 y compris les premiers remboursements de janvier 2013, je constate une omission pour une feuille de soins papier de 80 euros que j’ai adressé début décembre 2012 concernant des semelles orthopédiques. J’envoie une réclamation par e-mail le 28/01/13 et je reçois une réponse le 31/01/13 m’indiquant que ces semelles ont déjà été remboursées. Je regarde à nouveau Améli et effectivement je constate qu’elles ont été remboursées mais le 28/01/13, le jour même où j’ai envoyé mon e-mail ! Après presque 2 mois d’attente, quelle coïncidence, vous ne trouvez pas ? Enfin, c’est réglé passons la dessus !

 

-   Troisième et quatrième omissions : En contrôlant sur Améli.fr tous mes relevés mensuels, dont je vous rappelle une fois encore qu’ils sont censés reprendre l’intégralité des mouvements comptables relatifs à notre santé, je constate que 2 chèques de 23 euros que mon épouse a établi au nom de son médecin traitant n’y figurent absolument nulle part si ce n’est la fameuse déduction pour « participation forfaitaire » de 1 euro.  Je demande par e-mail où sont passées les remboursements de ces 2 consultations mais aussi une explication quant à l’absence totale de ces mouvements sur aucun de mes relevés mensuels et là, je reçois la réponse suivante : la première consultation qui était du 28/08/12 a été retenue intégralement en participations forfaitaires et franchises et il n’y a donc pas eu de remboursement et la deuxième du 15/10/12 a été remboursée directement à mon médecin traitant, charge à moi de la lui réclamer puisqu’il l’aurait encaissée deux fois.

Comme je n’obtiens aucune réponse quant aux  raisons de ces erreurs mais surtout quant à l’absence totale de ces deux consultations sur mes relevés mensuels, je réitère ces questions une deuxième puis une troisième (voir photo ci-dessus) et enfin une quatrième fois par e-mail montrant quand même à chaque fois quelques signes d’énervements de plus en plus vifs. A la Sécu, personne ne s’affole de mes messages de plus en plus discourtois (ce n’est pas le genre de la maison apparemment !) et comme un disque rayé, je reçois sous la formede messages, en provenance de personnes toujours différentes, des réponses toujours identiques concernant les remboursements de ces deux consultations mais jamais aucune   réponse à mes questionnements. Exaspéré, je finis par adresser une lettre recommandée au conciliateur de la Sécu (oui, oui, j’ai un côté assez têtu !) et là, quelques jours plus            tard, une dame me téléphone se présentant comme étant la conciliatrice m’indiquant          qu’elle pense selon elle que les consultations auraient été toutes les deux remboursées au médecin traitant de mon épouse. Elle rajoute qu’il m’appartient de me rapprocher de ce médecin pour obtenir un remboursement mais que dans l’immédiat elle va vérifier tout ça plus sereinement et que de toutes les manières, elle m’enverra une réponse écrite. Mais quand je lui fais toucher du doigt qu’elle ne répond toujours pas à mes trois questions principales à savoir :

a)      Qui est responsable de ces erreurs ?

b)     Pourquoi ces deux opérations ne figurent-elles nulle part sur mes relevés mensuels ? lui précisant au passage que depuis j’en ai trouvé une troisième.

c)    Et enfin, découlant de cette deuxième question, comment puis-je vérifier si mes déductions sont justes (participations forfaitaires et franchises), dont je vous rappelle qu’elles ne doivent pas excéder 50 euros par an et par personne, si des mouvements sont absents de mes relevés ?

 

Là, silence radio une fois de plus, la conciliatrice qui n’a plus rien à concilier avec moi semble-t-il, me dit simplement qu’elle m’écrira puis elle raccroche.

 

Un mois plus tard, j’attends toujours une réponse écrite de la conciliatrice et je trouve cette absence de réponse à tout ce « foutoir » très inquiétant. Sans être trop suspicieux, on est en droit de se poser des questions car après tout ce que je viens de vous dire, j’ai une autre révélation à vous faire : Je suis le tuteur de ma mère atteinte d’Alzheimer et donc son gestionnaire au niveau de toute sa paperasse et bien, ces erreurs, ces anomalies, ces omissions de la Sécu ou parfois de sa mutuelle, j’ai retrouvé quasiment les mêmes dans ses comptes de frais de santé : 133,00 euros en 2009, 211,00 euros en 2010 et 275,00 euros en 2011. Une simple coïncidence sans doute ?

 

Alors, suis-je un cas unique ? Suis-je un empêcheur de tourner en rond car je réclame mon dû et n’accepte pas d’erreurs qui me sont défavorables ? Ces manquements sont-ils réellement des erreurs humaines ? Suis-je un « trouble-fêtes » car je constate et signale des disfonctionnements ? Ces anomalies ne seraient-elles pas voulues pour faire baisser un peu plus le trou de la Sécu ? N’y auraient-ils pas à la Sécu et dans les mutuelles des gens mal intentionnés ? La Sécu, n’est-ce pas un beau bordel ? Leur système informatique Améli est-il fiable ? N’est-ce pas à cause de ce manque de fiabilité que la fraude sociale serait si importante en France ? N’est-ce pas en partie à cause de ce manque de fiabilité que le trou de la Sécu est si gros ? Voilà quelques questions que personnellement, je me pose ? Je me les pose d’autant plus facilement que personne à la Sécu ne semble disposé à faire avancer le « Schmilblick », puisque personne ne sait ou ne veut répondre à des questions simples mais majeures comme celles que je pose.

 

Une chose est sûre, je me suis amusé à faire un petit sondage auprès de mon entourage immédiat (famille, amis, connaissances, clubs que je fréquente, etc…) et j’en suis arrivé à la triste conclusion que très peu de personnes contrôlent leurs frais de santé. La plupart par manque de temps, d’autres parce qu’ils font confiance au système, d’autres par « je m’en foutisme », d’autres parce qu’ils estiment que le jeu n’en vaut pas la chandelle et enfin, il y a les plus heureux, ceux qui ne sont jamais malades mais eux, pour l’instant et c’est normal, ils n’ont pas à se soucier d’un système qui ne fonctionne pas !

 

De cet article, chacun sera libre d’en faire ce qu’il voudra, mais moi, il y a une chose qui est sûre c’est que je vais continuer pendant quelques temps encore à contrôler mes frais de santé ! Et comme je suis têtu, je vais continuer à râler !

 

Amis assurés sociaux, à bon entendeur salut !

 

Aujourd’hui même où j’écris cet article, je viens d’apprendre que Stéphane Hessel est mort. Il était en 1946 le rédacteur de la Charte des Droits de l’Homme et grand spécialiste des questions sociales tout au long de sa carrière diplomatique. Il a écrit un petit livre au succès retentissant « Indignez vous ! ». Voilà, avec cet article et dans mes relations avec la Sécu, je tente modestement de suivre son judicieux conseil et je m’Indigne !

 

Dernière nouvelle :Après vérification auprès du médecin traitant de mon épouse, il s’est avéré que c’était bien cette dernière qui avait été remboursée des 2 consultations de 23 euros pour lesquelles j’attendais un remboursement.  Depuis, ce médecin m’a restitué les deux sommes qu’elle avait perçu indûment de la part de la Sécu. Sans un contrôle strict, j’aurais perdu ses 46 euros à jamais et veuillez surtout noter qu’à la Sécu, il a fallu 5 personnes, plus une lettre recommandée au conciliateur avant que je puisse obtenir un début de réponse exacte. Mais cette seule réponse a résolu qu’une toute petite partie de mes questionnements et pour toutes les autres questions, je crois que je suis parti pour les attendre encore très longtemps ! Si j’obtiens une réponse de la conciliatrice, je vous en ferais part….

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Extraits du site Améli.fr

(*)Qu'est-ce que la franchise médicale ?

La franchise médicale est une somme qui est déduite des remboursements effectués par votre caisse d'Assurance Maladie sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires.

La franchise : quels montants ?

Le montant de la franchise est de :

  • 0,50 euro par boîte de médicaments (ou toute autre unité de conditionnement : flacon par exemple) ;
  • 0,50 euro par acte paramédical ;
  • 2 euros par transport sanitaire.

À noter: la franchise ne s'applique pas aux médicaments délivrés au cours d'une hospitalisation, ni aux actes paramédicaux effectués au cours d'une hospitalisation, ni aux transports d'urgence.

La franchise médicale est plafonnée

Un plafond annuel
Le montant de la franchise médicale est plafonné à 50 euros par an pour l'ensemble des actes ou prestations concernés.

(**)La participation forfaitaire de 1 euro

Pour préserver notre système de santé, une participation forfaitaire de 1 euro vous est demandée si vous êtes âgé de plus de 18 ans. Elle s'applique pour toutes les consultations ou actes réalisés par un médecin, mais également sur les examens radiologiques et les analyses de biologie médicale.

 

Après de longs mois sans nouvelle de la CPAM, le 16 septembre 2013, j'ai été enfin reçu par une dame très charmante auprès de laquelle, j'ai pu exposer mes griefs. Après de multiples mails échangés et deux courriers adressés à la conciliatrice sans aucun résultat, il semble que cette jeune dame ait enfin compris mes problèmes et le fait que mon coup de gueule était à la fois fait pour résoudre les erreurs que j'avais constaté à mon détriment mais également pour faire toucher du doigt à la CPAM que leur système était bien trop facilement faillible. Je crois qu'elle a compris que mon insistance était là aussi pour leur rendre service. Cette dame a admis que tout ne fonctionnait pas pour le mieux (heureusement !) et que sa Direction avait fait de la lutte contre la fraude sociale, son principal cheval de bataille. Je dois avouer que cette entrevue m'a un peu réconcilié avec la CPAM même si d'autres chevaux de bataille doivent entrer dans la course pour rendre notre système de santé un peu moins faillible, un peu plus parfait et surtout tourné vers les usagers.

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Le Tour des Trois Villages : Sauto, La Llagonne, Fetges.

Publié le par gibirando


TOUR3VILLAGESIGN
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Quand nous avons démarré cette balade que j'ai intitulée  " Le Tour des Trois Villages : Sauto, La Llagonne, Fetges ", une question est arrivée dans ma tête et ne m'a guère quittée. "Croyez-vous qu’il y ait réellement un réchauffement climatique ?" Je ne sais pas vous mais moi quand à brûle-pourpoint, je me pose cette question, j’ai toujours tendance à être influencé par la météo qu’il fait au moment même où cette question me turlupine. S’il fait très chaud, je vais être enclin à répondre oui et s’il fait très froid à répondre plutôt non. Mais bon, d’un autre côté et même si le sujet m’intéresse, même si j’ai lu de nombreux articles ou entendu pas mal de débats ou de querelles à ce propos, je ne suis pas un scientifique averti et mes interrogations et mes doutes sont donc légitimes. Bien sûr, je sais que les calottes polaires et nos banquises rétrécissent à vue d’œil ainsi que les grands glaciers de nos montagnes, les ours polaires et d’autres espèces sont en danger, le climat et le cycle de l’eau sont très perturbés avec des pays en grande sécheresse et d’autres qui parfois subissent de graves inondations mais comme tous nos gouvernants à l’échelle planétaire ne semblent pas très sensibles à tous ces phénomènes et que parfois même des scientifiques sont en total désaccord entre eux, je reste songeur et très indécis sur cette question. En ce 5 janvier au soir, ayant regardé la météo et cette dernière annonçant une journée très ensoleillée pour le lendemain, j’avais préparé nos sacs à dos, j’avais sorti nos raquettes et j’avais tracé sur ma carte et dans mon GPS deux petits circuits très sympas à faire entre Haut-Conflent et Capcir, en espérant bien sûr, si ce n’est une jolie poudreuse toute fraîche tout du moins encore un peu de neige tombée les jours précédents. Le lendemain matin en me levant, le ciel encore très étoilé semblait aussi pur que Météo France l’avait annoncé la veille. Quand nous prîmes la route de Perpignan direction la montagne, il était exactement 8h et le thermomètre électronique de mon tableau de bord annonçait une température extérieure de 8 degrés Celsius. En arrivant à Prades, elle était de 10 degrés puis à Olette de 12 degrés, à Fontpédrouse de 14 degrés et en regardant les montagnes, je voyais déjà que pour profiter de la neige, il faudrait sans doute revenir une autre fois. En arrivant à la hauteur de Fetges, il n’était pas encore 9h30 et la température extérieure, il est vrai au soleil, était déjà de 15 degrés. C’est non loin de là, au village de Sauto que j’avais prévu le départ d’un petit circuit qui s’appelle le Tour des villages consistant à se rendre de Sauto à la Llagonne puis de la Llagonne à Fetges et enfin de Fetges à Sauto. J’avais bien sûr prévu de le faire en raquettes. Mais ici à Sauto, comme dans tout le Haut-Conflent, la Cerdagne et le Capcir, de la neige il y en avait autant qu’un 15 août au milieu du Sahara. Seul les plus hauts sommets dépassant les 2.500 mètres d’altitude étaient légèrement saupoudrés et au loin, la station d’Eyne ne fonctionnait que grâce aux canons à neige. Alors bien évidemment, nous avons laissé les raquettes dans le coffre de la voiture et nous avons démarré ce joli petit circuit sous un soleil de plomb. Un soleil qui devait déjà tapé bien trop fort sur ma tête, car je n’arrêtais pas de penser : « mais où va notre planète avec un tel réchauffement climatique ? ». Puis, je ne sais pas pourquoi, toujours le soleil sans doute, je me souvins d’une petite phrase que Jean Giono avait écrite à la fin de son roman « Les grands chemins » : « Le soleil n’est jamais si beau qu’un jour où l’on se met en route »  et ce petit tourment au sujet du réchauffement climatique disparut aussi rapidement de ma tête qu’il y était entré. Nous étions déjà à Sauto-le-Haut et en direction de La Llagonne et je pensais : « Il avait raison Jean Giono, c’est bien agréable de randonner au soleil »… Voilà dans quel état d’esprit, j’étais à ce moment-là. Bien sûr, je regrettais cette sortie en raquettes complètement ratée mais pas plus que ça car la journée s’annonçait assez merveilleuse, il faut bien le dire. Nous avons laissé notre voiture bien avant l’entrée de Sauto mais le vrai départ de cette petite boucle s’effectue devant l’église de Sauto-le-Bas, où un panonceau annonce la couleur : « Boucle P.R.11 –Tour de Villages - Sauto- La Llagonne- hameau de Fetges - 8,9 km – 230 m de dénivelé A/R – 2 H – Marche facile ». Après quelques premières photos du village et des grandioses panoramas sur la Vallée de la Têt et ses montagnes environnantes qui la dominent, on s’est réellement mis en route en grimpant par une ruelle vers Sauto-le-Haut. Ici, malgré de nombreux départs de balades, même les plus étourdis ne peuvent pas se tromper d’itinéraire car outre un balisage bien présent, les petits panonceaux jaunes « Tour des Villages » se succèdent jusqu’à sortir du hameau par un large chemin dallé et encadré de « feixes ». Toutes ces constructions sont faites de grosses pierres de granit dont la provenance n’est pas un mystère. Il suffit d’avancer de quelques mètres et au regard des énormes chaos granitiques que l’on aperçoit de tous côtés, on comprend aisément que les paveurs et les bâtisseurs des siècles passés n’ont pas eu à courir bien loin pour trouver les matériaux nécessaires. Après une brève montée, le large chemin s’aplanit et file presque rectiligne au milieu des prés. Seuls quelques petits bois et quelques bosquets de ronces garnissent deci delà ces pelouses très rases. Ici, hors mis une légère ondulation du terrain, presque rien de gêne la vision et de ce fait, des vues superbes se font jour de tous côtés. Depuis le Massif du Canigou et son reconnaissable versant nord du pic, les Pyrénées étirent jusqu’à l’infini une longue ligne de hautes crêtes, régulièrement brisée par de profondes vallées. Les grimpeurs et les randonneurs chevronnés y reconnaîtront aisément quelques pics remarquables : Carlit (2921 m), Cambre d’Aze (2.750m), Tour d’Eyne (2.831m), Pic de l’Orri (2.561 m), Pic de les Noufonts (2.861 m), et j’en oublie bien sûr, mais parmi tous ces hautes crêtes, pour Dany et moi, il y en a une plus remarquable et surtout plus mémorable que toutes les autres c’est, entre les pic de Gallinas (2.624m) et Redoun (2.677m), cette cambrure parfaite qu’est le Col Mitja (2.367 m). A la fois par sa beauté mais aussi à cause des souvenirs que nous y avons vécu en août 2001 sur le G.R.10, ce col Mitja attire sans cesse nos regards. Il va en être ainsi pendant toute cette journée car ce col reste à jamais gravé dans nos têtes tant nous y avions souffert dans sa longue et difficile ascension sous une incroyable canicule.  Nous y avions d’autant plus souffert que, chargés de nos sacs à dos de 20 kilos, nous avions emprunté l’interminable piste forestière plutôt que le rectiligne GR.10. Dany garde de ce col des souvenirs encore plus douloureux que moi car depuis trois jours, elle avançait dans ces hautes montagnes avec les plantes des pieds pleines de grosses cloques et atteindre ce col avait été pour elle une grande et heureuse victoire mais malheureusement la fin de ses souffrances était arrivée bien plus tardivement du côté du col de Mantet. Heureusement qu’aujourd’hui sur cet agréable chemin qui file vers la Llagonne, nous tournons désormais le dos, et au col Mitja et à ces vieilles pensées du G.R.10 dont la plupart restent tout de même de très joyeux souvenirs. Alors que nous avons stoppé pour prendre un petit en-cas, une bande de grives litornes nous tirent de nos pensées en passant au dessus de nos têtes pour se poser dans un champ voisin. Je tente bien de les photographier mais dès qu’elles sentent une présence bien trop proche, elles s’envolent et disparaissent dans un bosquet de pins. Occupées qu’elles sont à chercher pitance sur le sol, j’arrive néanmoins à en surprendre quelques unes mais de bien trop loin pour que les photos soient nettes et jolies. Ce n’est sans doute que partie remise tant elles volètent de tous côtés dans ce secteur de la montagne. Sur le bord du chemin, quelques vieilles trouvailles ralentissent notre progression : une croix au sommet d’un magma rocheux, une stèle ressemblant à une petite tombe, une borne recouverte de lichens où je distingue le mot « LYON », une date « 17 2 51 » et ce qui me semble être la blason catalan. Alors que le chemin trace sa route en direction du Pla de l’Os (Plat de l’Ours), droit devant les fortifications de Mont-Louis apparaissent. Au loin, on distingue le Massif du Carlit. Le réservoir du Plat de l’Ours est vite atteint et derrière, perché sur un mamelon très boisé, le village de la Llagonne se révèle. Ici, un judicieux panneau nous permet d’apprendre que ce réservoir sert au fonctionnement de la ligne de Cerdagne plus connue sous le nom de Petit Train Jaune ou "Canari". Au lieu de partir tout droit en direction de la Llagonne, ici l’itinéraire bifurque perpendiculairement et semble vouloir s’en éloigner pour grimper dans une forêt de sapins mais au bout de trois ou quatre cent mètres, il se ravise et cette fois-ci, il file droit vers le village. En contrebas, une ribambelle de chevaux gambadent dans les près et font le spectacle. Il faut dire qu’ici, ils ne manquent ni de place ni d’une herbe bien grasse pour être heureux. Un peu plus tard, grâce à leurs jeux, faits de batifolages et de courses effrénées, ils égayeront agréablement notre pause déjeuner. Mais dans l’immédiat, nous arrivons à la Llagonne en coupant le Rialet, minuscule ruisseau. Le chemin grimpe en direction du village entre de hauts murs de pierres et d’immenses sapins, passe devant un oratoire dédié au Christ dont une étonnante effigie est rehaussée de la citation « Deu vos guard », « Que Dieu vous garde ».  Le sentier débouche enfin devant l’école et sur la D.118. En lisant un peu plus tard, l’Histoire de la Llagonne dans l’Histoire du Roussillon sur Internet, j’apprendrai que cette représentation romano-byzantine de Jésus sur cet oratoire est une copie dont l’original se trouve à l’église Saint-Vincent de la Llagonne datant du 12eme siècle. D’ailleurs en traversant la D.118, le panneau indicatif P.R.11 nous conseille d’aller voir cette église ainsi que la tour de guet qui, elle, aurait été construite en 1267 sous Jacques 1er d’Aragon pour prévenir une éventuelle invasion française. A cette époque et dans ce secteur, la frontière franco-aragonaise était toute proche, ressemblant à s’y méprendre à celle qui sépare aujourd’hui les Pyrénées-Orientales de l’Ariège et de l’Aude. Après cette jolie visite de quelques ruelles de la Llagonne et de ces deux principaux sites historiques que sont la tour de guet et l’église ; malheureusement fermée une fois encore comme la plupart du département ;  nous avons décidé de sortir du village pour aller pique-niquer dans les prés. Il faut dire que depuis notre départ de Sauto où le thermomètre de la voiture annonçait 15 degrés, le mercure n’a pas cessé de grimper et je pense qu’avec un soleil désormais au zénith, la température doit maintenant osciller entre 25 et 30 degrés.  Il est seulement 12h15 et nous retrouvons très rapidement à la sortie du village, un panonceau « Tour des Villages », aperçu à l’aller, indiquant la direction de Fetges à 35 minutes. Nous retraversons la D.118 et descendons vers des prés en laissant une ferme sur la gauche. Une haie bien abritée de la brise qui s’est levée, des herbes et des fougères couchées qui n’attendent que nous, la vue sur cette troupe de chevaux qui galopent dans les prés et comme le chantait Gainsbourg « sous le soleil exactement ». Alors que demander de plus pour pique-niquer agréablement ? C’est d’autant plus agréable que les grives litornes sont de retour dans un pré voisin et que je vais pouvoir très tranquillement en ajuster quelques unes avec mon numérique. Enfin, c’est ce que je pensais sur le moment car au moindre de mes mouvements, elles s’empressent de rejoindre le sommet de très hauts arbres. Alors les zoomer avec justesse et clarté devient un épouvantable jeu de patience tant elles sont peu disposées à se tenir tranquilles. Nous repartons en continuant à descendre au milieu des près par un chemin creux encadré d’une haie de noisetiers et de murets de pierres sèches. Le sentier aboutit près d’un bassin où s’écoule le trop plein du réservoir du Plat de l’Ours et le ruisseau du Rialet que l’on enjambe par un petit pont de bois. L’itinéraire zigzague un peu, se perd dans les prés à cause d’un balisage peu évident à trouver et file désormais en surplomb du Rialet sur un sentier herbeux qui s’élève très doucement. Cette sente finit par aboutir au sommet d’une butte verdoyante où les paysages s’entrouvrent magnifiquement une fois encore : les remparts de Mont-Louis sont désormais tout proches et le Cambre d’Aze « fait son cirque » droit devant. Le col Mitja, définitivement débarrassé des rayons du soleil est encore plus beau que ce matin. Entre prés verdoyants, murets en terrasses et hautes haies de ronces rousses, un plaisant chemin court rapidement vers Fetges que l’on atteint en quelques minutes. Ici, on prête surtout attention au balisage jaune car or mis quelques belles maisons en pierres et un vieux lavoir rien ne retient vraiment le regard, en tous cas sur le parcours. L’itinéraire qui autrefois passait près de la petite chapelle de Fetges file désormais un peu plus haut. On ne peut que le regretter. Après Fetges, le sentier remonte plus sérieusement, atteint une mamelon puis redescend en direction de la D.10 qui va à Sauto. Ici, depuis le sommet de ce mamelon, on a des vues dominantes sur la vallée de la Têt où se faufile la sinueuse Nationale 116 mais l’image la plus admirable reste celle du pont ferroviaire à haubans de Cassagne plus connu sous le nom de son concepteur Albert Gisclard qui y périt avec cinq de ses collègues lors d’un malheureux essai de charge en 1909. Classé aux Monuments Historiques, il serait, selon Wikipédia, le seul pont suspendu ferroviaire encore en service en France. Cette image du pont est d’autant plus belle que le Petit Train Jaune y passe au moment même où l’on est sur le point de terminer cette belle balade. A l’instant même où l’on retrouve notre voiture, nous avons la chance et le plaisir de faire la connaissance d’un autre « Monument Historique » en la personne de l’ancien berger du village aujourd’hui à la retraite. Un homme affable, plein de candeur et de gentillesse qui nous raconte le plus simplement du monde quelques charmantes anecdotes du temps où il passait sa vie dans la montagne avec ses chiens et son troupeau. Il faut avouer que terminer cette petite balade sur cette note pleine de gaîté et de spontanéité fut pour nous un pur instant bonheur.  Carte IGN 2249 ET Font-Romeu – Capcir et IGN 2250 ET Bourg-Madame – Mont-Louis – Col de la Perche Top 25.

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