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Le Pic de la Moscatosa (Mousquatouse) (1.457 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons de Florent Pagny extraites de son album "Le Présent d'Abord". Elles ont pour titre : "Le Présent d'abord", "La Beauté du Doute" et "Je Veux En Voir Encore".
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Comme vous l’avez certainement remarqué, j’inscris dans mon blog, les randonnées dans l’ordre chronologique où je les ai effectuées. Pour moi, c’est bien plus simple et plus logique et en principe, ça me permet de ne pas en oublier. Mais cette année, étant beaucoup à Urbanya à partir du mois de juin, j’ai tellement fait de balades pédestres ; environ deux par semaine ; que je viens de me rendre compte que j’en avais oublié une. Bon, ce n’est pas bien grave car ce « Pic de la Moscatosa » qui est l’objectif principal de ce reportage, j’ai déjà eu l’occasion de vous le présenter dans un article qui s’intitulait «  le Pic Lloset et le pic de la Moscatosa » à partir d’Urbanya. Cette fois-ci,  j’ai quelque peu modifié le parcours, j’ai privilégié le Pic de la Moscatosa et surtout la saison n’est plus vraiment la même. J’avais découvert ces deux pics au mois d’avril 2011 avec l’extraordinaire floraison blanche des cerisiers et autres arbres fruitiers sauvages en fleurs et cette fois-ci, c’est le jaune éclatant des genêts qui prédomine en ce mois de juin.  Pour toutes ces raisons, c’est une tout autre balade bien différente de celle déjà décrite mais sans doute tout aussi belle. Il faut dire que ce jour-là, la météo était très propice à une belle balade printanière et nous avons quitté Urbanya (856 m) direction le Pic Lloset (1.371 m). En effet, avant d’atteindre le Pic de la Moscatosa (1.457 m) qui n’est desservi par aucune piste, il faut d’abord se diriger vers ce sommet. Pour cela, deux pistes à partir d’Urbanya sont possibles et d’ailleurs, elles se rejoignent plus haut en coupant le Correc de Saint-Estève. Un peu plus haut encore et juste avant la cabane de la Travessa, cette piste rencontre l’ancien tracé du GRP Tour du Coronat (en rouge sur la carte IGN), tracé que l’on délaisse très vite peu après la cabane au profit d’une piste DFCI C059 filant à gauche. Voilà, on est désormais sur le chemin menant au pic Lloset ou du moins vers un collet herbeux où se trouve une citerne DFCI entourée de clôtures. Le Pic de la Moscatosa se trouve à droite de cette clôture qui d’ailleurs se prolonge vers lui. Le Coronat est droit devant et d’ici, cette montagne oblongue très boisée justifie pleinement son terme de « Massif ». On enjambe la clôture et l’on suit le petit sentier qui la longe en direction du sommet de la Moscatosa. L’ascension est d’autant plus aisée, que depuis ma première venue un écobuage a éradiqué les landes de genêts et a ainsi nettement éclairci le paysage, brûlant au passage de nombreux feuillus et résineux. Il faut dire qu’ici dans ce secteur du Madres-Coronat mettre le feu à la montagne est une opération pastorale ancestrale et qui d’ailleurs se pratique encore régulièrement si j’en crois un document Natura 2000 de 2010 intitulé « Documents d’objectifs –Site ZPS Madres-Coronat FR9112026 » dans lequel on peut lire « la gestion de landes par brûlage ou écobuage dirigé en altitude ou pour des parcelles ou parties de parcelles peu accessibles répond à un objectif de maintien de la biodiversité en particulier pour maintenir une mosaïque d’habitats naturels et de lutte contre les incendies….. ». Quand je randonne, j’ai le sentiment de regarder la nature presque autant avec mes yeux qu’avec mon cœur et ce texte me paraît de prima abord très surprenant mais je le reconnais aussi, je suis un vrai novice pour tout ce qui touche au développement durable. Pourtant, au regard de ce décor un peu noirci et roussi, je ne peux que regretter cette absence des différents genêts donnant aux contreforts du Pic de la Moscatosa tous ces merveilleux jaunes flamboyants aperçus lors d’autres venues.  Il y a encore peu de temps des landes de genêts purgatifs (Cytisus purgans), de loin les plus nombreux, embrasés les versants de cette « solana » mais je me souviens aussi avoir observé bien d’autres genres de genêts : ailés, d’Espagne, scorpions, à balais, épineux, etc…  Matérialisé par une petite borne, le sommet du pic de la Moscatosa est atteint en quelques minutes. On y aperçoit légèrement en contrebas, les ruines d’un vieux cortal en pierres sèches, vestiges de ce pastoralisme ancestral que j’évoquais précédemment. Vers l’ouest, on y distingue aussi une longue ligne de crêtes où quelques rares névés s’accrochent encore aux flancs de quelques lieux de balades plus ou moins reconnaissables : Puig d’Escoutou, Pic Pelade, Pla des Gourgs, Roc Nègre et MadresVers l’est, c’est surtout le Pic du Canigou qui marque les esprits. Après une pause indispensable sur ce superbe mirador où l’on prendra le temps nécessaire pour admirer tous ces extraordinaires panoramas , on poursuit la balade en continuant de longer la clôture prise au col Lloset en ayant pris soin de la réenjamber de nouveau. Cette clôture file dans un sous-bois de pins à crochets puis très rapidement débouche dans une large laie herbeuse qui descend et rejoint une piste que l’on emprunte vers la droite. Là, on retrouve un tronçon de l’itinéraire récemment emprunté dans la balade intitulée « le Roc de Peirafita ». Cette piste nous ramène dans des décors variés et somptueusement verdoyants jusqu’au col Lloset. On va de nouveau enjamber la clôture, se diriger vers la gauche vers le pic Lloset tout proche puis redescendre son versant est sur un sentier bien évident parallèle à une autre clôture. Peu avant le col et le pic de la Serra (1.208 m), on remarque une barrière au sein de cette clôture. Derrière cette barrière, démarre une nouvelle piste. C’est cette piste qui va nous ramener vers Urbanya d’abord en rejoignant le GRP Tour du Coronat au lieu-dit la Mata (la Matte) puis en empruntant un étroit sentier peu après avoir traversé le petit ruisseau du Correc de Saint-Estève. Ce raccourci permet de rejoindre l’intersection des pistes menant à Urbanya citée plus haut. La suite sera une simple formalité à condition de respecter quelques précautions élémentaires qui sont, le respect de la propriété d’autrui en bien refermant les barrières, de  s’écarter des éventuels bovins toujours nombreux dans ce secteur et de tenir en laisse votre chien si vous vous baladez avec et de se prémunir des « châtaignes » toujours possibles à cause des nombreuses clôtures souvent électrifiées. Voilà, toutes les conditions sont désormais remplies pour effectuer cette superbe balade réalisable quelque soit la saison et si après ça, vous n’êtes toujours pas content, je ne sais pas quelle mouche vous aura piqué. Ah oui, j’oubliais, je vous avais promis de vous dire ce que signifie « Moscatosa » ! Eh bien « Moscatosa » que l’on rencontre écrit parfois « Mosquetosa » ou « Mousquatouse » c’est un lieu « où les mouches abondent », à cause des troupeaux bien sûr. Telle qu’effectuée et expliquée ici, cette randonnée est longue de 13 à 14 kilomètres environ. Le dénivelé jusqu’au point culminant constitué par le Pic de la Moscatosa à 1.457 mètres d’altitude est de 600 mètres environ quant aux montées et descentes cumulées, je les estime à un peu plus de 1.200 mètres. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

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Le Balcon de Nohèdes (1.310 m) depuis Nohèdes (935 m) par l'ancien canal d'irrigation.

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté avec de la musique relaxante jouée au piano et produite par le studio japonais Ghibli.

LE-BALCON-DE-NOHEDES

BALCONNOHEDESIGN

Toujours en vacances à Urbanya, il ne m’a pas fallu aller bien loin pour vous proposer cette nouvelle et magnifique randonnée. En effet, je suis simplement parti dans la vallée adjacente car ce circuit que je vous présente dans ce nouvel article a pour point de départ le joli village de Nohèdes. Toutefois, je ne suis pas resté au fond du vallon car c’est bien connu, en randonnée dès que l’on s’élève tout est plus beau et en l’occurrence ici c’est parfaitement le cas. Avec une certaine logique et je dirais presque naturellement, j’ai intitulé ce circuit « le Balcon de Nohèdes » tant les vues aériennes sur le village et surtout sur la vallée où coule la rivière éponyme sont la principale attraction de cette superbe balade. Ce vallon, ici on l’appelle la vallée de l’Arche perdue car selon la légende, Noé aurait amarré son arche à un anneau qui se trouverait au sommet d’un roc du nom de Salimanes ou Salimans (1.694 m). J’aurais tendance à dire après moi le déluge, car si le roc existe bien, je vous laisserais le soin de retrouver l’anneau car l’arche, elle,  il semble qu’elle ait continué son périple vers d’autres sommets où elle a fini par s’échouer ! Ici, outre les magnifiques panoramas, il y a bien d’autres intérêts et notamment faunistiques et floristiques surtout au printemps. Pourtant, cette balade,  j’aurais pu l’appeler aussi « le canal de Nohèdes » car l’essentiel du parcours emprunte sur plusieurs kilomètres, l’ancienne canalisation d’irrigation et sans doute d’alimentation en eau du village qu’ici on appelle « rec » et dont la petite histoire nous dit qu’elle aurait été construite en 1873 et qu’elle aurait cessé son activité en 1966 pour cause de désertification du village. Alors bien entendu, cette vieille rigole faite de lauzes n’est plus en activité aujourd’hui car au fil du temps, elle s’est comblée de terre et s’est transformée peu à peu en un véritable petit sentier. Encore emprunté par les bergers et les chevriers de nos jours et sans doute depuis toujours car il s’agissait aussi d’un « Cami Ramader », l’ancien canal est devenu plus tard un sentier de randonnée pédestre balisé en jaune comme tout bon P.R. Pourtant, si vous cherchez ce tracé sur une carte IGN récente ou sur Géoportail par exemple, vous ne le verrez nulle part et vous ne le trouverez essentiellement que sur des vieilles cartes IGN. En tous cas, moi, je ne l’ai trouvé que sur une vieille carte IGN Top 25 de l’année 2000. Sur cette carte IGN, il y a donc un tracé rouge qui suit le canal. Depuis toujours, ce « rec » est représenté en bleu et comme une véritable rivière où de l’eau s’écoulerait encore. C’est dire si nos géographes n’ont plus parcouru les lieux depuis très longtemps ! A moins de faire cette randonnée en sens inverse de celui préconisé ici, le véritable départ s’effectue du hameau de Montailla (au dessus de Nohèdes) mais comme de toute manière, cette balade en boucle se termine à Nohèdes, il est largement préférable de démarrer de ce village, à moins bien sûr, d’avoir deux véhicules et d’en laisser un au départ à Montailla et l’autre à l’arrivée à Nohèdes. Cette dernière solution règle le problème d’avoir à effectuer les 5 kilomètres séparant les deux lieux en empruntant la piste et les quelques raccourcis que certains pourraient trouver fastidieux. En tous cas, nous, nous sommes partis de Nohèdes et ces 5 kilomètres ont été plutôt une excellente mise en jambes d’autant que le décor en bordure de la rivière est loin d’être désagréable. Nous avons emprunté la piste qu’à Nohèdes on appelle le « Cami del Gorg ». Ces « gorgs » ou lacs, vous les retrouvez sur des panonceaux jaunes indiquant l’Estany del Clot et le Gorg Estelat, objectifs de randonnées déjà expliquées dans ce blog. Par contre, vous ne trouverez aucune indication (*) quant à notre balade du jour. La piste passe devant la centrale électrique, devant le camping El Manau puis se poursuit avec quelques sinuosités jusqu’à rencontrer une croix jaune indiquant qu’il est préférable d’emprunter un sentier qui monte à droite dans le bois. On emprunte ce raccourci souvent dallé et bordé d’anciennes « feixes », ces terrasses en pierres sèches qui supportaient jadis des vergers, des champs de pommes de terres et de céréales mais aussi des  noiseraies qu’ici on appelle « noguers » lieux plantés de noyers et de noisetiers qui ont sans doute donné son nom au village de Nohèdes. Aux temps anciens, Montailla était en quelque sorte le « grenier » de Nohèdes. Ce sentier retrouve la piste un peu plus haut et malgré une nouvelle croix jaune et un autre sentier montant dans la hêtraie toujours à droite à hauteur d’un virage, on reste cette fois-ci sur la piste jusqu’au hameau de Montailla. Là, on passe à gauche d’un grand hangar métallique qui est en réalité une bergerie moderne, puis on continue de monter jusqu’à rencontrer quelques maisonnettes en pierres sèches dont certaines ruinées. C’est le hameau de Montailla. Immédiatement après ces maisons, on emprunte un large chemin herbeux qui part à droite, passe sous de grands arbres, atteint un ru bourbeux. Jusque là et sauf inattention de ma part, vous n’aurez toujours vu aucun coup de peinture jaune d’un quelconque balisage mais si vous enjambez le ru bourbeux et filez droit devant vous dans le pré, vous remarquerez une première marque jaune peinte sur une pierre située au milieu de ce pré. Plus loin, il y a une deuxième pierre et une autre trace jaune et ainsi de suite. Vous êtes sur le tracé de cette jolie balade et bientôt sur le « Balcon de Nohèdes ». Ne lâchez plus ce balisage jaune, continuez sur quelques mètres dans le pré puis montez en sous-bois au milieu des hautes fougères ou des asphodèles blanches selon la saison. Ce balisage va vous amener vers la petite rivière des Camps Réals (champs royaux) qu’il faut traverser près du lieu-dit Falgarouse. Selon la pluviométrie des jours précédents et la saison, hors mis peut-être à la fin du printemps et en été, vous serez sans doute obligés de vous déchausser pour enjamber ce ruisseau parfois assez fougueux mais sans danger car seulement profond de quelques centimètres. Quelques mètres plus haut, et sans vraiment vous en être aperçu, vous commencerez à marcher dans l’empreinte de l’ancien canal d’irrigation de Nohèdes. Mais peu après un grand et beau « cortal » du nom de la Soulane non loin du lieu-dit « Canals » sur les cartes, cet état de fait deviendra vite une évidence tant le canal est toujours parfaitement visible car encore creusé malgré la terre qui l’a à moitié enseveli. A partir de là, vous n’aurez plus aucune incertitude quand à l’itinéraire à suivre car le sentier est unique et donc évident. Une fois encore, je précise que simplicité du parcours ne signifie pas facilité même si c’est vrai qu’ici, on en a d’ores et déjà fini avec le gros de la déclivité. Non, ce parcours mérite une grande attention car s’il est parfaitement praticable,  la hauteur où a parfois été construit le canal est assez impressionnante et le risque d’accident doit être constamment gardé à l’esprit. D’ailleurs, si les précautions sont de mises et si la vigilance doit en permanence guider les pas du randonneur, on ne cessera tout au long du parcours d’être en extase quant à l’ingéniosité technique et surtout aux prouesses colossales qu’ont accompli nos aïeux pour imaginer puis construire cet extraordinaire canal de lauzes et de schistes aux étonnants murs de soutènement dont la finalité était de récupérer les eaux d’un nombre incalculable de rus, ruisseaux, rivières et torrents descendant du versant de ces montagnes ayant pour noms : Roc de l’Aigle (1.931 m), de Torrelles (1.745 m) ou de Peirafita (1.535 m) ou bien encore les Pics de la Moscatosa (1.457 m) et Lloset (1.371 m). Le canal amenait ensuite l’eau vers les terrasses cultivées, vers des réservoirs ou des fontaines. Avec ce canal de huit kilomètres selon les historiens, on trouve aussi quelques très beaux cortals et orris. Il est donc incontestable que la main de l’homme est partout présente dans cette randonnée, toutefois, et c’est la réflexion que je me suis faite en marchant, on oublie très vite cette ancienne occupation humaine car le sentier chemine en permanence à flancs de montagne dans un cadre magnifiquement varié et surtout extrêmement sauvage où la chance d’être confronté à la faune locale et parfois relictuelle ou endémique est certaine. Ici, dans cet écosystème de type « solana », on y trouve la petite faune habituelle comme les insectes, papillons, reptiles ou passereaux mais c’est aussi le territoire des sangliers, de nombreux rapaces (buses, éperviers, aigles, vautours, gypaètes) mais parfois des grands et des petits cervidés (cerfs, daims, chevreuils, isards, mouflons) et de bien d’autres petits mammifères tel le renard et l’écureuil pour ne citer que les plus visibles. Quant à la flore, elle est extrêmement variée mais toujours présente en toutes saisons. Le tracé emprunte en alternant des versants arides où au printemps flamboient les landes des genêts fleuris très vite remplacées en été par les bruyères roses mais aussi des petits bois de feuillus aux endroits les plus ombragés ou les plus humides où coulent parfois d’agréables petits torrents au bord desquels poussent d’innombrables fleurs et enfin aux pieds des pics de la Moscatosa et Lloset, c’est le domaine des belles forêts de résineux où les champignons poussent parfois à profusion. Mais s’il y a néanmoins une constante dans ce parcours, c’est bien la vue aérienne permanente sur le vallon de Nohèdes vers lequel descendent et se jettent les multiples ravins que l’on est amené à enjamber. De l’autre côté de la vallée, le Massif du Coronat étire sa longue croupe boisée où seules quelques hautes falaises calcaires finissant en d’impressionnants éboulis blancs contrastent avec la sombre forêt olivâtre. Ces falaises sont le repère d’une fleur unique au monde l’Alysson des Pyrénées. Après la fin du canal, le sentier se poursuit toujours en balcon sous le pic Lloset avec de jolies vues sur Nohèdes et un très beau panorama sur le Pic du Canigou et de l’autre côté vers le Pla des Gorgs et le Massif du Madres. Ici, on regrettera seulement qu’un incendie, sans doute un écobuage mal maîtrisé, est sacrément noirci le décor et brûlé de nombreux résineux dont certains ont encore leurs ramilles roussies leur donnant un aspect très insolite mais plutôt joli il faut bien le dire, quant on les fige en photos. Mais comme le disait je ne sais plus qui, la beauté n’est pas automatiquement désirable. Le sentier finit par atteindre la pente sud-est du Pic Lloset puis peu après le Col de la Serra (1.200 m) non loin du pic du même nom (1.242m). Là, deux options sont possibles : soit on laisse à main gauche un bel orri et on prend immédiatement à droite un sentier toujours balisé en jaune et parfois de quelques cairns nous entraînant directement vers Nohèdes toujours en descente soit on poursuit tout droit l’itinéraire descendant vers le Col de Marsac (1.056 m). C’est ce dernier itinéraire que j’ai choisi cette fois-ci car au Col de Marsac passe l’ancien tracé du GRP Tour du Coronat et comme je connaissais très bien ce col je savais que d’incroyables panoramas seraient au rendez-vous : sur la vallon d’Urbanya et sur la partie sud-est du vallon de Nohèdes mais aussi sur la Plaine du Roussillon et bien au-delà encore. Au Col de Marsac, un panonceau de bois indique Nohèdes et la suite n’est plus qu’une formalité qui nous ramène d’abord sur la D.26 puis au village où l’on retrouve notre voiture. Cette boucle est longue de 17 kilomètres environ pour un dénivelé de 380 mètres environ sachant que l’essentiel de la déclivité s’effectue entre Nohèdes (935 m à l’entrée du village) et le cortal de Falgarouse (1.300 m), le point culminant de cette balade se situant aux Esquerdes de la Grive à 1.310 m. Le reste du balcon est quasiment plat et oscille entre des altitudes allant de 1.300 à 1.200 mètres au col de la Serra.  Comme indiqué en préambule, je conseille d’effectuer cette balade de préférence au printemps ou au début de l’été plutôt qu’un peu plus tard. Tout d’abord parce que le sentier est bien plus praticable avec la chance qu’il ait été déjà débroussaillé et surtout il faut y aller avant que les nombreuses fougères et autres ronces ou prunelliers n’aient atteint une hauteur respectable rendant certains passages plutôt pénibles. La deuxième raison est essentiellement visuelle et olfactive car par grand beau temps et quand les différents genêts sont en fleurs et embaument le parcours, une balade sur ce sentier est une pure merveille ! Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

(*) Depuis ma balade printanière et la rédaction de cet article, j’ai acquis, auprès de la charmante et très accueillante préposée de la Maison de la Réserve Naturelle de Nohèdes, pas mal d’informations concernant ce parcours. Il semble que les différents éleveurs de Nohèdes (vachers, bergers et chevriers) soient excédés par l’attitude irrespectueuse de certains randonneurs malveillants laissant régulièrement les barrières ouvertes après leur passage. En raison des problèmes que ces passages engendrent y compris parfois avec les troupeaux et les patous, ces éleveurs ne souhaitent plus que ce parcours soit emprunté par les randonneurs et c’est pour cette raison que l’on ne trouve plus aucune information ni aucun panonceau concernant cette boucle ni sur le terrain ni dans aucun topo-guide. D’ailleurs, il n’apparaît pas dans le petit livret consacré à 9 itinéraires de découverte de la Vallée de Nohèdes (2 euros à la Maison de la Réserve Naturelle).  Enfin il semble que ces éleveurs aient demandé à la commune que le sentier ne soit plus débroussaillé et que le balisage soit définitivement supprimé. A suivre donc…mais d'ores et déjà, je dis dommage car cette randonnée est tout simplement somptueuse et pour moi, la plus belle de ce secteur de la montagne. Après, et toujours au départ de Nohèdes, il faut monter vers les lacs dits de Nohèdes.

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Quand l'Injustice......

Publié le par gibirando


Alors que la querelle enfle entre notre ministre de la Justice Christiane Taubira et notre ministre de l’intérieur Manuel Valls sur les bonnes méthodes à mettre en œuvre pour une meilleure sécurité et une meilleure justice dans notre pays et que les médias se délectent de cet affrontement, je voudrais vous parler d’un livre dont je viens de terminer la lecture, il y a quelques jours seulement. Ce livre s’intitule « Quand la justice crée l’insécurité » et a été écrit par un homme qui connaît les sujets et qui sait de quoi il parle puisque Xavier Bébin est juriste, criminologue et secrétaire général de l’Institut pour la Justice, association dont le seul objectif est justement de vouloir redonner une meilleure sécurité et une meilleure justice aux citoyens que nous sommes. Si je devais résumer ce livre en une seule phrase, je dirais presque sous la forme d’une supplication « Pourvu qu’un membre de ma famille ou moi-même ne devenons jamais une victime ! ». Une victime j’entends telle que celles présentaient sous forme de cas réels dans ce livre, car malheureusement, nous avons tous été plus ou moins victimes un jour, de petites injustices, d’incivilités ou d’agressions verbales, de dégâts à notre voiture ou à notre domicile ou de petits vols ou de menus larcins. Xavier Bébin rappelle que selon l’INSEE, il y aurait en France 10 millions de délits dont un peu plus de 4 millions arrivant la connaissance de la gendarmerie ou de la police. Mais les exemples cités dans le livre font froid dans le dos et on n’a pas vraiment envie d’être la victime bien sûr d’un détraqué, d’un assassin mais également de ces quelques délinquants multirécidivistes que l’on affuble à tort et très souvent de l’adjectif « petits » mais qui pourrissent la vie de nombres de nos concitoyens dans d’innombrables cités de notre pays. Le livre nous fait fortement toucher du doigt que la police et la justice s’intéressent beaucoup plus aux criminels et aux délinquants qu’aux victimes elles-mêmes. Pour la police, on peut le comprendre car c’est leur boulot de rechercher les coupables mais pour la justice, j’avoue que personnellement j’ai beaucoup plus de difficultés à accepter ce désintérêt pour les victimes. Je pensais savoir beaucoup de « choses » sur le fonctionnement de la justice et sur la sécurité de mon pays mais à la lecture de ce livre, je me suis aperçu qu’il n’en était rien. Bien sûr et comme toujours, vous pourrez lire diverses « informations » sur Internet sur ce livre en particulier et sur l’Institut pour la Justice en général comme quoi l’association serait d’extrême droite ou serait pour une justice du « tout sécuritaire ». Alors si la justice vous intéresse et si vous voulez vous faire votre propre opinion, je n’ai qu’une chose à vous dire « achetez le livre et lisez-le » et vous verrez qu’il n’a été écrit dans aucun esprit partisan et qu’il est seulement empreint de multiples exemples réels, de bon sens et d’idées de réformes s’appuyant sur de nombreuses études et statistiques criminologiques internationales et sur des cas concrets de réformes fonctionnant correctement dans d’autres pays. Personnellement, ce livre m’a fait prendre conscience que notre système judiciaire était essentiellement dogmatique et qu’au lieu d’être ouvert et tourné vers les citoyens que nous sommes, il était complètement sclérosé par des corporatismes (procureurs, juges, avocats, journalistes)  que nous aurons bien du mal à faire évoluer.

Au moment où je commence l’écriture de cet article (nous sommes le 23 août), je viens de prendre connaissance d’une horrible information sur BFM TV selon laquelle à Marignane, un homme aurait été abattu froidement devant les yeux de sa petite-fille par deux braqueurs alors qu’il voulait s’interposer. Un peu plus tard et toujours sur BFM TV, un autre communiqué m’informe qu’un des deux braqueurs vient d’être arrêté. Il a 18 ans et il est bien connu des services de police pour une douzaine de délits déjà accomplis comme de nombreux vols avec effraction, dégradation et même violence à l’arme blanche. Il a déjà été condamné trois fois par le Tribunal pour enfants. Au moment des faits, il « purgeait » une peine de 4 mois avec mise à l’épreuve et bénéficiait  de suivi par la protection judiciaire de la jeunesse. Son complice est en fuite.

En réalité, on voit bien dans ce cas précis, les limites des mesures de justice et de probation qui Christiane Taubira clame haut et fort comme étant la panacée pour ces « petits » délinquants. En réalité, ce jeune voyou était libre comme l’air, il avait sans doute un sentiment profond d’impunité, il a récidivé tout en s’élevant dans l’échelle des délits et un homme est mort de cette liberté. Alors qu’a fait concrètement  la justice pour qu’il ne récidive pas ? Le « petit » et jeune délinquant n’a pas hésité une seconde pour se transformer en un abominable assassin pour quelques euros et quelques cartouches de cigarettes. Plutôt que de laisser en liberté ce jeune voyou avec tout le loisir de continuer ses méfaits, quelques semaines d’enfermement voire d’emprisonnement n’auraient-elles pas été préférables pour lui faire prendre conscience de la gravité de ses actes délictueux à répétition ? La question peut toujours être posée mais maintenant on connaît déjà la réponse !

Le philosophe anglais John Stuart Mill disait dans une maxime devenue célèbre même en français « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » et pour cet homme courageux qui a eu le tort de s’interposer parce qu’il voulait une meilleure justice et une meilleure sécurité, ce proverbe s’est malheureusement avéré juste et sa liberté s’est définitivement arrêtée parce que la justice n’avait pas su faire son travail ou avait été trop laxiste avec la liberté d’un autre être humain devenant dangereux pour la société.

Quoi de plus juste et de plus évident que de reconnaître que dans le cas présent comme dans de trop nombreux autres cas malheureusement « la justice a créé une fois de plus l’insécurité ! »

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Le Roc de Peirafita (1.535 m) par le Bac de la Pinosa depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons interprétées par Tori Amos. Elles ont pour titre : "Sleeps With Butterflies", "Winter" et "Somewhere Over The Rainbow".
LE-ROC-DE-PEIRAFITA
ROCPEIRAFITAIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Même si cette randonnée n’a pas été réalisée avec une « super » météo, le mois de juin démarre plutôt bien. En effet, les beaux jours semblent se décider à arriver et surtout à vouloir se perpétuer, et comme souvent en pareil cas, Dany et moi, avons pu aller passer quelques jours à notre petite maison d’Urbanya. Alors, pour tous ceux qui désormais connaissent mon blog, ils savent que séjours à Urbanya signifient souvent nouvelles balades au départ de ce village. Bien sûr, il y aura une limite à ce raisonnement car les sentiers et les objectifs de randonnées autour d’Urbanya ne sont pas sans fin mais pour l’instant ça va, j’arrive encore à « inventer » quelques jolis  parcours comme ce Roc de Peirafita par le Bac de la Pinosa que je vous propose dans cet article. Un parcours en grande partie hors sentier balisé où la nature dans toute sa splendeur prend le dessus sur l’objectif lui-même car le Roc de Peirafita n’est qu’une petite barre rocheuses à 1.535 m d’altitude à cheval sur la limite des communes séparant celle d’Urbanya de celle de Nohèdes. Ici, le principal attrait de cette crête rocheuse est le panorama grandiose et aérien se dévoilant sur le Massif et le Mont Coronat, sur la Réserve Naturelle de Nohèdes mais également vers le Puig d’Escoutou, le Pic Pelade et le Massif du Madres. Quand au Bac de la Pinosa, il s’agit comme son nom l’indique d’un bois planté presque essentiellement de pins à crochets même s’il y a aussi sur ce versant ombragé du Pic de Portepas (1.798m) bien d’autres essences. Ici, non loin de l’ancien et bouillonnant canal d’Urbanya qui est commun avec le Correc de la Pinosa,  on atteint le point culminant de cette balade à 1.674 mètres d’altitude. Cette randonnée a donc une déclivité plutôt conséquente puisque en partant d’Urbanya à 856 mètres de hauteur, ce n’est pas moins de 818 mètres de dénivelé qu’il faut accomplir. Pourtant, n’ayez aucune crainte car l’essentiel de la balade s’effectuant sur des pistes forestières, cette randonnée reste plutôt facile même si la distance d’environ 19 à 20 kilomètres peut en rebuter certains. Le départ reste identique à d’autres balades déjà expliquées dans ce blog (Pic LLoset, Pic de Portepas, Métairie de Cobazet, etc.…) et on emprunte le chemin qui monte sur le versant est du vallon d’Urbanya, le but étant de rejoindre une piste forestière où passe l’ancien GRP Tour du Coronat filant vers le Col del Torn (ou col de Tour).  Je dis « ancien » car depuis les années 80, le GRP Tour du Coronat n’a malheureusement jamais été réhabilité contrairement à d’autres tours pédestres comme celui du Canigou ou bien du Vallespir. Même si le tracé est encore présent sur la plupart des cartes IGN, elles aussi étant souvent anciennes, sur le terrain, vous trouverez parfois mais pas souvent un vieux balisage jaune et rouge. Tout en montant pour rejoindre cette piste, j’ai pris un plaisir intense à photographier la nature dans ses récréations les plus spontanées mais les plus insolites aussi car les innombrables cerisiers chargés de fruits s’étaient transformées en de véritables volières où une multitude d’espèces d’oiseaux s’étaient donnés rendez-vous. Merles, geais, pics, mésanges, fauvettes, j’en passe et des meilleurs se régalaient des drupes rouges qui étaient mûres à point et malgré notre présence toute proche, leur gourmandise prenait le pas sur leur appréhension et c’était tant mieux pour moi car je pouvais enfin les photographier avec plus de facilité qu’à l’habitude. Même un écureuil roux entra dans cette partie de gloutonnerie et sema un court instant la zizanie auprès des oiseaux. Mais quand il s’agit de se régaler de fruits rouges, toute cette belle ménagerie semble d’accord pour faire une paix tacite.  Plus haut, au moment d’atteindre l’itinéraire du GRP Tour du Coronat, les cerisiers sauvages et les feuillus en général laissent la place aux résineux. Peu avant le Col del Torn, nous avons emprunté la piste DFCI C056 qui file sur le versant ensoleillé du Pic de Portepas d’où son nom de Sola de la Pinosa de Portapas sur les cartes. Ici, on entre dans une zone d’estive et il faut donc respecter les lieux en refermant les barrières, en s’écartant suffisamment des troupeaux de bovins et en marchant en silence pour ne pas les effrayer surtout au début du printemps quand les jeunes veaux en sont encore à téter leur mère, ce qui peut représenter un certain danger. D’ailleurs, si j’ai un conseil à donner à tous les randonneurs, ici dans ce secteur de la montagne, le silence est fortement recommandé et la discrétion de mise car outre d’éventuels bovins parfois présents, j’ y ai toujours aperçu de nombreux animaux sauvages (chevreuils, cerfs, renards, blaireaux, aigles, vautours, gypaètes) et notre balade du jour n’a pas dérogé à la règle puisque rapaces et surtout hordes de sangliers et de cervidés ont été de la partie. Si photographiquement, j’ai pu surprendre un sanglier entrain de manger, les cervidés planqués dans les pins ne m’ont laissé aucune chance et ont détalé bien trop vite pour que je les immortalise dans mon numérique. Mais le seul fait de les voir est un immense bonheur car comme je le dis en préambule de cet article, ici le principal objectif de la randonnée, c’est bien d’aller à la rencontre de la nature dans ce qu’elle a de plus beau. Une nature belle et sauvage que l’on peut observer dans toute sa splendeur et d’autant mieux que la chasse est fermée depuis quelques temps déjà. Peu après, les conifères laissent la place aux landes de genêts purgatifs en grandes parties défrichées depuis mon précédent passage. La piste devient sentier au moment même où les vues s’entrouvrent au loin sur le Massif du Canigou et à nos pieds, sur le Vallon d’Urbanya dont on mesure mieux d’ici toute la profondeur et l’ampleur. Les sangliers aperçus et photographiés dans la pinède traversent le sentier 100 mètres devant nous puis ils dévalent le talus pour rejoindre la forêt du Bac de la Pinosa. Quelques minutes plus tard, nous entrons à notre tour dans cette sombre forêt sur un sentier bien évident au début puis se perdant un peu dans une clairière à l’approche du Roc de Peirafita. On reste sur le sentier le plus évident et le plus emprunter, par les seuls chasseurs sans doute car les randonneurs sont rares à s’aventurer par ici. Le sentier longe sur sa droite la crête sommitale séparant le Bac de Torrelles de celui de la Pinosa. Côté vallée de Nohèdes, de nombreux et profonds petits ravins très abrupts descendent vers d’autres vallons bien plus amples et créent un réseau de petits ruisselets se transformant plus bas en quelques torrents plus larges.  Peu après le Roc de Peirafita que vous ne verrez peut-être pas automatiquement car très à gauche du sentier, une nouvelle et large piste se présente et il suffit désormais de la suivre pour rejoindre d’abord le GRP Tour du Coronat pris à l’aller et bien évidemment Urbanya. En descente dès son début, cette piste fait face au versant nord et boisé du Pic de la Moscatosa (1.457 m) et atterrit dans une clairière herbeuse où elle amorce vers la gauche un virage en épingles à cheveux. Sur la gauche de cette piste, on remarque les ruines d’une cabane en pierres sèches au lieu-dit « Font de la Roja » avec sur le fronton de l’entrée une date gravée : 1910. La déclivité faiblit et le chemin se stabilise à l’approche du col LLoset puis après ce col, la piste amorce en direction du lieu-dit la Travessa une nouvelle descente. On retrouve l’itinéraire prit à l’aller cette fois-ci tout en descente jusqu’à Urbanya. Cette randonnée qui emprunte à 90% des pistes forestières est longue d’une vingtaine de kilomètres, pour des montées et des descentes cumulées de 1.530 mètres environ. Pour ceux qui comme moi, s’intéresse à la toponymie, je précise que le nom « Peirafita » vient du latin « petraficta » que l’on sépare en deux mots distincts « petra » signifiant « pierre » et « ficta » signifiant « fichée ». Il s’agit donc la plupart du temps d’une « pierre fichée » ou «  pierre dressée ». Toutefois selon les lieux et ils sont nombreux, il peut s’agir d’une menhir, d’un monument funéraire voire d’une simple colonne ou d’une pierre droite naturelle. On retrouve ce nom dans bien d’autres langues et écrit de diverses manières pour définir des noms de lieux ou de personnes avec un ou deux t comme « Perafita », « Petrafica » « Pierrefite », « Pierrefitte », « Pierrefiques » « Peyrefite » ou bien encore « Pierfite ». Dans certaines régions, le mot « pierre » a carrément disparu et une « fita » n’est ni plus ni moins qu’une « pierre droite ».  Quand au nom « Pinosa » que l’on rencontre le plus souvent écrit « Pinouse », il signifie un lieu planté de pins ou plus simplement une pinède. Ce nom, on le retrouve à de multiples endroits dans notre département et dans toutes les Pyrénées en général dont le plus connu reste les « Mines de la Pinouse » au dessus de Valmanya, haut-lieu historique de l’exploitation du fer du Canigou et de la résistance contre les nazis. Aujourd’hui par bonheur, cet endroit est surtout prisé des randonneurs.  Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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L'Ermitage Saint Victor (421 m) depuis Fontjoncouse (255 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons interprétées par Roch Voisine ayant pout titre : "Une Femme Parle Avec Son Coeur", "Je l'Ai Vu", "La Promesse" et "Dis-Lui". 

L'ERMITAGE-SAINT-VICTOR

CHAPSTVICTORIGN
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Malgré ce printemps toujours aussi incertain, nous avions décidé en ce dimanche 2 juin de sortir quelque soit la météo et nous avions pris les résolutions suivantes : soit le temps le permettrait et nous ferions une courte randonnée que j’avais programmée depuis longtemps déjà, soit la pluie serait de la partie et nous baladerions essentiellement en voiture. En tous cas, parmi nos desseins, si une chose était sûre c’était bien la destination. En effet, nous avions jeté notre dévolu sur les montagnes des Corbières que l’on appelle parfois « basses » mais le plus souvent « maritimes », « orientales » ou « méditerranéennes »  et plus particulièrement sur  le village de Fontjoncouse où se trouvait le départ de la randonnée prévue. Cette balade avait pour objectif l’ermitage Saint Victor qui est une « incontournable » de l’Aude tant on la retrouve dans plusieurs topo-guides consacrés à ce département. Elle est donc bien connue des Audois. En tous cas, nous, nous ne la connaissions pas mais en ce printemps très hypothétique sur le plan météorologique, cette balade avait tout pour nous plaire. D’abord, elle était très courte ce qui permettait de rebrousser chemin dans le cas d’un changement brutal du temps. Selon les topo-guides, la balade était donnée pour 4 à 4,5 kilomètres et 1h30 à 2 heures pour effectuer la boucle.  Quand au dénivelé, il était annoncé entre 205 et 225 mètres pour atteindre l’altitude maximale de 421 mètres où se trouve une petite chapelle. C’était donc une courte randonnée que j’avais programmée avec un départ prévu du lieu-dit les Mourels de la Rivière où se trouve un petit pont situé à 1, 5 kilomètres environ de Fontjoncouse. J’avais remarqué que la petite route D.611 qui devait nous amener à Fontjoncouse était jalonnée de hameaux aux noms curieusement jolis et poétiques comme Montplaisir ou Plaisance et j’avais bien envie de les découvrir,  mais curieusement en regardant la carte IGN, j’étais tombé par hasard sur le nom bien moins romantique d’une colline près de Durban-Corbières : Estrons de la Vieille ! Ce matin-là, nous avons pris la route bien tranquillement et quand  nous avons atteint les Mourels, il était encore très tôt et malgré quelques nuages, le ciel n’avait rien de vraiment menaçant. Du fait, nous avons décidé de pousser jusqu’à Fontjoncouse et de démarrer notre balade pédestre depuis le village ce qui permettait de la rallonger de quelques kilomètres supplémentaires et ainsi, de terminer au retour par une visite du vieux hameau. Nous avons laissé notre voiture au parking de l’entrée du village et tout se passa ainsi et pour le mieux car nous n’avons eu aucune goutte de pluie même si par instants, les nuages ont été plus menaçants. Comme prévu, nous avons pique-niqué au sommet de cette colline prénommée La Cadorque et nous avons terminés cette belle randonnée par une ample visite du joli village de Fontjoncouse. Au départ, nous avons repris en sens inverse la route par laquelle nous étions arrivés en voiture. On peut difficilement se tromper dans la mesure où cette rue sortant du village s’appelle l’avenue Saint Victor. Quelques petits sentiers semblent éviter le bitume mais ne les connaissant pas et ignorant leurs directions, nous avons préféré les négliger. La route, elle, nous a ramené vers les Mourels où nous avons enjambé le petit pont en pierres. Immédiatement après le pont, un panonceau « sentier pédestre » indique de tourner à droite. Là, une piste démarre et monte jusqu’à notre objectif du jour mais également vers une vigie et un pylône émetteur. On ignore cette longue piste sans doute monotone et réservée aux véhicules de services  et on lui préfère un étroit sentier balisé en jaune qui, une dizaine de mètres plus loin grimpe à gauche dans le maquis. On poursuit ce balisage jaune en prêtant attention aux autres sentiers marqués d’une croix qu’il faut éviter d’emprunter. L’itinéraire s’élève très vite dominant quelques vignes et le petit vallon où apparaît la piste terreuse délaissée. Tout autour, on distingue une multitude de collines dans un relief très tourmenté car creusé par de multiples vallons où s’écoulent de petits ruisseaux. Derrière et au loin, on distingue Fontjoncouse mais essentiellement son château et sa monumentale église. Droit devant, on aperçoit le sommet du promontoire que l’on doit atteindre avec comme évidents repères, la haute antenne, la vigie et quelques petits pylônes électriques. Pour l’instant, rien n’apparaît de l’ermitage et il en sera pratiquement ainsi jusqu’au bout. Le sentier se stabilise, atteint une petite pinède puis redescend un peu dans un thalweg. Un panonceau « Ermitage St Victor » nous rassure quand à l’exactitude de l’itinéraire. On laisse sur la gauche, les ruines d’une ancienne bergerie plutôt imposante. Le sentier désormais plein d’ornières remonte en longeant quelques escarpements rocheux puis quand les caillasses des éboulis disparaissent c’est pour laisser la place à un sol plus argileux aux fondrières encore plus profondes. Finalement, dans cette garrigue typiquement méditerranéenne où je me régale à photographier quantité de plantes et de fleurs, le sentier atteint un replat, plutôt très verdoyant après les précipitations pluvieuses des derniers jours. Ce replat vient à point nommé car en finalité les derniers mètres vont être les plus pentus et donc les plus pénibles. Quand, en définitive, on atteint le sommet de ce pic Saint Victor, ce n’est malheureusement pas la petite chapelle qui attire en premier les regards mais ces épouvantables édifices modernes que sont la vigie et le pylône des télécommunications. On le regrettera comme on regrettera que la petite chapelle fondée au XIIeme siècle par des moines dissidents de l’abbaye de Fontfroide n’ait jamais été mieux restaurée. En effet, murs effondrés et cassés, briques rouges perforées, planches et porte métallique cadenassée donne un aspect d’abandon voire de « laisser-aller » à cet édifice historique religieux. L’histoire nous apprend que par manque d’eau, ces religieux de Fontfroide qui avaient créé un petit monastère sous la protection des vicomtes de Narbonne et des seigneurs de Durban ne furent pas en mesure de rester très longtemps au sommet de cette colline. La sécheresse, les vents violents qui sévissent en ce lieu et le rattachement du bâtiment à l’abbaye cistercienne de Saint-Victor-de-Marseille eurent raison de leur volonté et mirent fin à leurs espoirs et à cette aventure de créer un prieuré au sommet de cet endroit sauvage. De ce fait, les moines furent contraints de retourner très rapidement à l’abbaye de Fontfroide. Plus tard et comme souvent en pareil cas, la petite chapelle se transforma en ermitage avant d’être complètement abandonnée de tous. Si la chapelle a un côté un peu triste et désuet et les bâtiments modernes, des silhouettes un peu décalées par rapport au site religieux, heureusement il reste les panoramas à 360 degrés : vers la mer et les étangs, vers la Catalogne et le Roussillon, vers les Pyrénées et le reste des Corbières et beaucoup plus loin encore paraît-il quand le ciel est bleu et l’horizon clair. Ce n’était pas le cas ce jour-là et croyez bien que je le regrette. Je le regrette d’autant plus que les topo-guides parlent de deux tables d’orientation alors que j’en ai vu une seule et encore le carrelage avait-il été en partie cassée. Où est passée la seconde table ? Je l’ignore car je n’ai vu aucun vestige de cette table manquante !  Il faudra donc que je revienne après que le cers et la tramontane auront fait leur travail de lessivage du firmament. Malgré tout, j’ai réussi à percevoir quelques coins de  belles randonnées déjà expliquées dans ce blog comme l’Île de Sainte-Lucie, la falaise de Leucate ou le Pic du Pied du Poul effectué très récemment. Enfin, à ce sommet, outre les beaux panoramas, il y a une incroyable flore multicolore car j’ai dénombré plus d’une soixante de plantes en fleurs différentes et sans doute en ai-je oubliées quelques unes. Après le pique-nique, nous avons repris le sentier du retour en descendant quelques marches devant la chapelle. Ce sentier file dans un court vallon puis emprunte les crêtes calcaires de la Cadorque. Ici, le terrain rocheux et très caillouteux devient encore plus difficile et accidenté qu’à l’aller mais d’autres vues se font jour et notamment vers le nord et sur le vallon en contrebas vers Montplaisir le bien nommé. Sur ce chemin, et histoire de calculer dans nos têtes le chemin restant à parcourir et celui déjà parcouru, on va souvent regarder à la fois devant, vers Fontjoncouse mais aussi derrière vers le sommet du pech Saint-Victor, les deux lieux étant en permanence visibles depuis les crêtes. En définitive, nous avons constaté que la distance pour atteindre le point de départ était plutôt modeste et quand nous avons rejoint l’entrée du Fontjoncouse et notre voiture, ils ne nous restaient plus qu’à visiter le village.  Autant l’avouer, nous sommes un peu partis dans la cité « en tirant la jambe » mais au fur et à mesure de notre visite, nous avons été enchantés : charmantes ruelles, jolies demeures, vieux remparts, jardins merveilleusement entretenus et fleuris, potagers superbes, remarquable et monumentale église romane Sainte-Léocadie datant du XIIeme siècle et enfin ruines d’un vieux château médiéval du XIeme siècle dont nous avons appris plus tard sur Internet qu’ils avaient été très longtemps la propriété des  seigneurs de Fontjoncouse avant de tomber, d’abord dans l’escarcelle de l’Archevêché de  Narbonne quand la famille des châtelains s’éteignit, puis en désuétude au XVIIIeme siècle. Evidemment, nous avons regretté l’absence de toute explication historique sur place  et le fait que l’église était une fois de plus fermée. Aussi, ce fut un vrai plaisir quand nous sommes arrivés devant la fameuse « Source aux Joncs » où sur une stèle,  nous avons appris très brièvement l’origine du village et de sa toponymie. Selon un acte de 795, en 793 des colons espagnols vinrent s’installer près de cette source et ils se mirent à défricher les terres alentours : le hameau de Fontjoncouse était né ! Aujourd’hui, le village est surtout connu pour son Auberge du Vieux Puits, trois étoiles au guide Michelin et dirigé par le grand chef Gilles Goujon, ex-meilleur ouvrier de France. Dommage, nous avions déjà pique-niquer au sommet du pech Saint- Victor…et puis il faut bien le dire, le mois commençait à peine et nous n’avions pas très envie de le finir à découvert avec une note bien au-delà de notre budget. La balade est plutôt facile et ne présente pas de réelles difficultés même si de bonnes chaussures de marche s’avèrent indispensables. Telle qu’expliquée ici et effectuée en partant de Fontjoncouse, elle est longue de 9 kilomètres environ. Cette distance inclut la découverte du village. Le dénivelé est d’environ 210 mètres et les montées cumulées de 440 mètres. Carte IGN 2446E Ferrals-les-Corbières Top 25

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Du Moulin de Vingrau aux Gorges de Gouleyrous

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de la musique "Once In A Red Moon" du duo "Secret Garden", extraite de l'album éponyme.DU-MOULIN-AUX-GOULEYROUS
 
MOULINGOULIGN
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C’est en effectuant le « Chemin des Bacs » depuis Tautavel, randonnée décrite dans ce blog il y a peu de temps, que j’ai découvert la balade, objet de cet article,  intitulée « Du Moulin aux Gouleyrous ». Autant l’avouer, si je connaissais bien les grandioses Gorges de Gouleyrous pour être venu m’y baigner à quelques reprises, le titre de cette randonnée aperçue sur un panonceau indicatif, son itinéraire et le « moulin » restaient pour moi de véritables mystères. Au départ, j’ai pensé qu’il s’agissait du moulin à eau de Gouleyrous lui-même mais dans ce cas précis, le titre aurait été complètement illogique d’autant que le panonceau aperçu évoquait le village de Vingrau distant de quelques kilomètres. Les seules choses que j’en connaissais c’était donc la description du panonceau qui indiquait la distance, le temps pour la parcourir et le dénivelé : « 6,3 km -2h35 –déniv.70 m ». Autant le dire, la question fut vite éclaircie tant cette balade est courte et correspondait très bien à cette agréable petite après-midi que nous voulions lui consacrer. Une charmante après-midi printanière magnifiquement ensoleillée comme il y en a eu bien trop peu au cours de ce printemps 2013 plutôt changeant et surtout incertain pour prendre le risque de partir vers de longues randonnées montagnardes. Mais comme le dit le proverbe « à quelque chose, malheur est bon » et peut-être n’aurions jamais effectué cette courte balade si la météo n’avait pas été si capricieuse.  Si la question de cette balade trouva réponse en marchant, on peut une fois encore regretter l’absence de toutes explications historiques concernant la présence des moulins, celui des Gouleyrous et celui de Vingrau. Cette balade aurait été bien plus intéressante et plus ludique si l’histoire de ces moulins nous avait été contée. Nous l’avons donc réalisée à l’envers en partant des Gouleyrous où se trouvent les hautes gorges du Verdouble appréciées des escaladeurs et l’ancien moulin appelé depuis peu « Moulin Arago » et destiné aux fouilles du Centre Européen de recherches préhistoriques. C’est d’ailleurs dans la direction du parking de la célèbre grotte du Caune de l’Arago que nous avons véritablement démarré. La grotte est sur la gauche à flanc de falaise là où on aperçoit un baraquement amplement grillagé. Ayant eu l’occasion d’y monter lors du Chemin des Bacs, je n’ai pas trouvé utile d’y retourner d’autant que Dany avait plutôt envie d’une randonnée courte et plane. Le balisage est jaune comme tout sentier de petite randonnée (P.R). Au printemps, une petite route bitumée se faufile au milieu des hauts genêts aux grappes de fleurs dorées et flamboyantes dont les senteurs embaument les lieux. Les marques de peinture jaunes sont bien présentes et indiquent quelques raccourcis coupant des vignes. Ici le vignoble est omniprésent mais pour qui sait observer la nature, il n’y a pas que ça. Au printemps, la végétation et une  « petite » faune  y sont exceptionnelles : arbustes fleuris ou déjà en fruits, fleurs des champs, des  sentiers ou de la garrigue, lézards, papillons et insectes en tous genres, oiseaux des vignes, des ruisseaux, du maquis et des falaises. Ces falaises blanches qu’ici on appelle « serres » et qui ceinturent les paysages et la combe verdoyante. Quelques vestiges du passé sont à voir aussi comme des terrasses en pierres sèches, des puits ou bien des recs, ces petites rigoles qui irriguaient les champs de céréales et les vergers au temps jadis. Plus loin, l’itinéraire retrouve l’asphalte et ainsi de suite jusqu’au joli village de Vingrau. Ici, la promeneur hésite entre visiter le village en errant dans les ruelles aux maisons colorées et aux balcons fleuris ou bien s’asseoir à l’ombre des grands platanes ou bien encore profiter de la fraîcheur du préau recouvrant sa fontaine et son vieux lavoir. Comme pour nous, cette valse-hésitation vous fera sans doute perdre le balisage et donc le fil conducteur de cette charmante balade et il suffira de partir vers le centre du village où se trouve la mairie. Là, on retrouve un panonceau concernant notre randonnée. Un panonceau que le regard oublie très vite tant il reste conquis et parfois songeur par de magnifiques fresques décorant les façades de la placette. Le balisage nous entraîne vers la sortie est de Vingrau, la D.9 et la ruine de son vieux moulin à vent perché sur un promontoire désormais entourée d’une sombre et belle pinède. Bien sûr, de nos jours, dans ces lieux essentiellement viticoles ou occupés par la garrigue,  il est difficile d’imaginer que la roue d’un moulin à vent ait pu broyer les grains de céréales du coin pour subvenir aux besoins alimentaires des habitants. Et pourtant, il en était encore ainsi, il y a moins d’un siècle. Après la découverte de ce vieux moulin dont on peut regretter l’absence de précisions historiques concernant ses origines, nous avons définitivement perdu le fils du parcours. En l’absence de tout autre balisage hors mis celui retournant vers Vingrau, nous avons pensé sur l’instant qu’il s’agissait d’un simple aller-retour et nous avions vu juste car il fallait revenir jusqu’au panonceau aperçu devant le stade puis emprunter la rue de la Millere. Mais ça, nous ne l’avons su qu’une fois rentrés à la maison en consultant un guide que nous possédions pourtant et qui s’intitule « 34 randonnées en Agly-Verdouble ». C’est bête mais c’est ainsi, je ne pense pas toujours à compulser les nombreux topo-guides de randonnées dormant dans ma bibliothèque.  Alors, nous sommes revenus vers les Gorges de Gouleyrous et vers notre voiture en empruntant tout simplement la D.9 qui va vers Tautavel. Un peu plus de 2 kilomètres pas vraiment d’asphalte car les bas-côtés sont herbeux et longent de rafraîchissants « correcs » où je me suis régalé à photographier quelques oiseaux. Dany, elle, ne m’avait pas attendu et était déjà partie devant, histoire d’aller tremper dans les eaux fraîches du Verdouble ses pieds échauffés par les 2h30 de marche de cette très chaude après-midi. Bien que nous ayons effectué cette balade à l’envers et que n’ayons pas exactement suivi l’itinéraire décrit sur les panonceaux et dans les topo-guides, j’ai préféré conserver le même titre afin de ne pas troubler les lecteurs.  Je précise que vous pourrez trouver des renseignements historiques sur les moulins dans le livre de Francis Noëll intitulé "Les moulins à vent des Pyrénées-Orientales" paru chez TDO Editions. Carte IGN 2547 OT Durban – Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25

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Orange, une horrible mécanique !

Publié le par gibirando


Si une information est quasiment passée inaperçue, c’est bien la fin de notre « vieille » entreprise qu’était France Télécom dénommée ainsi en 1988 mais dont l’origine est bien antérieure puisque réellement crée par l’Etat français en 1878 sous le nom de ministère des Postes et Télégraphes. Ce fut ensuite le ministère des P et T puis plus tard la dénomination bien connue de P.T.T (Postes, Télégraphes et Téléphones).  Le 1ER juillet 2013, l’ex-entreprise publique chère à de nombreux français est définitivement devenue Orange et c’est bien ainsi car voir le mot « France » associé à cette horrible « Orange mécanique » me déplaisait de plus en plus. Voir que le nom « France Télécom » était systématiquement mis en avant quand un employé se suicidait sur son lieu de travail avait un côté sordide et indigne d’une société dite « nationale ». Et si je parodie Stanley Kubrick, c’est parce que depuis pas mal de temps cette nouvelle entité commerciale Orange est violente, n’a plus rien d’humain et n’a plus la noblesse des racines de sa « glorieuse » aînée. Plus rien d’humain pour ses salariés mais également pour ses nombreux clients particuliers et ses petits actionnaires que nous sommes parfois.

Au regard de l’expérience que je viens de vivre, je ne suis pas surpris que des salariés continuent de suicider. Le dernier en date, c’était le 5 juin 2013. Je ne suis pas surpris que des dizaines de salarié(e)s aient mis fin à leur jour ces dernières années car ils n’adhéraient pas aux méthodes commerciales trop agressives et violentes mises en place par les directions successives et n’acceptaient plus leur manière de travailler. Le stress qu’engendrent ces méthodes de ventes est tel que les salarié(e)s ne trouvent pas d’issue aux problèmes auxquels ils sont parfois confrontés. Certains journalistes ont avec humour, un peu noir il est vrai,  qualifiaient la société d’ « Orange stressée ». Si j’ai une pensée pour ces malheureux salariés, mon expérience n’est heureusement que celle du modeste, vieux et fidèle client mais également petit actionnaire que j’ai été de France Télécom puis de Wanadoo et enfin d’Orange par ricochets et même si j’ai le sentiment de m’être fait « rouler dans la farine », il n’y a pas mort d’homme mais une simple colère que je veux faire partager au travers de ce billet.

J’ai 64 ans et je l’avoue, je n’ai jamais vu de ma vie, une manière de vendre aussi accrocheuse et roublarde à la limite de la malhonnêteté et de l’immoralité. Des méthodes commerciales qui ne tiennent nullement compte de la fidélité du client, de l’aspect humain, financier et des lacunes techniques que nous, clients âgés, pouvons parfois avoir. Jugez plutôt :

Le 18 juin, mon épouse se rend à l’agence Orange la plus proche car son téléphone mobile ne fonctionne plus. Je l’accompagne. Là, nous sommes pris en charge par une conseillère. Enfin appelons-là plutôt vendeuse car le mot est bien plus juste. D’emblée et sans regarder qu’elle peut être la raison de la panne (téléphone, batterie, carte Sim), elle nous indique qu’il vaut mieux carrément changer de téléphone mobile et par là même de numéro. Lui faisant toucher du doigt que changer de numéro est problématique pour nous, elle nous signifie qu’il n’y a pas d’autres choix. Je lui fais part de mon étonnement car j’ai entendu dire que l’on pouvait désormais changer d’opérateur sans changer de numéro mais elle insiste si lourdement que je finis par céder à ses arguments. Or, après coup, je me suis bien renseigné et j’ai appris par une de mes relations qui travaille également chez Orange que cette façon de procéder n’a pour seuls buts : « faire plus de chiffre d’affaires et permettre à cette vendeuse de percevoir des commissions plus importantes ! ». Premier mensonge et méthode très lamentable il faut en convenir même si je ne peux pas réellement avoir de griefs contre cette vendeuse qui a envie de mieux gagner sa vie. Le seul problème, c’est qu’elle est en permanence obligée de mentir pour arriver à ses fins. C’est donc bien à Orange et à ses méthodes que j’en veux en premier lieu.

Ce souci déjà très important de changer de numéro aurait pu s’arrêter là car grâce aux « points avantages » acquis, mon épouse peut obtenir un nouveau téléphone mobile pour la modique somme de 1 euro. Mais voilà que cette vendeuse en regardant son écran en rajoute une couche. Elle est lancée dans sa technique de vente forcenée et plus rien ne l’arrête. Elle fait un calcul rapide : 40 euros de forfait Internet + 15 euros de mobile pour un forfait de 3 heures ça fait 55 euros par mois et là voilà qui nous propose une offre Open Mini ADSL pour 36,99 euros incluant Internet, les appels téléphoniques à partir du fixe et du mobile (1 h seulement au lieu 3 heures antérieurement), TV Orange, etc.,… En réalité, il faut encore rajouter 3 euros de location pour la Livebox soit 39,99 euros par mois. Nous gagnons selon elle 15 euros par mois mais il y a simplement un « petit » problème, mon épouse perd les nombreux « points avantages » acquis et de ce fait, le nouveau téléphone mobile à 1 euro. Deuxième mensonge ! Coût supplémentaire d’un nouveau téléphone le moins cher possible mais peu performant : 34,90 euros !

Bien sûr, vous allez me rétorquer que rien nous obligeait à nous engager dans cette offre que cette vendeuse nous avait présentée au départ comme étant « très alléchante » mais pourtant nous n’étions pas au bout de nos peines car mon épouse a sans doute eu le tort de lui dire que nous avions une petite maison à la montagne à Urbanya et pas de réception Internet. Qu’à cela ne tienne « si vous recevez correctement votre mobile », il suffit d’un petit boîtier dénommé Clé 3G et le tour est joué. Pour cela, rien de plus simple, vous faîtes l’acquisition de ce boîtier 3G prénommé « DOMINO » pour la modique somme de 39,90 euros, vous signez un contrat Mobile Orange intitulé Open let’go pour la somme « ridicule » de 7,90 euros/par mois pour une consommation de 60 heures avec un engagement minimum d’un an et c’est tout et elle rajoute «  Il y a bien une offre sans engagement de durée mais je vous la déconseille car à 11,90 euros par mois, elle est bien plus chère que celle que je vous propose. A 7,90 euros, c’est une promotion jusqu’à fin juin au lieu de 12,90 euros/mois ! ». Troisième et quatrième mensonges, nous le verrons plus loin !

Que croyez-vous qu’on ait fait ? Oui, oui, on s’est engagé pour un an !

L’acquisition de cette clé 3G est d’autant plus propice que le lendemain, le 19, nous montons à notre petite maison à la montagne à Urbanya et que j’aurais tout le loisir d’en profiter pour lire mes mails ou les informations de ma page Orange ou bien de faire des recherches sur Google. Seulement voilà, je n’avais pas imaginé que ma clé 3G fonctionnerait seulement en 2G, que ma page d’accueil Orange mettrait 10 à 30 minutes à s’afficher et encore qu’une seule fois sur trois, la plupart du temps, il me sort un message du style « le téléchargement de votre page n’a pas pu aboutir ». En raison des délais de réponse Internet, j’ai rapidement et finalement compris que j’avais fait une mauvaise acquisition et que je ne pourrais jamais utiliser cette clé 3G dans l’état actuel du réseau de télécommunications de mon village d’Urbanya. Pourtant, tous les mobiles Orange passent très bien mais pas la clé 3G contrairement à l’affirmation de cette vendeuse menteuse. Néanmoins, je n’étais pas très inquiet pensant que comme dans la plupart des actes d’achat ou de crédit, j’avais droit à un délai de rétractation d’au moins 7 jours. Il me suffisait donc de retourner à l’agence Orange en question, de restituer la clé 3G et de résilier le contrat que j’avais signé, il y avait 6 jours seulement.

Après les 80 kilomètres parcourus pour descendre d’Urbanya, tout ça tombait d’autant mieux qu’entre temps mon décodeur TV Orange était arrivé et qu’il m’attendait à la Poste de mon domicile. J’avais donc tout le loisir de l’installer, de l’essayer et de me rendre à l’agence dans le cas où je rencontrerais un problème. Autant faire « d’une pierre deux coups » si besoin ! Je vous jure que je n’ai aucun pouvoir de médium mais malgré tout que croyez-vous qu’il se passa ? Eh bien oui, le problème arriva quand notice d’installation du décodeur en mains, j’appris qu’il fallait brancher 2 prises Liveplug HD car mon téléviseur était trop éloigné et pas dans la même pièce que la Livebox ! Cinquième mensonge par omission cette fois !

Je me suis donc présenté le 24 juin après-midi pour rendre la clé 3G, résilier le contrat Open let’s go et m’informer sur les prises Liveplug et là, ô surprise, rien de tout ce que j’avais pu espéré ne fut pris en compte. Il n’y avait aucun délai de rétractation pour les achats que j’avais effectué 6 jours auparavant dans cette même agence Orange, c'est-à-dire que je devais « m’asseoir » sur la clé 3G qui ne fonctionnerait peut être jamais à ma résidence secondaire d’Urbanya (elle ne fonctionne pas mieux ailleurs non plus !), « m’asseoir » sur les 7,90 euros par mois pendant les douze mois restant et comble de tout, moi qui pensait que les prises Liveplug seraient des fournitures indispensables et donc offertes gracieusement pour faire fonctionner mon décodeur Orange, il fallut encore que je débourse 55,22 euros pour les obtenir. Sixième, septième et huitième mensonges encore par omission. « Ce n’est qu’à cette condition que votre décodeur fonctionnera ou bien, il vous faut tirer un câble à travers vos pièces » m’a-t-elle annoncé avec un culot monstre.  On m’avait promis des économies mais je m’apercevais bien trop tard que tout n’avait été que mensonges délibérés voire quelquefois par omission. « Tout ça ce sont des méthodes commerciales minables ! » ai-je dit à la vendeuse et que croyez-vous qu’elle ait répondu ? D’abord surprise de ma colère, elle garda le silence un instant mais elle se souvenait de l’argument massue appris lors de ses stages de techniques de ventes et elle ajouta : « vous savez Monsieur, le Domino 3G n’est pas lié à un lieu précis et s’il ne marche pas à Urbanya, il est fait pour fonctionner partout ailleurs ! ». Mon visage est sans doute devenu rouge de colère mais elle n’avait pas l’air traumatisée de ma réaction et du bout des lèvres, elle me suggéra de tenter de contacter le service clients Orange pour un éventuel geste commercial. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de contacter Orange au téléphone mais c’est un véritable parcours du combattant complètement déshumanisé que sans doute peu de personnes mènent jusqu’à leur terme. En tous cas, moi j’ai baissé les bras au bout de trois appels qui ont duré en tout et pour tout plus d’une demi-heure mais sans aucun résultat concret. Et pour cause ! On vous balade avec des numéros 1014, 3000, 3900, 3970, 740, 08....., etc.…, faites le 1 pour ci, faites le 2 pour ça, enfin vous connaissez le principe puis quand, après des attentes interminables, vous avez la chance d’avoir une conseillère, c’est une espèce d’abrutie ou de demeurée qui semble ne rien piger à votre problème, qui n’a pas la possibilité de vous mettre en relation avec un responsable et qui ne trouve rien de mieux que de vous dire d’appeler un autre numéro. Quand vous recevez votre facture, vous constatez que tout ce système d’appels impossibles n’a qu’un seul but : « faire du fric » ! Quand à envoyer un mail à Orange (on pourrait croire que c’est une de leur spécialité), je n’ai jamais trouvé de solution et si vous connaissez la manière d’y parvenir, je suis évidemment preneur. Alors, il reste la solution d’une lettre recommandée avec accusé de réception au Service Clients mais comme chez Orange, ils sont sans doute ensevelis sous ce type de lettres, il ne faut pas attendre une réponse avant la Saint Glinglin ! Si réponse, il y a un jour !

Et puis dans cette lettre, il y a tant de « choses » à dire, tant de réclamations à formuler, tant de griefs à exprimer car au cas où vous auriez oublié le début de l’histoire, je vous rappelle qu’initialement, il y avait simplement un téléphone mobile en panne puis dans un deuxième temps une offre qui devait s’avérer moins chère : 36,99 euros au lieu de 55 euros. Non, tout ça est pitoyable car en réalité c’est 36,99 euros + 3 euros de Livebox + 7,90 euros de 3G qui ne fonctionnera peut-être jamais correctement soit 47,89 euros soit une économie réelle de 7,11 euros par mois auquel bien sûr, il faut rajouter 55,22 euros de Liveplug, 34,90 euros du nouveau téléphone et 39,90 euros du boîtier 3G  que j’amortirais en plus de 18 mois avant d’espérer faire la « moindre » économie. Moins cher, elle avait dit la vendeuse menteuse !

J’aurais pu penser que c’était fini et bien une fois encore je me trompais car quand il m’a fallu appeler Canal Plus pour transférer mon contrat sur le décodeur Orange que croyez-vous qu’il se passa ? Oui, oui, vous avez deviné, on m’a dit clairement que j’étais obligé de changer d’offre et d’en prendre une plus chère car il y avait deux chaînes supplémentaires (Canal + Family et Canal + Décalé). Le système commercial entre Orange et Canal Plus qu’ils appellent « bouquet » semble bien rôdé mais dans ce bouquet, il n’y a aucune fleur ! Mais le plus déplorable dans tout ça, ce sont les propos de cette vendeuse d’Orange à laquelle j’avais annoncé avoir un abonnement chez Canal Plus. Croyez-vous qu’elle m’aurait prévenu d’un surcoût de mon abonnement à Canal ? Elle s’est bien gardée de m’informer de ce « petit » détail et m’a parlé d’un simple transfert du contrat actuel. Neuvième et dixième mensonges ! Autant faire un compte rond car elle n’était plus à un mensonge près !

Là clairement, s’en était définitivement fini de mes espoirs d’économie et pour quels résultats :

-       Internet est inchangé et ne marche pas mieux ni plus vite qu’avant !

-       Ma clé 3G fonctionne très très mal là où je souhaitais l’utiliser en priorité et ailleurs aussi !

-       Mon épouse a perdu 2 heures de communications sur son mobile !

-      J’ai la TV Orange avec 70 chaînes supplémentaires mais comme mon épouse et moi nous ne sommes pas très « télé », on n’a pas encore réellement vu de changement. En outre, je ne vois pas bien l'intérêt de recevoir des chaînes en libanais, modalve, russe ou bien grec.

-       Mon abonnement Canal Plus a augmenté après plus de 10 ans de fidélité !

-   Et pour le reste (téléphone fixe, messagerie, etc..), je n’ai pas encore vu de changements….mais j’attends la première facture de ce nouveau contrat…

Vous connaissez le slogan qui a cours actuellement chez Orange ? Non ?

« Le service Orange, satisfait quand vous l’êtes  ».

Et le précédent slogan, vous le connaissiez ? Non ?

« La vie change avec Orange ».

Et le précédent ? Non Plus ?

« Plus loin ensemble ».

Et encore plus avant ? Non plus ?

 « Le futur et toutes les raisons d'y croire ».

Quatre mensonges de plus non ?

Bon, chez Orange on n’est plus à une tromperie près et je leur conseille de changer d’agence de pub et de communications.

Je le propose comme nouveau slogan : « Orange, une horrible mécanique ! »

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La Chapelle Sainte Anne (1.347 m) depuis Baillestavy (620 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est enjolivé par des musiques jouées par le guitariste de jazz Biréli Lagrène extraites de son album "Gipsy Project". Elles ont pour titre : "Blues Clair", "Coquette", "Daphné", "Embraceable You" et "Swing 42".

Il y a quelques années, je vous avais présenté dans ce blog, une balade assez insolite au départ du joli hameau de Glorianes intitulée « la Chapelle Sainte Anne ». Cette balade vers la chapelle ruinée de Sainte Anne située au sommet du Serrat des Genièvres, à 1.347 mètres d’altitude présente la particularité d’être une des toutes premières qu’il m’ait été donnée de faire quand je me suis lancé dans la randonnée pédestre, il y a maintenant plus de vingt ans. C’est un copain qui me l’avait fait découvrir pour la première fois, non pas au départ du hameau de Glorianes mais du village de Baillestavy et selon la même boucle assez singulière et difficile que je vous présente aujourd’hui. Depuis j’y suis retourné à de multiples reprises en y incluant fréquemment des variantes plus ou moins longues. J’’y ai même très souvent amené famille et amis car il faut bien l’avouer, par grand beau temps, cette Chapelle Sainte Anne constitue sans aucun doute un des plus merveilleux mirador sur le versant nord du Massif du Canigou. Au regard de la chapelle qui n’est plus qu’un tas de pierres difforme, on pourrait penser que les vues époustouflantes sur le Canigou en sont ses seuls attraits mais non, cette chapelle et la randonnée que je vous présente aujourd’hui ont beaucoup d’autres atouts.  Elles en avaient déjà dans le circuit confectionné à partir de Glorianes et bien que les vues soient aujourd’hui bien différentes, elles en ont tout autant dans cette boucle au départ de Baillestavy. Ce matin-là, c’est sous un ciel pur et céruléen que j’ai pris la direction de ce beau village du Conflent. Le temps était vraiment idéal pour monter vers la Chapelle Sainte Anne et bénéficier de ces incroyables vues sur le Massif du Canigou. Mais malgré une météo qui m’avait annoncé un grand beau temps pour toute la journée, la chance ne fut pas avec moi car au moment d’atteindre la chapelle, de gros nuages gris et blancs avaient décidé d’entrer dans la partie et recouvraient notre mythique sommet.  Pourtant, tout avait bien commencé et comme les fois précédentes, j’avais laissé ma voiture un kilomètre après Baillestavy ou du moins de son quartier de La Fargue, sur la D.13, direction Valmanya. Là, au lieu-dit le Pont de Fer, j’ai enjambé la Lentilla, torrent très apprécié des pêcheurs de truites fario mais fort impétueux en ce début de mai car descendant directement des contreforts abrupts et encore bien enneigés du Barbet.  D’ailleurs, depuis la D.13, il suffit de suivre un panonceau « parcours de pêche » et d’emprunter le petit sentier qui descend très raide vers la rivière. Là, on traverse le torrent grâce à un pont en béton mais aux garde-fous encore en fer d’où le pont tire sûrement son nom. Peu après, on ignore les autres panonceaux « parcours de pêche » descendant vers le lit du torrent et l’on emprunte l’unique sentier qui s’élève dans des sous-bois bordé parfois de « feixes » sur sa gauche. Au temps de l’exploitation du fer, ce sentier servait à rejoindre les mines de Rabollèdes. Il longe longuement la Lentilla puis s’en écarte peu à peu jusqu’ au moment où coupant un autre ruisseau celui du Ravin de Rabollèdes, il s’en éloigne vraiment. D’ailleurs après les grosses pluies des derniers jours, de l’eau, il en coule un peu partout sur cette « solana » et c’est bien la première fois que j’en vois dégouliner autant. Toutes les sources semblent régurgiter un trop plein et après les frimas de l’hiver, la végétation renaissante en profite à outrance et explose de verdeur. Le chemin embaume l’humus, le terreau humide et les mousses gorgées de rosée. L’itinéraire côtoie quelques vestiges du temps du pastoralisme et de l’extraction du minerai de fer.  La randonnée est presque un jeu d’enfant car si sur les vieilles cartes IGN, l’itinéraire est décrit comme étant non balisé voire hors sentier, le sentier balisé en jaune, lui, existe bel et bien et comme il est unique sur presque 4 kilomètres jusqu’au pylône de la Creu d’en Touron, il en devient d’une grande simplicité. Une fois encore, je précise que simplicité ne signifie pas facilité car le dénivelé est déjà de 460 mètres entre le départ que constitue le Pont de fer (620 m) et cette Creu d’en Touron (1.084 m) où le regard bascule magnifiquement vers les Aspres. Certes, il y a entre ces deux points, une évidente déclivité mais cette dénivellation va nous permettre d’avoir de merveilleuses vues aériennes sur la Vallée de la Lentilla mais surtout d’incroyables panoramas sur la Massif du Canigou sans avoir à attendre d’être au sommet du Serrat des Genièvres. De temps à autre, il ne faut pas craindre de quitter le chemin pour profiter pleinement de ces vues somptueuses : vers le Canigou bien sûr, mais aussi vers d’autres lieux bien reconnaissables comme Valmanya, Baillestavy, les Mines de la Pinouse, les Puigs d’Estelle et de Saint Pierre et bien d’autres merveilles encore. Voilà pourquoi, nonobstant un temps devenant maussade au fil du parcours, je n’ai pas vraiment été déçu de ma balade, d’autant que malgré de gros nuages, la pluie est restée absente et c’était déjà un point très positif. Avec la Creu d’en Touron, on atteint un premier étage mais les autres paliers à rejoindre sont d’autres « nougats » bien plus difficiles à croquer. Il suffit pourtant de suivre des clôtures, le plus souvent faites de fils barbelés, très indigestes, il est vrai. Il y a d’abord en hors d’oeuvre, le Col de Montportell (1.184 m), 1.400 mètres plus loin mais déjà 100 mètres plus haut, puis, vient le plat de résistance avec un très court mais terrible raidillon qui, avec ses 164 mètres de dénivelé pour ses 825 mètres de longueur, nous emmène à au pic Sainte Anne à 1.347 mètres d’altitude où se trouve l’ancienne chapelle. Une chapelle Sainte Anne certes ruinée mais qui est un extraordinaire belvédère à 360 degrés ou presque.  L’excellent site Internet consacré à l’histoire du Roussillon nous en conte très bien la chronologie détaillée que je résume ici : Située sur le territoire de la commune de La Bastide, la petite chapelle (6,20 m de long sur 3,50 m de large) a été construite sur les fondements d’un ancien oratoire du nom de La Solada de Sancta Anna. La première mention écrite date de 1568. La nouvelle chapelle Sainte Anne fut élevée en 1699 grâce à la volonté de quatre personnages des villages alentours dont un certain Jean Ange Toron de la Bastide (a-t-il un rapport avec la Croix d’en Touron ? Je l’ignore ! ) En 1722, un document présente la chapelle comme un ermitage sous le nom de Sancta Anna dels Quatra Termas.  A l’époque, l’ermite, en général un moine, tenait un rôle social important auprès des populations des villages alentours alors beaucoup plus isolées qu’ils ne le sont de nos jours. Après la Révolution, les biens de l’église deviennent des biens d’Etat et la chapelle Sainte Anne ne fait pas abstraction à cette règle.  Comme bon nombre d’autres biens de l’église jugé inutile par les révolutionnaires, l’ermitage fut vendu. Il perdit son rôle social, tomba en désuétude puis fut abandonné et oublié des hommes et il ne résista pas à l’usure du temps. Il faut dire que le Pic Sainte Anne est exposé et battu par tous les vents. Chaque fois que j’y monte, j’y élève sur les murs restants trois ou quatre pierres que je retrouve le plus souvent à terre sans doute balayées par les vents puissants qui soufflent ici voire bousculées par les moutons qui broutent à longueur d’années sur cette montagne plutôt aride. Elever les murs de la chapelle, c’est ma manière à moi, d’ajouter quelques pierres à cet édifice oublié de tous. Après cette découverte assez désagréable quand il ne fait pas beau ou bien quand souffle bien trop fort notre « chère » tramontane, le dessert arrive à point nommé. Ce dessert, c’est la suite du parcours qui n’est constituée que de descentes voire de chemins plats et herbeux plutôt agréables à arpenter. Là encore, il suffit de suivre comme un fil d’Ariane des clôtures. Cette longue crête en surplomb de la Vallée de la Lentilla et face au Canigou c’est le Serrat des Genièvres ou Serrat del Ginèbre en catalan. Ne vous amusez pas à chercher les plants de genièvres, il y a très longtemps qu’ils ont disparus des paysages environnants, emportés par des défrichages à répétition et des écobuages pas toujours bien maîtrisés. Ici, les genêts sont désormais les rois mais des rois sans doute éphémères eux aussi et qui, finalement subiront le même sort que les genièvres d’antan. Des landes de genêts que les éleveurs de bovins, d’ovins et de caprins s’évertuent de défricher ou d’écobuer sans relâche pour agrandir sans cesse leurs pacages. Comme le dit si bien le proverbe «  à toutes choses malheur est bon » et si les paysages sont parfois un peu noircis,  ici, le randonneur marche le plus souvent à découvert et sur un tapis herbeux plutôt agréable à cheminer, enfin au moins jusqu’à la redescente finale vers Baillestavy. Car là, il faut bien que je l’avoue, le retour que j’ai choisi en souvenir du bon vieux temps et de ma première venue ici, est loin d’être le chemin le plus facile même s’il est le plus court en terme de distance à parcourir pour rejoindre le point de départ. Peu après les ruines du Cortal del Pou, il faut suivre la clôture qui file perpendiculaire au chemin principal. Cette clôture assez rectiligne atterrit sur une large piste près du Mas Miquelet mais le parcours est semé d’embûches car assez abrupt, parfois caillouteux à l’extrême, pas toujours bien débroussaillée et en sus avec quelques clôtures et barrières pas toujours évidentes à enjamber. Un véritable parcours du combattant que vous pourrez éviter en empruntant la piste beaucoup plus facile mais plus longue qui descend par le Mas de Dalt (voir variante sur ma carte IGN). Les suites des deux itinéraires sont simples mais peuvent paraître fastidieuses car les pistes ne sont qu’une succession sans fin de sinuosités et de virages avant d’atteindre la D.13. Elles sont d’autant plus laborieuses que Baillestavy et la Fargue sont encore à quelques encablures et que si vous êtes venus avec un seul véhicule, le Pont de Fer, lui, est encore un peu plus loin, à 1.200 mètres environ de la Fargue. Au total, vous aurez parcouru dans le premier cas une quinzaine de kilomètres et dans le deuxième environ deux kilomètres de mieux. Depuis le Pont de Fer et jusqu’à la chapelle, le dénivelé est de 727 mètres et les montées cumulées sont de l’ordre de 1.190 mètres environ. La Chapelle Sainte Anne est donc une randonnée qui est loin d’être facile mais elle présente l’avantage d’être une des plus plaisantes que je connaisse par grand beau temps. Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

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Le Circuit de Força Réal (507 m) depuis Montner (125 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de la musique "Romance pour violon No.2 In F Major Op.50" composée par Ludwig Van Beethoven interprétée par la violoniste japonaise Takako Nishizaki
 
L'ERMITAGE-DE-FORCA-REAL
FORCAREALIGN
 

En Roussillon, tout le monde connaît Força Réal, ce piton rocheux à 507 mètres d’altitude, isolé   et planté-là au beau milieu de la plaine, par on ne sait quel mystère géologique. Tout le monde sait reconnaître le lieu, souvent visible et facilement identifiable de très loin, constituant d’ailleurs pendant très longtemps un amer pour les navires croisant près de nos côtes méditerranéennes,  à peu près tout le monde connaît le nom et sait le traduire en « Force Royale », moins nombreuses sont les personnes qui en connaissent l’origine et son Histoire et peut-être plus rares encore sont celles qui s’y sont rendues, même en voiture. Quand aux gens qui l’ont gravi à pied, elles ne doivent pas être légion. Pourtant cette balade est loin d’être inintéressante. Elle est de surcroît plutôt facile car très bien balisée à partir de Montner.  Bien sûr, à moins de connaître l’identité du détenteur de la clé de l’ermitage, on y monte essentiellement pour les panoramas à 360 degrés. C’est déjà très bien tant les vues de toutes parts sont extraordinaires. Pourtant, en se donnant un peu de peine et en cherchant tout autour, d’autres découvertes sont possibles et je ne parle pas seulement du ludique sentier botanique de  Força Réal qui vient enjoliver ce circuit. Non, il y a d’autres trouvailles, et ces trouvailles, je les ai découvertes en poussant jusqu’au col de la Bataille et même un peu plus loin en direction de Caladroy. Voilà ce qu’écrivait Victor Aragon en 1859 en préambule à sa « Notice historique, religieuse et topographique sur Força Réal » : « La montagne qui emprunte son nom à l’ancienne forteresse dont les débris font deviner l’enceinte sur son plus haut mamelon, domine la plaine féconde du Ribéral que le touriste, parvenu au sommet rocheux de Força Réal, peut admirer dans sa vaste étendue. De ce point culminant le Roussillon se montre à lui presque tout entier ; le regard l’embrasse dans le double horizon de la mer et des Pyrénées, cadre immense, rempli par les tableaux variés des vallées de l’Agly, de la Têt et du Tech, qui se déroulent parallèlement des montagnes vers la Salanca. Les détails infinis de ce riche paysage ne peuvent échapper à l’observateur curieux, et l’on comprend que les divers dénominateurs de la contrée aient établi sur la cîme de la montagne un poste d’observation, dont la consigne devait être de prémunir les habitants de la plaine contre les dangers d’une invasion subite. Força Réal était, sans doute alors, comme il est aujourd’hui, le point de mire des Roussillonnais du Ribéral ; mais de nos jours ce n’est plus vers la forteresse que les regards se tournent ; c’est vers la Chapelle protectrice, sortie, tout porte à le croire, des ruines du Castell depuis longtemps disparu ». Ici, en quelques lignes, c’est quasiment Força Réal qui est résumé. Le fondement même de son nom « forçia » provenant du latin « fortia » signifiant « fort » ou « forteresse » qui, bien sûr, accolé au mot « réal » laisse imaginer l’origine royale du château fort en question. La beauté et l’amplitude des panoramas et sa géographie que l’on découvre depuis son pinacle. Les raisons de l’édification d’un château fort sur ce sommet. L’évolution au fil du temps de ce lieu emblématique du Roussillon où une chapelle est venue remplacer les vestiges du château et d’une tour à signaux qui avait également été érigée au XIIe siècle semble-t-il. Enfin, vous noterez que dans ce préambule, rien n’est dit qu’en à la date la plus lointaine de l’édification de ce Castell. Je vous laisserais le soin de lire intégralement l’ouvrage de Victor Aragon accessible sur Google mais si certains historiens ont pu y voir l’œuvre des Romains, lui penche plutôt pour une origine aragonaise et voilà ce qu’il écrit avec sagesse et circonspection : « Tenons donc pour certain, autant qu’il peut y avoir de certitude en cette matière, que Força Réal est d’origine Aragonaise et remonte à la fin du XIIe ou au commencement du XIIIe siècle ». Il explique avec force détails, les raisons de l’attribution de ces constructions aux Rois d’Aragon de la Maison de Barcelone.  La suite du récit retrace l’histoire de Força Réal au fil des siècles, une histoire, il faut bien le dire, essentiellement militaire, où la montagne eut à subir sans cesse les assauts répétés des différents conquérants et envahisseurs du Roussillon. Même si du château fort et de la tour à signaux ne subsistaient que quelques ruines depuis déjà presque un siècle, il semble que les derniers assaillants de Força Réal furent les troupes du Général espagnol Ricardos qui, en 1793, fortes de 25.000 hommes furent tenu en échec pendant deux mois par une armée française pourtant très réduite de 4.000 hommes seulement. Sans doute, ces soldats avaient-ils puisé leur foi, leur vaillance et leur force sur ce sommet où avait été érigée une chapelle construite sur l’emplacement de la tour à signaux quelques années auparavant (1693/1708). Malheureusement, la chapelle souffrit de ces guerres successives et elle fut elle aussi en partie ruinée par les militaires.  Un peu plus tard, la chapelle devint un ermitage dédié à la Vierge, puis un lieu de pèlerinages et de cérémonies qu’elle est encore de nos jours.  

A Montner, j’ai laissé ma voiture devant la coopérative vinicole puis me dirigeant vers le centre du village, j’ai emprunté la bien nommée rue de Força Réal. J’y ai remarqué un autre panneau indiquant la piste DFCI N° F140. De l’autre côté de la rue, un petit panonceau jaune au dessus d’une fontaine indiquait la direction à suivre «  Circuit Montner – Força Réal ». Une autre balade intitulée le « Chemin de Véronique », déjà expliquée dans ce blog, était également mentionnée. Un peu plus haut, je me suis engagé dans la rue de la Marinade sous l’œil incrédule de deux jolis matous puis j’ai poursuivi la piste DFCI F140 où d’ailleurs un balisage jaune était déjà bien présent. J’ai suivi ce balisage sans difficulté d’abord au milieu de quelques belles villas puis très rapidement sur un itinéraire traversant des vignobles. Plus j’ai avancé et plus le chemin devenait campagnard car verdoyant et bordé d’une magnifique flore en cette belle journée de printemps. La végétation explosait. Après les derniers jours gris et pluvieux, les oiseaux avaient retrouvé le goût de chanter.  Habituellement, si difficiles à photographier, aujourd’hui, ils avaient décidé d’être sympas avec moi et de « prendre la pose » sur les nombreux piquets soutenant les vignes. J’ai même vu deux perdrix rouges courir au milieu des ceps de vignes. Une bifurcation s’est présentée : «Circuit Montner – Força Réal – 3 h ». Flânerie et errements obliges, j’ai mis plus du double mais peu importe, j’adore ça surtout quand je marche seul car j’estime que cette solitude recherchée et non endurée est un privilège. A plusieurs, j’agace tout le monde avec mes arrêts et mes photos à répétition, ce que je peux comprendre.   Droit devant, une colline aux douces formes arrondies et très boisée se détachait dans le ciel bleu. Le randonneur novice aurait pu penser qu’il s’agissait de Força Réal mais au regard de la carte IGN, il n’en était rien et c’était simplement un petit « serrat » du nom de Bach de la Beille. Après, quelques zigzags au milieu des vignes et quelques rampes à la « bonne » déclivité, alternant terre mais également bitume, l’itinéraire est passé à droite de cette colline. Ici, dans la montée, la végétation verdoyante a été peu à peu remplacée par un maquis plus méditerranéen. Sur la droite, le Massif du Canigou et plus loin, la chaîne pyrénéenne ont pointé leurs superbes cimes enneigées. Derrière, l’horizon était barré d’une longue chaîne calcaire qui s’étirait à l’infini : les Corbières. A mes pieds, un patchwork de parcelles agricoles aux formes géométriques disparates partageait l’espace avec quelques bosquets verdâtres. Le tout était ponctué de petits villages blancs aux toitures rouges : Montner bien sûr, mais aussi Latour-de-France et Estagel. A la côte 398, j’ai enfin atteint un premier collet. En réalité, il s’agissait d’une simple plateforme dominant le vallon de la Jasse del Roc servant de marchepied avant la dernière montée vers Força Réal dont j’apercevais déjà l’extrémité du haut pylône de l’antenne TV.  Tout en montant, des panoramas sur une succession des collines bleuâtres se sont entrouverts vers l’est. Finalement, j’ai croisé une première pancarte explicative « Séneçon de Harvey » et quelques secondes plus tard, j’ai coupé la route D.38 montant à Força Réal.  Je venais de découvrir par hasard ce « Sentier botanique et de découverte de Força Réal ». Ici, pour mon plus grand plaisir, l’itinéraire s’est poursuivi tout naturellement sur ce sentier. C’était d’autant plus agréable, que ce sentier était commun avec ma balade et celui montant vers la chapelle que j’ai finalement atteint quelques minutes plus tard. Tout ce que j’avais lu de la magnificence des panoramas était vrai. Seuls, quelques gros nuages venant de la mer empêchaient une vision plus lointaine vers la Méditerranée et les Albères. Vers tous les autres points cardinaux, un grand ciel clair, pur et bleu permettait d’extraordinaires regards de tous côtés. Après avoir fait le tour du superbe ermitage, je suis parti vers le pylône TV, histoire de ne rien manquer de Força Réal. Un Canadair passa à la hauteur du pylône puis disparut, sans doute en provenance de la haute montagne car je n’apercevais aucun feu aux proches alentours. Mon appareil numérique bien rempli de nombreux clichés, je me suis remis en route en direction d’abord du Col del Bou (322 m) puis de celui de la Bataille (265 m). Là, dans la descente, la promenade était presque obligatoire car j’étais toujours sur le Sentier Botanique et tous les  dix mètres, il y avait une pancarte décrivant une nouvelle plante locale. Finalement, il me fallut une heure et quart pour parcourir les 4 kilomètres séparant le sommet de Força Réal du col de la Bataille, c’est dire si je m’étais arrêté plus que de raison. Là, une jolie esplanade avait été aménagée pour arrêter les touristes. Un grand panneau vantait les mérites du Haut-Roussillon, un autre expliquait très brièvement la toponymie de Força Réal puis un autre encore, celui de ce col où l’on pouvait lire « le nom de ce col apparaît dans les archives dès 1293. Il fait référence aux duels judiciaires des temps féodaux ».  Malgré l’intérêt que je portais à ce lieu, je n’étais pas venu jusqu’ici pour cela mais pour deux petites tombes qui se trouvaient quelques mètres plus loin en bordure de la D.38. La vision de ces deux pierres tombales crayeuses et identiques plantées-là, à quelques mètres d’une vigne aurait eu quelque chose d’insolite pour ne pas dire d’irrationnel si je n’avais pas connu la sordide histoire de ce père et de sa fille horriblement assassinés ici même le 10 juillet 1893. Un fait divers qui avait défrayé la chronique dans l’Indépendant de l’époque. Je pouvais lire sur les deux tombes « Ci-gît Trousseu Jacques DCD le 10 juillet 1893 âgé de 66 ans » puis sur l’autre « Ci-gît Trousseu Hortance DCD le 10 juillet 1893 âgée de 23 ans ». Bien sûr, ma curiosité aurait pu sembler macabre mais j’avoue que je n’avais pas cette vision des choses car connaissant un peu l’histoire je vivais plutôt cet instant comme un recueillement. D’ailleurs les mentions sur les tombes ne se terminaient-elles pas par « P.P.L » ou « P.P.E » signifiant « Priez pour lui » ou « Priez pour elle » ? C’était d’autant moins funèbre que ma balade ne s’arrêtait pas là mais continuait en direction de Caladroy où j’étais bien décidé à aller découvrir la « Peyre Drète » et les ruines de son imposante bergerie.  Je poursuivis donc la D.38 jusqu’à un faux menhir entouré d’un « faux » tumulus et là, je pris la piste de droite qui, au travers des vignes, m’entraîna vers ces vestiges. Toujours dans le livre de Victor Aragon, j’avais lu d’étranges choses sur cette « Peyre Drète » désormais brisée et couchée sur le sol : « On le voit, ce n’est pas sans raison que ces hauteurs où se sont livrés tant de combats, gardent, comme témoin mémorable de ces luttes, maintenant oubliées, la pierre druidique, symbole de victoire, élevé depuis des siècles non loin du Coll de la Batalla. » puis il rajoute en annotation :«les hommes de guerre qui, depuis les temps les plus reculés, ont sillonné ce pays et bivouaqué  peut-être autour du men-hir de Caladroer, respectèrent tous ce monument celtique, idôle des Druides et Trophée de Victoire, qui jaillissait du sol à une hauteur de seize pieds et s’y enfonce à une profondeur présumée égale. Pourquoi faut-il que ce curieux monolythe ait été cassé en deux par le fait d’un moderne vandale ou d’une déplorable incurie ? J’ai eu le chagrin de le voir gisant à terre et insoucieusement abandonné. Il serait digne du nouveau propriétaire de Caladroër de faire restaurer la pierre druidique la plus remarquable, à coup sûr, qui existe dans nos contrées ». Bien sûr, Victor Aragon fait allusion à cette « pierre droite » dont certains historiens prétendent qu’elle a longtemps servi de borne ou de limite entre certains territoires comme les diocèses d’Alet et d’Elne et ce, depuis le XIIe siècle. C’était au temps des premiers Rois d’Aragon puis un peu plus tard ceux de Majorque régnant sur le Roussillon. Ce menhir, désormais couché et brisé, est situé en bordure des vignes, sur un petit promontoire, juste après la bergerie qu’on laisse sur la droite. Après la découverte de cette grande pierre pleine d’histoires dont de nombreuses avec un grand « H », il ne me restait plus qu’à partir visiter l’ancienne bergerie mais un vigneron que je venais de croiser m’en dissuadât affirmant que déambuler dans ces ruines était bien trop risqué. Un panonceau « Danger - Défense d’entrer » me convainc définitivement d’y renoncer. Je me suis donc contenté de la regarder et de la photographier de loin. Il ne me restait plus qu’à retourner au col de la Bataille où après avoir emprunté une petite route vicinale asphaltée, j’ai retrouvé le « Circuit Montner - Força Réal ». Là, dans un champ, je pris le temps de m’arrêter sous des amandiers pour déjeuner. Quand je suis reparti, mon sac à dos s’était allégé de mon casse-croûte mais en contrepartie, il s’était bien plus alourdi de quelques kilos d’excellentes amandes séchées à point. Malgré l’asphalte, l’itinéraire du retour vers Montner fut très agréable. Le vignoble et les terres labourées permettaient de jolies visions lointaines de tous côtés et notamment vers Força Réal où la quasi totalité des nuages avait disparu. A l’approche du village, l’asphalte laissa la place à un chemin creux,  herbeux rafraîchissant et souple à souhaits et encore plus plaisant à cheminer. A l’entrée de Montner, de vieux puits, un coup à gauche et un coup à droite du Ruisseau de la Foun aiguisèrent une dernière fois ma curiosité. Mais il était temps d’en finir car avec mon sac à dos chargé d’amandes et sous un chaud soleil d’avril, la dernière montée vers le haut du village fut plutôt laborieuse. J’avais erré et flâné un peu plus de 6 heures pour parcourir 18 kilomètres sur un dénivelé plutôt modeste de 390 mètres environ mais des montées cumulées de 815 mètres. Bien sûr, rien ne vous obligera à parcourir le même circuit que le mien et en vous en tenant à celui intitulé « Circuit de Montner – Força Réal » vous pourrez raccourcir la distance d’un peu plus de 4 kilomètres. Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.

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Nos grands élus, une caste d'Intouchables ?

Publié le par gibirando


Il faut bien le reconnaître nos « grands » élus sont une caste d’Intouchables trop souvent irrespectueux de leurs propres électeurs. Bien sûr, on pourrait croire qu’au sein de nos différentes assemblées nationales, parlementaire ou sénatoriale, il y a des majorités bien établies mais quand il s’agit de se serrer les coudes, nos élus qu’ils soient de gauche ou de droite ne font qu’un ou presque. Presque, car il y a quelques exceptions mais elles sont si rares qu’on se demande parfois si elles sont sincères et ne sont pas là uniquement pour se faire un peu de pub en vue de prochaines élections. En tous cas, ces exceptions rentrent dans le rang (de leur parti) dès qu’elles veulent montrer trop bruyamment leur différence ou simplement faire entendre leurs voix. Quand au centre et aux extrêmes, le système électoral français est si parfaitement verrouillé par la gauche et la droite qu’ils n’ont aucun pouvoir de décision ni d’inflexion sur les lois à voter. Après le tintamarre monstre autour du mariage pour tous où des milliers de français sont descendus dans la rue, inutilement il faut bien le dire ; car le vote de la loi était couru d’avance ; j’ai le sentiment que ces « mafias parlementaires » ; il faut bien appeler un chat, un chat ; laissent une immense partie des français complètement indifférente. J’ai la vague impression qu’être pris pour un « con d’électeur » comme le disait feu Georges Frêche, ça n’intéresse pas la plupart des votants que nous sommes. En effet, concernant nos élus, alors qu’une majorité de français sont pour l’inéligibilité « à titre définitif » en cas d’actes délictueux, pour le non-cumul de leurs mandats et pour la publication de leur patrimoine, nos parlementaires ont récemment rejetés en bloc ces trois projets de loi. Ils y ont mis la manière, histoire de duper un peu plus les français. C’était il y a quelques jours. Trois projets de loi qui auraient pu pourtant constituer les premiers fondements d’une nouvelle démocratie indispensable et surtout souhaitable et souhaitée par une majorité de français. Et bien non, nos députés n’ont rien à foutre de l’avis de leurs électeurs, ils n’ont rien à cirer de la volonté des français et ils ont voté à une confortable majorité contre le projet de loi soutenu par le gouvernement Ayrault qui visait à rendre inéligible à vie les élus condamnés à des délits ou à des infractions contraires à la morale publique. Parmi ces faits délictueux, citons la corruption, le détournement d’argent public, le blanchiment, le trafic d’influence, les conflits d’intérêts, la fraude fiscale, sociale ou électorale, le favoritisme, etc.…enfin tous ces actes qui sont légion et font l’actualité de nombre de nos élus et la une de nos médias à longueur d’années. La peine d’inéligibilité a été ramenée à 10 ans au maximum, c'est-à-dire à « peanuts » quant on sait les délais incroyablement longs que notre Justice peut mettre parfois pour condamner un élu. Souvenons-nous de quelques affaires comme celle des emplois fictifs de la Mairie de Paris qui a mis plus de 12 ans avant d’être définitivement jugée en 2011 mais dont les premiers faits remontent à 1993 c'est-à-dire à presque 20 ans auparavant. Chirac a eu pendant ce laps de temps, tout loisir, de rester maire de Paris, président de son parti, ministre et député plusieurs fois et même bénéficiant d’une immunité pénale, d’être élu par deux fois président de la République, avant d’être reconnu coupable en 2011. Rappelons-nous d’autres affaires déjà très anciennes qui ont encore cours de nos jours ; Karachi, Bettencourt, Tapie pour ne parler que des plus médiatiques mais il y en a bien d’autres ; ce qui n’empêche pas certains de nos élus, mis en examen, de siéger dans ces « honorables » assemblées et d’autres hommes ou femmes d’avoir de hautes fonctions de gestion avec l’aval de nos gouvernants français voire parfois mondiaux. Oui, nos élus français sont irrespectueux de leurs électeurs car le non-cumul des mandats a été voté le 4 juillet mais avec une date d’entrée en vigueur en 2017 pour les parlementaires ou en 2019 pour ceux siégeant à l’Europe, le tout avec cette fois-ci, l’aval de l’Etat et du gouvernement, histoire de ne pas froisser d’innombrables amis qui étaient contre ce projet voulu par François Hollande. 2017, ça laisse pas mal de temps pour le modifier voire le supprimer. Quand à l’idée d’interdire l’exercice de plus de trois mandats d’affilée, elle a été carrément jetée aux oubliettes. Enfin la publication systématique et certifiée sincère du patrimoine de nos élus a été avortée avant même que d’avoir existé. En effet, les sénateurs ont changé d'avis. Ils avaient, dans un premier temps, voté pour l'amendement prévoyant la publication du patrimoine des élus puis vendredi 12 juillet, ils ont décidé de rejeter l’article 1 du projet de loi sur la transparence de la vie publique, dans lequel avait pris place l’amendement en question, faisant ainsi tomber la disposition. Pourtant, la plupart de ces lois ou principes égalitaires ont cours dans certaines grandes démocraties européennes, alors pourquoi sont-elles impossibles quand il s’agit de la France ? Pourtant, outre ces lois qui auraient du être votées sans coup férir pour satisfaire les français, la France a tant à faire pour devenir autre chose qu’une caste d’Intouchables, qu’une assemblée de mafieux voire autre chose qu’une république bananière. Au moment où l’on nous bassine sans arrêt avec la crise, avec les déficits abyssaux qu’on nous demande de combler au plus vite, nos élus ne devraient-ils pas être les premiers à montrer l’exemple. Des exemples et des idées, ils n’en manquent pourtant pas pour réduire le déficit d’une France qui deviendrait publiquement irréprochable: d’abord, lever l’irresponsabilité pénale du chef de l’Etat pour tous les faits répréhensibles et non pas pour le seul fait de « Haute Trahison » comme c’est le cas aujourd’hui. Puis on pourrait juger les élus soupçonnés de délits en comparution immédiate comme on est capable de le faire avec d’autres voyous. Puis ces mêmes élus pourraient diminuer leurs rémunérations ou bien ne pas les additionner dans le cas de mandats multiples, ils pourraient les plafonner quand ils disposent d’appointements personnels et privés. Puis, ils pourraient changer leurs retraites exorbitantes et très avantageuses et les aligner avec celle du citoyen lambda pour montrer leur solidarité. Puis, ils pourraient supprimer quelques couches administratives qui s’amoncellent au lieu de se réduire au fil des années (communes, cantons, communautés de communes, départements, préfectures, sous-préfectures, conseils régionaux, conseils généraux, Assemblée Nationale, Sénat, Conseil constitutionnel, Cour des comptes, commissions diverses et variées du style SIVU, SIVOM et j’en oublie sûrement encore beaucoup, payées néanmoins avec nos impôts qui sont déjà les plus lourds du monde parmi les pays dits développés. Sans oublier, dans cet énorme millefeuille national, quelques couches supplémentaires également françaises au niveau de l’Europe. Ces strates politiques sont de plus en plus nombreuses mais ce n’est pas pour autant que la France va mieux, bien au contraire. La France va de plus en plus mal et s’enfonce dans la crise avec un pourcentage de chômeurs jamais égalé. Le Français ne voit pas bien les intérêts qu’il y a à ce gros millefeuille et à toutes ces couches superposées de soi-disant décideurs politiques, pour ne pas dire à tous ces clans hors mis celui d’engraisser des gens, pour la plupart, déjà très bien payés et qui le plus souvent ont un job personnel et privé en sus de leur(s) mandat(s) d’élu(s). Enfin, on pourrait mettre fin à cette hégémonie du politique indéboulonnable en alignant toutes les élections au scrutin majoritaire à un tour ce qui supprimerait définitivement toutes ces magouilles électorales entre les tours. Un élu qui ne respecte pas ses électeurs serait jugé sur ses résultats ce qui est loin d’être le cas de nos jours, parfois élus par ses propres pairs comme c’est le cas des sénateurs et de bien d’autres aréopages.

Si l’on écoute nos principaux gouvernants et élus, la France va très mal. Il en va de même de l’Europe. A gauche comme à droite, tous nos hommes politiques éprouvent les pires difficultés à trouver des solutions pour inverser cette tendance mais ils sont tous solidaires et d’accord sur un point : que surtout rien ne change jamais pour eux !

Alors que faire pour changer ça ?

En tous cas, voilà pour moi, une bonne raison que me ferait descendre dans la rue !

 

(*) A ce propos, je vous renvoie vers une étude très intéressante du Cri du Contribuable qui s’intitule « la France croule sous ses 601.132 élus ». Elle date un peu car elle est d’ août 2011 mais comme depuis rien n’a vraiment changé, elle reste d’une actualité criante de vérité.  

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Le Pech dels Escarabatets (1.342 m) depuis Fenouillet (500 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques du compositeur japonais Joe Hisaishi et elles ont pour titre "Kiki's Delivery Service", "The Wind Rises" et "Il Porco Rosso", musiques créées pour des films d'animation du studio Ghibli dont les titres en français sont : "Kiki la petite sorcière""Le vent se lève" et "Le Cochon rouge". Ici, les musiques ont été extraites d'un concert à Paris en 2017 et Joe Hisaishi dirigeait l'Orchestre et le Choeur Lamoureux

LE-PECH-DELS-ESCARABATETS

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Si allier une très longue balade en forêt à un authentique effort physique ne vous rebute pas, cette randonnée au Pech dels Escarabatets est faite pour vous.  Le Pech dels Escarabatets est avec ses 1.342 mètres d’altitude le sommet le plus élevé de la forêt de Boucheville, et de ce fait, il est légèrement plus haut que la Sarrat Naout (1.310 m), plus haut sommet des Fenouillèdes que nous avions découvert l’an dernier. Si les deux sommets se trouvent dans cette ancienne forêt royale, le  Pech dels Escarabatets, lui, n’est déjà plus, ni dans les Pyrénées-Orientales, ni dans le Pays Fenouillèdes mais dans le Canton d’Axat et donc dans l’Aude. Vous noterez également qu’il dépasse de 112 mètres son célèbre voisin, le mystique Pech de Bugarach, décrit comme étant le plus haut sommet des Corbières, qui lui ne culmine qu’à 1.230 mètres d’altitude. Le Pech dels Escarabatets est donc un peu à part, car situé entre la chaîne des Corbières et celle des Pyrénées, sur la ligne même de la frontière entre l’Aude et les Pyrénées-Orientales. Vu de loin, il représente le pinacle d’une montagne massive et calcaire intitulée le Roc Long, roc dominant quelques hameaux très pittoresques comme Puilaurens, Lapradelle, Gincla et Salvezines où l’on exploite diverses carrières de feldspath, d’albite et de bien d’autres minerais. Bien évidemment, m’intéressant à la toponymie du nom de lieux, j’ai voulu savoir ce que signifiait le mot « Escarabatets » et qu’elle en était l’origine et là surprise, en cherchant, je ne l’ai pas trouvé tel quel dans la langue occitane, comme on aurait pu le supposer, mais dans un vieux dictionnaire catalan de 1839 intitulé « Diccionari Catalá-Castellá-Llatí-Frances-Italiá, Volume 1 » imprimé à Barcelone par Joseph Torner. On y apprend très clairement qu’un « escarabatet » est un « petit scarabée »  mais qu’il est surtout le diminutif du mot « escarabat » signifiant « scarabée ». Alors bien sûr, en effectuant des recherches sur le mot catalan  « escarabat », on peut trouver selon les dictionnaires des traductions quelque peu différentes comme les mots « scarabée », « hanneton », « cafard », « blatte », « lucane cerf-volant » ou enfin plus globalement « coléoptère ». En vieux français, le mot « escarbot » a la même origine et quand on sait qu’il est donné à un coléoptère vivant essentiellement dans le fumier, on imagine sans mal qu’il s’agit de cet insecte qu’on appelle plus communément « bousier » ou parfois « fouille-merde » et plus rarement « hister ». Cet animal dont il existe d’innombrables espèces, on le trouve bien évidemment en grand nombre dans les zones de pâturage riches en excréments d’animaux comme c’est le cas ici tout autour du massif du Roc Long. Enfin, traduit en français, le Pech dels Escarabatets devient presque naturellement le Pech des Carabatets et là, on est bien obligé de penser à la « Carabe », cet autre petit coléoptère doré (Carabus auratus). On peut donc imaginer que c’est dans cette direction de l’Escarbot ou du Carabe doré qu’il faut chercher l’origine du nom donné à ce pech. Enfin, quelques recherches dans la langue d’oc m’ont permis d’apprendre que le « scarabée occitan » pouvait s’écrire indifféremment « escaravat » ou « escarabat ». Ouf ! L’honneur occitan est sauf ! J’ai démarré cette balade depuis le village de Fenouillet (P.O) et plus précisément du lieu-dit la Coume où j’ai laissé ma voiture. Si vous avez déjà réalisé la balade de mon blog que j’ai intitulé le « Pech de Fraissinet », sachez qu’il s’agit d’une balade quasi-similaire car les deux sommets sont très proches l’un de l’autre. Néanmoins, pour rendre celle d’aujourd’hui un peu plus originale, je l’ai gratifiée de deux différences significatives : primo, j’ai effectué celle-ci en sens inverse et secundo, j’ai complètement délaissé le Pech de Fraissinet pour me concentrer uniquement sur le Pech dels Escarabatets qui, sur une journée, se suffit à lui-même. Bien évidemment, je précise que ce n’est que par choix personnel que j’ai effectué cette randonnée dans ce sens mais que s’agissant d’une boucle rien n’interdit de la faire dans l’autre. Alors que Météo France m’avait prédit un temps ensoleillé, c’est sous un ciel très plombé que j’ai démarré du lieu-dit la Coume, direction Aigues-Bonnes. Ici, j’ai emprunté la piste DFCI N°F28 qui, au départ, n’est ici ni plus ni moins que le Sentier Cathare, balisé en jaune et bleu. Ce Sentier Cathare, dès la côte 535, on le délaisse très vite au profit d’une autre piste qui s’élève sur la gauche. On est toujours sur la piste DFCI N°F28. Tout en grimpant, je peste contre Météo France qui m’avait annoncé du soleil dès ce matin. Je ronchonne contre ce ciel bas et grisâtre bouchant toutes les vues lointaines. Heureusement, les panoramas lointains ne sont pas légion depuis cette piste qui désormais monte en lacets. En contrebas, j’aperçois seulement le verdoyant vallon d’Aigues-Bonnes, habituellement si merveilleux mais aujourd’hui bien triste et sans relief, voilé qu’il est d’une légère brume opaque. Un point positif néanmoins : il ne pleut pas !  Par bonheur, au fur et à mesure que je m’élève dans cette magnifique forêt domaniale de Boucheville, le plafond nuageux monte avec moi. Quand vers 11h30, je m’arrête pour manger un en-cas sur l’aire de pique-nique d’un refuge métallique, j’aperçois mes premiers coins de ciel bleu, promesses d’un temps idéal que j’ai tant espéré depuis mon départ. D’ailleurs, quelques rayons de soleil faisant leur apparition,  les nombreux petits oiseaux de la forêt qui étaient restés silencieux jusqu’à présent, se mettent soudain à entamer un incroyable concert de gazouillis divers et variés. J’en profite pour en photographier quelques uns, mais comme toujours très difficilement. A l’approche du col de Fraissinet (1.111 m), mes espoirs vont peu à peu se concrétiser pour finalement se transformer en réalité. Sous un ciel incroyablement bleu et pur, je m’avance dans la dernière ligne droite montant vers le Pech dels Escarabatets. Ce matin, cette belle météo était si inespérée que je m’arrête à chaque instant pour contempler, observer et photographier toutes ses vues extraordinaires qui commencent à s’entrouvrir : les Corbières, le Pech de Bugarach, Caudiès-de-Fenouillèdes, la vallée de la Boulzane, le merveilleux vallon d’Aigues-Bonnes. Mais sur ce chemin désormais plus caillouteux qui grimpe bien hardiment vers le pech, le plus beau reste à venir. Dans la montée, l’itinéraire se sépare en deux. Tout droit, un étroit sentier excessivement caillouteux semble se poursuivre plus haut dans un bois de conifères en se faufilant entre de petits bosquets. A gauche, un chemin plus large continue en balcon sur l’autre versant du massif et je choisis cette option. Quelques mètres plus loin et droit devant, une lucarne s’ouvre effectivement entre les arbres sur une belle montagne enneigée : Le Massif du Madres me semble-t-il. Puis, la lucarne devient fenêtre pour se muer en une vaste corniche où des panoramas à couper le souffle éclatent littéralement. Au loin, presque derrière moi, une étendue presque sans limite où les Pyrénées-Orientales finissent par se perdre dans les grisailles que j’ai connues ce matin. A mes pieds, le Pech de Fraissinet et l’immensité de la magnifique forêt de Boucheville où trône le Sarrat Naout. Au dessus, l’inévitable et majestueux seigneur Canigou superbement couronné d’argent. Puis, tout autour, c’est une longue ronde de sommets plus ou moins bleutés ou enneigés se perdant dans un horizon presque infini : Mont Coronat, Madres, Dourmidou, Pech Pedré, Montagne de la Crabixa, forêts de Resclause et d’En Malo, Pic d’Estable, Pyrénées Audoises et Ariégeoises et j’en oublie en route. Finalement, la piste se termine soudain sur un incroyable abîme. Je suis au bord même des hautes falaises du Roc Long et le Pech dels Escarabatets se profile à droite et encore bien au dessus de moi, à 400 ou 500 mètres de distance selon une rapide estimation. Ici, un bon dénivelé reste à gravir mais il n’y a plus de sentier et seulement quelques rochers plus ou moins plats à franchir, plantés de ci delà de quelques rares buissons rabougris et d’une végétation très rase. Par bonheur, ces rochers plats et cette végétation plutôt basse sont assez facile à cheminer, ce qui n’empêche aucunement d’avancer avec la vigilance indispensable et conseillée sur un tel terrain. La fin, à travers une végétation plus dense faite essentiellement de petits buis et de quelques pins est plus compliquée mais une fois le sommet atteint, toutes les difficultés sont très rapidement oubliées. Selon l’I.G.N, le sommet à 1.342 mètres serait matérialisé par une borne que je n’ai pas trouvée mais grâce à mon GPS, j’ai repéré l’altitude maximale non loin d’une pancarte effacée par le temps et enfouie dans les buis. Pour le reste, la crête sommitale est composée d’un plateau fait de petits dos d’âne où éboulis, pelouses et conifères se partagent l’espace. Bien évidemment, comme sur tout sommet de ce type, avec à-pics et falaises très abruptes, la plus grande prudence reste de mise.  Les vues ne sont pas à 360 degrés barrées qu’elles sont vers le nord et l’est par une rangée de hauts résineux mais néanmoins de nouveaux panoramas se font jour en sus de ceux déjà aperçus plus bas : vers le Pays de Sault, la Haute Vallée de l’Aude et les Corbières occidentales mais les visions les plus surprenantes sont ces incroyables vues aériennes sur les petits villages alentours :  Gincla tout en longueur avec ses maisons de chaque côté de la route, Salvezines et le Caunil et leurs surprenantes carrières en espaliers, Puilaurens et son joli château fort crénelé. Après ces jolies visions plongeantes, deux grands rapaces tournoyant dans le ciel, sont venus occupés l’espace opposé pendant quelques minutes. Des aigles sans doute. Après leur départ, j’ai, comme souvent en pareil cas, regardé longuement dans mes jumelles les coins de balades déjà accomplies comme le Sarrat Naout, le  Plat d’Estable, le pic Dourmidou ou le Madres par exemple, et ceux pouvant faire l’objet d’une randonnée prochaine. Je me fis la réflexion qu’il y avait encore tant de sentiers à parcourir et certainement de bien jolies choses à découvrir. Malgré cette agréable perspective, j’ai eu l’amère impression que l’heure que j’avais passée là-haut avait filée très vite et quand j’ai entamé l’itinéraire du retour, je l’ai presque fait à regrets. Pourtant, la randonnée était loin d’être terminée et pour rejoindre la Coume, quelques kilomètres restaient à parcourir. Pour redescendre vers le col de Fraissinet, j'ai repris cette fois, l’autre chemin, celui que je n’avais pas pris pour monter au pech. De ce fait, de nouvelles vues se dévoilèrent vers le nord, le Pech de Bugarach et les Corbières.  A partir du col et en prenant le petit sentier tout en descente vers le col de Tulla (932 m) tout devint routine car je connaissais par cœur la suite du parcours. Dans le bois, quelques oiseaux jouèrent à cache-cache avec le téléobjectif de mon appareil photo. Au col de Tulla, en empruntant le GRP Tour du Fenouillèdes, descendant vers Fenouillet, la routine se changea en agréables souvenirs de ce tour que j’avais accompli avec mon fils en septembre 2011. Pourtant tout était bien différent, la saison n’était pas la même et la végétation et la flore encore moins. Au gîte de Tulla, un chat noir très câlin prit la place du joli petit cabri que j’avais caressé, au même endroit, il y a un peu plus de deux ans maintenant. Avril 2013 ne pouvait pas ressembler à septembre 2011 mais malgré ça, j’arrivais à revivre cette portion d’étape du Tour du Fenouillèdes que nous avions accomplie de Sournia à Caudiès. Dans cette descente, je fis cependant une petite pause pour finir tout ce qui restait de comestible au fond de mon sac à dos. Allongé au soleil, je fis la pige à quelques beaux et placides lézards somnolant sur les roches chaudes.  En définitive, plongé dans mes rêveries ou très occupé avec mon numérique, je ne vis pas passer cette descente vers Fenouillet et ce fut tant mieux. En arrivant aux Bordes, trois petits chiens de berger vinrent me faire des fêtes et me sortirent définitivement de ma léthargie. Mais ce n’était pas bien grave car ma voiture était là à quelques mètres seulement. Mais au moment de la rejoindre, le plus ahurissant fut cette image d’un coléoptère au casque cendré plus clair que le reste du corps qui était noir. Il montait contre la façade d’une maison et j’eus tout le temps de le photographier. J’avais marché presque 8 heures sans avoir vu aucun « escarabatet » ni aucun « escarabat » ni aucun « escarbot » et ô surprise, le seul que je rencontrais, était là, à 50 mètres de la ligne de départ. En cherchant sur Internet, j’appris qu’il s’agissait d’un Capnode (Capnodis tenebrionis), insecte très nuisible car ravageur de l’arboriculture méditerranéenne. Telle qu’expliquée ici, cette randonnée est longue de 18 kilomètres environ. La Coume étant à 500 mètres d’altitude et le Pech dels Escarabatets à 1.342 mètres, le dénivelé est de 842 mètres. Les montées cumulées comme les descentes sont longues de 1.700 mètres environ, ce qui en fait une randonnée plutôt difficile où l’équipement du parfait randonneur s’avère indispensable. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul de Fenouillet Top 25.

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Bingo, j'ai ma retraite !

Publié le par gibirando


Bingo, j’ai ma retraite ! Voilà ce que Dany s’est écriée quand, il y a 3 mois, elle a reçu une lettre de l’Assurance Vieillesse (CARSAT) lui confirmant qu’elle allait percevoir sa retraite à taux plein pour raison médicale et ce, malgré une insuffisance certaine du nombre de trimestres cotisés et admis.

Autant le dire, si elle n’a jamais remis en cause le plaisir et le fait de voir sa polyarthrite chronique (*) enfin reconnue et prise en charge par les médecins conseils de la Sécurité Sociale au titre d’une inaptitude au travail, sa joie a été de courte durée quant à la retraite en question. En effet, quelques jours plus tard, la lettre de calcul de sa retraite arriva et sa joie se transforma soudain en une vraie désillusion.  Le montant annoncé par la CARSAT était de 40,50 euros net par mois ! Enfin, cette désillusion se mua en une authentique « soupe à la grimace » quand il y a quelques jours une nouvelle lettre à l’entête de l’ARRCO arriva : « 86,48 euros » lui annonçait-on pour sa retraite complémentaire et ….par trimestre !

Bon pour être complet et fair-play, la CARSAT lui attribua en sus au moment du premier versement, une majoration du minimum contributif de 156,49 euros par mois soit un net total de 196,99 euros. Ne me demandez pas de quoi il s’agit et comment ça se calcule, je ne me suis pas encore penché sur le sujet.

Il est vrai que pour avoir travaillé de 1967 à 2007 soit 40 ans même si c’est le plus souvent à temps partiel,  le total ainsi obtenu de 225,82 euros par mois tout compris, il faut bien reconnaître que ça fait peu !

Il faut dire aussi qu’en analysant sa carrière, Dany a tout cumulé et quand je parle de cumul, il faut entendre une accumulation d’inconvénients, de désavantages, de désagréments, d’oublis, d’anomalies, d’erreurs plus ou moins voulues parfois, d’obstacles, de malversations enfin tout ce qui vient vous foutre une retraite en l’air, jugez plutôt !

Pourtant, tout avait bien commencé. En 1967, quand elle commence à bosser comme apprentie dans une supérette, elle n’a  que 15 ans et elle vient d’obtenir son certificat d’études très facilement. Malgré son goût pour les études et d’excellentes notes, son père lui demande d’arrêter l’école et d’aller travailler pour subvenir aux besoins du foyer. En 1968, on se rencontre et pendant que je poursuis mes études, elle travaille déjà à plein temps dans divers commerces et cela jusqu’à la fin de l’année 1972, année où l’on se marie en février et arrive au monde notre premier enfant Jérôme au mois de décembre. Inconvénient sur cette période de 1967 à 1972, elle ne cotisera jamais à aucune retraite complémentaire car à cette époque, les employeurs n’ont pas d’obligation à ce titre. De 1973 à 1975, elle reste au foyer pour élever Jérôme.  Puis en 1976, elle reprend une activité d’assistance maternelle à temps partiel jusqu’en 1977, année qui voit l’arrivée de notre fille Carole au mois d’octobre. Là, elle décide de combiner l’éducation des enfants, son travail d’assistante maternelle à temps partiel et une formation d’animatrice de gymnastique. Elle continue donc son travail de gardienne agrée jusqu’en 1982, année où ayant obtenu tous les diplômes requis, elle commence à entreprendre un travail d’animatrice de gymnastique pour divers clubs et associations. En sa qualité d’assistance maternelle travaillant pour des communes, elle a  toutefois cotisé à l’IRCANTEC (Urssaf des fonctionnaires) de 1976 à 1982 mais toujours pas à le retraite complémentaire. A ce jour, l’IRCANTEC n’a toujours rien versé mais selon les infos reçues, on se dirigerait vers une seule liquidation en raison de la modicité de la retraite à percevoir (300 euros environ pour les 7 années travaillées). De 1982 à la mi-année 1986, elle travaille donc à temps partiel (payée à l’heure de cours) pour divers clubs et associations de gymnastique volontaire avec cette fois, le gros désavantage que ces derniers ne sont tenus à aucun établissement de bulletins de salaires, à aucun versement de cotisations ni auprès de l’URSSAF pour le retraite vieillesse ni auprès d’une quelconque caisse de retraite complémentaire. Aujourd’hui, on appellerait ça du travail au noir. Notez que nous sommes déjà en 1986, que Dany travaille depuis 1967 soit depuis presque 20 ans et qu’elle n’a toujours pas engrangé le moindre point de retraite complémentaire.

A partir de mi-1986, les associations, pour lesquelles Dany travaille, ont obligation d’établir des bulletins de salaires, elles ont obligation de cotiser à l’Urssaf pour la maladie et la retraite (sic), aux ASSEDIC pour le droit au chômage (sic) et également à la retraite complémentaire (mais ça nous le saurons que bien trop tard et la prescription sera passée par là !). Il va en être ainsi jusque dans les années 2000 où sa polyarthrite chronique va contraindre Dany à réduire son activité pour finalement être dans l’obligation d’arrêter de travailler fin 2007 à cause de ses douleurs articulaires qui, très souvent, n’étaient plus supportables et compatibles avec son travail d’instructrice de gymnastique. Ici, tout un chacun pourrait penser qu’elle va avoir droit à des indemnités journalières de maladie ayant cotisé à ce titre à l’URSSAF ou bien qu’elle va pouvoir prétendre à des allocations de chômage, ayant également cotisé aux Assedic et bien non : « RIEN », « NOTHING », « QUE DALLE », « NADA », « MACACHE », « NIET », « NIB ». Vous n’avez pas assez cotisé ou vos heures travaillées sont insuffisantes lui dit-on. Une seule solution lui est proposée : « Vous avez le droit de vous inscrire comme demandeuse d’emploi ». C'est-à-dire que vous ne pouvez plus exercer votre emploi pour raison de maladie et je dirais même d’handicap (handicap reconnu aujourd’hui !) mais la seule solution que l’on vous propose c’est de continuer à travailler si vous voulez gagner un peu d’argent ! Sidérant non ? Enfin, sidérant quand on sait ce que certains tire-au-cul perçoivent pour de prétendues « longues maladies » depuis des années. Qui n’a pas dans sa famille ce type de personnages paresseux et profiteurs du système ?  Nous, nous en avons !

 

Evidemment, tout cela n’est pas bien grave car moi, en cette année 2007, je travaille encore et mon salaire suffit amplement à nos besoins du moment.

Nous sommes en 2007, je pars en retraite en mai 2008 avec environ 60% de mes revenus, alors que faire ? Demander pour Dany un départ anticipé pour raison médicale ? Pas possible, nous réponds-t-on à la CRAM (désormais CARSAT), il faut attendre que vous ayez 60 ans et 9 mois, c'est-à-dire mars 2013. Mais peut-on d’ores et déjà reconstituer une carrière qui va s’avérer compliquée ? Non, on verra ça quelques mois avant l’échéance, c’est « largement » suffisant  nous dit-on à l’époque.

C’est fait, nous y sommes et le rendez-vous est pris avec la CRAM pour début novembre 2012 et il est temps de se mettre à la reconstitution de la carrière de Dany car le dernier document reçu de cet organisme listant les éléments qu’ils ont déjà enregistrés est bourré de « trous ». Le mot « trou » est un doux euphémisme au regard de ce que je vais découvrir.  Je fais le forcing pour être à l’heure le jour venu car outre d’innombrables erreurs, ce n’est pas moins de 480 bulletins de salaires qui sont manquants et je m’empresse d’en faire des photocopies à la fois pour la CARSAT mais également pour le Groupe Mornay, gestionnaire unique des caisses de retraites complémentaires. Ce n’est plus une reconstitution de carrière, c’est un vrai « gruyère » tant il y a de trous, des absences, des oublis, des anomalies, des erreurs auxquelles il faut ajouter de bien belles surprises. En effet, que constatons- nous ?

 

-         De nombreuses associations ont fait cotiser Dany à l’Urssaf et aux caisses de retraites mais n’ont jamais reversé le moindre centime de cotisations à ces organismes ! A voir  nous dit-on en novembre 2012 ! Nous sommes en juin 2013 et nous n’avons toujours rien vu !

-         D’autres associations ont prélevés des cotisations à Dany mais ne l’ont jamais déclarée et de ce fait, elles n’ont jamais rien versé ni à l’URSSAF ni à aucune caisse de retraite complémentaire car il semble qu’elles ne se soient jamais déclarées elles-mêmes auprès de ces organismes malgré les obligations qu’elles avaient de le faire ? A voir  nous dit-on en novembre 2012 ! Nous sommes en juin 2013 et nous n’avons toujours rien vu !

-         D’autres associations, au fil des changements de leur bureau, ont retenues et versées leurs cotisations mais parfois que partiellement. A voir….et ainsi de suite….

-         D’autres ont cotisé à l’Urssaf mais à aucune caisse de retraites complémentaires. Là c’est tout vu car il y aurait prescription, prescription qu’il n’y aurait pas eu en 2007 nous dit-on quand Dany a arrêté de bosser mais rappelez-vous, on nous avait demandé d’attendre pour reconstituer sa carrière ! Bel imbroglio dont on constate les inconvénients aujourd’hui !

-         D’autres n’ont pas cotisé sur la bonne base parfois pour l’URSSAF, parfois pour les caisses de retraites, parfois pour les deux. Là, ce qui est fait et fait et impossible de revenir en arrière nous dit-on !

-         Enfin et c’est là, sans doute le plus important des désavantages, c’est que toutes ces associations n’avaient pas l’obligation de cotiser à l’URSSAF Vieillesse et maladie sur le salaire brut comme le font la plupart des employeurs pour leurs salariés mais sur une base forfaitaire qui était 4 ou 5 fois moindre. Exemple : le salaire de Dany était par exemple de 400 francs pour le mois et bien l’employeur cotisait sur une base horaire forfaitaire qui ramenée au mois donnait 100 francs. Bien évidemment, on s’aperçoit aujourd’hui que ce choix de faire cotiser ces clubs et associations n’avait qu’un seul objectif, alléger leurs charges sociales. Or, il faut bien se rendre à l’évidence, ce gros avantage pour les employeurs, c’est transformé en un très gros inconvénient pour le salarié désormais retraité. Rajoutons à cela que de nombreuses associations en ont profité  pour cotiser sur cette base forfaitaire à leur caisse de retraite complémentaire au lieu du salaire brut comme elle avait l’obligation de le faire et la coupe est déjà bien pleine !

-         Quand on sait que pour valider un trimestre, il faut avoir cotisé sur un salaire minimum qui est fonction de l’année, la coupe est plus que pleine, elle déborde, on se noie dedans et la retraite se transforme en une obole « ridicule » pour ne pas dire « honteuse ». En effet, tout en ayant travaillé et cotisé tous les mois d’une année, le résultat du calcul en nombre de trimestres se transforme le plus souvent en « 0 » voire en « 1 » trimestre. (voir photo).

 

Voilà pourquoi, ce mois-ci je pousse ce nouveau coup de gueule car malgré notre bonne foi, la justification sans équivoque de tous les bulletins de salaires, une fois encore l’Administration n’a aucunement tenu compte des erreurs, malversations, anomalies, oublis voulus ou non par de nombreux employeurs de Dany. Je passe sur le laps de temps nécessaire à la CARSAT pour reconstituer sa carrière : depuis novembre 2012 et la fourniture des 480 bulletins, nous n’avons aucune nouvelle ou si peu ! Ils sont débordés paraît-il.  Selon l’estimation que j’en ai faite, c’est 36 à 40 % de sa carrière qui est partie en fumée et aux oubliettes tant auprès de l’Urssaf et des caisses de retraites complémentaires. Ce qui me fout aussi en boule, c’est que par mon métier de comptable, de financier et de responsable des ressources humaines, je me souviens d’un temps où avec une simple reconnaissance de travail par un tiers ou une simple attestation d’employeur ou sur l’honneur le plus souvent « bidon », cela donnait droit à 4 trimestres supplémentaires par année prétendument travaillée. Je connais personnellement des dizaines de personnes qui sont partis ainsi à la retraite bien avant l’heure. Et que dire de l’ASPA (**) (anciennement minimum vieillesse) que l’on offre à des étrangers qui n’ont jamais cotisé le moindre centime en France et à qui l’on est capable de donner presque 800 euros mensuels au seul privilège qu’ils posséderaient une carte de séjour de résident en France depuis 10 ans. C’est ça, que l’on appelle la justice sociale ? C’est ça le calcul d’un retraite juste et équitable ? Dix en France sans jamais y avoir travaillé ni cotisé et on peut obtenir 800 euros de l’Assurance Vieillesse contre 40 ans de travail à temps complet et à temps partiel et c’est seulement 40 euros ?  Bien sûr, en lisant ce témoignage, certains vont me taxer de tous les « mots » et de tous les « maux », de vouloir faire de la « préférence nationale », d’autres de mon manque d’esprit de solidarité, enfin que sais-je ?

 

Et bien non, je n’ai pas honte de ce que je pense et de ce que j’écris car après tout, que reproche-t-on vraiment aux mots « préférence » et  « nationale ». La préférence ça peut-être un mot très « gentil » somme toute, pouvant signifier « choix », « goût », « prédilection », « attirance » voire « option » et pas seulement « faveur » ou « privilège ». Quant au mot « national » venant de « nation », j’ai appris à l’école primaire et secondaire que des millions d’hommes se sont battus pour elle au cours de l’Histoire de France et de nombreux en sont morts, il n’y a pas si longtemps que ça, aux guerres de 14-18 et  de 39-45. Faut-il avoir l’esprit tordu pour y voir uniquement la relation avec le « national socialisme » !

Pourquoi, devrais-je avoir honte de  mettre ces deux mots bout en bout pour râler ? Parce que le premier à l’avoir « inventé » politiquement parlant était un adhérent du Front National ?

Que ceux qui me jetteront la pierre aillent s’exiler 10 ans dans de nombreux pays pour percevoir l’ASPA de la contrée en question et quand ils auront perçu le premier centime, nous en reparlerons bien tranquillement.

 

Quand je pense à tous ces régimes de retraites spéciaux et privilégiés, à tous ces écarts injustes qu’il y a trop souvent entre les retraités des secteurs privés et publics,  à ces systèmes de retraites dits « chapeaux », à ces parachutes dorés de ces grands patrons déjà si richissimes, quand je pense que notre gouvernement actuel veut encore durcir et surtout retarder les départs en retraite, quand je pense que l’on vient nous coller des taxes supplémentaires sur nos retraites à cause d’une prétendue crise qui bien évidemment ne touche que les plus démunis, je le dis tout ça est absolument lamentable !

 

Bingo, je l’ai dit !

 

(*) Dany souffre d’une polyarthrite chronique depuis 1989. Elle avait 37 ans. Cette maladie est réellement devenu handicapante à partir de 1995. Elle avait 43 ans et sa maladie a été reconnue par la Sécurité Sociale comme une affectation de longue durée dont les soins ont été pris en charge à 100%. Début des années 2000, les douleurs articulaires sont telles que le seul traitement efficace s’avère être une chimiothérapie légère par piqûres ou par absorption de comprimés mais malgré la soi-disant légèreté du dosage,  les effets secondaires sont tels qu’elle est contrainte d’arrêter ce traitement au bout de quelques années. Heureusement ce traitement déjà effectué et les cures thermales semblent avoir un effet bénéfique sur sa maladie dont les douleurs sont très souvent en dents de scie faites de poussées parfois fulgurantes et de rémissions soudaines.

 

(**) ASPA – Allocations de Solidarité aux Personnes Agées :

787,26 euros par mois pour une personne seule et 1 222,27 euros par mois pour deux personnes.


Montant des plafonds de ressources : Personne seule : 9 447,21 euros par an - Deux personnes : 14 667,32 euros par an.

 

Créée en 1998 sous le Gouvernement Jospin, l'Allocation de Solidarité aux Personnes Agées (ASPA) a remplacé depuis cette date le minimum vieillesse. 
Jusqu'à présent, les étrangers issus de pays tiers à la Communauté européenne pouvaient en bénéficier sous certaines conditions. Ils devaient justifier d'une résidence stable et régulière en France et être titulaires d'un titre de travail depuis au moins cinq ans. Ces conditions n'étaient toutefois pas exigées des étrangers admis au regroupement familial
 et qui disposaient simplement d'un titre de séjour sans condition d'antériorité, ni avoir cotisé au régime d'assurance vieillesse
La Loi de financement de la sécurité sociale a durci ces conditions d'accès. Les nouveaux demandeurs de l'ASPA devront justifier d'un titre de séjour régulier depuis au moins dix ans, même s'ils ont été admis au titre du regroupement familial. Cette nouvelle disposition n'est toutefois pas applicable aux réfugiés et apatrides.

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Le Pic du Pied du Poul (596 m) et les Bornes Milliaires depuis Roquefort-des-Corbières

Publié le par gibirando

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Il faut bien reconnaître que cette randonnée telle que présentée ici avec "Le Pic du Pied du Poul et les Bornes Milliaires" n'est pas la plus connue de toutes et donc pas la plus pratiquée. Or mis les gens du cru et quelques clubs de randonnée régionaux, peu de personnes connaissent le Pic du Pied du Poul que j’ai gravi début avril par une magnifique journée ensoleillée. Je vous rassure toutefois, comme son nom pourrait le laisser craindre, vous ne serez pas dans l’obligation d’aller au Pays de Galles pour atteindre ce modeste sommet culminant à 596 mètres d’altitude. Non, ce pic se trouve bien plus près de chez nous et plus simplement dans l’Aude où il est surtout très connu des spéléologues à cause de ses nombreux avens. Pourtant si l’on se fie à l’idiotisme animalier le définissant, quasiment identique au nom du fameux motif du tissu cher aux princes de cette nation du Royaume-Uni, on aurait pu penser le voir bien plus loin. J’aurais l’occasion de revenir longuement sur cette étrange toponymie au cours de cet article. Cette longue balade, que personnellement, j'aurais plutôt appelée, pour rester dans les gallinacés, le "Pic des nids-de-poule", vous comprendrez pourquoi plus tard, démarre plus simplement de la jolie commune de Roquefort-des-Corbières. Outre ce pic rocailleux dont on peut faire l’impasse, cette randonnée permet d’aller à la rencontre des étonnantes « bornes milliaires » de la Combe de la Clotte (photo). Elles sont bien plus connues que le pic, objectif subsidiaire et il faut bien le dire, plutôt difficile d’accès de cette randonnée. Selon les spécialistes, ces bornes militaires romaines situées à l’origine sur le tracé de la Via Domitia auraient été déplacées et mises là pour ériger une construction médiévale. Les bouger n’ayant sans doute pas été si facile que ça, car la Via Domitia se trouvait sans doute un peu plus à l’est de Roquefort-des-Corbières, on est en droit de se demander quel usage, elles ont pu avoir au Moyen-âge. Et bien si j’en crois certains sites Internet, ces bornes, découvertes en 1869, pour certaines d’entre-elles enfouies, classées aux Monuments Historiques depuis 1974, auraient servi à soutenir la toiture d’une bergerie. Comme quoi, nos aïeux moyenâgeux n’avaient pas toujours conscience de la valeur de notre patrimoine historique. Sans faire de mauvaise comparaison et toutes proportions gardées, ne soyons pas étonnés après ça, si de nos jours, des Touaregs du Mali ou des Talibans d’Afghanistan détruisent des chefs d’œuvre religieux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce sont parfois eux aussi « d’ignorants » bergers, fermons la parenthèse. Contrairement à ce que je pensais, les sites Internet relatifs à ces bornes sont assez nombreux et semblent plutôt bien documentés, même si certains ne concernent que les vrais spécialistes de l’archéologie. C’est ainsi que j’ai appris que ces bornes sur la Via Domitia marquées des étapes. Elles étaient positionnées comme leur nom l’indique tous les mille romains c’est à dire tous les mille pas représentant 1.481,50 mètres d’aujourd’hui. Les indications gravées sur ces bornes donnaient les valeurs de distance en chiffres, alors que les lettres donnaient le nom de l'empereur qui avait engagé le tracé de la voie et l’édification des bornes. Ainsi les bornes milliaires de Roquefort-des-Corbières auraient été érigées en 2 av. JC sous le règne d’Auguste et elles présentes des toponymes sous forme abrégées « ]IVLII pour Forum Iulii (Fréjus), CVV pour ciuitatem Vasionem Vocontiorum (Vaison-la-Romaine) et CR[, parfois considéré comme une abréviation de Cotti regnum (le royaume de Cottius).Je passe sur la lecture de la transcription latine que les spécialistes ont fait de ces lettres et chiffres et je vous livre directement la traduction  qu’ils en ont faite :Sous le règne de l'empereur Auguste, fils du divin César, père de la patrie, grand pontife, 13 fois consul, 22 fois revêtu du pouvoir tribunicien, 14 fois empereur, 16000 pas de Forum Iulii, 917000 pas de la cité de Vasio des Voconces, 898000 pas du royaume de Cottius.Vous aurez noté que j’emploie très souvent le conditionnel quand je n’ai pas pu recouper certaines informations dont les ambitions sont d’être historiques et authentiques.  Voilà, quand vous saurez qu’il existe des centaines de bornes milliaires un peu partout en France et bien plus encore dans tous les pays de l’ancien empire romain, vous en saurez autant que moi sur le sujet et il ne vous restera plus qu’à aller à la rencontre de celles de Roquefort-des-Corbières. Personnellement, j’ai laissé ma voiture au centre-ville, près de la Place du Marché, puis j’ai emprunté le rue de Labadal, puis le chemin Neuf. Là, j’ai finalement atteint le chemin de la Triolle où les premiers balisages sont apparus. Très rapidement, je suis sorti de la cité et j’ai suivi le balisage du Sentier Cathare qui, allez savoir pourquoi, est ici jaune et bleu alors qu’il est rouge et blanc dans les P.O et en Ariège.  Ayant étudié la carte IGN, je savais que ce balisage me mènerait sans problème jusqu’au Bornes Milliaires où là, il faudrait peut-être que je sorte mon GPS dans lequel j’avais enregistré le tracé menant au Pic du Pied du Poul. En réalité, l’itinéraire est assez simple car rectiligne et parallèle à la Combe de Bouc jusqu’à la Combe de la Clotte où se trouvent les bornes romaines. Au loin, presque droit devant, la longue Serre de Roquefort étire son échine calcaire à la végétation clairsemée. Selon, le regard qu’on lui porte, elle paraît parfois très débonnaire car aplatie puis deux cent mètres plus loin, elle semble très haute et quasiment infranchissable. A l’instant de quitter le bitume de la route, le chemin s’élève jusqu’à un replat où une immanquable pancarte directionnelle annonce notre premier objectif « Bornes Milliaires ». Là, le regard embrasse et domine un petit vallon planté d’un vignoble net et soigné qui contraste avec la sauvage et anarchique garrigue environnante : c’est la Combe de la Clotte. En prêtant attention, on y remarque vers le fond du vignoble une petite cabane mais surtout des colonnes blanches entourées de murets, ce sont nos « fameuses » bornes romaines et les vestiges de la construction médiévale.  Ici devant cette pancarte, il y a une intersection de chemins : à droite, le sentier qui descend vers les bornes et à gauche celui qui doit plus tard, m’entraîner vers mon second objectif de la journée, le Pic du Pied du Poul. Un peu plus bas, nouvelle intersection avec le Sentier Cathare qui part à droite et celui des bornes à gauche, bornes que l’on atteint quelques minutes plus tard, en traversant les vignes ou mieux et par respect pour celui qui les travaille, en les contournant. Sur ces bornes, que j’ai photographiées sous tous les angles, je pensais y déceler des caractères romains bien apparents mais malgré mon insistance,  je dois avouer que rien de bien concret n’est apparu à mes yeux. Aussi,  même si quelques signes peu distincts semblent y être gravés, j’ai été très surpris, je l’avoue, de voir que les spécialistes y avaient trouvé autant de significations que celles que je vous ai décrites plus haut. Comment ont-ils fait ? Ça je l’ignore ! C’est donc plutôt déçu que j’aie quitté les lieux, non pas pour remonter le cours de l’Histoire comme je l’avais un peu espéré, mais pour gravir un sentier abrupt et caillouteux à souhaits qui m’a emmené vers le Plat de la Lause. Il faisait beau et chaud, les senteurs de thym et de romarins embaumaient le parcours, de merveilleux panoramas s’entrouvraient sur la mer, des lézards paressaient au soleil, quelques papillons virevoltaient, de rares petits criquets semblaient décidé à m’accompagner sur le chemin, des passereaux chantaient à tue-tête, des grives et des alouettes jaillissaient des buissons et s’enfuyaient à tire d’ailes, des rapaces planaient au dessus du maquis que l’on aurait pu croire aride et terne et dans lequel je voyais des fleurs colorées un peu partout : des muscaris d’un bleu intense, des tapis de jaunes Narcisses et d’Ibéris blancs, des érodiums roses, des iris nains mauves ou blancs, des malingres bouquets de paronyques et de germandrées argentées ou ceux plus touffus des Alyssons blancs. Cette longue randonnée qu’au départ j’aurais pu croire ennuyeuse, lassante et sans intérêt se transforma en une plaisante et très intéressante balade. Une fois encore, mon numérique en bandoulière, j’étais à l’affût de la moindre beauté et du moindre mouvement de la nature. J’avais la « gnaque » et j’acquis au fil du parcours de plus en plus de détermination à aller jusqu’au bout de ce pic du Pied du Poul que je ne connaissais pas et dont j’étais plein d’incertitude quand à sa toponymie. J’avais lu pas mal de choses avant de partir et parfois souvent contradictoires mais en plus je l’avoue, je n’avais acquis aucune certitude que ce nom avait un quelconque rapport avec le pied d’un gallinacé. Pourtant tous les dictionnaires et autres glossaires de la toponymie étaient à peu près d’accord pour dire que les mots de vieux français « Poul » ou « Pol » ou parfois même « poult » avaient la même origine et venaient du latin « pullus » signifiant « petit » et plus précisément « petit d’un animal ». Au fil du temps et à partir de ce mot latin, les aléas des langues dus aux accents et autres intonations auraient paraît-il transformé ce vocable, mais la plupart des dialectes étaient tombés à peu près d’accord pour le définir comme étant un jeune coq, un poulet et finalement en français une « poule » avec un « e » terminal. Il en est ainsi dans presque toutes les langues indo-européennes à quelques exceptions près comme dans la langue celte où le mot « poul » signifie « trou », « mare » voire « fossé ».  Ainsi, il n’est pas rare d’entendre un paysan français appeler ses poules, « petits, petits, petits ! » et on sait pourquoi désormais ! Mais le plus souvent, notre « Poul » serait donc un « coq » et cette version nous est largement confirmé dans le remarquable « Glossaire des noms dialectaux – Noms des lieux en France » d’André Pégorier, Ingénieur en chef géographe à l’IGN. Toutefois en effectuant des recherches toponymiques plus précises autour du pic en question, j’ai finalement trouvé une autre explication dans la « Toponymie Pyrénéenne » de Robert Aymard qui lui traduit ce « Pied du Poul » comme étant celui d’un dindon. Palmé de surcroît rajoute-t-il. Ne me demandez pas pourquoi le coq est soudainement devenu le dindon de la farce ! Enfin, pour compliquer le tout, le philologue Jean-Baptiste-Bonaventure Roquefort (de Roquefort pour son nom de « plume ») ; et oui on reste dans le Roquefort et les plumes mais c’est une simple coïncidence ! ;  dans son Glossaire de la Langue Romane de 1808 définit le « Poul » comme étant une montagne, une éminence, un lieu élevé tiré du podium romain au même titre que les mots  pec, pech, pet, peu, peus, peux, pi, pic, pie, pioch, poet, poi, pol, port, pou, poy, poya, puc, puch, puech, puesch, pui, puj, puig, punch, pus, puy, py auquel on peut aussi rajouter le mot de vieux français « pé » qui lui a de multiples significations selon les dialectes et les lieux puisqu’il peut aussi bien signifier le sommet d’une montagne que sa base ou son pied et même un but ou un repère chez les Normands (« Glossaire des noms dialectaux – Noms des lieux en France d’A.Pégorier-S. Lejeune-E.Calvarin). Alors bien sûr, aller chercher une explication dans cet imbroglio c’était un peu comme se mettre en quête de la « poule aux œufs d’or » et j’étais en droit de me demander que signifiait ce « Pied du Poul ». Etait-ce le « Pied d’un coq » ? Etait-ce- le « Pied d’un dindon » ? Etait-ce comme cela se produit parfois une toponymie pléonastique du type le « Pic du sommet de la montagne » voire le « Pic du pic du pic » ? Enfin, pourquoi avait-on ainsi dénommé ce pic ? Quelqu’un avait-il vu le pied d’un coq ? Ici, il ne pouvait s’agir que d’un coq de bruyère ? Le sommet ressemblait-il au pied d’un coq ou d’un dindon ? Quelqu’un aurait-il aperçu une empreinte ressemblant à un pied de coq, un peu comme celui du motif du célèbre tissu ? Une autre explication pouvait être envisagée, c’est celle d’une plante assez commune que l’on trouve ici dans la garrigue c’est la Dorycnie hirsute (Dorycnium hirsutum) que l’on appelle plus souvent Bonjeanie hérissée mais que les plus anciens appelaient « Pied de coq ». Et si la solution était là ! C’est en pensant à cette toponymie alambiquée que mes pas arrivèrent à un premier collet au pied d’un roc du nom de Roquebesse. Là, le chemin toujours aussi large se mit à grimper les Parazels et déboucha à un nouveau replat et guère plus loin à un nouveau collet. Plus je m’élevais et plus les panoramas se faisaient vastes et lointains. Un seul petit mouvement de tête et j’embrassais la mer de tous côtés avec des vues superbes sur les étangs de Gruissan, Bages et Sigean jusqu’à celui de Salses.  L’itinéraire se mit à redescendre puis remonta aussi soudainement et arriva à une nouvelle bifurcation de chemins. Un panonceau était là gisant à terre. Le relevant, je le calai dans un espèce de cairn servant de piédestal et je vis écrit : « Refuge – 1,5 km – 30 mn ». Effectivement, pile 30 minutes plus tard, j’atteignis le refuge mais auparavant j’avais gravi une large sente caillouteuse qui déboucha sur une crête plutôt plane et très sauvage : le Plat de la Serre.  Cette sente laissa quelques avens protégés par des grillages sur la droite puis elle amorça une descente qui m’entraîna vers cet étonnant refuge qui ne figurait pas sur ma carte IGN. Blotti dans une clairière au fond d’un vallon et entouré de chênes verts, je fus très étonné de trouver un refuge non gardé aussi coquet, propre et bien tenu dans ce lieu perdu de tous et de tout, or mis peut-être des spéléos dont j’ai appris plus tard sur le Net qu’ils en étaient les édificateurs. Ici, tout était « nickel » et même les couchages étaient d’une propreté exemplaire avec de vrais matelas. A cet instant et comme j’avais déjà pris quelques photos de cet intérieur, j’ai immédiatement pensé que quelqu’un devait l’habiter et je suis sorti aussi vite que j’étais entré car j’avais l’impression d’avoir violé l’intimité d’un occupant. Une fois dehors, je fus encore plus surpris de voir un couple de randonneurs arriver au moment même où je reprenais mon parcours. Juste le temps d’un salut rapide et ils me demandèrent aussitôt si le refuge était vide, ce en quoi je répondis positivement et immédiatement ils me quittèrent et entrèrent à l’intérieur. J’ai aussitôt pensé qu’ils étaient aussi curieux que j’avais pu l’être moi-même et que je les reverrai un peu plus tard dans l’ascension du Pic du Pied du Poul. Mais je ne les revis pas de la journée. Le refuge était-il leur objectif ultime, je ne vous cache pas que l’idée me traversa l’esprit mais comme le disait les Inconnus dans un célèbre sketch « cela ne nous regarde pas ! » A partir du refuge, le large chemin s’est rétréci un peu et il s’est mis à grimper sans cesse et plutôt régulièrement avant de monter plus abruptement et de déboucher sur une petite plate-forme herbeuse et fleurit de nombreux pissenlits (545 m). Si ce n’était un gros cairn élevé au début d’un étroit sentier qui filait dans la caillasse, j’aurais pensé être arrivé au bout de ma balade. Il était tout juste midi et si mon estomac avait eu plus que sa dose d’eau, il criait néanmoins famine et réclamait quelque chose de plus consistant. Sur la droite du replat, il y avait de gros rochers aplatis depuis lesquels les vues portaient à la fois sur la forêt mais aussi sur les Corbières et ses innombrables éoliennes, la mer et le Plat de la Serre en contrebas. Je vis en ces rochers, le lieu idéal pour pique-niquer et reprendre un peu des forces, ce qui s’avéra une excellente idée car si l’objectif n’était plus très loin, je n’étais pas au bout de mes peines. En effet, si le dénivelé restant jusqu’au pic était également plutôt modeste avec une cinquantaine de mètres à grimper, le sentier lui, si on peu appelait ça un sentier, allait m’en faire voir de toutes les couleurs au sens propre et au sens figuré. Je me mis d’abord à suivre des cairns et toujours le balisage jaune puis très rapidement, j’ai suivi de grosses flèches rouges qui m’entraînèrent dans un dédale de caillasses instables et d’arbrisseaux impénétrables se terminant à chaque fois dans des culs-de-sac.  Je fis demi-tour à deux reprises avant de me raviser et de retrouver le balisage jaune et des cairns qui zigzaguaient dans un terrain caillouteux de plus en plus compliqué et difficile à cheminer. Ici, impossible de regarder autre chose que ses pieds et le moindre faux-pas était synonyme d’une entorse assurée. Tout en poursuivant vers le pic, je pensais au fond de moi à cette étrange toponymie dans laquelle je n’avais trouvé aucune certitude et regardant les gros cailloux et les nombreuses failles dans le calcaire dans lesquelles j’évitais sans cesse de mettre mes pieds, je me disais pourquoi, l’a-t-on appelé  ainsi « Pied du Poul » ? Ici rien ne ressemblait de près ou de loin au « pied d’un coq ou d’un dindon » mais plutôt à de vrais « nids-de-poule » ! Même la plante, cette Dorycnie portant ce nom de « Pied de coq » n’apparaissait pas à mes yeux, des yeux il est vrai, trop occupés à observer où je m’étais les pieds. Non, ici les seules fleurs visibles, c’était de jolis bouquets de violettes dont on se demandait par quel miracle elles pouvaient pousser dans ces rochers arides. Finalement, je vins à bout de ce difficile chemin et les cairns bien présents, il faut bien le dire et remercier aussi les baliseurs qui les élèvent, m’amenèrent au sommet. Une borne entourée de gros cailloux matérialisait le pic et sur un rocher tout proche, les baliseurs avaient peint un chiffre : 596 m. C’était l’altitude où je me trouvais. Sur la borne, il y avait des caractères gravés que je ne pus pas lire mais j’ai pensé qu’il s’agissait peut-être des trois lettres « IGN » habituelles. Les panoramas étaient spectaculaires de tous côtés et malgré un temps devenu plus maussade qu’au départ, j’apercevais encore une immense partie de l’Aude et des Corbières. Au plus loin que je pouvais voir, je distinguais les Pyrénées enneigées et droit devant moi, beaucoup près, c’était le Montolier de Perellos et la boule blanche de son radar météorologique. De l’autre côté, j’arrivais à voir, par dessus les collines, l’immensité de la côte méditerranéenne presque jusqu’au Cap Béar. Jouissant de ce merveilleux spectacle, je mis à profit cette longue pause pour manger mon dessert fait d’un gros fromage blanc aux fruits rouges et d’une orange. Au moment où je m’apprêtais à repartir, un rapace vint tournoyer près du sommet. Pensant que je m’étais sans doute trop approché de son repaire, je me cachai rapidement au milieu de petits buis pour le photographier mais le temps d’une seule photo et il avait déjà disparu. Ce n’est qu’une fois chez moi et après quelques recherches que je compris que j’avais photographié le trop rare et petit Aigle de Bonelli qui paraît-il est présent dans certains secteurs des Corbières. Le retour fut plus rapide que l’aller, d’abord parce que je connaissais le chemin jusqu’à la bifurcation où j’avais aperçu le panonceau indiquant le refuge à 30 minutes, Là, je partis à gauche en direction d’un Roc du nom d’Infitou sur une large piste tout en descente.  Or mis, les panoramas visibles droit devant moi et quelques fleurs nouvelles à photographier rien ne vînt ralentir mes pas. Toutefois en arrivant au Clot de l’Alader, un grand panneau « aven danger » m’arrêta net. Regardant autour de moi, je ne vis rien de particulier or mis un petit amoncellement de pierres ressemblant à un abri de berger avec de très jolies vues sur la côte lagunaire, la plaine littorale et le piémont des Corbières.  Comme je n’avais guère envie de m’éloigner du chemin pour partir à la recherche d’un éventuel aven que de toute manière je n’aurais pas pu visiter, seul l’abri en pierres sèches retint mon attention. Me dirigeant vers lui, je vis d’abord une date, 1952 écrit avec des petits morceaux de tessons de porcelaine sur un bloc de béton, puis entrant dans l’abri qui n’était qu’un simple paravent en pierres contre le cers et n’avait absolument rien du vrai orri construit par encorbellement tel qu’on peut les rencontrer par ici, je vis d’autres gravures qui n’avaient rien d’ancestrales car insérées dans du ciment. Il y avait d’abord écrit « Castan Eugène 1950 », sans doute le nom de l’occupant de cet abri et la date de son édification puis sur la lourde dalle de béton servant de toiture, il était étrangement gravé « Mon Rêve ». Cette dénomination me fit sourire car je me rappelais l’avoir vu autre part et notamment sur plusieurs grandes bâtisses ou résidences secondaires de la Côte d’Azur et d’ailleurs. Je me mis soudain à penser que ce Castan Eugène devait être un homme très humble pour considérer cette simple protection de pierres contre le vent comme une véritable résidence secondaire. Regardant les paysages âpres autour de moi, j’essayais de comprendre pourquoi ce coin de garrigue était devenu le rêve d’Eugène et hors mis la beauté sauvage des panoramas sur le maquis et la mer, je ne vis aucune autre raison à cette qualification. Au regard de la taille de l’abri, je me mis à imaginer qu’Eugène était berger et qu’il passait la quasi totalité de son temps à rêver, tout seul au milieu de son troupeau, en quête d’un bonheur qu’il avait finalement trouvé ici dans l’indépendance et la solitude, au sein de cette terre si inculte. Je me remis en route, toujours en descente, croisant quelques bergeries ou mas, certains en ruines d’autres en cours de rénovation. Finalement après une courte montée, l’itinéraire arriva au Plat de Vabina, petit plateau encore largement occupé par la garrigue où quelques bergeries délabrées et quelques vignes annonçaient la proximité du progrès. Sur la piste devenue rectiligne traversant les Caulasses, ce progrès se confirma sous la forme d’un alignement de petites pancartes chapeautées sur lesquelles il était écrit « conduite de gaz haute pression à proximité ». Cette piste « roulante » arriva très vite à Roquefort et déboucha sur le « Camin del Bosc » non loin du chemin de la Triolle que j’avais emprunté au départ. Là, dominé par les falaises du Plat de la Roque et ses anciens moulins à vent, désormais sans ailes, le « Camin del Bosc » dévoila de biens jolies vues  sur le village que je me mis en quête de visiter malgré la fatigue. Seules les ruines d’un château perché sur un piton rocheux me rebutèrent et après avoir serpenté dans de biens agréables ruelles, je rejoignis très facilement ma voiture près de la belle église Saint-Martin. Sur le parking, assis au bord du coffre, j’étais entrain de changer de chaussures face à cinq ou six petits vieux qui discutaient sur un banc quand soudain l’un d’entre-eux s’adressa à moi avec un fort accent roulant les « r » : « vous avez marrrrché loin, j’étais devant ma porte et je vous ai vu partirrr tôt ce matin » ? Et je répondis « oui, je suis allé au Pic du Pied du Poul » et comme s’ils étaient tous un peu estomaqués, ils me regardèrent d’un air presque ahuri. L’homme qui s’était déjà adressé à moi rajouta « et pourrrrquoi fairrre, vous êtes allé là-bas ? » et je répondis aussi sec « pour le plaisir et pour voir, c’est tout » puis dans la continuité « mais au fait ça veut dire quoi « Poul » ? Je ne voulais pas laisser passer cette occasion de demander quelques explications aux anciens du village sur la toponymie du pic. Celui qui m’avait parlé jusqu’à présent, se leva du banc et répondit du tac au tac « et bien poul c’est un coq parrrrdi !» et comme aussitôt ma deuxième question fusa « et pourquoi, on l’a appelé ainsi « pied du poul ». Celui qui me parlait c’était déjà levé à l’énoncé de ma première question mais à cet instant, tous les autres petits vieux se levèrent comme un seul homme et partirent sans me répondre. Je ne comprenais pas pourquoi. Avaient-ils déjà décidés de partir ? Les ennuyais-je avec mes questions ? Y avait il un mystère autour du nom de ce pic ? Me trouvaient-ils trop curieux d’autant qu’avec ma voiture immatriculée « 66 », j’étais un étranger parmi eux, un « burro catalan » ou un « gavach » comme ils disent entre-eux dans le milieu rugbystique.  Je restais là, sans voix, ne comprenant pas pourquoi ils étaient partis si soudainement et sans répondre à ma seconde question. De toute évidence, je n’en saurais jamais plus. Voilà, comment se termina cette longue balade et si je ne savais pas tout de ce « Pied du Poul », une chose était désormais sûre, il s’agissait bien du « Pied d’un coq ». Telle que décrite ici, cette balade que j’ai enregistrée dans mon GPS est longue de 23 kilomètres. Elle inclut la visite de Roquefort-des-Corbières, les petits errements pour atteindre le sommet et quelques courtes échappées belles en dehors de l’itinéraire. Si vous envisagez de la faire, il vous faut éviter la saison la plus chaude, emporter de l’eau en quantité suffisante et mettre de bonnes chaussures de randonnée à tiges hautes…..car à vouloir faire le coq avec des chaussures non adaptées, il ne faudrait pas que vous y laissiez votre pied ! Carte IGN 2547 OT Durban-Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25.

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Mes trous à la Sécu....réponse de cette dernière

Publié le par gibirando

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En mars dernier, à l’aide d’un très long article que j’avais tenté d’étayer, je vous faisais part dans mon Journal Mensuel de disfonctionnements et d’erreurs récurrentes que je notais depuis quelques années et après contrôles dans les remboursements de mes frais de santé. En désespoir de cause, après « x » contacts par mails restés « improductifs », j’avais écrit au conciliateur de la CPAM. J’ai reçu, il y a quelques jours, la réponse écrite d’une conciliatrice (voir photo ci-dessus que l'on agrandit en cliquant dessus ou bien sur voir taille réelle)

Estimant que cet organisme a un droit de réponse à mon article, je produis la photo de cette lettre dans mon blog.

Toutefois, comme cette lettre est tout de même très édifiante et confirme une « immense » partie de mes craintes, la produire sans la commenter ne servirait pas à grand-chose.

Pourquoi est-elle édifiante ?

a-      D’abord parce que j’en suis à douter de la compétence des cinq personnes différentes que j’ai eues en face de moi dans ce dossier et je m’en explique. Sans vouloir faire des généralités et penser que tout le monde est « nul » à la CPAM, désormais, je suis bien obligé d’y inclure la conciliatrice. Voilà le souci : A cinq reprises, j’ai indiqué que pour une consultation de mon épouse de 23 euros du 28/08/2012, je n’avais jamais reçu de remboursement, spécifiant toute de même à de multiples reprises, que ce même jour, j’avais, moi-même, consulté mon médecin-traitant pour la somme de 23 euros également et que le remboursement de « ma propre » consultation n’avait jamais posé aucun problème. Eh bien, que croyez-vous qui se passa ? Cinq fois, ces cinq personnes différentes ont confondu « ma propre consultation » avec celle de mon épouse sur laquelle je précise quand même que la caisse a prélevé la participation forfaitaire de 1 euro ! Elle n’a donc pas disparu complètement du système informatique et ce prélèvement d’un euro en est la preuve formelle. J’ai dit édifiant ! Je précise que cette même conciliatrice m’avait dit, lors d’un appel téléphonique, que cette consultation avait été remboursée au médecin-traitant de mon épouse. Depuis, elle semble avoir changé d’avis.

b-      Vous noterez que concernant la consultation du 15/10/2012 pour laquelle j’avais rencontré le même problème, la CPAM me confirme avoir directement remboursé le médecin-traitant alors que mon épouse avait réglé les 23 euros. Elle affirme que c’est le professionnel de santé qui s’est trompé et qu’il m’appartient de me rapprocher de lui, chose que j’ai faite il y a déjà plus de deux mois et qui s’est soldée par un remboursement de 46 euros de ce dernier car après vérification, il s’agit bien des 2 consultations qu’il avait perçu indûment (28/08/12 et 15/10/2012).

c-      Vous noterez également la confirmation de ce que j’avançais quand j’écrivais que les participations forfaitaires et les franchises pouvaient être retenues bien des années plus tard et que de ce fait, elles devenaient totalement incontrôlables et invérifiables.

d-      Enfin, veuillez noter que toutes les opérations en tiers-payant ne figurent nulle part ni sur les relevés mensuels du site Améli.fr, ni sur aucun envoi papier.

Quelles étaient mes craintes et pourquoi sont-elles confirmées par ce courrier-réponse ?

a)      Que constatons-nous à partir de ces erreurs ? Vous allez voir votre médecin-traitant ou bien n’importe quel autre médecin et vous réglez la consultation. Ce médecin vous demande la Carte Vitale mais dans le même temps, il fait une erreur de saisie en cochant ou pas une case sur son écran et le tour est joué. C’est lui qui encaisse le remboursement de la CPAM malgré votre paiement, malgré votre Carte Vitale, malgré un système automatisé de liaisons informatiques, malgré d’innombrables hommes et femmes qui travaillent derrière des ordinateurs, malgré que l’on vous prélève des cotisations Urssaf maladie, malgré un système que l’on nous a décrit comme étant la panacée. Personne ne s’aperçoit de rien sauf vous, mais sous la condition expresse que vous preniez soin de contrôler vos frais de santé. Malheureusement peu de personnes le font alors ne soyez pas étonné après ça si votre médecin a un train de vie bien supérieur au vôtre. J’ai oui dire que certains médecins et infirmiers profiteraient de cette faille pour s’arrondir les fins de mois. Veuillez noter que je mets cette dernière phrase au conditionnel car je n’en ai aucune preuve formelle. Toutefois le médecin-traitant en question m’a confirmé que ces erreurs étaient relativement banales et que dans la mesure où les patients ne réclamaient pas, ces sommes tombaient naturellement dans leurs poches.

b)      Vous avez parfaitement compris que les opérations qui consistent à prélever des participations forfaitaires et des franchises étaient absolument invérifiables. A partir de là, on peut imaginer, au regard des constats précédents et notamment de la mise en cause de la fiabilité des systèmes informatiques, qu’il y ait également des abus de toutes sortes à ce niveau-là.  

c)      Enfin, vous noterez et moi je le fais avec angoisse, que toutes les opérations en tiers-payant ne figurent nulle part et ne sont donc pas accessibles auprès de la CPAM pour les usagers que nous sommes. On est en droit de se poser la question : « Pourquoi ? » Je n’ai pas de réponse à cette question toutefois il faut là aussi être d’une grande vigilance car si « tiers-payant » signifie « ne pas faire l’avance des frais », il est important de savoir si votre mutuelle règle normalement l’autre partie au professionnel de santé. Enfin, toujours au regard du premier constat et du manque de fiabilité de l’informatique, on peut imaginer qu’allant voir un praticien acceptant le tiers-payant, ce dernier se trompe avec votre carte vitale et qu’au lieu de facturer une seule visite, il en facture deux, trois, voire plus et que « personne n’y voit que du feu », votre mutuelle réglant normalement sa partie. Vous devenez un malade qui « ruine » la Sécu, coûte bien trop cher à votre Mutuelle, les trous de la Sécu se creusent, les mutuelles pleurent et de ce fait, on augmente vos cotisations de toutes parts, on réduit vos remboursements, j’en passe et des meilleures…..

Certains trouveront sans doute que je suis un peu « parano » et que je vois le mal partout mais je me suis amusé à cumuler les erreurs que j’ai constaté dans mes frais de santé et dans ceux de ma mère depuis 2008, erreurs soit de la CPAM soit des mutuelles que j’ai réussi à me faire rembourser bien entendu et bien je suis arrivé à la somme très « affligeante » et « édifiante » de 1.441 euros en 4 ans. A ce tarif-là, je l’avoue, je veux bien continuer à être « parano »….d’autant que ça se soigne très bien et que c’est remboursé !

Amusez-vous à faire le calcul à partir des 27 millions de ménages français et des 2,4 personnes qu’il y a par ménage et vous arrivez à la somme « consternante » de 23.344.200.000 euros soit 23 milliards d’euros d'erreurs.

Divisons par 2 ou 3 cette somme car tout le monde ne va pas au toubib dans la même proportion que ma mère ou que mon ménage et le chiffre continue encore à faire tourner la tête.

Qui a dit qu’il y avait un trou à la Sécu  ?

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Le Chemin des Bacs depuis Tautavel

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 2 chansons interprétées par le chanteur et guitariste Gary Moore. Elles ont pour titre : "Parisienne Walkways " et "Still Got The Blues"
LE-CHEMINS-DES-BACS
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Toujours à la recherche de nouvelles randonnées, c’est par hasard que j’ai découvert sur Internet ce « Chemin des Bacs (1) » au départ de Tautavel. Je pourrais presque m’exclamer « J’ai réussi aux Bacs ! » tant c’est un peu au petit bonheur la chance, beaucoup par persévérance et surtout sans rien « pomper » que je suis parvenu à faire ce circuit dont je n’avais découvert que le nom et quelques photos sur Internet. En effet, en cette belle après-midi de mars où je suis parti à Tautavel avec l’idée d’accomplir cette balade, je n’en connaissais pas le tracé mais j’espérais trouver là-bas un panonceau de départ au centre du village voire un quelconque renseignement à la magnifique Mairie ou au non moins superbe Palais des Congrès. Non, je n’ai pas eu de chance, au Palais des Congrès, l’Office du Tourisme était encore fermé quand au secrétaire de Mairie, il m’envoya vers la présidente du club local de randonnées en me communiquant son adresse personnelle. Bien évidemment, je n’ai pas osé déranger cette dame me disant que si tous les randonneurs ou pèlerins de passage venaient l’importuner chez elle, elle revêtirait très rapidement un habit de concierge qu’elle ne souhaitait peut être pas endosser. C’est donc la « fleur au fusil » et mon GPS allumé avec la fonction « tracback (2) » activée que j’ai suivi une marque de peinture jaune que j’avais aperçu sur le parking où j’avais garé ma voiture, à proximité du Palais des Congrès. Ce trait de peinture jaune m’entraîna vers le gué enjambant le Verdouble et là, de l’autre côté de la rive, sans doute distrait par quelques jolis oiseaux que je m’évertuais à tenter de photographier convenablement, j’ai finalement perdu le balisage. Sans trop savoir pourquoi, j’entrepris de poursuivre un chemin qui filait au milieu de champs en jachère, traversait quelques vignes et finalement au bout de 20 minutes de cette errance, j’atterris sur une piste bitumée DFCI F100BIS. Quelques minutes plus tard, alors que j’avais décidé de poursuivre cette piste, j’aperçus à nouveau une marque de peinture jaune. Pour être honnête, j’ignorais si j’étais sur le tracé du « Chemin des Bacs » mais en tous cas, j’avais la certitude d’être sur un chemin de randonnée pédestre. Ces petits chemins que l’on appelle localement « P.R ». J’ai donc persévéré sur cette voie carrossable et si je savais où j’allais grâce à ma carte IGN, j’ignorais totalement ce que j’allais découvrir. En fait, je ne fus pas déçu loin s’en faut car sur ce chemin rectiligne qui m’entraîna vers les jolies gorges de Gouleyrous et vers la Caune de l’Arago, j’eus le bonheur de découvrir d’abord une petite citerne puis deux « casots » qu’un artiste peintre local du nom de Nergal avait pris soin d’embellir avec de belles fresques aux couleurs chatoyantes. En sus de ce côté ravissant, ces allégories colorées avaient été enrichies de citations d’écrivains célèbres que l’on prend plaisir à lire et qu’on essaie même de retenir par cœur tant elles sont pleines de justesse et de bon sens. Au moment d’arriver à un nouveau passage à gué, deux gros chiens à l’air féroce sortis d’un van se ruèrent sur moi me laissant pétrifié de peur. Alors que les deux molosses toutes canines dehors tournaient autour de moi en vociférant, je restais là, complètement tétanisé, mon bâton de marche dans une main et le GPS dans l’autre, ne sachant que faire. Tandis que j’avais le sentiment que cette scène se prolongeait dans le temps, un homme sortît à son tour du van en hurlant après ses chiens qui aussitôt s’arrêtèrent d’aboyer et retournèrent vers lui. Qu’en partie rassuré, je repris ma marche en avant, regardant néanmoins derrière moi, si les « bêtes » ne revenaient pas à la charge.   Finalement soulagé, c’est heureux d’être « entier » que j’ai pu enjamber le Verdouble où sur l’autre rive quelques panonceaux de randonnées me rassurèrent quand à l’itinéraire que j’avais emprunté jusqu’ici. En effet, parmi ces panonceaux au nombre de trois, il y en avait un qui très concrètement me confirmait que j’étais bien sur l’itinéraire du « Chemin des Bacs ». Seul petit souci, mais ce n’était pas vraiment un problème, j’étais entrain de l’effectuer dans le sens contraire de celui préconisé. Un deuxième panonceau indiquait une autre balade donc je l’avoue, je ne comprenais pas vraiment l’intitulé « Du moulin aux Gouleyrous – 6,3  km – 2h35 ». Seule, la mention complémentaire des découvertes qu’il y avait à faire « au village de Vingrau – 6,3 km » me laissait supposer que cette balade menait à ce village. Il y avait enfin un troisième panonceau plus explicite indiquant la « Caune de l’Arago – 1 km – 40 mn – déniv.160 m ». Depuis le gué, j’apercevais la grotte, tout en haut de la falaise, recouverte d’un auvent et ceinte de hautes clôtures grillagées. Je fis le choix de partir dans cette direction avant de me raviser et d’aller visiter l’agréable site de Gouleyrous avec son joli moulin (3) parfaitement restauré, son plan d’eau et le début de ses gorges aux hautes falaises verticales très prisées des grimpeurs si j’en crois certaines pancartes. Ce n’est qu’une fois cette visite réalisée que je repris le sentier de la Caune de l’Arago où de nouvelles surprises jalonnaient l’itinéraire : sentier botanique, bel orri, vues superbes sur la vallée et ses versants et enfin la grotte elle-même, bien entendu fermée au public en cette saison (4). On y monte donc essentiellement pour contempler les  merveilleux panoramas mais tout en les observant, on peut aussi penser que l’on est assis sur un berceau sinon de l’humanité tout du moins de nos plus lointains ancêtres. On peut se prendre à rêver un instant d’être « l’Homme de Tautavel » et imaginer aussi que cette magnifique vallée a été fréquentée par d’incroyables animaux tels que des bisons, des bœufs musqués, des rennes, des ours bruns, des loups ou bien encore des rhinocéros,des panthères et des lions. Ça fait du bien de rêver un peu mais après il faut redescendre, à la fois sur Terre mais ici surtout vers Gouleyrous en effectuant un boucle qui se termine derrière le bâtiment de la station de pompage. Là, je suis reparti vers le gué et le panonceau du « Chemin des Bacs » sachant désormais qu’il me suffisait de suivre les marques de peinture jaunes pour parvenir à mes fins. Le balisage m'emmena de l’autre côté de la D.9 en direction des « serrats » calcaires au pied desquels une longue et belle pinède a pris possession des lieux. A travers le vignoble souvent cerné de murets en pierres sèches mais aussi de quelques déprises agricoles, j’ai finalement atteint cette pinède surprenant au passage deux jolis écureuils roux s’amusant sans doute au jeu de l’Amour. Après un bon dénivelé, environ 150 mètres selon moi, j’ai atteint une piste forestière laissant entrevoir d’autres visions de la Vallée du Verdouble. Des visions bien différentes d’autant que le ciel était devenu très laiteux sur l’autre versant et du côté de Tautavel que j’avais du mal à distinguer. La piste alternant très souvent l’asphalte et la terre, quitta les bois et redescendit vers les vignes et les vergers. Ici, or mis quelques « casots » et quelques cabanons planqués dans des bosquets, les découvertes sont moins nombreuses et comme l’itinéraire est très « roulant », on arrive très vite à la Ribe del Bac en surplomb de Tautavel. Cette Ribe del Bac (ou Rive de l’Ubac) qui a sans doute donné son nom à cette bien jolie balade. Le village est déjà là avec de nombreux restaurants et pas mal de choses à visiter dans ce secteur sud-est de la cité : caves particulières et coopérative vinicole, musée de la préhistoire et écomusée de l’abeille et du miel, théâtre de verdure, château ruiné, randonnée vers la Tour del Far, etc… En arrivant sur la place de la République, j’aperçus sur la façade du Crédit Agricole d’autres panneaux de randonnées. J’ai donc traversé le boulevard et là, ô surprise, il y avait notre balade d’aujourd’hui ! Le départ que j’avais cherché était là : « Chemin des Bacs – 8,5 km – 3 h – Déniv.150 m ». Je pris conscience que j’avais réussi à faire ce circuit avec persévérance, en suivant un balisage incertain, mais sans itinéraire cartographié, sans GPS et également un peu par chance il faut bien l’avouer. J’avais réussi aux Bacs mais chez moi c’est une habitude, j’adore les coins bien ombragés….pour roupiller un peu après une bonne rando ! Enfin pour tout vous dire, il semble que cette randonnée soit présente sur un guide qui s’intitule « Rando-découvertes - Pays cathare, citadelles et paysages sauvages », guide que l’on peut se procurer sur le site de la Communauté des communes de la Contrée de Durban-Corbières. Enfin, pour ceux qui comme moi ne disposent pas de ce guide, sachez que le parcours est visible sur la carte IGN du site Géoportail et ça, malheureusement, je ne le savais pas au moment de démarrer cette randonnée. Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.

(1) En catalan un « bac » est l’équivalent de l’ubac en français, c'est-à-dire le versant d’une montagne la plus exposée à l’ombre. (2) La fonction « tracback » d’un GPS permet d’enregistrer un tracé au fur et à mesure que l’on marche. (3) Le moulin de Gouleyrous est un ancien moulin à eau sur le Verdouble. Il est désormais utilisé par les scientifiques du CERPT (Centre Européen de Recherches Préhistoriques de Tautavel ) qui en ont fait un lieu d’intendance pour leurs fouilles. (4) La Caune de l’Arago se visite à des dates précises parfois même gratuitement. Vous trouverez les prochaines dates sur le site de la commune de Tautavel en cliquant ici.

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