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La Nouvelle Guerre de Cent Ans ?

Publié le par gibirando


Je n’ai aucun pouvoir divinatoire et encore moins celui de prévoir un quelconque avenir, et pourtant dans mon article du mois dernier concernant Daesh, rédigé le 6 juin, j’écrivais « va-t-on attendre que quelques islamistes djihadistes déguisés en réfugiés arrivent sur nos plages et viennent égorger nos femmes et nos enfants ? ». Alors bien évidemment, en écrivant cette phrase, je pensais à un acte terroriste en France mais ce dernier s’est produit en Tunisie, à Sousse exactement et le 25 juin. 38 morts et de très nombreux blessés dont plusieurs le resteront à vie. Toutes ces victimes essentiellement européennes sont l’acte d’un seul individu : Seifeddine Rezgui, 23 ans, inconnu des services de police jusqu’alors. Les images de ce tueur que j’ai vues à la télévision me faisaient penser à ce jeu vidéo auquel mon fils jouait sur sa PlayStation. Si je me souviens bien, il s’agit d’un soldat, qui s’avançant dans les rues d’une ville, tire sur tout ce qui bouge. Le but étant de faire un maximum de morts. « Call Duty », c’était son nom me semble-t-il ? Alors faut-il pour autant croire que ce genre d’acte terroriste isolé ne se produira pas en France ? Je crois que la réponse est clairement « NON ». Cet acte est isolé mais il a été clairement commandité par Daesh et après une vague d’arrestations, on peut même imaginer que le tueur avait quelques complices. Il se dit même que le tueur était en liaison avec ceux qui avaient agi au musée Bardo de Tunis quelques mois auparavant. Dans le même temps, on apprend la décapitation d’Hervé Cornara, ce chef d’entreprise isérois, homme sans histoire, apprécié de tous,  victime de son salarié, un certain Yassin Salhi, 35 ans, plusieurs fois suspecté de radicalisation, sans casier judiciaire mais dont on sait avec certitude qu’il appartenait à une mouvance salafiste. Or, on sait que certaines de ces mouvances ont fait de la création d’un Etat Islamique et par ricochets du « djihad »  leurs principales visées. De plus, Yassin Salhi a adressé un étrange selfie à une de ses anciennes connaissances, lui-même radicalisé et aujourd’hui en Syrie. On le voit, paraît-il, apparaître avec la tête de sa victime.

De toute part, nous entendons nos gouvernants dirent que nous sommes en guerre. Manuel Valls parle de guerre de civilisation au singulier et précise qu’il ne s’agit pas d’un choc des civilisations comme évoqué lors de la guerre en Irak. D’autres se contentent de dire que nous sommes en guerre contre le terrorisme ou contre des terroristes. Mais si les hommes politiques, les philosophes et certains journalistes s’attachent à une « guerre des mots », croyez-vous que le citoyen lambda se passionne pour ce genre de débats. Non ! Les Français ont peur ! Le monde est en guerre et bien évidemment la France l’est aussi et en première ligne qui plus est. En guerre contre Daesh bien sûr, mais surtout en guerre contre des ennemis qui peuvent désormais s’avérer être des « anonymes » et sur notre sol. Tous les analystes sont d’accord sur ce point et ce n’est pas le tout récent rapport du député PS Malek Boutih intitulé « Génération radicale » qui contredit cet état de fait. En France, les feux de la radicalisation et de l’attrait du djihad ont déjà longuement couvé, il commence à brûler comme de nombreux événements le prouvent : Mohamed Merah, Charlie Hebdo, Hypermarché Cacher et la récente décapitation en Isère. On ne serait pas loin d’un embrasement d’une grande partie de la jeunesse de nos banlieues que l’on a laissé partir à la dérive en direction de quelques communautés que nos gouvernants n’ont pas voulu maîtriser voire endiguer. Cette jeunesse vit en grande partie du trafic de drogues et de bien d’autres contrebandes. Pour l’instant, ces économies souterraines servent de balanciers à ce risque d’embrasement. Mais jusqu’à quand ? On laisse faire ou l’on fait peu. Parfois, la police se contente de compter les morts car heureusement l'attrait de gros gains rapides engendre les pires violences. Le problème est bien là : nos gouvernants restent aveugles ou semblent impuissants à voir certains problèmes de société et ça depuis de trop longues années. Qu’ils soient de droite ou de gauche, ils ne veulent pas voir ou si peu. Un événement ou une tuerie se produisent et ils le récupèrent politiquement. Ça, ils savent faire ! Ils sont même parfaits dans ce registre. Les maîtres mots dans leurs bouches sont «  de ne pas faire d’amalgames » et surtout « de ne pas stigmatiser telles ou telles communautés religieuses». Ne froissons personne et surtout pas quelques électeurs potentiels ! Mais pour tout le reste ? Que font-ils de tous les problèmes de sociétés qui couvent et qui servent de terreau au Front National ? Que va faire la France contre le terrorisme djihadiste ? Que va-t-elle faire contre ce risque d’embrasement sous-jacent d’une frange de notre population ? Va-t-on laisser la « guerre de civilisation » devenir une « guerre civile » ? Que va faire le monde contre Daesh ? Va-t-on continuer à leur balancer quelques bombinettes bien trop inefficaces et qui ne les empêche nullement d’avancer un peu partout au Moyen-Orient et sur le continent africain ? Et même en Asie paraît-il ?  Pourquoi le monde et l’Europe sont-ils si mal organisés et si inefficaces face à ce même ennemi qui déploit au fil des jours d’immenses tentacules ? J’ai du mal à comprendre cette guerre à laquelle on veut donner trop de noms ! J'ai du mal à comprendre cette inertie et ce manque d'efficacité ? Le monde est en guerre….une nouvelle guerre de Cent Ans ? Peut être plus longue, peut être moins mais à une différence non négligeable c’est que celle-ci n’est pas partie pour connaître des trêves comme la première en avait connues…..

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Le Refuge de Callau (1.537 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques du groupe Secret Garden qui ont pour titres et sont successivement interprétées par "The Song From The Secret Garden" par Stjepan Hauser (violoncelle) et Filip Sljivac (piano), "Sometimes When It Rains", "Illumination" et "Home" par Secret Garden et " The Song From The Secret Garden" par Tuấn Huy
REFUGE-DE-CALLAU
REFUGECALLAUIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

 

Urbanya. Lundi 13 avril 2015. 7h30. La première image que j’ai à mon réveil c’est celle d’un ciel bleu azur sans nuage alors que je fais face à un Canigou superbement enneigé. Voilà deux jours que je bosse comme un malade pour remettre en forme mes modestes jardins potagers que des travaux de réfection de ma façade ont laissé complètement pitoyables.  C’est la seule manière que j’ai trouvée pour tenter de rattraper l’arrivée du printemps. Travaux de terrassements, terrasses en espaliers avec murets en pierres sèches, bêchage, épierrement et désherbage, préparation des sillons, etc….tout est presque fin prêt pour recevoir les plants et les graines déjà choisies. Aujourd’hui, j’ai décidé de faire un break et de partir randonner. Une grande et belle balade comme je les aime, en pleine nature, au cours de laquelle je vais côtoyer de superbes forêts, des prairies verdoyantes, des petits ruisseaux aux eaux limpides avec cet espoir intense d’approcher la faune sans trop la déranger. Une balade en solitaire et donc dans le calme, la sérénité, sans stress et avec mon flegme habituel, qui par habitude, guide mes pas. En raison de douleurs persistantes aux hanches et de la distance que j’ai décidé de parcourir, pas question pour Dany de m’accompagner alors qu’il lui faudrait accomplir plus de 28 kilomètres pour réaliser cette boucle que j’ai programmée jusqu’au Refuge de Callau en passant par le col de Tour, Canrec et les flancs de la Rouquette. Bien sûr, rejoindre le Refuge de Callau à partir d’Urbanya, ce n’est ni la plus simple ni la plus courte des manières mais je sais ce qui m’attend. En réalité, je suis venu de multiples fois à Callau (**) mais le plus souvent à partir du col de Jau et la dernière fois, c’était ce « fameux » 29 septembre 2012 lors de la « Marche pour la libération du Madres » dont le propriétaire Groupama voulait interdire l’accès. Depuis, et or mis le fait que Groupama ait fait marche arrière puis ait accepté de laisser libre l’accès à son immense domaine montagnard de 2.000 hectares, j’avoue que je n’ai plus vraiment de nouvelles ni du collectif qui s’est crée autour de ce mouvement et encore moins du refuge dont je sais qu’il est fermé depuis quelques années. D’après un article lu dans le Journal de Mosset, il n’est, paraît-il, plus aux normes européennes. Ah l’Europe ! Ah les normes ! Voilà deux sujets sur lesquels il y aurait tant à dire et à débattre ! Moi, la seule fois où j’ai logé et mangé au Refuge de Callau, c’était lors de « Mon Tour du Coronat » de l’été 2007 et le moins que je puisse en dire, c’est que j’en garde un souvenir « fabuleusement » impérissable. Alors, les normes, j’avoue que je m’en fous un peu et en randonnée, loin s’en faut, il m’est arrivé de dormir dans des lieux bien plus exécrables que celui-là. C’est assez marrant mais quand je repense au Refuge de Callau aujourd’hui, deux anecdotes cocasses me reviennent en mémoire : les délicieuses lasagnes d’Armelle, la gardienne du refuge et les chevaux de la Jasse. Alors attention, je précise que ces anecdotes n’ont absolument rien à voir avec la « fameuse » fraude  à la viande de cheval de 2013 dans laquelle des lasagnes étaient concernées. Non, dans mes anecdotes, les pâtes et les équidés sont bien dissociés les uns des autres. Concernant, les lasagnes, ce 16 août 2007, j’avais soupé avec un groupe de randonneurs de l’organisateur pyrénéen « Natura » et je me souviens que tout le monde les avait tellement trouvées bonnes que nous étions tous là à réclamer du « rabiot » avec une farouche exaltation.  Les deux grands plats que la fille d’Armelle nous avait apportés s’étaient avérés insuffisants pour nos ventres affamés mais surtout à priori très gourmands. Ces lasagnes avaient un petit « je ne sais quoi » de plus que je n’avais jamais connu auparavant même quand je les comparais à celles que ma mère préparait et qui était pourtant un vrai et grand cordon bleu quant il s’agissait de concocter des « farcis ». La plupart des autres convives avaient dit la même chose. Concernant l’anecdote des chevaux, quand depuis Nohèdes, j’étais arrivé à la Jasse de Callau dans l’après-midi, j’avais cru bon de prendre un raccourci à travers prés et là, par je ne sais quel mystère, j’étais entré dans un grand enclos et m’étais retrouvé au beau milieu de chevaux et de bovins. Alors que je traversais tranquillement cet enclos,  j’avais été coursé d’abord par une vache puis pas deux chevaux qui n’avaient pas l’air d’apprécier ma présence sur leur territoire et ce n’est que de manière in extremis que j’avais pu enjamber la dernière clôture me séparant d’eux. Avec mon volumineux et lourd sac à dos, je crois que jamais je n’avais couru aussi vite et quand le lendemain matin, j’avais raconté mes tribulations à un sympathique maquignon avec lequel j’avais pris le petit déjeuner, il m’avait gentiment reproché mon intrusion dans l’enclos mais n’était pas certain que les chevaux en voulaient à mon intégrité physique. Selon lui, j’avais eu la frousse tout simplement.  Mais revenons à ma balade car comme l’écrivait si bien Pierre Plas dans « Les Cavaliers des Madres * » à propos du « Refuge de Callau » « la radieuse matinée… dissipe les nostalgies qui m’ont assailli…hier soir. L’air est si pur et limpide que je pourrais dénombrer les arbres à l’orée de telle lointaine clairière ou les plus fines aiguilles de roc sur tel sommet qui me domine. Les prairies sont étoilées de fleurs aux couleurs éclatantes ». Pour toutes ces jolies raisons et bien d’autres encore, il est temps que je me mette en route. Je quitte Urbanya, direction le col de Tour par la piste habituelle, celle qui monte par le Cami de las Planes depuis le village. C’est bien plus court pour moi pour rejoindre l’ancien tracé du Tour du Coronat même si je sais que je me dois de respecter la ferme qui se trouve un peu plus haut et surtout les bovins qui l’occupent en général. D’ailleurs, Philippe le vacher est là, déjà au labeur, et après avoir « taillé la bavette », il me met en garde contre les vaches qui allaitent encore leurs tout jeunes veaux et que je risque de rencontrer un peu plus haut sur la piste. Les cerisiers chargés de fleurs colorent le chemin. Ces fleurs blanches et celles flamboyantes des genêts attirent les abeilles et une nuée de papillons multicolores. Je voudrais bien les photographier tous mais plusieurs échappent à ma sagacité et à l’objectif de mon numérique. Plus haut, en coupant le Correc de Saint-Estève, effectivement et comme l’avait prédit Philipe, je tombe nez à nez avec trois jeunes veaux qui pataugent dans la gadoue mais heureusement leurs mères ne sont pas là. Je passe donc sans encombre et je prends même le temps de photographier quelques bruants fous peu craintifs qui picorent le sol en quête de quelques graines. Des papillons, des oiseaux et des fleurs printanières, je vais encore en avoir mon lot visuel et photographique aujourd’hui et quand j’atteins le panneau « Domaine de Cobazet », j’ai mis presque deux heures pour parvenir jusqu’ici.  Malgré mes arrêts photographiques quasi incessants, je suis plutôt satisfait d’être déjà là. Après la piste terreuse et sèche, qu’elle n’est pas ma surprise de constater qu’ici, au col de Tour, subsistent quelques « bonnes » plaques de neige. Mais tant pis, pour rejoindre Callau, je décide néanmoins d’emprunter la piste dite de « Canrec » plutôt que celle que l’on appelle  « piste du chemin de fer minier » qui reliait en son temps, la carrière de talc de Callau au Domaine de Cobazet puis à la gare d’Estardé. Je connais bien ces deux pistes DFCI, mais je sais que celle de Canrec permet des vues bien plus grandioses et lointaines alors que l’autre circule essentiellement en sous-bois. Alors autant en profiter car à l’instant même où je m’octroie une brève pause et un frugal en-cas, je constate que quelques petits cumulus passent au dessus de ma tête. Ce sont les premiers depuis ce matin et bien qu’ils n’aient aucun aspect inquiétant, poussés qu’ils sont pas une « gentille » tramontane, je constate qu’ils vont grossissants et se font plus nombreux au fil du temps. Je décide de me remettre en route. Effectivement, la neige se fait plus présente au fur et à mesure que je monte vers Canrec et la Rouquette et parfois, sur les portions les plus ombragées, la piste est complètement obstruée par de larges névés. Parfois, poussés par le vent, ces névés se sont transformés en épaisses congères et se frayer un chemin devient plus compliqué sur ces hautes plaques glacées. A chaque fois je réussis à passer, même si très souvent mon bâton de marche est une aide précieuse pour ne pas tomber sur ce terrain glissant et incertain. Sans crampons ou raquettes, il est même parfois très périlleux, d’autant qu’ici je suis seul  au monde et donc conscient de cette situation critique qui peut rapidement tourné à l’aventure voire au désastre si un accident vient à  se produire. Mais à chaque fenêtre qui s’entrouvre, le spectacle reste fabuleux car somptueux où que je regarde. Ce spectacle m’incite à poursuivre malgré les plaques de neige de plus en plus larges et épaisses. J’embrasse superbement la majestueuse et immense forêt où les bruns et les verts se partagent clairement les espaces. Les bruns se sont les feuillus encore dépourvus de leurs feuilles en cette saison et les verts se sont les résineux plus majoritaires au fur et à mesure que l’altitude s’élève. Ces couleurs contrastent avec les roux  des collines environnantes dominant la vallée de la Castellane. Parfois, j’ajuste mes jumelles pour tenter de voir bien plus loin encore mais l’horizon reste flou car opaque, bouché qu’il est par une écharpe brumeuse blafarde. Je devine néanmoins quelques sommets piémontais comme la Serre de Sournia ou Força Réal. Derrière, c’est la Méditerranée. Plus près, je reconnais quelques objectifs de balades comme le pic del Rossello et encore plus près le Dourmidou, lequel tacheté de quelques blancs névés, prend des airs de gros panda ventru. Après ces vues sur la Vallée de la Castellane, la piste, toujours magnifiquement bordée de sapins,  file en direction de la Rouquette. Pour moi, pas de doute, je suis au Canada. Alors que je tente de photographier un oiseau au sommet d’un sapin, j’aperçois à l’instant même et en contrebas, une biche qui traverse une clairière. Jolie vision mais bien trop fugitive à mon goût. La piste bifurque à 90° en atteignant le Correc de Canrec, ruisseau ô combien ardu à enjamber en cette saison à cause de la neige et de son débit plutôt rapide. Plutôt que de chercher à éviter l’eau avec un équilibre instable et risqué, je prends la décision de me mouiller un peu les pieds. Quelle n’est pas ma surprise de constater des milliers d’œufs de grenouilles dans les fossés adjacents remplis d’eau glacée et parfois même de neige. Avec ces œufs noirs amalgamés en grappe ressemblant à du caviar, pas de confusion possible avec ceux des crapauds car ces derniers sont, paraît-il, toujours pondus en chapelets. Mais ici, pas de grenouille et je poursuis vers la Rouquette et vers Callau. Plus loin, un cairn au bord de la piste forestière me rappelle à mes vieux souvenirs du Tour du Coronat. Je suis sur le point de quitter la piste au profit d’un petit sentier qui descend dans un bois quand je m’aperçois qu’il y a deux isards couchés dans la neige à une trentaine de mètres de l’autre côté. Alors que je m’apprête à entrer dans le sous-bois, je me baisse pour éviter d’être vu mais un des deux isards m’a déjà repairé et il s’est soulevé. Le temps d’ajuster mon appareil-photo et je les vois disparaître derrière un bosquet. Je traverse la piste en courant mais il est déjà trop tard. Ils ont disparu. C’est marrant parce qu’en 2007, c’est déjà en voulant suivre un isard que ce dernier m’avait entraîné dans un autre raccourci non loin d’ici. Un peu déçu, j’emprunte le raccourci mais en rejoignant la piste tout près de la carrière de talc, je suis de nouveau stupéfait par une multitude de minuscules grenouilles qui émergent de l’eau ô combien glacée et neigeuse des fossés. En surface, ce sont les plus petites qui pointent leurs grands yeux écarquillés, leur bouche rieuse et leur dos brun verdâtre. Leurs nez semblent même glacés. Avec cette image, je me souviens que ma mère disait que quand la grenouille monte à l’échelle du bocal pour mettre le nez hors de l’eau c’est que le temps va être sec. Aujourd’hui, sec et très froid sans doute ? Mais, je ne sais pas si cette théorie est vérifiable car au fond, à travers l’eau très limpide, j’en aperçois des plus grosses mais avec cette fois la peau plus claire, grise ou rousse et certaines tachetées et avec des pattes palmées bleutées. Je surprends tout ce joli petit monde amphibien qui semble vivre très paisiblement dans cette eau hyper gelée. Mais comment font-elles pour résister à ce froid que les températures nocturnes doivent encore fortement accentuer ? Quand avec le bout de mon bâton,  je pique la surface de l’eau, toute cette faune batracienne détale, certaines grenouilles s’enfouissent sous les feuilles et dans la vase du fond et d’autres plus étonnamment, partent se réfugier sous la couche neigeuse recouvrant le fossé. Au moment où je m’apprête à quitter mes « bestioles », un grand bruit me fait sursauter car une lourde congère accrochée à un pin vient de choir dans le fossé à l’endroit même où je venais d’apercevoir les grenouilles. Auront-elles survécu à cette avalanche de neige glacée? Quelques minutes plus tard, me voilà en surplomb de la Jasse de Callau. Aujourd’hui pas de vaches ni de chevaux, tout est éperdument dépeuplé. Seule une buse solitaire plane sur la désertique prairie. Quand aux lasagnes d’Armelle, je ne me fais aucune illusion et je ne suis pas près d’en manger de nouvelles ! Le refuge est là, presque intact et similaire à mes dernières et lointaines venues. Les tôles ondulées de la toiture sont-elles un peu plus rouillées ? Je ne le pense pas. Je regarde avec effarement, le tronc desséché d’un immense sapin dont la cîme est tombée à quelques mètres à peine de la porte d’entrée. A côté de cette porte, toujours les mêmes jolis panonceaux de bois : « Refuge de Callau – Alt.1.537 m- Buvette – Nuit- Pt.déj » et un numéro de téléphone désormais bien inutile. Je me marre en pensant qu’on aurait pu rajouter « excellentes lasagnes ! ». Que serait-il advenu si ce sapin était tombé sur la toiture ? Je pars vers la cabane servant d’étable aux animaux et à nouveau les souvenirs de mon Tour du Coronat ressurgissent. En 2007, je me souviens y avoir photographié un gentil petit ânon qui adorait les caresses mais il y en avait un deuxième mais celui là était plutôt ombrageux et quand je m’approchais de lui pour le photographier, il semblait agacé et il tournait systématiquement la tête. De ce fait, je n’ai de souvenirs photographiques que du premier. En approchant de la Castellane, je m’aperçois qu’une chose a néanmoins changé, le petit pont de bois enjambant la rivière n’est plus là. Sans doute emporté par les flots, il ne reste plus que les profilés métalliques. Quand je regarde ces longues traverses, je me demande même si ce ne sont pas les vieux rails de l’ancienne voie ferrée qui apportait le talc de la carrière vers Cobazet. Tout part à l’eau donc ? Plus je regarde ce refuge et plus je suis triste et j’ai du mal à comprendre que l’on ne trouve pas les quelques centaines de  milliers d’euros pour le rénover, le remettre aux normes et lui rendre une nouvelle vie. A y réfléchir, il en a tant connu des vies antérieures parfois heureuses et d’autres bien plus ténébreuses : lieu de résidence des ouvriers avec cantine et couchages lors d l’exploitation du bois et du talc, haut-lieu de la résistance maquisarde pendant la guerre, repaire de courageux rebelles souhaitant échapper au Service du Travail Obligatoire (S.T.O), aventures des bergers et des éleveurs partant en transhumances vers le Madres mais aussi rendez-vous des maquignons, des cavaliers, des randonneurs et des amoureux de la nature en général. Ne venez pas me dire que Groupama et le Conseil Général n’ont pas les moyens financiers de restaurer ce « monument historique » mais le problème c’est qu’aujourd’hui, on ne veut plus mettre de l’argent dans un projet sans la certitude d’un retour profitable et rapide sur investissement.  Aujourd’hui, il faut impérativement gagner beaucoup d’argent et moins ça prend de temps et mieux c’est. Mais ici, il n’y a pas grand-chose, il ne  passe aucun chemin de grande randonnée et quand dans les années 70 on a échafaudé un téléski et un parcours de ski de fond, tout le monde s’est immédiatement vanté que la station de Jau-Mosset était la plus petite du monde.  Alors comment peut-on espérer réussir lorsque dès l’origine on pose un regard négatif à propos d’un projet ? On a même tenté de créer un centre touristique de montagne ici au refuge avec alimentation et organisation de balades mais rien n’a réussi à s’inscrire dans la durée. Enfin, il y a quelques années, on a crée un agréable sentier d’interprétation dit « Sentier des 5 sens » et là, très bizarrement, on a évité de le faire passer par le refuge pourtant tout proche. Alors volonté délibérée ou vues divergentes entre les principaux acteurs économiques ? Il est clair que ce refuge n’intéresse que peu de gens ou peut-être uniquement des vieux nostalgiques ou amoureux de la nature comme moi diront certains. Je quitte le refuge, direction la petite cabane de berger de la Jasse où je vais finir mon casse-croûte. Les vues y sont plus amples et donc plus belles qu’au refuge. Je tombe sur une stèle que je ne connaissais pas en hommage et avec la photo d’un certain Thierry dit Galinette. Avec son béret et entouré d’animaux, je suppose que Thierry était un pastoureau, habitué de Callau et tout particulièrement un amoureux de ces lieux et des animaux dont il devait s’occuper avec gentillesse et passion. Une buse plane dans le ciel et assure les spectacle. Dès le pique-nique terminé, je reprends la piste, cette fois, c’est bien celle dite du « chemin de fer ». Elle file vers le col de Tour au milieu d’une belle et grande hêtraie. Dès le départ et alors que je surplombe encore la prairie, je surprend un joli chevreuil en contrebas. Pendant que je le photographie, il m’observe fixement avec ses grands yeux de biche et je me demande qui est le plus surpris de nous deux : lui ou moi ? Au bout de plusieurs longues minutes qui m’ont permis de le photographier au mieux, il se retourne tranquillement et continue de paître en m’ignorant. Comme toujours, je me dis « quelle chance il a  » que je ne sois qu’un chasseur d’images ! En aura-t-il autant la prochaine fois qu’il rencontrera un autre être humain ? Après le chevreuil, c’est de nouveau les grenouilles qui remplissent mon retour vers Urbanya. A chaque ruisseau traversé, aussi bien dans celui de Canrec que dans celui de Rocamaura,  je vais en voir et en photographier une belle quantité. Ici, les grenouilles détalent un peu dans tous les sens et les grappes d’œufs sont phénoménales. Je me dis qu’il est dommage que ces œufs ne soient pas aussi comestibles et aussi réputés que le caviar car avec tout l’argent récolté, on aurait pu aisément se payer la rénovation du refuge. Mais non, je rêve car j’ai entendu dire que la gélatine entourant les œufs de grenouilles était toxique. Dommage ! Le col de Tour est déjà là et plutôt que de redescendre par la piste prise ce matin, j’emprunte celle qui file vers le col de Les Bigues. Dans le ciel, plusieurs vautours tournoient en de amples circonvolutions. Ils n’ont rien d’effrayant or mis le fait qu’ils semblent descendre à chaque tour nouveau. Disparu depuis ce matin, le Canigou réapparaît dans sa blanche splendeur même si quelques gros nuages le couronnent dans sa partie la plus haute. J’adore cette piste avec ses vues imprenables et plongeantes sur le Vallon d’Urbanya et le village et avec ses panoramas immenses et circulaires vers le Coronat, le Madres, le pic de Tour et le Canigou. Au col de Les Bigues, j’emprunte la piste DFCI CO57. Elle est encadrée d’une clôture mais en atteignant une autre clôture perpendiculaire à la première, je décide de suivre le sentier qui descend et la longe. D’un côté, le ravin du Correc del Menter plutôt boisé et de l’autre, les Escocells, ample « serrat » essentiellement recouvert de cistes, de genêts et de buissons épineux.  C’est le retour le plus direct que je connaisse pour rejoindre Urbanya même si cette longue descente réclame vigilance et prudence car le sentier est terreux, parfois très caillouteux et souvent traversé de quelques ronces rampantes et donc traîtres car on a vite fait de s’y emmêler les pieds . Depuis le col de Les Bigues, je vais mettre exactement une heure pour rejoindre la rivière Urbanya non loin de la cascade. Il faut dire que quelques jolis passereaux jouant à cache-cache dans les futaies et avec l’objectif de mon numérique n’ont cessé de me ralentir. Le bord de la rivière me réserve de nouvelles surprises fauniques et  floristiques mais le village et ma maison sont déjà là. Sur ma terrasse, mon GPS affiche plus de 28 kilomètres pour l’itinéraire que je viens d’accomplir. 28,680 km pour être exact. Les montées et les descentes cumulées sur mon logiciel s’affichent pour 2.200 mètres et le dénivelé a été de 872 mètres, le point le plus bas étant bien sûr Urbanya à 860 mètres d’altitude et le plus haut se situant à 1.732 mètres à Canrec juste après le croisement de la piste et du Correc dans leur partie la plus haute. Ma longue balade vers Callau est terminée. Y retournerais-je un jour ? Je ne sais pas mais comme j’adore ce secteur du Haut-Conflent, il y a de fortes probabilités que j’y revienne même si le refuge reste à jamais fermé. Je ne l’espère pas bien sûr et s’il venait à rouvrir, il serait pour moi, une belle et agréable étape vers des horizons un peu plus lointains pour des balades à faire sur 2 à 3 jours. Je suis un cow-boy sans cheval et donc pédestre, mais je me reconnais néanmoins dans le texte suivant que j’ai à nouveau chipé dans  « Les cavaliers des Madres* ». Celui-ci est extrait de la nouvelle « Le rêveur d’Amérique » : « Le rideau frémit. Il se lèvera bientôt sur une scène immense, celle du Far West, ou j’irai, entre prairies et montagnes, entre déserts et rivières, faire moisson de mes rêves anciens. Je tiendrais alors mon journal de voyage. Mais je suis déjà dans le théâtre, tel un spectateur en avance. » Très exceptionnellement 3 cartes IGN top 25 peuvent s’avérer utiles sur le parcours décrit ici. Les voilà ci-après : Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul de Fenouillet – Carte IGN 2248 ET Axat – Quérigut – Gorges de l’Aude – Carte IGN 2249 ET Font-Romeu - Capcir Top 25.
 
(*) « Les cavaliers des Madres, Cowboys des Pyrénées-Orientales et autres récits » de Pierre Plas aux Editions Mon Petit Editeur 2012.
 
 
Nota : Il faut noter que le nom du refuge « Callau » ayant sans doute pour signification « caillou » ou « caillasse » s’écrit parfois « Caillau », « Calhau » voire « Caillaou » qui est la meilleure façon de le prononcer paraît-il. En tous cas, c’est de cette manière qu’il est prononcé du côté de Mosset. Moi, je m’en suis tenu à l’orthographe aperçue sur le lieu même du refuge et que je retrouve également sur la carte IGN. Pas loin de Mosset, mais du côté de Conat cette fois, on trouve également une rivière du nom de Callau ou Caillan, affluent du fleuve La Têt. Plus globalement, ce nom de « Callau » signifie « sol pierreux » (Jean Llaury).

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Une vraie info sur Daesh ? Allez voir à dache !

Publié le par gibirando

Daesh-Cia.

La vraie information concernant Daesh, la soi-disant coalition, la France, notre gouvernement, les médias sont en train de nous dire « allez la voir à dache » si je peux me permettre cette familière expression. C'est-à-dire « allez vous faire voir ailleurs ! » ou « allez au diable ! ».  Or le diable c’est bien Daesh justement et on voudrait bien avoir un semblant de bonnes et vraies nouvelles concernant la lutte que nous sommes censés mener contre eux.  Or que voit-on ? Une totale désinformation.  Mais plus grave, sur le terrain qu’apprend-on ? Une armée de fous furieux qui avance sans relâche, qui est à quelques encablures de la grande capitale de l’Irak qu’est Bagdad.  Alors que fait-on pour Bagdad ? Eh bien on attend que l’armée « fantoche » irakienne les repousse ! Autant dire que si Daesh s’empare de Bagdad, plus personne ne pourra dire que l’Etat islamique n’est pas un véritable état. N’est-ce pas Monsieur Fabius ? Une armée bien organisée qui lance maintenant des missiles sur Israël.  Qui enfle dans toute l’Afrique. Qui commet des attentats aux Etats-Unis, en Australie et au Nigeria, sans oublier Charlie Hebdo bien sûr. Il y a quelques jours, inquiet du peu de résultats de nos bombardements ciblés, notre cher Ministre des Affaires Etrangères a réuni le gotha de la soi-disant coalition. 24 brillants penseurs qui sont sensés trouver des solutions pour éradiquer, au pire pour nous protéger de ces fous de dieu qui sont de l’autre côté de la Méditerranée et qui égorgent et brûlent tout sur leur passage. Vous savez, dans ces coins du Moyen-Orient où des milliers de pauvres gens prennent des « rafiots » pour venir chez nous. La réunion, c’était mardi 2 juin. En avez-vous entendu parler dans les médias ? Que nenni ! Rien, nada, nothing, nichts, que dalle……et walou et macache bien sûr !!!! Non, nos médias sont bien trop préoccupés à parler de la FIFA, de Sepp Blatter et de l’argent « pourri » ou qatari du football. Et si il y avait des accointances ? Non quand même pas ?

 

Alors cette réunion au sommet, elle a donné quoi au juste ? Que fait-on de nouveau pour changer la donne, les résultats, pour changer la situation ? Va-t-on se contenter d'empêcher quelques jeunes français désoeuvrés et endoctrinés de partir pour l'Irak ou la Syrie ? Va-t-on attendre que quelques islamistes djihadistes déguisés en réfugiés arrivent sur nos plages et viennent égorger nos femmes et nos enfants ? Pourquoi, nos armées professionnelles, puissamment armées des meilleurs matériels militaires au monde sont-elles incapables de venir à bout de Daesh ? Au fait, comment Daesh fait-il pour avancer sans relâche tout en recevant des missiles et des bombes sur la tête ? Il faut quand même une sacrée organisation et une sacrée logistique pour rayonner si brillamment dans ces pays quasi désertiques ? Et puis,  il faut sans doute beaucoup d’argent pour recruter des milliers d’hommes, les former, les soutenir dans leurs combats quotidiens, les alimenter au sens propre et matériellement, organiser la guerre, acheter du matériel et des armes ? Enfin, tout ce que nous ne sommes pas capables de faire semble-t-il, nous pays occidentaux et soi-disant pays développés ? Ils achètent à qui au fait ? Le sait-on ? Qui financent Daesh ? Qui financent la guerre ? Les banques ? Le Qatar, pays avec lequel nous sommes très amis semble-t-il ? L’Arabie Saoudite ? La Russie de Poutine ? La Turquie, pays désireux d'entrer dqns l'U.E ? Le sait-on ? Oui sans doute ? Alors pourquoi n’en savons-nous rien ou très peu ? En réalité, ce sont sans doute, les pays occidentaux eux-mêmes et leurs amis du Moyen-Orient qui ont créé de toutes pièces cet Etat Islamique et aujourd’hui, ce dernier prend bien trop d’importance sur l’échiquier des intérêts économiques et financiers. Alors, on voudrait bien s’en débarrasser mais c’est déjà trop tard.

 

Oui, je vous le disais au début de cet article, pour une vraie info concernant Daesh, « allez voir à dache ! ». Un seul vrai média semble vouloir s’orienter vers plus de vérité : le PCF ! Surprenant ? Non pas vraiment ! D'autres médias comme VoltaireNet.org amplifie la confusion avec des points de vue très particuliers. En tous cas, plus je lis de choses sur le sujet et plus je suis perdu ! Mais une chose est sûre, ça fait peur et l'avenir est aussi noir que le drapeau de Daesh !

 

Au fait, vous savez qui était « DACHE » et bien c’était le perruquier des Zouaves. Vous savez les Zouaves, ces corps militaires d’infanterie légère qui ont gagné tant de batailles et dans lequel, on incorporait indifférent des européens et des arabes. La tenue vestimentaire d’ailleurs s’inspirait bougrement des vêtements militaires turcs. Et si la solution était-là, habiller nos militaires en djihadistes et surtout qu’ils n’oublient pas de se laisser pousser la barbe ! En plus, la barbe, c’est à la mode en ce moment ! Bon un peu de culture et d'humour n’ont jamais tué personne….en tous cas beaucoup moins que Daesh….

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Le Circuit de la Bataille du Boulou depuis le Boulou

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 2 musiques de Lalo Schifrin qui ont pour titre "La Represión "composée pour le film "Tango" de Carlos Saura avec l'Orquesta Filarmonica De Buenos Aires & la Coro Filarmonico De Buenos Aires et "Mannix" série télévisée avec l'acteur Mike Connors.
LA-BATAILLE-DU-BOULOU
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BATAILLEBOULOUIGN

  
Avec ce circuit pédestre (*) à partir du Boulou en direction du lieu-dit  le « Pla del Rey », il n’y a pas réellement un objectif bien défini à atteindre mais un but plus général qui est celui de faire le tour d’un ancien champ de bataille. Ce champ de bataille, c’est celui que les historiens ont intitulé la « Bataille du Boulou (*) » opposant les républicains français et les royalistes espagnols lors de cette terrible guerre que l’on trouve dans les manuels et livres d’Histoire sous des vocables très divers : guerre du Roussillon, guerre de la Convention, guerre de Catalogne, guerre des Pyrénées et bien sûr sous la dénomination très générique de « guerre franco-espagnole » Ce conflit a duré de mars 1793 à juillet 1795 et a opposé la France révolutionnaire gouvernée par une assemblée constituante appelée « Convention Nationale » à l’Espagne et au Portugal. Ces affrontements du Boulou correspondent à une toute petite partie du conflit et ne concerne bien évidemment que le front oriental pyrénéen d’une guerre bien plus longue, bien plus étendue dans toute la chaîne pyrénéenne et bien plus complexe entre la France et ce que l’on a appelé la Première Coalition, groupe de royaumes européens alliés pour la circonstance et dont l’origine est consécutive aux bouleversements que la France vient de connaître après la Révolution de 1789. Si la bataille du Boulou de 1794 s’est soldée par une large victoire française, dont le général Dugommier fut le grand artisan et au point qu’en 1836,  elle fut inscrite sur le pilier ouest de l’Arc de Triomphe, on doit impérativement mettre le mot « bataille » au pluriel. En effet, deux batailles bien distinctes se sont déroulées dans ce secteur. Une toute première conduite par le général Louis Marie Turreau a commencé le 13 octobre 1793 et elle s’est terminée par une large victoire du camp espagnol, victoire longuement ignorée car classée par le secret défense. Alors bien sûr, même si l’Histoire ne retient parfois que la victoire, dont l’expression bien connue rappelle qu’elle est toujours plus belle, ici sur le parcours de cette jolie balade pédestre, on n’occulte pas la défaite et c’est très bien ainsi. Bon, le but de cet article étant de vous expliquer ma balade et non pas de refaire l’Histoire, des spécialistes l’ayant déjà fait bien mieux que je ne pourrais le faire, je vous précise que le départ ne s’effectue pas depuis le centre-ville du Boulou, bien que rien ne s’y oppose, mais un peu plus au nord de la cité. Pour cela et si vous arrivez de Perpignan, il faut emprunter l’avenue Léon-Jean Grégory, le boulevard du Pic Néoulous puis enfin la rue du Mas Descals que l’on va suivre jusqu’à passer sous le pont de l’autoroute La Catalane. Là, à l’intersection, on tourne à droite et l’on poursuit le chemin du Mas Descals qui, par un pont, passe au dessus de la D.900. Peu de temps après, on emprunte la piste DFCI A30 qui descend à droite, enjambe un petit pont métallique vert. Le départ est là à quelques mètres avec un « bon » emplacement pour garer plusieurs voitures. Personnellement, j’avais garé ma voiture juste après le pont sur la D.900 mais j’ai très facilement retrouvé le vrai départ car un balisage jaune est déjà bien présent et en plus, de nombreux morceaux de rubans rouge et blanc sont attachés aux poteaux électriques. Le départ est matérialisé par un panneau résumant la bataille et expliquant le circuit pédestre : « Distance 7,7 km – Dénivelé 200 m – Durée 1h50 ». Il est précisé qu’à ce temps, il faut rajouter le temps passé à la lecture des 18 autres panneaux explicatifs. Il s’agit toujours de la piste DFCI A30 que l’on va suivre sur 1 km environ en longeant la rivière la Valmagne. Personnellement, j’ai pris beaucoup de plaisir à emprunter cette portion ombragée de l’itinéraire en bordure de la rivière car l’arrivée du printemps avait attiré de nombreux oiseaux en quête d’un accouplement naturel. C’est ainsi que j’ai pu voir et photographier un couple de canards colverts ainsi que quelques gallinules que l’on appelle plus communément « poules d’eau ». Les canards, les poules mouillées, de nombreux passereaux peu évident à photographier, sans compter la flore nouvelle m’ayant retardé plus qu’il ne fallait, à chaque écart qui se creusait, je devais presser le pas car Dany ne m’attendait pas. Pourtant, elle marchait normalement mais l’éveil de la nature n’étant pas réellement son « truc », je l’entendais me rappeler à l’ordre : « arrêtes de lambiner ! ». Heureusement, qu’elle ne me lançait pas des « arrêtes de dormir » car pour quelqu’un qui s’occupe d’un réveil, même s’il ne s’agit que de celui de la nature, c’eut été assez paradoxal. Heureusement,  quand Dany lisait les panonceaux expliquant la bataille cela me permettait de compenser un peu le retard que j’avais pris. Quand à mon tour, j’arrivais à hauteur du panonceau plutôt que de le lire, je le prenais en photo et je me disais que je serais bien plus tranquille pour en prendre connaissance à la maison et sur mon ordinateur. Aussi, en terminant cette balade, j’avoue que je ne connaissais pas grand-chose de ce qui avait été écrit sur ces panonceaux au sujet de cette bataille même si pour l’essentiel, j’avais lu pas mal de choses sur Internet auparavant. Au bout d’un kilomètre, au lieu les Falaises de la Valmanya, nous avons quitté la piste DFCI A30 au profit d’un autre chemin qui s’est mis à grimper vers le Pla del Rey. C’est ici, sur cette portion que se termine l’essentiel de la modeste déclivité. Au fur et à mesure que l’on monte, le sentier devient de plus en plus ocre puis même rouge par endroit comme si tout le sang qui avait coulé ici s’était dilué dans la terre sans pour autant disparaître complètement. Veinés de petites ravines, on voit clairement que ce sont les eaux pluviales qui ont creusé ces décors dans la terre ocre composée de grains de sable amalgamés. Les panoramas s’entrouvrent magnifiquement de toute part : sur une grande partie des Aspres bien sûr mais encore bien plus loin et bien évidemment comme souvent sur l’inévitable et superbe Canigou. Le Pla del Rey est un vaste plateau où les vignes, le maquis et les bois se partagent l’espace. Ici, il ne faut pas négliger de faire les quelques mètres qui nous séparent de la table d’orientation car cette dernière, dessin du paysage et paysage à l’appui, nous présente le plan de bataille de 1794. Nous, après cette jolie découverte, nous en avons profité pour organiser un pique-nique champêtre bien à l’abri de la tramontane et à l’ombre de quelques pins. Après une opulente salade, Dany s’est allongée pour une « copieuse » sieste et moi, j’en ai profité pour aller voir si la nature continuait d’être en éveil. Mais non, ici, pas de rivière et donc pas de volatiles mouillés mais seulement un maquis de hautes bruyères et de ronciers sur un terrain plutôt sec où seuls quelques passereaux vifs et craintifs élisent domicile. Néanmoins, quelques uns acceptent de pointer le bout de leur bec et juchés au plus haut d’un buisson, ils chantent à tue-tête en quête d’une âme sœur. C’est le seul instant où ils acceptent d’être photographiés. Quand ce ne sont pas les oiseaux, je me rattrape avec des papillons. Après la sieste et la photographie ; chacun son truc ; nous sommes repartis en direction de la chapelle Saint Luc. Construite à 204 mètres d’altitude au sommet du Puig Rodon, elle est située sur la commune de Passa. Un écrit historique en fait déjà mention en 1031 sous le vocable « Ecclésia de Podio Rotundo ». Ensuite, elle a connu un grand nombre de vicissitudes. Les guerres bien sûr, qui l’ont mises très souvent à terre, et au premier chef, cette Bataille du Boulou mais également la fatalité comme la foudre qui est tombée plusieurs fois sur elle ou bien encore le fait qu’elle était éloignée de Passa et qu’il y avait bien d’autres édifices religieux plus proches à gérer comme l’église paroissiale ou plus importants comme le Prieuré de Monastir del Camp. Enfin, longtemps occupée par de nombreux ermites, ces derniers n’avaient pas toujours les moyens de l’entretenir correctement. A chaque fois, elle a retrouvé vie grâce à la volonté des Passanencs. Aujourd’hui, et comme trop souvent en Roussillon, cette chapelle nous l’avons trouvée fermée et de ce fait, on retient surtout son emplacement qui est assez exceptionnel. On comprend immédiatement que l’endroit ait été un point stratégique. Après la chapelle, il ne reste plus qu’à finir cette courte promenade. Un peu de bitume, direction les mas d’En Bosch et des Pins, et bien avant de finir par la piste terreuse finale DFCI A30 prise à l’aller.  Toujours ponctuée de quelques panonceaux, j’ai retenu de la fin de cette balade qu’ici l’hémoglobine avait coulé à flots et des lieux-dits  restent à jamais écrit dans l’Histoire avec cette couleur dominante rouge sang : « Correc de la sang » et « Batterie de la sang » à la place du « Correc de la Loubatière » et de la « Batterie des Falaises de Valmanya ». Quand au Puig Sangli, je précise qu’il semble n’avoir aucun lien direct avec le sang mais d’après les étymologistes, il signifierait un lieu très boisé ou encore un lieu à « sanglier ». Du sang continue de couler mais désormais c’est celui des sangliers dont les chasseurs, bien sûr, vous diront qu’il est en surpopulation dans les Aspres. Voilà, cette balade prévue en 1h50, nous l’avons démarrée à 10h15 et finie à 14h15, soit 4 heures tout inclus. Entendez pique-nique, photos, lectures des panonceaux, et sieste. Au printemps, c’est si bon de dormir dans la nature quand celle-ci se réveille ! Ayons tout de même une tendre pensée pour tous ces hommes qui se sont endormis pour toujours. Sans eux, cette jolie balade n’aurait jamais été possible. Je précise que cette balade est également réalisable au départ de Tresserre ou de Passa. Enfin, grâce à de petits panonceaux spécifiques,  il faut noter que certaines portions du chemin sont communes avec une voie piémontaise du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle se dirigeant vers le Perthus puis l’Espagne. Carte IGN 2449 OT Céret – Amélie-les-Bains-Palalda – Vallée du Tech Top 25.
(*) Circuit pédestre de la Bataille du Boulou : En 2015, quand j'ai réalisé cette balade, j'ignorais qu'un petit livret reprenait l'essentiel de ce qu'il fallait savoir à propos de cette bataille et de ce circuit pédestre. Ce remarquable Hors-série N°1 diffusé par l'Association pour le Patrimoine de la Vallée de la Rome (ASPAVAROM) Maison de l'Histoire 66160 Le Boulou a été rédigé par Pierre VIGO et Amédine MAS. Ils sont les auteurs du livre mais également les concepteurs de ce ludique circuit. Il faut donc les remercier de cette besogne phénoménale accompli sur le terrain et de cet ouvrage qui nous permet de découvrir ce champ de bataille trop peu reconnu dans l'Histoire de France mais pourtant mentionné sur le fronton de l'Arc de Triomphe. Amédine MAS, avec laquelle j'ai lié d'amitié depuis, m'a très gentiment offert ce petit livret, aujourd'hui quasiment introuvable, et comme j'adore l'Histoire, j'ai eu grand plaisir à le lire. Livret en mains, il faudra que je retourne sur le terrain, je leur dois bien ça ! N°ISSN du livre : 1248-1793.

Le Circuit de la Bataille du Boulou depuis le Boulou

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Le blues de Sormiou....ou le blues de la calanque bleue....

Publié le par gibirando

 
Grâce au miracle du montage photos, 50 années séparent ces 2 clichés tous deux pris au sommet de Tarzan dans la calanque de Sormiou

Dans mon Journal Mensuel et mes randonnées expliquées, j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer la calanque de Sormiou et certains souvenirs d’enfance et de jeunesse que je gardais au plus profond de ma mémoire. Des souvenirs le plus souvent très heureux car la plupart du temps, c’était le temps des vacances et de l’insouciance. Qualité ou défaut, allez savoir ? Insouciance qui chez moi était assez immense pour ne pas dire démesurée. En novembre 2014 puis en mars 2015, j’ai également évoqué la mort de ma mère dans Mon Journal Mensuel. Avec son départ, une immense page de ma vie s’est tournée. Aujourd’hui, une autre page est entrain de se tourner car ma mère était locataire d’un petit cabanon dans la merveilleuse calanque de Sormiou près de Marseille. Un privilège me diront la plupart d’entre-vous en lisant cet article. Sans doute. Mais à titre personnel, j’ai pris la décision irréversible de me désister de cette location tout en espérant que les autres héritiers de ma famille conserveront ce bien encore très longtemps et surtout que les plus jeunes d’entre-eux auront le désir et le goût de l’aménager et de l’améliorer pour le rendre moins contraignant. Ce cabanon, il faut que je vous en raconte l’histoire. Mes grands-parents paternels et mon père occupaient déjà un cabanon au dessus du petit port. Ce cabanon, je l’ai un peu connu mais en ne gardant que de lointains et fugaces souvenirs car je n’avais que 3 ans quand on l’a quitté. Ce cabanon qui n’était constitué que d’une seule pièce et d’une terrasse était occupé par plusieurs familles et il en était sans doute ainsi depuis le début du 20eme siècle. Mes parents m’ont toujours dit qu’il était très inconfortable car il n’y avait pas de lit mais de simples couchettes et sous la tête, ils mettaient des jambins (**) ou des gireliers (*) en guise d’oreillers. Le 26 juin  1952, le cabanon devenant sans doute trop petit pour toutes ces familles qui s’agrandissaient au fil des ans, Madame Bonnegrâce de Cannolles, la propriétaire, plus connue à Marseille et dans le monde des arts sous le nom de Marie de Sormiou autorisa mon père Louis a construire un cabanon sur un terrain qui lui avait été alloué, juste à côté du plus vieux cabanon construit en dur, le Castelsarran, élevé en 1850. Avec ce terrain, nous avions beaucoup de chance car il était situé au beau milieu du chemin entre le port et la plage avec une vue très ample et très belle sur la calanque.  Ce cabanon fut construit entre 1952 et 1953 par mon père mais surtout sous les directives et avec l’aide et l’expérience de mon grand-père Benoît - Gabriel dont c’était le métier car il était maçon. Pendant 15 ans, c'est-à-dire jusqu’en 1967 toute ma famille occupa ce cabanon gracieusement puis à partir de la 16eme année, mon père devint véritablement locataire. C’était le deal qui avait signé entre la comtesse Marie de Sormiou et mon père. Le deuxième deal, bien qu’écrit nulle part, est que le cabanon revienne à l’héritier survivant et quand mon père est décédé en 1980, tout naturellement ma mère devint la locataire naturelle et légitime. Aujourd’hui, c’est notre tour et nous sommes trois à hériter de ce cabanon familial : ma sœur Nicole, mon neveu Pascal et moi. Moi, si j’ai décidé de jeter l’éponge, c’est pour un tas de raisons. Ces raisons sont-elles bonnes ou mauvaises, je ne sais pas ? En tous cas, ce sont les miennes. En lisant le début de cet article, vous avez bien compris qu’à Sormiou, j’y suis pratiquement né, en tous cas, j’ai commencé à y venir dans un couffin porté par mon père et ma mère qui venaient à pied depuis Mazargues par le Vallon des Escourtines. Plus tard et pendant de longues années, nous y sommes venus à pied depuis le quartier de la Vieille-Chapelle, en passant par le Roy d’Espagne et la Cayolle et avant même que la route soit plus large et bitumée.  Alors Sormiou, j’ y ai passé toute mon enfance et toute ma jeunesse. J’y ai connu mes vrais premiers copains et mes toutes premières copines, mes premiers flirts puis j’ai fait connaître la calanque à ma fiancée Dany, qui est devenue ma femme en 1972.  Nous y avons connu nos premières vraies galipettes que bien évidemment nous faisions en cachette de nos parents respectifs et bien avant le mariage. J’y ai passé la quasi-totalité de mes vacances et cela depuis 65 ans. Je ne me souviens pas ne pas y avoir passé au moins une semaine par an. Enfant, j’y ai connu les bonheurs des fêtes très animées des 14 juillet et des 15 août, les parties de belote, de pétanque, de volley-ball ou de tennis de table acharnées, les balades pédestres quand nous partions sur les crêtes ou vers le cap ou la calanque de Morgiou avec une bande de copains et de copines.  Les parties familiales coriaces au jeu du « bouchon », au cours desquelles oncles et tantes étaient chargées de désigner les perdants c’est à dire les cousins et les cousines que seraient de corvée pour aller jeter la « tinette » à la mer. Les joies de la pêche en bateau avec mon père, mon frère, mes cousins et avec des amis. Les pêches très traditionnelles comme celles des gireliers, de la traîne aux maquereaux ou bien encore celle des rusclets (***) ou celles au fanal où nous attrapions oursins et esquinades, plus communément appelées araignées de mer. Les nuits d’été, nous partions avec mon père pour poser les jambins et nous en profitions pour saisir dans les trous quelques gros fioupélans, gros crabes verruqueux aux pinces impressionnantes. Dès que j’ai commencé à savoir nager, j’ai eu un fusil harpon dans les mains, petit et peu puissant au début, mais c’est ainsi que j’ai acquis la passion de la chasse sous-marine.  De cette manière, j’ai passé maintes et maintes années à ramener des poissons au cabanon. Je passais le plus clair de mon temps avec palmes, masque et tuba, restant parfois jusqu’à 7 heures la tête dans l’eau et très souvent quel que soit l’état de la mer. Quand il y avait trop de poissons, j’en donnais à la famille ou à des amis. Quand ce n’était pas le bateau, c’était la plage avec Dany et les enfants. Plus tard, je les emmenais moi aussi sur les crêtes. Ma vie est passée ainsi et habitant loin de Marseille, Sormiou a toujours été là, dans mon cœur et dans mes pensées. Avant ma retraite, j’avais même idéalisé une existence presque à plein temps à Sormiou mais j’ai eu rapidement conscience que ce ne pouvait pas être une vie tant le manque de confort y était flagrant.  Dany a toujours accepté d’aller y passer les vacances même si je sais que très souvent elle aurait préféré partir un peu ailleurs. De ce fait, à Sormiou, mes enfants ont quasiment eu le même parcours que le mien même si au fil des années, les choses ont beaucoup évoluées pour ne pas dire changées. Changées en mal, c’est en tous cas le regard que j’en ai personnellement aujourd’hui, même si l’évolution que je considère négative a été lente.  La petite calanque quasi privée et d’un calme olympien, lieu de villégiature de quelques « privilégiés » est devenue un lieu de visite bruyant et saturé par une population locale pas toujours « clean » et non locale de plus en plus envahissante. En effet, alors que pendant très longtemps, l’accès de la calanque a été limité en raison des risques d’incendie très importants, depuis quelques années des milliers de touristes affluent de tous horizons en quête de merveilles. Quoi de plus normal me direz-vous ? Oui, effectivement mais les risques d’incendie sont toujours là et la moindre étincelle en plein été se transformera sans doute en un véritable cauchemar infernal pour des milliers de gens. Voilà, cette ruée incontrôlée est un des points qui me fait regretter le passé et qui fait désormais de ce petit coin de paradis un lieu assez démoniaque en été. Certains disent que c’était inéluctable et je le pense aussi, tout en le regrettant quand même. En effet, depuis quelques années, le soir et assez souvent la nuit, la calanque est devenue le lieu de rassemblement de bruyants énergumènes et malheureusement il n’y a personne sur place pour faire la police. Bon, tout ça, Dany et moi nous serions encore prêts à l’accepter mais bien d’autres contraintes nous sont devenues insupportables car bien trop lourdes. A Sormiou, il n’y a pas d’électricité et pas d’eau courante. L’eau de pluie doit être pompée dans une citerne. Voilà d’autres contraintes dont on a perdu l’habitude et dont on souffre aussi en prenant de la bouteille. Le cabinet de toilette est très spartiate et est planté depuis toujours au beau milieu de la cave et ça malgré diverses requêtes auprès du gestionnaire de la location pour en changer l’emplacement. Pour changer tout ça, il faudrait investir, faire des travaux et j’avoue que je n’en ai plus la force ni l’envie. Tous les deux jours, on doit monter à Marseille pour faire des courses et quand on revient à la calanque, le parking est très souvent archibondé par des voitures de toutes provenances. Difficile à imaginer et à croire quand on sait qu’il faut un laissez-passer pour accéder à la calanque et un autocollant pour se garer gratuitement sur le parking. Comment font-ils tous ces visiteurs ? Mystère mais surtout magouille et laxisme ! Une fois sur deux, le petit chemin menant au port et que l’on doit emprunter pour se rendre au cabanon est fermé. Ce n’est pas la bonne heure, nous dit-on en passant devant le garde ! Là, quand on a le bonheur de trouver une place de parking pas trop éloignée, on est obligé de se trimballer les courses et c’est donc plusieurs allées et venues avec de gros sacs, des packs d’eau quand ce n’est pas avec la bouteille de gaz du frigo, de la cuisinière ou du barbecue que l’on est obligé de changer régulièrement et parfois chaque semaine. Alors c’est vrai, le manque de confort nous en souffrons en prenant de l’âge. L’été nous avons trop chaud et nous dormons mal. Les lits ne sont pas suffisamment confortables et il faudrait changer tous les matelas. Le soir, les moustiques nous dévorent et il est très difficile de rester dans un transat pour bouquiner ou bien de faire une simple partie de cartes. Le débroussaillage obligatoire chaque printemps, la réfection et l’entretien du cabanon que l’on doit assumer, tout ça c’est devenu trop pesant pour moi et pour Dany et aujourd’hui, l’on aspire à un peu plus de tranquillité, de quiétude et de plaisir quand on envisage de prendre des vacances. A tout ça, sont venus se greffer ces dernières années, de nombreux tracas et pannes avec les deux derniers bateaux que nous avons détenu en commun avec mon neveu Pascal et mon fils Jérôme. Des bateaux bien trop gros avec de lourds moteurs, que personnellement je trouvais inadaptés à la calanque où il n’y a pas de réparateur sur place.   Or, à Sormiou quand je n’ai pas de bateau je m’ennuie. Là-bas, ma vie estivale tourne autour de ça et quand ce n’est pas la pêche, j’aime m’adonner à la randonnée pédestre. Or désormais, toutes ces activités sont réglementées, parfois très limitées voire interdites depuis que la calanque a été inscrite dans le Parc National des Calanques crée en avril 2012. De ce parc, il y aurait également beaucoup à dire mais en tous cas, il est pour moi synonyme d’entraves supplémentaires. Ce parc,  qui à l’origine est sensé faire la part belle à la protection de l’environnement, de la nature et donc du patrimoine est en réalité orchestré pour attirer de plus en plus de touristes. Que dire des centaines de bateaux qui viennent mouiller à quelques mètres du rivage détruisant ainsi et à tout jamais et à longueur de temps, les herbiers de posidonies ? Parmi ces centaines de bateaux, de très nombreux jettent par-dessus bord, leurs excréments et leurs ordures ménagères. Je l’ai vu de mes propres yeux.  Que dire également des eaux usées qui se déversent à longueur d’années par les égouts de Cortiou ? Que dire des boues rouges, résidus toxiques de bauxite, que les industriels d’Altéo, ex-Péchiney, rejettent depuis 1966 dans le canyon sous-marin de Cassidaigne ? Que dire des « promène-couillons » pour lesquels on élabore de larges chenaux pour qu’ils puissent venir et manoeuvrer au plus près du rivage pour satisfaire des touristes de plus en plus nombreux, des professionnels de la promenade en mer de plus en plus prolifiques et donc des intérêts économiques de plus en plus élevés ? C’est ça que l’on appelle le développement durable ? Si l’on ne peut être que favorable à la protection de la nature, voilà quelques points noirs que le parc national devra un jour résoudre s’il veut véritablement défendre et surtout préserver faune et flore terrestre et marine comme il le prétend. Enfin, il faut l’espérer mais personnellement je doute que ça change un jour. Pendant ce temps et comme c’est beaucoup plus facile, on a ôté aux cabanoniers des pans entiers de leurs ancestrales traditions : limitation dans la façon de pêcher, interdiction de certaines pêches traditionnelles et de certains lieux, de chasser dans les collines, de sortir des sentiers balisés, de nager hors des espaces prévus à cet effet, d’allumer un barbecue même homologué, de mouiller en bateau à certains endroits, j’en passe et des meilleurs, etc….. Voilà d’autres contraintes et entraves à mon bien-être et à celui de nombreux cabanoniers. Quand je parlais d’évolution et de changements, il faut reconnaître que ce n’est pas toujours les « bonnes » évolutions et les « bons » changements que l’on a privilégiés à travers ce parc des calanques. Ajoutons à tout ça que les loyers flambent et flamberont de plus et plus et je vais fermer cet article avec l’espoir que toutes ces contraintes ne freineront pas les ardeurs des autres héritiers à conserver le plus longtemps possible ce cabanon familial. Moi, aujourd’hui je suis triste, triste d’arrêter la location de ce cabanon à cause de toutes ces contraintes bien trop lourdes pour moi et j’espère que de là-haut mon père et mon grand-père ne m’en voudront pas trop, eux qui ont durement trimé pour le construire. Ils fabriquaient leurs propres briques avec le sable de la sablière se trouvant juste devant le Château. Triste de cette évolution écœurante où l’on voit bien que le fric est devenu le seul nerf de la guerre au détriment d’une prétendue écologie. Triste de savoir que je ne verrais plus ou en tous cas beaucoup moins ce petit paradis bleu, blanc et vert que « les Treize amis, très amis » (****) avaient choisi comme lieu de leurs détentes hebdomadaires et où personnellement, j’ai passé les plus belles vacances de ma vie. Triste de ne plus voir mes enfants et mes petits-enfants se baigner dans cette mer turquoise et patauger sur le sable fin de la plage. Enfin plus globalement très triste de tourner une autre page essentielle de mon existence. Un seul bon point à toutes ces tristesses et ce n’est pas le moindre, je verrais beaucoup moins le quai où mon frère Daniel est tombé pour l’éternité en cet horrible 18 juillet 1992. Il revenait tout simplement d’une partie de pêche nocturne et il venait d’avoir 46 ans.

 

Il semble que je ne sois pas le seul à avoir le blues de Sormiou…..et même le Journal Le Monde s’en était déjà fait l’écho en 2009…..

(*) girelier : petite nasse en osier avec une entrée en forme d'entonnoir pour pêcher des girelles, petits poissons parfois très colorés. 

(**) jambins : grande nasse de fabrication identique à celle du girelier permettant de capturer des poulpes, des congres, des murènes et certains crustacés.

(***) rusclet ou rusquet : Encore appelé "bouchon marseillais", le rusquet est un bouchan de liège armé d'hameçons que le pêcheur laisse dériver à la surface dans l'attente qu'un poisson accepte de venir manger le leurre en général du pain rassis. Les poissons les plus friands sont la saupe, le muge ou mulet, l'oblade et la bogue.

(****) Treize amis, très amis : En 1904, un groupe de 13 amis du quartier de Mazargues à Marseille décide de se retrouver à Sormiou chaque fin de semaine pour passer de bons moments ensemble. C'est ainsi dit-on que démarre l'esprit des cabanoniers des différentes calanques, esprit des lieux qui perdure encore de nos jours. 

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Le Prieuré de Marcevol et la chapelle Sainte Eulalie (656m) depuis Vinça (250 m)

Publié le par gibirando

 
J'ai volontairement agrémenté ce long diaporama de 3 adagios qui ont pour titres et sont successivement interprétés par  : "Adagio" de Samuel Barber par Kronos Quartet, "Adagio cantabile - Romance for Violin and Orchestra No.2 in F major, Op.50" de  Ludwig Van Beethoven par le Budapest Symphony Orchestra avec Dénes Kovács et György Lehel et " Agnus Dei - Adagio for Strings Op.11 N°2" de Samuel Barber par le Malmö Opéra Orchestra et Joseph Swensen.

LE-PRIEURE-DE-MARCEVOL
PRIEUREMARCEVOLIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Avant de commencer la lecture de cet article, je vous communique une information toute récente que m’a communiquée une amie, à savoir qu’un projet d’une usine d’enrobés, plus couramment appelé goudron ou bitume, est envisagé à Vinça à proximité du lac. Radio France Bleu a déjà fait écho de cette affaire. Pour en savoir plus, il suffit de cliquer ici.  Un collectif d’habitants de Vinça a été crée contre l’implantation de cette usine et une pétition est déjà en circulation dans la commune et la région. Cette pétition, je ne l’ai pas trouvée sur le Net mais si tout comme moi, vous êtes défavorable à ce projet, vous pouvez d'ores et déjà faire part de votre désapprobation en contactant le collectif (voir article de l’Ouillade.eu) et en diffusant cette information auprès du plus grand nombre. On connaît les risques que présente cette industrie même si elle a fortement tendance à les cacher. (Voir article du Monde).

 

Pour avoir droit à une découverte guidée du Prieuré de Marcevol, il faudra sans doute que j’y retourne. Après tout, si c’est le cas, ce ne sera que la quatrième fois que le joli édifice religieux aura droit à ma visite pédestre. En effet, il y a de nombreuses années, j’avais déjà accompli cette balade à partir du lac de Vinça mais ce jour-là le prieuré était fermé pour cause de travaux de restauration. Puis, j’y suis retourné en septembre 2011, lors de la première étape de mon Tour des Fenouillèdes effectué avec mon fils, mais là, nous allions camper à Eus et nous n’étions que de passage à Marcevol. Qui plus est, ce jour-là, c’est sous un ciel plombé chargé de gros nuages gris que nous y sommes passés et de ce fait, nous avions volontairement « zappé » sa visite, de crainte de « choper » la pluie. Cette fois, tout est de ma faute car je suis parti la fleur au fusil, sans me soucier si le bâtiment serait ouvert ou pas,  et là, pas de bol, car nous étions le 26 mars et les visites annuelles commençaient le 1er avril.  Non, ce n’était un « poisson » d’avril et on m’a néanmoins donné la permission de visiter l’église qui était ouverte. Alors, je n’ai pas tout perdu car en plus j’ai eu droit à la lecture d’une plaquette explicative de l’histoire du prieuré et désormais je le connais un peu mieux. Encore une fois, ma balade a démarré depuis le barrage de Vinça et plus exactement à l’extrémité du pont enjambant la retenue. Il s’agit de la départementale D.13 filant vers Tarerach.  Il faut savoir qu’à Vinça, il existe une porte médiévale dite de Marcevol, encore appelée « Porte de France » et la logique aurait voulu que le parcours démarre de là-bas mais j’ai estimé que la randonnée était déjà suffisamment longue. En tous cas, c’est dire l’importance que ce chemin devait avoir au Moyen-Âge.  En outre, au bout du pont, des panonceaux de randonnée ne peuvent être plus explicites. Pour le premier, il est indiquait : « Sentier d’Emilie – Le Prieuré de Marcevol – 2h10 AR »  quand au second, il mentionne Marcevol par l’interminable G.R.36. Mais rassurez-vous, ici pas question de rejoindre Ouistreham dans le Calvados et seul un court tronçon sera cheminé. Voilà, le départ est là et si personnellement j’ai beaucoup tardé à démarrer cette balade, c’est parce que je suis resté très longtemps scotché en contemplation devant un magique Canigou enneigé et un superbe lac bleuté et scintillant bordé par endroits de flamboyants mimosas. En plus, au milieu du lac mais plus souvent sous le pont, un couple de grèbes huppés était entré dans une superbe parade nuptiale. Dans leurs étonnantes postures, ils étaient à la fois tendres et très drôles avec leurs collerettes rousses et noires. Parfois, le mâle se dressait sur l’eau en déployant cette étrange collerette devant sa belle et l’on avait l’impression  qu’il avait un magnifique tour du cou en fourrure comme on en voit parfois sur des femmes très élégantes. Un spectacle délicieux très étonnant qui s’est renouvelé le soir à mon retour mais beaucoup plus loin au centre du lac. Au moment où j’amorçais le bon dénivelé, de nombreux colverts ont décollés du lac et se sont envolés dans un ciel azur, rajoutant un peu plus d’animation à ce tableau déjà bien merveilleux.  Si la distance pour atteindre le prieuré est plutôt modeste avec 2,5 kilomètres à parcourir, la dénivellation est d’environ 310 mètres, ce qui donne un pourcentage moyen de pente de 12%. C’est donc un terrain plutôt exigeant d’autant qu’il est parfois très caillouteux. Le balisage, lui, est très bon, blanc et rouge comme tout bon G.R qui se respecte mais il faudra faire attention à y rester et à ne pas partir tout droit en direction du lieu-dit « El Pedrar ». C’est par là que nous reviendrons au retour. Cet itinéraire caillouteux et parfois rocheux, on tente de l’oublier grâce aux somptueux panoramas que l’on embrasse. Parfois, il faut se retourner pour contempler le Canigou et la suite des Pyrénées au sommet de leur beauté en cette saison et surtout très proches vu d’ici.  Le sentier, sans doute emprunté par les muletiers au temps jadis, est parfois pavé de gros galets et il est également bordé de murets et de terrasses en pierres sèches. Il y a plus longtemps encore, il a également connu une période très glorieuse au temps où les pèlerins en route pour Saint-Jacques de Compostelle y passaient en grand nombre pour obtenir des grâces au monastère. De ce fait, on y découvre également un oratoire, mais aussi quelques abris de bergers et parfois de vieux orris délabrés. Le plus surprenant, ce sont sans doute ces quelques menhirs granitiques que l’on découvre tels des montjoies dressées et dont on est en droit de se demander s’ils sont complètement naturels ou bien sculptés par l’homme afin de marquer ce sentier qui a probablement servi aux transhumances. Ces vestiges du pastoralisme et cette géologie, on les découvrira lors du retour également. Ces aménagements tout au long du sentier nous rappellent qu’ici les hommes l’ont emprunté bien différemment que pour le seul plaisir d’une randonnée pédestre. Ici dans ces collines ensoleillées que l’on appelle « soulane », l’agropastoralisme et le nomadisme étaient essentiels sur un plan socio-économique. C’était à une époque où la révolution industrielle et notamment l’agriculture moderne et parfois trop intensive n’avaient pas encore provoqué leurs effets néfastes comme l’exode rural et la « question sociale ».La végétation est typiquement méditerranéenne comme toute cette partie haute et ensoleillée de la Vallée de la Têt avec bien évidement des chênes verts, de flamboyants genêts en fleurs, plusieurs variétés de cistes, des bruyères, des ajoncs, des genévriers, des filaires et des romarins pour ne citer que les plantes les plus communes. Une fois Marcevol atteint, on ne pourra sans doute qu’être d’accord avec la description qu’en fait le site Internet du prieuré : « Qui n’est jamais venu à Marcevol ne connaît pas tout de la beauté du monde » puis il rajoute « De vieilles pierres dans un paysage majestueux, un air pur et une nature authentique, le calme, la sérénité, et un accueil chaleureux : Marcevol est le lieu idéal pour chercher l’inspiration, créer, méditer, se retrouver en groupe ou en famille. C’est aussi un cadre propice à l’accueil de stages qui bénéficient d’un hébergement de qualité, d’une logistique efficace et d’un espace de travail tranquille. Loin de l’agitation du monde, et pourtant si près des sites touristiques et des activités de loisirs, vous y serez bien. Tout simplement. » Vous l’avez bien compris, et même si des visites guidées y sont organisées à certaines périodes de l’année, le prieuré est avant tout un gîte recevant des groupes ou des familles et j’avoue que j’ignorais totalement cet aspect-là des choses. En effet,  je me souviens avoir galéré en vain pour trouver un lieu d’accueil lors de la première étape de mon Tour des Fenouillèdes de 2011, étape entre Trilla et Eus et au terme de laquelle, avec mon fils, nous avions été contraints de bivouaquer. C’est donc une très bonne initiative que d’avoir redonner à ce prieuré un peu de cette hospitalité originelle et fraternelle en le transformant en gîte d’accueil et d’étape, même si rien n’est gratuit désormais. Après, la découverte du site et de l’église étrangement fortifiée et très belle sur la plan architectural mais plutôt vide, or mis des bénitiers et quelques panonceaux qui en expliquent la longue histoire (voir le site du prieuré pour plus de détails)), j’ai fait mon « petit » curieux  en partant tout autour du prieuré puis plus tard vers le hameau de Marcevol que j’ai rapidement visité. Avec moutons et chevaux, j’y ai constaté que l’élevage n’avait pas complètement disparu. J’y ai découvert une minuscule bourgade d’un calme olympien, amplement fleurie, avec de petits jardins et patios secrets, de jolies maisons bien rénovées et bien évidemment son étonnante chapelle romane Nostra Senyora de las Grades datant du 11eme siècle et dominant le reste du hameau. J’ai quitté ce dernier en poursuivant le sentier du G.R.36 en direction de Tarerach mais par le chemin dit de Campoussy. Attention, le G.R.36 est parallèle à une piste qui se trouve sur la gauche et indifféremment, on peut emprunter l’un ou l’autre. Même si j’ai personnellement emprunté le G.R.36 que je connaissais bien, si vous prenez la piste, celle-ci vous amènera plus facilement à l’église Sainte Eulalie d’Arboussols qui est le deuxième objectif majeur de cette balade. Blottie dans un magnifique cadre de verdure, on en faisait déjà mention dans un document historique datant de l’an 1011. C’est une chapelle romane assez classique avec une seule nef mais son décor verdoyant et en balcon sur le village et face au Canigou constitue une halte idéale pour y organiser un pique-nique. En tous cas, une pause bien méritée sera toujours bien bienvenue dans ce havre de paix. Après la découverte de Sainte Eulalie, on termine la piste et l’on emprunte la petite route bitumée qui descend vers le village d’Arboussols. On en profite bien évidemment pour visiter le vieux village en se dirigeant vers son église paroissiale consacrée à Saint-Sauveur puis en flânant dans ses ruelles avant de rejoindre la D.35 descendant vers Marquixanes. Après la sortie du village, on emprunte la route sur 800 à 900 mètres jusqu’à découvrir un large chemin qui par la gauche descend dans un vallon. Pour plus d’informations, il faut poursuivre jusqu’à un oratoire et le large chemin est situé peu après. Ce chemin se rétrécie,  et se transforme en une étroite sente se faufilant comme toujours dans une végétation de type garrigue. Ici, le balisage est fréquemment ponctué de points bleus, surtout au début puis ensuite on trouve des marques de peinture jaune. Il est assez souvent matérialisé par des cairns. Ce vallon, c’est celui du Correc de la Coma de Pedris, petit ruisseau que l’on ne va pas tarder à rencontrer et à enjamber à l’endroit même où il est rejoint par le Correc de la Font d’en Guit. Ce dernier correc, c’est le même que celui traversé juste avant l’église Sainte Eulalie. Lors de mon passage, ces deux ruisseaux coulaient à flot et plusieurs grenouilles étaient juchées sur des rochers. Le sentier se poursuit rectiligne et en balcon au dessus du ruisseau désormais unique et qui au fil de l’itinéraire se mute en un petit torrent plus impétueux au sein de gorges de plus en plus encaissées. Les vues continuent à s’entrouvrir magnifiquement sur l’ample et longue Vallée de la Têt. Peu à peu, le sentier s’écarte du ravin du Correc de la Coma de Pedris et finalement il coupe un ruisseau plus petit, celui du Correc de Perdigot. 400 mètres plus loin, on retrouve le G.R.36 pris ce matin. Si la montée caillouteuse et rocheuse de ce matin était difficile, le retour tout en descente nécessite encore plus de prudence et de vigilance. Finalement les vues s’entrouvrent une nouvelle fois sur la retenue d’eau du barrage de Vinça, beaucoup moins belle et beaucoup moins bleutée que ce matin car entre temps, la météo a malheureusement tourné à la grisaille. Une grisaille qui ne freine pas les ardeurs de nos deux grèbes huppés qui continuent à jouer au milieu du lac et sans hasard aux jeux de l’amour et de la gloutonnerie. Ils paradent et quelques minutes plus tard les voilà qui plongent plusieurs minutes à la poursuite de quelques poissons à se mettre dans le bec. Un nouveau spectacle grandeur nature qui me scotche encore une fois au bord du lac. Vous l’aurez bien compris si les édifices religieux et les hameaux de Marcevol et Arboussols sont les principales curiosités de cette balade, il n’y a pas que ça. La flore et la faune y sont bien présentes pour peu que l’on sache les observer.  Telle qu’expliquée ici, cette randonnée a été longue de 14 kilomètres environ. Les montées cumulées ont été de 820 mètres. Le dénivelé est de 406 mètres, le niveau le plus bas étant la ligne de départ à 250 mètres et le plus élevé étant la Chapelle Sainte Eulalie à 656 mètres. Bon équipement et notamment bonnes chaussures à tiges hautes sont indispensables sur ce terrain parfois très caillouteux. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

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Le Montolier de Périllos (707 m) et la Cauna depuis Périllos (360 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de plusieurs chansons du groupe américain "The Beach Boys". Elles ont pour titres : "God Only Knows", "Dance, Dance, Dance", "I Get Around", "Don't Worry Baby", "Beach Boys Medley", "Fun, Fun, Fun", "Good Vibrations" et "You're So Good To Me".

Quand je regarde au bout de ma rue vers le nord, je ne vois que lui : le Montolier de Périllos avec sa petite boule blanche. Enfin, de chez moi, la petite boule blanche, qui n’est ni plus ni moins que le radôme d’une station météo, n’est pas plus grosse qu’une tête d’épingle et quand je dis que je ne vois que ce sommet, encore faut-il aimer ou s’intéresser aux collines pour y prêter attention. C’est mon cas. Pourtant si je connais un peu le hameau de Périllos pour y avoir fait quelques visites il y a très longtemps et quelques investigations sur le Net plus récemment, jamais encore l’idée ne m’était venue d’aller voir de près ce « mont des oliviers », traduction toponymique du nom « Montolier ». Je voulais donc réparer cette lacune et c’est ainsi que par une belle journée de fin d’hiver, je me suis retrouvé à grimper vers cette croupe calcaire que depuis « belle lurette », j’apercevais de mon jardin. Cette excursion au pays du secret village de Périllos, de son Montolier et de sa « Caune » sous forme d’un circuit n’a pas été simple à programmer car or mis la piste qui monte au radar je n’avais aucune certitude sur le reste et la suite de l’itinéraire à accomplir. En effet, rien sur la carte IGN n’indique que l’on puisse accomplir une boucle et une fois encore, j’ai eu recours à Internet pour trouver une trace GPS qui me convenait. C’est donc avec un tracé trouvé sur Wikiloc que je suis parti vers Opoul puis vers Périllos ce 11 mars 2015. Avant d’arriver au village, j’ai laissé ma voiture sur un terre-plein à l’endroit même où la route y menant forme une fourche avec la voie carrossable montant au radar. Autant que je me souvienne, il me semble avoir vu un transformateur électrique sur la droite de la route. Là, j’ai poursuivi cette voie montant vers la radôme sur quelques mètres puis j’ai tourné à droite toujours sur une portion bitumée mais sans issue. En réalité, la seule issue est un sentier qui entre de plein pied dans la garrigue et dont le balisage est essentiellement matérialisé par des cairns. Quand on est là, on a une étrange vision de Périllos. Dressé sur son dôme presque essentiellement rocailleux,  ce n’est pas celle d’un vrai village et avec sa vieille tour délabrée et ses deux ou trois seules maisons que l’on aperçoit dont certaines en ruines  c’est plutôt une hameau spectral comme une apparition annonciatrice de mauvais présages. Tout en marchant, je me demande si ce n’est pas cet aspect-là qui a donné à Périllos, sa renommée de bourgade mystique et secrète. Tout en progressant, je laisse deux ou trois ruines et les vestiges de quelques épierrements au lieu-dit Camp de l’Espinet. Après vérification, je suis bien sur le sentier enregistré sur mon GPS et téléchargé sur Wikiloc et il ne me reste plus qu’à suivre les cairns assez nombreux il est vrai pour ne pas s’égarer. Ici, ce sentier est bien évidemment très caillouteux et il traverse même assez souvent de petits pierriers et de ce fait, certains randonneurs préféreront emprunter essentiellement la piste menant au radar météo. C’est évidemment une autre solution que celle que je propose ici. Il faut néanmoins savoir que ce sentier n’est pas là par hasard et selon une source cadastrale, il s’agit de l’ancien chemin muletier menant de Périllos à Embres-et-Castelmaure. Personnellement, ce terrain caillouteux, je l’ai assez vite oublié, occupé que j’étais à observer et à photographier les superbes panoramas qui s’entrouvrent au fur et à mesure que l’on grimpe. Sous de nombreux aspects ; géologie calcaire, éboulis, paysages, végétation, vestiges agropastoraux ; cette ascension me rappelle celle que j’ai faite il y a 2 ans, au Pic du Pied du Poul. Une première barrière rocheuse est franchie que l’on évite par la droite. Au sein d’une végétation plus dense mais toujours aussi méditerranéenne, composée surtout de genévriers, de buis, de nerpruns et de romarins, le sentier s’élève en balcon au dessus d’un ample ravin : la Coumaillas de l’Artigue del Nicolau. Une deuxième petite barre rocheuse est évitée et peu après on atteint une piste blanche et caillouteuse qui par la droite file à la station météo. En flânant, j’ai mis un peu moins d’une heure pour effectuer ce tronçon qui est l’essentiel du dénivelé. Ici, inévitablement, le regard commence à se poser sur tous les vastes paysages qui se font jour vers l’ouest et surtout vers le sud mais ce n’est qu’à l’approche de la « boule blanche » tant désirée que l’on jouit totalement des panoramas à 360° et encore faut-il parfois sortir du chemin pour avoir une vue parfaite vers le nord. C’est ainsi que j’ai aperçu divers lieues de randonnées comme l’ermitage Saint-Victor, le col de Feuilla et les différents étangs audois dont j’avais fait le tour lors de mon récent périple sur le Sentier du Golfe Antique. Du radôme,  il n’y a pas grand-chose à en dire car quand je l’ai atteint, il était absolument désert et avec sa boule blanche, ses bâtiments gris, modernes et carrés, entourés de hautes grilles, j’ai eu l’impression d’arriver sur une autre planète ou bien de visionner un film d’espionnage ou de science-fiction.  Le site est interdit, fermé, dépeuplé le jour de ma venue et donc « triste à mourir » même si la petite boule opaque et blanche se détachant dans un ciel azur, ça donne un aspect plutôt joli, énigmatique et céleste à l’ensemble. J’ai pris quelques photos mais j’en ai fait le tour presque essentiellement pour profiter pleinement des panoramas que je décrirais pour faire court comme un extraordinaire chemin de ronde méditerranéo-pyrénéo-catalano-audois, c'est-à-dire que l’on aperçoit quasiment tout le Golfe du Lion, les Pyrénées  et les plaines roussillonnaises et languedociennes du Cap Creus jusqu’au Cap d’Agde et ce malgré des brumes marines.  Après ces merveilleuses découvertes que j’ai ponctué d’un copieux casse-croûte, j’ai poursuivi le semblant de piste qui se dirige vers l’est en direction d’un pylône électrique. A gauche et à quelques mètres du pylône, j’ai retrouvé deux cairns matérialisant une porte et le départ d’un sentier balisé de marques de peinture rouge. A la lecture de mon GPS, j’ai eu l’assurance d’être sur le « bon » sentier enregistré dans ce dernier et j’ai donc entamé mon retour vers Périllos dans une descente où la végétation de plus en plus foisonnante était essentiellement composée de chênes verts et kermès. Là, par inattention, je me suis laissé entraîner par le balisage rouge filant vers le petit Pech de Catari et heureusement qu’à un moment ce balisage est devenu bleu, ce qui m’a obligé à revérifier mon GPS. J’avais bien loupé une bifurcation ! Alors bien sûr, j’ai fait demi-tour et grâce à mon tracé GPS, j’ai retrouvé assez facilement au sein du bois de chênes, l’intersection à prendre toujours matérialisée par un cairn et un bout de ruban rouge et blanc accroché à une branche que je n’avais pas vu lors de mon premier passage. Alors, bien sûr, si vous envisagez de faire mon parcours sans GPS, il vous faudra oublier ce balisage rouge et vous en tenir essentiellement aux cairns avec parfois la nécessité d’être très attentif et notamment ici au sein de ce sous-bois. Dans la descente, le sentier est étroit mais devient plus évident. Les cairns y sont encore bien présents et peu à peu, on va perdre la boule….blanche de vue. Le sentier coupe diverses petites « coumes », atteint un large chemin que l’on ne va plus quitter jusqu’à la côte 355 sur la carte IGN au lieu-dit « Planals de la Caune ». Là, un autre chemin prend le relais et file à gauche du singulier « Roc Merdeu » dont la toponymie n’est pas évidente et en tous cas pas celle que l’on croit (*). Le chemin finit par se perdre mais en prenant à gauche et à travers la végétation, la belle grotte dite de « La Cauna » est déjà là. Je précise que 250 mètres plus au sud de la côte 355, un chemin beaucoup pratique mène à cette grotte. Je vous le conseille donc. La visite de la grotte est à faire même si au fil du temps, elle a été amplement visitée, peu respectée et parfois même vandalisée. Bien sûr, en regardant toutes ces stalagmites, stalactites et autres draperies décimées, on déplore et on désapprouve ce consternant saccage.  Moi, j’y ai vu une grille de barbecue, plusieurs bouteilles en verre que j’ai mises dans mon sac à dos et divers déchets alimentaires. J’ai même trouvé un collant en nylon que Madame Cro-Magnon avait sans doute oublié après ses ébats amoureux avec l’Homme de Tautavel. Non, blague à part, il y a quand même des porcs qui se baladent aussi. En contrepartie de ces horreurs,  j’ai eu la chance d’y parvenir et d’y entrer à une heure où les rayons du soleil, plongeant dans la caverne par une trouée dans sa voûte, créaient un magnifique éclairage aux tons orangés. A l’intérieur, les parois avaient des nuances d’un très bel effet passant du blanc à l’ocre puis à l’orange selon la lumière. Il faut bien reconnaître que c’était beau. J’ai quitté la grotte après la visite de son ouverture supérieure. Là, j’ai retrouvé quelques cairns et un sentier se faufilant entre d’abondantes tiges séchées de férules et quelques vestiges d’un agropastoralisme oublié depuis longtemps.  Le sentier s’est dirigé vers le petit ravin de la Coume de Ferro, l’a atteint puis l’itinéraire a continué dans son lit asséché en longeant sur sa gauche une haute falaise et sur sa droite quelques éboulis. Droit devant, la tour fantomatique du château ruiné de Périllos est apparue dans un soleil couchant et un ciel bleu s’assombrissant. Finalement le sentier a débouché dans une parcelle plantée de vignes et à droite d’un grand lopin de terre en jachères. La petite chapelle Santa Barbara était là, perchée sur son modeste monticule rocheux. Une courte visite du joli petit édifice et il ne me restait plus qu’à fermer cette boucle idéalement. J’ai donc pris la seule décision qui s’imposait : partir à la découverte du pittoresque hameau de Périllos que je n’avais plus vu depuis une vingtaine d’années, mais dont j’avais entendu dire qu’il reprenait vie depuis une décennie. J’ai traversé la route puis un champ en friches, pris un raccourci retrouvant la route, repris un autre raccourci coupant encore la route puis finalement un chemin creux m’a amené jusqu’au hameau ruiné. Là, et même si le hameau était désert, j’ai retrouvé un site bien différent de celui que j’avais connu. De nombreuses maisons sont encore à terre mais c’est très encourageant de voir que plusieurs d’entre-elles ont retrouvé leur lustre d’antan. J’y ai même découvert avec étonnement un « hostal », c'est-à-dire une auberge faisant sans doute buvette en été.  Le renouveau de ce hameau perdu et ces travaux de réhabilitation dans ce site isolé et donc sauvage mais d’une incroyable beauté, on les doit paraît-il à  « Terre de pierres », une association locale mais sous couvert du mouvement « Rempart », réseau d’associations au service du patrimoine composé de participants essentiellement bénévoles chargés de travailler dans les règles de l’art et le respect de la tradition des sites à restaurer. Autant dire qu’à Périllos le boulot est encore immense mais avec beaucoup de courage, d’abnégation et de volonté, il faut parier qu’un jour le village renaîtra complètement de ses cendres et de sa poussière. On ne peut que le souhaiter, lui dont l’Histoire est si riche, si mystérieuse parfois mais surtout si chaotique car parsemée de guerres et de calamités. J’ai beaucoup apprécié cette randonnée mais je suis contraint d’arrêter là cet article car je m’aperçois que j’ai encore tant de choses à lire et à découvrir de Périllos. Cette jolie et sauvage balade, telle que décrite ici, a été longue de 11 kilomètres environ pour des montées cumulées de 635 mètres. Le dénivelé est de 387 mètres, le point culminant à 707 mètres étant notre objectif : le Montolier de Périllos. Si vous sortez des sentiers, méfiez-vous des avens très nombreux par ici et qui ne sont pas tous signalés, notamment les plus petits. Solides chaussures à tige haute sont conseillées et cette balade est sans doute à éviter un jour de forte canicule. Carte IGN 2547 OT Durban – Corbières - Leucate - Plages du Roussillon Top 25.

(*) le Roc Merdeu : Le Roc Merdeu, tout proche de la Cauna, doit sans doute son nom à la contraction de l'expression "mare de deu" c'est à dire "mère de dieu". D'autres toponymistes pensent qu'il pourrait avoir pour origine le mot "marde" signifiant fosse, fossé ou encore ravin.

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Vol 9525 de la Germanwings.....pourquoi ?

Publié le par gibirando


Il faut bien le reconnaître, la récente actualité a été marquée par cette terrible tragédie de l’avion A320 de la Germanwings Barcelone Düsseldorf que son co-pilote est allé jeter contre une montagne des Alpes du Sud. Dans ma tête, comme dans celle de chacun d’entre-nous et comme dans celle des familles des victimes bien sûr, demeure et demeurera une question : « pourquoi ? ». Malheureusement et malgré toutes les enquêtes du monde, malgré toutes les recherches pour retrouver le moindre débris de l’appareil,  malgré toutes les expertises, malgré toutes les études sur l’avion et son état de maintenance, sur les pilotes et leur état de santé, sur les mesures de sécurité à adopter ou pas, cette question restera à jamais sans réponse. Une fois encore, on attribuera ce drame  à la fatalité, à la folie des hommes, ici à celle d’un seul au regard des renseignements fournis par les enquêteurs au fur et à mesure qu’ils avancent dans leurs investigations. Sur moi, cette tragédie a également eu une répercussion néfaste car quelques jours après cette horrible catastrophe survenue le 24 mars, les circonstances faisaient que je devais prendre l’avion pour un court déplacement de l’aéroport de Béziers Cap d’Agde à celui de Beauvais. Moi, qui avais pris l’avion des centaines de fois lors de mon service militaire notamment, puis très souvent encore pour des raisons professionnelles ou lors de voyages touristiques, moi qui avais fini à la longue par ne plus avoir peur de l’avion, cette fois j’étais épouvanté à l’idée de prendre le prochain. Soudain, moi qui avais fait confiance en la science et aux techniques aéronautiques des hommes, j’avais perdu toute assurance en eux et en tout ça. J’avais peur car je prenais conscience que comme tous les 149 passagers de ce vol 9525 de la Germanwings, j’aurais pu me trouver dans cet avion à la merci d’un forcené déséquilibré et dangereux qui en avait pris tout seul les commandes. Bien sûr, j’avais déjà eu peur en avion et notamment lors de mes premiers déplacements en Noratlas quand il s’agissait de rallier la base aérienne d’Istres à celle de Solenzara en Corse où j’effectuais mon service militaire. Entre avril 1971 et avril 1972, j’avais pris cet horrible et bruyant bimoteur Nord 2501 des centaines de fois car je rentrais ainsi chez moi presque chaque week-end et c’était la seule façon de voir ma fiancée et ma famille. J’avais fini par ne plus avoir peur de ce Noratlas qui traînait pourtant derrière lui un grand nombre de « casseroles ».  Bien sûr, j’avais eu très peur trois ou quatre fois quand dans des circonstances météorologiques très défavorables, je m’étais aperçu que les pilotes éprouvaient les pires difficultés à atterrir. Ces conditions s’étaient même renouvelées lors d’un tout récent vol Ryanair entre Beauvais et Carcassonne et à cause d’une furieuse tramontane, les pilotes avaient même du s’y reprendre à de multiples reprises avant d’atterrir convenablement. Mais en général quand j’étais assis dans un avion et que tout se passait bien, je ne pensais plus à ces péripéties et même j’étais plutôt enclin à regarder le sol par le hublot sans aucune appréhension. Mais cette dernière fois et depuis cette effroyable tragédie tout a changé. Je suis monté dans l’avion avec crainte. Il ne faisait pas très beau. Le ciel était très gris et il y avait beaucoup de nuages de pluie. Ce pressentiment et ces mauvaises pensées, je les ai gardées en moi tout au long du voyage. Quand je regardais par le hublot, j’avais mal au cœur et j’étais contraint de fermer les yeux. Quand, je fermais les yeux, ma tête tournait mais heureusement j’ai fini par m’endormir. Quand je me suis réveillé, l’arrivée à Beauvais n’était plus très loin mais j’ai attendu avec impatience et anxiété l’atterrissage. Ouf tout s’est bien passé ! Le retour fut presque similaire mais comme la météo était bien meilleure, mon anxiété s’estompa au fil du voyage. Je suis là à écrire cet article et tout va bien sur la terre ferme. Avec le temps, cette peur nouvelle et soudaine de l’avion disparaîtra peut être. A l’occasion d’un prochain voyage ? Le temps efface tout paraît-il alors je profite de cet article pour avoir une tendre pensée pour toutes ces victimes de ce fou furieux qui voulait laisser son nom à la postérité et qui, dans sa démence avait tout prémédité y compris cette impensable horreur d’entraîner avec lui un maximum d’innocents. Alors son nom, bien volontairement, je ne le citerais pas !

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Le Refuge du Gai Sourire (1.076m) et le Ravin de Tulla depuis Fenouillet (443 m)

Publié le par gibirando

 Ce diaporama est agrémenté de plusieurs morceaux de musique et chansons contenant le mot "Smile", c'est à dire "Sourire. Leurs titres et interprètes sont : "The Shadow Of Your Smile" par Sonny Stitt (saxo), "Smile" par Rickie Lee Jones (chant), "Can't Smile Without You" par Barry Manilow (chant), "The Shadow Of Your Smile" par Astrud Gilberto (chant) et Stan Getz (saxo), "Smile" par Nat King Cole (chant) et "The Shadow Of Your Smile" par Frank Sinatra (chant).

LE-REFUGE-DU-GAI-SOURIRE

GAISOURIREIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Gai Sourire ou plus exactement le Refuge du Gai Sourire. La première fois que j’ai vu ce nom-là sur une carte IGN, je me suis dit « quel joli nom pour un refuge ! » puis dans la foulée, j’ai pensé « qu’il doit être agréable d’aller si réfugier ». Alors bien sûr rien ne s’y oppose car un refuge de montagne c’est fait pour ça. Mais, car il y a un « mais » et même plusieurs, c’est que si vous souhaitez vous y rendre en groupe, voire à quelques-uns et éventuellement envisager d’y passer une nuit, je vous le déconseille très fortement. En effet, le terme de refuge est ici quelque peu galvaudé car Gai Sourire n’est qu’une toute petite cabane O.N.F de quelques mètres carrés seulement, c'est-à-dire un simple abri forestier. Si à cette toute petite surface, on enlève la place prise par la cheminée et celle occupée par une petite table et deux bancs scellés au sol autant dire que l’espace vacant se réduit presque à celui d’un placard à balais.  Il n’y a donc aucun bat-flanc ni aucun lit, et si vous êtes seul, peut être pourrez-vous vous glisser dans un sac de couchage derrière la porte et encore, j’exagère à peine.  Moi, j’y suis allé à plusieurs reprises mais vous l’aurez bien compris, jamais pour y dormir. La première fois, c’était presque par pure curiosité que j’étais parti de Gincla pour une petite balade jusqu’au refuge. La deuxième fois, en 2011, je l’avais redécouvert lors de Mon Tour des Fenouillèdes effectué avec mon fils et enfin la troisième fois, c’est le jour de cette longue randonnée au départ de Fenouillet que je vous raconte ici. Alors quel intérêt d’y aller me direz-vous ? Pour s’y réchauffer un instant lors d’une balade hivernale mais pas que et je vais y venir.

10 h du matin, je suis à La Vilasse et sur le parking qui jouxte l’église et la mairie de Fenouillet. La Vilasse est le principal noyau d’habitations, car comme j’avais déjà eu l’occasion de vous le dire lors du circuit des 3 châteaux, la commune de Fenouillet est éclatée en de multiples petits hameaux assez dispersés. J’emprunte la petite route qui descend en direction des Nautes, je passe devant un puits, quitte la route et poursuit le chemin qui continue de descendre. Je suis sur le G.R.36 ou tout du moins sur une de ses multiples variantes passant dans le secteur et qui en permettent la découverte. Juste après un petit crucifix, je tourne à droite et retrouve la route bitumée au lieu-dit le Moulin. Les Nautes sont à gauche mais comme à cet endroit il y a pléthore de panonceaux indicatifs de randonnées, le nôtre bien évidemment fait partie du lot : « GRP TFEN » avec un balisage jaune et rouge ce qui signifie « GRP Tour du Fenouillèdes ». Un autre panonceau un peu plus vieux est plus explicite « Gîte d’étape - GRP Fenouillèdes » mais sans balisage celui-ci. On poursuit jusqu’aux proches Andrigotes en ignorant tous les autres panneaux rencontrés et on monte par un court raidillon vers le hameau des Bordes. Ici, sur la cocasse « 7eme Avenue », si tout comme moi, vous avez des relations privilégiées avec la gent animale, vous vous laisserez distraire par un cortège de chiens qui viendront vous faire des fêtes et vous réclamer des câlins. Et très souvent, comme quelques chats ne sont pas en reste, moi j’y passe toujours un certain temps à n’oublier personne. Là, aux Bordes, on retrouve un nouveau panonceau « GRP TFEN » avec la mention « Col de Tulla ». Cet itinéraire vers le gîte de Tulla (Tuilla) et le col éponyme, on ne va plus le lâcher. Après la sortie du hameau, on fera toute de même attention à ne pas prendre une mauvaise piste qui part à gauche en direction des anciennes mines de feldspath puis un peu plus loin, il faudra délaisser la piste principale au profit d’un étroit sentier qui monte dans des chênes verts. Ici, la signalisation consiste en un simple poteau car le panonceau que j’ai connu semble avoir disparu. Une fois sur ce sentier, impossible de s’égarer car il n’y en a pas d’autres. Tout en montant, on découvre les ruines d’anciens cortals enfouis dans une dense végétation. Cette végétation change au fur et à mesure que l’on s’élève. Les chênes verts se dispersent et sont remplacés par des arbres plus imposants, hêtres et bouleaux notamment. Peu de temps après, les pins et d’autres résineux prennent peu à peu leurs places. En contrebas, le chant d’un étroit ruisseau se fait entendre, c’est celui du Ravin de Tulla dont on va découvrir un peu plus haut la source boueuse à proximité d’une petite cuve métallique.  Ce ruisseau, combiné à celui de la Bène et à quelques autres que l’on aura l’occasion d’enjamber dans la journée se rejoignent au fond du vallon que l’on a dominé depuis le départ. A Fenouillet, tous ces cours d’eau se jettent dans le Noir Ruisseau. Outre le Refuge de Gai Sourire, cette balade consiste aussi à faire le tour de ce profond ravin. Le Noir Ruisseau et quelques autres eaux souterraines ont joliment creusé les Gorges de Saint-Jaume que j’ai déjà eu l’occasion de décrire dans ce blog. Le sentier, essentiellement en sous-bois, alterne des portions très rocailleuses et d’autres plus moelleuses, les pierres étant agréablement remplacées par des ramilles ou des tapis de feuilles puis il débouche dans une petite prairie d’estives entourée d’une superbe forêt. Le beau gîte de Tulla surgit juste après dans son magnifique cadre verdoyant. Dieu sait si j’y suis passé très souvent devant ce beau bâtiment et pourtant je n’ai jamais osé pousser sa porte. Sans doute parce que je n’avais rien à y faire à l’intérieur mais surtout pour ne pas déranger inutilement les propriétaires de ce lieu si paisible. Par contre, je suis devenu le meilleur ami de leur chat noir et quand je le quitte, il me suit comme un petit chien jusqu’en direction du col. Alors, voyant que je ne lui prête plus attention, il se met à miauler comme je n’ai jamais entendu aucun autre chat le faire. C’est une espèce de hurlement de détresse, enfin c’est ce que je pense tant ce cri est angoissant et stressant. En arrivant au splendide col de Tulla avec sa belle forêt et ses jolies prairies, le silence est quasiment revenu et seuls les gazouillis d’innombrables oiseaux se font entendre. Quelques grives décollent des pelouses et s’enfuient en criant. Un couple de pigeons ramier s’envole à tire-d’aile sorti de nulle part. Une volée de pinsons décolle en éventail, se disperse et les passereaux disparaissent dans les pins sylvestres. Plus loin et en contrebas, un cheval solitaire me regarde et ne réagit pas à de nombreux craves à bec rouge qui jacassent autour de lui alors que je m’approche pour les photographier. Sur un pré, un écureuil roux me regarde avec ses yeux malicieux mais lui, ne semble avoir aucune crainte que je le photographie, occupé qu’il est à grignoter un pignon. Ouf ! Quel bonheur, ils sont tous plus ou moins enregistrés de mon appareil photo ! Il est 12 heures et le refuge du Gai Sourire n’étant plus très loin, je garde le programme prévu à savoir celui de déjeuner sur son aire de pique-nique où des tables et des bancs m’attendent. Ici, je me repose un instant sur l’herbe, le temps d’engloutir une barre de céréales et quelques fruits secs puis je repars en direction du col de l’Espinas comme l’indique un panonceau. De toute façon, je connais bien l’itinéraire qui file au refuge et en plus c’est toujours celui du Tour des Fenouillèdes que j’avais effectué dans l’autre sens voilà 4 ans. Ici, une mauvaise route en asphalte prend le relais en direction du col de la Bène mais on oublie très vite ce bitume sommaire car de beaux paysages commencent à se dessiner entre les troncs des arbres gigantesques. Peu à peu, les arbres se retirent et des panoramas époustouflants se font jour. Voilà, mon véritable objectif du jour ! Plus que le Refuge du Gai Sourire lui-même, voilà l’authentique but de cette balade. Je reste là, scotché au bord de la route, pendant de longues minutes, sortant mes jumelles du fond de mon sac à dos pour les ajuster et observer cette prodigieuse apparition. Cette vision, elle s’envole depuis cette superbe forêt de Boucheville, domine le ravin de Tulla et une immense partie du pays Fenouillèdes, longe la vallée de la Boulzane et l’interminable chaîne des Corbières, survole le Roussillon pour plonger dans la Méditerranée. 60 kilomètres à vol d’oiseau et en un seul regard dont je ne me lasse pas. Je vais y revenir. Quelques minutes plus tard, j’arrive au col de la Bène avec ses hêtres séculaires et colossaux, son aire de pique-nique et son minuscule refuge dont je cherche encore en vain l’origine de son joli nom « du Gai Sourire ». Cette expression un peu désuète de « gai sourire », on pourrait la croire pléonastique mais pourtant de grands écrivains comme Balzac ou Daudet l’ont largement utilisée dans leurs oeuvres. Le temps d’une courte visite du refuge, de quelques photos et je m’installe pour déjeuner. Face à moi, sur le tronc d’un grand hêtre, je retrouve des initiales gravées en 2007. Elles sont un peu plus creusées et un peu plus épaisses….un peu comme moi sans doute ! Au moment où je quitte le refuge et son esplanade, un grand rapace blanc survole la cime des hêtres ne me laissant guère de temps pour le photographier. Mais dans la foulée, un deuxième surgit et je parviens à le capter. Les volatiles disparaissent dans l’épaisse canopée mais une fois à la maison qu’elle ne fut pas ma surprise de savoir que j’avais photographié un vautour percnoptère dont j’ignorais la présence dans le pays Fenouillèdes. Je fais demi-tour, profitant au passage des panoramas déjà expliqués.  Mais avant de parvenir au col de Tulla, j’emprunte la piste DFCI F.39, long itinéraire tout en zigzag qui doit m’amener jusqu’au col de Boire. Là, commence une nonchalante descente essentiellement en forêt avec néanmoins quelques belles ouvertures sur les ravins en contrebas et les sommets forestiers alentours : roc de Boucheville, d’En Peillofo, Sarrat Naout. Si vous n’aimez pas les longues marches en forêt, ce retour vers Fenouillet, vous le trouverez certainement fastidieux mais moi, j’adore car j’ai toujours les sens en éveil. Pour moi, ce type de balade, c’est « L’appel de la forêt » de Jack London et avec mon appareil photo autour du cou, je deviens Buck, le chien qui hume la nature. Je suis constamment à guetter la moindre découverte et une fois encore, la nature va me réserver de bien belles surprises avec quelques mésanges colorées peu craintives que j’arrive à faire venir en soufflant dans mon appeau. Un peu après, deux pinsons juvéniles se baignant dans une flaque font le spectacle, puis c’est un joli chevreuil broutant en contrebas de la piste que je surprends en zoomant mais pas pour très longtemps car lui aussi m’a flairé.  Dans les espaces ensoleillés, les premiers papillons sont déjà de sortie avec de magnifiques Paons de jour et des Vulcains mais aussi quelques Aurores et Soucis qui ne se posent jamais. Enfin, je surprends un superbe coucou geai à proximité du Prat del Rey. Un couple de ces magnifiques oiseaux que j’ai également aperçu en vol,  semble s’être installés à proximité du nid d’une pie bavarde que j’ai photographié dans un pré. Il faut savoir que la femelle coucou geai a pour habitude de déposer ses œufs dans le nid d’une femelle corvidé la laissant ainsi s’occuper de ses rejetons. Entre ces nombreuses leçons de sciences naturelles grandeur nature, le reste de l’itinéraire a été largement rempli avec de beaux paysages : vues vers les pechs de Fraissinet et des Escarabatets, sur cette Pelade que j'aperçois parfois et dont j'envisage de faire son tour, sur Fenouillet, sur la vallée de la Boulzane, sur le Pech de Bugarach et bien évidemment sur les principaux décors arpentés du jour : ravins encaissés avec tout autour l’immensité de cette ancienne et merveilleuse forêt royale de Boucheville. Après le col de Boire et son insolite borne 51 (ça ne s’invente pas !) où j’ai profité de biens jolis panoramas pour finir mon casse-croûte, j’ai délaissé les pistes principales. D’abord celle allant vers la Source des Verriers (un 51 ça va, trois bonjour les dégâts !)  puis celle se dirigeant vers le col del Mas au profit de la piste DFCI F.39bis descendant vers Fenouillet. Finalement peu avant d’arriver au Roc de la Martine, j’ai abandonné cette piste et j’ai emprunté un étroit sentier balisé en jaune qui descendait direct vers  le lieu-dit « Lou Prat del Rey ». Entre des haies de pins, de buis, de bruyères et de chênes verts, après avoir longé puis enjambé un limpide petit ruisseau, l’étroit sentier m’a amené sur un large chemin creux se faufilant au milieu de grandes prairies. Ici, du haut de ses ruines, le Castell Sabarda domine ce cadre clair et verdoyant puis s’est au tour du château Saint-Pierre d’apparaître mais les maisons de Fenouillet sont déjà là. Il est exactement 17h45 quand j’arrive au parking de la Vilasse et cette longue et belle flânerie de 22 à 23 km environ a duré 7h45. Le dénivelé a été de 633 m, le refuge du Gai Sourire représentant le point culminant à 1.076 m d’altitude et le Moulin des Nautes à 443 m le point le plus bas. Quand aux montées cumulées, elles sont de 2.200 mètres environ sur le parcours décrit. En raison des nombreuses pistes sillonnant cette contrée, vous pourrez organiser et adapter votre randonnée selon votre guise. Attention néanmoins à bien rester sur des chemins fréquentés certains peu utilisés pouvant être embroussaillés voire carrément impraticables. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

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22eme fête de la randonnée à Millas

Publié le par gibirando


Je vous informe que la 22eme fête de la randonnée se tiendra à Millas le dimanche 26 avril 2015 à partir de 7h à la Maison du Parc. Pour consulter le programme, agrandissez les photos ci-dessous en cliquant dessus ou mieux sur taille réelle. Désolés mais nous ne serons sans doute pas parmi vous car déjà inscrits aux "Lucioles de Roquebrune-sur-Argens". 



 

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Le Prieuré Santa Maria del Vilar depuis Villelongue-dels-Monts

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons interprétées par les chœurs
de "The Cambridge Singers" Elles ont pour titre : "This Is The Day" avec "The Aurora Orchestra" dirigé par John Rutter, "Look At The World" puis "Christmas Night" avec "The City of London Sinfonia" dirigé par John Rutter.

Avant de faire le récit de cette balade au prieuré Santa Maria del Vilar, je veux d’abord remercier Madame Lucette Triadou. Simplement la remercier car les hommages et les honneurs mérités, elle en a déjà eu plus que son lot : Légion d’honneur, Monuments Historiques, Bâtiments de France, Association des vieilles maisons françaises, Direction régionale des Affaires Culturelles, etc…etc….Sans elle, cette balade loin du vacarme de la vie quotidienne n’aurait sans doute jamais existée et bien plus grave, le superbe prieuré, notre objectif, n’aurait jamais revu le jour et surtout la lumière, enfoui qu’il était sous la végétation depuis des décennies. Toutes mes balades nécessitant presque toujours un but, si j’avais été à la place de Lucette, je crois que jamais je n’aurais découvert ce prieuré. Alors, remercions-la une fois encore d’être venue se balader en toute simplicité dans ce joli coin des Albères, d’avoir eu la curiosité de découvrir ce site merveilleux, de s’y être intéressé et surtout de l’avoir acheté en 1993. Mais le plus difficile était encore devant elle. Alors remercions-la aussi d’avoir eu le courage et la ténacité de le restaurer. Remercions aussi les nombreux et vaillants habitants de Villelongue-dels-Monts et tous les autres qui l’ont aidé dans cette tâche titanesque. Remercions cette petite communauté orthodoxe roumaine d’avoir accepté d’y vivre dans la prière. A côté de toutes ces contraintes, partir à sa découverte aujourd’hui en passant par El Reposador est de la « gnognote » même si la randonnée que je vous décris ici est un peu sportive. Comme indiqué, le départ s’effectue depuis Villelongue-dels-Monts et plus précisément depuis le Cami del Vilar. Indifféremment, vous pouvez démarrer du village ou bien d’un peu plus haut sur le chemin où se trouve un parking près d’une citerne DFCI verte. Si vous partez de là, vous aurez gagné au bas mot un peu plus d’un kilomètre. Là, sur le parking, vous apercevrez un panneau vous indiquant le prieuré à 1 km. Alors bien évidemment, sauf à vouloir faire cette balade à l’envers, ce qui reste toujours possible, le départ s’effectue en poursuivant la piste qui part à droite en direction d’un radier sous lequel s’écoule le Ruisseau de Villelongue. On poursuit la piste en ignorant les chemins partant à gauche et au premier grand virage en épingle à cheveux, on traverse le virage et l’on emprunte un tout petit sentier matérialisé par un cairn. Presque immédiatement, on constate que ce sentier est, comme tout bon P.R,  balisé par des marques de peinture jaune. Pour effectuer cette boucle, ces traces jaunes, on ne va plus les lâcher. Toutefois, 500 mètres après le virage, on ignorera un autre sentier qui, par la droite, descend vers Montesquieu-des-Albères. Le nôtre continue de s’élever régulièrement et parfois même assez sévèrement, rendant cette balade plutôt sportive. Vers l’ouest, le regard plonge vers de profonds ravins où s’écoulent des correcs.  Au  bout de ces ravins, des maisons agglutinées ou parfois esseulées au sein d’une végétation foisonnante.  Cette toison verdâtre, on la retrouve dans tout le Massif des Albères et en tous cas, dans la partie visible. Plus loin, Le Boulou et encore plus loin, le Massif du Canigou superbement enneigé en cette saison. Au bout d’un moment, le sentier suit une ligne de crête offrant des panoramas vers l’est et les contreforts du pic d’Aureille et l’on va profiter de ces instants pour observer puis figer dans notre appareil photo, une vue aérienne de notre objectif du jour. On retrouve la piste forestière initiale que l’on poursuit en longeant de grands cyprès de l’Arizona. Au bout de 400 mètres, on délaisse la piste au profit d’un chemin qui part en gauche en épingle à cheveux. Là, avant de poursuivre le sentier en sous-bois, deux découvertes peuvent retenir l’attention : sur la gauche, un magnifique chêne multiséculaire et superbement ramifié et un peu plus loin, les ruines du cortal Cossanes (ou Caussanès) avec des murs et de belles arcades en pierres roses.  Tout en montant, la végétation change. Après, les chênes verts, blancs ou lièges, place à de grands hêtres et conifères. Après une portion relativement plane ou peu accentuée, le sentier franchi un ru puis monte sévèrement dans une belle et haute hêtraie. Sur la droite et si les ruines vous attirent, un sentier barré d’une croix jaune peut vous amener vers le Mas del Pou. Peu de temps après, le sentier file en balcon au dessus d’une ravine. C’est toujours le ruisseau dit de Villelongue que l’on ne va pas tarder à enjamber, mais un autre petit ruisseau est d’abord franchi c’est celui de la Font de Sant-Cristau descendant tout droit du puig éponyme. Au rythme des correcs franchis, le sentier descend un peu, se stabilise et remonte de plus belle mais le point culminant de cette balade est finalement atteint à 610 m d’altitude au lieu-dit « El Reposador », petite esplanade herbeuse à la croisée de chemins où comme son nom l’indique on peut se reposer. Désormais, il ne reste plus qu’à redescendre vers le prieuré Santa Maria del Vilar mais l’on notera au passage que cette descente foisonne de portions dallés, de murets, de terrasses et de ruines, le tout en pierres sèches, ce qui tend à prouver que ce sentier a été longuement emprunté aux siècles passés et que la présence du prieuré n’était bien évidemment pas étrangère à ces passages. Les pèlerins et les coquins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle passaient-ils par là pour franchir la frontière ? C’est fort probable car on a la certitude que le prieuré a longtemps servi de lieu d’accueil et notamment au temps où il était occupé par des moines augustiniens (ou augustins) dont une des pratiques de la vie monastique était l’hospitalité, hospitalité que Saint Augustin lui-même avait pourtant décriée de son temps. La découverte du bel édifice roman et son agréable visite guidée par de gentilles nonnes roumaines vous en apprendront bien plus sur l’Histoire que je ne pourrais le faire ici et ce d’autant que vous trouverez également sur Internet de nombreux sites qui lui sont consacrés (voir ci-dessous). Après cette visite guidée que je conseille vivement, la balade se termine et comme indiqué au début, il ne vous reste qu’un kilomètre à parcourir sur l’asphalte de la route pour rejoindre votre véhicule. A moins bien sûr que vous l’ayez laissé au village ce en quoi, il vous en restera approximativement deux ou trois. Telle qu’expliquée ici, la randonnée est longue de 6 km environ pour un dénivelé de 410  mètres et des montées cumulées de 575 mètres. Bonnes chaussures de marche sont vivement conseillées sur ce terrain alternant des reliefs et des sols très variés. Carte IGN 2549 OT Banyuls – Col du Perthus – Côte Vermeille  Top 25.

Principaux sites Internet :

http://www.prieureduvilar.free.fr/index.html

http://www.edelo.net/roman/images/catalan66/stamaria/cadre.htm

http://www.chateaux-france.fr/prieure-santa-maria-del-vilar/

http://www.photosdailleurs.fr/albums/STAMARIA/stmaria.htm

http://tassinternet.pagesperso-orange.fr/vilar/restauration/restauration.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prieur%C3%A9_Santa_Maria_del_Vilar

http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=66225_1

http://www.jeantosti.com/visiter/villelongue.htm

http://etab.ac-montpellier.fr/~w0660170b/index.html 

et celui de l'Histoire du Roussillon

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Fin d'une vie......hommage à ma mère

Publié le par gibirando

 
« On remplace un ami, une épouse, une amante. Mais une mère est un bien précieux qu’on reçoit une fois, par la bonté des cieux ». André Chénier - poète 1762-1794

Début novembre, le 7 exactement, je vous faisais part dans Mon Journal Mensuel de mon désarroi et de ma détresse alors que ma mère s’éteignait à petit feu. Devant ce que je considérais comme une terrible injustice, je ne savais que dire et encore moins que faire. Ma mère nous a quitté le 10 novembre. Elle nous a quitté dans sa petite chambre de la maison de retraite où elle résidait depuis plus de 6 longues années. 6 longues années à vivre là, à cause de cette infâme maladie d’Alzheimer. Une infâme maladie qui l’avait avilie, qui l’avait réduite peu à peu à un état végétatif c'est-à-dire de « légume » si je veux être sordide mais réaliste. Elle nous a quitté après être restée 13 jours sans manger ni boire juste soutenue par d’éphémères perfusions et quelques  patchs anti-douleurs à base de morphine. Ma mère était malade mais elle avait un cœur d’une incroyable solidité. A-t-elle souffert ? Je ne sais pas mais cette question me taraude sans cesse l’esprit et ce mois-ci, j’ai agréablement constaté que je n’étais pas le seul à m’interroger sur une fin de vie comme celle que ma mère avait connue. En effet, ces derniers jours, les députés français ont eu à réfléchir et à se prononcer sur une loi dite de « fin de vie » consistant à autoriser un endormissement pour les malades incurables et en phase terminale lorsque leurs souffrances ne peuvent pas être apaisées.  A une large majorité de 436 voix contre 34, la proposition de loi a été adoptée. Merci à eux, même si un bémol est à mettre en exergue car tout ce qui consiste en une aide active à mourir a été majoritairement rejetée. « Endormir oui ! Euthanasier non ! ». Mais un pas de plus a été franchi dans l'apaisement et le confort de cette « fin de vie » que l’on redoute tous en vieillissant.

Aujourd’hui, la question que je me pose est la suivante : « Cette loi aurait-elle changée la mort de ma mère ? ». Bien évidemment, je ne peux pas répondre à cette question mais une chose est sûre c’est que le corps médical qui l’entourait avait reçu toutes les consignes pour qu’elle ne souffre pas ou en tous cas, le moins longtemps et le moins possible. Aujourd’hui, je m’interroge toujours et mes tourments ne sont sans doute pas près de s’estomper. C’est ainsi.

Le 7 novembre, je ne savais que dire sur mon blog, le 10 encore moins….mais en ma qualité d’aîné, le jour des obsèques, il a fallu que je parle de ma mère. Alors, pas facile de résumer sur une feuille de format A4 tout l’amour qu’elle m’avait donné, pas facile de résumer tout l’amour que l’on a porté à sa mère,….mais bon il a bien fallu que j’écrive un petit laïus et ça n’a pas été simple. Ce ne sont pas des « Oraisons funèbres » dignes d’un Bossuet, ni un grand discours d’éloges, non c’était un petit laïus pour lui rendre hommage tout simplement, car ma mère, c’était avant tout la simplicité :

 

« Bonjour à tous, merci d’être venus nous soutenir. Quand maman est décédée à la maison de retraite, un gentil infirmier d’origine africaine m’a dit que dans son pays d’origine quand une personne âgée décédait, il était de coutume de dire que c’était une bibliothèque qui disparaissait. J’ai beaucoup aimé cette image. Alors je ne sais pas si maman était une bibliothèque mais une chose dont je suis sûr c’est qu’elle a été un livre d’amour et un drame en même temps. Un livre d’amour dont j’ai le sentiment d’avoir oublié de lire quelques pages importantes. Par exemple, je m’aperçois aujourd’hui que j’ai su peu de choses de son enfance et de sa jeunesse, sans doute par pudeur. Je n’ai jamais su non plus comment elle avait rencontré mon père et comment ils s’étaient aimés. J’aurais bien aimé lui poser des questions sur mes grands-parents. Enfin toutes ces choses que l’on veut savoir quand on « prend de la bouteille ». Maman a été un livre d’amour car elle a consacré sa vie aux autres et surtout aux enfants. Elle nous a d’abord élevé, nous, ses trois enfants Daniel, Nicole et moi. Ensuite, elle a gardé ses petits-enfants Pascal et Sylvain, et comme ça ne lui suffisait pas, elle a encore gardé d’autres enfants. C’était son choix : s’occuper d’enfants ! C’était sans doute là que résidait son bonheur : avoir des enfants autour d’elle. Elle aimait ça ! C’était ce qu’elle avait choisi ! Ensuite sa vie a été très difficile car elle a connu des épreuves qu’elle n’avait pas choisies : le décès de mon frère Daniel partit bien trop jeune et qui a toujours été une profonde cicatrice qui ne s’est jamais refermée. Le décès de mon père, parti bien trop tôt lui aussi et qui l’a empêché d’avoir une retraite digne de ce nom. Une retraite où elle aurait pu profiter un peu de la vie, faire des voyages enfin toutes ces bonnes choses que l’on peut faire à cet instant après une dure vie de labeurs. Ensuite, il y a eu cette terrible maladie d’Alzheimer. Là, le livre est devenu illisible. Illisible pour elle et illisible pour nous et tous ses proches. Pendant 8 ans, cette maladie nous l’avons vécue comme une injustice. Maman ne méritait pas ça. Cette maladie, elle en a souffert. Nous en avons souffert. Aujourd’hui, la dernière page du livre se referme et c’est une délivrance. Une délivrance pour elle surtout et pour nous aussi bien sûr. Même si la vie de maman ne peut pas se résumer à quelques lignes, voilà ce que je voulais dire d’elle. Maman je t’aime, on t’aime. »

Mettre le son pour écouter la musique : Nocturne de Secret Garden


SECRET GARDEN - NOCTURNE par noriko75

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Vadrouille dans le fenouil - Histoire-Géographie-Préambule

Publié le par gibirando

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En vadrouille dans le fenouil

ou

le Tour des Fenouillèdes en cinq jours

dans les pas de mon fils

Lien vers étape 1 

Les Fenouillèdes que l’on écrit plus rarement le Fenouillèdes et incorrectement le Fenouillède au singulier mais que vous trouverez parfois écrit dans certains textes ou même sur des panneaux indicatifs en occitan Fenolheda ou Fenolhedés ou bien encore en catalan Fenolleda ou Fenolledès tirerait son nom du mot romain « Fenolietensis » signifiant « foin ».

Alors, si j’en crois les historiens, ce n’est pas en « Vadrouille dans le fenouil » mais en « Vadrouille dans le foin » que j’aurais du intituler le récit de ces cinq jours de randonnée pédestre au cours desquels, avec mon fils Jérôme, nous avons réalisé le tour de ce joli pays. Bon, s’il faut reconnaître que pour la rime c’est sans doute mieux ainsi, sur le terrain, il n’y a pas photo non plus quand à l’importance du fenouil sauvage par rapport aux champs de foin. En effet, en dessous d’une certaine altitude, il y a, en bordure des sentiers et dans la garrigue, du fenouil sauvage un peu partout alors que les balles de foins, elles, sont plutôt discrètes dans cette région presque essentiellement viticole. En effet, des champs de foin, je n’en ai vraiment aperçu qu’au dessus de Sournia, du côté des bien nommés Prats-de-Sournia (prés de Sournia), autour de Caudiès et enfin au pied du Bugarach où certains petits prés voués à l’élevage semblent faire l’objet de fenaisons régulières mais tellement insignifiantes que j’ai du mal à comprendre que l’on y consacre un patronyme à une région toute entière. Alors s’il est vrai que quelques siècles se sont écoulés depuis l’origine de cette dénomination, j’avoue que cette explication historique de désigner les Fenouillèdes en «Pagus Fenolietensis» à savoir le «Pays des Foins»  ne m’inspirait pas vraiment. En effet quel rapport pouvait-il bien y avoir entre le mot « foin » alors que très clairement le nom « Fenouillèdes » contenait le préfixe « fenouil » ? Alors, j’ai cherché à comprendre et en enquêtant sur le sujet, j’ai fini par apprendre que les Romains appelaient le fenouil du mot «foeniculum» dont la traduction me convenait à merveilles puisque elle ne signifiait pas moins que « petit foin ». Les diminutifs latins « fenum » ou « foenum » signifiant plus simplement le « foin ». Alors très clairement le Fenouillèdes devenait de toute évidence le « Pays du Petit Foin » c'est-à-dire le « Pays du Fenouil » !  La boucle était donc bouclée et pour clore d’ailleurs ce qui n’a jamais été une querelle entre « foin » et « fenouil », j’ai fini par apprendre que dans certaines régions, on donne encore au fenouil ce nom de « petit foin ». Enfin qu’elle ne fut pas ma surprise d’apprendre que les Grecs, eux, avaient baptisé le fenouil  du mot « marathon » comme la célèbre cité où s’était déroulée en 490 avant J.C, la glorieuse bataille entre Athéniens et Perses. Alors c’est vrai, j’aurais pu faire un incroyable pléonasme en intitulant mon récit de ce Tour des Fenouillèdes, « Marathon dans le fenouil ». Mais heureusement et même si les étapes ont toutes été très longues ; plus de 20 km tous les jours ; aucune n’a jamais atteint les 42,195 kilomètres qui séparaient Marathon d’Athènes. Et puis, je dois le reconnaître, j’aime bien ce titre de « Vadrouille dans le Fenouil » bien plus poétique avec sa jolie petite rime en « ouille » qui correspond bien mieux à la longue errance que nous avons connu Jérôme et moi au cours de ces cinq jours. Une longue flânerie, qui certains soir, se finissait en « petites souffrances » du style « ouille mes mollets ! », « ouille mes doigts de pieds ! » Gros point positif de mes recherches sur l’origine des Fenouillèdes, elles m’ont permis d’en apprendre encore bien plus sur l’histoire et la géographie de cette bien agréable région :

 

Résumé de l’Histoire du pays Fenouillèdes : 

 

Bien avant que Le « Pagus Fenolietensis » romain devienne le « Pays des Foins », le territoire est occupé dès la préhistoire comme le prouve les nombreuses découvertes archéologiques et notamment celle de la Cauna de Bélesta où une tombe collective d’une trentaine de personnes datant de -4500 avant JC a été mise à jour en 1983. Il y a également de nombreux dolmens ayant sans doute servis de sépultures notamment à Felluns, Ansignan, Trilla, Campoussy et Bélesta.  On pourrait également évoquer le célèbre « Homme de Tautavel » mais bien que très proche, ce bourg n’est pas vraiment considéré comme étant situé dans les limites du pays Fenouillèdes. On saute quelques siècles pour constater de la présence des Romains dès l’an 120 avant JC. Lors de notre dernière étape, cette présence romaine, on a eu l’occasion de l’observer au plus près avec le superbe aqueduc d’Ansignan dont la solidité exceptionnelle et l’état de conservation exemplaire lui permettent de fonctionner encore plusieurs siècles après son édification. Le début de l’ère chrétienne voit la venue et l’installation d’autres peuplades et ethnies (Sordes, Volques, Ceratanis, Ibères, Suèves, etc….) Plus tard, au Veme siècle, les Wisigoths envahissent la région. Il faut dire que leur royaume s’étend jusqu’à la toute proche Septimanie. Puis ce sont les Arabes qui envahissent à leur tour la contrée mais Pépin le Bref se charge de les repousser à la Bataille de Narbonne en 759. Les Francs et Charlemagne occupent le territoire et autorisent la construction d'édifices religieux comme le magnifique Chapitre de Saint-Paul de Fenouillet ou bien militaires comme  la tour de Lansac ou celle de Trémoine dont les origines seraient dit-on également carolingiennes. En 842, sous Charles le Chauve, la Septimanie est divisée en deux pays distincts qui laissent les Fenouillèdes dans une entité intitulée la « Marche d’Espagne ». Au Xeme siècle, le premier vicomte s’installe au château de Fenouillet. Les Cathares, initialement concentrés dans les Comtés de Toulouse, Albi, Béziers et Carcassonne, après la Croisade contre les Albigeois de 1208, trouvent refuge dans les Fenouillèdes, pourchassés qu’ils sont par l’Etat français. Quelques vestiges comme les châteaux de Quéribus ou de Peyrepertuse ont été les témoins de ce passé tumultueux et tourmenté où les « Bons Hommes » avaient trouvé dans les Fenouillèdes et leurs proches alentours une terre d’asile accueillante. Prenant partie pour les cathares, le Vicomte de Fenouillèdes, lui est contraint de quitter Fenouillet pour s’exiler dans le Roussillon voisin. Ses héritiers ne retrouveront plus jamais les terres de leurs ancêtres. Bien que faisant partie intégrante de l’Occitanie, le pays Fenouillèdes, de par sa position géographique frontalière, a une longue histoire étroitement et intimement liée à celle de ses voisins catalans et espagnols. Avec le Traité de Corbeil de 1258 signé entre les rois de France et d’Aragon, les Fenouillèdes sont réintégrés au royaume de France. Du côté de Bélesta, Montalba-le-Château et Latour-de-France, quelques bornes-frontière encore debout sont le témoignage de cette délimitation entre Roussillon aragonais et Fenouillèdes français. Il faudra attendre le Traité des Pyrénées de 1659 signé entre les rois Louis XIV et Philippe IV d’Espagne pour qu’avec l’annexion de nombreux territoires tel le Roussillon, le Conflent, le Vallespir, le Capcir et une petite partie est du comté de Cerdagne, pour ne citer que les plus proches, la frontière recule encore un peu et s’installe dans ses limites actuelles. Mais il faudra attendre encore presque un siècle de plus et le Traité de Bayonne de 1856, pour que la véritable frontière terrestre soit définitivement symbolisée avec l’installation de 602 bornes sur la chaîne pyrénéenne. En 1790, avec la création des départements français, une immense partie du pays Fenouillèdes est intégrée aux Pyrénées-Orientales. Toutefois sa partie historique la plus haute en altitude correspondant grosso modo aux vallées de la Boulzane et d’Escouloubre est attribuée au département de l’Aude. Aujourd’hui, c’est toujours cette configuration-là qui prédomine. Mais pour mieux comprendre, ce découpage, il est sans doute nécessaire de parler un peu de la géographie de cette région très contrastée.

 

Géographie des Fenouillèdes :

 

Comme de nombreuses régions naturelles, les Fenouillèdes sont bornées par des repères plutôt vagues dont on peut néanmoins délimiter quelques contours grossiers : Au nord, la limite est représentée par les Corbières servant de frontière avec l’Aude. A l’est, c’est le Roussillon et le Ribéral. Au sud, c’est la région du Conflent où s’étire la Vallée de la Têt. A l’ouest, c’est le piémont des Pyrénées Audoises jusqu’au Défilé de Pierre-Lys où s’écoule le fleuve Aude qui délimite la région. Mais bien plus que des bornes naturelles, c’est la langue occitane qui délimite le pays Fenouillèdes, ce qui vous l’aurez bien compris n’a pas été sans poser de nombreux problèmes depuis son rattachement au département des Pyrénées-Orientales dont toutes les autres régions sont de langue exclusivement catalane. En effet, divisée grossièrement en trois cantons (Saint-Paul, Sournia et Latour-de-France), la région administrative du Fenouillèdes est encore très fière d’appartenir à l’Occitanie et sur les 33 communes qu’elle comporte, 28 sont de langue occitane et 5 seulement sont de langue catalane (Arboussols, Calce, Estagel, Montner et Tarerach). Avec ses 2000 habitants, Saint-Paul-de-Fenouillet est considéré depuis très longtemps comme la capitale régionale. En Fenouillèdes et au dernier recensement, la population dépassait péniblement les 10.000 habitants et ce chiffre ne représentait que 2,4% de la population totale du département. Cette différence entre Occitanie et Catalogne est encore visible de nos jours et il faut bien le dire, peu considéré, le pays Fenouillèdes reste le « parent pauvre » du département des Pyrénées-Orientales. Mais quand je dis « pauvre », on peut le traduire en désœuvré à cause d’une densité et d’une évolution de la population très faible pour un taux de chômage un peu supérieur aux autres régions du département, mais il ne faut pas l’entendre comme dépourvue de toutes richesses car les Fenouillèdes disposent de vignobles exceptionnels et de quelques industries minières, feldspath, calcaire et gypse notamment. Dans un passé pas très lointain, les mines et carrières étaient plus nombreuses car on y exploitait aussi du fer, du sable et du kaolin et quelques autres minerais un peu plus rares. L’avenir économique est à construire avec peut-être des opportunités dans l’agriculture et les filières du bois. Quand à l’activité touristique, elle est insuffisamment mise en valeur pour l’instant et pourrait être porteuse d’espoirs dans un futur pas si lointain que ça pour peu que les politiques veuillent s’en donner la peine. Il suffit de parcourir le pays à pied pour prendre conscience de toutes les merveilles que cette région recèle. Les Fenouillèdes sont une succession de collines essentiellement calcaires plus ou moins hautes, veinées en tous sens d’une multitude de petites ravines et de quelques vallées plus ou moins larges. Au fond de tous ces ravins, petits et grands, s’écoulent une multitude de rus,  ruisseaux, torrents, rivières, correcs ou recs comme on les appelle ici. Souvent, il faut des pluies torrentielles pour que l’eau s’y écoule et c’est donc au fond des vallées les plus importantes que quelques rivières coulent vraiment en toutes saisons. Ces principales rivières ont pour noms Boulzane, Desix, Matassa, Maury et Verdouble mais toutes ont un confluent commun qui s’appelle l’Agly. Long de 60 kilomètres et seul fleuve régional, l’Agly a indubitablement façonné une grande partie des Fenouillèdes et laisse encore son empreinte bien après ce pays jusqu’au terme de son parcours. Depuis sa source au pied du Pech de Bugarach, l’Agly s’engouffre dans les fabuleuses Gorges de Galamus et retrouve la Boulzane dans la vallée constitué par les Corbières d’un côté et le long synclinal de Saint-Paul-de-Fenouillet de l’autre. Le fleuve fracture cette barre rocheuse longue de 30 kilomètres et poursuit sa route dans les Gorges de la Clue de la Fou où ses eaux plutôt froides se mélangent aux eaux minérales sulfurées calciques de la source d’eau chaude à 27° de la Font Cauda, autrefois exploitée par des établissements thermaux.  Puis plus placidement, elle se dirige vers Ansignan, passe au pied du village sous et sur l’étonnant aqueduc romain grâce à un ancestral et ingénieux système de déviation de son lit, pour se déverser dans la majestueuse retenue formée par le barrage de Caramany. L’Agly franchit encore quelques jolis villages du pays Fenouillèdes tels Latour-de-France et Estagel, atteint le Roussillon à Cases-de-Pène, traverse Espira-de-l’Agly puis Rivesaltes et rejoint enfin la Méditerranée où la rivière se jette entre les plages de Torreilles et du Barcarès. Enfin, pour finir ce chapitre consacré à la géographie, la région est séparée en deux parties distinctes : le Haut-Fenouillèdes à l’ouest, principal domaine des superbes forêts domaniales et communales où l’altitude culmine à 1.310 mètres au Sarrat Naout près de Rabouillet au sein de la grandiose et ancienne forêt royale de Boucheville et le Bas-Fenouillèdes à l’est où prédomine la vigne qui pousse au fond des vallons et sur les coteaux de schistes de quelques petites collines hautes de 800 mètres au maximum. Ici, ces collines, on les appelle « serres » ou « sarrats ».

 

Enfin et pour être complet, le climat du pays Fenouillèdes est de type essentiellement méditerranéen même si par endroits, la proximité des Pyrénées et l’éloignement par rapport à la mer créent des microclimats de type montagnards. Il est donc normal d’y trouver le plus souvent une flore typiquement méditerranéenne constituée pour l’essentiel de maquis et de garrigues où la végétation est plutôt rase et où les arbustes les plus communs sont le chêne vert, le chêne liège et le pin, ou bien des épineux comme les ronciers et les églantiers ou bien encore des ligneux comme les cistes, les buis, les buplèvres ou les bruyères arborescentes. Dans cette garrigue, le Fenouil sauvage pousse assez spontanément mais est néanmoins très présent à certains endroits. Au sein de cette végétation, vit une faune sauvage, elle aussi typique du pourtour méditerranéen avec l’emblématique sanglier dont les populations peuvent être excessivement nombreuses par endroits. Enfin, dans les profondes et sombres forêts d’altitude, on retrouve la plupart des conifères et feuillus européens. Elles sont le domaine de nombreux renards, mustélidés (blaireaux, fouines, furets, etc…) et surtout cervidés, chevreuils ou cerfs essentiellement et parfois même l’isard. Selon certains témoignages, d’autres mammifères y auraient été incidemment aperçus ou repérés comme le chat sauvage, le loup, le lynx et l’ours par exemple mais ces passages ne sont sans doute que sporadiques et jamais définitifs.

 

 

Préambule :

 

Comme pour mon Tour du Coronat de 2007 et mon Tour du Vallespir de 2009, tous deux effectués en solitaire, l’idée d’accomplir ce Tour des Fenouillèdes m’est venue au cours des diverses randonnées d’un jour que j’accomplissais dans le secteur et chaque fois, que je tombais sur un panonceau « Tour des Fenouillèdes », la curiosité de découvrir cette région dans son intégralité me titillait et je me disais « un jour, ce serait bien que tu puisses le faire ».

  

Alors, c’est vrai cette idée trottait souvent dans ma tête et ce tour pédestre était inscrit sur mes tablettes depuis quelques temps déjà mais quand il fallut réellement le concrétiser, il faut le reconnaître, l’organiser ne fut pas chose facile tant ce pays des Fenouillèdes est incontestablement la région oubliée du département des Pyrénées-Orientales. Mais peu importe les difficultés et il était hors de question pour moi que je ne l’accomplisse pas. Cette volonté s’amplifia encore un peu plus quand mon fils Jérôme m’indiqua qu’il envisageait de le faire avec moi. Le Fenouillèdes, terre occitane oubliée ou ignorée des catalans depuis le traité des Pyrénées de 1659, il suffit pour s’en convaincre, de compulser "Pyrénées-Orientales - L’Encyclopédie Illustrée du Pays Catalan" où seulement deux pages sont consacrées à cette belle région sur les 302 pages que comporte ce gros ouvrage. Sans doute que ce désintéressement est également lié à une densité de population moindre que celle des autres régions du département. Pour se convaincre de cette indifférence et de cette ignorance quasi générale, il suffit de vouloir parcourir ce tour, pourtant parfaitement balisé par les comités associatifs pédestres, pour constater qu’aucun topo-guide n’a encore été édité ni par la Fédération Française de Randonnée Pédestre ni par aucun autre éditeur. Quand à l’organisation, si dans les communes les plus importantes que sont Saint-Paul-de-Fenouillet, Caudiès-de-Fenouillèdes et Sournia, on y trouve assez aisément le gîte et le couvert, il y a, en terme d’hébergement quasiment un grand vide dans la partie orientale du tracé sur une immense portion qui va de Saint-Paul à Sournia, c'est-à-dire depuis Lesquerde à Eus (*)  en passant par Ansignan, Trilla, Tarerach, Marcevol et Arboussols. C’est d’ailleurs, je pense, la raison essentielle pour laquelle ce tour n’a pas encore été édité et reste peu fréquenté et que nous-mêmes avons été contraints de camper lors de la première étape qui nous a amenée de Trilla à Eus (1). C’est d’ailleurs la principale raison qui m’a incité à démarrer de Trilla, après avoir retourner le problème dans tous les sens. J’ai d’autant plus du mal à comprendre ce désintéressement pour les Fenouillèdes et cette désaffection pour ce magnifique tour pédestre que cette région regorge de richesses naturelles, architecturales et patrimoniales exceptionnelles. Pour n’évoquer que les sites rencontrés ou aperçus les plus remarquables sur l’itinéraire et sans parler des remarquables vignobles que l’on côtoie au fil du parcours, Rivesaltes et Maury  en tête, pour ne citer que les plus connus qui y sont récoltés, il y a le superbe Prieuré de Marcevol, la localité d’Eus (*), élu plus beau village de France, de nombreux hameaux oubliés dont ceux de Comes, de Malabrac et de Campeau par exemple, ces étonnants amas granitiques naturels de la longue Serre de Sournia, les admirables forêts communales et domaniales du Fenouillèdes, de Boucheville et du Moyen-Agly, les merveilleuses gorges de Saint-Jaume, les belles vallées de la Désix, de la Boulzane et de l’Agly pour ne parler que des principales rivières, les ruines d’innombrables mas pastoraux et de nombreux châteaux dont ceux de Fenouillet, l’admirable église Notre-Dame de Laval à Caudiès, les étonnantes échines géologiques calcaires que sont le synclinal de Saint-Paul s’étirant sur plus de 30 kilomètres et les Corbières avec ses pechs et notamment celui monumental et mystique de Bugarach, le surprenant chapitre de Saint-Paul avec son insolite clocher heptagonal et enfin peut-être le plus merveilleux et emblématique joyau architectural de la région avec le splendide pont-aqueduc romain d’Ansignan dans un état de conservation exceptionnel et encore en état de fonctionnement malgré son grand âge de plus de 17 siècles. Voilà quelques unes des principales merveilles que vous pourrez découvrir ou voir si vous êtes amené un jour à réaliser ce tour pédestre dans son intégralité. Enfin, dès que l’on s’élève un peu, on est frappé par cette mosaïque de paysages et ce patchwork de couleurs et ça où que l’on se trouve, c’est dire si la diversité est une des caractéristiques principales du pays Fenouillèdes. Si dans cette longue liste,  j’ai volontairement omis les superbes Gorges de Galamus et son ermitage Saint-Antoine, c’est parce que nous-mêmes en avons fait l’impasse mais rassurez-vous, elles font bien partie de ce tour et rien ne s’opposera à leur découverte lors d’une étape supplémentaire au départ de Saint-Paul-de-Fenouillet. On peut également regretter dans le tracé actuel de ce tour, cette ignorance la plus totale pour des  villages tels que Maury, Rasiguères, Lansac, Latour-de-France, Bélesta ou bien encore Caramany. Un allongement de deux à trois jours passant par ces villages et effectuant le tour du lac de Caramany par exemple aurait été judicieux et agréable. Mais les Fenouillèdes, ce ne sont pas seulement des gros bourgs, des monuments et des paysages, ce sont aussi des hommes qui ont su façonner un pays très tourmenté fait d’une succession de collines et de multiples ravins, des hommes qui ont réussi à élever de charmants villages et hameaux dans les coins les plus reculés, des hommes qui malgré les occupations et les invasions successives (romains, wisigoths, musulmans, francs, aragonais, espagnols, etc.…) et un passé parfois tumultueux comme les guerres entre cathares et catholiques sont restés accueillants et ont réussi à en faire un pays où il fait bon vivre. Même si en raison d’une mauvaise météo, les deux premiers jours et surtout le premier n’ont pas été très propices à une flânerie pédestre, ce bien-être, nous avons eu l’occasion de le goûter. Alors, je ne sais pas ce que Jérôme en pense mais pour moi, ce périple de plus de 125 kilomètres, restera très longtemps un Tour du Bonheur. Alors, laissez-moi le plaisir de vous conter ce bonheur de partir « vadrouiller dans le fenouil » et dans les pas de mon fils car comme vous le verrez sur mes photos, j’ai très souvent marché derrière lui. Et bien oui, même en randonnée, la jeunesse reste un privilège non négligeable !

(*) Bien que situé dans la région du Conflent, le village d’Eus figure bien sur le tracé du Tour du Fenouillèdes. Il est classé parmi les plus beaux villages de France et est considéré comme celui ayant un taux d’ensoleillement parmi les plus élevés de l’hexagone. 

Lien vers étape 1 

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Etape 1 - Trilla - Eus - 25 km

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 2 musiques composées par Ennio Morricone. Elles ont pour titre "Man With A Harmonica" par Ennio Morricone et son orchestre (Il était une fois dans l'ouest) et "My Name Is Nobody" (Mon nom est personne) joué par Gareth Williams (claviers) The Crouch End Festival Chorus et Ennio Morricone.

Lien vers préambule 

Lien vers étape 2 

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1ere étape : Trilla – Eus

25 km - Dénivelé 363 m – Montées cumulées 1.355 m  

Point culminant 742 m au Col Saint-Jean.

 

– Une « Vadrouille dans la grisouille ».

 

8 heures, nous avons quitté Saint-Estève direction Trilla sous un ciel très bas et incertain et même s’il ne pleut pas, j’ai une colère noire contre Météo France. En effet, il y a 5 jours,  quand j’ai choisi ce dimanche 18 septembre 2011 comme jour de notre départ, le site Internet de Météo France annonçait 5 jours de grand beau temps et c’est sur cette prévision météorologique très favorable que j’ai tout organisé et que j’ai réservé les différents hébergements. Aussi, quelque soit le temps qu’il fait ou qu’il va faire dans les jours suivants, nous ne pouvons plus reculer. 9 heures, je gare la voiture sur le parking qui jouxte l’originale église de Trilla. Pourquoi choisir Trilla comme lieu de départ, vous demanderez-vous ? Pour équilibrer les cinq étapes dont les distances vont osciller entre 21 et 27 km mais surtout parce que je n’ai trouvé aucun hébergement à un tarif raisonnable sur cette partie du tracé du Tour des Fenouillèdes. Alors pour ce premier soir, le camping sauvage est au programme et nos épaules vont très rapidement se rendre compte de cet inconvénient d’être obligés de dormir à la belle étoile. Enfin, « belle étoile », c’est un espoir mais pour l’heure, ce n’est pas vraiment l’expression la plus juste au moment où nous nous apprêtons à démarrer. Ici à Trilla, le ciel est également très orageux mais Jérôme et moi préférons l‘ignorer. Réfléchir à cette météo très défavorable ne résout en rien le problème alors nous n’hésitons pas à nous préparer puis à harnacher nos deux gros sacs à dos de 20 kilos chacun. Il faut dire que sur cette longue étape de 25 kilomètres qui va nous mener à Eus, le fait de n’avoir trouvé aucun hébergement, nous oblige à nous trimbaler la tente, un tapis de sol et un sac de couchage en sus de la charge habituelle et nécessaire. Demain matin, Dany viendra à Eus nous alléger de ce fardeau devenu superflu et dont nous n’aurons plus besoin pour les quatre autres étapes. Je connais un peu Trilla, situé à 412 mètres d’altitude au cœur du Bas-Fenouillèdes, pour y être d’abord passé lors d’une randonnée qui s’intitule « Le Balcon de la Pêche » puis j’y suis revenu en juin pour une autre balade qui nous avait amené au magnifique hameau de Pézilla-de-Conflent par la Foun del Loup ou Fontaine du Loup. Aujourd’hui, même si j’ai envie d’aller voir la table d’orientation qui domine Trilla, dernier seul endroit que je ne connais pas du village, nous n’avons pas vraiment le temps de nous y attarder, de plus le temps peu propice n’incite pas à retarder un départ qui est identique à celui qui mène à la Foun del Loup. Alors, une ou deux photos de la jolie église dédiée à la Vierge dont on ne peut ignorer l’étonnante façade marquetée d’infimes fragments de tuiles et il est 9h15 quand on emprunte la ruelle qui va nous amener jusqu’au tracé du Tour des Fenouillèdes.  Le balisage jaune et rouge est là, près de la petite décharge du hameau. Encore quelques photos souvenirs du départ et des paysages alentours et nous voilà partis en direction du Sarrat de l’Albèze et de son Col Saint-Jean qui avec ses 740 mètres d’altitude va être le point culminant de cette étape. Un large chemin caillouteux monte sans cesse d’abord en suivant des vignobles puis dans une végétation de type garrigue méditerranéenne. Cette basse végétation laisse peu à peu la place à quelques arbres d’abord clairsemés puis l’itinéraire rentre carrément dans un bois de chênes verts. Là, on quitte le large chemin pour emprunter une petite sente dont la déclivité s’accentue encore et rejoint plus haut une piste terreuse. Ici, petit cafouillage dans l’itinéraire à suivre mais grâce à son GPS et au tracé qui y est enregistré, Jérôme retrouve rapidement le balisage jaune sur une large piste. Il est 10h20 quand on bascule au col Saint-Jean où en raison d’une couche nuageuse très basse aucun panorama n’est visible. Ici au col, seuls de grands bouquets d’Hysopes (Hyssopus officinalis) aux épis d’un bleu violacé donnent une touche de couleur à cette morne grisaille. Je peste toujours après ce mauvais temps car je supporte difficilement de marcher sans profiter d’aucun panorama. Dans la descente vers le col des Auzines, on croise un groupe de randonneurs. Ils sont tous enveloppés dans leurs ponchos tel si l’hiver était à son comble alors que nous ne sommes qu’à la mi-septembre. Heureusement et de temps à autre, le firmament se fait moins opaque et sur ce petit sentier tout en balcon, enfin quelques vues apparaissent sur un joli vallon planté d’oliviers. Après le lieu-dit la Trufère, la descente se termine et le sentier retrouve une route carrossable bitumée qui débouche sur la départementale 2 au col des Auzines (606 m). Ici, malgré un ciel tourmenté mais d’un gris bleu magnifique, les vues se dévoilent vers Trévillach tout proche mais aussi beaucoup plus loin vers la Plaine du Roussillon, les Albères et la Méditerranée que l’on voit scintiller à l’horizon. Au col, on emprunte la D.13 sur 600 mètres environ que l’on quitte sur la gauche en direction de Trévillach que l’on surplombe joliment sans jamais l’atteindre. Là, je sors mon bout de carte de ma poche contenant mon tracé GPS pour constater qu’effectivement l’itinéraire fait un angle de 90° et tourne en direction de quelques lieux qui ont pour noms la Sarrat de l’Ours, les Moles et les Festarones. Un petit ballon de baudruche jaune accroché à un amandier nous amuse un peu et je fixe ces quelques instants de bonheur dans mon numérique. Puis en approchant du village de Tarerach, ce sont quelques grains de muscat bien mûrs que l’on grappille deci delà au gré des vignes qui se présentent sur notre parcours. Un peu plus loin, ce sont d’autres grains bien plus rouges que l’on croque, ceux d’un étonnant pied de tomates cerise que l’on trouve au bord du sentier. Ici, nous sommes tout en bas d’une cuvette ou d’un cirque formé par des petites collines arrondies qui ceinturent le paysage vers le nord, l’ouest et le sud. Ici, ces  collines, on les appelle des « sarrats ». En filant vers Tarérach, c'est-à-dire vers le sud-ouest, je comprends qu’il nous faudra inévitablement franchir une de ces crêtes mais quand on arrive au village, il est midi et donc l’heure du déjeuner. Cela tombe d’autant mieux que si nous avons marché par moment sous une légère bruine qui ne mouillait même pas nos vêtements, cette fois quelques gouttes de pluie sont de la partie à l’instant même où la place du vieux village nous accueille. Heureusement, un salutaire préau est là et il va de manière très opportune nous permettre de déjeuner au sec et de nous reposer un peu. Sans être vraiment éprouvante, cette demi étape avec le « bon » dénivelé du Col Saint-Jean et les 11 kilomètres déjà accomplis, a bougrement ouvert nos estomacs. De ce fait, nos salades, nos escalopes panées et nos gâteaux de riz sont engloutis d’un bel appétit. Avec beaucoup de chance, la pluie cesse rapidement aussi préférons-nous ne pas nous éterniser sous ce préau et une demi-heure plus tard, nous repartons direction Marcevol puis Arboussols comme l’indiquent clairement quelques panonceaux à la sortie de village. Là, sur ce chemin dans la continuité de la rue des Lauriers, je complète mon dessert en chipant quelques belles figues bien noires et bien mûres qui s’échappent d’un jardin potager. Comme prévu, la déclivité se fait soudain plus rude et comme j’ai profité de notre arrêt pour analyser un peu la carte IGN, je sais que le dénivelé est de 125 mètres environ sur une distance d’un kilomètre et demi pour rejoindre un collet entouré de deux rocs aux noms étranges : sur la droite, le Roc del Cucut (808 m) et sur la gauche, nettement plus visible, le Roc del Moro (775 m). Si je sais traduire immédiatement ce dernier roc en « Rocher du Maure », ce n’est qu’en écrivant ce récit que j’apprendrais la signification de mot « cucut » qui veut dire « coucou » en catalan. Alors autant le reconnaître, avec mon sac à dos bien trop lourd à mon goût, et si je veux faire référence au cinéma, cette ascension ne fut pas pour moi un simple « vol au dessus d’un nid de coucou » mais plutôt « le boulet » tant la pente fut raide à escalader après le déjeuner. Jérôme, lui, arrive bien avant moi en haut du petit col et comme souvent il m’attend avant d’amorcer la douce et agréable descente vers Marcevol. En arrivant à mon tour, je suis agréablement surpris de constater que les panoramas sont moins bouchés qu’ils ne l’ont été au col Saint-Jean. Vers le nord, les sarrats que l’on avait gravis ce matin semblent désormais très dégagés. Vers l’est, on distingue au loin sinon la mer au moins l’étang de Salses et vers le sud, la vallée de la Têt apparaît très verdoyante. En amorçant la descente, on distingue sur la droite, les toitures rouges d’Arboussols, village vers lequel on doit se diriger. Tous ces décors dégagés sont pleins de promesses mais on ne s’emballe pas pour autant car le Massif du Canigou fait tout de même « grise mine », amputé aux trois-quarts qu’il est par un ciel de pluie gris-blanc très menaçant. Au bout d’une agréable descente débouchant sur un chemin creux bordé de pierres sèches, le joli village de Marcevol arrive bien plus vite que je ne l’aurais imaginé. Ici, le mot « Fenouillèdes » n’est pas usurpé tant il y a un peu partout du fenouil fleuri. Certains champs bordant le chemin en sont carrément envahis et les hautes branches aux belles ombelles jaunes ont tendance à se coucher sous l’effet d’une petite brise humide. Dans le village, un chat très malingre m’arrête dans ma lancée et je lui offre un morceau d’escalope panée qui, enroulé dans un papier d’alu, dort au fond de ma poche. Le chemin creux continue vers le superbe prieuré que personnellement j’ai déjà visité. On s’arrête quelques instants devant la magnifique façade du prieuré avec sa fenêtre romane longue et étroite et son porche entouré de marbre rose. Je m’attends à ce que Jérôme veuille découvrir l’intérieur de l’église mais il ne semble pas disposé à y entrer. Sans doute, estime-t-il que la journée s’étire et surtout que le ciel se faisant de plus en plus sombre et menaçant, ce n’est pas le moment de flâner. Nous prenons plusieurs photos de l’édifice puis nous cherchons quelques instants la suite du parcours car nous ne pensons pas que l’itinéraire puisse emprunter le bitume de la petite route qui arrive au hameau. Après cette courte hésitation et quelques mètres sur l’asphalte de la petite D.35c, nous descendons très rapidement dans un étroit ravin avant de remonter aussi sèchement sur un bon dénivelé qui grimpe vers Arboussols. Le village, que je connais aussi, est vite traversé. La lassitude commençant à se faire sentir, je traîne de plus en plus souvent à l’arrière et ce d’autant, que Jérôme semble vouloir accélérer le pas. Craint-il la pluie ? Sans doute et à juste raison, car le ciel se fait de plus en plus obscur et parfois quelques gouttes de pluie viennent rafraîchir mon crâne dégarni. Une fois encore et par chance, il faut bien le dire, nous enfilons nos ponchos bien inutilement car la pluie qui s’arrête aussi vite qu’elle est venue, semble avoir pitié de nous jusqu’au bout. Sur ce sentier muletier argileux et caillouteux et parfois même dallé de gros galets à l’approche d’Eus, nous avançons très péniblement. Le sentier mouillé est glissant à l’extrême et nous redoutons par dessus tout la chute qui pourrait mettre un terme définitif à cette balade prévue sur 5  jours. Ce serait quand même un comble de tomber à cause de la pluie dans le village considéré comme le plus ensoleillé de France ! De cette marche hésitante et prudente, il va en être ainsi jusqu’aux abords du plus beau village de France mais par bonheur nous y arrivons sans incident. Là, à, l’entrée d’Eus, nous cherchons un emplacement le plus confortable qu’il soit pour bivouaquer et passer une nuit la plus paisible possible. Ce n’est pas chose aisée tant la végétation est dense et le terrain très rocheux dans ce secteur. Nous finissons par trouver un emplacement presque idéal sous des chênes verts, au bord même du sentier mais suffisamment caché pour ne pas attirer les regards car le camping sauvage n’est peut être pas autorisé. Ici, en surplomb du petit Correc de Ribelles, il y a eu, de toute évidence et en des temps plus anciens, des cultures sur des terrasses bien planes et malgré une épaisse végétation, ça se voit encore. Nous sortons nos tentes que nous nous empressons de monter avant que la pluie n’entre dans la partie. Heureusement, une fois encore il n’en est rien et nous pouvons même nous reposer et manger très paisiblement sous un ciel qui commence d’ailleurs à s’éclaircir, aidé il est vrai par une « aimable » tramontane. Cette tramontane est pour moi synonyme de beau temps et comme j’ai commencé la journée en maugréant contre Météo France, je suis heureux de la terminer plus sereinement. Il faut dire qu’avec plus de 25 kilomètres dans les jambes, mes ardeurs sont moindres qu’au départ ce matin. Seuls deux espagnols plutôt criards et bizarres viennent troubler la quiétude de cette douce soirée. Criards car on les entends arriver du « diable Vauvert » et bizarres car un des deux hommes porte un matelas de 160 en guise de sac à dos. Sans doute, deux varappeurs car ce type de matelas sert en général à cette activité et à amortir le choc dans le cas d’une éventuelle chute. Mon MP3 sur les oreilles m’accompagne tard dans la soirée puis Morphée m’entraîne dans un sommeil profond et réparateur, indispensable à l’accomplissement d’une deuxième étape qui s’annonce bien plus rude et presque aussi longue que celle d’aujourd’hui. Les dernières pensées de cette journée me font simplement espérer un lendemain bien meilleur sur le plan météorologique car il faut bien l’avouer, marcher dans la grisaille ça n’a jamais été ma « tasse de thé » et cette première étape m’a vraiment laissé sur ma faim. Pour les panoramas et les découvertes, il sera nécessaire que je revienne. Alors en « vadrouille dans le fenouil » oui, mais en « vadrouille dans la grisouille » non ! 

 

Nota : Veuillez noter qu'à Eus, il existe désormais une possibilité d'hébergement pour les randonneurs. Il s'agit de la Casa Ilicia qui dispose de 4 chambres d'hôtes et de charme à des prix convenables (69 à 79 euros/la nuit) mais également avec des tarifs pour de petits groupes de 3 à 4 personnes (99 à 119 euros). Le lieu est assez magique et vous prendrez le petit déjeuner sur une superbe terrasse face au Canigou. Le rêve ! Pour accéder directement à leur site, cliquez ici.

Lien vers préambule 

Lien vers étape 2 

 

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Etape 2 - Eus - Sournia - 21 km

Publié le par gibirando

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2eme étape : Eus – Sournia

21 km - Dénivelé 732 m – Montées cumulées 1.310 m 

Point culminant 1.111 m après le col del Tribes.

 

-Une vadrouille mi-figue mi-citrouille.

 

Bien emmailloté dans mon sac de couchage, la nuit a été plutôt sereine. Seule une envie pressante m’a fait sortir de force de mon tiède cocon. Notre campement était faiblement éclairé par les lumières du village et du château tout proches qui parvenaient jusqu’à nous. La nuit était suffisamment claire et ma lampe torche inutile. J’ai donc pissé en levant les yeux au ciel pour constater qu’il était parfois très pur et le plus souvent très étoilé. Bizarrement, la tramontane que nous ne sentions nullement dans ce sous-bois poussait violemment de nombreux cumulus épars. Juste au dessus de ma tente et dans un minuscule coin de firmament formé par un petit puits de lumière qu’esquissaient les branches de quelques hauts chênes verts, j’apercevais les nuages qui glissaient vers le sud et disparaissaient aussi vite qu’ils apparaissaient. Il faisait frais mais pas froid et je me suis assis quelques instants à l’entrée de mon tube de toile à regarder ce petit bout de ciel mais le sommeil me gagna à nouveau très rapidement. Emprisonné dans mon duvet bien chaud, aucune berceuse ne fût nécessaire pour me rendormir et quand j’ai ouvert les yeux une nouvelle fois, j’avais l’impression que le jour était entrain de poindre. Il faisait beaucoup plus froid qu’au milieu de la nuit. Machinalement, je suis sorti de la tente en enfilant ma polaire et en prenant mon appareil photo. Mais il faisait encore très sombre et au milieu de cette ténébreuse végétation, je ne voyais aucun intérêt à prendre des photos. Alors, j’ai grimpé sur un haut rocher pensant que la vue serait sans doute un peu plus lointaine. Effectivement, dans un ciel bleu acier, je voyais au loin quelques collines sombres dont la faible lueur du jour commençant tout juste à poindre éclairait la longue ligne de crêtes.  Autour de moi, tout était noir, tel un abîme insondable et même en habituant mes yeux à l’obscurité, je ne pouvais qu’avec peine distinguer les élévations environnantes et les sinuosités du ruisseau de Ribelles. Cette nébulosité ambiante plutôt angoissante m’a incité à revenir vers le campement où, à ma grande surprise, j’ai constaté que Jérôme était déjà debout. Bien debout et parfaitement réveillé car en me voyant, il me demanda de me dépêcher un peu car il était déjà plus de 7 heures 30 passées et le rendez-vous fixé avec Dany pour la récupération des tentes et autres matériels inutiles était prévu dans une heure sur le parking à l’entrée d’Eus. De ce fait et à mon grand regret, le p’tit déj a été vite expédié. Nous avons plié le matériel et avons levé le camp en dix fois moins de temps qu’ils nous avaient fallu pour le monter. Bien que les nuages étaient encore très nombreux, ils filaient rapidement vers le sud et l’entrée dans le village s’effectua sous un ciel bleu très encourageant. A notre grande surprise, le pic du Canigou et quelques autres sommets alentours avaient connu dans la nuit leurs première chutes de neige, raison pour laquelle sans doute, le fond de l’air était plutôt très frais ce matin. Dany étant exacte à l’heure du rendez-vous, la priorité fut de nous débarrasser de nos tentes et du matériel devenu inutile. Ainsi délesté, je pensais que mon sac à dos s’allégerait un peu mais il n’en fut vraiment rien car la tente et le matériel de couchage furent remplacés par de nouvelles bouteilles d’eau et par de gros sachets contenant notre pique-nique pour aujourd’hui et quelques autres produits alimentaires pour les deux à trois jours à venir. De ce fait, au moment de quitter Dany et de redémarrer, je ne voyais à mon grand regret quasiment aucune différence dans le poids de mon chargement. Il était toujours aussi lourd mais la seule différence c’est que j’avais la certitude de ne pas mourir de faim ni de soif et surtout, je savais que mon sac à dos allait désormais s’alléger au fil de parcours selon mes exigences alimentaires. Vers 9h10, après avoir embrassé et remercié Dany, nous sommes repartis dans la direction où nous avions passé la nuit mais peu après le château, nous avons emprunté un étroit sentier qui, cette fois-ci, partait vers la gauche. A cette intersection, un panneau de bois indiquait Comes à 1h15. Pour y être venu avec Dany en mai 2009, je connaissais parfaitement ce sentier qui montait vers le hameau perdu de Comes et j’avais d’ailleurs inscrit cette jolie balade dans mon blog « Mes Belles Randonnées expliquées ». Jérôme me quitta quelques instants pour aller prendre de belles photos depuis un gros éperon rocheux qui s’avance en dominant magnifiquement le château et la cité ensoleillée. Je me suis mis en route car je savais qu’il n’aurait aucune peine à me rattraper.  Je pris ainsi un peu d’avance ce qui ne m’empêcha nullement de prendre moi aussi quelques jolies photos du Canigou enneigé et de la verdoyante Vallée de la Têt. Personnellement, tout en montant ce sentier qui domine un court instant le Correc de Ribelles, j’étais plus enclin à tenter de retrouver l’emplacement où nous avions passé la nuit mais je n’arrivais pas à retrouver l’endroit exact et je ne voyais qu’une végétation foisonnante et quelques blocs granitiques qui en émergeaient tels de gros champignons aux formes biscornues. Ici, après quelques cabanons planqués sous les pins et les mimosas, l’ancien chemin muletier très dallé par endroits s‘est transformé d’abord en une piste sableuse puis lorsque s’est présenté un premier raccourci, l’itinéraire est devenu carrément très caillouteux. On a longé des murets en pierres sèches encadrant d’anciens champs aujourd’hui entièrement supplantés par la végétation. On a croisé quelques petites zones boisées puis un étrange chêne en forme de chandelier a freiné nos ardeurs et a retenu l’attention de notre appareil photo. On n’a retrouvé les pavés du sentier muletier qu’à l’approche de Comes. Jusqu’à présent, ce temps très mitigé suffisait amplement à mon bonheur car il permettait d’embrasser quelques jolis panoramas. Mais le ciel semblait vouloir changer très vite au rythme d’une grosse brise soufflant de plus en plus en rafales. De gros nuages blancs arrivaient du nord-ouest et semblaient vouloir s’amonceler peu à peu au dessus de nos têtes. Alors ma crainte restait entière quand à une nouvelle mauvaise journée sur le plan météorologique. Je voyais le ciel s’assombrir du côté des massifs du Madres et du Coronat et je redoutais par-dessus tout ce mauvais temps qui semblait venir droit sur nous. En arrivant au hameau de Comes, je fulminais une nouvelle fois contre ces prévisions météo vraiment désastreuses et si erronées. Ces prévisions m’avaient annoncé un temps très ensoleillé et voilà qu’une nouvelle fois le temps semblait devenir carrément pourri. Il bruinait et Jérôme me proposa que l’on s’arrête un peu pour faire un break et manger quelque chose. En regardant ma montre, j’ai constaté que nous avions mis exactement 1h15 comme l’avait indiqué le panneau de bois au départ d’Eus. En raison du poids de mon sac et du dénivelé accompli, j’étais très satisfait et sans vraiment l’avouer à Jérôme, j’avais tendance à considérer ce délai comme une réelle performance personnelle. Mais pour être honnête aussi, mes pensées étaient réalistes et je savais que nous n’avions accompli qu’un court tronçon de cette longue étape. Non loin de l’entrée du hameau et à côté d’un oratoire, nous avons pris soin de nous adosser à un muret de pierres sèches bien à l’abri de cette brise qui arrivait du nord-nord ouest. Cette brise poussait parfois une brume humide et très basse qui passait au dessus de nous et descendait vers la vallée de la Têt. On est resté ainsi une bonne vingtaine de minutes à manger et à se reposer avant de repartir. Depuis 2009, je connaissais bien le village en ruines. L’église avait été restaurée et je savais que quelques maisons étaient également en cours de restauration mais j’avais cru comprendre que la plupart du temps, le hameau n’était habité que par un berger et son troupeau. Une fois encore, Jérôme fila sans trop s’attarder pendant qu’à l’arrière, je flânais prenant en photos le hameau qu’un arc-en-ciel couronnait magnifiquement. Malheureusement cet arc-en-ciel disparut aussi vite qu’il était apparu. Puis, sans doute désenchanté par cette grisaille, je me suis mis en quête de photographier tout ce qui était coloré mais il faut l’avouer il n’y avait pas grand-chose or mis quelques rares plantes encore fleuries en cette saison. Il y avait dans les prés quelques fleurs bleues des Chicorées amères (Cichorium intybus) et des Mauves musquées (Malva moschata) mais pour le reste ce n’était surtout que des plantes épineuses auxquelles il valait mieux éviter de se frotter du style chardons, panicauts, scolymes ou carlines. Il y avait aussi quelques voitures, elles aussi colorées, éparpillées deci delà dans la garrigue, mais elles n’attiraient pas spécialement le capteur de mon numérique car à vrai dire, je trouvais assez dommage tous ces tas de ferrailles dans ce secteur où les collines étaient plutôt d’un aspect sauvage. Comme je l’avais moi-même observé lors de mon précèdent passage, Jérôme me fit remarquer que la hameau ressemblait à un petit cass’auto tant il y avait de véhicules abandonnés de tous côtés. Nous avons laissé le hameau « sacrifié » en empruntant la piste terreuse et caillouteuse qui continuait de monter non sans avoir au préalable photographié la jolie église dédiée à Saint-Etienne. Elle se dressait si fièrement sur son petit dôme herbeux avec vue imprenable sur le Canigou que l’oublier nous aurait semblé être un sacrilège. La piste, elle, se poursuivait en longeant sur sa droite le profond ravin du Correc de la Font de l’Orri. Au dessus, le modeste pic de Bau (1.025 m) dominait le paysage, surmonté de son pylône émetteur TV. Après la piste puis un sévère raccourci très caillouteux et plein d’ornières car largement emprunté par les troupeaux, nous avons débouché sur l’asphalte de la D.619. J’avoue que j’étais assez content d’atteindre ce plateau et j’ai profité de cette aubaine pour reprendre mon souffle et quelques nouvelles photos. Mais cette satisfaction a été de courte durée car après avoir traversé la route et emprunté le bitume sur quelques mètres, le sentier est remonté presque aussitôt dans la continuité de la colline. D’abord à l’oblique et en balcon sur un très modeste glacis puis plus brutalement dès lors que l’on a atteint un nouveau petit ravin. Sans contexte, c’était là, la plus rude et la plus mauvaise sente que nous avions empruntée depuis le départ et Jérôme n’avait aucune peine à me distancer tant la déclivité était raide. De temps en temps, il m’attendait mais quand j’arrivais à sa hauteur, il repartait avant même que j’ai pu retrouver une respiration normale. Je ne disais rien car je savais qu’en randonnée, c’est une attitude assez machinale chez les gens qui marchent plus vite que d’autres et si cette fois j’étais derrière, Dany me reprochait assez souvent de faire de même quand je marchais avec elle. A un moment où nous avons fait une telle jonction, sans vraiment les avoir vu ou entendu arriver, nous avons été entourés d’innombrables chèvres et moutons. Ils en sortaient de tous côtés et au fur et à mesure que l’on grimpait, nous avions l’impression d’en faire déguerpir de nouveaux de chaque buisson. Ils ne semblaient pas effrayés le moins du monde et ils nous frôlaient à droite et à gauche. Comme cette vision toute proche d’animaux en liberté était plutôt agréable, on s’est mis à mitrailler chèvres et moutons avec vues sur l’immensité du vallon. Pour moi, c’était aussi une plaisante façon de faire un break dans cette difficile ascension. Mais trois gros patous nous avaient repérés au beau milieu de leur troupeau et ils se sont mis à aboyer hargneusement et autant le dire, nous n’en menions par large et nous n’étions pas vraiment rassurés quand à la conduite à adopter. Heureusement le berger n’était pas bien loin et veillait à la fois sur son troupeau mais aussi sur le comportement de ses chiens qui s’étaient positionnés en travers du sentier. Jérôme est passé près d’eux sans problème mais de mon côté, il me semblait préférable de m’arrêter pour raccourcir mon bâton télescopique avant de m’engager plus avant. Les chiens ont continuer à aboyer très méchamment sous le regard attentif du berger qui était à une bonne vingtaine de mètres. Je me demandais s’il serait à même d’intervenir au cas où un chien aurait eu la mauvaise idée de m’agresser ou plus simplement de me saisir un mollet. Le sentier était étroit et en croisant les trois molosses, j’ai senti leur souffle sur mes jambes mais tout s’est passé pour le mieux. Après cet épisode peu rassurant, la sente a continué à monter dans une garrigue typiquement méditerranéenne mais dans un décor de plus en plus rocheux. Ici, il y avait un itinéraire principal et de nombreuses caminoles tracées par les caprinés mais en raison même des nombreux rochers et de la végétation composée essentiellement de petits épineux et de d’arbustes ligneux, il était exclu de sortir du sentier principal pour prendre un éventuel raccourci. Tout en montant, nous avons constaté qu’une ou deux chèvres s’étaient carrément égarées dans cette garrigue très dense. Désormais, elles étaient loin du troupeau et leurs bêlements répétés et lancinants rompant le silence environnant avaient quelque chose de sinistre. A midi, nous n’étions pas au bout de nos peines, le col de Tribes n’était pas encore atteint mais l’appétit lui était déjà bien là. Alors, nous nous sommes arrêtés pour déjeuner au lieu-dit Roca Alta. Roca Alta est un amoncellement assez impressionnant de roches granitiques fissurées et parfois même clairement fracturées. Bien que le temps restait indécis et le plafond nuageux plutôt bas, nous avions de très jolies vues sur la vallée de la Têt, le Massif du Canigou et bien plus loin encore vers les premiers hauts sommets pyrénéens enneigés. Poussés par une bonne tramontane, de gros nuages gris et blancs passaient très vite et laissaient pendant quelques instants un ciel incroyablement bleu au dessus de nos têtes, puis soudain, les rayons du soleil déclinaient, ce bleu superbe disparaissait et nous étions entourés d’un épais et humide brouillard très opaque. Cette brume assombrissait le ravin, calfeutrait tous les paysages puis descendait rapidement en direction de la vallée. Pendant ces laps de temps, nous étions comme enveloppés dans un halo d’une vapeur humide et fraîche. Heureusement, ces brumes n’étaient que passagères et ne duraient jamais très longtemps. Quand nous avons quitté Roca Alta, le ciel s’était éclairci de nouveau. Le sentier montait en filant très légèrement vers l’ouest laissant entrevoir de très belles vues sur Prades et sur l’aride Pla de Balençou dont j’apercevais la piste que j’avais empruntée à quelques occasions et notamment lors de mon Tour du Coronat de 2007 pour une étape m’ayant mené du Refuge de Caillau à Llugols. Je tentais d’expliquer à Jérôme que nous avions également emprunté cette piste en commun lors d’une balade en VTT du col de Jau à Prades mais bien évidemment et de si loin, il éprouvait des difficultés à reconnaître les lieux.  Ici, tout autour du sentier, la végétation se faisait plus verdoyante avec de nombreuses fougères, des genêts à balais et des Séneçons du Cap encore bien fleuris. Les magmas rocheux semblaient de plus en plus nombreux et derrière l’un d’entre eux, nous avons eu la désagréable surprise de déloger deux petits cabris blancs qui semblaient perdus dans ce dédale de gros rochers et de garrigues touffues. Leurs bêlements ressemblaient à des plaintes d’enfants. De plus, ils avaient franchi une clôture de fils barbelés et semblaient dans l’impossibilité de revenir du bon côté. Voilà presque une heure que nous avions croisé le berger et son troupeau et Jérôme et moi, nous nous demandions si ces deux cabris arriveraient à les rejoindre et si non, quel serait leur destin. Pendant de longues minutes, j’ai bien cherché si une ouverture était praticable dans la clôture mais sauf à la casser et à faire acte de vandalisme, ce fut en vain. Nous avons été contraints de laisser les deux jolis cabris à leurs gémissements et à leur triste solitude et avons poursuivi le chemin en longeant cette clôture. Nous avons fini par atteindre le col de Tribes à 13 heures tapantes. Nous avons basculé de l’autre côté du col et avons débouché à proximité d’une piste avec désormais de belles vues sur le véritable pays des Fenouillèdes, les Corbières, la Vallée de la Désix et la forêt domaniale de Boucheville. Cette large piste venant de l’est était devant nous et il y en avait même quelques  autres qui descendaient droit devant dans le versant d’un petit ravin. Nous étions sur le point de rejoindre la piste la plus proche mais nous avons constaté que le balisage jaune et rouge du Tour du Fenouillèdes nous indiquait de poursuivre la clôture. Ce balisage nous a entraîné vers l’ouest dans un décor de plus en plus minéral. Ici, sur cette longue crête de collines que l’on appelle la Serre de Sournia, ce n’était que roches de tous côtés qui surgissaient d’une rase végétation soit sous forme de gros rochers épars et isolés soit sous forme d’empilements impressionnants. Au bout d’un moment, j’ai clairement reconnu un chaos granitique très particulier et bien plus imposant que les autres et je me souvenais très bien l’avoir déjà vu en photo sur Internet alors que je cherchais des renseignements et des photos sur le parcours du Tour de Fenouillèdes. Cet amas rocheux c’était la magnifique « cathédrale dite de Baptistin ». J’ignorais pourquoi on l’avait appelé ainsi mais au regard de ces rochers dressés tels des météores grecs ressemblant à des tours, la dénomination de cathédrale me paraissait assez bien appropriée. Peu après, nous avons rattrapé la piste aperçue au Col de Tribes. Croisant notre premier cortal en ruines, elle continuait toujours vers l’ouest alors que très clairement et tout au loin nous apercevions Sournia et ses carrières qui semblaient partir dans le sens opposé. Malgré le balisage et le parfait tracé inscrit dans nos GPS, cette incohérence nous a obligé à sortir une fois encore notre morceau de carte. Non, tout était bon et peu après, au lieu-dit « Rouyre de Salancas », l’itinéraire a clairement bifurqué vers le nord. Attiré par un cortal abandonné, j’ai vu une étrange gravure sculptée derrière un rocher. Cela ressemblait à ces visages stylisés que l’on rencontre parfois sur certains totems africains mais j’avais le sentiment que cette sculpture était plutôt récente car il n’y avait pas de lichens dans ses entailles. Plus tard en regardant la photo, j’y ai vu une tête de singe ou de lion selon la taille que je donnais à mon image. Pendant que j’observais cette gravure, Jérôme avait pris de l’avance, puis il avait tourné à droite à une intersection et avais poursuivi la piste qui maintenant descendait. Quand je suis revenu de mes découvertes, je le voyais au loin, en bas et sur ma droite. De ce fait, j’ai pris un raccourci qui m’a amené au bord d’une petite mare verdâtre qui semblait faire office d’heureuse source dans ce secteur de la montagne plutôt aride. L’eau était bien trop stagnante pour que je la goûte mais j’ai supposé que la toponymie « Salancas » que j’avais lu sur la carte avait un rapport avec cette mare probablement salée. Quand enfin, j’ai fini par rejoindre Jérôme, ce dernier avait déjà atteint une haute et monumentale ruine envahie par la végétation. Peu après, le sentier est entré dans une belle et vaste chênaie pour en ressortir au lieu-dit le Cortal Pélissier. Ici, le patronyme « Rouyre » signifiant « lieu planté de chênes » prenait une réelle justification. Au Cortal Pélissier, il y avait encore quelques grandes ruines deci delà et alors que tout semblait désert, nous avons constaté que la vie pastorale semblait encore présente car il y avait quelques vaches enfermées dans un enclos. Depuis ce matin et notre épisode avec le troupeau d’ovins et de caprins, c’était les premiers êtres vivants que nous côtoyons à nouveau. Mais ce n’était pas les derniers car peu après, nous avons pris un raccourci évitant quelques virages de la piste et nous sommes tombés nez à nez, d’abord avec une éphippigère des vignes puis avec une vipère aspic. L’éphippigère des vignes encore appelée « boudrague » ou « éphippigère porte-selle » est une étrange et grosse sauterelle munie d’un redoutable dard abdominal en forme d’épée et d’une carapace frontale si particulière ressemblant à une selle de cheval dont elle tire son nom provenant du latin « ephippium » ou du grec « ephippios  ». En ce qui concerne la vipère, celle-ci dormait au beau milieu du chemin au pied du Sarrat d’en Grau. Elle dormait si bien que sur le moment nous avons pensé qu’une voiture l’avait écrasée mais quand je me mis à la titiller du bout de mon bâton, elle s’est redressée d’un coup, ouvrant une gueule menaçante avec sa langue fourchue vibrant comme une corde de guitare. La surprise passée, elle a quitté le milieu de la piste pour se réfugier d’abord dans de hautes herbes puis sous des pierres où elle pensait être en sécurité. Mais comme nous voulions la prendre en photo et la poursuivions avec insistance, elle continuait à ouvrir une gueule impressionnante, menaçant de nous piquer et surtout de nous mordre de ses crochets venimeux. Mais nous avions atteint notre but, à savoir qu’elle ne reste pas au milieu de la piste au risque de se faire écraser par un véhicule, et nous l’avons laissé tranquille et avons poursuivi notre chemin. Au virage suivant, nous avons été instantanément arrêtés par la beauté du paysage, d’abord par un champ de fougères vertes et rousses qui descendait dans un petit vallon verdoyant puis un peu plus loin par un superbe arc-en-ciel qui se dessinait au dessus de Sournia. Je ne sais pas pourquoi mais ce magnifique arc-en-ciel me rappelait ces arches, désormais très souvent gonflables, que l’on aperçoit parfois lors d’arrivées de courses sportives et je me disais « tiens, le ciel a décidé de saluer notre arrivée à Sournia ! » et c’est sûr que l’on ne pouvait rêver plus bel « arc de triomphe ». Mais bousculé par une petite tramontane et une brume fugitive, cet arc-en-ciel avait un mal fou à se stabiliser. Il se dessinait puis disparaissait pour réapparaître quelques minutes plus tard et cet étrange manège a duré très longtemps et pratiquement jusqu’à notre arrivée à Sournia où le soleil a fait une apparition quasi définitive. Auparavant, sous un ciel très gris et menaçant, nous avons trouvé très fastidieuse cette longue piste. Heureusement, une fois encore, nous avons eu beaucoup de chance et très peu de pluie et par bonheur, au lieu-dit Garrabet, un agréable sentier a pris le relais de la piste terreuse et ennuyeuse. Cette sente a traversé de petits bois de feuillus et de jolis prés verdoyants plantés d’incroyables arbrisseaux de houx débordant de drupes rouges. Un joli mas était planté là au beau milieu de ce petit paradis perdu dans la montagne et nous avons quitté cet endroit presque à regrets pour retrouver une piste désormais sableuse. Au détour des virages, Sournia est apparu cerclé de son arc-en-ciel désormais plus net et plus magnifique que jamais. Bien que l’étape commençait à tirer en longueur dans nos mollets, la fin a été moins monotone que nous l’avions imaginé. D’abord parce que nous en avions terminé avec la partie la plus aride et la plus désertique de la « Serre de Sournia » et que nous marchions désormais dans des décors beaucoup plus variés et boisés et secundo car la piste filait très souvent en balcon avec de jolies panoramas sur des ravins et notamment sur celui verdoyant de la Désix. Le bourg de Sournia d’un côté et les habitations d’Arsa, de Courbous et de la Fargasse de l’autre signifiaient que l’itinéraire arrivait presque à son terme. Nous avons fini par atteindre l’ubac de cette belle forêt domaniale du Fenouillèdes dont la piste encadrée de beaux conifères filait elle aussi en balcon sur le vallon de la Désix. La vieille petite chapelle Saint-Michel est apparu un instant, enfouie dans la pinède et désormais Sournia se rapprochait très vite. Nous avons atteint le village au plus beau des endroits en bordure même d’un petit lac formé par les eaux cristallines de la Désix. Nous avons fait le tour de cette petite retenue, avons traversé le joli centre de vacances Le Moulin et avons monté de charmantes ruelles colorées et fleuries. Depuis l’ascension du col de Tribes, nous n’avions emprunté que des secteurs plats ou en descente et ces dernières petites montées tiraient bougrement dans nos jambes mais nous n’avions pas le choix car le but de cette dernière mais modeste grimpette était d’atteindre le Camping de la Source qui se trouvait dans le haut du village où j’avais réservé une nuitée. Au téléphone, la patronne m’avait fixé un prix m’indiquant simplement qu’il s’agirait soit d’un mobil-home soit d’un bungalow. Nous arrivâmes au camping à 17 heures. La gérante nous attendait et ce fut un bungalow au demeurant très spacieux et très confortable. Je l’avoue au tarif de 35 euros pour deux personnes, nous ne pouvions qu’être entièrement satisfaits car il y avait deux chambres avec des grands lits très confortables et il ne manquait rien à notre bien-être. Ce confort nous permettait de nous reposer un peu avant d’aller souper à l’excellente Auberge de Sournia où j’avais également réservé deux menus. Cette fin de journée et cette soirée ont été en tous points magiques et reposantes, elles contrastaient étonnamment avec le bivouac de hier soir où le temps incertain nous avaient contraint d’intégrer trop rapidement nos bulles de toile. Pour un prix somme toute correct de 19,50 euros par personne, le repas dans ce petit restaurant faisant partie du réseau des Toques Blanches du Roussillon a été raffiné et excellent. Nous nous sommes régalés avec un savoureux menu du terroir composé d’une excellente charcuterie de la Boulzane, d’une tendre et merveilleuse bavette des Fenouillèdes et de succulentes profiteroles spécialement conçues par le chef.  Je me retrouvais en tête à tête avec mon fils pour la première fois depuis très longtemps et cela m’emplissait de bonheur et j’osais déjà espérer que ce bonheur ne serait pas le seul au cours de ce périple. Et comme le dit si bien le proverbe, un bonheur n’arrivant jamais seul, la météo elle aussi s’annonçait plus favorable dès demain. Alors que demander de plus après cette journée où nous avions une fois encore évité la pluie mais qui, sur le plan météorologique, avait été tout de même une « vadrouille mi-figue mi-citrouille ». 

 

Lien vers Etape 1 

Lien vers étape 3 

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