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Le Fort de Bellegarde (424 m) et la Vallée de la Rome depuis les Cluses (137 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de diverses musiques du compositeur Hans Zimmer. Elles ont pour titre : "In The Beginning (avec Lorne Balfe)", "This Land-From The Lion King/Score (avec Lebo M)", "Journey To The Line (de Gavin Greenaway)", "Agressive Expansion (avec James Newton Howard)", "A Watchful Guardian (avec James Newton Howard)", "Like A Dog Chasing Cars (avec James Newton Howard)" et "First Step".

Si pour vous le Perthus n’est que synonyme de cigarettes et d’alcools, il est probable que cet article ne soit pas vraiment fait pour vous. En effet, quel intérêt pourrait-il y avoir à partir à pied depuis le village des Cluses pour monter jusqu’au Perthus en suivant la Vallée dit de la Rome puis revenir au point de départ par cette même vallée après avoir parcouru une boucle d’une quinzaine de kilomètres voire un peu plus ? Par contre, si une fois encore vous aimez autant l’Histoire avec un grand « H » que moi, alors là, vous avez de quoi remplir une belle journée de marche et quelques autres journées à chercher sur le Net ou dans les bibliothèques quelques explications à tous ces vestiges du temps passé. Pour tout vous dire, il y a tant de découvertes à faire sur ce circuit, que j’ai longuement hésité avant d’attribuer un seul titre à cette balade. Bon, le point culminant et le « clou » de la randonnée c'est-à-dire l’intérêt principal reste le Fort de Bellegarde, dont l’histoire est très ancienne même si la colossale fortification telle qu’on la découvre aujourd’hui encore n’a été édifiée qu’au 17eme siècle par le maréchal Vauban et l’ingénieur Saint-Hilaire. A ce sujet, vous en apprendrez beaucoup plus que je puisse en dire ici en lisant les quelques pages d’un remarquable petit livret écrit par l’ancien maire du Perthus Jean-Louis Nibet intitulé le « Fort de Bellegarde » paru aux éditions Imprimerie Littéraire Michel Fricker en 1988. Mais pour faire bref, le Fort de Bellegarde est planté sur un piton rocheux culminant à 424 mètres d’altitude surplombant à la fois les plaines de France et d'Espagne, en l’occurrence celles du Roussillon et de l’Emporda. Il fut d'abord un château médiéval dont la première mention remonte à 1324. Il fut ensuite aménagé au XVIIe siècle en garnison militaire servant de poste d'observation. La suite avec Saint-Hilaire et Vauban c’est grosso modo, la forteresse que l’on connaît aujourd’hui. Mais d’abord, partons sur les chemins et allons voir ce fort et tout le reste ! Comme indiqué, la balade démarre du village de Les Cluses et pour être plus précis des Cluses du milieu (del Mig) car, il y a aussi et vous le trouverez au singulier sur les cartes IGN, la Cluse Basse (Baixa) et la Cluse  Haute (Alta). Un village trois en un en quelque sorte peu évident à décrypter pour le voyageur. On gare la voiture sur un parking non loin de la mairie.  On laisse l’hôtel de ville à gauche et on poursuit sur quelques mètres la D.71b derrière le monument aux morts. Le premier panonceau indicatif de randonnée mentionnant le Perthus est là et il suffit d’en suivre la direction en tournant à gauche dans une étroite ruelle. Immédiatement, la ruelle se transforme en un vieux sentier dallé qui laisse sur la droite les vestiges de quelques vieilles ruines puis s’élève dans un bois de chênes lièges et verts. Si j’en crois un autre panonceau, ces dalles ne seraient ni plus ni moins que l’ancien revêtement de la Via Domitia, alors peut être, marche-t-on sans le savoir dans les pas du célèbre général romain Pompée le Grand dont on découvrira le célèbre Trophée un peu plus tard du côté du Summum Pyrenaeum c’est à dire au col de Panissars. Quelques minutes plus tard, l’itinéraire traverse la D.71b et l’on emprunte cette fois-ci le Chemin de la Dressera (raccourci), ancienne voie romaine puis médiévale par endroits encore creusée des anciens charrois qui montaient à la Cluse Haute. De l’autre côté de la route, le Puig Sant Cristau déjà gravi et expliqué dans mon blog domine le paysage. Au moment, où l’on retrouve à nouveau la D.71b, on longe un parapet surplombant la vallée et un peu plus loin on constate la présence d’un grand panneau un peu défraîchi présentant les différentes richesses patrimoniales de la Vallée de la Rome. Ces explications sont le travail d’une association de chercheurs passionnés oeuvrant sans relâche pour mettre en valeur tous ces vestiges.  Ceux qui nous intéressent en premier chef sont là sous nos yeux et il s’agit des ruines de l’ancien castell des Moros ou château des Maures que l’on aperçoit de chaque côté de l’étroit défilé que compose le ravin. Ce mot « défilé », on le retrouve écrit en latin sur un autre panneau c'est-à-dire « clausurae » dès lors que l’on part visiter les quelques vestiges qui se trouvent sur ce flanc gauche de la vallée. Pour les ruines plus imposantes du flanc droit, il nous faudra attendre un peu et marcher encore beaucoup pour avoir le bonheur de les découvrir. D’ailleurs, il suffit de regarder droit vers le sud et en amont de la vallée, pour constater que notre principal objectif, le Fort de Bellegarde est loin d’être atteint. Il trône dans le lointain, majestueux, au sommet de son dôme boisé et dans son rôle de surveillant général des territoires français et espagnol, on comprend très facilement qu’on ne pouvait guère faire mieux. Après cette première découverte de quelques ruines, le sentier débouche en surplomb de la Cluse Haute et de sa magnifique chapelle préromane datant du 10eme siècle. Elle est dédiée à Saint Nazaire et ce qui frappe au premier regard c’est son superbe clocher mur percé de 4 ouvertures mais disposant d’une seule petite cloche. A cause d’un grand mur que l’on franchit et qui se trouve sur sa gauche et plus globalement autour du hameau, on croit comprendre que l’église et les maisons étaient encastrées dans l’enceinte d’un ancien château. Une curieuse et jolie arcade se terminant en escalier encadre l’entrée de la chapelle. Malheureusement fermée, une pancarte nous indique que pour une visite de l’église, la clé est à retirer auprès de la mairie. Nous poursuivons notre balade car le joli petit hameau est vite traversé et nous passons devant un très beau bâtiment de conception typiquement catalane en pierres et briques rouges. Fermé lui aussi, nous supposons qu’il s’agit de l’Office de Tourisme ou d’un musée. Juste après, l’itinéraire passe entre les énormes piliers de l’immense pont autoroutier et là, on prend conscience de l’évolution du réseau routier dans ce secteur frontalier qu’on appelle le plus souvent et plus généralement le col du Perthus. Depuis le passage d’Hannibal et de ses éléphants en 218 ans avant J.C jusqu’à nos jours en passant par les « via » romaines, les chemins médiévaux, le macadam de nos arrières grands parents, le bitume de nos parents et le colossal autoroute contemporain, il faut reconnaître que nous effectuons en quelques pas un grand écart de quelques siècles. Le plus drôle dans tout ça, c’est de constater que notre balade pédestre s’effectue, elle, sur une « classique » piste forestière bien en terre et caillasses garanties pur jus et c’est très bien ainsi. Il va en être de la sorte jusqu’au Perthus en longeant le Correc dels Pocs puis au lieu-dit Camp de la Pava, la terre disparaîtra dès lors que l’on retrouve l’asphalte de la D.71. Auparavant, le Canigou, chapeauté d’un gros matelas de nuages aura vainement tenté de nous montrer le bout de son pic, le Fort de Bellegarde nous aura fait un gros clin d’œil, quand à la magnifique pyramide de Ricardo Bofill, elle nous aura montré uniquement la face nord de son temple vermillon dont il faut bien admettre qu’elle n’est pas la face la plus originale. Si l’on a atteint le bitume de la D.71, le Perthus, lui, n’est pas encore atteint. Il faut encore descendre dans le vallon en direction du stade mais surtout du pont médiéval Alphonse V d’Aragon qui est également une jolie curiosité datant de 1429 mais parfaitement restaurée. Quelques minutes plus tard, on rejoint le parking à l’entrée du Perthus. Le Perthus, on connaît alors on s’en fout et les « cigarettes, le whisky,  ….. et j’aurais presque pu dire les « p’tites pépées » comme le chantait Annie Cordy ou encore Eddie Constantine mais non, les « p’tites pépées »  c’est un peu plus loin, juste après, à la Jonquera,……mais ce n’est pas le but de notre passage aujourd’hui alors on poursuit désormais l’itinéraire sur l’illustre G.R.10. Grâce au « fameux » balisage blanc et rouge et à un  ample panneau, on n'a aucun mal à trouver la suite du circuit qui par la rue de l’Eglise nous entraîne clairement vers le Fort de Bellegarde. L’église, c’est celle dédiée à Saint Louis, construction plutôt banale avec ses cloches fixées à même la toiture. Quelques minutes après, on commence à sortir du village et comme le Fort de Bellegarde joue les « arlésiennes », on a tendance à regarder derrière où les vues embrassent essentiellement les toitures du village. Dans ce panorama sans réel intérêt, on découvre néanmoins les deux grandes colonnes blanches marquant la frontière et qu’on remarque assez peu et beaucoup moins quand on emprunte l’autoroute. Mais une autre construction ressemblant de loin à une église attire davantage le regard et ce bâtiment, c’est le phare de l’aéropostale dont j’ai longtemps ignoré la présence sur les hauteurs du village. Ce village, on le quitte enfin, en longeant quelques chênes-lièges dont l’écorce dépecée du bas de leur tronc leur donne l’aspect « d’arbres sans culotte ». Quelques mètres plus loin, on découvre le « Reposoir de Madame » ou « Baraque Castellane » qui n’est ni plus ni moins qu’un petit casot ou une espèce d’abribus style « siècle des Lumières ». La lumière en question, c’était Madame la marquise de Castellane, épouse du gouverneur de Bellegarde qui se reposait ici lors de ses visites au château. A la vue d’un balisage peint sur quelques pierres et troncs d’arbres, on délaisse le bitume de la route et l’on finit par couper court en grimpant tout droit vers la monumentale forteresse. Ouf, la voilà enfin vaincue et ça tombe d’autant mieux que l’heure du pique-nique est déjà très largement dépassée car comme assez souvent, on a démarré cette randonnée plutôt tardivement. Le fort étant fermé mais comme on a l’idée de voir de beaux paysages, on s’installe en étage c'est-à-dire sur la partie extérieure la plus haute des remparts mais pas de chance ou la « Scoumoune (*) » comme aurait dit Belmondo qui connaît bien le fort pour y avoir tourné ce film avec la jolie Claudia Cardinale, non pas de chance car à cause d’un temps médiocre, les panoramas sont presque aussi fermés et hermétiques que le fort lui-même. Alors, on mange en se faisant une raison, en prenant un peu de repos, on visite l’extérieur du fort et on repart vers le col de Panissars et vers d’autres découvertes qui ont pour noms : les fortins, les casernements, le cimetière militaire du 17eme siècle, la Redoute, les ruines de l’ancien prieuré Sainte Marie, celles du Trophée de Pompée, celles des via Augusta et Domitia, la borne frontière 567. Comme je vous l’ai dit en préambule, il y a tant de choses à voir pour qui veut s’intéresser à l’histoire de ce « verrou » si important tout au long des siècles. Il fut si important que même un roi de France, en l’occurrence Philippe III de France dit le Hardi, y a perdu la vie pour en conserver le privilège. Ces découvertes une fois détaillées, le G.R.10 nous entraîne encore quelques temps vers l’arrivée puis peu après le mas Bardes et une piste bétonnée, on quitte le célèbre chemin au profit d’une piste forestière balisée en jaune. La partie la plus fastidieuse et la plus lassante est là et elle se terminera dès lors qu’on délaissera la piste pour un petit sentier qui aboutit aux ruines du Château des Maures. Là aussi, on reste subjugué par la longueur et l’importance de cette forteresse construite sur une crête rocheuse escarpée. Certains historiens l'attribuent aux Sarrasins mais bâtie sur les bases de vestiges paraît-il romains. D'autres historiens affirment que ces exceptionnelles fortifications auraient été érigées au temps de l’empereur Constance II vers 351 : 105 mètres de long et par endroits 28 mètres de large. Après avoir cheminé une succession de ruines, le sentier assez abrupt descend vers la rivière Rome qu’il finit par atteindre. On longe la rive gauche sur une centaine de mètres environ puis à la première occasion et dès lors qu’on aperçoit un sentier sur la rive opposé, on traverse à gué et quelques minutes plus tard, on retrouve Les Cluses. Le parking non loin de la mairie est là, sur la gauche à quelques mètres seulement du Pont-Vieux et d’autres ruines que l’on aperçoit de chaque côté de la Rome. Ainsi se termine cette belle et longue randonnée de 15 à 16 kilomètres environ où bonnes chaussures à tiges hautes sont vivement conseillées. Il en sera de même pour l’eau en quantité suffisante si la balade est effectuée en été. Si avec 290 mètres environ, le dénivelé est plutôt modeste, les montées cumulées sont supérieures à 1.150 mètres. Le point culminant de cette balade est le Fort de Bellegarde à 424 mètres dont une visite s’impose si vous ne le connaissez pas. Il est bien inutile d’approfondir la toponymie de « Bellegarde » car le nom francisé provenant de la contraction « bella » et « guardia » dans le sens de « guet » toute le monde en devine aisément l’origine. Moins évidente, la toponymie du village Les Cluses dont l’origine n’a rien à voir avec une quelconque « écluse »  mais plus sûrement avec une « clusa » qui n’était ni plus ni moins qu’un « verrou », un verrou que tous les visiteurs se sont évertués à cadenasser au fil des siècles. Aujourd’hui, le verrou est grandement ouvert, les trafics anciennement interdits mais largement pratiqués sont autorisés et nombreux sont ceux qui en profitent pour rendre le Perthus synonyme d’achats de cigarettes et d’alcools. Heureusement l’Histoire et le passé demeure....et c'est là l'essentiel....de cette jolie balade....Carte IGN 2549 OT Banyuls- Col du Perthus – Côte Vermeille Top 25.

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Naissance et vie d'un pseudo.....

Publié le par gibirando


Ce mois-ci, j’aurais pu encore râler un bon coup et vous dire tout ce que je pense de mal de la politique. J’aurais pu vous parler de Jean-François Copé, de Nicolas Sarkosy, de Patrick Buisson, des écoutes téléphoniques et de toutes ces affaires qui n’en finissent plus de sortir dans les médias. Mais non, ce mois-ci, pour l’article de mon Journal Mensuel, j’ai voulu être léger car le soleil était radieux, le printemps était en avance, les oiseaux chantaient, les mimosas étaient magnifiquement fleuris et j’avais envie d’être désinvolte et heureux. Alors, j’ai décidé de vous parler de mon pseudo….

Quand, il y a quelques années, le 24 juin 2008 exactement, j’ai décidé de basculer mon blog « Mes belles randonnées expliquées » d’Orange pour en créer un autre chez Kazéo ;  Orange n’acceptant plus les blogs gratuits ; il a fallu que je trouve ce que l’on appelle désormais très communément un pseudo. Au départ, un pseudo c’est bien sûr un pseudonyme c'est-à-dire un nom d’emprunt comme par exemple Johnny Hallyday alors que chacun sait que son vrai nom est Jean-Philippe Smet. Pourtant dans certains dictionnaires Internet, quand on analyse les définitions du mot « pseudo » on y constate des différences et même quelques surprises. Exemple, la très célèbre encyclopédie Wikipédia,  comme la plupart des « grands » dictionnaires (Larousse, Robert, etc…) le définissent quasiment de la même manière c'est-à-dire comme un pseudonyme : « c’est un nom d'emprunt que celui qui le porte utilise pour exercer une activité sous un autre nom que son identité officielle. Il se distingue du surnom en cela qu'il est choisi par la personne qui le porte au lieu de lui être attribué par un tiers. ... » .

 

Pour l’Internaute, un autre site Internet bien connu, le mot « pseudo » est un "mot grec signifiant mensonge utilisé comme préfixe afin de caractériser la seconde partie d'un mot comme fausse" , exemple « pseudoscience », pour une connaissance qui n’est pas considérée comme une science. Bien entendu, les deux définitions sont exactes. Un pseudo, moi, j’ai immédiatement détesté car effectivement j’avais le sentiment de mentir, de mentir aux autres mais aussi de me mentir à moi-même, j’avais la vague impression de me cacher derrière quelque chose qui n’était pas moi et d’ailleurs si vous observez l’adresse de mon blog, vous y retrouvez très clairement mon nom et mon prénom : http://gilbertjullien.kazeo.com/. Idem, pour mon site perso chez Orange que j’ai créé de toutes pièces bien antérieurement en 2002 : http://gilbert.jullien.pagesperso-orange.fr/. Bien qu’aujourd’hui, on entende sur tous les médias que nous serions espionnés, géolocalisés et même dépecés dans ce que nous avons de plus intime, par la NSA, par Google, par Facebook et par je ne sais qui d’autres, comme je n’ai vraiment rien à cacher, je me fous de tout ça comme de ma première chemise. Malgré ça, quand il m’a fallu créer un pseudo pour mon blog chez Kazéo, là, et très paradoxalement, il ne m’a fallu que quelques secondes pour le trouver et je dirais presque l’adopter. Ce fut immédiatement «Gibirando ». Pour la fin, c'est-à-dire « rando » tout le monde comprendra facilement pourquoi. En que concerne « Gibi », pour les plus âgés de mes lecteurs, ce nom leur rappelleras sans doute la célèbre série télévisée les « Shadoks » ayant sévi à la fin des années 60 et au début des années 70. Les « Gibis » étaient les adversaires des Shadoks mais comme ces derniers n’étaient pas très intelligents, les « Gibis » avaient pitié d’eux. J’ai toujours aimé ce côté compassionnel, tolérant et attachant des « Gibis ». Dans la vie de tous les jours, on avait envie de leur ressembler. Ce joli petit surnom de « Gibi », c’est ma femme qui m’en avait gratifié comme diminutif de Gilbert quand nous nous sommes rencontrés en 1968. Il faut dire que la série télévisée venait juste de démarrer et que nous adorions tous les deux ces petits personnages beaucoup plus intelligents que les Shadoks et coiffés d’un superbe chapeau melon « so british ». En effet, peu de gens le savent mais « Gibi » est la prononciation phonétique anglaise des lettres « G.B », initiales de la Grande Bretagne. Contrairement à tous les autres surnoms que j’ai eu, « Gibi » m’a toujours parlé, il m’a toujours plu, il signifiait quelque chose pour moi et je me souviens qu’effectuant mon service militaire en Corse, je signais toutes les lettres d’amour que j’adressais à ma fiancé de ce surnom qu’elle m’avait donné rajoutant au passage un dessin d’un gentil petit « gibi » coiffé de son chapeau melon. Pourquoi, ce surnom est-il resté accroché à moi tout au long de ma vie, je ne saurais le dire ? Pourtant, je n’ai jamais souffert de tous les autres petits noms que mes copains nous avaient constamment affublés mon frère et moi au cours de notre enfance et de notre jeunesse. Il y a eu des « Ju », des « Jules », des « Jube », des « Jujube », des « Gibe », des « Gil », des « Gilou », j’en passe et j’en oublie sans doute presque autant. Non, le petit « Gibi » est toujours resté là dans un coin de ma tête….et de mon cœur.

Et en plus, voilà que depuis quelques années, je l’ai harnaché d’un sac à dos et qu’il marche gentiment à mes côtés sans jamais se plaindre ! Alors quoi de plus normal que de lui rendre hommage.

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L'Ermitage Saint-Ferréol (300 m) depuis Céret (144 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques composées par Vangelis Papathanassiou dont les titres sont "D'Opéra Sauvage" jouée ici par Alain Duvall Ensemble, "Irlande" par Vangelis et "Hymne" par Peter Weekers/Star Inc.
L'ERMITAGE-DE-SAINT-FERREOL
ERMITAGESTFERREOLIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Si les balades pédestres autour de Céret sont multiples et variées, celle qui consiste à partir, depuis le légendaire Pont du Diable vers la paradisiaque « chapelle Saint-Ferréol » est sans doute, et de très loin, la plus prisée. Plusieurs raisons à cela : la beauté de l’objectif et la sérénité que l’on peut y trouver, les panoramas que l’on peut y découvrir par temps clair et pur qui vont de la Méditerranée jusqu’au Massif du Canigou et enfin son approche et sa distance qui en font une balade quasiment ouverte à tous. D’ailleurs, qualifiée de « familiale », c’est bien ainsi que cette balade est cataloguée dans le petit topo-guide intitulé « Randonnées en Bas-Vallespir » édité par la Communauté des communes du Vallespir et le Conseil Général. Je précise au passage que ce topo-guide est très facilement téléchargeable sur Internet depuis la page de l’Office de Tourisme du site de la commune de Céret ou directement sur la page d’accueil de la Communauté des communes du Vallespir. Quand on aime la randonnée comme je peux l’aimer, je trouve cette initiative plutôt « géniale » et puis je me dis que tout le monde n’a pas 10 à 15 euros à mettre dans un topo-guide. Enfin, pour ceux qui ont les moyens, sachez que l’on retrouve cette « incontournable » dans d’autres guides de randonnées et notamment dans celui intitulé « Les Pyrénées-Orientales…à pied » édité par la fédération. Quand on arrive du Boulou, le départ s’effectue depuis le petit parking du Pont du Diable qui se trouve à l’entrée de la ville, à droite, juste avant le pont. Là, des panonceaux explicites nous indiquent clairement la marche à suivre et il va en être ainsi tout au long de ce circuit de 9 kilomètres environ, selon mon propre relevé. On emprunte la D.615 passant sous la voie ferrée et on tourne immédiatement à droite en suivant le chemin de Vivès qui traverse les jolies villas du quartier  « la Porte du Vallespir ». Pas à pas, l’itinéraire zigzague dans les rues et nous entraîne hors de la cité puis au milieu des cerisaies qui ont fait,  à juste titre, la réputation de Céret. A l’intersection du Cami de Sant Fariol et à moins d’être complètement aveugle ou idiot voire les deux en même temps, un « casot » amplement tagué et une multitude d’indications nous indiquent la direction de l’ermitage. On poursuit toujours sur l’asphalte en suivant le balisage jaune et les nombreux panonceaux directionnels bien présents à chaque intersection. C’est donc sans aucune difficulté que l’on quitte d’abord le bitume au profit d’une piste terreuse puis, peu de temps après, on délaisse cette même piste au bénéfice d’un étroit sentier qui entre dans un sous-bois de chênes en traversant au préalable le petit « correc » de Saint-Ferréol asséché. Après une bonne grimpette sur un sentier parfois transformé en une large et unique ornière, on accède à un large chemin près d’un calvaire surmonté d’une croix de fer. Ici, un premier palier est atteint et des vues superbes commencent à apparaître : sur l’ermitage bien sûr mais aussi sur les chaudes couleurs automnales de la végétation des serrats avoisinantes et enfin, beaucoup plus loin à l’horizon, sur les cimes magnifiquement enneigées de notre fabuleux « Canigò ». On délaisse le large chemin et l’on poursuit toujours tout droit l’itinéraire qui file dans des sous-bois où chênes verts et chênes lièges se disputent l’espace. Cette sente finit par rejoindre une nouvelle piste sous d’immenses platanes et près d’un grande fontaine mais il faut encore s’élever de quelques centaines de mètres pour conquérir l’ermitage. Seuls au monde et dans un silence de cathédrale,  nous allons y rester plus d’une heure goûtant à la fois à la douce découverte de ce lieu si serein et au bonheur d’un pique-nique champêtre animé pas un couple de rouges-queues noirs peu farouches. Peu farouches, avant qu’un groupe de randonneurs, bien trop bruyants à leur goût et au notre, nous oblige tous à déguerpir vers d’autres cieux plus paisibles. Il faut dire que l’ermitage est fermé et qu’il est encore bien trop tôt pour attendre la première heure d’ouverture qui est 14h30. Nous reviendrons c’est sûr mais en voiture sans doute. Or mis cette petite déception que nous comblerons certainement un peu plus tard, nous repartons avec le regret qu’un brouillard bien trop bas et bien trop épais ait obstrué toutes les vues proches ou lointaines sur les Aspres, les Albères et la plaine du Roussillon. Seul le Canigou et une petite partie du Vallespir restent visibles et c’est déjà pas mal pour la saison. Dans l’immédiat, il nous faut poursuivre l’itinéraire qui passe au pied des dépendances et descend en direction du parking de l’ermitage. Là, il suffit de poursuivre la petite route qui va rejoindre la D.615. Dès le virage, il faut noter une différence entre le balisage indiqué sur les différents topo-guides et la réalité sur le terrain, En effet, plutôt que de poursuivre le bitume de la D.615, le balisage nous indique une variante par un étroit sentier qui monte à droite dans un petit bois filant vers le lieu-dit « Bigne de la Gouardy ». En effet, en atteignant une petite crête bien dégagée, les panoramas sont assez exceptionnels et une fois encore, on regrette qu’un brouillard assez dense occulte les vues les plus lointaines. On retrouve le balisage qui, une nouvelle fois, nous emmène sur la D.615 puis sur le chemin dit « du Roc Blanc ». Toujours rectiligne et très agréable car le plus souvent en balcon sur le plus haut de la colline du Serrat de l’Albitre, ce chemin rejoint un peu plus bas le chemin de l’Oratori puis un étroit sentier offrant de jolies points de vue sur Céret et le Vallespir. Ce sentier se termine au sommet d’un escalier très abrupt que l’on descend pour rejoindre la cité et le parking du Pont du Diable. Ainsi se termine cette jolie boucle que l’on pourra compléter par une autre balade cérétane, celle de la cité elle-même qui possède de nombreux autres attraits historiques et paysagers. Si j’ai volontairement omis de vous parler de l’histoire de l’ermitage Saint Ferréol, c’est parce que les topo-guides indiqués plus haut en font un bref mais très intéressant résumé. En outre et comme toujours, je vous renvoie vers l’excellent site de l’Histoire du Roussillon sur lequel vous trouverez une description plus précise et plus complète de ce haut-lieu du pèlerinage et du recueillement. Carte IGN 2449 OT Céret – Amélie-les-Bains- Palalda- Vallée du Tech Top 25.

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Le Pic Garrabet (794 m) et Terre Majou (842 m) depuis Sournia (497 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons interprétées par Gilbert Bécaud. Elles ont pour titre : "Mes mains", "C'est en Septembre", "Seul sur son Etoile" et "Les Cerisiers sont Blancs".

Le Pic Garrabet (794 m) et Terre Majou (842 m) depuis Sournia (497 m)

GARRABETMAJOUIGN
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Autant l'avouer, ce Pic Garrabet (794 m) et ce circuit par Terre Majou (842 m) ne constituaient pas vraiment notre principal objectif du jour. Non, cette balade n'était qu'un joli prétexte à aller chercher du houx pour le vendre sur le marché de Noël de notre village. Mais, ne vous méprenez pas non plus quant à cette vente, nous ne sommes pas des vendeurs à la sauvette et encore moins des vandales de la nature et de la végétation de notre belle région. Non, une trentaine de brins de houx couplés à quelques branchettes de résineux sont vendus 2 euros au bénéfice d’animaux en détresse pour le compte d’une association, voilà quel était ce matin-là, le but de cette belle randonnée au départ de Sournia. C’est donc par ce matin-là exceptionnellement lumineux qui nous avons quitté ce joli bourg et plus particulièrement le village de vacances le Moulin, direction le G.R.P Tour des Fenouillèdes. Bien entendu, traverser le village de vacances nécessite qu’on le fasse en respectant les lieux et les infrastructures. On fait le tour de la petite retenue d’eau alimentée par la rivière Désix. On traverse la rivière par une passerelle en béton et nous voilà déjà sur le G.R.P Tour des Fenouillèdes balisé de marques jaunes et rouges. Attention, ne vous trompez pas et n’empruntez pas le G.R.36 tout proche qui lui est balisé de coups de peinture blancs et rouges. Immédiatement, un bon sentier grimpe dans une pinède et laisse entrevoir sur la droite, les premières vues sur Sournia. Sur la gauche et pour peu que l’on sorte un peu du chemin, de jolies vues s’entrouvrent sur le ravin de Pomeins et sur quelques dômes boisés de Terre Majou. Plus haut et dès lors que  le sentier rejoint une bonne piste forestière, des panoramas plus vastes se font jour sur des lieux de balades déjà bien connus  car déjà empruntés : sur les crêtes de la forêt domaniale du Fenouillèdes du Col de Benta Fride jusqu’au sommet du Sarrat Naout, sur la longue vallée de la Désix où l’on distingue quelques belles découvertes comme le hameau de Rabouillet, la chapelle Saint-Michel ou bien encore les ruines de l’ancien château d’Arsa. Cette piste, on va la poursuivre sur 1.800 mètres environ avant de la quitter au bénéfice de l’ancien G.R.P. Difficile de se tromper car le chemin est fermé par une chaîne et se trouve tout au bout d’une immense pré. Si vous continuez sur le nouveau tracé du G.R.P, vous rejoindrez de la même manière le Pic Garrabet mais par un itinéraire plus long mais moins « galère » que l’ancien mais vous ferez l’impasse sur le houx qui ne se trouve que dans ce secteur. Si vous empruntez mon circuit, le large chemin fait un angle droit et passe devant un petit mas magnifiquement restauré, devient un sentier plus étroit qui se perd dans la végétation plutôt dense. Deux solutions pour ne pas se perdre, soit on suit de vieilles clôtures qui se trouvent sur la droite et sur lesquelles on repère assez facilement le balisage soit, et c’est sans doute le mieux, c’est de posséder un GPS avec le tracé IGN enregistré. Pour nous, et après une heure de marche, l’objectif fut déjà atteint et il se présenta sous la forme de quelques superbes arbustes de houx magnifiquement chargés de leurs drupes rouges. Une trentaine de branchettes du plus bel effet furent très rapidement accrochés à nos sacs à dos respectifs et nous pouvions désormais consacrer le reste de la journée à cette belle balade. C’est ce que nous fîmes en poursuivant le parcours qui se faufile au milieu des chênes pubescents, des cistes à feuilles de lauriers et de quelques pins « laricio » puis il se poursuit en s’élevant sur un mauvais sentier plein d’ornières et de caillasses jusqu’à rejoindre une nouvelle piste ou plutôt une intersection de trois pistes. Sur la droite, il y a celle qui descend vers Courbous, droit devant le G.R.P Tour des Fenouillèdes qui l’on délaisse puis une troisième piste DFCI F 83 excessivement large partant à gauche. C’est celle qu’il faudra prendre dès lors que le pique-nique au sommet du Garrabet (794 m) aura été avalé. En effet, il serait dommage de ne pas rejoindre ce sommet qui n’est qu’à quelques mètres et qui constitue un superbe belvédère à 360 degrés sur tout ce territoire. Depuis le gros cairn servant de pinacle, le vue embrasse les contreforts du Dourmidou, passe par les crêtes de la Serre de Sournia jusqu’au sommet du Roc Jalère et du Pic de Bau, descend vers Séquières, Campoussy, Sournia puis remonte à l’opposé sur toutes les crêtes boisées des forêts domaniales des Fenouillèdes et de Boucheville caressant au passage celles communales du Vivier, de Rabouillet. Voilà la jolie ronde visuelle que vous louperez en oubliant cet objectif. Après cette belle visite, il faut prendre sur quelques mètres, la très large piste F83 qui file sous d’immenses pins sylvestres. Cette piste étant très nouvelle et ne figurant pas sur les cartes IGN qui, elles, sont plus anciennes, vous aurez à nouveau le choix entre poursuivre le tracé désormais balisé en jaune (P.R) et qui descend dans le vallon de Pomeins soit poursuivre cette piste forestière sans doute un peu lassante. De toute manière, les deux options se rejoignent au point culminant de cette balade à 842 mètres d’altitude tout près de la côte 853. Ici, la toponymie « Terre Majou » c'est-à-dire la « terre la plus grande » mais ici il faut peut être entendre la « terre la plus haute (major) » prend tout son sens. L’itinéraire devient unique, la piste s’aplanit descend un peu et rejoint la départementale D.619 non loin du Roc Cornut. Vous aurez donc la possibilité soit d’aller voir cette belle curiosité déjà vue dans ma balade intitulée le « circuit de Campoussy » soit il vous faudra vous diriger vers le dolmen de la Font de l’Arca encore appelé dolmen de Campoussy ou en occitan dolmen du « Cabanoto dels Tres Peyres », un des rares dolmens de notre région a être « truffé » de cupules. Là aussi, vous aurez le choix entre deux itinéraires soit rester sur le sentier peu évident à trouver ; la création de la nouvelle piste ayant amplement effacé le balisage au départ; soit beaucoup plus simple, descendre la D.619. Après le dolmen et sur un peu plus d’un kilomètre, cette D.619 sera dans tous les cas inévitable pour rejoindre le G.R.36 qui, un peu plus bas, permet de regagner Sournia par le lieu-dit la Mole. Bien sûr, le bitume n’est jamais agréable à cheminer mais nous avons eu l’incroyable chance d’être précédé d’un beau renard qui ne semblait pas du tout effrayer de notre présence derrière lui. Après cette agréable distraction, le G.R.36, presque tout en sous-bois, nous entraîna vers l’arrivée. Tel qu’accomplit et décrit ici, ce circuit autour de Terre Majou a une longueur d’environ 13 à 14 kilomètres. Le dénivelé est avec ses 350 mètres plutôt modeste ce qui permet de cataloguer cette balade dans les « plutôt faciles ». En été ou par forte chaleur, il faudra veiller à emporter de l’eau en quantité suffisante. Bonnes chaussures et un équipement du parfait randonneur sont vivement recommandés avec notamment un GPS pour se repérer sur la partie la plus difficile du Tour du Fenouillèdes. Pour avoir accompli ce tour en septembre 2011 avec mon fils, je sais qu’il est assez peu emprunté et le balisage est parfois peu évident à distinguer. Enfin concernant le houx, notre objectif du jour,  son ramassage est comme tous les fruits de la terre réglementé par l’article 547 du Code civil « Les fruits naturels ou industriels de la terre, les fruits civils, le croît des animaux, appartiennent au propriétaire par droit d'accession ». Dans la nature, il est donc nécessaire d’être toujours respectueux de l’arbre, seuls les pieds femelles ayant des fruits et encore pas tous les ans. Il faut donc que la récolte s’effectue toujours avec une grande modération et ne pas toujours se rendre au même endroit chaque année afin que la plante récupère des tailles précédentes. Ce n’est que dans ces conditions que le houx sera synonyme de porte-bonheur ! Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

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Minette ou beaucoup de bonheurs perdus....

Publié le par gibirando


Les gens qui ne possèdent pas d’animaux ne peuvent pas comprendre combien la perte d’un animal de compagnie peut être une grande période de tristesse et beaucoup de bonheurs perdus. A fortiori, ceux qui ne les aiment pas le comprendront encore moins. Avant-hier, notre chatte « Minette » nous a quitté pour s’envoler vers le paradis des chats. Il y a une douzaine d’années environ, Minette que les enfants appelaient également « Chavache » eu égard à ses taches blanches et noires telles celles des vaches normandes, nous l’avions récupérée au fond de notre jardin où elle avait élu domicile au début d’un été. Nous étions dans une période où nous n’avions plus d’animaux et sans doute, s’était-elle sentie en sécurité car en quelques années, nous venions de perdre notre chienne « Titoune » puis un vieux gros matou que nous avions appelé « Papichat » et que nous avions déjà récupéré dans le jardin. Tous les deux nous avaient laissé dans le désarroi car ils étaient morts de vieillesse presque successivement, enfin plutôt de maladies dues à leur vieillesse et dont nous avions souhaité abréger leur souffrance par une euthanasie effectuée dans les règles de l’art par un vétérinaire.  Au retour de nos vacances d’été, Minette avait mis au monde trois petits chatons tout simplement merveilleux que nous élevâmes pendant quelques mois avant de les placer auprès de personnes qui étaient désireuses d’adopter de gentils matous. Pour Dany et moi, l’image de ces trois petits chatons jouant avec leur mère ou avec les jets d’eau du système d’arrosage reste à jamais gravée dans nos mémoires et ce sont des moments de joies inoubliables. Ce fut un déchirement de nous en séparer et encore aujourd’hui, nous le regrettons parfois mais au bout de quelques mois, deux des trois chatons partirent sous d’autres cieux et le troisième prénommé « Zouzou » resta à proximité de chez nous chez des voisins qui l’avaient adopté un peu comme un « jouet » pour leur premier enfant qui commençait à grandir. « Minette », elle, resta au fond du jardin encore au moins quatre années. Il faut dire que Minette était une chatte qui avait une peur incroyable du genre humain et même si nous aurions préféré qu’elle intègre le domicile, nous n’y arrivâmes jamais malgré de multiples tentatives. Dès le premier hiver, nous achetâmes une niche très confortable uniquement pour elle mais un froid glacial sévissait et ce fut un tourment que de la voir errer dans le vent et le froid. Les deux hivers suivants furent moins froids et Minette s'était habituée à nous voir mais restait néanmoins très craintive. Le quatrième hiver fut de tous, le plus effroyable et le plus rigoureux. Les températures tombèrent pendant plusieurs semaines en dessous de zéro et de la voir se promener dans le jardin avec les moustaches gelées et des stalactites de glace pendant de ses lèvres et de son menton s’étaient pour nous quelque chose d'insupportable et un vrai crève-coeur  Plusieurs tentatives pour la piéger restèrent encore vaines mais cette fois, nous étions décidés à tout tenter pour parvenir à nos fins. Un matin, alors que la neige était tombée dans la nuit, Dany eut l’idée d’approcher la niche au plus près de notre baie vitrée. Minette, toujours très méfiante, hésita longuement à revenir dans sa tanière et ce malgré le froid. Elle finit quand même par se décider à entrer dans la niche et alors qu’elle était bien tranquille entrain de dormir, Dany sortit sans bruit, les pieds nus dans la neige et elle plaqua l’entrée de la niche contre celle de la baie vitrée. Il ne restait plus qu’à ouvrir la porte coulissante et Minette intégra la maison pour la première fois. Toujours très peureuse, elle resta cachée pendant plusieurs semaines dans un placard ne sortant que la nuit pour manger des croquettes et faire ses besoins dans une litière. Minette a toujours été une chatte très propre, peu exigeante et peu compliquée pour manger, des croquettes suffisaient amplement à son plaisir. Pendant les longs mois d’hiver et appréciant sans doute la chaleur ambiante, Minette ne demanda plus jamais à sortir de la maison. Elle continuait à avoir peur de nous mais elle savait néanmoins où était désormais son bien-être et son bonheur. Son bonheur allait devenir le nôtre car au fil du temps, Minette s’avéra être une chatte d’une gentillesse extrême avec tout le monde. Entre temps, d’autres chats avaient intégrés la maison. Il y eut d’abord « Tarzan » un chat roux, le sportif par excellence qui portait parfaitement son nom et qui arrivait à grimper sur les toitures en escaladant le seul crépis d’une façade haute de deux étages. Il s’évapora du jour au lendemain sans que nous ne sachions jamais ce qu’il était advenu de lui. Bien qu'il fut très indépendant, il savait être câlin aussi et sa disparation si soudaine nous laissa dans un grand désarroi. Puis, il y eut Milie que j’ai eu l’occasion d’évoquer dans ce blog lors d’un autre départ plein de tristesse puis il y eut enfin « Noxy », un chaton que notre fille avait trouvé dans un caniveau de Narbonne. Avec la douceur qui la caractérisait, Minette accepta tous ces autres chats sans problème. Dans la maison, des chats il y en eut bien d’autres, des chatons que Dany et moi élevions au biberon pour le compte de l’Association les Chats d’Oc de Saint-Estève mais des chats adultes de passage aussi comme P’tigrou, Nokia, Kiwwie, Zeus, Chloé, Windows, j’en passe et des meilleurs et Minette accepta toujours tout ce petit monde autour d’elle sans aucune difficulté. Zouzou, lui, ne quitta jamais sa mère étant plus souvent chez nous que chez les voisins qui l’avaient en principe adopté. Leur entente était fusionnelle et ils dormirent toujours encastrés l’un dans l’autre. Quand nos voisins, les maîtres de « Zouzou » quittèrent le voisinage pour partir sous d’autres cieux, ce dernier réintégra la maison qu’il n’avait jamais vraiment quitté. A Minette, tout lui allait bien pour peu qu’on la laisse tranquille et qu’elle puisse se prélasser au soleil. Elle avait eu si froid au cours des hivers où elle avait vécu dehors qu’elle en avait gardé des séquelles sous l’apparence de rhumatismes qui la faisaient souffrir et boiter bas. Elle adorait le soleil mais le soleil lui aussi lui joua un mauvais tour sous la forme d’un cancer de la peau qui peu à peu envahit une de ses oreilles et qu’il fallût malheureusement lui couper pour qu’elle survive le plus longtemps possible. Malgré, cette opération qui la gratifia du risible surnom de « Van Gogh », le cancer finit par atteindre également son nez. Nous avons toujours pensé qu’avant d’atterrir dans notre jardin, Minette avait été sans doute une chatte battue et bien que la crainte de l’homme était ancrée au plus profond de ses gênes, elle s’avéra être la chatte la plus câline qu’il soit. Une fois dans nos bras, elle se laissait caresser pendant des heures ronronnant de plaisir. Après les joies avec ses chatons et les tourments des premières années où elle vécut dehors, Minette nous apporta tendresse et bonheur jusqu’à ce samedi matin 15 février où on la trouva complètement épuisée après des vomissements sans fin et des convulsions à répétition. Elle passa le week-end à dormir, respirant très faiblement et difficilement, ne buvant plus et ne s’alimentant plus, ne faisant plus ses besoins. Ce lundi 17, dès la première heure, nous étions chez la vétérinaire et après divers examens, analyses et radios, en fin de matinée, le verdict tomba, impitoyable : un taux d’urée trop élevé bloquant le système rénal, un cancer de la peau très étendu sur le museau, des tumeurs peut-être cancéreuses dans le ventre et une fatigue extrême ne laissant rien présager de bon. Une fois encore et comme nous y avions été confrontés pour « Titoune » et « Papichat », nous étions pris entre les tenailles d’un acharnement thérapeutique sans peu d’espoir d’un retour à une vie normale et celle d’une horrible euthanasie d’un être vivant que nous aimions profondément. Une fois encore, nous fîmes à regrets le choix de cette solution définitive et extrême, ô combien difficile à prendre car pleine de sentiments de culpabilité. Comment pouvait-on donner la mort à un animal de compagnie aussi gentil et nous ayant apporté du bonheur puis accepter ce dilemme ?

Ce lundi 17 février vers midi, Minette s’est endormie pour toujours. Minette nous a quitté et avec elle des tranches de vie et de notre bonheur familial sont parties…

Le matin par exemple et ce depuis le début de ma retraite, elle se réveillait et avait pris l’habitude de me laisser sa place qu’elle avait occupée sur le canapé pendant la nuit me permettant ainsi de prendre confortablement mon p’tit déj sur un plateau devant la télé. Dès le p’tit déj terminait, elle remontait sur la canapé et venait se faire cajoler. C’était devenu un rituel et ce rituel me manque déjà.

Zouzou cherche sa mère partout et il ne sait plus où dormir et quand on sait qu’il dort au moins 16 heures au cours d’une journée, on imagine son désarroi et le vide qu’il aura à combler pour retrouver un semblant de vie normale.

Même « Noxy » qui n’était pas spécialement gentille avec elle, semble la chercher et elle parait intriguée par cette soudaine disparition.

Oui, c’est sûr, Minette va nous manquer à tous et pour longtemps……

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Ma mère et les prélèvements sociaux, CSG, RDS, CASA et tutti quanti........

Publié le par gibirando


Ce mois-ci, j’aurais pu vous dire ce que je pensais de l’affaire Dieudonné et de tout ce tapage que l’Etat a organisé pour faire taire ce clown, antisioniste certes, mais clown quand même. J’aurais pu aussi vous parler des relations amoureuses de notre « président normal et qui se voulait exemplaire », qui la nuit, file en scooter et en douce, enfin du moins le pensait-il, rejoindre sa « jeune maîtresse ». Mais non, je pense que vous avez été suffisamment gavés de tout ça et en plus l’actualité personnelle m’a encore une fois devancé et c’est un nouveau coup de gueule que j’ai eu envie de pousser. Car autant vous le dire, j’en ai plus qu’assez de tous ces hommes politiques inconscients, incapables et irrespectueux des français. J’en ai marre de tous ces impôts et taxes sans cesse en hausse, sans cesse en hausse mais sans résultat sur notre dette, sans résultat sur notre vie de tous les jours, sans résultat sur cette crise dont on nous bassine à longueur d’années et que nos hommes politiques se complaisent à lever au dessus de nos têtes comme une perpétuelle « Epée de Damoclès ». J’en ai assez de ces administrations fiscales et sociales qui fonctionnent sans réflexion et sans discernement. Mais outre tout ça, voilà ci-après, les raisons de ce nouveau coup de gueule :

Depuis 5 ans, je suis le tuteur de ma mère qui aura 90 ans cette année et qui est atteinte de la Maladie d'Alzheimer depuis 13 ans environ. Il y a 5 ans, son état de santé mental qui s’était fortement dégradé a nécessité un placement dans un service spécialisé Alzheimer d’une maison de retraite. Coût à l’époque : 2.340 euros par mois. Coût aujourd’hui : 2.750 euros par mois soit 17 % de hausse. Evidemment à ce tarif-là, sa petite épargne a rapidement fondu comme neige au soleil et j’ai été contraint de vendre sa modeste maison qu’elle et mon père avait mis plus de 40 ans à se payer. Bien évidemment, pour faire face le plus longtemps possible à ces échéances, j’ai, comme on dit, placé son argent « en bon père de famille » sur un contrat d’assurance vie et quand j’ai besoin d’en débloquer, je demande l’autorisation au Juge des Tutelles. Il y a 5 ans, si ma mère ne reconnaissait déjà plus les membres de sa propre famille, elle parlait, elle répondait aux questions qu’on lui posait, même si ce n’était pas toujours avec la pertinence espérée, elle marchait, elle se déplaçait seule et sans aide, son poids était normal et elle avait une vie sociale réduite avec les autres mais une vie sociale tout de même. Mais voilà en 5 ans et malgré l’entourage dont elle a bénéficié, ma mère est passée de cet état physique que je qualifierais de « correct » à un état quasi « végétatif », sa vie se résumant désormais à être attachée à un fauteuil ou confinée dans son lit. Son poids a été divisé par deux, elle n’ouvre plus les yeux, elle se recroqueville sur elle-même tel un fœtus, elle râle la plupart du temps, elle a en permanence les doigts dans la bouche et quand je la regarde, j’ai l’impression de voir un petit oiseau fragile transi par le froid ou par je ne sais quelle maladie. Bien évidemment, cette situation nécessite une présence indispensable et continue d’intervenants auprès d’elle mais également une assistance médicale rapprochée. Il est donc évident que ma mère a définitivement perdu toute autonomie mentale, locomotrice et corporelle et par voie de conséquence, sociale. Socialement, on peut dire que ma mère n’existe plus et qu’elle est entrain de mourir à petit feu sans vraiment la dignité qu’on est en droit d’espérer quand on est bien portant ! Ma mère, ce n’est plus qu’un cœur qui bat et une bouche qui s’entrouvre avec difficulté pour manger et pour boire. Certains de mes lecteurs trouveront sans doute cette description très dure mais autant vous le dire, si j’écris tout ça avec beaucoup de réalisme c’est aussi avec des larmes dans les yeux mais avec colère aussi, car comment pourrait-il en être autrement ?

 

Oui, comment pourrait-il en être autrement quand pour renouveler la tutelle, on m’impose qu’elle soit dans l’obligation de passer une visite médicale, au cas où son état de santé se serait amélioré depuis 5 ans. Coût de la visite : 160 euros. Certains toubibs que je qualifierais de honteux sont allés jusqu’à me demander 300 euros pour une situation si évidente que le premier imbécile venu est capable de voir quel est l’état de santé actuel de ma mère !

 

Oui, comment pourrait-il en être autrement quand je viens de constater que sa retraite vieillesse (CARSAT) qui s’élevait jusqu’à présent à 850 euros par mois vient ce mois-ci d’être ponctionnée de 40 euros par mois soit une perte annuelle de 480 euros. Pourquoi me direz-vous et bien tout simplement parce qu’en ayant racheté quelques parts de son placement en assurance-vie pour continuer à assurer son hébergement en maison de retraite, j’ai ainsi dégagé des intérêts qui sont venus grever non pas, son revenu imposable car elle ne l’est toujours pas, (elle ne l’a jamais été depuis le décès de mon père) mais sa situation fiscale au regard de la C.S.G et de la R.D.S.

 

Eh bien oui, que voulez-vous, ma mère n’a plus de vie sociale mais pour l’Etat et quelque soit son état à elle, elle doit continuer à en avoir une et payer la Contribution Sociale Généralisée pour 3,80% (C.S.G) et le Remboursement de la Dette Sociale (R.D.S) pour 0,50%. Eh oui, ma mère qui ne peut plus rien assumer doit assumer le paiement de ce qu’on appelle les « prélèvements sociaux ». Pour comble, si elle avait été imposable, elle qui n’a plus aucune autonomie depuis quelques années déjà, elle aurait du en plus s’acquitter de la Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie (C.A.S.A) soit 0,30%. Ouf, c’est déjà ça de gagner !

 

Alors la question que je me pose est la suivante : Que va faire l’Etat de ses 480 euros annuels, qu’il va piquer à ma mère cette année ?

 

-payer des C.R.S pour qu’il n’y ait pas de bagarres ou d’émeutes à la sortie d’un spectacle de Dieudonné ?

-payer les quelques employés qui « bossent » dans le cabinet de Madame Trierweiler ?

-faire quelques pleins d’un scooter pour que notre président puisse aller voir sa belle ?

-les placer sur un compte en Suisse comme notre ex-ministre du budget ?

-les donner à de pauvres pêcheurs somaliens qui s’étaient fait pincer dans l’affaire du Ponant et en réparation d’années de prison ? (Voir mon Journal Mensuel précédent).

-les donner à des immigrés pour qu’ils retournent chez eux alors que nos frontières sont devenues de véritables gruyères ?

-aller faire la guerre en Centrafrique ou au Mali pour libérer leurs habitants des griffes de redoutables dictateurs sans pour autant empêcher tous ces pauvres gens de venir chez nous ?

-payer des sénateurs dont on se demande à quoi ils servent si ce n’est à ne pas vouloir lever l’immunité parlementaire d’un Serge Dassault pourtant fortement soupçonné dans une affaire de corruption d’électeurs ?

 

Enfin voilà, moi je fais quelques suppositions sur ces 480 euros que l’on va enlever à ma mère, mais si quelqu'un à la véritable réponse, je suis preneur.

 

Alors c'est pour quand les autres ponctions, cette fois sur l'épargne de ma mère et je vous renvoie pour cela sur la dernière « Une » des Contribuables Associés à ce sujet ?

 

Aujourd’hui même et au moment où j’écris ces lignes, François Hollande organise la troisième conférence de presse de son quinquennat. Je ne vais pas le regarder et vous savez pourquoi ? Parce qu’il y a quelques semaines, je l’ai entendu dire qu’il mettrait tout en œuvre pour faire baisser la dette du pays tout en maintenant le modèle social français…Alors si pour faire baisser la dette et maintenir le modèle social français, il doit commencer par taper ma pauvre mère….j’en ai assez entendu !

 

Ah au fait, vous êtes moins taxés si vous habitez dans les D.O.M ou en Guyane et vous êtes carrément exonérée de C.S.G, de R.D.S et de la C.A.S.A, si vous êtes français mais domicilié fiscalement hors de France, c'est-à-dire par exemple dans l’Espace Economique Européen ou bien dans d’autres pays ou en Polynésie aussi par exemple. Franchement, je ne comprends pas que ma mère n’ait pas immigré sous d’autres cieux plus cléments ou bien qu’elle n’ait pas eu l’idée d’aller se faire bronzer à Papeete.

Le dénouement de cette affaire : Après avoir effectué une réclamation à la Carsat, j’ai eu un charmant monsieur et qui plus est, très compétent. Il connaissait le sujet sur le bout des doigts et comme je le connaissais bien moi aussi, nous avons pu parler d’égal à égal. Bon, au bout de cinq minutes, j’avoue que je me suis un peu énervé car il ne cessait de me répéter qu’il ne pouvait absolument rien faire pour moi et qu’il recevait les consignes de taxer les contribuables de la part du Trésor Public. Puis quand il vit que je m’énervais vraiment, il a fini par me dire qu’il comprenais parfaitement ma position au regard de la situation « dramatique » de ma mère et il rajouta même qu’il avait lu ma longue lettre avec beaucoup d’attention, ce dont j’ai immédiatement douté sur le moment puis la conversation s’éternisant, j’ai, à cause de petits détails glanés deci delà,  compris qu’il disait la vérité. J’ai donc fini par baisser pavillon car cette loi « pourrie » devait s’appliquer à ma mère malgré tout le mal que j’en pensais.

 

Le pire ce fut le lendemain, quand, recevant une lettre de la caisse de retraite complémentaire, j’appris que la C.S.G. et la C.R.D.S allaient également s’appliquer sur celle-ci…..P…….de gouvernement ! P…..d’hommes politiques !

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Les Gorges de la Guillera et le château de Rodès (308 m) depuis Rodès (203 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de diverses musiques de films interprétées ici par le violoncelliste Stjepan Hauser. Elles ont pour titres : "La La Land" de Justin Hurwitz, "Once Upon A Time In The West" d'Ennio Morricone, " Playing Love (from "The Legend of 1900")" d'Ennio Morricone, "La Califfa (from "The Lady Caliph" d'Ennio Morricone et "Deborah's Theme (from "Once Upon a Time in America") d'Ennio Morricone
LE-CHATEAU-DE-RODES
 GORGESGUILLERAIGN
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Une balade aux Gorges de la Guillera et au château de Rodès constitue ce que j’appellerai une jolie promenade dominicale. Mais attention, ne voyait rien de péjoratif dans cette manière de décrire cette randonnée pédestre car or mis sa distance qui est plutôt modeste, pour le reste et pour qui veut se donner la peine de s’informer un peu, ce petit territoire de Rodès est d’une incroyable richesse historique. Une Histoire qui très étrangement va se perpétuer dans la durée depuis des temps immémoriaux jusqu’aux siècles derniers. Il est donc préférable de partir marcher avec ces quelques connaissances car au fil des découvertes qui jalonnent le parcours, on trouvera inévitablement beaucoup plus d’intérêts à les observer même si ce ne sont plus que des ruines dans la majorité des cas. D’ailleurs et pour information, la Mairie de Rodès organise et propose sur son site Internet des randonnées commentées. Tout démarre donc ici à Rodès, à l’entrée du village où un grand parking accueille les voitures. Au loin, les ruines du château dominent le village sur un tertre rocheux granitique et il faut savoir que c’est là-haut que se terminera cette jolie balade mais pas nos découvertes car les ruelles de Rodès incitent à une dernière promenade. Dans l’immédiat, direction la cité dont les façades blanches toutes tournées vers le seigneur Canigou mais surtout vers le soleil contrastent avec le vermillon des toitures.  D’emblée, avec un petit espace très ludique consacré à la géologie du Conflent en général et de Rodès en particulier, on entre dans le vif du sujet de l’Histoire. Il faut dire qu’ici et ce, depuis des lustres, les roches ont toujours eu une importance primordiale. D’ailleurs il semble que l’étymologie de Rodès vienne du latin « rota » signifiant « roue » et par ricochet « rocher en forme de meule ». Bien sûr, il y a eu la carrière de granit dont on aperçoit les grands vestiges sur les flancs de la Devèze, bien sûr comme un peu partout, les roches ont servi à construire de nombreux édifices religieux, militaires, pastoraux ou plus simplement d’habitations ou utiles mais on a également retrouvé dans le secteur de nombreux outils préhistoriques taillés dans le quartz du Roussillon prouvant que cette contrée a été l’objet d’une occupation immémoriale. En lisant l’Histoire de Rodes et plus particulièrement celle de sa carrière de granit, on apprendra que cette belle roche d’une qualité exceptionnelle a servi à paver les rues des grandes villes de l’hexagone et pour moi comme pour tous les gens de mon âge, on ne peut s’empêcher de penser que quelques-uns de ces pavés ont eu en mai 68 un usage ultime que les mineurs de Rodès n’auraient sans doute jamais imaginé. Après cette première découverte dont on regrettera que quelques panonceaux soient déjà bien fanés, on poursuit vers le centre du vieux village. Si les minerais ont eu leur importance que dire de l’eau quand on note au passage que la rue principale que l’on arpente est parallèle à un petit canal qui se trouve sur la gauche. Ce canal, alimenté près du barrage de Vinça par le fleuve Têt, c’est celui de Corbère, ancienne  construction royale datant du Xeme siècle et qui va pendant très longtemps être le fil conducteur de cette courte randonnée.  On l’appelle ainsi car initialement, il servait à alimenter ce village puis un peu plus loin et pour les mêmes raisons, on l’appelle le canal royal de Thuir, et encore un peu loin et par le travail colossal et remarquable des hommes, il devient le canal de Perpignan. Je ne vais pas vous en conter l’entière Histoire ni vous en retracer l’étonnant parcours car ce n’est pas le but de ce blog et d’autres l’ont fait bien mieux que je ne pourrais le faire moi-même. Je vous renvoie donc aux sites en questions : Canal de Rodès, Canal de Corbère, Canal de Thuir, Canal de Perpignan et Ville de Vinça mais en se donnant la peine de chercher, il y en a encore quelques autres. A l’entrée du village, on perd un instant ce fil d’Ariane qu’est le canal mais un panneau de bois indique très clairement notre premier objectif : Gorges de la Guillera.  Selon les toponymistes, la « Guillera » serait un lieu fréquenté par la « guille » en l’occurrence le « renard » mais dans les Hautes-Pyrénées, la « guilera » avec un seul « L » est un « repaire ou nid d’aigle », ce qui correspondrait parfaitement à l’éperon rocheux qui les domine et où se trouve le château. On suit la direction indiquée et quand on retrouve le canal, par endroit cimenté par mesure de sécurité, on est définitivement sur le bon itinéraire. D’ailleurs, on quitte très vite le village et aussi rapidement, on en est déjà à suivre le canal qui file parallèle et en surplomb de la Têt. Ici, la Têt n’est pas le long fleuve tranquille que l’on connaît mais un torrent fougueux où l’on devine le bourdonnement des galets roulés par le courant en furie, où l’on entend ces mêmes flots se fracasser et rugir sur les roches polies et où l’on voit les vagues jaillir dès lors que le défilé se resserre. Car les Gorges de la Guillera, c’est bien cette partie-là du fleuve que l’on va cheminer en balcon sur quelques centaines de mètres avant qu’il ne retrouve son calme et son lit normal en aval du côté d’Ille-sur-Têt. Au passage, et dès lors qu’une fenêtre s’entrouvre au travers des chênes verts, on notera encore de nombreux vestiges à la fois de l’autre côté des gorges mais également au sein même du vallon avec notamment les ruines des ponts-aqueducs de la Roque Colomere et d’En Labau. Il faut savoir que le premier canal se trouvait initialement sur la rive gauche de la Têt où il alimentait le Moulin de Roupidère par une premier pont celui de Sant Pere qui se trouvait à  hauteur du barrage actuel de Vinça puis par ces ponts-aqueducs de la Roque Colomère et d’En Labau dont on attribue sans trop de certitude l’édification aux Sarrasins, l’eau ainsi acheminée traversait le fleuve et revenait sur la rive droite pour irriguer la Plaine du Roussillon et ses nombreux vergers. Selon des textes, à l’époque de Jacques II d'Aragon, Rodès avait déjà son propre canal. Là aussi, pour une Histoire plus complète, je vous renvoie vers des sites très intéressants concernant le village de Rodès lui-même. Un dernier regard sur ce qui reste du pont d’En Labau et notamment de son arche gracieuse et il est déjà temps de traverser le canal. Là, deux possibilités s’offrent aux randonneurs, poursuivre le canal et aller jusqu’au plan d’eau indiqué par les mentions « baignade et torrent » voire beaucoup plus loin jusqu’à la Fontaine Saint Jules, une autre jolie curiosité du coin où les Illois se réunissent pour des pique-niques champêtres ou bien tourner à droite, et grimper dans la colline pour se diriger vers le castell de Rodès. En raison du laps que nous avions à consacrer à cette balade, nous avons choisi l’option « baignade et torrent » et avons continuer à suivre le canal de Corbère, cette fois sur sa rive droite et cet itinéraire nous a entraîné au milieu des pêchers aux bourgeons déjà rougeâtres. En réalité, ce plan d’eau n’est ni plus ni moins qu’une plagette de galets en bordure de la Têt où les habitués aiment venir se rafraîchir les jours de canicule. Là, bien sûr, après cette nouvelle découverte, il faut rebrousser chemin et repartir vers Rodès. Ici, démarre la partie la plus pentue de la balade mais la déclivité est modeste et plutôt courte. Ici, et comme très souvent quand on monte, il y a une contrepartie à ce petit effort et les récompenses se sont tous ces superbes panoramas qui s’entrouvrent de toutes côtés : vers Ille-sur-Têt et la Vallée de la  Têt, vers Bouleternère et les collines de La Quere, del Ginebre et du Puig Soubiranne et enfin  le Massif du Canigou très lumineux en cette saison. Tout en montant, on ne manquera pas d’observer tout autour de nous, à la fois les séquelles de l’incendie d’août 2005, incendie si terrible qu’on finit par appeler ces collines alentours, la « Montagne brûlée » mais également tous ces orris, barracas, cortals et feixes en pierres sèches prouvant que cette contrée a vécu aux temps jadis d’une intense économie pastorale et agricole. D’ailleurs, à toute chose malheur est bon, car aussi terrible que fut cet incendie, il permit la mise à nue des paysages et fut en ce sens pour les archéologues roussillonnais, le début de révélations inattendues, qui purent découvrir ainsi de nombreux vestiges et objets d’un passé plus ou moins lointain. Si l’approche du château de Rodès est assez facile avec de très belles vues aériennes sur le village, son accès final est plutôt ardu et nécessite une grande prudence surtout si des enfants sont de la partie.  Cette forteresse date de l’ère carolingienne c'est-à-dire du XIeme siècle et a été construite par le comte de Cerdagne et du Conflent. Ce seigneur estima que le château de Domanova, situé non loin de là au village de Crozes, n’était pas suffisamment bien placé et c’est ainsi que celui de Rodès vit le jour et que le village se développa autour de ce fortin. Les deux villages cohabitèrent quelques temps puis celui de Crozes tomba en désuétude. Accolée aux ruines du château, il y avait également une chapelle dédiée à Saint Valentin dont on peut encore voir quelques vestiges. Une fois encore de très belles vues se font jour : vers l’amont de la Vallée de la Têt où l’on aperçoit le barrage de Vinça dont on distingue la haute voûte blanche, vers le Mont Coronat, vers le Massif du Madres et vers les prémices des Pyrénées qui malheureusement se perdaient dans un ciel excessivement laiteux le jour de notre venue. Une visite de ces vestiges nécessite attention et prudence tant l’éperon rocheux est un à-pic très impressionnant au dessus des gorges de la Guillera. Cette attention sera également de mise dans la descente finale vers Rodès car le sentier terreux se faufilant au milieu des agaves et des figuiers de Barbarie n’est pas toujours bien stabilisé. On terminera cette balade par une inévitable visite du village tant ses vieilles ruelles propres et fleuries incitent à la flânerie. Comme déjà indiqué ce court circuit constitue le but idéal d’une sortie familiale dominicale et même si les Gorges de la Guillera ont été sécurisées avec des garde-fous, on surveillera plus particulièrement les enfants tout en leur promulguant dès le départ des conseils de prudence et d’attention. Enfin, je ne saurais terminer cet article sans vous dire que Rodès organise chaque été une rando-jazz qui, sur le site des anciennes carrières de granit, est absolument à découvrir. Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.

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Ami(e)s randonneuses et randonneurs, nos meilleurs voeux pour 2014

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Le Puig Pédrous (437 m) depuis Ille-sur-Têt (125 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques interprétées par le New York Ska-Jazz Ensemble
. Elles ont pour titre : "Lullaby of Skaland", "This Is Like", "Kaného" et "Sticks" et sont extraites de leur album "Minor Moods".

LE-PUIG-PEDROUS


Bien qu’il nous l’indique clairement, pas besoin du « Lexique Pyrénéen » pour définir le Puig Pédrous ou Pedròs comme étant un pic « pierreux ». Toutefois, attention à ne pas confondre ce modeste sommet à 437 mètres d’altitude dont le départ de la balade s’effectue depuis Ille-sur-Têt avec d’autres sommets portant le même nom mais situés à des hauteurs beaucoup plus conséquentes et respectables. A titre de quelques exemples, vous pourrez vous amuser à grimper tous les puigs ou pics Pedròs régionaux et vous n’aurez pas tant de distance que ça à accomplir pour le faire car il y en a un dans le département de l’Ariège situé près du Carlit et culminant à 2.842 mètres, il y en a un aussi en Catalogne espagnole dans le nord de la province de Gérone encore beaucoup plus haut avec ses 2.905 mètres et enfin il y en a un également entre la Principauté d’Andorre et la Haute-Ariège dressant son dôme arrondi à 2.715 mètres mais que l’on trouve plus souvent écrit « Pédrons ». En tous cas, si le challenge vous tente, sachez qu’ils sont tous des objectifs de randonnées pédestres. En cherchant bien sur les cartes IGN, vous en trouverez peut être même quelques autres. En tous cas, celui qui nous intéresse aujourd’hui n’a de comparable avec les trois autres que les « pierres » qui le composent et qui lui ont données son nom car pour le reste et notamment pour ce qui concerne le dénivelé à accomplir pour en atteindre son pinacle, c’est le « jour et la nuit ». Non, ici le départ s’effectue à 145 mètres d’altitude au pied des toutes proches et célèbres « Orgues »  d’Ille-sur-Têt qui ont beau dresser fièrement leurs cheminées de fées mais il faut bien l’avouer, tout ça reste très modeste en terme d’élévation. Non, ici les aspects sportifs et dépaysements de la balade ne seront en rien analogues aux trois autres hauts sommets pyrénéens. Alors bien sûr, il ne faut pas pour autant se dire que cette balade est sans intérêt car bien au contraire quelques trouvailles restent à découvrir comme par exemple le fait qu’elle démarre d’une agréable aire de pique-nique bordée par la Têt et un joli plan d’eau où s’ébattent de nombreux colverts. De l’autre côté de la piste qu’il faut emprunter vers l’ouest, le site classé des Orgues dévoile les premières draperies de sable de son amphithéâtre minéral. Quelques mètres plus loin, il faut suivre un panonceau « Puig Pedròs » se présentant sur la droite. L’itinéraire balisé de marques de peinture jaune grimpe immédiatement sur un mauvais sentier au dessus du Ravin de la Coume Dardenne. Malgré une chape de brume laiteuse, les vues sur les Orgues et sur Ille-sur-Têt s’entrouvrent magnifiquement. Le sentier continue à se faufiler dans une végétation typiquement méditerranéenne très dense où l’on notera les traces d’anciens incendies. Malgré ces incendies à répétition et grâce à des sous-sols très aquifères, quelques arbres et arbustes comme des pins parasols, des chênes verts ou blancs, quelques mimosas, des bruyères arborescentes, des cistes ont su résister à ces tourments et à la sécheresse qui sévit sur ces sols arénacés, siliceux ou parfois argileux. Tout en suivant le balisage jaune, rien ne s’opposera à sortir de temps à autre du sentier pour aller voir de plus près, un orri ou des feixes avec leurs murets en pierres sèches au style cyclopéen, vestiges d’un intense et courageuse activité humaine qui a sévit aux siècles précédents. De ces vieilles cultures, ils restent encore quelques oliviers et amandiers qui ont su contrarier les affres du temps. Peut être que quelques vététistes ; ils sont nombreux dans ce secteur,  vous obligeront à vous garer le temps d’un passage éclair et souvent poussiéreux. Avec une déclivité très modeste mais bien présente, les panoramas se dévoilent sur la Plaine du Roussillon, le Massif du Canigou et Força Réal. Plus on monte et plus les chaos pierreux se font présents. Un panonceau vous propose déjà une variante vers Casenoves. Mais on a tout le temps de flâner, alors on poursuit le chemin principal. Le sentier finit par atteindre une large piste sableuse que l’on traverse en se dirigeant vers un petit magma rocheux qu’un artiste à tenter de transformer en œuvre d’art en y insérant quelques visages. Le sentier se poursuit toujours en surplomb de la Coume Dardenne où sur le flanc du ravin on aperçoit encore les innombrables terrasses en espaliers ayant servi jadis à diverses cultures. Après ce cheminement sur la crête du dôme arrondi du Serrat des Maillols, on atteint un premier sommet pierreux à 392 mètres d’altitude. Là, de nouveaux panoramas plus amples et plus lointains se font jour à 360 degrés. Si un tour d’horizon est inévitable, on cherche immédiatement où pourrait bien se trouver le Puig Pédrous dans ces successions de collines et de ravins insondables, et quand on l’aperçoit droit devant dans la  ligne de mire que forme le sentier, on n’ose à peine croire que l’on va devoir ou pouvoir monter à son sommet. Il y a d’abord une belle dépression que constitue le ravin de la Bernouse et puis juste derrière, une pyramide excessivement pierreuse : c’est le puig Pédrous. La première réflexion est de se dire que cette modeste élévation porte formidablement bien son nom. La deuxième réflexion viendra un peu après quand on aura atteint avec beaucoup de simplicité le fond du ravin de la Bernouse, ses nombreuses pistes qui le jalonnent sur un terrain plutôt très plat et beaucoup moins hostile qu’on le pensait initialement. Ici, les ruines d’un ancien cortal et de grands prés laissent à penser que l’homme y a vécu  peut être un peu plus facilement que tout autour. Le sentier part à gauche en direction de l’objectif du jour en montant et descendant successivement deux petites ravines. Pour ne pas avoir été suffisamment attentifs au balisage pas très évident il faut bien le dire, je suis parti en direction du Bois Nègre faisant ainsi le tour du puig sans jamais m’en approcher, avant de me raviser. Si la « bonne » grimpette vers le sommet est rude, elle l’est beaucoup moins que je l’avais auguré  depuis le Serrat des Maillols. Bien évidemment, si le Puig Pédrous est un bien joli mirador, il est surtout remarquable par sa borne frontière qui délimitait jadis les royaumes de France et d’Aragon. Cette borne, haute de 2 mètres environ est similaire à celles que l’on avait pu découvrir près de Bélesta lors de la balade intitulée «  À travers les âges ». Elle est d’autant plus remarquable que son pied est gravé d’une croix pattée et d’une mention « 1658 » qui serait la date à laquelle elle aurait été rénovée, un an avant la signature du Traité des Pyrénées de 1659 qui la rendit ainsi obsolète. Enfin tout ça, c’est ce que l’on peut lire dans les divers topo-guides mais d’autres historiens  ne seraient pas d’accord avec cette version et l’ancienneté de toutes les bornes de ce secteur du Roussillon. Comme ont du le faire les vieux constructeurs de cette borne, des garde-frontières royaux, des soldats de tous bords et d’innombrables randonneurs, j’ai embrassé la borne, j’ai posé mes fesses sur ces blocs rocheux puis j’ai déjeuné au sommet de ce joli belvédère granitique avant de prendre le sentier du retour. Celui-ci m’a entraîné sur une nouvelle crête dominant à gauche le ravin de Casenoves et à droite, celui de Bellagre. Ce qu’il y a de bien, c’est que cet itinéraire tout en balcon évite longuement la piste terreuse que l’on aperçoit en contrebas. Néanmoins, on finit par la rejoindre et la suite en direction du hameau ruiné de Casenoves est une simple formalité. On longe les petites parois alluvionnaires que le lit de rivière Têt a creusé au fil des siècles et quand on arrive à Casenoves, les restes de ce vieux village avec sa belle chapelle, sa tour et ses oliviers séculaires constituent bien évidemment la dernière découverte de cette jolie balade. Avant de venir, j'ai appris que la chapelle avait possédé d'étonnantes peintures murales datant du Moyen-Âge, peintures qui ont connu une véritable Histoire digne d'Arsène Lupin ou de Rocambole. Celle-ci vous est contée sur Wikipédia. Ici, on s’y arrête longuement pour humer l’air du temps, pour profiter de la plénitude du lieu, pour écouter les oiseaux, pour voir le soleil se couchait sur le Canigou. Moi, en regardant les vieux oliviers, je ne sais pas pourquoi mais je m’attendais à les voir bouger comme les arbres de la Forêt Enchantée ou bien à voir surgir de leurs troncs creux, des gnomes, des elfes, des fées ou bien encore des Simiots. Non, les Simiots sont originaires du Vallespir et sans doute, ai-je lu trop de légendes roussillonnaises et quand deux amoureux arrivèrent dans mon dos, c’est moi qui finis par bondir de frayeur. La fin du parcours, je l’ai terminé en longeant la Têt en quête de photos animalières et une fois encore, j’eus le « nez creux » car outre une bergeronnette des ruisseaux assez commune mais qui accepta très difficilement la pause, j’eus l’agréable chance de photographier un superbe martin-pêcheur aux couleurs chatoyantes et surtout une étonnante écrevisse dont j’ignorais qu’il ait pu y en avoir dans la Têt. A mon retour, j’ai bien tenté d’en savoir un peu plus sur les écrevisses des Pyrénées-Orientales mais Internet n’est pas bien bavard sur ce thème. Alors j’ai tenté d’approfondir le sujet et là, j’ai appris qu’il y avait au moins 7 ou 8 espèces d’écrevisses en France dont trois autochtones et les autres d’origines étrangères, la plupart de ces dernières étant envahissantes et nuisibles……Alors parmi toutes ces espèces, j’ai essayé de savoir laquelle figurait sur ma photo. Là, une fois encore, je me suis mis à chercher sur le Net et à force de comparer les écrevisses entre elles,  j’ai supposé qu’il s’agissait peut-être de l’écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii) à cause de son rostre notamment…..et vous savez quoi, dans la nuit, j’ai fait un rêve étrange où je me voyais transformé en parfait collabo entrain de dénoncer l’écrevisse de ma photo aux autorités compétentes car j’avais lu tout un tas de choses négatives à son sujet. Et quand je me suis réveillé, j’ai pensé : «  C’est fou qu’a partir d’une simple balade et d’une toute petite bestiole aperçue dans la Têt, j’ai pu ainsi emplir ma tête (Tiens ça rimes !). Moi, faire du mal à un animal ? Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.

 

 

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L'Affaire du Ponant. D'accord ou pas d'accord ?

Publié le par gibirando

LE-PONANT


Il y a quelques jours, j’ai reçu dans ma messagerie, un mail en provenance de ma cousine relatant une partie du dénouement de l’affaire du « Ponant », cette fameuse affaire du détournement par des pirates somaliens de ce navire de luxe qui avait fait la « une » des médias pendant quelques semaines en avril 2008. L’affaire n’étant pas récente et ma cousine m’envoyant sans cesse des mails de toute nature, canulars y compris, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un « hoax (*) », tant son contenu me paraissait peu vraisemblable.  Voilà ce qui était écrit  et je n’ai rien modifié car j’ai fait un simple copier/coller :

« ELLE EST PAS BELLE NOTRE JUSTICE
Vous souvenez vous du bateau de croisière français « le Ponant » détourné par des pirates somaliens ?
Vous souvenez vous que plusieurs pirates avaient pu être interpellés en mer, par les commandos de la Marine français, alors qu’ils étaient encore en possession d’une partie de la rançon qui avait été versée ?

Saviez-vous que ces pirates avaient comparu en juin dernier (**) devant une Cour d'Assises française ?
Saviez-vous que leurs merveilleux avocats commis d’office (donc payés par nos impôts) sont parvenus, grâce à un extraordinaire tour de passe-passe, à les faire passer pour des victimes ?
En effet....... ces pauvres pêcheurs de langoustes somaliens ont été interpellés par des autorités (françaises) n’ayant aucun pouvoir légal dans les eaux territoriales d’un pays souverain (la Somalie), puis ont été déportés de force (donc toujours illégalement) en France !
Verdict : libération immédiate des pirates et versement d’une indemnité de 90.000 euros à chacun, pour préjudice moral. Mais leurs avocats ont déjà annoncé qu’ils faisaient appel car ils exigeaient 455.000 euros chacun ! L’histoire ne dit pas s’ils vont également exiger que leur soit restituée la partie de la rançon qui a été récupérée…
Espérons que les valeureux commandos de Marine qui ont pourchassé ces dangereux criminels ne seront pas poursuivis à leur tour pour arrestation illégale et détention arbitraire…"

 

(**) juin 2012.

Alors, ce message m’a intrigué et j’ai voulu savoir si c’était un vrai « hoax » ou s’il y avait une part de vérité. Le résultat m’a, je l’avoue, heurté car si tout n’est pas vraiment exact et notamment la durée de la peine (4 ans) effectuée par les intéressés, tout n’est pas faux non plus et cet étrange verdict a été repris sous diverses formes et de diverses manières par quelques médias français. Toutefois, très peu, il est vrai, évoque les 90.000 euros d’indemnités de dédommagement au titre de la détention abusive car comme toujours quand la vérité est embarrassante pour les citoyens que nous sommes, tout ou presque est fait pour nous la cacher. Cette affaire en est une parfaite illustration. Si l’affaire vous choque comme elle a pu me choquer car 90.000 euros et encore moins 455.000, je ne les trouve pas tous les matins sous mon oreiller, voici quelques liens qui vous confirmeront la réalité d’une « bonne » partie de ce message et même quelques nouvelles informations plutôt surprenantes :

 

20 minutes.fr : . http://www.20minutes.fr/societe/1036006-90000-euros-indemnites-acquittes-ponant

Le figaro.fr : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/11/06/97001-20121106FILWWW00619-ponant-indemnisation-pour-2-acquittes.php

Rfi : http://www.rfi.fr/afrique/20121108-france-indemnites-somaliens-acquittes-affaire-ponant-piraterie

Le Monde : http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/06/les-deux-acquittes-du-ponant-obtiennent-90-000-euros-d-indemnisation_1786607_3224.html

 

Je vous rappelle que tous les individus arrêtés, coupables ou pas, légalement ou pas, l’ont été car ils étaient en possession d’importantes sommes d’argent juste après la remise de la rançon par les autorités françaises. On est donc en droit de se demander comment de simples et pauvres pêcheurs de langoustes somaliens (c’est comme ça que ce sont décrits les innocentés !) aient pu se retrouver avec des sommes d’argent aussi conséquentes s’ils n’étaient pas partie prenante ou au moins complices de l’arraisonnement du « Ponant » et de la prise d’otages. Avec la clémence de ce verdict, on est en droit de se demander, si une justice somalienne aurait eu la même indulgence vis-à-vis de pirates français ? Alors d’accord ou pas d’accord avec cette généreuse indemnisation ? Voilà quelques interrogations qui se posent à juste titre dans cette rocambolesque affaire. Si cette affaire vous intéresse vraiment comme elle m’a intéressée quelques jours, sachez que quand vous tapez « affaire du Ponant » dans Google, le célèbre moteur de recherche sort plus de 73.000 sites, blogs, articles, forums, etc….sur le sujet. Il y a donc de quoi lire et de quoi vous faire votre propre opinion. La mienne, je me la suis faite et comme beaucoup de décisions laxistes prises par ce gouvernement en matière de justice,  en voilà une de plus que je voulais porter à la connaissance du plus grand nombre.

(*) Hoax :Hoax est un mot anglais qui désigne, un mensonge créé de toutes pièces, conçu pour apparaître crédible et véritable ; ce canular peut parfois avoir un but malveillant. En français, le sens du mot hoax est restreint au canular informatique.

(**) juin 2012.

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Le Roc de Jornac (1.051 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de musiques de DJ Maretimo extraites de sa compilation "Spring Lounge 2019"
ROC-DE-JORNAC
 
Le Roc de Jornac, vu depuis la route D.26b qui mène à Urbanya.
ROCJORNACIGN
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Quand on possède un pied à terre à Urbanya, le Roc de Jornac constitue ce que j’appellerais une balade digestive. Jugez plutôt : un peu plus de 3 kilomètres pour y aller, le double évidemment pour en revenir avec un dénivelé d’environ 250 mètres à l’aller et de 40 mètres au retour. C’est un peu la raison pour laquelle, je n’avais jamais osé décrire dans mon blog cette courte balade presque dérisoire. Puis fin août, j’ai réussi à transformer cet aller-retour en une boucle un peu plus longue et un peu plus intéressante permettant de faire quelques nouvelles trouvailles, de voir les mêmes panoramas sous d’autres angles et de donner ainsi un peu plus d’attraits à celle-ci et là, j’ai finalement estimé que le terme de « randonnée » prenait pleinement son sens, d’autant qu’au delà de l’aspect paysager d’autres belles découvertes floristiques et fauniques étaient venues enjolivées ma balade. C’est donc cette boucle à ce Roc de Jornac (1.051m) que l’on trouve parfois écrit « Journac » que je décris ci-dessous. Ce Roc de Jornac, je l’ai déjà évoqué à quelques reprises dans certaines de mes randonnées précédentes autour d’Urbanya ; Serrat de Calvaire et Serrat Gran notamment ; car le départ et une partie du parcours et notamment le début est identique à ces balades. On emprunte le chemin de Saint-Jacques puis on poursuit plus haut à gauche des dernières maisons du village. Depuis quelques temps, le sentier est balisé en bleu mais à vrai dire, on y prête peu d’attention. L’itinéraire devient simple car on reste sur le sentier le plus évident pendant longtemps, on enjambe deux petits correcs descendant de ravins celui de la Coma Formia et immédiatement après celui de Vallurs. Puis plus haut, on passe devant les ruines du mas Cubères (Cubera) où immédiatement après le sentier s’élargit et se transforme en une piste carrossable. En tous cas, on marche jusqu’à rencontrer une longue clôture délimitant la commune de Conat de celle d’Urbanya et on se trouve là, à la côte 1098 sur la carte IGN. Si une piste pas très évidente et une clôture montent à gauche, piste empruntée lors de la balade autour du Serrat de Calvaire et clôture suivie lors de la balade au Serrat Gran, il faut les délaisser et suivre celle qui descend en direction d’un mamelon que l’on aperçoit en contrebas. Ce mamelon à la fois herbeux et rocailleux, c’est le Roc de Jornac. Il peut parfois paraître aride mais il ne faut pas trop s’y fier car selon les saisons, il est très diversement et magnifiquement fleuri : en juillet par exemple, c’est un tapis jaune d’orpins âcres aux superbes petites fleurs étoilées qui recouvre le dôme puis un mois plus tard et comme par enchantement, ce sont de petits alliums (ail) blancs ou mauves qui tapissent le sommet du roc.  Vu depuis la côte 1098 et avec cette vision aérienne, il faut bien avouer qu’il s’agit d’un roc assez banal à première vue, pourtant, pour vraiment en juger, il est préférable de le regarder depuis la route qui même à Urbanya car il est visible dès que l’on amorce le dernier tronçon de départementale qui longe le profond vallon éponyme. Et là, il faut bien reconnaître que l’on a un tout autre regard sur lui : un piton massif et excessivement rocheux et pratiquement inculte depuis son sommet jusqu’à sa base avec une falaise abrupte et d’un seul tenant de plus de 400 mètres de hauteur et c’est ces caractéristiques-là qui vont donner de l’intérêt à cette balade car les vues plongeantes sur le ravin d’Urbanya et les alentours y sont tout simplement époustouflantes. Ce ravin, les historiens l'ont appelé le Vallon des Seigneurs car ces derniers ont très longtemps régné sur Ria, Conat et une bonne partie de ce Haut-Conflent. Mais l'Histoire du secteur de cette montagne est beaucoup plus ancienne et d'ailleurs, en amorçant la descente vers le roc, un dolmen est visible sur le côté gauche du chemin. Enfin quand je dis visible, ce dolmen est assez anodin car très au ras du sol et un œil non averti pourra aisément passé à côté sans le remarquer. En tous cas, il s’agit bien d’un édifice mégalithique figurant sur la liste des monuments du département de cette période sur le site Internet Wikipédia. Juste à côté et au milieu des broussailles, j’ai cru voir un autre dolmen, il est vrai assez biscornu mais j’avoue ne pas être un spécialiste. Mais en tous cas après observation, il s’agit bien de plusieurs pierres dissociées posées les unes contre les autres et ressemblant à une tombe. Dolmen mégalithique ou hasard de la nature ? Au bout de cette descente, il faut remonter un peu pour atteindre le sommet du Roc constituant comme je l’ai dit plus haut, un superbe belvédère car en surplomb de très impressionnants ravins dont celui  où coule la rivière d’Urbanya et plusieurs « correcs » dont celui de Jornac. Ici, certains à-pics peuvent donner le vertige et les randonneurs sujets à ces symptômes sont priés de rester en retrait des endroits les plus abrupts. Les autres aussi d’ailleurs car les rochers de schistes sont très friables et peuvent parfois s’avérer très dangereux. Pour le reste, les panoramas sont grandioses de tous côtés vers la Plaine du Roussillon et le Massif du Canigou et plus près de nous et dans une ronde absolue où défile une succession de montagnes et de sommets comme le Massif du Coronat, celui du Madres et la dense forêt domaniale de Nohèdes-Urbanya dominé par quelques pics évoqués dans certaines balades comme le pic Lloset, le pic de la Moscatosa, le pic de Portepas, le pic de Tour et le Serrat de Miralles. A nos pieds, on peut encore apercevoir quelques rares vestiges d’un pastoralisme ancien avec notamment ceux des hameaux d’Arletes et de  Nabilles dont on dit qu’ils auraient été abandonnés depuis des lustres à cause de la peste mais plus certainement à cause des difficultés dues à la sécheresse dans ce secteur très aride de la montagne. Si quelques minuscules sentiers semblent se poursuivre au bout du roc et descendre dans les ravins en direction de Conat, j’avoue que je ne m’y suis pas risqué et en la circonstance, j’ai préféré faire demi-tour. J’ai donc repris le chemin en sens inverse jusqu’à la côte 1098 où là, j’ai emprunté un large chemin (toujours balisé en bleu) montant vers une côte 1136 sur la carte IGN. Ce chemin est parfois un peu embroussaillé mais je l’ai toujours vu praticable même si c’est vrai qu’il file essentiellement au milieu des rosiers sauvages, ronciers, prunelliers et autres hauts genêts à balais. On coupe une barrière de comptage des véhicules puis peu après la côte 1136, les petits arbustes laissent la place à d’immenses frênes et cerisiers. Un peu plus loin, on rencontre sur la droite des vestiges d’une baraque en pierres sèches. On poursuit tout droit sur ce chemin qui petit à petit amorce une courbe en direction du nord-ouest et dès lors qu’il atteint une intersection de plusieurs larges chemins où poussent de hautes fougères, il faut prendre à gauche un sentier se faufilant au milieu d’elles sur 150 à 200 mètres environ. Peu après quelques murets en pierres sèches qui se trouvent sur la gauche, le sentier arrive sur un large faux plat et amorce un virage à droite à 90 degrés toujours au milieu des fougères. Parfois très hautes, ces fougères peuvent cacher le sentier et parfois même, semblent être un obstacle à la balade mais il suffit parfois de se faufiler pour retrouver son chemin assez aisément. Tout en descente, le retour côtoie encore de multiples vestiges ruraux et pastoraux (feixes, cortals) Une fois sur ce sentier, on reviendra très facilement vers Urbanya et on retrouvera l’itinéraire pris à l’aller à hauteur d’un collet séparant le Serrat de l’Homme de celui de Calvaire. Urbanya n’est plus qu’à un kilomètre et à quelques minutes. Cette jolie petite balade se termine et quand je visionne les photos de mes trois ou quatre balades effectuées vers le Roc de Jornac, je me dis que cette randonnée, j’aurais pu l’intituler le « Sentier des papillons » tant les lépidoptères de toutes sortes sont les protagonistes principaux et systématiques de cette randonnée quelque soit la saison. Ici sur ces « solanas » qu’on pourrait croire arides, pousse, aussi bien au printemps qu’en été, une flore incroyablement variée et généreuse. Ici, les insectes et notamment les abeilles et les papillons se livrent une lutte sans merci pour butiner cette fertile nature jusqu’aux derniers beaux jours. Pourtant, malgré la présence de cette prolifique petite faune, j’y ai aperçu, presque à chaque fois, bien d’autres animaux sauvages comme un chevreuil, un lièvre, des perdrix grises ou rouges, des vipères, des lézards des murailles ou bien des lézards verts et d’innombrables oiseaux, passereaux ou rapaces mais le problème c’est que tout ce petit monde n’est pas toujours bien disposé à se laisser photographier. Puis dernièrement, un groupe de cerfs m’a enfin laissé sans voix tant ils m’ont surpris au moment où je m’y attendais le moins. Sans voix mais pas sans photos car j’ai pu en prendre trois vraiment superbes. La boucle telle que décrite ici est longue de 8 à 9 kilomètres environ. Le dénivelé est de 310 mètres environ. Pour avoir cheminé ces sentiers à diverses reprises, je vous conseille d’effectuer cette boucle plutôt du début du printemps au début de l’été, c’est à dire assez vite avant que la végétation s’empare plus amplement des sentiers débroussaillés. Plus tard, les ronces courent un peu partout et rendent la marche assez laborieuse. Pantalons longs et bonnes chaussures de marche sont vivement conseillés sur ce terrain. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

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Le Tour du lac de Puyvalador depuis Réal

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de musiques interprétées par le duo "Secret Garden". Elles ont pour titre : "Ode To Simplicity", "Heartstrings", "Windancer" et "Passacaglia".

Si vous aimez les petites randonnées pédestres pas trop difficiles et que vous n’avez jamais fait le tour du lac de Puyvalador à pied, je vous conseille vivement cette courte et agréable balade dont le départ s’effectue depuis le joli village de Réal. Contrairement à nous, choisissez de préférence un jour ensoleillé où le lac est plutôt plein car c’est bien plus joli et filez vers cette magnifique région qu’est le Capcir. Dès le départ, une grenouille rousse nous raconte l’histoire de cette prairie humide sur quelques panonceaux très ludiques qui ont été judicieusement placés sur le sentier qui file parallèle à l’Aude, qui n’est ici qu’un étroit cours d’eau. Ces panneaux, très intelligemment présentés en « braille » pour les malvoyants, mais également en catalan et en français, permettent d’en savoir un peu plus sur la faune et la flore que l’on est à même de découvrir ici au bord du lac. Guère plus loin, un observatoire est là pour nous faire découvrir les éventuels oiseaux limicoles et échassiers qui sont amenés à passer et à séjourner dans ce biotope remarquable. Plus loin, le saisissant barrage est là pour nous donner une autre idée de cette retenue d’eau où s’ébrouent les colverts, où planent les hirondelles, où plongent les cincles, le tout sous le regard placide de nombreux bovins mais sous celui plus inquisiteur de nombreux rapaces. A l’entrée du barrage, c’est un autre regard qui accueille les visiteurs, celui figé pour l’éternité de Joachim Estrade, dont l’effigie trône au milieu d’une monumentale stèle élevée ici en souvenir de cet immense ingénieur des Ponts et Chaussées. Il faut avouer que son nom n’est pas resté dans les annales de l’Histoire et ses prouesses hydroélectriques sont bien trop souvent méconnues, Et pourtant, c’est grâce à ce grand précurseur dans le domaine de l’électricité et de l’hydroélectricité que l’on doit, entre autres nombreuses créations, l’arrivée du premier éclairage public dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales. On quitte le visage impassiblement métallique et verdâtre du grand entrepreneur pour franchir le barrage sous les voltiges incessantes des innombrables hirondelles qui ont élues domicile dans les murs de l’édifice. Le sentier, désormais commun avec le G.R.P du Tour du Capcir, grimpe vers le tranquille village de Puyvalador que l’on traverse en quelques minutes seulement. On laisse l’église du village sur la droite et l’on poursuit l’itinéraire sur l’asphalte en empruntant la petite route départementale D32g qui file vers le hameau de Rieutort. Au bout de 600 mètres environ, un panonceau indique de partir en gauche et dans les prés en direction de deux nouvelles découvertes que sont les ponts dits « romains » de la Polideta et de celui de les Molines. En réalité, si ces deux ponts n’ont de romains que le nom et ils n’en demeurent pas moins qu’ils enjambent depuis des lustres deux torrents de montagne que sont respectivement le Rec de Cirerol et le Galbe. Bien plus réputé que le premier, le Galbe est surtout connu pour sa merveilleuse vallée qu’empruntent les randonneurs du Tour du Capcir, vallée au bout de laquelle se trouve les « fameuses pierres écrites », insolites prétextes à une excursion pédestre printanière ou estivale. Peu après le pont de les Molines, on quitte le G.R.P du Tour du Capcir en direction d’un autre pont, celui où passe la D.118 qui relie Puyvalador à Formiguères. On traverse la route pour reprendre la direction du lac en longeant le delta du Galbe qui s’élargit amplement en atteignant le réservoir. Il faut dire que le lac a été presque asséché ces jours derniers et ce vide laisse apparaître de grandes plages de sables, de graviers et de galets emportés là par le fougueux torrent. Ici, on regrettera que le sentier s’écarte puis s’éloigne du bord du lac mais en contrepartie, on va successivement traverser un petit bois de résineux puis de feuillus où virevoltent de nombreux passereaux, des prés où paissent des vaches bigarrées, des petites zones marécageuses que l’on traverse à l’aide de pontons opportunément placés. Pour refermer cette jolie boucle donnée pour 2 heures, nous en avons mis exactement le double, arrêts inclus. Et quand Réal est en vue, on regrette déjà que la balade tire à sa fin. On ne quittera pas le village sans visiter ses maisons, ses ruelles et surtout sa belle église romane dont la première mention écrite date de 893. Elle est dédiée à Saint Romain d’Antioche. Un petit saut en voiture est nous voilà déjà à Odeillo de Réal, hameau dont l’histoire est d’une incroyable richesse tout comme les Angles où nous terminerons notre voyage en Capcir par une visite de sa partie la plus ancienne et la plus pittoresque.   Carte IGN 2249 ET Font-Romeu - Capcir Top 25.

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Un p'tit bouquet de roses

Publié le par gibirando


Comme je l’ai déjà fait à quelques reprises dans mon Journal Mensuel, avec par exemple un sujet sur ce héros de 14/18 que fut mon grand-père paternel, ou bien encore dans un article de juillet 2012 que j’avais intitulé « le petit chien de porcelaine », je vais une fois encore évoquer une courte tranche de ma vie, en l'occurence ici une "bonne" tranche de ma jeunesse. Ce petit bout de ma jeunesse, je l’ai appelé « un p’tit bouquet de roses » et vous allez comprendre pourquoi.

Il a commencé en septembre 1965 alors que j’avais 16 ans et s’est terminé trois ans plus tard, en juillet 1968 exactement. En 1965, j’entamais à peine ma 3eme au collège de la Grande-Bastide dans le quartier de Mazargues à Marseille et cette année-là a été la première année au cours de laquelle j’ai réellement commencé à flirter et donc à embrasser des filles sur la bouche. Eh bien oui que voulez-vous, je n’étais pas vraiment en avance, ni dans ma scolarité car j’avais redoublé deux classes à l’école primaire ni sur mon temps. En effet, or mis un p’tit bisou sur la bouche à une copine de la maternelle puis quelques autres au cinéma avec une amie du quartier qui n’étaient pas restés inoubliables malgré mon désir de faire comme certains héros de mes westerns préférés, je m’étais presque toujours tenu éloigné des filles sans trop savoir pourquoi. Sans doute à cause de mon goût immodéré pour le sport car l’été, c’était la chasse sous-marine à Sormiou et le reste de l’année, le foot au Sporting Club de Bonneveine mais également au lycée. Mais revenons vers mon « p’tit bouquet de roses » qui d’ailleurs vous le verrez, n’est pas si garni que ça. Au départ, j’ai surtout flirté pour faire comme certains copains et ne pas passer à leurs yeux pour un « loser » et j’ai donc eu mon vrai premier béguin avec une jolie jeune fille du collège d’à côté. Elle était très brune et s’appelait Rosa mais tout le monde l’appelait Rosy. Rosy avec un patronyme à consonance ibérique comme Perez, Martinez ou Sanchez ou peut-être même Garcia, enfin je ne me souviens plus très bien mais elle était vraiment espagnole surtout dans son regard qui était très noir. Voilà, je venais de cueillir ma première rose pour mon p’tit bouquet. Ce premier flirt dura le temps que dure les roses puis il se termina et un second vînt prendre le relais presque dans la foulée de cette première rupture. Aussi étonnant que celui puisse vous paraître ce fut avec une nouvelle Rose ou plus exactement avec une Rosine car elle voulait qu’on l’appelle ainsi. Je n’ai jamais vraiment su si c’était par goût personnel ou si c’était son vrai prénom. Et il est vrai que ce petit nom lui allait très bien car si la première Rosy avait été très brune celle-ci était aussi blonde que les blés. Une très jolie blonde que j’ai cueillie une fois encore dans le collège d’à côté. Il faut dire que cette Rosine était une bonne copine de la première et qu’elle me zieutait depuis pas mal de temps déjà. Il faut dire également qu’à l’époque, les collèges mixtes étaient plutôt rares et le nôtre ne faisait pas exception à la règle. Mais comme les deux collèges filles et garçons étaient mitoyens, ce n’était pas vraiment un problème pour lier connaissance car il était assez facile de s’observer lors des récrés ou mieux quand les cours étaient terminés. Ce second flirt dura un peu plus longtemps que le premier car la blonde Rosine était plus douce et moins volubile que la première Rosy. Mais malgré tout, il ne fit pas long feu non plus et cette deuxième conquête se termina presque naturellement lors d’une « boum » où nous étions allés tous les deux à l’invitation de mon meilleur ami Etienne qui avait organisé ça chez lui. Là, et aussi incroyable que cela puisse paraître, je fis la connaissance d’une nouvelle conquête qui, je vous le donne en mille, s’appelait également Rose. Allez savoir pourquoi, je m’étais mis à l’embrasser, sans doute emporté par sa troublante beauté et par le bercement d’un slow trop suave, ce qui bien évidemment ne plut pas à Rosine qui s’enfuit de la boum très en colère bien évidemment. A bien y réfléchir, ce jour-là, je m’étais conduit comme un vrai goujat ! Mais cette nouvelle Rose se fanât très vite elle aussi et ce nouveau flirt ne dura qu’une petite semaine. Il faut dire qu’elle habitait dans un quartier assez éloigné du mien et comme ma mère ne me donnait que le compte juste pour faire le plein de mélange pour mon  « VéloSolex », il était hors de question que je puisse aller me balader trop loin au risque de marcher à pied le reste de la semaine. D’autant que mon collège était lui aussi dans un autre quartier également éloigné du domicile qui lui se trouvait à la Vieille-Chapelle et de ce fait, le plein d’essence ne durait pas bien longtemps même en y faisant très attention. C’est d’ailleurs pour cette raison qui fit qu'un an plus tard, je suis parti de chez mes parents pour aller loger chez ma grand-mère paternelle Adèle où j’étais beaucoup plus tranquille avec une vraie chambre uniquement pour moi. Ma grand-mère habitait une petite maison à Sainte-Anne beaucoup plus près du collège et cette solution semblait satisfaire tout le monde. Moi en premier bien sûr, mais également mes parents pour qui les dépenses étaient moindres et enfin pour mon grand frère Daniel qui désormais occupé tout seul la salle à manger avec son lit pliant. Enfin, ma grand-mère semblait la plus heureuse. Elle n’était plus seule. Elle avait trouvé quelqu’un pour lui faire la conversation, quelqu’un a qui raconter ses blagues polissonnes et surtout quelqu’un à qui elle pouvait refaire de bons petits plats comme au bon vieux temps de mon grand-père Gabriel. De ce côté-là, je n’ai jamais été à plaindre et les trois années scolaires passées chez ma grand-mère furent parmi les plus belles de ma jeunesse. Cette amourette avec cette nouvelle Rose se termina donc en « eau de boudin » alors que j’aurais nettement préféré qu’elle se termine en « eau de rose ». Mais comme dit le célèbre proverbe « une de perdue dix de retrouvées ! » et  même s’il n’y eut pas encore 7 autres roses supplémentaires aussi ahurissant que celui puisse paraître, le p’tit bouquet était loin d’être terminé. En effet, juste avant la fin de cette année 1965/1966 qui avait été une de mes meilleures années scolaires puisque j’avais fini 5eme sur 29 élèves et réussi mon BEPC, une dernière « boum », justement pour fêter les toutes proches vacances, me donna l’occasion de sortir non pas avec une nouvelle Rose mais avec une Roseline, une variété qui convenait parfaitement à mon p’tit bouquet aussi. L’été arriva, Roseline partit de son côté et moi du mien. Au cours de ce même été 1966, mon cousin Pierre me proposa de partir en stop avec lui au Festival de jazz de Juan-les-Pins. Nous couchions sur la plage. Enfin moi je couchais sur la plage car lui une fois sur deux, j’ignorais vraiment où il découchait. Il faut dire qu’il était bien plus beau garçon que moi. D’abord, il était bien plus grand et bien plus costaud que moi, il paraissait de tout évidence bien plus vieux que son âge et avec sa gouaille de « titi » parigot, tomber les filles n’était pas vraiment un problème pour lui. Là, pendant cette semaine de galère au cours de laquelle je faillis mourir de faim, j’eus une aventure avec un jolie Rosemary qui était bien plus âgée que moi, sans doute avait-elle cinq ou six ans de plus que moi selon mon estimation. En réalité et bien trop fier d’être en mesure de sortir avec une « vieille », je n’ai jamais trop osé lui poser la question sur son âge. Elle passait ses vacances sur la Côte d’Azur avec son père qui y possédait une maison mais qui était divorcé d’avec sa mère. En réalité, ce fut bien plus qu’un simple flirt et il était très clair que cette agréable Rosemary avait de l’expérience à revendre et en tous cas, bien plus que je pouvais en avoir moi-même. Grâce à elle, l’aspirant en amour que j’étais, allait prendre son premier galon. Rosemary était belge et je fis sa connaissance de manière assez surprenante car j’avais retrouvé dans le sable la montre de son père qui était magnifique car toute en or et sans doute sertie de vrais diamants tant elle scintillait. Dans la journée, je m’étais souvenu avoir vu cette montre rutilante et qui flashait sous les rayons du soleil au poignet de cet homme qui approchait la cinquantaine. Le soir, alors que tout le monde avait quitté la plage, j’avais trouvé cette montre enfouie dans le sable. Toute la nuit, j’avais conservé précieusement cette montre de luxe au fond de mon sac à dos avec l’espoir que son propriétaire et surtout sa fille que j’avais nettement remarquée, reviennent sur la plage dès le lendemain. Et quand dans la matinée, je les vis arriver, j’étais vraiment content. J’allais pouvoir restituer cette magnifique montre au papa et surtout c’était peut-être l’occasion rêvée de tenter d’approcher cette jolie jeune fille à laquelle, j’avais beaucoup souri la veille mais sans vrai résultat. Ce manque de résultat était du à la différence d’âge qu’il y avait de manière évidente entre nous et qui m’avait rendu timide. Je n’avais pas osé l’accoster surtout en présence de son paternel. Et effectivement quand il vît la montre, son père fut aussi heureux qu’un gamin devant un sapin de Noël garni de jouets. Il ne savait que faire pour me remercier allant même jusqu’à me donner un gros paquet de billets de banque que bien entendu, je mis un point d’honneur à refuser. Du coup, et pour me faire plaisir, il voulut même m’inviter à déjeuner chez lui dans sa villa. Mais là aussi, je fus contraint de refuser cette aimable invitation, prétextant que je n’avais rien d’autres à me mettre qu’un Jean’s et un tee-shirt plutôt « crades » qui traînaient sur la plage depuis 4 jours. Pourtant, mon ventre commençait sérieusement à crier famine mais ma bonne éducation avait su résister à cet appel. En tout dernier recours, le Monsieur fouilla dans son sac de plage, en tira deux paquets de cigarettes Boule d’Or et me les offrit. Allez savoir pourquoi, je pris les deux paquets de clopes alors que je n’avais jamais touché à une cigarette de ma vie.  Comme je l’avais plus ou moins imaginé, cette confiance entre les deux belges et moi fut l’occasion de brancher la fille qui je l’avoue me plaisait bien. D’ailleurs le père mit à profit cette relation, par ailleurs sincère de ma part mais il est vrai intéressée, pour me laisser seul avec sa fille dès la fin de la matinée. L’après-midi, il ne revint pas et Rosemary rappliqua seule sur la plage. C’était un signe. Je n’en demandais pas autant et Rosemary non plus d’ailleurs et en fin d’après-midi, le flirt était déjà plutôt bien engagé et je dirais même que le courant était déjà bien passé entre nous deux. Rosemary m’ayant promis qu’elle tenterait de revenir dans la soirée, je mis à profit ce temps libre pour dénicher une douche dans une paillote de la plage pour faire un peu de toilette. Je voulais être un peu plus présentable pour aller au festival avec elle et plus si affinités. La suite, vous la connaissez. Ce soir-là, j’avais dit à Rosemary que j’étais affamé et sans le sou et en plus de tout le reste, elle m’offrit très gentiment un hot-dog et une bière dans un bar. Mais le lendemain matin très tôt, je fus encore plus surpris quand je vis son père arriver sur la plage avec quelques pains aux chocolats, deux gros pans-bagnats ainsi que deux melons et un petit régime de bananes. Sans aucune équivoque, Rosemary lui avait parlé et c’était sa façon à lui de me remercier pour la montre. Mon cousin Pierre, qui était revenu sur la plage au beau milieu de la nuit, ne comprenait pas ce qu’il se passait et quand l’homme fut parti et que je me mis à lui expliquer l’histoire de la montre en or et en diamants, le gros paquet de billets refusé, il se mit en colère et nous en vînmes presque aux mains. Il quitta néanmoins la plage avec la moitié du butin récupéré car sans doute avait-il faim lui aussi ? Pour moi, cette querelle fut la goutte de trop et je pris la décision de le laisser seul et de rentrer à la maison. Mais ne voulant pas quitter Juan-les-Pins sans dire au revoir à Rosemary, j’attendis toute la matinée mais en vain car ce matin-là, elle ne vint pas sur la plage. Sur le coup de midi, je me mis en route en faisant du stop et ainsi se termina mon aventure « jazzique » à Juan-les-Pins. J’avais connu ma seule et unique « histoire » belge, j’avais perdu mon innocence en me piquant à une Rosemary, j’étais devenu un vrai fan de jazz et de tous les grands noms qui étaient passés ces soirs-là avec pourtant Duke Ellington et Ella Fitzgerald, un seul avait vraiment retenu mon attention, c’était un saxophoniste du nom de Charles Lloyd. Accompagné d'excellents musiciens, le pianiste Keith Jarrett, le bassiste Cecil McBee et le batteur Jack DeJohnette, Charles LLoyd avait formé un quartet dont la musique avant-gardiste m'était totalement inconnue jusque là. Cette musique si nouvelle pour moi et au moment même où j'apprenais ce qu'était la liberté, le "free jazz" arrivait à mes oreilles sous un titre une fois encore prémonitoire "Forest Flower". Encore des fleurs ! Les fleurs de la Côte d'Azur, Rosemary et cette musique m'avaient tourné la tête mais en rentrant chez moi, je redevins le garçon plutôt tranquille et insouciant que j'avais toujours été. En ce mois d'août 1966, aucune autre aventure ne vint troubler le reste de mes vacances car j’étais beaucoup plus enclin à draguer les fonds marins de la calanque de Sormiou en quête de gros poissons que de draguer les petites « girelles » pour flirter avec elles. Alors finit les roses ? Pas vraiment !

L’année scolaire suivante; en 1966/1967, c'est-à-dire en 2eme, s’en est fini du collège de la Grande-Bastide et j’effectue mon entrée au Lycée Jean Perrin. Là, dans la classe, coup de foudre immédiat pour une belle et grande fleur au doux prénom de Marie-Rose, une variété « rousse » que je n’avais jamais eu l’occasion d’ajouter à mon p’tit bouquet. Mais là aussi, l’aventure se termina presque aussi vite qu’elle avait commencé car cette grande « échalote », très bonne élève au passage, n’appréciait pas trop ma paresse ou ma turbulence en classe. Enfin tout ça était très juste et je ne pouvais pas lui en tenir rigueur et nous restâmes néanmoins bons amis. Avec elle, se termina cette incroyable et « rose » série où mes six premières idylles avaient eu dans leur prénom le mot « rose ».  Il y eut ensuite une Josiane, une Evelyne et une Martine. Au cours de l’été qui suivit, je réussis à allier ma passion grandissante et dévorante pour la chasse sous-marine, activité dans laquelle je commençais à bien me débrouiller, avec quelques flirts très passagers. Il y eut une Eliane, une Marie-Paule, une Monique et même une « folklorique » Leila.

Au cours de l’année scolaire 1967/1968, j’étais passé en 1ere malgré des notes plus que médiocres en 2eme. C’’était l’année préparatoire au baccalauréat, année ô combien importante surtout aux yeux de mes parents. Malgré mon souhait de bien faire, cette année-là fut minée par les événements de mai 68 auquel je l’avoue je n’ai jamais vraiment participé ne me sentant pas à l'aise dans les habits d’un révolutionnaire. D’ailleurs, je ne comprenais pas grand chose à cette révolution, à tout ce qui se passait autour de moi et ça ne m’intéressait pas vraiment. Je préférais nettement la plage aux manifestations et en plus je ne sais pas pourquoi, mais les filles étaient bien plus câlines sur le sable que derrière les pavés des barricades. De plus, j’étais surtout pris dans le tourbillon du foot car au Lycée Jean Perrin, j’étais tombé dans une excellente équipe, équipe 2 du lycée il est vrai, mais avec d’authentiques bons copains mais excellents joueurs de foot de surcroît. Nous battions tous les autres lycées de Marseille et lors de la finale du Championnat Universitaire de Marseille, nous eûmes l’ultime privilège de battre l’équipe une du lycée. La finale d’Académie se profilait à l’horizon et malheureusement nous perdîmes ce match 1 à 0 contre une excellente équipe d’Avignon formée presque essentiellement de stagiaires professionnels. Ainsi se termina pour moi, cette année scolaire 1967/1968. Une fois encore, je n’avais pas beaucoup bossé et après mon année exceptionnelle en 3eme, à nouveau, mon carnet de notes n’était pas bon du tout et surtout il était rempli de « peut mieux faire » qui était loin de satisfaire mon père. Mais cet été de 1968 allait être le plus beau de ma vie.

L’année 1968/1969, année de terminale et donc du bac commença bien évidemment avec quelques points sur les « I » de mon père. Le premier point était qu’il m’avait demandé d’arrêter le foot au lycée car il jugeait que les deux entraînements en semaine et le match au Racing Club de Marseille le dimanche étaient amplement suffisants. Mon père était d’autant plus inquiet quand à ma réussite au bac que je venais au cours de l’été de faire la connaissance de Dany, une très belle jeune fille brune de 16 ans dont il voyait bien à quel point j’y étais accroché et surtout comment j’en étais amouraché. L’année scolaire ne fut pas exceptionnelle mais j’avais tenté de m’accrocher et si les notes étaient plutôt passables, un 11 de moyenne final me laissait encore un petit espoir de réussite. Malheureusement et malgré de bonnes notes dans la plupart des autres matières, un 4,5 sur 20 et un coefficient de 6 en comptabilité sur un sujet qu’on n’avait jamais vu en classe mais soi-disant prévu au programme, vint ruiné tous mes espoirs d’avoir ce Bac G2 que mes parents avaient tant espéré. 4 élèves sur les 18 de ma classe le décrochèrent du premier coup et 4 autres encore l’eurent après le passage à l’oral. Sans vouloir me chercher d’excuses, en 1968 et pour apaiser les tensions du mois de mai, les diplômes au baccalauréat avaient été distribués comme des petits pains ; surtout en Bac G2 dont s’était la première année d’existence ; et pour moi comme pour beaucoup d’autres, il ne faisait aucun doute que l’année 1969 était venue largement compenser ces offrandes de 1968. Pour moi, c’était le fiasco scolaire complet, ni oral ni bac mais j’étais heureux auprès de Dany dont j’étais fol amoureux. Le foot marchait à merveilles car avec le Racing nous gravissions sans cesse les divisions supérieures et j’avais la certitude qu’une nouvelle vie allait enfin s’ouvrir devant moi. Dans ma tête, un déclic était survenu et me mettre à bosser comme ne cessait pas de me le dire mes parents depuis toujours était devenu pour moi une évidence. J’avais envie de bosser et d’apprendre. Je m’étais piqué à quelques jolies roses mais j’avais envie de tirer un trait sur tout ça. Le bonheur était là, à ma portée et j’étais bien décidé à le saisir à bras le corps sans plus jamais me piquer à la première rose venue. J’avais envie de créer quelque chose et le chemin était tout tracé.

Un jour, avec Dany, nous décidâmes de faire les présentations auprès de nos parents respectifs et là, ô surprise, en arrivant chez elle, j’appris que sa mère s’appelait Rosine. Il y avait donc en Dany un peu de « rose » aussi et je l’aurais presque parié ! Avec ce superbe petit bouton qui ne demandait qu'à s'épanouir, mon p’tit bouquet de roses était vraiment terminé !

Forest Flower par le Charles Lloyd Quartet en 1966

 

 

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Le Balcon de la Coumelade (1.811 m) depuis St Guillem de Combret (1.335 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est enjolivé avec le "Boléro" de Maurice Ravel somptueusement interprété ici par l'Orchestre Symphonique des Jeunes de la Galice avec à la baguette le grand chef d'orchestre Vicente Alberola.
 Le Balcon de la Coumelade (1.811 m) depuis St Guillem de Combret (1.335 m)
BALCONCOUMELADEIGN

Je vous l'ai déjà dit, le Vallespir m'attire comme un aimant et passer tout un été sans aller y faire une jolie randonnée pédestre, c'est pour moi presque impensable. Il restait donc à trouver un lieu propice à de nouvelles et merveilleuses découvertes et là, pas de souci, ce problème trouva très vite une solution. Par contre, pour l'organiser, ce fut une toute autre histoire. Autant le dire, si vous ne possédez pas un véhicule tout terrain voire un petit peu haut sur ses roues, cette prochaine balade que je vous présente ici et que j’ai intitulée « le Balcon de la Coumelade » ne sera pas facile à organiser, à moins bien sûr d’être disposé à faire plus de 30 à 35 kilomètres sur une seule journée voire à la réaliser sur 2 jours, ce qui bien entendu reste toujours possible.  En effet, le départ de cette excursion n’est ni plus ni moins que le Chapelle Saint Guillem de Combret qui habituellement est déjà en soit un très joli objectif de randonnée pédestre. Alors atteindre la chapelle, comme je l’ai fait avec une Fiat Punto et par la longue piste parfois très défoncée qui y mène depuis le hameau de la Llau et le col de la Roue est déjà un périple en soit. Un périple , il est vrai risqué pour ce type de véhicule. Une fois cette première difficulté franchie, le reste de la balade est de toute beauté et une fois encore, il faut reconnaître que le Vallespir recèle d’incroyables petits trésors naturels qu’il faut parfois aller chercher jusqu’au plus profond de ses ravins. Ici, le principal ravin, c’est celui où s’écoule le torrent de la Coumelade, petite rivière de 15 kilomètres de long, affluent du Tech et prenant sa source sur les flancs sud des Puigs Roja (2.724 m) et des Tres Vents (2.731m). Mais n’ayez aucune crainte, au cours de cette balade, vous n’aurez pas à monter si haut en altitude et les points culminants que sont le col de Serre-Vernet avec ses 1.808 mètres d’altitude et la Cabane Vieille avec ses 1.811 mètres constitueront déjà de prodigieux balcons suffisamment élevés pour que l’on se régale à observer les merveilleux panoramas du Vallespir en général et de ce bassin versant qu’est la Coumelade en particulier. Bien évidemment, ce secteur du Vallespir ne m’est pas inconnu et je commence à bien le connaître. Je suis venu à de multiples reprises à la Chapelle Saint Guillem de Combret soit au départ du hameau de la Llau soit en passant par la Fontaine du Brigadier à partir du col de la Roue. J’y suis passé aussi lors de mon Tour du Vallespir de 2009 couchant même dans le refuge qui se trouve en contrebas de la chapelle. Je garde d’ailleurs de ce passage et du lendemain au dessus de Prats-de-Mollo, des souvenirs indélébiles tant j’avais galéré dans certaines parties de la forêt décimées par la tempête Klaus. Depuis l’année de cette terrible tempête et de mon passage, le Tour du Vallespir jusqu’alors très confidentiel, a été largement réhabilité. Les balisages sont beaucoup plus visibles. Tous les panonceaux indicatifs ont été changés et alors que je m’étais égaré pour monter vers le col de Serre-Vernet à cause d’un panneau qui avait été bougé et mal remis en place, aujourd’hui tout est parfaitement « clean » et le départ est on ne peut plus clair. Depuis, la chapelle (1.335 m), il suffit d’emprunter la piste qui file et monte vers le Col Baxo distant de 2 kilomètres. A ce col, deux possibilités se présentent, soit on continue par la route forestière qui monte directe vers le lieu-dit les Troncasses soit on accepte le challenge de ma balade et on poursuit vers la gauche en entrant dans le forêt et en suivant ainsi le panonceau qui vous indique le col de Serre-Vernet à 2,5 kilomètres. En montant directement vers les Troncasses, on va marcher parallèlement au lit du torrent de la Coumelade économisant ainsi plus de 4 à 5 kilomètres par rapport à la boucle décrite ici. Mais comme le but de ma balade est quand même de marcher en balcon au dessus du bassin versant de cette rivière, mon parcours est nettement préférable même si la distance est nettement plus longue. Dans les deux cas, on marchera le plus souvent en sous-bois car ici la forêt est reine et bien que les forêts du Vallespir soient constituées à plus des 4/5eme de feuillus avec notamment les châtaigniers, les chênes et les hêtres, de loin les plus nombreux, ici on n’aura pas vraiment cette impression et au contraire, on aura le sentiment qu’aussi bien les feuillus que les conifères se partagent l’espace. Hêtres, chênes pubescents, chênes rouvres, chênes verts, châtaigniers, frênes, peupliers, érables, bouleaux, saules, aulnes, noisetiers, tilleuls, robiniers, sorbiers, trembles, sureaux, pins sylvestres, pins à crochets, pins Laricio, pins noirs, épicéas, mélèzes, Douglas, cèdres, etc… tout ce grand monde végétal semble vivre ici en parfaite harmonie ce qui bien sûr n’est pas vraiment le cas malgré cette apparence. En effet, certains arbres comme le sapin pectiné par exemple sont en voie de disparition, ici comme dans tout le Vallespir. A cause de ces sous-bois, la montée vers le Col de Serre-Vernet sera très limitée en panoramas visibles aussi profitez bien de chaque fenêtre qui s’entrouvre et n’hésitez pas quand c’est possible à quitter le sentier de quelques mètres pour partir à la découverte de ces rares mais merveilleux points de vues. Vous serez très surpris de constater qu’à l’horizon, on y aperçoit la côte méditerranéenne du côté de Roses, Empuriabrava et le Cap de Creus en sus des vues bien plus proches sur Saint Guillem, le Bassin de la Coumelade et le Vallespir. En arrivant au col de Serre-Vernet (1.808 m), il faut savoir que l’essentiel du dénivelé est déjà accompli. Ce col est un « pasquier » très prisé par les bovins même si ce jour-là, je n’ai aperçu aucun troupeau ni aucun animal d’élevage mais seulement qu’un intrépide et sauvage petit renardeau qui traversa la prairie au moment où je m’étais arrêté pour déjeuner. Tout comme j’avais aperçu moi-même ce renardeau, deux vautours fauves l’avaient sans doute repéré sur la pelouse rase et ils firent semblant d’effectuer un piquet avant de m’apercevoir et de se raviser. J’ai profité de cette pelouse verdoyante pour faire une longue pause et pique-niquer avec les vues sublimes que l’on aperçoit de l’autre côté du col sur la forêt domaniale du Haut-Vallespir et les hauts sommets l’environnant : Pic Roja, Crête des Sept Hommes, Pla Guillem, Roques Blanches, Esquerdes de Rotja, Pic de Costabonne et la Tour de Mir défilent ici dans une magnifique ronde. Les deux vautours qui avaient tournoyé quelques temps au dessus de ma tête ont disparu et j’ai quitté le col de Serre-Vernet avec la satisfaction d’avoir peut-être sauvé la vie à ce jeune mais téméraire renardeau. Pour retrouver le sentier qui fait le lien entre le col de Serre-Vernet et la Roque Coucoulère, le « fameux balcon » en question, il faut quitter la pelouse et redescendre de quelques mètres au travers des pins à crochets. Le petit sentier se trouve sur le versant est, celui-là même par lequel on est arrivé au col. Là, sous le versant sud du Puig de Gallinas (2.029 m), ce petit sentier file vers le nord en direction des Troncasses et au préalable vers le lieu-dit la cabane d’en Ribes. Presque immédiatement, le regard embrasse des vues époustouflantes sur le Bassin de la Coumelade et sur une immense partie du Bas-Vallespir. Droit devant, on aperçoit parfois quelques bouts du balcon restant à parcourir pour atteindre la Roque Coucoulère où il faudra amorcer la descente et le retour vers Saint Guillem. Ici aussi, la balade alterne les futaies de pins ou de feuillus puis les sombres hêtraies. De temps à autre, cette haute végétation disparaît et laisse la place à une autre bien moins haute mais tout aussi envahissante et difficile à cheminer : genêts à balais, genévriers, fougères et ronciers sont autant d’obstacles à éviter pour retrouver le petit sentier parfois un peu trop délaissé des « débroussailleurs ». A l’approche du vallon de la Coumelade, les éboulis se font plus nombreux et les yeux sont hésitants entre regarder le sol et les pieds ou bien le paysage austère mais grandiose du Puig dels Tres Vents. Alors on trouve préférable de s’arrêter pour regarder le spectacle de cette incroyable nature sauvage. En surplomb du vallon, on atteint une bifurcation qui permet sur la gauche de monter jusqu’à la Cabane des Troncasses. Personnellement, j’en ai fait l’impasse et j’ai préféré emprunter le sentier assez difficile qui sur la droite descend vers le torrent en traversant parfois de gros pierriers. Au bout de cette descente, on débouche sur une piste et devant les barrières d’un enclos. On remonte la piste par la gauche qui, elle-même s’élève en suivant le cours du torrent de la Coumelade. En bordure du torrent, les papillons sont légion et sont bien trop occupés à butiner les jolies fleurs roses d’une Eupatoire chanvrine pour redouter mon numérique. Tout en montant, je remarque, au sein de la rivière, de nombreux petits barrages et je suppose que ces aménagements en béton ou à enrochements qu’on appelle « gabions » sont sans doute là pour éviter une érosion trop importante des berges du torrent mais aussi pour casser les éventuelles crues très violentes dont la Coumelade est coutumière à l’instar des autres rivières du Vallespir. La piste se termine et pour éviter un troupeau de bovins qui occupe amplement les rives du torrent, je fais le choix de traverser sur le dernier de ses gabions mais une fois de l’autre côté, je suis contraint de sortir mon GPS car le sentier filant vers la Cabane Vieille est nettement plus haut en altitude. Après une courte galère dans ce maquis constitué de genêts purgatifs et de petites bruyères roses, je retrouve avec bonheur le petit sentier. Ici sur cette « solana » aride du Puig dels Tres Vents, le mot « balcon » prend tout son sens. Ici, rien ne vient altérer la vision et le vallon de la Coumelade s’entrouvre magnifiquement, alors j’en ai profité pour procéder à un nouvel arrêt goûter et fruits secs. Entre orri en pierres sèches et module Algeco, l’étonnante Cabane Vieille est rapidement atteinte et avec elle, le point culminant à 1.811 m de ma jolie boucle. Dans cet important lieu d’estives, on prend soin de respecter cette cabane et ceux qui y vivent et notamment les nombreux animaux en refermant les barrières et les clôtures derrière soi. Ici et jusqu’aux surprenantes roches escarpées et dentelées de la Roque Coucoulère commence la derrière partie du « balcon » avec toujours de superbes vues aériennes et plongeantes sur Saint Guillem dont on aperçoit la chapelle pas plus grande qu’une petite brique de Lego. Le sentier retrouve une forêt de pins à crochets, paradis des pinsons, pipits et autres gobe-mouches puis inévitablement on finit par tomber sur un cairn et un panonceau indiquant Saint Guillem à 3,4 kilomètres. Ici, tout le monde descend et surtout il ne faut pas se fier à ces quelques kilomètres qu’ils restent à parcourir car au bout du compte, on aura l’impression d’en avoir cheminé deux ou trois fois plus, tant cette descente est sinueuse et parfois délicate. Mais une fois encore, on oublie bien vite les difficultés et on profite pleinement de ce nombreuses et superbes vues qui se dévoilent de tous côtés au cours cette longue descente. Après une heure vingt de descente depuis la Coucoulère et sept heures et quart de d’errance au total, je retrouve la belle chapelle romane du XIeme siècle sous un ciel aussi prodigieusement bleu que celui qui m’avait accueilli ce matin. Après être venu ici quelques dizaines de fois sans succès, j’ai enfin, grâce à l’autorisation d’une gentille dame, pu pénétrer quelques minutes dans la chapelle. Je tiens à la remercier même si elle ne m’a pas autorisé à y prendre des photos comme je l’aurais souhaité. J’ai pu néanmoins y voir un très joli retable ainsi qu’une fresque représentant les saints martyrs d’Arles-sur-Tech, Abdon et Sennen. Par contre, je n’ai acquis aucune certitude quand à la cloche dont la légende prétend qu’elle aurait été forgée à la main et que de ce fait, il y aurait encore des empreintes de doigts incrustées dans son métal. Cette balade, telle que présentée ici, est longue de 17 à 18 kilomètres environ. Le dénivelé est de 500 mètres environ mais les montées cumulées sont de 1.790 mètres. Enfin, si j’ai un dernier petit conseil à formuler c’est de vous dire qu’il ne faut pas trop tarder à faire cette balade car je pense que si rien n’est fait au niveau du débroussaillage, la partie « balcon » entre le col de Serre-Vernet et la Roque Coucoulère sera devenue dans peu de temps quasiment impraticable. Est-ce voulu par certains lobbies ? Je n’ai pas la réponse et cette question reste donc en suspens ! Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

Attention, il est important de ne pas confondre cette Coumelade avec une autre rivière du département qui porte le même nom mais que l'on écrit plus souvent "Comelade" qui prend sa source dans les Aspres, se jette dans la Têt et serait paraît-il aurifère si j'en crois un site Internet.

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La Chapelle Sainte Marie de Bell-LLoc (1.685 m) depuis Dorres (1.446 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est enjolivé avec 4 chansons de Christophe Willem extraites de son album "Inventaire". Elles ont pour titre : "Chambre avec vue", 'Intemporel", "Double Je" et "Pourquoi tu t'en vas ?"

Après plusieurs randonnées dans le Haut-Conflent du côté de Nohèdes et d’Urbanya, nous avions décidé d’aller passer le 15 août en Cerdagne et plus particulièrement du côté de Dorres, village bien connu pour ses bains d’eaux chaudes sulfureuses dits « romains » mais qui en réalité seraient plutôt moyenâgeux si j’en crois les historiens. Si en ce jour de l’Assomption de Marie, notre objectif était d’aller découvrir la belle chapelle Sainte Marie de Bell-Lloc lors d’une balade pédestre, il ne faut y voir de notre part, ni aucun dessein religieux ni aucune volonté de notre part d’aller rendre hommage à la Vierge. Non, nous ne sommes pas spécialement croyants et encore moins pratiquants. Non, cette idée d’aller voit cette chapelle n’était que pure coïncidence et ce choix était guidé par d’autres motivations : profiter d’une belle journée ensoleillée prévue par Météo France, changer d’air et partir à la découverte d’un coin de Cerdagne que nous ne connaissions pas. Autant le dire, cette randonnée pédestre que j’avais prévue sous la forme d’une boucle passant par le beau petit hameau de Brangoly fut très largement à la hauteur de nos espérances même si un petit égarement vint « divertir » de manière inattendue cette sortie. Mais revenons d’abord à Dorres, charmant petit village cerdan et plus exactement à l’ouest de celui-ci où s’effectue le départ. Il faut d’abord emprunter la rue du Cheval de Mérens encore intitulée carrer Saint Marc sur certaines cartes puis un peu plus loin la carrer de Magetta. La Magetta est une première et jolie petite chapelle dédié à Saint-Marc que l’on découvre quelques centaines de mètres plus loin. De toute manière, n’ayez aucune inquiétude, vous n’aurez sans doute pas à chercher le nom de ces rues car de nombreux panonceaux jaunes indicatifs de randonnées ont été disposés dès le démarrage. En effet, ici nous sommes  sur le G.R de Pays du Tour du Carlit (jaune et rouge), sur une variante du G.R de Pays du Tour de Cerdagne (jaune et rouge) et surtout sur le chemin de Bell-Lloc et de Brangoly (jaune), nos deux objectifs du jour. En outre, l’itinéraire est quasiment rectiligne jusqu’au col de Juell même si deux variantes sont possibles pour atteindre la chapelle Sainte Marie de Bell-Lloc avant d’atteindre ce col. Peu après la petite chapelle de Magetta, en réalité il semble qu’il s’agisse plutôt d’un monumental oratoire, la voie jusqu’à présent bitumée se transforme en un large chemin pavé de grosses dalles impressionnantes puis encore un peu plus loin, démarre enfin un vrai sentier plutôt étroit qui monte dans la montagne. Ici, commence pour moi, cet émerveillement sans cesse renouvelé que j’ai pour les fleurs et les plantes sauvages de notre belle région. Une fois encore, mon herbier photographique va s’enrichir de quelques belles fleurs nouvelles. Tout comme moi, de nombreux papillons se passionnent pour ces fleurs et sont captivés par leur fragrance au point d’en oublier sans doute que je suis entrain de les photographier. Il va en être ainsi une grande partie de la journée. Peu avant le col de Juell, de nouveaux panonceaux se présentent mais aujourd’hui, j’ai décidé quoi qu’il advienne de suivre la boucle que j’ai tracée et enregistrée dans mon GPS et comme ce dernier m’indique de prendre le sentier dit de « la conduite », nous prenons à gauche cet itinéraire. Bien nous en a pris car il s’agit incontestablement de la plus belle partie du parcours. Fleuri de millions de fleurs où virevoltent d’innombrables papillons, agréable car herbeux et ombragé à souhait, ce chemin file en balcon au milieu des feuillus et des résineux avec des vues splendides sur Dorres et ses proches ou plus lointains alentours. Un petit écureuil traverse le sentier, joue pendant quelques temps à cache-cache dans les pins d’un bois de conifères puis soudain, il décide de disparaître et repart vers les feuillus qui sont en contrebas. Nous profitons de ce magnifique spectacle car nous avons démarré tard et comme il est déjà midi, l’heure du pique-nique vient de sonner à l’église Saint-Jean de Dorres. Nous apprendrons un peu plus tard que c’est là que réside une vierge noire du XIeme siècle découverte à Bell-Lloc. La pause terminée, le sentier change du tout au tout à l’approche de notre premier objectif. Ici, nous quittons les Bacs, ici terminé les bois de feuillus et de conifères, fini le chemin herbeux, ici, tout n’est qu’aridité et de ce fait, la chapelle Santa Maria de Bell-Lloc apparaît magnifiquement sur son dôme presque dénudé. Un dôme aux herbes rases et jaunies planté néanmoins de quelques petits arbustes et parsemées de jolies fleurs résistant à cette terrible exposition ensoleillée qu’ici on appelle la « solana ». La chapelle est rapidement atteinte et autant le dire, nos anciens avaient le don pour construire des édifices au sommet de lieux mirifiques et cette chapelle de Bell-Lloc en est un parfait exemple. On comprend mieux ce nom de Bell-Lloc signifiant « beau lieu » car cette chapelle sans doute du 13eme siècle embrasse des panoramas merveilleux sur une immense partie de la Cerdagne. Après la visite de la vieille église parfaitement restaurée et la lecture d’une ludique mais trop brève inscription sur une pancarte qui nous en apprend son histoire, nous poursuivons le chemin qui passe derrière l’édifice religieux. Ce chemin laisse sur la droite la Fontaine de Sant Peligri, construction assez bizarre entre « orri cimenté » et « blockhaus pastoral » au fond duquel on devine un puits sous une grosse dalle de granite blanc posée à même le sol. Après cette courte découverte, l’itinéraire file vers le col de Juell et bien évidemment vers notre dernière destination, le minuscule hameau de Brangoly. Assez paradoxalement, et malgré la sécheresse qui semble sévir sur cette colline herbeuse, une fois encore les prés côtoyant le chemin sont parsemés de superbes fleurs aux couleurs variées. Ici, Œillets de Montpellier, Jasiones des montagnes, Crapaudines et bien d’autres fleurs encore tapissent le sol le plus souvent coiffées des jolies ombelles blanches que sont les Achillées millefeuilles et les Berces. Le sentier amorce une descente vers le col de Juell mais en réalité cette déclivité du terrain se poursuit quasiment jusqu’à Brangoly. Grâce à de nombreux panonceaux indicatifs, le balisage continue d’être parfait. Après 2h30 de marche, quelques arrêts et une belle descente dans un sous-bois très ombragé, nous atteignons le hameau par un agréable chemin herbeux encadré de colossaux rochers, de saules centenaires aux branches tortueuses, le tout planté dans un étrange décor naturel où une verdoyante végétation et d’étranges blocs de granite aux formes arrondies se partagent l’espace. Malgré sa taille plus que réduite, Brangoly reste une très belle curiosité à découvrir. D’abord, par son verdoyant et paisible cimetière, première découverte que l’on aperçoit en arrivant et où l’on se dit en le voyant, qu’on aimerait bien s’y reposer au terme du long chemin que représente une vie. Ensuite, par sa jolie petite église romane dédiée à Saint-Fructueux, évêque martyr tarragonais du 3eme siècle dont l’histoire dit qu’elle daterait du 12eme siècle alors que paradoxalement un épigraphe sur le fronton de son porche en indique la date de 1850. Mais celle église étant fermée, nous n’en verrons et n’en saurons pas plus à son sujet. Autre épigraphe mais en partie effacé et daté de 1863, celui de château de Brangoly dont le site Internet nous apprend qu’il aurait été construit sur une ancienne route templière et qu’il cache encore une multitude d’histoires sans fin, de grands nobles, de territoires féodaux….bref tout un monde merveilleux…. Nous osons nous risquer dans sa cours malgré un épouvantail qui semble faire office de gardien et bien qu’une pancarte à l’entrée nous laisse immédiatement penser qu’il s’agit désormais plutôt d’une hostellerie de charme que d’un vieux château féodal. Enfin et avant de quitter Brangoly, nous partons voir la curiosité numéro un du hameau qui n’est ni plus ni moins qu’un vieux dolmen datant des environs de 2000 avant J.C et dont une stèle non loin de là, nous apprend qu’il aurait pour nom « Dolmen d’En Caballer » et serait la propriété d’un certain Ramon de Pastors. Sur « The Megalithic Portail », portail Internet des sites mégalithiques, il est intitulé « Dolmen de la Cova del Camp de la Marunya mais on lui donne plus couramment le nom de Dolmen de Brangoly voire d’Enveitg. Après cette dernière et belle trouvaille monumentale mais dont quelques dalles sont en partie effondrées, il est temps de rebrousser chemin et de retourner vers Dorres. A Brangoly, nous allons pour cela continuer à suivre notre GPS qui nous indique un chemin qui descend sous le château et suis parallèle et pendant quelques centaines de mètres le ruisseau éponyme. Seul souci, ce tracé que j’avais trouvé sur un site Internet et enregistré dans mon GPS, nous entraîne sur un sentier ayant sans doute existé mais aujourd’hui peut évident à suivre car filant dans des prés aux herbes suffisamment hautes pour nous en faire perdre le file. Notre GPS n’a que faire de ces difficultés et il nous emmène vers une colline boisée assez pentue qu’il nous faut gravir de manière assez abrupte. Très incertain, nous allons un peu galérer sur ce tracé mais finalement notre GPS tiendra son rôle et nous ramènera entre maquis et garrigues sur la piste qui un peu plus haut n’est ni plus ni moins que le GRP du Tour de Cerdagne. La suite pour rejoindre Dorres ne sera qu’une simple formalité même si le ciel bleu azur a complètement disparu et si les gros nuages qui, depuis ce matin, s’accrochaient aux hauts sommets environnants ont décidés de partir vers d’autres horizons couvrant ainsi les lieux du lourde chape grisâtre, nous obligeant ainsi à presser le pas plus que nous l’aurions souhaité. Toutefois, la fin sur cette large piste reste agréable car la belle chapelle de Bell-Lloc reste en permanence visible au sommet de son dôme et une fois encore ce chemin est très fleuri et embrasse de superbes panoramas nous faisant découvrir au passage quelques jolis villages cerdans comme Angoustrine, Villeneuve, Ur, Enveitg, Llivia, etc… La fin sera d’autant plus agréable que, juste au dessus de nos têtes, un Circaète Jean-le-Blanc peu farouche va jouer les voltigeurs pendant plusieurs minutes en quête sans doute d’un petit serpent, de très loin son mets préféré. Après environ 13 kilomètres parcourus, la balade se termine à Dorres, à l’endroit même où nous avons laissé notre voiture. A l’arrivée, mon GPS m’indique un modeste 263 mètres de dénivelé accompli sachant que le point culminant de cette balade se situe peu après Bell-Lloc à 1.702 m au lieu-dit l’Argila. Attendu que nous sommes, nous n’aurons malheureusement ni le temps de visiter Dorres ni d’aller prendre un bain « romain ». Voilà deux bonnes raisons de retourner un de ces jours dans ce joli petit coin de Cerdagne !  Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

Pour la distinguer d’autres chapelles régionales également intitulées du nom de « Belloc » comme celle de Saint-André de Belloc au dessus de Ria par exemple que j’ai conté dans ce blog et de quelques autres aussi, j’ai, dans cet article, volontairement écrit le nom en catalan tel qu’on le rencontre ici sur de nombreux panonceaux de randonnées c'est-à-dire Bell-LLoc. Mais toutes les versions restent possibles de « Belloc » bien sûr à Belloch avec un « h » à la fin. 

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