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Daesh lave plus noir.....hommage à ses victimes...

Publié le par gibirando


Daesh lave de plus en plus noir croit-on comprendre ! Depuis les horribles et lâches assassinats des otages Hervé Gourdel et Alan Henning, auxquels je veux rendre hommage au travers de cette chronique, on entend le nom de « Daesh » sur toutes les chaînes de télévision et les radios. J’ai voulu savoir qui se cachait derrière ce nom et j’ai appris qu’il s’agissait ni plus ni moins que de la même organisation que notre ministre Laurent Fabius se refuse de manière très dérisoire à appeler « état » islamique. Je suis donc allé voir sur l’Encyclopédie Wikipédia et en tapant « Daesh », le renvoi vers « Etat islamique (organisation) » a été immédiat. J’ai potassé cet article très consciencieusement, liens inclus et pour être honnête, je me suis finalement beaucoup perdu dans un véritable labyrinthe où j’ai néanmoins compris que Daesh était plus ou moins une émanation d’Al Qaïda liés à de nombreuses autres mouvances mais surtout avec une ampleur en hommes (+ de 70.000) et en moyens sans aucune commune mesure avec cette ancienne organisation terroriste. Les combattants et membres de Daesh seraient passés en une année, entre 2013 et 2014, de 7.000 à 75.000. J’ai également compris que la finalité de Daesh n’était que belliqueuse et guerrière. Guerre contre les Etats-Unis, Israël et l’occident en général mais aussi et surtout guerres, tueries et massacres contre d’autres musulmans en désaccord avec leurs objectifs. Quels objectifs ? S’ils n’avaient pas été clairement écrits en marge de l’article, j’aurais éprouvé beaucoup de mal à les identifier lors de ma lecture : « établissement d’un califat en Irak et en Syrie et instauration de la charia ». Quand j’ai voulu suivre le lien « califat », j’ai été renvoyé vers un autre article intitulé « état islamique (état) » avec l’explication suivante : « L’Etat islamique est un état musulman non reconnu internationalement, dirigé par un calife et son organisation portant le même nom. Depuis 2006, il est en guerre en Irak et depuis 2013 en Syrie. Il y contrôle à ce jour une large partie du territoire de chaque côté de leur frontière commune ». Quand au mot « charia », c’est la loi islamique que cette organisation ou état prône d’appliquer de la manière le plus rigoureuse qui soit. Là, je l’avoue, j’ai commencé franchement à ne plus rien y comprendre car dans le renvoi vers le mot « charia », je pouvais lire « la charia codifie à la fois les aspects publics et privés de la vie d’un musulman ». Alors pourquoi les musulmans de Daesh tuent-ils d’autres musulmans ? Ensuite, ça se complique encore car le mot « calife », lui, est  clairement mentionné comme étant le successeur du prophète Mahomet dont je rappelle qu’il est reconnu comme étant le fondateur de l’islam. Aujourd’hui, ce calife s’appele Ibrahim. Il demande à tous « les musulmans du monde de lui prêter allégeance et qu’ils rejètent la démocratie, la laïcité, le nationalisme et les autres ordures de l'Occident ». « Revenez à votre religion » prêche-t-il. Il y aurait donc plusieurs « islams » ? Décidemment tout ça devenait bien trop compliqué pour moi et après avoir tout de même beaucoup insisté avec la lecture de nombreux autres articles de presse et documentaires, j’ai fini par arrêter mes recherches à ce propos. Le lendemain, le site « L’Internaute » faisait paraître un article très intéressant sur Daesh intitulait « les 10 secrets de l’Etat Islamique » avec des résumés concis mais bien expliqués. Ce n’est pas pour autant que j’ai compris toutes les réelles motivations de Daesh et sa soif de créer un empire musulman à leur image c'est-à-dire belliqueux et révolutionnaire car prêchant uniquement la guerre sainte. Peut-être est-ce aussi trop compliqué pour les musulmans qui veulent vivre paisiblement leur religion ? En tous cas, il y a une chose que j’ai compris : Il ne faut pas confondre l'islam et l'adjectif islamique avec l'islamisme et l'adjectif islamiste. C’est écrit en rappel et en toutes lettres au début de l’article « islam » de Wikipédia. Le tout, pour le chrétien non pratiquant que je suis c’est d’arriver à m’en souvenir ! Je vous rappelle que certains étymologistes prétendent que les mots « chrétien » et « crétin » auraient la même origine, cela pour rappeler que tout individu, même malade mental doit être accepté et aimé de Dieu et que même souffrant de « crétinisme », il est avant tout un chrétien. « Dieu merci, je suis athée ! » comme disait un célèbre humoriste.

 

Les peuples abandonnés par des états défaillants et corrompus se rallient à Daesh. Les rangs de cette organisation grossissent à la vitesse grand « V » et nos gouvernants semblent frileux à intervenir énergiquement. La politique de Bush a été désastreuse et celle d'aujourd'hui n'est guère mieux car les pays occidentaux manquent de cohésion et de fermeté. Le fondamentalisme musulman menace la paix mondiale et notre liberté. Aujourd’hui, l’Etat islamique et ses adeptes dépassent largement les frontières de la Syrie et de l’Irak et ses ramifications et mouvances sont nombreuses dans toute l’Afrique et le Moyen-Orient. De nombreux djihadistes seraient également en Europe dont certains en France et des attentats auraient été déjoués en France, en Belgique et même au sein de la Commission Européenne apprend-t-on.  Sans compter qu’il y a aussi tous ces individus européens et américains qui se portent candidats pour aller faire le djihad. Ils seraient déjà plus de 2.000 dans les rangs de Daesh. Les "Fous de dieu" sont parmi nous et c'est l'écrivain Thomas H.Cook qui disait "c'est de la folie d'être pris pour un fou par d'autres fous". Où cela s’arrêtera t-il ? Laisserons-nous, nos valeureux journalistes et nos gentils bénévoles de nos organisations humanitaires continuer à se faire sauvagement égorgés et décapités sans rien faire ou presque ?

 

Daesh détient paraît-il encore une vingtaine d’otages et je vais prier très fort pour qu’ils soient tous libérés …….

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La Cabane de la Devèse de Vallbonne (1.697 m) depuis Léca (907 m) (Corsavy)

Publié le par gibirando

Cette vidéo est agrémentée de la musique "I Girasoli" du compositeur et chef d'orchestre Henri Mancini, bande originale du film "I Girasoli" de Vittorio de Sica, en français "Les Fleurs du Soleil", en anglais "Sunflower"

Cette jolie balade à la Cabane forestière de la Devèse (*) de Valbonne était inscrite sur mes tablettes depuis quelques temps déjà. La raison ? Mon idée première était une fois encore d’emmener Dany pour lui faire découvrir quelques tronçons du Tour du Vallespir que j’avais effectué en solitaire en août 2009. J’attendais une belle journée de printemps pour le faire, d’abord parce que marcher sous le soleil c’est bien mieux à tous points de vue, et ensuite car je savais que les abords de la cabane foisonnent à cette époque d’une flore incroyablement belle et variée et je voulais si possible prendre quelques beaux clichés de fleurs pour mon herbier photographique. Ça, c’était la deuxième raison. Une semaine avant, j’avais arrêté la date du samedi 28 juin si la météo venait à être favorable. Elle le fut, mais pour Dany, ses douleurs articulaires doublées d’une sciatique en avaient décidé autrement et elle n’était pas du tout opérationnelle pour effectuer les 17 kilomètres de la boucle envisagée.  Une fois encore, je fus contraint de partir seul et quand je suis arrivé à Léca, point de départ de cette jolie balade, j’étais persuadé que j’allais passer une nouvelle journée de marche plutôt très solitaire. Il est 8 heures quand je laisse ma voiture sur le parking du village. Je connais parfaitement les lieux pour y être venus à plusieurs reprises pour randonner vers « le pic de la Souque et la baraque du Faig » notamment, jolies balades que j’ai déjà expliquées dans mon blog. Comme un automate, je me dirige vers le petit pont métallique qui enjambe le Riuferrer et de l’autre côté, je prends aussitôt à droite le petit sentier balisé en jaune. Je commence immédiatement à grimper dans la forêt en suivant non plus le Riuferrer mais son petit affluent le Prat de Cerball que je traverse un peu plus haut. Cette forêt très touffue où les panoramas sont plutôt rares c’est celle du Bois de Cardebère. Chaque fenêtre est donc prétexte à un arrêt. Des arrêts très brefs, il faut bien le reconnaître tant les vues restent limitées.  Le sentier file désormais en balcon sur le Riuferrer mais si j’entends son ronflement, le torrent je ne le vois jamais. Voilà déjà presque une heure que je marche quand soudain au sommet d’un collet herbeux, je surprends un énorme sanglier entrain de fouiner le sol de son groin. Sur le moment, je pense qu’il s’agit d’un vieux solitaire, tout comme moi aujourd’hui. Il détale, s’arrête, repars puis s’arrête une nouvelle fois. Lors du deuxième arrêt, qui lui aurait été sans doute fatal si j’avais été un chasseur autre que d’images, j’ai le temps « d’armer » mon numérique et voilà le porcin sauvage définitivement immortalisé dans la carte mémoire de mon appareil photo. Je continue et quelques mètres plus loin, et tel un fin limier, c’est toute une harde avec petits marcassins et grosses laies que je vais lever mais cette fois-ci la surprise est telle qu’il n’y aura pas de photos. Tout ce magnifique petit monde décampe dans le bois sans s’arrêter cette fois-ci. Deux minutes plus tard, un jeune homme et ses deux chiens me dépassent. Les chiens, sans doute très jeunes,  n’arrêtent pas de me faire des fêtes et le solitaire que je suis ne se sent plus vraiment seul à cet instant. Par pour longtemps, car le jeune homme et ses chiens poursuivent leur chemin vers le col de l’Estagnol et moi le mien vers le cortal Triado et son ruisseau éponyme. Sur un sentier moussu, le frais ruisseau est vite traversé et les ruines du cortal et les feixes d’antan sont déjà là. Dans le sous-bois, les feuilles mortes remplacent la mousse mais les senteurs d’humus et de terreau restent omniprésentes. Alors, que j’ai repris ma marche calme et solitaire, soudain un jeune homme arrive en courant à tout berzingue en face de moi. Je suis sur le point de m’écarter pour lui laisser le passage mais il s’arrête net à ma hauteur à peine essoufflé. « Je vais bien vers Saint-Guillem ? » m’interroge-t-il. Je lui réponds « Non, par là, vous descendez vers Léca» et j’ai juste le temps de rajouter « Saint-Guillem, c’est par là » qu’il est déjà reparti d’où il venait, toujours en courant comme si le diable était à ses trousses. Il portait un dossard et un Camelbak, ça j’en suis sûr. Un quart d’heures plus tard, et alors que je tente mais en vain de photographier un couple de mésanges bleues qui volètent de branches en branches, c’est un groupe d’une vingtaine de coureurs qui maintenant foncent vers moi. Le sentier est étroit et je me retrouve dans la même situation qu’avec le coureur précédent mais cette fois-ci, les premiers arrivés stoppent devant moi et me laissent le temps de leur expliquer leur erreur. J’ai même le loisir de sortir mon bout de carte IGN sur lequel figure le tracé que j’ai enregistré dans mon GPS. Ils comprennent aisément qu’ils ont loupé une bifurcation du côté du lieu-dit le « Bac de la Cova dels Porcs ». Le temps d’arriver moi-même à ce croisement de sentiers et je vais encore remettre une bonne douzaine de coureurs dans le droit chemin. Je l’avoue, ces égarements me paraissent assez incompréhensibles car plusieurs branchages ont été mis en travers du chemin pour éviter justement de descendre vers Léca et orienter les coureurs vers l’itinéraire du Tour du Canigou, commun ici avec le Tour du Vallespir. Malgré ces branchages, malgré un panonceau Tour du Canigou et malgré une bannière « Décathlon », de nombreux coureurs ont loupé le bon itinéraire, alors je rajoute quelques branches supplémentaires en travers du sentier transformant ainsi la descente vers Léca en une barricade quasi infranchissable. Alors que je grimpe désormais vers la Devèse de Vallbonne, me disant que je ne serais plus là pour remettre dans le droit chemin, les éventuelles « brebis égarées », le gros des concurrents arrivent derrière moi. Finalement, j’apprends d’un concurrent presque aussi âgé que moi qu’il s’agit de l’Ultra Trail du Canigou intitulé « Canigou Aventure », partit ce matin de La Bastide et retour après une boucle de 84 kilomètres autour du massif. Au-delà de cette distance qui me paraît assez incroyable, un autre concurrent m’indique que le règlement de la course ne prévoit aucun classement ni aucun prix à gagner, mais seulement deux points à glaner pour avoir le droit de  s‘inscrire à l’Ultra Trail du Mont-Blanc mais uniquement pour les heureux arrivants. Après 6h30 de course et à la tête de certains concurrents qui ne vont guère plus vite que moi, je commence à douter de leur capacité à aller au bout pour gagner ces deux petits points que je trouve plutôt dérisoires. Enfin chacun son truc et comme à mon habitude, moi je flâne, je contemple, je m’émerveille, je photographie tout et rien et bien évidemment je laisse passer sans problème tous les concurrents qui arrivent à ma hauteur. Il va en être ainsi jusqu’à la cabane de la Devèse et bien plus tard encore après mon arrivée à celle-ci. Pourtant dieu sait si je vais m’arrêter. D’abord pour photographier les jolies fleurs que j’étais venu chercher et ensuite pour retrouver avec beaucoup d’émotion la vieille balafre d’une gravure que j’avais taillé avec mon canif dans l’écorce d’un grand hêtre lors de mon Tour du Vallespir. Cinq années se sont écoulées depuis et la gravure a bien changé. Les plaies rougeâtres de mes initiales et de la date se sont transformées en de fines cicatrices grisâtres. Je constate avec plaisir que la nature a repris ses droits et que la blessure que j’avais infligée à cet arbre s’est auto-guérie.  Je monte vers la cabane, m’y arrête et tout en contemplant les paysages grandioses que j’ai devant moi, je regarde passer les derniers retardataires. Au bout d’une demi-heure, plus personne ne passe et je me retrouve enfin seul au milieu d’une véritable volière en liberté.  Soudain, et alors que je photographie avec plus ou moins de bonheur quelques oiseaux et notamment un merle juvénile peu craintif, un homme monte vers la cabane et se dirige vers moi. Il se présente comme étant le « coureur-balai » de la course « Canigou Aventure ». Il me demande si je participe à la course mais avec ma réponse négative, il veut surtout s’assurer de l’instant où j’ai vu les derniers concurrents passer. On discute un bon moment de ma présence ici, puis semblant tranquillisé par mes centres d’intérêts, il repart. Le merle est parti lui aussi mais bien d’autres passereaux virevoltent encore autour de moi et je prends beaucoup de plaisir à tenter de les photographier le plus souvent en vain. Peu importe ma réussite à figer des oiseaux dans mon appareil photo car je profite enfin de ma totale solitude pour me ressourcer en écoutant mon baladeur MP3 et en pique-niquant sur la pelouse de la cabane. Quand j’ôte les écouteurs de mon baladeur, les musiques douces du groupe Secret Garden laissent la place aux seuls gazouillis des oiseaux entrecoupés parfois des meuglements de quelques vaches en estives qui paissent un peu plus haut, sur les flancs pentus de la Devèse. Je passe plus d’une heure autour de la jolie petite cabane,  à courir la montagne, à chercher des fleurs et à pourchasser les oiseaux et les papillons avec mon numérique. Je ne rentre à l’intérieur de la cabane que pour prendre quelques photos souvenirs. Il faut dire que le mobilier y est plutôt sommaire avec une table, des bancs, un petit poêle et des bat-flancs fait de quelques planches. 6 personnes peuvent y prendre place et encore, à condition que deux d’entre-elles acceptent de dormir avec leurs têtes à quelques centimètres du plafond. Quand j’ai préparé cette randonnée, j’ai lu qu’un berger l’occupait parfois à partir du mois de mai mais aujourd’hui il n’y a personne et le refuge parait inoccupé. En tous cas, il est d’une propreté remarquable et tout est parfaitement rangé. De toute manière, avec la météo admirable que j’ai aujourd’hui, je suis bien mieux dehors. Après cette courte découverte, je récupère mon sac à dos que j’avais caché dans les genêts et file vers le col de l’Estagnol que j’atteins quelques minutes plus tard. Là et comme je l’avais fait en 2009, je traverse la verdoyante prairie pour me diriger sur l’autre versant car je sais que les panoramas sur la Vallée du Tech et son versant sud y sont sublimes. Je m’arrête sur le roc le plus haut pour contempler ces superbes paysages qui défilent à 180 degrés devant mes yeux. Les souvenirs reviennent. Ceux du Tour du Vallespir bien sûr mais aussi ceux d’autres balades que j’ai faite avec des gens que j’aime et avec lesquels je suis venu ici.  Sur la pelouse, une douzaine de chevaux sont là, à quelques mètres de moi. Certains se délectent de cette herbe bien grasse et sans doute pleine de fraîcheur pendant que d’autres roupillent profondément trouvant dans ce tapis de verdure un couchage idéal. Un rapace vole en rase-mottes et va se poser un peu plus loin sur le sommet d’un conifère. Au moment de repartir, à l’autre bout du col, c’est un beau chevreuil qui s’offre sans crainte à l’objectif de mon numérique. Après la foule de ce matin, je me dis que finalement la solitude et la marche silencieuse ont parfois du bon. Et pourtant ce n’est pas fini car au lieu-dit les Collettes, je m’arrête pour finir mon casse-croûte et là, une grive musicienne a décidé sans crainte de faire sa toilette au milieu d’autres passereaux et devant le zoom de mon numérique. Un grand spectacle ornithologique s’est déroulé devant moi et il est temps de repartir. Bien évidemment, après la vision de cette superbe nature en éveil et peu farouche, l’épilogue vers Léca va être bien plus monotone mais qu’importe, j’ai déjà eu l’occasion d’apprécier à sa juste mesure cette magnifique journée. 16h30, je quitte Léca, direction Montferrer car il m’est impossible de quitter le Vallespir sans aller me recueillir sur la tombe de mon ami Gilou parti bien trop jeune. Après tout, c’est bien lui qui m’a fait découvrir cette magnifique région pour la toute première fois. C’était, il y a 26 ans déjà et depuis je ne cesse pas de l’en remercier.  Cette balade est longue de 17 kilomètres environ. J’exclus mes errements autour de la cabane et au col de l’Estagnol. Le dénivelé est d’environ 790 mètres, le point culminant se trouvant à 1.697 mètres entre la cabane et le col de l’Estagnol. Lors du retour vers Léca, j’ai rencontré une dame qui voulait se rendre à la cabane avec aux pieds, une paire de « crocs » en résine et j’ai tenté de l’en dissuader. Elle a continué malgré mes recommandations. Non, ici toute la panoplie du parfait randonneur avec chaussures de rando à tiges hautes doit être de mise.   Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

(*) Si le toponyme « Vallbonne » en « bonne vallée » est évident, le toponyme « Devèse » lui est bien moins connu. Il est pourtant très fréquent dans toute la France et tout spécialement dans le midi. Vous le trouverez parfois écrit « Devèze » avec un « z » et presque aussi souvent au pluriel qu’au singulier et très souvent aussi sans le « e » final, « Devès ». Dans notre région catalane et donc proche de l’Espagne, le « e » final est bien évidemment remplacé par un « a » et la carte IGN mentionne d’ailleurs la « Devèsa ». Toujours pour les mêmes raisons mais Languedoc inclus,  le « v » est parfois remplacé par un « b » et il n’est pas rare de trouver « Debès ». Dans d’autres régions, on trouve les mots « defès » « defaix », « deffaix », «debèso », « debezo », « devens », « devey » ou encore «devins » et "devois".  Tous ces mots ont bien évidemment la même origine latine « défensum » et occitane «Devès»  qui a finalement donné le mot de vieux français « défens ». Au 12eme siècle, un « défens » était un terrain clôturé et plus généralement une chose défendue. On l’utilisait par exemple pour désigner une terre seigneuriale interdite à la chasse par les manants. Au fil du temps, ce nom a été utilisé pour d’autres motifs et par exemple un « bois en défens » était un bois jeune dans lequel il était interdit de faire entrer des bestiaux ou bien de procéder à certaines coupes. Une « mise en défens » était une mesure administrative selon laquelle le pacage était interdit sur certains terrains. Toujours au fil du temps, la notion d’interdiction a plus ou moins faibli ou disparu et selon les régions, le « défens », le « debès » ou la « devèse » sont devenus des façons de désigner des paysages ruraux. Ainsi, cela pouvait être un « pâturage clos » mais aussi une « garenne », un « terrain en jachère » ou plus simplement une « zone de pacage » ou un « terrain communal ». Enfin et pour terminer, la plupart de ces toponymes cités ici sont devenus des noms de familles plus ou moins courants.

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Le Sentier de Carbodell depuis Nohèdes.

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de 2 versions bien différentes de la chanson "Let The Music Play" interprétée par Barry White. Une première version longue "Funkstar's Club Deluxe Mix" et une deuxième plus courte et plus classique dans son répertoire. 
LE-SENTIER-DE-CARBODELL
SENTIERCARBODELLIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Il y a quelques années, le « Sentier de Carbodell », ancien  chemin muletier, a été réhabilité par la commune de Nohèdes en un petit sentier de découverte. Bien avant que la route ait été construite en 1912, il permettait aux Nohédois de rejoindre d’abord la vallée de Nohèdes puis de là, les villageois rejoignaient Betllans, Conat, Ria puis Prades ou Villefranche-de-Conflent par un autre « cami » longeant la rivière de Callau. Si le « Sentier de Carbodell » a tout conservé de son passé ou presque, le reste du parcours est, à quelques petites variantes près, devenu la départementale D.26. Bien évidemment, avec la curiosité coutumière qui est la mienne, j’ai voulu savoir qui était ce « Carbodell » et là, je l’avoue, au fil de mes recherches et de mes interrogations, je suis allé de surprises en surprises. Dès le départ, j’ai pensé que « Carbodell » était un personnage et j’ai orienté mes recherches dans ce sens-là en interrogeant les sites Internet des « noms de familles » comme par exemple, celui tout à fait remarquable de l’historien Jean Tosti dont le dictionnaire présente l’avantage de commenter toutes les origines et étymologies. Il y avait bien un « Carbonell », un « Carboneil » et un « Carbonnel » parfois avec un seul « n » ou un seul « l » parfois avec deux, mais  « Carbodell », lui,  était inconnu au bataillon des noms propres. J’ai donc élargi mes recherches vers des sites comme Lexilogos et tous ceux consacrés à la généalogie. Toujours rien. Je me suis donc rendu au cimetière de Nohèdes et à celui de Conat car je pensais que « Carbodell » était peut-être un muletier du cru dont les « exploits équins » avaient été suffisamment célèbres pour laisser ainsi son empreinte gravée dans le temps. Rien ! J’ai fini par imaginer qu’une erreur de retranscription, comme cela arrivait souvent au temps où les registres d’état-civil étaient tenus à la plume d’oie, avait transformé un « Carbonell » en « Carbodell ». Je n’ai rien trouvé sur la Toile allant dans ce sens et en tous cas, rien de vraiment concret ou trop peu de choses pour en tirer une plausible conclusion. J’ai ensuite analysé toutes les cartes géographiques de Nohèdes et de ses proches alentours, et là, j’ai fini par trouver sur la carte cadastrale, à l’est du village, une vaste parcelle intitulée « Carboudel ». Une rue à Nohèdes portait également cette dénomination.  J’ai donc repris mes recherches avec ce nom-là car je pensais que « Carboudel » était une forme francisée de « Carbodell ». Toujours rien et aucune famille ne portait ce nom-là non plus. Devant tant d’évidences, j’en ai donc déduit que « Carbodell » ou « Carboudel » n’étaient pas des noms de personnes. Oui, mais voilà, pourquoi avait-on donné ce patronyme à un sentier de randonnée pédestre ? J’ai donc adressé un mail à Monsieur le maire de Nohèdes et avec beaucoup de gentillesse, il m’a très rapidement répondu en me disant que l’on pouvait traduire le mot catalan « Carbodell » en « crève-boudin » avant de se reprendre et de préciser que « crève-boyau » était sans doute mieux approprié. Il rajoutait que ce surnom avait été donné au sentier à cause de son exposition très ensoleillée et de sa raideur que l’on éprouvait à le gravir au temps où les villageois l’empruntaient avec des mulets. L’ayant monté, il y a quelques années puis redescendu cette fois-ci, j’imagine aisément ce que cela pouvait être avec des mules ou des ânes lourdement chargés. Voilà, j’avais enfin mon explication car si initialement j’avais pensé à couper le nom catalan « Carbodell » en deux pour en extraire un lieu éventuellement riche en charbon (carbo) et dell (du), je n’avais certes pas imaginé qu’un autre découpage eut été possible. C’est ainsi, qu’avec un découpage comprenant le préfixe « car » d’un côté et « bodell » de l’autre, la traduction devient radicalement différente. En effet,  si le préfixe « car » reste indécis car il peut signifier « sentier » avec la même origine que « carrer » ou bien encore « pierre » de la racine pré-indo-européenne « kar », il peut aussi bien provenir du catalan « secar » signifiant « sécher » dans le sens de « mourir » ou bien encore du mot « cara » signifiant « face » ou « pente »….toutes ces solutions convenant bien à la physionomie du lieu. Par contre « bodell » ou plutôt « budell » s’est clairement le « boyau » ou « l’intestin » catalan et de ce fait, la dénomination du sentier en « crève-boyau » devient sinon éclatante tout du moins vraisemblable et acceptable. La balade, nous l’avions préalablement accomplie avant même toutes ces recherches et si le Sentier de Carbodell est, avec son 1km800 plutôt limité, une fois couplé à la piste de la Vallée de Nohèdes dite del Ribéral (la rivière), il devient de ce fait, un vrai circuit pédestre de 7 km environ. Le départ est situé sur la D.26 au lieu-dit parking des Salines, à 500 mètres à l’est, avant l’entrée du village. Une pancarte « Betllans –Sentier de Carbodell » et le balisage de couleur jaune indiquent la direction . D’emblée, le sentier amorce une descente même si certaines petites portions remontent puis s’aplanissent pour mieux redescendre ensuite. Il est vrai que le sentier s'adapte à la configuration escarpée du terrain et de ce fait, il s’ajuste aussi au ravin de  la Comall de les Salines et à celui du Rec de Bertran, petits affluents de la rivière de Nohèdes. Sur un itinéraire tout en balcon car souvent échafaudé sur des hauts murets de pierres de schistes, on profite des vues renversantes sur le Massif du Coronat et plongeantes sur la « Vallée de l’Arche perdue (*).  C’est ainsi que l’on va atteindre le fond du vallon où coule la Ribera. Là, on débouche sur une large piste terreuse. On délaisse l’itinéraire qui file à gauche vers Betllans et on prend à droite en suivant le panonceau « Nohèdes par El Ribéral ». Cette piste file vers la Maison de la Montagne et beaucoup plus loin vers le lieu-dit la Farga où l’on reprend l’asphalte de la route pour revenir vers Nohèdes. Auparavant et sur ce long chemin, on aura largement profité de la fraîcheur de la rivière de Nohèdes et des parties ombragées de la forêt pour flâner puis pique-niquer. Au plus chaud de l’été, certains se baignent dans des petites poches d’eau, cuvettes peu profondes ou marmites plus spacieuses mais attention tout de même car l’eau reste très fraîche et la rivière peut parfois se transformer en un torrent fougueux et capricieux. Moi, comme souvent, j’ai flâné et pris énormément de plaisir à observer et à photographier la nature. Ici, sur ces terrains fertiles, une végétation généreuse a repris ses droits mais il n’en a pas toujours été ainsi car aux siècles précédents, ces terres étaient surtout consacrées à l’agriculture. On y cultivait beaucoup de légumes, des céréales, des pommes de terre et des arbres fruitiers. Aujourd’hui, de ses vieilles cultures, ils ne subsistent que quelques champs envahis par la végétation, les ruines d’un vieux moulin, quelques murets en pierres sèches, des terrasses (feixes) effondrées ou abandonnées, de vieux casots et parfois quelques vergers ressuscités.  Si au siècle précédent, Nohèdes vivait en quasi-autarcie et revendait même une partie de sa production agricole faisant ainsi du Sentier de Carbodell, un véritable « crève-boyau » aujourd’hui, ce circuit de découverte c’est un peu le « crève-cœur » d’un passé oublié qui ne reviendra sans doute jamais. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul de Fenouillet Top 25.

(*) Ce vallon, ici on l’appelle la vallée de l’Arche perdue car selon la légende, Noé aurait amarré son arche à un anneau qui se trouverait au sommet d’un roc du nom de Salimanes ou Salimans (1.694 m) (Voir la photo de ce roc dans mon diaporama).

Cette balade est présente dans le petit livret consacré aux itinéraires de découverte de Nohèdes : 9 itinéraires pour découvrir la vallée de L’Arche Perdue. Ce guide édité par l’Association Gestionnaire de la Réserve Naturelle de Nohèdes est achetable au tarif de 2 euros à la Maison de la Réserve de Nohèdes. 

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Le Balcon de Céret (423 m) depuis Céret (158 m) (La Nogarède)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques jouées par l'ensemble musical Rondò Veneziano. Elles ont pour titre : "Danza Mediterranea""Splendore Di Venezia" et "Perle d'Oriente".
BALCONCERETIGN

Le Balcon de Céret est une balade pédestre bien connue des Cérétans mais également de nombreux autres marcheurs catalans. Elle constitue une « classique » pour tous les clubs de randonnées du département et désormais sa réputation va même bien au delà puisque certaines associations pédestres audoises ou héraultaises viennent parfois y user leurs godillots à l’occasion d’une visite de la Mecque du cubisme. L’été, les touristes le cheminent volontiers car ses portions ombragées en font une sortie pleine de fraîcheur plutôt agréable. . Enfin, comme de nombreuses  randonnées « incontournables », le Balcon de Céret figure dans plusieurs topo-guides régionaux. L’itinéraire est donc bien connu et pratiqué, parfaitement balisé et assez facile à entreprendre. En ce début du mois juin, Dany et moi sommes donc partis vers Céret pour tenter de comprendre ce qui pouvait attirer autant de monde sur ce balcon.  A toutes ces excellentes raisons, nous en avions quand même rajoutées trois autres avant de nous décider : la première et sans doute la meilleure, c’est que nous ne l’avions jamais réalisé, la deuxième, c’était sa distance plutôt modeste correspondant bien à ce que Dany était capable d’accomplir à cet instant compte tenu de ses diverses douleurs articulaires et enfin troisième et dernier motif, la description très incitative que l’historien Jean Tosti en faisait dans son blog consacré à la cité : "Une belle promenade est à faire au Balcon de Céret, par une petite route partant de la place des Tilleuls. Plus on monte, plus les points de vue sont merveilleux. Une balade à ne pas faire en voiture, ce serait du gâchis"Nous avons donc suivi les conseils de l’historien et les directives de notre topo-guide et c’est donc avec cet objectif de voir des points de vue merveilleux que nous avons rejoint Céret,  direction la rue de Nogarède et plus spécialement le parking du Mas éponyme. Ce dernier sert de centre de loisirs aux associations de la commune. Quelques panonceaux indicatifs de randonnées sont là sur le parking et notamment celui indiquant le départ du Balcon. La direction n’est pas réellement indiquée mais pour quelqu’un qui comme moi a pris soin de lire le topo-guide, il n’y a aucun problème puisque un autre panonceau indique très clairement la direction à prendre pour se rendre aux mas Falguerolles et d’en Poble se trouvant sur l’itinéraire. On remonte vers l’est la rue de Nogarède jusqu’à son extrémité puis à droite le chemin de Falguerolles. Après avoir cheminer le bitume au milieu de quelques belles villas, on atteint un dernier mas à quelques encablures de la forêt. On s’y arrête pour observer de bien étranges cactus joliment fleuris. Si j’emploie le mot étrange c’est parce qu’il y a quelques beaux spécimens d’Echinopsis aux superbes fleurs blanches et roses qu’on appelle parfois à tort « coussins de belle-mère » et plus couramment « Cactus Oursin » mais surtout, il y a plusieurs Figuiers de Barbarie montant en arbres et aux « raquettes » complètement inermes c'est-à-dire sans aucune épine ni poil urticant qu’on appelle des glochides.  Très étonné, je demande au propriétaire qui est là dehors si je peux lui chiper une « oreille de Mickey ». Il accepte bien volontiers et voilà que je casse une oreille au figuier et la glisse dans ma poche sans aucun problème. Bien ferme et absolument inoffensive pour la peau, elle va rester ainsi au fond de ma poche toute la journée, sans aucun problème.  Je remercie l’homme et nous poursuivons notre chemin vers le bois que nous atteignons très rapidement. Si de nouveaux panonceaux sont là à cette intersection de chemins indiquant clairement le « Balcon de Céret », nous optons d’abord pour la cascade malgré deux informations contradictoires qui en indiquent malgré tout la modeste proximité : 5 minutes pour l’un et 25 minutes aller/retour pour l’autre mais peu importe nous y allons quand même. Cette cascade c’est celle de Baussos dont j’ai entendu parler mais que je ne connais pas. Superbe, tranquille et rafraîchissante, nous allons nous y attarder à un point tel que nous aurions presque oublié que nous étions venus pour un autre motif : le Balcon de Céret. Pique-nique, photos et bains de pieds vont ponctuer ce long arrêt improvisé. Une heure et demi plus tard mais avec une paresse incroyable, nous estimons qu’il est temps de rebrousser chemin et de se consacrer à notre balade. Un sentier s’élève franchement dans une végétation de type maquis constitué principalement de bruyères arbustives, de cistes, de quelques lavandes à toupets et bien sûr des inévitables chênes qu’ils soient verts, blancs ou lièges. Au départ, les vues s’entrouvrent joliment sur Céret et sur ses proches alentours. Un peu plus loin, on profite de chaque ouverture pour observer des paysages un peu plus lointains vers la Plaine du Roussillon et les Albères notamment. Puis, les panoramas disparaissent et le sentier se faufile exclusivement dans une végétation plutôt épaisse. De toute manière, le sentier se faisant plus caillouteux, les yeux se consacrent essentiellement à examiner le sol et les pieds. 2 kilomètres plus loin et 200 mètres plus haut, on atteint le Mas d’en Poble, petit domaine paisible posé au milieu de prés verdoyants. Une large piste terreuse prend le relais du sentier mais atteint très vite l’asphalte d’une route que l’on emprunte vers la droite. Bien qu’en balade pédestre, le bitume ne soit jamais la panacée, ici, grâce aux décors plutôt variés et contrastés, de surcroît sur une portion plane,  on l’oublie assez vite : mas, cerisaies, parties forestières ombragées, panoramas lointains, prairies verdoyantes où paissent quelques moutons donnent à cette route un attrait incontestable. Ici, les points de vue merveilleux de Jean Tosti se dévoilent et on regrette simplement que le Canigou soit entièrement enveloppé d’un épais matelas nuageux le rendant ainsi invisible. 1.300 mètres plus loin,  on quitte le bitume au profit d’un étroit sentier qui descend dans un bois en direction d’un petit vallon et du Mas d’en Clic. Au fond du vallon, on enjambe le Correc de Nogarède, celui-là même où nous faisions « trempette » à la cascade de Baussos quelques heures plus tôt. Ce ruisseau dissocie la forêt de quelques vergers et terrains cultivés. Après le Mas d’en Clic, on retrouve le maquis et ici commence le sentier dit de la Porte de fer. La Porte de fer est un abri sous roche ayant été fréquenté depuis des temps immémoriaux et dans lequel les archéologues ont retrouvé des fragments de poteries ainsi que des pièces de monnaie romaines. Ce sentier longe un vieux canal d’arrosage aujourd’hui rafistolé de « bric et de broc » mais ayant eu en son temps ses heures de gloire. Taillé dans la roche et fonctionnant encore aujourd’hui, ce canal construit en 1866 captait ses eaux dans le Tech du côté d’Amélie-les-Bains. Chemin faisant, il alimentait toutes les fontaines du canton et pendant très longtemps, il a été le principal moyen d’irrigation de tout le Bas-Vallespir. Une stèle en hommage aux exploitants ayant financé sa construction s’élève sur la place des Ormeaux à Céret. Depuis ce canal, on profite de chaque fenêtre s’entrouvrant sur la cité puis le sentier finit par atteindre le goudron de la route Jean Caball. Là, sur la gauche, à moins de 500 mètres de distance, il y a une superbe table d’orientation vers laquelle on peut effectuer un rapide aller/retour avant de poursuivre entre murets, champs et jardins vers l’ancien couvent des Capucins cher à Frank Burty, peintre, créateur puis conservateur du Musée d’Art Moderne. Les premières maisons de Céret sont déjà là et la balade tire à sa fin. On emprunte la rue des Capucins puis à droite l’avenue d’Espagne en passant devant le stade et le lycée Déodat de Séverac. On poursuit l’avenue d’Espagne jusqu’au camping le Bosquet de Nogarède puis juste après le camping, on emprunte un escalier qui rejoint la rue de Nogarède.  La balade au Balcon de Céret est finie et nous ne regrettons pas de l’avoir accomplie. Selon le tracé enregistré dans mon GPS, cette boucle a été longue de 11km500 incluant bien sûr les allers et retours vers la cascade de Baussos et la table d’orientation ainsi que quelques divagations personnelles pour aller photographier une fleur des champs ou bien un oiseau. Je ne vous dirais pas le temps que nous sommes restés sur ce modeste parcours car même arrêts inclus vous trouveriez ça très exagéré voire ridicule. Enfin, en randonnée, l’essentiel n’est-il pas de prendre du plaisir ? Nous en avons pris ! Carte IGN 2449 OT Céret – Amélie-les-Bains – Palalda – Vallée du Tech Top 25. 

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Jean-Claude et la cruelle injustice.

Publié le par gibirando

(Cette photo est un montage sorti tout droit de mon imagination)

Il y a quelques jours, mais tout à fait par hasard, je suis tombé sur le site Internet d’un jeu vidéo s’intitulant « l’Injustice ou les Dieux sont parmi nous ».  Un jeu qui consiste à faire entretuer de colossaux héros du style Batman, Superman, Wonder Woman, Flash, pour ne citer que les plus connus. J’ai trouvé ce titre plutôt étrange car même si je ne crois pas en Dieu ou en un dieu, il me paraît assez aberrant qu’il puisse y avoir une divinité au dessus de nous et des injustices en même temp. Sinon ce dieu ou ces dieux que l’on dit parfois tout puissants à quoi servent-ils ? Que font-ils ? Pourquoi ne font-ils rien pour empêcher ces injustices ? Ce jeu, je ne le connais pas, mais un titre comme « L’Injustice ou les dieux ne sont pas parmi nous » ou bien encore « l’Injustice ou les diables sont parmi nous » m’auraient mieux convenus. Ici, bien sûr, je ne parle pas de l’injustice des hommes, le plus souvent incontrôlable et motivée par de vils instincts ou de basses motivations.   Non, je parle de celle qu’on appelle plus communément la malchance, le malheur, la malédiction ou la fatalité. Or, cette fatalité, elle vient encore de frapper un de mes meilleurs amis et ce jour-là, malheureusement aucun dieu n’était avec lui.

Jean-Claude, je l’ai connu il y a deux années environ au petit village d’Urbanya. Avec son épouse Nicole, Jean-Claude arrivait tout droit de Nancy et s’était, tout comme moi, aussitôt amouraché pour ce minuscule village du Haut-Conflent. Jean-Claude venait d’avoir 60 ans. Il avait tout abandonné dans le nord pour venir vivre dans le sud une retraite paisible dans ce bourg perdu qu’est Urbanya. Jean-Claude avait acheté une jolie demeure de village, mais comme toutes les maisons de ce coin-là, elle nécessitait une ample restauration. Jean-Claude s’était attelé à cette tâche avec une volonté farouche et un courage exemplaire et cette année, il était quasiment arrivé aux bouts de ses peines. Son petit coin de paradis était complètement rénové et très confortable. Enfin, Jean-Claude avait fait tout ce qu’il fallait pour vivre ici à Urbanya, toute l’année et jusqu’à la fin de ses jours. L’hiver, il était désormais certain qu’il y ferait chaud et l’été, la maison avec ses murs très épais serait naturellement plus fraîche.  Parallèlement à la maison, Jean-Claude avait acheté dans le bas du village, un grand terrain en friches en bordure de la rivière. Immédiatement et avec l’aide de Nicole, il s’était mis à cultiver un immense potager. Le champ était si vaste que finalement, il s’était équipé d’un petit tracteur et avait investi dans un grand « pick-up », beaucoup plus pratique à conduire sur les routes et les pistes de montagnes. Dans son champ, Jean-Claude cultivait des pommes de terres et toutes sortes de légumes ainsi que des arbres fruitiers déjà présents sur le terrain. Comme ils l’avaient fait avec nous, Jean-Claude et Nicole s’étaient très vite liés d’amitié avec la quasi-totalité de ses voisins et des habitants du village qu’ils soient résidents permanents ou secondaires comme nous le sommes nous-mêmes. Sans vouloir être péjoratif, Jean-Claude et Nicole sont ce qu’on appelle de vrais braves gens. Des gens simples et chaleureux. Plus familièrement, je dirais qu’ils ont la main sur le cœur et des gens généreux comme eux, j’avoue en avoir très peu connu au cours de ma vie. Toujours prêts à rendre service, à donner un coup de mains aux uns et aux autres, à distribuer allègrement les légumes et les fruits qu’ils ramassaient laborieusement dans leur grand potager. Jean-Claude avait même proposé de cultiver un autre grand champ, se trouvant à côté du sien, qu’un propriétaire avait laissé en jachère depuis de longues années. Il avait proposé de s’en occuper à charge de partager le fruit de son labeur. Evidemment, le propriétaire avait accepté cette offre plus que correcte et qui ne lui coûtait rien, pas même les semis ni l’eau que Jean-Claude pompait dans la rivière. D’ailleurs, quand je rencontrais Jean-Claude, je le trouvais plus souvent occupé à prodiguer un service à quelqu’un qu’à ses propres travaux. Jean-Claude ne savait pas dire non et quand moi-même, j’avais évoqué l’idée de poser une gouttière dans ma maison, il m’avait spontanément proposé son aide avant même que je le lui demande. Jean-Claude était ainsi, un gentil garçon d’une serviabilité exemplaire. Moi, je m’étais lié d’amitié avec lui car outre les qualités que je viens de citer, Jean-Claude n’était pas un chasseur et nous avions quelques « atomes crochus » sur ce plan-là. Jean-Claude aimait les animaux et la nature en général et de ce fait, nous ne pouvions que nous entendre. A la mort de son lapin qui s’était fait piquer à la gorge par une guêpe, plusieurs personnes l’avaient vu pleurer. Voilà, Jean-Claude était ainsi, tendre, affectif, affable, attachant et d’une gentillesse absolue. Un vrai chic type.

Jean-Claude n’est pas mort et si je parle de lui au passé c’est parce qu’il ne pourra plus jamais être le même homme que j’ai connu auparavant. Là, je parle de sa vaillance, de son ardeur, de sa générosité, et de cette qualité magnifique qu’il avait de dire « oui » à tout le monde. Le 11 juillet, Jean-Claude a fait un terrible accident vasculaire cérébral. Un A.V.C comme on dit plus couramment. Un grand trou noir qui l’a d’abord plongé dans un coma d’où il est ressorti presque par miracle. Le deuxième. Le premier miracle s’est qu’il s’en soit sorti grâce à l’hélicoptère qui était venu le chercher de toute urgence à Urbanya. Sans ce moyen de secours ultra rapide, Jean-Claude ne serait sans doute plus de ce monde. Quand l’occasion m’a été offerte d’aller voir Jean-Claude, il était déjà sorti de l’hôpital et était au Barcarès en rééducation dans une clinique. Entre-temps, il avait déjà fait quelques allers-retours entre les deux car il avait failli mourir d’une pneumopathie. Quand je l’ai vu, physiquement il n’était plus le même homme que j’avais connu auparavant. Paralysé sur tout le côté droit, c’était ce que l’on appelle avec inhumanité un « légume », une personne très handicapée. Allongé dans son lit, il était immobile, il ne bougeait plus aucun membre ou si peu. Son menton reposait sur son cou et sa tête tombait de ses épaules comme un fruit trop mur prêt à choir. Son œil droit était fermé et le gauche était tout en bas de l’orbite. Ses lèvres tombaient et sa bouche n’était qu’un vilain rictus. Il parlait avec beaucoup de difficultés et avait « décollé » de nombreux kilos sans doute à cause d’une alimentation exclusivement ingurgitée par perfusion au travers d’une poche gastrique. Parmi ses paroles la plupart inintelligibles, nous avions néanmoins compris que Jean-Claude se souvenait de tout et de nous. Les larmes aux yeux, il évoquait son état de fatigue et le trou noir dans lequel il était tombé en ce 11 juillet. Ce trou noir, il s’en souvenait parfaitement mais l’on sentait bien que pour lui tout ce qui s’était passé ce jour-là restait incompréhensible. Avec le grand cœur qui était le sien et qui avait résisté à cette terrible détresse, il n’imaginait pas que l’accumulation de fatigue avait pu jouer un mauvais tour à son cerveau. En nous regardant, il disait Gilbert et Dany pour démontrer qu’il se souvenait de nous et se prouvait à lui-même qu’il n’avait pas perdu la raison. A mon tour, j’ai eu les larmes au yeux car si une personne ne méritait pas de se retrouver dans cet état c’était bien le gentil Jean-Claude. C’était très injuste et je dirais même inadmissible. De cette image de Jean-Claude, j’en ai fait des cauchemars car je n’arrivais pas à me faire à cette idée. Je n’acceptais pas cette cruelle injustice. Pour moi, le sort de Jean-Claude était inacceptable. Intolérable.

Il y a quelques jours, j’ai revu Jean-Claude pour la deuxième fois et il était beaucoup mieux. Trois semaines s’étaient écoulées. Sa tête et son buste étaient droits. Il bougeait légèrement ses jambes. Il bougeait également ses bras y compris le droit ainsi que ses mains. Les paroles étaient toujours aussi difficilement intelligibles mais il semblait parler avec beaucoup plus d’aisance et en tous cas, les mots sortaient plus facilement de sa bouche. Si j’éprouvais des difficultés à déchiffrer tout ce qu’il me disait, sa femme et ses filles semblaient parfaitement le comprendre. Il a même téléphoné à l’une d’elle avec le portable. Il ouvrait son œil droit mais le gauche était toujours dans la même position. Il paraissait souffrir de la violence des rayons du soleil et n’ouvrait qu’un œil ou l’autre alternativement. Pour l’alimentation, il avait toujours la poche gastrique. Il réclamait à boire en riant et dans la foulée, il se mettait à pleurer en entendant la voix de sa fille au téléphone. Malgré tout ça et en trois semaines, Jean-Claude avait à coup sûr fait d’énormes progrès. Nous l’avons assis dans un fauteuil roulant et nous sommes tous partis le promener. J’étais très content de balader Jean-Claude même si cette action m’aurait semblé impensable et complètement saugrenue trois mois auparavant. Il avait l’air heureux. Enfin, quand je dis heureux c’est autant qu’on peut l’être quand on est conscient d’une telle situation. En tous cas, il semblait être heureux d’être avec sa femme et sa fille et aussi avec nous peut-être. J’ai la faiblesse de le penser.

Dans cette phase de rééducation qui va sans doute être très longue, Jean-Claude fera encore de nombreux progrès. Jean-Claude renaîtra à la vie. A une vie certes différente de celle qu’il a connue jusqu’à présent mais à une vie nouvelle quand même. En tous cas et même si je ne crois pas qu’il y ait un dieu tout puissant sur cette terre, je vais prier pour ça. Jean-Claude le mérite car c’est un chic type et quelque soit l’homme qu’il sera dans le futur et quoi qu’il arrive, je sais qu’il le restera.

 

Quand je le regarde, je me dis que la vie est belle mais fragile et qu’il faut profiter des instants présents.

 

Voilà, à travers ce billet, je voulais rendre hommage à mon ami Jean-Claude que la malédiction vient de frapper si injustement et si cruellement.

 

Oui, je crois que j’ai raison, la vraie injustice c’est bien qu’il n’y ait aucun dieu parmi nous.

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Le Sentier Géologique d'Albas (Aude)

Publié le par gibirando

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Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons extraites de la comédie musicale "Roméo et Juliette, de la Haine à l'Amour" de Gérard Presgurvic. Elles ont pour titres et sont interprétées par : "Comment Lui Dire" (Gérard Presgurvic), "Aimer" (Cécilia Cara/Damien Sargue), "Les Rois du Monde" (Philippe d'Avilla/Damien Sargue/Grégori Baquet), "Le Balcon"(Joy Esther/Damien Sargue).
LE-SENTIER-GEOLOGIQUE-D'ALB
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Si à quelques jours de son anniversaire, vous dites à votre épouse « tu sais chérie, je vais t’amener voir des pierres », soit vous avez énormément d’argent et elle va s’imaginer que vous allez l’amener Place Vendôme ou au pire, si vous en avez juste un peu, comme c’est mon cas, elle se voit déjà devant le manège à bijoux de chez Leclerc. Mais quand vous voyez qu’elle n’a pas forcément compris ce que vous vouliez lui dire et que vous rajoutez « on va balader dans l’Aude au « Sentier géologique d’Albas » alors là bien sûr, elle est fatalement déçue. Eh bien, c’est exactement ce qui s’est passé en ce 24 mai, 5 jours avant l’anniversaire de ma bien-aimée. Bien sûr qu’elle était dépitée mais passée la déception et comme elle adore aller balader et aime bien les randonnées pédestres, très vite, elle n’a plus pensé aux brillants ou autre solitaires et s’est empressée de préparer son sac à dos. La journée était belle et nous avons pris la direction de l’Aude par des petites routes très agréables traversant quelques villages qui l’étaient tout autant : Vingrau, Tuchan, Villeneuve-les-Corbières, Cascastel pour arriver finalement au beau petit village d’Albas. La veille, j’avais tout préparé : tracé dans le GPS, carte IGN et quelques topos et renseignements chipés deci delà sur les sites Internet qui m’avaient semblé les plus notables. Il restait à préparer les pique-niques et nous serions fin prêts pour accomplir les deux petites boucles au départ d’Albas que j’avais mise au programme et que j’avais prévu de réaliser dans la foulée l’une de l’autre. Elles avaient pour noms le « Sentier Géologique » et « Autour du Bouichas » et selon les informations recueillies, la première était donnée pour 9 km environ et la seconde pour 8. En raison de ses souffrances articulaires dont les crises faisaient régulièrement  le « yo-yo », 17 km, c’était sans doute la distance maximum que Dany pouvait accomplir. Mais en ce moment, la vitalité était là, les douleurs semblaient s’être éloignées et je comptais sur la faiblesse des déclivités pour enchaîner ces deux petites balades, histoire de ne pas avoir à revenir marcher à Albas. Il est donc déjà 11 heures quant nous garons notre voiture sur le parking qui jouxte le petit plan d’eau. Nous sommes en bordure de la D.106,  à 1,2 km au sud d’Albas et le départ est là comme l’indique un ample écriteau résumant les grandes lignes de la « Rando du Géologue ». Nous serons amenés à découvrir 7 panneaux informatifs au fil de ce premier parcours. Le balisage est représenté par un trait et un cercle de couleur jaune. Nous le suivons en direction du joli petit étang. Plus loin, un premier et coquet panonceau « Rando du géologue » se présente. Ici, dans les Corbières Orientales, on soigne les itinéraires car lors d’une balade à l’ermitage Saint-Victor au départ de Fontjoncouse, nous avions rencontré les mêmes panonceaux de bois joliment peints et gravés. Légèrement sur la droite, la Serre de Ginoufre apparaît déjà avec son relief ondulé et plissé si particulier. Un premier panneau intitulé la Source de Pintrou, source alimentant le village en eau potable, explique la structure géologique de cette « serre ». Juste après, un autre panneau décrit, avec force détails et dessins, la coupe des différents terrains traversés au cours de la randonnée. Ici, nos godillots foulent les premières terres rouges contrastant étonnement avec une végétation verdoyante et quelques flamboyantes gerbes de genêts. Très curieusement, je viens de ramasser un galet ovale dans une couche de terre rougeâtre ressemblant très étrangement à ceux figurant sur une photo du panneau consacré aux œufs des dinosaures. Peu de chance qu’il s’agisse d’un œuf et je pense même qu’il s’agit d’un simple galet mais je le garde en souvenir. Droit devant, les premières maisons d’Albas se dévoilent. Deux ou trois blocs de pierre burinés sont le témoignage des anciennes carrières de marbre rose. Le village est déjà là et sans trop s’y attarder car on préfère en garder la visite lors du retour, on emprunte le chemin des Espeyrols (chemin des pierres).  De toute manière, le balisage est bien présent et en le suivant, on débouche à l’ouest d’Albas sur la D.40. Après moins de 400 mètres au milieu des vignes et sur l’asphalte, nous voilà à nouveau dans la garrigue par une large piste terreuse qui part à droite et monte en direction de l’ancien « Moulin à Vent ». Alors que je suis entrain de photographier quelques fleurs sauvages, quelle n’est pas ma surprise d’entendre les mêmes sifflements aigus que ceux que j’avais entendu lors de ma précédente balade au bord de la Rivérole, sur le « Circuit du Jardin Ensoleillée » de Saint-Martin de Fenouillet. Plus aucun doute, au bout de la piste, il s’agit bien de deux guêpiers d’Europe qui virevoltent telles des hirondelles mais dans des vols plus saccadés. Les voilà qui se posent sur des câbles électriques mais bien trop loin pour que je puisse les photographier correctement malgré la puissance de mon zoom. Il faut que je m’approche. A cause de ma manie à photographier tout et parfois n’importe quoi, Dany a pris une avance considérable mais tant pis, elle m’attendra. L’occasion est trop belle d’autant qu’en bordure même du chemin, un terrier, nid reconnaissable du guêpier, est là, bien présent, creusé dans l’argile même du talus. Je quitte la piste et file dans la bien nommée « Garrigue » et là, avec beaucoup de chance et à 20 mètres de mon objectif, plusieurs autres guêpiers se reposent au sommet d’un petit mamelon marneux. Voilà, avec une aubaine inouïe, une fois encore, j’ai réussi à capter dans mon numérique quelques photos de ces superbes oiseaux magnifiquement colorés. Satisfait et joyeux de cette réussite, je reprends la piste. Dany est déjà arrivée aux ruines du moulin à vent et m’a attendu car midi est largement passé et elle estime que l’heure du pique-nique a sonné. C’est d’autant bien que depuis le moulin, les panoramas sur Albas et son petit vallon sont magnifiques. Tout en déjeunant, on observe les guêpiers dans leur quête perpétuelle à saisir en plein vol, tous les insectes qui se présentent dans leurs ballets aériens. Une fois le bec plein, ils repartent se détendre sur les câbles électriques ou sur les éléments les plus élevés de la garrigue. Au moment de repartir, deux nouveaux panneaux se présentent. Le premier est consacré au récif corallien de Pech-Agut et le second aux fossiles de la Serre d’Azeu, ces deux modestes sommets se trouvent droit devant nous dans le paysage. On a beau tenté d’être imaginatif, on a beaucoup de mal à concevoir qu’on se trouve ici devant l’ancienne barrière d’un atoll corallien et dans ce qui était la passe d’un lagon tropical. Pourtant, la suite du chemin va nous démontrer le contraire et avant même que l’on soit au faîte de ces collines vieilles de 50 millions d’années. En effet, l’itinéraire descend d’abord dans un vallon où s’écoule un minuscule ruisseau. Dans ce milieu de type maquis méditerranéen qu’on aurait pu penser complètement asséché, un filet d’eau limpide se faufile entre roches et végétations. J’y ai même photographié une belle grenouille. Un nouveau panonceau « Rando du Géologue » nous fait partir à droite pour grimper vers la Serre d’Azeu et la crête de Roucadeu. Ici dans cette modeste montée, parfois dallée de roches étonnantes,  il suffit de prêter un peu d’attention et de se baisser pour ramasser quelques fossiles de bivalves ou bien quelques débris coralliens. Nous sommes bien sur l’ancien récif sous-marin annoncé mais ici nous n’avons pas besoin ni d’un masque ni d’un tuba et encore moins de palmes aux pieds, mais plus simplement de bonnes chaussures de marche. Si ces trouvailles en guise de souvenirs sont bien sûr à récolter avec parcimonie, on va vite les oublier au fond du sac ou de la poche dès lors qu’on atteint un panonceau « point de vue à 50 m ». En effet, on se trouve ici au sommet de Roucadeu, à 400 mètres d’altitude et en surplomb d’un long anticlinal intitulé « les Arènes ». Une belle et légitime dénomination au regard des paysages proches comme lointains que l’on embrasse de toutes parts depuis cet amphithéâtre naturel. Automatiquement et de ce fait, la suite du parcours va être plus terne et seul un autre panneau, au demeurant plutôt technique car expliquant la « nappe de charriage »,  va retenir notre attention. Le sentier redescend d’abord vers la D.40 à l’est d’Albas puis rejoint celui-ci par l’ancien chemin de Durban. Une visite du village s’imposant, il faut quitter le balisage pour rejoindre le centre où se trouve la belle église consacrée à Saint-Paul Serge. Si les ruelles et les maisons sont jolies et fleuries et le clocher de l’église superbe, une fois encore, on regrettera que cet édifice religieux soit fermé aux visiteurs. On le regrettera d’autant plus qu’on peut y découvrir, paraît-il, une superbe et monumentale tapisserie intitulée « lAllégorie du Souffle ». Elle a demandé 15 années de travail à quelques vaillants artisans du village. Cette œuvre, de 9m sur 10m, comporte 13 panneaux. de style figuratif et d’inspiration biblique dédiés à : l’Aigle de Saint-Jean, l’Oasis dans le désert, le Baptême, la Pentecôte, la Résurrection, le mont des Oliviers, le Golgotha, la rosace, la Jérusalem Céleste, le cheval blanc de l’Apocalypse et le déluge. Mais bon, tant pis ce sera l’occasion rêvée pour revenir à Albas. Nous y reviendrons d’autant plus volontiers que Dany était bien trop fatiguée pour poursuivre la deuxième balade programmée « Autour du Bouichas ».  Nous sommes donc retourner vers le chemin des Espeyrols et avons immédiatement repris la direction du petit plan d’eau et du parking où nous avions laissé notre voiture. Une petite variante nous a permis de découvrir deux derniers panneaux dédiés, pour le premier à ce long synclinal qui va d’Albas à Saint-Victor en passant par Fontjoncouse et un second consacré aux conglomérats fluviatiles. Nous avons donc terminé cette belle randonnée de manière très ludique. Selon mon GPS, cette jolie balade a été longue de 10,5 km, incluant quelques petites sorties de routes très personnelles, pour un dénivelé de 202 mètres et des montées cumulées évaluées à 452 mètres. Le but de mon récit, vous l’aurez bien compris, n’est pas d’être trop technique sur le plan géologique. Ce n’est pas mon domaine loin s’en faut même si je suis curieux de cette science. Concernant la géologie d’Albas, d’autres personnes l’expliquent bien mieux que moi sur Internet et certains l’ont même vulgarisé bien mieux que je n’aurais pu le faire ici. Vous trouverez donc ci-après l’adresse de quelques sites remarquables :

-         http://www.albas-corbieres.fr/

-         http://audephotos.over-blog.com/les-merveilles-d-albas

-         http://www.lindependant.fr/2013/05/17/corbieres,1755549.php

 Carte IGN 2447 OT Tuchan – Massif des Corbières Top 25. 

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Le Circuit du Jardin Ensoleillé depuis Saint-Martin de Fenouillet

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 4 jolies chansons interprétées par Michel Delpech qui ont pour titre "Tu Me Fais Planer", "Chez Laurette""62, Nos Quinze Ans" et "Un Jour Tu Verras".

Si j’avais été un tant soit peu vaniteux, j’aurais pu dire que je suis l’inventeur de ce circuit que je vous présente aujourd’hui. Mais non, cette boucle démarrant du joli petit hameau de Saint-Martin de Fenouillet existe bel et bien. Pour preuve, sur la carte IGN 2348 ET Prades  - St Paul de Fenouillet, visible sur Géoportail par exemple, elle est même intégralement surlignée en rouge, comme tous les « bons » sentiers balisés dignes de ce nom. Le problème, c’est que lorsqu’on va sur le terrain, il n’y a plus aucun balisage pédestre ou si peu. Si je dis si peu c’est parce qu’en réalité, ce circuit est sans doute l'assemblage involontaire de plusieurs balades qui misent bout à bout constituent la boucle en question. Au menu de cette boucle, on démarre par le balisage jaune propre au « Sentier d’interprétation des Hauts de Taïchac ». Il s’agit d’un tout petit tronçon de cette très belle balade déjà expliquée dans ce blog. Ça, c’est l’apéritif et les amuse-gueules. Après, en guise de copieux hors d’œuvre, la moitié de notre balade est constituée d’un itinéraire VTT N°3 balisé en jaune s’intitulant « Les Abords de Saint-Martin » que l’on peut trouver dans un topo-guide intitulé « 20 randonnées VTT en Pays Fenouillèdes » dans la collection «Les Petits Guides Rando Pyrénées Roussillon ». Ensuite, au moment du plat principal, c'est-à-dire en montant vers le Sarrat de Corda, le balisage disparaît carrément, enfin moi je n’ai rien vu de tel. Ce balisage, on le retrouve sous la forme de quelques marques de peinture jaune au pied du pic Lazerou, là même où paissent très souvent quelques vaches. C’est bien sûr, le plateau de fromages. Enfin, cerise sur le gâteau du dessert, on termine à Saint-Martin de Fenouillet avec le G.R.36 blanc et rouge. Alors bien sûr, si je ne suis pas l’inventeur ni de ce circuit ni de ce menu coloré, il faut comme à toute bonne recette y trouver un nom. J’ai eu beau chercher cette balade sur Internet et dans la vingtaine de topo-guides roussillonnais dont je dispose dans ma bibliothèque, je n’ai rien trouvé. Et là, donner un nom à ce circuit, ce ne fut pas une mince affaire. Ainsi, j’aurais pu garder « les Abords de Saint-Martin », comme le circuit VTT du même nom mais cette dénomination est bien trop généraliste et en outre le circuit n’est pas exactement le même. J’aurais pu aussi l’appeler le Sentier des Bas de Taïchac mais cela aurait pu prêter à confusion avec celui « des Hauts » et en outre une partie de l’itinéraire passe au dessus de l’ancien château médiéval. Ensuite, à l’égard de la minuscule rivière que la balade côtoie, j’ai pensé l’intituler le Vallon de la Rivérole, mais la portion du chemin longeant le ruisseau est si congrue que j’ai trouvé cette idée peu judicieuse. J’aurais pu aussi l’appeler la Boucle de l’Anticlinal de Saint-Paul ou bien le Circuit des plaques tectoniques, car nous sommes ici à l’exacte jonction des plaques lithosphériques européenne et ibéro-africaine. Enfin dernière idée, lui attribuer le nom du point culminant de la boucle mais là, il n’y avait rien de concret, celui-ci se trouvant entre deux petites collines intitulées le Devès et le Roc de la Buffette quand à l’autre versant du vallon, c’est à dire le Sarrat de Corda, il lui manque quelques mètres pour être le point le plus élevé. Alors pour finir et en observant la carte IGN, cette boucle où nous avons pris beaucoup de plaisir à balader, je l’ai appelée le « Circuit du Jardin Ensoleillé ».  S’il y a plusieurs raisons à cela, la principale est qu’à la symétrie parfaite du village de Saint-Martin, il y a une vaste terre qui s’intitule la « Soula de l’Orte ».  Or, tous les toponymistes sont d’accord pour dire que la « soula » c’est un « versant » ou  une « parcelle ensoleillée » au même titre que les mots  « sola », « solana » ou que la « soulane » en français. C'est-à-dire un versant exposé au sud, en français l’adret. Tous ont pour origine la même étymologie du latin « sol » signifiant « soleil ». Quant au mot « orte », ils sont tous d’accord aussi et affirment qu’il s’agit clairement d’un « jardin » voire d’un « verger ».   Ce mot « orte », on le trouve selon les langues écrit « ort », « hort » ou encore « horte », le catalan par exemple ajoutant un « h » que l’on ne retrouve pas dans l’occitan « òrt ». D’origine indo-européenne, tous ces mots ont la même souche latine « hortus », que l’on retrouve de nos jours et dans la langue française dans les mots « horticulteurs », « horticulture », « hortensia », etc…. Certains y rajoutent la notion de « clos », « l’orte » étant un jardin clôturé ou entouré de haies. C’est ainsi qu’à l’origine, la « cohorte » était une division de la légion romaine fermé sur les ailes et marchant en rang serré. De toute évidence, s’il n’y a qu’une manière de traduire la « Soula de l’Orte », c’est bien le « Jardin Ensoleillé ».  A cette séduisante traduction, il faut ajouter que le lieu en question bénéficie de 320 jours d’ensoleillement par an et que cette balade effectuée au printemps m’a permis de recenser d’incroyables variétés de fleurs sauvages, une quantité invraisemblable de papillons et d’oiseaux. De ces évidences, aucun autre intitulé ne me paraissait mieux approprié pour dépeindre cette balade.  Parmi une multitude d’oiseaux, j’ai pu en photographier quelques uns et parmi eux, sans doute le plus beau d’entre tous: le Guêpier d’Europe. Si dans notre Midi, cet oiseau n’est pas si rare que ça, côtoyant très souvent les berges marneuses des rivières et plus généralement toutes les falaises argileuses qu’il creuse d’une cavité pour en faire son nid, le photographier est toujours un immense bonheur. Son plumage multicolore rouge, brun, jaune, bleu, vert, turquoise et noir toujours esquissé de nombreuses nuances est un plaisir sans cesse renouvelé pour les yeux et l’objectif du photographe amateur que je suis. Lors de notre balade, quelques couples étaient présents dans la Vallon de la Rivérole et cette présence n’était sans doute pas étrangère à  une quantité incroyable d’insectes et à la toute proximité de l’Agly. Le petit ruisseau de la Rivérole est un affluent du fleuve et la confluence des deux est toute proche près des carrières du Camp de l’Argent. J’ai donc eu la chance de les photographier à loisirs car au bord du ruisseau, de grands arbres morts ou quelques hautes herbes sèches leur servaient de poste de guet. J’ai pu prendre ainsi plus d’une quarantaine de photos plus ou moins réussies, il faut quand même le dire.

10h30, nous quittons Saint-Martin par la petite D.7a par laquelle nous sommes arrivés en voiture. Juste avant le premier virage, un petit sentier file à gauche en entrant dans un sous-bois. Il est balisé en jaune, longe des murets, coupe un ru et grimpe dans le bois pour rejoindre un peu plus haut la D.7 se dirigeant vers Le Vivier. On surveille le balisage, on traverse la D.7 et on emprunte en face un chemin plus large mais qui se transforme très vite en un sentier beaucoup plus étroit.  Les décors s’entrouvrent sur des prés verdoyants et sur les flancs calcaires de la Couillade de Ventefarine et du Roc de Sant Canis. Plus haut, un panonceau nous apprend que nous sommes sur le « Sentier d’interprétation des Hauts de Taïchac » que nous avons pris à contresens indiquant une « Source de la Mort » à 5 minutes  et le village à 25. On poursuit sur quelques mètres pour finalement atteindre une intersection au voisinage d’une aire de pique-nique. Là, on quitte le sentier d’interprétation qui part à droite au profit d’une large piste DFCI N°F35 Bis qui file à gauche.  Au dessus du panneau indiquant la piste DFCI, on note la présence d’un autre panonceau mentionnant qu’il s’agit d’un circuit VTT N°3. Ces panonceaux pour vététistes, 2 cercles et un triangle  de couleur jaune, on va les suivre très longtemps et en tous cas, jusqu’au fin fond du Vallon de la Rivérole., là même où les guêpiers et bien d’autres oiseaux ont été vus et photographiés. Ces panonceaux pour VTT, on ne les quittera qu’en prêtant beaucoup d’attention à la côte 308 mentionnée sur la carte IGN. Là, il faut prendre à droite, enjamber le petit ruisseau et monter un large chemin non balisé peu évident à voir depuis la piste VTT. Si vous loupez cette bifurcation, vous raccourcirez considérablement mon circuit et vous en serez quitte pour rejoindre le point de départ selon le tracé exact du circuit VTT des « Abords de Saint-Martin ».  Bien avant d’arriver à cette intersection, et en cheminant sur la crête et les contreforts du Devès, de grandioses  panoramas se seront entrouverts sur une incroyable diversité de reliefs : sur les « serres » oblongues et abruptes des Corbières, sur le pachydermique et mystique Pech de Bugarach, sur l’étonnante dent du Roc de Vergès, sur toutes les montagnes roussillonnaises plus ou moins lointaines où dans un ciel bleu cristallin, trône comme toujours le Canigou, seigneur magnifique car encore tout de blanc vêtu en cette saison. Beaucoup plus près, le regard s’arrête sur les collines calcaires et tourmentées du tout proche Synclinal de Saint-Paul où l’on peut apercevoir le col des Bouix, la dépression de la Clue de la Fou et la Serre de l’Artigue del Baurien. Tout autour de nous, la végétation n’est qu’une moutonnante toison de chênes verts et de garrigues à perte de vue. Dans cette parure quasi uniforme, émergent quelques ocres et arides vignobles et notamment ceux de Taïchac où l’on reconnaît en contrebas les ruines de l’ancien château médiéval dont la première mention écrite date de 1215.  L’itinéraire finit par rejoindre les vignes de ce superbe domaine avant de franchir l’asphalte de la D.9 près d’une citerne DFCI.  Désormais, au milieu d’une flore multicolore dominée par des cistes blancs et de flamboyants genêts, un petit sentier descend dans le rafraîchissant vallon de la Rivérole. Ici, à la Soula de l’Orte, dans une végétation luxuriante, les oiseaux et les papillons se partagent les airs et mon numérique ne sait plus où tourner la tête de son objectif.  Ici commence notre enchantement faunistique qui va  malheureusement cesser dès lors qu’arrive l’intersection de la côte 308 citée plus haut. Là, on abandonne à regrets la faune et la flore de cet écosystème miniature mais on quitte surtout la fraîcheur de la Rivérole pour une piste torride qui grimpe hardiment dans la Bulasse en direction des contreforts du pic Lazerou. Après avoir longuement dominé des ravins, un premier palier où paissent quelques vaches est atteint.  On ignore la piste qui file tout droit et on emprunte celle qui tourne en épingles à cheveux et file vers l’ouest.  Ici, le tracé surligné de la carte IGN et enregistré dans mon GPS se perd dans les broussailles. On reste sur la piste la plus évidente. 400 mètres plus loin, mon GPS retrouve le tracé enregistré. Au sommet d’une côte, un deuxième palier est atteint sous la forme d’un collet près d’un enclos à bestiaux. L’itinéraire bascule et descend vers le carrefour de notre chemin avec une voie carrossable bitumée. Ici on retrouve un balisage jaune et l’on emprunte l’asphalte de la route. Les paysages changent.  La végétation est plus rase. Les panoramas se dévoilent. Ici au sommet du Sarrat de Corda, les vignobles empiètent largement sur la garrigue. Le bitume laisse la place à une piste sableuse qui file entre cortals oubliés, vignes bourgeonnantes et genêts fleuris. Si sur la droite, le chemin domine magnifiquement plusieurs petites ravines et le Vallon de la Rivérole, les panoramas lointains et à 360 degrés sont prodigieux : Corbières, Canigou, forêts domaniales des Fenouillèdes et de Boucheville, pechs audois, sommets ariégeois sans oublier quelques petits hameaux aux toitures rouges comme perdus ou suspendus au beau milieu des « sarrats » olivâtres des proches alentours. Pour avoir accompli le Tour des Fenouillèdes en 2011, bons nombres de ces paysages me sont désormais familiers et par la pensée, je me projette dans le passé et ces merveilleuses journées à marcher avec mon fils. Des marques de peinture blanches et rouges sur l’écorce d’un chêne annoncent le G.R.36 et le dénouement imminent de cette agréable balade.  L’itinéraire bifurque à droite et descend très rapidement vers Saint-Martin sur une sente limoneuse, ravinée et abrupte. A chaque pas, on redouble de vigilance. Quelques maisons apparaissent d’abord puis le ravissant village tout entier. Les premières venelles sont déjà là. Le joli petit hameau est traversé presque bien plus rapidement qu’il ne faut de temps pour l’écrire. Après 6 heures de marche, arrêts inclus ; et il y en a eu beaucoup ; cette belle flânerie de 14 à 15 kilomètres environ touche à sa fin. Par la beauté des découvertes, elle restera à jamais blottie dans un coin de notre mémoire comme des révélations inavouables dans un jardin secret. Un jardin secret certes mais un jardin ensoleillé rempli de fleurs, d’oiseaux et de papillons. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul de Fenouillet Top 25.

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Le Circuit de l'Entour de Siou-Blanc (825 m).

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 2 chansons de Jean-Jacques Goldman. Elles ont pour titre : "Encore Un Matin" et "Envole-Moi"

  ENTOUR-DE-SIOU-BLANC
ENTOURSIOUBLANCIGN
Pour agrandir les photos cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Le Siou-Blanc est un vaste plateau calcaire et un massif karstique varois bordé de chaque côté par d’autres massifs bien plus connus : Au nord-ouest, il y a celui de la Sainte-Baume, à l’est celui des Maures et au sud les mont toulonnais que sont le Mont-Faron et le Mont-Caume. Le point le plus élevé est la « Colle de Fède » culminant à 825 mètres d’altitude. Située au nord-ouest de Siou-Blanc, la commune la plus proche est Signes traversée par le Canal de Provence. Au sud-est, nous avons depuis Fréjus, traversé les communes de Solliès-Pont puis de Solliès-Toucas pour parvenir au Siou-Blanc par une « bonne » route forestière. En effet, si la partie centrale de Siou-Blanc est assez peu boisée, sa partie orientale est grandement occupée par la magnifique forêt domaniale de Morières-Montrieux. Les possibilités de randonnées y sont nombreuses avec pas moins de 9 circuits parfaitement balisés par le Conseil Général du Var. Les balisages de couleurs différentes et un nombre incalculable de panonceaux indicatifs facilitent grandement chaque itinéraire et permettent même d’inventer d’autres circuits. A vrai dire, les poteaux fléchés sont présents à chaque intersection et comme le Siou-Blanc est un vrai labyrinthe de voies carrossables, de  pistes, de chemins et de sentiers, toutes les indications qui y sont mentionnées sont inévitablement d’une grande utilité. Elles sont utiles pour les randonneurs pédestres mais aussi pour les cavaliers, les vététistes et en général pour tous les amoureux de la nature qui sont amenés à parcourir ce vaste plateau. Sans doute passionnés mais pas vraiment affectueux pour la nature et en particulier pour la faune, j’exclus volontairement les chasseurs de cette liste, bien que malheureusement, ils arpentent eux aussi le Siou-Blanc. Alors, bien sûr soyez prudents si vous cheminez sur ce plateau à l’époque de la chasse à la plume ou d’une battue aux sangliers c'est-à-dire de septembre à février. Chaque poteau indique le nom du lieu-dit et sa position géographique, longitude et latitude. En outre, tous les poteaux sont agrémentés de panonceaux directionnels précisant le nom de la boucle, sa longueur totale et la distance le séparant du panonceau suivant. Mon fils Jérôme, dans un souci de me faire découvrir un maximum de choses avait fait le choix de la boucle la plus longue que l’on appelle le circuit de « l’Entour ».  Ce nom commun masculin de vieux français plus souvent mis au pluriel ou précédé de la préposition « à » signifie simplement « tour » ou « boucle » dans le sens d’ «environs », de « voisinages » et en un mot d’« alentours ». Quand au nom « Siou », certains prétendent sur le Net qu’il signifierait « source » ou « petite mare » ou « creux rempli d’eau », c’est le cas par exemple dans le remarquable site consacré à la toponymie de la commune de Signes que vous pouvez consulter en cliquant ici.. Après être allé sur les lieux, j’avoue que cette explication a ma préférence car je suppose que quant il pleut des cordes, les « cloaques » naturels y sont très nombreux. Toutefois, d’autres personnes pensent qu’il s’agit d’une « cîme », le  « Siou-Blanc » étant les « cimes blanches » en relation avec la couleur des roches calcaires. D’autres disent que Frédéric Mistral aurait coupé court à toutes supputations toponymiques en écrivant dans son « Lou trésor dóu Felibrige » ou «Dictionnaire provençal-français » qu’il signifierait « sillon » eu égard aux nombreuses dolines qu’on trouve dans le massif. J’ai donc fait mes propres recherches dans ce livre et je serais moins catégorique d’abord parce que les mots provençaux signifiant « sillon » s’écrivent « sihoun », « silhou », « selhou » ou  «suelhou » et jamais « sillou » comme une certaine logique aurait pu le dicter.  Ensuite parce que Mistral écrit très clairement que « siou » est un « seau à traire » ou encore la conjugaison du verbe « être » à différentes personnes comme par exemple « je suis », « qu’ils soient » ou « sien ». Enfin, il n’est pas impossible non plus que « siou » soit un « signe » ce qui bien entendu expliquerait peut-être « Signes » le nom de la commune la plus proche et peut-être même si on y rajoute l’adjectif « blanc » tout simplement un « blanc-seing ». Enfin dans son « Dictionnaire provencal-francais ou dictionnaire de la langue d’oc », le lexicographe Simon Jude Honnorat ne mentionne le mot « siou » qu’en relation avec le verbe « être » et précise que dans le Béarn, il est la traduction de la préposition « sur », c'est-à-dire « au dessus »..  Alors le « Siou-Blanc » est-ce la « mare blanche », le « sillon blanc », le « dessus blanc » c'est-à-dire des « cimes blanches », comme certains le pensent ou bien un « seau blanc » ou bien a-t-on signé dans ce lieu un « blanc-seing » important ? Au regard de ces différentes hypothèses, la discussion reste ouverte mais notons toute de même que selon Frédéric Mistral, le mot « soui », notez la nuance, c'est une « petite mare » ou une « fondrière ». Entre « mare » et « sillon », la vérité n’est plus très loin, en tous cas on chauffe !  Enfin, le Siou-Blanc et ses proches alentours ont été pendant la guerre de 39/45, des hauts lieux de la résistance. Quelques stèles prouvent l’âpreté des combats en rendant hommage à tous ces combattants tombés pour la France et la liberté. C’est sans doute grâce eux que le Siou-Blanc est aujourd’hui un havre de paix où il fait bon marcher. Dommage que 6 mois dans l’année, les détonations des fusils continuent à se faire entendre. En ce 17 avril, deux jours après notre courte balade au Rocher de Roquebrune, nous voilà partit cette fois pour une longue boucle. Jérôme estime la distance à 19 km mais les panonceaux sur le terrain indiquent 19,5 km au départ puis un peu plus loin 22,5 km et sur le Net, elle est mentionnée comme difficile. A vrai dire, personnellement, je ne l’ai pas trouvé très difficile et je pense que tous les randonneurs rodés aux longues distances auront le même avis que moi car les montées cumulées sont de 1.050 mètres environ et idem pour les descentes, et le dénivelé d’environ 400 mètres entre le point le plus bas et le plus haut reste tout de même modeste. Personnellement, j’ai trouvé le circuit un peu long au regard des quelques découvertes qui jalonnent le parcours c'est-à-dire principalement l’Eléphant de pierre, la Colle de Fède, les Aiguilles de Valbelle et l’abri de Siou-Blanc. Il est vrai que ces découvertes sont plutôt distantes les unes des autres et que rien n’interdit de faire plusieurs randonnées plus courtes pour les découvrir.  Il est vrai aussi qu’en raison de la distance et en marchant avec mon fils, c'est-à-dire d’une allure plutôt rapide, je n’ai pas pu flâner ou m’arrêter comme je le fais d’habitude en solitaire. En raison de cette vélocité, je n’ai pas non plus pu pratiquer mon dada favori à savoir prendre le temps nécessaire pour mes observations et photographies de la flore et de la faune. Bien sûr, j’ai pris le temps de quelques photos mais en bien moins grand nombre que je ne peux le faire d’habitude mais une fois encore la chance a été avec moi. Le plateau calcaire de Siou-Blanc est truffé d’avens est pourtant je n’en ai guère aperçu. Deux ou trois seulement entourés de barrières de sécurité. Il est vrai que ces cavités sont le royaume des spéléos et c’est sans doute mieux ainsi. D’ordinaire, j’ai pour habitude d’expliquer ma balade et de décrire le circuit effectué mais cette fois-ci, je vais déroger à cette règle car j’estime que ce serait faire affront au travail remarquable du Conseil Général du Var qui a édité un superbe topo-guide dans lequel les 9 circuits sont magnifiquement expliqués. Ce topo-guide est accessible sur Internet, téléchargeable au format  PDF et donc imprimable. Vous y trouverez bien sûr le Circuit de l’Entour de Siou-Blanc avec de nombreuses références à la flore, à la faune et aux découvertes que l’on peut y faire tant sur le plan paysager que patrimonial. Vous trouverez aussi tous les conseils, contacts utiles et informations pratiques pour réaliser votre randonnée dans les meilleures conditions. Je n’ai donc rien d’autre à rajouter si ce n’est que le circuit en question nécessite l’équipement du parfait randonneur et il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une belle et bonne randonnée sur le plateau de Siou-Blanc. Je vous communique pour cela le lien qui vous permettra d’accéder au topo-guide où se trouvent les 9 randonnées :

http://www.var.fr/c/document_library/get_file?uuid=267df77f-19b2-4e37-899a-61736f0462a4&groupId=35004

Carte IGN 3544 OT Rocher de Roquebrune Top 25.

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Pensées et réflexions d'été....ou la France aux deux visages....

Publié le par gibirando


11 juillet, 8 heures. Nous voilà enfin prêts pour partir quelques jours en vacances, direction les Hautes Vosges. Nous avons loué un petit chalet à Gerbépal, village tranquille de 570 habitants à 10 km de Gérardmer. Voilà déjà trois mois que nous repoussons ces vacances pour diverses causes pas toujours réjouissantes : activités associatives bien trop prenantes, petits problèmes de santé sans trop de gravité mais ô combien perturbants et tracassants, emploi du temps familial à composer, animaux à faire garder, etc…  Nous avons décidé de flâner et de rejoindre les Vosges en deux jours. Comme à notre habitude, nous n’avons réservé aucun hôtel pour ce soir et nous laissons la bonne fortune en décider presque pour nous. L’aventure c’est l’aventure. Ce n’est pas que le titre d’un film. La France est si belle surtout celle qu’on dit profonde. C’est la France rurale, celle que nous aimons Dany et moi. Toutes proportions gardées, nous avons décidé de « speeder » jusqu’à Clermont-Ferrand puis le reste du temps de lambiner par des petites routes secondaires voire de campagnes jusqu’à Gerbépal. Dans l’après-midi, nous sommes déjà en Bourgogne et visitons Paray-le-Monial, la superbe cité dite du « Sacré Cœur ». A 19 heures, nous stoppons devant un hôtel tout mauve aux volets verts menthe à l’eau. Nous sommes à Génelard, petite bourgade bourguignonne de 1.400 habitants assez loin des grandes voies de communication. Il y a tout de même une gare TGV et une incroyable école aux allures de château et longue comme un jour sans pain sur une place gigantesque. L’hôtel, c’est le F-Commerce, « F » comme Facebook peut-être à moins que ce ne soit la première lettre d’un prénom ? En tous cas, la liaison Internet fonctionne à merveilles et nous restons ainsi en contact avec la prétendue « civilisation » un jour de plus. Dans un cadre « art déco » aux influences africaines indéniables, nous sommes accueillis très gentiment par la charmante patronne dans une espèce de capharnaüm hésitant entre la caverne d’Ali Baba et une boutique d’antiquaire. Nous adorons. Nous aurons droit à la chambre bleue pour une nuit très paisible et bienfaisante. Le repas est à la hauteur de l'accueil que nous avons eu, c'est à dire excellent et pour 20 euros par personne, d’un rapport qualité/prix plus que correct.

 

12 juillet, 9 heures. Nous quittons Génelard en programmant Gerbépal dans notre Tom-Tom. A la question « voulez-vous emprunter les autoroutes ? », nous répondons clairement « NON ». De petites routes campagnardes en petites routes départementales, complètement désertes heureusement, nous avançons à la rapidité d’un escargot. Normal en Bourgogne, me direz-vous ! 10 heures 30, j’aperçois un panneau indiquant « Beaune ». Aussitôt me reviennent à l’esprit des paroles que je pensais à jamais enfouies dans ma mémoire. Celles d’un oncle bourguignon qui m’avait dit : « Si un jour, l’occasion se présente, n’hésites pas à aller visiter Beaune. C’est une cité magnifique. Il y a les Hospices. La Collégiale. Les Halles. De très jolis jardins. Des ruelles agréables à arpenter. Tu me le promets, tu iras ? ». Il était né à Glanon à quelques kilomètres de Beaune, sa ville d’enfance. Moi, j’avais 15 ans seulement. Sur mon GPS, je programme Beaune pour apprécier la distance qui me sépare de cette demande de promesse vieille de 50 ans à laquelle je n’avais jamais vraiment répondu affirmativement. Verdict du GPS : 30 kms, soit 60 pour me remettre ensuite dans le droit chemin. On y file avec l’idée de faire une visite au pas de charge mais pas de chance c’est samedi et jour de marché. Il y a foule. Pas de chance pour moi car Dany, elle, adore flâner sur les marchés. Heureusement, on trouve sans problème une place de parking. Au sein de cette foule bigarrée, le pas de course envisagé se transforme en une marche hésitante entrecoupée de rushs dès que des ouvertures se présentent. Comme il se doit, on visite les étincelants Hospices et on jette un regard dans la grandiose collégiale. Pas vraiment le temps de se payer une visite guidée et juste le temps d’acheter un casse-croûte que l’on avalera sur le bord de la route. On est attendu à Gerbépal pour la remise des clés du chalet au plus tard à 19 heures. 13 heures, nous quittons Beaune sous un ciel incertain. Il reste 280 km à parcourir par les voies les plus rapides et sans doute quelques kilomètres de mieux par les petites routes qui vont se présenter à nous. 16 heures, nous approchons de Gerbépal et sur la route, un panneau nous indique la fermeture prochaine de cette voie pour cause d’arrivée du Tour de France à Gérardmer. Nous prenons la première bretelle qui se présente et là, à Saint-Nabord, on se retrouve pris dans une véritable souricière. Obstruée par des barrières, impossible d’aller plus loin sur cette route car la caravane du Tour de France est annoncée. Impossible de reculer car il est bien trop risqué et dangereux de reprendre en sens inverse la bretelle que nous avons quitté. On décide de garer la voiture et d’aller voir passer les coureurs. Nous sommes dehors depuis deux minutes quand tout à coup un déluge s’abat sur nos têtes. Les gens massés sur le bord de la route restent impassibles à cette violente averse. A l’abri sous leurs parapluies ou sous le capuchon de leurs K-WAY, ils courbent l’échine. Ici, le Tour de France c’est sacré et nous le constaterons vraiment au cours de cette semaine de vacances. Nous, on réintègre la voiture mais un véritable rideau de pluie empêche toute visibilité extérieure.  Dix minutes plus tard, l’orage semble passé. Le Tour de France est passé lui aussi et nous n’en avons rien vu. On patiente encore une bonne demi-heure avant que les barrières soient définitivement levées et la route libérée. 18 heures, nous sommes à Gerbépal devant le chalet. Une dame affable au fort accent alsacien nous remet les clés et procède à la visite des lieux. Ici pas d’Internet et simplement un vieux poste de télévision difficile à faire fonctionner sans télécommande mais captant néanmoins la TNT. Pour le reste, pas grand-chose à dire et le rudimentaire confort nous va bien.

 

13 au 18 juillet. Au milieu des sapins et des bouleaux blancs, le cadre est agréable et silencieux. Les vaches paissent devant la terrasse. Les oiseaux viennent se laver au petit ruisseau jouxtant le chalet. Puis ils finissent leur toilette à la fraîche rosée du matin et finissent pas se sécher en plein soleil sur les branches des épicéas. Les villas alentours sont magnifiquement fleuries comme en général ici dans toutes les communes des Vosges et d’Alsace. Les vacances commencent vraiment et nous allons passer une semaine extraordinaire à balader et à vrai dire, nous profiterons assez peu du chalet. Nous y dormons essentiellement sans trop écouter les informations toujours aussi répugnantes. Par cupidité et par la folie des hommes, on apprend qu’un avion est tombé en Ukraine. 298 personnes y ont laissé la vie. Encore la folie des hommes et pour cause de convoitise inconsidérée, la guerre a repris de plus belle dans la bande de Gaza, tuant sans aucun discernement femmes et enfants et population civile en général. En France, les premières manifestations s’organisent, parfois très violentes. Les images de Paris ressemblent souvent à une guerre civile. L’Allemagne a gagné la Coupe du Monde. Ici, avec leurs splendides et grandioses forêts, les Hautes Vosges sont superbes. Nous visitons Epinal puis le lendemain Gérardmer où nous assistons à un merveilleux feu d’artifice au bord du lac. La météo capricieuse a été clémente avec nous. Le lendemain, la Route des Vins d'Alsace est au programme. Nous la ferons en deux fois tant il y a de beaux petits hameaux fleuris à découvrir. Avec leurs magnifiques façades à colombages, les maisons sont féeriques. Après de longues années de déclin, les cigognes sont amplement de retour. Oiseau emblématique, on leur aménage des nids sur les toits pour facilité leur réintroduction. Ici tout est propre. Ici, pas de tags sur les murs et des façades impeccables comme si elles avaient été repeintes la veille. Ici pas de poubelles dégueulant dans les caniveaux et pas de papiers gras par terre. Les gens sont souriants et très accueillants. Parfois, nous avons l’impression d’être dans un autre pays. Il est vrai que nous avons volontairement évité les grandes agglomérations que sont Strasbourg, Colmar et Mulhouse. Toujours très attirés par la montagne, nous passons le reste du temps à parcourir la Route des Crêtes, à cheminer les charmants sentiers des différents « Ballons », à ramasser d’exquises myrtilles ou à déguster de délicieuses spécialités dans les fermes auberges avenantes et plutôt abordables. On va quitter à regrets toutes ces bonnes et jolies choses.

 

19 juillet, 9 heures. Nous quittons Gerbépal, direction le domicile. Une descente vers le Midi toujours prévue en deux jours. Cette fois, priorité aux souvenirs. J’ai dessiné un parcours qui va nous faire passer par le Haut Jura et tous ces admirables villages que nous avions connus en juillet 2003 au cours d’un périple pédestre et gastronomique d’une semaine s’intitulant « Les Saveurs des Hautes-Combes ». Moi, à cause de l'Histoire des lieux, je l'avais intitulé « Dans les pas des moines défricheurs ». Saint-Claude, les Bouchoux, Lajoux, La Cure, Les Créssionnières, Lamoura, Villard Saint-Sauveur, nous empruntons les minuscules routes menant à tous ces hameaux blottis dans une nature exubérante et verdoyante toujours aussi belle 11 ans plus tard. Une petite halte nostalgique aux Bouchoux et au restaurant La Chaumière pour un simple « expresso » mais pour une discussion à bâtons rompus avec l’agréable propriétaire. Les souvenirs ressurgissent et nous quittons à regrets ce havre de paix et ce gentil monsieur. Une deuxième et brève halte dans une fruitière pour quelques véritables morceaux de comté et de morbier et nous poursuivons notre itinéraire vers l’Ain et l’Isère. La France est belle de partout. Nous enjambons le Rhône à Vienne et atterrissons le soir à 20 heures à Saint-Hostien à l’hôtel Le Meygal. Saint-Hostien est une petite commune de 700 habitants situé dans le Velay c'est-à-dire dans la région Auvergne et dans le département de la Haute Loire. Il est tard. La journée et la route ont été longues et ont eu raison de notre désir de découvertes. Nous sommes bien fatigués. Il n’y aura donc pas de visite dans la cité et donc rien à en dire. L’hôtel lui est très bien. Les propriétaires sont accueillants, serviables et même chaleureux. La cuisine est plutôt traditionnelle mais excellente. Il y a la télévision dernier cri et la liaison Internet dans la chambre mais ce soir je n’ai ni l’envie de regarder la télé et encore moins celle de déplier mon portable. Avant de m’endormir, je vais me contenter de feuilleter et de lire quelques pages d’un journal que j’ai trouvé sur la table du salon de l’hôtel et qui s’intitule « la Gazette ». Cette « Gazette », c’est celle du Val d’Oise et franchement, je n’aurais jamais du ouvrir ce journal et lire le moindre article. Voilà presque une semaine que je n’écoute pratiquement pas les infos et la France serait entrée en guerre si j’en crois le titre de deux articles de la page 3 que je viens de lire consécutivement. Guerre civile, j’entends car pour les autres, on est déjà en guerre au Mali et contre une ribambelle de terroristes un peu partout dans le monde. Titre de la première chronique : « Gonesse - Couvre-feu après la tentative de meurtre » et pour la deuxième, «Argenteuil - Tirs de mortiers et affrontements avec la police à la veille du 14 juillet ». Couvre-feu, mortier, affrontements, des mots très guerriers à vous foutre la trouille. La Une est consacré à l’été 1944. C’est qu’ils me gâcheraient mes vacances, ces foutus médias !

 

20 juillet, 9 heures. Il est temps de rentrer à la maison mais je suis un amoureux de l'Auvergne alors hors de question de la quitter comme un amant surpris par le mari trompé. Au programme, un autre itinéraire « nostalgie » et une autre balade pédestre pleine de merveilleux souvenirs : le Chemin de Stevenson effectué aux étés 2004 et 2005 (à lire sur mon site perso en cliquant sur les années). Nous ne sommes pas très loin du Puy en Velay et cette fois, j’ai prévu de refaire ce parcours, non pas à pied, mais en voiture. Nous démarrons direction le Monastier-sur- Gazeille et toute la matinée se passe très bien et sans aucune pluie malgré un ciel très plombé. Après le Monastier-sur-Gazeille, les villages se succèdent : Saint-Martin de Fugères, Goudet, Landos, Pradelles, Langogne, Cheylard l’Evêque, Chasseradès, le Bleymard, le Pont-de-Monvert, Florac. Que de bons souvenirs d’autant que la route coupe très souvent le sentier de Grande Randonnée dont nous reconnaissons certains passages. Il est 13 heures, nous stoppons à Florac pour déjeuner. La pizzeria les Caraïbes propose des pizzas et des flammeküeches alsaciennes cuites au feu de bois. Nous optons pour les flammeküeches que nous n’avons pas réussi à manger en Alsace. Qu’à cela ne tienne, nous les mangerons en Lozère. Elles s’avèrent succulentes. Nous quittons Florac sous quelques gouttes de pluie mais la suite va être moins réjouissante et les Cévennes vont nous réserver des orages dont elles ont tiré leurs lettres de noblesse sous le nom « d’épisodes cévenols ». Au plus fort de la violence des pluies et du vent, nous sommes au sommet du Mont Aigoual et là, plus question de nous rendre à Saint-Jean du Gard comme initialement prévu. En quelques minutes, les routes se transforment en de véritables torrents. Autant dire que nous n’en menons pas large et le plus court chemin pour rejoindre la maison sera la mieux. Mais le réseau routier dans ce coin-là de la France, ce n’est pas la panacée et nous mettons presque deux heures pour rejoindre Millau. Ouf ! Les vacances se terminent bien et qui plus est, sous un ciel bien dégagé grâce à une puissante tramontane. Nous sommes bien en Roussillon. La maison est là. Nos chats, notre tortue et nos poissons rouges se portent bien.

 

On va reprendre nos « bonnes » habitudes. La lecture des mails sur le PC du bureau. Ce soir, téloche et informations toujours aussi pitoyables : les avions continuent de tomber comme des fruits trop murs. Nos responsables compatissent à la douleur des familles mais personne n’évoque les vraies raisons de ces catastrophes meurtrières. Pourquoi, as-t-on laissé voler ces avions alors que les contrôleurs et les pilotes savaient pertinemment qu’ils auraient à affronter des conditions climatiques déplorables et dangereuses ? La vie de centaines de passagers ne compterait-elle pas au regard des intérêts économiques ? La guerre à Gaza s’est encore durcie. Economiquement la France va de plus en plus mal. Le chômage a encore progressé. Lors d’une interview, Manuel Valls se dit satisfait de sa politique mais depuis bientôt deux mois, il est passé sous la barre des 50% d’opinions favorables. Dix jours de vacances et rien n’a vraiment changé. La France est toujours coupée en deux politiquement. La France a toujours deux visages. Le beau visage de la France profonde et rurale, c'est-à-dire celui des Hautes Vosges, de le Route des Vins d’Alsace, de ce merveilleux Haut Jura et de ce poumon aquifère qu'est l'Auvergne. Nous venons de découvrir ou de redécouvrir ce visage mais il faut avoir conscience qu'il y en a un autre moins réjouissant, celui de la Gazette du Val d’Oise. Un visage beaucoup plus dur et beaucoup plus violent que nos responsables ont peine à juguler. Mais le veulent-ils vraiment ?

 

Ah que c’était bon les vacances !

Allez, je m’en vais manger une tartine avec de la confiture de myrtilles, histoire de me rappeler les vacances et le mal qu'elles m'ont donné lors de leur cueillette.…..

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Le Rocher de Roquebrune sur Argens (373 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons interprétées par le chanteur anglais Elvis Costello. Elles ont pour titre "When Green Eyes Turn Blue", "Oliver's Army" et "Véronica"

LE-ROCHER-DE-ROQUEBRUNE
ROCHERROQUEBRUNEIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran

Au mois d’avril, j’ai mis à profit quelques jours de vacances dans le Var pour effectuer deux jolies randonnées pédestres : le Rocher de Roquebrune sur Argens et le circuit de l’Entour de Siou-Blanc. Sans trop savoir pourquoi, la première, en l’occurrence le Rocher de Roquebrune sur Argens, qui est l’objet de cet article, me tenait vraiment à cœur. Certaines lectures entre légendes et réalités m’avaient laissé imaginer que derrière cet étonnant rocher de 4km de long pour 2 de large, complètement isolé dans la plaine de l’Argens, se cachaient d’insolites et extraordinaires découvertes. Chaque fois que je me rendais à Fréjus pour aller voir mon fils, j’avais, depuis l’autoroute, une vision différente du rocher selon la lumière et l’heure du jour et cette métamorphose de couleurs  m’incitait davantage à aller voir tout ça de beaucoup plus près. Trait d’union entre le Massif des Maures et celui de l’Estérel, ses falaises étaient parfois capables de se parer d’une couleur pourpre foncé ou bien d’une ocre presque jaune en passant par un rouge orangé selon la météo, la position du soleil et son rayonnement. Il y avait donc beaucoup de curiosités dans mon désir d’aller gravir ce rocher culminant à la modeste altitude de 373 mètres. Le 15 avril, tout le monde étant disponible, mon fils Jérôme organisa cette sortie. Le jour J, quand nous prîmes la route de Roquebrune sur Argens, j’étais très heureux car j’allais enfin marcher avec ma fille Carole et mon fils, chose que je n’avais plus faite depuis très longtemps. Bien sûr, en décembre 2012, il y avait eu quelques petites sorties au Mont Vinaigre ou aux Etangs de Villepey avec en plus la joie d’avoir mes petits-enfants avec moi lors de ces balades mais la dernière véritable randonnée commune avec mes deux enfants devait dater de leur adolescence c'est-à-dire il y avait sans doute plus d’une vingtaine d’années. Depuis Fréjus, nous sommes arrivés à Roquebrune sur Argens par la D.7. Nous avons traversé la cité et après la chapelle Saint-Roch, nous avons continué la petite route qui est parallèle d’abord à l’Argens puis à l’autoroute A8. Là, nous avons stoppé la voiture à hauteur d’un parking où une pancarte indiquait les « Hautes Roques ». Agrémenté de la reproduction de la carte IGN, un grand panneau indiquait la randonnée que nous allions accomplir. Ayant un peu étudié le Rocher de Roquebrune sur la carte et sur le Net, quelques noms m’étaient désormais familiers comme les Trois Croix, les Deux Frères (photo) ou l’habitat troglodyte. Je fus rassuré de voir que nous allions y passer et  découvrir ces sites qui étaient mentionnés comme des éléments remarquables de la balade. Tous les quatre, puisque Nathalie la copine à mon fils était également de la partie, nous nous sommes élancés en suivant un balisage jaune. Enfin, personnellement, je suivais les autres et pour une fois, je n’avais pas à me préoccuper du balisage. Comme à mon habitude et dans un groupe dont je n’étais pas l’accompagnateur, j’avais choisi de fermer la marche à la fois parce que c’était bien plus pratique pour prendre des photos sans retarder les autres mais aussi à cause de l’âge, de la vitesse moins soutenue à laquelle je marchais et du dénivelé qui avait démarré presque immédiatement. D’abord dans une garrigue typiquement méditerranéenne puis sur de grandes dalles rocheuses, la pente s’accentua progressivement. En montant, nous avons commencé par rencontrer quelques gros rochers ronds qui avaient clairement déboulés de la montagne. Plus nous avancions et plus les blocs semblaient volumineux et nous sommes même passés à droite de l’un d’entre eux qui était haut de plusieurs dizaines de mètres, simplement pour le contourner. Finalement, nous sommes arrivés devant une colossale masse rocheuse oblongue qui elle aussi semblait naturellement posée sur une dalle tout aussi gigantesque. En tous cas, dans sa partie inférieure, elle était très clairement fracturée et disjointe de l’énorme plate-forme qui la supportait. Nous l’avons longé pour nous retrouver dans un sous-bois sur un sentier très rocailleux. Quand nous sommes sortis de ce sous-bois, les premiers beaux panoramas se sont entrouverts derrière nous sur le Massif des Maures et la vaste plaine de l’Argens où la rivière bleue très paisible ressemblait à un petit lac. En réalité, j’ai fini par comprendre que si la rivière était si paisible, c’est parce qu’elle était également constituée d’un lac du nom de « l’Aréna ». Après quelques zigzags au milieu d’un décor minéral et végétal,  les trois croix apparurent devant nous au sommet d’un dôme déchiqueté. Les croix semblaient toutes proches et l’on voyait même un couple de randonneurs au pied de la plus haute d’entre elle. Pourtant, il nous a fallu encore marcher une bonne demi-heure pour les atteindre. Il faut dire que cette partie-là de la balade a été la plus ardue car sur certaines portions, nous devions autant nous aider de nos mains que de nos pieds. L’arrivée sous la première croix se transforma même en une petite escalade du style « via ferrata » car la partie la plus périlleuse avait été par bonheur aménagée d’un câble de sécurité.  Après les traditionnelles photos souvenirs, nous avons poursuivi l’itinéraire de croix en croix toujours à l’aide de passages protégés par un câble. Ces arrêts sous chacune des croix furent l’occasion de me remémorer ce que j’avais lu à leur sujet : Initialement le Rocher de Roquebrune s’était appelé le « Rocher des Trois Croix » car selon la légende quand Jésus fut crucifié au Mont Golgotha, colline de Jérusalem, trois croix avaient été érigées sur le Calvaire. Une pour Jésus de Nazareth et les deux autres pour des brigands. En souvenir de cette triple crucifixion, les habitants du secteur avaient voulu faire de même en dressant leurs propres trois croix sur ce sommet. Ainsi, depuis le Moyen âge, le rocher avait acquis peu à peu une importance religieuse capitale et au fil du temps, les gens avaient pris l’habitude d’y monter en procession pour des pélerinages. Les trois croix originelles sans doute médiévales ne résistèrent pas à l’usure du temps et dans le début des années 90, les pouvoirs publics chargèrent le sculpteur Bernar Venet d’en dresser trois nouvelles de 5 mètres de haut et d’une tonne chacune en lieu et place de celles disparues. Les trois croix étaient différentes et juste retour des choses, elles rendaient hommage à Giotto, Grünewald et El Greco, trois grands artistes qui s’étaient attachés à peindre remarquablement la « Crucifixion ». Si pour en profiter pleinement, il est préférable de connaître l’Histoire et les légendes qui courent autour de ces trois croix, à leurs pieds respectifs, on n’aura de cesse de contempler l’incroyable spectacle à 360° qui s’offre aux regards. Du sommet, on a d’abord une vision tout autre sur le Rocher lui-même et notamment sur sa géologie très chaotique et plutôt variée qu’on appelle l’arkose car il s’agit d’un conglomérat composé de granit, de gneiss et de galets de rhyolite, roche issue d’une lave volcanique solidifiée. Dès que l’on commence à grimper, les roches très riches en oxyde de fer ont toutes une évidente couleur rougeâtre. Quant aux panoramas, ils sont tout simplement grandioses sur une immense partie du Var mais par temps très clair, la vision déborde largement sur les autres départements limitrophes  En descendant dans une brèche abrupte et extrêmement caillouteuse, on quitte ces étonnants pinacles et leurs croix  par une sente rocheuse presque aussi difficile que celle qui nous y a menée. Heureusement au fil de la descente, la qualité du terrain s’améliore jusqu’à atteindre un bon sentier qui se faufile dans une forêt de grands pins et de chênes sans doute séculaires. Au lieu-dit « Haute Rouquaire », le petit P.R balisé en jaune vient couper le G.R.51. Par la droite et en suivant la direction de la « Draille du Facteur », on emprunte ce sentier balisé comme il se doit de marques de peinture blanches et rouges. Plutôt rectiligne et plat, le G.R nous entraîne jusqu’aux remarquables cheminées de fées qu’on appelle les « Deux Frères ». Ces structures minérales naturellement sculptées par l’érosion paraissent fragiles et contrastent avec la dureté des roches qui les entourent.  Là, après cette nouvelle et remarquable découverte, il faut rebrousser chemin et reprendre le balisage jaune se dirigeant vers l’habitat troglodyte. Si je dis habitat, c’est parce que le frère Antoine, un ermite désormais célèbre vit depuis de longues années dans une de ses grottes aménagées. Tout habillé de blanc, nous l’avons vu mais malheureusement pas réellement rencontré car il était déjà copieusement occupé à discuter avec d’autres visiteurs. Après une courte visite des lieux, nous avons poursuivi le parcours, non sans difficulté car nous avons quelque peu perdu le balisage. Nous avons donc fait confiance à Jérôme qui finalement a ramené tout ce petit monde à bon port. D’abord par quelques dalles rocheuses dominant la plaine de l’Argens puis par la petite route vicinale qui par la droite nous a ramené jusqu’au parking des « Hautes Roques ». Arrêts inclus, nous avons mis exactement 3 heures pour accomplir ce petit circuit de 4 km environ qui nécessite une certaine agilité et beaucoup d’attention. Bien que je me sois vraiment régalé à accomplir cette petite balade, je retournerais sans doute au Rocher de Roquebrune, d’abord parce que les circuits de randonnées traversant le massif y sont plutôt nombreux et ensuite parce que je n’ai pas tout vu et notamment le fameux et légendaire « Saint Trou » et la chapelle Notre Dame de la Roquette. Je vous l’ai dit en préambule de cet article : « il y a tant de choses à découvrir au Rocher de Roquebrune ! » et pour preuve, je vous communique l’adresse Internet d’un petit carnet très instructif édité par le Conseil Général du Var :  

http://www.var.fr/c/document_library/get_file?uuid=432f6828-eca4-40e4-897c-b04eafb596ce&groupId=35004 

Carte IGN 3544 OT Rocher de Roquebrune Top 25.

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La minute nécèssaire de Monsieur Sarkosy.

Publié le par gibirando

La minute nécessaire de Monsieur le Président - Vidéos insolites

Le billet de Mon Journal Mensuel de ce mois de juillet, je l’ai voulu léger. Plusieurs raisons à cela. La première raison est qu’à cause de l’été et n’ayant pas Internet à ma maison d’Urbanya, je n’avais guère de temps à consacrer à rédiger un article plus sérieux et plus long. La deuxième raison est tout simplement que je n’avais pas envie d’être trop sérieux car l’été est déjà là, c’est l’époque des grandes vacances et du temps où l’on évite de « se prendre la tête ». Je me suis dit que c’était mieux ainsi. Enfin la troisième et dernière raison, c’est le retour de notre ex-président Sarkosy sur le devant de la scène médiatique pour des raisons qui paraissent à priori peu recommandables. Vous noterez le verbe « paraître » au présent du subjonctif laissant la porte ouverte à la présomption d’innocence dans toutes les affaires qui le menacent. Malgré ces menaces, on l’a vu à la télé, notre ex-président reste toujours aussi vaillant, bagarreur quand il s’agit de se défendre et beau parleur, ces deux dernières aptitudes étant celle d’un admirable avocat qui maîtrise parfaitement son sujet.

C’est d’ailleurs avec ces belles aptitudes qu’il avait gagné les élections présidentielles en 2007 avec plus de 18 millions de voix et qu’il les a sans doute perdues en 2012 avec plus de 2 millions de voix en moins. Alors ce qu’il y a d’assez fascinant avec Internet, c’est la transformation de ces belles paroles. Un bon petit montage de quelques photos et de quelques passages de différents discours et voilà une vidéo assez extraordinaire que je viens de découvrir et qui s’intitule la « Minute nécessaire….de Monsieur le Président ». Elle n’est sans doute pas très récente, un peu « insolente » et « triviale» mais il faut dire qu’elle provient parait-il du Grand Journal de Canal Plus. C’est bien sûr une parodie de la célèbre « Minute nécèssaire de Monsieur Cyclopède », émission humoristique du regretté Pierre Desproges.

 

Alors si vous êtes un Sarkozyste invétéré et sans humour, abstenez-vous de regarder cette vidéo mais pour tous les autres, allumez le son de votre ordinateur et vous verrez, elle est plutôt marrante……c’est en tous cas l’avis de 99% des personnes qui l’ont regardée selon un forum de commentaires.

 

Cliquez sur le lien suivant pour aller sur le site de Koreus.com (site de vidéos insolites) où est présente cette vidéo : http://www.koreus.com/video/minute-necessaire-nicolas-sarkozy.html

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Le Chemin de la Frigoulette depuis Cerbère

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté sous la forme d'un montage de 4 musiques extraites de l'album "The Music Of Cosmos". Elles ont pour titres, auteurs et interprètes : "Depicting the Cranes in Their Nest-Sokaku-Reibo" par Goro Yamaguchi, "Canon and Gigue in D Major, P. 37: I. Canon" de Johann Pachelbel jouée par Sir Neville Marinner, "I.Allegro-The four seasons" d'Antonio Vivaldi joué par Gerard Schwarz et "The Sea Named Solaris-On Bach" d'Isao Tomita 

Le Chemin de la Frigoulette depuis Cerbère


Ce qu’il y a de bien avec notre beau département des Pyrénées-Orientales, c’est que l’on peut partir vers n’importe quel point cardinal, on trouvera toujours de superbes balades pédestres à y faire. De l’est à l’ouest et du nord au sud, du randonneur novice au plus expérimenté, chacun y trouvera aisément son bonheur. C’est ainsi qu’en l’espace de quelques jours, Dany et moi avons fait un grand écart, passant des châteaux de Fenouillet situés à la limite de l’Aude c'est-à-dire au nord de notre département, au sud le plus extrême du fameux « Cerveria locus,  finis Galliae » c'est-à-dire « au lieu-dit Cerveria, finissent les Gaules ». C’est ainsi qu’en l’an 43  le géographe romain Pomponius Mela définissait déjà notre frontière avec l’Espagne ou plutôt « l’Hispania », nom que les Romains donnaient à la péninsule ibérique. Bien évidemment, vous l’aurez compris, « Cerveria » c’est notre Cerbère actuel et la balade pédestre que je vais vous conter ici, c’est celle d’une agréable petite boucle intitulée le « Chemin de la Frigoulette » dont le tracé file entre Albères et Côte Vermeille. Alors bien évidemment, on pourrait très facilement imaginer que si le fil conducteur du Circuit des trois châteaux de Fenouillet était l’Histoire, ici à Cerbère, le passé disparaît totalement. Et bien détrompez-vous car ce n’est qu’en partie vrai. Bien sûr, il n’y a pas de vestiges romains ni médiévaux sur le bord du Chemin de la Frigoulette mais la Tour du Querroig du haut de ses 672 mètres surveille toute la contrée. Elle est mentionnée pour la première fois en 985 et a été utilisée par les Rois de Majorque comme tour à signaux dès le 14eme siècle au même titre que la Madeloc. Enfin, non loin du parcours, on trouve des dolmens comme celui de la Coma Estepera et même un menhir du nom de San Salvador au lieu-dit Pedra Dreta. L’Histoire de Cerbère est donc presque aussi riche que celle de Fenouillet et en tous cas, aussi ancienne que celle du Pays FenouillèdesCerbère est déjà citée dans des textes antiques, grecs ou latins, tels ceux de Strabon ou Pline le Jeune qui décrivent le lieu aux confins des Gaules comme étant amplement recouvert de forêts et peuplé d’animaux sauvages et surtout de cerfs. Le « locus Cerveria », c’est très clairement le lieu peuplé de cerfs ayant finalement donné son nom à la petite cité maritime. Aujourd’hui, les Albères orientales sont très éloignées des biotopes privilégiés par les grands cervidés de notre département  et la probabilité d’y rencontrer un cerf est infime voire quasi nulle. Quant à voir un cerf à Cerbère ou même dans ses abords n’y comptait surtout pas même si la vallée que nous traversons au cours de cette balade s’appelle « la Vallée des Cerfs ». Une randonnée éponyme est d’ailleurs réalisable. En tous cas, une chose est sûre c’est que vous verrez plus facilement de la « frigoulette » qu’un cerf ! Bien sûr, si vous êtes du midi, ce nom de « frigoulette » vous parle automatiquement et que l’on soit catalan, provençal ou occitan, tout le monde sait qu’il s’agit du « thym » parfois également appelé « serpolet ». Le « thym », « thymus » pour les botanistes qui aiment bien le latin, est un genre de plantes de la famille des Lamiacées. Ce genre comporte plus de 300 espèces différentes. La plupart sont rampantes et forment des coussinets portant de minuscules fleurs roses, mauves ou blanches. Le thym est surtout connu comme plante aromatique que l’on utilise sur le plan culinaire ou pour sa richesse en thymol, substance bactéricide permettant l’élaboration d’huiles essentielles. Enfin, le nom de « frigoulette » est un diminutif de l’occitan « farigola » car dans le sud de la France, le thym commun ou thym sauvage est fréquemment appelé « farigoule » ou « frigoule » ou par exemple « farigoulette » dans ma Provence natale. Tous ces mots-là ayant la même origine latine « fericula » avec bien sûr quelques petites variations « occitanes » selon les régions méridionales où l’on réside : « ferigoleta » « frigola » « fribola » « friola ».  Enfin, entre origine grecque, romaine ou égyptienne, l’étymologie du mot « thym » est si incertaine que j’ai laissé tombé mes recherches car après tout c’est le « Chemin de la Frigoulette » que je raconte ici pas celui du « thym ». A Cerbère, cette balade peut démarrer de la plage car c’est là qu’on trouve le plus facilement une place de parking pour garer sa voiture. Ensuite, on emprunte la rue du Ribéral ou rue Dominique Mitjavile où l’on remarquera devant une boulangerie, un panonceau indicatif de quatre randonnées parmi laquelle figure la nôtre portant le N°14. On continue cette rue rectiligne et au moment où elle tourne et atteint un grand tunnel passant sous la voie ferrée, on ignore le tunnel et on poursuit à gauche dans une ruelle tout au long de l’immense mur de soutènement du viaduc.   N’ayez aucune inquiétude car ici, un balisage très précis indique la marche à suivre. En réalité, il s’agit de la rue Jean Barrat, petite ruelle bétonnée bordée d’une étroite rigole évacuant les eaux pluviales descendant des « puigs ». Cette ruelle se termine, elle aussi, sous un tunnel, qui une fois franchi, débouche dans la garrigue. Un sentier s élève hardiment en direction de l’ancien bâtiment des douanes, grande bâtisse blanchâtre que l’on appelait « Porte de France » au temps de sa splendeur et que l’on garde dans la ligne de mire. Si le sentier s’étire dans une végétation et une flore typiquement méditerranéenne, on notera la présence de quelques jardins oubliés et de quelques casots ruinés au milieu d’une multitude de terrasses s’élevant en espaliers sur les flancs de la colline. La Nationale 114 et l’ancien poste frontière sont vite atteints. Là, de magnifiques panoramas se dévoilent sur la mer, sur la cité et son « inévitable » gare ferroviaire. Après quelques mètres sur le bitume, on emprunte à droite la piste DFCI AL14, direction le Puig dels Frare. Ici, et sous condition de prêter attention au balisage en tous points parfaits ; panonceau et marques de peinture de couleur jaune ; la randonnée devient d’une grande simplicité. Mais en ce superbe jour de printemps, on a le droit d’être distrait tant le regard embrasse une quantité incroyable de beautés diverses et variées. On ne sait plus où regarder. Le bleu azur d’un ciel intensément pur est-il plus beau que le violine des bouquets des lavandes à toupets ? Le rose pourpre des fleurs des arbres de Judée est-il plus soutenu que l’ocre rouge des vignes ? Le jaune flamboyant des genêts et des ajoncs est-il plus éclatant que le bleu vif et profond de la Méditerranée ? Voilà, des énigmes colorées que l’on laisse volontiers sans réponse pour la simple et bonne raison qu’elles s’inscrivent dans un seul et unique tableau que Dame Nature offre en permanence à nos regards contemplatifs. Après ce parcours tout en balcon sur ce patchwork minéral et végétal que représente le vallon  formé par le ruisseau le Riberal et quelques autres « correcs », le chemin amorce une descente vers le thalweg. Là, la mention forêt domaniale de Cerbère que l’on a vu sur la carte IGN prend enfin tout son sens. La garrigue ouverte laisse la place à une forêt plus compacte aux essences plus variées : pins d’Alep, pins parasols, cèdres, chênes verts et blancs, chênes lièges, aulnes, bruyères arborescentes, arbres de Judée sont les principaux arbres rencontrés. Quelques cabanes en pierres sèches encore parfaitement debout nous rappellent que l’occupation humaine et l’activité pastorale ne sont pas si anciennes que ça.  Dominé par le Serrat del Fito au sommet duquel trône la tour du Querroig, l’agréable chemin nous amène vers la Pla de les Vacas, petite clairière où l’on profitera d’une aire de pique-nique entre ombre et soleil. L’épaisse forêt s’arrête là et on retrouve désormais cette végétation de type maquis méditerranéen. Le sentier s’élève dans la Casa Cremada en suivant la configuration du cirque formé par les crêtes dominantes du Puig Juan. Les vignes ne sont pas très loin et on ne peut être que songeur du travail accompli par les viticulteurs du coin sur ces terrains ô combien hostiles. Sur des sols d’une aridité extrême et sur des pentes parfois très abruptes, les parcelles tracées au cordeau, les vignobles en espaliers et les ceps alignés comme à la parade nous laissent admiratifs. Après quelques sinuosités, la piste forestière atteint finalement le col d’Embarselo et le chemin dit « des crêtes »  au lieu-dit la Solana. Désormais le regard quitte les terres et se tourne vers la mer et les tout proches caps Peyrefite et Rederis. Il faut dire que ces deux caps me rappellent d’excellents souvenirs au temps où nous venions mon fils et moi pour des parties de pêches mémorables et nocturnes qui ne se finissaient qu’à l’aube du jour suivant. Sur ces rochers, dieu sait si nous en avons passé des nuits à la belle étoile, à pêcher mais à dormir aussi, en rêvant à des pêches miraculeuses. Les premières maisons de Cerbère sont déjà là et les souvenirs s’estompent. Les caps Canadell et Cervera effacent les caps précédents. Au milieu des superbes villas, on surveille le balisage jaune pour ne pas s’égarer dans ce dédale de ruelles. Puis le regard se pose sur l’emblématique hôtel Belvédère du Rayon Vert. Surtout habité par des dizaines de pigeons et quelques rares clients depuis que quelques appartements ont été rénovés, le vieux palace « art déco » est bien trop fantomatique et désertique pour que l’on n’ait pas un regard nostalgique sur ce bâtiment hors du commun. Le « paquebot » comme on l’appelle ici, désaffecté  en 1983 puis inscrit aux Monuments Historiques en 1987 renaît peu à peu de ses cendres grâce aux quelques chambres restaurées et à l’organisation d’activités culturelles. En franchissant la passerelle enjambant la voie ferrée, on ne peut s’empêcher de se dire qu’on aimerait bien que l’hôtel retrouve toute sa splendeur d’antan. Après quelques escaliers, on atterrit devant le wagon, la stèle et la statue en hommage aux transbordeuses (*). Ici se termine le « Chemin de la Frigoulette ». Les informations données sur le panonceau du départ sont proches de la réalité : 10,6 km, durée 3h30 et randonnée facile. J’y ajoute les 770 mètres environ de montées cumulées  pour un dénivelé de 260 mètres, le point culminant étant situé à 273 mètres peu après le Puig dels Frare. Carte IGN 2549 OT Banyuls- Col du Perthus- Côte Vermeille Top 25.  

(*) Transbordeuses Au début du XXe siècle, les marchandises des trains qui transitent à la gare-frontière de Cerbère doivent être transbordées par des "dockers" ferroviaires. Pour les délicates oranges, le travail est confié à des femmes. Mal payées pour un travail pénible, elles se mettent en grève en 1906. C'est le premier mouvement exclusivement féminin de l'histoire. Il durera presque un an. (Extrait du site http://www.cabotages.fr/ et de la page http://www.cabotages.fr/cerbere-ou-la-greve-des-transbordeuses-d-oranges.html ) 

 

 

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Le Circuit des 3 châteaux de Fenouillet depuis Caudiès-de-Fenouillèdes

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de musiques celtiques qui ont pour titre "Celtic Dream" de Ronan Hardiman, de "The Long Road" de Mark Knopfler
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A diverses reprises, j’ai eu l’occasion au travers de ce blog, de vous emmener du côté du village de Fenouillet, ancienne « capitale médiévale » du pays Fenouillèdes, à la frontière des Pyrénées-Orientales et de l’Aude. De mémoire, il y a eu une balade au Pech de Fraissinet, une autre au Vallon d’Aigues-Bonnes et aux Gorges de Saint-Jaume et enfin, au printemps de l’an dernier, c’est le Pech des Escarabatets que je vous avais invité à gravir. Pourtant, si Fenouillet a été, à chaque fois, le point de départ de ces jolies randonnées, jamais je ne vous en avais proposé la visite. Il faut dire que Fenouillet est une commune assez étendue en surface et éclatée en divers hameaux et lieux-dits, ce qui rend sa découverte plutôt compliquée. Je vais néanmoins tenter de réparer cette lacune en vous proposant une superbe randonnée que j’ai intitulée « le circuit des trois châteaux de Fenouillet » dont le point de départ est Caudiès-de-Fenouillèdes. Vous l’aurez compris, une fois encore l’Histoire avec un grand « H » va être le fil conducteur de cette belle randonnée car il s’agit de trois vieux châteaux médiévaux.  Si l’Histoire du village vous intéresse, je vous propose d’aller voir deux sites Internet assez remarquables à ce sujet. Il  y a celui consacré à Fenouillet dans l’Histoire du Roussillon et celui de l’historien Jean Tosti. Vous y trouverez des résumés de tout ce qu’il y a à savoir sur le joli hameau et vous verrez, partir marcher vers ce lieu chargé d’Histoire est bien plus attrayant quant on le fait avec quelques connaissances historiques. Il y a d’autres sites Internet évoquant les trois châteaux et chaque fois que je l’ai pu, j’ai mis un lien vous proposant un renvoi vers un de ces derniers. Il suffit pour cela de cliquer sur le nom du château en question. Comme déjà indiqué, la balade s’effectue depuis Caudiès-de-Fenouillèdes mais si le centre du village peu éloigné peut en constituer la ligne de départ, il est tout de même préférable de partir depuis le petit oratoire Sainte Anne de Notre-Dame de Laval se trouvant en bordure de la D.9. On gagne ainsi quelques kilomètres inutiles et sans grand intérêt à l’aller et au retour. Là, devant l’oratoire, on emprunte la piste DFCI F.14 qui file vers le Domaine des Demoiselles. Peu après le pont enjambant le ruisseau de Saint-Jaume, on laisse le bitume au profit d’un petit sentier balisé en jaune qui file à droite en entrant dans les bois. Auparavant, toujours sur la droite, vous aurez sans doute remarqué, une vieille ruine perchée au sommet d’une colline. C’est le premier de nos trois châteaux dont le but était de surveiller la Vallée de la Boulzane et de protéger le Vicomté de Fenouillet des agresseurs arrivant par là mais de ceux pouvant également venir du Vallon de Fosse. Ce château, il s’appelle Castel Fizel, il daterait de 12eme siècle et est situé à 496 mètres d’altitude tout au bout d’une longue colline faite de hautes falaises blanches qu’on appelle « La Roque ». La Roque n’est qu’une toute petite partie de l’étonnant synclinal de Saint-Paul-de-Fenouillet.  Certains historiens se sont empressés de traduire Castel Fizel en « château fidèle » en se fiant au vieux « Lexique roman ou Dictionnaire de la langue des troubadours comparée aux autres langues latines » de l’académicien François Just Marie Raynouard, philologue et historien français du 19me siècle. Pourtant le toponymiste Robert Aymard pense que le mot « Fizel » pourrait provenir du latin « fixus » signifiant « fixé » qu’on pourrait interpréter ici en « dressé », le Castel Fizel devenant ainsi le « château dressé ». Les avis sont donc partagés. Un peu plus haut, on retrouve la D.9  qu’on délaisse une nouvelle fois en empruntant une piste qui, cette fois, monte à gauche de la route. Un panonceau jaune indique «Voie romaine du Col del Mas » et comme ce col figure bien sur notre circuit, on est certains d’être sur le bon itinéraire. Comme on le voit, si ce secteur des Fenouillèdes a eu ses heures de gloire au Moyen âge, les romains sont également venus traîner leurs sandales par ici depuis bien longtemps déjà. Ils n’étaient pas les seuls d’ailleurs, car à ces époques bien antérieures à Jésus-Christ, les envahisseurs étaient nombreux et les peuplades arrivaient parfois de tous côtés : Ibères, Celtes, Phocéens, Grecs, Phéniciens, j’en passe et j’en oublie, sont venus dans le pays du « fenouil »  ou des « foins », là aussi les points de vue semblent divergents. Mais cette divergence s’estompe quand on sait que le Fenouil est appelé très souvent « petit foin » dans de nombreuses régions prouvant ainsi si nécessaire que l’origine latine des deux mots est commune. En effet, « feniculum » ou « foeniculum » c'est-à-dire le fenouil sont clairement les diminutifs latins de « fenum » ou « foenum » désignant le « foin ». En ce qui concerne toutes ces invasions, je vous renvoie une fois encore vers un excellent site Internet intitulé «  Fenouillèdes.free.fr - Chronologie historique de la préhistoire au XXe siècle » sur lequel vous trouverez toutes les dates des principales invasions que le pays Fenouillèdes ait connues. Mais revenons sur notre piste et notre voie romaine qui commence à s’élever et se transforme peu à peu en un véritable sentier pédestre. On laisse sur la gauche, un grand pré verdoyant qui se trouve au pied des ruines du château. On peut atteindre les ruines  de Castel Fizel par ce pré ou par d’autres itinéraires un peu plus haut, mais sachez que dans tous les cas vous serez sans doute confrontés à une végétation exubérante car les pourtours du château ne sont jamais débroussaillés. En effet, les vestiges subsistants étant considérés comme dangereux pour le public et les nombreux épineux faisant office de barbelés naturels, les autorités n’ont pas jugé utile d’en barrer l’accès. En conclusion, je vous en déconseille l’approche et vous préconise de regarder le Castel Fizel uniquement de loin. Il y aurait, parait-il, quelques vestiges de la Voie romaine, mais j’avoue  ne pas les avoir chercher non plus. En poursuivant le sentier, les sous-bois s’assombrissent car ici la végétation est plutôt abondante et en outre, les chênes verts et les buis atteignent parfois des hauteurs assez surprenantes. Toutefois, vous remarquerez aussi les nombreux murets en pierres sèches et les multiples terrasses et l’on peut donc penser à juste titre que la forêt n’a pas toujours été aussi dense et que les hommes ont, aux temps jadis, cultivé ces « serrats ». Si la déclivité est plutôt constante, elle est néanmoins assez douce et sans trop sans rendre compte, on va très facilement atteindre le point culminant de la journée à 589 mètres d’altitude. Autant dire que le reste de la balade peut être très aisément transformé en une longue flânerie et d’ailleurs, nous-mêmes n’avons pas attendu le col del Mas pour prendre à la fois un peu de repos et notre pique-nique. Il faut dire que la partie du chemin à l’aplomb du Roc Rouge est bien moins boisée et plus ouverte sur les paysages alentours. Quelques clairières fleuries de minuscules narcisses que butinent quantité de papillons sont des invitations à s’arrêter un peu pour profiter de cette nature luxuriante et des beaux panoramas s’entrouvrant magnifiquement sur la grandiose forêt de Boucheville mais vers le Bugarach aussi. Le pique-nique terminé, on continue le parcours en direction du col del Mas et l’on emprunte désormais le G.R.36 qui ici, fait la liaison entre Fosse et Fenouillet. Peu de temps après, on retrouve finalement le D.9 au col del Mas. Là, sans doute était-il embroussaillé, nous n’avons pas retrouvé le sentier surligné en rouge sur la carte IGN qui descend vers l’aire de pique-nique et le magnifique petit plan d’eau de Fenouillet, aussi avons-nous trouvé préférable de poursuivre la D.9 jusqu’au lieu-dit « Pal Ficat » puis de tourner à gauche pour retrouver l’itinéraire. Ce nom de « Pal Ficat » rappelle très étrangement ceux de produits alimentaires pour chiens et chats, mais bien sûr ça n’a rien à voir, car en occitan, un « pal » est un poteau ou un pieu, quand à « Ficat », c’est, toujours en occitan, le participe passé du verbe « ficher » dans le sens de « planter » ou d’« enfoncer ». « Pal Ficat », c’est donc le lieu ou « le poteau ou le pieu était planté ». Aujourd’hui, vous n’y décèlerez aucun pieu ni poteau et seulement quelques ruines devant lesquelles il faut passer pour se diriger vers le deuxième château, c'est-à-dire le Castel Sabarda. Bien avant d’y arriver, vous aurez sans doute profité de la fraîcheur du limpide petit étang puis de celle du chemin verdoyant et ombragé qui passe au dessus du « Camping des Randonneurs » pour se diriger ensuite vers « Lou Prat del Rey » c'est-à-dire le « Pré du roi ». Bien qu’érigé au 5eme siècle à 520 mètres d’altitude, cet édifice est le plus saisissant des trois car il est situé sur un piton rocheux plutôt réduit dont il épouse parfaitement la forme. Dans un texte médiéval de 1109, Guillaume Peire, Vicomte de Fenouillet, fait hommage au Comte de Cerdagne pour son château et son rocher fortifié de « Samardana ».Les philologues s’accordent à penser que l’évolution de l’appellation « Samardana » a finalement donné naissance au nom de « Sabarda ». Les toponymistes, eux, sont très clairement d’accord pour dire que « Sabarda » a pour origine le mot « savart » ou « sabart » signifiant une « friche » ou une « terre inculte ». Les historiens pensent qu’une première tour a d’abord été construite, puis une deuxième un peu plus tard, reliées par une courtine, mur amplement percé et ruiné que l’on voit encore aujourd’hui et qui se trouve en surplomb du hameau principal de Fenouillet qu’on appele La Vilasse. Si Castel Fizel était chargé de défendre le nord, le Castel Sabarda, lui, était très clairement chargé de protéger le sud, l’ouest et l’est mais les deux châteaux n’étaient que les bases avancées d’un système défensif principal dont le commandement se trouvait au château Saint-Pierre, dernier objectif de notre balade. Pour s’y rendre, rien de plus simple, il suffit de poursuivre le chemin et en quelques minutes, nous voilà déjà à La Vilasse. Pour monter au château vicomtal de Saint-Pierre, il faut passer à gauche de l’église Saint-André et suivre les indications. Saint-Pierre est un vaste site très ruiné qui doit sans doute son hagiotoponyme à la création d’une abbaye monastique bénédictine antérieure ou en corollaire à celle du château autorisé par le comte de Besalu, le « terrible » Bernard 1er surnommé « Taillefer » alors vicomte de Fenouillet en 1011. Parmi toutes les ruines, on peut d’ailleurs découvrir l’abside d’une ancienne chapelle.  De plus haut des ruines, on a une vue totalement circulaire sur l’ensemble des « pechs », « sarrats » et autres collines et vallons alentours : Vallon de la Boulzane, Pech de Bugarach, Gorges de Saint-Jaume, Vallon d’Aigues-Bonnes, Pech de Fraissinet, Vallon de Tulla, Col de Boire, Sarrat Naout, Vallon de Fosse, etc….autant de lieux de balades déjà expliqués dans divers de mes articles. Bien évidemment, avec ce regard embrassant ces superbes panoramas à 360°, on comprend mieux le rôle stratégique que le château Saint-Pierre a pu avoir à des époques où la guerre était le lot quasi quotidien du pays Fenouillèdes. Ici se termine la découverte de nos trois objectifs du jour mais pour autant, notre randonnée n’est pas terminée car il nous faut encore rejoindre la voiture. Alors bien sûr, si vous ne connaissez pas les Gorges de Saint-Jaume, l’épilogue de cette balade sera un bonheur supplémentaire, tant ce défilé est pittoresque et rafraîchissant.  Pour cela, il faut poursuivre la petite route bitumée qui descend vers le lieu-dit le Moulin où démarre le sentier des gorges. En réalité, ce sentier est commun à de multiples chemins et c’est par ici que passent le G.R 36, le Sentier Cathare et le Tour du Fenouillèdes. Dans la descente vers le moulin, un raccourci vous permet d’atteindre le sentier plus rapidement. Bien entendu, si vous souhaitez découvrir Fenouillet dans sa quasi intégralité, c’est également par là que vous pouvez rejoindre l’ensemble des autres hameaux ou lieux-dits à savoir le Roudouna, les Nautes, la Coume, les Bordes,  les Andrigotes et Aigues-Bonnes. Le sentier des gorges, lui, atterrit sur la D.9 à proximité de Notre-Dame de Laval. Rejoindre la voiture n’est plus qu’une simple formalité car il suffit de se diriger vers la vieille église, d’emprunter la porte de Notre-Dame de Douna Pa puis de descendre le petit chemin dit « des processions ». L’oratoire Sainte Anne est là et votre voiture aussi. Enfin la nôtre y était ! L’enregistrement « tracback » de la balade (enregistrement du tracé et d’un journal de route au cours de la marche) dans mon GPS a donné les chiffres suivants : distance accomplie 13 km200, dénivelé 247 mètres et montées cumulées 871 mètres. C’est donc une randonnée plutôt facile, réalisable en toutes saisons.  Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.


  

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Les Crêtes de Serrabonne (1.044 m) depuis le prieuré de Serrabonne (601 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de plusieurs versions de la magnifique musique du compositeur Max Steiner "Theme From A Summer Place" (le nom du film en français est "Ils n'ont que vingt ans") interprétée ici et successivement par Tom Conlon (guitare), Joanie Sommers (chant), Percy Faith et son orchestre (instrumental) Max Steiner (Instrumental Lounge Music), Jack Jezzro (Guitare) et Bobby Vinton (chant). 
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Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Pour quelqu’un qui comme moi s’intéresse un peu à la toponymie, c'est-à-dire à la science qui étudie les noms des lieux, le nom de « Serrabonne » signifiant la « bonne montagne », (mais il faut plutôt entendre la « belle crête ») est déjà en soit une invitation à une randonnée pédestre et à la contemplation. Alors bien sûr, si une balade pédestre aux Crêtes de Serrabonne se suffit à elle-même tant les panoramas à 360° y sont remarquables, je m’étais dit que tant qu’à y monter autant y monter pour découvrir tout ce qu’il y avait à voir. Et là bien sûr, je ne parle pas seulement des paysages naturels que l’on aperçoit de tous côtés allant du Massif du Canigou aux proches collines des Aspres en passant par les massifs du Madres et du Coronat, par les Corbières, la plaine de la Têt, par celle du Roussillon et quelques vues en sus sur les Albères, oubliant sans doute au passage quelques reliefs supplémentaires ou plus lointains. Non, outre ce chemin de ronde assez extraordinaire, il faut bien le reconnaître,  j’avais déjà depuis très longtemps entendu dire que les découvertes pouvaient y être nombreuses, très pittoresques et parfois même assez étranges. Comme toujours, je me suis aidé d’Internet pour affiner tout ça. C’est donc en ce 18 mars 2014, sous un soleil éclatant et printanier,  que j’ai démarré cette superbe randonnée du joli prieuré dont une visite à partir de Boule d’Amont a déjà été décrite dans ce blog. Mon objectif principal était de ne rien louper de tout ce que j’avais lu ou vu sur la toile et dans quelques bouquins feuilletés chez moi ou à la bibliothèque. J’étais donc paré avec en sus quelques notes dans mes poches et il ne me restait plus qu’à crapahuter vers ces crêtes pour découvrir toutes ces « choses » insolites qui m’attendaient bien sagement du côté de la Roque Rouge, du col des Arques ou du Roc de l’Amoriador. Il est 10 heures quand je gare ma voiture sur le parking du prieuré. Il n’y a pas foule et seule, un autre véhicule est déjà là. Au moment où je traverse l’esplanade déserte du prieuré pour suivre le panonceau « les crêtes, sentier de promenade »,  la réceptionniste arrive, accueillie par son chat qui, au seul bruit de son véhicule, accourt vers elle. Quelques photos du magnifique édifice roman et me voilà déjà entrain de grimper un petit sentier très rocailleux au milieu des pins, des chênes verts et des bruyères arborescentes. Le sentier est si évident que l’on oublie bien vite les marques de peintures multicolores traçant sans doute divers balisages. Quelques mètres plus haut, je retrouve les quelques roches en escaliers où, il y a quelques années, une amie s’était bêtement cassée une jambe, tibia et péroné, nécessitant ainsi un hélitreuillage d’urgence par l’hélico de la Sécurité Civile. Les paysages s’entrouvrent déjà. A l’altitude de 863 m selon mon GPS, de grandes roches plates et inclinées en surplomb d’un ravin m’arrêtent dans mon élan car j’y remarque sans peine un grand « A » gravé ainsi que des cupules et un croix peu évidente car patinée par les siècles. Est-ce des gravures rupestres ? Je ne sais pas car je ne me souviens pas avoir vu ou lu sur le Net des informations sur ces gravures-là. Quelques photos de ces trouvailles et je repars. Un peu plus haut, ce sont deux étranges tertres de pierres et de terre où rien ne pousse dessus qui attirent mon regard et me stoppent de nouveau dans mon ascension vers la crête. Buttes naturelles ou tumulus artificiels cachant un quelconque mystère ? Là aussi, rien ne transparaît de ces étranges amoncellements et mon questionnement reste entier. En tous cas, rien qui ressemble à un vieux défrichage ou à un épierrement pastoral. Ici, il n’y a pas de murets ni de terrasses et je ne comprends pas ce refus de la nature de vouloir laisser vierge ces monticules de pierres et de terre. Habituellement et selon la formule d’Aristote si souvent consacrée, « la nature a horreur du vide ».  En cherchant autour de ces tumulus, j’ai néanmoins trouvé, cachée dans les hautes bruyères, une petite cavité où je ne me suis pas trop aventuré ainsi qu’une grande pierre posée sur d’autres ressemblant très étrangement à un dolmen. Là aussi, ma carte IGN étant très muette à ce point précis et toutes mes recherches sur le Net et dans les bouquins ne m’ayant rien signalé de tels à cet endroit, l’apprenti archéologue que je suis repart des questions plein la tête. L’arrivée sur la crête et les grandioses panoramas qui s’y dévoilent, mettent un frein définitif à mes interrogations. J’enjambe une clôture et file sans tarder vers la droite en direction du Pic Ambrosi (981 m) et surtout vers celui de la Roque Rouge (1.015 m) où deux belles découvertes m’attendent. Dans la descente de la Roque Rouge, direction le Roc Grillère, c’est tout d’abord, cette très insolite et surprenante tête de dragon où à chaque instant, je m’attends à voir jaillir des flammes de son féroce naseau minéral. Moi, j’y vois une tête de dragon mais d’autres y voient la tête d’un cheval mythologique, enfin, les plus cartésiens y voient une sculpture montée de toutes pièces par quelques fantaisistes. Malgré des oreilles qui effectivement peuvent paraître un peu improbables, je préfère ne pas vérifier ce qu’il y a derrière ces supputations et rester avec mon regard de vieil enfant certains diront d'attardé mais je lui préfère le mot "candide". Néanmoins, et même si cette sculpture est mi-naturelle mi-factice, elle reste néanmoins incroyablement prodigieuse et l’on peut considérer son auteur comme un véritable artiste à la fois pour avoir eu cette idée et tant d’imagination mais aussi pour l’avoir concrétisée de manière aussi réaliste.  Peu après la tête du dragon et un peu plus bas encore, sur le replat entre les deux rocs, c’est un superbe et vieux puits à glace souterrain dans un état de conservation assez remarquable que je découvre. Si le trou d’aération sur le tertre est relativement dangereux car sans garde-fous, il s’agit, sans discussion aucune, d’un des plus beaux puits à glace qu’il m’ait été donné de découvrir, même s’il faut bien admettre que sa visite est peu évidente et demande hardiesse et prudence, la porte et le conduit menant à la chambre principale étant fort étroit et fort bas. Après ces belles découvertes, il est temps de rebrousser chemin, direction le col des Arques dont les définitions toponymiques sont bien trop multiples pour qu’on puisse ici en déterminer clairement l’origine. En effet, quand on sait que le mot « arque » du latin « arca » peut à la fois signifier une « forteresse », une « arche », un « arc architectural», un « coffre », une « caisse », une « citerne » ou bien encore une « auge », un « abreuvoir », un « ossuaire, un « caveau » ou un « cercueil », on imagine la difficulté qu’il y a à trouver un juste raisonnement dans ce lieu sommes toutes plutôt inculte et désertique. Les historiens et autres étymologistes ont donc procédé par logique et élimination pour obtenir des résultats qui ne sont que des postulats. C’est ainsi, que la présence d’un muret en pierres sèches entourant un petit dolmen ruiné dont la dalle de couverture est amplement gravée de croix et de cupules datant du néolithique a sans doute donné naissance au « Cimentiri dels Moros » ou « Cimetière des Maures ». Là aussi, par les aléas de l’accentuation ou de la prononciation, les « morts » sont-ils devenus les « Maures » ? L’Histoire ne le dit pas mais selon les légendes recueillies par Joan Amades, les « Mores » étaient également « de grands géants qui allaient par le monde, emportant leur maison avec eux : une dalle sur la tête, les deux autres sous les bras. A la nuit, pour s'abriter, il leur suffisait de s'accroupir : leur cabane était toute prête ». (extrait de Folklore - Revue d’Ethnographie méridionale- Tome XVII- 27e Année - N° 4- Hiver 1964). Comme dans de nombreux cas similaires où le « Maure » est mis en exergue, il faut rapprocher cette légende de celle de Roland, le pourfendeur des Sarrasins et des Arabes en général. Enfin, l’archéologue Jean Abélanet, grand spécialiste de la préhistoire du Roussillon a noté que tous les lieux de notre région où l’on retrouvait le patronyme « arca » semblent disposer d’un dolmen. Voilà sans doute, la meilleure des explications. Après cette jolie découverte, ma promenade sur les crêtes se termine par la visite d’un tout proche « orri effondré », dernier vestige historique certes mais bien plus récent celui-ci. Il me faut donc quitter la crête mais le plus beau des sites restant à découvrir, je prends un chemin qui part sur la gauche en direction de Camp de l’Homme Mort. Là, une barrière en empêche l’accès et sur une pancarte, je peux lire « parc à moutons, véhicules, motos et chiens interdits ». Ne me sentant aucunement concerné par ces interdits, j’ouvre la portail et m’engage sur un agréable chemin en balcon d’un vaste ravin. En réalité, si l’on regarde la carte IGN, ce n’est pas un seul mais de multiples ravins qui descendent en éventail tout au fond d’un immense vallon du nom de la « Castagnerède ». Quand au balcon lui-même, il arpente le Pla de las Eugues, c'est-à-dire "le plateau des juments".  Au regard de ce nom, on peut penser que ce lieu est propice aux rassemblements des chevaux lors de transhumances.  Si de magnifiques bouleaux blancs, des pins, des saules chargés de merveilleux chatons, quelques cuisants prunelliers et des genêts à balais jalonnent ce superbe sentier, on regrettera une fois encore que des écobuages mal maîtrisés se soient transformés en véritables incendies noircissant une ample partie des paysages. En tous cas, en arrivant par ce chemin, trouver le « fameux » Roc de l’Amoriador, vaste dalle entièrement ornée de gravures rupestres est vraiment un jeu d’enfant. Alors bien sûr, ayant lu le livre « Signes sans paroles » de Jean Abélanet, je suis moins subjugué que si j’avais découvert ce site sans cette lecture préalable mais néanmoins la fascination reste bien présente. Comment pourrait-il en être autrement en sachant que certains de nos ancêtres millénaires voire séculaires ont sans doute gravé la plupart de ces croix et sans doute aussi quelques motifs car pour de nombreux autres, je pense qu’on peut faire confiance à notre grand spécialiste de l’art rupestre quand il écrit en parlant de ce roc : « A l’évidence toutes ces gravures ne sont pas préhistoriques : une date en chiffres maladroits, 1873 ou 1813 et une autre inachevée, 181., nous rappellent qu’un certain nombre de gravures rupestres peuvent être le fait de bergers et qu’une fois patinées par quelques siècles d’exposition aux intempéries, ces gravures, qui reprennent souvent des motifs traditionnels, peuvent induire en erreur les meilleurs spécialistes. Plusieurs cruciformes du Roc de l’Amoriador, par leur technique et leur patine plus claire, doivent être d’âge préhistorique ; également, les motifs en fleuron ; quant au personnage marchant, avec son bonnet de grenadier, sa tunique à cinq boutons, son fusil à baïonnette, il évoque quelque fantassin du XVIIIe siècle ou un grenadier de l’Empire ; et, avec son sexe apparent, il constitue un excellent document d’ethnographie populaire. Comme la thématique de cette roche se démarque assez nettement de celle des autres sites rupestres catalans, nous nous interrogeons sur l’antiquité des autres motifs : la spirale…, l’oiseau et le quadrupède….,le signe en phi, le motif oculé et le signe en double arceau qu’on voit encore sur ce rocher ». Voilà la lecture que Jean Abelanet fait de ce roc et son témoignage et les quelques notes que j’ai dans une poche vont me servir à faire plus clairement la part des choses. Mais dans l’immédiat, il est l’heure de déjeuner et je m’installe confortablement sur l’herbe bien à l’abri d’une légère brise du nord qui s’est mise à souffler. Et là, salade en mains, c’est un autre grand spectacle qui débute sous mes yeux, car si l’oiseau de Jean Abelanet n’est qu’une pâle imitation d’une gravure rupestre, la vingtaine de grands volatiles qui tournoient devant moi, eux, sont bien réels, en chair, en os et en plumes. Une vingtaine de grands vautours fauves, marquage alaire pour certains d’entre eux, ont décidé d’imiter la Patrouille de France. Cette spectaculaire et « angoissante » représentation « ornithologique » va durer le temps du pique-nique et bien au-delà encore et elle ne se terminera qu’avec mon départ du Roc de l’Amoriador. Au fait « Amoriador » signifiant un « lieu frais et ombragé où l’on parque du bétail », les grands rapaces ne m’auraient-ils pas pris pour un éventuel et futur casse-croûte du style méchoui ? Peut-être, car bien que ces animaux soient souvent décrits comme uniquement nécrophages, j’ai lu qu’il n’était pas rare qu’ils s’attaquent à des troupeaux alors je suppose que s’ils ont vraiment faim…... Autant le dire, le retour vers le prieuré en passant par le col des Arques , celui de Saleig et celui de l’Aspic ne va pas être à la hauteur des multiples découvertes que j’ai faite jusqu’à présent. Seuls une vieille camionnette bleue Renault faisant office de cairn monumental va m’arrêter dans cette longue et fastidieuse descente. Comme souvent, mon numérique est là pour tenter de combler ce laborieux retour mais ici, aucune fleur nouvelle ne viendra garnir mon « herbier photographique » quant aux papillons et aux oiseaux, ils semblent avoir quasiment déserté le « Planell de la Roqueta » et c’est seulement à l’approche du prieuré que j’aurais la chance de photographier quelques oiseaux rares.  Mais je ne vais pas me plaindre,  car aujourd’hui j’ai eu mon lot d’oiseaux bien au delà de mes espérances car la photo animalière en général et ornithologique en particulier si elle requiert persévérance et patience, elle nécessite surtout d’avoir beaucoup de chance. Or aujourd’hui, de la chance, j’en ai eu beaucoup avec bien sûr les vautours fauves, mais également des rougequeues noirs à la pelle, une grive draine, un tarier pâtre, un coucou-geai, une sittelle-torchepot et un joli chardonneret. Après un épilogue assez sportif fait de petites montées et de descentes successives, j’avoue que l’arrivée au prieuré a été un vrai soulagement. Il l’a été d’autant mieux que le lieu est calme, reposant et incite à la méditation. Les tables et bancs d’une aire de pique-nique absolument déserte sont arrivés à point nommé pour prendre une collation, finissant ainsi les restes de mon casse-croûte que j’ai toujours tendance à emporter en trop grande quantité. Ce défaut étant la conséquence de multiples égarements plus ou moins gravissimes que j’ai connu dans le passé.  Il est 16h40. Arrêts inclus, je suis resté 6h30 sur les sentiers des Crêtes de Serrabonne parcourant ainsi 16 à 17 km, pour des montées cumulées de 1.120 mètres et un dénivelé de 486 mètres, le point culminant étant le Roc de l’Amoriador à 1.044 m d’altitude et le point le plus bas de cette balade étant à 558 m au fond du Correc del Vilar peu après le col d’Aspic. Une grande partie de cette balade étant peu ombragée, il est primordial d’emporter de l’eau en quantité suffisante, quant à l’équipement, les chaussures de randonnées à tiges hautes sont indispensables sur un terrain parfois caillouteux. Cartes IGN 2349 ET Massif du Canigou, 2449 OT Céret – Amélie-les-Bains- Palalda – Vallée du Tech et 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.

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Mais elle est, ma préférence à moi.....

Publié le par gibirando


Après les dernières élections européennes et les résultats que l’on sait, bon nombre de français dont certains de mes ami(e)s , se sont dits froissé(e)s, choqué(e)s par la victoire du Front National. J’ai même lu des « j’ai honte d’être français » et là, je l’avoue, je trouve le raccourci un peu facile car c’est ignorer les raisons profondes de ce vote sanction. Car il ne faut pas se leurrer, c’est bien de ça qu’il s’agit, d’un vote sanction. Notre pays est clairement en faillite ; Fillon le disait déjà en 2008 ; et de nombreux français souffrent de la crise économique (enfin c'est comme ça qu'on nous la vend !) et ils ont voulu le faire savoir au Président Hollande. De nombreux français n’ont plus confiance dans les partis dits « classiques » pour trouver des solutions à leurs problèmes et ils ont voulu le faire savoir. De nombreux français ne voient pas le « bout du tunnel » et serrent la ceinture bien avant la fin du mois et ils ont voulu le faire savoir. De nombreux français sont de plus en plus ponctionnés de taxes et d’impôts sans que des solutions soient trouvées et ils ont voulu le faire savoir. De nombreux français vivent régulièrement dans l’insécurité, retrouvent systématiquement dans leurs rues ou leurs cages d'immeubles les voyous qui leur posent des problèmes et ils ont voulu le faire savoir. De nombreux français en ont assez de toutes ces affaires politico-juridico-financières du style Jérôme Cahuzac, Aquilino MorelleFaouzi Lamdaoui, Jean-François Copé et ils ont voulu le faire savoir. De nombreux français en ont assez de voir que le gouvernement est plus diligent à régler les problèmes de certaines communautés, du style mariage pour les homosexuels que leurs problèmes quotidiens et ils ont voulu le faire savoir. De nombreux français lisent qu’en ce temps dit « de crise »,  pour les plus riches ça va de mieux en mieux, ils ne comprennent pas ce paradoxe et ils ont voulu le faire savoir. De nombreux français souhaiteraient qu’en ces temps de crise, préférence leur soit donnée sachant très clairement que ce n’est pas toujours le cas et ils ont voulu le faire savoir….Alors bien sûr, dès que l’expression « préférence nationale » est mise en avant, on est clairement taxé d’être d’extrême droite, de xénophobie, d’antisémitisme, de stigmatiser l’étranger ou je ne sais quoi d’autre. Je suppose très aisément qu’un chômeur de longue durée un peu désespéré voire un smicard sans horizon ou un retraité encore obligé de travailler pour vivre seront plus enclin à voter F.N aujourd’hui qu’un Yannick Noah, qu’un Patrick Bruel ou qu’une Madonna, leur avenir en général et leurs fins de mois en particulier n’étant sans doute pas les mêmes ni de surcroît comparables. Peut-être que parmi ces « bons » français, bons électeurs de surcroît puisqu'ils ne s'abstiennent pas, certains ont-ils essayé de passer du bleu au rose et vice-versa,  en votant Giscard en 74, Mitterand en 81 et 88, Chirac en 95 et 2002, Sarkosy en 2007 puis Hollande en 2012 et finalement rien n’a vraiment évolué dans le bon sens ni changé pour eux. Finalement, ils ont pensé : voyons voir, si on essayait un peu le bleu marine !  Bien évidemment, mes écrits ne vont pas plaire à tout le monde mais la plupart de nos médias étant loin d’être sincères et l’information étant clairement manipulée pour que l’on nous fasse « prendre des vessies pour des lanternes »  à longueur d’années, je m’en fous « royalement ». Comme le dit si bien Anne Roumanoff, "on ne nous dit pas tout". A titre d’exemple, en cliquant dessus, prenez connaissance de cet article du journal algérien le Matin.dz intitulé « L’accord d’association Union Européenne - Algérie garantit à l’enfant l’accès aux prestations sociales en France », sous entendu à l’enfant algérien quel qu’il soit. Je précise que le journal algérien le Matin est un journal plutôt socialiste et que l’on ne peut pas le taxer de complaisance avec le pouvoir actuel, quelques journalistes ayant laissé leur peau dans leur combat pour une presse algérienne libre et son directeur ayant été emprisonné pour avoir écrit un livre pamphlet sur le président Bouteflika, « Bouteflika, une imposture algérienne ». Et bien pensez-vous sincèrement que cette information ait fait la Une de nos médias nationaux français, presse ou télévision ? Eh bien non, c’est le silence le plus total et seuls quelques blogs indépendants et les « Contribuables Associés » ont relayé cette information (voir photo ci-jointe à agrandir pour la lire)  et notamment dans un numéro spécial « les Enquêtes du contribuable » sorti en avril et mai 2014 et intitulé « L'assistanat ruine la France, décourage le travail et avilit les français » et en sous titre « voyage au pays des 1001 allocs » et« Immigration : l’appel d’air des aides sociales ». Je vous en conseille vivement la lecture avec un excellent article du trop rare François de Closets. Savez-vous, qu’un ancien vice-président de la CNAF (Caisse Nationale des Allocations Familiales), Olivier Collas pour ne pas le nommer, a clairement été viré de cette institution par Najat Vallaud-Belkacem pour délit d’opinion et pour avoir critiqué un peu trop vertement ce type de mesures très irrationnelles pour un pays qui comme le nôtre va si mal et qui subit des fraudes sociales et fiscales s’élevant à plusieurs milliards chaque année (voir l'encart sur la photo). Alors bien sûr, nombreux sont ceux qui en lisant mon article vont me taxer de vouloir stigmatiser l’étranger, ici en l’occurrence l’algérien venant vivre en France, mais essayons de faire preuve d’un peu de logique : si chaque mois vous éprouvez des difficultés à boucler votre budget, si chaque mois vous creusez votre découvert à la banque, vous vient-il à l’idée d’aller donner 100 ou 200 euros à votre voisin sans savoir s’il va mieux ou moins bien que vous ? La réponse est clairement NON ! Et pourtant c’est bien ce que la France fait chaque mois, depuis très longtemps, avec l’aide de l’Union Européenne qui l’y oblige, mettant par voie de conséquence, un grand nombre de français modestes ou même moyens dans la difficulté.

Alors la solidarité c’est bien, c’est même parfait quant on peut pleinement l’assumer sans trop de contraintes mais en France, ce n’est plus la cas depuis très longtemps déjà….Pourtant, avec de telles mesures et depuis presque 40 années, nos hommes politiques de tous bords ont creusé un déficit abyssal (+ de 30.000 euros par habitants à ce jour) mais ils se refusent de voir la réalité en face et à engager de profondes réformes. On continue à accueillir toute la misère du monde.....et surtout on ne veut pas voir qu'on n'a jamais eu les moyens d'y subvenir....Où cela s'arrêtera-t-il ?

C’est mon opinion et comme le chantait si bien Julien Clerc mais pour une de tout autre raison, « mais elle est, ma préférence à moi », je parle de la France bien sûr……

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