Eklablog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Sentier du Labyrinthe Vert de Nébias.

Publié le par gibirando

 

Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques jouées par The London Starlight Orchestra avec Robert Janssen à l'harmonica. Elles ont pour titre : "Johnny Guitar", "Emmanuelle 2", "A Star Is Born Thème" et "Michelle".

C'est la News (prochaine randonnée de la page d'accueil) : Le Sentier du Labyrinthe Vert de Nébias.

C'est la News (prochaine randonnée de la page d'accueil) : Le Sentier du Labyrinthe Vert de Nébias.

  Cliquez sur les photos pour les agrandir. 2 fois pour obtenir un plein écran


Voilà comment en ce 15 février 2020, nous nous sommes retrouvés à marcher sur le « Sentier du Labyrinthe Vert » de Nébias. Ce jour-là, nous avions prévu d’aller randonner du côté de Sournia. Nos sacs à dos étaient prêts depuis la veille et il ne restait plus qu’à y mettre nos casse-croûtes. Au frais dans le frigo, une copieuse salade de riz, deux petits sandwichs-triangles et quelques compotes en constituaient l’essentiel. Depuis quelques jours, et hier soir encore, Météo France annonçait un grand ciel bleu sur toute la région et ce pour quelques jours. Un vrai et bel anticyclone. Aussi, à 7h du mat, en ouvrant le volet donnant sur le jardin, quelle ne fut pas ma surprise de constater que la totalité du firmament était complètement plombée. Tout était gris, mais le plus grave dans tout ça, c’est que rien ne laissait présager la plus petite éclaircie. Je partis de l’autre côté de la maison, me précipitais au milieu de la rue, mais là aussi tout était gris de partout. Vers le Canigou, le Mont Coronat et le Madres, aucune de ces montagnes n’étaient visibles, englouties qu’elles étaient sous cette chape cendrée. Quant au Montolier de Périllos dont j’aperçois en général le sommet au bout de ma rue, il était chapeauté d’une épaisse écharpe nuageuse comme le reste des Corbières. Oui, c’était bien l’ensemble du département qui était gris et même au delà. Une agacement froid commença à me monter à la tête. Me précipitant dans mon bureau, j’étais déjà entrain de ronchonner en me disant « comment Météo France peut-il se tromper à ce point ? » Oui, l’erreur était d’autant plus surprenante que les prévisions sur leur site continuaient à affirmer qu'un grand soleil allait rayonner et ce, à l’instant même où je les regardais sur l’écran de mon ordinateur. L’agacement se transforma en colère. Je pestais, et ce marmonnement revenait sans cesse en moi : « Oui, comme peut-on fournir une météo aussi décalée par rapport à la réalité ? ».

Dany se leva et je lui dis :

  • « Pour la rando, ça semble mal barré ! » lui expliquant la météo réelle et les mauvaises prévisions.
  • Toujours positive, elle me répondit : « Ecoute, on part à Sournia et nous verrons bien une fois là-bas ! » rajoutant « ça peut encore s’éclaircir » puis « le cas échéant, on improvisera ! ».

Tu parles d’une improvisation ? A 9H30, c’est au travers d’un épais crachin que l’on entra dans Sournia. La cité était déserte et comme la randonnée était de toute évidence « râpée », je pris immédiatement la décision de poursuivre la route vers Prats-de-Sournia. Là, depuis les premières hauteurs, Dany me fit remarquer qu’à l’horizon, beaucoup plus loin que le Bugarach dont on apercevait seulement la moitié de son pech, il y avait une longue frise bleutée. Très claire, elle contrastait avec le reste du ciel qui était sombre tout autour. Et là, comme un banal postulat, Dany s’exclama :

  • « Le mieux, c’est d’aller là-bas ! ».
  • « Là-bas ? Mais tu n’y penses pas. C’est très loin et c’est probablement la mer là-bas ! » lui rétorquais-je.
  • « Ecoutes, roule, nous verrons bien ! ».

On continua donc à rouler. Le Vivier, Les Cabanes, Fenouillet, Caudiès, Lapradelle, tous ces hameaux étaient enfouis sous une grisaille humide. A hauteur de St-Martin-Lys, un petit coin de ciel bleu apparut au dessus de la forêt de Fanges. Mais claustrés que nous étions au fond des Gorges de l’Aude, ce ne fut qu’une brève trouée. A Belvianes et Cavirac, en sortant des gorges, et comme si un rideau venait de se lever, un grand ciel bleu purgé de tout nuage apparut soudainement. J’étais estomaqué et n’en croyais pas mes yeux. Comme un diable sortant de sa boite, la frise bleutée que l’on avait vu à l’horizon était déjà là. « Bingo ! » s’écria Dany. A Quillan, c’était jour de marché et les réjouissances battaient leur plein. On se mêla à la foule, on flâna de stands en stands et d’étals en étals. Le temps passait et celui de la randonnée semblait bel et bien oublié, sauf le pique-nique car la faim était là. A midi, on quitta Quillan et son marché, direction Nébias, car je me souvenais d’une aire de pique-nique qui se trouvait au niveau des lacets de la D.117 juste avant le col du Portel. La table était bien là et on mangea la salade de riz avec autant de vigueur que si nous avions marché pendant plusieurs kilomètres On était heureux de cette merveilleuse météo et l’après-midi était encore devant nous. Dans le verdoyant vallon de Ginoles, on eut même droit à quelques belles circonvolutions orchestrées par deux vautours fauves. Tout en mangeant, je dis à Dany :

  • « Tu te souviens de Nébias ? »
  • «  Bien sûr, il y a le labyrinthe ! »
  • « Et de l’année tu t’en souviens ? »
  • « Non, plus du tout, mais c’était il y a au moins 10 ans ! »
  • « 2007 exactement ! » « Il y a 13 ans » « Et tu sais pourquoi je m’en souviens ? »
  • « Non ! »
  • « Parce que c’est l’année où je suis parti faire le Tour du Coronat en solitaire ». « Je m’en souviens car le jour où nous avions accompli ce Sentier Nature de Nébias, il y avait le festival Eldorando de la randonnée à Quillan et quand j’avais évoqué l’idée d’accomplir le Tour du Coronat avec les bénévoles du Comité FFRandonnée des Pyrénées-Orientales, ils avaient tenté de m’en dissuader, prétextant que ce tour n’existait plus depuis plusieurs années, qu’il était certainement embroussaillé et que certaines portions relevaient même du domaine privé. Ils m’avaient même conseillé d’attendre car ils pensaient qu’un jour il serait réhabilité. » « Toi, tu souffrais de ta polyarthrite qui t’avait empêché de m’accompagner, alors j’étais parti tout seul, l’accomplissant en 2 parties distinctes » « Je me souviens encore très bien car la deuxième partie c’était pile-poil le lendemain du mariage de Carole (notre fille) »« Ça te dirait de retourner à Nébias ? »
  • « Oui bien sûr ! »

 

Alors voilà comment nous nous sommes retrouvés 13 ans plus tard, à refaire, non pas « le Sentier Nature » un peu trop long pour le temps que nous avions à consacrer, mais le « Sentier du Labyrinthe Vert » un peu plus court que le premier. Alors, je ne vais vous raconter en détail cette balade. Non, à Nébias, ce sentier est parfaitement indiqué et balisé et si vous ne le connaissez pas, vous n’aurez aucune difficulté à trouver le départ et à l’accomplir. Non, la seule véritable chose qui m’ait désappointé et que j'ai retenue ce jour-là, comme cela m’avait déjà énormément marqué lors d’une randonnée aux Sources de l’Agly et de la Sals, c’est tous ces plants de buis desséchés et donc morts. Ici, comme du côté du Bugarach, cette plante est morte, sans doute à jamais, « bouffée » par la Pyrale du buis venue de Chine. Si ce désastre écologique m’a quelque peu perturbé, sa ressemblance invasive avec la pandémie du Covid-19 que nous vivons m’a depuis interpellé au point d’écrire à ce sujet dans Mon Journal Mensuel. Ici, à Nébias, sa disparition est d’autant plus gravissime, que les rochers et les buis dessinant le labyrinthe formaient le couple quasi parfait. D'ailleurs, la plupart des labyrinthes végétaux ne sont-ils pas fait essentiellement de buis, tans ce dernier est facile à sculpter ? Des roches en lapiaz comme sculptés par des géants et des buis que l’on pouvait tailler sans problème et à qui mieux-mieux pour donner une belle forme à ces merveilleux décors, voilà ce qu'était jadis ce Labyrinthe Vert de Nébias. Aujourd’hui, de ce couple si fidèle, le buis a disparu et force est de reconnaître que ce n’est plus comme avant, même si le lieu continue à mériter d’être connu et découvert. Même sans le buis, le vert ne manque pas dans cet univers où l’hygrométrie reste importante, mais les mousses, les lichens et les Barbes de Jupiter ne remplaceront jamais la brillance et la beauté du buis. Ce fameux « Buis toujours vert » auquel les anciens botanistes avaient donné à juste titre le nom latin de « Buxus sempervirens , signifiant « Buis à feuillages persistants ». Non seulement son feuillage n’a pas persisté au caractère « dévoreur » de la Pyrale mais du « toujours vert » nous sommes passés au « toujours gris ». Ne me demandez pas comment on dit gris en latin car de toute manière et quelque soit la langue, le gris sera toujours la couleur de la tristesse ! Cette balade a été longue de  4,7 km, non inclus la visite de Nébias et en flânant beaucoup nous l'avons accompli en un peu moins de 3h.   Carte IGN 2247 OT Lavelanet – Montségur – Lac de Montbel Top 25.

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

Les Gorges et les Cascades du Cady (1.084 m) depuis Casteil (824 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté par deux musiques extraites de l'album instrumental " Lofty"s Roach Soufflé " du Harry Connick Jr.Trio avec Harry Connick Jr.(piano) Benjamin Jonah Wolfe (basse) et Shannon Powell (batterie). Elles ont pour titre : Colomby Day et One Last Pitch (take 2).

LES-GORGES-DU-CADY
Voir taille réelle
GORGESCADYIGN

Après avoir gravi le pic mythique sous un soleil torride, je n’ai pas voulu quitter le Massif du Canigou sans une balade bien plus facile et pleine de fraîcheur. En été, s’il existe une balade très raffraichissante, c’est bien celle des Gorges du Cady. Ce type de balade qui consiste à suivre un cours d’eau, ici un torrent de montagne en l’occurrence, est d’autant plus agréable pour moi que dès lors que j’ai chaud et que j’aperçois la moindre flaque, je ne peux m’empêcher d’y tremper les pieds quand ce n’est pas d’y plonger la tête ou mon corps tout entier. Or, ici, les flaques se présentent le plus souvent sous la forme de jolies petites vasques ou de profondes marmites aux eaux cristallines. Et comme si ça ne suffisait pas à mon bonheur, ces cuvettes sont parfois agrémentées de petits toboggans où la baignade se transforme très vite en du canyoning en miniature. Seul inconvénient, l’eau est parfois si fraîche, pour ne pas dire froide, que Dany, qui s’est risquée à tremper un orteil,  me regarde avec des yeux écarquillés de stupéfaction ou peut être anéantis, je ne sais pas, se disant sans doute que je suis un « grand malade ». Mais que voulez-vous, j’ai toujours adoré me baigner dans de l’eau très fraîche, et parfois, de surcroît dans des lieux plutôt « insolites » pour ne pas dire inhospitaliers voire hostiles. Ce « drôle » de penchant, je l’ai acquis depuis ma plus tendre enfance car depuis toujours, j’ai pris pour habitude de me baigner dans les eaux turquoises des calanques marseillaises où mes parents possédaient un petit cabanon, à Sormiou plus exactement. Or, les calanques sont bien connues pour leurs courants marins capricieux, leurs nombreuses résurgences de rivières sous-marines et leurs eaux si glaciales dès qu’un brin de mistral se met à souffler. Alors bien évidemment, si le but de cette balade aux Gorges du Cady est de marcher pour rejoindre une belle cascade, pour moi, ce n’est mon dessein essentiel. Non, mon objectif premier, outre la randonnée, est de lui adjoindre un agréable moment de pique-nique dans un coin tranquille, rafraîchissant et où la baignade est autorisée de préférence. En tous cas, ici au départ de la balade, la seule interdiction par arrêté préfectoral que j’ai notée, c’est celle de descendre les gorges en canyoning. Le départ s’effectue peu après Casteil, en direction du col de Jou sur la piste forestière dite de Mariailles, encore bitumée sur ce secteur. Un petit parking est là, tout près d’une station de pompage et de traitement de l’eau. Cette station, c’est celle du SIVOM du Roc des Ermites dont la tâche est de capter l’eau du Cady pour l’assainir puis la transformer en une eau propice à la consommation. Le sentier démarre en passant entre les bâtiments et rejoint quelques mètres plus hauts, un chemin plus large. Un panonceau de randonnée fournit les premières indications : sur la droite, la Cascade du Cady donnée pour un aller-retour de 4h et sur la gauche l’abbaye de Saint-Martin-du-Canigou à 1h. L’itinéraire balisé en jaune est donc tout simple. Attention, simple ne veut pas dire facile et c’est d’ailleurs tout le contraire. Il faut garder à l’esprit que l’on va cheminer le cours d’un torrent de montagne, lequel torrent pour se frayer un chemin dans cette forteresse minérale constituée de larges rocs et de hautes falaises a du tout fracasser sur son passage. C’est ainsi que la Cady a créé un dédale de ravins et de gorges profondes où les pierriers sont évidemment très présents. Le parcours pour rejoindre les cascades n’est donc jamais facile même si pour le bonheur des randonneurs et des pêcheurs, de multiples passerelles ont été édifiées pour en faciliter le cheminement et les passages successifs d’une rive à l’autre A cette difficulté du terrain vient s’ajouter une végétation incroyablement belle et dense qui trouve dans ces gorges toute l’hygrométrie nécessaire à son épanouissement. Le nombre d’essences différentes est assez phénoménal. Le règne animal pas toujours visible au premier coup d’œil  n’est pas en reste et trouve dans ce biotope, un habitat adapté. Personnellement étant très attentif à cet aspect faunique de la balade, j’y ai découvert et photographié parfois avec surprise des espèces aussi disparates que des passereaux, des papillons, des criquets, un lézard vert et un autre des murailles, une salamandre tachetée et enfin de manière encore plus étonnante, une chauve-souris aux immenses oreilles qu’on appelle « oreillard », sans doute dérangée par quelques fans de la grimpe. Un autre jeu plus paisible que la grimpe consiste à déceler dans les pans des différentes falaises que l’on aperçoit, des formes, des animaux voire des visages plus ou moins humains ou monstrueux. J’en ai découvert quelques uns mais sans doute ai-je une imagination bien trop fertile ? C’est donc, je suppose, pour toutes ces raisons que les Gorges de Cady constituent une balade estivale plutôt prisée. En été, les randonneurs sont parfois très nombreux à circuler et si les lieux de baignade y sont également pléthores, les bons emplacements sont quelquefois difficiles à trouver à l’heure du déjeuner. Il faut donc partir suffisamment tôt, de telle manière à arriver à la cascade avant l’heure du pique-nique et consacrer le retour à la recherche d’un coin idéal. A tout cela, il faut ajouter et se souvenir que très nombreux varappeurs, du simple débutant au plus expérimenté, affectionnent les Gorges du Cady et que les zones et les voies d’escalade sont presque aussi nombreuses que les falaises que vous aurez à côtoyer. Ces secteurs et voies de grimpe ont des noms parfois assez insolites comme le Pilier St Martin, le Gendarme, Roca Alta, l’Olive, le Pin des Pisses, Caca Boum, Casse Dalle, j’en passe et des meilleurs. J’avoue que les grimpeurs ont parfois bien plus d’imagination et d’humour que peuvent en avoir les randonneurs. Enfin compte tenu de toutes ces précautions à prendre, Dany et moi avons entamé un départ vers 10h15 pour une arrivée à la cascade un peu avant 12h, le tout en ayant plutôt flânés et marqués quelques brèves pauses. Le temps de quelques photos souvenirs à la cascade et à 12 h tapantes, le coin parfait était déjà trouvé. A partir de là, nous avons pris tout notre temps, à la fois pour déjeuner, moi pour me baigner et ensuite pour amorcer le retour. A 15h, la balade était terminée et nous avions déjà passé une très belle et tonique journée. Aller et retour, la balade est longue de 5,5 km environ pour un dénivelé de 260 mètres, la cascade de Cady étant située à 1.084 m d’altitude et le parking du départ à 824 mètres. Bonnes chaussures de randonnée à tiges hautes sont à conseiller. Enfin et pour la petite histoire, ce jour là, j’ai fait sans doute ma B.A car la salamandre était un peu perdue au milieu des graviers de la dernière partie du chemin, juste avec la station de pompage, et ça a été un vrai miracle qu’elle ne soit pas piétinée par plusieurs randonneurs. Sachant que sa peau secrète un mucus empoisonné, dont au Moyen-âge on pensait qu’il était transmissible à l’homme, le transformant ainsi en sorcier, j’ai néanmoins pris le risque de la prendre dans ma main pour aller la déposer sur l’herbe fraîche en bordure de la rivière. Un endroit bien plus tranquille et humide correspondant bien mieux à son habitat. Si un jour ça vous arrive, n’ayez aucune crainte mais surtout ne portez pas vos mains à la bouche ou ne vous frottez pas les yeux et bien évidemment, lavez-vous bien les mains après l’avoir touchée. Carte I.G.N 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

Où va la France ? Vers le déclin ?

Publié le par gibirando


Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire dans de précédents articles de Mon Journal Mensuel, en tant que citoyen et contribuable français, il y a 2 associations absolument indépendantes qui me tiennent particulièrement à cœur : les Contribuables Associés et l’Institut pour la Justice. Leurs difficiles combats respectifs pour une France bien meilleure et surtout plus juste pour les Français que nous sommes sont tout simplement remarquables. Ici, pas de pensées religieuses bonnes ou mauvaises, pas de communautarisme sous-jacent, pas d’idéologies malfaisantes, pas de dogmes à quatre sous mais seulement du bon sens, de la justesse et de la justice, des évidences, de la vérité, de l’authenticité dans leur propos et écrits. Prenez par exemple leurs deux dernières lettres que je viens de recevoir :

 

1- Les Contribuables Associés : 8 français sur 10 pensent que le chômage est la conséquence directe du matraquage fiscal (sondage Ifop de sept.2015) - « Trop de dépenses publiques = trop d’impôts = trop de chômage ! ».

Voilà le titre de leur plus récente lettre. Un titre si évident pour une majorité de français que l’on a du mal à comprendre que nos gouvernants ne fassent rien ou pas grand-chose pour que ça change ! Tous les autres pays ont déjà et depuis longtemps engagé des réformes capitales. La France, en la matière, a fait très peu. Alors qu’après la crise de 2008, la plupart des autres pays européens ont amélioré leurs performances, la France continue de décrocher le « pompon » dans bien des domaines : pompon de la dépense publique qui ne cesse d’enfler à la vitesse grand « V », pompon du chômage, pompon des prélèvements sociaux et fiscaux, parmi les plus hauts du monde, pompon de la plus faible croissance alors que le pétrole est au plus bas depuis des mois, pompon de la baisse du pouvoir d’achat, pompon de la morosité ambiante des citoyens mais aussi de nos entrepreneurs et notamment des plus modestes à savoir artisans, commerçants, agriculteurs, éleveurs et pêcheurs, etc…..Jusqu’à présent à quoi ont servi les milliards octroyés dans les cadres du C.I.C.E (Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi) et du P.R.S (Pacte de responsabilité et de Solidarité) ? Savez-vous que la plupart de ces milliards sont allés à de grandes entreprises cotées en bourse ou bien à la Poste et la SNCF. La plupart des premières n’avaient pas besoin de cela dégageant déjà de puissants profits pour leurs riches actionnaires quand aux 2 autres, elles sont fortement endettées depuis des années, du coup elles dégraissent continuellement et ne parlent que de continuer à dégraisser leur personnel dans le cadre de la prochaine privatisation de leur activité. De nombreux autres milliards sont encore à distribuer avant la fin du quinquennat et l’on peut déjà parier que ce seront encore les mêmes qui se partageront la plus grosse part du gâteau. Alors qu’est-ce qu’on dit ? Merci Monsieur Hollande, merci Monsieur Valls ! Aux manettes depuis presque 4 ans, ce sont sans doute les pires incompétents que la France ait connus depuis très longtemps ! Il est vrai qu’ils sont tellement occupés à imaginer de biens troubles desseins et complots pour gagner les prochaines élections que les français que nous sommes ne peuvent passer qu’au second plan !

 

 

Trois exemples que l’on peut aisément reliés entre eux en ce début d’année 2016 : Premier exemple, le prix des timbres postaux augmentent de presque 4% en moyenne après les 7% de 2015, plus forte hausse des tarifs de l’Histoire de la Poste. Les français dépensent en moyenne 4 à  5 euros par mois en frais de timbres. Dans le même temps et 2eme exemple, le SMIC net augmente au 1er janvier de 6 euros, c'est-à-dire que pour un smicard, 70% de cette augmentation va disparaître en frais postaux ! J’oublie volontairement toutes les autres augmentations dont on parle peu (frais bancaires, mutuelle, assurances, taxes sur les carburants, etc….). 3eme exemple, de nombreux médias nous annoncent une augmentation non négligeable de la rémunération de la plupart des conseillers régionaux sous prétexte que les régions sont désormais plus grandes. Leur rémunération fonctionnant par tranche d’habitants, inévitablement tous les salaires de ces politiciens que nous avons élus en décembre vont mécaniquement augmentés. Je rappelle à mes lecteurs au cas où certains l’auraient oublié, que le but principal de la réduction du nombre de régions était de faire des économies pour réduire la dette ! On nous annonce selon l’importance des régions (nombre d’habitants) des augmentations de l’ordre de 40% et pouvant aller jusqu’à 75% en Aquitaine par exemple. C’est ainsi que l’on apprend que la plus petite hausse pour le salaire d’un simple conseiller sera tout de même de 380 euros par mois dans la plus petite région (Franche-Comté). On imagine aisément ce que sera la plus forte et on sera donc bien évidemment très très loin des 6 euros accordés « royalement » à tous nos smicards. Alors deux poids, deux mesures ?

 

2- L’Institut pour la Justice : « Acceptez-vous de payer des vacances aux délinquants ? Non ? Nous non plus.»

Voilà le titre de leur dernière lettre. Qu’apprend-on dans cette lettre ? Rien de vraiment nouveau à vrai dire, les prisons ne sont plus des bagnes inhumains depuis très longtemps déjà ; ça, on le savait plus ou moins ;  mais d’un autre côté, on apprend beaucoup sur cette évolution et l’ampleur malsaine qu’elle est entrain de prendre, mais de là à imaginer que nos prisons françaises deviennent de véritables colonies de vacances, ça on le savait moins. Et pourtant, depuis la mise en œuvre de certaines lois permissives chères à Mme Taubira, ce processus n’a fait qu’empirer. Avec l’article 57 par exemple, il n’y a plus de fouille systématique des prisonniers après leur passage aux parloirs et donc c’est la porte grande ouverte à tous les trafics possibles et imaginables. Les syndicats des surveillants ont beau s’en plaindre, rien n’y fait et tous les trafics s’amplifient : smartphones, tablettes, téléphones portables que tout « bon » prisonnier possède désormais, mais aussi, trafics de drogues, d’argent, de bouteilles d’alcool, d’armes blanches, de jouets sexuels et selon le quotidien Metronews, on aurait même vu des prisonniers en cellule avec des objets insolites comme des piscines gonflables ou des narguilés. Oui, dans cette lettre, l’Institut pour la Justice dénonce de multiples exemples de prisons ; témoignages et articles de presse à l’appui ; qui sont devenus de vrais centres de vacances et le pire c’est que les prisonniers qui ont désormais accès à Internet grâce à leurs smartphones ou à leurs tablettes se glorifient de ces situations très avantageuses sur les réseaux sociaux. La justice pénitentiaire comme la justice en général est dans le laxisme le plus incroyable et cet état de fait pousse les délinquants à penser qu’ils peuvent récidiver sans trop d’inquiétude sur leur sort futur. Et c’est si vrai, quand on voit que l’administration pénitentiaire est capable d’organiser des goûters, de mettre à leur disposition des boutiques où les produits sont beaucoup moins chers qu’à l’extérieur, des salles de sport, des bibliothèques, des ateliers de loisirs créatifs, des écrans de cinémas, des télévisions avec des chaînes payantes. Ils peuvent poursuivre des formations, s’initier au théâtre et suivre des cours de chants. On leur organise des concerts à l’intérieur même des prisons ou plus simplement, ils peuvent restés oisifs sans aucune autre obligation que les promenades journalières. Toutes choses que de nombreux français sont incapables de s’offrir ou de faire étant obliger de travailler ou ayant des difficultés à boucler leur fin de mois.

 

 

C’est ainsi que l’Institut pour la Justice nous apprend également qu’un détenu lambda coûte en moyenne au contribuable 35.000 euros par an et qu’en contrepartie très peu d’entre-eux effectuent un travail (16.000 détenus sur les 66.000 ont un jour réalisé un travail en prison) et de ce fait, avec le bon sens qui les caractérise, ils ont lancé une pétition pour que tous les détenus, autant qu’il est possible, soient mis au travail. Tout ça est parfaitement possible et plutôt que de délocaliser certaines tâches dans des pays où la main d’œuvre est à bas coûts, les détenus pourraient s’en charger. La société serait gagnante, les contribuables que nous sommes aussi et les détenus seraient occupés et cesseraient de prendre leurs prisons pour des « Club Med » comme on le voit sur Internet et sur certains réseaux sociaux.

 

Pour couronner le tout, savez-vous que certains socialistes trouvent que les conditions pénitentiaires sont encore bien trop sévères en France ? Savez-vous que certaines associations sous prétexte de plus d’humanisme veulent aligner le travail en prison sur le Code du Travail régissant celui des salariés avec prime d’ancienneté, congés payés et tutti quanti ? C’est à croire que tous les fous furieux ne sont pas tous enfermés !

 

Cette mesure très simple de mettre les détenus au travail et qui présente de très nombreux avantages (pour la justice, le milieu carcéral, la société, les victimes et les citoyens) a prouvé son efficacité dans de nombreux pays et pourtant la France est une fois encore à la traîne et parmi les « bons » derniers dans ce domaine.

 

Souvenons-nous que parmi ces détenus « soignés aux petits oignons » et « privilégiés », il y a eu à un moment les frères Kouachi et Amedy Coulibaly et que c’est justement à cause de lois bien trop laxistes qu’ils ont été à même d’assassiner 17 personnes chez Charlie Hebdo et à l’Hyper Cacher. Eh oui que voulez-vous, c’est bien mieux et bien plus facile d’attribuer des remises de peines presque sans limite à des délinquants que de mettre en œuvre des solutions pour protéger des journalistes, des policiers ou de simples citoyens.

 

Ne trouvez-vous pas que les combats respectifs des Contribuables Associés et de l’Institut pour la Justice ont de très nombreuses similitudes et positions communes ? Parfois, ils se rejoignent même. Normal, nos gouvernants ne font rien pour améliorer le sort des français ou des victimes mais font de plus en plus pour satisfaire celui des voyous ! Nous le payons de plus en plus cher et à tous points de vue !

 

Aidons ces deux associations, soyons leurs messagers, leurs porte-parole, sinon la France est mal barrée et ira inéluctablement vers un déclin irrémédiable et définitif.

Partager cet article
Repost0

Bonne et Heureuse Année 2016 à tous les visiteurs de mon blog

Publié le par gibirando

A tous les visiteurs de mon blog, je souhaite une Bonne et Heureuse Année 2016, pleine de belles randonnées !

Voici, une carte de ma composition personnelle réalisée à partir de photos de papillons essentiellement prises dans le petit village d'Urbanya dans le Haut-Conflent (Pyrénées-Orientales)

Partager cet article
Repost0

Le Pic du Canigou (2.784 m) depuis Mariailles (parking Le Randé - 1.520 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est enjolivé avec des musiques d'Ennio Morricone extraites de la bande originale du film "Le Professionnel" de Georges Lautner avec Jean-Paul Belmondo. Leurs titres ; Le Vent, le Cri - Chi Mai - D'Afrique - Le Retour (Sur le nom de Bach)


Il fallait bien que ça arrive un jour ! A force de lui attribuer tous les superlatifs les plus pléthoriques, de le mettre en exergue à chacune ou presque de mes randonnées départementales voire limitrophes parfois, de le traiter le plus souvent de « grand seigneur », de « majesté », d’ « Olympe des Catalans », de « montagne sacrée », de sommet mythique, de « mont des monts », comme l’étymologie de son nom le laisse supposer, voilà qu’enfin, en ce 6 août 2015, je m’étais décidé à aller gravir notre « fameux » Canigò. Je dis « notre » car il faut bien le dire, cette montagne si belle et si majestueuse, elle appartient à tout le monde, catalans ou pas catalans ! On ouvre notre fenêtre, on se balade dans une rue d’un village du Roussillon et son pinacle apparaît au loin, plus merveilleux bien sûr quand il est enneigé. Et puis, n’est-il pas visible depuis la Provence comme certains de mes amis blogueurs me l’ont prouvé en m’envoyant moultes photos et vidéos si « extraordinaires » d’un incroyable coucher du soleil ? Enfin, pour le toucher, il suffit d’en avoir envie et rejoindre son sommet est presque un jeu d’enfant à partir des Cortalets. Je me souviens toujours de cette anecdote avec ce couple de stéphanois (de Saint-Etienne) dont j’avais croisé la route lors de la dernière étape de mon Tour pédestre du Coronat. Par un bel après-midi d’août, nous étions tous à prendre un goûter assis près de la chapelle Saint-Etienne de Campilles, au dessus de Villefranche-de-Conflent et nous dissertions sur les randonnées en général et sur le Canigou qui nous faisait face en particulier. Ce couple était persuadé que pour monter au sommet du Canigou, il fallait nécessairement être un grand alpiniste, avoir un matériel d’escalade approprié et moi, je m’évertuais à leur dire que même leurs trois jeunes filles âgées de 7 à 12 ans pouvaient aisément y monter. Il a fallu que j’argumente un max, que je sorte ma carte I.G.N et que je leur dise que l’on pouvait presque y monter en voiture pour qu’enfin ils se décident à me croire, non sans penser sans doute qu’avec mon accent marseillais, j’exagérais sans doute un peu. Quand je les avais quitté pour finir mon étape, dans leurs têtes, c’était décidé : « ils ne finiraient pas leurs vacances sans être montés au Canigou ! ». Voilà pour cette anecdote amusante mais qui montre ô combien ce sommet inspire à la fois admiration, respect et désir. Pour moi, en ce 6 août 2015, cet objectif de faire l’ascension du Canigou, ce n’était pas exactement ce que l’on appelle une « première » mais la cinquième fois que j’allais le gravir, quatre fois depuis les Cortalets et une seule fois depuis Mariailles. Ma première ascension datait de juillet 1989 et avec un groupe d’amis, nous avions marché 2 jours de Valmanya aux Cortalets le premier jour puis jusqu’au pic le lendemain. A l’époque, j’avais 40 ans et donc 26 ans de moins. En tous cas et même si je gardais quelques photos des différentes ascensions, c’était la toute première fois que je m’y rendrais avec la ferme intention de laisser un récit et un reportage photographique digne de ce nom. Ce reportage bien sûr devant servir à nourrir ce blog « randonnées » que je développe désormais depuis plus de 7 ans. Parfois, quelques blogueurs m’en avaient gentiment fait le reproche de ne pas l’avoir encore inscrit et c’est vrai que j’ai mis pas mal de temps à me décider. Cette fois-ci encore. L’envie était là, mais je voulais que les conditions soient idéales, en tous cas les plus propices, à la fois sur le plan « météo » principalement, pour que mon article soit le meilleur possible, mais aussi sur le plan physique car depuis Mariailles, je me souvenais d’une randonnée plutôt très longue et même difficile sur la fin en arrivant à la pierreuse « Cheminée ». Par cet itinéraire, la dernière fois que j’y étais monté, c’était il y a une quinzaine d’années et autant dire qu’à 66 ans, on n’a plus les jambes de 50 et ça je l’appréhendais un peu, même si je marche encore beaucoup ! Enfin, j’étais tout de même décidé à le faire avant d’être trop vieux ! Depuis Urbanya, où je passais l’essentiel de mes vacances estivales, j’avais remarqué que le Canigou commençait à se charger en nuages en début d’après-midi sur les coups de 13, 14 voire 15 heures parfois. Mon premier objectif serait donc de parvenir au sommet de préférence bien avant les nuages car il n’y a rien de pire que de monter tout là-haut et d’avoir la tête enveloppée d’une écharpe opaque empêchant toutes visions.  Mais à 66 ans, courir contre des nuages, était-ce bien raisonnable ?  A 6h30, sous un ciel encore un peu blafard, j’ai donc quitté Urbanya, direction Mariailles par Vernet-les-Bains, Casteil puis le col de Jou où j’ai poursuivi la piste forestière jusqu’au parking du Randé. Entre temps, je m’étais arrêté quelques minutes pour observer et photographier mon objectif du jour, un peu comme le font deux boxeurs avant le combat quand ils se regardent les yeux dans les yeux pour se défier et montrer qu’ils n’ont pas peur de l’autre. A chaque arrêt, le massif était différent, d’abord d’un noir d’ébène, il se détachait magnifiquement dans un ciel blafard depuis la route d’Urbanya. A Ria, entre chien et loup, c’est une pyramide bleue acier que j’ai pu voir dans un ciel bleu devenant laiteux. Après Casteil, dans la montée vers le col de Jou, alors que je pensais le voir une dernière fois, le Canigou avait disparu et il avait laissé la place à une petite montagne minérale et végétale où falaises et pierriers blanchâtres et forêts olivâtres se partageaient le décor. A partir de là, j’ai décidé de ne plus m’arrêter. 7h30, je range ma voiture sur le parking du Randé. Les véhicules garés sont déjà très nombreux mais paradoxalement il n’y a pas âme qui vive. Seuls, deux ânons et deux jolis chevaux pie magnifiquement tachetés sont là attachés aux clôtures. Mes caresses n’ont pas l’air de les enthousiasmer et j’ai même le sentiment qu’ils dorment debout. Sans entrain, ils attendent des randonneurs trop paresseux pour porter leur propre sac à dos  J’endosse le mien et file vers des pancartes indicatives. Ces pancartes, je les connais bien et les choix proposés vers Mariailles aussi. Que ce soit par la piste ou par le G.R.10, je sais déjà que 40 minutes environ me seront nécessaires pour arriver à la hauteur du refuge. Je fais le choix de la piste que j’estime préférable pour me mettre en jambes. Seules quelques rares fleurs me freinent dans ce placide démarrage et malgré ces brefs arrêts photographiques, à 8h10 me voilà à Mariailles où au milieu de vaches encore plus placides que moi, je tente de me frayer un chemin. Ici, et bien au delà de son classement en grand site, à cause des troupeaux qui sont à l’estive et des touristes qui fréquentent en très grand nombre le massif, on comprend mieux pourquoi les pistes forestières menant vers le Canigou sont interdites à tous les véhicules des non ayants droit en période estivale. Au col, je délaisse la piste non sans avoir au préalable jeté un coup d’œil sur le seul panonceau qui pourrait m’intéresser : « Pic du Canigò - 8,2 km – 4 heures ». Tous ces chiffres me laissent perplexe car selon le tracé que j’ai enregistré dans mon G.P.S, c’est au bas mot plus de 2,5 km supplémentaires qu’il me faudra cheminer pour arriver au sommet. Quand aux 4 heures annoncées, je ne me fais aucune illusion, avec mon habitude de flâner, j’en serais sans doute bien loin même si je garde dans un coin de ma tête cette envie certaine d’arriver avant les nuages, c'est-à-dire avant 13 heures. A l’instant où je bascule sur le G.R.10, un randonneur me dépasse. C’est le tout premier que j’aperçois depuis le Randé. On se salue. Il a environ mon âge mais marche bien plus vite que moi. D’autres randonneurs arrivent encore mais poursuivent la piste soit vers les Mattes Rouges soit vers le Pla Guillem. Devant moi, le randonneur de mon âge a quitté le sentier et je le vois se diriger en contrebas vers la Fontaine de la Jasse où il remplit des gourdes. Je poursuis mais peu après la passerelle enjambant le torrent de la Llipodère, il me doublera à nouveau et là, je ne le reverrai plus jamais. Il faut dire que mon numérique est déjà bien entré en action et que chaque photo est toujours ponctuée d’un petit arrêt. Pourtant, la luminosité est loin d’être idéale car soit le ciel est encore bien opalin soit les rayons du soleil me dardent en pleine face et la qualité de mes prises de vues paysagères s’en ressentent. Tant pis, je me suis promis de prendre un maximum de photos pour agrémenter mon reportage. Après le Ravin des Sept Hommes et le Col Vert, il est presque 9 heures quand je pousse une porte métallique servant de démarcation à des décors bien différents. Ici, je quitte les sombres sous-bois de résineux pour des milieux plus ouverts plongeant sur le profond Ravin du Cady et offrant des vues panoramiques époustouflantes et lointaines. Sur la gauche, les pics Quazemi déroulent leurs douces crêtes pelées quand au Roc de Cady, sa haute stature rougeâtre et chaotique contraste avec la végétation environnante si verte. Désormais, tous ces paysages apparaissent sous un firmament d’une couleur bleu ciel tant espérée. Le sentier et ses abords changent aussi. Il alterne les gros éboulis descendant des Sept Hommes, les petites tourbières mouillées ou les portions herbeuses où les petits pins à crochets, les rhododendrons, les genêts, les fétuques et les fleurs multicolores se livrent une lutte sans merci pour s’approprier l’espace laissé libre par les hautes forêts. Dans cette lande incroyablement compacte, une faune bien visible composée essentiellement de lépidoptères, d’orthoptères et de passereaux sautille et virevolte. J’y aperçoit quelques criquets, deux ou trois papillons, un pinson, des mésanges et pour la toute première fois, un accenteur alpin. La sente descend tout doucement vers le torrent de Cady dont les berges sont occupées par un groupe de randonneurs espagnols entrain de déjeuner. Dans l’immédiat, je ne fais que les saluer et je ne m’arrête pas mais ces quelques marcheurs seront mes complices permanents dans l’ascension finale vers le sommet. Tout en montant vers le Roc de Cady et le refuge Arago, de nouvelles vues s’entrouvrent plus ou moins lointaines et pour certaines bien reconnaissables pour y avoir cheminé : Pic des Sept Hommes, Pic des Tres Estelles et beaucoup plus loin encore le Mont Coronat, le Pic de la Pelade, le Madres et le Carlit. En approchant de la Cabane Arago, la végétation change encore et d’autres paysages se dévoilent dans la direction opposée. Ici, tout autour de cet ancien et immense cirque glaciaire formé par la Solane de Quazémi et les Gourgs du Cady, ce ne sont que des hautes crêtes ondulées formées par un série de « puigs » oscillant entre 2.600 et 2.700 mètres d’altitude : Sept Hommes, Roja, Tres Vents, Roc Nègre, Sec, Barbet et enfin Canigou. La végétation, elle, est essentiellement composé d’une lande où de ras genêts purgatifs et de blonds gispets poussent au milieu des magmas rocheux que des glaciers millénaires aujourd’hui disparus ont charriés anarchiquement. Après le refuge,  et toute proportion gardée, la sente devient un peu plus sévère. On enjambe un étroit ruisseau donc je peux supposer qu’il s’agit du Cady bien que sa source soit plutôt difficile à discerner sur la carte I.G.N. Plus on monte, plus la pente s’accentue, plus l’herbe devient rare et rase et laisse peu à peu la place aux seules caillasses. Ici, c’est le royaume des traquets motteux et des marmottes que l’on entend chanter et siffler sans jamais trop les apercevoir ni les uns ni les autres. Ce n’est pas faute pourtant de m’arrêter et d’observer chacun des rochers d’où proviennent toutes ces stridulations. J’aurais plus de chance au retour. Le sentier est désormais essentiellement caillouteux et rocheux même si ma curiosité me conduit à trouver encore quelques fleurs dans les moindres interstices : Pieds de chat, campanules, raiponces, achillées et autres séneçons notamment. Je ne suis plus seul et nous sommes désormais plutôt nombreux à grimper vers la « glorieuse » cime. Dans ma flânerie continuelle, je laisse passer toute le monde et ça d’autant plus facilement qu’un grand ciel bleu d’une incroyable pureté est bien, comme je l’avais imaginé, au rendez-vous de cette difficile ascension. Sans me presser, et sauf incident toujours possible, je sais déjà qu’à 13 heures, je serais là-haut. Le groupe d’espagnols aperçu au bord du Cady m’accompagne désormais. On se dépasse, puis on se laisse aller à une pause puis on se double à nouveau, se faisant presque des politesses quand le sentier devient plus compliqué à cheminer. 12h30, je domine la Brèche Durier et la célèbre « Cheminée » se présente droit devant moi. A son pied, nous sommes très nombreux, trop nombreux à mon goût dans ce couloir si abrupt, caillouteux et plutôt étroit quand au seul passage qui est véritablement praticable. J’appréhende les chutes de pierres et je me dis qu’un casque ne serait peut être pas superflu. Je laisse les gens s’avancer et garde un bon espace avec eux avant de me lancer. Dès que je rattrape une personne un peu plus lente, soit je la dépasse soit j’en profite pour m’arrêter et prendre de superbes photos, histoire de lui préserver une nouvelle distance. Vues aériennes de la Vallée du Cady, de la Solane du Quazémi, de la Conque du Pic, insolite « Totem », arêtes acérées du Quazémi de Dalt, tout est beau à photographier et prétexte à éviter une éventuelle chute de pierres. A 13 heures tapantes, mon regard bascule vers l’autre versant. Le Canigò est là et le « cas nigaud » que je suis et qui voulais arriver avant les nuages a gagné son pari !  La croix forgée (*) est tellement envahie de randonneurs que je file immédiatement vers la table d’orientation. Là, ça semble bien plus calme mais malheureusement la table est littéralement infestée par des fourmis ailées sortant de tous côtés. D’où viennent-elles ? Je ne cherche même pas à comprendre tant il y en a et tant elles s’avèrent agressives. Je suis contraint de me sauver tant il en grouille de toutes parts. Je me suis éloigné d’une vingtaine de mètres dans la descente vers les Cortalets et pourtant je vais même en retrouver sans cesse dans la salade et les sandwichs de mon pique-nique. Finalement, je finis par les oublier et je suis vraiment ravi car le beau temps tant escompté est là et les panoramas sont sublimes même si quelques nuages épars circulent sous le massif et si une brume blanchâtre voire grisâtre barre les horizons les plus lointains. Vernet-les-Bains, Prades et de nombreuses autres communes sont très facilement identifiables. Je domine le chalet des Cortalets que j’aperçois en contrebas blotti dans la forêt de sapins. Dans le ciel, et juste au dessus de ma tête, deux vautours fauves viennent d’entamer une angoissante ronde. Ils planent et sans aucun battement d’ailes,  se laissent porter par les courants aériens disparaissant peu à peu de ma vue dans une étonnante spirale. Après le pique-nique, je scrute les paysages du Conflent en quête d’apercevoir Urbanya que finalement j’arrive à distinguer grâce à la grande ferme blanche dominant ma maison. Par amusement, j’essaie de prendre une photo mais même avec mon zoom grossissant 30 fois, la perception s’avère bien insuffisante avec cette ouate brumeuse voilant l’horizon. Un flot presque continuel de randonneurs de tous âges arrive des Cortalets et j’attends le moment le plus propice pour m’approcher de la table d’orientation et surtout de la croix matérialisant le sommet. Le but de cette approche : prendre la traditionnelle photo souvenir bien sûr. Les fourmis volantes semblent s’être volatilisées et en tous cas, elles sont bien moins nombreuses et belliqueuses qu’à mon arrivée.  La croix se libère bien plus vite que je ne l’avais espéré et une gentille jeune dame se trouve là à point nommé pour immortaliser mon plaisir d’être monter à 2.784 mètres d’altitude. Trois ou quatre photos et je la remercie comme il se doit en la gratifiant de mille mercis et en lui offrant une barre chocolatée qu’elle refuse poliment. D’autres randonneurs ne se satisfont pas de l’altitude du Canigou et se croient obligés de monter droit debout sur la table d’orientation. Il est temps de repartir et au moment où je m’engage dans le « Cheminée », je ne vois que lui. Un visage de granit tel un gigantesque « Robocop » d’acier que je n’avais jamais remarqué lors de mes venues précédentes. Effets de lumières, heure favorable à cette découverte, en tous cas, je semble le seul à m’intéresser à ce profil de pierre si hermétiquement impressionnant. Je le photographie. Dans le « Cheminée », les randonneurs sont assez peu nombreux à monter, alors je n’hésite pas une seconde et je me mets à descendre en prenant le train d’un couple de jeunes espagnols. Je commets là une grave erreur car comme le célèbre « mouton de Panurge », je vais les suivre sans trop me soucier du chemin qu’ils vont emprunter. Or, plutôt que de suivre l’itinéraire le plus classique balisé en jaune, le jeune homme a décidé de prendre un raccourci au travers des monumentaux éboulis de la Conque du Pic. En réalité, ce raccourci, ponctué il est vrai de quelques cairns, va s’avérer être une vraie galère dans laquelle je vais slalomer sans cesse entre les gros blocs de pierres pas toujours faciles à enjamber ou à contourner. Chaque pas est presque une prouesse et je redouble de vigilance pour éviter un éventuel accident. Après plus d’une heure dans la caillasse, c’est avec un réel soulagement que je retrouve le sentier et les premières graminées du Pla de Cady. Là, et avec beaucoup de réussite, c’est en voulant photographier un traquet que je zoome par hasard sur une marmotte. La chance du photographe animalier est avec moi. Le temps d’une photo et elle a déjà rejoint sa tanière. Je m’arrête souvent pour de nouvelles photos mais quand je repars c’est toujours en allongeant les foulées. Je sors du sentier le plus emprunté et n’hésite pas à prendre de petits raccourcis. Je retrouve le refuge Arago et ses quelques campeurs qui profitent des chauds rayons du soleil. Plus bas, au passage à gué sur le Cady, je ne suis pas le seul à chercher un peu de fraîcheur. Autant la matinée a été agréablement tiède autant l’après-midi s’avère très chaude et tous les points d’eau sont désormais les bienvenus pour s’asperger. Ils le sont d’autant mieux que mes 3 litres d’eau arrivent peu à peu à expiration. J’économise l’eau au maximum et quand la Jasse de Mariailles est là, je me souviens bien évidemment de la fontaine où j’avais vu l’homme remplir ses gourdes ce matin. Je me désaltère jusqu’à plus soif et remplis la moitié d’une bouteille. Mariailles est là avec ses innombrables randonneurs, ses bovins, son abri pastoral et son beau refuge gardé. J’irais bien y déguster une bière bien fraîche sur sa terrasse encore ensoleillée mais je n’ai plus vraiment soif. Et puis, autant être honnête, voilà déjà plus de 10 heures que je suis « en marche » et pour parler franc, j’en ai « plein les godillots » et languis d’arriver. Sans compter que le parking du Randé est encore à 40 minutes alors plus rien ne peut m’arrêter. Je vais mettre 50 minutes pour rejoindre ma voiture car de toute évidence la fatigue est bien là. Oui, je l’avoue, à 66 ans faire le Canigou en voulant courir plus vite que les nuages, ce n’est pas très sérieux mais alors quel grand bonheur j’ai vécu et que de beautés découvertes ! Cette randonnée a été longue de 24 km environ. Le dénivelé de 1.264 mètres est assez simple a calculé puisque le Randé est situé à 1.520 m d’altitude et le Canigou à 2.784 m. Les montées cumulées sont plus significatives et selon mon tracé G.P.S, elles sont de l’ordre de 2.680 mètres tout comme les descentes d’ailleurs. J’ai démarré à 7h30 le matin et j’ai terminé à 18h30 le soir soit 11 heures à courir les sentiers mais ne vous fiez pas trop à ce temps-là car comme toujours c’est Dame « Flânerie » qui a guidé mes pas.  Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25. (*) Etymologie du Canigou.

(*) La croix du Canigou : Si vous ne connaissez pas l'Histoire de la croix du Canigou, voilà ci-après un lien où vous apprendrez l'essentiel de ce qu'il faut savoir d'elle. Merci à Bérénice : http://pain2seigles.eklablog.com/-a209991480#comment-108008392

 

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

La Vallée du Galbe (1.757 m) depuis Espousouille (1.523 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de deux standards de jazz "Moanin'" et "Are Your Real ?" joué par Art Blakey et The Jazz Messengers, extraits de leur album "Moanin'"
Pour agrandir les photos, vous pouvez aussi cliquer dessus. 2 fois pour un plein écran

« La Vallée du Galbe. Quel beau nom pour une vallée si belle ! Ondulante, douce, offrant une multitude d’itinéraires variés et secrets, verte et fleurie, cette vallée est un joyau naturel » Voilà le début de la description qu’en fait le site Internet « Pyrénées Cerdagne.com ». La suite est du même acabit et bien évidemment ça donne envie d’y aller voir. Certains, et ils sont nombreux, vont la voir en voiture mais vous vous doutez bien que ce n’est pas ainsi que je vous propose de la découvrir. Moi, j’ai découvert la Vallée du Galbe en septembre 2013 lors d’un Tour pédestre du Capcir effectué en 4 jours, avec mon fils et un couple d’amis. Ce jour-là, c’était la 3eme étape et de très loin la plus longue et la plus difficile car elle nous avait amenés de Rieutort aux Bones Hores soit plus de 28 kilomètres. Nous avions d’abord longé le Galbe, puis il s’en était suivi une longue montée vers les Camporells et enfin une descente qui l’était tout autant vers les Bouillouses. Eh bien ce jour là, l’étape avait été si belle, qu’à l’arrivée je n’avais ressenti aucune fatigue ni aucune douleur ! Pourtant dieu sait si nous avions crapahuté et parfois sur de « bonnes » déclivités et sur des terrains pas toujours évidents et faciles ! Mais ce jour-là, tout avait défilé très vite car j’avais passé la quasi totalité de l’itinéraire dans la contemplation et je dirais presque comme dans un état second. Une flore et une faune magnifiques et surtout bien présentes, le tout dans des paysages magiques. A coup sûr, tant de beautés m’avaient fait oublier les difficultés. Cet émerveillement avait bien évidemment commencé à l‘entame de la Vallée du Galbe, c'est-à-dire dès le départ de l’étape, peu après Rieutort, raison pour laquelle j’ai eu envie d’y revenir et surtout d’y amener Dany. Le départ s’effectue du hameau d’Espousouille où près du petit cimetière, un vaste parking accueille les voitures. Ma balade ressemble en partie à celle indiquée sur un panonceau indicatif cloué à un petit chalet de rondins et s’intitulant « les Portes de la Vallée du Galbe », mais à deux différences non négligeables, c’est que la mienne est bien plus longue et que j’ai choisi de partir en empruntant le G.R.P Tour du Capcir plutôt que ce P.R.29 qui semble-t-il est un sentier d’Emilie dont la boucle fait demi-tour au « Pont dels Plans de l’Orriet ». De ce fait, nous sommes partis vers le village dont l’itinéraire passe d’abord devant l’imposante église dédiée à Sainte-Marie. Puis on déambule au milieu des belles et vieilles maisons aux pierres rouges ou grises typiques de la région. Du hameau, on en sort très vite en empruntant la rue de la Porteille puis en suivant le balisage jaune et rouge propre au Tour du Capcir. Un premier panonceau nous rassure quand à l’exactitude du chemin même si les mentions qu’il indique nous intéressent peu aujourd’hui : « Tour du Capcir- Refuge des Camporells 4h40 – les Bouillouses 7h15 ». Les vieilles maisons en pierres ont laissé la place à des chalets plus modernes et l’itinéraire grimpe désormais en direction d’une superbe et immense sapineraie. En entrant dans la forêt, le chemin se transforme en une belle et large piste forestière, qui après une courte montée, finit par s’aplanir. Ce type de piste forestière, large et terreuse et parfois agréablement herbeuse compose l’essentiel de notre balade, ce qui bien évidemment la rend ainsi très aisée mais pas vraiment monotone pour autant, à cause des beaux paysages qu’elle côtoie en permanence de part et d’autre. Ici, l’ubac et l’adret du vallon sont quasiment pareils, recouverts qu’ils sont de cette forêt verdoyante à souhait.  Pour moi, cette piste est d’autant moins monotone que la flore est encore omniprésente en ce début d’été. Cette présence n’est pas faite pour me déplaire ni à moi ni à mon appareil photo qui enregistre sans cesse de nombreuses fleurs donc quelques unes très nouvelles. Aujourd’hui, mon herbier photographique va encore prendre de l’embonpoint. Quand à la faune sauvage, si elle ne se résume qu’aux plus petites et visibles entités, à savoir oiseaux, insectes, papillons et lézards, on la devine ubiquitaire dans toute la vallée. Dans l’eau du torrent bien sûr, avec les « fameuses » mais protégées truites fario mais aussi avec la loutre et le « rarissime » et noctambule Desman des Pyrénées. Quant aux forêts domaniales, les cervidés y sont légions et je garde encore en mémoire les nombreux cerfs, mouflons et autres isards qui nous avions aperçus lors du Tour du Capcir, du côté de la Serra dels Arabs ou du Massif du Madres. Quand aux marmottes, on pourrait penser qu’elles occupent d’autres étages montagnards un peu supérieurs, mais non, ici elles sont bien présentes sur les flancs de la montagne et le Galbe n’est pas étranger à cette présence comme nous le constaterons au moment de faire demi-tour. Malgré la rectitude de la piste, les panonceaux de randonnées sont bien présents et ils indiquent les endroits les plus proches que l’on va découvrir : « Refuge de la Jaceta » et « Cabane de la Jasse de la Llose ». A ces informations, s’ajoutent quelques poteaux signalétiques mentionnant les lieux où l’on arrive et permettant de se situer par rapport au bout de carte I.G.N dormant le plus souvent au fond de ma poche : « Cortal Pujol – 1.620 m » ou « Pont dels Plans de l’Orriet - 1.625 m ». Au fil du cheminement, les vues s’entrouvrent ou se referment selon l’ordonnancement des arbres géants de cette magnifique forêt. Plus l’on avance et plus les versants de la vallée semblent se desserrer. La forêt se raréfie et de verdoyants pacages se font plus présents. L’étroit torrent fougueux et aux eaux écumeuses laisse la place à une rivière plus paisible et peu profonde où des galets de schistes d’or et d’argent resplendissent sous les rayons du soleil. Nonchalant, un aigle royal se dirige en planant vers le fond de la vallée. Sur les rives ou sur des aires aménagées, de nombreux randonneurs en sont déjà au déjeuner. Nous choisissons de faire de même mais seulement en arrivant au Refuge de la Jaceta où table et bancs arrivent à point nommé. Une demi-heure d’arrêt et nous voilà déjà repartis en direction de la Jasse de la Llose et de son refuge réservé le plus souvent aux bergers ou aux maquignons. Il vrai que sur cet itinéraire plutôt facile, nous n’éprouvons pas vraiment le besoin de nous reposer à moins que ce ne soit cette nature si admirable qui nous lance des appels irrésistibles ? La vallée s’entrouvre encore. Droit devant, le pic de Mortiers (2.605 m) dresse sa colossale pyramide encore tachetée de quelques blancs névés. Perchés au faîte des grands arbres, les pinsons mâles chantent à tue-tête en quête d’une future bien aimée, puis quand les couples se trouvent, ils se lancent dans des poursuites infernales puis s’arrêtent pour jouer ou se bécoter bien à l’abri des regards dans les branches des ténébreux sapins. Sur les pelouses, les premiers lys martagon dressent leur paradoxale floraison : la tige droite comme un « i » pointée vers le ciel et leurs belles et grosses clochettes roses nuancées de pourpres inclinées vers le sol. Le refuge de la Jasse de la Llose est là. Sur la berge de la rivière, un âne attaché à un pieu nous regarde passer d’un air triste pour ne pas dire accablé. Ses grandes oreilles aplaties telles des ailes d’avion lui donnent un air tout penaud. Ces maîtres, sans doute des randonneurs, l’ont abandonné pour partir courir la montagne. Voyant que nous ne pouvons pas grand-chose pour lui, or mis quelques caresses sur le museau, de dépit, il replonge la tête dans les hautes herbes. Manger pour oublier sa solitude voilà comment on risque de devenir obèse mais heureusement la marche lui semble bénéfique ! Nous aussi, la marche nous fait du bien, alors on poursuit bien après le refuge mais quand la piste se termine et qu’un étroit sentier prend finalement le relais tout en grimpant dans la montagne, Dany décide que la Vallée du Galbe se termine ici. En réalité et si on observe bien la carte I.G.N, le Galbe semble s’arrêter vraiment là et prend d’autres noms peu après : Correc dels Serras Verds et Rec de la Peira Escrita. C’est plutôt marrant car sans rien avoir dit à Dany au préalable, c’est à quelques mètres près, l’endroit même où j’avais décidé que mon itinéraire et mon tracé G.P.S s’arrêteraient. Nous faisons demi-tour mais en retrouvant le lit de la rivière, nous décidons de faire une pause sur sa berge, histoire de vider nos sacs respectifs en finissant nos casse-croûtes. Soudain, une marmotte laisse entendre son sifflet si strident mais comment l’apercevoir sur les flancs de cette montagne si majestueuse nous faisant face ? Un à un, j’observe chaque bout de pelouse, chaque rocher, chaque éboulis, chaque magma caillouteux toujours dans la direction d’où proviennent les sifflements, c'est-à-dire vers l’adret. Enfin, je la découvre, telle une grosse peluche, perchée sur un rocher entouré de quelques buissons ! Elle n’est pas très loin et je pense que l’objectif de mon numérique sera suffisamment puissant pour en obtenir une image satisfaisante. Je zoome vers elle, tente au mieux de faire une mise au point convenable mais quand j’appuie sur le déclencheur, elle détale, un peu comme si j’avais appuyé sur la gâchette d’un fusil. Je vérifie, la marmotte est « bien «  enregistrée. Nous attendons encore un peu mais le « siffleux » a du rejoindre son terrier alors nous repartons et il n’y aura pas d’autres photos de marmottes aujourd’hui. Sur le chemin du retour, force est de reconnaître que les panoramas sont tout aussi beaux que ceux de l’aller. J’avais prévenu Dany en lui disant « ne te retourne pas trop ainsi au retour tu profiteras pleinement des paysages ! ». Dans le « V » que forme la vallée, avec d’un côté la Serre de Mauri et de l’autre le Roc de Querubi, on distingue tout au loin le Canigou, seigneur du Roussillon, aujourd’hui étrangement habillé d’un bleu de chauffe tirant sur le gris. Un peu plus près sur la gauche, c’est le Pic de la Pelade, petit suzerain des Garrotxes à la tonsure sommitale si reconnaissable. Voilà pour les sommets les plus identifiables quand aux restes des autres collines, ce ne sont que quelques crêtes boisées servant de frontières entre le Capcir et le Conflent. D’ailleurs, ce « V » disparaît assez vite, caché qu’il est par la verdoyante forêt. On ne perd pas au change jusqu’à ce que cette forêt nous engloutisse sous sa sombre canopée. On retrouve le lieu-dit « Pont dels Plans de l’Orriet » et sur son pont, on change enfin d’itinéraire. En réalité, peu de choses changent car nous sommes toujours sur une large piste forestière essentiellement terreuse désormais. Ici, la forêt devient « forêt communale de Formiguères ». Dany, jusqu’à l’arrivée, trouvera cette piste plutôt lassante, moi pas. Il faut dire que je suis encore très occupé à photographier de nouvelles fleurs, qui bizarrement, ne sont pas les mêmes que celles aperçues ce matin sur la piste longeant la soulane. D’ailleurs, les quelques oiseaux que j’arrive à photographier ne sont pas les mêmes non plus. Ici, les mésanges paraissent plus nombreuses et semblent avoir remplacé très avantageusement les pinsons. Il faut dire que dans ce sous-bois, les essences sont plus diverses et les feuillus sont presque aussi nombreux que les résineux, ceci expliquant sans doute cela. Sur la gauche, le torrent laisse sans cesse entendre le fracas de ses cascades successives et à la première occasion, on tente de s’en rapprocher pour jeter un coup d’œil sur ces cataractes si bouillonnantes. Petites vasques aux eaux limpides ou marmites plus profondes sont autant de signes m’invitant à une baignade qui selon Dany ne serait pas vraiment raisonnable, en raison du fort courant et de la fraîcheur quasi certaine de l’eau. C’est d’autant moins sérieux que quelques unes de ses poches d’eau sont déjà bien occupées par les lignes de quelques « serial-no-killers » c'est-à-dire des pêcheurs relâchant obligatoirement leurs prises et donc sans mise à mort des truites qu’ils sont amener à prendre. Pour la truite sauvage poêlée aux amandes, le pêcheur devra passer au supermarché, ce qui tout compte fait n’est pas plus mal selon moi. Après quatre kilomètres effectués depuis le pont, les premières prairies verdoyantes d’Espousouille apparaissent au travers de quelques arbres. Puis c’est au tour des premières maisons. Après cette sauvage et paisible balade, on retrouve une agitation parfois un peu trop bruyante à notre goût. Un agriculteur juché sur son tracteur fauche tout son champ dans des va-et-vient incessants. Deux promeneuses ont fait des bouquets de fleurs champêtres et discutent bruyamment de leurs patronymes, semblant le plus souvent en total désaccord. Dans le tranquille ruisseau que forme ici le Galbe, un pêcheur « cuissardé » marche dans son lit lançant d’un geste gracieux le fil de sa ligne. L’opération semble se répéter à foison quand soudain, le scion de tête se courbe en premier puis c’est la canne toute entière. Le pêcheur a ferré sa prise et à l’autre bout du fil, une belle truite fario joue son va-tout et sa survie. J’applaudis à deux mains, quand sa vie, elle va la retrouver quelques minutes plus tard seulement. Enfin, en arrivant sur le parking, nous retrouvons notre voiture sous le regard singulier de quelques hirondelles posées sur des fils électriques. Elles se reposent plusieurs minutes et en groupe le plus souvent, puis, telles des fusées, elles repartent comme un seul homme vers le Galbe dont elles survolent le lit rutilant en quête des nombreux insectes qui en occupent les abords. Puis elles reviennent se poser et ainsi va la vie des hirondelles d’Espousouille. La balade est terminée mais nous aussi nous devons nous reposer un peu alors le premier endroit où poser nos fesses est le bon. Un bas muret se présente face à la verdoyante Vallée du Galbe et il nous retiendra encore quelques temps pour une dernière pause contemplative et bienfaisante. Dany a été ravie de cette journée. La Vallée du Galbe a été à la hauteur de sa réputation et conforme à la description que j’avais pu lire sur le site Internet de « Pyrénées Cerdagne.com » : « Ondulante, douce, verte et fleurie, cette vallée est un joyau naturel » avais-je lu ! Tout était vrai ! Mais ça, je le savais déjà ! Quand à offrir « une multitude d’itinéraires variés et secrets », cela ne fait aucun doute même si le plus souvent, on n’évoque que les moins mystérieux c'est-à-dire ceux menant vers les Camporells, la réserve d’Orlu ou bien encore vers l’étonnante « Peyre Escrita ». La balade, telle que décrite ici, a été longue d’une quinzaine de kilomètres environ. Le dénivelé de 250 mètres est très modeste quand aux montées cumulées, avec 840 mètres, elles demeurent très modérées aussi. Les pistes forestières sont plutôt bonnes et ne nécessitent pas un équipement de randonnée très sophistiqué. Quand à la rivière Le Galbe, j’ai voulu en savoir un peu plus sur elle mais or mis qu’elle est un affluent de l’Aude dont la confluence est le lac de Puyvalador et qu’elle serait longue de 14 km (source Wikipédia), je n’ai guère pu en savoir davantage. Certains prétendent que sa source se situerait à l’Etang du Diable au pied du pic de Mortiers mais à cet endroit-là sur la carte, il s’agit déjà du Rec de la Peira Escrita qui est un de ses nombreux petits affluents. Voilà, sur le plan de son hydronymie, c’est à peu près tout. Quand à sa toponymie, l’écrivain étymologiste Robert Aymard nous apprend dans son étude « L’Aragon, berceau de l’hydronymie ibéro-pyrénéenne » que le mot « galbe » aurait pour origine l’étymon « galua » signifiant « nappe d’eau ». On retrouve cette même origine dans de nombreux patronymes pyrénéens toujours liés à la présence de l’eau comme « Gaube », « Lagaube » « Gaoube » ou « Graoubole » et tout ça bien évidemment nous amène inévitablement vers la racine préceltique « gaba » signifiant « rivière » ou plus généralement tout « cours d’eau » et que l’on retrouve dans le mot gascon « gabe », en français le « gave ». Quand nature rime avec culture, pourquoi s’en priver ? Carte IGN 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

C'était prévisible !

Publié le par gibirando


C’était prévisible !

Oui, et même si l’Etat ne peut pas tout, ces attentats, eux, étaient sans doute prévisibles.

 

Deux questions restent donc en suspens, pourquoi nos gouvernants n’ont-ils pas pris la mesure du risque encouru et les mesures sécuritaires nécessaires pour qu’une telle tragédie ne se produise pas ? Ou plutôt pour qu'elle ne se reproduise pas, car rappelons-nous ce qui s’était déjà passé en janvier ? Cette question me taraude et elle restera sans doute en suspens, pendant encore très longtemps dans ma tête et dans la tête des nombreuses familles qui ont perdu un enfant ou un proche voire plusieurs pour certains, sur les terrasses des bistrots parisiens ou dans la salle du Bataclan en ce triste vendredi 13 novembre 2015.

 

C’était prévisible car quand un ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve pour ne pas le nommer, vient dire à la télé que « prôner le djihad n’est pas un délit » (RTL le 5 août 2014) et que dans le même temps, il laisse paraître en France un bouquin intitulé « la Voie du musulman (*) » vendu à des milliers d’exemplaires et dans lequel chacun peut lire  « Le djihad a pour but de comprendre et de contenir les mécréants, ennemis de l’islam et de la communauté musulmane. C’est un devoir que tous les croyants sont appelés à accomplir », ne nous étonnons pas ensuite de ce qui vient d’arriver !

 

C’était prévisible et pourtant, je ne suis pas devin mais en tenant un simple Journal Mensuel comme celui que je tiens sur ce blog, c'est-à-dire sous la forme d’une petite chronique « exclusivement » mensuelle, je viens de recenser pas moins de 8 articles (**) en quelques années dont 5 sur la seule année 2015 traitant de la sécurité, du terrorisme, de Daesh ou plus simplement de l’Islam et de la difficulté que nombre de français éprouvent à vivre en harmonie avec cette religion dont une majorité de fidèles a du mal à s’intégrer dans notre France d’origine si chrétienne.

 

Oui, j’ai peur de Daesh et je l’avais déjà dit en octobre 2014, bien avant que surviennent les attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo ou l’hypermarché Cacher. Oui, j’ai eu beau essayé de comprendre l’Islam en lisant beaucoup de choses sur le sujet mais si j’ai acquis beaucoup d’informations, j’avoue que je n’ai jamais rien compris de cette religion tentaculaire sur le plan de ses rites, de ses idéologies si différentes et de ses organisations si multiples. Souvent, je me demande si un  musulman très pratiquant et vivant sa religion paisiblement est lui-même apte à comprendre l’Islam.

 

Tout ça était si prémonitoire et j'ai d'ailleurs écrit ma crainte à de multiples reprises dans les articles de mon blog. Alors, je continue à chercher les raisons de l’échec de nos gouvernants à prévoir ces attentats si terribles survenus en janvier puis encore ce vendredi 13 novembre et j’en liste ci-après quelques-unes qui me viennent immédiatement à l’esprit mais dans le désordre et sans doute non exhaustives :

 

-Echec des politiques d’intégration des populations musulmanes,

-échec et laxisme de notre politique judiciaire et pénale,

-réduction des effectifs policiers, douaniers et militaires sous Sarkosy notamment,

-enfermement de nos politiques dans leurs dogmes que la France serait la nation des Droits de l’Homme et donc une « nation universelle » sans véritable ennemi,

-refus de voir que l’Islam est une religion bien trop orthodoxe incompatible avec nos religions libérales laïcisées ou avec l’athéisme d’un grand nombre de nos citoyens,

-absence de contrôle des flux migratoires,

-refus d’admettre qu’en quelques décennies le monde dit « musulman » s’est fortement radicalisé par rapport à ce qu’il pouvait l’être, il y a 40 ans par exemple.

-compromissions permanentes avec les pays du Golfe,

-compromissions permanentes avec de trop nombreuses communautés d’origines étrangères,

-erreurs gravissimes dans nos politiques étrangères,

- et par dessus tout ça, autodénigrement incessant de notre Histoire et de notre identité,

 

Tout ces constats ou reproches, appelons-les comme vous voulez, ne sont ni de gauche ni de droite même s'il est vrai qu'après Al Qaïda, l'Etat Islamique c'est fortement amplifié ces trois dernières années, résultat des anarchies qui ont vu le jour en Syrie, Irak et Libye.

130 morts et des centaines de blessés plus tard qu’avons-nous vu ? :

Des dizaines de cérémonies en hommage aux victimes et de merveilleux discours, des centaines de minutes de silence et de « Marseillaise » chantées en cœur et à tue-tête dans le monde entier et bien évidemment, un président et un premier ministre qui grimpent dans les sondages et qui plus est, de plus de 7%  pour le premier ! Du jamais vu ! Décidemment par leur incohérence, bon nombre de français me surprendront toujours ! Mais il suffit de voir comment la gauche et la droite se déchirent à l'Assemblée Nationale au moment même où les décisions devraient être prises de concert pour comprendre que ce n'est pas demain que nous sortirons de l'ornière des discordes qui empêche la France d'avancer dans le bon sens.

 

 Heureusement, qu’il n’y a pas eu que ça ces derniers jours :

 

-la mise en place de l’état d’urgence,

-un président Hollande qui soudain veut modifier la Constitution pour mieux lutter dit-il contre ce « terrorisme de guerre ».

- un président Hollande qui va faire le tour du monde pour rallier à sa cause contre Daesh un maximum d’états dont certains qu’il semblait dédaigner depuis trop longtemps déjà,

-une chasse à l’homme contre tous les djihadistes qui seraient bien trop radicaux, leur éventuelle expulsion ou la déchéance de leur nationalité pour certains bi-nationaux,

-un contrôle des imams bien trop radicaux et la fermeture éventuelle de certaines mosquées,

-des perquisitions par centaines dans les milieux islamistes et dans certains quartiers que désormais seuls les musulmans se sont appropriés,

-des contrôles remis en place aux frontières de la France dans un espace Schengen en faillite,

-une lutte bien plus poussée contre les trafiquants d’armes,

-des mesures bien plus strictes et sévères pour lutter contre l’islamiste radical et les trafics en tous genres dans les prisons,

-une surveillance accrue sur Internet des sites prônant un Islam radical et leur éventuelle fermeture.

 

Toutes ces mesures vont bien évidemment dans le bon sens mais seront-elles pour certaines d'entre-elles suivies d'un effet bénéfique ? Et surtout, pourquoi n’ont-elles pas été prises après les attentats contre Charlie Hebdo et l’hypermarché Cacher ?

 

-          pour un soi-disant vivre ensemble ?

-          pour ne pas stigmatiser certaines populations ou communautés ?

-          pour ne pas faire d’amalgames ?

 

Sans doute pour toutes ces raisons à la fois qui se traduisent le plus souvent en voix électorales plutôt à gauche qu’à droite…

 

Dans l’après-midi même de ce triste 13 novembre et donc quelques heures avant ces attentats, le "dada" de Manuel Valls était de vouloir naturaliser un maximum d’étrangers plutôt que de leur donner un droit de vote…..Tout est dit ! Voilà un sujet qui intéresse les français au premier chef !

 

C’était prévisible…mais ce qui ne l’était pas c’est que ça arrive un vendredi 13, jour de chance pour certains et jour de grand malheur pour d’autres !

 

Et comme disait l’autre, « heureusement que je ne suis pas superstitieux, ça porte malheur , alors je touche du bois ! «   mais alors quel idiot j’ai été en votant Hollande en 2012 !

 

(*) livre de Aboubaker-Djaber Eldjazaïri aux Editions Maisons d'Ennour encore en vente chez Amazon et certaines librairies. Ce qu'en disait le Figaro en juillet 2004.

(**) liens vers mes 8 articles ci-dessous :

 

-janvier 2011 - Regards nouveaux sur l'Islam.

-septembre 2011 - le 11 septembre 2001, le rêve américain brisé.

-octobre 2014 - Daesh lave plus noir....hommage à ses victimes.

-janvier 2015 - Liberté 3 - Barbarie 17.

-février 2015 - Protection des personnes, sécurité, justice.....valse hésitation !

-juin 2015 - Une vraie info sur Daesh ? Allez voir à dache !

-juillet 2015 - La nouvelle guerre de Cent Ans ?

-septembre 2015 - E comme E.N.A....émotion non autorisée...

Partager cet article
Repost0

Mes Belles Randonnées Expliquées sont aussi sur Facebook

Publié le par gibirando

Vous pouvez retrouver "Mes Belles Randonnées Expliquées" sur Facebook en cliquant sur le logo ci-dessous.

FACEBOOK
 
Il s'agit d'un groupe auprès duquel vous pouvez vous inscrire et devenir membre. Ainsi, vous serez informé de la mise à jour de randonnées plus anciennes que vous pourrez partager avec vos ami(e)s.
Partager cet article
Repost0

Le Lac d'Aude et le Mont Llaret (2.376 m) depuis les Angles (Pla del Mir -1.800m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de chansons interprétées par Elmore James extraites de son album "40 Exciting Legendary Blues Tracks: Tribute To Elmore James, “King of Slide Guitar”. Elles ont pour titre : I Believe, Stranger Blues, Look On Yonder Wall, Shake Your Moneymaker, The Sky Is Crying.

De nombreux lacs pyrénéens sont l’objet de légendes plus ou moins merveilleuses voire effroyables pour certaines d’entre-elles. Il y est souvent question d’« encantadas » (femmes enchantées), de « donas d’aygua » (femmes d’eau), de « fadas » (fées) devenues parfois « bruixas » (sorcières) par d’habiles manigances des doctrines religieuses. Le lac d’Aude en Capcir n’échappe pas à cette règle. Pourtant, nous y sommes allés randonner et je peux vous assurer que je n’ai rien vu de tout ça, mais il est vrai que ces histoires sont ancestrales et le plus souvent légendaires. Dommage, me direz-vous car selon la tradition et ce que j’ai pu lire dans « Légendes du Roussillon » d’Horace Chauvet aux Editions Lacour, il paraît qu’« aux bords des étangs, les bergers avaient l’occasion d’admirer les belles fées habillées de blanc qui peignaient leur chevelure ondoyante, en se mirant dans les eaux argentées. Elles avaient le don de séduire quiconque les approchait….. » Alors c’est vrai, Dany et moi avons été séduits mais pas par une fée mais par cette randonnée elle-même qui, depuis, le Pla del Mir (1.800m), station de ski des Angles, nous a tour à tour emmenés vers le lac d’Aude puis vers le Mont Llaret (2.376 m). Une balade plutôt longue et pas si facile que ça car les montées sont quasi constantes jusqu’au dernier objectif qui est en même temps le point culminant de cette boucle. Mais après tout, n’est-ce le propre d’une randonnée en montagne que de monter toujours plus haut pour faire plus de découvertes ? C’est exactement ce qui s’est passé !  Comme indiqué, le départ s’effectue du Pla del Mir, principale station de ski des Angles. Le chemin démarre à gauche du vaste parking et passe derrière le chalet de l’école de ski.  Sur la façade du chalet, un panonceau a été cloué indiquant  : « Boucle PR.9 - Lac d’Aude – 12 km – 435 m de dénivelé – 4h – difficulté : difficile ». Mais attention, pour ma balade, il ne faut pas se fier à ce panonceau, d’abord parce que le P.R.9 n’est pas une boucle mais un simple aller et retour et que la difficulté est plutôt moyenne que difficile pour le randonneur lambda. Enfin, une chose dont je suis sûr c’est que nous sommes bien sur le GRP du Tour du Capcir balisé en jaune et rouge. J’en suis d’autant plus sûr que j’ai accompli ce tour en 2013 et que j’ai emprunté cette portion en sens inverse venant des Bouillouses direction les Angles puis Matemale. C’était notre toute dernière étape qui en comptait quatre. Ce GRP passe derrière le parc animalier puis en longe la clôture toujours sur une bonne et large piste qui s’élève puis se stabilise avant de redescendre légèrement à l’approche de la Jasse du Pla del Bouc. Les premiers beaux paysages et panoramas s’entrouvrent. Ici au Pla del Bouc, on laisse un petit abri sur la droite étonnamment entouré de gros blocs granitiques dont trois ont été agencés sous la forme d’un imposant lieu de pique-nique. Juste après, on enjambe un passage canadien. Ici, une grande enseigne verticale mentionne « Porte Entrée ». Entrée de quoi ? Je ne saurais vous le dire avec certitude mais à cause du passage canadien,  j’ai supposé qu’il s’agissait de l’entrée d’une zone d’estives qui est également mentionnée sur une autre pancarte. Peu après, la piste que l’on poursuit devient plus pentue et se faufile au milieu d’une forêt de pins à crochets. Elle se stabilise à nouveau. On enjambe un premier petit ru mais attention ce n’est pas encore l’Aude et simplement un de ses affluents originels. L'Aude, le célèbre fleuve audois qui a donné son nom à tout un département est là, quelques mètres plus loin.  Ici, il s’agit d’un minuscule ruisselet aux eaux cristallines, d’un mètre de large tout au plus, dont le débit est si pépère qu’il a du mal à se faufiler au milieu des quelques ridicules roches qui entravent à peine son parcours. De ce fait, il zigzague, semble hésiter sur le chemin à prendre au milieu des herbes rases et des pins et bien évidemment, on est très loin de l’image du grand fleuve capable d’arroser tout une région, d’alimenter plusieurs lacs de barrage et de creuser de profondes gorges du Pays de Sault jusqu’à celui du Razès. En arrivant à hauteur d’une baraque entourée d’un enclos, on délaisse la  piste qui continue vers la gauche et  on emprunte à droite un large chemin qui file vers la Jasse de Bernardi et son imposant refuge. Sur la droite, le Puig del Pam laisse entrevoir son mamelon tourmenté et sur la gauche, les sommets du Haut-Conflent et de Cerdagne se révèlent derrière la frange d’une brume bleutée. A hauteur de cet abri et grâce à un panonceau (1.940m), on notera que nous nous sommes élevés pour l’instant de 140 mètres seulement sur les 576 mètres de dénivelé qui sont à accomplir jusqu’au sommet du Mont Llaret. D’ailleurs, le large chemin plat se termine, se rétrécie peu à peu et devient mauvais sentier en s’élevant dans la forêt. Ce sentier continue de monter plus vaillamment sur un terrain parfois plus difficile car caillouteux et parfois tourbeux car bourré de fondrières et de racines apparentes.  Après une vaste clairière entourée de falaises ocres et boisées, le parcours devient bien meilleur car herbeux mais il se faufile désormais dans un étrange ossuaire d’arbres desséchés. Si certains gisent sur le sol tels d’immenses carcasses, la plupart sont encore debout et c’est un piètre spectacle que tous ces sapins morts, squelettiques et dépouillés et ce coin ressemble d’autant plus à un cimetière que quelques blocs de granit paraissent faire office de pierres tombales. On évite de se fier à un panonceau qui indique : Sentier nordique –Lac d’Aude – reste 7,7 km. Non, le Lac d’Aude est à moins de 3 km ! On quitte ce coin lugubre au profit d’une petite zone humide faite de quelques tourbières alimentées par de menus filets d’eau qui s’échappent de l’Aude toute proche. Au milieu des pins à crochets, des genévriers rabougris et des rhododendrons fleuris, les pelouses herbeuses et grasses remplacent très rapidement les tourbières. Sur notre droite,  l’oblongue montagne qui apparaît n’est ni plus ni moins que notre principal objectif du jour, le Mont Llaret (2.376m) et son tout proche acolyte le Roc d’Aude (2.325m). Après une dernière « bonne » élévation, le chemin s’aplanit et quelques minutes plus tard, le miroir gris bleu du lac d’Aude apparaît immobile et brillant en contrebas de la forêt. On y descend mécaniquement vers son rivage d’abord pour quelques belles photos mais surtout parce qu’on sait d’avance qu’il n’y aura pas d’endroit plus agréable pour pique-niquer. Ici, au fond de ce petit cirque à la fois lacustre, végétal et minéral tout respire la douceur et la quiétude.  Dans un silence quasi religieux, seuls sont perceptibles le tintement lointain de quelques clochettes bovines et le gazouillis de rares passereaux occupant le faîte des conifères les plus hauts. Même les rares  randonneurs qui font le tour du lac, semblent le faire à pas de velours. Ce calme et ce silence sont si apaisants et l’air que l’on respire au bord du lac si vivifiant qu’on ne quitte qu’à regrets cette source de l’Aude. Ici, on délaisse le Tour du Capcir filant vers les Bouillouses au profit d’un étroit sentier balisé partant vers le nord-ouest.  Le balisage devient jaune. Ce sentier longe un petit ruisseau, à sec en juillet, le traverse puis grimpe au milieu des pelouses largement parsemées de nombreuses roches granitiques. Ces pelouses rases laissent parfois la place à des prairies de graminées un peu plus hautes et de ce fait, elles sont le paradis de nombreux bovins qui trouvent dans cette herbe délicate à la fois le fourrage à ruminer et la litière pour s’y vautrer.  Finalement à 2.220 m d’altitude, on atteint un collet où le regard embrasse des panoramas époustouflants sur une immense partie du Capcir : Massif du Carlit, lac des Bouillouses, la Vallée de la Grave et de la Têt, j’en passe et des meilleurs….Tout en dominant le lac des Bouillouses et à nos pieds la belle forêt de Malpas, le parcours en balcon descend plein nord, se redresse un peu en atteignant de vastes herbages au dessus desquels apparaissent les bulbes arrondies des deux Péric, les prémices de la Serra dels Alarbs et du Puig del Pam. Ici, un panonceau mentionne un sentier dit des Angles numéroté 7. Clairement et comme mentionné, ce P.R arrivant de la Balmette devrait nous amener très facilement vers le Mont Llaret et les Angles mais en réalité, nous allons hésiter entre deux chemins balisés de marques de peinture jaune. Nous optons pour le plus évident c'est-à-dire pour le plus large dont les profondes ornières indiquent qu’il est amplement emprunté par des véhicules de type « tous terrains. C’est  la bonne option et outre qu’il va bien au Mont Llaret, une fois encore les vues aériennes y sont sublimes. Plus on monte et plus les vues lointaines se font jour. Pour moi, cette portion du chemin présente d’autres atouts : une flore variée et très colorée et des oiseaux que j’ai peu l’occasion de photographier car toute cette nature végétale et ornithologique ne se rencontre quasiment qu’à cette altitude-là. Une fois encore, le chemin s’aplanit un peu. Le Mont Llaret et sa haute croix de bois reconnaissable sont là dans la ligne de mire. On quitte la piste pour y filer tout droit mais le sommet nous ne pourront guère l’approcher car un groupe de jeunes vacanciers l’ont carrément envahi. Ils sont bien sympathiques ces jeunes et l’on plaisante assez facilement avec eux mais quand on veut s’approcher de la croix pour une photo-souvenir, aucun d’entre eux ne bougent et ils semblent se l’être définitivement appropriée.  Nous n’insistons pas et de ce fait, nous ne garderons de ce sommet qu’une seule photo au pied de son pinacle. Pas vraiment déçus car l’essentiel est accompli, nous profitons de cet arrêt pour terminer notre casse-croûte et dès qu’il est fini, nous filons vers le Roc d’Aude. Là, dans cette douce descente, nous retrouvons une bonne et large piste terreuse qui descend vers les arrivées des télésièges et des téléskis. Plutôt que d’emprunter les pistes qui descendent en zigzaguant, nous coupons court grâce à un raccourci qui  nous emmène directement à la station de pompage de Bigorra et à la télécabine des Pèlerins. Là, aux Pèlerins, nous prenons à droite le large chemin qui descend parallèle à la piste de ski dite des Rhodos et un peu plus bas dite de le Soucarade. Devant nous, un beau renard qui avait choisi la même option que nous, s’enfuit, non sans avoir au préalable longuement hésité entre le bois et le ravin. De toute évidence, on le dérange car soit la chasse est déjà ouverte soit l’heure du casse-croûte est déjà arrivée. La piste nous entraîne directement vers le Pla del Mir où cette jolie balade se termine. Le circuit décrit ici est long de 17 km environ pour des montées cumulées de 920 mètres. Panoplie du parfait randonneur avec notamment de bonnes chaussures de marche à tiges hautes sont vivement conseillées sur ce terrain très disparate mais assez rocheux et caillouteux par endroits. Carte I.G.N 2249 ET Top 25.

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

Le Lac d'Aude et le Mont Llaret (2.376 m) depuis les Angles (Pla del Mir -1.800m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de chansons interprétées par Elmore James extraites de son album "40 Exciting Legendary Blues Tracks: Tribute To Elmore James, “King of Slide Guitar”. Elles ont pour titre : I Believe, Stranger Blues, Look On Yonder Wall, Shake Your Moneymaker, The Sky Is Crying.

De nombreux lacs pyrénéens sont l’objet de légendes plus ou moins merveilleuses voire effroyables pour certaines d’entre-elles. Il y est souvent question d’« encantadas » (femmes enchantées), de « donas d’aygua » (femmes d’eau), de « fadas » (fées) devenues parfois « bruixas » (sorcières) par d’habiles manigances des doctrines religieuses. Le lac d’Aude en Capcir n’échappe pas à cette règle. Pourtant, nous y sommes allés randonner et je peux vous assurer que je n’ai rien vu de tout ça, mais il est vrai que ces histoires sont ancestrales et le plus souvent légendaires. Dommage, me direz-vous car selon la tradition et ce que j’ai pu lire dans « Légendes du Roussillon » d’Horace Chauvet aux Editions Lacour, il paraît qu’« aux bords des étangs, les bergers avaient l’occasion d’admirer les belles fées habillées de blanc qui peignaient leur chevelure ondoyante, en se mirant dans les eaux argentées. Elles avaient le don de séduire quiconque les approchait….. » Alors c’est vrai, Dany et moi avons été séduits mais pas par une fée mais par cette randonnée elle-même qui, depuis, le Pla del Mir (1.800m), station de ski des Angles, nous a tour à tour emmenés vers le lac d’Aude puis vers le Mont Llaret (2.376 m). Une balade plutôt longue et pas si facile que ça car les montées sont quasi constantes jusqu’au dernier objectif qui est en même temps le point culminant de cette boucle. Mais après tout, n’est-ce le propre d’une randonnée en montagne que de monter toujours plus haut pour faire plus de découvertes ? C’est exactement ce qui s’est passé !  Comme indiqué, le départ s’effectue du Pla del Mir, principale station de ski des Angles. Le chemin démarre à gauche du vaste parking et passe derrière le chalet de l’école de ski.  Sur la façade du chalet, un panonceau a été cloué indiquant  : « Boucle PR.9 - Lac d’Aude – 12 km – 435 m de dénivelé – 4h – difficulté : difficile ». Mais attention, pour ma balade, il ne faut pas se fier à ce panonceau, d’abord parce que le P.R.9 n’est pas une boucle mais un simple aller et retour et que la difficulté est plutôt moyenne que difficile pour le randonneur lambda. Enfin, une chose dont je suis sûr c’est que nous sommes bien sur le GRP du Tour du Capcir balisé en jaune et rouge. J’en suis d’autant plus sûr que j’ai accompli ce tour en 2013 et que j’ai emprunté cette portion en sens inverse venant des Bouillouses direction les Angles puis Matemale. C’était notre toute dernière étape qui en comptait quatre. Ce GRP passe derrière le parc animalier puis en longe la clôture toujours sur une bonne et large piste qui s’élève puis se stabilise avant de redescendre légèrement à l’approche de la Jasse du Pla del Bouc. Les premiers beaux paysages et panoramas s’entrouvrent. Ici au Pla del Bouc, on laisse un petit abri sur la droite étonnamment entouré de gros blocs granitiques dont trois ont été agencés sous la forme d’un imposant lieu de pique-nique. Juste après, on enjambe un passage canadien. Ici, une grande enseigne verticale mentionne « Porte Entrée ». Entrée de quoi ? Je ne saurais vous le dire avec certitude mais à cause du passage canadien,  j’ai supposé qu’il s’agissait de l’entrée d’une zone d’estives qui est également mentionnée sur une autre pancarte. Peu après, la piste que l’on poursuit devient plus pentue et se faufile au milieu d’une forêt de pins à crochets. Elle se stabilise à nouveau. On enjambe un premier petit ru mais attention ce n’est pas encore l’Aude et simplement un de ses affluents originels. L'Aude, le célèbre fleuve audois qui a donné son nom à tout un département est là, quelques mètres plus loin.  Ici, il s’agit d’un minuscule ruisselet aux eaux cristallines, d’un mètre de large tout au plus, dont le débit est si pépère qu’il a du mal à se faufiler au milieu des quelques ridicules roches qui entravent à peine son parcours. De ce fait, il zigzague, semble hésiter sur le chemin à prendre au milieu des herbes rases et des pins et bien évidemment, on est très loin de l’image du grand fleuve capable d’arroser tout une région, d’alimenter plusieurs lacs de barrage et de creuser de profondes gorges du Pays de Sault jusqu’à celui du Razès. En arrivant à hauteur d’une baraque entourée d’un enclos, on délaisse la  piste qui continue vers la gauche et  on emprunte à droite un large chemin qui file vers la Jasse de Bernardi et son imposant refuge. Sur la droite, le Puig del Pam laisse entrevoir son mamelon tourmenté et sur la gauche, les sommets du Haut-Conflent et de Cerdagne se révèlent derrière la frange d’une brume bleutée. A hauteur de cet abri et grâce à un panonceau (1.940m), on notera que nous nous sommes élevés pour l’instant de 140 mètres seulement sur les 576 mètres de dénivelé qui sont à accomplir jusqu’au sommet du Mont Llaret. D’ailleurs, le large chemin plat se termine, se rétrécie peu à peu et devient mauvais sentier en s’élevant dans la forêt. Ce sentier continue de monter plus vaillamment sur un terrain parfois plus difficile car caillouteux et parfois tourbeux car bourré de fondrières et de racines apparentes.  Après une vaste clairière entourée de falaises ocres et boisées, le parcours devient bien meilleur car herbeux mais il se faufile désormais dans un étrange ossuaire d’arbres desséchés. Si certains gisent sur le sol tels d’immenses carcasses, la plupart sont encore debout et c’est un piètre spectacle que tous ces sapins morts, squelettiques et dépouillés et ce coin ressemble d’autant plus à un cimetière que quelques blocs de granit paraissent faire office de pierres tombales. On évite de se fier à un panonceau qui indique : Sentier nordique –Lac d’Aude – reste 7,7 km. Non, le Lac d’Aude est à moins de 3 km ! On quitte ce coin lugubre au profit d’une petite zone humide faite de quelques tourbières alimentées par de menus filets d’eau qui s’échappent de l’Aude toute proche. Au milieu des pins à crochets, des genévriers rabougris et des rhododendrons fleuris, les pelouses herbeuses et grasses remplacent très rapidement les tourbières. Sur notre droite,  l’oblongue montagne qui apparaît n’est ni plus ni moins que notre principal objectif du jour, le Mont Llaret (2.376m) et son tout proche acolyte le Roc d’Aude (2.325m). Après une dernière « bonne » élévation, le chemin s’aplanit et quelques minutes plus tard, le miroir gris bleu du lac d’Aude apparaît immobile et brillant en contrebas de la forêt. On y descend mécaniquement vers son rivage d’abord pour quelques belles photos mais surtout parce qu’on sait d’avance qu’il n’y aura pas d’endroit plus agréable pour pique-niquer. Ici, au fond de ce petit cirque à la fois lacustre, végétal et minéral tout respire la douceur et la quiétude.  Dans un silence quasi religieux, seuls sont perceptibles le tintement lointain de quelques clochettes bovines et le gazouillis de rares passereaux occupant le faîte des conifères les plus hauts. Même les rares  randonneurs qui font le tour du lac, semblent le faire à pas de velours. Ce calme et ce silence sont si apaisants et l’air que l’on respire au bord du lac si vivifiant qu’on ne quitte qu’à regrets cette source de l’Aude. Ici, on délaisse le Tour du Capcir filant vers les Bouillouses au profit d’un étroit sentier balisé partant vers le nord-ouest.  Le balisage devient jaune. Ce sentier longe un petit ruisseau, à sec en juillet, le traverse puis grimpe au milieu des pelouses largement parsemées de nombreuses roches granitiques. Ces pelouses rases laissent parfois la place à des prairies de graminées un peu plus hautes et de ce fait, elles sont le paradis de nombreux bovins qui trouvent dans cette herbe délicate à la fois le fourrage à ruminer et la litière pour s’y vautrer.  Finalement à 2.220 m d’altitude, on atteint un collet où le regard embrasse des panoramas époustouflants sur une immense partie du Capcir : Massif du Carlit, lac des Bouillouses, la Vallée de la Grave et de la Têt, j’en passe et des meilleurs….Tout en dominant le lac des Bouillouses et à nos pieds la belle forêt de Malpas, le parcours en balcon descend plein nord, se redresse un peu en atteignant de vastes herbages au dessus desquels apparaissent les bulbes arrondies des deux Péric, les prémices de la Serra dels Alarbs et du Puig del Pam. Ici, un panonceau mentionne un sentier dit des Angles numéroté 7. Clairement et comme mentionné, ce P.R arrivant de la Balmette devrait nous amener très facilement vers le Mont Llaret et les Angles mais en réalité, nous allons hésiter entre deux chemins balisés de marques de peinture jaune. Nous optons pour le plus évident c'est-à-dire pour le plus large dont les profondes ornières indiquent qu’il est amplement emprunté par des véhicules de type « tous terrains. C’est  la bonne option et outre qu’il va bien au Mont Llaret, une fois encore les vues aériennes y sont sublimes. Plus on monte et plus les vues lointaines se font jour. Pour moi, cette portion du chemin présente d’autres atouts : une flore variée et très colorée et des oiseaux que j’ai peu l’occasion de photographier car toute cette nature végétale et ornithologique ne se rencontre quasiment qu’à cette altitude-là. Une fois encore, le chemin s’aplanit un peu. Le Mont Llaret et sa haute croix de bois reconnaissable sont là dans la ligne de mire. On quitte la piste pour y filer tout droit mais le sommet nous ne pourront guère l’approcher car un groupe de jeunes vacanciers l’ont carrément envahi. Ils sont bien sympathiques ces jeunes et l’on plaisante assez facilement avec eux mais quand on veut s’approcher de la croix pour une photo-souvenir, aucun d’entre eux ne bougent et ils semblent se l’être définitivement appropriée.  Nous n’insistons pas et de ce fait, nous ne garderons de ce sommet qu’une seule photo au pied de son pinacle. Pas vraiment déçus car l’essentiel est accompli, nous profitons de cet arrêt pour terminer notre casse-croûte et dès qu’il est fini, nous filons vers le Roc d’Aude. Là, dans cette douce descente, nous retrouvons une bonne et large piste terreuse qui descend vers les arrivées des télésièges et des téléskis. Plutôt que d’emprunter les pistes qui descendent en zigzaguant, nous coupons court grâce à un raccourci qui  nous emmène directement à la station de pompage de Bigorra et à la télécabine des Pèlerins. Là, aux Pèlerins, nous prenons à droite le large chemin qui descend parallèle à la piste de ski dite des Rhodos et un peu plus bas dite de le Soucarade. Devant nous, un beau renard qui avait choisi la même option que nous, s’enfuit, non sans avoir au préalable longuement hésité entre le bois et le ravin. De toute évidence, on le dérange car soit la chasse est déjà ouverte soit l’heure du casse-croûte est déjà arrivée. La piste nous entraîne directement vers le Pla del Mir où cette jolie balade se termine. Le circuit décrit ici est long de 17 km environ pour des montées cumulées de 920 mètres. Panoplie du parfait randonneur avec notamment de bonnes chaussures de marche à tiges hautes sont vivement conseillées sur ce terrain très disparate mais assez rocheux et caillouteux par endroits. Carte I.G.N 2249 ET Top 25.

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

Le Lac d'Aude et le Mont Llaret (2.376 m) depuis les Angles (Pla del Mir -1.800m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de chansons interprétées par Elmore James extraites de son album "40 Exciting Legendary Blues Tracks: Tribute To Elmore James, “King of Slide Guitar”. Elles ont pour titre : I Believe, Stranger Blues, Look On Yonder Wall, Shake Your Moneymaker, The Sky Is Crying.

De nombreux lacs pyrénéens sont l’objet de légendes plus ou moins merveilleuses voire effroyables pour certaines d’entre-elles. Il y est souvent question d’« encantadas » (femmes enchantées), de « donas d’aygua » (femmes d’eau), de « fadas » (fées) devenues parfois « bruixas » (sorcières) par d’habiles manigances des doctrines religieuses. Le lac d’Aude en Capcir n’échappe pas à cette règle. Pourtant, nous y sommes allés randonner et je peux vous assurer que je n’ai rien vu de tout ça, mais il est vrai que ces histoires sont ancestrales et le plus souvent légendaires. Dommage, me direz-vous car selon la tradition et ce que j’ai pu lire dans « Légendes du Roussillon » d’Horace Chauvet aux Editions Lacour, il paraît qu’« aux bords des étangs, les bergers avaient l’occasion d’admirer les belles fées habillées de blanc qui peignaient leur chevelure ondoyante, en se mirant dans les eaux argentées. Elles avaient le don de séduire quiconque les approchait….. » Alors c’est vrai, Dany et moi avons été séduits mais pas par une fée mais par cette randonnée elle-même qui, depuis, le Pla del Mir (1.800m), station de ski des Angles, nous a tour à tour emmenés vers le lac d’Aude puis vers le Mont Llaret (2.376 m). Une balade plutôt longue et pas si facile que ça car les montées sont quasi constantes jusqu’au dernier objectif qui est en même temps le point culminant de cette boucle. Mais après tout, n’est-ce le propre d’une randonnée en montagne que de monter toujours plus haut pour faire plus de découvertes ? C’est exactement ce qui s’est passé !  Comme indiqué, le départ s’effectue du Pla del Mir, principale station de ski des Angles. Le chemin démarre à gauche du vaste parking et passe derrière le chalet de l’école de ski.  Sur la façade du chalet, un panonceau a été cloué indiquant  : « Boucle PR.9 - Lac d’Aude – 12 km – 435 m de dénivelé – 4h – difficulté : difficile ». Mais attention, pour ma balade, il ne faut pas se fier à ce panonceau, d’abord parce que le P.R.9 n’est pas une boucle mais un simple aller et retour et que la difficulté est plutôt moyenne que difficile pour le randonneur lambda. Enfin, une chose dont je suis sûr c’est que nous sommes bien sur le GRP du Tour du Capcir balisé en jaune et rouge. J’en suis d’autant plus sûr que j’ai accompli ce tour en 2013 et que j’ai emprunté cette portion en sens inverse venant des Bouillouses direction les Angles puis Matemale. C’était notre toute dernière étape qui en comptait quatre. Ce GRP passe derrière le parc animalier puis en longe la clôture toujours sur une bonne et large piste qui s’élève puis se stabilise avant de redescendre légèrement à l’approche de la Jasse du Pla del Bouc. Les premiers beaux paysages et panoramas s’entrouvrent. Ici au Pla del Bouc, on laisse un petit abri sur la droite étonnamment entouré de gros blocs granitiques dont trois ont été agencés sous la forme d’un imposant lieu de pique-nique. Juste après, on enjambe un passage canadien. Ici, une grande enseigne verticale mentionne « Porte Entrée ». Entrée de quoi ? Je ne saurais vous le dire avec certitude mais à cause du passage canadien,  j’ai supposé qu’il s’agissait de l’entrée d’une zone d’estives qui est également mentionnée sur une autre pancarte. Peu après, la piste que l’on poursuit devient plus pentue et se faufile au milieu d’une forêt de pins à crochets. Elle se stabilise à nouveau. On enjambe un premier petit ru mais attention ce n’est pas encore l’Aude et simplement un de ses affluents originels. L'Aude, le célèbre fleuve audois qui a donné son nom à tout un département est là, quelques mètres plus loin.  Ici, il s’agit d’un minuscule ruisselet aux eaux cristallines, d’un mètre de large tout au plus, dont le débit est si pépère qu’il a du mal à se faufiler au milieu des quelques ridicules roches qui entravent à peine son parcours. De ce fait, il zigzague, semble hésiter sur le chemin à prendre au milieu des herbes rases et des pins et bien évidemment, on est très loin de l’image du grand fleuve capable d’arroser tout une région, d’alimenter plusieurs lacs de barrage et de creuser de profondes gorges du Pays de Sault jusqu’à celui du Razès. En arrivant à hauteur d’une baraque entourée d’un enclos, on délaisse la  piste qui continue vers la gauche et  on emprunte à droite un large chemin qui file vers la Jasse de Bernardi et son imposant refuge. Sur la droite, le Puig del Pam laisse entrevoir son mamelon tourmenté et sur la gauche, les sommets du Haut-Conflent et de Cerdagne se révèlent derrière la frange d’une brume bleutée. A hauteur de cet abri et grâce à un panonceau (1.940m), on notera que nous nous sommes élevés pour l’instant de 140 mètres seulement sur les 576 mètres de dénivelé qui sont à accomplir jusqu’au sommet du Mont Llaret. D’ailleurs, le large chemin plat se termine, se rétrécie peu à peu et devient mauvais sentier en s’élevant dans la forêt. Ce sentier continue de monter plus vaillamment sur un terrain parfois plus difficile car caillouteux et parfois tourbeux car bourré de fondrières et de racines apparentes.  Après une vaste clairière entourée de falaises ocres et boisées, le parcours devient bien meilleur car herbeux mais il se faufile désormais dans un étrange ossuaire d’arbres desséchés. Si certains gisent sur le sol tels d’immenses carcasses, la plupart sont encore debout et c’est un piètre spectacle que tous ces sapins morts, squelettiques et dépouillés et ce coin ressemble d’autant plus à un cimetière que quelques blocs de granit paraissent faire office de pierres tombales. On évite de se fier à un panonceau qui indique : Sentier nordique –Lac d’Aude – reste 7,7 km. Non, le Lac d’Aude est à moins de 3 km ! On quitte ce coin lugubre au profit d’une petite zone humide faite de quelques tourbières alimentées par de menus filets d’eau qui s’échappent de l’Aude toute proche. Au milieu des pins à crochets, des genévriers rabougris et des rhododendrons fleuris, les pelouses herbeuses et grasses remplacent très rapidement les tourbières. Sur notre droite,  l’oblongue montagne qui apparaît n’est ni plus ni moins que notre principal objectif du jour, le Mont Llaret (2.376m) et son tout proche acolyte le Roc d’Aude (2.325m). Après une dernière « bonne » élévation, le chemin s’aplanit et quelques minutes plus tard, le miroir gris bleu du lac d’Aude apparaît immobile et brillant en contrebas de la forêt. On y descend mécaniquement vers son rivage d’abord pour quelques belles photos mais surtout parce qu’on sait d’avance qu’il n’y aura pas d’endroit plus agréable pour pique-niquer. Ici, au fond de ce petit cirque à la fois lacustre, végétal et minéral tout respire la douceur et la quiétude.  Dans un silence quasi religieux, seuls sont perceptibles le tintement lointain de quelques clochettes bovines et le gazouillis de rares passereaux occupant le faîte des conifères les plus hauts. Même les rares  randonneurs qui font le tour du lac, semblent le faire à pas de velours. Ce calme et ce silence sont si apaisants et l’air que l’on respire au bord du lac si vivifiant qu’on ne quitte qu’à regrets cette source de l’Aude. Ici, on délaisse le Tour du Capcir filant vers les Bouillouses au profit d’un étroit sentier balisé partant vers le nord-ouest.  Le balisage devient jaune. Ce sentier longe un petit ruisseau, à sec en juillet, le traverse puis grimpe au milieu des pelouses largement parsemées de nombreuses roches granitiques. Ces pelouses rases laissent parfois la place à des prairies de graminées un peu plus hautes et de ce fait, elles sont le paradis de nombreux bovins qui trouvent dans cette herbe délicate à la fois le fourrage à ruminer et la litière pour s’y vautrer.  Finalement à 2.220 m d’altitude, on atteint un collet où le regard embrasse des panoramas époustouflants sur une immense partie du Capcir : Massif du Carlit, lac des Bouillouses, la Vallée de la Grave et de la Têt, j’en passe et des meilleurs….Tout en dominant le lac des Bouillouses et à nos pieds la belle forêt de Malpas, le parcours en balcon descend plein nord, se redresse un peu en atteignant de vastes herbages au dessus desquels apparaissent les bulbes arrondies des deux Péric, les prémices de la Serra dels Alarbs et du Puig del Pam. Ici, un panonceau mentionne un sentier dit des Angles numéroté 7. Clairement et comme mentionné, ce P.R arrivant de la Balmette devrait nous amener très facilement vers le Mont Llaret et les Angles mais en réalité, nous allons hésiter entre deux chemins balisés de marques de peinture jaune. Nous optons pour le plus évident c'est-à-dire pour le plus large dont les profondes ornières indiquent qu’il est amplement emprunté par des véhicules de type « tous terrains. C’est  la bonne option et outre qu’il va bien au Mont Llaret, une fois encore les vues aériennes y sont sublimes. Plus on monte et plus les vues lointaines se font jour. Pour moi, cette portion du chemin présente d’autres atouts : une flore variée et très colorée et des oiseaux que j’ai peu l’occasion de photographier car toute cette nature végétale et ornithologique ne se rencontre quasiment qu’à cette altitude-là. Une fois encore, le chemin s’aplanit un peu. Le Mont Llaret et sa haute croix de bois reconnaissable sont là dans la ligne de mire. On quitte la piste pour y filer tout droit mais le sommet nous ne pourront guère l’approcher car un groupe de jeunes vacanciers l’ont carrément envahi. Ils sont bien sympathiques ces jeunes et l’on plaisante assez facilement avec eux mais quand on veut s’approcher de la croix pour une photo-souvenir, aucun d’entre eux ne bougent et ils semblent se l’être définitivement appropriée.  Nous n’insistons pas et de ce fait, nous ne garderons de ce sommet qu’une seule photo au pied de son pinacle. Pas vraiment déçus car l’essentiel est accompli, nous profitons de cet arrêt pour terminer notre casse-croûte et dès qu’il est fini, nous filons vers le Roc d’Aude. Là, dans cette douce descente, nous retrouvons une bonne et large piste terreuse qui descend vers les arrivées des télésièges et des téléskis. Plutôt que d’emprunter les pistes qui descendent en zigzaguant, nous coupons court grâce à un raccourci qui  nous emmène directement à la station de pompage de Bigorra et à la télécabine des Pèlerins. Là, aux Pèlerins, nous prenons à droite le large chemin qui descend parallèle à la piste de ski dite des Rhodos et un peu plus bas dite de le Soucarade. Devant nous, un beau renard qui avait choisi la même option que nous, s’enfuit, non sans avoir au préalable longuement hésité entre le bois et le ravin. De toute évidence, on le dérange car soit la chasse est déjà ouverte soit l’heure du casse-croûte est déjà arrivée. La piste nous entraîne directement vers le Pla del Mir où cette jolie balade se termine. Le circuit décrit ici est long de 17 km environ pour des montées cumulées de 920 mètres. Panoplie du parfait randonneur avec notamment de bonnes chaussures de marche à tiges hautes sont vivement conseillées sur ce terrain très disparate mais assez rocheux et caillouteux par endroits. Carte I.G.N 2249 ET Top 25.

Enregistrer

Partager cet article
Repost0

Les Contribuables Associés, vous connaissez ?

Publié le par gibirando

Les Contribuables Associés vous connaissez ? Moi, voilà environ 3 ans que je me suis abonné à leur magazine « les Enquêtes du Contribuable » et que je reçois régulièrement au format PDF leur bulletin trimestriel « le Cri du Contribuable ». Cette année, j’ai sauté le pas et j’ai effectué un don car finalement j’ai été convaincu par leur combat : « moins de dépenses publiques pour moins d’impôts ». Les Contribuables Associés est une association Loi 1901 à but non lucratif complètement indépendante des partis politiques. Elle a été créée en 1990 et est reconnue d’intérêt général. Elle est forte de plus de 300.000 adhérents ce qui peut paraître un chiffre très modeste au regard de son objet premier qui est « de mettre en œuvre les articles 14 et 15 des Droits de l’Homme et du Citoyen » qui sont :

« Art. 14. Tous les citoyens ont le droit de constater par eux mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.

Art. 15. La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. »

 

Au regard de ces  2 objectifs premiers mais qui ne sont pas les seuls, tous les citoyens que nous sommes payant impôts, taxes et percevant des prestations sociales devraient être adhérents. Il suffit d’aller visiter leur site Internet, de lire leurs statuts, leurs comptes et constater que tout y est parfaitement clair et sans doctrine partisane.

 

A titre d’exemple et pour que vous ayez une meilleure idée de leur combat, je vous communique leur dernière « newsletter » relative à la redevance télé. Elle est si juste et si symptomatique de la société du « toujours plus financier » et du « toujours moins culturel » dans laquelle nous vivons. Je ne sais pas vous mais moi je trouve que la télévision est devenue au fil des ans de plus en plus débilitante et je la regarde de moins en moins souvent alors une redevance qui augmente presque chaque année ça ne me convient pas du tout ! Elle me convient d’autant moins quand je sais que l’utilisation de cet argent n’est pas convenable et que l’essentiel de cette taxe n’est pas affectée pour améliorer les programmes télé.

 

Pour lire la newsletter, cliquez sur les photos pour les agrandir ou sur taille réelle :

 

Partager cet article
Repost0

Le Cap de Hont Nère (1.916m) et Mont depuis le Col de Peyresourde (1.569m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons extraites de l'album "Living Country Blues Vol.1" interprétées par Bowling Green John Cephas & Harmonica Phil Wiggins. Elles ont pour titres : "Black Rat Swing","Eyesight To The Blind", "Guitar & Harmonica Rag" et "Rising River Blues"
LE-CAP-DE-HONT-NERE
CAPHONTNEREIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Voilà la dernière balade pédestre réalisée lors de nos vacances dans les Hautes-Pyrénées. Soyons francs, c’est bien grâce à une amie, Laurence Lacabanne pour ne pas la nommer, que nous avons pu réalisé cette superbe randonnée en direction du Cap de Hont Nère (1.916 m) et du joli village de Mont à partir du célèbre col de Peyresourde (1.569 m). Laurence Lacabanne est une « friend blog » ou une « friend website » comme disent les anglais, c'est-à-dire que nous nous connaissons qu’au travers de mon blog et d’Internet. En France, on pourrait le traduire par « amie de sites Internet » mais comme ça pourrait avoir une autre connotation du style « site d’amitié » ou « site de rencontres », je préfère l’anglais car sinon je serais à l’opposé de ma pensée. Laurence anime un club de randonnées pédestres à Auriac-du-Périgord. En juin 2010 et suite à ce que j’avais considéré comme un « fantastique contact », j’avais eu l’occasion d’écrire un petit billet sur mon Journal Mensuel pour la remercier de sa gentillesse et de sa prévenance. Depuis, Laurence et moi continuons à échanger quelques messages et chaque année on se souhaite les meilleurs voeux par messagerie interposée. Quand Laurence a su que nous partions en vacances dans les Hautes-Pyrénées et dans la Vallée du Louron en particulier, c'est-à-dire sur « ses terres » comme elle me l’a écrit, elle m’a aussitôt communiqué une demi-douzaine d’idées de randonnées pédestres et voilà comment on s’est retrouvé en ce 26 juin 2015, avant dernier jour de nos vacances pyrénéennes, à marcher sur ces superbes crêtes ondulées et verdoyantes servant de frontière entre les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne. Soyons francs jusqu’au bout, ce jour-là, le Cap de Hont Nère n’était pas notre principal objectif  et comme conseillé par Laurence, nous visions plutôt le Sommet du Pouyaué à 2.062 m d’altitude mais plusieurs concours de circonstances nous ont contraints à raccourcir cette « fabuleuse » randonnée. Voilà comment ça s’est passé. Le col de Peyresourde, bien connu des fans du Tour de France cycliste et des cyclistes en général est, par grand beau temps, un lieu que je qualifierais de « fantastique ». Et croyez-moi, ce mot n’est pas galvaudé. Nous, au cours de cette semaine de vacances, nous avons eu le bonheur d’y passer à diverses reprises mais parfois avec des météos assez diverses et bien évidemment quand le temps est gris et pluvieux, ça change tout.  Mais attention, quand le ciel est d’un bleu cristallin, comme nous avons eu la chance de l’avoir au départ de cette balade, on reste scotché devant ces vastes prairies verdoyantes qui ondulent presque à perte de vue telles de débonnaires montagnes russes. Alors bien sûr, quand on aime la marche comme je peux l’aimer, on a envie d’y aller voir de plus près, histoire de « s’en mettre plein les yeux ». Quand à Dany, quand elle voit toute cette herbe rase et verdoyante, elle n’a qu’une envie : « s’y rouler dedans ! »  Chacun son truc, me direz-vous !  Alors voilà, j’ai le plus brièvement possible évoqué toutes les raisons de cette balade. Ce matin-là, quand nous démarrons du col de Peyresourde nous engageant dans la piste qui s’élève au dessus du chalet refuge ; en réfection à ce moment-là, résultat d’une avalanche hivernale ; il est déjà plus midi. Autant dire que nous ne sommes pas en avance car outre cette balade, pour laquelle il faut bien le dire nous partons un peu dans l’inconnu, nous avons prévu, d’aller à  Arreau en fin d’après-midi, pour visiter une volerie de rapaces : « les Aigles d’Aure ». Comme très souvent quand la fin des vacances approche, nous voulons faire un tas de choses et tenter de rattraper le temps perdu. Si je précise que nous partons un peu dans l’inconnu c’est parce qu’ici, il n’y aucun itinéraire balisé, que je n’ai pas de G.P.S et que je dispose comme unique repère d’un simple bout de carte I.G.N. Enfin pour l’instant, le chemin est tout simple et surtout, il est très agréable avec déjà de superbes panoramas. En outre, et pour mon plus grand plaisir, dans cette petite et magnifique Forêt domaniale de la Neste du Louron, les oiseaux, les papillons et les fleurs sont pléthores et une fois encore, l’objectif de mon appareil photo ne sait plus à quel saint se vouer. Si le chemin est beau, la faune et la flore abondante et superbe et les paysages à couper le souffle, à bien y regarder de plus près, ça ne doit pas être ainsi en toutes saisons. En effet, sur ces pentes très abruptes, les arbres arrachés ou secs sur pieds et les branchages en tous genres sont légion quand aux arbres qui ont déjà été coupés à leur base, c’est une véritable armée de souches que l’on aperçoit sur tous les versants de la forêt.  Alors bien sûr, rien d’étonnant de voir qu’à partir d’une certaine élévation, de nombreuses barrières anti-avalanches aient été installées. Je suppose qu’en hiver, cet endroit, si beau aujourd’hui, doit être parfois d’une très grande hostilité. Par grand beau temps hivernal, j’ai constaté sur le Net, avant de venir, que ces lieux sont beaucoup plus fréquentés en hiver et notamment en raquettes qu’ils ne le sont aux autres saisons. Après ces quelques réflexions, finalement, le large chemin se termine devant une barrière derrière laquelle un vaste troupeau d’ovins est entrain de ruminer. Des moutons, il y en a un peu partout sur le flanc de la montagne, mais une pauvre brebis, toute penaude, elle, s’est mise à l‘abri à l’ombre d’un talus. Elle paraît mal en point et même quand on s’approche d’elle, elle ne bouge pas d’un pouce. Nous la laissons tranquille. Après la barrière, la piste se poursuit à plat vers le nord-ouest mais nous choisissons de partir à l’opposé en longeant une clôture. Le patou, que nous n’avions pas vu jusqu’à présent, et pour cause, dort dans les hautes herbes d’un fossé. A notre passage, il lève un œil, nous regarde et reprend sa position apathique très éloignée de celle du gardien de troupeau que l’on attend de lui. Tant mieux pour nous car je me souviens des nombreuses fois ou des patous nous ont mis dans des situations peu confortables et où la peur du chien vociférant après nous, nous effrayait mais paradoxalement cette crainte se mêlait à notre envie de lui caresser son épais pelage opalin. Nous dominons la forêt qui se termine à la droite même de l’étroit sentier que nous cheminons désormais. De tous les autres côtés, la végétation n’est faite que d’une pelouse rase et uniforme. Plus rien n’arrête le regard, or mis bien sûr, l’arrondi même de la colline que nous devons gravir se trouvant sur notre gauche. Quand nous arrivons au sommet de la crête, des panoramas grandioses s’entrouvrent magnifiquement sur toute la Vallée du Larboust et de manière bien plus large et bien plus lointaine, sur l’ensemble du Luchonnais. Plus loin encore,  la longue chaîne des Pyrénées étire ses pics les plus hauts. J’ai lu, que parmi eux et quelque part, le pic d’Aneto était visible mais comme j’ignore où il se trouve, j’essaie de le chercher mais sans réelle conviction. On se dit que c’est sans doute le plus haut que l’on aperçoit légèrement sur la gauche. A cet instant, nous tournons à gauche et en suivant une étroite sente, nous gravissons la petite croupe du Lampet. Au sommet, à 1.804 m d’altitude,  nous nous arrêtons un instant au pied d’un vieux pluviomètre, car désormais, outre les paysages luchonnais, c’est toute la chaîne montagneuse s’étirant sur la gauche que nous apercevons en plus. Voilà les fameuses « montagnes russes » et verdoyantes que nous devons cheminer et ça jusqu’à son sommet le plus ultime, le Pouyaué. Ensuite, nous avons prévu de descendre jusqu’au village de Mont avant d’entamer le retour vers le col de Peyresourde. Voilà le programme tel que je l’ai imaginé sur Géoportail soit une quinzaine de kilomètres environ.  Mais tout ça, c’était sans compter sur ce étroit sentier qui après le sommet  du Pic Arrouy (1.850 m) s’est finalement, et on ne sait pas trop pourquoi, arrêté de filer sur la crête préférant traverser une mauvaise moraine pentue, terreuse et caillouteuse, et parfois même très boueuse, rendant notre progression bien difficile et par endroits, assez périlleuse il faut bien le dire. Ici, une pauvre brebis et son frêle agnelet se sont abrités à l’ombre d’une petite grotte et après quelques photos, nous les laissons tranquilles car le tout jeune nourrisson tête sans cesse sa mère avec gloutonnerie. Nous les  laissons d’autant plus volontiers que l’attention que réclame cette courte traversée sur cette moraine nous fait perdre un temps infini. Un seul faux-pas et nous voilà entrain de rouler quelques dizaines de mètres plus bas. Le seul intérêt que je retire de cette difficulté, c’est la présence inattendue de quelques jolis oiseaux que je peux photographier assez facilement car ils viennent boire dans les restes d’un ruisselet et manger quelques vers et insectes dans cette bouillie étrangement composé d’eau, de pierres, de boue, de bouses et de crottes de moutons. Grives, alouettes, tariers pâtres et monticoles de roches sont au rendez-vous de cette amalgame glissant et délicat pour nous mais apparemment si agréable pour eux. Après ce difficile passage, nous parvenons à rejoindre la crête et sa pelouse verdoyante bien plus praticable. La suite sur une sente herbeuse mais bien évidente devient beaucoup plus simple même si la déclivité pour monter au Cap du Hont Nère est de plus en plus pentue au fil de l’ascension. Seules quelques fleurs nouvelles et un joli papillon vont freiner cette montée. Quand nous arrivons au sommet,  il est 14h30 et Dany et moi sommes pour une fois en total désaccord. Elle est partisane de descendre directement vers le village de Mont que nous apercevons en contrebas derrière nous et moi, je suis plutôt disposé à poursuivre vers le Pouyaué droit devant. Après une courte chamaillerie, je cède à sa préférence et me rallie à son point de vue qui consiste à dire que rien n’indique que nous verrons beaucoup plus de panoramas que ceux que nous apercevons déjà d’ici. Nous redescendons le petit dôme en longeant désormais une clôture que finalement nous enjambons pour filer tout droit en direction de Mont. Ici, pas de réel problème d’orientation et seules quelques graminées un peu plus hautes parfois et quelques tourbières asséchées mais en mottes sont un frein à notre marche en avant. Ici, nous gardons en point de mire, d’abord une étroite « caminole » formée par les troupeaux puis une piste plus large que nous apercevons un peu plus bas encore. Après les avoir rejoint tour à tour, un peu moins d’une heure plus tard, par monts et par vaux, ou plutôt par croupes et ravines, nous voilà à l’entrée du superbe hameau de Mont. Une visite presque au pas de course nous permettant de découvrir une jolie fontaine, une belle table d’orientation, la magnifique église Saint-Barthélemy superbement décorée d’incroyables fresques et enfin un oratoire dont l’Histoire très intéressante nous est contée sur quelques ludiques panonceaux. Le tout avec de vues splendides sur la Vallée du Louron. Nous finissons la visite de Mont par quelques jolies venelles encadrées de maisons plus belles les unes que les autres. Comme conclusion à cette belle découverte et comme nos pensées sont déjà sur le chemin du retour et surtout vers les « Aigles d’Aure », nous accélérons encore le pas et tentons de ne pas nous laissés distraire par tant de beautés. Nous retrouvons très sensiblement l’itinéraire pris à l’aller mais avec cette fois l’inconvénient d’un plus grand nombre de dénivelés à gravir. Finalement, cet itinéraire nous entraîne sur un bon chemin jusqu’au Pas de Matac puis après quelques raccourcis ; enfin c’est ce que nous pensons ; nous retrouvons la clôture initialement enjambée. En la suivant, elle nous entraîne tout en descente vers un enclos au pied du Cap de Montsarré. Ici, nous retrouvons la bonne piste filant directement vers ce petit bout de la Forêt domaniale de la Neste du Louron ou de Peyresourde selon si on se fie à la carte IGN ou à la pancarte plantée près du refuge. Le troupeau d’ovins vu à l’aller s’est mis en mouvement et s’étire désormais sur tout le flanc de la montagne. A notre vue, le patou semble venir vers nous mais d’un pas toujours aussi nonchalant. Pour nous, cette seule présence suffit à freiner nos ardeurs. Nous quittons de quelques mètres la piste mais le chien passe pratiquement sans nous regarder et s’en va boire un peu d’eau dans une vielle baignoire faisant office de fontaine. En tous cas pas un seul aboiement à notre encontre et quelle drôle d’attitude pour ce chien qui est censé être le « gardien du temple ». La descente vers le col de Peyresourde s’effectue au pas de charge pour Dany très en colère après moi, de me voir encore flâner et photographier sans cesse fleurs, oiseaux et papillons qui semblent « s’être donné le mot » pour que je ne finisse jamais cette magnifique balade. Il est 16h30 passé quand nous récupérons notre voiture et filons sans plus tarder vers la volerie d’Arreau. Mais aujourd’hui, il était écrit que nous aurions tout faux ! Pas d’ascension au Pouyaué mais pas de rapaces non plus ! En regardant le site Internet des « Aigles d’Aure », je n’ai pas fais attention  que la volerie ne serait ouverte l’après-midi qu’à partir du mois de juillet ! Or, nous ne sommes que le 26 juin ! Pas de chance me direz-vous ? Non, bien au contraire !  Nous en avons eu beaucoup : un temps superbe avec un ciel pur comme du cristal (enfin surtout au début !), des montagnes si merveilleusement verdoyantes, des panoramas somptueux, un joli brin de village et tout ça pour une balade de 4h30 et d’une distance approximative que j’estime entre 12 et 14 km. Que demander de plus ?  Une fois encore, je me suis intéressé à la toponymie des lieux cheminés. En occitan-gascon, le Cap de Hont Nère c’est le sommet  (cap) de la fontaine (hont) noire (nere). Le « Pouyaué » tout comme le « Puyo » ou le « Pouey » s’est toujours dans la toponymie pyrénéenne le monticule, l’éminence, la cîme, le pic au même titre qu’un « puy » ou qu’un « puig ». De la même façon que le lac d’Oô signifiait le « lac du lac », le « sommet du Pouyaué » est un doublon toponymique signifiant le « sommet du sommet ». Enfin « Peyresourde » c’est la « pierre source » selon le livre de Robert Aymard « Toponymes pyrénéens- Répertoire géographique et étymologique des deux versants des Pyrénées » Editions Lacour-Rediviva. A tous les lecteurs de cet article, je précise que le tracé mentionné sur la carte I.G.N joint à ce dernier se veut comme toujours le plus précis possible mais qu’en l’absence d’un G.P.S et dans l’impossibilité d’enregistrer un « tracback », il ne peut être que très approximatif au regard d’un itinéraire très souvent hors sentier. De ce fait et comme pour tous les tracés que je fournis dans mon blog, il ne saurait m’engager dans une quelconque responsabilité en cas d’égarement des personnes qui voudraient l’utiliser sans plus de précautions. Carte I.G.N 1848 OT Bagnères-de-Luchon  - Lac d’Oô - Top 25

Partager cet article
Repost0

Les Lacs d'Oô (1.504 m) et d'Espingo (1.967 m) depuis les Granges d'Astau (1.130 m)

Publié le par gibirando

LE-LAC-D'OO
LACDOOIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Pour Dany et moi, comme pour de nombreuses personnes sans doute, avant d’être un objectif de randonnée, le lac d’Oô était essentiellement un nom en deux lettres à trouver dans les mots croisés ou fléchés. C’est donc par le plus pur des hasards que les cruciverbistes que nous sommes se sont soudain métamorphosés pour l’occasion en des randonneurs éclairés. Eclairés car soudain, nous allions prendre conscience que ces deux voyelles accolées l’une à l’autre étaient aussi un merveilleux lieu de balades pédestres. Voilà comment ça s’est passé. Toujours en vacances à Loudenvielle dans les Hautes-Pyrénées, c’est en revenant de Bagnères-de-Luchon, après cette « fameuse » balade « rêvée » à la Cabane d’Ourtiga que nous avons aperçu le panneau « Lac d’Oô » sur le bord de la route départementale 618. Comme pour un flipper que l’on remue un peu trop, ce panneau signalétique a fait « tilt » dans nos têtes et après la seule vision de ce célèbre patronyme, il était hors de question que nous passions à côté sans en savoir un peu plus. Nous avons donc pris illico presto la direction du « lac d’Oô » car notre curiosité était bien trop aiguisée et l’envie de transformer nos connaissances mots-croisistes en un lac authentique bien réelle. En réalité, ce jour-là, nous ne sommes allés qu’au village d’Oô et à la vue de deux autres panneaux signalétiques très explicites, nous avons immédiatement compris que le lac d’Oô ne serait qu’atteignable à pieds et depuis le lieu-dit les Granges d’Astau se trouvant 4 km plus loin et plus haut sur la petite route D.76. Cette unique solution nous convenait d’autant mieux que nous étions en quête de balades pédestres dans le secteur et qu’enfin, nous en tenions une sans trop nous casser la tête.  Nous avons donc programmé cette longue balade aux lacs d’Oô pour le surlendemain, si le temps venait à s’y prêter, ce qui n’était pas le cas au moment où nous l’envisagions. Le temps était maussade voire par instant menaçant et de ce fait, nous n’avons pas traîné à Oô. Nous sommes rentrés à Loudenvielle sans prendre plus de détails sur cette randonnée. De toute manière, ce n’était pas bien grave car au studio, j’avais mon ordinateur, une connexion à Internet et le site Géoportail et sa carte I.G.N m’en diraient sans doute bien plus que toutes les pancartes signalétiques du monde. Le matin du surlendemain, la météo n’étant pas très bonne, nous remettons notre sortie au lendemain et partons en voiture vers le Pic du Midi. Bien, nous en a pris car le lendemain, le 25 juin au matin, c’est un magnifique ciel bleu purgé de tout nuage qui nous ravît au saut du lit. En effet, comment s’attendre à un tel revirement alors qu’hier soir le temps était encore très orageux, ténébreux même et avec de gros éclairs sur la Vallée du Louron. A la télé, Météo France annonce une journée radieuse alors nous déjeunons « rapidos » et partons immédiatement vers Oô. Il est 9h15 quand nous arrivons aux Granges d’Astau et garons la voiture sur le parking à quelques mètres de la ligne de départ. Selon les quelques renseignements que j’ai notés sur Internet et sur le site de Géoportail, le lac d’Oô est situé à 1.504 mètres d’altitude et comme les Granges d’Astau sont à 1.130 mètres environ, c’est donc un dénivelé plutôt modeste de 374 mètres qui nous attend. Dany ne se plaignant plus de ses articulations depuis quelques temps déjà, je pense sincèrement que cette randonnée est réellement dans ses cordes. Le seul point qui m’interpelle est qu’il y a aussi un autre lac, également très beau à découvrir mais bien plus haut celui-ci car situé à 1.950 mètres d’altitude. C’est le lac d’Espingo dont le col éponyme pour l’atteindre est à 1.967 mètres. C’est donc une déclivité de 837 mètres qui est à gravir si l’on veut réaliser les deux lacs et là, la petite balade plutôt facile devient une randonnée bien plus sévère et dans ce cas, j’ignore si Dany sera à même de l’accomplir. De ce fait, nous décidons d’un commun accord  de se fixer comme objectif le lac d’Oô puis une fois là-haut, on décidera ou non de poursuivre. Dès le départ, une large piste forestière sert de fil conducteur. On ne peut guère faire plus simple car une fois encore il s’agit d’un petit bout du célèbre G.R.10 traversant les Pyrénées d’Hendaye à Banyuls-sur-Mer. Nous, qui n’avons jamais trouvé ni le temps ni peut être le courage de l’accomplir complètement, nous satisfaisant des 7 jours passés en  2001 entre Mérens et Mantet  et de petites balades d’une journée dans les Pyrénées-Orientales, voilà que depuis que nous sommes ici, nous sommes entrain d’en découvrir d’autres agréables tronçons. La piste s’élève doucement en suivant la verdoyante vallée où s’écoule la Neste d’Oô. En réalité, ici, tout est verdoyant, la vallée et ses vastes prairies mais aussi les montagnes environnantes et les belles forêts qui s’y sont implantées. Toutes les nuances de verts sont présentes et les seuls contrastes dans ces paysages de jade sont le ciel bleu cristallin, la superbe cascade blanche de la Chevelure de la Madeleine, quelques falaises dénudés et une longue ligne de névés dans le Cirque d’Espingo qui nous fait face quand on lève la tête. La piste monte désormais à l’ombre du Sarrat Crémat, entre en forêt  et devient un peu plus caillouteuse. Enfin, c’est Dany qui me le fait remarquer car moi je suis bien trop occupé à photographier une flore incroyablement belle, dense et variée dans ses formes et ses coloris. La faune, elle, semble bizarrement absente ou alors étrangement silencieuse. Peu d’insectes, peu de papillons et pratiquement aucun oiseau contrairement à tous ceux que j’avais pu découvrir lors de notre balade à la Cabane d’Ourtiga, également sur le G.R.10. Pourtant, une seule ligne de crête et quelques kilomètres seulement séparent les deux vallées. De temps à temps, j’entends le chant d’un pinson mais c’est à peu près tout et comme je ne les vois pratiquement jamais et que je ne peux pas le photographier, je suis déçu de ce vide faunistique. Si cette marche s’effectue dans un quasi désert faunique, ce n’est pas le cas des randonneurs qui se font de plus en plus nombreux au fur et à mesure de l’élévation.  Moi, qui croyez que le lac d’Oô était bien plus connu des cruciverbistes que des randonneurs pédestres, je suis bien obligé de revoir mon jugement. Au fil de la marche, force est de constater que de nombreux randonneurs, clubs et associations de toutes les régions de France font de cette balade, une « incontournable » des Pyrénées. Nous n’avons pas encore atteint le lac d’Oô et pourtant ce titre « d’incontournable » est déjà bien  mérité car lorsque quelques fenêtres s’entrouvrent dans l’épaisse forêt, des vues sublimes sur la vallée se font jour. La piste se rétrécie et s’élève soudain en quelques lacets plus concis. J’en profite pour emprunter quelques raccourcis alors que Dany a pris un peu d’avance,  bien occupé que je suis avec mes photos de fleurs. Je tombe sur les rails d’une bien étrange voie ferrée. En suivant les rails, je me laisse entraîner sur un chemin verdoyant mais je prends soudain conscience que je m’éloigne de l’itinéraire du G.R.10 et je fais demi tour, ravalant mon «affreuse » curiosité et préférant garder la visite de ce lieu lors du retour. J’ai réussi à rattraper Dany car à l’approche du lac et de son tablier du barrage, la piste s’est transformée en un sentier dont la déclivité a faibli puis s‘est stabilisée. Nous en profitons pour prendre quelques photos d’abord sur un petit pont qui enjambe le ruisseau puis avec une vue grandiose sur le lac et son immense cascade dont la hauteur de sa chute impétueuse et écumeuse n’a d’égal que sa beauté : 275 mètres ! Sur le petit pont, j’ai noté la présence d’une stèle  à la mémoire d’un certain Emile Dupront et une date : 1920. On peut donc imaginer que cet ancien élève de l’école Polytechnique serait mort dans un accident de travail lors de la construction du barrage puisque ce dernier a été terminé un an plus tard, en 1921. Dany est ravie d’être arrivée jusque là et semble en pleine forme pour poursuivre vers le lac d’Espingo. J’en suis ravi moi aussi. Ici, le G.R.10 devient un étroit sentier s’élevant régulièrement dans un décor bien plus ouvert que précédemment mais également bien plus pentu. Du fait de cette ouverture, la flore est également un peu différente et des fleurs nouvelles apparaissent et j’en suis d’autant plus satisfait qu’en permanence des vues aériennes sur le lac d’Oô et son refuge se dévoilent aussi. Mon appareil photo numérique crépite à tout berzingue. Clou du spectacle : dans l’immense cirque glaciaire, un hélicoptère se lance dans un joli ballet aérien. La faune, avec quelques oiseaux et papillons, est également un peu plus présente mais ce n’est pas la panacée et en tous cas, rien à voir avec notre balade à la Cabane d’Ourtiga où les seules ressemblances sont ces petits torrents qui s’écoulent en cascade de toutes parts. Il faut dire que là-bas nous marchions seuls et qu’ici une ribambelle de randonneurs s’étire en file indienne sur tout le flanc de la montagne. Si oiseaux et animaux il y a eus, ils ont du rejoindre des lieux bien plus sereins et silencieux. Moi, avec ma flânerie « photographique » et mes redémarrages aussi soudains que véloces, je suis parfois englué dans ces pelotons bien trop placides à mon goût et  à chaque fois que je le peux, je dépasse un grand nombre de randonneurs, faisant en sorte qu’ils ne me rattrapent plus. Dany, elle, marche à son rythme mais ne se laisse pas distancer pour autant. De toute manière, tout ce petit monde s’effiloche et quand le col d’Espingo est en vue, nous nous retrouvons quasiment les seuls. Pourtant, il n’est que 12h30 et les 3h15 que nous avons mis pour arriver jusqu’ici, arrêts inclus, nous satisfont pleinement. Après tout, aux Granges d’Astau, un vieux panonceau du G.R.10 n’annonçait-il pas 2h45 d’ascension pour arriver jusqu’ici ? L’heure du déjeuner ayant sonnée, on s’empresse de quitter le col, ses groupes de randonneurs bruyants, pour un magnifique promontoire herbeux dominant le lac d’Espingo et son imposant refuge. Nous avons fait l’effort de quelques mètres supplémentaires de déclivité mais nous en sommes pleinement satisfaits. Personnellement, je suis d’autant plus ravi de cet endroit que j’y découvre de magnifiques Narcisses des poètes encore jamais vus jusqu’ici et qu’une Niverolle alpine, oiseau peu farouche mais plutôt rare à photographier vient étrangement se gaver de mes croûtes de fromage et de quelques morceaux de pain. Ce spectacle insolite va durer tout le temps où je l’alimente avec mon casse-croûte et quand je n’ai plus rien à lui donner, elle s’envole et disparaît sans doute un peu moins affamée. Moi, qui était un peu frustré que la faune soit si rare tout au long de l’itinéraire, me voilà enfin comblé et ce n’est pas fini. Dany décide de se reposer un peu sur l’herbe pendant que je descends vers le refuge, les rives du lac d’Espingo puis en remontant le fougueux torrent qui l’alimente vers le lac Saussat. Un petit périple magnifique où je vais avoir la chance de photographier beaucoup de nouvelles fleurs, de nouveaux oiseaux dont un Traquet oreillard, une jolie bergeronnette et quelques rares papillons d’altitude, tout ça dans des décors somptueux et époustouflants. Au moment où j’entame la remontée, un Vautour fauve vient tourner quelques minutes au dessus du cirque et pendant un instant, j’ai bien cru que l’incroyable spectacle aperçu non loin de la cabane d’Ourtiga allait recommencer. Mais non, le vautour est solitaire et il disparaît dans le ciel se laissant emporter par les courants ascendants ! Après toutes ces merveilleuses découvertes, il est temps de rejoindre Dany que j’aperçois au sommet du col d’Espingo. Elle semble m’attendre et plus raisonnable que moi, elle pense que le moment de redescendre vers les Granges d’Astau est arrivé. Cette descente va être ponctuée de quelques arrêts, avec notamment une étonnante pause où des centaines de têtards regroupés dans le ruisseau au pied du tablier du barrage d’Oô vont se régaler à me suçoter les orteils que j’ai cru bon de rafraîchir. Je connaissais la « fish pédicure » et voilà que soudain, je viens d’inventer le concept de « têtard pédicure ». J’apprendrais plus tard qu’il s’agit certainement de l’Alyte ou Crapaud Accoucheur et qu’en raison de l’altitude, cet animal peut rester à l’état de têtard parfois pendant 10 ans voire plus. Un peu plus bas et comme je l’avais imaginé à l’aller, j’ai suivi les rails de la voie ferrée et j’ai découvert la « station ». Enfin c’est comme ça qu’elle s’appelle sur la carte IGN et il faut y ajouter un câble transporteur aujourd’hui disparu. J’ai cherché sur Internet à quoi avait pu servir ce lieu car sur place aucune indication n’est fournie et les quelques bâtiments encore en très bon état sont d’une troublante virginité. J’ai finalement appris que cette « station » avait servi dans les années 20 à faire le lien entre la vallée et le barrage pour y acheminer les matériaux de construction nécessaires à son édification. Franchement, je trouve les bâtiments en bien trop bon état pour qu’ils n’aient servis qu’à ça et depuis si longtemps et ce d’autant que rien n’ai fait pour inciter le touriste à aller visiter ce lieu isolé. Ce n’est donc pas un lieu touristique en soit. Aujourd’hui, en tous cas, les liens entre la vallée et le refuge d’Oô s’effectuent presque essentiellement en hélicoptère et j’en ai eu la preuve alors que je me trouvais à la « station ». Un joli spectacle où il faut bien reconnaître que le pilote est un sacré virtuose des manches de commandes. Dans toutes mes pérégrinations et rêveries,  Dany ne m’a pas attendu, alors dans la descente, j’ai pressé le pas et j’ai même parfois un peu couru pour tenter de la rejoindre. Seules quelques fleurs oubliées à l’aller ont freiné mon élan et quand je l’ai rattrapé, nous étions à quelques décamètres des Granges d’Astau. Nous avions accompli une splendide randonnée et une fois encore, nous étions satisfaits de cette merveilleuse journée passée au grand air. Histoire de ne pas la terminer trop brutalement et avant de rejoindre Loudenvielle, nous avons fait une longue pause et profité des chaises longues et d’une boisson bien fraîche sur la terrasse du bar-restaurant le Mailh d’Astau. Nous étions heureux, heureux d’avoir marché, heureux que Dany ait réussi cette belle performance d’arriver jusqu’au col d’Espingo et même un peu plus haut, heureux d’avoir découvert ces deux magnifiques lacs que nous ne connaissions pas, heureux de toutes les photos que j’avais prises et dont vous découvrirez de nombreux exemplaires dans un copieux diaporama joint à cet article. En son temps, Victor Hugo avait écrit « le lac, œil du paysage » et aujourd’hui j’ai le sentiment d’avoir vu deux yeux, deux yeux superbes mais avec des lunettes, un peu comme on se représente des binocles sans branche quand on regarde le nom « Oô ». Cette balade aller et retour a été longue d’une douzaine de kilomètres environ. Pour moi, qui suis allé au bord du lac d’Espingo puis sur les rives du lac Saussat et enfin à la « station », ajoutez-y trois ou quatre kilomètres environ et quelques dizaines de mètres de dénivelés supplémentaires. Un conseil pour avoir vu plusieurs personnes marcher avec des tennis : de bonnes chaussures de marche à tiges hautes sont nettement préférables sur ce type de terrain car à presque 2.000 mètres d’altitude c’est déjà de la haute montagne ! Enfin, pour les personnes que la toponymie intéresse, il faut savoir que le nom "Oô" est un doublon toponymique signifiant le "lac du lac" (source Wikipédia) quand au nom "Espingo", il signifie "espagnol" (source CNRTL) avec une petite allusion ironique voire péjorative puisque chez nous elle désigne le plus souvent un immigré ibérique. Cette ironie, on la retrouve d'ailleurs dans le mot "espingoin" combinaison des mots "espingo" et "pingouin" que certains auteurs de polars ont utilisé pour désigner des Espagnols.  Enfin, tout ça est d'autant plus étonnant que dans un espagnol plus ancien, le mot "espingo" signifie "sphinx". Les immigrés espagnols seraient-ils des sphinx ? Carte I.G.N 1848 OT Bagnères-de-Luchon  - Lac d’Oô - Top 25.

Partager cet article
Repost0

Le Lac de Génos-Loudenvielle (Hautes-Pyrénées)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 5 chansons interprétées par Jean Ferrat. Elles ont pour titre : "La Montagne", "C'est Beau La Vie", "Nous Dormirons Ensemble", "Ma France" et "Deux Enfants Au Soleil".

LE-LAC-DE-GENOS-LOUDENVIELL
LACGENOSIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.
---------------------------------------------
Toujours en vacances à Loudenvielle dans les Hautes-Pyrénées, si il y a une petite balade que l’on ne pouvait pas éviter c’est bien celle de faire le tour du lac au bord duquel nous résidions. Dans le précédent article consacré à la Cabane d’Ourtiga, j’ai eu l’occasion de vous présenter rapidement ce lac que l’on appelle plus communément le « lac de Génos-Loudenvielle », du nom des deux principales communes qui le côtoient. Bien sûr, mon article n’a pas la prétention de vous expliquer comment on fait le tour d’un lac. Non, ce lac, comme de très nombreux, est circulaire et en faire le tour ne présente donc aucune difficulté d’orientation d’autant qu’ici un balisage et quelques explications en facilitent le cheminement. En outre, le dénivelé est pratiquement nul sauf à vouloir s’éloigner du lac comme nous avons pu le faire pour aller visiter le château de Génos ou le hameau d’Aranvielle. Mais rassurez-vous néanmoins, car si dénivelés il y a, ce ne sont que deux ou trois dizaines de mètres de déclivité seulement qui sont à gravir. Non, si je propose un article de cette courte balade, ce n’est essentiellement que pour expliquer et démontrer combien ce coin de nos bien-aimées Pyrénées est splendide et bourré de découvertes. Comme d’habitude, un diaporama avec d’abondantes photos est joint à mon article pour illustrer mes propos. S’agissant d’un lac, il n’y a pas réellement de point de départ bien précis et bien  évidemment, nous, nous sommes partis depuis le studio que nous avions loué à la Résidence la Soulane. Cette résidence a les pieds dans l’eau car elle se trouve à une dizaine de mètres seulement de la berge. Nous avons fait le choix de partir en direction de Loudenvielle, c'est-à-dire vers le sud. Immédiatement, on est subjugué par la beauté du site et les nombreux centres d’intérêts que l’on peut y découvrir. Cette Vallée du Louron est entourée de montagnes plus ou moins hautes mais toujours verdoyantes. Nous sommes fin juin mais ils subsistent encore quelques névés sur les sommets les plus hauts, ce qui donne encore plus de splendeur aux panoramas. Il faut dire qu’ici, de nombreux et tout proches pics flirtent avec les 3.000 mètres d’altitude. Après quelques pas seulement, moi qui aime la photographie ornithologique et qui en plus, constitue au fil du temps un herbier de photos numériques, je suis gâté bien au delà de mes espérances. Les oiseaux sont nombreux et variés, quant aux fleurs, des dizaines d’espèces fleurissent en bordure du lac et il suffit d’être un peu curieux pour les découvrir. Cette flore incroyable attire de nombreux insectes et de superbes papillons. Une fois encore et au grand dam de Dany qui voudrait bien marcher un peu plus vite, histoire de faire un peu du cardio, moi, je flâne encore et toujours. Nous n’avons pas fait 100 mètres que déjà, je m’arrête de longues minutes pour photographier des couples de grèbes castagneux nourrissant leurs petits et leur apprenant par la même occasion à plonger et à pêcher. C’est un superbe spectacle ! Les grèbes ont élu domicile sur des tapis d’algues filamenteuses qui ont envahi une petite anse que l’on enjambe par une passerelle. Les grèbes semblent faire bon ménage avec les innombrables colverts et les bergeronnettes qui sautillent sur cet habitat verdâtre et humide. De nombreux poissons, gros et petits, frétillent et sautent sous cette gangue organique sans doute pour frayer ou en quête de quelques insectes. Un chevreuil, lui, a eu moins de chance. Il a sans doute voulu traverser le lac à la nage et s’est empêtré dans les longs filaments au point d’être piégé et d’y laisser la vie. Il flotte à la surface, la panse rebondie. Quand ce ne sont pas les oiseaux, ce sont les fleurs et les papillons qui ralentissent cette promenade. Quand ce ne sont pas les fleurs et les papillons, ce sont les parapentes et les ailes deltas qui attirent le regard. Instinct de protection oblige, sur le bord de la grève, les gambusies, vairons et autres menus fretins se regroupent en masse dans la crainte d’être mangés. Dany a pris de l’avance en direction de Loudenvielle, alors de temps en temps, je presse le pas pour la rattraper mais trop de « choses » retiennent encore mon attention. Après un petit tour dans la commune, nous repartons vers le lac pour en poursuivre le tour. Nous traversons la rivière, la Neste du Louron, et poursuivons sur la rive opposée en direction du centre de balnéothérapie « Balnéa ». C’est ici, que l’essentiel de l’activité touristique bat son plein car outre le centre de balnéo, c’est dans cette zone que se concentrent la plupart des autres activités : parcs ludiques avec piscines, aire de pique-nique, plaisirs nautiques, jeux pour petits et grands, bureau d’accueil et piste d’atterrissage pour les parapentistes, aire de stationnement pour camping-cars, etc… Nous, nous ne sommes pas venus ici pour ce type de détente et encore moins pour être au plus près de la foule. Non, c’est plutôt la tranquillité et le silence que nous sommes venus chercher. Du coup, nous poursuivons notre tour du lac en direction de Génos et de son château du Moulor, cher à feu l’écrivain Paul Féval, qui y situa l’action de son célèbre roman de cape et d’épée « le Bossu ». Du village de Génos et de son château, aujourd’hui nous en faisons l’impasse mais nous y reviendrons très vite, histoire de refaire le tour du lac mais en sens inverse cette fois-ci.  Nous poursuivons la promenade vers la base nautique louant pédalos, paddles, canoës et kayaks puis vers l’ardoisière se trouvant au pied du château. Cette partie-là du lac est plus la plus paisible et les nombreux pêcheurs ne s’y trompent pas. Nous enjambons une grande passerelle, à l’endroit même où le lac se termine par le déversoir du petit barrage. C’est de cette passerelle que la vue du lac est la plus saisissante avec ses 32 hectares visibles d’un seul tenant et les hauts sommets fermant le fond de la vallée.  Le soir tombe, de nombreux insectes et les truites qui s’en régalent mouchètent la surface du lac qui se ride soudain de milliers de cercles. La balade tire à sa fin mais de nombreuses fleurs m’arrêtent de nouveau. Dany arrivera bien avant moi au studio. Il faut dire que depuis notre arrivée, elle s’inquiète pour l’état de santé d’un gentil chat que l’on soigne et que l’on nourrit et qui est venu vers nous spontanément. Telle qu’accomplie et décrite ici, cette promenade est longue de 5,5 km environ. Il faut rajouter 1 km à 1,5 km pour la visite de Génos et de son château. Carte IGN 1848 OT Bagnères-de-Luchon – Lac d’Oô - Top 25.
Partager cet article
Repost0