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Le Sentier du Cap Béar depuis Port-Vendres (Anse de l'Espelugas)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de la musique de John Barry, bande originale du film "Out Of Africa" de Sydney Pollack.
LE-CAP-BEAR
CAPBEARIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Quand j'ai voulu écrire le récit de ce "Sentier du Cap Béar depuis Port-Vendres"  en me documentant à son propos, j’ai appris que ce lieu était un véritable champion. Un champion de vitesse ou tout du moins un recordman. En effet, lors de la fameuse et terrible tempête Klaus de janvier 2009, les vents ont soufflé au Cap Béar à la vitesse phénoménale de 191 km/h et dans le département des Pyrénées-Orientales, ce n’est que d’un cheveu qu’il a été battu par une rafale de 193 km/h ayant été enregistrée le même jour du côté de Formiguères. On est loin bien sûr du record national de 320 km/h détenu par le Mont Ventoux depuis 1967 et du record mondial de 484 km/h enregistré en 1999 au sein d’une tornade du côté de Bridge Creek en Oklahoma, mais au niveau de la mer, le Cap Béar est systématiquement sur le podium et s’y complait à chaque tempête. Les vents de 160 à 180 km/h ne sont pas rares et de ce fait, certains marins effectuant du cabotage en Méditerranée l’appréhendent et l’appellent même le « Cap Horn catalan ».  Le jour de notre balade, rien de tel et c’est sous un soleil radieux et accompagnés par une petite brise marine que nous avons démarré depuis l’anse de l’Espelugas, non loin de la jetée du port de Port-Vendres. Autant l’avouer, ce jour-là, nous n’avons battu aucun record et d’ailleurs ce n’était pas le but. Si l’on arrive de Perpignan depuis la route côtière D.114, il faut, pour rejoindre la jetée et le point de départ de la balade, faire le tour du port en se dirigeant vers la capitainerie. Là, on poursuit sur les quais puis une fois la D.86b atteinte, on suit les indications « Cap Béar » puis on continue en empruntant deux tunnels pour atteindre la jetée. Par la Nationale 114, on prend directement la D.86b filant vers le cap et la suite est la même.  La ligne de départ est là, à quelques mètres du restaurant le Gibraltar que j’ai connu dans le passé en bien meilleur état qu’aujourd’hui. Un poteau paré d’un panonceau de randonnées indique qu’il s’agit du Sentier du Littoral offrant diverses balades plus ou moins longues. La nôtre est mentionnée sous l’intitulé « Phare de Béar – 45 mn- 2km » et comme il s’agit d’un simple aller-retour autant dire que c’est une promenade plutôt facile pour tous les amoureux de la marche. Quand au point le plus haut du sentier, il est situé à 110 mètres d’altitude environ et de ce fait, inutile d’être très fort en maths pour calculer le dénivelé par rapport au niveau de la mer. Bien sûr, si ça vous chante, vous pourrez poursuivre votre balade bien après le Cap Béar en vous dirigeant vers les plages de Paulilles ou bien vers Banyuls-sur-Mer comme indiquait sur le panonceau. Dès le départ, un sentier caillouteux et schisteux très raide s’élève dans la garrigue. Il est d’ailleurs si raide qu’une rambarde et quelques escaliers faits de rondins de bois ont été aménagés pour faciliter l’ascension. De ce fait, on s’élève très vite et les jolies vues sur Port-Vendres et ses alentours apparaissent immédiatement. Dès que le sentier se stabilise, on profite de superbes panoramas bien plus lointains vers les Albères qui s’étirent et ondulent depuis la Madeloc jusqu’au Néoulous en passant par la Massane et le pic des Quatre Termes, le regard se posant finalement sur l’inévitable Canigou magnifiquement enneigé à cette époque de l’année. Le fort Saint-Elme tout proche constitue dans l’immédiat le repère final de ce tour d’horizon. Un peu plus haut, les vues sur les stations balnéaires et leurs interminables plages sableuses apparaissent. Très rapidement, on rejoint la petite route bitumée faisant le lien entre Port-Vendres et Béar. Il s’agit du bien nommé chemin du Cap Béar. Connaissant bien les lieux pour y être venu pêcher à de très nombreuses reprises, de jour comme de nuit, du bord et à la canne ou en chasse sous-marine (voir Mes Souvenirs halieutiques), j’emprunte le petit sentier de terre, qui sur la gauche, part en direction de la haute falaise rocheuse et de quelques maisons. Là, cachés dans la végétation et en surplomb d’impressionnantes criques déchiquetées, se trouvent quelques ruines aux formes arrondies, sans doute celles d’une vieille tour ou d’un ancestral fanal ayant servi bien avant la construction du présent phare.  Grâce à un nouveau panonceau, notre balade se poursuit et s’élève sur le côté droit de la route. La végétation se fait plus dense et si la garrigue reste essentiellement de type méditerranéen avec les cistes, les genêts, les romarins et les bruyères, on y remarque une incroyable diversité d’autres plantes que l’on a peu l’habitude de voir plus à l’intérieur des terres : armérias, camphorines, cristes, immortelles, passerines, soudes pour n’en citer que quelques unes parmi les plus communes. Bien évidemment, les plantes fleuries sont rares en cette saison. Quand à la faune, à cette époque de l’année, elle est essentiellement ornithologique avec l’emblématique goéland leucophée tournoyant dans un ciel azur mais on peut y voir aussi le grand cormoran raser la surface puis la crever pour d’incroyables apnées car leur régime alimentaire est essentiellement piscivore. La mouette rieuse, elle,  est plutôt présente à proximité du port. Dans les catégories plus légères, on peut avoir la chance d’apercevoir de nombreux passereaux plus ou moins craintifs et discrets comme le Monticole bleu, le Rouge-gorge, le Rougequeue noir et tous les petits oiseaux vivant embusqués dans les buissons comme le Tarier pâtre, les fauvettes ou le troglodyte mignon. Le sentier se poursuit sous le Fort Béar, construction militaire du 19eme siècle bâtie sur les fondations d’un édifice du maréchal Vauban. Cette forteresse avec vue imprenable sur la mer a toujours été au fil des siècles occupée par l’armée pour sa position hautement stratégique. A partir de là, la pointe du cap Béar s’avançant dans la mer apparaît plus nettement avec son sémaphore blanc et ocre et son phare de granit très légèrement en contrebas. La balade progresse d’ailleurs sur une crête laissant entrevoir les deux versants du cap. Sur la gauche, des petites criques dominées par de modestes falaises. Sur la droite et au premier plan, l’Anse de Paulilles et au loin, les Albères plongeant dans la « grande bleue » dans une succession d’autres pointes que sont les caps Oullestreil, Cerbère et plus loin Creus, visible à l’horizon dans une brume blanchâtre. Après un long muret de pierres sèches, dont on est en droit de se demander quelle fonction pouvait-il avoir, or mis celui de s’abriter des vents, le sentier descend tout droit vers le sémaphore, grande bâtisse de la Marine Nationale édifiée en 1861 et faisant à la fois office de surveillant local du trafic maritime et de station météo. Les visites n’étant pas autorisées, nous poursuivons vers le phare par un fugace raccourci. Un grand panneau en explique brièvement l’histoire et son fonctionnement. C’est ainsi que l’on apprend qu’il a été construit en 1905 dans du granit et du marbre rouge de Villefranche-de-Conflent mais qu’il n’est pas accessible au public lui non plus. Du coup, un peu déçus, nous prenons la décision de descendre vers la petite anse de Sainte-Catherine pour un agréable pique-nique. Nous allons y passer presque deux heures à flemmarder sous les étonnants rayons d’un soleil bien ardent pour un 14 janvier. A peine arrivés sur la grève, un majestueux goéland et un minuscule rouge-gorge ont immédiatement compris que les portes du « restaurant de la plage » venaient d’ouvrir. Bien à l’abri de la petite brise marine qui sévissait, nous sommes restés là à partager avec eux notre déjeuner au bord de l’eau. Si le rouge-gorge s’est régalé essentiellement de quelques grains de maïs extraits de nos salades, le goéland, lui, était moins difficile et il happait et ingurgitait tout ce que nous lui proposions.  Morceaux de pain, miettes de thon, blanc d’œufs et même des tomates cerises paraissaient à son goût. Mais pour eux comme pour nous, les bonnes choses ont malheureusement pris fin et dès le pique-nique terminé, les deux lascars avaient déjà compris qu’il était temps pour eux de filer sous d’autres cieux. Après ce merveilleux entracte que je n’ai pas manqué de photographier sous une myriade d’angles, c’est à regrets que nous avons jugé qu’il était temps pour nous aussi de lever l’ancre. Nous avons poursuivi le petit sentier qui file vers l’est et s’élève progressivement au dessus de la baie. Il remonte vers le phare, le rejoint et se poursuit ensuite vers la pointe extrême du cap. Là, après « les instants bonheur » que venaient de nous offrir les deux volatiles, nous eûmes droit « aux années malheur » avec la vision des innombrables et impressionnants vestiges de l’ancienne occupation allemande : blockhaus, bunkers, casemates d’observation, tranchées, batteries, casernements, baraques, abris, soutes à munition, etc…, toutes ces hideuses structures de béton, de ciment et de ferrailles étaient autant de preuves d’un passé que nous n’avions pas connu mais dont nos parents nous avaient raconté avec consternation l’horrible histoire. Il faut dire que 2.500 soldats germaniques ont séjourné là, tout autour de Port-Vendres, entre 1942 et 1944, dans l’attente d’un hypothétique débarquement qui n’a jamais eu lieu. Après ces découvertes martiales, il était temps cette fois de faire demi-tour pour revenir à notre point de départ. Nous fîmes le choix de l’asphalte de la route jusqu’à rejoindre le petit sentier initial descendant directement vers l’anse de l’Espelugas. Selon mon GPS, j’avais parcouru au total 5,4 km. Dany un peu moins préférant la « bronzette » sur la plage de Sainte-Catherine à la découverte des jolis cabanons. On regrettera que ni le sémaphore ni le phare ne soient visitables et ce d’autant que le phare est inscrit aux Monuments Historiques et que le Cap Béar, lui-même, est un site classé depuis 1978 et classé Natura 2000 depuis 2008. Ce site méritant attention et protection, nous avons été très étonnés de constater que la plage de l’Espelugas était jonchée de nombreux détritus et n’avait pas été nettoyée depuis très longtemps sans doute. Le parking était largement impraticable car envahi de galets, de gravas, de branchages et de déchets de toutes sortes, les poubelles étaient éventrées, les parapets fracassés et les restaurants sont dans de piteux états entre délabrement et abandon. Enfin tout ça est assez sordide et peu engageant et il faut bien admettre que rien n’est fait pour inciter les touristes à y venir et surtout à y rester. Heureusement la balade a été très belle et en plus, elle a été pour moi, l’occasion de me remémorer de très bons et multiples souvenirs. A coup sûr, il y en aura d’autres tant cette partie de la Côte Vermeille est pleine de merveilles. Allez messieurs les élus, quelques efforts sont à faire pour que tout soit parfait. Carte IGN 2549 OT Banyuls – Col du Perthus – Côte Vermeille  Top 25.

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Etape 3 - Sournia - Caudiès-de-Fenouillèdes - 27 km

Publié le par gibirando

Etape 3 - Sournia - Caudiès-de-Fenouillèdes - 27 km
Etape 3 - Sournia - Caudiès-de-Fenouillèdes - 27 kmEtape 3 - Sournia - Caudiès-de-Fenouillèdes - 27 kmEtape 3 - Sournia - Caudiès-de-Fenouillèdes - 27 km

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. Puis possibilité de les regarder en diaporama.

-Une « vadrouille sans la trouille ».

Ce matin-là, la première chose que j’ai fait en ouvrant les yeux, c’est de tirer la tenture de la fenêtre de ma chambre pour regarder dehors. Une fois encore, j’étais déçu car à travers les grands arbres du camping, je ne voyais qu’un ciel laiteux mais comme je ne voulais pas rester dans cette incertitude, j’ai pris sur moi de me lever aussitôt et d’aller voir dehors comment se présentait la météo. Depuis la terrasse, le ciel paraissait d’un bleu d’une pureté intense vers le nord mais vers le sud, le ciel semblait blanc et voilé. Mais comme ce voile continuait à m’intriguer et que de grands sapins bouchaient l’essentiel de ma vue, je suis parti en caleçon faire le tour du camping pour trouver une ouverture et vérifier tout ça plus précisément. Quand je suis revenu au mobil-home, j’étais ravi de ce ciel sans aucun nuage que je venais de voir. La journée s’annonçait sous les meilleurs auspices et j’étais heureux. En regardant la météo à la télé, j’étais d’autant plus content car selon les prévisions, ce beau temps allait s’installer pour plusieurs jours et en tous cas pour les trois derniers jours qui restaient à parcourir. Ma trouille d’une mauvaise météo était terminée, le beau temps que j’attendais depuis le départ semblait enfin là et comment ne pas être joyeux alors que se présentait à nous la plus longue étape de ce Tour des Fenouillèdes qui devait nous emmener à Caudiès. Avec Jérôme, nous étions d’accord sur ce point même si nous ne l’étions pas sur la distance exacte à parcourir. J’avais tracé à de multiples reprises le parcours sur mon logiciel CartoExploreur et j’étais arrivé à la conclusion que cette étape était longue d’au moins 27 kilomètres voire plus. Lui, avec sa méthode, trouvait comme toujours un peu moins que moi. A vrai dire, cela n’était pas d’une importance capitale mais il y avait quand même un impératif, c’était d’arriver à la Mairie de Caudiès avant 18 heures. En tous cas, c’était l’heure maximale qui m’avait été fixée par la secrétaire de la mairie pour récupérer les clés du gîte communal que j’avais réservé. Aussi, après avoir déjeuner très vite, fait notre toilette, ranger nos lits et nos sacs à dos, il n’était que 8h15 quand nous avons quitté le camping, direction l’ouest de Sournia en passant par la monumentale église paroissiale. A vrai dire, je n’étais pas vraiment inquiet de cet horaire fixé car de toutes les étapes du Tour des Fenouillèdes, c’était de très loin celle que je connaissais le mieux et je savais que cet impératif était parfaitement réalisable, à une condition expresse : ne pas traîner en route et surtout n’avoir aucun incident de parcours. Je savais que ce parcours serait très « roulant » grâce aux nombreuses pistes forestières que nous allions emprunter. Nous nous sommes arrêtés brièvement à l’épicerie de Sournia afin de compléter notre pique-nique pour midi et nous avons pris très vite la direction du G.R.36 qui démarre devant la gendarmerie. Cet itinéraire du G.R.36 qui est commun avec celui du Tour du Fenouillèdes sur quelques kilomètres, je l’avais déjà parcouru quelques dizaines de fois, soit pour me rendre à Rabouillet par la belle forêt domaniale soit pour partir à la découverte de cet hêtre remarquable de la forêt du Vivier qu’ici on appelle le « Fajas d’en Baillette ». Grâce à la multitude de pistes qui jalonnent ces forêts du Vivier, de Sournia, de Rabouillet et de Boucheville, il m’était même arrivé d’inventer quelques agréables circuits car au printemps, j’ai toujours bien aimé venir ici pour découvrir la renaissance de cette magnifique nature que nous allions côtoyer aujourd’hui. Jérôme se souvenait y être passé en VTT. C’est donc sans souci, que nous avons emprunté ce petit sentier longeant très souvent d’anciennes terrasses dans ce joli lieu dénommé les « Causses ». Le sentier filait en grimpant vers Prats-de-Sournia, les prés bien nommés et ce n’est qu’à partir d’ici que le mot romain « Fenolietensis » signifiant « foin » pourrait éventuellement prendre enfin tout son sens. Ici, il y a effectivement beaucoup de prés mais si les prés sont toujours agréables à découvrir ou à cheminer, l’essentiel des décors était plutôt derrière nous, aussi n’était-il pas inutile de se retourner très souvent pour profiter des vastes panoramas qui s’offraient enfin à nos regards. Au premier plan, on apercevait le village de Campoussy. Au loin, on découvrait l’aride Serre de Sournia où l’on devinait les chemins parcourus hier. Sur les sommets, on retrouvait le Pic de Bau et son pylône TV et bien sûr, comme presque toujours, le seigneur Canigou pointait le bout de son pic étonnamment dépourvu de neige aujourd’hui. Comme souvent depuis le début, Jérôme avait pris un peu d’avance sur ce bon dénivelé et c’était un peu dommage car il était passé sans voir un joli chevreuil qui broutait tranquillement au beau milieu d’un vaste pré. J’ai eu beau courir pour le rattraper et tenter de le prévenir mais dans cette bruyante cavale, le chevreuil m’avait déjà entendu et il avait pris « la poudre d’escampette ». Heureusement, j’avais eu le temps de le photographier avant qu’il ne détale et en outre ce n’était que partie remise car dans le champ suivant séparé du premier par une simple haie, un deuxième chevreuil était également entrain de brouter. Avec Jérôme, nous nous sommes arrêtés tous les deux pour le contempler et le photographier mais le chevreuil avait déjà levé la tête et avait deviné notre présence. Il nous avait flairé et dès qu’il a constaté qu’on l’observait, il a détalé à tout berzingue faisant d’étranges bonds par dessus les buissons comme le font les gazelles d’Afrique. Puis, en arrivant à la lisière d’un bois, il s’est arrêté net et s’est mis à nous observer. Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis dit qu’il était peut être surpris de ne pas avoir encore entendu la détonation d’un fusil. Par bonheur pour lui, nous n’étions que des chasseurs d’images. La vision de ces jolis chevreuils dans la quiétude de cette aube si agréable a été pour moi un véritable enchantement et restera longtemps gravée comme un de mes meilleurs souvenirs de ce Tour des Fenouillèdes. Après une ferme que nous avons laissé sur la gauche, nous avons atteint un petit chemin vicinal bitumé qui va de Prats-de-Sournia vers la forêt communale du Vivier. Bien que l’asphalte ne soit jamais l’idéal pour le véritable randonneur, ici nous n’y avons pas trop pensé, d’abord car de beaux panoramas s’entrouvraient de tous côtés mais surtout parce que nous revoyons une grande partie du chemin déjà parcouru. Au loin, on distinguait vers l’est, notre ligne de départ avec le minuscule hameau de Trilla que l’on devinait à peine. Dans la même direction, les sarrats olivâtres gravis le premier jour se détachaient dans un ciel azur. Au sud, la Serre de Sournia chevauchée hier apparaissait désormais dans son intégralité. Alors que j’étais plongé dans mes pensées et mes contemplations, Jérôme avait surpris, au milieu d’un pré en jachères, un renard roux sans doute occupé à chasser. Nous avons juste eu le temps de nous cacher derrière un rideau de ronces pour l’observer mais le « goupil » avait déjà flairé notre présence et le voilà dès lors qu’il dressait droit ses oreilles, reniflant l‘air ambiant et scrutant les alentours en quête d’un indice qu’il n’arrivait pas à maîtriser. Rassuré, il a replongé le museau dans les hautes herbes sans doute pour déloger un petit rongeur de son terrier. Mais son sens olfactif l’a très rapidement rappelé à l’ordre. Son sens visuel a pris le relais et il a commencé à tout scruter en notre direction jusqu’à deviner où nous étions, pourtant cachés derrière un muret lui-même surmonté d’un épais treillis de ronces. Dès qu’il nous a aperçu, il s’est mis à détaler et a disparu dans un bosquet. Jérôme avait néanmoins réussi à le photographier convenablement mais moi, je n’avais qu’une photo trouble remplie d’herbes folles avec deux oreilles et un arrière-train qui décampaient. En atteignant la superbe forêt, le bitume a enfin laissé la place à une vraie piste forestière que l’on a ensuite très rapidement quitté au profit d’un bref mais rude raidillon qui s’est mis à grimper vers le col de Benta Fride (965 m). Là, un sentier plus ou moins large file en contrebas d’une clôture plantée sur la ligne de crêtes. J’ai demandé à Jérôme de me suivre et de grimper avec moi de quelques mètres vers cette clôture et ainsi en cheminant cette crête, nous avons profité des panoramas s’entrouvrant magnifiquement vers le Sud et parfois même vers le Nord à l’occasion de quelques trouées dans cette luxuriante forêt. Nous en avons profité un long moment avant de retrouver le véritable sentier car je  connaissais parfaitement ce secteur et je savais que la suite serait moins attrayante car trop souvent en sous-bois. J’adorais ce tronçon du G.R.36 car j’avais toujours pris plaisir à arpenter ce sentier herbeux et verdoyant  encadré de hautes fougères, de genêts et de pins même si je savais que le mois de  septembre n’était pas la meilleure des saisons pour le faire. Ici, il ne faut pas hésiter à quitter de quelques mètres le vrai chemin pour  monter sur la crête et l’on embrasse des panoramas grandioses sur une immense partie du pays Fenouillèdes. Je l’ai fait à quelques reprises découvrant en cette occasion d’énormes champignons, sans doute des bolets. Jérôme avait pris pas mal d’avance et avait surprit un cervidé qui dormait dans les fougères mais ce dernier avait détalé si vite que Jérôme n’avait pas été capable de me dire s’il s’agissait d’un chevreuil ou bien d’un cerf. En tous cas, ce fut le dernier mammifère sauvage que nous avons vu sur ce Tour. Peu après, nous avons délaissé le G.R.36 qui partait par la droite vers les jolis hameaux du Vivier, de Saint-Martin et de Fosse et désormais, il nous suffisait de suivre le GRP Tour des Fenouillèdes de nouveau balisé en jaune et rouge. Peu avant le col de l’Espinas (1.020 m), le chemin a commencé à se transformer en petites montagnes russes mais à l’occasion de vastes lopins de terre qui avaient été défrichés, on avait de très jolies vues vers le Canigou et les longs massifs que formaient le Coronat, le Madres et le Dourmidou. Au loin, au dessus de ces massifs du piémont, les Pyrénées commençaient à étirer leur longue chaîne montagneuses faite de très hauts pics encore un peu blanchis des neiges de l’avant-veille. Après le col de l’Espinas, le chemin est devenu plus large et la déclivité plus raide. Ici, je me souvenais parfaitement de ce coin car à la fin de l’hiver, les sous-bois étaient toujours magnifiquement recouverts de superbes jonquilles jaunes. Après cette dernière montagne russe, nous avons atteint le col Bas (1.035 m) où une aire de pique-nique tombait à point nommé. Nous y avons pris un peu de repos le temps d’une brève pause consacrée à manger quelques fruits secs, une compote et une barre de céréales. Ici, se terminait la forêt communale du Vivier et un panonceau de l’ONF nous en annonçait clairement une nouvelle : la Forêt communale de Rabouillet. Autant être honnêtes, nous ne faisions aucune différence et une seule chose changeait vraiment, c’était la nature du chemin que nous allions emprunter jusqu’au col de Tulla. Ici, nous avons repris une piste forestière DFCI un peu plus monotone que l’itinéraire suivi jusqu’à présent. Aussi, sur ce chemin au doux dénivelé qui nous amenait vers la Font de Coulom et la Maison forestière de Gatespa, il nous semblait important de profiter de chaque fenêtre que la haute forêt nous offrait pour regarder vers les Corbières et le Pech du Bugarach. A 12h20, nous étions à Gatespa où une jolie aire de pique-nique semblait n’attendre que nous. Le lieu était si charmant et si reposant que l’on s’y attardât bien après le repas.  Une fois le pique-nique terminé, Jérôme est parti avec son GPS en quête de la suite du parcours car ici, la piste forestière s’arrêtait en un cul-de-sac et en outre le balisage jaune et rouge semblait avoir disparu. Il y avait bien une autre piste qui descendait mais elle semblait partir à contresens et de toute manière sur notre morceau de carte IGN, il n’y avait clairement aucune piste à prendre à cet endroit. Pendant ce temps, je suis parti à la découverte des alentours et attiré par de magnifiques petits fruits ressemblant à s’y méprendre à des groseilles, j’ai bien failli me laisser prendre au piège de la tentation et de la gourmandise. Je ne connaissais pas cette plante mais une chose était sûre, les feuilles ne ressemblaient en rien à celles d’un groseillier et c’est ça qui m’a permis de résister à l’attrait de ces fruits bien trop tentants. J’ai supposé qu’il s’agissait peut-être des fruits d’un chèvrefeuille des bois ou bien ceux d’une morelle douce-amère mais je n’en avais aucune certitude car des plantes présentant des drupes rouges, je savais qu’il y en avait beaucoup. Du coup, j’ai ravalé ma salive et une photographie de cette plante m’a paru amplement suffisante et intéressante à faire. Au bout d’un moment, Jérôme est revenu en disant qu’il avait enfin retrouvé le balisage et un petit sentier peu évident qui filait en sous-bois. Nous avons aussitôt plié bagages.  A quelques mètres de l’aire de pique-nique, le départ du sentier était difficile à deviner et vraiment incertain, caché qu’il était par divers branchages dissimulant eux-mêmes les premiers coups de peinture du balisage. Quand nous avons commencé à suivre ce sentier, le balisage continua à être peu clair et peu évident à trouver dans ce sous-bois et nous en avons conclu que le sentier était sans doute peu pratiqué. Il l’en a été ainsi encore quelques temps alors Jérôme a conservé son GPS allumé. En prêtant beaucoup d’attention, ce minuscule sentier en sous-bois a néanmoins fini par atteindre un layon dont on voyait clairement que son défrichage était plutôt récent. Le layon montait sous de grands sapins dans un terrain tourbeux et a fini par déboucher à un collet à l’intersection de plusieurs pistes. Sans nous en douter, nous venions d’atteindre la plus haute élévation de cette journée à 1.158 mètres d’altitude mais surtout le point culminant de ce Tour du Fenouillèdes. Du bord du chemin et dans l’espace très étroit que formaient deux grands arbres, j’ai aperçu un bout de vallée et quelques habitations et j’ai essayé mais en vain de deviner quelle était cette commune. J’ai pensé à Fosse ou bien à Fenouillet mais il a fallu que je sorte la carte IGN pour comprendre que c’était plus simplement Caudiès-de-Fenouillèdes que je distinguais que très partiellement. Bien que je n’en ai pas fait part à Jérôme, ce constat de voir la ligne d’arrivée encore aussi éloignée a eu pour effet de me couper un peu les jambes mais tout en marchant, j’essayais de me raisonner. Après tout ce n’était pas la première fois que j’accomplissais une si longue distance et j’en avais même parcouru de bien plus longues. Quelques minutes plus tard, nous sommes arrivés au refuge de Gai Sourire mais nous n’y sommes pas restés très longtemps. Le temps de quelques photos-souvenirs et d’une visite du refuge non gardé que nous faisions presque machinalement mais surtout par curiosité et nous avons repris notre chemin. Il est vrai que depuis notre départ, or mis quelques orris, casots ou mas délabrés, c’était la toute première fois que nous trouvions enfin un bâtiment à visiter, ouvert à tous. Peu après, nous sommes restés scotchés un bon moment au bord du chemin devant les vues époustouflantes qui tout à coup se sont entrouvertes. Plus aucun arbre ne gênait la vision et nous étions assez sidérés car on apercevait au loin la Méditerranée mais nous avions aussi de superbes vues aériennes sur la forêt de Boucheville, sur le Ravin de Tulla et beaucoup plus loin sur la Vallée de la Boulzane encadrée par les blanches Corbières et la longue serre du Synclinal de Saint-Paul. Vers 14h30, nous avons atteint le col de Tulla et ses prés verdoyants ont été si tentants que nous n’avons pas pu résister à l’envie de nous y vautrer en faisant une halte. Après tout, le ciel était bleu, le soleil rayonnant comme jamais et il ne nous restait au gros maximum qu’une dizaine de kilomètres à accomplir et qui plus est toujours en descente. Nous avions encore quatre heures trente pour les parcourir. De plus, je connaissais parfaitement ces lieux et ce chemin, j’aurais presque pu le sillonner les yeux fermés tant j’y étais venu très souvent user mes godillots du côté des Gorges de Saint-Jaume, du Pech de Fraissinet ou dans le Vallon d’Aigues-Bonnes. Sauf accident ou incident toujours possible, je n’avais aucun doute quand à notre arrivée avant 18 heures à Caudiès-de-Fenouillèdes. Nous avons donc pris notre temps et en avons profité pour manger quelques friandises, ôtant nos chaussures pour faire dégonfler nos pieds et nous reposant pendant une bonne demi-heure. Puis nous avons repris la route avec cette fois-ci, la ferme intention de ne plus nous arrêter. Mais c’est bien connu et les hommes politiques le savent mieux que quiconque, les promesses n’engagent que ceux qui les disent et dès le magnifique gîte de Tulla atteint, un gentil cabri en liberté a retenu toute notre attention et celui de nos numériques. Il en a été de même en arrivant à Fenouillet où les petits hameaux des Bordes puis des Nautes et enfin les pittoresques châteaux médiévaux qui se font face ont freiné nos ardeurs pour quelques photos supplémentaires. Un peu plus bas encore, les rafraîchissantes Gorges de Saint-Jaume, que Jérôme ne connaissait pas, nous ont arrêtés une fois de plus pour quelques photos souvenirs. Nous avons flâner dans ces gorges le temps de la découverte puis il en a été de même en arrivant à la belle chapelle de Notre-Dame de Laval. Plutôt que de poursuivre le G.R.36, nous sommes ressortis de ce magnifique lieu par l’ancien chemin des processions et sa superbe porte dite Notre-Dame de Douna Pa. Pour y être déjà venu, je me souvenais avoir lu que depuis l’oratoire situé au bord de la D.9 jusqu’à la porte, la procession des fidèles s’effectuait sur les genoux et je me disais que même en descente, j’aurais eu du mal à faire de même. Malgré nos jambes qui commençaient à se faire lourdes, c’était un peu comme si nos têtes se refusaient à terminer cette étape tant il y avait de choses à découvrir. Un œil sur la montre et quand c’était nécessaire, les deux sur ce qu’il y avait à observer, tel était notre adage. En approchant de Caudiès, deux petits ânons très dociles ont fait les frais de cette flânerie très exagérée et ont clôturé notre album photos de cette merveilleuse journée. Puis, plus rien ne retenant notre attention, le village est arrivé très vite et nous avons prêté attention à une épicerie et à un petit bistrot qui faisait également snack, brasserie et restaurant. Il était exactement 17h15 quand nous nous sommes présentés à la jolie mairie pour récupérer les clés du gîte communal. Après avoir établi un modeste chèque de 20 euros représentant une nuitée pour nous deux, la souriante secrétaire nous a accompagné jusqu’à la petite maison de village qui faisait office de gîte. Les pièces étaient très spacieuses avec une grande cuisine parfaitement équipée et aménagée et elle disposait en plus d’une belle table de salle à manger. La chambre plus spartiate était séparée de la cuisine par un petit escalier mais ce qui était important à nos yeux c’était qu’il y avait deux lits de 90 très confortables et surtout assez loin l’un de l’autre, à cause des éventuels ronflements. Il y avait également une salle de bain avec une douche, un lavabo et un WC et une fois encore, tout cela suffisait très amplement à nos modestes exigences et à notre « humble » confort. Le rapport qualité prix était plus que parfait et pour être honnête ; nous n’en espérions pas tant. Jérôme s’est empressé de prendre une douche et j’en ai profité pour faire le tour de la partie la plus ancienne du village où se trouvait le gîte. Quand je suis revenu, j’ai pris la douche à mon tour et nous avons passé les heures restantes à nous reposer et à bouquiner avant de partir à la recherche d’un restaurant. En réalité, la recherche a été de très courte durée et pour tout dire le premier restaurant a été le bon dans tous les sens du terme. C’était le Café Rivière, celui là même que nous avions aperçu en arrivant et qu’une pancarte à l’entrée de Caudiès nous avait décrit comme faisant snack et également restaurant. Ici, la patronne semblait tout faire elle-même et en plus, elle le faisait bien. Elle se démenait du bar, à la cuisine et au service, prenant même le temps de discuter gentiment avec ses clients et franchement pour la somme modique de 16,50 euros par personne, pichet de vin et service compris, elle a gagné très allégrement les cinq étoiles de notre reconnaissance. Le souper a été parfait et une fois terminé, nous sommes immédiatement rentrés au gîte où Jérôme a terminé la soirée à bouquiner pendant que j’ai analysé pour la énième fois l’étape du lendemain. Hors mis, mon genou droit qui de temps en temps se bloquait un peu, j’était plutôt en forme et je commençais à prendre goût à cette longue balade. De ce fait, j’avais du mal à me faire à l’idée que demain était déjà l’avant dernière étape et cette idée me rendait triste car je trouvais que ce Tour des Fenouillèdes était passé bien trop vite. Deux à trois jours de balades supplémentaires auraient été l’idéal, à condition bien sûr qu’ils se déroulent avec une météo aussi clémente que celle d’aujourd’hui. En tous cas, les prévisions pour demain étaient annoncées ainsi et j’étais très heureux de cette nouvelle « Vadrouille sans la trouille ».

 

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Etape 4 - Caudiès-de-Fenouillèdes - Saint-Paul-de Fenouillet - 26 km

Publié le par gibirando

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4eme étape: Caudiès-de-Fenouillèdes - St-Paul-de-Fenouillet  

26 km- Dénivelé 650 m – Montées cumulées 1.229 m 

Point culminant 900 m au Roc Paradet.

 

-« Vadrouille avec les Chemtrouils ».

 

Ce quatrième matin, avant de quitter le gîte, nous sommes partis faire quelques emplettes au « Vival » du village. En effet, l’épicerie étant à l’opposé de l’itinéraire que nous devions prendre, nous n’avons pas trouvé nécessaire de nous charger inutilement de nos sacs à dos pour aller acheter un peu de pain, quelques fruits, des flans et un morceau de fromage. Ces quelques courses faites, il est 8h30 quand nous déposons les clés du gîte à la mairie et nous prenons aussitôt le balisage bien indiqué au centre du village. Une fois encore, notre itinéraire est commun avec le G.R.36 et dans l’immédiat, il prend la direction du Col Saint-Louis. Pendant que nous sortons de Caudiès, une chose m’étonne bougrement : ce sont toutes ces lignes blanches qu’il y a dans le ciel et que je n’avais pas spécialement remarqué en allant à l’épicerie. Un peu comme si d’innombrables avions avaient volés tous en même temps et dans tous les sens laissant derrière eux de longs panaches d’une fumée blanchâtre. Si ces lignes n’avaient rien d’inquiétantes à première vue, plusieurs choses m’intriguaient quand même et tout d’abord, il n’y avait aucun avion visible dans le ciel puis ensuite c’était le fait qu’il y en avait dans toutes les directions, elles se croisaient, partaient en tous sens et anarchiquement, elles ne disparaissaient pas et bien au contraire, elles semblaient s’élargir au fur et à mesure que nous sortions du village. Plus nous avancions vers la Soula de la Roque, cette haute barre rocheuse que nous devions escalader et plus ces lignes s’élargissaient, ne disparaissaient jamais et j’avais même le sentiment qu’elles se rapprochaient du sol. Or, il y a quelques mois, alors que je cherchais des renseignements sur Internet, j’étais tombé tout à fait par hasard sur un site s’appelant Conspiracy Watch évoquant les attentats du 11 septembre 2001 mais également ces phénomènes parmi bien d’autres. Ce site, souvent très intéressant au demeurant, se présentait comme étant un « Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot ». En développant mes recherches au sujet de ces phénomènes aériens, j’avais surfé de sites en sites et j’avais clairement compris que deux théories s’affrontaient. L’explication officielle était que ces traînées blanches étaient émises suite à la condensation de l’eau contenue dans l’air par les turbines d’avions volant à très haute altitude, les Américains appelant ce phénomène des « contrails » contraction de l’anglais « condensation trails » ou « traînées de condensation » en français et la deuxième théorie était celle que l’on appelle des « chemtrails », contraction anglaise de « chemical trails » ou « traînées chimiques » et qui ne seraient ni plus ni moins que des épandages chimiques volontairement effectués par des avions pour un tas de raisons peu louables selon leurs accusateurs. Cette deuxième théorie était, selon les supporters de la première, tenue par ce qu’on appelle plus communément des  conspirationnistes. En tous cas, après la lecture de ces différentes doctrines complètement opposées, il y avait néanmoins deux points d’accord quand à la création de ces fameux panaches blancs dans nos cieux : Primo, c’est qu’elles étaient laissées par des passages d’avions et secundo dans les deux cas, elles étaient la conséquence de processus chimiques particuliers bien que très différents. En effet, tout le monde a pu constater que quand un avion produit derrière lui ces traînées de condensation, ces dernières ne sont jamais très longues à disparaître, or dans le cas présent, elles ont perduré une grande partie de la journée se transformant même en nuages et en un ciel laiteux dans la soirée.  Or, si dans la première des théories, la condensation était la principale raison de la création de ces phénomènes, il semblerait que leur durée très exceptionnelle comme c’était le cas aujourd’hui serait due à une mélange de cette condensation avec des particules émises par les réacteurs des avions dans des circonstances météorologiques très spéciales. En tous cas, moi qui à l’école n’avait jamais été très doué pour la chimie, matière qui ne m’avait jamais trop intéressé, il faut bien le dire, j’étais très soupçonneux et inquiet quant aux conséquences de ces phénomènes sur la santé des humains. Les conspirationnistes étaient partagés en deux clans, ceux qui prétendaient que les épandages chimiques étaient volontairement effectués pour tuer des humains et d’autres qui disaient qu’ils étaient réalisés pour contrecarrer les effets du réchauffement climatique. En tous cas, sur le plan sanitaire, personne ne semblait trop rien savoir à ce sujet et au moment même où Jérôme et moi vadrouillions dans le fenouil, avec ce sentiment de bon air, de bien-être et de proximité avec la nature, je me posais un tas de questions car nous avions au dessus de nos têtes, ces gigantesques empreintes blanchâtres comme si d’invisibles extraterrestres avaient jeté des fumigants pour mettre fin à toute vie sur Terre. Ici, « contrails » ou « chemtrails », ça me filait la trouille et peu m’importait comment les Américains appelaient ces phénomènes. A vrai dire, moi, je les aurais plutôt appelés « controuils » ou « chemtrouils » tant j’étais dans l’incertitude et tant il y en avait sur ce petit périmètre. Grâce à un panonceau indiquant parfaitement l’itinéraire vers Malabrac et Campeau, nous avons quitté la route du Col Saint-Louis mais pas vraiment l’asphalte. En effet, une petite route bitumée a tourné à droite en direction des collines entre vignes et champs fauchés. Ici, j’apercevais enfin les premières balles de foin du pays « Fenolietensis ». Le bitume a laissé la place à un sentier qui est entré dans la garrigue puis ce dernier s’est engouffré dans un petit et sombre bois de chênes verts. Quand nous en sommes sortis, nous avons attaqué presque immédiatement un rude et caillouteux dénivelé. Au dessus de nos têtes, les « contrails » se faisaient de plus en plus large et me laissaient toujours aussi perplexe car je ne voyais toujours aucun avion passer dans le ciel. Pourtant quand je me retournais, je voyais clairement de nouvelles lignes beaucoup plus minces mais jamais aucun avion. J’essayais de me convaincre en me disant que je ne les voyais pas car ils volaient bien trop haut pour cela ou bien qu’ils avaient survolés la région cette nuit ou au petit matin. Connaissant un peu le coin, je me mis soudain à penser au Pech de Bugarach qui se trouvait juste derrière la colline qui nous faisait face et à cette idée saugrenue selon laquelle aucun avion ne devait passer au dessus de lui au risque de voir tous ses instruments électroniques de bord complètement déréglés.  Je ne croyais pas à ces sornettes que l’on trouvait sur le Net ou dans des bouquins car personne n’était apte à donner une explication rationnelle et de plus, j’avais déjà vu à plusieurs reprises des avions survoler le pech alors que je randonnais dans le coin. Comme beaucoup d’autres spéculations concernant le soi-disant « mystique » Bugarach, il s’agissait d’une ineptie et j’en avais encore la preuve aujourd’hui. Enfin la preuve pas vraiment cette fois-ci car je ne voyais aucun avion ! Mais tous ces panaches blancs s’ils n’avaient pas été créés par des avions, qui les avaient dessinés dans le ciel ? Des soucoupes volantes ? Toutes ces pensées faisaient que je montais ce rude dénivelé sans trop réfléchir aux difficultés et seul, mon cœur qui tambourinait dans ma poitrine me rappelait à l’ordre et de temps à autre me réclamait une pause. Alors que je m’étais arrêté  dans cette difficile montée, un chien de chasse me dépassa sans coup férir puis quelques secondes plus tard, un chasseur est arrivé à ma hauteur. Nous avons continué à monter tout en bavardant et nous avons rejoint Jérôme qui s’était arrêté et m’avait attendu. L’homme affirmait avoir vu un isard avec ses jumelles depuis le bas de la vallée et il était parti dans l’idée de le traquer. J’étais assez étonné de cette affirmation car je ne pensais pas qu’il y avait des isards dans les Corbières mais l’homme me confirma cette présence. Contrairement à l’idée bien souvent inexacte mais préétablie du style « viandard » que je me faisais des chasseurs, celui-ci me semblait très censé, soucieux d’une bonne gestion de la faune et cette très intéressante conversation s’était prolongée assez facilement. Il nous expliquait comment et pourquoi, il y avait une raréfaction du sanglier dans les Fenouillèdes et plus particulièrement dans ce secteur de Caudiès où les tableaux de chasse se faisaient de plus en plus concis d’années en années. Cette rencontre avait mis fin à mes mauvaises pensées concernant les « contrails » et quand l’homme nous a quitté, je ne pensais plus qu’à profiter de cette belle balade. Il faut dire que nous étions arrivés quasiment au sommet de cette rocailleuse difficulté et que de magnifiques vues aériennes se faisaient jour sur Caudiès, sur le verdoyant vallon de la Boulzane, sur les nombreux pechs opposés et sur la longiligne et obscure forêt de Boucheville que nous avions arpentée hier. D’ici, on se rendait mieux compte de la distance que nous avions réellement parcourue hier mais si désormais nous étions sur l’autre versant, nous imaginions aussi et très facilement ce qui nous attendait pour atteindre Saint-Paul-de-Fenouillet : faire quasiment le même chemin mais en sens inverse cette fois-ci. J’étais très satisfait d’avoir atteint le sommet car avec un départ à froid et avec mon sac à dos presque toujours aussi lourd que les premiers jours, cette escalade avait été plutôt rude. Je soufflais comme un bœuf, mon cœur battait la chamade comme jamais et j’avais besoin d’une sérieuse pause pour lui faire retrouver un rythme à peu près normal. Après les cailloux, les pierres et les rochers que nous venions d’arpenter et de grimper, j’étais également heureux de retrouver un agréable sentier souple et herbeux. Nous avons laissé sur la gauche les ruines de Malabrac, hameau que j’avais découvert en février dernier lors d’un beau circuit au Château des Maures et au viaduc de Saint-Louis et nous avons poursuivi l’itinéraire qui a traversé une pré et quelques petits bois de feuillus. L’étroit sentier a rejoint une piste où les hauts feuillus ont peu à peu laissé la place à des bosquets essentiellement composés de grands buis et de petits chênes verts. Au moment où ces bosquets devenaient de hautes haies séparant des petits champs ou des prairies plus vastes, le Pech du Bugarach a fait son apparition, comme sorti de nulle part, Là, sous la haute silhouette blanche du mythique et mystique sommet, l’itinéraire est devenu encore plus plaisant car nous nous sommes mis à traverser de jolis herbages verdoyants encadrés de petites collines boisées. Je suppose qu’avec Jérôme nous avons eu une transmission de pensée et le même plaisir à être là dans ce cadre vert et reposant car comme un seul homme et au même instant, nous avons décidé de stopper pour prendre un petit en-cas. Pendant cette courte pause, deux randonneurs sont passés devant nous et depuis le premier jour où nous avions croisé un groupe au Col Saint-Jean et les deux espagnols criards d’Eus, nous n’en avions pas rencontré d’autres. Ils nous ont salué puis finalement ils se sont arrêtés et chacun y est allé de la description de son propre périple. Les deux hommes avaient démarré de Port-la-Nouvelle, ils marchaient depuis plusieurs jours et effectuaient le Sentier Cathare avec la ferme intention d’atteindre Foix d’ici quelques jours. Ils étaient très étonnés d’apprendre que nous effectuions le Tour des Fenouillèdes car s’ils avaient rencontré des panonceaux mentionnant ce tour, il ne le pensait pas réalisable, n’ayant jamais vu d’informations ni sur Internet ni sur aucun topo-guide. Je leur confirmais qu’ils avaient parfaitement raison mais que je m’étais chargé moi-même de tout organiser. Une fois encore, ils étaient assez surpris car pour leur « Sentier Cathare en liberté », ils disaient être « inévitablement » passés par un tour-opérateur. Je n’ai pas voulu les décevoir en leur disant qu’un tour-opérateur n’était peut-être pas nécessairement obligatoire pour randonner en France et nous en sommes restés là. Bien que depuis Malabrac la déclivité avait été évidente, elle avait été plutôt douce et voilà qu’à l’approche de la Bergerie de la Couillade, elle se faisait légèrement plus sévère mais pour quelqu’un qui sait lire une carte IGN et qui s’intéresse un peu à la toponymie, il n’y avait rien de plus normal à cela. En effet, quand on sait qu’une « couillade » est dans la toponymie pyrénéenne un col large et herbeux, mot que l’on peut rapprocher de la « collada » catalane, quoi de plus normal que l’on y grimpe.  Une fois ce col atteint, nous sommes arrivés devant les ruines d’une grande habitation et de quelques autres plus réduites, c’était la Bergerie. Ici, un petit sentier a basculé dans une vaste pelouse herbeuse où quelques vaches disséminées paissaient deci delà. Je connaissais bien ce secteur pour y être déjà venu à différentes reprises soit avec comme objectif, le Bugarach ou bien encore le Roc Paradet. Je connaissais donc très bien ce collet de la Couillade et quelques autres cols ainsi que tous ces sentiers qui circulent dans ce secteur. Sauf un je l’avoue, celui intitulé le « Chemin du Facteur » que je voyais sur des panonceaux et que je me promettais de faire un jour. Je n’étais donc pas dépaysé quand nous sommes arrivés au hameau oublié et ruiné de Campeau. Il était exactement 11h45 et nous y avons fait une longue halte presque impromptue, à la fois par curiosité mais surtout invités par nos appareils photos à mitrailler tout ce joli coin que Jérôme ne connaissais pas. Nous ne souhaitions pas vraiment y stopper plus longuement mais la beauté du lieu nous avait arrêtés avec une éclatante logique. J’ai donc proposé à Jérôme de déjeuner ici mais il n’avait pas vraiment faim et préférait clairement poursuivre le parcours. Après discussion et un coup d’œil sur la carte, nous avons décrété que le Roc Paradet qui n’était plus très loin maintenant serait notre point de chute pour le pique-nique d’aujourd’hui. Mais pour l’atteindre, nous avons mis encore trois quarts d’heures car il faut bien le dire ce tronçon commun au GR.36, au Tour des Fenouillèdes et au Sentier Cathare avec quelques variantes possibles est une véritable invitation à la flânerie. D’abord le parcours n’incite pas à une course effrénée car il est loin d’être plat et facile avec quelques pentes et bosses qui se succèdent jusqu’à la déclivité plus raide montant au Roc. Ensuite, car dans cette montée, le regard embrasse les premiers vrais panoramas très lointains de la journée et les arrêts deviennent inévitables. Il était exactement 13h30 quand nous avons atteint le sommet du Roc Paradet (900 m).  Ce dernier offrant de grandes et belles vues sur une immense partie du pays Fenouillèdes et des Corbières et bien plus loin encore de la Méditerranée jusqu’aux Pyrénées Audoises et Ariégeoises, nous y sommes restés pendant plus d’une heure à la fois pour y déjeuner mais pour nous y reposer aussi car les organismes en éprouvaient le besoin. Depuis le Paradet, nous apercevions Saint-Paul-de-Fenouillet tout en bas dans la vallée et ainsi, nous prenions conscience que la ligne d’arrivée était encore très loin. Elle était d’autant plus loin que le Relais des Corbières où j’avais réservé se trouvait complètement à l’est de Saint-Paul, sur la D.117 qui se dirigeait vers Maury. Il était donc important de recharger nos accus si l’on voulait terminer convenablement cette étape. Nous avons quitté le Roc Paradet par une piste caillouteuse qui, rectiligne,  est descendu quelques temps puis l’itinéraire a tourné à gauche en direction du Pla de Lagal. Là, une fois les ruines des bergeries éponymes atteintes, l’itinéraire est reparti immédiatement à droite montant dans une végétation de type garrigues mais où l’essentiel des arbres étaient d’abord des arbousiers et surtout des chênes verts ou kermès. Blotti sous l’un d’entre-eux et au bord du sentier, nous avons été très étonnés de trouver un mémorial sous la forme d’une petite stèle surmontée d’un croix. Celle-ci rendait hommage à un certain Moulins, instituteur à Camps (Camps-sur-l’Agly) qui était mort ici en janvier 1881. J’ai lu sur un forum Internet que cet homme serait mort de froid au cours d’une tempête de neige pour être allé chercher du secours à Saint-Paul de Fenouillet pour un enfant malade de Camps mais je ne peux pas vous garantir l’authenticité de cette histoire. Un héros en quelque sorte et qui mérite amplement cette stèle si l'histoire est vraie. Le sentier est arrivé au sommet d’un collet et il a basculé, commençant à descendre en pente douce en suivant un large plateau offrant de très belles vues sur la Serre de la Quille, sur les vallées de la Boulzane et de Maury et sur le long Synclinal de Saint-Paul. Les « contrails » ou « chemtrails » de ce matin que j’avais carrément oubliés depuis, s’étaient transformés au fil du temps en de grandes bandes laiteuses qui s’étaient plus ou moins rejointes et mélangées. Ce ciel crayeux semblait s’ajouter à la chaleur ardente et ça me donnait l’impression d’une atmosphère lourde difficilement respirable. Cette difficulté à respirer était-elle réelle ou subjective au regard de tout ce que j’avais pu lire au sujet de ces étranges « contrails » ? Je n’aurais su le dire mais en tous cas, il faisait désormais très chaud et de surcroît, j’avais, depuis le Roc Paradet, terminé mes trois litres d’eau que j’avais pourtant emportés pensant qu’il me ferait assez aisément la journée. Je commençais donc à souffrir très sérieusement d’un manque évident de liquide car de temps en temps, mes mollets se tétanisaient sous la forme de petites crampes douloureuses mais par bonheur furtives.  Heureusement, Jérôme buvait comme un chameau dans un désert et il m’offrit gentiment de son eau ce qui, ajouté à quelques raisins et quelques arbouses bien mûres mais pas vraiment juteuses, me permit de terminer convenablement cette étape.  Au passage, j’ai noté quelques panonceaux indiquant des randonnées au départ de Prugnanes. Des randonnées au nom parfois joli comme le Rêve de Sylvain ou le sentier des Grottes mais à faire impérativement avec de bonnes chaussures de randonnées avec des tiges bien hautes et des semelles bien crantées tant les sentiers sont par ici très caillouteux pour ne pas dire « tord-chevilles » à l’extrême. A cause de très nombreux éboulis, ce « tord-chevilles » n’a fait que s’accentuer mais avec la prudence qui était de mise sur de tels sentiers, nous avons fini néanmoins par arriver au Col de Lenti (382 m) sans aucune entorse. Là, Jérôme et moi, nous avons poursuivi tout droit vers Saint-Paul alors qu’en réalité le vrai itinéraire du Tour des Fenouillèdes continue sa route en direction des magnifiques gorges de Galamus et de son joli ermitage dédié à Saint-Antoine. Bien que nous connaissions ces fameuses Gorges de Galamus par cœur pour les avoir sillonner à pied, en vélo et en voiture maintes et maintes fois, nous aurions sans doute accepté ce petit détour mais le problème était que, tout comme le G.R.36 et le Sentier Cathare, l’itinéraire du Tour des Fenouillèdes monte encore vers le Pech d’Auroux situé à 940 m d’altitude et selon deux variantes possibles que j’ai eu l'occasion de décrire sur mon blog « Mes Belles Randonnées Expliquées ». Alors que le G.R.36 et le Sentier Cathare poursuivent leur route vers Peyrepertuse et sa célèbre forteresse, les deux variantes du Tour des Fenouillèdes se rejoignent au Pla de Brézou avant de redescendre sur Saint-Paul-de-Fenouillet. Or, ces collines et le Pech d’Auroux en particulier, nous les connaissions également par cœur et je ne voyais donc aucun intérêt à faire cette longue et difficile boucle qui aurait nécessité une journée supplémentaire de marche et aurait engendré des frais additionnels. Voilà les raisons pour lesquelles, j’avais fait l’impasse sur les Gorges de Galamus et ce tronçon du Tour des Fenouillèdes et pourquoi nous prenions directement ce tronçon qui va du Col de Lenti à Saint-Paul-de-Fenouillet. Nous avons vu arriver les premiers vignobles de Saint-Paul avec la satisfaction du devoir accompli mais pourtant nous n’étions pas au bout de nos peines car plusieurs kilomètres restaient encore à parcourir et cette fin d’étape était plutôt longue pour mes vieilles jambes endolories et ankylosées par le manque d’eau. Heureusement, quelques grapillonnages sont venus palier ce manque de liquide. L’arrivée a été d’autant plus difficile que le secteur est très bosselé.  Heureusement, une fois encore, j’ai été suffisamment distrait par les paysages et quelques éléments extérieurs pour ne pas trop penser à mes douleurs. Un gentil petit chien roux était sorti de son chenil et s’était mis en tête de suivre Jérôme pour lui faire des fêtes. La scène dura ainsi quelques temps avant que nous comprenions qu’il en avait surtout après un sachet de déchets alimentaires qui pendait au sac à dos. Puis, peu de temps après, en arrivant près d’un passage à niveau, ce fut le Train du Pays Cathare et des Fenouillèdes qui nous a coupé la route. Nous sommes restés plantés là quelques minutes à regarder le joli petit train rouge et échangeant quelques  « coucous » avec plusieurs passagers. Mais Saint-Paul était déjà là avec sa très jolie collégiale qu’ici tout le monde appelle Chapitre et son église du 14eme siècle dédiée à Saint-Pierre et à Saint-Paul bien évidemment. Mais une fois encore, la fatigue aidant et le parcours ne passant pas à proximité de ces monuments, nous en avons fait l’impasse. Nous avons poursuivi la D.117 échappant ainsi aux vieilles ruelles dont j’aurais préféré la découverte et nous sommes arrivés au Relais des Corbières où nous avons été chaleureusement accueillis d’abord par la patronne puis un peu plus tard par le patron qui s’afférait déjà en cuisine. Il était bientôt 18 heures et aujourd’hui, nous étions restés neuf heures trente sur les chemins du Tour des Fenouillèdes. Une fois encore, nous avons profité de la soirée pour nous reposer un peu même si l’envie me démangeait de partir visiter Saint-Paul. Mais il était déjà tard, la ville plutôt éloignée, les monuments sans doute fermés et ce que ma tête désirait mes jambes le refusaient presque catégoriquement. Je suis néanmoins sorti devant l’hôtel mais la D.117 très passagère passait à quelques mètres seulement et ça n’avait rien d’agréable et je ne m’y suis pas trop attardé. Je me suis donc contenté de regarder le ciel quelques minutes et j’étais plutôt content car il était très bleu et très dégagé au dessus de Saint-Paul. Au loin, du côté de Caudiès, les « contrails » aperçus ce matin s’étaient agglutinés les uns aux autres et formaient une nappe dense et blafarde. A l’opposé, du côté de Maury, quelques pâles traînées blanchâtres de condensation subsistaient coupant la vallée transversalement et je ne pouvais m’empêcher de penser : « Est-elle vraiment terminée cette vadrouille avec les chemtrouils ? ».

 

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Etape 5 - Saint-Paul-de Fenouillet - Trilla - 27 km

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de diverses musiques d'Ennio Morricone extraites de la bande originale du film "Mosca Addio" (Adieu Moscou de Mauro Bolognini). Dans l'ordre d'apparition, elles ont pout titre : "Mosca Addio", "Nel Manicomio", "Distacco", "Ricordo Di Mosca", "La Casa" et "In Un Interno". 

 

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5eme étape : St-Paul-de-Fenouillet -Trilla

27 km- Dénivelé 296 m – Montées cumulées 1.866 m 

Point culminant 480 m au col de Lesquerde

 

-Une « Vadrouille sans embrouille ».

 

J’avais appréhendé la proximité de la D.117, mais notre chambre ne donnant pas sur la route,  la nuit avait été douce et reposante. Hier soir, le repas au restaurant de l’hôtel, intitulé « la Garrigue », avait été succulent à tous points de vue et nous nous étions régalés avec une excellente salade catalane, de merveilleuses saucisses également catalanes et une très bonne glace spécialement concoctée par la patronne, sans doute catalane elle aussi, le tout accompagné d’un excellent rosé de pays, catalan bien sûr. Comme quoi, on peut être dans la capitale des Fenouillèdes, d’origine et de langue occitane et aimer la cuisine catalane et pour notre bonheur, c’était l’exemple parfait d’une union  « régionaliste » que nous trouvions entièrement réussie. Après cet excellent souper, nous n’avions pas traîné à table et une fois encore j’avais passé une bonne partie de la soirée à analyser l’étape du lendemain. Je l’avoue, je la redoutais beaucoup à la fois par sa distance avec encore 27 kilomètres selon mon tracé, mais aussi car je la considérais comme l’étape la plus difficile de toutes. En effet, ce n’était pas la peine d’être un sherpa,  ni d’avoir traversé l’Himalaya, pour être conscient de cela et il suffisait de regarder le profil du tracé pour en être convaincu. Cette étape avait un dénivelé plutôt modeste de 296 mètres, le point le plus bas étant l’aqueduc d’Ansignan à 184 mètres et le plus haut, le Col de Lesquerde à 480 mètres. Par contre, cette étape était la deuxième en terme de montées cumulées avec plus de 1.860 mètres après celle qui nous avait mené de Caudiès à Sournia, qui elle nous avait contraint à enchaîner plus de 1.950 mètres de déclivités. Ici le dénivelé ne signifiait rien et de véritables montagnes russes nous attendaient, des petites montagnes certes mais qui n’avaient de surcroît rien à voir avec les sentiers bosselés mais agréables et herbeux des cols de Benta Fride ou de l’Espinas ou avec les pistes forestières très « roulantes » de l’ancienne forêt royale de Boucheville. Non, ici, nous allions être essentiellement confrontés aux « caillasses » calcaires et aux lauzes schisteuses des serres du Bas-Fenouillèdes. Or, c’était aussi la dernière étape et nous allions quand même l’accomplir avec des organismes un peu éreintés par les longueurs successives des étapes précédentes. Un seul point positif tout de même dans cette longue liste d’inconvénients à laquelle il fallait ajouter la prévision d’une journée très chaude, nous n’étions pas tenu à un horaire et à un impératif d’arrivée. Notre voiture nous attendait à Trilla et nous avions toute la journée voire tout le temps qu’il faudrait pour l’atteindre. Le petit déjeuner pris sur la terrasse de la Garrigue avait été dans la continuité du repas d’hier soir, copieux, excellent et tonique. Nous avons réglé la note somme toute très correcte de 100 euros tout compris pour nos deux demi-pensions et avons pris la direction de Saint-Paul de Fenouillet sous un ciel d’une pureté extraordinaire et sous un soleil déjà bien chaud. Il était 9 heures. Ce matin, nous avions bien tentés de nous alléger au maximum en nous débarrassant de tout ce qui nous paraissait superflu du style emballages inutiles, sachets vides, morceaux de cartes IGN ne présentant plus d’intérêt, etc…, mais nos sacs à dos ne s’étaient pourtant guère allégés. Il faut dire que nous avions encore largement à manger pour la journée et même au-delà, et nous avions décidés de n’acheter que quelques fruits et un peu de pain pour confectionner des sandwichs. A Saint-Paul, la première boulangerie a été la bonne et en plus du pain, nous avons acheté pour nos proches, quelques sachets des fameux croquants de Saint-Paul. Nous avons profité de ce retour à Saint-Paul pour arpenter quelques jolies ruelles et faire le tour de l’église paroissiale. En ce qui concerne le Chapitre, nous avons fait l’impasse de sa visite car il était beaucoup trop éloigné à notre goût et surtout pas dans la direction de l’itinéraire que nous devions prendre. En effet, nous avions aperçu le balisage ce matin et nous devions reprendre la D.117 à nouveau en sens inverse et direction Maury puis la rue dite de Lesquerde à la sortie du bourg. C’est ce que nous avons fait vers 9h20 en quittant Saint-Paul puis en empruntant l’asphalte jusqu’à la déchetterie. Là, la rue est devenue piste sur quelques mètres puis un étroit sentier a pris le relais en montant immédiatement dans un maquis dominé par la longue Serre calcaire de l’Artigue del Baurien. Ici, les paysages sur la Vallée du Maury étaient très verdoyants mais c’étaient surtout les vignobles qui prédominaient formant un patchwork de formes dissemblables. De l’autre côté, de la vallée, la longue Serre de Maury étalait ses falaises bigarrées de blanc et de vert et faisait le pendant avec celle que nous étions entrain de chevaucher. Le sentier, s’est mis à grimper dans une végétation plutôt disparate où s’imposaient toujours les chênes verts. Il a commencé par grimper doucement puis ensuite plus abruptement au fur et à mesure que nous approchions du Col de Lesquerde (480 m). A 10h10, nous avons atteint ce col avec de superbes panoramas sur les deux versants de la Serre et par là même, sur une immense partie du pays Fenouillèdes. Ici, du côté de Lesquerde, les coteaux viticoles étaient moins nombreux et le vert clair des vignobles laissait la place aux verts plus sombres des forêts. Il faut dire que nous étions désormais dans le Bas-Fenouillèdes avec une succession de collines verdâtres entrecoupées parfois de minuscules vallons où se blottissaient quelques petits villages aux toitures rouges. Au loin, coiffant toutes ces petites croupes, le seigneur Canigou régnait en maître. Le hameau de Lesquerde était déjà à nos pieds, tout proche semblait-il, avec son étonnant rocher noir comme surgit des entrailles de la terre. Le rocher dominait le centre du village tel un véritable donjon naturel. Dans le lointain, on devinait Trilla dans une cassure que formait la rivière Agly mais en raison de la distance qui nous en séparait, on préférait ne pas trop y penser. Une demi-heure plus tard, nous sommes entrés dans le village de Lesquerde que nous avons trouvé très joli et propret avec sa jolie église orange et ses belles façades colorées. Ici, le Rocher vu d’en dessous, paraissait moins imposant mais plus noir et plus ferreux, mais quoi de plus normal puisqu’il s’agissait ni plus ni moins que d’un gros bloc d’hématite brune, minerai composé d’oxyde de fer. Par la rue principale, Lesquerde fut très vite traversé et nous étions déjà de l’autre côté du village en surplomb d’un petit bassin planté de quelques vignes mais où l’espace était surtout occupé par le maquis et des carrières. Nous avons poursuivi la D.19 sur quelques mètres puis le balisage jaune et rouge nous a indiqué de la quitter pour descendre en empruntant un étroit sentier qui côtoyait une carrière de gypse. Ici, le commun des mortels aurait normalement du trembler au sens figuré bien sûr car au sens propre, nous aurions vraiment tremblé pour de bon, si nous avions été là le 18 février 1996 à 1h45 GMT. En effet, peu de gens le savent mais c’est ici sous cette carrière de gypse que l’on a localisé l’épicentre du plus violent séisme que la France n’ait jamais connu. Ce jour-là, à 7 kilomètres de profondeur, battant des records, la terre avait tremblé avec une magnitude 5,6 selon le RENASS, Réseau National de Surveillance Sismologique  Etait-ce la raison pour laquelle Jérôme semblait vouloir quitter ces lieux si rapidement et s’était trompé de sentier partant à gauche en direction d’un cimetière. Non, pas vraiment car à l’époque et pas plus que moi, Jérôme n’avait connaissance de cet événement et c’est seulement la distraction ou la négligence qui le fit partir dans cette direction alors que son GPS dormait au fond de sa poche. Heureusement je veillais au grain et j’avais vu que le balisage traversait la piste pour partir à l’opposé toujours en descente. Le sentier s’est mis à filer dans le maquis, est descendu au fond d’une minuscule ravine puis soudain, il s’est mis à remonter de manière abrupte dans une zone rocailleuse et rocheuse dominant la vallée de l’Agly. Ici, une haute barrière minérale, le Serre de Cors se dressait sur notre route mais pourtant le sentier semblait vouloir y monter et s’y diriger sans dévier. Nous montions toujours vers elle sur une déclivité qui se faisait toujours plus coriace.  Une fois encore, Jérôme avait pris pas mal d’avance et quand enfin, j’ai atteint cette haute falaise, je l’ai aperçu au sommet d’un piton rocheux. Ce piton rocheux s’avançait sur la vallée et dominait l’ensemble des décors. A ce collet, nous avons fait une brève pause avec quelques fruits secs et une barre de céréales et nous sommes repartis sur une étroite sente dont les marques jaune et rouge du balisage devenait de plus en plus difficile à repérer. Ce qui devait arriver arriva. Nous avons perdu définitivement le balisage dans un dédale d’éboulis et de pierriers et de minuscules camis que formaient les petits buissons de la garrigue. Il n’y avait plus aucun itinéraire principal et toutes les sentes que nous prenions se ressemblaient. Même avec le GPS et la carte, nous n’arrivions pas à retrouver l’itinéraire du Tour des Fenouillèdes et Jérôme a finalement décrété qu’il valait mieux continuer à monter vers le sommet de la serre. Autant le dire, depuis notre départ, cette situation ne s’était jamais produite et nous étions entrain de galérer comme jamais. En tous cas, dans ces éboulis très pentus et caillouteux, moi, je ressentais le poids de mon sac à dos comme jamais depuis le début. Pendant que j’essayais de m’élever, mon sac à dos, lui, semblait vouloir redescendre et me tirait systématiquement en arrière. Cet effet s’accentuait avec les petits graviers qui roulaient sous mes godillots.  Pour trois pas en avant, j’avais le sentiment d’en faire deux autres en arrière. Sous l’effort produit, je transpirais toute l’eau de mon corps. Tout en montant, nous avons fini par retrouver quelques marques jaunes d’un très vieux balisage et ce sentier quasiment invisible finit par déboucher à un nouveau collet où une large piste démarrait. La partie la plus « méchante » semblait finie et pendant que je poussais des « oufs » de soulagement et tentais de reprendre mon souffle, Jérôme n’arrêtait pas de consulter son GPS. Il avait beau regarder et me dire que le tracé du tour n’était pas très éloigné, j’étais convaincu que nous avions loupé quelque chose. N’ayant plus d’autres choix, nous avons emprunté ce large chemin, qui par bonheur, se dirigeait vers Saint-Arnac et une route bitumée que nous apercevions en contrebas. Nous avons rapidement atterri sur cette route mais pour être honnêtes, nous ne savions plus où nous étions. Depuis le départ, c’était la première fois que l’on s’égarait.  Pourtant, quand nous avons rallumé nos GPS respectifs, ces derniers nous indiquaient très clairement que nous étions sur le tracé du Tour des Fenouillèdes mais fallait-il descendre ou remonter cette route D.77 ? Nous avons commencé à la redescendre mais nous ne trouvions toujours aucun balisage. Une fois encore, la carte IGN est venue à notre secours et un simple coup d’œil sur celle-ci et nous avons compris qu’il fallait la remonter. Très clairement, en regardant cette carte, nous avons constaté que nous avions perdu le balisage du côté de la Serre de Cors, sans trop savoir pourquoi d’ailleurs, mais heureusement ça avait été un moindre mal car cette sente que nous avions empruntée dans les éboulis, elle aussi figurait sur la carte sous la forme de petits pointillés. Il était midi passé et je l’avoue, d’avoir ramé ainsi, ça m’avait littéralement « coupé les jambes ». Il était donc temps de s’arrêter et nous avons décidé d’un commun accord de déjeuner ici, au bord même de la route car il y avait une large esplanade pour le faire. Nous y sommes restés un peu moins d’une heure puis avons remonté la D.77 où nous avons enfin retrouvé le balisage jaune et rouge du Tour du Fenouillèdes au col de Lacroux. Là, une nouvelle piste terreuse a démarré avec de très jolis vues sur Saint-Arnac et la Serre de Vergès vers laquelle l’itinéraire semblait se diriger. Sur notre gauche, par-dessus les vignes, les pales d’une éolienne étaient entrain de tourner. Dès la première bifurcation, l’asphalte a remplacé la terre de la piste et bien que ne doutions pas de la direction à suivre grâce aux tracés enregistrés dans nos GPS,  nous rencontrions enfin, un implicite panonceau indicatif de randonnée. C’était le vrai premier panonceau depuis notre départ ce matin et il nous rassurait définitivement : « Balcon du Fenouillèdes – Ansignan - 4 km - 1h10 ». Depuis ce chemin qui montait tout en douceur, les vues étaient plutôt jolies. Une fois encore, en voyant au loin sur notre gauche, la longue forêt de Boucheville, droit devant le Pech de Fraissinet avec à ses pieds le col de Tulla et sur la droite celui de Bugarach, nous pouvions très facilement appréhender les distances et surtout l’incroyable chemin parcouru depuis ces derniers jours. L’itinéraire a zigzagué  un peu, nous avons laissé sur la droite le monumental Roc de Vergès puis le chemin a entamé une descente où dans la ligne de mire apparaissait au loin la Tour de Lansac. Nous avons longé des carrières mais des carrières, nous en avions aussi en surplomb et plus loin sur notre gauche, du côté de Lansac. Ici, les paysages les plus proches étaient constitués de petits ravins et de hautes terrasses blanchâtres en forme de cicatrices inaltérables malgré une végétation qui tentait parfois de reprendre ses droits. Heureusement ces plaies faites à la nature ont disparu très vite et ont laissé la place au magnifique vallon de l’Agly. Ici, l’intitulé « Balcon du Fenouillèdes » prenait son véritable sens et nous avions une très belle vue sur le large vallon et sur son lac, dont nous ne distinguions malheureusement que quelques petites parties bleutées et encore que très rarement. Au dessus de lui, sur un vaste plateau, notre ligne d’arrivée bien qu’encore très lointaine se faisait déjà plus précise et nous distinguions désormais les habitations de Trilla. Puis au moment de quitter la piste, ce fut au tour du très beau village d’Ansignan d’apparaître dans le vallon. Peu après, le début du lac est apparu à son tour, tel un grand fleuve calme et majestueux. La descente dans cette Garrigue de Roque Rouge était bien trop longue à notre goût. Mais quand les hurlements et les vociférations de chiens enfermés dans un grand chenil se sont mis à retentir rompant le silence dans lequel nous nous dandinions depuis Saint-Arnac, nous avons pris conscience que nous en étions arrivés au bout. Nous avons traversé quelques vignes, longé des vergers et quelques champs en jachère pour parvenir à l’extraordinaire aqueduc d’Ansignan. Bien que le connaissant déjà, j’ai une fois encore été fasciné par cet édifice. Je lui trouvais quelque chose de magique et de mystérieux, de fuselé, de gracieux, de délicat mais en même temps, il dégageait une incroyable force et une robustesse évidente, tout dépendait sous quel angle on le regardait. De ce fait, je n’étais pas mécontent de voir que Jérôme avait envie de s’ y attarder plus longuement que je ne l’avais imaginé. Il n’hésita pas une seule seconde à se déchausser et à tremper ses pieds échauffés dans le courant de l’aqueduc, là où il y avait des grilles de sécurité. J’ai fait de même mais dans le petit canal faisait le lien entre l’Agly et l’aqueduc, ce qui me permettait de casser la croûte avec les pieds dans l’eau, tout en étant assis. Mon sandwich terminé, j’ai fini par le rejoindre dans le chenal de l’aqueduc. Le courant de cette eau glacée et cristalline qui coulait sur mes pieds endoloris par les kilomètres avait un effet revigorant et peut être même thérapeutique car mes orteils et mes chevilles semblaient vouloir se dégonfler. Nous sommes restés plus de trois-quarts d’heures à nous rafraîchir, à nous reposer et à nous restaurer profitant de ces instants de bonheur pour prendre de nombreuses photos. Si ce long arrêt avait un effet très bénéfique sur nos pieds et nos mollets, la thérapie s’arrêtait à la hauteur de nos genoux et le reste de nos organismes commençait sérieusement à s’épuiser, en tous cas, c’était indéniablement mon cas. Selon nos estimations, il restait au bas mot plus de 8 ou 9 kilomètres à parcourir et l’analyse que j’en avais faite hier soir m’avait convaincu que ce ne serait pas les kilomètres les plus faciles. La suite me prouva que j’avais largement raison. Dès le départ de l’aqueduc, l’itinéraire s’est mis d’abord à grimper vers le village que nous avons traversé très rapidement car la rue principale était déserte et rien à nos yeux ne présentait un intérêt suffisant pour que l’on s’y attarde or mis bien sûr ce gigantesque et impressionnant platane, Arbre de la Liberté qui avait été planté là en 1848, au bord même de la rue principale. Ah la liberté ! Lors de randonnées sur une journée, il m’était assez souvent arrivé de m’arrêter devant un monument aux morts ou bien encore de visiter de vieux cimetières et d’y retrouver de vieilles pierres tombales de jeunes soldats morts en 14/18 ou en 39/45. Dans ces lieux, on retrouvait assez souvent la phrase « morts pour la France » mais j’ai toujours pensé que l’on aurait du y rajouter systématiquement « morts pour la France et mort pour la liberté ».  A cet instant et en regardant ce grand platane, mes pensées allèrent vers ces gens-là car j’avais conscience de leur être redevable de cette liberté dont je jouissais pleinement aujourd’hui. La liberté, pour Jérôme et moi, c’était d’avoir pu faire ce que nous avions eu envie de faire, d’avoir pu le faire quand nous le voulions et à l’instant même de le faire comme nous le faisions ! Là, quand on pense à ce genre de choses, comment ne pas être reconnaissants à tous nos aïeux qui sont morts pour que nous soyons libres. Sans doute à cause de l’effort qu’il restait à faire pour parvenir à Trilla, en tournant le dos à cet arbre, mes pensées s’envolèrent, aussi fugitivement qu’elles étaient venues. L’itinéraire très bien balisé est passé devant la cave coopérative vinicole et nous a très vite entraîné hors du village pour entrer de plein pied d’abord dans une pinède puis grâce à une bonne piste dans une forêt de chênes où, sous un cagnard torride, le moindre ombrage était forcément le bienvenu. Malheureusement, la piste ombragée a très rapidement laissé la place à un petit sentier qui est entré dans une garrigue bien plus brûlante encore. Le sentier a traversé des vignes qui l’étaient tout autant et a fini par atterrir sur une nouvelle piste que nous avons quittée encore plus vite que la première. Depuis le départ de l’aqueduc, les vues et les panoramas étaient superbes sur Ansignan et sur les collines environnantes et pour cause, car l’itinéraire ne cessait jamais de grimper et nous nous étions élevés pratiquement sans arrêt. Là, à partir de cette nouvelle intersection, un sentier tout en balcon s’est mis à redescendre en direction des Albas, minuscule hameau composé de quelques habitations que nous apercevions tout en bas, au fond du vallon de la confluence des rivières Désix et Matassa. Lors de l’organisation de ce Tour des Fenouillèdes, j’avais trouvé sur Internet le téléphone d’un gîte ayant existé dans ce hameau mais malheureusement la propriétaire m’avait confirmé qu’elle avait arrêté son activité depuis plusieurs années. Pour l’existence même de ce Tour des Fenouillèdes, j’avais trouvé cela très dommageable car sur le parcours, ce gîte avait été quasiment le seul entre Saint-Paul de Fenouillet et Sournia, les autres possibilités d’hébergements étant soit trop onéreuses pour de simples randonneurs tel que nous, soit trop éloignées du tracé. Enfin, c’était désormais ainsi et personnellement, je n’avais pu organiser ce Tour, avec un certain équilibre dans la longueur des étapes, qu’en fixant un départ depuis Trilla et en décidant de camper à Eus comme nous l’avions fait le premier jour. Le sentier tout en descente s’est terminé sur la D.619, à l’entrée même des Albas. Nous sommes passés devant des habitations dont l’une d’entre-elles avait une bien étrange clôture faite de cercles métalliques sur lesquels avaient été soudés une multitude d’outillages divers et variés ainsi que de nombreux ustensiles. Cet ensemble était très artistique et je lui trouvais même un petit côté tout fou, presque « dalinien » ou du style Marcel Duchamp. En tout cas, c’était du « réutilisme » dans toute sa splendeur et les photos s’enchaînèrent elles aussi. Nous avons poursuivi la D.619 mais nous avons perdu une fois de plus le balisage du Tour du Fenouillèdes et avons été contraints d’allumer nos GPS. L’itinéraire n’était pas très loin mais malgré ça, nous ne retrouvions pas le tracé et le balisage. Heureusement et une nouvelle fois, la carte IGN était là pour prouver sa nécessité. La carte nous indiquait clairement que le sentier partait à gauche vers la rivière peu après les habitations et un virage en épingle à cheveux que formait la route mais nous avions un mal fou à penser que ça pouvait être ici tant le coin était boisé et surtout embroussaillé. Il y avait du bois et des branches un peu partout comme si la rivière avait été en crue récemment. Il y avait bien un semblant de chemin parallèle à la départementale mais nous n’arrivions pas à trouver de marques de peinture. Jérôme s’est quand même dirigé vers la rivière en s’engouffrant dans le bois et il m’a demandé de l’attendre là au bord de la route. Au bout de quelques minutes, je l’ai entendu crier et me dire qu’il avait retrouvé le balisage un peu plus haut en amont de la Désix. Car ici, c’était bien la rivière Désix que nous allions franchir, celle-là même que nous avions traversée à Sournia devant le joli petit lac de la résidence de vacances du Moulin. Il y avait peu d’eau et le passage à gué sur quelques pierres était si facile qu’une fois encore nous n’avons pas pu résister à l’appel de cette eau si claire et si fraîche qui coulait sous nos pieds. Une nouvelle fois, c’était un plaisir de déposer nos sacs, de délacer nos chaussures et de tremper nos pieds échauffés dans le courant car après tout, deux heures s’étaient déjà écoulées depuis que nous avions fait de même à l’aqueduc d’Ansignan. Les bananes achetées ce matin et les derniers fruits secs tirés de mon sac à dos ont fait les frais de ce nouvel arrêt puis nous avons repris le sentier dont le tracé et le balisage étaient peu évidents à trouver dans ce bois touffu du nom de Camounxio. De toute évidence, aucun randonneur n’était passé par là depuis très longtemps et ce sentier méritait un sérieux débroussaillage. Ce court tronçon me confirmait ce dont je me doutais un peu, à savoir que ce Tour des Fenouillèdes était peu fréquenté voire quasiment délaissé dans les coins les plus reculés comme c’était le cas ici aux Albas ou bien près de la Serre de Cors où nous nous étions égarés ce matin. A nouveau, le sentier s’est mis à grimper et en quittant ce bois de feuillus, il est devenu à nouveau plus distinct. Sur ce sentier très étroit et dans cette végétation plus rase constituée de petits chênes, de buis et de bruyères arborescentes, nous avions l’impression de marcher dans un labyrinthe tel qu’on peut en voir dans certains jardins d’agrément. Tout en bas, nous apercevions le vallon de la Désix, la D.119, les Albas où s’élevaient les  ruines de ce qui semblait être le donjon d’un vieux château en partie ruiné. Les marques de peinture jaunes et rouges se firent plus visibles et tout en montant ce bon dénivelé vers le Roc de Terre Blanco, nous étions désormais convaincus d’être dans la bonne direction. Mais nos certitudes n’ont pas fait long feu car après cette redoutable montée, nous sommes arrivés sur un plateau planté de vieilles vignes rabougries et délaissées où de nouveau, nous avons perdu le balisage. Nous avons décidé de nous séparer en deux car le vieux vignoble était entouré d’anciens murets de pierres sèches et j’ai pensé que s’il y avait des marques de peinture, elles seraient sans doute peintes sur un de ces murets. Jérôme est parti à gauche et moi à droite du champ que nous avons longé jusqu’au bout mais sans rien retrouver. Une fois encore, nous pensions avoir perdu le tracé du Tour du Fenouillèdes mais cette traversée du vieux vignoble de Terre Blanco a finalement débouché sur un large chemin qui s’est transformé en une piste carrossable. Nous avons de nouveau retrouvé le tracé et en plus, depuis ce plateau, nous embrassions de bien belles vues à 360 degrés. Sur notre gauche, nous apercevions Ansignan, la Serre de Saint-Arnac, les carrières de Lansac et au loin les Corbières. Sur notre droite, c’était les sombres « sarrats » que nous avions gravis le premier jour du côté du Col Saint-Jean. Mais parmi, tous ces paysages, il y en avait un qui nous plaisait par-dessus tout et il était droit devant nous, c’était le village de Trilla que nous apercevions, tout proche, mais malheureusement de l’autre côté d’un large ravin. Sur la carte, que j’avais eu maintes et maintes fois l’occasion de regarder, ce ravin, c’était celui dit « de l’Homme Mort ». Pour atteindre Trilla, il fallait d’abord y descendre, le longer puis le remonter sur l’autre versant. Je ne sais pas pourquoi mais je me suis mis à avoir d’étranges pensées du style : « Comment cet homme était-il mort ? » « De mort violente ? » « Au cours d’une partie de chasse ? « En ayant marché plusieurs jours comme nous le faisions nous-mêmes ? » « En arpentant et en terminant le Tour des Fenouillèdes ? » A cette dernière question, je finis par me dire que la réponse devait être clairement « NON ». Jérôme et moi étions seulement fatigués et guère plus que les jours précédents mais en tous cas l’idée que je pourrais peut-être m’affaler sur ce chemin ne m’était jamais venue à l’esprit !  Une fois encore, nous avons quitté la piste au profit d’un petit sentier qui s’enfonçait dans la garrigue. Au bout de quelques minutes, ce sentier est arrivé à une intersection de chemins que j’ai aussitôt reconnu. Je me souvenais être passer par là avec Dany quelques mois plus tôt lors de cette jolie randonnée à la Fount del Loup et ce sentier sur notre droite arrivait directement du village de Pézilla-de-Conflent. Cette intersection m’a mis du baume au cœur car je savais désormais ce qu’il me restait à parcourir pour parvenir à Trilla. Notre ligne d’arrivée n’était plus très loin et en tous cas à moins d’une demi-heure de marche. Moi qui par habitude fait toujours de grands pas, je me mis soudain à en faire de tout petits comme si je me refusais à terminer ce périple. Cette dernière montée dans le maquis menant vers Trilla, je voulais la prendre « cool » et ainsi goûter aux derniers instants de ce bonheur que mon fils m’avait offert en acceptant de venir marcher avec moi. Nous sommes arrivés à 18h12 devant la belle église de Trilla, une photo de l’horloge que j’ai prise atteste de cette heure si précise. Nous étions sur le point de rejoindre la voiture quand soudain je me suis mis à penser que nous n’avions pris que très peu de photos où nous étions ensemble, peut-être deux, voire trois ou quatre seulement, je ne savais plus. Du coup, j’ai dit à Jérôme que j’aimerais bien que nous en prenions une toute dernière, assis sur ce banc qui se trouvait devant l’église. Il n’y avait personne pour prendre la photo alors Jérôme a enclenché le retardateur de son numérique et nous avons pris cette dernière photo, assis sagement sur ce banc devant l’église comme deux petits vieillards. Deux petits vieux qui avaient tout de même parcouru en cinq jours plus de 125 kilomètres et gravi plus de 7.700 mètres de montées cumulées, le tout et par chance, sans aucun problème physique. Ce Tour des Fenouillèdes avait été pour moi, un vrai Tour du Bonheur et je savais déjà qu’il resterait pour toujours gravé ainsi dans ma mémoire.

Il s’était déroulé si magnifiquement que j’aurais pu l’appeler une « Vadrouille sans embrouille » mais non, tout compte fait, mon idée initiale était bien plus jolie et bien plus poétique et dans ma tête, c’était déjà décidé, le récit de ce magnifique tour, je l’intitulerais « Vadrouille dans le fenouil ! » 

 

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Le Tour de l'île Saint-Martin depuis Gruissan

Publié le par gibirando

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Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques interprétées par Oliver Shanti. Elles ont pour titres : "Mother Earth's Tartaruga Song", "Navajo Prayer Song" et "Dancing Song Of The Yao Tribe"
L'ILE-SAINT-MARTIN-GRUISSAN
ILESTMARTINIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Quand nous avons décidé de faire "Le Tour de l'Île Saint-Martin depuis Gruissan" c'était dans un but bien précis. Notre logique était de vouloir éviter les trop longues randonnées et celles aux forts dénivelés, raison pour laquelle nous avions décidé en ce jour d’Epiphanie de jeter notre dévolu sur l’île Saint-Martin de Gruissan et d'en faire le tour. Bien évidemment, il ne faut voir dans cette corrélation religieuse entre la fête chrétienne célébrant le Messie et ce lieu consacré au fameux saint apôtre de la Gaule, aucun motif spirituel de notre part. Non, nous étions le 6 janvier, les fêtes de fin d’année étaient bien terminées, la météo était quasiment printanière avec un superbe ciel bleu et nous avions tout simplement une envie « folle » d’aller randonner.  C’est donc avec l’idée d’aller découvrir ce « lieu magique » comme le dit la publicité de la ville que nous sommes partis en direction de Gruissan. A vrai dire, si cette idée était la principale, nous en avions d’autres en tête, comme celle de profiter d’un agréable pique-nique sous les chauds rayons d’un soleil qui semblait avoir oublié que nous étions en hiver, celle aussi de combiner soleil et plage tranquille loin du tumulte citadin et enfin celle plus personnelle d’aller à la rencontre des oiseaux des étangs, histoire d’ajouter quelques volatiles à mon album photo numérique et puis pour le reste et comme toujours, nous faisions confiance à la nature et à l’aventure pour d’éventuelles surprises. En effet, lors de mon Sentier autour du Golfe Antique effectué en septembre, j’avais appris que l’île Saint-Martin recélait un site archéologique romain de premier ordre sur plus de 2.000 m2. Ce site, les spécialistes le qualifient de « grand appareil » en raison de la taille des pierres constituant les vestiges des édifices aujourd’hui ruinés. Un ancien site portuaire paraît-il, au temps où les Romains occupaient la Gaule et ou l’on surnommait Narbonne, « la fille aînée de Rome » en raison de sa situation commerciale prospère sur les rives de la Méditerranée. En potassant le sujet, j’ai même lu que ce port antique de Gruissan était le deuxième de l’empire romain  après celui d’Ostie, le port de Rome. Enfin, j’avais appris que l’île était connue comme un haut-lieu séculaire de la production de sel marin qu’on appelle plus communément un « salin » mais qu’elle était également connue mais plus discrètement cette fois, pour la culture du safran. Une fois encore il y avait de quoi faire dans ce lieu de balades et quand nous laissâmes la voiture sur le parking jouxtant le port de plaisance Barberousse, or mis l’idée de randonner et de pique-niquer, nous n’avions rien arrêté d’autre. Nous improviserions le cas échéant ! Nous avons quitté le vieux village dominé par les ruines de son vieux château dont l’Histoire raconte qu’il fut sacrifié par Louis XIII et Richelieu et dont la tour Barberousse est le vestige résiduel le plus visible. Il se raconte que le célèbre marin et pacha d’Alger aurait été l’instigateur de la construction de ce château mais rien n’est moins sûr. Une autre version est également avancée, c’est celle où l’on évoque le nom du corsaire Gaspard Dot ayant sévi dans le secteur au 16eme siècle, encore appelé « Barberoussette » ou le « pirate de Sète ». Voilà pour l’Histoire très résumée de cet édifice. Là, nous nous sommes mis en route sur la D.232  longeant le « salin ». Au bout de 700 mètres, nous avons quitté la route bitumée en tournant à droite et nous avons enjambé une chaîne barrant une piste qui, au milieu des vignes, filait vers une immense ruine. Face à la ruine, nous nous sommes dirigés vers la droite et avons poursuivi un étroit sentier. A partir de là, la suite du parcours fut assez simple car l’itinéraire a toujours été quasiment rectiligne jusqu’au lieu-dit Les Pujols, imposant domaine aux grandes bâtisses entourées de murs blancs. Au préalable et sans trop sans rendre compte, on avait atteint le point culminant de cette balade à « l'ahurissante » altitude de 46 mètres ! Le parcours avait alterné un sentier rocailleux filant dans la garrigue et côtoyant d’incroyables amoncellements de pierres sèches, puis un peu d’asphalte au milieu du vignoble et enfin un petit chemin en sous-bois de pinèdes, le tout agrémenté parfois de quelques jolies vues sur l’étang de Gruissan, le massif de la Clape et celui plus lointain des Corbières. Aux Pujols, on a retrouvé une voie carrossable que l’on a emprunté vers la droite et que l’on a poursuivi en longeant un haut grillage jusqu’à rejoindre le bord de l’étang de Campignol. De manière assez inattendue, le tracé que j’avais trouvé sur Internet et que j’avais enregistré dans mon GPS, nous a amené dans des marécages gorgés d’eau voire carrément inondés et donc impraticables sauf à vouloir se baigner. De ce fait, nous sommes revenus sur nos pas et là, par bonheur, nous avons trouvé une ouverture béante dans le grillage que nous avions longé précédemment. On s’y est engouffré et par un vague sentier se faufilant entre vignes et prés en jachères puis longeant des cyprès et des tamaris, on a fini par atteindre une bonne et large piste en bordure de l’étang. Ici, le randonneur hasardeux que j’étais s’est immédiatement transformé en un évident photographe animalier car des milliers d’oiseaux s’étaient donnés rendez-vous dans les proches marais de l’étang de Campignol. Foulques, colverts, aigrettes, flamants, chevaliers, mouettes, cormorans, goélands, tout ce petit peuple migrateur, habituellement volant, avait préféré opter pour un bain de pattes pas très de saison mais bien approprié pour mes prises de vues. Seule la distance parfois bien trop élevée entre certains oiseaux et mon appareil photo posaient problème à la taille de mon objectif. Le parcours, lui, était encore une fois rectiligne mais la piste plane en bordure des roselières s’est soudain terminée par un chemin rocailleux qui est monté dans la garrigue jusqu’à atteindre le Sentier des Goules cheminant la Barre de l’Evêque.  Depuis cette crête calcaire et pierreuse, les vues se sont faites plus aériennes sur l’étang de Campignol et plus loin sur celui plus vaste de l’Ayrolle. Les panoramas plus lointains s’entrouvraient également vers les Pyrénées, les Corbières et l’étang de Bages-Sigean. Les souvenirs de mon parcours sur le Sentier du Golfe Antique me revenaient en mémoire car ces mêmes étangs étaient barrés transversalement par un étroit segment de terre où l’on devinait la voie ferroviaire et le canal de la Robine. Au bord de ce canal, je me souvenais y avoir verser toutes les larmes de mon corps à cause d’un violent cers que je prenais en « pleine poire » et qui sans cesse me faisait larmoyer. Aujourd’hui, le vent était plutôt paisible et en tous cas, il ne me faisait pas pleurer car le plus souvent, nous l’avions dans le dos. De plus et en aucune manière, le cers n’était venue perturber notre agréable pique-nique pris sur l’herbe et sous un soleil radieux, bien à l’abri de quelques vigoureux tamaris. La pointe de la Grève fut vite là et avec elle, les moelleuses grèves capitonnées d’algues sèches. Sur ces matelas improvisés et comme le faisaient quelques mouettes rieuses et quelques couples de goélands, nous avons profité des tièdes rayons d’un soleil au zénith avant de reprendre le circuit en direction de l’Ayrolle et de ses cabanes de pêcheurs. Ici, non loin du hameau de Saint-Martin et de ses vestiges romains, le grand blond Pierre Richard avait troqué ses chaussures noires contre celles plus adaptées au travail de la vigne. Son domaine s’appelle le Château Bel-Evêque et si j’en crois ce que j’ai lu, il produit paraît-il des vins raffinés de très grande qualité. Pour finir, une fois encore, nous sommes sortis des sentiers battus et plutôt que de poursuivre le chemin plus à l’intérieur des terres empruntés par les vététistes, nous avons opté pour un itinéraire plus sauvage et plus en bordure du « salin »qui nous a entraîné vers les lieux-dits Gamare, la Clotte et Penelle. D’ailleurs, notre boucle s’est refermée sur la D.232 pile en face la boutique et l’écomusée consacré au sel de Gruissan et aux autres produits du terroir. Malheureusement, si la chance avait été avec moi sur le plan ornithologique, elle n’était pas avec Dany qui aurait bien aimé visiter le magasin et le musée, mais tout était fermé ce jour-là et en tous cas à cette heure-ci de la journée. Il ne nous restait plus qu’à terminer cette balade mais à coup sûr, nous reviendrons sur l’île de Saint-Martin, il y a tant d‘autres découvertes à y faire. La boucle effectuée est longue de 13 à 14 kilomètres quand au dénivelé avec ses 46 mètres, il est pratiquement inexistant mais néanmoins suffisant pour offrir de jolis panoramas. Carte IGN 2546 OT Narbonne Top 25. 

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Protection des personnes, sécurité, justice......valse-hésitation !

Publié le par gibirando


Dans mon Journal Mensuel, j’écris un seul article chaque mois. Normal, me direz-vous. C’est exact. Effectivement, il m’arrive très rarement d’être embarrassé entre tel ou tel sujet et habituellement mon choix est assez peu hésitant. Mais ce mois-ci, je l’avoue, j’ai longuement oscillé entre deux thèmes de l’actualité récente et finalement plutôt que d’en choisir un seul, j’ai décidé d’évoquer les deux. Si les deux thèmes n’ont pas réellement de rapport, ils ont en commun, de concerner plus globalement la sécurité, la protection des personnes et une justice que chaque citoyen est en droit d’attendre d’une démocratie comme la nôtre, voilà pourquoi j’ai intitulé mon article : protection des personnes, sécurité, justice…..valse-hésitation !

 

Le premier sujet concerne ces enfants de plus en plus nombreux qui en viennent au suicide parce qu’ils subissent des harcèlements à l’école, harcèlements qui très souvent maintenant se poursuivent sur la Toile, par messagerie,  au travers des réseaux sociaux ou par téléphones portables interposés. Ce problème devient récurrent et malheureusement le mois de janvier 2015 est venu nous rappeler cette triste réalité avec cette jeune marseillaise Mélina âgée de 13 ans qui a préféré se jeter sous un train plutôt que de continuer à subir des outrages verbaux. Des mots, on passe très souvent à des coups voire à des tabassages en régle. Selon la journaliste Carole Blanchard de BFMTV, 1,2 millions d’élèves seraient harcelés à l’école. De plus en plus de personnes se mobilisent et les médias prennent le relais et se font l’écho de ces horribles tragédies. Des associations se créent et se mobilisent. Des parents témoignent leur désarroi à travers des livres comme celui de Nora Fraisse. Des réalisateurs font des films sur ce thème que ce soit pour la TV ou pour le cinéma, certains avec succès comme le récent film de Mélanie Laurent "Respire".  France 2 programme une émission pour le 10 février. Le sujet est de moins en moins tabou, les enfants harcelés parlent de plus en plus et c’est très bien ainsi. Seules l’Education Nationale et les associations de parents d’élèves paraissent un peu empruntées car sans doute enfermées dans leurs dogmes et sans réelle solution pour l'instant devant ce terrible problème. Quelques progrès se font jour néanmoins. Mais il est temps que ça change vraiment et le plus vite sera le mieux car la vie de nos enfants ou de nos petits-enfants est en jeu. Après tout, l’école est un lieu républicain et dans un état de droit comme le nôtre, chaque citoyen est en droit d’attendre une justice, une égalité de traitement, une protection, la mise en place de moyens assurant sa sécurité. Alors, la France qui vient de crier si fort sa liberté après la tuerie chez Charlie Hebdo, aurait-elle définitivement perdu au sein de ses écoles, les deux autres mots « magiques » de sa célèbre devise que sont l’égalité et la fraternité ? J’ai une émouvante pensée pour tous ces enfants disparus et leurs parents bien sûr.

 

Le deuxième sujet concerne les attentats de janvier et j’avoue que depuis, il y avait une question qui me turlupinait, c’était celle de savoir pourquoi, ces trois « jeunes de banlieue », décrits comme de vulgaires et simples voyous de droit commun en France, mais parfaitement connus des services secrets américains et de services identiques de plusieurs pays européens, considérés par tous ces derniers comme de dangereux « terroristes » au point d’être sur des listes leur interdisant tout voyage aérien, pouvaient se balader en toute liberté et impunité dans notre beau pays. Comme très souvent en pareil cas, la réponse est venu de l’Institut pour la Justice, association loi 1901 et dont l’objet brièvement énoncé est le soutien aux victimes de l’insécurité et de toutes autres formes de violence. Plutôt que de faire un long discours, voilà les deux messages que j’ai reçus de leur secrétaire nationale Laurence Havel. Toutefois, avant de vous proposer ce message, je vous conseille de regarder deux petites parties de l'audition du général de gendarmerie Bertrand Soubelet. Edifiant ! Il faut savoir qu'après cette audition qui aurait fortement déplue à Manuel Valls et à Christiane Taubira, ce dernier, numéro 3 de la gendarmerie a été mis au placard et expédié en Outre-Mer : 

http://www.youtube.com/watch?v=Xu2Tkhn-hxQ

 http://www.youtube.com/watch?v=GGSysTXg-Bo

 Message du 19/01/2015 :

Madame Monsieur,

Savez-vous quel est le point commun entre les terroristes Chérif Kouachi (12 victimes), Amedy Coulibaly (6 victimes), Mehdi Nemmouche (4 victimes) et Mohamed Merah (6 victimes) ?

Ne comptez pas sur le gouvernement ou les médias pour vous le révéler - et encore moins la ministre de la Justice Christiane Taubira. 

Car ce qui relie le parcours de ces terroristes n'est pas seulement le radicalisme islamique.

Tous les 4 sont des criminels multirécidivistes qui ont bénéficié pendant toute leur vie du laxisme et des failles béantes de notre justice pénale. 

Tous les 4 auraient dû être en prison au moment de leurs attentats. 

Vous avez bien lu (et je vais vous le prouver dans un instant) : si notre système pénal fonctionnait normalement, toutes les victimes de ces terroristes seraient encore en vie aujourd'hui : la policière municipale, les victimes de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher, du Musée juif de Bruxelles, les militaires du régiment de Montauban et les enfants de l'école juive de Toulouse. 

Coulibaly, condamné à 5 ans de prison en 2013

Prenez le parcours criminel d'Amedy Coulibaly. Voici ce qu'en dit le journal Libération :

« Le casier d’Amedy Coulibaly témoigne d’un lourd passé de braqueur alors qu’il n’avait même pas 18 ans. En 2001, il avait été condamné à trois ans ferme, dont deux avec sursis, par le tribunal d’Evry puis, la même année, à quatre ans dont deux avec sursis toujours pour des «vols aggravés». En 2002 encore, douze mois dont neuf avec sursis pour vol aggravé et recel. En 2004, le voilà renvoyé devant la cour d’assises des mineurs du Loiret, qui lui inflige six ans de prison pour un vol à main armée dans une agence BNP avec deux complices. En 2005, le tribunal correctionnel de Paris condamne Coulibaly à trois ans d’emprisonnement pour «vol aggravé, recel et usage de fausses plaques d’immatriculation». En mai 2007, il prend dix-huit mois pour trafic de stupéfiants. » 

Ce que le journaliste oublie de préciser, c’est qu’un seul vol à main armée, dans notre code pénal, est un crime puni théoriquement de 20 ans de réclusion criminel. Mais Coulibaly, malgré ses multiples braquages, s'en est sorti avec quelques années de détention au total. 

Plus grave encore : le 20 décembre 2013, il a encore été condamné à 5 ans de prison. 

Mais il a bénéficié des remises de peine accordées depuis des années à tous les détenus, y compris les plus dangereux. Certes, il a fait de la détention provisoire. Mais s'il avait purgé la totalité de cette peine, la jeune policière et les victimes juives de l'Hyper Cacher seraient encore en vie. 

Et saviez-vous que, pour Christiane Taubira, ces remises de peine sont encore insuffisamment généreuses ? 

Pour elle, il était injuste que les récidivistes bénéficient de remises de peine réduites par rapport aux primo-délinquants. Dans sa toute récente réforme pénale, entrée en vigueur au 1er janvier 2015, elle a donc décidé que les récidivistes pourraient désormais avoir des remises de peine plus longues ! 

Kouachi, parti au Yémen malgré son "contrôle judiciaire"

Cherif Kouachi a aussi un sérieux casier judiciaire de délinquant. Déjà bien connu de la police et de la Justice pour de nombreux délits, il a été condamné à 3 ans de prison en 2008 pour djihadisme dont 18 mois avec sursis.

Mais dans son cas, la faillite de la justice est encore plus hallucinante. 

En 2010, il est à nouveau arrêté et placé en détention provisoire pour avoir préparé l'évasion d'un terroriste notoire. 

La justice décide de le libérer, en attendant son procès, mais elle lui impose un « contrôle judiciaire » jusqu'en avril 2013 : interdiction de quitter la région et obligation de pointer toutes les semaines au commissariat de Gennevilliers. 

Sauf que quelques mois plus tard, Cherif Kouachi part au Yemen s'entraîner dans un camp d'Al-Quaïda, dans la plus parfaite impunité. Ni la police, ni la justice ne viendront l'inquiéter (et encore moins le sanctionner) pour cela. 

Une faille, une bavure ? Non, c’est le fonctionnement habituel de notre système. 

Un juge interrogé par Le Figaro révèle ce que savent tous les spécialistes : « les pointages au commissariat dans le cadre de contrôle judiciaire ne font jamais l'objet de contrôles stricts. Au mieux, ce n'est qu'au bout de la quatrième ou cinquième absence que le commissariat prévient le tribunal… ». Et quand la Justice est prévenue il est rare qu'elle réagisse, « et « il est encore plus rare que le non-respect des obligations débouche sur une incarcération ».

Bref, c'est l'impunité la plus totale pour nos criminels, y compris les plus inquiétants. Et ils le savent pertinemment. Tout récemment, devant la cour d'Assises du Nord, l'auteur du meurtre d'un commerçant était interrogé par le juge : « pourquoi n'avez-vous pas respecté les obligations de votre contrôle judiciaire ? ». « Cela ne m'intéressait pas », avait-il répondu.

N’est-il pas temps de faire en sorte que les criminels dans notre pays soient « intéressés » aux conséquences de leurs actes ?

Car l'impunité de Kouachi ne s'arrête pas là. En 2010, les juges ont établi qu'il possédait des images pédopornographiques sur son ordinateur. Croyez-vous que la justice a réagi avec fermeté, vu le profil de ce multirécidiviste aux inquiétantes connections djihadistes ? 

Non, c’est tout le contraire : elle a tout simplement « classé l'affaire », comme elle le fera à de nombreuses reprises vis à vis des crimes de Mohamed Merah (voir plus loin). 

Nemmouche, braqueur multirécidiviste 

Medhi Nemmouche, celui qui a tué 4 personnes au musée juif de Bruxelles, a exactement le même profil que Coulibaly. A seulement 14 ans, il est déjà arrêté pour cambriolage. S'ensuit une longue série de délits en tous genre : recels, vols avec violence, dégradations de bien. A 17 ans, il agresse au couteau une enseignante. Tout cela dans la plus grande impunité, puisqu'il faudra attendre qu’il commette de multiples braquages pour que la justice l'envoie enfin en prison. 

Au total, il sera incarcéré à 5 reprises à partir de 2004. A chaque fois, pour des durées dérisoires, sachant qu'un seul braquage est théoriquement puni jusqu’à 20 ans de prison. Et à chaque fois, la justice le relâchera bien avant la fin de sa peine.

Lui aussi aurait dû être en détention (et pour de longues années encore !) le 24 mai 2014, date de la tuerie de Bruxelles.

Mohamed Merah, libre à 23 ans malgré 18 condamnations 

Le parcours de Mohamed Merah est le plus spectaculaire de tous. Sans doute parce qu’on dispose de tous les détails, plusieurs livres étant paru sur son compte. 

Saviez-vous que, moins d'un mois avant ses 6 meurtres, il avait été condamné à un mois de prison ferme ? Et que la Justice l'avait immédiatement remis en liberté, malgré ses 18 condamnations au casier judiciaire ?

Pour vous donner une idée de l'impunité dont il a joui tout au long de son parcours criminel il faut lire sa fiche Wikipédia : 

« En 2002, il frappe au visage une assistante sociale. Le tribunal pour enfants le condamne pour violences volontaires. Ses éducateurs se plaignent de lui « Il injurie, insulte les filles, […] qui nous demandent de les protéger et de fermer leur chambre à clé. Chaque jour, nous devons intervenir pour une dégradation, un vol, un conflit, une agression dont Mohammed est l'auteur ». Dans une lettre à un juge datée de 2003, la mère de Mohammed Merah déplore à son tour d'avoir été agressée physiquement par l'adolescent « La violence de mon fils est telle que je me trouve dans l'incapacité d'y faire face ». En février 2004, il est arrêté pour avoir jeté des pierres sur un autobus, il s'en tire avec une simple admonestation. En janvier 2005, il tient tête à l'une des éducatrices du foyer Mercadier et la frappe à l'œil avant de fuguer. Il est condamné à cinq mois de prison avec sursis pour coups et blessures volontaires. Il faudra une convocation assortie d'une menace de révocation de sursis envoyée chez sa sœur Souad pour qu'il reprenne contact avec la Justice des mineurs. En 2005, il est arrêté au volant d'une moto Honda volée. En 2006, il est poursuivi pour un vol de portable avec violence, de moto, et des insultes. Il agresse à coups d'extincteur son oncle qui lui demandait d'arrêter un rodéo bruyant en quad, dans la cité des Izard. Durant sa minorité, il est condamné à quatorze reprises par le tribunal pour enfants pour diverses affaires de dégradations, de manquements à l'autorité ou de vols.

En 2007, il se rend avec un pistolet chez son frère Abdelkader et la compagne de ce dernier. Il tire dans l’écran plat posé sur le meuble télé et saccage leur appartement, jetant les objets par la fenêtre du 4e étage. Il quitte les lieux en menaçant « Si tu lèves encore une fois la main sur moi, je t'en loge une ». En décembre 2007, il arrache le sac d'une personne âgée dans le hall d'une banque. Pour ce vol avec violence, Mohammed Merah devenu majeur, est condamné à 18 mois de prison ferme selon la procédure de comparution immédiate (première incarcération !). 

En décembre 2008, il refuse d'obtempérer à un contrôle policier forcé et est réincarcéré à la maison d'arrêt de Seysses jusqu'en septembre 2009. Début juillet 2010, il vient consulter un avocat pour entamer une procédure aux prud'hommes en raison d'heures de travail non payées, chez son carrossier. Un an plus tard, il insulte et menace une employée de la concession Renault qui lui aurait donné par téléphone une indication erronée : « Toi, si je te retrouve dehors, tu es morte ». En février 2012, il est jugé une nouvelle fois pour conduite en 2009 d'une moto sans permis, ainsi que pour blessures involontaires, puis condamné à un mois de prison ferme, mais laissé libre. »

Et encore, il manque dans ce récit tous les faits pour lesquels il n'a pas été poursuivi ! 

Une mère de famille a révélé dans la presse ce que M. Merah avait fait subir à sa famille deux ans avant ses meurtres : « Il a conduit mon fils à son domicile. (…) Puis il lui a imposé de regarder des vidéos d'Al Qaïda (des scènes insoutenables dans lesquelles des femmes sont exécutées d’une balle dans la tête et des hommes égorgés). Mon fils m'a appelé. On a finalement pu le récupérer. Il est resté enfermé là bas de 17h à minuit... ». La mère a alors déposé plainte, ce qui a provoqué la colère de M. Merah : « Il est venu devant chez nous. Il m'a menacée et frappée. (…) Il disait aussi que lui et ses amis viendraient prendre mon fils et qu'il ne me resterait plus que mes yeux pour pleurer ». Le surlendemain, il s’en est effectivement pris à son fils : « Il l'a frappé, et ma fille est intervenue. Il l'a rouée de coups. Il y avait beaucoup de monde, mais personne n'a bougé ». La femme précise qu’elle a « tout gardé » : « la robe de sa fille tâchée de sang et déchirée, le dépôt de plainte, les courriers de relance, des photos et les certificats médicaux... ». L’avocat de cette mère de famille, Me Mouton, confirme qu’une « plainte très circonstanciée » a été déposée le 25 juin 2010. La mère de famille a relancé les autorités à de nombreuses reprises. Sans aucune suite. « Pourquoi, malgré tous mes signalements, Mohamed Merah n'a-t-il pas été arrêté ? Nous l'avons encore vu la semaine dernière. Il nous narguait. J'ai tout raconté à de nombreuses reprises à la police et à la préfecture. (…) C'est incompréhensible et révoltant. »

Tout ceci alors que Mohamed Merah était déjà ultra-connu de la police et de la justice !!!

Maintenant, la question que nous devons nous poser est la suivante :

Croyez-vous que le gouvernement va tirer les leçons de ces affaires ? Croyez-vous qu'il va, de lui-même, sans pression populaire, prendre les mesures qui s'imposent ?

A la fin de l’année dernière, Christiane Taubira annonçait vouloir réformer la Justice des mineurs, qu’elle jugeait trop ferme et insuffisamment compréhensive vis-à-vis des délinquants… 

Le 9 janvier dernier, le jour même de l'attaque de l'Hyper Cacher, Christiane Taubira adressait un document de 2 pages aux 40 Procureurs généraux. Elle leur donnait la ferme instruction d'appliquer immédiatement sa nouvelle réforme consistant à augmenter la durée les remises de peine des récidivistes.

Vendredi 16 janvier dernier, Christiane Taubira a diffusé un communiqué de presse. Pour répondre à la situation actuelle, elle déclare que l'urgence est de durcir l'arsenal répressif contre… le racisme et l'homophobie !

Ne pensez-vous pas qu'il est temps pour nous, citoyens de France, de nous lever en masse pour réclamer une Justice pénale qui nous protège des vrais criminels ?

N'est-il pas temps d'adresser un signal clair au gouvernement sur les priorités que NOUS souhaitons qu'ils appliquent ? 

Ne croyez-vous pas qu'il est temps de mettre un coup d'arrêt au laxisme incroyable qui met en danger la vie de nos enfants et nos petits-enfants ?

Si oui, alors je vous demande solennellement de participer en urgence à notre grand référendum national en vous rendant ici. 

Je vous demande également de transmettre immédiatement ce message à tous vos contacts pour qu’ils participent eux aussi à cette grande mobilisation.

Nous ne pouvons pas attendre les prochaines élections, les bras croisés, en espérant qu'un nouveau gouvernement prenne les mesures qu'il faut prendre AUJOURD'HUI. 

Nous ne pouvons pas observer sans rien faire que notre ministre de la Justice facilite, décision après décision, le travail des criminels et des terroristes. 

Il faut agir MAINTENANT. 

Alors vraiment, merci de prendre quelques minutes pour participer à notre grand référendum pour la Justice.

Je compte sur vous,

Laurence Havel
Secrétaire nationale.

 

Message du 27/01/2015 :

 

Chers amis,

Mon dernier message sur les attentats a déclenché une avalanche de réactions – de félicitations et d’incompréhension.

Côté positif, vous avez été très nombreux à remercier l’IPJ d’avoir eu le courage de dire la vérité sur les frères Kouachi, A. Coulibaly et M. Merah : oui, c’est bien le laxisme de notre Justice qui leur a permis de commettre leurs crimes. 

Toutes leurs victimes seraient encore en vie si les peines étaient appliquées avec rigueur dans notre pays !

Vous avez aussi été nombreux à vous être mobilisés autour de notre grand référendum pour la Justice. Pour ceux qui ne l’ont pas fait, participez d’urgence en vous rendant ici ! 

Mais si je vous écris aujourd’hui, c’est parce que j’ai aussi reçu des centaines de messages d’incompréhension. 

Vous me dites : comment se fait-il que les médias n’en parlent pas ? 

 

•

 

Pourquoi n’y a-t-il pas de grands débats à la radio ou à la télé sur les remises de peine (Coulibaly a été condamné à 5 ans de prison ferme en 2013) ? 

 

•

 

Pourquoi passe-t-on sous silence l’incroyable laxisme qui a permis à Chérif Kouachi de s’entraîner avec Al-Qaida au Yémen alors qu’il était sous contrôle judiciaire et censé pointer toutes les semaines au commissariat ?

 

•

 

Pourquoi ne pas rappeler dans les JT que Mohammed Merah avait été condamné à 1 mois de prison ferme juste avant ses crimes…. Et qu’il n’a donc pu les commettre que parce qu’il a été immédiatement remis en liberté, malgré 18 condamnations à seulement 23 ans !

Mon explication va peut-être vous surprendre…

Mais contrairement à certains d’entre vous, je ne pense pas qu’il y ait derrière tout cela un objectif délibéré des médias de « plaire » au gouvernement. Il ne s’agit même pas d’éviter à Christiane Taubira de devenir impopulaire - même si elle doit bien apprécier que les médias ne parlent pas de sa réforme visant à libérer encore plus vite les récidivistes (la « réforme pénale » que l’IPJ a combattu l’été dernier). 

Non. Le mal est beaucoup plus profond. Il est structurel.

Prenez l’islamisation en prison. Ce thème là, vous en entendez parler dans les médias. Pourquoi ? Sans doute en partie parce que cela permet d’éviter de parler des causes profondes que sont l’impunité en prison et le laxisme judiciaire. Et parce que ce sujet, à l’inverse, alimente sournoisement l’idée reçue selon laquelle la prison serait « l’école du crime ». 

Et ce thème permet d’apporter dans le débat de pseudos solutions qui sont sans doute utiles pour certaines mais évitent de prendre les vraies mesures de fermeté qui s’imposent. 

Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi évite-t-on, en France, de parler des vrais sujets ?

C’est difficile à expliquer mais un journaliste/écrivain a essayé de le faire dans un livre que je vous invite à vous procurer, La France Big Brother en vous rendant dans la librairie près de chez vous ou en vous rendant ici. 

Il s’agit de Laurent Obertone, l’auteur de La France Orange mécanique. 

Vous vous souvenez peut-être du lynchage médiatique qu’il a subi pour ce livre. C’est qu’il a eu le malheur de révéler que toutes les 24 heures en France se commettent 13 000 vols, 2 000 agressions et 200 viols. 

Oui, plus de 200 viols tous les 24 heures. 

Avec son nouveau livre, vous comprendrez mieux pourquoi les messages de l’Institut pour la Justice sont si souvent en décalage avec le discours lénifiant de certains médias. 

Non pas parce que nous sommes alarmistes. Non pas parce que nous exagérons la réalité. 

Mais parce que nous disons les choses comme elles sont, là où la grande majorité des médias essaient d’atténuer voire de masquer leur réalité. 

Pour en savoir plus sur ce livre, je vous invite à regarder cette vidéo dans laquelle un magistrat dit tout haut certaines réalités de notre Justice, systématiquement passées sous silence : 

www.dailymotion.com/video/x2evw9p_un-magistrat-et-un-journaliste-en-activite-temoignent-a-visage-masque-la-france-big-brother-laurent_news

Bien à vous,

Laurence Havel
Secrétaire nationale. 

 

 

Voilà, je n’ai pas grand-chose à rajouter si ce n’est que j’adhère complètement aux revendications de l’Institut Pour la Justice au point que depuis quelques années, j’en suis venu à leur verser quelques modestes dons en espérant qu’ils continuent encore longtemps à fonctionner et à nous défendre. Eh oui, que voulez-vous, à choisir, j’aime autant être du côté des victimes que l’on soutient plutôt que du côté des criminels que l’on absout à tour de bras.

Après la tuerie de Charlie Hebdo et les manifestations républicaines qui s’en sont suivies, j’avais cru comprendre que des millions de personnes étaient plus ou moins de mon avis y compris au sommet de l’Etat. Mais non , l'énorme soufflet Charlie Hebdo est très vite devenu une crêpe bien d'actualité en cette Chandeleur et  l’Institut Pour la Justice n’est toujours pas reconnue comme une association d’intérêt général ou d’utilité publique, n’est-ce pas Monsieur Hollande ? N’est-ce pas Madame Taubira ? N’est-ce pas Monsieur Cazeneuve ?

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Le Col de Feuilla et la tour d'Hortoux depuis Feuilla

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 oeuvres musicales de Claude Debussy. Elles ont pour titre et sont interprétées : "Suite bergamasque-Clair de Lune" par Dame Moura Lympany (piano), "Arabesque (From Deux Arabesques)" par Jacques Loussier Trio et "Préludes Livre 1" par Nigel Kennedy (violon) et l'English Chamber Orchestra.
LE-COL-DE-FEUILLA
COLFEUILLAIGN
Pour agrandir les photos; cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Voilà comment en ce 14 décembre 2014, nous sommes partis faire cette balade que j'ai intitulée "Le Col de Feuilla et la tour d'Hortoux". Après trois longues étapes sur le Sentier du Golfe Antique (*) effectuées fin septembre et quelques autres randonnées « pas piquées des hannetons », ce qui devait arriver arriva ! Diagnostic : aponévrosite plantaire encore appelée fasciite de la voûte plantaire. Moi qui la plupart du temps ne fait que flâner, parfois même exagérément, c’est assez marrant d’apprendre que c'est la pathologie la plus courante chez le coureur à pied. Non, non, je vous le jure, en randonnée, je ne cours jamais ! Alors si l’envie de marcher reste intacte, il faut tout de même se calmer un peu, faire un tri dans les randonnées plus ou moins programmées, en éliminer certaines bien trop longues et se replier sur du plus raisonnable. C’est ce que j’ai fait en allant marcher dans l’Aude vers ce Col de Feuilla. Que dire de cette randonnée avec comme objectif ce col ? D’abord et même si c’est un lieu commun de le dire pour n’importe quelle autre randonnée, il est préférable d’y aller par grand beau temps, ce qui n’était pas le cas ce jour-là. Pourtant avant de partir, j’avais pris la précaution d’interroger « MétéoFrance.com » qui m’annonçait seulement un ciel voilé puis comme je le fais très souvent avant de me décider, je suis sorti dans ma rue pour regarder vers les Corbières. Le ciel était amplement couvert et gris sur les Pyrénées-Orientales mais du côté de l’Aude, le ciel semblait beaucoup plus bleuté et clair. Malheureusement, une fois en route, et sans doute aidée par une copieuse « marinade », la météo s’est peu à peu inversée et quand nous sommes arrivés à Feuilla, un plafond gris et bas chapeautait le village et toutes les collines environnantes étaient enveloppées dans un manteau de brume. Que dire d’autre de cette balade ? Pas grand-chose à vrai dire et j’aime autant reprendre le court résumé qu’en fait le site Internet du Parc Naturel Régional de la Narbonnaise en Méditerranée : « Cette boucle mène jusqu’au col de Feuilla, en passant par la tour de l’Hortoux. Cette tour qui fait l’objet de chantiers de réhabilitation, est un vestige de l’ancien fief du XIIeme siècle qui surveillait, comme les autres forteresses des environs, l’ancienne frontière entre Occitanie et royaume d’Aragon ». Voilà, c’est à peu près tout mais une précision est tout de même importante et essentielle, c’est que si vous ne sortez pas de l’itinéraire principal pour aller vers cette « fameuse » tour de l’Hortoux, vous ne la verrez pas, pas plus que le hameau en ruines éponyme d’ailleurs que vous n’apercevrez que brièvement de l’autre côté de la D.27. En arrivant à Feuilla, nous avons garé notre voiture sur la rue principale pas très loin de la mairie, c'est-à-dire en bordure de la rue du Quartier Neuf, en réalité il s’agit de la continuité de la D.227. Là, nous l’avons poursuivie jusqu’à la première intersection avec l’Ancien chemin de Saint-Jean-de-Barrou où plusieurs panonceaux indiquent diverses randonnées. Le col de Feuilla est indiqué à 3,1 km. Feuilla est un joli petit village  dont je pensais que la toponymie du nom avait un rapport avec les « feuilles » ou les arbres que l’on appelle « feuillus », eu égard à son blason composé d’un fond argent et de 3 superbes feuilles vertes, vert de sinople pour être plus précis et pour les plus érudits en science héraldique (**).  Mais non, en réalité et selon les historiens, sur ce blason, il s’agit de feuilles de vigne et Feuilla semble avoir pour origine le mot composé  « Fluxius anum », patronyme d’une famille romaine pour le premier composant et suffixe pour le second qui a finalement donné au fil des siècles et par mutation due aux langues et à leurs accents, cette dénomination de Feuilla. En occitan, on l’écrit Fulhan. Une fois encore et comme souvent dans notre Midi, nous avons hérité des Romains. La balade, elle, est parfaitement balisée en jaune comme tout bon P.R, au détail près cité plus haut, c’est qu’il vous faudra penser à en sortir pour un aller-retour vers les Hortoux et sa tour nichée un peu plus haut à l’intersection de deux combes dites de « la Ville » et du « Sauvage ». Pour le reste, l’itinéraire alterne petites routes vicinales bitumées, étroits sentiers pierreux ou rocailleux, voire agréablement herbeux plus rarement, et enfin larges pistes forestières. Feuilla est situé au bas d’un petit cirque en forme d’entonnoir entouré de collines que l’on appelle « serres », serres amplement fracturées de ravines que l’on nomme « combes ». Les eaux pluviales ruissellent sur les collines jusqu’au fond de ces combes puis elles se rejoignent au fond du cirque dans le « rieu » de Feuilla, mot occitan signifiant « ruisseau » et constituant ici le seul déversoir de cet entonnoir naturel. Bien évidemment, ici, nous sommes encore dans les Corbières intitulées « orientales » mais avec un relief extrêmement « spasmodique » composé de collines calcaires, cirques, falaises,  pechs, combes, saillies, failles, ravines, combes, escarpements, éboulis, plaines steppiques, vallées, cols et j’oublie sans doute bien d’autres reliefs géologiques. Dans ce dédale de calcaire agrémenté parfois de quelques schistes ou grés, l’essentiel de la végétation est de type maquis ou garrigue méditerranéenne avec le chêne vert comme principal arbuste. La vigne est bien présente et quelques forêts de pins et de chênes pubescents garnissent certaines collines.  La frange littorale est déjà bien loin, et ici quand il pleut, comme ça était le cas, il y a une quinzaine de jours (le 29/11/2014), ce sont parfois des pluies diluviennes tombant par trombes après de terribles et longues périodes de sécheresse. Les sols rencontrent des difficultés à absorber toutes ces eaux et de ce fait, les ravines et les combes, le plus souvent asséchées, se remplissent à la vitesse grand V, les quelques rivières gonflent puis débordent, emportant tout sur leur passage. En démarrant, cette randonnée et même si le parcours était tout de même praticable, nous en avons fait l’amer constat : les chemins et sentiers étaient amplement ravinés. Les terres sableuses et argileuses avaient quitté les vignobles pour envahir le bitume les transformant en voies boueuses. Par endroits, de grandes plaques d’asphalte avaient été soulevées puis emportées dans les fossés. Ces mêmes fosses, buses et autres rigoles étaient remplies de branches, de cannes de Provence et de débris de toutes sortes. Les roches et rocailles des sentiers, recouvertes de glaise, étaient de vraies patinoires. Plus globalement les paysages gardaient parfois de profondes séquelles des récentes plus torrentielles. Malgré tout ça, la balade a été agréable et en tous cas sans pluie, ce jour-là. Nous la redoutions malgré tout. Au moment où nous avons atteint les Hortoux, Dany n’a pas souhaité poursuivre, pas vraiment intéressée qu’elle était par les vieilles pierres de l’ancienne tour dont je lui avais parlé. Elle m’a donc attendu près du hameau pendant que je partais en direction de l’édifice médiéval. Même si de grandes ruines subsistent, le hameau d’Hortoux est plutôt agréable avec de nombreuses maisons qui ont été parfaitement rénovées. En été, il doit y faire bon vivre avec une fraîcheur qui semble naturelle malgré le maquis environnant plutôt aride. La tour, elle, nécessite quelques minutes de marche supplémentaires par un large chemin creux qui file plein sud entre les vignes en direction des premiers contreforts du Montolier de Perellos. Ce chemin encadré de hauts murets de pierres est d’autant plus creux qu’il est largement excavé de profondes ornières par les récentes pluies torrentielles et quand ce n’est pas la pluie, les nombreux sangliers qui hantent ce secteur se chargent de terminer ce travail de défonçage en règle en taraudant ses bas-côtés. La tour d’Hortoux, elle, est un simple donjon carré, aveugle et bien ruiné perché au sommet d’un petit tertre entouré d’anciennes et larges structures de pierres ressemblant à des remparts voire à des murs de soubassements.  De toute évidence, le donjon n’est que la partie résiduelle la plus évidente d’un fortin ou d’un castell plus imposant aujourd’hui disparu. Après cette incursion vers les ruines d’Hortoux et de sa tour carrée, vestige dit-on de l’ancienne frontière franco-aragonaise, officialisée par le Traité de Corbeil de 1258,  l’approche du col de Feuilla alterne passages rocailleux, trouées sur les vignobles et les collines environnantes et cornes d’abondance végétales encadrées par endroits d’un grand rideau de cyprès effilés, sans doute vieux de plusieurs décennies voire séculaires. Une incroyable avifaune semble se complaire dans ce remarquable biotope très diversifié mais que l’on pourrait croire ingrat et stérile au premier abord. Au col de Feuilla (250 m), situé entre les contreforts du Montolier de Perellos (707 m) et du pic du Pied du Poul (596 m), on côtoie la D.27 faisant le lien entre le village et ceux de Saint-Jean-de-Barrou et de Fraissé-des-Corbières. Là, la vue porte très loin vers les Corbières occidentales, même si ce jour-là ce n’était pas la panacée. L’itinéraire amorce un virage en épingles à cheveux et descend en direction d’un large vallon où vignobles et friches se partagent les terres que foulent quelques gentils chevaux, sans doute appartenant aux Ecuries de Terrugasse, dont on note la publicité sur quelques panonceaux. Ici, en regardant ces terres bien plus planes et semblant plus fertiles, on n’a aucun mal à croire ce que l’Histoire de Feuilla  nous a léguée, à savoir que dans des temps plus reculés, le village était apte à subvenir à ses propres besoins grâce à de riches cultures vivrières faites, bien sûr, de vignes mais également de céréales, d’horticulture maraîchère et fruitière ainsi que de pâturages. A cet agropastoralisme venait s’ajouter de petites industries locales comme l’exploitation de l’ocre, du charbon de bois, de la chaux, du verre ou bien encore des produits tirés de la garrigue comme les huiles, le miel ou les teintures. La suite de la boucle s’effectue sur de larges pistes pas vraiment monotones car la déclivité s’élève vers la Serre de la Bruyère et permet des vues plus aériennes sur les vallons et les crêtes calcaires les plus hautes. La piste est bien plus « roulante » que les petits sentiers déjà empruntés et Feuilla est vite là,  blotti et endormi dans son boqueteau de feuillus en partie effeuillés en raison de l’hiver. Qui a dit que Feuilla et « feuillus » n’avait aucun rapport ? Si en hiver, Feuilla semble endormi, il faudra sans doute refaire cette balade ou bien une autre aux beaux jours. Pourquoi pas en juin, jour de la fête de l’Ancienne Frontière et de la randonnée pédestre ou bien en août pour la fête traditionnelle du village ? ça sera l’occasion de découvrir le village sous un jour meilleur et d’aller visiter le beau jardin botanique de Foncaude tout proche. Cette boucle est longue de 7,5 km environ, distance à laquelle, il faut rajouter 3 km environ pour la petite entorse aller-retour vers la tour d’Hortoux. Le dénivelé est modeste puisque le point le plus bas est situé à 140 mètres d’altitude et les plus hauts à 263 à la Serre de la Bruyère et à 267 à la tour d’Hortoux. Carte IGN 2547 OT Durban -Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25.

(*) Situé dans l’Aude, le Sentier du Golfe Antique est un itinéraire de découvertes de 75 kilomètres de long qui, sans entrer dans le détail, fait le tour de l’étang de Bages-Sigean. En réalité, il est constitué de 7 boucles de petites randonnées faisant le lien entre divers villages situés autour de l’étang voire dans les proches Corbières. Il se réalise en VTT sur un ou deux jours et à pied, en trois, quatre ou cinq étapes. L'ayant réalisé, vous trouverez les 3 étapes de ce merveilleux et mémorable sentier en cliquant sur le lien suivant : 

BLASON


** en science héraldique, l’argent est un émail blanc et le sinople, un émail vert.

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Le Roc de Les Creus (1.091 m-Conat) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 5 chansons de Elmore James. Elles ont pour titres : "The Sky is Crying", "I Done Somebody Wrong", "Early In The Morning", "Sho' Nuff I Do" et "Standing at the Crossroads".
LE-ROC-DE-LES-CREUS
ROCDELESCREUSIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Il y a quelques semaines, j’avais expliqué dans mon blog, une belle balade qui consistait à partir à la recherche de « pierres gravées et dressées » se trouvant au dessus du village de Conat au lieu-dit le Pla de Vall d’en So ou Balençou.  Si vous relisez mon récit, vous constaterez que j’avais gardé en réserve une autre roche gravée toujours située sur cette crête et plus précisément au Roc de les Creus (Roc des Croix). J’aurais pu bien sûr toutes les découvrir au cours d’une seule et unique randonnée mais si j’ai gardée celle-ci « sous le coude » ce n’est pas uniquement sous prétexte « d’inventer » une balade supplémentaire au départ d’Urbanya. Non, j’ai voulu donner à cette pierre une valeur toute particulière car, au même titre que celle du Roc de l’Amoriador (décrite dans la balade les Crêtes de Serrabonne) au dessus de Glorianes et que la « Peira Escrita » de la Vallée du Galbe, elle est sans doute une des roches gravées parmi les plus insolites et étonnantes de notre département. Elle méritait donc que je lui consacre une randonnée. Si j’ai démarré d’Urbanya, c’est parce que je m’y trouvais en vacances et qu’il était bien plus commode pour moi de partir de ce village plutôt que de refaire le même parcours à partir de Conat. D’abord,  les distances sont quasiment similaires et en plus, j’étais assuré de découvrir des paysages et des panoramas quelque peu différents. Je n’ai pas été déçu d’autant que le beau temps était de la partie, que l’automne commençait à se parer de ses plus belles couleurs et que la flore était presque aussi resplendissante qu’au printemps. A Urbanya, j’ai comme très souvent emprunté le chemin de Saint-Jacques qui file vers l’est et se transforme très vite en un petit sentier entrant de plein pied dans la garrigue du Serrat de Calvaire. Si on se fie à un balisage bleu bien présent, on pense à quitter l’itinéraire le plus évident en arrivant à un collet à la hauteur du Serrat de l’Homme. Là, un autre sentier monte à gauche et s’élève régulièrement entre les lieux-dits Coubère (tonnelier) et Clot del Baro (Enclos du baron). Tous ses sentiers me sont désormais familiers car je les ai déjà empruntés et décrits à maintes et maintes reprises dans mon blog : Roc de Jornac, Pic del Torn, Serrat Gran, etc…..Après quelques pérégrinations au sein de hautes fougères et de quelques vestiges d’un agropastoralisme d’antan, on finit par atteindre la piste et la clôture au lieu-dit Miralles. Au préalable, si vous avez eu l’idée de lever la tête vers quelques grands pommiers centenaires, vous aurez rempli les poches de votre sac à dos de quelques belles « goldens » et autres « galas » sauvages.  Ici, à Miralles, de tous côtés, des panoramas s’entrouvrent magnifiquement mais celui en contrebas des ravins et en direction du Canigou et vers la longue Vallée de la Têt capte l’essentiel des regards. Si, l’itinéraire normal consiste à suivre la clôture pour monter jusqu’au sommet du Serrat de Miralles (1.377 m), moi, dans l’immédiat,  j’ai décidé de descendre sur quelques mètres pour partir à la découverte d’un étrange tumulus de pierres découvert par Jean Abelanet en 1967. Selon l’archéologue, cet étrange tumulus a sans doute supporté un dolmen. Ensuite, il se dit que ce dolmen aurait été ruiné par des bergers et que les dalles principales auraient peut être été utilisées pour élever un cortal ou un orri se trouvant dans les parages. C’était au temps jadis. Après cette « exploration » plutôt décevante, car bien évidemment il ne s’agissait que d’un simple tas de pierres pour le candide que je suis, je me suis lancé dans l’ascension du Serrat de Miralles en longeant la clôture. Un peu plus d’un kilomètre à monter cette colline sur un raidillon plutôt abrupt et je fus enfin délivré de toutes déclivités une fois le sommet atteint. Là, j’ai enjambé la clôture, j’ai basculé dans le Domaine de Cobazet et j’ai emprunté la longue descente vers le Roc de les Creus. D’abord en me dirigeant vers le Serrat d’Estardé puis vers les ruines de l’ancienne gare qui a longtemps servi à l’exploitation du talc de Caillau et à transborder les grumes du domaine. Là, j’ai retrouvé le chemin du Tour du Coronat si cher à mes souvenirs. Il faut dire que ce tronçon tout en descente vers la gare d’Estardé et le plus souvent sur la crête est fort agréable. Les panoramas y sont exceptionnels, les chemins se faufilent au milieu des prairies puis alternent par moment avec la somptueuse forêt domaniale. Une fois arrivé aux ruines de la gare, on passe de cette végétation extraordinaire et exubérante à un maquis plutôt aride et bien évidemment le contraste peut paraître surprenant. Heureusement, les panoramas restent grandioses et s’entrouvrent en supplément sur la basse et moyenne Vallée de la Castellane. De plus, la flore typiquement méditerranéenne embaume, offre ses baies bigarrées et de ce fait, attire une incroyable faune où insectes volants, sautants et virevoltants se partagent le ciel et l’espace avec de nombreux passereaux qui n’en demandent pas tant.  Il ne reste plus qu’à descendre le Tour du Coronat et à trouver la fabuleuse roche gravée et bien évidement, si tout comme moi, vous avez sa position géographique enregistrée dans un GPS, votre tâche s’en trouvera largement facilitée. Pour les autres, je précise que cette roche se trouve au milieu de genêts, à gauche sur le chemin qui se dirige vers Catllaurens, une trentaine de mètres après avoir quitté l’ancienne piste du Tour du Coronat. Moi, avant d’aller au Roc de les Creus,  j’ai quitté la piste et j’ai longé la clôture qui sépare les limites communales et avec beaucoup de chance et d’étonnement, j’ai ainsi découvert deux autres roches gravées de quelques croix. Peu après et grâce à mon GPS, je suis « tombé pile » sur l’étonnante roche que les archéologues désignent du nom de Roc de les Creus II (*). Je me suis souvenu que Jean Abelanet voyait dans ces  cupules reliées par de petites rigoles, la fonction probable de récupération d’un liquide mais excluait qu’il puisse s’agir d’eau de pluie. Pensait-il à du sang ? Pensait-il à des rites funéraires ou macabres ? En tous cas dans son livre « Signes sans paroles », il ne le précise pas. Toujours est-il qu’il affirme qu’avec ce type de gravures rupestres et même si celle-ci est unique en Roussillon, les théories peuvent être nombreuses et parfois même fantaisistes selon les lieux : représentation de constellations célestes, plans cadastraux ancestraux, représentation stylisée d’un animal et certains ont même vu dans cette roche, un éventuel « cadran solaire ». Après cette fabuleuse et mystérieuse découverte, j’ai continué à descendre la piste sur quelques centaines de mètres, histoire de me souvenir de « Mon Tour du Coronat » puis, après un pique-nique improvisé face au Canigou, j’ai refait le chemin à l’envers jusqu’à la gare d’Estardé. Là, j’ai repris la piste forestière direction le col de les Bigues avant d’entamer la longue descente vers Urbanya par le sentier des Escocells. La collecte des champignons étant interdite dans le domaine de Cobazet, je n’ai fait que regarder l’incroyable variété mycologique du domaine et je me suis amusé à recenser plus d’une cinquantaine de champignons différents en les photographiant. A 17 heures, j’ai retrouvé ma petite maison d’Urbanya et comme j’avais démarré le matin à 9 heures, le calcul était vite fait : j’étais resté 8 heures sur les magnifiques sentiers de ce Haut-Conflent dont je ne me lasse pas ! J’avais accompli une boucle de 16km200 pour des montées cumulées de 1.130 mètres et un dénivelé de 521 mètres, le point culminant étant matérialisé par la borne se trouvant au sommet du Serrat de Miralles à 1.377 mètres d’altitude. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul de Fenouillet Top 25.

Si l'histoire du Domaine de Cobazet vous intéresse cliquez ici.

Nota : Je pensais cette roche du Roc de les Creus unique mais lors d'une longue balade à la roche gravée de Fornols depuis Campôme, j'en ai trouvé une autre presque quasi similaire avec de nombreuses cupules reliées entre elles par des entailles. Elle est moins belle il est vrai, mais très ressemblante en tous cas. Contrairement à celle du Roc de les Creus, elle ne paraît pas connue des spécialistes ! A vérifier toutefois.

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Liberté 3 - Barbarie 17

Publié le par gibirando


Bien évidemment quand on tient un blog et qui plus est un « Journal Mensuel », il est impossible de passer sous silence ces attentats qui viennent de se passer en France et chez Charlie Hebdo en particulier. Quelle attitude adopter et que faire devant l’innommable ? Faut-il polémiquer au regard des événements que nous venons de vivre ? Voilà, quelques questions assez banales et plusieurs autres encore….qui me viennent à l’esprit, comme des millions de français se les posent sans doute aujourd’hui. D’ailleurs nombreux sont ceux qui n’ont pas attendus cette tuerie pour se les poser ! En tous cas, de cette semaine si tragique, il m’est très difficile d’en rire comme les dessinateurs et les journalistes de Charlie Hebdo savaient si bien le faire.

A titre de bref amusement et pour intituler mon article,  j’ai simplement repris la une du Journal l’Equipe au lendemain de la terrible tragédie survenue chez Charlie Hebdo à la différence près, c’est que malheureusement le score a encore évolué passant  de « Liberté 0 - Barbarie 12 » à « Liberté 3 – Barbarie 17 ». Je croise les doigts pour que ce triste résultat ne change plus car au moment où j’écris ce billet, de nombreux blessés sont encore dans un état critique et la compagne du terroriste Coulibaly dont on ne connaît ni son implication ni les objectifs est encore en fuite.

Cela est d’autant plus angoissant que selon des sources policières, les médias affirment que tous les djihadistes ne sont pas partis en Syrie ou en Irak et qu’ils en resteraient environ 5.000 sur le sol français. 1.400 seulement, si je puis dire selon Manuel Valls. Enorme tout de même si on s’amuse à faire une « triste » règle de trois par rapport à ce qui vient de se passer ! Peut-on imaginer 8.000 victimes innocentes sur notre sol par temps de paix ?

Avant toutes choses, je veux rendre hommage à toutes les victimes :

-         aux journalistes et responsables de Charlie Hebdo dont la causticité facétieuse et marrante de leurs crayons et de leurs plumes n’épargnaient personne, en tous cas pas plus François Hollande, que Marine le Pen ou que Nicolas Sarkosy. Pas plus les musulmans que les cathos ou que les juifs.  C’est un doux euphémisme que de dire qu’ils représentaient une certaine idée de la liberté « à la française », liberté d’expression combien inestimable bien sûr, mais liberté tout court aussi. Certains qualifieront cet humour de "franchouillard" voire de grossier ou vulgaire parfois mais c'est justement ces différences de regards qui sont indispensables dans un pays de liberté. Une fatwa réclamant leurs morts avait été lancée contre eux, ils se savaient menacés et malgré ça, ils ont continué envers et contre tout et tous et d’arrache-pied à faire en sorte que leur journal paraisse chaque semaine. En novembre dernier, ils avaient même lancé un appel aux dons pour que le journal puisse continué à paraître et à survivre,

-         aux policiers qui étaient chargés de leur surveillance et protection et plus globalement à toutes les forces de l’ordre qui ont remarquablement œuvré au cours de ces récents événements tragiques. Trop souvent et injustement critiqués dans leur travail quotidien, je pense qu’aujourd’hui, on peut être globalement fiers d’eux, mais peut-être un peu moins de notre justice, que je juge assez souvent laxiste,

-         à tous les citoyens civils, de toutes origines et de toutes confessions confondues, horriblement foudroyés avec une barbarie sans nom dont la seule méprise est d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. Nous aurions pu être à leurs places !

Ayons une tendre et émouvante pensée pour toutes ces personnes décédées mais également pour leurs proches car si notre peine est immense, imaginons qu’elle est la leur…..et qu’elle sera leur vie future avec ces absences parfois irremplaçables dans leurs coeurs. …..

Aujourd’hui, nos gouvernants nous parlent de « guerre » contre les islamistes, ils nous mettent en garde et demandent même à la population d’être sur ses gardes afin que de telles tragédies ne se reproduisent plus. Sans vouloir polémiquer à l’extrême, nos gouvernants successifs ont-ils fait tout ce qui était en leur pouvoir en cette circonstance? Il faut reconnaître qu’après l’affaire Mohammed Merah, l’histoire se répète aussi tragiquement sinon plus, deux ans plus tard seulement. Rappelons-nous la tuerie de Bruxelles, il y a moins d'un an dont le principal suspect est Mehdi Nemmouche, un franco-algérien. Ont-ils pris la juste mesure des problèmes ? Ont-ils pris les bonnes décisions ? Demain, prendront-ils les bonnes ? Les moyens mis en place pour lutter sont-il suffisants ? De manière assez surprenante, Valls évoque des failles dans notre système judiciaire dont il a la charge depuis mai 2012 mais dans la foulée, il tente de nous expliquer qu’en la matière ce n’est pas si facile que ça. Je veux bien l’admettre mais l’agnostique que je suis, se pose malgré tout un grand nombre de questions au regard de l’islam, religion bien compliquée et en tous cas incompréhensible pour moi comme pour de nombreux français. Notons aussi que l’Etat islamique ou Daesh a pris de l’ampleur depuis que des états comme la Syrie, l’Irak ou la Libye ont été déstabilisés et pour certains débarrassés de leur dictateur respectif grâce à l’intervention des pays occidentaux dont la France, en Libye par exemple, mais on notera que le « service après-vente » de ces mêmes pays occidentaux a été très défaillant et ceci explique donc cela.  

Aujourd’hui, sans vouloir faire d’amalgames et sans comparer ces « fous de dieu », auteurs des tueries des derniers jours, aux musulmans de France, j’entends des voix, toujours plus nombreuses, qui s’élèvent et qui disent qu’une frange non négligeable de cette population rencontre des difficultés à adhérer aux valeurs communes de la République, issues de la Révolution française de 1789 et symbolisées par la devise « Liberté, Égalité, Fraternité ». Je rappelle aussi que sur la base de l'article 1 de notre Constitution de 1958 dont l’énoncé est«  La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » et dont l’article 2 commence en disant « la langue de la République est le français », il est bien évidemment sous-entendu que tous les individus et toutes les cultures sont invitées à respecter les règles et lois républicaines et nationales pour être le plus rapidement possible intégrées dans la communauté française. Voit-on cela de toutes les communautés ? Je me pose la question quand j’apprends que des enfants musulmans de 10 ans ont refusé de respecter une minute de silence dans nos écoles laïques le lendemain de l’attentat à Charlie Hebdo sous prétexte que leurs dessins étaient blasphématoires. 

Je ne vais pas faire une liste exhaustive des problèmes rencontrés par la frange de la population que je citais plus haut mais en voilà quelques uns cités en vrac :

-         Problèmes liés à la double nationalité et au droit du sol pour une population dont le taux de natalité est de trois à six fois supérieur à celui des français de souche et à celui des vieux immigrés de religion chrétienne. Il est très compliqué d’obtenir des statistiques justes à ce sujet.

-         Non-utilisation de la langue française dans la pratique de leur religion et très souvent par ricochets dans la vie de tous les jours.

-         Habitudes alimentaires bien particulières se transformant en exigences et engendrant des problèmes dans les cantines scolaires et autres lieux laïques.

-         Habitudes vestimentaires comme le port du voile intégral, de la coiffe ou de la robe posant des problèmes dans les écoles, les lieux publics, les piscines, les établissements de santé, etc….

-         Habitudes sociales se transformant en exigences comme le fait par exemple pour certaines femmes de ne pas vouloir être soignées par du personnel médical masculin.

-         Constructions indispensables et de plus en plus nombreuses de mosquées afin que les prières au nombre de 5 minimum par jour ne s’effectuent pas dans les rues et gênent les autres citoyens. Pourtant, on dénombre plus de 2.000 lieux de cultes musulmans, 90 mosquées et plus de 350 projets sont encore à l'étude. On notera que dans le même temps, de nombreuses églises et chapelles nécessitent d'urgentes restaurations ou réparations et que notre Etat ne trouve pas les budgets indispensables pour ce faire. 

-         Problèmes sociaux liés parfois à la polygamie,

-        Et enfin et c’est sans doute l’élément le plus grave, problèmes de sécurité récurrents depuis de nombreuses années….

Ce n’est pas moi qui le dis mais je me souviens avoir lu en avril 2008, une information relayée par le journal le Monde où le Washington Post titrait à sa Une qu’il y avait  « une surreprésentation des musulmans dans les prisons françaises ». Je ne pense pas que la situation ait évolué. D’après leur enquête, ils estimaient à 60% à 70 % les détenus de confession musulmane pour une population totale française de 12% seulement...si je puis dire….Je me souviens que pour des paroles quasiment similaires Eric Zemmour avait été condamné en 2011….Il est également reconnu que depuis la fin de la « French Connection », les principaux trafics de drogue et d’armes s’effectuent dans des quartiers ou banlieues dits sensibles…..à prédominance musulmane,… etc….etc….

Aujourd’hui, il y a de vraies polémiques autour de tous ces sujets et quand il s’agit d’évoquer les récents bouquins de Zemmour ou de Houellebecq, les médias s‘en donnent à cœur joie et bien évidement le débat devient éminemment médiatique et politique.

Ajoutons à tout ça, des vagues d’immigrés de plus en plus nombreuses et rapprochées en provenance des pays du Moyen-Orient , d’Afrique et parfois même de pays européens comme les Roms venant de Roumanie ou de Bulgarie, immigrés qui arrivent parfois par bateaux entiers sur nos côtes et on peut facilement expliquer et comprendre que de nombreux français soient inquiets de leur avenir, de l’avenir de la France, qu’ils aient peur désormais d’une perte de leurs traditions et pour conclure d’une perte de leur « identité nationale »…..

Comme l’écrivait si justement une amie dans son blog, il faut reconnaître que nos « politiques se sont toujours déballonnés devant ces problèmes de société comme le port du voile, les particularismes alimentaires, la mise à mal de nos traditions » et dans la presse française, très souvent c’est Charlie Hebdo qui partait tout seul au front pour dénoncer ces complications sociétales.

Bien évidemment, des personnes vont affirmer que je jette de l’huile sur le feu, que ce n’est pas le bon moment d’être dans la provocation, que je suis xénophobe, que je cristallise et stigmatise une frange de la population….mais loin de moi cette idée…..Non, je ne répète que ce que j’entends autour de moi, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent, dans le cercle de mes connaissances, amis ou parfois même de la part d’inconnus que je suis amené à côtoyer, je ne tire que des constats ou réflexions de ce que je vois ou entends ou lis….. Et ce n’est malheureusement pas les attentats terroristes de ces derniers jours qui vont améliorer ces constats. Je suis profondément laïque, libre-penseur autonome et agnostique comme je l’ai dit plus haut, je n’ai jamais voté F.N et ne le ferais sans doute jamais tant j’ai le sentiment que ce n’est pas la bonne voie à suivre….mais encore faudra-t-il rapidement que les autres partis répondent aux bonnes questions….questions déjà anciennes maintenant….mais de plus en plus d’actualité tant la crise passe par là et amplifie toutes ces difficultés.

Bien entendu, je suis conscient que ce qui s’est produit ces derniers jours n’a rien à voir avec ce que pense une majorité de musulmans de France qui vivent leur religion paisiblement. Pourtant en comparant l’islam à un iceberg ; c’est une image ; je dirais que ces trois jeunes terroristes n’en représentent même pas la partie émergée mais je suis à peu près sûr que pour bon nombre de français, ils sont la partie sournoise de l’eau qui fond, s’écoule dans ses entrailles avant que l’iceberg ne se retourne et crée un tsunami. L’islam est une religion méconnue des français et à juste raison, incomprise des personnes athées ou ayant des convictions religieuses différentes tant les courants y sont nombreux comparés à ceux du christianisme. En général, ce qui est trop compliqué est mal admis…..voire refusé par la société.

-Alors faut-il continuer à accepter tout ça ? Toutes ces différences qui trouveront difficilement de solutions tant les coutumes de nos communautés sont parfois éloignées les unes des autres ?

-Faut-il accepter ces différences qui heurtent des français laïques de plus en plus nombreux ?

-Faut-il que nos gouvernants continuent à ignorer ces problèmes de société ?

-Faut-il continuer à perdre chaque jour de plus en plus de notre autonomie de décision et être sous la coupe de Bruxelles pour pouvoir agir ?

-Faut-il continuer à accepter de perdre une à une ces libertés républicaines qui ont toujours été la force de la France ?

-Faut-il comme le préconisent nos dirigeants empêcher les jeunes de partir faire le djihad ?

-Faut-il comme ils le préconisent aussi, faire revenir ceux qui sont partis comme si de rien n’était ?

-Ne serait-il pas préférable d’inscrire dans nos lois pénales que ces comportements (départs ou arrivées de djihadistes) sont sévèrement répréhensibles avant même que l’irréparable ne se produise ici ou ailleurs ?

-Est-il normal que des gens revendiquant un islam radical soient acceptés en France et plus globalement sur le sol européen et soient seulement « surveillés » ?

Est-il normal que de plus en plus de familles juives françaises partent vers Israël à cause d’un antisémitisme grandissant ?

Est-il normal que de dangereux voyous et qui plus est, multirécidivistes se retrouvent très rapidement et systématiquement en liberté alors que certains de leurs actes sont condamnables à de longues années d'emprisonnement selon notre Code pénal ? N'est-il pas évident de constater qu'en ce domaine comme dans bien d'autres, notre justice et nos politiques font preuve de laxisme ?

-La loi dite « contrainte pénale » de Mme Taubira consistant à ne plus enfermer personne en prison ou presque est-elle acceptable et surtout gérable ? Cette loi est-elle réaliste au regard de ces problèmes si particuliers liés aux islamistes radicaux  dont le but avoué est de tuer un maximum de gens et de mourir en martyrs?

-Est-il réaliste de vouloir contrôler des « assassins en herbe » en les affublant d’un simple bracelet électronique ou bien en les faisant suivre par un « grand frère » ? Est-ce suffisant ?

-La suppression des peines planchers est-elle une bonne chose ?

-Est-il acceptable que depuis 2005 et les émeutes des banlieues, chaque premier de l’an, une quantité incroyable de voitures soient brûlées et que ces agissements punis par la loi soient devenus des rites effrontés?

-Est-il acceptable que dans des endroits clos comme les maisons d’arrêts, prisons et autres centrales, des détenus puissent avoir accès à Internet ou bien, puissent organiser en toute impunité des trafics de drogue, d’argent, de téléphones portables voire un jour, peut-être d’armes tant le laxisme y est important et les moyens des gardiens bien trop réduits ?

-Est-il acceptable que dans notre pays et dans nos prisons notamment, des prédicateurs ou des imams puissent sans vergogne endoctriner et fanatiser d’autres personnes ou détenus ?

-Faut-il continuer à accepter que toutes nos frontières soient de véritables passoires où tous les trafics, armes, drogues et immigrés non désirés sont désormais possibles à grande échelle ?

-Faut-il continuer à accepter toute la misère du monde sachant pertinemment et à l’avance qu’un jour qui n’est pas si loin que ça, on ne pourra plus faire face financièrement et que l’on ira droit dans le mur ?

-Faut-il aller se battre contre les islamistes du Moyen-Orient ou dans des pays comme le Mali et dans le même temps accepter que leurs ressortissants arrivent en France en grand nombre ?

-Cette lutte contre Daesh où seuls quelques pays sont impliqués est-elle suffisante et les quelques bombinettes ne sont-elles pas une façon de se donner bonne conscience ?

Voilà une série de questions que je me pose en pensant à l’avenir de mes enfants et petits-enfants…..des questions qui si elles ne trouvent pas de solutions me foutent les jetons…..car celles-ci ajoutées aux autres comme l’aggravation du chômage et des jeunes en particulier, la destruction de notre industrie et de nos entreprises, la fuite de nos emplois, chercheurs et autres brevets à l’étranger, les problèmes d’éducation nationale, les problèmes de sécurité et d’incivilités, la nécessité de rallonger exagérément les carrières, ce libéralisme « outrancier » creusant entre les plus riches et les plus pauvres des fossés sans cesse plus profonds, cette règle abominable du « toujours plus », les problèmes internationaux comme ceux de l’Ukraine, de la Corée du Nord, etc…. les épidémies comme Ebola, le réchauffement climatique et plus globalement les problèmes écologiques….etc……il y a de quoi avoir la trouille, vous ne trouvez pas ?

Défiler spontanément dans la rue pour rendre hommage à Charlie Hebdo et aux autres victimes c’est magnifique car unique dans les annales de l’Histoire, voir toutes les communautés manifester la main dans la main c’est superbe….  mais il faut reconnaître qu’aujourd’hui, il y a bien d’autres matières à manifester et à défiler et à faire l'union sacrée…..Et si nos politiques de tous bords commençaient par faire cette union sacrée pour tenter de trouver des solutions aux problémes ?

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Je suis Charlie, le randonneur

Publié le par gibirando

Hommage à toutes les victimes de la barbarie.......


 
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Bonne et Heureuse Année 2015 !!!

Publié le par gibirando

Publié dans bonne année 2015

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Le Canal d'Urbanya (1.764 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de la musique "The Way You Look Tonight" interprétée ici par le trompettiste de jazz Dizzy Gillespie accompagné du saxophoniste Stan Getz. Ce titre est extrait de l'album "Jazz Journeys Presents the Birth of Bebop, Vol. 1"
CANALURBANYAIGN

Avant d’évoquer le Canal d’Urbanya, objectif de la randonnée que je vais vous expliquer ici, laissez-moi d’abord vous parler un peu de l’Histoire d’Urbanya. L’historien la connaît depuis que la première mention du village a été découverte dans un texte médiéval. Cette mention avait été écrite dans un acte du 16 juin 1186 signé au château de Conat par le seigneur Guillem-Bernard de Paracolls (*) en présence d’autres signataires, à savoir, son épouse Blanche de Conat et ses enfants Guillaume, Séguier et Guillelma (les Templiers en pays catalan - Robert Vinas -Edition El Trabucaire). Cet acte avait pour objet de faire donation aux Templiers du Mas Deu, d‘un territoire du nom de « Mollères de Martisag », situé dans la vallée de la rivière Urbanya et sur lequel se trouvait un cortal. On apprend que les limites de ce territoire, sans doute consacré à l’élevage, s'étendaient jusqu'aux dépendances des domaines que les Hospitaliers de Bajoles (**) possédaient déjà dans les parages. Ces limites étaient localisées à l'est, par le « Coll de Creu » ou « col de la Croix », au midi, par la rivière de « Foga (feu) de Martisag », à l'ouest, par  le « Coll de Camprech » et au nord, par la fontaine et le champ de « Madresona ». Aujourd’hui et avec si peu de renseignements, on éprouvera, bien évidemment, beaucoup de difficultés à retrouver ces limites sur nos cartes IGN actuelles. Si « Camprech », c'est-à-dire « Canrec », toujours présent de nos jours, ne pose aucun problème, si « Martisag » est sans doute le lieu-dit « Martiac » dans la haute vallée d’Urbanya, si on peut imaginer que la fontaine et le champ de « Madresona » se trouvent au pied du pic du Madres et du massif du même nom, la partie est, c'est-à-dire le Coll de Creu mentionné reste un mystère. Des cols de Creu, il y en a plusieurs dans le département, Matemale, Clara et Casteil par exemple, pour ne citer que les plus proches mais bien trop éloignés et pas dans la bonne direction pour qu’on puisse les prendre en considération . On peut donc supposer qu’au regard de la description du territoire, il s’agissait soit du Coll del Torn (col de Tour) tout proche où l’on trouve encore un calvaire surmonté d’une croix métallique soit du Col de Jau, où une roche, que certains qualifient de « borne », est gravée d’une mystérieuse petite croix. En 1279, le templier Pierre de Camprodon cède tout ce territoire en acapte (***) à un Pons de Bagols et à un Guillaume Payen, tous deux habitants d’Urbanya. On notera qu’à cette époque, le village s’appelait Orbanyan et plus tard, on le retrouvera mentionné sous le nom d’Orbanya. Alors, je ne sais pas si vous l’avez noté mais dans ce court exposé historique, l’eau a déjà une importance capitale. L’Histoire d’Urbanya et celle de Conat sont identiques et ont suivi le cours de la même vallée où s’écoule la rivière Urbanya, les « Mollères de Martisag » où s’écoule la rivière « Foga » se sont bien sûr des « mouillères » c'est-à-dire des tourbières, la traduction de « Camprech » c’est le « champ du ruisseau ou du canal (rec) », quand à « Madresona », l’acte en question indique clairement la présence d’une fontaine c'est-à-dire d’une source. Tout ça pour dire que si l’eau c’est la vie un peu partout, ici à Urbanya et dans ses proches alentours, cet adage s’est toujours amplement vérifié depuis que les hommes ont décidé d’occuper ce coin de nos montagnes. L’eau est une ressource capitale et bien sûr, elle a surtout servi à irriguer des cultures vivrières, à faire tourner la roue à aubes de plusieurs moulins et à la consommation des hommes et des bêtes pour leur survie. Mais parfois, l’eau leur jouait des mauvais tours au point de les tuer.  C’est ainsi que l’on apprend que le 19 novembre 1716, « 50 maisons du village sont dévastées par la rivière lors d’une crue mémorable emportant des greniers à blés, des meubles et des bestiaux ». « Il ne reste qu’une douzaine de foyers réduit à la mendicité », apprend-on (De l'eau et des hommes en terre catalane - Numa Broc - Llibres del Trabucaire).  De nos jours encore, l’eau consommée au robinet provient d’une résurgence captée au pied du pic Lloset, non loin du Correc de Saint-Estève, et quand une source se tarit, on creuse juste à côté pour en trouver une autre, comme très récemment encore, tant toute cette montagne regorge de « fontaines » souterraines. Au 19eme siècle, le docteur Joseph Anglada a même découvert deux sources d’eaux minérales ferrugineuses  carbonatées mais qui n’ont jamais été exploitées, l’eau ayant un goût métallique (Traité des eaux minérales et des établissements thermaux du département des Pyrénées-Orientales). Alors vous l’aurez compris quand je suis parti faire cette randonnée au canal d’Urbanya que je ne connaissais pas ou vraiment très peu ; pour l’avoir simplement enjambé lors d’une balade au Pic de Portepas ;  je voulais en savoir un peu plus sur l’histoire de ce coin de montagne et ici ce qui m’intéressait c’était surtout l’Histoire de son eau et du canal bien sûr. Comme on l’a vu précédemment, les deux Histoires, celle d'Urbanya et celle de l'eau sont très intimement liées et à vrai dire, j’ai trouvé assez peu de choses sur le canal lui-même et simplement un petit encart dans un document intitulé « Plan de gestion de la Réserve Naturelle de Nohèdes 2006-2009 ». Voilà ce que ce rapport dit du canal d’irrigation d’Urbanya : « la commune d’Urbanya est chroniquement déficitaire en eau. C’est pourquoi l’étiage est soutenu par un canal d’irrigation traditionnel, toujours en activité, bénéficiant d’un droit d’eau centenaire. Le captage sur la Ribera de Torrelles est situé à 1.760 m d’altitude, le canal traverse horizontalement (1.700 m) le versant sud du Pic de Portapàs, avant de se déverser sur le bassin versant d’Urbanya. Le captage, hors réserve naturelle, ne dispose pas d’un répartiteur réglementaire, mais le cours d’eau, au point de prélèvement, ne débite en temps normal que quelques litres par seconde. L’essentiel de l’eau prélevée provient en fait de l’écoulement des zones humides traversées par le canal, notamment dans la partie située près du Coll de Planyas : le canal fonctionne dans ce secteur comme un drain. Toutes les parcelles situées en amont de ce canal sont la propriété de la commune de Urbanya, bien que situées sur la commune de Nohèdes ». Alors vous noterez qu’il n’y aucune mention de la date de sa construction, ni de son usage véritable si ce n’est qu’il est là pour faire face à une éventuelle pénurie en eau à Urbanya. Personnellement, je trouve assez étonnant qu'il n'ait servi qu'à ça et qu'on ne l'ait pas utilisé pour d'autres besoins. Toutefois, quelques éléments comme « traditionnel » « droit centenaire »  nous laissent imaginer une ancienneté certaine. La randonnée allait se transformer en une petite enquête, ce qui n’était pas pour me déplaire. Les plus anciens du village ne disaient rien de plus si ce n’est qu’aux siècles précédents, la forêt telle qu’elle se présente aujourd’hui, n’existait pratiquement plus ou pas et la majeure partie de la haute vallée et notamment la « soulane » était dédiée à l’agropastoralisme et à des cultures vivrières en terrasses. Il faut dire que cette forêt avait été mise à rude épreuve par l’abondance des mines et des forges, par son exploitation artisanale (verriers, charbonniers, etc…) par de nombreux incendies et par son exploitation en bois de chauffage par les habitants.  Ravitaillé à dos d’ânes et de mulets, il y a encore un siècle, le village vivait de sa propre agriculture et donc quasiment en autarcie car la route bitumée n’existait pas. Elle fut construite en 1913 et ce fut d'ailleurs le début de la désertification. J’avais déjà appris pas mal de choses avant même le départ. J’ai donc démarré du village, en passant devant la mairie et en longeant la rivière Urbanya au bord de laquelle, quelques jardins potagers bénéficient d’une eau à bon marché au débit plutôt régulier. Dès le deuxième pont, on notera encore l’importance de l’eau, car sur l’autre rive, chemin du Moulin exactement, deux grandes arcades abritent un ancien lavoir alimenté jadis par un petit canal. Quelques mètres en amont, le moulin est encore là mais la roue à aubes, elle, a disparu. Moi qui était parti avec l’idée d’enquêter sur l’Histoire, la montée vers le pic LLoset puis vers le Roc de Peirafita se transforma aussitôt en une magnifique leçon de choses : passereaux, papillons, fleurs multicolores et champignons en tous genres étaient de la partie. Mon appareil photo s’en donnait à cœur joie et pendant ce temps, je flânais comme jamais. Au village, après avoir poursuivi la route bitumée, celle-ci s’est transformée en une piste terreuse montant à gauche en lacets. Si on s’éloigne de l’eau, on remarque tout en grimpant et sur la gauche, un vallon boisé en contrebas. Dans ce vallon s’écoule le Correc (ruisseau) de Saint-Estève où assez souvent des chevreuils viennent s’abreuver. Ce correc, on va le suivre bien après la ferme bovine puis un peu plus haut encore, on coupe celui de l’Hort. En réalité, dans ce cirque d’Urbanya, des correcs, on en dénombre plus d’une douzaine plus ou moins longs et profonds. Tous coulent pendant des jours voire des semaines dès lors que les pluies deviennent diluviennes. Au lieu-dit la Travessa, deux itinéraires sont possibles pour rejoindre le Canal d’Urbanya, soit on continue tout droit la piste qui monte au col del Torn (Col de Tour) soit on emprunte celle qui file vers le Pic Lloset, passe au pied du Pic de la Moscatosa, direction le Roc de Peirafita. Si le premier parcours est plus facile et plus simple, l’ayant déjà décrit dans une balade au Pic de Portepas, le deuxième est plus difficile mais moins long. Plus difficile car le dénivelé y est plus raide mais aussi parce que rejoindre le canal d’Urbanya par là, nécessite une bonne connaissance des lieux et un bon sens de l’orientation. En effet, après le Roc de Peirafita, la piste s’arrête et il faut marcher presque au plus haut de la crête sur un sentier parfois peu évident à trouver dans cette épaisse forêt de pins à crochets. Moi, dans mon idée d’enquêter sur le canal d’Urbanya, j’ai quitté volontairement le sentier et je suis parti dans cette épaisse forêt à la recherche d’informations. En réalité mais par endroits seulement, cette forêt est moins épaisse qu’elle n’y paraît et quelques clairières s’entrouvrent deci delà. J’ai même trouvé un très bel orri au beau milieu de l’une d’entre elles et quelques vieux murets effondrés laissant à penser que la forêt n’a pas toujours était là, mais ça je le savais déjà. ! Après, ces errements forestiers et cette modeste collecte d’informations, j’ai finalement atteint le canal d’Urbanya ou plutôt le Correc de la Pinouse (Pinosa) car ici c’est encore comme ça que les géographes intitulent ce ruisseau. Là, en compagnie de quelques ramasseurs de champignons, qui eux, étaient montés en 4x4, j’ai commencé ma promenade au fil de l’eau, ramassant à mon tour quelques jolis cèpes venus rejoindre une belle quantité  de « roubillous » déjà glanés au cours de la montée.  En suivant le mince filet d’eau, parfois tumultueux, parfois très calme selon la pente du terrain, j’ai finalement compris que ce minuscule Canal d’Urbanya n’est qu’une « agouille » ou un « rec »  c'est-à-dire un petit canal de dérivation détournant les eaux du Ruisseau de Torrelles pour les amener vers celui de la Pinouse, ce dernier étant un affluent de la rivière Urbanya. De quelle époque date-t-il ? Qui l’a construit ? A quoi pouvait-il servir ?  A toutes ces questions, je ne peux répondre, bien évidemment, que par des hypothèses car l’Histoire n’en dit rien. La première idée qui peut venir à l’esprit c’est que ce canal pourrait avoir été construit au 19eme siècle comme de nombreux canaux du Conflent : Canaveilles (1861) Bohère (1864) Jujols et Nohèdes (1873). Mais il faut savoir que si plus de 540 canaux d’irrigation fonctionnaient au 19eme siècle, la date de leurs constructions pouvait être très variable. C’est ainsi que le plus ancien était celui de Vernet datant de l’an 865 mais celui de Molitg par exemple datait, lui, de l’an 1300. On peut donc tout imaginer car l’usage de l’irrigation remonte à des temps immémoriaux : que les Romains soient passés par là car ils maîtrisaient parfaitement l’eau et quelques vestiges ont été trouvés à Prades et dans le Conflent jusqu’à Llivia en Cerdagne. C’était la Via Confluentana, petite cousine de la Via Domitia. Mais rien n’autorise à penser que les Romains soient venus au dessus d’Urbanya. Dans le Roussillon, les premiers grands canaux ont été construits à l’initiative du roi de Majorque vers 1308 -1310 avec l’emblématique canal du Thuir notamment. Dans le Conflent, mais un peu plus tard seulement, ils ont été l’œuvre des moines de Cuxa ou des abbés de Lagrasse mais si on sait qu’ils servaient à irriguer Prades et ses localités avoisinantes, rien ne permet de penser que le terroir d’Urbanya faisait partie des distributeurs du précieux liquide. De nombreux moulins à eau ont été construit à cette époque et leurs propriétaires pouvaient être bien différents : roi, clergé, seigneur, bourgeois, hospice, etc…  Plus logiquement, et les textes nous autorisant à le penser, le canal pourrait dater des Templiers du Mas Deu car on sait pertinemment qu’eux aussi ont été des précurseurs dans les techniques hydrauliques et dans les systèmes d’irrigation. A l’aide d’ingénieux réseaux de canaux, n’ont-ils pas asséchés divers marais et marécages dans le Roussillon (Bages, Nyls, Bajoles, etc…) pour en faire des terres fertiles et arables ? N’ont-ils pas occupés amplement ces terres d’Urbanya pendant plus d’un siècle pour les transformer en pacages et y faire de l’élevage pour les confier finalement en acapte à deux habitants d’Urbanya ? Au regard des textes et de la conception du canal, creusé à même la terre, malgré une buse en béton très récente au départ et sur quelques mètres,  cette hypothèse reste plausible. Malgré la forêt, les pacages sont encore bien présents de nos jours, au Pic de Portepas et au Bac de Torrelles notamment, et le jour de ma balade, j’ai même rencontré un énorme taureau roux qui jouait dans la boue avec une grenouille aussi rousse que lui. Cette dernière voulait-elle comme dans le Fable de la Fontaine devenir aussi grosse que lui ? Je ne sais pas ! Après avoir atteint la jonction de plusieurs ruisselets et sources s’écoulant dans le canal depuis le Col de Planyas, les rocs des Miquelets et d'Als Pelats, j’ai finalement fait demi-tour et là, je me suis mis en quête de voir si le canal avait servi  à irriguer les « fameuses » terrasses ou « feixes » où l’on cultivait céréales, vergers et autres récoltes vivrières. Pour le retour vers Urbanya, j’ai fait très simple en longeant le canal puis le correc de la Pinouse peu évident à cheminer sur une terrain pentu et dans cette forêt jonchée de troncs d’arbres pourris et de branches cassées.  Mais si j’ai découvert quelques  vestiges de murets et cortals en bordure du canal et dans les alentours, je n’ai pas vraiment trouvé de « feixes » évidentes sur le flanc du Bac de Torrelles ou sur celui de la Pinouse. Les terrasses sont plus évidentes un peu plus bas dans le cirque d’Urbanya et sur la solana (l’adret), le versant ensoleillé. Toutes mes recherches sur le Net et dans divers ouvrages ne m’ont pas permis d’étayer une hypothèse plutôt qu’une autre mais je ne désespère pas d’y arriver un jour. Dans l’immédiat et comme indiqué, il semble que le canal ait surtout été construit pour renforcer le débit de la rivière Urbanya et faire face aux éventuelles périodes de sécheresse, à une époque où plusieurs moulins à eau fonctionnaient dans le vallon et aux abords du village mais on ne peut pas catégoriquement éliminer l’idée qu’aux temps des Templiers, le canal ait été utilisé pour irriguer des zones de pacages et abreuver les troupeaux.  J’ai donc rebroussé chemin avec la ferme conviction que je reviendrais très prochainement me promener au Canal d’Urbanya. D’abord parce que c’est une superbe balade, dans un site très sauvage, fréquenté uniquement par les chasseurs et quelques ramasseurs de champignons aux époques autorisées et surtout j’y ai découvert un sanctuaire faunique et floristique exceptionnel. Au Bac de Torrelles, j’ai vu une incroyable variété d’oiseaux et j’ai surpris trois chevreuils en contrebas du canal et rien que pour ça, je sais déjà que j’y reviendrais. Finalement, après avoir longé le Correc de la Pinouse, j’ai retrouvé la piste descendant vers Urbanya au lieu-dit la Fajosa, non loin de Marciac, là même où les Templiers avaient hérités d’une terre et d’un cortal ayant appartenus au seigneur de Paracolls au 12eme siècle.  Même si cette balade a été longue et parfois difficile, j’ai pris beaucoup de plaisir à marcher avec toutes ces histoires et connaissances dans la tête ! Au total, j’ai accompli un peu plus de 22 kilomètres, recherches dans la forêt du Bac de la Pinouse incluses, pour un dénivelé de 906 mètres et des montées cumulées de 1.510 mètres. Si vous avez l’intention d’emprunter le même itinéraire que le mien, c'est-à-dire en passant par le Roc de Peirafita, munissez-vous d’un GPS dans lequel vous aurez au préalable enregistré le canal en « waypoint », vous le retrouverez plus facilement même si vous ne trouvez pas le sentier forestier qui y mène.  Cartes IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul de Fenouillet et 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

(*) Paracolls. Les Paracolls étaient une famille de seigneurs et de chevaliers qui possédaient un château perché sur un piton rocheux à proximité des Bains-de-Molitg situé sur la commune de Campôme dans la Vallée de Mosset. Certaines terres de leur domaine s’étendaient dans le Haut-Conflent, dans le Roussillon, dans le Vallespir, dans l’Aude et peut être même en Espagne, lieux où leur nom est resté dans la mémoire toponymique. Même si ce fief est plus ancien, ils régnèrent surtout aux 12 et 13eme siècles. Le nom de certains d’entre-eux comme Guillem-Bernard ou Bérenger notamment traversèrent les siècles, le premier à cause de ses donations aux Templiers et de ses liens avec la couronne d’Aragon et le deuxième pour avoir été un valeureux chevalier et un remarquable troubadour, compositeur de « trobas », c'est-à-dire de poèmes d’amour. (**) Bajoles : Bajoles est un lieu proche de Perpignan, situé de nos jours sur la commune de Cabestany, où une congrégation religieuse des Hospitaliers a longtemps disposé d’une Commanderie que l’on appelait plus communément « Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem ».  (***) Acapte :  Un bail à acapte est un bail à perpétuité, concédé moyennant un droit d’entrée à un tenancier qui a en charge d’exploiter le bien qui lui est confié pour en reverser des redevances soit en nature (bois, produits de l’exploitation,etc..) soit en argent. 


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Joyeux Noël !!!

Publié le par gibirando

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Les Pierres gravées et dressées de Conat

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons du chanteur et guitariste britannique David Gilmour (ex-Pink Floyd). Extraites de son album "On an Island", elles ont pour titre : "Castellorizon", "On An Island" et "Smile".
ROCHE-GRAVEE-DE-CONAT
ROCHESGRAVEESCONATIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Ce joli circuit au départ et au Nord de Conat, je l’ai volontairement intitulé « les pierres gravées et dressées de Conat » car mon objectif principal était justement de partir à la découverte de ces sites que l’on appelle « dolméniques » ou « néolithiques » et que l’archéologue attribue à une civilisation dite « mégalithique ». Dans les manuels scolaires, cette époque, on l’appelle souvent et plus globalement « préhistoire ». En réalité la « préhistoire »  est une très longue période qui va de l’apparition de l’Homme aux premières écritures mais ici on se contentera de partir à la rencontre d’un intervalle bien plus court, estimé entre -15.000 ans et -2.000 ans avant Jésus-Christ. Si pour moi, cette balade était une sorte de chasse aux trésors exceptionnelle couplée à une épreuve de « géocaching » avec GPS, que les randonneurs non passionnés de vieilles pierres ne s’inquiètent pas trop car il n’y a pas que ça à découvrir sur cet itinéraire. En effet, les panoramas eux aussi y sont assez exceptionnels : Massif du Canigou, Vallée  de la Têt de Ria-Sirach et Prades jusqu’au lac du barrage de Vinça et bien plus loin encore, Massif du Coronat jusqu’aux contreforts du Madres mais jolies vues aussi sur la basse et moyenne Vallée de la Castellane et ses belles collines environnantes, paysages arides et tourmentés des serrats et des profonds ravins tout proches. Enfin avec cette randonnée, vous irez à la découverte de la chapelle Sainte-Marguerite de Nabilles et de nombreux vestiges de l’agropastoralisme d’antan. Bien sûr, avec cette randonnée, je n’ai pas la prétention de vous faire découvrir la totalité des roches gravées et dressées de cette crête que l’on appelle plus généralement le Pla de Vall d’en So. Non, pour cela, il faudrait sans doute bien plus qu’une seule journée de marche tant les sites y sont nombreux, variés et disséminés. Certaines de ces roches sont connues sous les noms des hameaux ou lieux-dits où elles se trouvent : Fornols, Llugols, Roc de les Creus, Montsec, Roc de Jornac, Miralles, etc...Toutes sont situées entre les vallées de la Castellane et celles d’Urbanya et Conat, cette zone montagneuse du Haut-Conflent doit son nom à la famille de So auquel ce territoire a appartenu. Au Moyen-Âge, les « So » étaient vicomtes d’Evol mais également seigneurs de bien d’autres fiefs roussillonnais comme Corsavy, Millas ou la Bastide. Selon l’historienne Anny de Pous, les So détenaient également un château à Conat du nom de « Salto », introuvable aujourd’hui.  Quelques années plus tard, Joan de So reçoit du roi de Majorque Jacques II la juridiction militaire sur tous les châteaux du Haut-Conflent, cette présence des « So » sur ce territoire expliquerait sans doute l’intitulé de ce « pla » de Vall d’en So.  Sur les cartes, on le trouve parfois écrit « Vallenso » ou « Balençou » et pour la petite histoire, ce nom occitan de « So » a pour origine un fortin construit en Ariège au 7eme siècle par les Francs. Ce fort, qui fut un des premiers à appartenir à la famille, on lui donna le nom de « Castell de So » ou « Fort de Son », du nom de la petite rivière qui coulait aux pieds de ses murailles. Aujourd’hui, ce castel est plus connu sous le nom de « Château d’Usson » et la petite rivière ne s’appelle plus « Son » mais la « Bruyante », comme quoi les gens du cru « sans faire trop de bruit » ont tout de même de la suite « musicale » dans les idées. Voilà pour l’Histoire du lieu où l’essentiel de la balade se situe. Le départ de Conat est le même que celui que j’avais décrit  dans la randonnée que j’avais intitulée « les Chapelles du Pla de Balençou ». C'est-à-dire que l’on laisse son véhicule sur le parking de la mairie et l’on emprunte la rue du Moulin qui se trouve à droite de la D.26 quand on arrive de Ria. Un panneau de bois indique « Llugols » et l’itinéraire file puis traverse la rivière de Caillau par un petit pont métallique. Un sentier pierreux se met à grimper dans la Soulane. Ici, les pierres de schiste on les foule aux pieds mais on les observe aussi car nos aïeux les ont taillées pour en faire des murets, des abris de bergers ou pour étayer le sentier sur des hauteurs parfois impressionnantes. L’étroite sente est unique et de ce fait, on ne prête pas vraiment attention à la couleur du balisage. A vrai dire, il est assez multicolore car divers « baliseurs » sont passés par là et chacun a voulu laisser le sien. Les baliseurs officiels de comités pédestres, les clubs de rando, divers groupes de randonneurs, des vététistes ou bien encore des associations de chasseurs, tous sont venus avec leur pot ou leur bombe de peintures et on trouve des traits jaunes,  d’autres bleus, des oranges, des jaunes et rouges datant du temps où le Tour du Coronat avait été imaginé, des points verts, des flèches jaunes fluo alors le mieux c’est d’avoir un tracé préenregistré dans un GPS car ce sentier qui va vers Llugols, il faut le délaisser au profit de celui qui file vers la chapelle Sainte-Marguerite de Nabilles. Il fut un temps, où à cette intersection, la chapelle était mentionnée sur une lauze mais cette fois-ci, je ne l’ai pas vu et j’ai suivi des flèches jaunes fluo. Là, les vues deviennent grandioses sur le Canigou et la Vallée de la Têt mais sur la forêt du Coronat aussi, toute proche et ressemblant à une épaisse toison olivâtre. Lézards gris ou verts, papillons multicolores, insectes en tous genres, passereaux, rapaces c’est une nature incroyablement luxuriante qui m’accompagne sur ce sentier. J’ai même surpris une compagnie de perdrix grises puis un étrange serpent dont la dextérité était si monstrueuse qu’il m’a filé entre les pieds sans que je puisse le discerner le moins du monde. Plus loin et plus tard dans la journée, flemmardant au milieu du chemin et en plein soleil, je vais avoir  l’occasion de tirer un autre serpent de ses rêves légers. Enfin, à l’approche de la chapelle ruinée, c’est avec beaucoup d’étonnement que je constate une vingtaine de guêpiers d’Europe planant au dessus de ma tête. Malheureusement, ce superbe spectacle aérien ne va durer que quelques minutes et un seul volatile se posera mais bien trop loin pour que ma photo soit excellente. Ici, autour de la chapelle et aux siècles précédents, le pastoralisme a connu ses heures de gloire et pour peu que l’on s’en donne la peine, on découvre divers orris effondrés et cortals ruinés. Mais comme ce n’est pas seulement pour ces pierres-là que je suis venu aujourd’hui, je me contente de quelques photos et je poursuis la piste qui passe à gauche de la chapelle et monte en direction du Camp de la Coume ou Camp de la Coma en catalan. Là, juste avant d’atteindre le clôture, sur la gauche de la piste et près d’un corral se trouve la grande pierre gravée que je suis venu chercher. Ces pierres, les archéologues les appellent des affleurements, affleurements de schistes primaires pour être plus précis et cette pierre-là, ils lui ont même donné assez improprement le nom de « Roc de les Creux I ». Si je dis « improprement » c’est parce que le seul et véritable « Roc de les Creus » figurant sur la carte IGN se trouve un peu plus haut et que là aussi une incroyable pierre gravée y a été découverte et fera l’objet d’une autre balade au départ d’Urbanya que je vous dévoilerai prochainement. En ce qui concerne celle du Camp de la Coume, elle est gravée de nombreuse cupules, de quelques rigoles et d’une multitude de croix dont les détails ne peuvent être observés et examinés que par l’œil averti d’un archéologue comme Jean Abelanet par exemple dont le livre « Signes sans paroles » fait la part belle à toutes ces gravures rupestres que l’on trouve dans notre beau département. Ces signes rupestres, ces symboles et parfois même ces représentations dites anthropomorphiques, les archéologues les ont globalement désignés comme étant de « l’art dolménique ». Ce terme de « dolménique » signifie que ces gravures sont sensiblement de la même époque que les dolmens et étroitement liées à ces monuments mégalithiques constitués de piliers et de dalles de pierres dont la fonction comme sépulture ou monument funéraire ne fait plus aucun doute. Alors bien sûr, après la découverte de cette magnifique pierre, il ne me restait plus qu’à tenter de vérifier cette assertion. : trouver des dolmens dans les proches alentours. Après quelques recherches sur le Net, j’avais appris que deux dolmens effondrés se trouvaient dans le secteur. Un au lieu-dit le « Roc de l’Homme Mort » et l’autre à la « Font de l’Aram » dont la traduction française pourrait être la « Source du Vallon » ou la « Source du Rameau ».  J’ai donc poursuivi la piste derrière le corral et j’ai abouti près d’un vilain abri pastoral fait de terre, de planches, de poutres et flanqué d’une bâche. Là, j’ai continué sur un étroit sentier en direction du Roc de l’Homme Mort. Le sentier est descendu dans le petit Ravin de Nabilles puis est remonté vers le roc qui était clairement à droite du sentier car je l’apercevais déjà adossé à la forêt de pins. Mon GPS n’étant pas suffisamment précis dès lors que j’étais en mouvement, j’ai un peu galéré pour trouver le dolmen effondré mais finalement j’y suis parvenu, un peu à droite du roc et de l’autre côté de la clôture qui délimite la frontière des deux communes que sont Conat et Ria. Après quelques photos, il ne me restait plus qu’à partir à la recherche de celui de la Font de l’Aram qui, selon les coordonnées que je possédais, était de l’autre côté de la forêt qui me faisait face. J’ai donc repris le sentier initial que j’avais quitté et j’ai poursuivi en direction  du lieu-dit Les Serrianes. Après une première clôture, j’ai traversé sans problème la pinède et j’ai atteint une nouvelle clôture qui entourait une immense prairie herbeuse en jachère. J’ai enjambé la clôture puis j’ai traversé et descendu la longue prairie vers l’est jusqu’à atteindre une piste. J’étais à la Font de l’Aram et il ne me restait plus qu’à trouver l’autre dolmen effondré. En réalité, et pour avoir interrogé le site Wikipédia au préalable, c’était trois dolmens que je devais trouver dont un était ruiné, l’autre détruit quant au troisième, l’article n’en disait rien. Etait-il encore debout ? A vrai dire, j’ai éprouvé un mal de chien a en trouvé un, bien ruiné il faut l’avouer car j’y suis passé deux fois à côté sans vraiment voir qu’il s’agissait d’un vieux dolmen. Ce n’est que lors de mon troisième passage et encore grâce à mon « waypoint » GPS que j’ai vu deux « orthostates », c'est-à-dire deux pierres dressées de chant qui étaient là, plantées dans la terre mais amplement envahies par les herbes et les genêts. Pour le reste, ce n’était qu’un amas difforme de pierres sans réelle logique et sans vraiment d’intérêt car je n’ai pas constaté de gravures et encore moins de cupules contrairement à celui du Roc de l’Homme Mort. Le tumulus avait sans doute lui aussi était chamboulé. Une question me turlupinait, c’était de savoir qui avait pu détruire ces dolmens et là, mes recherches sur le Net m’ont laissées un peu sur ma faim car les avis des archéologues et des historiens semblaient partagés et divergents. Certains comme l’archéologue Jean Abelanet affirme qu’ils auraient été « violés » par des bergers (Lieux et légendes du Roussillon et de Pyrénées Catalanes –Editions Trabucaire),  d’autres disaient que ces destructions étaient l’œuvre de fouilleurs peu scrupuleux, d’autres les attribuaient à des paysans malveillants, d’autres prétendaient que c’était l’Eglise Chrétienne qui avait ordonné ces pillages ne voyant dans ses caveaux d’un autre âge que la représentation d’un culte païen. Il ne me restait plus qu’à rebrousser chemin vers Conat car tous le objectifs que je m’étais fixés avaient été découverts. Au préalable, j’ai néanmoins poursuivi sur quelques mètres la piste vers le nord, histoire d’avoir un court regard sur la Vallée de la Castellane et là, avec pas mal d’émotion et de souvenirs, j’ai atteint la piste que j’avais prise en 2007 lors de l’avant dernière étape de mon Tour du Coronat qui m’avait amené du Refuge de Callau à Llugols. Lors du retour vers Conat, j’ai trouvé près de la clôture entre le Camp de la Coume et  la Font de l’Aram, une autre roche gravée de diverses cupules et d’une croix dont le centre était également creusé d’une cupule. Etait-ce le deuxième dolmen ruiné qui manquait à l’appel ? Possible au regard de la pierre que j’ai vu ! J’ai repris la piste, direction la chapelle Sainte-Marguerite de Nabilles et peu après, au lieu de reprendre la sente par laquelle j’étais arrivé, j’ai tourné à droite en direction d’un cortal ruiné. Là, sur diverses ardoises de schiste, la mention « Conat » m’indiquait clairement le chemin du retour. J’étais ravi car je ne connaissais pas ce parcours tout en descente coupant d’abord divers petits correcs puis rejoignant un vieux sentier muletier menant à « la Carrerada ». Il finit par atteindre deux jolis petits ponts en dos d’âne coupant respectivement le Correc de Nabilles puis la rivière d’Urbanya. Conat a vite été là et j’ai retrouvé ma voiture mais si vous ne connaissez pas la commune, une visite s’impose, d’abord sur les hauteurs pour découvrir la chapelle Sainte-Magdeleine et le château ruiné ayant appartenu aux différents seigneurs puis ensuite dans les venelles du bas et sur les rives  fleuries de la confluence des deux rivières venant de Nohèdes et d’Urbanya et formant la rivière Callau, affluent du Têt. Certains historiens comme Jean Tosti voit dans cette confluence l’origine du nom Conat car la première mention du village était « Conad » et ils imaginent quelle pourrait provenir du mot celtique « condate » signifiant « confluent ». Cette balade telle qu’expliquée ici a été longue de 10 à 11 kilomètres environ incluant tous mes errements. Le dénivelé accompli a été de 457 mètres et les montées cumulées ont été enregistrées sur une distance de 810 mètres. Carte IGN 2348 ET Prades –Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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Hommage à Tugce Albayrak

Publié le par gibirando


En ce mois de décembre, la nouvelle est passée presque inaperçue en France mais malgré ça, je veux rendre hommage à Tugce Albayrak, cette jeune étudiante allemande d’origine turque, âgée de 23 ans, qui est morte sous les coups d’un jeune voyou de 18 ans. Je veux lui rendre hommage car dans l’indifférence quasi générale qui règne de nos jours, des actes d’héroïsme de cet acabit ne sont pas légion. Tugce a payé de sa vie d’être venue en aide à deux autres jeunes filles que plusieurs voyous étaient entrain de tabasser dans les toilettes d’un Mac Donald.

Si cette terrible affaire n’est pas encore arrivée à vos oreilles, je vous laisse prendre connaissance de l’excellent article de Frédéric Lemaître, journaliste et correspondant pour le Monde à Berlin. Quand à une éventuelle reconnaissance, je pense que Tugce mérite beaucoup plus qu’une simple médaille à titre posthume et lui donnait le nom de la rue où elle a été assassinée serait sans doute la meilleure manière pour ne pas l’oublier et surtout pour ne pas oublier son acte de civisme et de bravoure. Cliquez ici ou sur le lien suivant pour lire l'article du Monde :

http://www.lemonde.fr/international/article/2014/12/01/l-allemagne-bouleversee-par-le-sacrifice-d-une-jeune-turque_4532157_3210.html

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