Eklablog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Publié le par gibirando

DES PAYSAGES EN COULEURS.....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

 

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km23 juillet 2004 : 5eme étape de 24 kms.

Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m).

 

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson où il évoque la région de la Bastide : " Dans une localité nommée la Bastide, on me conseilla d'abandonner le cours de la rivière et de suivre une route qui grimpait sur la gauche parmi les monts du Vivarais, l'Ardèche moderne. Le soleil parut comme je quittais le couvert d'un bois de pins et je découvris tout à coup un joli site sauvage au sud. De hautes montagnes rocheuses, aussi bleues que du saphir fermaient l'horizon ".

A parler franc, Cheylard méritait le détour car la soirée s'était terminée en apothéose. Un succulent repas préparé par Christian et servit par Agnès que nous avions dégusté entre une vingtaine d'amis randonneurs et convives de tous horizons. Des sujets de conversation captivants : Pourquoi, marchions-nous ? Parmi les adeptes du " Stevenson ", certains marchaient pour oublier de gros problèmes (perte d'un emploi, échec professionnel, divorce, etc.…). Certains comme nous, randonnaient pour le simple bien-être de s'éloigner de la civilisation, de découvrir d'autres paysages et de profiter des vacances d'une manière originale et sportive. D'autres marchaient sans trop savoir pourquoi, du moins c'est ce qu'ils prétendaient, ou bien par timidité ou pudeur, ils ne voulaient pas se dévoiler. Certains, plus croyants que nous, le faisaient comme un pèlerinage, d'autres pour faire des rencontres. D'autres, comme " Monsieur Speed " le faisait à titre thérapeutique pour tenter d'effacer le stress d'une vie professionnelle trépidante et ses envies suicidaires. Même sur les chemins, ce monsieur très attachant ne savait pas être " cool " et cela se voyait. Sans être psychologue, et avant même que chacun raconte son parcours, il était presque possible de deviner les motivations de certains.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Après Cheylard, en direction du hameau Les Pradels

La nuit a été réparatrice. Il fait encore un temps superbe. Neuf heures, nous fermons nos bagages et les laissons dans le hall. Nous passons au bar payer les boissons consommées hier soir et remercions Agnès et Christian pour la qualité de leur accueil et de leurs prestations.

Nous démarrons notre journée sur la D.71 et quittons le hameau par un petit pont de pierres sous lequel cabriole le ruisseau du Cheylard. Quelques mètres après, nous laissons l'asphalte et suivons un large chemin qui monte dans la forêt. Après deux kilomètres et quelques lacets, nous retrouvons la route que nous suivons jusqu'au hameau à forte vocation agricole Les Pradels.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

A l'entrée de l'immense forêt domaniale de la Gardille

A cet endroit, dans un décor de serres et de champs déjà moissonnés, le G.R.70 part à droite et pénètre dans l'épaisse et magnifique forêt domaniale de la Gardille. Une demi-heure plus tard, nous atteignons le tranquille Etang du L'Auradou. Seul un employé à l'entretien du lac vaque à ses occupations. Les aires de jeux et de pique-nique sont désertes. Sous le vol de quelques libellules bleues, nous profitons du silence ambiant pour nous ressourcer en avalant quelques fruits secs, une barre de céréales et une boisson énergétique.

Nous repartons en longeant l'étang, passons une passerelle et entrons de nouveau dans la forêt par une large piste qui se poursuit jusqu'à la route qui fait la jonction entre Cheylard et Le Luc. A plusieurs reprises, le G.R coupe cette route et descend vers Le Luc, dont nous apercevons de temps à autres quelques toitures. Dans la descente et dans des sous-bois, le chemin s'est bien rétrécit. A l'ombre de quelques chênes lièges, nous arrêtons pour déjeuner et reprenons la sente qui arrive sur une route à proximité des vestiges du château du Luc qui domine la vallée de l'Allier.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Au bord de l'Etang de l'Auradou puis devant le château du Luc

Ce château est en cours de restauration et ces bénévoles font un travail remarquable. En effet, construit avant le XIIeme siècle sur un emplacement celte, il servit au fil du temps de bastion militaire et a subi d'innombrables assauts de diverses armées. Il faut dire que la forteresse fut, depuis le Moyen Age puis tout au long de l'histoire de France, souvent convoitée car elle représentait un point stratégique sur le Chemin de Régordane (*), pendant les guerres de religions et de Cent Ans et évidemment pour les armées des différentes provinces de la région qui voulaient se l'approprier.

Nous laissons le château derrière nous et partons vers le village dans l'idée de trouver une fontaine car nos gourdes et nos gosiers sont complètement asséchés. Nous passons devant la très belle église qui date, elle aussi, du XIIeme siècle et est surtout originale, par son superbe clocher aux nefs superposées. Nous arrivons sur une placette où trône une belle fontaine, mais qui malheureusement ne fonctionne pas. Nous faisons demi tour et tombons sur Martine et Henriette qui elles aussi, sont à la recherche d'un peu d'eau fraîche. Heureusement, quelques jeunes qui semblent bougrement s'ennuyer dans ce village désert, acceptent avec beaucoup de gentillesse de remplir toutes nos bouteilles et nos gourdes.

Martine et Henriette qui n'ont pas encore déjeuné, partent trouver un endroit tranquille. De notre côté, nous quittons le village en passant devant une étrange mais sans équivoque statuette du XIVeme siècle d'un homme accroupi que l'on appelle ici " Lou Cagassou " ou " Lou Cagaï ".

(*) Le Chemin de Régordane est un chemin mythique qui va du Puy en Velay à Saint-Gilles du Gard qui, aux XIeme et XIIeme siècle, était un port prospère. Au moyen age, il organisait un important axe de pèlerinages mais aussi d'échanges de marchandises entre la Méditerranée et le Nord de la France. Il suit apparemment la faille de Villefort qui s'est produite en des temps géologiques et qui a tracé ce sentier naturel à travers le massif montagnard des Cévennes.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km 

Visite des vestiges du château et vue sur le village du Luc

Nous arrivons sur la D.906 que nous empruntons jusqu'à la bifurcation de la D.154 qui part vers Laveyrune, village à cheval entre la Lozère et l'Ardèche. Nous passons en Ardèche, mais traversons sans répit Laveyrune car ce long tronçon du G.R.70 exclusivement goudronné jusqu'avant Rogleton est pénible sous la forte chaleur. Par contre, sur ce secteur, le balisage est particulièrement bien indiqué. Faut dire qu'à cet endroit, le Chemin de Stevenson fait la jonction avec le G.R de Pays Tour de la Montagne Ardéchoise et une variante qui part vers la célèbre abbaye de la Trappe de Notre-Dame des Neiges. Au dessus de Rogleton, en bordure du chemin, une grosse " boite à témoignages" avec cahier et stylo permet de laisser ses impressions sur le G.R.70. Une petite bafouille et nous descendons vers le ruisseau de La Serre dans un sentier tellement boueux que nous sommes dans l'obligation de le quitter, d'enjamber les fils barbelés et de descendre au milieu des champs. Nous regrettons déjà tout le bien que nous avons pu écrire sur notre message.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Du XIIeme siècle, le château du Luc mérite d'être restauré .Statue " Lou Cagai " (*)

Quelques minutes après, nous nous retrouvons de nouveau en Lozère sur la D.906. Le G.R. part sur un petit pont qui franchit l'Allier. Penchés au dessus du parapet, nous constatons que l'eau est très claire avec par endroit des piscines naturelles et quelques minuscules plages de gravier. La canicule aidant, c'est sans hésitations que nous franchissons les clôtures, traversons le champ et arrivons sur la berge. J'ôte toutes mes fringues et plonge sans tergiverser dans une petite poche d'eau claire. Quelques truites qui ne font pas la maille s'enfuient sous les roches. Dany, elle se contente d'un bain de pieds à peine rafraîchissant car l'eau est à bonne température.

Nous passons plus d'une heure à barboter, puis laissons la place à d'autres amis randonneurs qui se laissent eux aussi apprivoiser par cet attirant ruisseau.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Un bain dans l'Allier très rafraîchissant

Nous passons au dessus de la voir ferrée, puis quittons l'asphalte pour un chemin qui descend vers l'orée de la forêt. Un fort dénivelé dans un chemin de caillasses m'oblige une fois de plus à quitter mes sandales pour mes chaussures de rando. Le bain nous a revigoré et malgré cette bonne grimpette, c'est sans peine que nous atteignons le plat, puis les premières maisons de la Bastide-Puylaurent.

Nous demandons notre chemin, traversons la voie ferrée, passons devant la gare et quelques minutes après, nous retrouvons un autre petit pont sur l'Allier qui ouvre la route vers le centre du village. La pension " Les Genêts " est une vieil hôtel restaurant rénové et géré par des propriétaires très sympathiques qui nous accueillent avec beaucoup de gentillesse et de prévenance.

Situé en plein centre du village,en bordure de la route, il ne possède pas le charme et l'attrait des gîtes croisés les jour précédents, mais nous y mangeons parfaitement servis par de charmantes jeunes filles. Par contre, nous y dormons moyennement, car le lit fait un trou en son milieu et nous avons beaucoup de mal à ne pas rouler l'un sur l'autre.

En contrepartie, cette halte dans le centre d'un village présente l'attrait de pouvoir finir la journée par une longue visite puis, et surtout pour Dany, de flâner dans quelques boutiques pour tenter d'y trouver un petit souvenir pour notre bien-aimée petite-fille Valentine.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

A La Bastide Puylaurent, devant la gare SNCF pour rejoindre le G.R.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Cliquez sur la carte pour passer à l'étape suivante et voir d'autres paysages en couleurs pour quatre sous.

 

Partager cet article
Repost0

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Publié le par gibirando

DES PAYSAGES EN COULEURS.....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

 

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km23 juillet 2004 : 5eme étape de 24 kms.

Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m).

 

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson où il évoque la région de la Bastide : " Dans une localité nommée la Bastide, on me conseilla d'abandonner le cours de la rivière et de suivre une route qui grimpait sur la gauche parmi les monts du Vivarais, l'Ardèche moderne. Le soleil parut comme je quittais le couvert d'un bois de pins et je découvris tout à coup un joli site sauvage au sud. De hautes montagnes rocheuses, aussi bleues que du saphir fermaient l'horizon ".

A parler franc, Cheylard méritait le détour car la soirée s'était terminée en apothéose. Un succulent repas préparé par Christian et servit par Agnès que nous avions dégusté entre une vingtaine d'amis randonneurs et convives de tous horizons. Des sujets de conversation captivants : Pourquoi, marchions-nous ? Parmi les adeptes du " Stevenson ", certains marchaient pour oublier de gros problèmes (perte d'un emploi, échec professionnel, divorce, etc.…). Certains comme nous, randonnaient pour le simple bien-être de s'éloigner de la civilisation, de découvrir d'autres paysages et de profiter des vacances d'une manière originale et sportive. D'autres marchaient sans trop savoir pourquoi, du moins c'est ce qu'ils prétendaient, ou bien par timidité ou pudeur, ils ne voulaient pas se dévoiler. Certains, plus croyants que nous, le faisaient comme un pèlerinage, d'autres pour faire des rencontres. D'autres, comme " Monsieur Speed " le faisait à titre thérapeutique pour tenter d'effacer le stress d'une vie professionnelle trépidante et ses envies suicidaires. Même sur les chemins, ce monsieur très attachant ne savait pas être " cool " et cela se voyait. Sans être psychologue, et avant même que chacun raconte son parcours, il était presque possible de deviner les motivations de certains.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Après Cheylard, en direction du hameau Les Pradels

La nuit a été réparatrice. Il fait encore un temps superbe. Neuf heures, nous fermons nos bagages et les laissons dans le hall. Nous passons au bar payer les boissons consommées hier soir et remercions Agnès et Christian pour la qualité de leur accueil et de leurs prestations.

Nous démarrons notre journée sur la D.71 et quittons le hameau par un petit pont de pierres sous lequel cabriole le ruisseau du Cheylard. Quelques mètres après, nous laissons l'asphalte et suivons un large chemin qui monte dans la forêt. Après deux kilomètres et quelques lacets, nous retrouvons la route que nous suivons jusqu'au hameau à forte vocation agricole Les Pradels.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

A l'entrée de l'immense forêt domaniale de la Gardille

A cet endroit, dans un décor de serres et de champs déjà moissonnés, le G.R.70 part à droite et pénètre dans l'épaisse et magnifique forêt domaniale de la Gardille. Une demi-heure plus tard, nous atteignons le tranquille Etang du L'Auradou. Seul un employé à l'entretien du lac vaque à ses occupations. Les aires de jeux et de pique-nique sont désertes. Sous le vol de quelques libellules bleues, nous profitons du silence ambiant pour nous ressourcer en avalant quelques fruits secs, une barre de céréales et une boisson énergétique.

Nous repartons en longeant l'étang, passons une passerelle et entrons de nouveau dans la forêt par une large piste qui se poursuit jusqu'à la route qui fait la jonction entre Cheylard et Le Luc. A plusieurs reprises, le G.R coupe cette route et descend vers Le Luc, dont nous apercevons de temps à autres quelques toitures. Dans la descente et dans des sous-bois, le chemin s'est bien rétrécit. A l'ombre de quelques chênes lièges, nous arrêtons pour déjeuner et reprenons la sente qui arrive sur une route à proximité des vestiges du château du Luc qui domine la vallée de l'Allier.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Au bord de l'Etang de l'Auradou puis devant le château du Luc

Ce château est en cours de restauration et ces bénévoles font un travail remarquable. En effet, construit avant le XIIeme siècle sur un emplacement celte, il servit au fil du temps de bastion militaire et a subi d'innombrables assauts de diverses armées. Il faut dire que la forteresse fut, depuis le Moyen Age puis tout au long de l'histoire de France, souvent convoitée car elle représentait un point stratégique sur le Chemin de Régordane (*), pendant les guerres de religions et de Cent Ans et évidemment pour les armées des différentes provinces de la région qui voulaient se l'approprier.

Nous laissons le château derrière nous et partons vers le village dans l'idée de trouver une fontaine car nos gourdes et nos gosiers sont complètement asséchés. Nous passons devant la très belle église qui date, elle aussi, du XIIeme siècle et est surtout originale, par son superbe clocher aux nefs superposées. Nous arrivons sur une placette où trône une belle fontaine, mais qui malheureusement ne fonctionne pas. Nous faisons demi tour et tombons sur Martine et Henriette qui elles aussi, sont à la recherche d'un peu d'eau fraîche. Heureusement, quelques jeunes qui semblent bougrement s'ennuyer dans ce village désert, acceptent avec beaucoup de gentillesse de remplir toutes nos bouteilles et nos gourdes.

Martine et Henriette qui n'ont pas encore déjeuné, partent trouver un endroit tranquille. De notre côté, nous quittons le village en passant devant une étrange mais sans équivoque statuette du XIVeme siècle d'un homme accroupi que l'on appelle ici " Lou Cagassou " ou " Lou Cagaï ".

(*) Le Chemin de Régordane est un chemin mythique qui va du Puy en Velay à Saint-Gilles du Gard qui, aux XIeme et XIIeme siècle, était un port prospère. Au moyen age, il organisait un important axe de pèlerinages mais aussi d'échanges de marchandises entre la Méditerranée et le Nord de la France. Il suit apparemment la faille de Villefort qui s'est produite en des temps géologiques et qui a tracé ce sentier naturel à travers le massif montagnard des Cévennes.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km 

Visite des vestiges du château et vue sur le village du Luc

Nous arrivons sur la D.906 que nous empruntons jusqu'à la bifurcation de la D.154 qui part vers Laveyrune, village à cheval entre la Lozère et l'Ardèche. Nous passons en Ardèche, mais traversons sans répit Laveyrune car ce long tronçon du G.R.70 exclusivement goudronné jusqu'avant Rogleton est pénible sous la forte chaleur. Par contre, sur ce secteur, le balisage est particulièrement bien indiqué. Faut dire qu'à cet endroit, le Chemin de Stevenson fait la jonction avec le G.R de Pays Tour de la Montagne Ardéchoise et une variante qui part vers la célèbre abbaye de la Trappe de Notre-Dame des Neiges. Au dessus de Rogleton, en bordure du chemin, une grosse " boite à témoignages" avec cahier et stylo permet de laisser ses impressions sur le G.R.70. Une petite bafouille et nous descendons vers le ruisseau de La Serre dans un sentier tellement boueux que nous sommes dans l'obligation de le quitter, d'enjamber les fils barbelés et de descendre au milieu des champs. Nous regrettons déjà tout le bien que nous avons pu écrire sur notre message.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Du XIIeme siècle, le château du Luc mérite d'être restauré .Statue " Lou Cagai " (*)

Quelques minutes après, nous nous retrouvons de nouveau en Lozère sur la D.906. Le G.R. part sur un petit pont qui franchit l'Allier. Penchés au dessus du parapet, nous constatons que l'eau est très claire avec par endroit des piscines naturelles et quelques minuscules plages de gravier. La canicule aidant, c'est sans hésitations que nous franchissons les clôtures, traversons le champ et arrivons sur la berge. J'ôte toutes mes fringues et plonge sans tergiverser dans une petite poche d'eau claire. Quelques truites qui ne font pas la maille s'enfuient sous les roches. Dany, elle se contente d'un bain de pieds à peine rafraîchissant car l'eau est à bonne température.

Nous passons plus d'une heure à barboter, puis laissons la place à d'autres amis randonneurs qui se laissent eux aussi apprivoiser par cet attirant ruisseau.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Un bain dans l'Allier très rafraîchissant

Nous passons au dessus de la voir ferrée, puis quittons l'asphalte pour un chemin qui descend vers l'orée de la forêt. Un fort dénivelé dans un chemin de caillasses m'oblige une fois de plus à quitter mes sandales pour mes chaussures de rando. Le bain nous a revigoré et malgré cette bonne grimpette, c'est sans peine que nous atteignons le plat, puis les premières maisons de la Bastide-Puylaurent.

Nous demandons notre chemin, traversons la voie ferrée, passons devant la gare et quelques minutes après, nous retrouvons un autre petit pont sur l'Allier qui ouvre la route vers le centre du village. La pension " Les Genêts " est une vieil hôtel restaurant rénové et géré par des propriétaires très sympathiques qui nous accueillent avec beaucoup de gentillesse et de prévenance.

Situé en plein centre du village,en bordure de la route, il ne possède pas le charme et l'attrait des gîtes croisés les jour précédents, mais nous y mangeons parfaitement servis par de charmantes jeunes filles. Par contre, nous y dormons moyennement, car le lit fait un trou en son milieu et nous avons beaucoup de mal à ne pas rouler l'un sur l'autre.

En contrepartie, cette halte dans le centre d'un village présente l'attrait de pouvoir finir la journée par une longue visite puis, et surtout pour Dany, de flâner dans quelques boutiques pour tenter d'y trouver un petit souvenir pour notre bien-aimée petite-fille Valentine.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

A La Bastide Puylaurent, devant la gare SNCF pour rejoindre le G.R.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Cliquez sur la carte pour passer à l'étape suivante et voir d'autres paysages en couleurs pour quatre sous.

 

Partager cet article
Repost0

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Publié le par gibirando

DES PAYSAGES EN COULEURS.....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

 

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km23 juillet 2004 : 5eme étape de 24 kms.

Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m).

 

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson où il évoque la région de la Bastide : " Dans une localité nommée la Bastide, on me conseilla d'abandonner le cours de la rivière et de suivre une route qui grimpait sur la gauche parmi les monts du Vivarais, l'Ardèche moderne. Le soleil parut comme je quittais le couvert d'un bois de pins et je découvris tout à coup un joli site sauvage au sud. De hautes montagnes rocheuses, aussi bleues que du saphir fermaient l'horizon ".

A parler franc, Cheylard méritait le détour car la soirée s'était terminée en apothéose. Un succulent repas préparé par Christian et servit par Agnès que nous avions dégusté entre une vingtaine d'amis randonneurs et convives de tous horizons. Des sujets de conversation captivants : Pourquoi, marchions-nous ? Parmi les adeptes du " Stevenson ", certains marchaient pour oublier de gros problèmes (perte d'un emploi, échec professionnel, divorce, etc.…). Certains comme nous, randonnaient pour le simple bien-être de s'éloigner de la civilisation, de découvrir d'autres paysages et de profiter des vacances d'une manière originale et sportive. D'autres marchaient sans trop savoir pourquoi, du moins c'est ce qu'ils prétendaient, ou bien par timidité ou pudeur, ils ne voulaient pas se dévoiler. Certains, plus croyants que nous, le faisaient comme un pèlerinage, d'autres pour faire des rencontres. D'autres, comme " Monsieur Speed " le faisait à titre thérapeutique pour tenter d'effacer le stress d'une vie professionnelle trépidante et ses envies suicidaires. Même sur les chemins, ce monsieur très attachant ne savait pas être " cool " et cela se voyait. Sans être psychologue, et avant même que chacun raconte son parcours, il était presque possible de deviner les motivations de certains.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Après Cheylard, en direction du hameau Les Pradels

La nuit a été réparatrice. Il fait encore un temps superbe. Neuf heures, nous fermons nos bagages et les laissons dans le hall. Nous passons au bar payer les boissons consommées hier soir et remercions Agnès et Christian pour la qualité de leur accueil et de leurs prestations.

Nous démarrons notre journée sur la D.71 et quittons le hameau par un petit pont de pierres sous lequel cabriole le ruisseau du Cheylard. Quelques mètres après, nous laissons l'asphalte et suivons un large chemin qui monte dans la forêt. Après deux kilomètres et quelques lacets, nous retrouvons la route que nous suivons jusqu'au hameau à forte vocation agricole Les Pradels.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

A l'entrée de l'immense forêt domaniale de la Gardille

A cet endroit, dans un décor de serres et de champs déjà moissonnés, le G.R.70 part à droite et pénètre dans l'épaisse et magnifique forêt domaniale de la Gardille. Une demi-heure plus tard, nous atteignons le tranquille Etang du L'Auradou. Seul un employé à l'entretien du lac vaque à ses occupations. Les aires de jeux et de pique-nique sont désertes. Sous le vol de quelques libellules bleues, nous profitons du silence ambiant pour nous ressourcer en avalant quelques fruits secs, une barre de céréales et une boisson énergétique.

Nous repartons en longeant l'étang, passons une passerelle et entrons de nouveau dans la forêt par une large piste qui se poursuit jusqu'à la route qui fait la jonction entre Cheylard et Le Luc. A plusieurs reprises, le G.R coupe cette route et descend vers Le Luc, dont nous apercevons de temps à autres quelques toitures. Dans la descente et dans des sous-bois, le chemin s'est bien rétrécit. A l'ombre de quelques chênes lièges, nous arrêtons pour déjeuner et reprenons la sente qui arrive sur une route à proximité des vestiges du château du Luc qui domine la vallée de l'Allier.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Au bord de l'Etang de l'Auradou puis devant le château du Luc

Ce château est en cours de restauration et ces bénévoles font un travail remarquable. En effet, construit avant le XIIeme siècle sur un emplacement celte, il servit au fil du temps de bastion militaire et a subi d'innombrables assauts de diverses armées. Il faut dire que la forteresse fut, depuis le Moyen Age puis tout au long de l'histoire de France, souvent convoitée car elle représentait un point stratégique sur le Chemin de Régordane (*), pendant les guerres de religions et de Cent Ans et évidemment pour les armées des différentes provinces de la région qui voulaient se l'approprier.

Nous laissons le château derrière nous et partons vers le village dans l'idée de trouver une fontaine car nos gourdes et nos gosiers sont complètement asséchés. Nous passons devant la très belle église qui date, elle aussi, du XIIeme siècle et est surtout originale, par son superbe clocher aux nefs superposées. Nous arrivons sur une placette où trône une belle fontaine, mais qui malheureusement ne fonctionne pas. Nous faisons demi tour et tombons sur Martine et Henriette qui elles aussi, sont à la recherche d'un peu d'eau fraîche. Heureusement, quelques jeunes qui semblent bougrement s'ennuyer dans ce village désert, acceptent avec beaucoup de gentillesse de remplir toutes nos bouteilles et nos gourdes.

Martine et Henriette qui n'ont pas encore déjeuné, partent trouver un endroit tranquille. De notre côté, nous quittons le village en passant devant une étrange mais sans équivoque statuette du XIVeme siècle d'un homme accroupi que l'on appelle ici " Lou Cagassou " ou " Lou Cagaï ".

(*) Le Chemin de Régordane est un chemin mythique qui va du Puy en Velay à Saint-Gilles du Gard qui, aux XIeme et XIIeme siècle, était un port prospère. Au moyen age, il organisait un important axe de pèlerinages mais aussi d'échanges de marchandises entre la Méditerranée et le Nord de la France. Il suit apparemment la faille de Villefort qui s'est produite en des temps géologiques et qui a tracé ce sentier naturel à travers le massif montagnard des Cévennes.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km 

Visite des vestiges du château et vue sur le village du Luc

Nous arrivons sur la D.906 que nous empruntons jusqu'à la bifurcation de la D.154 qui part vers Laveyrune, village à cheval entre la Lozère et l'Ardèche. Nous passons en Ardèche, mais traversons sans répit Laveyrune car ce long tronçon du G.R.70 exclusivement goudronné jusqu'avant Rogleton est pénible sous la forte chaleur. Par contre, sur ce secteur, le balisage est particulièrement bien indiqué. Faut dire qu'à cet endroit, le Chemin de Stevenson fait la jonction avec le G.R de Pays Tour de la Montagne Ardéchoise et une variante qui part vers la célèbre abbaye de la Trappe de Notre-Dame des Neiges. Au dessus de Rogleton, en bordure du chemin, une grosse " boite à témoignages" avec cahier et stylo permet de laisser ses impressions sur le G.R.70. Une petite bafouille et nous descendons vers le ruisseau de La Serre dans un sentier tellement boueux que nous sommes dans l'obligation de le quitter, d'enjamber les fils barbelés et de descendre au milieu des champs. Nous regrettons déjà tout le bien que nous avons pu écrire sur notre message.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Du XIIeme siècle, le château du Luc mérite d'être restauré .Statue " Lou Cagai " (*)

Quelques minutes après, nous nous retrouvons de nouveau en Lozère sur la D.906. Le G.R. part sur un petit pont qui franchit l'Allier. Penchés au dessus du parapet, nous constatons que l'eau est très claire avec par endroit des piscines naturelles et quelques minuscules plages de gravier. La canicule aidant, c'est sans hésitations que nous franchissons les clôtures, traversons le champ et arrivons sur la berge. J'ôte toutes mes fringues et plonge sans tergiverser dans une petite poche d'eau claire. Quelques truites qui ne font pas la maille s'enfuient sous les roches. Dany, elle se contente d'un bain de pieds à peine rafraîchissant car l'eau est à bonne température.

Nous passons plus d'une heure à barboter, puis laissons la place à d'autres amis randonneurs qui se laissent eux aussi apprivoiser par cet attirant ruisseau.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Un bain dans l'Allier très rafraîchissant

Nous passons au dessus de la voir ferrée, puis quittons l'asphalte pour un chemin qui descend vers l'orée de la forêt. Un fort dénivelé dans un chemin de caillasses m'oblige une fois de plus à quitter mes sandales pour mes chaussures de rando. Le bain nous a revigoré et malgré cette bonne grimpette, c'est sans peine que nous atteignons le plat, puis les premières maisons de la Bastide-Puylaurent.

Nous demandons notre chemin, traversons la voie ferrée, passons devant la gare et quelques minutes après, nous retrouvons un autre petit pont sur l'Allier qui ouvre la route vers le centre du village. La pension " Les Genêts " est une vieil hôtel restaurant rénové et géré par des propriétaires très sympathiques qui nous accueillent avec beaucoup de gentillesse et de prévenance.

Situé en plein centre du village,en bordure de la route, il ne possède pas le charme et l'attrait des gîtes croisés les jour précédents, mais nous y mangeons parfaitement servis par de charmantes jeunes filles. Par contre, nous y dormons moyennement, car le lit fait un trou en son milieu et nous avons beaucoup de mal à ne pas rouler l'un sur l'autre.

En contrepartie, cette halte dans le centre d'un village présente l'attrait de pouvoir finir la journée par une longue visite puis, et surtout pour Dany, de flâner dans quelques boutiques pour tenter d'y trouver un petit souvenir pour notre bien-aimée petite-fille Valentine.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

A La Bastide Puylaurent, devant la gare SNCF pour rejoindre le G.R.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 5 - Cheylard l'Evêque (1.125m) - La Bastide Puylaurent (1.024m) 24km

Cliquez sur la carte pour passer à l'étape suivante et voir d'autres paysages en couleurs pour quatre sous.

 

Partager cet article
Repost0

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km

Publié le par gibirando

DES PAYSAGES EN COULEURS....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km22 juillet 2004 : 4eme étape de 16 kms.

Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m).

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson où il évoque la région après Langogne : " Des landes, des fonds vaseux à bruyères, des étendues de roches et de sapins, des bois de bouleaux nuancés par l'or de l'automne, çà et là, quelques minables chaumières et des champs mornes, telles étaient les caractéristiques du pays. "

Le jour suivant (mercredi 22 juillet), il était deux heures du matin et je n'arrivais pas à dormir. Allongé sur le lit, je regardais les rideaux qui se balançaient, poussés qu'ils étaient par une léger courant d'air.

Je me lève pour fermer la fenêtre restée entrouverte et constate qu'une chape nuageuse recouvre Langogne. Par la rue éclairée, une légère bruine fait briller l'asphalte et scintiller les tuiles des toitures des maisons avoisinantes. Il faut que je retrouve le sommeil, sinon ce matin je serai " mort " avant même le départ pour notre quatrième étape qui doit nous mener au Cheylard l'Evêque. Sept heures, je me réveille en bonne forme car j'ai réussi à me rendormir profondément. Du bout du pied, j'écarte faiblement la tenture pour ne pas réveiller Dany. Aussitôt ma crainte de marcher sous la pluie s'estompe car un ciel cristallin apparaît dans l'entrebâillement. Au fond de moi, je me dis que nous avons vraiment de la chance car depuis notre départ, le ciel est souvent très menaçant, il pleut parfois la nuit, mais aucune goutte de pluie n'est venue perturber notre plaisir de marcher. Huit heures, nous sommes attablés autour d'un copieux petit déjeuner avec d'autres clients du gîte. Nous ne sommes pas pressés car l'étape d'aujourd'hui est plus courte. Seize kilomètres seulement, si je puis dire. Aussi, les conversations que nous avions stoppées hier soir après le souper, à une heure avancée de la nuit, resurgissent.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km

Nous visitons Langogne avec la Chapelle des Pénitents et la Halle aux grains

Neuf heures, le temps a passé si vite et nous nous décidons enfin à abandonner tous nos amis. Nous saluons Philippe et le remercions pour la simplicité et la cordialité de son accueil. Nous quittons le " Modest Inn " par les petites ruelles du vieux Langogne. Quelle aubaine ! Le G.R.70 passe à proximité des principaux monuments historiques de la cité : L'église, la Chapelle des Pénitents, l'ancien couvent Notre-Dame, la Halle aux grains, le Pont-Vieux, etc.… Nous déambulons comme de simples touristes et marquons notre passage en prenant quelques photos.

Après quelques emplettes pour le pique-nique du midi, nous sortons de Langogne par une longue route goudronnée en direction de Brugeyrolles. Avant, ce village, nous quittons l'asphalte pour un agréable sentier qui part sur la droite à l'orée d'une forêt. A cette bifurcation, quelques lièvres détalent devant nous, sautent les murets, traversent les champs puis disparaissent dans des buissons.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km

Nous avons quitté Langogne, direction Le Cheylard l'Evêque

Sur ce tronçon, nous alternons les routes en asphalte et les chemins en terre. Après Le Monteil, nous pénétrons l'orée de l'épaisse forêt de Mercoire. Dany ne trouve rien de mieux que de faire un léger malaise. Comme la tête lui tourne, nous stoppons quelques minutes et heureusement, elle retrouve rapidement ses esprits. Dans mes pensées, je me dis que c'est ni le lieu ni le moment pour " tomber dans les pommes " car nous sommes loin de toute habitation et en plus, dans cette région, le téléphone portable ne fonctionne pratiquement jamais.

Au ruisseau du Langouyrou, nous saluons quelques pêcheurs de truites. Ils n'ont pas l'air joyeux et, selon leurs dires, ils rentreront bredouilles aujourd'hui. Quelques minutes plus tard, nous entrons dans le joli bourg de Saint-Flour de Mercoire.

Dès l'entrée du village, une très belle fontaine ornée d'une croix de fer nous invite à nous rafraîchir. Nous remplissons nos gourdes, mouillons notre visage et notre nuque, nos bras et nos jambes déjà bien rougies par un cuisant soleil.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km

Léger malaise dans la forêt du Gévaudan. Peur de la " Bête " ou coup de fatigue ?

Nous partons voir la ravissante église romane avec son originale nef à deux travées, puis nous ressortons du village et entrons dans le Bois de La Garde. Il est déjà midi, nous avons pas mal lambiné et décidons de nous arrêter dans l'épaisse forêt pour déjeuner.

La forêt est si sombre que plusieurs randonneurs passent sur le chemin à quelques mètres de nous sans nous remarquer. "Monsieur 62" que nous n'avions pas vu depuis l'étape du Bouchet Saint-Nicolas passe à son tour mais ne nous aperçoit pas non plus.

Après le repas, comme nous bénéficions d'un abondant et moelleux tapis de mousse verte, nous en profitons pour faire un petit somme. Pendant quelques minutes, je regarde la cime des gigantesques épicéas qui se balancent au gré du vent. A force de les fixer, j'ai l'impression qu'ils vont s'écraser sur nous, puis je m'assoupis et m'enfonce dans mes rêveries. Je n'en sors que par les quelques craquements lugubres que les arbres provoquent en se frottant les uns aux autres. Dany me dit : " C'est fou comme en quelques minutes tu t'es mis à ronfler ! ".

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km

Petit pont et très belle fontaine à Saint Flour du Mercoire

Avant de repartir, je décide de faire fonctionner le retardateur de mon appareil photo. C'est vrai que je n'y pense pas souvent et pour la première fois de notre périple, je fixe sur la pellicule, le souvenir commun de ce bref moment de plénitude dans la forêt du Mercoire. J'ai du mal à imaginer que cette forêt puisse avoir été le théâtre d'horribles tragédies perpétrées par l'illustre " Bête du Gévaudan ".

Un kilomètre plus loin, nous ressortons du bois pour atteindre une route goudronnée qui traverse Sagne Rousse. Le temps de prendre connaissance sur un panneau de quelques commentaires sur le passage de Stevenson en cet endroit et très rapidement, nous accédons à une nouvelle forêt plus clairsemée cette fois. Plusieurs barrières et chicanes successives cloisonnent quelques pâturages où de ci de là, paissent de petits veaux et des vaches tachetées blanches et rousses. Par endroit, le chemin erre dans des tourbières et quelquefois dans des zones franchement marécageuses. Un couple de randonneurs arrive. L'homme qui marche d'une allure soutenue a l'air de " speeder " car la femme est très loin derrière lui. A notre hauteur, il prend tout de même le temps de nous montrer des plants de myrtilles qui jalonnent le sentier. C'est par poignée que nous les dévorons. Les framboisiers, sont présents aussi, mais les fruits sont souvent déjà secs.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km

Reposant pique-nique et plaisante ballade dans la forêt du Mercoire

Nous enjambons le ruisseau de la Cham puis continuons sur la route bitumée qui jalonne les rares maisons des hameaux de Fouzillac, puis de Fouzillic trois cent mètres plus loin.

Rien de particulier dans ces deux villages ne peut arrêter notre progression, sinon que je me remémore les déboires que Stevenson a vécu en ces lieus :

L'écrivain, qui cherchait à se rendre à Cheylard et ne trouvait pas de sentier, avait reçu un peu d'aide auprès d'un gentil vieillard de Fouzillic. Ce dernier avait même fait un bout de chemin avec lui. Alors que dans la nuit, il s'était à nouveau égaré dans le secteur, il avait tourné en rond, était arrivé à Fouzillac mais toutes les portes s'étaient refermées alors qu'il cherchait sa route.

Très fâché après les habitants de Fouzillac, il écrit : Ce n'était plus Fouzilhic, mais Fouzilhac, un hameau peu distant de l'autre dans l'espace, mais à des mondes plus loin quant à l'esprit de ses habitants.

Après Fouzillic, l'asphalte laisse la place à un bon chemin sableux qui se faufile à travers des champs, des landes et quelques bosquets. En regardant ma carte IGN, je constate que nous traversons le " Champ du Pendu ", ce qui peut laisser présager qu'un triste événement est survenu en ce lieu.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km

Myrtilles, framboises et fraises des bois sont au menu dans cette forêt

Juste avant Cheylard l'Evêque, nous descendons dans de sombres sous-bois où par intervalles, quelques clairières s'ouvrent sur de très beaux paysages qui nous rappellent certaines combes jurassiennes.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km

Juste avant Cheylard, des paysages qui nous rappellent des combes jurassiennes

Seize heures, nous tombons sur la D.71 au panneau indicateur du village et trouvons très rapidement le refuge de Moure, splendide demeure en pierres, magnifiquement entretenue et fleurie.

Agnès, une petite femme gracieuse mais énergique nous accueille de manière très charmante mais directive. Elle sait ce qu'elle veut et a bien l'intention de le faire savoir tout de suite. L'intérieur de la bâtisse ne doit rien aux extérieurs. Tout est parfaitement rangé et propre, le cadre est très agréable et on voit que tout a été pensé pour rendre le séjour des clients le plus plaisant possible : bar, salon avec livres et télévision, vestiaires, terrasses, coin boutique, jardins avec des chaises longues. Il y a même une jolie cabane pour accueillir les ânes et les animaux de compagnie en général. Par contre, qu'ils se le disent, les fumeurs ne sont pas les bienvenus à l'intérieur du refuge. Cette résolution n'est pas spécialement désagréable pour Dany qui ne fume pas et pour moi, qui ai arrêté voilà plus de deux ans.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km

 Le magnifique refuge de Moure à Cheylard l'Evêque

Nous avons hérité d'une très jolie chambre. Et même si les toilettes et la douche sont au fond du couloir, nous n'avons vraiment rien à redire à la qualité de la réception qui nous est gratifiée. Il est vraiment très tôt et après la douche, nous n'avons rien de mieux à faire que de flâner. Nous en profitons pour prendre quelques photos, puis sur la terrasse ensoleillée, quelques verres avec nos amis de voyage, "Monsieur 62", Henriette et Martine. L'homme qui speedait et que sa femme tentait en permanence de rattraper, sont bien sûr arrivés et tous deux sont là aussi. Enfin, tout le monde est là, car au Cheylard l'Evêque qui est une étape obligée sur le Stevenson, il ne doit pas y avoir d'autres solutions d'hébergement que le Refuge de Moure. A tour de rôle, les gens arrivent, certains à pieds, d'autres à VTT, d'autres sont là uniquement pour le farniente ou d'autres activités.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km

 Vue sur Cheylard l'Evêque depuis la Chapelle Notre-Dame de Toutes Les Grâces

 Vers dix huit heures, nous partons visiter la Chapelle " Notre Dame de toutes les Grâces " qui jouxte le village, perchée sur un piton rocheux. De ce rocher, nous dominons la bourgade et la luxuriante forêt environnante.

Nous profitons du reposant jardin du refuge et de ces chaises longues qui semblent nous tendre leurs bras.

Avec Agnès, la charmante aubergiste, une longue discussion s'instaure. Tout en parlant, elle étend son linge et ne semble s'octroyer ces quelques minutes de répit que pour les mettre à la disposition de ses clients. Elle nous explique les difficultés qu'elle et son mari Christian ont rencontrés quant ils ont voulu s'installer. Les énormes investissements humains et financiers pour réussir un tel challenge. Elle nous explique qu'ils mettent tout leur cœur et leur savoir-faire aux services des clients mais qu'ils sont très exigeants sur certains points. Pas de fumeurs et pas d'animaux à l'intérieur du refuge. Intransigeants, Agnès nous raconte les tristes et parfois amusantes expériences qu'ils ont été amenés à vivre lorsque certains tricheurs voulaient par exemple cacher leur chien ou leur chat dans les chambres. Comme le sujet de conversation concerne les animaux domestiques, elle évoque l'étrange histoire d'un chat puis d'un chien qu'elle avait eu la bonne idée d'adopter.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km 

Devant la chapelle puis dans le très beau jardin du refuge de Moure

Le devoir appelle Agnès. Nous la laissons partir vaquer à ses lourdes besognes et sortons du jardin pour aller flâner sans but précis dans les rues de Cheylard.

Les rues, c'est un bien grand mot, car à part la D.71 qui coupe le court village en deux, pour le reste, il n'y a pas beaucoup d'issues. D'ailleurs Stevenson écrit en parlant de Cheylard : " À parler franc, Cheylard ne méritait qu'à peine toute cette recherche. Quelques issues accidentées de village, sans rues définies, mais une suite de placettes où s'entassaient des bûches et des fagots, une couple de croix avec des inscriptions, une chapelle à "Notre Dame de toutes les Grâces" au faîte d'une butte, tout cela sis au bord d'une rivière murmurante des montagnes, dans un renfoncement de vallée aride "

Aujourd'hui cette description paraît tout de même injuste car le Cheylard est, certes, un petit village, mais tout de même plein de charmes.

 Dany aperçoit un splendide chat dans le jardin d'une belle demeure. Bien évidemment, elle veut l'approcher de plus près et surtout le caresser. Le matou qui n'a aucunement peur de nous, s'approche. Il se laisse câliner et vient se frotter contre les jambes de Dany. Le propriétaire qui a l'air aussi gentil que son minet se met à nous raconter l'histoire de ce chat qui avait été abandonné puis recueilli par Agnès et Christian. Quelques semaines, plus tard, Agnès et Christian avaient également adopté un chien blessé qui errait dans le village. Le chat, qui avait mal accepté ce nouvel arrivant, était parti du refuge de Moure et avait fini par trouver un bonheur nouveau ici.

 La morale de cette histoire c'est que Cheylard l'Evêque est un tout petit village, mais qu'il y a suffisamment de place pour que chacun y trouve son bonheur.

Et comme le dit si bien Brigitte Bardot : " Un chien, un chat c'est un cœur avec du poil autour ".

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km

Au départ de notre 5eme journée à Cheylard l'Evêque

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 4 - Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1.125m) 16km

Cliquez sur la carte pour passer à l'étape suivante et voir d'autres paysages en couleurs pour quatre sous.

Partager cet article
Repost0

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Publié le par gibirando

DES PAYSAGES EN COULEURS....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

 

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25kmMercredi 21 juillet 2004 : 3eme étape de 25 kms.

Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m).

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson où il évoque sa solitude: " Et pourtant, alors même que je m'exaltais dans ma solitude, je pris conscience d'un manque singulier. Je souhaitais une compagne qui s'allongerait près de moi au clair des étoiles, silencieuse et immobile, mais dont la main ne cesserait de toucher la mienne ".

L'auberge du Bouchet Saint-Nicolas n'avait pas pu nous accueillir, mais qu'à cela ne tienne, il était 9h30, et nous étions bien là au milieu du hameau prêts à repartir vers Langogne. Pas en taxi cette fois, mais à pied pour la plus longue étape de notre séjour.

Comme convenu, un taxi était venu nous prendre à 8h30 au " Modest Inn " et nous avait ramené au Bouchet Saint-Nicolas. Très sympa, le chauffeur avait même accepter de nous conduire jusqu'au lac, seule curiosité de l'endroit qui méritait vraiment le détour selon le topo-guide. De ce lac d'origine volcanique, de forme circulaire et entouré de sapins, nous fîmes en taxi un gros quart du tour et la découverte fut brève mais suffisante pour apprécier la beauté du lieu.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Le magnifique Lac du Bouchet St Nicolas (*)

Ce lac nous rappela bizarrement celui de Servières au bord duquel nous avions campé voilà deux ans lors de notre randonnée en Auvergne. Le chauffeur proposa de nous y déposer, mais il était déjà tard pour faire une visite plus détaillée de l'endroit qui nous aurait fait perdre beaucoup de temps. En plus, nous étions à deux ou trois kilomètres du village et ce supplément serait venu se rajouter aux 25 kilomètres que devions encore parcourir.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Au Bouchet St Nicolas, pas très loin de la maison où Stevenson aurait séjourné.

Ce matin, nous n'avons pas pris de panier-repas à l'hôtel. Mais dès le départ, dans une minuscule épicerie bien achalandée, nous trouvons tout ce que nous souhaitons. Du pain, de la charcuterie, un taboulé, un melon bien mûr et quelques fruits qui entrent facilement dans nos sacs car nous nous sommes bien allégés. Plus de vestes, ni de ponchos, ni de parapluie, car la météo est plus clémente aujourd'hui. 

Une photographie devant ce que je crois être la maison où Stevenson a séjourné et nous voilà partis vers Landos sur un très long mais agréable chemin rouge bordé d'une exubérante flore et de fleurs chamarrées. Coquelicots, épilobes, pissenlits, baies de toutes sortes, chèvrefeuilles et une plante très curieuse que je ne connais pas mais qui ressemble à l'anis et dont l'extrémité de chaque ombelle héberge d'innombrables coccinelles de toutes tailles. Tous les plants en sont entièrement recouverts et forment comme une fleur rouge.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Sur le long sentier vers Landos puis après cet accueillant village

Nous arrivons à Landos et je constate que nous avons bu, Dany et moi presque deux litres d'eau chacun. Nous devons impérativement nous ravitailler car pour 6 kilomètres parcourus, je trouve que cela fait beaucoup. Nous trouvons plusieurs fontaines, mais toutes précisent que l'eau est non potable. Nous nous rabattons sur un bar où le sympathique patron remplit nos gourdes sans hésiter. En échange, il nous remet un livre d'or consacré à Stevenson dont je remplis une demi-page et que nous dédicaçons bien volontiers tout en prenant un café.

Nous quittons la place du village par une petite voie goudronnée puis aboutissons à une belle de croix en pierre mentionnée dans le topo-guide. Au dessous sur une voie ferrée désaffectée, des touristes qui pédalent sur un vélo-rail ont toutes les peines du monde à faire avancer leur machine. Sur 18 kilomètres, ce vélo-rail relie Landos à Pradelles, où nous devons nous rendre. Je trouve que c'est aussi une façon très originale et très amusante de découvrir la région.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Après Landos, au pied d'une ancestrale croix sculptée

Plus en altitude que les jours précédents, le regard porte plus loin mais aux pourtours du sentier, les paysages se ressemblent. Toujours des chemins rouges de pouzzolane, des champs de blé, d'orge et de lentilles. Heureusement, il y a toujours des découvertes et des rencontres à faire. Trois randonneurs, deux femmes et un homme qui font le " Stevenson " arrivent à notre hauteur, nous saluent et nous dépassent après une courte conversation.

Nous arrivons à Jagonas, Dany part à gauche et cherche les traces du G.R pendant que je me dirige à droite pour aller vers le magnifique château du XIXeme siècle. Ne la voyant pas venir vers moi, je m'arrête à une très belle fontaine bien à l'ombre de grands platanes. Je remplis de nouveau ma gourde, trempe mon chapeau dans l'eau glacée du réservoir et m'asperge le visage. A l'autre bout de l'auge, un chardonneret qui ne semble pas du tout effrayé en fait de même. Avec son masque rouge et blanc de clown, il semble indifférent à ma présence et continue de tremper son bec et ses ailes jaunes et noires dans l'eau claire de la fontaine.

Je contemple le château de loin et rebrousse chemin car Dany ne m'a pas suivi. Je la retrouve occuper à lire le topo-guide. Elle cherche à savoir sur les trois chemins qui partent à gauche lequel est le G.R. Nous finissons par le trouver et descendons maintenant dans un splendide sous bois.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Chemin de pouzzolanes et champs de blés avant le village de Jagonas

Il est midi et demi, le site est agréable et nous stoppons dans un petit pré mi-ensoleillé et mi-ombragé pour déjeuner. Juste au dessous, nous entendons la musique rafraîchissante d'un ruisselet. La carte m'indique qu'il s'agit du ruisseau de la Mouteyre. Les randonneurs qui nous avaient dépassé, ont eu la même idée que nous et ont stoppé un peu plus bas dans un bosquet.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Pique-nique après Jagonas, cherchez l'erreur (*)

La distance qui reste à parcourir est encore importante, aussi nous ne traînons pas trop et repartons dès la fin du repas. Quelques minutes plus tard, nous distinguons les premières maisons d'Arquejol. Nous traversons rondement le village car le seul intérêt est un viaduc qui se trouve juste après, sur le G.R.70, au fond d'un petit vallon. Au détour d'un virage, nous découvrons le très bel ouvrage. Beaucoup moins haut et moins long que celui du Monastier mais contrairement à ce dernier, une ligne ferroviaire a fonctionné jusqu'aux années 80. À présent, il est pratiqué par le vélo-rail. Sous le viaduc, nous franchissons le ruisseau de la Mouteyre et grimpons par un étroit sentier qui s'élargit pour devenir un chemin forestier. Nous arrivons à la voie ferrée et passons dessous par un court tunnel. Nous hésitons et sommes surpris car le chemin repart vers la gauche, mais c'est bien çà, car à cet endroit le G.R.70 fait quasiment une demi-boucle et semble repartir vers Arquejol. Un instant, nous surplombons le viaduc et le village, puis, le chemin repart à droite et s'élève au milieu de la lande et de quelques futaies.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km 

Au viaduc d'Arquejol puis au dessus du village du même nom

Sur le topo-guide, le G.R est maintenant une longue rectiligne qui se hisse en douceur en direction de Pradelles. Ce chemin fleuri d'épilobes et de fleurs multicolores nous offre de merveilleux panoramas sur la vallée du Haut Allier, les verts Velay et Gévaudan et quelques minuscules voiles blanches qui régatent sur l'eau azurée du Lac de Naussac.

Il n'est pas encore 16 heures et nous entrons dans l'épaisse forêt du Bois de Chatouneyres et arrêtons à l'ombre d'immenses épicéas pour une pause-café. Des vrombissements se rapprochent. Tout à coup, nous voyons arriver sur l'étroit sentier, une dizaine de motards sur leurs trials pétaradants. Nous nous écartons, mais ils nous ont aperçus et ralentissent un peu à notre hauteur. C'est plutôt désagréable en ce lieu, mais il faut être tolérant car chacun doit trouver un espace conforme à son passe-temps et à son plaisir.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Chemin parsemé d'épilobes et de fleurs multicolores en direction de Pradelles

Nous sortons du bois, et apercevons le village de Pradelles. Nous coupons la route nationale 88 et entrons dans le superbe village classé. Aux confins de la Haute-Loire et du Velay, entre les gorges de l'Allier et de la Loire, Pradelles figurent au classement des plus beaux villages de France. Nous y restons deux heures environ, le temps de remplir nos gourdes, d'acheter quelques cartes postales et de visiter le coeur de l'historique cité médiévale.

Après cette brève découverte, nous nous désaltérons à la terrasse ensoleillée d'une brasserie et faisons la connaissance d'Henriette et Martine, deux sympathiques randonneuses qui sillonnent le " Stevenson " dans son intégralité jusqu'à Saint-Jean du Gard.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Le GR monte en direction de Pradelles et la vue porte sur le Lac de Naussac

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Un balle de foin en guise de fauteuil

Après l'écriture des cartes postales, nous quittons la ville moyenâgeuse par les petites ruelles pavées, passons sous une arche près de la Chapelle Notre-Dame et débouchons rapidement sur un sentier qui déboule vers Langogne au milieu des prairies. Une heure et demi plus tard, nous entrons en Lozère, traversons l'Allier et pénétrons dans la ville fondée en 998 par Etienne, vicomte de Gévaudan.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

A l'entrée du Bois de Chatouneyres puis au village classé de Pradelles

Nous quittons le G.R, nous dirigeons vers le centre ville car je reconnais immédiatement les rues empruntées par le taxi ce matin. Effectivement dix minutes après, nous voilà de retour au " Modest Inn ". Le sympathique Philippe nous accueille avec sa faconde familière, nous annonce avec satisfaction qu'il a fait à manger et que ce soir sa table d'hôtes sera ouverte à sept ou huit convives.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Visite de la cité médiévale de Pradelles

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Dany admire les vieilles pierres de Pradelles

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Dans les prairies en quittant Pradelles et en direction de Langogne

Martine et Henriette qui étaient parties de Pradelles bien avant nous et avaient pris une confortable avance, arrivent dix minutes après nous. Surprises, elles ne comprennent pas comment nous pouvons être déjà arrivés.

Il est dix neuf heures, nous gagnons notre pittoresque chambre pour une douche réparatrice et redescendons au bar prendre un verre. Des amis à Philippe viennent d'arriver. Méditerranéens comme nous et d'une franche simplicité, le dialogue s'installe et nous voilà à l'aise pour une soirée qui restera dans nos mémoires.

Nous mangeons d'excellents poulets de grain accompagnés d'un succulent aligot (*) dans une ambiance " bon enfant " et des conversations intéressantes.

Après l'étonnement du premier jour passé, nous garderons du " Modest Inn " et de ces deux haltes passées chez Philippe Blanc, un formidable souvenir. A découvrir absolument sur http://www.gr70.com/ ou mieux, en lui rendant visite.

(*) Recette de cuisine typiquement auvergnate faite d'une purée de pommes de terre additionnée de tomme fraîche.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Langogne est en vue

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

 (*) Résultat de cherchez l'erreur : regardez bien, photo truquée avec montage de ces 2 photos.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 3 - Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25km

Cliquez sur la carte pour passer à l'étape suivante et voir d'autres paysages en couleurs pour quatre sous.

Partager cet article
Repost0

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

Publié le par gibirando

DES PAYSAGES EN COULEURS....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.Mardi 20 juillet 2004 : 2eme étape de 22 kms.

Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m). 

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson où il fait part des plaisirs simples que lui apporte la nature : " Il y a quelque chose de meilleur que la musique dans le vaste silence insolite, et qui dispose à d'agréables pensées comme le bruit d'une mince rivière ou la chaleur du clair soleil ".

La cloche du Monastier sonnait juste neuf heures quand nous quittâmes l'hôtel " Le Provence " et descendîmes les ruelles pour rejoindre le G.R.70 Chemin de Stevenson. Le temps d'une photographie sur la stèle commémorative en hommage au célèbre écrivain et voyageur et nous entamons une descente en direction de la rivière Gazeille que nous enjambons près d'un camping, sur un petit pont au lieu-dit " Le Moulin de Savin " quelques minutes après.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

Près de la stèle en hommage à Louis Robert Stevenson

Aujourd'hui, il fait très beau, et nous avons un peu allégés nos sacs par rapport à hier. Dany randonne avec ses sandales de marche et ses pieds ont l'air de tenir le choc. En tout cas, elle ne se plaint pas des cloques qui sont apparues hier soir.

Le Monastier s'éloigne. Nous pénétrons dans le Bois de Malaval par un large chemin tantôt très caillouteux et parfois très boueux et glissant. Tantôt en montée, tantôt en descente, nous marchons d'un bon pas malgré les difficultés du terrain et finissons pas atteindre un large plateau laissant entrevoir un superbe panorama de tous côtés.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.ODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

Au Bois de Malaval après le départ de Monastier puis sur le plateau panoramique

A lieu-dit Le Cluzel, nous croisons de vrais adeptes de Stevenson accompagnés d'un âne. J'ai bien envie de prendre une photo souvenir mais leur foulée est si alerte que je ne trouve pas le temps suffisant pour pouvoir cadrer l'ensemble du groupe. Malheureusement, de tout notre parcours, ce sera le seul équipage avec baudet que nous croiserons.

Après Courmarcès, les étendues devant nous deviennent plus planes et les champs cultivés de diverses céréales se succèdent. Parfois déjà fauchés et ras, parfois blonds ou parfois verts, les près multicolores défilent au rythme de notre allure. Après Le Cros et le très agréable village de Saint-Martin de Fugères, les sites et les couleurs changent au fil des espaces parcourus. Les horizons sont plus vallonnés, plus boisés, les couleurs tirent plus sur les verts que sur les jaunes paille comme précédemment.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.ODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

Paysages après Courmarcès et avant Saint-Martin de Fugères

Il est midi passé quand nous atteignons un petit bois de pins au lieu-dit " Le Prémajoux ". Nous trouvons rapidement un endroit idéal pour déjeuner, devant une clairière où trône une splendide bâtisse, à l'ombre de quelques arbres et sur un sol moelleux de mousses et d'aiguilles de pins bien sèches. Seules, quelques fourmis contrariées par notre présence sur leur territoire viendront troubler notre quiétude. Pendant que nous mangeons, des randonneurs déjà aperçus hier sur les sentiers, puis au Monastier ou à l'hôtel, passent sur le chemin.

Malgré notre marche solitaire, nous avons l'intime conviction qu'eux aussi font le " Stevenson " et que nous les reverrons pendant plusieurs jours.

Nous écourtons la pause-repas car nous devons être impérativement à 17h 30 au Bouchet Saint-Nicolas où un taxi doit venir nous prendre pour nous amener à Langogne. Nous, qui avions envie de flâner, aujourd'hui c'est une course contre la montre que nous devons accomplir !

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.ODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

Devant l'église de Saint-Martin de Fugères et au lieu-dit " Le Prémajoux "

Par une sente étroite et sinueuse, nous amorçons une sévère descente et apercevons très rapidement les rives escarpées d'une rivière. Il s'agit de la Loire, qui à cet endroit, se faufile plutôt paisiblement, en cette saison, dans des gorges très abruptes d'origine volcanique. D'ailleurs, en face de nous, sur la droite des ruines du château de Beaufort, nous apercevons nettement les stries d'une large coulée basaltique.

Nous dominons le très beau village de Goudet qui semble posé, au milieu même, de la rivière. Les grèves de la Loire sont aménagées en plage où les gens se prélassent au soleil et se baignent. Dommage que le temps nous soit compté car avec cette chaleur écrasante, je n'aurai pas hésité une seule seconde pour me jeter à l'eau.

Nous traversons un pont métallique et montons la D.49 sur environ 800 mètres, qui la canicule aidant, nous paraissent interminables. Mais, nous ne sommes pas au bout de nos peines, car en quittant le bitume, nous nous dirigeons vers un bois où un chemin parsemé de gros cailloux présente une forte dénivellation. Nous saluons "Monsieur 62" qui est en train de déjeuner dans un pré adjacent. Dans la crainte d'une entorse, je préfère quitter mes sandales de marche au profit de mes lourds godillots.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

Dany domine le village de Goudet qui semble posé sur la Loire

Dany, qui ne m'a pas attendu, a pris une réelle avance. Sans me presser, je refais doucement le retard sur ce terrain fortement pentu. Arrivée en haut, elle m'a attendu sur un secteur du chemin où le regard porte sur Goudet et l'autre versant de la vallée. J'en profite pour souffler un peu, boire une grande gorgée d'eau et prendre une belle photo. Aux jumelles, j'aperçois parfaitement la bâtisse de Prémajoux où nous avons pique-niqué ce midi et le G.R qui descend en zigzaguant vers Goudet.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.ODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

A Goudet, avec le château de Beaufort, puis sur l'autre versant de la Loire

Les chemins parfois rouges de scories ou parfois blancs de sable et de gravillons s'élargissent et deviennent à nouveau plus monotones au milieu des champs céréaliers.

Montagnac, Ussel, Bargettes, les ravissants petits villages caractéristiques du Velay à vocation agricole se relayent. Après Bargettes, les panoramas se transforment à nouveau, le G.R.70 est moins plane et quelques puys boisés se dressent dans le paysage et rendent notre balade aussitôt plus plaisante. Etang du Péchay, Bois de la Gardine, hameau de Preyssac, carrières de pouzzolanes qui exhibent leurs plaies rouges béantes, sentiers fleuris d'épilobes, nous ne voyons pas le temps passer à l'approche du Bouchet Saint-Nicolas.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

Juste avant Bargettes en direction de Puy de la Gardine

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.ODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

Après le village de Bargettes en direction du Bouchet Saint-Nicolas

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

Vue sur l'étang du Péchay

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

Après Preyssac, nous sommes bien sur le GR.70 en direction du Bouchet St Nicolas

Il est seulement 16 heures 45 quand nous apercevons au loin la bourgade avec son clocher pointu, telle une carte postale. Nous serons dans les temps et le taxi n'aura pas à nous attendre.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

L'arrivée au village du Bouchet Saint-Nicolas ressemble à une carte postale

17 heures, le G.R.70 passe précisément devant l'Auberge l'Arrestadou qui est notre lieu de rendez-vous. Nous nous présentons à la souriante propriétaire. Nos sacs sont bien arrivés aussi, mais le taxi n'est pas là. En l'attendant, nous en profitons pour prendre une boisson bien fraîche sur la terrasse ensoleillée de l'auberge. Compte tenu du cadre plutôt enchanteur et de l'alléchante carte du restaurant, nous regrettons déjà d'être dans l'obligation de nous rendre à Langogne. L'aubergiste nous précise qu'en effet, toutes les chambres individuelles sont réservées depuis fort longtemps et que notre prestataire " La Pèlerine " n'a pas pu faire autrement que de nous trouver un hébergement à Langogne.

Le taxi arrive avec comme conductrice une charmante jeune femme blonde. Nous chargeons nos bagages et nos sacs à dos dans le monospace et nous voilà partis vers Langogne, étape finale de notre deuxième journée. Entre notre chauffeur et Dany, le dialogue s'installe et la conversation va bon train. Assis à l'arrière du véhicule, je déconnecte et par la fenêtre, je regarde les paysages colorés et essaie de projeter ce que sera notre étape de demain.

Nous arrivons à Langogne, dans une toute petite rue, le taxi nous laisse devant la porte d'un vieil immeuble et d'une enseigne au nom très original " Le Modest Inn " en hommage à la célèbre ânesse de Stevenson.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

Le gîte Modest Inn à Langogne (*)

Nous entrons, mais au delà de l'enseigne, tout est encore plus anticonformiste, le cadre, le patron qui nous accueille torse nu, sans chaussures et en short et les yeux collés comme quelqu'un qui sort d'un profond sommeil.

Bonjour, je m'appelle Philippe, pourquoi êtes-vous ici ?

J'essaie de lui expliquer que nous venons du Bouchet Saint-Nicolas et que ..... .Je comprends aussitôt que c'est peine perdue car il ne semble déjà plus m'écouter.

Il rajoute : J'ai plusieurs chambres pour deux personnes avec plusieurs douches et plusieurs WC sur le palier !!!!

Dany encore plus étonnée que moi, dis aussitôt : je veux les voir.

Nous montons quelques escaliers et il nous présente une première chambre très " fin des années 60, début des années 70 ": vieux appareils photo, rideaux et couvre-lit très colorés, objets hétéroclites, jouets faits avec des boites de conserves, livres de science-fiction, etc..... Nous la trouvons jolie, très lumineuse et en plus la literie est excellente. Les douches et les wc sur le palier sont corrects et très propres. En réalité, nous avons tout le premier étage pour nous. Dany acquiesce.

Après la douche, nous redescendons car Dany veut absolument trouver un pantalon de randonnée dans Langogne.

Philippe qui est derrière son bar et semble toujours aussi peu réveillé, nous dit :

-Je n'ai pas eu envie de vous faire à manger....

Nous le regardons, perplexes.

D'un index pointé vers le parquet, il rajoute :

-Vous mangerez en dessous.

Pensant qu'en dessous, il y a une cave avec une salle de restaurant, je lui demande surpris :

Où en dessous ?

Il nous répond :

-Eh, bien dans le restaurant " la Crêperie du Gévaudan " qui est juste en dessous dans la rue.

Et il rajoute :

-Mais ne vous tracassez pas, tout est prévu, vous n'aurez rien à payer !

Nous sommes plus abasourdis que mécontents, car nous étions persuadés que le " Modest Inn " faisait gîte d'étape. Mais comme cela ne change rien à nos accords avec la Pèlerine, nous sortons de l'hôtel et partons visiter Langogne.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.ODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

Le bar est très original et la chambre que nous avons occupée très agréable (*)

En réalité, la visite se résume essentiellement à la nationale 88 qui est l'avenue principale où Dany cherche en vain un pantalon de randonnée. Après avoir acheter quelques cartes postales, nous redescendons l'avenue Foch à la recherche du restaurant " Le Gévaudan ". Il n'est pas d'une grande " classe ", mais nous y mangeons correctement et en toute simplicité, une assiette de charcuterie, une excellente potée auvergnate, des fromages trop secs et un flan maison.

22 kilomètres parcourus, nous ne sommes pas " sur les rotules ", mais la journée a tout de même été éprouvante. Il est encore très tôt, mais nous prenons le parti de regagner le " Modest Inn " et notre chambre " psychédélique " car demain la plus longue étape nous attend avec encore 25 kilomètres ....de bonheur et de nouvelles découvertes.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 2 - Le Monastier-sur-Gazeille (930m)- Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) 22km.

Cliquez sur la carte pour passer à l'étape suivante et voir d'autres paysages en couleurs pour quatre sous.

Partager cet article
Repost0

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Publié le par gibirando

 

DES PAYSAGES EN COULEURS.....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmLundi 19 juillet 2004 : 1ere étape de 19 kms.

Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m).

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson où il explique le regard que portent les gens de Monastier sur son projet de voyage : " Un touriste de mon genre était alors chose inouïe dans cette région. On m'y considérait avec une piété dédaigneuse comme un individu qui aurait décidé un voyage dans la lune ".

Dans une petite localité, nommée Le Monastier, où nous devions nous rendre, nos bagages devaient nous précéder. Voilà pourquoi, en ce lundi matin 19 juillet 2004, il n'est que 8 heures, mais nous nous dépêchons de fermer nos sacs, car le transporteur est déjà dans le hall à attendre nos valises pour les amener au Monastier-sur-Gazeille, terme de notre première journée.

Le temps de prendre un copieux petit déjeuner et sans oublier nos paniers-repas, il est 8 h 30 quand nous quittons l'hôtel Bristol.

En plus de ce pique-nique, nos sacs sur le dos pour la journée contiennent, deux gourdes d'eau d'un litre, des sandales de marche légères, un poncho, une polaire et une veste en goretex. J'estime à environ 8 à 9 kilos, la charge qu'il nous faudra porter tout au long des 19 kilomètres de notre étape. De mon côté, je porte en sus, une sacoche avec l'appareil photo, des jumelles et un GPS. Le ciel est aussi chargé que nous, mais par de gros nuages gris qui détalent vers l'est. Nous redoutons la pluie et avons pris toutes nos précautions pour faire face à d'éventuelles intempéries. J'ai même pris un parapluie pliable. Si l'on en juge aux poids de nos sacs qui pèsent trop lourdement sur nos épaules, nous sommes sans doute excessivement prévoyants.J'étudie une dernière fois le topo-guide pendant que Dany entre dans une pharmacie mitoyenne de l'hôtel pour acheter un " Aspivenin ".

Nous devons prendre la direction d'Ours, premier village à traverser après être sortis du Puy. Hier, à une vingtaine de mètres, nous avons remarqué un panneau qui indiquait Ours immédiatement à droite en sortant de l'hôtel.

Dany a trouvé son bonheur à la pharmacie et nous prenons immédiatement cette direction.

Effectivement, nous avons pris cette direction et quelques dizaines de mètres plus loin, nous retrouvons les habituelles marques blanches et rouges d'un G.R. Il s'agit dans l'immédiat du G.R.430, Chemin de Saint-François Régis qui est, sur le Chemin de Stevenson, le passage obligé quand on démarre du Puy en Velay.

Par plusieurs rues, avenues et boulevards que nous grimpons, nous nous éloignons de la ville que nous finissons par apercevoir comme au fond d'une large cuvette. Seuls les trois rochers historiques avec la statue Notre Dame de France, la chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe et le sanctuaire Saint-Joseph d'Espaly se dressent dans le décor.

C'est avec plaisir que nous quittons enfin l'asphalte pour un chemin pavé bien ombragé bordé de murettes et d'arbustes. En regardant ces pavés usés, ces ornières creusées par les siècles et ces murettes noires et moussues, je ne peux m'empêcher de penser que ce chemin prénommé jadis " La Calade d'Ours " doit avoir une lourde histoire et a du voir des milliers de pèlerins et de randonneurs le cheminer.

D'ailleurs au bout de quelques minutes, nous rencontrons une croix en pierre sculptée. Usée par le temps, une date apparaît : 1600 ! Peu après, nous longeons une ferme et débouchons dans le village d'Ours. Nous traversons une route et laissons sur la droite le château d'Ours qui est une ancienne maison d'assemblée (*). A bas du hameau, nous profitons de séculaires lavoirs pour nous asperger d'une eau fraîche bienfaitrice.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Sur un sentier de pouzzolanes rouges et au milieu des blés après le village d'Ours

Peu après, à travers des champs de blé sur un sentier fait de pouzzolanes rouges, nous gravissons un faible dénivelé. Arrivés sur un plateau, au milieu de champs céréaliers, le chemin s'élargit puis redescend vers une vallée. Dans la descente, nous hésitons à un embranchement sans balisage spécifique où le chemin s'est sérieusement rétréci.

(*) Tous les villages du Velay disposaient d'une maison d'assemblée où une religieuse rattachée à la Congrégation de l'enfant Jésus du Puy se chargeait de divulguer un peu d'instruction aux enfants, de donner des soins aux malades et d'enseigner le catéchisme.

Heureusement, nous retrouvons rapidement les traces rouges et blanches du G.R et les quelques pins tordus mentionnés sur le topo-guide que l'on appelle dans la région " pins du boulanger" (**). Le sentier devient plus sinueux, remonte vers une zone habitée " Les Sarpouleyres " puis redescend dans le Bois du Mont Jonnet.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

A l'entrée de Coubon avec au loin le château de Bouzols et sur le pont qui enjambe la Loire

Nous approchons de Coubon et marchons maintenant sur une route en bitume au milieu de splendides villas aux jardins très fleuris. Nous engageons la conversation avec un homme fort agréable et le félicitons pour ses extraordinaires géraniums rouges dont les fleurs en boule sont aussi grosses que celles de certains hortensias. Il nous explique dans le détail tout le travail et les soins qu'il prodigue au fil des saisons pour obtenir ce magnifique résultat.

Au loin, nous distinguons le château de Bouzols perché sur son promontoire, puis Coubon que nous ne tardons pas à atteindre.

Tout en remplissant nos gourdes déjà vides à une très belle fontaine fleurie de gros oeillets d'Inde oranges, nous discutons avec d'autres randonneurs qui font le Chemin de Saint-François Régis. A tour de rôle, nous évoquons la beauté des randonnées réalisées les années précédentes, puis chacun poursuit sa route et nous nous séparons aussi vite que nous nous sommes connus.

Nous empruntons le pont qui traverse la Loire et arrivés de l'autre côté, Dany entre dans une épicerie pour faire quelques emplettes.

Je profite de cet arrêt pour réviser le topo-guide sur la suite de la journée. Nous sortons de Coubon par la D.37 et 200 mètres après, nous prenons à droite une route avec une forte inclinaison qui se dirige vers les villages de l'Holme et de Poinsac.

(**) Autrefois, les pins étaient élagués pour en tirer des fagots destinés aux boulangeries. Ces tailles ont finis par donner aux arbres des formes bizarres et tourmentées.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Après le village d'Holme, le GR70 déroule son ruban avec de beaux panoramas

Arrivés à une intersection où se trouve une croix en pierres, le topo-guide indique de prendre à droite en direction de l'Holme mais cet indice est en totale contradiction avec le balisage peint. Sur la droite, une croix blanche et rouge spécifie " mauvaise direction ". Nous prenons l'option de continuer tout droit et effectivement 20 mètres après, nous trouvons très rapidement le marquage sur un poteau en béton. Une centaine de mètres devant nous, un autre randonneur a pris la même direction et cela nous conforte dans notre choix. Nous cheminons quatre à cinq cent mètres, entrons dans le village de Dempeyre et ne trouvons plus aucune trace du G.R. Un coup d'oeil sur la carte du topo-guide et je constate qu'effectivement le G.R ne passe pas par ce village. Je peste contre ces mauvaises indications qui ne correspondent pas à celles du topo-guide.

Il est midi, un brin énervé par cette déconvenue, nous rebroussons chemin, retrouvons le carrefour, source de notre égarement et grimpons par le tarmac vers le village de L'Holme. Le ciel est orageux, il fait très chaud, la faim joue sur nos organismes un peu fatigués. Nous décidons de nous arrêter à l'ombre de quelques arbres pour pique-niquer. Le panier-repas préparé par l'hôtel fait d'un gros pan bagnat, d'un oeuf dur, de fromage et d'une pomme est amplement suffisant pour caler notre bel appétit. La chaleur aidant, le repas a un effet si anesthésiant que nous éprouvons le besoin de nous allonger sur l'herbe. Après plus d'une heure de pause, nous nous remettons en marche et atteignons très rapidement le village d'Holme.

Au centre du village, nous quittons le goudron pour un long et rectiligne sentier de gravillons. Cet agréable chemin déroule son ruban sur un large plateau au milieu de terres cultivées, de nombreux maquis et de quelques petits bois. De chaque côté, nous pouvons apercevoir toute une série de petits cônes aux formes arrondies et couvertes de pins sur leurs sommets. D'origine volcanique, ces petits puys sont localement appelés des " gardes " : Garde d'Ours, Garde de Mons.

Nous marchons la plupart de temps à découvert avec la possibilité de voir le paysage défiler de part et d'autre du sentier. Nous surplombons de minuscules villages que nous pouvons identifier grâce aux cartes de topo-guide : Archinaud, Truchet, Arsac en Velay, Le Chier Blanc, Chadron, Le Clauzel, etc....

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Ravitaillement en eau fraîche au splendide village de l'Herm

Vers 16 heures, nous entrons dans le Bois des Gondous et éprouvons le besoin de souffler à l'ombre de quelques pins.

Le randonneur aperçut à Dempeyre en fin de matinée, là où nous nous sommes égarés, arrive. Il s'agit d'un petit homme, que j'appelle " Monsieur 62 " (car il nous dit avoir 62 ans). Il fait le Stevenson en solitaire. Lui aussi ronchonne après les mauvaises indications du balisage après Coubon. Contrairement à nous, il s'est complètement égaré, a tourné en rond à Dempeyre, avant de rejoindre le G.R près de Truchet par une longue route goudronnée qui a commencé à lui échauffer la plante des pieds.

Quelques biscuits et un café et nous repartons sur une piste forestière. Nous observons des engins qui travaillent à l'entretien du chemin et de ses bas-côtés. Ils nettoient les fossés de part et d'autre du chemin afin que les eaux pluviales s'écoulent plus facilement. Nous ressortons du bois et arrivons au très joli village de " l'Herm " où les maisons exposent leurs très nobles façades de pierres. Par un verdoyant sentier entre des murettes et des arbustes, nous débouchons sur la D.38 puis rejoignons rapidement Le Monastier-sur-Gazeille (*), point de départ du voyage de Stevenson.

Nous traversons le centre du village et trouvons sans problèmes, l'hôtel " Le Provence ". Nos bagages sont bien là dans le hall à nous attendre.

La chambre, une douche fraîche, une heure de sieste et nous voilà déjà prêts à repartir pour visiter le vieux village.

(*) Le Monastier tire son nom de mot " Monastère ", lieu habité par des moines.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

A Monastier devant le château édifié en 1365 et l'abbaye du XIe

Par de minuscules ruelles, nous gagnons la curieuse église Saint-Jean couverte de lauzes, l'imposante abbaye qui date du XIe siècle avec sa façade polychrome et qui est, parait-elle, un des fleurons de l'art roman du Velay et enfin l'imposant château édifié en 1365. Malheureusement, il est déjà tard et de tous ses trésors architecturaux, nous nous contenterons de découvrir les extérieurs seulement. Déçus de trouver toutes les portes closes, nous regagnons l'hôtel pour un excellent dîner rapidement expédié. Avant de terminer la journée, j'ai bien envie d'aller voir le Viaduc de la Recoumène, car on dit de lui, qu'il est le haut-lieu européen du saut à l'élastique.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

En direction du viaduc de Recoumène

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Le viaduc de Recoumène, haut-lieu du saut à l'élastique dans la nuit tombante

Nous voilà donc repartis sur la D.535 pour quatre à cinq kilomètres aller-retour. La nuit tombe, nous accélérons le pas, le viaduc se rapproche mais Dany qui est partie avec des sandales trop légères commence à claudiquer. Des cloques ont fait leur apparition au bout de ses orteils. Il fait nuit quand nous arrivons au Viaduc. Il s'agit d'un impressionnant ouvrage d'art à huit arches conçu entre 1922 et 1925 par l'ingénieur Paul Séjourné. Construit en basalte bleu sombre au dessus de la rivière Gazeille, le viaduc culmine à 66 mètres pour une longueur de 270 mètres en courbe. Malheureusement, les constructeurs du viaduc n'eurent jamais le plaisir de voir un train le franchir. En effet, la voie ferrée transcévenole qui avait été imaginée au début du siècle ne fut jamais construite car prise de vitesse par le développement de la " voiture automobile ".

C'est avec un petit vent fraîchissant et sous une voûte céleste très étoilée que nous regagnons notre chambre. Les derniers kilomètres ont eu un effet désastreux sur les pieds de Dany. Au fond de moi, je regrette de l'avoir contrainte à aller au viaduc. Avec les distances qui nous attendent pour les prochains jours, j'espère que demain elle ira mieux.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Dany sur le parapet du viaduc

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Cliquez sur la carte pour passer à l'étape suivante et voir d'autres paysages en couleurs pour quatre sous.

Partager cet article
Repost0

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Publié le par gibirando

 

DES PAYSAGES EN COULEURS.....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmLundi 19 juillet 2004 : 1ere étape de 19 kms.

Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m).

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson où il explique le regard que portent les gens de Monastier sur son projet de voyage : " Un touriste de mon genre était alors chose inouïe dans cette région. On m'y considérait avec une piété dédaigneuse comme un individu qui aurait décidé un voyage dans la lune ".

Dans une petite localité, nommée Le Monastier, où nous devions nous rendre, nos bagages devaient nous précéder. Voilà pourquoi, en ce lundi matin 19 juillet 2004, il n'est que 8 heures, mais nous nous dépêchons de fermer nos sacs, car le transporteur est déjà dans le hall à attendre nos valises pour les amener au Monastier-sur-Gazeille, terme de notre première journée.

Le temps de prendre un copieux petit déjeuner et sans oublier nos paniers-repas, il est 8 h 30 quand nous quittons l'hôtel Bristol.

En plus de ce pique-nique, nos sacs sur le dos pour la journée contiennent, deux gourdes d'eau d'un litre, des sandales de marche légères, un poncho, une polaire et une veste en goretex. J'estime à environ 8 à 9 kilos, la charge qu'il nous faudra porter tout au long des 19 kilomètres de notre étape. De mon côté, je porte en sus, une sacoche avec l'appareil photo, des jumelles et un GPS. Le ciel est aussi chargé que nous, mais par de gros nuages gris qui détalent vers l'est. Nous redoutons la pluie et avons pris toutes nos précautions pour faire face à d'éventuelles intempéries. J'ai même pris un parapluie pliable. Si l'on en juge aux poids de nos sacs qui pèsent trop lourdement sur nos épaules, nous sommes sans doute excessivement prévoyants.J'étudie une dernière fois le topo-guide pendant que Dany entre dans une pharmacie mitoyenne de l'hôtel pour acheter un " Aspivenin ".

Nous devons prendre la direction d'Ours, premier village à traverser après être sortis du Puy. Hier, à une vingtaine de mètres, nous avons remarqué un panneau qui indiquait Ours immédiatement à droite en sortant de l'hôtel.

Dany a trouvé son bonheur à la pharmacie et nous prenons immédiatement cette direction.

Effectivement, nous avons pris cette direction et quelques dizaines de mètres plus loin, nous retrouvons les habituelles marques blanches et rouges d'un G.R. Il s'agit dans l'immédiat du G.R.430, Chemin de Saint-François Régis qui est, sur le Chemin de Stevenson, le passage obligé quand on démarre du Puy en Velay.

Par plusieurs rues, avenues et boulevards que nous grimpons, nous nous éloignons de la ville que nous finissons par apercevoir comme au fond d'une large cuvette. Seuls les trois rochers historiques avec la statue Notre Dame de France, la chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe et le sanctuaire Saint-Joseph d'Espaly se dressent dans le décor.

C'est avec plaisir que nous quittons enfin l'asphalte pour un chemin pavé bien ombragé bordé de murettes et d'arbustes. En regardant ces pavés usés, ces ornières creusées par les siècles et ces murettes noires et moussues, je ne peux m'empêcher de penser que ce chemin prénommé jadis " La Calade d'Ours " doit avoir une lourde histoire et a du voir des milliers de pèlerins et de randonneurs le cheminer.

D'ailleurs au bout de quelques minutes, nous rencontrons une croix en pierre sculptée. Usée par le temps, une date apparaît : 1600 ! Peu après, nous longeons une ferme et débouchons dans le village d'Ours. Nous traversons une route et laissons sur la droite le château d'Ours qui est une ancienne maison d'assemblée (*). A bas du hameau, nous profitons de séculaires lavoirs pour nous asperger d'une eau fraîche bienfaitrice.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Sur un sentier de pouzzolanes rouges et au milieu des blés après le village d'Ours

Peu après, à travers des champs de blé sur un sentier fait de pouzzolanes rouges, nous gravissons un faible dénivelé. Arrivés sur un plateau, au milieu de champs céréaliers, le chemin s'élargit puis redescend vers une vallée. Dans la descente, nous hésitons à un embranchement sans balisage spécifique où le chemin s'est sérieusement rétréci.

(*) Tous les villages du Velay disposaient d'une maison d'assemblée où une religieuse rattachée à la Congrégation de l'enfant Jésus du Puy se chargeait de divulguer un peu d'instruction aux enfants, de donner des soins aux malades et d'enseigner le catéchisme.

Heureusement, nous retrouvons rapidement les traces rouges et blanches du G.R et les quelques pins tordus mentionnés sur le topo-guide que l'on appelle dans la région " pins du boulanger" (**). Le sentier devient plus sinueux, remonte vers une zone habitée " Les Sarpouleyres " puis redescend dans le Bois du Mont Jonnet.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

A l'entrée de Coubon avec au loin le château de Bouzols et sur le pont qui enjambe la Loire

Nous approchons de Coubon et marchons maintenant sur une route en bitume au milieu de splendides villas aux jardins très fleuris. Nous engageons la conversation avec un homme fort agréable et le félicitons pour ses extraordinaires géraniums rouges dont les fleurs en boule sont aussi grosses que celles de certains hortensias. Il nous explique dans le détail tout le travail et les soins qu'il prodigue au fil des saisons pour obtenir ce magnifique résultat.

Au loin, nous distinguons le château de Bouzols perché sur son promontoire, puis Coubon que nous ne tardons pas à atteindre.

Tout en remplissant nos gourdes déjà vides à une très belle fontaine fleurie de gros oeillets d'Inde oranges, nous discutons avec d'autres randonneurs qui font le Chemin de Saint-François Régis. A tour de rôle, nous évoquons la beauté des randonnées réalisées les années précédentes, puis chacun poursuit sa route et nous nous séparons aussi vite que nous nous sommes connus.

Nous empruntons le pont qui traverse la Loire et arrivés de l'autre côté, Dany entre dans une épicerie pour faire quelques emplettes.

Je profite de cet arrêt pour réviser le topo-guide sur la suite de la journée. Nous sortons de Coubon par la D.37 et 200 mètres après, nous prenons à droite une route avec une forte inclinaison qui se dirige vers les villages de l'Holme et de Poinsac.

(**) Autrefois, les pins étaient élagués pour en tirer des fagots destinés aux boulangeries. Ces tailles ont finis par donner aux arbres des formes bizarres et tourmentées.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Après le village d'Holme, le GR70 déroule son ruban avec de beaux panoramas

Arrivés à une intersection où se trouve une croix en pierres, le topo-guide indique de prendre à droite en direction de l'Holme mais cet indice est en totale contradiction avec le balisage peint. Sur la droite, une croix blanche et rouge spécifie " mauvaise direction ". Nous prenons l'option de continuer tout droit et effectivement 20 mètres après, nous trouvons très rapidement le marquage sur un poteau en béton. Une centaine de mètres devant nous, un autre randonneur a pris la même direction et cela nous conforte dans notre choix. Nous cheminons quatre à cinq cent mètres, entrons dans le village de Dempeyre et ne trouvons plus aucune trace du G.R. Un coup d'oeil sur la carte du topo-guide et je constate qu'effectivement le G.R ne passe pas par ce village. Je peste contre ces mauvaises indications qui ne correspondent pas à celles du topo-guide.

Il est midi, un brin énervé par cette déconvenue, nous rebroussons chemin, retrouvons le carrefour, source de notre égarement et grimpons par le tarmac vers le village de L'Holme. Le ciel est orageux, il fait très chaud, la faim joue sur nos organismes un peu fatigués. Nous décidons de nous arrêter à l'ombre de quelques arbres pour pique-niquer. Le panier-repas préparé par l'hôtel fait d'un gros pan bagnat, d'un oeuf dur, de fromage et d'une pomme est amplement suffisant pour caler notre bel appétit. La chaleur aidant, le repas a un effet si anesthésiant que nous éprouvons le besoin de nous allonger sur l'herbe. Après plus d'une heure de pause, nous nous remettons en marche et atteignons très rapidement le village d'Holme.

Au centre du village, nous quittons le goudron pour un long et rectiligne sentier de gravillons. Cet agréable chemin déroule son ruban sur un large plateau au milieu de terres cultivées, de nombreux maquis et de quelques petits bois. De chaque côté, nous pouvons apercevoir toute une série de petits cônes aux formes arrondies et couvertes de pins sur leurs sommets. D'origine volcanique, ces petits puys sont localement appelés des " gardes " : Garde d'Ours, Garde de Mons.

Nous marchons la plupart de temps à découvert avec la possibilité de voir le paysage défiler de part et d'autre du sentier. Nous surplombons de minuscules villages que nous pouvons identifier grâce aux cartes de topo-guide : Archinaud, Truchet, Arsac en Velay, Le Chier Blanc, Chadron, Le Clauzel, etc....

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Ravitaillement en eau fraîche au splendide village de l'Herm

Vers 16 heures, nous entrons dans le Bois des Gondous et éprouvons le besoin de souffler à l'ombre de quelques pins.

Le randonneur aperçut à Dempeyre en fin de matinée, là où nous nous sommes égarés, arrive. Il s'agit d'un petit homme, que j'appelle " Monsieur 62 " (car il nous dit avoir 62 ans). Il fait le Stevenson en solitaire. Lui aussi ronchonne après les mauvaises indications du balisage après Coubon. Contrairement à nous, il s'est complètement égaré, a tourné en rond à Dempeyre, avant de rejoindre le G.R près de Truchet par une longue route goudronnée qui a commencé à lui échauffer la plante des pieds.

Quelques biscuits et un café et nous repartons sur une piste forestière. Nous observons des engins qui travaillent à l'entretien du chemin et de ses bas-côtés. Ils nettoient les fossés de part et d'autre du chemin afin que les eaux pluviales s'écoulent plus facilement. Nous ressortons du bois et arrivons au très joli village de " l'Herm " où les maisons exposent leurs très nobles façades de pierres. Par un verdoyant sentier entre des murettes et des arbustes, nous débouchons sur la D.38 puis rejoignons rapidement Le Monastier-sur-Gazeille (*), point de départ du voyage de Stevenson.

Nous traversons le centre du village et trouvons sans problèmes, l'hôtel " Le Provence ". Nos bagages sont bien là dans le hall à nous attendre.

La chambre, une douche fraîche, une heure de sieste et nous voilà déjà prêts à repartir pour visiter le vieux village.

(*) Le Monastier tire son nom de mot " Monastère ", lieu habité par des moines.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

A Monastier devant le château édifié en 1365 et l'abbaye du XIe

Par de minuscules ruelles, nous gagnons la curieuse église Saint-Jean couverte de lauzes, l'imposante abbaye qui date du XIe siècle avec sa façade polychrome et qui est, parait-elle, un des fleurons de l'art roman du Velay et enfin l'imposant château édifié en 1365. Malheureusement, il est déjà tard et de tous ses trésors architecturaux, nous nous contenterons de découvrir les extérieurs seulement. Déçus de trouver toutes les portes closes, nous regagnons l'hôtel pour un excellent dîner rapidement expédié. Avant de terminer la journée, j'ai bien envie d'aller voir le Viaduc de la Recoumène, car on dit de lui, qu'il est le haut-lieu européen du saut à l'élastique.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

En direction du viaduc de Recoumène

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Le viaduc de Recoumène, haut-lieu du saut à l'élastique dans la nuit tombante

Nous voilà donc repartis sur la D.535 pour quatre à cinq kilomètres aller-retour. La nuit tombe, nous accélérons le pas, le viaduc se rapproche mais Dany qui est partie avec des sandales trop légères commence à claudiquer. Des cloques ont fait leur apparition au bout de ses orteils. Il fait nuit quand nous arrivons au Viaduc. Il s'agit d'un impressionnant ouvrage d'art à huit arches conçu entre 1922 et 1925 par l'ingénieur Paul Séjourné. Construit en basalte bleu sombre au dessus de la rivière Gazeille, le viaduc culmine à 66 mètres pour une longueur de 270 mètres en courbe. Malheureusement, les constructeurs du viaduc n'eurent jamais le plaisir de voir un train le franchir. En effet, la voie ferrée transcévenole qui avait été imaginée au début du siècle ne fut jamais construite car prise de vitesse par le développement de la " voiture automobile ".

C'est avec un petit vent fraîchissant et sous une voûte céleste très étoilée que nous regagnons notre chambre. Les derniers kilomètres ont eu un effet désastreux sur les pieds de Dany. Au fond de moi, je regrette de l'avoir contrainte à aller au viaduc. Avec les distances qui nous attendent pour les prochains jours, j'espère que demain elle ira mieux.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Dany sur le parapet du viaduc

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Cliquez sur la carte pour passer à l'étape suivante et voir d'autres paysages en couleurs pour quatre sous.

Partager cet article
Repost0

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Publié le par gibirando

 

DES PAYSAGES EN COULEURS.....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmLundi 19 juillet 2004 : 1ere étape de 19 kms.

Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m).

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson où il explique le regard que portent les gens de Monastier sur son projet de voyage : " Un touriste de mon genre était alors chose inouïe dans cette région. On m'y considérait avec une piété dédaigneuse comme un individu qui aurait décidé un voyage dans la lune ".

Dans une petite localité, nommée Le Monastier, où nous devions nous rendre, nos bagages devaient nous précéder. Voilà pourquoi, en ce lundi matin 19 juillet 2004, il n'est que 8 heures, mais nous nous dépêchons de fermer nos sacs, car le transporteur est déjà dans le hall à attendre nos valises pour les amener au Monastier-sur-Gazeille, terme de notre première journée.

Le temps de prendre un copieux petit déjeuner et sans oublier nos paniers-repas, il est 8 h 30 quand nous quittons l'hôtel Bristol.

En plus de ce pique-nique, nos sacs sur le dos pour la journée contiennent, deux gourdes d'eau d'un litre, des sandales de marche légères, un poncho, une polaire et une veste en goretex. J'estime à environ 8 à 9 kilos, la charge qu'il nous faudra porter tout au long des 19 kilomètres de notre étape. De mon côté, je porte en sus, une sacoche avec l'appareil photo, des jumelles et un GPS. Le ciel est aussi chargé que nous, mais par de gros nuages gris qui détalent vers l'est. Nous redoutons la pluie et avons pris toutes nos précautions pour faire face à d'éventuelles intempéries. J'ai même pris un parapluie pliable. Si l'on en juge aux poids de nos sacs qui pèsent trop lourdement sur nos épaules, nous sommes sans doute excessivement prévoyants.J'étudie une dernière fois le topo-guide pendant que Dany entre dans une pharmacie mitoyenne de l'hôtel pour acheter un " Aspivenin ".

Nous devons prendre la direction d'Ours, premier village à traverser après être sortis du Puy. Hier, à une vingtaine de mètres, nous avons remarqué un panneau qui indiquait Ours immédiatement à droite en sortant de l'hôtel.

Dany a trouvé son bonheur à la pharmacie et nous prenons immédiatement cette direction.

Effectivement, nous avons pris cette direction et quelques dizaines de mètres plus loin, nous retrouvons les habituelles marques blanches et rouges d'un G.R. Il s'agit dans l'immédiat du G.R.430, Chemin de Saint-François Régis qui est, sur le Chemin de Stevenson, le passage obligé quand on démarre du Puy en Velay.

Par plusieurs rues, avenues et boulevards que nous grimpons, nous nous éloignons de la ville que nous finissons par apercevoir comme au fond d'une large cuvette. Seuls les trois rochers historiques avec la statue Notre Dame de France, la chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe et le sanctuaire Saint-Joseph d'Espaly se dressent dans le décor.

C'est avec plaisir que nous quittons enfin l'asphalte pour un chemin pavé bien ombragé bordé de murettes et d'arbustes. En regardant ces pavés usés, ces ornières creusées par les siècles et ces murettes noires et moussues, je ne peux m'empêcher de penser que ce chemin prénommé jadis " La Calade d'Ours " doit avoir une lourde histoire et a du voir des milliers de pèlerins et de randonneurs le cheminer.

D'ailleurs au bout de quelques minutes, nous rencontrons une croix en pierre sculptée. Usée par le temps, une date apparaît : 1600 ! Peu après, nous longeons une ferme et débouchons dans le village d'Ours. Nous traversons une route et laissons sur la droite le château d'Ours qui est une ancienne maison d'assemblée (*). A bas du hameau, nous profitons de séculaires lavoirs pour nous asperger d'une eau fraîche bienfaitrice.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Sur un sentier de pouzzolanes rouges et au milieu des blés après le village d'Ours

Peu après, à travers des champs de blé sur un sentier fait de pouzzolanes rouges, nous gravissons un faible dénivelé. Arrivés sur un plateau, au milieu de champs céréaliers, le chemin s'élargit puis redescend vers une vallée. Dans la descente, nous hésitons à un embranchement sans balisage spécifique où le chemin s'est sérieusement rétréci.

(*) Tous les villages du Velay disposaient d'une maison d'assemblée où une religieuse rattachée à la Congrégation de l'enfant Jésus du Puy se chargeait de divulguer un peu d'instruction aux enfants, de donner des soins aux malades et d'enseigner le catéchisme.

Heureusement, nous retrouvons rapidement les traces rouges et blanches du G.R et les quelques pins tordus mentionnés sur le topo-guide que l'on appelle dans la région " pins du boulanger" (**). Le sentier devient plus sinueux, remonte vers une zone habitée " Les Sarpouleyres " puis redescend dans le Bois du Mont Jonnet.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

A l'entrée de Coubon avec au loin le château de Bouzols et sur le pont qui enjambe la Loire

Nous approchons de Coubon et marchons maintenant sur une route en bitume au milieu de splendides villas aux jardins très fleuris. Nous engageons la conversation avec un homme fort agréable et le félicitons pour ses extraordinaires géraniums rouges dont les fleurs en boule sont aussi grosses que celles de certains hortensias. Il nous explique dans le détail tout le travail et les soins qu'il prodigue au fil des saisons pour obtenir ce magnifique résultat.

Au loin, nous distinguons le château de Bouzols perché sur son promontoire, puis Coubon que nous ne tardons pas à atteindre.

Tout en remplissant nos gourdes déjà vides à une très belle fontaine fleurie de gros oeillets d'Inde oranges, nous discutons avec d'autres randonneurs qui font le Chemin de Saint-François Régis. A tour de rôle, nous évoquons la beauté des randonnées réalisées les années précédentes, puis chacun poursuit sa route et nous nous séparons aussi vite que nous nous sommes connus.

Nous empruntons le pont qui traverse la Loire et arrivés de l'autre côté, Dany entre dans une épicerie pour faire quelques emplettes.

Je profite de cet arrêt pour réviser le topo-guide sur la suite de la journée. Nous sortons de Coubon par la D.37 et 200 mètres après, nous prenons à droite une route avec une forte inclinaison qui se dirige vers les villages de l'Holme et de Poinsac.

(**) Autrefois, les pins étaient élagués pour en tirer des fagots destinés aux boulangeries. Ces tailles ont finis par donner aux arbres des formes bizarres et tourmentées.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Après le village d'Holme, le GR70 déroule son ruban avec de beaux panoramas

Arrivés à une intersection où se trouve une croix en pierres, le topo-guide indique de prendre à droite en direction de l'Holme mais cet indice est en totale contradiction avec le balisage peint. Sur la droite, une croix blanche et rouge spécifie " mauvaise direction ". Nous prenons l'option de continuer tout droit et effectivement 20 mètres après, nous trouvons très rapidement le marquage sur un poteau en béton. Une centaine de mètres devant nous, un autre randonneur a pris la même direction et cela nous conforte dans notre choix. Nous cheminons quatre à cinq cent mètres, entrons dans le village de Dempeyre et ne trouvons plus aucune trace du G.R. Un coup d'oeil sur la carte du topo-guide et je constate qu'effectivement le G.R ne passe pas par ce village. Je peste contre ces mauvaises indications qui ne correspondent pas à celles du topo-guide.

Il est midi, un brin énervé par cette déconvenue, nous rebroussons chemin, retrouvons le carrefour, source de notre égarement et grimpons par le tarmac vers le village de L'Holme. Le ciel est orageux, il fait très chaud, la faim joue sur nos organismes un peu fatigués. Nous décidons de nous arrêter à l'ombre de quelques arbres pour pique-niquer. Le panier-repas préparé par l'hôtel fait d'un gros pan bagnat, d'un oeuf dur, de fromage et d'une pomme est amplement suffisant pour caler notre bel appétit. La chaleur aidant, le repas a un effet si anesthésiant que nous éprouvons le besoin de nous allonger sur l'herbe. Après plus d'une heure de pause, nous nous remettons en marche et atteignons très rapidement le village d'Holme.

Au centre du village, nous quittons le goudron pour un long et rectiligne sentier de gravillons. Cet agréable chemin déroule son ruban sur un large plateau au milieu de terres cultivées, de nombreux maquis et de quelques petits bois. De chaque côté, nous pouvons apercevoir toute une série de petits cônes aux formes arrondies et couvertes de pins sur leurs sommets. D'origine volcanique, ces petits puys sont localement appelés des " gardes " : Garde d'Ours, Garde de Mons.

Nous marchons la plupart de temps à découvert avec la possibilité de voir le paysage défiler de part et d'autre du sentier. Nous surplombons de minuscules villages que nous pouvons identifier grâce aux cartes de topo-guide : Archinaud, Truchet, Arsac en Velay, Le Chier Blanc, Chadron, Le Clauzel, etc....

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Ravitaillement en eau fraîche au splendide village de l'Herm

Vers 16 heures, nous entrons dans le Bois des Gondous et éprouvons le besoin de souffler à l'ombre de quelques pins.

Le randonneur aperçut à Dempeyre en fin de matinée, là où nous nous sommes égarés, arrive. Il s'agit d'un petit homme, que j'appelle " Monsieur 62 " (car il nous dit avoir 62 ans). Il fait le Stevenson en solitaire. Lui aussi ronchonne après les mauvaises indications du balisage après Coubon. Contrairement à nous, il s'est complètement égaré, a tourné en rond à Dempeyre, avant de rejoindre le G.R près de Truchet par une longue route goudronnée qui a commencé à lui échauffer la plante des pieds.

Quelques biscuits et un café et nous repartons sur une piste forestière. Nous observons des engins qui travaillent à l'entretien du chemin et de ses bas-côtés. Ils nettoient les fossés de part et d'autre du chemin afin que les eaux pluviales s'écoulent plus facilement. Nous ressortons du bois et arrivons au très joli village de " l'Herm " où les maisons exposent leurs très nobles façades de pierres. Par un verdoyant sentier entre des murettes et des arbustes, nous débouchons sur la D.38 puis rejoignons rapidement Le Monastier-sur-Gazeille (*), point de départ du voyage de Stevenson.

Nous traversons le centre du village et trouvons sans problèmes, l'hôtel " Le Provence ". Nos bagages sont bien là dans le hall à nous attendre.

La chambre, une douche fraîche, une heure de sieste et nous voilà déjà prêts à repartir pour visiter le vieux village.

(*) Le Monastier tire son nom de mot " Monastère ", lieu habité par des moines.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

A Monastier devant le château édifié en 1365 et l'abbaye du XIe

Par de minuscules ruelles, nous gagnons la curieuse église Saint-Jean couverte de lauzes, l'imposante abbaye qui date du XIe siècle avec sa façade polychrome et qui est, parait-elle, un des fleurons de l'art roman du Velay et enfin l'imposant château édifié en 1365. Malheureusement, il est déjà tard et de tous ses trésors architecturaux, nous nous contenterons de découvrir les extérieurs seulement. Déçus de trouver toutes les portes closes, nous regagnons l'hôtel pour un excellent dîner rapidement expédié. Avant de terminer la journée, j'ai bien envie d'aller voir le Viaduc de la Recoumène, car on dit de lui, qu'il est le haut-lieu européen du saut à l'élastique.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

En direction du viaduc de Recoumène

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Le viaduc de Recoumène, haut-lieu du saut à l'élastique dans la nuit tombante

Nous voilà donc repartis sur la D.535 pour quatre à cinq kilomètres aller-retour. La nuit tombe, nous accélérons le pas, le viaduc se rapproche mais Dany qui est partie avec des sandales trop légères commence à claudiquer. Des cloques ont fait leur apparition au bout de ses orteils. Il fait nuit quand nous arrivons au Viaduc. Il s'agit d'un impressionnant ouvrage d'art à huit arches conçu entre 1922 et 1925 par l'ingénieur Paul Séjourné. Construit en basalte bleu sombre au dessus de la rivière Gazeille, le viaduc culmine à 66 mètres pour une longueur de 270 mètres en courbe. Malheureusement, les constructeurs du viaduc n'eurent jamais le plaisir de voir un train le franchir. En effet, la voie ferrée transcévenole qui avait été imaginée au début du siècle ne fut jamais construite car prise de vitesse par le développement de la " voiture automobile ".

C'est avec un petit vent fraîchissant et sous une voûte céleste très étoilée que nous regagnons notre chambre. Les derniers kilomètres ont eu un effet désastreux sur les pieds de Dany. Au fond de moi, je regrette de l'avoir contrainte à aller au viaduc. Avec les distances qui nous attendent pour les prochains jours, j'espère que demain elle ira mieux.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Dany sur le parapet du viaduc

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Cliquez sur la carte pour passer à l'étape suivante et voir d'autres paysages en couleurs pour quatre sous.

Partager cet article
Repost0

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

Publié le par gibirando

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

DES PAYSAGES EN COULEURS....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

Préambule

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

(*)Logo de l'Association Le Chemin de Stevenson GR.70

http://www.chemin-stevenson.org/

(Les images dont les légendes sont signalées par un astérisque (*) ne sont pas de moi et je remercie bien aimablement leurs auteurs de m'autoriser à les utiliser pour enjoliver cette histoire.)

1-Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19 km.

2-Le Monastier-sur-Gazeille (930m) - Le Bouchet St-Nicolas (875m) 22 km.

3-Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25 km.

4-Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1125m) 16 km.

5-Cheylard l'Evêque (1125m) - La Bastide-Puylaurent (1024 m) 24 km.

6-La Bastide-Puylaurent (1024 m) - Chasseradès (1150 m) 12 km.

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

NOTRE TRAJET DE 118 KILOMETRES ET DES PATATES ? NON DES LENTILLES ! 

 Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)La vie de Robert Louis Stevenson (1850-1894) (*).Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

Robert Louis Stevenson est né le 13 novembre 1850 à Edimbourg en Ecosse. Dans la famille Stevenson, on est ingénieurs et constructeurs de phares de père en fils.

Tout enfant, sa nurse Cummy lui donne le goût des récits et de la poésie en lui relatant des histoires légendaires et des contes. Plus tard, il prend goût pour la lecture et passe son temps dans la bibliothèque de son père qui regorge de livres d'aventures.

De santé très fragile, il éprouve de grandes difficultés à suivre une scolarité normale, d'autant qu'il n'est pas spécialement attiré par les études. Le climat de l'Ecosse ne lui est pas recommandé, aussi dès l'age de 13 ans, ses parents décident de l'envoyer faire un séjour sur la Côte d'Azur. Il apprécie la France car la vie qu'il mène lui parait moins astreignante et plus indépendante. Il s'initie à l'écriture.

A 16 ans, il publie aux frais de son père un premier roman de 22 pages intitulé " La Révolte du Pentland ". Sa famille qui ne voit pas d'un bon œil ce désir de vouloir devenir écrivain, après lui avoir conseillé en vain de devenir ingénieur, l'inscrit à la Faculté de Droit d'Edimbourg afin qu'il devienne avocat. Sous la contrainte, il apprend ce métier, mais ses aspirations le pousse davantage à écrire qu'à apprendre le droit. Son esprit d'indépendance et son goût démesuré pour les voyages le pousse dès 1874 à venir séjourner en France, pays dont il apprécie la culture.

En 1876, il écrit son premier livre " Voyage sur le continent " où il raconte le récit d'un voyage en canoë sur les canaux et rivières du nord de la France.

En 1877, dans une auberge de Grès-sur-Loing, il tombe amoureux d'une Américaine de 10 ans son aînée, Fanny Osborne. Elle est mariée et mère de deux enfants.

En 1878, il effectue une randonnée pédestre à travers les Cévennes avec une ânesse prénommée Modestine. Un an plus tard il publie son journal de route sous le titre " Voyage avec un âne dans les Cévennes ".

En 1879, il retrouve Fanny. Divorcée, il l'épouse en 1880.

Souffrant de tuberculose, les années suivantes sont une longue quête à trouver des climats et des stations thermales où il tente de juguler sa maladie.

C''est au cours de ces années, qu'il écrit quelques uns de ses plus beaux romans : Les Nouvelles Milles et une nuits en 1882, L'île au trésor en 1883, Le Corbeau en 1885, L'étrange cas du Docteur Jekill et Mister Hyde en 1886.

En juin 1888, après un long séjour au Lac Saranac dans les Monts Adirondacks (Etat de New-York) sa maladie semble enrayée. Il décide avec Fanny de faire une croisière dans les mers du Sud. Ils s'embarquent à San Francisco puis le voyage durera dix huit mois. La goélette " Le Casco " passant par les plus belles îles australes et du Pacifique : Marquises, Tahiti, l'Australie, Hawaii, les archipels Gilbert et les îles Samoa, etc....

Le couple trouve les îles Samoa tellement agréables tant sur le plan du climat, que des paysages et de la population, qu'ils décident de s'y installer définitivement. Ils achètent une propriété qu'ils baptisent Vailima.

Durant cette période, Robert Louis Stevenson continue d'écrire de magnifiques oeuvres dont les plus connues sont : La Flèche Noire en 1888, Le maître de Ballantrae en 1889, Le trafiquant d'épaves en 1892, Le creux de la vague en 1894.

Il défend avec beaucoup d'intensité, les populations autochtones contre l'exploitation des Blancs, si bien qu'il est surnommé Tusitala (le conteur d'histoires). Ce combat qu'il relate dans " Huit années de troubles dans les Samoa " (1892) lui apporte une reconnaissance et un amour sans faille des Samoans.

Quant il meurt le 3 décembre 1894 d'une congestion cérébrale, toute la population de l'île unit ses efforts et trace une piste au milieu de la jungle pour qu'il soit enterré comme il le désirait au sommet du Mont Vaea.

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

 Robert Louis STEVENSON et Fanny OSBORNE (*)

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)L'invitation à la randonnée de Robert Louis Stevenson.

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson dans lequel il fait part de ses motivations : "Quant à moi, je voyage non pour aller quelque part, mais pour marcher. Je voyage pour le plaisir de voyager. L'important est de bouger, d'éprouver de plus près les nécessités et les embarras de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation, de sentir sous mes pieds le granit terrestre et les silex épars avec leurs coupants".

Après de longues réflexions, nous avions choisi pour ces vacances 2004 de faire une partie du G.R.70 Chemin de Stevenson avec portage des bagages organisé par " La Pèlerine " plutôt que le G.R.10 des Pyrénées Ariégeoises.

http://www.lapelerine.com/

En raison de difficultés d'organisation sur le G.R.10 et d'une gêne persistante au genou de Dany, notre choix s'était porté sur ce chemin mythique, mais plus cool.

En 1878, Robert Louis Stevenson décide de voyager pour oublier un amour, qui dans l'immédiat lui paraît impossible : Elle s'appelle Fanny Osborne, elle a 37 ans, elle est mariée et a deux enfants. Stevenson l'a rencontré quelques mois plus tôt et a eu aussitôt le coup de foudre pour cette belle américaine.

Il part pour cette principale raison mais aussi, parce qu'il a un goût immodéré pour les voyages. Il est attiré par les Cévennes, son histoire et ses habitants et se lance dans cet incroyable périple pédestre avec une ânesse prénommée Modestine.

Il n'a que 28 ans et n'est pas encore l'écrivain révélé qu'il deviendra au fil des années avec des romans universellement connus comme : L'île au Trésor (1883), Le cas étrange du Docteur Jekill et Mr. Hyde (1886), La Flèche Noire (1888), etc...

Il part le 22 septembre 1878 de Monastier-sur-Gazeille en Haute-Loire et rejoint Saint-Jean du Gard le 3 octobre après une éreintante (il a une santé fragile depuis sa plus tendre enfance) randonnée de 12 jours et de plus de 200 kilomètres.

Amour du voyage, plaisir de la découverte, désirs de rencontres, volonté de se retrouver seul avec soi-même, goût de l'effort, Stevenson possède certainement toutes les qualités, les envies et les ressources nécessaires à l'accomplissement de cette performance.

A l'époque, les chemins ne sont pas balisés et par les difficultés même qu'il rencontre : égarements, intempéries, ânesse qui n'en fait qu'à sa tête, nuits à la " belle étoile ", Stevenson devient un précurseur et l'ancêtre du randonneur moderne.

Le destin sera au rendez-vous et comme toutes les bonnes histoires d'amour, celle-ci se terminera bien. Il retrouvera Fanny divorcée et l'épousera deux années plus tard.

Si vous aimez la randonnée et la lecture, il faut absolument lire le récit qui relate son itinéraire. Ce petit livre, " Voyage avec un âne dans les Cévennes " est une véritable invitation à parcourir le GR.70 que l'on appelle désormais le " Chemin de Stevenson ". 

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)Dimanche 18 juillet 2004: Visite du Puy en Velay.

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson ou il fait part du plaisir qu'il éprouve à regarder certains paysages : " J'avoue aimer une forme précise là où mes regards se posent et si les paysages se vendaient comme les images de mon enfance, un penny en noir, et quatre sous en couleurs, je donnerais bien quatre sous chaque jour de ma vie "

Cet extrait est bien évidemment la raison du titre de mon récit : "Des paysages en couleurs...pour quatre sous". 

Le voyage que raconte ce petit livre démarre dans la cité du Puy en Velay où nous arrivons le Dimanche 18 juillet 2004 en début d'après-midi. Nous profitons de ce temps libre pour visiter la vieille ville très riche en monuments historiques.

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)ODes Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

 Dany devant la Bête du Gévaudan et dans le centre-ville du Puy en Velay

La splendide cathédrale Notre-Dame du Puy avec sa façade polychrome laisse apparaître des fresques byzantines et des caractères hispano-arabes qui présagent de cultures et de religions très anciennes et parfois même antérieures à la chrétienté dans la cité.

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)ODes Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

Dany dans les ruelles de la cité et dans la basilique avec les pèlerins

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)ODes Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

Devant l'entrée du parc et dans (regardez bien) l'immense statue de la Vierge

Sur le Rocher Corneille, énorme butte d'origine volcanique qui domine la ville, nous grimpons à l'intérieur de l'immense statue de la Vierge érigée en 1860. Cette colossale statue a été conçue avec le métal fondu des canons russes pris à la victoire de Sébastopol (1854-1855) par les troupes franco-anglaises aux soldats du tsar Nicolas 1er.

Vers 19 heures, nous rejoignons l'hôtel Bristol en flânant dans les rues tortueuses et pavées de la ville haute. A l'intérieur de la basilique, les pèlerins, en partance pour le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, assistent aux messes et aux bénédictions qui sont données en leur honneur. Dans les boutiques, les dentellières exposent leur savoir-faire.

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

Vue sur le Puy en Velay depuis le rocher Corneille

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

La statue construite avec les canons russes pris à Sébastopol

Avec la verveine et les lentilles, la dentelle est la principale spécialité du Puy en Velay qui reste une des capitales françaises de cet artisanat. Ce dimanche se termine par un agréable souper au restaurant de l'hôtel. Assiette de charcuterie, confit de canard, plateau de fromages régionaux et flan maison sont au menu pour titiller notre palais. Le tout accompagné d'une carafe de Côtes d'Auvergne rouge. Le séjour commence bien.

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

Un bref aperçu du très bel hôtel Bristol (*)

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

Cliquez sur la carte pour passer à l'étape suivante et voir d'autres paysages en couleurs pour quatre sous.

Partager cet article
Repost0

Le Sarrat d'Espinets (801m) et le Roc Rouge (735m) depuis le col des Auzines (603m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 2 musiques du compositeur et pianiste mexicain Ernesto Cortazar. Elles ont pour titre : "Intimate Liaison" et "Tonight You'll Be Mine" extraites de ses albums "Concertos" III et II.

Le Sarrat d'Espinets (801m) et le Roc Rouge (735m) depuis le col des Auzines (603m)

Le Sarrat d'Espinets (801m) et le Roc Rouge (735m) depuis le col des Auzines (603m)

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

Quand j’ai imaginé de faire cette randonnée vers les sommets du « Sarrat d’Espinets et du Roc Rouge depuis le col des Auzines », je partais pas mal dans l’inconnu. En effet, sur Internet, aucun site, ni aucun topo n’évoquaient ces lieux comme des objectifs de randonnée. De mon côté, et concernant cette possibilité de rejoindre les 2 sommets, je ne gardais qu’un lointain souvenir d’une rencontre avec un groupe de randonneurs lors de la première étape d’un Tour du Fenouillèdes réalisé en 2011 avec mon fils. Alors que nous étions partis de Trilla pour rejoindre Eus, juste après le col Saint-Jean et sous un ciel plus que maussade, nous avions croisé un petit groupe de randonneurs. Encapuchonnés sous leurs ponchos ; comme nous l’étions nous-mêmes ; ils montaient vers le col que nous venions de dépasser. Après les bonjours d’usage, je m’étais permis d’interroger l’homme qui fermait la marche : « Bonjour, par simple curiosité où allez-vous avec ce temps pourri ? » lui avais-je demandé. Très gentiment, l’homme m’avait répondu « nous montons au Sarrat de l’Espinets et au Roc Rouge ». Après l’avoir remercié, notre conversation s’était arrêtée là, la météo ambiante ce jour-là n’incitant pas à s’éterniser en chemin.  Ce n’est qu’en février 2022 que cette idée d’aller découvrir ces 2 sommets est remontée à la surface, alors que depuis le col des Auzines, nous partions Dany et moi pour une autre jolie balade intitulée « La Boucle de Tarerach ». Cette idée ayant germé, je l’avais inscrite sur le petit calepin où je recense toutes les randonnées potentielles. En analysant les cartes IGN et aériennes sur Géoportail et en effectuant quelques recherches sur Internet, l’embryon d’idée s’était peu à peu métamorphosé pour devenir une opportunité. En ce 10 novembre 2022, me voilà enfin au col des Auzines pour concrétiser cette idée et voir si ce germe peut devenir une jolie plante. Bien évidemment, j’ai longuement analysé le parcours, dessinant avec mon vieux logiciel CartoExploreur un tracé sur la carte IGN, tracé que j’ai enregistré dans mon antique GPS Garmin. Enfin, outre l’ascension des 2 sommets, j’ai également prévu une ample visite de Trévillach que je ne connais pas du tout, car si j’ai traversé le village à maintes reprises, jamais je ne m’y suis arrêté. J'ai dressé un liste du patrimoine à découvrir. Après avoir recensé quelques fleurs sur l’esplanade du col où je viens de garer la voiture, il est 10h quand je démarre sous un ciel merveilleusement bleu. Après avoir papoté au bord de la route avec deux cyclistes, GPS allumé en mains, je n’ai aucune difficulté à trouver le sentier montant vers le col Saint-Jean et ce, malgré l’absence totale de panonceau directionnel. Outre le GPS, je prête attention à quelques cairns bien placés et surtout à un balisage jaune et rouge propre au GRP Tour du Fenouillèdes. Malgré les 11 années qui se sont écoulées depuis que je l’ai accompli, c’est un bonheur de constater que le balisage reste toujours visible. Grâce à cette belle météo, la montée est agréable car elle offre déjà des panoramas très intéressants vers le Canigou et toute cette proche région. Elle est d’autant plus agréable que des passereaux peu craintifs se sont prêter au jeu de mes photos. 10h45, le col Saint-Jean est atteint. Je délaisse le chemin se poursuivant tout droit vers le Sarrat de l’Albèze et Trilla et prends la large piste DFCI F82 partant à droite. Là, quelques mètres plus loin, je fais confiance à mon GPS et quitte la piste au profit d’un autre chemin montant à gauche. Ce chemin est en pointillés noirs sur la carte IGN et de ce fait je pense qu’il est praticable. Ce sont les fameux « chemins noirs » chers à Sylvain Tesson. Mais ici, force est d’admettre que ce chemin devient très rapidement impraticable car amplement envahi par une végétation touffue et surtout infranchissable. Sauf à être insensible aux griffures, égratignures, écorchures et autres entailles diverses et variées, je ne vois pas comment je pourrais continuer par-là ? Je n'ai pas fait 20m que me voilà déjà obligé d’éponger quelques menus saignements sur mes mains et mes avant-bras. Ce chemin urticant, c’est à regret mais contraint que je le rebrousse. Je jette un coup d’œil à mon bout de carte IGN et sans autre choix, je suis contraint de poursuivre la piste DFCI F82.  Finalement, je ne trouve aucun remord à emprunter cette piste. En apercevant Séquières et ses monuments, je me souviens d'une jolie balade réalisée avec Dany  En effet, cette piste est très « roulante » et offre des panoramas proches et lointains  à quasiment à 180 degrés, voire plus parfois et en supplément, j’y trouve très facilement le large layon montant vers le Sarrat d’Espinets. Que dire de ce sommet situé à 801m d’altitude, point culminant de la journée ? Si un large layon bien débroussaillé permet de l’atteindre assez facilement, le sommet lui-même est très boisé. Il faut donc se contorsionner tant bien que mal pour se frayer un chemin au travers des nombreux buis pour apercevoir un petit bout de l’autre versant de la colline. Pour moi, cette vision très réduite se résume à une vue aérienne d’Ansignan, à une petite portion des Corbières catalanes avec un Pech du Bugarach étonnamment très ennuagé malgré le grand beau temps régnant partout ailleurs. Pour le reste, j’ai beau chercher le pylône (Pyl) mentionné sur la carte IGN de mon logiciel mais ce dernier semble avoir disparu corps et biens.  Le sommet est seulement agrémenté d’un caisson cimenté ressemblant étrangement à celui que l’on trouve au Pech de Fraysse, sommet du Mont Tauch, bien connu des randonneurs sous le nom de Tour des Géographes. Comme sur ce dernier, il y a au-dessus du caisson, un petit orifice central laissant imaginer que quelque chose y a été figé il y a très longtemps de ça. Était-ce le pylône en question ? Peut-être ! Comme à la Tour des Géographes peut-on imaginer qu’un appareil de mesure, signal de triangulation par exemple utilisé par Delambre et Méchain pour calculer la Méridienne de Dunkerque à Barcelone y a été installé voilà plus de 200 ans ? Sur Internet, je n’ai rien trouvé de tel mais je sais aussi que de très nombreux sommets, servant de points et de repères, ont été expérimentés avant d’être totalement abandonnés dans le calcul de cette Méridienne dite de France ou Méridien de Paris. J em'y perds ! Le Sarrat d’Espinets a-t-il fait partie de ces abandons ? Possible ! Alors que je m’essaie à une photo-souvenir, plus évidente est la présence de vautours fauves passant et repassant près du sommet. Malgré les rapaces, c’est un peu déçu que je quitte les lieux par un autre layon, continuité de celui que j’ai pris initialement. Il redescend lui aussi vers la piste DFCI F82. Dans cette descente, j’ai le plaisir de constater que quelques vues s’entrouvrent bien mieux que celles aperçues au sommet. De plus, je parviens à y photographier un sanglier parmi une harde détalant en étoile en me voyant. Je retrouve la piste où de nouveaux panoramas, une modeste flore et des arbouses bien mûres m’incitent à la flânerie. Parmi ces panoramas et de manière assez singulière, j’aperçois les objectifs de mes 2 plus récentes randonnées qu’ont été Quéribus (le Dernier Bastion cathare) et la Tour del Far. La piste m’entraîne vers le col de Las Couloumines où là je n’ai aucune difficulté à trouver le large mais très pentu chemin montant vers le Roc Rouge. Contrairement au Sarrat d’Espinets, une fois un peu de végétation franchie, plus rien n’empêche aux panoramas de s’entrouvrir. A 735m d’altitude, le Roc Rouge est une petite crête rocheuse dominant la Vallée de l’Agly et son barrage et permettant quelques jolies vues vers les Corbières catalanes et le pays Fenouillèdes, côté synclinal de Saint-Paul. Malgré une petite brise, j’y déjeune avec appétit sous le regard inquisiteur des vautours fauves semblant me poursuivre avec obstination. Qu’espèrent-ils ? Je préfère ne pas y penser ! En tous cas, ils n’ont de cesse de passer au-dessus de ma tête. Avec une horrible insistance « Ils passent et ils rapaçent » comme disait un humoriste dont je ne me souviens pas du nom en évoquant une blague sur les hirondelles.  Il est presque 13 heures. Tout en dévorant un sandwich, je fais des va-et-vient sur la ligne de crête essayant de comprendre pourquoi ce Roc a été baptisé du qualificatif de « Rouge ». Finalement, je ne vois qu’une seule explication : de très nombreux rochers sont recouverts de ce lichen rouge orangé que l’on appelle « Caloplaque orangée ». Peu certain de la suite de mon itinéraire que j’ai modélisé en m’aidant des photos aériennes de Géoportail, c’est en suivant le tracé de mon GPS que je quitte le Roc Rouge, direction le Sarrat de la Bade. En fin de compte, je suis heureux de constater que j’ai tout bon. En effet, après un étroit sentier peu évident à distinguer dans cette dense garrigue, j’atterris sur une nouvelle piste. Sauf erreur de ma part, c’est la piste DFCI F166 déjà notée au col de Las Couloumines. En suivant les indications de mon GPS, je la remonte vers le col cité mais l’abandonne au profit d’un nouveau layon acquis à la garrigue, lequel ici a été très largement défriché. Ce layon est assez raide à descendre mais reste néanmoins « carrossable » pour tout marcheur aguerri. Au regard du nombre de petits bouts de laine accrochés à la végétation, je comprends immédiatement que ce chemin a servi à amener des ovins en estive. Après avoir atterri près d’un charnier ; apparemment réservé aux chasseurs du coin qui y jettent tout ce qui ne se mange pas ; mais aussi aux corvidés qui semblent se régaler de tous ces restes de venaisons ; la suite de l’itinéraire m’amène sans problème jusqu’à Trévillach. Là, il est temps pour moins de sortir la liste que j’ai dressée du patrimoine du village : table d’orientation, oratoires en nombre, calvaire, pont, lavoir, venelles, église romane, fontaines, mairie, maisons anciennes, monument aux morts, etc…. Mes nombreuses lectures à propos du village m'ont beaucoup appris et certains lieux ou noms vont me les remémorer avec une réelle satisfaction. Par bonheur, le village n’est pas si étendu que ça et après avoir coché toutes les cases ou presque (or mis l’église fermée et peut-être certains autres oratoires bien trop éloignés ou non trouvés ?), il serait temps pour moi de quitter les lieux et de terminer cette balade. Toutefois, en entrant dans le village, j’ai tellement noté de passereaux au sein d’une vigne que je ne veux pas partir sans avoir essayé d’en recenser quelques-uns. Je retourne au plus près de la vigne. Si les oiseaux sont encore là, ma présence les affole et les incite à partir se réfugier dans les arbres ou les buissons environnants. Si ce qui n’est pas pour me desservir, en immortaliser quelques-uns restent néanmoins compliqué. Ils reviennent dans la vigne.  Finalement après plusieurs photos de quelques volatiles que j’estime correctes, je me décide enfin à quitter Trévillach. Voilà presque 2h que je « traîne » dans le village. Une fois encore, le tracé enregistré dans mon GPS m’indique le bon chemin car alors que je cherche la rue des Romarins ou Camp del Pla selon les cartes consultées, je comprends que cette voie est commune avec une nouvelle piste intitulée DFCI F84. Je l’emprunte. Alors que j’approche d’un petit pont enjambant le ruisseau dit de La Fount, me voilà soudain entouré d’une imposante nuée bourdonnante. Pas besoin d’être un illustre entomologiste pour constater qu’il s’agit de frelons. Ils sont jaunes et noirs mais bien plus gros qu’une simple guêpe. Bien qu’un peu tétanisé sur l’instant, je garde mon calme et assez étonnamment ni ils ne se posent sur moi ni ils ne m’approchent, voletant constamment et au plus près à environ 50 cm.  Quel drôle de comportement !  Je continue d’avancer placidement vers le pont arrêtant de prendre des photos pour un minimum de gestes. L’absence de gestes ne changeant pas leur surprenant comportement, je m’essaie de nouveau à quelques photos. Les frelons continuent de m’accompagner mais je constate que l’essaim diminue peu à peu autour de moi dès lors que je m’éloigne du pont. Ont-ils jugé que je ne constituais pas un danger ?  C’est ce que je pense. Je constate aussi que le gros de la troupe se concentre autour d’un endroit bien précis où un lierre grimpant s’élève au sein d’un arbre, envahissant en partie son houppier.  Leur nid est-il enfoui dans ce lierre ou sont-ils là pour butiner les fleurs ? J’avoue que je ne cherche pas à le savoir. Je quitte les lieux aussi paisiblement que possible me demandant si ces frelons sont asiatiques ou européens ? Si je sais faire la différence à propos de leur nid, ici aucun nid n’est visible.  Grâce à la belle photo d’un individu aux « yeux bridés », je n’aurais la réponse qu’une fois rentré à la maison. Oui, c’était bien des frelons asiatiques et j’ai le sentiment d’avoir eu beaucoup de chance. Après le pont, les frelons m’ont rapidement abandonné. Peu après aussi, je quitte la piste au profit d’un chemin s’élevant vers le Sarrat de l’Ours. Ici force est de constater que les fleurs sont plus nombreuses que sur l’autre versant du vallon.  Au bout de la montée, je retrouve le tracé de liaison commun au GRP Tour du Fenouillèdes et au GR.36. Connaissant bien ce chemin pour l’avoir déjà emprunté à deux reprises (Tour du Fenouillèdes et Boucle de Tarerach), je n’ai aucune difficulté à me diriger vers le col des Auzines. Ainsi se referme ce joli circuit né d’une idée qui avait germé comme une graine et s’était peu à peu développée comme une plante dont on n’imagine pas qu’un jour elle puisse magnifiquement fleurir. Ce fut le cas. Tel qu’expliqué ici, ce circuit a été long de 11,4km, cette distance incluant toutes mes pérégrinations dans Trévillach. Les montées cumulées ont été de 548m. Le dénivelé a été de 282m entre le point culminant à 801m au Sarrat d’Espinets et le plus bas à 519m non loin du charnier des chasseurs. Cartes IGN 2348ET Prades-Saint-Paul-de-Fenouillet et 2448OT Thuir-Ille-sur-Têt Top 25.

Partager cet article
Repost0

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Cressonnières - Lamoura (25km)

Publié le par gibirando

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km)

5eme étape : Les Créssonnières (alt.1.150m)-Lamoura (alt.1.150m) (25 km)

Vendredi 1er août 2003

 (Extrait de : Saint-Claude diamant du Jura, poème d'Henri Marandin)

Le geste de génie dans l'âme de la pierre

Et le cśur ardent du minutieux lapidaire

Irradient les rayons des éclats lumineux

Des perles et des joyaux, des couleurs et des feux

Qui ornent les couronnes et fascinent les yeux

Des belles et des princesses, des pauvres et des gueux.

 ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km)

Départ de l'excellente Auberge des Piles aux Cressonnières

Avant de partir pour une très longue journée de marche, le petit déjeuner est toujours un moment important qu'il est nécessaire de ne pas négliger. Ce matin, à l'Auberge des Piles nous en profitons pleinement car il y a un buffet avec des biscuits, du pain d'épices, des confitures, des pâtes à tartiner, des jus de fruits et bien d'autres tentations à volonté.

En raison de notre gourmandise, c'est donc à regret que nous quittons la charmante auberge des Cressonnières (1). Nous partons par le GR.5 puis prenons immédiatement à droite un bon chemin qui descend vers le gîte d'étape de la Grenotte. Sur cette section, le sentier est commun au GR.5 et au GR.9. Aujourd'hui, c'est donc un balisage rouge et blanc que nous suivrons sur une bonne partie du parcours. Une grande portion de notre randonnée suit le tracé emprunté l'hiver par la célèbre course de ski de fond " La Transjurassienne ". En 2003, il y avait plus de 2500 concurrents pour 21 nations représentées. Ça change de notre marche quasi solitaire !

(1) Les Cressonnières sont des fosses inondées où l'on cultive le cresson. Le nom de ce lieu-dit a certainement pour origine cette méthode de culture du cresson.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km) O.Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km)

A la cascade puis sur le petit pont de bois de la rivière du Bief de la Chaille

Nous arrivons à un carrefour où les deux GR se séparent et retrouvons une route goudronnée (GR.9) que nous descendons sur une centaine de mètres. Nous passons devant une Auberge de Jeunesse et au carrefour balisé du Bief de la Chaille, nom d'une petite rivière qui court à proximité, nous quittons la route pour un sentier qui descend par la gauche dans une obscure forêt de hêtres et de chênes.

Le balisage indique une cascade toute proche que nous partons visité. Un bref arrêt pour une belle photo et une pause rafraîchissante et nous repartons en longeant le petit torrent que nous franchissons plus en aval sur un très beau pont de bois. En nous éloignant de ce modeste ruisseau, je me fais la réflexion suivante : Il s'agit du premier cours d'eau que nous rencontrons depuis notre départ de Villard Saint-Sauveur !

Maintenant, le sentier monte à travers une lumineuse forêt d'arbres variés avec des hêtres, des chênes, des épicéas, des sapins et des bouleaux en direction de Prémanon d'Amont. Dans cette forêt, les oiseaux sont nombreux et notamment les passereaux et les merles qui volettent d'arbres en arbres lorsqu'ils nous repèrent. C'est sous un véritable concert de chants que nous progressons dans ce sous-bois.

Notre ascension se termine. A la sortie de la forêt, nous atteignons un replat par une route en asphalte puis passons devant le restaurant " Les Trolles "où le GR.9 continue en direction de Prémanon. Sur notre droite, nous dominons la vallée du Bief de la Chaille et une vue magistrale porte au loin jusqu'à la grande forêt du Risoux.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km) ODans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km)  

 Près de Prémanon, le restaurant " Les Trolles " et vue sur la vallée Bief de la Chaille

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km)

Arrivée à Prémanon

Nous arrivons dans Prémanon (1), et entrons dans un bar pour prendre un bon café et nous renseigner sur l'épicerie la plus proche.

Parce qu'elle se trouve juste à côté dans la même galerie marchande, nous partons immédiatement faire quelques courses pour le repas de midi. Il reste encore un peu de fromage et du saucisson, mais ce n'est pas suffisant. Il devient absolument nécessaire de nous ravitailler. Ce sera des bananes et des tomates pour Dany et du chocolat et de la charcuterie pour moi.

Cet arrêt nous a fait perdre nos repères et en plein centre du village, nous avons du mal à récupérer la bonne direction tant il y a de panneaux indicatifs. Heureusement la carte IGN est là et je constate qu'il faut tourner à droite avant la patinoire et prendre le GR.9 vers le " Mont Fier ". Nous passons devant une colonie de vacances puis un centre hôtelier où je m'arrête un moment pour observer un vieux monsieur en train de dessiner. Il a un très bon coup de crayon et son tableau est très réaliste.

Anxieuse comme à son habitude, Dany, qui n'a plus vu les traces rouges et blanches du GR depuis un bon moment, en profite pour lui demander où se trouve la Maison du Maquis indiquée sur le topo-guide.

Personnellement, je ne suis pas inquiet dans la mesure où il n'y a pas d'autres chemins.

Le GR.9 poursuit sa route à travers la campagne toujours sur du bitume. Je profite d'un arrêt pipi de Dany pour écorner la tablette de chocolat. De cet endroit, nous avons tout loisir d'observer le Mont Fier puis nous passons devant la Maison du Maquis, ainsi appelé car plusieurs résistants y furent exécutés pendant la seconde guerre mondiale.

(1) Le nom de ce village a pour origine le nom d'un moine (encore un) qui se nommait Manon et qui avait défriché l'endroit, créant ainsi le pré Manon.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km) ODans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km)

En route vers le " Mont-Fier "-------------------------------------Dans la " Combe du Mont-Fier "

Non loin de là, devant une maisonnette, nous quittons enfin le goudron et par une petite sente bordée de grands épicéas, nous entrons dans la Combe du Mont Fier. Le dénivelé est progressif et ce tronçon, avec ces gros cailloux et ces profondes ornières, qui se faufilent au milieu des sapins nous rappelle étrangement certains chemins pyrénéens.

A cet endroit, nous croisons plusieurs groupes de randonneurs qui redescendent. Ils ont du partir tôt ce matin et comme il est déjà 11h30, ils pressent le pas pour être rendus pour le déjeuner.

De notre côté, nous n'avons pas ce souci et nous grimpons tranquillement. Vers midi, nous atteignons le carrefour qui se dirige vers le Mont Fier dont le sommet est encore à une demi-heure de marche. Une demi-heure ? C'est un laps de temps idéal ! Notre décision est rapidement prise, nous déjeunerons là-haut ! Cette ascension est d'autant plus prometteuse que le topo-guide nous signale que ce mont est très fréquenté par les chamois.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km) ODans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km)

Du sommet du " Mont Fier ", on aperçoit les paysages parcourus

Il est exactement midi et demi, quand nous touchons au but et arrivons sur l'étroit belvédère qui domine un majestueux panorama. Sur notre droite, le massif de la Dôle et la forêt du Massacre. En dessous et au loin, nous pouvons observer aux jumelles les paysages franco-suisses traversés ces deux derniers jours. Devant nous, le val de l'Orbe et les monts environnants. Sur notre gauche, le Crêt des Arcets et la Combe Berthod. Nous ne sommes qu'à l'altitude de 1282 m et malgré un beau soleil, un vent violent et frais nous oblige à enfiler nos vestes en goretex. Heureusement, les arbres constituent un bon obstacle et c'est bien à l'abri des rafales que nous pouvons déjeuner.

Deux randonneurs, accompagnés d'un berger allemand, nous ont rejoints au sommet et pique-niquent à côté de nous. Dany ne peut s'empêcher de donner à manger au molosse qui, avec des yeux de " chien battu " attend sa pitance, attaché à un arbre.

 2h, nous sommes redescendu du Mont Fier. Nous n'avons pas de vu de chamois, mais nous ne regrettons pas cette grimpette car le site à lui tout seul valait le détour. En descendant, nous redoublons d'attention, car nous devons quitter le GR.9, prendre à gauche un balisage vert et la mention VTT 21 jusqu'au carrefour " La Croix de la Teppe " Là, nous devons prendre en direction du carrefour de la " La Neuve ".

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km) ODans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km)

Arrivée au " Mont Fier ----------------------------------------------Au départ de la très belle Combe Sambine

Nous trouvons sans trop de difficultés les différents indices et continuons sur un chemin dont le terrain est vraiment variable d'aspect. Parfois lisse et très bon, parfois mauvais car très raviné et recouvert de grosses pierres, parfois parsemé de branchages qui nous gênent dans notre progression.

Je suis également surpris de constater que le soleil est sur notre droite et parfois même presque dans notre dos, ferions-nous demi-tour ? Je jette un coup d'śil sur la carte et constate qu'effectivement en direction de " La Neuve ", nous partons pour quelques kilomètres en direction de Prémanon.

Nous arrivons au carrefour de la " Neuve ", tournons à droite et empruntons une route goudronnée puis la GR de pays balisé rouge et jaune. Le soleil est maintenant bien sur notre gauche. Il s'agit d'une portion d'un sentier intitulé " Tour de la Haute-Bienne ", la Bienne étant une rivière qui traverse le Haut-Jura. Un kilomètre et demi plus loin, nous laissons le bitume et continuons tout droit en direction du " Chalet Double ".

Ce chemin qui serpente au milieu de la large et longue Combe Sambine est vraiment très plaisant car sans aucune difficulté et apaisant par ses paysages. De chaque côté de la clairière, il y a d'épaisses forêts avec sur notre gauche, le Bois de Ban et sur notre droite, le Bois de la Sambine. En plus, il ne présente aucune complication d'orientation, c'est toujours tout droit jusqu'au " Chalet Double " et les panneaux indicatifs sont nombreux et très explicites à chaque carrefour.

Au lieu dit, le " Le Replat ", nous stoppons sous de grands conifères pour une pause café agrémentée d'une banane et de quelques fruits secs. Malgré le long chemin parcouru, nous sommes encore à une dizaine de kilomètres de Lamoura. Sur ce secteur, nous croisons quelques couples de randonneurs.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km)

Dans la " Combe Sambine ", au lieu-dit " Le Replat "

Nous repartons et arrivons au " Chalet Double ". Là, nous bifurquons à gauche et grimpons dans le bois de Tresberruy où le bruit de quelques tronçonneuses se fait entendre. C'est surprenant de constater combien le moindre son inopportun peut être agressif lorsqu'on a marché des heures dans le silence le plus complet.

Nous montons un large chemin quand tout à coup Dany aperçoit un écureuil. Il est brun foncé sur le dos et clair sur le ventre. Je l'aperçois et court derrière lui, appareil photo en mains. Il sort du sentier et décampe dans la forêt. Je ne le perds pas de vue au risque de me casser la figure dans les souches et les racines. Il monte à un tronc d'arbre, s'arrête à mi-chemin et se met à m'observer. Je suis tellement surpris par cet arrêt si inattendu, que je perds mon calme et cafouille ma prise de vue.

A proximité du village de vacances de Lamoura, de nombreux gamins jouent dans la forêt à construire des cabanes en branchages. Nous arrivons par le terrain de golf et dominons le splendide village de vacances. Assis sur un banc de rondins, nous faisons une halte et dissertons sur les nombreux loisirs qui doivent exister dans cet endroit fabuleux.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km) ODans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km)

Un petit écureuil de la forêt de Tresberruy------------------------------Village de vacances de Lamoura

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km) ODans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km)

Au terrain de golf du village de vacances de Lamoura---------------Vue de la baie vitrée de la chambre d'hôtel " La Spatule "

Nous évitons le village et prenons à droite par la très belle Combe d'Arbey. Encore deux kilomètres sur le GRP et nous débouchons enfin sur la route qui mène au vieux village de Lamoura. Il est 17h30 quand nous arrivons devant le superbe chalet-hôtel " La Spatule ". Nos sacs sont déjà là qui nous attendent dans le hall. Nous gagnons notre chambre. Très spacieuse, avec une large baie vitrée qui surplombe une vaste et verte prairie.

Dany ne me laisse pas le temps de souffler. Après un bain vite expédié, nous voilà repartis en direction du centre du village. Shopping dans une boutique de fringues, visite de la Maison du Lapidaire (1) et d'un artisan qui travaille magnifiquement la corne, la galalithe (2) et le corozo (3).

Il est 19h30, pendant que Dany continue ses pérégrinations, je me relaxe en lisant l'Equipe et en prenant un dernier verre au bistrot du coin. La voilà qui me rejoint, elle a certainement tout vu du village.

Nous regagnons l'hôtel et nous dirigeons immédiatement dans la vaste salle du restaurant. Le maître d'hôtel nous demande de le suivre et nous installe à une table particulière. Ici, c'est beaucoup plus select que les jours précédents.

Le souper commence par une salade de crottin chaud sur croûtons, se poursuit par un délicieux poulet aux écrevisses et se termine par une succulente tarte aux myrtilles. Une fois de plus tout a été parfait. Nous sommes rassasiés et pouvons rejoindre notre chambre pour une détente tant escomptée. Télé, lecture et surtout examen de la dernière étape de demain, qui réside en une très longue descente de 22 kilomètres vers Saint-Claude.

 (1)Le lapidaire est un artisan qui taille et polit les diamants et les pierres précieuses et qui en fait commerce. A Lamoura, il s'agit d'un grand professionnel qui a obtenu de nombreuses distinctions et notamment celle de meilleur ouvrier de France.

(2) La galalithe ou " pierre de lait ", c'est du lait ou de la caséine durcie. Inventée en 1897 par Spitteler et Krishe (Allemagne), c'est l'ancêtre des matières plastiques.

(3) Le corozo est un ivoire végétal. Le corozo est tiré d'un palmier (phytéléphas macrocarpa) qui pousse en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie et qui produit un fruit dont l'albumen en durcissant crée l'ivoire végétal. Une plante peut produire entre 10 et 20 kg par an alors qu'on continue de tuer des éléphants pour 5 kg seulement. Cette matière a été utilisée dans le Jura au début du XXeme siècle pour fabriquer des boutons et autres petits objets tournés.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km) Dans les pas de moines défricheurs - Etape 5 - Les Créssonnières - Lamoura (25km)

Cliquez sur  le moine pour revenir à la page précédente et sur la carte pour passer à l'étape suivante.

 

 

Partager cet article
Repost0

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Cressonnières (20km)

Publié le par gibirando

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

4eme étape : La Cure (alt.1.150m)- Les Créssonnières (alt.1.150m) (20km).

Jeudi 31 juillet 2003

 (Extrait de : Panorama jurassien, poème d'Henri Marandin)

 Tel un saphir posé sur coussin d'émeraude

Un lac dort, assoupi, au tréfonds d'un vallon

Les roseaux bleuâtres lui font comme une biaude (blouse)

Les arbres rabougris une haie de santons

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 Aujourd'hui, nous sommes encore moins pressés qu'à l'habitude car nous devons prendre un petit train suisse qui doit nous mener au Col de la Givrine. Hier soir, nous avons relevé les horaires à la gare, et le premier train est à 9h35.

Après avoir ranger nos sacs, que nous retrouverons ce soir aux Cressonnières à une centaine de mètres d'ici seulement, car la randonnée d'aujourd'hui est une boucle, nous déjeunons copieusement au bar de l'hôtel.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

A " La Cure ", petit train suisse en partance pour le Col de la Givrine (Suisse), départ de notre journée de marche.

Nous sortons de l'hôtel côté suisse, franchissons le poste des douanes et nous dirigeons vers la gare qui se trouve à quelques dizaines de mètres seulement. Sur le quai de la gare, un groupe de jeunes vacanciers attend le train qui doit les mener à Nyon, via Saint-Cergue. Les " hollandais " sont là aussi. Nous entamons une discussion pour apprendre qu'aujourd'hui, plutôt que de faire le parcours proposé, ils préfèrent aller visiter Nyon.

9h25, le train arrive à l'heure, nous nous installons et dix minutes plus tard, nous sommes déjà au Col de la Givrine. Nous sommes les seuls à descendre. Sur le quai, nous remarquons très facilement le balisage jaune qui monte vers les Alpages suisses par une petite route goudronnée. 100 mètres plus haut, nous quittons cette route pour un bon sentier de gravillons qui se faufilent à travers une très belle forêt en direction de la Combe Grasse.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les CréssonnièresODans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

Dany dans le petit train au départ puis arrivée au "Col de la Givrine"

Comme indiqué, nous suivons de petits panneaux indiquant " Rochefort ". Arrivés au carrefour de la Combe Grasse, nous empruntons sur la gauche une route goudronnée qui monte en direction des " Fruitières de Nyon ".

Sur la droite de cette route, nous longeons un long muret de pierres sèches. Nous retrouverons ces fameux murets, que les Suisses eux-mêmes appellent " la Grande Muraille de Suisse ", tout au long de la journée.

Rapidement, nous quittons par la gauche cette route, en direction de Rochefort, passons plus haut une barrière et continuons par la droite par un chemin qui se faufile entre deux chalets. De là, le point de vue sur le Lac Léman s'offre à nous. Malheureusement, le ciel est très bas et de gros cumulus dissimulent une grande partie du panorama. C'est vraiment dommage car par très bonne visibilité, nous devrions voir les Alpes Françaises enneigées.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les CréssonnièresODans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

A la " Combe Grasse ", direction " Rochefort " et " Les Fruitières de Nyon"

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

Arrivée au lieu-dit " Rochefort "

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les CréssonnièresODans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

A " Rochefort ", vue sur le Lac Léman--------------------------A la très belle cabane " CAS La Dôle "

 Nous arrivons au ravissant chalet-refuge du Club Alpin Suisse " CAS La Dôle " où je réussis enfin à faire fonctionner le retardateur de mon appareil photo. Nous profitons des bancs et de la table en bois de la terrasse pour prendre un en-cas fait de quelques pruneaux, d'abricots séchés et de boissons énergétiques.

Au moment de repartir, nous ne retrouvons plus le balisage jaune indiqué sur le topo. Pourtant, comme indiqué, nous montons le petit bois à gauche du chalet, enjambons un muret et arrivons sur un grand pré herbeux. Nous nous séparons, Dany part à gauche et moi à droite. Je me retrouve au milieu d'un grand troupeau de bovins qui, à ma vue, détalent en tous sens. Dany a retrouvé le chemin et les marques jaunes sur un épicéa puis un hêtre. Je l'entends qui m'appelle et redescend en courant le large pâturage. Le sentier devient plus visible et nous apercevons en contrebas une vaste combe que nous devons traverser. Arrivés en bas, nous longeons les piquets d'une clôture balisé en jaune, laissons sur la droite une ferme d'alpage et arrivons sur une route goudronnée au carrefour balisé " Le Haut Mont ".

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les CréssonnièresODans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

A la terrasse de la cabane CAS La Dôle, nous prenons un en-cas avec vue sur le Léman

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les CréssonnièresODans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

Déjeuner sur l'herbe à " Haut-Mont "---------------------------Dany joue à ma sorcière bien-aimée

Il est 12h 30, nous arrêtons dans un champ près d'un petit muret (1) pour déjeuner. Comme hier, le repas est essentiellement composé de fromages et de saucisson accompagné de quelques morceaux de pains chipés ce matin au petit'déj de l'hôtel.

Pendant que je range le sac à dos, Dany joue à ma " sorcière bien-aimée ", avec un balai en crin qu'elle vient de trouver. Je prends une photo.

Après le repas, notre randonnée se poursuit sur le bitume en direction du lieu-dit " La Genolière ", mais nous faisons très attention car nous devons quitter cette route et bifurquer vers la droite par un chemin de cailloux indiqué par une flèche rouge et l'indication " Le Carroz " en rouge et blanc.

Après plusieurs virages et un passage en tubes interdit aux bovins, nous trouvons les différentes indications mentionnées sur le topo.

 (1) Ces petits murs sont le fruit du labeur des moines d'abord, puis des paysans ensuite. Depuis le 5eme siècle, les hommes ont commencés par défricher et déboiser la montagne. Puis, pour permettre cultures et élevages, ils rassemblaient les pierres qui jonchaient les champs afin de construire ces murets qui d'une part, séparaient les propriétés et d'autre part empêchaient le bétail de s'enfuir.

Contrairement à la France, la Suisse préserve ces murets grâce à un entretien régulier des communes 

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

Magnifique refuge en pierres du Carroz

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

Dany devant le splendide chalet du Carroz, point culminant de notre randonnée

De cet endroit, le sentier monte avec un léger dénivelé, d'abord dans une forêt puis vers un petit crêt.

Avant le sommet, nous sommes au milieu d'une clairière en train de nous désaltérer lorsque j'entends les clochettes de quelques vaches que je n'arrive pas à apercevoir, cachées qu'elles sont par des arbres. Tentant de les repérer, soudain, j'aperçois un animal roux qui court dans les hautes herbes. Renard ? Lynx ? Il s'immobilise, mais tapie dans le pré, à environ une vingtaine de mètres, j'ai du mal à reconnaître de quel animal il s'agit. J'essaie même de le montrer à Dany, mais elle n'arrive pas à le discerner. Mes cris d'insistance le font détaler, mais j'ai le temps de voir sa taille et une grande queue rousse et touffue en panache, c'était bien un gros renard.

Après avoir enjambé un muret et traversés une clôture, nous arrivons au magnifique refuge en pierres du " Carroz " avec ses jolis volets rouges. Le panorama donne sur le Lac Léman, mais le ciel est toujours maussade et nous avons beaucoup de difficultés à voir l'horizon. Autour du chalet, le sol est jonché de splendides chardons bleus ciel, que nous n'avions jamais remarqués ailleurs. En regardant, la carte IGN, nous constatons que nous sommes à 1.508 mètres d'altitude. Ce promontoire sera le plus haut point gravi au cours de nos six jours de randonnée.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les CréssonnièresODans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

A lieu-dit l'Arzière, près d'une ferme d'alpage où les vaches et les chevaux sont heureux

Le chemin se poursuit devant le chalet, puis descend dans une combe où près d'une ferme, des poulains gambadent pendant que les vaches s'agitent au son clair de leurs clarines (1). Nous sommes au lieu-dit " l'Arzière ". Nous passons devant ce chalet d'alpage et continuons au milieu de la combe. Sur notre droite, nous longeons de grandes falaises hérissées, puis franchissons un admirable muret dont le travail de construction et de restauration, nous laisse admiratifs.

Dans cette combe, les gentianes jaunes et les carlines acaules (2) foisonnent et avec de nombreuses autres fleurs, le chemin se faufile au milieu d'un véritable jardin floral.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

Dans la " Combe des Coppettes ", le chemin se faufile au milieu d'un jardin floral

Nous arrivons à la ferme chalet des " Coppettes " où un couple de paysans est au travail. Pour ne pas les déranger, nous prenons sur la gauche vers une route goudronnée, mais rapidement nous perdons les traces jaunes du balisage. Nous escaladons les fils barbelés de la clôture, traversons la combe dans sa largeur et retrouvons une marque jaune sur un grand épicéa en lisière de la forêt.

Plus loin, le chemin s'élargit, s'enfonce dans le bois où les marques deviennent jaunes et blanches. Nous arrêtons quelques minutes pour une pause puis repartons par un sentier qui part à mon grand étonnement sur la droite. Je regarde la carte et m'aperçoit que cette fois, nous nous sommes complètement égarés. Nous devions rester dans la combe en lisière de la forêt, mais au lieu de cela, nous avons franchi le bois dans toute sa largeur. Cet égarement sera pratiquement la seule grosse erreur de tout notre circuit. Dany est partisane de rebrousser chemin. Moi, à la lecture de la carte, je lui propose de couper à travers champs pour atteindre la D.415 et rejoindre ainsi La Cure. Compte tenu de la distance parcourue, elle se rallie à mon idée car au regard de la carte, la départementale ne devrait pas être très loin. Seul inconvénient, mais je ne lui dis pas, il faudra traverser la frontière comme des contrebandiers. Nous voilà donc partis à l'aventure, à travers bois, prairies et autres landes. Nous finissons par tomber sur un petit chemin herbeux qui s'élargit et finit enfin par déboucher sur une route plus large. Effectivement, nous commençons à remarquer quelques maisons, puis arrivons à la borne frontière 218 et débouchons sur une petite route goudronnée sous le regard perplexe de quelques habitants qui nous voient débouchés du " Diable Vauvert ". Nous sommes en France. Sauf erreur de ma part, nous sommes au lieu-dit " Les Landes Devant " et nous devrions bientôt arrivés sur la D.415.

(1) Les clarines sont de petites cloches en métal au son doux et mélodieux accrochée au cou des vaches par une planchette en épicéa.

(2) Les carlines acaules sont des chardons de couleur blanche dont le cœur est comestible comme les artichauts.

Voilà, nous y sommes, il suffit d'un dernier petit effort car La Cure et Les Cressonnières ne sont plus qu'à quelques kilomètres.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les CréssonnièresDans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

Gentiane jaune et Carline acaule

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

Arrivée au lieu-dit Les Cressonnières, plus loin l'Auberge des Piles

Il est 16 h 30 quand nous passons devant le poste frontière, puis devant l'hôtel Franco-Suisse que nous avons quitté ce matin. Encore quelques centaines de mètres et nous voilà arrivés à la sympathique Auberge des Piles. Or mis, un tourneur sur bois, juste à côté de l'auberge, il n'y a rien d'autre à visiter. Après, la douche, nous rendons visite à cet artisan dont le travail est remarquable avec notamment, de surprenants luminaires complètement en bois. Nous achetons quelques menus souvenirs et rentrons à l'hôtel pour un brin de farniente avant le repas de 20 heures. Comme à notre habitude, nous étudions l'étape du lendemain avec peut-être un peu plus d'attentions qu'à l'accoutumée compte tenu de nos errements d'aujourd'hui.

20 h, nous descendons dans la grande salle du restaurant de l'auberge où nous retrouvons les " hollandais ". Aujourd'hui, après la visite de Nyon, ils n'ont marché que pour le retour du Col de Givrine aux Cressonnières et cela leur a permis de prendre un peu de repos.

Le dîner commence par un Macvin (1) offert par le patron, continue par une succulente salade de chèvre chaud, se poursuit par une tendre entrecôte à la crème de Bleu de Gex puis se termine par un café liégeois. Le tout, arrosé d'un excellent Trousseau (2) rouge. Rien à redire, c'est un super repas très requinquant après une journée de bonne fatigue.

Un ciel d'orage a été très menaçant toute la journée, mais une fois de plus, les moines ont accompli un miracle et aucune goutte de pluie n'est venue perturber notre ballade. Grâce aux sublimes paysages traversés, et malgré ce temps plutôt morose, nous nous souviendrons très longtemps de notre excursion en Suisse. C'est en revoyant ces images défilées devant nos yeux, que nous nous endormons.

(1) Fabriqué dans le Jura depuis le 14eme siècle, le macvin est un vin de liqueur obtenu à partir du jus de raisin non fermenté auquel on a ajouté un tiers de marc. Vieilli 18 mois en fût de chêne, il est servi frais soit en apéritif soit en digestif. Son bouquet est remarquable, son velours en bouche inimitable est très apprécié des dames.

(2) Le Trousseau est un remarquable vin rouge du Jura dont les cépages se retrouvent majoritairement au nord d'Arbois. D'un rouge très intense avec des reflets violets qui peuvent virer au tuilé avec l'age, par son goût, chaud, tannique, alcooleux, il est aux antipodes du Poulsard. Il a des arômes de fruits murs, de fruits confits, d'herbe sèche et de vanille. En bouche, il est très long et très charpenté. Conservé plus de dix ans, il peut rivaliser avec les plus grands Bourgogne.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les CréssonnièresDans les pas de moines défricheurs - Etape 4 - La Cure - Les Créssonnières

Cliquez sur le moine pour retourner à la page précédente et sur la carte pour passer à l'étape suivante.

 

Partager cet article
Repost0

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure (20 km)

Publié le par gibirando

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure

3eme étape : Lajoux (alt.1180m)-La Cure (alt.1150 m) (20km).

Mercredi 30 juillet 2003

(Extrait de : La Maison Clément, poème d'Henri Marandin) 

Goûte aux pulpes fruitées, aux croûtes bien moelleuses

Des fromages de France aux pâtes savoureuses

Délices des gourmets, élixirs de santé

Déguste-les avec le Pupillin rubis

Le Jaune de l'Etoile, l'Arbois rosé joli

La gaîté dans les yeux, dans le cœur la Comté.

 ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Nous avons dormi plus qu'à notre habitude. Le petit déjeuner est servi à partir de 8 heures, nous ne sommes pas pressés. Après la toilette, je soigne mon pied gauche endolori. Grâce au spray que j'ai passé hier, aucune cloque n'est apparue, mais la plante du pied est rouge. Ce matin, j'ajoute par-dessus le spray, un large pansement de sparadrap.

Nous rangeons nos bagages et écoutons distraitement les infos à la télé.

Il est 8h30 et par la D.436, nous nous éloignons de Lajoux. Nous voulions visiter le " Grenier Fort " (1) mais il est encore trop tôt.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure

 Nous quittons Lajoux vers le " Circuit de La Vigoureuse "

(1) Le Grenier Fort est une petite bâtisse renforcée que les paysans construisaient à côté de leur ferme, à l'opposé des vents dominants pour éviter les flammèches en cas d'incendie. Les fermiers y emmagasinaient tous leurs biens essentiels (récoltes de grains, titres de propriétés et documents importants, habits, coffres, matériels agricoles, etc.…). Dans une cave voûtée on conservait au frais, les légumes, les semences et les autres produits de consommation nécessaires pendant les longs mois d'hiver. Ces précautions étaient indispensables car les incendies étaient très fréquents. En effet, le bois était abondamment utilisé à la fois pour les constructions mais aussi pour le chauffage et la cuisson des aliments. Compte tenu de l'isolement des fermes, les paysans ne devaient compter que sur eux-mêmes pour survivre en cas de d'incendie. Aucun secours extérieur n'était à espérer.

A la sortie du village, nous prenons à droite et arrivons à un carrefour pédestre balisé, nous empruntons une petite route goudronnée indiquant " Circuit de la Vigoureuse ". Tout en montant, nous regardons Lajoux s'éloigner puis disparaître derrière quelques très beaux chalets. Nous suivons maintenant un balisage bleu en direction du " Crêt de la Vigoureuse " et arrivons par un large chemin, peu de temps après à un nouveau carrefour " Chez Gauthon ". Là, quelques vaches peu effarouchées viennent à notre rencontre et semblent nous montrer le chemin en tournant vers notre gauche.

En effet, près d'une petite ferme, d'autres vaches broutent paisiblement une herbe bien grasse et ce n'est pas sans difficulté que nous trouvons dans ce pré et sur quelques rochers, les traces bleues qui montent vers le sommet du crêt.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure oDans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure

 Sur le chemin du " Circuit La Vigoureuse --------------------Les vaches nous indiqueraient-elles le chemin ?

 Nous arrivons au " Crêt de la Vigoureuse " qui culmine à 1347 mètres. Grâce à un temps magnifiquement clair, la vue sur les Monts du Jura est extraordinaire. Je m'évertue à faire fonctionner le retardateur de mon appareil photo, pour que Dany et moi-même soyons sur un même cliché, mais sans résultat.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure

Arrivée au magnifique sommet du " Crêt de Vigoureuse "

Nous redescendons à travers bois et retrouvons très facilement le sentier que nous avons quitté pour monter au sommet. Au lieu-dit " La Balise ", nous tournons à gauche comme indiqué sur le topo et arrivons sur une route en bitume où nous retrouvons nos deux " hollandais " qui semblent eux aussi complètement " perdus ". Je jette un coup d'œil sur leur carte IGN et constate que le parcours de la journée n'est pas tout à fait le même que le nôtre, du moins au départ de Lajoux.

Nous sommes au lieu-dit " La Burdine " au lieu d'être à " La Balise d'Amont ". A la " Balise ", il fallait prendre tout droit au lieu de tourner à gauche.

Ce n'est pas bien grave, car de toute manière, nous devions rejoindre cette longue piste forestière goudronnée qui est en réalité le GR.9 et qui traverse la Forêt du Massacre (1).

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure ODans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure

François 1er et Charles III de Savoie

(1) Cette forêt anciennement " de La Frasse " fut nommée " du Massacre " car elle évoque le tragique destin de quelques 600 mercenaires italiens commandés par le condottiere romain Renzo de Céry, lesquels envoyés par François 1er pour secourir la Ville de Genève assiégée, furent anéantis en 1535 par les armées ennemies de Charles III, Duc de Savoie, commandées par le vaillant Baron de La Sarra (La Sarraz).

Il faut savoir qu'un an auparavant, les armées de François 1er commandées par François de Mombel, seigneur de Véray avaient déjà été défaites et mises en déroute à Gex par ce même baron de la Sarra pratiquement au même endroit et pour le même motif : venir en aide aux Genevois.

Après cette nouvelle défaite, François 1er avait donc un esprit de revanche exacerbé contre Charles III, d'autant qu'il prétendait depuis fort longtemps à la souveraineté de tous les états de la maison de Savoie, au nom des droits de sa mère Louise de Savoie.

Pour mieux comprendre ce massacre pour libérer la cité de Genève, il faut resituer cette histoire dans son contexte historique :

Quelques années avant….

Le royaume de France est gouverné par François 1er qui est le beau-frère de Charles-Quint, souverain d'un immense empire incluant entre autres l'Espagne, les Pays-Bas, l'Autriche, l'Allemagne et de nombreuses petites régions comme la Franche-Comté par exemple. Cette puissance impériale est vulnérable car en proie à d'importantes factions religieuses.

Depuis 1526, et malgré leurs liens familiaux, les deux hommes se détestent, se livrent des guerres sans merci pour étendre leurs territoires et leurs pouvoirs respectifs. En 1529, les armées de François 1er s'embourbent en Italie puis décimaient par le choléra finissent par perdre la guerre.

La " Paix des Dames " est signée le 3 août 1529 à Cambrai et met fin à la guerre. Depuis cet humiliant traité, signé entre Marguerite d'Autriche et sa mère, François 1er attend avec impatience que se terminent les six longues années de paix à laquelle l'avait contraint ce pacte.

Charles III, Duc de Savoie est aussi le beau-frère et le plus fidèle allié de Charles-Quint au sein de la Ligue d'Italie. Les deux hommes se veulent les défenseurs des catholiques et de l'église romaine. Ils veulent briser les velléités des protestants et des autres courants de pensée (anabaptistes, luthériens, calvinistes, etc.…).

En 1535….et quelques mois après…..

A cette époque où règnent de fortes dissensions religieuses et politiques, tous les souverains ont des rêves d'expansion en Europe et même parfois bien au-delà. Les passions religieuses engendrent l'anarchie dans de nombreuses régions d'Europe et notamment dans les cantons suisses.

Genève qui était considérée comme la capitale de la Haute-Savoie est investie par les Réformés (luthériens) est devient une république indépendante mais en majorité protestante. Le Duc de Savoie qui veut l'annexer depuis plusieurs années, considère cette main mise sur la ville comme un menace.

Fragile, Genève veut bien de l'aide de la France, mais ne veut pas perdre son indépendance et observe d'un mauvais œil, les répressions faites en France aux protestants.

La Franche-Comté appartient à l'empire de Charles-Quint et les communications et les accès pour atteindre le Pays de Vaud et la Suisse sont difficiles pour les armées françaises ce qui expliquent les deux défaites du Pays de Gex puis celle de la forêt du Massacre.

Les années suivantes…..

Malgré les convictions religieuses, les coalitions se font puis se défont au gré des intérêts personnels de chacun. Ainsi, dès 1536, François 1er s'allie avec Soliman, souverain de l'empire ottoman. Soliman est lui aussi est en conflit depuis de nombreuses années avec Charles-Quint. Avec son aide et celles de plusieurs cantons suisses, François 1er prend sa revanche et réussit à s'emparer de la Savoie et du Piémont. Mais cette alliance avec les Turcs et les protestants choque le monde catholique. En juin 1538, et après de terribles années de conflits, les deux clans n'ont plus d'argent pour financer leurs ambitions expansionnistes. François 1er et Charles-Quint signent une trêve à Aigues-Mortes et laissent derrière eux des millions de morts dans toute l'Europe.

Quelques années plus tard, les guerres reprendront entre les deux hommes mais la suite est une longue histoire…….

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure ODans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure

 En direction de la Combe de la Chèvre ..............................................................et de la forêt du Massacre

Sur les conseils de plusieurs vététistes et afin d'éviter la piste goudronnée, nous prenons à droite un autre sentier qui serpente au milieu d'une prairie jonchée de gentianes jaunes (1) et file en direction de la Combe de la Chèvre. Ce chemin suit parallèlement le GR.9. Au bout d'une heure de marche dans cette superbe clairière, nous laissons le chalet de la Combe de la Chèvre sur la droite et retrouvons le GR.9 non loin d'un carrefour " Le Goulet Carret ". Là plusieurs directions d'offrent à nous. Sur la droite, un premier chemin se dirige vers le " Crêt Pela ", plus haut sommet du Jura avec ses 1495 mètres, un deuxième part vers le refuge de la Frasse. Comme indiqué sur le topo, nous continuons le GR.9 à gauche en direction du Carrefour du Massacre.

 La piste est en asphalte mais agréable car nous cheminons en permanence au milieu d'une magnifique forêt d'épicéas ou de sapins. Ces épicéas columnaires de la forêt du Massacre sont réputés pour leur qualité qui convient parfaitement à la fabrication des tavaillons (2) et à la boissellerie en général. La croissance très lente de ces arbres donne au bois un grain très fin et offre aux luthiers, les meilleurs bois de résonance pour la fabrication des violons.

Il est 12 h, quand nous passons devant l'épicéa muté, dont la forme étrange de son tronc ramifié reste une énigme du massif jurassien.

 1) Les gentianes jaunes ou Grandes Gentianes sont de grandes plantes vivaces dont on se sert de la racine pour fabriquer certaines boissons alcoolisées dont la Suze et le Génépi.

 (2) Les tavaillons sont de petites tuiles de bois qui servent à la construction des façades de certains chalets.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure ODans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure

Notre marche se poursuit sur le long GR 9 de la " Forêt du Massacre "

Nous décidons d'arrêter là pour un reposant pique-nique sur l'herbe. Nous nous régalons des excellents fromages et du saucisson achetés la veille à Lajoux.

13h 30, nous avons pris un peu de repos, il est temps de repartir. En bordure du chemin, nous complétons notre dessert en grappillant quelques fraises et framboises sauvages.

Nous passons devant le Chalet forestier du Massacre et peu de temps après, nous remarquons un grand panneau qui indique que nous arrivons dans une zone naturelle de protection du Grand Tétras dont il ne reste malheureusement qu'une vingtaine d'exemplaires dans cette forêt.

 Nous arrivons au Carrefour du Massacre mais suivons toujours le balisage rouge et blanc du GR.9 en direction des " Tuffes" que nous ne tardons pas à rejoindre. Les petits panneaux indicatifs sont conformes à la description du topo et après la " cabane des Tuffes ", c'est sans aucune difficulté que nous atteignons la table d'orientation du " Belvédère des Dappes ". De ce point de vue, un beau panorama s'offre à nous. Nous dominons la Station classée des Rousses et son lac, les pistes de ski des Jouvencelles, les alpages suisses et le village de La Cure que nous devons rejoindre.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure ODans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure

Arrivée au carrefour du Massacre ...............................................................puis au lieu-dit "Les Tuffes" 

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure ODans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure

Un magnifique panorama s'offre à nous au belvédère " Les Dappes "

 Nous descendons par une petite sente qui longe les pistes de ski des Jouvencelles, traversons un bois puis rejoignons un large pré qui dévale en direction d'une route en asphalte. Avant de l'atteindre, nous profitons de cet endroit pour prendre notre " cappuccino " quotidien, lorsque soudain nous entendons un grondement. Cela ressemble à un éboulement, mais le temps de nous retourner, deux chevreuils sortent de la forêt, foncent sur nous et font demi tour dès qu'ils nous aperçoivent. Je les vois détaler derrière les arbres où ils disparaissent. Quelques minutes plus tard, le grondement revient, plus sourd et nous avons le privilège de voir les deux chevreuils traverser la piste un peu plus haut à une vingtaine de mètres.

Après cet étonnant spectacle, nous descendons la piste, coupons la D.29 et par la D.25 (GR.5) entrons à La Cure et nous trouvons très facilement l'hôtel Franco-Suisse.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure

   Pause goûter près des " Jouvencelles " où nous apercevrons deux chevreuils

 17h 30, nous prenons possession de la chambre de cet étonnant hôtel dont une publicité dit : " Endormez-vous en France et réveillez-vous en Suisse ". En effet, une des chambres autorise un conjoint à dormir en Suisse et l'autre en France sans même faire lit à part.

Haut-lieu de la résistance pendant la guerre pour d'évidentes raisons stratégiques, l'hôtel a toujours bénéficié de l'attention des chefs d'états. A tel point, qu'il fut légalement baptisé " Principauté d'Arbézie " du nom de ses propriétaires, la famille Arbez. Avec ses 150 m2, elle est la plus " petite principauté du monde ".

 18h30, nous effectuons avec plaisir le rituel journalier : douche, vêtements propres, visite du village et retour à l'hôtel pour un réconfortant répit avant le repas.

 Bien qu'excellent sur le plan culinaire, nous sommes un peu déçus par le dîner fait d'une darne de saumon à la crème. Nous aurions préféré un plat plus typiquement jurassien. Le Côte du Jura blanc qui l'accompagne est lui à la hauteur.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure

 Hôtel Franco-Suisse renommé " l'Arbézie ", est la plus petite principauté du monde. Nous avons eu le privilège d'y dormir dans un lit que la frontière coupait en deux.Dany en Suisse et moi en France.

 Avant de m'endormir, je repense à ce que disait Paul-Emile Victor, ami de longue date de la famille Arbez et fidèle habitué de cet hôtel :

''Je connais beaucoup de pays de rêve. Je vis dans l'un des plus connus : le lagon de Bora-Bora, la plus belle île du monde. Mais avant de m'y installer, j'en ai connu d'autres. Plus durs. Mais un pays de rêve doit-il être doux et caressant ? Il doit être ce que le rêveur, le poète qui est en chacun de nous, en fait. Pour moi, le Groenland, son désert de glace et les Esquimaux avec lesquels j'ai vécu, partageant leur vie est un pays de rêve. Aujourd'hui encore, au cours des dernières années de ma vie, si j'étais libre (on ne l'est jamais vraiment, sauf à vivre la vie d'un clochard ou de " routier "), je voudrais aller vivre une année avec eux, malgré le froid, la tempête, le nuit polaire.

Pour moi, l'Antarctique, son immensité sauvage et désertique, ses blizzards de fin du monde, ses montagnes vierges, non pas continent différent, mais autre planète ou rien n'est comparable à ce que l'on connaît du reste du monde, est un pays de rêve.

 Mais, il en est un autre qui, pour moi, s'enrichit de tout ce que la jeunesse peut apporter de souvenirs, d'émotions, de richesses. C'est un pays grand comme un minuscule îlot. Entourés de sapins noirs, qui sentent bon en été, les cyclamens, les buis, les rochers calcaires qui se prélassent au soleil, où chantent en hiver les pas dans la neige, les troncs des sapins qui sèchent dans les scieries, où soudain sort de la brume une buse ou un faucon, dont les plumes bruissent en vous frôlant. C'est un pays où les rêves prennent leurs sources, nombreuses, dans la terre et dans les hommes, rudes, les unes comme les autres. Mais chaleureux et affectueux, accueillant comme de vrais amis. Un pays où j'ai appris ce qu'étaient la fidélité et l'amitié. Mais aussi, un pays unique au monde probablement. Situé au creux des deux mains en coupe pour le protéger, pour le cajoler.

L'un est en Suisse, l'autre est en France. C'est " L'ARBEZIE ".

Je ne crois pas qu'il existe au monde un autre pays de rêve qui soit partagé en son milieu par une frontière aimable ; un autre pays au monde où, dans son cadre merveilleux, " dans la chambre d'en haut ", quand on est couché dans le grand lit accueillant, à gauche on est en Suisse, à droite on est en France.

 De quoi faire rêver les plus coriaces…. ''

 Préface de Paul-Emile VICTOR-Bora-Bora Mai 1989 pour le livre "L'Arbézie, l'insolite au quotidien " de Maryse Obez-Arbez.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure Dans les pas de moines défricheurs - Etape 3 - Lajoux - La Cure  

Cliquez sur le moine pour revenir à l'étape précédente et sur la carte pour passer à l'étape suivante.

 

 

Partager cet article
Repost0

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux (23km)

Publié le par gibirando

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux

2eme étape : Les Bouchoux (alt.1.000m) - Lajoux (alt.1.180m) (23km)

Mardi 29 juillet 2003

(Extrait de : Panorama jurassien, poème d'Henri Marandin)

Pays des randonnées au long des hautes combes

Sur l'arête des crêtes au fin gazon semé

Dans les clairières muettes comme des tombes

Parmi les gentianes et les genévriers.

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Nous avons parfaitement dormis mais sommes tout de même très matinaux car l'étape d'aujourd'hui avec ses 23 kilomètres est très longue. Comme notre intention est beaucoup plus de flâner que de courir, nous souhaitons partir tôt.

Nous commandons un panier-repas pour le midi. Pour le prix de 8€ par personne, ce casse-croûte composait d'un peu de charcuterie, d'un œuf dur, d'une pomme et d'un peu de pain déjà rassis s'avèrera très décevant. Après le café au lait accompagné de confitures et de pain beurré, nous sommes parés pour repartir.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux

Départ des Bouchoux que l'on aperçoit au loin dans la vallée du Tacon

Nous devons retourner jusqu'aux carrefours " Le Crêt " puis " Les Fournets " traversés hier. Nous empruntons pour cela, la route goudronnée qui monte sur plus de deux kilomètres. A droite se dresse la falaise de la " Croix des Couloirs " parcourue hier et en dessous la large vallée du Tacon. Les grands oiseaux qui semblent être de grands rapaces sont toujours là à planer.

Arrivés au carrefour " Le Crêt ", le chemin que nous refaisons en sens inverse, devient familier jusqu'à la stèle des Fournets. Là, nous prenons sur la droite un sentier forestier qui se poursuit sur environ un kilomètre.

Vers 10 heures, avant de sortir de la forêt, nous prenons le temps d'une pause " barres de céréales, fruits secs et boisson énergétique " puis reprenons notre parcours sur une longue route de bitume qui nous doit nous mener au village " Les Moussières ".ou

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux  

Direction la Petite Coinche et les Fournets------------------------------------Arrivée au village " Les Moussières "

A hauteur du lieu-dit " Sous la Joux ", une vache gît au bord de la route, la mort est récente car aucune odeur n'émane de cette carcasse. La pauvre bête est couchée sur l'herbe, la langue pend longuement hors de son mufle béant. Comment est-elle morte ? A-t-elle était heurtée et traînée par un véhicule comme semble l'indiquer quelques éraflures sur son poitrail ? Nous ne trouvons pas d'explications car en contrebas à proximité d'un gîte d'étape d'autres vaches identiques paissent tranquillement.

Vers 11 heures, nous évitons le village " Les Moussières " (nous y reviendrons à la fin de notre séjour pour acheter d'excellents fromages et de très bons vins à la Maison des Fromages du Haut-Jura) et continuons la route en asphalte par les routes départementales D25 puis D292E1 jusqu'au carrefour " Les Rasses ".

Nous quittons enfin et sans regret le bitume qui commence à avoir raison de la plante de mes pieds déjà bien échauffés par l'étape d'hier.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux 0Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux

Très joli chalet à la " Combe Bry " ----------------------------------------Au carrefour " Les Rasses "

Après le maigre repas que nous ingurgitons en lisière de la forêt du Pré-Coquet, c'est une très agréable marche que nous poursuivons dans de petits pré bois de hêtres et de résineux et dans de vertes et sinueuses pâtures.

 Nous arrivons bientôt à hauteur de la Combe de Laisia où un point de vue superbe nous permet de voir au loin jusqu'à Saint-Claude. Cet endroit nous donne un bon aperçu du chemin parcouru et du dénivelé déjà réalisé.

 Nous croisons une famille de vététistes qui se rend aux Moussières. Ils cherchent leur chemin et c'est avec plaisir que nous leur indiquons le sentier à prendre. Pendant ce temps, les " hollandais " nous ont rejoints et nous dépassent. Notre intuition était la bonne : ils font bien le même circuit que nous.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux

Après le déjeuner, notre marche se poursuit dans le petit bois du Pré Coquet

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux

A la Combe Laisia avec vue sur St Claude

Nous continuons sur 500 mètres une chaussée goudronnée qui correspond à une portion du Tour du Haut-Jura.

Comme indiqué sur le topo, nous quittons ensuite cette route par la droite, traversons une très belle combe et par un chemin empierré, montons vers le lieu-dit " La Vie Neuve ".

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux ODans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux

Devant l'immense mairie " Les Molunes " puis sur une prairie qui ressemble à un green de golf

A cet endroit, nous retrouvons la D292E1 et l'immense Mairie des Molunes. Mais où sont les habitations de cette surprenante commune ? Quelques maisons éparpillées par ci et par là, à des centaines de mètres à la ronde !

 Le parcours suit le GR de pays balisé rouge et jaune sur 150 mètres, puis nous bifurquons à gauche au niveau d'un beau chalet de bois. Là aux Molunes, le sentier se faufile à travers une verte et ondoyante prairie qui ressemble à un terrain de golf.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux

A la Combe de l'Aubergette, Dany a pris un peu d'avance, ce qui me permet de prendre cette belle photo sous un ciel tourmenté

Le temps d'une superbe photographie et nous traversons la Combe de l'Aubergette tout aussi ravissante, sous un beau ciel tourmenté. Je garde l'appareil photos en permanence en bandoulière tant les paysages sont plus beaux les uns que les autres.Nous suivons les combes, passons entre une ruine et la chapelle en bois de Cariche et arrivons bientôt au carrefour balisé " Les Platières ". Là, après la traditionnelle pause-goûter, nous continuons le GR de pays qui poursuit sa route dans une clairière pour descendre progressivement vers la Combe des Alouettes et La Trace.

Tout en descendant, nous apercevons au loin un village plus important que nous supposons être Lajoux. En voulant vérifier sur la carte, nous constatons que celle-ci est tombée du porte-cartes que Dany portait en bandoulière.

Paniquée, Dany sait que sans cette carte IGN, la poursuite de notre circuit devient impossible, elle tombe son sac à dos, repart en trombe et me laisse en plan. Je m'assois sur un muret et l'attends tout en réfléchissant.

Quand avons-nous pu la perdre ? L'avions-nous encore lors du goûter ? Que puis-je faire si elle revient sans la carte ? Je ne vois qu'une solution : appeler l'agence pour se faire remettre un autre exemplaire.

Vingt minutes se sont écoulées quand Dany arrive toute essoufflée en brandissant fièrement la " miraculeuse " carte. Quelle performance après 7 heures de marche ! En courant, elle a réussi à rattraper des promeneurs que nous avions croisés et qui avaient trouvé la carte sur le chemin ! Une fois de plus, Saint-Romain et Saint-Lupicin, les moines défricheurs veillent sur notre randonnée.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux ODans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux

 Après le carrefour Les Platières --------------------------------Près de la " Combe des Alouettes "

Rassurés, nous reprenons notre itinéraire, arrivons de nouveau sur la D.292 et rejoignons Lajoux non sans avoir longuement conversés avec une vieille paysanne fort chaleureuse que nous croisons sur le bord de la route.

Il est 17 heures quant nous entrons dans l'hôtel " La Haute Montagne " à Lajoux. L'accueil est plus réservé qu'aux Bouchoux mais le cadre est très agréable avec une charmante et lumineuse chambre donnant sur un grand parc.

Après une stimulante douche, Dany est déjà d'attaque et prête à visiter le village. Moi, j'ai la plante du pied droit bien rouge et les mollets qui me font mal. Je suis moins enclin à faire une longue ballade. Nous sortons de l'hôtel et remontons la D.436 jusqu'à une épicerie où nous trouvons des cartes postales. Notre visite se poursuit jusqu'à une fromagerie où prévoyants pour le pique-nique du lendemain, nous achetons de larges coupes de comté, de bleu de Gex et de gruyère ainsi qu'un gros saucisson.

Dany veut continuer cette visite jusqu'au layetier (1) qui se trouve beaucoup plus loin sur la route. Je suis bien fatigué et ma crainte, c'est qu'à cette heure aussi tardive, les visites soient terminées.

 Nous retournons à l'hôtel où après l'écriture des cartes postales, il est déjà l'heure du dîner. C'est d'un bon appétit que nous engloutissons l'excellente saucisse de Morteau à la crème qui nous est proposée. Le vin rouge d'Arbois que nous commandons s'accorde parfaitement avec cette cuisine typiquement jurassienne. Après cette longue étape et ce savoureux repas, nous n'avons qu'une hâte : rejoindre notre chambre et nous reposer.

Il n'est pas encore 21 heures et nous sommes déjà couchés. Le grand parc est calme. Un petit air frais entre par la fenêtre ouverte. De temps à autre on discerne, le faible bruit de quelques voitures qui passent sur la route qui va de Saint-Claude à Genève.

Dany lit le topo de l'étape du lendemain qui va de Lajoux à la Cure. Pendant ce temps, j'analyse le parcours sur la carte IGN. Encore une vingtaine de kilomètres à parcourir, il est temps d'éteindre la lumière et de dormir.

(1)Le layetier est un fabricant de meubles miniatures. Cet artisanat a eu son heure de gloire avec le développement de l'horlogerie suisse et jurassienne. Dans ce métier, où il était indispensable de ranger de nombreuses pièces minuscules, ces petits meubles avec une multitude de tiroirs devenaient indispensables et le layetier était donc un artisan essentiel.

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux ODans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux

 Un repos bien mérité à notre arrivée à Lajoux------------------------------- Le très bel hôtel de la Haute Montagne à Lajoux

Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux Dans les pas de moines défricheurs - Etape 2 Les Bouchoux - Lajoux

Cliquez sur la carte pour passer à l'étape suivante

 

Partager cet article
Repost0