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Vous avez dit omertà ?

Publié le par gibirando

Vous avez dit omertà ?

 LA VIDEO/INTERVIEW EST A LA FIN DE CE MESSAGE.


 

A diverses reprises, j’ai évoqué dans Mon Journal Mensuel, l’intérêt que j’accordais à l’association Les Contribuables Associés. Cette association indépendante et apolitique a pour objet social de défendre les contribuables auprès des pouvoirs publics, des élus et de le faire savoir au travers des médias. A ce titre, souhaitant une gestion plus économique des finances publiques,  elle traque tous les excès de l’Etat et de ses innombrables couches administratives, tous les gaspillages, toutes les gabegies et dieu sait si ces dernières sont nombreuses dans notre pays ! Comme je le dis souvent à des amis ou à des membres de ma famille, tous les citoyens que nous sommes devrions être membres de cette association car après tout lequel d’entre-nous ne paye pas exagérément des impôts, des taxes ou des contributions ? Personne ! Et puis surtout pour quels résultats quand on fait le constat que beaucoup de choses ne tournent pas vraiment rond dans notre beau pays. Pour cela, rien de plus simple, il suffit de les soutenir en appuyant leurs actions, leurs pétitions et en étant donateur à la hauteur des possibilités de chacun. Plus nous serions nombreux et plus les « choses » changeraient favorablement et plus vite car vous n’êtes pas sans ignorer que la France est depuis de très (et trop) longues années la championne du monde (au pire la vice-championne derrière le Danemark mais devant l'Autriche) des prélèvements obligatoires. Tout est taxé et il arrive même que l’on soit taxé sur des taxes ! C’est le cas par exemple de la Tva que l’on paye sur la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE)  lors des achats de carburants, de la contribution au service public de l'électricité (CSPE) et encore de quelques autres prélèvements du même gabarit. C’est le cas aussi d’une partie de la CSG qui n'est pas déductible du revenu mais qui est imposable à ce même revenu. Une aberration, mais qui rapporte alors qu’il y aurait bien d’autres manières plus logiques et plus intelligentes d’alléger la pression fiscale sur le citoyen !

L’exemple le plus emblématique serait de mieux lutter contre les fraudes sociales ou/ou fiscales alors que rien ou presque n’est fait dans ce sens. L’Etat au travers de ces administrations et juridictions est tellement en souffrance à tous les niveaux qu’aucune d’entre-elles n’est apte à donner les vrais chiffres de ces fraudes-là. 1 milliard ? 10 ou 20 milliards ? Les chiffres les plus fous sont avancés et à qui faire confiance devant une telle déficience ? Devant une telle impuissance ? Devant une telle inaptitude ? Les différents présidents de la République, les différents gouvernants qui se sont succédés ont tous baissé les bras. Pourquoi ? Qui peut répondre à cette question ?

Les Contribuables Associés ont donc décidé d’interviewer l’homme le plus compétent de ces fraudes-là. Une homme qui parle franc et qui n’a aucun intérêt personnel à exagérer le sujet. Malgré ça, personne ne l’écoute ou presque et on est en droit de se poser la question « POURQUOI ? ». Charles Prats, un magistrat qui bosse dans et sur ce thème depuis 2008. Ce qu’il nous en dit dans cette vidéo que je vous propose ci-dessous est tellement édifiant que j’ai eu envie de le partager. Certes cette interview dure plus d’une heure mais qu’est-ce une heure au regard des milliards d’impôts que nous pourrions sans doute tous économiser si tout cela est vrai comme j’en suis désormais persuadé ? Pourquoi ?

Alors que nous avons des gouvernants qui sont en permanence dans la communication et rarement dans l'action, là sur ce sujet brûlant que sont les fraudes sociales et fiscales c'est la plus totale omertà ! Jamais aucun homme en place avec des responsabilités gouvernementales en cours n'en parle ! On pourrait penser que c'est contradictoire mais à bien y réfléchir c'est assez logique de ne pas parler d'un sujet où ils sont soit responsables d'une situation qui perdure depuis longtemps et pour laquelle ils n’ont peut-être pas de solution efficace soit au pire partie prenante comme certaines affaires concernant des hommes politiques haut-placés nous l'ont démontré ces dernières années. Je pourrais citer des noms mais il viendra à l'esprit de tous qu'un ex-premier ministre et un ex-ministre du budget ont été condamnés pour ces motifs-là ! Et ces deux-là sont sans doute les petits buissons qui cachent une forêt gigantesque ! Alors, il est peut-être temps de mettre fin à cette omertà. Oui, brisons-là ! Je commence avec ce modeste article et je relaie cette vidéo que toute le monde doit regarder !

 

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La Saline de Mandirac et le Grand Castelou depuis l'écluse de Mandirac.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 5 musiques du groupe "Secret Garden" extraites de leur album "Winter Poem". Elles ont pour titres : "Make A Wish", "Song For A New Beginning", "Frozen In Time", "Song At The End Of The Day" et "Lament For A Frozen Flower".

 La Saline de Mandirac et le Grand Castelou depuis l'écluse de Mandirac.

La Saline de Mandirac et le Grand Castelou depuis l'écluse de Mandirac.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

C’est parce que j’avais en partie parcouru les lieux en 2014 lors d’un « GPR Sentier du Golfe Antique » en 3 jours, que j’ai imaginé cette boucle pédestre que j’ai intitulée « La Saline de Mandirac et le Grand Castelou depuis l’écluse de Mandirac ». D’abord le secteur m’avait bien plu mais j’avais le sentiment d’y être passé trop vite. Trop vite, car ce jour-là c’était la première étape allant de Port-la-Nouvelle à Narbonne et qu’il m’avait fallu parcourir une bonne trentaine de kilomètres.  Au-delà de ce premier aspect, il y en avait eu un second encore plus important à mes yeux : les Oiseaux. Certes, j’en avais vu beaucoup, mais là aussi j’étais resté avec un sentiment d’inachevé sur la plan photographique ! Inachevé car je n'avais pas pris suffisamment mon temps et que mon appareil-photo n'était pas vraiment performant pour des photos animalières. J’avais donc envie d’y retourner avec cet espoir de faire beaucoup mieux. En ce 22 octobre, il est 12h30 quand je gare ma voiture à proximité de l’écluse de Mandirac située sur le canal de La Robine. La météo est mitigée car faite de gros nuages blancs et gris qu’un bon petit cers pousse du nord-ouest vers le sud-est, mais j’ai bon espoir que ça s’arrange. En tous cas, j’ai la quasi-certitude qu’il ne pleuvra pas.  Je viens à peine de couper le moteur qu’un train passe à toute vitesse sur la voie ferrée mitoyenne faisant s’envoler une Aigrette et un Héron cendré. Par chance, mon appareil-photo est sur le siège passager et si je loupe l’Aigrette, le Héron passant juste devant mon pare-brise, je peux l’immortaliser en plein vol. Je démarre, direction Tournebelle-le-Neuf et le Grand Tournebelle en longeant plein sud et pour l’instant le Canal de la Robine. En 7 ans, j’ai le sentiment que beaucoup de choses ont changé et pas en bien. Le petit Café de pays faisant restaurant et qui organisait d’agréables soirées musicales est délabré et est ouvert aux quatre vents, les abords de la gare de Gruissan-Tournebelle paraîssent beaucoup moins bien entretenus même si sur la façade un grand graffiti plus joli est venu remplacé quelques tags qui étaient très moches. J’ai appris que la Ligue de Protection des Oiseaux de l'Aude en avait fait son siège. Depuis mon départ, j’ai vu des déchets parsemés de tous côtés alors que de grands conteneurs poubelles sont là sur le parking près de l’écluse. J’essaie donc d’oublier ces tristes aspects et de me concentrer sur ce que je suis venu faire, c’est-à-dire tenter d’observer ce qui est encore beau, c’est-à-dire la Nature. Juste avant d’arriver au Grand Tournebelle, elle se présente sous les traits d’un Ragondin qui fouine l’herbe de la berge et quelques secondes plus tard c’est une Gallinule poule d’eau qui se dépêche de traverser la Robine. Quelques mètres plus loin c’est dans le petit canal du domaine  du Grand Tournebelle que je surprends un Martin-pêcheur. Puis le passage à niveau de la voie ferrée est là et même si les barrières sont levées, je le traverse avec la prudence qui s’impose. Depuis que j’ai laissé ma voiture, trois trains sont déjà passés. Un peu plus loin, dans un pré, juste à côté de la voie ferrée quelques chevaux blancs ; sans doute des « Camargue », nous rappelle les similitudes qu’il y a entre le delta de l’Aude et celui du Rhône. Les deux fleuves sont à l’origine de la création de leurs étangs et marécages respectifs. D’ailleurs peu de gens le savent mais le canal de la Robine emprunte en partie l’ancien lit de l’Aude, mais ça c’était au temps où les Romains avaient fait de Narbonne le deuxième port de commerce de la Méditerranée après ceux mitoyens d’Ostie et de Portus Augusti qui étaient ceux de Rome. De plus et même si les productions ne sont pas comparables en volume, il y a bien un riz de Mandirac comme il y a un riz de Camargue. Les comparaisons ne s’arrêtent pas là puisqu’on peut y observer quasiment les mêmes oiseaux, raison de ma présence. Aigrettes, hérons et canards colverts sont les premiers visibles mais comme ici les roselières sont très hautes mais également infranchissables car très denses, il me faut trouver des talus pour apercevoir les marais et les oiseaux qui les habitent. Il va en être quasiment ainsi jusqu’au lieu-dit Saint-Louis. Une fois franchi le passage à niveau, les seuls talus étant les ballasts de la voie ferrée, il vaut mieux éviter d’y grimper totalement. D’abord parce que les pierres qui les composent sont peu faciles à gravir mais surtout parce que c’est très dangereux. Ici les trains sont relativement nombreux à circuler et de surcroît ils roulent « à fond la caisse » sur cette longue ligne droite parallèle à La Robine. Alors j’essaie de trouver un juste milieu et surtout d’autres endroits moins périlleux. Finalement et compte tenu des difficultés, je n’ai pas trop à me plaindre des photos ornithologiques qui viennent remplir la carte mémoire de mon appareil-photo.  Dans ma quête à vouloir photographier tous les volatiles, ma plus grand difficulté est de surprendre les passereaux pourtant plutôt nombreux. Le cers, fait parfois de rafales assez violentes, incite tous les oiseaux à se laisser tomber dans les roseaux. Parfois, les rassemblements de passereaux sont si importants qu’ils donnent l’impression de pierres tombant du ciel. Malgré quelques photos, j’ai conscience qu’il me faudra faire preuve de patience et trouver des endroits bien plus propices à leur observation. Dans l’immédiat, je me fais une raison. Au lieu-dit Saint-Louis, je surprends quelques colverts dans le canal Le Canelou mais leur côté sauvage les fait s’enfuir dans les roseaux en me voyant. Après avoir emprunter la passerelle qui enjambe le canal, en apercevoir les deux ou trois habitations constituant le lieu-dit, j’ai le même sentiment que j’ai eu à Mandirac. L’endroit me paraît bien plus sordide et sale qu’en 2014. D’ailleurs, une des villas avec sa toiture amplement défoncée, ses rideaux roulants et ses fenêtres cassées, ses canisses fracassées et sa terrasse sens dessus dessous me paraît totalement saccagée. On dirait qu’une tornade est passée par là, à moins que ce soit les actes de terribles vandales ? Dans le doute et malgré son aspect désert, je m’abstiens de l’approcher et ce, malgré plusieurs fauvettes qui en occupent le jardin et que je veux à tout prix photographier. Comme elles ont la bougeotte, j’utilise mon appeau et attends de voir si elles viennent à moi.  Après cette séquence peu réussie, je poursuis ma route qui peu après devient rectiligne et bitumée. Elle file tout droit vers le Petit Castelou. Mais j’oublie vite l’asphalte car ici quelques arbres morts et donc dénudés accueillent des passereaux et c’est donc beaucoup plus facile pour moi d’en immortaliser quelques-uns. Un rapace s’envole d’un marais et s’amuse à jouer avec le vent. Il me laisse le plaisir de le photographier. Si l’arrivée au Petit Castelou est encore synonyme d’oiseaux et notamment de quelques limicoles non encore aperçus, les véritables « clous du spectacle » de la longue ligne droite qui se présente à nouveau sont des flamands roses en grand nombre, plusieurs Hérons, un groupe de magnifiques cigognes blanches passant juste au-dessus de ma tête mais surtout un superbe papillon Petit Monarque que le vent semble clouer sur l’herbe. Voilà un papillon que je n’avais jamais vu ni photographié jusqu’à présent et que je croise deux fois en quelques semaines dans des secteurs très éloignés l’un de l’autre, mais surtout que tout oppose. Le premier à « la Chapelle Sainte Marguerite de Nabilles », au-dessus de Conat et donc dans le Haut-Conflent à 865m d’altitude, c’était le 19 septembre, et le second ici un mois plus tard au bord de l’étang de Bages-Sigean. Quels contrastes de paysages et de biotopes pour un papillon migrateur censé venir d’Afrique via l’Espagne ! Après ces agréables spectacles, il est temps pour moi d’allumer mon GPS et d’en observer le tracé que j’y ai enregistré.  En effet, je ne veux pas louper le petit sentier qui doit m’amener vers Le Grand Castelou, ce qui m’obligerai à quelques kilomètres supplémentaires et de surcroît sur l’asphalte. Finalement, la bifurcation n’est pas très loin et se présente sur ma gauche mitoyenne d’une martellière, vanne métallique laissant passer les eaux selon les besoins. J’y retrouve avec un peu d’étonnement les balises jaunes et rouges propres au GRP Sentier du Golfe Antique.  Sans doute une variante dont je sais qu’elles sont plutôt nombreuses car si ce GRP est long de 75km et peut s’effectuer en plusieurs jours comme je l’ai réalisé moi-même, il est aussi constitué d’un réseau d’une douzaine de petits parcours pédestres individuels. Un petit ponton permet d’enjamber l’étier et le sentier est là qui traverse l’ancienne saline aujourd’hui largement envahie par les soudes, les salicornes, les lavandes de mer, les roseaux et autres plantes rustiques des marais. Si les passereaux y sont également plutôt nombreux, ils continuent de disparaitre au sol dans cette dense végétation.  Finalement comme j’abandonne l’idée de les photographier dès lors qu’ils disparaissent dans les roseaux, les grands bâtiments du domaine du Grand Castelou, gérés désormais par le Conservatoire du Littoral, sont vite là. Les bâtiments étant désertés de toute présence humaine, je me laisse aller à une visite improvisée mais vite découragée car les portes sont autant murées que l’endroit est vide. Un panonceau indiquant « un sentier de randonnée du Grand Castelou », je me laisse tenter avant de lire qu’il y a deux itinéraires, le premier assez réduit car de 2km autour des bâtiments, et le second de 4 km empruntant en très grande partie celui que je viens d’accomplir autour de la Saline de Mandirac. De ce fait et une aire de pique-nique avec des tables et des bancs arrivant bien à propos, je m’y arrête histoire de me reposer un peu et de goûter de quelques biscuits. Grand bien m’en prend de m’arrêter à cet endroit car au-dessus de l’aire de pique-nique de grands arbres totalement effeuillés vont servir d’aire de repos à de nombreux passereaux de passage. Je vais rester là plus d’une heure n’ayant qu’à siffler dans mes appeaux, attendre que les oiseaux arrivent et prenant un énorme plaisir à photographier chardonnerets, pinsons, serins et autres linottes mélodieuses.  C’est sur cette bonne note que je quitte le Grand Castelou, certes un peu de déçu d’avoir trouvé l’endroit désœuvré alors que j’avais imaginé que son acquisition par le Conservatoire du Littoral lui donnerait une autre vie aussi active que l’avaient été les précédentes. Il ne me reste qu’à refermer cette boucle mais là, j’hésite entre ressortir par le nord du domaine, direction le Grand Mandirac, ou bien vers l’est par des chemins qui traversent le domaine mais dont je n’ai aucune certitude qu’au bout ils enjambent la voie ferrée. Après réflexion, c’est la première solution qui me paraît la plus sage. Nouveaux chevaux blancs, quelques fleurs et d’autres oiseaux me font une fois encore oublier que je marche sur des voies asphaltées, voies asphaltées toutefois plutôt dangereuses dès que je sors du domaine. Ici, peu de bas-côtés pour satisfaire les piétons et la prudence doit être de mise. Au Grand Mandirac, juste après le passage à niveau, je retrouve  sur ma gauche les grandes bâtisses du 19eme siècle similaires à celles du Grand Castelou. Ces maisons de maître sont les témoins d’un âge d’or de la viticulture mais également de quelques essais plus ou moins convaincants de la culture du riz et de bien d’autres légumes ou céréales. Mais au-delà de cet aspect patrimonial, c’est surtout le chantier de charpenterie de marine qui m’intéresse. Comme j’y passe régulièrement devant en voiture sans jamais m’arrêter, je profite de cette occasion qui m’est donnée pour m’y attarder. Un homme est là et m’informe gentiment sur le chantier en cours. Après cette découverte, la dernière longue ligne en direction de l’écluse m’attend. A pied, elle est aussi risquée que celle qui m’a amené ici au sortir du Grand Castelou. Les voitures y sont nombreuses car Mandirac reste un raccourci certain et donc très emprunté entre Gruissan et le sud de Narbonne.  La route est assez étroite, les voitures y roulent parfois très vite et il est donc préférable de marcher en ayant constamment un œil devant soi et un autre derrière. Finalement, c’est entier que j’arrive devant la Maison de l’écluse, chance qu’un pauvre petit ragondin n’a pas eu. De cette crêpe de peau, de poils et de chair sanglante jonchant la route, seule la queue ronde et dure, encore pratiquement intacte, laisse imaginer qu’il a pu y avoir derrière cette représentation macabre un petit animal au cœur battant. Le pire dans cette vision d’horreur, c’est qu’en m’approchant de la confluence que forme ici le Canelou avec la Robine, j’y aperçois un autre ragondin qui semble faire « les cent pas » dans l’eau verdâtre du minuscule canal.  Il va et vient, faisant des longueurs d’une dizaine de mètres, et surtout il me laisse pensé à quelqu’un qui attend avec impatience et en vain le retour de quelqu’un d’autre. Attend-il l’âme en peine son conjoint que je viens de voir sur la route bien plus plat qu’une limande ? Compte tenu de la proximité des deux faits, je l’imagine aisément car même ma présence penchée sur la balustrade du Canelou ne change rien à ses longueurs natatoires. Je préfère quitter les lieux et m’en éloigner très vite tant ces deux scènes que je viens de voir m’ont terriblement attristées, et ce d’autant que je sais qu’ici les ragondins sont très mal vus et carrément chassés car ils occasionnent pas mal de dégâts dans les berges des canaux et les cultures. En 2014, j’avais constaté la présence de plusieurs pièges le long de La Robine.  Je traverse l’écluse et file vers l’ancienne école. Si sous certains aspects, elle me rappelle l’école primaire telle que j’ai pu la connaître, seuls quelques moineaux qui l’occupent trouvent un réel intérêt à mes yeux. Quelques voitures arrêtées un peu plus loin sur la route de Gruissan me rappellent mon passage ici en 2014. Seraient-elles encore là pour les même raisons ? Oui, c’est bien le cas, mais avec beaucoup moins de cigognes qu’il y a 7 ans, car cette fois-ci, il n’y en a que deux et beaucoup plus éloignées. Malgré ces derniers volatiles immortalisés et mon envie de continuer à photographier la Nature, il faut que je me rende à l’évidence, cette balade est bien finie !  Globalement je suis satisfait de ce long après-midi. Les oiseaux observés ont été très nombreux même si je sais que les photos n’auront pas toujours la belle qualité espérée à cause d’une météo variable et donc pas toujours idéale en terme de luminosité et de l'éloignement de certains volatiles. Telle que racontée ici, cette boucle a été longue de 9,2km avec bien évidemment une déclivité inexistante. Carte IGN Top 25.

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Le Chemin de Milie à Saint-Estève

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de diverses interprétations de la magnifique chanson "Till There Was You" de Meredith Willson devenue définitivement célèbre grâce aux Beatles. Elle est interprétée ici par Jennifer Judy Heller plus connue sous le nom de J.J Heller (instrumental), par le duo MonaLisa Twins (chant) , par Joscho Stephan Trio (guitares), Paul McCartney (chant) et Bill Tyers (guitare).

Le Chemin de Milie à Saint-Estève

Le Chemin de Milie à Saint-Estève

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

En vous proposant ce « Chemin de Milie » au départ de ma commune de Saint-Estève, autant vous dire de suite de ne pas trop vous fier au tracé que je mets en exergue avec ce récit. Ce tracé est celui que j’ai réalisé ce jour-là mais il n’est qu’un exemple parmi bien d’autres jolis sentiers et chemins qui sillonnent les vignobles et la garrigue stéphanoise. Il n’est donc pas une finalité en soi et bien d’autres itinéraires sont possibles. A vrai dire, en effectuant ce circuit un peu biscornu,  ma vraie finalité était double : aller rendre hommage à « Milie » et démontrer que la campagne stéphanoise est encore très « naturelle » et « sauvage » et ce, malgré toutes les agressions que le progrès et bien d’autres complications ne cessent de lui infliger. Enfin, s’il est aussi biscornu, c’est parce que certains impondérables et une interdiction nouvelle m’ont obligé à zigzaguer. Alors bien sûr, vous vous demandez qui est « Milie » ? Voilà brièvement son histoire. De son vraie nom « Méli », selon son carnet de santé et de vaccination, c’était une jolie petite chatte noire de race Bombay née en 2004, mais les enfants l’avaient immédiatement appelé « Milie » et ce nom lui était resté. Elle avait 6 ans environ quand un soir elle a trouvé la mort heurtée par une voiture. Bien qu’ayant fait de gros progrès de sociabilisation, Milie était restée assez sauvage. La caresser, était toujours très difficile pour le premier venu mais pour nous aussi parfois. Malgré cette difficulté, elle avait une double vie car il lui arrivait presque chaque soir de traverser notre rue pour partir dans le proche voisinage. Où allait-elle ? Que faisait-elle pendant ses longues absences ? Nous n’avons jamais réussi à le savoir malgré quelques investigations auprès des voisins ! Cette double vie lui a donc été fatale. Et quand je pars en balade lui rendre hommage, c’est parce que je l’avais enterrée non loin d’un grand pin parasol de la garrigue stéphanoise. Malheureusement sur le lieu en question, un grand nombre de gravats ont été déversé et Milie est désormais enfouie dessous. Mais je continue à y aller, prenant très souvent des chemins différents et ce prétexte qui me tient toujours à cœur depuis octobre 2010 où elle a trouvé la mort. Oui, comme indiqué en préambule « les Chemins de Milie » peuvent être nombreux. En ce 18 octobre, le temps est superbe et mon envie d’aller courir la campagne en est décuplée. Je démarre de chez moi mais plus véritablement du lieu-dit la Pinède, juste après le parcours sportif où j’allume mon appareil-photo. Là, direction le cimetière ouest encore appelé cimetière du Haut. D’emblée, les oiseaux sont plutôt nombreux et  se présentent sous les traits de quelques merles, pinsons et autres serins. Mais les photographier reste dans l’immédiat très compliqué. Après quelques mètres, un papillon et un écureuil peu craintif et joueur ouvrent enfin mon bestiaire . Le premier oiseau est une pie avec son joli plumage aux reflets noirs et bleutés. Après le cimetière, le chemin se fait plus rectiligne et file presque tout droit vers la D.614 qui va de Pézilla-la-Rivière à Baixas. Ici, fleurs, oiseaux et papillons sont déjà bien présents. Ce chemin qui était plutôt bon est désormais un peu défoncé par endroits suite aux tranchées réalisées récemment pour faire passer la fibre optique. Ce fameux progrès que j’évoquais au début se présente également avec un horizon tout proche où éoliennes et lignes à haute tension se partagent le ciel bleu de leurs têtes et la campagne de leurs gros pieds de béton. Non loin de moi, un hélicoptère s’élève dans le ciel transportant deux hommes dans une nacelle. Le progrès, toujours le progrès, encore le progrès. Si je ne suis pas totalement contre le progrès, je trouve assez dommage que l’on produise beaucoup d’électricité de manière si proche avec ici une grande centrale électrique, de nombreuses éoliennes et de plus en plus de panneaux photovoltaïques sans en profiter dans les tarifs qui ne cessent au contraire d’augmenter. Oui, on peut tous regretter ce paradoxe et ce d’autant qu’il était également dit que le compteur Linky devait s’avérer plus économique et plus vert ! Plus économique et vert(ueux) pour qui ? On est en droit de se le demander ! Malgré tout, la Nature reste encore présente dans cette campagne et j’arrive avec bonheur à faire quelques photos naturalistes. Jusqu’à quand ? A force d’empiéter sur la campagne et donc sur la Nature, un jour viendra où il sera trop tard ! Je n’en veux pour preuve une disparation de 30% des oiseaux en 30 ans mais aussi de 60% des vertébrés sauvages à l’échelle de la planète. Je ne vais pas jusqu’à la D.614 préférant bifurquer au préalable pour revenir en empruntant un autre chemin qui traverse les vignobles et les lieux-dits « El Clavell Baix » et « Serrat d’En Farines ». C’est dans ce secteur que j’ai enterré « Milie », mais si je retrouve l’endroit exact,  je n’en retrouve aucune trace et pas même cette petite ardoise que j’avais gravée de son nom le jour où j’avais trouvé les « fameux » décombres déposés sur sa petite tombe. C’était en janvier 2011, quelques mois après sa disparition. Tout a disparu sous ce progrès qui consiste à salir la Nature avec ce qui devient inutile aux hommes alors qu’il existe une déchetterie faite pour ça. Décheterrie certes mais il est vraie payante pour les professionnels. C’est quoi la préférence, protéger à tout prix la Nature ou bien faire de l’argent désormais si essentiel à l’existence des hommes ? A voir comment les richesses sont si mal réparties sur notre planète, on devrait aisément pouvoir faire les deux non ? Enfin, il fait beau, la Nature est là, gratuite de surcroit et même si ce type de questions existentielles m’interpellent assez souvent, je veux profiter de mon après-midi. D’ailleurs, près d’un casot en ciment, d’autres personnes moins enclines à toutes ces questions métaphysiques ont « bu comme des trous » et « ont fumé comme des pompiers » laissant tous leurs détritus sur place dans un carton, ce qui tend à prouver si besoin que la société est mal en point. Je ne suis pas psychiatre mais venir « se torcher » dans la garrigue soulève des questionnements. Oui, la science de l’être humain et de ses réalités qu’on appelle « l’ontologie » a encore « du pain sur la planche ». Moi, je continue « mes petits bonhommes de chemins » zigzaguant entre vignobles et garrigues, toujours à l’affut de la faune et même de la flore, faisant même un petit détour pour aller voir des graffitis plus ou moins bien réussis dans un bâtiment désaffecté au milieu du lieu-dit « Plana de Dessus ». Si je ne suis pas contre ce « street art » ou « art des rues », bien au contraire, parfois très agréable à regarder quand les dessins sont bien faits, bien présentés et colorés, je ne peux que regretter qu’en France plus le moindre morceau de béton ou de métal ne soit « barbouillé » de ces tags obscurs, souvent débiles quand ils ne sont  pas « crasseux », « grossiers » voire carrément « avilissants ». Ici, si la plupart sont relativement bien dessinés, il y en a un très beau et donc parfaitement réussi consacré « Aux enfants de Saint-Estève morts pour la France en 14/18 ». Voilà une belle initiative et qui est à même de réconcilier le présent et le passé, chose de moins en moins fréquente de nos jours ! Enfin, il faut regretter que certains « artistes » aient cru bon de jeter leurs bombes de peinture ou de résine alors que c’est pourtant si facile lorsqu’on est venu avec de les ramener chez soi. « Artiste » ne devrait jamais rimer avec « fumiste » !  Je termine cette balade en évitant de traverser le domaine Bobé appartenant à Monsieur le Maire, ignorant que je suis de l’installation récente d’un grand hangar photovoltaïque. Respecter la propriété privée quand elle est parfaitement indiquée fait partie de l’éducation reçue de mes parents. Enfin peu importe ce petit détour car l’envie de marcher est encore là. Ainsi se termine cette jolie balade au cours de laquelle j’ai pris autant de plaisir à prendre des photos qu’à parcourir la campagne avec ses belles couleurs automnales. Toulouse-Lautrec qui s’y entendait en couleurs, n’a-t-il pas dit que « l’automne est le printemps de l’hiver ». Je n’ai pas enregistré d’éléments de mesures mais j’estime que telle qu’elle est décrite ici, cette balade a été longue d’environ 7 à 7km5 pour une déclivité d’une quarantaine de mètres. Carte IGN 2548OT Perpignan – Plages du Roussillon Top 25.

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La Chapelle Sainte Marguerite de Nabilles depuis Conat

Publié le par gibirando

 

Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques du compositeur britannique David Mitcham. Elles ont pour titre : "Reflections On A Life", "Reflections Of Satie" et "Highlands and Lowlands"

La Chapelle Sainte Marguerite de Nabilles depuis Conat

La Chapelle Sainte Marguerite de Nabilles depuis Conat

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

En ce 19 septembre, et toujours en villégiature à Urbanya, nous avons prévu d’aller randonner au-dessus des Angles, du côté du petit étang de Vallserra (que l’on écrit aussi Balcère), quand la radio nous annonce de la pluie sur le Capcir pour une bonne partie de la journée. Etonnant quand même , alors qu’ici nous n’avons qu’un ciel incroyablement bleu. Que faire alors que nous nous apprêtons à démarrer ? Sur mon smartphone, cette mauvaise météo capciroise m’est confirmée avec un risque prévisionnel d’averses à 75%. Sur cette même application, aucune pluie n’est annoncée sur le Haut-Conflent. Rien d’étonnant à cela quand on sait qu’il arrive assez souvent que les pluies restent bloquées sur les Garrotxes et le Massif du Madrès. Alors oui que faire ? Changer mon fusil d’épaule ? Oui je ne vois que ça ! C’est ainsi  que cette balade à Vallserra se transforme à une jolie boucle vers « la Chapelle Sainte-Marguerite de Nabilles (*) depuis Conat ». Un petit détour par Prades afin de récupérer notre pique-nique qui prend les traits de 2 gros pans-bagnats ( ce sont les seuls sandwichs qui nous tentent !)  et à 9h15 nous voilà fin prêts sur la parking de la mairie de Conat pour cette balade. Le ciel est toujours merveilleusement bleu et il ne variera pratiquement pas de la journée. Je connais bien le tracé et je sais déjà que le GPS que j’emporte quand même ne devrait m’être d’aucune utilité voire si peu. Si Dany connaît déjà la chapelle, que nous avions découvert lors d’une autre balade intitulée « les Chapelles du Pla de Balençou », elle ne la connaît pas selon cette boucle qui j’espère devrait pleinement la satisfaire. Nous traversons le vieux mais pittoresque village et nous dirigeons vers la rue des Ponts Romans. C’est cette rue qu’il faut emprunter pour ressortir du village et trouver l’étroit sentier qui doit nous amener vers la chapelle située sur le plateau dominant la vallée. Dans l’immédiat, mon appareil-photo et moi sommes absorbés par de nombreux passereaux mais plus globalement par une Nature bien présente qui d’emblée freine ma marche. Quelques poèmes bien sympas rajoutent à cette flânerie imprévue. Par bonheur, les passereaux se laissent gentiment immortaliser et les poèmes sont courts. Tout cela suffit à notre bonheur. Nous reprenons notre marche. La jolie arche en pierres du premier pont « roman » est là ainsi qu’un ludique pupitre nous expliquant que ces deux ponts n’ont de « romans » que le nom. Les deux enjambent la rivière Urbanya mais le second se trouve un peu plus haut à la confluence d’un autre ruisseau descendant du hameau perdu et oublié d’Arletes : Le Riberot. Paradoxalement, c’est ce ruisseau que nous allons suivre en le dominant. Sur le pupitre et en lisant toutes ces histoires passées, l’importance de l’eau et l’intérêt qu’il y avait à la capter et à la canaliser du mieux possible, je ne m’empêchais de me souvenir de cette balade faite en juillet 2018 et que j’avais intitulée « Le Sentier d’Arletes et autres hameaux perdus ». Je me souviens avoir pleinement profité de l’ombrage qu’il y avait au pied des ruines d’Arletes et plus précisément au bord de ce fameux Riberot pour me reposer un peu et prendre un en-cas. Je me souviens des nombreuses mésanges qui piaillaient mais aussi de ces plants de menthe sauvage qui attiraient une incroyable variété d’insectes et de papillons. Oui, je me souviens très bien de toutes ces vies « butineuses » si fraternelles entre-elles que j’avais photographiées avec une immense délectation. Nous repartons plus que jamais sûrs de notre itinéraire, qu’un panneau directionnel vient de nous confirmer : «  Ste Marguerite ¾ d’heure ». Le sentier commence à s’élever et je précise à Dany qu’elle peut marcher sans crainte et à son rythme car je ne veux surtout pas la ralentir avec mes prises de vues quasi permanentes. Quelques fleurs, quelques papillons, quelques beaux panoramas, de rares lézards et de rarissimes oiseaux sont néanmoins suffisants à créer entre elle et moi une certaine distanciation, mot ô combien devenu malheureusement à la mode par ces temps de Covid. Par bonheur, un simple arrêt de quelques minutes de sa part et le rapprochement s’effectue de nouveau.  Les panoramas vers les massifs du Canigou et du Coronat sont superbes et on ne s’en lasse pa.s  Dès que l’on approche des flancs du plateau, les décors changent. On quitte le sentier encadré d’une végétation méditerranéenne  cheminant en balcon au-dessus du Riberot pour une garrigue plus ouverte et plantée de graminées, de petits buissons et d’arbustes plus épars. Il va en être ainsi jusqu’à la chapelle. Dans l’immédiat, je demande à Dany de m’attendre car en dessous du sentier j’ai aperçu une grange et ce qui ressemble à une ancienne carrière. La carte IGN me confirmant ces informations à cet endroit non loin du Correc de l’Espinas, je veux voir de quoi il retourne. Finalement, il s’agit d’une ancienne ardoisière sans grand intérêt même si certaines lauzes sont de toute beauté et m’auraient bien rendu service pour agencer mes terrasses potagères de ma maison d’Urbanya. Dans ce fatras de lauzes, seul un beau lézard que l’on appelle Psammodrome présente un bel intérêt. Mais comme il se cache derrière la souche d’un vieux chêne vert, j’éprouve beaucoup de mal à le photographier correctement sans l’effrayer. Quant à la grange, elle semble totalement constituée de ces lauzes-là mais elle est inaccessible car au pied d’un haut mur et de surcroît envahie par les ronciers. Il est probable que la grange, définie ainsi sur la carte IGN, était plutôt une cabane servant d’habitat temporaire pour les ouvriers travaillant à l’ardoisière.  J’abandonne les lieux et retrouve Dany qui m’a patiemment attendu près d’un grand cairn lui aussi élevé avec les lauzes du coin. Elle ne ronchonne pas de m’avoir attendu, mais il est vrai qu’elle est bien occupée à observer un vautour fauve planant très haut dans le ciel. Il descend en de larges circonvolutions se laissant planer, sans doute emporté qu’il est par des courants d’airs chauds. Après ce joli spectacle, la déclivité se fait moindre et après la ruine d’un vieux mas que nous laissons sur la droite, la chapelle est enfin visible. Alors que je suis parti visiter la ruine du vieux mas, quelle n’est pas ma surprise d’apercevoir un blaireau occupé sans doute à déjeuner. Le museau enfoncé dans l’herbe, il est difficile à photographier mais c’est déjà trop tard car il m’a vu. Il détale vers la ruine et s’enfonce dans un buisson d’épineux très dense. J’ai beau m’évertuer à faire le tour du buisson, il a disparu corps et biens !  Il n’est pas encore midi, nous sommes devant la chapelle. Dany décide de s’assoir sous le clocher sur une pierre qui fait office de banc et moi je pars faire un rapide état des lieux. Depuis ma dernière venue en septembre 2014 lors d’une balade que j’avais intitulée « Les Pierres gravées et dressées de Conat », rien n’a vraiment changé dans cette église dédiée à Sainte Marguerite d’Antioche, une vierge martyre née à la fin du 4eme siècle et morte décapitée au début du 5eme à l’âge de 16 ans. J’y trouve peut-être un peu moins de purin et de crottin, ce qui tend à prouver qu’aucun bovin ou ovin n’est plus venu ici depuis quelques temps déjà. Pour le reste, je regrette toujours qu’aucun travail de restauration n’ait été entrepris et notamment pour élever son clocher et consolider son toit ce qui lui donnerait un autre visage dans ce paysage abandonné ! Oui, il ne faudrait sans doute pas grand-chose pour quelle retrouve un peu de son lustre d’antan, elle dont les historiens savent peu de choses or mis qu’elle est romane et qu’ un écrit la mentionne pour la toute première fois en l’an 1279. Mais c’est compliqué, l’endroit est un peu perdu même si une piste arrive jusqu’ici soit de Prades soit depuis Campôme. Ma seule observation nouvelle est d’y découvrir sur la corniche du chevet, une pierre gravée d’un serpent ondoyant.  Mais comme j’ai eu cette information sur le site Internet des « Balades romanes » juste avant de venir, je ne suis pas vraiment surpris de cette trouvaille. Serpent ou dragon ? Je ne sais pas, mais toujours est-il qu’il y a une légende selon laquelle Marguerite d’Antioche serait sortie indemne du ventre d’un dragon qui l’avait avalée. Les bâtisseurs de la chapelle connaissaient-ils cette légende ? ça paraît probable.  Après cette jolie découverte, il est temps d’aller déjeuner,  et ce d’autant que je languis de partir vers d’autres trouvailles plus vivantes car j’ai déjà constaté qu’il y avait pas mal de papillons mais aussi quelques fleurs habituellement plutôt discrètes en ces lieux si arides. Si les papillons sont en grand majorité l’espèce que l’on appelle « Satyrinés » ; en latin « Satyrinae » ; il y a aussi des Piéridés et les habituels papillons saisonniers qui apprécient les maquis plutôt secs.  Mais alors qu’elle n’est pas ma surprise de rencontrer pour la toute première fois un Petit Monarque. Il est là, les ailes légèrement repliées, à butiner les fleurs d’un Daphné garou et malheureusement, je n’aurais de lui que 4 photos dans cette posture loin d’être idéale.  Il s’envole et je ne le reverrais plus malgré mon attention permanente à tenter de le retrouver. Papillon migrateur présent en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, il est plutôt rare en Europe et bien sûr en France où jusqu’à présent il a surtout été observé dans l’Hérault et un peu dans l’Aude nous dit Wikipédia. C’est donc une magnifique surprise de le trouver ici sur ce Pla de Balençou, envahi il est vrai par le « Séneçon de Mazamet ou du Cap » qu’il semble apprécier. Après plus d’une heure autour de la chapelle, mais sur un tout petit périmètre, à recenser tout ce qui bouge et fleurit, le temps est venu de refermer cette boucle. Dany m’attend. SI nous amorçons la descente ensemble en direction du lieu-dit Millares, très vite ma passion pour la photo naturaliste engendre un nouvel espacement. Quelques oiseaux mais impossibles à photographier, un beau lézard vert et encore de nombreux papillons, cette fois, je ne la vois carrément plus. Dany a disparu ! Craignant qu’elle ait emprunté une caminole qui file tout droit au bord du précipice dominant Conat, je fais moi aussi le choix d’aller tout droit. Finalement je l'aperçois, après cette descente inédite entre Les Esquerdes et la Solana. Elle a fait le choix de s’arrêter mais il est vrai que la sente ne va guère plus loin sauf à prendre des risques assez insensés.  Alors certes, il y a d’ici une vue imprenable sur Conat, mais le bon itinéraire y menant est un peu plus haut, moins périlleux et moins direct même si l’aspect tortueux reste quelque peu présent. Après cet égarement, le bon itinéraire descendant par Les Teixonères, je le retrouve sans trop de problèmes. Il coupe le sentier menant à Llugols que je connais par cœur pour l’avoir sillonner à maintes et maintes reprises dans les 2 sens, et notamment en 2007 lors d'une étape sur mon mémorable Tour du Coronat. Ce Tour du Coronat qui était devenu pour moi « Des Merveilles au pays d’Alysse » reste là, encore gravé dans ma mémoire avec une fraîcheur quasi intacte quand je viens marcher dans ce secteur. Il est vrai que dans cette descente vers Conat, il suffit que je lève la tête pour que les merveilles ressurgissent : le Mont Coronat est là, dressé devant moi, si boisé, si sombre et si abrupt qu’il continue à me fasciner comme au premier jour. Il y a aussi cette Vallée du Caillan avec ses petites gorges sinueuses et cet étonnant moutonnement végétal sur son versant adret. Moutonnement grâce à leur forme en boucles arrondies car essentiellement constitué de chênes verts serrés les uns contre les autres comme des soldats romains dans un carré d’infanterie. Pourtant quand on connaît l’endroit, de nombreuses petites sentes y circulent dessous. Les anciennes « feixes » et les vieux orris de bergers y sont encore nombreux et en très bon état comme j’avais pu le constater lors d’une balade que j’avais intitulée « Le Pi del Rei et autres découvertes ». Oui, je continue à trouver tout cela très beau. Comment pourrait-il en être autrement alors que cette agréable balade se termine et que le joli village de Conat se présente orienté vers le soleil comme un beau tournesol ? Pour notre plus grand bonheur, il se présente aussi sous les traits de son ancien maire et de son épouse, dont nous sommes ravis de faire la connaissance. Nous papotons longuement de tout et de rien, de cette charmante balade à la chapelle Sainte-Marguerite mais aussi de la France et de ses tourments. Malgré la quiétude ambiante qui pourrait faire oublier les tracas, il est toujours plaisant de voir que l’on partage avec d’autres personnes les mêmes thèmes alarmants, l’amour de la France et de notre belle région, les mêmes ressentis, les mêmes idées, les mêmes conclusions mais aussi les mêmes débuts de solutions. Oui, on termine cette balade en voulant refaire le monde, pourtant assez paradoxalement celui que nous avons découvert aujourd’hui nous a totalement comblé  ! Cette balade a été longue de 6,2 km, découvertes incluses, pour des montées cumulées de 550 m. Le dénivelé est de 352 m entre Conat le point le plus bas à 513 m sur le pont enjambant le Caillan et le plus haut à 865 m à proximité de la chapelle. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet et 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

(*) Nabilles  : On ne sait que peu de choses du hameau de Nabilles et en tous cas encore beaucoup moins que pour celui d'Arletes que j'avais évoqué lors de ma balade "Le Sentier d'Arletes et autres hameaux perdus depuis Conat". Les vieux écrits sont moins nombreux apparemment. Mais il reste quelques ruines à proximité de la chapelle et notamment entre les correcs de Nabilles et de l'Espinas, ce qui permet de ne pas douter d'une vie antérieure à cet endroit du plateau de Balençou (Vallenso). Il est fort probable que les raisons de la disparition de la vie à Nabilles ont été les mêmes que celles qui étaient survenues à Llugols ou à Arletes, c'est à dire les pandémies de peste, les conflits armés mais surtout les grandes difficultés à vivre dans ces lieux retirés et complétement désolés. En réalité, les seuls écrits que l'on trouve à propos de Nabilles sont des légendes et notamment dans deux livres de l'écrivain Christian Doumergue intitulés "Le chat : Légendes, mythes et pouvoirs magiques" et "La France des chats extrordinaires - 75 histoires de chats" où il reprend une légende déjà contée par l'abbé Jules Cornovol dans un texte du 15 octobre 1911 de la Revue Catalane. Sorcières, chats maléfiques, magie noire, corbeau, épidémie, tout est en place dans cette vieille histoire pour expliquer la disparition de toutes vies humaines. L'auteur indique qu'il s'est même rendu sur les lieux plusieurs fois pour ressentir l'atmosphère de ce passé enfoui à jamais. Tout comme moi, il y a éprouvé des émotions en imaginant cette vie si dure dans "cet écrin de solitude".

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Mes cours de récré.

Publié le par gibirando

Bon nombre d’écrivains, bon nombre de philosophes ont estimé que « la vie était un jeu ». Si je peux faire mienne cette expression, je préfère dire que ma vie a toujours été une grande cour de récré. Je connais des êtres humains qui ont eu des jeux bien différents des miens mais qui ont joué autant que moi, d’autres qui ont très peu joué, d’autres qui n’ont jamais joué du tout et enfin il y en certains qui ont été le jouet d’une tierce personne. Quelle tristesse pour tous ceux qui n’ont jamais trouvé une cour de récré à leur taille ou à leur goût ! Quelle tristesse pour tous ceux qui ont toujours pris la vie trop au sérieux ! Quelle tristesse d’avoir été sous l’emprise de quelqu’un d’autre ! Quelle tristesse pour toux ceux qui n’ont pas réussi à faire ce qu’ils auraient aimé faire !

(Toutes les photos peuvent être agrandies en cliquant dessus. 2 fois pour certaines pour un plein écran.)

Mes cours de récré. 

A l'école primaire, la grosseur du sac de billes était une manière de s'affirmer vis à vis des autres écoliers. Pour moi, les billes avaient plus d'importance que les notes.....mais j'avais tort !

Moi, mes cours de récré ; car il y en a eu plusieurs ; se sont succédées les unes aux autres toujours très naturellement. Certaines sont venues à moi spontanément, d’autres je me les suis inventées de toutes pièces. Voilà les principales ci-après :

Mes cours de récré.

A la maternelle, je joue du gros tambour avec l'orchestre que la maîtresse a constitué.

  • La première se trouvait bien évidemment à l’école. Enfant ou adolescent, comme je n’aimais guère l’école ou tout du moins que je n’y trouvais que peu d’intérêt, le principal attrait que je trouvais à y aller était la récréation. Là, dans la cour éponyme, j’y ai toujours été à mon aise. J’y ai toujours trouvé des occupations qui me plaisaient. A la maternelle, le jeu le plus prisé était la marelle mais il est vrai que la classe était mixte et qu’elle était bien adaptée aux deux sexes. Je m’en suis vite lassé peu doué que j’étais pour le cloche-pied. Par contre, j'adorais le temps que nous passions à répéter avec l'orchestre que la maîtresse avait créé et ce d'autant qu'elle m'avait alloué le gros tambour. Avait-elle compris que j'avais plus besoin de me défouler que les autres ? Au primaire, il y a eu la période osselets, puis celle un peu plus longue des jeux de billes où j’avais une certaine fierté à voir mon sac grossir au fil des mois et des trimestres. Ce qui ne réjouissait pas mes parents qui auraient préféré voir grossir mes notes  ! Puis au collège, la bille a été remplacée par un jeu qu’un ami à moi avait inventé et que nous avions appelé « l’araignée » (*). Les ballons et même les balles de tennis étant interdites dans la cour et sous le préau, nous étions suffisamment inventifs pour déroger à cette règle sans pour autant être frustrés en jouant à ce jeu constitué essentiellement d’élastiques entrelacées. De la 6eme à la 4eme, cette « araignée » a très agréablement remplacé tous les jeux de balles possibles. Une fois au lycée, les terrains de hand où nous jouions au foot ont immédiatement et naturellement remplacé la classique cour de récréation. Les petites cages où nous étions heureux de marquer des buts étaient là pour satisfaire notre envie de ressembler aux grands champions que nous aimions et qui avaient pour noms Pelé, Fontaine, Kopa, Piantoni, Puskas ou Di Stefano puis un peu plus tard Skoblar, Magnusson, Bosquier, Carnus, Herbin, Eusébio ou George Best et j’en oublie bien sûr. Je ne me souviens pas m’être ennuyé une seule fois en récréation au cours de toutes ces années, par contre, je me souviens avoir souvent pesté quand la sonnerie d’appel vers la reprise de la classe retentissait, tant je trouvais ce laps de temps toujours bien trop court. C’est là dans ces différentes cours, mais également chez moi et dans ma rue, que j’ai appris à jouer au foot et au volley car il n’y avait rien de tel que « l’araignée » pour savoir jongler et devenir très adroit. Oui, je me souviens de ces temps-là avec nostalgie tant j’ai toujours partagé ces mêmes passions avec de très nombreux copains, copains qui bien évidemment ont changé au fil de mon âge et de mes changements d’écoles.

Mes cours de récré.

La fameuse "araignée" telle que je viens d'essayer de la refaire avec quelques élastiques. A l'époque, celle avec laquelle nous jouions était rouge ou noire parfois des deux couleurs, plus touffue et donc plus volumineuse car nous y mettions beaucoup plus d'élastiques plus longues.

  • Puis quand l’école a fini, le service militaire à la base aérienne de Solenzara en Corse a pris le relais. Là encore ; un peu par chance il est vrai ; je m’y suis beaucoup amusé. D’abord il y avait la plage pour satisfaire ma passion pour la mer, ainsi qu’un cadre sauvage car entouré de garrigues et de marais où je me passais une grande partie de mon temps libre. Or du temps libre, à Solenzara j’en avais beaucoup. Mais si ce décor extérieur était une cour de récré, j’en avais une autre plus intériorisée. Travaillant à mi-temps à l’encadrement,  c’est-à-dire dans le service qui gérait et rédigeait les permissions, j’avais fait de ce petit bout de papier à obtenir de mes supérieurs, l’alpha et l’oméga de mes matinées au travail. Le but ? Obtenir un maximum de permissions sans tricher ou donner à personne l’impression que je pouvais tricher. Ce sentiment de triche, je ne l’ai d’ailleurs jamais eu. Il est vrai que j’avais un chef de service ; adjudant-chef de son état, qui était toujours très cool, compréhensif et super gentil avec tous ses subalternes. Je garde de cet homme un souvenir inaltérable tant il était un mec bien à tous les points de vue. Nous étions devenus si proches qu’il m’avait invité chez lui voulant à tous prix me présenter sa femme et ses deux jeunes enfants. Oui, nous étions devenus de véritables amis.  Oui, pour bien jouer, il faut parfois avoir cette chance de tomber sur une « bonne » personne. J’ai eu cette chance là à l’armée. Il ne me demandait qu’une seule chose, que le travail soit bien fait et dans les temps, ce qui ne me posait aucun problème tant mon job était simple et pas éreintant pour un sou. Les après-midi, j’avais presque toujours quartier-libre et le plus souvent, je partais errer dans la garrigue ou bien à la plage pour des bains de mer ou de soleil sauf quand je devais aider le fourrier à distribuer les draps dans les bâtiments des officiers et des sous-off ; ce qui était moins drôle je l’avoue.  Ce jeu à obtenir des « permes », je l’ai réussi au-delà de mes espérances car outre la quasi-totalité des week-end que j’ai réussi à passer chez moi à Marseille, j’ai eu le bonheur d’accumuler un total de plus de 2 mois de permissions en juillet et en août !  Soit avec les 48 et les 72h des week-end,  un total de presque 140 jours de permissions pour une année de service ! Un record si j’en crois le colonel de la base qui m’avait convoqué dans son bureau à une semaine de la quille, non pas pour cette raison, mais justement pour le port d’une grosse quille en bois autour du cou et portée « incongrument » dans le réfectoire et devant les yeux ébahis d’un lieutenant de service. Analysant mes absences, « comment avez-vous fait pour avoir autant de permissions ? » m’avait-il demandé d’emblée. Là, grâce à un petit calepin où j’avais tout noté, j’ai joué le jeu de la vérité. C’est ainsi que je lui ai dit qu’il y avait un note interne qui précisait qu’en effectuant un 50 mètres en nage libre, cela permettait d’obtenir 2 jours supplémantaires de permission. La note ne précisait rien de plus. Autant dire qu’à l’armée, j’ai beaucoup nagé et au moins 2 à 3 fois par semaine dans la piscine de la base ! La deuxième raison était moins glorieuse à raconter, mais argumentation à l’appui,  je la lui ai raconté quand même puisque je n’avais pas triché et que je suis toujours parti avec l’accord de mon supérieur principal. C’est ainsi que je lui ai dit que j’avais profité que mon collègue du bureau avait rompu avec sa copine, qu’il n’avait plus du tout le moral et l’envie de partir en permission et qu’il avait accepté que je prenne sa place pendant un mois, ce que mon supérieur avait accepté puisque le service n’était aucunement désorganisé. Pour mieux faire passer cette « pilule », j’avais également prétexté que mon père avait eu un accident de voiture et un genou cassé , ce qui d’ailleurs était vrai. Le colonel accepta-t-il ma grande franchise ? J’en ai eu le sentiment. En tous cas, il ne pipa mot à ce sujet, prit connaissance de mon calepin, accepta mes dires et se contenta de me donner un blâme pour « port inconvenant »  de la quille au réfectoire. Dès le lendemain, il fit passer une note interne indiquant que les 2 jours supplémentaires pour un 50 mètres nage libre n’étaient pas cumulables et que ça serait 2 jours par année de service seulement.  Ainsi se termina mon service militaire à Solenzara où je suppose que plus personne ne put « exagérer » en nageant des 50 mètres comme je l’avais fait. Oui, je me suis beaucoup amusé à Solenzara et de surcroît il m'a été délivré un certificat de bonne conduite !

    Mes cours de récré.

 A la plage de la base aérienne de Solenzara en 1970

  • Un mois plus tard, je commençais à bosser dans le service informatique d’une société marseillaise d’import-export et je n’ai jamais plus jamais arrêter de bosser pendant 37 ans. Si je ne vais pas jusqu’à dire que travailler équivaut à être dans une cour de récré, j’ai plus souvent aimé ce que je faisais que le contraire, y prenant même une certaine jouissance quand j’avais conscience que j’apprenais autant que je pouvais travailler. Oui, certaines de mes fonctions ont été grandement récréatives et beaucoup de mes collègues de travail m’ont aidé à cela.

 

Mes cours de récré.

Mes cours de récré.

Mes cours de récré.

  Mes différents clubs de foot, de gauche à droite : au Sporting Club de Bonneveine, avec le lycée Jean Perrin et avec le Racing Club de Marseille. Que de bons souvenirs !

 

  • De toute manière, j’ai toujours fait en sorte que le sport vienne pallier les astreintes, les contraintes voire le stress du travail. Si désormais il y a la randonnée et le tennis de table, tout petit jusqu’à l’âge de 26 ans, il y a eu le foot en club. Je m’y suis toujours beaucoup amusé car je n’y donnais pas plus d’importance que les bienfaits, les plaisirs et les bonheurs qu’il me procurait. Outre le bon aspect sur le plan de la santé, la liste pourrait être très longue mais disons plus simplement qu’un sport collectif comme le foot amateur est une belle école de la vie. On y développe le sens d’une vraie amitié, mais aussi la confiance en les autres, l’assurance et l’estime de soi, l’esprit pour la compétition et donc le goût de la compétitivité souvent si essentiel dans le milieu du travail. Si je me défendais, gagnant quelques titres, tant en club qu’au lycée, mener une carrière professionnelle ne m’a jamais effleuré l’esprit. Je connaissais mes limites et ne me prenais pas la tête avec ces rêves-là. Puis outre le foot, il y a eu la passion pour les choses de la mer. Si la pêche à la canne ou en bateau ont fait partie de mes amusements favoris,  il y a eu surtout la pêche sous-marine que j’avais également commencé très jeune vers l’âge de 9/10 ans et que j’ai totalement arrêté en 2015 à l’âge de 66 ans et pour raison médicale. C’est un sport où la progression ne peut se faire qu’en autodidacte. J’y ai donc progressé sans pour autant là aussi avoir envie de prendre part à des compétitions. Je pêchais les beaux poissons que je pouvais attraper ; gardant quand même à l’esprit qu’il y avait une maille à respecter ; mais cela n’allait jamais beaucoup plus loin que le seul bénéfice alimentaire pour ma famille et parfois pour mes proches. Toutefois, je me souviens d’une belle anecdote qui m’est restée gravée car elle était pour moi aussi jubilatoire qu’inattendue : Un matin, j’étais parti très tôt pour une belle partie de pêche sous-marine dans l’Anse de Paulilles entre Port-Vendres et Banyuls-sur-Mer. Il faisait un  temps splendide. Une heure et demi plus tard et alors que j’avais déjà très bien pêché, bataillant avec un gros bar que je venais de tirer, je suis sorti de l’eau pour l’accrocher correctement à ma ceinture. Là, un Zodiac arrive vers moi et un des gars me dit :
  • « Vous avez un problème ? ».
  • « Non pourquoi ? »
  • « Vous participez au concours ? »
  • « Quel concours ? »
  • « Vous ne savez pas qu’il y a le championnat de France aujourd’hui ? »
  • « Non ! »  Et là avant de faire demi-tour, il rajoute :
  • « Je fais partie de l’organisation et je peux déjà vous dire qu’avec la superbe pêche que vous avez à la ceinture c’est fort dommage que vous ne participiez pas au concours car vous seriez sans doute sur le podium ! ». J’étais bien sûr très fier et ce d’autant qu’il m’avait semblé reconnaître Jean-Marc Pujol, ex-champion de chasse sous-marine, qui plus tard devint maire de Perpignan. En regardant autour de moi, j’ai vu qu’il y avait sur l’eau un grand nombre de bouées et donc de pêcheurs sous-marins alors je suis rentré vers la plage, la tête un peu enflée de ces paroles pleines de glorioles. Oui, la pêche sous-marine a été une belle cour de récré où j’ai souvent joué avec mon frère Daniel qui lui aussi aimait beaucoup cette activité sportive, pourtant si individuelle.
  • Puis vers 50 ans, la randonnée pédestre, la montagne et une autre Nature plus terrestre ont pris peu à peu le pas sur toutes ces cours de récréation qui avaient bercé mes plus jeunes années. Si la marche avait toujours plus ou moins fait partie de mes agréables penchants car possédant un cabanon dans la calanque de Sormiou, j’avais toujours beaucoup marché, la randonnée pédestre prit tout son sens en 2001 quand l’idée de faire un bout du GR.10 en couple et entre Mérens-les-Vals et Mantet fut décidé. Là, je pris soudain conscience qu’il pouvait y avoir une cour de récréation beaucoup plus grande que la mer et en tous cas bien moins limitée que celle qu’un masque de plongée avait pu m’offrir jusqu'ici. Pendant les 8 jours passés sur le GR.10, cette immense cour de récré a été là, devant de mes yeux émerveillés, si diversifiée mais aussi si changeante parfois. Mon cœur se mit à battre pour elle et ces battements ne m’ont jamais plus quitté. Quand l’heure de la retraite a sonné, je n’eus qu’une envie : après avoir fait la cour à cette merveilleuse cour de récré, je voulais me transformer en passeur des sentiments que je vivais moi-même auprès d’elle. Ainsi est né ce blog "Mes Belles Randonnées Expliquées" et une nouvelle cour de récréation venait de naître. Elle m’amuse encore tous les jours et me permet de faire ce que j’aime de manière récréative : l’informatique, l’écriture, les photos et surtout apprendre. Une autre cour de récré est également née en 2010 quand j'ai acheté une vieille et petite maison de montagne à Urbanya. Dany s'y sent bien et moi aussi parce que la Nature est toute proche et constamment présente. Oui, si « la vie est un jeu » comme certains le prétendent, elle doit d’abord être « un Je ! », expression qu’il ne faut surtout pas imaginer égoïste et qui n’empêche nullement d’aimer les autres. Si ma liberté de jouer doit s’arrêter là où commence celle des autres, nous ne pourrons jamais jouer ensemble ! Quel dommage quand la cour de récré c’est la Nature !

Mes cours de récré.

Une de mes pêches sous-marines dans les années 70

Mes cours de récré.

 

 

 

 

 

 Mes cours de récré.

   En 1989 au sommet du pic du Canigou avec des ami(e)s et en août 2001 lors de 8 jours sur le GR.10 entre Mérens-les-Valls et Mantet. Ici, avec Dany nous campons non loin du lac du Lanoux.

 

(*) L’araignée : En 1962, j’ai quitté l’école primaire du Lapin Blanc pour la 6eme au collège de la Grande-Bastide près du quartier marseillais de Mazargues. C’est à cette époque que des milliers d’élastiques se sont échouées sur les plages marseillaises et plus précisément sur celles de la Pointe-Rouge et de Bonneveine qui étaient les plus proches de mon domicile à la Vieille-Chapelle. Ces élastiques en caoutchouc étaient rouges ou noires, plates, formant un cercle d’une douzaine de centimètres de diamètre environ, très solides et ressemblées mais en beaucoup plus étroites à ces joints qui servent à fermer les bocaux en verre. Oui, j’ai toujours pensé qu’il s’agissait de joints industriels mais sans en avoir la certitude. Comment arrivaient-elles là ? Je ne l’ai jamais su, mais à vrai dire à l’époque ça ne m’intéressait guère de le savoir. Ce qui m’intéressait, c’était de les ramasser en grand nombre et d’en trouver une certaine utilité. Au départ, l’utilité  la plus simple avait été d’en faire des jeux de cerceaux. Nous construisions des supports en bois sur lesquels nous plantions de gros clous et le but était de lancer un maximum d’élastiques dans les clous. Pour les lance-pierres, des lanières de chambre à air étaient préférables mais nous arrivions quand même à nous en servir en les tressant et en attachant plusieurs entre elles. Ces élastiques, on en trouvait de partout sur le sable, dans les rochers mais aussi engluées dans les épaisses banquettes de posidonies rejetées par la mer. C’était là que nous les ramassions le plus aisément. Si certaines copines en faisaient des colliers où des bracelets, avec un copain nous avions inventé un espèce de « volant » qui ressemblait à ce que l’on appelle aujourd’hui une « Koosh Ball » mais en plus grossier car de notre conception et donc artisanal. Plus bricoleur et donc plus doué que moi avec ses mains, c’était surtout lui qui avait conçu cette « araignée » et je ne l’avais que conseillé d’en mettre un peu plus pour que cette « balle de caoutchouc » soit plus bondissante mais surtout plus grosse et donc plus facile à maîtriser. Nous entrelacions un maximum d’élastiques entre elles puis nous les serrions avec un nœud central et quand nous jugions qu’il y en avait suffisamment, nous coupions les élastiques pour que chacune d’entre-elles se transforment en surgeons de caoutchouc. Ce jeu a si rapidement eu du succès que j’ai appris qu’il était passé d’écoles en écoles dans une grande partie de Marseille. Il avait même changé de nom au gré des adolescents qui les confectionnaient. Dommage que nous n’ayons jamais déposé de brevet ! Cette « balle araignée » avait l’avantage d’être gratuite, légère, sans risque de se blesser, facilement renouvelable quand elle était usée et au collège de la Grande-Bastide elle palliait à l’interdiction de jouer au foot avec balle ou ballon dans la cour comme sous le préau, cette interdiction étant consécutive au nombre de vitres qui avaient été cassées auparavant. Avec « l’araignée », plus aucune vitre ne fut cassée ! De plus, on pouvait y jouer avec les mains comme au volley-ball ou au hand mais aussi avec les pieds comme au football. En réalité, si nous jouions un peu à tout, c’est bien avec les pieds que cette « araignée » avait ma préférence. Dans le préau du collège, nous tendions une ficelle d’un pilier à un autre, nous tracions un petit terrain à la craie et nous inventions notre propre stade de footvolley avant l’heure. Oui, notre « araignée » a eu ces heures de gloire. Pour quelques copains,  ces heures ont duré 3 scolarités de la 6eme à la 4eme mais pour moi qui ai redoublé la 4eme, j’ai eu du « rab » dans la cour de récré. Comme de très nombreux jouets, cette « araignée » n’a pas perduré à un effet de mode. Voilà l’histoire de cette « araignée » d’élastiques tels que les souvenirs me reviennent.

Mes cours de récré.

Vue sur la Massif du Canigou depuis ma petite maison à Urbanya un jour de mai. Une cour de récré grandeur nature dont on ne se lasse pas !

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Allo, y-a-t-il une belle gueule à droite pour donner une belle droite dans la gueule de l'immobilisme ?

Publié le par gibirando

 

Allo, y-a-t-il une belle gueule de droite pour donner une belle droite dans la gueule de l'immobilisme ?

Le front de Zemmour, les yeux de Ciotti, le nez et les joues de Pécresse, la bouche de Marine et le menton de Dupont-Aignan et mes lunettes !


 

Depuis que la gauche m’a déçu puis a peu à peu dérivé vers l’islamo-gauchisme, je cherche en vain une « belle gueule » à droite. Un mec qui n’aurait pas peur de donner « une belle droite dans la gueule » de l’immobilisme. Oui, je cherche en vain, un candidat qui rassemblerait mes convictions de français à la fois social, patriote, non raciste, non violent et pacifiste mais sans concession vis-à-vis de tous ceux qui viennent chez nous, foutent la merde et ne font aucun effort d’assimilation ou d’intégration à nos valeurs et à la culture française. La France, malgré ses diversités géographiques, de paysages, de luttes de toutes sortes, de sangs différents, de religions,  avait réussi au fil des siècles la prouesse de s’amalgamer, de se souder, aidée en cela par les dernières guerres auxquelles elle avait été confrontée ou le patriotisme et la résistance étaient finalement sortis vainqueurs. Or, en quelques années d’immigration, elle a perdu cette force et à basculer dans un incroyable éclatement. Cet éclatement de notre société et de nos modes de vie, Jérôme Fourquet lui a donné le nom de son livre « L’Archipel français ». Tous ceux venus d’ailleurs et qui participent à cette « archipelisation » n’ont rien à faire chez nous, surtout s’ils ne viennent que pour percevoir des aides sociales, nous montrer leur religion et/ou s’adonner à la violence. Tous les autres sont bien entendu les bienvenus. La France doit rester la France. Un pays où il fait bon vivre mais où aussi il faut se remonter les manches et « trimer » pour réussir sa vie. Un pays où l’assistanat doit être réserver à une minorité d’handicapés et de défavorisés de la vie. Un pays dont l’immense majorité des citoyens veut vivre en paix et ne supporte plus cette violence qui règne désormais dans toutes nos grandes métropoles et dans toutes ces zones de banlieues que l’on appelle de non-droit. Trafics de drogues et d’armes, voitures calcinées, mobiliers urbains détériorés, radicalisme religieux ou politiques, blacks-blocs, j’en passe et des pires, la vie dans ces métropoles et ces quartiers est devenue un enfer pour une majorité d’habitants qui vivent constamment dans la peur mais aussi malheureusement dans l’omerta. Oui, la police doit pouvoir continuer à y faire son travail comme elle est censée savoir le faire, sinon l’armée devra venir tôt ou tard à sa rescousse. En écoutant les débats télévisuels, j’avais cru trouvé le candidat idéal en la personne d’Éric Ciotti, grand spécialiste depuis de très longues années de ces thèmes de sécurité, de police, de justice et d’immigration,  mais c’est Valérie Pécresse qui a gagné la primaire de L.R. Certes Éric Ciotti tenait un langage proche d’Éric Zemmour, de Marine Le Pen, de Nicolas Dupont-Aignan et sa fermeté en la matière a été en partie reprise par Valérie Pécresse mais quoiqu’il arrive il ne sera pas le candidat L.R en 2022. Ma crainte est que la politique de Valérie Pécresse, si elle est élue ; ce qui n’est pas gagné ; soit un copier/coller du quinquennat Macron que nous venons de vivre : de la com’ toujours de la com’ rien que de la com’. Et puis surtout cette impossibilité de donner un grand coup de pied dans ces trois fourmilières géantes que sont les racailles des banlieues, l’Europe et ses freins et enfin la Haute Fonction Publique française. Malgré la  toute-puissance de cette dernière, il est fort dommage de constater que les rouages de la France n’ont plus vu la moindre goutte d’huile depuis De Gaulle et Pompidou. Valérie Pécresse est sans doute compétente pour gérer une région mais je garde trop en mémoire qu’elle a été la collaboratrice et la ministre de Chirac et Sarkosy qui n’ont pas fait grand-chose pour résoudre les problèmes qui se posaient déjà et qui sont les mêmes qu’aujourd’hui mais en plus graves et qui de surcroît a quitté le parti L.R au moment où ce dernier était entrain de couler dans l’opinion publique après l’affaire Fillon. Oui, j’ai bien peur que ce passé lui colle à la peau lors de la prochaine présidentielle.

Oui, c’est fort dommage que Ciotti n’ait pas gagné la primaire LR car j’aurais voté pour lui.  La justesse de ses propos par rapport à la réalité présente et son parcours antérieur faisaient de lui un candidat bien plus crédible qu’une Marine Le Pen ou qu’un Éric Zemmour, dont les expériences politiques et étatiques sont inexistantes.  Je regrette enfin qu’à droite, on en soit encore à se tirer dans les pattes entre les différents partis car j’ai la certitude qu’une alliance des personnes de bonne volonté et de bon sens aurait permis de résoudre une immense majorité des problèmes factuels de la France. Au lieu de ça, c’est l’immobilisme là aussi dans un pays où cette carence est déjà le défaut majeur. Chaque réveillon du Jour de l’An et depuis des années, il y a des centaines de voitures brulées ? Et nos gouvernants se satisfont d’en faire le seul comptage !  Des milliards d'euros s'évaporent dans la Nature, et surtout à l'étranger, suite à des fraudes fiscales et sociales titanesques, mais là aussi, nos diverses et multiples administrations et juridictions en sont à faire des constats, à se demander quels sont les bons chiffres de ces malversations, mais avec de toute évidence une incroyable passivité à tous les niveaux de l'Etat ! Décidément, je crois que de très nombreux Français, que je qualifierais désormais à droite, vivent contraints et forcés ces constats alarmants, de ces querelles stériles de « voisinage » et je finis par comprendre tous ces électeurs qui ne vont plus voter, parce qu’ils ne trouvent pas de candidat « chaussures à leurs pieds ». Je crois que malheureusement je vais encore en faire partie en 2022 ?

Oui, comme sur la photo que j’ai montée et que j’ai mise ici en exergue, l’idéal Président aurait pu avoir le front de Zemmour, les yeux de Ciotti, le nez et les joues de Pécresse, la bouche de Marine et le menton de Dupont-Aignan. Or ma crainte est qu’il ait encore pendant 5 ans la gueule jupitérienne, arrogante et suffisante de Macron. Oui, je le crains ! Si la gauche puis Macron ont fait un mal irréversible à mes idées sociales et à ma vision de la France, la droite est encore très loin de m’avoir prouver sa totale efficience.

Allo, y-a-t-il une belle gueule à droite pour donner une belle droite dans la gueule de l'immobilisme ?

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Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté d'une très belle musique intitulée "Talking To Nature" interpretée par le flûtiste indien Shastro. 

Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

J’avoue faire assez peu de différences entre randonner seul ou en agréable compagnie car j’ai cette faculté à me complaire dans les deux façons de marcher. D’ailleurs, à bien y réfléchir, seul, à deux ou à plusieurs, je ne modifie guère ma façon d’être dans l’action car avant tout c’est la Nature qui guide mes pas. Elle guide mes pas et ma façon d’agir dans l’acte de marche. Cette attitude, si elle n’est pas nouvelle, a bien sûr évolué en prenant de l’âge. Il y a pourtant une exception à cette règle, c’est quand je randonne accompagné de mes petits-enfants. Si la Nature reste bien entendu présente, ils en font partie intégrante, ce qui n’est jamais le cas des adultes. Je vais donc les observer avec presque autant de curiosités que des papillons, des oiseaux, des fleurs, des panoramas ou des paysages. Et quand je m’interroge à propos de cette observation, je me dis qu’il s’agit à la fois d’une dissection de leur comportement vis-à-vis de cette passion pour la randonnée pédestre qui est la mienne mais aussi d’une espèce de vigilance machinale mais probablement indispensable pour moi. Quoi qu’il en soit, je suis toujours très heureux d’être avec eux dans cet acte que j’aime tant qui est celui de marcher. En ce 26 août, tout s’est mis peu à peu en place pour qu’il en soit ainsi. Ce jour-là, mon gendre, ma fille et leurs deux enfants sont venus nous rejoindre à Urbanya où nous séjournons. Ils ont prévu d’aller « faire » « les Gorges de la Carança » en famille et nous ont gentiment invités Dany et moi. Je languis l’instant où nous serons tous ensemble sur les sentiers et ce d’autant que pour une fois je n’ai pas eu à me préoccuper de l’itinéraire à accomplir. Une fois n’est pas coutume, je vais me laisser guider.

(Voici le lien du tracé que nous avons effectué : https://www.visugpx.com/pnXoZ9IVvH )

 Voilà déjà 13 ans que je ne suis plus venu marcher dans ces célèbres gorges et je m’en souviens très bien car la dernière fois, j’étais venu marcher avec des collègues du boulot.  C’est totalement inédit et malheureusement, ça ne s’est jamais plus produit ensuite. A Thuès-Entre-Valls, il est tout juste 9h quand nous garons nos véhicules sur le parking des gorges. Le temps que tout le monde se prépare et que mon gendre trouve le sens du départ et me voilà déjà les yeux aux aguets de tout ce qui bouge. Un merle et un papillon en font les frais. Dans le ciel, deux vautours fauves planent du côté de Llar. Ce tout petit hameau perché et perdu me ramène lui aussi à quelques années en arrière lors d’une jolie balade intitulée « Le Chemin des Canons ». Dans la rivière, un merle et plusieurs bergeronnettes continuent de m’immobiliser puis à mon approche, ils s’enfuient à tire-d’aile. Plongé dans mes photos, les volatiles me font presque oublier que j’ai une rude randonnée à accomplir. J’attendais tout le monde et maintenant me voilà déjà attendu. Nous démarrons. Si les gorges sont vite là, c’est surtout un grand panneau qui attire mon regard et m’interpelle car il y est écrit en grandes lettres bâtons bien visibles « ITINERAIRE DANGEREUX AUX RISQUES ET PERILS DES RANDONNEURS ». Or, c’est assez bizarre car je ne me souviens pas l’avoir lu lors de mes précédentes venues ici. Il est vrai que je n’étais qu’avec des adultes, ceci expliquant sans doute cela.  Immédiatement, je me mets à penser à mes deux petits-enfants et aux risques qu’on va leur faire courir. J’essaie d’enlever cette culpabilité de ma tête mais il me faudra quelques décamètres pour y parvenir. Finalement, c’est de voir mes petits-enfants gambader et sauter de roches en roches comme des cabris que je parviens à éliminer ces mauvaises pensées. Finalement, je m’aperçois que le vieux que je suis a le pied bien moins sûr et réclame plus d’attention sur ce sentier devenant rapidement tortueux. Je peux me consacrer pleinement à la photo mais je vois bien que mon numérique ne fonctionne pas comme à son habitude. Absence d’une bonne luminosité ? Je suppose. En tous cas, c’est la seule raison que je trouve à cet état de fait. J’essaie de procéder à des réglages mais en vain. Dans ces profondes gorges, les rayons du soleil peinent à pénétrer franchement et c’est un faisceau blanchâtre très puissant faisant office de couvercle qui empêche de voir le ciel dont je sais qu’il est pourtant très bleu. Il me faut faire avec et je me dis que Photoshop sera peut-être à même de corriger ces photos de mauvaise qualité. Si le sentier est bien tracé, je le trouve bien plus difficile qu’il y a 13 ans.  Les années supplémentaires ont démultiplié les difficultés. Toutefois, comme j’arrive à suivre le groupe sans trop d’essoufflements, je suis plutôt satisfait. Après avoir longé quelque peu la rivière Carança au fond de la gorge, le sentier devient plus compliqué car plus rocheux. Il faut assez souvent redoubler de vigilance pour se faufiler correctement dans ce qui ressemble à un pierrier quasi continuel. Tout en prêtant attention, je me distrais comme je le peux en photographiant quelques fleurs et nos déambulations. Mais le groupe avance à un bon rythme et les mises au point que je devrais faire pour des photos de qualité ne me sont pas autoriser, sauf à perdre trop de terrain. Tout compte fait, l’aspect le plus angoissant n’est pas la qualité désastreuse du sentier en soi mais le fait que l’on ne sait pas où l’on va et surtout comment l’on fera pour revenir en effectuant une boucle. Enfin , cette angoisse peut être compréhensible surtout pour tous ceux venant ici pour la toute première fois. Sentier tortueux, végétation parfois très dense, vues limitées, canyons profonds et insondables, pics acérés et inaccessibles, falaises abruptes, panneaux de prudence et de recommandations, tout ce qui nous entoure peut contribuer à une certaine appréhension. Cette appréhension peut encore perdurer même quand le lieu nous est déjà connu et notamment pour les personnes ayant pu lire de vieilles croyances populaires avant de venir ici. Quand la corniche apparait en face, creusée à même le flanc d’un à-pic impressionnant et que l’on y aperçoit quelques « lilliputiens », elle peut se transformer en frayeur voire en paralysie. Rien de tout ça parmi notre groupe et même les enfants avancent sans aucune crainte, ce qui est tout à fait normal car c’est bien connu qu’ils n’ont pas la même conscience du danger que les adultes. Tant mieux ! Ceci n’empêchant nullement les conseils de prudence, ce que je ne me prive pas de faire, sans pour autant les inquiéter plus que nécessaire. De toute manière, ils sont habitués à randonner et marchent avec beaucoup de sérieux la plupart du temps Après quelques petites montagnes russes et être passés sous le Roc de la Madrieu, nous retrouvons le lit de la rivière peu avant le lieu-dit « l’Abeurador », en français « l’Abreuvoir », et la confluence du Correc de la Guille. Coin peu paisible pour pique-niquer mais je m’éloigne un peu du sentier à la fois pour trouver une peu de paisibilité et m’isoler pour prendre quelques photos car par chance à cet endroit quelques pieds de menthe attirent des papillons. Si je me suis éloigné, je reste à proximité du groupe et les pieds presque dans l’eau. Sur la gravière, je réussis à attirer une minuscule truitelle avec de la mie de pain roulée en petites boulettes. Mais la truite sauvage est soupçonneuse et ne se laisse pas photographier si facilement, restant dans le courant. Je me rattraperai un peu plus tard. Un lézard des murailles se fait tirer le portrait plus aisément. Le pique-nique terminé, nous continuons à longer la rivière mais cette fois très souvent sur des échelles, des passerelles aménagées et des ponts de singe. Ici, faire le singe, il vaut mieux éviter car en cas de chute, il y a plus de chance de tomber sur un rocher que dans l’eau. Le torrent ne cesse de faire entendre sa rocailleuse musique. Tantôt à droite, tantôt à gauche, ou vice-versa, le plus compliqué est d’éviter de se croiser avec des personnes ou des groupes arrivant en sens inverse, ce qui ne manque pas d’arriver en raison de l’heure déjà bien avancée de la journée. Finalement le pont de Pierre est atteint et si je mets Pierre en majuscule c’est parce qu’il est ainsi écrit sur la carte IGN. Erreur des géographes ou hommage à un Pierre qui en serait le concepteur ? Aucune information ne vient étayer aucune thèse et on sait seulement que ce pont a été construit pour pouvoir plus facilement enjamber un affluent de la Carança qui a pour nom catalan « El Torrent Roig », en français « le torrent rouge ». Dans ses balades, Lison (*) évoque ce pont de pierre et la source de ce ruisseau torrentiel, précisant qu’au temps jadis, son débit était probablement plus puissant que de nos jours, expliquant par-là cette solide construction et le chemin en grand partie constituée de pierres taillées dans les roches du secteur. Ils étaient là aussi pour l'exploitation du bois et du cuivre et de quelques autres minerais.  Elle nous apprend aussi qu’en face de ce pont se trouvait sans doute un moulin dédié au sciage du bois. Enfin, elle vous explique tout ça bien mieux que je ne puis le faire ici. Qui mieux que Lison (*) qui a arpenté ce superbe et patrimonial secteur de la Carança en long et en large peut nous apprendre tout ça ! Le temps d’observer une belle petite cascade, de photographier une mésange charbonnière ; les passereaux sont peu visibles dans les gorges ;  et le temps est venu pour nous de faire demi-tour. Ah oui j’oubliais ! Il y a aussi un petit galet multicolore car joliment peint. Il a été laissé là sur le pont, sans doute par une personne un peu « New Age » en signe de porte-bonheur.  Porte-bonheur pour tous ceux qui comme nous arrivent ici ou passent pour monter plus haut vers le Refuge du Ras de la Carança ou les lacs. Ce n'est qu'ainsi que l'on a une idée plus ample et totale de ce qu'est la Vallée de la Carança (** voir le poème de Gaston Groussole à propos de cette vallée). Pour le retour, il n’est pas toujours facile de réemprunter les échelles et les passerelles métalliques, les ponts de singes sur lesquels le plus souvent il vaut mieux éviter d’être en surnombre. Il est 13h et dans les gorges c’est l’heure de pointe. Mais tout se passe toujours bien, tout le monde faisant preuve de civisme, de patience et de compréhension. Finalement, nous bifurquons de la rive droite à la rive gauche par une dernière passerelle à hauteur d’un petit barrage agencé de quelques baraquements. Wikipédia nous dit de lui « qu’il est situé à l'altitude de 1 004 m. Il mesure 2,8 m de haut et est muni d'une prise d'eau qui permet d'alimenter la centrale hydroélectrique de Thuès, située au bord de la Têt, légèrement en amont du confluent entre la Carança et la Têt. » Peu après commence la corniche creusée à même la paroi des gorges, partie de cette boucle la plus impressionnante car la plus périlleuse. Dans ce sens, que vous ayez le vertige ou pas,  il y est préférable d‘avoir une « conduite anglaise », de bien serrer sa gauche et de tenir d’une main ferme ce câble ligne de vie qui vous sécurisera. Cela vous évitera de prendre des risques inutiles et de vous faire des frayeurs qui le seront tout autant. Dites-vous bien que quoi qu’il en soit, aujourd’hui vous aurez eu droit à une belle dose d’adrénaline. D’ailleurs, comment faire quand vous aimez les fleurs mais que quelques-unes d'entre-elles ont pris un malin plaisir à aller pousser dans des endroits improbables et que malgré ça l’envie de les photographier est encore là ? Il faut parfois choisir, reculer quand le danger est trop grand et c’est ce que je fais. Par bonheur, un couple de Grands Corbeaux noirs et une Hirondelle des rochers qui a choisi de nicher dans le plafond de la corniche viendront compenser deux ou trois reculades florales. Plus on avance au sein de la corniche et plus on prend conscience des travaux colossaux qu’il a fallu entreprendre pour parvenir à la creuser ainsi. Quelques tunnels perpendiculaires mais tous claquemurés et dont on ne voit pas le bout rajoutent un maximum de mystères.  Sur Wikipédia, l’histoire nous dit que c’est en 1943 que tout cela a commencé aux fins de la construction d’un grand barrage sur la Carança qui finalement n’a jamais vu le jour pour des raisons de coût. Finalement, c’est un petit barrage qui permettra d’alimenter une centrale hydroélectrique qui fonctionnera à partir de 1946. Ce fameux passage en corniche est resté pour le plus grand bonheur des montagnards et autres randonneurs. Si la plupart font comme nous et se contentent d’arpenter ses gorges grandioses, certains partent rejoindre le refuge du Ras de la Carança et encore un plus haut les lacs dont  l’Estany Negre ou Etang Noir situé à une altitude de 2 505 m. Ce dernier constitue la source de la rivière, longue de 15,3km jusqu’à sa confluence avec la Têt à Thuès. D’ailleurs dès lors que l’on termine la corniche, la vallée de la Têt est là, bien visible en contrebas avec sa route nationale 116 et sa voie ferrée parallèle où circule « Le Canari ». C'est le surnom donné au joli « Petit Train Jaune » montant ses flots de touristes vers la superbe Cerdagne depuis Villefranche-de-Conflent. La vallée, il suffit désormais d’y descendre pour rejoindre Thuès et terminer cette magique randonnée. La descente démarre à droite à hauteur d’une bâtisse « chambre d’eau » d’où s’échappe une longue conduite forcée. 20 minutes plus tard , le parking est là, à moins que vous ne fassiez comme moi et que vous attendiez que le « Canari » passe pour le photographier. Selon le tracé que m’a fourni mon gendre, cette randonnée a été longue de 8,3km pour des montées cumulées de 1.012 m et un dénivelé de 336m entre le point le plus bas à 836m à Thuès et le plus haut à 1.172m au pont de Pierre. Cartes IGN 2249ET Font-Romeu – Capcir et 2250ET Bourg-Madame - Mont-Louis - Col de la Perche Top 25

(*) Les Balades de Lison et la Carança : Vous voulez connaître la Carança et un peu son histoire, voici quelques liens proposées par mon amie Lison : Enigmatique Carança,  Carança d'autrefois : le bois et le cuivre, Carança d'autrefois (fin) : les troupeaux et le charbon.

(**) La Vallée de la Carança : Je ne peux m'empêcher de vous délivrer le superbe poème ci-dessous à propos de la Vallée de la Carança. Il est l'oeuvre de Gaston Groussole, écrivain et poète bien connu des Toulougiens, et extrait de son livre de poésies "Eclaire-moi Fanal !" édité par Les Presses Littéraires : Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

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Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté d'une très belle musique intitulée "Talking To Nature" interpretée par le flûtiste indien Shastro. 

Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

J’avoue faire assez peu de différences entre randonner seul ou en agréable compagnie car j’ai cette faculté à me complaire dans les deux façons de marcher. D’ailleurs, à bien y réfléchir, seul, à deux ou à plusieurs, je ne modifie guère ma façon d’être dans l’action car avant tout c’est la Nature qui guide mes pas. Elle guide mes pas et ma façon d’agir dans l’acte de marche. Cette attitude, si elle n’est pas nouvelle, a bien sûr évolué en prenant de l’âge. Il y a pourtant une exception à cette règle, c’est quand je randonne accompagné de mes petits-enfants. Si la Nature reste bien entendu présente, ils en font partie intégrante, ce qui n’est jamais le cas des adultes. Je vais donc les observer avec presque autant de curiosités que des papillons, des oiseaux, des fleurs, des panoramas ou des paysages. Et quand je m’interroge à propos de cette observation, je me dis qu’il s’agit à la fois d’une dissection de leur comportement vis-à-vis de cette passion pour la randonnée pédestre qui est la mienne mais aussi d’une espèce de vigilance machinale mais probablement indispensable pour moi. Quoi qu’il en soit, je suis toujours très heureux d’être avec eux dans cet acte que j’aime tant qui est celui de marcher. En ce 26 août, tout s’est mis peu à peu en place pour qu’il en soit ainsi. Ce jour-là, mon gendre, ma fille et leurs deux enfants sont venus nous rejoindre à Urbanya où nous séjournons. Ils ont prévu d’aller « faire » « les Gorges de la Carança » en famille et nous ont gentiment invités Dany et moi. Je languis l’instant où nous serons tous ensemble sur les sentiers et ce d’autant que pour une fois je n’ai pas eu à me préoccuper de l’itinéraire à accomplir. Une fois n’est pas coutume, je vais me laisser guider.

(Voici le lien du tracé que nous avons effectué : https://www.visugpx.com/pnXoZ9IVvH )

 Voilà déjà 13 ans que je ne suis plus venu marcher dans ces célèbres gorges et je m’en souviens très bien car la dernière fois, j’étais venu marcher avec des collègues du boulot.  C’est totalement inédit et malheureusement, ça ne s’est jamais plus produit ensuite. A Thuès-Entre-Valls, il est tout juste 9h quand nous garons nos véhicules sur le parking des gorges. Le temps que tout le monde se prépare et que mon gendre trouve le sens du départ et me voilà déjà les yeux aux aguets de tout ce qui bouge. Un merle et un papillon en font les frais. Dans le ciel, deux vautours fauves planent du côté de Llar. Ce tout petit hameau perché et perdu me ramène lui aussi à quelques années en arrière lors d’une jolie balade intitulée « Le Chemin des Canons ». Dans la rivière, un merle et plusieurs bergeronnettes continuent de m’immobiliser puis à mon approche, ils s’enfuient à tire-d’aile. Plongé dans mes photos, les volatiles me font presque oublier que j’ai une rude randonnée à accomplir. J’attendais tout le monde et maintenant me voilà déjà attendu. Nous démarrons. Si les gorges sont vite là, c’est surtout un grand panneau qui attire mon regard et m’interpelle car il y est écrit en grandes lettres bâtons bien visibles « ITINERAIRE DANGEREUX AUX RISQUES ET PERILS DES RANDONNEURS ». Or, c’est assez bizarre car je ne me souviens pas l’avoir lu lors de mes précédentes venues ici. Il est vrai que je n’étais qu’avec des adultes, ceci expliquant sans doute cela.  Immédiatement, je me mets à penser à mes deux petits-enfants et aux risques qu’on va leur faire courir. J’essaie d’enlever cette culpabilité de ma tête mais il me faudra quelques décamètres pour y parvenir. Finalement, c’est de voir mes petits-enfants gambader et sauter de roches en roches comme des cabris que je parviens à éliminer ces mauvaises pensées. Finalement, je m’aperçois que le vieux que je suis a le pied bien moins sûr et réclame plus d’attention sur ce sentier devenant rapidement tortueux. Je peux me consacrer pleinement à la photo mais je vois bien que mon numérique ne fonctionne pas comme à son habitude. Absence d’une bonne luminosité ? Je suppose. En tous cas, c’est la seule raison que je trouve à cet état de fait. J’essaie de procéder à des réglages mais en vain. Dans ces profondes gorges, les rayons du soleil peinent à pénétrer franchement et c’est un faisceau blanchâtre très puissant faisant office de couvercle qui empêche de voir le ciel dont je sais qu’il est pourtant très bleu. Il me faut faire avec et je me dis que Photoshop sera peut-être à même de corriger ces photos de mauvaise qualité. Si le sentier est bien tracé, je le trouve bien plus difficile qu’il y a 13 ans.  Les années supplémentaires ont démultiplié les difficultés. Toutefois, comme j’arrive à suivre le groupe sans trop d’essoufflements, je suis plutôt satisfait. Après avoir longé quelque peu la rivière Carança au fond de la gorge, le sentier devient plus compliqué car plus rocheux. Il faut assez souvent redoubler de vigilance pour se faufiler correctement dans ce qui ressemble à un pierrier quasi continuel. Tout en prêtant attention, je me distrais comme je le peux en photographiant quelques fleurs et nos déambulations. Mais le groupe avance à un bon rythme et les mises au point que je devrais faire pour des photos de qualité ne me sont pas autoriser, sauf à perdre trop de terrain. Tout compte fait, l’aspect le plus angoissant n’est pas la qualité désastreuse du sentier en soi mais le fait que l’on ne sait pas où l’on va et surtout comment l’on fera pour revenir en effectuant une boucle. Enfin , cette angoisse peut être compréhensible surtout pour tous ceux venant ici pour la toute première fois. Sentier tortueux, végétation parfois très dense, vues limitées, canyons profonds et insondables, pics acérés et inaccessibles, falaises abruptes, panneaux de prudence et de recommandations, tout ce qui nous entoure peut contribuer à une certaine appréhension. Cette appréhension peut encore perdurer même quand le lieu nous est déjà connu et notamment pour les personnes ayant pu lire de vieilles croyances populaires avant de venir ici. Quand la corniche apparait en face, creusée à même le flanc d’un à-pic impressionnant et que l’on y aperçoit quelques « lilliputiens », elle peut se transformer en frayeur voire en paralysie. Rien de tout ça parmi notre groupe et même les enfants avancent sans aucune crainte, ce qui est tout à fait normal car c’est bien connu qu’ils n’ont pas la même conscience du danger que les adultes. Tant mieux ! Ceci n’empêchant nullement les conseils de prudence, ce que je ne me prive pas de faire, sans pour autant les inquiéter plus que nécessaire. De toute manière, ils sont habitués à randonner et marchent avec beaucoup de sérieux la plupart du temps Après quelques petites montagnes russes et être passés sous le Roc de la Madrieu, nous retrouvons le lit de la rivière peu avant le lieu-dit « l’Abeurador », en français « l’Abreuvoir », et la confluence du Correc de la Guille. Coin peu paisible pour pique-niquer mais je m’éloigne un peu du sentier à la fois pour trouver une peu de paisibilité et m’isoler pour prendre quelques photos car par chance à cet endroit quelques pieds de menthe attirent des papillons. Si je me suis éloigné, je reste à proximité du groupe et les pieds presque dans l’eau. Sur la gravière, je réussis à attirer une minuscule truitelle avec de la mie de pain roulée en petites boulettes. Mais la truite sauvage est soupçonneuse et ne se laisse pas photographier si facilement, restant dans le courant. Je me rattraperai un peu plus tard. Un lézard des murailles se fait tirer le portrait plus aisément. Le pique-nique terminé, nous continuons à longer la rivière mais cette fois très souvent sur des échelles, des passerelles aménagées et des ponts de singe. Ici, faire le singe, il vaut mieux éviter car en cas de chute, il y a plus de chance de tomber sur un rocher que dans l’eau. Le torrent ne cesse de faire entendre sa rocailleuse musique. Tantôt à droite, tantôt à gauche, ou vice-versa, le plus compliqué est d’éviter de se croiser avec des personnes ou des groupes arrivant en sens inverse, ce qui ne manque pas d’arriver en raison de l’heure déjà bien avancée de la journée. Finalement le pont de Pierre est atteint et si je mets Pierre en majuscule c’est parce qu’il est ainsi écrit sur la carte IGN. Erreur des géographes ou hommage à un Pierre qui en serait le concepteur ? Aucune information ne vient étayer aucune thèse et on sait seulement que ce pont a été construit pour pouvoir plus facilement enjamber un affluent de la Carança qui a pour nom catalan « El Torrent Roig », en français « le torrent rouge ». Dans ses balades, Lison (*) évoque ce pont de pierre et la source de ce ruisseau torrentiel, précisant qu’au temps jadis, son débit était probablement plus puissant que de nos jours, expliquant par-là cette solide construction et le chemin en grand partie constituée de pierres taillées dans les roches du secteur. Ils étaient là aussi pour l'exploitation du bois et du cuivre et de quelques autres minerais.  Elle nous apprend aussi qu’en face de ce pont se trouvait sans doute un moulin dédié au sciage du bois. Enfin, elle vous explique tout ça bien mieux que je ne puis le faire ici. Qui mieux que Lison (*) qui a arpenté ce superbe et patrimonial secteur de la Carança en long et en large peut nous apprendre tout ça ! Le temps d’observer une belle petite cascade, de photographier une mésange charbonnière ; les passereaux sont peu visibles dans les gorges ;  et le temps est venu pour nous de faire demi-tour. Ah oui j’oubliais ! Il y a aussi un petit galet multicolore car joliment peint. Il a été laissé là sur le pont, sans doute par une personne un peu « New Age » en signe de porte-bonheur.  Porte-bonheur pour tous ceux qui comme nous arrivent ici ou passent pour monter plus haut vers le Refuge du Ras de la Carança ou les lacs. Ce n'est qu'ainsi que l'on a une idée plus ample et totale de ce qu'est la Vallée de la Carança (** voir le poème de Gaston Groussole à propos de cette vallée). Pour le retour, il n’est pas toujours facile de réemprunter les échelles et les passerelles métalliques, les ponts de singes sur lesquels le plus souvent il vaut mieux éviter d’être en surnombre. Il est 13h et dans les gorges c’est l’heure de pointe. Mais tout se passe toujours bien, tout le monde faisant preuve de civisme, de patience et de compréhension. Finalement, nous bifurquons de la rive droite à la rive gauche par une dernière passerelle à hauteur d’un petit barrage agencé de quelques baraquements. Wikipédia nous dit de lui « qu’il est situé à l'altitude de 1 004 m. Il mesure 2,8 m de haut et est muni d'une prise d'eau qui permet d'alimenter la centrale hydroélectrique de Thuès, située au bord de la Têt, légèrement en amont du confluent entre la Carança et la Têt. » Peu après commence la corniche creusée à même la paroi des gorges, partie de cette boucle la plus impressionnante car la plus périlleuse. Dans ce sens, que vous ayez le vertige ou pas,  il y est préférable d‘avoir une « conduite anglaise », de bien serrer sa gauche et de tenir d’une main ferme ce câble ligne de vie qui vous sécurisera. Cela vous évitera de prendre des risques inutiles et de vous faire des frayeurs qui le seront tout autant. Dites-vous bien que quoi qu’il en soit, aujourd’hui vous aurez eu droit à une belle dose d’adrénaline. D’ailleurs, comment faire quand vous aimez les fleurs mais que quelques-unes d'entre-elles ont pris un malin plaisir à aller pousser dans des endroits improbables et que malgré ça l’envie de les photographier est encore là ? Il faut parfois choisir, reculer quand le danger est trop grand et c’est ce que je fais. Par bonheur, un couple de Grands Corbeaux noirs et une Hirondelle des rochers qui a choisi de nicher dans le plafond de la corniche viendront compenser deux ou trois reculades florales. Plus on avance au sein de la corniche et plus on prend conscience des travaux colossaux qu’il a fallu entreprendre pour parvenir à la creuser ainsi. Quelques tunnels perpendiculaires mais tous claquemurés et dont on ne voit pas le bout rajoutent un maximum de mystères.  Sur Wikipédia, l’histoire nous dit que c’est en 1943 que tout cela a commencé aux fins de la construction d’un grand barrage sur la Carança qui finalement n’a jamais vu le jour pour des raisons de coût. Finalement, c’est un petit barrage qui permettra d’alimenter une centrale hydroélectrique qui fonctionnera à partir de 1946. Ce fameux passage en corniche est resté pour le plus grand bonheur des montagnards et autres randonneurs. Si la plupart font comme nous et se contentent d’arpenter ses gorges grandioses, certains partent rejoindre le refuge du Ras de la Carança et encore un plus haut les lacs dont  l’Estany Negre ou Etang Noir situé à une altitude de 2 505 m. Ce dernier constitue la source de la rivière, longue de 15,3km jusqu’à sa confluence avec la Têt à Thuès. D’ailleurs dès lors que l’on termine la corniche, la vallée de la Têt est là, bien visible en contrebas avec sa route nationale 116 et sa voie ferrée parallèle où circule « Le Canari ». C'est le surnom donné au joli « Petit Train Jaune » montant ses flots de touristes vers la superbe Cerdagne depuis Villefranche-de-Conflent. La vallée, il suffit désormais d’y descendre pour rejoindre Thuès et terminer cette magique randonnée. La descente démarre à droite à hauteur d’une bâtisse « chambre d’eau » d’où s’échappe une longue conduite forcée. 20 minutes plus tard , le parking est là, à moins que vous ne fassiez comme moi et que vous attendiez que le « Canari » passe pour le photographier. Selon le tracé que m’a fourni mon gendre, cette randonnée a été longue de 8,3km pour des montées cumulées de 1.012 m et un dénivelé de 336m entre le point le plus bas à 836m à Thuès et le plus haut à 1.172m au pont de Pierre. Cartes IGN 2249ET Font-Romeu – Capcir et 2250ET Bourg-Madame - Mont-Louis - Col de la Perche Top 25

(*) Les Balades de Lison et la Carança : Vous voulez connaître la Carança et un peu son histoire, voici quelques liens proposées par mon amie Lison : Enigmatique Carança,  Carança d'autrefois : le bois et le cuivre, Carança d'autrefois (fin) : les troupeaux et le charbon.

(**) La Vallée de la Carança : Je ne peux m'empêcher de vous délivrer le superbe poème ci-dessous à propos de la Vallée de la Carança. Il est l'oeuvre de Gaston Groussole, écrivain et poète bien connu des Toulougiens, et extrait de son livre de poésies "Eclaire-moi Fanal !" édité par Les Presses Littéraires : Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

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Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté d'une très belle musique intitulée "Talking To Nature" interpretée par le flûtiste indien Shastro. 

Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


 

J’avoue faire assez peu de différences entre randonner seul ou en agréable compagnie car j’ai cette faculté à me complaire dans les deux façons de marcher. D’ailleurs, à bien y réfléchir, seul, à deux ou à plusieurs, je ne modifie guère ma façon d’être dans l’action car avant tout c’est la Nature qui guide mes pas. Elle guide mes pas et ma façon d’agir dans l’acte de marche. Cette attitude, si elle n’est pas nouvelle, a bien sûr évolué en prenant de l’âge. Il y a pourtant une exception à cette règle, c’est quand je randonne accompagné de mes petits-enfants. Si la Nature reste bien entendu présente, ils en font partie intégrante, ce qui n’est jamais le cas des adultes. Je vais donc les observer avec presque autant de curiosités que des papillons, des oiseaux, des fleurs, des panoramas ou des paysages. Et quand je m’interroge à propos de cette observation, je me dis qu’il s’agit à la fois d’une dissection de leur comportement vis-à-vis de cette passion pour la randonnée pédestre qui est la mienne mais aussi d’une espèce de vigilance machinale mais probablement indispensable pour moi. Quoi qu’il en soit, je suis toujours très heureux d’être avec eux dans cet acte que j’aime tant qui est celui de marcher. En ce 26 août, tout s’est mis peu à peu en place pour qu’il en soit ainsi. Ce jour-là, mon gendre, ma fille et leurs deux enfants sont venus nous rejoindre à Urbanya où nous séjournons. Ils ont prévu d’aller « faire » « les Gorges de la Carança » en famille et nous ont gentiment invités Dany et moi. Je languis l’instant où nous serons tous ensemble sur les sentiers et ce d’autant que pour une fois je n’ai pas eu à me préoccuper de l’itinéraire à accomplir. Une fois n’est pas coutume, je vais me laisser guider.

(Voici le lien du tracé que nous avons effectué : https://www.visugpx.com/pnXoZ9IVvH )

 Voilà déjà 13 ans que je ne suis plus venu marcher dans ces célèbres gorges et je m’en souviens très bien car la dernière fois, j’étais venu marcher avec des collègues du boulot.  C’est totalement inédit et malheureusement, ça ne s’est jamais plus produit ensuite. A Thuès-Entre-Valls, il est tout juste 9h quand nous garons nos véhicules sur le parking des gorges. Le temps que tout le monde se prépare et que mon gendre trouve le sens du départ et me voilà déjà les yeux aux aguets de tout ce qui bouge. Un merle et un papillon en font les frais. Dans le ciel, deux vautours fauves planent du côté de Llar. Ce tout petit hameau perché et perdu me ramène lui aussi à quelques années en arrière lors d’une jolie balade intitulée « Le Chemin des Canons ». Dans la rivière, un merle et plusieurs bergeronnettes continuent de m’immobiliser puis à mon approche, ils s’enfuient à tire-d’aile. Plongé dans mes photos, les volatiles me font presque oublier que j’ai une rude randonnée à accomplir. J’attendais tout le monde et maintenant me voilà déjà attendu. Nous démarrons. Si les gorges sont vite là, c’est surtout un grand panneau qui attire mon regard et m’interpelle car il y est écrit en grandes lettres bâtons bien visibles « ITINERAIRE DANGEREUX AUX RISQUES ET PERILS DES RANDONNEURS ». Or, c’est assez bizarre car je ne me souviens pas l’avoir lu lors de mes précédentes venues ici. Il est vrai que je n’étais qu’avec des adultes, ceci expliquant sans doute cela.  Immédiatement, je me mets à penser à mes deux petits-enfants et aux risques qu’on va leur faire courir. J’essaie d’enlever cette culpabilité de ma tête mais il me faudra quelques décamètres pour y parvenir. Finalement, c’est de voir mes petits-enfants gambader et sauter de roches en roches comme des cabris que je parviens à éliminer ces mauvaises pensées. Finalement, je m’aperçois que le vieux que je suis a le pied bien moins sûr et réclame plus d’attention sur ce sentier devenant rapidement tortueux. Je peux me consacrer pleinement à la photo mais je vois bien que mon numérique ne fonctionne pas comme à son habitude. Absence d’une bonne luminosité ? Je suppose. En tous cas, c’est la seule raison que je trouve à cet état de fait. J’essaie de procéder à des réglages mais en vain. Dans ces profondes gorges, les rayons du soleil peinent à pénétrer franchement et c’est un faisceau blanchâtre très puissant faisant office de couvercle qui empêche de voir le ciel dont je sais qu’il est pourtant très bleu. Il me faut faire avec et je me dis que Photoshop sera peut-être à même de corriger ces photos de mauvaise qualité. Si le sentier est bien tracé, je le trouve bien plus difficile qu’il y a 13 ans.  Les années supplémentaires ont démultiplié les difficultés. Toutefois, comme j’arrive à suivre le groupe sans trop d’essoufflements, je suis plutôt satisfait. Après avoir longé quelque peu la rivière Carança au fond de la gorge, le sentier devient plus compliqué car plus rocheux. Il faut assez souvent redoubler de vigilance pour se faufiler correctement dans ce qui ressemble à un pierrier quasi continuel. Tout en prêtant attention, je me distrais comme je le peux en photographiant quelques fleurs et nos déambulations. Mais le groupe avance à un bon rythme et les mises au point que je devrais faire pour des photos de qualité ne me sont pas autoriser, sauf à perdre trop de terrain. Tout compte fait, l’aspect le plus angoissant n’est pas la qualité désastreuse du sentier en soi mais le fait que l’on ne sait pas où l’on va et surtout comment l’on fera pour revenir en effectuant une boucle. Enfin , cette angoisse peut être compréhensible surtout pour tous ceux venant ici pour la toute première fois. Sentier tortueux, végétation parfois très dense, vues limitées, canyons profonds et insondables, pics acérés et inaccessibles, falaises abruptes, panneaux de prudence et de recommandations, tout ce qui nous entoure peut contribuer à une certaine appréhension. Cette appréhension peut encore perdurer même quand le lieu nous est déjà connu et notamment pour les personnes ayant pu lire de vieilles croyances populaires avant de venir ici. Quand la corniche apparait en face, creusée à même le flanc d’un à-pic impressionnant et que l’on y aperçoit quelques « lilliputiens », elle peut se transformer en frayeur voire en paralysie. Rien de tout ça parmi notre groupe et même les enfants avancent sans aucune crainte, ce qui est tout à fait normal car c’est bien connu qu’ils n’ont pas la même conscience du danger que les adultes. Tant mieux ! Ceci n’empêchant nullement les conseils de prudence, ce que je ne me prive pas de faire, sans pour autant les inquiéter plus que nécessaire. De toute manière, ils sont habitués à randonner et marchent avec beaucoup de sérieux la plupart du temps Après quelques petites montagnes russes et être passés sous le Roc de la Madrieu, nous retrouvons le lit de la rivière peu avant le lieu-dit « l’Abeurador », en français « l’Abreuvoir », et la confluence du Correc de la Guille. Coin peu paisible pour pique-niquer mais je m’éloigne un peu du sentier à la fois pour trouver une peu de paisibilité et m’isoler pour prendre quelques photos car par chance à cet endroit quelques pieds de menthe attirent des papillons. Si je me suis éloigné, je reste à proximité du groupe et les pieds presque dans l’eau. Sur la gravière, je réussis à attirer une minuscule truitelle avec de la mie de pain roulée en petites boulettes. Mais la truite sauvage est soupçonneuse et ne se laisse pas photographier si facilement, restant dans le courant. Je me rattraperai un peu plus tard. Un lézard des murailles se fait tirer le portrait plus aisément. Le pique-nique terminé, nous continuons à longer la rivière mais cette fois très souvent sur des échelles, des passerelles aménagées et des ponts de singe. Ici, faire le singe, il vaut mieux éviter car en cas de chute, il y a plus de chance de tomber sur un rocher que dans l’eau. Le torrent ne cesse de faire entendre sa rocailleuse musique. Tantôt à droite, tantôt à gauche, ou vice-versa, le plus compliqué est d’éviter de se croiser avec des personnes ou des groupes arrivant en sens inverse, ce qui ne manque pas d’arriver en raison de l’heure déjà bien avancée de la journée. Finalement le pont de Pierre est atteint et si je mets Pierre en majuscule c’est parce qu’il est ainsi écrit sur la carte IGN. Erreur des géographes ou hommage à un Pierre qui en serait le concepteur ? Aucune information ne vient étayer aucune thèse et on sait seulement que ce pont a été construit pour pouvoir plus facilement enjamber un affluent de la Carança qui a pour nom catalan « El Torrent Roig », en français « le torrent rouge ». Dans ses balades, Lison (*) évoque ce pont de pierre et la source de ce ruisseau torrentiel, précisant qu’au temps jadis, son débit était probablement plus puissant que de nos jours, expliquant par-là cette solide construction et le chemin en grand partie constituée de pierres taillées dans les roches du secteur. Ils étaient là aussi pour l'exploitation du bois et du cuivre et de quelques autres minerais.  Elle nous apprend aussi qu’en face de ce pont se trouvait sans doute un moulin dédié au sciage du bois. Enfin, elle vous explique tout ça bien mieux que je ne puis le faire ici. Qui mieux que Lison (*) qui a arpenté ce superbe et patrimonial secteur de la Carança en long et en large peut nous apprendre tout ça ! Le temps d’observer une belle petite cascade, de photographier une mésange charbonnière ; les passereaux sont peu visibles dans les gorges ;  et le temps est venu pour nous de faire demi-tour. Ah oui j’oubliais ! Il y a aussi un petit galet multicolore car joliment peint. Il a été laissé là sur le pont, sans doute par une personne un peu « New Age » en signe de porte-bonheur.  Porte-bonheur pour tous ceux qui comme nous arrivent ici ou passent pour monter plus haut vers le Refuge du Ras de la Carança ou les lacs. Ce n'est qu'ainsi que l'on a une idée plus ample et totale de ce qu'est la Vallée de la Carança (** voir le poème de Gaston Groussole à propos de cette vallée). Pour le retour, il n’est pas toujours facile de réemprunter les échelles et les passerelles métalliques, les ponts de singes sur lesquels le plus souvent il vaut mieux éviter d’être en surnombre. Il est 13h et dans les gorges c’est l’heure de pointe. Mais tout se passe toujours bien, tout le monde faisant preuve de civisme, de patience et de compréhension. Finalement, nous bifurquons de la rive droite à la rive gauche par une dernière passerelle à hauteur d’un petit barrage agencé de quelques baraquements. Wikipédia nous dit de lui « qu’il est situé à l'altitude de 1 004 m. Il mesure 2,8 m de haut et est muni d'une prise d'eau qui permet d'alimenter la centrale hydroélectrique de Thuès, située au bord de la Têt, légèrement en amont du confluent entre la Carança et la Têt. » Peu après commence la corniche creusée à même la paroi des gorges, partie de cette boucle la plus impressionnante car la plus périlleuse. Dans ce sens, que vous ayez le vertige ou pas,  il y est préférable d‘avoir une « conduite anglaise », de bien serrer sa gauche et de tenir d’une main ferme ce câble ligne de vie qui vous sécurisera. Cela vous évitera de prendre des risques inutiles et de vous faire des frayeurs qui le seront tout autant. Dites-vous bien que quoi qu’il en soit, aujourd’hui vous aurez eu droit à une belle dose d’adrénaline. D’ailleurs, comment faire quand vous aimez les fleurs mais que quelques-unes d'entre-elles ont pris un malin plaisir à aller pousser dans des endroits improbables et que malgré ça l’envie de les photographier est encore là ? Il faut parfois choisir, reculer quand le danger est trop grand et c’est ce que je fais. Par bonheur, un couple de Grands Corbeaux noirs et une Hirondelle des rochers qui a choisi de nicher dans le plafond de la corniche viendront compenser deux ou trois reculades florales. Plus on avance au sein de la corniche et plus on prend conscience des travaux colossaux qu’il a fallu entreprendre pour parvenir à la creuser ainsi. Quelques tunnels perpendiculaires mais tous claquemurés et dont on ne voit pas le bout rajoutent un maximum de mystères.  Sur Wikipédia, l’histoire nous dit que c’est en 1943 que tout cela a commencé aux fins de la construction d’un grand barrage sur la Carança qui finalement n’a jamais vu le jour pour des raisons de coût. Finalement, c’est un petit barrage qui permettra d’alimenter une centrale hydroélectrique qui fonctionnera à partir de 1946. Ce fameux passage en corniche est resté pour le plus grand bonheur des montagnards et autres randonneurs. Si la plupart font comme nous et se contentent d’arpenter ses gorges grandioses, certains partent rejoindre le refuge du Ras de la Carança et encore un plus haut les lacs dont  l’Estany Negre ou Etang Noir situé à une altitude de 2 505 m. Ce dernier constitue la source de la rivière, longue de 15,3km jusqu’à sa confluence avec la Têt à Thuès. D’ailleurs dès lors que l’on termine la corniche, la vallée de la Têt est là, bien visible en contrebas avec sa route nationale 116 et sa voie ferrée parallèle où circule « Le Canari ». C'est le surnom donné au joli « Petit Train Jaune » montant ses flots de touristes vers la superbe Cerdagne depuis Villefranche-de-Conflent. La vallée, il suffit désormais d’y descendre pour rejoindre Thuès et terminer cette magique randonnée. La descente démarre à droite à hauteur d’une bâtisse « chambre d’eau » d’où s’échappe une longue conduite forcée. 20 minutes plus tard , le parking est là, à moins que vous ne fassiez comme moi et que vous attendiez que le « Canari » passe pour le photographier. Selon le tracé que m’a fourni mon gendre, cette randonnée a été longue de 8,3km pour des montées cumulées de 1.012 m et un dénivelé de 336m entre le point le plus bas à 836m à Thuès et le plus haut à 1.172m au pont de Pierre. Cartes IGN 2249ET Font-Romeu – Capcir et 2250ET Bourg-Madame - Mont-Louis - Col de la Perche Top 25

(*) Les Balades de Lison et la Carança : Vous voulez connaître la Carança et un peu son histoire, voici quelques liens proposées par mon amie Lison : Enigmatique Carança,  Carança d'autrefois : le bois et le cuivre, Carança d'autrefois (fin) : les troupeaux et le charbon.

(**) La Vallée de la Carança : Je ne peux m'empêcher de vous délivrer le superbe poème ci-dessous à propos de la Vallée de la Carança. Il est l'oeuvre de Gaston Groussole, écrivain et poète bien connu des Toulougiens, et extrait de son livre de poésies "Eclaire-moi Fanal !" édité par Les Presses Littéraires : Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.Les Gorges de la Carança depuis Thuès-entre-Valls et jusqu'au pont de Pierre.

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Merveilleuse Année 2022

Publié le par gibirando

Merveilleuse Année 2022 à toutes et à tous avec surtout une bonne santé ! Protégez-vous, protégez vos proches, protégez les autres en vous vaccinant même si l'efficacité des vaccins est imparfaite......il n'y a rien d'autre pour l'instant !

Merveilleuse Année 2022

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La Chapelle Saint-André et la carrière de marbre de Belloc depuis Conat.

Publié le par gibirando

 

Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques du compositeur John Barry. Elles ont pour titres : "The John Dunbar Theme (John Barry)", "Theme From Somewhere In Time (The City of Prague Philharmonic Orchestra)", "Give Me A Smile (English Chamber Orchestra/John Barry)" et "Out Of Africa/Flying Over Africa (John Barry)".

La Chapelle Saint-André et la carrière de marbre de Belloc depuis Conat.

La Chapelle Saint-André et la carrière de marbre de Belloc depuis Conat.


 

Quand en ce 14 août au matin, nous avons décidé d’aller randonner jusqu’à « la Chapelle Saint-André de Belloc et à sa carrière de marbre depuis Conat », je mentirais bougrement si je vous disais que nous partions totalement à l’aventure. Non, concernant cette chapelle, c’était la énième fois que nous y allions et si je vous donnais un chiffre rond, je mentirais aussi ! Je me souviens d’un temps très lointain où nous y amenions nos enfants puis à diverses reprises quelques amis. Pour les enfants, c’était quand ? Il y a 35 ou 40 ans peut-être, mais sûr dans cette fourchette-là ! Les amis un peu moins. Je ne sais plus. Puis, nous y sommes retournés en août 2012, puis encore en 2018 et en 2019 lors de deux « Balcons de Villefranche-de-Conflent » dans les deux sens. Oui, j’ai arrêté de compter le nombre de fois où je m’y suis rendu et ce, d’autant que j’y étais également passé en août 2007 lors d’un mémorable Tour du Coronat en solitaire et en 6 jours. Une chose est par contre certaine, c’est que je n’ai jamais véritablement découvert cette carrière de marbre qui jouxte la chapelle. Je sais où elle se trouve, je l’ai photographiée de loin mais ne l’ai jamais véritablement approchée même si j’ai beaucoup lu à son sujet. C’est donc avec ce double objectif que je pars aujourd’hui : la chapelle mais surtout la carrière et comme toujours la flore, la faune et tout ce que la Nature va m’offrir. Pour Dany, marcher dans la Nature et observer d’amples panoramas suffisent à son bonheur. Elle devrait y trouver son compte sans problème.  Il est 8h quand nous nous mettons en route sur la parking de la mairie de Conat. Deux rougequeues noirs semblent y chercher pitance et sautillent sur l’asphalte dans un mouvement de danse fait de balancements presque parfaits car quasiment synchronisé entre eux. Ils semblent ignorer royalement notre présence. L’itinéraire démarrant en haut et à gauche juste après le clocher de l’église, nous longeons le cimetière. Le soleil n’a pas encore jeté tous ses rayons dans la Vallée du Caillan (Callau sur certaines cartes IGN) et le ciel est plutôt étrange car d’un blanc très laiteux et donc opaque vers le sud et l’est et d’un bleu très pur car sans nuages vers le nord et l’ouest. Il en sera ainsi une grande partie de la demi-journée puis les choses s’inverseront dans le milieu de l’après-midi. La journée s’annonce superbe et je me réjouis déjà de la flânerie envisageable.  Pour moi, le verbe « flâner » signifie prendre mon temps pour tout. Tout, c’est observer et photographier la flore et la faune, le patrimoine, les paysages et les panoramas et aujourd’hui, il y aura en sus la géologie et peut-être même de la paléontologie. Tout cela en amateur bien sûr, mais curieux de tout cela. Si le début de la montée vers cette falaise et cette brèche qu’on appelle le Pas de l’Escala est plutôt monotone car essentiellement en sous-bois de petits chênes verts, dès lors que l’on change d’étage collinéen, les centres d’intérêts vont se multiplier. Dans l’immédiat, les chênes verts aussi petits soient-il semblent faire trop d’ombre à tout le reste. Peu de panoramas hors mis au tout début sur la Vallée du Caillan et ses jolis et rectilignes jardins potagers. Or mis un minuscule papillon dénommé la Brocatelle d'or (Camptogramma bilineata), aucune faune n’y semble présente. Quant à la flore, elle se résume à des Crassulacées comme les Joubarbes et les Orpins puis à de petites fougères et à quelques ombellifères (Apiacées) du style Boucages ou Buplèvres. Il faut donc attendre un autre étage supérieur pour que la végétation se diversifie : Quelques fleurs commencent à montrer le bout de leurs diverses inflorescences, il y a d’autres arbustes méditerranéens, puis divers feuillus et enfin de très nombreux pins accompagnés de quelques cèdres. Le lieu-dit « La Boixera » porte bien son nom, car s’il est de coutume de penser à juste titre qu’il s’agit d’un « bois de buis », ce nom désigne plus largement une « végétation très touffue » car en fagots, qu’il est d’usage de brûler soit pour se chauffer soit pour cuisiner (Joan Becat).  Ici, la faune se fait un peu plus présente avec déjà pas mal de papillons et quelques rares oiseaux, tout ce joli monde restant assez difficile à photographier compte tenu de la densité de la végétation, y compris parfois à même le sentier. Il me faut donc faire preuve de patience et de ce fait, rattraper Dany après chacun de mes arrêts photographiques. Dans cette épaisse végétation, de rares mais jolies ouvertures sur Conat et la vallée permettent de se faire une excellente idée du chemin parcouru mais surtout de l’élévation déjà réalisée. La présence de petits éboulis et de pins de plus en plus nombreux laisse imaginer que la fin de la colline est atteinte. Il n’en est rien et il faut vraiment attendre d’avoir franchi ce fameux « Pas de l’Escala », (pas de l'escalier) passage rocheux délicat mais peu dangereux ici, pour voir la falaise blanche et ocre disparaitre.  Si le sentier continue de zigzaguer au sein d’une jolie pinède, les difficultés liées à la déclivité ont totalement disparues. Sur la gauche, on aperçoit parfois l’imposant clocher de la chapelle romane Saint-André de Belloc. Peu de temps après se présente une vieille source captée, espèce de très court tunnel aménagé de quelques escaliers se terminant par une modeste citerne pavée. Pour qui connaît un peu l’Histoire de cette colline de Belloc mais aussi la Font de la Perdiu (Perdrix) située en face et de l’autre côté de la vallée de la Têt sur la colline de l’Ambouilla, il est assez facile de deviner que cette source captée est également d’époque « vaubanienne ». Or mis une porte en moins ici, les deux citernes sont quasiment semblables. De plus, leurs courts tunnels respectifs ont cette même forme en ogive que l’on retrouve un peu partout dans les souterrains d’Ambouilla et du Fort Libéria ainsi que dans les galeries de contrescarpe. D’ailleurs, sinon Vauban, qui aurait pu imaginer la construction d’une telle source à l’extrémité d’un long mur de soutènement dont on voit bien qu’il n’est là que pour soutenir un large chemin pour y accéder ? Oui, il ne fait guère de doute que cette citerne a été construite à la même époque que le Fort Libéria, c’est-à-dire dans les années 1681 à 1683, dès lors que le fort a nécessité l’accès aux carrières de marbre mais aussi qu’il fut utile aux armées de Louis XIV de se protéger de tous les côtés.  Pourtant les interrogations demeurent et notamment à propos de la construction de la Redoute d’Ambouilla que certains historiens attribuent aux architectes de Napoléon III voire aux Espagnols. Ici, aucune information n’apportant de précisions à mes interrogations, j’entre dans la source uniquement pour la photographier et donc sans m’éterniser. Les fleurs que j’ai aperçu ici dans cette clairière sont pour moi bien plus captivantes. Après quelques photos, nous continuons en longeant le mur évoqué. Une nouvelle clairière se présente, bien plus ample que la première et plantée d’un grand cèdre. Ici, c’est l’emplacement de l’ancien hameau dont on aperçoit encore quelques ruines envahies par la végétation de-ci delà. La chapelle est un peu plus haut et à gauche sur une butte. Nous n’y faisons que passer, juste histoire de voir s’il n’y a rien de nouveau depuis notre dernière venue. Il n’y a rien de nouveau et la porte de la chapelle est toujours aussi cadenassée, alors nous partons déjeuner avec cette vue splendide car ample sur la Vallée de Caillan qui s’étire du Massif du Madres jusqu’à nos pieds. Le pique-nique terminé, Dany part se reposer sur une planche qu’elle a repérée du côté de la clairière pendant que je me lance à la conquête photographique de la flore et de la faune de cette butte rocailleuse. Elle est ensemencée d’une multitude de plantes pour peu que l’on veuille les observer : thym, brachypode, genêt, chardons et carlines, bugranes et liserons, camélée, rouvet et j’en oublie encore beaucoup. Les papillons et les criquets sont également nombreux. La clairière où je retourne n’est pas en reste. Parmi de nouvelles fleurs, une toute petite bien bleue munie d’un long éperon et qu’il me faudra dénommer après recherche (Dauphinelle de Verdun). Dany s’étant bien reposée, il est temps de filer vers la carrière de marbre. Sur la carte, plusieurs chemins semblent y mener à travers le maquis mais je préfère prendre la piste  car je sais déjà que Dany n’est nullement intéressée par la visite de cette carrière. De plus, ne sachant pas si son accès est aisé ou pas, je ne veux prendre aucun risque avec elle. Finalement après quelques virages, la carrière de marbre griottes (*) est là ou tout du moins le terril constitué de blocs plus ou moins gros ressemblant à un éboulis. Dany continue la piste à la recherche d’un endroit ombragé pendant que je choisis l’accès le plus facile et le moins périlleux pour accéder à la mine à ciel ouvert. Plus facilement que je ne l’aurais cru, j’atteins un large chemin où d’autres éboulis me font face. Je me lance dans une recherche de petites pierres dont le but est à la fois de trouver les plus originales et les plus dissemblables. Si la plupart sont quasiment sans intérêt, quelques-unes présentent de petits fossiles blancs que l’on appelle Goniatites. Ces petits mollusques céphalopodes, depuis très longtemps disparus, ressemblent un peu à ces petits escargots qu’on appelle limaçons. En réalité, ils sont plus proches des ammonites également disparus et des nautiles d’aujourd’hui. S’ils sont souvent bien visibles sur les roches, ils sont parfois complétement déformés par la pression tectonique qui s’est exercée au Dévonien, c’est-à-dire voilà – 350 millions d’années environ. Les géologues les appellent « fantômes ».  Ils leur donnent aussi le nom d’ « Œil de Perdrix » quand ces fossiles sont totalement cristallisés et blancs. D’autres roches ne sont pas tavelées de Goniatites mais présentent d’autres intérêts comme des cristaux brillants de divers coloris ou bien des traces noires voire gravées d’activités de dislocation, d’écoulement, d’écrasement ou de rainurage comme les lapiaz ou les « pelures d’oignons ». Tout cela permet d’imaginer aisément l’activité bouillonnante et donc sans doute volcanique qui a eu lieu ici alors que la mer était présente ici comme sur une immense partie de la Terre. Les scientifiques estiment à 70 %  la disparition des espèces vivantes même si la cause précise de cette extinction reste inconnue : période d’anoxie océanique, pic de volcanisme lié aux mouvements de la dérive des continents, origine extraterrestre (impacts cométaires ou météoritiques) ou une combinaison de ces facteurs ? (Source Wikipédia).  Je photographie les exemplaires rocheux que j’estime les plus remarquables pour mon reportage, conserve les plus petites mais les plus originales, mais pas plus d’une dizaine, que je mets au fond de mon sac pour ma modeste collection de pierres et de fossiles et part vers d’autres recherches. Je remonte le chemin puis trouve une première carrière sur ma droite. Elle se présente sous la forme d’une tranchée avec sur la droite une falaise, espèce de petit coteau pentue,  plutôt crevassé de toutes parts et rouge brique. Rien de folichon à première vue, alors je continue de grimper vers la seconde bien plus haute, bien plus vaste et un peu plus lisse. Ici les roches que je découvre sont plus intéressantes à observer mais également plus diversifiés. Les clichés se multiplient. Finalement, j’atteins la croupe dominant celle-ci. C’est la garrigue mais relativement bien boisée de chênes, d’autres feuillus méditerranéens et de pins. J’y divague quelque peu photographiant des papillons, un énorme lézard ocellé très farouche, dont malgré tout je garderai de lui une piètre photo. Un poteau me rappelle que je suis toujours au sein de la Réserve naturelle et que certaines consignes basiques sont à respecter. Ces recommandations aidant, un peu perdu dans cette garrigue, je me sens comme un chien dans un jeu de quilles. Alors il est temps de quitter les lieux. Dany m’attend alors je trouve bien plus facile de redescendre par le chemin où je suis monté dans les carrières que de prendre le risque de m’égarer dans la garrigue. Finalement, je la retrouve tel Saint-Louis assise à l’ombre d’un grand chêne, mais le sien est vert et elle ne rend pas la justice. Sa seule loi est de bougonner un peu car voilà déjà presque une heure que je suis parti au sein des carrières et elle me dit qu’elle a trouvé le temps long. Nous continuons la piste qui descend vers Les Termaneres et la D.26. Ici, dans cette descente, les seules choses notables sont quelques papillons, la plupart déjà vus, un couple de sittelles dont une est peu craintive et se laisse tirer le portrait, un pinson qui picore sur la piste devant nous et semble jouer en sautillant au fur et à mesure que l’on avance vers lui et de beaux panoramas plongeants sur la vallée de la Têt, Prades et Ria-Sirach.  Puis tout se referme et cette piste devient assez monotone jusqu’à hauteur de la chapelle ruinée de Sainte-Croix (Santa Creu) où un nouveau panorama plongeant se dévoile sur la vallée. Il y a bien un sentier sur la carte IGN qui file vers Conat mais je ne le connais pas et une fois encore je ne veux pas prendre de risque avec Dany, et ce d’autant qu’elle commence à souffrir de ses hanches. A tout prendre, je préfère la monotonie de la piste. Un bel oiseau jaune au lieu-dit Les Termaneres puis encore quelques fleurs et papillons puis nous empruntons un petit sentier, lequel parallèle à la D.26 rejoint Conat. Ici, tout comme après le départ ce matin, nous retrouvons ce sous-bois de chênes verts un peu vide de tout, or mis la présence de quelques fougères.  Il est 15h quand nous touchons au but et retrouvons notre voiture sur le parking de la mairie. Les Rougequeues noirs photographiés ce matin sont toujours là mais cette fois ils ne veulent pas de mes photos et s’envolent vers le cimetière. Tant pis pour le spectacle mais comme à  la place nous avons eu droit à une petite compagnie de perdrix rouges marchant sur la D.26, nous finissons cette balade sur cette jolie conclusion.  Elle a été longue de 8,2 km, cette distance incluant la totalité de mes déambulations. Le dénivelé est de 406 m entre le point le plus bas à 519 m à Conat et le plus haut à 925 m juste avant d’arriver à la source captée. Les montées cumulées sont de 703 m. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet et 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

(*) La carrière de marbre griotte de Belloc et son histoire : Plutôt que de réécrire l'Histoire, je vous donne un lien où vous trouverez une maximum de renseignements à propos de cette carrière. C'est à ce jour le document le plus complet que j'ai trouvé. Il est l'oeuvre de Michel Martzluff, Pierre Giresse, Aymat Catafau e Caroline de Barrau, tous sont des spécialistes de l'archéologie, de l'Histoire ou de la préhistoire. On peut néanmoins rajouter que la carrière de Belloc était sans doute connue depuis le Moyen Âge, les nombreux parements que l'on trouve dans les chapelles Saint-Etienne de Campilles et Saint-André de Belloc toutes proches en constituent quelques preuves irréfutables. Les carrières ont refait surface plus tard retrouvées par quelques curieux dont certains les ont exploitées.  C'est le cas de "Monsieur Philippot, propriétaire d'exploitations de marbres à Perpignan qui exploita la carrière dite de Conat à partir de 1843 et dont quelques échantillons exposés lui valurent une médaille à l'exposition nationale de 1844. C'est le cas aussi de Monsieur Bernard Bernard de Villefranche qui se lança dans l’exploitation du marbre griotte de Belloc (ainsi que dans celle d'En Gorner, marbre violet et incarnat) mais d'un accès très difficile la carrière sera abandonnée au bout d’une vingtaine d’années. A cette carrière travaillaient une quinzaine d’ouvriers venus de Ria, Sirach, Conat et même Nohèdes. Les blocs de marbre épincés, taillés complètement terminés étaient expédiés en gare de Ria. Certains blocs pesaient presque huit tonnes. Il arrivaient « bruts » de Belloc par le chemin d’En Corner (« Foun de la Baronne ») sur des charrettes trainées par deux couples de bœufs. Ils étaient façonnés. Le marbre griotte acajou ou griotte coquillé était très prisé par les acheteurs.  Bernard Bernard décédé, une société belge prît le relais. Est-ce Holtzer des hauts-fourneaux [de Ria] ? De 1950 à 1955, je me rappelle que la carrière avait été exploitée par une entreprise italienne originaire de Carrare, le patron était M.Del Papa. Cinq à six ouvriers dont M.Garbati et son fils travaillaient sous ses ordres […]. Les gros blocs de marbre étaient exportés par chemin de fer vers Carrare (en Italie). Les ouvriers logeaient à « la bonne truite ». Un beau matin ils partirent, un grave accident s’étant produit, il laissèrent des factures impayées, et deux personnes qui avaient été blessées sont revenues quelques mois à Villefranche faire la plonge et de nombreux travaux pour compenser le manque à gagner et par reconnaissance du bon temps qu’elles avaient passé chez nous. A côté de cette carrière, un concasseur qui avalait toute pierre non façonnable pour produire gravillon de divers calibres et poudre de marbre. En amont l’entreprise familiale de Monsieur François Angles de Ria où travaillait Jacky Roque. La société Denain Anzin qui exploitait les mines de fer a repris la grande carrière de marbre sous les ordres de Georges Falguères (1966). Elle se lança en particulier dans la fabrication de pierres taillées pour la construction mais aussi de carrelages, de plaques de marbre polies, de monuments funéraires etc. Pour le carrelage, le marbre trop veineux voyait trop de carreaux se casser. Paul Dulcet y avait travaillé après avoir été serre-frein sur le train minier de Sahorre à Ria. Le dallage du café « Le Canigou » et les pierres taillées de l’encadrement des portes venaient de cette entreprise, qui a rapidement battu de l’aile. Pour ne pas être assez rentable, la société Denain-Anzin arrêta l’exploitation en 1973. Pourtant Jean Lannelongongue, maire de Villefranche à cette époque croyait à la survie de ces carrières, sources d’emploi. Avec le contremaître de la société Denain-Anzin ils avaient présenté une exposition au Palais des Congrès à Perpignan. Ils avaient reçu en mairie une délégation d’entrepreneurs de Carrare (Italie) prospectant des sites d’extraction en Languedoc Roussillon et dont l’attention a été attirée par la réputation du marbre rose de Villefranche. Mais aucune suite n’a été donnée". L'exploitation du marbre du Conflent et du Haut-Conflent s'est définitivement arrêtée. Voilà ce que l'on peut lire sur différents documents et sites Internet. Si ce marbre de Belloc est sans doute encore présent dans une multitude de bâtiments et sculptures, l'oeuvre la plus connue reste la Fontaine de Prades réalisée en 1867 et située place de la République.  D'autres sculptures réalisées dans le marbre de Belloc sont visibles sur le site suivant : https://monstresjpm.fr/marbres-calcaires-rouge-orange-rose-orange-red-rose-coloured-marble-limestone/

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Le reste à charge zéro, c'est effectivement zéro !

Publié le par gibirando

 

 


 

Il paraît ; mais c’est parce que je l’ai lu ; que des milliers de français ont profité de la réforme Macron dite « Reste à charge zéro », soit pour leurs appareils dentaires et d’audition ou leur optique. Je ne sais pas comment ils ont fait ? Mais si vous faites partie de ceux-là, n’hésitez à me tuyauter, après tout un blog c’est aussi fait pour ça, échanger, communiquer et informer !

Non, je ne sais pas comment ils ont fait et j’ai donc essayé de m’informer en lisant pas mal de choses à ce propos. J’en ai conclu que le « Reste à charge zéro », c’est une véritable usine à gaz comme seule la bureaucratie française sait en confectionner. Pour moi, le « Reste à charge zéro, c’est toujours zéro ! ». En voilà un bel exemple, preuve bien évidemment à l’appui avec le document ci-dessus ci-joint.

Il y a quelques jours, mon épouse est allée voir sa dentiste car elle souffrait un peu.  Résultat : quelques soins pendant un petit quart d’heure et à la fin un note plutôt salée de 110 euros. Elle lui fit part d’ailleurs de son étonnement quant à cette note si élevée à laquelle à vrai dire elle ne s’attendait pas. Comme elle me dit, «  sur l’instant j’ai comparé ces 110 euros à ce que l’on peut mettre dans un chariot de courses et j’ai trouvé cette note très exagérée pour ne pas dire exorbitante ! ». Pour seule réponse, la dentiste lui répondit : « Ne vous inquiétez pas vous serez intégralement remboursée ! »,  ce qui du coup la tranquillisa immédiatement.

En rentrant, elle me raconta tout ça et je fus tranquillisé moi aussi. Sauf que ?

Sauf que, quelques jours plus tard, ma mutuelle m’informa d’un virement de 33 euros que j’allais recevoir concernant ces soins dentaires. Je me suis dit « tiens après tout c’était vrai, je vais être remboursé intégralement et comme la Sécu a traité l’opération, je m’en vais aller voir sur le site Ameli ce qu’il en est des 77 euros manquants ».

Alors devinez où ils sont passés les 77 euros ? Je vous le donne en mille. Ils sont effectivement manquants !

C’était sans compter avec les déductions des participations forfaitaires, des franchises et des majorations hors parcours et là la Sécu m’a sorti une liste impressionnante de retenues s’étalant sur des mois et des mois. Du coup,  ces 77 euros sont restés dans la poche de la Sécu, c’est-à-dire dans celle de l’Etat. Dans celle de Macron, lequel quand vous l’écoutez, admet qu’il y a beaucoup à faire en France mais qu’il a déjà beaucoup réformé depuis son élection. A titre d’exemple de ce qu’il a fait, je note que ma femme qui voyait sa cure remboursée depuis plus de 25 ans pour une affection de longue durée (polyarthrite chronique) a perdu ce remboursement sous son quinquennat sous le prétexte que notre couple dépassait le plafond des revenus autorisés. Or, quand j’ai appris cette mauvaise nouvelle, j'ai bien évidemment regardé mes revenus. Là, ahuri, j'ai constaté qu'ils avaient baissé, effet consécutif à l’augmentation « macronienne » de la CSG, dont les manifestations des gilets jaunes ont par bonheur engendré une marche à arrière et la récupération des sommes antérieurement retenues ! Mais le mal était fait et le remboursement de la cure disparut à jamais. Oui, l’augmentation de la CSG pour les retraités, c’était il n’y a pas à dire une « belle » réforme Macron ! On pourrait en citer une autre de ce style comme les 5 euros de moins par mois sur les APL ! Dans le même temps, une de ses premières réformes a été de supprimer l’Impôt sur la Fortune (ISF). Normal me direz-vous, c’est ceux qui payaient l’ISF qui avaient financé sa campagne électorale si triomphatrice. 

On dit merci qui ? Merci Président Macron. A la fois pour ces avantages perdus pour les citoyens lambda que nous sommes mais aussi pour cette belle réforme du « Reste à charge zéro » pour laquelle il est préférable d’avoir 6 doigts à chaque main pour en bénéficier. Jugez plutôt :

«  L’offre 100 % Santé, et donc le reste à charge zéro, est accessible à tous les français bénéficiant d’une complémentaire santé responsable ou de la CMU-C. » (Extrait du site https://reassurez-moi.fr/ que je vous conseille de lire dans son intégralité et vous verrez que l’usine à gaz a bien été élaborée ! »  Mon contrat de mutuelle n’étant pas responsable, inutile que j’aille plus loin. Sinon, si je veux un contrat responsable voilà ce que m’a écrit ma mutuelle : « Concernant les contrats Responsables et Non Responsables il faut savoir que le zéro reste à charge est pris en charge totalement par les mutuelles et non par la sécurité sociale, c’est donc vous qui le payez à travers vos cotisations. Votre cotisation sera donc forcément plus importante sur un contrat Responsable que sur un contrat Non Responsable ».

Comme aurait dit Jacques II de Chabannes de La Palice  en s'exclamant « en voilà une de belle lapallissade ! »

On pourrait presque chanter la chanson « Merci Macron » parodie de celle des Charlots « Merci patron » ! La voici ci-dessous, histoire de se marrer un peu.

Alors qu'on soit clair, je ne réclame pas une totale gratuité pour ma santé mais je ne veux pas que nos gouvernants nous racontent des craques, et puis enfin, il faut surtout qu'on arrête d'être niais et d'accepter de soigner tous les étrangers gratuitement. Un contrôle sérieux doit être fait entre ceux qui ne viennent en France que pour  bénéficier de l'AME (Aide médicale de l'Etat) et ceux qui sont là, qui bossent, participent à la vie économique de la nation et qui de ce fait cotisent et méritent donc d'être soignés tout comme nous. 

Oui, pour moi, pas de doute, le « Reste à charge zéro, c’est effectivement zéro ! » et ce n'est pas prêt de changer à la vue des constats qui sont faits par nombre de professionnels. 

J’espère que vous serez nombreux à me prouver le contraire. Dans cette attente……..

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Le Circuit des Maisons d'Urbanya à Nohèdes.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 5 morceaux de musique interprétés par le violoncelliste croate Stjepan Hauser. Ils ont pour titres : "Adagio d'Albinoni (Remo Giazotto)", "Caruso (Lucio Dalla)", "Song From A Secret Garden (Secret Garden)", "Gabriel's Oboe (Ennio Morricone), "Benedictus (Karl Jenkins) - version partielle"

 Le Circuit des Maisons de Nohèdes à Urbanya

Le Circuit des Maisons de Nohèdes à Urbanya


 

Quand vous lirez le récit de cette randonnée, sans doute que la première question que vous vous poserez sera « pourquoi un Circuit des Maisons ? ». Alors je ne vais pas vous tenir plus longtemps en haleine. Quand nous avons décidé de faire cette balade en boucle depuis Urbanya, la raison première est que la veille nous avions réservé pour 12h30 une table au restaurant le « Cal Guillem » de Nohèdes. Nous y rendre à pieds sous la forme d’un circuit était donc le deuxième challenge et seule une météo complétement pourrie aurait pu nous contraindre de nous y rendre autrement, c’est-à-dire en voiture. En ce 6 août, la météo n’est pas géniale, le ciel bien couvert mais j’estime qu’elle n’est pas complétement pourrie alors nous démarrons, et ce d'autant que Météo France n'annonce pas de pluie pour la journée (pour une fois, les prévisions seront totalement tenues). Chemin et  reportage faisant, je me demande quel nom je vais bien pouvoir donner à cette balade dès lors que nous l’aurons terminée. Bien évidemment, j’exclus la possibilité d’y mentionner le nom du restaurant, non pas que je ne veuille pas lui faire de la pub ( à l’instant où je pense à cela, je n’y ai encore jamais mis les pieds !) mais je trouve que ce n’est très convenable car le nom d’une enseigne à un caractère personnel. Ensuite parce que j’ignore tout de ce restaurant et en premier lieu pourquoi « Cal Guillem » ? . Je ne suis pas catalan, je ne connais pas la signification du mot « cal » quant à Guillem, si je sais qu’il peut s’agir d’un prénom équivalent au français « Guillaume », mais également d’un nom de famille. Celui qui me vient à l’esprit à cet instant c’est « Guillem de Combret » dont je sais qu’il est devenu saint de manière empirique car jamais avalisé par l’Eglise catholique. D’ailleurs, je crois savoir aussi que les avis historiques sont très partagés entre la provenance de ces différents Guillem, celui de Gellone et de Llivia étant les plus souvent évoqués.  Je pense à lui car à maintes reprises j’ai eu l’occasion d’aller cheminer vers la « fameuse » chapelle Saint-Guillem de Combret et notamment lors d’un mémorable Tour du Vallespir en 6 jours et en solitaire où j’avais couché dans le refuge mitoyen. Il y a aussi le bien connu Pla Guillem mais j’ai lu que ce dernier et celui de Combret aurait peut-être une origine toponymique identique. Voilà à quoi je pense tout en marchant en direction de Nohèdes. Finalement, j’abandonne ces pensées-là car j’estime qu’il y a trop d’inconnues pour l’instant. Ce n’est qu’une fois au restaurant que je vais apprendre que Guillem c’est le prénom du jeune patron et une fois rentré à la maison que le mot « cal » est une contraction de « a casa del » signifiant «  à la maison de » (*) ou plus simplement encore « chez ». Partant de ma propre maison jusqu’à la « maison de Guillem », voilà pour l’explication de cette appellation de « Circuit des Maisons ». Il est 8h30 quand nous démarrons sous un ciel plombé. J’ai décidé de partir tôt car Dany a mal aux hanches et je préfère qu’on garde du temps pour ne pas avoir à speeder. Malgré ses souffrances, elle veut à tout prix marcher, estimant qu’il est préférable qu’elle bouge. Pendant que Dany s'affère à s'assurer de la présence de notre chat Flip et le cherche, moi je ne quitte pas la maison sans aller voir un petit loir gris qui a élu domicile dans un nichoir que j’avais initialement fabriqué pour d’éventuels pics verts. Il est bien là, me regarde fixement de ces gros yeux ronds et ça me rassure car j’ai toujours la crainte qu’un chat le repère et en fasse son déjeuner. Les prédateurs félins, et notamment errants, sont assez nombreux autour de la maison mais je garde bon espoir que le loir soit plus agile. Il est là tranquille et je pars rassuré. Si j’ai décidé de faire en partie le même itinéraire qu’une balade que j’avais intitulée « Le Pic de la Serra », c’est-à-dire en passant par la forêt de La Mata puis par le pic et le col de la Serra, j’ai néanmoins changé le départ en raccourcissant la montée vers la ferme à Philippe. J’ai décidé de grimper par la forêt et non pas par la piste qui est très embroussaillée par des genêts et des ronciers. C’est plus raide mais beaucoup plus court. Malgré un temps très maussade et l’heure matinale, une petite faune est déjà bien présente.  Elle se présente d’emblée sous les traits de multiples passereaux et de quelques papillons. La flore, elle, ne semble pas se plaindre de cette journée qui s’annonce humide mais que nous n’espérons pas mouillée. Si Dany arrive à la ferme de Philippe exténuée à cause de la pente sévère que nous venons de grimper, par bonheur son allure va s’améliorer au fil du cheminement. Finalement, je regrette d’être passé par la forêt car je m’aperçois que la piste que je n’ai pas voulu emprunter a été totalement dérochée ces derniers jours et par là-même débroussaillée des multiples genêts, ronciers et autres chardons-Marie qui l’entravaient. Si la ferme de Philippe est inactive suite à la vente totale de son troupeau l’an dernier, les entassements de vieux fumiers continuent à attirer de très nombreux oiseaux et notamment des merles et des pinsons mais surtout un magnifique geai. J’en profite pour quelques photographies pendant que Dany récupère de son « exténuante » montée. Finalement elle va trouver son « rythme de croisière », quant à moi tous les clichés que je prends engendrent de manière automatique une flânerie fortuite mais bien en adéquation avec ma condition physique du moment. Il est presque déjà 11h quand nous arrivons au col de la Serra et à ses 1.200m, c’est-à-dire que nous avons mis 2h30 pour accomplir 5 km et les 330m de dénivelé, c’est dire si le mot « flânerie » n’est pas excessif ! Enfin peu importe aussi car le but est d’être à 12h30 au resto « Cal Guillem » et je pense que c’est très facilement réalisable car pour l’essentiel nous n’avons plus que de la descente et un peu du plat.   Enfin peu importe également car la mémoire de mon numérique s’est bien remplie de fleurs, de papillons et de quelques oiseaux mais aussi d’un chevreuil et d’un sanglier, même si pour ces derniers, leur vision a été très furtive. Par contre, ici au col de la Serra, la Nature est plutôt agaçante car les mouches pullulent. Pourquoi ? Je l’ignore mais je comprends mieux pourquoi il y a un pic juste au dessus de nous dénommé « Moscatosa » ou « Mousquatouse » signifiant « lieu où les mouches abondent ! ». On marche pour cela, observer et côtoyer la Nature et même les mouches énervantes il faut les accepter. Par bonheur, elles disparaissent quelques lieues plus loin. Certes les panoramas sont très limités à cause de cette mauvaise météo, avec un Massif du Coronat coupé en deux par une lourde chape de nuages et un Massif du Canigou aux abonnés absents, mais le plaisir de marcher reste le même malgré ces carences. Et puis nous ne sommes venus qu’une seule fois et il y a fort longtemps sur ce sentier qui descend vers Nohèdes en coupant le Ravin de la Font de l’Aram, alors nous en sommes presque à le découvrir. A titre d’exemple, j’y découvre une croix néolithique gravée sur une roche jamais vue auparavant.  Cette sente est peu facile car souvent étroite, caillouteuse et  même parfois carrément rocheuse mais pas désagréable à cheminer car constamment en balcon de la Vallée de Nohèdes. Il est finalement 11h40 quand nous atteignons le village près de la source captée de la Vernosa. Nous sommes bien en avance et nous rendre au restaurant « Cal Guillem » n’est plus qu’une formalité. Bien qu’ayant largement visité Nohèdes en 2007 lors d’une étape du Tour du Coronat, je propose à Dany de flâner un peu dans le village qu’elle ne connaît pratiquement pas. Les souvenirs remontent dans ma tête mais mon estomac n’en n'a que faire dès lors que le restaurant se présente. Nous nous attablons dans un coin de la terrasse du restaurant dans l’attente de l’arrivée d’un serveur. Nous ne sommes que deux couples. Quand le jeune et sympathique serveur arrive, nous passons immédiatement commande. Ça sera deux ardoises de charcuterie catalane et deux burgers maison « Cal Guillem », ce qui finalement nous fera manger beaucoup de pain car la charcuterie est accompagnée de « pan con tomate », ce qui n’était pas mentionné sur la carte. Enfin, or mis ce léger inconvénient, tout s’avère très bon. La charmante dame du couple qui est en face de moi me regarde avec insistance. Je me demande bien pourquoi ? Et ce d’autant que quand je la regarde à mon tour, elle baisse les yeux avec beaucoup de timidité. Finalement, ce n’est qu’au moment où ils quittent le restaurant que je comprends pourquoi cette dame me regardait car la conversation s’installe entre nous. Non, malheureusement ce n’était pas pour ma beauté qu’elle me regardait ! Ils sont anglais ; ça je l’avais bien compris lorsqu’ils s’adressaient au serveur, même s’ils parlent un remarquable français ; possèdent une maison dans le Gers et sont venus visiter la région et bien sûr Nohèdes. Or, cette dame m’affirme qu’en cherchant des infos sur Nohèdes, elle est tombée sur certaines de mes photos puis de fil en aiguille sur mon blog. Elle nous a donc reconnu Dany et moi. Nous papotons mais en restons là car ils ne sont pas spécialement randonneurs. Mais la suite va nous démontrer que nous ne sommes pas au bout de « nos surprises » quant à notre célébrité « déambulatrice» . Le couple anglais aussitôt parti en voilà un autre qui entre. Etrangers eux aussi.  Ils partent s’installer au fond de la terrasse. Et là, d’une manière aussi incroyable qu’inattendue, le couple se lève, arrive vers nous, la dame avec un immense visage radieux, un peu comme si elle avait vu une apparition tant espérée, elle s’avance vers nous, se plante devant notre table et avec un accent indécelable, elle nous demande sous la forme affirmative : «  Mais vous êtes bien Monsieur et Madame Jullien ? ». Heureusement que nous sommes bien assis et que nos chaises sont stables car sinon nous tomberions à la renverse ! Nous trouvons cette demande si exceptionnelle ! Finalement, je réponds « Oui bien sûr ! », un peu comme si c’était une évidence alors que c’est très loin d’être le cas. Pour finir, nous apprenons qu’ils sont allemands, qu’ils viennent régulièrement en vacances dans les Pyrénées-Orientales, qu’ils adorent les randonnées pédestres et qu’ils sont de très fidèles et fervents visiteurs de mon blog. Ils sont à Nohèdes aujourd’hui, car ce matin, ils ont accompli une petite balade qui s’intitule « le Sentier de Carbodell » suivant ainsi les indications et le tracé de mon site Internet. Quand ils repartent vers leur table, avec Dany nous nous regardons en souriant, évitant de pouffer de rire pour ne pas les blesser, mais encore époustouflés de cette impensable et inimaginable notoriété.  Mais cette dernière, où plutôt celle de mon blog,  va encore avoir l’occasion d’être à l’honneur quand un couple accompagné de deux jeunes enfants s’installe sur la terrasse en face de nous. Ils randonnent avec un âne depuis ce matin et arrivent de Ria par la route et doivent se rendre à Mosset. N’ayant apparemment aucune idée de la distance et des difficultés qui les attendent, malgré un itinéraire tracé sur une carte IGN, le père de famille s’adresse d’abord au serveur, mais lequel n’y connaissant rien en marche pédestre, les renvoie gentiment vers nous. C’est ainsi qu’en me montrant l’itinéraire qu’il a choisi pour se rendre à Mosset par le col de Jau puis par un chemin que je ne connais pas passant au pied du pic Dourmidou puis par la forêt de Salvanère, je suis contraint de lui dire que je suis très pessimiste quant à son arrivée ce soir à Mosset. Certes les journées sont encore un peu longues mais la distance est assez considérable avec deux enfants très jeunes et puis surtout de fortes pluies sont attendues dans la soirée. Je lui déconseille de se lancer dans un tel périple. Mais il semble décidé à faire la distance car ils ont réservé et sont donc attendus dans la soirée dans un gite mossétan.  De ce fait, je lui indique de passer plutôt par le Domaine de Cobazet puis direction le Pla de Vallenso et Campôme, une bonne piste les amenant plus directement à Mosset. Seul inconvénient, je lui conseille d‘éviter le col de Les Bigues car le portail donnant sur le  Domaine de Cobazet est toujours fermé et donc infranchissable pour son âne, et ce d’autant qu’à côté de ce portail  les clôtures sont trop hautes et faites de fils barbelés. Là, il me regarde et me dit « j’ai l’impression que vous connaissez parfaitement le secteur ». Je lui réponds « Oui, je le connais parfaitement même si j’admets ne pas tout connaître comme par exemple cet itinéraire passant au pied du Dourmidou » en le lui montrant du doigt. Dans la foulée, je rajoute « depuis une dizaine d’années, j’ai développé un site Internet où je recense toutes les randonnées que je réalise, cela afin de faire aimer la marche pédestre au plus grand nombre ». Il me demande « Comment s’appelle-t-il ? » et je lui réponds « Mes Belles Randonnées Expliquées ». Et là il s’exclame « c’est pas vrai, c’est en grande partie grâce votre site et à deux ou trois autres que je me suis décidé à faire ce grand tour du Haut-Conflent avec mon épouse et mes enfants » Puis il continue en s’exclamant « sur le vôtre,  j’y ai lu tant de récits intéressants ! »  Je n’en reviens pas mais ne lui montre pas, car je l’avoue, je suis plus préoccupé par ce périple vers Mosset qu’il doit entreprendre en famille. Pendant un instant, je pense même à les inviter à la maison ce soir mais je n’ai pas d’abri pour leur âne, alors j’oublie rapidement cette idée. Mais il a quand même l’air décidé à partir vers Mosset par l’itinéraire qu’il m’a montré, alors je lui donne un dernier conseil « décommandez Mosset pour ce soir, arrêtez-vous à Urbanya car vous n’aurez aucun mal à y trouver un gite pour vous et votre âne ; il y en a plusieurs ; puis vous ferez l’étape vers Mosset dès demain ». Il me dit qu’il va réfléchir. M’a-t-il écouté ? Je l’ignore car c’est sur ces paroles que nous nous séparons, puis que nous  payons l’addition et quittons le restaurant « Cal Guillem », toujours aux chants à tue-tête du patron qui est un véritable « Caruso ». Caruso pour ses chants et Escoffier du burger, il a du se tromper d'époque ! Mes dernières paroles ont-elles été les bonnes ? J’essaie d’oublier ce tourment. Nous prenons le bitume de la route puis le sentier qui monte vers le col de Marsac. Le temps est toujours aussi maussade mais assez paradoxalement les randonneurs plutôt nombreux. Il ne pleut pas et c’est bien là l’essentiel. Ce parcours jusqu’à Urbanya et les paysages qu’il propose, je les connais si bien que je ne m’arrête que pour photographier une fleur, un criquet, un papillon ou un oiseau. A Dany, je lui fais découvrir les quelques roches gravées de croix et de cupules datant du néolithique auxquelles l’archéologue Jean Abélanet (**) a donné le nom de « Les Rocs de Les Creus ». En français « les Rochers aux Croix ».  Plusieurs roches gravées du Conflent portent ce nom. Au col de Marsac, nous empruntons l’étroit sentier qui descend dans le petit sous-bois des Llebreres vers la Devesa. Puis c’est la piste forestière qui descend vers le village où rien de notable est à photographier or mis encore et toujours des fleurs et des papillons et une buse qui chasse en rase-mottes au-dessus de la vallée. Au village, c’est une Bergeronnette des ruisseaux et un oiseau plutôt rare qu’on appelle le « Cincle plongeur » que j’aperçois tous deux dans la rivière et que je réussis à photographier. Ainsi se termine, ce « Circuit des Maisons d’Urbanya à Nohèdes » mais il nous reste encore à  grimper la rude montée du chemin de Sarrat. Elle nous amène à la maison mais est toujours la dernière vraie difficulté pour l’atteindre.  Ce circuit a été long de 10,5 km pour des montées cumulées de 1.056m. Le dénivelé est de 350 m avec le point le plus haut à 1.223m au dessus du col de la Serra et le plus bas à 873m à l’église d’Urbanya.  Carte IGN 2348ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

(*) Les contractions catalanes Can et cal : Voilà ce qu’écrit le célèbre géographe et linguiste Jean Becat dans son ouvrage « La correction toponymique du cadastre et des cartes au 1:25.000 de l'Institut Géographique National dans l'aire catalane (Pyrénées-Orientales). Bilan 1983-2006 » paru dans La Nouvelle Revue Onomastique N°47-48 de 2007 page 18 : « Pour l'aire catalane en France, nous avons toujours respecté les normes graphiques et linguistiques de l'Académie de la langue catalane, quel que soit le toponyme et sa forme ou sa variante dans telle ou telle commune. Mais également, et cela ne pouvait être autrement, la transcription des toponymes, telle que nous l'avons toujours proposée, respecte la forme dialectale ou l'usage local. Par exemple pour les mas, nous utiliserons toujours la forme en usage, sans jamais systématiser. Selon les régions ou les vallées, ce seront des formes plus générales comme Can ou Cal , Mas del ou Mas d'en, ou des roussillonismes comme Xo'n ou Xo’l »……puis en bas de page il rajoute «  En Vallespir domine la forme Can (a casa d’en) : Can Rei, Can Panna, Can Santenac, Can Mateu (Arles et Saint-Laurent-de-Cerdans sur la carte 1 :25000 de Céret), Can Deina, Can Jepó, Can Vaquer, Can Vilafort (Corsavy, sur la carte Massif du Canigou). Mais Can et Cal {a casa del) peuvent se côtoyer : Cal Parent, Cal Rei, Cal Baille, et Can Figa, Can Batlle, Can Cabanyó (Lamanère, sur la carte Massif du Canigou) Cal est fréquent en Confient : Cal Romeu, Cal Trellis (Ayguatébia, sur la carte Font-Romeu)……

(**) Le Roc de Les Creus de Nohèdes : A propos de ce rocher aux croix, voilà ce que nous révèle l’archéologue Jean Abélanet (1925-2019) dans son livre « Lieux et Légendes du Roussillon et des Pyrénées-Catalanes » page 144 : « Un jour, j’étais occupé à faire le relevé des gravures du Roc de les Creus de Nohèdes, qui borde le chemin escarpé qui mène au Coll de Marsac. Passe une paysanne, avec son cotillon noir serré à la taille , son fichu noué sur la tête, une énorme borrassa (ballot) d’herbe pour ses lapins ou ses chèvres. Je lui demande si elle connaît la raison d’être de ces croix : « il y a très longtemps de cela , me dit-elle, un cavalier passait par là : il est tombé dans le précipice avec son cheval ( se van embaussar). C’est en souvenir de ce triste événement qu’on a gravé ces croix sur ce rocher ». Mais elle ne savait pas qui était ce cavalier, ni pour quelle raison – naturelle ou surnaturelle – ce malheur lui était arrivé. » Histoire véridique ?  Légende ?  Pure affabulation de cette paysanne pour tenir la conversation ?

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Le Circuit des Trois églises depuis Ur (Autour d'Ur)

Publié le par gibirando

En hommage à John Lennon, assassiné il y a bientôt 41 ans, j'ai agrémenté ce diaporama de 4 de ses plus belles chansons. Elles ont pour titre "Woman", "Jealous Guy", "Oh My Love" et "Imagine". En fin de diaporama, "Imagine" est également interprétée par le Royal Philharmonic Orchestra.

Le Circuit des Trois églises depuis Ur (Autour d'Ur)

Le Circuit des Trois églises depuis Ur (Autour d'Ur)


 

Lors d’une correspondance, Voltaire a écrit « Les beaux esprits se rencontrent » mais la tradition a finalement retenu « les grands esprits se rencontrent ».  Il faut dire que donner un paternel historique et authentique à cette citation paraît compliqué, plusieurs auteurs l’ayant utilisée. Enfin peu importe car je n’aurais pas le prétention de dire que mon esprit est beau ou grand, mais toujours est-il qu’en inventant ce « Circuit des Trois églises à partir d’Ur », j’ai inopinément et bien involontairement copié celui d’un confrère. Ce confrère, c’est le remarquable site « P.O Express » ,  quant à sa balade, elle s’intitule « Autour d’Ur ». Comme je le fais régulièrement, j’analyse les cartes IGN et leurs vues aériennes à la recherche d’éventuelles possibilités de balades. C’est ainsi qu’est né ce circuit bien avant que je prenne conscience que « P.O Express » avait eu la même idée avant moi. Ce n’est d’ailleurs qu’après l’avoir accomplie, que j’ai découvert cette étrange similitude.  Là, où la ressemblance est encore plus insolite et incroyable, c’est que nous l’ayons accomplie tous les deux dans le même sens et ayons choisi Ur comme ligne de départ, ce qui bien entendu n’est qu’un choix personnel et aucunement une obligation. Seule différence : le nom donné à cette balade. Pour moi, ce n’est qu’une fois que le circuit fut accompli que ce nom de « Circuit des Trois églises » vint à moi comme une évidence. En effet, dans les trois communes traversées que sont Ur, Villeneuve-des-Escaldes (*) et Llivia les édifices religieux sont de très loin les bâtiments les plus notables car les plus visibles. Je pourrais presque dire qu’au sein de cette balade, ils sont omnipotents. D’ailleurs, et même si nous venons de garer notre voiture sur le parking tout proche rue de Brangoly, c’est bien de l’église Saint-Martin d’Ur que démarre réellement cette balade. Nous la trouvons malheureusement fermée. Nous la contournons puis remontons la D.618 jusqu’à la rue de Belloc sans nous préoccuper des quelques panonceaux de randonnées que nous avons aperçus. Dans l’immédiat, je me fie à mon tracé GPS. De toute façon, ces panonceaux indiquent Les Cascades ou Llivia mais par un parcours qui s’intitule « Par-delà la frontière ». Ce parcours, c’est celui qui pour partie m’a servi à imaginer ce circuit. Le second étant le sentier qui longe le Canal de La Soulane d’Ur à Villeneuve-des-Escaldes. Le troisième tronçon entre cette dernière commune et Llivia ayant été repéré sur des vues aériennes de Géoportail. Nous voilà donc entrain de remonter la rue de Belloc la bien nommée. La bien nommée car guère plus loin, un panonceau nous indiquera la direction de la chapelle Santa Maria de Belloc que nous avons déjà eu l’occasion de découvrir au départ de Dorres. Dans l’immédiat, on laisse les dernières jolies maisons d’Ur et on continue tout droit un large chemin de terre qui aboutit devant une bâtisse que la carte IGN définit comme étant une citerne. C’est bien une citerne car une rigole est déjà là. Bien balisé en jaune ; et parfois même en bleu ; le chemin continue à gauche et s’élève en longeant la rigole cimentée. Les premiers panoramas sur Ur et quelques collines environnantes se font jour. Plus loin, quelques sommets plus ou moins hauts et un bout de la plaine cerdane où les couleurs olivâtre et paille se partagent les espaces. Il en sera ainsi à chaque vue, à chaque panorama sur cette superbe Cerdagne. Deux panonceaux directionnels se présentent dont le nôtre indiquant clairement l’orientation à prendre et les valeurs attachées : « Villeneuve – 0h40 – 2,3 km ». On délaisse celui montant vers la chapelle de Belloc. L’orientation est simple puisqu’il s’agit de suivre un canal sur sa rive droite. Ce canal, c’est celui dit de la Soulane. Il récupère toutes les eaux ruisselant sur le flanc sud de la montagne de Belloc. Si depuis le départ,  j’ai déjà photographié un ou deux papillons et quelques fleurs, ici,  tout au long du canal, je mets constamment à profit mon goût immodéré pour la photo naturaliste. Les fleurs y sont en grand nombre et d’une grande diversité quant à la petite faune elle est bien présente aussi à condition d’être dans un état d’éveil constant. Le cadre étant très bucolique, la flânerie est préconisée. On ne s’en prive pas et ce d’autant que les vues sont limitées voire absentes le plus souvent et que la marche s’effectue essentiellement en sous-bois. Du côté gauche, la montagne de Belloc n’offre que de rares paysages de steppes. Sur un terrain pentu où émergent de très nombreux affleurements rocheux, il  y pousse essentiellement des graminées dorées parsemées de quelques arbustes et buissons. Sur la droite, c’est un contraste étonnant avec un bois très touffu composé essentiellement de feuillus. Sur la carte IGN, le lieu-dit est dénommé bien à propos « Les Verdures » ! Les oiseaux y sont plutôt rares et ce n’est qu’avec beaucoup de persévérance que je vais réussir à y photographier un seul pinson mais également un pic épeiche qui a la délicatesse de venir égayer mon pique-nique. En effet, en raison de l’heure bien avancée, c’est au bord du canal mais avec vue sur la colline d’El Castellar que nous choisissons de piqueniquer. Outre le pic, la chance est avec moi, puisqu’à l’endroit où nous stoppons, une grenouille rousse a élu domicile dans le canal. Si la fin du canal est synonyme d’arrivée à Villeneuve-des-Escaldes, elle n’est pas la fin de visions de la Nature. Sur ce talus que nous cheminons parallèlement à la D.618, elle est encore bien présente. Des fleurs différentes à celles du bord du canal mais pas moins jolies et aussi diverses. Quelques papillons peu faciles à photographier car très remuants les butinent.  Si l’entrée dans Villeneuve s’effectue en coupant la rivière La Riverète, c’est surtout quelques vestiges du passage du Tour de France 2021 lors de l’étape Céret – Andorre qui marquent nos esprits. Dans un village déserté, l’église qui est dédiée à Saint-Assiscle et à Sainte-Victoire nous attire comme le miel attire les mouches. L’église étant entourée d’un petit cimetière, Dany n’a pas trop envie de s’y éterniser. Au carrefour suivant, le bien nommé Cami de Llivia qu’il nous faut suivre est juste là à droite. Il permet de retrouver très rapidement des paysages champêtres avec de jolies vues aériennes car il présente l’avantage de cheminer un relief collinaire. Un fois enjambée la rivière d’Angoustrine, au lit aussi torrentiel que minéral, la « partie de campagne » reprend ses droits. Fleurs, papillons et lézards me ralentissent et s'opposent très souvent à mon désir de ne pas me faire distancer par Dany. Sur ce « Cami d’En Calvera » ; ou « Chemin du Calvaire » ; ce n’est que plus tard et un peu plus loin que les passereaux viennent se distraire devant mon objectif. La colline se termine et laisse la place à la plaine et à ses immenses champs de céréales. Les graines les attirent et nous les voyons sortir des champs et monter vers le ciel comme des petits boulets de canons. Les oiseaux sont très nombreux, divers mais malheureusement peu faciles à immortaliser. Il me faut arriver au niveau d’une ferme et de ses bâtiments pour en figer quelques-uns. Après cette marche solitaire entre Villeneuve et Llivia, la cité enclavée est synonyme de retour à une bruyante civilisation. Ici, quel contraste avec les villages français ! Les terrasses, les bars et les restaurants étant noirs de monde, nous filons direct vers le centre historique et l’église Notre-Dame des Anges où dans ce secteur tout est beaucoup plus calme. Nous y flânons dans les jolies ruelles. Les maisons y sont souvent colorées et décorées de statuettes allégoriques. Par bonheur, l’église est ouverte et il y a une nef incroyablement belle avec un magnifique retable et plusieurs petites chapelles amplement décorées. Là aussi quel contraste avec la France où tous les édifices religieux sont le plus souvent fermés ! Nous sortons de Llivia mais sans pouvoir éviter que la société de consommation nous rattrape. Un cornet de glaces ici, un café chaud et une bière bien fraîche là. Il faut dire que malgré les 1.200m d’altitude, la température en plein soleil doit sans doute avoisiner les 25 degrés voire peut-être plus. Depuis le canal de la Soulane et son agréable ombrage, nous avons toujours marché en plein soleil, même si ce dernier s’est quelque peu voilé au fil de notre cheminement. De ce fait, il a fait chaud. La sortie de Llivia et le retour vers Ur est d’une simplicité enfantine. Le chemin, commun avec celui de Saint-Jacques de Compostelle est constamment bien balisé à chaque intersection. Finalement c’est toujours tout droit, mais ça je le savais déjà en observant la carte IGN. On y flâne encore en se laissant distraire par tout et n’importe quoi. Un rapace dans le ciel en vol stationnaire mais qui a la bonté de venir se poser sur une clôture, une botteleuse qui avale des andains de foin et les recrache en gros ballots, des très beaux chevaux et des étourneaux qui les accompagnent pour picorer leur crottin, un pancarte qui explique les dérives passées de la frontière, une vieille borne gravée et toujours des fleurs et des papillons dont j’essaie de sélectionner ceux non encore photographiés. Ainsi les kilomètres défilent et quand Ur est là, nous en sommes presque surpris. Ainsi se termine cette jolie balade dont on ne peut regretter qu’une seule chose :  être restés à la porte des églises françaises. Peut-être y-a-t-il un moyen de les visiter mais j’avoue qu’à ce titre nous sommes partis la fleur au fusil et surtout sans nous renseigner au préalable ? D’un autre côté, il est vrai aussi que nous sommes partis sans savoir que les églises en deviendraient les principales visées. Telle qu’expliquée ici, cette balade a été longue de 11km, cela incluant la bonne visite du centre historique de Llivia. Les montées cumulées ont été de 344m. Le point le plus bas est à 1.190m non loin de la borne frontière N°44 entre Llivia et Ur et le point le plus haut à 1.307m au départ du Cami de Llivia à Villeneuve-des-Escaldes. Cartes IGN 2249OT Bourg-Madame – Pic Carlit – Col de Puymorens et 2250ET Bourg-Madame – Mont-Louis – Col de la Perche Top 25.

(*) Toponymie du nom "Escaldes" : « Le nom d'Escaldes provient du latin "calidae" qui désigne une source d'eau chaude. Les eaux thermales d'Escaldes dont la température peut atteindre 68 °C étaient utilisées au xve siècle pour le lavage et la teinture de la laine. Elles servent aujourd'hui à alimenter le centre thermoludique de Caldea. Les habitants sont les Escaldencs », voilà ce que l'on peut lire sur la page Wikipédia consacrée à la paroisse Escaldes-Engordany de la Principauté d'Andorre. Ainsi, ce nom qui est celui d'une commune andorrane est également bien présent en Cerdagne où les sources d'eaux chaudes sont légions. D'ailleurs, si on le trouve accolé à la commune de Villeneuve, on le trouve également sous la dénomination "les Escaldes" à la gare d'Ur dont le panneau mentionne "Ur-Les Escaldes", cette gare desservant les 2 communes. C'est ainsi que ces sources ont engendré depuis très longtemps, et notamment depuis la présence des Romains, la création de bains chauds que l'on trouve un peu partout dans cette région. C'est le cas à Err, à Dorres, à LLo mais aussi à Andorre avec le centre thermoludique Caldéa dont la notoriété le décrit comme étant le plus important d'Europe. L'excellent site consacré aux Pyrénées-Orientales nous conte la très jolie histoire des bains des Escaldes sur la page consacré à Villeneuve. C'est ici. 

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1986 - 2008 Emporté par la houle.

Publié le par gibirando

Pour agrandir les photos, il suffit de cliquer dessus. Parfois 2 fois pour une photo plein écran.1986 - 2008 Emporté par la houle

Les magnifiques bureaux de la société Gilbertrad où j'ai pris plaisir à bosser pendant presque 14 ans. 

Il y a quelques jours, j’ai revu mon ex-patron de chez Gilbertrad et ce fut pour moi un réel bonheur. Cette rencontre m’a conforté dans l’idée qu’il était temps que j’écrive la suite de ma vie professionnelle. La première, celle qui s’était écoulée de 1969 à 1986, en 2018 je l’avais intitulée « Mon onde informatique ». Là, et pour rester dans le domaine de la mer, je lui ai donné le titre de « Emporté par la houle » et ce n’est qu’en lisant ce récit que vous comprendrez pourquoi. Il évoque mes années professionnelles de 1986 à avril 2008 lors de mon départ à la retraite. Voilà de très longues années que nous ne nous étions pas revus. Il m’a invité à déjeuner et m’a longuement expliqué comment à partir de 2012 il avait réfléchi à liquider proprement son entreprise. A regrets certes, mais l’activité de commerces de gros de lingerie qui était celle de l’entreprise ayant défavorablement évolué, le chiffre d’affaires baissant fortement d’année en année car ses principaux clients partaient directement acheter en Asie, il n’avait pas vu d’autre solution que ce dépôt de bilan mûrement réfléchi mais « clean » pour tout le monde : salariés bien sûr mais aussi fournisseurs, banquiers et l’Etat . Ayant bossé dans son entreprise avec passion de juillet 1994 à avril 2008, soit presque 14 ans, j’avais énormément été affecté d’apprendre cette liquidation judiciaire. Cette rencontre m’a quelque peu apaisé. Il faut dire que je m’étais beaucoup impliqué dans mon travail, même s’il est vrai aussi que j’avais pris beaucoup d’allégresse à tenir le job qui m’avait été affecté. Certes, j’y avais tenu le poste officiel de Directeur Comptable et Financier mais à vrai dire mon rôle exact allait bien au-delà de ces trois mots. J’y faisais également office d’informaticien, assurant la petite maintenance quotidienne logicielle et technique mais aussi de Responsable des Ressources Humaines m’occupant de la gestion informatique du personnel et des paies, déclarations sociales et des inévitables contrôles de l’Urssaf ou bien fiscaux. Oui pendant ces 14 ans,  j’ai bossé avec délectation car certes je me servais à fond de mes expériences passées d’informaticien et de gestionnaire (1969-1986) mais aussi de tout ce que j’avais appris pendant les années précédentes, c’est-à-dire entre 1986 et 1994. Informatique, gestion, comptabilité, finances, économie, droit fiscal et juridique, droit social et du travail, droit des entreprises, rapports amicaux et prévenants avec le personnel mais jamais complaisants professionnellement, contacts avec les clients, les fournisseurs, les banquiers et toutes les administrations auxquelles on est confronté en pareil cas, j’en passe et des meilleures. Oui, j’avais pris mon pied pendant ces 14 ans, avant que tout cela ne devienne trop lourd pour moi et pesant dans ma tête parce que justement au fil des années, les affaires marchaient déjà moins bien, les crédits étaient plus difficiles à obtenir, les clients plus difficiles à leur faire honorer leurs factures, etc... etc….…Oui, quand à la mi-2007, j’ai appris que je pouvais partir à la retraite en avril 2008 à 59 ans et avec des droits plutôt corrects, ma décision fut immédiate et sans appel. J’allais arrêter malgré les 14 années pleines d’enthousiasme que j’avais vécues chez Gilbertrad. Rester seulement à trouver un(e) remplaçant(e) et ce ne fût pas une mince affaire. Dès que ma décision fut prise, j’ai en permanence commencé à idéaliser ma retraite. Je me voyais déjà vivre mes passions qu’étaient la mer, la montagne et la Nature plus globalement. Je me voyais déjà profiter à plein de Dany mon épouse. Mais si j’ai rapidement compris que l’idéal est rarement atteignable, je ne vais pas me plaindre de mon sort car j’ai souvent fait ce que j’avais envie, et en premier lieu cette passion de la randonnée pédestre qui peu à peu avait supplanté celle de la mer et était devenue pratiquement un « principe de vie » : Tour du Vallespir en 6 jours en 2009, Cassis-Marseille en 2 jours, Tour du Tres Estelles de sinistre mémoire puis Tour des Fenouillèdes en 5 jours en 2011 avec mon fils, Tour du Capcir en 4 jours en 2013 toujours avec mon fils et 2 de ses amis, Tour du Golfe Antique en 3 jours en 2014 (à paraître) sans compter bien sûr les innombrables randonnées sur un jour que vous trouverez sur mon blog "Mes Belles Randonnées Expliquées". Oui, la marche et être le plus souvent auprès de la Nature avaient peu à peu effacé les galères professionnelles que j’avais vécu avant mon embauche chez Gilbertrad. Car autant l’avouer, elles avaient été un peu trop nombreuses à mon goût. Voilà donc ci-après comment ma petite « Onde informatique » était devenue peu à peu une houle qui tentait de m’emporter : 

                                                               GIL SA – NATEL SA 1986-1988 

1986 - 2008 Emporté par la houle

1986 - 2008 Emporté par la houle 

En 1981, avec des commerciaux de chez Gil SA, je tourne le dos à l'appareil photo lors d'un salon informatique organisé par le Creufop de Perpignan. 

-           - Fin 1986-mars 1988 : Comme déjà indiqué dans « Mon onde informatique »,  la première grosse vague de cette houle qui s’annonce depuis quelques temps déjà arrive dans le dernier trimestre de 1986 quand Gil SA, mon employeur, m’annonce qu’il va fermer l’agence informatique de Perpignan dont je suis le responsable. Ici commencent réellement les vrais problèmes car les sociétés Natel SA ; mon employeur précédent ; et Gil SA se renvoient la balle de cette fermeture. Ils ferment l’agence mais refusent de nous licencier mon ami René Ciano et moi, mettant en avant la signature d’un contrat de rattachement du personnel qu’ils auraient signé entre eux et nous auraient fait signer par la même occasion. Grosso-modo, notre dernier employeur, c’est-à-dire Gil SA utilise ce contrat pour dire que nous sommes des salariés de Natel SA. Dans l’autre camp, Natel SA affirme le contraire, demandant à Gil SA d’assumer la responsabilité de la fermeture de l’agence et donc de nous licencier. Résultat ? Nous ne sommes pas licenciés, nous ne pouvons pas nous inscrire comme demandeur d’emploi au risque d’être considérés comme démissionnaires, nous sommes obligés de déposer un recours auprès du Tribunal des Prud’hommes et dans l’attente du résultat prud’hommal, nous sommes obligés de faire acte de présence pendant plusieurs mois dans l’entreprise, et cela sans aucun salaire. Là commence une galère pour nous et un imbroglio qui vont durer de décembre 1986 à mars 1988 avec toutes les péripéties liées à cette terrible situation. Terrible quand on a une femme qui travaille à mi-temps et deux enfants à élever et à nourrir  : Aux Prud’hommes nous obtenons gain de cause à nos demandes, à la Cour d’Appel nous perdons un peu de ce qui a été gagné et de ce fait nous voilà contraints de faire un pourvoi de la décision auprès de la Cour de Cassation. Pendant ce temps, les mois passent, nous ne sommes toujours pas licenciés, donc pas de droit aux allocations chômage et notre seul recours est de vivre de nos rentes ; à condition d’en avoir, ce qui n’est pas mon cas. Me voilà donc contraint de travailler au noir, ce que je fais par la force des choses. Finalement, un soir, Monsieur Gex, le grand patron de Natel SA m’appelle et me propose la signature d’un protocole d’accord pour stopper la procédure du pourvoi en cassation. Il me propose de garder l’argent gagné et bien évidemment ; mais après aval de mon avocat ; j’accepte car j’en ai assez de cette situation alambiquée qui m’empêche de bosser normalement depuis bientôt deux ans. Sauf qu’à cet instant, je ne sais pas que mon ami René Ciano a déjà rendu la somme d’argent perdue en appel. Je le regrette mais je lui dis tant pis pour toi car je lui avais fortement déconseillé de le faire. Après la signature de ce protocole d’accord et le règlement total de cette situation, avec obtention du licenciement et des sommes correspondantes, me voilà enfin libre de m’inscrire comme demandeur d’emploi. Sauf que n’ayant pas bossé depuis plus d’un an, je n’ai pas droit à des allocations de chômage mais seulement à une prime unique de formation obligatoire de 3.000 francs.  Formation d’anglais et de comptabilité que je vais suivre au CNED de décembre 1987 à février 1988. Ainsi se termine cette longue et terrible affaire, affaire qui aura néanmoins le mérite de me permettre de comprendre que les relations employeurs/employés ne seront pas toujours un petit mascaret.

 

JIBECO SARL – Les Soldeurs Occitans  Avril 1988

1986 - 2008 Emporté par la houle 

-           - Fin mars 1988, je pars m’installer en solitaire dans un T.1 du centre historique de Narbonne ; espèce de minuscule chambre de bonne ; car le patron ; un ancien client de Gil SA ; me propose un poste de responsable de la gestion des stocks dans sa société Jibeco Sarl- Les Soldeurs Occitans à partir du 1er avril. En réalité, je comprends très vite qu’il a de gros manques dans ses stocks, qu’il veut comprendre pourquoi et qu’il a besoin à la fois de quelqu’un pour tenir une gestion informatique sérieuse mais aussi de quelqu’un de maniable, de souple voire de docile et d’obéissant s’il le juge nécessaire. J’effectue d’abord un inventaire mais que je ne peux mener à son terme à mon grand regret. En effet, le week-end suivant et alors que j’ai tout prévu pour le terminer, il préfère organiser un barbecue chez lui avec le personnel que j’avais prévu d’occuper. On se querelle un peu à ce propos car j’ai la franchise de lui dire que je n’ai pas pour habitude de travailler ainsi. Finalement, lui n’apprécie pas et n’accepte pas ma franchise et moi je ne me sens pas à l’aise dans cette société où la rigueur ne semble pas de mise. En effet,  j’ai constaté d’importantes démarques dans les stocks de papiers-peints que je voudrais bien m’expliquer car j’estime que voler des rouleaux de papiers-peints ne peut pas être chose aisée de la part de clients. Alors pourquoi, comment et grâce à qui disparaissent-ils ? Je lui en fais part, mais là aussi et alors que j’envisage de mener une petite enquête, il me demande de laisser tomber.  Je ne comprends pas, n’aime pas cette situation nébuleuse et de ce fait je préfère mettre fin d’un commun accord à la période d’essai qui se termine quelques jours plus tard. Voilà une deuxième grosse vague à laquelle je ne m’attendais pas de la part d’un ancien client avec lequel j’avais toujours eu de très bonnes relations commerciales précédemment.

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DEFI SARL  JUIN 1988 – JANVIER 1990

1986 - 2008 Emporté par la houle

-          - Le 1er juin 1988, après 2 mois comme demandeur d’emploi, c’est par l’entremise de la société d’avocats et de juristes Fidal ; que je connais un peu depuis mon pourvoi en cassation ; que je signe un CDD de comptable dans l’entreprise Défi Sarl de Perpignan. C’est une entreprise un peu spéciale puisqu’elle ne vend que des produits et objets sexuels et pornographiques et dispose de deux sex-shops avec salles de projection dans le centre-ville de Perpignan pour les films qu'elles proposent et distribuent. Je suis là pour remplacer l’unique comptable qui doit partir en congés de maternité incessamment mais aussi pour tenter de trouver une ou plusieurs banques que l’activité de l'entreprise ne choquerait pas. Il y en a peu dans ce cas, ce n’est pas facile d’en trouver, mais finalement je réussirais à en faire rentrer deux en quelques mois. Concernant l’activité, au départ, je me dis « vendre ça ou des cacahouètes quelle différence ? » Sauf que je vais très vite prendre conscience que la différence est énorme. Sous un autre aspect, elle va me permettre d’apprendre très rapidement le métier de comptable que je ne connais qu’à travers mes rôles d’informaticien et de gestionnaire en informatique. De surcroît et en quelques mois, elle va me permettre d’être confronté à tous les contrôles possibles : fiscaux, Urssaf sans oublier les gendarmes et les policiers qui viennent régulièrement dans l’entreprise à cause de « méfaits sexuels » qui ont été pratiqués avec des objets vendus par l’entreprise. Méfait est un terme « léger » car parfois l’intégrité des enfants est remise en cause et de ce fait, l’entreprise est amené à monter en gamme dans les poursuites judiciaires. C’est ainsi qu’une fois, mais pour une toute autre raison, je vais même avoir droit à la présence d’un juge d’instruction et à un interrogatoire policier serré en bonne et due forme. Pour mon bonheur, il n’y en aura qu’un seul et surtout sans suite judiciaire pour moi. Finalement, la comptable en poste revient mais le patron préfère me conserver, ce qu’elle apprécie moyennement. J’avoue que je la comprends, même si en la circonstance je ne peux pas me permettre de faire du sentiment. De mon côté, j’estime tenir un rôle de chef comptable, d’autant que je suis seul et sans aide,  et j’en demande régulièrement le salaire et les conditions d’un cadre, cadres auxquels j’ai toujours cotisé depuis mon passage chez NTI puis chez Natel SA à partir de 1975.  Finalement ce qui devait arriver arriva. Un soir, alors que j’en suis déjà à faire des heures sup régulièrement et sans jamais les compter, la dispute éclate avec mon patron pour une peccadille. Il apprécie moyennement que je lui remémore les différents rappels et engagements qu’il m’a déjà promis à diverses reprises mais toujours en vain. Sa réponse « si vous n’êtes pas content, allez voir ailleurs » est cinglante, mais je le prends au mot et lui répond : « Vous voyez j’ai la carte de pointage à la main, alors c’est la dernière fois que je pointe et vous ne me reverrez plus ! » (tous les salariés étaient tenus de pointer leurs horaires de rentrée et sortie à une pointeuse automatique).  C’était le vendredi 26 janvier 1990 au soir, je terminais ma semaine et je n’y ai plus jamais mis les pieds et ce, malgré les quelques demandes informelles des avocats de chez Fidal. Bien m’en a pris car le soir même je retrouvais un autre boulot dans l’entreprise Casademon SA sis au Boulou qui à l’époque avait une activité de transports mais surtout de commissionnaire en douanes. Autant dire que chez Défi, j’avais pris quelques grosses vagues en pleine poire et étais souvent tomber de ma planche mais j’avais toujours réussi à rejoindre la côte sans encombre. Pour le bien de ma famille, c’était le plus important.

 

CASADEMON SA  JANVIER 1990 – AVRIL 1993

1986 - 2008 Emporté par la houle

1986 - 2008 Emporté par la houleEn 1992, moustache et chemise bleue rayée bien entouré de jolies salariées de chez Casademon lors du départ à la retraite d'un autre salarié.

-          - Le lundi matin 29 janvier 1990 au matin me voilà déjà au Boulou dans un minuscule bureau de la société Casademon SA. Même s’il ne s’agit que d’une énorme chance et coïncidence, c’est bien grâce à l’expert-comptable Daniel Ruiz que j’ai retrouvé ce nouveau job. C'est lui qui m'avait appelé au téléphone le fameux vendredi soir. Le chef-comptable vient de décéder et ils ont besoin dare-dare de quelqu’un de confiance et de sérieux. Daniel Ruiz me connaît et il sait qu’il peut compter sur moi, même s’il sait aussi que je ne suis pas quelqu’un qui se laissera faire ou manipuler, sa crainte étant que les patrons sont paraît-il des sanguins. Les trois patrons, je n’aurais jamais ni à les critiquer ni à m’en plaindre ni à m’y confronter sauf lors d’un petit accrochage consécutif à un vol d’argent orchestré par mon aide-comptable pendant une longue absence pour maladie que j'allais vivre. Je l’évoque un peu plus loin. Entourée donc de cette aide-comptable et deux secrétaires qui sont censées être sous mes ordres, je vais vivre dans ce bureau exigu du Boulou les pires moments de travail de mon existence. Les trois femmes, qui ont l’air de s’entendre « comme des larrons en foire »,  ont décidé de se liguer contre moi et de me mener la vie dure. Au-delà de ce problème peu agréable, elles papotent plus qu’elles ne bossent et me mettent la tête comme un tambour. Le soir quand je rentre chez moi, je n’en peux plus mais je vais tenir bon. Elles ne savent pas que j’ai les épaules solides et qu’il m’en faut beaucoup plus pour baisser les bras devant elles. Finalement au fil des mois, les choses vont s’arranger et elles vont finir par m’accepter et s’avérer plus dociles.  Sauf qu’à cet instant, une grosse vague houleuse vient me percuter prenant la forme d’une intervention chirurgicale pour une hernie discale aussi douloureuse qu’inattendue. Cette hernie discale va m’immobiliser quelques mois (impossibilité de prendre la voiture pour faire les 30km qui sépare mon domicile du Boulou),  ce dont mon aide-comptable va profiter pour chaparder une belle somme d’argent. Quand je rentre, je constate immédiatement ce problème que je signale bien évidemment à mes patrons et à Daniel Ruiz l’expert-comptable. Mon aide-comptable disparait de la circulation, une enquête de gendarmerie est ouverte mais je ne connaîtrais jamais la fin de l’histoire. Mais je dirais peu importe car ici chez Casademon, je n’en ai pas fini avec la houle qui continue de m’emporter. En 1993, les frontières de l’Union Européenne s’ouvrent en grand et avec elles disparait l’activité de commissionnaires en douanes. Un plan social est annoncé et va être mis en œuvre pour tous les salariés concernés. Au départ je n’en fais pas partie puis finalement le grand patron de chez Casademon trouve que je coûte trop cher à l’entreprise alors finalement il m’y intègre, embauchant au passage un jeune comptable peu formé mais beaucoup moins onéreux que moi en salaire. Finalement, je quitte l’entreprise le 30 avril 1993 mais ne vais profiter du repos du plan social que pendant quelques mois.  Toujours aux bons soins de Daniel Ruiz, je commence à travailler à la société Pétror SA à compter du 11 octobre 1993.

 

PETROR SA  OCTOBRE 1993 – SEPTEMBRE 1994

1986 - 2008 Emporté par la houle

1986 - 2008 Emporté par la houleLa station-service Pétror et ses bureaux avenue Julien-Panchot à Perpignan tels que je les ai connus dans les années 93/94.

-          - Dans cette société Pétror, j’y entre en qualité « d’informaticien » pour 2 raisons : La première est qu’en réalité, je vais remplacer le chef-comptable qui est en longue maladie depuis bientôt 2 ans mais qui de ce fait, fait toujours partie de l’effectif. Il ne peut donc pas y avoir 2 chefs-comptables. Quant à la seconde, la plus importante aux yeux du patron est qu’il y a un énorme trou de 200.000 francs dans le compte clients 41 dont il me faudra trouver la raison ou tout du mois une explication. Compte clients que je décrirais comme « fourre-tout » car toutes les activités de l’entreprise y sont comptabilisée et donc mélangées, ce qui bien évidemment ne simplifie pas les choses. Et dieu sait si les activités différentes sont multiples car si la principale est de gérer des stations-services avec les différents carburants, les autres sont pléthoriques et vont de la réparation automobile au gonflage des pneus en passant par les ventes de boissons, de cafés ou de sandwichs et celles qui consistent à vendre du fuel à d’autres entreprises ou à des particuliers et j’en oublie encore quelques autres. Ma tâche est donc d’assurer la tenue de cette comptabilité avec deux gentilles aides-comptables mais surtout d’arriver à trouver la raison de ce trou car le patron a acquis la quasi-certitude que le chef-comptable en maladie est parti avec. D’ailleurs, j’apprends que plusieurs sociétés d’audit, dont certaines très prestigieuses, sont venues se frotter à ce souci, qu’elles ont cherché pendant quelques jours mais qu’elles n’ont jamais rien trouvé. Finalement, il ne me faudra que quelques semaines pour trouver la raison de ce trou, qui n’est ni une malversation, ni un vol mais seulement un énorme oubli comptable. Cet oubli, c’est simplement la non-saisie informatique comptable depuis plus de 2 ans des factures de fioul vendu aux particuliers. Les règlements ont toujours été saisis par une des 2 aides-comptables mais seul le chef-comptable saisissait ces factures-là en informatique. Sous forme de petits carnets, elles ont été archivées dans une armoire mais n’ont plus été saisies depuis plus de 2 ans et le trou s’est peu à peu creusé jusqu’à dépasser les 200.000 francs lors du dernier bilan. Voilà l’explication. Elle est d’autant plus facilement justifiable qu’après avoir saisi ces deux années-là de factures, le trou dans ce compte clients 41 « fourre-tout » n’est plus que de 150,00 francs. Une peccadille qui sera passée à pertes et profits au regard du nombres d’opérations qu’il aurait fallu pointer pour trouver cette toute petite erreur. De ce côté-là, ce challenge est donc terminé pour moi mais je vais encore bosser chez Pétror pendant quelques mois. Mais la société va mal, le grand patron vieillit et ces enfants ont du mal  à redresser cette affaire vieillissante elle aussi. Je vais voir Daniel Ruiz car je sens bien que mes jours sont comptés dans cette société qui périclite. La société disparaîtra en mai 1995. Dans l’immédiat, Daniel Ruiz me demande de patienter, s’engage à me trouver un autre job, job qui arrivera en juillet 1994 avec mon embauche chez Gilbertrad Sarl. Afin de le remercier, j’accepte néanmoins un deal consistant à travailler à mi-temps jusqu’à la clôture du bilan de chez Pétror qu’il me demande d’assumer. Je termine le bilan et mon contrat d’ « informaticien » chez Pétror le samedi 24 septembre 1994 et commence à bosser à plein temps chez Gilbertrad dès le lundi suivant.

 

GILBERTRAD SARL (Sopordex/Intiméa)  JUILLET 1994 – AVRIL 2008

1986 - 2008 Emporté par la houle


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-         1986 - 2008 Emporté par la houle

       Les splendides locaux de la société Gilbertrad Sarl où tous les salarié(e)s trouvaient des conditions idéales pour travailler.

 -        - Ainsi commence une nouvelle vie professionnelle, beaucoup plus enthousiasmante, dans une entreprise qui va fonctionner très fort pendant de longues années. Comme expliqué en préambule, je vais y vivre les plus belles années de travail, apprenant énormément, travaillant de concert avec des personnes pour la plupart sympathiques, le plus souvent féminines et très compétentes, touchant à tout ce qui me plaît, tout ça avec une grande liberté de mouvements car je sens derrière moi que la confiance est là de la part de mon patron. Oui je peux le dire après toutes les grosses vagues que je viens de prendre de plein fouet pendant ces 8 dernières années de 1986 à 1994, voilà qu’enfin je peux souffler un peu sans pour autant me reposer sur mes lauriers. J’apprécie tout ça à sa juste mesure, et ce d'autant que j'ai un salaire que je considère correct. Malheureusement, comme rien n’est immuable, ni dans nos vies, ni dans celle d’une entreprise, les bons résultats s’amenuisent à partir du milieu des années 2000. Une deuxième entreprise s'appelant Désert Bleu voit le jour mais là aussi les bons résultats se font attendre. Ils ne viendront jamais. Qui dit moins bons résultats dit tracas et qui dit tracas dit « prises de tête » permanentes. Ces derniers tracas s’amplifient peu à peu et leur trouver des solutions devient de plus en plus compliqué. Aussi quand en avril 2008 l’heure de la retraite sonne, je quitte la planche sur laquelle j’ai si longtemps surfé puis sur laquelle j’ai été terriblement ballotté. Je mets les pieds à terre définitivement et ne l’ai jamais regretté, ne m’ennuyant jamais. Le petit mascaret que j’avais connu à compter de 1969 et sur lequel je m’étais laissé porter jusqu’au milieu des années 80 était devenu une houle aux lames de fond de plus en plus gigantesques et menaçantes mais j’avais tenu bon sur ma planche et la retraite était arrivée comme la terre promise qu’attendent tous les marins. Je pouvais désormais profiter de tout ce que j’aimais et avait aspiré : l’informatique avec le développement d’un blog, les randonnées, la pêche en mer, la photo naturaliste ou pas, l’écriture, le goût de lire et d’apprendre, les activités sportives et associatives, etc…et j'en oublie.

 1986 - 2008 Emporté par la houle

1986 - 2008 Emporté par la houle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1998, je suis au fond avec une chemise bleue dans le réfectoire de l'entreprise lors de la Coupe de Monde de foot où nous avions été autorisés à voir les matches de l'équipe de France à la TV et à droite avec deux copines/salariées avec lesquelles je me suis toujours super bien entendu et que j'aimais beaucoup pour leur gentillesse et leur compétence professionnelle.

 

 

Comme le dit un célèbre proverbe « une mer trop calme n’a jamais fait un bon marin », alors j’espère simplement que j’ai été un bon employé. Merci à toutes celles et à tous ceux qui m’ont fait confiance. Merci à toutes les personnes que j’ai côtoyées et avec lesquelles j’ai apprécié de bosser. Je garde de vous toutes et de vous tous, ami(e)s ou non, d’excellents souvenirs. Compte tenu des 16 employeurs différents que j’ai connus au cours de ma vie professionnelle, vous comprendrez aisément que je n’ai pas pu et voulu vous citer tous nommément. De toute manière, je ne l’aurais pas fait.  Idem, pour le nom de tous mes patrons dont certains sont sans doute encore en activité. S’ils me lisent, ils se reconnaîtront. Si j’ai toujours pensé et constaté qu’on ne pouvait vivre correctement qu’en travaillant, j’ai appris aussi que le travail était d’abord une richesse collective. Alors oui mille mercis à vous toutes et à vous tous qui avaient enrichi ma vie.

1986 - 2008 Emporté par la houle

 

1986 - 2008 Emporté par la houleEn avril 201986 - 2008 Emporté par la houle08, lors du pot de départ à la retraite que j'ai organisé avec l'ensemble du personnel et des amis.1986 - 2008 Emporté par la houle

 

 

 

 

 

 

 

En janvier 2014 lors d'une amicale et agréable soirée entre anciens collègues et après le dépôt de bilan de Gilbertrad. J'avais beaucoup de chance car la plupart des filles de chez Gilbertrad étaient très jolies !

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