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castel fizel

Les Propriétés du vicomté de Fenouillet depuis Caudiès-de-Fenouillèdes.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques extraites de la chaîne japonaise YouTube intitulée "Dragontense Classique". Elles ont pour titre "Steep Journey", "Twilight Violinist" et "To Pray". 

Les Propriétés du vicomté de Fenouillet depuis Caudiès-de-Fenouillèdes.
Les Propriétés du vicomté de Fenouillet depuis Caudiès-de-Fenouillèdes.

Pour agrandir les photos, cliquez dessus.

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Il y a quelques années de cela, je vous avais proposé sur mon blog, une très belle randonnée que j’avais intitulée « Le Circuit des 3 châteaux de Fenouillet depuis Caudiès-de-Fenouillèdes ». C’était en avril 2014 exactement. Le 6 mai 2025, c’est en famille que nous avons décidé de refaire cette boucle, mais en sens inverse cette fois-ci. En sens inverse car j’avais l’intime conviction que cette jolie boucle serait bien différente dans la façon de l’appréhender et donc de la découvrir. Ma conviction se vérifia parce qu’il y a beaucoup de découvertes à y faire ; châteaux Saint-Pierre et Sabarda, Fenouillet/La Vilasse, ancienne église Saint-André et son petit cimetière, gorges de Saint-Jaume, petit étang de la Soula de Pal Ficat, Notre-Dame de Laval, chemin antique de la Serre La Lias et la Nature bien évidemment car constamment bien présente pour peu que l’on soit curieux comme je le suis. La commune de Fenouillet étant très disséminée, vous pourrez, si le cœur vous en dit, y rajouter quelques hameaux, et par là même un peu de distance supplémentaire. Au cours de votre cheminement, vous apercevrez le château de Castel Fizel dont l'accès est difficile. A vous voir si vous jugez bon d'aller le voir de plus près. Si cette fois-ci, j'ai intitulé cette balade « Les Propriétés du vicomte de Fenouillet », ce n'est pas de gaité de cœur. En effet, depuis 2014. il semble que cette jolie boucle pédestre ait eu les faveurs des pouvoirs publics, et notamment du Département des Pyrénées-Orientales, puisqu’au travers de leur récent site « Rando66.fr », on la retrouve à quelques nuances près sous ce vocable-là. Bien que cette dénomination à la connotation bien trop « immobilière » ne me plaise pas, je vais néanmoins la conserver pour cette nouvelle boucle faite en sens inverse. Elle ne me plaît pas mais je la conserve afin de ne pas troubler plus qu’il ne faut les nouveaux randonneurs qui ne la connaitraient pas. En effet, les sites touristiques de cette région PO/Agly/Fenouillèdes la propose sous ce nom-là désormais. Ce nom ne me plaît pas, d’abord par son titre même, car la notion de « propriété » est nettement plus récente (John Locke au 17eme siècle/Révolution) que celle du vicomté de Fenouillet (XIeme siècle). Antérieurement, on parle plutôt de possessions, d'appropriations. Pas très logique donc.  Ensuite, parce que les limites de ce vicomté ont été souvent fluctuantes et ne se sont jamais résumées à cette boucle somme toute assez réduite, même si le château Saint-Pierre a souvent été considéré comme le siège principal des différents vicomtes. Mais peu de choses l’attestent sur la durée. Voilà pour les explications. Et comme indiqué en préambule, il y a quelques nuances puisqu’il est 10H15 quand nous démarrons de la route D.9 à hauteur de la petite chapelle Sainte-Anne et de la croix dite de La Placette. Nous empruntons le chemin montant à la porte dite de Notre-Dame de Douna Pa (donne du pain), porte ouvrant sur l’église romane Notre-Dame de Laval. Ici, nous sommes encore sur la commune de Caudiès-de-Fenouillèdes alors que le topo que l’on trouve sur le Net propose un départ à Fenouillet-La Vilasse. L’église Notre-Dame de Laval étant fermée, on se contente d’en faire le tour en prenant quelques photos.  Après avoir traversé une aire de pique-nique jouxtant l’église, on retrouve la D.9 qui nous amène vers le départ des Gorges de Saint-Jaume. Comme toujours, moi j’en suis déjà à recenser faune et flore. Si la première est incertaine avec seulement quelques papillons bien visibles,  la seconde est carrément fourmillante. Il y a des fleurs partout ! Normal c’est le printemps, et j’ai bien l’intention comme je le fais désormais d’en recenser un maximum. Pas facile quand on marche à plusieurs et qu’il faut suivre le rythme des autres pas toujours en adéquation avec le mien et celui obligatoire de mises au point photographiques. Je fais de mon mieux, rattrapant le retard quand j’en ai l’occasion. Les Gorges de Saint-Jaume sont toujours aussi belles et pittoresques et me ramènent à d’autres souvenirs de balades qu’il serait trop long de lister ici (*) mais j’en extrais un Tour des Fenouillèdes fait en 2011 déjà avec Jérôme. Mon fils est encore là aujourd’hui et de surcroît avec sa compagne Isabelle alors comment ne pas repenser à ce Tour du Bonheur ? Une fois les gorges franchies, le chemin débouche au lieu-dit « Les Nautes » près de la source captée des Adoux. Cette résurgence alimente en partie le ruisseau de Saint-Jaume, même si la vraie source du ruisseau est située non loin du Roc de Boucheville et du refuge de Gai Sourire à environ 1.060m d’altitude.  Il est vrai que la rivière change de nom en cours de route passant du Ravin de la Bène puis devenant ruisseau Noir avant de devenir Saint-Jaume comme affluent de la rivière La Boulzane.  Il fut un temps où l’eau de la résurgence sortait d’un gros tuyau vert sous la forme d’un jet fougueux et bouillonnant. Je ne compte pas le nombre de fois où je m’y suis rafraîchi tant cette eau était fraîche mais bien agréable en plein été. Depuis, elle a été canalisée dans un bassin bétonné. Peu de personnes le savent mais cette source des Adoux est capitale pour toute la région du pays Fenouillèdes puisqu’elle alimente en eau potable les communes de Fenouillet, Caudiès et Prugnanes. Après la source, direction La Vilasse où se trouve les 2 châteaux médiévaux de Saint-Pierre et de Sabarda. Nous allons y passer beaucoup de temps car outre les intérêts historiques qu’ils présentent avec des panneaux qui sont à lire, nous allons très agréablement y piqueniquer au premier avec devant nous des panoramas à 180° vers la forêt de Boucheville. De surcroît et personnellement, je vais y recenser plus d’une vingtaine de fleurs sauvages différentes uniquement autour des murailles du château Saint-Pierre. Nous continuons  « le Camin del Prat del Rey (le pré du roi) ». Après la découverte du petit cimetière et de l’ancienne chapelle  Saint-André, très ruinée mais intéressante par son ancienneté ; 1011 pour sa première mention dans une bulle du pape Serge IV adressée au monastère de Saint Pierre de Fenouillet, nous grimpons vers le château de Sabarda. La montée par son flanc nord est raide mais courte. Toutefois, une fois là-haut, les panoramas s’entrouvrent magnifiquement à 360° permettant une vision bien différente de celle que l’on avait depuis le château Saint-Pierre. C’est le cas notamment vers le Vallon de Tulla et tous les autres petits hameaux formant la commune. Après Sabarda, on retrouve « le Camin du Prat del Rey ». Dans des paysages excessivement verdoyants, au milieu des prés et des bois,  il nous éloigne de Fenouillet, direction le col del Mas. On notera au passage le Camping des Randonneurs avec ses tipis, ses yourtes mais aussi ses roulottes et ses bungalows, de quoi passer un séjour superbe dans l’immense quiétude d’une Nature préservée. Peu après se présente le petit étang de la Soula de Pal Ficat, endroit tout aussi verdoyant où tables, bancs et barbecue meublent une rafraîchissante aire de pique-nique. Nous continuons toujours sur le GR.36 mais peu après, ce dernier devient bien embroussaillé juste avant d’atteindre la D.9. Nous faisons demi-tour avec un retour vers l’étang et un étroit sentier qui nous entraîne vers une piste forestière le dominant. 30mn plus tard, nous voilà au col del Mas où l’on retrouve le GR.36 pour quelques décamètres seulement, notre objectif étant d’amorcer le retour par la Serre La Lias. Le temps d’une deuxième pause « en-cas » et nous repartons au sein de paysages devenant plus contrastés, la garrigue et le calcaire se faisant plus visibles. D’autres fleurs adaptées à ce biotope viennent compléter mon bouquet floral photographique déjà bien extraordinaire. Pour l’essentiel, la Serre La Lias étant boisée de chênes verts, les paysages disparaîssent. On marche essentiellement en sous-bois sur un chemin hétéroclite, parfois très bon et parfois très rocailleux. Pour peu que l’on s’intéresse à l’Histoire, on apprend que ce chemin est une antique voie romaine. Dans ce cheminement, quelques fenêtres s’entrouvrent de temps à autre laissant apparaître le château ruiné de Castel Fizel, troisième et dernier château de Fenouillet dont la position élevée de son donjon sur un piton rocheux laisse imaginer une fonction de tour de guet sur la Vallée de La Boulzane. Un hameau de quelques habitats  au sein d’anciennes terrasses rappelle qu’il a été un lieu de vie. Broussailleux et rocailleux, son accès étant désormais très difficile, nous en faisons l’impasse et nous ne l’observons que de très loin. Après avoir retrouvé la D.9, un étroit sentier descend dans un ravin et se poursuit en direction du lieu-dit « Les Demoiselles ». Là, on retrouve une voie bitumée rectiligne. C’est la dernière ligne droite avant l’arrivée. Notre voiture est là. Cette superbe randonnée se termine sous un ciel nettement moins bleu que celui qui a préludé notre démarrage. De mon côté, c’est plus d’une centaine de fleurs sauvages que j’ai enregistrées dans mon appareil-photo, plus de nombreux papillons et quelques oiseaux. Oui, la Nature était bien présente et pour moi cette randonnée a été captivante. Telle qu’expliquée ici ; cette boucle a été longue de 11,7km pour des montées cumulées de 731m. Le dénivelé entre le point le plus bas, 349m au lieu-dit Les Demoiselles, et le plus haut 589m à la Serre La Lias est de 240m. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet top 25.

(*) Autres randonnées réalisées dans ce secteur de Fenouillet : 

- Le Refuge du Gai Sourire (1.076m) et le Ravin de Tulla depuis Fenouillet (443 m)

Le Pech de Fraissinet (1.173 m) à partir du village de Fenouillet

- Le Tour de la Pelade (1.173 m) depuis Fenouillet (La Coume) 502 m.

- Le Circuit des 3 châteaux de Fenouillet depuis Caudiès-de-Fenouillèdes

- Le Vallon d'Aigues-Bonnes (710 m) et les Gorges de Saint-Jaume

- Le Pech dels Escarabatets (1.342 m) depuis Fenouillet (500 m)

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Le Circuit des 3 châteaux de Fenouillet depuis Caudiès-de-Fenouillèdes

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de musiques celtiques qui ont pour titre "Celtic Dream" de Ronan Hardiman, de "The Long Road" de Mark Knopfler
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A diverses reprises, j’ai eu l’occasion au travers de ce blog, de vous emmener du côté du village de Fenouillet, ancienne « capitale médiévale » du pays Fenouillèdes, à la frontière des Pyrénées-Orientales et de l’Aude. De mémoire, il y a eu une balade au Pech de Fraissinet, une autre au Vallon d’Aigues-Bonnes et aux Gorges de Saint-Jaume et enfin, au printemps de l’an dernier, c’est le Pech des Escarabatets que je vous avais invité à gravir. Pourtant, si Fenouillet a été, à chaque fois, le point de départ de ces jolies randonnées, jamais je ne vous en avais proposé la visite. Il faut dire que Fenouillet est une commune assez étendue en surface et éclatée en divers hameaux et lieux-dits, ce qui rend sa découverte plutôt compliquée. Je vais néanmoins tenter de réparer cette lacune en vous proposant une superbe randonnée que j’ai intitulée « le circuit des trois châteaux de Fenouillet » dont le point de départ est Caudiès-de-Fenouillèdes. Vous l’aurez compris, une fois encore l’Histoire avec un grand « H » va être le fil conducteur de cette belle randonnée car il s’agit de trois vieux châteaux médiévaux.  Si l’Histoire du village vous intéresse, je vous propose d’aller voir deux sites Internet assez remarquables à ce sujet. Il  y a celui consacré à Fenouillet dans l’Histoire du Roussillon et celui de l’historien Jean Tosti. Vous y trouverez des résumés de tout ce qu’il y a à savoir sur le joli hameau et vous verrez, partir marcher vers ce lieu chargé d’Histoire est bien plus attrayant quant on le fait avec quelques connaissances historiques. Il y a d’autres sites Internet évoquant les trois châteaux et chaque fois que je l’ai pu, j’ai mis un lien vous proposant un renvoi vers un de ces derniers. Il suffit pour cela de cliquer sur le nom du château en question. Comme déjà indiqué, la balade s’effectue depuis Caudiès-de-Fenouillèdes mais si le centre du village peu éloigné peut en constituer la ligne de départ, il est tout de même préférable de partir depuis le petit oratoire Sainte Anne de Notre-Dame de Laval se trouvant en bordure de la D.9. On gagne ainsi quelques kilomètres inutiles et sans grand intérêt à l’aller et au retour. Là, devant l’oratoire, on emprunte la piste DFCI F.14 qui file vers le Domaine des Demoiselles. Peu après le pont enjambant le ruisseau de Saint-Jaume, on laisse le bitume au profit d’un petit sentier balisé en jaune qui file à droite en entrant dans les bois. Auparavant, toujours sur la droite, vous aurez sans doute remarqué, une vieille ruine perchée au sommet d’une colline. C’est le premier de nos trois châteaux dont le but était de surveiller la Vallée de la Boulzane et de protéger le Vicomté de Fenouillet des agresseurs arrivant par là mais de ceux pouvant également venir du Vallon de Fosse. Ce château, il s’appelle Castel Fizel, il daterait de 12eme siècle et est situé à 496 mètres d’altitude tout au bout d’une longue colline faite de hautes falaises blanches qu’on appelle « La Roque ». La Roque n’est qu’une toute petite partie de l’étonnant synclinal de Saint-Paul-de-Fenouillet.  Certains historiens se sont empressés de traduire Castel Fizel en « château fidèle » en se fiant au vieux « Lexique roman ou Dictionnaire de la langue des troubadours comparée aux autres langues latines » de l’académicien François Just Marie Raynouard, philologue et historien français du 19me siècle. Pourtant le toponymiste Robert Aymard pense que le mot « Fizel » pourrait provenir du latin « fixus » signifiant « fixé » qu’on pourrait interpréter ici en « dressé », le Castel Fizel devenant ainsi le « château dressé ». Les avis sont donc partagés. Un peu plus haut, on retrouve la D.9  qu’on délaisse une nouvelle fois en empruntant une piste qui, cette fois, monte à gauche de la route. Un panonceau jaune indique «Voie romaine du Col del Mas » et comme ce col figure bien sur notre circuit, on est certains d’être sur le bon itinéraire. Comme on le voit, si ce secteur des Fenouillèdes a eu ses heures de gloire au Moyen âge, les romains sont également venus traîner leurs sandales par ici depuis bien longtemps déjà. Ils n’étaient pas les seuls d’ailleurs, car à ces époques bien antérieures à Jésus-Christ, les envahisseurs étaient nombreux et les peuplades arrivaient parfois de tous côtés : Ibères, Celtes, Phocéens, Grecs, Phéniciens, j’en passe et j’en oublie, sont venus dans le pays du « fenouil »  ou des « foins », là aussi les points de vue semblent divergents. Mais cette divergence s’estompe quand on sait que le Fenouil est appelé très souvent « petit foin » dans de nombreuses régions prouvant ainsi si nécessaire que l’origine latine des deux mots est commune. En effet, « feniculum » ou « foeniculum » c'est-à-dire le fenouil sont clairement les diminutifs latins de « fenum » ou « foenum » désignant le « foin ». En ce qui concerne toutes ces invasions, je vous renvoie une fois encore vers un excellent site Internet intitulé «  Fenouillèdes.free.fr - Chronologie historique de la préhistoire au XXe siècle » sur lequel vous trouverez toutes les dates des principales invasions que le pays Fenouillèdes ait connues. Mais revenons sur notre piste et notre voie romaine qui commence à s’élever et se transforme peu à peu en un véritable sentier pédestre. On laisse sur la gauche, un grand pré verdoyant qui se trouve au pied des ruines du château. On peut atteindre les ruines  de Castel Fizel par ce pré ou par d’autres itinéraires un peu plus haut, mais sachez que dans tous les cas vous serez sans doute confrontés à une végétation exubérante car les pourtours du château ne sont jamais débroussaillés. En effet, les vestiges subsistants étant considérés comme dangereux pour le public et les nombreux épineux faisant office de barbelés naturels, les autorités n’ont pas jugé utile d’en barrer l’accès. En conclusion, je vous en déconseille l’approche et vous préconise de regarder le Castel Fizel uniquement de loin. Il y aurait, parait-il, quelques vestiges de la Voie romaine, mais j’avoue  ne pas les avoir chercher non plus. En poursuivant le sentier, les sous-bois s’assombrissent car ici la végétation est plutôt abondante et en outre, les chênes verts et les buis atteignent parfois des hauteurs assez surprenantes. Toutefois, vous remarquerez aussi les nombreux murets en pierres sèches et les multiples terrasses et l’on peut donc penser à juste titre que la forêt n’a pas toujours été aussi dense et que les hommes ont, aux temps jadis, cultivé ces « serrats ». Si la déclivité est plutôt constante, elle est néanmoins assez douce et sans trop sans rendre compte, on va très facilement atteindre le point culminant de la journée à 589 mètres d’altitude. Autant dire que le reste de la balade peut être très aisément transformé en une longue flânerie et d’ailleurs, nous-mêmes n’avons pas attendu le col del Mas pour prendre à la fois un peu de repos et notre pique-nique. Il faut dire que la partie du chemin à l’aplomb du Roc Rouge est bien moins boisée et plus ouverte sur les paysages alentours. Quelques clairières fleuries de minuscules narcisses que butinent quantité de papillons sont des invitations à s’arrêter un peu pour profiter de cette nature luxuriante et des beaux panoramas s’entrouvrant magnifiquement sur la grandiose forêt de Boucheville mais vers le Bugarach aussi. Le pique-nique terminé, on continue le parcours en direction du col del Mas et l’on emprunte désormais le G.R.36 qui ici, fait la liaison entre Fosse et Fenouillet. Peu de temps après, on retrouve finalement le D.9 au col del Mas. Là, sans doute était-il embroussaillé, nous n’avons pas retrouvé le sentier surligné en rouge sur la carte IGN qui descend vers l’aire de pique-nique et le magnifique petit plan d’eau de Fenouillet, aussi avons-nous trouvé préférable de poursuivre la D.9 jusqu’au lieu-dit « Pal Ficat » puis de tourner à gauche pour retrouver l’itinéraire. Ce nom de « Pal Ficat » rappelle très étrangement ceux de produits alimentaires pour chiens et chats, mais bien sûr ça n’a rien à voir, car en occitan, un « pal » est un poteau ou un pieu, quand à « Ficat », c’est, toujours en occitan, le participe passé du verbe « ficher » dans le sens de « planter » ou d’« enfoncer ». « Pal Ficat », c’est donc le lieu ou « le poteau ou le pieu était planté ». Aujourd’hui, vous n’y décèlerez aucun pieu ni poteau et seulement quelques ruines devant lesquelles il faut passer pour se diriger vers le deuxième château, c'est-à-dire le Castel Sabarda. Bien avant d’y arriver, vous aurez sans doute profité de la fraîcheur du limpide petit étang puis de celle du chemin verdoyant et ombragé qui passe au dessus du « Camping des Randonneurs » pour se diriger ensuite vers « Lou Prat del Rey » c'est-à-dire le « Pré du roi ». Bien qu’érigé au 5eme siècle à 520 mètres d’altitude, cet édifice est le plus saisissant des trois car il est situé sur un piton rocheux plutôt réduit dont il épouse parfaitement la forme. Dans un texte médiéval de 1109, Guillaume Peire, Vicomte de Fenouillet, fait hommage au Comte de Cerdagne pour son château et son rocher fortifié de « Samardana ».Les philologues s’accordent à penser que l’évolution de l’appellation « Samardana » a finalement donné naissance au nom de « Sabarda ». Les toponymistes, eux, sont très clairement d’accord pour dire que « Sabarda » a pour origine le mot « savart » ou « sabart » signifiant une « friche » ou une « terre inculte ». Les historiens pensent qu’une première tour a d’abord été construite, puis une deuxième un peu plus tard, reliées par une courtine, mur amplement percé et ruiné que l’on voit encore aujourd’hui et qui se trouve en surplomb du hameau principal de Fenouillet qu’on appele La Vilasse. Si Castel Fizel était chargé de défendre le nord, le Castel Sabarda, lui, était très clairement chargé de protéger le sud, l’ouest et l’est mais les deux châteaux n’étaient que les bases avancées d’un système défensif principal dont le commandement se trouvait au château Saint-Pierre, dernier objectif de notre balade. Pour s’y rendre, rien de plus simple, il suffit de poursuivre le chemin et en quelques minutes, nous voilà déjà à La Vilasse. Pour monter au château vicomtal de Saint-Pierre, il faut passer à gauche de l’église Saint-André et suivre les indications. Saint-Pierre est un vaste site très ruiné qui doit sans doute son hagiotoponyme à la création d’une abbaye monastique bénédictine antérieure ou en corollaire à celle du château autorisé par le comte de Besalu, le « terrible » Bernard 1er surnommé « Taillefer » alors vicomte de Fenouillet en 1011. Parmi toutes les ruines, on peut d’ailleurs découvrir l’abside d’une ancienne chapelle.  De plus haut des ruines, on a une vue totalement circulaire sur l’ensemble des « pechs », « sarrats » et autres collines et vallons alentours : Vallon de la Boulzane, Pech de Bugarach, Gorges de Saint-Jaume, Vallon d’Aigues-Bonnes, Pech de Fraissinet, Vallon de Tulla, Col de Boire, Sarrat Naout, Vallon de Fosse, etc….autant de lieux de balades déjà expliqués dans divers de mes articles. Bien évidemment, avec ce regard embrassant ces superbes panoramas à 360°, on comprend mieux le rôle stratégique que le château Saint-Pierre a pu avoir à des époques où la guerre était le lot quasi quotidien du pays Fenouillèdes. Ici se termine la découverte de nos trois objectifs du jour mais pour autant, notre randonnée n’est pas terminée car il nous faut encore rejoindre la voiture. Alors bien sûr, si vous ne connaissez pas les Gorges de Saint-Jaume, l’épilogue de cette balade sera un bonheur supplémentaire, tant ce défilé est pittoresque et rafraîchissant.  Pour cela, il faut poursuivre la petite route bitumée qui descend vers le lieu-dit le Moulin où démarre le sentier des gorges. En réalité, ce sentier est commun à de multiples chemins et c’est par ici que passent le G.R 36, le Sentier Cathare et le Tour du Fenouillèdes. Dans la descente vers le moulin, un raccourci vous permet d’atteindre le sentier plus rapidement. Bien entendu, si vous souhaitez découvrir Fenouillet dans sa quasi intégralité, c’est également par là que vous pouvez rejoindre l’ensemble des autres hameaux ou lieux-dits à savoir le Roudouna, les Nautes, la Coume, les Bordes,  les Andrigotes et Aigues-Bonnes. Le sentier des gorges, lui, atterrit sur la D.9 à proximité de Notre-Dame de Laval. Rejoindre la voiture n’est plus qu’une simple formalité car il suffit de se diriger vers la vieille église, d’emprunter la porte de Notre-Dame de Douna Pa puis de descendre le petit chemin dit « des processions ». L’oratoire Sainte Anne est là et votre voiture aussi. Enfin la nôtre y était ! L’enregistrement « tracback » de la balade (enregistrement du tracé et d’un journal de route au cours de la marche) dans mon GPS a donné les chiffres suivants : distance accomplie 13 km200, dénivelé 247 mètres et montées cumulées 871 mètres. C’est donc une randonnée plutôt facile, réalisable en toutes saisons.  Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.


  

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