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Le Balcon sur la Rotjà du col de Jou (1.125 m) à Py (A/R)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 2 musiques de Georg Friedrich Haendel  : 1) "Sarabande", thème principal du film "Barry Lyndon" de Stanley Kubrick joué par The City of Prague Philharmonic Orchestra dirigé par Nic Raine puis 2) "Lascia ch'io pianga" extrait de l'opéra Rinaldo, HWV 7 plus connu sous le nom de "La Liberta" chantée par Ewa Mallas-Godlewska et Derek Lee Ragin pour le film "Farinelli" 


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Longue de 23 kilomètres, la rivière Rotjà qui signifie « rivière rouge » est, à son origine, un petit cours d’eau qui descend vers le village de Py des flancs abrupts du  Pic de  la Mort de l’Escoula (2.463 m) où il prend sa source.  D’ailleurs le mot « Rotjà » ou « Roja », mais en catalan on prononce phonétiquement le « t »,  on le retrouve dans bons nombres d’autres endroits proches de Py sans doute, en tous cas je suppose, à cause de la couleur rouge de certains minerais riches en oxyde ferrique : les Conques de Rotjà, les Esquerdes de Rotjà, le Porteille de Rotjà, le Pas de Rotjà, la Soula de Rotjà. D’ailleurs, l’histoire de Py fait mention d’une mouline à fer dès l’an 1127 et on y trouve également un lieu-dit dénommé la Farga (la forge). Dans sa sévère descente vers Py qui en fait une rivière à risques lors de fortes précipitations, la Rotjà récupère les eaux de multiples petits ruisseaux pour devenir un vrai torrent impétueux en arrivant près du village. Heureusement l’essentiel du village de Py a été construit en amont de la Rotjà et reste à l’abri du gros des débordements.  Il fut si fougueux au fil des siècles, qu’il a fini  par former un large et profond vallon. Quelques inondations et coulées de boue récentes sont encore dans les mémoires comme celles de 1992, 1999 et 2009. Après Sahorre, le lit du torrent jusque là accidenté et tourmenté, se calme un peu dans sa partie la plus plane puis il s’apaise vraiment en arrivant à Fuilla dans la section la plus large de sa jolie vallée. La Rotjà traverse ces quelques localités puis trouve sa confluence avec la Têt près de Villefranche-de-Conflent, la belle cité fortifiée par Vauban  et inscrite au patrimoine de l’Unesco depuis 2008. Tous ces beaux petits villages méritent qu’on s’y attarde, autant pour la beauté des lieux où ils s’inscrivent, que pour la richesse de leur patrimoine historique et la diversité de leurs atouts économiques. En effet, dans ce vallon, on y cultive le safran, la micro algue fortifiante qu’on appelle spiruline, les pommes pour la vente mais aussi pour faire d’exceptionnels jus de fruits naturels et de très bonnes pâtes de fruits, on y élève des chèvres et des brebis pour fabriquer de remarquables fromages de pays, la rosée et le vedell (veau un peu plus âgé) des Pyrénées et l’agneau catalan pour l’excellence de leurs viandes,  la charcuterie du coin a franchi allégrement les versants de la vallée et pour terminer, la pisciculture  y est également présente à Sahorre pour le plus grand bonheur des amateurs de pêche à la truite. Enfin, je ne peux pas finir cette courte description de la vallée de la Rotjà sans dire que sa partie la plus haute est située au sein dans la merveilleuse réserve naturelle de Py qui, avec ses 3.930 hectares, est une des plus vastes de France. L’essentiel de la surface de cette réserve naturelle est occupé par une splendide forêt avec une flore et une faune exceptionnelles mais dont il faut avoir conscience qu’elles restent fragiles. C’est donc une bonne partie de cette extraordinaire vallée que nous allons dominer dans cette belle randonnée que j’ai intitulée,  ( mais comment faire autrement ? ) :  « Balcon sur la Rotjà ».  Une fois n’est pas coutume, nous n’allons pas démarrer par le bas mais par le haut, puisque le départ est donné au col de Jou à 1.125m d’altitude où il faudra bien sûr revenir, mais le but premier est d’abord d’atteindre le petit village de Py situé lui à seulement 1.020 mètres du niveau de la mer. Le col de Jou,  on l’atteint par la D.116 après avoir traversé les communes de Vernet-les-Bains et de Casteil. Là, on laisse sa voiture au parking et on emprunte la piste qui monte vers le refuge de Mariailles. On tourne le dos à la Tour de Goa perchée sur son éminence et on marche pendant 450 mètres sur cette piste qui file plein sud.  Dès le premier virage atteint, on délaisse la piste au profit d’un large chemin qui, toujours tout droit, se dirige vers le col de la Mandre. Après le lieu-dit Marquirol sur la carte IGN, le sentier bifurque plein ouest sur des paysages qui dominent déjà la vallée de la Rotjà avec de profondes vues sur Sahorre. Chemin en balcon sur le vallon de la Rotjà et les villages de Py et Sahorre, vue sur le Massif du Tres Estelles, grottes, vestiges de l’exploitation des carrières de marbre blanc, cortals,  vestiges pastoraux et agraires et arbres aux feuillages multicolores dans cet automne déjà bien entamé, on ne s’ennuie pas sur cet itinéraire au modeste dénivelé ( 188 m) où l’on rejoint le beau village de Py en deux heures de temps. Il suffit de suivre les panonceaux indiquant le village et le balisage jaune qui traverse d’abord la Sola puis le Bac de Tonnet pour descendre très sèchement dans un étroit sentier tout en sous-bois dans les Cortals del Bosc. On débouche au village de Py entre les lieux-dits la Farga et les Mollères puis on remonte la rivière sur sa rive gauche jusqu’à rencontrer la D.6. On poursuite en traversant le pont et le centre du  village de Py est là à gauche à moins d’un kilomètre. Je vous recommande vivement la visite du village et de sa belle église romane consacrée en 1022 et dédiée à Saint-Paul ainsi que la découverte de la Maison de la Réserve aux périodes, bien sûr, où celle-ci est ouverte.  Après un agréable pique-nique ou un délicieux repas pris à l’excellent café-restaurant La Fontaine, le retour s’effectue par le célèbre G.R.10. Il suffit de reprendre la D.6 en direction des Mollères, d’enjamber la Rotjà par le pont et de suivre le traditionnel balisage blanc et rouge sur un étroit sentier qui va s’élever parallèle à la vallée. Un fois encore, mais de manière bien plus proche cette fois, ce sentier va être un véritable balcon sur la Rotjà. Ici, le chemin est quasiment le pendant de celui que j’avais décrit dans ce blog, qui s’appelle le Tour du Tres Estelles et que l’on aperçoit d’ailleurs de l’autre côté du vallon. L’essentiel du dénivelé va se situer sur cette portion du chemin mais avec 183 mètres jusqu’au col de Jou, la déclivité reste néanmoins très modérée et seule la traversée de quelques gros éboulis peut s’avérer contraignante pour les marcheurs les moins expérimentés. Vous pourrez terminer cette boucle par une courte ascension à la Tour de Goa, mais un autre circuit plus attrayant au départ de Vernet-les-Bains permet de découvrir cette belle tour à signaux qui a été restaurée et que je vous décrirais sans doute très prochainement dans ce blog. Arrêts et pique-nique  inclus, notre groupe de randonneurs du Club « Rando Marche Stéphanoise » de Saint-Estève avons mis 6 heures pour effectuer ce circuit. Comptez donc 4h30 à 5 heures de marche effective pour une quinzaine de kilomètres environ sans compter la visite de Py. Quelque soit la saison, je recommande de bonnes chaussures de marche et l’équipement complet du parfait randonneur n’est pas superflu sur ce circuit aux sentiers et terrains très disparates. Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

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Publié dans col jou, conflent, py, rotja, sahorre

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Le Parc Ornithologique du Teich

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 2 chansons interprétées par le chanteur italo-canadien Michael Bublé. Elles ont pour titre : "You Don't Know Me (Eddy Arnold / Cindy Walker" et "Try a Little Tenderness"


Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.
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Vous aimez la marche et vous aimez les oiseaux ! Alors, le Parc Ornithologique du Teich est fait pour vous ! Bien sur, il vous en coûtera quelques euros (7,20 € par adulte lors de ma récente visite en septembre, un peu moins si vous venez en groupe) mais, vous verrez, vous ne les regretterez pas. Le sentier à parcourir est long de 6,4 km ou plutôt les sentiers, si vous réalisez celui de l’Oie (4 km) puis si vous enchaînez avec ceux de la Cigogne (2 km) et du Rouge-Gorge (400 m) plutôt dédiés aux enfants. Le parc avec ses 120 hectares de lagunes, dunes, marais, roselières, prés salés et chenaux est agrémenté de 4 points d’observation et de 20 cabanes dans lesquelles vous pourrez à votre guise, y découvrir, selon les saisons, des milliers d’oiseaux sauvages de multiples espèces. 260 espèces différentes y ont été recensées et 80 y nichent sur place. La plupart du temps, ces points et ces cabanes sont enrichis de panonceaux très ludiques sur les richesses faunistiques et naturelles du parc et de planches iconographiques présentant tous les oiseaux visibles sur le parc et souvent devant la cabane même où vous vous trouvez. Ainsi, vous pouvez plus aisément les reconnaître et mettre un nom sur les oiseaux que vous avez devant les yeux. Ici, pas de dénivelé et donc pas d’effort important dans votre flânerie car vous êtes au niveau de la mer et au bord du Bassin d’Arcachon, qui est une étape incontournable pour des millions de volatiles sur un des plus importants passages migratoires. Ces peuples migrateurs mais pas seulement car il y a aussi des oiseaux sédentaires, trouvent là, la tranquillité,  le gîte et le couvert grâce aux ressources de ces milieux naturels et sauvages. Situé sur la rive du bassin dans sa partie la plus préservée, à la lisière des immenses forêts des Landes de Gascogne et en bordure du Delta de l’Eyre, le Parc Ornithologique du Teich est un spectacle sans cesse renouvelé tout au long des quatre saisons d’où l’intérêt si vous n’êtes pas trop loin du parc d’y venir plusieurs fois dans l’année.  Le présent article, enjolivé comme d’habitude d’un diaporama, n’a aucunement la prétention de vous faire découvrir le parc dans son intégralité. Non !  Son but est de vous donner l’envie de vous y rendre car vous y passerez quelques heures agréables à déambuler, à visiter un lieu unique, et surtout à observer des milliers d’oiseaux dans un espace naturel formidablement sauvegardé. D’ailleurs, le parc présente de nombreux autres attraits que vous n’allez pas découvrir dans mon blog : Boutique de l’Oiseau, salle multimédia, Brasserie, Maison de la Nature, dont vous pouvez dans un premier temps avoir un bel aperçu sur le site Internet du Parc en cliquant sur le lien  http://www.parc-ornithologique-du-teich.com/N’oubliez pas d’apporter des jumelles, votre appareil photo ou votre caméscope pour graver à jamais dans votre tête ou dans vos appareils « cet instant sauvage ». « L’Instant Sauvage », c’est l’argument commercial du dépliant du parc mais ne vous y trompez pas, c’est surtout la réalité ! Carte IGN 1337 ET Bassin d’Arcachon Top 25.
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L'Etang de la Balmette (2.047 m) depuis les Angles (1.840 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de la musique "Adagio Un Poco Mosso" (Concerto Pour Piano N° 5 En E Majeur, Op. 73 “L’ Empereur” de Ludwig Van Beethoven) interprétée ici par le Buffalo Philarmonic Orchestra dirigé par Josef Krips avec Glenn Gould au piano.


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Parfois les randonnées se suivent et se ressemblent ! Après une très jolie balade automnale dans le Haut-Conflent à la découverte de l’Estany del Clot ou Etang des Clots, en voilà une autre, bien plus hivernale et même un peu tardive dans la saison vers un autre étang, celui de la Balmette, à quelques kilomètres à l’ouest des Angles. Quand, je dis que les deux randonnées se ressemblent, c’est à cause du mot « étang », car pour le reste, il n’y a rien de vraiment identique ni les univers dans lesquels on évolue, ni les panoramas que l’on admire et pas même les étangs eux-mêmes. Quand au fait que j’estime que cette randonnée est un peu trop tardive, c’est parce qu’il avait déjà neigé dans ce secteur des Angles, pas suffisamment pour faire des raquettes mais assez pour que le sentier soit déjà périlleux. Dans les parties ombragées, qui sont très nombreuses sur ce tracé, cette neige n’avait pas encore fondue rendant ainsi presque impraticable le sentier déjà caillouteux et en sus verglacé cette fois dans sa partie la plus élevée. De ce fait, on fut contraint de s’arrêter à l’étang et de raccourcir cet aller-retour que l’on avait initialement prévu un peu plus long et au moins jusqu’à la Serra dels Arabs. Pour le seul étang de la Balmette, je ne saurais donc trop conseiller d’effectuer cette jolie balade toute simple dés lors que la neige a vraiment fondu, c'est-à-dire sur une période qui va de mai à septembre. Très facile, elle pourra ainsi constituer une jolie sortie ludique où les enfants pourront aisément être de la partie. Pour rejoindre, le point de départ, il faut aux Angles rejoindre ce que l’on appelle la Serra, c'est-à-dire cette ligne de crête qui domine le Bac de Balcère sur son versant nord et où s’aligne les chalets au dessus du village sur son versant sud. Pour cela, il faut devant l’Office de Tourisme prendre la direction de l’Etang de Balcère. Tout en haut, on ignore le panneau indiquant l’étang et on tourne à gauche pour emprunter la rue des Sorbiers puis celle de la Piste Verte qui mène jusqu’à un parking où on laisse son véhicule près de plusieurs locaux techniques de la station de ski. Aucun panonceau ne signale l’étang de la Balmette mais un panneau indique le Refuge des Camporeils et ses lacs bien sûr et un autre celui d’un itinéraire raquettes de « Font Grosse ». Vous y êtes et il suffit de suivre cette large piste forestière plane et balisée en jaune qui file au milieu des pins et des sapins. Sur votre gauche, les flancs du Roc d’Aude et du Mont Llaret, droit devant le Roc de Peborni et sur votre droite le Puig del Pam se dévoilent dans une composition naturelle et sauvage à la fois très boisée mais par moment rocailleuse ou rase sur ses crêtes les plus hautes. Autant de lieux que l'on peut atteindre lors de jolies balades. Au bout de quelques minutes, depuis la piste, on domine sur la droite le lac de Balcère, petit étang rond et glauque enfoui dans la végétation. Après moins de 3 km, au lieu-dit Font Grosse, la piste se termine devant un puissant jet d’eau qui sort d’une grosse canalisation. On passe devant le local de cette source captée et on poursuit le sentier pierreux qui monte d’abord dans une clairière puis très rapidement au milieu d’une haie de sapinettes. Ici, on surveille le balisage jaune car on quitte le large chemin au profit d’une étroite sente qui suit d’abord un ru bourbeux puis un ruisseau plus large qui descend directement de l’étang de la Balmette. A la fois tourbières et prairie herbeuse et boisée, dans ce vallon dominée par les cimes enneigées du Puig del Palm, on prend garde à rester sur le sentier dont le dénivelé s’accentue soudainement dès lors qu’on s’éloigne du petit cours d’eau. Tout en montant sur le flanc gauche de ce joli vallon, les panoramas s’entrouvrent derrière nous sur le Bac de Balcère et plus loin sur une grande partie du Capcir et du Haut-Conflent. Madres, Pelade, Canigou, on reconnaît pas mal de sommets déjà évoqués dans ce blog. A force de grimper, on atteint finalement un collet à 2.047 mètres où l’étang se dévoile enfin. Petite langue bleutée longue et étroite aux eaux limpides, le lac est alimenté par les eaux qui ruissellent et dévalent les contreforts du Puig del Pam. Traversé par un vent glacial, on a découvert un étang à moitié gelé mais on a pu néanmoins y trouver sur sa rive gauche un coin abrité et ensoleillé où pique-niquer. Comme je l’ai dit plus haut, sur un chemin bien trop verglacé, nous n’avons pas voulu prendre le risque de nous casser une jambe ou de se rompre le cou et nous n’avons pas poursuivi le suite de l’itinéraire prévu qui mène jusqu'à la Cabane de la Balmette où passe le Tour du Capcir. Là à ce lieu-dit dénommé la Serra dels Arabs (la crête des Arabes), des vues superbes sur les deux pics Péric et sur le barrage des Bouillouses sont visibles. On s’est donc contenté d’observer de loin, la reconnaissable pyramide du Pic Péric qui surgit au bout de l’étang. Dommage ! Mais ce n’est que partie remise, puisqu’une autre randonnée menant jusqu’au Puig del Pam et empruntant le même itinéraire est prévue pour l’an prochain dans ce blog. S’agissant d’un aller-retour, nous sommes revenus à la voiture par le même chemin mais il faut savoir qu’outre les Camporeils et les deux Péric, ce sentier rejoint celui du Tour du Capcir ainsi que le célèbre G.R.10 et le Tour du Carlit. De quoi donner des idées aux randonneurs les plus endurants. Dans des conditions normales, cette balade d’un peu plus de 10 kilomètres ne prend pas plus de trois heures aller et retour, mais au plus chaud de l’été et dans ce cadre idyllique et rafraîchissant à souhait, elle peut être le motif à une agréable journée au bon air où les plus téméraires pourront faire trempette dans les eaux cristallines de ce très bel étang. Avant de repartir, n’hésitez pas à vous diriger vers la piste verte qui démarre juste après les locaux techniques, les vues sur l’étang de Matemale sont splendides. Bonnes chaussures de marche sont fortement conseillées sur cet itinéraire. Carte  IGN 2249 ET Font-Romeu-Capcir Top 25.

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L'Estany del Clot (1.682 m) depuis Nohèdes (960 m).

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de la musique de Gabriel Fauré "Pavane op.50" jouée ici par le London Chamber Orchestra dirigé par Christopher Warren-Green.
 


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J’ai déjà évoqué Nohèdes dans ce blog comme point de départ de deux randonnées qui filaient vers le hameau d’Urbanya et que j’avais d’ailleurs intitulé « le Balcon d’Urbanya » pour une et « les villages perdus du Conflent - Nohèdes-Urbanya » pour l’autre. Dans cette dernière balade, j’avais d’ailleurs précisé que si ces deux villages constituaient des « culs de sac » car les routes goudronnées D.26 et D.26b ne vont pas plus loin, ce ne sont pas pour autant des impasses pour les amoureux de nature en général et de randonnées pédestres en particulier. Aujourd’hui avec cette petite jolie escapade qui part de Nohèdes en direction de « l’Estany del Clot », je vous en apporte une nouvelle fois la preuve. « L’Estany del Clot » que vous pourrez aussi trouver sous les dénominations d’étang de Soucarrades ou du Clemens et notamment sur le site Internet www.lacsdespyrenees.com/ est une petite retenue peu profonde qui reçoit les eaux de deux ou trois petits torrents de montagne. Ces torrents plus ou moins longs descendent soit des proches contreforts du Massif du Madres soit du Gorg Estelat ou lac de Nohèdes dont la rivière des Camps Réals. L’étang qui est situé à la diffluence de ces quelques ruisseaux voit ensuite ses eaux en partie captées et acheminées par une conduite qui sert à faire fonctionner la turbine d’une centrale électrique située 5 kilomètres plus bas à Nohèdes au lieu-dit La Farga. Le surplus se jette dans la rivière de l’Homme Mort, elle-même affluente comme le rivière des Camps Réals de la rivière de Nohèdes qui elle même se confond avec le Caillan. L’Estany del Clot est bien connu des pêcheurs de truites pour ses énormes « fario » qui se gavent des nombreux vairons qui pullulent dans ses eaux. Le départ vers l’Estany del Clot s’effectue de Nohèdes, village qui mérite bien qu’on s’y attarde et qu’on flâne dans ces jolies et vieilles ruelles. Vous pourrez y visiter la Maison de la Réserve Naturellel’église dédiée à Saint-Martin et un dernier conseil, arrêtez-vous à l’ancien presbytère transformé depuis plusieurs années en chambres d’hôtes, car je pense, que vous y serez parfaitement reçu comme j’ai pu l’être moi-même en 2007 lors de mon Tour du Coronat que j’ai eu maintes et maintes fois l’occasion d’évoquer ici dans ce blog. D’ailleurs, pour se rendre à notre objectif du jour, il faut emprunter l’itinéraire du Tour du Coronat. Le Coronat est cette longue montagne oblongue et très boisée qui se trouve sur votre gauche et que vous avez inévitablement suivie tout au long de la route depuis Ria pour parvenir jusqu’à Nohèdes. Le Mont Coronat est le sommet de ce massif qui culmine à 2.172 mètres et dont les impressionnantes falaises, que vous apercevez en montant vers l’Estany del Clot, recèlent une « merveilleuse » fleur que l’on appelle l’Alysson des Pyrénées (Alyssum Pyrenaicum) et que l’on ne trouve nulle part ailleurs. On passe devant la centrale électrique et on poursuit par la piste. Au lieu-dit « Cortals » sur la carte IGN et après un virage en épingle à cheveux tout près de Montailla, on délaisse la piste au profit d’un sentier balisé en jaune qui monte à gauche dans la forêt. Si la piste fait la part belle à de multiples essences et notamment aux chênes, le sentier, lui, grimpe essentiellement dans une belle et sombre hêtraie. Ce sentier, on ne va plus le quitter jusqu’à retrouver la piste près du lieu-dit sur la carte « Font de la Péga ». Là, la végétation change et les hêtres laissent la place à des conifères et principalement aux pins à crochets. Quelques raccourcis permettent d’éviter les sinuosités de la piste et on finit par arriver à un croisement. A cet embranchement on délaisse définitivement le Tour du Coronat, dont l’itinéraire part à gauche vers le Col de Portus comme l’indique un explicite panonceau. On tourne donc à droite en direction du Gorg Estelat et 300 mètres plus loin, près d’un enclos, un autre panonceau mentionne l’Estany del Clot. Il suffit de descendre à droite, on passe devant un petit refuge, on longe quelques clôtures et notre but du jour est enfin atteint. Petit lac verdâtre au premier abord, il change de couleurs et son miroir peut aller du vert glauque à un gris acier presque noir en passant par différentes nuances de bleus selon les angles que l’on porte sur lui et surtout, si on se donne la peine d’en faire le tour. Entouré de pins à crochets sur sa berge sud, il resplendit dans un espace grandiose et verdoyant au pied du majestueux et ténébreux Mont Coronat qui se réfléchit dans ses eaux tranquilles. Ses flancs sont composés de « jasses » où paissent très souvent vaches et moutons. Ne s’agissant pas d’une boucle, le retour s’effectue par les mêmes chemins. Les esprits chagrins me diront : « Pourquoi ne pas poursuivre vers les autres lacs à savoir le Gorg Estelat ou lac de Nohèdes, le Gorg Blau ou lac Bleu et enfin le Gorg Nègre ou lac d’Evol ? » Si je ne peux pas leur donner tort, j’estime qu’avec ses 18 kilomètres aller-retour et plus de 700 mètres de dénivelé depuis Nohèdes, cette randonnée à l’Estany del Clot se suffit à elle-même même si je garde les autres lacs en réserve pour une sortie ô combien plus sportive que celle décrite aujourd’hui. En outre, j’ai déjà décrit ces autres lacs à partir de Jujols que les lecteurs intéressés pourront retrouver dans mon Tour du Coronat :

http://pagesperso-orange.fr/gilbert.jullien/DES_MERVEILLES0.htm.

Ici, au cours de cette randonnée et selon les saisons, tous les amateurs de nature et pas seulement les randonneurs, y trouveront leurs comptes. Les « taquineurs » de truites bien sûr, mais aussi les amateurs de champignons ou encore ceux qui ne craignent pas de voir leurs doigts rougis par les mûres, myrtilles, framboises ou autres fraises des bois que l'on trouve dans ce secteur pour peu qu'on veuille s'en donner la peine. Je ne parle pas des chasseurs qui sont très nombreux dans cette zone à traquer sangliers, cerfs, isards et autres chevreuils mais eux n’ont pas vraiment de mérite car ils montent en général en 4x4 jusqu’au col du Portus par Evol. L’idéal est de consacrer une pleine journée à cette belle balade avec soit un simple pique-nique ou mieux quelques bonnes viandes que vous pourrez faire griller sur les foyers aménagés à cet effet au bord de ce charmant petit lac de montagne. Ce lac qui a su conserver un côté sauvage qui ne laisse personne indifférent. Cartes IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet puis 2249 ET Font-Romeu-Capcir Top 25.

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Le Fauteuil du Diable depuis Rennes-les-Bains

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques devenues des standards du jazz jouées au piano par Giuseppe Sbernini et extraites d'une compilation intitulée Jazz Melodies In Piano. Les titres de ces musiques sont : "Ebb Tide""That's All" et "When I Fall In Love" (version incomplète). 

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Le Fauteuil du Diable, la Roche Tremblante, la Source du Cercle ou bien celle de la Madeleine, les Breiches (que l’on traduit de l’occitan par sorcières) , les Bains Doux, la Fontaine des Amours, tous ces noms-là ne seront pas très parlants à la plupart d’entre-vous. Mais si je vous dis Rennes-les-Bains, alors là, vous serez déjà plus nombreux à connaître cette petite commune thermale aux multiples résurgences dont les Romains, aux temps antiques, connaissaient déjà les vertus thérapeutiques. Tous ces noms cités plus haut sont des sites, plus ou moins surprenants voire pour certains mystérieux, à découvrir tout autour de Rennes-les-Bains réalisables en quelques heures au cours d’une ou plusieurs balades pédestres. Comme souvent dans cette partie de l’Aude, dans un large périmètre entre Rennes-le-Château et le Pech de Bugarach, ces endroits ont vu passer tous les mystiques, illuminés et autres visionnaires de France et de Navarre et parfois de bien plus loin encore…  Mais pourtant ici les mots « étranges », « mystérieux », « insolites » ne sont pas vraiment usurpés car de nombreux historiens tout ce qu’il y a de plus sérieux, ont voulu en savoir un peu plus sur ces énigmes et si certains s’y sont frottés avec plus ou moins de bonheur, il faut reconnaître que très souvent les « mystères restent entiers » et, en premier lieu, le fameux et hypothétique trésor de l’abbé Saunière, célèbre curé de Rennes-le-Château, village voisin de celui de Rennes-les-Bains. Pour partir visiter le Fauteuil du Diable, grosse roche de grès dont l’Histoire dit qu’elle a été taillée en forme de siège au 18eme siècle au profit du Comte de Fleury, on prend le Chemin des Fangalots qui monte juste en face la Mairie où un parking accueille les véhicules. On poursuit à pieds la rue asphaltée qui monte au milieu de quelques jolies propriétés mais on quitte rapidement le bitume pour un étroit sentier balisé d’un trait jaune et d’un rond rouge peint sur un premier panonceau indiquant la direction à suivre : « Circuit A-Blanchefort-La Cabanasse ». Ce double balisage, on va le suivre une grande partie du parcours en suivant d’abord la direction de La Cabanasse puis on s’éloigne de ce lieu-dit pour partir plein sud en direction du Roc d’En Barou. Essentiellement en sous-bois, la promenade démarre d’abord sur un sentier bordé de vieilles terrasses et d’anciens murets, vestiges d’une intense et séculaire activité agricole puis on poursuit la marche sur d’énormes dalles de grès qui laissent imaginer le charroi qui devait régner sur cette ancienne chaussée dans des temps plus reculés. De temps à autres, les branches des chênes, frênes ou autres érables champêtres ou de Montpellier dessinent de petites fenêtres par lesquelles on entraperçoit le Pech Cardou ou quelques jolis vues sur la verte vallée de la Sals. La Sals est cette rivière dont j’avais eu l’occasion, dans ce blog, de vous faire découvrir la surprenante source salée au cours d’une belle randonnée champêtre. La pente est douce et donc facile. On quitte la sente dallée juste après avoir laissé sur notre droite la métairie de La Cabanasse et on entre dans une belle hêtraie que l’on traverse par une chemin en partie clôturé sur la droite pour déboucher quelques minutes plus tard sur une large piste gravillonneuse. Cette piste, on la quitte aussitôt et par la gauche au profit d’un chemin toujours dénommé « Circuit A ». Il se faufile au milieu de hautes bruyères et entre dans une jolie pineraie. En prêtant attention, on remarque que l’on marche de manière bien plus agréable que si l’on avait emprunté la piste gravillonneuse qui est quasi parallèle et que l’on aperçoit légèrement en contrebas. Le chemin rejoint un croisement et un nouveau panneau indiquant vers la droite, « Rennes-les-Bains » et le « circuit A » et vers la gauche, le « Roc den Barrou ». Il ne faut surtout pas hésiter à partir dans cette dernière direction, par ailleurs bien signalée par un balisage jaune. En effet, ce promontoire rocheux se trouve à quelques minutes seulement du circuit principal. De par sa position géographique en surplomb de Rennes-les-Bains et de la Vallée de la Sals, le Roc d’En Barou constitue un merveilleux belvédère offrant des vues panoramiques exceptionnelles sur les pechs de Bugarach et Cardou, sur la féerique forêt du Rialsesse aux fantastiques couleurs automnales où l’on peut deviner, quand on les connaît, les ruines blafardes du château de Blanchefort. Outre cet agréable aspect visuel, essentiel dans une randonnée, le Roc d’En Barou possède quelques insolites croix et cupules creusées dans son grès qui pourront peut-être exciter la curiosité de quelques scientifiques férus de mégalithes. Enfin, endroit idéal pour faire une pause, peut-être aurez-vous la bonne fortune, comme nous l’avons eu nous-mêmes, d’assister à une ronde incessante d’aigles royaux et de vautours fauves. Nous étions entrain de pique-niquer et à dire vrai, par leurs circonvolutions répétées, on s’est posé la question de savoir si eux aussi avaient faim ou bien si c’était une simple curiosité de leur part que de venir nous rendre visite de si près ! De par leurs passages à hauteur du roc et avec leurs incroyables envergures, il y avait quelque chose d’un peu angoissant à les voir aller et venir devant nous. Mais le dicton est bien connu : « un aigle ça passe et ça rapace ! ». Après cette délicieuse mais préoccupante pause déjeuner, on a rejoint le circuit A pour déboucher sur une route goudronnée bordée sur la droite de grands prés verdâtres. Cette route asphaltée n’est pas vraiment ennuyeuse car on en sort plutôt vite et, elle est surtout encadrée en grande partie de superbes chênes rouges d’Amérique. Quand je dis rouges, en réalité, les couleurs des feuilles de ces arbres originaires de l’Amérique du Nord vont du vert tendre au rouge cardinal en passant par diverses nuances de jaunes et d’oranges. En automne, ces jolis chênes sont un vrai ravissement pour les yeux des randonneurs contemplatifs que nous sommes ! Une fois encore, on délaisse rapidement cette route pour entrer dans la forêt où un premier panonceau indique clairement la direction de la « Roche Tremblante et de la « Source de la Madeleine ». Quelques mètres plus loin et après s’être gavé de quelques rouges arbouses bien mûres dont les arbustes bordent le sentier, on parvient à une petite fourche où sur la gauche un autre panonceau, cette fois balisé d’un trait jaune et d’un cercle bleu, propose de se rendre au « Fauteuil du Diable ». Je vous conseille de suivre ce chemin qui file droit sous des pins et entre dans un clairière où des enfants ont dressé des cabanes faites de quelques planches et de branchages en guise de toits. Quelques foulées plus loin, un autre panneau mentionne la « Roche Tremblante » et il est temps de partir à la découverte de ce premier « mystère ». Au sein d’un petit agrégat rocheux, la « Roche Tremblante » est un énorme bloc de grès qui semble en équilibre précaire sur un socle restreint. En, réalité, il n’en est rien mais comme l’histoire est tenace, on raconte qu’au cours des siècles précédents, la roche vacillait dès qu’on la poussait un peu. C’est soit une pure affabulation ou si c’était le cas, quelques nigauds l’ont tellement bousculée qu’ils ont fini par rompre définitivement le point de balancement. Ce sont peut-être les mêmes nigauds qui, depuis de nombreuses décennies, ont gravés toutes sortes de noms, dates et initiales sur cette roche qui ne manque pas d’attrait et présente  l’avantage d’être sur le parcours. On revient sur nos pas pour redescendre en direction du village et découvrir au beau milieu du sentier notre principal objectif du jour, à savoir l’énigmatique « Fauteuil du Diable ». Bloc de grès sculpté en forme de fauteuil, il siège au centre d’une petite clairière et se distingue à cause de quelques symboles cabalistiques et d’une croix templière gravés dans sa pierre. Beaucoup de choses ont été dites et écrites à propos de ce trône et de la Source d’eau ferrugineuse du Cercle qui se trouve juste à côté. Parmi elles, nombreuses sont sans doute les balivernes : cérémonies païennes dédiés à la déesse Isis, sorts jetés par le diable ou par des sorcières à ceux qui ont pris le risque de s’y asseoir, forces occultes et venues d’ailleurs les soirs de pleine lune, lieu de sacrifice, lieu de réunion ou d’initiation des Templiers, source aux eaux miraculeuses, cromlech du temps des gaulois, etc.… J’avoue qu’au cours de cette courte randonnée, j’ai franchement été beaucoup plus troublé par les aigles qui tournoyaient autour de nous au Roc d’En Barou que par les croyances ou les sornettes dont j’avais pris connaissance sur Internet avant de me rendre sur ces lieux soi-disant mystérieux. On a quitté ce site ô combien ésotérique non sans avoir au préalable pris le risque de braver le diable en prenant quelques photos bien calés dans ce fauteuil plutôt confortable puis, on a rapidement rejoint le centre du village par le chemin du Cercle et la Grand-rue où une courte flânerie est venue compléter cette charmante randonnée. Arrêts inclus, nous sommes restés environ quatre heures sur les chemins et encore, avons-nous fait l’impasse sur la Source de la Madeleine, les petits menhirs des Breiches et la Fontaine des Amours. Nous reviendrons sans doute à Rennes-les-Bains, il y a tellement d’énigmes à élucider et surtout d’agréables bains chauds où soigner nos articulations endolories par nos nombreuses balades ! Carte IGN 2347 OT Quillan - Alet-les-Bains – Couiza Top 25

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Monsieur Sarkosy, libérez Ghesquière et Taponier !

Publié le par gibirando

Photo Benoît Tissier/Reuters

Plus de 10 mois que les deux journalistes de France 3 ont été enlevés par des talibans, avec leurs trois accompagnateurs en Afghanistan. Sur les chaînes de TV, les jours s’égrènent comme les perles d’un chapelet que l’on voit très souvent dans les mains ou autour du cou de leurs propres ravisseurs. Ces décomptes qui ont été voulus par les familles et s’ils contribuent à ne pas les oublier, sont aussi le reflet d’une certaine idée que l’on se fait de la liberté de la presse. Le 30 décembre 2009, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, journalistes à France 3, étaient en reportage pour l'émission"Pièce à conviction" quand ils ont été enlevés avec leurs accompagnateurs, Mohamed Reza, Ghulam et Satar, dans la plaine de Kapisa, en Afghanistan, par un groupe d’extrémistes islamistes dont on connaît la violence et le peu de cas qu’ils prêtent à la vie d’un être humain.

Mais ces décomptes, s’ils sont sans doute nécessaires, ont quelque chose de cruel car on sait que l’opinion publique se lasse très vite de toute information répétitive et qui n’est pas suffisamment développée. Or, excepté ces décomptes, on ne sait pas grand-chose de leur sort, on ne sait pas grand-chose des tractations qui certainement se trament dans les coulisses de l’Elysée et du Ministère des Affaires Etrangères. Enfin on l’espère ! On sait que leurs ravisseurs ont réclamé une rançon mais que notre président Sarkosy s’oppose avec vigueur à toute transaction financière avec des terroristes.

Alors, Monsieur Sarkosy, je vous le demande : « Si la solution de leur libération, c’est de verser une rançon, versons-là ! » et « Ne vous entêtez pas comme vous l’avez fait pour la réforme des retraites ! ».

On dilapide suffisamment d’argent public pour en donner pour une fois pour une « bonne action ! ».

Ensuite, on aura toujours le temps de régler le compte à ces talibans, après tout, c’est bien pour ça que l’Armée Française est présente en Afghanistan et a déjà perdus une cinquantaine de soldats ?

« Alors Monsieur Sarkosy, si vous détenez ce pouvoir :  "libérez Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ! ".

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La Gare d'Estardé (1.213 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est enjolivé avec plusieurs interprétations étonnantes de la chanson et musique folk "500 miles", en français "Et j'entends siffler le train" bien connue car chantée avec succès par Richard Anthony. Ici, elle est successivement interprétée en anglais par un trio japonais formé de Junko Yamamoto (chant) accompagné du groupe Red Bird, puis en français par le duo Yoan Garneau et Isabelle Boulay, puis en anglais par un trio composé de Justin TimberlakeCarey Mulligan et Stark Sands (bande originale du film Inside Llewyn Davis), puis en français par Serge Gainsbourg, les quelques secondes finales étant jouées à l'harmonica par Thierry Danneau.

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« Partir randonner vers un gare, n’est pas commun ! »  Voilà, ce que la plupart d’entre vous se diront en lisant le titre de cet article : « La Gare d’Estardé depuis Urbanya ». Il faut dire que cette gare d’Estardé (Estarder sur les cartes, voir la toponymie(**) à la fin de cet article) n’est pas une gare comme les autres, ici aucun voyageur n’attend sur le quai.  D’ailleurs, à dire vrai, si cette gare a bien existé et fonctionné au siècle précédent, aujourd’hui, il n’en reste que des ruines, vestiges de l’exploitation du « fameux » talc de Callau. Grâce à un petit train composé de plusieurs wagonnets, le talc était acheminé depuis la carrière de Callau (1.635 m), via Cobazet (1.419 m) (*),  jusqu’à la gare d’Estardé (1.213 m) où il était ensuite descendu par téléphérique vers la forge de Mosset grâce à des bennes suspendues à des câbles aériens. Le minerai prenait alors la route vers une usine de broyage de Prades qui le transformait en poudre. Ce talc mélangé à du sulfate de cuivre servait essentiellement de fongicide en agriculture pour le  traitement des maladies cryptogamiques. Cette poudre est connue sous le nom de « bouillie bordelaise ». La gare d’Estardé a également été utilisée comme plate-forme dans le transit de grumes en provenance des scieries et pour d’autres usages comme l’acheminement de balles de foins car la métairie de Cobazet, qui appartenait au baron Fernand de Chefdebien, tout comme la carrière de talc et la montagne de Mosset toute entière, était toute autant réputée pour l’exploitation de sa forêt que pour ses prés où ses fenaisons occupaient un grand nombre de Mossetans à la saison des moissons. (Pour en savoir plus sur cette époque, je vous conseille le merveilleux et riche  site consacré à l’histoire de Mosset :  http://www.histoiredemosset.fr/index.html . Si aujourd’hui, la gare d’Estardé n’est qu’un prétexte à une très belle randonnée qui va alterner balade en sous-bois et grandioses panoramas sur tout le Roussillon et le Conflent, il paraît qu’à l’époque, ce chemin par Estardé était très pratiqué par les filles et les garçons de Mosset. Ils faisaient des kilomètres à pied à travers la montagne pour aller danser à Urbanya les jours de fêtes et c’était l’occasion de faire la connaissance d’un futur conjoint ou d’une épouse et d’éviter ainsi les mariages consanguins. Le départ s’effectue du village d’Urbanya (856 m) où on laisse sa voiture sur le grand parking à l’entrée du village. Le but premier étant de rejoindre le col des Vigues (1.359 m), situé 500 mètres plus haut, on enjambe le petit pont sur le torrent Urbanya, on passe devant la mairie et arrivé à la place du Cadran Solaire, on tourne à droite pour monter vers la place de l’Aire del Touronge. On poursuit tout droit en direction du Chalet, propriété privée qu’on laisse à gauche pour monter tout droit dans la montagne. On rejoint très rapidement un gros cairn où démarre un sentier très bien entretenu et qui va l’être malheureusement beaucoup moins au fur et à mesure que l’on grimpe. Parfois balisé en bleu, on ne suit pas ce balisage  très ancien mais on reste bien à droite en surplomb d’une ravine dans laquelle de toute manière à va finir par descendre. On atteint un petit bois et on traverse un ru boueux (Correc de la Serre des Vigues) que l’on longe par la gauche et parfois, au milieu de branches mortes jusqu’à atteindre un panneau de bois indiquant « Las Vigues ». Là on remonte sur la berge droite du petit ravin et l’on retrouve le sentier bien mieux débroussaillé qui zigzague au milieu d’un immense champ de cistes à feuilles de lauriers. Cette plante d'un vert tendre a grandement colonisé les contreforts de cette colline et il suffit de regarder le paysage pour s’en convaincre. Urbanya s’éloigne, le Mont Coronat, le Canigou et la Madres apparaissent, le dénivelé se durcit mais on finit par atteindre un chemin clôturé beaucoup plus large où plusieurs solutions pour atteindre le col des Vigues se présentent. Trois directions peuvent être prises, mais je vous conseille de prendre celle qui part à droite car incontestablement c’est  la moins embroussaillée aujourd’hui. Personnellement, j’ai prise celle de gauche pour monter et j’ai pas mal galéré à travers les hautes fougères et quelques basses ronces mais je suis finalement arrivé au col en partie grâce au tracé inscrit dans mon GPS. Quand au chemin qui continue tout droit, il paraît embroussaillé dès le départ et je ne m’y suis pas aventuré. Après cette longue (3.500 m) et rude montée, on atteint une grande esplanade clôturée et barrée d’un grand portail, c’est le col des Vigues. On pousse le portail et on entre dans le vaste domaine de Cobazet qui est une propriété privée mais dont l’accès des chemins forestiers ne semble pas interdit à la randonnée pédestre. Par contre, il faudra respecter les consignes affichées à savoir : ne pas ramasser les champignons, ne pas faire de feu, être conscient que parfois on partage ce domaine avec les chasseurs ou des professionnels de la forêt, etc.….  Pour effectuer mon circuit et aller à la gare d’Estardé, on prend la large piste forestière qui file à droite et descend légèrement plein est.  Cette piste s’étire à gauche de la Serrat Gran puis de la Serrat Miralles et enfin de la Serrat d’Estardé dans des paysages sans cesse renouvelés. Au gré de quelques trouées dans la végétation, on aperçoit depuis la piste, le village de Mosset et les contreforts de collines qui dominent la vallée de la Castellane avec son point culminant le Pic del Rossillou. Après, 3,5 kms au sein du Bois d’Estardé, on atteint un carrefour de chemin où sur la droite on aperçoit un nouveau portail et un nouveau panonceau Domaine de Cobazet. Les vestiges de la gare d’Estardé sont là, à quelques mètres avec un panorama à couper le souffle sur la vallée de la Têt et le Roussillon tout entier jusqu’à la Méditerranée. Sur la droite, le massif du Canigou se dévoile dans toute sa splendeur et dresse son magnifique sommet blanc bleu dans un ciel étrangement coloré de la même manière. A nos pieds, l’immense et dénudé Pla de Balençou qui descend vers la plaine et plus bas, d’amples vues aériennes sur les toits rouges de Cattlar et Prades. Endroit idéal pour déjeuner, on ne se lasse pas de ce décor majestueux qu’il faut néanmoins quitter pour poursuivre le parcours. Il faut rebrousser chemin et prendre la piste que l’on a délaissé au carrefour. Même si vous ne retrouvez pas le fameux balisage jaune et rouge propre aux G.R.de Pays, sachez que vous êtes ici sur le Tour du Coronat que j’ai réalisé dans son intégralité en 2007 : http://gilbert.jullien.pagesperso-orange.fr/DES_MERVEILLES0.htm. Le large chemin file d’abord plein ouest puis au gré des virages, remonte vers le nord dans une splendide forêt où une multitude d’essences (pins, sapins, hêtres, frênes, chênes, cerisiers, merisiers, houx, sorbiers, érables, châtaigniers, noisetiers, j’en passe, etc..) se côtoient et se mélangent dans une parfaite harmonie.  J’y ai même rencontré deux espèces de pommiers différents aux petites pommes délicieuses et juteuses ! En automne, à l’aspect agréable d’une marche en forêt s’ajoute le plaisir des yeux grâce à tous ses feuillages aux couleurs bigarrées. A lieu-dit la Soulane (Solana), vous pourrez délaisser le chemin un instant pour partir à la découverte des ruines d’un immense cortal. Ici, au milieu des églantiers, des ronces et des aubépines, les vues s’ouvrent de nouveau sur des paysages plus lointains et sur l’immensité de la belle forêt domaniale. Aujourd’hui, la nature a repris ces droits de manière anarchique et on imagine avec peine qu’il y a seulement quelques décennies des gens vivaient ici dans cette ferme, isolés de tout et de tous, au milieu de jardins potagers et d’une basse-cour ou bien labourant leurs champs et fauchant leurs prairies. Après la Solana, la piste bifurque vers l’ouest et arrive à la croisée de deux chemins. On prend la piste DFCI CO13BIS qui monte à gauche et tourne très rapidement dans un virage en épingle à cheveux. 150 mètres plus loin, la piste DFCI CO52 se présente et  traverse un autre carrefour. Pour la présente boucle, on choisit de partir à gauche mais on peut également préférer celle de droite qui file vers la ferme de Cobazet et le col de Tour mais cela constitue une variante plus longue d’environ 7 kilomètres. La piste choisie s’élève et on atteint le point culminant du circuit à 1.410 mètres dans une végétation moins élevée  faite de landes, de petits feuillus et de quelques conifères. Cette végétation plus clairsemée laisse entrevoir de nouveaux panoramas vers la vallée de la Castellane, le pic Dourmidou, la Serre d’Escales et toujours sur la droite des paysages sublimes sur la Plaine du Roussillon et le Massif du Canigou. La piste redescend et retrouve le col des Vigues. On pousse le portail et on choisit cette fois, la piste qui part à gauche et que je vous décrivais plus haut comme étant l’itinéraire le plus praticable. On poursuit sur 1.200 mètres jusqu’au Clot del Baro sur la carte et là on descend à droite au milieu des fougères et des cistes sur un large chemin débroussaillé. Ce chemin qui descend raidement dans un véritable nuancier de couleurs, on ne va pas plus le quitter jusqu’à retrouver le sentier pris à l’aller et qui dégringole vers Urbanya.  Arrêts inclus, j’ai mis environ 7 heures pour effectuer cette boucle d’un peu plus de 20  kilomètres  mais on peut raisonnablement la réaliser en 5 heures car, comme toujours, j’ai pas mal flâné et en plus, j’ai été, dans la montée vers le col des Vigues, ralenti par les hautes broussailles. Carte IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25.

(*) Si l'histoire du Domaine de Cobazet vous intéresse, cliquez ici.

(**) Toponymie d'Estardé :

Vous retrouverez la toponymie d'Estardé et la plupart des lieux-dits du secteur sur le lien suivant : http://www.histoiredemosset.fr/archivespdf/balade07.pdf Cette explication a été donnée par le célèbre linguiste catalan Joan Marti i Castell. Toutefois, d'autres explications pourraient être plausibles et la première qui vient à l'esprit est la locution catalane ou espagnole "Es tardé !" signifiant "Il est tard". Il faut savoir que cet endroit à toujours été un lieu de forts passages entre la vallée de la Castellane (Mosset) et celles de Conat ou d'Urbanya/Nohèdes. Il fut un temps où il n'était pas rare que les personnes circulent à la tombée du jour voire la nuit, cette expression est-elle restée dans les mémoires car le lieu étant situé à un col, il était d'usage de marquer une pause à cet endroit-là ? Oui, c'est une explication possible. Autre possibilité, lieu où aurait été aperçue une Outarde, estardoun en provençal et ostarda en occitan.

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Le Baou Rond (281 m) depuis la calanque de Sormiou

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 2 chansons du chanteur/compositeur américain Tony Joe White. Elles ont pour titre "Steamy Windows" et "Love M.D"

 


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De mon enfance et de ma jeunesse à la calanque de Sormiou, je garde de nombreux et heureux souvenirs mais quand je monte vers le Baou Rond, deux d’entre eux me reviennent à l’esprit systématiquement. Le premier est assez cocasse : Avec mon cousin Paul, quand nous avions 13,14 ou 15 ans, nous aimions bien cette courte balade et à l’époque, il ne nous fallait guère plus d’une heure pour monter au Baou Rond, redescendre par le Vallon des Escourtines pour revenir à la calanque par l’allée des Acacias. Quand nous quittions le cabanon, ma tante nous criait : « n’oubliez pas le pécu ! » mais si ce conseil avait été utile la première fois où nous étions montés au Baou Rond, ensuite il ne l’était plus vraiment et de nombreuses feuilles de papier toilettes étaient déjà au fond de nos poches respectives quand nous démarrions. Bien sûr, ces feuilles avaient leur utilité première au cas où, comme l’on disait, nous avions envie de déposer « une sentinelle » ; mais dans nos têtes, nous ne les prenions pas vraiment pour ça. Non, ces feuilles servaient à un drôle de concours qui consistait, depuis le pinacle du Baou Rond, à les laisser s’envoler au gré du mistral et d’observer celles qui allaient se déposer le plus loin. Alors ces feuilles de pécu que nous sortions une à une et avec précaution de la poche de nos shorts et qui disparaissaient au dessus de la merveilleuse calanque se transformaient en points, puis au final, en parties gagnées ou perdues. Ce qu’il y a de risible dans cette histoire, c’est quand nous repartions les poches vides et qu’ils nous prenaient l’envie de « caguer » ; alors nous redescendions les sentiers et les éboulis en courant et c’est plus d’une fois que nous sommes revenus au cabanon soit avec des « traces de pneus » dans nos slips Kangourou ou bien avec les genoux complètement écorchés à cause des chutes, tellement l’envie était pressante. Le deuxième souvenir concerne ce que nous appelions « la cabane à Bob ». Quand, enfants, nous prenions le sentier qui mène vers la calanque de Morgiou ; c’est le même qui va au Baou Rond ; il y avait, tout en haut d’une  paroi et un peu à l’écart du chemin, une cabane. Les plus grands l’appelaient la « cabane à Bob ». C’était une cahute adossée à la blanche falaise et dissimulée derrière une haie de sumacs des correyeurs et d'un figuier. Elle était faite de quelques planches et de grosses pierres des éboulis calcaires qu’il y a un peu partout par ici.  Il y avait toujours des bouteilles vides, des journaux et surtout des casseroles et des boites de conserves noircies par un feu de camp que nous trouvions soit éteint soit encore fumant en arrivant. A écouter les plus grands, parfois, j’avais le sentiment que ce « fameux » Bob nous avait entendu arriver et qu’il se planquait pour éviter de nous rencontrer. Mais, moi ce qui m’impressionnait le plus, c’était ces quelques poulpes que nous trouvions très souvent  pendus entrain de sécher au soleil. A l’époque, j’avais une peur bleue et une sainte horreur des poulpes que mon père pêchait dans des nasses qu’on appelait « jambins » ; mais de voir, ces animaux secs et raides, eux qui sont habituellement flasques et très vivaces, pendus devant la porte de cette cabane avait un aspect sordide et pour moi, presque démoniaque. Mes copains plus âgés prétendaient avoir rencontré « Bob » mais personnellement je ne l’ai jamais vu et c’est marrant comme j’en garde encore aujourd’hui une étrange vision dans mon imagination. Je le vois comme un homme des cavernes ou des bois, sauvage et sale, vêtu de peaux de bêtes, avec une grande barbe hirsute et un visage dur et patibulaire, une espèce d’homme de Cro-Magnon qui se nourrissait essentiellement de poulpes desséchés.  Aujourd’hui, tout a disparu, la végétation a tout envahi et au pied de la paroi, il ne reste plus rien de la « cabane à Bob ». Mais trêve de souvenirs car il est temps que je vous explique comment on grimpe au Baou Rond. Le sentier démarre de la calanque de Sormiou et plus particulièrement de son petit port au dessus duquel on chemine en direction de « Blanc ». Pour les calanquais, « Blanc » c’est un petit cap où se trouve le cabanon plus connu désormais comme étant celui de Fabio Montale, rôle d’un inspecteur de police marseillais tenu par Alain Delon pour une série télévisée. Vingt mètres avant d’arriver à ce cabanon, on prête attention à une sente balisée en rouge qui monte à gauche du chemin. Ce petit sentier balisé en rouge et qui grimpe sans cesse en direction des crêtes, on ne va plus le quitter jusqu’à rencontrer un énorme cairn à la jonction de multiples itinéraires qui s’appelle tout simplement le Carrefour sur les cartes. Sur la droite, le chemin file vers le Cap de Morgiou et nous, on part à gauche à l’opposé en suivant un balisage bleu. Le sentier qui emprunte les crêtes et laisse entrevoir de magnifiques vues de tous côtés devient plus rocailleux et donc plus difficile à arpenter. Au moment où il se hisse sur un dénivelé un peu plus pentu vers un petit défilé, on quitte le balisage pour une étroite sente faite d’un étroit pierrier qui part vers la gauche en direction du bord de la crête. Ici, commence l’ascension du Baou Rond. En provençal, "Baou" signifie "rocher" ou "escarpement rocheux" et Rond est vraiment la meilleure formule pour désigner ce dôme arrondi que l’on rejoint en quelques minutes après avoir quitté le chemin principal. Du haut de cet énorme mamelon, les vues sur la calanque de Sormiou et sur Marseille sont tout simplement époustouflantes. On aperçoit aussi le phare de Planier, les îles de Riou, PlaneJarre et le Bec de l’Aigle tout au bout d’une enfilade de falaises marines qui sont, on le dit à Marseille, les plus hautes d’Europe. Derrière nous, on aperçoit les collines marseillaises avec de grandes pinèdes mais malheureusement aussi, vers Carpiagne, de grands espaces rases, ravagés il y a peu de temps par un grand incendie. Après avoir jeté quelques feuilles de « pécu » au gré du vent et en souvenir du temps passé, on redescend vers le sentier balisé que l’on poursuit dans la direction délaissée juste avant d’être monté au Baou Rond. Soudain, le sentier s’élargit en une spacieuse piste caillouteuse balisée désormais en jaune et bleu qui file en descente et droit en direction de Marseille. On atteint quelques petits pins et une nouvelle intersection. On délaisse la large piste et on emprunte à gauche un sentier plus étroit qui est peint de marques jaunes et bleues mais aussi en rouge et blanc. On est sur le G.R.51 long de 290 kilomètres qui file jusqu’à Menton. A l’instant même où le sentier coupe un étroit vallon, sur la gauche, on domine à nouveau Sormiou et son petit port au fond d’un large défilé. Comme on doit descendre dans ce vallon, on délaisse le sentier des crêtes au profit d’un autre qui descend à main gauche, même s’il est marqué d’une croix d’interdiction. Cet itinéraire, c’est le rocailleux et tortueux sentier des Escourtines, qui en provençal vient du verbe « escourter » qui veut dire « écourter, raccourcir ». Ce raccourci  va nous ramener directement  et très rapidement jusqu’à la calanque. On débouche dans l’allée des Acacias et on retrouve le petit port et la sublime calanque. Sur la gauche et depuis le port, on jette un dernier regard  sur l’impressionnant Baou Rond que l’on vient d’escalader. Enfant, j’étais toujours étonné de l’avoir gravi et pour moi, d’en revenir c’était un véritable exploit, un peu comme si j’avais vaincu l’Everest. Comptez deux heures pour ce circuit où il faudra être équipé de bonnes chaussures de marche. Avant de partir, informez-vous sur les périodes où les randonnées sont autorisées dans ce secteur du  massif des calanques. Carte IGN 3145 ET Marseille-Les calanques Top 25.

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Les Prés Salés d'Arès et de Lège-Cap Ferret suivi de la Dune du Pilat.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 5 chansons en hommage à Françoise Hardy. Elles ont pour titre "Message personnel", "Des Ronds Dans l'Eau", "Comment Te Dire Adieu ?", "L'Amitié" et "Il n'y A Pas d'Amour Heureux".

 


Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

En ce début du mois septembre, nous avions décidé de quitter nos chères Pyrénées-Orientales, ses cimes élevées et ses vallées perpétuelles, ces éreintants dénivelés pour un pays on ne peut plus plat, celui d’Aquitaine et plus particulièrement cette merveilleuse région qui borde le Bassin d’Arcachon. Mais quand on aime la marche, ne va-t-on pas s’ennuyer à arpenter ce pays plus plat qu’une limande ? Oui, bien sûr, comme le font chaque année des milliers de touristes, nous avons gravi  l’étonnante dune du Pilat qui avec ses 105 mètres de haut, ses 2.700 mètres de long et ses 500 mètres de large constitue la formation sableuse la plus importante d’Europe. De là-haut, même si les vues sur l’Atlantique, les plages, le bassin et la forêt d’Aquitaine sont époustouflantes, peut-on considérer cette très courte escalade comme une véritable balade ? La réponse est non. Pour en faire une véritable randonnée, peut-être aurait-il fallu, dans une espèce d’excursion « saharienne », cheminer la totalité de sa crête puis revenir par la plage du Pilat ou la forêt d’Arcachon ! Alors, pour ne pas avoir prévu cette possibilité, nous avons cherché une belle balade de quelques heures et vous savez quoi, elle était à quelques encablures de la jolie maison que nous avions loué dans l’agréable village de Lège-Cap Ferret. En effet, les Prés Salés est un site sauvage de 495 hectares situé au nord du Bassin d’Arcachon. Classé en réserve naturelle nationale depuis 1983, une partie des terrains est la propriété du Conservatoire du Littoral. Entourés de forêts, de pinèdes et de dunes boisées, rythmés par les saisons et le mouvement incessant des marées, alimentés en eau douce par le Canal des Etangs, les Prés salés sont constitués de micro habitats où se réfugie une faune exceptionnelle composée parfois d’espèces très rares et qui bénéficient de mesure de surveillance et de protection. Il y a également de nombreuses plantes insolites qui supportent des conditions écologiques très spéciales et notamment le recouvrement temporaire en eau de mer et la forte teneur du sel dans le sol. Selon les saisons, on observera diverses espèces d’oiseaux : canards, oies sauvages, limicoles, hérons, milans, passereaux, martins pêcheurs, cygnes tuberculés,  etc.… j’en passe et des meilleurs car il a été recensé plus de 200 espèces de volatiles différents. Mais si vous avez un peu de chance, vous observerez aussi quelques mammifères (loutres, chevreuils, sangliers, ragondins) et dans la classe des reptiles, la tortue Cistude ou bien le lézard vert. Quand aux insectes et papillons, ils sont abondants à la bonne saison et nombre d’entre eux sont rares et évidemment protégés. Le départ du circuit s’effectue depuis le port ostréicole d’Arès. Avec des vues inhabituelles et un aspect presque encore originel, le bassin d’Arcachon s’étale devant vous. Sur votre droite, un grand panneau indique que l’on entre dans la Réserve Naturelle des Prés Salés. Ici on quitte définitivement la frénésie immobilière de la côte pour entrer dans une zone essentiellement naturelle et sauvage où les rares habitations sont quelques cabanes en bois construites par les ostréiculteurs et les chasseurs. Le chemin qui emprunte le G.R.8 est d’abord rectiligne. Le sentier se faufile au milieu d’une dense végétation composée de haies de ronces ou de chèvrefeuilles, parfois de petits chênes verts ou chênes liège ou encore de tamaris et d’arbousiers. De temps à autre, on enjambe une écluse. Elles font le lien entre le bassin et les plans d’eau des anciennes réserves à poissons construites au 19eme siècle.  D’ailleurs, si le niveau de l’eau est bas, vous pourrez sans doute observer des mulets, des petits bars et autres minuscules gambusies qui s’ébattent près de la surface. Ils viennent moucheter quelques insectes dans de minuscules poches d’eau encore inondées d’une eau saumâtre et souvent boueuse. Au bout de 10 minutes de marche, vous apercevez sur votre gauche une passerelle de bois. Ici deux options s’offrent à vous avec dans les deux cas, des panneaux directionnels indiquant le « Tour du Bassin d’Arcachon ». Balisée de jaune et rouge, ce chemin constitue une autre randonnée bien plus longue que celle qui nous occupe aujourd’hui. Si vous choisissez de prendre la passerelle, prenez garde aux horaires des marées car vous allez marcher à même les prés salés c'est-à-dire dans une zone inondable dès lors que la mer va commencer à monter. Sur un terrain sableux, quelquefois vaseux ou même carrément mouillé, il suffit de suivre les poteaux bien visibles peints d’une marque jaune ou bien flanqués avec le logo de la réserve. Parmi des champs de roseaux, de laîches et de joncs, le sentier se fraye un chemin au milieu de frêles rigoles que de petits filets d’eau empruntent à la marée montante. Le chemin file vers l’ouest en direction du Cap-Ferret puis il coupe une large piste que l’on emprunte plein nord. L’itinéraire rejoint la route départementale 106. Là, on tourne vers la droite en direction de Lège. On ne peut pas louper l’originale Cabane du Résinier, un homme très accueillant qui tient un espèce de bric à brac ou de capharnaüm, ô combien ludique et instructif sur la faune, la flore et les activités passées ou présentes de la région et notamment le gemmage. Pour le pur bonheur qu’il apporte à ses visiteurs, achetez lui un objet ou bien laissez lui une obole. Après la cabane, il suffit de poursuivre le long de la route soit pour rejoindre une partie du chemin pris à l’aller soit pour retrouvez un peu plus loin, le sentier du G.R.8 qui par la droite va vous ramener au port ostréicole d’Arès. Comptez au moins deux bonnes heures pour effectuer cette boucle en prenant le temps de la découverte. Le terrain est plat et ne nécessite aucun un équipement particulier. Pensez à prendre des jumelles mais si vous les avez oubliées sachez que le garde ONCFS est très sympa et il se fera un plaisir de vous prêter les siennes si nécessaire. En plus et  très gracieusement, il vous donnera toutes les explications utiles sur la Réserve Naturelle, sa faune et sa flore. Des visites guidées sont également organisées et les offices du tourisme régionaux se feront une joie de vous orienter. On terminera cette agréable balade par la visite de port d’Arès où l’on ne peut regretter qu’une chose que les prix d’une dégustation d’huîtres chez les ostréiculteurs ne soient pas très souvent affichés ! Carte IGN 1337 ET Bassin d’Arcachon Top 25.

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Elle s'appelait Milie....

Publié le par gibirando

milie

Hier 3 octobre, en rentrant d’un voyage à Marseille, nos amis Lynda et Jacques étaient inquiets. Ce sont eux, en notre absence, qui s’occupent de nos quatre chats Milie, Zouzou, Chavache et Noxy. Ils étaient anxieux car Jacques avait vu notre petite Milie s’enfuir après s’être fait heurtée par une voiture. Si dans la soirée, les trois autres chats étaient là bien au chaud dans la maison, Dany et moi étions angoissés car Milie ne donnait pas signe de vie. Bien qu’elle était coutumière de ce type d’absence, j’avoue que cette fois-ci j’appréhendais le pire. Avant de partir nous coucher, nous l’avons appelée et cherchée, mais en vain. Au réveil, toujours pas de nouvelles de Milie. Nous l’avons cherchée une partie de la matinée, nous avons interrogé le Fichier National Félin, puis la Mairie et les services de voirie et de fourrière compétents mais sans succès. En fin de matinée, notre voisin,  intrigué par les aboiements de son chien, a aperçu Milie au fond d’une buse en béton qui longe sa maison, mais, ne sachant pas si elle était vivante ou bien morte, il est parti chercher une torche. Avant qu’il ne revienne avec la torche, à mon tour, je me suis penché dans cette canalisation et laissant mes yeux s’habituer à l’obscurité, j’ai rapidement compris que Milie était inerte. Notre petite et gentille Milie était morte, là au fond de ce conduit, sans doute d’une hémorragie interne. Triste destin car Milie était née dans un caniveau.

 

Milie, était une chatte Bombay de 6 ans, toute noire avec juste une petite touffe de poils blancs sur le poitrail, détail qui selon les spécialistes suffisait à la cataloguer comme n’étant pas de race pure mais dont on se foutait comme de notre « première chemise ». Ces yeux étaient d’un jaune intense qui pouvaient varier du jaune ambré au jaune citron et c’est vrai que son regard pouvait parfois impressionner car tout en elle, sauf sa taille, la faisait ressembler à une panthère noire. Mais pour nous qui la connaissions parfaitement, Milie n’avait rien d’un animal féroce bien au contraire. Bien que mangeant à sa faim, Milie était chétive voire famélique, elle était très craintive, peureuse même et elle n’acceptait les caresses que dans certaines conditions. Depuis peu de temps, elle était devenue vraiment affectueuse et les « quatre fers en l’air », elle appréciait les caresses sur le ventre. Quand nous l’avions recueillie en 2004, ce n’était qu’un tout petit chaton abandonné et apeuré trouvé au fond d’un fossé. L'association Les Chats d'Oc de Saint-Estève l'avait récupérée mais très rapidement nous l'avions adoptée. Craintive à l’extrême, Milie avait mis très longtemps à accepter la domestication, et c’est avec une patience infinie que Dany l’avait d’abord allaitée, puis alimentée et enfin apprivoisée. Milie semblait d’ailleurs considérer Dany comme sa mère car presque tous les soirs, elle venait dans notre lit se faire câliner et très souvent elle "têtait" Dany sous le bras comme un petit chaton en manque d’affection. Quand le soir venue, elle n'était pas là, nous nous inquiétons car nous savions qu'elle avait aussi une double vie. Elle partait, traversait la rue mais nous ne savions jamais où elle allait. Cette double vie lui a été fatale. Pourtant, nous aurions tant aimé qu'elle soit comme nos autres chats, autant sociabilisée et nous pensions avoir tout fait pour qu'il en soit ainsi. Malgré cette méfiance qu’elle avait en général vis-à-vis des humains, jamais une seule fois, Milie n’avait sorti ses griffes et eut un coup de pattes déplacé envers quiconque. Milie était la gentillesse même et j’ai beau me dire qu’il faut relativiser la perte d’un animal de compagnie, son absence va être longue, douloureuse et difficile à accepter, surtout pour Dany qui était très attachée à elle. Le jour même et dans les "règles de l'art" ; enroulée dans un linge et avec un peu de chaux ; je suis parti l'enterrer dans la campagne stéphanoise. Comme j'aime marcher dans cette campagne, il est fort probable que j'aille très souvent lui rendre un petit hommage. 

 

Elle s’appelait Milie,

Son pelage était plus noir que la nuit.

De son enfance, elle gardait les blessures

Mais son cœur était beau et pur.

Une touffe de poils blancs sur le cœur,

Qu’elle ne montrait qu’à contrecoeur,

Ses yeux jaunes exprimaient la détresse.

Parfois l’amour, toujours la gentillesse.

Elle est partie sans faire de bruit,

Notre chatte s’appelait Milie.

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La Torre de Creu et le barrage de Matemale depuis Matemale

Publié le par gibirando


Ce diaporama est enjolivé avec une musique du duo "Secret Garden" qui a pour titre "Fairytale", extraite de leur album "Once In The Red Moon".

 
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Gérard Lenorman chantait « rien n’est plus beau que la neige aux cimes des montagnes, rien n’est plus beau que nos mains quand elles se rejoignent ». Alors faites vôtres ces quelques vers, donnez-vous la main et partez en groupe, en famille ou en amoureux, faire cette douce balade dans le Capcir au cours de laquelle vous découvrirez la Torre de Creu ou du moins ce qu’il en reste, la forêt de la Matte et pour finir, le barrage, le splendide lac et le beau petit village de Matemale, le tout entouré de montagnes enneigées comme dans la chanson, à condition que l’été ne soit pas trop avancé bien sûr. Sans pratiquement aucun dénivelé (120 m), vous alternerez les flâneries sur des sentiers forestiers ombragés et celles plus bucoliques à travers de vertes prairies jonchées de fleurs. Vous enjamberez l’Aude qui n’en est ici qu’à ses prémices et qui n’est qu’un mince et rafraîchissant ruisseau. Fleuve méridional s’il en est, il zigzague au gré des herbages, cherchant déjà le chemin le plus court pour rejoindre la Méditerranée. Vous tomberez nez à nez devant la surprenante Torre de Creu. Cette Tour de Creu ou de la Croix est, selon l’angle sous lequel on la regarde, une espèce de Tour de Pise qui aurait subi de graves secousses telluriques. D’ailleurs, le mot « Torre » est pour le moins trompeur car il s’agit en réalité des vestiges du donjon d’un ancien château dont les premières mentions dateraient de 965 sous le nom de « villa Cruce ». En vérité, l’Histoire dit peu de choses quand à sa toute première origine mais, comme souvent et par mesure de protection, les villageois se sont sans doute regroupés autour d’une chapelle formant ainsi et peu à peu un petit hameau entouré de remparts. Sous la coupe de divers châtelains, le hameau de Creu est passé de mains en mains au gré des conflits et des dissensions que la haute vallée de l’Aude a connu au fil des siècles et des règnes. Le hameau était, parait-il, encore habité au 19eme siècle, ce qui, au regard de son état de délabrement extrême, semble difficile à imaginer. L’édifice n’a pas eu la chance d’être restauré comme bons nombres d’autres monuments l’ont été et des pans entiers sont d’ailleurs tombés au cours du 20eme siècle et encore très récemment en 2008. Interdit au public en raison du danger, vous ne pourrez sans doute pas l’approcher comme nous l’avions fait en 2006 pour prendre quelques photos au pied de ses ruines. Le départ de ce joli circuit s’effectue depuis Matemale dont l’origine du nom est apparemment sans équivoque pour les historiens : le toponyme « mata » signifiant « bois », on peut facilement traduire « matemale » en « bois mauvais ». Il reste à comprendre pourquoi cette forêt de la Matte était mauvaise : pour la qualité de ses essences ou bien à cause des animaux « féroces » (ours, loups, etc.…) qui l’occupaient sans doute dans des temps plus reculés ? L’Histoire ne le dit pas !  On emprunte la rue de la Mouline, on sort du village par le G.R. Tour du Capcir et on continue environ 900 m sur le bitume jusqu’à une intersection ou l’on tourne à droite en enjambant le pont dit de La Molina. Le chemin désormais rectiligne qui longe une toute petite partie de la forêt domaniale du Cami Ramader va vous emmener sans problème jusqu’à la Torre de Creu. D’ailleurs, et même si vous regardez autre part car les paysages alentours sont merveilleux, la tour en ruines sera dans votre visée bien avant de l’atteindre. Vous tournez à gauche sur la D.4 pour atteindre la tour mais comme vous êtes attirés par elle, vous oubliez le bitume et vous partez tout droit dans le pré. La visite étant des plus sommaires, vous poursuivez la D.4, commune avec le P.R.22 vers Camps Grans en enjambant un autre pont sur l’Aude. Le fleuve, dont le cours est régulé par le barrage, n’est ici qu’un étroit ruisseau de 2 mètres de large qui zigzague dans l’herbe rase de la prairie. A Camps Grans, vous délaissez la route qui part vers Formiguères au profit de celui qui part plein sud en direction de la forêt de la Matte. Vous restez constamment sur la piste balisée en jaune. Elle coupe la D.118 puis atteint la forêt que l’on traverse en direction des Angles. D’ailleurs, une fois la forêt franchie, la station n’est pas très loin et vous apercevez sur votre droite tous les petits chalets parfaitement alignés dans le bois du Bac de Vallserra. Les pâturages et les champs sur votre droite et la forêt sur votre gauche, vous poursuivez la piste qui va se rapprocher de la D.32. Heureusement vous n’aurez pas à cheminer le goudron car l’itinéraire aussitôt s’en éloigne en direction d’un parcours sportif et du lac de Matemale qui n’est plus très loin maintenant. Vous traversez la forêt de la Matte dans l’autre sens et au sortir du bois, près d’un parking et d’une aire de pique-nique, la vaste et lisse retenue d’eau d’un bleu outremer surgit tout à coup. On retrouve le G.R. Tour du Capcir que l’on emprunte en tournant à gauche en direction du barrage construit en 1959 pour la production d’électricité. Le retour est d’une grande simplicité car il suffit de franchir la longue digue avec, bien évidemment, de très belles vues sur le lac et le village et de poursuivre l’itinéraire en direction de la centrale électrique. Peu après le site industriel, on retrouve l’asphalte de la D.52 qui entre dans Matemale et la boucle d’environ 14 kms se referme. Ce circuit ne présente aucune difficulté et s’adresse à tous petits et grands et bien que Matemale soit la capitale de la pomme de terre, il ne sera pas indispensable d'avoir la "patate" pour l'accomplir. Bien que j’aurais tendance à conseiller la fin du printemps ou le début de l’été, car « rien n’est plus beau que la neige aux cimes des montagnes », cette belle randonnée est réalisable toute l’année et bien sûr en hiver avec des raquettes. Carte  IGN 2249 ET Font-Romeu-Capcir Top 25

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La Source des Verriers (782 m) depuis Vira (610 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est enjolivé de 5 tubes du célèbre chanteur et musicien de rock Chuck Berry. Elles ont pour titre : "You Never Can Tell", "Roll Over Beethoven", "Carol", "No Particular Place To Go" et "Maybellene"

 
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Il y a encore quelques mois, j’ignorais tout de ce joli circuit qui mène à la Source des Verriers. Pourtant dieu sait si bien des fois j’avais arpenté cette magnifique forêt de Boucheville ! Du Vivier à Fenouillet ou de Sournia à Rabouillet ou bien de Caudiès jusqu’à Gincla en passant par le vallon d’Aigues-Bonnes, les Gorges de Saint-Jaume, le Pech de Fraissinet, les cols de Tulla, de Benta Fride ou de l’Espinas, sincèrement, je pensais en avoir fait le tour de cette belle et envoûtante forêt. Mais voilà, on ne connaît jamais tout et comme le dit l’adage : « les voies de la Providence sont impénétrables » mais il faut croire que celles de la forêt de Boucheville ne le sont pas ! Ici, en l’occurrence, le mot « Providence » avait pour synonyme le mot « don ». En effet, cet agréable circuit, je l’ai découvert pour la  première fois dans un petit guide intitulé « 34 randonnées en Agly-Verdouble » édité par le Conseil Général des P.O. Ce petit guide, si tout le monde peut se le procurer au prix de 8 euros dans tous les Offices de Tourisme des Fenouillèdes moi, j’ai eu le délicieux privilège qu’il me soit offert gracieusement par un club de randonnée. Et pas n’importe quel club !!! Le Club de Randonnée Pédestre du Foyer Rural d’Auriac du Périgord. Voilà pour la Providence ! C’est déjà très inhabituel qu’un club du Périgord offre un guide de randonnée à un roussillonnais mais qu’à travers ce guide, de surcroit catalan, le roussillonnais d’adoption que je suis découvre de nouveaux tracés, là  on pourrait  penser que si les voies de la Providence sont impénétrables celles pour découvrir cette jolie randonnée l’étaient presque tout autant.  Mais quand je vous aurai dit que c’est grâce à ce blog que vous êtes entrain de compulser que ce « fabuleux contact » s’est noué, là vous serez sans doute moins surpris puisque l’objectif principal d’un blog est tout de même de tisser des liens entre amis ou blogueurs ayant des centres d’intérêts analogues. Voilà pour la petite histoire rocambolesque qui m’a amené en ce beau jour d’été à faire cette belle balade. Quant à la grande Histoire, celle avec un grand « H »,  le guide ne dit pas grand-chose de cette Source des Verriers, si ce n’est qu’il y avait aux temps anciens, une verrerie à cet emplacement actuel de la forêt royale de Boucheville. Il faut savoir qu’au Moyen Âge, c’était monnaie courante que les verreries s’installent au beau milieu d’une forêt. En effet, les verriers érigeaient très souvent leur cabane et leurs ateliers en pleine forêt car ils y trouvaient, en plus du combustible et de l’eau, à peu près tout les minéraux et matériaux entrant dans la composition du verre : minéraux siliceux (sables ou grès), les colorants minéraux (divers oxydes comme l’oxyde de fer par exemple) les fondants (calcaires, potasse des cendres végétales) mais aussi les pierres nécessaires pour édifier les fours, l’argile pour les maçonner et modeler les creusets où ils fondaient le verre. En outre, grâce à la chasse, à la pêche et à la cueillette, les verriers tiraient de la forêt la majeure partie de leur subsistance. Un peu plus tard, à partir du 15eme siècle, il faut savoir que les fabriques de verre ont été le plus souvent l’apanage d’aristocrates car souffler le verre était le seul métier manuel qu’un gentilhomme pouvait exercer sans déroger aux règles de la monarchie et de la noblesse. De cette Source des Verriers, outre la résurgence et le nom qui figure sur un panonceau, il ne subsiste rien et le lieu actuel ne vaut le déplacement qu’à cause d’une agréable aire de pique-nique au sein d’une pinède ombragée au milieu de laquelle coule mélodieusement le petit ruisseau de Boucheville. Le démarrage de cette randonnée se fait depuis la place principale de Vira où un explicite panneau « Source des Verriers-13,5km-dénivelé 320m » donne le signal de départ. Vira est une petite commune paisible des P.O, d’une trentaine d’habitants  blottie au cœur de la forêt domaniale de Boucheville. S’agissant d’un P.R., le balisage est peint d’un seul trait jaune qu’il faudra suivre tout au long de cette boucle qui emprunte pour l’essentiel de larges pistes de Défense de le Forêt contre les Incendies (DFCI).  On quitte Vira en tournant d’abord le dos à la forêt et on emprunte la rue de l’Ouratory (oratoire).  On abandonne rapidement le bitume pour un large chemin herbeux qui passe devant l’oratoire et son crucifix. A l’ombre des noisetiers, le chemin s’élève au dessus de quelques jolies villas puis s’aplanit jusqu’à couper une étroite route goudronnée qui s’élève jusqu’à une intersection où un panneau vous signale par le biais d’un gentil « patou » que l’on entre dans une zone de pâturage. On prend à gauche la piste terreuse DFCI qui descend sous une ferme et l’on aboutit à une prairie en friches où les vues portent très loin vers la longue chaîne des Corbières. On laisse les pistes qui partent à droite et à gauche jalonnées de poteaux électriques et on traverse la prairie sur une vingtaine de mètres toujours en descente jusqu’à couper une petite sente peu visible en raison des hautes herbes. Heureusement, un poteau avec une marque jaune a été planté là au milieu de la garrigue et il indique clairement l’itinéraire à suivre. L’étroit sentier descend dans un obscur sous-bois de feuillus composé principalement de chênes verts, de buis et de hautes bruyères. En suivant le balisage jaune, on arrive sur un petit pont en pierres sur lequel on enjambe le maigre ruisseau de Boucheville. Juste après le pont, on arrive à une combe verdoyante et à un nouveau croisement où un panonceau jaune vous indique « Source des Verriers-Vira 11,9 km-4h10 ». Considérez qu’à partir d’ici, vous avez accompli la partie la plus « tortueuse » du circuit et qu’il vous reste la plus facile. En effet, si vous suivez bien les abondants petits panonceaux « Sources des Verriers » qui jalonnent le chemin (ils sont vraiment très nombreux !) et le balisage jaune en évitant de prendre les sentiers barrés d’une croix, vous rejoindrez l’arrivée à Vira sans aucune difficulté. Vous empruntez tour à tour une piste au milieu d’un maquis typiquement méditerranéen puis, vous vous rapprochez peu à peu de la forêt de Boucheville sur un doux dénivelé qui va vous donner l’occasion d’observer très tranquillement des panoramas de toute beauté. Au loin, le Pech de Bugarach se dresse et se détache dans un horizon plutôt rectiligne. Un peu plus tard, c’est le Pech de Fraissinet qui soulève sa croupe à la fois aride et très boisée dans la ligne de mire du chemin. Plus haut, vous dominez le ravin de Tulla et Fenouillet avec des vues superbes sur la commune et les ruines de son château médiéval. En toile de fond, la vallée de la Boulzane, Caudiès-de-Fenouillèdes et le Pech du Bugarach qui dresse désormais son « étrave » tel un immense navire dans la houle des Corbières. Tout en grimpant dans cette nature généreuse où une flore et une faune exceptionnelles semblent cohabiter radieusement, peut-être aurez-vous la chance d’observer, comme je l’ai fait, un joli petit chevreuil (photo) sautillant au milieu des genêts et des fougères ou bien un florilège d’oiseaux et de papillons multicolores qui virevoltent allégrement autour de vous. Au panneau vous annonçant le col de Boïre à 150 mètres, je vous conseille de faire une petite entorse à ce circuit et de partir vers le col. En effet, depuis ce passage des vues époustouflantes se dévoilent sur une grande partie de la forêt de Boucheville, le vallon et le col de Tulla et le Pech de Fraissinet. D’ailleurs, les chasseurs du coin ne s’y sont pas trompés, eux qui ont installés leurs hauts miradors en surplomb de l’immense dépression. En reprenant le circuit, la piste se stabilise jusqu'au Col de l'Ours puis redescend jusqu’à aboutir à une route en bitume non loin de l’aire de pique-nique du Pont des Verriers. Ce petit pont enjambe le ruisseau de Boucheville déjà entrevu ce matin. En été, on entend un faible glouglou mais c’est celui de ce petit ru boueux car si la Source des Verriers est encore là à quelques dizaines de mètres au dessus de la route, elle est engloutie sous deux plaques de fonte posées sur des puits en ciment qui laissent à penser que l’eau qui était utilisée autrefois par les verriers est désormais captée à d’autres fins sans doute plus rationnelles que celle de la fabrication du verre. A partir de la Source des Verriers et pour rejoindre Vira, la fin du circuit presque essentiellement sur l’asphalte est des plus rébarbatives. Heureusement qu’il y a encore quelques jolis points de vues sur le village, la forêt, la plaine du Roussillon et les Corbières, un ludique circuit botanique avec plus d’une vingtaine d’essences commentées et pour finir, un agréable sentier tout en balcon sur Vira. Ces quelques découvertes viennent atténuer ce dénouement plutôt monotone. Au départ, la boucle est donnée pour 4h45, arrêts non inclus sans doute. Moi, comme toujours j’ai flâné à outrance et j’ai marché 6h40 arrêts inclus ce qui pour une torride et accablante journée du mois d’août est finalement très correct. Au départ, on a beau se dire que la forêt de Boucheville se prête parfaitement à une randonnée estivale qui va être fraîche et ombragée, il ne faut pas s’y tromper, on marche tout de même souvent au soleil même si les parties en sous-bois sont également bien présentes. Mais me direz-vous, quoi de plus normal que de randonner sous un grand ciel bleu azur en plein mois d’août ! En été, casquette ou chapeau, lunettes de soleil et crème anti-UV sont fortement recommandées, en sus de l’équipement habituel ; mais surtout n’oubliez pas de partir avec de l’eau en quantité suffisante. Je suis parti avec seulement deux litres et sur la fin, j’en ai manqué terriblement. Déshydraté, en arrivant à Vira, je me suis jeté la tête la première dans la vasque de la Claire Fontaine et ensuite, je suis resté de longues minutes à m’asperger. C’est dire si j’avais eu chaud et soif. Carte IGN 2348 ET Prades - Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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Oui, j'ai aimé la corrida !!!

Publié le par gibirando

Oui, j’ai aimé la corrida !

A l’heure où de nombreux citoyens veulent la peau de la tauromachie tant côté espagnol que français, je ne crains pas de le dire : « oui, j’ai aimé la corrida ! ».

Pourtant cette déclaration ne se veut en rien provocante et surtout je n’en tire aucune jouissance ni quelconque fierté. C’est simplement qu’il fut un temps où j’ai aimé ce « jeu de cirque » que certains dépeignent aujourd’hui comme un spectacle « barbare » d’un autre temps.

Je peux donc comprendre que certaines personnes aient continué à l’aimer même si aujourd’hui ce n’est plus tout à fait mon cas.

Quand je dis « plus tout à fait » c’est parce que si je n’aime pas cette condamnation lente, cruelle et programmée du taureau et les souffrances faites au animaux en général, j’ai gardé au fond de moi, le goût pour ce spectacle coloré où l’homme est seul face à l’adversité. Certains ont décrit la tauromachie comme un art et d’autres comme un sport mais sincèrement je ne crois pas qu’un spectacle qui consiste à affaiblir un animal pour l’abattre au final soit un art ni un sport. Les arts et les sports ont évolué au fil des siècles, la peinture de la Renaissance n’est pas celle d’aujourd’hui, la musique non plus, le jeu de Paume n’est pas le tennis que l’on connait de nos jours mais la corrida, elle, n’a pas changé et est restée une tradition localement très limitée.

Si j’en parle aujourd’hui, c’est parce que le sujet est d’actualité et que le 28 juillet 2010, le Parlement catalan a envoyé à la France un signe très fort en votant l’abolition de la corrida en Catalogne espagnole.

Oui, j’ai aimé la corrida mais sans vouloir me trouver d’excuses, je l’ai aimé comme un enfant brésilien né au pied des gradins du Stade Maracaña ne peut automatiquement qu’aimer le football.

Je suis né en 1949 à Marseille et peu de personnes le savent mais la cité phocéenne et la tauromachie c’est une très longue histoire d’amour de presque deux siècles qui a commencé en 1770 dans le quartier de La Plaine pour se terminer en 1962 dans les arènes démontables du Boulevard de Paris. Entre temps, des générations de marseillais ont été passionnés par les toros et on a dénombré jusqu’à 15.000 spectateurs lors de certaines représentations. Les historiens marseillais ont recensés 18 sites, 22 journaux taurins ont vus le jour et 3 « plazas » ont fonctionné en même temps ce qui constitue un record de France.

Pour moi, chance ou malchance, entre ces deux dates, des arènes ont été construites en 1955 dans le quartier de Bonneveine à 500 mètres de chez moi. Mon frère Daniel avait 9 ans et moi 6. Sous le prétexte que nous allions voir du foot, excuse que nous donnions généralement à nos parents, très souvent, mon frère et des copains m’entraînaient vers les arènes. Ces arènes du Parc Borély que l’on appelait aussi arènes de Bonneveine sont rapidement devenues pour nous, d’abord un champ de jeu car nous prenions surtout plaisir à entrer en « resquillant », comme on dit à Marseille, puis un espace de ferveur, car, pour les enfants que nous étions, il y avait un côté magique et jubilatoire à entendre 9000 personnes criaient « olé ! olé ! » aux véroniques de Luis Miguel Dominguin ou d’Antonio Ordonez.

A l’époque, j’étais insouciant et sans doute un peu cruel comme tous les enfants. Les toreros « maestros » étaient mes idoles. Loin de moi l’idée que la cruauté puisse être constamment présente dans cette enceinte et je ne me souviens pas avoir pleuré une seule fois à la mise à mort d’un taureau même après une estocade ratée. En 1959, les arènes de Bonneveine fermèrent mais la passion de la tauromachie était sournoisement entrée en moi. En grandissant, je quittai Marseille, accompagné de copains, pour aller voir d’autres corridas régionales et je manquai rarement les férias d’Arles ou de Nîmes. Puis je me suis marié et me suis contenté de regarder quelques corridas à la télé. Au fil du temps, je me suis tourné vers d’autres pôles d’intérêts et quand je voyais une corrida à la télé, même si je continuai à apprécier la beauté des « passes » d’un brillant El Juli, je prenais peu à peu conscience des souffrances que l’animal endurait et j’ai fini par me détacher définitivement des spectacles taurins que je trouvai d’une brutalité extrême dans les phases du « picador » notamment et, bien sûr, de la mise à mort finale. J’aurais aimé que la corrida évolue vers un spectacle plus humain où au final, on gracie le taureau. La tauromachie serait peut-être devenue un art ou un sport à part entière ?

Ma vie et mes rapports à la tauromachie furent ainsi. En m’éloignant des arènes, j’ai fini par m’éloigner de la tauromachie. Mais aujourd’hui je ne blâme pas ceux qui comme moi sont nés à proximité d’arènes et continuent à les fréquenter parce qu’ils ont toujours vécu dans cette ambiance. Nos chemins ont divergé tout simplement.

Oui, j’ai aimé la corrida et je ne l’aime plus, mais  si je suis anti-corrida telle qu’elle se pratique encore, je ne suis pas un anti-aficionado !

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Le Hameau oublié de Fontanills par Can Rigall (880 m) depuis Arles-sur-Tech

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 2 standards du jazz joués par Miles Davis avec notamment John Coltrane et Julian Cannonball Adderley. Ils ont pour titre "Milestones (Miles)" et "Blue In Green" composée par Bill Evans.

  

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Bien qu’Arles-sur-Tech (275 m) soit une ville où les légendes et les récits authentiques se confondent parfois, je ne vais pas vous raconter de balivernes sur cette boucle que je décris aujourd’hui. En effet, en ce jour très chaud du mois d’août, mon idée première en partant randonner était de grimper d’abord vers la Salt de la Maria Valenta, cette illustre chute d’eau du nom d'une jeune fille qui pendant la Guerre du Roussillon et alors qu’elle était poursuivie par les soldats préféra se jeter dans le vide du haut du la cascade plutôt que d’être capturée. Cette belle cataracte de plus de 20 mètres de hauteur, personnellement je l’avais découverte pour la première fois dans le beau roman de Marie Vallespir intitulé « Domenica ou la vallée âpre ». Cette fiction a pour décor le Vallespir et plus particulièrement Arles-sur-Tech et ses merveilles dans laquelle la cascade sert de toile de fonds à l’intrigue. Ma deuxième idée en allant au pied de la cascade était bien sûr de me baigner dans le bassin de ce lieu parait-il paradisiaque avant de poursuivre ma longue randonnée vers le hameau de Fontanills. Mais est-ce une prémonition, voilà qu’avant de démarrer, je m’arrête à l’Office du Tourisme d’Arles pour obtenir quelques renseignements sur le parcours que j’envisage d’effectuer. Et là, qu’elle n’est pas ma surprise quand la conseillère m’indique que la Salt de la Maria Valenta se situe sur un domaine privé dont le propriétaire interdit l’accès aux randonneurs. Elle me recommande de suivre le chemin balisé en jaune et surtout de pas en sortir. Je ressors un peu déçu de l’Office du Tourisme mais comme je suis respectueux de la vie privée des autres, j’accepte avec regrets cette idée d’être obligé de changer quelque peu mon itinéraire initial. Je déplie ma carte IGN et modifie mon parcours pour celui présenté ici qui ne diffère guère de celui envisagé hormis qu’il suit un itinéraire inversé et évite le bassin de la Maria Valenta. J’emprunte comme initialement prévu la rue du Barri d’Amont qui m’amène vers le passage à gué sur le Tech où se trouve le point de départ à la Fontaine du Buis. A cette aire de pique-nique, je tourne à gauche, je traverse le parc en passant devant le restaurant, la fontaine et après une chicane, je monte à droite dans la sombre forêt au milieu d’un champ de Balsamines de Balfour. De cette magnifique futaie composée pour l’essentiel de très hauts châtaigniers, je vais en sortir exclusivement à l’approche du lieu-dit Can Rigall. Dans cette longue montée, il n’y a pas de panoramas impressionnants pour vous couper le souffle mais seulement un sentier en sous-bois à la raide déclivité. Et comme disait ma belle-sœur quant elle randonnait avec moi : « j’étouffe dans ces sous-bois ! ». En vérité et comme ici, ce n’était pas les sous-bois qui l’étouffaient à ma belle-sœur, mais bien le « bon » dénivelé, conjugué sans doute pour elle à un manque de condition physique évident. Peu de temps après avoir coupé une piste, des panonceaux se présentent, je délaisse celui qui part directement vers l’oratoire et je poursuis vers Can Rigall en suivant les marques de peinture jaunes bien présentes sur les arbres. Je coupe le Correc de la Coma, petit ru bourbeux où poussent une multitude de champignons tous très différents. La végétation se fait plus basse et je finis par déboucher en plein soleil sur un large chemin herbeux qui, sur ma droite, aboutit à un portail entouré de clôtures. Mon GPS m’indique que je ne suis plus très loin du « waypoint » que j’ai enregistré comme étant Can Rigall. Je poursuis tout droit à travers quelques bruyères roses et arrive sur un plateau qui domine admirablement ce magnifique domaine privé servant parait-il de gîte. Ici, grâce aux splendides panoramas sur la vallée du Tech, sur le Massif du Canigou, malheureusement enfoui sous les nuages et sur une grande partie du Vallespir, je ne regrette plus la traversée de ce sous-bois « étouffant » et les efforts accomplis. Et comme il est l’heure de déjeuner, c’est devant cet extraordinaire et paisible spectacle que je reprends des forces. Requinqué, je repars tout droit et un peu plus haut, je tombe sur de nouveaux panonceaux indiquant un carrefour de plusieurs chemins. Une nouvelle fois, je poursuis tout droit celui en jaune indiquant le « Belmaig », fameux pilon, fierté des Arlésiens connu pour son trail du kilomètre vertical. Quelques mètres plus haut d’autres panonceaux indicatifs se présentent encore et ici, il est temps de tourner à droite et de suivre celui indiquant clairement l’oratoire et Arles-sur-Tech. Le sentier descend d’abord dans des broussailles composées le plus souvent de bruyères, de genêts, de genévriers et de buplèvres puis il zigzague dans les fougères et les sapinettes avant de longer la clôture du domaine pour atterrir sur la piste devant le portail de la propriété. J’ignore la piste qui se poursuit à droite et juste en face le portail de Can Rigall, je prends à gauche de la piste un sentier peu évident mais néanmoins toujours balisé en jaune qui descend d’abord dans le bois pour déboucher aussitôt dans une jolie clairière fleurie au bout de laquelle trône une ruine envahie par les lierres. Fontanills qu’il s’appelle ce vieil hameau en ruines et oublié de tous au milieu d’une végétation exubérante. Selon l’historien Jean Tosti, les premiers écrits sur Fontanills datent de 993. Face au Canigou, le hameau domine superbement plusieurs ravines. Ici les ronces, les figuiers et les lierres se sont appropriés le village mais quelques bâtiments semblent encore bien debout et leurs murs très épais tendent à prouver la solidité des constructions d’autrefois. Mais il faut être néanmoins prudent et ne pas s’aventurer dans ces ruines car si les murs en pierres ont résisté à l’usure du temps, il n’en ai pas de même des boiseries, poutres et autres solives des planchers et des charpentes que l’humidité et la pourriture ont rongées et vermoulues inéluctablement. En quittant Fontanills qui signifie « petites fontaines », vous remarquerez sur la gauche un étroit canal en ciment, il fait la jonction entre le hameau et un minuscule mais ingénieux barrage qui permettait de détourner le lit du petit ruisseau de Can Guillat. Ce canal alimentait sans doute une ou plusieurs fontaines du village et irriguait les cultures et les jardins. L’étroit sentier toujours balisé en jaune se poursuit en zigzaguant dans la forêt puis au milieu de hauts genêts où il semble continuer à monter vers les contreforts de la Serra de Montner. Soudain, à un replat, il s’élargit et dévale par la droite en direction du fond de la ravine du Correc de la Senyoral. J’enjambe le ruisseau que je vais longer par sa rive gauche. La descente sur un terreau très humide planté de grandes fougères est parfois glissante et mérite une grande attention. Quelques câbles d’acier, vestiges de l’ancienne exploitation minière de giobertite jonchent le sol du sentier et se dressent parfois dans le ciel jusqu’à disparaître dans la canopée des immenses châtaigniers. Parsemé d’énormes coulemelles, le chemin finit par atteindre un ancien puits à glace et la cascade de la Maria Valenta qu’on ne peut ici entrevoir qu’à travers quelques branchages. Je monte vers la grotte où on était retrouver les reliques des saints d’Arles Abdon et Sennen puis vers l’oratoire qui leur a été dédié. Après ces « divines » mais difficiles découvertes, notamment en ce qui concerne la grotte que l’on ne peut atteindre que grâce à des cordes judicieusement installées, le sentier redescend vers Arles en direction de la chapelle de Santa Creu. Je rejoins une piste terreuse qui devient bitume à l’approche de la cité et peu après la chapelle interdite au public. Le chemin longe le Tech sur sa rive droite, je passe devant le stade et je retrouve l’aire de pique-nique de la Fontaine du Buis, le passage à gué sur le Tech et la ville historique. En principe, ici se termine cette longue boucle d’une quinzaine de kilomètres environ sauf si vous ne connaissez pas Arles-sur-Tech. En effet, quitter cette belle cité historique sans avoir au préalable visité (même en payant 3,50 €) son admirable abbaye avec son cloître harmonieux et sa très contreversée Sainte-Tombe est un véritable sacrilège. Je vous l’ai dit en préambule, à Arles-sur-Tech, il y a beaucoup d’histoires très intéressantes qui souvent s’entremêlent. Il y en a des vraies, des fausses, celles dont on ne sait pas si elles sont vraies ou fausses, des séculaires et des plus récentes, des légendaires et des chimériques, des féeriques et des imaginaires, des catholiques et des païennes, des merveilleuses et d’autres très effroyables, mais quitter ainsi le quotidien pour remonter le temps l’espace d’une journée sans trop se poser de questions, n’est ce pas la plus belle des manières pour découvrir ce petit coin du Vallespir ? Je ne regrette qu’une chose : ne pas avoir pu me baigner dans la claire fontaine de la belle Maria Valenta. Je vous conseille vivement la lecture du site Internet dédié à Arles-sur-Tech de l’historien Jean Tosti car outre l’histoire de la ville il dispose d’autres liens très instructifs : http://www.jtosti.com/villages/arles.htm. Carte IGN 2449 OT Ceret-Amélie-les-Bains-Palalda Top 25.

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Les Volcans d'Olot et le Parc Naturel de la Zone Volcanique de la Garrotxa

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 2 chansons interprétées par Céline Dion et en duo. La première avec Frank Sinatra est intitulée "All The Way" et le seconde avec Peabo Bryson a pour titre "Beauty And The Beast"

 

Les Volcans d'Olot et le Parc Naturel de la Zone Volcanique de la Garrotxa

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A l’école primaire, on a tous appris les volcans d’Auvergne mais aucun instituteur ne nous a jamais parlé de volcans pyrénéens. Et pour cause ! Nous apprenions la géographie de la France et ces volcans sont situés en Espagne. Alors, s’il n’est jamais trop tard pour réparer un oubli, sachez que ces volcans inactifs et endormis mais non éteints sont situés dans la province de Gérone et dans la région que l’on appelle la Garrotxa. Cette comarca, comme on dit ici, (comarque en français signifiant comté), est située en Catalogne, elle est donc frontalière avec le département des Pyrénées-Orientales et plus particulièrement avec notre belle contrée du Vallespir. Bien évidemment cette rubrique que j’ai intitulé les Volcans d’Olot, car cette zone volcanique a pour épicentre cette importante cité, n’a aucunement la prétention de vous faire découvrir au cours d’une simple randonnée d’une journée, les 40 volcans de cet immense Parc Naturel de la Garrotxa qui s’étire sur une superficie de plus de 15.000 hectares. D’ailleurs, et sauf à vouloir marcher plusieurs jours, un véhicule sera indispensable car s’il y a étonnamment quelques volcans à découvrir dans la ville même d’Olot, dont celui de Montsacopa qui est le plus urbain, le plus emblêmatique et le plus facile à gravir, les autres volcans du Parc Naturel sont parfois distants entre eux de plusieurs dizaines de kilomètres. Quand aux sentiers de randonnées, il y en a beaucoup (700 kms de sentiers uniquement pour la Garrotxa), tous parfaitement balisés comme souvent en Espagne, et prétendre vouloir les cheminer tous nécessiterait sans doute plusieurs mois. Il faut savoir que cette région est régulièrement agitée par de petites secousses, une bonne vingtaine en moins de 30 ans et qu’en 1427 et 1428, Olot a été entièrement détruite par des tremblements de terre successifs. Si les survivants optèrent pour une reconstruction de la cité sur un autre emplacement, ce ne serait vraiment pas de chance qu’un autre séisme d’une telle intensité (9 sur l’échelle de Richter selon des estimations récentes) se reproduise au moment même où vous avez décidé de partir en visite. Alors n’ayez aucune crainte et partez confiants au moins une journée comme nous l’avons fait nous-mêmes, car le risque qu’il y ait un nouveau tremblement de terre est presque aussi infime que celui d’avoir les six bons numéros au Loto. Pour cette journée, nous avons fait le choix de consacrer la matinée à la visite de la magnifique cité d’Olot, très belle ville d’art et d’architecture où se trouve, en autres musées, celui très ludique des volcans. Nous avons fini cette longue matinée (en Espagne on mange tard !) par l’ascension en boucle du volcan Montsacopa.  Les attraits du Montsacopa sont multiples : il s’agit d’un volcan dominant toute la cité, dont la dernière éruption est vieille d’environ 100.000 ans, de type strombolien avec un petit cratère de 120 mètres de diamètre très buissonneux mais parfaitement visible. A son sommet deux tours de défense du 19eme siècle et un bel ermitage dédié à Saint-François (San Francesc), malheureusement fermé car privé et sur les flancs du volcan ce qu’on appelle ici une « gredera » que l’on peut traduire en français par « gravière ou carrière » dont les extractions de lapilli et de pouzzolanes ont longtemps servi comme uniques matériaux pour construire la cité. L’après-midi, après un repas composé de délicieux tapas pris dans un bistro de la rambla, nous avons repris la voiture, direction Santa Pau avec un arrêt inévitable au volcan Santa Margarida. Pourquoi celui-ci ? Vieux de 11.000 ans, date de sa dernière éruption, c’est d’abord le plus grand de la Garrotxa avec un cône de 110 mètres de hauteur posé sur une base d’un diamètre de 1.200 mètres. De type strombolien et explosif, il présente l’avantage d’être seulement à une demi heure du parking et un aller-retour avec descente et tour du cratère ne prend guère plus d’une heure. Cône quasi parfait, même si en marchant, on ne s’en aperçoit pas automatiquement, le fond du cratère est occupé par une jolie petite église romane dédiée à Sainte-Marguerite, fermée également le jour de notre venue. Lors de notre visite, nous avons été horrifiés, non pas par le site qui s’inscrit dans un cadre paysager exceptionnel, mais par quelques enfants, sans doute d’une colonie de vacances, qui n’avaient rien trouvé de mieux comme distraction que d’emprisonner quantités de magnifiques papillons dans des bouteilles en plastique. On sait que par ignorance les enfants peuvent être cruels mais ce qui nous a le plus consternés, c’est que ces enfants, que nous implorions vainement de libérer ces malheureuses créatures, étaient encadrés de moniteurs adultes que ces « supplices faits à la nature» n’avaient pas l’air d’émouvoir le moins du monde. C’est donc attristés par tant de cruauté et d’indifférence que nous quittâmes le centre du cratère pour rejoindre la crête et notre voiture à travers la très belle hêtraie. Nous terminâmes l’après-midi par une ample visite de la cité médiévale de Santa Pau et c’est enchantés par cette découverte rapide mais fascinante de cette belle zone volcanique et écologique, en principe protégée, (mais les gardes ne peuvent pas être partout !) que nous rentrâmes en France conscients que nous n’avions découvert qu’une infime partie de cette richesse environnementale qu’est ce Parc Naturel des Volcans d’Olot. Mais pas de doute, si pour cette première fois nous n’avons mis qu’un pied dans le cratère, nous  savons désormais que Vulcain nous attend pour d’autres superbes randonnées dans cette remarquable région d’Espagne qu’est la Garrotxa. Extraits de cartes d'Olot et du Parc Naturel de la Zone Volcanique de la Garrotxa de l'Office du Tourisme d'Olot.

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