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Le Signal d'Alaric (600 m) et Sur les Pas de Roland depuis Moux (90 m)

Publié le par gibirando

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Ce diaporama est agrémenté de 2 musiques du compositeur Claude Challe. Elles ont pour titres : "El Fuego (Tao Te King mix)" par Zen Men et "Un Bel Di" par Aria.

 

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


Ne soyez pas étonné si cette randonnée que je propose ici est composée de 2 noms : "Le Signal d'Alaric et sur les pas de Roland". Les 2 balades sont parfois communes même elles ne sont pas parfaitement identiques. A Moux, charmant petit village de l’Aude et de surcroît, berceau de plusieurs poètes reconnus, on ne peut pas dire que la municipalité mette en valeur son patrimoine pour les touristes et notamment les randonneurs qui comme moi ne sont que de passage. En effet, il y a dans le village, une curiosité principale à découvrir, à savoir le tombeau du célèbre poète et dramaturge Henry Bataille (1872-1922) et malheureusement la grille pour y accéder est enchaînée à double tour et fermement cadenassée. Il est donc impossible de s’en approcher et c’est bien dommage car outre l’impressionnant tombeau de la famille Bataille, ce dernier est précédé d’une macabre mais très belle statue d’un squelettique écorché vif tenant en l’air et à bout de bras son propre cœur. Après des recherches sur le Net, j’ai appris qu’il s’agit en réalité d’une reproduction d’une œuvre originale qui s’intitule le « Transi de René de Châlon (* ) exécuté par le sculpteur Ligier Richier (1500-1567) et que l’on peut découvrir à l’église Saint-Etienne de Bar-le-Duc dans le département de la Meuse. Cette reproduction du sculpteur Edouard Ponsinet surnommé Pompon n’est là que pour respecter les dernières volontés qu’Henry Bataille avait formulées dans un poème de 1921 intitulé « L’enfance éternelle ». A cette impossibilité de visiter le tombeau, s’ajoute l’impossibilité de lire les deux stèles gravées qui l’entourent, les écritures étant bien trop tachées, ternies et usées par le temps. Je vous ai dit une curiosité, mais en réalité, il y en a une deuxième qui elle-même en englobe quelques autres, il s’agit de la légendaire et mystérieuse montagne d’Alaric ou d’Aric. Pour la découvrir, il faut que vous ayez le désir d’en faire l’ascension car elle domine le village de son principal sommet qu’on appelle le Signal. Le Signal d’Alaric culmine à 600 mètres d’altitude, ce qui représente un dénivelé de 510 mètres depuis le village de Moux. Bon, il faut le dire, moi j’étais essentiellement venu pour ça, car il parait qu’outre de merveilleux panoramas, cette belle montagne est de par son climat, entre influence méditerranéenne et océanique, un site exceptionnel fréquenté par les plus éminents botanistes. Elle possède parait-il et de surcroît des richesses archéologiques et géologiques très intéressantes. Mais si la montagne ça se gagne, ici à Moux, pour diverses raisons que je vais énumérer au fil de cet article, il faut redoubler d’effort. Il y a déjà le panneau décrivant l’histoire de la montagne et du village qui pose problème et mériterait une « sérieuse » remise en état lui aussi tant il a souffert du soleil et des intempéries. Il se trouve dans la rue Prosper Mestre-Huc (1810-1854), du nom d’un poète du coin, grand-père d’Henry Bataille. La pancarte a quelque peu noirci et certains textes deviennent illisibles car les lettres se décollent et tombent en cascade. Quant au panonceau descriptif d’une randonnée qui se trouve juste à côté et qui s’intitule « Sur les Pas de Roland », là aussi, j’ai noté une erreur qui n’est pas négligeable puisque la direction du circuit dessiné est fléché dans un sens et les explications dans le sens inverse. Evidemment, j’ai fait l’erreur de suivre le circuit dessiné et j’ai eu quelques difficultés pour réaliser cette boucle et atteindre le Signal d’Alaric, but que je m’étais fixé en supplément. Heureusement, comme toujours, j’avais pris la précaution d’enregistrer dans mon GPS, l’ensemble de la boucle et bien m’en a pris car j’ai pu ainsi suivre approximativement la partie la plus incertaine du sentier dont il n’existe pas de tracé franc sur les cartes IGN.  Alors, bien sûr, si vous voulez effectuer cette jolie balade et marcher sans souci « Sur les Pas de Roland », je vous invite à suivre les explications « écrites » et le GR.77 et vous verrez, ce circuit est très simple à réaliser et mérite le détour tant il y a une multitude de choses à découvrir. Personnellement, je suis parti du centre de Moux où j’ai trouvé de la place pour garer ma voiture rue Henri Martin, (1922-1944). Ce n’est pas la célèbre avenue du Monopoly, mais ici à Moux, cet homonyme, c’est celui d’un jeune héros et martyr de la guerre 39/44 qui naquit dans le village, J’ai ensuite pris sur quelques mètres et à gauche l’avenue Henry Bataille ou D.2113, ancienne Voie Royale puis toujours à gauche la rue Prosper Mestre-Huc, citée plus haut où se trouvent les panonceaux déjà décrits et le fameux tombeau. Après le tombeau, j’ai continué à marcher sur le bitume jusqu’à un tunnel qui passe sous l’autoroute A61 des Deux-Mers. Ensuite, au lieu de poursuivre le GR.77,  j’ai pris immédiatement à droite un petit sentier aux nombreuses ornières qui grimpe rapidement sous quelques pins et cyprès et longe à main gauche une profonde carrière. Au départ de cette sente, j’ai été surpris par un panonceau jaune qui m’indiquait dans le sens opposé un retour vers Moux et un circuit s’intitulant « Autour du Roc Gris ». J’en ai logiquement déduit qu’il s’agissait d’une boucle différente de celle intitulée « Sur les Pas de Roland » puisqu’elle ne portait pas le même nom. Cet étroit sentier, je l’ai poursuivi de manière quasi rectiligne en direction du lieu-dit Bouscarrou sur la carte. Le sentier se faufile au milieu d’une agréable végétation faite surtout de petits pins et de jolis buis aux feuilles luisantes. Il monte et descend, puis remonte et redescend et ainsi de suite au gré de plusieurs minuscules ravines qui dévalent du Roc Gris. Puis au moment où les vues s’entrouvrent vers l’est et l’ensemble de la Montagne d’Alaric, le sentier bifurque plein sud et se met à grimper dans la colline aride et caillouteuse au milieu d’une végétation rase et typiquement méditerranéenne. En restant sur le sentier principal parsemé de quelques cairns, on rejoint plus haut une piste terreuse qui mène au Signal d’Alaric. Là au bord de cette piste, un autre panonceau jaune m’indique à nouveau la balade  « Autour du Roc Gris » et un retour vers Moux. Ce panneau me conforte dans l’idée que je suis sur le bon chemin mais dans le sens inverse à celui que j’aurais du prendre mais il me laisse aussi à penser que les circuits « Sur les Pas de Roland » et « Autour du Roc Gris » sont sans doute une seule et unique balade.  Le Roc Gris, vaste plan incliné calcaire et broussailleux  lui, n’est qu’à quelques encablures de cette piste. D’ici, une immensité de paysages se dévoile déjà vers le nord et l’est et l’on surplombe les ruines de l’ancien prieuré de Saint-Pierre d’Alaric que je dois en principe découvrir au retour. Sur la carte, la piste qui part à droite et qui monte au Signal me semblant bien plus longue et fastidieuse, je fais le choix de redescendre vers la gauche pour rejoindre le GR.77. Au bout de quelques mètres et passé un virage, la flore change du tout au tout et la végétation rase faite de petits buis, de genévriers cades, de filaires, de chênes kermès et de buplèvres ligneux laisse la place à d’immenses pins d’Alep et de Salzmann. On a le sentiment de ne plus marcher dans la même région et quand la piste rejoint le GR.77, le sentier qui monte vers le Signal entre dans une belle et sombre forêt pour en ressortir presque aussitôt et de manière déconcertante d’abord dans une verdoyante clairière puis de nouveau dans un maquis très méridional. Malgré, les 200 mètres de dénivelé restant à accomplir, le Signal d’Alaric dans un décor sauvage et dénudé est vite atteint. Avec l’espoir d’un ciel et d’horizons très dégagés, j’avais fait le choix d’un jour de forte tramontane. Ici on l’appelle le cers et même si c’est le même vent,  je n’ai pas eu de chance car malgré des rafales violentes et très puissantes qui balayaient le sommet, ce vent avait du mal à chasser une longue écharpe de nuages gris qui venait du nord et barrait l’horizon. Ballotté par le cers, muni de mon numérique, j’ai donc fait le tour des quelques appentis présents au sommet à savoir une antenne et sans doute une tour de guet faisant accessoirement office de station météo puis j’ai trouvé refuge dans une «capitelle », espèce d’énorme cairn cimenté bien trop exigu pour que j’y prenne mon pique-nique et le plaisir d’y séjourner bien longtemps. Ici à la jonction du GR.77 et du GR.36, je n’ai donc pris qu’un « bon » mais farouche bol d’air car malheureusement je n’avais pas la visibilité que j’avais espérée avec parait-il de magnifiques vues de tous côtés qui embrassent le Montagne Noire, les premiers contreforts du Massif Central, les plaines du Minervoisles Corbières bien évidemment, les toutes proches Pyrénées et une grande partie de l’Aude jusqu’à la Méditerranée. Tout ce beau spectacle à 360° était en partie caché par les cumulus et c’est donc un peu désabusé que je suis redescendu par le même sentier vers Moux où cette fois j’ai emprunté le GR.77. J’ai quitté la piste forestière pour un raccourci qui descend en sous-bois dans un petit vallon et qui retrouve une autre piste un peu plus bas. L’itinéraire tourne à gauche en direction des ruines de la Métairie de Vidal où se trouve la Fontaine des Joncs. J’ai poursuivi ce large chemin qui descend directement vers Moux juste en dessous du Roc Gris que l’on appelle aussi Roc de Roland à cause d’une légende qui court depuis des siècles : Elle raconte que Roland (**), de cet éperon rocheux et pour échapper à ses ennemis, fit sauter son cheval jusqu’à la Montagne Noire (distante de plus de 60 kilomètres de l’autre coté de la Vallée de l’Aude). L’élan du destrier fut si puissant que l’empreinte d’un de ses sabots resta gravée à jamais dans la pierre de ce rocher.  J’ai longé sur la droite, le petit ravin où coule le ruisseau de Saint-Pierre qui, peu à peu, s’élargit jusqu’à devenir très abrupt. Au passage, j’ai croisé ce qui reste de l’ancien château et prieuré (***). Il ne reste pas grand-chose, les murailles affaissées d’une enceinte et juste quelques pans de murs ruinés et disloqués en surplomb du profond ravin. Avant d’atteindre le village, j’ai pris plaisir à marcher sur un chemin ocre dans un florilège d’amandiers en fleurs donnant sur les vignobles mais j’ai négligé, parait-il, les vestiges d’anciens fours à chaux. J’avoue ne pas les avoir remarqués ni avoir eu l’envie de les chercher. Il faut dire que sur la fin, la fatigue c’est fait sentir et j’ai eu un « coup de mou ». Mais ici à Moux quoi de plus normal me direz-vous ? J’ai néanmoins terminé par une rapide visite du village, de ses vieilles ruelles, de sa place Saint Régis et de son église bâtie sur les fondations d’un ancien fort et dédiée à Saint André. Carte IGN 2446 O Capendu Top 25.

(*) René de Chalon, était prince d’Orange, lieutenant de Charles Quint  et époux d’Anne de Lorraine. Né en 1519, il fut tué en 1544 à l’âge de 25 ans lors du siège de Saint-Dizier dans une bataille qui l’opposait aux troupes dans de François 1er dans ce que les historiens appellent la neuvième guerre d’Italie.Trois ans après son décès et selon ses vœux, son épouse Anne de Lorraine passa commande de cette œuvre au sculpteur Ligier Richier.

(**) Il s’agit sans doute du même Roland, chevalier de Charlemagne et qui a été rendu célèbre par la chanson de geste racontant la bataille de Roncevaux (15/08/778) et sur lequel de nombreuses légendes mythologiques notamment dans la Pyrénées ont courues bien des siècles après sa mort.

(***) Château de Saint-Pierre : Je ne vais pas ici vous raconter l’Histoire et les contes de ce lieu et du trésor légendaire d’Alaric, d’autres l’on fait beaucoup mieux que moi et bien plus en détail  et vous pourrez en prendre connaissance sur le remarquable site suivant : https://www.mairie-moux.fr/m-271-histoire-de-la-commune.html

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Balcon sur le Grand Malvallon et le vallon de la Mounine depuis Marseilleveyre

Publié le par gibirando

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Ce diaporama est agrémenté de 2 chansons interprétées par Patrick Fiori. Elles ont pour titre : "Feelings" accompagné de Julie Zenatti et "Marseille"

 

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran. 


Marseille, c'est toute ma jeunesse et en habitant Impasse Emile sur les hauteurs du quartier de la Vieille-Chapelle, j'ai toujours eu devant les yeux, sa splendide baie mais j’avais aussi, depuis ma terrasse, devant moi et légèrement sur ma gauche, les jolies collines blanchâtres et calcaires du Massif de Marseilleveyre. Mais je l'avoue, il a fallu que je sois adulte pour prendre conscience de toutes les beautés que recelait ce massif. Pourtant, dieu sait si j’ai fréquenté Marseilleveyre et le Roy d’Espagne bien avant qu’on y construise toutes ces barres d’immeubles qui ont défiguré les paysages de mes souvenirs d'enfance. Pour moi, comme pour tous les minots des quartiers sud, ces coins-là étaient nos terrains de jeux préférés. Dans les pinèdes de ce massif, nous construisions des cabanes de branchages et jouions aux cow-boys et aux indiens ou bien à cache-cache, nous dévalions et faisons des roulés-boulés sur les pentes de la Sablière, dans le canal d’irrigation, nous faisions des courses de bateaux à l’aide de petits canots taillés dans les écorces des pins, dans ses collines, nous partions sur les chemins pour d’infernales courses de vélos, prémices du VTT et du vélocross, qu’à notre manière, nous commencions à inventer, nous allions jouer au foot dans les prés de verdure de la campagne Pastré, j’en passe et des meilleurs…. Cet espace déjà si vaste pour nos petites jambes suffisait à notre bonheur et nous n’allions guère plus loin. Pourtant ce plus loin existait déjà à travers tous ces nombreux sentiers qui jalonnent ce beau massif. Ces sentiers qu'un pastoralisme toujours très présent avait su créer depuis la nuit des temps. Aujourd’hui, je vous propose d'aller marcher sur un de ces sentiers, pour une randonnée que j’ai intitulée « Balcon sur le Grand Malvallon et le vallon de la Mounine » mais que j’aurais pu appeler « Balcon sur l’Archipel de Riou » tant notre regard est en permanence attiré par cette mer ô combien si bleue. Car ici à Marseille, comme le chante si bien le Massilia Sound System « mais quelle est bleue ! » notre chère Méditerranée dont je connais personnellement, presque aussi bien ses fonds marins que sa surface !  D’ailleurs sur cette randonnée qui démarre tout au bout de la rue Parangon, trois couleurs prédomineront tout au long du parcours car outre le bleu de la mer et du ciel, on ne voit que le blanc de la ville et du massif calcaire et le vert de la végétation. Le ciel étant très gris ce jour-là, ce n’est pas dans cette trilogie de couleurs que nous avons démarré cette balade sur le chemin bitumé qui s’élève derrière la dernière barre d’immeubles, juste au dessus de la Campagne Pastré. Heureusement, le mistral est bien présent et pousse vers le midi les « désagréables » gros nuages chargés de pluie. Quand le bitume s’arrête, on prend à droite un petit sentier balisé en jaune qui s’élève au milieu des pins, des chênes kermès, des bruyères et des romarins en fleurs en direction d’une ancienne tour de guet que l’on va laisser sur la droite au franchissement d’un vieux muret fracturé. Ce balisage jaune, et malgré un premier carrefour de chemins (chiffre 5, couleurs rouge, noir, vert et jaune), juste après une petite pinède que l’on traverse, on va le suivre jusqu’au Col de la Selle. Depuis très longtemps déjà, de magnifiques panoramas se sont dévoilés à nos regards : sur Marseille, sa Vierge de la Garde, ses massifs de collines qui l’entourent, sa anse, ses îles de l’archipel du Frioul, ses plages, etc.… Devant nous, le sommet de Marseilleveyre dresse son impressionnante silhouette minérale et pyramidale et à nos pieds, on aperçoit le Mont Rose, le port de plaisance de la Pointe Rouge et le joli domaine Pastré avec son épaisse forêt et son splendide château aux façades de briques roses. Au Pas de la Selle (275 m), la vue bascule vers le sud, sur les îles de l’Archipel de Riou et sur l'infini de la mer. Après cette modeste montée quasi ininterrompue, le sentier redescend dans un sentier de graviers et d’éboulis puis il reste suspendu en balcon dans un décor rocailleux à souhait. Ici, devant ce cirque des Trois Arches que domine le plateau de l’Homme Mort et au dessus de ce ravin crevassé du Grand Malvallon, on prend conscience de ce que la nature a été capable de créer au fil des millénaires. Les cataclysmes successifs,  l’érosion, les eaux des rivières et de la mer ont façonné des paysages karstiques déchiquetés à nul autre pareil. C’est dans ce cadre grandiose et dominé sans cesse par les hautes falaises blanches du massif que l’on déambule en direction de Callelongue, point terminal de cette randonnée. De temps à autre, et notamment aux petites intersections, il faut prêter attention au balisage et mentions peintes à même les roches. Nous, on continue à suivre le balisage jaune bien présent. Toutes les îles de l’archipel apparaissent dont la plus grande Riou, telle un immense bâtiment de guerre escorté de ses petits navires  de protection que sont les îles de Plane, Jarrede Jarron et les minuscules îlots des Congloué et des Empereurs. Au col de la Galinette (149 m), on délaisse le balcon du Grand Malvallon pour celui du vallon de la Mounine. On descend dans un petit vallon d’éboulis, on passe devant une grotte puis le chemin domine la calanque dite de la Mounine. La petite anse a été vulgairement dénommée ainsi car, par sa forme et son étroitesse, elle a sans doute du rappeler le sexe féminin à ceux qui lui on donnait ce nom provençal tiré du mot « moùno » signifiant « chatte ». Mais de notre balcon et même si on se rapproche un peu plus du rivage, cette ressemblance n’est pas très évidente même avec beaucoup d’imagination. A l’approche de Callelongue, le sentier bifurque légèrement vers l’ouest où l’on aperçoit le sémaphore que l’on va avoir en ligne de mire jusqu’à l’arrivée. Le sémaphore aurait été construit en 1863 mais les historiens disent qu’à l’Antiquité et à cet emplacement, les Phocéens avaient déjà érigé un phare (mot provenant du grec pharos, nom de l’île égyptienne où avait construit le phare d’Alexandrie)  pour prévenir les navires qui entraient dans la baie de Massalia des périls que représentaient tous ces récifs. Aujourd’hui, les murs du sémaphore sont couverts d’innombrables tags dont certains, il faut le dire, sont de jolies œuvres artistiques colorées. Depuis le sémaphore, la descente sur la jolie calanque de Callelongue est courte et on arrive très rapidement devant les bistrots et les restos bondés où pour nous, la balade se termine puisque nous sommes revenus à notre point de départ en prenant deux autobus de la ville. D’abord, une petite navette qui va jusqu’au Goudes puis un bus qui nous a ramené jusqu’à la Campagne Pastré où,  de là, nous avons rejoint la cité de Marseilleveyre. Les plus courageux pourront poursuivre en boucle tout autour du massif, d’abord en rejoignant les Goudes puis, en empruntant le GR.51 pour revenir au point de départ. Telle que nous l’avons accomplie, cette randonnée est, avec ses 7 kilomètres, plutôt courte et facile malgré quelques passages où les mains sont aussi utiles que les pieds. Le dénivelé est modeste et nous l’avons réalisé en 4 heures, arrêts pique-nique inclus. Mais croyez moi, le Massif de Marseilleveyre mérite le détour et les panoramas sur Marseille sont superbes mais c’est normal me direz-vous car après tout le nom de Marseilleveyre ne veut-il pas dire tout simplement « voir Marseille » ? « Veyre » ou « veire » signifiant « voir » en occitan. Carte IGN 3145 ET Marseille-Les Calanques Top 25.

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Le Château de Montferrer 'Lo Castell' (1.035 m) depuis Montferrer (795 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est enjolivé de la musique "Song of The Secret Garden" jouée par le duo "Secret Garden".

 

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Venir flâner à Montferrer et y monter à son château, il y a très longtemps que j’envisageais de le faire et cette jolie balade était inscrite dans mes tablettes depuis quelques temps déjà. Mais j’avoue que j’aurais préféré une autre circonstance que celle qui m’y amena en ce triste début du mois de février. En effet, j’y étais venu pour m’incliner sur la tombe d’un très bon ami partit fin janvier et dont je venais d’apprendre brutalement le décès dans la Semaine du Roussillon. Parti injustement et bien trop jeune, à l’âge de 50 ans, il s’appelait Gilbert mais ses proches et ses amis l’appelaient affectueusement Gilou. C’était un grand gaillard, amoureux fou de la nature sauvage et homme des montagnes, comme il aimait à se définir en se moquant de lui-même. Sur sa pierre tombale, il y avait deux photos et en revoyant Gilou, le sourire en banane, comme aux plus beaux jours de notre amitié, c’est les larmes aux yeux que j’ai ressenti le besoin d’aller m’évader sur les hauteurs de son village. Quand nous nous étions connus à la fin des années 80, début des années 90, Gilou m’avait fait connaître Montferrer et il m’avait amené pêcher la truite dans « ses » torrents de montagne mais jamais je n’étais monté jusqu’au château qui domine son village. Plusieurs fois, j’avais évoqué avec lui, mon envie d’y monter mais Gilou, n’aimait pas trop « marcher pour rien » comme il disait, et ravis d’aller pêcher la truite, nous avions toujours remis à plus tard cette jolie excursion. Pour moi, faire ce circuit au château, c’était donc aussi une façon de lui rendre hommage et je dois le dire, toute la journée, Gilou a trottiné dans ma tête. Ces deux photos de lui m’avaient si bouleversé que c’est en quelque sorte avec lui que je suis monté vers ce château médiéval, terrain de jeux de son enfance. Mes souvenirs de notre amitié étaient si présents qu’il marcha sans cesse à mes côtés, dans ces forêts et sur ces sentiers que lui connaissait comme sa poche mais que personnellement je ne connaissais pas. Pour monter au château, il m’a fallu donc suivre le balisage jaune qui sort du village, direction Arles-sur-Tech. Là, après le virage et juste avant le croisement de la route de Corsavy, j’ai suivi les indications de la pancarte qui signalait : « Château de Montferrer - Lo Castell-1h-P.R.10 ». Je me suis donc fié au balisage jaune qui , sans difficulté, m’a amené aux ruines du castell carolingien ou plutôt à celles de l’ancestral hameau car c’est bien un bourg tout entier que j’ai découvert, juché sur ce promontoire rocheux à 1.035 mètres d’altitude qu’ici, on appelle « Lo Cingle ».  A mon retour à la maison, à l’aide de plusieurs sites Internet, j’ai tenté de dénouer l’Histoire de ce hameau et de ses occupants et si j’en crois les historiens, ce château de Montferrer et ce hameau de Mollet existaient déjà en 1070 et appartenaient à la Seigneurie de Castelnou. Puis au fil des siècles, le domaine fut possédé par différents seigneurs et richissimes propriétaires dont la famille des « de Banyuls » qui le conserva le plus longtemps. Après le Traité des Pyrénées de 1659, quand le roi de France Louis XIV réinstaura la gabelle et réaménagea la frontière, Charles 1er de Banyuls, soutint les Angelets et pris la tête de la conspiration contre l’occupant français en 1674. Vauban pour se venger et éviter que le château puisse abriter des opposants au royaume, détruisit une grande partie de ses remparts. L’année suivante en 1675, par le jeu de certaines alliances, les autres « de Banyuls », qui eux, étaient restés fidèles au roi de France, récupèrent leur bien. Par la grâce du roi qui érigeât le domaine féodal de Montferrer en marquisat, cette même année, les « de Banyuls » devinrent « marquis de Montferré (sans r) ». Charles 1er de Banyuls, exilé, resta fidèle à l’Espagne où il mourut en 1687 à Barcelone, sans héritiers et sans jamais avoir remis les pieds sur ses terres natales. Ce n’est qu’après la Révolution Française de 1789, alors que les « de Banyuls de Montferré » avaient fui vers l’Espagne, que le château fut confisqué comme les autres biens appartenant à la famille. Le château tomba définitivement dans l’escarcelle de la collectivité et fut vendu comme Bien National. Malgré, plusieurs tentatives effectuées par les héritiers, les « de Banyuls , marquis de Montferré », que la Révolution Française avait dispersés et déracinés de Catalogne, ne récupèrent plus jamais leur patrimoine roussillonnais. Voilà un bref résumé de l’Histoire de ce lieu.  Est-ce le chagrin et un peu de lassitude mais je mis presque une heure de plus que celle indiquée pour atteindre la muraille en ruines la plus haute, mais de là-haut, j’avais une vue splendide sur Montferrer et à 360° sur une immense partie du Vallespir. Malgré une légère  brume, j’arrivais sans trop de problèmes à reconnaitre, avec plaisir et nostalgie, bons nombres de sites cheminés ou aperçus lors de mon Tour du Vallespir à l’été 2009 : Tour de Cabrens, Mont Nègre, Mont-Capell, Puig de la Senyoral,  Pilon de Belmatx, Formentere, Batère, La Souque, etc.…Tout en visitant les ruines du château, celles des vieilles masures et de l’ancestrale tour cassée, mes souvenirs se mélangeaient car il y avait les bons moments de mon Tour du Vallespir  mais aussi ceux passés avec Gilou à courir « sa » montagne pour aller pêcher les truites ou bien encore ceux, quand de mon côté, je l’amenais pêcher le loup, le sar et le congre du côté du Cap Béar. Quand je me remis en route après avoir retrouvé le sentier balisé en jaune au nord du château, c’est à tout ça que je pensais et Gilou fut en permanence là, vagabondant avec moi. Nous redescendîmes ensemble la piste terreuse au milieu des prairies d’estives où paissent les vaches et les chevaux.  Puis nous retrouvâmes l’asphalte désagréable de la route et nous arrivâmes enfin au village non sans nous être arrêtés au belvédère et à la table d’orientation de la Creu. Je pensais la boucle bouclée, mais, une fois sur la place de l’église Sainte Marie de Mollet, là, non loin de sa maison et devant l’entrée du cimetière, il me fallut me rendre à l’évidence : Gilou n’avait jamais été à mes côtés. Même, si j’avais toutes les peines du monde à l’imaginer autrement que plein de vie et d’énergie,  Gilou était ailleurs. Oui, le malheur et la fatalité l’avait emporté et il était au cimetière, dans ce casier de marbre gris et froid. Au regard de ce triste constat, je ne pus m’empêcher de retourner me recueillir et d’aller revoir les deux photos qui m’avaient fait si mal ce matin. J’étais partagé entre cette pénible vision et le désir de garder de Gilou un souvenir visuel que je ne possédais pas. Mais cette fois-ci, et malgré mon chagrin, les souvenirs des bons moments furent les plus forts, alors tel un voleur de cimetière, j’ai pris en photos ces deux images sur lesquelles rayonnait son visage. Ce visage souriant, c’était celui dont je me souvenais le mieux et que j’avais eu devant moi pendant les quelques années où nous avions travaillé ensemble, l’un en face de l’autre. Ce visage souriant plein d’espièglerie, c’était celui que j’avais toujours connu, pendant nos belles années d’amitié. Cette amitié que le tourbillon de la vie avait emportée au loin sans que l’on sache ni lui ni moi, réellement pourquoi, il n’avait jamais réussi à nous réunir de nouveau. Oui un jour, je reviendrai peut-être marcher à Montferrer et me recueillir à nouveau sur la tombe de Gilou mais je vais déjà garder précieusement ces deux photos comme j’ai conservé depuis toujours deux tableaux qu’il avait peints avec tant de talent. Mais le meilleur de lui, ce sont mes bons souvenirs que je vais préserver au fond de mon coeur et de ma mémoire, ces instants d’amitié exceptionnels quand nous partions vers cette nature sauvage dont nous avions cet attrait en commun, ces crises de fous rires qui nous prenaient souvent quand nous bossions ensemble… Dieu sait s’il y en a eu des bons moments comme ça !  Gilou, demain, c’est à tout ça que je vais me remémorer en pensant à toi et même si je ne ris plus car c’est vraiment trop me demander, sache qu’aujourd’hui, j’ai pris un plaisir immense à marcher une dernière fois à tes côtés sur les chemins de Montferrer et de nos souvenirs. Parcours effectué environ 8 km pour 330 mètres de dénivelé. Cartes IGN 2349 ET Massif du Canigou et 2449 OT Céret-Amélie-les-Bains-Palalda-Vallée du TechTop 25.

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Plus le temps passe et plus je vieillis.....Hommage à mon ami Gilou....

Publié le par gibirando

Plus le temps passe et plus je vieillis et plus je vieillis et plus Dieu, s’il existe, me conforte dans l’idée qu’il n’est pas utile que je crois en lui. Je suis donc athée par obligation ou bien Dieu n’est pas le créateur idéal dans lequel j’ai envie de croire. Ce qui pour moi et en finalité revient quasiment au même. Les philosophes, eux, font la différence entre l’athéisme et l’agnosticisme. Dans le premier cas, on ne croit pas en l’existence d’un dieu et dans le deuxième cas, la question d’un quelconque dieu ne se pose même pas car elle n’est pas démontrée. Moi, dans mon cas, je ne sais pas (ou plus) où je me situe mais comme je me pose des questions, j’aurai plutôt tendance à penser que je suis athée. Enfin tout ça n’a pas vraiment d’importance !

Alors pourquoi toutes ces questions métaphysiques me direz-vous ?

Plus le temps passe et plus je vieillis et plus je constate autour de moi que nombreux sont ceux qui ne peuvent plus en dire autant. Alors si Dieu existe, pourquoi les a-t-il emportés si jeunes ? Pourquoi les a-t-il fait souffrir ? Qu’avaient-ils fait ces hommes et ces femmes pour mériter un sort si funeste et si injuste ? Pourquoi certains partent-ils si jeunes et d’autres que la maladie tue à petit feu ont-ils du rabiot ? Pourquoi certains deviennent-ils centenaires et d'autres n'ont-ils même pas droit à la moitié ? Pour n’évoquer que des proches ou des amis qui m’étaient chers, mais malheureusement, je pourrais en citer bien d’autres, mon frère Daniel par exemple est mort soudainement d’une crise cardiaque à l’âge de 46 ans et pourtant il ne demandait qu’à vivre ! Puis en quelques années, j’ai vu partir, dans la souffrance de la maladie, deux collègues de travail : Bernard avait 48 ans et venait juste d’avoir son premier enfant puis, l’an dernier ce fut au tour de la gentille Monique qui n’avait que 53 ans et qui, jolie comme une fleur, ne demandait qu’une chose : Vivre !

Aujourd’hui, c’est Gilbert Magenti, encore un ancien très bon ami qui a quitté ce monde à l’âge de 50 ans et je m’interroge sur ce nouveau départ. Tout le monde l’appelait affectueusement Gilou et même si ça faisait quelques années qu’on ne s’était plus revu, je sais,  pour l’avoir très bien connu, qu’il ne méritait pas de partir si jeune et qui plus est dans le supplice d’une terrible maladie. Non, ce grand gaillard, homme des montagnes comme il aimait à se définir en se moquant de lui-même, ne méritait pas de mourir ainsi dans la souffrance.

Si j’ai un doute quant à l’existence d’un dieu,  Gilou avait lui  le goût de vivre, de ça au moins j’en suis certain !

J’ai connu Gilbert Magenti en juin 1988 en intégrant la société Défi à Perpignan, période compliquée de ma vie où je sortais enfin d’une difficile et trop longue épreuve de chômage que j’avais vécu avec amertume m’étant toujours énormément impliqué dans tous mes jobs. En outre, je venais de rompre de ma propre initiative la période d’essai que j’avais commencé dans un entreprise de Narbonne et il était important pour moi de rebondir le plus vite possible.  Je n’avais pas choisi cette société Défi dont l’activité était très particulière puisque elle ne vendait que de l’érotisme et de la pornographie. Mais dans la situation qui était la mienne et avec une femme et deux enfants à la maison, je n’étais pas en mesure de faire le difficile. Cette entreprise m’avait engagé comme chef comptable pour remplacer l’unique comptable partie en congé de maternité et  je ne pouvais que l’en remercier. J’y étais donc entré pour quelques mois mais j’y suis resté en réalité jusqu’en janvier 1990 et encore j’en suis parti sur un coup de tête et pour cause d’incompatibilité d’humeur avec le patron. A vrai dire, à part ce regrettable incident, je m’y suis plutôt épanoui dans un travail très intéressant car diversifié où j’ai appris beaucoup et de surcroît auprès de collègues de travail plutôt attachants. Et je dois le dire, parmi ces camarades de boulot, Gilou a été sans conteste celui que j’ai apprécié le plus et le plus vite. Il faut dire qu’il a été le premier à m’accueillir avec sympathie, sans hésitation et sans arrière-pensée. Il avait toujours le sourire aux lèvres, aimait plaisanter et m’a mis tout de suite à l’aise dans cette entreprise à l’activité que certains décrivaient comme « délicate ». Moi, au début, je me disais : « être comptable ici ou bien ailleurs et compter ça ou des cacahuètes, c’est du pareil au même » mais la suite me prouva le contraire tant nous étions en permanence contrôlés par toutes les administrations possibles (fisc, Urssaf, police, gendarmerie, douanes, inspection du travail, etc.…). Avec la chaleur humaine qui le caractérisait et son sourire qui illuminait toujours son visage, Gilou m’a donné cette confiance dont j’avais bien besoin en réintégrant ce milieu professionnel très nouveau pour moi. Bien que Gilou était très loin de mes tracas de comptable puisqu’il était infographiste où ses talents de peintre dessinateur faisaient merveilles, nous travaillions dans le même local, l’un en face de l’autre et nous déconnions très souvent. Il faut dire qu’avec la désinvolture de notre jeunesse et cette activité insolite, les occasions de se tordre de rires ne manquaient pas et Gilou et moi, nous n’étions jamais les derniers. Gilou avait ce don de détendre l’atmosphère dans des situations qui pour moi auraient pu être stressantes. Mais malgré nos jobs bien différents, nous avons sympathisé et nous sommes liés d’amitié dés les premiers jours. Il faut dire qu’avec la peinture et le dessin que j’aimais également beaucoup mais dans lesquels il était bien plus doué que moi, nous avions en commun de multiples autres atomes crochus : la pêche que lui pratiquait en torrent et moi en mer, la montagne dont il était un enfant et dont je commençais à prendre goût à travers mes toutes premières randonnées pédestres. Mais dans cette amitié naissante, le lien qui nous unissait, c’était cet amour en commun que nous avions pour cette idée de liberté absolue dans nos activités auprès de la nature sauvage en général. Moi, c’était au bord de la mer que je l’exprimais dans mes chasses sous-marines et lui, c’était dans ses chères montagnes du Vallespir qu’il parcourait inlassablement à longueur d’années pour chasser, pêcher la truite, ramasser les champignons ou chercher des truffes.  Nous parlions presque essentiellement de ça, de nos expériences, de la faune et de la flore que nous observions chacun de notre côté. Pendant les années de travail dans la même entreprise, nous avons été très amis même si nous n’étions pas ce qu’on appelle « cul et chemise » ou constamment l’un avec l’autre. Je respectais son goût d'indépendance et dieu sait s’il tenait à ça et lui respectait ma manière de vivre. Il faut dire que notre éloignement géographique et nos vies différentes contribuaient facilement à ça : il était célibataire, même s’il avait une copine, résidait à Perpignan en semaine et rentrait sur Montferrer le week-end et moi, marié avec 2 enfants, j’habitais à Saint-Estève. Mais quand nous étions ensemble à la pêche par exemple, nous étions de vrais complices.  Je l’amenais par exemple pêcher les loups, les congres, les sars ou les mustelles de nuit au Cap Béar et de son côté, il m’entraînait dans d’interminables excursions pour pêcher les truites dans ses torrents du Vallespir dont il semblait être le seul à connaître ses «  bons coins ». Nous prenions un plaisir immense dans ces activités nouvelles pour nous deux et ça nous rapprochait. En dehors de ça, il tentait parfois de m’expliquer comment reconnaître tels ou tels champignons et comment à l’aide d’une mouche, il trouvait des truffes, perles noires de ses montagnes. Mais comme il savait à l’avance que je n’en trouverais jamais, il prenait soin de m’en offrir quelques unes quand je montais chez lui dans son village natal de Montferrer. A sa manière et inconsciemment Gilou participa sans doute aux travers de ces quelques sorties dans son cher Vallespir à me donner le virus de la montagne dont je ne peux plus me débarrasser aujourd’hui. Très souvent, il s’esclaffait de rire à me voir m’énerver quand ma ligne se prenait dans les branches  des arbres et comme cela m’arrivait assez souvent, nous passions des journées  plus à faire peur aux truites et à nous marrer qu’à pêcher vraiment. A l’époque Gilou avait 28 ans et sous ses faux airs de jeune homme un peu rustaud des montagnes, il était d’une grande gentillesse. Avec ses grands yeux bleu ciel et sa tignasse brune, il ressemblait à s’y méprendre à Yves Duteil et il avait dans le cœur, la même sensibilité que celle qui transpire des chansons de ce dernier.  Et comme, j’étais son aîné de 11 ans, au nom de notre amitié, il me faisait confiance, me parlait de ses tourments de cœur, de ses craintes et de ses doutes à vouloir s’engager auprès d’une femme un peu plus âgée que lui. Pourtant, il me disait l’aimer tendrement mais elle avait déjà un enfant que lui ne se sentait pas d’assumer. Il se savait insouciant et surtout il ne voulait pas perdre cette indépendance de montagnard qu’il avait toujours connue. Certains auraient pu penser qu’il s’agissait d’une forme d’égoïsme mais sincèrement je ne le crois pas et je situais ce trait de caractère entre le machiste qu’il était parfois et la crainte de perdre une liberté essentielle à sa vie. Et je l’avoue, c’est bien la première et dernière fois de ma vie où un homme c’est ainsi confié à moi. Gilbert avait bon cœur et parfois il me donnait quelques truffes, des truites, des cèpes séchés et il est même allé jusqu’à m’offrir une très belle aquarelle que j’ai toujours gardée sous verre précieusement, exposée dans mon salon.  Parfois, je tentais de rivaliser en lui offrant quelques bons poissons de mer. Puis en changeant de boulot, notre amitié se rompit une première fois et nous restâmes quelques semaines sans nous revoir mais quand au téléphone je lui appris que je travaillais au Boulou, le vendredi soir en rentrant sur Montferrer, il se mit à passer régulièrement me voir. Tout en prenant le verre de l’amitié, il me parlait de son boulot qu’il ne gardait que par nécessité préférant « sa montagne » et moi je lui parlais du mien et de mes difficultés à être à la hauteur dans un bureau où trois femmes s’étaient liguées contre moi dès le premier jour, sans vraie raison sinon par simple méchanceté gratuite ou jalousie. Lui, me racontait ses déboires féminins et ses peines de cœur dont il semblait se faire une montagne aussi grande que son cher Canigou. Nous eûmes quelques petites altercations au sujet de la manière plus que machiste dont il avait de parler des femmes en général. C’était là le seul défaut que je lui trouvais et le seul chapitre où nous étions souvent en désaccord.  J’essayais d’éviter le sujet mais d’un autre côté, il m’était impossible de ne pas l’écouter quand Gilbert se confiait à moi. Quand il reprochait aux femmes d’avoir tous les défauts de la terre, il se transformait alors en un jeune homme incommodant et comme à ces moments-là, je ne le reconnaissais plus vraiment, j’avais peut-être le tort de lui parler avec un peu trop de franchise.

Aujourd’hui ce n’est pas parce qu’il n’est plus là, que je vais dire que Gilou n’avait que des qualités. Non, comme nous tous, Gilou avait ses défauts et c’est sans doute ce qui le rendait encore plus humain.  Malgré ces différents qui n’étaient heureusement que passagers et occasionnels, Gilou savait être charmant et aimait par dessus tout plaisanter et je mettais ses sautes d’humeur envers les femmes, sur sa jeunesse et sur le compte d’une quête à se chercher lui-même ou à  trouver une véritable  âme sœur qui aurait su l’aimer, le comprendre et l’accepter comme il était vraiment. J’avais beau lui dire qu’avec une femme, il était nécessaire de faire certaines concessions, il ne semblait pas vraiment prêt  à ça.

En 1992, je perdis mon frère Daniel et même s’il savait que c’était peine perdue, il passa plus souvent me voir et essaya tant bien que mal et à sa manière de me réconforter de son mieux. Nous continuâmes à nous revoir régulièrement jusqu’en janvier 1993 sans que notre amitié pâtisse de ces petites querelles au sujet des femmes.  Puis une fois encore, je perdis mon boulot et je dus quitter Le Boulou pour venir travailler à nouveau sur Perpignan pendant les quelques mois de préavis qu’il me restait à faire. Il passa encore une ou deux fois me voir, on se téléphona encore quelquefois,  puis nos appels s’espacèrent jusqu’à s’arrêter définitivement. Il faut dire que de mon côté, en 1993, au mois de mai, je perdis définitivement mon job de comptable à Perpignan et je fus entraîné dans ce qu’on appelle le tourbillon de la vie où mes préoccupations personnelles comme celles d’assurer les fins de mois à mon propre foyer passèrent avant tout le reste. Je suppose qu’il en fut de même pour lui car Gilou ne m’appela plus jamais au téléphone et notre éloignement mit fin, je dirais presque naturellement, à cette très belle amitié de cinq années. Nos caractères solitaires et notre goût d'indépendance contribuérent sans doute aussi à cette coupure.

Ainsi étaient allées nos vies ! Nous avions pris des « trains de la vie » différents et le train de l'amitié qui aurait pu nous réunir de nouveau était passé bien trop vite pour nous deux !

Mais une fois encore, cette cruelle fatalité qu’on appelle la mort m’a rappelé soudain à son terrible souvenir.

Gilou s’en est parti en ce mois de janvier 2011 et quand je me retourne, je m’aperçois avec effarement que nous sommes restés ainsi sans plus nous revoir pendant 18 longues années. Et ce qui est triste, c’est que nous nous étions séparés très bons amis. Et je dois le dire, au regard de cette accablante réalité, j’ai comme un vague sentiment de culpabilité. Le sentiment de n’avoir pas su préserver cette belle complicité, de n’avoir pas su lui tendre une main secourable. Je ne sais comment dire et sans forfanterie aucune mais j’ai le sentiment que ma main de bon camarade aurait pu peut-être lui faire traverser le miroir avec un peu plus de sérénité. J’ai l’impression d’avoir oublié de lui dire certaines choses : combien par exemple, aussi courte soit-elle,  j’avais apprécié sa camaraderie pleine de spontanéité à m’accueillir chez Défi ou bien chez lui à Montferrer sans chichis ou à venir me voir au Boulou. Combien j’avais apprécié la confiance qu’il mettait en moi à se confier et vice-versa d’ailleurs. Combien j’avais apprécié sa gentillesse. En résumé combien j’avais apprécié nos cinq années d’amitié. Cinq années, sans doute trop courtes mais qui, en tous cas, auront pour moi marqué mon existence tant cette camaraderie avait été forte et marquée par une complicité exceptionnelle. Nous avions tous les deux cet amour pour la nature et la vie tout simplement.

Quand j’ai appris son décès à la lecture de la Semaine du Roussillon, j’ai reçu comme un énorme coup de massue sur la tête. Il m’était impossible d’imaginer ce garçon que j’avais bien connu, boute-en-train et sportif, autrement que plein de vie et d’énergie. Ses obsèques étaient passées mais j’ai aussitôt ressenti le besoin d’aller me recueillir au cimetière de Montferrer comme si je voulais définitivement sortir d’un mauvais cauchemar. Et quand je me suis rendu à Montferrer et malheureusement à l’évidence, en ce 11 février 2011,  j’ai été bouleversé par les deux photos qui étaient affichées sur sa tombe. Sur une de ces photos, je retrouvais Gilou comme aux plus beaux jours de notre amitié, insouciant, avec son éternel sourire espiègle. Il était au dessus de mes forces d’imaginer ce grand gaillard de Gilou allongé dans ce casier de marbre, gris et froid. Alors, c’est les larmes aux yeux que je suis parti marcher dans sa « chère montagne ». Je ne sais pas pourquoi mais j'ai ressenti ce besoin d'aller m'évader loin de ce monde que je trouvais "abominable". Il m’avait si  souvent parlé de son village et de ces sentiers qu’il arpentait depuis qu’il était enfant que j'ai eu le sentiment de lui rendre hommage en les arpentant à mon tour. Dans ma tête et tout en marchant, Gilou, mon copain, fut là, à côté de moi, à gambader dans la forêt, à grimper ces chemins qui mènent au château de Montferrer, terrains de jeux de son enfance. Il chemina avec moi toute la journée mais quand le soir la balade se termina, ça était plus fort que moi, je voulais garder un souvenir visuel de Gilou et j’ai pris en photos ces deux images. Quand je suis rentré à la maison, étant seul ce soir-là, il fut encore dans mes pensées. En regardant cette aquarelle qu’il m’avait gentiment offerte, je le voyais adossé contre ce bel arbre comme au temps où nous pique-niquions pendant nos parties de pêche. 

De lui, il me restera, de nombreux souvenirs agréables, ces deux photos que j’ai chipées comme un voleur de cimetière, cette aquarelle qu'il m'avait offerte et une autre toile que je lui avais achetée lors d’une exposition car en plus de ses qualités de cœur, Gilou avait un vrai talent d’artiste peintre. Sur ce dernier tableau, il avait tenté d’imaginer, de manière très abstraite, les fonds marins que je lui décrivais en évoquant mes chasses sous-marines. En regardant ses œuvres, je vais inévitablement me souvenir de lui avec tristesse et nostalgie et je sais qu’il n’aurait pas apprécié  que je pense à lui ainsi. Gilou aimait tant la rigolade….Mais ne m’en veut pas Gilou, aujourd’hui, il m’est impossible de rire de ton départ si inattendu !

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Le Château des Maures et le viaduc de l'Escargot depuis Caudiès-de-Fenouillèdes

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons et musiques du compositeur, musicien et chanteur Quincy Jones. Elles ont pour titre : "Slow James"; "The Erotic Garden (After Hours Version Of Secret Garden)" et "Soul Bossa Nova".


Ayant intitulé cette jolie randonnée le « Château des Maures », autant être honnête de suite, le château en question, ce n’est ni Chambord, encore moins Versailles et pour dire vrai, en terme d’esthétique, il n’arrive même pas à la cheville de celui de Salses ! Non, ce « Château des Maures »,  ce ne sont que quelques ruines, quelques vieilles pierres d’enceintes ou de fortifications d’un bastion du XIIème siècle dont l’historien Jean Tosti dit de lui qu’il aurait été destiné à défendre le Razès, petite région audoise, des attaques venant du sud et qu’il n’aurait de « Maures » que le nom. D’autres historiens disent qu’il s’agirait d’un château wisigoth.  Alors peu importe l’origine et la splendeur passée de ce château, objectif de notre journée, car il y a sur ce circuit bien d’autres jolies choses à voir et notamment le Viaduc de l’Escargot qui lui est contigu. Le départ s’effectue depuis Caudiès-de-Fenouillèdes où on peut laisser sa voiture sur l’esplanade aux Monuments aux Morts. Sur cette place, qui se trouve sur la droite de la D.117 en venant de Perpignan et en face du Syndicat d’Initiative, il y a quelques places de parking. De là, il faut prendre la direction de l’église puis l’avenue du Col Saint-Louis. Vous aurez certainement aperçu divers balisages et surtout les marques blanches et rouges propres à un G.R. Ici, vous êtes sur le G.R.36 qui est commun avec le trop méconnu Tour des Fenouillèdes et un petit P.R connu des randonneurs du coin qui s’appelle le « Chemin du Facteur ». On sort du village en suivant le balisage, on enjambe la rivière Boulzane et on poursuit la D.9 direction le col Saint-Louis, jusqu’à un poste transformateur EDF qui se trouve sur la gauche près d’une croix et à un embranchement. A ce croisement, on tourne à gauche, on passe devant le transfo et on continue cette jolie petite route de campagne qui longe le Boulzane, coupe son affluent l’Adoutx, petit ruisseau qui prend sa source non loin du château des Maures. Au bout de deux kilomètres environ, au lieu-dit la Muscatière, la route traverse cette propriété privée. Ici on quitte la route rectiligne par la droite pour un large chemin en terre qui se rétrécie rapidement en entrant dans la forêt. Le sentier désormais balisé en jaune tourne en épingle à cheveux en atteignant le hameau en ruines de Borde de Rivière. Ici, sur un sentier tout en sous-bois, caillouteux et très souvent raviné ou labouré par les sangliers démarre l’essentiel des 370 mètres de dénivelés qui vont nous mener jusqu’au château des Maures. Dans cette progression toujours en forêt, d’abord sous de petits chênes verts et lièges puis sous des grands chênes pubescents, quelques hêtres et conifères, il faut profiter de chaque trouée et de chaque fenêtre que dessinent les branches pour découvrir les paysages qui s’offrent à notre regard. Dans notre dos, les vues portent loin vers la vallée de la Boulzane, vers Caudiès, Fenouillet et ses châteaux et sur la droite, on aperçoit la forêt du Bach, la Serre de la Quière, le Pic d’Estable et sa splendide forêt domaniale d’En Malo, Puilaurens et son château dressé sur son piton rocheux, Lapradelle et son superbe viaduc construit en 1900 lors de la création de la ligne de chemins de fer. Au lieu-dit Rabasteins, vieil hameau en ruines dont on ne distingue que peu de vestiges depuis le chemin, le sentier s’arrête de grimper et on entre dans une petite clairière gazonnée entourée de hauts buis. Ici au milieu de la pelouse, on découvre avec surprise ce qui semble être une vieille Peugeot 203. Elle est bleue, rouillée mais surtout trouée comme une passoire. En l’approchant, on s’attend à tout moment à voir tomber par ses portières quelques cadavres de gangsters comme au bon vieux temps de la prohibition mais en réalité ce sont des chasseurs en manque de gibiers qui se sont amusés à faire des  « cartons ». On prend le chemin le plus large toujours balisé en jaune qui descend légèrement et quelques minutes plus tard on aboutit sur la D.9 où les vues splendides s’entrouvrent sur l’ample ravin de l’Adoutx et le joli viaduc de l’Escargot. On tourne à droite en évitant le goudron de la route par des raccourcis évidents qui coupent les virages et on rejoint très rapidement le viaduc en colimaçon et le château des Maures qui se trouve juste en contrebas. Ce viaduc présente la particularité d’être un des premiers ouvrages à péages construit après la Révolution. Il faut savoir qu’en 1839, le duc Ferdinand-Philippe d’Orléans, prince royal de France, passant par le Col Saint-Louis,  en route pour Port-Vendres où il devait embarquer pour se rendre à Alger voir le Dey, eut les pires difficultés à franchir cette route escarpée où il était nécessaire de débâter les chevaux et de transporter les chargements à bras d’hommes. Ce pénible épisode le contraint à pique-niquer ici en rase campagne. Gardant en mémoire ce désagréable souvenir, il fit voter dès son retour en France un texte autorisant la construction d’un ouvrage à péages à ce passage. L’histoire prétend que le viaduc en colimaçon aurait été  construit à l’aide des pierres du château. Après ces belles découvertes, on continue à descendre la D.9 tout en prêtant attention à ne pas oublier la stèle dédiée au célèbre pique-nique du 15 septembre 1839 du Duc d’Orléans. Elle se trouve sur le bas-côté gauche de la route juste après une petite grotte. On poursuit jusqu’au prochain virage et là, à main gauche, on quitte la route pour une large piste en terre qui s’élève en zigzaguant et depuis laquelle s’entrouvrent de superbes panoramas sur le viaduc, le ravin de l’Adoutx jusqu’à Caudiès et bien plus loin encore vers la forêt de Boucheville et toute une vaste étendue des Hautes-Fenouillèdes. Cette piste terreuse va peu à peu se transformer en un agréable chemin verdoyant qui va filer d’abord en balcon puis en forêt pour se terminer en une draille herbeuse et parfois boueuse au beau milieu d’une vaste prairie d’estives au hameau abandonné de Malabrac. Cet agréable chemin laisse entrevoir quelques jolis sommets : plutôt lointains pour ce qui concerne le Canigou et les pics ariégeois enneigés et bien plus proche pour celui arrondi du Pech de Bugarach.  Juste après la traversée du hameau, on prend garde à bien emprunter le G.R.36 qui part à droite et qui redescend par une sente raide et très escarpée vers Caudiès-de-Fenouillèdes. D’ailleurs, la descente est l’occasion de vues aériennes sublimes sur le village et tous ses environs.  Au pied de cette falaise abrupte que l’on vient de descendre, on retrouve le bitume de la D.9 et un peu plus tard celui des ruelles du village. Si après cette quinzaine de kilomètres, il vous reste encore un peu de vaillance, n’hésitez pas à partir à la découverte du village, vous y découvrirez encore quelques merveilles : son quartier moyenâgeux avec les vestiges de son fort et de ses remparts, ses vieilles maisons à colombages et à encorbellements ; sa tour du Viguier, sa belle église paroissiale du XVIème siècle, sa jolie mairie qui date de 1656 et bien d’autres choses encore. Je vous l’avais dit au début de cet article : il y a une multitude de jolies choses à voir sur ce circuit et le château n’est vraiment qu’un prétexte. Alors ne faites pas les « Maures » et venez-y marcher ! Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet et 2347 OT Quillan – Alet-les-Bains Top 25.

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La Chapelle Sant Marti de la Roca (518 m) depuis Camélas (314 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est enjolivé de 2 musiques du duo "Secret Garden""Windancer" et "Sanctuary" extraites de leur album "White Stones".

 

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Balade dominicale par excellence, cette courte excursion à la Chapelle Sant-Marti de la Roca à partir du bel hameau de Camélas ne vous prendra pas plus de deux heures aller et retour ; à moins bien sûr que vous ayez décidé de faire une boucle un peu plus longue autour de ce mamelon, autrefois appelé Pic Quérubi, histoire de consacrer une « grosse » et agréable journée à votre passe-temps favori qu’est la randonnée pédestre. Situé au nord des Aspres, versants orientaux du Massif du Canigou, cet ermitage, est sans doute, un des plus beaux du département. Il faut dire qu’il s’inscrit dans un cadre extraordinaire où les vues à 360° sont tout simplement merveilleuses. Pourtant la chapelle n’est perchée qu’à 518 mètresd’altitude mais elle domine magnifiquement les Aspres bien sûr, la Plaine du Roussillon et le Ribéral tout proches avec à se pieds, Camélas bien sûr mais aussi un des plus beaux villages de France, à savoir Castelnou. Quand aux panoramas aperçus depuis le piton rocheux, ils défilent dans un horizon circulaire quasiment sans rupture depuis les lointaines Corbières jusqu’aux premiers sommets pyrénéens de Cerdagne et du Capcir en passant par le littoral méditerranéen, les Albères, le Vallespir, et une immense partie du Conflent où prédomine, bien sûr, l’incontournable Pic du Canigou. Avant de démarrer, profitez de l’opportunité qui vous est donnée pour visiter Camélas. Le village mérite qu’on s’y attarde et depuis le parking situé au bas du village et en flânant dans ses ruelles, vous découvrirez ses vieilles maisons parfaitement restaurées, aux façades fleuries à la bonne saison, les quelques vestiges d’un vieux château ruiné du XIIème siècle,  son église romane du XIème siècle dédié au légendaire évêque de Tarragone Saint-Fructueux. Elle possède une superbe porte en bois et ferrures décoratives qu’encadre un non moins magnifique portail de marbre rose. Si la porte est ouverte, ce qui n’était pas le cas le jour de ma visite, vous découvrirez à l’intérieur de l’église, des peintures très anciennes, un mobilier précieux et quelques retables exceptionnels dont un triptyque du XVème siècle qui aurait été l’œuvre de l’énigmatique Maître du Roussillon. Vous aurez ainsi visité et traversé ce beau village sans vous en apercevoir et en grimpant entre les dernières habitations vous aurez remarqué à une intersection et à même le sol un panonceau indiquant « l’ermitatge Sant Marti de la Roca ». En suivant cette direction, très rapidement, on quitte l’asphalte pour une large piste terreuse qui serpente dans la garrigue où les seuls arbrisseaux sont de petits chênes lièges, des chênes verts, quelques hautes bruyères et de piquants genévriers et ajoncs. On surplombe très vite Camélas et tout en montant, on observe des panoramas de plus en plus beaux et de plus en plus lointains. On laisse sur la gauche, le joli domaine du Mas de Ste Colombe. Le dénivelé s’accentue et le pinacle arrondi, rocailleux et aride du Quérubi se rapproche. De temps à autre, au détour d’un virage, un bout de la chapelle apparaît. Sur la droite, une épaisse forêt de petits conifères se dévoile et contraste avec l’aridité environnante. Il faut savoir que si le nom « Aspres » vient du latin « asperi » qui veut dire « âpre », ici l’âpreté signifie aussi « aride ». Cette aridité, les Aspres la doivent pour partie aux multiples feux de forêts et de maquis qui, dans ce secteur, ont largement contribué à la déforestation mais néanmoins les hommes ont eu, ces dernières années,  le souci d’aider au reboisement. D’ailleurs, cette large piste que vous arpentez est surtout là pour protéger la forêt et combattre les éventuels incendies. La piste finit par arriver au col de La Roque à la jonction de plusieurs chemins. A l’horizon et droit devant, sous un soleil éclatant et un ciel sans nuage, un superbe Canigou enneigé apparaît péniblement au travers d’un halo d’une épaisse brume de chaleur. Le chemin qui nous intéresse est celui qui monte le plus à gauche et qui, fermé par une chaîne, interdit toute circulation motorisée. Balisé en jaune, l’itinéraire se fait toujours plus rocailleux puis pour terminer, il domine désormais Camélas au bord d’un sentier tout en balcon très abrupt, très impressionnant mais pas vraiment périlleux. Quand la pente s’adoucit et qu’on atteint le haut de la crête, l’église romane apparaît dans toute sa splendeur. Déjà citée dans les textes dès le VIIIème siècle, la vieille chapelle porte bien son nom de la Roca (de la Roche) et semble de loin comme agglutinée à ce monticule calcaire, mais plus on approche et plus avec ses murs couleur paille et sa toiture rouge, elle s’en détache distinctement. Une fois à ses pieds, on y trouve même un air penchée et, juchée au bord du précipice, elle paraît vouloir basculer dans le vide comme entraîner par le poids de sa nef et de son clocher. Constituée de plusieurs petites salles, sa jolie chapelle est enjolivée de quelques peintures plus ou moins récentes et de quelques reliques et objets divers que des pèlerins et pénitents ont déposés pieusement.  Après un message laissé sur le livre d’or et après avoir admiré depuis son parvis les magnifiques panoramas qui nous sont offerts, le retour vers Camélas s’effectue par le même itinéraire. A moins, comme je le dis dit plus haut, que vous ayez décidé de réaliser un circuit un peu plus long. Pour cela, il vous faudra, au col de la Roque, descendre à main gauche en direction des Bourguères. Là, par divers chemins et sentiers que je ne vais pas vous décrire en détail ici (voir ma carte IGN), vous aurez le choix entre, soit poursuivre vers Castelnou, soit revenir à Camélas par un itinéraire plus court qui par un étroit sentier traverse le ravin de la Font de Paris. Carte IGN 2448 OT Thuir - Ille-sur-Têt Top 25.

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Le Roc Redoun (328 m) et les Coumos de la Quirro depuis Baixas

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 grands standards du jazz qui ont titres et interprètes : "Stormy Weather" par Charles Mingus, "Deep Purple" par Art Tatum et "A Foggy Day In London Town" par Lester Young.
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Après les fêtes de fin d’année et quand le mois de janvier démarre, je ne sais pas vous, mais moi, j’ai à la fois des fourmis dans les jambes tant la marche commence à me manquer et à la fois la flemme de partir loin pour me dégourdir les jambes surtout si la météo d’hiver n’est pas très propice à la  randonnée pédestre. Alors que faire ? D’un côté, j’ai envie de marcher et de tenter de perdre les quelques kilos de trop que m’ont fait prendre le foie gras, les chocolats et autres riches victuailles des réveillons, et de l’autre, je n’ai pas vraiment le désir, sous un ciel incertain,  de me « taper » trois à quatre heures de voiture pour faire une balade en montagne de quatre à cinq heures. Alors, il m’est venu une idée : regarder la carte IGN de Perpignan et déceler la balade balisée la plus proche autour de chez moi, avec si possible un « bon petit » dénivelé. Et bien sûr, j’ai trouvé ! Il s’agit du Roc Redoun (328 m) qui signifie rocher rond, situé à 12 kilomètres à vol d’oiseau de Perpignan et que l’on peut gravir depuis divers points de départ. Ce n’est bien sûr, ni le Canigou ni le Carlit mais j’ai trouvé un joli circuit qui part du beau village de Baixas, emprunte le chemin dit « des Coumos ou Coumes », passe par le non moins joli hameau de Calce (dérivé du mot « cal » signifiant « rocher », ce nom à la même origine que les mots  « calcaire, chaux », et ça parait une évidence au regard de la géologie du coin !) et grimpe au roc avec une multitude de découvertes que je ne soupçonnais pas. Personnellement, connaissant déjà le village de Baixas, j’ai démarré sous un ciel maussade et une redoutable tramontane depuis un carrefour qui se situe 250 mètres juste après la chapelle Sainte-Catherine (déjà décrite dans ce blog avec Notre-Dame de Pène). Là, il suffit de suivre le balisage jaune qui emprunte une voie carrossable et  bitumée qui file sans détour vers Calce. Le Roc Redoun plus connu des vététistes et des chasseurs (à ne pas confondre avec le pic Redoun (2.677 m) dans le Haut-Conflent, qui lui domine le GR.10 et les gorges de la Carança) est en surplomb sur votre droite. Bien qu’en grande partie asphalté, ce chemin entre vignes et collines, bordé de nombreux amandiers et de quelques oliviers sauvages, n’est pas lassant car il s’élève doucement laissant découvrir derrière soi et dans ce vallon qui s’entrouvre de jolis panoramas vers Baixas et Perpignan, et bien plus loin encore, vers la Méditerranée et les Albères. Seul dans ce décor dépouillé, ce jour-là, mon attention a été mise en éveil par d’innombrables passereaux et ma progression s’effectue au même rythme que celles de plusieurs étourneaux, grives, alouettes et autres chardonnerets qui s’envolent à tire d’ailes au fur et à mesure que j’avance sur ce parcours. En ce jour de janvier plutôt terne, or mis l’ocre de la terre et les différents verts de la végétation, les seules vraies touches de couleurs sont offertes par quelques jaunes ajoncs ou de bleus romarins en fleurs. Au moment où le chemin se stabilise puis redescend régulièrement vers la Serre de Calce, sur la gauche, le Canigou et les autres sommets pyrénéens surgissent à l’horizon. Au passage, on remarque une multitude de constructions de pierres sèches dont plusieurs casots, puits, orris ou autres cabanes dont celle magnifiquement restaurée dite de « Las Coumes ».  Quand le large chemin des Coumos se termine avec la fin de ce petit vallon que je viens d’arpenter, il n’y a rien de plus normal quand on sait que les mots « coume, coumes, coumos » ont la même étymologie que le mot « combe ».  Alors une coume, c’est une combe, un vallon ou une petite ravine. A ce carrefour, deux solutions sont offertes : soit, on ne connaît pas Calce qui se trouve sur la gauche et je conseille vivement d’aller découvrir ce joli hameau soit on poursuit à droite en suivant les indications on ne peut plus claires d’un petit panonceau jaune précisant le Roc Redoun. Calce est à moins de 500 mètres et avec ses jolies ruelles anciennes, son église avec son beau clocher et son vieux château du XIIeme siècle, il est évident qu’on ne regrette pas cet agréable petit détour, d’autant qu’un Bistrot du Pays « Le Presbytère » peut accueillir le visiteur tout au long de l’année pour un sympathique déjeuner ou plus simplement pour étancher sa soif. Pour le Roc Redoun, il faut ensuite revenir sur ses pas et grimper vers cette longue colline aride que l’on a longée depuis le départ. Cette colline, elle s’appelle « les Coumos de la Quirro » et on peut fort légitimement la traduire en « Combe des rochers » tant il y a de pierres ici. Une fois à cheval sur cette croupe rocailleuse qui s’intitule La Cresse, les paysages se dévoilent de toutes parts : sur l’autre versant vers la Vallée de l’Agly, vers la Tour del Far, la montagne de Tauch et plus globalement les Corbières où l’on peut distinguer les châteaux cathares de Quéribus et Peyrepertuse et encore un peu plus loin, le Pech du Bugarach et les premiers sommets ariégeois enneigés. A l’horizon, toujours cette longue chaîne de montagnes qui s’étire des Albères aux Pyrénées en passant par les pics vallespiriens, le Massif du Canigou, celui du Coronat et du Madres et tout en s’élevant dans ce paysage presque quasi lunaire jusqu’aux pylônes du Roc Redoun, c’est peu à peu, toute la vaste Plaine du Roussillon que va se dérouler comme un tapis devant nos pieds. Au regard de la modeste altitude de ce roc, on peut s’étonner de la beauté du spectacle entrevu sur cette multitude de panoramas aperçus mais en y réfléchissant, n’est-on pas à la même hauteur que le sommet de la Tour Eiffel ? D’ailleurs, en installant leurs antennes hertziennes au sommet de ce roc, les sociétés de télévision et les radios ne s’y sont pas trompées et elles savaient que rien n’arrêterait leurs ondes, leurs images et leurs musiques. Moi, avant de redescendre vers ma voiture sur un sentier toujours aussi pierreux, la seule mélodie que j’ai entendue, c’est celle d’une violente tramontane soufflant à 100 km/heure et qui sifflait stridente et métallique dans les câbles et les haubans de ces immenses antennes et pylônes d’acier. Cette musique, sortit tout droit d’une espèce de hard rock « heavy metal », ici  on aurait pu très justement l’appeler le « rock Redoun ». Plusieurs chemins sont proposés pour descendre vers Baixas mais personnellement, j’ai choisi le plus simple et le plus court qui traverse en son milieu le Pla de la Vila par une agréable petite pinède. On rejoint la piste où se trouve l’ancienne carrière de marbre bleu et il suffit de poursuivre pour retrouver l’ermitage de Sainte-Catherine. Dans ce secteur, il faut néanmoins faire attention car en cette saison, il est amplement fréquenté par les chasseurs à plumes et c’est sous un déluge de détonations de tirs que j’ai rejoint ma voiture. Ce circuit peut être réaliser en moins de 3 heures et un peu plus selon le temps qu’on aura consacré à la visite de Calce. Un peu plus aussi, si on décide de partir de la cité de Baixas et de la visiter également. Les deux villages méritent vraiment qu’on s’y attarde. Cartes IGN 2548 OT Perpignan-Plages du Roussillon et 2448 OT Thuir-Ille-sur-Têt Top 25.

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Ma mère est un numéro ?

Publié le par gibirando

Dans ma vie professionnelle, j’ai d’abord été informaticien pendant une quinzaine d’années puis ensuite tout en continuant à travailler sur des ordinateurs, j’ai plutôt œuvré dans la gestion, la comptabilité et la finance jusqu’à ma récente retraite. Alors, les chiffres et les nombres, je pensais, sans prétention aucune, en avoir fait le tour et évalué leur nécessité  et leur importance. Dans mes divers métiers et notamment ceux en relation avec l’informatique, on tire bien évidemment un certain avantage à donner des numéros à un élément d’un fichier  et pour donner des exemples : au client X, on attribue le numéro 1000 ou bien le salarié Durand est le matricule 15, ceci bien entendu au sein d’une liste d’un fichier qui peut recenser un nombre indéterminé d’éléments.  Toutefois et tout en manipulant des chiffres et des nombres à longueur de journée, j’ai toujours eu à cœur dans mes relations avec les autres d’oublier leurs numéros de codifications pour les considérer comme il se doit comme des êtres humains. Quand j’avais à faire à un client, à un fournisseur ou à un salarié, je l’appelais toujours par son nom voire son prénom quand il s’agissait d’un(e) collègue et je ne lui disais pas « numéro 1000 » ou « matricule 15 », etc... A dire vrai, appeler une personne par son numéro ou son matricule, ce n’est pas l’éducation que m’avait donnée mes parents et cette idée ne m’est à vrai dire jamais venue à l’esprit et bien au contraire, j’avais encore en tête d’avoir lu que c’était la manière abominable dont les nazis désignaient les déportés dans certains camps de concentration.

L’Administration Française et en l’occurrence, pour ne pas la citer, la Caisse d’Allocations Familiales a, semble-t-elle, oublié cette sacro-sainte éducation et je ne vous cache mon immense déconvenue quand l’autre jour le facteur est venu me remettre une lettre en me disant : « C’est bien vous l’allocataire 15931…? ». J’ai d’abord été très surpris de la question puis j’ai sans doute bégayé quelque chose avant d’apercevoir, au dessous de ce numéro, mon adresse dans la fenêtre de l’enveloppe qu’il me tendait et en prenant ce courrier, je n’ai pas trouvé autre chose à lui dire que : « Oui, c’est sans doute moi ! ».  

J’avais l’impression d’être revenu 40 ans en arrière et d’être entré de pleins pieds dans la célèbre série télévisée  que je regardais à l’époque c’est à dire « Le Prisonnier » , dans laquelle tous les personnages s’appelaient par des numéros. Le « Prisonnier », alias ce fameux N°6 était constamment poursuivi et martyrisé par le N°2 qui voulait lui faire avouer pourquoi il avait démissionné de son poste d’agent secret. En quelque sorte, j’ai eu, ce jour-là, le sentiment d’être le N°6 interrogé par le facteur qui était le N°2.

Puis quand le facteur a eu tourné les talons, la colère et l’indignation ont pris le pas sur l’étonnement. Ô non, or mis sa maladresse dans sa façon de s’exprimer, je n’avais pas grand-chose à reprocher à ce « brave » facteur qui, dans le cadre de son travail, avait posé une simple question pour s’assurer que j’étais bien le bon destinataire, mais sur le moment, j’ai eu vraiment une vive animosité contre cette Caisse d’Allocations Familiales dont j’avais le sentiment qu’elle avait oublié que j’étais un être humain.

Alors, j’ai ouvert l’enveloppe et j’ai constaté que cette lettre de la CAF ne m’était pas adressée mais elle concernait ma mère dont je suis le tuteur légal depuis 2 ans. Croyez-vous que cela a atténué ma colère ? Non, bien au contraire et je dirais presque que cela n’a fait que l’amplifier. En effet, ma mère est atteinte de la Maladie d’Alzheimer depuis quelques années et les psychiatres la décrivent en ces termes : « elle est sénile et dans un état de dépendance physique et psychique majeure qui nécessite qu’elle réside obligatoirement dans une institution médicalisée de façon définitive ». Alors, j’estime que c’est déjà excessivement difficile de voir sa maman finir sa vie comme ça sans que l’Administration en rajoute en la traitant comme un simple numéro. Ma mère, un numéro ? Non, ça je ne pouvais pas l’accepter et il m’est venu la haine ! Et croyez-moi je n’ai eu que très rarement la haine dans ma vie, pour ne pas dire jamais contre quelqu’un ou quelque chose. Mais là c’était trop et ayant travaillé dans l’informatique, je sais pertinemment qu’il est très simple de régler un problème tel que celui-là !

Ma mère, malade d’Alzheimer, un numéro ? Non, c’était inacceptable et j’ai eu immédiatement envie d’écrire à la CAF en question pour leur signifier le fond de ma pensée. Puis, je me suis dit qu’il devait en être de même pour tous les autres allocataires de la CAF et que les gens prêtaient sans doute plus d’attention au contenu de leur courrier qu’à la manière dont leur adresse y était mentionnée. Alors, en prenant connaissance du contenu de cette lettre, mon indignation ne fit que s'accroître une fois de plus car la CAF m’informait qu’elle supprimait tous ses droits à ma maman. Ô non, ce n’est pas le fait d’avoir perdu les 15,20 euros par mois qu’elle percevait depuis une année seulement qui changeât ma manière de voir les choses mais c’était tout cet ensemble de pratiques et de décisions que je trouvais injustes, qui ajoutait à ce problème de « numéro », est venu excessivement m’irriter.

Mes parents étaient, ce que l’on appelle, des ouvriers et ils n’ont jamais « roulé sur l’or ». Mon père était comptable et ma mère faisait des ménages pour que ses trois enfants ne manquent de rien. Comme on dit, ils se sont «saigner aux quatre veines » pour nous élever et nous donner une excellente éducation. Puis quand nous avons été casés, ils ont fait un crédit et ils ont puisés dans leur petite épargne qu’ils avaient économisée sous à sous pour s’offrir un appartement de 50 m2 au rez-de-chaussée d’un très vieil immeuble où leur unique bien-être était qu’il disposait d’un petit jardin. Mon père est décédé à 64 ans et il n’a ni profité de ce petit jardin et encore moins de sa retraite. Ma mère resta seule et au moment où elle aurait pu bénéficier d’une vie un peu plus paisible, elle a été très injustement rattrapée par cette infâme maladie qui l’a peu à peu transformée en véritable zombie.  Mais je dois le dire, avant tout ça, nous n’avons jamais manqué de rien et surtout pas de protection, d’affection et d’amour que notre mère avait à revendre.

Aujourd’hui, en additionnant sa propre retraite et la réversion de mon père, ma mère perçoit 1.400 euros de retraite par mois et dans le contexte économique actuel très difficile, on est en droit de considérer que ce n’est pas mal de tout car des gens qui travaillent ne gagnent pas autant.  Mais malgré ce revenu « correct », la maison de retraite spécialisée Alzheimer où elle réside, lui coûte 2.500 euros par mois. Alors quand je lis que la CAF a étudié ses droits et qu’elle n’a plus droit à aucune prestation, je l’avoue, j’ai honte d’être français et je suis indigné. Pour « joindre les deux bouts » et assumer les frais de la maison de retraite, j’ai vécu comme une humiliation d’avoir été contraint de vendre ce petit appartement que mes parents avaient mis tant d’années à acquérir. Et quand je dis ça, ce n’est pas  pour profiter plus tard d’un quelconque héritage mais je vis cette obligation de dépendance de ma mère comme une terrible injustice. Aujourd’hui, malgré un projet de loi adopté très récemment, on hésite à suspendre les allocations aux parents dont les enfants ne vont jamais à l’école, on hésite à supprimer les prestations aux parents dont les enfants ont maille à partir avec le justice. Pourtant, dieu sait s’il y en a ! Qui n’a pas entendu parlé d’escroqueries, d’abus et de fraudes diverses aux prestations sociales ? Ces tristes réalités reviennent constamment sur le devant de la scène médiatique. En contrepartie, on n’hésite pas à supprimer radicalement une très faible allocation à quelqu’un qui a eu une vie exemplaire et qui est désormais dépendant à cause d’une terrible maladie. Il y a tellement de gâchis en France, d’abus financiers, de passe-droits, de conflits d’intérêts, d’écarts de plus en plus importants entre les plus pauvres et les plus riches.  

Alors, voilà pourquoi, je me suis indigné en recevant cette lettre.

Non, ma mère ne méritait ni cette maladie ni ce peu de considération de l’Administration Française. Non ma mère n’est pas un simple numéro, mais je le dis bien haut : « Pour moi, au temps où elle allait bien, ma mère, a toujours été un « sacré numéro » !!!

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Le Sentier des Trabucayres (1.333 m) depuis Las Illas (540 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de la chanson "Voleur de Mamans" interprétée par Gérard Berliner puis dans une version instrumentale Karaoké

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En Catalogne Nord, si tout le monde ne connaît pas "Le Sentier des Trabucayres", bien rares sont ceux qui n'ont pas entendu parler des Trabucayres (Trabucaïre ou trabucaire), ces terribles bandits de grands chemins issus des troupes carlistes, partisans de Carlos V de Bourbon infant d'Espagne et prétendant au trône.  Armés de « trabucs » (tromblons en français), ils ont semé la terreur des années 1840 à 1846. En cette dernière année, le procès à Perpignan fut retentissant. Par contre, peu de catalans connaissent l’existence du sentier de randonnée qui leur a été consacré et dont le départ est situé dans le village même où ils avaient installés leur quartier général, c’est à dire le bel hameau de Las Illas (altitude 540 m). Je ne vais pas ici vous relater l’histoire de ces Trabucayres car il existe une multitude d’ouvrages sur le sujet et vous pourrez également en retrouver un court résumé sur l’excellent site Internet suivant : http://culturel.tresvents.fr/fr/trabucayres.php. Toutefois, il faut savoir que ces chemins qui filent à cheval sur la frontière entre la belle région française du Vallespir et le non moins joli comté espagnol de l’Alt Emporda constituent les théâtres même de ces hauts faits historiques. En effet, pour les Trabucayres, le choix de Las Illas n’était pas innocent. La première raison était qu’après la défaite de 1839, de nombreux carlistes avaient trouvé refuge en France mais la principal motif pour « nos Trabucayres » était que ce haut lieu de la contrebande présentait l’avantage d’être tout proche de la crête frontière et au cœur même d’une multitude de montagnes alambiquées et d’épaisses et obscures forêts. Pour ces diverses raisons, cette région recélait un nombre incalculable de planques et de caches et notamment quelques grottes que nos lascars connaissaient à merveille. C’est donc dans ce cadre remarquable entre France et Espagne que nous allons cheminer cet illustre sentier avec des vues sur des sites que nos célèbres brigands ont du inévitablement contempler eux aussi.  A Las Illas, il faut emprunter le petit sentier qui file droit en direction du Col de Lli (715m) et qui démarre derrière la jolie auberge de l’« Hostal des Trabucayres ». Un nom bien choisit pour une excellente publicité me direz-vous ? Non, pas vraiment,  mais plutôt un nom prédestiné puisque c’est dans cette auberge que les Trabucayres se réunissaient pour préparer leurs attaques de diligences en particulier et tous leurs mauvais coups en général. A l’époque, l’auberge appartenait à un certain Vincent Justafré, contrebandier à ses heures et très impliqué lui-même dans le groupe des hors-la-loi. Près de ce gîte, un petit panonceau jaune est là indiquant la boucle. En seulement quelques minutes et moins de 2 kilomètres plus loin, on atteint le col de Lli qui se trouve exactement sur la ligne frontière. Ici, comme souvent en Espagne, le balisage est irréprochable et de nombreux petits panonceaux métalliques indiquent parfaitement la direction à prendre. Pour cette boucle, l’itinéraire qui nous intéresse part à droite sur une large piste balisée de marques rouges et jaunes en direction du « Santuari des Salines ». Sur un bon dénivelé qui monte régulièrement à travers des landes, des forêts de chênes-lièges mais aussi quelques hêtres, quelques châtaigniers, de jolies sapinières et de vertes pinèdes, cette piste mène sans souci le promeneur jusqu’à ce magnifique sanctuaire qu’est l’Ermitage de Notre-Dame des Salines (1.070 m). Au préalable et au passage du col de la Biga (834 m), vous n’aurez pas hésité à vous écarter du chemin pour découvrir les ruines du vieux château de Cabrera (854 m). Situées sur un impressionnant promontoire rocheux, les ruines de cet ancien château du XIeme siècle ne présentent en elles-mêmes rien de prodigieux mais elles sont un superbe et extraordinaire belvédère sur l’Emporda et bien plus loin encore sur une immense partie de la province de Gérone, surtout si le temps est très clair. En dessous, se déploie l’olivâtre toison de la forêt de Maçanet de Cabrenys où contraste quelques prés d’un vert plus clair et surtout le ravissant lac bleuté du barrage de Boadella. Après l’ermitage de Notre-Dame des Salines, le sentier des Trabucayres continuent soit en direction du col du Puits de la Neige, du nom d’un ancien puits à glace (Pou de la Neu), soit il est possible de prendre en face de l’ermitage, un minuscule sentier très escarpé qui monte de manière très abrupte au Pic des Salines. Si vous avez choisi d’aller vers le col du Puits de la neige, tracé conseillé par la carte IGN, à ce col, le vrai sentier des Trabucayres délaisse la piste, bifurque à droite et emprunte une étroite sente qui monte également vers le rocailleux Pic des Salines. L’ascension de ce pic, que j’ai déjà décrit dans ce blog, mais dans le sens contraire, est un itinéraire de toute beauté car depuis son sommet apparaissent des panoramas à 360 ° époustouflants : sur l’Espagne bien sûr, mais aussi sur le Massif du Canigou, sur une ample étendue du Vallespir  et sur un vaste horizon qui s’étend des Corbières jusqu’au proches Albères en passant par la Plaine du Roussillon et les rives de la Méditerranée. Toutefois, si vous jugez cette ascension du Pic des Salines  trop pénible, il faut savoir qu’il existe deux autres itinéraires pour éviter cette grimpette soit en empruntant le célèbre GR.10 qui le contourne par le nord  (non loin de là, il y a la grotte des Trabucayres) soit en prenant directement un petit sentier non tracé sur les cartes qui part derrière l’ermitage de Notre-Dame des Salines et contourne le pic par le sud. Dans tous les cas, les trois itinéraires cités se rejoignent au col dels Cirerers (cerisiers) où l’on retrouve le G.R.10 (balisage blanc et rouge) qui devient commun avec notre sentier. Bien que sinueuse et essentiellement en sous-bois, la descente du G.R.10 vers la départementale D.13f ne présente pas de réelles difficultés. Ce n’est qu’une fois la route asphaltée atteinte près du lieu-dit La Selva où l’on peut découvrir la jolie chapelle Notre-Dame du Remède que commence la partie la plus ennuyeuse de cet agréable circuit. En effet, ce n’est pas moins de 4,5 kilomètres de bitume qu’il faut parcourir pour retrouver Las Illas et le parking de l’Hostal des Trabucayres où l’on a laissé son véhicule. Néanmoins, si vous n’avez pas été détroussé par des bandits de grands chemins, ce que j’ose espérer bien évidemment, vous garderez sans doute un maximum de bons souvenirs de ce sentier des Trabucayres. Bien qu’arrêts non inclus, la boucle soit donnée pour 4h30 à 5h , il sera préférable de consacrer une journée entière à cette superbe balade d’une vingtaine de kilomètres pour un peu moins de 800 mètres de dénivelé de Las Illas (540 m) au Pic des Salines (1.333 m). Bonnes chaussures de marche et équipement complet du parfait randonneur sont vivement conseillés sur ce parcours. Cartes IGN 2449 OT Céret-Amélie-les-Bains-Palalda-Vallée du Tech Top 25.

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Le Puig d'Escoutou (2.292 m) et la Llabanère (2.052m) : à l'écoute des cervidés...

Publié le par gibirando


Pas facile de trouver un titre de chanson avec les mots "cerf" ou "cervidé", alors j'ai choisi "biche". Voilà pourquoi ce diaporama est agrémenté de 3 chansons qui ont pour titre et sont interprétées successivement : "Les Biches" par Jacques Brel, "Le Loup, La Biche et le Chevalier" connue aussi  sous le nom "Une Chanson Douce" par Henri Salvador et enfin "Biche, Ô Ma Biche" par Frank Alamo.

 
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J’ai longtemps hésité avant de mettre sur mon blog cette randonnée un peu particulière qui consiste à gravir les flancs de La Llabanère (2.052 m) et du Puig d’Escoutou (2.292 m). En effet, et bien que cette balade puisse se suffire à elle-même tant les panoramas sont superbes, l’objectif majeur de ces difficultés sera tout autre si vous décidez de les gravir fin septembre début octobre. Bien sûr, rien de vous empêchera de l’accomplir le reste de l’année, sauf peut-être un fort enneigement en hiver mais dans ce secteur, l’idéal est tout de même de partir à la découverte d’une faune belle et sauvage qu’on a peu l’habitude de voir en restant sur les sentiers battus habituels. Alors c’est vrai, j’ai hésité puis, je me suis dit : « la montagne est à tout le monde et il ne faut pas que ces deux sommets en particulier appartiennent aux seuls chasseurs ». Car, il faut quand même le dire, nous sommes dans une réserve hautement cynégétique et ces sentes qui s’élèvent vers ces deux sommets coincés entre les Garrotxes et les massifs du Madres et du Coronat  sont le plus souvent et presque exclusivement empruntés par des chasseurs dont on dit qu’ils sont aussi les gestionnaires de cette faune sauvage.  J’avoue que parvenir à cette montagne n’est pas chose aisée car les seules routes qui mènent au point de départ sont déjà difficilement accessibles et praticables puis les sentes qui permettront d’aller à la rencontre des cervidés, car c’est bien de ça dont il s’agit, sont de vieilles et minuscules caminoles autrefois empruntées par les bergers et les vachers pour amener leurs troupeaux aux estives. Alors, je me suis décidé à faire une brève description de cette randonnée permettant de partir à la découverte de ces beaux ou grands cervidés que sont les biches, les faons, les cerfs et autres daguets, sans doute visibles toute l’année mais surtout fin septembre, début octobre si vous voulez entendre le fameux brame.... Le départ s’effectue depuis le refuge de la Mouline, en catalan la Molina, du nom d’une ancienne forge à fer qui aurait fonctionné au 14 et 15eme siècle avant d’être  transformée en moulin à bois. Ce petit refuge non gardé se trouve tout en haut de la vallée d’Evol juste avant le col du Portus. Bien qu’il existe d’autres pistes (Nohèdes, Jujols), les deux façons les plus simples sont en partant du joli hameau d’Evol d’atteindre le refuge en empruntant soit le fameux sentier Cami Ramader (déjà décrit dans ce blog) soit en effectuant en voiture la longue et sinueuse route autrefois bitumée qui monte vers le col du Portus. Bien que réalisable par les plus sportifs, il est très difficile sur une seule journée d’enchaîner le Cami Ramader et cette ascension au Puig d’Escoutou, aussi est-il préférable si l’on veut profiter pleinement de cette découverte des cervidés de prendre la piste. Toutefois, il me parait utile de préciser aussi que cette ancienne route asphaltée est très difficile car en fort piteux état. Dans ces conditions, l’utilisation d’un 4x4 ou d’un véhicule avec une caisse assez haute sera fortement conseillée. Une fois arrivés à ce point de départ, on descend derrière le refuge en traversant le petit torrent d’Evol et on emprunte un étroit sentier qui file plein sud en traversant la pinède sylvestre du Bac de Poudens. On ne quitte pas cette sente, ancien chemin pastoral et on arrive en surplomb à la jonction de deux petits ravins : celui du Peyro et celui de la Llabanère dont le ruisseau descend direct du flanc de la montagne du même nom. On traverse ce petit ru et on poursuit tout droit en grimpant le long du ruisseau qui descend de la Font d’Ayguenas. Quelques mètres plus haut, une autre sente repart plein sud vers le Pla de l’Estagnol dans une basse végétation composée essentiellement d’une lande à genêt purgatif et de quelques petits pins chétifs qui recolonisent peu à peu cet espace. Ici dans des temps plus reculés, la forêt a sans doute existé mais a disparu à cause d’écobuages mal maîtrisés et d’une exploitation intensive pour la fabrication du charbon de bois. A ce stade de la randonnée et si vous avez décidé de l’accomplir fin septembre, début octobre, il serait très surprenant que vous n’ayez pas encore aperçu de cervidés et surtout que vous ne les ayez pas entendu bramer. Bien sûr, plus vous monterez haut en direction du Bois d’Escoutou en escaladant les flancs de la Llabanère et du Puig, plus vous aurez des chances d’apercevoir de grandes quantités de cervidés et surtout de les approcher. Après le lieu-dit la Toureille, on bifurque plein nord en direction d’une ancienne cabane de pierres sèches, vestige parmi tant d’autres d’une activité pastorale intense aux siècles précédents. Derrière ce cortal, on poursuit un sentier pas toujours évident à trouver au milieu des genêts et des églantiers mais plus on va monter sur le haut de la crête et plus l’ascension vers le Puig d’Escoutou, il est vrai souvent au jugé, va se simplifier. En effet, la soulane sèche et rocailleuse envahie par cette basse mais foisonnante végétation va peu à peu laisser la place à des pelouses rases plus faciles à cheminer. En fonction des cervidés aperçus, c’est vous qui déciderez de la longueur de cette randonnée mais attention, gardez à l’esprit que les cervidés restent des animaux sauvages et partir à leur découverte ne veut pas dire les déranger de manière déraisonnable. De toute manière, en période de rut même si ces animaux sont moins méfiants, ils seront effrayés par votre présence, alors le silence et la prudence seront, quoi qu’il arrive, de mise. Evitez d’accomplir cette randonnée, le jour où une chasse est organisée dans le secteur, primo ce ne serait pas prudent et secundo, vous aurez fort peu de chance d’approcher un cervidé. Je vous rappelle que la chasse est autorisée de septembre en février et donc en pleine période du brame, il est donc fortement conseillé de se renseigner sur les jours et horaires des chasses en battue ou en postes avant de partir faire cette ludique balade. Le retour s’effectuera par le même chemin mais si vous avez eu le courage de grimper jusqu’au Puig d’Escoutou, vous pourrez, toujours au jugé, redescendre par des raccourcis comme celui qui consiste à emprunter une sente escarpée qui longe le ravin du Peyro. Je précise que le tracé qui agrémente cet article n’est donné qu’à titre purement indicatif. Il s’agit d’un itinéraire que j’ai effectué moi-même en empruntant un sentier parfaitement visible et praticable du Refuge de la Mouline jusqu'au ravin de la Llabanère, puis en poursuivant une autre sente parfois envahie par la végétation jusqu’au sommet de la Llabanère, la suite de l’ascension vers le Puig d’Escoutou et le retour ayant été réalisée souvent au jugé mais surtout à l’aide d’un GPS. Comme je vous le disais au début de cet article, en raison de son objectif un peu spécial et des difficultés pour y accéder, j’ai longtemps hésité à partager sur mon blog cette randonnée un peu particulière, alors ne l’ébruitez pas trop et rappelez-vous que pour approcher des cervidés rien ne vaut le silence. Alors chut….. Carte IGN 2249 ET Font-Romeu- Capcir

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Regards nouveaux sur l'Islam

Publié le par gibirando

En ce 5 janvier 2011, je viens de prendre connaissance d’un article sur le Figaro.fr qui a pour titre « L'islam inspire la crainte en France comme en Allemagne ».  Le journal reprend à son compte un récent sondage effectué par l’Ifop (http://www.ifop.com/media/poll/1365-1-study_file.pdf) pour le compte du journal Le Monde et tente de développer les principales raisons de cette crainte.

Parmi les motifs de cette crainte de l’islam, le journal, à travers les personnes sondées, cite en premier lieu l’échec des communautés musulmanes à s’intégrer. C’est ainsi que :

  1. 68% des français et 75 % des allemands considèrent que les musulmans ne se sont pas bien intégrés à leur pays d’accueil.
  2. 61% des français et 67 % des allemands considèrent que cet échec est directement  imputable aux intéressés.
  3. 40% des français et 34% des allemands pensent que cet échec est imputable aux différences culturelles.
  4. 40% des français et 42 % des allemands considèrent l’islam comme une menace pour l’identité de leur pays.
  5. 22% des français et 24% des allemands seulement voient plutôt dans l’islam un facteur d’enrichissement culturel.
  6. 1/3 des sondés en France et en Allemagne assimilent l’islam à un rejet des valeurs occidentales et ce chiffre bondit depuis quelques années car il n’était en France que de 17% en 2001.
  7. 18% des français et 15% des allemands imputent cet échec de l’islam à leurs compatriotes qui font preuve de racisme et de manque d’ouverture.
  8. 20% des français et 18% des allemands seulement sont favorables à l’édification de mosquées.
  9. 59% des français et 42% des allemands sont opposés au port du voile et du foulard dans les rues et ces chiffres grimpent à 90% et 70% quand il s’agit de les porter dans les classes des écoles publiques.
  10. 74% des français et 32% des allemands sont hostiles à l’existence de partis politiques ou de syndicats qui se réclameraient de l’islam.

Voilà pour les principaux sondages et l’auteur de cette étude, Jérôme Fourquet, pour ne pas le citer, d’analyser ce durcissement du rejet de l’islam et cette similitude des chiffres en précisant qu’il pense, que malgré, une histoire très différente (passé colonial, immigration, modes d’intégration), les français et les allemands seraient depuis quelques années sous l’influence des discours de leurs hommes politiques qui auraient repris à leurs comptes les aspects négatifs de cette religion (problème d'identité, voile, burqa, prières de rue, etc.…)

S’il y a sans doute un peu de vrai dans l’analyse de Jérôme Fourquet, personnellement je pense que le principal facteur de ce durcissement vis à vis de l’islam est le nombre sans cesse grandissant des musulmans en Europe occidentale en général et dans notre pays en particulier. Et même s’il est très difficile d’avoir un recensement exact, les analystes (Ministères de l’Intérieur successifs dont Monsieur Sarkosy entr'autres) sont à peu près d’accord sur les chiffres suivants :

- En 1968 la population française était de 49.700.000 habitants et les musulmans en France étaient 610.000 soit 1,23% de la population.

- En 1988 la population française était de 56 millions d'habitants et les musulmans en France étaient environ 2 millions soit 3,6% de la population.

- L’an dernier en 2009, la population française était de 62 millions d'habitants et les musulmans en France étaient environ 6 millions soit 9,7% de la population. En 2005, en sa qualité de ministre de l’Intérieur, notre président Nicolas Sarkosy annonçait qu’il y avait 5 millions de musulmans en France.

En suivant cette même progression, puisque tous les 20 ans la population musulmane semble se multiplier par 3, il est probable qu’en 2030 la population française sera d’environ 68 millions d'habitants pour 18 millions de musulmans soit 26,5 %. Alors, sans vouloir faire preuve d'un racisme quelconque mais d'une simple constatation et si à ces chiffres, on ajoute les différences culturelles et de coutumes et l'image négative que véhicule l'islam , je crois qu’il ne faut pas chercher plus loin les raisons de cette crainte grandissante.

Ces chiffres sont loin d’être illogiques quand on sait que le taux de fécondité des femmes d’origines maghrébines est plus de trois fois supérieur (3,25) à celui des françaises de souche.

Ce qui veut dire que dans 20 ans plus d’un habitant sur quatre sera musulman. Alors quoi de plus normal que cette crainte s’amplifie car rappelons-le, la France n’avait, il n'y a encore qu'un demi siècle, comme la plupart des pays d’Europe occidentale, entre catholicisme, protestantisme et orthodoxie qu’une longue et unique tradition chrétienne. Alors, l'autre, l'étranger, l'inconnu, celui qui est différent fait peur et cette peur est inscrite dans nos gênes et elle nous renvoie à nous-mêmes, car pour faire simple, nous souhaiterions que tous les autres nous ressemblent, qu'ils soient tous à notre image, une image que nous pensons parfaite et qu'en tous cas, nous souhaitons lisse et sans défaut.

Quand on sait l’importance que représente la religion dans les pays où l’islam est le culte principal et si à ce constat, on ajoute que 33% des musulmans de France se disent croyants et pratiquants contre 16 % des chrétiens seulement, alors faut-il raisonnablement avoir peur de ce nombre sans cesse grandissant de musulmans dans notre pays ?

A ces quelques simples constats, et sans doute par d'injustes rapprochements, les occidentaux que nous sommes ajoutent l'image négative que véhicule l'islam depuis les attentats aux Etats-Unis en 2001, puis ceux qui ont suivis en Europe (Madrid, Londres, etc...) perpétrés par Al Qaida. Face à un nombre incalculable d'attentats terroristes, à ces prises d'otages et à toutes ces violences qui ne cessent de se déchaîner dans de nombreux pays musulmans (Irak, Pakistan, Liban, Tchétchénie, Afghanistan, Algérie, Niger, etc...), souvent contre des chrétiens comme encore très récemment en Egypte, les regards des Européens, vis à vis de l'islam en général et des musulmans en particulier, ont changé. Par méconnaissance, ces regards nouveaux ne sont pas très objectifs et sans doute est-il raisonnable et souhaitable de ne pas faire d'amalgames entre quelques extrémistes qui terrorisent le monde entier et des millions de braves gens qui ont envie de vivre en paix leur religion.

Alors faut-il avoir une crainte de l'islam ?

La question a eu le mérite d’être posée par les analystes de l’Ifop mais je vais avoir 62 ans et une chose est déjà certaine c'est que la France de 2030, que je ne connaîtrais peut-être jamais, ne ressemblera plus à la France de mon enfance. Mais ce changement entrainera-t-il pour autant une perte de notre conscience nationale, c'est à dire une perte définitive de ce sentiment d'appartenir à cette nation qu'est la France ?


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Le Chemin de Saint-Martin (290 m) depuis Latour-de-France (90 m)

Publié le par gibirando


Arrêts inclus et en flânant, il faut moins de trois heures pour effectuer cette jolie petite balade intitulée « le Chemin de Saint-Martin » que vous pouvez également retrouver dans le guide intitulé 34 randonnées en Agly-Verdouble. Elle démarre du pittoresque et historique village de  Latour-de-France et sur un itinéraire parfaitement balisé et agencé de nombreux panonceaux, elle file vers la séculaire chapelle dédiée à Saint-Martin. Par endroit malheureusement bitumé, un large chemin ancestral court rectiligne au milieu des vignes et des prairies souvent clôturées de longs murets de pierres sèches. D’ailleurs, dans ce décor de garrigues plutôt aride, balayé de surcroît une grande partie de l’année par la tramontane, les hommes au fil des siècles ont défrichés et labourés les terres à tour de bras créant ainsi des amoncellements de pierres en tout genre. Décombres de nombreux cortals isolés ou ruines de minuscules hameaux oubliés, longues murettes servant à délimiter les parcelles, puits et canaux, beaux orris et jolies capitelles, vestiges de castells ou de chapelles, toutes ces pierres prouvent ô combien les activités agricoles, pastorales, martiales et religieuses ont été intenses au cours des siècles précédents. Les historiens savent peu de choses de ce vaste plateau granitique et de ce petit ravin des Canorgues qui domine la belle vallée de l’Agly, si ce n’est qu’ils ont été très longtemps occupés par des chanoines qui y cultivaient des vignes bien sûr, mais aussi des vergers et des champs de céréales.  Ces mêmes chanoines ou peut-être d’autres écclésiastiques seraient sans doute les bâtisseurs et les premiers occupants de cette chapelle romane Saint-Martin qui daterait du 12 ou 13eme siècle. Jouxtant la chapelle, qui aurait longtemps servie d’habitation, subsiste encore une grande porte fortifiée et quelques ruines d’une très vieille enceinte laissant supposer qu’il s’agit des vestiges d’un ancien château féodal. Le départ s’effectue depuis l’aire de pique-nique de Latour-de-France où se trouve un panonceau indiquant la marche à suivre. Le village s’est longtemps appelé Triniac en référence à une tour de surveillance qui protégeait la cité et la frontière avant le traité des Pyrénées. Au 18eme siècle, la nouvelle graphie La Tour de France se met en place en souvenir de cette tour et par le fait même que  le village ait été pendant très longtemps un ultime bastion de la France juste avant la frontière avec l’Espagne. Comme dans de nombreuses communes, la contraction de La Tour en Latour venant plus tard et tout naturellement par l’écriture. On quitte l’aire de pique-nique en franchissant le pont sur l’Agly et en remontant vers le village. Au panneau signalétique « Latour-de-France », on tourne à droite, on emprunte le « chemin Le Cros » puis à la fourche, on poursuit tout droit en délaissant sur la droite le « chemin de Sainte Eulalie » par lequel on terminera notre balade. Tout en montant, on laisse sur la gauche, un bâtiment ayant la forme d’un fortin mais il s’agit, semble-t-il, d’un réservoir d’eau. Puis le chemin rocailleux continuant à s’élever en longeant une longue murette de pierres sèches, il laisse entrevoir de beaux panoramas sur la commune mais aussi sur l’ample et longue vallée de l’Agly, les collines de Força Réal et celles de la Tour del Far. L’itinéraire quasi rectiligne jusqu’à la chapelle Saint-Martin alterne la souplesse d’un chemin herbeux, la dureté et le tranchant des gravillons et des cailloux et enfin pour finir les ornières d’une route qui fut en son temps goudronnée. Avec une signalétique parfaite à un carrefour de sentiers qu’on prend soin de lire, on atteint aisément la chapelle puis après cette visite, on revient sur ces pas jusqu’à ce croisement pour descendre par la gauche en direction de Planèzes que l’on aperçoit sur l’autre rive de l’Agly. On descend sur cette route asphaltée en prêtant attention qu’il faudra prendre un peu plus bas, un étroit sentier balisé en jaune qui file à main droite dans le ravin des Canorgues. On enjambe ce maigre ruisseau par un petit pont de bois et on poursuit ce tracé où l’on découvre deux superbes orris dont un se dresse légèrement à l’écart du sentier. Tout en descente avec de jolies vues sur le vallon, on finit par atteindre un canal d’irrigation qui file parallèle au sentier et rejoint quelques mètres plus loin une piste qui n’est autre que le chemin de Sainte Eulalie aperçu au départ. Ce large chemin se faufile au sein de rudimentaires cabanons où vignes, vergers, jardins potagers et pelouses resplendissent, sans doute irrigués par ce vieux canal d’arrosage. Si à notre époque, on autorise ces quelques prélèvements, il n’en a pas toujours été ainsi et il fut un temps où les rois faisaient valoir leurs droits de propriété sur les eaux ainsi canalisées. Ici dans ce terroir aux versants si arides, la gestion de l’eau a donc, de tout temps, revêtu une importance capitale et, de nos jours, elle est même devenu un enjeu économique crucial. Mais si l’eau est essentielle à la vie de Latour-de-France, le vin l’est tout autant. Alors je vous conseille de l’eau au départ de cette jolie randonnée et du vin à l’arrivée car il y en a de très bons ! Après 7 à 8 kilomètres de cette belle flânerie, on retrouve le « chemin Le Cros », Latour-de-France et le vaste parking de l’aire de pique-nique où l’on a laissé son véhicule. Bien que ne l’ayant jamais réalisé, sachez que l’on peut rallonger ce circuit par un détour au très beau château de Cuxous dont j’ignore si une visite est encore possible ayant lu sur Internet qu’il était destiné à être transformé en luxueuses chambres d’hôtes. Carte IGN 2448 OT Thuir - Ille-sur-Têt Top 25.

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La Tour de Goa (1.268 m) depuis Vernet-les-Bains (670 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est enjolivé de 4 chansons interprétées par Johnny Mathis. elles ont pour titre : "The Windmills Of Your Mind", "Feelings""Misty" et "Maria".

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Voilà déjà quelques années que je n’étais plus monté à la Tour de Goa à partir de Vernet-les-Bains. 7, 8 ans, 10 ans, je ne sais plus exactement. Les fois précédentes, j’y étais sans doute monté au printemps ou en été car je ne me souviens pas de ces magnifiques teintes jaunes orangées que  prennent en automne les chênaies environnantes et de ces  splendides vues plongeantes que l’on a sur la belle cité thermale en montant dans la forêt. Il est vrai que cette fois, je n’ai pas pris le départ le plus simple qui démarre en principe de l’établissement thermal, passe devant le Casino et monte directement dans la forêt. Non, cette fois-ci, j’ai pris un chemin plus tortueux, mais néanmoins balisé en jaune, qui part aussi des Thermes, passe derrière l’ancienne « Laiterie », s’élève au dessus d’un minuscule étang, tourne en épingle à cheveux puis monte sur un dénivelé tout en douceur au dessus de Vernet en passant devant deux grottes dont une est aménagée d’un banc en pierres. Ici, on est sur le sentier d’un tout petit circuit pédestre qui s’intitule « la Belle Epoque ». Ce circuit est appelé ainsi, car au début du siècle précèdent, la cité, très fréquentée par de nombreuses personnalités, bénéficiait d’une fastueuse renommée.  Le plus connu d’entre eux était le célèbre et génial écrivain britannique Rudyard Kipling qui aimait venir marcher dans ce secteur bordant le torrent du Cady. Cette petite boucle, qui n’est qu’une simple promenade, présente l’avantage de rejoindre le tracé de la Tour de Goa après quelques jolis belvédères sur la commune chère au Prix Nobel de littérature.  Il suffit pour cela d’éviter de redescendre sur la cité en prenant à main gauche un chemin barré d’une croix jaune et on rejoint aisément  le bon itinéraire à un premier panonceau indiquant : « Pic de la Péna – 0h30 ».  Ce P.R. toujours balisé en jaune et qui s’élève très sèchement, on ne va plus le quitter jusqu’à la vieille tour à signaux. Paradoxalement, si la partie la plus difficile est cette ascension zigzagante de la Péu (Pied) de la Péna, tant qu’on ne voit pas le pic lui-même, on monte régulièrement en forêt sans crainte et ce n’est qu’au moment où l’on aperçoit ce sommet au dessus de soi alors que l’on atteint un premier collet rocheux, que l’on appréhende la suite tant le pic de la Péna semble à l’aplomb, escarpé et encore très haut. En réalité, on va atteindre très facilement ce premier sommet qui culmine à 1.062 m en le contournant par la droite.  Bien qu’au collet précèdent, on aura déjà eu droit à un joli aperçu du flanc ouest du Canigou, sans doute le plus beau, et du vallon de Casteil, les panoramas à 360 ° qui s’entrouvrent depuis le Pic de la Péna sont sublimes : Toujours le Canigou bien sûr, mais aussi d’autres pics comme celui des Sept Hommes, des Tres Estelles ou du Mont Coronat pour n’évoquer que les principales montagnes, mais en réalité, c’est une immense partie du département qui se dévoile dans toute sa splendeur. A partir d’ici, c’est une longue crête à cheval entre les vallées de la Rotja et celle du Cady que l’on va chevaucher toujours à découvert avec de magnifiques vues de tous côtés. Véritables montagnes russes où les pics, versants et ravins aux jolis noms se succèdent pour le plaisir des yeux : Puig de la Falguerosa (1.126 m), Artigue de Monet, Pic de la Riudère (1.192 m), Ravin des Vignes, Goa, la Solane, on finit par atteindre la Tour de Goa (1.268 m) après plus de 600 mètres de dénivelé positif et plus de 1.140 mètres de montées cumulées depuis le départ. Les historiens semblent savoir peu de chose de cette vieille tour à signaux construite sans doute pendant l’éphémère règne où les rois de Majorque (13eme ou 14eme siècle) ont administré les comtés du Roussillon et de Cerdagne. Comme toutes les nombreuses tours du département chargées sans doute de prévenir la venue d’un éventuel agresseur par des signaux de fumées, la Tour de Goa était en liaison avec certains châteaux du royaume et d’autres tours à signaux plus ou moins lointaines (Massane, Madeloc, Far, etc.…). En raison de sa forme cylindrique et des nombreuses meurtrières fortifiées par d’impressionnantes pierres de taille dont certaines en marbre blanc, les historiens supposent qu’il s’agissait d’une tour à vocation plutôt défensive. Perchée sur ce point de vue exceptionnel du Haut-Conflent, aujourd’hui cette tour est très belle car elle a été restaurée en 1990 par une poignée de courageux bénévoles comme l’indique une plaque commémorative. Elle est située sur la commune de Sahorre que l’on peut aisément apercevoir au fond du vallon de la Rotja depuis cette terrasse naturelle où une superbe table d’orientation a été élevée au bout du terre-plein. Grâce, à cette table d’orientation combinée à une rose des vents, chacun peut mettre un nom à toutes les merveilleuses découvertes qui défilent à 360° autour de ce promontoire remarquable, point géodésique de surcroît. On poursuit notre boucle, en empruntant un large chemin qui descend plein sud vers le col de Jou (1.125 m). C’est drôle mais chaque fois que je parviens à ce col, je ne peux m’empêcher de repenser avec amusement et tendresse  à mes défunts beaux-parents et à une anecdote cocasse vieille de plus de 30 ans qui me revient à l’esprit systématiquement : Alors qu’en famille, nous venions de pique-niquer au col, mon beau-père avait ôté son dentier et l’avait soigneusement enveloppé dans un mouchoir en papier. Au moment de quitter les lieux, ma belle-mère apercevant ce mouchoir sur le banc l’avait tout naturellement jeté dans la poubelle la plus proche. Ce n’est que plusieurs heures plus tard après être rentrés à la maison que mon beau-père s’est inquiété de son dentier qu’il ne retrouvait plus. Après maints questionnements, j’ai fini par en déduire que le dentier de mon beau-père était resté dans le Haut-Conflent ! Alors, nous voilà repartis, mon fils et moi, pour une nouvelle balade nocturne au Col de Jou, espèce d’étrange chasse aux trésors, où lampe de poche électrique en mains, mon fils finit par retrouver avec bonheur les « miraculeuses » dents de son grand-père maternel au fond d’une poubelle. Voilà pour la désopilante anecdote du col de Jou dont on a ri bien souvent en famille chaque fois qu’elle revenait en souvenir à quelqu’un ! (voir le poème que j'ai écrit sur le lien suivant : http://craquades.kazeo.com/3-Poemes-vrais-et-amusants/Le-dentier-du-beau-pere-Fran-ois,a2117219.htmlAu col de Jou, il faut prendre à gauche, un sentier qui démarre en ouvrant un petit portail sur lequel est indiqué « Direction Casteil ». Ce sentier descend dans un épais sous-bois et un kilomètre plus bas, il coupe la D.116 et continue tout droit en longeant un maigre ruisseau boueux. Il se faufile au milieu de quelques jolis vergers et jardins potagers avant de rejoindre le parc animalier de Casteil puis le village que l’on traverse par le boulevard de Saint-Martin du Canigou. A la sortie du village, on retrouve la D.116 que l’on quitte pour de courts raccourcis mais que l’on reprend définitivement pour rejoindre Vernet-les-Bains. Arrêts inclus, j’ai mis 5h30 pour réaliser cette boucle que l’on peut, bien sûr, effectuer dans le sens contraire où elle est bien plus facile. Il existe également d’autres itinéraires pour atteindre la Tour de Goa, à partir de Sahorre ou de Fuilla par exemple. A partir de Vernet-les-Bains, il y a aussi des variantes à ce circuit avec par exemple une boucle qui passe par le Pic de l’Alzina et la superbe abbaye de Saint-Martin du Canigou. Personnellement, je préfère consacrer une journée à la découverte de ce lieu historique, joyau de l’art roman que j’aurais sans doute l’occasion de vous présenter dans ce blog au cours d’une autre très belle balade autour de Casteil et de Vernet-les-Bains. Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

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Mes beaux parents et le gant blanc de Marcel Cerdan

Publié le par gibirando

Suite à quelques récents problèmes (mais ce n’étaient pas les premiers !) que je viens de rencontrer avec ce qu’il me reste de ma belle-famille, je voulais rendre hommage à mes beaux-parents que j’ai beaucoup aimé au point que lorsque mon père est décédé en 1980, j’ai considéré mon beau-père comme mon propre « paternel » tant nous étions proches l’un de l’autre. Il faut dire qu’il me le rendait bien, puisqu’en société, il n’hésitait pas lui-même à crier sur tous les toits qu’il me considérait comme son propre fils. Pendant les nombreuses années où je les ai connus, je ne me souviens pas avoir eu une seule altercation avec eux. Mes beaux-parents étaient ce que l’on appelle des « braves gens », travailleurs, sans histoire et sans problème, respectueux des autres et honnêtes. Ils avaient des principes qu’ils tenaient de l’éducation qu’ils avaient reçus mais c’étaient de bons principes. Par exemple, ils n’aimaient pas devoir de l’argent et d’ailleurs, j’ai souvenir que mon beau-père avait une « sainte » horreur des crédits qu’il évitait de faire dès qu’il le pouvait. Mes beaux-parents, je peux le dire, étaient irréprochables à tous points de vue et  si je devais donner une couleur pour décrire leurs façons d’être et de se comporter, je dirais qu’ils étaient « blancs ». Sans tache. Blancs comme neige.

Mes beaux-parents sont enterrés au cimetière sud de Perpignan et même si c’est un lieu où je ne vais pas spécialement avec « enthousiasme », j’y vais en tous cas avec tendresse, sans appréhension et sans mauvaise image du passé. Cela n’a pas toujours été le cas car ma belle-mère est morte dans mes bras en 1987 d’une crise cardiaque et j’ai longtemps été obsédé et surtout désarçonné par les images de cette mort aussi pénible et rapide qu’inattendue. En outre, elle n'avait que 71 ans et je trouvais ce départ injuste tant je pensais qu’elle était heureuse chez nous auprès de nos enfants et de sa fille. Quand à mon beau-père, il est parti un an avant, en 1986, il avait 75 ans et ce sont les cigarettes qu’il fumait trop excessivement qui l’ont sans doute tué. Mais quand je revois sa photo sur la pierre tombale, je ne me souviens que des très bons souvenirs que nous avons partagés ensemble au cours des nombreuses parties de pêche dont nous étions de fervents adeptes ou bien lorsqu’il me donnait vaillamment la main à parfaire la maison que ma femme et moi venions d’acheter.

Je n’ai donc aucune crainte à aller rendre visite à mes beaux-parents et pour moi ce n’est pas une corvée bien au contraire, c’est un retour vers le passé que ne m’est ni désagréable ni contraignant d’autant qu’en me rendant sur leur tombe, je passe inévitablement devant ce gant blanc de Marcel Cerdan. Un gant aussi blanc que pouvaient l’être mes beaux parents. Voilà un sportif que j’aurais bien aimé connaître mais il est parti bien trop tôt pour cela et j’avais seulement 6 mois quand l’avion qui l’amenait prendre sa revanche contre Jake LaMotta s’est écrasé sur l’archipel des Açores le 28 octobre 1949. C’est bizarre car malgré qu’il fût mort, j’ai, pendant mon enfance et ma jeunesse, toujours entendu parlé de lui comme quelqu’un qui semblait là, encore bien réel, bien actuel, bien vivant. Il n’existait pas seulement dans le cœur des gens qui l’aimaient ou qui parlaient de lui, non, il était là, bien présent, comme si un prochain match allait être programmé. Enfant, pendant très longtemps, j’ai attendu ce matche dont j’étais déjà certain que le « bombardier marocain » sortirait vainqueur. Je pense qu’il devait en être de même pour beaucoup d’enfants de ma génération. Pour moi, enfant des rues de Marseille,  Marcel Cerdan était l’image du sportif parfait qui s’était pleinement accompli dans un sport d’une extrême rudesse mais où la « triche » ne peut pas exister : Champion de France, champion d’Europe puis champion du monde en 1948 contre Tony Zale qu’on appelait pourtant le « roi du K.O ».

C’est bizarre quand je vais voir mes beaux-parents et que je passe devant ce gros gant blanc et le tombeau de Marcel Cerdan, je ne peux m’empêcher de me dire que la vie est parfois mal faite et en tous cas injuste. En tous cas, mourir à 33 ans, à la force de l’âge comme est parti Marcel Cerdan, c’est insupportable. Moi, je n’y vois pas de manifestation divine mais certains croyants y verront un signe, puisque c’est l’âge où Jésus a assurément été crucifié. Marcel était né en 1916 comme ma belle-mère. Marcel avait vécu toute sa jeunesse à Casablanca dans la ville même où mes beaux-parents avaient mené l’essentiel de leur existence avant de venir en France tout comme Marcel.

Etranges trajectoires,  car de Casablanca, leurs trois destins les ont amenés à venir se reposer pour l’éternité au cimetière sud de Perpignan.

Les tombeaux sont à quelques mètres l’un de l’autre et les voilà désormais réunis tous les trois près de ce gant blanc, symbole pour moi, de bons souvenirs, de joies, de bonheurs que ces trois personnes m’ont donné au cours de mon enfance, de ma jeunesse et de ma vie mais inévitablement empreints de nostalgie et de mélancolie.

Oui, mais avant tout cela, ce gant blanc est synonyme des grandes qualités de cœur que mes beaux-parents et Marcel Cerdan possédaient. Trois destinées à la fois bien différentes et si ressemblantes à bien des égards. Trois destinées, blanches comme ce gant de boxe.

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Le Pla Ségala en raquettes (2.200/2.320m) depuis le col de Mantet (1.760m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de la chanson "Footprints In The Snow" chantée par Bill Monroe & The Bluegrass Boys.

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La neige est tombée sur le Haut-Conflent du côté de Mantet, mais après ce temps de saison, le grand soleil tant attendu a fait sa réapparition dans un incroyable ciel bleu azur absolument purgé de tout nuage. C'est l'occasion rêvée d'aller pratiquer son activité favorite qu'est la randonnée en raquettes. Ici, au Pla Ségala (*), au dessus du col de Mantet, à quelques kilomètres seulement de Perpignan, sur cet immense plateau dénudé, une bonne couche de poudreuse immaculée attend les raquetteurs. Si la neige vient juste de tomber, c’est dans un vaste espace vierge et quasiment sans aucune autre trace d'un quelconque passage humain que l’on pourra sans nulle retenue se livrer à sa passion ou à son loisir préféré que sont la randonnée en général et les raquettes en particulier. Avec des panoramas époustouflants quasiment à 360 degrés, et dans une quiétude quasi religieuse où seuls les craquements des raquettes sur la neige se font entendre, on passera une magnifique journée dans un monde inhabituel et assourdissant de « silences ». Le départ s’effectue du col de Mantet à 1.760 mètres d’altitude que l’on atteint par la D.6 qui est parallèle à la superbe vallée de la Rotja puis à la sinueuse ravine de la rivière Campeilles. Depuis Perpignan et pour arriver au col, après Prades, il vous aura fallu traverser les jolies communes de Ria, Villefranche-de-Conflent, FuillaSahorre et Py, sachant que le village perdu de Mantet se situe, lui, de l’autre côté du col. D’ailleurs, depuis le col, on l’aperçoit à l’aplomb et si le hameau est accessible en voiture depuis 1964 seulement, on peut également l’atteindre par le célèbre G.R.10 en quelques minutes seulement. J’ai un faible pour l’incomparable beauté qui se dégage de cette vallée verdoyante et pour ce village de Mantet que j’ai découvert en 2001, à l’occasion d’un périple sur le G.R.10 entre Mérens-les-Vals et Mantetles Conquérants de l'agréable ). Le col de Mantet, lui, est à la jonction des trois immenses réserves naturelles de NyerMantet et Py. Autant dire que dès le départ vers le Pla Ségala, on va cheminer dans un décor exceptionnel où le désir de protéger et de gérer la nature n’est pas un vain mot. Tout en profitant de ces lieux uniques, gardez à l’esprit cette notion et dites vous que l’on est des privilégiés et que si les responsables des parcs sont aussi là pour sensibiliser le public, c’est à chacun d’entre nous de respecter ces sites précieux pour les laisser dans le meilleur état possible aux futures générations. (Si dans cet article de mon blog, j’insiste sur cet aspect écologique, c’est parce qu’à la fonte des neiges, il m’est arrivé, à ma grande consternation et à de multiples reprises, de trouver des restes (sacs plastiques, bouteilles, gobelets, boîtes de conserves, etc..) de déjeuners et autres pique-niques sur des prairies situées dans cette réserve naturelle). Avec un peu plus de 3 kilomètres pour un dénivelé de 430 mètres environ, la montée en raquettes vers le Pla Ségala s’avère relativement sportive. Essentiellement en sous-bois de pins et sapins, le sentier, tout en montant, laisse néanmoins la possibilité d’ouvertures sur de très beaux paysages et des vues splendides sur la vallée de l’Alémany et les hautes montagnes environnantes. Un fois, le Pla Ségala atteint, c’est un immense terrain de jeu que l’on a devant soi et même s’il est conseillé de suivre les quelques panonceaux du balisage, on a que l’embarras du choix dans l’orientation à prendre pour satisfaire notre envie d’avaler de « grands espaces ». Du Pla Ségala et si le temps est clair et propice, les panoramas se dévoilent sur une grande partie du Conflent, mais aussi sur les tout proches massifs du Canigou et des Tres Estelles. Le Pla Ségala étant une vaste étendue quasi rase et désertique d’environ trois kilomètres de long depuis la Font de Mouscaillou jusqu’au pied de la cime de Pomarole, on peut l’arpenter à sa guise surtout par grand beau comme on a eu cette chance lors de notre dernière sortie. Mais attention le temps peut changer, le brouillard ou le vent se lever et dés lors, il faudra faire preuve de prudence et de sagesse, suivre le balisage et le cas échéant, rebrousser chemin si nécessaire. A la bonne saison, le Pla Ségala est un passage possible vers le Vallespir et un passage obligé vers de très hauts pics du département comme le Roc Colom (2.507 m), le Mort de l’Escoula (2.463 m) voire vers le pic de Costabonne (2.465 m) mais aussi vers tous les autres hauts sommets du HRP des Pyrénées-Orientales sur la crête frontière avec l’Espagne. Alors, en toutes saisons, le Pla Ségala peut être un terrain de prédilection pour se consacrer à notre plaisir qu’est la randonnée pédestre. Comme tout bon randonneur, on écoutera la météo avant de partir et on partira bien équipés surtout en hiver ! Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

Toponymie du nom Ségala : En occitan, le nom signifie "terre à seigle". Il est fort probable que le Pla Ségala ait été appelé ainsi car jadis on devait y cultiver du "seigle" à la bonne saison. Ce nom a été également donné à deux autres régions de France, une qui se trouve à cheval entre le Tarn et l'Aveyron et l'autre dans le Lot. Ces régions du Massif Central étant intimement liées et partageant les mêmes terres siliceuses.  (Sources Wikipédia)

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