• La Calanque de Sormiou


    Sormiou !!! Dans ma tête, ce nom revient comme un écho. Un écho sans fin, que se renverraient les hautes falaises blanches de cette magnifique calanque. Un écho sans fin fait de quelques mots qui ont bercés toute ma vie : vacances en famille, amour, enfance et jeunesse, mer, port, plage, parties de pêche, souvenirs, plaisirs, insouciance, copines et copains, cigales, flirts, bon temps, belote, pétanque, sieste, volley-ball, ping-pong, chasse sous-marine, balades, crêtes et éboulis, farniente, girelles, paniers de chuscles et gros sarans, gobies, pataclets et roucaous, youyous, bettes, pointus, Cousteau, Falco, Beuchat,  j’en passe et des meilleurs, etc.… Et comme je vais, à coups sûrs, oublier des noms et des mots qui ne me viennent pas à l’esprit au moment où j’écris cet article, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils ne sont pas importants pour une tranche de ma vie, j’arrête là cet inventaire à la Prévert. La Calanque de Sormiou, j’y suis pratiquement né et pour moi, ça reste l’endroit le plus beau du monde ! Bon, en lisant cet article, certains se diront, il n’est pas marseillais pour rien, il est chauvin et il exagère. Il y a certainement un peu de vérité dans vos réflexions, mais depuis ma plus tendre enfance, j’y viens dans ce petit paradis. Au départ, j’étais embusqué au fond de mon couffin et c’était mon père ou parfois ma mère qui me trimballait par le Col de Sormiou ou celui des Escourtines en passant par des sentiers qu’à l’origine seuls les muletiers avaient osé emprunter. Ce sentier, on l’appelait les « treize contours », tout un programme. D’ailleurs, enfant, avant de commencer à jouer à la pétanque, j’avais entendu l’expression « treize reste raide » et j’ai longtemps cru que le dicton venait de ce sentier tant il était raide !  Puis quand j’ai été en âge de marcher, toujours par ces mêmes cols et ces mêmes chemins et avant même qu’il y ait la route goudronnée, j’ai crapahuté depuis Mazargues et la Vieille-Chapelle pour y venir. Vous comprenez maintenant d’où me vient ce goût immodéré pour la marche à pied. Puis la route a été construite et nous avons continué à y venir à pied par la Cayolle, chargés comme des ânes que certains possédaient mais pas nous. Puis j’y suis venu en moto avec mon père et je serrai les fesses dans la descente et les virages car j’avais une « trouille bleue »,  aussi bleue que l’eau de la calanque. Puis j’y suis venu en vélo puis en Solex mais monter le très « costaud » col de Sormiou à grands coups de pédales ou avec une « pétrolette » ce n’était pas une sinécure et comme on dit : « il fallait en avoir dans les gambettes ! » Heureusement, arriva l’âge où je pus me payer une 4 L et alors quel bonheur ce fût de venir à Sormiou sans avoir à se coltiner de gros baluchons sur des kilomètres ! Alors, après toutes ces galères, vous comprenez mieux pourquoi, je l’aime cette calanque. Fallait-il l’aimer pour y venir dans ces conditions difficiles et accepter en arrivant qu’il n’y ait pas d’eau (on se transformait en Shadoks et on pompait, on pompait et on pompe encore aujourd’hui !) et pas d’électricité (encore aujourd’hui !) Et si après tout ça, vous n’êtes pas convaincus que ce ne peut-être que beau alors regardez le diaporama que je vous ai préparé : il s’agit de deux petites balades toutes simples qui partent de mon cabanon situé sur le chemin entre le plage et le port, direction le port pour la première et la plage pour la deuxième. La première balade passe au dessus du port, emprunte le balisage blanc et rouge du GR.98-51. Il continue au dessus de la petite plage de galets, dite plage Jourdan, direction la crique de la Palée qui est la dernière anse accessible à pied en longeant le bord de mer. Après le cabanon de Blanc, celui là même qu’habitait Alain Delon dans la série télévisée Fabio Montale et qui a permis (je dirais presque malheureusement !) à toute l’Europe de découvrir notre merveilleuse calanque, on quitte le balisage du G.R. pour une balisage noir qui va nous mener à la Palée par un sentier rocailleux et d’éboulis. Les belles anses aux eaux le plus souvent transparentes ou d’un bleu profond se succèdent : Cabesailles, la Payolle, Blanc, la Baume (grotte) d’ou Lumé, le Calanquais, Calanque Longue et enfin la Palée. Le retour se fait par le même chemin. La deuxième balade passe par le parking ou la plage de sable fin, monte à droite du restaurant le Lunch, passe au dessus de la bâtisse du Docteur. Vous poursuivez le sentier qui s’élève au dessus de l’anse du Petit Soldat à travers les pistachiers lentisques et les chèvrefeuilles. Attention quelques passages sont un peu difficiles ou parfois embroussaillés ! La sente balisée de marques de peinture noire grimpe vers les crêtes dites de Sormiou et on finit par atteindre le Col de Luï d’Aï. Ici la vue porte sur les magnifiques îles de l’archipel de Riou et la calanque bien sûr. Moi, désormais je m’arrête au col mais les plus téméraires et les non sujets au vertige pourront poursuivre vers le Bec de Sormiou ou redescendre vers l’anse des Capelans. Quand j’étais plus jeune, je connaissais par cœur ces chemins mais avec le pied moins sûr, il faut être prudent car certaines portions ne sont pas simples. Le retour se fait aussi par le même chemin, mais si vous avez très chaud, vous éprouverez un mal fou pour ne pas être attiré par  les criques limpides aux eaux turquoises qui sont des invitations à un bain le plus souvent très rafraîchissant. Ces deux balades ne vous prendront que quelques heures et après en avoir terminé, vous vous direz ! « C’est vrai, Sormiou, c’est le plus beau coin du monde ! »  Carte IGN 3145 ET Marseille-Les Calanques Top 25.

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 21 Février 2016 à 10:12

    Merci pour le detail du texte, une petite carte aurait ete un plus ;-)

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