• Morgiou, son cap et sa calanque depuis Sormiou

    LE-CAP-DE-MORGIOU

    CAPMORGIOUIGN

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    Cette balade au Cap de Morgiou depuis la calanque de Sormiou que je vous conte aujourd’hui, c’est sans aucun doute celle que j’ai réalisée le plus grand nombre de fois au cours de ma vie. Il faut dire qu’étant enfant, c’est à Sormiou que j’ai passé l’essentiel de mes vacances scolaires. Je ne sais plus exactement mais je devais avoir 7 ou 8 ans quand j’ai accomplie cette balade pour la première fois puis plus tard, il m’est arrivé d’enchaîner cette excursion plusieurs jours de suite dès lors qu’un nouveau copain arrivait dans la calanque pour passer ses vacances.  Bien sûr, à l’époque, je ne partais jamais seul et nous étions toute une bande de potes qui la faisions ensemble. J’ignore donc combien de fois j’ai effectué cet aller-retour Sormiou-Cap de Morgiou-Sormiou mais je pense que ça se chiffre en plusieurs dizaines de fois. J’en garde donc des monceaux de souvenirs. A l’époque, ce n’était pas le goût de marcher, ni l’aspect sportif, ni la découverte du patrimoine historique qui nous faisait aller là-bas et nos desseins étaient beaucoup plus élémentaires : « cette balade était tout simplement très belle et nous voulions le prouver à nos nouveaux copains ». Aujourd’hui, c’est bien évidemment la même motivation qui m’a incité à décrire cette jolie balade dans mon blog mais il y en a aussi désormais quelques autres. En effet, 50 ans et des poussières plus tard, je n’ai pas eu envie, comme on dit, de marcher « idiot » et si quand je le peux, ce désir de marcher « intelligemment » est presque devenu « normal »  pour moi, il l’était tout particulièrement pour cette randonnée-là. Je me suis donc lancé dans des recherches sur le Net avant de partir.  Connaissant bien le Cap de Morgiou et ses nombreux vestiges, je me doutais bien que cet endroit devait posséder une histoire relativement riche et je dois l’avouer mes recherches sur le sujet m’apportèrent des réponses bien au-delà de toutes mes espérances même si parfois l’Histoire et le folklore marseillais finissent par se confondre.  Grâce à quelques sites Internet et au plus remarquable d’entre eux, celui de Madame Michèle Weismann consacré aux calanques que son père le Docteur Albert avait tant aimées, j’appris par exemple que le sentier que j’avais cheminé tant de fois avait été emprunté le 30 Mars 1813 par 200 à 300 soldats de l’armée anglaise. Ils avaient débarqué à Sormiou dans la nuit et passant par ces mêmes crêtes que j’allais emprunter, ils étaient venus dès l’aube prendre à revers les 40 hommes de la garnison napoléonienne en faction au Cap de Morgiou. En lisant ce récit, je revoyais dans ma tête, ces fortifications qui de loin se fondent dans le décor et que l’on aperçoit seulement en arrivant au cap. Eh bien, il semble qu’on rencontre de nombreuses difficultés pour en établir la date exacte de leur édification. On parle d’abord de la construction d’une place forte pour faire face aux Barbaresques mais comme ces razzias en provenance de divers horizons musulmans ont perduré très longtemps dans toute la Méditerranée et bien plus loin encore, on mentionne la date de 1614, sortie, il faut le dire, de je ne sais où. Puis, selon l’histoire locale, peu après la Révolution Française et les guerres qui en découlèrent, les Anglais aidés par les monarchistes se seraient installés à Morgiou en 1793 où ils auraient édifiés ces remparts. Une version de l’Histoire raconte qu’en venant par la mer faire le siège de Toulon pour aider le Général Dugommier, le jeune capitaine Napoléon Bonaparte aurait, en passant devant le cap de Morgiou, essuyé des tirs d’artillerie d’Anglais commandés par un certain Hudson Lowe. Le futur empereur n’aurait pas répliqué et mal lui en a pris car ce même Hudson Lowe fut à Sainte-Hélène son plus affreux geôlier. Mais Bonaparte s’est-il néanmoins souvenu de ces tirs ? On peut le penser car l’Histoire officielle retient un décret impérial du 17 novembre 1810 signé de Napoléon lui-même dans lequel il ordonne la construction ou la reconstruction d’une ensemble de défenses maritimes sensé lutter contre la flotte anglaise qui n’avait de cesse de pirater les bateaux de commerce.  Ainsi et malgré quelques lacunes historiques, une foultitude de choses s’éclaircissait pour moi. Tous ces vestiges découverts depuis ma plus tendre enfance, auxquels mes yeux d’enfant n’avaient jamais prêté beaucoup d’intérêts, prenaient enfin pleinement leurs sens. Le fortin, les remparts, les batteries, la vigie, ces amoncellements de pierres et bien d’autres ruines  se transformaient soudain en de fabuleuses histoires avec un grand « H ».  Ces Histoires, je ne vais pas vous les raconter toutes dans le détail, ce serait bien trop long et d’autres l’ont déjà fait bien mieux que je ne pourrais le faire moi-même. D’ailleurs ce n’est pas le but de mon blog qui est plutôt de donner envie de marcher et donc d’aller voir par soi-même. Par contre, vous trouverez dans cet article, quelques liens qui vous permettront d’en apprendre autant que moi. C’est donc la tête emplie de tous ces récits d’aventures authentiques que ce 12 septembre, j’ai démarré cette balade vers le Cap de Morgiou. En réalité, ce qui devait être une simple randonnée se transforma presque en une quête en arrivant au cap. Toutes ces ruines, tous ces vestiges que j’avais ignorés pendant tant d’années se présentaient soudain à mes yeux revêtus d’une incroyable importance et la randonnée se transforma bien évidemment en une extraordinaire flânerie d’investigation. J’ai démarré cette flânerie en empruntant le G.R qui s’élève au dessus du petit port de Sormiou. Un étroit sentier balisé en rouge grimpe immédiatement dans le maquis puis longe une barre rocheuse qu’il faut finir par escalader sur un ou deux mètres en s’aidant inévitablement des mains. Une fois cette petite difficulté franchie, le sentier bien que caillouteux s’aplanit et devient bien meilleur. Il longe désormais une longue falaise de calcaire blanc et ici, je ne peux m’empêcher de repenser à la cabane à Bob que tous les calanquais de Sormiou dignes de ce nom ont inévitablement connue. (déjà expliquée dans ce blog dans l’article consacré au Baou Rond). Le sentier contourne cette blanche falaise et arrive au lieu-dit « le Carrefour » où là, il faut suivre un balisage bleu en prenant à droite de l’immense cairn qui a été élevé à cette intersection. Entre-temps, vous aurez déjà eu l’occasion de découvrir les superbes vues plongeantes sur Sormiou et les panoramas plus lointains qui se dévoilent vers l’Archipel de Riou et le Massif de Marseilleveyre. Ces mêmes panoramas dont je vous disais qu’étant enfants, ils étaient nos seules motivations à venir jusqu’ici plusieurs jours de suite. En réalité, ce n’est pas tout à fait juste  car ces collines étaient notre exutoire, nos terrains de jeux, nos terres d’aventures et grimper jusqu’à leurs crêtes, ce n’était jamais une corvée tant nous étions un groupe de copains et de copines uni comme le « Club des 5 » ou le « Clan des 7 » mais à une différence non négligeable c’est que nous, nous étions le plus souvent 10, 15 voire 20.  Rarement, j’ai entendu des amis se plaindre de la difficulté du parcours sauf peut-être quand certains avaient la mauvaise idée de venir marcher avec des chaussures inappropriées du style « sandale de plage » ou bien  « espadrilles en cordes ». Là, dans les éboulis et les sentiers caillouteux à souhait, la partie de plaisir se transformait très rapidement en un calvaire que Jésus lui-même aurait mal supporté. Ceux-là, s’excluaient d’eux-mêmes du groupe et ils  sont très rarement parvenus jusqu’à destination. Car bien sûr, il y avait une destination finale à cette marche de plusieurs heures, le plus souvent effectuée sous une phénoménale canicule. Cet objectif suprême s’appelait : « Saint-Pierre  », ça ne s’invente pas ! Pour arriver devant Saint-Pierre, il fallait d’abord chevaucher la longue crête de Morgiou, descendre l’immense mamelon de la Porte de  Rome dans un sentier difficile car très pentu et gravilllonneux pour atteindre le col de Renard. Là, il fallait poursuivre et franchir les fortifications puis redescendre tout le Cap de Morgiou jusqu'à son ultime extrémité. Ici, à la pointe du cap et non loin de l’emplacement des anciennes batteries, se trouvait « Saint-Pierre », seul endroit où nous pouvions accéder à la mer pour nous baigner et surtout remonter sur la terre ferme une fois les baignades terminées. C’était toujours un vrai bonheur de se baigner là. A la fois parce que nous avions eu très chaud par parvenir jusqu’ici mais surtout parce que la haute falaise était presque toujours un prétexte à se mesurer pour savoir lequel d’entre-nous effectuerait le plongeon le plus haut voire le plus audacieux. Les filles, elles, regardaient nos exploits et nous jouions déjà les frimeurs et les séducteurs dans l’espoir d’un flirt tant désiré. Les plus téméraires avions toujours l’impression de braver des interdits car outre les plongeons, au cap, les courants marins y étaient souvent puissants et redoutables. Pour les moins courageux, il y avait toujours cette petite cuvette pleine d’algues vertes au fond bien lisse où ils pouvaient tremper leurs fesses. Moi, les jours que je préférais, c’était les jours de gros vent d’est quand la mer frappait violemment la falaise.  Pour se baigner, nous n’avions pas besoin de plonger ni de descendre jusqu’au bord de l’eau, il suffisait de s’accrocher fermement à  un rocher et la mer faisait le reste. Nous étions très inconscients mais je retiens surtout de cette période, les nombreuses parties de rigolades et les bains de soleil que nous avons pu prendre sur les roches blanches, planes et chaudes de Saint-Pierre. Jamais, avant de  lire l’Histoire du cap de Morgiou, je n’avais imaginé que cet endroit où nous faisions les fous et avions pris beaucoup de « bon temps », avait pu servir de débarcadère aux Anglais pour attaquer une nouvelle fois les Français le 2 mai 1813. Ici, de nombreux jeunes soldats français de tout juste 20 ans avaient peut-être trouvé la mort et ce qui avait été un terrain de jeux pour les jeunes insouciants que nous étions , avait été pour eux un champ de bataille et finalement un champ d’honneur. Pour Albert Falco, enfant prodige de Sormiou puis chef plongeur et enfin capitaine de la célèbre Calypso du commandant Cousteau, le cap de Morgiou était un terrain de jeux sous-marins. C’est lui et ses copains qui ont sorti quelques canons napoléoniens de cette guerre contre les Anglais visibles au Club de la Mer de Sormiou. Outre ces histoires guerrières, le Cap de Morgiou est devenu mondialement célèbre depuis la découverte par 37 mètres de fond au lieu-dit la Calanque de la Triperie d’une magnifique grotte rupestre déclarée par Henri Cosquer en 1991. Si vous pensez vous y rendre uniquement pour ça, vous serez très déçu car rien n’est visible ni sur la terre ferme ni par la mer, la grotte ayant été obstruée depuis longtemps par mesure de sécurité et après divers accidents dont certains dramatiques. Une visite virtuelle est visible sur le Net dans l’attente des financements pour la mise en œuvre d’une réplique programmée depuis plusieurs années. Après cette belle découverte du Cap de Morgiou et de ses nombreux vestiges militaires mais également pastoraux, il faut retourner vers le col du Renard et là,  soit on reprend l’itinéraire bleu vers Sormiou, ce que nous faisions étant enfants, soit on file vers Morgiou en suivant un balisage noir qui descend vers la calanque du Renard. Le sentier évite cette petite calanque et part vers la gauche directement vers Morgiou dont on découvre d’abord le port. Ne quittez pas la calanque de Morgiou sans aller voir l’escalier Louis XIII. Non ce n’est pas un bel escalier de style mais quelques marches taillées dans la roche tout spécialement pour la venue du roi dans la petite calanque le 9 novembre 1622. Débarqué en chaise à porteurs, le roi aurait descendu ces escaliers pour venir harponner quelques thons que les pêcheurs de Morgiou avaient enfermés dans leur madrague. Horrible vous ne trouvez pas ?  Pour revenir à Sormiou, on traverse l’allée bitumée au milieu des cabanons et on peut soit poursuivre la Route du Feu et quelques raccourcis jusqu’au col de Morgiou soit emprunter le petit sentier du Vallon des Tinettes dont il n’est pas utile que je rappelle aux marseillais la signification et l’origine de ce toponyme. Le premier itinéraire passe d’abord au col des Escourtines puis derrière le Baou Rond d’où on rejoint le lieu-dit le « Carrefour ». Le second arrive directement à ce même « Carrefour ». Ayant pris, un sentier intermédiaire, souvenir de mon enfance, un peu plus court mais un peu plus embroussaillé, je ne vais pas vous le décrire ici. La magnifique descente vers Sormiou est une formalité et s’effectue par le même sentier pris à l’aller. En retrouvant Sormiou, j’y ai croisé deux couples de touristes anglais et je n’ai pas pu m’empêcher de repenser à leurs compatriotes soldats qui, pour défendre leur royauté et le régime monarchique français, étaient venus jusqu’ici, dans notre calme et belle calanque, combattre les révolutionnaires français….C’était, il y a exactement 199 ans. La boucle que j’ai réalisée ce 12 septembre fut longue de 12 à 13 kilomètres environ. Carte IGN 3145 ET Marseille- Les Calanques Top 25.

    « Love me do .....merci m'man !!!Il s'appelait Pierre Lambert.... »

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  • Commentaires

    1
    boy /di, bibite
    Samedi 16 Septembre à 16:16

    natif de la segneurie et ayant habitter les  baumettes j'ai passer pas mal de temps dans nos belles calanques et en regardant le site je me suis aperçus que  que je n'avez pas tout bien regarder de pres  a l'epoque on ecumer la coline surtout pour chasser au lance pierre les moineaux et les titis de broussaille  (les pauvres) et l'ete pour se baigner et essayer de draguer . mais la je vais venir pour faire  quelques randonner et mieux regarder .jusqu’à pressent tous ceux que j'ai emmener et que je leur dit  que sormiou etla plus belle calanque du monde , ne mon pas  démenti  ..j'avais pris en 66 une photo du col des escourtines avant les 1è incendie  les pauvres pains  ase jour n'on pas encore repousser .tres beaux commentaire merçi je me suis régaler

    bebert   

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